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Le petit fanzine rock et culturel.

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Mon premier souvenir en rapport avec la musique, celui dont je me rappelle vraiment, pas celui que mes parents m’ont raconté, ce n’est pas en rapport avec un groupe ou une chanson. Je me souviens d’utiliser la platine vynile dans la chambre que je partageais avec ma grande soeur. C’était peut-être la sienne, d’ailleurs. Je me souviens que j’adorais déposer la tête de lecture de la platine sur le disque, je l’écoutais (dans mon souvenir c’est la chanson Marylin et John, et le vynile est bien à ma soeur, je l’écoute en cachette...), et j’attendais le petit bruit bien distinctif de la tête de lecture qui arrive à la fin du disque pour le replacer au début, tout en faisant bien attention à ne pas rayer le vynile.

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Sommaire - Tête de Lecture



LE SOM MAIRE Portrait

p4

Regina Spektor....................................................................................................4 Bob à facettes..................................................................................................22

Culture

Too old for rock’n’roll, too young to die.................................. 9 L’impact du rock dans la culture jeu vidéo..........................15 Le rock et le petit écran.......................................................................17 Hymne à la joie - Control.......................................................................27

p 22

p9

Dossier

p 15

Power to ze pipole....................................................................................18

Jeux

8 erreurs.................................................................................................................13 Points à relier....................................................................................................25

p 17

Concert

Vanessa Paradis...............................................................................................10

Critiques

Kings of Leon.....................................................................................................28 Artic Monkeys.................................................................................................29 Agenda....................................................................................................................30

p 10

p 27

S R U L’O dra, Alice,

an x e l A Amélie, Benoit, Emilie, Flore nce, G il Nat bert, hali e, P hil, Rim .


 TĂŞte de Lecture - Portrait


Portrait - TĂŞte de Lecture




 Tête de Lecture - Portrait

a n i Reg

r o t k e p S

e ette chanteus c r u o p t n e m même engoue iques, son nom ne vous le s a p e s is a nçais ne conn blic américains et britann rti en juin 2006, a a r f c li b u p le lbum, so ue les pu a Bien que q r s ie n n a r e 6 d 2 n e o s d , New-Yorkaisepas inconnu : Begin to Hope est peut-être li succès d’estime. remporté un jo Quel instrument ? La jeune femme n’est pas une débutante puisqu’elle en est à son quatrième album – les deux premiers ayant été autoproduits – et qu’elle enchaîne les concerts aux Etats-Unis, en Australie et à travers l’Europe. Mais il serait dommage de ne se fier qu’au peu qu’on connaît d’elle en France : la demoiselle a en effet un parcours et une personnalité bien plus complexes, et moins lisses qu’il n’y paraît au premier abord. Regina Spektor, issue d’une famille de Russes juifs, arrive à New York avec ses parents à l’âge de neuf ans et demi. Tout a son importance : le très enfantin « et demi », qu’elle rappelle à chaque fois qu’elle raconte son aventure américaine, et ses origines russo-juives, puisqu’elle explique que dans ce contexte, « la question n’est pas de savoir si on va apprendre à jouer d’un instrument, mais de savoir duquel ». Pour Regina, ce sera le piano classique, qu’elle commence à pratiquer dès la petite enfance. Quand elle arrive à New York, dans le Bronx, elle a dû laisser son piano en Russie et passe quelques mois à s’entraîner sur des tables et des rebords de fenêtres, avant de retrouver un piano, dans la synagogue de son quartier. Elle doit aussi découvrir un culture et une langue jusqu’alors totalement inconnues. Aussi, quand elle commence à écrire des chansons, vers l’âge de dix-sept ans, et quand elle enregistre son premier album, 11:11, en 2001, on y trouve des influences diverses, à l’image de son

quartier d’adoption. A sa connaissance de la musique classique s’ajoutent le blues, ainsi que des tonalités et des effets de voix jazz omniprésents. Elle s’accompagne au piano bien sûr, parfois accompagnée d’une contrebasse. Si son deuxième album, sobrement intitulé Songs reste dans la même tonalité, il s’aventure aussi vers le R’n’B et le hiphop.

Diffusion internationale Marquant un tournant dans sa carrière, son premier album produit par un label en 2004, Soviet Kitsch, la fait connaître à un public plus vaste. On sent à l’écoute de cet album, plus sobre bien que toujours principalement pianovoix, que Regina Spektor s’est affranchie des ses références pour livrer un travail plus abouti et personnel. Elle s’essaie cette fois au rock, avec une chanson punk, Your Honor. Et fait sa première tournée, en première partie des Strokes, avec qui elle enregistrera la chanson Modern Girls & Old Fashion Men. Deux ans plus tard, elle enregistre Begin to Hope, chez Warner Bros, ce qui lui offre cette fois une diffusion internationale. Elle a enfin le temps et les moyens d’enregistrer ce


Portrait - Tête de Lecture

qu’elle a vraiment en tête, et construit donc un album pop. Si le piano y a toujours la part belle (la mélodie envoûtante de Après Moi, par exemple) il doit partager la vedette avec un myriade d’autres instruments, des plus classiques (batterie, violons sur On The Radio, saxophone pour le magnifique Lady, hommage à Billie Holiday) aux plus excentriques, bruitages électroniques sur Edit, ou encore l’utilisation d’un erhu, sorte de violon à deux cordes chinois, pour la chanson Field Below.

Story teller Regina Spektor se considère comme une « story teller », une raconteuse d’histoires en bon français. En effet, ces chansons sont autant de petits contes drôles, mélancoliques, ou parfois absurdes, et emplis de personnages qu’elle interprète, n’hésitant pas à changer sa voix ou à prendre des accents. Elle puise souvent ses idées dans le cinéma (son tube Fidelity est inspiré du film High Fidelity de Stephen Frears) ou dans la littérature (Oedipus, Pound of Flesh, ou encore Après Moi où elle chante dans sa langue maternelle un poème de Boris Pasternak). Si il y a une chose dans laquelle ses racines transparaissent, c’est bien dans une sorte de mélancolie assumée, qui selon elle, est un trait caractéristique de la culture russe. Car derrière la légèreté apparente, point souvent une angoisse existentielle exprimée par exemple à l’aide d’une imagerie gothique distillée par petites touches (On The Radio, Carbon Monoxide, Lacrimosa, ...). Et encore plus que dans l’élaboration de ses chansons, c’est dans ce qui s’en dégage et dans l’attitude de cette artiste que son ambivalence et son originalité sont les plus évidentes. Elle qui se destinait à être une concertiste classique mais qui prétend qu’elle était bien trop feignante pour cela est pourtant la première à déclarer qu’on se repose d’un type de travail en passant à un autre travail. Bien que cultivée, elle a coutume de dire que ses chansons ne sont basées sur aucune réflexion et ne sont pas crées pour porter un message mais viennent de façon purement instinctive.

Presque une poupée. Regina Spektor n’est pas vraiment belle ; elle est bien mieux que ça. Elle aurait pourtant facilement pu jouer de son physique – menue avec une opulente poitrine – mais ça n’est pas son genre. Toujours coquette, elle porte souvent



des robes, et n’apparaît que très rarement sans rouge à lèvre. Du rouge à lèvre carmin, qui lui donne un genre de classe un peu désuète. Et qui détonne parfois avec ses vêtement, qui, s’ils ne sont jamais ordinaires, ne sont certainement pas de la haute couture, mais plutôt des choses chinées ici et là, lui donnant plutôt un « look Emmaüs ». C’est que de son propre aveux, son sens du style lui vient du fait qu’elle a peu d’intérêt pour la chose, et qu’il s’agit donc pour elle de porter des choses improbables et de s’y tenir. Ajouté à ce look une spontanéité presque enfantine, qui se retrouve aussi dans ses paroles, on pourrait presque la prendre pour une poupée. Presque. Car si Regina Spektor ne cherche pas à être glamour, elle ne recherche pas non plus la joliesse. Elle jure comme un charretier, et se moque bien de la politesse. A l’image de la pochette de Soviet Kitsch, sur laquelle elle boit goulûment au goulot de ce qu’on imagine une bouteille de vodka, laissant apparaître une aisselle non épilée. D’ailleurs, Regina assume aussi sa nature animale lorsqu’elle chante : elle feule, râle, crache, émet toutes sortes de sons et de bruits organiques.

Souvent hâtivement comparée à Tori Amos ou Fiona Apple parce que c’est une auteurecompositrice qui s’accompagne au piano, ce qu’elle partage avec ces consoeurs là est justement le fait d’avoir une voix qui lui est propre. Ni diva, ni petite femme fragile, cette jeune chanteuse sait imposer en douceur une autre notion de la beauté, et un modèle féminin loin des clichés lisses et vides qu’on nous montre le plus souvent. Il semblerait bien que sa seule limite soit sa propre créativité, et si c’est le cas, nous n’avons sûrement pas fini d’espérer avec Regina. Alexandra


 TĂŞte de Lecture - Culture


Culture - Tête de Lecture



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Alors que notre Johnny national annonce qu’il met fin à ses tournées hexagonales parce qu’il ne veut pas virer “pathétique”, les Rolling Stones continuent, bon an mal an, de s’organiser des randonnées mondiales. Et ils sont des dizaines de milliers à casser la tirelire pour apercevoir Sir Mick secouer son popotin en criant sa frustration adolescente. Il a quel âge ce grand couillon ? Suggestion : intituler “Rock the MAPA1” le prochain énième album “live” de l’ex-plusgrand-groupe-du-monde !

Bon, c’est vrai : l’espérance de vie s’allonge, on peut être en pleine forme après soixante ans, on peut même encore faire illusion (surtout à cinq cents mètres et à l’aide une bonne sono !), avec de l’entraînement on peut encore proposer des concerts d’une durée acceptable sans se pourrir le pacemaker ! Mais, si on passe sur le côté grand cirque et effet de mode, qu’est-ce qui motive ces papys plus ou moins blets à remettre - avec succès - le couvert ? Parce qu’en matière de retour du rocker à couche confiance nous sommes servis !

Epargnons-nous l’énumération ! Mais formulons trois hypothèses quant à ces come-back : 1.L’amour de l’art. C’est le pur attachement à leur moyen d’expression, à son mode de vie et sa culture et à toutes ses facettes techniques qui poussent nos anciens à s’électriser comme des furieux à l’âge de jouer aux boules avec les potes. Ouais… Ben si c’est ça, faut qu’ils arrêtent ! Certes, leur travail actuel valorise leurs œuvres et performances passées. 2.L’amour du fric. Payer les pensions alimentaires, rembourser le fisc, augmenter son capital, satisfaire son goût des affaires… Sérieusement, vous y croyez ? Simpliste ! Et puis après tout, si l’appât du gain incite les antiques du binaire à se secouer l’arthrose, hein ? C’est rock’n’roll ça, non ? We’re only in it for the money, qu’ils disaient ! Pourquoi se priver de saisir l’opportunité du revival rock pour en croquer encore et encore ? 3.L’ennui. Nos vétérans immatures ne supportent plus de passer le temps à regarder le chat s’amuser avec la pelote en échangeant des banalités avec Moumoune

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oué.

Par

rt R Gilbe

qui tricote à l’autre bout de la pelote de laine ? Sans compter les gniards pourris de leur propre progéniture qu’il faut conduire à l’école ! Beuark ! Y’a de quoi devenir neurasthénique ! On comprend l’envie de retourner saccager quelques chambres de palaces ! Finalement, nos vieux ex-chevelus sont de nouveau en selle parce que les jeunes hurleurs d’aujourd’hui n’apportent rien de nouveau, ni sur le fond, ni sur la forme ! Jimi, Janis, Brian, Jim, Marvin, Keith, John, Kurt, Elvis et tous les autres macchabées ont enterrés le rock dans leurs beuveries, overdoses et suicides divers et variés… Les survivants secouent le cadavre, avec plaisir ! Viva Rock’n’roll ! 1

MAPA : Maison d’accueil pour Personnes Agées.


10 TĂŞte de Lecture - Concert

Vanessa Paradis

Divinidylle


Concert - Tête de Lecture 11

Dans l‘obscurité retentit du fond d totale, une voix la salle. Irrésist e la scène et envahit d’envoi est donniblement. Le coup qui n’allait pa é pour un concert seconde pour sos nous laisser une dans une lumière uffler. Elle apparaît un décor très artqui lève le voile sur son album : Div déco, à l’image de sera donc rock, inidylle. Le concert glam-rock que la définitivement plus on était plus ha pop-folk à laquelle à la fois intimis bitué, un spectacle Vanessa Paradiste et spectaculaire. scène après 7 an remonte enfin sur s d’absence.


12 12 Tête de Lecture - Concert

rt

ce n o C

Divinidylle Vanessa Paradis Portée par la musique de son pygmalion. Scoop lors de la promo pour sa sortie, l’équipe qui a travaillé sur l’album tant attendu participera à toutes les dates. Albin de la Simone notamment et surtout Mathieu Chedid font l’honneur d’accompagner Mlle Paradis durant près de trois mois de tournée. Aux côtés de musiciens d’exception comme Patrice Renson à la batterie, Jérôme Goldet, bassiste et ami de longue date de -M- ou encore François Lasserre, l’autre

guitariste qui volerait presque la vedette à -M-, Vanessa Paradis est portée par la musique et les regards entendus de son pygmalion. La complicité entre le guitariste et la chanteuse est palpable, ils se sont parfaitement trouvés et savent où est leur place respective. M- parvient à ne pas se mettre en avant tout en apportant l’énergie nécessaire à Vanessa Paradis pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même.

Rock, moins de folk. Aujourd’hui loin des clichés de la Lolita qu’elle a pu véhiculer pendant sa jeunesse et qui l’ont rendu « plus forte aujourd’hui » dit-elle, l’ambassadrice de Chanel a choisi de faire un album aux tonalités rock, moins de folk, une voix plus grave, avec moins de minauderie. Après Bliss, son premier opus en collaboration avec -M-, Vanessa se concentre sur un album pop, aux mélodies entraînantes. Loin de sa bulle de bonheur qui occupait 90% des paroles de Bliss, dans Divinidylle elle ose des chansons que l’on pourrait qualifier de noires, notamment avec Irrésistiblement, dont le texte est signé Brigitte Fontaine. Après une première partie par Naturalibus (la première partie change sur presque toutes les dates, on y verra notamment Ours, le fils d’Alain Souchon, Franck Monnet, auteur de nombreux titres de Divinidylle, Ben Ricour…) le concert commence enfin. La chanteuse interprète

tous les titres de son nouvel opus et reprend même Divine idylle, premier single qui a marqué son retour, deux fois. Elle nous offre un moment mémorable pendant La bataille où elle joue avec la musique et la lumière au rythme des ondulations de son corps. Sensualité et rock sont décidément les deux maîtres mots de ce spectacle, les riffs de guitare de Mathieu Chedid emportent Vanessa Paradis encore plus loin. Jérôme Goldet reprend même quelques notes de Another one bites the dust de Queen et avant d’enchaîner à nouveau sur La bataille où la chanteuse présente ses musiciens.

Un décor klimtien. Le décor évolue au fur et à mesure du show, il est à l’image de la pochette de l’album, art déco teinté de l’influence de Klimt, peintre que la chanteuse apprécie particulièrement. Un gigantesque miroir descend du plafond pendant Varvara Pavlovna, le titre de la face B de Joe le taxi, jamais publié en album, un beau clin d’œil à ses débuts. Elle danse comme la poupée d’une boîte à musique pendant que le public se reflète dans le miroir et profite doublement de ce qui se passe sur scène.

Plongeon dans le passé. La muse de Gainsbourg réactualise ses tubes comme à son habitude, dont Joe le taxi, Be my baby, sans oublier quelques titres de Bliss. Avec une tonalité rock, elle se replonge dans le passé, au plus grand plaisir du public qui chante avec elle les paroles de chansons qui ont marqué des générations. Ses spectateurs sont d’ailleurs de tous les âges. L’ado qui a grandi avec elle est aujourd’hui père ou mère de famille, il est avec ses enfants qui à leur tour sont séduits par la jeune femme sur scène qui ne cesse de leur donner de l’énergie, partage des


Jeu - Tête de Lecture 13 13 regards avec le prem ier rang où les fans de la première heure font entendre leur bonheur de la retrou ver. Vanessa Paradis ne communique pa s vraiment avec le public, quelques ph rases bien amenées qui semblent avoir été répétées mais pas plus. Mais on se nt qu’elle a plaisir à se retrouver face à ceux à qui elle a manqué pendant ce s sept ans de vide musical, ponctués de quelques films et de sa participation au Soldat Rose, la comédie musicale de Louis Chedid.

12

Elle reprend ensuite Emmenez moi, l’éternelle chanson d’Aznavour et entraîne un public très participatif encore plus loin. Dès ce moment, l’euphorie ne redescend plus jusqu’à la fin et les trois rappels, qui totalisent à eux seuls près de dix chansons. Il y a aussi des moments d’émotions et de partage avec des titres comme Jackadi et St Germain dédiés à sa petite famille qui se trouve dans la salle et pour qui elle change quelques paroles. Deux rappels plus tard, la belle revient,

cette fois-ci seule, son micro doré à la main et entonne a capella l’inoubliable Tourbillon de la vie. Les spectateurs quittent la salle avec cette vision angélique de Vanessa Paradis. Malgré un sentiment de concert assez calibré, la chanteuse et ses musiciens offrent un spectacle complet. Jamais Vanessa Paradis n’aura été aussi rock depuis son album avec Lenny Kravitz. Avec son guitariste de génie, elle forme un duo complémentaire qui donne au public le meilleur. Amelie

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er eurs

Mèche de cheveu x, halo de lumière sur la lampe, om br e de la co guitare, yeux de la ns ole, couleur des to tête de m uches de la or t, oe il ga uc he , couture du jean, om bre du pied.

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Une vision angélique.

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14 Tête de Lecture - Culture

L’impact du ROCK dans Singstar est vendu avec deux micros. Les joueurs sont prêts à investir dans d’autres accessoires. Alors pourquoi pas une guitare pour jouer du rock ?


Culture - Tête de Lecture 15

Lorsque l’on prononce les mots « rock » et « jeu vidéo » dans une même phrase, un titre de jeu nous vient tout de suite à l’esprit : « Guitar Hero ». Pouvoir jouer du vrai rock avec une fausse guitare a propulsé les joueurs au rang de rockstar et a, par la même occasion, lancé le phénomène rock dans le jeu vidéo. Cependant à l’instar du cinéma, le jeu possède sa bande originale et le rock a su s’y faire une place. Il est mis en avant, devient la vedette du jeu et gagne ainsi ses lettres de noblesse. Par Florence Vaillant

la culture du JEU VIDéO Une guitare pour jouer du rock.

Le carton des émissions de téléréalité telles qu’American Idol ou Star Academy boostent les ventes de jeux musicaux. C’est le jeu de karaoké Singstar (2004) qui sera le premier à bénéficier de cet engouement. La licence a vendu deux millions de jeux aux USA (pour une seule plate-forme, la Playstation 2). Le succès est fulgurant, plus d’un nouveau Singstar sort par an dont Singstar Rocks! (2006) et Singstar Rock Ballads (2007). Le jeu est vendu avec deux micros. Les joueurs sont prêts à investir dans d’autres accessoires. Alors pourquoi pas une guitare pour jouer du rock ? Guitar Hero sort en 2005, il s’inspire de GuitarFreaks  (1999) : un jeu d’arcade où l’on joue de la guitare. Le principe est similaire au karaoké, il faut jouer la bonne note au bon moment. Uniquement sorti au Japon, le public européen n’en verra jamais la couleur, peut être n’était-il pas encore prêt… Mais Guitar Hero connaît un succès énorme, le troisième opus sorti en 2007 s’intitule Guitar Hero III: Legends of

Rock, la licence vient de passer la barre des 14 millions d’exemplaires vendus aux USA (toutes plates-formes confondues – PS2, XBOX, Wii, PS3 et X360). Le rock dans le jeu vidéo fait le bonheur des éditeurs.

Symbole de jeunesse et de dynamisme

Mais bien avant de faire des « jeux musicaux avec du rock », les éditeurs ont très rapidement compris que ce genre attirait un certain public. Souvent synonyme de jeunesse et de dynamisme, on retrouve le rock dans des concepts chargés d’adrénaline comme des jeux de sports ou de course. Le marketing n’hésite pas à vendre ces derniers grâce au dernier morceau de rock qui cartonne inclus dans la bande son. D’autres jeux comme Grand Theft Auto profitent de leur notoriété pour faire découvrir des artistes, ce qui a le mérite de leur offrir un public, mais ce qui permet surtout aux éditeurs de payer moins cher les droits. Plusieurs stars ont participé à la création de bandes originales pour des jeux vidéo ; que ce soit pour composer des morceaux inédits, ou pour réenregistrer des morceaux. Par exemple pour la dernière édition de Guitar Hero, les Sex Pistols

ont réenregistré le morceau « Anarchy in the UK », offrant ainsi aux fans une version inédite du morceau. Quand à David Bowie, non seulement il a prêté son faciès et sa voix à l’un des personnages secondaires de Nomad Soul, jeu d’action-aventure de 1999, mais il en a aussi composé la bande originale. Que ce soit par des bêtes de scènes ou des inconnus, le rock cherche à se faire connaître et reconnaître dans le jeu vidéo.

Le thème central du jeu

Plus récemment, les jeux ont offert au rock un nouveau moyen de s’exprimer. Grâce à Second Life (jeu de simulation de vie en ligne) il est possible de créer des avatars à l’effigie des artistes et de faire « performer » ces avatars. C’est ainsi que l’on organise les premiers concerts « live » en ligne. Une des premières à l’avoir fait est la chanteuse rock Suzanne Vega le 3 août 2006 dont le concert réunit 400 000 membres. Encore en cours de développement, le jeu Brütal Legend propulse le joueur à l’Age du Métal, Jack Black a prêté son visage et sa voix au héros. Le rock est devenu le thème central du jeu, l’idée de départ. Le rock est omniprésent dans la culture du jeu. Ce phénomène de mode est une évolution naturelle qu’a eu le rock dans la culture, d’abord considéré comme « underground », il n’a pas échappé aux autres arts tels que le cinéma. Cette ascension fulgurante est largement justifiée par l’explosion économique du jeu vidéo ces dix dernières années.


16 TĂŞte de Lecture - Culture


Culture - Tête de Lecture 17

Le rock et le petit écran

L’importance de la musique

Les séries télévisées constituent aujourd’hui l’un des domaines artistiques les plus novateurs et dynamiques aux Etats-Unis. De nouvelles séries apparaissent chaque année tandis que d’autres existent et perdurent déjà depuis une décennie. Si certaines séries peuvent réaliser des scores d’audience énormes ou faire l’unanimité des critiques ; d’autres, en revanche, disparaissent à peine après avoir vu le jour. Dans un tel contexte, la concurrence s’avère particulièrement rude, et plus rien n’est laissé au hasard. Un exemple frappant est celui de l’importance prise aujourd’hui par le choix de la musique. A l’instar des musiques de film, les compositions que l’on peut entendre dans les séries sont aujourd’hui largement puisées dans la culture musicale et rock actuelle. Lorsqu’on observe l’essor actuel des séries télévisées, qui dépasse même pour certains celui de son grand frère du Grand Ecran, on ne peut passer à côté de l’aspect musical. En effet, le

perfectionnement croissant recherché dans les séries télévisées pour attirer (et retenir !) les téléspectateurs s’exprime

parfaitement dans la variété et la qualité des passages musicaux utilisés. Ainsi, si l’on prête l’oreille pour écouter les bandes son de séries à succès du moment comme Grey’s Anatomy ou House, on retrouve une grande diversité musicale : on entend des titres indémodables ‘classic rock’ comme des titres ‘rock alternatif’ innovants ou déjantés en passant par des titres plus sages et toujours populaires ‘pop rock’. Ainsi, des noms tels que Joe Cocker, Elvis Costello, Massiv Attack, The Fray, Ben Harper, Regina Spektor, Alanis Morissette, Tegan & Sara ou encore Lifehouse figurent sur les playlists des différentes saisons de ces séries.

Magnifier l’image

Comme pour le cinéma, le choix du genre musical requiert une place essentielle et constitue un fabuleux moyen de transmission des émotions. La musique vient magnifier l’image ou illustrer les dialogues, et lorsqu’elle est judicieusement utilisée, frappe et touche immédiatement le téléspectateur. La musique fait écho dans l’esprit et éveille toute une palette d’émotions, parfois difficilement communiquées à l’aide de dialogues ou d’effets visuels seuls. En effet, l’audience d’une série télévisée est exigeante, peut-être même plus que celle d’un film de cinéma, et le format d’à peine une heure oblige à redoubler de moyens pour faire rapidement passer les émotions justes. Pour survivre dans cet environnement concurrentiel, la musique

offre un atout indéniable en contribuant, dans une large mesure, à l’identification du téléspectateur aux situations vécues par les personnages.

Réécouter ou découvrir

Devant cet engouement pour les séries télévisées, les jeunes talents de la

scène rock peuvent également tirer leur épingle du jeu et gagner en notoriété. Le passage d’un de leurs morceaux dans une série populaire dans le monde entier leur permet de conquérir de nouveaux publics et d’accroître ainsi leur succès. Aussi, lorsque l’esprit de la chanson n’est pas dénaturé et colle parfaitement au message original de l’auteur, son utilisation dans une série télévisée ne peut qu’être bénéfique à toutes les parties. Chacun y trouvant son compte, on ne peut qu’être certains que la place de la musique dans ce vecteur artistique à la mode augmentera encore . Et c’est tant mieux pour les auditeurstéléspectateurs que nous sommes : on pourra volontiers réécouter des classiques du genre ou faire de très belles découvertes ! Rim


18 TĂŞte de Lecture - Dossier

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Dossier - Tête de Lecture 19

Elles y son t depuis d’une pros 50 ans. Elles en font e plus ou m oins malod les gros titres et elle Pour certain orante. Elle s et de leurs es, ça rentre dans le s sont bonn sont la matière pre frasques da p m es clientes ns la presselan média, la stratégie aussi, c’est ière vrai. poubelle, la de com. ! M presse mém ais l’étalem en ère et la p resse tout t des rock-stars co toujours quurt signifie-t-il elque chose Pour peu q ? u’il n’ait jam ais eu du se ns.


20 Tête de Lecture - Dossier

Le rock, ! e t l o v é r a l Une révolte nouvelle, une culture populaire originale. Ne soyons pas naïfs : les pop stars et autres turbulents rockers des sixties et seventies n’étaient pas des artistes désintéressés : la gloire, la richesse, le succès faisaient partie de leurs motivations. Et cela passait, culturellement et naturellement, par toutes les formes de provocations possibles et imaginables, en sus de la qualité artistique de leurs productions, évidemment ! Mais leur carburant et leur moteur résidaient dans un sentiment qu’on discerne mal aujourd’hui dans le rock : la révolte. Ils contestaient systématiquement, même de façon brouillonne, mais souvent sincère, des systèmes fondés sur la frustration sociale, culturelle et économique, l’ordre moral contrôlant les attitudes et la soumission à toutes les autorités, toutes les hiérarchies. Et cette révolte se traduisait dans les comportements qui choquaient, scandalisaient parce qu’ils niaient les normes collectives du moment. Parce qu’ils étaient cohérents avec une musique, une forme de culture enracinée dans un autre terreau que celui des systèmes sociaux en place.

Produit de courante.

consommation

Désormais, la musique rock est un des éléments de la culture de masse. Son industrialisation en fait un produit comme un autre : on le vend comme tel. Et ce ne sont pas deux ou trois iconoclastes comme RADIOHEAD qui proposent leurs chansonnettes en libre tarification sur le net qui vont y changer grand-chose. Même si la démarche est intéressante. Le rock marine délicatement dans l’intellectualisme, le confort et le conformisme. Cela n’empêche pas de très belles réalisations, l’expression de formidables talents et la production d’œuvres originales, et les çanadiens de THE BERNARD’S LAKE ou ARCADE FIRE font partie de ces créateurs authentiques. Mais voilà : ces groupes font partie du paysage, disposés sur les étagères désordonnées au rayon divertissement culturel. Au pire, le rock suscite de la réflexion, questionne et émeut. Au mieux, il agace. Dans tous les cas, il s’adresse à des amateurs, cibles de stratégies de communication visant à pousser à la consommation : achat de

CD, de places de concerts, de MP3, de journaux spécialisés, etc. On nous pousse surtout à l’ennui. D’ailleurs ce n’est pas le rock qui compose la bande-son de la vie dans les cités, c’est le rap : avatar de la société de consommation, modèle unique et dictatorial d’organisation humaine. Dès lors la revendication n’est plus la même. On ne veut plus le monde pour le changer. Surtout pas ! On le veut pour profiter au maximum de ce qu’il offre de plus luxueux, clinquant, brillant : NTM et son désir de Mercedes-Benz. On le veut pour ce qu’il montre, pas pour ce qu’il est ! Pendant que le rock fait “Ouahou, tout se barre en sucette, c’est pas cool mec…”, le rap dit “ tu me files ta Rolex ET ta place maintenant ! Sinon j’t’éclate, connard !” Evidemment, on n’obtient pas comme ça la Rolex, NI la place. La vraie vie ce n’est pas de la télé réalité, et réciproquement. La frustration engendrée par la privation de biens matériels - et une absence totale d’esprit critique - confinée dans des lieux de vie sordides explose aux rythmes synthétiques des DJ’S. Où sont donc passés les rockers et les distorsions acérées de leurs guitares ?

iste ? Le rock conform


Dossier - Tête de Lecture 21

Power to ze pipoles ! Dans les pages pipole

! C’est là que résonnent désormais les riffs embourgeoisés des musiciens de rock. Ils s’affichent au milieu de leurs “collègues de travail” : jet-setters, starlettes, playboys, mannequins, journalistes, politiciens et autres célébrités plus ou moins connues de leurs voisins, quelque fois de leur boulanger. On ne les y retrouve pas toutes, c’est vrai. Ceux qui font du rock sérieux, du rock adulte (Ouargh ! Du rock ADULTE !!! Misère !) ne fréquentent pas les colonnes de ces périodiques des serviettes du même nom. Et les écarts des groupes rock ne témoignent plus d’un dégoût de la société mais se rangent dans la rubrique faits divers : c’est dire si la culture rock est ingérée, digérée et recrachée par le système ! Quand un Pete DOHERTY, guitariste pâlichon et défait, menotté et accompagné de Kate MOSS, mannequin anorexique aux pupilles encore dilatées, fait la une d’un magazine à sensation, ou un entrefilet dans un quotidien régional, ça ne scandalise personne mais ça en divertit quelques uns ! Et c’est le but. L’important n’est pas le message, la valeur n’est plus dans la profondeur, l’épaisseur. C’est la notoriété qui compte et peu importe ce que l’on fait pour l’avoir. Parce que la notoriété fait vendre et que le paraître de pacotille, l’émotion mercantilisée, est le nouvel opium du peuple. En s’imposant, la culture bling-bling propose les repères et les normes qui correspondent à un système social où l’apparence est plus importante que la substance. Des musiciens de rock des années 70 chantaient leur désir de voir le peuple au pouvoir. Le système les a écoutés et a donné le pouvoir aux pipoles ! La preuve : en France, ils réussissent à faire élire l’un des leurs à la présidence de la république !

Le rock dans les pages people, la mort du rock ? un juste Non, comateux qui se réveillera.

Tirer vers le bas, ça rapporte ! Mais ça tue… Par l’une de ces formidables manipulations dont le système est capable, la colère adolescente intrinsèque à la culture rock est devenue le trait culturel dominant de la société de consommation. Rendue ainsi inopérante elle perd toute sa force frondeuse. Tous les attributs du rock intègrent désormais les modes de vie et de multiples formes d’expression. Les ROLLING STONES font l’unanimité dans les familles : du grand-père pour la nostalgie à la petite dernière pour les paillettes ! Le rock se répète, bégaie : les groupes actuels affichent sans vergogne leurs références à leurs aînés qui ne sont même pas décédés et qui parfois en remontrent aux petits jeunes. Neil YOUNG, LED ZEPPELIN, entre autres, viennent de sérieusement remettre les pendules à l’heure ! Le rock n’est sans doute pas mort, mais ses qualités destructrices et régénératrices sont indéniablement défuntes. Si ça n’en fait pas un cadavre, ça en fait quand même un quasi comateux.

Street Fighting Man. Mais alors, que faudrait-il pour sortir le rock de sa léthargie et des pages pipoles ? Il faudrait que la jeunesse sorte du conformisme ! Elle est toujours exclue du pouvoir, mais le pouvoir use du jeunisme ! Et, sauf dans les cités citadelles barbares, derniers bastions de bouillons de cultures - les jeunes sont très respectueux de la loi et de l’ordre. Parce qu’il ne faut pas nous faire rire ! Ce ne sont pas les petites manifestations annuelles d’étudiants et de lycéens, petits bourgeois subventionnés par papamaman qui vont faire vaciller quoique ce soit ! D’ailleurs, ils écoutent quoi ces jeunes-là ? EMINEM ? 50 CENT ? Non : les STROKES ! Un jour le système ne réussira plus à contenir le courroux juvénile dans les ghettos rénovés à vil prix. Ce jour-là peut-être, par un retour de grâce, une reconnaissance ultime et viscérale, les ondes de vie traverseront à nouveau la musique rock. Et, à ce moment là, mais rien qu’à ce moment-là, dans la fureur de la guérilla urbaine, on entendra sur les boulevards, un soir après la bataille, une reprise ultra violente de Street Fighting Man. Et, c’est accompagnés par une reprise hyper scandée de Five to One que les combats reprendront le lendemain. Et la musique rock sortira du coma et des pages people. On peut rêver. Oncle Phil


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émoires, m s e s s r e A trav le documentaire de Martin Scorsese ou le film de Todd Hayne cha s, et d cun essaie d e s’a ppro e compren dre prier la lé gend e Bo b Dy lan. qui récemment ont mis en lumière le personnage sous un angle nouveau. Trois oeuvres, trois artistes, trois supports différents, tout d’abord Dylan lui même se dévoile pudiquement au fil des pages de son roman autobiographique « Chroniques vol.I », puis Martin Scorcese dans son documentaire « No Direction Home s’attaque au phénomène, à la légende, et enfin le récent film de Todd Haynes, « I’m not There » nous permet d’apprécier la pluralité du personnage...

La légende Dylan Il fut une époque ou le monde s’arrachait Bob Dylan, chacun voulait se l’approprier pour en faire le modèle de ses convictions. Aujourd’hui, phénomène attaché à la nostalgie d’une époque ou tout paraissait encore possible, à qui on a prêté de si nombreuses convictions pour les lui retirer aussitôt, Dylan est tout simplement devenu une légende. C’est pourquoi aujourd’hui on trouve Dylan sous toutes les formes, sur papier, sur pellicule, sur disque... Et pourtant, après en avoir tant dit, il est évident qu’on en sait très peu. On peut malgré tout distinguer trois oeuvres

Chroniques vol.1 En effet, qui est mieux placé pour

parler de Dylan que lui même ? Il est évident que personne d’autre n’aurait pu écrire ce roman intimiste et touchant. D’autant plus que Chroniques ne répond en aucun cas aux critères habituels d’une biographie, tout y est décousu, les dates sont floues et les intervenants peu définis, et pourtant c’est une voix franche et simple qui se cache derrières les mots, un bouillonnement de souvenirs riches qui s’entrechoquent et s’emmèlent. Ne cherchez pas à trouver entre les lignes de Dylan de grandes révélations mais seulement un fourmillement d’émotions, une écriture poétique et sincère. Il n’y a pas là de réponse cachée à un phénomène mais un homme qui repense à son passé. C’est un pas dans l’intimité du chanteur, celle qu’il nous laisse approcher, qu’il veut bien nous raconter.


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No direction home Pour ce qui est des grands moments historiques et musicaux, il vaut mieux se pencher sur « No Direction Home », c’est de ce point du vu le plus satisfaisant des trois. Scorsese s’attaque au personnage, à la légende “Dylan”. La vitalité, la force et la folie du musicien s’incarnent parfaitement dans les quatre heures de ce documentaire fleuve. La carrière de Dylan à la manière d’un film prend vie dans les mains de Scorsese, les témoignages comme les archives nous peignent un chanteur toujours sur la brèche, au sommet de la gloire comme en pleine chute. On assiste presque à une enquête sur une vie encore pleine de mystères malgré tout ce qu’on a déjà peu en dire. Il est évident que Martin Scorsese est fasciné par l’incomprehension que suscite le chanteur, et même dans les témoignage de ses amis on se rend compte que tous peinent à percer le mystère.

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I’m not there C’est pourquoi Todd Haynes qui nous dépeint un Dylan pluriel, insaisissable, parviens avec le plus de succès à capturer la richesse du personnage. L’impossibilité d’enfermer le musicien dans un seul carcan amène le réalisateur à lui donner plusieurs visages aboutissant à un film poétique et onirique ou l’on a l’impression d’évoluer dans l’univers du chanteur. C’est d’ailleurs le seul film Et pourtant Dylan nous pour lequel Bob Dylan ai échappe encore, quelque donné son accord. Todd soit le point du vue qu’on Haynes nous donne à adopte, le chanteur reste voir le Dylan troubadour, un objet toujours plus changeant, voyageant insaisissable... Insaisissable et au fil de différentes libre, voilà la figure de Bob époques et différents Dylan, une figure inclassable visages. Le scénario de la musique, un artiste hors virtuose s’accorde du commun. à merveille avec la bande son parfaitement Alice choisie et rapidement la musique ne fait plus qu’un avec l’image. Plus que n’importe quel documentaire c’est finalement la fiction qui se rapproche le plus de la réalité.

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sé dans s i a l t n o ère qui rol” relate la p e r e d s point élébile. “Cont Joy Division. e d , s e n lle d’icô empreinte ind is, chanteur de ra influencé i m r u o f Rock musique une ges, Ian Curt ement qui au e r u t l u c La e cette de ces personnabases d’un mouv d e r i o t l’his oire d’unupe, il a posé les t s i h e t r cou de ce gro. e t ê t a l A époque e n u e t u to


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Cold wawe Ian Curtis est un chanteur Rock. A la fin des années 70, l’Angleterre contemple les dernières convulsions du mouvement Punk et de sa musique contestataire, violente, mais un peu idéaliste. A la tête de Joy Division, Ian initie le mouvement “Cold Wave”, baigné dans une musique sombre, paranoïaque, et désabusée. C’est aussi une musique de transition ou subsistent les guitares saturées mais ou pointent déjà les synthétiseurs qui marqueront l’univers des années 80.

Hymne à la joie

“Control” est un film dans la lignée de “Ray” ou de “Walk The Line” du fait qu’il relate la vie d’un artiste, d’un musicien. Mais sachez que la comparaison s’arrête là.

Un salaud qu’on est incapable d’haïr Au-delà de son héritage, la vie de Ian Curtis diffère de celles des habituelles icônes montrées dans les films susmentionnés. Epileptique, il vit dans la crainte de mourir, à chaque seconde, d’une crise qu’il n’aura pu maîtriser. Toute sa vie, son mal l’obsèdera. C’est un mauvais père et un mauvais mari. C’est un suicidé. La personnalité torturée d’un homme qui ne saura jamais choisir entre sa femme, Deborah, et son amante, Annik, ce salaud qu’on est incapable de haïr ; trop de talent, trop de souffrance, trop de charisme... C’est tout ce qui captive et qui repousse que “Control” présente à l’écran, dans le corps de Ian Curtis.

Froid, obscur, hostile Anton Corbijn, réalisateur de “Control”, n’est pourtant pas cinéaste. Son expérience de photographe est largement perceptible dans ce film

qui n’est pourtant que le premier pou lui. Les plans sont soignés, les jeux de lumières brillamment utilisés, et l’ont perçoit une maîtrise de l’image très intelligente. Loin d’être un film facile, “Control” offre au spectateur l’occasion de saisir un rôle à part entière. Il laisse des clefs, des énigmes, des détails qui permettent une autre compréhension de certaines scènes. L’usage du noir et blanc restitue l’ambiance de la musique de Joy Division et de ce monde dans lequel évoluent les personnages : un univers froid, obscur, hostile. Au-delà de son style, de sa personnalité, ce film doit aussi son impact psychologique à Sam Riley qui est, plus qu’il n’incarne, Ian Curtis. Bien que “Control” ne soit pas, du souhait d’Anton Corbijn, un film musical, les

scènes de chant sont magnifiquement interprétées par Riley et ses compères. Sur scène, la danse mécanique et contrainte de Ian Curtis est totalement vécue par l’acteur. Toute la tragédie de la vie de cet artiste revit donc au travers de Sam Riley qui offre à “Control” plus qu’une interprétation, un véritable témoignage.

Perdre le contrôle de son existence Finalement, “Control” est un film qui propose, plus qu’un regard sur la vie d’un groupe et de son leader, un récit poignant des épreuves par lesquelles un homme peut passer lorsqu’il perd le contrôle de son existence. Il n’appartient qu’à vous de juger si vous pouvez contempler cela. Benoit


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a tourné auprès de Bob Dylan doit savoir rendre un concert mythique. Pour les deux du fond qui n’ont pas suivi, Kings of Leon a eu la chance de faire la première partie dans les deux cas de figure.

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Troisième album des Kings of Leon, “Because of the Times” permet de crédibiliser le talent musical d’un groupe déjà fort de deux productions de qualité. On peut dire que c’est le symbolique “troisième album” vu que de toute façon, on adore dire que les albums sont symboliques, dans l’métier. Because of The Times surprendra sûrement quelque peu les plus conservateurs des fans de Kings of Leon par son atmosphère bien plus planante qu’à l’habitude, proche des sensations psyche des musiques plus expérimentales (Portishead) sans pour autant verser dans l’étrange. Ici, on explore de nouveaux horizons, mais on garde les pieds sur terre. “Knocked up”, le (long) titre d’ouverture illustre parfaitement cette nouvelle sensation : un travail de profondeur, de détail, se détache de cet album qui perd peut-être un peu du son caractéristique du groupe, ce petit coté sudiste énervé qui fait crier les filles. Ce qui fait que l’on a plus de pop dans le dosage, ce que chacun

aura pu constater sur “On Call”, le single déjà largement radiodiffusé, qui semble un peu édulcoré, bien moins impulsif que leurs habituelles compositions.

L’album reste toutefois de très bonne facture, les excès de pop ne sont, après tout, pas toujours néfastes. Ici, plus qu’un changement de direction musicale, on constate une évolution, un nouvel objectif que les membres du groupe ont eu l’occasion de confier aux journalistes pendant la promo de l’album : leur but était de produire un son qui s’adapterait aux stades, ce qui se traduit chez eux par un travail plus fin dans la production de leur musique, quitte à perdre leur coté rock, sauvage. On reconnaîtra facilement cet effort avec les riffs de guitare en filigrane et le fond sonore plein de reverb qui vous poursuit tout au long de ce Because of the Times. Ce n’est pas foncièrement désagréable, mais il aurait peut-être été plus judicieux de garder ces effets pour le live, justement, ne serait-ce que pour fournir une expérience encore plus différente en concert qu’en studio aux chanceux qui verront Kings of Leon sur scène. Mais restons optimistes, un groupe qui a tourné aux cotés de U2 doit s’y connaître en artifices, et un groupe qui

A ranger du coté des chansons plus “grand public”, on trouvera bien sûr ce “On Call”, presque évident sur n’importe quelle radio. Avec ce crochet radiophonique, Because of The Times serait l’occasion pour un groupe peu connu du grand public de se faire diffuser et apprécier à plus grande échelle encore, sans pour autant renier leur identité musicale : ainsi, la voix nasillarde et plaintive de Caleb Followill est intacte, ses dérapages toujours aussi euphorisants (“Black Thumbnail”, seul vestige des énervements des précédents albums), le son de guitare a peut être pris un peu de volume (toujours pour en jeter sur scène) mais reste aussi crade qu’avant. C’est un album dont on ne peut donc que difficilement dire du mal. Différent de ses prédécesseurs, il témoigne d’une certaine volonté de frimer, c’est certain, mais sans donner dans la décadence (sauf peut être du coté des fringues. Sérieux, j’ai des photos). Bancal au niveau du rythme, son unité n’est pas vraiment marquée, mais cela ne nuit pas à sa qualité générale. C’est un album aux sonorités variées, ou chacun devrait trouver “son” morceau, offrant probablement aux Kings of Leon une existence auprès du grand public qui a pu leur manquer jusqu’alors. Benoit Rajalu

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Favourite Worst Nightmare Arctic Monkeys

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subtilité, derrière leurs apparences de nerds hooligans frustrés. Alex Turner, si tu nous lis, pardon.

Deux albums en deux ans, ça va. Y’a pire. Deux très bons albums, en deux ans, à moins de 25 ans, et en étant de surcroît anglais, on fait même difficilement mieux. Mais les Artic Monkey l’ont fait.

La petite nouveauté de l’album, c’est que ce coté sensible est explicitement développé. “Whatever people says...” était un album soutenu d’un bout à l’autre par un rythme élevé, parfois atténué mais jamais vraiment éteint. Sur “Favourite Worst Nightmare”, en contraste avec cette “lourdeur” décrite plus haut, on trouve de vraies ballades. Et ils s’en sortent plutôt bien, dans l’ensemble, notamment sur “505”, dernier titre de l’album, une vraie ballade rock dans la tradition ou les douceurs de début finissent dans une débâcle électrique.

Les Artic Monkey, pour ceux qui ne savent pas, ce sont les jeunes Anglais plein d’acné qui ont raflé pas mal de récompenses, l’année dernière, pour l’album “Whatever people says I am, that’s what I’m not”. Et si, tout ermite que vous êtes, vous écoutez parfois la radio, vous avez de toute façon entendu “I bet that you look good on the dancefloor”, le titre qui les a fait connaître un peu partout. Il faut dire qu’ils étaient déjà plutôt convaincants, pleins d’énergie sans trop se prendre la tête, avec des paroles sans grande complexité, mais entraînantes.

C’est d’ailleurs cette maîtrise qui mérite d’être soulignée. Pour un second album, après deux ans d’existence publique seulement, il est surprenant de constater à quel point les Artic Monkeys font preuve de maturité et de maîtrise dans leur musique, et ce dans tous les points. “Teddy Picker” en est une preuve, la voix y change de thème sans jamais se perdre, et sans jamais nuire à l’intégrité du morceau. “Old Yellow Bricks” est construit sur un rythme de batterie répétitif et hypotonique, pari risqué là aussi car le morceau pouvait, de fait, lasser ou s’essouffler : mais dans ce cas, l’énergie reste constante pour créer un titre original aux sonorités entraînantes.

Et bien cette année, ils reviennent. Et ils ne sont pas spécialement calmés. Ce qui frappe, dans ce nouvel album, c’est cette batterie, puissante, rapide, inflexible, empruntée dans un groupe de hard rock ultra speed mais jouée ici par un mec qui n’a même pas de cheveux (longs, j’entends). C’est elle qui rythme en majorité cet album qui se présente comme manifestement plus hard que le premier. C’est aussi elle qui repoussera peut être certaines oreilles sensibles pour qui le rythme forcé provoquera quelques urticaires et autres réflexions déplacées du type “musique de sauvage”. Mais bon, il suffit d’écouter l’album dans son ensemble pour en être convaincu : les Artic Monkeys n’ont rien perdu de leur

Seul bémol, on ne retrouve pas sur “Favourite Worst Nightmare” l’ambiance du premier opus. On se sent un petit peu moins englouti par l’euphorie de tubes comme “I bet That You Look Good On The Dancefloor” et la puissance de “A View In The Afternoon” qui conservaient une certaine parenté. Sur leur second album, les Artic Monkeys ne livrent pas une pièce compacte d’éléments indissociables, mais un catalogue d’échantillons sans pour autant proposer de véritables hits en puissance. Mais ce petit regret ne nuit en rien à la qualité intrinsèque de l’album qui, dans son ensemble, promet d’encore meilleurs lendemains pour un groupe, et il faut le rappeler, encore très jeune. Benoit Rajalu


30 Tête de Lecture - Agenda

Rennes 03/04/2008, 20h

l i r v A

PHOEBE KILLDEER

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08/04/2008, 20h30

FIREWATER & NIBS VAN DER SPUY

Antipode

09/04/2008, 20h30

PIGALLE & NEVCHEHIRLIAN

Antipode

10/04/2008, 20h

THE DYNAMITES FEAT CH. WALKER

10/04/2008, 20h30

DAPHNE + AMELIE

Ubu Antipode

11/04/2008, 20h

PAULINE CROZE

Ubu

29/04/2008, 20h

THE WHIP

Ubu

29/04/2008, 20h30

Mai

14/05/2008 , 20h

17/05/2008, 19h45 20/05/2008, 20h

Nantes 01/04/2008, 20h

l i r v A

À partir du 04/04/2008 08/04/2008, 20h30

MORIARTY & NARROW TERENCE

Antipode

NAPALM DEATH

Antipode

RENAN LUCE

Le MusikHALL

ÉTIENNE DAHO

Salle de la Cité

YAEL NAÏM + ALELA DIANE I.D.E.A.L. DUB TRIO + SCORN

L’Olympic Le Lieu Unique L’Olympic


Agenda - Tête de Lecture 31

09/04/2008, 20h30

PAULINE CROZE + SIIAN

L’Olympic

11/04/2008, 20h30

SEFYU + FLYNT

L’Olympic

THEE SILVER MT ZION

L’Olympic

18/04/2008, 20h30

JAMIE LIDELL + DB CLIFFORD

L’Olympic

19/04/2008, 20h30

END OF THE WEAK

L’Olympic

21/04/2008, 20h30

INFECTIOUS GROOVES + INSPECTOR CLUZO

L’Olympic

26/04/2008, 20h30

SAMAEL + GOTHMINISTER

L’Olympic

30/04/2008, 20h30

DANIEL DARC

L’Olympic

05/05/2008, 20h30

DALEK + SIBOT & SPOEK ARE PLAYDOE LIVE

L’Olympic

13/05/2008, 20h30

MUKTA + OLLI & BOLLYWOOD ORCHESTRA

L’Olympic

DJ VADIM + NOUVEL R

L’Olympic

21/05/2008, 20h30

IMPROVISATORS DUB & IRATION STEPPAS

L’Olympic

22/05/2008, 20h30

BORIS + GROWING

L’Olympic

23/05/2008, 20h30

SYD MATTERS + LAETITIA SHERIFF

L’Olympic

26/05/2008, 20h30

SHIPPING NEWS + SCOUT NIBLETT

L’Olympic

MADEMOISELLE K

L’Olympic

04/06/2008, 20h30

SAGE FRANCIS + B. DOLAN

L’Olympic

05/06/2008, 20h30

SEBASTIEN TELLIER

L’Olympic

20/06/2008, 20h30

GUERILLA POUBELLE

L’Olympic

16/04/2008, 20h

Mai

20/05/2008, 20h

03/06/2008, 20h30

Juin


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Tête de Lecture