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PROJET DE FIN D’ETUDES Spécialité Génie civil

DEVELOPPEMENT DURABLE :

ADOPTER UNE DEMARCHE ENVIRONNEMENTALE SUR UN CHANTIER DE REHABILITATION Du 28 janvier 2013 au 14 juin 2013

Auteur :

CLERC Emma INSA Strasbourg, Elève-Ingénieur 5ème Année, Spécialité Génie Civil

Tuteur Entreprise : SOUBBOTINSKY Mélanie Ingénieur Travaux, GTM Bâtiment Tuteur INSA Strasbourg : GHENAIM Abdellah Professeur et Directeur de la spécialité Génie Civil


REMERCIEMENTS

Je tiens tout d’abord à remercier, l’entreprise GTM Bâtiment et tout particulièrement Monsieur Cédric De JONCKERE et Monsieur Arnaud COQUET qui m’ont permis de réaliser mon projet de fin d’études au sein de cette entreprise. Je leur suis très reconnaissante pour m’avoir accueillie et de m’avoir accordée leur confiance. Je souhaite également remercier Madame Mélanie SOUBBOTINSKY, ma tutrice pendant ces vingt semaines sur le chantier de réhabilitation Massé-Pigalle. Elle a pris sur son temps pour m’encadrer, me guider, me conseiller et répondre à toutes mes interrogations tout au long de mon projet de fin d’études. Je désire aussi remercier l’ensemble de l’équipe travaux du chantier Massé-Pigalle avec qui j’ai apprécié travailler pendant ces quelques mois. Enfin, j’aimerai remercier l’ensemble de l’équipe pédagogique de l’INSA de Strasbourg et principalement mon tuteur, Monsieur Abdellah GHENAIM qui m’a apporté de précieux conseils et remarques.

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RESUME & MOTS-CLES

Le projet de fin d’études (PFE) est la dernière étape de la formation d’ingénieur Génie Civil de l’INSA de Strasbourg. Il s’agit d’un projet de vingt semaines réalisé au sein d’une entreprise, ici la société GTM Bâtiment situé à Nanterre (92). L’objectif est de mette en pratique l’ensemble des connaissances et méthodologies acquises tout au long du cursus. Le projet, exposé dans le ce présent mémoire, porte sur la mise en place d’une démarche environnementale sur un chantier de réhabilitation en site occupé. Il est accompli au sein du pôle réhabilitation de l’entreprise GTM Bâtiment, leader en Ile-de-France dans ce domaine. Cette étude est donc réalisée sur le chantier Massé-Pigalle, une réhabilitation de 140 logements, située dans le 9ème arrondissement de Paris. Dans le but d’adopter une démarche environnementale sur ce chantier, le projet s’axe principalement sur la gestion des déchets. Le rapport présente ainsi le contexte, c'est-à-dire les différentes contraintes liées aux travaux réalisés, à l’environnement du chantier et aussi à la réglementation en vigueur. Il explicite la démarche REVALO mise en place par l’entreprise GTM Bâtiment, ses objectifs et ses apports. Ce mémoire rapporte enfin les différentes actions mises en œuvre pour la gestion et l’évacuation des déchets générés par le chantier MasséPigalle.

Développement durable

Tri et valorisation

Chantier

Gestion des déchets

Réhabilitation

Phase de préparation

Site occupé

Phase travaux

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SOMMAIRE Remerciements ....................................................................................................................................... 2 Résumé & Mots-clés................................................................................................................................ 3 Sommaire ................................................................................................................................................ 4

Introduction............................................................................................................................................. 6

1

2

3

4

Présentation - Contexte .................................................................................................................. 7 1.1

L’entreprise GTM Bâtiment ..................................................................................................... 7

1.2

Le projet de Réhabilitation Massé - Pigalle ........................................................................... 11

1.3

Contexte ................................................................................................................................ 14

Gestion et valorisation des déchets de chantier - La démarche REVALO ..................................... 18 2.1

Principe et objectifs de la démarche : Economie et environnement .................................... 18

2.2

La classification des déchets de chantier pour leur évacuation............................................ 21

La mise en place de la gestion des déchets sur le chantier Massé - Pigalle.................................. 26 3.1

Les déchets de chantier ......................................................................................................... 26

3.2

Un chantier « test » très contraint ........................................................................................ 30

3.3

Pistes de réflexion pour la gestion du tri sur le chantier Massé-Pigalle rejetées/retenues . 32

3.4

La gestion et l’évacuation des déchets ................................................................................. 44

Des retours d’expériences sur la démarche Revalo ...................................................................... 45 4.1

Rencontre .............................................................................................................................. 45

4.2

Enquête ................................................................................................................................. 47

Conclusion ............................................................................................................................................. 49

Lexique .................................................................................................................................................. 50 Tables des figures .................................................................................................................................. 51 Tables des tableaux ............................................................................................................................... 52 Bibliographie ......................................................................................................................................... 53 4 PFE 2013

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Annexes ................................................................................................................................................. 54 Annexe 1 : Organigramme de l’entreprise GTM Bâtiment ................................................................... 55 Annexe 2 : Extrait du projet d’entreprise Excellence 2015 ................................................................... 56 Annexe 3 : Démarche REVALO - Plan d’action ..................................................................................... 57 Annexe 4 : Photos des prestations réalisées - Logement témoin ......................................................... 58 Annexe 5 : Diagrammes estimatifs de la répartition des déchets de chantier ..................................... 64 Annexe 6 : Tableaux comparatifs des tarifs des prestataires................................................................ 65 Annexe 7 : Extrait diagnostics plomb - Logement Témoin .................................................................... 66 Annexe 8 : Bordereau à remplir pour le test de lixiviation ................................................................... 69 Annexe 9 : Exemple de registre de suivi des déchets ........................................................................... 70 Annexe 10 : Résultats de l’enquête....................................................................................................... 71

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INTRODUCTION La formation d’ingénieur Génie Civil de l’INSA de Strasbourg s’achève par la réalisation d’un projet de fin d’études au sein d’une entreprise et d’une durée de vingt semaines. Cette dernière étape du cursus d’ingénieur a pour objectif de mettre à profit les connaissances acquises tout au long de la formation dans un projet d’entreprise. De nos jours, la problématique de gestion des déchets est encore trop souvent minimisée dans le secteur du bâtiment que ce soit en construction, en déconstruction ou bien en réhabilitation. Une majeure partie des déchets de chantier est encore enfouie aujourd’hui. Cependant, la raréfaction des sites d’enfouissement, la prise de conscience environnementale et l’augmentation drastique des coûts d’élimination des déchets rendent de plus en plus pressant le besoin d'inverser le schéma actuel. Pour un chantier de réhabilitation, la gestion des déchets représente environ 0,6 % du chiffre d’affaires. Adopter une démarche environnementale sur un chantier de réhabilitation, voici l’objectif de ce projet de fin d’étude. Cela passe principalement par la mise en place d’une gestion judicieuse et efficace des déchets de chantier. Elle doit ainsi permettre au chantier de limiter son impact sur l’environnement et de réduire ses coûts d’évacuation des déchets. Les diverses actions mises en œuvre par l’entreprise GTM Bâtiment et en particulier la démarche REVALO visent à diminuer ces coûts. Elles ont aussi pour ambition de réduire la quantité de déchets produits par les chantiers et d’augmenter leur taux de valorisation. De plus, les exutoires finaux et les enfouisseurs tendent à être de plus en plus regardants et exigeants vis-à-vis des déchets enfouis. De même, les plates-formes de tri souhaitent un tri en amont plus important et rigoureux sinon celui-ci est facturé de plus en plus cher. Alors que les chantiers de construction neuve ou de réhabilitation lourde (en milieu non occupé) ont déjà une démarche environnementale et une gestion du tri des déchets sur le chantier plutôt bien avancées, pour les chantiers de réhabilitation légère en milieu occupé cela reste très rare et plus difficile à mettre en œuvre. Ainsi, sur ce type de chantier, comme c’est le cas du chantier MasséPigalle, il s’agit aujourd’hui d’un enjeu pour l’entreprise. Ces chantiers de réhabilitation en milieu occupé font face à des contraintes particulières concernant la gestion des déchets. En prenant appui sur l’exemple du chantier Massé-Pigalle, il s’agit donc de les définir puis de déterminer les méthodes qui peuvent être mises en place sur ce chantier. A travers le retour sur expérience d’autres chantiers de réhabilitation vis-à-vis de la démarche REVALO, il s’agira de voir que les méthodes applicables à un chantier de réhabilitation sont peu souvent applicables à un autre. Puis, il s’agira aussi de relever les avantages économiques et environnementaux ainsi que les inconvénients de la mise en place de ces différentes actions pour l’équipe travaux de GTM Bâtiment, en réhabilitation en milieu occupé, au travers d’une enquête et en étant chaque jour sur le terrain.

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1 PRESENTATION - CONTEXTE 1.1 L’ENTREPRISE GTM BATIMENT 1.1.1 PRESENTATION GTM Bâtiment, acteur majeur du bâtiment en Ile-de-France, est une filiale de VINCI Construction France.

L’entreprise réalise ainsi en Ile-de-France, de nombreux projets même les plus complexes. Elle anticipe et maîtrise en toute sécurité l’ensemble des métiers : construction neuve, restructuration complexe, réhabilitation et développement immobilier. Les six valeurs de GTM Bâtiment sont les suivantes :  Esprit d’équipe  Rigueur  Satisfaction du client  Autonomie et Responsabilité  Priorité aux hommes  Maîtrise des risques Erigées en principe de management et relayées sur le terrain, elles font partie intégrante de la culture de l’entreprise.

De plus, GTM Bâtiment est une des premières entreprises du secteur à avoir obtenu la triple certification : 

Sécurité : ILO-OSH 2001

Qualité : ISO 9001

Environnement : ISO 14 001

A cela, il faut ajouter le Label Diversité qui témoignage de l’engagement de GTM Bâtiment en matière de prévention des discriminations, d'égalité des chances et de promotion de la diversité. Ainsi, au sein de l’entreprise, il y a deux fois plus de femmes que dans la profession et vingt-six nationalités différentes.

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1.1.2 ORGANISATION GTM Bâtiment est une Société par Actions Simplifiée (SAS), dont le siège social est basé à Nanterre (92). La direction de l’entreprise est assurée par M. Jean‐Yves COJEAN. La société se décompose trois secteurs d’activités (Cf. Annexe 2 : Organigramme de l’entreprise) :

La construction neuve : logements, complexes hôteliers, établissements scolaires, établissements hospitaliers, bureaux, bâtiments industriels, ouvrages culturels et sportifs.

La restructuration complexe : bureaux, établissements scolaires et centres commerciaux.

La réhabilitation : logements, restructuration et entretien de bâtiments.

Figure 1-1 : Les secteurs d’activité de GTM Bâtiment

Avec son pôle réhabilitation, dirigé par M. Henri NEUVILLE, GTM Bâtiment est un acteur incontournable de la rénovation de logements sociaux et d’équipements publics (crèches, piscines, bâtiments scolaires…) en Ile-de-France. Il est ainsi le numéro un dans la rénovation de logements sociaux dans la région. En outre, avec son expérience dans le domaine, l’entreprise maîtrise toutes les compétences nécessaires à la coordination et au pilotage des travaux en milieu occupé. Elle met tout en œuvre pour assurer la sécurité, le confort et une bonne qualité de service aux habitants.

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1.1.3 ECONOMIE – QUELQUES CHIFFRES GTM Bâtiment c’est :  Plus de 760 professionnels répartis sur toute l’Ile-de-France  Plus de 80 chantiers par an  Un chiffre d’affaires de 415 millions d’euros en 2012.

Evolution du chiffre d'affaires (en millions d'euros) 386

415

304 263

2009

2010

2011

2012

Figure 1-2 : Evolution du chiffre d’affaires (en millions d’euros)

1.1.4 P OLITIQUE Q UALITE ET D EVELOPPEMENT D URABLE - GTM B ATIMENT Afin de satisfaire au mieux ses clients, l’entreprise GTM Bâtiment a choisi de s'engager dans la voie du management par la Qualité. De manière concrète, cela signifie que les ouvrages doivent être réalisés conformément aux règles de l'art. Il est nécessaire d’identifier tout défaut éventuel pouvant apparaître sur les travaux et en faire part à l'encadrement de chantier. Le service Qualité Sécurité et Environnement (QSE) conseille et accompagne les équipes travaux dans cette démarche. L’équipe travaux doit à son tour accompagner ses sous-traitants en les aidant par exemple dans la réalisation de leur Plan Qualité Environnement. 9 PFE 2013

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La problématique de développement durable consiste à concilier progrès économique et social tout en préservant l’environnement pour les générations futures. En tant qu’entreprise de construction, GTM Bâtiment prend sa part de responsabilité. Aujourd’hui, l’entreprise a à son actif plusieurs références de bâtiments construits en Haute Qualité Environnementale (Tour Granite à la Défense, Immeuble Le Cinétic à Paris, Immeuble Eureka à Nanterre…). Sur le terrain, elle s’engage à réduire l’impact environnemental de ses chantiers et à les maintenir propres, en misant sur la gestion des déchets, la réduction des nuisances ou encore la récupération des fluides résiduels. Différents acteurs participent à la mise en place de cette démarche environnementale sur le chantier.

Figure 1-3 : Les différents acteurs de la démarche environnementale sur le chantier

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1.2 LE PROJET DE REHABILITATION MASSE - PIGALLE 1.2.1 PRESENTATION DU PROJET – REHABILITATION D ’IMMEUBLES DE LOGEMENTS Il s’agit de la réhabilitation de 140 logements, répartis sur 5 adresses soit 7 bâtiments. Les travaux sont réalisés en milieu occupé pour une durée totale de 14 mois, les locataires restent dans leur logement pendant toute la durée des travaux. Les travaux ont débuté en février 2013 par une phase de préparation de deux mois (février et mars).

Figure 1-4 : Façade des bâtiments rue Victor Massé

Figure 1-5 : Façade du bâtiment 54 rue J-B Pigalle - Angle des rues Massé-Pigalle Les travaux de réhabilitation à réaliser dans ces bâtiments sont les suivants : Dans les parties communes :  La réfection de l’éclairage de sécurité  La mise en conformité des colonnes EDF et GDF  L’habillage des nouvelles colonnes  La mise en conformité pour la sécurité incendie :  La mise en place de châssis de désenfumage bâtiments  La création de colonnes sèches pour les pompiers  L’installation de portes Coupe Feu entre caves et circulations.

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Dans les logements :  Le changement des WC et des baignoires ainsi que le remplacement des alimentations d’eau froide en plomb  Le changement des dérivations gaz en plomb  Le changement de l’ensemble des chutes d’eaux  La mise en sécurité électrique des logements  La réfection de la peinture des WC, salles de bain et cuisines  La mise en place d’un sol souple dans les WC, salles de bain et cuisines  Le remplacement des menuiseries extérieures, mise en place de double vitrage  La mise en place d’une VMR (Ventilation Mécanique Répartie). Les travaux font ainsi intervenir environ une dizaine de corps d’état différents.

1.2.2 SITUATION GEOGRAPHIQUE Les travaux ont lieu dans le 9ème arrondissement de Paris aux : 

35, 37, 39 et 41 Rue Victor MASSE

54 Rue Jean-Baptiste PIGALLE.

Figure 1-6 : Vue aérienne des bâtiments

Figure 1-7 : Photo aérienne

Figure 1-8 : Plan cadastre

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1.2.3 INTERVENANTS L’entreprise GTM Bâtiment intervient en tant qu’Entreprise Générale. Elle est donc responsable de la réalisation des travaux en « tout corps d’état » (TCE). Avec son savoir-faire en matière de proposition, de conseil et d’exécution, GTM Bâtiment coordonne et organise l’ensemble des travaux. Sur le chantier Massé-Pigalle, l’entreprise GTM Bâtiment soustraite la totalité des travaux réalisés. Pôle Réhabilitation 61, avenue Jules Quentin 92000 NANTERRE

Paris Habitat OPH (Office Public de l’Habitat) est le Maître d’Ouvrage de cette opération. Il s’agit du client de cette opération. Paris Habitat est un organisme d’habitations à loyer modéré (HLM). Il s’agit d’un établissement public chargé de la gestion de logements locatifs destinés à des personnes aux revenus modestes, dits « logements sociaux ». Paris Habitat est le principal bailleur social de la ville de Paris.

La maitrise d’œuvre est constituée : 

D’un cabinet d’architecte, l’Agence Philipe Roux

D’un bureau d’études, BECT, Ingénierie Générale du Bâtiment.

Les différents organismes de contrôle et de sécurité intervenants sur l’opération Massé -Pigalle sont les suivants :

Le bureau de contrôle ALPHA CONTROLE

Le coordonnateur SPS (Sécurité et Protection de la Santé) ACOR ETUDE.

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L’équipe de chantier de GTM Bâtiment est composée de : 

Cédric DE JONCKERE :

Directeur de Centre

Arnaud COQUET :

Directeur de Travaux

Mélanie SOUBBOTINSKY :

Ingénieur travaux

Luis GALINDO :

Aide conducteur de travaux

Le bureau de chantier est situé au 35 rue Victor Massé, bâtiment sur cour, 1er étage, logement N°24. Le téléphone du chantier est le : 01 44 63 28 39, de plus, un numéro spécifique est mis en place pour les locataires, le : 01 44 63 28 37.

1.3 CONTEXTE 1.3.1 PARTICULARITES DU CHANTIER Les particularités du chantier Massé-Pigalle vis-à-vis des enjeux environnementaux sont nombreuses. En effet, il s’agit d’un chantier de réhabilitation en milieu occupé dans le quartier de Pigalle, dans le 9ème arrondissement de Paris. La présence en continu des habitants sur le chantier implique une prise en compte d’autant plus importante des enjeux environnementaux et complique les possibilités d’actions de l’entreprise et de ses sous-traitants. Les nombreuses contraintes spécifiques du chantier sont donc les suivantes : 

Un passage et une présence permanents des habitants

Une gestion quotidienne des relations entreprises-locataires

Un chantier très propre et des nuisances sonores limitées

Peu de zones de travail et de stockage disponibles (Cf. Figure 1-9, Figure 1-10 et Figure 1-11 : Plan d’Installation du Chantier (PIC))

Peu de place disponible sur la voirie pour les bennes de déchets.

1.3.2 PHASE DE PREPARATION Le chantier débute par une phase de préparation de deux mois pendant lesquels sont réalisés :  La réalisation du plan d’installation du chantier (PIC)  La planification des travaux  Les états des lieux des parties communes (7 bâtiments) 14 PFE 2013

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 Les états des lieux des parties privatives (140 logements)  Les consultations des sous-traitants  L’organisation de la gestion du tri des déchets en phase travaux (Cf. 2. Gestion et valorisation des déchets de chantier - La démarche REVALO).

Comme vu précédemment les contraintes singulières au chantier Massé-Pigalle sont nombreuses et entrainent des difficultés pour la mise en place des installations de chantier. Un premier plan d’installation de chantier est réalisé afin de positionner les diverses installations à mettre en place (benne, cantonnements,…) et leur délimitation.

Légende : Délimitation trottoir Barrières agrées Ville de Paris Zone de travail et de stockage GTM Point de rencontre au 35 rue V. Massé

Figure 1-9 : Pan d’installation de chantier - Indice 1

Dans ce premier plan, des cantonnements sont placés sur un seul niveau et à l’angle des rues Victor Massé et Jean-Baptiste Pigalle, devant une crèche. Or, la police et la voirie imposent pour des raisons de sécurité, plan Vigipirate et circulation des véhicules et des piétons, de limiter au maximum l’emprise de ses installations (Cf. Figure 1-9 : Plan d’installation de chantier - Indice 1). 15 PFE 2013

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Ainsi, un second plan est réalisé, la zone comprenant les bungalows et la benne est déplacée aux numéros 39 et 41 de la rue Victor Massé, afin de libérer l’espace devant la crèche. De plus, l’emprise au sol est réduite en positionnant les cantonnements sur deux niveaux (Cf. Figure 1-10 : Plan d’installation de chantier - Indice 2).

Légende : Délimitation trottoir Barrières agrées Ville de Paris Zone de travail et de stockage GTM Point de rencontre au 35 rue V. Massé

Figure 1-10 : Plan d’installation de chantier - Indice 2

Cependant, il est aussi nécessaire de prendre en considération la présence de commerces au rez-dechaussée des bâtiments, d’où après discussion avec le gérant du commerce, le déplacement des installations de chantier. Toute la zone comprenant les cantonnements et l’emplacement de la benne est donc décalée au niveau des numéros 35 et 37 de la rue Victor Massé (Cf. Figure 1-11 : Plan d’installation de chantier - Indice 3).

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Légende : Délimitation trottoir Barrières agrées Ville de Paris Zone de travail et de stockage GTM Point de rencontre au 35 rue V. Massé

Figure 1-11 : Plan d'installation de chantier - Indice 3

Lors de cette phase de préparation de chantier, certains documents relatifs à la qualité du chantier et à son environnement doivent impérativement être réalisés comme le Plan Qualité et Plan Environnement. Par la suite, chaque sous-traitant doit réaliser ses propres plans. Le Plan Qualité est une application du système de qualité de GTM Bâtiment au chantier de réhabilitation sociale. Il s’agit de l’adaptation particulière des dispositions générales adoptées par GTM Bâtiment en matière de qualité. Ce document présente les dispositions spécifiques prises sur le chantier pour répondre à l’ensemble des exigences de la norme ISO 9001. Le Plan Environnement est quant à lui une application du système environnement de GTM Bâtiment. Il s’agit de l’adaptation particulière des dispositions générales adoptées par GTM Bâtiment en matière d’environnement. Ce document présente les dispositions spécifiques prises sur le chantier pour répondre à l’ensemble des exigences de la norme ISO 14001.

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2 GESTION ET VALORISATION DES DECHETS DE CHANTIER - LA DEMARCHE REVALO 2.1 PRINCIPE ET OBJECTIFS DE LA DEMARCHE : ECONOMIE ET ENVIRONNEMENT La démarche REVALO est une action pour la réduction et la valorisation des déchets du BTP (Bâtiment et Travaux Publics). La valorisation des déchets consiste au recyclage ou à la réutilisation des déchets de matériaux utilisés sur le chantier.

La démarche REVALO a été mise en place par l’entreprise GTM Bâtiment en 2011, suite à plusieurs constats : Les coûts :  

Une hausse générale des prix de traitement des déchets non triés La gestion des déchets représente 0,5% à 1% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

La réglementation :   

Un durcissement réglementaire et une modification des marchés Des infractions fortement pénalisées : amendes, assignations judiciaires D’ici fin 2020, une valorisation obligatoire de 70% en poids des déchets de chantier.

Une prise de conscience générale :  

Une prise de conscience environnementale des pouvoirs publics, du ministère, des collectivités avec des exigences élevées et la subvention de projets de recherche Un impact fort sur l’image de l’entreprise.

Cette démarche REVALO a donc non seulement un impact environnemental mais aussi un impact économique. Elle constitue donc une partie du Projet d’entreprise Excellence 2015, il s’agit de l’amélioration de la gestion des déchets sur les chantiers (Cf. Annexe 2 : Extrait du projet d’entreprise Excellence 2015 et Cf. Annexe 3 : Démarche REVALO - Plan d’action).

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En effet, « avec le renchérissement des coûts de traitement, la gestion des déchets devient incontournable sur le chantier. À cette contrainte économique s’ajoute l’aspect écologique puisque la valorisation des déchets préserve les ressources de la planète». De plus, d’après le Fédération Française du Bâtiment (FFB) « l’évolution des réglementations telles que celle relatives à l’élimination des déchets, tend à générer des augmentations des coûts sur les chantiers ». Elle a estimé que « la profession pouvait à terme économiser 40% du prix de l’élimination finale en triant à la source (système de tri ou de collecte sur le chantier) ». Ainsi, une bonne gestion des déchets doit permettre de :  Réaliser des économies pour le chantier avec par exemple une réduction importante des coûts d’évacuation des déchets  Réduire les nuisances du chantier (limiter les impacts visuels, les envols de déchets et poussières…)  Améliorer les conditions de travail (limiter la manutention manuelle…).

Les principaux objectifs de la démarche REVALO sont : 

D’atteindre un taux de recyclage des déchets non dangereux (Cf. 2.3. La classification des déchets de chantier) de 50% en poids

De réduire de moitié le transport des déchets

Réduire de 25% le coût global de gestion des déchets.

Pour cela la démarche REVALO consiste à : Connaitre : l’état des lieux de l’entreprise Estimer : l’estimation des gisements de déchets par chantier Sensibiliser : la sensibilisation et la signalétique Prévenir : le Réemploi et la réduction à la source Trier : le tri et la manutention des déchets sur le chantier Recycler : le chargement, le transport et les filières de revalorisation Déployer : la mise œuvre opérationnelle de la démarche.

La mise en place de cette démarche, qui a débuté sur les chantiers en fin d’année 2011, doit ainsi permettre un gain financier pour le chantier.

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Lors de la phase de préparation, plusieurs étapes sont nécessaires : 

Etape 1 : Diagnostic avant travaux : estimation du volume et de la typologie des déchets en fonction des travaux à réaliser (quantification des déchets)

Etape 2 : Consultation des prestataires (critères de choix : taux de revalorisation, réactivité face aux demandes, qualité de service et prix)

Etape 3 : Optimisation de la gestion des déchets : pour chaque prestataire, un chiffrage de plusieurs organisations de chantier sont réalisés (scénarios) en considérant : le coût des déchets, le taux de recyclage et l’impact du transport

Etape 4 : Lancement de la démarche avec un choix de scénario.

Ainsi, divers documents propres au chantier sont nécessaires pour la réalisation du diagnostic avant travaux :      

Le CCTP Le descriptif des travaux Le DPGF Le DQE Le plan d’installation de chantier Le planning des travaux

Ces étapes s’appliquent beaucoup plus aisément à un chantier de construction neuve qu’aux chantiers de réhabilitation, comme le chantier Massé-Pigalle. La problématique consiste donc à adapter cette démarche à ce chantier. Ainsi, dans la suite du rapport, il sera évoqué les contraintes importantes du chantier vis-à-vis de la gestion du tri des déchets, ainsi que les caractéristiques des déchets. Puis, il sera abordé les solutions à envisager pour cette gestion et leur mise en œuvre.

Le chantier Massé-Pigalle constitue un chantier « test » pour la mise en place de la démarche REVALO. En effet, c’est la première fois que l’entreprise tente d’appliquer cette démarche à un chantier de réhabilitation légère de ce type.

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2.2 LA CLASSIFICATION DES DECHETS DE CHANTIER POUR LEUR EVACUATION 2.2.1 LES DIFFERENTS TYPES DE DECHETS DE CHANTIER Avant toute réflexion sur la gestion des déchets et sa mise en place sur le chantier, il est indispensable d’avoir des notions sur la classification des déchets et leurs niveaux de dangerosité. Un déchet est par définition : « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon" (Article L.541-1, Code de l’Environnement).

Il existe trois types de déchets de chantier : 

Les déchets inertes (DI)

Les déchets industriels banals (DIB)

Les déchets industriels spéciaux (DIS)

Ces déchets sont évacués vers trois types de centres de stockage différents, communément appelés décharges et aussi dénommés centre d’enfouissement technique (CET) : 

Installation de stockage de déchets dangereux (ISDD ou CSDD), de classe 1

Installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND ou CSDU), de classe 2

Centre de stockage de classe 3

Le tableau suivant décrit les différents types de déchets, leur taux de dangerosité et donne des exemples de matériaux.

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Tableau 2-1 : Les trois types de déchets de chantier Désignation

Caractéristiques

Evacuation/Stockage

Ce sont des déchets qui ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune réaction chimique, physique ou biologique lors de leur stockage. Globalement, ils ne présentent pas de risque d'impact négatif sur l'environnement. Il s’agit de la classe la moins dangereuse.

Ces déchets sont en général évacués vers des décharges, vers des carrières ou des centres de tri (décharges de classe 3, les moins réglementées). Ainsi, leur évacuation et leur traitement sont très peu chers (d'où l'intérêt de les trier et/ou de ne pas les mélanger pour ne pas risquer de subir un sur classement en DIB ou en DIS).

Pierres, terres, briques, carrelages, faïences, ardoises, verres ordinaires, laines minérales, matériaux minéraux de démolition mélangés sans plâtre…

Ce sont des déchets produits par l’artisanat et l’industrie. Ils sont considérés comme non dangereux, pas toxiques mais pas inertes. Ils ne présentent pas de risque pour la personne qui les Déchets manipule mais ils sont industriels dangereux pour banals (DIB) l'environnement si leur abandon ne se fait pas par les filières d'évacuation réglementaires.

Ces déchets sont donc évacués en décharge de classe 2 ou éventuellement valorisés par incinération et récupération d'énergie. Les décharges de classe 2 accueillent aussi les déchets ménagers et assimilés (DMA). Ces décharges sont aussi appelées : installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) et centre de stockage de déchets ultimes*(CSDU).

Placo-plâtre, métaux y compris leurs alliages, verres spéciaux (teintés, armés,...), bois non traités avec des sels ou oxydes, plastiques, caoutchoucs, PVC., polystyrènes, moquettes, fers à béton, quincailleries, serrureries, fibres organiques, produits en mélange ne contenant pas de DIS, colles et mastics à l'eau, sans solvant…

Ils sont donc évacués en décharge de classe 1, également appelées : installation de stockage de déchets dangereux (ISDD) centres de

Bois traités, amiantes libres ou dans des produits isolants, peintures et vernis, solvants, accessoires et matériels

Déchets inertes (DI)

Déchets dangereux (DD) et

Ce sont des déchets qui contiennent des substances toxiques et nécessitent des traitements spécifiques à leur élimination. Ces déchets sont donc considérés comme

Matériaux

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Déchets industriels spéciaux (DIS)

dangereux (ils présentent un risque pour la personne qui les manipule et pour l'environnement).

stockage de déchets dangereux (CSDD). Leur évacuation et leur traitement ont donc un coût très élevé (environ 10 fois plus cher que l’évacuation des DIB).

souillés (pinceaux, brosses, filtres, masques,...), agents chimiques (ignifuges, pesticides), huiles (de vidange, de décoffrage,...), suies, produits chimiques divers (certaines colles et mastics), tubes fluos, piles et accumulateurs au plomb, Ni-cd, goudrons et dérivés.

*Un déchet ultime est un déchet "qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux" (loi-cadre déchet de 1992).

2.2.2 LE CAS PARTICULIER DES DECHETS D ’AMIANTE L'amiante est un minéral fibreux et cristallin très utilisée dans l'industrie et le bâtiment pour ses propriétés physiques, chimiques et son faible coût. Il se retrouve dans de nombreux produits comme par exemple, dans : 

des plaques ondulées,

des conduites ou canalisations en amiante-ciment,

des dalles ou revêtements de sols en matière plastique,

des faux plafonds,

des mortiers, colles, enduits, mastics, joints, peintures, bitumes,

des calorifugeages et flocages à base d'amiante qui servaient aussi à isoler des gaines, conduits, canalisations, plafonds, cloisons.

L’amiante présente un grand danger pour la santé et particulièrement les poussières d’amiante lorsqu’elles sont inhalées par l'organisme. Les particules d'amiante peuvent entrainer des troubles graves dans l'organisme provoquant le décès des personnes. Sur le chantier Massé - Pigalle, des prélèvements ont été réalisés pour déceler la présence d’amiante dans les logements. Ces prélèvements sont effectués principalement sur les zones de travaux soient :

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les sols et les faïences des pièces humides (salles de bains, cuisines et WC). Les derniers diagnostics amiante (datant du 22 mai 2013) révèlent que 14 logements sont amiantés. Pour ces logements un désamiantage est nécessaire afin de pouvoir réaliser les travaux. Il y aura donc des déchets d’amiante (friables et liés) produits lors du désamiantage des logements. Cependant les différents prestataires consultés, nous ont informés qu’ils prenaient en charge l’évacuation et le traitement des déchets amiantés générés. Ils nous ont uniquement demandé de leur mettre à disposition une zone fermée à clé pour pouvoir y stocker temporairement les déchets amiantés. Ces déchets d’amiante sont donc soumis à la réglementation générale des déchets et aussi à une réglementation spécifique amiante. Ils sont définis, conformément à l’arrêté du 12 mars 2012 relatif au stockage des déchets d’amiante, de la manière décrite dans le tableau suivant.

Tableau 2-2 : Les différents déchets d’amiante Désignation

Déchets d'amiante libre ou friable

Caractéristiques Il s’agit de déchets générés lors des travaux de retrait, de dépose ou de démontage de flocages, faux plafonds ou calorifugeages contenant de l'amiante. Il s’agit aussi des déchets de matériels et d'équipement (sacs d'aspirateurs, filtres, bâches, chiffons...) utilisés lors de ces travaux (désamiantage et nettoyage), ainsi que du matériel de sécurité (masques, gants, vêtements jetables...). Un matériau d’amiante libre peut devenir un déchet d’amiante libre dans le cas où il est réduit en fin débris.

Evacuation

Ces déchets dangereux doivent être obligatoirement conditionnés dans des doubles sacs étanches et étiquetés "amiante" (circulaire ministérielle du 19 juillet 1996). Ils doivent également être accompagnés d'un bordereau de suivi des déchets d’amiante (BSDA). Ils sont ensuite éliminés en installations de stockage des déchets dangereux (ISDD), classe 1 ou dans une unité de vitrification.

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Déchets d'amiante lié (non friable)

Déchets de terres amiantifères

Déchets d’amiante lié à des matériaux de construction inertes et les déchets d’amiante lié à des matériaux de construction ayant conservé leur intégrité (cloisons, plaques déconstruites, briques réfractaires ayant conservées leur intégrité…).

Ces déchets peuvent être éliminés dans des installations de classe 2, installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND).

Les déchets d’amiante lié autres que les déchets d’amiante lié à des matériaux de construction inertes (dalles vinyles amiantées, produits bitumineux d’étanchéité amiantés…) et n’ayant pas conservé leur intégrité.

Ces déchets doivent être éliminés en installations de stockage des déchets dangereux (ISDD), centres de classe 1.

Il s’agit des déchets de matériaux géologiques naturels excavés contenant naturellement de l’amiante.

Ces déchets peuvent être éliminés dans des installations de classe 2, installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND).

Attention des précautions supplémentaires doivent obligatoirement prises concernant ces déchets d’amiante : 

Une vérification systématique des informations sur l’origine des déchets avec un bordereau de suivi des déchets d’amiante (BSDA, établit par le producteur des déchets).

Un emballage étanche (double sac étanche pour les déchets d’amiante libre par exemple) et étiquetage conforme à la réglementation.

Un scellé pour les déchets d’amiante éliminés en ISDD (classe 1).

Un déchargement et une manutention avec précaution.

Un stockage dans des alvéoles spécifiques (ISDND), couvertes quotidiennement et signalées sur le site de stockage. Le contrôle de ces installations relève de la compétence de l’Etat.

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3 LA MISE EN PLACE DE LA GESTION DES DECHETS SUR LE CHANTIER MASSE PIGALLE 3.1 LES DECHETS DE CHANTIER 3.1.1 LES DECHETS PRODUITS PAR LE CHANTIER La nature des travaux réalisés sur le chantier permet de déterminer les différents déchets produits par chaque corps d’état (Cf. 1.2.1 Présentation du projet). Le tableau ci-dessous récapitule les prestations de chaque corps de métiers, dans les parties communes et dans les logements.

Tableau 3-1 : Nature des travaux réalisés par corps d’état

Lot /Corps de métier

Prestations / Nature des travaux

Lot 01 - Menuiseries extérieures

Le remplacement des menuiseries extérieures, mise en place de double vitrage. La mise en place de châssis de désenfumage bâtiments

Lot 02 - Menuiseries intérieures

L’habillage des nouvelles colonnes EDF et GDF (façades de gaines) L’installation de portes CF entre caves et circulations

Lot 03 - Peinture Revêtement de sol

Lot 04 - Plomberie / VMC

Lot 05 - Electricité

La réfection de la peinture des WC, salles de bains et cuisines La mise en place d’un sol souple dans les WC, salles de bains et cuisines

Le changement des WC et des baignoires ainsi que le remplacement des alimentations d’eau froide en plomb La mise en conformité des colonnes GDF et le changement des dérivations gaz en plomb Le changement de l’ensemble des chutes d’eaux La mise en place d’une VMR (Ventilation Mécanique Répartie)

La mise en sécurité électrique des logements La réfection de l’éclairage de sécurité des parties communes La mise en conformité des colonnes EDF

La majeure partie des déchets provient des travaux réalisés dans les logements et en particuliers dans les pièces « humides » : cuisine, salle de bain et WC. En prenant l’exemple de la réalisation du 26 PFE 2013

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logement témoin (Cf. Annexe 4 : Photos des prestations réalisées - Logement témoin), il est plus aisé de définir les différents déchets engendrés par le chantier. Ainsi, le tableau ci-dessous présente les déchets et leur dangerosité en fonction des différents corps d’état intervenants sur le chantier Massé-Pigalle et vis-à-vis des travaux réalisés.

Tableau 3-2 : Les déchets en fonction des différents corps de métier

Corps de métier / Sous-traitant

Déchets dangereux

Déchets non dangereux (ou DIB : Déchets industriels banals)

Menuiserie Peintures intérieure/extérieure

Anciennes fenêtres (châssis bois et verre), copeaux et sciure, menuiseries bois (contreplaqué et médium)

Serrurerie métallerie

Tout élément métallique (vis, pointe…), menuiseries bois (contreplaqué et médium)

Peinture et revêtement de sol

Peintures et solvants

Maçonnerie et carrelage

Plomberie et VMC

Amiante friable (logements amiantés) Cartouches de silicone

Déchets inertes

Revêtement de sol souple, moquette et plâtre

Plâtre

Mortier, ciment, carrelage

Quincaillerie métallique, plâtre, meubles éviers, éviers, baignoires, receveurs de douche, robinetterie et chutes en fonte.

Gravats, carrelage

Electricité

Cartouches de silicone

Fils, câbles électriques, plastiques industriels (goulotte/moulure), tableaux et armoires électriques

Tous corps d’état

Emballages souillés de produits toxiques

Emballages propres (plastiques, cartons…)

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Cependant, il est important de notifier que certains déchets sont directement gérer par les soustraitants comme par exemple les baignoires et chutes en fonte ou encore les chutes de cuivre pour la plomberie.

3.1.2 L’ESTIMATION DES DECHETS : QUANTITE ET REPARTITION Dans le « plan d’action REVALO » pour le chantier, le service Recherche et Développement Durable réalise un estimatif des déchets qui seront générés par le chantier. En ce qui concerne la construction neuve, le service possède des outils performants pour estimer ces déchets, ce qui permet une estimation fiable et précise. Pour la réhabilitation, il n’existe pas encore d’outils similaires à ceux utilisés pour l’estimation des déchets en construction neuve. Il est donc très difficile d’estimer de façon exacte la quantité et le type des déchets produits par le chantier.

Le service Recherche et Développement Durable a donc élaboré sa propre méthode pour estimer la quantité de déchets produits pour un chantier de réhabilitation. Actuellement, le service tente d’améliorer et d’affiner sa méthodologie grâce notamment aux registres de suivi des déchets fournis par les chantiers de réhabilitation. Cette méthode est confidentielle, il m’est donc impossible d’en savoir plus et d’en dire plus à son sujet. Pour le chantier, j’ai fourni le descriptif des travaux ainsi que le DQE pour permettre la réalisation de cet estimatif. De plus, le service Recherche et Développement Durable a pour l’instant très peu de retours d’expériences sur la mise en place de la démarche REVALO sur les chantiers de réhabilitation (trois chantiers sur la totalité de la durée des travaux). Ainsi, elle ne peut pas encore se rendre compte de la fiabilité de ses estimations dans le cas des travaux de réhabilitation.

Concernant le chantier Massé-Pigalle, l’estimation de la quantité de déchets générés et leur répartition sont explicitées dans le tableau suivant, en poids et en volume.

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Tableau 3-3 : L’estimatif des déchets émis par le chantier Massé-Pigalle Total Estimation Poids (Tonne)

Volume (m3)

Déchets mélangés

40

237

Verre

16

31

Bois des menuiseries

26

201

Total

82

469

Pour l'estimation des volumes de déchets, il est supposé que pour les anciennes menuiseries extérieures, le verre est séparé de l'ouvrant. Si les menuiseries sont mises entières dans la benne en mélange, le volume des déchets est alors plus important, soit 490 m3. De plus, d’après l’estimation des quantités de déchets présentée ci-dessus, les menuiseries déposées représentent plus de 50% du tonnage des déchets estimés (Cf. Annexe 5 : Diagrammes estimatifs de la répartition des déchets de chantier). En me basant sur la réalisation des travaux dans le logement témoin (Cf. Annexe 4 : Photos des prestations réalisées dans le logement témoin), j’ai aussi réalisé un estimatif de la quantité de déchets qui pourra être générée par le chantier Massé-Pigalle. Cet estimatif est élaborer dans le but de se rendre mieux compte de la quantité de déchets qui sera surement produite et aussi pour avoir matière à comparer l’estimatif fourni par le service Recherche et Développement Durable de l’entreprise. Ainsi, après réalisation de la prestation complète dans le logement témoin (à l’exception, du changement de menuiseries extérieures) le volume de déchets produit est évalué. Il est aisé de mesurer cette quantité car tous les déchets générés par la réalisation du logement témoin ont été stocké dans le logement « stock ». En effet, nous avons fait le choix de stocker ces déchets pour pouvoir en estimer la quantité. Le chantier dispose d’un logement au rez-de-chaussée destiné au stockage du matériel et de la fourniture. Ainsi, la quantité de déchets générés par la réalisation d’un logement est d’environ 1,9 m3. Dans l’évaluation de ce volume, les menuiseries extérieures ne sont pas prises en compte. D’une part car seulement deux fenêtres sont changées pour la réalisation du logement témoin et d’autre part parce que dans l’estimatif réalisé par l’équipe REVALO les anciennes fenêtres sont comptabilisées indépendamment des autres déchets « en mélange ». Les deux estimatifs seront ainsi plus facilement comparables.

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Ces travaux sont réalisés dans 140 logements. Ainsi, en considérant uniquement les travaux dans les logements, et pas ceux dans les parties communes, on peut estimer le volume de déchets à 266 m3. Il faut donc rajouter à ces 266 m3, les déchets produits par les travaux dans les parties communes (Cf. Tableau 3-1 : Nature des travaux réalisés par corps d’état). C'est-à-dire la quantité de déchets générée par les travaux de désenfumage, d’électricité dans les caves, de changement des collecteurs dans les caves, de réfection des colonnes de gaz, de réfection des colonnes EDF et de remplacement des façades de gaines. Estimer la quantité de déchets générés par les travaux en parties communes de la même manière que pour ceux dans les logements est impossible car ces travaux n’ont pas encore commencé. Il est tout de même intéressant de constater que sans considérer les travaux dans les parties communes, la quantité de déchets estimée en considérant ceux produits par la réalisation du logement témoin est déjà supérieure à celles estimée par le service Recherche et Développement Durable.

3.2 UN CHANTIER « TEST » TRES CONTRAINT Les particularités de la gestion du tri des déchets pour les chantiers de réhabilitation en milieux occupés et donc du chantier Massé-Pigalle, c’est la multiplicité des contraintes dues à l’implantation du chantier et à la nature des travaux.

En effet, le chantier Massé-Pigalle présente beaucoup de contraintes vis-à-vis de la mise en place de la démarche REVALO : 

Très peu de place à disposition pour le stockage des déchets et la mise en place de bennes

Pas de place de stationnement disponible (livraisons, stockage provisoire…)

Peu d’espace disponible sur la voirie pour les installations de chantier (Cf. 1.3.2. Phase de préparation)

Des zones de travail, de stockage pour le matériel et la fourniture relativement petites (Cf. Figure 1-10 : Plan d’installation de chantier Indice 3)

Des travaux générant des déchets très variés en petites quantités (Cf. 3.1.1 Les déchets produits par le chantier).

La zone destinée aux cantonnements, à la benne et aux livraisons est assez réduite. Elle impacte sur le trottoir et est très proche des commerces. 30 PFE 2013

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Figure 3-1 : Installations de chantier - 35, 37 et 39 Rue Victor Massé

Figure 3-2 : Installations de chantier - Rue Victor Massé vue depuis le croisement des rues Victor Massé et Jean-Baptiste Pigalle

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3.3 PISTES DE REFLEXION POUR LA GESTION DU TRI SUR LE CHANTIER MASSE-PIGALLE REJETEES/RETENUES Un travail en collaboration avec le service Recherche et Développement Durable s’est mis en place avec des réunions sur le chantier et des échanges fréquents afin d’essayer de mettre en place la démarche REVALO sur le chantier Massé-Pigalle.

Ainsi, de nombreuses idées pour organiser la gestion des déchets sur le chantier ont émergées, les plus importantes sont les suivantes : 

Des bennes de plus grande capacité, 15 m3 au lieu de 8 m3, pour une même emprise au sol (réduction du nombre de rotation des bennes)

Une gestion différente des autres déchets en ce qui concerne les menuiseries extérieures (1200 fenêtres à remplacer)

Des bennes bi-flux (Cf. Figure 3-1 : Principe de la benne bi-flux - benne à deux compartiments), à adapter en fonction du planning, pour un tri des déchets à la source.

Au vue des différentes contraintes du chantier (milieu occupé, déchets variés et petites zones de stockage), il s’avère très difficile de mettre en place un tri des déchets à la source Il est donc préférable d'évacuer les déchets (hors menuiseries) dans une benne en mélange (DIB). Le tri à la source des déchets, dans des bennes bi-flux (bennes à deux compartiments) est une solution écartée pour la gestion des déchets sur le chantier Massé-Pigalle.

Figure 3-3 : Principe de la benne bi-flux - benne à deux compartiments

Cependant, il peut être envisagé, pour améliorer la gestion des déchets, d’augmenter la capacité des bennes utilisées. Cette solution vise principalement à diminuer le coût de gestion et d’évacuation des déchets de chantier (Cf. 3.3.1 L’augmentation de la capacité des bennes). 32 PFE 2013

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En ce qui concerne les fenêtres, qui sont déposées pour être remplacées ensuite, d’un point de vue du volume, elles représentent la majeure partie des déchets générés par le chantier (Cf. 3.2 Les déchets de chantier). En effet, d’après l’estimatif réalisé, environ 50% du volume total des déchets est généré par ces fenêtres (bois et verre) (Cf. Annexe 5 : Diagrammes estimatifs de la répartition des déchets de chantier). L’évacuation des menuiseries extérieures plombées doit donc être correctement étudiée pour des questions d’organisation du chantier et de coût (Cf. 3.3.2 L’évacuation des menuiseries plombées). Une dernière piste pour améliorer la gestion des déchets de chantier et en diminuer les coûts, est la réduction des déchets. Cela peut être une solution intéressante pour diminuer la quantité, le volume et le tonnage de déchets. Les déchets produits sur le chantier sont issus des matériaux apportés directement par les sous-traitants, ou bien de ceux commandés par GTM Bâtiment. Cette diminution des déchets à la source peut être donc assez complexe. De plus, pour des raisons économiques dans la gestion en fournitures du chantier, l’équipe réduit déjà au maximum la perte de matériaux en diminuant les chutes ou bien en les réutilisant.

3.3.1 L’AUGMENTATION DE LA CAPACITE DES BENNES Pour mettre en place l’évacuation des déchets, il est nécessaire d’être en phase avec les procédures de l’entreprise prestataire responsable de l’évacuation des déchets vers les sites appropriés. Le choix de l’entreprise prestataire du traitement des déchets est effectué grâce à des accordscadres entre GTM-Bâtiment et le prestataire de service. Afin de pouvoir négocier au mieux les prix, la même société est responsable d’une grande partie des chantiers.

Le choix est réalisé suivant des critères précis, qui sont :  Le taux de revalorisation  La réactivité face aux demandes  La qualité de services  Le prix.

Ainsi au vue des consultations réalisées, la société ADS semble présenter l’offre la plus intéressante pour le chantier Massé-Pigalle : 

Un prix équivalent ou inférieur à ceux des autres prestataires (Cf. Annexe 6 : Tableaux comparatifs des tarifs des prestataires).

Une rapidité d’intervention (la veille pour le lendemain) et une flexibilité.

Un taux de revalorisation de l’ordre de 60% (comme la plus plupart des autres prestataires).

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De plus, après discussion avec le commercial d’ADS, il s’avère qu’il est impossible pour le camion de manœuvrer et d’effectuer la rotation de bennes de 15 m3 plate dans la zone définie. Ainsi, uniquement trois types de bennes sont envisageables : 8 m3, 10 m3 et 15 m3-haute (bennes à chaîne).

Figure 3-5 : Benne de 8 m3

Figure 3-4: Benne 15 m3-haute

Il est important de noter que l’emprise au sol d’une benne de 15 m3-haute est équivalente à celle d’une benne de 8m3. Il n’est donc en aucun cas nécessaire de modifier le plan d’installation de chantier déjà établi. Le choix se porte donc sur l’utilisation de bennes de 15 m3 hautes afin de limiter le nombre de rotation. Cette diminution des rotations de bennes est à la fois un avantage économique pour le chantier mais aussi un avantage d’un point de vue de l’organisation, avec moins de pertes de temps pour programmer et gérer cette rotation. Economiquement l’utilisation systématique de benne de 15 m3 au lieu des bennes de 8 m3, pourrait faire diminuer par deux environ le nombre de rotations et ainsi réduire le coût d’évacuation des déchets mélangés produits. Il est possible d’estimer ce gain économique pour le chantier en fonction du type de tarification. En effet, le prestataire ADS IDF Nord applique deux types de tarification (facturation) : 

Une tarification à la tonne

Une tarification au forfait.

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J’ai donc réalisé plusieurs tableaux comparatifs afin de déterminer : 

Le type de facturation le plus avantageux pour le chantier

Le gain économique engendré par l’utilisation de bennes de 15 m3.

Dans ces différents comparatifs, j’ai tout d’abord utilisé les quantités de déchets mélangés (DIB) en tonnes, estimées par le service Recherche et Développement pour déterminer leur coût d’évacuation. Ainsi, les quantités de déchets mélangés considérées sont celles définies dans le tableau suivant.

Tableau 3-4 : Quantité de déchets mélangés (DIB) considérée Volume 237 m3 Poids

40,3 T

Note : pour 1 T de déchets mélangés (DIB) le volume correspondant est d’environ 5,9 m3.

Tableau 3-5 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/T)

Prix transport (€)

Coût total

8

30

82

85

5 855 €

15

16

82

85

4 665 €

Tableau 3-6 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/benne)

Coût total

8

30

224

6 720 €

15

16

351

5 616 €

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La facturation à la tonne semble la plus avantageuse. Cependant pour réaliser ces comparatifs, j’ai considéré que 1 tonne dé déchets représente environ 5,9 m3 (soit 2,55 tonnes la benne de 15 m3). Or, en réalité, il est possible d’optimiser le remplissage des bennes (démembrement des palettes, pliage des cartons d’emballage, rangement ordonné des déchets…). Ainsi, le poids de déchets reste le même mais le volume diminue. ADS IDF Nord accepte un poids maximal de 3,5 tonnes pour une benne de 15 m3.

Tableau 3-7 : Quantité de déchet mélangés considérée dans le cas d’une optimisation des bennes Volume 173 m3 Poids

40,3 T

Note : pour 1 T de déchets mélangés (DIB) le volume correspondant est d’environ 4,3 m3. En considérant des bennes remplies de façon optimisée, c'est-à-dire avec un meilleur taux de remplissage, j’obtiens les tableaux comparatifs suivants.

Tableau 3-8 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne et d’une optimisation du volume Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/T)

Prix transport (€)

Coût total

8

22

82

85

5 175 €

15

12

82

85

4 325 €

Tableau 3-9 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait et d’une optimisation du volume Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/benne)

Coût total

8

22

224

4 928 €

15

12

351

4 212 €

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Avec un meilleur remplissage des bennes, la facturation au forfait devient plus intéressante. Le choix du chantier Massé-Pigalle se porte donc sur une tarification au forfait. De plus, ce type de facturation est plus sécurisant et aussi plus intéressant lorsque des gravats sont générés par les travaux, c’est le cas ici pour le remplacement des chutes d’eaux qui sont très engravées. De plus, d’après les résultats obtenus précédemment, la généralisation de l’utilisation de bennes de 15 m3 sur le chantier nous permettra de réduire nos coûts d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2). Les tableaux montrent que le prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB) diminue d’environ 700 à 1000 euros lorsque l’on utilise des bennes de plus grande capacité, des bennes de 15 m3. Cette réduction peut sembler faible mais ramenée au coût total d’évacuation des déchets mélangés du chantier, ce gain n’est pas négligeable. En effet, le pourcentage de réduction des coûts peut aller jusqu’à 20% dans le cas de la tarification à la tonne. Ainsi, sachant que le coût d’évacuation des déchets représente environ 0,6% du chiffre d’affaire d’un chantier, une réduction de 20% de ce coût pourrait faire économiser beaucoup d’argent à l’entreprise. Effectivement, le chiffre d’affaire du pôle réhabilitation étant de 186 millions d’euros en 2012, cela représenterait une économie d’environ 223 200 euros.

Tableau 3-10 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation

Type de facturation

Pourcentage de réduction du coût total

A la tonne

20%

Au forfait

16%

Tableau 3-11 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation (bennes optimisées) Type de facturation

Pourcentage de réduction du coût total

A la tonne

16%

Au forfait

15%

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Au vue du type de tarification choisi, l’augmentation du volume des bennes pourrait permettre au chantier de réduire de 15% le coût d’évacuation des déchets mélangés (DIB). Cependant, dans ces calculs la quantité de déchets mélangés considérée est celle estimée par le Service Développement Durable. Je réalise donc de nouveaux comparatifs en considérant cette fois que la quantité de déchets mélangés produits est de l’ordre de 266 m3 (Cf. 3.1.2 L’estimation des déchets de chantier), ce qui représente environ 45,1 tonnes. Je prends directement en compte, cette fois, que les bennes seront remplies de manière optimisée, ce qui ramène le volume à considérer à 194 m3. Tableau 3-12 : Nouvelle quantité de déchet mélangés considérée dans le cas d’une optimisation des bennes Volume 194 m3 Poids

45,1 T

Note : pour 1 T de déchets mélangés (DIB) le volume correspondant est d’environ 4,3 m3.

Tableau 3-13 : Prix d’évacuation de 45,1 T de déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne et d’une optimisation du volume Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/T)

Prix transport (€)

Coût total

8

25

82

85

5 822 €

15

13

82

85

4 802 €

Tableau 3-14 : Prix d’évacuation de 45,1 T de déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait et d’une optimisation du volume Volume de la benne (m3)

Nbr de transport

Prix traitement (€/benne)

Coût total

8

25

224

5 600 €

15

13

351

4 563 €

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Tableau 3-15 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation (50T et une utilisation optimisée des bennes)

Type de facturation

Pourcentage de réduction du coût total

A la tonne

18%

Au forfait

19%

Ainsi, si l’on considère que le chantier produira 45,1 tonnes de déchets mélangés (DIB), l’utilisation de bennes de 15 m3 permettra au chantier de réduire de 19% son coût d’évacuation de ces déchets.

Sur le chantier, en discussion avec notre prestataire, nous convenons tout de même que parfois lorsque la quantité de déchets produits sera moins importante, nous utiliserons des bennes de 8 m3 afin de limiter l’impact visuel du chantier (riverains et commerces).

3.3.2 L’EVACUATION DES MENUISERIES PLOMBEES Comme vu précédemment, le plus grand volume de déchets du chantier est engendré par le remplacement des menuiseries extérieures, environ 50% du volume total de déchets. Il s’agit donc de la principale problématique dans la gestion des déchets du chantier. Il y a environ 1200 fenêtres anciennes à évacuer sur la totalité du chantier.

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Figure 3-6 : Exemples de menuiseries extérieures à remplacer et à évacuer 39 PFE 2013

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Les nouvelles fenêtres sont posées « en rénovation », c'est-à-dire que les anciens dormants sont conservés et les nouveaux châssis de fenêtres viennent se poser et se fixer sur ce cadre existant.

Ouvrant (ou vantail)  Nouvelle fenêtre  Tasseau de bois (pièce d’appui rajouté)  Ancien dormant conservé

Ancien dormant conservé

 Maçonnerie

Figure 3-7 : Principe de la pose en « rénovation » des fenêtres Les déchets de fenêtres sont donc constitués uniquement des vantaux (ou ouvrants).

Différentes solutions sont possibles pour l’évacuation de ces anciennes menuiseries extérieures : 

Les fenêtres entières dans une benne.

Une séparation du vitrage et des châssis, puis une évacuation du verre (peu coûteuse) et du bois dans des bennes séparées.

Le stockage des fenêtres sur des chevalets (ceux des fenêtres neuves) sur chantier avant évacuation.

La deuxième solution a un intérêt économique en ce qui concerne le coût d’élimination des déchets mais nécessite l’intervention de main d’œuvre pour séparer le vitrage du châssis. De plus, après discussions, l’évacuation des anciennes fenêtres avec une séparation du vitrage et des châssis sur le chantier semble peu envisageable pour le chantier Massé-Pigalle. En effet, cette solution est écartée pour plusieurs raisons : 

L’image de l’entreprise (bruit, main d’œuvre…)

La sécurité : la séparation du vitrage et des châssis est une manipulation assez délicate et dangereuse (éclats de verre…)

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Les zones de travail disponibles : aucune zone de stockage ou de travail n’est assez spacieuse et éloignée du passage des habitants pour permettre cette manipulation.

La dernière solution, qui vise à stocker les fenêtres sur les anciens chevalets sur le chantier, parait impossible vue la place disponible en zone de stockage sur le chantier.

Une autre difficulté vis-à-vis de ces menuiseries extérieures a émergé, ces dernières sont recouvertes de peinture plombée. Des prélèvements dans tous les logements ont été réalisés pour déterminer la présence de plomb ainsi que son taux. Les résultats de ces diagnostics montrent qu’une grande partie des menuiseries extérieures présentent du plomb (Cf. Annexe 7 : Extrait diagnostic plomb logement témoin). Le plomb est un métal utilisé dans la construction et les bâtiments et notamment dans les peintures. Ces diagnostics sont obligatoires (CREP : Constat des Risques d’Exposition au Plomb) avant le démarrage des travaux car le plomb est toxique notamment en cas d’ingestion ou d’inhalation.

Pour pouvoir évacuer ces déchets contenant du plomb, il est donc nécessaire d’effectuer un test de lixiviation. En effet, la composition des déchets est déterminante pour le choix des filières d’élimination (classe 1, 2 ou 3). La teneur en plomb (lixiviable) conditionne le type de filières de stockage ou de traitement adapté, en fonction du type de déchet : 

Matériaux inertes revêtus de peinture au plomb avec une teneur en plomb lixiviable inférieure à 0,5 mg/kg : Déchets Inertes (classe 3)

Débris et poussières de plomb avec teneur en plomb lixiviable inférieure à 10 mg/kg : Déchets Non Dangereux ou DIB (classe 2)

Pour une teneur en plomb lixiviable supérieure à 10 mg/kg : Déchets Dangereux (classe 1)

Lorsque la teneur en plomb lixiviable est supérieure à 50mg/kg, un traitement dans un centre spécialisé est nécessaire afin de se ramener à une teneur inférieure à 50 mg/kg, avant stockage en tant que Déchets Dangereux (classe 1).

Ce test de lixiviation permet de déterminer le taux de plomb des menuiseries en mg/kg de déchets alors que les diagnostics réalisés auparavant présentent des résultats en mg/cm2. En effet, les prélèvements de ces tests ont été faits avec une écaille de peinture alors que pour un test de lixiviation il s’agit d’un kilo de fenêtre démembrée.

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Cet essai de lixiviation doit être réalisé suivant la norme NF EN 12457-2. Après broyage de l’échantillon, une lixiviation a lieu pendant 24 heures. L’éluât obtenu est ensuite dosé pour le paramètre plomb par spectrométrie. Après consultation de différents laboratoires effectuant ce type de test, en comparant les prix ainsi que les méthodes et contraintes de prélèvement, il ressort que le laboratoire PROTEC présente la meilleure offre pour le chantier (Cf. Annexe 8 : Bordereau à remplir pour le test de lixiviation). Afin de réaliser le test rapidement, les prélèvements sont effectués à partir des anciens ouvrants du logement témoin. En effet, d’après le diagnostic plomb du logement témoin, la fenêtre de la cuisine est recouverte d’une peinture au plomb (Cf. Figure ci-dessous).

Figure 3-8 : Résultats des diagnostics plomb pour la fenêtre de la cuisine du logement témoin

Ainsi, lors du changement de la fenêtre de la cuisine dans le logement témoin, nous récupérons un des anciens ouvrants pour qu’il constitue les prélèvements pour le test de lixiviation (Cf. Figure 3-7 et Figure 3-8).

Figure 3-10 : Ancien ouvrant de fenêtre plombée

Figure 3-9 : Prélèvements transmis au laboratoire

Le laboratoire est venu récupérer les prélèvements, le vendredi 31 mai 2013. Le chantier est donc dans l’attente des résultats. 42 PFE 2013

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Deux résultats sont principalement envisageables : 

Les menuiseries plombées ont une teneur en plomb lixiviable inférieure à 10 mg/kg et sont alors considérées comme des déchets de classe 2 (Non dangereux ou DIB)

Les menuiseries plombées ont un teneur en plomb lixiviable supérieure à 10mg/kg et sont alors considérées comme des déchets dangereux (classe 1).

Dans le premier cas, les ouvrants des anciennes fenêtres de classe 2, pourront être évacués dans des bennes à DIB du même type que celles utilisées pour les déchets mélangés. La problématique consistera alors à optimiser le remplissage des bennes. Il s’agira donc de stocker les ouvrants sur le chantier pour pouvoir ensuite remplir une benne avec uniquement des ouvrants. Ceci afin de permettre un taux de remplissage maximal de la benne, en rangeant correctement les ouvrants dans la benne. Le coût d’évacuation d’une benne sera alors le même que celui des déchets mélangés et le type de facturation restera inchangé. Dans le second cas, les ouvrants étant définis comme des déchets de classe 3, leur conditionnement sera réglementé et leur coût d’évacuation beaucoup plus élevé. En effet, les ouvrants devront alors être mis dans des sacs étanches (type « big bag ») et ensuite positionnés sur des palettes. Ils ne peuvent pas être évacués dans des bennes comme les déchets de classe 2. De plus, le coût d’évacuation de ces déchets est très élevé avec environ 500 euros de frais de transport et des frais de traitement d’environ 320 euros par tonne de déchets. Il n’existe pas de tarification au forfait pour l’évacuation de ce type de déchets plombés. Le coût total d’évacuation de l’ensemble des déchets générés par le chantier dépend donc entièrement du résultat du test de lixiviation réalisé sur les ouvrants des anciennes menuiseries extérieures.

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3.4 LA GESTION ET L ’EVACUATION DES DECHETS Le suivi administratif des déchets est à présent indispensable. En effet, la tenue d'un registre de suivi des déchets est obligatoire (juillet 2012). Cette demande doit être faite au près du prestataire de déchets. Sur le chantier Massé-Pigalle, le prestataire choisi, ADS IDF Nord, prend en compte dans sa prestation la tenue de ce registre. Un exemple de registre de suivi des déchets réalisé par la société ADS IDF Nord pour un autre chantier de GTM Bâtiment est présenté en Annexe 9.

Ce suivi, avec l’établissement de bordereaux de suivi des déchets (BSD), permet de connaître les différentes caractéristiques des matériaux évacués par le chantier, comme : 

La nature (DIB, déchets dangereux, …)

Le volume et le tonnage

La date de collecte des déchets sur le chantier

Le mode de traitement ou de recyclage final (taux de valorisation…)

Le coût lié au traitement des déchets.

Il permettra aussi, de constater la fiabilité des estimations réalisées à propos de la quantité (poids et volume) de déchets produits et du coût d’évacuation de ces déchets.

Ce suivi est aussi à effectuer régulièrement sur le chantier par l’équipe travaux. Il permet, outre l’aspect obligatoire, de connaître le prix global, pour la période de travaux, de l’évacuation des déchets et de déterminer ainsi l’économie réalisée grâce à l’augmentation du volume des bennes par exemple. La connaissance du taux de revalorisation est aussi un atout lorsqu’il s’agit de présenter au client les moyens mis en place pour une meilleure gestion des déchets.

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4 DES RETOURS D’EXPERIENCES SUR LA DEMARCHE REVALO 4.1 RENCONTRE Dans le cadre de mon projet de fin d’études, il m’a semblé intéressant de rencontrer les équipes travaux d’autres chantiers de réhabilitation ayant mis en place la démarche REVALO. Cela m’a permis non seulement de déterminer les difficultés engendrées par ces actions mais aussi d’observer les méthodes mises en œuvre sur d’autres chantiers. Pour cela, j’ai recueilli le témoignage d’un conducteur de travaux du chantier Solidarité.

Le contexte initial du chantier Solidarité : Il s’agit d’un chantier de réhabilitation en opération « tiroir », situé dans le 19ème arrondissement de Paris. Avant l’intervention de REVALO, le chantier procède de la manière suivante. Il évacue ses déchets en mélange (DIB) au forfait dans des bennes de 8 m3 ou dans des bennes de 15 m3 avec une tarification à la tonne.

Les actions mises en place dans le cadre de la démarche REVALO : Il est fait le choix d’un nouveau prestataire (VEOLIA) avec une tarification à la tonne. Il est aussi décidé d’augmenter le volume des bennes utilisées. Le nombre de rotation de la benne est ainsi diminué avec la mise en place d’une benne de plus grande capacité, une benne de 30 m3. Cette solution est possible car il y a suffisamment de place disponible sur le chantier. De plus, une pose le lundi et une dépose le vendredi de la benne est organisée au lieu d’un remplacement de la benne habituellement (dépose et pose en même temps). Cette contrainte supplémentaire est imposée par la voirie. En outre, une nouvelle gestion des déchets est mise en œuvre, un tri des déchets à la source est organisé : une benne « bois », une benne « DIB » et une caisse-palette « déchets dangereux ». Ainsi, il nécessaire d’expliquer aux sous-traitant ces nouveaux procédés vis-à-vis des déchets. En effet, les ouvriers n’ont pas pour habitude de trier leurs déchets, il est indispensable de les sensibiliser à cette nouvelle démarche.

Les résultats économiques et environnementaux pour le chantier Solidarité : Ce nouveau mode de fonctionnement, inhabituel pour le chantier et le prestataire, est difficile à mettre en place. En effet, beaucoup de temps est passé pour organiser cette nouvelle rotation des bennes. En outre, une benne de 30 m3 possède un inconvénient majeur, les portes de la benne doivent être ouvertes pour la remplir (du fond vers l’avant et non par empilement désordonné des déchets). Le remplissage de la benne demande donc plus de temps et plus d’organisation. Il est nécessaire de sensibiliser les sous-traitants à cette méthode de remplissage. 45 PFE 2013

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Ce changement des habitudes nécessite une sensibilisation du personnel. Il s’agit alors de beaucoup d’investissement, d’énergie et de temps à consacrer pour l’équipe travaux de l’entreprise afin de sensibiliser et d’imposer la gestion du tri aux sous-traitants (1/4h sécurité et pénalités financières). Pour réaliser le bilan de cette opération, le service Recherche et Développement Durable a collecté toutes les informations nécessaires au près de l’équipe travaux du chantier : factures, temps passé pour la gestion des déchets, bordereau de suivi des déchets… Elle tente ainsi d’intégrer les « coûts cachés » pour essayer de se rapprocher le plus possible du bilan réel du chantier. Par exemple dans le cas du bilan de l’expérience sur le chantier Solidarité, elle a ajouté : 

Un surcoût de gestion par le conducteur de travaux du nouveau prestataire VEOLIA

Un surcoût du au remplissage de la benne le lundi après-midi pour cause d’absence fréquente de benne les vendredis après-midi et lundis matin

Un surcoût lié au temps de présence de l’équipe travaux aux réunions REVALO

Un coût de main d’œuvre pour le déparclosage de 155 fenêtres (essais)

Cependant, ces « coûts cachés » sont évalués de façon assez approximative.

Figure 4-1 : Bilan de l’opération sur le chantier Solidarité réalisé par le service Recherche et Développement Durable Le chantier Solidarité obtient grâce à ses différentes actions mises en place dans le cadre de la démarche REVALO : un gain financier et tire un bilan positif de cette expérience. 46 PFE 2013

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4.2 ENQUETE Afin de connaître la façon dont est perçue la démarche REVALO sur les chantiers de réhabilitation, j’ai réalisé une enquête que j’ai transmise aux différents acteurs de la démarche environnementale sur les chantiers de réhabilitation. J’ai ainsi demandé à des conducteurs de travaux, ingénieurs travaux, directeur de travaux et directeur de centre de répondre à différentes questions portant principalement sur les avantages et les inconvénients de la démarche REVALO. Les réponses à cette enquête, « Perception de la démarche REVALO sur les chantiers de réhabilitation », sont présentées en Annexe 10. Il ressort de cette enquête que la majeure partie des personnes interrogées, ont eu une seule expérience de la mise en place de cette démarche REVALO sur leur chantier. Cependant, ils pensent tout de même que cette démarche est adaptable aux chantiers de réhabilitation, même si elle nécessite de l’organisation et souvent de la place à disposition sur le chantier. Le tableau ci-dessous reprend les avantages économiques et environnementaux ainsi que les points d’amélioration soulevés par les personnes sondées.

Tableau 4-1 : Synthèse de l’enquête sur la perception de la démarche REVALO par les équipes travaux Avantages économiques

Une optimisation des bennes (volume et rotation) Un meilleur choix du prestataire d’évacuation et de traitement des déchets Un meilleur contrôle des factures des prestataires

Avantages environnementaux

Inconvénients

Une réduction des déchets Un meilleur tri à la source des déchets produits Un meilleur taux de valorisation des déchets Une meilleure image pour l’entreprise

Une perte de temps (organisation) Difficultés de mise en place Nécessite de l’espace sur le chantier

Points d’amélioration

Un choix de prestataires d’évacuation et de traitement des déchets plus important Un couplage avec d’autres démarches de l’entreprise Plus de sensibilisation et de visibilité Cibler d’avantage les chantiers sur lesquels appliquer la démarche

Les avantages qu’ils soient économiques ou environnementaux de cette démarche sont quand même significatifs pour les chantiers de réhabilitations. De plus, les inconvénients mis en avant sont surtout dus à un manque d’expérience vis-à-vis de la démarche REVALO.

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Petit à petit, cette dernière devrait s’insérer entièrement au mode de fonctionnement des chantiers. Elle permettra ainsi un gain économique à l’entreprise grâce à la réduction des coûts d’évacuation et de traitement des déchets et elle lui donnera une meilleure image auprès des clients concernant l’environnement. Adapter la démarche REVALO sur le chantier Massé-Pigalle, m’a également permis d’envisager aussi des pistes d’améliorations. Ainsi, je pense désormais que la démarche REVALO devrait être mieux intégrée au chantier, et non présentée comme quelque chose que l’on vient rajouter en plus une fois que le chantier commence. Elle serait alors moins perçue comme une contrainte par les équipes travaux, qui ont alors l’impression que l’on vient modifier l’organisation du chantier et leur faire perdre du temps. Je considère aussi que cette démarche devrait être comprise dans l’appel d’offre et donc être vendue au client. En effet, en réhabilitation c’est principalement l’ouvrage du client, son bâtiment, qui produit les déchets (remplacement de l’existant).

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CONCLUSION Ce projet de fin d’études a été une expérience professionnelle très intéressante et surtout enrichissante. Elle m’a permis de mettre en pratique les connaissances acquises tout au long de ma formation à l’INSA de Strasbourg et aussi l’expérience obtenue lors de mes précédents stages. Je suis ravie du travail que j´ai réalisé et des tâches auxquelles j’ai contribuées (la préparation du chantier, les consultations, l’organisation avec les sous-traitants, la recherche de fournisseurs, le suivi de chantier,...). J’ai beaucoup appris et surtout j’ai apprécié travailler au sein de l’entreprise GTM Bâtiment et plus particulièrement sur le chantier Massé-Pigalle. Mon projet a été difficile car le chantier Massé-Pigalle est un chantier « test » en matière de démarche environnementale et plus particulièrement pour la mise en place de la démarche REVALO. Sur ce chantier « test », les possibilités en matière de tri des déchets sont effectivement très limitées mais des problématiques ont été soulevées et des solutions ont été trouvées pour améliorer la gestion des déchets. La démarche REVALO fut compliquée à adapter mais la gestion des déchets est une problématique actuelle sur laquelle toutes les entreprises du bâtiment vont être amenées à réfléchir et aussi à innover. En effet, à l’avenir quelque soit la taille, le budget ou bien le type de chantier, la mise en place d’une gestion efficace des déchets (réduction, tri et valorisation) sera obligatoire pour des raisons économiques et environnementales. L’adoption d’une démarche environnementale sera nécessaire sur tous les chantiers. D´autre part, le chantier à pris du retard car la totalité des diagnostics amiante viennent juste de nous être transmis. Je suis donc un peu frustrée d’avoir établi des dispositifs à mettre en place pour la gestion des déchets et de ne pas avoir encore pu les appliquer de façon concrète. J’ai aussi réalisé différents estimatifs et comparatifs concernant les quantités de déchets générés par le chantier et leur coût d’évacuation. Ainsi, il serait intéressant d’avoir un retour et de voir, en fin de chantier, quelle est la quantité de déchets évacuée par le chantier et quel est le coût global de la gestion des déchets. Enfin, je me suis passionnée et suis certaine de vouloir travailler sur le terrain. J’ai envie de débuter ma carrière professionnelle en tant qu’ingénieur travaux au sein d’une équipe chantier dans le domaine du bâtiment et plus particulièrement dans la réhabilitation.

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LEXIQUE BTP : Bâtiments et Travaux Publics BSD : Bordereau de Suivi de Déchets CCTP : Cahier des Clauses Techniques Particulières CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment DD : Déchets dangereux DI : Déchets Inertes DIB : Déchets Industriels Banals DIS : Déchets Inertes Spéciaux DND : Déchets Non Dangereux DPGF : Décomposition du Prix Global et Forfaitaire DQE : Détail Quantitatif et Estimatif DTU : Documents Techniques Unifiés FFB : Fédération Française du Bâtiment HLM : Habitation à Loyer Modéré INRS : Institut National de Recherche et de Sécurité ISDD : Installation de Stockage de Déchets Dangereux ISDND : Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux OPH : Office Public de l’Habitat OPPBTP : Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics PAQ : Plan d’Assurance Qualité PPSPS : Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé PIC : Plan d’Installation de Chantier QSE : Qualité Sécurité et Environnement REVALO : REduction et reVALOrisation des déchets

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TABLES DES FIGURES Figure 1-1 : Les secteurs d’activité de GTM Bâtiment............................................................................. 8 Figure 1-2 : Evolution du chiffre d’affaires (en millions d’euros) ............................................................ 9 Figure 1-3 : Les différents acteurs de la démarche environnementale sur le chantier ........................ 10 Figure 1-4 : Façade des bâtiments rue Victor Massé ............................................................................ 11 Figure 1-5 : Façade du bâtiment 54 rue J-B Pigalle - Angle des rues Massé-Pigalle ............................. 11 Figure 1-6 : Vue aérienne des bâtiments .............................................................................................. 12 Figure 1-7 : Photo aérienne ................................................................................................................... 12 Figure 1-8 : Plan cadastre ...................................................................................................................... 12 Figure 1-9 : Pan d’installation de chantier - Indice 1............................................................................. 15 Figure 1-10 : Plan d’installation de chantier - Indice 2 .......................................................................... 16 Figure 1-11 : Plan d'installation de chantier - Indice 3 .......................................................................... 17 Figure 3-1 : Installations de chantier - 35, 37 et 39 Rue Victor Massé.................................................. 31 Figure 3-2 : Installations de chantier - Rue Victor Massé vue depuis le croisement des rues Victor Massé et Jean-Baptiste Pigalle .............................................................................................................. 31 Figure 3-3 : Principe de la benne bi-flux - benne à deux compartiments ............................................ 32 Figure 3-4: Benne 15 m3-haute ............................................................................................................. 34 Figure 3-5 : Benne de 8 m3 .................................................................................................................... 34 Figure 3-6 : Exemples de menuiseries extérieures à remplacer et à évacuer ...................................... 39 Figure 3-7 : Principe de la pose en « rénovation » des fenêtres ........................................................... 40 Figure 3-8 : Résultats des diagnostics plomb pour la fenêtre de la cuisine du logement témoin ........ 42 Figure 3-9 : Prélèvements transmis au laboratoire ............................................................................... 42 Figure 3-10 : Ancien ouvrant de fenêtre plombée ................................................................................ 42 Figure 4-1 : Bilan de l’opération sur le chantier Solidarité réalisé par le service Recherche et Développement Durable ....................................................................................................................... 46

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TABLES DES TABLEAUX

Tableau 2-1 : Les trois types de déchets de chantier ............................................................................ 22 Tableau 2-2 : Les différents déchets d’amiante .................................................................................... 24 Tableau 3-1 : Nature des travaux réalisés par corps d’état .................................................................. 26 Tableau 3-2 : Les déchets en fonction des différents corps de métier ................................................. 27 Tableau 3-3 : L’estimatif des déchets émis par le chantier Massé-Pigalle ............................................ 29 Tableau 3-4 : Quantité de déchets mélangés (DIB) considérée ............................................................ 35 Tableau 3-5 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne ..................................................................................................................................................... 35 Tableau 3-6 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait ..................................................................................................................................................... 35 Tableau 3-7 : Quantité de déchet mélangés considérée dans le cas d’une optimisation des bennes . 36 Tableau 3-8 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne et d’une optimisation du volume ............................................................................................... 36 Tableau 3-9 : Prix d’évacuation des déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait et d’une optimisation du volume ............................................................................................... 36 Tableau 3-10 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation ....................... 37 Tableau 3-11 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation (bennes optimisées) ............................................................................................................................................ 37 Tableau 3-12 : Nouvelle quantité de déchet mélangés considérée dans le cas d’une optimisation des bennes ................................................................................................................................................... 38 Tableau 3-13 : Prix d’évacuation de 45,1 T de déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation à la tonne et d’une optimisation du volume ...................................................................... 38 Tableau 3-14 : Prix d’évacuation de 45,1 T de déchets mélangés (DIB classe 2) dans le cas d’une facturation au forfait et d’une optimisation du volume ....................................................................... 38 Tableau 3-15 : Gain économique pour le chantier en fonction du type de facturation (50T et une utilisation optimisée des bennes) ......................................................................................................... 39 Tableau 4-1 : Synthèse de l’enquête sur la perception de la démarche REVALO par les équipes travaux ............................................................................................................................................................... 47

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BIBLIOGRAPHIE Documentation spécifique au chantier Massé - Pigalle : -

CCTP DCE PPSPS PAQ Etc.…

Documentation interne à l’entreprise : Intranet et documents du service Recherche et Développement Durable - Projet REVALO

Site Internet de l’entreprise GTM Bâtiment - http://www.gtm-batiment.fr/france/gtmbatiment.nsf/web/index.htm Site Internet de l’ADEME - www.ademe.fr Site Internet de l’OPPBTP - http://www.oppbtp.com/ Site internet du CSTB - http://www.cstb.fr/ Sites internet de la FFB - http://www.ffbatiment.fr/ et http://www.dechets-chantier.ffbatiment.fr/ Site internet du CNIID : Centre National d’Information Indépendante sur les déchets http://www.cniid.org/index.php Site internet d’Eurofins, laboratoire d’analyse - http://www.eurofins.fr/hygiene-du-batiment.aspx Site internet des laboratoires PROTEC - http://www.laboratoiresprotec.com/ Site du Ministère de m’écologie, du développement durable et de l’énergie http://www.developpement-durable.gouv.fr/Plomb,13624.html Site de l’INRS - http://www.inrs.fr/ Site d’ADS IDF Nord - http://ads-environnement.com/

ADEME & Le Moniteur – 2009, « Prévenir et gérer les déchets de chantier », Méthodologie et outils pratiques opérationnels, Rubrique : A chaque déchet ses solutions /Déchets du Bâtiment

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ANNEXES

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ANNEXE 1 : ORGANIGRAMME DE L’ENTREPRISE GTM BATIMENT

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ANNEXE 2 : EXTRAIT DU PROJET D ’ENTREPRISE EXCELLENCE 2015

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ANNEXE 3 : DEMARCHE REVALO - PLAN D’ACTION

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ANNEXE 4 : PHOTOS DES PRESTATIONS REALISEES - LOGEMENT TEMOIN En cuisine : ETAT INITIAL

PHASE TRAVAUX

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ETAT FINAL

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En salle de bains : ETAT INITIAL

PHASE TRAVAUX

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ETAT FINAL

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En WC : ETAT INITIAL

PHASE TRAVAUX

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ETAT FINAL

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ANNEXE 5 : DIAGRAMMES ESTIMATIFS DE LA REPARTITION DES DECHETS DE CHANTIER

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ANNEXE 6 : TABLEAUX COMPARATIFS DES TARIFS DES PRESTATAIRES

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ANNEXE 7 : EXTRAIT DIAGNOSTICS PLOMB - LOGEMENT TEMOIN

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ANNEXE 8 : BORDEREAU A REMPLIR POUR LE TEST DE LIXIVIATION

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ANNEXE 9 : EXEMPLE DE REGISTRE DE SUIVI DES DECHETS

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ANNEXE 10 : RESULTATS DE L’ENQUETE

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Res 1306 memoire insa  

http://www.ekopolis.fr/sites/default/files/docs-joints/RES-1306-memoire_insa.pdf

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