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© Elie Cortine

Singapour attire chaque année 570 000 touristes médicaux, soit 30 % du tourisme médical mondial

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arce que votre rein le vaut bien Mieux que TripAdvisor : MyMedHoliday.com. Ce site internet anglo-saxon fournit une liste exhaustive des destinations privilégiées du tourisme médical, en fonction du type d’opération. A la rubrique Singapour, on apprend que la cité-Etat est la destination rêvée pour quiconque ayant besoin d’une greffe de foie ou de rein, d’un traitement des troubles sanguins, ou d’une séparation avec son siamois. Tourisme oblige, on y vante aussi les qualités du pays : sa position de hub international, son haut niveau de développement, le fait que l’on se « sente chez soi », puisque toutes les nationalités et toutes les ethnies sont représentées, la « tranquillité d’esprit », peu de violences, peu d’émeutes –

« vous pouvez vous concentrer sur votre convalescence, sans vous occuper du reste ». Ces qualités attirent chaque année environ 570 000 touristes médicaux du monde entier, soit 30 % du tourisme médical mondial. Les échanges sont principalement intra-régionaux. En 2011, 47,2 % venaient d’Indonésie, 11,5 % de Malaisie. La part des patients venant du Myanmar, du Bangladesh et du Vietnam augmente chaque année. La plupart des consultations sont de l’ordre de la médecine générale et de la chirurgie légère, ainsi que de la cancérologie et de la chirurgie oculaire. Les Américains et les Britanniques sont sortis du top 5 des nations pourvoyeuses de patients étrangers venant pour des opérations lourdes.

Pour 1 milliard de soins La concurrence est vive. Face à la Malaisie, où les coûts des opérations et le taux d’occupation des hôpitaux sont moindres, Singapour mise sur la qualité des soins et la complexité des opérations pratiquées. L’enjeu est primordial : le tourisme médical a représenté en 2011 une manne de 980 millions de dollars singapouriens, et jusqu’à 1,2 milliards en 2008. Dès 1986, le gouvernement singapourien soutient le développement des services médicaux spécialisés et privés, dans le but de faire du pays le centre médical international de la région. Pourtant, ce n’est qu’à la suite de la crise asiatique de 1997 que la question se pose de manière plus pressante. Le gouvernement fait alors face à un manque de devises inter-

MAI JUIN JUILLET 2015

SINGAPour | 33

SINGAPOUR | TOURISME, 15 millions de consommateurs  

Le Magazine 100% Red Dot du site lepetitjournal.com/singapour | N˚4 Mai/Juillet 2015

SINGAPOUR | TOURISME, 15 millions de consommateurs  

Le Magazine 100% Red Dot du site lepetitjournal.com/singapour | N˚4 Mai/Juillet 2015

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