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PROYET EMARI09

emari 09

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Introduction Le projet emari09 a pris forme au cours du premier semestre 2009. Pour le mener à bien, le groupe nommé “Equipe emari” s’est réuni une fois par semaine ou tous les quinze jours, afin de réaliser un travail qui a été aussi difficile qu’enrichissant. On a essayé que plusieurs voix et sensibilités y soient représentées: les artistes, l’animatrice socio-culturelle, des représentants municipaux et des entités ou des personnes qui représentaient le sentiment populaire et culturel de la région. Il ne s’agissait pas de choisir des oeuvres qui puissent être exhibées en ville puis exposées dans la vallée d’Ultzama; nous voulions que l’exposition soit soutenue par un facteur commun aux communautés rurales de notre région, comme, par exemple, la mythologie. Nous avons donc proposé aux artistes de creuser l’idée de Mari, la mère nature, que tout ce qui soit fait soit considéré comme une offrande à cette déesse, de telle sorte que les artistes tournent leur regard vers les communautés villageoises. Ce catalogue représente le point final de ce premier rituel, de ce chemin que nous avons emprunté et qui nous permettra de vivre à l’avenir des expériences que nous ne soupçonnons pas encore. Virginia Domeño Dans mon cas, à cheval entre “être-personne-urbaine” et “être-personne-en-milieu-rural”, ce que je désire faire, c’est une représentation-hommage-don-célébration-offrande (a Mari)-demande et symbiose entre ce que je vis en ville et ma relation à la campagne, à la terre rurale où je suis née, où je retourne souvent en raison de mon besoin de contact avec la nature et avec ce que me donne la campagne. J’emprunte l’idée des drapeaux de prière qu’utilise le bouddhisme, relation directe avec la nature et la vie spirituelle, je prends la plastique des banderolles qui célèbrent la fête dans n’importe quel village de notre région, de notre culture et de notre civilisation, je prends la danse (ZINTA Dantza) qui “construit” et fête avec humour et en musique, se voue à ses racines, se voue à son climat, à ses gens et à ses dieux. Carolina Martín Depuis la compréhension des états habituels, les craintes, les besoins et les désirs, et la cohabitation au sein des modes de vie ruraux, comment peut-on comprendre les croyances, les rituels et les lois qui conforment l’identité culturelle d’un peupleComment cela se développe-t-il avec les concepts de Mari? C’est à partir de ce caractère idyllique que l’être humain de la ville donne à la nature, que je trouve le rapport à Mari, comme lieu de consolation et de protection. J’ai choisi la pierre comme élément constructif, en tant qu’offrande. Les craintes et les besoins sont représentés dans un cercle rouge; la perfection du cercle nous rapproche de la divinité. Chiara Pignotti Au début, avant ce que nous appelons l’histoire, il y avait une désse unique, le principe créatif, maternel. Dans le monde entier on trouve des images de déesses en rapport avec les cultes à la Terre Mère. Il est important de focaliser l’attention et de travailler pour cette grande mère primordiale, comme point de départ spirituel, de nous rapprocher à nouveau de l’amour de la déesse qui nous nourrit et nous protège, ce pourquoi il faut être reconnaissant. Dans le projet emari, le fait de vivre, de rencontrer et de parler à des gens avec lesquels j’ai autant d’affinités m’a enrichie et encouragée à continuer de travailler dans ce sens.Je ne peux que dire merci, également, car pour que l’offrande s’accomplisse, Mari elle-même, à travers la beauté des paysages de Navarre et la magie des montagnes mexicaines, où j’ai appris la technique de fonte pré-hispanique, m’a inspirée pour me permettre de vivre cette expérience fantastique. Amaia Conde Mon projet est basé sur l’idée de similitude des cycles de l’être humain et de la Nature, et sur la possibilité d’une relation harmonieuse et équilibrée entre les deux. On créera un lieu d’offrande et d’union avec la nature a travers la réalisation d’un cromlech accompagné de quatre totems taillés dans quatre troncs en bois de chêne (bois dominant dans la région), disposés en cercle, et où chacun d’eux représente un cycle. De petits tronc-menhirs complèteront le cercle. Ils représentent aussi bien les quatre cycles de la Terre (Printemps, Eté, Automne, Hiver) que les points cardinaux (Est, Sud, Ouest, Nord) ou les éléments de base de la Nature (Eau, Air, Feu, Pierre). En outre, ils représentent le cycle extérieur de la vie de l’homme (Naître, Grandir, Se reproduire, Mourir) et son cycle intérieur (Déception de la vie, Vide et solitude, Renaissance, S’ouvrir à la Totalité). Nerea de Diego Je suis particulièrement attirée par les constructions avec des matériaux éphémères en raison de la fragilité qu’ils évoquent. Je remarque notamment tout ce qui est en rapport avec l’aspect populaire, les expressions humbles ou spontanées: les accumulations fortuites d’objets, les autels populaires… Toute cette imagerie qui, d’une manière ou d’une autre, condense les inquiétudes des personnes. La vierge est une des femmes les plus représentées du monde actuel, elle existe dans l’imaginaire collectif avec une force probablement supérieure à celle de Monna Lisa ou Marilyn. Il doit y avoir quelque chose d’atavique dans cette adoration mariale qui nous renvoie à l’animisme des cultures matriarcales, à la Terre comme Grande Déesse Mère; à l’Origine. Siete Puertas “Ayer, Hoy y Maraña”, est une intervention, c’est l’arbre du savoir, c’est l’implosion des connaissances, c’est la génération passée, présente et future, c’est emboîter, c’est un format, c’est une contention et aussi une explosion, c’est la voie, c’est un chemin, c’est une évolution, c’est bidirectionnel, c’est multidirectionnel, c’est une métaphore, c’est une illusion. La toile d’araignée nous façonne, basée comme elle est sur des connexions, elle est le désordre, le chaos vers lequel tout conflue “dans l’ordre”; elle est un réseau de connexions chaotiques, rangées, cérébrales, elle est l’être humain, et elle est en même temps la terre qui le nourrit, c’est pourquoi la toile d’araignée pend et est suspendue, le sol, la terre est le support, mais la toile s’élève toujours au-dessus, majestueuse. Elle est un cycle complet, elle est le début et la fin, nourris par les racines des arbres qui les soutiennent.

Catalogo emari09. vol4  

Catalogo emari09. vol 4

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