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SE MARIER AVEC STYLE

TOUS NOS BONS CONSEILS MODE

IVG

LA LIBÉRATION DES IRLANDAISES, ENFIN !

SANTÉ

LE CANNABIS EST-IL UN MÉDICAMENT ?

MUSE MODE ET NOUVELLE VOIX DU ROCK

LOU DOILLON A TOUT BON

LA MAGIE DU PÉROU

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LE NOUVEL ELDORADO DE LA FOOD

elle.fr


Photographie retouchĂŠe


C R OW N YO U R LOV E JosĂŠph ine A ig ret te


SOMMAIRE Semaine du 18 au 24 janvieR 2019

{le beauty cRuSh }

9 l’édito Par Marion Ruggieri.

12 elle info

La saga du Negresco • Pédophilie : l’Église se remettra-t-elle en question ? • Yann Moix s’explique • Gilets jaunes… attention au sexisme.

Detox Tea, Dr Jackson’s, 57 g, 18,50 €.

21 elle culture

21 cinéma • musique • ThéâTre Irrésistible Viggo Mortensen • « Philharmonia », une série menée à la baguette • « Dau » nous intrigue.

24 livres

Les liens insubmersibles de la famille selon Ann Patchett• Il est comment, le nouveau Joyce Maynard ? • Le buzzolettres palpitant.

74 elle beauté

30 elle style

Engagées et écolos, les activistes de la beauté bouleversent le marché.

La gazette fashion. Beauty scoop.

34 elle MaG

34 renconTre Valeria Bruni Tedeschi, la voix libre.

38 sociéTé Les médecins, nouvelles stars photo arno cauchois. réalisation julie chanut-bombard.

de la pop culture.

40 porTraiTs Pâtisserie : les filles prennent le pouvoir. 44 sanTé Le cannabis est-il désormais un médicament ? 46 reporTage IVG : la libération des Irlandaises, enfin ! 50 enTreTien New York, #MeToo et l’empowerment… Pénélope Bagieu se confie.

54 elle Mode 54 icône

Muse mode et nouvelle voix du rock, Lou Doillon a tout bon.

62 looks

Se marier avec style : tous nos bons conseils. E L L E .FR

porTraiTs

78 elle vie privée

La magie du Pérou, le nouvel eldorado de la food • Les souvenirs… tout pour le bonheur ! • Focus sur la myopie • C’est mon histoire : « Un sanglier a bouleversé mes principes » • Une journée avec Alexandra Van Houtte.

93 numéroscope 94 horoscope 95 fiches-cuisine

Les gâteaux d’hiver de Miss Maggie’s Kitchen.

97 la lisTe de nos envies 98 la bd de soledad

Ce numéro comporte, insérées entre les pages 94 et 95, 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne) ; ou 8 pages spéciales numérotées de I à VIII (édition Aquitaine) ; ou 8 pages spéciales numérotées de I à VIII (édition Côte d’Azur et Corse) ; ou 8 pages spéciales numérotées de I à VIII (édition Grand-Rhône-Alpes) ; ou 8 pages spéciales numérotées de I à VIII (édition Midi-Pyrénées) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition Normandie) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition NordPas-de-Calais) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition Val-de-Loire) ; ou 16 pages spéciales numérotées de I à XVI (édition Île-de-France). Sur la page 11, un collage d’un échantillon Christian Dior Forever Fond de Teint (édition France métropolitaine), entre les pages 34 et 35, un encart jeté abonnement ELLE de 2 pages (kiosques France métropolitaine), et, posés contre la 4e de couverture, un courrier abonnement ELLE et un message “Le Monde” sur une partie des abonnés. Ce numéro comporte un encart abonnement Dynapresse sur les exemplaires kiosques Suisse et des envois de correspondance sur la France métropolitaine + Dom-Tom.

en couverture lou doillon PORTE UNE VESTE gucci, UN COL ROULÉ acne sTudios, UN JEAN frame, UNE BOUCLE D’OREILLE annelise michelson, UN COLLIER ET UNE BAGUE « MONETE » bulgari, ET UNE BAGUE TIGRE harumi klossoWska de rola. MAqUILLAGE aya fujiTa. COIFFURE tomoko ohama. MANUCURE elsa deslandes. RÉALISATION marine braunschvig. PHOTO éric guillemain.

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18 janvieR 2019

elle

Fondatrice HélènE GoRdon-lazaREFF PrÉSident d’HonneUr danIEl FIlIPaCCHI GÉrante-directrice de La PUBLication ClaIRE léoSt directrice de La rÉdaction ERIn doHERty directrice de La crÉation GEnèvE doHERty rÉdaction en cHeF KatEll PoulIquEn (MaGazInE), BRunE dE MaRGERIE (ModE), élISaBEtH MaRtoREll (BEauté), danIèlE GERKEnS (vIE PRIvéE/touRISME/déCo/CuISInE), annE-CéCIlE SaRFatI (EllE PaRIS/EllE RéGIonS/dIvERSIFICatIon). directrice de L’iMaGe et dU caStinG SoPHIE laMaRE SecrÉtaire GÉnÉraL de La rÉdaction JEan-CHaRlES GandIa ÉditoriaLiSteS alIx GIRod dE l’aIn, olIvIa dE laMBERtERIE, MaRIon RuGGIERI, doRotHéE WERnER. rÉdaction en cHeF adJointe édouaRd dutouR (MaGazInE), SylvIa JoRIF (ModE MaGazInE), JEannE lE Bault (ModE). assistantEs dE La rédaction SéGolènE dElloyE (43 32) (dIRECtIon), FloREnCE dE Mont (43 69) (RédaCtIon En CHEF), SoPHIE BouCot (43 31) (ModE), SandRInE FuREt (43 60) (vIE PRIvéE/lIFEStylE), natHalIE GRouaRd (43 34) (BEauté). direction artiStiQUe adJointe véRonIquE BonSIGnoRE (43 93), CaRolInE IGnazI (43 94). MaGaZine alICE auGuStIn, olIvIa dE laMBERtERIE, FRançoISE dElBECq, natHalIE dolIvo, MaRIon RuGGIERI, doRotHéE WERnER (GRandS REPoRtERS), CatHERInE RoBIn, PatRICK WIllIaMS. avEC la CollaBoRatIon dE natHalIE duPuIS, SoPHIE GaCHEt. départEmEnt céLébrités véRonIquE vatInoS. guidE cuLturEL PHIloMènE PIéGay (CHEF dE SERvICE) (43 74). avEC la CollaBoRatIon dE tHoMaS JEan, Paul SIGoGnaC, FloREnCE tRédEz. LiVrEs olIvIa dE laMBERtERIE (CHEF dE SERvICE). avEC la CollaBoRatIon dE SandRInE MaRIEttE Et PaSCalE FREy (GRand PRIx dES lECtRICES). Mode annE-MaRIE BRouIllEt (49 75), HoRtEnSE ManGa (49 73). avEC la CollaBoRatIon dE taMaRa taICHMan (49 92), dIanE BoulEnGER, vIRGInIE BEnaRRoCH. accEssoirEs avEC la CollaBoRatIon d’élISaBEtH aKESSoul (49 82) (+ MaRKEt EdItoR). stYLE auRélIE GaIllaRd (49 79). avEC la CollaBoRatIon d’èvE MaEno. EnFants avEC la CollaBoRatIon dE CHaRlottE HuGuEt (49 84). mErcHandising ISaBEllE MERlE. BeaUtÉ ISaBEllE SanSonEttI (CHEF dE RuBRIquE). JulIE CHanut-BoMBaRd, JEannE dERoo. avEC la CollaBoRatIon dE lauRIanE SEIGnIER, CHloé duGaSt. vie PrivÉe avEC la CollaBoRatIon dE SolInE dEloS, JulIa dIon, GIulIa FoïS, HélènE ClaudEl, Héléna vIllovItCH, JulIE PuJolS-BEnoît. dÊco (49 83) MIREIllE aSSénat (CHEF dE SERvICE). avEC la CollaBoRatIon dE CHaRlottE HuGuEt. cuisinE avEC la CollaBoRatIon dE CaRRIE SoloMon. rÉdacteUrS GraPHiSteS FaBIEnnE CoRon (1re MaquEttIStE), CoRalIE GallIBouR, CaRInE GouJon, MaRIE MaRaMzInE,MaRGaux PEIllon. ELLE à paris natHalIE ElBaz-FoRISSIER. ÉditinG SandRa BaSCH (CHEF dE SERvICE). avEC la CollaBoRatIon dE CaRolInE SIx Et alExandRE MouaWad. SecrÉtariat de rÉdaction KaRInE laCoIn (SGR adJoIntE). MaRIE GIRaud-RouaBaH (1re SR), annE alBy, SylvIE aRnoux, BERnadEttE duPRat, annE FauvEl, SandRInE MaRIEttE, CatHERInE PaGèS, MaRGottE uHaldE. réVision MuRIEl SaFaR-JaouI. avEC la CollaBoRatIon dE annE BaRon, valIa BREItEMBRuCH. rÉdaction en cHeF tecHniQUe PHIlIPPE GautRand (43 52), louIS HInI (adJoInt). ProdUction odIlE BERnaRd (43 40) (ModE-BEauté), StéPHanIE SEMEdo (43 47), MalIKa Mala (déCo), tIFFany MalonE (43 49) (CoIFFuRE MaquIllaGE), RESPonSaBlE voyaGES ISaBEllE CanavéSI avEC tIFFany MalonE. PHoto MaRIE-odIlE PERullI (CHEF dE SERvICE) (43 57). RédaCtRICES : léa CauquIl (43 59), BéatRICE laBBé (43 58). PHototHÈQUe tHéRèSE GEnEvoIS (48 00) (CHEF dE SERvICE). ÊRIC vIEIRa dE Souza, ClaIRE FauRE, GWénaëllE MoREau, BéatRICE d’oléon. revente PHotoS et texteS nElly dHoutaut (59 46). diverSiFication ÉvÈneMentS dElPHInE laPEyRèRE, CléMEnCE lEvEau. avEC la CollaBoRatIon dE lou BèS. Fondation eLLe KaRInE GuldEMann (46 17), CHloé FREoa (46 16). WWW.EllEFondatIon.oRG HoroScoPe-nUMÉroScoPe MaRIE GaRdaIRE. PouR JoIndRE votRE CoRRESPondant, taPEz 01 87 15 SuIvI dES 4 CHIFFRES FIGuRant à la SuItE dE CHaquE SERvICE. SI vouS SouHaItEz EnvoyER un MaIl, lES adRESSES Sont à CoMPoSER aInSI : prénom.nom@lagardere-active.com • La reproduction, même partieLLe, des articLes et iLLustrations parus dans « eLLe » est interdite. « eLLe » décLine toute responsabiLité pour Les documents remis. Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. • Les indications de marques et Les adresses quI FIGuREnt danS lES PaGES RédaCtIonnEllES Sont donnéES à tItRE d’InFoRMatIon SanS But PuBlICItaIRE. lES PRIx PEuvEnt ÊtRE SouMIS à dE léGèRES vaRIatIonS.

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l’édito de ELLE Semaine du 18 au 24 janvieR 2019

Tu vieux ou tu vieux pas ?

SOPHIE STEINBERGER

paR marion ruggieri gRand RepoRteR

E L L E .FR

À 50 ans, le corps d’un homme change. Pour finir par se rapprocher, imperceptiblement, au fil des années, de celui d’une femme. La peau devient moins ferme. La chair plus fine, plus douce, se fait lâche sous les caresses. La fesse se dérobe, vase communicant vers le ventre. Les mains, tavelées, évoquent celles de nos pères. Plis et poils sèment l’anarchie. Le gris tombe. Et le reste suit. C’est la vie, fragile, on l’aime, on l’accepte, on l’empoigne ou pas. À 50 ans, le corps de la femme n’échappe pas à la règle. Dans les deux cas, il existe bien sûr d’innombrables moyens de retarder les « effets de l’âge », comme on le dit pudiquement. Mais seules les femmes passent leur temps à s’excuser du temps qui passe. Il suffit d’un écrivain en promotion, d’un vieux jeu misogyne, et voilà qu’elles postent, comme un seul homme, femmes et formes triomphantes de 50 ans pour prouver qu’elles le sont encore. Comme une faille originelle. Touchant. Touchées ? Comme si le désir était affaire de jeunesse éternelle, de performance, se soumettant ainsi (drôlement et volontairement, certes) aux clichés qu’elles dénoncent. C’est bien envoyé, mais les femmes de 50 ans ne ressemblent pas toutes à Julia Roberts, Karine Le Marchand ou Halle Berry. Se connaître, au fil des ans, est une aventure – pas donnée à tous, mais libre à chacun de tenter sa chance. Pour cela, il est temps qu’on lâche le corps des femmes, comme unique objet de désir, et que l’on ouvre les yeux sur le corps des hommes, tout autant désirable. Il est peut-être temps, aussi, d’apprendre à se retenir. Tenir sa langue, on entend. Pas si facile dans une époque où désormais cela paraît cardinal de tout dire, le plus souvent avec véhémence, autorité, intention de blesser et de dominer, au nom d’une prétendue vérité qui n’intéresse personne et n’engage que soi. La retenue est une vertu qui se fait rare. Trop de moi, de surmoi. En cette nouvelle année, éloge du silence, du secret, du regard. n

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ELLEinfo

{ story }

la folle histoire du negresco

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wallace/bilge pierre/sipa ; keystone/gamma-rpho ; stephane danna, valery hache/aFp.

Jeanne Augier en septembre 2010, posant dans le hall du palace avec son majordome et ses chiens, Lili et Lilou.


ELLE info

la disParition à 95 ans de Jeanne augier, excentrique ProPriétaire du Palace niçois, marque la fin d’une éPoque. retour sur une saga riviera. Par alix girod de l’ain

Avec son mari Paul Augier.

Avec Salvador Dalí, en janvier 1970.

dans le « madame » déférent que les employés du negresco donnaient à Jeanne augier, c’est « âme » qu’il fallait entendre. Toujours flanquée de ses toutous Lili et Lilou, la propriétaire, réputée autoritaire et paternaliste, à la façon d’une Marcel Dassault à la chevelure roux-Régine, n’avait rien de ces investisseurs off shore, seulement intéressés par les tableaux Excel de leurs placements. Les tableaux, « madame » les aimait peints à la main, et par de grands maîtres. En soixante ans de « règne », 3 000 œuvres d’art étaient venues enrichir sa collection exposée aux quatre coins de l’hôtel : parmi elles, une des trois versions du Louis XIV de Hyacinthe Rigaud, des Vasarely, mais aussi une « Nana » monumentale de Niki de Saint Phalle, qui trône toujours sous la verrière du salon royal. Si Jeanne Augier n’a pas eu d’enfant, elle a eu plus que ça à ses yeux : cet énorme gâteau rose et blanc posé au bord de la Méditerranée, que la patronne a habité jusqu’à son dernier souffle, et désormais enjeu de toutes les gourmandises. Mais revenons au début de l’histoire : en 1910, lorsque le Roumain Henri Negrescu, maître d’hôtel de la famille Rockefeller, décide de se mettre à son compte, il ne fait pas les choses à moitié et choisit édouard-Jean Niermans, l’architecte de l’Hôtel du Palais à Biarritz, du Moulin-Rouge et du Casino de Paris pour bâtir sa folie sur la baie des Anges, dont la coupole aurait été inspirée d’un sein de sa maîtresse. Très vite, les altesses se bousculent sous la verrière, mais les guerres, les crises et surtout les modes passent, Avec Grace et Rainier et lorsque les parents de Jeanne rachètent le Negresco en 1957, de Monaco, en 1970. il n’est plus qu’un grand machin déficitaire dont l’attrait principal réside dans son ascenseur adapté aux fauteuils roulants. En quelques années, l’énergique Jeanne, désormais mariée au politicien Paul Augier, va faire valser tout ça. Immensément riche, elle dédie l’hôtel à sa passion pour l’histoire de France : chacune des 118 chambres et 30 suites sera différente, décorée de meubles d’époque, et plus il y aura de doré et de bustes de Marie-Antoinette ou d’Eugénie de Montijo, mieux ça vaudra. Le résultat éblouit les uns et donne le fou rire aux autres, qu’importe : le Negresco ne ressemble à aucun autre hôtel, c’est ça qui est bien. Ici, on est classé bâtiment historique, mais on n’a pas la distinction « palace », ici, il n’y a pas de piscine, mais on peut venir avec n’importe quel animal, tel Salvador Dalí qui ne débarquait jamais sans son guépard de compagnie. Aussi têtue que rouée, Jeanne s’est fait un malin plaisir de refuser toutes les propositions mirobolantes de rachat : on a parlé d’une offre du sultan de Brunei, d’une autre de Bill Gates et, récemment, d’acheteurs marocains prêts à lui laisser un chèque en blanc. Jeanne, dont la mémoire flanchait, a été placée sous En avril 2009, tutelle en 2013. Elle voulait laisser sa fortune « à son hôtel, aux animaux, aux devant la personnes handicapées et à l’art français », mais, depuis longtemps déjà, les « Nana » de Niki rapaces rôdaient autour de sa succession. Un administrateur mis en examen de Saint Phalle pour abus de faiblesse en 2016, un procureur suspecté de favoritisme pour un qui trône dans le investisseur fin 2018, l’avenir se jouera en justice. Jeanne Augier laisse 2 chiens salon royal du et 180 employés dans le deuil, ainsi qu’un héritage estimé à 400 millions Negresco. d’euros pour les seuls murs du Negresco, la passion de sa si longue vie. Pages dirigées Par édouard dutour. rédacteurs : alice augustin, cora delacroix, alix girod de l’ain, hélène guinhut, émilie rivenq, Patrick williams.

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{ PORTRaiT } LA fiLLe et Le mArteAu camille de FOResTa animeRa le 24 janvieR chez chRisTie’s la venTe de la gaRde-RObe yves sainT lauRenT de caTheRine deneuve.

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Alors que s’est achevé à Lyon le procès du cardinal Barbarin et de cinq autres prévenus pour non-dénonciation des actes pédophiles du père Preynat, l’Êglise de France s’en trouvera-t-elle changée ? En attendant le jugement début mars, le point avec Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de « La Croix », auteure d’un livre sur l’affaire, « Histoire d’un silence » (éd. Seuil). ELLE. Quelles leçons l’Èglise doit-elle tirer de ce procès ? IsabELLE dE GauLmyn. L’Église n’avait pas compris à quel point il était nécessaire que les victimes puissent exprimer leurs blessures trente ou quarante ans après les faits. Cette prise de conscience a eu lieu, je crois. et h

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ELLE. Faudra-t-il modifier la formation des ecclésiastiques ? I.G. Au séminaire, on est beaucoup plus attentif à ces questions. En revanche, je ne pense pas que cela remette en cause le célibat des prêtres. Rappelons, d’ailleurs, que la majorité des actes pédophiles sont commis par des pères de famille. Il n’y a pas de lien direct entre abstinence sexuelle et pédophilie. ELLE. Quelles autres solutions envisager ? I.G. Il serait bon qu’il y ait davantage de femmes dans la hiérarchie catholique. Aujourd’hui, il s’agit d’une institution entièrement masculine, où règne l’entre-soi, avec des hommes qui sont tellement dans leur bulle qu’ils n’ont pas forcément conscience de la gravité de certains actes. Il n’existe pas d’altérité. P.W.

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Le cardinal barbarin le 7 janvier, à Lyon.

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Les filles de stars, sosies de leurs mamans ? Ça, c’était avant. Depuis peu, les « mini-me » sont éclipsées par les « maxi-me », des garçons clones de leurs mères. Actu. Elizabeth Hurley a passé les fêtes en Inde avec son fils Damian, 16 ans. Timothée Chalamet, 23 ans, a demandé à sa maman, Nicole Flender, d’être son « date » à la cérémonie des Golden Globes, à Los Angeles. physique. Chez les Hurley : mêmes yeux, même bouche, même gestuelle, à croire qu’une transformation du type « M to M » (« male to mummy ») est en cours ! Timothée et Nicole, eux, sont séparés par trente bons centimètres, mais partagent le même carré flou-raie sur le côté. Discours. Nicole clame que Timothée est un « excellent son », tandis qu’Elizabeth confie : « Je sais que Damian finira par quitter le nid, alors je profite au maximum du temps qu’il nous reste. » Encore plus craquantes que leurs fistons, les mamans groupies ! a.G.a.

Dans le milieu très fermé et très masculin des experts en art qui ne compte que 10 % de femmes commissaires-priseurs, cette Aixoise montée à Paris pour taper du marteau chez Sotheby’s à 24 ans (un record de précocité) détonne. En novembre dernier, alors que la France célèbre l’année du Japon à travers de nombreuses manifestations culturelles, Camille de Foresta, passée chez Christie’s, propose une vente thématique inédite intitulée : « Japonisme ». Soixantequinze œuvres occidentales d’inspiration nipponne qui atteindront 1,7 million d’euros. Que ce soit pour adjuger de l’art asiatique ou les vins des Hospices de Beaune, cette boulimique de travail apprend, comme une actrice, chaque catalogue par cœur avant de se jucher sur le rostrum. Choisie par Christie’s Paris pour disperser le dressing de Mademoiselle Deneuve, c’est en smoking Saint Laurent que cette jeune trentenaire tâchera de battre de nouveaux records d’enchères. Qui dit mieux ? È.r. E L L E .FR

tristar media/getty images ; chris pizzello/ap/sipa ; charlotte deckers ; jeff pachoud/afp.

Le procès du changement ?

18 janvieR 2019

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18 janvieR 2019

ELLE info Yann Moix, à Paris, le 11 janvier, face aux journalistes de ELLE.

{ Yann moix }

femmes de 50 ans ne m’attiraient pas. Ce n’est pas quelque chose dont je suis fier. Je ne faisais qu’évoquer ma névrose personnelle. ELLE. Mais vous pouvez comprendre que des femmes se soient senties insultées... Y.M. Je me rends compte qu’il y a encore un vrai problème autour de la représentation du corps chez les femmes et qu’elles en souffrent beaucoup aujourd’hui. J’ai applaudi le mouvement #MeToo. Mais n’attendez pas de moi des excuses pour autant. Ce n’est pas par arrogance. Mais je ne peux pas m’excuser pour des propos où j’ai juste essayé d’être le plus sincère possible. ELLE. Sincère peut-être, mais extrêmement inélégant, au risque de blesser. Y.M. Je ne voulais insulter personne. Juste décrire une vérité intime. Ètre avec une femme de mon âge m’est impossible, car cela me rappelle ma mère, une Folcoche qui m’a martyrisé. Je suis aussi atteint du syndrome de Peter Pan, je ne veux pas grandir… Mais cela est vrai dans l’autre sens : les femmes de 50 ans ne s’intéressent pas à moi car elles me trouvent trop ado attardé. Et elles ont bien raison. Je sais bien que je loupe quelque chose de ce côté-là, mais c’est comme ça. Cela me désole qu’on me présente comme un nouveau Zemmour alors que je me sens profondément féministe. J’ai appris des féministes que « la » femme en général n’existe pas. Elles se sont battues pour que chaque femme soit vue comme une individualité. J’adhère totalement à cela. ELLE. Mais quand vous dites que vous n’êtes attiré que par des Asiatiques, vous les réduisez à des objets… Y.M. Pas du tout ! Si je sors avec des Asiatiques, c’est parce qu’elles m’arrachent à ma culture, m’emmènent ailleurs, me font envisager d’autres manières de penser et de sentir. ELLE. Vous semblez quand même aussi obsédé par les corps parfaits. Ne dites pas que vous n’êtes pas très macho dans cette façon de voir les choses ! Y.M. Détrompez-vous. Beaucoup de femmes dont j’ai été amoureux ne correspondaient pas du tout aux critères de beauté de notre époque. Je n’ai jamais cherché un corps ou un physique parfait. Je tombe amoureux d’une personnalité, d’un charme, d’un intellect. Ce sont en général des femmes qui me tiennent tête, me rabrouent, n’aiment pas mes livres. C’est vrai aussi pour les femmes asiatiques que j’ai connues. Ce n’étaient pas des geishas dociles. Tout le contraire ! ELLE. Dans votre nouveau livre, vous dites que vos rapports difficiles avec les femmes viennent de votre enfance. Y.M. J’ai été un enfant battu, maltraité, humilié, martyrisé. Je ne dis pas ça pour m’excuser, mais c’est la vérité. Aussi, en amour, je cherche toujours à recréer des souffrances que j’ai vécues enfant. Je provoque des ruptures qui me font atrocement souffrir et qui renvoient à l’époque où on me frappait avec une rallonge électrique… Je cherche la rouste. Je cherche ma dose.

”Je cherche la rOuste ” apRès la pRovocation, les explications ? À déFaut d’excuses, l’écRivain tente de justiFieR ses Récentes déclaRations suR les Femmes. pRopos Recueillis paR Hélène GuinHut et Patrick Williams photogRaphe Frédéric stucin

On l’a traité de cuistre, de macho arrogant. Lui dit qu’il y a méprise. En affirmant dans « Marie-Claire » qu’il était « incapable d’aimer une femme de 50 ans », au motif qu’elle avait un corps pas « extraordinaire du tout » (lire notre édito p. 9), Yann Moix a suscité une polémique retentissante. Il a souhaité s’expliquer dans nos pages. Interview d’un homme de plus de 50 ans. Sans filtre. ELLE. Pourquoi avoir voulu parler à ELLE ? Yann MOix.. Je suis abasourdi par cette polémique. Il y a un malentendu total. J’ai donné une interview où je parlais de mes rapports amoureux douloureux et très compliqués avec les femmes. Je me suis confié totalement comme on le ferait à un psychanalyste. J’ai avoué que je ne pouvais aller que vers des femmes jeunes, que les

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18 janvieR 2019

ELLE info

Marlène Schiappa

{ gilets jaunes }

Les femmes Au piLori ?

Laetitia Avia

Aurore Bergé

Jacqueline Dubois

menaces et ignobles insultes déFeRlent suR les èlues lRem et les maniFestantes. décRyptage. « Nous te ferons la chatte au fer chaud », « pute à Juifs », « grosse truie noire »… En marge du mouvement des « gilets jaunes », les femmes de la majorité sont devenues les cibles d’un cyberharcèlement sexiste et de courriers d’une extrême violence. Marlène Schiappa, secrétaire d’Ètat à l’Ègalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé et Laetitia Avia, députées LREM, en tête. D’autres élues ont été visées, comme Jacqueline Dubois, en Dordogne, dont la voiture a été brûlée. Des dégradations et insultes qu’ont subi une cinquantaine de membres de la majorité, tous sexes confondus. « Il y a pourtant une spécificité dans les violences envers les femmes, note Mathilde Larrère, historienne et coauteure de “Des intrus en politique. Femmes et minorités : dominations et résistances” (éd. du Détour). Les hommes ne sont

pas attaqués sur leur physique ou menacés de viol. On n’accepte pas de voir des femmes au pouvoir et, dans ces moments de grande violence, ce rejet s’exprime plus librement. » Autre cible : Brigitte Macron. Dans les cortèges ou sur les ronds-points, certaines pancartes ne ménagent pas la femme du président. « Face à une coloration monarchique du pouvoir macronien, ce mouvement utilise des références révolutionnaires, constate Mathilde Larrère. Et Brigitte Macron devient une cible comme Marie-Antoinette, en son temps mise en scène dans des libelles pornographiques. C’était et c’est aujourd’hui encore une façon de déviriliser leur mari. » Ces violences n’épargnent pourtant pas les femmes gilets jaunes elles-mêmes : les porte-parole Jacline Mouraud et Ingrid Levavasseur ont été menacées et ont porté plainte. « Dans les révolutions, il y a toujours eu une répartition genrée des tâches : les femmes à l’arrière et les hommes sur les barricades. Dès que l’une d’elles prend la lumière, elle s’expose aux attaques », poursuit l’historienne, qui rappelle le besoin des femmes de se rassembler entre elles au sein de ces mouvements, à l’image des cortèges féminins de gilets jaunes apparus en janvier et prônant… l’apaisement. a.a.

{ buzzomètRe } l’aiR du temps en coup de vent paR Édouard dutour

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Vincent isore, christophe Morin/ip3/Maxppp ; LudoVic Marin/aFp ; aLexandre tabaste ; istock ; instagraM/diane kruger ; Federico pesteLLini/panoraMic ; presse.

Manifestation des femmes gilets jaunes, à Paris, le 6 janvier.


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18 janvier 2019

ELLE culture Viggo Mortensen légende

CHaPO 14 OCam. l’irrÊsistible viggO aximiHili, sis, Cat mOrtensen imPressiOnne FaCturnit À nOuveauniam, dans COnsula vastiquis. « green bOOk : HOriPiO nsulienati sur les rOutes du sud », Par AUTEUR un rOad mOvie qui enCHaÍne Prix. Texte Texte entrée style deles caractère.

courant justifié. Oria cum quidi duntiae et alis Par FRAnçoisE DElbEcq eatiunt delias et ipiet estiorum quam esed erionsed cumon harume oditaqu atessitMorianiJamais qui là où l’attend, Viggo simi, te el idiatur, es quis doloriat aut et, sa tensen nous surprend une fois encoreeos en verum vollend andendit, d’un cus disin reBitnoir harum interprétant le chauffeur pianiste en estrum totatem ad tournéeeliquas dans le piciistio sud des Êtats-Unis enquiate 1962. sequiam volessuntum sam, quateceste autent Un voyage épique, en dépit du recours au volorum fugiaunaut es pores parum re Green Book, guide qui listait les sum hôtels, incto bars et restaurants acceptant d’accueillir les «Afro-Américains. INFO» pratique Preuve implacable d’un racisme officiel que dénonce « Green Book : sur les routes du Sud ». Prix du public à Toronto, le beau film de Peter Farrelly vient de remporter trois récompenses à la cérémonie des Golden Globes. Interview.

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VIGGO

le magnifique E L L E .Fr

ELLE. Avant le tournage, connaissiez-vous l’existence de ce guide ? VIGGO MORTENSEN. Oui, car j’avais eu l’occasion de feuilleter un livre pour enfants, « Ruth and the Green Book », écrit dans les années 1950, qui raconte le périple en voiture d’une famille noire de Chicago jusqu’en Alabama pour rendre visite à la grand-mère. Chaque fois que le père devait prendre de l’essence, il s’arrêtait sur le bas côté de la route et consultait le Green Book. Ce guide avait non seulement un côté pratique pour éviter les altercations, mais surtout il permettait de ne pas se faire humilier devant ses enfants. Une violence très subtile… Quand on a commencé le tournage, j’ai eu le guide entre les mains. Il était très mince… ELLE. Le film est inspiré d’une histoire vraie. Avez-vous accepté tout de suite de jouer le rôle du chauffeur ? V.M. Non, car le personnage est un ItaloAméricain. Autant dire que cela représente un grand écart pour moi qui suis d’origine danoise. Dans un premier temps, j’ai répondu à Peter Farrelly que je n’étais pas la bonne personne. Puis j’ai repensé à David Cronenberg. Lorsqu’il m’avait proposé le rôle de Sigmund Freud dans « A Dangerous E L L E .Fr

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ELLE culture

« Philharmonia », une série menée à la baguette par Marie-Sophie Ferdane.

« GREEN BOOk : SuR LES ROuTES du Sud » de Peter Farrelly, avec aussi Linda Cardellini (2 h 10). En salle le 23 janvier.

Viggo Mortensen et Mahershala Ali.

série

musique, MaesTra ! Par PAUl sigognAc

« Cette gonzesse, c’est une imposture… » Quand Hélène Barizet, chef d’orchestre, quitte New York pour prendre la tête du Philharmonia, à Paris, elle n’est pas la bienvenue. « Ça se saurait si une femme pouvait diriger une centaine de musiciens », dit un macho le jour de l’arrivée du nouveau « maestro », accueilli au son de… « Mission : impossible ». Bien rythmée (c’est bien le moins, vu le thème), la série « Philharmonia » illustre la philosophie « service public » qui l’inspire : elle veut « attirer ceux qui pensent que le classique n’est pas pour eux », comme le dit le personnage d’Hélène Barizet (formidable Marie-Sophie Ferdane). « Philharmonia » est la chronique d’une entreprise et d’une manageuse : une des premières décisions de la nouvelle chef est de remplacer le premier violon (Tom Novembre) par la benjamine de la bande, Séléna Rivière (Lina El Arabi). Voilà donc une série qui peut se regarder comme une parfaite métaphore du désir de France Télévisions d’en finir avec « une télé d’hommes blancs de 50 ans », selon le mot fameux de sa présidente, Delphine Ernotte. « PhILhARMONIA », mercredi 23 janvier, 21 h, France 2.

Cinéma

la dePP eT La bêTe

Á 17 ans, Laura s’ennuie dans un camping de Dordogne où elle passe l’été en compagnie de sa cousine. Les amours fleur bleue des uns et des autres la laissent de glace. Seule la rumeur de la présence d’une panthère qui rôderait la nuit et que l’on rend responsable de la disparition de plusieurs vacanciers l’interpelle. La bête devient son obsession. Jusqu’à l’arrivée d’un écrivain célèbre qui éveille en elle un désir jusque-là inconnu. Face à cet homme qui maîtrise l’art de l’écrit, la jeune fille osera-t-elle jouer avec le feu et devenir sa muse ? Traité à la manière d’un conte fantastique, le deuxième film de Vincent Mariette passe par le prisme de Laura (géniale Lily-Rose Depp), dont le regard inquiétant confère une douce étrangeté au récit. Le spectateur est pris à témoin de son passage à l’âge adulte avec pour moteur le danger, prégnant dans les nombreuses scènes nocturnes et en forêt. S’invente-t-elle des histoires à la manière de Sam, le personnage de « Under the Silver Lake », de David Robert Mitchell ? Suspense… F.D. « LES FAuVES », de Vincent Mariette, avec aussi Laurent Lafitte, Camille Cottin, Aloïse Sauvage (1 h 23). En salle le 23 janvier.

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Lily-Rose depp et Laurent Lafitte.

E L L E .Fr

Jean-claude lother ; carole bethuel/kazac production ; olyMpia orloVa, JÖrg gruber/phenoMen ; presse.

Method », j’avais d’abord refusé. Or, mes deux précédents films avec lui – « A History of Violence » et « Les Promesses de l’ombre » – ayant bien marché, il n’était pas dans son intérêt de faire un mauvais casting. J’avais finalement dit oui. Idem avec Peter Farrelly dont j’ai accepté la proposition. ELLE. Comment vous êtes-vous préparé ? V.M. Par chance, le fils de Tony Lip, mon personnage, est toujours en vie. Il a conservé un stock impressionnant d’enregistrements de la voix de son père. Un homme qui avait quitté l’école à l’âge de 11 ans, mais qui était d’une grande intelligence. Il savait tout faire. Il traversait l’Hudson à la nage, chantait divinement bien et dansait avec deux femmes en même temps ! Le fils de Tony est venu sur le tournage. À de nombreuses reprises, je l’ai surpris en train de pleurer comme un petit garçon. Chaque fois que cela arrivait, je me disais que c’était bon signe : je devenais son père. ELLE. Connaissiez-vous votre partenaire, Mahershala Ali ? V.M. Oui. Nous nous étions rencontrés lors d’une campagne pour les oscars. Lui, pour « Moonlight » ; moi, pour « Captain Fantastic ». D’habitude, quand on échange trois mots entre nommés, c’est déjà énorme. Avec Mahershala, on a tout de suite accroché. Je me suis dit que si un jour je travaillais avec lui, j’aurais beaucoup de chance.


ELLE culture poCh et te s u r p r is e

La reIne De La JunGLe

nOrma s’était Fait COnnaître en 2016 aveC un Premier eP rOCk et girl POwer. elle revient aveC un album rÊveur, qui nOus ravit.

L’eMpreInTe fauVe Avec sa grâce féline et sa voix envoûtante, la tigresse fait patte de velours, sans rien perdre de son authenticité ni de son talent affûté. Et rend hommage à ses icônes de jeunesse, Fiona Apple et Dido. La VOIx De L’ÈManCIpaTIOn Entre trip-hop romantique et soul en clair-obscur, l’album se veut carnet de bord intimiste et affirmation de soi. Une quête obstinée d’émancipation féminine que la chanteuse toulousaine a su rendre mélodieuse à souhait.

Par FloREncE TRéDEz

La TOuChe OnIrIque Lianes en folie, tapis de fougères… ce décor de jungle est en accord avec la touffeur moite des beats électro. Et avec l’ambiance des vieux films hollywoodiens dont Norma se nourrit.

« FEMALE juNGLE » (Shortcuts).

buzz

un OVnI à parIs entre Cinéma, PerFOrmanCe, exPérimentatiOn, « dau » est le PrOjet FOu et intrigant de l’Hiver, Présenté en avant-PremiÈre au tHéâtre de la ville et au CHâtelet. Par solinE DElos

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1, 2 3 et 4. scènes tirées des treize films réalisés par khrzhanovsky autour de dau.

L’auteur. Ilya Khrzhanovsky, un cinéaste russe fasciné par Lev Landau, dit « Dau », Prix Nobel de physique en 1962, a travaillé quasiment en secret pendant treize ans à la réalisation d’une œuvre hors norme qui rend hommage à ce génie scientifique. La réalisation. Pour mener à bien son projet, Khrzhanovsky a reconstitué en Ukraine un institut de recherche comme à l’époque de l’Union soviétique et a invité, de 2009 à 2011, quatre cents personnes à s’immerger dans les conditions de vie de l’ex-URSS. Parmi les participants : des scientifiques, d’anciens agents du KGB, des artistes, dont le chef d’orchestre iconoclaste Teodor Currentzis (choisi pour jouer Lev Landau), Marina Abramovic, Brian Eno, Peter Sellars ou encore Philippe Parreno. Un lieu qui a servi de trame à une multitude d’histoires à partir desquelles Ilya Khrzhanovsky a imaginé treize longs-métrages à la lisière du documentaire et de la fiction, dans le but d’explorer toutes les facettes de Landau et de sonder les tréfonds de l’âme humaine. L’expérience « Dau ». Après avoir obtenu un visa (pour six heures, vingt-quatre heures, accès illimité…), le visiteur remet son téléphone à l’entrée du théâtre et suit un parcours personnalisé qui l’embarque de film en film, de performance en performance, et l’invite, en même temps, à exprimer ses émotions et à devenir un acteur de cette œuvre en constante évolution. La promesse d’un huis clos et d’une expérience insolites, à découvrir avant qu’expire le visa. n du 24 janvier au 17 février. Réservation sur dau.com

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ann patchett

Coup de foudre à

los angeles

Dans un Roman splenDiDe à la naRRation RenveRsante, ann patchett exploRe les liens insubmeRsibles De la Famille. paR olivia de lamberterie 24

« Si sa mère n’avait pas été aussi ravissante, rien de tout cela ne serait arrivé, mais on ne pouvait pas lui reprocher d’être ravissante. » « Orange amère » s’ouvre par une cérémonie de baptême dans les années 1960, se ferme par une fête de Noël cinquante ans plus tard au cours de laquelle la beauté de Beverly, 78 ans, saute encore aux yeux de convives. Entre-temps, six gamins, chiens perdus par les amours des adultes, ont morflé, l’un est mort, tous se sont dispersés dans le monde sans jamais se perdre de vue. Comme si le terreau de l’enfance dramatique où ils avaient grandi les maintenait proches à jamais, tels des aimants. Tout commence donc par une longue scène de baptême contée avec l’ampleur de champ d’un Coppola et l’observation avisée d’un John Cheever. La rencontre de deux familles qui tournaient jusqu’à cet après-midi au carré. Fix est flic, père de deux petites filles, époux de la plus belle femme de Los Angeles, Beverly. Bert est adjoint du procureur, marié à Teresa fraîchement enceinte de leur quatrième enfant. Pour fuir son foyer très nombreux, il s’est invité à cette fête dont tout le quartier parlait. Il fait atrocement chaud, les hôtes réclament des boissons fraîches et, dans la cuisine, Bert est prêt à presser des oranges jusqu’à la fin des temps pour éprouver l’étincelle électrique qu’il ressent lorsque sa main effleure celle de Beverly. Rien ne sera plus comme avant. En conteuse exceptionnelle, Ann Patchett déroule les conséquences de ce coup de foudre, en se jouant de la chronologie et des points de vue des uns et des autres, au travers de quelques événements marquant les membres des deux familles. Dans un chapitre, Franny conduit son père, le vieux Fix, à sa séance de chimiothérapie. « Vous avez bonne mine, monsieur Keating », lui lance l’infirmière. Les trois étapes de la vie : jeunesse, cinquantaine et « Vous avez bonne mine, monsieur Keating ». Même lorsqu’elle plonge dans le drame, Patchett ne perd jamais son humour. Dans un autre chapitre, les six enfants découvrent l’ivresse de la liberté, dans un autre encore, ils voient l’un d’entre eux mourir sans comprendre. Comment « le fardeau inestimable de leurs existences » se transforme en un bestseller nommé « Orange amère », c’est l’un des enjeux de ce roman magnifique et polymorphe qui écorche les cœurs sans jamais les assécher. n « Orange amÈre », d’ann Patchett, traduit de l’anglais par Hélène Frappat (actes Sud, 302 p.).

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18 janvieR 2019 writer pictures/leemage ; presse.

ELLE livreS


Gallimard

Photo © G. Mendes

présente

FINALISTE DU PRIX PULITZER C. E.

MORGAN Le sport des rois ROMAN

« Ambitieux et magnifique. » The New York Times

« Morgan réussit ce que d’autres auteurs sont incapables de faire… Prodigieux. » The New Yorker

« Par sa splendeur poétique et sa rigueur implacable, Le sport des rois porte l’empreinte de Faulkner, Morrison et McCarthy… C’est un chef-d’œuvre contemporain. » The San Francisco Chronicle

Du monde entier gallimard.fr I facebook.com/gallimard


18 janvieR 2019

ELLE livreS récit

crime Story

entRe enquête cRiminelle et autobiogRaphie, « l’empReinte », pRix Du livRe étRangeR FRance inteR-jDD, Domine la RentRée Dans le Domaine De la non-Fiction.

paR Sandrine mariette

Captivant. « L’ironie de la chose, quand on sait ce qui s’est passé, c’est que je me sentais “en sécurité” chez les Havilland », se dit Helen, le jour où elle croise par hasard Ava Havilland, qu’elle n’a pas revue depuis le drame. Dix ans plus tôt, dans un premier temps, Helen, la narratrice, perd la garde de son fils unique, Ollie, après avoir été arrêtée dans un état alcoolisé. Un crève-cœur pour cette mère aimante, qui stoppe net sa dépendance, attend ses droits de visite, des moments si chers avec son petit garçon de 8 ans, plein de larmes et de rancune d’avoir été parachuté chez son père. La violence sourde de cette séparation, la perpétuelle impression de culpabilité fragilisent Helen. Jusqu’à cette fête chez un couple fortuné, les Havilland, où, serveuse pour l’occasion, elle se voit couverte de compliments par Ava Havilland, une femme au port de reine. En quelques jours, Ava pare sa nouvelle recrue de pulls en cachemire, de vêtements luxueux, l’engage pour photographier sa collection d’art, la flatte de mots élogieux, et son mari suit. Helen boit leurs paroles. Comment ne pas être captivée par ce couple si parfait ? Ils n’exigent rien en retour, juste qu’elle leur raconte sa « vie », ses « soirées déprimantes » – avec « tous les détails ». Et puis ses « si bons amis » se font une joie d’inviter Ollie pour les vacances… Joyce Maynard déploie un talent électrique pour décrire une femme sous influence. On assiste à un mirage, c’est effrayant et grandiose. Un roman qui vibre entre les mains. « De Si bOnS amiS », de Joyce maynard, traduit de l’anglais par Françoise adelstain (Philippe rey, 333 p.).

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En 2003, Alexandria Marzano-Lesnevich, en stage dans un cabinet d’avocats du sud des États-Unis, se passionne pour une affaire de meurtre d’enfant : en 1992, Rick Langley confessait avoir assassiné le petit Jeremy Guillory, 6 ans. Dix ans plus tard, sa condamnation à mort fut commuée en prison à vie, suite au témoignage de Lorelei Guillory, la mère de la victime, qui supplia le jury de laisser la vie sauve au meurtrier de son garçon. Ce fait divers sordide fait écho à un traumatisme intime chez Marzano-Lesnevich, une blessure indélébile qui la pousse à tenter à tout prix de comprendre – à défaut de pouvoir pardonner. Régulièrement violée par son grand-père dans son enfance, elle s’est débattue des années durant avec l’aveuglement et la dévastatrice culture du secret de sa famille. « L’Empreinte » est le récit de sa quête, une plongée dans sa mémoire et dans une multitude de destins, ceux des coupables, des victimes, et de tous les autres, les témoins aveugles, les complices malgré eux, les spectateurs désabusés. En ligne de mire, une obsession : reconstruire un récit, pour alexandria trouver un sens à ces vies déraillées marzano-Lesnevich par la psychose, le deuil, le crime ou l’accident. D’un chapitre à l’autre, le récit balance entre l’autobiographie et les révélations sur l’incroyable famille de Ricky Langley, et se cristallise autour de la recherche obstinée d’un point d’origine qui permettrait, de manière bien plus efficace qu’une conclusion incertaine, de faire de ces vies des « histoires ». Face à une galerie de personnages qui croient tous pouvoir « nettoyer le passé comme on désinfecte une scène de crime », Alexandria Marzano-Lesnevich oppose son opiniâtreté et son empathie, et offre un récit de non-fiction spectaculairement efficace, qui établit en sous-main un parti pris littéraire (et judiciaire) fondamental : « La façon dont vous jugez tient à la façon dont vous racontez l’histoire. » n « L’emPreinTe », d’alexandria marzanoLesnevich, traduit de l’anglais par Héloïse esquié (Sonatine, 471 p.).

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sébastien micke ; greta rybus ; presse.

il est comment, le nouveau JoyCe Maynard ?

paR Clémentine GoldSzal


LA NOUVELLE VOIX DU ROMAN NOIR BRITANNIQUE


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buzzolettres quatRe ouvRages pouR palpiteR jusqu’au bout De la nuit… paR Flavie PhiliPon

un polar étonnant Le troisième roman de Sarah Vaughan est un thriller psychologique : James Whitehouse, célèbre politicien et meilleur ami du Premier ministre, a-t-il oui ou non violé son ex-maîtresse ? La défense prétend que la « victime » disait non mais pensait oui... Et qu’en pense l’épouse légitime ? Un livre subtil qui résonne avec l’actualité. P.F. « anaTOmie D’un ScanDaLe », de Sarah Vaughan, traduit de l’anglais par alice Delarbre (Préludes, 439 p.).

un albuM haletant En 1893, Ernest Seton, dessinateur et chasseur de loups, quitte New York pour le Nouveau-Mexique dans le but de capturer le maître des lieux : Lobo, roi loup majestueux et invaincu. Le jeune homme traque l’animal à coups de ruses, en vain. Jusqu’à ce qu’il trouve le talon d’Achille du vieux bandit... et change de philosophie. Les illustrations sont magnifiques. « Le Dernier rOi DeS LOuPS », de William grill (Sarbacane, 76 p.).

un roMan flaMboyant C’est l’addition audio gagnante de la rentrée : la subtilité de l’esprit british et la tension du roman russe, le tout conté par le comédien Thibault de Montalembert. Pendant près de trente ans, le comte Alexandre Rostov est assigné à résidence dans l’hôtel Metropol de Moscou. Une cage dorée depuis laquelle il assiste aux grands bouleversements de l’URSS.

une bd vibrante À la mort de son père, la princesse Tilda s’apprête à monter sur le trône lorsqu’un complot mené par sa famille la contraint à l’exil. Accompagnée par deux fidèles chevaliers, elle arpente les terres mystérieuses du royaume afin de récupérer sa juste place. Le premier tome d’une épopée fantastique et fascinante, où l’on découvre une héroïne ultra moderne. n « L’âge D’Or, VOLume 1 », de cyril Pedrosa et roxanne moreil (aire Libre, 228 p.).

E L L E .FR

presse ; pako mera/rex/sipa.

« un genTLeman à mOScOu », d’amor Towles, traduit de l’anglais par nathalie cunnington (audiolib).


18 janvieR 2019

ELLE livreS

on re o dév

cette épopée Sauvage

paR PaSCale Frey

« Un livre c’est comme une démangeaison. Votre subconscient a un plan pour vous. Il vous donne quelque chose à écrire, mais pas forcément quelque chose de plaisant », constate Paul Lynch. Ce « quelque chose » se niche dans le destin d’une adolescente de 14 ans. Dans « Un ciel rouge, le matin » paru en 2014, un homme était contraint de quitter l’Irlande, abandonnant sa femme enceinte et ses deux filles. Le bébé est devenu Grace, héroïne solaire de ce nouveau roman ayant pour toile de fond la Grande Famine du milieu du XIXe siècle qui a mis l’Irlande à genoux en six ans. « Une période épouvantable qui a donné lieu à une explosion de la criminalité et même à des actes de cannibalisme, dont personne n’a jamais voulu parler. Il me semble que le moment était venu… » Grace doit partir de chez elle, car sa mère craint qu’elle ne devienne la proie de leur propriétaire. Accompagnée du fantôme de son frère, mort noyé, avec lequel elle ne cesse de dialoguer, la jeune fille sillonne le pays. Elle fait de bonnes et de mauvaises rencontres, manque de mourir, tombe amoureuse et vit mille vies en une poignée de mois. Une destinée par laquelle Paul Lynch s’est laissé guider : « Je ne connaissais que ma dernière phrase et je savais que ça se terminerait bien. J’avais envie de m’attaquer aux actes indicibles qui ont été commis, à la culpabilité et à la honte des survivants. L’Irlande moderne est née de cette famine. » Avec Paul Lynch, la littérature irlandaise prouve qu’elle est toujours aussi riche. « Si nous avons été colonisés par la langue anglaise, nous l’avons colonisée à notre tour, en l’exacerbant et en lui apportant une liberté de syntaxe, un son et une voix nés du gaélique. » n

© Valérie Archeno

« grace », de Paul Lynch, traduit de l’anglais par marina boraso (albin michel, 480 p.).

Avec les Trophées ellesdeFrance, la Région est fière de mettre en lumière les femmes franciliennes engagées en Île-de-France. Particulièrement investie dans l’égalité hommes-femmes, la Région, toujours aux côtés des femmes franciliennes, les soutient au quotidien dans leurs projets. Awa Ba, Prix de la solidarité Claude Térosier, Prix de l’innovation iledefrance.fr/ellesdefrance2018

Paul Lynch


LA GAZETTE FASHION

18 janvieR 2019

ELLE style / MODe

Tendances, gRiFFes, bouTiques, siTes, inFos… chaque semaine, on vous dÉvoile le meilleuR de la mode. paR sophie gachet

les booTs dont tout le monde Parle… les « vIv’ rANgerS » de roger vivier Olivia olivia Palermo

business is business

apRès le lancemenT de sa ligne de dÉcoRaTion, c&a s’aTTaque aux Tenues de maRiÉe. à dÉcouvRiR le 4 avRil. merCato mode

Cindy bruna

C’est faCile à CoPier !

bONNet vert (oFF-WhiTe), T-shiRT blanc, blazeR ceinTuRÉ (KRosT), denim à ReveRs, sac luxe (veRsace), maxi-basKeTs blanches (chloÉ)… c’esT avec des choses simples que hailey baldWin-biebeR compose les meilleuRs looKs.

en pRenanT des paRTs dans la manuFacTuRe suisse Kenissi, chanel RenFoRce sa posiTion en hauTe hoRlogeRie.

Il y a une vie après les stilettos ! Ces rangers signés Roger Vivier, avec leur boucle strassée, ont la bonne « touche » cool, mais ne sont pas trop relax non plus. Ils existent en velours ou en cuir. La top Cindy Bruna les magnifie avec un pull orange et Olivia Palermo avec une veste esprit couture. Et toutes les deux ont compris que les boots devaient faire équipe avec un jean très slim, voire un legging.

quelle cOllAb FAut-Il pOrter Sur leS pISteS ? Rossignol x Tommy. Ces deux griffes ont le bleu, blanc, rouge dans l’ADN, il était donc normal qu’elles unissent leurs couleurs pour proposer des tenues de ski techniques dans ces tons classiques. Vivement les sports d’hiver ! rossignol.com

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françois DURAND/GETTY/AFP FRANÇOIS durand/getty/afP ; EDWARD edward BERTHELOT/GETTY berthelot/getty ; MEGA/KCS mega/KCs ; PRESSE. Presse.

rogervivier.com

fashion alerte

Lady Gaga et David Beckham sont l’un et l’autre les ambassadeurs de la marque de montres Tudor. Et portent chacun à leur bras une « Black Bay » comme celle-ci. tudorwatch.com

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beauty scoop

18 janvieR 2019

ELLE style /BeAUtÉ

soins belle peau et make-up FlatteuR : les Réjouissances de la semaine. paR élisabeth martorell et Valentine pétry

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on connaissait déjà les disques démaquillants écolos en coton bio réutilisables, mais on apprécie particulièrement ceux-ci. en rose indien ou en gris, ils disposent d’une face éponge pour le visage et d’une face caressante pour les yeux.

fruit déFendu

on fond pour la teinte cerise noire ultra sensuelle de ce rouge satiné. crémeux à l’application, il reste pigmenté et intense toute la journée.

Kit de 10 disques, filet de lavage et box de rangement, Clarange sur clarange.fr, 49 €.

Rouge à Lèvres, Cherry, Urban Decay chez Sephora, 19,99 €.

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36 %

c’est la proportion de Français qui se Fixent comme première bonne rÉsolution pour 2019 de Faire davantage d’activitÉ physique. un chiFFre qui progresse de 4 % par rapport à 2018. à Fond la Forme ! (Baromètre Sport Santé FFEPGV/Ipsos 2018.)

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déclaration

une collab’ en forme de lettre d’amour depuis que la papeterie américaine rifle paper co. a marqué d’un emblème fleuri les produits de la gamme au karité de l’occitane. des crèmes pour les mains et le corps, au parfum reconnaissable dès le premier sniff, à offrir à ses amies, amantes, mamans… Crème Mains, Mon Amour, L’Occitane, 150 ml, 23 €.

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enveloppantes, nourrissantes, anti-âge et naturelles, elles font la peau douce et lumineuse. notre sélection très fleurie… aux graines de coquelicot, mais aussi aux huiles de grenade et de marula, avec des pétales de rose en suspension. huile visage aux Fleurs Jour, nüssa sur nussa-cosmetics. com et aux galeries lafayette, 30 ml, 72 €. À la rose musquée. Formulée en suisse avec une pointe d’huile essentielle de ciste et de géranium rosat. synergie anti-àge, biotonique sur biotonique. com, 30 ml, 57,50 €. À la rose du Maroc. huile d’argan et huile essentielle de rose de damas pour un divin parfum apaisant. le sérum renaissance, lavyzoë sur lavyzoe.com, 30 ml, 59,90 €. E L L E .FR

Photos Arno CAuChois, mAtteo vAlle/imAxtree.Com. stylisme lAuriAne seignier.

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green washing


25 janvier 2019

ELLE mag / culture

Valeria Bruni Tedeschi

l’art de la séparation

elle est unique. dans son Film « les estivants », l’actriceréalisatrice transcende sa propre vie sur grand écran, FaÇon dolce vita. rencontre avec une Femme à la parole libre.

photo Dant StuDio/h&k. réaliSation Julien Mazzoli. Maquillage aSaMi kawai. Coiffure SaChi YaMaShita (Manteau et nuiSette Bottega Veneta).

par olivia de lamberterie et nathalie dupuis

n homme quitte une femme et tous les habitants d’une splendide maison de vacances au bord de la mer sont contaminés par la tristesse. « Les Estivants » est un film cocasse et crépusculaire où l’on s’étreint et se déchire en français et en italien, sur un air de Tchekhov. On en sort le « cœur ouvert », comme dit l’une des héroïnes, avec l’envie d’aimer, d’embrasser, de vivre. Parce que sa réalisatrice et actrice, Valeria Bruni Tedeschi, est exactement comme ça, le cœur ouvert, parfois écorché, la parole vive et inattendue, toujours subtile, sur l’amour, le couple, l’âge, le cinéma, la maternité… Rencontre vivifiante. ELLE. Quel a été le point de départ du film, une séparation ? VaLEria Bruni TEdEschi. J’ai l’impression que mes films naissent souvent de la collusion entre deux thèmes. Au début de celui-ci, il y avait la scène de la séparation, que j’ai réécrite au moins cent fois, et l’envie de parler d’une famille en vacances, les propriétaires de la maison, leurs amis, les gens qui y travaillent. C’est une idée qui est venue des « Estivants », de Gorki, qu’un de mes amis proches m’avait donné à lire. J’étais pleine de Tchekhov et de Gorki, et aussi du roman de Siri Hustvedt « Un été sans les hommes », où une femme quittée décide de ne rien dire, car si on ne le dit pas, ça n’existe pas… ELLE. c’était thérapeutique de raconter cette séparation ? V.B.T. Non. Ce qui me fait vivre mieux, c’est de travailler. Si vous me dites que vous aimez le film, cela me rend gaie, comme quand j’étais à l’école et que je faisais bien mon travail. J’aime les bonnes notes ! Mais, non, le fait de travailler ne guérit pas de la douleur d’une séparation. E L L E .Fr

ELLE. Votre film s’ouvre avec une phrase de Botho strauss disant qu’une séparation est la plus profonde des blessures que la vie peut nous infliger. c’est ce que vous croyez ? V.B.T. Ça, je l’ai piqué dans un film de Liv Ullmann écrit par Bergman ! Oui, je crois qu’une séparation est un drame profond, elle nous renvoie à des terreurs archaïques, la peur de la mort, de l’abandon, aux frayeurs de l’enfance, même oubliées. Je pense que se séparer, ça veut dire briser une famille, et la famille protège et rassure, elle nous tient. Je suis quittée et, tout à coup, non seulement on ne m’aime plus mais en plus je suis seule à affronter le temps qui passe, c’est terrible ! ELLE. dans votre vision de l’amour, même si on a des histoires extraconjugales, on peut rester ensemble ? V.B.T. Oui, car c’est l’exemple que j’ai de mes parents, et c’était joyeux pour moi, même si cela a pu être douloureux pour eux. Des amies me disent : « Moi, je ne pourrais jamais vivre ça, mon mec me trompe, c’est fini. » Mais mon père a dit à ma mère : « Vis ton histoire, mais ne quitte pas ta famille », et j’ai vu ces deux-là s’aimer jusqu’à la mort de mon père. Ça a marché parce que la liberté existait dans les deux sens – un peu plus du côté de ma mère… Ce n’était pas un couple avec un mari volage et une femme qui l’attend ! Et je trouve ça bien. Peut-être même que je pourrais vivre dans une société polygame ! Mais ce n’est absolument pas correct de dire ça aujourd’hui. Je suis féministe, comment ne pas l’être, mais j’ai des idées bizarres. ELLE. On imagine que vous avez passé des étés comme celui du film, c’était important que votre mère joue dedans ? V.B.T. À un moment, elle a hésité à le faire et je n’en menais pas large. Tous les acteurs sont remplaçables, sauf ma mère et ma fille… J’ai besoin de vérité pour faire des films, ce qui ne veut pas dire que le personnage de ma mère est ma mère ou que celui joué par ma fille est ma fille. J’avais écrit un truc un peu plus conventionnel, elle

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s’est vraiment composé un personnage d’observatrice, sans jugement, comme un chœur grec, que j’ai découvert au montage.

ELLE. alors que dans la vie quotidienne ? V.B.T. Je me sens très maladroite !

ELLE. Et votre fille de 10 ans, Oumy [qu’elle a adoptée en 2009 avec Louis Garrel], vous aviez décidé de la faire tourner dès le début ? V.B.T. Je lui ai fait faire des essais parce qu’on ne sait pas si les enfants vont être à l’aise devant une caméra. Elle, elle l’était, elle avait envie de jouer. Elle était contente sur le tournage même si ce n’était pas non plus le but de sa vie. Parfois, il fallait marchander une prise avec des bonbons, c’est très sain ! Mais elle m’a soufflée ! Le fait que ce soit une enfant adoptée dans le film, alors même que le sujet n’est pas traité, ajoute quelque chose au cœur du propos, quelque chose qui a à voir avec l’abandon originel.

ELLE. Vos enfants vous ont-ils aidée à vous structurer ? V.B.T. Je ne manque pas de structure. Je suis très ponctuelle, j’ai un surmoi très fort, une grande discipline. Et d’ailleurs cette discipline un brin militaire, je l’impose aussi à mes enfants. Ce qu’ils m’apportent, c’est une immense gaieté, la vie est tellement plus joyeuse avec des enfants. Et des priorités aussi : s’occuper d’autres que soi aide à aller mieux. Je suis devenue plus adulte. Même si ma fille trouve toujours que je m’habille trop vite, trop mal, que je suis trop en vrac, elle voudrait que je sois plus posée, que mes émotions débordent un peu moins, que je sois moins bizarre ! J’essaie, mais je n’arrive pas à changer, même pour lui faire plaisir.

ELLE. Et le reste du casting ? V.B.T. Pour mon amoureux, j’aurais aimé faire tourner quelqu’un d’autre, mais il n’avait pas envie de jouer ce jeu-là… J’espère qu’il aimera le film, et surtout qu’il aimera sa fille.

En haut : Bruno raffaelli, qui a conseillé à Valeria Bruni Tedeschi de lire « Les Estivants » de Gorki, avec la mère de la réalisatrice, Marisa Borini. au milieu, Oumy, la fille de Valeria et Louis Garrel.

ELLE. Mais vous avez quand même choisi un brun ténébreux, riccardo scamarcio… V.B.T. Oui mais il est italien ! Il fallait que je déplace les choses. C’est très jouissif de décaler les situations, de jouer avec le vrai et le faux. J’ai écrit le scénario avec Agnès de Sacy, Noémie Lvovsky et Caroline Deruas, on s’en est donné à cœur joie, on était très libres, je ne me sentais pas obligée de coller à la réalité. J’ai choisi beaucoup d’acteurs qui avaient déjà joué dans « Actrices » et dans « Un Château en Italie ». J’aime bien que des fils relient mes films entre eux. Et puis l’esprit de troupe me rassure et me donne l’impression que la vie est une fête, alors qu’elle est souvent un cauchemar. ELLE. On a l’impression que travailler vous fait un bien fou ! V.B.T. Oui. J’aime beaucoup faire l’actrice, être regardée par des metteurs en scène qui me font aller dans des endroits nouveaux. J’en ai besoin. Pour avoir le temps de faire mes trucs, je n’accepte que les projets qui m’excitent énormément, mais quand on tourne un peu moins, on vous demande un peu moins. J’aimerais tourner plus. Je suis moins névrosée dans mon travail que dans la vie. Je peux avoir des blessures d’ego, je peux être jalouse d’autres actrices, ça m’a fait souffrir de ne pas avoir été nommée aux César pour « Actrices » mais, au bout de quarante-huit heures, je rebondis.

ELLE. d’où cela vous vient-il ? V.B.T. J’ai toujours été comme cela. Depuis que je suis toute petite, je pleure beaucoup. Je ne savais même pas pourquoi, alors j’inventais des raisons ! Le directeur de l’école primaire arrivait avec une éponge : « Voilà, vous savez pour qui c’est ? Pour les larmes de Bruni Tedeschi ! » C’était un gouffre inexplicable. ELLE. d’ailleurs, dans le film, vous pleurez beaucoup ! V.B.T. Je pense que n’importe qui dans cette situation en ferait autant. Ou on réagit de manière un peu folle ou bien on est, comme moi, un chiffon mouillé.

ELLE. Vous montrez les gens d’en haut, du château, et ceux d’en bas, qui les servent et vivent dans l’arrière-cuisine. Quelle était votre intention ? V.B.T. On pourrait imaginer que ce sont deux mondes différents mais, justement, ce que je raconte, c’est que nous sommes tous les mêmes. On est dans le même bateau, on a les mêmes peurs, les mêmes rêves, et on va tous finir au même endroit ! Après, c’est vrai, on ne vit pas tous dans les mêmes conditions. J’essaie de répondre à ces questions : qu’estce que la droite et la gauche ? Qu’est-ce que l’érotisme ou le sentiment amoureux entre deux personnes de milieux sociaux différents ? L’une souffre de solitude, l’autre a un problème d’heures supplémentaires, comment ces deux personnes vont-elles parvenir à se trouver ? ELLE. Vous ne vous épargnez pas… V.B.T. Ça, c’est la comédie ! On peut être féroce tant qu’il y a de la tendresse. Je ne peux pas juste décrire une famille aisée sans pointer ses aspérités. Quand l’ami avec qui ils passent chaque été depuis vingt ans disparaît en mer, cela ne les empêche pas de boire leur verre de vin, comme tous les soirs. E L L E .Fr

Dant StuDio/h&k ; preSSe.

ELLE. On a l’impression qu’elle est plus adulte que ceux du film, sa mère, sa tante, sa grand-mère… V.B.T. Oui, c’est la plus adulte de tous. Depuis qu’elle est petite, sa nounou nigériane lui dit : « Tu es vieille. » C’est le plus grand compliment qu’on puisse faire au Nigeria !

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25 janvier 2019

ELLE mag / culture


ELLE. La seule qui prie pour qu’il ne se soit pas noyé, c’est la petite fille ! V.B.T. Alors que moi, je prie pour qu’il soit mort, je suis prête à échanger la vie de cet ami contre une ultime nuit avec mon fiancé ! Je suis un monstre ! ELLE. Est-ce que vous avez ce genre de pensées dans la vie ? V.B.T. Oui. Pas celle-ci précisément mais d’autres aussi honteuses. C’est pour cela que j’aime tant mon travail, je peux les explorer sans m’en cacher. C’est comme vivre sur une autre planète avec d’autres règles. On ne peut pas dire à quelqu’un : « Je préférerais que tu meures pour passer une dernière nuit avec l’homme qui m’a quittée »… Sauf sur la planète cinéma ! Là, la seule chose qu’il faut respecter, ce sont les acteurs. ELLE. Et pourtant, on entend, depuis un moment, des histoires de metteurs en scène qui ne se comportent pas bien avec leurs actrices… V.B.T. Eh bien dans ce cas, il faut qu’ils aillent en prison. Avec les menottes. Vraiment. On ne peut pas ne pas aimer les acteurs qu’on fait travailler. ELLE. Que vouliez-vous transmettre à votre fille sur ce film ? V.B.T. J’ai eu envie de lui montrer la réalité de mon travail. Qui est aussi celui de son père, de son grand-père, Philippe, de sa famille. Qu’elle comprenne que c’est un vrai travail, qui demande des efforts, de la précision, de se lever le matin, de connaître son texte. Je trouvais que c’était sain qu’elle voie l’envers du décor. Et puis j’avais envie qu’elle se sente incluse. C’est important ! Quand mon fils de 5 ans a vu la bande-annonce, il m’a demandé : « Mais je suis où, moi ? » ! ELLE. comment votre fille a-t-elle réagi en découvrant le film ? V.B.T. Elle n’aime rien ! Ni elle ni le film ! En revanche, elle veut que tous ses copains aillent le voir ! Mais pour elle, c’est trop. ELLE. Et votre sœur, carla Bruni-sarkozy ? V.B.T. Elle a beaucoup aimé. Après, c’est toujours compliqué pour mes proches de voir mes films. Mais Carla est cinéphile, elle comprend. Même si elle aimerait me voir dans d’autres rôles que ceux de pleurnicharde mendiante de l’amour ! ELLE. Que pensez-vous des propos de Yann Moix, qui dit que les femmes de 50 ans sont invisibles à ses yeux [lire aussi p.16] ? V.B.T. Qu’il dit tout haut ce que la société pense tout bas, même si ses propos distillent un poison dans la tête des gens. Il ne faut pas accorder trop d’importance à ce monsieur, qui est assez inélégant, mais je trouve intéressant que ce débat existe. Beaucoup de choses dans notre société vont dans son sens : les magazines féminins, le cinéma… On propose peu de rôles d’amoureuses à des femmes de 50 ans. Je suis certaine que 80 % des metteurs en scène pensent comme lui. Il y a un moment où la femme devient invisible, comme si elle passait dans une autre dimension. Ce qui me fait souffrir ce n’est pas ce qu’il

dit, mais ce que je ressens : car, de façon objective, vibrante, vertigineuse, on sent qu’on devient effectivement de moins en moins visible, que l’on passe de l’autre côté de la rive. À mon avis, cela tient essentiellement au fait qu’une femme ne peut plus avoir d’enfants à cet âge-là. Si on pouvait avoir un enfant, notre peau, notre visage seraient différents aux yeux d’un homme… C’est difficile de se projeter avec une femme qui ne peut plus enfanter. Car l’être humain, ce qu’il veut, c’est une famille. On veut des enfants pour se distraire de la peur de la mort. Peut-être que quand on permettra aux femmes d’avoir des enfants à 50 ans, grâce à la congélation d’ovocytes, les perceptions changeront. ELLE. Qu’est-ce qui rend les femmes belles ? V.B.T. Quand je pense à ma mère, c’est sa liberté d’esprit. C’est de là que lui vient son charme, en plus du reste. Plus jeune, j’étais tombée amoureuse d’un garçon homosexuel. Je suis allée en parler à ma mère, et je lui ai précisé que j’étais triste car il n’était pas libre. Elle m’a demandé le prénom de sa fiancée et je lui ai répondu : « Pierre. » Là, cela a duré cinq secondes et elle m’a juste dit : « Ah, quel dommage, il n’est pas libre ! » Ça, c’est ma mère ! La liberté, c’est souvent ce qui rend les femmes belles. n « LEs EsTiVanTs », avec aussi Pierre arditi, Valeria Golino… En salle le 30 janvier.

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18 janvier 2019

de haut en bas et de gauche à droite, reda kateb, raphaël Quenard, Louise Bourgoin, karim Leklou, Alice Belaïdi, Vincent Lacoste et Jérémie rénier.

prod. ciné ; istock ; presse.

DOCTEURS FOL AMOUR Blouses Blanches et cœur ouvert Fascinent toujours Plus… les Fictions et les documentaires À l’hÔPital se multiPlient. de quoi cette Passion est-elle le nom ? Par Julia Dion

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E L L E .Fr


ELLE mag /actu culture

« Pour qui te prends-tu, avec ta petite gueule et ta vraisemblable, même le rapport hiérarchique entre médecins, petite blouse ? Tu crois que tu vas la sauver ? » Quand infirmiers et étudiants, ainsi que la dureté des conditions de travail Simon, médecin de 37 ans, alias Jérémie Renier, recadre un interne esquissée en filigrane. » Une réalité sociale comme un écho au promettant à une malade condamnée qu’elle survivra, il ne prend hashtag #HopitalEnSouffrance et aux appels à « sauver l’hôpital pas de gants. Il est sec et rude comme quand il assène, telles des public » : « L’hôpital est le symbole d’un service public qui va mal, sentences, ses diagnostics. Mais, quand sa mère (formidable avec son cortège de paupérisation, de souffrance au travail et Marthe Keller) est admise dans le même hôpital, sa cuirasse de d’injonction à la rentabilité, expliquait Thomas Lilti dans “Marianne”, médecin chevronné et implacable prend l’eau. Humain, trop le 7 septembre 2018. C’est mon devoir de cinéaste de témoigner humain. Dans « L’Ordre des médecins », le premier film, très réussi, de ce qui se joue dans cet univers de la santé qui nous concerne de David Roux (en salle le 23 janvier), on suit la vie quotidienne d’un tous. » Sarah Santamaria-Mertens et Angela Soupe ont choisi, elles, pneumologue. Une vie faite de nuits sans sommeil, de gestes tech- d’évoquer l’univers âpre de l’hôpital psychiatrique pour leur première niques accomplis avec assurance mais aussi de rires, de fêtes et série, « HP », dès la sortie de la Femis. Gonflé. La saison 1, diffusée sur d’amour entre les murs froids des salles de consultation. Médecin, OCS Max, vient de remporter le prix de la meilleure série de vingtle nouveau héros du XXIe siècle ? six minutes au Festival de la fiction TV de La Rochelle : « On se disait Depuis quelques années, le milieu des blouses blanches passionne que vendre ce genre d’histoire, ce n’était pas gagné, dit en rigolant à la fois scénaristes, réalisateurs et grand public. Les salles d’opéra- la coauteure Sarah Santamaria-Mertens, mais on s’est fait épauler tion sont devenues le théâtre favori de la comédie humaine. Un par un interne en psychiatrie pour l’écriture tout en conservant notre matériau idéal de dramaturgie, une usine à imaginaire qui paraît inépuisable. Les séries américaines comme « Dr House », « Urgences » ou « Grey’s AnaL’hôpitaL est un Lieu de vie tomy » ont ouvert la voie, mais, aujourd’hui, c’est une extraordinaire où tous nouvelle vague de fictions médicales qui déferle sur Les sentiments sont exacerbés. nos écrans. Sur Arte, on attend avec impatience la série britannique « Secret médical »* (« Trust Me »), d av i d r o u X , r É a l i s at e u r avec Jodie Whittaker se glissant dans la peau d’une infirmière obligée de se faire passer pour une médecin urgentiste. En France, les auteurs creusent un sillon plus réaliste ton tragi-comique. Ça a plu. On tenait à montrer l’humanité derrière dans le droit fil des documentaires comme « Burning Out », de les visages des patients et des soignants, aussi bancals et cabossés Jérôme Le Maire, qui plongeait au cœur du bloc opératoire de les uns que les autres. » l’hôpital Saint-Louis, à Paris, « Derniers Jours d’un médecin de cam- Est-ce parce que l’hôpital est devenu le miroir d’une société qui vacille pagne », d’Olivier Ducray, ou « De chaque instant », dans lequel et le siège de nos angoisses les plus profondes que ces fictions de Nicolas Philibert filmait l’apprentissage d’élèves infirmières. Au plus en plus naturalistes nous touchent autant ? « C’est un théâtre où cinéma, le médecin-réalisateur Thomas Lilti décrit au scalpel ce se jouent des choses essentielles et abyssales, explique le réalisateur drôle d’univers : d’abord avec « Hippocrate », dans lequel Vincent David Roux. Il y a évidemment les enjeux sociaux dont s’est emparé Lacoste campe un interne qui apprend son métier – la série du Thomas Lilti, et puis, il y a ce côté plus intime que j’ai choisi, un peu même nom avec Louise Bourgoin, Alice Belaïdi et Karim Leklou vient dans le registre de “La guerre est déclarée”, de Valérie Donzelli, ou d’être diffusée sur Canal + –, ensuite avec « Médecin de cam- de “Mia Madre”, de Nanni Moretti. Enfant, j’allais voir mes parents, pagne », mettant en scène François Cluzet en médecin des déserts chefs de service à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. J’en garde un soumédicaux, et dernièrement avec « Première Année », qui montrait la venir chaleureux. J’avais envie de rendre justice aux médecins, de compétition féroce au concours de médecine, avec, à nouveau, parler de leurs doutes quand ils prennent des décisions graves. Mon Vincent Lacoste en étudiant opiniâtre. À chaque fois, des succès héros est compétent, même s’il peut paraître froid, car il ne veut pas critiques et publics, avec plus d’un million d’entrées. se laisser déborder par ses émotions. Il soigne, il n’est pas là pour sauver des vies, même s’il y parvient parfois. C’est un antihéros. D’où vient cette curieuse addiction aux fictions médi- L’hôpital est un lieu de vie extraordinaire où tous les sentiments sont cales ? Pourquoi vouloir se plonger dans les affres d’une opération exacerbés. » Assister à une vie plus intense, scruter notre société dans de la dernière chance ou dans les débats post-scanner d’internes sa chair, s’interroger sur sa fragilité et, in fine, sur sa propre finitude… débordés ? Envie de se faire peur comme dans les films d’horreur ? La fiction médicale, nouvelle thérapie ? « On peut parler d’enjeux De conjurer le sort ? « Un peu tout cela à la fois, explique le Pr Frédéric métaphysiques, conclut David Roux, de la dimension cathartique de Adnet, chef de service des urgences à l’hôpital Avicenne de Bobigny, ces histoires. On a tous besoin de se confronter à nos peurs. Les quesqui a étudié la représentation du corps médical dans l’univers des tions de la maladie, de la mort, qui tétanisent les gens, se posent pour séries**. Prenons les urgences, le côté “on sauve des vies” est d’em- tout le monde, même aux médecins. Ça rassure un peu de le voir, de blée spectaculaire, impressionnant, plein de suspense. Le langage le partager. C’est réconfortant. » Même devant son écran ! n abscons du médecin ajoute au mystère. Au début, les fictions étaient * Les 31 janvier et 7 février à 20 h 55. peu conformes à la réalité. Les scènes de réanimations d’arrêt car- ** « Dr House, TV, and Reality… » dans « The American Journal diaque étaient loufoques, on en riait entre nous ! Aujourd’hui, tout est of Medicine » (février 2013). E L L E .Fr

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ELLE mag / RepoRtage

Les pâtissiÈres

prennent le pouvoir Créative et pugnaCe, une nouvelle génération de Cheffes s’impose dans un milieu très masCulin. enquête sur une révolution. par Alice Augustin photographe JeAn-luc Bertini

ans mon parcours, on m’a souvent dit : « La pâtisserie, c’est un métier de mec ! » Aujourd’hui, Margherita, 26 ans, sourit en évoquant ces mises en garde salées, elle qui pétrit, garnit et glace au sein de l’équipe exclusivement féminine engagée par l’enseigne Chambelland, à Paris. « Bien sûr, cela m’a fait peur, mais j’ai vite réalisé qu’aujourd’hui, dans les laboratoires des boutiques ou des restaurants, il y a plein de filles. » Les femmes, nouvelles stars du dessert ? À l’école de cuisine Ferrandi, institution phare des formations gastronomiques sise dans le 6e arrondissement de la capitale, on ne peut que constater cette tendance : « Il y a 72 % de femmes dans notre section bachelor “art culinaire et entreprenariat” option pâtisserie, détaille Audrey Janet, responsable de la communication de l’école. Ce chiffre est en forte augmentation depuis trois ou quatre ans, alors que, dans le même programme en option cuisine, elles restent minoritaires avec 42 % des élèves. » Comme la cuisine, la pâtisserie a longtemps été marquée par une immuable dichotomie : aux femmes, les gâteaux maison pour les goûters et anniversaires de famille, aux hommes, les créations haute couture en arrière-salle des grands restaurants. Mais cette hégémonie masculine commence peu à peu à perdre de sa superbe dans les sphères de la haute gastronomie grâce à la nomination de femmes au poste de cheffe pâtissière d’établissements prestigieux. Dernière en date : la jeune italienne Elena Mosetti, 29 ans, orchestre depuis décembre la carte sucrée du mythique palace des Airelles, à Courchevel, au côté notamment du chef triplement étoilé Pierre

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saori oDoi et MarJorie FourcaDe

cheffe et fondatrice de la pâtisserie Foucade Les deux femmes défendent à l’unisson une pâtisserie « positive », bonne pour l’esprit et la santé, sans allergènes, sans ingrédients d’origine animale, sans gluten ni agents artificiels. Cette aventure engagée et healthy commence lorsqu’un problème de santé oblige Marjorie Fourcade à réduire sa consommation de sucre. Après une carrière dans les médias, elle décide de se lancer dans les gâteaux en créant sa propre maison. Pour l’aider dans son envie de casser les codes, elle recrute la jeune cheffe japonaise Saori Odoi, une fine technicienne passée par Fauchon et Angelina qui n’hésite pas aujourd’hui à travailler le cacao cru pour réaliser son opérette, un entremets devenu leur best-seller.

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Jessica préaLpato cheffe pâtissière au restaurant alain Ducasse du plaza athénée Seule femme avec Christelle Brua à diriger la pâtisserie d’un restaurant trois étoiles, Jessica Préalpato baigne dans les gâteaux depuis sa tendre enfance. « Mon père était boulangerpâtissier dans le Sud-Ouest. Il avait une vision assez traditionnelle du métier, et d’ailleurs on en discute assez peu ensemble, car il ne comprend pas toujours ma démarche », s’amuse la cheffe. Il faut dire que Jessica Préalpato fait partie de l’avant-garde sucrée avec, au côté du chef Romain Meder, un travail qui parie sur la naturalité et le désucrage. « On mise tout sur le végétal, les baies comme le kaki ou la nèfle, la fermentation. Je ne fais ni pâte, ni crème, ni mousse. Il a fallu beaucoup désapprendre ! » Dernière innovation en date : un dessert aux agrumes et au chanvre.

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rougui Dia Fondatrice d’un amour de Baba Dans sa boutique de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, cette ancienne cuisinière passée par le restaurant Petrossian nous reçoit entre deux livraisons de babas. Ici, la star, c’est « ce gâteau un peu désuet, très sirupeux, qui a un goût d’interdit à cause de l’alcool qu’il contient ». Après des années à travailler dans des brigades, c’est un conseil du chef Thierry Marx qui provoque le déclic. « Il m’a dit : va où l’on ne t’attend pas. » Un pari réussi pour celle qui peut produire jusqu’à 800 babas au rhum par jour et qui le décline sans alcool en 26 versions, dont framboise, tatin, poire ou yuzu.

génération de pâtissiers comme Christophe Michalak, Pierre Hermé ou Christophe Adam, qui les ont formées et leur ont donné des responsabilités. « Cette situation de dépendance explique aussi que leur parole est assez peu libre sur le problème du sexisme dans ce milieu », ajoute Vérane Frédiani. Parmi les pâtissières que nous avons interviewées, seule Jessica Préalpato, protégée par son succès et

les femmes représentent 73 % des effeCtifs du C.a.p. réservé aux adultes de l’éCole ferrandi. a u d r e y j a n e t, d e l’ é C o l e f e r r a n d i

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Jean-luc Bertini

Gagnaire. Jessica Préalpato, au Plaza Athénée, et Christelle Brua, au Pré Catelan, sont quant à elles deux cheffes pâtissières de restaurants 3 étoiles. Christelle Brua a même reçu en octobre 2018 la reconnaissance de ses pairs avec le prix de « meilleur pâtissier de restaurant du monde », décerné par l’association Les Grandes Tables du monde. Une première pour une femme. Mais on parle aussi beaucoup de Nina Métayer, qui a travaillé au côté de JeanFrançois Piège dans son étoilé Le Grand Restaurant, ou de Claire Heitzler, passée par le Ritz, Lasserre et Ladurée. « Les profils des femmes qui brisent le plafond de sucre sont très variés, constate Vérane Frédiani, réalisatrice du documentaire “À la recherche des femmes chefs” et auteure du livre “Elles cuisinent” (éd. Hachette Cuisine). Elles sont nombreuses à choisir des projets atypiques, à inventer leur propre voie, comme Myriam Sabet avec Maison Aleph. Après une carrière dans la finance, cette Franco-Syrienne a voulu réinventer la pâtisserie orientale de façon plus légère et contemporaine. Les femmes ont beaucoup d’idées et sont douées pour travailler des mono-produits tels la meringue, le chou ou le baba au rhum, comme le fait Rougui Dia avec son enseigne Un Amour de Baba. » Des histoires de reconversion, il en existe beaucoup comme celle de Johanna Roques, ancienne de Canal + et fondatrice de la pâtisserie Jojo & Co, située en plein marché d’Aligre, à Paris. « Les femmes commencent à se former plus tard que les hommes, confirme Audrey Janet, de l’école Ferrandi. Souvent après le bac ou après quelques années d’études universitaires décevantes, contrairement aux hommes qui commencent à 16 ans. Elles représentent ainsi 73 % des effectifs de notre CAP réservé aux adultes. » Une explication ? « Cette arrivée massive de femmes correspond à un engouement général du public pour la pâtisserie depuis cinq ans avec l’apparition d’émissions dédiées à cette discipline, avance Julie Mathieu, rédactrice en chef du magazine “Fou de pâtisserie”. Signe des temps, deux femmes ont remporté l’émission-concours “Qui sera le prochain grand pâtissier ?”, sur France 2. Ensuite, les blogueuses et instagrammeuses ont pris le relais. » La médiatisation, ultime catalyseur de ces nombreuses vocations… ? Pas seulement. « J’ai commencé ma carrière dans les cuisines de grands restaurants, c’était très difficile d’être une femme dans l’univers viril des brigades, se souvient Jessica Préalpato, du Plaza Athénée. Le rythme est éprouvant et, quand je craquais, on me reprochait d’être trop sensible ; dans cette ambiance macho, il faut se comporter comme un homme, c’est “marche ou crève”. Et puis, j’ai eu une révélation pour la pâtisserie. L’ambiance y est très différente : le laboratoire est séparé des cuisines ; l’équipe plus restreinte forme une famille bienveillante et souvent plus paritaire. » Un cocon plus serein, mais resté longtemps dans l’ombre. « On a aussi poussé les femmes en pâtisserie parce que cette discipline était moins mise en valeur que la cuisine. La star, c’est le chef, analyse Vérane Frédiani. Mais, comme dans la gastronomie, la place des femmes en pâtisserie est liée à celle que veulent bien leur laisser les hommes. » Pour Julie Mathieu, la montée des cheffes a pu se faire aussi grâce à la bienveillance d’une nouvelle

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ELLE mag / RepoRtage


gaëLLe, caMiLLa et Margherita pâtissières chez chambelland Les membres du trio de cette boulangeriepâtisserie du 11e arrondissement de Paris ont plongé les mains dans la farine sur le tard, après des études de musique, de psycho et de biologie. Elles défendent une pâtisserie responsable mais gourmande : « Nous travaillons nos gâteaux en 100 % bio avec du sucre non raffiné et 100 % sans gluten. Nous n’utilisons aucun additif, gélifiant ou colorant. » Des contraintes qui requièrent une part d’expérimentation et d’imagination et quelques renoncements – « sans gluten pas de pâte feuilletée ». Leur gâteau signature ? La Marquise, une tarte citron à la meringue sans lactose.

sensible à ces questions de parité, a osé véritablement s’exprimer sur des sujets qui coincent encore dans les cuisines et laboratoires : « Ètre féminine, c’est parfois un problème. On m’a reproché de me maquiller, d’arriver au travail apprêtée, confirme la cheffe. La question de la maternité est également très épineuse. Comment garder sa place après une grossesse, comment s’organiser avec les horaires de la restauration ? » Alors, pour s’émanciper, les femmes s’unissent parfois, à l’image du binôme derrière les gâteaux Foucade. Et surtout expérimentent pour se démarquer. « La pâtisserie doit faire sa révolution, se dépoussiérer, constate Julie Mathieu. Ces jeunes femmes l’ont compris et sont en train de jeter les bases d’une pâtisserie plus responsable et moins sucrée, avec des produits de saison, mais aussi sans lactose ou vegan. Je refuse par ailleurs l’idée qu’il existerait une pâtisserie de femmes, plus délicate. Nombre d’hommes font des gâteaux d’une élégance et d’une “féminité” incroyables. » Un constat que partage Vérane Frédiani : « On a souvent dit, notamment Paul Bocuse dans les années 1970, que les femmes n’innovaient pas, ce qui est faux, elles sont très à l’écoute des problématiques actuelles. C’est le cas des farines sans gluten qu’elles travaillent beaucoup et même dorénavant en boulangerie, comme Mamiche, à Paris, ou Dame Farine, à Marseille. » La boulangerie, le prochain eldorado féminin ? Chez Ferrandi, le CAP boulangerie pour les adultes en reconversion compte désormais 45 % de femmes contre 25 % quelques années auparavant. Après la femme du boulanger, le mari de la boulangère… n E L L E .fr

christeLLe Brua cheffe pâtissière au pré catelan Superstar de la pâtisserie, la meilleure pâtissière de restaurant du monde a autant de poigne que de délicatesse. « J’ai passé un CAP cuisine, mais j’ai été attirée par le côté rigoureux de la pâtisserie, car il faut savoir mesurer au milligramme près. » Cette quête de perfection et sa passion dévorante pour son métier ont fait d’elle une figure ultra respectée du milieu. Et une cheffe déterminée – « j’ai toujours su que je voulais travailler dans un étoilé » – qui refuse qu’on l’assigne à son statut de femme dans un métier d’hommes. « Beaucoup de jeunes femmes s’identifient à moi et me demandent des conseils. Il ne faut pas cacher que c’est un métier qui nécessite beaucoup de sacrifices », rappelle cette mère d’un jeune garçon. Mais plus le temps de disserter, ses équipes l’attendent pour le coup de feu. Au menu : sa désormais célèbre pomme en sucre soufflée.

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Cannabis

À l’instar de nombreux pays, la France pourrait autoriser l’usage thérapeutique du chanvre. un comité scientiFique national vient de se prononcer pour sa légalisation. décryptage. propos recueillis par Louise Deschamps

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Après quasiment soixante-dix ans d’interdiction dans les officines, le cannabis revient sur le devant de la scène en France par une voie tout à fait officielle. La très respectable Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) est à l’initiative de cette possible légalisation, ardemment souhaitée par de nombreuses associations de malades, comme l’Union francophone pour les cannabinoïdes en médecine. Pour répondre aux doutes légitimes sur l’utilisation de ce qui est encore considéré comme une drogue, l’ANSM a créé un comité scientifique chargé d’évaluer l’intérêt thérapeutique du cannabis (CSST) en septembre 2018. Ses premières conclusions, rendues le 13 décembre dernier, sont favorables à une autorisation de son usage médical, et s’alignent donc sur les politiques d’une trentaine de pays à travers le monde qui ont légalisé le cannabis médicinal E L L E .Fr

Istock

un nouveau médicament ?


ELLE mag / santé

le CAnnAbis se réVèle effiCACe Pour Corriger les effets indésirAbles de CertAines ChimiothérAPies. nicol as authier, p s y c h i at r e e t a d d i c t o l o g u e

au cours des deux dernières décennies. Outre la Jamaïque, bon nombre de nations moins suspectes de laxisme sur le sujet font partie de la liste, parmi lesquelles le Canada, la Suisse, Israël, le Portugal, l’Espagne ainsi qu’une trentaine d’Ètats américains, dont la Californie et la Floride. Or ce phénomène n’est pas inédit, il s’agit plutôt d’un retour en grâce. Cette plante originaire d’Asie a en effet été cultivée jadis dans toutes les régions du globe et notamment employée pour traiter une grande variété de maladies et de symptômes psychiatriques, avant d’être majoritairement interdite au cours du XXe siècle. En France, le cannabis a été supprimé de la pharmacopée en 1953 en raison de la prohibition des psychotropes. Cela n’a pas empêché son usage récréatif en France : on comptait 5 millions d’adeptes en 2017 et une proportion de 44,8 % de la population l’ayant expérimenté, selon l’étude publiée en juin par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Bien que le cannabis soit la première substance illicite diffusée dans le pays, les autorités sont restées particulièrement strictes sur le sujet, comparé au reste de l’Europe, et les médecins se sont emparés de la question tardivement. Mais une première expérimentation nationale devrait être lancée fin 2019début 2020 par l’ANSM. Une telle décision soulève des interrogations. Le point avec le professeur Nicolas Authier, président du CSST, psychiatre et addictologue.

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Pour quelles mAlAdies le CAnnAbis est-il PréConisé ? « Les médecins pourraient y avoir recours lorsque des patients tolèrent mal les traitements disponibles. Les pathologies retenues par le comité sont celles pour lesquelles la littérature scientifique identifie un début de preuve, même modeste, que leurs symptômes sont atténués par ce biais. Ce sont certaines douleurs chroniques, comme celles dues à des atteintes du système nerveux causées par la sclérose en plaques, certaines formes d’épilepsie sévères et résistantes aux médicaments. Le cannabis se révèle aussi efficace pour corriger les effets indésirables de certaines chimiothérapies et dans des situations palliatives. Mais il ne constitue pas un traitement du cancer. »

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VA-t-on le fumer ?

« Le fumer sous forme de cigarettes de cannabis (joints) a été exclu par le comité, étant donné la nocivité pour les voies respiratoires et les muqueuses de la bouche et de la gorge. Cela fait consensus entre les différents acteurs du cannabis thérapeutique. L’inhalation est envisageable. Il existe notamment une technique de vaporisation qui consiste à chauffer le produit à basse température (90 °C environ) pour en extraire les substances actives, comme le cannabidiol (CBD), sous la forme de vapeur. La voie orale ou transmuqueuse, via des huiles appliquées en gouttes sous la langue ou des gélules ingérées, sont des options qu’il faudra discuter. » E L L E .Fr

3 y A-t-il un risque d’AddiCtion ?

« Le potentiel addictif du cannabis existe, mais n’est pas plus élevé que celui de l’alcool et du tabac, qui induisent le plus de complications médicales en France. Les substances dont la consommation est médicalement supervisée entraînent beaucoup moins de risque de dépendance. C’est le cas pour les produits à base de codéine ou de morphine, moins addictifs que l’usage d’héroïne (dérivée de la morphine) ou d’opium (contenant codéine et morphine). Il devrait donc en être de même pour le cannabis. Les malades et les médecins rechercheront l’effet thérapeutique, et non récréatif, pour soulager un symptôme. Des critères de surveillance, comme pour tout traitement, seront appliqués afin de s’assurer de l’absence d’effets indésirables. »

4 qui PourrA le PresCrire ?

« Si une expérimentation nationale est mise en place fin 2019, on peut imaginer que cette prescription commencera par les médecins exerçant dans des structures spécialisées et travaillant en réseaux. Par exemple au sein des structures spécialisées dans les douleurs chroniques , des centres experts de la sclérose en plaques ou des centres de lutte contre le cancer. L’accès premier se fera probablement dans un cadre hospitalier. » n

États-unis : qUanD LEs stars vantEnt sEs vErtUs… Alors qu’aux ètats-unis, 29 états autorisaient l’usage du cannabis sur prescription médicale en 2017 et que huit en avaient légalisé son usage récréatif, de nombreuses célébrités disent y avoir recours pour soulager certains de leurs maux. Parmi elles, michael J. fox. Depuis 2016, sa fondation pour la recherche sur la maladie de Parkinson, dont l’acteur souffre, réclame aux autorités de soutenir les travaux sur les effets bénéfiques de la plante dans le traitement de la maladie. morgan freeman a avoué fumer des joints pour atténuer les douleurs provoquées par une fibromyalgie, maladie chronique entraînant douleurs articulaires, fatigue et anxiété. Le comédien Pete davidson y a recours pour diminuer les maux d’estomac générés par la maladie de crohn. lady gaga en fume pour soulager des douleurs à la hanche après un accident et une opération, et concède même en être devenue dépendante, sa consommation atteignant 15 à 20 joints par jour. Enfin, Whoopi goldberg se pose comme l’une des plus ferventes ambassadrices des vertus médicinales du cannabis depuis que la substance l’a aidée à réduire les migraines provoquées par un glaucome à l’œil. Depuis 2016, elle a même lancé Whoopi & Maya, une ligne de produits à base de marijuana destinée à apaiser les douleurs menstruelles. Un usage médical de plus en plus plébiscité par les seniors américains soucieux de soulager souffrances articulaires et perte de sommeil : leur consommation de cannabis a ainsi augmenté de près de 58 % en moins de dix ans. a. a.

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ELLE mag / reportage Des jeunes femmes célèbrent la victoire du « oui », au référendum national du 25 mai 2018.

ApRès des décennies de lutte, lA loi RAtiFiAnt le dRoit des iRlAndAises à AvoRteR vient de pAsseR. MAlgRé de peRsistAntes RésistAnces pARMi les pRo-liFe, les cAbinets MédicAux peuvent enFin AssisteR les FeMMes qui en ont besoin. pAR ÉmILIe Lopes

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Paul faith/afP ; marion Péhée.

L’IrLande à l’heure de l’IVG


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Il y a eu un changement d’état d’esprIt de la socIété avec ce référendum. l’églIse a été moIns présente dans les débats. Ailb he s My th, à l A tête du Mo uveMent pRo - ivg

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1. une fresque de maser a été camouflée car jugée trop politique : elle représentait un symbole de la lutte pour le droit à l’iVG. 2. Jamie, une militante de l’association Galway Pro-Choice, devant le portrait de Savita halappanavar, morte des suites d’une grossesse compliquée non interrompue. 3. tout près du planning familial de Dublin, un imposant Christ se dresse dans la rue.

« Fermez la porte et asseyez-vous. N’ayez plus peur, je peux enfin vous aider. » Ces quelques mots, la docteure irlandaise Trish Horgan les a prononcés pour la première fois au début du mois quand une patiente est venue la voir à son cabinet médical de Cork pour avorter. « C’est un soulagement de me dire que je peux enfin remplir entièrement mon rôle de médecin, confie-t-elle. J’étais très stressée avant. Je savais que je confortais les femmes dans leur honte et leur mal-être. Comme l’interruption volontaire de grossesse était illégale, tout ce que je pouvais leur proposer, c’était des numéros de téléphone ou des sites Internet pour les assister dans leur départ à l’étranger, vers l’Angleterre ou les Pays-Bas. » Rares sont les médecins qui, comme Trish Horgan, acceptent de parler. Sur les 3 500 généralistes irlandais, seuls 200 ont donné leur accord pour délivrer des IVG médicales gratuites. « C’est un milieu très conservateur. Beaucoup de praticiens ne se sentent pas prêts. Á partir du mois de février, des formations vont être mises en place, principalement pour aider les médecins à prendre les bonnes décisions cliniques. J’ose espérer que ça ira mieux ensuite », estime Sophie Faherty, généraliste dans un cabinet médical à Rounstone et dans un planning familial. « Je vais quitter le cabinet où je travaille, car le responsable est contre l’avorE L L E .FR

tement et je ne peux plus tolérer cela. Nous devons porter assistance à toutes ces femmes. » Le référendum du 25 mai dernier a rassemblé près de 66,4 % de votes pour l’abrogation du 8e amendement de la Constitution, introduit en 1983, qui interdisait tout avortement, au nom du droit à la vie de l’enfant à naître, « égal à celui de sa mère ». Cet amendement ne pouvait être modifié que par référendum public. En Irlande, l’avortement a été passible de prison à vie entre 1861 et 2013, puis réduit à une peine de quatorze ans de détention depuis, faisant de la législation du pays l’une des plus restrictives et répressives d’Europe. Le 13 décembre 2018, une loi ratifiait les résultats de ce référendum, en faveur du droit à l’IVG. Figure de proue de la campagne pro-IVG et codirectrice de Together for Yes, un groupe de lobbying, Ailbhe Smyth parle de « renaissance » depuis quelques mois. « Il y a eu un changement d’état d’esprit de la société avec ce référendum. L’Église a été moins présente dans les débats. Du fait des nombreux scandales de pédophilie notamment, les Irlandais ont pris du recul, juge-t-elle. La nouvelle législation est une grande victoire. Cela veut dire beaucoup pour le pays. C’est libérateur. Les femmes n’ont plus à se sentir oppressées, ni discriminées. Nous n’avons jamais abandonné le

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Tara Flynn, comédienne et militante pour la légalisation de l’IVG, en janvier, à Dublin.

Le planning familial de Dublin est souvent ciblé par les manifestants pro-life.

mari et moi avons décidé de partir en Angleterre pour que je puisse avorter. Dans l’avion, d’autres couples partaient pour un week-end romantique, et nous, pour une IVG. Je pensais que le pire était de savoir que mon bébé allait mourir, mais, en réalité, ça a été de devoir partir à l’étranger. J’y pense tous les jours, nous avons À Galway, choisi la solution la moins dure », raconte-t-elle le 9 janvier, ces aujourd’hui, encore traumatisée par son expémilitantes tentent rience. La législation autorise désormais l’avord’organiser des tement jusqu’à douze semaines. Lors des neuf escortes pour protéger les femmes premières semaines, l’avortement se fait par dans l’obligation voie médicamenteuse, sur prescription d’un d’avorter. généraliste. De la 10e à la 12e semaine, la prise en charge se fait à l’hôpital. Après douze combat depuis trente ans. C’est un message très important semaines, les avortements ne sont autorisés que dans des circonspour les hommes, nous leur affirmons que les femmes ne lâchent tances exceptionnelles. jamais rien. » « La campagne était un combat de tous les jours, le téléphone était toujours en train de sonner. Nous prenions évidem- Au planning familial de Dublin, qui a commencé à pratiment des risques, car c’était illégal », se rappelle l’actrice et écrivaine quer les IVG le 7 janvier, le calendrier était complet pour les trois Tara Flynn. Comme beaucoup d’autres femmes, elle a dû se rendre semaines à venir. « Nous avons sous-estimé le nombre de femmes qui aux Pays-Bas, en 2006. « Je suis ravie, désormais, plus personne ne avaient besoin d’une IVG. Nous pensions que 4 000 partaient à l’étransera stigmatisé et ne se sentira honteux. Et, surtout, plus aucune ger chaque année, mais c’était sans compter celles qui achetaient des femme ne sera obligée de partir à l’étranger. Ensemble, nous médicaments sur Internet. Elles seraient 8 000 au total, estime Sophie Faherty. Alors, ces premiers jours sont un peu cafouilleux. Il y a certains sommes très fortes. » cabinets médicaux qui ont plus de dix rendez-vous par jour. Ils sont Ces dernières années ont été marquées par de nom- débordés. Cela ira mieux dans les prochaines semaines. » breux drames, comme celui de Savita Halappanavar, Ce qui inquiète surtout les militants pro-IVG, ce sont les manifestants en 2012. Cette jeune femme de 31 ans est décédée des suites d’une anti-avortement. Sur les réseaux, les pro-life sont nombreux à poster septicémie fulgurante, après s’être vu refuser une IVG en dépit d’un leurs messages stigmatisants. Pour Sophie, « il est important de lutter problème de santé de son fœtus. « Ils n’ont pas accepté l’avortement, contre les fausses informations sur Internet » : certains groupes ont car le cœur du bébé battait, c’est terrible. Elle est morte une semaine détourné des sites pour envoyer les femmes sur de mauvaises cliaprès », se désole Ailbhe Smyth. Siobhan Donohue a dû, elle aussi, niques. « Ce sont des petits groupes, mais ils sont très violents. Ils faire face à des complications médicales lors de sa grossesse. veulent perturber l’offre médicale. Dans un monde idéal, des zones Enceinte en mai 2011, son médecin a remarqué, lors de la d’accès sécurisées auraient été mises en place avant le début du 20e semaine, une anencéphalie. « Mon bébé n’avait pas de crâne, service », explique-t-elle. Teresa, une étudiante de 21 ans, soutient il allait mourir. Á ce moment-là, je ne réalisais pas que, à cause du ces groupes de cinq ou six personnes, essentiellement jeunes, orga8e amendement, la seule option était de maintenir la grossesse. Mon nisés pour protester. « Bien sûr qu’il faut manifester. J’irai dans les

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marion Péhée ; kaSia Strek/item.

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ELLE mag / reportage

nous pensIons que 4 000 femmes partaIent chaque année à l’étranger pour avorter, c’étaIt sans compter celles quI achetaIent des médIcaments sur Internet. elles seraIent 8 000 au total. s o p h i e FA h e R t y, M é d e c i n g é n é R A l i s t e A u p l A n n i n g FA M i l i A l d e d u b l i n

prochaines semaines. Certains de mes amis ont déjà participé à des mouvements pro-life. La vie prime avant tout le reste. Avorter est une honte absolue. Moralement, nous ne pouvons pas accepter de tuer un bébé », soutient-elle. Dès les premiers jours de sa mise en place, la ligne d’assistance téléphonique délivrant la liste des établissements qui pratiquent l’avortement a été prise d’assaut par les pro-life. Ils ont aussi mené des opérations devant les cliniques ou les cabinets médicaux concernés. « J’étais horrifiée quand j’ai vu ces manifestants traiter ces femmes de criminelles sur leurs pancartes. Mais, avec des collègues, nous avons détournées les photographies grâce à Photoshop, et y avons inscrit le numéro de la ligne téléphonique. C’est une victoire de plus », témoigne Sophie Faherty. Depuis quelques jours, les messages d’entraide se multiplient sur Twitter. Des femmes proposent leurs services pour escorter les patientes. D’autres, qui ont longtemps milité, se réunissent pour tenter de trouver de nouvelles solutions. Á Galway, où une clinique a subi plu-

sieurs appels au boycott de l’avortement, un groupe d’une trentaine de personnes s’est réuni au plus vite. L’inquiétude est perceptible. « Nous devons escorter ces femmes pour qu’elles puissent se déplacer en toute sécurité », lance Erin. Pour les militants historiques, la loi elle-même peut encore être améliorée. « Il y a un délai de trois jours entre le premier rendez-vous de la patiente et le moment où elle subit l’avortement. Ce délai, qui a été créé pour calmer les pro-life, est très néfaste », regrette la généraliste Trish Horgan. Dans les zones rurales, l’accès à l’avortement pose également question. Seules neuf des dix-neuf unités de soins de maternité ont accepté de fournir des services idoines à ce jour. Quatre comtés n’ont pas de médecins référencés. Mais les militants pro-choice veulent garder espoir. « Nous avons tellement lutté que maintenant nous devons être optimistes », rapporte l’activiste Ailbhe Smyth. Avec d’autres, elle entend désormais se tourner vers l’Irlande du Nord, où l’accès à l’avortement est encore interdit. « Les femmes du Nord vont pouvoir venir dans le Sud, mais elles devront payer. C’est sans conteste notre prochain combat. »

leGenDe CreDitS

Avant le référendum qui consacrera leur victoire, plus de 40 000 personnes ont manifesté à Dublin lors de la 6e marche pro-IVG, en septembre 2017.

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{ grand entretien elle }

pÉnÉlope bagieu

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toujours une case d’avance E L L E .Fr


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TraduiTes en dix-sepT langues, ses « CuloTTées » l’onT insTallée en sTar FranÇaise de la Bd. avanT d’oFFiCier en TanT que jurée au proChain FesTival d’angoulême, elle se livre, aveC aCuiTé eT humour, sur l’aCTualiTé. par catherine robin phoTographe thomas laisnÉ Pénélope Bagieu ne court plus. Enfin, le marathon. Mais sa vie demeure un parcours d’endurance fait d’allers-retours entre Paris et New York, où elle vit, de la promotion de ses albums et de ses travaux d’illustration, auxquels s’ajoute, actualité plus brûlante, sa participation au grand jury du 46e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, du 24 au 27 janvier. Cet après-midi de janvier, elle sort tout juste d’un joyeux déjeuner en compagnie de ses cojurés et se prête avec toujours la même générosité à l’exercice de l’interview. De la vague #MeToo au cauchemar de la présidence Trump, du succès mondial de ses portraits de femmes en quête d’émancipation à la pratique intensive du yoga, l’auteure des « Culottées » (éd. Gallimard Bande Dessinée) prend le temps de faire une pause, sans jamais cesser de s’indigner pour autant. ELLE. Comment percevez-vous la France depuis que vous vivez à New York ? PÉNÉLoPE BagiEu. Je suis toujours contente de rentrer. Même si, quand je reviens, j’ai conscience d’avoir un peu une vie rêvée. Tout le monde se rend disponible pour me voir. Je ne suis pas plongée dans le quotidien banal et parfois crispant. Et je sais très bien que, le jour où je serai rentrée pour de bon, tout ça sera fini. Terminé le privilège de voir le monde s’arrêter quand j’arrive !

ELLE. Revenons à vous. Est-ce qu’il y a un avant et un après « Culottées » ? P.B. Ce qui est sûr, c’est que ç’a été plus long que prévu. J’ai passé un an à faire le livre et deux ans à en faire la promotion, ce qui est un étrange ratio. Et j’ai rajeuni, sans le vouloir, mon lectorat, une sorte d’accident, car, au départ, l’ouvrage n’était pas du tout prévu pour ce public-là.

quand j’ai adoré une Bd, je peux ConvainCre des gens qui n’en onT jamais lu de la lire. C’esT un peu mon super-pouvoir.

ELLE. avez-vous hésité avant d’accepter de figurer dans le grand jury du Festival d’angoulême ? P.B. Pas du tout. C’est une grande opportunité. D’un point de vue personnel, cela me donne l’occasion de rattraper mon retard sur les bandes dessinées qui sont sorties en France cette année et que je n’ai pas lues. Et surtout, ça me permet de m’adonner à l’un des exercices que je préfère : transmettre mon enthousiasme. Quand j’ai adoré une BD, je peux convaincre des gens qui n’en ont jamais lu de la lire. C’est un peu mon super-pouvoir. Or, ici, l’enjeu est important, car l’œuvre récompensée va attirer l’attention de la presse, et des gens qui n’ont jamais acheté de bande dessinée vont acheter celle-là.

ELLE. Juger vos pairs, est-ce un exercice qui vous plaît ? P.B. Participer à un jury, c’est de la pure diplomatie. Tout à l’heure, nous avons discuté de nos critères. Je me suis rendu compte que je n’ai aucun cahier des charges, que j’arrive encore à être sincèrement et authentiquement une lectrice, à faire abstraction de toutes les autres considérations. Au printemps 2018, j’étais jurée au Festival international du film d’animation d’Annecy, j’avais déjà un peu tâtonné et je m’étais prise au jeu. Au début on est aimable, après on marchande et, à la fin, on n’est plus du tout dans la forme. C’est la guerre ! E L L E .Fr

ELLE. La question de la parité femmes-hommes qui avait secoué le festival il y a quelques années est-elle réglée ? P.B. Pour cette édition, un livre sur quatre a été écrit par une auteure dans la sélection pour le Fauve d’or [qui récompense le meilleur album, ndlr]. Et le grand jury est majoritairement féminin. Il faut noter les efforts quand ils sont là.

ELLE. Pouvez-vous nous rappeler quelle était la genèse de « Culottées » ? P.B. J’avais collaboré avec « Le Monde » durant la Coupe du monde de foot et nous cherchions une autre idée de feuilleton. J’avais envie depuis longtemps de faire des portraits de femmes : c’est parti comme ça. J’y ai travaillé un an, au rythme assez fou d’une histoire par semaine. Lire, prendre des notes, digérer ce que je lisais, réfléchir à la construction d’une biographie, comment ne pas juste recracher des faits et des dates, comment rester dans les clous de la véracité sans faire un truc indigeste… J’ai passé toute une année sur ces questions passionnantes.

ELLE. Comment choisissez-vous vos héroïnes ? P.B. J’ai assez vite réalisé que ce qui me séduisait dans une histoire, c’était ce qui me liait à elle. Du coup, cette passerelle, il fallait la développer jusqu’à l’incarner, jusqu’à pouvoir raconter l’histoire comme si c’était la mienne. C’est ma façon de faire naître l’empathie. Parce que je sais que je ne peux pas avoir d’empathie pour un personnage quand son narrateur luimême n’en a pas. Les « Culottées » ont un point commun : elles se sont dit, à un moment de leur vie : je vais arrêter de subir et, à partir de maintenant, je vais faire les choses comme je l’ai décidé. Pour moi, toutes ces histoires ont fait l’effet d’une catharsis : pendant un an, j’ai vécu, par procuration, trente façons d’exprimer « je reprends ma vie en main ». Autant vous dire que je suis sortie de cette annéelà avec une envie de tout péter. ELLE. Votre livre a d’ailleurs résonné avec l’époque… P.B. J’ai fait beaucoup de promo et je n’avais pas anticipé les réactions qu’il déclencherait. Beaucoup de filles, de femmes

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ELLE mag / grand entretien m’ont raconté des choses très intimes et m’ont dit que ce qu’elles avaient lu les avait aidées. Ça m’a beaucoup touchée. J’ai passé pas mal de temps à chialer en dédicaces. C’est une chance d’avoir droit à un retour comme celui-là. Tu as le sentiment d’avoir transmis quelque chose. J’aime l’idée que c’est un peu moi qui ai fait ce passage de témoin. C’est sûrement le plaisir commun de tous les gens qui aiment conter. ELLE. La réception de l’œuvre, traduite en dix-sept langues, n’a pas été la même partout… P.B. C’est vrai que les traductions ont été parfois compliquées. En Pologne, par exemple, notamment avec l’histoire de Thérèse Clerc. Mais nous n’avons pas cédé. Et je suis très fière que le livre sorte là-bas. C’est intéressant de voir ce qui bloque et dans quel pays. En Russie, il est interdit aux moins de 18 ans. Mais seuls les ÉtatsUnis ont censuré une histoire ! Exit Phoolan Devi, la reine des bandits indienne, vendue par ses parents et violée à plusieurs reprises. Trop choquant pour la cible visée par l’éditeur américain, celle des fillettes de 8 à 12 ans… ELLE. « Culottées » est sorti un an avant la vague #MeToo. Comment avez-vous vécu ce moment ? P.B. Comme beaucoup, je n’ai pas été surprise devant le nombre de femmes qui ont partagé ce hashtag. Il n’y a vraiment que les hommes pour avoir été étonnés. J’ai été bouleversée par les j’aime l’idée témoignages et l’expression de cette émotion née d’une rage contenue depuis longtemps. En revanun peu che, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu romanTique amère. Certes, la parole a été libérée. Mais les de la conséquences ne sont pas à la hauteur. Les hommes qui ont été identifiés comme des agresnosTalgie, seurs s’en sortent plutôt bien, continuant à monter mais je suis sur scène ou à tourner après s’être pris un petit coup de règle sur les doigts. J’en vois aussi de plus en plus la Tourneuse rentrer dans un repli misogyne et victimaire, comme de pages Louis C.K., faussement pénitent pendant si peu de temps, qui rebondit sur scène en disant : « Qu’est-ce la plus eFFiCaCe qu’ils nous font chier, ces millennials, avec leur polidu monde. tiquement correct ! » ELLE. Le XXie siècle sera-t-il malgré tout féministe ? P.B. J’en suis sûre. La génération des 10-25 ans va nous sauver. Ces filles ne laissent rien passer. Elles sont infiniment plus intelligentes que nous au même âge. Je n’aurais jamais dit que j’étais féministe à 18 ans, j’avais trop intériorisé une misogynie hyper sournoise qui faisait que, pour moi, le féminisme, c’était un gros mot, c’était des hystériques qui détestaient les hommes. Quel temps gagné pour elles ! Elles vont forcément apporter quelque chose, façonner un monde à leur image. À l’aide des garçons d’ailleurs. ELLE. La colère est-elle un moteur pour vous ? P.B. Je m’efforce de l’assumer. De me dire que ce n’est pas en étant polie, réparatrice et consolante que l’on va avancer. Ça, c’est un super-rôle qu’on m’a donné à la naissance, mais, en fait, je n’en veux pas. Ça ne va pas m’aider à faire changer les choses que je trouve insupportables.

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ELLE. Et que pensez-vous de celle qui s’exprime dans la rue aujourd’hui en France ? P.B. Je ne suis pas légitime pour juger ou analyser cette colère, mais je pense que c’est le signe d’un grand désespoir. Il y a un côté très spectaculaire et très médiatique dans toutes ces scènes de chaos urbain. Mais, quand on s’arrête sur le témoignage d’une seule de ces personnes, qui raconte sa vie, ça met tout le monde d’accord. Évidemment, il y a une partie de ces gens, comme une partie de la France, qui défendent des choses ignobles et qui gangrènent le truc. Cela ne doit pas occulter tout le reste. ELLE. Et, dans le pays où vous vivez, où en est la colère ? P.B. New York n’est pas l’Amérique, mais ce que je perçois, c’est que la colère a cédé la place à une forme d’exaspération froide, teintée d’attente. Les Américains n’ont pas la culture de l’insurrection. On ne sort pas dans la rue quand on n’est pas content. Ils attendent en se disant que ce sera bientôt fini. Moi, j’ai tout de même un doute, car la moitié du pays adore Trump, il ne faut pas l’oublier. ELLE. Cette galerie de portraits vous a occupée pendant trois ans. Est-ce facile d’en sortir ? P.B. Il faut le décider, car, à un moment, la promotion de ce livre E L L E .Fr


À ne pas manQuer les Trois exposiTions Coups de Cœur du 46e FesTival inTernaTional de la Bande dessinée d’angouléme. l’esPièglerie selon Bernadette desPrès la mère de « tom-tom et nana » nous invite dans l’arrière-cuisine de la famille Dubouchon. et c’est toute notre enfance qui remonte à la surface. Devenue un incontournable du mensuel « J’aime lire » à partir de 1977, la BD de Bernadette Després, aux côtés notamment de la scénariste Jacqueline Cohen, cohen, va faire se gondoler des générations de petits lecteurs accros aux gentilles bêtises des deux héros et, ce faisant, va participer à la tâche parfois difficile de faire aimer la lecture aux enfants.

À Paris, le 8 janvier.

aurait pu devenir mon métier. J’étais complètement à sec. J’ai pu me permettre de ne pas me forcer. Après avoir dit, sur tous les tons possibles, que je ne ferais pas de tome trois parce que ce serait la blague de trop, j’ai passé six mois à m’entraîner pour obtenir mon diplôme de prof de yoga. L’envie de retravailler est ensuite revenue naturellement.

thomas laisné ; courtesy of the artist.

ELLE. Sur quoi en particulier ? P.B. Sur quelque chose de fabuleux dont je ne peux encore rien dire au stade où j’en suis. ELLE. Et le retour définitif en France se profile-t-il ? P.B. Je vais quitter New York l’été prochain pour revenir ici, comme je l’avais prévu. ELLE. avec nostalgie ? P.B. J’aime l’idée un peu romantique de la nostalgie, mais je suis la tourneuse de pages la plus efficace du monde. Je vais garder – j’en suis sûre – un léger snobisme qui fait qu’on ne me dépossédera jamais de New York, une ville qui est désormais la mienne. Et je dirai certainement aux gens qui en reviennent : « Comment, mais tu n’es pas allé là et là ? En fait, t’as rien vu, quoi ! » Comme si j’y avais fait pipi partout pour qu’elle reste bien ma ville pour toujours. n E L L E .Fr

l’enfance selon taiyÔ MatsuMoto avec son trait reconnaissable entre tous, l’auteur d’« amer Béton » et de la magnifique série « sunny » met en scène des écorchés au cuir dur et au cœur tendre. avec plus de 200 œuvres inédites présentées, l’exposition a choisi de s’intéresser au monde de l’enfance vu par le mangaka né en 1967, grand fan de la revue « Métal métal hurlant » : un regard unique et cru, entre amitiés fortes, touchante innocence et sentiment d’abandon. la ligne claire selon rutu Modan il faut suivre les traits de cette dessinatrice déjà deux fois primée à angoulême. l’occasion d’apprécier l’univers de la jeune femme née en 1966, incarnation de la nouvelle BD indépendante israélienne, aux côtés notamment de l’auteur de « K.o. à tel aviv », asaf hanuka. Par-delà l’audace de ses expérimentations graphiques, on y découvre comment, à travers des récits intimes parfois bouleversants et souvent drôles, elle dévoile une société en questionnement permanent. Plus d’infos sur bdangouleme.com

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Top, PACO RABANNE. Caraco, OLIVIER THEYSKENS. Boucles d’oreilles, ELIE TOP.


loU doillon sEUlE EN scÈNE

la chanteuse sort un troisiÈme album ambitieux, « soliloquy ». rencontre avec une artiste épanouie, bien décidée à déployer tous ses talents. par patrick williams photoGraphe Èric GUillEmaiN réalisation mariNE BraUNschviG


Veste, blouse, pantalon, boucles d’oreilles et bague serpent, GUCCI. À la main gauche, bague « Monete », BULGARI. À la main droite, bague, ELIE TOP.


18 janvier 2019

ELLE actu culture

ÈRIC GUILLEMaIN

elle

ELLE. Pourquoi un tel changement ? L.D. Cela correspond à une étape de mon parcours. Pendant longtemps, dans mon activité d’actrice, de mannequin, j’étais malléable, au service des autres. Aussi, quand je suis devenue chanteuse, en 2012, j’ai voulu me mettre à nu, être la plus authentique possible. Aujourd’hui, grâce à la musique, je me rends compte qu’on peut être soi à travers un personnage, que c’est peut-être en étant grimée qu’on se rapproche de son être profond.

est grande, souriante, simplement vêtue d’un jean et d’un chemisier à fleurs multicolores. Lou Doillon nous a donné rendez-vous comme toujours dans le bar où elle a ses habitudes, près de chez elle dans le 12e arrondissement de Paris. On pourrait dire d’elle qu’elle est une ELLE. Est-ce lié au fait que vous ayez davantage confiance en « star next door », comme il y a des « girls next door ». Une star de vous ? proximité, dont on ne se lasse pas de suivre le parcours. Au fil des L.D. Oui, certainement. J’arrive mieux à m’assumer en tant que musiannées, on s’est réjoui de la voir se débarrasser de ses démons, se cienne. Il y a un an et demi, il s’est passé quelque chose qui a beauglisser dans la peau d’une chanteuse à succès, faire sa mue. Et s’épa- coup changé ma manière de voir les choses. Le chanteur britannique nouir enfin, comme l’atteste son troisième album, « Soliloquy » Richard Hawley m’a invitée à venir chanter à Sheffield, une ville (Universal/Barclay, sortie le 1er février). Avouons-le, les « filles de » et les « fils de » nous intéressent. En naissant déjà célèbres, ils héritent à la fois N qU i t - c E d’une chance et d’un fardeau. Toute leur vie, ils devront o i t s E être à la hauteur de leur patronyme fameux, essayer qU t Es N E E N m U d’être aussi bons, aussi beaux, aussi forts que leurs c’Est NN E : comc E qUE lEs ? parents. Et s’ils n’y parviennent pas, tenter tout au dE ssio oUs moins d’inventer leur propre existence. À cet égard, mE pa l’oN sort jEté sUr voN l’itinéraire de Lou Doillon est exemplaire. Fille de Jane qUE oNt pro oN pEUt- où ’ Birkin et du réalisateur Jacques Doillon, demi-sœur de s ç aUtrE qUEllE fa ? Et jUsqUrE ? Charlotte Gainsbourg, on l’a toujours associée à l’une dE des familles les plus glamour de France – les BirkinENtEr N à lE fai v N i é Gainsbourg – sans qu’elle en fasse totalement partie. sE r orisE -t- o Elle n’a pas connu le faste et l’aisance matérielle de la s’aUt branche Gainsbourg, la vie auprès de Jacques Doillon était beaucoup plus discrète, désargentée. Se considérant comme le vilain petit canard d’une lignée presti- industrielle du nord de l’Angleterre. Juste moi et ma guitare. Personne gieuse, entourée de gens formidablement talentueux, elle a eu des ne me connaissait là-bas. Il s’agissait de jouer dans un pub installé débuts hasardeux. Elle a longtemps fait la fête, menant avec désin- dans une usine désaffectée. Il m’a dit : « Tu verras, le public ici est volture ses carrières d’actrice et de mannequin. Jusqu’au jour où, en assez direct. Soit les gens adorent ce que tu fais, soit ils te jettent des 2012, elle a enregistré son premier album, « Places », sous la houlette bières à la figure… » J’étais terrorisée. Mais, finalement, j’y suis allée. d’Êtienne Daho. Et trouvé sa voie, à 29 ans : elle serait musicienne. Et ça s’est très bien passé. J’ai pensé : voilà, c’est ton métier mainteDepuis, Lou n’a cessé de tourner, d’écrire des chansons, de se réin- nant, tu es devenue une chanteuse professionnelle. On peut aimer venter. Elle revient aujourd’hui, à 36 ans, avec un disque ambitieux, ou pas, mais c’est ce que tu fais… Ce n’est plus une activité en ama« Soliloquy », pour lequel elle s’est entourée de pointures pop (Dan teur, en dilettante… Cela a été une révélation. Levy de The Dø, Benjamin Lebeau de The Shoes). Toujours plus à l’aise dans son rôle de chanteuse, elle délaisse le folk intimiste qui ELLE. Dans une de vos chansons, vous dites : « J’en ai marre de était sa marque de fabrique pour une musique plus colorée, et elle mon nom » (« I’m sick of my name »). Pourquoi ? Cela vous pèseendosse différents personnages. Le petit oiseau timide se déploie en t-il de vous appeler Lou Doillon ? L.D. Cette chanson parle de l’envie d’être quelqu’un d’autre. On peut oiseau de paradis. Interview. tous éprouver ce sentiment. Le nom qu’on porte, c’est un des premiers costards qu’on vous met dans l’existence, une étiquette qui vous colle ELLE. Comment décririez-vous votre nouvel album ? LOU DOILLON. Je voulais qu’il y ait des violons, des claviers, plus à la peau toute votre vie, qu’on le veuille ou non. Parfois il y a une voix d’arrangements qui créent une ambiance parfois cinématogra- en vous qui se révolte contre cette identité imposée. C’est une quesphique, épique. Mon précédent album était austère, dépouillé, avec tion qui me passionne : comment est-ce que l’on sort de ce que les surtout de la guitare folk. Cette fois-ci, je souhaitais mettre en avant autres ont projeté sur vous ? De quelle façon peut-on se réinventer ? un côté théâtral. Ne plus être seulement dans la confidence, mais Et jusqu’où s’autorise-t-on à le faire ? Car, bien souvent, le plus sévère gardien des traditions, c’est vous-même. faire la part belle à la mise en scène. E L L E .Fr

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LIBERMAN CHEZ WHITE BIRD. Boots, EMPORIO ARMANI.

ÈRIC GUILLEMaIN

Col roulé, PROENZA SCHOULER. Pantalon, FRAME. Boucles d’oreilles et bague serpent, GUCCI. Chaîne et médaille personnelles. Collier « Monete » et bague « Monete », BULGARI. À la main droite, bague, KAREN


à rEtro 18 aNs, jE lEs faUvé E EmBa mE sUis r N j’ai m tasmEs d qUé E daNs à rEv is trÈs loEs aUtrEs . E N ir à NG c E q U t E mp s E jE s U is .

ELLE. Comment occupez-vous votre temps en tournée ? À quoi ressemble le quotidien ? L.D. C’est un mode de vie assez étrange. Toute la journée est tournée vers le concert, qui ne va durer qu’une heure et demie. On aimerait pouvoir se balader en ville, discuter avec les gens, mais on n’a pas le temps et on n’est souvent pas très disponible car on est déjà en train de se projeter mentalement vers le soir. J’ai la chance de bien dormir. Donc je me réveille vers 11 heures, je prends un café, et c’est déjà l’heure de la balance. Puis je fais du yoga, je me prépare pour le concert. Et quand on sort de scène, là on est plein d’énergie, on aimerait bien faire la fête. Mais c’est le moment de remonter dans le bus et de repartir. De toute façon, j’évite les excès : j’ai besoin d’être parfaitement en forme pour le concert du lendemain. Cela exige une telle concentration que je ne peux pas me permettre d’être fatiguée. ELLE. Avez-vous encore des projets d’actrice ? L.D. Cela me plairait beaucoup, mais la musique me prend tout mon temps. C’est difficile de mener une carrière de chanteuse et de se rendre disponible pour les projets des autres. Avec la musique, c’est différent, j’interviens à toutes les étapes : j’écris les chansons, je m’implique dans l’enregistrement, dans la production, je suis en tournée. Et quand je ne fais rien, j’y pense encore… ELLE. On a l’impression que vous êtes de plus en plus épanouie. Est-ce le cas ? L.D. Absolument. J’ai le sentiment d’avoir atteint une certaine maturité, même si c’est un mot que j’ai toujours associé aux fromages ! [Rires.] Avec les années, on se connaît mieux, on se lâche un peu la grappe. C’est appréciable. Quand je vois des photos de moi à 18 ans, j’étais plus mignonne qu’aujourd’hui mais, en même temps, dans mon regard il y avait une telle trouille de la vie… La nature est bizarrement faite : elle nous donne les meilleurs atours quand on ne se sent pas

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ELLE. Votre fils, Marlowe, a 16 ans. Comment traverse-t-il cette période ? L.D. C’est quelqu’un d’une grande douceur et d’une grande sérénité, ce qui me paraît assez étonnant quand je pense à moi au même âge… En fait, je suis comme le témoin de son épanouissement, même si j’ai toujours essayé de mettre des limites, d’imposer des règles. Je crois que son père et moi avons eu une adolescence tellement compliquée qu’il n’a pas envie de vivre les mêmes choses. Il vient d’une famille où certaines personnes ont eu des comportements assez excessifs, du coup il ne veut pas se mettre en danger. ELLE. Le mois dernier, c’était le cinquième anniversaire de la disparition de votre sœur, la photographe Kate Barry. Ce drame vous hante-t-il toujours ? L.D. Bien sûr. Il y a des souffrances personnelles et familiales qui restent toujours aussi fortes. Mais au-delà de cet aspect, d’un point de vue plus immédiat, ce qui fait mal, c’est tout simplement son absence. Le fait qu’elle ne soit plus là, à cavaler à droite, à gauche, à la surface du globe. Quand Kate entrait dans une pièce, tout le monde était au courant. C’est comme le soleil qui vous manque. La chaise est vide et il faut composer avec. ELLE. La mort de Kate a-t-elle changé vos rapports avec votre mère, Jane, et votre sœur Charlotte ? L.D. Pas vraiment. La façon dont nous nous voyons n’a pas tellement changé. Je pense que le deuil est quelque chose de très personnel. Chacun le vit à sa manière et il faut respecter cela, ne pas forcément essayer de le vivre en commun. Certains ont besoin de regarder des photos tout le temps, d’autres de ne pas en parler, d’autres encore de partir loin. Je viens d’une famille qui, malheureusement, a connu son lot de drames. Á la mort de mon cousin, j’ai vu sa mère, son père et son frère qui ne vivaient pas les choses de la même manière et qui essayaient en vain de synchroniser leur deuil. ELLE. Votre mère a publié récemment « Munkey Diaries », son journal intime de 1957 à 1982, à la fois drôle et impudique. L’avez-vous lu ? L.D. Non. C’est déjà assez compliqué de vivre dans cette famille, avec ce mélange constant de vie privée et de vie publique, alors je ne vais pas en rajouter une couche… Est-ce que vous voudriez lire le journal intime de votre mère ? Les gens ne se rendent pas compte que, même si nos parents font des métiers publics, nous demeurons leurs enfants. Des enfants comme les autres. Je n’ai aucune envie de savoir ce que faisait ma mère dans les boîtes de nuit ou de connaître des détails sur sa vie amoureuse. Elle reste ma maman. n E L L E .Fr

ÈRIC GUILLEMaIN ; CRaIG McdEaN.

ELLE. Qu’avez-vous fait ces trois dernières années, depuis la sortie de votre album « Lay Low », en 2015 ? L.D. De la musique et encore de la musique ! Le rythme que cela impose me convient tout à fait. C’est une boucle de trois ans. On passe un an à écrire des chansons dans son coin, seule, dans une démarche assez introspective. Puis il y a l’année où on travaille avec des musiciens et des producteurs qui vous aident à mettre en forme la musique, à l’enregistrer. Ce sont des moments de complicité magiques. Enfin, la troisième année, on s’ouvre vers l’extérieur : on fait la promo, on part en tournée – une étape que j’adore –, on rencontre une foule de gens. Puis on revient au point de départ.

très bien et c’est quand on commence à aller mieux qu’on enlaidit ! [Rires.] À 18 ans, j’avais envie de plaire, de faire plaisir, d’être aimée. Je me suis retrouvée embarquée dans les fantasmes des autres, dans des projets qui n’étaient pas forcément les miens. J’ai essayé d’être toutes les Lou qu’on voulait que je sois. J’ai mis très longtemps à revenir à ce que je suis.

18 janvier 2019

ELLE actu culture


T-shirt, PETIT BATEAU. Pantalon et sandales à talon, MIU MIU. Colliers personnels. Bague « Monete », BULGARI. Bague tigre, HARUMI

KLOSSOWSKA DE ROLA.

assIsTaNTE sTyLIsME Lucie Taillandier. MaqUILLaGE aya Fujita. CoIFFURE Tomoko ohama. MaNUCURE Elsa deslandes.


spéciAl mAriAge

Top, NAF NAF. Jupe,

STELLA McCARTNEY.

Alliance « De Beers Aura » en or blanc et diamants, DE BEERS. Boots, ISABEL MARANT.


Top, MES DEMOISELLES… pARIS. pantalon, ZUHAIR MURAD.

noces de style TOuT En luMièRE ET En délicATEssE, lE blAnc ROMAnTiquE fliRTE AvEc lEs cOuPEs sExy ET lA TRAnsPAREncE dE lA dEnTEllE POuR nOus dOnnER, cETTE sAisOn, dEs AlluREs dE féE d’HivER. PHOTOGRAPHE sam hendel RéAlisATiOn jeanne le bault MAnnEquin OPhÉlIe GuIlleRmand


Robe, MAISON RABIH KAYROUZ. Boots, ISABEL MARANT.


Sam hendeL

Top, UN JOUR AILLEURS. Soutien-gorge, ERES. Pantalon, BARRIE. Bague « Laurier » en or blanc et diamants, CHAUMET.


gilet, LAURE DE SAGAZAN x MONOpRIX. robe, ERMANNO SCERVINO. Joncs « my Twin Toi & moi » en or blanc et diamants, MESSIKA.

Bottines, MINELLI.


sam hendel

sam hendel

Robe, LOUIS VUITTON. Bottines, IRO.


spécial maRiage

Robe, TARA JARMON x DONATELLE GODART. Bottines, PHILOSOPHY DI LORENZO SERAFINI.


Blouse, PHILOSOPHY DI LORENZO SERAFINI.

sam hendel

soutien-gorge, CHANTELLE. pantalon avec ceinture intégrée, IRO. collier « Tiffany city hardWear » en or jaune, TIFFANY & CO.


Top, THE KOOpLES. Jupe, MOLLI. Bracelet en or rose et diamants, collection Dewdrop, et alliances « De Beers Aura » en or rose et diamants et en or blanc et diamants, DE BEERS. Bottines, pHILOSOpHY

DI LORENZO SERAFINI.


sam hendel

Robe, SESSÙN. Bottines, MINELLI.


robe, DIOR. Alliance « De Beers Aura » en or rose et diamants, DE BEERS. Bottines, MINELLI.


Robe, OFF-WHITE. soutien-gorge, ETAM. pantalon, FORTE-FORTE. collier « Baby chivor » en or jaune et topazes, AURÉLIE BIDERMANN.

Bracelet en or rose et diamants, collection dewdrop, DE BEERS.

sam hendel

Ophélie guillermand est représentée par l’agence elite. assisTanTes sTylisme soraya leroy et louise aguilar. maquillage Tatsu yamanaka. cOiffuRe yoann fernandez, avec les produits hair Rituel by sisley.


18 janvieR 2019

ELLE BEAUTé / PorTrAiTs

LeS aCtiviSteS de La beauté

PouR lanceR une maRque, un bon PRoduit ne suFFit Plus. aujouRd’hui, les entRePReneuses sont engagées et visionnaiRes. PaR Marie Munoz et Valentine Pétry

eLLa & CLaire et GirL SmeLLS

des déodorants cLean et gLamour

neLLy et Sa Beautymix

un robot mixeur Pour faire ses soins

cv. Nelly Pitt est ingénieure sortie de l’école polycv. L’Allemande Ella Mellis et technique et a suivi à Stanford, en Californie, une l’Australienne Claire Ralston se renspécialisation en génie environnemental, avec pour contrent à Berlin voilà deux ans, objectif d’améliorer l’accès à l’eau potable. Avant lors de l’ouverture d’un spa bio. La de créer la BeautyMix, elle a travaillé plus de dix première travaille dans la beauté ans dans le monde entier : « Cela m’a permis de voir naturelle depuis plusieurs décenet d’absorber le meilleur de chaque culture. » nies, la seconde veut arrêter le mannequinat. Le déclic. L’envie de participer à de nouveaux modes de consomLe déclic. Claire n’utilise que des produits de beauté bio, à mation, plus respectueux des humains et de la planète, en créant une l’exception du déodorant, n’en trouvant aucun efficace. Les cosmétique maison écologique, économique et ludique. deux jeunes femmes imaginent le produit parfait : sans sels Le concept. Un robot mixeur qui permet à chacune de réaliser ses d’aluminium ni bicarbonate de soude, qui ne laisse ni traces cosmétiques, sans gâchis. BeautyMix fournit les ingrédients de base blanches ni taches sur les vêtements, et peu parfumé. « Le 100 % naturels (hydrolats, huiles) et des contenants en verre réutilinom, Girl Smells (“la fille qui sent“), vient de la période de sables. Bingo, le projet est soutenu par Sephora. transition inévitable lorsque l’on passe d’un déodorant tradiPourquoi ça nous plaît ? De la crème hydratante au dentifrice, tionnel à sa version bio. Les bactéries sous les aisselles se en passant par le shampooing ou le rouge à lèvres, tout est facile à modifient et, pendant quelques semaines, il faut s’accrocher », faire. (En vente sur beautymix.fr) convient Claire. C’est normal ! « Le marketing qui dit qu’on ne doit rien sentir pendant quarante-huit heures n’a aucun sens. Transpirer, c’est très sain », ajoute-t-elle. Le concept. « Girl Smells une gamme au chanvre ne ressemble pas au bio cv. « Mes grands-parents cultivaient le chanvre Cannabis sativa pour austère, on a voulu un design en faire du papier », raconte la jeune entrepreneuse. « À l’époque, ils fun avec de l’humour », n’exploitaient pas la graine, cet incroyable trésor pour la cosmétique et résume-t-elle. Cerise sur le le bien-être, avec un ratio oméga-3/antioxydants trois à quatre fois plus gâteau : le flacon roll-on élevé que l’argan et la noix de coco. » Son projet en tête dès la terminale, passe au lave-vaisselle une Laure Bouguen se lance dans des études de commerce à Nantes. fois vide, et l’on peut acheter Le déclic. En assistant à la remise des prix d’un concours dédié aux une grande bouteille de étudiants entrepreneurs : « Ce jour-là, je me suis dit que je pouvais aussi me lancer. » recharge, pour le remplir à Le concept. Une gamme écoresponsable de soins à base d’huile de Cannabis sativa bio, obtenue par nouveau. première pression à froid et composée à 80 % d’acides gras essentiels, ce qui lui confère des vertus détoxiPourquoi ça nous fiantes, régénérantes et revitalisantes exceptionnelles. Le tout fabriqué en Bretagne. plaît  ? On aime l’allure Pourquoi ça nous plaît ? Le déodorant est sans sels d’aluminium et a un délicat parfum d’herbe coucool et les parfums subtils pée, l’huile multi-usage donne un véritable coup d’éclat à la peau comme aux cheveux. aux huiles essentielles. (En vente chez Sephora ou hokaran.com) (En vente sur ohmycream.fr)

© Mikael schulz/trunk archive/photosenso ; presse.

Laure et ho karan

E L L E .FR

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18 janvieR 2019

ELLE BEAUTé /PorTrAiTs

aniCette et La FiBrany Box Pour Le bonheur des cheveux frisés

kirSten ET KIRSTEN et kjaer KJAER WeiS WEIS

Sophie et duLCenae

Le saLon de beauté « incLusif » cv. Sophie Gaudens a été pendant vingt ans professeure des écoles dans des classes d’adaptation pour élèves en difficulté ou en situation de handicap. Avec son mari, elle a ouvert, en juillet dernier, Dulcenae, un institut de soins classiques accueillant aussi des personnes ayant subi des traumatismes physiques ou psychologiques. Le déclic. « Quand nous allions au spa en couple, notre expérience était très différente. J’en ressortais ravie, mais mon mari, grand brûlé, devait parfois faire face à des réactions de peur des professionnels qui n’osaient pas le masser… Parallèlement à Dulcenae, nous avons créé une association d’aide aux grands brûlés, et cela nous a permis de réfléchir à des actions concrètes. » Le concept. Un salon de beauté ouvert à tous où travaillent uniquement des socio-esthéticiennes, habilitées à recevoir tous types de publics. Avec une carte classique (massages, soins sur mesure, épilation, manucure, etc.), le lieu est dédié à la convivialité. Il est parfois ouvert à des associations, pour inciter des personnes isolées à sortir de chez elles, à prendre soin d’elles et à reconquérir leur estime de soi. Et ce n’est que le début, Sophie envisage déjà d’ouvrir un autre lieu en province cette année. Pourquoi ça nous plaît ? Outre les prestations de soins non discriminantes, Dulcenae propose les produits Comfort Zone, sélectionnés pour leur grande douceur. Dulcenae, 60, rue de Caumartin, Paris-9e. Tél. : 01 81 69 49 25.

La PionniÈre du maquiLLage écoLo cv. Élevée dans la campagne danoise, Kirsten Kjaer Weis a étudié le maquillage à Paris, avant de devenir maquilleuse de studio et d’œuvrer sur des shootings, majoritairement en Scandinavie. Le déclic. « J’apportais toutes sortes de produits sur les prises de vue, et les mannequins me disaient systématiquement : “Ce fond de teint me donne des boutons“ ou “Ce fard-là irrite mes yeux“. Je voyais les effets immédiats sur leur peau. Il fallait changer les choses ! » Le concept. En 2010, elle lance trois produits de maquillage aux formules certifiées bio. Mais elle pense également aux emballages. Elle cherche des packagings recyclables, mais rien n’évoque assez le luxe à son goût. Elle demande donc à Marc Atlan, concepteur de flacons de parfum pour Comme des Garçons, de fabriquer des boîtiers intemporels, qui se patinent avec le temps, et que l’on recharge avec des « cartouches » bien moins chères. « À l’époque, il a fallu insister pour que les revendeurs croient à ce modèle. Mais aujourd’hui, cela fait vraiment partie de notre identité. Notre gamme de 14 produits est présente chez Neiman Marcus et Barneys à New York, la Mecque du luxe, preuve que les femmes sont sensibles à ce genre d’argument. » Pourquoi ça nous plaît ? Les emballages de make-up traditionnels ne sont pas recyclables, car constitués de matériaux différents compliqués à traiter. Ceux-ci sont durables et élégants. (En vente sur bazar-bio.fr, ohmycream.fr, et netaporter.com) n

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bruno poinsard/folio-id/trunk archives/photo senso ; philippe gaudens ; patrice lariven ; presse.

cv. Diplômée d’HEC, Anicette Massanga a présenté sa thèse de fin d’études sur la place du cheveu crépu dans la société. C’est dire si le sujet lui tenait déjà à cœur. Elle a travaillé cinq ans comme fiscaliste avant de fonder sa propre entreprise. Elle a créé la Fibrany Box avec son partenaire Andy Cléraux, un autodidacte, qui partage avec elle la connaissance des plantes, tout en ayant une solide expérience du Web. Le déclic. « En voyageant, j’ai découvert aux quatre coins du monde des produits adaptés aux cheveux bouclés, frisés et crépus », rapporte Anicette. Fragiles, ils nécessitent des soins spécifiques, surtout quand on désire les porter au naturel, suivant la tendance “nappy hair“ ». Elle voulait faire connaître ces gammes et répondre à une demande de plus en plus croissante de la jeune génération. Le concept. Une box qui permet de tester chaque mois une gamme complète de soins au prix d’un seul, avec un livret sur la routine à adopter. Vous avez trouvé votre bonheur ? Fibrany s’occupe de vous fournir directement le produit que vous avez testé et approuvé. Pourquoi ça nous plaît ? On peut tester des gammes introuvables ou peu distribuées en France comme Revlon Moisture, Creme of Nature, Eden BodyWorks et Mizani à tout petit prix, et trouver le produit qui nous convient parfaitement. (En vente sur fibrany.fr)


une bonne idée et une vision claire des nouvelles envies des femmes : l’équation de la réussite.


ELLE vie privée / food

Le Pérou

au sommet du goÙt À trois heures de voiture de Cuzco, la route traverse la vallée sacrée des Incas jusqu’au Mil, un restaurant dans les cimes, lieu unique ouvert récemment par Virgilio Martínez.


« Lower Andes », tel est le nom de ce dessert étrange, à base de cacao, d’argile du Chaco et de « cushuro », des algues d’eau douce prélevées dans la Cordillère.

Virgilio Martínez

Pía León

Pía León et ViRgiLio MaRtÌnez, cheFs suPeRstaRs à LiMa, sont des PionnieRs du MangeR VRai. RencontRe aVec un couPLe engagé qui exPLoRe et Raconte dans L’assiette toutes Les Richesses des teRRes andines. PaR Sylvia Jorif PhotogRaPhe Greta rybuS

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Il serait vulgaire de résumer le savoir-faire des chefs à l’éveil des papilles. Ils les élèvent plutôt, jusqu’à des sommets inconnus. Ils révèlent aussi que ces saveurs-là riment avec une histoire, une culture, une civilisation. Ils exaltent plus que des mets. Ils haussent un terroir dans ce qu’il a de fondamental, c’est-à-dire la terre qui le constitue et la façon dont elle vit. Pía León, 31 ans, et Virgilio Martínez, 41 ans, sont de ceux-là. Au Central, le restaurant ouvert par Virgilio à Lima, ils ont travaillé pendant dix ans côte à côte, délivrant une cuisine hallucinante moult fois couronnée. En 2018, Central occupait d’ailleurs la sixième place dans le classement des « World’s 50 Best Restaurants ». Sa particularité ? La célébration des produits indigènes. Il faut dire qu’au Pérou, dans ce pays entre Pacifique et Amazonie, la biodiversité est exceptionnelle, tant par la faune que par la flore. On y recense plus de 400 espèces de mammifères (record du continent américain) et 25 000 plantes, dont 1 400 médicinales. Sur cet éden règne une trinité : la pomme de terre

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ELLE vie privée / food

Sur le site archéologique de Moray, des vestiges incas fabuleux.

Virgilio Martínez parle avec passion de son métier, pas comme le chef d’une adresse mondialement prisée, mais comme un explorateur. « Le plat de piranhas est présenté de manière provocante avec la tête des poissons. En fait, on ne mange que la peau et la chair. C’est difficile de s’en procurer en ville, on reçoit seulement une trentaine de pièces par jour. Mais, plus que la satisfaction d’avoir un piranha dans l’assiette, c’est une manière de découvrir d’où il vient. Si je parviens à faire ressentir le biotope d’un produit, alors j’ai réussi. Sur demande, nous expliquons aux convives les producteurs, la région… Cela fait partie de l’expérience car on ne vient pas au Central juste pour manger. Nous cherchons à établir des ponts entre la culture, la géographie et les saveurs. »

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La salle du Mil.

GretA rybus

(3 000 variétés répertoriées), le quinoa (une centaine de variétés) et le maïs (une trentaine de variétés) ! Le menu du Central raconte les biotopes de ce territoire encore mystérieux, dont les écosystèmes ont inspiré un menu de dix-sept plats, qui plonge à 10 mètres sous le niveau du Pacifique avec des escargots de mer, avant d’entamer une lente ascension gustative qui culminera à 4 100 mètres avec une poitrine de porc de haute montagne. Dans ce « Mater Elevations », il y a des adrets et des ubacs, des montées à 1 900 mètres dans la jungle avec un pain de coca fumé, des dénivelés dans la forêt amazonienne, à 450 mètres, avec des piranhas pêchés dans la rivière Nanay. Pour finir à 2 750 mètres avec un dessert au chocolat réalisé avec du cacao entouré d’argile du Chaco et de « cushuro », des billes d’algues présentes dans les étangs et les lacs de la Cordillère… Au-delà de l’expérience culinaire unique, il y a une volonté écologique. Une philosophie écologique même, qui dépasse les prouesses techniques. Nous voilà devant une gastronomie initiatique.


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1. Ce panneau recense les écosystèmes en altitude pour le Mil. 2. « Waters of Nanay », l’étonnant plat signature du restaurant Central, à Lima : des piranhas dont la peau et la chair sont un délice ! 2 3. Le Pérou compte 3 000 variétés de pommes de terre. 4. « rock Molluscs », des pouces-pieds, à la carte du Central.

L’anthropologue Francesco D’angelo à la rencontre des paysans des andes.

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Temolut mos eici temolut quibus ene velest eosti conempos ad iste laut ape rition cum non sene verum.

Disposé sur des pierres venues des sommets ou des plaines, avec des couleurs, des fleurs et des plantes qui dessinent son environnement, chaque plat est un microcosme, un paysage. Toute une topographie sur nappe pour évoquer les montagnes, la jungle… Désireux d’aller plus loin, Virgilio Martínez a créé une association : Mater Iniciativa. Sorte de laboratoire de recherche explorant le Pérou pour découvrir ses richesses, elle lui a d’abord permis d’introduire des plantes et des produits étonnants dans sa cuisine. Puis, devant l’immensité des découvertes, il y a vu un devoir citoyen. Mater Iniciativa est devenue un véritable centre scientifique recensant la biodiversité péruvienne, ainsi que les traditions ancestrales des différentes communautés, leurs pratiques agricoles, les langues orales synonymes de savoirs millénaires, la préservation d’écosystèmes en danger ou oubliés... Virgilio y invite des anthropologues, linguistes, biologistes et défenseurs de l’environnement à révéler une terre toujours miraculeusement prodigue malgré l’affolement du monde. « Nous nous appuyons sur l’université de Cuzco car nous avons besoin de botanistes et de biologistes, reprend-il. Une plante est-elle totalement comestible ? Contient-elle des toxines ? A-t-elle des vertus médicinales ? Impossible de répondre seul à toutes ces questions. De plus, la nourriture ne sera jamais plus importante que l’histoire d’un ingrédient. Au Pérou, il existe encore des milliers de plantes sauvages non identifiées. Si nous ne savons pas ce qui pousse dans notre sol, il sera impossible d’en assurer la préservation. » E L L E .FR

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18 janVieR 2019

ELLE vie privée / food

Dirigé par Malena Martínez, la sœur de Virgilio, le petit groupe de savants s’extasie devant chaque plante inconnue. « Mater Iniciativa est une matrice, explique Malena. Nous resituons la nourriture dans son contexte écologique, social et culturel. Pour cela, les communautés montagnardes sont essentielles. Elles nous racontent ces plantes non répertoriées, nous décrivent comment les laisser infuser, les cuisiner, confectionner des crèmes pour se soigner... Nous entretenons des liens forts avec ceux qui pourront transmettre les cultures et les savoirs. Nous devons aussi apprendre leurs langues comme le quechua et d’autres idiomes amazoniens, parce qu’elles peuvent nous livrer des informations indispensables : pratiques agricoles, fonction de certaines plantes, conservation des aliments… autant d’éléments qui leur ont permis de survivre pendant des siècles. »

Le devoir du chef est celui de la mémoire écologique. Mieux, il poursuit sa quête avec son épouse, Pía León, qui vient de créer son propre restaurant, Kjolle, une table 100 % péruvienne pour laquelle, en septembre dernier, elle a été élue «Meilleure cheffe d’Amérique du Sud ». Ensemble, ils ont ouvert, toujours à Lima, Mayo, un bar à cocktails élaborés avec des plantes andines. Et après ? Virgilio rêve d’un restaurant caché dans la jungle amazonienne. Comptez sur ces ambassadeurs du monde, le projet verra sûrement le jour, nourrissant cette saga familiale au sommet. n À Lima, Central Restaurante, Mayo Bar et Kjolle, Av. Pedro de Osma 301, Barranco 15063. centralrestaurante.com.pe, mayobar.com, kjolle.com À Cuzco, Mil, Moray, Maras. milcentro.pe

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1. Cueillette de fleurs dans les champs pour décorer les assiettes. 2. « Diversity of Corn » ou variations autour du maïs, à déguster à la table du Mil. 3. spectaculaires : les terrasses circulaires de Moray, où est situé le Mil. 3 2

GretA rybus

C’est dans cet esprit que Virgilio a ouvert Mil il y a quelques mois. Perché à 3 500 mètres sur le site de Moray, merveille archéologique inca, Mil est une utopie culinaire. Dans cette cuisine-incubateur, gourmets, étudiants et chercheurs partagent expertise et nourriture. Francesco D’Angelo, anthropologue, nous guide. Autour de la maison en terre, des champs à perte de vue sous une ligne de ciel fabuleuse. Ici, on teste, on crée, on reprend le fil. On respecte. « Nous sommes entourés par les communautés indiennes de Mullak’as-Misminay et de Kacllaraccay, explique Francesco. Ces paysans sont étroitement associés au projet Mil car ils nous apprennent comment fabriquer des pesticides naturels ou régler les jachères. Nous leur donnons une partie de nos terres à cultiver et nous partageons nos récoltes. Nous sommes dans un rapport de réciprocité, afin de faire perdurer les savoirs. » Au Mil, avant de déjeuner, on se familiarise avec plus de deux cents variétés de plantes inventoriées avec l’aide des communautés montagnardes. Il y a aussi les fruits, les fleurs, les animaux de ces altitudes. Une taxinomie extraordinaire ! Et on apprend : comment mature un cacao, comment cultiver une pomme de terre rare ou en créer une nouvelle variété grâce à la pollinisation, que va donner la macération de ces racines… Les réponses aux questions qu’on ne s’était jamais posées fusent. Dans l’assiette, on retrouve légumes, tubercules, céréales, diverses feuilles étranges en infusions ou fleurs fragiles en signatures. Plus qu’un repas, c’est une contemplation qui parle d’une identité : l’identité péruvienne. Virgilio Martínez confirme : « Je n’utilise que des produits locaux. Je les travaille, j’en parle, je fais des conférences… Dans la nourriture, il y a des choses qui viennent de loin. Parfois, un client me dit qu’une saveur lui évoque son enfance quand il jouait dans les arbres. Pour moi, être péruvien, c’est réveiller cette conscience avec la nature qui nous entoure. »


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18 janvier 2019

ELLE vie privée / bien-être

souvenirs Comment Cultiver le bonheur ?

par Lise BouiLLy

C’est en pleine conscience, dans l’instant présent, que le bonheur se vit. Mais en retraitant des événements passés, la mémoire peut multiplier les jolis souvenirs et ainsi offrir une source de joie au présent. Quelques pistes 100 % happy pour l’y aider !

1. SéleCtionner de belleS imageS Lacunaires et malléables, nos souvenirs sont sensibles aux épilogues malheureux. « Vous avez apprécié un spectacle, mais la chute vous a déçue ? Vous en garderez sans doute un souvenir maussade, note Yves-Alexandre Thalmann*. Vous avez passé de belles vacances mais vous apprenez six mois plus tard que votre mari vous trompait ? Votre souvenir de ce séjour va se ternir. » en pratique. « Prenez l’habitude de fragmenter vos souvenirs (la première partie du spectacle, sublime, et la fin, décevante) pour écarter les images négatives, car un souvenir non réactivé tend à s’estomper. » Lorsque vous repensez à un événement, visualisez-le avec tous vos sens : couleur de l’océan, vent dans les cheveux, parfum des embruns…

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2. enjoliver la réalité Généralement, notre mémoire ne retient que la trame des événements, en occultant les détails. « Du coup, il faut enrichir notre banque d’images en fignolant les détails, quitte à les améliorer un peu ! » conseille Yves-Alexandre Thalmann. en pratique. « Vous pensez à un déjeuner en compagnie d’un ami cher ? Imaginez les plats que vous avez dégustés, le décor raffiné, même si tout n’est pas exact. Créer des souvenirs “augmentés” exacerbe les émotions agréables qu’ils suscitent. » L’idéal étant de le faire avec quelqu’un afin de « nourrir » encore plus les détails.

3. Se Souvenir aveC bonne humeur Au fil du temps, nos souvenirs se modifient en intégrant des éléments du présent et en nous imprégnant de nos émotions. Votre ado est en pleine crise ? Si on vous demande quel enfant il était, vous risquez d’en dresser un portrait peu flatteur, car on se souvient plus facilement d’événements en résonance avec notre humeur du moment. en pratique. Triste ou en colère ? Évitez d’évoquer vos souvenirs…

4. Zapper leS regretS Chérir ses souvenirs comporte un risque : celui d’idéaliser le passé et de cultiver les regrets avec des pensées telles que « C’était tellement mieux avant », « Tous ces jolis moments ne reviendront plus… », etc. en pratique. On les observe sans amertume, en se réjouissant des expériences passées, de leur richesse. Un exemple ? « Plutôt

que de vous dire : “Mes enfants ont grandi, c’est terrible”, félicitez-vous de les avoir aidés à s’épanouir, à prendre leur autonomie », recommande Yves-Alexandre Thalmann.

5. Se projeter danS l’aCtion Comme l’évocation du passé, la projection dans un futur heureux alimente notre bonheur, dans l’ici et maintenant. Peur d’être déçue ? « C’est un mauvais calcul. Selon de nombreuses études, la phase de planification des vacances génère davantage de satisfaction que les vacances elles-mêmes ! » en pratique. Pensez positif ! « En préparant votre voyage, imaginez une magnifique chambre d’hôtel avec vue sur la mer… Même si la réalité est différente, vous aurez gagné de vrais instants de bonheur imaginaire qui alimenteront vos souvenirs ! » n * Auteur d‘« On a toujours une seconde chance d’être heureux » (éd. Odile Jacob).

Le Bonheur au présent

Notre cerveau s’habitue à tout, même au plaisir. Du coup, on cultive… la pleine conscience en portant notre attention sur ce que nous vivons. la gratitude pour apprécier les joies du quotidien : être en forme et en bonne santé… Deux fois par semaine, on en note trois sur un carnet. les expériences singulières (voyage en solo, vol en montgolfière) plutôt que l’accumulation d’objets. la variété des rencontres, des plaisirs, des émotions.

E L L E .Fr

Gille FanGold/stocksy ; presse.

et si penser à hier nous permettait d’être heureux aujourd’hui ? mode d’emploi avec le proFesseur de psychologie yvesalexandre thalmann.


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vision de près (livres, écrans, etc.), l’œil ne cesse de faire une mise au point : c’est l’accommodation. Ainsi, cet excès d’accommodation serait un facteur de myopie. »

18 janvier 2019

ELLE vie privée / santé

que faire Pour l’éviter ?

30 % des Français souFFrent de cette aFFection oculaire, Pourtant, il est Possible de la limiter. exPlications avec le dr Yves bokobza. Par Soline DeloS Pourquoi est-on myoPe ?

« Tout d’abord, la myopie n’est pas une maladie des yeux mais un trouble de la vision. Un myope voit moins bien de loin car son globe oculaire, rond à l’origine, s’est allongé. L’image regardée ne se projette plus exactement au centre de la rétine (condition sine qua non pour que la vision éloignée soit nette), mais en avant de cette dernière. Or il suffit d’un décalage d’un millimètre pour voir flou. »

Peut-on le devenir à tout âge ?

« Ce phénomène se manifeste surtout entre 8 et 13 ans, quand le globe oculaire grandit. Comme l’œil peut continuer à croître jusqu’à 22 ans environ, l’évolution de la myopie se révèle très imprévisible à l’adolescence. »

quelles en sont les causes ?

« Même si on n’a pas identifié de “gène de la myopie“, l’hérédité en est une cause

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majeure. Deux parents myopes ont de grandes chances d’avoir un enfant qui le sera. Il y avait 20 % de myopes il y a vingt ans, on en compte aujourd’hui entre 30 et 35 %. C’est un phénomène mondial, encore plus marqué en Asie, notamment à Taïwan ou en Corée, où 90 % des étudiants sont myopes à la fin de leurs études. »

comment l’exPliquer ?

« Par notre mode de vie. En Australie, où les enfants sont souvent dehors, seulement 12 % d’entre eux sont myopes, alors que dans les pays où les enfants passent beaucoup plus de temps sur leurs écrans, la myopie progresse vite. L’exposition à la lumière du jour induit la sécrétion d’un neurotransmetteur, la dopamine, qui aurait pour effet de bloquer la croissance de l’œil. Par conséquent, un manque de dopamine induit le fait que l’œil continue de grandir, de s’allonger, nous rendant myopes. La seconde hypothèse émise est que, lorsque l’on utilise beaucoup sa

Yves Bokobza est spécialiste de la chirurgie de la myopie et auteur du site lasik.fr

la Piste de l’orthokératologie

Dans la Rome antique déjà, on faisait parfois dormir les esclaves myopes avec des galets sur les paupières, afin de les vendre plus chers ! Aujourd’hui, les galets ont été remplacés par des lentilles dures qui aplatissent la cornée – cette dernière étant assez souple – et, ce faisant, raccourcissent l’œil momentanément. Le tout permettrait de réduire la myopie, y compris lorsqu’elle est déjà installée. Évidemment, ce procédé a ses limites car l’effet ne dure que le temps de la journée et ne peut corriger que jusqu’à 5 dioptries de myopie. Attention, on ne peut avoir recours à cette technique si on souffre de sécheresse oculaire et, compte tenu des risques d’infection, elle n’est pas recommandée pour les enfants.

E L L E .Fr

mediaphotos/istock

peut-on éviter la myoPie ?

« En premier lieu, limiter le temps devant les écrans à une heure par jour maximum, voire moins si les parents sont myopes. De manière générale, il faut inciter les enfants à faire des pauses régulières ou à regarder au loin de temps en temps lorsqu’ils sont sur un écran ou un livre, car cela permet de suspendre ce phénomène d’accommodation. Concernant la lecture, préférez la pratiquer à la lumière naturelle, près d’une fenêtre, plutôt qu’à l’éclairage électrique. S’aérer, faire du sport en extérieur, s’arranger pour passer au moins deux heures par jour dehors est également un bon réflexe, surtout pour les enfants. Enfin, certains disent que l’absorption régulière de lutéine, pigment présent notamment dans les légumes vert foncé comme le chou et les épinards, aurait le même effet de blocage sur la croissance de l’œil que la dopamine, mais cela n’est pas encore prouvé scientifiquement. » n


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ELLE vie privée

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Un sanglier a boUleversé mes principes

vegan convaincue, margit va mettre de l’eau dans son vin (nature) suite à une expérience remettant en cause ses choix alimentaires ! propos recueillis par héléna VilloVitch illustration stéPhane manel

Cela faisait cinq ans que je n’achetais plus de chaussures en cuir. Cinq ans que je ne posais plus ma tête sur un oreiller en plumes, que je ne portais plus de pull-overs en laine et que je traquais, dans mes cosmétiques, tout soupçon de kératine ou de collagène. Et, bien sûr, que je n’avais pas ingéré le moindre produit ou sous-produit animal. Ce qui m’avait poussée vers le véganisme, ce n’était pas une fibre militante. C’était juste la logique. Je pensais, et j’en suis toujours persuadée, que l’avenir de l’humanité n’est envisageable que si on met fin à l’agriculture intensive et aux gigantesques élevages d’animaux qui empoisonnent la planète, amplifient les inégalités et répandent la famine dans le monde. Dans ma coloc’ à Berlin, nous étions tous les cinq vegan. À l’école d’art où j’étudiais, des affinités s’étaient développées entre carnivores d’une part et entre végétariens d’autre part. Si je ne faisais pas de prosélytisme, j’évitais d’aller dîner chez ceux qui saupoudraient de fromage râpé leurs aliments ou, plus gênant encore, qui m’attaquaient sur le thème alimentaire en prétendant que c’était moi qui étais agressive…

La traversée végétaLe

J’étais devenue experte en courges. Courges spaghetti, courges musquées de Provence, butternuts, pâtissons, potimarrons… je les accommodais en tartes et ragoûts très créatifs. Peu à peu, je m’étais mise à adorer cuisiner. Du coup, j’ai sauté de joie devant le mail de Mormor, ma grand-mère suédoise, m’invitant pour Midsommar, la grande fête de la Saint-Jean, le 24 juin. J’allais pouvoir noter toutes ses recettes ! Seul hic, pour respecter à la lettre l’esprit de Midsommar, tradition païenne du Moyen Âge, il faut déguster des plats riches en poisson et produits laitiers. Mais cela ne suffirait pas à me faire rater le rendez-vous. Au lieu de manger du hareng fumé, je me gaverais de pommes de terre nouvelles, de fraises et d’artichauts en provenance directe du potager de Mormor… J’en salivais d’avance ! Je suis partie toute seule de Berlin au volant d’une voiture qu’on m’avait prêtée. J’avais 1 500 kilomètres à parcourir pour arriver jusque dans les Cévennes où vit Mormor, dans une communauté informelle de hippies suédois. J’ai roulé droit vers le sud, traversant l’Allemagne, puis la France par les petites routes. Je n’avais emporté

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que des pommes bio, du pain complet et des carottes. Je profitais des paysages. De temps en temps, je dormais à l’arrière de la voiture. Un après-midi, j’ai fait une très longue sieste sur la berge d’une petite rivière. Après un an de vie citadine, je savourais ce retour à un environnement plus sauvage. Lorsque, le troisième soir, après avoir encore traversé une forêt, j’ai vu la lumière de la maison de Mormor briller au bout du sentier, j’ai su que j’étais arrivée. J’ai garé la voiture et parcouru les derniers mètres à pied. Mormor était sur le pas de sa porte avec sa copine Gina. « Chérie, nous t’avons attendue pour dîner ! Tu dois mourir de faim… » Elle avait raison. J’étais en proie à j’éprouvais une fringale telle que je n’en avais le sentiment plus éprouvé depuis l’enfance. Un délicieux fumet émanait de la cuide participer sine, celui d’une daube de sanà un rituel glier des Cévennes, cuisinée par ma grand-mère comme autrefois. millénaire, Je salivais malgré moi. Bien sûr, il mi-viking, n’était pas question que je rompe mon contrat intérieur, celui qui faimi-gaulois. sait de moi une vegan convaincue. Mais, d’un autre côté, ma dernière carotte remontait à la veille… En quelques secondes, j’ai pris ma décision. Dans les situations exceptionnelles, ai-je décidé, on a le droit de manger la viande d’animaux sauvages chassés. Après cinq ans d’un régime rigoureusement végétalien, ce premier dîner dans les Cévennes a été un festin, dégusté sans une once de culpabilité. Au contraire, j’éprouvais le sentiment de participer à un rituel millénaire, mi-viking, mi-gaulois. Après le sanglier, accompagné de topinambours et de châtaignes, il y a eu des fraises du jardin à la chantilly maison, préparée par Gina avec le lait de ses brebis. J’étais repue et enchantée. Pouvais-je me considérer comme une vegan qui aurait fait un écart de régime ? La question était complexe. J’ai décidé de remettre cette réflexion au lendemain et je suis allée me coucher. E L L E .Fr

RETRoUvEz « C’est mon histoire » En PoDCAST SUR LA ChAînE iTUnES DE « ELLE ».


18 janvier 2019

6500 signes Le sens de L’éCart

Le matin, dès le petit déjeuner, Mormor m’a présenté le programme. Une trentaine d’invités allaient débarquer quatre jours plus tard. D’icilà, elle comptait sur moi pour l’aider à ériger un grand mât en bois recouvert de fleurs et de feuillages au milieu du pré et à préparer tous les plats et pâtisseries du banquet de Midsommar. Tandis qu’elle me donnait les détails du menu pantagruélique, je voyais le visage de ma grand-mère redevenir celui de la petite fille qu’elle avait été. Je n’ai pas hésité une seconde. Bien sûr, j’allais travailler d’arrache-pied et ce Midsommar serait une réussite totale ! Pendant que nous mettions au point notre emploi du temps, j’ai englouti trois œufs pondus par les petites poules rousses de Mormor, frits à la graisse d’oie… Les journées avant la fête ont été un enchantement. Les préparations à base de hareng fumé (le « sill » suédois) sont innombrables. il y a le « senapsill » avec de la moutarde douce, le « skärgårdssill » avec crème, ciboulette, crevettes et œufs de poisson, et le « fransk löksill » aux oignons et épices. il y a aussi la tarte aux harengs, recette secrète de Mormor. Pendant que nous travaillions, les voisins passaient partager

avec nous le fromage de brebis de Gina, le pâté de lapin de Rolf et Gaétan, le saucisson de la ferme d’en bas… Ces produits artisanaux n’avaient évidemment rien à voir avec l’industrie agro-alimentaire qui saccage notre planète. Et moi, depuis le sanglier du premier soir, j’avais mis de côté mes questionnements philosophiques. Je me disais juste que ce serait dommage de ne plus jamais goûter à ces aliments délicieux ! Le jour J sont arrivés Edvin, Ulf, Gudmund et plein de cousins éloignés. Du déjeuner jusqu’au petit matin, nous avons mangé, bu et dansé autour du mât pour fêter le solstice d’été, des couronnes de fleurs sur la tête des jeunes filles, des femmes et même de certains garçons… C’était drôle, magique, merveilleux. De retour à Berlin, je n’ai pas raconté à mes colocataires mes écarts alimentaires. Car, j’en suis certaine, je suis toujours vegan et je compte bien continuer à agir et à militer pour la sauvegarde de la planète. Mais, une fois par mois, dans le plus grand secret, je pousse la porte d’une épicerie fine du quartier de Mitte et j’achète un fromage de brebis, une boîte de harengs fumés ou parfois, oui je l’avoue, un petit pot de pâté de sanglier. C’est mal, n’est-ce pas ? Mais qu’est-ce que c’est bon !

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E L L E .Fr

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Son actu Le 2 février, Alexandra Van Houtte interviendra à la conférence sur le luxe à la Columbia Business School, à New York. Lors des défilés haute couture du 21 au 24 janvier, TagWalk lancera une nouvelle rubrique haute joaillerie.

8.30

alexandra van houtte

Je marche jusqu’au bureau, rue du Louvre, avec Booba ou Leonard Cohen dans mes AirPods. Aussitôt arrivée, je fais un point avec mes équipes. Nous avons emménagé dans des locaux plus lumineux. Dire CeTTe FranCo-briTannique que j’ai lancé TagWalk (contraction de tag et de catwalk) en 2016 de de 29 ans révoluTionne la mode mon canapé ! J’étais assistante grâCe À sa sTarT-up TagWalk. mode pour « Grazia » et « Numéro », elle nous raConTe sa journée j’ai même fait un stage à ELLE à 15 ans. Je cherchais des vêtements À CenT À l’heure. pour les shootings. Avec 450 défilés par julia dion quatre fois par an, plus le street style, il n’existait pas de plateforme à la Deliveroo répertoriant tous les looks ! J’ai donc créé a pris de l’ampleur ! Heureusement, j’ai passé un moteur de recherche pour les acheteurs, les sty- pratiquement toute ma scolarité dans un pensionlistes, les journalistes et les marques avec une partie nat anglais et j’ai étudié le chinois pendant quatre shopping… ans à l’université de Nottingham. Je suis comme un poisson dans l’eau à l’étranger.

12.30

Si j’ai un déjeuner boulot, direction le Taokkan Saint-Honoré (1, rue du Mont-Thabor, Paris-1er) ou Le Café de l’Époque (2, rue du Bouloi, Paris-1er). Sinon, c’est salade tomates-thon-avocat devant l’ordi avec un thé Pukka. L’après-midi, rendez-vous extérieurs avec des directeurs marketing ou de stratégie des marques qui veulent être présentes sur TagWalk ou que nous conseillons. Je m’y rends avec Margaux, qui suit les tendances, et David, mon chef des opérations.

17.00

Mon job, c’est aussi de voyager aux États-Unis et en Chine à la rencontre de P-DG de griffes. Depuis que Carmen Busquets – la bonne fée de Farfetch, Net-A-Porter… – et Adrian Cheng, un milliardaire chinois, ont investi dedans, la société

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20.30

En début de semaine, je reste tranquille. Je vais au cinéma – j’ai adoré « Pupille », « Southern Belle » et « Suspiria ». Une fois rentrée, je lis, j’écoute de la musique. Mon chez-moi est un cocon avec des fleurs séchées sous verre, des tapis kilims, des photos et des objets rapportés de mes voyages en Inde, au Mexique ou dans le nord de l’Angleterre.

4.00

Quand je sors, je sors vraiment ! Je retrouve mes amis au Nemours (2, place Colette, Paris-1er), puis on peut dîner chez Cibus, un super bon restaurant italien (5, rue Molière, Paris-1er). Enfin, on va les uns chez les autres, danser et écouter de la musique. Avant de dormir, je checke une dernière fois mes mails, c’est plus fort que moi. Good night ! n

SeS cruShS mode Marcia Wear : des robes sexy imaginées par Emma Reynaud ; Particolari : des sacs en cuir hyper pratiques ; Alighieri : des bijoux londoniens inspirés de « La Divine Comédie », de Dante.

Son chiffre

10

« À TagWalk, je n’ai que des numéros 10 dans mon équipe, Tous des gens bien. »

SeS lectureS « En ce moment, je suis plongée dans les poèmes de Leonard Cohen et « La Dame au petit chien », une nouvelle de Tchekhov (éd. Folio). »

virgile guinard ; presse.

7.30

Je trie mes mails en même temps que je surfe sur « Le Monde », « Le Figaro » et Instagram. Je prends mon temps : citron pressé chaud, thé vert, puis chocolat chaud… Je m’habille tout le temps de la même manière : robe noire, baskets, mon éternel manteau Pallas Paris ainsi qu’un chapeau Bailey. Et le sac Celine que mes amies m’ont offert pour mes 21 ans. Je suis sentimentale.

18 janvier 2019

ELLE vie privée /une journée avec

E L L E .Fr


18 janvier 2019

NEUF... NOUVEAU... NOUVELLES ZAPA

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Cet hiver, restons au chaud avec les peaux lainées de Zapa Paris et affrontons le froid avec style. En provenance d’Italie, la collection met en avant les lignes épurées, modernes et élégantes chères à la marque. La veste « Mila », avec ses poches en biais, sa fermeture zippée et ses finitions en cuir, apporte une touche rock et très féminine à votre look. Disponibles en plusieurs coloris chauds. On craque sur ces pièces emblématiques et on conjugue confort et style sans effort ! zapa.fr

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NUMÉROSCOPE Semaine du 18 au 24 janvieR 2019 paR marie gardaire

Le climat hebdomadaire influe sur votre chiffre personnel, qui sera donc modifié chaque semaine. Pour le calculer, additionnez les chiffres de vos jour, mois et année de naissance. Par exemple, si vous êtes née le 27/11/1984, 2 + 7 + 1 + 1 + 1 + 9 + 8 + 4 = 33, 33 c’est 3 + 3 = 6. Mémorisez ce premier chiffre, auquel vous ajouterez le chiffre de la semaine, le 3 (lire encadré ci-dessous) : 6 + 3 = 9. Votre chiffre est le 9.

Stimulée

Freinée

Submergée

énervée

SurpriSe

Sentimentale

réSolue

ruSée

raSSurée

Poussée par les influences diverses auxquelles vous êtes soumise, vous ne perdez pas le nord ! Avec ce chiffre 1, c’est vous qui décidez dans quelle direction vous devez aller et ce qui doit justifier vos efforts. Alors autant dire que vous ne lâcherez pas avant d’atteindre votre but. Si, vers le 19 janvier, vous avez un souci affectif, gardez pour vous vos ressentis, ça ne servira à rien de vous épancher au contraire cela pourrait même vous fragiliser.

Vous êtes agacée de devoir faire le travail des autres et avez les nerfs à fleur de peau, alors que justement ce chiffre 4 exige de la pondération ! À partir du 21 janvier, n’hésitez pas à engager les discussions nécessaires à une meilleure entente (notamment professionnellement). Vous êtes d’autant moins disponible que votre cœur est mis en émoi par une situation qui ne vous convient plus du tout, relâchez la pression, tout s’arrangera à son rythme.

Déterminée à faire avancer les dossiers restés en suspens, vous trouverez la solution pour que vos propositions soient validées dès le 19 janvier. Avec votre partenaire, c’est plus complexe car il s’agit de lui faire passer un cap qu’il ne prend pas assez au sérieux. Les moments d’intimité ne font pas tout, et les projets en commun sont essentiels aussi. Si vous êtes célibataire, retroussez vos manches et mettez-vous en quête… Quelqu’un vous attend quelque part.

Tout ce que vous n’avez pas réglé en temps et en heure va se rappeler à vous cette semaine et vous obliger à ralentir. Il va falloir que vous vous penchiez sur chaque détail pour vérifier que tout est bien ordonné et va dans votre sens… Ce chiffre 2 vous demande de solidifier votre socle. À partir du 22 janvier, il est possible qu’à cela s’ajoutent des contretemps surgis de nulle part, et votre « mission » sera alors de tout remettre en place… dans la joie !

Une décision qui vous impacte fortement va vous déstabiliser aux alentours du 21 janvier et vous aurez du mal à rebondir car vous vous sentez à la fois lésée et contrariée. Pas de panique : en multipliant les initiatives, vous trouverez l’alternative qui éclaircira la situation et assurera votre stabilité. Sur un plan personnel, vous vous sentez épiée ou, en tout cas, critiquée dès que vous faites autrement que prévu, dites ce que vous en pensez sans hésitation !

Vous inventez différentes parades pour contourner toutes les fins de non-recevoir. Mais attention, sur le plan personnel, votre attitude risque de devenir un écueil : vous acceptez trop facilement l’état des choses sans vous demander où est votre intérêt, et c’est une erreur. Avec ce chiffre 8, vous devez vous concentrer sur le concret et penser à votre bénéfice personnel à court terme. « Qu’avez-vous à gagner ? » doit devenir votre seule et unique question.

Perdue dans une histoire d’amour qui ne mène nulle part, vous ne savez plus quoi décider pour vous sentir mieux. Avec ce chiffre 3, il y a fort à parier que vous feriez bien de miser sur quelqu’un d’autre. N’auriez-vous pas tendance à vous aveugler ? Le même type de problème se pose en famille où vous ne savez pas fixer vos limites et où vous vous épuisez en pure perte… Agissez en fonction de vos envies réelles et oubliez le conformisme.

Vous avez besoin de douceur et de vous sentir portée et protégée. Pour autant, ne cédez pas à la tentation d’être prise en charge. Vous êtes dans une phase où vous devez définir clairement la direction dans laquelle va votre vie. Nul autre que vous ne peut en décider. Enfin, ne vous laissez pas trop distraire de l’essentiel. Car ce chiffre 6 met l’accent sur une urgence qui vous obligera à faire le bilan que vous repoussez sans cesse…

Une nouvelle qui vous arrive vers le 21 janvier vous ravit. Vous voilà rassérénée et enfin certaine d’aller dans la bonne direction. Ne pariez pas sur l’inconnu car, avec ce chiffre 9, c’est lui qui viendra à vous ! En revanche, sachez reconnaître et accepter les mains qui se tendent pour vous apporter un soutien indéfectible. Prenez le temps de participer à une célébration qui vous fera vivre un beau moment (le 20) et vous mettra du baume au cœur.

3 eSt le chiFFre de cette Semaine. SI VoUS VoULEz obTENIr CE QUE VoUS SoUhAITEz, VoUS ALLEz êTrE obLIgÉE D’êTrE MoINS froNTALE ET D’EMPLoyEr DAVANTAgE LA STrATÉgIE… rASSUrEz-VoUS, VoUS EN êTES MILLE foIS CAPAbLE ! Suivez Marie Gardaire sur astropartouslestemps.com E L L E .FR

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HOROSCOPE semaine du 18 au 24 janvieR 2019 paR marie gardaire

béLIer 21 maRs - 20 avRil

Taureau 21 avRil - 21 mai

Gémeaux 22 mai - 21 juin

Chanceuse jusque dans vos emportements, vous réalisez que vos coups de grisou suscitent beaucoup de sympathie… Comme si on s’apercevait enfin que vous en avez trop sur le dos. Profitez-en sans hésiter pour exprimer vos envies de voir en grand et faire part des améliorations dont vous rêvez. Mars vous permet de créer la rupture et Jupiter, qui veille, s’arrange pour négocier les transitions en douceur afin que nul ne se sente lésé.

Sous vos airs de ne pas y toucher, vous êtes prise, vers le 20 janvier, d’une fièvre inattendue. Vous n’avez plus envie de la vie au ralenti qui vous pousse à la répétition et vous fait vieillir avant l’heure ! Brûlante dans vos ressentis, vous avez besoin de partage, d’intensité. Uranus arrive et vous devenez exigeante. Tant mieux ! Refusez les critiques et les mises en cause, exprimez vos rancœurs ! Pour une fois, elles sont justifiées.

La pleine lune du 21 janvier est dans votre signe et va exacerber des angoisses d’enfermement, comme si vous vous disiez que la vie piétine et que vous ne vous en sortirez jamais. Vous avez besoin de nouvelles perspectives et de vous libérer des conventions sociales. Concrètement, ça suppose que vous changiez vos valeurs. Osez avoir l’esprit d’aventure, cessez de rechercher les biens matériels… et vous ne tarderez pas à trouver votre voie.

cancer 22 juin - 22 juillet

LIOn 23 juillet - 22 août

VIerGe 23 août - 22 septembRe

Mercure et Pluton vous travaillent de l’intérieur. Certes, vous êtes bien contente d’aller votre petit bonhomme de chemin, mais vous vous demandez si vous ne vous êtes pas enfoncée dans une légère hypocrisie. Vous ne seriez pas contre tirer au clair certains points (surtout après le 22 janvier)… C’est bien difficile de ne pas créer de vague dans cette tranquillité. Commencez par résoudre vos contradictions avant de partir mener bataille !

Vénus et Jupiter vous encouragent et vous comblent d’attentions… Vous sentez qu’on vous aime, que votre entourage compte sur vous. Mais l’inconnu vous appelle, la passion vous titille (surtout vers le 21 janvier) et vous enviez la liberté d’une de vos amies qui mène peut-être la vie dont vous rêvez. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs ! Oubliez votre jalousie, concentrez-vous sur vos acquis, l’heure du changement n’a pas sonné…

De très belles nouvelles arrivent avec l’accord secret de la part de Fortune et de Neptune. Des intuitions fulgurantes vous frappent et vous faites des rencontres chaleureuses, porteuses de projets et d’engagement. Profitez-en ! Ne restez pas coincée, acceptez ce que l’on vous propose. Pourquoi ne pas vous lancer dans un hobby ou dans le bénévolat ? Partez à la découverte d’autres aspects de vous-même, décollez du quotidien…

baLance 23 septembRe - 23 octobRe

scOrpIOn 24 octobRe - 22 novembRe

saGITTaIre 23 novembRe - 21 décembRe

En opposition, Mars ne vous incite ni à la patience ni à la pondération… Cette fois, vous n’en pouvez plus que les uns et les autres vous cantonnent toujours aux mauvais rôles. Alors, dans votre vie professionnelle, jouez la carte de la modération et de la compréhension (avant le 23 janvier) et chez vous, exigez le respect, imposez le partage des tâches et des responsabilités. C’est plus que nécessaire, sinon vous risquez d’exploser.

Vous savez ce que vous voulez ? Faites-le savoir. Prévoyez des étapes, même si cela vous semble artificiel, afin que vos proches comprennent vos désirs. Encore une fois, vous avez tendance à trop demander… puis à vous sacrifier ! Il est temps de vous positionner clairement (dès le 19 janvier) et surtout de mettre en œuvre le changement sans rien laisser au hasard. Vous serez très fatiguée vers le 24, mais le jeu en vaut la chandelle…

Avec l’alliance de Jupiter et de Vénus, si vous êtes encore célibataire, c’est que vous le voulez ! Essayez donc de clarifier vos désirs. Arrêtez de vous prendre pour une rebelle, car en réalité vous ne rêvez que d’une vie bien cadrée. Chaque fois que vous le pourrez, préférez la communication (notamment le 22 janvier) et l’ouverture du cœur (en particulier le 24), c’est ainsi que vous trouverez le chemin de l’apaisement.

caprIcOrne Verseau 22 décembRe - 20 janvieR 21 janvieR - 18 FévRieR

pOIssOns 19 FévRieR - 20 maRs

Mercure, Pluton et Saturne se sont donné le mot pour rivaliser d’exigences ! Les choses sont en train de changer de façon radicale, mais il vous est demandé de rester lucide en toutes circonstances. Pas question de transiger ou de choisir la facilité : Saturne déteste les concessions. Préparez-vous à affronter des discussions houleuses vers le 20 janvier… et gardez votre calme. Tout finira par se mettre en place à votre convenance.

Neptune lutte contre le principe de réalité, vous faisant tout le temps viser un but que vous n’atteindrez jamais. Il est temps que vous regardiez les choses en face et que vous vous concentriez sur ce qui peut réellement vous rendre heureuse. Préférez les rapports humains à la réalisation d’une ambition qui vous laisserait insatisfaite. En famille, tirez parti des moments de gaieté pour vous ressourcer, mais surtout sans vous oublier.

Des secrets habitent votre cœur, mais, qu’ils soient douloureux ou vous fassent espérer un miracle, ils risquent de conduire à une impasse et de vous couper de la réalité ! Reprenez la main, faites du sport et éteignez les écrans : la lune noire vous maintient dans un rêve éveillé où il ne se passe plus rien. C’est à vous de secouer la gangue ! Vers le 19 janvier, on vous propose une sortie : saisissez la balle au bond ! Suivez Marie Gardaire sur astropartouslestemps.com

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PETITS CARROT CAKES

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Les gâteaux d’hiver de Miss Maggie’s Kitchen

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PETITS CARROT CAKES

« Délicieux au petit déjeuner, comme au goûter. »

« Caramélisez d’abord les cerneaux de noix afin de donner plus de croquant à ces cakes. »

Préparation : 15 mn Repos : 25 mn Cuisson : 50 mn Pour 8 à 10 personnes 150 g de sucre brun 2 clémentines bio 2 cuil. à café de quatreépices 6 clous de girofle 300 g de farine 1 sachet de levure 1 pincée de bicarbonate de soude 1 pincée de sel 3 œufs 200 g de beurre doux (+ 20 g pour le moule) 15 cl de lait 60 g de pistaches grillées

1. MÉLANGEZ le sucre avec le zeste et le jus des clémentines, les épices et les clous de girofle. Réservez au moins 15 mn le sirop. 2. PRÉCHAUffEZ le four à 185 °C/th. 6-7. Mélangez la farine, la levure, le bicarbonate de soude et le sel dans un grand plat. Retirez les clous de girofle du sirop sucré. Dans un bol, fouettez les œufs, ajoutez le sirop, le beurre mou et mélangez. Puis, petit à petit, ajoutez-y le mélange à la farine. Incorporez le lait et les pistaches concassées. 3. VERSEZ la pâte dans un moule beurré, enfournez-le 45 à 50 mn. Vérifiez la cuisson à l’aide d’un bâtonnet. Sortez le gâteau du four, laissez-le refroidir 10 mn avant de le démouler. 4. PRÉPAREZ LE GLAçAGE. Mélangez le zeste de 1 clémentine, le jus des 2 clémentines et le sucre glace. Versez en filet le glaçage sur le gâteau et parsemez-le de pistaches concassées.

LE GLAçAGE

2 clémentines bio 200 g de sucre glace 20 g pistaches grillées

les fICHES -CUISINE

Préparation : 20 mn Cuisson : 20 mn Repos : 20 mn Pour 10 personnes 20 cl de lait 1/2 citron 3 œufs 20 cl d’huile végétale 190 g de sucre en poudre 3 cuil. à café d’extrait de vanille 250 g de farine 1 sachet de levure 1 cuil. à café de gros sel 1 cuil. à soupe de quatre-épices 1 cuil. à soupe de cannelle moulue 3 grandes carottes râpées 80 g de noix de coco râpée 125 g de cerneaux de noix concassés 110 g de beurre doux 300 g de cream cheese 200 g de sucre glace

E L L E

1. PRÉCHAUffEZ le four à 180 °C/th. 6. 2. BEURREZ 20 moules à muffins. Dans un bol,

mélangez le lait et le jus du demi-citron puis réservez. Dans un plat, mélangez les œufs, l’huile, le sucre, 2 cuil. à café d’extrait de vanille et la préparation lait-citron. Ajoutez la farine, la levure, le gros sel, le quatre-épices et la cannelle (réservez-en un peu pour le dressage). Mélangez bien le tout. 3. INCORPOREZ les carottes râpées, la noix de coco et les cerneaux de noix (réservez éventuellement un peu de noix de coco et de noix pour le dressage). Déposez une grosse cuillère à soupe de la préparation dans chaque moule et enfournez 20 mn. Laissez refroidir. 4. fOUETTEZ le beurre et le cream cheese. Ajoutez 1 cuillère à café d’extrait de vanille et, petit à petit, le sucre glace. La consistance doit être assez ferme. 5. DÉMOULEZ les gâteaux et posez-les sur un plat. Déposez 1 cuillère à soupe du glaçage sur la moitié des gâteaux, puis, par-dessus, un second gâteau. Décorez d’une grosse cuillère à café de glaçage et, si vous le souhaitez, d’un cerneau de noix, d’une mini-pincée de cannelle et de noix de coco râpée.

les fICHES -CUISINE

E L L E

Les gâteaux d’hiver de Miss Maggie’s Kitchen

Les gâteaux d’hiver de Miss Maggie’s Kitchen

GÂTEAU NOIX DE PÉCAN

CASTAGNACCIO

« Accompagné d’une boule de glace vanille ou noisette, il se transforme en dessert addictif. »

« Ce gâteau traditionnel toscan peut être présenté avec quelques raisins secs et de la crème de marron. »

Préparation : 15 mn Cuisson : 35-40 mn Repos : 5 mn Pour 10 personnes 40 cl de lait 1 citron bio 200 g de noix de pécan concassées 120 g de sucre brun 2 cuil. à café de cannelle moulue 2 pincées de gros sel 2 cuil. à café d’extrait de vanille 170 g de beurre doux en morceaux 350 g de farine 3 cuil. à soupe de sucre en poudre 1 sachet de levure 1 pincée de bicarbonate de soude

1. PRÉCHAUffEZ le four à 180 °C/th. 6. 2. TAPISSEZ le fond et les bords d’un moule

rectangulaire de papier aluminium et beurrez-le. Réservez. 3. MÉLANGEZ le lait et le jus du citron, puis réservez. Placez les noix de pécan et le sucre brun sur le fond du moule, parsemez le tout de cannelle, d’une pincée de gros sel et d’extrait de vanille. Ajoutez 70 g de beurre de-ci de-là. Réservez. 4. MÉLANGEZ la farine, le sucre en poudre, la levure, le bicarbonate de soude et 1 pincée de gros sel. Ajoutez le restant du beurre et travaillez la pâte aux doigts. Au centre, versez le mélange laitcitron, touillez jusqu’à l’obtention d’une consistance homogène. 5. VERSEZ la pâte dans le moule. Enfournez 35 à 40 mn, le dessus doit être doré. Laissez le gâteau refroidir 5 mn avant de le retourner sur un plat de service. Servez tiède ou à température.

Préparation : 10 mn Cuisson : 30 mn Pour 8 personnes 300 g de farine de châtaigne 2 pincées de sel 40 g de sucre en poudre 3 cuil. à soupe d’huile d’olive 2 brins de romarin frais 70 g de pignons grillés

1. PRÉCHAUffEZ le four à 180 °C/th. 6. Huilez légèrement un moule. Réservez. 2. MÉLANGEZ la farine, le sel et le sucre. Versez petit à petit 30 cl d’eau froide afin d’obtenir une crème épaisse. Ajoutez 2 cuillère à soupe d’huile, les feuilles d’un brin de romarin et 50 g de pignons. Mélangez, versez la pâte dans le moule. 3. SAUPOUDREZ le reste des pignons et des brins de romarin, enfournez 30 mn. La cuisson est parfaite quand le dessus brunit et commence à craqueler. 4. ARROSEZ le gâteau du reste d’huile d’olive avant de le servir.

Après quinze ans dans la mode, HÉLOÏSE BRION a lancé Miss Maggie’s Kitchen, un site de food/lifestyle/déco/voyage avec des box saisonnières. Pour cette globe-trotteuse, qui aime partager les bonnes et belles choses, la vie a le goût des recettes qu’elle imagine dans sa maison en Normandie. missmaggieskitchen.com et Instagram @missmaggieskitchen

les fICHES -CUISINE

E L L E

ELLE 3813 Réalisation Héloïse Brion. Photos Christophe Roué.


la liste de nos envies réalisation mireille assénat

Marie-Odile Perulli 1

4

Océane Algaron

2

Katell Pouliquen

3

Mireille Assénat

5

Charlotte Huguet

6

Danièle Gerkens

7

Fabienne Coron

Michel-Giesbrecht, presse.

1. culte. livre « icônes », de François Fontaine

et Nina bouraoui (éd. la pionnière), édition limitée, 49 €. lapionniere.com 2. ludique. livre « hermès pop-up ! », de stéphane Foenkinos, bernard Duisit, pierre-Alexis Dumas (éd. Actes sud), 29 €. 3. malin. Armoire lingère sèche-linge naturel, billie blanket x la redoute intérieurs, 599 €. laredoute.fr 4. raffiné. céramique « polyèdre », Marin Montagut x toma blok, exclusivité bon Marché rive Gauche, 240 €. 5. pop. robe « Kimono citron » en soie, Datura, 331 €. datura.com 6. eXquiS. théière « la cavalière » en porcelaine et cuir, ionna Vautrin x palais des thés, 289 €. palaisdesthes.com 7. gourmand. bob’s café, MK2 bibliothèque, 128-162, avenue de France, paris-13e. 8. précieuX. coffret de miels bio sauvages, ballot-Flurin, 60 €. ballot-flurin.com

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T H A L A S S O T H É R A P I E • S P A • A Q U AT O N I C • H Ô T E L S • R É S I D E N C E S • G A S T R O N O M I E • D I É T É T I Q U E

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LYON

& SA RÉGION

NOS MEILLEURS SPOTS

STOCKSY

OÙ DÉJEUNER LE DIMANCHE


18 JANVIER 2019

ELLE LYON FOOD

OÙ DÉJEUNER LE DIMANCHE AMBIANCE CANTINE, BISTROT OU GASTRO, NOTRE SÉLECTION D’ADRESSES. PAR SANDRA MOISSON

CLASSIQUE CHEZ SILK BRASSERIE

Le jeune chef Benjamin Baldassini, 26 ans, a grandi derrière le fourneau familial. De là est né son amour pour la cuisine lyonnaise et sa parfaite maîtrise des plats traditionnels : quenelle de brochet maison sauce Nantua, tablier de sapeur grillé au beurre (l’un des meilleurs de la ville, d’après les amateurs !), omelette norvégienne, gâteau Brunet. La recette de ce quatre-quarts aux pommes, poires et pralines lui a été confiée par Gilles Maysonnave, l’ancien chef de la maison. Menu Lyonnais : 26 €. Menu Brunet : 32 €. 23, rue Claudia, Lyon 2e. Tél. : 04 78 37 44 31. bouchonlyonnaisbrunet.fr

ÉPICURIEN À L’ÉBAUCHE

Le discret Mélik Debadji fait partie de ces chefs qui dépoussièrent la gastronomie à Lyon. Aguerri à la précision et au respect des produits bruts dans de grandes maisons comme Guy Savoy et Pierre Gagnaire à Londres, sa cuisine de bistrot créative nous emballe.

2

La carte change très souvent, mais on y a dégusté récemment un cabillaud à la cuisson parfaite, escorté de minipotimarrons rôtis, crème de topinambour, zataar. Ce repaire épicurien est également réputé pour sa belle sélection de vins naturels. Menu à 32 €. Réservation conseillée. 4, rue de la Martinière, Lyon 1er. Tél. : 04 78 58 12 58.

20, quai Gailleton, Lyon 2e. Tél. : 04 72 41 20 80. sofitel-silk.com

ARTY À LA BRASSERIE DES CONFLUENCES

Au musée des Confluences, on nourrit sa tête et son ventre. Pour la seconde option, rendez-vous à la brasserie des Confluences. La carte, signée du chef Guy Lassausaie, Meilleur ouvrier de France et double étoilé Michelin, revisite avec finesse la cuisine française traditionnelle. Noix de ris de veau et pain d’épices façon pain perdu ; polenta crémeuse et poêlée de calamars ; filet de cabillaud et coquillages… Plats à la carte de 13 à 29 €. Menu à 35 €. Musée des Confluences, rez-de-chaussée. 86, quai Perrache, Lyon 2e. Tél. : 04 72 41 12 34.

Silk Brasserie

E L L E .FR

KALLE GUSTAFSSON / TRUNKARCHIVE / PHOTOSENSO ; JONATHAN THEVENET

TRADI AU BOUCHONCOMPTOIR BRUNET

Au pied du Sofitel, le Silk propose les incontournables de la cuisine de brasserie interprétés par le chef Philippe Guichonnet. Tartare de bœuf (18 €) ou de saumon frais coupé au couteau (24,50 €), burger de pluma ibérique au saint-marcellin (24 €), club sandwich de compétition (19,60 €). On réserve une place pour le chariot des desserts confectionnés par le pâtissier du restaurant gastronomique Les Trois Dômes : gaufre au chocolat, tiramisu au café, mousse au chocolat, meringue ardéchoise… Menu Silk : 27 €.


Away Hostel

18 JANVIER 2019

ELLE LYON

LA FÊTE DU GOÛT En parallèle du salon professionnel Sirha, BIG, la Biennale internationale du goût, propose aux Lyonnais de célébrer la gastronomie pendant cinq jours, du 24 au 31 janvier, au cœur de la ville. Parmi les événements prévus, on ne manque pas le Dîner remarquable à l’Hôtel de Ville (le 26 janvier, à 20 h, 50 €) et le BIG Festiv’Halles aux Halles Paul-Bocuse (le 28 janvier, à partir de 19 h 30, 99 €). Billetterie uniquement par téléphone au 04 27 01 83 58.

ÉCONOMIQUE À L’AWAY HOSTEL

Bonne nouvelle : le Kitchen Café, l’une des meilleures adresses bistronomiques de la ville, est désormais ouvert 7 j/7. Dans ce corner cosy, les accros de la brioche à la cannelle défilent dès le petitdéjeuner. Puis, place à la cuisine créative et savoureuse du duo Connie Zagora/ Laurent Ozan : carpaccio de bar, livèche, riz soufflé et cresson ; poire fondante et châtaignes, granité à l’amande et mousse laitière… Les becs sucrés reviennent l’après-midi pour le bar à desserts. Menu en deux ou trois services : de 26 à 31 €. Réservation conseillée. 34, rue Chevreul, Lyon 7e. Tél. : 06 03 36 42 75. kitchencafe.com

MÉDITERRANÉEN AU SUD

Toutes les maisons Bocuse sont ouvertes le dimanche, midi et soir. Parmi elles, la brasserie le Sud vient d’être entièrement redécorée par Fazenda Architecture. Fidèle à l’esprit du lieu, ce nouveau décor sied parfaitement à la cuisine ensoleillée du chef Franck Barrouilhet. Ses trois plats signatures, tagine de poulet de Bresse au citron, tagine de légumes, pastilla de volaille fermière, côtoient d’autres spécialités méditerranéennes comme les linguine vongole ou le foie de veau poêlé à la vénitienne. Menu à partir de 32,90 €. 11, place Antonin-Poncet, Lyon 2e. Tél. : 04 72 77 80 00. brasseries-bocuse.com

4

21, rue d’Alsace-Lorraine, Lyon 1er. Tél. : 04 78 98 53 20. awayhostel.com

CONVIVIAL AU GRAND RÉFECTOIRE

À l’instar du traditionnel Sunday Roast anglais, le Grand Réfectoire propose tous les dimanches « Le Poulet de Marcel comme on l’aime ». La formule comprend un apéro canaille, deux salades gourmandes à partager, une volaille Le Sud

Le Grand Réfectoire

en cocotte cuite au beurre d’herbes sous la peau, pommes grenailles au thym, confit de légumes de saison et clafoutis grand-mère. On aime le concept du plat à partager en famille ou entre amis. À commander pour l’ensemble de la table, à partir de deux convives. 38 €/personne. Service de 12 h à 14 h. Réservation conseillée. 3, cour Saint-Henri, Grand Hôtel-Dieu, Lyon 2e. Tél. : 04 72 41 84 96. legrandrefectoire.com

GÉNÉREUX AU BISTROT DES FAUVES

Ouvert 7 j/7, ce bistrot de quartier sert une délicieuse cuisine du marché, dimanche inclus, midi et soir. À l’ardoise, trois entrées, trois plats, deux desserts. Terrine de foie gras, lieu noir au petit épeautre, travers de veau braisé, assiette gourmande en dessert. Et entre le déjeuner (12 h-14 h) et le dîner (19 h 30-22 h), on peut aussi commander une planche de fromages ou de charcuterie artisanale. Entrée : 5,50 €. Plat : 11,90 € le midi, 15,90 € le soir. Assiette gourmande : 5,50 €.

PRESSE ; JEAN-CHARLES DAL BEN

COSY AU KITCHEN CAFÉ

Dans la lignée des cantines lyonnaises historiques et généreuses, la cuisine du nouveau chef d’Away Hostel, Clément Jung, se veut réconfortante et conviviale. La formule du dimanche comprend velouté de carotte anisé, ceviche de cabillaud au curry vert (version veggie avec tofu), pancakes et fruits au sirop épicé, granola bio maison sur lit de fromage blanc et châtaignes, jus de fruit artisanal, boisson chaude, vin. Le tout, pour 20 €… un bon plan ! Service de 11 h à 15 h. Réservation conseillée.

29, rue Saint-Michel, Lyon 7e. Tél. : 09 81 44 46 05.

E L L E .FR


www.ville-bron.fr

CULTURE BRON FAIT LA

DIFFÉRENCE 25 AU 27 JANVIER FESTIVAL DRÔLE D’ENDROIT POUR DES RENCONTRES

CINÉMA LES ALIZÉS

12 FÉVRIER /2 AVRIL RENCONTRES DES SAVOIRS CYCLE 7

VILLE DE BRON/IFSTTAR/ENTPE MÉDIATHÈQUE JEAN PRÉVOST

6 AU 10 MARS FÊTE DU LIVRE DE BRON VILLE DE BRON, DIRECTION DE LA COMMUNICATION - JANVIER 2019 -- CONCEPTION : ATELIER GRÈVE-VIALLON

HIPPODROME DE PARILLY

4 AU 11 AVRIL BIENNALE DES ARTS NUMÉRIQUES RVBN #4 CULTURE & RÉSEAU DES MÉDIATHÈQUES DE BRON

22 ET 23 MAI RENCONTRES SCIENTIFIQUES NATIONALES DE BRON VILLE DE BRON/IFSTTAR/ ENTPE/ARCHIPEL CDCU MÉDIATHÈQUE JEAN PRÉVOST

24 ET 25 MAI F’EST #6

FESTIVAL MUSIQUE JACK JACK/MJC LOUIS ARAGON

25 MAI GRAND FINAL DE LA CARTE BLANCHE FRANÇOIS DÉSÉRABLE MÉDIATHÈQUE JEAN PRÉVOST

23 JUIN CÉLÉBRON/TERRAILLON

CENTRE SOCIAL ET CULTUREL GÉRARD PHILIPE

4 AU 7 JUILLET FORT EN SCÈNES #2

BOXE BOXE BRASIL MOURAD MERZOUKI © DOMINIQUE PERRON ARCHIVES VILLE DE BRON

PÔLE EN SCÈNES/FORT DE BRON


18 JANVIER 2019

ELLE LYON

JAPONISANT CHEZ MUBYOTAN

GASTRONOMIQUE CHEZ TÊTEDOIE

En fonction du budget ou de l’envie, le chef Christian Têtedoie comble nos désirs. Pour les grandes occasions, direction le restaurant étoilé sur la colline de Fourvière (menu à partir de 70 €). Pour une ambiance plus décontractée, direction le pub gastronomique en Presqu’île. Ouvert en continu de 12 h à minuit, le Lyon’s Gastropub propose à l’heure du déjeuner (de 12 h à 15 h) une formule à 31 € comprenant plat du jour, œuf et lard fermiers ou burrata, buffet salé et sucré, dessert à la carte, jus de fruits, thé, café. Restaurant gastronomique Têtedoie. 4, rue Professeur Pierre Marion, Lyon 5e. Tél. : 04 78 29 40 10. Lyon’s Gastropub. 7, rue Neuve, Lyon 1er. Tél. : 04 72 45 99 12.

CHIC CHEZ PLÉTHORE & BALTHAZAR

Pléthore & Balthazar

Cette adresse à la déco haute en couleur nous attire le dimanche avec sa vaste carte de propositions alléchantes. Difficile de choisir entre le ceviche de daurade, le risotto de saison ou

Lyon’s Gastropub

le foie gras poêlé. Même dilemme pour les desserts, même si le paris-brest de la chef pâtissière Yoo Jin Lee-Leclercq finit toujours par l’emporter ! Formule déjeuner (amuse-bouche + viande ou poisson du jour + dessert du jour) : 23 €. Formule soir (œuf parfait ou gravlax de saumon + filet de bar ou souris d’agneau) : 32 €. 72, rue Mercière, Lyon 2e. Tél. : 04 72 16 09 21. plethoreetbalthazar.com

AUTHENTIQUE À LA BRASSERIE JULLIEN

Dans un décor contemporain, le chef Mathieu Jullien propose une carte de brasserie à la française. Foie gras de canard maison, poularde de Bresse à la crème, grenouilles fraîches en persillade, ris de veau et poêlée de champignons de saison sans oublier l’un des plats signatures de la maison : le filet de bœuf cru mariné minute servi en pavé. Pour les végétariens, il y a aussi un délicieux burger garni de pomme paille, avocat et cervelle de canut. Menu Marcel, 34 €.

De retour du Japon, Adrien et sa compagne Naoko ont ouvert un comptoir japonais traditionnel à la Croix-Rousse. On y déjeune le dimanche (12 h-13 h 30) d’un teishoku, formule comprenant un plat du jour (dont un végétarien) accompagné de riz, d’une soupe miso et d’un hors-d’œuvre comme la fameuse salade de pommes de terre et légumes croquants. L’après-midi (de 16 h à 18 h), le lieu se transforme en salon de thé. Naoko prépare, dans les règles de l’art, le matcha ou le thé vert importé de la boutique ancestrale Horaido à Kyoto, unique à Lyon. Formule Teishoku, 13 €. Réservation conseillée. 6, rue Duviard, Lyon 4e. Tél. : 06 24 53 20 39.

KIDS-FRIENDLY À LA PISCINE

Surplombant la piscine du Rhône, cette grande salle lumineuse est le spot idéal pour un déjeuner dominical en famille. La formule se compose d’une assiette salée au choix parmi les trois propositions du chef Benjamin Sanchez, suivie d’un buffet sucré à discrétion, de café et thé à volonté. Quand les kids ont terminé leur assiette, ils peuvent jouer ou dessiner sur les tables basses prévues à cet effet. Deux services à 11 h et 13 h 30. 24 €/personne, 14 € pour les moins de 12 ans. Réservation conseillée. ■ 8, quai Claude-Bernard, Lyon 7e. alapiscine.eu

La Piscine

44, boulevard des Brotteaux, Lyon 6e. Tél. : 04 78 52 30 11. brasseriejullien.com

À l’occasion du Sirha, le Food Social Club s’installe dans un appartement, chez MAPIECE, en Presqu’île. Ouvert au grand public, ce repaire éphémère rassemble chaque soir une quarantaine de personnes autour de la cuisine. Chefs, artisans, tables rondes, projections, masterclass… Du 26 au 30 janvier, de 19 h 30 à 23 h 30. Détails de la programmation et réservations à suivre sur Facebook. RÉDACTRICE EN CHEF DES ÉDITIONS RÉGIONALES : ANNE-CÉCILE SARFATI. RÉALISATION : RELAXNEWS. RÉDACTRICE EN CHEF : SANDRINE BOUILLOT. SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DE LA RÉDACTION : CÉCILE ROUSSELET. MAQUETTISTE : MAGALI HIRN. PREMIÈRE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : SONIA GARRIGUES. RESPONSABLE DU SERVICE PHOTO : SANDRINE SAUVIN, AVEC STÉPHANIE DUCHÊNE. A COLLABORÉ À CE NUMÉRO : SANDRA MOISSON. DIRECTRICE ADJOINTE DES ÉDITIONS RÉGIONALES : ANNE-MARIE LABINY. SERVICE PUB : LAGARDÈRE PUB METROPOLES. TÉL. : 04 72 40 44 44.

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E L L E .FR

PRESSE ; MAT DESPEYSSES

UN CLUB GOURMAND


ELLE PSYCHO

NON AU SYNDROME DE LA BONNE ÉLÈVE

SPÉCIAL MODE POURQUOI IL FAUT DÉSOBÉIR

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Assimilée à de l’or vert, l’huile d’olive a su conquérir nombre de chefs étoilés de par le monde. Depuis de nombreuses années, l’Espagne en est le premier producteur, avec plus de 260 variétés d’oliviers. Autant dire que le choix peut s’avérer difficile ! Nous ferons hommage à la famille andalouse Gracia Casas qui récolte les olives depuis plusieurs générations et depuis 2005 maîtrise entièrement sa production de l’arbre à la bouteille avec la plus grande attention. A découvrir absolument, l’huile Arbequina (primée par l’AVPA en 2018) qui laisse exploser en bouche des arômes fruités avec des notes d’amandes vertes, et l’huile Yuzu à laquelle est ajouté à la première, un jus d’agrume d’origine japonaise aux notes de mandarine et de citron vert (le Yuzu). Délicieux ! Huile Arbequina 19,90 € les 500ml, Huile Yuzu 19,95 € les 500ml (prix observé). Disponibles sur www.omedoil.com/fr/ Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas. www.mangerbouger.fr

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Peaux sensibles, intolérantes et sujettes aux allergies, osez le maquillage avec la gamme haute tolérance de la Roche Posay : « 100 % allergy-tested ». Cette ligne experte dédiée aux peaux sensibles ne regroupe pas moins de 69 références sans compromis sur la tolérance, pour le teint, les yeux, les lèvres et les ongles avec une palette riche en couleurs. Le laboratoire dermatologique répond ainsi à tous les besoins pour sublimer celles qui se croyaient interdites à révéler leur beauté. Issus de cette gamme, les rouges à lèvres bienfaisants renferment un baume constitué de 46 % d’actifs soin. Hautement hydratants, ils stimulent le renouvellement cellulaire pour lisser la surface des lèvres et leur offrir une jolie couleur qui dure tout au long de la journée. Rouge à lèvres, 12 teintes proposées, 16,40 €. Disponible en pharmacies, parapharmacies et sur my-dermacenter.com

GHD®

Experte dans les outils de coiffage depuis 2001, ghd présente le nouveau ghd platinum+, le « styler » intelligent qui prédit les besoins de vos cheveux. Il est doté d’une technologie révolutionnaire : ultra-zone prédictive. Le coiffage devient sur mesure ! Cette technologie permet en effet de reconnaître le type de cheveux, l’épaisseur de la mèche coiffée, la vitesse de coiffage, et s’ajuste en conséquence pour assurer des résultats exceptionnels. Ce « styler » est doté d’un capteur Infinity qui contrôle la température 250 fois par seconde afin de la maintenir de façon constante à 185 °C. La mise en beauté capillaire se fait ainsi dans des conditions optimales. Les cheveux resplendissent, sont plus forts et visiblement plus sains. Styler Platinum +, 265 € (prix observé). www.ghdhair.com

Pour faire fi du temps qui passe, les femmes pouvaient choisir d’avoir recours aux injections afin de diminuer les rides et la perte d’élasticité. Les laboratoires Vichy ont souhaité trouver une solution pour réactiver la production naturelle de collagène et d’acide hyaluronique du visage sans passer par ces injections. Ainsi, la ligne Liftactiv est née ! Elle décline un soin de jour qui réactive la création de collagène et permet de corriger les signes de vieillissement cutané. Le masque, à haute concentration d’actifs, offre les mêmes bienfaits tout en procurant une hydratation optimale et en recréant une peau repulpée et un teint unifié. Enfin, pour retrouver un regard frais et un contour des yeux réhydraté en une seule nuit, s’ajoute le soin Liftactiv Micro Hyalu Patch. Un rituel de beauté à essayer puis adopter ! Liftactif, soin jour et masque 40 € chacun, patches yeux 20 € (prix observés). Disponibles en pharmacies et parapharmacies.

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