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Emilie Chassé PE2 Oratoire – Lyon

Ecrit réflexif sur le projet interdisciplinaire

Année 2008 -2009 Emilie Chassé – PE2


PLAN : Introduction. 1) Ce que le projet aurait dû être et ce qu’il a été ? Pourquoi ? 2) Ce que le travail en projet a permis du côté des élèves ? 3) Ce que cela m’a apporté en tant que professeur des écoles. 4) Comment je mettrai en place un travail en projet la prochaine fois ?

Conclusion

Emilie Chassé – PE2


Introduction : Le projet interdisciplinaire de notre classe de CE2 consistait en la création d’un jeu type « les incollables » basé sur les sciences et destiné à transmettre aux familles les connaissances acquises à l’école. Dans un premier temps, je vous présenterai ce que devait être le projet à l’origine et ce qu’il a été dans la pratique en essayant d’analyser les raisons du décalage entre les espérances et les résultats. Puis j’analyserai en quoi l’expérience d’un projet interdisciplinaire a été bénéfique pour ma pratique de professeurs des écoles. Enfin j’expliquerai ce que je modifierai la prochaine fois que je mettrai en place une telle démarche de projet. 1) Ce que le projet aurait dû être et ce qu’il a été ? Pourquoi ? A l’origine ce projet était l’occasion de donner du sens aux apprentissages pour les élèves en les mettant au service de celui-ci. Il aurait été l’occasion de travailler différentes compétences du CE2 en français, en mathématiques, en sciences et sur tout ce qui concerne l’autonomie, l’initiative et la vie collective. Mais il y a eu un décalage certain entre le prévu et le réalisé : je pensais, avec ce projet pouvoir travailler certaines compétences que j’ai dû abandonner en cours de route. C’est le cas par exemple en géométrie et notamment de tout ce qui concernait les notions de « parallèle » et « perpendiculaire » que je voulais traiter au moment des tracés des plaquettes. Etant donné que je n’avais pas en charge la géométrie ce fut un obstacle pour intégrer ces notions de façon cohérente avec le reste des apprentissages en mathématiques dont j’ai la charge, à savoir la numération. Avec du recul je me suis également rendue compte que j’aurai pu profiter du projet pour travailler en mathématiques les notions de double, demi et quart puisque le format d’une plaquette est le quart d’une feuille de format A4, chose que je n’ai malheureusement pas faite. De même, faire taper à l’ordinateur les questions des plaquettes du jeu par les élèves aurait été un très bon exercice d’utilisation des technologies de la communication mais étant donné que la salle d’informatique n’était pas disponible et la classe trop nombreuses pour travailler sur le lundi en classe entière, cela n’a pas pu être fait et c’est moi qui ai dactylographié les questions que les enfants ont créées. En français, j’aurai aimé travailler plus sur la construction des questions, du passage de la phrase affirmative à la phrase interrogative, mais en ayant à charge la conjugaison et le vocabulaire, j’ai manqué de temps pour l’aborder en profondeur.

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Le problème majeur au cours de la mise en place de ce projet aura été de ne pas aller jusqu’au bout des choses, les compétences abordées n’ont pas été approfondies au maximum et cela peut s’expliquer par deux limites qui ont été un frein au projet : La première est le manque de temps certain dû à la fréquence à laquelle nous avons nos élèves : un seul jour par semaine. A cela vient se rajouter le fait que sur ma journée du lundi je n’ai mes élèves que 4h à cause du projet bilingue de l’école, les deux autres heures sont réservées à l’anglais et sont prises en charges par des intervenants anglophones. Etant donné que certaines notions que je devais aborder n’entraient pas dans le projet, il m’a fallut prendre le temps de les voir en tant qu’activités décrochées et donc de limiter le temps que j’aurai pu passer à travailler sur le projet. La seconde limite est celle des matières dont j’ai la charge. La titulaire à l’habitude de laisser à sa décharge de direction des matières bien définies : la conjugaison, le vocabulaire, la numération en mathématiques et les sciences. Ce qui ne me laissait pas beaucoup de marge de manœuvre quant aux apprentissages que je pouvais mettre en place grâce au projet. 2) Ce que le travail en projet a permis du côté des élèves ? Le travail en projet a été très bénéfique pour les élèves puisque cela leur a permis de construire quelque chose de commun ayant un effet très fédérateur. Etant donné qu’il n’y a qu’une seule classe par niveau dans cette école, les élèves se suivent d’une année sur l’autre et progressent ensemble, cette année il y a eu 8 nouveaux élèves et ce projet a été une façon pour eux de s’intégrer au groupe classe déjà bien soudé. C’est une classe très vivante, ou les enfants participent volontiers mais de façon souvent désordonnée aussi un travail sur tout ce qui concerne le respect de la parole d’autrui et écoute dans le groupe a été fait. On peut citer en exemple le choix du nom du jeu où chacun a pu donner son avis et voter afin d’aboutir sur l’élection d’un nom commun pour le jeu : « Questions pour un champion. » Le respect de la parole d’autrui a été également travaillé lors des travaux de groupe. Effectivement, j’ai remarqué lors de notre premier travail de groupe que certains élèves avaient du mal à faire valoir leur droit à la parole et qu’il y avait des désaccords sur les rôles de chacun au sein de leur groupe. Nous avons donc dû travailler sur les conditions de réussite d’un travail de groupe parce que le niveau sonore n’était pas propice aux apprentissages. Au cours d’un temps de vie collective, nous avons défini des règles à respecter pour le bon déroulement d’un travail de groupe, règles qui ont été affichées en classe et qui sont rappelées au début de chaque nouveau travail de groupe.

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Dans le cadre des sciences, les élèves ont été amenés à expérimenter la démarche d’investigation et c’est un exercice qu’ils n’avaient jamais fait auparavant. Les élèves ont été très motivés par cette matière. De manière générale, ils sont curieux d’en savoir plus en ce qui concerne les sujets que nous abordons. Les élèves de cette classe sont très portés sur les notes et leur réussite, par exemple, ils me demandaient sans cesse si ce que nous faisions était noté, et bien grâce aux démarches d’investigations que nous avons faites, Ils ont également compris que l’on avait le droit de se tromper, qu’il n’y avait pas de bonne ou de mauvaise réponse. Cette prise de conscience du côté des élèves a eu des conséquences positives sur certains d’entre eux un peu timides lorsqu’il s’agit de français ou de maths mais qui, du coup, donnaient plus volontairement leur avis en sciences. 3) Ce que cela m’a apporté en tant que professeur des écoles : En temps que professeur des écoles débutante, je me suis rendue compte que le travail en projet a un réel impact sur la motivation des élèves à rentrer en apprentissage. Les apprentissages réalisés dans le cadre du projet prennent plus de sens pour eux et ils voient l’aboutissement de leur travail par la réalisation d’un produit fini. J’ai également réalisé l’étendue des possibilités qu’offre un travail en projet, de pouvoir allier plusieurs disciplines au service de celui- ci. L’expérience

du

travail

en

projet

modifie

ma

représentation

du

professeur

des

écoles « transmetteur de savoirs » puisque dans le cadre d’un projet ce sont les élèves qui deviennent acteurs et créateurs de leur propre savoir, savoir qui a tout de suite plus de sens pour eux. Je me suis rendue compte qu’il n’y a pas dans la classe deux forces : l’enseignant d’un côté et les élèves de l’autre mais bien un seul groupe de personnes qui évoluent ensemble, les élèves avec les connaissances qu’ils acquièrent, l’enseignant par toutes les remises en question qu’il peut se poser et les réajustements qu’il propose. Dans le cadre d’un projet, l’enseignant est un médiateur qui fait avancer le débat en guidant un peu les élèves, en les relançant si besoin est ou en modérant les propos lorsque ceux-ci deviennent hors sujet. J’ai pris conscience également de l’importance pour les élèves de sentir que le projet vient réellement d’eux et qu’il n’a pas été imposé par l’enseignant pour mieux adhérer à celui –ci. De tous les éléments cités précédemment dépendra la réussite d’un projet.

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4) Comment je mettrai en place un projet la prochaine fois ? Lorsque j’aurai à remettre en place une démarche de projet, il y a beaucoup de choses que je travaillerai différemment : -

Tout d’abord au niveau de la préparation écrite : je mettrai en place plus d’évaluations et de critères de réussite pour les différentes compétences travaillées afin de pouvoir suivre l’évolution des élèves. Ces évaluations sont importantes pour remédier le plus tôt possible aux difficultés que les élèves pourraient rencontrer. Les évaluations sont à mettre en place dans tous les domaines sans oublier ceux tels que l’autonomie et l’initiative. Dans ces domaines, l’évaluation pourra consister en une grille d’observation de comportements qui peut être remplie dans le cadre d’une auto évaluation ou par l’enseignant.

-

Je laisserai plus la place aux idées des élèves parce que j’ai eu un peu l’impression de leur avoir trop « mâcher » le travail, ce qui est dommage parce qu’ils ont souvent de très bonnes idées qui mériteraient d’être plus prises en compte même si celles-ci n’étaient pas attendues dans nos progressions.

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Je pense que j’oraliserai plus sur ce que nous faisons et en quoi cela sert pour le projet, afin de montrer aux élèves que tous les apprentissages faits sont utiles et de leur donner plus de sens.

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J’ai le souhait également de mettre en place plus de pédagogie différenciée parce que c’est un point que je n’ai pas travaillé avec ce projet mais qui m’intéresse parce que c’est une façon de travailler qui prend plus en compte les élèves en difficultés. Mettre les élèves dans des situations de réussite, c’est assurer leur motivation et leur progression dans les apprentissages futurs.

Conclusion En conclusion, je peux dire que le travail en projet est une démarche qui m’a paru très intéressante et qui m’a permis de me familiariser avec un outil professionnel supplémentaire. Cependant lorsque j’aurai à l’utiliser de nouveau, je tirerai des leçons de mes erreurs et ferai en sorte de ne pas les reproduire. Finalement ce premier travail aura été un bon moyen de me rendre compte de certaines conduites à éviter ou à favoriser dans le cadre d’un travail en projet. Nous n’arrêtons pas de vanter les mérites et le statut de l’erreur, je l’applique aussi en ce qui me concerne : c’est en se trompant que l’on apprend !

Emilie Chassé – PE2

Ecrit reflexif  

Reflexion sur un projet pluridisicplinaire.

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