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Lettre des Equipes Notre-Dame

N째 191 Mars - Avril 2011

Vie spirituelle et discernement

Nouveau site Internet


Éditorial

22 Oraison

3 Éditorial Chantal et Robert Legrand Billet spirituel

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4 Faut-il encore se confesser ? Père Philippe Beitia Vie de couple

26 28

6 Couple et famille Est-il possible de conjuger foi et sexualité? Marie et Benoît 8 Avoir une vie spirituelle... Nadine Grandjean 10 Vers le pardon en couple Blandine Moncorgé 12 Couple et société Le couple : une aventure pour l’éternité Élisabeth Darles Équipes et équipiers

S o mmaire

14 Points concrets d’effort

2

Le point essentiel de la règle de vie Père E. de V. 16 Témoignages Deux jours en équipe Équipe Quimper 5 18 Vivre son sacrement de mariage... Michel Becq 20 Un quart de siècle... Équipe Mouvaux 1

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Méthodes d’Oraison (4) Père Philippe Beitia Regards Le geste de la compassion Christine Pellistrandi Livres et revues Flash, vie d’équipe Équipes Nouvelles-Ordinations-Décès Prière Seigneur Tu me donnes Vie du mouvement

30 Orientation d’année 36 38 40 42

Miettes spirituelles... Frère Nicolas-Bernard Virlet Revenir à la source La peur de l’Amour Père Henri Caffarel Calendrier Événements - France Tandem : réunion nationale Florence et Bertrand Dureuil La communication au service... Françoise et Rémi Gaussel

44 Le site Internet change ! Dominique et François Aubert 46 Session d’été Delphine et Antoine Quantin

LETTRE DES ÉQUIPES NOTRE-DAME Directeur : Rémi Gaussel Rédacteurs en chef : Marie-Hélène et Michel Maruenda Nouvelle Série - 37e année n° 191 - 49, rue de la Glacière - 75013 Paris Tél : 01 43 36 08 20 - Fax : 01 43 36 05 70 e-mail : end.erfls@wanadoo.fr site internet : http://www.equipes-notre-dame.fr CLERC A Qualibris Company - 18206 Saint-Amand Cedex Tél : 02 48 61 71 71 - Fax : 02 48 61 71 72 Dépôt légal : 2e trimestre 2011 - C.P.P.A.P. 0611G80622 Crédit photo : ⒸJ.-F. Alix (couv., p.5, 13, 14-15, 30-31) ; E. Komorowska (p.35, 37) ; END Quimper 5 (p.16-17) ; Ch. Pellistrandi (p. 24-25) ; X. de Thieulloy (p.33) ; F. et B. Dureuil (p.40-41) ; Dimdimich-Fotolia.com (p.42) ; Liv Friis-Iarsen (p.43) ; END (p.18-19, 46-47). Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


Quarante jours

onvertissez-vous et croyez à l’Évangile. Quarante jours pour nous réajuster sur Dieu. Comment pouvons-nous vivre ce que nous dit l’Église (CEC n°1438) : « Ces temps sont particulièrement appropriés pour les exercices spirituels, les liturgies pénitentielles, les pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne et l’aumône, le partage fraternel (œuvres caritatives et missionnaires) » ? À chacun d’agir selon son cœur et sa conscience … éclairée. Nous voilà tous invités à revisiter notre vie spirituelle et sacramentelle. Nous aimons particulièrement le conseil de Marthe Robin : « Faites votre petit possible, laissez l’impossible à Dieu ». Avec nos résistances de petits pécheurs pardonnés. Pour les équipiers Notre-Dame, la route est balisée par des lumières : Parole de Dieu, oraison, prière conjugale, retraite spirituelle. Autant de petits possibles à vivre dans la gradualité.

C

Vivons-nous aussi le carême en équipe ? Rien à redire aux soirées bol de riz, qui expriment un esprit de charité envers nos frères. Mais ne peut-on pas saisir l’occasion de ce temps fort liturgique pour redresser la barre et faire de notre réunion un vrai temps spirituel ? Cela ne signifie pas d’abord augmenter le temps de la prière. Non. Le temps privilégié d’une réunion d’équipe, qui irradie l’ensemble du mois, c’est le partage. Un vrai partage de frères en JésusChrist, qui écoutent les autres témoigner de leur vie spirituelle du mois (Eucharistie, réconciliation, Points Concrets d’Effort) avec le recul bienveillant de l’Amour de Dieu qui les inspire, qui aident tel ou tel à se redresser sans juger, en lui offrant prière et soutien, et qui rendent grâce ensemble des progrès accomplis. Un vrai temps d’entraide spirituelle. Conscients de nos limites, de nos faiblesses, de nos lourdeurs, avec saint Paul : Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissonsnous conduire par l’Esprit. (Gal 5, 25) 

Édito rial

Chantal et Robert LEGRAND Responsables de la Province Nord-Est et Ile de France

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Faut-il encore se confesser ? Père Philippe BEITIA Conseiller spirituel de l’Équipe Responsable France-Luxembourg-Suisse Lorsque nous acceptons de faire régulièrement cette démarche, nous en sommes récompensés. Nous faisons l’expérience de l’amour du Seigneur pour nous.

e mercredi 9 mars 2011, nous sommes entrés en carême en participant à la liturgie des cendres. Ce temps du carême est un temps de conversion pour mener une vie toujours plus marquée par l’Évangile avec l’aide du Christ. Parmi les moyens donnés par l’Église, se trouve le sacrement de pénitence et de réconciliation – appelé aussi sacrement du pardon ou confession. Ce sacrement, peut-être que certains jeunes équipiers le pratiquent rarement. Il peut en aller de même pour des équipiers plus chevronnés. Ce sacrement est difficile. Il faut reconnaître la part obscure de notre vie, celle que l’on aimerait cacher. Il faut aussi beaucoup de foi pour se confesser à son curé, pour parler de ses errements au prêtre. L’air du temps nous pousse à nous passer de la confession ou à la pratiquer a minima. Et pourtant, lorsque nous acceptons de faire régulièrement cette démarche, nous en sommes récompensés. Nous faisons l’expérience de l’amour du Seigneur pour

B ille t sp iritu e l

C

nous. Amour qui se manifeste par son pardon et par le don de sa lumière, de sa force, de son amour pour avancer sur les chemins de la vie chrétienne. Ce sacrement est un sacrement de guérison et de progrès spirituel. La fidélité à ce sacrement, à l’Eucharistie, à l’oraison nous fait progresser au bout d’un certain temps. Le dialogue avec le prêtre nous permet de dire les choses, de ne pas nous faire la chanson et de nous la chanter. Autrement dit, de faire une opération vérité pour voir ce qui est important et ce qui ne l’est pas, les points sur lesquels il faut faire effort. Laissés seuls, nous serions trop indulgents ou trop sévères envers nous-mêmes. Nous ne serions pas dans la vérité. Un des actes les plus importants, c’est de nous préparer à ce sacrement. On peut le faire en méditant, en contemplant le Christ dans l’un ou l’autre épisode de sa Passion et de sa Résurrection (Mt 26-28 ; Mc 14-16 ; Lc 22-24 ; Jn 18-21) où nous est manifesté avec éclat que Dieu a tellement aimé le monde − le monde des hommes − qu’il a donné son

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notre image de marque. Il s’agit donc de confesser en vérité au prêtre, représentant le Christ, les péchés qui sont les nôtres. Un peu comme lorsque nous nous laissons ausculter par le médecin. Le sacrement peut être aussi l’occasion d’éclairer des questions où nous ne voyons pas clair dans un dialogue avec le prêtre. La lumière de Dieu est accordée, la conscience affinée et la conduite ajustée. Mon premier curé bichonnait sa voiture… d’occasion. Aussi comparait-il ce sacrement à… une révision. Nous laissons notre véhicule. Le garagiste l’inspecte, change, renouvelle, améliore ce qu’il faut. Et nous sommes bien contents, lorsque nous reprenons la voiture, d’entendre ronronner son moteur sans que s’y mêlent des bruits étranges et inquiétants, d’expérimenter une conduite plus souple ou plus nerveuse… selon nos goûts. Certes, la comparaison est un peu grossière. Mais peut-être parlera-telle aux amateurs de voitures…et si elle les aide à mieux vivre ce sacrement, on ne pourra que s’en réjouir. Dans ses Exercices spirituels, saint Ignace invite le retraitant à contempler des épisodes de la vie de Jésus et à réaliser ce que le Seigneur a fait pour lui et l’amour qu’il lui porte. Puis il pose une question : Maintenant que tu as réalisé ce que le Seigneur a fait pour toi, toi, que vas-tu faire pour Lui ? Cette question, nous pouvons nous la poser à l’issue de la confession. Y répondre concrètement, c’est marcher plus résolument sur les chemins d’une vie plus fidèle au Christ, plus engagée, plus Rassemblement international des Équipes Notre-Dame Équipe Notre-Dame… Bonne confesà Lourdes. sion à tous ! 

Fils unique (Jn 3, 16). La méditation, la contemplation fréquente de la Passion et de la Résurrection du Seigneur a amené des chrétiens à des conversions radicales  : après avoir réalisé combien Dieu les aimait, leur vie n’a pas pu être la même. On peut aussi s’inspirer d’autres épisodes des Évangiles. Également, une relecture de notre vie, des événements récents est nécessaire : nous repérons tout ce qu’il y a eu de bon. Lorsque nous commencerons notre confession, nous dirons ce qu’il y a eu de beau dans notre vie et nous en remercierons le Seigneur. A cette lumière de l’amour du Seigneur apparaîtront notre péché et notre infidélité. Nous lui demandons la lumière pour faire cette opération-vérité. Nous laissons de côté orgueil, amour-propre, faux semblant pour être en vérité. Bien souvent, ce qui nous gêne dans la confession, c’est que les péchés que nous commettons atteignent

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Couple et famille

Est-il possible de conjuger foi et sexualité ? Marie et Benoît Propos recueillis par Séverine JAHAN Équipe Lettre Image de la sculpture en bois et terre de Françoise Delorenzi

V ie de co u p le

Marie et Benoît sont mariés depuis sept ans, jeunes parents et membres des Équipes Notre-Dame depuis six ans. Sans être spécialistes, ils ont accepté de témoigner sur un sujet particulièrement intime : la sexualité dans le couple. Sujet trop souvent évité alors qu’il peut être source de croissance spirituelle. u’est-ce qui vous a amené à réfléchir sur le sujet de la sexualité  ? Pourquoi est-ce important pour votre couple ?

Q

Fiancés, nous avons fait le choix de nous préserver pour nous offrir l’un à l’autre pleinement dans le sacrement du mariage. Choix à contre-courant dans une vie étudiante qui prône davantage le plaisir immédiat mais qui nous a permis de nous construire dans le dialogue dès le début de notre histoire à deux. Lors de notre préparation au mariage, nous avons beaucoup réfléchi, avec le prêtre qui nous accompagnait, sur le sens de notre échange des consentements : « Je te reçois comme époux/se et je me donne à toi », la dualité du don. Cette phrase résonne encore en nous dans toute notre vie de couple. Mais, au-delà des mots, la réalité d’époux a été différente !

Alors que le don des époux dans le don des corps devrait être quelque chose d’inné, de simple et de naturel (c’est du moins ce que nous font croire la presse grand public, le cinéma ou la télévision), nous nous sommes rendus compte que ce n’était pas aussi simple que cela. Arrivant chacun avec nos différences, nous avons appris, chaque jour, à nous apprivoiser, à respecter nos rythmes, à construire notre communion charnelle, à être ouverts à la vie tout en ayant une fécondité responsable, à faire confiance et à maîtriser la méthode naturelle que nous pratiquions. La sexualité est un sujet si important dans un couple et pourtant si tabou… Avec l’envie d’aller plus loin, nous avons choisi de suivre une retraite de cinq jours, au sein de la communauté des Béatitudes, animée par Yves Semen, sur le thème  : « Une spiritualité conjugale à la lumière de la théologie du corps de Jean-Paul II ».

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En quoi cette retraite a été importante pour vous ?

Le mouvement des Équipes Notre-Dame at-il été un soutien ?

Cette retraite a été une révélation, une grâce pour nous ! Pendant cinq jours, Yves Semen, ce père de famille, philosophe et anthropologue, auteur de La sexualité selon Jean-Paul II et La spiritualité conjugale selon Jean-Paul II (ouvrages dans lesquels il rend accessibles les cent trente audiences du Saint-Père, de 1979 à 1985), nous a ouvert à la nouveauté de la pensée de Jean-Paul II. Nous arrivions avec l’idée de repartir avec un package de «  permis/défendu  », nous sommes allés bien au-delà, nous avons donné un sens à la sexualité. Nous sommes repartis de la Genèse pour découvrir le projet de Dieu pour l’homme. Nous avons découvert, à partir des Écritures, la place du corps dans le christianisme et la vocation du couple à être saint aussi, dans sa sexualité. Oui, cet enseignement a été pour nous une révélation : révélation de la beauté du don des époux dans la communion charnelle, révélation que cette communion est «  le signe que la création est achevée et que l’image de Dieu est totalement inscrite dans la matière », révélation que notre vie spirituelle conditionne notre vie charnelle et que l’ancrage de la prière quotidienne en couple coïncide avec une plus grande harmonie dans notre sexualité. Nous avons (re)découvert que la sexualité est un domaine touché par le péché originel et qu’il est donc normal que nous éprouvions des difficultés dans ce domaine. Ouf, nous ne sommes pas des extra-terrestres !

Depuis notre mariage, grâce à notre appartenance au mouvement des Équipes NotreDame et aux points concrets d’effort qu’il nous propose de vivre, nous avons l’impression d’avoir progressé et grandi dans notre vie spirituelle et en couple. En effet, aux Équipes Notre-Dame, nous avons découvert un cadre. La prière conjugale, tout comme le devoir de s’asseoir, ont été pour nous, des instruments clés pour une sexualité épanouie. Quelle grâce de se mettre sous le regard de Dieu pour unifier notre vie et vivre le don réciproque de notre sacrement de mariage dans la communion charnelle ! Notre vie de prière nous a permis de trouver une plus grande communion avec Dieu mais aussi entre nous ; l’une ne va pas sans l’autre. Même s’il ne faut pas surestimer la vie sexuelle, trop de couples souffrent d’une vie charnelle non totalement épanouie, ce qui peut devenir pesant. Communiquer en couple sur ce sujet nous paraît essentiel. C’est exigeant mais tellement beau et libérant !   Session du 18 au 19 juin 20011 Bonne nouvelle pour notre sexualité. au Centre Spirituel de Chaillé-lesmarais, animée par père Robert Neau (médecin et psychothérapeute) et Annick Nony (gynécologue, sexologue et conseillère conjugale). Pour plus de renseignements, merci de consulter notre site Internet : www.equipes-notre-dame.fr

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Couple et famille

Avoir une vie spirituelle vivante pour discerner au sein du couple Nadine GRANDJEAN Conseillère conjugale et familliale au Cabinet Raphaël

Le discernement, c’est l’art de comprendre quel esprit me fait vivre, ou me fait prendre telle direction, telle décision ; c’est vital, surtout quand le choix à faire est lourd d’enjeux.

’ai eu l’occasion, dans le sujet précédent, d’ébaucher quelques réponses à propos du discernement et de la vie spirituelle. Je parlerai plus dans cet article, à partir de mon expérience de conseillère conjugale et de mon expérience de femme mariée (depuis 46 ans), des modalités de discernement au sein du couple.

J

Je reprends ce qu’exprime si bien le père François Varillon  : «  La décision d’un homme est au confluent de deux lumières : une lumière qui descend de l’Évangile et de l’Église, et une lumière qui monte de la situation correctement analysée ; au confluent de ces deux lu-

mières, vous prenez votre décision… ». Pour parler de discernement - et non d’une simple

apprendre à écouter Dieu pour discerner analyse de la situation - il faut avoir une vie spirituelle vivante. La lumière dont parle le père Varillon est de l’ordre de l’intériorité, elle jaillit d’une véritable relation avec Dieu, avec l’Esprit Saint ; et donc de la prière ; c’est une lumière qui révèle mes dispositions intérieures, mes désirs, mes tentations, mes blessures… Cette maturité spirituelle

s’acquiert par la pratique d’une prière quotidienne, nourrie par la lecture méditée de l’Écriture ; c’est une école, où on apprend à écouter Dieu ; c’est un apprentissage, et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre ! Vous pouvez décider, en ce début d’année, de prendre un moment de prière quotidien, d’écoute de ce que vous inspire la lecture d’un psaume, d’un texte de l’Évangile, de ce qu’il a à vous dire aujourd’hui  ; votre vie spirituelle en sera renforcée, et la qualité de vos discernements améliorée ! Entre ensuite en ligne de compte, pour un discernement, la réalité de vie du

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Dieu (1 Jean 4, 16). Il nous est parfois plus facile de rêver d’imiter des modèles (d’ailleurs excellents) de ceux qui ont donné leur vie à Dieu, plutôt que de respecter son conjoint, là où il(elle) en est, dans ce qu’il(elle) vit… en d’autres termes, la voie de Dieu, la présence de Dieu agissante dans le couple, réside dans leur mise en accord (en « ac-cœur »). Dans cette réalité que vit le couple, il y a Que deux ou trois, en effet, soient réunis en parfois un choix à faire ; ce choix peut faire mon Nom, je suis là au milieu d’eux (Mat 18, débat : la solution n’est pas tou20) ; il y a dans la vie de couple jours simple ; dans ce proces- discerner dans beaucoup de «  morts  » à soi sus, les difficultés sont pour que la «  préféla réalité de la même, nombreuses ; ce que dit ou afrence » aille à l’autre ; l’Esprit firme chacun est mêlé de resvie de couple Saint nous est donné pour nous sentis ou d’émotions (le côté aider dans ce travail récisubjectif), et d’analyses plus ou moins par- proque, qui ouvre la porte à une circulation tielles (ou partiales) de la réalité (le côté ob- de l’amour. jectif)  ; le conjoint, par définition le plus S’accorder avec l’autre, c’est le fruit d’un proche, est parfois si proche que son res- bon discernement ; n’oublions pas que le senti, ses besoins, sa demande sont : soit « malin » est aussi appelé le « diviseur », ignorés, soit reçus (quand ça ne va pas c’est lui qui opère au-milieu de nos désacdans le sens espéré) par l’autre comme des cords. reproches, des freins, ou des incompréhen- Le fruit d’un discernement dans l’Esprit sions ! et c’est le blocage. Saint, c’est aussi la paix dans la relation J’aime m’appuyer sur cette phrase de saint conjugale, et la confiance qui aura Jean : Quand on est dans l’amour, on est en grandi. 

couple ; avec son cadre, son histoire, son lieu de vie, ses caractéristiques, l’environnement, etc. C’est à travers ces réalités que Dieu « parle » à chacun, et Il ne le fait jamais en dehors de ces réalités ! « Je me sens appelé à me retirer dans un monastère…» ne sera jamais un appel recevable pour un père de famille actif !

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Couple et famille

Vers le pardon en couple Blandine MONCORGÉ Conseillère conjugale et familliale du Cler Amour et Famille Pardonner, non pas jusqu’à sept fois mais jusqu’à soixante-dix-sept fois, dit Jésus à Pierre (Mt 18, 22). Vaste programme pour nous aussi dans notre vie de famille et de couple aujourd’hui !

N

ous rêvons de relations harmonieuses, sans heurts

laissent place au ressentiment, à l’amertume, comme un sac que l’on remplirait de cailloux sur le chemin de montagne. A la fin, le sac devient trop lourd, et ça explose. Colère, accusation ou position de repli dans le silence et la bouderie.

Mais en réalité, la vie de tous les jours nous renvoie à nos faiblesses, nos fragilités : une parole blessante, un manque de reconnaissance, une attitude méprisante, une jalousie, une trahison : « Tu es nul ! », « Tu ne N’y aurait-il pas une autre voie qui m’écoutes jamais », « On dirait ta mère ! », permettrait à chacun d’être « Je ne t’aime plus »…, autant de petites écouté, reconnu ? phrases assassines qui font mal au cœur et Il est nécessaire alors de s’armer de pamal au couple. Ce n’est pas tience et de courage, car le parle pardon toujours facile de vivre ensemdon ne va pas de soi. En couple, ble car l’amour nous rend vulle premier pas vers le pardon ne va pas nérables. Nous sommes plus est de reconnaître que l’on a de soi profondément blessés par été blessé. Ce n’est pas tounotre conjoint, que par la rejours évident de le reconnaître marque d’une voisine  ! Car nos attentes puisque nous apparaissons fragiles, alors sont beaucoup plus fortes. Et l’autre, parce que nous aimerions tellement être forts, qu’il n’est pas « tout-puissant », nous dé- inatteignables. Accepter notre colère, notre çoit : il n’est pas tel que nous le voulions, ou révolte parfois, exprimer nos émotions, en le rêvions ; il n’a pas comblé nos attentes, utilisant le JE (« je me suis senti nié », « je et nous lui en voulons. Petit à petit, les dé- suis déçu  »…) et non le TU qui tue et ceptions, les frustrations, les ruminations agresse. Se dire ce que l’on ressent re10 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


quiert une bonne dose d’humilité : humilité de l’offensé pour se « mettre à nu » et dévoiler ses sentiments, et humilité de l’offenseur pour accueillir l’autre avec sa blessure et reconnaître le mal fait. Cela ne se fait pas entre deux portes  : il faut du temps pour écouter l’autre s’exprimer, sans l’interrompre, sans vouloir non plus se justifier ou penser que l’on avait raison. Un pas de plus est fait quand celui qui a fait mal présente des excuses sincères à son conjoint.

d’amour qui restaure la confiance perdue, c’est aller au-delà du don, par-don. Pardonner, c’est prendre soin de son couple. A consommer sans modération !

Après le pardon… se réconcilier, repartir ensemble : que ce soit au sein du couple, avec ses enfants et aussi avec ses parents ou beauxparents. Je pense aux blessures vécues dans l’enfance, chez l’un ou l’autre des conjoints, et qui rejaillissent plus ou moins gravement sur la vie conjugale : un manque Le pardon est en route, et il dede confiance en soi chez un homme que ses mande du temps. parents avaient dévalorisé enfant, un secret On ne peut pas mettre sur le de famille longtemps gardé et même plan une assiette cassée qui a fait des dégâts… Pardonun acte du service de la grand-mère ner à ses parents sans forcéd’amour avec une blessure telle que l’inment attendre une demande de fidélité. Pardonner, c’est vraipardon de leur part. Laisser ment une décision, une conversion du cœur tomber les ressentiments. et non un sentiment. Voulons-nous vraiment pardonner  ? Voulons-nous puiser dans Remettre entre les mains du Christ ces parnotre engagement premier, dans notre sa- dons parfois trop difficiles pour retrouver la crement de mariage, la force nécessaire paix.  pour avancer ? Il ne suffit pas de pardonner avec sa tête, mais aussi avec son cœur. Le pardon n’est pas un acte ponctuel, un coup d’éponge « on efface et on repart ». C’est un véritable processus, un chemin qui mûrit et qui demande du temps  : une cicatrice,  Pour aller plus loin même refermée, peut encore faire mal. 1))Jean Mombourquette, Comment pardonner, Bayard Culture 2001. Le pardon est à double sens. 2) Gary Chapman, Les langages de la Donner un pardon, mais aussi, pour l’offenréconciliation, Farel Éditions 2008. seur, le recevoir. C’est un véritable acte

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Couple et société

le couple : une aventure pour l’éternité Élisabeth DARLES Membre de l’Équipe Responsable France-Luxembourg-Suisse La mort de nos proches nous laisse interdits et douloureusement blessés. Deux équipiers au service du mouvement nous ont quittés, il y a peu : Thierry Mortreux, responsable de la région Vallée-du-Rhône et René Darles, responsable de la province Sud-Est. L’un comme l’autre ont su avec leurs épouses apporter aux équipiers l’élan et le souffle nécessaires pour les aider à faire grandir et rayonner leur couple dans la foi. René nous a quittés le 12 janvier dernier. Homme de foi et de conviction, il était habité par Dieu ; « il aura su être pour nous un témoignage vivant de l’accueil du Père qui nous ouvre ses bras avec amour tout en nous poussant à nous dépasser et à aimer toujours davantage. » Lors de la Messe d’enterrement, Élisabeth a rendu grâce à Dieu. Merci Élisabeth de partager avec les équipiers ce qui était au cœur de votre vie de couple et la transcendait.

Je t’ai quitté sur le stade de Monistrol, quelques mots dans le camion de pompiers, une caresse, un sourire, un serrement de mains, un baiser furtif et tu es parti dans les airs en me disant «  ça va aller ». Je rends grâce à Dieu pour ces presque 37 ans de mariage célébré ici même le 29 juin 1974. Devant Dieu nous scellions notre amour, et lui demandions d’être à nos côtés chaque jour. Tu aimais me répéter « un chrétien seul est en danger  »  ; alors l’entrée aux Équipes Notre-Dame fut une révélation. « Conscients de nos faiblesses, confiants dans la grâce du sacrement de mariage,

«

croyants en l’efficacité de l’entraide fraternelle et en la promesse du Christ : Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. Tu m’as entrainée dans une folle aventure, aventure « qui nous a bouleversés » aux dires de nos enfants. Ta vie fut prière, service, joie, amour. Et je ne peux que rendre grâce aujourd’hui pour ta persévérance, ton aide à m’entrainer sur les pas du Christ. Femme aimée, j’ai été comblée par ta tendresse, ta délicatesse, ton amour tout simplement : il n’était pas rare de te voir arriver avec un bouquet de fleurs, « une bricole ». Je rends grâce pour ta joie, ton humeur égale, ton enthousiasme, ta chaleur communicative, ton ac-

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cueil, ton sens de l'autre, ton écoute, ton humour. Et pour avoir su me secouer, me faire partager cette espérance qui te caractérisait ainsi que ta confiance inébranlable en DIEU le Père. Dans de nombreuses circonstances, je baissais les bras, toi tu me disais  : « Femme de peu de foi »  ne t’inquiète pas,  un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour (2 P 3, 8). Après ça je repartais pleine d’enthousiasme. Quoiqu’il en soit nous ne pouvions qu’être battants à ton contact : ta lutte contre la maladie l’a démontrée ; ce fut un témoignage de courage, de simplicité et d’humilité. Il est certain que tu as eu des colères froides, des ressentiments que tu cultivais. Mais le soir dans notre prière conjugale, tu demandais au Seigneur de t’aider à pardonner et le fait de confier ta journée au Seigneur dès le matin te permettait de la vivre plus sereinement et dans la joie. Je rends grâce à Dieu pour nos trois enfants, fruits de notre amour  : François, Paul, Catherine et pour nos valeurs ajoutées  : Géraldine, Lydia et Guillaume. Tu as su respecter leur différence, tu leur as donné ce

que tu pensais être le meilleur. Il y a eu parfois des clashs mais ils savaient que la maison était ouverte et tes bras, nos bras, prêts à les accueillir. Écoute, sagesse, discernement et amour étaient présents dans tes échanges avec eux, aujourd’hui continue de les soutenir dans leur quotidien, aide les à discerner, à progresser dans la foi, à vivre une belle vie qu’ils puissent clamer haut et fort comme toi  « elle est pas belle la vie ! » Et que dire de tes petits fils : Étienne, Gabriel et bientôt Gaspard. Pépé gâteux, affectueux mais néanmoins

intransigeant sur les règles pratiquées à La Reclusière, chez nous. Nous avons partagé deux sessions vacances Équipes Notre-Dame avec Étienne, une complicité s’était établie entre Pépé et Étienne… Je vais essayer de continuer de tisser ce lien avec eux. Aujourd’hui, je rends grâce pour ton attitude de fils, de frère, de beau-frère, de parrain, d’oncle, bref je rends grâce pour tout ce que tu as été. Merci René mon amour, pour toi, pour ta foi, pour cette vie passée ensemble. » 

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Points concrets d’effort

Le point essentiel de la règle de vie Père E. de V. Conseiller spirituel (1957)

Éq u ipe s e t é q u ip ie rs

Le point essentiel de la règle de vie : la brebis égarée et la drachme perdue.

ue mettre dans votre règle de vie ? Voici une suggestion. Plus exactement une orientation où exercer votre esprit de découverte. Depuis votre enfance, vous mettez en pratique les commandements de Dieu, depuis votre entrée aux Équipes, vous vous êtes imposé de nouvelles obligations qui sont, somme toute, assez exigeantes et vous vous efforcez de les tenir. Vous êtes d’honnêtes gens ! Ne pensez pas que j’ironise… Il est très beau d’être un honnête homme ou une honnête femme ; Jésus rencontra un jour un garçon qui agissait de la sorte et saint Marc nous dit qu’ayant fixé son regard sur lui, Il l’aima. (Mc 10, 21). L’ennui est que lorsque vous en arrivez à la lecture d’un certain chapitre 15 de saint Luc qui nous rapporte les paraboles de la miséricorde (L’enfant prodigue, La brebis égarée, La drachme perdue), vous ne vous sentez guère atteints par elles quoique vous verseriez volontiers à leur sujet une larme d’attendrissement. Force vous est bien de constater que vous ne vivez pas au milieu

Q

Troupeaux de brebis dans les Pyrénées

des courtisanes et que vous ne prenez pas votre nourriture avec les pourceaux. La sagesse la plus élémentaire – totalement approuvée par l’Église – vous dit par ailleurs que vous n’avez pas à vous mettre dans une situation semblable pour vous payer le luxe après coup de jouer à l’enfant prodigue. Vous êtes bien obligés aussi de constater que vous êtes parmi les quatre-vingt-dixneuf brebis fidèles après lesquelles le berger n’a pas à courir et que vous faites partie des neuf drachmes qui sont dans le tiroir de la ménagère. Pourtant ces paraboles vous concernent, nous concernent tous et nous ne pouvons mener notre vie chrétienne comme si elles ne nous avaient pas été présentées en modèles par le Christ. Tenons-nous en aujourd’hui aux deux dernières. Pourquoi ne verrions-nous pas dans les brebis et dans les drachmes des images de nos activités, de nos amours et de nos affections, des minutes que nous égrenons le long des jours, de nos défauts aussi ? Tout cela forme un troupeau, un troupeau très

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nombreux […] Vous en avez remis la plus grande part à Dieu. Vous voulez que votre vie professionnelle soit une coopération à son œuvre, que l’amour que vous portez à votre mari ou votre femme, à vos enfants, soit orienté vers Lui […] Vous pensez bien faire et effectivement vous faites bien. Mais n’y a-t-il pas dans votre vie une centième brebis égarée, une dixième drachme perdue  ? Un manque d’ouverture sur tel point, un refus de générosité sur tel autre ? Telle personne n’est-elle pas exclue pratiquement de votre amitié ? Vous répondrez : « C’est si peu de chose... » Oui, certainement, c’est très peu de chose, de même qu’une brebis égarée dans un troupeau de cent brebis est une perte minime. Cela a très peu de valeur comme une pauvre petite drachme [...] Et pourtant aux yeux du Seigneur, cette part infime et sans valeur, – cette centième brebis, cette dixième drachme –, est tout. C’est pour la récupérer qu’à l’exemple du berger délaissant son troupeau, Il bat la campagne, qu’à la façon d’une maîtresse de maison Il abandonne son porte-monnaie dans un coin et met la maison sens dessus-dessous. Le Seigneur est un Dieu jaloux. Il nous aime

trop pour ne pas nous vouloir tout entier pour Lui… Il n’accepte pas qu’il y ait en nous une part réservée qui lui soit soustraité. Il ne demande pas que l’on donne de soi mais que l’on se donne soi. Entre ces deux types de dons, il ya des espaces interstellaires… Cette centième brebis, cette dixième drachme, cette partie de nous-mêmes que nous refusons, nous y tenons comme à la prunelle de nos yeux. Si nous prétextons (avec mauvaise conscience) de sa petitesse, de son manque de valeur, c’est pour en faire le refuge de notre indépendance et de notre amour-propre, la chasse gardée où le Seigneur ne pénètre pas. Votre règle de vie personnelle, ne devrait-elle pas avoir pour premier objectif de retrouver cette brebis égarée et cette drachme perdue ? Saint Jean de la Croix écrit : « Qu’importe que l’oiseau soit retenu par un fil léger ou une corde ? Le fil qui le retient a beau être léger, l’oiseau y reste attaché comme à la corde, et tant qu’il ne l’aura pas rompu il ne pourra voler. » Il est par conséquent capital de faire de sa règle de vie l’instrument efficace pour parvenir à ce but. 

 P o ur u n D SA … 1) Comment devant les épreuves inévitables de la vie, de la nôtre et de celle des autres, savons-nous témoigner de notre espérance ? 2) Dans nos engagements, y en a-t-il suffisamment qui sont orientés vers le service des autres ?

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Témoignage

Deux jours en équipe

Équipe Quimper 5

Deux jours loin de nos préoccupations, deux jours entiers pour le Seigneur… Mais, deux jours passés en équipe.

es 5 et 6 décembre 2009, cap sur l’Abbaye de Timadeuc dans le Morbihan. Nous nous retrouvons ensemble, en équipe, pour faire halte, pour faire silence, pour écouter ce que le Seigneur veut dire à chacun de nous, à nos couples et à notre équipe. Depuis de nombreuses années, c’est le temps fort de l’équipe. En effet, nos rythmes de vie différents font que nous ne nous voyons pratiquement pas en dehors des réunions mensuelles. Ce week-end n’empêche pas de prévoir, en couple, un temps de retraite plus long. Nous choisissons toujours un cadre porteur de paix et

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de sérénité : Abbaye de Landévennec (29), l’île Blanche en Locquirec (29), Ti Mamm Doué (56)… Lorsque cela est possible, nous arrivons

Comment transformer l’obligation d’oraison et de prière en une démarche d’amour vers le Père ? le vendredi soir, ceci nous permet d’être plus disponibles à l’appel du Seigneur le lendemain matin. Lorsque le père Abbé de Timadeuc avait proposé le

programme, nous avions eu l’impression que c’était un peu léger : « un seul enseignement par jour ! ». Dès notre arrivée, nous nous sommes coulés dans le rythme de l’abbaye et avons suivi les temps de prière qui jalonnent la journée des moines. La musique, les chants, le calme et la beauté du site facilitent la réceptivité de la Parole. Pas de téléphone, pas de repas à préparer, impossible de fuir le moment du « plaisir de s’asseoir en couple ». Le premier entretien du père Houix portait sur la lectio divina. Son enseignement était tellement simple et percutant, tellement à notre portée que

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nous avions envie de faire nôtres ses paroles et pour cela il nous fallait prendre du temps : prendre du temps seul, en couple et en équipe. Il ne faisait pas beau, mais nous avons pu, en équipe, faire une marche le long du canal de Nantes à Brest, mettre en commun ce qui nous avait marqué dans ce premier enseignement, se dire combien il est important de s’approprier la Parole de Dieu, la laisser pénétrer en nous pour discerner ce que le Seigneur attend de nous. Comment transformer l’obligation de l’oraison et de la prière en une démarche d’amour vers un Père qui nous aime tellement qu’il nous a donné sa Parole. En-

tretenir cette relation si nous voulons porter du fruit, si nous voulons être témoin de son Amour. Sans aucun doute, nous avions déjà entendu ces paroles. Mais, ce jour là, elles prenaient un autre relief car nous étions à l’écoute. En mettant en commun ce que chacun avait trouvé fort, nous nous enrichissions mutuellement. Remarque  : nous sommes dans une société de consommation et nous avons le désir de résultats immédiats. Nous cherchons de l’information et les moyens modernes de communication (radio, télé, Internet) nous en donnent en abondance. Nous faisons de la lecture rapide, nous pratiquons le « zapping ». Nous avons du mal à prendre du temps. Et nous avons en permanence le risque d’insister sur l’activité intellectuelle au détriment du côté affectif et intuitif (cœur) : recevoir la Parole à l’exemple de Marie… Quant à Marie, elle gardait avec soin toutes ces paroles et les méditait dans son cœur  (Lc 2, 19). Elle les ruminait. « Quand tu lis, Dieu te parle ».

Le deuxième enseignement fut consacré à Marie. Marie, épouse  ; Marie, mère ; Marie, femme de son temps ; Marie qui a vécu des situations proches des nôtres. Comment ne pas comprendre Marie sur les chemins de l’exil avec son petit nouveau-né ; Marie épouse discrète du charpentier de Nazareth, élevant son garçon comme les jeunes de son village  ; Marie participant à la joie de ce jeune couple à Cana  ; Marie devant la souffrance de son fils ? Mais aussi Marie, femme au cœur pur, c'est-à-dire au cœur non encombré, au cœur ne battant que pour son Dieu. Marie aime d’un amour gratuit qui n’attend pas de retour. En disant OUI, Marie a reçu l’Esprit-Saint, l’Esprit d’Amour, elle est comblée de l’Esprit. Comme Marie osons dire « Fiat ». Finalement ce week-end restera dans nos mémoires comme le plus apaisant, riche d’enseignements et de partages en couples et en équipe. Et le programme ainsi enrichi ne fut pas si « léger » que cela. 

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Témoignage

Vivre son sacrement de mariage dans le veuvage Michel BECQ Équipe Le Mans 11

Mariés en 1953, nous avons voulu en 1956 entrer aux Équipes Notre-Dame afin de vivre toutes les richesses du sacrement de mariage pour mieux répondre aux appels du Seigneur, et de progresser chaque jour davantage dans l’amour en faisant appel à l’entraide.

ors d’une réunion au Mans, Jean-Guy et Bénédicte SORIN, responsablesde la province Nord-Oues des Équipes Notre-Dame, t étaient venus passer la soirée à la maison en novembre 2006. Ayant perdu mon épouse Annick en mai 2002, ils m’ont demandé dernièrement de livrer mon témoignage sur le thème : « Vivre de son sacrement de mariage dans le veuvage ». Je le fais volontiers, sachant que ce témoignage est très personnel. Je suis toujours aux Équipes au Mans.

L

de notre place dans la vie de l’Église, nous partagions les mêmes idées ; ceci nous a permis de nous remettre en question et d’avancer avec nos cinq enfants. Les échanges en équipe nous ont souvent donné l’appui nécessaire pour surmonter les difficultés familiales ou professionnelles. Les points concrets d’effort ont piloté notre vie et nous semblent nécessaires.

Ayant participé en 1975 et 1982 aux pèlerinages à Rome, nous avons la joie de nous retrouver en équipe depuis cette date, tous les ans. Ce mouvement nous a aidés à nous passionner de plus en plus pour Dieu et à Le faire entrer de façon très concrète dans notre vie de couple et de famille. Dès notre mariage, nous avions conscience 18 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr

Pape Paul VI reçoit les équipiers NotreDame à Rome en 1976


J’essaie toujours d’y rester fidèle. Les nombreux rassemblements et retraites auxquels nous aimions participer, nous ont toujours permis de rendre grâce et de prendre conscience de notre mission. Dieu nous a choisis pour vivre ensemble et partager les dons reçus. Nos multiples engagements furent essentiels à notre vie de couple. Annick est toujours à mes côtés, elle me protège, elle m’aide et me soutient dans la solitude. En tant qu’hospitalier, je vais tous les ans à Les équipiers Notre-Dame sur la Lourdes. Mon épouse se faisait une place de saint Pierre C’est ainsi que je continue joie en 2002 de m’accompagner. à Rome en 1976 de vivre mon sacrement de Hélas, le Seigneur en a décidé autremariage. Je ne cesse de ment. Servir les personnes malades, c’est remercier la divine Providence de nous être à leur écoute, c’est être plein d’atten- avoir mis pendant cinquante ans fidèlement tions, de sollicitude à leur égard, c’est sur- sur la même route et aujourd’hui de rester tout aimer. en la présence mystérieuse de mon épouse. « Ceux que nous aimons ne nous quittent jamais » comme le dit si bien le père André Sève. « Tu ne parles plus, mais tu es vivante, tu ne bouges plus, mais tu es vivante, tu ne souris plus, mais en arrière de tes yeux tu me regardes. Logo du rassemblement Toute ma foi, je la rassemble, international à elle est maintenant mon seul lien avec Rome en 1982 toi ». 

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Témoignage

Un quart de siècle aux Équipes Notre-Dame

Équipe Mouvaux 1

ntrés aux Équipes alors que nos enfants n’étaient encore qu’adolescents, nos vies professionnelles battaient alors leur plein ! Nous étions dynamiques et pleins de projets ! Sans presque nous en rendre compte, nous nous sommes retrouvés au temps de la retraite, mobilisés par des voyages, préoccupés par le handicap ou la maladie d’équipiers, puis très bouleversés par le décès prématuré de l’un d’entre nous. Nous avons pris conscience alors de la réalité de nos âges, et de nos limites. Quelques équipiers ont décidé de s’arrêter là. Nous nous sommes donc réunis pour une dernière réunion, à la fois « réunion-bilan », un bilan de vingt-cinq ans d’équipe, et réunion amicale en fêtant les cinquante ans de mariage d’un couple de l’équipe.

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nous a mis sur un chemin de paix. Chacun s’est exprimé, en vérité, sur ce qu’a été son cheminement dans notre équipe. Réalisant nos manques et nos faiblesses, nous nous sommes demandés pardon et tous ensemble nous avons demandé pardon à Dieu. Nous avons évoqué le souvenir de Jacques, notre ancien compagnon qui aimait nous ramener avec exigence et délicatesse aux principes de la Charte. Il était très attentif à l’équipe et respectueux de la progression de chacun.

Nous avons rendu grâce :  pour ces vingt-cinq années d’équipe, au cours A partir d’un texte très apprécié et extrait de desquelles les Équipes notre thème d’année1, nous avons échangé Notre-Dame ont été la sur « le rôle de l’espérance », échange qui « colonne vertébrale » ou Une dernière réunion bilan.

1. Jacques Philippe, La liberté intérieure : la force de la foi, de l’espérance et de l’amour, Éditions des Béatitudes, 2004.

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« le rocher » de la vie de certains, « les petits cailloux » ou «  les feux clignotants  » qui ont empêché l’installation de la routine, chez d’autres. pour les Conseillers Spirituels que le mouvement a mis sur notre route et qui, avec des personnalités très attachantes et différentes, nous ont énormément apporté. Tout particulièrement, les supérieurs des Spiritains de Lille puisqu’au départ de l’un, son successeur prenait la suite. pour les retraites en équipe, pour les réunions nationales ou internationales du mouvement

(Lourdes, St Jacques de Compostelle, Versailles, Paris et Bruxelles...). pour les réunions brassées, au cours desquelles nous avons toujours été émerveillés par la qualité de l’engagement des jeunes couples… pour les échanges autour du thème et de la lecture de l’Évangile. Nous avons appris à prier, seul, en couple, en équipe, les uns pour les autres, avec difficulté parfois mais entraînés par les meilleurs, nous avons pu progresser.

tout particulièrement la maladie de Rémi. Ce soir là, certains ont pu dire leur regret de ne pas avoir senti suffisamment d’amitié et d’aide. Nous avons pu aussi nous dire merci, pour l’aide reçue par l’un ou l’autre, chacun avec son charisme. Certaines larmes d’amour ont coulé durant cette réunion.

Et c’est dans la paix que nous avons terminé la réunion, et chanté le Magnificat. Nous nous retrouverons pour l’amitié… Premier rendez-vous est pris à l’Abbaye du Mont des Cats. Nous avons tous vécu de grandes difficultés, différentes, non mesurables, et Un grand merci au mouvement des Équipes NotreDame, à ceux qui l’ont incarné par leurs responsabilités pendant ces vingt cinq ans, et qui nous ont aidés à grandir en couple et spirituellement. MAGNIFICAT… ALLÉLUIA !!!! Et… champagne pour fêter les cinquante ans de mariage. 

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Oraison

Méthodes d’Oraison (4)

Père Philippe BEITIA Conseiller spirituel de l’Équipe Responsable France-Luxembourg-Suisse

Nous continuons ici notre série de cinq articles sur les différentes méthodes d’oraison1 commencée dans la Lettre n°188. La méthode de Saint François de Sales vous a été présentée dans la Lettre n°190. Dans ce numéro, nous présentons celle d’Alphonse-Marie de Liguori.

L

a méthode de saint Alphonse-Marie de Liguori.

1e temps. Saint Alphonse indique que, pour bien prier, le silence extérieur ne suffit pas : il y faut joindre le silence intérieur qui n’est rien d’autre que la mise de côté des préoccupations ordinaires. La préparation à l’oraison comporte trois temps : Un acte de foi en la présence de Dieu. Le souvenir vif de la présence de Dieu nous délivre des distractions. Elle fait le fond de l’oraison puisque celle-ci est une conversation avec 22

Dieu et mène à l’adoration ; Un acte d’humilité qui amène à se reconnaître pécheur et à se repentir ; Une demande de lumière afin que l’oraison soit fructueuse. On ajoute une invocation : un Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit…, un Je vous salue à la Vierge, une prière à saint Joseph, à l’ange gardien, au saint patron, à un saint de notre choix… 2e temps. La méditation. Nous pouvons nous servir d’un texte de la Bible ou d’un autre livre. Nous réfléchissons à

partir de ce texte. Nous revenons sur ces réflexions, lentement, pour avoir le temps de nous en pénétrer. Nous nous laissons marquer intérieurement dans la foi. 3e temps. Après donc que vous avez réfléchi sur le sujet proposé et dès que vous vous sentez sous l’impression de la grâce – conseille saint Alphonse -, élevez votre cœur vers Dieu et offrez à ce Dieu de bons actes : actes d’humilité, ou de confiance, ou de reconnaissance ; mais par-dessus-tout, multipliez dans l’oraison les actes de contrition et d’amour.

1. Cf. G. Lercaro. Méthodes d’oraison. Ed. X. Mapus. Le Puy-Paris. 1958 2. La vraie épouse, XV, § 2. Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


4e temps. La prière de demande. Dans l’oraison – note toujours saint Alphonse -, il est d’une utilité souveraine, peut-être est-ce même la chose la plus utile, de multiplier les demandes, de demander à Dieu, avec humilité et confiance, ses grâces, c’est-à-dire sa lumière, la résignation, la persévérance et autres faveurs semblables, mais par-dessus-tout, le don de son saint amour. e

5 temps. Les résolutions. A la fin de l’oraison, nous devons prendre une résolution pratique et précise qui vise à notre conversion sur un point particulièrement faible et donc à notre sanctification. Nous devons garder cette résolution durant un certain temps jusqu’à avoir fait des progrès significatifs. La conclusion. A la fin de l’oraison, nous remercions Dieu pour les lumières que nous y avons reçues. Nous prenons l’engagement d’observer les résolutions que nous avons prises. Nous demandons au

Seigneur, par les mérites du Christ et de sa Mère, de nous aider à Lui être fidèles. Nous recommandons au Seigneur les défunts, les pécheurs, les pasteurs et les responsables de l’Église, nos amis, notre conjoint... Il n’est meilleur signe de notre amour pour Jésus-Christ que ce zèle pour le bien de nos frères. On termine par un Notre Père et un Je vous salue.

tarder les résolutions prises lors de l’oraison en pratique, dans les grandes et les petites choses. 

Après l’oraison. Tout comme François de Sales, saint Alphonse conseille de recueillir un bouquet spirituel. Rappelons ce que disait l’évêque de Genève : Voici ce que je veux dire. Ceux qui se sont promenés en un beau jardin n’en sortent pas volontiers sans prendre en leur main quatre ou cinq fleurs pour les odorer et tenir le long de la journée ; ainsi notre esprit ayant discouru sur quelque mystère par la méditation, nous devons choisir un ou deux ou trois points que nous aurons trouvés plus à notre goût et plus propres à notre avancement, pour nous en ressouvenir le reste de la journée et les odorer spirituellement. Il s’agit aussi de mettre sans

3. Praxis, IX, 2 ; La vraie épouse, XV, § 2, 6. 6. La vraie épouse, XV, § 2, 12. 4. La vraie épouse, XV, § 2, 9. 7. Ibid. I, IX. 5. La vraie épouse, XV, § 2, 10. Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr

 Pour aller plus loin : 1) Saint Alphonse Marie de Liguori, « Règlement de vie pour un chrétien », ch. II, § 2 dans Œuvres complètes, ed. Saint Rémi, Cadillac, 2008. 2) « Homo apostolicus », appendice IV, dans Œuvres complètes, ed. Saint Rémi, Cadillac, 2008. 3) « Praxis confessarii », ch. IX, dans Œuvres complètes, ed. Saint Rémi, Cadillac, 2008. 4) « La vraie épouse de Jésus Christ », ch. XV, § 2 dans Œuvres complètes, ed. Saint Rémi, Cadillac, 2008.

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Regards

Le geste de la compassion

Christine Pellistrandi Historienne de l’art Christine Pellistrandi est professeur au Collège des Bernardins à Paris.

ans les derniers siècles du Moyen Âge, sous l’influence des récits des croisés revenus de Terre Sainte, on se plut à réécrire la Passion du Christ en y rajoutant des scènes sorties tout droit de l’imagination de leurs auteurs. Ces Passions donnèrent naissance aux mystères qui furent joués sur les parvis des cathédrales. Or ces grands moments de théâtre où l’on voyait en chair et en os les personnages de l’Évangile eurent une postérité dans l’histoire de l’art et donnèrent naissance au début de la Renaissance à des magnifiques mises au tombeau grandeur nature et qui vinrent décorer cathédrales et églises plus modestes. On voyait en général Joseph d’Arimathie et Nicodème

D

entourant le corps de Jésus allongé sur le tombeau pendant que les trois femmes venues avec leurs aromates sont accompagnées de saint Jean. Troyes en Champagne appartient à ces villes rayon-

nantes par la beauté de ses églises riches de vitraux et de sculptures qui illustrent admirablement le bel art du 16e siècle. Sur cette scène c’est Jean, le disciple que Jésus aimait, qui apparaît presque

comme le personnage central parce qu’il fait le lien entre Marie à qui il tend le bras et la tête de Jésus qu’il retient dans sa main droite. Dans une admirable simplicité et un grand dépouillement, nous voyons magnifiquement exprimée l’infinie tristesse de la séparation. Avec une savante économie de moyens, simplement quelques traits à peine creusés dans la pierre pour dire les plis du front qui se fronce devant le chagrin, Jean dévoile ainsi l’indicible révolte devant la mort. Au contraire dans un paradoxe étonnant on remarquera l’extraordinaire paix sereine qui habite le visage de Jésus, comme s’il n’avait pas enduré les sévices infligés avant la montée au cal-

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tion de son manteau sur ses épaules et du drapé qui retombe en larges plis permet au sculpteur d’attirer le regard sur le volume que prend ce bras qui vient toucher l’épaule de Marie. Il se fait le consolateur comme s’il partageait avec elle toutes les paroles de Jésus. La Vierge au profil très pur que ne vient briser aucune trace de sanglot laisse deviner sa douleur derrière le voile qui cache une partie de son visage. Elle aussi est Église à travers sa main qui recueille celle de son Fils. Ce geste dit avec force à quel point Marie est celle qui intercède  : les prières que nous lui confions elle les transmet à Jésus à travers la symbolique de ces mains unies. L’exposition à Troyes en 2009, à l’église Saint-Jean-au-marché, présente : « Le beau XVIe – Chefs-d’œuvre de la sculpture en Champagne »

vaire, comme s’il n’avait pas souffert de la soif et de la suffocation pendant son supplice. La couronne d’épines rappelle le temps de la dérision et, dans le même esprit de sobriété qui caractérise cette sculpture, seule une entaille marque le coup de lance sans que la poitrine et le thorax ne soient soulignés par un décharnement comme on le voit souvent à la fin du Moyen Âge. En tendant son bras vers Marie, Jean apôtre succède à Jésus : il se fait consolateur assumant ainsi une mission de l’Église. N’est-ce pas la mission de celui qui écoute que de tendre le bras en un geste de compassion vers celle qui souffre ? La disposi-

« De son fils naguère si beau, la mère caresse de ses tendres mains Les membres rigides et livides. Ses larmes coulent comme une rosée ruisselante le long du corps. Qui pourrait retenir ses larmes même s’il avait un cœur de pierre ? Qui pourrait ne pas partager la douleur de ce cœur virginal ? Marie, laisse-nous pleurer avec toi : Que notre cœur soit transpercé par le glaive de la compassion. » 1 

1. Prière anonyme du 13e siècle.

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Regards

Livres et revues Les grands mots de la foi

50 mots de la foi

Jean-Louis Souletie DDB, Paris, 2010, 193 pages, 16€.

Hors série des cahiers Croire Bayard, Montrouge, 2010, 105 pages, 8€50.

i la foi chrétienne est liée profondément à la vie, à l'expérience du croire, à la rencontre d'une personne ou d'une communauté, il reste qu'elle passe aussi par des mots, des expressions, un langage. Trop souvent pourtant, beaucoup d'entre nous butent sur la difficulté de ces termes, à cause d'un décalage culturel, parce qu'ils apparaissent démodés ou connotés, soit tout simplement par manque d'explication. Il devient alors très difficile de parler de sa foi ou d'évoquer l'annonce de celle-ci. Théologien mais aussi homme de terrain, Jean-Louis Souletie ne s'embarrasse pas d'une langue complexe pour présenter ici une cinquantaine de mots clés comme foi, confiance, amour, pardon, père, etc. Avec une écriture très simple, au plus près du quotidien, il permet de renouer avec une vision positive et actuelle du message chrétien. 

S

e vocabulaire de la foi chrétienne apparaît souvent comme un casse-tête à l’usage des initiés. Certains mots ont vu leur sens originel affaibli ou perdu, ce qui provoque des incompréhensions ou des ambiguïtés, voire des contresens. Ce lexique tente de redonner leur saveur à ces mots parfois usés, incompris ou même rejetés, en puisant dans leur sens premier. Il pourra vous aider non seulement à comprendre la foi chrétienne mais aussi à la vivre. Il sera utile aussi, nous l’espérons, à ceux qui ont la charge de la transmission de la foi, en paroisse ou en famille, et qui, au-delà de la simple explication de mots, désirent approfondir la richesse de la pensée chrétienne. 

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Co

up

La bonne nouvelle du Mariage

de

Père Louis de Raynal, préface du Cardinal Ouellet Echelle de Jacob, 2010, 203 pages, 17€50.

ur

ue vous soyez nouveaux aux Équipes Notre-Dame ou déjà anciens du mouvement, ce livre est pour vous. À une époque d’extrême fragilisation du lien conjugal, il est bon de lire « La bonne nouvelle du mariage » et de découvrir ou redécouvrir la vision prophétique du père Caffarel qui, avec les nombreux couples qu’il a rencontrés, a su tracer une voie nouvelle et donner aux couples chrétiens une vraie place dans l’Église à l’origine de notre mouvement. Bien avant Vatican II, et l’inspirant, le père Caffarel présente le Christ à l’œuvre dans le sacrement de mariage et exerçant son sacerdoce d’amour au cœur de la famille. Redéfinissant les lignes fondamentales du couple : l’amour mutuel des époux, leur mission de paternité et maternité, l’hospitalité, le devoir d’oraison, il lui donne une place spécifique, transformant le mariage en un véritable  «  ministère » conjugal. Pour nous dévoiler ce grand mystère d’alliance, le père de Raynal part de la genèse de la pensée du père Caffarel, pensée qui se nourrit au contact de quatre jeunes couples pour commencer et qui connaîtra ensuite la fécondité que l’on connaît… Le point de départ est la découverte, décisive pour sa vocation, que la foi chrétienne est une relation d’amour avec le Christ. Ainsi naîtra la « spiritualité » conjugale. Les couples sont appelés à se sanctifier dans et par le mariage, devenant un véritable offertoire exprimé dans cette prière : Offre-moi à Dieu, je me veux hostie entre tes mains, comme je t’offre à lui, toi, autre moi-même, mon meilleur bien. La dernière partie du livre rapproche les écrits du père Caffarel et le magistère de Vatican II, montrant ainsi une intuition féconde qui n’a pas vieilli en quarante ans… Lecture enrichissante qui permet de retrouver la source à laquelle nous nous abreuvons depuis tant d’années et qui fait du foyer chrétien un lieu privilégié de la grâce. 

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DON ANNUEL AUX ÉQUIPES NOTRE-DAME Le don est l'expression matérielle de l'esprit d'entraide humaine et spirituelle sur lequel sont basées la formation et la mystique d'une Équipe Notre-Dame. Il donne aussi un sens au partage des biens, comme dans les premières communautés chrétiennes. Il a comme fondement l'esprit de vérité et de charité fraternelle. Il faut assurer la vie matérielle d'une communauté à laquelle nous appartenons et de laquelle nous recevons. Depuis l'origine les Équipes Notre-Dame ne disposent pas d'autre source de subsistance. Elles demandent à leurs membres une participation financière annuelle équivalente à une journée de revenu du foyer. (Extrait d’un document ERI) France : adresser un chèque bancaire à l’ordre des E.N.D., ou utiliser les facilités du prélèvement bancaire (demander les formulaires au secrétariat). Autres pays : si vous faites un virement, veuillez en fournir le détail au secrétariat (date du virement, foyer(s) concerné(s), et montant) par e-mail : end.erfls@wanadoo.fr ou par fax au (33) 01 43 36 05 70. Compte postal : IBAN : FR 38 20041 00001 0046900J020 51 BIC : PSSTFRPPPAR Suisse : verser le don au Responsable de Secteur, qui fournira au secrétariat le détail des dons collectés (noms des foyers et montant de chaque don).

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BULLETIN D’ABONNEMENT (1 an = 5 numéros) Nom : ................................................. Prénoms : .................................... Adresse : ................................................................................................... Code postal : ........................... Ville/Pays : ............................................ Équipe : .................................................................  Abonnement (France, DOM-TOM) 15€  Abonnement (étranger) 18€ merci de cocher la case qui vous concerne

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On peut faire un seul chèque pour le don et l’abonnement. 28 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


Flash, vie d’équipe Équipes nouvelles BERGERAC 7 (Dordogne), BUSSY 1 (Seine et Marne Nord), CAEN 39 (Calvados), CARMAUX 4 (Tarn), CHAMPSAUR 1 (Alpes Sud), ELVEN 1 (Vannes), GEX 4 (Genève-Vaud), HOUILLES 3 (Yvelines Boucles de Seine), LE PUY 23 (Le Puy), LUXEMBOURG 13 (Luxembourg), MONACO 4 (Équipes Francophones Isolées), MONT-DE-MARSAN 7 (Landes), NANTES 132 (Nantes B), PARIS 286 (Paris D), PERTUIS 2 (Avignon), SION 16 (Valais)

Ont rejoint la maison du Père Robert NOIROT, époux de Josette, ROANNE 2, le 19 septembre 2010, à l’âge de 83 ans. Jacques QUESNEL, époux de Nicole, BAR-LE-DUC 3, le 4 novembre 2010, à l’âge de 78 ans. Fernand KENEL, époux de Gisèle, LAUSANNE 4, le 22 décembre 2010, à l’âge de 80 ans. André PETER, époux de Thérèse, AMIENS 15, le 26 décembre 2010, à l’âge de 83 ans. Claude CORDESSE, époux d’Annie, anciens équipiers PARIS 45, le 4 janvier 2011, à l’âge de 86 ans. Roger POSCIO, époux de Liliane, SION 9, anciens responsables de la région Rhône-Alpes, et anciens responsables de secteur du Valais, le 6 janvier 2011, à l’âge de 76 ans. René DARLES, époux d’Élisabeth, responsables de la Province SUD-EST et membres de l’ERFLS, MONISTROL-SUR-LOIRE 1, le 12 janvier 2011, à l’âge de 60 ans. Claude WEISBECKER, époux de Nicole, SAVERNE 1, le 16 janvier 2011, à l’âge de 81 ans. Jean RIBAUT, époux d’Huguette, SAINT-CLOUD 6, le 18 janvier 2011, à l’âge de 72 ans. Jean-Claude DELEZE, époux de Maya, VEX 1, le 23 janvier 2011, à l’âge de 51 ans. André PETIT, époux de Monique et diacre, THONON 4, le 24 janvier 2011, à l’âge de 82 ans. Père Georges BEAUPUY, conseiller spirituel, PERIGUEUX 6 et 9 et ancien conseiller du secteur de Périgueux, le 30 janvier 2011, à l’âge de 89 ans.

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Prière

Notre Père Notre Père Nous voici, devant toi, riches de l’amour que tu as déposé en nous. Cet amour s’est fait alliance Au cœur même du sacrement de notre mariage. Nous le recevons chaque jour Comme un trésor commun à partager... Nous savons nos fragilités Au risque parfois de nous décourager. Mais nous savons aussi la force de la foi La joie du don et du pardon… Nous savons la force d’un « oui » librement donné, dans la vérité. Père, Tiens-nous fermement dans la fidélité Que, par ta grâce, le sacrement de notre mariage Demeure une source de vie et d’amour Pour notre couple, nos enfants et tous ceux qui nous entourent. Amen  Père Marc Hémar

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Orientation d’année

Miettes spirituelles sur le discernement

Frère Nicolas-Bernard VIRLET o.p. Conseiller spirituel de Montpellier 24

V ie du mo u v e me nt

Le frère Nicolas-Bernard Virlet a prononcé une homélie lors de la journée de rentrée du secteur de l'Hérault le dimanche 26 septembre 2010. En voici quelques extraits.

n jour, au début du XXe siècle, on demanda au pape : « Quel a été le jour le plus important de votre vie : le jour où vous avez été élu comme successeur de Pierre, évêque de Rome, pape ? » Il répondit : « Non ». « Alors, est-ce le jour de votre ordination épiscopale quelques années auparavant ? » Il répondit : « Non ». Alors, est-ce le jour où vous avez été ordonné prêtre ? » Et il répondit : « Non ». Alors, celui qui l’interrogeait ne comprenant pas, s’exclama : « Saint Père, quel fut le jour le plus important de votre vie ? » Et il répondit : « Le jour de mon baptême ».

U

1) La grâce baptismale : grâce de « royauté » Être baptisé, c’est être incorporé au peuple de Dieu, l’Église, membre du Corps du Christ, membre du peuple de Dieu : peuple de prêtres, prophètes et rois. Le baptisé est prêtre : chargé de prier pour ses frères, d’intercéder : sacerdoce commun des fidèles. Le baptisé est prophète : chargé de porter l’Évangile au monde, le Christ à ses frères, par sa parole, ses actes, sa vie, son témoignage. Le baptisé est roi : le roi véritable, en Christ, est celui qui sert et guide ses frères.

2) Royauté en Christ et discernement Il n’y a de royauté véritable que celle du serviteur : c’est celle de Jésus. Royauté par l’Amour. Le roi véritable est celui qui discerne ce qui est bon, beau, vrai, un, pour ceux qui lui sont confiés. Et il leur transmet ce qu’il a discerné, contemplé jusqu’à donner sa vie par amour pour son peuple. C’est ce que Dieu accomplit pour nous en Jésus son Fils dans l’Esprit. Dans la famille : père et mère sont appelés à cette royauté d’amour, de service, jusqu’au bout, l’un pour l’autre et pour leurs enfants. Mais pour être roi pour les autres il faut commencer par l’être pour soi-

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même, sur sa propre vie. Et cette royauté n’est possible que si nous laissons d’abord le Seigneur régner sur notre vie : n’est-ce pas ce que nous demandons en reprenant la prière que Jésus nous a apprise en son Amour : « Que ton règne vienne ». Pour régner, pour servir : il faut « discerner ». 3) La grâce du discernement Discerner : discernere, en latin : c'est voir en séparant, en distinguant. Cernere : c'est voir au sens de percevoir, connaître, juger  ; c’est l’activité de quelqu’un qui cherche à voir clair, qui comprend. « Cerner » une situation, un problème, une personne  : c'est voir dans son entier… Et dis est une préposition qui introduit l’idée de séparation, de distinction. Discerner en nos vies sera :  connaître le Christ, par et en l’Église son Épouse, reconnaître la présence de Dieu, se laisser éclairer par sa Parole, sa présence, son amour, au milieu de toutes les paroles qui nous envahissent dans le monde moderne.  se connaître soi-même dans la connaissance de Dieu, dans le regard de Dieu, avec ses dons, ses limites, ses richesses, ses fragilités, ses désirs, ses aspirations.  acquérir ainsi une conscience éclairée pour choisir pour soi-même et pour ceux qui

nous sont confiés, le chemin de la volonté amoureuse de Dieu sur chacun. Conscience éclairée par la Parole et la présence de Dieu, fortifiant l’intuition du bien, distinguant le vrai du faux, le superficiel du profond, le lumineux de l’obscur, le bien du mal, afin de poser un choix mû par la charité, enraciné dans la mémoire de l’espérance, préparé par l’intelligence de la foi. Discerner permet de se guider et de guider

La Parole de Dieu au coeur de nos vies et de nos célébrations. Montreuil 2009. Rassemblement des Équipes Notre-Dame.

les autres, par des conseils et des choix. Cela s’enracine dans la prière personnelle, conjugale, en famille, par la lectio divina, l’oraison, l’adoration, le « cœur à cœur », passant par un « bouche à bouche » avec la parole de Dieu, le Verbe fait chair, dans l’invocation de l’Esprit de lumière, de science, de conseil, de sagesse. 33

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4) Le discernement dans l'anthropologie chrétienne Le discernement se rattache à la vertu cardinale de prudence : c’est elle qui fait le lien avec les trois vertus théologales (foi, espérance, charité) et les trois autres vertus cardinales (force, justice et tempérance). Discerner entre la témérité et la lâcheté donnera le courage, la force. Discerner entre le laxisme et la sévérité donnera la justice. Discerner entre l’ascèse inhumaine et la débauche donnera la tempérance. Le discernement qui est prudence, conduit à cette juste tension, pour les vertus cardinales (tension ajustée à l’œuvre à accomplir) – cette juste tension ni trop crispée, ni trop relâchée qui permet au musicien de déployer tout son don artistique – et conduit à se tourner vers Dieu (vertus théologales) dans la foi, l’espérance et la charité, où l’on ne croit jamais trop en Dieu, où l’on n’espère jamais trop en Lui, où l’on n’aime jamais trop Dieu.

nent une indifférence pathologique à la misère et à la souffrance du prochain, à l’attente d’autrui, parfois du plus proche à la porte de notre cœur chaque jour : l’époux, l’épouse. L’homme riche ne voit pas le pauvre à sa porte : pas simplement un jour, mais chaque jour. La misère du frère, son attente présente et lancinante, fait partie du décor dont on s’accommode sans attention, sans réponse, sans réaction. 6) Discerner : reconnaître, choisir, servir, contempler

Discerner, reconnaître, contempler, servir, comme dans le pain consacré, la présence réelle cachée de Dieu, dans le pauvre, le frère, le bien-aimé de Dieu, le visage du serviteur souffrant, du Christ pauvre parmi les pauvres : ce que l’homme riche (qui n’a pas de nom = nous ?) de l’Évangile (Lc 16, 19-31) n’a pas su faire. Instaurant entre lui et ce pauvre une séparation qu’il n’a jamais franchie sur terre dans l’humilité et qu’il ne pourra pas plus franchir dans l’au-delà, 5) Le discernement et l' « ordo cari- dans la gloire. Cela serait trop facile, injuste. tatis » Discerner le poids d’éternité de l’instant présent par la charité présente ou absente. Ce discernement conduit à découvrir Discerner le poids d’éternité de chaque « l’ordo caritatis » en nos vies, ce qui est jour : de l’ « aujourd’hui » de la grâce (Ps 94, prioritaire dans l'ordre de la charité : à faire 7-8 ; Lc 2,11 ; Lc 4, 21 ; Mt 6, 11 ; Lc 9, 5 et 9 ; Mt 21, 28; la volonté de Dieu qui est amour, en toute Lc 23, 43), car demain dans le cœur de Dieu, c'est « l'éternité et un jour ». Apprendre à chose. Notre monde, l’alibi des structures, du « pas discerner l’éternité de la charité reçue ou à le temps », rendent opaque notre regard et transmettre dans le quotidien de la fidélité. endurcissent notre cœur pour cette démarche essentielle de la vie qu’est le dis- Un midrash met en scène un élève interrocernement. Un nihilisme ambiant, geant son maître : l’individualisme, le relativisme, la perte de - « Quand fera-t-il jour ?  Quand je saurai disla foi et de l’espérance recentrant toutes tinguer sur le chemin un chien d’un loup ? » nos énergies sur la seule vie ici-bas, béton- - « Non » 34 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


vrai, un, le garder dans notre cœur avec la Vierge Marie (Lc 2, 19 et 51) : les trains qui arrivent à l’heure dans la vie des autres. On ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure... Et pourtant, ce qui est le plus improbable, extraordinaire, vrai scoop, le plus difficile à réaliser, c’est qu’un train arrive à l’heure. Tant de contingences doivent être coordonnées pour que cela se réalise. Dans 90% des cas, cela s’accomplit… ! Ainsi, être ange de la Bonne Nouvelle : en7) Discerner le bien : le « retenir » courager et bénir, « bienveiller ». Être porpour en vivre teur de bonnes nouvelles : pas béni-oui-oui, mais les pieds sur terre et la tête dans le Discerner le bien du mal, pour faire mémoire ciel, ou tournée vers le ciel. Rien de tel pour du bien, contempler ce qui est bon, beau, choisir le bien que de le discerner, le contempler, de l’aimer, le fréquenter, en soi, et chez les autres. Apprenons à discerner en chacun de nos proches un frère du même salut, fils d’un même Père, animé du même Esprit. Apprenons à discerner la présence de Dieu sous l’humble apparence du pain et du vin pour le contempler dans la gloire éternelle de son salut. C'est le même apprentissage. Et le monde et notre vie en seront alors illuminés, transfigurés. 

- « Quand je saurai distinguer sur l’arbre une pomme d’une pêche ? » - « Non » - « Quand je saurai distinguer sur une personne croisée un habit usé d’un vêtement neuf ? » - « Non. Il fera jour en ton cœur, mon frère, quand tu sauras reconnaître sur le visage du plus pauvre de tes proches les traits du Seigneur »

La présence de Dieu dans le Saint Sacrement. Chapelle des soeurs de Bethléem en Haute Savoie.

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Revenir à la source

La peur de l’Amour

Père Henri CAFFAREL

Article paru dans L’Anneau d’Or de Mars-Avril 1957

et oiseau qui chante dans l’arbre du jardin, Christian qui dort, son ours de peluche entre les bras, cette vieille femme dans la rue montante, qui pousse sa carriole, ces intellectuels hongrois qui viennent de lancer un appel au secours… Pas une créature autour de nous qui n’ait reçu de Dieu mission de nous inviter, de nous provoquer à aimer, de tirer de nous un amour d’émerveillement ou de pitié, le don de notre temps ou de nos biens. Mais en nous les mécanismes d’escamotage fonctionnent bien, qui nous font opportunément nous intéresser à autre chose dès qu’un appel se fait trop pressant, quand un cri ou des larmes risquent de bousculer cette tranquillité que nous avons eu bien du mal à échafauder et dont l’équilibre demeure instable. J’arracherai de ta poitrine ton cœur de pierre, je te donnerai un cœur de chair. Ah ! Surtout pas ça, Seigneur : qu’est-ce qu’Ézéchiel nous dit là, de votre part ! Nous avons eu assez de mal, oui, nous l’avouons, à nous

C

défendre de ces voix qui surgissent tout à coup, réveillent en nous l’amour ou la pitié, bousculent notre vie, déjouent nos projets : nous n’avons plus le courage de recommencer la lutte. Nous ne serons pas quittes à si bon compte. Nous avons beau tout mettre en œuvre pour nous protéger des gémissements et des appels du dehors. Quelqu’un est là qui ne prend pas son parti de la pétrification de notre cœur. Il est bien trop ami pour y consentir. Où les créatures ont échoué, il va tenter de réussir. Claudel l’a admirablement décrite, cette tentative de l’Amour pour nous investir, non plus de l’extérieur, par des remparts soigneusement défendus, mais du dedans par la porte souterraine : « Nous sommes comme un mauvais locataire qu’on garde par charité dans une maison qui ne lui appartient pas, qu’il n’a ni bâtie ni payée, et qui se barricade, et qui même pour un moment ne veut pas accueillir le maître légitime. Enfin nous sommes seuls par une nuit de tempête dans notre

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maison solitaire et désolée, et tout à coup l’on frappe  ! Ce n’est point la porte ordinaire, c’est à cette vieille porte qu’on croyait condamnée pour toujours mais il n’y a pas à s’y tromper, on frappe, on a frappé ! On a frappé en nous et cela nous a fait mal. « Qui a frappé ? Il n’y a pas à s’y tromper. C’est Celui qui vient comme un voleur au milieu de la nuit. Celui dont il est écrit : Voici que l’Époux vient, sortez à sa rencontre ! Et nous écoutons, palpitants. Peut-être ne frappera-t-on qu’une fois. Peut-être se battra-t-il contre la porte toute la nuit, comme parfois jusqu’au matin nous entendons ce

volet exaspérant qui ne cesse d’arloquer et de battre... « Et ensuite qu’est-ce qui arriverait si on ouvrait la porte ? La nuit, le grand vent primitif qui souffle sur les Eaux, quelqu’un qu’on ne voit pas qui ne nous permettrait plus d’être confortablement chez nous. Esprit de Dieu, n’entrez pas. » Il ne faut pas « contrister » l’Esprit, nous dit vigoureusement saint Paul. Oui, mais sait-

on jamais jusqu’où l’on risque d’être entraîné si on se laisse séduire par cette Voix intérieure, la plus impitoyablement douce, la plus doucement impitoyable… Et ce vertige qui vous saisit, et ce saut dans l’inconnu qui vous tente… Jusqu’où ça risque de nous entraîner  ? Jusqu’à la sainteté. C’est bien ce que comprit Jacques Rivière, un jour, au lendemain de sa conversion. Aussi fut-il pris de panique et d’un coup de reins se rejeta en arrière, suppliant Dieu, dans une prière pathétique, de ne pas lui en demander trop, de ne pas lui en demander tant : « Je ne suis pas fait pour ça : je suis trop bien portant : je suis trop au pas avec la vie. Mon Dieu, éloignez de moi la tentation de la sainteté. Ce n’est pas mon œuvre. » Pauvre Jacques Rivière, il a eu peur de la sainteté, peur de l’Amour… Rentré de captivité, il perdit ce Dieu retrouvé dans les camps. C’est à son lit de mort qu’enfin il tendit les bras vers l’Amour venu le convoquer. Une certaine intensité d’amour et de vie nous fait peur, à nous les demidormants, les mal-réveillés. Un peu, pas trop… c’est notre mesure. Mais ce n’est pas la mesure du Père d’immense tendresse : Il est trop ambitieux pour ses enfants. Aussi sa Voix, à laquelle toutes les voix font écho, s’efforcet-elle de nous éveiller, de nous séduire, de nous arracher à ce tombeau que nous sommes à nous-mêmes  : Lazare, Sors donc ! Il est temps d’aimer, il est temps de vivre. Aujourd’hui, si nous entendons sa Voix, Puissions-nous ne pas endurcir nos cœurs . (Ps 95).  37

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Calendrier Week-ends Équipes Nouvelles et Nouveaux Équipiers  26 et 27 mars 2011 à Mont Roland (39). Contact : Rémi et Evelyne Jobard Tél. : 03 84 82 36 75 ; E-mail : remi.jobard@cegetel.net

Week-ends Souffle Nouveau 

Dates à venir

Formations des Foyers de Liaison 

2 et 3 avril 2011 au Centre Jean XXIII à Annecy Le Vieux (74). Contact : Gilles et Brigitte Beseme ; Tél. : 04 50 60 21 24 ; E-mail : bgbeseme@club-internet.fr

Formations des Foyers Informateurs et des Foyers Pilote 

Dates à venir

Formation des nouveaux Responsables de Secteur et de Région  11, 12 et 13 juin 2011 à Massabielle, Saint Prix (95) : Contact : Secrétariat des Equipes Notre-Dame ; Tél. : 01 43 36 08 20 ; E-mail : end.erfls@wanadoo.fr

Collège des Régionaux 

19 et 20 mars 2011 à Massabielle, Saint-Prix (95). Contact : Secrétariat des Équipes Notre-Dame ; Tél. : 01 43 36 08 20 ; E-mail : end.erfls@wanadoo.fr

Nouveaux retraités - session 2011 - « Le Temps de l’Espérance »  du 23 mai au 28 mai 2011 à l’abbaye Notre-Dame de Lérins (06). Contact : Philippe et Florence Contensou ; Tél. : 05 61 80 44 58 ; E-mail : philippe.contensou@wanadoo.fr

Session famille - Vacances et spiritualité  du 23 au 29 juillet 2011 à Massabielle, Saint-Prix (95). Contact : Massabielle ; Tél. : 01 34 16 09 10 ; E-mail : accueil@massabielle.net

Rencontres des Responsables et conseillers spirituels par Province Province Nord-Est et Ile de France Pour les régions Alsace Lorraine – Luxembourg, Flandres-Artois et Picardie ChampagneArdennes : 8 et 9 octobre 2011 à Lille-Marcq en Baroeul Pour les régions de l’Ile de France : 19 et 20 novembre 2011 à Paris-Saint Ouen

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Province Nord-Ouest : 19 et 20 novembre 2011 à Saint-Herblain (banlieue de Nantes) Province Sud-Est : 19 et 20 novembre 2011 à La Castille près de Toulon Province Sud-Ouest : 12 et 13 novembre 2011 à Gradignan près de Bordeaux

Rencontres des prêtres conseillers spirituels Du 6 novembre au 8 novembre 2011 : à Massabielle, Saint-Prix (95). Contact : Secrétariat des Équipes Notre-Dame ; Tél. : 01 43 36 08 20 ; E-mail : end.erfls@wanadoo.fr à Montauban (82). Contact : Yves-Maurice et Anne Galli ; Tél. : 05 61 82 10 15 ; E-mail : yvesetanne.galli@wanadoo.fr

Rencontre des Responsables et conseillers spirituels de Secteur 21 et 22 janvier 2012 au lycée Saint Michel de Picpus - Paris (75012). Contact : Secrétariat des Equipes Notre-Dame ; Tél. : 01 43 36 08 20 ; E-mail : end.erfls@wanadoo.fr

La liste des thèmes vous sera adressée en mois de mai avec le numéro 192 de la Lettre des Équipes Notre-Dame. Nous la mettrons à votre disposition, prochainement, sur notre site Internet : www.equipes-notre-dame.fr 39 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


Événements - France

Tandem : réunion nationale janvier 2011 Florence et Bertrand DUREUIL Marie et Vincent FABRE Coordination nationale Tandem Des animateurs d’équipes Tandem venus de toute la France, des prêtres, des diacres et des membres de services de pastorale familiale intéressés par le parcours Tandem se sont retrouvés le 29 janvier 2011 à Massabielle. ette journée a été l’occasion de refaire un point d’actualité sur la proposition Tandem. Mais surtout, elle a été l’occasion d’approfondir la réflexion autour de deux questions touchant à la pastorale des jeunes couples  : «  Qui sont les jeunes couples d’aujourd’hui ? » avec l’aide du père Guy Lescanne, prêtre et sociologue et ensuite « Qu’est ce qu’une Petite Communauté Fraternelle de Foi ? » avec Monseigneur Gérard Daucourt, évêque de Nanterre.

C

La première pièce : la complexité croissante du monde qu’ils perçoivent comme compliqué. Une complexité lourde à assumer pour eux est celle des relations affectives. Ils aspirent très fortement à la fidélité et dans le même temps ils doutent d’en être capables. La seconde pièce : l’impression de vivre dans une société éclatée. Ils ont le sentiment d’un monde sans frontières (Internet y contribue largement) avec un éclatement des repères qui les inquiète. Ils ne souffrent pas d’un manque de repères mais au

Qui sont les jeunes couples d’aujourd’hui ? Cette question est fondamentale dans la perspective du développement d’une pastorale adaptée à leurs attentes. Pour Guy Lescanne, il n’est pas possible de saisir ces couples car « ils n’existent pas tant ils sont divers ! » mais on peut définir des courants qui les marquent sous la forme de cinq pièces d’un puzzle. 40 Lettre n°191 - Mars - Avril 2011 - www.equipes-notre-dame.fr


contraire d’une saturation de repères. La troisième pièce : la perte de crédibilité des référents, parents, prêtres, professeurs, etc. qui les fragilise. La quatrième pièce : une survalorisation de la tolérance que Guy Lescanne qualifie de « tolérance molle » qui fait que tout se vaut. Comment faire des choix dans ces conditions ? La cinquième pièce : la solitude qui est aujourd’hui la première peur des 20-30 ans, avec ces questions « Est ce que je suis capable d’aimer ? Est-ce que je suis capable d’être aimé ? ». Guy Lescanne propose deux pistes pour les aider à se construire. Première piste : relever le défi de la complexité en proposant des idées simples pour savoir gérer sa vie. Il souligne combien l’Évangile en regorge et c’est une piste pour les animateurs Tandem que de proposer des idées simples. Aider les jeunes à faire la distinction entre une question qui appelle une réponse et un problème qui appelle une solution. Ensuite, il faut apprendre à « apprendre à faire la différence » entre l’urgent et l’essentiel. Enfin, il faut retrouver la notion du temps « long » qui est aussi celui de la fidélité. Seconde piste : de relever le défi de la protection dans tous les secteurs de la vie qui conduit à la solitude. Il n’y a pas en effet d’humanité sans prise de risque. Il faut leur apprendre à gérer les risques en couple. Qu’est ce qu’une « Petite Communauté Fraternelle de Foi » (PCFF) ? Pour Monseigneur Daucourt, elles sont présentes dès les premiers pas de l’Église (Ac 2, 42). Les chrétiens ont de plus en plus be-

soin d’un lieu d’accueil, et la paroisse ne peut suffire pour nourrir la foi. Il faut multiplier les PCFF qui existent déjà, comme les Équipes Notre-Dame, mais également ACI (Action Catholique Indépendante), ACO (Action Catholique Ouvrière), etc. et tout baptisé peut prendre l’initiative de la création d’une PCFF en lien avec la paroisse et l’Église. Une PCFF ne répond pas à une règle unique et Monseigneur Daucourt appelle à l’inventivité et à l’audace des baptisés. C’est un espace communautaire qui doit devenir lieu de prière et de partage où la foi peut mûrir, ravivée par une vie fraternelle. On voit qu’une équipe Tandem répond dans toutes les dimensions d’une PCFF. Les PCFF sont guettées par deux dangers, celui du cocon et celui de la secte. La PCFF doit être missionnaire et ouverte pour ne pas se refermer sur elle-même. Le lien maintenu avec la paroisse préserve de l’éloignement de l’Église. Dans la même perspective, les équipes Tandem ont pour mission de contribuer, à la fois à la réussite humaine de chaque couple et à la découverte toujours plus profonde du Christ et de son Amour. Laissons la conclusion à un participant  : « Cette journée nous a ouvert des perspectives formidables et renouvelées pour la pastorale des jeunes couples. Tout cela nous entraîne à aller de l’avant avec le Christ. Vivement la prochaine rencontre Tandem ! ».  41

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Evénements - France

La communication au service de la spiritualité conjugale Françoise et Rémi GAUSSEL Responsables France-Luxembourg-Suisse

es Équipes Notre-Dame, sensibles au message de l’Église de France qui invite à « s’ouvrir aux temps nouveaux » lancent une campagne de communication moderne et décalée, sans rien lâcher sur l’intuition initiale de leur fondateur…

L

Je ne vous parlerai pas du devoir d’apostolat en général. Je veux simplement vous inviter à tout mettre en œuvre… pour que cette spiritualité conjugale et familiale que vous puisez aux Équipes Notre-Dame parvienne aux foyers qui vous entourent, fortifie leur union qui peut-être se lézarde, ranime leur amour, leur révèle les richesses du sacrement de mariage. Faites leur entrevoir aussi tout ce qu’apporte de joie et de force l’amitié fraternelle entre foyers…. Ah ! surtout ne me dites pas qu’il n’y a rien à faire. Si vous les aimez vraiment tous, ces foyers menacés, « pauvres » d’amour et de grâce, vous saurez inventer ce qu’il faut faire et persévérer dans votre effort. Invention, persévérance, des qualités de missionnaires… Et bien oui, soyez les missionnaires de cette spiritualité conjugale qui vous fait vivre. 

Ainsi s’exprimait le père Caffarel dans la Lettre des Équipes Notre-Dame d’octobre 1950. Les choses auraient-elles changé au point que nous n’ayons plus d’effort à faire en direction des couples qui nous entourent ? Oui, les choses ont changé mais dans le sens inverse de celui que nous souhaitions. En effet, le panorama dressé par la Conférence des Évêques de France à l’occasion de « Familles 2011 » met l’accent sur les changements intervenus au cours de ces dernières années dans notre société : la moitié des bébés naissent hors mariage et les couples choisissent de plus en plus fréquemment le PACS pour officialiser leur union. Il y a eu en 2010 trois PACS pour quatre mariages. L’exhortation du père Caffarel résonne donc encore plus fort pour nous équipiers Notre-Dame qui croyons à la grandeur du sacrement de mariage. Les nouveaux médias, comme le faisait observer le pape Benoit XVI dans son message pour la 44e journée mondiale des Communications sociales du 16 mai 2010, offrent des perspectives immenses sur le plan pastoral. Il nous appartient donc de saisir les opportunités offertes par la com-

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munication moderne pour informer le plus grand nombre de couples de la possibilité de découvrir la richesse d’une vie spirituelle en couple et en équipe. Notre prochain, aujourd’hui, c’est aussi celui qui a besoin de comprendre l’intérêt du sacrement de mariage. La seule véritable raison de se marier à l’Église est de croire profondément que l'Amour de Dieu pour un homme et une femme qui se confient à Lui, fera grandir leur amour, le rendra plus fort, les aidera dans leur désir de fidélité. Et qu’il sera présent à leurs cotés dans les épreuves comme dans les joies. Nous sommes tous appelés à communiquer de façon ouverte, honnête et respectueuse de cette bonne nouvelle. Dans ce nouveau contexte social deux moyens d’agir vous sont proposés : d’abord un site web entièrement repensé qui s’adresse aux équipiers mais pas seulement. Tous les couples qui s’interrogent sur le mariage religieux ou sur les moyens proposés par les Équipes Notre-Dame pour vivre leur couple dans la foi pourront trouver une réponse. Par ailleurs, une campagne de communication va être lancée via la Conférence des Évêques de France, les diocèses, les paroisses, les établissements d’enseignement privé, l’APEL et la presse. Elle se ter-

minera par un pique-nique d’information organisé le 25 septembre prochain sur l’ensemble du territoire par chaque secteur. Les relations humaines directes restant fondamentales dans la transmission de la foi, les équipiers devront avoir à cœur de témoigner du rôle que jouent les Équipes Notre-Dame dans leur vie de chrétien baptisé et de couple uni par le sacrement de mariage. Les supports présentés dans cette campagne de communication (tracts, affiches, clip) ont été conçus par une agence de communication qui est à l’origine de la campagne nationale des legs de l’Église catholique en France. Le responsable est un équipier Notre-Dame. Comme il nous semble important de toucher les jeunes couples soucieux de construire leur union sur le roc, la forme choisie est décalée, voire déroutante ; le message de fond avec ses exigences demeure à l’identique. Mais ces instruments de communication, à l’instar des instruments de musique, resteront muets si nous ne nous mobilisons pas pour les faire résonner tout autour de nous. Relevons le défi du père Caffarel : soyons, tous, les missionnaires de cette spiritualité conjugale qui nous aide à vivre et à grandir. 

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Le site Internet change !

Dominique et François AUBERT Commission Web

e mariage, chemin de bonheur… À condition de s’en donner les moyens. On est tous bien d’accord avec cette intuition du père Caffarel. Et nous ne voulons pas garder ce trésor pour nous seuls. Nous le disons avec nos mots et par notre témoignage. Mais comment le dire au plus grand nombre, à ces couples, mariés ou pas, qui cherchent un chemin pour se bâtir un avenir commun, durable et solide ? Parmi les moyens de communication d’aujourd’hui, Internet a pris une telle ampleur que les Équipes Notre-Dame FranceLuxembourg-Suisse ont décidé de faire évoluer leur site Internet et, à travers lui, de s’adresser à trois types d’internautes :  première « cible » : Les couples qui s’interrogent. Le mariage est en perte de vitesse, dit-on, mais pas le couple. Il y a donc

L

encore chez beaucoup d’hommes et de femmes l’espérance d’un avenir à deux qui soit source de bonheur. Mais quel avenir ? Nous voulons témoigner auprès de ces couples du chemin que nous avons choisi. En nous mariant à l’église d’abord, pour asseoir notre union sur un fondement solide, le sacrement de mariage. En nous donnant ensuite des moyens pour construire notre couple et notre famille sur ce fondement. L’objectif est d’aider ces couples en recherche à réfléchir à ce qu’ils veulent vraiment, à poser leurs choix de vie après une réflexion nourrie. deuxième « cible » : Les couples chrétiens mariés. Le jour mémorable de leur mariage s’éloigne, la vie quotidienne est emplie de joies et de soucis. Où en sont les promesses de leur sacrement de mariage ? Les Équipes Notre-Dame peuvent peut-être

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les aider, à y réfléchir sûrement, à cheminer ensemble si affinités… troisième « cible » : Les équipiers NotreDame, bien-sûr. Le site offrira information, documentation, services pour vivre pleinement leur vie d’équipiers. Vous l’aurez compris : il ne s’agit pas seulement de se mettre au goût du jour, de suivre la mode Internet. Nous voulons utiliser ce canal de communication, très utilisé, pour témoigner du dynamisme du mariage et du sacrement reçu en Église. Nous le faisons avec beaucoup d’espérance, mais aussi d’humilité et de réalisme : nous ouvrons une fenêtre parmi des milliers d’autres. Pourquoi les internautes regarderaient celle-ci plutôt que d’autres ? Il y a des réponses techniques, par exemple faire en sorte que les moteurs de recherche

détectent notre site assez vite. Il y a aussi des réponses humaines, spirituelles, qui font que les internautes en recherche trouveront sur notre site une nourriture capable de leur apporter ce qu’ils attendent. Et puis il y a vous, qui pourrez en parler autour de vous, dans vos paroisses, auprès de couples qui cherchent une lumière pour éclairer leur vie conjugale et familiale. Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. (Luc 8, 1617). 

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Session d’été à Massabielle. Recette 2011 Antoine et Delphine QUANTIN Équipe Fontainbleau 13

ans doute connaissez-vous la règle des quatre-vingt-seize quarts d’heure d’une journée, chère au père Caffarel (cf. Lettre Équipes NotreDame, n° 190). Combien de quarts d’heure pour la prière, combien pour les autres activités ? Sans doute peut-on la transposer sur une année : sur trois cents soixante-cinq jours, combien pour Dieu  ? Osons souffler notre propre ré-

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ponse à tous : « Pas assez ». Heureusement la Charte est là pour nous rappeler de prendre le temps chaque année de nous poser, prendre de la hauteur ou partir au large suivant, que l’on ait le pied terrien, montagnard ou marin. En juillet 2003, après une année bien chargée : métroboulot (mais peu de dodos grâce à un nouveau-né), nous avions décidé que notre 96e d'année ou mieux notre 52e (quand on aime on ne compte pas !) se passerait à Massabielle, pour participer à la session famille que les Équipes NotreDame organisent

chaque année. Nous avons alors découvert les ingrédients pour des vacances équilibrées et savoureuses : un accueil de qualité, riche de petites attentions portées à chacun et rendues possibles par une session à taille humaine, dans un lieu agréable, avec une équipe de choc au service, un enseignement sur la liberté dans le Christ qui depuis nous a bien souvent aidés à discerner nos choix de vie, un prêtre disponible aussi bien pour les adultes que pour les enfants tout au long de la semaine, des temps de partage en profondeur entre couples, comme si l'on faisait équipe ensemble depuis toujours, des temps de prière, va-

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riés : prière personnelle avec l'initiation à l'oraison, prière en couple ou animée par les enfants ; de belles eucharisties et une riche soirée autour du sacrement de réconciliation un Devoir de S’Asseoir (DSA) longue durée : une journée entière (mais si Messieurs, on s'en remet, surtout autour d’un bon repas !) et enfin des après-midis en famille pour découvrir les riches alentours de Massabielle (Chantilly, Auvers-sur-Oise, Royaumont, Le Bourget, etc.). Mélangez tout cela avec le souffle de l’Esprit-Saint et vous obtenez une belle semaine à la fois reposante et vivifiante, des parents heureux et des enfants ravis ! Juillet 2011, nous retentons l’aventure Massabielle, mais cette fois en enfilant la tenue de service. Venez pimenter votre été et venez participer à la dégustation de la recette 2011 ! 

 Prochaine session d’été

Nous vous attendons du samedi 23 juillet au vendredi 29 juillet 2011. Thème : « Vivre en présence de Dieu » Animation : Frère Marie-Laurent de la Résurrection et des couples des Équipes Notre-Dame Inscriptions - Contact : Massabielle 1 rue Auguste Rey - 95390 Saint Prix Tél. : 01 34 16 09 10 Courriel : accueil@massabielle.net Site Internet : www.massabielle.net

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Lettre des Equipes Notre-Dame n°191  

Lettre des Equipes Notre-Dame n°191 (mars-avril 2011)

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