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Luigi Cherubini est un compositeur largement méconnu du public français. Il eut pourtant une influence énorme sur la vie musicale française dans la première moitié du XIXe siècle, en étant le directeur du Conservatoire de Paris pendant vingt ans. Il en a fait un établissement d'enseignement d'exception (Berlioz fait partie des premières promotions d'étudiants de l'ère Cherubini). Il fut également très actif dans l'organisation de manifestations publiques d'élèves. C'est Cherubini qui permit ainsi la naissance de la Société des Concerts du Conservatoire, qui fut certainement le plus grand orchestre français pendant près de 150 ans, et dont l'Orchestre de Paris est aujourd'hui le successeur. Sa carrière traversa toutes les turbulences de l'époque : co-directeur du Théâtre de Monsieur juste avant la Révolution, il fut inspecteur de l'enseignement au conservatoire en 1796, puis surintendant de la Chapelle de Louis XVIII en 1816. Sa notoriété était énorme. Beethoven le considérait comme le « plus grand compositeur vivant » et disait que s'il devait composer un requiem, celui de Cherubini serait son modèle. Quand il partit travailler à Vienne, c'est Haydn lui-même qui l'accueillit. Et Schumann disait que le requiem de Cherubini était « sans équivalent dans le monde ». Pour son Requiem en ut mineur (il en a composé un autre en ré mineur), Cherubini a souhaité être au plus près de l'esprit et de la signification du texte. Il a notamment choisi, ce qui est sans doute un cas unique, de ne pas avoir de solistes vocaux, pour être sûr de ne pas faire pencher l'œuvre vers l'opéra, comme c'est souvent le cas des grands solos de musique religieuse. Alternant puissance et recueillement, tombant parfois dans la grandiloquence, ce requiem utilise toute la palette des émotions. La couleur orchestrale est souvent très belle et très originale (en composant son requiem, Fauré savait-il que Cherubini, 80 ans avant lui, avait aussi supprimé les violons dans plusieurs mouvements, mettant en valeur le timbre des altos ?). Créé dans la basilique de Saint-Denis à la demande de Louis XVIII, en mémoire de l'exécution de son frère, cette œuvre est un témoignage important de la musique religieuse du début du XIXème siècle, et du goût italien qui pouvait prévaloir à cette époque. Nous avons choisi de donner en première partie une symphonie de Haydn, retrouvant ainsi le lien qui avait uni les deux hommes. Afin de donner une cohérence à ce programme, nous avons choisi une symphonie d'église. S'écartant de la structure habituelle des symphonies (vif, lent, menuet, vif), les symphonies d'église commencent par un mouvement adagio (mouvement lent), afin d’exprimer un caractère religieux, sinon recueilli, et leurs mouvements sont tous écrits dans la même tonalité. Le titre « Le Philosophe » n'est pas de la main de Haydn. L'attribution d'un nom était souvent le fait des éditeurs ou des organisateurs de concert, qui avaient noté (déjà à l'époque !) qu'un bon titre était un excellent vecteur de publicité. Philippe Le Fèvre Mai 2011


Introït et Kyrie Requiem aeternam, dona eis Domine Et lux perpetua, luceat eis Te decet hymnus Deus in Sion Et tibi redetur votum in Jerusalem Exaudi orationem meam ad te omnis caro veniet Requiem aeternam dona eis Domine Et lux perpetua luceat eis Kyrie eleison, Christe eleison, Kyrie eleison

Le repos éternel, donne-leur Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur eux Vers Toi monte la louange, ô Dieu de Sion, et qu’on te rende grâce dans Jérusalem Entends ma prière, et tout être de chair viendra à Toi Le repos éternel, donne-leur Seigneur, et que la lumière éternelle brille sur eux Seigneur prends pitié, O Christ prends pitié, Seigneur prends pitié

Graduel Requiem aeternam dona eis Domine Et lux perpetua luceat eis In memoria aeterna erit justus Ab auditione mala non timebit

Le repos éternel, donne-leur Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur eux Le Juste sera gardé en mémoire Et n’aura rien à craindre du jugement

Dies irae Dies irae, Dies illa solvet saeclum in favilla: Teste David cum Sibyla Quantus tremor est futurus, quando judex est venturus, cuncta stricte discusurus

Jour de colère, ce jour où le monde sera réduit en cendres, comme l'annoncent David et la voyante Grand sera l’effroi lorsque le juge sera sur le point d'apparaître, pour tenir des propos rigoureux

Tuba mirum spargens sonum per sepulcra regionum coget omnes ante thronum Mors, stupebit et natura, cum resurget creatura judicanti responsura

La trompette terrifiante résonnera parmi toutes les tombes et rassemblera tous devant le trône La mort et la nature seront étonnées lorsque les créatures renaîtront pour répondre à leur juge

Liber scriptus proferetur, in quo totum continetur, unde mundus judicetur Judex ergo cum sedebit, quid quid latet apparebit: nil in ultum remanebit

Un livre sera apporté, dans lequel tout est écrit et le monde sera jugé Quand le juge se sera assis, tout ce qui attendait apparaîtra et rien ne restera caché


Quid sum miser tune dicturus, quem patronum rogaturus, cum vix justus sit securus? Rex tremendae majestatis qui salvandos salvas gratis, Salva me, fons pietatis Recordare Jesu pie, quod sum causa tuae viae : ne me perdas illa die Quaerens me, sedisti lassus redemisti crucem passus : tantus labor non sit cassus Juste judex ultionis, donum fac remissionis ante diem ratinonis Ingemisco tamquam reus culpa rubet vultus meus : supplicanti parce Deus Qui Mariam absolvisti, et latronem exaudisti, mihi quoque spem dedisti, Preces meae non sunt dignae sed tu bonus, fac benigne perenni cremer igne Inter oves locum praesta ab haedis me sequestra, statuens in parte dextra Confutatis maledictis flammis acribus addictis, voca me cum benedictis Oro supplex et acclinis cor contrictum quasi cinis gere curam mei finis Lacrimosa Dies illa qua resurget ex favilla judicandus homo reus, huic ergo parce Deus Pie Jesu Domine, dona eis requiem Amen

Que dirai-je alors, malheureux que je suis, Quel protecteur invoquer quand le juste même ne sera pas sûr de lui ? Ô Roi de majesté redoutable, qui sauves les élus gratuitement, sauve-moi, source de foi Doux Jésus souviens-toi de moi, car tu es venu à cause de moi, ne m’abandonne pas en ce jour En me cherchant, tu t’es assis épuisé, tu m’as racheté en souffrant sur la croix Que ton grand supplice n’ait pas été vain Juste juge de la punition, fais-moi don du pardon avant le jour où il faut rendre des comptes Je gémis comme un coupable, la faute me fait rougir le visage Epargne, Seigneur, celui qui t’en supplie Toi qui as absous Marie et entendu le larron, à moi aussi tu as donné espoir Mes prières ne sont pas dignes Mais toi qui es bon, évite-moi de brûler dans le feu éternel Fais-moi une place parmi tes brebis, sépare-moi des boucs et place-moi à ta droite Après avoir confondu les maudits, les avoir conduits au feu étemel, appelle-moi avec les bénis Je prie, suppliant et prostemé, le coeur broyé comme de la cendre : prends soin de ma fin Jour de larmes où l’homme coupable sort de ses cendres pour être jugé ! Epargne-le Seigneur Doux Jésus Seigneur, donne-lui le repos Amen


Offertoire Domine Jesu Christe rex gloria, libera animas omnium fidelium defunctorum de poenis infemi et de profundo lacu Libera eas de ore leonis ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum Sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam, quam olim Abrahae promisisti, et semini ejus Hostias et preces tibi Domine laudis offerimus Tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam faciemus Fac eas Domine de morte transire ad vitam

Seigneur Jésus Christ, Roi de Gloire, délivre les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer et de ce lac profond Délivre-les de la gueule du lion; que l'abîme ne les engloutisse pas et qu'elles ne tombent pas dans les ténèbres Mais que le porte-étendard saint Michel les conduise vers cette sainte lumière, celle que tu as autrefois promise à Abraham et à sa postérité Ces offrandes et ces prières que nous te présentons, Seigneur, reçois-les pour le salut des âmes dont nous faisons mémoire aujourd’hui Fais-les, Seigneur, de la mort passer à la vie

Sanctus Sanctus Dominus Deus Sabaoth pleni sunt caeli et terra gloria tua Hosanna in excelsis Benedictus qui venit in nomine Domini Hosanna in excelsis

Saint le Seigneur, Dieu des armées Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire Hosanna au plus haut des cieux Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur Hosanna au plus haut des Cieux

Pie Jesu Pie Jesu Domine, dona eis requiem dona eis requiem sempiternam

Doux Jésus Seigneur, donne-leur le repos, donne-leur le repos éternel

Agnus Dei Agnus Dei, qui tollis peccata mundi dona eis requiem dona eis requiem sempitemam Lux aetema luceat eis Domine cum sanctis tuis in aetemum quia pius es Requiem aetemam, dona eis Domine et lux perpetua luceat eis

Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, donne-leur le repos, donne-leur le repos éternel Que la lumière éternelle rayonne pour eux et pour tous tes saints pour l’éternité, parce que tu es bon Le repos éternel, donne-leur Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur eux


Chœur de Saint-Mandé Sopranos : Caroline Berthier, Christine Gadbin, Véronique Gaillard, Heidi Hunziker-Otth, AnneMarie  Jonquière, Anne Kourganoff, Cristina Lopes, Catherine Marcovici, Albane Saintenoy, Sophie Tichit, Solange Tripon, Alberte Duret-Robert, Anne-Claude Advenier, Claire Blassel, Claire Pallière, Françoise Quiguier, Gisèle Loizeau, Hélène Zysman, Marie-France Lecharny, Thérèse Rocher, Valina Istria Altos : Christine Aubas, Claude Cabot, Arlette Chattelard, Sylvie Confida, Monique  Dubois, Danièle Jullien, Elisabeth Luya, Odile Saint Pierre, Anne Brasse-Coroller, Anne-Claude Lebeau, Catherine Le Breton, Françoise Murer, Lydie Dubart, Martine Lourseau, Nathalie Joyaux, Paule Freigneau, Roselyne Bloch, Saliha Rinal, Véronique Caron Tenors : François Dumond, Paul Duquennoy, Alain Grangereau, Luc Hunziker-Otth, Jean-Lin Iseux, Michel Ricart, Philippe Saint-Raymond, Didier Murer, Guy Mizrahi, Jean Rey, Walter Prodorutti Basses : Jean-Michel Aubas, Claude d’Amiens, Philippe Budin, Pierre Faure, Nicolas Thiery, Alain Fregnieau, Armand Lévy, Jérôme Guerard, Mike Zissmann

Patrick Bismuth (Violon solo), Sandrine Dupé, Guillaume Humbrecht, Marrie Mooij (Violon), Annie Coville, Ariane Dellenbach, Marie Christine Desmonts (Violon et alto), Roberto Crisafulli, Benoit Bursztejn, Clarisse Rinaldo (Alto), Alice Coquart, Joël Pons (Violoncelle), Clotilde Guyon (Contrebasse), Hélène Burle, Alexandre Salles (Basson), Laura Duthuillé, Nathalie Petibon (Hautbois et cor anglais), Ana Melo, Fiona Mitchell (Clarinette), Philippe Durand, Joël Jody (Cor), Isabelle Gascuel (Timbales) Philippe Le Fèvre, direction musicale


En 15 ans d’existence, le Capriccio Français a déjà donné plusieurs centaines de concerts. Des concerts de prestige dans des festivals renommés, et des concerts dans des lieux plus modestes. Nous avons travaillé avec les plus grands solistes, mais aussi avec des chœurs amateurs. Nous nous sommes adressés à des mélomanes, mais aussi à des élèves de quartiers dits ”difficiles”. Et, à chaque fois, avec un même fil conducteur : l’exigence et la passion. Quand nous avons créé le Capriccio Français, nous avons souhaité faire entendre le formidable répertoire du XVIIIe siècle. Si nous jouons sur instruments anciens c’est qu’à chaque période de la musique correspondent des instruments et des styles d’interprétation. Depuis, nous nous sommes aussi emparés du répertoire classique et romantique : nul doute que notre Traviata sur instruments d'époque fut une première mondiale ! L'un des buts du Capriccio Français est de permettre au plus large public de partager ce formidable répertoire. C'est pourquoi, à côté de notre activité habituelle de concerts, nous avons développé les « concerts intimes » dans lesquels nous venons raconter une histoire dans un lien direct avec le public. Nous avons mis l'accent sur « l’accompagnement » où, à travers interventions en milieu scolaire, académie d’été, conférences, travail avec les amateurs, nous contribuons à former le public de demain, à préparer les spectateurs au concert, et surtout à leur donner l’envie de venir rencontrer la musique vivante...

Chef d’orchestre et chef de chœur, Philippe Le Fèvre travaille pour que la musique puisse rencontrer le plus grand nombre. Qu'il soit à la tête du Capriccio Français ou qu'il crée un orchestre symphonique d'élèves pour un réseau de conservatoires, son but est constant : faire jouer et entendre de la musique. C'est pourquoi à côté de son activité de chef, Philippe Le Fèvre attache une grande importance à la pédagogie et à la transmission : il a créé pour cela une académie d’été où il forme les jeunes artistes de demain ; il dirige des chœurs amateurs qu’il aide à découvrir chefs-d’œuvre et œuvres méconnues ; il donne des conférences pour apporter des clés au mélomane. C'est aussi dans ce but qu'il a accepté de devenir directeur artistique et pédagogique de l'Institut Français d’Art Choral, afin de créer de nouveaux répertoires, de travailler sur la formation des chefs de chœurs, ou de créer des réseaux internationaux. Enfin il aime aussi favoriser des rencontres hors des sentiers battus : au cinéma, en partageant l’écran avec le Capriccio Français ; en faisant se croiser des genres musicaux, orchestre classique avec formation de jazz manouche, ou avec piano et bandonéon ; en travaillant régulièrement les répertoires français et russes avec des chœurs professionnels russes. Philippe Le Fèvre, pour sa passion de la musique, a choisi de faire sienne la définition du mot émotion aux temps baroques : ce qui fait mouvoir les individus et les rend différents. Et contribuer, ne serait-ce que de façon infime, à rendre heureux ceux qui auront partagé avec lui ces moments musicaux.


Dirigé par Philippe Le Fèvre, l’Ensemble Vocal Folia, constitué de vingt-cinq à trente chanteurs, aborde un répertoire varié dans le souci permanent de l’exactitude stylistique et de la qualité vocale L’Ensemble Vocal Folia est ouvert aux rencontres artistiques  : collaboration avec le chœur professionnel de la Capella du Musée du Kremlin pour un concert «  Noël russe », le chœur de Malestroit pour le « Requiem » de Brahms, le Capriccio Français, avec de jeunes artistes de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de la Vallée de Chevreuse (91), Parmi ses récentes productions, on peut citer  : "Tea, scones and Coca-Cola", programme de compositeurs anglais et américains du XXème siècle, "Mozart, naissance d'un génie", œuvres accompagnées par les musiciens du Capriccio Français, "Buxtehude", cantates accompagnées par les musiciens du Capriccio Français, "Requiem" de Gabriel Fauré et "Les sept dernières paroles du Christ sur la croix" de César Franck, Pour cette saison 2010-2011, l'Ensemble Vocal Folia présente deux programmes : au début de l’année, vous avez pu entendre une production entièrement consacrée à Brahms, " Aimez-vous Brahms ? ", accompagnée au piano, et vous pouvez entendre ce soir le "Requiem" en Ut mineur de Cherubini en collaboration avec le chœur de SaintMandé et les musiciens du Capriccio Français


2011 05 29 programme requiem cherubini