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Merci Ă tous nos partenaires Le microcrĂŠdit Une solution durable ?


Microcrédit Le microcrédit consiste généralement en l'attribution de petits prêts à des entrepreneurs ou des artisans qui n’ont pas accès aux prêts bancaires traditionnels. Le microcrédit est présent surtout dans les pays en voie de développement, où il permet de concrétiser des projets et de favoriser la création de la richesse. Mais ce type de financement existe aussi dans les pays développés ou en transition. La Banque mondiale recense aujourd’hui 10 000 institutions offrant du microcrédit. Implantées dans 85 pays, ces institutions ont prêté environ 34 milliards de dollars canadiens à 130 millions de personnes. Ce type de financement a permis à de nombreux groupements de villageois, de femmes, d’artisans et d’agriculteurs de créer de petites entreprises afin de se sortir de la pauvreté et d’améliorer leur qualité de vie. La plupart des bénéficiaires de microcrédit sont des micro-entrepreneurs du secteur informel : petits commerçants, vendeurs ambulants, artisans, agriculteurs ou transformateurs. Chacun d’entre eux possède un savoir-faire et demande un petit prêt afin de développer leur micro-entreprise et de générer plus de revenus.


Origine du microcrédit Historique Au début des années 1600, à Dublin, M. Dean Jonathan Swift est le premier à prêter de petits montants à des artisans pauvres de la ville. Au cours des décennies suivantes, son initiative est reprise par plusieurs organismes irlandais, comme la Dublin Musical Society. Dans les années 1800, en Europe, certaines banques ont accordé des prêts sans taux d’intérêt ou à faible taux d’intérêt aux personnes démunies. En 1900, Alphonse Desjardins fonde la première «caisse populaire » en Amérique du Nord, à Lévis, à Québec. Celle-ci généralise l’épargne et rend le crédit accessible aux ouvriers comme agriculteurs. M. Desjardins participe ensuite à la constitution de coopératives d’épargne et de crédit aux États-Unis. En 1977 Muhammad Yunus, révolté par le taux usuraire des banques indiennes, lance le programme Grameen en prêtant lui-même 27 dollars à un groupe de 42 femmes d'un petit village du Bangladesh afin qu'elles créent leur micro-entreprise. Ce sera le début de l'aventure à succès de la Grameen Bank, premier organisme financier au monde à prêter de l'argent aux personnes insolvables exclues du système bancaire traditionnel, afin qu'elles puissent lancer elles-mêmes leur propre micro-entreprise.


Muhammad Yunus Muhammad Yunus est né le 28 juin 1940 à Chittagong, au Bangladesh. Il étudie au Chittagong Collegiate School. Membre d'une organisation de scouts, il effectue avec son groupe plusieurs voyages qui le mènent à partir de 1955 en Inde, en Amérique du Nord, en Europe, au Moyen-Orient, aux Philippines et au Japon. En 1957, Muhammad Yunus entre à l‘Université de Dhaka (Bangladesh) où il étudie l'économie et décroche en 1961 un Master of Arts. Il devient professeur d'économie à Chittagong. En 1971, il crée avec d'autres Bangladais résidant aux États-Unis le Bangladesh Citizen's Committee ainsi que le Bangladesh Newsletter, destinés à soutenir les indépendantistes pendant la guerre de libération du Bangladesh. Il participe également activement à la Bangladesh Defence League de Fazlur Rahman Khan. L'indépendance du pays est finalement proclamée en décembre 1971. Muhammad Yunus abandonne alors son emploi de professeur d'université pour rentrer au Bangladesh. Il devient responsable du département d’économie de l’Université de Chittagong construite en milieu rural. Il commence à s’intéresser au mode de vie misérable des villageois vivant à proximité de l’université.


Muhammad Yunus et la Banque Grameen Après avoir approché, en vain, une banque commerciale pour tenter de mettre en place un premier programme de microcrédit, Yunus décide d’en créer un lui-même en 1977, sous le nom de « Grameen ». En 1983, la Grameen obtiendra le statut d’établissement bancaire. Actuellement, la Banque Grameen comporte près de 1400 succursales et œuvre dans plus de 50 000 villages. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards $ de prêts et affiche des taux de remboursement de près de 99 %. En 2005, Muhammad Yunus et la Banque Gramenn sont nominés pour le prix Nobel d'économie et le prix Nobel de la paix. En 2006, ils reçoivent le prix Nobel de la paix. Muhammad Yunus utilise le montant du prix pour financer un hôpital et une usine de traitement de l'eau.


Comment fonctionne un microcrédit? Un micro-entrepreneur souhaitant obtenir un microcrédit doit en faire la demande auprès d’un agent de crédit d’une institution financière ou dans une ONG. Voici les principales étapes d’un microcrédit. La sélection des projets. L’agent de crédit analyse la demande du micro-entrepreneur lors d’un entretien et se rend souvent à son domicile afin d’évaluer sa capacité à rembourser ainsi que la viabilité de son projet. Une fois présélectionné, un comité de sélection, réunissant plusieurs agents de crédit ainsi que la direction de l’institution financière, décide d’accorder ou non le petit prêt. L’accompagnement du bénéficiaire. Une institution financière ne se contente pas d’accorder un petit prêt, mais adaptera aussi son offre aux besoins du micro-entrepreneur et de sa famille. C’est pourquoi les microcrédits comportent souvent d’autres services financiers (épargne, assurances) et des programmes de formation, permettant de mieux s’assurer contre les aléas de l’avenir, de rembourser le prêt correctement et d’utiliser les revenus de façon responsable. Le remboursement. Le bénéficiaire rembourse le prêt en se rendant à l’institution financière ou en donnant l’argent à l’agent de crédit qui vient le collecter sur une base hebdomadaire ou mensuelle.


Quels sont les différents types de prêts en microfinance Les prêts de groupe. Les institutions financières demandent de constituer un groupe d’emprunteurs afin d’accorder un microcrédit groupé : ce type de prêt s’adresse aux bénéficiaires les plus pauvres. Aucune garantie n’est demandée; en revanche, les membres du groupe sont solidaires. Les liens sociaux entre les bénéficiaires créent une forme de garantie et incitent les membres à rembourser leur emprunt. Ce modèle est largement répandu, en particulier lors d’un premier emprunt. C’est un moyen de s’assurer du sérieux des bénéficiaires et de leur constituer un historique de crédit.

Les prêts individuels. On demande des garanties ou au moins un historique de crédit. Les prêts individuels sont mieux adaptés aux besoins des micro-entrepreneurs et tendent à se développer de plus en plus. En revanche, ils s’adressent à des bénéficiaires un peu moins pauvres.


Différence entre microcrédit rural et microcrédit urbain En milieu urbain : les clients sont diversifiés : petits commerçants, artisans, vendeurs de rues, etc. Leurs activités deviennent opérationnelles rapidement et génèrent des revenus à court terme permettant de rembourser les prêts plus facilement. Ainsi, les coûts opérationnels des visites clients sont plus faibles.

En milieu rural : le microcrédit peut aider à payer des graines, de l’équipement agricole ou du bétail. Les populations sont plus isolées, les distances plus grandes et le réseau de transport moins dense, ce qui rend les coûts de structure d’un microcrédit plus importants. Par ailleurs, le cycle économique d’un projet en milieu rural suit celui des saisons (plantations, récoltes…) et celui-ci génère des revenus à moyen terme et est plus aléatoire.


Québec, fort en microcrédit Actuellement, au Québec, on peut trouver deux types de microfinancement : le microcrédit à la consommation et le microcrédit communautaire. Tous deux ont pour mission d’aider les gens exclus du financement traditionnel.


Microcrédit à la consommation En 2001, les Fonds d’entraide Desjardins, en partenariat avec les organismes de consultation budgétaire (ex: ACEF, Option consommateurs), a lancé le microcrédit à la consommation. Les différents partenaires ont constaté que les personnes à faible revenu en situation d’urgence sont forcées de recourir à diverses formes de crédit parallèle, par exemple les prêts sur gages et les magasins de type « louer pour acheter » dont les frais peuvent être exorbitants. Ce programme consiste à accorder des prêts sans intérêt jusqu’à concurrence de 1000 $, uniquement pour l’achat de biens essentiels: cuisinière, frigo, lunettes, etc. Cela permet de résoudre un problème ponctuel. Le microcrédit à la consommation favorise l’éducation au crédit en améliorant l’autonomie des personnes à faible revenu et leurs conditions de vie.


Processus microcrédit à la consommation Une personne souhaitant obtenir un prêt à la consommation doit faire une demande auprès d’une ACEF (Association coopérative d’économie familiale) ou d’un organisme de consultation budgétaire. La personne doit participer à une consultation budgétaire avec un conseiller budgétaire pour déterminer sa capacité de remboursement et le montant mensuel qu’elle peut rembourser. Le conseiller présente la demande de prêt au comité de prêt (groupe de personnes possédant de l’expérience dans le milieu communautaire et des connaissances financières). Ce comité prend la décision d’accorder ou non le prêt. Après l’approbation du prêt, il y a un accompagnement budgétaire auprès des bénéficiaires. Cela permet de prévenir les problèmes, de s’assurer que le prêt sera remboursé et d’adopter de saines habitudes en matière de finances personnelles.


Microcrédit communautaire Ce sont de prêts pour des personnes à faible revenu qui ont un projet économique viable ou qui veulent développer leur entreprise. Les personnes à faible revenu rencontrent des obstacles importants qui les empêchent d’accéder aux sources traditionnelles de crédit : mauvais dossier crédit, absence de petits prêts dans le réseau traditionnel, absence de garanties, manque d’expérience en affaires. Le microcrédit communautaire permet de lever ces obstacles grâce à ses activités d’accompagnement, de formation et de suivi, combinées à un financement flexible. L’accompagnement se fait avant, mais aussi pendant toute la durée du prêt.


Le Réseau québécois de crédit communautaire 50% de tous les organismes de microcrédit communautaire canadiens sont au Québec. Fondé en 2000, le Réseau québécois de crédit communautaire est un OSBL ayant pour mission de développer et de promouvoir l’approche du crédit communautaire au Québec. Le Réseau québécois de crédit communautaire comporte 12 fonds d’emprunt (endroits où on peut avoir accès à du financement à faible taux d’intérêt et à un accompagnement de proximité pour concrétiser où développer un projet de microentreprise), 11 cercles d’emprunt (dans ce cas-ci, la personne doit suivre une formation). À ce jour, le Réseau québécois du crédit communautaire connaît un grand succès: 1524 prêts ont été accordés pour un montant de 8,9 M$, tandis que plus de 3768 emplois ont ainsi été créés et maintenus. En outre, 90 % des prêts consentis ont été remboursés, une réussite attribuable au crédit de proximité qui caractérise cette formule. Plus précisément, les cercles d’emprunt offrent des prêts en moyenne de 2731 $ pour une durée de 12 à 36 mois et les fonds d’emprunt de 7188 $ pour une durée de 24 à 60 mois. Le taux de remboursement moyen est de 90 %.


Microcrédit à montréal Le microcrédit communautaire est aussi présent à Montréal à travers des cercles d’emprunt de Montréal et de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM). Créée en 1987, l’ACEM a prêté à ce jour environ 2,7M $, obtenu un taux remboursement de 94 % et généré 1123 emplois. L’ACEM prête jusqu’à concurrence de 20 000 $ pour le démarrage, la croissance ou la consolidation des entreprises et jusqu’à 50 000 $ pour les initiatives en matière d’infrastructures communautaires. L'ACEM reçoit des investissements de la part des individus, des institutions religieuses, des fondations, des organismes non gouvernementaux, des acteurs syndicaux et des entreprises.


Conclusion Le microcrédit est un crédit de proximité, il s’adresse aux individus qui sont des entrepreneurs dans l’âme, ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes à faible revenu, ni des plus fortunées d’ailleurs. Il est essentiel que le bénéficiaire reçoive un accompagnement adapté à sa situation. Le microcrédit est un outil de financement. Ce dernier ne peut, à lui seul, résoudre une problématique socioéconomique aux ramifications aussi profondes que la pauvreté. Le programme de microcrédit doit avoir une certaine souplesse afin de pouvoir s’adapter aux besoin de ses bénéficiaires.


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