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2010


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Š Entreprise BENAITEAU - Janvier 2010


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À Jacques Boissière, architecte des Bâtiments de France, qui nous a permis de réaliser ce beau parcours dans la restauration du patrimoine.


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SOMMAIRE

Préface

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Une entreprise plus que centenaire

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P9 P 11

Portrait d’un chef d’entreprise .......................................................................... P 17 Photos de famille

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Au fil des chantiers

.......................................................................................................

Des chantiers et des hommes

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P 25 P 33

P 137

ANNEXE Carte géographique situant l’ensemble des chantiers ....... P 145 Historique des chantiers de l’entreprise BENAITEAU ........... P 149 Personnel formé au sein de l’entreprise .............................................. P 157

SOMMAIRE


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“ On a le droit à l’erreur, mais on n’a pas le droit d’être surpris des conséquences de ses erreurs. ”

PRÉFACE À mon successeur,

Par ces quelques pages, j’ai voulu retracer l’historique de l’entreprise avant d’en remettre les clés à mon successeur, car pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Mon père avait commencé à écrire quelques lignes mais hélas il n’a pas eu le temps d’aller au bout de son idée, d’où la difficulté de remonter le temps. En me remémorant ces quelques pages, je suis surpris de voir ce que j’ai pu réaliser et les difficultés que j’ai dû contourner pour y arriver. Bien sûr, j’ai bénéficié de l’aide d’une équipe formidable, Jacqueline, ma femme, Yves, mon associé, ainsi que Gilles et André, qui en tant que salariés ont fait toute leur carrière dans l’entreprise. Considérant la formation comme le devoir d’un chef d’entreprise, j’ai eu la satisfaction d’une mission accomplie. Comme le cycliste, le chef d’entreprise doit regarder la route loin devant lui pour anticiper virages et embûches. Dans la vie rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais gagné, on doit être positif avec un tempérament de gagnant. Je terminerai par cette citation que j’ai notée au cours d’une formation : « On a le droit à l’erreur mais on n’a pas le droit d’être surpris par les conséquences de ses erreurs. »

Pierre BENAITEAU

PRÉFACE


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” Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain. ” Helmut KOHL

UNE ENTREPRISE PLUS QUE CENTENAIRE Au XIXe siècle, Léon Jevaud, ancien compagnon du tour de France, crée une entreprise de maçonnerie et de taille de pierre. Il est le gérant et a pour associé son frère Jean. On ne connaît pas précisément sa date de création mais il est très probable que l’entreprise existait déjà en 1865. En effet, le château du Mesnil situé à La Flocellière a été construit par Léon Jevaud et la dernière pierre fut posée cette année-là. Léon Jevaud exerce son activité principalement en Vendée dans les communes de Châtelliers Châteaumur, La Flocellière, Saint Michel Mont Mercure, mais aussi dans la commune de Saint Amand sur Sèvre, située dans le département des Deux Sèvres. Utilisant le granit du pays, Léon et Jean taillent euxmêmes la pierre qu’ils utilisent pour leurs constructions. « Dans le grenier de la maison de mon grand-oncle Léon, je me souviens avoir vu des calibres de zinc qui servaient à tracer des lignes sur les pierres », se souvient Pierre Benaiteau. Selon le témoignage des Anciens, Léon a bonne réputation. Il est considéré comme un homme droit et compétent, doté d’un esprit large et clairvoyant. Il est de très bon conseil pour les clients. « Efforcez-vous de devenir un chef d’entreprise comme lui ! » recommande la directrice de l’école des Châtelliers à son petit neveu Pierre Benaiteau qui prendra quelques années plus tard la succession de son oncle Léon. Père d’une fille unique décédée en bas âge, Léon n’a pas de successeur. Son frère Jean a quatre enfants : Marie, Jean, Joseph et Louis. Au moment de la succession, en 1920, l’entreprise est divisée en deux parties distinctes, donnant naissance à deux affaires différentes. L’une revient à Pierre Benaiteau, neveu de Léon, tandis que Louis, fils de Jean, hérite de l’autre. Ce dernier emploie son frère Joseph comme salarié mais l’affaire ne résiste pas à une conjoncture difficile et finit par disparaître. Pierre Benaiteau a reçu une solide formation pour l’exercice de la profession. Il a pris des cours de dessin, de calcul et de géométrie auprès des instituteurs, formation qu’il a complétée par des stages au sein de cabinets d’architectes. Malheureusement, Pierre sera grièvement blessé à la jambe pendant la guerre 14-18, ce qui rendra l’exercice de son métier particulièrement difficile. Jusqu’en 1930, l’entreprise a de bons résultats mais elle subit bientôt les contrecoups de la période de marasme général. Entre les deux guerres, les affaires ne sont pas brillantes, notamment en 1933 et 1934. Le monde paysan n’est pas davantage épargné et, faute d’acquéreur, le blé reste pourrir dans les greniers. Enfant, Pierre Benaiteau se souvient d’un fermier qui disait à son père : « tu n’as pas de quoi nourrir ta femme et tes cinq gosses tandis que mon blé est en train de se perdre car il manque quelques tuiles au toit de mon grenier. Arrangeons-nous, tu répares mon toit et je te donne un peu de mon blé ! » En 1939, Pierre Benaiteau met la clé sous la porte. Les affaires sont difficiles et la guerre vient d’être déclarée. Il quitte définitivement l’entreprise héritée de son oncle Léon en 1920 pour occuper au Givre une place de buraliste octroyée par l’État au titre de pensionné de guerre. Ainsi, l’entreprise cesse toute activité pendant deux ans avant d’être reprise en 1941 par son fils Pierre qui revient de la guerre. S’armant de

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courage, Pierre Benaiteau « fils » remet l’affaire sur pied. En 1948, son frère Ernest vient travailler avec lui et en 1951, il embauche son premier apprenti. N’ayant pas les moyens de s’offrir un véhicule, il se déplace à vélo, transportant parfois de lourds sacs de chaux sur son porte-bagage. Quand les matériaux sont trop encombrants, on les transporte dans une charrette attelée à un cheval ou à un bœuf. Cependant, il y a peu de transports à assurer car les artisans utilisent le plus souvent des matériaux de récupération trouvés sur place. Pierre Benaiteau et ses compagnons travaillent essentiellement à la restauration des bâtiments de fermes, maçonnant ou réparant les toitures en tuile. En 1953, Pierre Benaiteau agrandit la maison qu’il occupe au milieu du bourg de Châteaumur, une maison habitée autrefois par son grand-père. Il la surélève de deux étages. Dans cette grande bâtisse où loge toute la famille, une partie sert de dépôt tandis que le bureau est installé dans la salle à manger. Un peu plus tard, l’artisan fera l’acquisition d’un hangar, pas très loin de la maison. En 1956, alors qu’il n’a pas de permis de conduire, Pierre Benaiteau achète sa première voiture, une C4 avec une remorque. « Accompagné par un voisin, mon père allait le samedi prendre des leçons de conduite aux Herbiers. Il n’avait pas encore son permis mais cela ne l’empêchait pas de prendre le volant pendant la semaine. À l’époque, on était beaucoup plus tolérant ! » raconte Pierre, son fils. Pour l’anecdote, l’auto-école ne possède pas de véhicule à double-commande, les leçons sont dispensées dans la propre voiture du candidat. En 1958, Pierre Benaiteau continue à s’équiper en achetant un fourgon tôlé de 1000 kg. À l’époque, les maçons fabriquent leurs parpaings eux-mêmes. Pierre Benaiteau a sa propre machine et fait le démoulage à la main. Cette méthode artisanale lui permet d’en fabriquer à peine une cinquantaine par jour alors qu’aujourd’hui dans les usines, une seule personne en produit des milliers. Quand les conditions climatiques sont trop mauvaises pour travailler à l’extérieur, Pierre en profite pour fabriquer des parpaings. Par la suite, la technique évolue et il fait l’acquisition d’un moteur électrique. On dispose les moules sur une table vibrante et les vibrations tassent automatiquement le mortier. La production passe alors à une centaine de parpaings par jour. L’hiver, quand il fait trop froid pour travailler, les entreprises de maçonnerie envoient leurs ouvriers couper du bois pour la consommation domestique. Aujourd’hui, avec l’équipement dont disposent les maçons, il est plus facile de travailler par tous les temps. Pour arrondir ses revenus, Pierre Benaiteau livre du charbon dans la commune et aux alentours. Il est le représentant d’un charbonnier qui se trouve aux Herbiers. Une ou deux fois par an, celui-ci vient avec son camion et emmène Pierre faire la tournée des clients. Ils portent à l’épaule des sacs de charbon qui pèsent leur poids et noircissent le visage et les habits. Pour ce travail, Pierre Benaiteau est payé à la commission, en fonction des commandes. Son jeune fils Pierre l’accompagne parfois. En 1957, Pierre Benaiteau embauche un deuxième apprenti, Yves Mousset, qui deviendra son associé. La même année, il construit sa première maison neuve. Il s’agit de la maison de son frère Ernest. Mais en 1958, à la suite d’une mésentente, Ernest quitte les établissements Benaiteau pour rejoindre l’entreprise concurrente qui se trouve également à Châteaumur. L’activité se développe, permettant à Pierre Benaiteau d’embaucher deux salariés en 1958. Pierre, fils de Pierre Benaiteau, quatrième d’une famille de sept enfants, entre dans l’entreprise en 1960. Né en 1946, il n’a que quatorze ans mais il est déjà familiarisé avec le métier car, dès l’âge de sept ans, il lui arrive d’accompagner son père sur différents chantiers. « Je l’aidais à monter les cloisons en lui passant les briques ! », se souvient-il. Il est donc rapidement dans le bain et son premier chantier est la construction d’un château à La Flocellière pour le compte du général Basteau. Les pierres servant à la construction proviennent du château du Bignon, édifice en ruines situé sur la commune du Boupère. Ce sera le premier château construit par l’entreprise Benaiteau. En 1960, ce genre de commande est exceptionnel. La construction dure trois ans, Pierre Benaiteau achète une grue de douze mètres spécialement pour le chantier. « On faisait tout à la main, on triait la pierre et on la chargeait dans le camion. » raconte Pierre, son fils. La commande est passée par un général à la retraite qui a dessiné lui-même les plans. Le château (voir photo P13) est partiellement construit avec des matériaux de récupération, même le bois pour la charpente et les ouvertures provient d’anciens bâtiments de ferme. Pour un tel chantier, il faut de la main-d’œuvre et Pierre Benaiteau fait appel à des jeunes qui reviennent de l’armée et se trouvent sans emploi. L’entreprise n’a pas de tailleur de pierre mais elle s’adresse à un artisan indépendant.

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Au début des années 1960, les chantiers pour la construction de maisons neuves sont de plus en plus nombreux. L’entreprise en fait déjà deux à trois par an et cela ira en augmentant. Parfois, Pierre Benaiteau dessine lui-même les plans des futurs pavillons et n’hésite pas à partir à la recherche de financements pour les clients qui ont peu de ressources. Il se rend à La Roche-sur-Yon auprès des différents organismes pour tenter de trouver des solutions. Tout en travaillant, Pierre, le fils, prépare son CAP de maçon. Pendant trois ans, il suit des cours une fois par semaine à Pouzauges et le reste du temps, il fait son apprentissage sur le terrain, avec l’entreprise de son père. Il passe son CAP avec succès en 1963. « Les épreuves se déroulaient à La Roche-sur-Yon, en plein air, dans un champ, sur une petite parcelle de terrain », raconte Pierre. Il obtient ensuite son brevet de maîtrise en maçonnerie à Nantes après une formation de deux ans. La dernière année, tous les quinze jours il parcourt à mobylette les quatre-vingt-dix kilomètres qui séparent Châteaumur de Nantes. De septembre 1966 à décembre 1967, Pierre fait son service militaire. Il est d’abord affecté à Laval mais il reviendra à Nantes dans les transmissions, se rapprochant ainsi de son domicile. À son retour, l’entreprise s’est encore développée et consacre la plus grande partie de son activité à la construction de pavillons. Un grand nombre de maisons sont construites avec sous-sol en béton banché. Une autre partie de l’activité est consacrée à la rénovation de bâtiments d’habitation et de bâtiments de ferme. Le premier avril 1974, Pierre Benaiteau, soucieux d’assurer sa succession dans les meilleures conditions, donne le statut de SARL à son entreprise qui comprend désormais trois associés : Pierre Benaiteau, père, Pierre Benaiteau, fils, et Yves Mousset, formé dans l’entreprise et qui a 17 ans de service. Bénéficiant d’une solide formation et d’une bonne expérience au sein de l’entreprise Benaiteau, Pierre prend la gérance en 1979, succédant à son père. L’année 1980 marque un tournant dans l’activité de l’entreprise qui, désormais, se consacre exclusivement au secteur de la rénovation du patrimoine ancien.

Logis du Bois Sainte Anne - 1962

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TOUJOURS PLUS HAUT DANS LA QUALITE… L’excellence pourrait être la devise de l’entreprise Benaiteau. Formation, qualification, certification, ils n’ont jamais cessé de gravir les échelons de la qualité pour apporter le meilleur service à leurs clients et partenaires. Formation Pour fournir des prestations de qualité mieux vaut des collaborateurs bien formés ! Conscient de ce principe, Pierre Benaiteau a toujours attaché beaucoup d’importance à la formation de ses apprentis. À partir de 1985, l’entreprise franchit une étape en décidant d’envoyer une partie de ses chefs d’équipe en formation. Ils passent six mois hors de l’entreprise pour obtenir un Brevet Professionnel (BP). Pour l’anecdote, un père et son fils se retrouveront côte à côte sur les bancs d’une salle de cours. Le premier tailleur de pierre de l’entreprise a été recruté en 1985 en raison de la qualité de sa formation. Il était diplômé de l’école Saint Lambert à Paris, une des écoles les plus réputées de France dans le domaine de la restauration des monuments anciens. Le chef d’entreprise lui-même retournera sur les bancs de l’école. En effet, en 1988, Pierre Benaiteau part à Nantes suivre les cours de l’Institut Français de Gestion. Depuis sa création, l’entreprise a formé son personnel en vue de la préparation à un grand nombre de diplômes : CAP et BP maçon, CAP et BP tailleur de pierre, BTS bâtiment, BTS bureau et ingénieur. Ainsi, 73 apprentis et 106 diplômés ont été formés par l’entreprise Benaiteau. 12 salariés se sont installés à leur compte. Qualification 1981 : obtention de la qualification régionale en maçonnerie pour la rénovation du patrimoine. 1985 : obtention de la qualification régionale en taille de pierre pour la rénovation du patrimoine. 1989 : obtention de la qualification nationale en maçonnerie et taille de pierre. Ce label reconnaît les compétences de l’entreprise en matière de rénovation d’édifices classés. Pour obtenir une qualification, il est nécessaire de présenter un dossier décrivant des ouvrages que la société a réalisés, avec à l’appui les certificats délivrés par les architectes. Ce document est examiné par une commission réunissant des représentants de l’Etat, des architectes et des membres de la profession. La qualification n’est pas acquise définitivement. Tous les quatre ans, il faut faire une nouvelle demande et présenter un nouveau dossier. Certification Après avoir franchi les différents niveaux de certification, l’entreprise Benaiteau a obtenu en 2005 le degré le plus élevé : ISO 9001, version 2000. L’entreprise s’engage à fournir à ses clients des prestations de très haute qualité. La description des moyens et des procédures mis en œuvre pour parvenir à cet objectif est consignée dans un manuel remis au maître d’ouvrage. Cela vaut engagement. À la livraison, le donneur d’ordre peut s’assurer du respect des procédures. Pierre Benaiteau résume le principe de la certification par cette phrase : « Je le dis, je le fais, je dis que je l’ai fait. » La certification ISO 9001 fait l’objet d’un renouvellement tous les trois ans. « Loin de nous endormir sur nos lauriers, nous mettons chaque année la barre un peu plus haute en termes d’exigences. Le représentant d’un cabinet d’audit se rend régulièrement sur nos chantiers pour contrôler que nous appliquons bien les normes édictées dans notre manuel. Pour notre entreprise, la qualité constitue un défi permanent », souligne Pierre Benaiteau.

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DE LA BICYCLETTE A LA GÉOLOCALISATION… UNE ENTREPRISE TOUJOURS EN MOUVEMENT ! En 1920, Pierre Benaiteau se rendait sur ses chantiers en sillonnant à vélo les petites routes de Vendée. Solidement arrimés sur son porte-bagages, se trouvaient quelques outils et des briques. Le plus souvent, Pierre se contentait de puiser le sable nécessaire à la construction dans la rivière qui coulait en contrebas et pour tout échafaudage, il ne possédait qu’une échelle. Aujourd’hui, cette époque est bien révolue. Grâce au système de géolocalisation, l’entreprise gère sa flotte à distance. À partir d’un écran, il est possible de connaître la position géographique d’un véhicule, le nombre de kilomètres parcourus et même la vitesse à laquelle il roule. Autre innovation : les chefs d’équipe, équipés d’un ordinateur portable, rentrent directement leurs données dans le serveur de l’entreprise. Quant à la petite échelle, elle s’est transformée en 300 tonnes d’échafaudages. Pour les transporter, il faudrait aligner une flotte de 15 semi-remorques. Enfin, pour faire face à l’évolution constante de l’entreprise Benaiteau, le dépôt s’est agrandi six fois.

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“ Rien de grand n’a jamais pu être réalisé sans passion. ” Georg Wilhelm Friedrich HEGEL

PORTRAIT D’UN CHEF D’ENTREPRISE Je pars vivre en Australie... En 1969, je quitte l’entreprise familiale et n’y reviendrai que plusieurs années plus tard. Je me rends d’abord à Orléans pour effectuer un stage de chef de chantier pendant six mois. Mon rêve est de travailler sur de gros chantiers comme des barrages. Après le stage, je me fais embaucher dans différentes entreprises comme chef d’équipe. Au mois de février de l’année 1971, j’épouse Jacqueline. Je rêve toujours de grands chantiers et regarde chaque jour les petites annonces. Le Canada, l’Afrique du Sud et l’Australie offrent des perspectives intéressantes pour les candidats à l’immigration, ces pays neufs ont besoin de main-d’œuvre. Après avoir répondu à une annonce passée par l’ambassade d’Australie, je suis convoqué à Bordeaux pour un entretien. Tout se passe bien, ma candidature est acceptée. C’est décidé, je pars en Australie. « Le temps de m’installer, je reviens te chercher dans six mois », dis-je à Jacqueline. Mais j’obtiens une fin de non-recevoir. Pour mon épouse, il n’est pas question de me laisser partir seul, elle sera du voyage. Tout va alors très vite, nous quittons la Vendée au mois de mars, à peine un mois après notre mariage. Seul le voyage « aller » est payé par l’ambassade d’Australie, le retour est à notre charge. Et si nous restons moins de deux ans en Australie, il nous faudra rembourser notre billet. À cette époque, on ne prend pas l’avion aussi facilement qu’aujourd’hui. L’Australie est à l’autre bout du monde et pour s’y rendre, c’est toute une expédition. Aux yeux de ma famille et de mes collègues, je passe pour un pionnier, un aventurier. C’est comme si j’allais sur la lune. Vue de la Vendée, l’Australie paraît si loin ! Mon départ ne fait pas l’affaire de mon père car il compte sur moi pour prendre la succession de l’entreprise familiale. C’est pour lui une grande déception mais je dois reconnaître qu’à aucun moment, il n’a cherché à me retenir. Nous nous rendons en Australie par l’Océan Indien mais au retour, nous emprunterons le canal de Panama. Après avoir gagné Paris en train, nous prenons l’avion pour Londres et nous nous rendons à Southampton où le bateau nous attend pour une traversée d’un mois. Pour ma femme qui n’a jamais quitté sa Vendée natale, c’est un bouleversement. En l’espace de deux jours, elle prend le train, l’avion et le bateau. Nous faisons une première escale dans le port d’Hambourg. Sur le paquebot, il y a près de mille passagers dont quelques français et parmi eux, un Vendéen. Pour la plupart, ils trouveront du travail à l’usine Renault de Melbourne. À bord, la vie est très agréable, le soir nous pouvons danser au son de l’orchestre. Nous faisons escale au Cap, en Afrique du Sud. Le pays connaît l’apartheid et l’ambiance est très particulière. En descendant à terre, nous sommes témoins de scènes de ségrégation, les blancs sont séparés des noirs.

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Portrait d’un chef d’entreprise.


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Nous arrivons dans le port de Melbourne un dimanche et nous ne quitterons plus la ville jusqu’à la date de notre retour, deux ans et demi plus tard. Nous sommes provisoirement logés dans des baraquements américains. Le confort y est sommaire, nous préparons nos repas dans une cuisine collective. Dans ce pays inconnu, loin de la Vendée, ma femme a le cafard. Enceinte de Christine, notre premier enfant, elle est fatiguée ce qui n’arrange pas son moral. Au bout de huit jours, nous quitterons le baraquement américain pour nous installer dans la banlieue de Melbourne où nous avons trouvé un appartement. Le lendemain de notre arrivée, je pars aussitôt chercher du travail. Dans la ville, il y a un gros chantier pour la construction d’un pont au-dessus du fleuve Yarra. J’aurais beaucoup aimé y travailler mais, manque de chance, le pont s’est écroulé un mois avant notre arrivée et les travaux reprendront seulement quelques jours avant notre retour en France. Repérant les grues de loin, je me rends sur les chantiers pour offrir mes services. Je n’ai jamais appris l’anglais à l’école, et les quelques cours pris sur le bateau pendant la traversée sont bien insuffisants pour parler la langue. Dans le dictionnaire, j’apprends par cœur une phrase qui signifie que je cherche du travail. En Australie, dans le bâtiment, on rencontre un grand nombre de portugais qui ont travaillé à Paris et qui parlent français. Ils me servent d’interprète. Je trouve rapidement du travail sur un chantier où on construit un immeuble de vingt étages. Je suis embauché comme charpentier pour poser les menuiseries, un métier totalement nouveau pour moi. On m’engage tout de suite sans aucune formalité, c’est à peine si on me demande mon nom. Nous travaillons deux par deux, je fais équipe avec un italien. Lui et moi, nous parlons très mal l’anglais mais nous arrivons à nous comprendre. Si mon salaire est plus élevé qu’en France, je ne bénéficie pas d’une couverture sociale ni de la sécurité d’emploi. Cela fait six mois que je travaille et je m’apprête à terminer une nouvelle journée quand le chef de chantier m’annonce qu’à partir de demain, il n’a plus besoin de mes services. Il ne me reste plus qu’à reprendre mon baluchon et à tenter ma chance ailleurs. Le lendemain de mon licenciement, en consultant les annonces dans les journaux, je trouve tout de suite un nouvel emploi. Jusqu’à mon retour en France, je vais alors travailler sur différents chantiers comme coffreur, encore un nouveau métier pour moi. Quant à Jacqueline, elle a trouvé du travail dans une usine de sacs à main en cuir dirigée par un français, emploi qu’elle gardera pendant tout notre séjour en Australie. Je consacre une partie de mon temps libre à suivre des cours par correspondance pour devenir conducteur de travaux. Lors de mon retour en France, j’envisage d’intégrer une école qui se trouve à Toulouse et forme à ce métier. Sans doute sur notre petit nuage et dans l’euphorie du départ, nous n’avons pas réalisé que l’Australie avait aussi un hiver et nous avons oublié de prendre nos manteaux. La mère de Jacqueline nous les envoie par bateau mais quand ils arrivent à Melbourne, le printemps est déjà là et les manteaux n’ont plus qu’à regagner la penderie jusqu’au prochain hiver. Prête à accoucher, Jacqueline entre à l’hôpital où elle passera deux ou trois jours. Elle partage une grande chambre avec plusieurs femmes qui, comme elle, sont immigrantes. Sans couverture sociale, il nous faut réduire les frais de l’accouchement. Par un heureux hasard, je travaille sur un chantier qui se trouve seulement à cinq minutes de l’hôpital et je demande aux infirmières de venir me prévenir dès que le bébé pointera son nez. Mais quand le grand jour est arrivé, on m’a prévenu trop tard et lorsque j’ai poussé la porte de la chambre, Christine était déjà née. Nous sommes le 21 janvier 1972. À ce propos, une anecdote m’a bien fait sourire. Un soir, alors que je me rends à l’hôpital pour voir Jacqueline, l’infirmière me conduit auprès de son lit. Apercevant sa silhouette sous les draps, je suis stupéfait de voir à quel point elle a changé quand je réalise enfin que la personne qui se trouve dans le lit n’est pas ma femme. L’infirmière s’est tout simplement trompée. Quel soulagement ! Après la naissance, Jacqueline reste quelques mois à la maison pour s’occuper de notre bébé. Ensuite, elle reprend son travail à l’usine de sacs à main, confiant la garde de Christine à une voisine. Au bout de deux ans et demi, nous quittons l’Australie et revenons en France par le canal de Panama. Nous traversons l’océan Atlantique et après quelques escales, nous débarquons à Gênes, en Italie, d’où nous prenons le train pour la Vendée. Notre voyage en bateau aura été marqué par deux heureux événements. Christine et Sophie feront toutes les deux le voyage dans le ventre de leur maman, l’une à l’aller, l’autre au retour. Sophie naîtra le 21 juin 1974 et mes deux autres enfants, Jean-Pierre et François, naîtront respectivement le 21 décembre 1978 et le 7 novembre 1984.

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Portrait d’un chef d’entreprise.


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De retour en Vendée, je reprends l’entreprise familiale... De retour d’Australie, nous arrivons en Vendée le 7 novembre 1973. Afin de me remettre à flots au niveau financier, je travaille quelques mois dans l’entreprise familiale en attendant de rejoindre l’école de Toulouse pour devenir conducteur de travaux. Mais ce dernier projet ne verra pas le jour, les choses se passent différemment. Mon père est fatigué et souhaite que je prenne le relais. Je finis par céder et renonce à partir à Toulouse. Mais ne souhaitant pas reprendre l’affaire tout seul, je demande à mon père que l’on s’associe. Il accepte et un troisième associé vient se joindre à nous en la personne d’Yves Mousset, le plus ancien collaborateur de l’entreprise. Mon père reçoit la moitié des parts tandis qu’Yves et moi, nous nous partageons l’autre moitié. Pour ma famille et moi, la vie reprend tranquillement son cours à Châteaumur. Bien loin des grands chantiers australiens, je retourne à la construction des pavillons vendéens tandis que Jacqueline aide mon père à tenir la comptabilité. En 1977, pour faire face à la croissance de l’entreprise, nous devons aménager de nouveaux bureaux. De son côté, ma femme devient responsable de la comptabilité. En 1978, la commune nous confie la restauration des façades extérieures de l’église de Châteaumur. Cette étape va constituer un tournant dans l’activité de l’affaire familiale qui se consacrera désormais à la restauration des monuments anciens. En 1979, je prends seul les rênes de l’entreprise car mon père part à la retraite. En 1980, l’entreprise déménage pour s’installer à la sortie du bourg. Des ateliers et des bureaux sont aménagés sur une surface de quatre mille mètres carrés. Les bâtiments seront agrandis six fois en l’espace de quelques années. En 1984, je recrute un jeune assistant qui sort de l’école. Il s’appelle Didier Bernardeau. L’entreprise Benaiteau compte alors une quinzaine de personnes. Didier consacre deux jours de la semaine à la préparation des chantiers et le reste du temps, il se rend sur le terrain. Mais avec l’augmentation du nombre de chantiers, il finira par passer toutes ses journées au bureau. Son aide me libère un temps précieux pour chercher de nouveaux clients. En 1985, en vue d’obtenir la qualification régionale, je recrute le premier tailleur de pierre de l’entreprise Benaiteau. Jusqu’à présent, nous avions toujours sous-traité la taille. Thierry Morinière a fait l’école des monuments historiques de Paris. Il vient de terminer son service militaire et m’envoie son curriculum vitae par la poste. Après l’avoir rencontré, je décide de l’engager en janvier. Le premier jour, je l’accompagne à Nantes afin qu’il choisisse les outils dont il a besoin. N’y connaissant pas grand-chose, je lui laisse carte blanche. Cela tombe bien, nous avons un petit chantier qui me permettra de le mettre à l’épreuve. Il s’agit de la rénovation du clocheton de la chapelle de Notre Dame de Toutes Aides à Maulévrier. Une fois l’échafaudage dressé, je l’envoie chercher les pierres du petit clocher. J’ai confiance mais je me demande s’il va s’en tirer. Il travaille seul pour la première fois, sans chef d’équipe pour le guider, il a peu d’expérience. Son travail consiste à démonter les pierres et à les emmener à l’atelier pour les retailler. À peine est-il de retour que je le questionne pour savoir comment cela s’est passé. « Il n’y avait rien de bon, j’ai tout mis à la poubelle ! » m’annonce-t-il, sûr de lui. Cela commence mal et comme j’ai besoin d’être rassuré, je lui demande de faire un premier montage dans l’atelier pour voir si tout se raccorde bien. Mais il m’affirme que tout ira bien et me demande de le laisser faire le montage directement sur place. Un peu plus tard, une bonne surprise m’attend. Tout s’assemble de façon impeccable, quel soulagement ! J’ai choisi un excellent tailleur de pierre et j’ai eu bien raison de lui faire confiance. Thierry Morinière restera dix ans dans l’entreprise. En 1987, nous faisons l’acquisition d’une machine pour découper la pierre. Les premiers blocs de pierre arrivent à l’atelier. Ils pèsent plusieurs tonnes et pour les décharger, je dois emprunter un élévateur à un collègue de Châteaumur. Manque de chance, le véhicule ne résiste pas au poids des gigantesques pierres et il bascule. Il me faudra alors acheter un engin spécialisé pour ce type de manutention. En 1989, l’entreprise compte une vingtaine de personnes. Comme l’affaire tourne bien, je décide de créer une autre société aux Herbiers et trois ans plus tard, en 1992, j’en crée une troisième à Pouzauges. Elles se consacrent toutes les deux à la maintenance dans l’industrie mais malheureusement, faute d’un marché suffisamment porteur, elles ferment rapidement. C’est pour moi une période difficile, d’autant plus que j’ai prévu un intéressement aux bénéfices pour les salariés qui le souhaitent afin qu’ils se constituent un petit pécule.

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En 1999, l’entreprise compte trente-cinq personnes. Nous nous apprêtons à passer une année difficile, le carnet de commandes est presque vide. Mais, contre toute attente, les nombreux appels d’offres que nous avons lancés nous permettent de remporter simultanément quatre chantiers dans le Maine-et-Loire au mois de mars. C’est une manne inattendue, l’année qui s’annonçait difficile devient florissante. Dans un rayon de 500 mètres, l’entreprise va réaliser un chiffre d’affaires de près de deux millions d’euros. Pour venir à bout de tous ces chantiers, il me faudra beaucoup recruter et travailler avec acharnement. En 2002, l’entreprise poursuit son développement et emploie soixante collaborateurs. Je recrute Cédric Pouard comme assistant pour la conduite des travaux. Faisant rapidement ses preuves, il devient conducteur de travaux, puis directeur de l’entreprise Benaiteau le premier avril 2007. Le premier avril 2010, il prendra ma succession en rachetant l’entreprise. C’est un élément de valeur en qui j’ai toute confiance, je sais que l’affaire familiale sera en de bonnes mains.

Ma passion pour le vélo… La passion du vélo me vient à peine sorti du berceau. Tout gamin, j’aime déjà suivre l’arrivée du Tour de France en écoutant à la radio les commentaires du célèbre chroniqueur sportif Georges Briquet. À propos de cette grande épreuve cycliste, je garde un souvenir très précis. Nous sommes en 1953 et mon père qui ne possède pas encore d’automobile a été invité par son fournisseur de tuiles à se rendre à Angers pour assister à l’arrivée d’une étape. Dans la fourgonnette ont également pris place le plâtrier du coin et un autre artisan. Resté à la maison, l’oreille collée au poste de radio, je n’en perds pas une miette comme si j’étais à côté de mon père pour assister à l’arrivée. Mes sœurs et moi, un vieux pneu autour de la taille, nous nous prenons pour des coureurs dans les allées du jardin. Pour la circonstance, nous nous attribuons le nom d’un champion. Moi, je suis Darrigade. Un jour, alors que j’allais chercher du beurre à la ferme, je rencontre un voisin qui me suggère de tenir le guidon de mon vélo en croisant les bras. Je me suis bien gardé de relever le défi devant lui mais sur le chemin du retour, je décide de tenter ma chance. Je n’ai alors que douze ans et ce qui devait arriver arriva. Je fais une chute et me casse le bras. Comble de malchance, il est mal remis et il faut le recasser. Trois mois plus tard, je fais une nouvelle chute et mon bras se casse à nouveau. Aujourd’hui, quand je relève ma manche, la marque est toujours bien visible. Pour mes douze ans, mon parrain me fait cadeau de mon premier vélo d’homme. Un peu plus tard, un ouvrier qui travaille pour mon père accepte de me prêter son vélo demi-course. Il ne comporte que trois vitesses mais je suis émerveillé. C’est la première fois que je monte sur un vélo de « grand ». Le dimanche, je manque rarement les courses cyclistes de village et en 1961 j’entre à mon tour dans la compétition en prenant une licence. Comme les vélos de course coûtent très cher, je cours sur un vélo prêté par le club Herbretais. Des bénévoles nous emmènent dans leur voiture et nous parcourons parfois trente à quarante kilomètres pour participer à une course. Il arrive que mon père et mes cinq sœurs viennent m’encourager sur le bord de la route. Avec les cris et les applaudissements de ma famille, il m’est alors difficile de passer inaperçu et les coureurs se demandent qui peut bien être ce « Pierrot » que l’on encourage avec tant d’énergie. Je me souviens particulièrement d’une course organisée à Bellevie sur Vie. À miparcours, j’ai la malchance de crever mais cela ne m’empêche pas de rattraper le peloton et même de finir troisième. Un exploit qui remplit de fierté le jeune coureur que je suis. Lors de ces compétitions, il m’est arrivé de côtoyer un certain Cyrille Guimard et un peu plus tard, Roland Berland. Bien entendu, ils n’ont pas encore la notoriété qu’ils connaîtront par la suite. Si mon père n’a jamais endossé un maillot de coureur, il s’intéresse au vélo et il a même organisé quelques courses à Châteaumur. Il me paye mon premier vélo de course en 1963, à l’âge de dix-sept ans. C’est un beau cadeau et j’imagine qu’il a dû casser sa tirelire pour me l’offrir. J’arrête la compétition à dix-neuf ans car je pars au service militaire. Je reprendrai le vélo beaucoup plus tard, à mon retour d’Australie.

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Arrivé en France après mon long séjour en Australie, je m’achète un vélo et je sillonne la route le dimanche. En 1978, je reprends la compétition dans la catégorie « vétéran » pendant une dizaine d’années. Pour être à niveau, je dois m’entraîner pendant la semaine. Ainsi, le mardi et le jeudi, je parcours seul une quarantaine de kilomètres. Je connais un grand moment de bonheur en gagnant une course à Saint Laurent sur Sèvre. La pluie a rendu la route glissante et dans un virage dangereux les favoris font une chute. Mais il reste en lice un autre concurrent sérieux, un enfant du pays qui s’est juré de gagner la course. Le destin en décide autrement, dans l’avant-dernier tour il chute et se casse l’épaule, me laissant le champ libre pour remporter la victoire au sprint. Aujourd’hui, si j’ai depuis longtemps arrêté la compétition, je continue à faire du vélo. Chaque dimanche, du premier mai au premier novembre, je rejoins une bande de copains aux Epesses et nous parcourons ensemble une centaine de kilomètres. Denis Puau est un copain avec qui je partage la même passion pour le vélo. Régulièrement, il part seul sur les routes et parcourt trois cents kilomètres. Je le regarde avec admiration moi qui ai mal aux jambes au bout d’une centaine de kilomètres. Il m’apprend alors qu’il a l’intention de faire la course Paris-Brest aller-retour, soit 1200 kilomètres d’une seule traite. Pour moi, cette épreuve relève de la pure folie, mon ami aurait-il perdu la tête ! Je me souviens que, jeune apprenti, j’avais lu un reportage sur cette fameuse course dans la revue « le miroir du cyclisme ». J’étais admiratif, me demandant comment il était possible de parcourir une telle distance à vélo. Pour moi qui me contentais de soixante kilomètres le dimanche, cela relevait de l’exploit et pas une seule seconde, je n’avais imaginé que je serais un jour, moi aussi, sur la ligne de départ. Le jour où Denis m’annonce fièrement qu’il a parcouru les 1200 kilomètres de la course Paris — Brest, un déclic se produit en moi et l’idée d’en faire autant me trotte dans la tête. Si mon copain a réussi, pourquoi pas moi ! J’ai du temps car je travaille moins dans l’entreprise et il faut bien que je trouve une occupation. Dans ces conditions, autant m’adonner à ma passion du vélo qui d’autre part, a le mérite d’être excellente pour la santé. Bien entendu, j’ai conscience qu’une longue préparation m’attend et que dans une course comme celle-là, on ne s’engage pas à la légère. Je mène un entraînement intensif. Qu’il pleuve ou vente, qu’il fasse une chaleur torride ou un froid glacial, je pédale, allant toujours plus loin, avalant toujours plus de kilomètres. À vélo, je commence par rejoindre mon épouse qui fait une cure de thalassothérapie à Vannes, un parcours de 200 kilomètres. Je participe à plusieurs courses cyclosportives. En 2005, je suis sur la ligne de départ pour l’étape du tour de France qui va de Mourenx à Pau. Nous sommes huit mille participants et pour la première fois, j’escalade la montagne à vélo et notamment le col de l’Aubisque. À la course Jean-René Bernaudeau à Saint-Mauricele-Girard, mes efforts sont récompensés, je gagne une coupe en arrivant premier dans la catégorie des vétérans. Un samedi du mois de mai, j’envisage de faire une sortie de 400 kilomètres avec Denis, l’heureux participant de la course Paris-Brest. Mais huit jours avant, il m’appelle pour me dire qu’il souffre d’une tendinite et ne pourra donc pas m’accompagner. Tant pis, je partirai seul. Le jour venu, lorsque je me lève à l’aube pour prendre le départ, la tempête fait rage, le vent souffle et des branches jonchent le sol. Après quelques hésitations, je prends finalement la route. En juin 2006, je décide de participer à la course Bordeaux-Paris. Dans cette compétition qui a lieu tous les deux ans, nous sommes mille huit cents concurrents. Mon cousin et un voisin me suivent au volant de ma voiture et nous nous retrouvons aux différents points de contrôle. Toujours sur ma lancée, je fais une nouvelle étape du Tour de France, de Gap à l’Alpe de Huez. Nous grimpons le col de l’Isoard et celui du Galibier sous une chaleur torride. Il me faudra deux heures pour faire vingt kilomètres. Après tous ces kilomètres parcourus, je me sens prêt à affronter la grande course qui me conduira de Paris en Bretagne. Mais n’entre pas qui veut dans cette grande aventure, il faut satisfaire aux épreuves de qualification, gage de notre endurance pour accomplir d’une seule traite les 1200 kilomètres. Au fil des semaines se déroulent plusieurs épreuves dont la distance variera de deux cents à six cents kilomètres. Si tout se passe bien pour moi, un de mes copains a moins de chance. Après s’être endormi sur son vélo, il va tout droit dans le fossé et se casse la clavicule. La course Paris-Brest s’arrêtera là pour lui.

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Paris-Brest aller-retour, 1200 kilomètres d’une seule traite… Je suis enfin prêt pour le grand jour. Je prends le départ le mardi 21 août 2007 à cinq heures du matin avec pour objectif d’accomplir le trajet en 84 heures. Quarante-cinq nations sont représentées. Parmi les 5300 concurrents, en majorité des hommes, il y a seulement trois mille français. Nous nous retrouvons comme dans une grande famille, nous nous parlons comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Partager la même passion pour le vélo ne peut que nous rapprocher. Mais derrière notre air détendu, nous avons tous la même obsession : mener la course jusqu’au bout, ne pas rester en rade, être bien présent sur la ligne d’arrivée. Pourtant il n’y a rien à gagner, sinon la joie de remporter une victoire personnelle. Mais n’est-ce pas l’essentiel ! Le doyen de la course n’est plus tout jeune, il a quatre-vingts ans mais ce n’est pas la vitesse qui compte, c’est l’endurance. On fait la course avec ses jambes mais aussi avec sa tête. Quant aux engins qui prennent le départ, ils sont parfois très fantaisistes. Seule exigence, le véhicule doit se mouvoir uniquement par la force humaine. Je fais la connaissance d’un anglais dont le vélo n’est équipé que d’un pignon fixe. Il n’a donc pas la possibilité de changer de vitesse. Le jour de l’arrivée, il aura les mollets durs comme du bois. Il y a également de drôles de cycles où le pilote est allongé et j’ai vu sur un tandem, un couple qui se tournait le dos. On raconte même qu’un concurrent aurait fait la course sur une patinette, il y a quelques années. Pendant la course, chaque concurrent a la possibilité de se faire assister par une voiture mais je préfère me débrouiller par mes propres moyens. Pourtant, ce choix de l’autonomie va me coûter cher car il me faut attacher à mon porte-bagage deux sacoches qui alourdissent considérablement mon vélo. Comble de malchance, la météo ne nous épargne guère, la course se déroulera pendant la plus mauvaise semaine du mois d’août. La pluie et le vent nous accompagneront tout au long du parcours, je ne quitte pas mon K-way une seule fois. Sur le trajet, il y a des points de contrôle où l’on peut se restaurer, se doucher et piquer un petit somme. Ils sont le plus souvent installés dans des établissements scolaires qui pour la circonstance ont ouvert leur porte en plein mois d’août. Certains dorment sur le coin d’une table, d’autres ont pris le temps de s’allonger sur le sol. Pour ma part, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil. Je dors généralement une demi-heure ou une heure, guère plus. Mais parfois je n’en peux plus, il m’est arrivé de m’endormir en épluchant une pomme. Sur la route, je croise des concurrents qui se sont assoupis dans un fossé. La dernière nuit, en traversant un bourg, j’en ai vu une trentaine allongée sur le trottoir. Grâce aux points de contrôle, ma famille peut suivre ma progression en se connectant sur internet. Parti le mardi à cinq heures du matin, je suis de retour à Paris le vendredi suivant à neuf heures du matin. Au dernier point de contrôle qui se trouve à Dreux, les organisateurs de la course viennent me filmer pour recueillir mes impressions. Lors de mon arrivée dans la capitale, j’ai de nouveau droit aux caméras. Mon épouse qui m’attend avec ma sœur et mon fils Jean-Pierre, a été repérée par un journaliste. Il sait qu’elle attend son mari « coureur » et en profite pour lui glisser un micro dans la poche pour ne rien manquer de l’arrivée. Caméra à l’épaule, un reporter me suit jusqu’au vestiaire pour m’interviewer. Sur le ton de l’humour, je lance alors à mon épouse : « TF1 est là pour m’accueillir, je deviens célèbre ! ». J’avais un souhait, déguster un « Paris-Brest » à mon arrivée et j’ai le plaisir de voir mon vœu réalisé. Mon épouse a commandé spécialement pour moi un énorme gâteau qui tient à peine dans un réfrigérateur. Un vrai régal ! Nous repartons en Vendée dans l’heure qui suit mon arrivée, inutile de dire que je n’ai pas pris le volant. D’ailleurs, je peux à peine m’asseoir après ce long séjour sur une selle bien peu confortable. Autre petite séquelle de ce grand périple, le lendemain je n’ai plus aucune force dans les mains et il me faudra trois mois pour en retrouver l’usage normal. Une remise des prix a lieu au mois de janvier mais je n’y assiste pas. Le classement m’importe peu. Aller jusqu’au bout de la course, c’est le défi que je me suis lancé à moi-même. Cette victoire personnelle me suffit amplement. Si on m’avait dit un jour que je ferais cette course, j’aurais haussé les épaules. Pour faire ce genre de choses, je pensais qu’il fallait être tombé sur la tête. Je ne regrette rien, j’ai vécu une expérience extraordinaire et je suis prêt à recommencer dans quelques années si ma condition physique me le permet. Mais cette fois je me ferai accompagner par une voiture pour éviter ces grandes sacoches qui pesaient si lourd sur mon vélo.

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Dans le cadre des « diagonales », j’ai fait Brest-Perpignan en 2008 et Hendaye-Menton en 2009. Ces randonnées de cyclotourisme créées en 1930 consistent à relier deux sommets non consécutifs de l’hexagone national. Il y en a neuf en France et deux en Europe. En 2010, je vais faire le tour de France en 21 étapes de 150 kilomètres. Nous serons 140 participants. J’avais le rêve de visiter les pyramides. Je l’ai réalisé il y a quelques années. J’ai deux autres rêves avant de m’en aller. J’aimerais rouler à vélo sur la muraille de Chine. C’est paraît-il le seul monument que l’on aperçoit de la lune. Je souhaite aussi reprendre le bateau pour l’Australie mais cette fois avec un billet de retour dans la poche. Quand j’aurai réalisé ces deux rêves, je pourrai alors finir mes jours tranquillement.

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PHOTOS de FAMILLE


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1re GÉNÉRATION

Pierre Benaiteau Grand-père

2e GÉNÉRATION

Pierre Benaiteau Père

3e GÉNÉRATION

Pierre Benaiteau Fils


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Pierre et Maria Benaiteau Père et mère

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2 GÉNÉRATION

Pierre Benaiteau

Maria Benaiteau


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3e GÉNÉRATION

En Australie

3e GÉNÉRATION

Embarquement immédiat.


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2e et 3e GÉNÉRATION

3e GÉNÉRATION

Maria Benaiteau et ses 7 enfants.

Pierre et Jacqueline Benaiteau.


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3e et 4e GÉNÉRATION

4e GÉNÉRATION

Pierre et Jacqueline Benaiteau avec leurs enfants.

Les enfants de Pierre et Jacqueline.


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Compétition en 1962.

3e GÉNÉRATION

Compétition en 1985.

Paris - Brest - Paris. 2007.


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3e GÉNÉRATION

Etape du tour Montelimar Mont Ventoux - 2009


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“ La raison d’être d’une organisation est de permettre à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires. ” Peter Ferdinand DRUCKER

AU FIL DES CHANTIERS


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Depuis 1980, l’entreprise a rénové 94 châteaux et forteresses, 238 édifices religieux, 43 logis et maisons de maître.


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EGLISE DES CHATELLIERS CHATEAUMUR 1979 - Vendée Construite au début du XIIe siècle, l’église Notre-Dame-de-l’Assomption des Châtelliers conserve de cette période un portail roman. Agrippée au sommet de la Butte, située au milieu du cimetière, elle se dresse à 212 mètres d’altitude. L’église a été remaniée aux XVe et XVIe siècles. Durant les guerres de religion, l’édifice fut endommagé, puis restauré à la fin du XVIIe siècle. L’édifice est inscrit au titre des Monuments Historiques.

Église de Chateaumur avant les travaux.

« Le ravalement de l’église des Châtelliers Châteaumur fut notre premier chantier dans le domaine de la restauration. La commune nous passa commande suite à un devis que mon père lui avait adressé en 1978. À l’époque, le simple maçon pouvait être amené à restaurer une église ou tout autre monument, ce qui serait plus difficile aujourd’hui. En effet, nous n’avions encore aucune expérience dans la restauration, notre principale activité étant la construction de pavillons et la réalisation de petits travaux d’entretien dans les maisons de maître environnantes. Le ballet était en très mauvais état et quand nous avons déposé la toiture et la charpente pour le rénover, nous avons eu la surprise de découvrir un magnifique portail d’entrée. Il était si beau que le maire et ses conseillers se demandaient s’il fallait le laisser bien en vue ou le dissimuler à nouveau en réinstallant le parvis. Comme on ne parvenait pas à se mettre d’accord, il fut décidé de demander leur avis aux habitants en procédant à un vote. Finalement, les électeurs décidèrent que le ballet reprendrait sa place, au détriment du beau portail.

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Pour mener à bien ce chantier, notre entreprise fit l’acquisition d’une machine à pression pour nettoyer la pierre. En 1979, ces engins que l’on appelle aujourd’hui “nettoyeurs haute pression” étaient très peu répandus. Afin d’amortir cet achat qui représentait une certaine somme, j’étais allé rendre visite à mon garagiste pour lui proposer mon matériel en location.

Le chantier fut mené sous la direction de Jacques Boissière, architecte des Bâtiments de France. Quand nous dessinions le plan d’un pavillon, nous le lui soumettions Église de Chateaumur après les travaux. pour qu’il donne son accord mais nous n’avions encore jamais travaillé ensemble. Comme on le verra par la suite, c’est lui qui nous a mis le pied à l’étrier dans le domaine de la restauration car il avait remarqué l’intérêt de mon père pour les monuments anciens. Avant de commencer les travaux, il est venu nous voir pour nous demander comment on allait s’y prendre et nous prodiguer quelques conseils. Nous avions reçu comme consigne de faire un enduit à pierre vue mais j’avoue que j’entendais cette expression pour la première fois et j’étais donc bien incapable de savoir ce dont il s’agissait. Sur un coin de la façade, nous avons donc procédé à un certain nombre d’essais. Parfois, nous creusions trop les joints et il fallait revoir notre copie. L’église du vieux Pouzauges était en cours de restauration et les travaux étaient réalisés par une entreprise renommée qui avait de nombreuses références dans l’ouest : l’entreprise Dagan. Monsieur Boissière me conseilla de m’inspirer des techniques utilisées. Je me suis rendu sur le chantier et j’ai longuement conversé avec le chef d’équipe. Il m’a expliqué comment il mélangeait la chaux et le sable pour conserver le caractère ancien à l’édifice et il m’a même confié un de ses secrets de fabrication. Il recueillait du sable dans un bois, à un endroit bien précis qu’il accepta de me révéler. Ce sable avait une belle couleur qui convenait parfaitement pour la restauration des monuments. Mais réalisant sans doute qu’il parlait à un futur concurrent et pris de remords de s’être montré si bavard, il mit rapidement fin à la conversation. Monsieur Boissière se montra satisfait de nos essais et les travaux commencèrent. Suivant les conseils du chef d’équipe que j’avais rencontré, je m’étais rendu dans le bois des Echardières pour prendre du sable. Au détour d’une route encaissée, il fallait creuser à même le talus à l’aide d’une pioche et en extraire de la pierre pourrie dont les tons étaient parfaits pour l’enduit que nous étions en train de réaliser. Au débutant que j’étais, le chef d’équipe avait donné un excellent tuyau. » Église de Chateaumur. Porte d’entrée après les travaux.

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MAIRIE DE POUZAUGES 1979 - Vendée

« Au mois de novembre 1979, nous avons gagné un appel d’offres lancé par la commune de Pouzauges. Le chantier consistait à rénover la façade de la mairie, bâtiment datant du début du XXe siècle. Le chantier ne présentait aucune difficulté particulière mais comme il était en plein centre du bourg, exposé à la vue de tous, il valait mieux que la finition soit impeccable. Nous étions encore novices dans la restauration et il ne fallait pas ternir notre réputation. Nous avons remporté le marché malgré une bataille assez rude. Nos principaux concurrents étaient les maçons de Pouzauges et de la Pommeraye qui s’étaient associés pour répondre à l’appel d’offres. Pour être franc, on nous donna la préférence en raison de nos prix très compétitifs et non pas pour notre expérience qui était encore très mince. D’ailleurs le percepteur qui assistait à l’ouverture des plis avait raconté que j’allais me “casser la figure” parce que je n’étais pas assez cher. Je crois que nous dérangions beaucoup de monde et de plus, nous avions osé devancer un maçon de Pouzauges sur sa propre commune. Ce fut notre premier chantier à l’extérieur des Châtelliers Châteaumur. Il a duré deux mois. La maîtrise d’œuvre était assurée par le service de l’équipement. Si monsieur Boissière ne dirigeait pas les travaux, il avait une fonction de conseil, devant notamment veiller à ce que la restauration s’intègre bien dans l’environnement. Je suis retourné chercher du sable dans le bois que m’avait indiqué mon concurrent et nous avons réalisé le même enduit que pour l’église de Châteaumur. À cette époque, nous utilisions de la chaux vive que l’on éteignait dans un grand bac. »

La Mairie après les travaux.

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VIEUX CHATEAU DE CHATEAUMUR 1980 - Vendée Le château de Châteaumur date du XIIe siècle. Sur ce site très ancien fut édifiée une forteresse gauloise, une castella, qui fut à l’origine du nom des Châtelliers-Châteaumur. Elle fut le siège de la baronnie de Châteaumur relevant de la vicomté de Thouars. De style niortais, le donjon quadrangulaire à contreforts se rapproche de celui de Pouzauges et de Noirmoutier. La porte d’entrée de la dernière enceinte conserve en partie son dispositif de pont-levis.

Vieux Château de Châteaumur pendant les travaux.

« Satisfaite des travaux que nous avions réalisés sur l’église de Châteaumur, la commune nous confia la restauration du vieux château de Châteaumur. Ce château sans toiture s’écroulait de partout et en haut de ses tours, poussaient des arbres. Notre mission était d’empêcher qu’il se dégrade davantage et finisse par devenir un simple champ de pierres. Il nous fallait donc restaurer la maçonnerie mais selon une technique bien précise que nous n’avions encore jamais utilisée. En acceptant ce chantier, nous partions un peu à l’aventure. Monsieur Boissière dirigeait le chantier. Conscient de notre manque d’expérience, il se montra prudent, nous demandant de faire d’abord un essai dans un endroit discret, derrière le château. Pas vraiment satisfait de ce que nous avions fait, il nous demanda de nous inspirer des travaux que la société Dagan avait réalisés sur le château du Puy du Fou. Je m’y suis donc rendu avec mon associé mais les ouvriers avaient si bien travaillé que nous avons été incapables de faire la différence entre ce qui avait été restauré et ne l’avait pas été. Nous ne pouvions avoir que de l’admiration pour ces grands professionnels. Loin de nous décourager, nous avons mis au point un système pour vieillir le mortier qui consistait à jeter du sable sur notre enduit. Comme nous l’avons découvert

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au fil des années, ce n’était pas vraiment la bonne méthode mais le résultat était là. Après tout, il fallait se montrer un peu indulgent avec une entreprise qui faisait ses premiers pas dans la restauration de bâtiments anciens. Au niveau des techniques, nous étions à mille lieues du pavillon neuf. C’était un autre univers. À force de tâtonnements, nous avons réussi à mener à bien le chantier. Nous avons restauré le porche en septembre 1980 et le château en mars 1981. Les travaux durèrent près de six mois. Nos avons déposé la maçonnerie du haut pour retirer toute la végétation, puis nous avons rebouché les trous et le dessus des murs. Ainsi, à l’abri des intempéries et débarrassé d’une végétation parasite, le château de Châteaumur présente un meilleur visage aux visiteurs. »

Vieux Château de Châteaumur avant les travaux.

Vieux Château de Châteaumur avant les travaux.

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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CHATEAU DE LA BONNELIERE 1980 - Vendée Situé à la limite des communes de Saint-Michel-Mont-Mercure et de Saint-Paul-en-Pareds, le château de la Bonnelière date de la fin du XVIe siècle. Il se compose d’une cour carrée séparée par des douves. On y accède par un pont-levis en parfait état. Cet ancien manoir protestant fut le théâtre de nombreuses réunions huguenotes et de prêches. Sur le fronton, on peut lire la devise : Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? Le château fut miraculeusement épargné par les « colonnes infernales ».

« En février 1980, nous avons rénové l’intérieur du château de la Bonnelière et nous avons refait la toiture. Le chantier nous avait été confié par monsieur Loyau, propriétaire, qui venait passer sa retraite à Saint Michel Mont Mercure. C’est un architecte parisien qui dirigeait les travaux mais l’architecte des bâtiments de France avait également son mot à dire. Le chantier a duré six mois. »

Réfection des couvertures et de l’intérieur en 1980

Réfection des couvertures et de l’intérieur en 1980

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CHATEAU BOUSSEAU 1981 - Vendée Le château fut construit au moyen-âge sur un petit éperon rocheux, au bord de l’étang des Herbiers. Il sera brûlé le 2 février 1794 par les « colonnes infernales ». L’ancien donjon fut acheté par un aubergiste en 1850 et aménagé en habitation. Il a servi de prison pour les prêtres réfractaires. Léguée par la suite à la famille Bousseau, la propriété sera vendue à la municipalité en 1980.

« Au printemps de l’année 1981, des employés de la commune des Herbiers décident d’enlever le lierre qui envahit la tour du château Bousseau, une tour en fort mauvais état. Mais ils tirent si fort avec leur camion que le mur s’écroule. La commune aimerait bien voir disparaître du paysage ce champ de ruines qu’est devenu Château Bousseau. Mais monsieur Boissière, chargé de la conservation du patrimoine, s’y oppose et nous demande d’établir un devis pour la remise en état du bâtiment. Nous avons commencé les travaux en mai. Le chantier a duré deux mois. Nous avons aussitôt étayé la tour pour l’empêcher de s’écrouler, puis nous avons trié les pierres pour les remonter comme à l’origine. Aujourd’hui, la tour est toujours debout. Elle fait partie d’un ensemble comprenant un lavoir et un magnifique bâtiment abritant des bains douches que la commune avait envisagé de raser pour en faire un parc de stationnement. Une nouvelle fois, ce bâtiment fut sauvé par monsieur Boissière et entièrement restauré. »

Avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après les travaux

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EGLISE DE MOUCHAMPS 1981 - Vendée Ancienne chapelle du château féodal de Mouchamps, l’église Saint-Pierre fut construite au XIIe siècle. En 1308, Guillaume VII de Parthenay, seigneur du Parc, l’agrandit en y ajoutant les deux bras du transept. Au XVIe siècle, la chapelle devient un temple protestant pour accueillir les Mouchampais qui, très nombreux, se convertissent à la Réforme. Elle retournera au culte catholique en 1621. Tout en haut du clocher, à côté du coq traditionnel, tourne une seconde girouette représentant le drapeau français. Elle fut placée en 1838 par le maire républicain, suite à une dispute avec le curé.

« En octobre 1981, nous procédons au ravalement extérieur et à la réfection de la toiture de l’église de Mouchamps. Monsieur Chabot, architecte aux Herbiers, dirigeait les travaux sous le contrôle de monsieur Boissière. Jusqu’alors, nous éteignions la chaux dans des grands bacs mais cette pratique artisanale ne pouvait plus répondre aux exigences d’une entreprise dont la restauration de monuments devenait l’activité principale. Pour être plus compétitif, il nous fallait disposer de chaux prête à l’emploi. Ayant appris qu’on en fabriquait en Mayenne, sur la commune de Neau, je m’y suis rendu avec mon camion. Alors que je m’attendais à trouver une usine ultra-moderne quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un vieux four qui fabriquait de la chaux comme autrefois. De teinte légèrement rosée, elle était produite essentiellement pour être utilisée dans la rénovation du patrimoine. Le chantier a duré six mois. La restauration des églises deviendra une de nos activités principales. Nous répondons à de nombreux appels d’offres. »

Eglise de Mouchamps avant les travaux.

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Eglise de Mouchamps après les travaux.

Eglise de Mouchamps après les travaux.

Intérieur de l’église après les travaux.

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EGLISE NOTRE-DAME-DU-ROSAIRE DE MESNARD-la-BAROTIERE 1982 - Vendée L’ancienne église étant devenue trop vétuste et trop petite, la comtesse Flora Bellisen et sa fille Marie-Caroline décidèrent de construire à leurs frais une église néo-gothique. La première pierre fut posée le 28 septembre 1864. L’église reviendra à la commune en 1977. La pureté de ses lignes et ses splendides verrières font de cet édifice religieux un des plus beaux du diocèse.

« Louis Cousseau qui était maire de la commune de Mesnard me demanda si je souhaitais répondre à l’appel d’offres pour la restauration du clocher de l’église. Bien que n’ayant jamais travaillé la pierre, je relevai le défi et demandai à monsieur Charrier, tailleur de pierre aux Lucs sur Boulogne avec qui j’avais déjà travaillé, s’il acceptait de soumissionner avec moi. Ne travaillant pas la pierre blanche, il me conseilla un autre tailleur de pierre qui résidait à Nantes, monsieur Rousseau. Ensemble, nous avons répondu à l’appel d’offres et nous l’avons gagné. Nous avons démarré le chantier en juin 1982 et j’en garde un très bon souvenir. Ce fut notre première restauration de clocher. Ravi de cette expérience, je me fixai comme objectif d’en faire une par an. »

Consolidation du clocher en 1982

Consolidation du clocher en 1982 Remplacement de la pierre sommitale

Consolidation du clocher en 1982 Réfection des 6 derniers mètres

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TOUR MELUSINE DE VOUVANT 1982 - Vendée Aux confins du Bocage, à proximité de Fontenay-le-Comte, la petite cité de Vouvant est célèbre pour la très belle façade de son église mais aussi pour la tour Mélusine. Cette tour de trois étages est l’unique vestige du château de Vouvant érigé sur la place du Bail au XIIIe siècle. Selon la légende, il aurait été construit par la fée Mélusine en une nuit « de trois données de pierre et d’une goulée d’Eve ». Au Moyen-Age, le premier étage n’était accessible que par une échelle que l’on retirait en cas de danger.

« Dans la restauration des monuments anciens, l’entreprise Benaiteau commençait à se faire connaître. Madame Bourseguin qui était alors maire de Vouvant, décida de nous confier la restauration de la tour Mélusine. Sur son sommet, à une hauteur de 30 mètres, poussaient des arbres. Le chantier ne présentait pas de difficulté particulière mais nous utilisions pour la première fois un échafaudage qui partait du haut, appelé “échafaudage en parapluie”. Pour sa mise en place, nous avions fait appel à la société Entrepose. Cette technique fut une découverte pour nous. Par la suite, madame Bourseguin nous a confié d’autres travaux comme la rénovation des escaliers de la tour Mélusine ou encore la réfection des remparts de la commune de Vouvant. »

Consolidation de la tour

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EGLISE SAINT CHRISTOPHE DE MESNARD-la-BAROTIERE 1983 - Vendée L’église Saint-Christophe de Mesnard-la-Barotière est représentative de l’art médiéval. La nef date du XIe siècle et le chœur du XIIIe siècle. Fermé au culte en 1871, l’édifice servira longtemps de débarras. De magnifiques peintures murales remontant au XIIIe siècle ont été découvertes dans le choeur en 1950. Elles furent restaurées en 1990.

« Sur l’église Saint Christophe, nous avons effectué le ravalement extérieur et intérieur ainsi que la réfection de la toiture. Deux équipes ont travaillé à plein temps sur ce chantier. La restauration représentait alors le tiers de notre activité. »

Avant travaux en 1981

Réfection du remplage

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après les travaux

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VIEUX CHATEAU DU PUY DU FOU 1983 - Vendée « Enfoui sous les broussailles, le vieux château du Puy du Fou fut découvert par Jean Vincent. Prêtre ouvrier dans une usine, il consacrait tous ses loisirs aux fouilles archéologiques. Très souvent, nous nous retrouvions sur les mêmes chantiers. Il menait son enquête dans les ruines pour apprendre comment vivaient les gens autrefois. Une fois les ruines dégagées par Jean Vincent, Jacques Boissière nous demanda de les consolider. Elles se trouvaient au milieu des châtaigniers et pour y accéder avec nos camions, nous ne disposions que d’une étroite allée. Je me souviens même que le pneu d’un de nos véhicules avait crevé en roulant sur une souche. Sous le château, Jean a découvert un passage secret, une galerie qui débouchait quelques mètres plus loin dans la nature. Sans doute devait-elle permettre au seigneur de s’enfuir s’il était assiégé. Comme elle s’écroulait par endroits, nous l’avons consolidée avec du mortier imitant la roche et nous avons restauré la dalle du haut. Aujourd’hui, de ces ruines sortent des sangliers et s’envolent des rapaces lors du spectacle du bal des oiseaux fantômes. »

Consolidation des ruines en 1983

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EGLISE DE MAULEON 1984 - Deux-Sèvres Construite au XIIe siècle, l’église de la Sainte-Trinité à Mauléon sera incendiée pendant les Guerres de Vendée. Elle sera agrandie et restaurée au XIXe siècle. L’édifice connaîtra un autre événement historique suite à la loi de 1905 instituant la séparation des Églises et de l’État. Le 14 février 1906, une altercation opposera les Châtillonnais aux gendarmes de Cholet, venus faire l’inventaire. Des traces sur les portes de l’église en témoignent.

Réfection de la rambarde et de la corniche

Après les travaux

« Ce gros chantier situé dans le département des Deux-Sèvres concernait l’église de Mauléon et l’église de la Chapelle Largeau. Nous avons répondu à l’appel d’offre en 1983 mais nous n’avons pas été retenus malgré des prix compétitifs et l’appui de la commune. Nous étions vendéens et notre gros défaut était d’être inconnu de l’architecte des Bâtiments de France des Deux-Sèvres. N’ayant jamais travaillé avec nous, il affichait une certaine méfiance à notre égard. Mais la situation se retourna à notre profit car l’entreprise chargée de réaliser les travaux fut contrainte de déposer le bilan alors qu’elle venait tout juste de monter la clôture autour de l’église. Devant cette défection, le choix se porta sur notre entreprise suite à l’insistance des élus de la commune. L’ensemble du chantier représentait une somme considérable pour les petits artisans que nous étions. Sur l’église de Mauléon, nous avons remplacé la rambarde et la corniche en tuffeau par une rambarde et une corniche en béton, la pierre étant complètement usée. Pour reprendre les moulures, il fallait faire un coffrage. Comme nous n’avions jamais effectué ce genre d’opération, l’architecte se montra d’abord sceptique mais il fut vite rassuré car tout se passa bien. Nous avons également procédé au ravalement de la façade et remplacé quelques pierres. Le chantier a duré six mois. »

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EGLISE DE LA CHAPELLE LARGEAU 1984 - Deux-Sèvres L’église de la Chapelle-Largeau date du XIXe siècle.

« A la Chapelle Largeau, nous avons restauré le clocher de l’église en tuffeau. À l’époque, comme nous n’avions pas encore de tailleur de pierre, j’ai fait appel à un artisan nantais avec qui nous avions déjà travaillé. Ce chantier a duré trois ou quatre mois. Monsieur Saint Bonnet, l’architecte des Bâtiments de France des Deux Sèvres qui dirigeait l’opération, se montra satisfait et nous confia de nouveaux chantiers. »

Avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après les travaux

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EGLISE DE SOMLOIRE 1984 - Maine et Loire L’église de Somloire a été construite au XIXe siècle.

« Alain Geai, un ami qui exerçait le métier de maçon dans la commune de Somloire m’incita à me joindre à lui pour répondre à l’appel d’offres. Une nouvelle fois, il a fallu surmonter les réticences de l’architecte des Bâtiments de France qui ne connaissait pas l’entreprise Benaiteau. Mais Alain bénéficiait du soutien de la commune et nous avons eu gain de cause. Les arcs-boutants en tuffeau étaient complètement usés et menaçaient de s’effondrer. Comme ils ne servaient à rien, nous les avons supprimés et nous avons coulé des chaînages en béton armé pour retenir les murs. Le chantier dura trois mois et nous permit de gagner la confiance de l’architecte des Bâtiments de France du Maine et Loire. Ce fut la première incursion de l’entreprise Benaiteau dans le département. »

Église de Somloire après les travaux.

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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MAIRIE DE FONTENAY 1984 - Vendée En 1895, l’Hôtel de Ville s’installe dans une demeure bourgeoise construite en 1865 par la famille Chabot de Pèchebrun. Ce notable local édifie sa maison à l’emplacement du Couvent des Cordeliers, situé autrefois au pied des murailles. C’est là qu’au début du XVIe siècle, le jeune moine François Rabelais passe quelques années parmi les frères franciscains, avant de rejoindre Geoffroy d’Estissac à l’abbaye de Maillezais.

« La commune souhaitait agrandir l’Hôtel de Ville. Pour conserver le style, il fut décidé d’habiller les nouveaux murs en béton avec des parements en pierre. L’architecte responsable de l’opération était Jacques Boissière que nous connaissions bien. Nous étions en concurrence avec des maçons de Fontenay et avec les établissements Dagand de Périgueux, entreprise que nous croiserons très souvent lors de différents appels d’offres. Nous avons réalisé les parements en pierre tandis que la partie en béton avait été confiée aux maçons de Fontenay. Le chantier dura quatre mois. Il ne présentait aucune difficulté particulière hormis le vide d’air que nous devions laisser entre la pierre et le béton. Les maçons nous regardèrent d’un air goguenard se demandant comment le petit artisan de Châteaumur allait bien pouvoir s’y prendre. »

Mairie de Fontenay après les travaux.

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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CHATEAU D’ ARDELAY 1984 - Vendée Le château a été construit au XIVe siècle sur l’emplacement d’une ancienne forteresse. Avec son donjon carré, ses douves, son pont-levis et sa chambre de tir, il illustre parfaitement l’architecture militaire de la fin du Moyen-âge. Il a appartenu à monsieur de La Rochefoucauld, le célèbre auteur des « Maximes ». Son inscription en 1927 à l’inventaire des monuments historiques le sauva d’une totale destruction.

« Le château d’Ardelay était en ruine et le maire de la commune des Herbiers avait envisagé de le raser entièrement pour en faire un parc de stationnement. Mais ce projet ne vit pas le jour grâce à Jacques Boissière qui mit tout en oeuvre pour sauver l’édifice. Il nous demanda de rénover une cheminée perchée sur un tas de ruines. L’architecte m’expliqua alors que ce premier pas dans la restauration du bâtiment inciterait le maire à poursuivre les travaux. Cette stratégie marcha parfaitement et plusieurs appels d’offres furent lancés que nous avons tous remportés. Le premier chantier concernait la restauration du donjon. Après l’avoir consolidé, nous avons refait la toiture. Dans un second temps, nous avons restauré le corps du logis. Nous avons remonté entièrement certains murs et réalisé des escaliers intérieurs. Les travaux furent terminés en 1989. Nous étions satisfaits des résultats même si pour la patine des enduits nous avons dû procéder par tâtonnements car dans ce domaine, nous étions encore peu expérimentés. Nous avons testé plusieurs formules, n’hésitant pas à utiliser du purin que nous allions chercher dans les fermes. Ce chantier fut pour nous une belle référence dans l’univers professionnel de la restauration de monuments. L’entreprise Benaiteau venait de franchir un nouveau palier. Nous construisions de moins en moins de pavillons, activité que nous avons définitivement arrêtée en 1988. »

Donjon d’Ardelay pendant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Donjon d’Ardelay avant les travaux

Donjon d’Ardelay avant les travaux

Donjon d’Ardelay pendant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Donjon d’Ardelay avant les travaux

Donjon d’Ardelay avant les travaux

Donjon d’Ardelay après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Donjon d’Ardelay après les travaux

Restauration des marches pendant les travaux

Donjon d’Ardelay après la pose des marches

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Donjon d’Ardelay après les travaux

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LE CHÂTEAU DE LA CITARDIERE 1984 - Vendée Entouré de douves, le château a été construit au début du XVIIe siècle. La façade est ornée de fausses gargouilles en forme de canon. Après avoir franchi un pont-levis, on découvre une cour intérieure au centre de laquelle se trouve un puits. On raconte qu’il fut la résidence d’un célèbre brigand, le baron de Chantoizeau.

« Le bâtiment était en mauvais état, dévoré par de grosses racines qui poussaient entre les pierres. Nous sommes intervenus une première fois, en 1984, pour consolider le mur des douves et reconstituer le pont d’accès. En 1996, nous avons remonté les voûtes qui ornent de vastes salles à l’intérieur du bâtiment et nous avons rénové la porte centrale. Nous avions alors répondu à un appel d’offres lancé par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) car le château avait été classé monument historique. Si le château de Bessay fut notre premier chantier classé monument historique, celui-ci était déjà le septième. »

Avant les travaux de restauration du pont

Le chateau de la Citardière après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Chateau après les travaux

Avant les travaux

Gargouille après les travaux

Après les travaux

Pendant la restauration de la voute

Après la restauration de la voute

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE TOUTES AIDES MAULEVRIER 1985 - Maine et Loire La chapelle « Notre-Dame de Pitié » avait été érigée à cet emplacement en 1647. Elle fut entièrement reconstruite en 1875 dans le style gothique du XIIIe siècle et s’appela « Notre Dame de Toutes les Aides ». À l’intérieur, on peut admirer un tableau provenant de l’ancienne chapelle et portant l’empreinte de balles tirées par des soldats républicains durant les Guerres de Vendée.

« Le chantier qui a démarré en mai 1985 concernait la rénovation du clocher. Je venais alors d’engager un tailleur de pierre, et comme je ne l’avais pas encore vu à l’œuvre, ces travaux allaient m’en offrir l’opportunité. Je me souviens avoir acheté mes premiers échafaudages neufs. Jusqu’à présent je n’avais acheté que de l’occasion ou je faisais appel à des prestataires extérieurs. J’ai envoyé sur le chantier Thierry Morinière, notre nouveau tailleur de pierres, afin qu’il démonte le clocher et récupère les pierres. Nous avions convenu qu’il les ramène à l’atelier afin de s’en servir comme modèle. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand, rentrant le soir, il m’annonça qu’il avait tout jeté à la poubelle après avoir pris les cotes dont il avait besoin . Quand les nouvelles pierres destinées au clocher sont arrivées dans nos ateliers, nous avons emprunté un élévateur pour les décharger mais les blocs étaient si lourds que l’engin piqua du nez. La taille se fit directement dans nos locaux, là où on entreposait le ciment. Une fois terminé le travail de taille, je suggérai que l’on procédât à un premier assemblage dans notre atelier afin de nous assurer que les cotes étaient bonnes. Mais n’en faisant qu’à sa tête, notre tailleur de pierres négligea cette étape et avec un bel aplomb, mit le tout sur une palette et s’en alla à Maulévrier monter directement le clocher. Pas trop rassuré, je demandai à un chef d’équipe de l’accompagner et de veiller à la bonne marche des opérations. Une bonne surprise m’attendait : Thierry avait vu juste, les pièces s’assemblaient avec l’aisance d’un puzzle sans que la moindre retouche ne fût nécessaire. À mon entière satisfaction, je venais de recruter un tailleur de pierres de grand La chapelle après les travaux talent. »

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Au fil des chantiers


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Taille de pierre à l’atelier

La chapelle après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Traçage et vérification pendant la taille

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ABBAYE DE CHASSAY-GRANDMONT 1985 - Vendée Appartenant à l’Ordre de Grandmont, l’abbaye fut fondée en 1196 par Richard Cœur de Lion. Elle est située à l’écart des voies de communication et c’est sans doute ce qui l’a préservée. Les constructions sont réparties autour d’une cour rectangulaire. Ce petit ensemble monastique qui a été construit en plusieurs campagnes présente tous les caractères des constructions de la fin du XIIe siècle.

« En 1985, lorsque l’appel d’offres a été lancé par la commune, l’abbaye servait d’étable. Lors de ma première visite, je me souviens avoir vu de la paille. Nous sommes intervenus plusieurs fois sous la direction de Jacques Boissière pour refaire les plafonds, les enduits intérieurs et consolider des murs. Notre plus gros travail a consisté à reconstituer les voûtes qui ornaient la salle du réfectoire. Aucun arc étant identique, l’opération s’est révélée très délicate. La taille était réalisée en atelier ce qui nécessitait une extrême précision. Il nous a fallu neuf mois pour réaliser l’ensemble des voûtes. Les travaux ont commencé en 1985 pour se terminer en 1989. »

Abbaye de Grammont après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Abbaye de Grammont après restauration

Taille de pierre

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Taille de pierre

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Engravures des demi-colonnes

Pose des nervures sur cintre

Après la pose de voutains

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EGLISE SAINT-PAUL, SAINT-PAUL-EN-PAREDS 1985 - Vendée Au XIVe siècle fut construit un premier édifice correspondant au chœur de l’église actuelle. À la fin du XVe siècle, on éleva deux nefs en prolongement du mur d’entrée. En 1538, l’église reçut sa première cloche qui est aujourd’hui l’une des plus anciennes de Vendée. La situation de l’édifice à l’écart du bourg est à l’origine de la légende des farfadets, ces lutins qui, la nuit, déplaçaient les pierres de la construction.

« Nous sommes intervenus à différentes reprises. En 1985, nous avons restauré le fenestrage. Ce fut notre première expérience dans ce type de travaux. En 1990, nous avons restauré le clocher. La réalisation de deux chaînages en béton armé dans l’épaisseur des murs a permis la suppression des “X”. En 1995, nous avons restauré la façade. »

Restauration du fenestrage.

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Restauration du fenestrage taille de pierre

Restauration du fenestrage avant les travaux

Restauration du fenestrage

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration du fenestrage

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EGLISE SAINT-SAUVEUR, ARDELAY 1986 - Vendée L’édifice fut construit par les seigneurs d’Ardelay. Les parties les plus anciennes remontent au début du XVIe siècle. C’est au XIXe siècle que l’église prend sa forme actuelle. Les travaux durèrent cinq années, de 1873 à 1878. On ajouta deux chapelles latérales, on prolongea le chœur et on allongea la nef.

« Ce dimanche de juillet, la kermesse s’était bien déroulée et Ardelay avait vécu au rythme de la fête. Mais le soir, un violent orage se déchaîna, le tonnerre gronda et la foudre s’abattit sur l’église, trouant le clocher sur une hauteur de six mètres. Le lendemain, en constatant les dégâts, la municipalité s’empressa d’interdire la circulation tout autour de l’église, craignant les chutes de pierres. Parti sur un chantier dans les DeuxSèvres, je reçus un appel de mon épouse qui m’expliqua la situation et m’annonça que je devais me rendre immédiatement à Ardelay. La première urgence fut d’échafauder le clocher afin qu’il ne s’écroule pas. Lorsqu’on levait les yeux, c’était impressionnant de voir ces pierres en équilibre instable au-dessus de nos têtes. La pierre avait éclaté et des morceaux avaient volé tout autour, parfois à une assez grande distance. Pour combler les trous laissés par la foudre, il fallait prendre des mesures avec une extrême précision. Mais pour nous le chantier fut loin d’être terminé car à la suite des travaux sur le clocher, on nous confia le ravalement de toutes les façades. La commune avait été si bien dédommagée par l’assurance que le montant de l’indemnité lui permettait de redonner un air de jeunesse à l’église. »

Eglise d’Ardelay après restauration du clocher

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Clocher avant restauration

Clocher avant restauration

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Pendant les travaux

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CHAPELLE DE L’HÔPITAL DE FONTENAY 1988 - Vendée L’hôpital de Fontenay est un ancien couvent qui date du début du XVIIe siècle. Il fut confisqué pendant la Révolution, puis transformé en hôpital en 1798. La chapelle a été refaite en grande partie au XIXe siècle. Avec le cloître, cet édifice est le seul élément qui a subsisté.

« Un matin, je reçus un appel de Jacques Boissière. Il souhaitait déplacer une chapelle et me demandait combien je lui prendrais. L’édifice se trouvait dans l’enceinte de l’hôpital de Fontenay et sa présence contrariait un projet d’agrandissement. Au sein de la municipalité, il y avait toute une polémique. Certains souhaitaient garder la chapelle, d’autres la détruire. Pour arriver à un compromis et mettre tout le monde d’accord, il ne restait qu’une solution, la déplacer. Pour mener à bien cette opération, on envisagea deux hypothèses. La première était de faire glisser le monument sur des rouleaux mais pour cela, il fallait que le trajet soit en ligne droite et ne dépasse pas deux cents mètres. En raison des contraintes techniques mais aussi pour des raisons de coût, on abandonna cette hypothèse et on opta pour la deuxième solution : le démontage complet de la chapelle et son remontage quelques mètres plus loin. Il s’avéra en effet qu’il était plus intéressant financièrement de transporter l’édifice pierre par pierre plutôt que de le faire rouler. Notre devis fut accepté et nous avons réalisé l’ensemble de l’opération sous la direction Restauration du fenestrage de l’architecte François Jeanneau. Mais la tâche ne fut pas aisée car dans le cahier des charges nous avions pour consigne de reconstituer fidèlement l’ensemble des traces archéologiques. La chapelle avait subi au cours des siècles quelques modifications et certaines portes et fenêtres avaient été murées. Après avoir soigneusement numéroté les pierres, nous avons reconstruit la chapelle à l’identique en respectant même le jambage qui, ici ou là, descendait plus bas. Un véritable défi que nous étions fiers d’avoir relevé en un temps record de trois mois. »

La chapelle après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Démolition et triage de la pierre

Triage et calepinage

Reconstruction

Après les travaux

Après les travaux à l’intérieur

Intérieur après reconstruction

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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LE VILLAGE DU PUY DU FOU 1988 - Vendée En 1989, le Grand Parc du Puy du Fou ouvre ses portes. À l’intérieur se trouve un village XVIIIe siècle, entièrement reconstitué. Pour amortir le coût des travaux, l’association du Puy du Fou cofinance ce décor de cinéma en association avec la production du film « Vent de Galerne ». En échange, le Parc du Puy du Fou conservera le décor pour son parc. Traversant la forêt, les visiteurs arrivent en barque dans le village.

« Le 25 décembre 1987, je reçois un appel de Jacques Boissière qui souhaite me rencontrer rapidement. Le rendez-vous est pris. Lorsque nous nous retrouvons dans un bar, je m’attendais à tout sauf à cette question : combien me prendriez-vous pour faire un village ? Le plus sérieusement du monde, l’architecte m’annonce qu’il lui faut un village pour le décor d’un film qui doit se tourner en Vendée, au Puy du Fou. Pour concrétiser sa demande, mon interlocuteur n’hésite pas à dessiner quelques maisons sur une feuille de papier afin de me fournir quelques indications sur la nature du chantier. Comme il semblait y avoir urgence, je lui adressai une estimation du coût le soir même. Une fois mon devis accepté, Jacques Boissière m’emmena sur le lieu du futur village, un terrain en friche avec des ronces et herbes folles qu’il fallait entièrement nettoyer. Sans doute les concepteurs du projet avaient-ils été séduits par le doux murmure du ruisseau qui serpentait un peu plus bas. Pour réaliser ce village, nous étions quatre maçons, chacun ayant sa propre maison à construire. Mais ce fut l’entreprise Benaiteau qui assura la fourniture et la taille des pierres pour tout le village. Nous avons démarré le chantier en mars 1988 et il nous a fallu seulement trois mois pour que le village prenne réalité. Un pari gagnant pour tous ceux qui étaient engagés dans cette entreprise. »

Travaux terminés

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Terrain avant travaux

Démarrage de la construction

Avant finition et patine

Pendant la construction

Façade avant terminée

Cheminée

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHAPELLE SAINT BARTHÉLEMY SAINT JULIEN DE CONCELLES 1988 - Loire Atlantique Construite au XVe siècle, la chapelle Saint-Barthélémy fut la première paroisse de Saint-Julien de Concelles. L’édifice est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Les fidèles venaient se recueillir devant la statue de Saint-Barthélémy pour solliciter des grâces et obtenir des guérisons pour les maladies de peau et le “feu” des enfants.

« Ce chantier marqua la première incursion de l’entreprise Benaiteau dans le département de la Loire Atlantique. Sur cette petite chapelle, nous avons entrepris la réfection des façades et rénové les ouvertures en pierre de tuffeau. Le chantier a duré trois mois. »

Chapelle après travaux

Réfection du fenestrage

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE BESSAY 1988 - Vendée Au château de Bessay, naquit en 1752, Anne-Louis-Henri de La Fare qui devint évêque de Nancy, député aux États, ministre de Louis XVIII, archevêque de Sens et cardinal. Les parties les plus anciennes comprenant les fondations, une cave voûtée et une tour carrée, remontent au XVe siècle. Le corps du logis, construit en grande partie au XVIIIe siècle, fut remanié au siècle suivant.

« Le château et son pigeonnier sont classés monument historique. Nous avons effectué de nombreuses interventions à différentes dates : mise hors d’eau, réfection de la couverture, consolidation des cheminées à l’intérieur, restauration du chemin de ronde, enduits, intérieur de la tour avec la rénovation d’un très bel escalier en voutes, réfection du pigeonnier, etc. »

Après les travaux

Remplacement des corbeaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Pose du mur du chemin de ronde

Mur du chemin de ronde après la pose

Restauration du chemin de ronde après travaux

Reconstruction de la tour de l’escalier

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration du chemin de ronde avant travaux

Restauration de la cheminée et de la lucarne

Remplacement des corbeaux

Avant couverture

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après travaux

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Au fil des chantiers


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RELAIS DE POSTE DU PUY DU FOU 1989 - Vendée En France, les relais de poste furent créés en 1477. Espacés d’environ 28 km, ils étaient dirigés par des tenants-poste, ancêtres des maîtres de poste. Les chevaucheurs ne transportaient que la seule correspondance du roi. Louis XII mit le service des relais de poste à la disposition des voyageurs en 1506. Les relais de poste se transformèrent petit à petit en écuries, pour permettre la poursuite de l’acheminement du courrier avec des chevaux frais, en auberges pour la restauration du personnel des Postes et des voyageurs, et en gîtes pour leur hébergement. Concurrencés par le chemin de fer, les relais de poste fermèrent officiellement en France en 1870 sous le règne de Napoléon III. Le relais de poste, qui s’apparentait à une grande ferme, présentait un vaste ensemble de bâtiments : une cour, de grandes écuries, des granges, les logements du maître, des charretiers, des postillons et du personnel de maison, accessoirement une forge.

« Construit dans le parc du Puy du Fou, le bâtiment est l’exacte réplique du relais de poste de Montaigu. Débutés en janvier 89, les travaux ont duré six mois. Ils furent terminés pour l’ouverture du parc en juin 89. L’entreprise Benaiteau faisait partie des quatre artisans qui participèrent à la construction de cet édifice. »

Travaux terminés

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Avant démarrage des travaux

En cours de construction

Pendant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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ALLEE DE LA TREMPERIE 1990 - Loire Atlantique « Ce fut notre premier chantier concernant un immeuble de la ville de Nantes. Sous la direction de Jacques Boissière, architecte en chef des Bâtiments de France, nous avons restauré la façade principale et les lucarnes. Les travaux ont duré environ trois mois. L’immeuble n’était pas classé mais le chantier s’est déroulé en étroite coopération avec Nantes Renaissance. Créée en 1985 par un groupe de passionnés, cette association où se retrouvent professionnels et amoureux des vieilles pierres vise à sensibiliser le public à la sauvegarde du patrimoine immobilier de la ville de Nantes. »

Allée de la tremperie

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE LA CRESSONNIERE 1986-1990 - Vendée Le château de la Cressonnière a été construit au XVe et au début du XVIe siècle. Le châtelet d’entrée, daté de 1450-1460, a été remanié à la Renaissance. Il fut le siège d’une cavalerie militaire protestante et en 1794, une armée républicaine y mit le feu. Sur le fronton de l’entrée on lit une devise en latin signifiant que le mal s’arrête dès que l’on a franchi la porte. Le château est classé monument historique et les touristes de passage peuvent y passer la nuit dans un cadre très agréable.

« Placé sous la direction de Jacques Boissière, le chantier s’est déroulé sur cinq années. Nous avons restauré l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Parmi les différentes réalisations que nous avons entreprises, nous avons mis des croisées aux fenêtres et reconstitué une cheminée à l’intérieur. »

Pendant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Avant les travaux

Après les travaux

Fourniture et pose d’une cheminée

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après les travaux

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE SAINT MESMIN 1991 - Deux-Sèvres Classée monument historique, cette forteresse médiévale du XIVe et XVe siècle possède un imposant donjon de 28 mètres de hauteur. Elle est située à Saint André sur Sèvre dans le département des Deux Sèvres mais n’est séparée de la Vendée que par une rivière qui coule en contrebas. Beaucoup de Vendéens y sont très attachés et la revendiquent en tant que monument vendéen. Ce n’est sans doute pas le hasard si le château de Saint Mesmin porte le nom d’une commune vendéenne. On peut y accéder par la route qui relie Saint Mesmin à Cerizay. Sur le site, dans le cadre de l’école départementale du patrimoine, sont accueillis chaque jour de jeunes élèves venus découvrir le château et son époque. C’est également un site très prisé par les touristes avec 15 000 visiteurs chaque année.

« Il fallait intervenir d’urgence car l’édifice était mal en point. Entre le moment où nous avons établi le devis et le commencement des travaux, une bonne partie du château s’est écroulée. Notre première intervention consista à recouvrir le châtelet d’une bâche verte. Jacques Boissière espérait que cette tache de couleur vive qui pointait à l’horizon inciterait les élus à accélérer les travaux. Mais ce stratagème resta sans effet et il faudra attendre septembre 2008 pour voir la bâche disparaître du paysage, soit dix-sept ans après le démarrage des travaux en 1991. Après la mise hors d’eau et la consolidation de l’édifice, différentes phases de travaux se sont succédé. Nous avons remonté les énormes pierres du chemin de ronde enseveli sous les broussailles et nous avons restauré une partie des communs. En 1993, François Jeanneau a pris le relais de Jacques Boissière. En 2006, nous avons commencé à restaurer les couvertures des communs, la fin des travaux étant programmée pour 2010. En juillet 2008, un nouveau chantier s’est ouvert pour la remise en état du châtelet.»

Après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration du chemin de ronde

Le Chatelet d’entrée

Après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Avant les travaux

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Au fil des chantiers


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Avant démarrage des travaux

Avant les travaux

Après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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DONJON DE POUZAUGES 1991 - Vendée Surplombant la ville de Pouzauges, ce majestueux donjon du XIIe siècle mesure plus de 25 mètres de haut. Il est l’une des 12 tours qui composaient autrefois la courtine du château, offrant aux visiteurs un bel exemple de l’architecture militaire romane. Classé monument historique, cet édifice fut d’abord destiné à un usage militaire avant de devenir la résidence de l’épouse du célèbre Gilles de Rais : Catherine de Thouars.

« Lorsque nous sommes intervenus sur le donjon en mars 1991, il était en très mauvais état. Nous avons consolidé sa façade et réalisé une terrasse étanche au deuxième niveau. Les remparts sont en cours de restauration. »

Le donjon de Pouzauges

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Avant les travaux

Après les travaux

Après les travaux

Avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE L’EBAUPINAY 1993 - Deux-Sèvres Situé à Breuil sous Argenton dans le département des Deux-Sèvres, ce château du XIVe siècle classé “monument historique” a été construit avec le granit du pays. Entouré de douves, il forme un quadrilatère avec quatre tours d’angle. Un incendie le détruisit en 1793 pendant la guerre de Vendée.

« Nous avons démarré les travaux sur une barque, naviguant dans les douves. Il nous fallait construire les échafaudages dont les pieds reposaient tout au fond de l’eau. Ce fut la principale difficulté du chantier. Nous avons restauré la tour qui, dévorée par la végétation, était en très mauvais état. Nous avons aussi réalisé des gargouilles. Le maître d’œuvre était François Jeanneau, architecte des Monuments Historiques. »

Château pendant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Après remplacement des pierres éclatées

Remplacement des pierres éclatées

Echafaudage à partir des douves

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Après les travaux

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Au fil des chantiers


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EGLISE NOTRE DAME DE BEAUPREAU 1993 - Maine et Loire Commencée en 1857, l’église Notre-Dame de Beaupréau fut achevée en 1863. À la demande du curé de la paroisse, le décor verrier fut confié à Heinrich Ely, maître-verrier d’origine allemande installé à Nantes. Dans cette église, il réalisera son chef-d’œuvre. Rentré contre son gré en Allemagne, il continuera à travailler, envoyant ses vitraux par chemin de fer jusqu’à la petite gare de Beaupréau mais meurt avant d’avoir terminé sa commande. Après ses propres enfants, d’autres artistes prennent le relais et terminent son œuvre en 1901.

« Sur ce chantier, notre tailleur de pierre fut mis à contribution en restaurant des fenestrages dont la pierre en tuffeau était en très mauvais état. Les formes sophistiquées des dessins exigeaient des relevés d’une extrême précision. Dans le domaine de la rénovation des vitraux, ce fut notre plus gros chantier. »

Après remplacement des pierres éclatées

Remplacement des pierres éclatées

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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TEMPLE DU GOÛT 1993 - Loire Atlantique Le temple du goût a été construit à Nantes en 1750 et sert aujourd’hui de lieu d’exposition. Représentant le style baroque nantais de l’époque, il témoigne d’une grande richesse architecturale par ses nombreux mascarons et ses balcons en fer forgé.

Façade avant les travaux

« Encore une fois notre tailleur de pierre fut mis à contribution pour redonner des couleurs à ce magnifique immeuble, situé au cœur du vieux Nantes. Nous avons rénové la façade en tuffeau ainsi qu’un couloir intérieur surmonté d’un puits de lumière. La maîtrise d’œuvre fut confiée à Hervé Chouinard, architecte en chef des Monuments Historiques. »

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Après restauration du pied droit

Avant restauration du pied droit

Façade avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Façade après les travaux

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Au fil des chantiers


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LA BASTILLE DE RICHEMONT 1994 - Deux-Sèvres Située au cœur de la cité médiévale de Partenay dans les Deux-Sèvres, la bastille de Richemont est classée « monument historique ». Elle fut érigée au début du XVe siècle pour garder l’entrée du château. Construite sur un plan quadrangulaire, elle est dotée de plusieurs tours percées de canonnières, l’artillerie étant à la fin du Moyen-Age, une pièce importante au sein des armées.

« Nous avons réalisé des maçonneries pour la construction d’une passerelle en bois qui conduisait à la bastille. Les délais étaient très courts car nous avions à peine deux mois pour mener à bien les travaux et passer le relais au charpentier. L’appel d’offres a été ouvert le vendredi de l’ascension et dès le lundi, les équipes étaient déjà au travail. Ce fameux jour, je me souviens de la visite du maire qui, en guise de mot de bienvenue, nous avait fait miroiter des pénalités en cas de retard. Le maître d’œuvre était François Jeanneau, architecte des Monuments Historiques. »

Micro-pieux en consolidation dans les piles du pont

Micro-pieux en consolidation dans les piles du pont

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Avant les travaux

Passerelle posée

Après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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LA CITE MEDIEVALE 1994 - Vendée Dans le vaste parc du Puy du Fou, une cité médiévale du XIIIe et XIVe siècle a été reconstituée. À l’intérieur de vraies maisons construites avec les matériaux d’autrefois, on peut admirer le travail du verrier, du sculpteur, du boulanger et dans les rues, on croise des saltimbanques. Le visiteur remonte le temps dans un univers très réaliste rythmé par le son des cloches ou celui des sabots qui résonnent sur le pavé.

« Après le village du XVIIIe siècle et le relais des postes, nous intervenons une nouvelle fois dans le parc du Puy du Fou. Commencés au mois de juillet 1994, les travaux devaient être impérativement terminés pour la saison touristique qui débutait au printemps 1995. Respectant les délais, nous avons quitté le chantier en décembre 1994 afin de passer le relais à d’autres artisans. Pour tenir ce calendrier, nous avons dû mettre en place une équipe de 25 personnes. Avec les quatre autres entreprises de maçonneries présentes sur le site, nous participions à la construction mais nous devions aussi approvisionner tout le chantier en pierres de taille. Si bien que pour satisfaire la demande, notre tailleur de pierre avait monté son atelier sur place. Parmi les différents bâtiments que nous avons réalisés figurent des maisons, une chapelle, un pont et un pont-levis. L’architecte était Jacques Boissière. »

Chapelle et tour ouest

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Tour porte ouest et pont levis en travaux

Tour porte ouest et pont levis en travaux

Tour porte ouest et pont levis en travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Tour porte ouest et pont levis en travaux

La chapelle

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Galerie marchande

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Au fil des chantiers


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Taille des corbelets

Galerie marchande

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Croix Hosanière

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Au fil des chantiers


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FILATURE DE PIQUET 1995 - Vendée La filature a été construite au début du XIXe sur le magnifique site de la vallée de l’Yon. On prétend qu’elle n’aurait jamais fonctionné car une fois le chantier terminé, on se serait aperçu mais trop tard qu’il n’y avait pas suffisamment d’eau pour produire l’énergie nécessaire. C’est aujourd’hui un lieu touristique très visité et le lieu de concerts.

« Sur cette filature, notre travail a consisté à refaire les maçonneries hautes et à réparer les ouvertures en brique. »

Avant les travaux

Après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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HOTEL DIT « DE LA SENECHAUSSEE » 1996 - Vendée Situé au centre de Fontenay Le Comte, cet hôtel fut édifié à la fin du XVIe siècle. Comparé aux autres monuments de la ville, il présente une architecture originale. Deux ailes en équerre sont reliées par une tour d’escalier dans la tradition médiévale. À la fin du XVIIe siècle, l’édifice abrite l’hôpital général, puis sert de prison et d’hospice pendant la révolution. À l’intérieur se trouvait une superbe cheminée qui orne aujourd’hui les salons du château de Terre-Neuve.

« Laissé à l’abandon, l’hôtel de la Sénéchaussée était envahi par les ronces. En 1988, Jacques Boissière le fait inscrire à l’inventaire supplémentaire mais les travaux tardent à commencer. Nous intervenons en avril 1996 pour refaire les façades. Le chantier dure six mois. Aujourd’hui, l’immeuble abrite la trésorerie de Fontenay Le Comte. »

Ravalement de façades avant les travaux

Ravalement de façades après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE LA SEILLERAYE 1996 - Loire Atlantique Ce château fut édifié en 1671 par l’architecte parisien Delahaye sur la commune de Carquefou, en Loire Atlantique. Les plans auraient été dessinés par Mansard, le célèbre architecte de Louis XIV. Le maître des lieux était Guillaume Harouys, trésorier général de Bretagne, conseiller du roi et maire de Nantes. Le château et ses communs sont classés « monument historique » depuis le 30 décembre 1994. Aujourd’hui, après avoir été réhabilité, cet édifice abrite des appartements privés.

« Les travaux se sont déroulés sous la direction d’Hervé Chouinard, architecte en chef des Monuments Historiques. Nous avons restauré les façades avant et arrière. Au cours du chantier qui a duré environ huit mois, nous avons remplacé un certain nombre de pierres, notamment sur les ouvertures, les cheminées et les corniches. »

Ravalement des façades avant les travaux

Ravalement des façades côté cour après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Ravalement façade arrière après les travaux

Reprise du linteau

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration du blason

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE CLISSON 1997 - Loire Atlantique Situé au carrefour de la Bretagne, de l’Anjou et du Poitou, le château de Clisson a été construit au XIIIe siècle. Cet édifice érigé sur un éperon rocheux réunit tous les principes de l’architecture défensive. Au XIVe et au XVe siècle, de nouvelles constructions et différents aménagements en font une forteresse plus résistante à l’ennemi. Olivier IV de Clisson, connétable de France qui succéda à Du Guesclin, y résidera. Mais le château est incendié pendant les Guerres de Vendée et au XIXe siècle il devient une ruine romantique dont aimeront s’inspirer les peintres et des sculpteurs.

« Nous sommes intervenus trois fois sur ce château : en 1988, sur les couvertures, en 1997 sur les baies du Logis Seigneurial et en 2004 sur la tour Saint Louis, la tour des prisons, le bastion nord-ouest, la chapelle et les anciennes cuisines. La maîtrise d’œuvre fut confiée aux architectes en chef des Monuments Historiques, Hervé Chouinard et Pascal Prunet. La rénovation de cet imposant édifice n’est toujours pas terminée, des entreprises y travaillent régulièrement. »

Ravalement des façades avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Ravalement des façades avant les travaux

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Au fil des chantiers


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CHATEAU DE KERGUEHENNEC 1997 - Morbihan Situé dans le Morbihan, au nord de Vannes, ce château breton a été construit sur les vestiges d’un ancien manoir au début du XVIIIe siècle. Il était alors la propriété d’un banquier, actionnaire de la Compagnie des Indes. De 1873 à 1876, il fait l’objet d’importants travaux de restauration confiés à Ernest-Félix Trilhe qui deviendra architecte honoraire de la ville de Paris. À la même époque, les jardins seront redessinés par d’éminents paysagistes d’origine suisse, les frères Bülher. Aujourd’hui, l‘édifice abrite un centre d’expositions et est entouré d’un parc de sculptures qui réunit plus d’une vingtaine d’œuvres d’artistes renommés. Le château de Kerguehennec est classé « monument historique ».

« Pour obtenir le marché, nous étions en concurrence avec une entreprise bretonne. Nous avons eu la préférence mais l’artisan breton a remporté un appel d’offres concernant le château de Tiffauges en Vendée, pour lequel nous avions également posé notre candidature. Si bien que chaque lundi matin, nos véhicules se croisaient sur la route : les Vendéens partaient en Bretagne et les Bretons venaient en Vendée. Ce fut notre premier chantier en Bretagne, jusqu’à présent nous n’avions jamais travaillé aussi loin. Pour notre entreprise ce fut une aubaine car cette commande généra un important chiffre d’affaires. La restauration a été conduite par monsieur Laignieau, architecte en chef des Monuments Historiques. Alors que les travaux étaient programmés sur trois ans, nous les avons réalisés en un an et demi. Nous avons refait les enduits des façades du château et des communs et nous avons taillé de nombreuses pierres pour reconstituer des colonnades ou des corniches qui, par souci d’économie, avaient été réalisées en béton. »

Ravalement de façades après les travaux

Ravalement de façades avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Ravalement des façades - enduit avec finition au balai

Ravalement des façades - remplacement de la corniche béton

Ravalement des façades - corniche après travaux

Ravalement des façades - faux joints sur le sous-bassement

Ravalement des façades après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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OCTOGONE MONTMORILLON 1997 - Vienne L’octogone de Montmorillon, situé dans le département de la Vienne, est une chapelle romane funéraire du XIIe siècle. Son architecture s’inspire du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Elle est située dans l’enceinte de la Maison-Dieu, ancien hôpital monastère fondé au XIIe siècle. La salle haute était le lieu de prière pour le culte des morts, alors que la salle basse, l’ossuaire, accueillait les ossements des chrétiens dans l’attente de la résurrection de la chair. L’édifice est classé « monument historique » depuis 1840.

« Le projet de rénovation visait à redonner au monument l’aspect qu’il avait au XVIIe siècle. Ainsi, nous avons transformé le clocher qui est devenu un lanternon en forme de campanile. Les travaux qui ont duré un an et demi portaient sur l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Pour mener à bien ce chantier, nous avons installé nous-mêmes les échafaudages et recouvert la charpente d’une bâche en forme de parapluie. Nous avons du affronter une forte tempête mais rien n’a bougé, la bâche ne s’est pas envolée. »

Restauration intérieure et extérieure

Restauration intérieure et extérieure avant les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration intérieure et extérieure après travaux

Restauration intérieure et extérieure après travaux

Restauration intérieure et extérieure voûte après travaux

Intérieur après travaux

Extérieur pendant travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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EGLISE NOTRE DAME 1997 - Deux-Sèvres Située dans la ville de Niort, l’église Notre-Dame est le monument le plus haut du département des Deux-Sèvres. Sa flèche, dont une légende poitevine attribue sa construction à la fée Mélusine, culmine à 75 mètres de hauteur. Construite dans le style gothique flamboyant, l’église fut remaniée et restaurée aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Son portail nord comprend des éléments décoratifs appartenant au gothique finissant et à la Renaissance. L’édifice est classé « monument historique ».

« Autour de l’autel, nous avons restauré le dallage et les marches qui y conduisent. Nous avons également sculpté une énorme pierre que nous avons incrustée dans le mur et qui sert de socle à la statue de Notre-Dame. Le chantier a duré quatre mois sous la direction de l’architecte François Jeanneau. »

Restauration de l’autel socle après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Taille du socle

Marches et dallages après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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MUSEE DES BEAUX-ARTS 1999 - Maine et Loire Le Logis Barrault qui abrite le musée est le plus ancien hôtel particulier de la ville d’Angers. Il fut édifié entre 1486 et 1493 par Olivier Barrault, serviteur du roi, trésorier de Bretagne et maire d’Angers. Il a accueilli des hôtes de passage aussi prestigieux que Louis XII, Anne de Bretagne, César Borgia ou Marie de Médicis. En 1673, il devient propriété du clergé et est transformé en grand séminaire. Entre 1999 et 2004, de gigantesques travaux de rénovation, de transformation et d’agrandissement sont orchestrés par deux architectes de renom, Gabor Mester de Parajd et Antoine Stinco. L’édifice est classé « monument historique ».

« Dans le département du Maine-et-Loire nous avons répondu à quatre appels d’offres et, à notre grande surprise, nous les avons tous remportés. Trois chantiers se trouvaient dans un rayon de cinq cents mètres : le musée des beaux-arts, l’hôtel Maquillé et la Collégiale Saint Martin. Le quatrième chantier concernait le château de Soullanger à Doué-la-Fontaine. Le musée des beaux-arts était alors le plus gros chantier de la ville d’Angers. Ce fut également notre projet de restauration le plus important. Nous avions gagné l’appel d’offres face à des artisans angevins qui s’étaient regroupés pour emporter le marché. En apprenant la nouvelle, ils pensèrent que notre petite entreprise ne viendrait pas au bout de ce chantier. Nous avions le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et cela a beaucoup compté. Tout avait bien commencé lorsque mon conducteur de travaux m’annonça son désir de partir au beau milieu du chantier, Restauration des façades cour intérieure prétextant une offre mirifique que lui aurait faite la concurrence. Pour ne rien arranger, il avait la responsabilité de deux autres chantiers et dirigeait 25 ouvriers. Finalement, tout rentra dans l’ordre car le pont d’or se révéla moins intéressant que prévu, et le conducteur de travaux renonça à partir. Les travaux se sont déroulés en plusieurs tranches, nous sommes seulement intervenus dans la première. Notre chantier a duré trois ans et nous avons refait toute la taille des pierres de l’édifice construit en tuffeau, cela représentait un volume d’environ 200 mètres cubes. Lors des autres tranches, l’intérieur a été refait entièrement et le bâtiment a été agrandi. En 2004, le musée des beaux-arts d’Angers ouvrait ses portes au public. »

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration des façades cour intérieure

Restauration des façades cour intérieure

Restauration des façades côté rue

Restauration des façades côté rue

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration des façades cheminée intérieure

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Au fil des chantiers


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EGLISE SAINT LOUIS 1999 - Vendée L’église est située place Napoléon, à la Roche sur Yon. La première pierre fut posée en 1813 mais le bâtiment ne sera terminé qu’en 1829. Conçue sur un plan basilical, l’église Saint-Louis présente une façade néo-classique comportant des colonnes inspirées du « dorique romain ». La toiture a été réalisée avec des ardoises d’Angers fixées par des clous de cuivre. L’édifice est classé « monument historique ».

« Nous sommes intervenus la première fois en juillet 1999 et le chantier a duré trois ans. Nous avons restauré trois façades ainsi que les corniches et les sculptures. Les pierres de taille ont été nettoyées, certaines remplacées. L’église doit sa teinte ocre à un badigeon de lait de chaux. Les travaux se sont déroulés sous la direction de Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments Historiques. Les halles se trouvant également en réfection, la municipalité avait installé les commerçants dans la rue qui longeait l’église. Certaines boutiques se trouvant au-dessous de l’édifice, il nous a donc fallu réaliser un échafaudage suspendu à trois mètres au-dessus du sol sur tout le pignon nord du transept. »

Restauration des façades

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration des façades

Restauration des façades

Avant travaux

Restauration des façades

Avant travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Avant travaux

Restauration des façades

Restauration des façades

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Pendant travaux

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Au fil des chantiers


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HOTEL MAQUILLE 1999 - Maine et Loire Situé à Angers, cet hôtel particulier a été construit à la fin du XVIIIe siècle. Le projet fut confié à Michel Bardoul de la Bigottière, architecte angevin, lauréat du grand prix de Rome. Il porte le nom de son propriétaire, Antoine de Maquillé, qui au moment de la révolution abandonna définitivement sa maison pour émigrer en Hollande.L’entrée principale se fait par une porte cochère qui donne sur la rue du Cornet. La grande originalité de l’hôtel, avec cinq fenêtres sur chaque face, réside dans le porche traversant situé au centre de la façade. Il donne accès aux pièces du rez-de-chaussée, à l’escalier qui dessert les étages et à la façade arrière qui s’ouvre, à l’ouest, par une seconde cour. Aujourd’hui, cet édifice abrite les bureaux de l’architecte des bâtiments de France.

« Le chantier a duré un an. Nous avons procédé au ravalement des façades de l’édifice et du mur de clôture. »

Ravalement des façades

Ravalement des mûrs de clôture

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Ravalement des façades

Ravalement des mûrs de clôture

Ravalement des façades

Ravalement des mûrs de clôture avant travaux

Ravalement des façades

Ravalement des mûrs de clôture après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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ABBAYE DE LA GRAINETIERE 1999 - Vendée Située aux Herbiers, l’abbaye fut fondée en 1130 avec l’arrivée de moines bénédictins en provenance de l’abbaye de Notre Dame de Fontdouce en Saintonge. Sa construction sera achevée en 1210. Pendant la Guerre de Cent Ans, cette abbaye fortifiée est attaquée par les Anglais, puis, au cours des Guerres de Religion, elle subit les attaques de seigneurs protestants et est en partie brûlée. Du cloître roman, il ne subsiste que la galerie ouest : les petites arcades en plein cintre s’appuient sur des colonnettes doubles. La loggia en bois à l’étage a été ajoutée au XVIIe siècle, après la destruction de l’hostellerie. L’édifice est classé « monument historique ». Aujourd’hui, l’abbaye se visite et une petite communauté de moines bénédictins offre l’hospitalité pendant quelques jours aux personnes sans domicile.

Ravalement des façades

« La tour de cet édifice était entièrement en ruine. Les travaux placés sous la direction de Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments Historiques, ont duré 15 mois. Nous avons refait la couverture, la façade extérieure, remonté les murs et réalisé une corniche en brique pour supporter la charpente. À l’intérieur, nous avons refait le sol avec des dalles en terre cuite et restauré la cheminée. »

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration mise hors d’eau après travaux

Restauration mise hors d’eau couronnement des briques

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration mise hors d’eau et intérieur

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Au fil des chantiers


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EGLISE SAINT PIERRE, ANCENIS. 2000 - Loire Atlantique Construite aux XVe et XVIe siècles, l’église Saint Pierre possède une sacristie voûtée. L’édifice abrite un grand nombre d’œuvres d’art : autels, médaillons, retables, fonts baptismaux avec leur bas-relief, statues…

« Nous avons restauré toute la façade extérieure de l’église ainsi qu’un certain nombre de sculptures. Une équipe de quatre à cinq personnes se rendait tous les jours sur place. Sous la direction de Jean-Marie Lépinay, architecte du patrimoine, les travaux ont duré environ dix-huit mois. »

Restauration des façades avant travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration des façades - Base d’ouverture

Restauration des façades après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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ESPACE MAGELLAN, NANTES 2000-2002 - Loire Atlantique

« Situé au centre de Nantes, l’Espace Magellan comprend des immeubles de bureaux et de logements. La première pierre a été posée en 2000, les travaux ont été réalisés en deux tranches. Nous avions pour mission de recouvrir de briques les façades de deux immeubles. Nous en avons posé 310 000 en seulement dix-huit mois avec une équipe de dix personnes. En deux jours, nous réalisions le plaquage d’un étage, soit une travée de 30 mètres de long sur 3 mètres de haut. Les fenêtres étaient toutes décalées et la façade de l’un des immeubles était arrondie, ce qui compliquait sérieusement notre tâche. Il nous fallait donc travailler sans fil à plomb et sans cordeau. Et pas question de couper une seule brique, tout devait tomber juste. Nous n’avions pas d’échafaudages mais une nacelle. » L’architecte était Bernard Bartho.

Pose de briques après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Pose de briques pendant les travaux

Pose de briques pendant les travaux

Pose de briques après les travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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EGLISE DE SAINT AUBIN, TURQUANT 2002 - Maine et Loire Bien que la première pierre fût posée au XIIe siècle, l’ensemble de l’édifice date des XVe et XVIe siècles. L’église connaîtra une histoire mouvementée. À la fin du XVIIe, le clocher s’effondre, écrasant la voûte de la nef. Plus tard, l’édifice sera saccagé par les huguenots et inondé par les crues de la Loire. Construite en tuffeau blanc, l’église possède sept baies ogivales.

« L’église était en mauvais état, les fondations bougeaient et de nombreuses fissures apparaissaient. Nous avons refait toutes les façades extérieures ainsi que le dallage à l’intérieur. Les travaux ont duré six mois sous la direction de Gabor Mester de Parajd, architecte. »

Consolidation des murs - reprise des fondations

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Consolidation des murs - reprise des fondations

Consolidation des murs - travaux intĂŠrieur

Consolidation des murs - reprise du dallage

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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EGLISE SAINT MARTIN, GORGES 2002 - Loire Atlantique L’église Saint Martin fut édifiée entre 1860 et 1871 sur l’emplacement d’une ancienne église datant du XVIe siècle. Ses vitraux sont l’œuvre du maître verrier Meuret. D’anciennes pierres tombales servent de pavement dans la nef. La flèche du clocher domine la campagne environnante de ses 48 mètres de haut.

« Pour restaurer cette église, nous sommes intervenus deux fois. En 1993, nous avons refait le clocher et en 2002, nous avons procédé au ravalement de la nef. Les deux architectes responsables des travaux furent successivement Hélène Leroy et Alain Forest. »

Restauration du clocher et des façades

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration des sculptures

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Au fil des chantiers


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CHAPELLE SAINT JACQUES, CLISSON 2003 - Loire Atlantique Ancien prieuré bénédictin du XIe siècle, cette église romane servait de relais pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. L’abside, le transept et le clocher ayant été détruits au XIXe siècle, il ne reste plus que la nef. Inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1941, l’édifice abrite aujourd’hui un espace culturel.

« Sous la direction de Clarisse Crouigneau, architecte, l’ensemble de l’édifice a été restauré par nos soins : nous avons refait la façade extérieure, les murs intérieurs ainsi que le dallage du sol. Les travaux ont débuté en octobre 2003 et ont duré six mois. »

Extérieur avant travaux

Extérieur après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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CHATEAU MARIE DU FOU, MAREUIL 2004 - Vendée Ce château serait l’un des plus anciens lieux fortifiés de Loire Méridionale car ses fondations remonteraient au XIIe siècle. Cette puissante Seigneurie a traversé toutes les péripéties de l’Histoire de France, de la Guerre de Cent Ans jusqu’à la révolution française. Entouré d’un vignoble de soixante hectares, le château a donné son nom à un crû de « Mareuil ».

« Les travaux ont débuté en juillet 2004 sous la direction de Jean-René Guicheteau, architecte. Nous avons procédé au ravalement extérieur du château et à la consolidation du pont. Un autre chantier est en cours : la restauration des remparts. »

Ravalement des façades avant travaux

Ravalement des façades après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Ravalement des façades avant travaux

Ravalement des façades avant travaux

Ravalement des façades après travaux

Ravalement des façades avant travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Ravalement des façades après travaux

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Au fil des chantiers


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ABBAYE DE SAINT SAVIN 2005 - Vienne La construction de cette abbaye remonterait au XIe siècle. Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO car elle abrite un ensemble de fresques romanes unique en Europe et très bien conservé. Les peintures représentent des scènes de la Genèse et de l’Exode.

«Nous avons mis en place les soixante tonnes d’échafaudages qui ont permis aux spécialistes de restaurer les fresques. Nous avons également restauré des ouvertures dans les murs. Placé sous la direction de François Jeanneau, architecte, le chantier a duré trois ans. »

Restauration intérieure - fresque sur les voûtes

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration intérieure - forage pour éclairage

Restauration intérieure - fresque sur les voûtes

Restauration intérieure - réparation des enduits

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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EGLISE DE SAINT-MARTIN-LARS 2005 - Vendée Construite au XIe siècle, l’église fut fortifiée. On aperçoit encore les vestiges d’un chemin de ronde et de contreforts.

« Le maître d’œuvre fut Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments Historiques. Nous sommes intervenus à deux reprises, en 2005 et 2006. Après avoir installé les échafaudages, nous avons consolidé les parties hautes des façades extérieures ainsi que le mur de la nef et celui du clocher. Nous avons remplacé des pierres et refait des corniches. »

Restauration extérieure après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration extérieure après travaux

Restauration extérieure avant travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

Restauration extérieure après travaux

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Au fil des chantiers


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CHAPELLE DES ROSIERS, SAINT CLEMENTIN 2006 - Deux-Sèvres Située au milieu des champs, cette chapelle du XVIe siècle est un lieu de passage pour les pèlerins qui se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Classé Monuments Historiques, l’édifice abrite des fresques, une statue de la Vierge et un tombeau du XIIIe siècle. L’entrée est protégée par un auvent.

« Le chantier a débuté en février 2006 sous la direction de François Jeanneau, architecte. Nous avons refait les enduits des murs intérieurs de l’édifice tandis que des spécialistes restauraient les fresques. »

Restauration extérieure après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration intérieure après travaux

Restauration intérieure après travaux

Restauration intérieure après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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EGLISE NOTRE-DAME DES CHAMPS VIEILLEVIGNE 2006 - Loire Atlantique L’église fut construite sur un ancien cimetière entre 1874 et 1878. Elle abrite des fresques peintes par Pierre et Jean Bouchaud entre 1920 et 1930.

« Remplaçant la truelle par le pinceau, c’était la première fois que nous réalisions des trompe-l’œil. En traçant des lignes et en dessinant des ombres, nous avons créé l’illusion dans le regard des passants et donné une nouvelle beauté à l’édifice. Un exercice plaisant pour notre équipe qui découvrait là un nouveau métier. Nous sommes intervenus sur le clocher en novembre 2006 sous la direction de l’architecte, Antoine Potiron. »

Restauration extérieure après travaux

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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Restauration extérieure avant travaux

Restauration extérieure - Trompe l’œil sur bandeau et corniche

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Au fil des chantiers


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“ Notre force, c’est notre capacité de mobilisation, de réaction. ” Alain MERIEUX

DES CHANTIERS ET DES HOMMES


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LES ARCHITECTES ET LA CONSERVATION DU PATRIMOINE L’architecte des bâtiments de France a le statut de fonctionnaire. Au nombre de ses missions, figurent l’entretien et la conservation des Monuments Historiques. Il veille également à la bonne insertion des constructions neuves et des transformations aux abords des monuments protégés. Il y a un architecte des bâtiments de France dans chaque département. Recruté par l’État, l’architecte en chef des Monuments Historiques dirige les travaux de restauration des Monuments Historiques classés, dans un secteur géographique donné. Il peut par ailleurs exercer sa profession d’architecte à titre libéral. Il y a en France cinquante-trois architectes en chef.


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DES CHANTIERS ET DES HOMMES

Jacques BOISSIERE Architecte des Bâtiments de France

Après des études à l’école de Chaillot, Jacques Boissière passe le concours d’architecte des Bâtiments de France et en 1974, il s’installe en Vendée où il restera vingt ans. Il est d’ailleurs le premier à occuper ce poste pour le département. Jusqu’à présent, la Vendée était sous la houlette de l’architecte des Bâtiments de France de la Loire Atlantique. Jacques Boissière se souvient : « J’avais un peu le sentiment d’arriver sur un terrain vierge où tout restait encore à faire. Même si les Vendéens ont toujours été attachés à leur patrimoine, la conservation des vieux monuments n’était pas une priorité comme elle l’est aujourd’hui ». Si un grand nombre de monuments historiques ont été restaurés en Vendée, on le doit bien sûr à la volonté politique d’un département mais aussi à la ténacité d’un architecte. Bien avant l’heure, Jacques Boissière part en croisade pour sauver un grand nombre d’édifices qui font aujourd’hui la fierté de la Vendée et contribuent au développement du tourisme. Sur sa route il rencontre de nombreux obstacles et sans son obstination, beaucoup de monuments n’existeraient plus. Si l’abbaye de Grammont, le château de Saint Mesmin ou celui d’Ardelay sont encore debout aujourd’hui, on le doit en grande partie à Jacques Boissière. L’architecte des Bâtiments de France relèvera aussi le formidable défi du Puy du Fou en dessinant tous les villages qui font aujourd’hui la réputation du parc. « Si je n’avais pas rencontré Jacques Boissière, j’aurais probablement continué à travailler dans le béton », affirme Pierre Benaiteau. Difficile de rendre plus bel hommage à l’homme qui devint le premier architecte des Bâtiments de France en Vendée. C’est pourtant la réalité. Si l’entreprise Benaiteau fait aujourd’hui partie des entreprises les mieux cotées dans la restauration des monuments historiques, ils le doivent en grande partie à l’architecte Jacques Boissière. En 1978, lorsque Pierre Benaiteau rencontre l’architecte des Bâtiments de France de Vendée, son entreprise de maçonnerie construit surtout des pavillons neufs. Les deux hommes se connaissent peu. Monsieur Benaiteau « père » qui dirige alors l’entreprise, rencontre régulièrement Jacques Boissière mais c’est seulement pour lui soumettre les plans de ses maisons neuves. Le premier chantier de l’entreprise Benaiteau placé sous la direction de Jacques Boissière est l’église de Châteaumur. Pour Pierre Benaiteau, c’est le point de départ d’un long parcours dans la restauration des bâtiments anciens. Les entreprises du bâtiment spécialisées dans la restauration sont alors pratiquement inexistantes en Vendée. Bien souvent, l’architecte des Bâtiments de France a l’obligation de faire appel à des artisans qui résident en dehors du département, situation que déplorent quelques élus locaux. Sans doute le

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Des chantiers et des hommes.


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marché vendéen est-il trop étroit pour assister à l’émergence de telles sociétés car il faut bien l’avouer, le pays des Chouans ne possède pas un grand nombre de monuments historiques. Il faut aussi reconnaître que beaucoup d’entreprises affichent une nette préférence pour le marché des constructions neuves. La rénovation des bâtiments anciens ne jouit pas du même prestige qu’aujourd’hui, apparaissant presque comme un travail de seconde zone. Depuis, cela a bien changé. Entre les deux hommes le courant passe aussitôt. L’architecte fait tout de suite confiance à Pierre Benaiteau. « J’ai trouvé un interlocuteur attentif, à l’écoute, qui avait l’amour du travail bien fait », confie Jacques Boissière. Bien sûr, tout ne s’est pas fait du jour au lendemain. De chantier en chantier, Pierre Benaiteau a dû faire son apprentissage sous la houlette de l’architecte. « Quelle meilleure formation que celle du terrain avec un maître d’œuvre exigeant qui n’hésitait pas à nous faire démolir un mur quand celui-ci ne lui convenait pas ! », reconnaît Pierre Benaiteau. Pierre se souvient aussi de longues visites en compagnie de l’architecte, sillonnant par tous les temps les routes vendéennes, à la découverte de différents chantiers. Le chef d’entreprise découvre alors un savoirfaire bien différent de celui qu’il applique dans la construction des maisons neuves. En choisissant une nouvelle voie, celle de la restauration des monuments anciens, Pierre Benaiteau entre dans un univers totalement inconnu. Il lui reste tout à apprendre, ce qui n’est pas pour déplaire à un homme qui a toujours cherché à progresser.

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Des chantiers et des hommes.


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DES CHANTIERS ET DES HOMMES

François JEANNEAU Architecte en chef des Monuments Historiques

François Jeanneau fera treize années d’études avant de devenir architecte en chef des Monuments Historiques. Enfant, il rêve déjà d’exercer ce métier. Fils d’une artiste-peintre, il naît dans un milieu tourné vers les arts et la culture. Son frère est également architecte. En première année d’architecture, sa vocation se précise. Se découvrant une passion pour l’histoire de l’architecture, il décide de se spécialiser dans les monuments historiques. Après six années d’études, François Jeanneau réussit brillamment le concours d’architecte des Bâtiments de France en étant major de sa promotion. Quelques années plus tard, il passe le concours d’architecte en chef des Monuments Historiques. La collaboration entre François Jeanneau et Pierre Benaiteau commence en 1988 et a pour point de départ un chantier inhabituel. Il s’agit de déplacer la chapelle de l’hôpital de Fontenay-le-Comte de quelques centaines de mètres. On envisage deux solutions : démonter entièrement le monument ou le faire glisser sur des rails. L’opération est complexe et met en jeu la réputation des deux hommes qui n’hésitent pas à relever le défi. François Jeanneau vient d’être nommé architecte en chef des bâtiments de France. Le déplacement de la chapelle est son premier chantier dans cette nouvelle fonction et c’est pour lui l’occasion de faire ses preuves. Travaillant dans une petite chambre et sans secrétaire, il n’a pas encore beaucoup d’affaires et chaque projet compte. Quant à Pierre Benaiteau, il intervient pour la première fois sur un monument classé et ne possède pas encore de qualification « Monuments Historiques ». Son entreprise a été recommandée à François Jeanneau par Jacques Boissière. Finalement, l’option du démontage complet de l’édifice sera retenue. Le travail est minutieux car il faut numéroter soigneusement toutes les pièces. Le chantier se déroule parfaitement et la chapelle trône quelques mètres plus loin comme si elle avait toujours été là. La coopération entre les deux hommes s’annonce sous de bons augures, elle sera le point de départ d’une longue et fructueuse collaboration. « Très vite j’ai appris à connaître François Jeanneau. Pour chaque chantier, je devinais tout de suite quels étaient ses objectifs. Nous n’avions pas besoin de longs discours pour nous comprendre, nous étions tout de suite en phase ! » confie Pierre Benaiteau. Pour sa part, François Jeanneau apprécie la qualité d’écoute de l’entreprise de Châteaumur. Il reconnaît que si l’architecte fait de longues études, il n’a pas tout de suite l’expérience du terrain. Il doit donc pouvoir s’appuyer sur le savoir-faire des entreprises avec lesquelles il travaille. Dans cette optique, François Jeanneau a été sensible à la qualité des échanges avec Pierre Benaiteau. « Il avait son propre savoir-faire forgé par l’expérience, un véritable coup de main qu’il avait acquis au fil des chantiers. Il me faisait des suggestions que j’acceptais bien volontiers. Il y avait ce qui était possible et ce qui ne l’était pas. » raconte l’architecte. La réciprocité est d’ailleurs vraie : « En la personne de François Jeanneau, j’avais un interlocuteur toujours disponible, très présent sur les chantiers et qui savait avec précision où il voulait aller. Pour une entreprise c’est du temps gagné mais c’est aussi un plaisir de travailler dans ces conditions » reconnaît Pierre Benaiteau.

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DES CHANTIERS ET DES HOMMES

Jean VINCENT Ancien prêtre ouvrier et Archéologue

Originaire du sud-ouest, Jean Vincent arrive en Vendée en 1946. Il a neuf ans quand ses parents s’installent à Noirmoutier. « Le pont n‘existait pas, nous vivions au rythme de la marée. Le seul accès à l’île était le passage du Gois ! » se souvient-il. Après le séminaire où il entreprend des études supérieures, le jeune homme est ordonné prêtre et exerce son ministère successivement dans les paroisses de la Chaume et de Pouzauges. Mais, souhaitant être plus proche de ses paroissiens dans la vie de tous les jours, Jean Vincent décide de travailler en usine en devenant prêtre ouvrier. Ainsi, il a davantage le sentiment de partager avec ceux qui l’entourent les joies et les difficultés de l’existence. Jean Vincent découvre l’archéologie en 1975, tout à fait par hasard, selon ses propres dires. Profitant de ses congés, il s’inscrit dans un groupe qui organise des fouilles à Noirmoutier. À cette occasion, il a la surprise de trouver dix-neuf squelettes mais il est plus fasciné encore par la découverte de poteries qui remontent au XIIe siècle et au XIVe siècle. Il parle même d’une révélation. Sa décision est prise, il consacrera tout son temps libre à ce qui deviendra pour lui beaucoup plus qu’un simple loisir. On le croise alors sur les différents chantiers de Vendée où il effectue un travail remarquable en vue de la restauration des monuments historiques du département. Son premier chantier sera le Puy du Fou. Le célèbre parc d’attractions qui draine chaque année des milliers de touristes n’est alors qu’une terre hostile peuplée de broussailles et de ronces. Sur ce site, il est là avant tout le monde, faisant figure de pionnier. Comme dans les contes de fées, Jean est à la recherche d’un vieux château enfoui dans la forêt. Patiemment et méthodiquement, il débroussaille et retourne la terre pendant deux années. En 1980, sa détermination, pour ne pas dire son obstination, est enfin récompensée : il vient de mettre à jour les remparts du vieil édifice. Mais à l’air libre, les murs risquent d’éclater, il faut les consolider de toute urgence. Jacques Boissière, architecte des Bâtiments de France pour la Vendée a la responsabilité du chantier et pense aussitôt à l’entreprise Benaiteau pour effectuer ce travail. C’est ainsi que Jean et Pierre vont se rencontrer pour la première fois. L’entreprise Benaiteau va alors consolider les remparts et les parois d’un souterrain découverts presque en même temps. Jean se souvient : « Nous avons rehaussé les murs avec deux rangées de pierres. Il pleuvait toute la journée et nous avions les pieds dans la boue. Tous les soirs, à cause du mauvais temps, Gilles, le contremaître, déroulait une bâche pour protéger les travaux qui avaient été réalisés dans la journée. » Lorsqu’un projet de restauration se concrétise, Jean Vincent fréquente d’abord les bibliothèques pour consulter les archives et connaître un peu mieux l’histoire du monument. Ensuite, il se rend sur le terrain. Plusieurs années avant que ne débutent les travaux, il n’est pas rare de le voir déjà à pied d’œuvre pour effectuer les repérages archéologiques autour des ruines. Il est généralement le premier arrivé sur les lieux,

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avant l’architecte et les entrepreneurs. Sans relâche, il déblaye, enlève les ronces, coupe les arbres, retourne la terre. Chaque pierre retrouvée est alors numérotée afin de pouvoir être repositionnée sur le monument. Sur le site du château d’Ardelay, toutes les pierres taillées retrouvées au milieu de la végétation ont été répertoriées et stockées en attendant la venue de l’architecte et de l’entreprise Benaiteau. « Elles ont toutes retrouvé leur destination d’origine », précise Jean Vincent avec un large sourire. Sur le chantier de Saint Mesmin que Jean définit lui-même comme une ruine au cœur d’une végétation inextricable, la préparation va lui demander un travail considérable. Il passe trois longues années à déblayer tout autour du château. L’édifice est situé sur un rocher et entouré d’une sorte de marécage qui rend la tâche plus difficile. Le travail obstiné de l’archéologue bénévole a notamment permis la restauration d’un linteau de fenêtre retrouvé en trois morceaux au beau milieu des fourrés. Il ne reste plus alors à l’entreprise Benaiteau qu’à reconstituer les pièces du puzzle. Chaque année, Jean Vincent est tenu d’envoyer un rapport de fouilles qui contient les différents relevés accompagnés de photographies. Pour le chantier de Saint Mesmin, il rédige pas moins de sept fascicules. Passionné par l’archéologie, Jean cherche constamment à se perfectionner. Il suit des stages sur plusieurs chantiers qui concernent différentes époques. Les notions d’architecture, il les acquière à l’écoute de Jacques Boissière qui, avec lui, partage la passion des vieilles pierres. L’architecte des Bâtiments de France sera d’ailleurs son principal interlocuteur tout au long des chantiers. Mais il n’y a pas que l’histoire, il y a aussi les légendes qui entourent les monuments historiques et font rêver les gens du voisinage. Jean en parle avec une pointe d’amusement. Rumeurs de trésors enfouis ou de souterrains secrets, il a tout entendu ou presque mais n’a jamais rien découvert de tel. Sur un chantier de l’époque gauloise, il trouva bien quelques pièces d’or mais il s’agissait d’un butin bien maigre pour que l’on puisse parler de trésor. Le savoir-faire de Jean Vincent aurait tendance à nous faire oublier qu’il n’est pas un archéologue professionnel mais un bénévole. Comme dans les coulisses d’un spectacle, il a toujours travaillé dans l’ombre. Jean appartient aujourd’hui à une espèce en voie de disparition, les cabinets d’archéologues professionnels ayant pignon sur rue ont pris le relais. L’archéologue est aujourd’hui à la retraite, aux Herbiers où il vit depuis trente ans. Il n’a pas pour autant rangé son stylo et sa pioche. Dans une salle d’archives ou sur le site d’un monument en restauration, on a toujours une chance de le rencontrer. Jean Vincent connaît bien Pierre Benaiteau, les deux hommes s’apprécient. Depuis le Puy du Fou, ils se sont retrouvés sur une dizaine de chantiers comme Ardelay, Pouzauges, Saint Mesmin, la Grainetière, la Chabotterie ou encore la Cité médiévale.

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ANNEXE 1

Carte géographique situant l’ensemble des chantiers. *

* Les numéros inscrits sur les cartes sont détaillés en annexe 2


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OUEST DE LA FRANCE DIEPPE

76 - SEINE-MARITIME

HAUTENORMANDIE

CHERBOURG

LE HAVRE

50 - MANCHE BAYEUX

SAINT-LO COUTANCES

BREST

LES ANDELYS LISIEUX

27 - EURE

ARGENTAN

AVRANCHES

SAINT-MALO

GUINGAMP

DREUX

61 - ORNE

SAINT-BRIEUC

22 - CÎT ES-D'ARMOR

BRETAGNE

MORTAGNE-AU-PERCHE

ALEN¥ON

DINAN FOUGERES

CHATEAULIN

28 - EURE-ET-LOIR

72 - SARTHE

LAVAL

56 - MORBIHAN

PAYS DE LA LOIRE

LORIENT

NOGENT-LE-ROTROU

53 - MAYENNE

RENNES

PONTIVY

CHARTRES

MAMERS

MAYENNE

35 - ILLE-ET-VILAINE

EVREUX

BERNAY

VIRE

29 - FINIST™RE

QUIMPER

CAEN

BASSE- 14 - CALVADOS NORMANDIE

LANNION MORLAIX

ROUEN

CHATEAUDUN

LE MANS

CHATEAU-GONTIER

VANNES

REDON

CHATEAUBRIANT

44 - LOIRE-ATLANTIQUE

ANGERS

ANCENIS

SAINT-NAZAIRE

VENDOME

LA FLECHE

SEGRE

TOURS

49 - MAINE-ET-LOIRE

NANTES

37 - INDRE-ET-LOIRE

SAUMUR

CHINON LOCHES

CHOLET

BRESSUIRE

85 - VEND÷E

79 - DEUX-S™VRES

LA ROCHE-SUR-YON

CHATELLERAULT

PARTHENAY

LES SABLES-D'OLONNE

LE BLANC

POITIERS

FONTENAY-LE-COMTE

86 - VIENNE MONTMORILLON

NIORT LA ROCHELLE 17 - CHARENTE-MARITIME

POITOUCHARENTES

BELLAC

CONFOLENS

ROCHEFORT

SAINT-JEAND'ANGELY

87 - HAUTE-VIENNE

16 - CHARENTE

ROCHECHOUART

SAINTES COGNAC

ANGOULEME NONTRON

JONZAC

LESPARRE-MEDOC

PERIGUEUX

BLAYE

24 - DORDOGNE LIBOURNE

BORDEAUX

SARLAT-LA-CANEDA BERGERAC

LIMOGES


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44 - LOIRE-ATLANTIQUE 1 2 3 4 5

NANTES SAINT NAZAIRE ANCENIS CHATEAUBRIAND CLISSON

•4

• 313

133-299 •

•2 97-146 166-168 169-260

• 174 • 374

246-341

•3

• 331

• 79

•1 • 254

• 354

139-281-373 • 195 • 363 • 258 •

•5

18-193-293-304 • 175

337 • 277 •

22 • 351 •

• 34

1 2 3 4 5 6

LA ROCHE-SUR-YON LES SABLES-D'OLONNE FONTENAY-LE-COMTE LES HERBIERS POUZAUGES VOUVANT

135-366 •

101 222 241 • 263 • 91

• 335

• 132

• 280 • 301

• 336 • 187

• 124

• 214-252-259 285 • 158 • • 68-140-340 10-25-35-36 • 108 37-45-48-58 • 268 71-129-188 • 12 86-92-94-107 47 • 15 • 27-77-85-155-161-183-247-257-342 237-360 69-333 • 21 • 1-3 • 4 24-41 80 60 46-165 • 104 • 2-5-8-9-75-157-300 173-186 194 • 250 • 199 • 210 • 103-185 • • 224-239 288 •• 7-13 355 • 98-138 307 • • 105 • 4-64-163-365 • 39-353 • 11-16 82 • • 56-249 6-57 • 5 51-66-111-119-291-315 • 87-93 100 • 113-151 • 134 • 32-298 • 23 156-233 • 206 • 128 • 64 • 55-212 • 171-267 297-350 118 • 311-346 • 295 232-290 • 369 • 220 • 89-334 • 255 312 • • 1 • 227-240 • 17 • 20-53-198-201-375 144 • 26-152-243 • • 112 • 116 72 • 296 • • 59 14-74-95 • 225 • 162-282 • 209 115-122 316 343 • • 90-322 • 99-203 • 159-306 • 287 362 • 65-102 • 164-303 • 6 150 • • 176 • 81-177 216 • • 52 • 251 • 141 • 83 • 136 302 114 • 289 • 42-167 • 130 2 • 230 359 • 106 • 127-348 320 • 276 • • 172 • 191 221 • • 149 • 196 • 61-204-338 • 3 31-70-76 • 318 170-211 • 283 • 244 • 218 • 261 • 192 • 147

85 - VENDÉE

• 278

• 372

• 208


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49 - MAINE-ET-LOIRE 1 2 3 4

•4

ANGERS CHOLET SAUMUR SEGRÉ

67 • 231-235 236

•1

• 215-330 • 272

• 286

• 319

•3

• 143-309 • 305 • 308 • 73 181 • • 228 • 238 44-361 • 325-326 • 2 • 217 • 352 120-154-182-253 • • 40 • 317

• 234

• 324 • 266

121-273 •

• 137

• 19

Autres départements

• 29-54

197/248 - Bignan (Morbihan - 56) 200 - Montmorillon (Vienne - 86) 314 - Saint-Savin (??) 371 - Lagord (Charente-Maritime - 17)

• 145

• 88-189-256 • 142 28-207 213-265 323-370 • 219-269 • 50 • 327 • 4 110-190 • 131 339 • • 223-242 • 344 349 43 • • 292 84-125 • 33-275 96-160 • • 328 • 357 274-332-364 • 178 38-245 • •3

• 78 30-126 •

• 356

• 347 • 310

117 •

109-205 • 264 •

• 284 • 329

184 •

358 • • 345 279 •

• 368

153-180 294

•2

367 •

270-271 •

• 226

• 321

79 - DEUX-SÈVRES 1 2 3 4

202

•1

• 179

• 262

• 229

NIORT PARTHENAY BRESSUIRE MAULÉON


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ANNEXE 2

Historique des chantiers de l’entreprise BENAITEAU


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N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64

décembre-62 décembre-70 mai-73 juillet-79 juillet-79 novembre-79 février-80 septembre-80 mars-81 mai-81 octobre-81 novembre-81 mars-82 juin-82 juin-82 octobre-82 novembre-82 décembre-82 décembre-82 décembre-82 avril-83 mai-83 juillet-83 septembre-83 novembre-83 novembre-83 décembre-83 janvier-84 janvier-84 avril-84 mai-84 juin-84 juin-84 juillet-84 octobre-84 octobre-84 novembre-84 novembre-84 janvier-85 avril-85 avril-85 mai-85 mai-85 mai-85 juillet-85 août-85 août-85 septembre-85 septembre-85 octobre-85 novembre-85 novembre-85 novembre-85 janvier-86 avril-86 avril-86 mai-86 août-86 août-86 août-86 septembre-86 juillet-86 juillet-86 novembre-86

La Flocellière Châteaumur La Flocellière Le Boupère Châteaumur Pouzauges Saint Michel Mont Mercure Châteaumur Châteaumur Les Herbiers Mouchamps Mesnard la Barotière Saint Michel Mont Mercure Vouvant Mesnard la Barotière Mouchamps Chaize le Vicomte Clisson Le Cerqueux sous-Passavant Mouilleron en Pareds Mesnard la Barotière Cugand Montournais La Flocellière Les Herbiers Cheffois Les Epesses Mauléon Somloire Chapelle largeau Fontenay le Comte Saint Vincent Sterlanges Beaulieu Sous Bressuire Rocheserviére Les Herbiers Les Herbiers Les Herbiers Montravers Saint Mesmin Maulévrier La Flocellière Mervent La Petite Boissière Séguinière Les Herbiers St Fulgent Les Brouzils Les Herbiers Barroux Nieul les Aubiers St Prouant Thiré Mouilleron en Pareds Somloire Réaumur Les Essarts Pouzauges Les Herbiers La cailère Chauché Luçon La Ferrière Pouzauges Le Boupère

Code Postal Monument Code Monument Postal 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 44 49 85 85 85 85 85 85 85 85 79 49 79 85 85 85 85 85 85 85 79 85 49 85 85 79 49 85 85 85 85 79 79 79 79 85 49 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85

Château du général Basteau Prieuré Château de la Fromentinière Château du Fief Million Eglise Mairie Château de la Bonnelière Vieux-Château Vieux-Château Château Bousseau Eglise Chapelle Château de la Bonnelière Tour Mélusine Eglise Eglise Entrée de l’Hospice Château de Clisson Eglise Musée Chapelle Manoir du Pin sauvage Cantine Château des Echardières L’Etenduére Eglise Château du puy du Fou Eglise Eglise Eglise mairie Eglise Eglise Eglise Banque Abbaye de la Grainetière Donjon d’Ardelay Château du Vieux défend Mairie Chapelle Château des echardiers Château de la Citardière Eglise Eglise Abbaye de la Grainetière Eglise Eglise Donjon d’Ardelay Château Château Abbaye de Grammont Le bâtiment Musée Eglise Eglise Eglise Moulin du terrier Marteau Eglise Logis de la raie Eglise Jardin du Maine Eglise Château de la Cacaudière Eglise

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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ou Edifice Logis ou Nature des travauxChâteauChâteau ou Edifice de défense Edifice de Maison Nature des travaux défense Religieux de Maitre 92 233 43 Construction 1 Entretien Divers 1 Ravalement et Chapelle 1 Restauration intérieure 1 Restauration extérieure 1 Restauration extérieure 1 Restauration intérieure 1 Porche 1 Consolidation 1 Consolidation 1 Restauration extérieure 1 Couverture 1 Couverture 1 Consolidation 1 Clocher 1 Intérieur 1 Déplacement 1 Couverture 1 Clocher 1 Intérieur 1 Intérieur 1 extention 1 réhabilitation 1 Consolidation 1 réhabilitation 1 Consolidation 1 Consolidation 1 Clocher 1 Consolidation 1 Clocher 1 Parements pierres 1 Extérieure 1 Clocher 1 Clocher 1 Réhabilitation 1 Intérieur 1 Consolidation 1 Intérieur 1 Réhabilitation 1 Clocheton 1 Douves 1 Pont et sous bassement 1 Clocher 1 2e tranche 1 Entretien Divers 1 Intérieur 1 Extérieur 1 Mis hors d’eau du donjon 1 Logis et dépendances 1 Ravalement de façade 1ére Tr 1 Couverture 1 Restauration int. et ext. 1 Couverture 1 Consolidation Bas coté 1 Couverture 1 1re tranche extérieure 1 Couverture 1 Clocher 1 Entretien Divers 1 Extérieur 1 Entretien Divers 1 Intérieur 1 Egout 1 Fenestrage 1

Annexe 2


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N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux

Code Postal Monument Code Monument Postal

Nature des travauxChâteau ou Edifice de défense Château Logis Edifice ou ou Nature des travaux Edifice de Religieux Maison défense

65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128

novembre-86 février-87 avril-87 mai-87 juin-87 juin-87 juillet-87 juillet-87 septembre-87 novembre-87 janvier-88 février-88 février-88 juin-88 juin-88 août-88 novembre-88 novembre-88 novembre-88 janvier-89 janvier-89 février-89 avril-89 mai-89 mai-89 août-89 septembre-89 octobre-89 novembre-89 novembre-89 décembre-89 mars-89 mars-89 avril-90 mai-90 juin-90 juillet-90 juillet-90 juillet-90 août-90 septembre-90 septembre-90 septembre-90 novembre-90 janvier-91 février-91 février-91 février-91 mars-91 avril-91 avril-91 mai-91 mai-91 juillet-91 juillet-91 juillet-91 septembre-91 novembre-91 novembre-91 décembre-91 décembre-91 décembre-91 janvier-92 février-92

Cezais St Prouant Avrillé Treize vents La Rabateliére Fontenay le Comte Saint Sulpice le Verdon la Mothe Achard Andrezé Vouvant Châteaumur Fontenay le Comte Les Epesses Loublande Saint Julien de Concelles Vendrennes Les Moutiers sur Lay Apremont Bessay Le Pin Les Epesses Les Herbiers Pouzauges Saint Pierre des Echaubrognes Chantonnay Saint Martin lars Saint Georges de Montaigu Les Herbiers Pouzauges les Herbiers Vouvant Combrand Nantes St Michel Mont Mercure St Vincent de Puymaufrais La Génetouze Montaigu Cezais St Paul en Pareds Vendrennes Ste Florence La Bretonnière Les Herbiers Mallièvre St André s/sèvre Les Aubiers St Prouant La Tardière Pouzauges Bessay Vouvant La Chataigneraie Terves Chapelle Hermier Saint Prouant Le Longeron Chacé Vouvant Barroux La Verrie Le Pin Montravers Sérigné St Germain le Prinçay

85 85 49 85 85 85 85 85 49 85 85 85 85 79 44 85 85 85 85 79 85 85 85 79 85 85 85 85 85 85 85 79 44 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 85 79 79 85 85 85 85 85 85 79 85 85 49 49 85 79 85 79 79 85 85

Château de la Cressonnière Abbaye de Grammont Chapelle des Martyrs Domaine des Hautes Roches Eglise Château de Terre Neuve Eglise Eglise Eglise Rempart Eglise Chapelle Village du Puy du fou Eglise Chapelle Eglise Eglise Château Château Eglise Village du Puy du fou Moulin des alouettes Château Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise du pt Bourg Eglise du Vieux Pouzauges Les Aubretières La Poterne Château de la Pasteliére immemble de Tremperies Eglise Eglise Eglise Portail Château de la Cressonnière Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise du pt Bourg Eglise Château de St Mesmin Eglise Abbaye de Grammont 5e tra Eglise Château Château Rempart Eglise Eglise Moulin du Chiron Eglise Eglise Eglise Tour Mélusine Chapelle Eglise Eglise Vieux Défend Eglise Eglise

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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re

1 tranche Voute Extérieur réhabilitation Extérieur Moulage Consolidation Clocher Portail Mur Intérieur Déplacement XVIII éme Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Fouilles Chemin de ronde 1re tranche extérieure le relais de poste Mis hors d’eau restauration Extérieur Intérieur Couverture Extérieur Intérieur Extérieur Restauration Maçonnerie Douves Façade Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Intérieur Couverture Extérieur Extérieur Extérieur Intérieur Extérieur Mis hors d’eau Extérieur Extérieur Intérieur Consolidation Mis hors d’eau Consolidation Fenestrage Clocher Ravalement Intérieur Clocher Extérieur Extérieur Intérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur

Annexe 2

de Maitre

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1


int benaiteau_Mise en page 1 09/11/09 11:40 Page152

N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux

Code Postal Monument Code Monument Postal

Nature des travauxChâteau ou Edifice de défense Château Logis Edifice ou ou Nature des travaux Edifice de Religieux Maison défense

129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192

mars-92 mars-92 avril-92 avril-92 octobre-92 octobre-92 octobre-92 décembre-92 décembre-92 janvier-93 janvier-93 avril-93 avril-93 juillet-93 août-93 août-93 septembre-93 octobre-93 novembre-93 décembre-93 janvier-94 janvier-94 janvier-94 mai-94 mai-94 juin-94 juin-94 septembre-94 novembre-94 décembre-94 mars-95 avril-95 avril-95 avril-95 avril-95 avril-95 juin-95 octobre-95 novembre-95 novembre-95 mars-96 avril-96 avril-96 avril-96 avril-96 mai-96 juin-96 juin-96 juillet-96 septembre-96 septembre-96 octobre-96 octobre-96 octobre-96 octobre-97 novembre-97 novembre-96 janvier-97 février-97 février-97 février-97 février-97 février-97 février-97

St Sulpice le Verdon L’Hermenault Neuil les aubiers Tiffauges Couffé La Meilleraye-Tillay Boufféré Simon la Vineuse Vaudelnay St Michel Mont Mercure Gorges Treize Vents Dissay Breuil/sous Argenton Beaupréau Bazoges en Pareds St Martin de Sanzay Nantes Chaillé le Marais Charzais St Hilaire des Loges Le Puy de Serre Pouzauges Cheffois Parthenay Le Longeron Les Epesses Pouzauges Chateaumur Saint Malo du Bois Le Tablier Combrand Les Epesses St Florent des Bois Le Boupère Vouvant St Fulgent Nantes Mervent Nantes Nantes Fontenay le Comte Menomblet Nalliers La Flocellière Carquefou Boussay Marillet Les Moutiers sur Lay Ciriéres Marigny Parthenay Villedieu la Blouère Le Longeron Les Epesses Gourgé St Paul en Pareds La Flocelliére Les Landes Génusson St Sulpice le Verdon St Pierre des Echaubrognes Les Aubiers Le Givre St Denis du Payré

85 85 79 85 44 85 85 85 49 85 85 85 85 79 49 85 79 44 85 85 85 85 85 85 79 49 85 85 85 85 85 79 85 85 85 85 85 44 85 44 44 85 85 85 85 44 44 85 85 79 79 79 49 49 85 79 85 85 85 85 79 79 85 85

La Chabotterie Château Château de Tournelay Eglise Château de la Ville Jégu Eglise eglise Eglise Eglise eglise Eglise Eglise Chapelle Château de l’Ebaupinay Eglise Donjon Château du bois de Sanzay Le Temple du Gout Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise du Vieux Pouzauges Eglise Rempart Eglise Puy du Fou Eglise Eglise Eglise Filature du Piquet Eglise Château du puy du Fou Château de la Barre Château du Fief Million Eglise Eglise Cathédrale Château de la Citardière Hotel Perrée Temple du Gout Sénéchaussée Eglise Eglise Château de la Flocellière Château de la Seilleraye Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Tour des Halles Chapelle de la Blouère Eglise Grand Parc Eglise Eglise Eglise Château de l’Eschasserie Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise

Benaiteau, trois siècles d’histoire

152

Intérieur Portail Façade Clocher Extérieur Intérieur Intérieur Extérieur Extérieur Intérieur Clocher Extérieur Mise hors d’eau Consolidation Fenestrage Intérieur Extérieur Ravalement Clocher Extérieur Extérieur Extérieur Drainage Marche Passerelle de la Bastille Extérieur Cité Médiévale Extérieur Intérieur Intérieur Consolidation Extérieur Voutes du Château Restauration Aménagement des communs Mis hors d’eau Intérieur Mur Extérieur Couverture Ravalement Passage Ravalement Couverture Façade Tour Duguesclin Façade Fleuron Extérieur et intérieur Intérieur Clocher Extérieur Maçonnerie Extérieur Extérieur Fort de l’an mil Extérieur Extérieur Ravalement Piliers Chainages Intérieur Extérieur Extérieur Couverture

Annexe 2

de Maitre

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1


int benaiteau_Mise en page 1 09/11/09 11:40 Page153

N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux

Code PostalMonument Code Monument Postal

Nature des travauxChâteau ou Edifice de défense Château Logis Edifice ou ou Nature des travaux Edifice de Religieux Maison défense

193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 223 224 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256

février-97 avril-97 avril-97 avril-97 avril-97 mai-97 mai-97 mai-97 juin-97 juin-97 août-97 septembre-97 septembre-97 septembre-97 octobre-97 mars-98 mars-98 avril-98 mai-98 juin-98 juillet-98 juillet-98 juillet-98 juillet-98 août-98 août-98 septembre-98 septembre-98 octobre-98 novembre-98 décembre-98 février-99 mars-99 mars-99 avril-99 avril-99 mai-99 juin-99 juin-99 juillet-99 août-99 septembre-99 septembre-99 septembre-99 décembre-99 décembre-99 février-00 mai-00 mai-00 mai-00 mai-00 juin-00 juin-00 août-00 septembre-00 octobre-00 novembre-00 novembre-00 décembre-00 décembre-00 janvier-01 janvier-01 janvier-01 janvier-01

Clisson St Denis la Chevasse Aigrefeuille Mouzeuil St Martin Bignan Mouilleron en Pareds St André de Goule d’oie Mont morillon Mouilleron en Pareds Niort St Vincent de Puymaufrais Luçon St André sur Sèvre St Martin des Noyers Mauléon Noirlieu La Pommeraie sur Sèvre Maillezais Les Pineaux Vendrennes Fontenay le Comte Réaumur Mauléon St Laurent sur Sèvre La Bohalle Grosbreuil Maziére en Mauges Le langon St Aubin de Baubigné St Hilaire le Vouhis St Hilaire la Foret Montaigu Nesmy Champdeniers Bourg sous La Roche Begrolles en Mauges Melle Champ St Pére Angers La Roche Sur Yon Pouzauges Doué la Fontaine Angers Angers Les Herbiers St Léger S/Cholet la Pommeraie sur Sèvre Le Bourg Sous la Roche Montaigu Noirlieu Cheffois Longeville Montravers Ancenis Les Epesses Bignan Les Essarts Chauché Rosnay St Laurent sur Sévre Le Longeron Le Landreau Saint Pierre du Chemin Saint Pierre des Echaubrognes

44 85 44 85 56 85 85 86 85 79 85 85 79 85 79 79 85 85 85 85 85 85 79 85 49 85 49 85 79 85 85 85 85 79 85 49 79 85 49 85 85 49 49 49 85 49 85 85 85 79 85 85 79 44 85 56 85 85 85 85 49 44 85 79

Château Eglise Chapelle Eglise Château de Kerguennec Musé Clémenceau Eglise Octogone Moulin Eglise Eglise Chapelle du séminaire Eglise Eglise Château Eglise Eglise Abbaye Eglise Château Place Belliard Musée Ferchaud de réaumur Eglise de St Jouin Eglise de la Sagesse Eglise Eglise Eglse Château Eglise Eglise Eglise Eglise Moulin de Rambourg Château de nuchéze Eglise Eglise Eglise St Savinien Eglise Musée des beaux arts Eglise st Louis Eglise st jacques Château de Soulangé Hotel maquillé Collégiale st Martin Abbaye de la Grainetiére Château du Pontereau Eglise Eglise Eglise Eglise Logis de la Giradiére Eglise Eglise Eglise Château du puy du Fou Château de Kerguennec Eglise Eglise Eglise Basilique Eglise Eglise Eglise Eglise

Benaiteau, trois siècles d’histoire

153

Tour Intérieur Extérieur Intérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Mise Hors d’eau Intérieur Extérieur Intérieur Extérieur Beffroi Rempart Extérieur Clocher Consolidation Extérieur Consolidation Façade Façade Couverture Clocher Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Intérieur Maçonnerie Extérieur Extérieur et intérieur Extérieur Consolidation Façade Extérieur Intérieur Extérieur Façade Intérieur tour de l’abbe Extérieur et intérieur Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Couverture Extérieur Extérieur Extérieur Ecomuséé Rambarde Intérieur Intérieur clocher Intérieur Extérieur Extérieur Extérieur Intérieur

Annexe 2

de Maitre

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1


int benaiteau_Mise en page 1 09/11/09 11:40 Page154

N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux

Code Postal Monument Code Monument Postal

Nature des travauxChâteau ou Edifice de défense Château Logis Edifice ou ou Nature des travaux Edifice de Religieux Maison défense

257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320

février-01 mars-01 avril-01 avril-01 août-01 septembre-01 octobre-01 février-02 février-02 février-02 février-02 février-02 février-02 février-02 février-02 avril-02 mai-02 juin-02 juin-02 juillet-02 septembre-02 octobre-02 octobre-02 novembre-02 décembre-02 janvier-03 février-03 mars-03 avril-03 juin-03 juin-03 juin-03 juillet-03 juillet-03 juillet-03 septembre-03 octobre-03 novembre-03 novembre-03 novembre-03 janvier-04 mai-04 mai-04 juin-04 juin-04 juillet-04 septembre-04 novembre-04 novembre-04 novembre-04 décembre-04 décembre-04 décembre-04 avril-05 avril-05 mai-05 mai-05 mai-05 mai-05 mai-05 mai-05 juillet-05 juillet-05 septembre-05

Les Epesses La Planche St Laurent sur Sèvre Nantes Chaix Montigné Montaigu Moncoutant Mauléon Turquant Menomblet Chambretaud St Aubin de Baubigné Xaintray Xaintray Saint Rémy la Varenne Chacé Bressuire Beaulieu Sous Bressuire Longéves Légé La Tranche sur Mer L’Absie Treize Septiers Gorges Saint Florent des Bois Saint Benoist Sur Mer Chapelle Saint Laurent La Gaubretiere Landemont Château-Guibert La Flocellière Saint Jean de Beugné La Roche Sur Yon Saint Prouant Chambroutet Clisson Parthenay Sigournais Sainte Faive des loups Pouzauges Sainte Cécile Couffé Chateaumur la Boissiére de Montaigu Mareuil Vouvant Clisson Gesté Le Tablier La Chapelle Palluau La Chapelle du Genet Beaupréau Airvault Réaumur Le Tallus de Ste gemme Fay de Bretagne Saint Savin Saint Prouant Nesmy Puy St Bonnet le Bernard Chaudron en Mauges Talmont St Hilaire

85 44 85 44 85 79 85 79 79 49 85 85 79 79 80 49 49 79 79 85 44 85 79 85 44 85 85 79 85 49 85 85 85 85 85 79 44 79 85 85 85 85 44 85 85 85 85 44 49 85 85 49 49 79 85 85 44 83 85 85 49 85 49 85

Chapelle st jean Eglise Lycé St Gabriel Magellan Eglise Le Plessis Batard Moulin de L’Egaut Eglise Rempart Eglise Eglise Eglise Château de la Durbelière Eglise Logis de Lagor Ancien Prieuré Mairie Eglise Notre Dame Logis de la Dubrie Eglise Château du Bois Chevalier Eglise Eglise Notre Dame Chapelle N.Dame de Toutes Aides Eglise Logis de la Barre Eglise Moulin Carré Château de Landebaudière Eglise Eglise Château de la Bergelière Eglise Théatre Eglise Eglise Eglise st Jacques Eglise St Laurent Logis de la Jodronnière Logis du Guy Château Logis de la Javelière Château des Lauriers Le Prieuré Logis de la Fortecuyère Château Marie du Fou Logis de la Cure Château Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Chapelle Soulièvre Manoir Château de la Grigonnière Eglise Eglise Eglise réformée Eglise Monuments aux Morts Eglise Eglise Eglise

Benaiteau, trois siècles d’histoire

154

Intérieur Extérieur Ravalement Mur Briques Extérieur façade ravalement Entretien Maçonnerie Extérieur Voutes Entretien Consolidation Extérieur Intérieur Intérieur Ravalement Intérieur Ravalement Ravalement Ravalement Ravalement Drainage Intérieur et Extérieur Extérieur Extérieur Extérieur Couverture Ravalement Ravalement Fenestrage Restauration Entretien Restauration Extérieur Clocher Intérieur Entretien Ravalement Intérieur Mur des remparts Restauration Ravalement Ravalement Entretien Ravalement Ravalement Consolidation Consolidation Clocher Façade Façade Façade Consolidation Restauration Restauration Clocher Restauration des Fresques Consolidation Entretien Entretien Restauration Ravalement Entretien

Annexe 2

de Maitre

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1


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N°Date des travaux Commune Date des Edifice ou Maison de Maitre N° ReligieuxLogis Commune travaux

Code PostalMonument Code Monument Postal

Nature des travauxChâteau ou Edifice de défense Château Logis Edifice ou ou Nature des travaux Edifice de Religieux Maison défense

321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 353 354 355 356 357 358 359 360 361 362 363 364 365 366 367 368 369 370 371 372 373 374 375

octobre-05 octobre-05 décembre-05 janvier-06 février-06 février-06 février-06 février-06 février-06 mars-06 mars-06 avril-06 avril-06 juin-06 juillet-06 août-06 novembre-06 novembre-06 novembre-06 février-07 février-07 février-07 février-07 février-07 mars-07 avril-07 juin-07 juin-07 juillet-07 août-07 septembre-07 septembre-07 septembre-07 novembre-07 janvier-08 avril-08 avril-08 avril-08 mai-08 septembre-08 octobre-08 décembre-08 janvier-09 mars-09 mai-09 juin-09 juin-09 septembre-09 septembre-09 septembre-09 septembre-09 septembre-09 septembre-09 septembre-09 octobre-09

St Georges de Noismé St Martin Lars Mauléon Souzay Champigny Cholet Cholet St Clementin Le Pin Pugny La Bohalle Barbechat Bressuire La Rabateliére Chantonnay La Bruffière Mortagne Viellevigne Luçon Saint Aubin du plain Treize vents Ancenis Les Epesses Nieul le Dolent Coulonges Thouarsais Pougné Hérisson Réaumur Marnes Sérigné Nueil les Aubiers Pouzauges Noirmoutier Saint Christophe du Bois Saint Mesmin Chauvé Saligny Taizé Noirterre Chapelle Saint Etienne Bessay Les Herbiers La Séguiniére Le Girouard Saint Hilaire de Clisson Bressuire Le Boupére Boufféré Le Busseau Aubigny Martinet Mauléon Lagord Vix Gorges Thouaré Mouilleron en Pareds

79 85 79 49 49 49 79 79 79 49 49 79 85 85 85 85 44 85 79 85 44 85 85 79 79 85 79 85 79 85 85 49 85 44 85 79 79 79 85 85 49 85 44 79 85 85 79 79 85 79 17 85 44 44 85

Eglise Eglise Eglise Troglodyte Eglise St pierre Eglise Notre Dame Chapelle des Rosiers Eglise Eglise Eglise Eglise Château de la Coussaie Château de la Rabatelière Château le Pally Eglise Eglise Eglise Cathédrale Château de Muflet Château du Puy de Sèvre Chapelle des Ursulines Eglise Eglise Eglise Chapelle Château Eglise Eglise Eglise Eglise du Vieux Pouzauges Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Pigeonnier le Boistissandeau Eglise Eglise Eglise Chapelle St Cyprien Château du Fief Millon Château de la Sénardiére Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Eglise Romane Moulin du Leveau Château Moulin à Vent

Benaiteau, trois siècles d’histoire

155

Extérieur Restauration Consolidation Consolidation Restauration Entretien Intérieur Intérieur Extérieur Clocher Extérieur Ravalement Ravalement Entretien Entretien Ravalement Ravalement Intérieur Entretien Ravalement Intérieur Couverture Ravalement Clocher Consolidation Ravalement Drainage Couverture Entretien Couverture Extérieur Ravalement Fenestrage Entretien Clocher Extérieur Extérieur Couverture Restauration Ravalement Ravalement Intérieur Consolidation Exterieur Intérieur Consolidation exterieur Extérieur douve Restauration extérieure Restauration extérieure Restauration du chevet Restauration des flèches Restauration intérieure Consolidation Restauration Réhabilitation Restauration

Annexe 2

de Maitre

1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1


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ANNEXE 3

Personnel formÊ au sein de l’entreprise.


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Année

Prénom

Total

Maçon

Nom 105

Tailleur de Pierre

CAP

BP

CAP

BP

43

30

20

8

1

1953

Guy

Soulard

1

2

1957

Yves

Mousset

1

3

1960

Pierre

Benaiteau

1

1

4

1964

Gilles

Gaboriau

1

1

5

1967

André

Baudin

1

1

6

1974

Benoit

Puau

1

1

7

1977

Patrick

Moreau

1

1

8

1979

Didier

Rapin

1

9

1982

Samuel

Puau

1

1

10

1984

Christian

Guilloteau

1

1

11

1986

Pascal

Brillanceau

1

12

1986

Cyril

Blanchard

13

1986

Samuel

Arnou

14

1986

Jean-Michel

Gautron

15

1986

Jacky

Teillet

16

1986

Jacky

Echasseriau

1

17

1989

Franck

Genais

1

18

1990

Freddy

Humeau

1

19

1990

Bernard

Echasseriau

20

1990

Hervé

Léau

1

21

1990

Bertrand

Rousselot

1

22

1991

Philippe

Rezeau

1

1

23

1992

Emmanuel

Guesdon

1

1

24

1992

Jocelyn

Humeau

1

25

1992

Richard

Grolleau

1

26

1993

Cyril

Loiseau

1

1

27

1993

Nicolas

Pasquereau

1

1

28

1993

Laurent

Fernandes

29

1993

Damien

Ageneau

30

1994

Henri

Godet

31

1994

Patrice

Arnaud

1

32

1995

Freddy

Cousseau

1

33

1995

Alexis

Parpaillon

34

1996

Fabrice

Gaborit

1

35

1996

Sylvain

Landron

1

1

36

1997

Thibault

Martineau

1

1

37

1998

Mickaël

Pasquereau

1

38

1998

Emmanuel

39

1998

Emmanuel

Teillet

40

1999

Loïc

Lanoue

41

1999

Xavier

Gatteau

42

2000

Stéphane

Fillaudeau

1

1 1 1 1 1 1 1

1 1

1

1 1 1 1

1 1 1

Benaiteau, trois siècles d’histoire

1 1 1

158

Annexe 3

1

BTS Batiment 2

BTS Ingénieur Artisan Bureau 1

1

12


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Année

Prénom

Maçon

Nom

CAP

Tailleur de Pierre BP

CAP

BP

BTS Batiment

BTS Ingénieur Artisan Bureau

43

2000

Julien

Guilloteau

1

44

2000

Manuel

Jeanniére

1

45

2000

Antoine

Legal

1

46

2001

Nicolas

Douanneau

1

47

2001

Samuel

Ripoche

48

2001

Jean

Martineau

49

2001

Gaël

Guitton

50

2002

Virginie

Bonnet

51

2002

Damien

Batiot

52

2002

Caroline

Villeneuve

53

2002

Grégory

Brusseau

54

2003

Jean Baptiste Settia

1

55

2003

Freddy

Bordelais

1

56

2003

Charly

Pasquier

57

2003

Cedric

Sachot

1

1

58

2004

Jonathan

Dronneau

1

1

59

2005

Thomas

Dubus

1

1

60

2006

Damien

Houillé

1

61

2007

Sylvain

Raffin

1

62

2007

Anthony

Biteau

1

63

2007

Etienne

Valain

1

64

2008

Damien

Bizon

1

65

2008

Pierre Alexandre

Coutand

1

1

66

2009

Pierre

Delannoy

1

1

67

2009

Guillaume

Clairgeaux

1

1

68

2010

Quentin

Retailleau

1

69

2010

Simon

Rousseau

1

70

2010

Anthony

Nerriére

71

2010

Kevin

Texier

72

2010

Alexandre

Toquereau

1

73

2010

Jonathan

Terrones

1

1

Léon

Echasseriau

1

2

Patrick

Moreau

1

3

Nicolas

Godet

1

4

Marcel

Bertrand

1

5

J.Michel

Gautron

1

6

Benoit

Puau

1

7

Laurent

Daviet

1

8

Christian

Guilloteau

1

9

Thierry

Moriniére

1

10

François

Pajard

1

11

Cyril

Blanchard

1

12

Bertrand

Rousselot

1

1 1 1

1

1 1 1 1 1 1 1 1

1 1

1 1

Benaiteau, trois siècles d’histoire

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Annexe 3


int benaiteau_Mise en page 1 09/11/09 11:40 Page160

“ Je le dis Je le fais Je dis que je l’ai fait. ”

Achevé d’imprimer sur les presses de l’imprimerie Graphique de l’Ouest au Poiré-sur-Vie, en Vendée (85). N° d’impression : 5890 Dépôt légal : OCTOBRE 2009


De Pierre en Pierre - Le livre de Pierre Benaiteau