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Comprendre les enjeux du développement durable en Finistère

N° 4 - bimestriel - juilllet 2012 - www.en-liens.fr

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Septième département avec près de 30 millions de nuitées en 2011, le Finistère met en œuvre une politique de développement touristique respectueuse de son environnement et conforme à ses valeurs.

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EnLiens numéro 4 - juillet 2012

Entre chaque publication, suivez la rédaction du magazine EN LIENS et l’actualité des grands enjeux du Finistère

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SOMMAIRE 6

Facebook

TOURISME Pourquoi le Finistère séduit

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EMPLOI La formation des jeunes, l’un des enjeux de l’attractivité du territoire

Twitter www.twitter.com/#EnLiens

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MARCHÉS FERMIERS La qualité en direct

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Le site internet www.en-liens.fr

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En Liens - Comprendre les enjeux du développement durable en Finistère. Société éditrice : SAS Ouest Reporters - BP 1 29370 Elliant. Président, directeur de la publication, directeur de la rédaction : Régis Fort. Directrice générale : Chantal Guézénoc. Rédacteur en chef : Olivier Boyer. Rédaction : Eric Appéré, Olivier Boyer, Régis Fort, Chantal Guézénoc, Sophie Hanquiez. Photos : En Liens (photo de Une, Sophie Hanquiez), sauf mention contraire. Direction artistique, réalisation : Ouest Reporters. N° ISSN 2257-7130. Impression : Le Télégramme - 7 voie d’accès au port - BP 67243 - 29672 Morlaix Cedex. Périodicité : bimestriel. Dépôt légal : juillet 2012, numéro 4. Site Internet : www.en-liens.fr. Contact rédaction : redaction@en-liens.fr. Contact publicité commerciale : contact@en-liens.fr. Journal gratuit.

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Ouessant Phare du livre insulaire

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Tourisme et handicap Le Finistère sur la bonne voie

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Culture Des festivals socialement équitables


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CULTURE D’IDÉES Le sentiment de nature contre le tourisme

Têtue et séduisante

Stéphane Lavignotte, essayiste

Quand Armor Lux a annoncé le recrutement d’une vingtaine de couturières, qui plus est à former, tout le monde est resté pantois. Plus d’un s’est dit qu’il s’agissait sans doute d’un joli coup de pub concocté par Jean-Guy Le Floc’h, devenu expert en communication. Comment une entreprise de textile fortement concurrencée par les pays méditerranéens, l’Inde ou le Bengladesh pourrait-elle envisager de créer de l’emploi en France, que dis-je, en Finistère ? Comment un « vieux » métier de mécanicienne en

Le tourisme est pour nous aujourd'hui une évidence. Au mieux, on le veut équitable, intelligent, écologique. On a du mal à imaginer qu'on puisse être radicalement contre. En 1937, Bernard Charbonneau, un des fondateurs de l'écologie politique en France, membre des réseaux chrétiens du personnalisme, écrit dans l'essai « Le sentiment de nature force révolutionnaire » : « Le tourisme a joué un rôle dans la formation de la mentalité préfasciste, l'amour du passé et le retour à la terre se sont glissés en partie par le biais du respect des arbres et des monuments historiques ». Charbonneau voit la vie de ses contemporains devenir de plus en plus artificielle, normée, réglée, urbanisée, une civilisation qui renferme l'humain dans une vie intérieure autocentrée. La seule chose qui lui semble mettre un grain de sable dans cette course au conformisme et qui le sort radicalement CHARBONNEAU VOIT de lui-même est ce qu'il appelle « le LA VIE DE SES sentiment de CONTEMPORAINS nature » : l'envie irrésistible de DEVENIR DE PLUS EN l'humain de se PLUS ARTIFICIELLE, confronter à l'hostilité de la NORMÉE, RÉGLÉE, nature, à sa rudesse URBANISÉE, UNE et sa simplicité, à la surprise de la CIVILISATION QUI grandeur ou de la RENFERME beauté d'un paysage. « Nous L'HUMAIN DANS UNE revenons à la nature VIE INTÉRIEURE parce que par la lutte, elle nous AUTOCENTRÉE. forme à la liberté ». Il dénonce la récupération de ce sentiment de nature par les conformismes de droite comme de gauche, notamment le tourisme. A droite, « le retour à la terre » est une manière de revenir à une société soumise aux hiérarchies et normes traditionnelles. N'est-ce pas toute l'ambiguïté de la célébration par le tourisme des terroirs, des habitats typiques ? A gauche, « l'organisation des loisirs » en « concevant la nature comme un parc, l'activité durant les vacances comme un jeu cherche à affadir le conflit homme-nature (…). En supprimant l'esprit de lutte et de liberté chez l'homme, certaine organisation des loisirs est machiavéliquement contre-révolutionnaire ». Pour Charbonneau, aucun tourisme n'est compatible avec le sentiment de nature, c'est le monde même qu'il faut refaire : « Ce n'est pas d'un dimanche à la campagne dont nous avons besoin mais d'une vie moins artificielle. Une société nouvelle doit naître de la réintégration de la nature dans notre vie ». Dernier ouvrage paru « Jacques Ellul, l'espérance d'abord » (Olivétan)

Albert Billon, animateur territorial

QUAND QUELQUE 400 CANDIDATES RÉPONDENT À LA PROPOSITION D’ARMOR LUX, ON TOUCHE DU DOIGT UNE FORME D’EXEMPLARITÉ

confection pourrait-il attirer des jeunes ? Si le pari reste audacieux, il est avant tout volontariste et témoigne d’une foi inébranlable de ses dirigeants dans leurs capacités à relever des défis industriels et financiers. Convaincu que son avenir ne se jouera pas exclusivement sur les coûts de main d’œuvre, nettement supérieurs en Europe ; fort d’une complémentarité trouvée en Tunisie par exemple, Armor Lux fait le pari de produire français à partir d’un savoir-faire industriel pointu, adossé à des lignes de produits dans l’air du temps. Le tout porté par une

image d’entreprise avant-gardiste sur le plan éthique et culturel. Un corps de fer dans une robe de satin … ou plus exactement en coton équitable. La belle est têtue et séduisante. Les enjeux sont emblématiques des nombreux défis que nous avons collectivement à relever. Il faudra en effet transmettre et transférer les savoirfaire de nos anciens partis à la retraite. Il faudra accueillir et former nos jeunes, y compris dans des métiers en voie de disparition. Il faudra marier nouvelles technologies et compétences « intuitives » non écrites. Tradition et modernité. Il faudra surtout des chefs d’entreprises capables de relever le défi de la compétitivité intelligente, certes attentive aux coûts de production, mais également tourné vers l’innovation, la valeur ajoutée et le savoir-faire de ses salariés. Avec une volonté farouche de mieux maîtriser les circuits de distribution. Quand quelque 400 candidates répondent de manière spontanée à la proposition d’Armor Lux, on touche du doigt une forme d’exemplarité : un vrai métier, une vraie attention à conserver ses compétences, une image jeune et dynamique, des produits bien identifiés et une communication bien maîtrisée. C’est tout le génie de Jean-Guy Le Floc’h et de Michel Gueguen, le financier et l’industriel, d’avoir su transformer une « bonnèterie » en un vaisseau amiral au mât duquel flottent les couleurs de l’excellence, en lignes rayées, en « gwenn ha du et boute au vent ». N’est-il pas ?


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CULTURE D’IDÉES Tourisme : la nécessaire participation des acteurs locaux Claude Vautrin, éditorialiste Tourisme durable ! L’expression est porteuse de sens, tout en semblant couler de source. Le tourisme implique l’accueil d’autrui, donc la création de lien social – un des volets majeurs d’une société durable. Ce lien social-là peut être le fruit d’une volonté de partage d’une terre, d’un patrimoine, d’une culture, peut s’exprimer de façon festive et conviviale. L’expression a du sens pour qui entend vivre, construire une société harmonieuse, équilibrée, délivrée des agressions, humaniste dans le sens plein du terme. La formule n’en exprime pas

moins une évidence heureuse : la nécessité, pour assurer les objectifs économiques du développement touristique, de veiller avec le plus grand soin à la garantie, à la sauvegarde des ressources qui en sont les fondements. Et sans lesquelles ledit développement ne serait pas. Ce durable là vaut autant au sens propre que figuré. Le tourisme durable, comme l’a d’ailleurs défini avec justesse un groupe de travail européen, « assure donc un développement économique inscrit dans le long terme, à la fois respectueux des ressources environnementales et socioculturelles et respectueux des hommes, visiteurs, salariés du secteur et populations d’accueil ». Tout est dit, ou presque ! Car pour servir cette belle ambition, à la fois

protectrice et porteuse de perspectives d’avenir, pour tous – les visiteurs éclairés par la découverte de nouveaux horizons et les populations d’accueil

savoir l’écoute, mieux la participation, la forte implication des acteurs locaux. Un autre besoin essentiel se fait jour : l’éducation, dans le sens là encore le plus ouvert du terme. Celle des touristes LE TOURISME IMPLIQUE L’ACCUEIL D’AUTRUI, à ce que l’on nomme DONC LA CRÉATION DE LIEN SOCIAL l’écoresponsabilité et celle des bénéficiant d’une juste répartition des acteurs, jeunes et moins jeunes, impliqués retombées socioéconomiques de telles dans ce type de développement choisi. La activités – encore faut-il s’y préparer. formation, initiale et continue, s’impose Un tel projet suppose une gestion alors comme un maître mot pour intégrée des ressources ainsi proposées répondre à tout cet éventail d’exigences, à la découverte et au séjour, c'est-à-dire avec à la clé des emplois assumés, une approche globale prenant en compte maîtrisés, eux aussi, et porteurs en cela leurs usages parfois concurrents. On voit d’épanouissement et de bien être bien l’exigence absolue qui en découle, à personnel et collectif.

RIO + 20 : EN MARCHE VERS LA DURABILITÉ MONDIALE

Comment concilier développement humain et préservation des équilibres écologiques ? Les réponses sont loin d'être tranchées. En Juin, Rio de Janeiro accueillait de nouveau le Sommet de la Terre. Retour sur quelques dates de la longue marche vers la durabilité mondiale. 1970. Le Club de Rome (qui réunit industriels, politiques, économistes, scientifiques...) publie un rapport « The limits to growth », traduit par « Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance ». 1972. Réunie à Stockholm, la Conférence mondiale des Nations Unies sur l'environnement devient le premier « Sommet de la Terre ».

1987. Rapport Brundtland « Our common future », traduit par « Notre avenir à tous ». Mme Brundtland, Premier Ministre Norvégienne, préside la Commission des Nations unies pour l'environnement et le développement qui publie le texte dans lequel apparaît l'expression de « sustainable development » . 1992. Le Sommet de la Terre de Rio se tient à Rio de Janeiro au Brésil durant 3 jours. Il est suivi d'un intense travail de représentants de gouvernements et de la société civile. 2002. Sommet de Johannesburg. 10 ans après Rio, un nouveau sommet réunit de nombreux dirigeants, mais aussi des représentants d'ONG. S'il créé une certaine surprise, le discours du Président Jacques Chirac — « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » — garde toute son actualité. 2012. Sommet de la Terre Rio + 20. Cette nouvelle Conférence des Nations Unies pour le développement durable a mis l’accent sur deux thèmes prioritaires : une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté, et un cadre institutionnel pour le développement durable. Parallèlement, le Sommet des peuples pour la Justice sociale et environnementale en défense des biens communs a réuni quelques 400 organisations pour qui « rien dans l’économie verte ne remet en question ou ne remplace l’économie basée sur l’extraction de combustibles fossiles, ou ses modèles de consommation et de production industrielle. Au contraire cette économie (…) alimente ainsi le mythe que la croissance économique infinie est possible ». A l'heure où nous mettons sous presse, il est difficile de trancher entre satisfaction des uns et déception des autres. Peut-être faut-il provisoirement conclure, avec ce représentant d'une ONG internationale, qu'il n'y a ni recul, ni avancée. Un coup pour rien ?

LE RAPPORT BRUNDTLAND Pour « s’efforcer de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité de satisfaire ceux des générations futures », le développement durable est forcément global, équitable et écologique : « Il n’existe aucun modèle idéal de développement durable, car les systèmes sociaux, les systèmes économiques et les conditions écologiques varient beaucoup d’un pays à l’autre. Chaque pays devra trouver sa voie propre. Mais, indépendamment de toutes ces différences, le développement durable doit s’envisager comme un objectif à atteindre à l’échelle mondiale. » Les auteurs précisent aussi que « l’ampleur et la complexité de nos besoins en ressources naturelles se sont beaucoup accrues avec la poussée démographique et l’accroissement de la production. Certes, la nature est généreuse, mais elle est également fragile, d’un équilibre délicat. Il y a des seuils que nous ne pouvons franchir sans mettre en danger l’intégrité du système. Aujourd’hui, nous sommes tout près de beaucoup de ces seuils ; nous devons être particulièrement vigilants et ne pas compromettre la vie sur terre. En outre, la vitesse à laquelle interviennent les changements dans l’utilisation des ressources nous laisse très peu de temps pour anticiper et prévenir d’éventuelles conséquences néfastes. »

EMPREINTE ÉCOLOGIQUE « Si l’humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins. » (Jacques Chirac, Johannesburg 2002.) Ces propos font implicitement référence à l'empreinte écologique, un indicateur qui compare les ressources naturelles disponibles et celles que nous utilisons pour les besoins de nos activités humaines. Si tout le monde vivait comme un Français moyen, il faudrait l'équivalent des ressources de 2,7 planètes !

AGENDA 21 Parmi les effets les plus connus de la Conférence de Rio de 1992 figurent les Agenda 21 ou (Agenda pour le XXIe siècle) que chaque collectivité est invitée à élaborer afin de marquer ses propres engagements pour mieux concilier développement humain et préservation des équilibres écologiques. Dans le Finistère, nombreuses sont les collectivités territoriales, établissements scolaires, mais aussi associations et autres organisations qui ont engagé de telles démarches de changements. Les entreprises les conduisent plutôt à travers le concept de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Quant aux Finistériens, ils bénéficient depuis bientôt 2 ans d'une expérimentation innovante, l'agenda 21 des familles, accompagnée par le Conseil Général et le réseau Cohérence.


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ENQUÊTE Le département a recensé entre 29 et 30 millions de nuitées par an au cours des quatre dernières saisons touristiques. Il demeure solidement ancré dans le peloton de tête, au 7e rang des départements français.

TOURISME : POURQUOI LE FINISTÈRE SÉDUIT ’examen des évolutions sur les dernières saisons permet de dégager plusieurs constantes. Juillet a connu en 2011, avec un déficit de 33 000 nuitées comparativement à 2010, sa 8e année de baisse consécutive. En revanche, avril et juin affichent une progression régulière depuis 2008. On constate également quelques inversions de tendances. Ainsi, septembre, qui avait le vent en poupe entre 2008 à 2010, a accusé une diminution des nuitées supé-

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L’IMAGE POSITIVE DU FINISTÈRE EST CARACTÉRISÉE PAR LA BEAUTÉ DES PAYSAGES, LA QUALITÉ DE VIE ET LA CHALEUR

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DES HABITANTS. IL APPARAÎT COMME LE TERRITOIRE LE PLUS FRÉQUEMMENT ASSOCIÉ À LA BRETAGNE.

Dossier réalisé par Olivier Boyer Régis Fort Chantal Guézénoc Sophie Hanquiez

rieure à 10% en 2011. De même, août a marqué le pas l’an dernier après trois hausses successives. Juillet et août concentrent 57,2% de la totalité des nuitées, un pourcentage quasi inchangé depuis 2003. Avril, mai, juin et septembre comptent pour 28,9% de l’ensemble. L’apport en population touristique

s’élève en moyenne à 81 000 personnes (pour près de 900 000 habitants dans le Finistère). L’an dernier, le pic annuel de fréquentation a été atteint le 14 août avec 393 219 nuitées. Notre département représente 31% de la fréquentation régionale, juste derrière le Morbihan (34%) mais nettement devant les Côtes-d’Armor (23%) et l’Ille-et-Vilaine (12%). Qualité de vie... Le « Baromètre d’image du Finistère », réalisé par le département « Opinion et Stratégie d’Entreprise » de l’institut IFOP à la demande du CG29, révèle que deux Français sur trois déclarent avoir une « bonne image » du département. Le Finistère apparaît comme le territoire le plus fréquemment associé à la Bretagne aux yeux des trois publics externes étudiés (grand public national, décideurs économiques, journalistes). Son image positive est unanimement caractérisée par la beauté des paysages, la qualité de la vie, la chaleur et le tempérament des habitants ; mais aussi le poids de la culture et de l’histoire, l’attachement affectif au territoire et la proximité avec l’océan. Les dimensions économiques peinent en revanche à convaincre. L‘éloignement constitue, notamment aux yeux des dirigeants d’entreprise, un frein potentiel au développement. Brest et Quimper sont les deux seules agglomérations citées spontanément par une large part des interviewés.

24% des décideurs économiques interrogés s’avouent même incapables de citer une ville du Finistère ! La part des personnes interrogées souhaitant s’installer en Finistère ou y implanter leur entreprise est relativement faible, et contraste avec la propension générale à y séjourner, pour des week-ends ou des vacances. L’idée d’un court séjour convainc principalement les plus de 65 ans, les habitants de la région parisienne et ceux qui connaissent déjà le Finistère. Pour ce qui concerne les vacances, plusieurs catégories expriment une réticence : jeunes de 15 à 24 ans, professions libérales et cadres supérieurs... A l’inverse, les artisans-commerçants et ouvriers sont plutôt partants. Les Finistériens eux-mêmes expriment le souhait de voir se développer encore davantage le tourisme, bien qu’étant partagés sur les risques inhérents à l’expansion de ce secteur d’activité. Tout est affaire d’équilibre… durable. Sources : « Quel positionnement pour le Finistère ? Entre écotourisme et tourisme durable » (janvier 2012), réalisée par l’agence de développement touristique Finistère Tourisme avec le concours financier du Conseil général du Finistère. « Baromètre d’image du Finistère » (janvier 2011) réalisé par l’Ifop pour le Conseil général du Finistère. Plus d’infos : www.finisteretourisme.com


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ENQUÊTE Chiffres clés • 2,8 millions de touristes (82% français, 18% étrangers) • Plus de 2 millions de visiteurs dans les sites et équipements culturels et de loisirs • 5,8 millions d’excursions annuelles • 29,6 millions de nuitées en 2011 • 20 manifestations événementielles de plus de 10 000 participants • Plus d’1 milliard d’euros de consommation annuelle : 897 millions pour le tourisme, 174 millions pour l’excursionnisme

Hébergement • 478 000 lits touristiques : 29% marchands, 71% nonmarchands • 280 campings, 220 hôtels classés tourisme • 85% des hébergements touristiques sont concentrés sur le littoral

Mots clés • L’hébergement marchand donne lieu à une rémunération de la prestation (hôtel, gîte rural, camping, résidence de tourisme). • L’hébergement non-marchand s’effectue chez des parents ou amis, dans la résidence secondaire ou le mobil home dont on est propriétaire, en camping-car…

MICHAËL QUERNEZ, VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL DU FINISTÈRE CHARGÉ DE L’INSERTION ET DE L’ÉCONOMIE, PRÉSIDENT DE FINISTÈRE TOURISME

« UN TERRITOIRE DURABLE PAR NATURE » Quels sont les atouts du Finistère ? Le Finistère est vécu comme une destination familiale. Certains visiteurs y ont des lieux d’attache, des points de repère, des souvenirs d’enfance. D’autres découvrent notre territoire pour la première fois. La plupart y reviennent. Ici, la relation entre touristes, professionnels et population locale est fondée sur la confiance et la fidélité. La météo ne constitue pas un facteur déterminant, même s’il n’existe pas de saison exceptionnelle sans soleil. Les personnes que nous accueillons viennent chercher un environnement préservé, des paysages magnifiques, la mer, les îles, une culture gastronomique fondée sur l’excellence des produits locaux… mais aussi une aventure humaine simple et authentique, du lien social, une quête d’identité et de profondeur. Les grands festivals de l’été répondent parfaitement à ce désir de chaleur et d’échanges. Ses faiblesses ? Les courts séjours représentent un enjeu considérable pour les professionnels du tourisme. Pour l’instant, la distance demeure un frein à leur développement, même si nous bénéficions d’une desserte

aéroportuaire de qualité. La réalisation du programme Bretagne Grande Vitesse (Brest et Quimper à 3h de Paris en TGV) permettra au Finistère de gommer ce handicap et d’entrer directement en concurrence avec le Midi et la Normandie sur le marché de l’Ile-de-France. Qu’entend-on par tourisme durable ? Le tourisme durable – à ne pas confondre avec l’éco-tourisme qui est un marché de niche - répond à une volonté globale de valoriser ce que nous sommes, d’une façon équilibrée et maîtrisée. Son développement s’effectue en cohérence avec l’ensemble des politiques départementales. Le Finistère est durable par nature. Il n’y a pas besoin d’inventer quoi que ce soit. En revanche, il est indispensable de mettre en œuvre une stratégie marketing pour rendre visible cette réalité dans un contexte extrêmement concurrentiel. Finistère Tourisme fédère et coordonne l’ensemble des acteurs professionnels et institutionnels en s’appuyant sur des valeurs et des stratégies partagées. Il existe une vraie cohérence, une volonté affirmée de travailler ensemble. C’est aussi cela le tourisme durable !

Quelles sont les priorités en termes d’emploi et d’accueil ? Pour répondre aux pics de fréquentation, il est indispensable de pérenniser les emplois. Cela recouvre plusieurs enjeux : hébergement du personnel — l’un des éléments clé de la fidélisation —, rémunérations, qualité de la formation… Par ailleurs, aucun visiteur ne doit se sentir exclu. C’est pourquoi le Conseil général a accompagné la mise aux normes d’équipements et d’hébergements touristiques en matière d’accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Et pour ce qui est des déplacements ? 90% des touristes utilisent leur voiture pour se rendre dans notre département. Nous souhaitons contrecarrer cette tendance en mettant en place des offres alternatives de transports intermodaux adaptées et durables qui permettront de visiter les sites les plus emblématiques du Finistère sans avoir besoin de prendre le volant.


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ENQUÊTE

HUBERT JAN : « L’ APPRENTISSAGE, VOIE ROYALE » La branche des cafés, hôtels, restaurants et discothèques (CHRD) emploie près de 17 000 personnes en Finistère (3 000 entreprises). Pour Hubert Jan, président de l’Union départementale des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih 29), la formation des jeunes est l’une des conditions du maintien de l’attractivité du territoire. Hubert Jan, chef du Bistrot Chez Hubert à Beg-Meil (Fouesnant).

ous employons entre 15 000 et 17 000 personnes, avec un nombre de salariés en augmentation sensible », souligne Hubert Jan. A ce titre, les cafés, hôtels, restaurants et discothèques pèsent d’un poids considérable dans l’emploi touristique. Tout n’est pas rose pour autant. « Depuis quelques années, nous observons une accélération du phénomène de concentration de l’activité au profit des chaînes

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implantées en milieu urbain, au détriment des petites entreprises de restauration qui contribuent à l’aménagement du territoire », déplore Hubert Jan. Ces dernières se révélant plus vulnérables aux modifications législatives (hausse de la TVA, droit du travail…). qualité, diversité, proximité… « Nous devons reconquérir ces parts de marché. Cela impose d’être réactif, de col-

UN CONTRAT D’OBJECTIFS RÉGIONAL La signature du Contrat d’objectifs emploi-formation pour les métiers du Tourisme était programmée le mercredi 4 juillet en présence, notamment, du président du Conseil régional ; du Préfet de Région ; du Recteur de l’Académie de Rennes et de la Directrice régionale de Pôle emploi. Ce Contrat renforce les liens entre les acteurs du tourisme (informations touristiques, hébergement, restauration, loisirs…) et contribue au développement de l’innovation et de la qualité de l’offre par la professionnalisation des actifs et l’insertion durable des saisonniers, la sécurisation des parcours des jeunes et des demandeurs d’emploi. Plusieurs actions sont déjà lancées, telles que l’expérimentation d’un CDI emploi-formation « ouvrier qualifié de maintenance » dans les campings du Sud-Bretagne en lien avec les partenaires sociaux de la Fédération de l’hôtellerie de plein air, AGEFOS-PME et Pôle emploi. D’autres chantiers seront engagés dès la rentrée 2012, comme la présentation des métiers et emplois touristiques aux lycéens et étudiants. La Bretagne est la 4e région la plus visitée par l’ensemble des Français et la 1ère destination pour les séjours à la mer. Le tourisme y représente 66 000 emplois directs pour environ 8% du PIB régional.

ler à la demande des consommateurs, par exemple en matière d’alimentation-santé, et de mieux valoriser nos atouts : qualité, diversité, proximité… », affirme le président de l’Umih 29. « Notre branche est porteuse d’une image qualitative. Tout doit être vertueux, innovant, primeur, y compris les idées ». Parmi les enjeux clés de la bataille figure la formation. « La voie royale, c’est l’apprentissage. La formation en alternance permet en effet d’inscrire les jeunes dans

un parcours professionnel, de les faire monter dans l’ascenseur social ». Un ascenseur qui leur permettra peutêtre d’intégrer un jour l’équipe de l’un des vingt-cinq « Maîtres Restaurateurs » du Finistère, professionnels aux « compétences reconnues » qui se sont engagés à « travailler des produits bruts, essentiellement frais ». Et cela, les touristes adorent… Plus d’infos : www.umih29.umih.fr ; www.maitresrestaurateurs.com

LES NTIC AU SERVICE DU DYNAMISME TOURISTIQUE Ouest’kilé, c’est le nom d’une application Smartphone lancée au cours de l’été 2011 par la Communauté de communes de la Presqu’île de Crozon (CCPC) dans le cadre de l’ODESCA* du Pays de Brest, en partenariat avec les acteurs économiques et touristiques du territoire. Grâce à elle, plusieurs centaines de professionnels — artisans et commerçants — disposent d’une carte de visite virtuelle qu’ils peuvent enrichir et actualiser à tout moment. De leur côté, les utilisateurs de Smartphone ont l’opportunité de donner leur avis sur les prestations. Une version papier de Ouest’kilé a été diffusée au sein de la CCPC, mais aussi dans la Communauté de communes du Pays de Lesneven et de la Côte des Légendes. « Pour ce qui concerne la CCPC,

Ouest’kilé en Presqu’île de Crozon ou Titouan en Haut Pays Bigouden contribuent au développement touristique

à être mutualisé et mériterait de l’être. Autre exemple d’utilisation pertinente des NTIC au profit du développement touristique : le Haut Pays Bigouden et son guide interactif Titouan. Disponible dans les points d’accueil de Plozévet, Plonéour-Lanvern et Pouldreuzic, il offre des conditions idéales pour une balade multimédia en famille, ludique et instructive, sur les circuits découvertes (littoral, korrigans, lavoirs, mégalithes).

la 3e étape sera la création d’un site internet touristique dédié à la promotion de la destination », précise Erwan Burel, chargé de mission économie et tourisme au Pays de Brest. Il devrait être mis en ligne cet été et hébergera naturellement les infos Mobile de Ouest’kilé, un outil numérique qui a vocation

*Opération de développement et de structuration du commerce et de l’artisanat, cofinancée par le Conseil général du Finistère, le Conseil régional de Bretagne, l’Etat et l’Union européenne. Plus d’infos : www.ouestkile.com


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ENQUÊTE NICOLAS DAYOT : « 10 MOBIL-HOMES CRÉENT UN EMPLOI » ’hôtellerie de plein air en Finistère, c’est 280 campings (130 emplacements par établissement en moyenne, dont 30% de mobil-homes) ; 250 travailleurs non salariés, 1 060 salariés équivalent temps plein, 4 200 saisonniers ; 3 millions de nuitées par an… On estime qu’il faut 100 emplacements nus ou… 10 mobil-homes pour créer un emploi. « Notre modèle économique repose de plus en plus sur le mobil-home », confirme le président du Syndicat départemental et de l’Union bretonne de l’hôtellerie de plein air, Nicolas Dayot, gestionnaire du camping La Plage de Tréguer à Plonévez-Porzay. L’impact environnemental de cette évolution n’est pas neutre. L’ensemble de la filière l’a déjà pris en compte via la mise en œuvre d’une éco-contribution volontaire finançant la déconstruction et la valorisation par le recyclage des résidences mobiles locatives en fin de vie. Dans le même registre, la fédération nationale de l’hôtellerie de plein air avait conçu dès 2006 une « Charte nationale pour la qualité paysagère des campings » à travers laquelle les professionnels s’engagent, notamment, à « intégrer l’établissement à son site naturel et culturel » et « adopter une gestion éco-responsable ».

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Montée en gamme La moitié des campings finistériens étant équipés d’un dispositif d’assainisse-

TOURISME : ACTEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR

ment non collectif, la profession s’est par ailleurs beaucoup investie récemment en faveur de l’amélioration de la qualité des eaux de baignade. Côté équipements, la montée en gamme se poursuit, voire s’intensifie. Investissements lourds, piscines couvertes, espaces détente, animations de plus en plus élaborées répondent à un niveau d’exigence toujours plus élevé. « Certains de nos clients n’imagineraient pas une seconde pénétrer dans un sanitaire collectif. Ils veulent se sen-

tir quasiment comme à la maison », constate un professionnel. Côté recrutements saisonniers, l’équation demeure pour l’instant complexe. « Nous croulons sous les demandes pour juillet-août. Cela se complique grandement pour l’animation et les ailes de saison », explique Nicolas Dayot. La mise en œuvre prochaine du Contrat d’objectif emploi/formation tourisme (lire par ailleurs) sera décidément la bienvenue ! Plus d’infos : www.hotellerie-pleinair.com/bretagne/finistere/finistere.html

En juillet-août 2011, le Finistère a recensé 22 600 emplois touristiques (14 300 en moyenne annuelle). Ils se concentrent essentiellement dans la restauration (5 662), les hôtels (2 759) et les hébergements touristiques (2 709), sans oublier les parcs d’attractions et casinos (255), les thermes et la thalassothérapie (174), les transports côtiers (63) et… les offices de tourisme (40). L’an dernier, le Finistère a maintenu sa part de marché sur le plan national (7e rang). Depuis l’année 2000 et le naufrage de l’Erika, la fréquentation annuelle s’est stabilisée (entre 29 et 30 millions de nuitées) sans retrouver le niveau de la fin des années 90 (plus de 32 millions de nuitées en 1997). L’hôtellerie de plein air constitue le premier mode d’hébergement marchand du département avec plus des deux tiers des capacités. Suivent les hébergements locatifs qualifiés (gîtes, meublés, chambres d’hôtes…) qui représentent 10% de l’offre, puis l’hôtellerie (8%).


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ENQUÊTE MÉTIERS DU TOURISME

LES BIENFAITS DE L’ALTERNANCE esponsable de la filière alimentation et restauration au Centre de Formation des Apprentis de Cuzon à Quimper, Pierre-Yves Guillou est bien placé pour évoquer l’atout que représentent les formations en alternance dispensés par l’établissement quimpérois pour l’hôtellerie-restauration finistérienne, et donc pour l’attractivité touristique du département. Le CFA forme 150 apprentis dans les métiers de la restauration dans ses locaux ultra modernes. Deux classes de bacs professionnels (préparés en 3 ans) y ont été créées à la rentrée 2011 : « cuisine » et « commercialisation et service en restauration » (CSR).

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lettres de noblesse Les acteurs locaux du tourisme gastronomique peuvent ainsi recourir aux compétences de jeunes apprentis motivés, encadrés, immédiatement opérationnels. « Nous appartenons au réseau des CFA Industrie Hôtelière dont l’un des objectifs est de redonner au service en restauration ses lettres de noblesse », souligne Pierre-Yves Guillou. « Ceux qui travaillent Mathieu Pennarun et Constance Malardé préparent un bac pro en alternance au CFA de Quimper ‘’devant’’, au contact des clients, ont été CSR, Constance Malardé en est la première yeux, cela fait pleinement partie du métier ». quelque peu délaisconvaincue. « J’adore la gastronomie, mais ce En 1ère année de bac pro cuisine, Mathieu RETROUVEZ LA PRÉSENTATION DES sés en termes qui me passionne avant tout c’est le contact Pennarun, 19 ans, partage son temps entre d’image. Or, la restauavec les clients », explique la jeune Quimpéle CFA et la Villa Tri Men à Sainte-Marine. « FORMATIONS ET DES ÉQUIPEMENTS ration est par nature roise qui, lorsqu’elle quitte Cuzon, rejoint le Là-bas, je travaille au froid avec le second. Je MODERNES DU CFA DE QUIMPER SUR un travail d’équipe où Bistrot d’Hubert Jan à Beg Meil. « J’échange m’occupe des entrées et des amuse-bouche. la commercialisation beaucoup avec les touristes. Ils sont curieux La cuisine est belle, le cadre superbe et les SA PAGE FACEBOOK « CAMPUS DES compte autant que la de nos produits locaux, de nos recettes, mais clients… très exigeants. C’est la meilleure façon production ». aussi de notre patrimoine culturel et de notre de progresser ! » MÉTIERS DU FINISTÈRE » Apprentie en 1ère histoire. Je réponds de mon mieux à leurs quesannée de bac pro tions et j’essaye de bien les conseiller. A mes Plus d’infos : www.cm-finistere.fr

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IFAC : CAP SUR 2014 La filière hôtellerie-restauration de l’Institut de Formation par Alternance Consulaire (IFAC), géré par la CCI de Brest, accueille en moyenne 300 apprentis chaque année. Elle propose des formations en CAP (cuisine et restaurant), en bacs professionnels (commercialisation et services en restauration, cuisine) ainsi que des mentions complémentaires « Accueil/réception » et « Cuisinier en desserts de restaurant », sans oublier des certificats de qualification professionnelle (CQF) commis de cuisine, employé qualifié de restauration et pizzaiolo. « Nous projetons d’ouvrir un BTS ‘’Mercatique et gestion hôtelière’’ à la rentrée 2013 », précise Maxime Escande, responsable de la filière hôtellerie et du service entreprises. A la rentrée 2014, l’Institut devrait quitter

BTS TOURISME À BREST ET PONT-L’ABBÉ ses locaux de la rue Yves-Giloux pour s’installer au cœur d’un campus flambant neuf, zone de Froutven, en prise directe avec le tramway. Les travaux de terrassement ont déjà commencé. Ce projet de grande envergure* permettra à l’IFAC d’accueillir 2 300 apprenants. « Les jeunes bénéficieront d’outils performants : laboratoires, cuisines d’application, cuisine gastronomique, pâtisserie… », affirme Maxime Escande. *44,9 millions d’euros d’investissements cofinancés par l’Etat (11 millions dans le cadre du GrandEmprunt), Brest Métropole Océane, la CCI de Brest, le Conseil général du Finistère, le Conseil régional de Bretagne…

BREST L.T.P. Estran Fénelon (Lycée Technique et Professionnel). Ker Strears 164, rue Pierre Sémard - CS 73817 29238 Brest Cedex. Tél : 02.98.44.17.08 Courriel : ecole.fenelon@orange.fr Site : www.lycee-fenelon-brest.com BTS : Ventes et productions touristiques. ELYTIS. 2 , Place Albert 1er - 29200 Brest. Tél : 02.98.42.22.20 Courriel : elytis-brest@orange.fr Site : www.elytis-brest.fr BTS : Animation et gestion touristiques locales + Ventes et productions touristiques (AGTL + VPT).

Est-Sup Ouest Formation 23, Avenue Nicophore Niepre - 29200 Brest. Tél : 02.98.43.11.10. Courriel : info@est2brest.fr BTS : AGTL + VPT PONT-L’ABBÉ Lycée Laennec. 61, rue du Lycée BP 33082 - 29120 Pont-l’Abbé cedex Tél : 02.98.66.07.70. Courriel : ce.0290062k@ac-rennes.fr Site : www.lycee-laennec.org BTS : AGTL + VPT Plus d’infos : www.fftst.org , site de la Fédération française des techniciens et scientifiques du tourisme (rubrique « formations »).


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ENQUÊTE DEUX LICENCES PRO À L’UBO L’Université de Bretagne Occidentale (UBO) propose deux licences professionnelles (bac+3) hôtellerie et tourisme sur son pôle quimpérois Pierre-Jakez Hélias. La première, « Hébergement et environnement touristiques (HET) » apporte aux étudiants une double compétence : maîtriser les savoir-faire de l’exploitation (gestion, animation, promotion…) ; être en mesure de renseigner, conseiller et guider la clientèle. La formation débouche principalement sur deux métiers : exploitant de structure d’hébergement touristique, responsable de l’accueil en milieu touristique. La seconde, « Conception de produits touristiques et valorisation des territoires (CPT)», a pour objectif de fournir aux étudiants les compétences nécessaires à l’élaboration de produits touristiques, dans toute leur diversité, et à en assurer la diffusion. Les compétences acquises permettent de se porter candidat à de nombreux emplois : conception et développement de produits, mais aussi accueil, promotion, animation, gestion de projets… 220 demandes, 48 places Chacune des deux promotions compte 24 étudiants, dont un quart dans le cadre de la formation continue ou de la validation des acquis de l’expérience. « Ces formations sont uniques en France et donc très sélectives. Nous avons reçu cette année 220 demandes pour 48 places », indique Nicolas Bernard, maître de conférences de géographie, responsable des formations en tourisme à l’UBO. La plupart des candidats proviennent des BTS tourisme « Animation et gestion touristiques locales » et « Ventes et productions touristiques » ainsi que du BTS hôtellerierestauration du lycée Le Paraclet à Quimper. Mais la filière séduit bien au-delà, notamment parmi les étudiants en Langues étrangères appliquées (LEA), en histoire de l’art ou en BTS « Assistant de gestion de PME-PMI » et « Assistant secrétariat trilingue »… La licence HET, créée en 2001, est implantée au pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias depuis 2008. La licence CPT accueillera sa première promo à la rentrée 2012. Les formations comportent environ 60% d’enseignements académiques et 40% de cours dispensés par des professionnels. Chaque étudiant réalise, en équipe, un projet tutoré, puis choisit une destination de stage pour trois mois. « Nous avons beaucoup plus d’offres de stages que d’étudiants », constate Nicolas Bernard. Ce n’est sûrement pas le fait du hasard. Un « conseil de perfectionnement » veille de près à la concordance entre le contenu pédagogique et l’évolution des métiers. Il va sans dire que les nouveaux besoins en termes de E-Tourisme et de M-Tourisme (smartphones…) ne lui ont pas échappé… Contact : 02 90 94 48 06 ; tourisme@univ-brest.fr Plus d’infos : www.univ-brest.fr

« LES CLIENTS RECHERCHENT LE SERVICE EN PLUS » énodet multiplie sa population par dix en été. La station balnéaire du Finistère-Sud ne manque pas d’atouts pour cela : port de plaisance, plages, offre en lits touristiques, thalassothérapie, golf, casino, Cinémarine, petit train touristique, Vedettes de l’Odet, patrimoine, Musée Photo OT Bénodet du bord de mer… Sans oublier les évènements incontournables : les Fééries de Bénodet qui rassemblent chaque année 40 000 personnes les 14 et 15 août, la fête du 14-Juillet, le Rendezvous de la Belle Plaisance en juin et l’Obélix Trophy qui réunit plus de 200 voiliers au printemps. L’équipe de la Maison du tourisme (4 équivalents temps plein) dirigée par Sarah Bélasky contribue à son niveau à cette réussite durable. L’équipement, labellisé « Tourisme et Handicap »,

nes seniors actifs d’avril à octobre, en ailes de saison. L’évolution des outils technologiques se conforme à cette réalité. Depuis avril, l’équipe dispose d’une carte de visite virtuelle (clé USB promotionnelle). A la rentrée, un site internet mobile sera mis en ligne.

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accueille tous les ans plus de 50 000 visiteurs. « Nous vendons un territoire, pas des produits », explique Sarah Bélasky. « C’est comme un paquet cadeau. La municipalité met à disposition un cadre et des infrastructures exceptionnels. Je suis chargée de concevoir l’emballage, ce qui implique une action promotionnelle tout au long de l’année. Les clients ne recherchent pas forcément le meilleur prix mais plutôt le service en plus ». Bénodet est une destination familiale qui attire les jeu-

métier d’avenir Directrice depuis six ans – elle a pris ses fonctions à 25 ans ! –Sarah a décroché un BTS tourisme à Pont-l’Abbé avant d’enchaîner plusieurs stages, notamment au Comité régional du tourisme et au Québec. Bilingue français-allemand, elle a consolidé son anglais dans la Belle Province. Elle vient de suivre une formation dispensée par la CCI sur le thème « diriger et animer une équipe ». Le tourisme est décidément un métier d’avenir, à Bénodet comme ailleurs… Plus d’infos : www.benodet.fr

CENTRE NAUTIQUE DE FOUESNANT : L’ENVIRONNEMENT AU CŒUR DU PROJET Créé en 1968, ancré depuis 1997 Chemin de Kersentic à Cap Coz, le centre nautique de Fouesnant est leader en Finistère pour l’activité Ecole française de voile (plus de 1 800 stagiaires par an). Son nom est associé à des skippers tels que Roland Jourdain ou Michel Desjoyeaux. Les chiffres sont parlants : 800 000 euros de budget annuel, 150 000 euros investis dans le matériel chaque année, une flottille de 242 bateaux (78 catamarans, 54 planches, 41 dériveurs, 40 kayaks, 26 sécurité, 3 collectifs)… Avec une équipe permanente d’une dizaine de CDI et 30 à 40 moniteurs de voile recrutés durant l’été, le centre nautique s’affirme aussi comme un acteur économique et social d’importance.

Raphaël Bin, éducateur sportif voile.

Un environnement qu’il faut préserver « Nous sommes un club de voile légère dont l’activité principale est l’Ecole française de voile (EFV) », explique le directeur, Nicolas Trébern. « Entre 40% et 60% des stagiaires reviennent d’une année sur l’autre. Il arrive que l’on accueille la 3e génération de pratiquants ». La 2e activité du centre, en volume, est le Point Passion Plage : formule à la carte, location de matériel prêt à naviguer (avec plan d’eau surveillé), cours particuliers

et collectifs… « Notre cœur de métier demeure le tourisme estival », indique Raphaël Bin, 33 ans, éducateur sportif voile ici depuis 2001. « Mais à l’exception de janvier et février, nous accueillons des pratiquants en loisir et compétition tout au long de l’année grâce à une gamme très large de produits. Nous proposons également des évènements tels que l’étape finale du Tour du Finistère en planche à voile fin juillet. La Baie de Fouesnant représente un stade nautique magnifique ! ».

Photo Centre nautique de Fouesnant

« Le respect des écosystèmes, la découverte des espèces aquatiques et de la flore et la faune littorales font partie intégrante du contenu de nos activités estivales », souligne Nicolas Trébern. « La plupart de nos bateaux sont en polyéthylène, ce qui représente actuellement la moins pire des réponses. Le développement durable constitue un volet essentiel dans le cadre de la refonte en cours de notre projet associatif ». Plus d’infos : www.centre-nautique-fouesnant-cornouaille.com


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ENQUÊTE UN CAMPING FINISTÉRIEN DANS LE PELOTON DE TÊTE EUROPÉEN Le camping Saint-Jean à Plougastel-Daoulas est le premier en Finistère* à avoir obtenu l’Ecolabel Européen « Services de camping » qui distingue les établissements les plus respectueux de l’environnement. Cette réussite est le fruit d’un engagement personnel et ancien pour Christine et Patrice Berot, gérants du camping depuis 2005.

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Patrice Berot sensibilise les vacanciers à la préservation de la biodiversité. ous sommes au cœur d’un espace protégé Natura 2000, sur le bassin versant de l’Elorn et à proximité d’un monument historique : la chapelle Saint-Jean », résume Patrice Berot. Autant de raisons de faire de l’environnement une priorité. Les Berot ont d’abord décroché en 2009 le label « La Clef Verte » (gestion de l’eau, énergie, déchets…). Puis fin 2010, à l’occasion d’un déplacement à Bordeaux organisé par Finistère Tourisme, Christine et Patrice ont découvert l’Ecolabel européen. « Nous avons étudié les critères. Il ne nous manquait pas grand chose pour franchir ce nouveau cap ».

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Le camping améliore alors ses relatifs points faiNOUS AVONS RÉDIGÉ UN GUIDE DU bles (achats éco-responsables, sensibilisation des COMPORTEMENT RESPECTUEUX clients) afin de répondre pleinement au cahier des PENDANT SES VACANCES charges. Gagné ! La remise de la certification Ecolabel Européen a lieu sur le site en septembre 2011 en présence de représentants du Conseil régional, de la CCI de Bretagne, de Patrice tient à rappeler le soutien apporté l’ADEME et de l’AFNOR. Un vrai temps fort pour par le Conseil régional dans l’obtention du ce camping 4 étoiles, ouvert de Pâques à fin label, tout comme celui de BMO qui a permis septembre, comptant 122 emplacements la production de 2m3 de compost l’an dernier. (20 000 nuitées en 2011) sur 2 hectares.

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Côté sensibilisation, pas question de relâcher l’effort : « Nous avons rédigé un ‘’guide du comportement respectueux pendant ses vacances’’ et privilégions les thèmes liés à l’environnement dans nos clubs enfants ». Quant au milieu naturel, il s’épanouit encore davantage depuis l’avènement du désherbage mécanique, thermique ou manuel. Mésanges, pinsons, hérissons, crapauds et autres résidents à titre gratuits ne s’en portent que mieux… *Au 1er janvier 2012, seuls deux autres campings bretons étaient certifiés. Ils sont situés dans le Morbihan. Plus d’infos : www.campingsaintjean.com ; www.ecolabels.fr

S’ÉVADER AVEC LES KORRIGANS À BRASPARTS Le concept est séduisant : les services d’un hôtel, l’indépendance d’un gîte et la convivialité des chambres d’hôtes proposés sur un même site, Goarem Edern à Brasparts dans les Monts d’Arrée, au cœur du Parc Naturel Régional d’Armorique. Les premières des douze « Roulottes des Korrigans » ont vu le jour en mars 2006. Le succès de ce mode d’hébergement insolite au Pays des Légendes a incité les initiateurs du projet, Katell et Eddy Druet, à s’investir encore plus durablement. Un bâti-

ment à ossature bois HQE* abrite depuis mai 2010 un restaurant-crêperie, un cafélibrairie, une boutique et un espace détente. « Ce qui nous plaît dans ce métier, c’est de faire découvrir la région des Monts d’Arrée aux touristes », explique Katell Druet. Et ils sont loin d’être les seuls à succomber aux charmes d’un « séjour glamour » avec dîner aux chandelles ou d’une randonnée sous la lune. « Nous accueillons de plus en plus de Bretons, et notamment de Finistériens, surtout en hiver », constate-t-elle.

« Beaucoup résident sur le littoral et sont heureux de faire connaissance avec la montagne Saint-Michel ou la forêt de Huelgoat ». « Nous ne privilégions pas la clientèle de passage. Nous préférons que les visiteurs restent 2, 3, 4 nuits afin de nouer un lien avec les Monts d’Arrée », poursuit Katell. Le développement des séjours à thème y contribue. Les korrigans, fées et autres lutins ont la cote auprès des couples qui célèbrent leur anniversaire de mariage ou s’accorde une pause dépaysante pour la Saint-Valen-

tin. « Nous proposons un accueil chaleureux à taille humaine. Les clients sont chez eux. Mais on les voit tous les jours, on garde le contact ». Il est vrai que Katell Druet, dont le père est natif de Brasparts et la mère originaire de Plounéour-Ménez, tient à valoriser son terroir. « J’ai un sabot de chaque côté de la montagne comme dit mon mari ». Et si c’était la clef de la réussite ? *Haute qualité environnementale. Plus d’infos : www.roulottes-des-korrigans.com


MENEHAM, ÉTAPE DES RANDONNEURS « Nos visiteurs sont avant tout à la recherche d’authenticité et de nature préservée », assure Françoise Lyvinec, gérante du gîte d’étape de Meneham à Kerlouan, près de Lesneven. Cet ancien village de paysans, pêcheurs, goémoniers — situé en bord de mer — a été superbement réhabilité par la Communauté de communes du Pays de Lesneven Côtes des Légendes. Les anciennes chaumières accueillent une auberge-bar, 6 ateliers d’artistes, des espaces muséographiques, la maison du site (point d’information) et le gîte d’étape. Ce dernier peut héberger 19 personnes dans 6 chambres. L’une d’entre-elles est équipée de deux lits clos doubles. Meneham est idéalement situé sur le sentier de grande randonnée GR24. Les randonneurs y posent leur sac pour une nuit ou quelques jours. « De Morlaix à Brest, il faut compter une quinzaine de jours de marche. Tout du long, la côte est sauvage. Les paysages changent tous les jours. C’est à pied que l’on découvre le mieux le littoral. » Le gîte est équipé d’une cuisine collective, mais Françoise Lyvinec propose le petit-déjeuner et le dîner. Ces repas sont préparés à base de produits maisons ou biologiques. Le gîte est ouvert toute l’année. Plus d’info : www.gite-meneham.fr ; réservations: 06 43 38 16 03

MOËLAN-SUR-MER LA SECONDE JEUNESSE DE BEG-PORZ Tout à la fois village de vacances, centre nautique et village d’enfants, le « Domaine maritime » de Beg-Porz à Moëlan-sur-Mer, qui appartient à la MSA Alpes du Nord, est un acteur historique du tourisme finistérien à l’impact économique et social remarquable. Créé en 1962 pour lutter contre une maladie endémique dont l’iode était supposé atténuer les effets, Beg-Porz a surfé dès 1969 sur la grande

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LE TOURISME SOCIAL REPRÉSENTE ENCORE 13% DE NOTRE ACTIVITÉ

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EN NOMBRE DE JOURNÉES

vague des classes de mer. Quarante ans plus tard, il retrouve un second souffle grâce à des investissements importants : piscine couverte et chauffée, réaménagement des hébergements enfants (réfectoire, chambres, sanitaires), salle d’animation, construction de 4 gîtes, logements pour le personnel, espace administratif… Ces travaux, d’un coût total

de 6,5 millions d’euros, ont remis Beg-Porz en phase avec son temps, aussi bien pour ce qui concerne l’aspect normatif que pour ce qui relève des attentes des publics. Leur effet dynamisant en termes de fréquentation s’est manifesté immédiatement : +3% en 2007-2008, saison de livraison de la première tranche ; +20,4% en 2008-2009 ; +11,2% en 2009-2010 ; +12,43% en 2010-2011 ! Avec à la clé 22 équivalents temps plein à l’année et un effectif de 39 personnes du 15 juillet au 15 août. « Notre budget s’élève à 1,6 million d’euros. Nous sous-traitons par ailleurs de nombreuses prestations (excursions, visites de musées, balades en mer…) », souligne le directeur, Jean-Marc Jourdain. L’an dernier, le « Domaine maritime » a comptabilisé 23 000 journées, parmi lesquelles 7 600 pour les classes de mer (21 écoles, 380 classes, un millier d’enfants), 2 500 pour les colonies de vacances et 5 600 pour les groupes. « Le tourisme social représente encore 13% de notre activité en nombre de journées », précise le directeur. Les préoccupations environnementales demeurent également solidement ancrées. Beg Porz détient le label de tourisme durable et responsable « Chouette nature » créé par la fédération de villages de vacances Cap France. Plus d’infos : www.beg-porz.com ; www.chouettenature.com

ENTREPRISES : PLUS DE 250 000 VISITEURS PAR AN ! Le tourisme de découverte économique, autrefois dénommé tourisme industriel, devient une facette à part entière de la culture et des loisirs. Chaque année, plus de 250 000 personnes visitent les entreprises finistériennes. Sensible à l’engouement croissant du public, CCI 29, association des trois chambres de commerce et d’industrie du Finistère (Brest, Morlaix, Quimper), accompagne depuis 1998 la promotion de cette offre touristique. L’opération « Finistère Découverte Economique » a pour principaux objectifs de faire connaître les savoir-faire finistériens, aider les entreprises à professionnaliser leurs visites, mettre en place une politique d’appui logistique (conseil initial, accompagnement de projets d’ouverture au public, promotion). L’édition 2012 du guide « Les entreprises du Finistère vous ouvrent leurs portes », édité par CCI 29, est téléchargeable sur le site www.visitesentreprises29.com. Au sommaire : 85 belles rencontres allant de la dégustation d’algues à la fabrication du pain en passant par la fabrique de sabots.


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ENQUÊTE MARCHÉS FERMIERS

LA QUALITÉ EN DIRECT u’ils soient à la ferme, de producteurs, ou en plein vent, les marchés ont la cote ! Ils offrent durant la période estivale de nombreuses occasions de se procurer des aliments frais, savoureux et riches en vitamines, de rencontrer des producteurs pouvant expliquer leur métier, leurs produits. Le Réseau « Bienvenue à la Ferme » regroupe des agriculteurs accueillant du public : hébergement, loisirs ou vente directe de produits fermiers. II aide des membres de l’association à regrouper au moins 10 exposants, producteurs fermiers en majorité, pour que se tiennent tout l’été des marchés hebdomadaires dans des fermes du département. « Les marchés sont l’occasion pour les visiteurs de rencontrer des producteurs qui veulent partager leurs valeurs. Les marchés Solène Larzul* élève des chèvres à Elliant. En juin dernier, elle organisait un petit déjeuner bio à la ferme. sont toujours l’occasion de visiter les fermes qui les accueillent », explique Claire Le Floc’h, animatrice du Réseau à la Chambre d’agriculture du fonctionne toute l'année depuis 7 ans, mais le nombre d'exLa dynamique de vente Finistère. Ainsi, un marché posants va tripler durant quelques semaines ! Même si directe semble installée, car se tient à Tréglonou LES MARCHÉS SONT rien n'est jamais définitivement gagné, les marchés à la ferme entre Pleuven et la mer, l'un depuis une dizaine d’anL’OCCASION POUR s'installent dans le paysage estival, comme des invitations des nombreux campings de nées, un autre à Briec au voyage et aux rencontres, sans dépenser trop d'énerFouesnant accueille dorépour la deuxième fois, et LES VISITEURS DE RENCONTRER gie fossile mais en faisant le plein d'une bonne énergie navant tous les vendredis un troisième démarre à DES PRODUCTEURS QUI humaine et chaleureuse... à prolonger en dégustant ses une demi-douzaine de marRiec-sur-Belon. emplettes ! chands dont plusieurs agri« Les gens qui vienVEULENT PARTAGER *Réseau « Bienvenue à la ferme» : 02 98 52 49 06 culteurs. « Notre objectif est nent sont surtout des LEURS VALEURS www.bretagnealaferme.com de dynamiser la pointe de locaux, certains sont en *Camping de Penhoat, Fouesnant : 02 98 56 51 89 Mousterlin, et cela fonctionne visite dans leur famille. La Marché le Vendredi soir plutôt bien », se réjouit Monprésence de véritables *Ferme de Ty Allain, Scaër : 02 98 57 67 35 sieur Caradec, gérant du touristes dépend vraiment Marché le Mercredi soir camping de Penhoat. « Il y a de plus en plus de monde, non de la météo ! Les gens qui viennent en voisins sont intéressés seulement nos campeurs, mais des locaux, des voisins. » par la découverte de la ferme qu'ils ne connaissent souvent *Solène Larzul, fromage de chèvre fermier, Kernevez A la ferme de Ty Allain à Scaër, l'arrivée de l'été annonce pas. Des animations sont aussi proposées tout l’été », précise Lorvillon, 29370 Elliant. Vente à la ferme : 02 98 94 13 08 aussi une forte pointe d'activité. Ici le marché à la ferme Claire Le Floc’h.

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COURT-CIRCUIT EN PAYS DE BREST : VIVIFIER DES LIENS DE QUALITÉ ET DE PROXIMITÉ ! Pour promouvoir une économie de proximité sociale, solidaire, conviviale, écologique et démocratique, Court-circuit en Pays de Brest vient d'éclore. L'association propose d'ores et déjà des paniers d'aliments bios et locaux, que les abonnés viennent chercher chaque semaine au point de rencontre de leur quartier. En plus d'une base de fruits et légumes de saison, chacun peut commander du pain, des œufs, produits laitiers, jus, confitures, viandes... Pour faciliter encore l'accès à cette alimentation de qualité, les étudiants et personnes à faibles revenus peuvent bénéficier de tarifs réduits. Producteurs, consommateurs et partenaires fourmillent d'idées à développer pour favoriser les liens ville-campagne : visites de fermes, ateliers de cuisine, activités enfants, sorties botaniques, repas de quartier... Autant d'occasions de multiplier du même coup entre habitant(es) d'un même quartier des liens de qualité... et de proximité ! Contact : O6-98-76-18-17 ou court.circuit.ess@gmail.com

TABLE LOCALE EN PAYS BIGOUDEN A Plozevet, les convives qui profitent des plaisirs de leur table d'hôte ne le savent pas forcément, mais Yann et Évelyne Bourdic font d'eux des Locavores. Des quoi ? Le concept de « locavore » nous vient d'Outre-Atlantique où un nombre croissant de personnes essaie de manger plus local, en achetant des aliments produits par exemple dans un rayon de 100 miles (150 km environ). A Lesneut cela fait une douzaine d'années que la cuisine ravit les gourmets tout en étant à base de produits des environs. « L'essentiel de la carte vient des poissonniers de Pouldreuzic et Pluguffan, qui se fournissent à Concarneau ou au Guilvinec, en lieus, maquereaux, sardines, lottes, merlus, sans oublier crabes et langoustines, surtout de petite pêche côtière. La charcuterie vient de Plouhinec, les légumes d'Ergué-Gaberic, quand ils ne sont pas du potager », précise Yann. Car le couple n'a pas la main verte seulement pour les fleurs ! Ils sont autonomes en oignons, poireaux, salades, artichauts, tomates et

potimarrons, en confitures de rhubarbes, pêches, pommes et prunes, en jus de pommes et même certaines années en cidre ! Ils servent en apéritif leurs vins arrangés savoureusement à base de fleurs, feuilles ou fruits du verger. « Pour garder saveurs et nutriments à ces produits d'une rare qualité, la cuisson vapeur ou à l'étouffée sont privilégiées, agrémentées d'un filet d'huile d'olive ou d'une pluie de copeaux d'algues », explique Evelyne. Respect des hôtes et respect de la terre allant de pair, les vins, céréales, pain, fruits, légumes et viandes sont bios. « Notre démarche n'est en rien synonyme de fermeture au monde. Nos chambres et table d'hôtes furent les pionnières de l'accessibilité via internet, peut-être que demain manger local semblera aussi évident que surfer sur la toile pour préparer ses vacances ! » concluent-ils. Chiche ! Contact : « Le vent solaire » à Plozevet 02 98 54 34 33 ou www.bretagne-vacance.com


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ENQUÊTE Raymond Quentric est le premier greeter de Brest, qui en compte aujourd’hui une dizaine. D’origine anglaise, le mot greeter se traduit par hôte ou personne qui accueille. Car le principe est simple et gratuit : il s’agit de visiter la ville guidé par un habitant passionné et volontaire.

BREST RACONTÉE PAR LES GREETERS En 2010, Marc Doria, directeur de l’office de tourisme de Brest métropole océane, s’intéresse vivement à ce concept déjà en place aux Etats-Unis. De son côté, Raymond Quentric avait préalablement manifesté sa volonté d’être guide amateur pour la ville. C’est ainsi que Raymond s’est retrouvé premier greeter à transmettre son enthousiasme et ses connaissances historiques aux touristes de passage ou aux Brestois curieux d’en savoir plus. Le regard de ces guides bénévoles est complémentaire des guides professionnels : « C’est une autre approche basée sur l’échange, insiste Raymond, les greeters ont leur spécialité et un rapport particulier avec la ville. Nous ne prenons que des petits groupes de maximum six personnes, pour des déambulations d’environ deux heures ». Montrer ce qui ne se voit pas Sa spécialité, c’est l’histoire. Il aime restituer l’épaisseur historique que la ville n’a pas au premier coup d’œil. Montrer ce qui ne se voit pas, multiplier les passerelles entre hier, aujourd’hui et demain sont les motivations qui animent ce jeune retraité des télécommunications. Saviez-vous qu’en 1600 Brest ne comptait que 400 habitants entre le château et les quelques maisons autour ? Mais qu’en 1789 nous en étions à 30 000 habitants ? La ville a explosé démogra-

remparts. En 1865, lorsque la Marine a fermé la Penfeld, la ville a perdu son centre et s’est retrouvée à la recherche d’un cœur de ville jusqu’à aujourd’hui. Comprendre l’histoire de la ville est la clé pour comprendre son avenir ». Histoire, culture ou nature Les questions des visiteurs guident les pas et les explications des greeters. C’est une rencontre conviviale où chacun apporte à l’autre. Les greeters sont complètement bénévoles et adhèrent à une charte d’éthique. C’est le troisième été qu’ils s’apprêtent à vivre en tant qu’hôtes de la ville. A Paris, Nantes ou Marseille, le système a été instauré depuis plus longtemps. D’autres greeters ont des sensibilités plus culturelles ou associées au patrimoine naturel : une richesse dont il faut s’emparer dès cet été, que l’on soit d’ici ou d’ailleurs !

phiquement à partir de la construction du port de guerre. « Au XVIIe siècle, Brest est une création d’Etat, une colonie française dans un pays bretonnant, longtemps étrangère à son milieu. Elle n’avait pas d’arrière-pays, corsetée dans ses

SEMAINES DU PETIT CABOTAGE S’il y a des zones de navigation où certains plaisanciers n’osent pas s’aventurer, les semaines du petit cabotage sont faites pour eux ! Basés sur des sorties en flottille au plus près des côtes et en toute sécurité, ces circuits s’adressent à tous. Les semaines du petit cabotage, c’est l’art d’allier nautisme, tourisme, culture et terroir. Il n’est pas indispensable de posséder un bateau pour s’inscrire : la bourse aux équipiers, les places embarquées ou la location via le site Internet des organisateurs permet à tout un chacun de participer. Pendant les deux mois d’été, les côtes finistériennes sont écumées jusque dans leurs moindres recoins ! C’est l’occasion de découvrir des mouillages

insoupçonnés, d’être au contact d’une nature sauvage, de bénéficier d’une organisation rodée par les associations de plaisanciers et les structures nautiques et de profiter des animations proposées par les pays touristiques. Programme 2012 22-27 juillet : Baie de Morlaix 29 juillet, 3 août : Abers et Côtes des légendes 5-10 août : Rade de Brest 12-17 août : Iroise sud 19-24 août : Cornouaille Infos et inscriptions : www.semainedupetitcabotage.com. Nautisme en Finistère, tél. : 02 98 76 21 31.

COUCHSURFING, OU L’ART DE TROUVER UN CANAPÉ POUR LA NUIT ! Le concept vient des Etats-Unis et se traduit par l’idée de passer d’un canapé à l’autre ! Ou comment voyager à moindre coût en bénéficiant de l’accueil d’un hôte. Les membres s’inscrivent sur le site et échangent sur leurs centres d’intérêt pour caler les modalités du séjour avant de se rencontrer. Les objectifs sont de rapprocher les personnes et les lieux dans

le monde, créer des échanges de savoir, élever la conscience collective, diffuser la tolérance et faciliter la compréhension interculturelle, selon les termes des créateurs. Vaste programme pour un canapé ! A découvrir plus amplement sur le site www.couchsurfing.org proposé en anglais et traduisible dans de nombreuses langues.

Pratique : renseignements à l’office du tourisme de BMO, place de la liberté à Brest. A savoir : une greeter propose des visites autour du Conquet. Tél. : 02 98 44 24 96. Site : www.brest-metropole-tourisme.fr. Pour en savoir plus sur le réseau international des greeters : www.globalgreeternetwork.info


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ENQUÊTE LA CLEF DE VOÛTE DES ÎLES DU PONANT... out à l’ouest, au-delà du trait de côte facétieux, quinze îles sont habitées en permanence. Côté Manche ou Atlantique, elles sont regroupées en association : ce sont les îles du Ponant. Des îles Chausey à l’île d’Aix, l’association veille à maintenir des populations actives depuis 1971. Le tourisme durable est devenu la clef de voûte du dynamisme économique des îles. Les visiteurs de l’île d’Ouessant savent bien qu’il faut s’échauffer les mollets avant d’arriver sur l’île… mais en plus de limiter les véhicules, l’association des îles du Ponant mène une campagne d’affichage sur les éco-gestes pour sensibiliser les vacanciers. « Cela devient rare de trouver

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des macro-déchets laissés par les visiteurs, c’est plutôt la mer qui les ramène à la côte, mais les élus des différentes îles soulignent le problème des mégots et chewing-gums », détaille Emilie Gauter, chargée de mission énergie et déchets au sein de l’association. La campagne s’accompagne d’une vente de cendriers de poche à 1 euro, proposés à bord des bateaux de la compagnie Penn Ar Bed et soutenue par l’office du tourisme d’Ouessant et le musée des phares et balises. Après la saison, une autre démarche va reprendre son cours : des sessions d’informations sur la gestion de l’énergie, à destination des acteurs du tourisme, organisées sur

chacune des îles. Le but est d’aborder les questions et solutions les plus simples en matière d’énergie. Des audits énergétiques permettent ensuite d’approfondir et de réaliser du sur-mesure, d’où la commande groupée d’audits pour obtenir de meilleurs tarifs auprès des bureaux d’étude. Enfin à Ouessant une réflexion est menée autour de la filière bois-énergie. Un terrain communal de trois hectares est pressenti pour introduire des espèces spécifiques sans perturber l’environnement. Une étude menée avec les conseils avisés de l’ONF. www.iles-du-ponant.com

Du 17 au 21 août les amoureux de littérature ont rendez-vous à Ouessant, et aux Caraïbes, archipel retenu pour thème de la 14e édition du salon international du livre insulaire. Créé en 1999, le salon ouessantin ne connaît pas la crise ! Rencontre avec sa fondatrice Isabelle Le Bal.

« OUESSANT, PHARE DU LIVRE INSULAIRE » Le salon a-t-il toujours accueilli des écrivains du monde entier ? Oui ! Dès la 1ere édition le succès a été immédiat. Il y avait une forte attente des éditeurs et écrivains, et un besoin de reconnaissance de la richesse des talents éparpillés dans toutes ces îles. Le salon a été le premier lieu où se rencontrer. Encore aujourd’hui il n’y a pas d’autre endroit où les éditeurs insulaires se retrouvent, et ils viennent du monde entier. Combien de prix littéraires décernez vous ? Le salon s’accompagne de l’attribution du prix du livre insulaire. Il récompense huit catégories éditoriales : grand prix des îles du Ponant, beaux livres, fiction, roman policier, poésie, littérature jeunesse, sciences, essai. Les prix sont décernés aux auteurs pour des ouvrages récents. En amont, le travail est très important, notamment en matière de veille littéraire. Concrètement le salon est tenu par 80 bénévoles actifs. Le comité éditorial travaille toute l’année pour le salon, soit une quinzaine de personnes sur la brèche ! Quelles animations cette année ? Des conférences seront organisées sur les écrivains des îles Caraïbes ; Jean Guichard exposera ses photographies de phares de Bretagne et des îles ; Françoise Even présentera une exposition sur Haïti. Enfin, André Savignon, l’auteur des « Filles de la pluie » est à l’honneur. Il a obtenu le prix Goncourt en 1912 pour cette œuvre sous-titrée « scènes de la vie

Isabelle Le Bal, fondatrice du Salon du livre insulaire

Le phare de la Jument, photographié par Jean Guichard. Une exposition de ses photos est à découvrir à la Maison du livre insulaire.

ouessantine ». Nous proposons aussi une expo hommage à Joseph Zobel, écrivain martiniquais récompensé en 2002 par le grand prix du livre insulaire. Mais CALI*, ce n’est pas que le salon du livre insulaire ! Depuis 2007, c’est aussi une revue semestrielle de 144 pages, l’Archipel des Lettres, consacrée à la littérature insulaire. En 2009, nous avons lancé la résidence des écrivains. Nous accueillons pendant 4 mois des écrivains, libres de création. Karine Huet sera la prochaine à poser ses valises au Créac’h. Cette année nous avons transformé l’ancien cabinet médical en bibliothèque spécialisée sur les îles. Les quelque 1 500 ouvrages collectés en quatorze ans forment un fonds

exceptionnel enfin ouvert au public. Maintenant nous aimerions concrétiser le projet de bibliothèque numérique, et poursuivre ainsi la mise en réseau des insulaires, tout en assurant la promotion de nos activités. Ile littéraire, Ouessant doit rester le phare du livre insulaire.

*Contact : Association CALI (Culture, Arts et Lettres des Iles). BP 10 29242 Ouessant. Tél. : 06 81 85 41 71. Email : salon@livre-insulaire.fr. Site : www.livre-insulaire.fr RDV sur www.en-liens.fr pour découvrir « l’Archipel des lettres », la revue de la littérature insulaire.


www.photogpo.com

LE PAYSAGE AU CŒUR DE L’ATTRACTIVITÉ DU TERRITOIRE

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Le Parc Naturel Régional d’Armorique (PNRA) — 44 communes adhérentes, 61 000 habitants, 125 000 hectares — préserve et met en valeur le patrimoine naturel, culturel et paysager. entreprise a montré ses qualités », souligne Eric Berthou, chargé de mission tourisme. Le développement continu de l’offre touristique repose en grande partie sur la vitalité du tissu associatif. Le réseau propose des expositions, permanentes ou temporaires, et des animations gratuites (52 l’an dernier) présentées par des bénévoles. Le Parc a élargi sa gamme de produits « découvertes » labellisés par la fédé-

POINTE DU RAZ, 850 000 VISITEURS PAR AN

Labellisé Grand Site de France par le ministère de l’écologie en 2004, la pointe du Raz est une preuve qu’il est possible de concilier protection de l’environnement et accueil touristique.

Restaurer la qualité des paysages et des sols, gérer la fréquentation touristique, intégrer une zone commerciale profitable à l’économie locale… tout cela n’a pas été une mince affaire ! Le constat des dégradations était lourd, la pointe du Raz est très visitée depuis la fin du XIXe siècle. Il a fallu démolir les parkings et les bâtiments construits après-guerre, organiser les cheminements, reconstituer le couvert végétal et reporter l’espace d’accueil 800 mètres en retrait du site naturel. Pour retrouver la biodiversité du site, plusieurs méthodes de revégétalisation ont été expérimentées dès 1992. Aujourd’hui 7 km de sentiers confortables jalonnent l’espace et une navette au gaz naturel assure le transfert des personnes à mobilité réduite, en priorité. Le budget de fonctionnement de 530 000 euros provient essentiellement de la gestion du parking payant. Chaque année la pointe accueille quelques 850 000 visiteurs. Maison du site de la Pointe du Raz et du Cap Sizun à Plogoff. Tél. : 02 98 70 67 18. Site : www.pointeduraz.com

ration nationale des parcs naturels. C’est dans cet état d’esprit que sont nés les gîtes Pandas. L’approche cartographique des nouveaux guides offre pour sa part une perception instantanée des balades et visites envisageables. Le programme des chantiers en cours est copieux : signalétique des grands sites naturels, échanges entre citadins et ruraux, charte européenne du tourisme durable… « La richesse du Parc, c’est cette biodiversité naturelle et culturelle pour laquelle les habitants s’impliquent », conclut Eric Berthou. « Et sans elle, pas de tourisme ! ». *Le Parc Naturel Régional d’Armorique fut le second PNR créé en France. Il en existe aujourd’hui 48. Maison du parc, 15 Place aux Foires 29590 Le Faou Tel. : 02 98 81 90 08 ; Email : contact@pnr-armorique.fr ; Site : www.pnr-armorique.fr RDV sur le site www.en-liens.fr pour découvrir le programme estival des animations du PNRA.

Ouvrons grand nos yeux sur la flore finistérienne…

les bruyères

Photo CBN de Brest - Loïc Ruellan

réé en 1969*, le PNRA se compose de quatre territoires : les îles de la mer d’Iroise, la Presqu’île de Crozon, l’Aulne maritime et les monts d’Arrée. Il a pour missions de préserver et valoriser le patrimoine naturel et culturel ; contribuer à l’aménagement du territoire, au développement économique, social, culturel et à la qualité de la vie ; assurer l’accueil, l’éducation et l’information du public ; réaliser des actions expérimentales et exemplaires et contribuer à des programmes de recherche. Le PNRA a placé le paysage, fil conducteur de sa Charte 2009-2021, au cœur de son projet de territoire. Il est géré par un syndicat mixte où sont représentés le Conseil régional, le Conseil général, les 44 communes adhérentes, les 8 intercommunalités et les 4 villes-portes (Brest, Châteauneuf-du-Faou, Landivisiau, Carhaix). Pluridisciplinaire, l’équipe est composée d’une cinquantaine d’agents techniques, administratifs et chargés de mission. Le parc est jalonné d’équipements variés et complémentaires (dont la liste est consultable sur le site www.pnrarmorique.fr) qui favorisent une meilleure compréhension des ressources et beautés du territoire. En l’espèce, « la micro-

Résultant en partie d’un environnement façonné par l’homme depuis des milliers d’années, les landes sont des milieux emblématiques du Finistère et constituent un refuge pour de nombreux animaux. Au printemps et en été, du littoral jusqu’aux Monts d’Arrée, elles se colorent de rose et de violet. Ce sont les bruyères (du genre Erica) et la Callune commune qui illuminent le paysage avec leurs fleurs en forme de grappes. Ces petits arbrisseaux s’installent de préférence sur des sols pauvres et acides. Dans le Finistère, il y a trois espèces et chacune d’entre elles caractérise un type de landes différent : la Bruyère cendrée pour les landes sèches, la Bruyère ciliée pour les landes moyennement humides et la Bruyère à quatreangles pour les landes humides.

Contribution du Conservatoire Botanique National de Brest Site : www.cbnbrest.fr


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ENQUÊTE TOURISME ET HANDICAP : SUR LA BONNE VOIE Le label Tourisme & Handicap valorise les équipements touristiques qui ont développé des prestations en faveur de l'accessibilité. Même si élus locaux et professionnels du tourisme ont pris conscience « de la nécessité de promouvoir l’accueil et l’offre adaptée aux personnes handicapées », comme le rappelle Thierry Duval, président de l’Association des paralysés de France du Finistère, ils effectuent souvent les travaux de conformité sans passer par la phase de labellisation. Ainsi en Finistère, seuls 8 offices de tourisme,

29 gîtes, 4 hôtels, 2 campings et 4 structures de loisirs sont estampillés « Tourisme et handicap ». Les sites et établissements touristiques bien que parfois accessibles, manquent de visibilité pour la clientèle handicapée qui appréhende de partir en vacances. Le taux de départ en vacances des personnes en situation de handicap est ainsi relativement faible puisqu'il leur est difficile de trouver une réponse satisfaisante en termes d’ accessibilité des hébergements, des équipements de loisirs, des transports… « Créer

une chaîne d’accessibilité sur un territoire n’est pas forcément aisé pour une collectivité car elle ne dispose pas de tous les domaines de compétences », souligne Jean-Marc Tanguy, conseiller municipal à Quimper, en charge de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. « Même si le Finistère est sur la bonne voie, le chemin à parcourir pour garantir une offre touristique complète reste encore long », conclut Thierry Duval.

Photo ADDES

LA CULTURE POUR TOUS

Grâce aux joëlettes, les Monts d’Arrée deviennent accessibles.

LA NATURE SANS EXCLUSION Emprunter des sentiers de randonnées pour découvrir la biodiversité finistérienne n’est plus réservé aux seuls marcheurs valides. Le département est pourvu de 11 sites et itinéraires accessibles aux personnes en situation de handicap moteur, leur permettant ainsi de découvrir la nature en toute autonomie. Le

ADDES** qui propose à tous les publics des randonnées thématiques de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, dans les Monts d’Arrée. « Notre esprit de solidarité nous a conduit à accueillir des personnes en situation de handicap mental, psychique, moteur, des myopathes, des personnes âgées… », commente le président Fanch Olivier. Les personnes à mobilité réduite peuvent participer aux randonnées grâce à l’utilisation de joëlettes, fauteuils mono-roue tous terrains NOTRE ESPRIT DE SOLIDARITÉ NOUS manœuvrés par deux personnes valides. « Nous pouvons compter sur l’implication de 90 volontaires domiciliés sur A CONDUIT À ACCUEILLIR DES le Finistère qui interviennent à la demande et selon leurs PERSONNES EN SITUATION DE disponibilités. » Ces joëlettes sont utilisées lors d'évènements festifs tels que les Vieilles charrues, le Festival HANDICAP MENTAL, PSYCHIQUE, du bout du monde, les fêtes maritimes de Brest et mises MOTEUR, DES MYOPATHES, DES à disposition de tous ceux qui le souhaitent pour une journée, un week-end ou un séjour longue durée dans PERSONNES ÂGÉES… la région. Les personnes malentendantes déjà appareillées, quant à elles, bénéficient d’un matériel d’aide à l’écoute qui intensifient les propos des intervenants. L’ADDES bois du Nevet à Locronan, d’anciennes voies ferrées aménagées, accueille ainsi de 200 à 300 personnes en situation de handides voies vertes réhabilitées* offrent un choix de promenades cap par an pour un total d’environ 1 800 heures de bénévolat. variées aux personnes à mobilité réduite. * Liste des sites départementaux accessibles : http://www.finisPour goûter à l’égal des autres aux plaisirs de la randonnée, tere-accessible.com/accueil/activites/randonnees-libres.htm des visites accompagnées sont également organisées par l’Of** Réservation auprès de l’association ADDES au 02 98 99 66 fice de Tourisme de Fouesnant-Les Glénan ainsi que l’association 58 et consultation du programme de l’été sur www.arree-randos.com

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Les musées finistériens auraient-ils pris du retard dans la mise en conformité de leur équipement pour accueillir le public en situation de handicap ? Seuls 4 musées bénéficient du label Tourisme et handicap sur l’ensemble du territoire : l’écomusée de la métairie de Plouigneau, le marinarium de Concarneau, le musée des goémoniers et de l’algue de Plouguerneau et Océanopolis à Brest. Ce faible chiffre ne reflète pourtant pas la réalité. Même s’ils ne répondent pas à tous les critères d’éligibilité au label, de nombreux musées du département assurent une circulation adaptée au sein de leur établissement, mettent à disposition des boucles magnétiques et autres systèmes auditifs individuels, proposent des visites guidées et des animations spécifiques en fonction du type de handicap. Donneurs de voix Le musée des Beaux-arts de Quimper, accessible en fauteuil roulant, a conçu des outils pédagogiques pour accompagner les publics en situation de handicap lors de leur visite. « Nous disposons d’une myriade d’outils thématiques (boîte de manipulation, silhouettes en négatif, plaque tactile de costumes…) qui rendent nos collections plus accessibles à tous les publics, qu’ils soient des enfants, des visiteurs handicapés moteur, visuel, auditif ou mental , indique Fabienne Ruellan, médiatrice culturelle de musée. Les guides utilisent ce matériel qui sollicite les sens, lors des visites de groupes en situation de handicap. La fréquentation de ce public spécifique progresse chaque année ce qui nous incite à perfectionner sans cesse nos outils. » Pour les particuliers, le musée propose des descriptions sonores de trois œuvres majeures de l’école de Pont-Aven réalisées en collaboration avec l’association des Donneurs de voix*, des puzzles de tableaux, un plan aux couleurs contrastées pour faciliter le repérage des salles. Un projet tutoré mené par des élèves de l’IUT de Quimper sur le thème d’un Musée accessible à tous et deux diagnostics conduits par l’agence de développement Quimper Cornouaille ont permis au musée d’avancer dans sa démarche de labellisation. * Descriptions sonores téléchargeables à l’adresse : http://www.mbaq.fr/accessibilite-handicap/


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ENQUÊTE AU FIL DE L’EAU Les 1250 km de littoral du Finistère, ses nombreux cours d’eau, rivières et lacs sont des atouts touristiques appréciés des vacanciers et de plus en plus des visiteurs en situation de handicap. Moulin Mer. Les centres nautiques* ont développé une gamme de sorties nautiques adaptées aux publics handicapés. Le centre nautique de Moulin mer situé à Logonna-Daoulas propose par exemple des excursions en barge motorisée pouvant accueillir jusqu’à 8 personnes en fauteuils roulants et des initiations à la navigation sur des goélettes aménagées. Plages. Une vingtaine de plages en Finistère sont accessibles aujourd’hui aux personnes à mobilité réduite grâce à l’utilisation de tiralo ou d’hippocampe, fauteuils spécialement conçus pour rouler sur le sable et faciliter la baignade. Ces deux équipements sont disponibles auprès des maîtres nageurs des postes de secours, des points Passion Plage ou en appelant au préalable les Offices de tourisme. 6 piscines du département ont réalisé des aménagements pour accueillir tous les publics dans des conditions optimales. Même s’ils ne bénéficient pas encore du label « Tourisme et handicap », ces établissements restent accessibles au plus grand nombre. Canal de Nantes à Brest. Les amateurs de pêche ne sont pas en reste. Une quarantaine de postes de pêche accessibles à tous sont installés le long du canal de Nantes à Brest dans des zones poissonneuses. « Les pêcheurs à mobilité réduite ou valides utilisent les mêmes équipements pour partager leur passion, explique Christophe Hériaud, directeur du Smatah**. Cette mixité encourage le changement de regard porté sur le handicap et les aménagements apportent un maximum de confort à tous les usagers du canal. » En plus de ces postes de pêche, les personnes à mobilité réduite peuvent profiter d’aires de pique-nique et de toilettes adaptées, accéder aux informations thématiques des centres d’interprétation qui s’égrainent le long du canal. « Toutes nos réflexions sont menées sous le prisme de l’accessibilité, poursuit Christophe Hériaud. Nos équipes et notre chantier d’insertion s’investissent dans cette démarche valorisante et utile pour tous. » * Liste des plages, centres nautiques, postes de pêche, piscines accessibles sur : http://www.finistereaccessible.com/accueil/activites /activites.htm ** SMATAH : syndicat mixte d’aménagement touristique de l’Aulne et de l’Hyères. www.smatah.fr

FOUESNANT PRÉCURSEUR AVEC LULU Depuis 2005, la Communauté de communes du Pays fouesnantais et l’Office de tourisme se sont engagés dans une politique d’accessibilité. Lucienne Moisan, «Lulu», en fut le chef d’orchestre. « C’est un travail collectif, les élus, les techniciens, les associations de handicapés ont tous apporté leur pierre à l’édifice en proposant des solutions de bon sens. » Après 7 ans d’expériences, elle est fière du travail accompli. 1 000 techniciens et élus du Grand ouest ont déjà fait le déplacement pour visiter les aménagements réalisés sur le sentier de Penfoulic, la Maison des Marais, la Vasière, l’Office de tourisme. À l’exception de la vasière, les autres sites affichent le label Tourisme et Handicap pour les 4 handicaps. « La mise en conformité profite à tous, explique Lulu. Les seniors, les parents avec poussette trouvent un grand confort dans ces aménagements entretenus constamment par une équipe de travailleurs handicapés mentaux. » Les visites guidées qu’elle anime, rassemblent un public varié. « Quel bonheur de faire découvrir aux personnes qui restent souvent à la porte des espaces naturels, la flore locale, le chant d’un oiseau, la sensation d’une plume ou d’une feuille sur la peau ! Ces moments de partage sont d’une grande richesse pour tous les participants. Il n’est pas rare que les balades se terminent en embrassade, les barrières de part et d’autre ayant été brisées le temps d’une sortie en pleine nature. » Plus d’info : http://www.tourisme-fouesnant.fr/Tourisme-et-handicap-

Photo office de tourisme de Fouesnant

RÉGATIERS VALIDES ET HANDICAPÉS SUR LA LIGNE DE DÉPART Du 27 au 31 août 2012, Port-La-Forêt accueille le Championnat de France Handivalide Miniji. Pendant les 4 jours que dure la compétition, 80 régatiers valides et handicapés vont s’affronter sur l’eau dans les mêmes conditions de navigation, à bord d’une flotille de miniji, des quillards de sport monoplace réputés inchavirables, insubmersibles et très maniables. « Ces événements spor-

tifs mixtes sensibilisent les valides aux problèmes rencontrés par les personnes en situation de handicap. Ce changement de regard porté sur les personnes handicapées favorise le mieux vivre ensemble », souligne Vincent Mazure qui assure le suivi technique de la course pour l’organisme Nautisme en Finistère. Plus d’info sur www.france2012.asprominiji.org

LES ABERS, TERRITOIRE ACCESSIBLE Dans le cadre de l'appel à projets lancé par le Conseil Régional de Bretagne pour le développement de l’offre « Tourisme et Handicap » et la construction d’une chaîne d’accessibilité, les collectivités finistériennes ont amorcé une réflexion avec les différents acteurs de leur territoire pour aller au-delà des critères d’application de la loi du 11 février 2005. C’est le cas de la Communauté de Communes du Pays des Abers (CCPA) qui s’est lancée dans une démarche d’accessibilité de ses sites et infrastructures touristiques en vue de proposer une offre touristique globale pour les personnes en situation de handicap. Une première étape a été franchie avec l’acquisition de matériels facilitant l’information, l’accueil et l’accompagnement de

ces publics sur les sites et les équipements touristiques. « Pour les déficients auditifs, une mallette contenant des émetteurs et des récepteurs ainsi qu’une boucle magnétique portative améliorent l’audition lors de visites commentées ou de spectacles. Les déficients visuels peuvent quant à eux, imprimer des brochures en braille et bénéficier d’ordinateurs munis d’un logiciel de synthèse vocale qui retranscrit oralement le contenu de documents écrits », indique Viviane Le Gall, directrice de l’Office de Tourisme des Abers. Ce matériel est mis à la disposition de tous ceux qui en font la demande auprès de l’Office de Tourisme. Stéphanie Lalet, directrice de l’Écomusée de Plouguerneau, situé sur le territoire de la CCPA, en a fait

l’expérience en imprimant des livrets en braille destinés au public non-voyant. Des cartes en relief, des audio-guides s’ajoutent au dispositif qui sera déployé dans le musée des Goémoniers et de l’Algue dès le mois de juillet. « Nous avons déjà obtenu la labellisation « Tourisme et Handicap » pour la surdité et le handicap mental. Nous mettons actuellement en conformité nos expositions et les abords du musée pour accueillir le public non-voyant et décrocher un 3e label, poursuit la directrice. Il est important pour nous que tous les publics puissent avoir accès librement aux ressources et services du musée. » Plus d’info : www.ecomusee-plouguerneau.com


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CULTURE Créé en 2005, le Collectif des festivals engagés pour le développement durable et solidaire en Bretagne rassemble 25 festivals, dont 7 en Finistère : les Vieilles Charrues (Carhaix-Plouguer), Kann al Loar (Landerneau), les Fêtes Maritimes de Douarnenez, Cornouaille (Quimper), Astropolis (Brest), le Bout du Monde (Crozon) et Panoramas (Morlaix).

DES FESTIVALS SOCIALEMENT ÉQUITABLES

«

Photo Samuel Jouon / Festival du Bout du Monde

a production d’un festival se confronte à tous les problèmes d’aujourd’hui : transports, gestions de sites, sécurité des publics, santé et prévention des risques, tourisme, emploi et formation, production de nuisances, politiques d’achat », souligne sa Charte. « Les festivals pensent que ces manifestations culturelles peuvent être dans un avenir raisonnable écologiquement vivables, socialement équitables et économiquement viables ». Chaque festival s’engage sur un plan d’actions. La démarche repose également sur le travail en commun : échanges d’expériences et de savoirs, diffusion d’informations... Le partage autour de problématiques communes permet de conduire des expérimentations concrètes en matière de transports collectifs, politique tarifaire, gestion des déchets,

«L

TRANSPORTS COLLECTIFS, POLITIQUE TARIFAIRE, GESTION DES DÉCHETS, ALIMENTATION BIO,

...

MAÎTRISE DE L’ÉNERGIE...

sonnes handicapées. « La Charte sera actualisée cette année avec la volonté de valoriser les actions sociales et culturelles, notamment en termes d’accessibilité », précise Emilie Cherbonnel, coordinatrice du Collectif. « Un dispositif d’accompagnement a été mis en œuvre. Nous espérons finaliser prochainement un référentiel d’évaluation ».

alimentation bio, maîtrise de l’énergie... Dans le cadre d’une convention pluriannuelle, le Collectif a perçu en 2011 une subvention de 50 000 euros de la part du Conseil régional*. L’an dernier, le thème prioritaire était les déplacements, principale source d’émission de gaz à effet de serre. Mais la dimension solidaire reste prégnante, notamment via les tarifs préférentiels pour les jeunes ou l’accessibilité des per-

*Le Collectif a bénéficié l’an dernier du soutien du Conseil général du Finistère dans le cadre de l’organisation d’une rencontre-formation. L’ADEME, les trois autres Départements de la Bretagne administrative, Rennes Métropole et la Ville de Rennes se sont également impliqués. Contact : 4 Bis Cours des Alliés à Rennes. Tél : 02 99 31 70 87. Plus d’infos : www.lecollectifdesfestivals.org

PRIORITÉ AU SOCIAL ET À L’ENVIRONNEMENT « Nous travaillons depuis l’origine sur les enjeux de santé publique : drogue, alcool, MST…», rappelle Gildas Rioualen, directeur du festival brestois Astropolis. « Nous sommes un terrain de prévention, et de sensibilisation. L’évènement permet également à des personnes de culture et de génération différentes de se rencontrer sans blocage financier ». Deux tiers des festivaliers utilisent les navettes bibus. Beaucoup viennent et repartent grâce aux TER Bretagne à 12 euros. La limitation de l’impact sur l’environnement, en ville comme au Manoir

Deux engagements exemplaires : Astropolis et le Bout du Monde. de Keroual, figure en haut de l’affiche : toilettes sèches, tri sélectif, gobelets consignés, cendriers de poche… Avec succès. « Les mentalités changent. Le site est cent fois plus propre qu’il y a dix ans. C’est le jour et la nuit ! ».

« 1550 bénévoles sont impliqués via 75 associations partenaires », précise Marie Clavier, chargée de communication du Festival du Bout du Monde en Presqu’île de Crozon. « Nous avons mis en place en 2007 un dispositif de gobelets et pichets consignés ». A long terme, l’objectif est d’exclure totalement les toilettes chimiques et de n’utiliser que les toilettes sèches, déjà présentes dans l’espace scénique et au camping. Dans ce cadre, un partenariat a été initié en 2010 avec la SAUR-VALBÉ (filiale du groupe, spécialisée dans le traitement des

boues d’épuration) qui a pris en charge le compostage des déchets et l’épandage du compost à l’issue des éditions 2010 et 2011. Les résultats d’une étude scientifique réalisée sur ce thème seront présentés sur le site le 4 août. Plus d’infos : www.astropolis.org ; www.festivalduboutdumonde.com ; www.festivalpanoramas.com ; www.vieillescharrues.asso.fr ; www.festival-cornouaille.com ; www.kann-al-loar.com ; www.tempsfete.com


TONNERRES DE BREST

VINGT ANS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE Un demi-million de visiteurs sont attendus aux Tonnerres de Brest 2012 du 13 au 19 juillet. L’équipe d’organisation pilotée par Eric Hussenot a pris à bras le corps la dimension durable de cette fête internationale de la mer et des marins qui célèbre son 20e anniversaire. Photo Marine Nationale

rois mille bénévoles, entre 7 000 et 8 000 membres d’équipage, 3 000 musiciens, des centaines de bateaux de toutes natures et de toutes tailles, c’est ce que doit gérer l’équipe organisatrice des Tonnerres de Brest 2012. « Nous voulons montrer les diversités du monde maritime, celles des hommes, des cultures, des moyens techniques utilisés », explique Eric Hussenot, patron des Tonnerres de Brest 2012. « Pour la France, la mer représente un élément majeur du futur. Nous possédons le deuxième littoral du monde avec ce que cela comporte de ressources biologiques, énergétiques, commerciales, médicales… Nous sommes présents sur tous les océans. Les Tonnerres de Brest 2012 offrent l’occasion de mettre en lumière cette richesse et ce potentiel gigantesques ». L’amour et le respect envers la mer s’accompagne en toute cohérence d’un souci de gérer au mieux la présence à terre d’une foule de passionnés. L’accent a été mis sur l’accès des visiteurs en transports en

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Eric Hussenot pilote Les Tonnerres de Brest. commun. Une convention a été signée avec la SNCF et des accords conclus avec Bibus et les sociétés de cars travaillant pour le Conseil général. Dans le même esprit, des liaisons transrade sont prévues depuis la Presqu’île de Crozon. « Une étude d’impact a été réalisée sur la grande parade Brest-Douarnenez du 19 juillet », ajoute Eric Hussenot. « L’approche développement durable de cet événement revient à concilier des intérêts parfois divergents mais tous aussi importants les uns que les autres, tels que l’environnement, le développement économique ou le social ». Plus d’infos : www.lestonnerresdebrest2012.fr

LE BON PLAN, C’EST LE TRAIN Brest Evénements Nautiques et la SNCF ont signé une convention visant à favoriser l’usage du train et faciliter l’accès du public aux Tonnerres de Brest 2012. Ce partenariat, soutenu par le Conseil régional de Bretagne, a pour effet de renforcer les dessertes sur les axes Morlaix-Brest (30 TER supplémentaires) et Quimper-Brest (24 TER en plus) durant la fête. Un TER spécial reliera également Rennes à Brest le samedi 14 juillet*. De plus, sur présentation d’un billet TGV ou IDTGV valable du 12 au 18 juillet 2012 ayant pour origine ou destination la gare SNCF de Brest, les visiteurs bénéficieront d’une entrée à prix préférentiel pour les Tonnerres de Brest 2012 (10 euros la journée, gratuit pour les moins de 12 ans). *Départ de Rennes à 7h40, arrivée à Brest à 10h15. Au retour : départ de Brest à 21h07, arrivée à Rennes à 23h30. Plus d’infos : www.ter-sncf.com/regions/bretagne/fr

CLAUDE BONNARD, RESPONSABLE DU THÉÂTRE DE LA CORNICHE À MORLAIX

« TROUVER UN JUSTE ÉQUILIBRE ENTRE CIRCUITS COURTS ET OPÉRATIONS DE PRESTIGE » La culture pour tous, c’est une utopie ? Non puisque la culture, c’est ce que l’on vit. Elle peut être sportive, œnologique, d’entreprise… Ceux qui estiment que la culture n’est pas faite pour eux se trompent. La pratique artistique n’est peut-être pas à la portée de tout le monde, mais la culture, elle, constitue un bien commun. Elle n’a rien d’élitiste et peut se limiter aux séries télé, même s’il est dommage de se contenter d’appuyer sur un bouton. Il faut renverser les barrières. Personne n’est responsable, propriétaire, dépositaire de la culture ! Quels sont les principaux atouts du Finistère ? La culture, c’est aussi ce que l’on a vécu : les patrimoines linguistiques, architecturaux, religieux… On ne peut se contenter d’enfermer ces richesses dans des musées où l’on viendrait s’abriter. Pour promouvoir ces richesses, le Finistère a la chance de posséder un tissu associatif très dynamique, y compris dans le

domaine de la valorisation du patrimoine. Des associations se créent régulièrement pour la réhabilitation d’un monument, pour qu’une chapelle sorte de ses ronces… En quoi le Théâtre de la Corniche est-il un acteur du tourisme durable ? Nous nous appuyons sur l’histoire des lieux pour créer des spectacles populaires*. Nous ne cherchons pas à organiser des reconstitutions, à dénicher la photo qui n’existe pas. Notre objectif est de retranscrire, d’une façon subjective, le climat et les enjeux de l’époque. On constate ainsi que les problématiques de délocalisation et de concurrence déloyale, par exemple, existaient déjà il y a fort longtemps. Cela permet de relativiser, de mettre en perspective… Nous travaillons à partir de sources d’inspiration locales, avec des comédiens locaux. Notre bilan carbone est donc égal à zéro !

Les « circuits courts » peuvent-ils suffire ? Il serait souhaitable de trouver un juste équilibre entre les circuits courts culturels et les opérations de prestige, telles que les grands festivals, qui valorisent le territoire au loin. Les deux sont indispensables et complémentaires. L’excellence académique bretonne constitue-t-elle un avantage concurrentiel ? L’éducation ne suffit pas à éveiller l’esprit lorsqu’elle se limite au cadre strict des programmes. Ce n’est pas parce l’on aura appris Molière par cœur que l’on éprouvera l’envie de découvrir autre chose. On peut être un excellent élève sans être un bon spectateur. *Le Théâtre de la Corniche organise tout l’été des visites contées et historiques du Château du Taureau en baie de Morlaix (Programme : www.chateaudutaureau.com) ainsi que les


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L’ETE EN FAMILLE

par Sophie Hanquiez

Ça bouge tout l’été dans les parcs à thèmes ! A vos agendas, c’est le moment de profiter des animations proposées pour les vacances.

S I L O P O N A E OC Pas de répit pour le parc de découvertes des océans brestois : les expos se suivent sans se ressembler, et des nouveautés jalonnent tout le parcours de visite.

Film « 40° sud – nature australe » Depuis le 9 juin dernier, le parc brestois diffuse un nouveau film sur la faune des îles Kerguelen. Projetées sur un écran panoramique courbe de 18 mètres par 3,6 m, des images aériennes, terrestres et sous-marines plongent le spectateur dans l’univers des îles subantarctiques. Expo « voyage abyssal, regards sur l’extrême » Représentant 98% de l’espace où la vie peut se développer, les abysses commencent juste à se dévoiler au monde scientifique. Face aux espèces qui vivent dans l’obscurité, le froid glacial, avec une nourriture rare et une pression très forte : émerveillement garanti ! L’expo est complétée par la présentation du coelacanthe via le portfolio étonnant de Laurent Ballesta. Caisson expérimental « abyssbox » Impossible d’observer des espèces abyssales dans leur milieu naturel ? Les équipes du parc marin ont réussi ce pari : elles présentent des crabes et des crevettes des grandes profondeurs dans un aquarium pressurisé aux conditions d’une profondeur égale à 2 000 m. Nocturne le 18 juillet Ouverture exceptionnelle jusqu’à 22h. Une navette est ensuite proposée pour poursuivre la soirée avec le feu d’artifice des Tonnerres de Brest. Plus d’infos : Tél. : 02 98 34 40 40. Site : www.oceanopolis.com

lis Photo Océanopo

PORT-MUSEE DE DOUARNENEZ Le musée à quai et à flot retrace l’histoire locale et présente les cultures maritimes du monde entier. Des animations sont prévues tout l’été : séances de matelotage, savoir-faire marins artisanaux, traditions orales, archéologie maritime autour de la construction d’une pirogue médiévale... A flot Visite, unique en France, de bateaux à flot : découverte de la cale au pont d’une gabare sablière artisanale, d’une barge à voile et d’un ancien remorqueur britannique, avec images et sons. Des visites guidées sont proposées les vendredis autour du chantier de restauration du caboteur norvégien centenaire AnnaRosa à 11h, et du thonier-langoustier Notre Dame des Vocations à 15h. Des bancs de sardines aux bancs d’usine Animation tous les mardis à 15h autour de la vie des marins et des ouvrières, de l’essor industriel et des luttes sociales. Expos temporaires « Sur les traces de Louis Le Breton » : Douarneniste, chirurgien de marine qui explora l’Océanie, les terres australes et antarctiques à bord de l’Astrolabe de 1837 à 1840. Son magnifique carnet de dessins est présenté pour la première fois au

public. « Fibres marines » : autrefois sources de richesses en Bretagne, le lin et le chanvre font actuellement l’objet de recherches poussées. D’hier à aujourd’hui, regards croisés sur les aspects historiques, botaniques, géographiques, environnementaux, etc. « Douarnenez à l’aube de la grande guerre » : comment se faire une idée de Douarnenez il y a un siècle ? En parcourant cette expo de photos inédites, extraites de la collection d’un amateur éclairé et talentueux, Georges Bertré. « Etranges rochers d’Ouessant » : présentation des dessins de Dominique Le Marois qui révèlent la beauté cachée des géants de granit ouessantins. Plus d’infos : Tél. : 02 98 92 65 20. Site : www.port-musee.org


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L’ETE EN FAMILLE A K I T O I L HA

Le centre de la découverte de la pêche en mer ne pouvait s’ancrer qu’au Guilvinec, premier quartier maritime de France. Décryptage ludique et pédagogique de la pêche.

Expo « le goût du large » A travers le suivi d’une journée de deux pêcheurs professionnels, les visiteurs découvrent la vie d’un matelot de chalutier hauturier et celle d’un patron de pêche côtière. Les panneaux explicatifs sont sous forme de bande-dessinée et plusieurs vidéos ponctuent la visite. Expo « grand-père, raconte-moi la pêche » Toutes les évolutions en 50 ans de pêche grâce au témoignage de Claude, ancien patron de pêche. Les visites sont proposées avec des audio-guides où de curieux personnages s’adressent aux jeunes visiteurs, comme Charlotte la lotte. Carnet pédagogique, coffres à débusquer et mots mystères permettent de repartir avec le diplôme du matelot.

Animations enfants • Atelier petit chef : cuisine avec des produits de la mer, à partir de 6 ans, 1 h 30, 12 euros • Atelier marin pêcheur : découverte des techniques de pêche, 45 mn, 4 euros • Atelier du goût : découverte des différentes espèces vivantes puis dégustation à partir de 6 ans, 1h, 6,10 euros • Chasse au trésor : 2 km de parcours avec balises à dénicher et indices qui mènent au trésor, 2h, enfant 5 euros, adulte 6,60 euros • Découverte de l’estran : découverte des petits poissons, crustacés et coquillages, 2h, enfant 4,60 euros, adulte 6,60 euros • Visites du port, de la criée, du canot SNSM et sorties pêche sont à ajouter au programme. Plus d’infos : Tél. : 02 98 58 28 38. www.haliotika.com Photo Haliotika

CHEMINS DU PATRIMOINE : L’AGENDA MUSICAL DE L’ETE Le programme estival des cinq domaines départementaux fait vivre la musique. • Concert « Ukronia, Eric Marchand » dimanche 19 août. Plus d’infos – Tél. : 02 98 69 93 69. Site : www.cdp29.fr

Abbaye du Relec • Exposition « Ma parole, le Relec au 20e siècle » : l’abbaye cistercienne des Monts d’Arrée propose une exposition où les habitants du Relec racontent leurs histoires. • Festival de musique vocale « Arrée Voce » : Master class, rencontre apéro avec les artistes, concert et spectacle jeune public. Les artistes sont bretons ou viennent d’Albanie, de Sardaigne... Samedi 21 et dimanche 22 juillet. • Randonnée chantée sur le thème du lin, dimanche 15 juillet. • Descente des crêtes en cornemuses, dimanche 9 septembre. Plus d’infos – Tél. : 02 98 78 05 97. Site : www.cdp29.fr Manoir de Kernault • Parcours-expo « chantons toujours » : visite en famille et en autonomie. Karaoké, vote pour son chanteur préféré, transformation de sa voix en couleur : une scénographie adaptée aux enfants suivie de l’atelier « la chanson dans tous ses états » sous forme de jeu par équipes. • Le parc : visite accompagnée « le goût de l’été », visite

Photo MEG

Abbaye de Daoulas • Exposition sonore « l’air du temps » : les musiques populaires dans le monde sont présentées tout au long d’un parcours participatif où il est autant question des sœurs Goadec que de Lady Gaga ! Visite libre en famille avec une carte de navigation, visite commentée ou visite atelier qui se termine par la conception d’un instrument. • Patrimoine : visite atelier basée sur un jeu de construction à utiliser selon les principes constructifs du Moyen-âge. • Jardin : visite atelier avec la création d’un herbier généalogique et la réalisation d’une bouture ou d’un semi de sa plante préférée. Plus d’infos - Tél. : 02 98 25 84 39. Site : www.cdp29.fr

atelier « croquons la pomme » en balade dans les vergers de Kernault, dès 5 ans. • Installation-concert « les confidences sonores » : un spectacle de Jean-Louis Le Vallégant avec la complicité des habitants, dès 11 ans. Vendredi 6 et dimanche 8 juillet. Plus d’infos – Tél. : 02 98 71 90 60. Site : www.cdp29.fr Château de Kerjean • Exposition sonore « sonnez bombardes, résonnez binious ! » : toute la tradition instrumentale populaire bretonne sur les pas d’un sonneur qui guide les visiteurs de salle en salle. • Visites accompagnées du château en famille « A votre service Madame la Marquise » ou « Nicolas et le secret d’épices » : mode participatif, conte et théâtre d’images composent l’animation. • Grand fest-noz jeudi 26 juillet.

Domaine de Trevarez • Exposition « Batbox » : la relation de l’homme et de la nature par le biais du regard de l’artiste Erik Samakh. Atelier en famille autour de l’œuvre avec création de sons sur le thème de la nature, les jeudis et dimanches. Visite guidée « rencontre nocturne avec la chauve-souris » avec le Groupe Mammalogique Breton, vendredi 24 août. • Patrimoine : parcours ludique pour les enfants, atelier en famille « Trévarez réinventé » autour de croquis et modelages, les mercredis et samedis. Visites accompagnées « le rêve d’un homme » pour découvrir l’histoire et les secrets de Trevarez, et « les dessous du château » pour explorer les sous-sols du château, les samedis. • Jardin : visite libre ou accompagnée les mardis et dimanches. • Concert déambulatoire « Gipsy Burek Orkestar » : mélange de musique bretonne et fanfare balkanique, le dimanche 8 juillet. • Rencontre musicale « le sonophore » : Opium, installation sonore du 23 au 29 juillet et spectacle concert le dernier jour. • Concert déambulatoire « Savaty Orkestar » : fanfare de Redon aux influences bretonnes et macédoniennes, le dimanche 5 août. • Concert de musique bretonne par Annie Ebrel au chant, Jacky Molard au violon et Julien Padovani au piano, le dimanche 26 août. Plus d’infos – Tél. : 02 98 26 82 79. Les chemins du patrimoine ont mis en place une carte Pass qui permet de profiter des 5 sites avec certains avantages. Site : www.cdp29.fr


En Liens 4 Tourisme durable  

Septième département avec près de 30 millions de nuitées en 2011, le Finistère met en oeuvre une politique de développement touristique resp...

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