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"Aimez-vous Brahms ?", demandions-nous lorsque nous vous avons proposé de vous joindre à nous pour ces deux concerts. Nous l'espérons, car nous avons pris le parti de consacrer un programme entier à cet immense compositeur, l'un des trois "B" du génie musical allemand (avec Bach et Beethoven). Nous allons voir comment Brahms, avec le même matériau (un piano et un chœur à quatre voix), réussit à produire une extraordinaire diversité de couleurs, d'ambiances et de sentiments. Littéralement « Chants et valses d’amour », les Liebeslieder Walzer expriment la joyeuse attente de l’amour sur des rythmes de valses. Dix-huit petits bijoux de musique, chacun assez court (souvent moins d’une minute), qui brillent par la richesse de leur contenu. Ce cycle d’exquises miniatures, tour à tour ironiques, tourmentées, légères, emprunte ses textes à un recueil de poèmes populaires. La version d’origine de dix-huit numéros, composée entre 1868 et 1869, comporte une partie de piano à quatre mains et une partie vocale à une, deux, ou quatre voix. Le piano fait bien plus qu’accompagner les chanteurs, puisque l’on joue fréquemment la partie piano seule. Tout le talent de Brahms est de savoir transcender le rythme immuable des trois temps de la valse. Figurant parmi ses œuvres les plus fameuses, les Liebeslieder Walzer connurent un immense succès à leur création. Quand il intitule son œuvre « un requiem allemand  » Johannes Brahms ne fait montre d’aucun nationalisme : il indique simplement que le texte de l’œuvre est en allemand. Ce n’est d’ailleurs pas non plus véritablement un Requiem, au moins au sens liturgique du terme, car aucune prière des morts n'est ici utilisée. Brahms ne s’est pas servi des textes habituels, mais est allé puiser au sein de la Bible (psaumes, évangiles, épîtres…) pour créer sa propre dramaturgie. Rarement, dans la musique romantique, aura-t-on réussi une telle adéquation entre le texte et la musique. Par l’effectif même qu’il a choisi pour l’œuvre, Brahms nous permet de mieux recevoir son message. Il met ainsi au premier plan le chœur, qui symbolisera la communauté des croyants, laissant au baryton le soin de parler à la première personne et d’exprimer son angoisse, et à la soprano, d’être la figure de la mère consolatrice. Brahms dira d’ailleurs « Plutôt qu'un requiem allemand, j'aurais dû le titrer : requiem humain ». L’œuvre commence par un ostinato de basse (une note répétée), symbolisant le caractère inéluctable de notre destin. Et le premier mot chanté par le chœur, dans un souffle, est le mot selig, « heureux ». Quoi de plus surprenant pour un requiem ! Brahms est avec ceux qui restent (« Heureux les affligés, car ils seront consolés »), et il va les aider tout au long de son œuvre à cheminer pour accepter la mort même. De façon magnifique, il conclura par le même mot, selig, mais cette fois-ci dans la phrase «  heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur  ». Après avoir pensé d’abord à notre propre peine, Brahms nous a amenés doucement à la rencontre entre le défunt et Dieu.


La version avec piano à quatre mains dont nous donnons deux extraits ce soir est de la main de Brahms. Tout au long du XIXe siècle, il était de tradition «  d’arranger  » les œuvres symphoniques dans une version à quatre mains pour faciliter leur diffusion et permettre à la musique orchestrale de rentrer dans les foyers. Mais dans l’immense majorité des cas, ces transcriptions n’étaient pas de la main du compositeur. L’effort de transcription fut intense («  l’enfer est derrière moi  »), mais Brahms fut satisfait du résultat (« au demeurant, elle est devenue tout à fait excellente »). L’interprète d’aujourd’hui est confronté à de nombreuses questions. Cette version pour piano à quatre mains a été composée pour «  remplacer  » chœur, orchestre et solistes (toutes les parties de chœur et de solistes sont ainsi doublées, c’est-à-dire jouées également par le piano). Mais on sait aussi qu’elle a été utilisée avec des chœurs et des solistes dès l’époque de Brahms et qu’elle a beaucoup fait pour la renommée de l’œuvre. Doit-on à ce moment-là supprimer les doublures  ? Et pour retrouver le sentiment de la puissance orchestrale, doit-on utiliser deux pianos comme cela se fait le plus souvent  ? Nous avons pris le parti de la fidélité au travail de Brahms  : ne rien retrancher, ne rien ajouter et accepter que cette version soit différente de la version avec orchestre. Plus intime sans doute, moins puissante certainement, mais finalement plus proche du texte de consolation et d’apaisement voulu par le compositeur. La troisième œuvre vocale de ce concert est le Schicksalslied, le chant du destin. Le texte avait frappé Brahms à la première lecture. Ce poème est de Friedrich Hölderlin, l'un des plus grands poètes allemands, représentant d'une des plus riches périodes intellectuelles qu'ait connues l'Allemagne sur le plan littéraire et philosophique. Sa poésie a inspiré de très nombreux compositeurs jusqu’à nos jour (Brahms bien sûr, mais aussi Strauss, Reger, Britten, Kurtag, Ligeti...). Brahms a mis trois ans pour parvenir à rendre justice aux vers de Hölderlin et à résoudre les problèmes de structure (l'opposition de la félicité des dieux et de la souffrance du genre humain). A l'origine pour chœur et orchestre, il nous a paru intéressant de présenter cette œuvre en miroir avec les Liebeslieder Walzer. Composée entre 1868 et 1871 (exactement à la même période que les Liebeslieder Walzer), elle est le pendant de nos valses : drame et force s'opposent à la légèreté et l'humour. Enfin, j'ai demandé à nos deux pianistes de nous offrir quelques danses hongroises, archétype du piano romantique. Elles ont choisi les 5 premières, pleines de virtuosité et de panache. Philippe Le Fèvre Janvier 2011


Liebeslieder Waltze 1 — Rede, Mädchen, allzu liebes, Rede, Mädchen, allzu liebes, das mir in die Brust, die kühle, hat geschleudert mit dem Blicke diese wilden Glutgefühle!

Dis-moi, si douce jeune fille, toi dont le regard a incendié mon cœur jusque-là indifférent, d’une ardente et sauvage passion !

Willst du nicht dein Herz erweichen, willst du, eine Überfromme, rasten ohne traute Wonne, oder willst du, daß ich komme?

Ne te laisseras-tu point fléchir ? Une très grande piété t’ordonne-t-elle de renoncer aux délices de l’amour ? Ne désires-tu pas plutôt ma présence ?

Rasten ohne traute Wonne, nicht so bitter will ich büßen. Komme nur, du schwarzes Auge. Komme, wenn die Sterne grüßen.

Renoncer aux délices de l’amour est une peine bien sévère. Viens vite, amie aux yeux de jais, viens lorsque paraîtront les étoiles.

2 — Am Gesteine rauscht die Flut Am Gesteine rauscht die Flut, heftig angetrieben; wer da nicht zu seufzen weiß, lernt es unterm Lieben.

Le flot gronde sur les roches, emporté dans une course éperdue ; si ce spectacle ne vous porte à la méditation, l’amour saura le faire.

3 — O die Frauen O die Frauen, o die Frauen, wie sie Wonne tauen! Wäre lang ein Mönch geworden, wären nicht die Frauen!

Ô les femmes, ô les femmes, comme elles savent faire naître le désir ! Je me serais fait Moine il y a longtemps si les femmes n’existaient pas !

4 — Wie des Abends schöne Röte Wie des Abends schöne Röte möcht ich arme Dirne glühn, Einem, Einem zu gefallen, sonder Ende Wonne sprühn.

Tout comme le beau soleil couchant, Pauvre fille, je voudrais rayonner, et pour mon bien-aimé, Pour son plaisir lui offrir de doux frissons.


5 — Die grüne Hopfenranke Die grüne Hopfenranke, sie schlängelt auf der Erde hin. Die junge, schöne Dirne, so traurig ist ihr Sinn!

La vrille verte du houblon incline sa spirale vers le sol. La jeune et belle fille a tant de chagrin !

Du höre, grüne Ranke! Was hebst du dich nicht himmelwärts? Du höre, schöne Dirne! Was ist so schwer dein Herz?

Dis-moi, verte vrille, pourquoi ne te dresses-tu pas vers le ciel ? Dis-moi, belle fille, pourquoi as-tu le cœur si lourd ?

Wie höbe sich die Ranke, der keine Stütze Kraft verleiht? Wie wäre die Dirne fröhlich, wenn ihr das Liebste weit?

Comment la vrille pourrait-elle se dresser si aucun support ne lui donnait sa force ? Comment la jeune fille serait-elle gaie si son bien-aimé demeure loin d’elle ?

6 — Ein kleiner, hübscher Vogel Ein kleiner, hübscher Vogel nahm den Flug zum Garten hin, da gab es Obst genug. Wenn ich ein hübscher, kleiner Vogel wär, ich säumte nicht, ich täte so wie der.

Un joli petit oiseau s’envola vers le jardin où les fruits poussaient en abondance Si j’étais un joli petit oiseau, je n’hésiterais pas, je ferais comme lui.

Leimruten-Arglist lauert an dem Ort; der arme Vogel konnte nicht mehr fort. Wenn ich ein hübscher, kleiner Vogel wär, ich säumte doch, ich täte nicht wie der.

La tentation perfide guettait le visiteur et le pauvre oiseau ne put quitter l’endroit. Si j’étais un joli petit oiseau, j’hésiterais. je ne ferais pas comme lui.

Der Vogel kam in eine schöne Hand, da tat es ihm, dem Glücklichen, nicht an. Wenn ich ein hübscher, kleiner Vogel wär, ich säumte nicht, ich täte doch wie der.

L’oiseau arriva dans une jolie main et, bien heureux, il ne protesta pas. Si j’étais un joli petit oiseau je n’hésiterais pas, je ferais comme lui.


7 – Wohl schön bewandt Wohl schön bewandt war es vor ehe mit meinem Leben, mit meiner Liebe; durch eine Wand, ja, durch zehn Wände erkannte mich des Freundes Sehe. Doch jetzo, wehe, wenn ich dem Kalten auch noch so dicht vorm Auge stehe, es merkts sein Auge, sein Herze nicht.

La chance m’a souri autrefois J’ai goûté à la vie à l’amour, et j’ai été heureuse en ami parmi bien d’autres, oui, parmi des dizaines d’amis il a su me reconnaître. Mais aujourd’hui, hélas, lorsque de l’insensible, je suis tout près devant ses yeux, ni ses yeux, ni son cœur ne me reconnaissent.

8 – Wenn so lind dein Auge mir Wenn so lind dein Auge mir und so lieblich schauet, jede letze Trübe flieht welche mich umgrauet.

Lorsque ton regard si doux et si aimable se pose sur moi, les sanglots qui m’oppressent s’évanouissent d’eux-mêmes.

Dieser Liebe schöne Glut, laß sie nicht verstieben! Nimmer wird, wie ich, so treu dich ein andrer lieben.

Ce feu magnifique de l’amour, ne le laisse pas se consumer ! Nul autre ne t’aimera d’un amour aussi fidèle.

9 – Am Donaustrande, Am Donaustrande, da steht ein Haus, da schaut ein rosiges Mädchen aus.

Sur les bords du Danube, se trouve une maison habitée par une belle et rose jeune fille.

Das Mädchen, es ist wohl gut gehegt, zehn eiserne Riegel sind vor die Türe gelegt.

La jeune fille est certes bien gardée puisque dix verrous sont posés sur la porte.

Zehn eiserne Riegel das ist ein Spaß; die spreng ich als wären sie nur von Glas.

Dix verrous ? Un jeu d’enfant : je les ferai sauter comme s’ils étaient de verre.


10 — O wie sanft die Quelle sich O wie sanft die Quelle sich durch die Wiese windet! O wie schön, wenn Liebe sich zu der Liebe findet!

Oh comme le ruisseau doucement serpente à travers la prairie ! Oh quel bonheur lorsque l’amour rencontre l’amour !

11 - Nein, es ist nicht auszukommen Nein, es ist nicht auszukommen mit den Leuten; Alles wissen sie so giftig auszudeuten.

Non, ils ne sont pas supportables les gens ; Ils savent si perfidement tout interpréter !

Bin ich heiter, hegen soll ich lose Triebe; bin ich still, so heißts, ich wäre irr aus Liebe.

Si j’ai le cœur léger, je nourris de sombres appétits ; et si je ne dis mot, ils me croient fou d’amour.

12 – Schlosser auf, und mache Schlösser, Schlosser auf, und mache Schlösser, Schlösser ohne Zahl; denn die bösen Mäuler will ich schließen allzumal.

Serrurier, lève-toi, et fabrique des serrures des serrures sans nombre, Je veux verrouiller les mauvaises langues une fois pour toutes !

13 – Vögelein durchrauscht die Luft Vögelein durchrauscht die Luft, sucht nach einem Aste; und das Herz, ein Herz, ein Herz begehrt's, wo es selig raste.

Un petit oiseau passe dans un froissement espérant apercevoir une branche ; le cœur, lui, recherche un autre cœur auprès duquel il puisse faire halte.

14 – Sieh, wie ist die Welle klar Sieh, wie ist die Welle klar, blickt der Mond hernieder! Die du meine Liebe bist, liebe du mich wieder!

Vois comme la vague est claire lorsque la lune se penche vers elle ! Toi qui es ma très chère amie, aime-moi de nouveau !

15 – Nachtigall, sie singt so schön Nachtigall, sie singt so schön, wenn die Sterne funkeln. Liebe mich, geliebtes Herz, küsse mich im Dunkeln

Le rossignol chante si joliment lorsque brillent les étoiles. Aime-moi, cœur tant aimé, embrasse-moi dans l’obscurité !


16 – Ein dunkeler Schacht ist Liebe Ein dunkeler Schacht ist Liebe, ein gar zu gefährlicher Bronnen; da fiel ich hinein, ich Armer, kann weder hören noch sehn, nur denken an meine Wonnen, nur stöhnen in meinen Wehn

L’amour est une fosse obscure, un puits bien trop dangereux ; j’y suis tombé, pauvre de moi, et je ne vois ni n’entends plus rien, je ne peux que penser à mes délices, que gémir dans ma souffrance.

17 – Nicht wandle, mein Licht, dort außen Nicht wandle, mein Licht, dort außen im Flurbereich! Die Füße würden dir, die zarten, zu naß, zu weich.

Ne t’aventure pas, ma lumière, dans la campagne ; tu mouillerais, tu abîmerais tes pieds si délicats.

All überströmt sind dort die Wege, die Stege dir; so überreichlich tränte dorten das Auge mir.

Les chemins sont inondés, et les sentiers, tant j’y ai versé de larmes de mes yeux.

18 – Es bebet das Gesträuche Es bebet das Gesträuche, gestreift hat es im Fluge ein Vögelein. In gleicher Art erbebet die Seele mir, erschüttert von Liebe, Lust und Leide, gedenkt sie dein.

Le feuillage tremble, effleuré par le vol d’un petit oiseau. Tout comme lui, mon âme tressaille, ébranlée par l’amour, le désir et la souffrance lorsque ton souvenir renaît en moi.


Ein deutsches Requiem 1 – Selig sind Selig sind, die da Leid tragen, denn sie sollen getröstet werden.

Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Die mit Tränen säen, werden mit Freuden ernten. Sie gehen hin und weinen und tragen edlen Samen, und kommen mit Freuden und bringen ihre Garben.

Ceux qui sèment avec des larmes, moissonneront avec de la joie. Celui qui va, pleurant, porter la précieuse semence en terre, reviendra joyeux avec ses gerbes.

2 – Denn alles Fleisch Denn alles Fleisch, es ist wie Gras und alle Herrlichkeit des Menschen wie des Grases Blumen. Das Gras ist verdorret und die Blume abgefallen.

Car toute chair est comme l’herbe et toute la gloire de l’homme comme la fleur de l’herbe. L’herbe se dessèche Et la fleur se flétrit.

So seid nun geduldig, lieben Brüder, bis auf die Zukunft des Herrn. Siehe, ein Ackermann wartet auf die köstliche Frucht der Erde und ist geduldig darüber bis er empfahe den Morgenregen bis er empfahe den Abendregen. So seid geduldig.

Maintenant, soyez patients, chers frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voyez comme le laboureur attend le précieux fruit de la terre et avec quelle patience, jusqu’à ce qu’il reçoive la pluie du matin et la pluie du soir. Aussi, soyez patients.

Denn alles Fleisch, es ist wie Gras und alle Herrlichkeit des Menschen wie des Grases Blumen. Das Gras ist verdorret und die Blume abgefallen.

Car toute chair est comme l’herbe et toute la gloire de l’homme comme la fleur de l’herbe. L’herbe se dessèche Et la fleur se flétrit.

Aber des Herrn Wort bleibet, bleibet in Ewigkeit. Die Erlöseten des Herrn werden wieder kommen, und gen Zion kommen mit Jauchzen; Freude, Freude, ewige Freude wird über ihrem Haupte sein; Freude und Wonne werden sie ergreifen, Und Schmerz und Seufzen wird weg müssen. Freude, ewige Freude ...

Mais la parole du Seigneur demeure, demeure éternellement. Ceux qui ont été rachetés par le Seigneur reviendront et rejoindront Sion dans l’allégresse ; Joie, joie, une joie, une joie éternelle sur leur tête ; la joie et le bonheur seront à eux Et la douleur et les soupirs les quitteront. Joie, joie éternelle


Schicksalslied Ihr wandelt droben im Licht auf weichem Boden, selige Genien! Glänzende Götterlüfte rühren Euch leicht, wie die Finger der Künstlerin heilige Saiten.

Vous déambulez là-haut dans la lumière sur un doux terrain, ô esprits bénis ! De radieux souffles divins vous effleurent comme les doigts de l'artiste une céleste lyre.

Schicksallos, wie der schlafende Säugling, atmen die Himmlischen; keusch bewahrt in bescheidener Knospe, blühet ewig ihnen der Geist, und die seligen Augen blicken in stiller ewiger Klarheit.

Libérés du destin, tels le nourrisson endormi, respirent les immortels ; préservé pur dans son humble bourgeon, l'Esprit fleurit pour eux à tout jamais, et leurs yeux bienheureux regardent dans une calme et éternelle clarté.

Doch uns ist gegeben, auf keiner Stätte zu ruhn; es schwinden, es fallen die leidenden Menschen blindlings von einer Stunde [zur]1 andern, wie Wasser von Klippe zu Klippe geworfen, jahrlang ins Ungewisse hinab

Mais à nous il n'est donné aucun endroit où reposer ; Ils déclinent, ils titubent les affligés humains, aveuglément d'une heure à la suivante, comme l'eau d'écueil en écueil projetée, à l on g u e u r d 'a n n é e p l on g é s d a n s l'incertitude


Ariane Saguet commence le piano à l'âge de 7 ans. Elle poursuit ses études musicales au Conservatoire National de Région de Grenoble où elle obtient sa médaille d'or de piano. Elle est ensuite admise à l'Ecole Normale de Musique de Paris et y obtient son Diplôme d'Exécution. En 2004 elle intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d’accompagnement vocal d’Anne Grappotte puis d’Anne le Bozec, ainsi que les classes d’écriture avec Jean-François Zygel. Elle obtient son prix d'accompagnement en juin 2007, son prix de contrepoint ainsi que son prix d’harmonie avec mention très bien à l’unanimité. Elle poursuit ses études au CNSM en classe de direction de chant dans la classe d’Erika Guiomar et y obtient son prix en 2010. Elle participe en tant que chef de chant à diverses productions : Carmen de Bizet avec les Concerts de Poche, Don Giovanni et les Noces de Figaro de Mozart (CNSM de Paris/cité de la musique), la petite renarde rusée de Janacek (opéra de Reims), l’Enfant et les sortilèges de Ravel, et récemment la Fausse Magie de Grétry avec les Paladins (dirigée par Jérôme Corréas) à Royaumont, Metz, Reims et Rennes. Ses activités lui ont permis de rencontrer de grands maîtres comme Georges Prêtre, John Nelson ou Hartmut Höll. Elle travaille régulièrement avec la maîtrise de Radio-France et participe à plusieurs reprises à des émissions sur France Musique. Parallèlement elle enseigne l’écriture au CRD de Pantin. Elle s'est produite dans de nombreux concerts en France et à l’étranger, aussi bien en tant que soliste, en récital et avec orchestre, qu'en tant qu'accompagnatrice. Charlotte Gauthier commence ses études de piano à l’âge de six au conservatoire de Montereau FaultYonne puis se perfectionne auprès de Jean-Claude Henriot (CRD d’Evry) et Cécile Hugonnard-Roche (CRR de Saint–Maur des Fossés). Parallèlement elle se forme en accompagnement auprès d’Irina KataevaAimard puis de France Pennetier, Jean-Marie Cottet ainsi que Sabine Vatin au CRR de Paris où elle obtient son DEM à l’unanimité. En 2009 elle intègre la classe de direction de chant d’Erika Guiomar au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Elle travaille sous la direction de Kenneth Weiss au sein du conservatoire pour la production des Noces de Figaro de Mozart ainsi que celle d’Emmanuel Olivier pour O mon bel inconnu de Renaldo Hahn. Elle travaille également en formation deux pianos et percussions pour un projet autour des œuvres de Bruno Ducol. Elle se produit régulièrement en concert à Paris ; La Belle Hélène au Théâtre de Ménilmontant , La Flûte Enchantée, le Gloria de Vivaldi à la Maison Verte, Elliot et Clara (création) au Théâtre Marsoulan … Chef d’orchestre et chef de chœur, Philippe Le Fèvre travaille pour que la musique puisse rencontrer le plus grand nombre. Qu'il soit à la tête du Capriccio Français ou qu'il crée un orchestre symphonique d'élèves pour un réseau de conservatoires, son but est constant : faire jouer et entendre de la musique. C'est pourquoi à côté de son activité de chef, Philippe Le Fèvre attache une grande importance à la pédagogie et à la transmission : il a créé pour cela une académie d’été où il forme les jeunes artistes de demain ; il dirige des chœurs amateurs qu’il aide à découvrir chefs-d’œuvre et œuvres méconnues ; il donne des conférences pour apporter des clés au mélomane. C'est aussi dans ce but qu'il a accepté de devenir directeur artistique et pédagogique de l'Institut Français d’Art Choral, afin de créer de nouveaux répertoires, de former les chefs de chœurs, ou de créer des réseaux internationaux. Enfin il aime aussi favoriser des rencontres hors des sentiers battus : au cinéma, en partageant l’écran avec le Capriccio Français  ; en faisant se croiser des genres musicaux, orchestre classique avec formation de jazz manouche, ou avec piano et bandonéon ; en travaillant régulièrement les répertoires français et russes avec des chœurs professionnels russes. Philippe Le Fèvre, pour sa passion de la musique, a choisi de faire sienne la définition du mot émotion aux temps baroques : ce qui fait mouvoir les individus et les rend différents. Et contribuer, ne serait-ce que de façon infime, à rendre heureux ceux qui auront partagé avec lui ces moments musicaux.


Caroline Berthier, Christine Gadbin, Véronique Gaillard, Heidi Hunziker-Otth, AnneMarie  Jonquière, Cristina Lopes, Catherine Marcovici, Albane Saintenoy, Odile Stier, Sophie Tichit, Solange Tripon, sopranos Christine Aubas, Claude Cabot, Arlette Chattelard, Sylvie Confida, Monique  Dubois, Danièle Jullien, Elisabeth Luya, Odile Saint Pierre, altos François Dumond, Paul Duquennoy, Alain Grangereau, Jean-Lin Iseux, Michel Ricart, Philippe Saint-Raymond, ténors Jean-Michel Aubas, Pierre Faure, Luc Hunziker-Otth, Pierre Magne, Nicolas Thiery, basses Ariane Saguet, Charlotte Gauthier, piano Philippe Le Fèvre, direction musicale

Ensemble Vocal Folia Dirigé par Philippe Le Fèvre, l’Ensemble Vocal Folia, constitué de vingt-cinq à trente chanteurs, aborde un répertoire varié dans le souci permanent de l’exactitude stylistique et de la qualité vocale. L’Ensemble Vocal Folia est ouvert aux rencontres artistiques  : collaboration avec le chœur professionnel de la Capella du Musée du Kremlin pour un concert « Noël russe », le chœur de Malestroit pour le «  Requiem  » de Brahms, le Capriccio Français, avec de jeunes artistes de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de la Vallée de Chevreuse (91),.. Parmi ses récentes productions, on peut citer : "Tea, scones and Coca-Cola", programme de compositeurs anglais et américains du XXème siècle, "Mozart, naissance d'un génie", œuvres accompagnées par les musiciens du Capriccio Français, "Buxtehude", cantates accompagnées par les musiciens du Capriccio Français, "Requiem" de Gabriel Fauré et "Les sept dernières paroles du Christ sur la croix" de César Franck,... Pour cette saison 2010-2011, l'Ensemble Vocal Folia présentera deux programmes : Aujourd'hui, vous pourrez entendre une production entièrement consacrée à Brahms, "Aimez-vous Brahms ?", accompagnée au piano et, fin mai, nous donnerons le "Requiem" en Ut mineur de Cherubini en collaboration avec le chœur de Saint-Mandé et avec les musiciens du Capriccio Français


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