Issuu on Google+

Le transport et l’abattage ❖

Transport

Avec plus de 90% des échanges d’animaux sur pied à son actif, le transport routier se place très loin devant les autres modes de transport (maritime, ferroviaire, aérien). La réglementation qui s’y rapporte est particulièrement importante puisqu’elle concerne plus de 190 millions de bovins, ovins et caprins transportés annuellement par la route en Europe. Durée du transport : la durée maximale est actuellement 8 heures, lorsque le transport s’effectue dans un véhicule classique. Pour les voyages de longue durée, de plus de 8 heures, le transport des animaux s’effectue obligatoirement dans un véhicule spécialement aménagé. Un transport long, d’une durée de 29 heures, doit comporter deux séquences de 14 heures de route, entrecoupées d’une pause d’une heure minimum pour le repos, l’abreuvement et l’alimentation. Le bien-être des animaux pendant leur transport est un sujet auquel l’opinion publique est aujourd’hui fortement sensibilisée. La presse écrite et la télévision se sont fait l’écho de cas de mauvais traitement. Selon le CIV, “aussi inacceptables qu’ils soient, les manquements à l’éthique professionnelle sont le fait d’une minorité et non de la majorité des nombreux acteurs concernés. En effet la quasi-totalité d’entre eux applique la réglementation en vigueur ayant trait au bien-être et aux conditions de transport des animaux, ainsi que les bonnes pratiques recommandées par l’Institut de l’élevage et l’Association interprofessionnelle INTERBEV.” Toujours d’après le CIV : Les associations de protection animale demandent une application stricte de la législation actuelle et souhaitent une réduction de la durée du transport. “Il faut cependant rappeler que la plupart des mouvements s’effectuent à l’intérieur des frontières du pays d’origine des animaux transportés. Concernant la France, les durées extrêmes ne sont que très occasionnellement atteintes. En Europe, seuls 10% des transports d’animaux s’effectuent sur de longues distances.“ Les critiques → souffrance animale engendrée par le fait de quitter un environnement familier. Le transport est une épreuve pénible dans lequel la promiscuité favorise favorise les blessures et le développement de maladies : “divers facteurs de stress liés au transport […] augmentent aussi la vulnérabilité vis-à-vis de l’infection chez les animaux transportés ainsi que la propagation d’agents infectieux chez les animaux déjà contaminés…” (rapport European Food Safety Authority (EFSA) 2004). Les animaux sont confrontés à la faim, la soif et la peur. D’autre part, le chargement et le déchargement sont susceptibles de provoquer des blessures physiques et une détresse psychologique. Beaucoup d’animaux n’arrivent pas vivants à l’abattoir : faim, coups de chaleur, traumatismes, maladies respiratoires. D’après INTERBEV : la production animale nécessite de transporter quotidiennement plusieurs milliers d’animaux vivant sur le réseau routier européen. C’est une réalité qui contribue à de nombreux équilibres socio-économiques. Dès lors, “il est essentiel de garantir

 

1  


le meilleur confort aux animaux durant ces déplacements”. → Encadrement par une réglementation communautaire stricte : densité de chargement des animaux, durée de transport des différentes espèces, espace nécessaire par animal, ventilation, abreuvement ou alimentation, etc. Sur les densités de chargement : elles ont été fixées à partir des résultats de plusieurs études et expérimentations réalisées dans des conditions réelles de convoyage. Dans la bétaillère, les ruminants ont besoin de sentir la proximité de leurs congénères, sans bien entendu être trop serrés. Ils restent le plus souvent debout, mais il faut réserver à chaque animal l’espace nécessaire pour se coucher sans difficulté. Pour les bovins adultes : ● Moyens de 325 kg : de 0,95 à 1,30m² par animal ● Gros de 550 kg : de 1,30 à 1,60m² par animal ● Très gros de plus de 700kg : plus de 1,60m² par animal → En parallèle, mise en place de formations spécifiques pour les chauffeurs-convoyeurs sur l’organisation du chargement et du déchargement, sur les soins à donner aux animaux en cours de transport, et sur la conduite des bétaillères. Depuis le 5 janvier 2007, les chauffeursconvoyeurs doivent être titulaires d’un certificat d’aptitude au transport des animaux vivants, délivré par le ministère de l’Agriculture (Règlement CE 1/2005) : le CAPTAV. Le non respect du bien-être animal est passible d’une amende de 450 à 750 euros pour mauvais traitement envers les animaux. Quand aux sévices graves ou aux actes de cruauté envers un animal, la loi prévoit deux ans d’emprisonnement et jusqu’à 30 000 euros d’amende. ❖

À l’abattoir

Yves-Marie Le Bourdonnec est boucher à Asnières (92) et fournit les plus grands chefs. Il a écrit L’Effet bœuf. Dans une interview accordée au Point en mars 2012, il réagit sur la polémique relative aux modes d’abattage (abattage classique vs. abattage rituel). Il dit que le mode d’abattage n’a pas d’effet sur le goût du bœuf.1 C’est en 1964 qu’on a instauré l’étourdissement pour que les bêtes ne soient pas stressées. De plus, le recours à ce procédé faisait croire que l’on épargnait ainsi à l’animal des souffrances. Mais en réalité, ce n’est pas le cas, c’est juste pour aller plus vite. S’agissant de grosses bêtes, on leur enfonce un tube dans le crâne et on y projette une tige de fer qui perfore l’os et assomme l’animal. La bête, censée être morte, est alors suspendue par les pattes arrière pour être saignée. Sauf qu’avec les cadences industrielles infernales (dans les grosses structures, on abat entre 1000 et 2000 bêtes par jour), la bête est suspendue avant d’être tout à fait morte… La mort s’est industrialisée. Normalement, l’animal doit être à jeun 48h avant d’être abattu pour éviter les reflux gastriques et les bactéries qui pourraient venir souiller la viande. Quand l’animal stresse, son pH chute et la viande devient fiévreuse → dès lors, si les contrôles vétérinaires sont correctement effectués, elle doit être saisie. Ou sinon la viande développe du purpura (des vaisseaux éclatent dans les muscles) et dans ce cas là elle est mangeable, elle sera juste recouverte de petits points rouges.

                                                                                                                1

http://www.lepoint.fr/societe/le-mode-d-abattage-ne-change-en-rien-le-gout-de-la-viande12-03-2012-1440529_23.php

 

2  


Le problème, c’est la vétusté des abattoirs français. L’abattage idéal, selon Y.-M. Le Bourdonnec, c’est ce qu’il appelle “l’abattage itinérant” : des camions équipés se déplacent dans les fermes et les animaux sont ainsi abattus “à domicile”, ce qui élimine les problèmes de stress, de transport, de déchets… Abattage municipal ? La réglementation européenne concernant les abattoirs Règlement CE n°1099/2009 entré en vigueur le 1er janvier 20132 Le règlement est un acte juridique européen de portée générale, publié au Journal Officiel européen. Il est obligatoire dans toutes ses dispositions, et les États membres sont tenus de l’appliquer directement. Le règlement s’impose à tous les sujets de droits : particuliers, États, institutions… Ce n’est pas la même chose qu’une directive, qui correspond à un objectif de l’Union Européenne à transposer dans le droit national sous un délai déterminé. Ce règlement porte sur l’abattage des animaux dans les abattoirs et ceux détenus dans les élevages : ● Chaque abattoir doit désormais désigner un responsable du bien-être des animaux, garant de la bonne application des mesures relatives à la loi. ● Cela ne remplace pas l’inspection officielle. Il y a une dérogation prévue pour les petits établissements. ● Ce règlement exige que les fabricants de matériel d’étourdissement fournissent les instructions relatives à l’utilisation de leur équipement et à la manière de contrôler l’efficacité et de le conserver en bon état. ● Il requiert du personnel qui s’occupe des animaux dans le cadre de la mise à mort qu’il possède un certificat de compétence pour les aspects de leurs tâches liées au bien-être des animaux. ● Les paramètres électriques minimum doivent être indiqués pour l’étourdissement. ● Il n’interdit aucune des principales techniques d’étourdissement actuellement utilisées mais limite le recours à certaines (par exemple : l’utilisation du dioxyde au delà de 40% n’est pas autorisée pour l’étourdissement des volailles en abattoirs). ● Toutes les précautions doivent être prises pour épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrances évitables. Les locaux, les installations et les équipements des abattoirs doivent être conçus, construits, entretenus et utilisés en vue de ce même objectif. ● L’étourdissement est obligatoire excepté pour l’abattage rituel. ● L’abattage est effectué par un personnel formé en matière de protection animale et titulaire du certificat de compétence pour les catégories d’espèces, d’opérations et de matériel utilisées. ● L’abattage rituel musulman ou israélite doit être réalisé dans un abattoir, par des sacrificateurs titulaires du certificat de compétence pour l’abattage sans étourdissement et habilités par les organismes religieux agréés. L’immobilisation des bovins et des ovins doit être assurée par un procédé mécanique. ● Les Directions départementales chargées de la protection des populations assurent un contrôle régulier des abattoirs. Leurs agents

                                                                                                                2

 

http://agriculture.gouv.fr/abattoirs

3  


effectuent une inspection permanente avant et après la mort afin de déceler toute anomalie ou lésion suspecte. Les opérations d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort sont placées sous leur surveillance continue. Ils vérifient le bon état de fonctionnement des matériels utilisés et que leur utilisation se fait dans des conditions conformes à la réglementation. Rapports gouvernementaux relatifs à l’abattoir → Rapport de juin 2011 sur la filière abattoir : “Synthèse des études et données économiques et sanitaires disponibles fin 2010 - partie 1 : économie”3, établi par Xavier Ravaux, Inspecteur général de la santé publique vétérinaire A l'origine exclusivement public et aux mains des municipalités, la prestation de l'abattage s'est avec l'industrialisation de la filière viande progressivement privatisée. Les abattoirs publics restent présents en nombre mais le tonnage traité est en forte diminution → 2009 : - de 8 % des volumes de viande de boucherie traités. Les travaux existants ont permis de construire une typologie des abattoirs qui doit inspirer l'initiative publique dans ses décisions pour accompagner l'évolution de ces entreprises. En effet il est démontré que les abattoirs industriels de groupe (AIG) couvrent les ¾ des besoins de la filière viandes mais que d'autres abattoirs sont nécessaires pour couvrir les besoins de services de proximité, y compris dans les territoires spécifiques (ex. : îles). Des activités à forte valeur ajoutée comme les bouchers-abatteurs (environ 5 % du tonnage) et les filières courtes (1 % du tonnage national/ en croissance) sont fortement dépendantes de la proximité d'un outil d'abattage pour maintenir leur activité. Ceux-ci sont appelés dans l'étude « abattoirs de soutien » : sont indispensables (car une majorité vient en appui à d'autres politiques de l'État comme l'aide aux PME et à l'artisanat, la valorisation des signes officiels de qualité et d'origine, les circuits courts en agriculture et l'installation des agriculteurs) et fragiles (car souvent leur chiffre d’affaire est insuffisant pour mettre en place des équipements modernes et une gestion performante). Par ailleurs il n'est pas rare dans les abattoirs publics que les influences et les lobbies compliquent la tâche de l'élu et allongent dangereusement les délais de décision. Dans cette catégorie, il y a tantôt une surcapacité d'abattage dans certaines régions, tantôt un désert sans capacité d'abattage offerte aux éleveurs dans d'autres régions. Précisions statistiques : – les abattoirs publics représentent 102 abattoirs mais ne couvrent que 8,8 % du tonnage abattu ; – les abattoirs de groupes industriels sont au nombre de 70. Ils couvrent 75,41 % de l'activité d'abattage en viandes de boucherie ; – la concentration de l'abattage se poursuit sur les plus gros établissements dans toutes les filières. Évolution du nombre des abattoirs : diminution constante au fil des années jusqu'en 1995 (là, relative stabilité autour de 300-350 établissements) puis nouvelle baisse significative à partir de 2007 → 2010 : 286 abattoirs. Explication plausible de cette nouvelle érosion : difficulté pour certains établissements à se mettre à niveau au plan sanitaire.

                                                                                                                3

 

http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/CGAAER_10227_2011_Rapport.pdf

4  


Abattoirs de boucherie publics ont diminué en nombre de 1/3 en 10 ans (fermeture ou vente au secteur privé) → 2010 : 102 abattoir publics (36%) ≠ 184 abattoirs privés. Tonnage sorti des abattoirs publics : 62,5 % (1980) → 8,8 % (2009). Les abattoirs privés ont repris la majorité de l'activité qui, sur la même période, n'a augmenté en France que de 4,7 % (en tonnes équivalent carcasses). Qu’ils soient publics ou privés, les abattoirs fermés entre 2002 et 2010 sont de petite taille : 1 232 t. en moyenne pour les abattoirs publics et 3 129 t. pour les abattoirs privés (hors abattoirs de chevreaux) Le tonnage moyen des abattoirs publics en activité est de 2 916 tonnes avec seulement 36 qui dépassent les 3 000 t et parmi eux 5 qui dépassent les 10 000 t. Le tonnage moyen des abattoirs privés est de 17 266 tonnes en 2009. → L’abattage dans les filières en circuits courts et dans les filières locales 4 Les abattoirs d'animaux de boucherie sont au nombre de 289 sur le territoire national. Au sens large, l'industrie de transformation de la viande, qui comprend les abattoirs et les ateliers de découpe, transformation et conditionnement, emploie près de 50 000 salariés pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 15 milliards d'euros par an. Depuis la reprise de l'entreprise Socopa par le groupe Bigard, ce groupe est devenu l'acteur majeur de l'abattage en France. Avec une vingtaine d'abattoirs et 17 000 salariés, il traite environ 43 % des volumes abattus, entre 27 000 et 31 000 animaux par semaine. Elivia, filiale de la coopérative Terrena, assure 11 % des abattages de bovins, devant la Société vitréenne d'abattage (SVA), gestionnaire du plus gros abattoir français, situé à Vitré en Ille-etVilaine, filiale d'Intermarché, et Sicarev, entreprise coopérative, qui représentent chacun entre 8 et 10 % des abattages. Enfin, quelques groupes de moindre importance assurent le reste des activités d'abattage. Les abattoirs sont situés à proximité immédiate des zones d'élevage, si bien que les bêtes sont rarement transportées sur plus de 100 kilomètres depuis l'élevage ou le marché aux bestiaux. Ce maillage constitue un réel atout en termes d'aménagement du territoire.

TONNAGES DE VIANDE BOVINE TRAITÉE DANS LES ABATTOIRS SUR LE TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN

                                                                                                                4

http://www.chambresagriculture.fr/fileadmin/user_upload/thematiques/Consommer_autrement/Circuits_courts/ Etude_abattoirs_cc.pdf

4 4

http://www.huffingtonpost.fr/thierry-schweitzer/je-mene-mes-animaux-alab_b_1352924.html

 

5  


Source : ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire. *** jeu. 6 mars 1. Un contrôle “ante-mortem” est effectué par un vétérinaire. L’animal est identifié par un document fourni par l’éleveur : pour les bovins, par exemple, c’est le DAB (document d’accompagnement du bovin). Une étiquette portant un numéro de tuerie est attachée à la bête. Le numéro correspond au numéro d’entrée des bêtes → un début de traçabilité interne à l’abattoir se met en place. 2. Les bêtes entrent dans l’abattoir par un couloir. En file indienne, elles sont poussées par le responsable du poste d’assommage. L’animal est placé dans un appareil de contention puis assommées : pour les bovins, par exemple, un pistolet percolateur leur perfore le crâne. 3. Puis les bêtes sont suspendues la tête en bas pour être saignées. 4. Dépeçage 5. Les bêtes sont vidées au poste d’éviscération. On récupère les abats, qui sont étiquetés par le même numéro de tuerie. 6. Contrôle “post-mortem” par un vétérinaire, avec apposition de l’estampille CEE. 7. Dégraissage sommaire des carcasses.

 

6  


8. Pesée et contrôle de la conformation EUROP, pose tampon. 9. La fiche abattoir reprend les renseignement du DAB, la conformité carcasse, le poids, etc. 10. Test ESB obligatoire depuis dernière crise vache folle. C’est le poste de service vétérinaire qui commande/contrôle. Cadence abattage bovins : 50 à 60 par heure. Infraction à l’article R214-74 du Code Rural : “L’immobilisation doit être maintenue pendant la saignée” Infraction à l’article R214-65 du Code Rural : « Toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort ». Infraction à l’article R214-67 du Code Rural : « Les locaux, les installations et les équipements des abattoirs doivent être conçus, construits, entretenus et utilisés de manière à épargner aux animaux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables ». Plusieurs bovins sont suspendus sans que les premiers aient encore été saignés. Il en résulte des reprises de conscience avant et pendant la saignée.5 → Severin MULLER, “Visites à l’abattoir : la mise en scène du travail”, Genèses 49, déc. 2002, pp.89-1096 : Elle visite la chaîne d’abattage et les ateliers de découpe d’Abagro, l’un des trois plus importants abattoirs industriels français, employant de 800 à 1000 salariés selon les besoins de production. Une cinquantaine d’opérations respectant les étapes intangibles de mise à mort, d’”habillage” (arrache du cuir), d’éviscération, de fente et de finition des carcasses. La cadence théorique est de 60 bêtes par heure, et chacun à son poste s’emploie à tenir ce rythme malgré les difficultés techniques induites par le “démontage” d’une matière première vivante et non standardisée. Le travail est faiblement automatisé et s’effectue principalement au couteau. C’est également le cas dans l’atelier de découpe, où deux groupes d’une trentaine d’ouvriers, chacun se relaient pour effectuer le désossage et la mise en pièces des quartiers de viande. Dans chaque secteur, un agent de maîtrise et deux chefs d’équipe encadrent le travail. Ordinairement, c’est-à-dire en l’absence de visite, ils n’interviennent pas, sauf lorsqu’ils constatent des problèmes trop visibles risquant de susciter des remontrances de la part des cadres dirigeants (par exemple une répétition de mauvaises fentes de carcasses qui déprécient la valeur marchande des produits). L’organisation du contrôle dans les abattoirs représente un exemple singulier d’activité soumise à une surveillance croisée selon des normes distinctes. Ces institutions ont en effet été créées au début du XIXème siècle afin de faciliter le contrôle sanitaire du travail des viandes de boucherie jusqu’alors dispersé dans des tueries particulières. Depuis, les abattoirs figurent

                                                                                                                5 6

 

http://www.l214.com/fichiers/pdf/abattoir-attitude-ouvrier-visite.pdf http://bit.ly/1jZLgul

7  


parmi les établissement classés administrativement comme “dangereux de première catégorie pour la santé et la salubrité publique”. A ce titre, ils sont l’objet d’une surveillance légale et directe ayant trait à l’hygiène sanitaire, à l’absence de fraudes et au traitement “humanitaire” des animaux. Ces missions de contrôle sont assurées essentiellement par les services vétérinaires, les agents assermentés de l’Office interprofessionel des viandes et de l’aviculture (Ofival) et les inspecteurs de la Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le contrôle des instances officielles effectué dans une logique de santé publique se conjugue avec celui des sociétés clients selon des critères commerciaux. Les différentes attentes à l’égard du travail sont transcrites en textes officiels (lois, décrets et circulaires- et dans les cahiers des charges des clients. Il faut noter que la crise de la vache folle survenue en mars 1996 a eu tendance à resserrer les contraintes réglementaires et à étoffer les cahiers des charges. Ateliers triperie et tannerie quais d’expédition, mise en carton, frigos Seule la chaîne d’abattage symbolise l’activité dans son ensemble, vis à vis de l'extérieur. visites de représentants d’instances officielles : par exemple, agents des services vétérinaires départementaux, de la Direction générale de l’alimentation, de la DGCCRF et de l’Ofival + visites clients et organismes certificateurs pistolet percuteur : matador aiguillon électrique il ne doit pas se passer plus d’une heure entre la tuerie et la pesée de l’animal. pendu accroché à un rail 7 Dans les pays de l’Union Européenne, c’est la Directive 93/119/CEE du Conseil qui définit les normes en matière d'abattage En 2004 : le Groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA) a émis un avis dans lequel ils précise qu’il n’existe pas de méthode idéale pour étourdir et mettre à mort les animaux de ferme dans le cadre de l’abattage commercial ou de la lutte contre les maladies. Il est donc nécessaire de choisir les procédures dont l’application correcte présente le plus d’avantages en terme de bien-être animal. Des salaires insuffisants, un manque de formation, une supervision inadéquate et un manque d’implication, tous ces facteurs ont été cités comme des raisons pour lesquelles les animaux ne sont pas traités comme ils devraient l’être dans les abattoirs. Comme l’admet Temple Grandin, professeur de zoologie à l’Université du Colorado et spécialiste de réputation mondiale de l’abattage des animaux, “Quand on traite des centaines d’animaux par jour, le risque de devenir insensible n’est pas mince. Il importe que les employés soient encadrés par une personne suffisamment solide pour leur servir de conscience.”

                                                                                                                7

http://www.one-voice.fr/wp-content/uploads/2011/05/Derri%C3%A8re-les-portes-desabattoirs-de-France.pdf

 

8  


Principales méthodes d’abattage : → piège d’abattage → Porc, ovins : système électrique d’étourdissement automatique Selon Bill Swann, “l’abattage de porcs dans des systèmes à débit élevé impliquera toujours des compromis en termes de respect de l’animal. Un système de production à débit élevé dans lequel on recourt à l’étourdissement électrique ne saurait être infaillible. C’est pourquoi certains porcs ne sont pas correctement étourdis et il est nécessaire de leur accorder une attention immédiate afin d’éviter des souffrances prolongées. Il importe aussi de contrôler rigoureusement le laps de temps entre l’étourdissement et l’égorgement.” L’abattage est généralement un processus en 2 étapes : étourdissement + « coup fatal » (tranchage de la gorge ou - dans le cas des porcs et de bovins dans un certain nombre d’abattoirs - des vaisseaux sanguins de la poitrine). ❖

Étourdissement électrique ➢ Au niveau de la tête seule Le cerveau de l’animal est pris en tenaille entre deux électrodes en forme de ciseaux. Le courant électrique qui traverse le cerveau doit être suffisamment puissant pour que l’animal perde connaissance immédiatement. Mais cet étourdissement est réversible, c’est pourquoi l’animal doit être mis à mort instantanément. Risque : devoir électrocuter une seconde fois si les électrodes n’étaient pas bien placées (notamment si la bête n’est pas suffisamment immobilisée), si les contacts électriques n’ont pas fonctionné ou si l’animal s’est réanimé entre la première électrocution et le coup fatal. Si l’étourdissement n’intervient pas dans la seconde, risque de choc électrique douloureux pour l’animal. ➢ Le “head-to-body stunning” L’animal doit être immobilisé dans un espace de contention. Le courant électrique doit parcourir la tête et le corps de l’animal simultanément, soit la tête d’abord, puis la poitrine, afin d’étourdir + provoquer un arrêt cardiaque. Risque : reprise de conscience au moment de la saignée. Les associations veulent que courant atteignent tête avant ou pendant corps, sinon risque d’arrêt cardiaque douloureux car conscient. ➢ Par bain d’eau électrifiée Méthode utilisée pour la volaille. Une fois déchargées de leurs caisses de transport, elles sont suspendues par les pattes et conduites vers un bain d’eau électrifiée grâce à un convoyeur. L’animal doit être immergé jusqu’à la base des ailes, car l’eau est censé est complètement noyée. Puis les bêtes sont emmenées vers une section où leur cou sera tranché (automatiquement ou manuellement), puis seront plongées dans eau bouillante pour faciliter déplumage. → stress pendant convoiement + leur fait mal Si le courant n’est pas suffisamment fort, risque de réanimation (qu’elles relèvent la tête et soient abattues conscientes). ❖

Les méthodes mécaniques ➢ La tige perforante C’est une tige d’acier qui est envoyée dans tête animal grâce à pistolet. Cette tige est propulsée

 

9  


par une cartouche à blanc ou par un système d’air comprimé. Selon les systèmes, la tige traverse le crâne et détruit une partie du cerveau, ou bien rend simplement l’animal inconscient. La puissance de la cartouche utilisée varie en fonction de la taille et de l’espèce de l’animal. Les risques : que le positionnement ne soit pas correct ou que la vitesse de la tige soit trop lente. ❖

L’étourdissement par gaz ➢ Au dioxyde de carbone Les porcs sont parqués dans chambres où la concentration en gaz est forte, ce qui provoque un étourdissement puis leur mort. Ils sont ensuite pendus à des chaines. Cette méthode provoque un stress respiratoire, une panique, des tentatives de fuite, de l’hyperventilation, une irritation des muqueuses douloureuse. ➢ Le mélange de CO2 et d’argon Mélange de gaz utilisé pour étourdir les dindes et les poulets. Les bêtes sont étourdies dans des caisses ou sur convoyeur. Il y a un risque de réanimation. ●

Le point de vue d’INTERBEV sur le bien-être des animaux d’élevage à l’abattoir :

L’abattage des animaux de boucherie pour la production de viande est réalisé dans des abattoirs qui sont des établissements spécialisés et agréés par le Préfet sur avis des Services vétérinaires. Dès l’arrivée à l’abattoir, les professionnels qui manipulent les animaux doivent respecter des règles afin de leur éviter tout stress, toute blessure ou toute douleur et, dans le même temps, garantir leur propre sécurité. Le personnel d’abattoir doit donc recevoir une formation spécifique en matière de protection animale. En outre, depuis le 1er janvier 2013, un responsable “bien-être animal” doit être présent dans chaque abattoir (à l’exception de ceux abattant moins de 1000 unités de gros bétail par an) pour s’assurer que les procédures relatives au bien-être animal sont correctement comprises et mises en œuvre. Enfin, les bouveries ont été spécialement aménagées pour faciliter le déchargement, la circulation des animaux, leur repos et la mise à disposition d’eau à volonté. Tout bruit inutile et pouvant être stressant doit être évité afin de garantir leur quiétude et tranquillité. Les autres étapes sont encore en cours d’élaboration, nous préférons donc à ce stade, ne pas vous les présenter.

 

 

10  


Le transport et l’abattage