Issuu on Google+

2 5

Le 25 novembre 2010 Ă  18 heures

n o v e m b r e

Le 25 novembre 2010 Ă  18 heures


Le foisonnement de nos identités

Le succès de quelques grands noms qui se sont créé un auditoire mondial ne doit pas faire oublier une littérature (des littératures devrait-on dire !) foisonnante et en plein développement, exprimant une parole originale et forte, avec passion et une énergie, semble-t-il, sans limite. Le Prix RFO du Livre n’est pas un prix de littérature francophone de plus. Le goût de la diversité des hommes et des cultures et la recherche d’identités qui rassemblent constituent le lien puissant entre les quelque cinq cents écrivains qui y ont déjà participé. Il n’est pas étonnant que RFO, le réseau aux identités multiples, riche de ses 9 télévisions et de ses 10 radios régionales, ait joué les précurseurs, il y a seize ans. Fortement implantés dans tous les territoires d’outre-mer, et en métropole avec France Ô, chaîne nationale de la TNT, nous avons l’ambition d’être un vulgarisateur. Faire découvrir et aimer ces littératures et ces cultures, si lointaines par la distance, mais si proches par le retentissement qu’elles ont en nous, est bien au cœur de notre ambition. Claude Esclatine Directeur de RFO et de France Ô

©DR

Depuis seize ans, le Prix RFO du Livre promeut avec constance et enthousiasme la littérature d’outre-mer. La grande diversité de styles et de tons, tout autant que la multiplicité de ses accents, méritent amplement cet effort de nos médias télé et radio.


L’édito de Laure Adler

J’ai eu la chance de faire partie des membres du jury du Prix RFO du Livre depuis sa création. J’étais alors une jeune journaliste qui s’intéressait passionnément — peut-être parce que j’ai vécu en Afrique jusqu’à l’âge de 17 ans — aux cultures de l’ailleurs, à la francophonie, aux différentes langues orales qui transmettaient les contes et les traditions.  Très vite, dans ces discussions animées du jury et après les lectures, j’ai compris que dans ce prix se trouvaient plusieurs enjeux, dont, notamment, celui de la passion pour l’écriture, ce que représente écrire, ce risque pris pour nous faire comprendre autrement le monde. J’ai vite constaté que, parmi les membres du jury, seules la loyauté et la sincérité par rapport aux textes importaient. Pas de billard à triple bande. Au fur et à mesure, j’ai réalisé que ce Prix RFO du Livre savait prendre de l’avance sur les autres pour découvrir à la fois des écrivains et de nouveaux statuts pour des textes qui pouvaient être au croisement de la poésie, de la philosophie et de l’écriture.  Je réalise aussi aujourd’hui qu’il est porteur et synonyme des valeurs qui m’importent le plus : le respect de l’Autre et le vivre ensemble. Chaque année, c’est un bonheur de se réunir et j’attends les délibérations avec impatience. Laure Adler

©Charlotte Schousboe

Présidente du jury et animatrice de Tropismes sur France Ô


Le Prix RFO du Livre, seize ans déjà ! Initié il y a seize ans, le Prix RFO du Livre marque la volonté de France Télévisions d’encourager la vitalité de la littérature ultramarine et de promouvoir une littérature d’une grande richesse, pourtant encore trop méconnue du grand public. Saluant chaque année le talent singulier d’écrivains originaires ou amoureux des territoires d’outre-mer, le Prix RFO du Livre est attribué à un ouvrage d’expression française ayant un lien avec l’outre-mer français ou les zones géographiques et géopolitiques proches. Ce prix est une référence pour les libraires, les éditeurs et le monde ultramarin.

Le palmarès 2009

2008

2007

2006

2005

2004

2003

2002

2001

2000

1999

1998

1997

1996

1995


Souvenir d’une lauréate  « Comme à chaque fois qu’un événement tragique ou heureux vient interrompre le cours de la vie d’un homme, l’histoire commence par un téléphone qui sonne. Ça sonne, je décroche. La voix s’assure que je suis bien Fabienne Kanor, celle qui a écrit Humus* en 2006 et qui vient de remporter le Prix RFO du Livre. Je ne suis pas certaine d’avoir bien entendu. Je ne suis pas quelqu’un à qui la chance sourit, d’ordinaire. Jamais gagné aux courses, jamais remporté un voyage pour deux aux Maldives, jamais raflé la première place pour quoi que ce soit. Sauf que là, c’est bien moi, rien que moi qu’on appelle. A moi, qu’on donne rendez-vous dans une heure. A midi, je dois être au Procope, là où la cérémonie se tiendra. C’est drôle, j’en parlais, du Procope, dans mon premier roman. Mon héroïne était même en train d’y boire un chocolat au lait en compagnie d’un loup-garou originaire de Caucasie et ascendant Taureau. Emue, je raccroche et récapitule l’histoire. Prix RFO. Humus. Procope. Réception. Tiquant sur le dernier mot, je me rappelle aussitôt les sages consignes de ma mère : 1) ne jamais porter de culotte déchirée quand on sort ; 2) s’asperger les aisselles de sent-bon ; 3) éviter les locks et la basket ; 4) avoir toujours un sac à main avec, dedans, un bonbon. Après un check-up intégral, je me rue dans le métro. En vérité, je tremble. Comme une feuille, comme une fille qui s’en va retrouver son tout premier homme.

Des hommes, il y en a plein partout quand je franchis les portes du Procope. Et aussi des femmes, des appareils photo, des tables et un micro. “Il faut monter sur scène”, me souffle mon ami et attaché de presse Alain. Il sourit, rit même, lorsqu’il me voit trembloter de plus belle. La suite, c’est en désordre qu’elle se déroule encore dans ma tête. Les mots qui font du bien de Gisèle Pineau, les flashs du photographe Fofo, un serveur, des amuse-gueule, le dos de Laferrière, et moi, incapable de faire autre chose que de sangloter, de décliner sur tous les modes “mercibeaucoupmercibeaucoupmerci”. Trois ans ont passé et c’est la même émotion qui me prend lorsque je songe à cet après-midi-là. Je pense à Humus, bien sûr, mais surtout à toutes ces femmes, captives sans voix, enfin couronnées. » Fabienne Kanor Lauréate du Prix RFO du Livre 2007 pour son roman Humus (Gallimard) * Publié en 2006, Humus retrace le destin de quatorze femmes en 1774, pleine époque de la traite des Noirs. Parquées dans les cales d’un bateau négrier nantais, Le Soleil, ces femmes décident de se rebeller et de sauter à l’eau.


Le jury 1

Laure Adler Présidente du jury de sélection 2010  Animatrice de Tropismes sur France Ô Journaliste et écrivain

6

2 Issa Asgarally Linguiste Docteur et professeur en linguistique au Mauritius Institute of Education Présentateur depuis 2001 du magazine littéraire Passerelles à la télévision mauricienne (MBC).

7 Dany Laferrière Ecrivain et réalisateur Lauréat du Prix Médicis 2009 Lauréat du Prix RFO du Livre 2002

3 Françoise Barret-Ducrocq Secrétaire générale de l’Académie Universelle des Cultures Professeur d’histoire de la civilisation britannique émérite (Université Paris - Diderot/ Paris 7) Membre du Conseil d’administration de l’Alliance Française Présidente de l’Institut Emilie du Châtelet pour la diffusion et la valorisation des études sur les femmes et le genre 4 Paule Constant Ecrivain Lauréate du Prix Goncourt et du Prix Roman France Télévisions 1998 Docteur ès lettres et sciences humaines (Université Paris-IV – Sorbonne) Professeur en littérature française (Université PaulCézanne – Aix-Marseille-III) 5

Edouard Glissant Ecrivain Lauréat du Prix Renaudot 1958 Docteur en lettres Distinguished Professor en littérature française (City University of New York)

Catherine Humblot Diplômée en lettres modernes Journaliste au Monde, coauteur de Télévision française : la Saison

8 Alain Mabanckou Romancier, poète et essayiste Lauréat du Prix Renaudot 2006 Lauréat du Prix RFO du Livre 2005 Professeur titulaire de littérature francophone (Université de Californie-Los Angeles – UCLA) 9 Jean-Marie Ozanne Libraire Fondateur de la librairie Folies d’encre (Montreuil) 10 Gisèle Pineau Ecrivain Lauréate du Prix RFO du Livre 1996 Grand Prix des lectrices de Elle 1994


4

3

8

9

10

©Charlotte Schousboe Photo 5 ©DR

2

1 6

5

7


Le jury de sélection 1

Christian Tortel Journaliste littéraire et culturel de la rédaction de RFO

2 Louis-Gérard Salcède Adjoint au directeur des radios de RFO 3 Mariejosé Alie Directrice déléguée à la diversité de France Télévisions 4

Gora Patel Directeur de la coordination du réseau outre-mer

2

1 3

5

Gérard Lemoal Rédacteur en chef de Studio M

©DR

4

5


La sélection 2010 Le jury propose cette année une sélection riche d’ouvrages salués par la critique et de livres moins connus et pourtant hauts en couleur. Romans, nouvelles, écrits poétiques… la sélection 2010 du Prix RFO du Livre souhaite rendre hommage à la diversité et à la richesse de la littérature ultramarine.

L’Affaire de l’esclave Furcy Mohammed Aïssaoui Gallimard

© C. Hélie/Gallimard

Le 16 mars 2005, les archives concernant « l’affaire de l’esclave Furcy » étaient mises aux enchères, à l’Hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents illustrait une période cruciale de l’Histoire et révélait le récit extraordinaire de Furcy. Dans l’île de La Réunion – appelée alors île Bourbon –, cet esclave de 31 ans décida, un jour d’octobre 1817, de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté. Né en 1964 en Algérie, Mohammed Aïssaoui est titulaire d’une maîtrise de sciences politiques et d’une maîtrise d’administration économique et sociale à l’université de Nanterre. Aujourd’hui journaliste, il travaille au service littéraire du Figaro depuis 2001. Pour L’ Affaire de l’esclave Furcy, il a enquêté durant quatre ans afin de retrouver sa trace et les documents évoquant un procès de vingt-sept ans.

En attendant la montée des eaux Maryse Condé JC Lattès

©Claire Garate

Babakar est médecin. Il vit seul avec ses souvenirs d’une enfance africaine, d’une mère aux yeux bleus qui vient le visiter en songe, d’un ancien amour, Azelia, disparue elle aussi, et d’autres rêves de jeunesse, d’avant son exil en Guadeloupe, berceau de sa famille. Mais le hasard, ou la providence, place une enfant sur sa route et l’oblige à renoncer à sa solitude, à ses fantômes. La petite Anaïs n’a que lui. Sa mère, une réfugiée haïtienne, est morte en la mettant au monde, lui léguant sa fuite et sa misère. Babakar veut lui offrir un autre avenir. Née en 1934 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé est l’auteur de plusieurs romans, dont la trilogie Ségou publiée chez Robert Laffont et au Mercure de France. Elle a reçu le prix Tropiques, le prix de l’Académie française et le prix Marguerite-Yourcenar. Après avoirenseigné à l’université de Columbia, elle se partage aujourd’hui entre Paris et New York.


Photo de groupe au bord du fleuve

©DR

Emmanuel Dongala Actes Sud

Né en 1941, d’un père congolais et d’une mère centrafricaine, Emmanuel Dongala suit des études scientifiques en France et aux Etats-Unis. Il fuit la guerre civile au Congo en 1997 et demande alors l’asile à la France, qui le lui refuse. Son ami Philip Roth l’accueille aux Etats-Unis et, depuis, il enseigne la chimie dans le Massachusetts et la littérature africaine francophone dans l’Etat de New York.

Un matin, en se réveillant, Méréana sait que cette journée ne sera pas comme les autres. Les quinze femmes qui cassent des blocs de pierre dans une carrière au bord d’un fleuve africain viennent d’apprendre que la construction d’un aéroport majore considérablement le prix du gravier. Ensemble, elles décident d’augmenter celui du sac. L’enjeu n’est pas seulement l’argent et son pouvoir de transformer les rêves en projets. Au cours de leur lutte, les « casseuses de cailloux » découvrent la force collective et retrouvent l’espoir.

Les Affres d’un défi

©DR

Frankétienne Vents d’ailleurs

Dans un village de la campagne haïtienne, Saintil et Zofer sont les exploiteurs sanguinaires d’une armée de zombis. Ils recrutent les beaux parleurs et les malheureux de tous bords pour nourrir leur terre de la violence des aubes tropicales. Ne sachant rien des odeurs du temps ni des couleurs de la vie, Sultana, fidèle aux vieilles traditions de la maison, prépare la nourriture quotidienne des zombis selon le même rituel qui interdit absolument le sel. Entre la démence et la lucidité, un grain de sel suffit à faire basculer les âmes.

Né en 1936 dans l’Artibonite au centre de Haïti, Frankétienne est poète, dramaturge, romancier, comédien et peintre. Artiste complet, il enseigne et dirige une école pendant de nombreuses années. Il fonde en 1968, avec René Philoctète et Jean-Claude Fignolé, « La Spirale », qui prône l’art total en mélangeant les genres romanesque, théâtral et poétique. Frankétienne a publié plus d’une trentaine de titres en français et en créole.

Les Veuves de verre

© Jean-Christophe L Espagnol

Alexis Gloaguen Maurice Nadeau

Né en 1950 dans le Finistère, Alexis Gloaguen grandit en NouvelleCalédonie, puis étudie à Brest et à Clermont-Ferrand. Il enseigne la philosophie et voyage en Cornouailles, en Ecosse, écrit et peint. En 1992, il part avec sa famille à Saint-Pierre-et-Miquelon, où il dirige le nouvel institut de langue française tourné vers le Canada et les Etats-Unis. Il écrit sur ses voyages et enseigne aujourd’hui au lycée de Saint-Pierre.

Cette série de récits écrits lors de voyages professionnels au Canada et aux Etats-Unis raconte la découverte de villes — des mégapoles aux plus modestes — et la fascination qu’elles inspirent dans une approche poétique et le souci du reporter. Merveilles architecturales des tours de verre et d’acier, inquiétude engendrée par un monde dévolu au pouvoir économique et dont la poésie est absente. Attirance, mystère, malaise parfois. Dans le voyage, la réalité se mêle au rêve, et pour le lecteur éclate la révélation d’une écriture.


Dalonaz é shamayaz (Bises et bisbilles) Céline Huet Udir

© Jean-François Samlong

Un recueil de micro-fictions qui nous emporte au plus profond de nos sentiments ; treize textes qui déclinent les doutes entre amour et amitié, le combat entre une danse avec des bouteilles de rhum et un vativien d’émotions. Dualité de sentiments et questionnement, à travers la passion des mots et l’amour du partage, Céline Huet nous promène dans des sentiers de vie et la dignité des gens humbles. Entre rêve et réalité, bises et bisbilles, sur des chemins parsemés de surprises, que ses mots vivent mille et une vies ! Céline Huet est née à Saint-Pierre, île de La Réunion. Comptable, elle publie dès 1982 des poèmes dans divers recueils collectifs de l’Udir. Nombre de ses textes ont été mis en musique. En 1989, elle publie aux éditions Réunion Maloya pour la mer, recueil de poèmes et de nouvelles écrit en créole et en français. Depuis, elle écrit en créole et publie régulièrement aux éditions Udir.

Saisons sauvages

Kettly Mars Mercure de France

© Stéphane Haskell / Mercure de France

Je suis la femme de Daniel Leroy et la maîtresse d’un secrétaire d’Etat macoute. C’est vrai, je suis lâche, j’aurais pu me battre, refuser, crier au scandale. Mais j’aurais été seule... Seule face à la peur. J’aurais pu disparaître, me faire torturer et violer... Maintenant la peur couche dans mon lit, je la baise, lui donne du plaisir, je profite de ses largesses. En me soumettant au secrétaire d’Etat, je garde Daniel en vie. Pour le reste, pour demain, je ne sais rien. Poète, nouvelliste et romancière, Kettly Mars est une des figures majeures de la jeune littérature haïtienne. Plongeant dans la brutalité des années de dictature, son œuvre tente de retrouver la source des tendances à l’autodestruction d’un peuple. Née en 1958 à Port-au-Prince sous le régime autoritaire de Duvalier, et évoluant dans une société profondément marquée par un lourd passé colonial, Kettly Mars s’est lancée dans l’écriture au début des années 1990.


Contacts presse Christelle Lefrançois Tél. : 01 55 22 71 20 Mél. : christelle.lefrancois@francetv.fr Corinne Larun Tél. : 01 56 22 75 25 Mél. : corinne.larun@francetv.fr Inès Chapard Tél. : 01 56 22 81 12 Mél. : ines.chapard@francetv.fr

Contact  Katia Martin Directrice de projets en charge de la politique de promotion du livre, de la lecture et de la langue française France Télévisions Tél. : 01 56 22 60 78 Mél. : katia.martin@francetv.fr

Le 25 novembre 2010 à 18 heures

Le 25 novembre 2010 à 18 heures


Prix du livre RFO