PARIS - École Massilllon Mag. 2025

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Les échos de assillon

S’OUVRIR

AUX AUTRES

Se connaître

S’entraider

Se projeter

ÉDITORIAL

S’ouvrir aux autres

Chaque année, le comité de rédaction des « Échos » cherchent une ligne directrice pour la nouvelle édition, pour que ce magazine ne soit pas seulement une accumulation d’événements vécus durant l’année scolaire, même si c’est très important. Nous souhaitons que chaque lecteur puisse voir dans toutes ces activités pédagogiques et éducatives, proposées aux jeunes massillonais, l’application du projet oratorien pour lequel il n’y a pas d’éducation sans une certaine idée de l’homme.

Dans la période actuelle, où les conflits militaires sont nombreux, où la question de l’interreligions est complexe, il nous est apparu nécessaire de s’interroger sur l’importance de l’ouverture aux autres.

Plusieurs pistes vous sont proposées à la travers ces pages :

S’ouvrir aux autres commence par la connaissance de soi-même et la reconnaissance de notre potentiel qui doit nous permettre de nous améliorer.

En comprenant nos forces, nous pouvons les utiliser pour aider les autres, tout en reconnaissant nos faiblesses et en sachant quand demander de l’aide.

S’ouvrir à autrui implique d’accepter et d’écouter des perspectives différentes, ce qui nous permet d’enrichir notre propre point de vue.

La capacité de découvrir de nouveaux mondes ouvre la voie à des changements positifs et à l’idée que tout est possible, grâce à la collaboration entre les hommes et les femmes.

La rencontre avec les autres nous enseigne que le passé propose des leçons importantes, que le présent est précieux à vivre, et que l’avenir est un terrain à façonner collectivement, avec optimisme et espoir.

Cette philosophie de l’ouverture est essentielle dans nos interactions quotidiennes, et elle peut effectivement nous mener vers une société plus solidaire et inclusive.

Nous vous souhaitons une belle lecture.

Pour l’équipe de rédaction, Olivier Duchenoy, chef d’établissement du second degré

2 bis quai des Célestins, 75004 Paris

www.ecolemassillon.com

les échos de massillon

Dépôt légal 4ème trimestre 2025

Olivier Duchenoy

Directeur de la publication et de la rédaction

Nicolas Jachiet

Directeur adjoint à la publication

Marie-Agnès Leroy

Amélie Lecomte

Conception éditoriale et maquette

Christine Alabardi

Responsable de la rubrique

AGRAF

Remerciements à l’Apel et à l’Association des Anciens élèves

SOMMAIRE

Se connaître 3

Conférence sur la confiance en soi - L. Boucherat

Graines de champions

Séjour à Taizé - Témoignages élèves

8 Se rencontrer

Massillon 40 ans après - L. Larsonneur

Le banc de l’amitié - S. Renard Mero

Ciné-Club - P. Flandrin

Chaque histoire compte vraimentTémoignages d’élèves

De bouche à oreille - E. Lipkowicz et E. Belhassen

17 S’entraider

Construction collégiale - S. Jarmache

ACKSP - J. Ohlmann

Différence et singularité - A. Queneau - Tran

37 Se dépasser

DGEMC, concours de plaidoirieTémoignages d’élèves

Debate club - Le debate club

42 Se souvenir

100 ans du groupe Scout - N. Jachiet

Concours Athéna - E. Levet

Anniverssaire de la libération des campsN. Jachiet

Album de famille - C.DuqueSnoy

Chemins de mémoire - M. Renard

CNRD, s’engager pour la mémoire - E. Lipkowicz

54 Se projeter

Se projeter en athlétisme - J-M. Boura

Semaine sans cartable - I. Prévost

Acquérir de bons gestes - N. Labat

57 Découvrir

Classes découvertes - I. Verdonk, M-L. Schmerber, M. Ojeda Teboul

Les vendredis de la culture en 6eme - E. Dray

Faune et flore - S. Jarmache, M-M. Lalau, M-L. Schmerber

Rendez-vous ludiques avec les mathématiques -

Célébrer

Frat - Témoignages d’élèves

Qui suis-je ? - O. Duchenoy

A special time/ Eine besondere Zeit - J. Lovelock, S. Guthoff

Nos élèves ont du talent - Classe de 4eme 1

L’année en vrac

SE CONNAITRE

La confiance en soi

Retour sur la conférence, par Laurent Boucherat (membre de l’APEL)

« Confiance en soi » : un éclairage inspiré et bienveillant

Le 6 mars 2025, l’équipe Adolescence Enfance et Parentalité de l’APEL a organisé une conférence sur la confiance en soi animée par Guillemette Redier-Gaignieux, Psychologue, à l’attention des parents du primaire, du secondaire et des professeur.e.s de l’établissement. À travers une approche née de la psychologie adlérienne et résolument humaniste, elle a invité les parents présents à repenser leur manière d’accompagner les enfants et les adolescents sur le chemin de la confiance.

Comprendre les racines du manque de confiance

Guillemette a débuté par les bases posées par Alfred Adler : tout être humain ressent, à un moment ou un autre, un sentiment d’infériorité au cœur duquel la confiance en soi est mise à mal. Ce sentiment est normal et même moteur, il pousse à se dépasser, à progresser. Mais parfois celui-ci devient trop fort ou se rigidifie, et va évoluer en COMPLEXE - qui peut être d’infériorité ou de supériorité. Trois grandes causes du manque de confiance identifiées :

1. Les influences sociales : normes, injonctions, poids des réseaux sociaux, discriminations... autant de pressions qui minent la confiance des jeunes et ont des effets sur leur santé mentale.

2. Le cadre familial et éducatif : qu’il soit trop rigide ou au contraire trop laxiste, le système éducatif peut nourrir l’insécurité, les comparaisons permanentes, notamment via les notes.

3. L’enfant lui-même : son dialogue intérieur, souvent critique, construit ou détruit sa confiance.

L’adolescence, âge de la vulnérabilité… et des potentiels

L’adolescence est une période particulièrement sensible. Entre les bouleversements hormonaux, la pression des examens (brevet, bac, orientation) et l’omniprésence des réseaux sociaux, les ados évoluent dans un brouillard d’incertitudes.

Guillemette a souligné l’importance de comprendre le fonctionnement cérébral des adolescents. Leur cortex préfrontal, siège du raisonnement, est encore en construction, et le cerveau est une « forêt vierge » en cours d’élagage neuronal. Ajoutez à cela un taux de dopamine plus bas que celui des enfants et des adultes, et vous obtenez des jeunes souvent apathiques ou, à l’inverse, attirés par les conduites à risque. Le sommeil est aussi chamboulé, avec un décalage biologique des rythmes circadiens de 3 heures par rapport à celui des enfants et des adultes. Il faudra aux parents une bonne dose de patience pour traverser cette période.

Construire la confiance : un chemin en 6 marches

Selon notre intervenante, la confiance ne se donne pas, elle se construit. C’est l’enfant qui la construit. Et cela passe par six « marches » fondamentales :

1. L’ attachement : base de tout. Le parent doit être un « porte-avion » fiable pour que l’enfant explore, revienne, soit accueilli avec bienveillance. Un attachement sécurisant est essentiel pour poser les bases d’une confiance solide.

2. L’ acceptation de soi : se connaître, reconnaître ses forces et ses limites, et assumer sa part de responsabilité dans ce qui nous arrive. C’est sortir de l’auto-victimisation.

3. L’ assurance : se sentir capable d’apprendre, d’agir, d’interagir, de progresser. Cela s’acquiert en osant, en expérimentant, en apprenant à gérer la frustration et en développant sa résilience.

4. L ‘estime de soi : c’est la valeur que l’on s’accorde à travers nos compétences, aptitudes et capacités. Un point clé : elle ne dépend pas du regard extérieur, mais se développe dans l’intériorité.

5. L ‘affirmation de soi : apprendre à exprimer ses besoins avec respect. Pas d’affirmation de soi saine sans respecter les autres.

6. Se sentir utile : Très efficace pour la confiance en soi. Il faut trouver du sens, contribuer à la vie collective, se sentir acteur. C’est un pilier fondamental de l’équilibre personnel et de la santé mentale.

Encourager plutôt que complimenter

Un des points les plus marquants de la conférence a été la distinction entre compliments et encouragements. Pour ce faire, les parents volontaires se sont prêtés à un atelier pratique.

Certains recevaient des compliments : « Tu es intelligent », « C’est super, bravo » qui placent le référentiel sur l’adulte et non sur l’enfant et peut créer de la pression. Et d’autres des encouragements : « Es-tu fier de toi ? Regarde tout le chemin que tu as parcouru », « Qu’est-ce qui serait mieux pour toi à ton avis ? », « Je t’aime quoi que tu fasses et quels que soient tes résultats ». Cette méthode aide l’enfant à développer un locus de contrôle interne, essentiel pour une confiance durable. L’encouragement est à l’enfant, ce que l’eau est à la plante (Dreikus).

Un enfant félicité pour son intelligence choisira des tâches faciles pour préserver son image, tandis qu’un enfant encouragé pour ses efforts cherchera des défis pour progresser (Carole Dweck).

La conférence s’est conclue sur plusieurs idées fortes : Les erreurs à éviter (et …à accueillir avec bienveillance)

• Vouloir être un parent parfait : c’est dans nos imperfections que nos enfants construisent leur confiance.

• Espérer un enfant parfait : l’amour inconditionnel est un socle.

• Penser que l’on ne peut pas changer, que les compétences et l’intelligence sont innées : les compétences, les capacités peuvent se développer à tout âge par les apprentissages et les efforts, rien n’est figé (résultat des recherches en psychologie de Carole Dweck : différence entre l’état d’esprit fixe et l’état d’esprit de développement).

• Faire à leur place : la responsabilité rend fort. L’assurance est un processus, ça se travaille. La confiance est due à l’expérience de réussite.

• Critiquer l’erreur : Au contraire, elle est une opportunité d’apprentissage. Il faut permettre l’erreur pour développer la confiance.

Une soirée riche, pleine de sens, de résonnance. Avec en fil rouge ce message essentiel : la confiance ne se commande pas, elle se cultive. Jour après jour, avec patience, écoute… et beaucoup d’encouragements.

GRAINES DE CHAMPIONS

Concours et compétitions

Le championnat de France d’échecs jeunes a récemment réuni les meilleurs joueurs du pays, parmi lesquels les sœurs Lucie et Sophie CHEN, deux jeunes massillonnaises qui ont représenté leur club avec passion et détermination.

Lucie et Sophie, ont montré une grande combativité tout au long du tournoi. Après des mois de préparations, elles ont affronté des adversaires redoutables venus des quatre coins de la France. Leur engagement et leur concentration ont été exemplaires, illustrant parfaitement les valeurs du jeu d’échec : stratégie, patience et fair-play. Lucie a su faire preuve d’une remarquable maîtrise tactique en remportant plusieurs parties. Sophie, quant à elle, a démontré une grande maturité dans son jeu, réussissant à neutraliser des adversaires expérimentés grâce à une défense solide et des attaques bien pensées.

Au-delà des résultats, cette participation a été une source d’apprentissage et de motivation pour Lucie et Sophie. Elles ont pu échanger avec d’autres jeunes passionnés, découvrir de nouvelles stratégies et vivre l’intensité d’un championnat national. Cette expérience renforce leur envie de progresser et de continuer à s’investir dans la pratique des échecs.

Cross académique

Alba Hanaizi Patricio (3è 4) a remporté le cross académique UNSS de Paris en décembre 2024, face à plus de 250 concurrentes. Sa course a été exemplaire de bout en bout : 2400 mètres parcourus à une vitesse de 15.7 km/h.

Nous avons donc l’honneur de compter dans nos rangs la meilleure athlète de Paris. Cette performance est d’autant plus historique qu’elle n’avait jamais été réalisée à Massillon auparavant. Une victoire académique devant plusieurs milliers de spectateurs représente le graal pour tout élève sportif. Alba a brillamment relevé le défi.

Article et Photo : M. MUFENG CHEN, parent d’élèves

Article et Photo : M. CAVALADE Clément, professeur d’EPS

Le WADO RYU

Des nouvelles de nos jeunes karatékas massillonnais

Depuis plusieurs années, nous avons le plaisir de vous partager les actualités de nos élèves de primaire passionnés de karaté.

Dans le précédent numéro des Échos de Massillon, nous évoquions les belles performances de Luna et Lena, alors en CM1. Aujourd’hui en CM2, elles poursuivent leur progression et sont rejointes par de nouveaux camarades massillonnais : Axel et Auriane (CP) ainsi que May (CM1).

Tous évoluent au sein de l’ESCP Karaté, l’un des rares clubs associatifs de Paris Centre permettant aux enfants de pratiquer le Wado Ryu, un style de karaté alliant combats (kumite), techniques (kata) et self-défense. Ce sport complet, fondé avant tout sur la défense et le respect de l’adversaire, développe chez les jeunes la confiance en soi, la recherche du progrès, la discipline, l’entraide et la persévérance – des qualités précieuses pour leur vie actuelle et future.

2024 a été une année riche en réussites ! L’ESCP Karaté a remporté trois titres de Champion de Paris ainsi

qu’un titre de Champion d’Île-de-France grâce à ses jeunes compétiteurs. Nos élèves massillonnais se sont particulièrement distingués :

• Luna Dilli (CM2 Vert) : Vice-championne de Paris en kumite (combat) et en kata (technique)

• Axel Dilli (CP Bleu) : 3e de Paris en kumite et en kata

• Luna Dilli (CM2 Vert) et Lena Stamm-Chastres (CM2 Bleu) : 3e par équipe en kata.

Par ailleurs, l’ESCP Karaté a brillé à l’international : lors des derniers Championnats du Monde aux États-Unis en septembre, le club a décroché une 3e place en kumité devant les USA, une performance remarquable !

Prochaine étape : les Championnats de France à Marseille, avant la fin de saison et l’intégration progressive de nos jeunes karatékas dans le corps arbitral, une étape essentielle avant le passage de leur ceinture noire.

Félicitations à tous nos jeunes sportifs pour leur engagement et leurs résultats, et souhaitons-leur de continuer à s’épanouir sur les tatamis et au-delà !

Article et photos de Ergun DILLI et Marie DILLI CARAMELLA (parents d’élèves)

SÉJOUR À TAIZÉ

Organisé par Magali Constans et Mathilde Fontaine, animatrices en pastorale

Témoignages d’élèves :

C’était la première fois que je me rendais à Taizé et j’en suis ressortie assez bouleversée.

Notre programme pouvait tenir en deux mots : prière et partage.

Les trois temps emblématiques de prières par jour m’ont permis de renouer ma relation avec Dieu, au milieu de chants, de silence et de beaucoup d’émotions.

Ce fut également un temps de découverte : il y avait les trois niveaux du lycée ce qui m’a permis de rencontrer des personnes plus âgées que moi, ce qui aurait été plus compliqué en temps normal.

J’ai découvert une nouvelle communauté, des personnes de nationalités et cultures différentes, de générations différentes, mais pourtant qui avaient exactement la même foi que moi. Certes, le confort n’était pas celui d’un cinq étoiles, mais c’était le but : nous faire vivre le temps d’un séjour, la simplicité. Le thème était un peu “vivre avec moins pour vivre mieux”; Mais durant tout le séjour il y avait surtout une ambiance très amicale et chaleureuse.

Régulièrement, nous pouvions aider au service des repas, et on le faisait avec tous nos amis, et c’était très sympa. Les tâches étaient rendues amusantes.

Ce week-end m’a donné envie de revoir ma relation aux autres et dans la société, et bien sûr de me réinscrire l’année prochaine !

Merci infiniment à Mme Constans, notre maman de Massillon, et à tous les acompagnateurs.

Auxane Dougier (2nde 5)

J’ai eu la chance de vivre Taizé trois fois durant ma scolarité, et c’est une expérience bouleversante qui m’a changé. C’était un voyage qui m’a aidé de nombreuses fois à me ressourcer quand j’allais mal, j’avais avec moi mes amis et l’équipe pastorale qui sont tous très importants pour moi mais surtout j’avais Dieu qui était présent et qui continue de l’être et de m’accompagner chaque jour, et je souhaite à tout le monde de pouvoir faire ce voyage et le vivre comme moi. Amen

Moïse Jeantet, (Terminale 5)

SE RENCONTRER

Massillon 40 ans après - Les rencontres de promotion

1985 - 2014

Promo 85 : Massillon, 40 ans après : les voix du cœur

« Vos regards. Vos voix. Vos rires. Tout comme il y a 40 ans, comme hier ou peut-être demain. »

Lors des 150 ans de l’École en 2023, quelques anciens de la promo 1985 se sont organisés pour célébrer les 40 ans de la promotion en 2025 en se laissant 2 ans pour retrouver le plus possible de leurs camarades.

Les 8 et 9 mars 2025, ils se sont donc retrouvés à Massillon, mais aussi dans le quartier (notamment au Sully et au Réveil…) et ailleurs, avec 47 participants sur les 2 jours, ce qui représente un véritable succès plusieurs décennies après.

Voici quelques clichés et morceaux choisis de leurs témoignages, dont l’intégralité sera consultable sur le site des Anciens Élèves et Amis de Massillon.

M. LARSONNEUR Laurent (promo 85)

« Je suis arrivée au lycée Massillon en 1985 avec mes deux amies, Anne Le Mével et Sabine Durili. J’ai toujours gardé contact avec Anne et Pierre, amoureux depuis la seconde et mariés. Nous avons eu la chance incroyable de faire un voyage à Boston en classe de première. J’ai toujours gardé un lien de cœur avec ce lycée. Quand un petit groupe a lancé l’invitation sur WhatsApp, j’ai accepté tout de suite.

Les souvenirs remontent avec les photos de classe.

On se prend au jeu : mais qui est qui ?

Que sont-ils devenus ?

Les retrouvailles en 2023 furent une répétition. En 2025, c’était encore plus fort. Une émotion intense.

On avait l’impression de s’être quittés la veille.

Je vous encourage à créer cette occasion, même à partir d’une simple photo de classe. »

Mme TANGUY Bérangère (promo 85)

« Durant deux jours, le temps s’est suspendu et nous avons été avalés par le vortex Massillonais.

Pour moi, et quelques autres comme Violaine, Françoise, Sandrine, Marianne, Sophie, Jean-Luc, Stéphane, JeanPhilippe, c’était le vortex de la Première A.

Les visages du passé, les profs aussi - peut-être encore plus émus que nous.

Des éclats de rire, des anecdotes, des souvenirs étonnamment précis.

Mais vient le lendemain… « On ne peut pas être et avoir été »…

Le temps efface certaines choses, en magnifie d’autres.

Il impose à chacun une transformation inexorable : se savoir à jamais séparé de celui que l’on était.

Desproges disait : « La nostalgie, c’est comme les coups de soleil : ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir. »

Et pourtant… quand Frédéric Viger et Laurent Larsonneur m’ont contacté, je n’ai pas résisté une seule seconde.

Abolir les années pour vivre un moment de vie inoubliable. Ça valait vraiment le coup. »

M. QUÉRÉ Erwann (promo 85)

« Dimanche 9 mars 2025 ! Un bond en arrière de 40 ans.

1ère claque : retrouver ces couloirs que j’ai arpentés comme élève, puis comme pion ! 2e claque : les retrouvailles avec les amis, les copains, les connaissances, et même ceux que l’on ne fréquentait pas trop.

Le bonheur de se revoir, d’écouter toutes ces histoires et parcours.

Les bons souvenirs communs… La journée s’achève trop vite.

On s’embrasse, on se dit à bientôt. Et le pincement au cœur revient.

Quel chouette moment ! »

M. FAROUX Jean-Luc (promo 85)

« Ce 9 mars 2025, 10h, sur le perron tant arpenté de Massillon…

Nous nous reconnaissons, nous nous retrouvons, nous nous embrassons !

Grâce à l’énergie incroyable de Laurent Larsonneur, près de 50 élèves réunis.

Des professeurs aussi : Marie-Brigitte, notre prof d’EPS, avec son album photo improbable, M. Farthouat, M. Pellé, notre directeur si estimé.

Nous voilà repartis dans les années 80.

Le gymnase nous paraît minuscule. Le « grand » escalier, la chaise devant le bureau du proviseur, les retards devant Bascoulergue…

Et puis direction « Le Réveil » - notre fief à l’époque, privatisé pour l’occasion.

Flipper, café-clope ont disparu, mais les rires, les accolades, les discussions animées sont toujours là.

Une journée hors du temps. Repartir vivifiés par tous ces moments. »

Mme AMELINE (née DUPONT) Marianne (promo 85)

« Je n’ai pas pris de photos ce dimanche-là… J’ai plutôt pris vos regards, vos voix, vos rires. Qui sont restés les mêmes. Ils étaient bien rangés dans un petit tiroir de ma mémoire. Et au moment de passer la porte du café, tout est “redevenu” ! Ce café, « Le Réveil », finalement porte bien son nom. Peut-être qu’on ne l’avait pas choisi par hasard ce troquet…Donc de ce dimanche, je prends vos regards, vos voix, vos rires… et je ne vais plus les ranger. »

M. LECLERCQ Bruno (promo 85)

« Ils ne s’étaient pas dit « Rendez-vous dans 40 ans ». Et pourtant !

Une petite équipe organisatrice a réussi l’impossible : réunir une grande partie de la promo 1985, les 8 et 9 mars 2025.

Des mois à retrouver chacun, à inonder les réseaux.

Premier rendez-vous dans le square du lycée, puis au « Sully », puis au « Seguin Sound ».

Pas même eu le temps d’aller danser, tant nous avions à nous dire !

Certains sont venus de province, d’autres de l’étranger.

Ce qui nous a tous liés à vie ? Cette école à taille humaine, aux valeurs fortes, dirigée par M. Pellé, père de l’un des nôtres, et mémoire intacte de chacun.

Le dimanche démarra par une visite extraordinaire de notre école.

Le midi, profs de sport et anciens se retrouvent au café « Le Réveil », privatisé.

Une ambiance incroyable. Doux mélange d’émotions, de nostalgie, de joie sincère.

Nous avons tant partagé. Nous nous sommes construits ensemble. Et nous allons nous revoir, c’est certain. Impossible n’est pas massillonnais. »

« On ne s’était pas dit “rendez-vous dans 40 ans”… Et pourtant ! Un, deux, trois, cinq, dix, quinze, trente, quarante-sept !

Il ne nous a même pas fallu quelques secondes pour nous reconnaître, nous embrasser comme du bon pain. Surprise, émotion, sourires et éclats de rire tout du long.

La banane ne nous a pas quittés du week-end. Une vraie plantation. Courbatures aux zygomatiques tenaces.

Aucun de nous n’a véritablement changé : les mêmes yeux, les mêmes bouilles de gamins mûris par le temps.

Visiter Massillon le dimanche matin fut une expérience étrange. Tout semblait plus petit : la cour, les marches, les couloirs…

Comme dans un voyage de Gulliver !

C’est là que tout s’est décidé, mine de rien.

Et l’artisan de tout cela, c’est Laurent Larsonneur et Cie. Merci à eux pour ces retrouvailles émouvantes. »

Mme POUGET-COURBIÈRES Françoise (promo 85)

Les rencontres de promotions 2014-2020

Le 22 juin 2024, 80 élèves de la promotion 2014 ont fêté les 10 ans du BAC sur la terrasse de l’école, après avoir (re)visité l’établissement qui les a accueillis… et marqués ! Beaucoup d’émotion et de joie. Bravo à Paul-Samuel Bensadon, initiateur de cet anniversaire.

Le 28 juin 2025, la promotion 2020 s’est donné rendez-vous, avec ses anciens professeurs, 5 ans après avoir quitté l’école grâce à Come Delmas.

En juin 2026, Alyssa Joss et quelques amis projettent de réunir la promotion 2016.

L’association des anciens élèves et amis accompagne ces projets, avec la bienveillance de Monsieur Duchenoy et le soutien de Dominique Boisseau surveillant général.

Elle est à disposition de tous les anciens élèves qui voudraient organiser de telles rencontres.

M. HERLEM Jean-Jacques, promo 1975

Mme MARIN Violaine (promo 85)

LE BANC DE L’AMITIÉ ET SON RAYONNEMENT AU SEIN DE L’ÉCOLE MASSILLON

Depuis septembre 2024, la cour de récréation des primaires au sein du collège, accueille un nouvel élément aussi simple que porteur de sens : un banc de l’amitié. Coloré et bien visible, ce banc a été inauguré en présence de tous les élèves du primaire, marquant l’engagement de l’établissement en faveur du bien-être et de l’inclusion des enfants. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet éducatif de l’école Massillon, qui met l’accent sur l’acceptation de la diversité et la promotion de la fraternité et de la solidarité. Le principe du banc de l’amitié est simple : tout élève qui se sent seul, triste ou en difficulté peut venir s’y asseoir pour signaler aux autres qu’il a besoin de compagnie. Ce dispositif encourage les camarades à venir spontanément engager la conversation ou proposer un jeu, favorisant ainsi l’empathie et la solidarité entre élèves. À la fois considéré comme un lieu depuis lequel on rompt avec l’isolement et on tisse des liens. Plusieurs mois après son installation, force est de constater que les enfants du primaire se sont pleinement emparés de la démarche et sont devenus des acteurs de la bienveillance au sein de leur école… Mais si on observe d’un peu plus près la vie quotidienne de ce banc de l’amitié, on constate qu’il rayonne bien au-delà des élèves du primaire. On y retrouve bien souvent des élèves du collège assis à côté de leurs camarades du primaire. Interviewés, les élèves de 4eme, 3eme mais aussi parfois de Seconde, sont très attentifs à ce banc et ils en parlent avec beaucoup d’enthousiasme. Ecoutons-les à travers quelques verbatims : « Si je vois un enfant qui reste trop longtemps seul sur le banc, je ne peux pas rester sans réagir, J’ai envie, j’ai besoin d’aller m’assoir à côté de cet élève et de discuter avec lui » « Parfois ils sont 3 et ils ne se parlent pas, alors nous on y va et on leur propose

de trouver un jeu à faire ensemble » « On a un peu un rôle de grands frères et grandes sœurs » « On les écoute, on donne des conseils » « ils sont tellement mignons et les voir heureux après une discussion c’est vraiment agréable ». « Normalement on n’a pas le droit d’y aller car on est au collège, mais les surveillants voient bien que notre démarche est positive ». « Ce banc à un côté très réconfortant pour nous, on se sent utile ! », « Il n’y a pas de moqueries, car on a tous vécu une situation similaire ». Au-delà de son rôle de point de rencontre, le banc de l’amitié s’inscrit également dans une stratégie plus large de lutte contre le harcèlement scolaire. En offrant un espace sécurisé pour exprimer un besoin de lien social, il contribue à prévenir l’exclusion et à renforcer le climat scolaire. Spontanément les collégiens abordent la question du harcèlement et précisent que si ils sentaient un enfants en danger ils sauraient comment réagir et prévenir un adulte.

Certains d’entre eux prônent même l’installation de bancs de l’amitié dans les villes et campagnes pour lutter contre l’isolement et réunir les différentes générations. Un banc, un simple banc pour s’ouvrir aux autres. l’idée est en soi facile mais tellement porteuse de sens, de bienveillance… Prendre le temps de se parler, d’échanger, de partager. Son étymologie : lieu pour se rassembler et échanger ! à méditer…

: Mme RENARD MERO Séverine (membre de l’APEL)

Article

LE CINÉ - CLUB DE MASSILLON

Amménagé par Pauline Flandrin, professeur d’histoire géographie

Lancé à la rentrée 2024, le ciné-club de Massillon rassemble les lycéens intéressés ou curieux, certains mardis soir, à 18h à l’amphi.

À l’occasion des élections présidentielles aux États-Unis, les professeurs impliqués dans le projet avaient choisi pour cette année le thème de la société américaine. Nous avons commencé par Thelma et Louise pour aborder le sujet des femmes, puis Gran Torino sur les relations entre les communautés, Little Miss Sunshine sur la famille et enfin Mississippi Burning sur la ségrégation.

Les deux dernières séances seront consacrées au thème de l’autoportrait, suggéré par les Terminales Arts. Le 27 mai, ils projetteront leurs travaux puis nous regarderons Douleur et Gloire de Pedro Almodovar. Enfin, pour clôturer cette belle année, L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch a été programmé le 2 juin, en présence du réalisateur et du comédien Romain Duris.

Ces projections ont permis aux élèves de voir des films dans de bonnes conditions sur grand écran, ensemble et ont été l’occasion de partager leurs avis pendant un petit moment convivial après. C’est le but du ciné-club : apprendre à analyser, critiquer, discuter.

Une trentaine de lycéens se sont inscrits au ciné-club, certains n’ont manqué aucune séance, d’autres se sont portés volontaires pour assurer la communication, au départ assurée par le BDL, présenter rapidement le film, faire des affiches et être présents sur les réseaux. Plusieurs numéros d’un journal d’actualité cinématographique ont été édités et un compte Instagram, cineclub_massillon est actif.

Merci à tous pour cette belle année de cinéma à Massillon et à l’année prochaine !

CHAQUE HISTOIRE COMPTE VRAIMENT

Projet animé par Anne-Christine Giraudo, responsable pédagogique des 1ères/Terminales

L’association « Chaque histoire compte vraiment » propose une rencontre entre une personne âgée et un.elycéen.ne,avecpourobjectiffinall’écritured’unlivreretraçantlaviedecettepersonne.Ceprojetest particulièrement enrichissant, car il permet à des personnes âgées, parfois confrontées à la solitude, de retrouverunecompagnierégulièreletempsd’unrendez-voushebdomadaire.Aufildeséchanges,ilsnous racontentleurhistoire,etnousnouschargeonsdelamettreenmots.Àlafin,nousavonslasatisfaction d’avoirrenduhommageàleurparcoursàtraversunlivrequ’ilspeuventensuitetransmettreàleurfamille.

Je me suis inscrite à cette association car j’ai trouvé le projet original et beau. Je m’y suis engagée en 2023, mais malheureusement, je n’ai pas pu terminer le livre car mon binôme a rencontré des problèmes de santé. En 2024, j’ai décidé de retenter l’expérience, parce que j’ai entendu pleins de retours très positifs des participants de l’année précédente.

Cette année, j’ai rencontré une femme, Claire, qui a eu une vie remplie de plein d’expériences. Nos échanges sont très agréables, et plutôt qu’une simple retranscription, nos rencontres prennent la forme de véritables discussions.

C’est exactement ce que je recherchais en m’inscrivant à cette association, c’est à dire tisser un vrai lien avec quelqu’un. Nous devons finaliser le manuscrit d’ici début avril, avec une difficulté supplémentaire : l’écriture à la première personne (« je »), qui demande une immersion totale dans l’histoire de notre binôme, mais au fur et à mesure des rencontres, je me suis rapprochée de Claire et j’essaye au maximum de retranscrire son caractère et ses expressions dans le livre. Pour le travail d’écriture, nous sommes accompagnés de deux encadrants du groupe Massillon et des conseils de professionnels, notamment de l’auteure Anne-Dauphine Julliand, qui nous aident dans la rédaction du livre. Je recommande vivement ce projet à tous les lycéens. Il permet non seulement de créer un lien avec une personne qui a souvent besoin de compagnie, mais aussi de développer des compétences d’écoute et d’écriture. Julia Euphrosine (T4)

Tous les vendredis, j’arrive à l’Ehpad, et mon binôme m’attend à l’entrée, souriante et prête à redécouvrir les choses oubliées de sa vie. Mes questions lui rappellent des événements, qu’elle considère comme anodins, mais qui lui rappellent sa jeunesse et me permettent de découvrir la personne assise en face de moi. Elle est surprise par mes remarques, prenant sa vie pour ordinaire alors qu’elle a vécu des expériences extraordinaires, que je ne pourrai jamais imaginer, comme la Seconde Guerre Mondiale ou la décennie noire en Algérie. Au delà du projet de l’association, Sœur Marie-Bernadette me raconte son quotidien, me montre ses dessins, et un réel lien se tisse. Vouée à la vie religieuse, elle a consacré sa vie à aider les plus démunis en France, en Algérie, en Tunisie et en Mauritanie. J’admire son courage et son engagement envers sa communauté. Malgré son âge avancé, Sœur Marie-Bernadette est active et consacre toujours son quotidien à aider les autres.

Je suis très heureuse de pouvoir participer à ce projet qui a pour but de célébrer et mettre en valeur des vies importantes, qui sinon se seraient effacées dans l’oubli. Esmée Dreher--Hughes (1ere5)

67 ans de différence, une relation entre deux inconnues… Qui aurait cru que cela fonctionnerait à merveille ? Apprendre à connaître quelqu’un, découvrir son existence, ses peurs, sa manière d’être au monde, prend généralement des années. Il faut souvent traverser des larmes et des engueulades pour s’ouvrir sincèrement à un proche. Mais Martine, elle, n’a plus rien à prouver à personne. Elle est libre, et elle n’a pas attendu cet âge pour l’être.

Alors oui, cela complexifie le travail d’écriture, car il me faut enfermer dans des mots une pensée en perpétuel mouvement. C’est aussi un exercice délicat, car il touche à l’intimité de sa mémoire. Pourtant, au fil de nos discussions, ni l’âge, ni nos divergences d’opinions ou de croyances n’ont dressé de barrières entre nous. Portées par une bienveillance mutuelle, nous avons pu tisser une amitié.

J’ai tant appris de ses enseignements et du fil rouge qu’elle a toujours gardé, depuis son enfance, au creux de sa main, et qu’elle a choisi de me tendre… Ainsi, j’ai découvert la rareté du sens qu’elle donnait à sa vie, sans cesse tournée vers autrui. Ce dialogue, cette communion, comme elle aurait aimé l’appeler, est devenue précieuse pour moi.

Ce livre sera avant tout, elle, certes, mais entendu et véritablement vécu à travers moi. C’est ce cadeau que cette association nous a offert : comprendre une vie à deux.

Iris Le Quellec (1ere 5)

Je m’appelle Adèle, je suis en terminale et je participe au projet Chaque Histoire Compte Vraiment. J’apprécie beaucoup cette expérience - très belle idée qui permet de concilier mon amour pour l’écriture avec la création d’un lien intergénérationnel singulier.

Grâce à ce projet je me sens utile : quand je vois le sourire de ma partenaire à chaque fois que je lui rends visite, je sens que ce moment est important pour elle.

Elle raconte sa vie, ou partage avec moi certains états d’âme que j’essaie de retranscrire le plus fidèlement possible. La recherche de questions pertinentes fait partie du projet et c’est aussi ce qui me plaît.

Le projet CHCV c’est une véritable opportunité d’agir concrètement auprès de personnes parfois très isolées et de sortir de sa zone de confort. Et c’est cela que je trouve magique. Je suis vraiment très heureuse d’avoir choisi de participer. De plus, j’adore l’idée d’un projet

Adèle Chatelus (T5)

DE BOUCHE À OREILLE

Projet animé par Emilie Lipkowicz, professeure d’histoire-géographie

Des passeurs de mémoire : transmettre pour ne jamais oublier

Comment imaginer l’inimaginable ? Comment mettre des mots sur ce qui dépasse la raison et défie l’entendement ? Lorsqu’on évoque les grandes tragédies de l’Histoire, notamment celles du XXe siècle, on se heurte à une réalité insoutenable. Les chiffres, si vertigineux soient-ils, peinent à restituer la douleur individuelle, les vies brisées, les familles décimées. Face à cette immensité de souffrance, il est parfois plus facile de détourner le regard, de considérer ces événements comme des faits historiques lointains, figés dans les livres et les commémorations.

L’Histoire n’est pas simplement une succession de dates et de faits consignés dans des manuels. Elle est l’histoire d’hommes et de femmes qui ont vécu, souffert et résisté. Parmi eux, certains ont trouvé la force de parler, de transmettre, de devenir les gardiens d’une mémoire qui ne doit jamais s’éteindre. Ce sont eux, les passeurs de mémoire. C’est cette dimension concrète que nous avons voulu explorer à travers ce projet : à quoi sert l’Histoire ? À quoi sert la Mémoire ? Comment rendre nos disciplines complémentaires ? Et surtout, comment pouvons-nous travailler concrètement à travers les générations ?

La voix des témoins : dire pour exister, dire pour prévenir

Qui peut mieux raconter l’indicible que celui ou celle qui l’a vécu? Rien ne remplace le témoignage direct, les mots d’une personne qui a vu de ses propres yeux, qui a ressenti dans sa chair l’horreur et l’injustice. Ces survivants portent en eux le poids d’une vérité que nul autre ne pourrait exprimer avec la même intensité. Chaque récit, chaque détail raconté est une pierre posée sur l’édifice fragile de la mémoire collective. Mais témoigner n’est pas un acte anodin. Pour beaucoup, cela signifie rouvrir des blessures jamais refermées, affronter des souvenirs douloureux, revisiter des épreuves qu’ils auraient parfois préféré enfouir. Pourtant, ils parlent. Non pas pour eux-mêmes, mais pour nous ! Pour que l’oubli ne vienne jamais effacer ce qui s’est passé. Certains l’ont fait à travers des récits poignants, des journaux intimes, des entretiens ou des conférences. D’autres ont préféré transmettre par l’art, par l’écriture, par le cinéma. Tous, à leur manière, ont refusé le silence, car ils savent que le silence est complice.

Une mémoire en héritage : le rôle des nouvelles générations

Les derniers témoins directs disparaissent peu à peu. Le temps fait son œuvre, inexorablement. Mais leur parole ne doit pas s’éteindre avec eux. Il appartient aux générations suivantes de prendre le relais, de devenir à leur tour des passeurs de mémoire. Transmettre l’Histoire, ce n’est pas seulement un devoir moral, c’est une nécessité vitale. Car l’oubli est le terreau de l’ignorance, et l’ignorance ouvre la porte aux répétitions les plus tragiques. Les négationnistes et les révisionnistes, qui cherchent à minimiser ou à effacer ces crimes, trouvent un terrain d’autant plus fertile que les témoins ne sont plus là pour les contredire.

Les enseignants, les historiens, les écrivains, les artistes, mais aussi chaque citoyen, ont un rôle à jouer dans cette transmission. Il ne s’agit pas seulement de se souvenir, mais de comprendre. De comprendre comment l’inimaginable a pu devenir réel, comment l’indifférence et la haine ont pu mener au pire, comment des sociétés entières ont pu basculer dans l’horreur.

Écouter, apprendre, transmettre un engagement pour l’avenir

Nous avons aujourd’hui à notre disposition des (Grâce aux) archives, des documentaires, des (et) musées, des récits poignants qui nous permettent d’entendre la voix des témoins, même après leur disparition (la voix des témoins continue de résonner).

Les rencontres avec les témoins ont été des moments inoubliables, suspendus, hors du temps. Chaque échange avec ces femmes nous a permis de découvrir des histoires tragiques racontées avec une sincérité poignante. Ces témoignages, riches de souffrance et de résilience, nous ont plongés dans le vécu de ces enfants cachés, de ces survivants. Les élèves ont été saisis par l’intensité des récits, et chaque rencontre a été un moment d’émotion (et de réflexion) partagée, de questionnements profonds et de réflexions qui ont nourri leur compréhension du passé.

À travers ces échanges, les élèves ont pris conscience de la responsabilité qui leur incombe : celle de devenir, à leur tour, des passeurs de mémoire. Leur rôle n’est pas seulement d’entendre, mais de transmettre ces récits afin que l’histoire ne soit pas oubliée. Ils ont compris qu’il ne suffisait pas de connaître le passé, il fallait aussi s’engager activement pour que ces histoires ne se perdent pas dans les limbes du temps. Les témoignages des témoins nous rappellent qu’un devoir de mémoire nous incombe, un devoir de transmettre pour éviter la répétition de ces tragédies.

Ce projet a été abordé sous des angles divers et complémentaires, abordant l’histoire à la fois par des échanges humains et des approches pédagogiques variées. En histoire, bien sûr, mais aussi à travers les arts et les pratiques créatives, les élèves ont exploré ces témoignages sous toutes leurs facettes, découvrant ainsi une Histoire qui prend chaire et vie à travers les voix des témoins. Chaque approche a permis de rendre les événements plus palpables, plus concrets, plus humains.

Écoutons-les. Lisons-les. Regardons-les. Mais surtout, faisons de cette mémoire une force. Une force pour combattre l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme, et toutes les formes de haine qui, aujourd’hui encore, menacent nos sociétés. Une force pour rappeler que l’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais qu’elle peut être éclairée par la connaissance, la transmission et la vigilance. C’est dans cet esprit que les élèves de 3ème 4 de Massillon ont souhaité s’emparer de cette mémoire et devenir à leur tour des passeurs. Ils ont travaillé à recueillir, comprendre et restituer les témoignages de plusieurs rescapées. À travers leurs mots, leurs travaux et pratiques artistiques, ces élèves font vivre les voix de celles qui ont traversé l’horreur et ont eu le courage de raconter.

En arts plastiques, les élèves se sont plongés dans les récits des témoins, en partant à la rencontre de leur histoire. Chaque élève a été invité à choisir un événement, une personne ou un objet marquant, puis à le retranscrire à travers une création artistique, qu’il s’agisse d’une illustration, d’une sculpture, d’une photographie ou d’un autre médium. Les témoignages des survivants ont agi comme une source d’inspiration profonde, nourrissant à la fois leur imaginaire et leurs émotions. Ce qui est fascinant, c’est que chaque production, bien qu’unique et personnelle, tisse ensemble un récit collectif. Elles forment un ensemble cohérent, un maillage entre mémoire et expression artistique, qui permet de rendre visible l’indicible et de donner forme à des souvenirs parfois trop lourds pour être simplement dits. Ces créations sont bien plus que de simples reproductions d’événements : elles sont l’écho des voix des témoins, transcrites par le prisme de l’imaginaire des élèves. Chaque production devient un reflet de la mémoire collective, tout en étant profondément marquée par la subjectivité de chacun. Par le biais de leurs productions, les élèves ont eu l’opportunité d’explorer la puissance de l’art comme vecteur de transmission, comme un moyen de rendre hommage à ceux qui ont traversé l’horreur, mais aussi de faire vivre ces histoires dans le présent. En investissant l’art de manière aussi personnelle, les élèves ont créé des ponts entre les générations, assurant ainsi que la mémoire ne s’éteigne pas et qu’elle continue à résonner. À travers ce projet, ils ont non seulement enrichi leurs compétences artistiques, mais ils ont également développé une

compréhension plus profonde du rôle de l’art dans la transmission de la mémoire. Chaque œuvre représente un dialogue entre le passé et le présent, entre la souffrance et l’espoir, entre le silence et la parole. Cela a été une véritable démarche d’engagement, où l’Art et l’Histoire se sont rencontrés pour offrir une réflexion sur la mémoire, la transmission et l’importance de ne jamais oublier. Ils ont écouté, pendant plusieurs séances. Ils ont, comme nous, été particulièrement émus par ces parcours de vie brisée. Ils ont ri avec ces femmes au caractère bien trempé et ils se sont emparés de leurs histoires : ils ont écrit mais ils ont également créé ! Ces témoignages, que vous allez maintenant découvrir, sont portés par une nouvelle génération qui refuse l’oubli et qui choisit, à son tour, de transmettre pour construire un avenir éclairé et engagé par la mémoire. Ce projet restera à jamais gravé dans nos mémoires. Il a permis de tisser des liens profonds entre les élèves, les témoins et l’équipe du CASIP-COJASOR. Ensemble, nous avons partagé des moments de solidarité et d’humanité. Ce n’était pas seulement un projet scolaire, mais une expérience humaine enrichissante qui a façonné chacun d’entre nous. Il est essentiel que les élèves rencontrent des témoins de l’Histoire, car ces témoignages leur offrent bien plus qu’une simple leçon : ils les sensibilisent aux valeurs humaines fondamentales de tolérance, de justice et de respect. En écoutant et en transmettant ces récits, les élèves contribuent activement à la préservation de la mémoire collective, et ainsi, à la construction d’un futur dans lequel on espère que de telles tragédies ne se reproduiront pas. Par ces gestes de transmission, ils deviennent les garants d’un futur plus éclairé, plus respectueux des droits et de la dignité humaine. Nous tenons à exprimer notre immense gratitude aux élèves, qui se sont investis pleinement tout au long de ce projet. Merci aux familles de nous avoir fait confiance. Merci à l’équipe du CASIP-COJASOR pour cette formidable coopération. Merci à l’établissement, particulièrement monsieur Papalia (le responsable de cycle des 3ème) et à monsieur Duchenoy (chef d’établissement) pour leur soutien sans faille et pour avoir permis que ce projet prenne vie. Nous tenons à saluer madame Alexandra Payan, qui s’est pleinement investie dans ce projet à nos côtés. Enfin, un merci profond et sincère à nos témoins, dont le courage de partager une part si intime et douloureuse de leur histoire nous touche profondément et fait rayonner leur mémoire au-delà du temps.

Article : Mme LIPKOWICZ Emilie et Mme BELHASSEN Emma

S’ENTRAIDER Construction collégiale

Classe flexible de Stéphanie Jarmache, professeure de CM2 bleu

Entraide ou conduite accompagnée

Chaque élève arrive avec un bagage qui lui est propre : son fonctionnement, son rythme, ses besoins, ses difficultés, ses aspirations, ses questions, ses émotions... La flexibilité l’aide à trouver sa place au sein du groupe. Elle me permet de mieux le comprendre et l’accompagner. Nos rôles sont établis : je donne le la ; c’est cependant lui qui découvre, déchiffre et se met à jouer la partition jusqu’à l’interpréter de manière toute personnelle.

Grâce à cette organisation, je vois et mesure les interruptions, les obstacles à surmonter en temps réel. Il peut arriver que je consacre 20 à 30 minutes à un élève en difficulté ponctuelle, sans l’avoir planifié. J’en profite pour demander s’il y en d’autres et les invite à nous rejoindre.

Personne ne reste seul, il y a toujours quelqu’un pour aider. Les modalités de travail donnent du sens à cette interaction spontanée déjà évoquée. Chacun choisit de travailler seul, en binôme, en petit groupe. L’échange et la collaboration sont permanents. Le suivi personnalisé est immédiat. J’aime assez le terme de co construction pour définir cette situation.

Mme JARMACHE Stephanie, enseignante CM2 bleu.

Vue par charlotte Brumley (élève):

Une fois, je ne comprenais pas un exercice de français et j’étais restée longtemps à y réfléchir. Et après, j’ai vu une personne qui faisait le même exercice mais et qui avait demandé de l’aide. Donc je suis allée faire la même chose. Tout s’est très bien passé et donc j’ai su que c’était mieux de demander de l’aide plutôt que de rester bloquée

Vue par Sixtine Le Borgne (élève) :

Parfois, en classe, on ne comprend pas quelque chose. Alors, on va demander à un élève, ami ou pas, de nous aider. C’est ça l’entraide.

S’entraider, c’est s’aider les uns et les autres. Dans la classe flexible, la maîtresse demande qu’on soit en binôme. C’est pour mieux nous aider à travailler.

Par exemple : Zoé n’arrive pas à faire un exercice en maths, alors elle va demander à Charlotte de l’aider parce que Zoé sait que Charlotte et très forte en maths. Et après c’est l’inverse, Charlotte ne comprend pas quelque chose en français, alors elle va aller demander à Zoé de l’aide.

Alban Catherine (élève) :

Je ne demande pas beaucoup, mais quand je demande, les autres m’aident sans me dire non. J’aime aider mes camarades, qu’ils soient mes amis ou pas.

Les ateliers autonomes des élèves les exposés travaux de groupes

Différenciation Remédiation table d’appui

Joseph Brulé (élève) : J’aime bien l’entraide parce que j’avance plus vite et ensemble, on va plus loin. Si on a des difficultés, on peut demander à quelqu’un d’autre que la maîtresse et je trouve ça super.

Présentation classe flexible :

Ateliers plaques tournantes de 4 à 8

Le travail en binômes évolution toute l’année

Modalités de travail

Entraide permanente Soutien

UN PROJET DE SOLIDARITÉ : ACKSP

Association présente à Massillon depuis plus de 20 ans

L’importance des associations et des écoles dans l’ouverture aux autres et la promotion de la diversité est un fait difficilement contestable.

L’École Massillon prône depuis toujours, les valeurs de tolérance et de respect et apprend aux élèves dès leur plus jeune âge l’importance de l’ouverture d’esprit, de la solidarité et de la richesse et complémentarité des différentes cultures.

« Regarder l’autre, l’écouter, lui sourire, s’intéresser à lui, d’après moi, c’est le commencement de l’être humain ». (Sœur Emmanuelle).

Ainsi l’ACKSP, (Ami(e)s du Centre

Kourita Saint Philippe), association créée en 1991 par André Silga, d’origine burkinabé et professeur de mathématiques à l’école Massillon, a pu bénéficier depuis sa création du soutien de l’École à travers diverses actions menées essentiellement par des jeunes du lycée ou le traditionnel « bol de riz » communautaire au moment du carême.

Avec plus de 30 ans d’amitié et d’engagement humanitaire avec l’école Massillon, l’ACKSP vise à soutenir un projet global d’éducation au Burkina Faso, d’une part en rendant les jeunes burkinabè responsables dans leur milieu, par l’éducation et la formation et d’autre part en contribuant à l’émancipation et l’indépendance des femmes dans les villages, par l’alphabétisation et le développement des micro-crédits.

Ainsi, l’école Massillon est venue en soutien à l’ACKSP pour :

1992 : l’érection du lycée Saint-Philippe de Koupéla qui compte plus de 1000 élèves à ce jour avec l’enseignement général classique et l’enseignement technique mécanique automobile ; 2007 : la mise en place du lycée de Lioulgou (500 élèves), lycée d’enseignement général et technique agro-pastoral (Agronomie) ;

2014 : la création de l’Institut d’Enseignement Supérieur dans la ville de Koupéla ; la réalisation des actions d’alphabétisation dans 35 villages au profit des femmes ; l’aide à la réalisation de projets concrets par l’octroi de micro-crédits aux femmes.

Ces diverses actions ont permis de scolariser des milliers d’élèves et à des jeunes burkinabè de se réaliser dans le monde du travail au service de leur communauté et aussi, à des milliers de jeunes filles et femmes d’acquérir un savoir-faire et une autonomie leur permettant de s’épanouir et d’être responsables des autres dans leur milieu de vie.

Jusqu’à un passé récent, des voyages étaient périodiquement organisés sous le thème « Massillon s’ouvre au monde ! » (avant le début des attaques terroristes) avec des lycéennes et lycéens de Massillon pour nouer et encourager les échanges culturels et s’imprégner de la vie locale dans un pays de culture différente.

Des stages d’été communément appelés « chantiers internationaux » sous l’égide de l’ambassade de France au Burkina Faso permettaient à nos élèves d’échanger et de travailler sur des projets concrets avec des jeunes du Burkina Faso ; ces « chantiers » créaient des liens forts de camaraderie, voire d’amitié lors du séjour de nos élèves au lycée St Philippe à Koupéla.

Ces voyages « non touristiques » ont contribué lors des nombreux chantiers d’été à instaurer de vrais échanges interculturels : s’ouvrir à d’autres jeunes moins favorisés, avides de liens de fraternité et d’échanges avec des jeunes de leur âge venus de Massillon À l’heure où nous écrivons ces lignes, une des classes du lycée de Massillon, sous l’initiative de madame Marie Rivière, professeure d’Histoire et Géographie, échange par voie électronique avec des élèves Burkinabè de Saint Philippe de Koupéla ; des documents ont d’ailleurs été remis aux élèves de Saint Philippe par l’intermédiaire d’André Silga et des «Visios » entre classes ont pu voir le jour et permettent dans un premier temps de mieux connaître les cursus scolaires, le fonctionnement des établissements et les positions respectives sur certains problèmes contemporains.

La participation à des chantiers au Burkina lors des vacances d’été et les nouveaux liens créés à distance, faute de pouvoir se rendre sur place au Burkina sont de beaux exemples d’échange et d’ouverture aux autres. Pour l’avenir, le contexte géopolitique plus que délicat et les relations diplomatiques distendues ne doivent pas nous empêcher de nous intéresser à nos écoles du Burkina pour leur permettre de poursuivre et réaliser leurs objectifs ; il s’agit pour l’instant, peut-être de s’ouvrir différemment avec des actions de parrainage et de jumelage entre classes de Massillon et des lycées Saint Philippe et Lioulgou. Membres, amis, adhérents de l’ACKSP, nous savons tous que Massillon à travers ses valeurs oratoriennes, restera une école amie pour notre association et que nous développerons encore avec les élèves en premier lieu, leurs familles et toute la communauté massillonaise, de nouveaux projets « d’ouverture aux autres » pour que nos objectifs éducatifs, culturels et sociétaux puissent se poursuivre et permettre ainsi l’épanouissement de jeunes burkinabè et l’intégration de femmes en souffrance dans la société .

« Je crois que chaque fois que l’on s’approche d’une autre personne, quelle qu’elle soit et que l’on sait écouter, on échange des pensées et des sentiments qui nous rapprochent » (Sœur Emmanuelle).

M. OHLMANN Joseph

Chargé ACKSP/ Recherches -Subventions (ancien intendant de Massillon)

Photos ACKSP

DIFFÉRENCE ET SINGULARITÉ

L’accueil des élèves à besoins particuliers à Massillon

«S’ouvrirauxautres»estunevaleurfortedel’Oratoirequiguideleprojetpédagogiquedel’établissementdepuissa créationen1872.

«S’ouvrirauxautres»,c’estoffrirunenvironnementaccueillantoùchaqueélèvepeuts’épanouirettrouversavoie, entenantcomptedesesparticularités,etenrespectantlesdifférencesdechacun.Chaqueélèveestuniqueetc’est l’acceptationetl’accompagnementbienveillantdesessingularitésquifontlarichessed’uneécole.

Permettreàchaqueélèved’êtreaccueillidanslesmeilleuresconditionsetdes’épanouirlepluspossibledanssascolarité estundroitpourlesélèves,uneprioritépourl’ÉducationnationaleetpourMassillon.

Le chemin peut parfois être complexe mais des adaptations existent tout au long de la scolarité, de l’école maternelle jusqu’au baccalauréat et au-delà, afin d’y apporter des aides concrètes.

Le Protocole d’Accueil Individualisé (PAI) est un outil pour prendre en compte les problématiques de santé d’un élève dans un établissement scolaire et réduire l’absentéisme. Il autorise par exemple l’élève à prendre son traitement à l’école, s’il en a besoin pendant les heures de classe. Il prévoit aussi une prise en charge adaptée en cas d’urgence médicale anticipable. Le PAI permet également un aménagement de l’emploi du temps en lien avec une prise en charge thérapeutique. Il est rempli par le médecin qui suit l’enfant. Les interlocutrices à Massillon sont les infirmières scolaires, Mesdames Persyn et Roussel.

Le Plan d’Accueil Personnalisé (PAP) est un dispositif d’accompagnement qui s’adresse aux élèves pour lesquels des aménagements de nature pédagogique sont nécessaires, pour pallier des difficultés durables en lien avec un ou plusieurs troubles des apprentissages, afin qu’ils puissent poursuivre leur parcours scolaire dans les meilleures conditions. Il est adapté aux besoins spécifiques de l’élève : pouvoir bénéficier d’un tiers temps additionnel pour les évaluations, avoir recours à un ordinateur pour favoriser la prise de notes, etc... Le PAP est également rempli selon des préconisations médicales, ou paramédicales (orthophoniste, etc…). Les interlocuteurs à l’école Massillon sont les responsables de niveaux et l’enseignante référente-accompagnement, Mme Garrigue.

Protocole d’Accueil Individualisé (PAI) et Plan d’Accueil Personnalisé (PAP) peuvent se cumuler.

Un accompagnement individualisé par une AESH (Accompagnante d’Élève en Situation de Handicap) est possible. Dans ce cas, une demande de reconnaissance de handicap doit être faite au préalable auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). L’équipe éducative de Massillon est là pour conseiller et guider les familles dans ces démarches, en collaboration avec un enseignant référent de l’Éducation Nationale.

Ainsi, quels que soient les besoins spécifiques de chaque élève, toute l’équipe éducative de Massillon est disponible pour répondre aux interrogations des familles, réfléchir main dans la main à la mise en place de solutions et se mettre en lien si besoin avec les professionnels de santé qui accompagnent l’enfant ou le jeune.

Les équipes de l’Apel sont également à votre disposition pour répondre à vos interrogations et vous orienter, si nécessaire. N’hésitez pas à contacter le service Information et Conseil aux Familles (ICF) de l’Apel Massillon à l’adresse courriel suivante : apel.massillon@outlook.com.

Mme QUENEAU-TRAN Amandine, membre de l’APEL et parent d’élèves

sous la direction de Christine Alabardi, professeure de Lettres

Editorial

« Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui. » écrit Montaigne dans ses Essais. C’est pourquoi, dans cette édition 2025 de l’Agraf’, nous vous proposons un voyage à travers le monde et les époques pour découvrir et comprendre la diversité des rapports à autrui (pas d’inquiétude, nous épargnerons votre cervelle). Avec la classe d’Humanités Littérature et Philosophie (HLP) de Première, et dans le cadre de notre axe d’étude « Découverte du monde et pluralité des cultures », nous nous sommes interrogés sur l’évolution des usages et traditions dans nos sociétés. Comment le rapport aux salutations, au corps, à la cuisine ou encore aux couleurs évolue-t-il en fonction du temps et du lieu ? Comment expliquer la diversité des visions du monde ? Et aujourd’hui, nos mœurs se seraient-elles uniformisées ? Comment écrivains et philosophes se sont-ils approprié ces interrogations ? Autant de questions auxquelles nous nous efforcerons de répondre, à travers une approche à la fois diachronique et ethnologique (et à l’aide de jeux et d’illustrations concoctées par les plus artistiques d’entre nous). Vous aurez l’occasion de découvrir, par exemple, comment on se salue en Thaïlande, la vision particulière que certaines cultures ont de la pilosité, ou encore l’évolution de la signification des tatouages… Réflexions littéraires et philosophiques s’entremêleront dans ces articles écrits par les élèves, pour interroger notre relation à l’altérité et rafraîchir votre perspective sur le monde. Bon voyage !

Constantin Szymkowiak et Noa Dufour (Première 5 HLP)

À LA RENCONTRE DE L’AUTRE

Saluericietailleurs

La salutation est un geste universel, présent dans toutes les cultures, mais qui prend des formes très variées selon les pays. C’est une manière de montrer du respect, de souhaiter la bienvenue ou simplement de commencer une interaction sociale. Dans de nombreux pays occidentaux, comme la France ou les États-Unis, la poignée de main est une salutation courante, surtout dans un cadre professionnel. En France, on peut aussi faire la bise entre amis ou membres de la famille. En revanche, au Japon, on salue en s’inclinant, un geste qui, parce qu’il n’implique pas de contact direct, montre le respect envers l’autre personne. En Inde, la salutation traditionnelle est le « namasté », les mains jointes devant la poitrine, accompagnées d’une légère inclinaison de la tête. C’est à la fois une salutation et un signe de respect spirituel. En Thaïlande, un geste similaire, appelé « wai », est utilisé. Parmi les salutations les plus originales, on trouve par exemple le « hongi » des Maoris en Nouvelle-Zélande, où l’on presse son nez et son front contre ceux de l’autre. En Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest, les salutations sont souvent longues et chaleureuses, accompagnées de nombreuses questions sur la famille, la santé et la journée. Le salut ne repose donc pas seulement sur les gestes mais également sur le langage.

Ces différentes manières de se saluer montrent la richesse et la diversité des cultures. Elles rappellent que, malgré nos différences, le besoin de se connecter aux autres est universel.

« Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s’y prendre pour saluer sa Majesté : si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle de bain; en un mot, quelle était la cérémonie.

« L’usage, dit le grand officier, est d’embrasser le roi et de le baiser des deux côtés».

Voltaire, Candide ou de l’optimisme, chapitre XVII. Drôlesd’expressions!

Ce que les langues disent de nos visions du monde

On pense souvent que les langues servent uniquement à communiquer, mais en réalité, elles vont beaucoup plus loin. À travers certaines expressions qu’on utilise au quotidien, on peut voir à quel point chaque langue reflète une culture ou même une manière de voir le monde. Et certaines expressions sont même complètement incompréhensibles quand on les traduit mot à mot. Ces différences montrent que chaque langue n’exprime pas les choses de la même manière, et cela pose une question intéressante : est-ce que notre manière de parler influence aussi notre manière de penser ? C’est justement ce que soutiennent certains linguistes comme Sapir et Whorf, avec la théorie de la relativité du langage. En quoi les différences entre les expressions dans les langues du monde sont-elles une preuve de la relativité du langage ?

Le langage est une faculté naturelle qui permet aux hommes de constituer des langues pour exprimer des besoins mais aussi des idées. Le langage est aussi le reflet d’une culture, d’une vision du monde unique à chaque société. La manière dont les individus l’utilisent dépend en grande partie de l’environnement dans lequel ils se trouvent. Ces différences montrent que le langage est ancré dans un contexte culturel précis, une idée que l’anthropologue Claude Lévi-Strauss a notamment explorée dans son œuvre Race et histoire (1952). Selon lui, chaque culture a sa propre logique et ses propres codes linguistiques qu’il faut étudier en évitant à tout prix l’ethnocentrisme, qui consiste à juger les autres cultures à partir des valeurs, des normes et des références de sa propre culture, en la considérant comme supérieure ou comme la norme. Il écrit : « Il semble que la diversité des cultures soit rarement apparue aux hommes pour ce qu’elle est : un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés »

Par exemple, en français, on dit « avoir le cafard » pour dire qu’on est triste, alors qu’en anglais, on dit « feel blue » (= ressentir le bleu ). Et certaines expressions sont même complètement incompréhensibles quand on les traduit mot à mot, comme « it’s raining cats and dogs » en anglais (= il pleut des chats et des chiens).

Il en va de même pour « Quand les poules auront des dents »: à l’origine, les poules n’ont jamais eu de dents, c’est tout naturellement que l’usage décida d’adopter cette expression et elle s’imposera à travers les siècles. L’expression « quand les poules auront des dents » signifie qu’un événement ne se produira

Constantin Szymkowiak et Noa Dufour, 1ere 5 HLP
Illustrations : Constantin Szymkowiak
Illustration : Gabrielle Desmoulins

jamais. On l’utilise souvent après une affirmation pour insister sur l’impossibilité : « Tu me rendras l’argent que tu me dois quand les poules auront des dents. » Elle est équivalente à d’autres expressions françaises comme « la semaine des quatre jeudis », « remettre aux calendes grecques » ou « à la saint-glinglin ».

Chaque langue a sa propre manière d’exprimer cette idée d’impossibilité. Par exemple : -en anglais : « when pigs fly » (quand les cochons voleront) -en espagnol: « cuando las ranas crien pelo » (quand les grenouilles auront des poils) -en allemand : « wenn Fische Fahrrad fahren » (quand les poissons feront du vélo).

Dans Le Quart Livre (1553), Rabelais imagine même un porc géant avec des ailes pour illustrer cette absurdité.

Cette diversité d’expressions montre que la langue façonne notre manière de penser. C’est ce qu’on appelle la relativité linguistique, une théorie selon laquelle la langue que nous parlons influence notre perception du monde.

Le linguiste Benjamin Lee Whorf a défendu cette idée : pour lui, chaque langue organise la réalité différemment, ce qui peut rendre certaines visions du monde difficiles à traduire.

Par exemple, en français on dit « ce ne sont pas mes oignons » pour signifier que quelque chose ne nous concerne pas. En allemand, on dit « das ist nicht mein Bier » « Ce n’est pas ma bière ».

Ces deux expressions traduisent la même idée à travers des images différentes, selon la culture. En allemand, la bière est une image culturelle forte, presque identitaire. Ainsi, même si on pense la même chose (« ce n’est pas mon affaire »), on le dit avec ce qui est symboliquement parlant dans sa propre culture. Les expressions idiomatiques donnent accès à l’imaginaire collectif et à la façon dont les gens perçoivent le monde.

Autre exemple : en allemand, l’équivalent de « en faire tout un fromage » est « aus einer Mücke einen Elefanten machen » - littéralement, « faire d’un moustique un éléphant ». Décidément, tout le monde dramatise, mais pas avec les mêmes ingrédients !

Les différences entre les expressions dans les langues du monde révèlent donc la manière dont chaque culture construit sa propre vision de la réalité. À travers elles, la relativité du langage apparaît non seulement comme une hypothèse théorique, mais comme une clef de compréhension de l’altérité. Comprendre une autre langue, c’est aussi entrevoir une autre manière d’exister, de penser, de ressentir. Alors, reconnaître cette relativité, c’est relativiser son propre point de vue, et refuser l’ethnocentrisme. C’est aussi valoriser la richesse des cultures, chacune apportant sa propre lecture du réel.

Gabrielle Desmoulins, Léonie Garrigue, Ninon Hennes, Lily Mayet, (HLP 1ère5)

Le saviez-vous ?

1. Laquelle de ces langues ne met pas d’animal dans son équivalent de « avoir d’autres chats à fouetter » ?

A. anglais

B. français

C. espagnol

D. aucune, les expressions se réfèrent toutes à des animaux

2. Laquelle des affirmations suivantes illustre le mieux l’idée de relativité linguistique selon Sapir et Whorf ?

A. toutes les langues ont les mêmes structures grammaticales de base.

B. les langues influencent la manière dont leurs locuteurs perçoivent et interprètent le monde.

C. les langues sont simplement des outils neutres de communication.

D. les expressions idiomatiques n’ont aucune importance culturelle.

3. Quelle est la traduction anglaise de l’expression : « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase » ?

A. It’s the drop of water that makes the vase overflow.

B. It’s the straw that broke the camel’s back.

C. It’s the bubble that bursts the champagne.

4. Quelle est la traduction anglaise de : « Mettre la charrue avant les bœufs » ?

A. To put the cart before the oxen.

B. To make an egg before the chicken.

C. To put the carriage before the horse.

3B. Littéralement, cela signifie “c’est la paille qui a cassé le dos du chameau”, plutôt étonnant non ? 4A

» donc pas de chat à malmener… mais un poisson, quand même 2B. Les langues influencent la manière dont leurs locuteurs perçoivent et interprètent le monde

1D. L’équivalent en espagnol, c’est “Tener otros gatos que desollar”, qui veut dire littéralement

« Avoir d’autres chats à écorcher ». L’anglais dit « to have other fish to fry

Illustration : Lilty Mayet
Illustration : Ninon Hennes

Delatraditionàlafusion:quandlacuisinerassemble

En ces temps troubles, la cuisine reste plus que jamais un langage universel. « Donnez-moi des bons cuisiniers et je vous ferai des bons traités », promettait Talleyrand à Napoléon.

On remarque que, selon les pays, les différences alimentaires sont frappantes, une des raisons évidentes pour cela est la différence des climats et des sols qui rend la culture de certains aliments plus simples selon la région. Pourtant, avec la mondialisation, de nombreux aliments ont commencé à être cultivés ailleurs que dans leur région d’origine, on peut donner pour exemple la tomate ou bien la pomme de terre, toutes deux originaires d’Amérique mais désormais aussi cultivées en Europe. Bien que la colonisation et la mondialisation aient apporté certains ingrédients dans de nouvelles contrées on remarque toujours aujourd’hui que les pays voisins ont tendance à avoir des cuisines assez similaires en partie grâce à leur accès à des ingrédients similaires. Certains ingrédients sont aussi utilisés par les habitants pour les aider dans leur environnement. Saviez- vous que les piments aident en fait à se rafraîchir ? Ils créent une fausse sensation de chaleur avec la capsaïcine, le composé chimique produit par les piments qui est responsable du piquant, c’est une molécule qui excite les terminaisons nerveuses qui sont normalement excitées par la chaleur. Ils font transpirer notre corps, cette transpiration permet d’évacuer une partie de la chaleur thermique présente dans le corps. Le piment a donc des valeurs rafraîchissantes ce qui explique sa présence plus marquée dans les régions plus chaudes.

En plus d’être fortement ancrés dans certains milieux géographiques, régions ou pays, mais aussi dans la croyance et la religion, les plats se transforment, selon l’individu qui les cuisine, selon sa religion, ses croyances, et ce depuis des siècles.

Chez les chrétiens, les rites culinaires sont centrés autour des grandes occasions comme Noël, lors duquel les plats traditionnels sont la dinde, le pain d’épices et les marrons, qui nous viennent d’anciennes coutumes européennes médiévales. À Pâques, on mange l’agneau dit “Pascal” qui symbolise le sacrifice du Christ.

Les musulmans au contraire, comme les juifs, et hindous, ont des restrictions et coutumes plus permanentes, pas systématiquement marquées par des événements.

Pour l’Islam on observe le Ramadan, où le jeûne est rompu avec l’Iftar, où les dattes et l’eau sont consommées en premier, suivies de plats comme le Haleem, un ragoût de viande, des lentilles et parfois du blé. On trouve également le Biryani, un plat de riz mélangé originaire d’Asie du Sud, composé de riz, viande (poulet, mouton, bœuf, poisson) ou légumes, et épices, souvent préparés en couches séparées, puis cuits ensemble pour que les saveurs se mélangent. La plus grande célébration musulmane serait l’aïd-al Adha, qui commémore et admire le sacrifice qu’Abraham accepte de faire de son fils, en sacrifiant un mouton. C’est une fête riche en viandes, qui insiste sur le partage. Un dicton musulman rappelle d’ailleurs que « De toute cette viande de mouton, il n’y a que ce que l’on donne qui profite : ce que l’on a mangé est avalé, ce que l’on a donné est profitable. » Traditionnellement, il est d’ailleurs recommandé de partager la viande en trois : une part pour la famille ayant effectué le sacrifice, une part pour les voisins et les amis, et une part à offrir aux pauvres et démunis.

Lors de la Pessah, la tradition juive des repas du Seder inclut la Matzah, un pain sec, sans levain, en souvenir de l’exode biblique. Lors d’Hannouka, célébré en décembre, on mange des latkes, des galettes de pommes de terre frites. On peut remarquer notamment, les ÉtatsUnis, qui a la deuxième population la plus importante de juifs, et chez qui la cuisine judéoamericaine est extrêmement populaire et répandue par le moyen des « deli » cacher. À New York par exemple, Katz Delicatessen est un restaurant « deli » du lower east side, pas certifiés cacher à cause de leur utilisation de produits laitiers et de viande dans un même plat, mais s’inspirant de la cuisine juive. Cette cuisine est fortement répandue dans le nord-est des États Unis, et est fortement ancrée dans l’idée du partage de la nourriture par la quantité imposante souvent préparée, comme avec le brisket, un plat emblématique juif, préparé lors des fêtes de la Rosh Hashanah, Pessah, et le Shabbat.

Les hindous et bouddhistes ont énormément de plats traditionnels végétariens, à cause de restrictions religieuses. Les traditions culinaires hindoues sont profondément ancrées dans la religion, l’histoire et la culture, mettant en avant le végétarisme, l’utilisation d’épices pour leurs propriétés médicinales, des techniques de cuisson ancestrales tout en s’adaptant aux influences modernes et étrangères.

Les traditions culinaires bouddhistes sont principalement basées sur une cuisine végétarienne appelée shojin, qui privilégie la simplicité, la saison et le respect des principes de compassion envers les animaux, avec des variations selon les cultures et régions, comme le Japon avec la shōjin ryōri ou la Chine avec la cuisine végétarienne chinoise.

En fin de compte, on comprend que la cuisine n’est pas qu’une question de géographie, mais aussi de religion et dépend entièrement de l’individu, ses croyances et pratiques, où, pour beaucoup, le partage est essentiel. Maurice Barrès évoque le rôle social et familial de la cuisine comme lieu de partage et transmission quand il dit « La veillée autour du feu de la cuisine. Tout en écossant les légumes pour l’hiver, on causait des événements du jour… ».

Quand on parle de partage, ce n’est pas que de la nourriture et des plats en eux mêmes, mais du savoir. Dans cette idée, on observe en 2025, un phénomène de partage culinaire international. Celui-ci est permis dans un premier temps par la mondialisation, le voyage physique et le métissage culturel, donnant lieu à une fusion de traditions culinaires, en créant de nouvelles, mais aussi par les médias et réseaux sociaux. Bien sûr Montaigne pouvait lui aussi apprendre et imiter les rites culinaires étrangers, les rapporter en France après ses voyages, mais cela est facilité par les réseaux sociaux et internet, permettant à n’importe qui ayant accès au wifi d’apprendre des choses sur des cuisines étrangères et diversifier ses connaissances. Gioachino Rossini exprime la beauté de l’art qu’est la cuisine « C’est une mélodie que l’on déguste par la bouche », et aujourd’hui c’est une mélodie qu’on peut partager avec tous.

Les influenceurs et plus petits « créateurs de contenu » partagent des recettes traditionnelles revisitées selon des préférences alimentaires, restrictions religieuses (mentionnées ci-dessus), ou allergies, rendant des milliers de recettes accessibles au plus grand nombre. Ce phénomène se manifeste notamment sur Instagram, ou 65% des utilisateurs ont essayé une recette vue sur la plateforme. De plus, sur TikTok, les hashtags liés à la nourriture sont parmi les plus populaires, renforçant l’intérêt pour les cuisines traditionnelles mondiales. Le phénomène du « food porn » met en avant l’aspect visuel de plats traditionnels pour attirer l’attention. Cela démocratise ces cuisines tout en modifiant parfois leurs recettes classiques pour s’adapter aux tendances modernes, religions, intolérances, allergies, ou préférences. Celui-ci met également en avant la fusion de différentes cuisines, les adaptant aux aliments plus ou moins populaires locaux.

Un des exemples de mélange entre cuisines est le phở. Ses origines demeurent plutôt incertaines, cependant, certains affirment que ce plat aurait été créé par un concours de circonstances, liées à la présence coloniale au Vietnam. La recette serait originaire de la province de Nam Dinh, à une centaine de kilomètres de la capitale de Hanoi, grand centre industriel textile. De ce fait, les employés et ouvriers du textile vietnamiens côtoyaient tous les jours les soldats et colons français, et, de ce brassage multiculturel serait né le phở inspiré du pot au feu français ou encore le Chai : une boisson indienne issue de l’interaction avec le commerce britannique du thé. Kebabs turcs, sushis japonais, nouilles thaïes, tapas espagnoles, pizza italienne… Certains de ses plats favorisent encore plus le partage tels que les tapas qui sont fait pour être partagés. Tous ses plats auxquels nous sommes désormais habitués proviennent de l’immigration, ces plats démontrent un mélange de culture et de traditions, un partage entre différentes communautés. Ces mélanges de cultures ont mené à ce qu’on surnomme aujourd’hui « cuisine fusion », c’est un phénomène créé par ces mélanges culturels qui unit des saveurs de tous les coins du monde afin d’essayer de créer des plats novateurs et fascinants. La fusion food prend de multiples formes, elle est souvent associée au fast food et pourtant la fusion food est toute aussi présente dans la haute gastronomie tel que le monte le restaurant étoilé « fusion19 » situé en Espagne qui a des influences de Méditerranée, d’Asie et d’Amérique du Sud. Cette fusion nous permet donc d’innover en permanence dans le milieu culinaire, et de découvrir de nouveaux mets, et comme le dit très justement Auguste Escoffier « La bonne cuisine est la base du véritable bonheur ».

La cuisine a été inventée pour que l’on trouve du plaisir à se nourrir, quelque chose qui nous est vital, quotidiennement. Comme le dit le gastronome français du début du XXe siècle, Jean Anthelme Brillat Savarin « La découverte d’un mets nouveau fait plus pour le genre humain que la découverte d’une étoile ». Cela illustre l’importance de la cuisine, la découverte et surtout le partage culinaire, faisant référence à une découverte pour tout le « genre humain ». La cuisine nous permet non seulement de partager, mais de communiquer, un amour universel, où les barrières de langage, et aujourd’hui géographiques ne nous empêchent pas de partager nos mets et notre savoir.

Lucie Weston Smith, Lily Fox-de Seze HLP 1ère5

Le saviez vous ?

1. Dans quelle religion la consommation de bœuf est-elle traditionnellement interdite en raison de la vénération de cet animal ?

a) Judaïsme

b) Hindouisme

c) Islam

d) Bouddhisme

2. La bouillabaisse, célèbre soupe de poissons, trouve ses racines dans une ville portuaire fondée par les Grecs de l’Antiquité. De quelle ville s’agit-il ?

a) Nice

b) Marseille

c) Bordeaux

d) La Rochelle

3. Quel exemple célèbre de cuisine fusion est né de l’influence française au Vietnam et associe une baguette à des garnitures locales comme la coriandre, le porc laqué ou les pickles ?

a) Bánh mì

b) California roll

c) Chili con carne

d) Ramyeon carbonara

4. Parmi ces styles culinaires, lequel est le résultat direct du métissage entre la cuisine texane et mexicaine, avec des plats comme les fajitas ou le chili con carne ?

a) Cajun

b) Tex-Mex

c) Nikkei

d) Chifa

5. Quel phénomène lié à la cuisine est devenu viral grâce aux réseaux sociaux, notamment via des hashtags et des vidéos courtes ?

a) Le retour des recettes médiévales

b) Le « food porn », soit la mise en avant visuelle de plats très appétissants

c) Les concours de cuisine régionale

d) La disparition des recettes végétariennes

LE RAPPORT AU CORPS

Pilositéetsociété:codes,normes etidentités

Depuis l’Antiquité, la manière dont on coiffe ses cheveux ou dont on porte la barbe dépasse largement la mode : c’est un langage social, spirituel et parfois politique. Quelle que soit la société, la pilosité transmet une information sur qui on est et à quelle culture on appartient, autant que les vêtements que l’on porte. Quelles significations portent les cheveux ou la barbe selon les sociétés ?

La religion a toujours eu une part importante dans la vie des peuples, jusque dans leur apparence. Le rapport au corps est fortement influencé par la religion. Dans l’Islam, la barbe est associée non seulement à la sagesse et à la dignité, mais possède aussi une valeur religieuse. C’est un symbole de piété et se raser peut être très mal vu. Montesquieu y fait d’ailleurs référence

dans la Lettre 99 des Lettres persanes : « Il n’est pas permis à un musulman de se couper la barbe ; il serait damné éternellement. » Les cheveux peuvent aussi être considérés comme sacrés, comme chez les sikhs en Inde où il est interdit de les couper en signe de foi et d’engagement spirituel, de même pour la barbe, appelée kesh. La coupe de cheveux peut montrer son appartenance à une religion comme la tonsure que portent les moines, en signe de soumission à Dieu et de rejet de la vanité. Enfin, les cheveux peuvent avoir un usage magique ou superstitieux, dans certaines croyances, on conserve les cheveux coupés pour éviter les sorts ou préserver l’âme.

Indien portant un turban, photographie de J. Peter, Pixabay

La société possède également une forte influence sur la pilosité des hommes comme des femmes. L’exemple le plus flagrant est la perruque dont les implications ont beaucoup évolué au fil du temps. Au XVIII siècle, les perruques sont une marque de richesse, elles permettent d’établir visuellement une hiérarchie sociale et de montrer le pouvoir politique que détient une personne. Cela a conduit à de vives critiques de certains philosophes comme Rousseau qui les traite de contre-nature ou Diderot qui dénonce leur aspect de masque social. De nos jours, elles sont toujours portées dans la justice britannique comme un symbole d’autorité et de continuité de la loi, mais sont également utilisées par les malades, les drag queens ou les militants. À travers le monde, d’autres types de coiffures portent une signification comme les coiffures traditionnelles africaines qui transmettent bon nombre d’informations sociales, telles que l’âge, le statut marital, le groupe ethnique et les rites initiatiques, ou encore les chignons des samouraïs sous le Japon féodal qui étaient une marque de caste, d’honneur et de discipline martiale.

On peut voir que la pilosité est régie par des normes et codes sociaux. Le crâne rasé par exemple, souvent porté par les militaires, représente l’hygiène, la discipline ou encore, dans certains cas, une marque de radicalité. Il y a aussi des normes capillaires dans le monde du travail, avec des codes implicites que l’on devrait respecter pour avoir des coupes de cheveux « professionnelles » ainsi qu’une pression sociale sur la pilosité des femmes qui seraient censées s’épiler. La façon dont l’on porte ses cheveux ou sa barbe permet également d’exprimer son appartenance à un mouvement comme les cheveux crépus naturels pour le mouvement afro qui revendique la fierté identitaire et le combat contre les discriminations, ou bien la barbe que portent les hipsters. Les cheveux teints ou coupés courts pour les femmes peuvent aussi montrer l’appartenance à un mouvement. Les salons de coiffure deviennent alors des espaces sociaux où l’on peut exprimer son identité et montrer son engagement militant.

Montaigne dit que nos habitudes ne sont que des conventions, il ne faut pas avoir peur de s’en dégager si elles ne nous conviennent pas ou si l’on se sent oppressé par elles. Même si la pilosité est fortement influencée par différents facteurs de la société, c’est à nous de définir notre rapport à notre corps et les informations que l’on souhaite transmettre par celui-ci.

Calie Chevrolat, Magdalena Hinzpeter Favier, Clarence Plat-Monin, Eugénie Salmon (HLP 1ère5)

« Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n’est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu’ils préfèrent aux naturels [...] »

– Les Caractères, Livre VIII (De la Cour), 74 de La Bruyère

La lithographie intitulée « Les Perruques » est l’œuvre de Charles Étienne Pierre Motte (1785–1836), un des premiers et des plus importants imprimeurs-lithographes du début du XIXe siècle. Elle est signée « C. Motte, R[ue] des Marais » et provient du journal Le Miroir des spectacles, des lettres, des mœurs et des arts, publié entre février 1821 et juin 1823.

« Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d’une femme au milieu d’ellemême. »

Lettres persanes, lettre 99 Montesquieu

Jeune femme avec des tresses africaines, photographie de Martin Kwame, Pixabay
Coiffure à la Belle Poule, gravure satirique anonyme du XVIIIe siècle

Quandl’Histoireserefaitunebeauté

De déguisement lors de rituels, à une véritable norme sociale, le rôle du maquillage a évolué dans l’histoire ainsi que dans le monde. D’un pays à l’autre, d’une société à la suivante, les usages, matériaux et zones du corps maquillées ont évolué, révélant les aspects esthétiques autant que politiques de ces sociétés.

Le maquillage n’a pas toujours eu pour but de mettre en avant des atouts physiques, ou de dissimuler certains défauts. En effet, de la Préhistoire à l’Antiquité, le maquillage servait majoritairement à décorer les corps des hommes et des femmes lors de rites religieux ou funéraires. Poudres, baumes, crèmes et autres mélanges de plombs, d’ocre ou encore d’épices, étaient étalés sur le visage et le corps lors de cérémonies ou sur les corps des défunts lors de leur enterrement.

Le maquillage était alors considéré comme permettant d’accéder à l’au-delà.

En Égypte ancienne, le maquillage se composait en partie de crèmes et huiles parfumées, teintures de cheveux, et khôls sous les yeux, servant à décorer le corps, mais également à protéger la peau et les yeux du soleil, ainsi qu’à l’hydrater.

À partir du XVIème siècle, le maquillage fit son apparition en Europe, et arriva en France. Révélateur des normes sociales des sociétés de cour, s’appuyant sur une recherche extrême de la beauté, le maquillage était utilisé seulement par une petite partie de la société, composée de la noblesse. Le teint blanc de céruse, presque blafard, rehaussé de fards roses aux joues, était le minimum esthétique des femmes de l’époque. Perruques poudrées et parfum vinrent compléter ce travestissement grandement critiqué par les auteurs et dramaturges de l’époque, tels que La Bruyère dans son œuvre les Caractères publiée en 1688, Le moraliste y écrit : « Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu’elles croient servir à les rendre belles […] comme si elles craignaient de cacher l’endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. » Les hommes, moins concernés par ces coutumes majoritairement féminines, dénoncèrent ce travestissement du réel, accusant le

mensonge séducteur dont ils étaient victimes, orchestré par les femmes.

En effet, le naturel n’était pas recherché dans les salons féminins, la peau d’apparence presque transparente tant elle était blanche, les talons hauts et les grandes quantités de parfums, régnèrent sur les codes esthétiques féminins, dans le but de mettre en avant une classe sociale aisée, ne travaillant pas, n’étant de facto que très peu exposée au soleil. Les nobles « de sang bleu » se dessinaient alors sur le cou et les tempes des veines bleues. Le maquillage était alors assumé comme tel, et n’avait pas pour but de retranscrire le naturel. Il était à cette époque un véritable marqueur social et jouait un rôle important dans la société du paraître dès le XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, dans les années qui suivirent une grande épidémie de variole en France, femmes et hommes, tentèrent de dissimuler les cicatrices de la maladie mortelle, en se collant sur le visage de petits bouts de taffetas, mousseline, soie ou velours. La mouche était née. Utilisée a l’origine dans le but de cacher les dernières traces de la petite vérole, les mouches devinrent, au XVIIIe siècle, de véritables accessoires de beauté, pour les femmes majoritairement, mais également, plus discrètes, pour les hommes. Leur couleur foncée contrastant avec le teint laiteux des nobles, elles attiraient le regard des courtisans sur les atouts des précieuses qui s’en paraient. Leur emplacement était réfléchi, chaque mouche ayant un nom et une signification bien particulière.

En revanche, au XIXe siècle, la frontière sociale que constituait le maquillage se déplaça, et ce dernier prit une valeur morale. Seules les femmes de petite vertu (actrices, chanteuses, prostituées…) continuèrent de se rougir les lèvres et de se poudrer le visage et les paupières. Ce rejet du maquillage n’était du moins qu’apparent, en effet, les femmes continuèrent d’avoir recours aux cosmétiques (crèmes, poudre de riz…) car elles souhaitaient toujours avoir une peau parfaite. Simplement, le maquillage de la peau ne devait pas être perçu comme tel, il devait être invisible, tout en corrigeant les imperfections. La dénonciation par de nombreux médecins des produits extrêmement dangereux pour la peau, à base de souffre et de mercure, accéléra ce refus du maquillage et la recherche de produits ayant de réels bienfaits pour la peau. La mode était au naturel, l’idéal du teint blanc étant toujours prisé, des poudres vertes se développèrent, accentuant la pâleur des visages, leur donnant presque une allure maladive.

Poudrier à la préhistoire, © DR –PALEO, numéro spécial, 2014
©Flicker

Par la suite, le développement du cinéma, au début en noir et blanc, popularisa l’utilisation du maquillage, nécessaire pour marquer les traits du visage, de façon à accentuer les expressions faciales des acteurs. De nouvelles méthodes de maquillage furent alors créées, telles que le coutouring et le modeling, créant une esthétique du contraste. Le cinéma apporta également de nouveaux modèles de beauté, telles que Louise Brooks ou Marilyn Monroe, dont les femmes tentèrent de s’inspirer, recopiant leur façon de se maquiller. Les années folles furent aussi synonymes maquillage, qui prit alors une fonction émancipatrice, les femmes étant pleinement libres de leur corps.

De la préhistoire à nos jours, le maquillage a connu de nombreuses évolutions, tant dans le public qu’il attira que pour la façon dont il fut utilisé. Aujourd’hui pleinement accepté dans notre société, il reste une façon de s’exprimer et de retoucher son corps. Le monde du maquillage s’ouvrant de plus en plus aux hommes il est aussi un moyen de mettre fin aux préjugés en permettant à tout le monde de s’assumer pleinement.

5)

Letatouage:lorsquelecorpsdevient latoile

19 septembre 1991, Val de Senales, Italie, en plein après-midi un groupe d’archéologues fait une découverte non des moindres dans la glace : le cadavre momifié d’un homme datant de plus de 5000 ans recouvert de multiples incisions au charbon de bois s’apparentant à des motifs : Ötzi, est le premier homme tatoué découvert. Ainsi cet art qui remonte à un passé si lointain peut être aussi un indicateur de civilisation, même si notre ignorance des raisons de son apparition laissent planer sur cet éveil de l’humanité un mystère.

Aujourd’hui, le tatouage a perdu sa part de mystères et s’est inclus en société de façon quasiment anodine par un processus de démocratisation. À titre d’illustration, en France, plus d’une personne sur dix est tatouée ! Cependant, la banalisation de cette pratique témoigne de son importance, son existence datant des prémices de l’Humanité avec des expressions de toutes sortes. Les significations des tatouages varient en fonction des époques et des peuples Mais, dans la plupart des cas, ils représentent de façon indéniable un mélange d’art, de culture et d’identité personnelle. L’initiative d’injecter de l’encre sous la peau peut aussi être associée à une envie esthétique tout simplement. Mais alors, quels étaient les différents types d’expression du tatouage dans le monde ?

Ainsi, il s’agira dans un premier temps d’étudier le tatouage dans les grandes civilisations puis son rejet et enfin l’évolution de ce dernier de nos jours.

Tout d’abord ses significations symboliques ont été à de nombreuses reprises retracées dans les grandes civilisations de l’Humanité. L’art du tatouage remonte à des millénaires car il a été pratiqué dès l’Égypte antique (2040-1782 avant notre ère). Cette pratique, vue comme un symbole culturel s’attache tout particulièrement au culte d’une divinité ou à un certain type de profession. En effet, les premiers égyptologues, en examinant les momies féminines ou la statuaire féminine, ont conclu que les tatouages étaient portés par des prostituées et des danseuses de

classe inférieure : « les momies découvertes avec des tatouages étaient généralement classées par les archéologues (masculins) qui semblaient supposer que les femmes avaient un « statut douteux », décrites dans certains cas comme des « danseuses ». Bien que les significations précises des tatouages égyptiens antiques ne soient pas claires, il semble évident qu’ils avaient un large éventail d’implications et que les femmes de nombreuses classes sociales différentes avaient choisi d’en avoir. Néanmoins, cette affirmation est ambivalente, lorsque l’on considère le cas d’Amunet, une prêtresse de la déesse Hathor de la 11e dynastie du Moyen Empire. Cette dernière présente certains motifs de lignes sur le bas du ventre, ce qui pourrait faire référence à Hathor qui, parmi ses nombreuses fonctions, était également déesse de la fertilité. Ils étaient portés par d’autres femmes pour protéger symboliquement l’enfant dans le ventre de sa mère et pendant la naissance.

Alors que l’art traditionnel de l’irezumi, avec ses motifs indigo couvrant le corps, gagne en popularité au XIXe siècle, l’empereur Meiji impose une interdiction en 1872, redoutant que cette pratique ne soit considérée comme sauvage par les Occidentaux, vers qui le Japon s’oriente. Les yakuzas (la mafia japonaise) en feront un rite d’initiation, ce qui fait que letatouage est aujourd’hui faussement associé aux gangs. Certains de ces groupes tenteraient même de se protéger en refusant l’entrée à ceux qui en ont, malgré l’abandon de la loi anti-tatouage en 1948 et le fait que la pratique moderne ait rompu tout lien avec le crime organisé.

Au Japon, les tatouages modernes naviguent entre tradition et stigmatisation. Longtemps associés aux criminels et aux yakuzas, ils restent mal vus dans les lieux publics comme les bains ou certains emplois. Pourtant, une nouvelle génération de tatoueurs mêle styles traditionnels et influences occidentales, gagnant en popularité, surtout chez les jeunes urbains. Grâce aux réseaux sociaux et à un assouplissement légal récent, le tatouage évolue lentement d’un tabou social vers une forme d’expression artistique reconnue.

« Au reste, tandis qu’en Europe les femmes se peignent en rouge les joues, celles de Taïti se peignent d’un bleu foncé les reins et les cuisses ; c’est une parure et en même temps une marque de distinction. Les hommes sont soumis à la même mode. Je ne sais comment ils s’impriment ces traits ineffaçables ; je pense que c’est en piquant la peau et y versant le suc de certaines herbes. »

Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde, 1771

Romain Le Bouar et Quentin Fauchère (HLP 1ère 5)
« 20 mai 2018, Tokyo, Japon - les participants au festival Sanja Matsuri exhibent des tatouages traditionnels Irezumi, signes de lien ou d’appartenance aux Yakuzas. »

Pour moi, derrière un tatouage il y a toujours une histoire, un souvenir, une anecdote même si le tatouage a un but esthétique.

L’histoire derrière mon premier tatouage est assez simple, le tatouage représente ma mère qui est décédée quand j’avais l’âge de 7 ans. J’ai toujours aimé garder un souvenir d’elle avec moi. À l’époque, j’avais un collier qu’elle m’avait offert lors de ma naissance, malheureusement un jour, je me le suis fait voler et c’est à partir de ce moment que j’ai voulu un souvenir qui ne pourrait pas être perdu, volé ou cassé. L’idée du tatouage est arrivée assez vite, car j’ai toujours aimé les tatouages et depuis mon enfance j’ai toujours voulu en avoir un. Mon deuxième tatouage est un tatouage familial, mon père, ma belle-mère et mes deux sœurs et plus tard mon frère avons tous des coordonnées GPS d’un lieu en Islande, car c’est le premier voyage que nous avons fait avec ma nouvelle famille. Les miennes sont localisées dans une région de l’Islande que j’ai beaucoup appréciée ou on peut retrouver de nombreux lieux qui m’ont marqué.

Quentin F. (HLP 1ère 5)

Labeautéchangedevisage:labeauté féminineréinventéeaufildesépoques

Le corps a toujours été un sujet de discussion dans nos sociétés, à toutes les époques. Celui de l’homme était admiré et envié de tous tandis que la femme était critiquée et jugée. Nous le savons, la femme et son corps ne sont que peu considérés depuis la naissance de l’Homme.

En Grèce Antique, le corps des femmes était simplement considéré comme une version « imparfaite » du modèle masculin. Elles se devaient d’être légèrement rondes, athlétiques, avec un visage proportionné et une peau particulièrement claire. À l’ère des philosophes, un beau corps était la preuve d’un bel et grand esprit. À cette époque la déesse Aphrodite était non seulement la figure principale de la féminité mais également la plus belle déesse de la mythologie grecque. La fille de Zeus était également considérée comme la femme la plus belle du monde seulement surpassée par Aphrodite.

À l’époque de l’Egypte Antique, l’idéal de la beauté féminine était d’être grande, élancée, brune, à la poitrine menue et aux épaules larges. Les femmes devaient avoir un corps musclé, des hanches étroites et de longues jambes. Représentées sur les fresques antiques avec la peau lisse, le teint pâle, sans poils et parées de nombreux bijoux, elles témoignaient de leur bonne santé. Afin de montrer la pureté du corps et de l’âme, elles s’appliquaient du

fard blanc sur le visage, fabriqué à partir de céruse pour paraître plus pâles. Enfin, elles teignaient leurs cheveux et leurs ongles avec du henné. Surnommée par le pharaon Ramsès II « celle pour qui le soleil brille », la reine Néfertari (à droite) était vénérée pour sa beauté exceptionnelle. Le corps féminin était considéré comme égal à celui des hommes.

Au contraire des Egyptiennes, les critères physiques de beauté occidentaux du Moyen âge se résumaient à être enrobée ainsi que claire de peau. Cette idéologie provient des différences de classes sociales : les paysannes travaillant dans des champs, elles étaient donc à longueur de journée exposées au soleil, leur teint devenait alors plus halé, les femmes de la noblesse au contraire restaient à l’intérieur ou se protégeaient grâce à des ombrelles lorsqu’elles se promenaient. Leur morphologie dépendait de leur alimentation ce qui traduisait leur richesse. Les femmes plus nobles mangeaient principalement de la viande comme du porc, alors que les paysannes n’avaient pas les moyens d’en consommer régulièrement et se nourrissaient principalement de bouillon de légumes, de pain et d’eau.

photographe : Matthias Rutkowski, 2009, Ute de Ballenstedt, Cathédrale de Naumbourg

Six siècles après le début du Moyen Âge, cette vision commence lentement à évoluer grâce à Ute de Ballenstedt, la femme considérée comme la plus belle du Moyen âge. Elle symbolisait l’idéal de beauté par son visage bien proportionné, son corps mince, son front blanc, ses sourcils finement dessinés, son nez droit et sa petite bouche rouge contrastant avec sa peau blanche.

Au XXème siècle, les femmes font évoluer leur apparence. Tout comme Colette en 1902, de nombreuses femmes décident de couper leurs cheveux « à la garçonne ». Des figures féminines marquantes comme Brigitte Bardot et Jane Fonda participent à ce mouvement. Gabrielle Chanel dit Coco Chanel dira : « Une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s'apprête

photographie de Galerie Arkan

à changer de vie », ce qui mettra en valeur l’indépendance des femmes à cette époque comme l’exprime Colette « Pendant que ma mère peignait et brossait ma tête pâlotte. C’est par ces matinslà que m’est venue une tenace aversion des longs cheveux ».

Depuis la fin du XXe siècle, la minceur est un critère majeur de la beauté féminine, elle deviendra extrême au début des années 2000 avec la médiatisation de mannequins maigres. Cet idéal arrive progressivement à partir des années 40 où on observe encore un rejet de la maigreur. On apprécie une allure plus naturelle, plus harmonieuse, comme Rita Hayworth. Dix ans plus tard, les mannequins plus fines et avec des courbes généreuses sont enviées de toutes. Parmi elles on retrouve Audrey Hepburn et l’ambitieuse et perfectionniste Marilyn Monroe.

De 1990 à 2010 ce critère était toujours d’actualité mais les personnalités connues se montraient de plus en plus avec une poitrine généreuse, qu’elle soit refaite à l’aide de la chirurgie esthétique ou non. C’est à partir de ce moment que les troubles du comportement alimentaire se répandent chez les femmes, les adolescentes et les pré-adolescentes.

En 2020, on observe un déclin de la chirurgie esthétique, la mode d’un corps plus naturel revient.

Des figures principales telles que la famille Kardashian, des célébrités refaites « de la tête au pied » décident de revenir sur

affiche promotionnelle de la série « Keeping up with the Kardashian’s »

Dès les années 70, la drogue et les comprimés amaigrissants sont de plus en plus utilisés dans le milieu du mannequinat. Des stars comme Farrah Fawcett deviennent presque anorexiques, malheureusement c’est ce que les agences recherchent. À partir de ce moment précis, les top models sont obsédés par la minceur et recherchent sans cesse un corps plus plat et maigre, tout comme les « Anges » de Victoria’s Secret. C’est à partir des années 90 que les « Anges » de Victoria’s Secret se médiatisent et sont enviés de toutes les générations. Cette idée d’ange renvoie à un idéal pratiquement inatteignable afin de faire rêver. Kate Moss dira en 2009 « Il n’y a rien de meilleur que se sentir mince ».

RITES ET TRADITIONS

leurs décisions et de se montrer plus naturelles, s’inspirant de personnalités publiques comme Beyoncé et Jennifer Lopez pour ne citer qu’elles.

Tout au long des siècles le corps de la femme est un sujet critiqué par tous. Les femmes cherchent à atteindre des idéaux impossibles et sont jugées si elles ne les atteignent pas. Ces critères évoluent selon les siècles mais ce n’est pas pour autant que cette évolution est positive et pousse les jeunes femmes à s’aimer naturellement, sans artifices.

Apolline Jactat et Emma Pauletto (HLP 1ère 5)

Lasymboliquedescouleursàtraverslemonde

Les couleurs occupent une place centrale dans l’imaginaire collectif, véhiculant des significations multiples selon les cultures, les époques et les contextes sociaux. Nous vous présenterons ci-dessous une palette de cinq couleurs et leurs significations à travers le monde.

Dans les cultures occidentales, le vert est d’abord associé à la nature, à la fraîcheur, à l’harmonie, à la jeunesse, au renouveau et à la chance. Il évoque la vitalité et l’espoir. Cependant, cette perception varie selon les régions du monde : aux États-Unis, « to be green with envy » signifie être jaloux, ce qui teinte le vert d’une connotation négative. Dans le christianisme, le vert est la couleur du « temps ordinaire » dans le calendrier catholique, symbole d’espérance et de vie nouvelle. Chez les orthodoxes, il est porté à la Pentecôte, marquant la venue de l’Esprit Saint et le renouveau. Pourtant, le vert peut aussi prendre une dimension négative : il est parfois associé à la haine, au poison, voire aux démons dans certaines représentations médiévales. Ces représentations ont laissé derrière elles un héritage puissant, car encore aujourd’hui, les monstres sont associés au vert dans l’inconscient collectif alimenté par des monstres tels que Frankenstein.

Le bleu occupe une place particulière en Asie, où il représente l’immortalité en Chine. En Iran, il est la couleur du deuil, évoquant le ciel et la sphère céleste. Ainsi, il exprime le passage vers le Paradis.

Dans la tradition chrétienne, le bleu est associé à la Vierge Marie, utilisé lors de ses fêtes tant dans le catholicisme que dans l’orthodoxie. Au Moyen Âge, il ornait les voûtes des églises et les fonds de mosaïques pour évoquer le ciel et l’espérance. À Byzance, il était également porté lors des fêtes de la Théotokos (Mère de Dieu).

Dans un contexte plus moderne, l’expression allemande « blau machen » signifie « faire l’école buissonnière », illustrant une facette plus légère de cette couleur.

Photographie tirée du film « Breakfast at Tiffany’s », 1961, Blake Edwards, Audrey Hepburn

D’un autre côté, le rouge est universellement perçu comme la couleur de la violence, du sang, du danger, mais aussi de la passion. En Asie, il est synonyme de chance, illustré par les lanternes rouges du Nouvel An chinois.

Historiquement, le rouge joue un rôle central dans les rites funéraires préhistoriques : au Paléolithique moyen, l’ocre rouge était répandue sur les corps lors des inhumations, symbolisant la vie, la renaissance ou le passage vers l’au-delà. Chez les Chinchas andins (10001800), des motifs rouges étaient peints sur les crânes des ancêtres, tandis que chez les Koma d’Afrique, les crânes exhumés étaient enduits d’ocre rouge pour incarner l’esprit de l’ancêtre lors de cérémonies.

Dans le christianisme, le rouge est la couleur liturgique des fêtes de la Pentecôte, des Apôtres et des martyrs, ainsi que de la Passion du Christ, symbolisant le sang versé, le sacrifice et la charité. Lors des mariages chinois, les robes de mariées et les décorations rouges sont synonymes de bonheur, de prospérité et de chance.

Le jaune est une couleur lumineuse, évoquant le soleil, la richesse et la puissance. En psychologie des couleurs, il est associé au bonheur. Cependant, le jaune possède aussi une dimension ambivalente : en français, traiter quelqu’un de « jaune » signifie traître. En Occident, il a parfois été mal vu à cause de la concurrence déloyale liée à l’or tandis qu’au Moyen Âge, les personnages dévalorisés étaient souvent habillés en jaune.

Dans le christianisme médiéval, le jaune symbolisait la lumière et la gloire, mais pouvait aussi représenter l’inquiétude et la trahison (Judas est fréquemment représenté en jaune). Cependant, en Chine impériale, le jaune était réservé à l’empereur, symbole de pouvoir divin et d’autorité suprême, en contraste avec sa signification occidentale.

Le noir, quant à lui, n’est scientifiquement pas considéré comme une couleur. Il est associé à la mort, à l’austérité et à la clandestinité. Porter du noir lors des enterrements rappelle l’obscurité du deuil. Pourtant, le noir est aussi synonyme d’élégance, avec des robes intemporelles. Dans le christianisme oriental, le noir est porté lors des liturgies des Présanctifiés et pour les cérémonies funèbres, symbolisant la mort, la pénitence et l’attente de la résurrection. En contraste avec l’Occident, pour certaines tribus australiennes le noir représente la célébration et est porté lors de fêtes que ce soit au travers des vêtements ou des tatouages.

Finalement, le blanc, couleur universelle mais ambivalente, symbolise la pureté et la paix dans les cultures occidentales, ce qui explique le choix traditionnel de la robe blanche pour les mariages, signe d’innocence et de renouveau. Cependant, ailleurs dans le monde, le blanc peut évoquer des notions très différentes : en Asie, notamment en Chine, au Japon et en Inde, il est la couleur du deuil et de la mort, portée lors des funérailles pour signifier la fin d’un cycle et le passage vers l’au-delà. En Afrique du Nord, le blanc est associé à la joie et aux fêtes, tandis qu’en Égypte ancienne ou chez les Romains, il incarnait la pureté nécessaire aux rites religieux et la loyauté.

Dans un autre registre, les couleurs ne sont pas seulement des symboles culturels ou religieux, mais elles sont aussi des marqueurs politiques et sociaux. Elles jouent notamment un rôle central dans les luttes collectives, comme en témoigne le drapeau arc-en-ciel du mouvement LGBTQ+, ou encore le foulard vert des militantes pour le droit à l’avortement en Amérique latine. À travers le monde, les couleurs continuent de porter les espoirs, les combats et les identités des peuples tout en habillant notre quotidien.

Esmé Dreher-Hughes & Yana Christov (HLP 1ère 5)

Levêtementàtraverslesâges:mosaïquedeculturesettraditions

Les vêtements traditionnels représentent des tenues typiques propres à un lieu. Ils sont également désignés comme des costumes folkloriques lorsqu’ils ne sont plus portés quotidiennement, mais seulement lors de spectacles ou de cérémonies commémoratives. La mode internationale a peu à peu fait disparaître le costume traditionnel en France. Son port diminue avec la disparition de la ruralité, mais augmente avec l’attachement au terroir. Il crée un lien entre l’histoire et l’avenir, ainsi qu’entre traditions et modernité.

À l’époque gréco-romaine, la toge est le vêtement unisexe emblématique porté par-dessus la tunique, une longue chemise à coutures latérales. Seule la stola, une robe romaine, est réservée aux épouses des citoyens romains, appelées matrones. Ce vêtement les séparait des autres femmes perçues comme moins importantes dans la hiérarchie sociale. La tunique constitue le vêtement essentiel à partir duquel se développent les autres tenues. La mode des robes évolue entre le XIVème et le XVème siècle. La robe à la française, avec l’ajout des vertugadins, devient un emblème de la féminité au XVème siècle. La transition vers un style rembourré engendre une séparation vestimentaire dans les silhouettes des hommes et des femmes. Au fil des siècles, les styles se libèrent de la rigueur

Fresque du baiser de Judas Giotto, chapelle des Scrovegni, Padoue, 1303-1305
Drapeau LGBTQ+

médiévale, avec l’embellissement des tenues avec des accessoires. Des parfums issus d’aromates précieux sont également très populaires. Grâce aux ornements et dorures, les vêtements acquièrent davantage de valeur. Ce luxe s’oppose à l’austérité de Louis XIII, marquant un virage vers la simplicité et la sobriété. À l’époque de Louis XIV, la mode est aussi primordiale que la monarchie. Les perruques gagnent en popularité, les vêtements féminins se sophistiquent et les tissus se densifient. La rhingrave, une jupeculotte ample et large, se popularise chez les hommes au XVIIème siècle, puis disparaît finalement au profit d’un raccourcissement. Le justaucorps devient alors une tendance populaire jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Les vêtements se font plus légers et clairs, et les silhouettes se rapprochent d’une esthétique naturelle. Seuls les tissus conservent leur valeur.

L’Angleterre influence beaucoup la mode en simplifiant les vêtements. L’homme privilégie le justaucorps associé à de longues vestes étroites, appelées redingotes. Progressivement, les ajouts se font moins excessifs, les tissus, plus fins, s’adaptent aux silhouettes et les perruques disparaissent. La Révolution a popularisé le pantalon des sans-culottes, ainsi que la redingote et le gilet court, établissant ainsi le modèle du costume trois-pièces. Pendant le Directoire, la mode évolue et influence durablement les vêtements jusqu’au XIXème siècle. Le dandysme anglais (homme aspirant à être à la fois élégant et raffiné) charme les Français et influence le XIXème siècle. Le chapeau haut-de-forme ainsi que le smoking et les manteaux longs et larges se popularisent à peu près à la même période. Les robes et jupes pour femmes sont réalisées avec des coupes plus plates et une amplitude réduite. La robe-crinoline reste la seule exception. À la fin du XIXème et au début du XXème siècle, le vêtement, notamment féminin, subit une transformation majeure. Les guerres, l’essor de la bicyclette, ainsi que l’industrie automobile, provoquent de nouvelles tendances stimulant l’industrie textile en Europe.

En Extrême-Orient, les pays ont également un passé très riche au niveau de l’habit et des coutumes. Les traditions remontent plus loin dans le temps que les traditions grecques et romaines. En raison du peu de communication à l’époque, l’ouverture progressive de l’Asie en Europe vient seulement au XIVème siècle. Peu influencées par l’Occident, les coutumes et traditions sont uniques. Un vêtement très populaire en Chine est le Hanfu, porté depuis la dynastie Han. Il est connu pour ses couleurs vives, ses manches larges et sa silhouette décontractée. Cet habit, porté par toute la société, est plus ou moins élaboré selon les différences de classes, amenant alors le Qipao, fait de broderie et de soie, destiné seulement aux classes aisées. Ces deux vêtements ont traversé une période de renouveau et sont portés pendant les fêtes culturelles et traditionnelles.

Le kimono (et ses variantes) est un habit universel porté à la fois par les hommes et les femmes pendant les cérémonies et fêtes culturelles, très emblématique du Japon. Il est constitué de soie, un textile spécifique à l’Asie avant sa découverte. Ce vêtement est devenu très populaire dans le monde et inspire la mode occidentale. Le hanbok, habit traditionnel coréen, est oublié après les nombreuses guerres et les conquêtes chinoises et japonaises. Cet habit reste très important dans la culture traditionnelle coréenne. Il est composé d’une jupe longue pour les femmes et d’un pantalon large pour les hommes avec des variétés de tissus plus ou moins chers, montrant le statut social de la personne qui le porte.

En tant que reflet d’une culture, le vêtement traditionnel définit l’identité d’une personne et sa position sociale. Il décrit de manière objective une culture en se basant sur ses éléments concrets, comme la perception du monde et le lieu géographique. Les vêtements traditionnels représentent l’identité culturelle et l’héritage des membres d’une communauté qu’ils soutiennent dans la découverte de leurs origines, de leurs ancêtres et de leur patrimoine collectif.

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Culturesentension:l’explorationa-t-ellemaltourné?

Du latin culturare, cultiver la terre, la culture désigne depuis Cicéron cette singulière cultivation de l’âme qui résulte de l’expansion prétendument inconditionnelle de l’esprit humain. Cette définition résonne avec une observation formulée par le biologiste Hervé Demais dans une de ses conférences : l’exploration constitue la forme primitive de toute vie. Alors où se situe donc la spécificité de l’homme, qui fait monde en se sachant exister, en se sachant explorer et, pour les plus géniaux d’entre eux, en se sachant créer ? Et bien plus qu’une nouvelle pulsion animale à laquelle l’homme est soumis, l’exploration, qui traverse l’espace et le temps dans un mouvement conscient ou inconscient, induit l’irrigation de culture en continu, du jardin de l’humanité.

Cet abreuvement individuel, cette source collective, est défini par Hannah Arendt comme la tradition. Seulement depuis la maîtrise du feu jusqu’à la révolution industrielle, le Progrès à tout prix, comme une autre passion, sensée soulager l’humanité de son fardeau, mais en réalité souvent subie par une majorité d’individus, fait régner son œuvre spectaculaire sur les sociétés humaines. Alors à compter de la transmission de la mémoire organique par l’ADN, jusqu’à la multiplication des flux numériques mondialisées, cette irrigation, cette source intarissable et inhérente à chaque société humaine n’aurait-elle pas fini par nous enivrer ? De surcroît, la mondialisation et la possibilité d’une société de masse auraient-elles embrumé les chemins distincts de la diversité ? Ou relèventt-elles simplement de l’aboutissement naturel même si certes impressionnant, de cette dynamique exploratoire, amorcée dès les premiers voyages polynésiens ?

Cette perspective invite à repenser des interrogations fondamentales qui traversent nos esprits brûlants de modernités : la culture porte-t-elle en elle une finalité d’expansion universelle ? Les cultures demeurent-elles condamnées à s’entrechoquer dans leur rencontre ? La culture, matrice de l’humanité, peut-elle se penser sans exclusion ? Pour cela nous allons étudier la pensée, entre utopies et prémonitions, de différents théoriciens contemporains.

L’universel : idéal émancipateur ou outil de domination ?

L’universalisme des Lumières, dans son versant le plus noble, se rêvait comme le fondement d’une dignité humaine partagée. Mais qu’est-ce que la démocratie sans un électorat qui se comporte à la hauteur de la grande idée dont il est le souverain ? Car, ce même idéal d’universalisme citoyen, pensé comme une unité abstraite du genre humain, a, ne l’oublions pas, servi de légitimation à l’expansion coloniale, culturelle et politique de l’Europe.

C’est en effet Claude Callame, helléniste et anthropologue, qui rappelle que cette vision trouve ses racines dans une lecture idéalisée de la Grèce antique, perçue comme le berceau de la rationalité toute-puissante. Il montre comment cette référence fondatrice a contribué à construire une hiérarchie entre les cultures, dessinant une ligne imaginaire entre le centre éclairé et des périphéries jugées archaïques, considérées « barbares ».

Car, même si la culture européenne n’en est pas le meilleur exemple, toutes les cultures n’aspirent pas à l’universalité. Nombre d’entre elles privilégient l’ancrage local, la symbiose avec leur environnement et inévitablement avec certaines cultures anciennement étrangères grâce à la fidélité de la mémoire des arts. Le chanteur camerounais Richard Bona, redonne ainsi vie aux musiques des esclaves de langue Mandekan d’Afrique de l’Ouest débarqués à Cuba, jouant entre musiques traditionnelles, jazz afro-cubain, pulsations des « Cabildos », grooves torrides et ballades mélancoliques. L’universalisme n’est donc pas un horizon de la culture en soi : c’est un choix historique parfois consenti, souvent instrumentalisé et imposé par les plus tonitruants impérialismes.

Rencontres culturelles : conflictualité structurelle ou fécondité possible ?

Le « choc des civilisations », théorisé par Samuel Huntington dans les années 1990, propose une lecture conflictuelle et pragmatique des relations culturelles. Cette tectonique de plaques appréhende les spiritualités, les religions, propres à chaque culture, comme irrémédiablement enclines au conflit. Les attaques islamistes en occident témoignent du seul mirage qu’est le souhait d’une rencontre apaisée.

Seulement les cultures ne sont pas des blocs figés. Elles sont traversées par des dynamiques d’échanges, de contamination réciproque, de recomposition. Le « choc », lorsqu’il survient, n’est que l’une des modalités possibles de la rencontre. Il découle le plus souvent de rapports de domination, d’asymétries politiques ou économiques, et non d’incompatibilités essentielles.

Les contacts culturels, peuvent aussi produire des formes de coexistence pacifiée, des fusions inventives, ou des résistances fécondes, à la condition du respect de la période de transition où les gestes barrières seront essentiels pour éviter le virus du communautarisme. Car l’altérité, en elle-même, n’est pas une menace. Bagdad Café, film qui a conquis le cœur du public et l’intellect des critiques, le suggère : à condition d’un accueil sincère, l’étranger peut devenir acteur d’une harmonie inédite. Ce récit, loin de tout angélisme, rappelle que l’hostilité ne doit pas être perçue comme fatalité.

La culture, une dynamique plus incertaine qu’algorithmique

Les trajectoires culturelles ne sont ni entièrement prévisibles, ni purement aléatoires. Certaines tendances de fond sont lisibles : la plasticité humaine permet l’adaptation ; les mutations technologiques ou écologiques exigent des ajustements permanents. Mais les recompositions les plus fécondes naissent souvent dans l’imprévisible coïncidence d’un faisceau d’événements anonymes. Une crise sanitaire, un basculement politique, une invention technique peuvent reconfigurer radicalement les représentations collectives et les formes de vie. Bagdad Café, 1988

Richard Bona
Claude Callame

De nouveau, Claude Calame propose une anthropologie « anthropopoiétique », selon laquelle l’humain n’est jamais donné, mais sans cesse fabriqué par son milieu, ses récits, ses pratiques. Cette plasticité introduit la possibilité d’un processus d’actualisation perpétuelle, instable, réactif, toujours en devenir. Tenez, par l’exemple de la langue, aujourd’hui menacée, et selon Jean-Pierre Warnier, au rythme d’« une qui disparaît tous les quinze jours ». Choisissons-nous donc d’y voir une diminution, voire une extinction appartenant, selon Fernand Braudel, au temps de l’événement ou véritablement une rupture dans l’évolution humaine ? Cette éventualité pourrait enfin nous questionner sur la possibilité, en profitant de la mouvance propre à ces changements, de rendre la langue apte à désigner plus finement notre environnement, comme Nietzsche et même Rimbaud ou le génie de la jeunesse éternelle le souhaitaient ?

Utopies philosophiques et limites contemporaines

Face à cette complexité, certaines prédictions philosophiques s’avèrent aujourd’hui être devenus réalités ; même si les solutions présentées comme leurs remèdes symétriques semblent toujours relever de la fantasmagorie : Hannah Arendt, dans sa critique de la société de masse, appelait à une refondation morale et politique de notre civilisation occidentale qui reposerait sur trois piliers : Tradition, Autorité, Religion. Mais comment restaurer une autorité légitime dans un monde sécularisé et atomisé ? Charles Taylor, quant à lui, défend la reconnaissance des identités culturelles contre l’abstraction de la citoyenneté uniforme. Pourtant, ses propositions achoppent sur les logiques d’homogénéisation propres à la mondialisation, que les États seuls ne parviennent plus à contenir.

Quant à la « pop’philosophie », célébrée par Deleuze, elle se réjouit d’une culture démocratisée, fluide, affranchie de l’élitisme. Mais peut-on élargir l’accès sans diluer les exigences ? Comment concilier la richesse de la forme avec la généralisation de l’accès sans tomber dans le nivellement culturel ?

Peut -être que sans rechercher de morale définitive, et sans rétablir un modèle ancien, ou une vision unique, nous devrions, protégés par le pragmatisme du réalisme, envisager une anthropologie politique, capable de penser l’action à l’intérieur des contraintes systémiques : urbanisation accélérée, économie globalisée, hybridation numérique permanente, stigmatisation des minorités. Abandonner les discours de préservation ou d’universalisation, c’est pouvoir se concentrer sur les conditions concrètes de la créativité interculturelle, de l’action.

L’exploration, ou la dynamique continue

Depuis les premiers navigateurs polynésiens jusqu’aux circulations invisibles et supranationales du numérique, l’exploration culturelle ne s’est jamais interrompue. Cependant elle a changé de visage, de vitesse, de sens.

Le défi contemporain n’est plus de protéger des cultures pures, ni d’imposer un récit universel. Il est de favoriser les conditions d’une créativité plurielle, mobile, collective. La volonté de l’homme d’expliquer avec des concepts qui se veulent schématiques et gravés dans le marbre n’omettrait-elle pas la complexité inhérente à la confrontation de ne serait-ce que deux individus ? La confrontation de puissances sur la scène internationale est prédicable mais c’est une tout autre paire de manche lorsqu’il s’agit d’appréhender la duplicité du doute, la volonté de création, la folie de l’obstination ; toutes ces passions inhérentes à chaque homme. Car il est nécessaire de continuer à lutter, pour la survie, pour la vie, non pas pour sauver ce qui fut, mais pour inventer ce qui vient. Ce postulat n’est en rien moderne, il est humain depuis toujours. Et sa seule réponse sensée s’impose : comprendre et composer.

Tolstoï, dans Guerre et Paix, le suggérait déjà : nous sommes tous pris dans un tissu d’interdépendances. Chaque rencontre peut être blessure ou fécondité. L’enjeu n’est plus de résister à la mouvance du monde, en vain, mais d’y inscrire nos différences comme autant de ressources intarissables. C’est à cette tâche, éminemment politique, que nous confronte aujourd’hui la mondialisation culturelle.

Le XXIe siècle s’ouvre sur une contradiction criante : tandis que certaines frontières s’effacent sous l’effet de la mondialisation, les esprits, eux, se referment. La circulation accélérée des individus, des biens et des récits a généré une densité inédite de rencontres, de confrontations culturelles. Mais à cette porosité nouvelle répond un durcissement identitaire. La xénophobie et le racisme contemporains, de plus en plus dangereux, puisque revendiqués impunément par les nationalismes d’extrême droite, sont souvent masqués derrière l’obsession de la « préservation culturelle », prolifèrent au rythme des discours sur « la submersion migratoire », désignant l’autre non plus seulement comme un intrus, mais comme une altérité invasive, presque virale. Seulement, outre le fait que ces arguments sont bien souvent fallacieux et infondés, la peur véhiculée cristallise le paysage mondial et le prive de son aspect souple et, bien souvent, dangereusement instable. Dans ce climat, la culture devient instrument de défense : elle se fige, se contracte, se protège d’un ennemi de préjugés. Cette escalade de la peur, déjà violence, est cependant la plus cruciale des menaces puisqu’elle conditionne, à l’échelle collective et a fortiori individuelle, ce qui fait de nous des êtres vivants : le mouvement.

Iris Le Quellec (HLP 1ère 5)

Avec la participation de Calie Chevrolat, Yana Christov, Gabrielle Desmoulins, Esmé DreherHughes, Noa Dufour, Quentin Fauchère, Lily Fox-De-Seze, Léonie Garrigue, Ninon Hennes, Magdalena Hinzpeter-Favier, Apolline Jactat, Romain Le Bouar, Iris Le Quellec, Lucy Li, Lily Mayet, Méliane Needham, Emma Pauletto-Vos, Clarence Plat-Monin, Eugénie Salmon, Constantin Szymkowiak, Anouk Viot Coster, Lucie Weston-Smith.

Hannah Arendt

SE SURPASSER

Noslycéens-DGEMCplaidentpourlesdroitsdel’Homme

Cetteannée,laclassesuivantl’option«Droitetgrandsenjeuxdumondecontemporain»aeulachancede participerauconcoursnationaldeplaidoiriesdeslycéensduMémorialdeCaen.

Ceconcours,portantsuruncasdeviolationdesdroitsdel’hommedatantdesdeuxdernièresannées,offre auxlycéensl’opportunitédedéfendreunsujetleurtenantàcœur.Nousavonsdûchoisirunsujet,puis rédigeruneplaidoirieétayéepardestextesdeloisetdesréférencesjuridiques.Ils’agissaitdes’appuyersur unouplusieurscasparticuliersimpliquantdespersonnespersécutées.

Pour participer, nous devions nous filmer pendant une minute afin de présenter une esquisse de notre plaidoirie. Après cette première phase de sélection, sur tous les lycées ayant participé, trois élèves du lycée Massillon - Émilie Lefranc, Salomé Tabor et Paloma Zuber - ont été retenues pour la deuxième étape du concours, qui consistait à développer leur sujet dans une vidéo de six minutes. Malheureusement, elles n’ont pas été sélectionnées pour la finale, qui réunissait quatorze participants. Lors de cette dernière phase, qui s’est tenue le 14 mars, les candidats ont présenté leur sujet devant un public et un jury pendant dix minutes.

Au final, trois sont choisis par le public et un par le jury.

Une exploration des violations des Droits de l’homme

La thématique principale du concours d’éloquence portait sur les violations des droits de l’homme. Nous avons donc choisi d’explorer cette problématique à travers plusieurs cas référencés dans le monde. Les sujets abordés incluaient les discriminations liées à l’orientation sexuelle, la mise en danger des femmes, les discriminations religieuses, l’exploitation et l’esclavage moderne...

Chacun a choisi un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur ou qui le touchait personnellement. Certains ont ainsi décidé de parler de l’exploitation des travailleurs dans des usines comme SHEIN, de l’enlèvement d’enfants en Ukraine ou encore de la discrimination des homosexuels en Ouganda.

Nous avons traité des thèmes et défendu des causes qui nous tiennent à cœur et qui reflètent nos valeurs. Cet exercice nous a permis de mettre en lumière des sujets parfois méconnus du grand public et de donner une voix aux communautés discriminées, souvent ignorées par le droit international.

Ce dernier, bien qu’imparfait et critiquable, semble de plus en plus fragilisé face à la montée des régimes autoritaires qui bafouent les droits fondamentaux. Cette expérience nous a tous enrichis, chacun ayant approfondi un cas précis du sujet, tout en travaillant sur des législations nationales très spécifiques, le droit international mais également le droit français.

d’histoiregéographie

et 50 % des filles du pays. Les victimes sont massées avec des objets chauffés ou avec du sel et du pétrole, dans le but de ralentir le développement de leur poitrine et d’éviter les mariages précoces. Cette pratique, censée protéger les jeunes filles, n’est en réalité qu’une façon d’éviter d’aborder la sexualité.

En enquêtant, j’ai réalisé à quel point ce sujet était peu traité par les médias internationaux. Il était de mon devoir d’en parler. Encore aujourd’hui, ces femmes portent en silence le poids de leur traumatisme. Pour citer la journaliste Chi Leina : « La douleur et la peur perpétuelle deviennent leurs compagnes quotidiennes. »

Paloma Zuber (Terminale 4) : La crise des opiacés aux États-Unis

Depuis 25 ans, 700 000 personnes sont mortes d’une overdose d’opiacés aux États-Unis, soit environ 200 vies fauchées chaque jour. Pourtant, cette crise majeure reste sous-estimée, dissimulée par le gouvernement et les entreprises pharmaceutiques.

Lavoixdenosdemi-finalistes

Émilie Lefranc (Terminale 5) : Pourquoi j’ai choisi le sujet du nettoyage ethnique en Éthiopie pour ma plaidoirie.

« Je suis tombée sur un article expliquant la différence entre nettoyage ethnique et génocide. Curieuse d’en savoir plus et étonnée par le silence entourant ce terme, j’ai décidé de me renseigner sur le sujet. C’est alors que j’ai découvert qu’une véritable purification ethnique a lieu depuis cinq ans dans la région du Tigré, en Éthiopie.

J’ai trouvé des dizaines de témoignages de victimes relatant la violence, la brutalité et la sauvagerie des exactions commises. Je me suis alors demandé pourquoi les médias n’en parlaient pas.

J’ai choisi ce sujet car il est essentiel de le mettre en lumière et de rendre justice aux victimes. Trop souvent, on préfère ignorer ces horreurs. Pourtant, nous avons les témoignages, les preuves, les rapports. Des sanctions doivent être prises contre les auteurs de ces actes de barbarie. Le droit n’a de sens que si nous l’appliquons ici et maintenant, pour briser le silence et obtenir justice. »

Salomé Tabor (Terminale 3) : Le repassage des seins, une mutilation méconnue

« Il y a quelques années, j’ai découvert sur la chaîne YouTube du journal Konbini le témoignage d’Anne, une Camerounaise victime du repassage des seins. Cette mutilation, considérée par l’ONU comme l’un des cinq crimes sexistes les plus sous-médiatisés, touche entre 25

Très peu de dirigeants de ces grandes entreprises ont été poursuivis ou reconnus coupables d’avoir exacerbé la consommation d’opiacés. Ce manque de responsabilisation m’a poussée à faire de ce sujet ma plaidoirie. Mon objectif était de montrer que la commercialisation de la médecine, motivée par l’argent, peut conduire à des dérives mortelles.

DEBATE CLUB 24/25

Le Massillon Debate Club a connu une année 2024-2025 riche en débats, rencontres et émotions. Le club a compté un total de 56 membres, collégiens et lycéens, répartis en 6 groupes en fonction des niveaux d’expérience et des âges. Ils étaient encadrés par une équipe de 11 coachs (des parents bénévoles pour la plupart) ; le tout géré avec enthousiasme par nos 3 membres composant le bureau de l’association.

En février, 22 élèves et un groupe de parentsaccompagnateurs toujours aussi motivés et prêts à aider, ont fait le voyage à Rotterdam pour le 1er tour du tournoi international Oxford Schools. Il s’agissait pour certains élèves de leur deuxième participation au tournoi et ils ont pu constater avec fierté leur progrès avec ce format de débat British Parliamentary, qui est à la fois exigeant et complexe (3 débats à la suite avec seulement 15 minutes de temps de préparation !).

Les voyages ont continué en mars lorsque 26 de nos debaters, 3 coachs et un groupe de parents ont été très chaleureusement accueillis par Eureka Secondary School à Kells County Meath en Irlande pour la 3ème édition du tournoi Wolfe Tone, évènement créé par notre club en 2023.

Leurs 7 débats, tous de grande qualité, ont été arbitrés par un panel de jurés venus notamment du monde de la culture, de l’université, des médias et de la communication et présidé par Thomas Byrne, Ministre d’État au Département des Affaires Étrangères en Irlande. Les debaters de Massillon ont remporté 4 trophées, des victoires bien méritées qui témoignent du sérieux de leur travail de préparation et de leur esprit d’équipe solide.

Et pour terminer l’année, en avril c’était au tour des debaters junior de Massillon d’accueillir un groupe de 44 élèves néerlandais pour un nouveau tournoi franco-néerlandais. Cet événement ambitieux a été organisé par les coachs junior aidés par un groupe de parents bénévoles qui ont donné beaucoup de temps et d’énergie pour créer ce moment d’échange joyeux, stimulant et très réussi. Au total, plus de 20 débats ont eu lieu et Massillon a remporté six trophées sur huit. Il s’agissait de la première compétition de débat pour nos debaters plus jeunes et nous sommes très fiers de leur courage, de leurs efforts et de leur esprit d’équipe. Nous tenons à remercier tout particulièrement Mme Labat, directrice de l’école primaire de Massillon, qui nous a généreusement permis d’utiliser les locaux de son établissement pour accueillir le tournoi.

Pour finir, nous souhaitons remercier vivement Monsieur Duchenoy et Madame Van der Loo, qui soutiennent précieusement les activités du debate club que ce soit sur le plan logistique que moral. Nous sommes ravis de cette collaboration.

Le debate Club

RENDEZ-VOUS LUDIQUES

AVEC LES MATHÉMATIQUES

Proposés par les professeurs de mathématiques de Massillon

LeConcoursKangourou

Le Concours Kangourou est un événement international de mathématiques qui s’adresse aux élèves du CE2 jusqu’à la terminale. Né en Australie dans les années 1980, puis adapté en France en 1991, il vise à promouvoir la culture mathématique sous une forme originale, ludique et motivante. Chaque année, ce sont des centaines de milliers d’élèves français qui y participent, rejoints par des millions d’autres dans plus de 80 pays.

L’un des principaux objectifs du Kangourou est de faire découvrir les mathématiques autrement, en valorisant la logique, l’intuition et le raisonnement plutôt que les seuls calculs techniques. Le concours prend la forme d’un QCM de 24 questions (ou plus selon le niveau), de difficulté progressive, mêlant jeux de logique, problèmes originaux et énigmes accessibles. Il ne s’agit pas d’un examen classique : tout est conçu pour susciter le plaisir de chercher, d’explorer, et de progresser.

Les atouts du concours sont nombreux. Il permet de développer l’esprit mathématique dans un cadre bienveillant et stimulant. Les élèves, quel que soit leur niveau, peuvent s’y confronter avec plaisir. De plus, chaque participant reçoit une récompense, renforçant ainsi la dimension positive de l’expérience.

Au-delà de la compétition, le Kangourou incarne une vision dynamique et ouverte des mathématiques. Il montre que cette discipline, parfois perçue comme austère, peut être source d’étonnement, de curiosité et même d’amusement. Pour beaucoup d’élèves, c’est l’occasion de changer de regard sur les maths et d’y découvrir un vrai goût du défi.

En somme, le Concours Kangourou est bien plus qu’un simple test : c’est un tremplin vers une approche plus vivante et engageante des mathématiques.

SECK Mamadou, professeur de mathématiques

Olympiadesdemathématiques

Pour la troisième année consécutive, un élève de Massillon figure au palmarès des olympiades de mathématiques de 4ème : cette année, il s’agit d’Iwan EtiléZephoris, arrivé 3ème au Palmarès individuel. C’est exceptionnel et bien mérité ! Nous le félicitons tous. Il s’agit d’une épreuve écrite de deux heures, durant laquelle quatre problèmes sont proposés aux élèves, en individuel ou en équipe. Une bonne compréhension des énoncés est la première étape, suivie d’une recherche et enfin d’une rédaction qui se rapproche davantage d’une narration de recherche que d’une démonstration classique, dans la mesure où les problèmes sont orignaux. Cette année, 20 élèves ont suivi une petite préparation d’une quinzaine de séances, le jeudi de 13h à 13h45. Le groupe était particulièrement intéressé et intéressant. Bravo à tous !

PRINTEMPS DES POÈTES

Projet animé par les professeurs documentalistes de Massillon

Dans le cadre du Printemps des poètes, nous organisons depuis plusieurs années, un concours de poésie. Cette année, le thème était « La Poésie volcanique ».

Nous avons eu l’immense plaisir de découvrir le magnifique poème d’Alexandra Musaraj, une jeune élève de 5e 3 au talent prometteur.

Concernant le lycée, Ninon Hennes (1) en 1ère 2, Nina Inagaki (2) en 1ère 4 et Oscar Meyer-Sissler (4) en Tle 3 nous ont offert trois formidables textes, émouvants et emprunts d’une infinie sensibilité.

Nous nous faisons un plaisir de les partager dans Les Echos de Massillon. Vous pourrez découvrir celui d’Alexandra (3), en podcast lu par une élève du Club Lecture , en flashant le QR code joint.

Belle évasion!

1 Il est venu alors la nuit

Mmes DRAY Emmanuèle et LEBOUR Laura, professeures documentalistes

celle qui porte la lune et fait frémir la terre, Soudain, un craquement sourd en perce la chair

Tendre, l'instant se brise au souvenir du bruit,

L'ombre suit comme l'empreinte d'un pas, S’engouffre dans le ciel l’as, Puis vient la fumée grise aux odeurs cendrées

Qui dans un soupir jaillit en éclats d'acier

Le géant de feu revêt son manteau de basalte, Pétrit de sa langue les parois brûlantes de sa cheminée, Enfonce ses membres dans le sol chaud où les braises se hâtent

De vibrer, de gronder, de s'élancer:

La voix de la Nature s'est élevée

Trop frais, il neige quand je fais irruption, Tu trembles même quand l'Etna est en éruption, Tu gardes ton manteau comme un mois de décembre, Dehors il fait tout blanc comme tempête de cendre Je fais couler ses yeux comme lave incandescente, Elle me rejoint tard dans une tenue indécente, Je me souviens quand ces nuits étaient plaisantes, Mais cela a changé, plus de soirées dansantes, Elle crie comme si apocalypse il y avait, Elle ne fait que répéter que je suis mauvais, Si seulement tout ce que j'ai fait elle savait, Tout ce que j'ai abandonné pour cette union, Elle est brûlante comme de la lave en fusion, Je suis distant comme le soleil en toutes saisons, Pour s'éloigner de moi elle avait mille raisons, Au loin je vois la lave engloutir ma maison

Elles sont toutes belles mais aucune ne peut l'imiter, Je me souviens de ces nuits, lumière tamisée, Je crois que toutes mes sottises l'ont irritée, Je ne risque plus de croiser ses yeux irisés, Je revois danser ses cheveux obsidiennes, La solitude est ma seule musicienne Elle me prend de haut c'est bien une Parisienne, Mes nuits ne m'appartiennent plus, elles sont siennes.

Rasco, La Menace

SE SOUVENIR

Les 100 ans du groupe Scout

Le groupe Massillon, empêcheur de tourner en rond depuis 1925. C’est en janvier 1925 que le Père Pradel, directeur de Massillon, réunit une douzaine d’élèves et leur annonce qu’il souhaite constituer un « groupement d’élite des mauvais élèves » sous la forme d’une troupe scoute. L’expression renvoie aux activités extra-scolaires, notamment caritatives, de l’époque organisées en « groupements d’élite » constitués surtout des meilleurs élèves de chaque classe.

L’examen des palmarès de l’époque montre qu’en fait, les premiers scouts avaient des résultats scolaires tout à fait honorables.

Dans son initiative, le Père Pradel est bien aidé par le Chanoine Cornette, un des deux fondateurs du scoutisme catholique en France. Il n’était pas oratorien, mais avait été censeur au

collège de Juilly et avait des neveux à Massillon.

Le scoutisme ne fait pas encore l’unanimité dans l’Eglise de France, même si la Fédération du scoutisme catholique a été créée en 1921. Il en va de même au sein même de l’École. Un des prêtres, le Père Michel aurait ainsi qualifié les scouts : « Grands bâtons, grands chapeaux, grands idiots ». Mauvais élèves ou pas, opposition ou pas, le groupe scout se développe rapidement. Une meute louveteaux est créée en 1927 pour les plus jeunes (8-11ans), un clan routier pour les plus âgés (17 et plus) en 1928. À la rentrée 1928, le Père Gilbert Livragne, tout jeune oratorien, est nommé aumônier. Il va devenir un des personnages principaux de l’histoire du groupe. Jusqu’à la guerre, et bien au-delà avec le Chalet Notre Dame des Neiges (cf

encadré), il sera vraiment l’âme du groupe.

Bien vite il est dénommé le « Petit Père » par les scouts. Dans l’École, où il est préfet de division, il sera toujours le Père Livragne.

En 1930, la troupe scoute se scinde en Cadets (12-14 ans) et Ainés (15-17 ans). C’est une innovation pédagogique prônée par BadenPowell, mais alors inédite en France. Les Scouts de France adopteront ce modèle dans les années 1960 (cf infra).

À la fin des années 1930, le groupe compte 200 membres répartis ente un clan routier, 4 troupes scoutes (2 d’aînés, 2 de cadets) et 2 meutes de louveteaux. On estime qu’un quart des élèves de l’École sont alors scouts.

Les camps d’été sont l’occasion de découvrir divers coins de France, voire d’Europe. Le camp de Roumanie en 1939 , à quelques jours du début de la 2nde guerre mondiale, est resté un souvenir marquant pour tous les participants. Ils durent écourter leur

séjour et rentrer par bateau via la Turquie et la Grèce.

À la rentrée 1940, les activités en uniforme, et donc le scoutisme, sont interdites par les autorités allemandes. Le groupe scout se reconstitue sous le nom d’Estibo (l’été en occitan), supposé être un patronage de l’École. Dans cette semi-clandestinité, les activités scoutes et notamment les camps semblent se dérouler à peu près normalement. Un camp d’hiver est même organisé en décembre 1942 au chalet Notre Dame des Neiges, en Savoie, donc en zone d’occupation italienne.

L’interdiction de l’uniforme et des

insignes n’est pas complètement respectée. Foulards et insignes ressortent parfois loin des regards allemands, au sous-sol de Gratry , en camp d’été, ou au chalet Notre-Dame des Neiges.

Les routiers et les aînés ont aussi participé sous l’uniforme de la Croix Rouge à diverses opérations d’aide aux populations. La plus notable a sans doute eu lieu au Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942 pour apporter aide et réconfort aux malheureux qui y étaient détenus. Roger Le Masne (promotion 1939) raconte être reparti avec des lettres cachées sous sa veste, que les policiers ont fait semblant de ne pas voir et qu’il est allé poster à bonne distance.

Bien sûr la Guerre a été une période tragique pour la communauté scoute de Massillon, encore jeune. Si l’on

excepte 3 décès par maladie ou accident dans les années 30, c’est à ce moment que le groupe a vu mourir beaucoup des siens : une vingtaine de morts pour la France et de victimes de guerre, la plupart en 1940 et en 1944-1945. Au chalet Notre Dame des Neiges, une plaque porte leurs noms. À la Libération un moment fort marque la fin de cette période de guerre : le défilé de la Saint-Georges en avril 1945. 30 000 à 40 000 scouts défilent place de la Concorde en présence de la veuve de Baden Powell. Les scouts de Massillon sont là et tous en garderont un souvenir marquant. Le groupe reprend ses activités normales au grand jour. Le Père Pierre Auber (promo 1931) est l’aumônier emblématique de cette période Le système Aînés-Cadets est abandonné au début des années 1950. Le clan routier connait un fort développement et atteint une trentaine de membres. Dans les années 1960, c’est, par une décision nationale, que les Scouts de France décident de scinder la branche éclaireurs entre « Rangers » (12-14 ans, devenus ensuite les « Scouts »), et « Pionniers » (14-17 ans). Les routiers deviennent les « Compagnons ». Le groupe Massillon fait une première tentative pour adopter ce modèle qui avait été le sien historiquement. Ce changement échoue et le groupe revient quelques années à une troupe scoute unifiée. En 1970, sous l’impulsion du Père Jean Fromet, directeur de l’École, et du Père Jérôme Leinkugel, aumônier du groupe,

le groupe adopte définitivement le modèle rangers-pionnier. Les uniformes évoluent : jaune, puis orange pour les louveteaux, bleu pour les scouts, rouge pour les pionniers, vert pour les compagnons. À partir de 1977, la mixité est progressivement introduite, en parallèle à son introduction au sein de l’École. La meute de louveteaux accueille des louvettes. Cela ne va pas sans difficulté avec le mouvement des Guides de France, réservé aux filles. Pour les tranches d’âge supérieures, des unités de filles sont ensuite créées, rattachées au Guides de France. Au milieu des années 1980, les unités deviennent toutes mixtes et rattachées aux seuls Scouts de France. En 2004, la fusion nationale des Scouts et des Guides de France clarifie définitivement la situation. Le groupe « Scouts de France » créé en 1925 à Massillon devient un groupe « Scouts et Guides de France ».

Les effectifs connaissent au fil des ans d’importantes fluctuations à la baisse ou à la hausse.

Dans les années 1990, le groupe se rapproche de la paroisse SaintPaul. Celle-ci avait un groupe scout (81ème Paris), mais son existence a été discontinue. Le rapprochement permet de créer le groupe MassillonSaint Paul, qui recrute toujours largement dans les rangs de l’École. Puis, en 2010, un jumelage est opéré avec le groupe scout du collège SaintMerri. Les deux groupes fusionnent l’année suivante, pour créer le groupe

Massillon-Saint Merri-Saint Paul. Les mots « Saint-Merri » ont été mis volontairement au milieu du nouveau nom pour manifester l’harmonie de cette fusion.Petit pincement au cœur pour les anciens scouts de Massillon, le foulard historique vert et blanc est modifié pour accueillir aussi du bleu venant du foulard de Saint-Merri. Ainsi adossé à deux collèges (Massillon et Saint-Merri) et à deux paroisses (Saint Paul, qui assure l’aumônerie, et SaintMerry), toujours soucieux d’innover, le groupe scout poursuit le chemin engagé en 1925. Concluons en citant les propos du Petit Père en 1935 lors du 10ème anniversaire : « Se souvenir du passé n’est rien, rêver l’avenir est peu, frère scout ; le tout, c’est de servir aujourd’hui mieux qu’hier et demain mieux qu’aujourd’hui. ».

Pour approfondir cette histoire, différents documents et photos sont disponibles sur le site www.anciensmassillonparis. com

M. JACHIET Nicolas, promotion 1974

Le Chalet Notre Dame des Neiges

Le Père Livragne organise le premier camp d’hiver à Arêches en Savoie à Noël 1930. Par la pratique du ski de randonnée, il souhaite faire découvrir aux scouts aînés et aux routiers la « Création enneigée », « une Terre inconnue… pour le scout du Quai des Célestins ». Les premiers camps ont lieu dans des chalets d’alpage loués à des paysans. Mais ceux-ci ont peur des risques d’incendie. Grâce à une souscription auprès des parents, le chalet Notre Dame des Neiges est construit en 1936 dans le cirque de Saint-Guérin à Arêches. Les camps d’hiver s’y poursuivent chaque année, avec seulement une interruption en 1940 et 1941.

Le chalet Notre Dame des Neiges disparaît à la fin des années 1950 pour faire place au barrage de Saint-Guérin. Un chalet moderne prend sa place sur une hauteur face au nouveau lac. Le Petit Père accompagne encore quelques années les camps d’hiver qui reprennent dans le nouveau chalet au début des années 1960. Les scouts séjournent toujours au Chalet Notre Dame des Neiges jusqu’au milieu des années 1970.

La réglementation rend ensuite impossible le séjour de mineurs dans un lieu isolé l’hiver. Le Chalet accueille toujours aujourd’hui des séjours d’étudiants et d’adultes. Les familles des anciens scouts sont toujours bien représentées dans l’Association Notre Dame des Neiges qui fait vivre le Chalet.

M. JACHIET Nicolas, promotion 1974

1 Cf notamment récit dans Les Échos de Massillon n°29 juin 2014

2 Cf notamment le témoignage de Germaine Magnan, cheftaine louveteaux, dans Livre de Famille du Groupe Massillon 19251950

3 Père Livragne « 10 083 nuits sous la tente » dans Écho de Massillon avril 1935

4 Père Livragne. « 9 600 journées de neige » dans Livre de Famille du Groupe Massillon 1925-1950

Festivités du centenaire 5 et 6 Avril 2025

Les5et6avrilderniers,300anciensscoutsontfêtéaveclesscoutsetguidesactuelsetleursfamillesles100 ansdugroupecréésurl’écoleen1925.

RetoursurcettebellemanifestationaveclesregardscroisésdeVéroniqueCorvisartdeFleury,responsable dugroupeetJean-JacquesHerlem,ancienscoutetancienchefdegroupe.

Q. Tout d’abord, comment s’est passé cet anniversaire ?

Véronique Corvisart de Fleury (VCF) : Tout s’est déroulé dans les murs de Massillon, les scouts y ont dormi, hormis la messe dans l’église Saint Paul, célébrée par Monseigneur Denis Jachiet, ancien élève et ancien scout, le Père Christian Durozoy, oratorien et ancien chef et chef de groupe, et le Père Pierre Vivares, curé de la paroisse.

C’est une belle illustration de ce que nous voulions montrer durant ces deux jours : un groupe scouts et guides ouvert à deux paroisses du quartier, mais fidèle à ses racines dans l’école Massillon et aux prêtres de l’Oratoire qui l’ont créé puis accompagné pendant plus de 80 ans.

Cet anniversaire a été une véritable réussite, empreinte de joie, de partage et d’émotion. Étaient présents des anciens scouts, familles, amis et membres actuels du groupe. Les différentes générations se sont retrouvées pour célébrer ensemble un siècle d’engagement scout. Les activités, expositions photos, conférence et moments de convivialités ont permis à chacun de revivre des souvenirs et de créer de nouveaux liens.

Jean-Jacques Herlem (JJH) : 300 anciens scouts ont répondu à l’invitation, de toutes les générations. C’est déjà formidable, même si nous avons le regret de ne pas avoir retrouvé les coordonnées de plusieurs centaines d’entre eux. De belles émotions, certains ou certaines ne s’étant pas revus depuis dix, vingt ou quarante ans.

Q. Quels ont été les temps forts du week-end ?

JJH - À l’issue de la fête des 150 ans de Massillon, quand Véronique nous a proposé de s’associer pour l’anniversaire du groupe scouts et guides, nous nous nous sommes donnés trois objectifs : fêter le dynamisme du groupe actuel, permettre aux anciens scouts de se retrouver - le précédent anniversaire des 66 ans date de 1991 - et surtout que toutes les générations échangent entre elles et partagent leur expérience du scoutisme.

VCF – Lors de la messe, jeunes et anciens ont apporté ensemble à l’autel des objets symbolisant la vie scoute. Par ailleurs quatre ateliers étaient proposés durant les deux jours, pour évoquer les éléments fondamentaux du scoutisme : l’équipe, la vie dans la nature, la promesse, la progression personnelle. Sur chaque thème, les photos d’archives étaient mélangées avec les photos récentes, et sur des panneaux qui ont constitué la fresque finale, chaque participant pouvait exprimer ce qui l’avait marqué dans ses années de scoutisme. Des activités manuelles étaient en plus proposées sur chaque atelier comme des constructions miniatures d’équipement de camp, une araignée géante qui retraçais les différents parcours de chacun dans sa vie de scouts, la construction d’un paraboloïde hyperbolique (PH). Il y a eu également un temps fort avec une forme de « speed dating », les scouts et guides posant des questions aux anciens dans des entretiens minutés le dimanche après-midi, sur la cour.

JJH – Et puis nous avons proposé samedi et dimanche une conférence historique avec Christian Durozoy, Nicolas Jachiet et Martine Riols responsable du groupe de 2017 à 2021, évoquant les moments-clés de l’histoire du groupe : sa création, les

camps scouts au chalet d’Arêches, la vie du groupe sous l’occupation allemande qui interdisait le scoutisme, l’adoption des rangers (11-14 ans) et pionniers (14-17 ans) à la place des éclaireurs, enfin les fusions successives avec les groupes de St Paul puis de St Merri. Elle se sont conclues avec le témoignage poignant de Pierre Masure, doyen de cet anniversaire, âgé de 99 ans et entré aux scouts en 1935 ! Nous le remercions encore pour sa fidélité.

Q Le monde a tellement changé en un siècle, le scoutisme et le guidisme d’aujourd’hui ont-ils encore des points communs avec ce que les plus anciens ont connu ?

VCF : Oui, bien que les contextes aient évolué les éléments fondamentaux de la « méthode scoute» n’ont pas changé : l’engagement, le sens du service, la vie en communauté, le respect de la nature et la spiritualité. Les apprentissages que font les garçons et les filles aujourd’hui sont identiques, ce qui a évolué c’est le fait de construire les activités, à tout âge, à partir des centres d’intérêt des jeunes. Les méthodes pédagogiques se sont adaptées aux réalités actuelles, mais l’esprit du début du scoutisme perdure. Les témoignages des anciens ont d’ailleurs montré combien ces valeurs les ont marqués et continuent d’inspirer les jeunes générations.

JJH : Les scouts et les guides ont interviewé et filmé des anciens scouts de toutes générations, pour diffuser ces entretiens durant le week-end. Les anciens ont eu beaucoup de plaisir à transmettre leurs souvenirs mais aussi ce que le scoutisme leur a apporté dans leur vie d’adulte. Il n’y avait aucune barrière entre les générations Les rencontres ont été des moments très riches.

VCF : La cérémonie finale a été un grand rassemblement et l’engagement de trois de nos chefs (Côme, Robin et Arthur.) dans leur responsabilité d’encadrement des jeunes mais aussi pour porter les valeurs du scoutisme dans leur vie. Le fait que les anciens scouts entourent le groupe actuel et soient témoins de ces engagements, qui leur rappelaient leurs promesses, est un symbole très fort de ce que nous avons vécu tous ensemble pendant cet anniversaire.

Q. Cet anniversaire aura -il des suites ?

VCF : Oui, il a marqué les esprits et suscitera sûrement l’envie chez nos successeurs de revivre un tel événement. Nous souhaitons capitaliser cette mémoire du groupe pour permettre aussi une transmission aux futures générations, et garder cette richesse qui nous a été témoignée tout au long de ce week-end. Les paroles des grands anciens doivent rester vivantes, nous devons les transmettre aux génération suivantes. Dans l’immédiat, nous devons maintenant préparer nos camps d’été, pour que de joyeux souvenirs remplissent la tête de nos jeunes enfants.

JJH : Nous avons déjà recueilli de très nombreux témoignages et documents, mais sommes encore loin des « mille récits qui ont fait l’histoire du groupe ». Nous allons poursuivre ce devoir de mémoire dans les mois prochains, ensemble, en proposant à tous ceux qui ne l’ont pas fait encore d’apporter leur contribution, leurs récits de leurs années de scoutisme, les camps et les expériences qu’ils ont vécues, ce qui les a marqués. Nous réfléchissons à la forme sous laquelle cette histoire pourra être mise à disposition de tous.

CONCOURS ATHÉNA

Projet animé par Mme Jannin, professeure de lettres classiques

Loin de la version grecque écrite à la craie blanche sur un tableau, le grec ancien reste bien vivant, et souvent plus utile qu’on ne le pense. Après un court passage par le latin en 5e, j’ai débuté le grec ancien à Massillon en 3e. Trois ans plus tard, j’ai eu l’honneur d’être lauréate du Concours Athéna d’Île-de-France, et de partir une semaine sur les pas de Pausanias et d’Agamemnon.

Le Concours Athéna est une épreuve de quatre heures de composition sur un sujet d’imagination lié à un thème antique. En cette année olympique, le thème 2024 était : « Les jeux dans la cité : les ἀγών. » Ce fil rouge a structuré nos cours pendant plusieurs mois. La préparation a demandé rigueur et régularité : il fallait non seulement assimiler les grands enjeux du thème, mais aussi enrichir notre vocabulaire et explorer les textes d’auteurs comme Lysanias et Pausanias. J’ai été marquée par l’histoire de Milon de Crotone, grand vainqueur des jeux, mort d’hubris face aux loups.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est croiser civilisation et traduction. Se plonger dans une traduction n’est pas juste vérifier des déclinaisons, c’est entrer dans une chasse au trésor où, de fil en aiguille, se révèle une histoire et des personnages, des tensions et des dilemmes, des révélations et des coups de théâtre. C’est se plonger au plus près du sou\le d’une époque, dans l’intimité d’une pensée, et toucher du doigt ce qui faisait battre le coeur d’une société.

Dans un monde où tout s’accélère, revenir aux textes fondateurs nous oblige à ralentir et à réfléchir. Étudier le grec ancien, c’est tisser un lien avec nos origines, comprendre la culture qui a façonné notre pensée. C’est une richesse que je souhaite à chacun de découvrir : il n’est jamais trop tard pour ouvrir L’Iliade ou Le Ménon.

Je remercie chaleureusement Mme Jannin, qui m’accompagne depuis la 3e et qui m’a permis ce parcours aussi inattendu qu’enrichissant.

Emma LEVET (Terminale 2)

ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION DES CAMPS DE DÉPORTÉS

Les déportés massillonnais

Al’occasiondu80èmeanniversairedelalibérationdescamps,jesuispartiàlarecherchedesanciensélèves quiontétédéportés.Ilsl’ontétépourdesraisonsetdansdescirconstancesdiverses.Certainssontmortsen déportation,d’autressontrevenusdescamps.

Les frères Hasson

Alors que, depuis de longues années, au travers notamment du « Train de la mémoire », les élèves de Massillon travaillent sur la Shoah, le destin de ces deux anciens élèves juifs avait largement échappé à la mémoire de l’Ecole.

Gilbert (né en 1927) et Jean-Pierre (né en 1931) Hasson ont été élèves de l’École pendant l’année scolaire 194041. Jean-Pierre était élève de 6ème rose au souvenir de mon père, Bernard

Jachiet qui était son camarade de classe. Gilbert était sans doute en classe de 4ème au vu des photos de classe. Ces élèves juifs bénéficiaientils de « certificats de baptême spécial massillonnais », comme le pensait mon père ? Il est probable que leurs parents, habitants du quartier, les avaient inscrits dans un établissement catholique pour les protéger et que la direction avait accepté de les accueillir en toute connaissance de cause. La famille devait fuir en Amérique latine, selon les confidences de JeanPierre Hasson à son camarade. De fait, les frères Hasson n’apparaissent plus sur les photos de classe de 194142. A l’été 1942, le bulletin de l’École, à la rubrique « sport-football, indique qu’en « jeunes cadets le départ de Hasson [probablement Gilbert] s’est fait sentir ».

En fait, la famille Hasson a fui vers l’Italie, pensant y trouver un refuge sûr. Malgré des lois discriminatoires, le régime fasciste n’arrêtait pas les Juifs. Les parents Hasson ont repris une activité de commerçant. À partir de l’occupation allemande du nord de l’Italie en septembre 1943, les déportations ont commencé. En cherchant à fuir vers la Suisse, la famille Hasson a été arrêtée le 28 décembre 1943 par les milices fascistes. Parents et enfants sont partis dans un convoi vers Auschwitz fin janvier 1944. Jean-Pierre semble avoir été envoyé à la chambre à gaz dès son arrivée, comme l’étaient tous ceux qui n’étaient pas en âge ou en état de travailler. Ses parents et sa sœur ont également été exterminés. Seul Gilbert a survécu. Il a été transféré successivement dans plusieurs camps et libéré en avril 1945 à Bergen-Belsen dans le Nord de l’Allemagne. Il est passé à Massillon en juin 1945 pour annoncer l’extermination de sa famille. « Très maigre, sans cheveux, avec un fin duvet, un visage silencieux, triste, sans expression. Nous n’osions pas lui parler ».

Gilbert Hasson a fait une carrière d’enseignant en région parisienne. Il a eu 7 enfants. Il est décédé en 2010.

Trois séminaristes

Sur le tout petit nombre de

massillonnais morts en déportation que j’ai pu identifier, trois étaient séminaristes.

Jean Ficheux (promotion 1937), né en 1920, a été élève à Massillon de 1933 à 1938. Entré ensuite au Séminaire des Carmes (Institut catholique), il tente en juillet 1943 de passer en Espagne pour échapper au Service du travail obligatoire (STO) et rejoindre la France libre. Il est arrêté dans le train qui le conduit à Saint-Jean de Luz. Interné à Compiègne, il est déporté à Buchenwald en octobre 1943, puis dans différents camps jusqu’à Nordhausen, où sa trace se perd en avril 1945 lors de la libération de ce camp par les forces américaines.

Certains témoignages font état de sa présence en zone russe. Ses parents multiplient les démarches pour le retrouver, s’accrochant à l’espoir qu’il pouvait être vivant côté soviétique. Un acte de décès est finalement dressé en 1950. Jean Ficheux n’appartenait pas un réseau constitué, mais sa démarche pour rejoindre la France libre était un acte de résistance. À ce titre, la médaille de la résistance lui a été attribuée en 1955.

Philippe Couvreur (promotion 1937), né en 1921, a été élève de Massillon de la 7ème à la 3ème. Après avoir quitté l’École pour des raisons de santé, il est resté membre du groupe scout. Séminariste à Issy-les-Moulineaux, il est parti en Allemagne en 1943 au titre du STO. L’épiscopat français avait décidé de favoriser le départ au STO des prêtres et séminaristes pour y exercer un apostolat discret, et même clandestin, tout en travaillant dans les usines. C’était la première expérience de prêtres ouvriers. Ses camarades ont été témoins de l’apostolat de Philippe Couvreur. Leurs témoignages émouvants indiquent que son action commençait à éveiller les soupçons de la Gestapo. Il est tué lors du bombardement de son usine en mars 1945. D’abord inhumé sur place, son corps sera ramené en voiture par son père jusqu’à la tombe familiale au cimetière du Montparnasse. On peut y lire : « tombé dans l’exercice de son apostolat ».

Marc Hervé, né en 1922, a été scout à Massillon à partir de 1934. Il habitait le quartier, mais ne semble pas avoir été élève à Massillon. Séminariste aux Carmes, il est arrêté à Paris le 3 août 1943. Il était resté à Paris pour un stage ouvrier aux ateliers de la SNCF pendant que se préparait le mariage de sa sœur en Corrèze. Le surlendemain, date prévue du mariage, ses parents et sa sœur sont arrêtés

dans leur maison en Corrèze. Ces arrestations semblent faire suite à une dénonciation. Ils appartenaient tous au réseau Mithridate qui fournissait notamment des renseignements aux Britanniques sur les chemins de fer, grâce notamment au père, Henri, inspecteur principal de la SNCF. Marc Hervé transmettait des messages. Après divers lieux de détention en France, tous les membres de la famille ont été déportés en avril 1944. Marc Hervé a été envoyé successivement à Auschwitz, à Buchenwald et à Flossenburg, où il est décédé le 1er janvier 1945. Son père est également décédé en déportation. Sa mère, sa sœur et son beau-frère sont revenus de déportation. Ce dernier n’est autre que Marc Zamansky, futur doyen de la Faculté des sciences de Paris, qui a donné son nom à la Tour de l’université de Jussieu. La médaille de la résistance a été accordée à Marc Hervé en 1954.

Deux résistants d’âge mûr

Jean du Plessis de Grenédan (promotion 1907), né en 1890, a été élève de Massillon de 1908 à 1910, alors qu’il étudiait en classe préparatoire, avant d’intégrer l’Institut national agronomique. Ancien combattant de la 1ère guerre mondiale, puis gentilhomme campagnard sur ses terres familiales, il est à nouveau mobilisé en 1939. Fait prisonnier, il s’évade en août 1940 et rejoint la zone libre. Rapidement il rentre dans la Résistance et crée un réseau de renseignement dans sa région (Bretagne). Il est arrêté par la Gestapo en juillet

1941 à Morlaix, alors qu’il prévenait les membres du réseau que celui-ci était découvert. Torturé, il connait diverses prisons en France, puis il est déporté en 1942 au camp d’Hinzert (Rhénanie) en application du décret allemand « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard). Il meurt d’épuisement à la prison de Wittlich. Son corps sera rapatrié en 1947 dans la chapelle du château familial à Ménéac dans le Morbihan. La médaille de la Résistance lui a été attribuée en 1946.

Etienne Grandrié (promotion 1919),

né en 1900, a été élève à Massillon de 1918 à 1920. Médecin à Pontl’Évêque (Calvados), il rejoint le réseau de résistance Hector. Il mène des actions de renseignement et de propagande. Il est arrêté en décembre 1941 pour des actions de propagande. Les Allemands soupçonnent ensuite ses activités de renseignement. En mai 1942, il est condamné par la Cour martiale allemande de Caen à 5 ans de travaux forcés. Déporté en Allemagne en juillet 1942, il est interné successivement dans plusieurs prisons. Il est libéré par les troupes russes en mai 1945 à Bützow sur les bords de la Mer Baltique. Il reprend ses activités professionnelles et décèdera en 1980. La croix de guerre 1939-1945 lui a été décernée en 1946.

Au terme de ces brefs récits de vie, comment ne pas s’incliner avec respect devant ces destins tragiques et héroïques ?

Faire mémoire des Massillonnais dans la 2ème Guerre mondiale.

Le présent article a été rédigé à partir des quelques traces dans les Échos de Massillon de la déportation d’anciens élèves, puis de recherches dans les archives publiques. Je remercie particulièrement le Service historique de la Défense de Caen et le CDEC (Centro di Documentazione Ebraica Contemporanea) qui assure la mémoire de la Shoah pour l’Italie.

Il y a très probablement eu d’autres déportés massillonnais dont nous n’avons pas gardé la trace. Plus largement, il conviendrait de mener un travail de mémoire sur le parcours des Massillonnais morts pour la France ou victimes de guerre dans la période 1939-1945. Un tel effort avait été mené au début des années 1920 pour les morts de la 1ère Guerre mondiale et avait abouti au livre « L’École Massillon au champ d’honneur ». Dans les années qui ont suivi la 2nde guerre mondiale, on a surtout cherché à établir la liste des noms à mettre sur la plaque commémorative du hall, inaugurée en 1950. Elle n’est bien sûr pas exhaustive ; ainsi, pour s’en tenir au présent article, Jean-Pierre Hasson et Jean Ficheux n’y figurent-ils pas. Et la diversité des situations et des parcours au cours du 2ème conflit mondial n’incitait sans doute pas à aller beaucoup plus loin pour éviter de raviver certaines blessures. Il est maintenant sans doute temps de rouvrir le dossier. L’Association des anciens élèves et amis invite à se manifester ceux des lecteurs des Échos qui seraient intéressés pour s’associer à ces recherches. Rendez-vous sur notre site : https://www.anciensmassillonparis.com/ M. JACHIET Nicolas, promotion 1974

1 Les échos de Massillon n°7 juin 2005, p 24.

2 « Entre nous », août 1942 (seul bulletin de l’École paru pendant la guerre), p 14.

3 Témoignage de Bernard Jachiet, ibid

4 Stricto sensu Philippe Couvreur, parti au titre du STO, n’est pas un « déporté » pour la législation française. Mais le Service historique de la défense a intégré tous les requis du STO décédés en Allemagne dans la catégorie des « morts en déportation ».

5 Jusqu’aux années 1970, l’École Massillon accueillait en internat des étudiants de province venus à Paris poursuivre leurs études.

Photo de classe 1940-41 de 4ème (Gilbert Hasson).
Collection École Massillon
Photo de classe 1940-41 de 6ème (pour Jean-Pierre Hasson).
Collection École Massillon

ALBUM DE FAMILLE

Nuta, artisan juif polonais, cordonnier à Paris, ou comment j’ai plongé dans l’histoire de la Shoah

Enseigner la Shoah en troisième et en terminale, c’est un aspect très particulier de notre métier de professeur d’histoire-géographie. Les élèves piaffent d’impatience dès la sixième pour en arriver à cette séquence si particulière, le paroxysme de la tragédie européenne, l’étalon du crime contre l’humanité pour qui le terme même a été forgé et dont l’étude et la mémoire occupent encore une place importante dans le débat public. Les élèves font pleuvoir les questions. Ce sont des séances à nulle autre pareille.

Pendant des années, ce sont des séances que j’ai redoutées. Dans ma formation, j’ai soigneusement évité le sujet. Pourtant étudiant en histoire contemporaine, j’ai plus ou moins consciemment choisi un sujet qui s’arrêtait à 1942.

J’attendais le moment opportun pour plonger la tête la première. On rentre dans une question historique comme dans une caverne, les yeux ne sont pas habitués à l’obscurité du passé. Cette obscurité pour moi, c’était aussi celle des récits de l’enfance. Je suis l’arrière-petit-fils d’un déporté. J’ai hérité d’une partie de ma famille de la mémoire de la déportation. J’ai commis l’erreur de penser que la mémoire se substituait à l’histoire. C’est faux. La mémoire a un rôle subjectif, sensible, charnel essentiel à la construction de la société. Mais elle n’est pas de l’histoire. L’histoire éclaire à distance ce que la mémoire maintient enfouit dans l’ombre.

Pendant trois ans, je suis parti en voyage immobile à la recherche de cet arrière-grand-père, pour le rencontrer non pas comme un descendant, mais comme un historien. Par curiosité d’abord, par intérêt ensuite, par devoir enfin. Je me le suis imaginé comme mon guide à travers la nuit brune, cet inconnu proche, ce lointain familier. Et j’ai reconstitué sa vie dont je ne savais rien en allant chercher les moindres détails, les moindres traces que laisse un homme de son passage en ce monde.

Le Mémorial de la Shoah situé juste à côté de notre École m’a ouvert ses portes et m’a embarqué. Des archivistes fantastiques m’ont guidé pas à pas. Pour atteindre les centres de mise à mort du fond de la Pologne, il faut remonter un Styx de documents jaunis en alphabet gothique, de paperasse aussi méthodique qu’indigne, de signatures, d’approximations, de matricules et d’indignité. Mais aussi des signes de vie ténus et des souvenirs évaporés, des albums de photos en sépia, des preuves de correspondances, des passeports tamponnés et des souvenirs de voyage.

C’est une rivière profonde qu’il faut prendre le temps d’explorer. Du Mémorial, j’ai dérivé vers les Archives Nationales, les recensements de Paris, les archives d’Auschwitz, les témoignages gardés par Yad Vashem et finalement les trésors cachés des cimetières de Pologne.

Derrière la mise en place du génocide, j’ai suivi les parcours d’hommes et de femmes qui ont essayé de survivre en enfer. À échelle d’homme, de leurs recensements dans les commissariats parisiens jusqu’aux dernières listes des camps, j’ai voulu les suivre pour dire ce qu’ils ont vécu, rappeler leurs noms et leur redonner la dignité humaine qui leur a été niée. Ils étaient les artisans juifs du 19e arrondissement. Ils étaient européens, français, parisiens. Ils ont été trahis et assassinés. Dans notre ville. Dans nos quartiers. Il n’y a pas si longtemps. Mais il y a déjà suffisamment de temps pour que l’on ne sache plus vraiment comment et pourquoi.

Nuta est un livre que j’ai écrit en pensant à mes élèves. Je l’ai voulu aussi précis que possible, aussi clair que possible, comme quand on fait un cours. Mais aussi suffisamment rythmé pour ressentir le souffle de vie à travers ces paysages de mort. Rythmé comme une histoire que l’on doit raconter. Ce livre est un peu le cours que je leur devais.

Voilà ce que j’ai éclairé à la lumière de l’analyse historique la plus rigoureuse possible. Je n’ai rien imaginé, tout est étayé de sources. À suivre un seul cordonnier polonais qui s’est débattu dans le siècle, j’ai participé à dissiper les fantasmes qu’accumulent dangereusement ceux qui, par paresse, par faiblesse ou par opportunisme, cherchent à dissimuler les leçons que doit encore nous procurer le tragique vingtième siècle.

M. DUQUESNOY Charles, professeur d’histoire géographie

Charles Duquesnoy

Nuta

Immigré juif polonais, cordonnier à Paris (1900-1967)

populaires du Paris de l’Entre-deux-guerres et l’enfer de l’univers concentrationnaire nazi, il affronte la haine du quotidien et la violence totalitaire avec comme unique boussole le devoir de survivre pour protéger ses enfants. Parti à la recherche de toutes les sources et témoignages qui le mentionnent, Charles Duquesnoy réalise le portrait de cet homme ordinaire qui affronte l’impensable et rend à son arrière-grandpère un hommage absolument mérité. Un livre pour tous ceux qui veulent traverser le siècle à hauteur d’homme et comprendre comment un historien mène une enquête pour éclairer les choix qui décident d’une vie.

Charles Duquesnoy est diplômé en histoire et théorie du politique à Sciences Po Paris et professeur agrégé d’histoire-géographie. Nuta est son premier livre.

www.editions-arcane17.net ISBN 978-2-493049-xx-x xx euros

Nuta Charles Duquesnoy

Nuta
Immigré juif polonais, cordonnier à Paris (1900-1967)
Charles Duquesnoy

CHEMINS DE MÉMOIRE (NOVEMBRE 2024)

Projet animé par Cédric Nelzy et Marie Renard, professeurs d’histoire-géographie et leurs collégues

Le souvenir est […] nécessaire à une démarche mémorielle, pour faire de nous des passeurs de celle-ci. […] Les raisons qui nous ont poussées à participer à ce projet révèlent nos valeurs, propres à chaque individu. Pour des raisons familiales, par intérêt personnel ou par la conviction qu’il est nécessaire de se souvenir des victimes de la Shoah par respect pour eux et pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. De même, nous n’avons pas été tous impactés par les mêmes choses et de la même manière. Mais pour tous, le devoir de mémoire est indispensable. Timothée (1e 3)

La guide, en nous amenant devant le bâtiment, nous donnait des indications historiques. Étrangement, son visage n’était pas fermé, sa voix, ne devenait pas plus posée, pas plus grave. Elle n’a pas cherché à nous épargner, ni à choquer. Elle a simplement décrit. […] À un moment, elle s’est arrêtée devant le bâtiment. Ce que nous avions sous les yeux, en contrebas c’était l’un des bâtiments abritant les fours crématoires du camp d’Auschwitz.

Peu à peu, notre groupe s’est mis à avancer. Personne ne parlait. Peut-être parce que nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre. Puis nous avons franchi l’entrée. […] À la sortie, le silence ne s’est pas dissipé, seulement interrompu par quelques sanglots discontinus. Certains pleuraient, les épaules secouées, sans retenue. D’autres se prenaient dans les bras, sans un mot, simplement pour se tenir debout, ou pour trouver un point d’ancrage. Quelques-uns regardaient au loin, immobiles, comme absents. Je ne crois qu’aucun de nous ne voyait les mêmes choses à ce moment-là.

Ewan (T1) & Raphaël (T3) Charlie et Esther, 1ère 1 et 1ère 2

Par une froide matinée de novembre, la colonne muette s’étire dans la brume polonaise. Le long des routes, des rails et des herbes folles givrées qui les bordent, pas un bruit ne s’élève. Seul se fait entendre le murmure du souvenir, du respect et du deuil. Au loin, le sinistre porche d’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau se détache dans le brouillard morne. Cette marche silencieuse est à la fois l’aboutissement d’un travail de préparation des chemins de mémoire, et le début du parcours du souvenir. 80 élèves de trois établissements oratoriens, tous en classe de Première et de Terminale ont atterri quelques jours auparavant à Cracovie pour ce voyage un peu particulier.

Se souvenir des heures sombres de l’Histoire pour ne pas les répéter. Prendre conscience de la barbarie humaine en la regardant en face. Honorer la mémoire d’un peuple tout entier et compatir à sa souffrance. Rendre hommage à un aïeul. Étonnantes et impressionnantes motivations des élèves qui ont postulé pour prendre part à ce projet, formulée dans des lettres qui forcent le respect.

Dans la préparation des Chemins de Mémoire, la recherche d’informations précises sur les faits et les lieux de la Shoah a été une étape importante. Plusieurs conférences ont été tenues pour permettre aux élèves de contextualiser et d’appréhender avec un regard scientifique ce qu’ils allaient visiter. Mais ils ont aussi fait place pendant les sessions de préparation au partage, à la rencontre des autres établissements, à l’ouverture aux autres.

Des ruelles aux marchés colorés du quartier juif de Cracovie, des synagogues ornées aux témoignages émouvants, la première journée dans la capitale de Galicie a permis aux élèves de plonger dans la culture juive et dans l’histoire de l’occupation de la Pologne par les nazis. Cette entrée en matière culturelle a certes été une clé de compréhension pour la suite du voyage, mais aussi une journée où le groupe s’est soudé et où les liens se sont tissés.

Car la solidarité entre jeunes lors de la Cérémonie des noms sur les rails de Birkenau, la compassion envers la détresse d’un camarade bouleversé, l’attention que tous ont eu pour chacun au cœur de la désolation d’Auschwitz sont autant de leçons d’espérance. Le voyage n’a duré que quatre jours mais la densité des émotions ressenties nous a laissé la même empreinte qu’un long séjour. La vulnérabilité que tous ont laissé s’exprimer, la profondeur des discussions mais aussi la joie et la fraternité dans les moments de détente ont apporté au devoir de mémoire la couleur de l’espoir et de la paix.

Mme RENARD Marie, professeure d’histoire-géographie

CONCOURS NATIONAL DE LA RÉSISTANCE ET LA DÉPORTATION

S’engager pour la mémoire, penser la démocratie : les lycéens à l’honneur du CNRD

Ilsontmoinsde18ans,maisportentlamémoired’unsièclesurleursépaules.Faceauxsilencesdel’Histoireetaux fragilitésdeladémocratie,deslycéenss’engagent.Leurarme?Laconnaissance.Leurcombat?Ledevoirdemémoire.

Cetteannéeencore,lesélèvesdulycéeontrelevéundéfiexigeantetprofondémentcitoyen:participerauConcours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD). Deux groupes ont pris part à ce projet, chacun avec une approcheoriginale,maistousunisparunemêmeconviction:sesouvenirestunacted’engagement.Faceauxdéfisdu présent,lamémoireresteuneboussoleindispensablepourcomprendrelemondeetdéfendrelesvaleursdémocratiques.

Rendre visibles les oubliés de l’Histoire

Le premier groupe a choisi de mettre en lumière un angle souvent relégué au second plan des récits historiques : le rôle déterminant des étrangers dans la Libération de la France. Leur recherche a redonné voix à ces combattants venus d’ailleurs - Juifs, étrangers, FTP-MOI - et plus particulièrement aux tirailleurs sénégalais, acteurs majeurs et pourtant souvent effacés de la mémoire collective.

À travers des portraits, des analyses et une mise en perspective des politiques mémorielles, les élèves ont souligné l’injustice d’un oubli trop longtemps entretenu. Ils ont questionné la place de ces soldats dans l’historiographie française et interrogé la façon dont notre société choisit de raconter - ou de taire - certaines pages de son passé. Un travail salutaire, ancré dans un devoir de vérité et de reconnaissance.

La jeunesse face aux ruines : reconstruire les esprits après la guerre

Le second groupe, lui, s’est penché sur la reconstruction intérieure des enfants dans la France d’après-guerre. Comment grandir quand tout s’est effondré ? Comment retrouver un sens à l’avenir après la violence et les pertes ? Pour répondre à ces questions, les élèves ont opté pour un médium fort : une bande dessinée sans bulles, inspirée du roman graphique, mêlant sobriété et émotion.

Leur récit suit trois jeunes personnages - Nadia, Sarah et Alexandre - qui incarnent chacun une facette de cette enfance brisée mais résiliente. À travers leurs histoires, c’est toute une génération marquée par le conflit qui reprend vie, oscillant entre douleur, silence et espoir. Le projet offre ainsi une lecture sensible et profonde de la mémoire enfantine, et rappelle que la résilience passe aussi par la transmission.

Faire vivre la mémoire, construire la citoyenneté

Au-delà de l’aspect historique, ces deux projets témoignent d’un engagement fort : faire de la mémoire un levier de conscience citoyenne. En s’investissant dans le CNRD, les lycéens n’ont pas seulement étudié le passé ; ils ont appris à le faire parler, à le questionner, et à le transmettre. Dans un contexte où les repères vacillent parfois, leur travail réaffirme la force du collectif, du récit, et de la connaissance comme remparts contre l’oubli et l’indifférence.

Ces projets rappellent avec force que la démocratie se nourrit de mémoire - une mémoire exigeante, plurielle, et en constante construction.

Mme LIPKOWICZ Emilie, professeure d’histoire-géographie

SE PROJETER

« Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort », Pierre de Coubertin

Agée de 10 ans, Maïssa LOBE est une élève de l’école Primaire, en classe de CM1V chez Madame OJEDA-TEBOUL.

JMB : Maïssa, Peux-tu me parler du sport que tu pratiques ?

Maïssa : Il s’agit de l’athlétisme. Je fais régulièrement mes séances d’entraînement, au stade Charléty.

JMB : Depuis combien d’années pratiques-tu cette discipline ?

Maïssa : J’ai commencé en septembre 2024, cela fait à peu près 8 mois maintenant.

JMB : Fais-tu cela « juste pour pratiquer un sport » ou, est-ce pour toi une réelle passion ?

Maïssa : Un peu les deux, on va dire. Au début, c’était juste pour pratiquer un sport mais à la longue, c’est devenu une passion. Je peux dire que je prends beaucoup de plaisir à courir ; mais quelquefois, c’est assez sportif, et cela fatigue. Quoiqu’il en soit, l’athlétisme reste quelque chose que j’aime pratiquer.

JMB : À quelle fréquence fais-tu tes entraînements ?

Maïssa : Je m’adonne à ce sport le mercredi 14h30-16h30, et le samedi de 10h30 à 12h30.

JMB : Y a-t’il d’autres élèves de MASSILLON dans ton club ? Si oui, qui ?

Maïssa : L’une de mes camarades Aya, CM1, pratique aussi l’athlétisme. J’ai beaucoup de plaisir à la retrouver les mercredis et samedis aux entraînements.

JMB : As-tu déjà obtenu des récompenses ? Des médailles ? Des coupes ? Autre chose ?

Maïssa : Oui, en début d’année (le 20/01/2025), lors du cross départemental de la catégorie « Kid’s cross poussines » qui s’est tenu à Villeneuve La Garenne, j’ai obtenu la 3ème place d’Ile-de-France et la 1ère de Paris intramuros. Le 11/02/2025 à la Halle d’athlétisme de Pantin, j’ai obtenu une médaille de bronze lors du triathlon (lancer de vortex, saut en longueur, 50 m haies et 50 mètres plat). J’ai par ailleurs eu une coupe, à l’occasion de ce triathlon. Le 06/04/2025, j’ai participé au Triathlon poussines au stade Charléty où nous nous entraînons deux fois par semaine avec le PUC, pour performer un triathlon (saut en longueur, course 50 m, lancer de vortex, course 1000 m). Cette fois-ci les concurrentes étaient plus entraînées que moi. Pour la coupe, ce sera pour la prochaine compétition !

JMB : Bravo pour tout cela Maïssa ! Alors, jusqu’à quel niveau souhaiterais-tu aller ?

Maïssa : Le plus loin possible, car je suis une passionnée ! Pourquoi pas plus tard, aux jeux olympiques ?

L’école Primaire MASSILLON dans son ensemble te félicite Maïssa, et nous t’encourageons à aller le plus loin possible dans ta passion.

Propos recueillis par M. BOURA Jean-Marc, assistant de direction de l’école Primaire

SEMAINE SANS CARTABLE AU PRIMAIRE

Au cours de cette semaine, les élèves ont découvert la robotique et la programmation en construisant par équipe et avec des pièces de LEGO une maison durable, écologique et robotique munie obligatoirement d’une porte coulissante ou pas, qui s’ouvre et se referme et d’un ascenseur qui monte et qui descend. Le plaisir et la concentration étaient au TOP ! Ils ont également manipulé le petit robot Thymio à l’exploradôme de Vitry sur Seine.

Voici quelques paroles d’enfants montrant leur grand intérêt à réaliser ce projet :

ACQUÉRIR DE BONS GESTES

Utiliser les formules depolitesse auprès despersonnels etde mes camarades

Choisir lesportions en fonction de mon appétitpour éviter legaspillage

Débarrasser monplateau

Goûter de tout(assiette colorée)

Parler doucement Changer deplace sans autorisation

Libérer maplacequandj’aiterminémon repas

Laisser maplacepropre après monpassage

Jouer avec la nourriture

Jouer avec les carafes d’eau

À la demande des élèves délégués de classe lors de la commission restauration, une charte de bon comportement a été rédigée par les élèves pour rappeler les lignes de conduite et les tâche à faire avant de quitter le réfectoire. Les délégués se sont montrés enthousiastes et ont été forces de propositions. Il a été décidé de créer un panneau « je dois/je ne dois pas » avec des verbes d’action impactants, compréhensibles par tous et facilement réalisables. En plus des thèmes de la propreté et du savoir-être qui ont été abordés (« je ne dois pas crier, doubler dans la file d’attente »), les élèves ont souhaité évoquer l’équilibre des repas (« je dois goûter de tout en ayant une assiette colorée »), la politesse envers le personnel de cantine et les camarades et le gaspillage alimentaire (« je dois choisir les portions en fonction de mon appétit pour éviter le gaspillage »).

Doubler, pousser mes camarades dans la file d’attente

Crier

Applaudirquandune assiette estcassée

Ces panneaux seront positionnés ainsi que des formules de politesse en plusieurs langues à différents endroits du réfectoire.

Par ailleurs, même s’il parait évident que les élèves doivent débarrasser leur plateau, l’équipe de délégués a souhaité rappeler les tâches qui incombent à chacun quand il a fini son repas en créant une affiche « comment débarrasser son plateau ». Ces tâches qui sont simples et à la portée de tous les élèves dès le CP permettent au personnel de cantine de gagner du temps pour laver les plateaux, la vaisselle et les couverts qui servent plusieurs fois sur le temps de restauration d’un seul jour. À la rentrée 2025, tous les élèves seront invités à rencontrer le personnel de cantine et recevoir une formation rapide sur ce qui est attendu sur le débarrassage du plateau. Merci et bravo aux élèves délégués pour leur aide et leur prise d’initiatives et à Madame Cartry pour sa créativité pour la création des panneaux !

Mme LABAT Nathalie, cheffe d’établissement 1er degré

Comme l’année dernière, les élèves de CM2 ont réalisé une fresque du climat junior en fin d’année.

Ces fresques, outils pédagogiques très puissants ont été menées par des membres fresqueurs de l’équipe éducative et ont permis aux élèves de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

Les élèves germanophones ont créé une fresque en allemand avec leurs professeurs d’allemand, également aussi fresqueurs.

Force est de constater que de nombreux élèves ont déjà des connaissances sur ce sujet, la fresque a permis d’approfondir quelques notions et termes scientifiques. Les élèves ont pris conscience que nos actions ont un impact direct sur la planète et sur le dérèglement climatique. Les échanges qui ont suivi la fresque ont mis en lumière des actions concrètes que chacun est capable de faire et qui permettent de lutter contre le dérèglement climatique. La fresque s’est ainsi terminée par une note d’espérance et d’optimisme.

Bravo et merci aux fresqueuses qui ont contribué à la formation des leaders de demain à prendre soin de notre planète !

Nathalie, cheffe d’établissement 1er degré

DÉCOUVRIR

Voyages des classes des écoles primaires

NouvelleaventurepourlesCE1/CE2verts:devenirchevalierduMoyen-Âgeletempsd’unesemaineen Bourgogne.

Laclassedécouverteestuneexpérienceuniquequicombineapprentissage,explorationetdivertissement. Ellepermetauxélèvesdesortirducadrescolairetraditionnelpourdécouvrirdenouveauxenvironnements, développerleurscompétencessocialesetenrichirleurculturegénérale.

Pendant cinq jours, du lundi au vendredi, les élèves ont été immergés dans un environnement favorisant la découverte et l’apprentissage en plein air. Ce fut également un moment privilégié pour renforcer notre cohésion de groupe interclasses au quotidien, que ce soit au travers de nos repas et nuitées qu’au travers d’activités. Mais surtout nous voyions nos montures tous les jours et en prenions soin, tout en nous entraînant pour le grand tournoi de chevalerie qui aurait lieu en fin de semaine. Nous avions donc des exercices avec notre poney axés sur le tournoi, et d’autres visant à nous permettre de maîtriser notre monture (direction et arrêt à un endroit précis). Tous ont été très appliqués.

Être chevalier suppose également s’habiller comme tel. Nous avons donc confectionné des tuniques et des boucliers arborant nos blasons. Sachez que les couleurs choisies ont toute une signification : richesse, courage, vigueur,…

Vivre comme un chevalier ne s’invente pas. Nous avons visité le château de Guédelon où tous les corps de métier de l’époque sont présents : tailleurs de pierres, maçons, cordiers qui tissent le chanvre, charretiers qui fabriquent les roues des charriots, charpentiers, menuisiers, tavaillonneurs qui font les tuiles en bois,… Nous avons pu tous les interroger sur leurs métiers passionnants. Tous participent à leur manière à la construction de ce château qui a débuté en 1997.

Nous nous sommes nous-mêmes expérimentés à tailler la pierre, lors de notre visite des carrières d’Aubigny avec un maillet et un couteau. Cela demande de l’attention et de la patience. Nous sommes tous très fiers de notre travail.

Le séjour s’est clos par un grand repas médiéval le jeudi soir. Nous n’avions pas de fourchettes pour déguster notre pâté, notre bouillon de légumes revigorant où s’était glissées quelques morceaux de saucisses fumées. La tarte aux pommes a fait l’unanimité.

Ce séjour visait avant tout à développer la curiosité, l’autonomie et les compétences sociales des élèves.

La classe découverte s’est avérée être une expérience enrichissante et formatrice pour tous les participants. Elle a permis aux élèves de vivre des moments inoubliables tout en consolidant leurs apprentissages. Vivement l’année prochaine afin de renouveler ce moment privilégié avec nos élèves.

Mmes VERDONK Isabelle enseignante CE2 vert et SCHMERBER Marie-Laure enseignante CE1 vert

NotreclasseverteàCOCICO:unebelleaventurepour s’ouvrirauxautres!

QuellesemaineincroyablepasséeàCOCICOpourla classedeCM1vert!Entourésdenature,deponeysetde chapiteaux,lesjournéesontétérempliesdedécouvertes etdemomentspartagés.

Les ateliers de cirque ont été un vrai moment fort du séjour. Chacun a pu essayer la jonglerie, l’équilibre, les acrobaties ou encore la voltige. Peu à peu, la confiance en soi s’est installée, les encouragements entre camarades ont fusé, et la petite démonstration finale a rempli tout le monde de fierté, permettant de mesurer les progrès accomplis.

Du côté de l’écurie, les poneys ont conquis tous les cœurs. Les élèves ont découvert l’équitation et ont appris à brosser les chevaux, à les comprendre, à les diriger, et même à faire des jeux et des balades avec eux. Les élèves ont vécu des moments très spéciaux, pleins de douceur, de confiance et de respect pour les animaux. Une belle relation s’est créée entre les enfants et les animaux.

Le potager a aussi été une belle surprise. Comprendre le cycle des légumes, toucher la terre, voir pousser les salades ou les radis, c’était une autre façon d’apprendre.

Tout au long de cette classe verte, les moments vécus ensemble ont permis de mieux se connaître, de créer de nouvelles amitiés et de grandir en s’ouvrant aux autres.

LES VENDREDIS DE LA CULTURE

Projet animé par Anne Gaucher, responsable pedagogique 6eme et Emmanuele Dray professeure documentaliste

Cetteannée,MadameGaucher,responsableduniveau6e,aconfiéauCDIlamissiondemettreenplace les journées culturelles des 6e, chaque veille de départ en vacances. Ces journées culturelles ont eu pour objectifdevaloriserlecircuitpatrimonialoffertauxélèvespourmieuxlesancrerdansunehistoirequileur donneraitlesclésd’unecompréhensionduprésent,àl’aunedeleuravenirdecitoyendumonde. Ceprocessusanaturellementravinossixièmesetserapeut-être,decefait,reconduitl’annéeprochaine.

À la veille des vacances de la Toussaint, les élèves visitent deux sites emblématiques.

Les 6e1 ont, tout d’abord, l’honneur de visiter l’exposition « Notre-Dame de Paris : au cœur du chantier » à l’Espace Notre-Dame, situé sous le parvis de la cathédrale de Paris. C’est dans ce cadre que les 6e 1, comme tout le niveau des 6e en 2023/2024, ont été plongés dans une exposition immersive et pédagogique avec des ateliers, des maquettes et des animations dont un film magnifique. Ils ont pu découvrir les métiers et les savoir-faire de la restauration. Les élèves se sont rendus aussi avec leur guide devant la façade occidentale de Notre-Dame.

Les autres 6e, eux, ont profité d’ateliers proposés par l’Institut du Monde Arabe, voisin de notre établissement. Lors de cette visite, les élèves ont pu observer les principaux éléments empruntés à l’architecture traditionnelle du monde arabe et à comprendre comment ils ont été réinterprétés par l’architecture contemporaine.

Écoutons Éléonore et Alexandra (6e 3) :

« On a bien aimé les moucharabiehs qui filtrent la lumière du jour à l’intérieur du bâtiment et la bibliothèque sur 3 niveaux, reliés entre eux par la Tour des livres. Quand on est monté sur la terrasse, la guide nous a montré les nouveaux bâtiments de Paris et puis les plus anciens ».

Outre l’exposition permanente qui présente le monde arabe, les amateurs de jeux vidéo parmi les autres 6e ont été ravis de visiter, l’exposition « Bagdad : redécouvrir Madinat Al-Salam, avec Assassin’s Creed Mirage ». Cette exposition met en lumière une période historique captivante grâce à de nombreux objets d’époque abbasside mis en scène dans les décors imaginés par les équipes d’Ubisoft qui se sont servis du remarquable fonds documentaire de l’IMA.

Écoutons Dante (6e 4) :

« Le bâtiment était immense et très beau. Lors de la visite, j’ai découvert que dans le monde arabe, il y avait l’islam mais aussi le christianisme et le judaïsme. Pour le jeu vidéo, j’adore ce jeu. J’ai compris avec cette visite que les personnages avaient vraiment existé et que je pourrais utiliser ce jeu pour m’améliorer en histoire ».

À la veille de Noël, les 5 classes de 6e se déplacent vers la Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

Cette Cité a été inaugurée en 2007 au Palais de Chaillot à Paris. Elle est le plus grand centre d’architecture au monde et présente 1 000 ans d’architecture française à travers des collections de moulages, maquettes, peintures murales et vitraux.

Outre le lieu, certains 6e ont visité l’exposition « Les grands monuments parisiens ». De la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’Arc de Triomphe en passant par la Gare du Nord et les immeubles haussmanniens, ils ont pu découvrir l’histoire de Paris à travers ses monuments et architectures remarquables où la grande Histoire s’est mêlée aux anecdotes.

Les autres 6e, eux, ont visité l’exposition « La saga des grands magasins » qui présentait l’histoire des grands magasins. Ils ont découvert comment ces magasins ont changé la façon de faire du shopping et ont influencé la vie des gens depuis le 19e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Écoutons Éléonore et Alexandra (6e 3) : « C’était génial car il y avait plein de maquettes comme celle de l’escalier d’un grand magasin, peut-être celui de la Samaritaine. Il y avait aussi un miroir qui permettait de s’imaginer porter un costume de l’époque des grands magasins ».

Écoutons Dante (6e 4) : « J’ai découvert avec cet atelier qu’à côté de chez moi il y avait de grands monuments comme la Fontaine des Innocents. On a nous a raconté aussi l’histoire des Halles ».

Le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 2025, tous les 6e sont partis, dans le 12e arrondissement, sur les traces de l’Exposition coloniale internationale de 1931 avec le Palais de la Porte Dorée.

Conçu dans un style Art déco, il était à l’origine un musée dédié à l’Empire colonial français, avec un grand bas-relief et un aquarium tropical, toujours en fonctionnement, destiné à présenter la faune tropicale. Après plusieurs changements de vocation, le Palais accueille depuis 2007 la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, devenue le Musée national de l’histoire de l’immigration. Le bâtiment est classé monument historique et reste un lieu important pour comprendre l’histoire coloniale et l’immigration en France.

Voici rapidement résumée, chacune de ces visites : Visite guidée de l’aquarium : Munis d’un livret pédagogique, les élèves ont découvert les poissons d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et se sont particulièrement émerveillés devant les alligators albinos du Mississipi dans la fosse aux crocodiles.

Mission sauvegarde d’une espèce et l’expo Joba Mena

Un médiateur scientifique a sensibilisé les élèves à la fragilité des écosystèmes et à la sauvegarde de l’espèce endémique de Madagascar le Joba Mena, poisson d’eau douce, en danger critique d’extinction.

Musée national de l’histoire de l’immigration

Comment l’immigration enrichit notre quotidien ? Les 6e ont découvert en 1h30 comment les cultures du monde, des plats aux objets, enrichissent leur vie quotidienne.

L’intérieur et l’extérieur du Palais de la Porte Dorée

Enfin les élèves, munis d’un parcours-jeu, en petits groupes, ont pu découvrir en autonomie la richesse de l’architecture du Palais tant à l’extérieur avec ses bas-reliefs évocateurs des colonies qu’à l’intérieur avec la galerie, la salle des fêtes et les salons, bureaux du commissaire de l’exposition coloniale et du ministre des Colonies en 1931.

Écoutons Dante (6e 4) :

« On a découvert ce qu’était un immigré, on a compris la xénophobie et le racisme. Il y avait une sculpture qui m’a touché : un bateau vide d’hommes et chargé de paquets ».

Ces journées culturelles ont donc permis à nos élèves de découvrir la richesse du patrimoine et d’en comprendre l’importance. Ils ont élargi leurs connaissances, développé leur curiosité et pris conscience des enjeux liés à l’histoire, à la diversité culturelle et à la préservation de l’environnement. Gageons que ces journées culturelles, en totale adéquation avec les valeurs portées par le projet oratorien d’ouverture aux autres.

FAUNE ET FLORE

Visites et sorties de l’école primaire

PeindreàlamanièredesImpressionnistesenCM2bleu

Le 19 juin 2025, nous sommes allés au Jardin des Plantes pour peindre comme des Impressionnistes. On voulait expérimenter leur technique et la sensation de peindre dehors. (Sixtine Le Borgne)

Nous avions déjà les bases grâce à l’exposé de Louca et Juliette, et notre visite au Musée d’Orsay. (Joseph Brulé)

Pour peindre, du matériel était nécessaire. Chaque élève avait à sa disposition une boîte de 12 tubes de peinture à l’huile, deux pinceaux, une palette, un carton à pâtisserie comme appui, une toile et des couteaux. (April Pescatore)

Par petits groupes, nous nous sommes répartis à travers le jardin :

- Le groupe de la lavande, le groupe du laurier rose, le groupe de l’allée, le groupe de l’érable du Japon, le groupe du jardin botanique, le groupe du jardin alpin.

Pour débuter, nous avons dessiné plusieurs croquis. Puis nous avons attaqué. Ce fut une belle journée de peinture, nous avons appris beaucoup de choses sur la technique impressionniste. Puis nous avons présenté toutes nos belles peintures à nos parents. (Suzanne Tardio)

Découvertedelamaisondesinsectes:sortiedesCM1bleu,le23juin2025.

Le 23 juin, nous sommes allés à la maison des insectes située à Poissy dans les Yvelines, où beaucoup de petites bêtes parfois jolies comme les papillons ou, monstrueuses comme les mygales ou les blattes souffleteuses, nous attendaient (Sophia VARGUES).

Maxime qui était notre animateur, nous a appris beaucoup de choses sur les insectes. Tout d'abord, il en existe 4 familles différentes. Il y a les insectes, les myriapodes, les crustacés et les arachnides. Nous, c'est la famille des insectes que nous avons découvert, avec grand intérêt. Après toutes ces explications et la visite de la salle d'exposition où des insectes étaient dans un terrarium, nous sommes sortis pour attraper des insectes en extérieur, avec un filet à papillons (Barnabé LAUDOUAR).

Photo de Mme JARMACHE Stephanie, enseignante CM2 bleu

Lejeudi10avril,lesélèvesdeCPbleusontpartis àladécouvertedelafaunemarineàl’aquarium delaPorteDorée.

Pendant l’activité, en petits groupes, ils sont partis à la recherche d’indices afin de restituer à la classe leurs découvertes autour des secrets des écosystèmes d’eau douce et d’eau de mer. Nos aquariologistes en herbe ont appris que chaque poisson s’adapte à son environnement pour mieux se camoufler. Veiller à ce que chaque poisson vive dans l’écosystème qui lui convient le mieux est une des missions de l’aquarium tropical. Les élèves ont ainsi été sensibilisés à la protection de l’environnement.

Le19maidernier,lesCE1vertsontpartisdeMassillonendirectionduRucherGeorgesBrassenssitué dansle15èmearrondissement.Àlasortiedutramway,nousavonsmarchéquelquesminutesàtraversle parcensoleillépourarriveràl’entréedurucheroùnousattendaitnotreguide.

Tout d’abord, nous avons compris que les abeilles préféraient le silence. L’enfumoir est indispensable. Il ne les rend pas inoffensives mais les calme et les prévient de l’ouverture de leur ruche. Elle est composée de plusieurs strates : toit, couvre-cadre, hausse, corps de la ruche, plateau d’envol. On s’en approche avec un voile sur le visage pour éviter de se faire piquer, bien que les abeilles soient peu agressives dans ce rucher.

Chaque ruche est composée d’une reine (marquée d’une couleur selon son année de naissance, bleu en 2025 et reconnaissable à sa plus grande taille), de faux bourdons et surtout d’ouvrières qui travaillent à différents postes au cours de leur vie :

nettoyer la ruche, nourrir les larves (avec le nectar), fabriquer de la cire (indispensable à la construction des alvéoles de stockage), garder l’entrée, ventiler (maintenir une température stable à l’intérieur), récolter le nectar récolter le pollen (sur les pattes arrières), récolter l’eau, récolter la propolis.

La reine est indispensable à la survie de la ruche puisqu’elle a pour fonction de pondre. Au cours de ses 5 ans de vie, elle pondra environ 1 million d’œufs. Si elle meurt, les ouvrières vont construire des cellules royales autour des jeunes larves afin qu’elle soit remplacée.

Les abeilles ouvrières construisent d’une façon remarquable les rayons de cire pour le stockage des produits récoltés et pour l’élevage qu’elle scelle avec la propolis qui leur sert de bouclier naturel contre les bactéries.

Cette visite était très instructive et nous a beaucoup amusés.

Mme Schmerber Marie-Laure, enseignante CE1 vert

CÉLÉBRER

Le Frat des lycéens à Lourdes

Projet animé par Magali Constans et Mathilde Fontaine, animatrices en pastorale

Du12au17avril2025,37lycéensdel’écoleontparticipéaufratdeLourdesavec13500camarades franciliensau “creuxdurocher”

Le Frat, c’est vraiment une expérience à vivre. Que ce soit la joie de vivre, les sourires des gens ou les cérémonies fabuleuses, ce sont quatre jours qui ont profondément marqué mon cœur. Je tiens à remercier les accompagnateurs, qui ont fait de ce séjour un moment inoubliable. J’écris ce témoignage le samedi 4 mai, et pas un jour ne passe depuis le retour sans que je pense au Frat. Je porte toujours mon bracelet, et je compte bien le garder.

Le Frat, pour moi, est centré sur l’entraide et la compagnie de ceux qui nous entourent. Chaque jour, nous chantions de toutes nos forces des louanges à Dieu, ce qui nous a permis, ensemble, de nous rapprocher de Lui et d’apprécier davantage la présence des autres.

Nous avons tous beaucoup pleuré, mais c’étaient des larmes chaudes et, plus important encore, des larmes qui venaient du cœur, bien plus que du corps. Si quelqu’un lit ce témoignage en hésitant à y aller, je vous assure que le Frat sera l’une des plus belles expériences de votre vie. Merci.

Ariane Rabain, (1ere 4)

Le FRAT a été une expérience inoubliable avec de l’ambiance de partout que ce soit dans Lourdes que dans la basilique, avec des groupes de musique super (Bewitness et Les Guetteurs). On y fait des rencontres incroyables que ce soit avec les jeunes présents des différents diocèses qu’avec les encadrants. Il y avait des moments plus calmes comme les prières, la procession, l’adoration. En résumé des moments magiques avec des personnes supers et plein de bon souvenirs !

Louis Layeillon, (2nde 1)

Je pense parler pour beaucoup quand je dis que le Frat a été une renaissance profonde de ma foi, qui est parfois si difficile à ressentir au quotidien. Pourtant, pendant nos quatre jours ensemble, j’ai pu sentir, pendant nos chants endiablés à 13500 accroupis, pendant le sacrement de réconciliation ou encore pendant la silencieuse adoration, le souffle de l’Esprit-Saint au creux de mon cœur. Et même si j’aurai des moments de doute dans ma vie, je sais cela : Le Frat, c’est pour la vie !

Sonia Dragon, (2nde 4)

QUI SUIS-JE ?

Vous passez tous les jours dans le haul devant moi, sans connaître ni mon nom ni ma vie. Qui suis-je?

Prêtre oratorien, l’abbé Chauvin remplit les fonctions de préfet des études au collège de Juilly (Seine-et-Marne) de 1882 à 1892. En 1892, il est nommé à l’école Massillon et exerce tout d’abord comme préfet des études avant de diriger l’établissement à partir de 1903, à 51 ans.

Il a dirigé l’école durant des périodes difficiles :

- La loi de 1901 sur les associations : les congrégations doivent demander une autorisation pour diriger une école. Cette demande est refusée en 1903.

- La création en 1903 d’une société anonyme, composée d’anciens élèves, qui s’occupe des biens de l’école, à la suite du départ des oratoriens

- La crue centennale de 1910 qui cause des ravages, cuisine et réfectoires submergées par deux mètres d’eau. pour l’anecdote : les massillonais sont accueillis dans les locaux des … franc-bourgeois !

- La Terrible Grande Guerre (1914-1918) qui a couté la vie à deux cent quatre massillonnais, morts au champ d’honneur.

Buste de l’abbé, dans le vestibule de l’hôtel de Fieubet

Contraint de se retirer à la suite d’une santé chancelante, il démissionne le 24 juin 1923 et décède le 30 septembre 1928 à Saint-Nicolasprès-Granville (Manche).

Hommage effectué par le comte de Castellane, ancien élève de l’abbé Chauvin : « son sens de l’autorité sa maîtrise élégante à manier les hommes, la prudence de son administration et, quand il le fallait, l’habilité et la diplomatie, toutes ces qualités constituaient chez lui un art souverain du commandement. Il restera le type de l’oratorien lettré et éducateur, tout dévoué à la jeunesse et aux lettres, services pour l’honneur de l’Église et la gloire de Dieu. Liberis et Libris, cela eut pu être sa devise, c’était le programme de sa vie ».

M. DUCHENOY Olivier, chef d’établissement

L’abbé Chauvin, photographie années 1920

A SPECIAL TIME / EINE BESONDERE ZEIT

Noël et Pâques dans les sections lingouistiques

Dans un monde où les cultures se rencontrent et s’enrichissent mutuellement, il est essentiel d’apprendre à s’ouvrir aux autres. C’est dans cet esprit que notre école organise chaque année la fête des lanternes, une tradition allemande qui met en avant le partage et la solidarité.

La fête des lanternes ou « Sankt-Martins-Fest » est une fête très populaire en Allemagne, célébrée chaque année le 11 novembre. Elle rend hommage à Saint Martin de Tours, un soldat devenu évêque, connu pour avoir partagé son manteau avec un mendiant dans le froid. Cette fête est marquée par des défilés aux lanternes, des chants traditionnels et des moments de convivialité.

À l’occasion de cette fête, tous les élèves de notre école fabriquent des lanternes. Grâce à notre formidable professeur de musique, les enfants chantent des belles chansons traditionnelles qui créent une ambiance chaleureuse et festive. Puis, nous partageons un moment chaleureux autour de spécialités allemandes : des bretzels, du pain d’épices, et bien sûr du Kinderpunsch pour les enfants et du vin chaud pour les adultes.

Un moment particulièrement marquant a été la présence de Saint Martin luimême, à cheval, accompagné du pauvre mendiant. Cette scène emblématique, qui raconte le geste de générosité de Saint Martin partageant son manteau, a fait plaisir aux petits et grands.

Cette soirée a permis à chacun de découvrir une facette de la culture allemande, tout en partageant un moment convivial entre camarades. La Saint-Martin nous rappelle l’importance d’être solidaires et ouverts aux autres, peu importe nos origines.

Mme GUTHOFF Sandra, responsable de la section germanophone primaire

The Eggstravaganza is an annual egg decorating competition, which is held by the Massillon English Section in primary for English students ranging from GS to CM2.

Each contestant decorated an egg as a character from a book that he/she had read then brought it to school on Thursday the 10 of April for 9am. (Any late submissions were eggscluded.) The eggs were judged by volunteer teachers and administrators from 10:30-11:00. We had three winners: Medusa by James Daumont (CE1), Where the Wild Things Are by Alexander Carpentier (CM2) and Eggy the Dog by Olympe Monsel (CE2). Each student came home with a prize and a certificate from the competition at the end of the day.

The Eggstravaganza is a special time in the year when students can be very creative while having a lot of fun; this time is unique but also traditional with egg-sighting new ideas every year. “I am looking forward to seeing what everyone is going to cook-up next year,” eggsclaimed Hanna (11). Sadly for the CM2 class, this was their last Eggstravaganza, but for everyone else including new arrivals, this is the doorway to endless creativity and an invitation to come and join the competition in the many more years of egg decorating to come.

Juliette Lovelock, CM2 bleu

NOS ÉLÈVES ONT DU TALENT

Carte de vœux 2025

Danslecadreduthèmedel’année”S’ouvrirauxautres”,lesélèvesontparticipéàunprojetde réalisationdecartesdevœux.Cetteactivitécollectiveapermisàchacund’exprimersacréativité toutenvéhiculantdesmessagesdesolidarité,depaixetd’espoir.Parleurimplication,lesélèvesont contribuéàuneactionsimplemaissymbolique,favorisantl’ouvertureàl’autre,lepartageetlerespect.

Le cœur des élèves de Massillon

Bravoauxgagnantes,voicileurmessage ”Nous avons fait signer tous les élèves du collège de Massillon. Pour nous s’ouvrir aux autres c’est montrer tout lemondeàtraverscecœurquiesttrèsgrand.Nousavons montrerlesdifférencesdetousparl’écriture”.

Charlotte FRANCOUAL(4e 1)

Ludivine LANSON--PICONE (4e 1) Mathilde REY--BULLMER (4e 1)

Charlotte.F - Ludivine.L.P - Mathilde.R.B

ANNÉE 2025

Les échos de Massillon
Les échos de Massillon
Les échos de Massillon

PRIMAIRE 2024-2025 - LISTES

Chef d’établissement du 1er degré Mme Nathalie LABAT

Assistant de direction M. Jean-Marc BOURA

Accueil, Secrétariat vie scolaire Mme Joana CARTRY

GS Mme Marie CHARDIN

CP Bleu Mme Marie-Madeleine LALAU

CP Vert Mme Soizic THIRIEZ

CE1 Bleu Mme Catherine BEZAULT

CE1 Vert Mme Marie-Laure SCHMERBER

CE2 Bleu Mme Marie-Lucie GÉRAULT

CE2 Vert Mme Isabelle VERDONK

CM1 Bleu Mv Isabelle PREVOST

CM1 Vert Mme Maryline OJEDA TEBOUL

CM2 Bleu Mme Stéphanie JARMACHE

CM2 Vert Mme Hélène LE SAUX

Enseignants EPS M. Clément CAVALADE, Mme Amandine CHARLES, M. Séraphin MAINDRON, M. Giacomo STOCCHI, M.Andy GARCIA

Enseignant Musique M. Vincent de ROOSTER

GS MATERNELLE

ACHTEL MENDIVE Louis

ALLIOT Stéphane

ATTIA GANI Émilie

BANDELA SAN JOSE Olivia

BELUSA RABOISSON Ysée

BLANCHARD-DIGNAC Isaure

BOTIJA BARRAO Simon

BOURRELLIS Madeleine

BRULÉ Margot

CAILLAUD Octave

ENYEGUE BARTHOLDT Jack

GABAY Noah

GRAF ZU ELTZ Erwein

HERR Louis-Julien

HU Nathan

ISENBERG MURAT Noé

KRYSINSKI CHO Théo

LENOIR Ian

LEU Zoé

MASSART Ella

MATZ Leo

MENAGE SPEER Sienna

OLLIVIER-BARROWS Jacob

RAMBERT TOLEDANO Oscar

RAYNAUD Vivienne

ROUMIEU Elizabeth

RUPIN Lily

SARFATI Ava

SERRE Emmylou

TASSIN DE MONTAIGU Olympia

CP BLEU

AGOSTINI Joseph

BILKEY Samuel

DELAMARRE Stella

DELANNET Théodore

DILLI Axel

DURRETT LOUP Claire

GALPIN VAN DER LOO Aloïsia

GODOUET Daphné

GRAF ZU ELTZ Lidvine

GUINARD Ambroise

GUINAUDEAU Louis

KAING Gisele

KONG LIEGEY Anatole

LAGORCE Julien

LAKRITZ Naomi

LE BORGNE Aymeric

LOBE Imran

MANDAGOT Charlotte

MASSON Auriane

MAZZELLA SPETH Perle

STRICKNER Florian

TIZON DEL VALLE Aurel

TORTEL Maxence

WILLIAMS HARRISON Ivan

CP VERT

ALBERT Charlotte

BÉNÉZETH Rose

BETOLAUD DU COLOMBIER Paul

BRAUN Maxime

CAILLE DU MESNIL DU BUISSON

Joseph

CHARETON Fanélie

CORNUT UHDE Elina

DARNIS Victoire

DUBOIS PESHKAM Arthur

FLOUEST FREITAG Jonas

FOURNIS MAXAN GONZALEZ

Pablo

FRIETSCH LE GAL Albane

GABAY Adam

GAGEY Félix

GIRARD Olivia

HAISSAT Raphaël

HANSEN DAVID Daphne

HODGE Henry

JEAN-BAPTISTE Melvil

JEANMOUGIN Alexis

LAKRITZ Joanna

MEDJDOUB WINBERG Neil

MOULS Antonia

NAYLOR Nico

RAHN Gustave

VAJCZIK LY Oktave

CE1 BLEU

CAILLAUD Théobald

CARPENTIER Romy

DIALLO Aïssatou lea

DRAGON Adrien

GRUYER Emile

HICKMAN David

HUREL Stella

ILIOU Céleste

ISENBERG MURAT Maya

LÉONARD NGUYEN Margaux

LESER GUENNEUGUES Cassius

LI Zoé

LOURDU Adona

MARCHAND MONNERVILLE

Gabrielle

NYITCHONDA BITEP Samuel

OUADFEL Sofia

PESCATORE Balthazar

SALTOGLU Eliz

SARA Vanessa

SIMONNET Marcel

THOMAS Charlotte

VICHNIEVSKY Annabel

VIET-MOATI Basile

VON MUHLENDAHL Paul Alexandre

ZEC LAUTERBACH Konstantin

ZOLL RICARD Lee-Marshall

CE1 VERT

BETOLAUD DU COLOMBIER

Irène

BONDUELLE Charlie

BOTIJA BARRAO Gabriel

BRODZIAK KAÏM Selma

BROOKE CHIND Maximillian

BRULÉ Gabriel

BURBANK KITSCHENBERG Lily

CIVELLI Délia

CLAIRE PUJOL Lucas

DAUMONT James

HUGONNET Stella

ILHARREBORDE Colette

KONG LIEGEY Mathilde

KÖNIG TAUSZIG Émile

KRAHN Stella

KUBINYI Kiyan

MALKA Elijah

MALORTIGUE Nour

MEADE Noah

MULTRIER-DELPECH Alix

NOUSIAINEN Henri

O’ROURKE Pénélope

RAYNAUD Marguerite

RUPIN William

THOMAS Vadim

THOMPSON Ella

VASCHALDE Elina

VON MUHLENDAHL Eléonore

VU Lê My

CE2 BLEU

BELLAZRAK Victoria

BERKANI Flavio

BLAYNEY Ben

BOURNE Dillinger

Responsable section bilingue Anglais Mme Kristina PREMRL

Enseignantes section bilingue Anglais Mme Caroline O’BRIEN / Mme Allison CREED Enseignantes initiation Anglais Mme Caroline O’BRIEN / Mme Allison CREED / Mme

Marja VAN DER LOO

Responsable section bilingue Allemand Mme Sandra GUTHOFF

Enseignantes section bilingue Allemand Mme Katja BAUM / Mme Ulrike FELDMANN

Enseignante initiation Allemand Mme Ulrike FELDMANN

Surveillance M. Nicolas SCHMITT, M. Moussa NAWAEA

Surveillance grande section Mme Djouzia AÏT OUAZZOU

CAILLE DU MESNIL DU BUISSON

Céleste

CORNUT UHDE Leonora

DUPLANTIER Luca

FRIETSCH LE GAL Sasha

GARBOUA Abel

GERAUD SANANIKONE Sola

HU Mathieu

JEANMOUGIN Maxence

MANDAGOT Esther

NAFA Aude

PAUPORTE Wilfrid

RAHN Leopold

RAMBERT TOLEDANO Olympe

RUSSO IGOU Raphaël

SCHWIEREN Elian

TASSIN DE MONTAIGU Stella

TIZON DEL VALLE Amaury

TROUBAT César

VIDAL GUIDO Maximilien

VILLAIN Alma

VOLZ Willem

ZEC LAUTERBACH Alexander

CE2 VERT

ALLIOT Frédéric

AUBRY Moritz

BELUSA RABOISSON Ninon

BLANCHARD-DIGNAC Max

BRACHET Francis

BRAUN Jérôme

DARNIS Clémence

DE CATHEU Gaspard

ENYEGUE BARTHOLDT Jason

HAISSAT Basile

LAURENT-ASSEMAN Amaury

LOBE Ismaël

MABILON Noah

MAITRE Capucine

MAZZELLA SPETH Gabriel

MEYER Estelle

MINASSIAN Zeno

MONSEL Olympe

NOUAILI Idris

OLLIVIER-BARROWS Inès

PELHATE Joséphine

POUPONNOT Gabin

RUSSAC Paul

SAWASTYANOWICZ BIRIS Elisa

SPIVAK Emily

THOMAS Rosa

VAJCZIKOVA LY Zofia

VIDAL GILLES DE PELICHY Calixte

WILLIAMS HARRISON Nils

CM1 BLEU

ABGRALL Lou

ALMECIJA MARIANI Elias

ARZEL Owen

BILKEY Charles

BURKE Félix

CHARETON Marin

DAROUICH Aya

DIASCORN LOCQUET Théodore

EWERSBACH Liv

FOURNIS MAXAN GONZALEZ

Tess

HODGE May

HUYNH-GALLAIS DOLLAT Lucie

JEAN-BAPTISTE Dorian

LAKRITZ Rose

LAUDOUAR Barnabé

LOI Neri

MACQUET Charles

MALLET LEMOINE Phoebe

MEDJDOUB WINBERG Rayan

NOUSIAINEN Hilla

NOUVELOT Emma

QUENEAU TRÂN Bertille

STEINER Sophie

TORTEL Joséphine

VARGUES Sophia

VETTIER Bastien

VICHNIEVSKY Sofia

VIVOT Sacha

CM1 VERT

ASTIER DELOBEL Caroline

ATTIA GANI Roxane

BANDELA SAN JOSÉ Paloma

BARDAY Pietro

BRODZIAK KAÏM Eva

CHAUVEAU Elise

DELAMARRE Gisela

DIASCORN LOCQUET Maximilien

DUBOIS PESHKAM Alexandre

GAZNABBI William

GODON YOUNAN Anton

HARTLEY GALLAND Margaux

HEINRICH Raphael

HURSTEL Jane

LESOURD Edmond

LOBE Maïssa

MARX PIERRARD Apollonia

NOISTERNIG Oskar

PALAU-GATELL Norah

PUERARI Gaspard

ROUX-FOUILLET Achille

SAWASTYANOWICZ BIRIS

Philippe

SCHWAB NONI Luisa

THIERRY Anatole

TROJMAN Lia

VAWGA ULMANN Samuel

VIDELAINE Lucile

VOLHUER Elda

YE Michel

CM2 BLEU

BRAMLY Alfred

BRULÉ Joseph

BRUMLEY Charlotte

BURBANK KITSCHENBERG Anaïs

CAILLAUD Athénaïs

CARPENTIER Alexander

CATHERINE Alban

CAURETTE Anouk

CHEN Sophie

CHRISTMANN Louca

DEGRAEVE Alban

DESTEL Hanna

HAISSAT Jeanne

KEMPER SACK George

LAURENT-ASSEMAN Léonie

LE BORGNE Sixtine

LELLOUCHE LOIZEAU Vadim

LEMARE Charles

LOVELOCK Juliette

MAURY Suzanne

MENNOUR SCHÄFER Elyas

MOSTYN-OWEN Amedeo

PESCATORE April

REICHLE Sanaé

ROND Alistair

SCHENK Zoe

STAMM CHASTRES Léna

TARDIO Suzanne

TROJMAN Gabriel

VERAN SCHÖCHLIN Louise

CM2 VERT

ALBERT Zachary

BELLAZRAK Raphael

BRAUN Alexis

BRUCKER Valentin

BURRELL-CHU Mai-Lan

CABOS HAYES Alastair

COGITORE Salomé

CORMAN KHAMSI Stella

DILLI Luna

DÖMLING-GUILLIN Largo

KLOCKENBRING Ariane

KOPP Titouan

KORAHAIS Emily

KRAHN Anna-Lou

LAGORCE Margaux

LI Pauline

MABILON Lea

MAGNETTO Stella

MALLET LEMOINE Kalliopi

MASTEY Angie

M’BAYE BAUDEAU Nils

MOULS Alicia

OLOA MESSOA Zoé

PEYROT Stanislas

SALLÈS Edouard

SIMONNET Jeanne

STERN Grégoire

TURGUL Mathis

WALTER June

WIESNER Inès

Tale 3

ALBERT Sacha

BOUHANNA Leah

CORIAT Alexandre

DELAS Charles

DESSILLONS Juliette

DURIEZ Alban

EL BOUHALI Manal

FRANCHINI Ruben

GIRARDOT Stanislas-Andrès

GUIENGANI Axelle

HASSAM DAYA Salman

KAHANE Gabriel

KASSAB Achille

KLOSSA-LOUIT Victor

KNECHT Léo

LOBÉ--LEBEL Isaac

MAYER-SISSLER Oscar

MIMOUN Simon

MIYARA Marc

SECONDAIRE 2024-2025 - LISTES

NGUYEN VAN TAN Clément

OSBURN Nina

POUZOULLIC Sacha

ROCHER-LACOSTE Agathe

TABOR Salomé

TAING Lisa

THIENOT--BERTHEZENE Coriolan

TOLLET Raphaël

WALTER Manhattan

ZARROCA Nina

Tale 4

ANDRÉ Tiaré

BAUMEISTER Luca

BIRON Adrien

BLUMSTEIN--LACRONIQUE Ella

BRUAS Giulia

DOUVILLÉ Amaury

ELOY Pierre

EUPHROSINE Julia

ENSEIGNANTS DU SECONDAIRE

Mme ALABARDI Christine

FULHAM Kiara

GAUTIER Louis

GIBB Leandro

GRAY Molly

GUNTHER Louella

ISAAC-GOIZE Jules

JAKOB-MACFARLANE Marta

KEN Valentine

KIBARIAN Naïri

KLEY Paul

LAVOINE--PONIATOWSKI Roman

LEFRET--NGUYEN Robinson

LOUIS Sacha

MONVILLE Emile

PATRIGEON--LEHENANFF Diane

POUQUET Tess

ROBAIN Ezra

SAUVAGE DE BRANTES Amance

SEHER GIMENEZ Sofia

SERFATI Laura

M. ALLAGNON Stéphane..................................................TECHNOLOGIE

Mme BAUM Katja

Mme BELHASSEN Emma...........................................

M.

M.

Mme

Mme BULOW Janne

Mme

Mme CAMBOURNAC Laure

M. CAVALADE Clément

Mme CHARBONNEL Sophie

Mme CHARLES Amandine

Mme COSTENBERG

M. COUSIN Sébastien SCIENCES PHYSIQUES

M. DE BUHREN Laurent PHILOSOPHIE

Mme DE CASTRO Sandra SVT

Mme DE LA TORRE Mary ANGLAIS LM

Mme DRAY Emmanuele DOCUMENTALISTE

Mme DRIEU LA ROCHELLE Laurène ANGLAIS

M. DUQUESNOY Charles HISTOIRE GEOGRAPHIE

M. EL AZZI Antoine SCIENCES PHYSIQUES

Mme FABRE Agnès FRANCAIS

Mme FLANDRIN Pauline HISTOIRE GEOGRAPHIE

Mme FRASER Susan ANGLAIS LM

M. GARCIA Andy.................................................................................EPS

Mme GARNIER Maria ESPAGNOL

Mme GARRIGUE Pia ALLEMAND

Mme GAUCHER Anne FRANCAIS

Mme GENDALL Susanna ANGLAIS LM

M. GILBERT DE VAUTIBAULT Gustave SES

Mme GIRARDOT Raphaelle FRANCAIS

Mme GIRAUDO Anne-Christine SES

Mme GRAINE Lydia SCIENCES PHYSIQUES

M. GUICHARD Florian MATHEMATIQUES

Mme GUTIERREZ GIRALDO Erica ESPAGNOL

Mme GUTIERREZ SANCHEZ Angela ESPAGNOL

Mme HABCHY Isabelle SES

M. HANUISE Antoine SVT

Mme HELIAS Sophie MATHEMATIQUES

M. HULIN François................................................................ALLEMAND

Mme JANNIN Claire FRANCAIS

Mme LANG Jasmin ALLEMAND

Mme LEBOUR Laura DOCUMENTALISTE

Mme LIPKOWICZ Emilie HISTOIRE GEOGRAPHIE

Mme LIPKOWICZ Ory PHILOSOPHIE

Mme LIZE Marie-Claude MUSIQUE

M. MAINDRON Séraphin EPS

Mme MANTE Anne MATHEMATIQUES

Mme MARION Frédérique ARTS PLASTIQUES

M. MBODJI Mandougou ..............................................MATHEMATIQUES

M. MERY Romain SCIENCES PHYSIQUES

Mme MEYER GAOUYER Emmanuelle SVT

M. NIANG Talla.............................................................MATHEMATIQUES

M. NELZY Cédric HISTOIRE GEOGRAPHIE

M. PAPALIA Jérôme HISTOIRE GEOGRAPHIE

M. PASTOR Nicolas.................................................................ALLEMAND

Mme POTTEAU Cécile ANGLAIS

M. RAGUENET DE SAINT ALBIN Philippe MATHEMATIQUES

Mme RENARD Marie HISTOIRE GEOGRAPHIE

Mme RIVIERE Marie HISTOIRE GEOGRAPHIE

M. ROMAGNE Thierry FRANCAIS

Mme ROYNETTE Jamie ANGLAIS

M. SADOU Djaffar SCIENCES PHYSIQUES

Mme SAMY MEILLER Rita SVT

Mme SATTERWHITE Mélanie ANGLAIS

M. SECK Mamadou MATHEMATIQUES

M. SILGA André MATHEMATIQUES

M. SOLTANI Abdellatif MATHEMATIQUES

M. STOCCHI Giacomo EPS

VABRE - GÉNEAU DE LAMARLIÈRE Aurée

VON BÜLOW Noah YE Enzo

ZUBER Paloma

Tale 5

AMBLARD-SENEZE Maxime BARTH Mathilde BERLIN Zita BONNET Albane CHATELUS Adèle

CLERC Hannah DESPRES Eugène

DESROUSSEAUX Sarah ELOY Jeanne FORCHINO Jeanne GAULTIER Jeanne GIQUELLO Lucrezia HERMET Alice ISAMBERT Gaëlle

M. TACHERIFET Riad

JEANNIN Louison

JEANTET Moïse KAABI Aurelia KEARNEY Valentine LEFRANC Emilie MEIER DI GIOVANNI Sarah NEWMAN Julian PICARD Romane

PINEAU DE LA GUERRANDE Gustave REKIK Emira

REYNIS Joseph RYAN Scarlett

SIVIGNON Joséphine TAY BOU DARGHAM Rhea THAI Amandine

TRAUTNER Teodor WIMBUSH Oscar

ANGLAIS LM

M. TALBOT Anthony ANGLAIS

Mme TOUBALEM Céline FRANCAIS

Mme VANDEVOORDE Alix........................................................FRANCAIS

M. VERNAY Robinson ..........................................................................EPS

Mme WEIKEL Laura ANGLAIS LM

RESPONSABLES PÉDAGOGIQUES ET ÉDUCATIFS

M. DUCHENOY Olivier Chef d’établissement

M. MENSAH Israël Prêtre référent

Mme GIRAUDO Anne-Christine.... Responsable pédagogique 1ere et Tle

M. PAPALIA Jérôme Responsable pédagogique 3e et 2nde

M. DUBOIS Jeremy Responsable pédagogique 5e et 4e

Mme GAUCHER Anne.....................................Responsable pédagogique 6e et Responsable du BDI

Mme BÜLOW Janne Responsable de la section germanophone

Mme CONSTANS Magali Animatrice en pastorale

Mme FONTAINE Mathilde...................................... Animatrice en pastorale

M. BOISSEAU Dominique Surveillant général

M. RAMALINGOM Timothée......Coordinateur de la vie scolaire 1ere et Tle

Mme PAYAN Alexandra Cadre éducatif 3e et 2nde

Mme BOSI Isabelle Coordinatrice de la vie scolaire 5e et 4e

M. CAM Mikaël Coordinateur de la vie scolaire 6e

M. MAINDRON Séraphin Responsable des sports

Mme ROUSSEL Sonia Infirmière

Mme PERSYN Amélie Infirmière

Mme MANUCCI Karen Assistante de laboratoire

ADMINISTRATION ET INTENDANCE

M. BEART Emmanuel Intendant-Gestionnaire

Mme PETTE Elodie Assistante de direction

Mme LEROY Marie-Agnès Relation familles

Mme LECOMTE Amélie Communication

Mme CASTEX Muriel Chef comptable

Mme DELERUE Armelle Comptable

Mme ALBACETE Aurore Assistante comptable

M. RABEMANANTSOA RIJA Tahina Assistant comptable

M. DELZANT Guillaume Technicien informatique

M. VIOSSAT Raphael........................................... Technicien informatique

M. PADRAO Henrique Entretien

Mme HITACHE Farida Accueil

Mme INVERNO Rosa Accueil

ÉDUCATEURS DE VIE SCOLAIRE

Mme AIT OUAZZOU Djouza - Mme BERTE DE POMMERY AliénorM. BERTHE DE POMMERY Maxence - Mme BOUCHAFA DalilaMme CHENG Juliette - Mme COHEN Lyora - Mme CONSTANS Marie

Marguerite - M. COUDERT Clément - M. COUPY Eliot - M. DAVEAU Raphael - M. DIAWARA Moussa Moussa - Mme HEBHAB Karima - Mme KIPPEURT

Natasha - M. LECOMTE Benoît - Mme LEFEVRE Lou - M. LEGRAND

Alexandre - M. LESTANG Guilhem - M. LHEUR Ilan - M. MARTINET Lucas -

Mme MATRI Camille - M. SABATIER Dylan - M. SCHMITT Nicolas

ÉTUDES DIRIGÉES

Mme BRUN Emmanuelle

Mme UNTERNER Béatrice

M. SECK Mamadou

AESH

Mme D’ARCIMOLES Guillonne - Mme DUPONCHEL Anne-Laure -

Mme SOLOWY Diana - Mme UNTERNER Béatrice

l’année prochaine

Établissement privé catholique sous contrat d’association Tutelle de l’Oratoire de France

2 bis quai des Célestins - 75004 Paris 01 53 01 91 60

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