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reims ☰ du 24 au 29 septembre 2o12

musiques du temps présent ☳ dixième édition

www. elektricityfestival . fr


Conception Atelier PAO - Document non contractuel - Crédit photo : Thinkstock - Juillet 2012

Plus d’infos sur : Caisse Fédérale du Crédit Mutuel Nord Europe, SA coopérative de crédit à capital variable - 4, Place Richebé 59000 Lille - RCS Lille 320 342 264

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é d i t o

Une nouvelle parenthèse, plus enchantée que jamais, s’ouvre à Reims avec cette diXième édition (déjà) d’Elektricity. Créé par Yuksek en 2003, ce festival a toujours eu pour ambition de mettre la Cité des Sacres en ébullition, la faire vibrer sans dogme ni règles aux sons des musiques de notre époque, soutenir la création musicale sous ses formes les plus diverses (Tô, Collectif Mu, Kasper Toeplitz), porter des artistes en devenir (comme Justice dès 2005), embrasser son rôle de défricheur (Brodinski en 2006, The Shoes en 2007), avec le souci permanent du décloisonnement, et le désir de proposer de grands moments de plaisir (Mr Oizo en 2006 ou Air en 2008, Yuksek en 2009, Zombie Zombie en 2010…) et de découvertes (Chassol l’an passé). Neuf éditions se sont ainsi déroulées, sans qu’Elektricity ne cesse de grandir, pour mieux se développer et s’émanciper. Ainsi depuis 2009, le festival se frotte à un symbole comme pour en devenir un luimême, en s’invitant sur le parvis de la Cathédrale de Reims. Ce rendez-vous est devenu simplement incontournable. La Cartonnerie et Césaré se sont une nouvelle fois associés et ont tenu à voir et à faire les choses en grand pour ce qui prendra la forme d’une gigantesque fête d’anniversaire, au cœur même de notre Cité. Sacrer le Roi Bleu Sebastien Tellier sous le firmament, sabrer le champagne avec l’icône Jaar aux pieds de la Cathédrale, lâcher prise avec Gesaffelstein, défiler avec Woodkid, protester avec SebastiAn, recevoir avec joie les uppercuts de Cassius ou les crochets de Rocky (et en redemander), monter dans le train du merveilleux Chassol, décrocher l’Extra Ball, goûter aux incroyables recettes de Sensitivexplosion, sont autant de (ré)jouissances qui font la raison d’être et la fierté de ce festival des musiques du temps présent. Notre autre fierté, c’est celle d’avoir vu naître puis s’envoler ces artistes rémois sans qui Elektricity n’aurait pas le même goût. C’est pourquoi ils sont cette année encore de la party. Yuksek le père, et Brodinski le fils, convient leurs amis pour deux folles nuits au Palais du Tau. About The Girl sera la maîtresse de cérémonie d’une soirée dédiée à la Femme. Une partie du bataillon de The Shoes accompagnera Woodkid sur scène, et nos Bewitched Hands célèbreront une messe mystico-funny d’anthologie sur le parvis de leur cathédrale. Cette édition XXXL dont nous n’aurions osé rêver il y a peu encore est aujourd’hui une réalité. Nous vous invitons à en faire un mythe, un grand moment de joie dont nous parlerons encore dans X années comme d’une légende urbaine. Un souvenir au parfum de plaisir et d’abandon enfoui au plus profond de notre inconscient, avec le désir avoué de le revivre, encore et encore. Bon anniversaire à tous. L’équipe du festival Elektricity tient à remercier la Ville de Reims pour le soutien particulier apporté à cette diXième édition.


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sebastien tellier 35°, un très bel après-midi de juillet comme il s’en est fait rare cet été. Nous sommes ce jour-là attendus dans un hôtel plutôt chic du 1er arrondissement pour rencontrer Sebastien Tellier. Passé le hall, l’enfer et son cagnard redeviennent pour les autres. Au bar, l’attachée de presse nous explique qu’il y aura du retard. Pas grave, nous prendrons un verre en attendant, tentant d’en combler un autre, de retard. En vain. Sebastien lui est au champagne. Au fond du salon, il fait de grands gestes, se lance dans de longues démonstrations. On l’entend s’employer à répondre intelligemment à des questions souvent redondantes, s’efforçant de se faire entendre. “On ne peut pas toujours me parler de démarche commerciale, Je suis sincère dans ce que je fais” lance-t-il avec un léger rictus de dépit. Nous ne comprenons que quelques bribes de ses réponses. Mais le ton est donné. sebastien est en forme. le voilà, dans un pantalon de jogging noir, portant des chaussures d’une insoutenable beauté et des socquettes roses. insolemment roses. Nous avons à peine le temps de nous présenter qu’À l’évocation du nom Reims, sa figure s’illumine et le voilà qui commande une nouvelle coupe. Toi qui te présentes comme la Maman (de l’Alliance Bleue), parlons de tes parents si tu le veux bien. Ton père était un musicien, et ta mère dirigeait un établissement réputé pour les enfants surdoués. Apparemment ils voulaient faire de toi un musicien

“Oui… C’est ça qui était pénible dans mon enfance. J’ai grandi à Cergy-Pontoise, une ville conçue selon le modèle américain… une banlieue eXpérimentale. Ma mère était une dingue de l’eXpérience éducative…” Sebastien cite “L’Esprit de Cain” de Brian de Palma… mais se rend compte que la comparaison a ses limites et revient à sa mère. “Elle a tenté plein d’eXpériences sur moi. J’ai été victime de ça, de son besoin de toujours tenter de nouvelles méthodes. Il en résulte un immense n’importe quoi…” Puisqu’on parle de ton enfance, quel est ton souvenir le plus lointain ? Ta première véritable émotion ?

“Wouais !” Lance-t-il l’air emballé. “Je me souviens d’un soir de Noël. J’étais dans ma chambre, et je me suis approché du salon en loucedé pour regarder les cadeaux, deviner ce qu’il y avait dans les paquets… Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça… mais c’est ma première émotion.” A Noël, tu recevais des instruments de musique…

“Dès l’âge de six ans, je recevais des instruments. J’ai d’abord eu une guitare électrique. Vers huit ans, j’ai eu un synthé. À neuf ans j’ai reçu une batterie… Si bien qu’à treize ans, ma chambre était une sorte de home studio. Je pouvais même faire des maquettes. Ça c’était vraiment génial quand j’y repense.” À cet âge-là, tu savais que tu serais musicien ?

“Je le savais depuis le début dans le sens où mes parents voulaient que je le devienne. J’ai été élevé comme ces gosses qu’on pousse à faire du tennis ou du patinage artistique. C’était comme une obsession pour eux.” On a du mal à l’imaginer aujourd’hui. Mais tu es ensuite devenu un ado renfermé et complexé…

“Ah… L’adolescence… Oui j’étais un ado torturé. L’adolescence, c’est une plaie pour le monde… Moi je l’ai pris comme une chance. La chance de renaître. Jusqu’à l’adolescence on n’est que l’enfant de ses parents, on n’est que la continuité du passé. Pour moi l’adolescence a été un moyen de s’en échapper. J’ai commencé à entrer en réaction, à penser par moi-même… Je me suis construit à ce moment-là. Mes modèles à l’époque c’était les héros des films de De Palma et de Scorcese… Tout sauf mes parents. J’ai choisi de faire l’inverse de qu’ils attendaient de moi. Bien sûr ils voulaient que je sois musicien, mais peut-être pas de cette façon-là…”

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tout la période Stade de France… Elle fait partie de moi, de mon histoire. Aujourd’hui je suis plus respecté. Je peux parler d’art, de politique, de bouffe, de science, j’ai l’impression d’être écouté, d’être pris au sérieuX même parfois…” On va essayer de parler un tout petit peu de musique… Pour toi le concert idéal que tu pourrais donner, ce serait où ? Au pied d’une pyramide ? D’une cathédrale ?

“Je ne sais pas… Pour moi il faut qu’il y ait le vent. Il faut qu’il soit chaud. Le vent chaud. Et puis il faut qu’il y ait le son. C’est très compliqué le son…”

Une nouvelle coupe de champagne arrive… Nous trinquons puis reprenons. Mais Sebastien a perdu le fil de sa pensée et se gratte la tête pour le retrouver. “Comment il s’appelle ce mec déjà… ? Ah oui… Ça y est. Miles Davis ! Miles Davis lui, non seulement il avait les plus beauX blousons du monde mais il jouait dos au public. Bah voilà… C’est ça qui me motivait vers 18 ans… Jouer en tournant le dos à mes parents.” Aujourd’hui tu es un artiste international, accompli…

“Je ne pense pas que je sois accompli… Ni même compris. Mes deux premiers albums ont été plutôt incompris… Aujourd’hui ce que je cherche à faire c’est être compris par le plus grand nombre. J’ai toujours eu pour ambition d’être un fleuve plutôt qu’une rivière. J’aimerais que mes messages soient compris par tous. Comme ceux des grands mecs. Comme Victor Hugo, Yves Saint-Laurent… Mais mon message, en tant qu’artiste, n’est jamais passé pour quelque chose de sincère. Alors que c’est ma raison d’être… Mais je ne suis qu’au tout début de ma carrière. Je propose quelque chose qui me semble sincère mais qui est pris par les médias pour une posture… Alors que c’est eXactement ce que je vomis chez les autres artistes… Les postures. Mais c’est comme ça aujourd’hui. On vit dans une société fake. Même la sincérité passe pour une posture…” On te demande souvent de te justifier sur ta personnalité, penses-tu que des gens comme Dali ou Gainsbourg auraient trouvé leur place dans la société d’aujourd’hui ?

“Non. Aucune chance. Aujourd’hui ce qui compte c’est l’efficacité. J’adore l’efficacité. J’adore le côté efficace de la pop. C’est ce que j’aime… Mais je ne peux pas me contenter que de ça. C’est comme se balader à Hollywood. Tout y brille mais c’est de la merde. Du contreplaqué et de l’aggloméré de merde… Moi ce que j’aime, et ce que j’essaye de faire c’est un autre truc. Une forme de modernité basée sur de la tradition… Ce que j’aime, ce sont les palais italiens, c’est Versailles” Sebastien fait référence à l’œuvre de Xavier Veilhan, Le Carosse, installé en 2009 dans la cour du Château de Versailles. “On ne peut construire le futur que sur les bases du passé. Ça ne sert à rien d’oublier la tradition… La Tradition sert la Création. Moi je garde un pied dans la tradition et l’autre dans la modernité… C’est comme ça que je me renouvelle… En continuant de me nourrir des grandes œuvres du passé” 6

Pour revenir à la question initiale… de la même manière que la téléréa-

On sent comme une frustration chez Sebastien à ce moment précis… Qu’à cela ne tienne, nous décidons de le lancer sur une artiste qu’il adore pour conclure.

lité célèbre les anonymes, la chanson française est remplie de types lambdas, évoquant leur quotidien petit bourgeois et leurs sempiternels

Sebastien, tu t’es marié au Bénin et tu as une véritable passion pour le

tracas amoureux. Penses-tu que des personnages haut-en-couleur

vaudou. Peux-tu nous parler d’Elia Sofi ?

comme le tien ont leur place dans une époque qui se veut “normale” ?

“Ah la chanson française…” Sébastien ne peut s’empêcher de ricaner. “Ça me fait vomir. Les mecs racontent toujours les mêmes histoires. C’est naze. Quant à moi, je suis quand même pas mal rejeté. Il suffit de voir sur internet le nombre de mecs qui me descendent. Ce que je propose est peut-être un peu trop moderne pour être compris aujourd’hui. C’est ma vision du futur, mon désir de connaître la suite de l’Histoire… Je suis comme un gosse devant un film. Je veuX connaître la fin avant tout le monde…”

“Ah… Génial ! Elia Sofi” Sebastien sursaute dans son fauteuil. “Vous connaissez !? C’est une artiste béninoise. On a du mal à se représenter ce qu’incarne ce genre d’artistes là-bas, en Afrique. Ici, dans nos sociétés occidentales, la quarantaine passée, tu es has been… une fiente. Là-bas, à quarante ans passés, tu deviens cool. Il y a le respect des ainés, de ceux qui ont une autre compréhension du monde. C’est touchant. Elia Sofi, bien sûr elle est fun. La musique est trop bonne. Ça envoie tout le temps. Et elle montre son boule sur scène. Elle fait tout ce que Shakira sait faire… en tellement mieuX. Mais derrière Elia Sofi, il y a l’Art pur… Pas que la loi du marché… C’est ça que j’aime chez Elia Sofi.”

Pour parler d’autre chose… En même temps que tu changes de personnage, tu changes de guitare, tu changes toute ta garde-robe et tu te mets à manger des plats que tu ne mangeais pas avant… Tu peux nous parler du rôti de biche ? Qu’est-ce qui se boit avec ça ?

“Ah… Le roti de biche… DélicieuX… Je dirais rouge…”

Nous reprenons une coupe. Sebastien propose d’aller fumer une cigarette sur le trottoir. Nous entamons une autre conversation sur ses musiciens, les chaussures en serpent, Lucio Battisti, les cigarettes italiennes, les vacances et le soleil. Puis le voilà qui s’éclipse, lançant d’un air goguenard “Allez, à bientôt dans ta Cathédrale !”

Tu es plutôt rouge ou blanc d’ailleurs ?

“J’aime tous les alcools…” dit-il dans un souffle presque dépité. “Je ne suis pas vraiment un spécialiste du vin. Pour revenir au rôti de biche pané à la crème de champignons, ça a été comme une révélation. Mais j’aime autant les coquillettes-jambon-fromage. C’est comme ça que je trouve mon équilibre. J’aime être un bourgeois en même temps qu’un prolo. J’essaye d’être un roi et un esclave… J’aime les yachts autant que les fringues Kiabi de ma belle sœur… C’est ma façon d’être cool” En parlant de bourges et de prolos, tu as eu une période difficile avant que ne sorte ton premier disque “L’Incroyable Vérité” en 2001…

“C’est une période de ma vie pleine de contraintes. Le plafond de ma salle de bain était une taule ondulée, ma cuisine un amoncellement de poubelles… Je vivais une vie de merde. J’avais pas un rond et je n’avançais pas. J’ai même été ouvrier sur le chantier du Stade de France… Là j’ai vu ce que c’était que d’être considéré comme une merde aux yeuX de tout le monde, en permanence… Sur le chantier comme au Mc Do… Je suis passé du statut d’ouvrier au statut de mec “fashion” mais sans thunes. Et du statut de mec “fashion sans thunes” à celui de mec “fashion avec de la thune”. Mais rétrospectivement je ne regrette pas du

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Propos recueillis par Guilhem Simbille et Antoine de Point-Zéro Photos © Sylvère H


ja ar

abécédaire

Nicolas Jaar, 22 ans, portrait en 26 lettres • ElEktricity X °

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A

Architecture En tournée, j’adore tester des choses, voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, et surtout adapter la musique en fonction de l’espace où l’on joue. La notion d’espace est centrale dans ma musique. J’ai eu la chance de jouer dans de très beaux endroits, comme le Berghain à Berlin. C’est sûrement le lieu le plus incroyable où jouer. C’est un véritable temple, un temple pour la musique.

B Brown University À l’eXception des vacances durant lesquelles j’en profitais pour tourner, j’ai clairement passé la majeure partie de mon temps là-bas ces trois dernières années, en littérature comparée. J’ai été diplômé en mai dernier avec une thèse portant sur Faulkner et Derrida. C’est aussi là que j’ai rencontré Scout (ndlr LaRue, fille de Bruce Willis et Demi Moore). Elle a une voiX incroyable, on s’est dit que ce serait bien de faire de la musique ensemble. Un jour, elle est venue me voir, j’avais un morceau déjà prêt sur lequel on a écrit des paroles, quelque chose de très baroque, une histoire de reine et d’amour interdit au Moyen Age, “With Just One Glance”.

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Clown & Sunset

Hip Hop

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Enfance J’ai grandi avec ma mère à Santiago avant d’aller vivre à New-York, lorsqu’ils se sont remis ensemble avec mon père. Mes parents ont eu une influence énorme sur moi. Ma mère était danseuse dans la compagnie de Merce Cunningham. Mon père est artiste et m’a fait découvrir beaucoup de choses. Je n’ai jamais vécu de conflit de génération. Ma rébellion, en fait, je l’ai vécue avec l’école, très stricte... et très utile pour la rébellion ! À 12 ans, j’ai pris quelques leçons de piano mais j’ai très vite arrêté. Je ne voulais pas intégrer les codes institutionnels ni suivre inconsciemment les idéologies de la musique occidentale. J’aime cette idée de ne pas être un bon musicien. Ce que je fais n’aurait pas eXisté de cette manière si je ne l’avais pas fait avec mes outils et selon ma propre méthodologie.

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France

Il y a beaucoup de références à la culture française dans ma musique. Sur “Être”, le morceau d’ouverture de mon album, c’est Serge Daney qui parle avec Godard. Je suis allé au lycée français à New York, ma mère est française, toute ma vie j’ai été bercé dans la culture française.

Le label que j’ai créé le jour de mes dix-neuf ans avec Nikita Quasim et Soul Keita, rencontrés pendant un voyage scolaire quelques années plus tôt. J’avais envie d’avoir ma propre structure pour sortir en toute liberté ma musique et celle de mes amis, qui n’aurait pu sortir nulle part ailleurs. Après plusieurs compilations et Ep’s comme celui de Val (ndlr Valentin Stip) l’été dernier, on vient de sortir l’album d’Acid Pauli, un allemand incroyable que j’ai rencontré il y six ans lors d’une date au Bar 25 à Berlin.

Darkside

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I

Industrie Je ne signerai jamais sur une major. Je considère la musique comme étant une chose sacrée. J’essaye de ne pas me détacher de cette idée même si c’est difficile car comment la distribuer dans un monde profane ? Je me méfie aussi du succès et de toute la hype. Regarde, à ses débuts, Jay Z parlait de son quotidien de dealer, parce que c’était vrai. Et maintenant, de quoi parle-t-il ? De combien d’argent il fait avec Alicia Keys ou comment il prétend être le king de New York… J’ignorais à quel point le music business te pousse à la médiocrité.

J John Cage Ma mère dansait dans la compagnie de Merce Cunningham et m’a fait écouter très jeune John Cage. J’ai compris qu’il n’y avait pas dans la musique que la mélodie ou l’harmonie mais aussi les sons, les teXtures, l’espace et même le silence. Tout est musique.

k KFC

On me demande souvent en interview de parler de mes origines chiliennes. Les journalistes s’attendent sûrement à ce que je leur parle de flûtes, de folklore ou de je ne sais quoi, mais honnêtement ce dont je me souviens surtout c’est du KFC où l’on allait et de cette horrible école française, super stricte.

John Cage

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Pendant les lives, quand on improvisait, je disais à Dave (ndlr Harrington, guitariste) “Darkside ! Darkside !” pour qu’il joue les accords de “Darkside of the Moon” de Pink Floyd. Quand on a commencé à faire de la musique ensemble, on a réalisé qu’on avait les mêmes influences. On s’est dit qu’après un an de tournée ça serait sympa de faire quelque chose en studio. On a fait un live d’une heure, uniquement tous les deuX, en décembre dernier à New York, c’était très bien et on a maintenant assez de morceaux pour faire un album. Je me demande même si on ne va pas le sortir sous la forme d’un seul titre, d’une heure.

Avant d’arriver à New-York, mon père m’a envoyé une compilation MTV où il y avait “Gangster Paradise” de Coolio. Je devais avoir 8 ans et c’est la première chanson américaine dont je me souviens. Je ne sais même pas si Coolio en est originaire mais pour moi c’était ça New-York. A l’époque j’écoutais beaucoup la radio, il y avait toute cette bonne musique qui passait. Le hip hop mainstream entre 1999 et 2003 était vraiment bon.

G Gonzales C’est le Žižek de la pop. J’adore son album “Solo Piano”, qui me rappelle Erik Satie. D’ailleurs, je crois que c’est le seul album que j’écoute quand je suis chez moi. J’ai beaucoup partagé l’album, à chaque fois les gens restent scotchés. C’est un pur génie.

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Live band Le groupe a changé beaucoup de choses pour moi. On aime vraiment jouer ensemble, à chaque fois, c’est une eXpérience… c’est très différent des dates en solo, où j’étais vraiment dans une bulle, avec personne pour échanger sur le live, ni même, ne serait-ce que partager des souvenirs. D’un autre côté, ce que je fais avec eux est aussi très différent de l’album, ce n’est pas exactement la même musique. Évidemment, on a travaillé ensemble, notamment sur les espaces d’improvisation, mais au final, ça reste une musique très différente, que j’aime beaucoup jouer mais qui n’est pas celle de mon album.


M MOMA

J’ai joué “From Scracth” au MOMA en février dernier. L’idée était d’improviser pendant 5 heures comme je peux le faire dans mon studio, avec des microphones, des instruments, d’autres musiciens… C’est quelque chose que je fais tout le temps chez moi mais que je n’avais jamais fait devant un public. Ce n’était d’ailleurs pas que de la musique, il y avait aussi de la vidéo, de la danse. C’est une manière complètement différente d’appréhender la performance, ça n’a rien à voir avec un concert classique, j’aime beaucoup ce genre d’eXpérience.

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Remix Je refuse beaucoup de propositions, pourtant très bien payées mais cela ne m’intéresse pas. En revanche, je fais beaucoup d’edits. En fait, j’ai beaucoup fait le dj à l’université, dans nos soirées entre amis, où je peux très bien jouer du Seth Troxler avec du Britney Spears. J’adore “ToXic”, c’est un morceau super bien produit. Souvent quand j’aime un morceau, je suis obligé d’en faire une nouvelle version, où je rajoute parfois juste un kick pour mieux l’intégrer au miX. On en retrouve d’ailleurs certains dans l’Essential Mix que j’ai fait pour la BBC.

Voix Sur mon premier album, il n’y a qu’une chanson sur laquelle je chante complètement, c’est “Space Is Only Noise If You Can See”. Et encore, il y a des effets, des échos,… ce n’est pas totalement ma voiX. J’ai commencé à chanter quand j’avais 17 ans mais ma voix ne pouvait pas aller aussi bas que je le souhaitais. Maintenant, je peux atteindre ce niveau où j’aime le son de ma voix. Esthétiquement c’est plus intéressant.

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Space is only noise Le titre de mon premier album. L’espace en est une des idées principales. Cela peut revêtir beaucoup de sens : la spatialité du son, le silence, la galaXie, les lieux. Pareil pour noise, qui a plusieurs connotations. Les deux termes vont très bien ensemble. La pochette est une photo de moi encore bébé prise par mon père à la frontière entre Berlin Est et Ouest, un paysage lunaire.

New York Ma ville. Au lycée, on jouait à peu près partout avec Will (ndlr Epstein, saXophoniste), dans les rues, dans les parcs, dans les caves… Puis j’ai donné mes premiers lives, dans des lofts remplis d’une centaine de personnes. C’était une période incroyable quand j’y repense. Il y avait tous ces gens, qui connaissaient mes morceauX mais qui n’avaient aucune idée de ce à quoi il fallait s’attendre en live. J’avais la sensation de pouvoir les surprendre encore et encore.

X-stian music Ou plutôt “church music”. J’ai fait le premier tiers de mon deuxième album, je suis très inspiré en ce moment par tout ce qui est églises, saints, fantômes, esprits… il y a une dimension très spirituelle, je ne sais pas encore pourquoi.

Oneohtrix Point Never Ce qu’il fait est très eXcitant. De la même manière que Mount Kimbie ou encore James Blake. Il y a une forme de subtilité, quelque chose dans l’air du temps. Les gens sont ouverts aux trucs “bizarres”, qui ne sonnent pas comme quelque chose d’autre. C’est moins “tel groupe a fait ce hit et tout le monde aime” mais plus “cette personne crée un genre de musique auquel les gens s’intéressent”.

Prism

Le CD, c’est fini, je ne veux plus donner ma musique sous cette forme et pour les vinyles, 1% de la population doit avoir des platines… C’est important pour moi la manière dont on choisit de distribuer la musique, de créer un objet différent. La première compilation, “Inès”, était sortie sous la forme d’une clé USB, la seconde “Don’t Break My Love” est sortie sous la forme d’un Prisme, orné de deuX prises jacks. On a pris beaucoup de temps pour développer ça, c’était important de le sortir de la bonne manière. Évidemment, ça aurait été beaucoup plus simple en mettant le logo d’une marque dessus, mais ce n’est pas comme ça nous voyons les choses.

Q Quentin Pistol & friends C’est un ami d’enfance, au même titre que la majeure partie des artistes sur Clown & Sunset. J’ai tout simplement donné Ableton (ndlr logiciel de création musicale) à mes amis quand on était au lycée. Ils développent depuis leur propre musique et m’envoient leurs morceaux. Valentin (ndlr Stip), c’est le petit frère de ma première petite amie par eXemple. Au-delà de la musique, c’est avant tout une histoire affective, faite de choses partagées… Je n’imagine pas l’un sans l’autre ni sortir de la musique juste comme ça.

Wolf & Lamb J’ai envoyé un morceau à Gadi quand j’avais diX-sept ans car je l’avais entendu parler à la radio et j’avais bien aimé ce qu’il disait, sa vision de la musique. Mon track n’avait rien de dancefloor du tout, je ne sais même pas pourquoi il a répondu. J’ai donné mes premiers lives à l’équipe du Marcy’s, l’hôtel-club qu’ils tenaient avec le label. C’est aussi là que j’ai vécu mes premières expériences clubs, dans le public même si ce n’était pas vraiment du clubbing, c’était vraiment quelque chose d’autre. Où plutôt, c’était de la dance music sans le clubbing. Pas un truc de bouteilles d’alcool et de redbull partout, sur les tables, sur les murs...

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Y T Thé au Harem d’Archimède Je crois que tout le monde connaît cette histoire maintenant. L’été de mes 14 ans, j’étais dans un atelier avec mon père et il y avait un assistant qui écoutait le DJ-Kicks de Tiga que je me suis empressé d’acheter en rentrant. La même année, à Noël, mon père, sur les conseils d’un disquaire, m’a offert “Thé au Harem d’Archimède” de Ricardo Villalobos. J’ai tout de suite été fasciné par les structures des morceauX. Par la suite, j’ai beaucoup écouté de minimale et j’ai découvert Trentemøller. Ma musique se situe là, quelque part entre les structures de Ricardo et les teXtures de Trentemøller.

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USA Vivre là-bas, c’est une sorte d’autarcie créative, personne ne me connaît. Mes amis depuis toujours n’écoutent même pas ma musique. J’ai été quand même beaucoup surpris par l’accueil réservé à mon album aux Etats-Unis, qui n’a pas cette culture des musiques électroniques qu’il y a en Europe. De même qu’à l’opposé, je suis toujours surpris quand je prends le taXi à New York d’entendre cette musique club passer à la radio. Toute la pop d’aujourd’hui est mélangée avec cette espèce de trance super cheesy car il y a tout intérêt à ce que les gens passent cinq heures en club à acheter plusieurs verres plutôt qu’ils aillent deux heures à un concert où ils boiront une bière ou deux. • ElEktricity X °

Youtube Pendant longtemps, quand je jouais “Encore”, les gens étaient super réactifs, dès les premières notes. Ils connaissaient déjà le morceau alors qu’il n’était jamais sorti et que je ne l’avais filé à personne. Des mecs l’avaient extrait d’un miX que j’avais fait pour un magazine et l’ont uploadé. On n’a rien prémédité. Dans le même genre, la radio NPR m’a demandé un morceau eXclusif et j’avais cette chanson qu’on avait enregistré avec Scout il y a environ un an, sans trop savoir quoi en faire depuis. Donc à l’époque, je leur avais envoyé le morceau, ils l’avaient publié et un jour comme ça, 3 semaines plus tard, Pitchfork et tous les sites l’ont repris en même temps, le même jour, sans raison particulière. On s’est dit merde c’est con, si on avait su, on l’aurait quand même bien sorti sur un 7inch.

Z Slajov Žižek “La seule église qui illumine est une église en feu”

Propos recueillis par Antoine de Point-Zéro Photo Nicolas Jaar © Sylvère H 9


de bois et d'acier woodkid La venue de Woodkid sur Elektricity sera à n’en pas douter un des temps forts de cette diXième édition. Yoann Lemoine est un réalisateur de clips, reconnu et consacré, qui a travaillé entre autres pour Katy Perry, Moby, Mystery Jets, Drake et Lana Del Rey. Au printemps 2011 pourtant, c’est dans la peau de Woodkid qu’il se glisse, un petit empereur barbu et tatoué, duquel s’échappe une voiX suave et raffinée. Dans un hallucinant fracas, son premier EP “Iron” affole rapidement la toile et le clip, qu’il a pris le soin de réaliser lui-même, sera vu plus de quatorze millions de fois sur Youtube. Ce morceau pose les bases de ce que sera le dogme Woodkid : une pop symphonique et déchirante sur des rythmiques aux accents tribauX, qui emporte tout sur son passage. En cette année de fin du monde annoncée, Woodkid décide de lever une véritable armée pour l’emmener vers une première révolution qui s’intitulera “The Golden Age”, son album événement qui devrait sortir avant la fin du monde. L’album, rassemblant des producteurs tous plus doués les uns que les autres, est annoncé comme une odyssée au travers de laquelle Woodkid évoque avec sensibilité cette période tourmentée faite de mutations profondes qu’est l’adolescence…

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Alors que vient de sortir “Run Boy Run”, son second EP, toujours sur l’attachant label GUM (The Shoes, Herman Dune, Esser, Rocky…) et en attendant cette probable apocalypse dont il détient seul les clés, Woodkid livrera à l’automne quelques batailles, en ordre rangé, qui devraient laisser des traces, dont une à Reims pour Elektricity, le jeudi 27 septembre. Sous un incroyable light show et devant son impressionnant bataillon composé entre autres de Das Galliano (le détachement de percussionnistes de The Shoes) et de Guillaume Brière (général en chef de… The Shoes), Woodkid les bras en croix et casquette vissée sur le crâne, ne fera pas dans la demi-mesure… Vous voilà prévenus.

Texte Guilhem Simbille Photo © Karim Sadli

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reims ☰ du 24 au 29 septembre 2o12

musiques du temps présent ☳ dixième édition

sebastien tellier ☶ nicolas jaar gesaffelstein ☰ sebastian ☳ woodkid ☶ cassius yUksek ☳ brodinski ☶ madeon ☰ the bewitched hands carte blanche a chassol la femme ☰ thomas azier ☳ rocky extra ball ☵ sensitivexplosion ☰ about the girl atomic radio 137 live ☳ contes ☵ eryck abecassis floy krouchi ☰ phonographe corp www. elektricityfestival . fr


☵ LUNDI 24 SEPTEMBRE ☳

☰ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☵

Palais du Tau . 19h

Palais du Tau . 20h

sensitivexplosion

LA FEMME About The Girl Rocky

Delphine Huguet, Vivien Trelcat & Pascaline Aumond Pour l’ouverture d’Elektricity, Césaré a commandé une création à un trio atypique : Delphine Huguet au design culinaire, Vivien Trelcat à la composition et Pascaline Aumond à la vidéo. Trois artistes très différents, rassemblés autour d’un même projet : associer la vue, l’ouie, l’odorat et le goût pour créer une eXpérience sensuelle globale. Cette rencontre a été initiée par le designer culinaire Delphine Huguet, artiste de renommée internationale et récompensée pour ses travaux par différentes institutions comme Culture France ou la Mairie de Paris. Elle intervient régulièrement à l’espace 13 - 16 du Centre Georges Pompidou ou encore au Lieu du design à Paris pour l’exposition “Food design, aventures sensibles” mais aussi à Tokyo ou à Montréal où elle crée des installations comestibles. Elle intervient ici dans la création des recettes et le développement des tables sonores. Vivien Trelcat, compositeur et instrumentiste qui oscille entre la pop avec son groupe John Grape et la musique contemporaine, sera aux commandes de la partie sonore : développement de programme dédié aux tables sonores et composition musicale. Il a été formé à L’IRCAM et Césaré, lauréat du FAIR en 2012, professeur de design sonore à L’ESAD. Il collabore avec de nombreux compositeurs, plasticiens et chorégraphes à travers l’Europe. Pascaline Aumond, photographe et vidéaste comtemplative s’attaquera à la partie visuelle du spectacle à travers de la captation live et des séquences pré-enregistrées qu’elle miXera en live. Réalisatrice et monteuse, elle collabore notamment à des évènements qui lient Art & Anthropologie, tel l’exposition “Vaudou” pour la Fondation Cartier, ou “Morceaux Exquis, il y a un corps entre nous” à l’espace EDF Electra, en collaboration avec le Musée national des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) et du CNRS. L’interaction et les mélanges des sens sont les maîtres mots de cette triple création. Interaction entre le son et l’aliment, l’alimentaire et le matériel, la perception sonore et la perception visuelle, le réel vécu et l’imaginaire provoqué. Le vecteur de ces interactions est la poudre alimentaire. Imaginez une tempête de sable sucrée provoquée par une eXplosion sonore… Cette soirée d’ouverture sera l’occasion pour les festivaliers les plus curieuX de découvrir les recettes gardées secrètes de Delphine. Soyez à l’heure, car il n’y en aura pas pour tout le monde. Food design, scénographie : Delphine Huguet Design sonore : Vivien Trelcat Vidéo : Pascaline Aumond SensitiveXplosion est une création, produite par Césaré, avec le soutien du Dicream. Entrez libre !

Pour la première fois, Elektricity dédie une soirée entière à la Femme. Pas seulement au groupe La Femme mais bien au seXe dit faible… Parce que nos désirs font désordre, se succèderont sous les voutes de la salle basse du Palais du Tau des formations qui troublent, dérangent parfois, amusent souvent et font tourner la tête immanquablement.

☳ MARDI 25 SEPTEMBRE ☰ Centre Culturel Saint-Exupéry . 20h

chassol “indiamore” Nouveau spectacle, avant première

Eryck Abecassis floy krouchi Cette soirée sera placée sous le signe du “Retour de l’Inde”. En effet les trois artistes que nous accueillons ce mardi ont pour point commun d’avoir une histoire avec ce pays magique et troublant. Tous y sont allés récemment et en ont rapporté du savoir, des sons, des expériences et des émotions, que nous partagerons ensemble.

La Femme appartient aux côtés d’Aline, Granville, Lescop, Paradis et Exotica à la nouvelle garde de la pop à la Française. Toutes ces formations ont en commun d’écrire d’incroyables chansons, insolentes d’insouciance et d’impertinence, en français. Assumant désormais sans aucun compleXe l’héritage de ces immenses artistes que sont Jacno, Taxi Girl ou Etienne Daho, ces groupes ont décidé de prendre le volant et d’aller vers leur destinée, comme Bebel dans “À bout de souffle”. De cette nouvelle vague, la Femme est sans conteste la plus sauvage et la plus décomplexée. Ne manquez pas ce rendez-vous car là où il y a la Femme il y a le plaisir. Rocky n’est pas un groupe tout à fait inconnu d’Elektricity. Derrière la séduisante Inès, les lillois ont donné leur premier concert en ouverture des Shoes en mai 2011 et leur second quelques semaines plus tard sur une Foreplay Elektricity. Depuis Rocky s’envole et gravit à son rythme les marches d’une ascension qui ne fait que commencer. La musique de Rocky, langoureuse à souhait, invite à s’abandonner à 100 bpm dans les bras d’un(e) inconnu(e). Là encore, il y aura du plaisir… Dernière recrue de la Reims Academy, About The Girl est le projet de la turbulente Amandine, supportée par deux machinistes auX biceps saillants. De retour du Printemps de Bourges et du Cabaret Vert, About The Girl promet de provoquer comme à son habitude une émeute electro-euro-pop-dance. Prenez la peine de vous échauffer un peu avant, un claquage est si vite arrivé. Tarif unique 10€

Notre premier rendez-vous avec Chassol, l’invité de cette diXième édition, sera un véritable choc. Christophe est parti dans le sud de l’Inde en juillet dernier et y a glané des images et des sons. Comme pour “Nola Chérie” l’an passé, il s’est employé à harmoniser le réel, à rendre mélodique ce qui ne l’était pas forcément. Son oreille absolue au service de la tendresse qu’il a pour tous les êtres croisés là-bas, Chassol livre avec “Indiamore” une nouvelle œuvre inclassable, un objet sensible, étonnant, et promet de nous arracher autant de larmes que de sourires. Accrochez-vous. Lauréat du programme “Hors les murs” de l’Institut Français en 2011, le compositeur Eryck Abecassis a voyagé deux mois et demi en Inde et au Bangladesh afin de préparer son projet de tragédie musicale sur les shipbreakers, les ouvriers de ces étranges cimetières de cargos. Il visite ainsi les plus grands “ship recycling yards”, réalise des interviews des ouvriers et des patrons, prend des images et enregistre les sons que produit cette incroyable activité humaine qui consiste à découper quasiment à la main cargos et porte-containers en fin de vie. Un work in progress pour le moins bouleversant. Floy Krouchi est une artiste française de musique électroacoustique. Elle célèbre ainsi, en se le réappropriant via transposition sur un instrument moderne, le savoir de la musique indienne que lui a transmis depuis 2003 Pandit Hindraj Divekar, maître de Rudra Veena, considéré comme le plus ancien des instruments à cordes, et ancêtre de la basse. Tarif unique 5€

☵ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☳ Le manège de reims . 18h30

atOmic radiO 137 de Christophe Ruetsch

live

Sur une invitation de Césaré, Christophe Ruetsch viendra présenter à Reims “Atomic Radio 137 Live”, une émanation sonore d’une résidence d’artistes effectuée en bordure de la zone interdite de Tchernobyl, à Volodarka, en Ukraine. Au milieu d’une installation évoquant le cœur d’un réacteur, cette pièce est un essai radiophonique sur ce territoire plus ou moins clôturé, au bord du monde. La nature, d’abord décimée y est devenue flamboyante, comme libérée. Mais au sein de cette végétation luXuriante, belle et calme, se joue dans le silence rythmé par les bips électroniques syncopés du dosimètre, le drame d’une terre contaminée à jamais mortelle.

☰ MARDI 25 SEPTEMBRE ☵

Tarif 5€ / 8€

Centre Culturel Saint-Exupéry . 18h30

☵ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☳

EXTRA BALL Cie Soundtrack

Césaré . 14h

cONTES Ciné-concert jeune public de Yannick Donet

Le projet Extra Ball est un autre objet curieux. Ce projet est né d’un postulat de départ pour le moins réaliste : l’esthétique des flippers est proprement déprimante. L’artiste Patricia Dallio a donc imaginé un flipper vintage qui ne serait plus un jeu désuet mais bien une œuvre à part entière. La compagnie Soundtrack s’est donc attelée à ce chantier colossale. La machine réagit aux actions du joueur, et qui peut aussi copier les combinaisons de ses gestes. À la fin de chaque partie, le visage du joueur, aspiré par une webcam, est rediffusé sur le fronton et un oracle exprime sa prophétie. Des animations, des sons, des mots se dessinent tels “inquiétude”, “chute”, “foutu”, “désastre”. À charge pour le joueur d’interpréter les messages de cette étrange pythie. À découvrir…

Dès sa deuxième édition, Elektricity a tenu à proposer ces moments dédiés aux enfants. Ce rendez-vous est depuis un aXe incontournable du festival. Cette année, c’est à un ciné-concert que les plus jeunes pourront assister : “Contes”. Yannick Donet, après s’être attaqué à une réinterprétation de “L’Homme à la Caméra” (1927), se lance aujourd’hui dans un travail de recherches sonores et propose de nouvelles synchronisations sur ces chefs-d’oeuvre d’animation russes des années 20 que sont “Les Yeux du Dragon” (1925) et “Histoire de la petite fille qui voulait être princesse” (1929). Le résultat saisit les enfants et trouble les parents.

Entrez libre !

Tarif 5€ / 8€

☳ jeudi 27 SEPTEMBRE ☰ La Cartonnerie . 20h

Woodkid Thomas Azier chassol et invités La Cartonnerie créé l’événement en accueillant lors d’une soirée haute en couleurs et en émotions le phénomène Woodkid, le jeune Thomas Azier et pour la deuxième fois de la semaine notre invité Chassol. Le jeune Yoann Lemoine est un réalisateur de clips, reconnu et consacré, qui a travaillé pour Katy Perry, Moby, Drake et Lana Del Rey. Au printemps 2011 pourtant, c’est dans la peau de Woodkid qu’il se glisse, un petit empereur barbu et tatoué, duquel s’échappe une voiX suave et raffinée. Dans un hallucinant fracas, son premier EP “Iron” affole rapidement la toile et le clip, qu’il a pris le soin de réaliser lui-même, sera vu plus de quatorze millions de fois sur youtube. Depuis le printemps dernier Woodkid embrase les scènes du monde entier avec un des lives les plus fous du moment. Entouré de Gas Galliano (percussionnistes de The Shoes) et de Guillaume Brière (de The Shoes), Woodkid livre une prestation bluffante. Justement découvert par Woodkid, le beau Thomas Azier a débarqué sur la toile au printemps dernier avec un morceau (qu’il prend le soin de distribuer gratuitement) d’une incroyable fraicheur “How to Disappear”. À n’en pas douter, Thomas Azier sera une des découvertes de cette diXième édition. Cette édition ne serait pas la même sans ce trublion de Chassol. Il nous convie ce jeudi soir à un deuxième rendez-vous en forme de surprise. Locations : 12€ (abonnés) / 15€ (réduit) / 17€ (plein) Sur place : 17€ (abonnés) / 19€ (plein)


☵ samedi 29 SEPTEMBRE ☳ Parvis de la Cathédrale . 19h

cASSIUS

dj

GESAFFELSTEIN SEBASTIAN MADEON

live

live dj

Au lendemain de son passage à Reims, les paroles de “L’amour et la violence” de Sebastien Tellier continueront de résonner sur le Parvis, comme un leitmotiv de cette diXième édition d’Elektricity, qui tirera sa révérence pour cette dernière soirée de fête.

☳ vendredi 28 SEPTEMBRE ☰ Parvis de la Cathédrale . 19h

Sebastien Tellier the Bewitched hands “Love and 8” Nicolas Jaar live

De l’amour, il y en aura à revendre quand retentira le bien nommé tube de Cassius, “I ♥ U SO”. Le duo historique composé de Zdar et Boombass continue de répandre aux quatre coins du monde l’irrésistible envie de danser qui ne les a jamais quittés depuis leurs débuts, il y a près de vingt ans maintenant. Tout juste débarqués d’Ibiza, où ils passent leur été sur les hauteurs reculées de l’île, les deux comparses puiseront dans leur bac à vinyles pour en sortir leurs imparables pépites dancefloor. Du plaisir, totalement régressif avec le tout jeune Madeon (18 ans au compteur) qui en l’espace de deux remiXes pour Yelle et Deadmau5 et d’un clip vidéo sur Youtube, s’est forgé une solide côte. Avec plus de 12 millions de vues son mash up “Pop Culture”, réduisant 39 titres en un morceau de 3 minutes, est le condensé idéal d’une boom anniversaire. Exactement ce qu’il fallait pour fêter les 10 ans du festival. Côté violence, deux grosses pointures seront au rendez-vous. Auteur d’une techno musclée au son bien identifié, Gesaffelstein s’est imposé en quelques mois comme LE producteur du moment. Intime de Brodinski, leur Bromance a depuis bien longtemps été consommée, notamment à l’occasion de set à 4 mains qui ont fait date. Mais ce soir, ce n’est pas en duo qu’il officiera mais seul, aux commandes d’un live à son image : insolent, tapageur et foudroyant.

C’est la quatrième année consécutive qu’Elektricity prend ses quartiers aux pieds de la Cathédrale de Reims. Pour sa diXième édition, le festival a tenu à placer ces deux soirées sur le Parvis (ah oui… il y en aura deux cette année) sous le signe de l’hédonisme, de la contemplation, du plaisir et de l’abandon (cqfd). Après Laurent Garnier et Yuksek en 2009, Etienne de Crécy et Erol Alkan en 2010, Metronomy, The Shoes et Brodinski en 2011, c’est un line up plein d’attention qui est proposé cette année aux festivaliers.

Enfin, il y aura le live de SebastiAn, sans conteste l’attraction visuelle de la soirée. Figure de proue historique du label Ed Banger, SebastiAn a sorti en 2011 un premier album très attendu, “Total”, accompagné d’un live pour le moins surprenant. Incarnant un candidat en campagne électorale, SebastiAn présente un programme volontairement démago et décadent, s’appropriant pour les détourner, les codes du patriotisme. Un show surprenant, un rien provocateur, et incroyablement efficace. Bien pensants s’abstenir.

Comme une évidence, c’est le seX-symbol international que le monde entier nous envie, Sebastien Tellier l’épicurien, qui vous convie devant les tours jumelles de Notre-Dame de Reims, pour un grand moment de folie collective, de partage et de communion avec son Dieu Bleu. Un concert que nous souhaitons tous, disons-le, jouissif, avec de l’Amour et de la Violence.

Locations : 17€ (abonnés) / 20€ (réduit) / 22€ (plein) Sur place : 22€ (abonnés) / 24€ (plein)

The Bewitched Hands sont de retour à la rentrée avec un deuxième album, “Vampiric Way”, qui promet de tout emporter sur son passage. Le groupe rémois a composé douze nouvelles pépites power pop, toutes plus belles les unes que les autres. À l’image des Shoes l’an passé, les Bewitched, pour cette rencontre à domicile, ont tenu à proposer un concert eXceptionnel, et unique, en décidant d’étoffer leur formation initiale. Préparez vos mouchoirs, ce concert fera date dans l’histoire du groupe et dans la mémoire de ses fans de toujours.

infos pratiques l i e ux de c o n c e rt s La Cartonnerie 84 rue du Dr Lemoine à Reims T. 03 26 36 72 40 Césaré, Centre national de création musicale 38 rue Alain-Colas à Bétheny T. 03 26 88 65 74 Palais du Tau à Reims - Centre des monuments nationaux 2 Place du Cardinal Luçon à Reims Centre Culturel Saint-Exupéry Esplanade André Malraux à Reims T. 03 26 77 41 41 Le Manège 2 Boulevard du Général Leclerc à Reims Parvis de la Cathédrale de Reims entrée rue Tronsson Ducoudray

BILLETTERIE La Cartonnerie, du lundi au samedi de 14h à 19h (sans frais de location) Réseau France Billets : Fnac, Carrefour, Géant, Magasins U, 0 892 68 36 22 (0,34€/min), www.fnac.com Réseau Ticketnet : Auchan, Leclerc, Virgin, Cora, Cultura www.digitick.com (frais de location réduits pour les abonnés)

Et puis… C’est un peu l’événement dans l’événement. Elektricity est pour le moins très fier de vous annoncer la présence de la nouvelle icône de la musique électronique, le trop rare Nicolas Jaar. Accompagné de son backing band, le jeune prodige newyorkais nous prendra par la main pour nous emmener aux confins de la perception… À ne surtout pas manquer.

ta r i fs Tarif abonné, s’applique aux abonnés de la Cartonnerie sur présentation de leur carte Le Tarif réduit, (hors abonnement) est en vente uniquement à la Cartonnerie, en prévente, sur présentation d’un justificatif.

Locations : 17€ (abonnés) / 20€ (réduit) / 22€ (plein) Sur place : 22€ (abonnés) / 24€ (plein)

Bénéficient du tarif réduit Les jeunes de moins de 20 ans, les abonnés de l’Orange Bleue et des salles adhérentes du réseau Fédurok, les élèves et professeurs du lycée Libergier, les clients du Crédit Mutuel, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA, les étudiants et apprentis, les personnes à mobilité réduite. infoline 03 26 36 72 40

☵ vendredi 28 SEPTEMBRE ☳ Palais du Tau . After Show

YUkSEk and friends

☰ samedi 29 SEPTEMBRE ☵ Palais du Tau . After Show

brodinski and friends

À la fois créateur et ambassadeur de luXe d’Elektricity, Pierre-AleXandre Busson aka Yuksek sera évidemment de la partie cette année. Entourés d’invités soigneusement gardés secrets, d’amis et de collaborateurs de la première heure, il viendra passer des disques et souffler avec nous les diX bougies du festival à l’occasion d’une soirée intimiste, propice à ces ambiances euphoriques qui ont marqué l’histoire du festival et de la scène qui lui est associée. Si les paris sont d’ores et déjà ouverts concernant les invités surprises, ne vous perdez pas trop en spéculation car il n’y aura pas de places pour tout le monde.

L’autre figure de proue du festival, c’est lui : le globe-trotter et taste-maker Brodinski. Chaque année plus fort, chaque année un peu plus fou, Bro poursuit son irrésistible ascension et continue de faire le tour de la planète pour bousculer et émeuter les clubs du monde entier. Désormais patron de label, Brodinski officiera cette année en maître de cérémonie et nous réserve de jolies surprises. Comme la veille, il n’y aura pas de places pour tout le monde. Vous voilà prévenus !

Tarif unique 15€

Tarif unique 15€

Le pass Elektricity donne accès aux soirées du jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 septembre, ainsi qu’à des goodies. Il est en vente au prix de 45€ et de 35€ pour les abonnés de la Cartonnerie. Attention, cette offre est limitée. Il n’y en aura pas pour tout le monde ! Le pass 2012 est en vente à la Cartonnerie* (du lundi au samedi de 14h à 19h), sur digitick.com (avec frais de location) ainsi que dans les points de vente du réseau fnac-france billets. Vous pouvez également le réserver sur les plateformes fnac et Digitick. *sans frais de location, sur présentation de votre carte d’abonné

Retrouvez les artistes et toute l’actualité du festival sur facebook.com/elektricityfestival.reims


☵ LUNDI 24 SEPTEMBRE ☳ Palais du Tau . 19h

sensitivexplosion Delphine Huguet, Vivien Trelcat & Pascaline Aumond ☰ MARDI 25 SEPTEMBRE ☵ Centre Culturel Saint-Exupéry . 18h30

EXTRA BALL Cie Soundtrack ☳ MARDI 25 SEPTEMBRE ☰ Centre Culturel Saint-Exupéry . 20h

chassol “indiamore” Nouveau spectacle, avant première Eryck Abecassis floy krouchi ☵ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☳ Le Manège de Reims . 18h30

ATOMIc radiO 137 live de Christophe Ruetsch ☰ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☵ Césaré, Centre national de création musicale . 14h

cONTES Ciné-concert jeune public de Yannick Donet ☳ Mercredi 26 SEPTEMBRE ☰ Palais du Tau . 20h

LA FEMME About The Girl Rocky ☵ jeudi 27 SEPTEMBRE ☳ La Cartonnerie . 20h

Woodkid Thomas Azier chassol et invités ☰ vendredi 28 SEPTEMBRE ☳ Parvis de la Cathédrale . 19h

Sebastien Tellier the Bewitched hands “Love and 8” Nicolas Jaar live ☵ vendredi 28 SEPTEMBRE ☳ Palais du Tau . After Show

YUkSEk and friends ☰ samedi 29 SEPTEMBRE ☵ Parvis de la Cathédrale . 19h

cASSIUS

dj

GESAFFELSTEIN SEBASTIAN MADEON

live

live dj

☳ samedi 29 SEPTEMBRE ☰ Palais du Tau . After Show

brodinski and friends www. elektricityfestival . fr

une production


extra ball CIE SOUNDTRACK Voilà plusieurs années que ce projet était dans les tablettes du festival. Pour cette diXième édition, l’ovni “Extra Ball” sera visible à partir du 25 septembre au Centre Culturel Saint-Exupéry. Entretien avec l’une des têtes pensantes du projet, Patricia Dallio.

Nous avons fondé la cie Soundtrack en 1990, car il nous semblait urgent de faire valoir l’importance d’une réfleXion sur la création musicale contemporaine, dans des projets de transversalité, afin que la musique fasse partie de la réflexion dès la conception d’un projet quel qu’il soit.

que par le hi-score en ce qui me concerne !), j’ai vite été saturée par les ambiances sonores, même si marrantes cinq minutes, elles sont sur certains flippers franchement de mauvais goût… Et je ne parle pas des thèmes de jeux et des visuels les accompagnant : la guerre, les courses de bagnoles, les casinos, les bimbos, etc… La mission pour le joueur étant de démontrer sa puissance aux copains en les battant au score. Bref, où est la poésie dans ce monde flippant !  De ce constat a jailli l’évidence d’un nouveau projet à élaborer. D’où l’idée de prolonger le travail de tous ces ingénieurs qui ont développé les flippers durant des décennies en redoublant d’ingéniosité. Nous voulions construire le nôtre en détournant un flipper Gotlieb des années 80, et les ingénieurs de notre équipe ont remplacé l’électronique  par un système communiquant avec les ordinateurs et les softwares que nous utilisons aujourd’hui pour une programmation assez pointue tournée vers le graphisme et la musique. La créativité, pour le joueur, remplace la compétition. Le concept est basé sur une analogie entre la trajectoire de la balle et celle de l’eXpérience de vie du joueur et de sa personnalité. Son comportement, son énergie, ses motivations sont perceptibles par la machine qui analyse et envoie en retour des motifs visuels, sonores, textuels qui peuvent être perçus comme un oracle à la fin de la partie.

Extraball est un travail collectif de la C° Soundtrack, qu’est-ce qui a

Extraball est un projet technologique. comment vois tu l’évolution de

fait naitre ce projet et de quelle manière travaillez-vous  ?

notre rapport à la technologie, quels changements majeurs pour les

À l’occasion de la présentation du projet Extra ball, peux-tu nous donner quelques pistes sur ton trajet personnel…

Tout au long de mon parcours, qui commença par l’apprentissage du piano, j’ai traversé les courants musicaux en m’affranchissant des frontières stylistiques pour vivre des eXpériences musicales éclectiques allant du jazz au rock, à la musique eXpérimentale et contemporaine. J’ai eu la chance de travailler très tôt avec le groupe Art Zoyd pendant trente ans et de découvrir dans ce collectif toutes les facettes du métier… de la création musicale, à l’art de la scène, de la production et de l’utilisation des nouvelles technologies. C’est dans ce contexte que j’ai découvert les intruments capteurs que j’utilise aujourd’hui. Et celui de la C° Soundtrack ?

générations futures ?

Les projets naissent de la nécessité de travailler sur un sujet ou un auteur, parfois d’aller à la rencontre du territoire vers des populations éloignées des lieux de culture, ou pour faire connaître et découvrir des métiers ou des choix de vie remarquables. Ils naissent aussi de l’envie de travailler avec un artiste. La plupart du temps je lance les pistes et les projets de spectacles, sur lesquels le travail se fait, une fois l’équipe formée, d’une manière très collaborative. Il arrive aussi qu’un artiste vienne vers nous avec un projet qu’il souhaite que nous portions, ou qu’une compagnie fasse appel à un des artistes de notre réseau. Notre champ d’action n’est pas eXclusif et nous pouvons travailler avec toutes les diversités culturelles à partir du moment ou la composition musicale devient vecteur d’échange et peut renforcer, enrichir un spectacle, une performance ou une installation. Je fais partie de cette génération qui a longuement expérimenté les flippers dans les bistrots à la période d’une adolescence baignée par la musique des seventies. Extra Ball est né des suites d’une soirée chez un ami collectionneur de flippers. Après quelques heures d’euphorie à retrouver les sensations de claquer quelques parties sur ces ingénieuses machines (plus souvent par la loterie

Comme tous les outils, aussi formidables soient-ils, et on n’a pas fini d’être étonnés ! Tout dépend de l’utilisation. La vraie question est qu’allons nous faire de ces outils ? Nous avons entre les mains des machines qui peuvent nous permettre de devenir plus créatifs, de nous ouvrir au monde et développer notre intelligence en communiquant avec toute la planète. Mais nous pouvons aussi suivre les tendances imposées par le marché, aller vers une pensée unique en utilisant le monde eXtérieur à des fins égocentrées et marchandes ou en nous engoufrant dans des utilisations chronophages qui pourraient à la longue nous éloigner de la pensée, de la réfleXion, de la remise en question. Ces technologies sont et seront autant libératrices (outils des révolutions en marche) qu’aliénantes. Je ne peux préjuger des changements majeurs mais je peux partager mon intuition et simplement dire : Restons curieux et créatifs, partageons les vigilances, remplissons nous de toutes ces connaissances qui circulent en gardant notre esprit critique, méfions-nous des mouvements de masse et gardons un oeil ouvert sur ce qui nous

• ElEktricity X °

semble aberrant, non conforme, différent, étonnant, contradictoire, inhabituel, original et singulier. Il y a toujours des chemins détournés pour utiliser la technologie qu’on nous propose vers des fins créatives et non aliénantes mais ces chemins ne sont pas les plus visibles au premier abord. Comment-vis tu les mouvements qui animent la planète de la création musicale, cette perméabilité entre les styles et les arts ?

Il se trouve que je suis une enfant de la transversalité… toujours grâce à Art Zoyd. J’avais 20 ans quand je me suis retrouvée dans les “Lofts” berlinois au centre de démarches totalement ouvertes et débridées. Cette perméabilité entre les arts est indispensable, et la musique est un eXcellent médium qui relie toute forme d’eXpression. On oublie souvent que ces formes de transversalité existent depuis quarante ans et plus ! …. mais il faut du temps pour faire reconnaitre des pratiques lorsque les cases pour les ranger n’eXistent pas encore. Je vis donc très bien cette perméabilité qui est depuis toujours la ligne d’horizon de la Cie Soundtrack et me réjouis que l’on commence à comprendre que l’on a tout à gagner en travaillant ensemble. Extra ball est totalement issu de cette démarche, puisqu’il rassemble un plasticien programmeur, Antoine Schmitt, un graphiste, Malte Martin, un graphiste programmeur, Stéphane Buellet, un musicien programmeur, Nicolas Déflache, deux compositeurs, Uriel Barthélémy et moi, un ingénieur électronicien interfaceur, Françis Bras, et un constructeur scénographe et électronicien, Olivier Charlet. Les programmeurs, les graphistes, les électroniciens, et compositeurs sont sur un même plan de concertation, d’écoute et de proposition. Nous questionner les uns les autres fait avancer un projet collaboratif et transversal, et quand différents corps de métiers collaborent, c’est toujours stimulant et passionnant de découvrir le savoir faire d’artistes ou de techniciens eXperts dans des domaines que l’on ne maîtrise pas soi-même. Si la confiance est au rendez-vous, je pourrais dire que tout est possible ou presque. www.ciesoundtrack.com

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au nOm du père y u k s e k Tu as beaucoup voyagé ces dernières années, quels sont les festivals/ soirées/clubs qui t’ont particulièrement marqué ?

J’ai evidement adoré jouer à Rock en Seine en septembre 2011, c’était notre première grosse date en France dans cette nouvelle formule de live à trois, un peu plus loin les festivals en Australie sont toujours impressionnants, on a joué pour le festival Splendour in the Grass à Byron Bay en juillet dernier pour plus de 15000 personnes en pleine campagne australienne. Pour les clubs j’aimais beaucoup le Kanal à BruXelles qui a malheureusement fermé cette année, le Bain à New York pour l’ambiance et la vue incroyable sur tout le sud de Manhattan depuis le toit du Standard hotel, et le Wanderlust à Paris qui est un endroit assez unique en Europe par sa configuration. Tu ne t’es d’ailleurs jamais perdu sur le chemin de retour puisque tu vis toujours à Reims, pourquoi cet attachement ?

J’aime la France et Reims, la ville est plutôt agréable et tend à devenir dynamique, j’apprecie d’avoir de la place pour vivre et travailler et j’y ai beaucoup de mes amis et ma famille. Cela dit je n’exclue pas de prendre le large un jour ou l’autre... Cela va faire maintenant plus d’un an que tu tournes désormais accompagné d’un backing band, comment as tu vécu cette tournée ?

C’était plus drôle de tourner à trois, et musicalement c’était enrichissant, je ne considère pas Léonie et Clément comme un backing band mais réellement comme les membres de mon groupe sur scène, et la disposition sur scène le montre, on est en ligne devant. C’etait vraiment cool de partager cette tournée. On a fait globalement un tour du monde, on a joué en Chine, en Corée, au Japon, en Russie, aux USA, au Canada, en Amerique du sud, en Australie, et toute l’Europe... Pour eux c’était la première fois et je les remercie d’avoir accepté de me suivre ! Comment occupes tu ton temps sur la route ?

Ça dépend, j’ai fait quelques journées de studio avec différents artistes pendant des day-off à l’étranger mais globalement je lis, je regarde des films, je marche ou je dors... Je crois d’ailleurs que tu apprécies particulièrement les vols en avion, où en es tu de ta licence de pilote ?

Malheureusement j’ai eu un petit problème de santé et j’ai dû arrêter, mais je recommencerai certainement plus tard... un prochain album en route ?

Pas vraiment, quelques bribes mais je produis un disque en septembre pour Juveniles et en octobre je compte retourner sérieusement en studio pour mes projets persos, Yuksek et Peter & TheMagician. Comment te vois tu dans 10 ans ?

Sur les 10 années qui viennent de s’écouler, quels sont les meilleurs moments qui te viennent à l’esprit ?

Franchement aucune idée, je ferai toujours de la musique, c’est le seul truc dont je suis à peu près sûr, mais je ne sais pas quoi ni où. En 2003, tu fondais Elektricity avec quelques potes pour une série d’événement dans de petits lieux. Depuis le festival a pris de l’ampleur et ta carrière, l’envol que l’on connait. Revenons en arrière si tu le veux bien, qui était Pierre Alexandre Busson à cette époque ?

Pas grand chose dans la musique, j’avais laissé tomber mes projets précédents et pas encore commencé Klanguage ou Yuksek qui allaient suivre. Le festival a été l’occasion pour moi de rencontrer des groupes, des artistes et des acteurs culturels ou institutionnels rémois. Quelle était l’ambition derrière la création d’Elektricity ? Qui était à tes côtés ?

J’ai monté la première édition avec Boris (CLGB) et l’idée était de créer un événement qui change la donne, qui remue un peu la ville, qui offre une diversité dans les concerts et les lieuX, des dj’s ou des concerts dans des bars, des lieux alternatifs…

Dans les premières années c’est sans aucun doute les deux concerts organisés dans la grande salle des cinemas Opéra avec Matmos, Krush et Alb. L’endroit est incroyable, mais malheureusement plus exploitable. Puis chaque nouveau lieu investi, la première édition à la Cartonnerie, le Cirque, la Comédie et le Parvis évidemment. Et c’est aussi les rencontres avec les gens qui travaillent encore ou ont participé au projet à un moment ou un autre, Cyril Jollard avec lequel j’ai travaillé sur les premières éditions et qui a porté le festival plusieurs années sur ses larges épaules, Guilhem Simbille qui a pris sa succesion et veille à garder toujours l’âme du projet original, Jean Perissin qui a travaillé avec nous pendant plusieurs éditions, Gérald Chabaud de la Cartonnerie qui y a tout de suite cru et a permis ce développement avec l’aide de Rodolphe Rouchaussé, Bénédick et Stephanie Aubin du Manège qui ont été les premiers à nous acceuillir dans le domaine public, Mario Rossi qui a été le premier élu à suivre le projet, Ludovic Lagarde de la Comédie avec lequel on a travaillé l’an passé et l’équipe municipale qui a permis au festival d’atteindre sa taille actuelle, particulièrement Adeline Hazan, Sarah Ouaja Ok, Thierry Wippler et Jean Perrin.

Vendôme, ce qui n’est pas ultra pratique avec un van un samedi après-midi, mais on l’a fait, et ça l’a mis de très bonne humeur... Tu as aussi inauguré la première soirée sur le parvis de la cathédrale, il y a 3 ans. Quel souvenir en gardes tu ?

C’était vraiment magique et un beau symbole pour moi, à double titre, en tant que musicien et créateur du festival, j’espère y rejouer un jour ! Si aucune contrainte n’existait, quelle serait la soirée idéale ?

Je ne sais pas précisement mais j’aimerais que la ville entière soit investie, que le festival soit réellement incontournable à Reims durant une semaine, et je suis certain que ça peut vite arriver.

les pires ?

C’est oublié !

à quoi ressemblait cette première édition ? des anecdotes particulières ?

Je n’ai plus tout en mémoire mais il me semble qu’on a fait jouer Rubin Steiner, Scratch Massive, Ivan Smagghe, Ariel Wizman... À l’Apostrophe et au Carré principalement.

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J’ai acceuilli les artistes les premières années et notamment Carl Craig que je suis allé chercher à Roissy et qui a voulu faire un détour par la boutique Dior

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Propos recueillis par Antoine de Point-Zéro Photo© Sylvère H


et du fils brodinski Tout en n’ayant jamais acheté un CD de ta vie ! (rires) Tu transportes désormais ta musique sur clé USB, quel rapport entretiens tu avec la musique et son support ?

Le support n’est pas important à mes yeux, je fais partie de cette génération pour qui la musique est un fichier sur un bureau d’ordinateur. C’est toujours ainsi que je la vois. Les sorties de ton label Bromance d’ailleurs ne sortent qu’en digital. Peuxtu revenir avec nous sur la genèse de ce label ? Pourquoi l’avoir crée ?

J’ai crée Bromance avec Manu Barron, pour avoir ma propre structure sur laquelle sortir ma musique. Puis Gesaffelstein est entré en scène, ça a tout changé. L’aventure ne fait que commencer mais c’est déjà une belle histoire ! Enfant de St-Brice Courcelles, étudiant à Lille, puis parisien, tu vis désormais une grande partie de l’année à Los Angeles, pourquoi ce choix ? Les clubs ferment à 2h là bas, envie de te coucher plus tôt ?

Ah ah… Ce n’est pas pour les clubs que j’ai déménagé mais plutôt par envie de faire plein d’autres choses, différemment. L.A est l’épicentre de la nouvelle musique électronique américaine et la motivation mutuelle des artistes permet d’avancer très vite. J’avais aussi envie de bouger, j’en avais marre de la pluie et du froid en hiver. Même si j’aime beaucoup Paris également, ce sont des villes eXtrêmement différentes. Revenons à Reims, l’an passé tu as clos le festival avec un dj set sur le Parvis de la Cathédrale, quel souvenir en gardes-tu ?

Un des plus beaux souvenirs de ma vie ! Avoir devant moi les gens de ma ville natale et derrière moi l’un des symboles le plus représentatif de celle-ci (avec le champagne, qui n’était pas très loin non plus), c’est vraiment un moment inoubliable. J’ai hâte de voir Gesaffelstein cette année sur cette même scène ! Tu portais pour l’occasion un très élégant smoking auquel tu ne nous avais pas habitués…

Mes parents étaient là, mes grands-parents également, je voulais être élégant pour une ville qui m’a beaucoup donné et à laquelle je suis encore très attaché. Cette année, Gesaffelstein jouera sur ce même parvis. Quelle relation entretenez-vous ?

C’est mon partenaire, on passe un bon moment de notre vie ensemble et je pense qu’il est eXtrêmement talentueux, en toute objectivité. C’est pour moi le prince de la techno, il est habile et réfléchi, il fait la musique que j’aime. Nous n’avons pas les mêmes tempéraments mais je pense que c’est ça qui nous fait avancer. À deux, on est plus forts, et on le sait. C’est beaucoup de travail mais surtout beaucoup d’amusement. Après un aftershow où tu emmèneras les derniers festivaliers jusqu’au petit matin, que feras-tu de ton dimanche ? Elektricity fête ses 10 ans cette année, qui était Louis Rogé il y a 10 ans ?

Il y a 10 ans, je venais d’avoir 15 ans et comme tout le monde à cette époque, je faisais du skate avec mes potes. C’est d’ailleurs en regardant des vidéos de skate que j’ai commencé à m’intéresser à la musique, il y avait tellement de trucs qu’on n’entendait nulle part ailleurs. Progressivement, j’ai découvert pas mal de choses, que je faisais écouter à mes potes pendant nos soirées. Puis Internet et le P2P sont arrivés, je téléchargeais tout ce que je pouvais. Petit à petit, c’est devenu obsessionnel tout en restant très aléatoire, je pouvais passer de la dernière compilation Kompakt aux vieilles sorties Warp ou Ninja Tune. Il fallait que j’écoute tout. Avant d’être sur scène, tu as commencé dans le public. As-tu connu la première édition du festival ?

Bien sûr, je m’en souviens très bien. Cela se passait dans un endroit appelé Le Carré. Tout a bien changé depuis, mais cette édition avait quelque chose de spéciale. À l’époque la musique électronique n’avait pas cette notoriété, elle ne touchait pas directement le grand public, le mainstream... Les lieux étaient petits, les gens étaient peu nombreux mais c’est à cette période que la musique a commencé à me passionner. Je ne peux pas vraiment être objectif, pour moi, tout était dingue.

c’était hier, les gens étaient là autant pour faire la fête que pour la musique. Il y avait vraiment quelque chose de spécial dans ces soirées ! J’y ai aussi rencontré beaucoup de gens qui ont énormément compté pour moi comme DJ Mehdi, Busy P ou encore Erol Alkan.

Je suis très content de jouer au Palais du Tau, c’est toujours un moment particulier de jouer pour Elektricity. Quant au lendemain, je ne sais pas encore, mais je pense que Mike (ndlr Gesaffelstein) et moi allons rester en ville un moment, histoire d’en profiter et de bien manger !

D’une certaine manière, on fête donc aussi tes 10 ans de carrière cette année. Te souviens -tu de ce qui t’a poussé à embraSser cette voie ?

Cela fait un peu moins de 10 ans que je joue, mais c’est vrai qu’on n’en est pas loin. Mon envie d’être dj vient de tout ces morceaux incroyables que je découvrais et que j’avais envie de partager avec le plus de monde possible. C’est d’ailleurs toujours ma motivation première aujourd’hui. Les rencontres que j’ai faites ont aussi été décisives, celles avec Yuksek et Cyril Jollard, mais aussi avec Benoit Rousseau et plus tard avec Manu Barron, mon manager actuel. Toutes ont fait avancer mon envie d’en faire un métier. Comment as-tu expliqué à tes parents que tu allais te professionnaliser ?

Je leur ai dit que j’allais essayer, que j’avais besoin d’un peu de temps. Ils l’ont très bien compris. Aujourd’hui, je pense qu’ils sont très fiers. Je leur dois beaucoup.

Par la suite, tu es devenu dj résident des soirées Bonheur Binaire qu’or-

Malgré les 10 années qui vous séparent, tu t’es très vite noué d’amitié

ganisait le festival à la Cartonnerie, quel souvenir en gardes-tu ?

avec Yuksek…

J’avais donné 2 miXtapes sur CD à Cyril Jollard, qui était à l’époque le responsable du festival et le premier boss de l’association Binary Gears. C’est comme ça qu’on a commencé à collaborer. Je me souviens de la première fois comme si

Il est venu me voir jouer à l’Appart Café. J’étais super content, j’avais dû lui donner diX fois le flyer auparavant (rires) ! La première chose qu’il m’ait dite, c’est de laisser tomber mon ordi pour miXer sur CD, ce que j’ai fait.

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Propos recueillis par Antoine de Point-Zéro Photo© Sylvère H

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The Bewitched Hands viennent de terminer la production de leur deuxième album “Vampiric Way”, un disque léché, aux arrangements sophistiqués, composé de petits bijoux d’orfèvrerie pop d’une pureté insolente. Et comme à leur habitude, les Bewitched donnent dans la spontanéité, et ça se sent, de la première à la dernière chanson. Alors qu’ils s’apprêtent à faire leur grand retour à la rentrée et à mettre à sac le Parvis de la Cathédrale de Reims le 28 septembre lors d’un concert unique, à bien des égards, ils ont pris le temps entre un tournage de clip et deux répétitions de répondre à quelques questions.

E B

E pour énergie… Vous débordez d’énergie sur scène. Vous avez hâte de reprendre les concerts ? Vous aimez être sur la route ?

Buy our record ! Parlez-nous de ce merveilleux deuxième album “Vampiric Way”. Comment l’avez-vous écrit, enregistré ?

Il a été écrit l’année dernière, pendant la tournée de “Birds & Drums”, et enregistré entre octobre et décembre avec Julien Delfaud à Paris. On savait que l’écriture d’un deuxième album était généralement sujette à des délais beaucoup plus resserrés que pour les premiers, du coup on a anticipé ce travail. De manière générale, tout est plus resserré dans la façon dont le disque a été fait : temps de composition, temps de studio… L’immersion de deux mois dans un “vrai studio” et le travail avec une personne eXtérieure, dont le regard a beaucoup contribué au disque, a fait du travail sur “Vampiric Way” une eXpérience totalement nouvelle pour nous. Pour parler brièvement du disque en lui-même, disons que c’est la dark side de“Birds & Drums”…

Oui, on a hâte. Déjà parce que ça fait un moment qu’on n’a pas joué, et aussi parce que jouer de nouveaux morceaux est beaucoup plus excitant. Les tournées représentent beaucoup de beaux moments bien sûr, mais un côté éprouvant aussi. Donc comme on a beaucoup tourné en 2010-2011, on a apprécié de faire un break pour enregistrer et repartir sur de nouvelles choses.

W Westminster D’où sort ce titre fou qui ouvre l’album ? Difficile de dire d’où sort un morceau... Il raconte l’histoire d’un mec qui entend des voiX dans une église et essaie de les enregistrer, mais les bandes restent vierges : c’est à la fois une réminiscence de “S.O.S Fantômes” et du mythe du vampire qui ne se reflète pas dans le miroir.

Propos recueillis par Guilhem Simbille Photos © Sylvère H 18

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I Interview Vous aimez l’eXercice qui consiste à répondre à des questions idiotes ? Ça dépend des jours. Mais ces questions-là sont très bien…

T

The Laws of Walls Parlez-nous de ce dernier titre de l’album, le disque dans le disque… Au départ c’est un instrumental de Seb et Nico (guitare et basse). Un truc tout cheap avec un kick, une snare et un vieux plug de clavier dans du flanger (du Nico quoi…) et basé sur une très longue suite d’accords. Anthonin a trouvé ça mortel et a mis du chant dessus. On voulait absolument qu’il soit sur le disque et en dernier morceau, car on aime faire une pirouette sur les derniers morceaux de nos albums (“Sahara Dream” sur “Birds & Drums”, “Sur le quai” sur “Burn & Explode”). Ensuite, avec la contribution de Julien Delfaud, on l’a retaillé pour en faire une chanson. C’est pour nous une des plus réussies du disque.


C

C pour Cathédrale

Oh oui !!! On prépare ce concert devant la Cathédrale depuis six mois et on est vraiment impatient d’y être. C’est marrant parce qu’esthétiquement ce concert regroupe beaucoup d’éléments du disque et de l’image qu’on va proposer autour de “Vampiric Way”. D’ailleurs, le 28 septembre, on sera un peu plus nombreux que d’habitude sur scène mais... surprise.

E

h

E pour Encore Quel artiste avez-vous toujours envie d’écouter en ce moment ? John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus John Maus… (liste non eXhaustive).

D

H comme dans Rheims On peut citer Grindi Manberg et Most Agadn’t parmi les groupes qu’on a vu apparaître et qu’on aime. On a l’impression que la scène locale est assez vivante en ce moment, par-delà le phénomène “scène rémoise” d’il y a quelques années, qui a eu le mérite de mettre un coup de projecteur sur ce qui se passe ici, faire en sorte qu’on s’y intéresse au-delà de l’audience un peu restreinte des amateurs de concerts, et, peutêtre, de la redynamiser un peu…

Daniel Johnston Seb, guitariste et clavier du groupe, a accompagné Daniel Johnston sur scène lors de ses trois dates en France en avril Une eXpérience musicale et humaine complètement à part, sur laquelle il est par conséquent difficile de poser des mots… Pour rester plus terre à terre, disons que nous avons eu la chance avec Kim d’avoir eu ce rôle d’équilibristes sur la musique de Daniel, avec très peu de préparation… Comme tous ceux qui ont joué avec lui auparavant, nous avons eu une grande liberté sur le choix des morceaux et le déroulement du set, et d’autant plus de pression. Mais tout s’est passé au mieux, compte tenu de ce conteXte particulier, et de la personnalité de Daniel Johnston. Pour élargir un peu, même si on en a déjà parlé plein de fois, disons qu’il représente pour nous, et sans doute malgré lui, une façon de voir et de pratiquer la musique, très brute et spontanée dans l’écriture et dans l’enregistrement, qui a eu un rôle déterminant dans nos parcours musicaux et dans celui du groupe. Au même titre que Ween, Lou Barlow, Stephen Malkmus et tant d’autres...

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harmonisation du réel chassol C’était LA découverte inévitable de l’édition 2011 d’Elektricity. Chassol avait simplement enflammé la Comédie de Reims, en première partie de Yuksek, avec son ciné-live “Nola Chérie”, une pièce sur la Nouvelle-Orléans, les marching bands, les clubs enfumés et les ravages de Katrina. Juché derrière son piano électrique, accompagné de Lawrence Clays (premier batteur de Phoenix), Chassol eXécutait avec une facilité déconcertante ses harmonisations, sur des images de parades qu’il avait lui-même tournées dans les rues de New-Orleans. Fils d’un saXophoniste, enfant hyper actif, pianiste, compositeur, arrangeur, vidéaste et chef d’orchestre pourvu de l’oreille absolue - il frappe du doigt une table en tek et vous dit avec son généreux sourire “c’est un si bémol” - Christophe Chassol est devenu au fil de ces dix dernières années l’auteur d’une œuvre singulière et inclassable. Ses compositions articulent de manière compleXe voix, musique, sons et images au sein d’objets audiovisuels inédits. Connu pour avoir accompagné aux quatre coins du monde Phoenix, Sebastien Tellier (dont il avait aussi arrangé le merveilleux “Politics” en 2004), la troublante Keren Ann, et plus récemment le duo Acid Washed, il est aussi un collaborateur régulier d’artistes comme Xavier Veilhan ou Sophie Calle. 20

En marge d’un parcours impressionnant (de la Sorbonne au Berklee College of Music de Boston en passant par le Conservatoire de Paris) et de ses activités (auteur des BO de “Clara Sheller” pour la télévision ou du thème de La Gaumont pour le cinéma), Chassol produit pour ses propres albums et ses projets personnels d’art visuel une œuvre personnelle échappant à toute forme de classification. Après quelques représentations de “Nola Chérie” la saison dernière et la sortie de “X-Pianos” sur Tricatel, le label de cet autre génie qu’est Bertrand Burgalat, Chassol entre enfin, à 36 ans, dans la lumière presque par accident. “X-Pianos” est une première rétrospective de son travail, un recueil d’enregistrements réalisés entre 96 et aujourd’hui. Une curieuse trappe par laquelle les repères pop s’évanouissent pour laisser la place à des arpèges vertigineuX, tournoyant à l’infini… “Avant Bertrand (Burgalat), personne ne comprenait où j’allais avec ma musique. J’étais conforté dans l’idée que ce n’était pas une musique facile. Je suis surpris par les critiques positives, la reconnaissance fait du bien. Ce disque, c’est une carte de visite pour développer mon travail, faire de la recherche, lancer des projets.” ° ElEktricity X £

Comme une évidence, le festival a souhaité lancer à Chassol cette invitation (au voyage), monter avec lui dans ce train en marche et participer d’une certaine manière au développement de cet artiste singulier et attachant. De retour d’un voyage qu’il qualifie de magique, il présentera en avant-première sur Elektricity son nouveau spectacle “Indiamore”, sa vision harmonisée du sud de l’Inde. Il donnera également un concert entouré d’invités de marque ainsi qu’un live piano solo. Quant à ses Ultrascores 1, ils seront visibles pendant toute la durée du festival dans un lieu encore tenu secret.

1 Visitez la page Youtube de Tricatel et profitez de ses incroyables objets que sont les Ultrascores de Christophe-Thomas Chassol (c’est son nom complet). Celui de Barack Obama est une pure merveille.

Texte Guilhem Simbille Photo © Sylvère H


zdar acadEmY h o m m e

Avant même d’aimer la musique qui en sortait, Philippe “Zdar” s’est épris des studios d’enregistrement, de leur ambiance enfumée et de leurs potards lumineux qu’il a longtemps eu le droit de ne toucher qu’avec les yeux. Fraichement débarqué sur la capitale, le jeune savoyard prend une claque lorsqu’il visite son premier studio et réalise que les machines à fabriquer des tubes ne sont pas tenues par des types en blouse blanche mais bel et bien par une joyeuse bande de fumeurs de joints. Son culot et ses blagues potaches le feront adopter quasi instantanément par les pontes de l’époque qui l’engagent en tant qu’assistant porteur de café, videur de cendrier. L’un d’eux s’appelle Dominique Blanc-Francard et n’est autre que le père d’Hubert (Boombass) qui ne tardera pas à devenir son meilleur pote. Ensemble, après avoir longtemps observé leurs aînés, les deux comparses se font les dents sur les prods d’un certain Mc Solaar (“Bouge de là”) avant de prendre une nouvelle claque, saveur ecstasy cette fois-ci. Nous sommes au début des années 90, les musiques électroniques débarquent en France offrant alors un territoire vierge aux apprentis producteurs qu’ils sont. La suite est connue. La Funk Mob, Motorbass, Cassius et tout une flopée d’albums qui firent d’eux les figures de proue de la French Touch. Mais qu’importe les hits, Zdar reste fidèle à sa première passion et finit par acquérir son propre studio rue des martyrs à Paris. Un fantasme de gosse dans lequel il met toutes ses économies et dont les travaux ne s’achèveront qu’après neuf longues années pour accueillir enfin son premier groupe et non des moindres puisqu’il s’agira des versaillais de Phoenix venus enregistrer “Wolfang Amadeus”. Depuis Zdar, aux commandes de sa Rolls Royce, voit du monde affluer à sa porte, qui s’ouvre ou reste close selon les envies et affinités. Retour avec le maitre des lieux sur les différents invités de marque qui ont pu squatter la cabine, ou pas.

s t u d i o

Ph oenix Ils avaient loué une péniche au bord de la tour Eiffel pour composer, le studio était encore en travaux mais je leur ai dit qu’ils pouvaient venir enregistrer s’ils le voulaient. De mon côté, j’enchaînais les dj sets pour financer les travaux. En passant de temps en temps récupérer des disques, ils me faisaient écouter leurs maquettes, je leur donnais mon avis puis de fil en aiguille, je me suis mis à produire l’album. Tout s’est fait très naturellement et puis au delà du résultat, qui est une des plus belles choses sur lesquelles j’ai travaillé, cela m’a permis de terminer le studio. Th e Rap t ure C’est Pedro (ndlr Winter) qui m’a appelé pour m’en parler et je me suis laissé convaincre. J’allais les faire chier pendant les prises, pour qu’on sente la vie… pas faire un album carré, ni faire le producteur qui reste derrière la vitre. Kindness Il porte très bien son nom. Par manque de temps, j’ai d’abord refusé de le produire puis il a débarqué un matin de Londres à ma porte pour me dire qu’il ne voulait travailler avec personne d’autre. J’ai finalement dit oui, d’autant que j’avais vraiment envie de produire un premier album. Beast ie Boy s Je suis un énorme fan depuis leur premier concert au ReX en 87. D’ailleurs après quelques jours passés ensemble, je leur reparle de ce concert en leur disant que j’étais dans la salle. Ils me disent « attends ce n’est pas le concert où tout le monde s’est battu ? ». En effet, ils s’étaient fait défoncer leur tour bus après que MCA ait balancé de la bière sur le public. Moi qui débarquais d’Aix Les Bains, j’ai totalement halluciné.

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Sé basti e n Te lli e r Mon miX préféré de tous les temps c’est “La Ritournelle”. En le faisant, je sentais qu’il y avait une lumière à atteindre au bout. J’avais un son précis en tête, avec de l’air, de grosses basses… un truc qu’on n’aurait pas pu faire dans les années 60. Bosser sur un morceau que j’aimerais toute ma vie, c’est rare. Boombass (Cassius) Après tout ce monde en studio, on a décidé qu’il était temps de s’y remettre avec frère Hubert. Notre référence c’est “Au Rêve”, notre second album. Je suis aussi très fier de “I Love You So”, j’ai passé mon enfance à attendre les slows pour aller draguer pendant les booms. Là, ça dure 3min, t’as intérêt à être rapide. Zdar (solo) J’ai fait quelques trucs comme ça, pour voir mais j’ai un problème avec ma voix, on ne comprend rien, il faudrait que je refasse les prises. Si je devais reprendre, je ne garderais que des chansons d’amour. Je me dis toujours un jour si j’ai le temps… Madonna J’ai refusé car ça n’avait pas de sens, c’était un truc d’agent. Si un jour elle m’appelle et me parle de kicks, de basses ou de synthés, je lui dirais volontiers de passer au studio. Là c’est son manager qui m’a appelé, ça me fait plaisir mais je m’en fous. Justin Bieber De passage à Paris, il voulait visiter le studio car son pote Kanye West lui avait dit “Va là bas, ça défonce”. J’ai accepté, c’était marrant et puis ça faisait plaisir à ma fille.

Texte Antoine de Point-Zéro 21


X tapes 10 ans, 10 morceaux À l’occasion de cette diXième édition d’Elektricity, nous avons demandé à ceux qui ont construit le festival, qui ont fait de cet événement ce qu’il est aujourd’hui, qu’ils nous livrent leur vision musicale de cette décennie écoulée. Tous se sont prêtés au jeu et nous ont envoyé des mixes parfois hasardeux, souvent sophistiqués, accompagnés de leur tracklist détaillée. Voici leurs sélections que vous pourrez retrouver sur la page Official fm d’Elektricity.

Yuksek

Brodinski

Monsieur Monsieur

Que dire sur Yuksek qui n’a pas déjà été dit ?  S’il ne compte plus les destinations vers lesquelles il s’est envolé, des rooftops de New-York aux nouvel ans ensoleillés en Australie, il ne s’est pour autant jamais égaré sur le chemin du retour, toujours à l’heure pour aller chercher sa fille à l’école. De la même manière qu’il n’a jamais manqué une édition du festival, son autre bébé, créé en 2003 dans une ville qu’on appelait alors la Belle Endormie. Cette année, Yuksek sera évidemment de la partie pour souffler avec nous les bougies d’Elektricity à l’occasion d’une toute première boom au Palais du Tau, le nouveau QG du festival où notre local hero passera des disques entouré d’invités surprises, soigneusement gardés secrets. En attendant, pour nous faire patienter, sa sélection recense les groupes “que l’on a failli, voulu ou rêvé programmer depuis la création du festival.” Et comme il le dit lui même : “Il n’est jamais trop tard...”

C’est dans l’avion pour Ibiza que Louis, l’enfant terrible du festival que l’on appelle désormais Monsieur depuis ce très distingué smoking qu’il portait sur le Parvis l’an passé, nous a pondu ce mix. On y retrouve notamment un titre de Gesaffelstein, son “best”, qui viendra nous présenter cette année son live en forme d’uppercut dans le pleXus solaire. Un peu comme la violence avant l’amour, puisque les deux bro’s se retrouveront sous les alcôves du Palais du Tau pour un aftershow Bromance qui s’annonce déjà dantesque.

Si en solo Bernoire s’aventure les pieds dans l’herbe dans de longues sessions azurées à la recherche du grand Oxomoco, du nom de cette divinité aztèque détentrice des secrets de la nuit, Léo préfère quant à lui s’adonner à une toute autre faune, celle du tout Paris nocturne. Deux quêtes personnelles à priori éloignées qui viennent pourtant à se retrouver sous l’égide du T, majuscule cinglante d’une techno sans concession, que les deux prêcheurs perpétuent selon la tradition. Autrement dit en s’employant à fatiguer sans relâche les corps innocents de créatures néoténiques qui ne jurent que par la répétition kilométrique d’un beat rédempteur. Vous êtes prévenus.

“Almost here...” Jamie Lidell “Little bit of feel good” Phoenix “Long Distance Call” Theophilus London “I stand alone” M83 “Midnight City” The Horrors “Sea within a sea” Flaming Lips “The Yeah Yeah Yeah Song” SBTRKT “Something goes wrong” Hot Chip “Boy from School” MGMT “It’s working” Miike Snow “Animal”

Si l’histoire de The Shoes est intimement liée à celle du festival (ils avaient donné leur tout premier concert fondateur à Elektricity en 2007), cette fois-ci c’est justement à eux de refaire l’histoire en piochant pour leur miX dans les programmations précédentes, qui n’auraient jamais été les mêmes sans leur présence. La bonne humeur communicative de ce gouailleur de Guillaume alliée au charme discret du séducteur Benjamin ont fait d’eux des figures incontournables des backstages au même titre que Fafa, notre dévoué assistant catering que les salles et festivals de France et de Navarre nous envient. “GOOD YEAR(s)” Alb Breakbot Etienne de Crécy Erol Alkan GuXXi Vump Justice Mr Oizo The Cure / The Shoes (TOTP edit) Surkin Yuksek

The Bewitched hands Demander dix morceaux à un groupe composé de six membres, autant vous dire que l’on a débattu sévère chez les Bewitched Hands, car on ne plaisante pas avec ce genre de chose. Le résultat, forcément non eXhaustif, est une joyeuse playlist où l’on retrouve les sensibilités communes des membres du groupe, entre enregistrement home made, guitares héroïques, harmonies vocales, psychédélisme moderne, souvenirs bordelais, synthés cold wave et mélodies qui tuent. Tout simplement. Of Montreal “Groslandic Edit” John Maus “Quantum Leap” Carabine “Crache Poussière” Ariel Pink’s Haunted Graffiti “For Kate I Wait” Deerhunter “Desire Lines” Django Django “Default” Here We Go Magic “Fangela” The Horrors “Who Can Say” The Chap “Fun And Interesting” Sébastien Tellier “Fantino”

“Sweat Dream”

Scuba “Ruptured (Surgeon Remix)” Larry Heard “Missing You” DJ Koze “I Want To Sleep (Original Mix)” Ulf Lohmann “Because (Thomas/Mayer Mix)” Gesaffelstein “Variations” Arik Brihka “Winter” Public Energy “Three O Three” Joris Voorn “Incident” Blaze “Lovelee Dae - 20:20 Vision Accapella” Daniel Melhart “Dial M For Me (Brendon Moeller Dub Mix)”

Pete Lazonby “Sacred Cycles” Daniel Dexter “Storm” Kris Wadsworth “It’s Time” Perc, Passarella Death Squad “Temperature’s Rising” Gesaffelstein “Depravity” Pfirter & Grindvik “Untitled 1 (Skudge Remix)” Patrick Siech “Number Nine” Larry Heard, Mr. White “The Sun Can’t Compare” Mark Broom “Fever” Der Zyklus “Formenverwandler”

About The Girl

The ShOes

“on the top of your heart”

“Let brodi control your body”

“Insolence et minorité nuisible” sont les mots qui accompagnaient, à très juste titre, la miXtape d’Amandine, qui comme à son habitude n’en a fait qu’à sa tête : 17 morceaux au lieu des 10 imposés. Pourtant loin de la blâmer, on lui pardonne volontiers : une sélection totalement régressive de tous les plaisirs coupables que l’on adore écouter sans jamais véritablement l’avouer.  “Insolence et minorité nuisible” Kylie Minogue “Can’t Get You Out Of My Head” Gwen Stefani “Hollaback Girl” M.I.A “Paper Planes” Black Eyed Peas “Don’t Stop The Party” Lykke Li “I Follow Rivers” Lily Allen “The Fear” Hot Chip “Flutes” Crystal Castles “Courtship Dating” Interpol “Pioneer To The Falls” Destiny’s Child “Lose My Breath” Britney Spears “Womanizer” Estelle feat. Kanye West “American Boy” Justin Timberlake feat. T.I. “My Love” Friends “My Boo” MGMT “Kids” 50 Cent “In Da Club” Late Of The Pier “Bathroom Gurgle”

Etienne Jaumet Étienne Jaumet n’est certes pas rémois au sens journalistique du terme mais c’est tout comme. L’ami de longue date du festival, invité de l’édition 2011, a ses petites habitudes dans la Cité des Sacres comme son caviste attitré, sa chambre d’ami chez Pierre et Yvonne ou encore ses fans inconditionnelles qui l’attendent à la sortie de chacun de ses concerts. Lui qui avait littéralement retourné le bar de la Comédie l’an passé, il nous propose cette fois-ci l’acte second de ces sets endiablés dont il a le secret : l’after pop du dimanche matin. Et nous d’en redemander. “you wanted a hit” Portishead “The Rip” LCD Soundsystem “All my friends” Bot’Ox“Crashed Cadillac” Animal Collective “My girls” Poni Hoax “Budapest” Liars“A visit from a drum” Sun Araw “Deep cover” Caribou “Sun” Metronomy “The look” Atom TM “Wellen und felder”

Le Prieuré

Aux côtés de John Grape, About The Girl ou encore Cheb Zitouni, Bruit Fantôme fait partie de cette nouvelle vague d’artistes made in Reims. Oui, encore ! L’auteur du EP “Futur Noir” du nom du live qu’il nous avait présenté l’an passé à Césaré, est aussi “dans la vraie vie” un habitué du festival avec qui l’on aime échanger sur les différentes prestations lives. Si nous ne sommes pas toujours d’accords, c’est d’ailleurs bien là l’intérêt, c’est bien à 100% que l’on approuve le tracklisting de sa miXtape.

Dandy taciturne le jour, noceur invétéré la nuit, Guilhem Simbille (aka Le Prieuré), directeur artistique - programmateur - coordinateur - graphiste - webmaster - chauffeur et ambianceur du festival est aussi un sélecteur hors pair, qui entre deux edits de Michel Berger ou de George Michael se transforme en un véritable Patrick Swayze des platines, prouvant alors aux yeuX de tous qu’il n’y a pas que David Guetta sachant miXer sans les mains. Si l’on achève bien les chevauX, Le Prieuré lui semble inépuisable.  Mais pour Elektricity, il s’est essayé à un eXercice difficile : un miX sur le thème de la tendresse, sans aucun beat ou presque. Une sélection faite de coups de cœur, de fantasmes de programmateur, de covers, de vibrants hommages et de dédicaces. Idéale pour les longs voyages en train et/ou les déclarations d’amour.

“Specters of the future”

“tendrement x”

Murcof  “Recuerdos” Nicolas Jaar “Être” Tim Hecker “Chimeras” Autechre “LCC” Portishead “Machine Gun” Boards of Canada “1969” Etienne Jaumet “Entropy” Yuksek “You Should Talk” Broadcast “Where youth & daughter go” Sebastien Tellier “L’amour et la Violence”

Special Intro Robert Wyatt“Fragment” Chassol “U were in love” Findlay Brown “Promised land (Hypnolove remix)” Rob “De Maria” Les Reines Prochaines “Wicked game (dirty reissue)” Ariel Pink’s Haunted Graffiti “Baby” Sebastien Tellier “La Dolce Vita” Chilly Gonzales “Kenaston” Special hidden track

Bruit Fantome

Retrouvez ces mixtapes sur http://official.fm/elektricity Textes Antoine de Point-Zéro, remerciements à tous les artistes… 22

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AU plaisir crédits Elektricity remercie tout particulièrement la Ville de Reims et l’ensemble des partenaires du festival, les équipes de la Cartonnerie et de Césaré, tous les festivaliers, les bénévoles et bien sûr les artistes qui ont accepté de se prêter au jeu de ce feuillet et ceux qui sont associés au festival depuis si longtemps. Mille mercis à Antoine de Point-Zéro et Sylvère H. Directeurs de publication Gérald Chabaud et Philippe Le Goff Responsables de publication Emilie Honnart et Stéphanie Auger Responsable éditorial Antoine Carbonnaux Graphisme et direction artistique Guilhem Simbille TeXtes Antoine Carbonnaux, Guilhem Simbille Photos Sebastien Tellier, Nicolas Jaar, Chassol, Bewitched Hands, Brodinski, Yuksek © Sylvère H Photo SebastiAn © Jean-Baptiste Mondino Photo Woodkid © Karim Sadli Photo Philippe Zdar © DR

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