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Dossier d’accompagnement

Benoît Pascaud La dérive de l’objet, ce qu’il me reste de toi. Exposition

Les objets de Benoît Pascaud transportent avec eux ses histoires ; de ces petits riens qui forment un tout vont surgir des formes souillées d’encres qui tachent, des amas de matière «pixel» où évoluent des gifs... On navigue parmi des matériaux qui tous renvoient à l’image et sa fabrication, sa reproductibilité, sa malléabilité. Le multiple, Benoît Pascaud le travaille depuis des années sur différents supports qui font appel au métier, au savoir-faire: la lithographie, la sérigraphie, la colorimétrie, la presse... Tous ces termes spécialisés qu’il maîtrise (avec son corps), lui font s’inventer un monde où se côtoient ses athlètes, ses navires et ses avions, le sport et la guerre... Souvenez-vous de vos jeux d’enfants.

Dulcie Galerie Ecole des beaux-arts de Nantes Place Dulcie September - 44000 Nantes Entrée libre Visites gratuites de groupes scolaires sur rendez-vous 02 40 35 90 67 / 06 31 24 69 50 france.pineau@esba-nantes.fr Visites accompagnées : les samedis 5 et 19 avril à 15h30 et 16h30 Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 14h à 18h

Équilibre, dessin au crayon, 2013 © Benoît Pascaud.

du mercredi 26 mars au samedi 19 avril 2014


Sommaire

• L’artiste, Benoît Pascaud page 3. • Benoît Pascaud vu par Pierre Giquel

page 4 et 5.

• Visuels des œuvres

pages 6, 7, 8 et 9.

• Le paysage

page 10.

• Le jeu avec les mots... page 11. • Jacques Josse lu par Benoît Pascaud

page 12.

• Le sens des mots : le titre et le vocabulaire

page 13.

• Quelques références en histoire de l’art

pages 14, 15 et 16.

- Le mouvement des images page 14. - Axes page 15. - L’art cinétique, le cinétisme : le mouvement du spectateur

page 15.

- Andy Warhol page 16. • Gérard Pascual, artiste de La Collection

page 17.

• Outils de la médiation

pages 18 et 19.

• Vues de l’exposition à la Dulcie Galerie

pages 20.

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L’artiste, Benoît Pascaud Né en 1959, travaille à l’école des beaux-arts de Nantes, vit à Saint-Julien-de-Concelles. Il a obtenu son diplôme national supérieur d’expression plastique à l’école des beaux-arts de Nantes. Dans son exposition La dérive de l’objet, ce qu’il me reste de toi, Benoit Pascaud interroge deux disciplines qu’il explore et pratique : l’art et le sport. Ses œuvres, vidéos, peintures, assemblages, installations mettent en scène modèles et spectateurs, les corps en mouvement.

Ce qu’il me reste de toi, impression offset manuelle sur chiffon, depuis 2010 © Benoît Pascaud.

http://benoitpascaud.blogspot.fr/

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Benoit Pascaud vu par Pierre Giquel Embusqué derrière une haie, je regarde le tableau que m’offre la nature, mais sans doute dois-je me rendre à une évidence : je suis observé à mon tour. « Le tableau nous regarde », souligne le philosophe, certes j’en fais l’expérience non pas honteuse mais étonnée, collant à la fraîcheur de la matinée ou soumis à l’acuité du premier rayon du soleil. La présence persistante d’une croûte mal séchée me désigne la matière qui a recouvert la toile de jute. Cela ne se voit pas vraiment, mais le regard porte en lui des ongles invisibles dont je me sers avec délectation pour explorer la surface désormais lisse, délicate. Je perçois qu’un chant se récite à plusieurs voix, à plusieurs signes qui me sont donnés à voir. Sous la forme discrète de matière adhésive presque transparente, de petits paysages se créent, des taillis poussent dans lesquels s’abritent les oiseaux. La perspective a dû naître d’une danse comparable, je me le murmure. Il ne faut en effet pas le crier sur les toits, si cela se savait, on verrait fleurir des imitations trompeuses, ou inédites aussi. Un texte de Pierre Giquel, enseignant, poète et critique d’art

Tableau sans titre, 1995, ciment et papier sur toile, 110 x120 cm, © Benoît Pascaud.

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Le dresseur de pierre Depuis quelque temps déjà je m’étais amusé à l’observer, mais à la dérobée. A quoi pouvait donc s’occuper cet étrange génie à deux têtes, court sur pattes, monstre sorti de quelque souterrain mythique, équilibriste curieux, guide des morts, archétype primitif aux allures indolentes ? Je ne sais de quel croisement il avait pu naître, dans quelle catégorie il devait trouver un jour sa place. Tout chez lui respirait l’omission. Terre, chancre, échappé du Livre des êtres imaginaires de Borges, il exhalait des odeurs de taupe et de lion, indifférent à la créature qu’il portait sur le dos, créature nue ligotée en son centre, approximative, respirant fort et laissant échapper de sa bouche un nuage de poussière noire édifiant. J’allais m’intéresser à d’autres bizarreries lorsque je me souvins brusquement des mots qui longeaient la feuille lithographique. En effet je lisais avec le même étonnement qui m’avait secoué devant le dessin : « Le dresseur de pierre » et une signature après un point « Benoît Pascaud. ». Jeune homme au canular graphique développé ? Rêveur à la recherche des gravitations animales ? Chercheur d’espèces inconnues ? Tout ressemblait à une infirmité qu’il s’agissait d’aider à réparer. Ce « pierre » singulièrement scellé pouvait donc suite à quelque mouvement imperceptible changer d’état. Ou devait-il conserver éternellement sa position horizontale, soumis aux diktats des pas de son maître improvisé ? J’observais une nouvelle fois le nom « Pascaud », composé de sept lettres et si on le pesait phonétiquement ( en l’étirant ou en le brûlant) abritait les mots « passe » et « co » ou « go » ou « cow » ou encore « pas » et « squaw », bref un ensemble de combinaisons pouvaient apparaître, livrant des secrets nés de ces absurdes et réjouissants phonèmes. « Beu » et « noix » n’étaient guère là pour rassurer. Pascaud comparé à des noms déjà rencontrés suivait une voie terrestre et sonore provisoirement aventureuse. Désormais je n’avais plus l’intention de glisser dans la distraction. Un texte de Pierre Giquel, enseignant, poète et critique d’art

Le dresseur de Pierre, lithographie, 2014, © Benoît Pascaud.

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Visuels des œuvres

Recherche lanceur de poids, création numérique, tirage offset, © Benoît Pascaud.

Le sauteur à la cordre, création numérique, offset, © Benoît Pascaud.

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Lanceur de disque, création numérique, offset, 90cm, 2005-2010, © Benoît Pascaud.

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Sans titre, dessin au crayon suivi d’un travrail numérique de l’image, © Benoît Pascaud.

Le nageur, impression numérique et re travail de l’image numériquement d’après une lithogravure sur chiffon, © Benoît Pascaud.

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Image du dico, impression numérique, travail numérique de l’image d’après impression OFFSET manuelle sur chiffon, © Benoît Pascaud.

Sans titre, lithographie avec report d’image, 1995-2005, © Benoît Pascaud.

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Le paysage... « Pendant que les artistes travaillaient à leurs noirs encrages, que les poubelles se remplissaient, les chiffons se souillaient, les papiers se maculaient, le lithographe dans son rêve éveillé collait ses vieilles images d’un catalogue Letraset et autre dictionnaire d’usage de 1936. Il finissait ses impressions sur la presse à épreuves de l’école des beaux-arts. » Benoit Pascaud

Sans titre, collage, 1995-2005, © Benoît Pascaud.

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Le jeu avec les mots...

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Jacques Josse lu par Benoît Pascaud L’absente

Jacques Josse lu par Benoît Pascaud

Son visage ne se découpera plus sur l’eau noire de l’Elez. Ce soir, entre ténèbres et bas-fonds, seul un chien ivre a le cœur à boire du purin d’orties à petites gorgées. Elle, ensevelie dans sa tombe, se souvient à peine de la couleur du marais et de la tourbe. Allongée, morte, paisible sous la terre, occupée à coudre une à une les larmes de la rivière, elle confectionne une écharpe de deuil pour serrer le cou du chien.

elle confectionne une écharpe de deuil occupée à coudre une à une les larmes de la rivière, paisible sous la terre Allongée, morte, se souvient à peine de la couleur du marais et de la tourbe. Elle, ensevelie dans sa tombe, Ce soir, entre ténèbres et bas-fonds, seul un chien ivre a le cœur à boire du purin d’orties à petites gorgées. Son visage ne se découpera plus sur l’eau noire de l’Elez.

Jacques Josse

Jacques Josse Poète, écrivain et éditeur français, Jacques Josse est né le 10 juin 1953 à Lanvollon dans les Côtes-d’Armor. Il vit à Rennes depuis la fin des années 1980.

Autoportrait, dessin au feutre scanné et travail numérique de l’image, (projet pour sérigraphie) 2014, © Benoît Pascaud.

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pour serrer le cou du chien.

L’absente


Le sens des mots : le titre et le vocabulaire. Le titre de l’exposition : La dérive de l’objet, ce qu’il me reste de toi. «Expliquer ce titre pourrait obscurcir ou détourner alors qu’il faudrait retourner. Pour mieux comprendre : une clé. Triturez, « La dérive de l’objet », faites-en un « objet dérivé ». Rayez le o et le i de toi dans ce qu’il me reste de toi et vous verrez ce qu’il reste… À vous de jouer…» Extrait d’un entretien réalisé avec Benoît Pascaud Quelques termes à explorer avec les enfants Tirage Rehauts Privilège Report Justification Filigrane Essai Epreuve Bon à tirer Barbes Achevé d’imprimer Cahiers Brochée Verso Belle page Fac-similé Tiré à part Blanchet Bords perdus Cahier Calage Bichromie CMYK Compte fils Demi-teinte Encartage Façonnage Foliotage Fond perdu Gaufrage Grammage Imposition Hirondelle Maculage Passe Pixel Rainage Report Rotative Trame

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Quelques références en Histoire de l’art Le mouvement des images

Eadweard Muybridge, né Edward James Muybridge le 9 avril 1830 à Kingston-uponThames dans la banlieue de Londres et mort dans cette même agglomération principale au sud-ouest de Londres le 8 mai 1904 à l’âge de 74 ans, est un photographe britannique renommé pour ses décompositions photographiques du mouvement.

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Axes Le mouvement des images, image et mouvement, cinéma, art cinétique, futurisme, cinétisme, corps et espace, répétition, édition, posture... En s’inspirant du cinéma expérimental qui exhibe la structure répétitive de l’image cinématographique, les arts plastiques, à partir de la seconde moitié du 20e siècle, transforment la pratique de la série apparue à la fin du 19e siècle, avec la peinture de Monet, en une recherche sur la capacité de la répétition à produire du nouveau. Le processus d’intégration du cinéma au sein des arts plastiques a en réalité commencé au début du 20e siècle, avec des artistes comme Man Ray. Walter Benjamin dans les années 1930 : « le cinéma apporte-t-il un changement radical dans la définition de l’art ?» « L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique » est un essai de Walter Benjamin rédigé en 1935 et publié de façon posthume en 1955.

L’art cinétique, le cinétisme : le mouvement du spectateur Bien qu’immobiles, certaines œuvres plastiques produisent une illusion de mouvement. C’est ce que cherchent les artistes issus du mouvement cinétique à partir du milieu des années 1950. Leurs œuvres invitent le spectateur à se déplacer pour assurer lui-même la continuité entre les éléments qu’il perçoit, et grâce à la persistance rétinienne, avoir l’illusion d’une image en mouvement. L’art cinétique propose des œuvres qui contiennent des parties en mouvement. Le mouvement peut être produit par le vent, le soleil, un moteur ou le spectateur. Certains artistes opto-cinétiques se sont réunis dans un collectif, le Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) avec pour but de permettre à tous de pouvoir approcher leur art (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Yvaral). Ils ont privilégié un art accessible directement par le spectateur où ce dernier peut toucher et manipuler les œuvres. Ainsi le manifeste du GRAV contenu sur un tract distribué lors de la 3e biennale de Paris en octobre 1963 s’intitulait « Assez de mystifications » et contenait les lignes suivantes : « Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter. Nous voulons le faire participer. Nous voulons le placer dans une situation qu’il déclenche et qu’il transforme. Nous voulons qu’il s’oriente vers une interaction avec d’autres spectateurs. Nous voulons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d’action. »

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Andy Warhol Andy Warhol, né en 1928 en Pennsylvanie et mort à New York en 1987, est un artiste américain qui appartient au pop art, mouvement artistique dont il est l’un des innovateurs. Warhol est connu dans le monde entier par son travail de peintre, de producteur musical, d’auteur, par ses films d’avant-garde. Au début des années 1960, Andy Warhol publicitaire reconnu, utilisait dans ses dessins publicitaires une technique directe : dessinant ses créations sur du papier hydrofuge, il repassait les contours d’encre encore humide sur des feuilles de papier absorbant, sur le principe du buvard. Bien que, à cette époque, beaucoup d’artistes travaillaient comme illustrateurs publicitaires pour des entreprises, tous le faisaient discrètement. Warhol, par contre, était tellement connu en tant que dessinateur publicitaire que le reste de son travail artistique n’était pas pris au sérieux. Il présenta dans une galerie quelques-unes de ses œuvres, utilisant ces techniques, mais ce fut un échec. Reconsidérant son travail alimentaire et son travail de peintre, plutôt que de les opposer, il pensa à les réunir. Pour sa première exposition majeure, il choisit de représenter les conserves de Campbell’s Soup. Les boites de Campbell’s Soup ouvertes ou neuves, rouillées, aux étiquettes déchirées, uniques ou multipliées, en séries, en damiers, seront le thème récurrent de Warhol. Chez Warhol l’image, son pouvoir au sein de la société de consommation est en lien avec la mort. La répétition de la figure se rapporte souvent à son exténuation.

Boites de soupes Campbell’s, motif majeur d’une oeuvre de Warholl

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Gérard Pascual, artiste de La Collection.

«A Jules et à Dia, l’écriture entre» - Jockeys.* 1989/1990 Papier photo couleur / papier Canson et carton. 46,2 x 46,2 cm 2004 Acquisition Le Ring, artothèque 2010 Collection Ville de Nantes Dépôt ESBANM

Tentative possible pour concevoir une description poétique de la suite “A Jules à Dia” 1989-1990 (extrait) « Petites choses évasives et dansantes, dans les marges, à la croisée des chemins. Vacance, retrait et mise en suspens, petites représentations suspendues. Chemin faisant dans des traversées en transversales, de biais, à Jules E. Marey, à Ed Muybridge, et à dia vous dis-je ! Et aux autres. Chassé croisé à l’infini dans l’inachevé. Petites suites fixées momentanément comme des ailes de papillons éventées sur les murs. Suites de strates, dans l’épaisseur diaphane des images imaginées, composition en mille feuilles, un point c’est tout. Décomposition de mouvements brassant l’air d’un monde passager et transitoire. Décomposer, recomposer, détruire et reconstruire, à partir de petites photographies empruntées d’ici et de là, et d’ailleurs. Des prises et reprises dans l’espace de vue. Des prises de positions, dépositions, superpositions. Petits bris et débris, petits rébus, à dia, et laps de temps s’installant dans une manière incertaine à nos yeux. Mise au point atypique. (…) » Gérard Pascual Gérard Pascual Né en 1946 à Alger. Vit et travaille à Saint-Etienne. L’univers de Gérard Pascual est celui des mythes et des légendes qu’il puise aussi bien dans l’histoire de l’art que dans l’imagerie populaire (bande dessinée, image d’Epinal). Pascual ne craint pas la citation et la référence et c’est un des grands thèmes iconographiques de l’histoire de la peinture. Pour exprimer son univers, il a choisi celui intime, secret et concentré de la miniature. Il aime également brouiller ou perturber la vision grâce à des dispositifs de visée, des jeux de transparence, de flou ou de miroirs. Extrait du dossier de presse de l’exposition Histoires sans paroles qui a eu lieu en 2011 à l’artothèque de Saint-Fons.

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Outils de la médiation Réalisation d’un coloriage suite à la visite. Coloriage extrait de Mets la gomme, album de 36 illustrations à colorier aux Editions Memo.

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Référence de dossier pédagogique sur le mouvement des images http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-mouvement_images/ENS-mouvementimages.htm#defilement

La malette pédagogique Pour mieux observer les oeuvres, la Dulcie galerie est équipée d’une malette d’outils d’observation : loupes, jumelles... mis à votre disposition afin de regarder le travail de Benoît Pascaud. De près ou de loin le spectateur observe l’oeuvre de différents points de vue. Les enfants sont invités à participer à une chasse au trésor dans l’exposition.

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Vues de l’exposition à la Dulcie Galerie

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Dossier d'accompagnement de l'exposition « La dérive de l’objet, ce qu’il me reste de to i»