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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ECOLE INTER - ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES (E.I.S.M.V.)

ANNEE : 2017

N°30

SUIVI SANITAIRE ET ZOOTECHNIQUE DE VACHES MONTBELIARDES ET DES VEAUX DANS UNE FERME LAITIERE A ROSSO (MAURITANIE) THESE Présentée et soutenue publiquement le 29 Juillet 2017 Devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de Dakar Pour obtenir le grade de

DOCTEUR EN MEDECINE VETERINAIRE (DIPLOME D’ETAT) Par Akouèmaho Mathieu DOSSOU Né le 28 Septembre 1992 à Adjohoun (Bénin)

Jury Président :

M. Emmanuel BASSENE, Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de Dakar

Directrice et Rapporteur de thèse :

Mme Mireille Catherine KADJA WONOU, Maître de Conférences Agrégé à l’EISMV de Dakar

Membre :

M. Serge Niangoran BAKOU, Professeur à l’EISMV de Dakar

Co-directeur de thèse :

M. El Hadji Daour DRAME, Docteur vétérinaire, Directeur Général de la Société AFRIVET


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DEDICACES A Dieu, l’Eternel tout Puissant, pour lequel rien n’est impossible. A ma Mère et mon Père, Le présent travail est le fruit de vos prières et encouragements. Puisse Dieu vous bénir en abondance et vous prêter Santé et Longue Vie. Puisse-t-il m’accorder la grâce de vous combler bien au-delà de vos attentes ; vous le méritez. Je vous aime. A mon petit frère Toussaint, puissions-nous être toujours soudés comme nous l’avons toujours été. A ma seule et unique sœur Eléonore, Tu es ma Seconde mère. Que Dieu te bénisse. Amen. A tous mes autres frères, Prosper, Gérard, Ferdinand et Hermann. Ce travail vous revient. A ma tante Françoise. A tous mes cousins Wilfried, Septime et Gildas. A mes amis Janvier et Gildas de Missérété. A ma Directrice et Rapporteur de thèse Madame, Mireille Catherine KADJA WONOU, pour la confiance, le soutien et les conseils. A mon Encadreur de thèse, Docteur El Hadj Daour DRAME, Directeur Général de la Société AFRIVET, pour le soutien et les conseils. Vous êtes l’un de nos exemples. A la famille de la ferme moderne de Diamniadio : Pape Diop, Abdou, Seyni, Anlyou, Mariam et Gibril. Au Doyen Ousmane, responsable technique de la Société AFRIVET. A Monsieur Fallou, à la Société AFRIVET pour ses soutiens moraux et en tant que l’un des rares vrais amis. Au Docteur Ndoye pour la préparation du travail à Diamniadio. ii


Au Professeur Simplice AYISSIWEDE, pour son suivi paternel, ses nombreux, divers et utiles conseils. A Monsieur Théophraste LAFIA, cher aîné. A Monsieur Ibrahim NDIAK, le responsable technique de la ferme CMK. A Monsieur KANE Ciré Mahmoud, le propriétaire de la ferme de Rosso. Aux Docteurs Abass KOUMAI et Etsri PENOUKOU. A Mlle Awa LADIANE, pour ses différents soutiens. Au Docteur Viviane AHOUANGANSSI. Au Docteur Bill Orou, ancien Directeur de la Direction de l’élevage (Bénin). Aux Doyens Edmond DOSSA et Beaugelait à CARDER-OUEME. Au Docteur Chimelle, Vétérinaire à Dangbo. Au Docteur Fafa SOW. A mes compatriotes et amis : Quentin, Hospice, Emile, Michel, Brice, Daniel. A Monsieur DJETTIN Eric. A toute la communauté bénino-togolaise vétérinaire. A mes amis de l’EISMV : Gérard, Bruno, Lecor, Doudou, Kéïta, Khadidjatou, Fatou, Aïcha, Khadi, Alice, Brigitte, Amadou, Harouna Barry, en souvenir des moments passés ensemble. A la 44ème Promotion de l’EISMV. A l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires (EISMV) de Dakar. A mon pays d’accueil, le Sénégal, la Teranga. A ma chère Patrie, le Bénin.

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REMERCIEMENTS Toutes mes sincères reconnaissances à tous ceux qui m’ont permis de réaliser ce travail. Au Professeur Yalacé Yamba KABORET, Directeur Général de l’EISMV de Dakar. A ma Directrice de thèse, Professeur Mireille Catherine KADJA WONOU. Au Docteur El Hadj Daour DRAME, Co-directeur de thèse. Au Professeur Simplice AYISSIWEDE. Au Professeur François Adébayo ABIOLA. Au Docteur Ismaïl Gaël ALLY, Président de l’Ordre National des Médecins Vétérinaires du Bénin. Au Docteur Fatima SYLLA, la Marraine de notre Promotion. Au Professeur BADA ALAMBEDJI Rianatou, Professeur accompagnateur de notre promotion. Merci pour nous avoir guidés. A tout le personnel de l’EISMV. A M. Théophraste LAFIA pour ses nombreux et utiles conseils. A Mlle Awa LADIANE. A mes aînés : Docteurs Jean, Fidèle, Victor, Damien, Souahibou, Géoffroy, Raoul, Sahidi, Saliou. A tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce travail.

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A NOS MAITRES ET JUGES A notre Maître et Président de jury, Monsieur Emmanuel BASSENE, Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de Dakar, Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de thèse. La spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre sollicitation nous a beaucoup marqués. Trouvez ici l’expression de nos sincères remerciements et de notre profonde gratitude.

A notre Maître, Directrice et Rapporteure de thèse, Madame Mireille Catherine KADJA WONOU, Maitre de Conférences Agrégé à l’EISMV, Vous avez inspiré et dirigé ce travail et, aujourd'hui, vous acceptez de le rapporter. Votre rigueur scientifique et votre sens aigu des relations humaines suscitent le respect et l’admiration. Veuillez trouver ici, l’expression de notre profonde gratitude et nos remerciements les plus sincères.

A notre Maître, Co-directeur de thèse Monsieur El Hadj Daour DRAME, Docteur vétérinaire, Directeur Général de la Société AFRIVET Vous avez su guider nos pas avec tact et lucidité. Votre abord facile, votre disponibilité jamais démentie et votre sens des relations humaines ont été déterminants dans l'accomplissement de ce travail qui est aussi le vôtre. Profond respect et admiration.

A notre Maître, Monsieur Serge Niangoran BAKOU, Professeur à l’EISMV de Dakar Nous ne saurions vous remercier jamais assez de l'intérêt que vous n'avez cessé de porter à notre formation et du grand honneur que vous nous faites en acceptant de juger notre travail. Nous vous exprimons, ici, nos sincères remerciements et profonde reconnaissance. v


« Par

délibération,

la

faculté

de

Médecine,

de

Pharmacie

et

d’Odontostomatologie et l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar ont décidé que les options émises dans les discussions qui leur sont présentées, doivent être considérées comme propres à leurs auteurs et qu’elles n’entendent leur donner aucune approbation ni improbation »

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LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AFRIVET:

Vétérinaires de l’Afrique

CAA :

Chambre d’Agriculture d’Auvergne

CABC :

Centre d’Agriculture Biologique du Canada

CEDEAO :

Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest

cm :

centimètre

CMK :

Ciré Mahmoud KANE

CMT :

California Mastitis Test

CMV :

Complexe Multi-Vitaminé

EISMV

Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires

EUROP:

Grille de classification de carcasse de gros bovins

FAO :

Food and Agricultural Organization

g:

gramme

GMQ

Gain Moyen Quotidien

ha :

hectare

IA :

Insémination Artificielle

IOAA :

Intermon Oxfam and Acord Amad

ISRA :

Institut Sénégalais de Recherches Agricoles

kg :

kilogramme

km :

kilomètre

LARES :

Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Expertise Sociale

m:

mètre

ml :

millilitre

MB :

Matière Brute

MS :

Matière Sèche

m2 :

mètre carré vii


ns :

non significatif

OMS :

Organisation Mondiale de la Santé

ONG

Organisation Non Gouvernementale

PADEL :

Projet de gestion des Parcours et du Développement de l'élevage

PCR :

Polymerase Chain Reaction

PV :

Poids Vif

RIM :

République Islamique de la Mauritanie

UBT :

Unité Bétail Tropical

UE :

Union Européenne

UHT :

Ultra Haute Température

UM :

Unité Monétaire (Mauritanie)

°C :

degré Celcius

%:

pour cent

‰:

pour mille

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LISTE DES ILLUSTRATIONS LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Diverses zones climatiques de la Mauritanie ............................................ 5 Figure 2 : Evolution des importations du lait et dérivés entre 2003 et 2007 (IOAA, 2008). ....................................................................................................................... 12 Figure 3 : Evolution des cheptels de petits ruminants, de camelins et de bovins de 1998 à 2007.............................................................................................................. 12 Figure 4 : Différentes parties d’une vache (une femelle) ......................................... 19 Figure 5 : Circuit de l'air observé dans un bâtiment fermé (A) vue en coupe et dans un bâtiment semi-ouvert (B) vue en plan .................................................................. 29 Figure 6 : Deux catégories de courbes de lactations moyennes .............................. 36 Figure 7 : Génisse montbéliarde .............................................................................. 40 Figure 8: Palette de CMT et le réactif. .................................................................... 41 Figure 9 : Ruban barymétrique ................................................................................ 41 Figure 10 : Exemple d’identification des coupelles de la palette de CMT ................ 43 Figure 11 : Technique d’utilisation du ruban barymétrique ...................................... 46 Figure 12: Bâtiment d’élevage des vaches laitières. ................................................ 48 Figure 13 : L’ambiance dans le bâtiment d’élevage des vaches laitières. ............... 49 Figure 14 : Box individuel pour veau avant sevrage. ............................................... 50 Figure 15 : Résultat d’un test de mammite subclinique ........................................... 58 Figure 16 : Génisse atteinte de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. .......... 60

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Capacité d’adaptation de la Montbéliarde et la Holstein

au stress

thermique.................................................................................................................. 21 Tableau II : Productivité et valeur fromagère du lait. ................................................ 22 Tableau III : Moyennes arithmétiques et écarts-types des paramètres de reproduction et de production laitière des vaches de race Holstein et Montbéliarde. 24 Tableau IV : Normes de logement des génisses en fonction de l’âge...................... 27 Tableau V: Evolution des besoins alimentaires quotidiens de la vache selon son état physiologique ............................................................................................................ 31 Tableau VI : Quelques performances de production laitière de différentes races exotiques dans quelques pays. ................................................................................ 35 Tableau VII: Interprétation du Leucocytest............................................................... 44 Tableau VIII : Alimentation des vaches laitières ....................................................... 52 Tableau IX : Alimentation des veaux avant sevrage ................................................ 55

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SOMMAIRE INTRODUCTION ........................................................................................................ 1 PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE.......................................... 3 CHAPITRE I : ELEVAGE LAITIER EN MAURITANIE ............................................... 4 1. CONTEXTE ECO-CLIMATIQUE ET SYSTEMES D’ELEVAGE .......................... 4 1.1.

contexte éco-climatique ................................................................................. 4

1.2.

Systèmes d’élevage ........................................................................................ 7

1.2.1.

Systèmes pastoraux nomades ................................................................... 7

1.2.2.

Systèmes pastoraux et agropastoraux transhumants ............................. 7

1.2.3.

Systèmes agropastoraux à élevage sédentaire associé à l’agriculture . 8

1.2.4.

Systèmes extensifs urbains ....................................................................... 8

1.2.5.

Systèmes semi-intensifs ............................................................................. 9

1.3.

Races bovines exploitées ............................................................................ 10

1.3.1.

Races locales ............................................................................................. 10

1.3.2.

Races exotiques ........................................................................................ 11

2. PRODUCTION LAITIERE EN MAURITANIE .................................................... 11 2.1.

Demande en lait et produits laitiers ............................................................ 11

2.2.

Couverture des besoins ............................................................................... 12

2.2.1.

Offre de lait frais (local) ............................................................................ 12

2.2.2.

Offre de lait frais (local) transformé ......................................................... 13

a. Transformation et Reconditionnement industriels ....................................... 13 b. Conservation et transformation traditionnelle du lait ..................................... 14 2.2.3.

Offre de lait et produits laitiers importés ................................................ 15

a. Lait et dérivés non reconditionnés ................................................................. 15 b. Lait en poudre transformé et reconditionné .................................................. 15 3. CONTRAINTES A LA PRODUCTION LAITIERE.............................................. 15 4. APPROCHE POUR L’AMELIORATION DE LA PRODUCTION LAITIERE ...... 16 xi


CHAPITRE II : GENERALITES SUR LA RACE MONTBELIARDE ........................ 18 1. HISTORIQUE ..................................................................................................... 18 1.1.

Avant la Montbéliarde .................................................................................. 18

1.2.

Naissance de vache montbéliarde .............................................................. 18

2. SIGNALEMENT GENERAL DES MONTBELIARDES ...................................... 19 3. QUELQUES COMPARAISONS ENTRE LES RACES MONTBELIARDE ET HOLSTEIN ............................................................................................................... 20 3.1.

RUSTICITE DE LA MONTBELIARDE ........................................................... 20

3.2.

MODE D’UTILISATION .................................................................................. 22

3.2.1.

Productivité et valeur fromagère des laits .............................................. 22

3.2.2.

Reproduction ............................................................................................. 23

3.2.3.

Performances bouchères ......................................................................... 24

3.2.4.

Systèmes d’élevage .................................................................................. 25

CHAPITRE III : GESTION DU LOGEMENT, DE L’ALIMENTATION ET DE LA SANTE DANS UN ELEVAGE LAITIER ................................................................... 26 1. GESTION DU LOGEMENT DANS UN ELEVAGE LAITIER ............................. 26 1.1.

Conception d’un bâtiment en élevage laitier .............................................. 26

1.2.

Effet des paramètres d’ambiance sur les performances de la vache

laitière ...................................................................................................................... 28 1.3.

Maitrise des paramètres d’ambiance et conséquences d’un mauvais

logement.................................................................................................................. 28 2. GESTION DE L’ALIMENTATION ...................................................................... 30 2.1.

Besoins nutritifs chez la vache ................................................................... 30

2.2.

Conduite de l’alimentation des vaches laitières ........................................ 31

2.2.1.

Pendant le tarissement ............................................................................. 31

2.2.2.

Période de début de lactation................................................................... 32

2.3.

Alimentation des veaux ................................................................................ 32

2.4.

Aliments utilisés en production laitière ...................................................... 33 xii


3. GESTION DE LA SANTE DANS UN ELEVAGE LAITIER ................................ 33 4. GESTION DE LA PRODUCTION LAITIERE DANS UN ELEVAGE LAITIER ... 34 4.1.

Lactation d’une vache laitière...................................................................... 34

4.2.

Courbe de lactation d’une vache ................................................................. 35

DEUXIEME PARTIE : TRAVAIL PERSONNEL ....................................................... 37 CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES ............................................................. 38 1. SITE ET PERIODE D’ETUDE ............................................................................ 38 1.1.

Présentation de Rosso (Mauritanie) ............................................................ 38

1.2.

Période d’enquête ......................................................................................... 38

1.3.

Présentation de la ferme .............................................................................. 38

2. MATERIEL ......................................................................................................... 40 2.1.

Matériel animal .............................................................................................. 40

2.2.

Matériel technique ........................................................................................ 40

3. METHODES ....................................................................................................... 42 3.1.

Recherche documentaire ............................................................................. 42

3.2.

Suivi des vaches et des veaux .................................................................... 42

3.2.1.

Suivi sanitaire ............................................................................................ 42

3.2.2.

Suivi zootechnique .................................................................................... 44

3.2.2.1.

Audit des bâtiments ............................................................................... 44

3.2.2.2.

Rationnement ......................................................................................... 45

3.2.2.3.

Production laitière .................................................................................. 45

3.2.2.4.

Contrôle du GMQ des veaux ................................................................. 45

CHAPITRE II : RESULTATS .................................................................................... 47 1. BATIMENTS D’ELEVAGE ................................................................................ 47 1.1.

Bâtiment d’élevage des vaches laitières et hygiène .................................. 47

1.2.

Logement des veaux .................................................................................... 49

2. SUIVI DES VACHES ......................................................................................... 50 xiii


2.1.

Réception et période d’acclimatation ......................................................... 50

2.2.

Alimentation .................................................................................................. 51

2.2.1.

Nature des aliments distribués ................................................................ 51

2.2.2.

Mode de rationnement .............................................................................. 51

2.3.

Production laitière ........................................................................................ 52

3. SUIVI DES VEAUX ............................................................................................ 53 3.1.

Mise bas et hygiène des veaux .................................................................... 53

3.2.

Alimentation .................................................................................................. 54

3.3.

Croissance des veaux .................................................................................. 55

4. CONDUITE SANITAIRE .................................................................................... 55 4.1.

Mesures prophylactiques............................................................................. 55

4.2.

Pathologies rencontrées et traitements effectués ..................................... 56

4.2.1.

Pathologies métaboliques ........................................................................ 56

4.2.2.

Pathologie de la reproduction .................................................................. 57

4.2.3.

Affections parasitaires .............................................................................. 59

4.2.4.

Pathologies virales .................................................................................... 59

4.2.5.

Affections néonatales ............................................................................... 60

4.2.6.

Autres pathologies .................................................................................... 61

CHAPITRE III : DISCUSSION .................................................................................. 62 1. MATERIEL ET METHODES .............................................................................. 62 1.1.

Zone d'étude.................................................................................................. 62

1.2.

Matériel animal .............................................................................................. 62

2. METHODES ....................................................................................................... 62 3. BATIMENTS D’ELEVAGE DES VACHES LAITIERES ..................................... 63 4. LOGEMENT ET HYGIENE DES VEAUX .......................................................... 64 5. ALIMENTATION ................................................................................................ 65 4. PRODUCTION LAITIERE .................................................................................. 66 xiv


5. CROISSANCE DES VEAUX ............................................................................. 67 6. PATHOLOGIES RENCONTREES..................................................................... 68 6.1.

Pathologies métaboliques ........................................................................... 68

6.2.

Pathologies de la reproduction ................................................................... 68

6.3.

Pathologies parasitaires .............................................................................. 70

6.4.

Pathologies virales ....................................................................................... 70

6.5.

Pathologies néonatales ................................................................................ 71

6.6.

Autres pathologies ....................................................................................... 72

CHAPITRE IV : LIMITES, CONTRAINTES ET RECOMMANDATIONS .................. 73 1. LIMITES ET CONTRAINTES ............................................................................ 73 2. RECOMMANDATIONS ..................................................................................... 74 CONCLUSION ......................................................................................................... 77 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................................................... 79 WEBOGRAPHIE ...................................................................................................... 89 ANNEXES ................................................................................................................ 90

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INTRODUCTION Les besoins annuels de l’Afrique de l’Ouest en produits laitiers sont estimés à 24 millions de tonnes pour ses 372 millions d’habitants. Cependant, la production laitière locale ne dépasse guère 1,27 millions de tonnes et reste largement inférieure à la demande des consommateurs malgré le cheptel local numériquement important dans certains pays. Cette production ne représente que 9,5 kg par personne par an pour l’ensemble de la région, contre 29,8 kg en Afrique de l’Est et 60,3 kg en Afrique du Sud, alors que la norme fixée par la FAO et l’OMS prévoit 90 kg par personne par an (FALL, 2009). Pour combler le déficit important en lait et produits laitiers, la Mauritanie, à l’instar de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, a orienté sa politique laitière vers l’importation du lait et produits laitiers, tout en favorisant l’expansion des vaches laitières de

races exotiques ou mixtes. En effet, les

importations du lait et produits laitiers ont augmenté de 23 000 tonnes en 2003 à 40 000 tonnes en 2007 et pendant ces 10 dernières années, on assiste aux campagnes d’insémination artificielle et la création de fermes d'élevage de races bovines exotiques (LARES, 2015). C’est aussi dans cette optique qu’une ferme laitière privée de Rosso a opté en octobre 2016, pour l'importation de 32 génisses gestantes de race Montbéliarde, depuis la France. Le microbisme différent du pays d'accueil définit une autre réalité sanitaire. Le passage d'un milieu à un autre, expose donc les animaux à un nouveau climat, de nouvelles pathologies, et même une nouvelle conduite d'élevage. Ce changement de climat entraîne inévitablement un problème d'adaptation au milieu d'accueil (CROMIE et al., 1997). De même, l’augmentation du niveau de production des vaches et de la rentabilité de l’exploitation, sont conditionnées par la santé de ces vaches. D’où les raisons de cette étude dans la ferme CMK à Rosso, qui a pour objectif général de contribuer à l’amélioration de la conduite d’élevage. De façon spécifique, il s’agit au niveau de la ferme de :

-

décrire les conditions d’élevage et d’adaptation des génisses montbéliardes introduites ;

-

faire un suivi sanitaire et zootechnique des vaches et de leurs veaux ;

-

faire des recommandations pour une meilleure prise en charge de ces vaches.

1


Le travail sera présenté en deux parties :  La première partie est une synthèse bibliographique dans laquelle nous décrirons dans le premier chapitre, l’élevage bovin et la production laitière en Mauritanie puis nous présenterons des généralités sur la race Montbéliarde dans le deuxième chapitre. Le troisième chapitre sera consacré à la gestion du logement, de l’alimentation, de la santé et de la production laitière dans un élevage laitier.

 La seconde partie sera consacrée à la méthodologie utilisée et les résultats obtenus qui seront discutés et enfin nous présenterons des limites de l’étude et des recommandations.

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PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE

PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE

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CHAPITRE I : ELEVAGE LAITIER EN MAURITANIE 1.

CONTEXTE ECO-CLIMATIQUE ET SYSTEMES D’ELEVAGE La République Islamique de la Mauritanie est un territoire de 1 030 000 km 2

avec une population qui s’élève à 4 267 268 habitants en 2017 (COUNTRYMETERS, 2017). Elle est limitée au Sud-Ouest par le Sénégal, au Sud-Est par le Mali, au NordEst par l'Algérie, au Nord-Ouest par le Maroc, et à l’Ouest par l'Océan Atlantique (LUCILE et ANDRE, 1964). Sur le plan administratif, elle se compose de 13 régions plus le district de Nouakchott. Chaque région est divisée en départements lesquels peuvent comprendre plusieurs arrondissements (LY, 1976). 1.1. Contexte éco-climatique La Mauritanie est un pays de plaines et de plateaux. En effet, les principales plaines se situent à l’Ouest, le long du Fleuve Sénégal, mais parfois à l’intérieur (comme les vastes plaines du nord, L’Aouker du Hodh). Quant aux plateaux, ils sont bordés de hauts escarpements ; les plus étendus sont l'Adrar et le Tagant qui se prolongent à l'Est par la Majabat El Koubra. Le sous-sol est fait de roches très anciennes, souvent recouvertes de grès anciens, mais aussi de calcaires, de sables ou d'argiles (LY, 1976). En outre, en se référant à la climatologie, il est évident de noter que ce pays est généralement chaud et sec avec cependant quelques différences entre la côte et l'intérieur du pays et entre les jours et les nuits. En effet, LY a mentionné en 1976 que dans certaines villes, les températures peuvent atteindre 45°C à l’ombre le jour en saison sèche et 4°C la nuit en hiver, avec une moyenne de 20°C. La pluviométrie varie de 25 à 600 mm de pluie par an (LY, 1976). 1.1.1. Climat On distingue généralement quatre principaux types de climat à savoir :  Climat soudanien : Il est situé à l’extrême sud, dans le Guidimaka et est caractérisé par une saison sèche et une saison de pluie en tornade. C’est le plus humide.

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 Climat sahélien Il couvre les zones moins arrosées que le Guidimaka et pour lequel, le nombre annuel des jours de pluies s’affaiblit au fur et à mesure que l’on va vers le nord.  Climat saharien Ce climat est localisé au Nord et à l’Est. Il représente le début du grand désert du Sahara et est caractérisé par les vents de sable et la rareté des pluies pouvant durer plusieurs années dans certaines régions.  Climat côtier C’est la bande littorale de Nouakchott à Nouadhibou. C’est le climat de la côte que l’océan et le courant froid venant des Iles Canaries rendent moins chaud que l’intérieur (LY, 1976).

Figure 1 : Diverses zones climatiques de la Mauritanie (LUCILE et André, 1964).

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1.1.2. Végétation La végétation naturelle mauritanienne est formée par les plantes qui poussent toutes seules. Ainsi, on distingue quatre (4) zones selon les caractéristiques de cette végétation :  Zone soudanaise : La zone soudanaise est peu étendue et est le domaine de la savane aux grandes herbes, aux bouquets d'arbres et aux fourrés épais (notamment sur les plateaux géseux du sud de l'Assaba et de l'Affolé). Dans cette zone vivaient des lions, des panthères et des éléphants que la sécheresse a fortement réduits voire même décimés (LY, 1976).  Zone sahélienne : La zone sahélienne s’étend plus au nord. Dans cette zone, la végétation se présente sous l'aspect de formations plus ou moins ouvertes, très généralement claires et peu élevées, composées essentiellement d'un couvert herbacé de densité variable et d'arbustes de quatre à cinq mètres, rarement plus. Ces formations ont reçu des appellations diverses ; savanes à épineux, ou forêts claires à épineux (MOSNIER, 1961). Dans cette zone, les graminées, peu élevées, sont toujours présentes mais on y trouve également des arbustes et même des arbres dont la densité généralement faible, peut dans certains cas dépasser la centaine d'unités à l'hectare. Elle est peuplée de chacals, de gazelles, de phacochères (LAPLANCHE, 1969).  Zone d’Aftout Es SAHELI : Cette zone est caractérisée par un sol dur et salé ainsi que des dunes côtières avec une végétation adaptée à l’abondance du sel.  Zone saharienne : Cette zone s’étend sur tout le reste du pays et est constituée de touffes d'herbes très espacées que sont 'l'askaf et l'alfa (Sbat) qui poussent sur les dunes. Mais, on rencontre aussi quelques palmiers qui poussent dans les oasis. Dans ce domaine des troupeaux d'Oryx et d'Addax particulièrement résistants à la sécheresse parviennent à subsister. C’est aussi le domaine du dromadaire (LY, 1976).

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1.2. Systèmes d’élevage L’élevage est dans la majorité des cas de type extensif, mais on assiste depuis quelques années à une évolution vers d’autres formes. La typologie des systèmes de production tient compte du mode de conduite des animaux, du niveau d’utilisation des intrants et des objectifs de production. Ainsi, on distingue en Mauritanie, les principaux systèmes d’élevage suivants : le système pastoral nomade, le système pastoral et agropastoral transhumant, le système agropastoral à élevage sédentaire associé à l’agriculture, le système extensif urbain et le système semi-intensif. 1.2.1.

Système pastoral nomade

Les principaux animaux domestiques de ce système sont le chameau et la chèvre. Ce système d’élevage est caractérisé par une très grande mobilité des troupeaux. Les mouvements des troupeaux sont tributaires de la disponibilité des pâturages naturels et des points d’eau. Pendant la saison d’hivernage (mi-juillet à septembre) les troupeaux remontent le plus au Nord possible, généralement dans leurs terroirs. Pendant la saison sèche et froide (octobre-février) les nomades progressent lentement vers le Sud. Pendant la saison sèche et chaude (mars-mijuillet), ils se fixent généralement près des points d’eau. Dans le Nord, les nomades sont parfois obligés de conduire les troupeaux de dromadaires très loin des points d’eau (parfois plus de 30 km) à la recherche des pâturages (LARES, 2015). 1.2.2.

Systèmes pastoraux et agropastoraux transhumants

L’élevage transhumant est caractérisé par le fait que le troupeau, ou une partie du troupeau, transhume durant sept à huit mois. Ces déplacements peuvent entraîner les éleveurs hors du pays (Mali ou Sénégal) et sont caractérisés par un retour à un point d’attache où réside la famille du propriétaire du troupeau. Cette transhumance permet d’accéder à des pâturages verts de façon à intensifier le rythme de reproduction afin d’obtenir deux agnelages par an. Les troupeaux sont conduits parfois par des bergers familiaux mais ils sont souvent confiés à des bergers salariés. Les principaux animaux de ce système sont les bovins, les ovins et quelquefois de caprins et camelins.

7


L’alimentation des animaux transhumants est quasi-exclusivement basée sur les parcours naturels. Cependant, une alimentation complémentaire est souvent apportée en période de soudure et surtout pour les animaux malades ou affaiblis. Le complément apporté est souvent du blé. L’abreuvement se fait une fois par jour pour les petits ruminants, une fois tous les deux jours pour les bovins et une fois tous les quatre à cinq jours pour les camelins (LARES, 2015). 1.2.3.

Systèmes

agropastoraux

à

élevage

sédentaire

associé

à

l’agriculture Les animaux domestiques de ce système sont les bovins et les petits ruminants. L’élevage est fixe durant toute l’année sur un même terroir où les troupeaux exploitent les résidus des cultures en plus des fourrages naturels. L’éleveur a la charge du gardiennage de nuit de ses animaux. Pendant l’hivernage les animaux sont laissés en divagation tout le long de la journée ou conduits par un berger dans les pâturages en périphérie du village ; par contre, pendant la nuit ils sont conduits par des bergers en petite transhumance à l’écart des cultures jusqu’à une heure tardive puis ils sont enfermés dans leurs enclos. Pendant la saison sèche, ils sont souvent laissés en divagation. La période cruciale pour l’alimentation du bétail est située dans la saison sèche chaude et est fonction de la situation fourragère des parcours naturels. Sa durée est variable d’une année à l’autre. La supplémentation commence généralement en mars et s’arrête dès l’installation des premières pluies en juin. Au début de la période de supplémentation du bétail (mars-avril), les pâturages des parcours naturels ne sont pas épuisés. Les animaux peuvent prélever sur ces parcours au moins la moitié de leurs besoins quotidiens d’ingestion. La contribution de ces parcours dans la satisfaction de ces besoins diminue au fur et à mesure que l’on s’approche de la prochaine saison des pluies. Cette contribution peut descendre souvent jusqu’au quart des besoins d’ingestion quotidiens en matière sèche d’une Unité Bétail Tropical (UBT) (OULD, 2002). 1.2.4.

Systèmes extensifs urbains

Ce système s’est développé avec l’urbanisation engendrée par la sécheresse. Les caprins sont les principaux animaux de ce système. Parallèlement à l’élevage des caprins, on pratique souvent en milieu urbain l’embouche ovine. L’objectif 8


recherché à travers ces élevages est, soit la production de lait de chèvre soit l’embouche des moutons. Cet élevage est pratiqué en milieu urbain par les familles à faible revenu. Ce sont les femmes qui s’occupent des animaux (LARES, 2015). Ce système est caractérisé par la divagation des animaux dans les rues. Ils s’alimentent de déchets urbains mais reçoivent toujours une complémentation alimentaire constituée de déchets de cuisine, de cartons, de farine de blé, de tourteau d’arachide, de luzerne etc. Le lait est consommé de préférence caillé sous forme de boisson (zrig) (OULD, 2002). 1.2.5.

Systèmes semi-intensifs

Les animaux domestiques de ce système sont les camelins et les bovins (race Maure surtout). Ce système, qui s’est développé au cours de la dernière décennie autour des grandes villes (Nouakchott surtout) par des commerçants et fonctionnaires, s’étend actuellement aux axes routiers. Les vaches laitières sont gardées en stabulation pendant toute la saison sèche. L’abreuvement des animaux d’élevage a lieu tous les jours dans l’après midi. Pendant la saison d’hivernage, (août-septembre) le troupeau laitier est transféré à une cinquantaine, voire une centaine de kilomètres de Nouakchott tout le long de la route Nouakchott-Rosso, à la recherche de pâturages. Durant cette période hivernale, l’alimentation est exclusivement constituée de pâturages naturels. Par contre, pendant la saison sèche, les vaches laitières sont placées en stabulation entravée durant toute la saison sèche et reçoivent une alimentation composée essentiellement de concentrés. De plus, les productions laitières sont meilleures du point de vue qualitatif et quantitatif pendant l’hivernage où l’alimentation est plus équilibrée. Elles varient également en fonction du stade de lactation de 3 à 7 litres par jour (soit en moyenne 4,5 litres par jour) pour les vaches et 3 à 10 litres par jour (soit en moyenne 5 litres par jour) pour les chamelles. Le lait trait le soir est vendu à des clients de la ville tandis que la traite du matin est vendue aux usines de pasteurisation. L’excédent de lait est vendu à l’état caillé. Pendant l’hivernage beaucoup de familles s’installent tout le long de la route Nouakchott-Rosso à proximité des troupeaux laitiers pour effectuer une « cure de lait » ce qui engendre une légère augmentation des prix du lait. Les femelles laitières sont achetées ou proviennent du troupeau familial nomade 9


(ou transhumant). Après une année d’exploitation commerciale du lait, les femelles et leurs petits sont vendus aux bouchers de Nouakchott ou remis dans leurs troupeaux d’origine. Dans tous les cas elles sont remplacées par d’autres (OULD, 2002). 1.3. Races bovines exploitées 1.3.1.

Races locales

Les bovins exploités sont représentés par des zébus et vivent surtout dans la partie sud du pays où l'eau et les pâturages sont abondants. Les races rencontrées sont :

-

zébu Maure : C’est un zébu à courte cornes. Cette race est également désignée sous les

appellations suivantes : zébu Arabe, zébu Gabarouyé, zébu Mauritanien. La robe du zébu Maure est généralement noire, ou pie-noire. En Mauritanie, le zébu Maure est élevé dans les Cercles du Hodh, de l'Assaba, du Gorgol et du Tagant, ainsi que dans une partie du Brakna et du Trarza Nord. Le zébu Maure est utilisé non seulement pour la production laitière, mais aussi pour le travail et la production de viande. C'est un animal de grande taille pouvant atteindre 1,40 cm au garrot et un poids vif de 260 à 350 kg (FAO, 1957). C’est un animal rustique qui peut remonter assez loin dans le nord parfois audelà de l’isohyète 150 mm. Il est très résistant et peut ne boire que tous les deux jours (OULD, 2002).

-

zébu du sahel : Le Zébu du sahel est un animal d’une taille de 1,15 à 1,30 m au garrot et d'un

poids moyen de 350 kg. Les cornes sont en lyre moyenne. Sa production laitière est faible, 2 litres par jour. Animal bien adapté dans son milieu, le Zébu du sahel possède une bonne aptitude bouchère avec un rendement de 48 à 52 % (TALL, 1984).

-

zébu Peul : Le Zébu Peul est un animal qui mesure 1,25 à 1,40 m au garrot pour un poids

moyen de 300 à 400 kg avec des cornes bien développées en lyre haute donnant aux bœufs et aux taureaux une attitude majestueuse. Sa production laitière est faible (2 litres par jour) mais son aptitude bouchère est bonne avec un rendement de 48 à 52 %. C'est un animal très nerveux (TALL, 1984). La robe est généralement blanche, 10


mais on rencontre des individus à robe pie-noire, pie-rouge et, rouanne. La mamelle est peu développée, avec des trayons petits (FAO, 1957). 1.3.2.

Races exotiques

L’Etat mauritanien, des ONG et des hommes d’affaires privés ont entrepris des programmes d’amélioration génétique (lait) par introduction de races exotiques et par insémination artificielle dans le Trarza, le Gorgol et le Brakna. En effet, on rencontre de plus en plus des tentatives de création de fermes laitières ou d’embouche, des fois avec l’introduction de nouvelles espèces de semences sélectionnées (insémination artificielle) ou physique (mâles ou femelles). Il s’agit surtout des initiatives lancées par certains hommes d’affaires et anciens ministres (IOAA, 2008). 2.

PRODUCTION LAITIERE EN MAURITANIE 2.1. Demande en lait et produits laitiers Le lait est d’une importance capitale dans la nutrition des mères enceintes

allaitantes et des nourrissons. D’année en année la demande en lait ne cesse d’augmenter car tributaire d’une démographie galopante. Cela provoque une augmentation des prix des produits locaux laitiers surtout dans les grands centres urbains entrainant ainsi une utilisation importante du lait en poudre importé (accessible à un plus grand nombre). Avec l’exode rural, marqué par un fort mouvement de sédentarisation des éleveurs, on a constaté que la fixation des animaux autour des agglomérations s’est accompagnée de la séparation entre élevage et agriculture. Ce qui serait à l’origine de l’accroissement des besoins monétaires des éleveurs les poussant à vendre le lait et les animaux plus tôt que d’habitude. Aussi, ce mouvement de sédentarisation des éleveurs a profité d’un accroissement de la demande en produits d’élevage du fait d’une forte croissance urbaine et l’apparition, à côté des débouchés traditionnels, de nouveaux marchés. Les données enregistrées en 2013 ont montré que la consommation totale de la Mauritanie en lait et produits laitiers a augmenté en quantité et en variété (LARES, 2015). Cette augmentation a commencé depuis 2003 où en plus de la production nationale, les importations de produits laitiers, ont connu une augmentation de 73 % et une augmentation interannuelle moyenne de 16 % (Figure 2) (IOAA, 2008).

11


Figure 2 : Evolution des importations du lait et dérivés entre 2003 et 2007 (IOAA, 2008). 2.2. Couverture des besoins 2.2.1. Offre de lait frais (local) Le cheptel mauritanien se compose de 1,6 million de bovins, 16 millions de petits ruminants

et

1,4 million de camelins (DIA, 2016). Ces effectifs, en

augmentation régulière depuis 1998 comme l’on peut le voir sur les graphiques cidessous, sont évalués à un total de 5 535 480 UBT en 2008 (IOAA, 2008).

Figure 3 : Evolution des cheptels de petits ruminants, de camelins et de bovins de 1998 à 2007 (IOAA, 2008). 12


Comme on peut le constater sur ces graphiques, les courbes subissent des cassures montrant les ruptures de croissances qui sont attribuables aux différentes contraintes (aléas climatiques : sécheresse, pluies froides hors saison), auxquelles les élevages sont confrontés avec le système extensif et transhumant. 2.2.2. Offre de lait frais (local) transformé Le lait est un produit très fragile surtout dans les conditions tropicales. La méconnaissance des notions élémentaires d’hygiène de la traite et du transport, multiplie les opportunités de contamination du lait qui se conserve mal d’où la nécessité de sa transformation. Le manque de débouchés pour la vente du lait frais et les habitudes alimentaires font qu’une partie du lait est transformée pour une meilleure conservation et une commercialisation. a. Transformation et reconditionnement industriels La transformation et le reconditionnement sont assurés par le fonctionnement de 3 unités de productions financées et gérées par des promoteurs privés. C’est le cas notamment de la laiterie industrielle «Tiviski » implantée au sud de la capitale Nouakchott qui, depuis 1989, s’est engagée dans la production et la vente de produits laitiers diversifiés (lait fermenté, yaourts, crème fraîche, fromage de chamelle, etc.). Les deux autres laiteries sont : Toplait (1998) et El Watanya (2008). Ces usines se sont installées à Nouakchott avec des centres de collecte au niveau des wilayas du Trarza, Brakna et Boghé. La capacité de stockage de la collecte est de 16 600 litres pour Tivisky, 13 000 litres pour Toplait et 3 000 litres pour El Watanya soit 32 600 litres de lait par jour au Trarza. Tivisky a une capacité locale à Boghé de 17000 litres pour les 3 types de lait (lait de vache, lait de chamelle et lait de petits ruminants). Cette capacité peut se révéler insuffisante pendant l’hivernage malgré que les centres procèdent par transvasage avec la citerne de transport vers les usines de Nouakchott. Tivisky à elle seule, dispose d’une capacité d’industrie de 40 000 litres mais elle n’arrive même pas à dépasser 20 000 litres par jour (LARES, 2015). Les usines peuvent recevoir plus que cette capacité mais l’industrialisation pose énormément de problèmes. Ce qui les a poussées à passer de la pasteurisation qui ne se conserve que pendant 10 jours, à l’Ultra Haute Température (UHT). Une fois le lait réceptionné dans les centres de collecte, il est refroidi à 2 ou 4 13


°C et envoyé à Nouakchott dans des citernes pressurisées (LARES, 2015). Le temps entre le centre de collecte et celui de traitement est très important (maximum 3 heures) (IOAA, 2008). b. Conservation et transformation traditionnelle du lait Les techniques de conservation et de transformation sont très limitées. Même si les conditions de conservation sont défavorables, cet état de fait peut être attribué certes aux conditions difficiles du milieu mais aussi au manque d’encadrement technique (formation) (IOAA, 2008). Selon les éleveurs, le lait cru de vache et de petits ruminants ne peut pas dépasser 5 heures de conservation à température ambiante sans se détériorer, c’est ce qui fait que les centres de collecte ne prennent pas le lait 3 heures après la traite. Le lait de chamelle cru peut rester frais durant 5 jours sans altération. Une fois caillé, il peut rester près de 10 jours. Il se conserve très bien dans des conditions couvertes et aérées. Aussi, le lait des petits ruminants se conserve plus longtemps frais dans les sachets plastiques que le lait des vaches selon certains éleveurs (IOAA, 2008). Le lait est traditionnellement une affaire de femmes qui lui font subir des processus de transformation (caillage, écrémage, barattage). Ces transformations augmentent la durée de conservation du lait et sa valeur ajoutée. Ainsi, le lait caillé et le beurre sont vendus plus chers que le lait cru. Mais depuis que la vente du lait frais est devenue régulière, l’homme est devenu le plus souvent, gestionnaire des revenus laitiers, ce qui n’est pas sans conséquence dans la cohésion sociale du ménage éleveur (IOAA, 2008). En 2002, le gouvernement de la Mauritanie a déclaré que la filière laitière nationale paraît capable de concurrencer les importations des produits laitiers, tant au niveau économique qu’au niveau financier. Toutefois, les coûts économique et financier de revient du lait national sur le marché de Nouakchott, restent largement supérieurs aux prix économiques et financiers du lait en poudre (RIM, 2002). Cela serait en partie à l’origine de l’importation sans cesse grandissante de ces produits.

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2.2.3. Offre de lait et produits laitiers importés a. Lait et dérivés non reconditionnés Certaines enquêtes ont montré que les importations du lait et produits laitiers ont augmenté de 23 000 tonnes en 2003 à 40 000 tonnes en 2007. Ce qui a engendré une augmentation des dépenses allant de 2 à près de 15 milliards d’UM. En ce qui concerne, le lait en poudre la quantité importée a augmenté de 8 200 tonnes à 9 900 tonnes pour une enveloppe qui a également augmenté d’un milliard à 7,5 milliards d’UM, soit la moitié de la valeur de l’importation. Et pour ce qui est des laits liquides, les quantités ont aussi augmenté de 13 000 tonnes à 23 000 tonnes avec une enveloppe de 5 milliards d’UM en 2007 (IOAA, 2008). Ces importations ont continué d’augmenter jusqu’en 2015 (LARES, 2015). b. Lait en poudre transformé et reconditionné La technique de transformation du lait en poudre en lait caillé est la suivante : les transformateurs (généralement des hommes peulhs aussi) utilisent des bassines de 20 litres pour préparer la fermentation. Après avoir lavé une bassine, on y verse 10 litres d’eau puis 5 kg de lait en poudre et on fouette jusqu’à homogénéisation, puis on y verse 10 litres d’eau en y plongeant un demi comprimé de présure. On ferme la bassine avec un couvercle contreplaqué pour une durée variable de 13 heures en saison sèche et de 15 heures en saison froide. 3. CONTRAINTES A LA PRODUCTION LAITIERE Les contraintes au développement de la filière laitière sont diverses. Ils sont aussi bien d’origines intérieures qu’extérieure. Au plan intérieur, les contraintes sont notamment liées au manque de pâturage et de points d’eau. Aussi le faible niveau d’organisation

des

acteurs

sous

forme

d’organisations

professionnelles

et

d’interprofessions n’est pas de nature à faciliter l’organisation de la collecte, la transformation et la distribution des produits à petites échelles. Quant aux contraintes extérieures, l’ouverture des marchés régionaux et internationaux offre aussi bien des opportunités sérieuses pour les productions agricoles et agro-alimentaires mauritaniens que des menaces. Afin de bénéficier des premières, il faut qu’un travail rigoureux soit consenti en termes de normes, de qualité et de formation professionnelle, à la fois pour les exploitants et les techniciens

15


susceptibles de les conseiller. Au niveau régional, on peut craindre deux types d’obstacles : les obstacles tarifaires étant donné que la Mauritanie se trouve entre la zone tarifaire de la CEDEAO par rapport au Sénégal et au Mali et la zone tarifaire de l’Union du Maghreb Arabe par rapport à l’Algérie et les obstacles liés au faible trafic aérien et à la mauvaise qualité des infrastructures de transport (LARES, 2015). En outre, l’analyse du secteur a montré que le développement de la filière se heurte à d’autres obstacles généraux qu’il convient de lever en priorité : manque de statistiques et de données fiables, le manque d’infrastructures et la faiblesse des investissements publics et l’existence de maladies animales qui freinent les exportations de certains produits (IOAA, 2008). Enfin, la production de lait y est généralement peu spécialisée et les coproduits annexes comme la viande, le fumier et même la force de traction bovine peuvent s’avérer décisifs dans le revenu de l’exploitation. L’atomisation de la production qui en découle, a des conséquences majeures sur l’ensemble de la filière laitière, comme la conception de programmes de collecte rationnels et la gestion quotidienne de lots, de faibles volumes et de qualité variable, très vite agrégés dans des centres de collecte. Elle induit aussi un éparpillement géographique des éleveurs, qui rend difficiles la vulgarisation des efforts d’appui technique, la généralisation de l’usage des intrants à même de favoriser la productivité laitière (tourteaux protéagineux, compléments minéraux et vitaminiques, ...), et la prophylaxie sanitaire dans les troupeaux. 4.

APPROCHE POUR L’AMELIORATION DE LA PRODUCTION LAITIERE Nous venons de retenir d’après le dernier point que La filière laitière

mauritanienne est confrontée à d’énormes problèmes. Mais la situation devrait évoluer. Pour ce faire, l’Etat, des ONG et des hommes d’affaires privés ont exécuté des programmes d’amélioration génétique (lait) par introduction de races exotiques et par insémination artificielle dans le Trarza, le Gorgol et le Brakna. C’est ainsi que la production de vaches métisses a été initiée au Trarza dans le cadre du projet PADEL sous forme d’opération test. En outre, on rencontre de plus en plus des tentatives de création de fermes laitières, des fois avec l’introduction de nouvelles espèces de semences sélectionnées (insémination artificielle) ou physique (mâles ou femelles). (LARES, 2015). 16


Entre 2012 et 2015, les pouvoirs publics ont mis en place des textes réglementaires visant à développer le secteur de l’élevage (code pastoral, code de l’élevage). Ils ont encouragé la création d’organisations socioprofessionnelles pour mieux gérer leurs activités. Par ailleurs, l’Etat mauritanien assure à travers les services spécialisés de la Direction de l’élevage, les services suivants : contrôle sanitaire et suivi statistique du cheptel, contrôle des grandes épizooties, organisation des campagnes de vaccinations, conseil zootechnique aux éleveurs, la formation des agents et techniciens de l’élevage, la diffusion de l’information professionnelle et technique dans une stratégie de communication et lutte contre les maladies (LARES, 2015). De même, il prend des mesures pour mieux protéger la filière lait local. Enfin, dans la recherche du lait en quantité et en qualité, les unités de transformation, à commencer par TIVISKI, ont développé le système de vente de l’aliment de bétail contre le lait de sorte que pendant les cinq dernières années, l’élevage se porte mieux. L’organisation de la collecte du lait par l’installation des centres de collecte dans les zones de production et la structuration du transport du lait des zones de production vers les centres de collecte sont deux éléments déterminants qui ont participé à la maitrise de l’approvisionnement du lait. Les services de transport du lait sont confiés à un réseau de transporteurs indépendants qui ramassent les bidons des fournisseurs et les livrent aux centres de collecte, situés loin de l’usine. Une structure spécialisée fournit des aliments et des soins vétérinaires à crédit aux éleveurs. L’organisation des producteurs gère l’aliment bétail (LARES, 2015). Il ressort de ce chapitre que l’élevage mauritanien présente des imperfections et des obstacles qui entrainent surtout une fragilisation de la filière laitière. Pour cela, diverses actions ont été entreprises pour l’améliorer. L’une de ces actions, est l’importation des vaches de races exotiques dont la Montbéliarde que nous allons décrire dans le chapitre qui suit.

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CHAPITRE II : GENERALITES SUR LA RACE MONTBELIARDE 1.

HISTORIQUE 1.1. Avant la Montbéliarde Dès le XVIIe siècle, le bétail comtois est principalement composé d’animaux

de type taurache et fémelin, et également, mais en moindre mesure, de métis comtois, de bressans, de schwitz et de fribourgeois. La vache taurache est une vache polyvalente. Elle est utilisée pour le travail à la ferme, la production de lait et la production de viande. Ses membres sont courts et son pelage rouge. Elle est particulièrement adaptée au Doubs, au Jura et à la HauteSaône. La vache fémeline est plus fine et semble plus fragile que la Taurache mais elle s’est également bien adaptée à l’environnement franc-comtois. On la rencontre de préférence dans les vallées du Doubs et de l’Ognon. Elle est surnommée « jaunotte » en raison de son pelage jaune, proche de celui de la vache simmental et on l’élève principalement pour sa production laitière. La Fémeline disparaît cependant rapidement, dès la fin du XIXe siècle. Les informations sont rares concernant les aptitudes et la conformation des vaches tauraches et fémelines et il est difficile d’affirmer que seuls ces deux types d’animaux existaient en Franche-Comté (BERTHELOT, 2014). Au XVIIIe siècle, des mennonites originaires de l’Oberland bernois en Suisse, fuyant les persécutions religieuses, arrivent dans le Pays de Montbéliard. Ils apportent avec eux leur troupeau de vaches, issues de la race Simmental. Cette vache simmental, croisée avec les races locales, donnera plus tard la vache montbéliarde. Grâce aux conditions favorables à l’élevage présentes dans le Pays de Montbéliard, cette race nouvelle devient rapidement une race spéciale, s’opposant à celle, commune, appelée « fémeline » (BERTHELOT, 2014). 1.2. Naissance de la vache montbéliarde L’appellation « Montbéliarde » apparaît pour la première fois en 1872 à la foire de Couthenans (Haute-Saône), lorsque Joseph Graber (1840-1923), de confession mennonite, éleveur du village, expose sous ce nom un lot de vaches sélectionnées au concours agricole de Langres. Selon la légende familiale, cette appellation est un peu un hasard de l’histoire car, avant 1870, Joseph Graber expose son bétail sous le nom de « race d’Alsace ». Avec la guerre de 1870 et l’annexion de l’Alsace à 18


l’Allemagne, on interdit à Graber de concourir avec un bétail considéré comme étranger. Belfort n’étant resté français que conditionnellement, seul le nom de Montbéliard peut être retenu. Cette même année, la race Montbeliarde est reconnue officiellement et son herdbook c’est-à-dire son registre généalogique, est créé (BERTHELOT, 2014). Pour devenir une race bovine spéciale, il faut des caractères qui la distinguent clairement des autres. 2.

SIGNALEMENT GENERAL DES MONTBELIARDES Selon BERTHELOT, la vache montbéliarde appartient au rameau « pie rouge

des montagnes». Pie signifie « tachetée ».

Figure 4 : Différentes parties d’une vache (une femelle)

Le signalement général des vaches montbéliardes se décrit dans l’extrait des archives de la Société du Herd-Book de la race Montbéliarde (BERTHELOT) comme suit : « Pour être inscrit au Herd-Book, les animaux doivent représenter le type de la race Montbéliarde définie par les caractères suivants : race de grande taille, à robe pie rouge, le blanc s’étendant à la partie inférieure du corps et aux extrémités (têtes, membres et queue), le rouge de couleur franche et vive, prédominant à la partie supérieure du corps avec muqueuses claires. Tête blanche, les lunettes et les taches rouges sur les joues sont tolérées. Cornes blanches, ainsi que les onglons et les 19


muqueuses. Tête fine, large aux yeux, à profil droit, avec orbites légèrement proéminentes, mufle large, chanfrein de couleur moyenne, cornes se dirigeant d’abord légèrement en arrière, puis en avant et en haut, attache de la tête dégagée, encolure dégagée avec fanon réduit, poitrine profonde avec côtes bien arquées, ligne du dos droite, attache de la queue non proéminente, membres droits, larges, plats et nerveux, onglons ronds bien formés, bassin large et profond, cuisse descendue. Aptitudes laitières prédominantes, mamelle bien attachée, très développée et globuleuse en avant, remontant haut entre les cuisses, trayons verticaux de longueur et de grosseur moyenne, bien écartés, l’extrémité des quatre trayons étant située sur un plan horizontal, peau du pis fine et souple, appareil veineux superficiel très apparent. ». BERTHELOT ajoute que les Montbéliardes sont caractérisées par leurs cornes courtes, en croissant. Selon cet auteur, la vache montbéliarde est une vache de grande taille avec 145 à 150 cm de hauteur au sacrum, et pèse en moyenne 700 kg. Les taureaux adultes, quant à eux, pèsent entre 1 000 et 1 200 kg. Enfin, les mensurations recherchées pour les vaches adultes, c'est-à-dire de plus de 5 ans, sont les suivantes : 

hauteur au sacrum : 145 à 150 cm ;

longueur de bassin : 55 à 58 cm ;

profondeur de poitrine : 75 à 78 cm ;

largeur aux hanches : 55 à 58 cm ;

profondeur de flanc : 80 à 85 cm ;

largeur aux trochanters : 54 à 57 cm.

3.

QUELQUES COMPARAISONS ENTRE LES RACES MONTBELIARDE ET HOLSTEIN

3.1.

RUSTICITE DE LA MONTBELIARDE La rusticité est un ensemble de qualités qui permet à l’animal de résister à des

conditions difficiles, sans trop réduire ses performances par rapport à celles obtenues dans des milieux plus favorables. L’évaluation de la rusticité dépend donc beaucoup du milieu d’élevage et de la production habituellement attendue ; aux extrêmes elle peut aller de la simple possibilité de survie en milieu très difficile, au maintien des performances en milieu sub-optimal. Sont qualifiés de rustiques les 20


animaux qui, compte tenu des exigences de l’environnement et de l’éleveur, se maintiennent mieux que d’autres dans ces milieux (PETIT et al, 1994). Selon l’organisme de sélection de la race Montbéliarde, la Montbéliarde est une vache robuste, bonne travailleuse, bonne marcheuse et qui demande moins d’attention que d’autres races spécialisées. C’est une vache de montagne qui supporte le plein air intégral en alpage. Les conditions d’élevage, spécifiques de sa zone géographique d’origine (altitude variant entre 400 et 1000 m, climat continental avec des changements rapides de températures, et des extrêmes allant de 35°C en été à -20°C en hiver) ont doté la Montbéliarde d’une très bonne rusticité. Ses onglons durs lui permettent de supporter également la stabulation sur aire bétonnée en élevage intensif. Elle est rarement malade et résiste bien aux maladies, notamment les mammites (OS, 2008). Outre la résistance aux infections de la mamelle, chez la Montbéliarde comme chez toutes les Pie-Rouges, les maladies telles que la métrite, l’infection podale, la boiterie, la non-délivrance et la fièvre vitulaire sont moins fréquentes que chez les Pie-Noires (BARNOUIN et KARAMAN, 1986). Ses facultés d’adaptation ont été vérifiées par les résultats enregistrés au cours d’essais de thermotolérance des bovins, portant sur les températures rectales (TR) en °C, les rythmes respiratoires (RR) en minutes, et les tests de sudations (TS), en seconde, en début, milieu et fin de stress (Tableau I). Tableau I : Capacité d’adaptation de la Montbéliarde et la Holstein au stress thermique (OS, 2008). MONTBELIARDE

HOLSTEIN

39,07 49 556

38,93 49,5 629

38,96 84 377

39,01 92 434

39,15 115 314

39,26 119,8 365

DEBUT DE STRESS TR RR TS MILIEU DE STRESS TR RR TS FIN DE STRESS TR RR TS

21


On constate à l’aide de ce tableau, qu’en race Montbéliarde, la température rectale varie peu en période de stress. Le rythme respiratoire et le test de sudation sont, dans tous les cas, moins perturbés en race Montbéliarde qu’en race Holstein ; ce qui lui facilite son acclimatation en zone chaude. 3.2.

MODE D’UTILISATION

3.2.1. Productivité et valeur fromagère des laits La totalité des vaches montbéliardes sont exploitée pour la production laitière. Elle est la deuxième vache laitière de France, derrière la Holstein (BARNOUIN et KARAMAN, 1986). De même, ces derniers auteurs affirment que, pour ce qui concerne la production laitière sur la lactation standard, les Pie-Noires en première lactation ne sont pas différentes des Pie-Rouges, toutes lactations confondues (4 631 875 kg vs 4 778 964 kg, ns) et apparaissent globalement assez proches des Pie-rouges sur l’ensemble des critères de production (Tableau II). Tableau II : Productivité et valeur fromagère du lait (OS, 2008). Toutes lactations

Equivalent adulte

Nombre de résultats

383 965

248 498

Durée de lactation (jours)

305

324

Lait (kg)

6671

7874

Matière Utile (kg)

477

564

Taux de Matière utile (g/kg)

71,5

71,6

Matière protéique (kg)

218

258

Taux protéique (g/kg)

32,6

32,7

Matière grasse (kg)

259

306

Taux butyreux (g/kg)

38,9

38,9

En outre, des enquêtes ont montré que les Holsteins ont produit 623,1 kg de lait et 30,2 kg de matières grasses de plus par une lactation de référence que les Montbéliardes. La moyenne de la durée de lactation des Holstein a été de 4,2 jours plus courte que celles des Montbéliardes. Elle a été de 14,1 jours plus élevée que 22


celle des Montbéliardes. De plus, la quantité moyenne de matière grasse par lactation de référence des Holsteins est supérieure à celle des Montbéliardes. Enfin, Le taux butyreux par lactation de référence des Holstein a été de 1,5 ‰ inférieur à celui des Montbéliardes. (BOUJENANE et AISSA, 2008). 3.2.2. Reproduction Dans une ferme bovine à spéculation laitière, la reproduction est l’un des facteurs de la maximisation du profit de par ses paramètres tels que l’âge au premier vêlage, l’intervalle entre vêlages, l’intervalle vêlage-insémination fécondante et la durée de gravidité. En effet, l’âge au premier vêlage des Holsteins et des Montbéliardes a presque été de 29 mois. L’intervalle entre vêlages et l’intervalle vêlage - insémination fécondante des Montbéliardes ont été respectivement de 385,6 et 83,1 jours. Ils ont été respectivement de 9,7 et 30 jours plus courts que ceux des Holstein. Enfin, les moyennes de durée de gravidité des Montbéliardes est sensiblement inférieure à celle des Holsteins (BOUJENANE et AISSA, 2008). Les données établies par BOUJENANE et AISSA sont récapitulées dans le tableau ci-après :

23


Tableau III : Moyennes arithmétiques et écarts-types des paramètres de reproduction et de production laitière des vaches de race Holstein et Montbéliarde (BOUJENANE et AISSA, 2008). Holstein

Montbéliarde

ῩH - ῩM

Variable APV (mois)

Moyenne 28,9

ET 3,1

Moyenne 29,6

ET 3,2

IVV (jours)

395,3

72,4

385,6

71,3

*

IVIF (jours)

113,1

76,9

83,1

28,5

*

DG (jours)

281,1

11,7

279,7

12,1

Ns

DL (jours)

309,9

54,8

314,1

61,6

Ns

DT (jours)

90,0

59,1

75,9

50,2

*

QL305 (kg)

6239,1

50,8

5616,9

74,4

*

QMG305 (kg)

228,4

2,58

198,2

4,75

*

TB305(‰)

37,0

0,21

38,1

0,42

*

*

APV : âge au premier vêlage ; IVV : intervalle vêlage – vêlage ; IVIF : intervalle vêlage – insémination fécondante ; DG : durée de gravidité ; DL : durée de lactation ; DT : durée de tarissement ; QL305 : quantité de lait par lactation de référence ; QMG305 : quantité de matières grasses par lactation de référence ; TB305 : taux butyreux moyen par lactation de référence. ET : écart-type. ῩH - ῩM : différence entre les moyennes arithmétiques des Holstein et des Montbéliardes.

Il ressort de cette comparaison que les vaches Montbéliardes ont eu un léger avantage du point de vue de la reproduction et un léger désavantage du point de vue de la production laitière par rapport aux Holsteins. 3.2.3. Performances bouchères Bien que sélectionnée majoritairement sur les performances laitières et la richesse du lait en matière azotée, la race Montbéliarde conserve une excellente valorisation en boucherie pour ses vaches de réforme et les taurillons grâce : 

au format et à la vitesse de croissance : le poids vif des vaches adultes et des taurillons varie de 650 à 750 Kg selon l’âge d’abattage. Le Gain Moyen Quotidien (GMQ) des taurillons est de 1 200 à 1 300 g par jour selon les régimes alimentaires.

à la qualité des carcasses : les rendements sont de 52 à 54 % pour les vaches et de 56 à 58 % pour les taurillons avec des carcasses sans excès de

24


gras et dans la cotation EUROP, ils sont classés R c’est-à-dire qu’il y a un bon développement musculaire. Les vaches de réforme sont également engraissées en fin de carrière et fournissent une viande de qualité. Les veaux mâles non utilisés pour la reproduction sont engraissés et destinés à des productions de viande sous forme de veaux de boucherie ou de taurillons de 20 - 22 mois. Ils sont très recherchés et leur prix est en conséquence plus élevé. A âge égal, les poids de carcasse sont nettement plus élevés en race Montbéliarde qu’en Holstein et les carcasses ont moins de graisse de couverture. Le poids des quartiers postérieurs est plus important donc une meilleure proportion de muscles nobles. Du fait d’une ossature plus fine et de déchets moins importants, la proportion de viande commercialisable est sensiblement plus élevée en race Montbéliarde qu’en Holstein (OS, 2008). 3.2.4. Systèmes d’élevage Exploitée pour plus de la moitié de ses effectifs en zone de montagne où la base de la ration est constituée d’herbe pâturée en été et de foin riche en hiver, la Montbéliarde est parfaitement adaptée à l’ingestion et à la transformation de grandes quantités de fourrages grossiers produits sur l’exploitation. Ailleurs, elle est exploitée dans des systèmes intensifs avec l’ensilage de maïs et elle exprime alors d’autant son potentiel protéique que son aptitude bouchère (OS, 2008).

25


CHAPITRE III : GESTION DU LOGEMENT, DE L’ALIMENTATION ET DE LA SANTE DANS UN ELEVAGE LAITIER Les conduites d'élevage constituent un ensemble de techniques et de méthodes, appelé à satisfaire aux besoins des animaux et de leur production. Elles représentent le savoir-faire de l'éleveur, l'élément central de l'élevage (FAYE, 1986). Les programmes de gestion d'élevage, ont connu un essor important au cours de ces dernières décennies. Appliqués à l'ensemble des aspects environnementaux et génétiques, ces programmes sont devenus, de nos jours, un élément fondamental de la rentabilisation des exploitations bovines. Leur mise en œuvre favorise le bienêtre des animaux, et une meilleure expression de leur potentiel génétique (NICKS, 1998 ; SRAÏRI et al., 2008). Une approche globale du bien-être animal comprend non seulement la santé et le bien-être physique de l’animal, mais aussi son bien-être psychologique et la possibilité d’exprimer les comportements naturels propres à l'espèce (FRAZER et al., 1997). L’expression du potentiel génétique, a permis une augmentation de la production laitière et indirectement l’augmentation de la fertilité de la vache car, pour qu'il y ait lactation, il faut qu'il y ait vêlage. La lactation et la reproduction, nécessitent de plus, une alimentation convenable en quantité et en qualité (BADINAND, 1983). 1. GESTION DU LOGEMENT DANS UN ELEVAGE LAITIER Le bâtiment permet d'abriter les animaux contre les intempéries, de faciliter le travail et de favoriser l'accès à la nourriture et à l'eau. Il conditionne en grande partie le confort et le bien-être des animaux et donc indirectement la valorisation de la ration alimentaire. Le but à atteindre lors de la construction d’un bâtiment d’élevage laitier est d’avoir un bâtiment fonctionnel, économique et confortable (CAA, 2006). 1.1.

Conception d’un bâtiment en élevage laitier Une bonne conception d’un bâtiment d’élevage laitier doit tenir compte d’un

certain nombre d’aspects comme :

-

l’analyse du site d’implantation du ou des bâtiments d’élevage : l’état du sol, le relief, la localisation par rapport aux habitations, etc.

26


-

l’analyse de l’environnement immédiat du bâtiment : accessibilité, climat, présence d’arbres ou non, d’électricité, d’eau potable, etc.

-

la vérification de l’orientation du bâtiment par rapport aux vents dominants : normalement la longueur du bâtiment doit être perpendiculaire aux vents dominants ;

-

l’analyse du type de stabulation (libre ou entravée), de la densité d’élevage, du matériel d’élevage et d’autres équipements ;

-

l’analyse de la disposition de l’étable : étable à un rang (dans les élevages de petite taille) ou une étable à deux rangs (tête à tête ou dos à dos) ;

-

l’analyse du bâtiment d’élevage: les dimensions (longueur, largeur), la toiture (pente, matériel, auvent, lanterneau, etc.), les murs (fermé, ouvert ou semi, nature, etc.), le sol (cimenté ou non, paillé, etc.) ;

-

la planification des différents types d’aires : couloir et aire d’alimentation, aire d’exercice et aire de repos. Certaines normes sont à prendre en compte durant la planification de la

construction d’un bâtiment d’élevage laitier comme le montre le tableau IV : Tableau IV : Normes de logement des génisses en fonction de l’âge Age en mois Surface/génisse Longueur de l’auge : cm/génisse 2

Aire paillée : m /génisse 2

Aire paillée (m ) + aire bétonnée

6-12

12-18

18-24

24-vêlage

45

55

60

70

3à5

3,5 à 4

4à5

5à6

2,5

3,0

4,0

4,5

Source : (LAPOINTE, 2010). Le bâtiment d’élevage peut être à stabulation libre ou à stabulation entravée.

-

La stabulation libre peut être avec ou sans logette et la densité animale sera en moyenne de 15m² par vache avec une place à l’auge de 70cm/vache. 27


-

La stabulation entravée peut être à stalle courte ou à stalle longue. La stabulation libre est généralement préférée à la stabulation entravée car

plusieurs études ont montré l’incidence élevée des blessures causées par ce type de logement (LAPOINTE, 2010). Dans un logement à stabulation entravée, il est souhaitable de prévoir une aire d’exercice dimensionnée à raison de 8 m² par vache si les animaux sont écornés (BADRE, 2009). La non maîtrise des principes qui soustendent la conception du logement des vaches laitières est susceptible, surtout dans nos conditions tropicales de compromettre leur rentabilité. 1.2.

Effet des paramètres d’ambiance sur les performances de la vache laitière La température, l’hygrométrie et la vitesse de l’air constituent les principaux

facteurs qui interagissent dans l’environnement des locaux d’élevage. En effet, dans les intervalles de températures ambiantes où l’évaporation constitue un mode important d’élimination de la chaleur, une élévation de l’humidité de l’air influe sur la quantité de chaleur éliminée et accentue l’action néfaste de cette dernière sur l’animal. Quant à la vitesse de l’air, elle doit être d’un mètre par seconde (1m/s) pour une température supérieure à 20°C. Par ailleurs, une bonne orientation du bâtiment permet d’assurer le confort thermique (MAYER et DENIS, 1999). 1.3.

Maitrise des paramètres d’ambiance et conséquences d’un mauvais logement Il faut favoriser les observations les plus simples, ne nécessitant pas ou peu de

mesures. Tous les éléments du bâtiment sont à corréler les uns aux autres. Toutefois, il faut garder en mémoire que l'application stricte des normes et des recommandations ne garantit pas à elle seule la réussite (FERRE, 2003 et FOSTIER, 1990).  Lumière – éclairage La lumière favorise l'ingestion d'où la mise en place de séquence d'éclairage la nuit pour stimuler la prise alimentaire des animaux. Selon BROUILLET (1990) et BEDOUT (1994), un bâtiment bien éclairé rend également la détection des chaleurs et des maladies plus facile. La salle de traite doit être très claire : ceci favorise la

28


détection des mammites. De plus, une luminosité suffisante à l'intérieur du bâtiment favorise la reprise de l'activité ovarienne et la fertilité.  Ventilation L'implantation du bâtiment (plaine, flanc de coteau, vallée, sommet) et son orientation définissent l'exposition aux vents et à l'ensoleillement (FERRE, 2003). Une mauvaise orientation des tabulations ouvertes peut entraîner des courants d'air. Les animaux se concentreront alors sur les seules zones protégées de l'aire de couchage ce qui se traduira par une surdensité secondaire en animaux (LEROY, 1989). Il faut noter que tout élément naturel ou artificiel peut modifier la direction du vent et sa vitesse (autres bâtiments, haie, silo…) (FERRE, 2003). En cas de doute sur le trajet réel suivi par le vent, il suffit d'observer les mouvements de fumée aux abords immédiats du bâtiment (fumigène, fumée de tracteur…). Le déplacement des volutes de fumée permet également de visualiser les circuits d'air à l'intérieur du bâtiment. Pour cela, une cartouche est placée au centre de l'aire de vie. L'observateur se tient à distance du fumigène pour avoir une vue d'ensemble du circuit général de l'air et des modalités d'évacuation de la fumée. En zone sahélienne, l’orientation Est-Ouest est la plus courante (MAYER et DENIS, 1999).

Figure 5 : Circuit de l'air observé dans un bâtiment fermé (A) vue en coupe et dans un bâtiment semi-ouvert (B) vue en plan (FOSTIER, 1990).  Humidité Des traces d'humidité, de la condensation et l'état de la litière sont des indicateurs essentiels d'une ambiance trop humide. Du fait d'une mauvaise évacuation de l'air, l'humidité s'accumule sur la toiture et sur les parois verticales. Ceci est un facteur de risque de développement de maladies. En effet, l'humidité des litières qui en résulte favorise le développement bactérien (BROUILLET, 1990 et MENARD, 2002). En outre, cela participe au vieillissement prématuré du bâtiment. Des bois qui pourrissent, des poteaux et des tôles rouillés, le pelage mouillé des 29


animaux, des fuites d'eau sont d'autres signes indicateurs d'une mauvaise ambiance (FOSTIER, 1990).  Température Le stress thermique peut s’avérer un enjeu en matière de bien-être pour tous types de bétail. En effet, des études ont montré que l'existence de matière isolante conditionne la température régnant à l'intérieur du bâtiment. Les ruminants peuvent facilement vivre sous une température ambiante comprise entre –5°C et +25°C mais l'optimum se situe entre 5 et 15 °C (VAGNEUR, 2002 et BROUILLET, 1990). Par ailleurs, il faut toutefois prendre soin de réchauffer l'eau de boisson en période très froide afin d'éviter une baisse de consommation (BROUILLET, 1990). Par ailleurs, des études ont montré que chez les ruminants, des températures ambiantes supérieures à 27°C peuvent causer une hausse de la fréquence des boiteries, des problèmes de reproduction tels que la réduction de la qualité du sperme et un poids moins élevé à la naissance et une réduction des rendements laitiers. Le stress thermique peut aussi diminuer l’immunité naturelle, rendant les animaux plus vulnérables à la maladie au cours des jours et des semaines suivants. (CABC, 2012). 2. GESTION DE L’ALIMENTATION Rationner un animal consiste à satisfaire ses besoins nutritifs, par l'ajustement d'apports alimentaires, suffisants, équilibrés, adaptés à ses facultés digestives, et les plus économiques possible (WOLTER, 1994). Le calcul du rationnement, passe par une meilleure connaissance des besoins nutritifs totaux des animaux, et de la valeur nutritive de leurs aliments, il suffit alors de réaliser, par le calcul, l'ajustement théorique entre les besoins, et les apports. 2.1.

Besoins nutritifs chez la vache Il existe de façon générale, deux types de besoins chez les animaux : les

besoins d’entretien et les besoins de production (croissance, gestation, production de lait). L’état d’entretien et celui de production des vaches nécessitent non seulement des protéines et de l’énergie, mais également des minéraux et des vitamines (BA et al., 2006). 30


Le tableau V résume les différents besoins par poids et selon l’état physiologique de l’animal. Tableau V: Evolution des besoins alimentaires quotidiens de la vache selon son état physiologique Types de besoins

Entretien

Stabulation

Gestation (3

Poids

Energie

vif (kg)

(UFL)

Matière azotée

Minéraux

PDI (g)

MAT (g)

Ca (g)

P(g)

Na (g)

200

2,2

173

160

12

7

4

300

3,0

234

216

-

-

-

400

3,7

291

267

24

17

6

500

-

344

315

-

-

-

600

5,0

394

360

36

27

8

-

20-50%

+50%

50%

25-50%

20-50%

25%

-

0,41-0,54

48

60

3,5

1,7

0,5

derniers mois) Lactation (par kg de lait)

Source : MAYER et DENIS (1999). 2.2.

Conduite de l’alimentation des vaches laitières Il existe deux périodes clés dans le cycle de production annuelle des vaches

laitières à savoir le tarissement et le début de lactation qui exigent un suivi alimentaire particulier. 2.2.1. Pendant le tarissement En pratique, dans le premier mois de tarissement dans le cas d’un rationnement individuel, les vaches taries ne reçoivent pas de concentrés. En effet, dans un élevage en ration complète, le jour de son tarissement, la vache passe dans le lot des vaches taries et reçoit une ration complète mélangée, à volonté (ne contenant pas de concentré de production).

31


Durant le deuxième mois de tarissement, débute la période de transition entre le tarissement et le début de lactation. Cette transition doit être mise en place au minimum trois semaines avant le part (date présumée) (ENJALBERT, 1995). L’objectif en ce moment est de permettre aux vaches d’atteindre un bon état corporel au vêlage pour qu’elles expriment correctement leur potentiel. Les réserves corporelles sont indispensables pour faire face aux déficits énergétiques importants en début de lactation (ARABA, 2006). Globalement, au niveau d’un troupeau, les vaches doivent vêler à une note d’état corporelle (sur une échelle de notation de l’état corporelle allant de 1 à 5) :

-

de 3,5 à 4,0 pour les troupeaux à haut potentiel (plus de 6000 litres par vaches laitière et par lactation);

-

de 3,0 à 3,5 pour les autres troupeaux.

2.2.2. Période de début de lactation L’objectif premier de ce rationnement est de passer progressivement des quantités de concentrés distribuées au moment du vêlage à celles qui seront distribuées entre la troisième et la quatrième semaine de lactation au moment du pic de lactation, ce qui permet de diminuer l’importance du déficit énergétique et donc le risque de cétose, sans augmenter le risque d’acidose (WOLTER, 1997). 2.3.

Alimentation des veaux La maîtrise de l’élevage des génisses est indispensable à l’obtention des

vaches laitières valorisant au mieux leur potentiel de production. Ceci commence dès le bas âge. C’est ainsi que l’alimentation et le sevrage du veau doivent être bien maitrisé pour éviter tout retard de croissance. Dans la Loire Atlantique et la Vendée en France, l’âge de sevrage est généralement de 10 semaines et dans la majorité des élevages, le veau est séparé de sa mère au moins une heure après sa naissance (BERTIN et CASTANIE, 1997). Au Sénégal, une étude faite sur la ferme de Niacoulrab a montré que les veaux ont été séparés de leurs mères dès leur naissance et que le sevrage a été fait à l’âge de 4 mois chez les races exotiques et à l’âge de 5-6 mois chez les métis (BA et al., 2006).

32


Des enquêtes réalisées en France sur le sevrage ont montré en 1997, que dans 95 % des élevages, les fourrages mis à la disposition des veaux sont du foin et de l’ensilage de maïs. Très peu d’éleveurs utilisent de l’ensilage d’herbe ou de la paille et la grande majorité des éleveurs distribuent du fourrage avant la cinquième semaine d’âge (BERTIN et CASTANIE, 1997). 2.4.

Aliments utilisés en production laitière Chez les ruminants, il existe deux types d’aliments généralement utilisés pour

couvrir leurs besoins. Il s’agit de la ration de base (le fourrage) et du complément correcteur de la ration de base (concentré), nécessaire pour compenser les déséquilibres alimentaires des fourrages. Afin de disposer du fourrage en dehors de la période favorable à la végétation et assurer la couverture des besoins tout au long de l’année, les éleveurs constituent des réserves fourragères. Il s’agit du foin, de l’ensilage et de la paille. 3. GESTION DE LA SANTE DANS UN ELEVAGE LAITIER Prendre soin de la santé d’un animal ne signifie pas seulement le soigner quand il est malade. Cela signifie aussi l’aider à ne pas tomber malade (PUCK et al., 1996). En cas de maladie, des précautions doivent être prises à savoir le traitement. Il faut bien se rendre compte que même si le traitement a éliminé de façon efficace la cause de la maladie, l’organisme a déjà été endommagé. Les effets de la maladie peuvent durer plus longtemps (s’ils disparaissent) que la maladie elle-même. Par conséquent, les pertes de production peuvent persister même si l’animal semble rétabli. Les pertes de production après une maladie sont par exemple un retard de croissance pour les veaux et une réduction de la production laitière pour les vaches. Les mesures de prévention des maladies sont souvent les mêmes que celles qui améliorent la production. Ainsi nous pouvons citer :

 l’hygiène : nettoyage et désinfection ;  l’eau : assurez toujours un libre accès à l’eau propre et fraîche ;  la nourriture de bonne qualité et alimentation régulière ;  l’abri contre les intempéries (pluie, vent, froid ou soleil intense) ;  l’exercice léger et régulier ;  l’environnement paisible (éviter l’agitation et le stress) ; 33


 la mise en quarantaine ;  la vaccination ;  le traitement préventif ;  la lutte contre les parasites ; Il est utile, dans certains cas, de traiter les animaux avant que la maladie ne soit réellement déclarée, surtout quand il s’agit d’une maladie qui se déclare toujours à la même période de l’année (avec l’avis du vétérinaire). Il est conseillé, par exemple, d’administrer un traitement préventif contre les vers avant et après la saison des pluies (PUCK et al., 1996). Il n’existe pas de vaccinations contre toutes les maladies et on vaccine surtout contre les maladies qui sévissent dans la région d’élevage. Enfin, la gestion sanitaire dans un élevage laitier est basée sur des préventions des maladies et les observations régulières du troupeau (BLAUW et al., 2008), car il vaut mieux prévenir que guérir. 4. GESTION DE LA PRODUCTION LAITIERE DANS UN ELEVAGE LAITIER La lactation est l’ensemble des phénomènes physiologiques qui président à l’élaboration puis à la sécrétion du lait (HANZEN, 1996). La traite est un processus qui a pour but d’extraire le lait de la mamelle d’une femelle afin d’obtenir un lait d’excellente qualité, sans répercussion sur la santé de l’animal (MEYER ET DENIS, 1996). Elle peut être manuelle (extrait du lait de la mamelle par les mains) ou mécanique (extrait du lait de la mamelle à l’aide d’une machine). La fréquence de traite est généralement de deux fois par jour : la traite du matin et celle du soir. Il est conseillé de bien laver la mamelle avant et après chaque traite pour éviter les risques de mammites et pour avoir un lait de bonne qualité hygiénique et microbiologique. 4.1.

Lactation d’une vache laitière

La durée de lactation chez la vache laitière est une période pendant laquelle la vache produit du lait. Schématiquement, l’intervalle entre 2 vêlages compte en moyenne 305 jours de lactation et 60 jours de tarissement. Une étude effectuée sur la ferme de Niacoulrab, en zone périurbaine de Dakar, a montré que sur l’ensemble du troupeau, la durée de lactation moyenne a été de sept mois et 16 % des vaches ont dépassé 15 mois de lactation (BA et al., 2006). 34


SARR (2011) a rapporté, une production moyenne journalière de 16 litres de lait par vache Holstein et vache Montbéliarde dans une ferme intensive (15 vaches en exploitation) à Dakar. Le tableau VI montre quelques performances de production laitière. Tableau VI : Quelques performances de production laitière de différentes races exotiques dans quelques pays. Races

Durée moyenne de

Production

Production

lactation

laitière par

moyenne

lactation

journalière

Auteur et lieu

MADANI et Montbéliarde

292 jours

2740±1088 kg

-

MOUFFOK (2008) ; Algérie N’JONG (2006) ;

Holstein

421 jours

3623 kg

-

Holstein

-

-

18,61 litres

Sénégal BA (1991) ; Sénégal SOW (1991) ;

Jersiaise

305 jours

3217±77 jours

10,5 ± 2,6 kg

Sénégal NJWE et al.,

Holstein-

315 ± 36 jours

4284±1626 kg

-

Frisonne

(2002) ; Cameroun

Source : (MANISHIMWE, 2012) 4.2.

Courbe de lactation d’une vache

Une courbe de lactation décrit l’évolution de la production laitière de la vache depuis le vêlage jusqu’au tarissement. Elle a la forme d’une parabole. BOUJENANE (2010) a décrit deux phases inégales de cette courbe de lactation que sont :

 Une phase ascendante qui va du vêlage jusqu’au pic de lactation. Sa durée est en moyenne de 3 à 8 semaines ;

 Une phase décroissante qui va du pic de lactation jusqu'au tarissement qui a lieu vers 300 jours après le vêlage. 35


La phase descendante est caractérisée par sa persistance et affiche une diminution de 10% de la production chaque mois (HANZEN, 1996). La forme de la courbe de lactation varie selon la vache, la race, la conduite alimentaire du troupeau, le rang de lactation, l’âge, la saison de vêlage, etc.(BOUJENANE, 2010). La figure 6 montre un exemple de courbe de lactation chez la race Gudhali au Burkina Faso. Les courbes de lactation individuelles des femelles ont permis de différencier deux catégories de productrices : génisses à bonne et à faible production laitière (MARICHATOU et al., 2005).

Figure 6 : Deux catégories de courbes de lactations moyennes (vaches Gudhali).Source : MARICHATOU et al. (2005). La rentabilité d’un élevage laitier est conditionnée par la maîtrise de certains paramètres tels que les paramètres sanitaires et les paramètres zootechniques. Ces deux paramètres seront abordés dans la présentation de notre travail sur le terrain.

36


DEUXIEME PARTIE : TRAVAIL PERSONNEL

DEUXIEME PARTIE : ETUDE PRATIQUE Sommaire Aucune entrée de table des matières n'a été trouvée.

37


CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES 1. SITE ET PERIODE D’ETUDE 1.1.

Présentation de Rosso (Mauritanie)

Notre étude s’est déroulée à Rosso, ville du Sud de la Mauritanie située à la frontière avec le Sénégal. Rosso est également le chef-lieu du département de Rosso et la capitale de la région (wilaya) du Trarza située au sud-ouest de la Mauritanie. Cette ville est localisée entre les parallèles 16°30 et 18°30 et les méridiens 14° et 16°. Elle occupe une vaste superficie construite sur la plaine inondable. Elle est protégée par des digues. Vers l’est c’est le village Tounguène située à 7 km sur la piste Rosso-Boghé, au nord-est à 7 km sur la route Rosso-R’kiz, c’est le village de Garak, au nord à la sortie de la route Rosso-Nouakchott et à l’ouest commence la digue qui relie Rosso à Diama desservant des villages tout le long des 90 km (Keur Macène) et au sud c’est le Fleuve Sénégal. Dans cette région, on trouve de larges dunes fixes et parallèles, orientées du sud-ouest au nord-est et séparées par des vallées à fond plat argileux. Son climat est chaud et sec. Il est saharien au nord de l’isohyète passant par Nouakchott et sahélien au sud de cette latitude. Cette région est caractérisée par une longue saison sèche d’octobre à juin et une courte saison humide de juillet à septembre. (KANKOU, 2004). Dans cette zone, nous avons noté la présence des mammifères sauvages tels que les phacochères, les singes et les écureuils. 1.2.

Période d’étude

Le présent travail s’est déroulé du 03 octobre 2016 au 28 février 2017. Cette période était caractérisée par un climat sec dont l’évolution de la température a montré un maximum de 44,2 °C en octobre 2016 et un minimum de 28,2 °C en décembre de la même année. Cette période est caractérisée par des chassepoussière, des chasse-sable et une visibilité dominante souvent réduite par des poussières en suspension dans l’air, non brassées par le vent (INFOCLIMAT, 2017). 1.3.

Présentation de la ferme

La ferme dans laquelle nous avons effectué notre travail, s’appelle « Ferme CMK ». C’est une ferme privée à spéculation laitière située à 10 km de la ville de Rosso entre les villages de Garak et le petit village Taïba. Elle est desservie par des voies sablonneuses et a été construite loin de toute habitation. 38


L’objectif de la création de cette ferme est non seulement la recherche de profit mais aussi la réponse à une demande sans cesse croissante en lait et produits laitiers des populations de la ville de Rosso et de ses environs. La ferme est implantée sur 40 ha de terre avec une surface réservée aux cultures fourragères égale à environ 22 ha. C’est une nouvelle ferme qui a importé un effectif de 32 génisses gestantes montbéliardes pour le démarrage de ses activités de production. Par ailleurs, le propriétaire de cette ferme possédait également des bovins de race locale et des petits ruminants. Les bovins locaux étaient notamment les zébus Maures et les zébus Gobra utilisés pour la production laitière. Par contre, les petits ruminants sont élevés pour répondre aux événements sociaux comme l’accueil d’un nouveau membre, une source de protéines familiale et les grandes fêtes telles que la Korité et la Tabaski. De même, un quota d’animaux est annuellement vendu et dont le revenu est destiné aux œuvres de grâce.

En outre, ces animaux de race locale

sont confiés à trois bergers salariés qui campent à une centaine de mètres au nordouest de l’exploitation des Montbéliardes. La gestion sanitaire des vaches locales et celle des Montbéliardes est assurée par le même agent technique d’élevage. Il arrivait parfois que les animaux de race locale, malades, soient amenés dans l’exploitation des Montbéliardes. En effet, sur le site d’élevage des Montbéliardes, deux béliers ont été introduits en février 2017 pour engraissement. La ferme comporte 3 bâtiments repartis entre les vaches laitières, les veaux avant sevrage et les veaux sevrés. Parmi ces trois bâtiments, seul celui des vaches laitières était électrifié à l’aide d’une source d’énergie solaire. Cette énergie électrique n’était pas satisfaisante car elle n’illumine pas suffisamment l’étable. Le propriétaire fait un élevage intégré, associé à la riziculture et la culture maraichère. Il a engagé un responsable technique et 4 autres personnes respectivement pour la traite des vaches, la distribution de l’alimentation, l’hygiène de l’étable et des nurseries et, la cuisine pour les ouvriers. Notons toutefois que, le responsable technique de cette ferme n’a reçu aucune formation de gestion d’élevage. Ce dernier est un proche du propriétaire qui a juste suivi un stage de 3 semaines en gestion d’une ferme bovine laitière. De même, il existe également une 39


main d’œuvre fortement familiale qui accomplit des tâches diverses comme le renouvellement de la litière, la coupe des fourrages verts, le convoyage du lait trait au centre de collecte, etc. 2.

MATERIEL

2.1.

Matériel animal Le matériel animal est constitué de 32 génisses gestantes montbéliardes

(Figure 7) importées de la France par l’intermédiaire de la société AFRIVET. Les dates prévisionnelles de vêlage étaient comprises entre le 20 novembre et le 20 décembre 2016. Les veaux à la naissance seront également suivis.

Th.2017 DAM

Figure 7 : Génisse montbéliarde 2.2. Matériel technique Notre travail a été facilité par l’utilisation d’un certain nombre de matériels qui sont décrits ci-dessous. 2.2.1. Fiche individuelle de suivi Une fiche individuelle est conçue pour recueillir des informations sur chaque vache (annexe 1). Les informations individuelles sont : l’identification de l’animal, les

40


vaccinations effectuées, la date du vêlage, le sexe et l’état du veau, l’état des mamelles, les symptômes et maladies suspectées et les traitements effectués. 2.2.2. Trousse de clinique La trousse de clinique est composée essentiellement d’un stéthoscope, d’un thermomètre et d’une trousse de chirurgie. 2.2.3. Matériel du California Mastitis Test (CMT) Il s’agit du matériel du test des mammites subcliniques.

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Figure 8: Palette de CMT (gauche) et le réactif (droite). 2.2.4. Ruban barymétrique Il a permis l’obtention des informations suivantes : le périmètre thoracique en centimètres et le poids en kg. Il est utilisé pour estimer le poids des veaux et des vaches. Il permet aussi de déduire la dose des médicaments à administrer aux animaux pendant certaines interventions et de suivre la croissance des veaux (Figure 9).

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Figure 9 : Ruban barymétrique

41


Le matériel comprend aussi un ruban gradué et un téléphone Samsung galaxie S7392 qui a servi à la prise des photos. 3.

METHODES

3.1.

Recherche documentaire La recherche documentaire nous a permis de nous imprégner des notions

spécifiques sur le thème de notre travail. Ainsi, nous avons exploité des documents rapportant des travaux antérieurs

tels que les thèses et mémoires, les revues

scientifiques et les pages web. 3.2.

Suivi des vaches et des veaux Dans le suivi des animaux, nous nous étions intéressés à leur santé et aux

pratiques zootechniques effectuées dans la ferme. 3.2.1. Suivi sanitaire Le suivi sanitaire a consisté à l’observation, l’examen clinique des vaches et des veaux et à la prise en charge des pathologies. Aussi, certains prélèvements ont été effectués pour des examens complémentaires. Ainsi, le test de détection précoce des mammites subcliniques (CMT) a été utilisé.  California Mastitis Test (CMT): -

Principe et technique de réalisation

Le CMT est basé sur l’emploi d’un détergent tensioactif qu’est la solution de Teepol à 10 % et d’un indicateur coloré (pourpre de bromocrésol) sur le lait. Ce détergent tensioactif agit en provoquant la lyse des cellules présentes dans le lait. La destruction des parois cellulaires libère l’ADN (acide désoxyribonucléique) cellulaire qui forme ainsi un réseau emprisonnant les globules gras et autres particules. Cette réaction a pour effet d’augmenter la viscosité du lait, voire de provoquer un floculat dont l’importance et la consistance sont fonction de la teneur en cellules de l’échantillon de lait. L’indicateur coloré accélère le virage de la couleur verte qui évolue vers le violet. La réalisation du test est facile mais une bonne propreté est nécessaire. En pratique, au début, on élimine les premiers jets de lait puis on prélève un peu de lait de chaque quartier dans chacune des quatre (4) coupelles identifiées 42


de la palette (Figure 10). On prélève le lait en tenant le manche de la palette et en maintenant les coupelles sous les quartiers. Après le prélèvement du lait, la palette est inclinée pour éliminer le lait en excès jusqu’au trait qui indique la quantité de lait nécessaire à la réaction (environ 2 ml). Après ajout de 2 ml de réactif Leucocytest® dans chaque coupelle, un mouvement circulaire est imprimé à la palette pendant quelques secondes pour mélanger le lait avec le réactif. On note enfin par transparence la présence et l’aspect du floculat.

Figure 10 : Exemple d’identification des coupelles de la palette de CMT -

Lecture et interprétation des résultats

La lecture et l’interprétation du CMT se font en se référant au tableau de lecture (Tableau VII).

43


Tableau VII: Interprétation du Leucocytest (DUREL et al., 2003).

Lecture

Interprétation Relation avec la

Score Aspect

Valeur

Infection

Croix

numération cellulaire (× 10m3 /ml)

Consistance normale,

0

(0)

Absente

0 -200

couleur grise Risque d’infection par

Léger gel disparaissant après agitation, couleur

1

(±)

pathogène mineur

150-500

2

(+)

Mammite subclinique

400-1500

3

(++)

Mammite subclinique

800-5000

violacée

Léger gel persistant, filament grumeleux, couleur gris violet

Epaississement immédiat, amas visqueux au fond de la coupelle

Gel épais, consistance du blanc d’œuf, couleur violet

Mammite subclinique 4

(+++)

à la limite de

Plus de 5000

l’expression clinique

foncé

3.2.2. Suivi zootechnique Le suivi zootechnique a consisté au rationnement de l’alimentation, à l’audit des bâtiments d’élevage, au contrôle de la production laitière et au suivi de la croissance des veaux. 3.2.2.1.

Audit des bâtiments

L’audit a concerné les bâtiments des veaux et des vaches laitières. Il a permis de décrire ces bâtiments et de les comparer aux normes. 44


3.2.2.2.

Rationnement

Il a consisté au suivi du mode d’alimentation des vaches et des veaux. 3.2.2.3.

Production laitière

Nous avons choisi la période du pic de lactation pour déterminer et apprécier le niveau de production des vaches. Pour cela, 10 vaches ont été choisies entre la 4ème et la 8ème semaine après le vêlage en se servant de la description de la courbe de lactation faite par BOUJENANE (2010). Les quantités de lait produites quotidiennement pendant ce temps, par ces vaches ont été mesurées. Le but de ce contrôle laitier que nous avons fait est d’estimer la production moyenne journalière par vache au pic de lactation. 3.2.2.4.

Contrôle du GMQ des veaux

L’utilisation du ruban a permis d’estimer le poids des veaux. Pour réaliser correctement la mesure, on fait passer le ruban juste derrière les pattes antérieures de l’animal ce qui permet de lire directement le poids. L’animal doit être en position détendue. Il faut donc le manipuler avec calme (Figure 11). Cette mesure a été effectuée 2 fois (à la naissance et au sevrage des veaux, c’est-à-dire à l’âge de 3 mois). Les mesures effectuées ont permis d’estimer les gains moyens quotidiens (GMQ) des veaux pendant leurs 3 premiers mois de vie. Le contrôle du GMQ a été effectué sur 16 veaux.

45


Th.2017 DAM

Figure 11 : Technique d’utilisation du ruban barymétrique

46


CHAPITRE II : RESULTATS 1.

BATIMENTS D’ELEVAGE

1.1.

Bâtiment d’élevage des vaches laitières et hygiène Le bâtiment d’élevage des vaches laitières est à 20 m du bâtiment de

stockage d’aliments du bétail et à 24 m des bâtiments des veaux sevrés. C’est un bâtiment ouvert avec une rangée et construit sur une surface de 900 m2 (50 m de long et 18 m de large) (Figure 12). Il était orienté dans le sens est-ouest. Autour de ce bâtiment, se trouvent des arbres distants d’environ 50 m. La toiture est neuve, faite en aluminium et suffisamment inclinée. A l’aire d’alimentation, les caillebottis sont en métal non adapté qui ne cessent de se briser sous les pieds des vaches en stabulation libre. A l’étable, il y avait deux abreuvoirs disposés chacun à mi-distance de la longueur du bâtiment et dont chacun d’eux pourrait contenir 1124 litres d’eau. Les cornadis sont présents et offrent des places à l’auge, variables aux vaches. La moyenne de la longueur de la place à l’auge était de 68,875 cm ± 14,644. Ce bâtiment comprend deux parties ou aires à savoir l’aire d’alimentation qui est bétonnée et l’aire de repos et d’exercice des vaches. Cette dernière partie était faite d’une litière constituée de sable constamment renouvelée. Nous avons effectué certaines mesures qui nous ont permis de calculer :

-

l’aire d’alimentation : 50 × 3,5 m = 175 m2

-

l’aire d’exercice + aire de repos = 50 m × 8 m = 400 m2, soit 12,5 m2 par vache.

-

largeur du couloir d’alimentation = 6 m. L’auvent mesure 0,6 m et la base de l’auge est à 13 cm du pied des vaches

sur l’aire d’alimentation. Notons que le bâtiment n’est équipé d’aucune source artificielle de ventilation. La figure 13, montre à travers la disposition des génisses, l’ambiance dans le bâtiment.

47


Figure 12: Bâtiment d’élevage des vaches laitières.

48


Th.2017 DAM

Figure 13 : L’ambiance dans le bâtiment d’élevage des vaches laitières. 1.2.

Logement des veaux Les veaux non sevrés vivent dans des box individuels communiquants de 2,4

m2 de surface et 1,5 m de hauteur contrairement aux veaux sevrés qui eux, vivent dans des bâtiments collectifs entourés par un brise-vent étalé à une hauteur de 1,8 m. Les box individuels sont construits sur deux rangées en face-à-face. Ces derniers sont faits de litière paillée et sont nettoyés régulièrement et aussitôt qu’ils sont mouillés ou souillés par des déjections des veaux. Les bâtiments collectifs, au nombre de trois, ont chacun une superficie de 30 m2. De même, chaque bâtiment collectif abrite 8 veaux ; ce qui attribue donc une surface de 3,75 m2 par veau. Les bâtiments collectifs et le box individuels ont une toiture en aluminium et sont séparés les uns des autres par un brise-vent, avec une litière faite de sable. Les veaux non sevrés vivent dans des box individuels (Figure 14), jusqu’à 2 mois d’âge environ puis sont transférés dans un bâtiment collectif.

49


Th.2017 DAM

Figure 14 : Box individuel pour veau avant sevrage. 2.

SUIVI DES VACHES

2.1.

Réception et période d’acclimatation Les génisses, importées de la France, ont transité d’abord par voie maritime par

le Maroc, avant d’être convoyées à Rosso en Mauritanie par camion. Soit au total 10 jours de voyage. Ces génisses ont été réceptionnées à la ferme le 4 octobre 2016 et à leur arrivée, certaines informations ont été prises dans le but de mieux les suivre. Elles étaient au 8ème mois de gestation avec un poids vif moyen de 580 kg et leurs vêlages étaient prévus pendant la période allant du 20 novembre au 20 décembre 2016. Selon l’attestation complémentaire au certificat relatif à l’exportation de bovins reproducteurs de la France vers le Maroc, plusieurs mesures ont été prises dans le pays exportateur pour garantir une bonne immunité aux vaches. D’abord, il est important de savoir que ces animaux provenaient d’une zone indemne depuis au moins 60 jours de maladies telles que la brucellose, la tuberculose, la leucose, la péripneumonie

contagieuse

bovine,

la

peste

bovine,

la

fièvre

aphteuse,

l’encéphalopathie spongiforme bovine, de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. En outre, les animaux ont été reconnus en bon état de santé lors d’un examen clinique subi durant les 10 derniers jours précédant leur départ de la localité 50


d’origine. Aucune maladie contagieuse de l’espèce bovine requérant des mesures de quarantaine n’a été constatée dans leur localité d’origine, au cours des 6 derniers mois, à l’exclusion de la fièvre catarrhale ovine. Enfin, pour ce qui concerne la fièvre catarrhale ovine, les vaches n’ont pas été vaccinées contre le(s) sérotype(s) présent(s) ou susceptible(s) d’être présent(s) dans la zone géographique dont ils sont originaires et ont été soumis à un test PCR (Polymerase Chain Reaction) au minimum 14 jours avant leur départ. Au lendemain de leur arrivée dans la ferme, les génisses ont reçu chacune 12 ml d’antistress (Stress VitamND) et elles ont été vaccinées contre la pasteurellose bovine, une semaine plus tard. 2.2.

Alimentation

2.2.1. Nature des aliments distribués Les rations alimentaires étaient essentiellement à base de fourrages verts de Pennisetum purpureum, de paille et son de riz, de son de blé, des tourteaux d’arachide et de baobab. Les fourrages verts sont cultivés par le propriétaire luimême. Les fourrages coupés sont immédiatement remplacés par de nouvelles tiges. Néanmoins, des ruptures en fourrages verts, ont été observées, dues à l’envahissement du champ par des troupeaux bovins locaux voisins. La paille de riz, résidu de récolte, est considérée comme fourrage à part entière ; ainsi, les vaches en consommaient ad libitum. Outre les fourrages verts et la paille de riz, tous les autres aliments étaient achetés dont particulièrement les tourteaux de baobab qui étaient importés du Sénégal. Des compléments minéraux vitaminés (CMV) et des pierres à lécher étaient également utilisés. 2.2.2. Mode de rationnement Avant la lactation, chacune des vaches recevait 1 kg de son de riz, 2 kg de tourteaux d’arachide, 1,5 g de CMV et du fourrage à volonté (Tableau VIII). En période de lactation, chaque vache reçoit par jour 6 kg de son de riz, 2 kg de son de blé, 3 kg de tourteaux d’arachide, 3 kg de tourteaux de baobab, 0,2 kg de CMV, la paille de riz et les fourrages verts de Pennissetum, à volonté (Tableau VIII). La quantité de concentrés distribuée est atteinte progressivement en commençant 51


par la distribution de 4 kg de son de riz, 2 kg de tourteaux d’arachide, 1 kg de tourteaux d’arachide aux premières vaches qui ont vêlé. Ces dernières quantités sont augmentées progressivement dans le but d’augmenter la production de lait sans entrainer les maladies métaboliques telles que l’acidose. Les vaches étaient rangées à l’auge en fonction de l’ordre chronologique de vêlage mais elles prenaient les mêmes quantités d’aliments. Tableau VIII : Alimentation des vaches laitières Aliments (kg)

Avant vêlage

En lactation

Son de riz

1

6

Son de blé

-

2

Tourteaux d’arachide

2

3

Tourteau de baobab

-

3

Fourrages verts

A volonté

A volonté

Pailles de riz

A volonté

A volonté

0,15

0,2

CMV

Par la suite, la rupture imprévisible du stock des fourrages verts a entrainé une perturbation des rations distribuées. En effet, nous avons eu recours au laboratoire de zootechnie de l’EISMV de Dakar pour une analyse des matières premières et pour une proposition de ration. Ainsi, une ration a été formulée pour chaque stade du cycle de production des vaches (Annexe 2). 2.3.

Production laitière Les vaches sont traites mécaniquement deux fois par jour (matin et soir). Une

partie du lait trait est immédiatement convoyée au centre de collecte et l’autre partie est réservée pour l'alimentation des veaux. La production moyenne journalière pendant le pic de lactation des génisses montbéliardes sur la ferme à Rosso (Mauritanie) a été de 15,64 ± 3,59 kg de lait.

52


3.

SUIVI DES VEAUX

3.1.

Mise bas et hygiène des veaux La date prévisionnelle de vêlage de chacune des génisses était connue. Pour

cela, une liste des génisses par ordre de vêlage a été constituée afin de suivre individuellement ces génisses et de mieux préparer leur vêlage. Néanmoins, la connaissance de ces dates n’avait pas eu grand intérêt car certaines vaches ont vêlé en dehors des estimations faites. Néanmoins, ces prévisions nous ont permis surtout de détecter les éventuelles mises bas prématurées. Les vêlages ont lieu à l’étable car la ferme ne dispose pas d’autres bâtiments construits à cet effet. Certains vêlages ont eu lieu le matin à l’aube, d’autres le soir et certains ont eu lieu, la nuit. En effet, l’approche de la mise bas chez une génisse, est marquée par la présence des signes tels que la prise progressive du volume de la mamelle, l’écoulement vulvaire translucide, le gonflement et la congestion de la vulve. Peu avant la mise bas, nous avons noté un changement de comportement : la génisse concernée s’isole et cherche un bon coin. En outre, elle se couche puis se relève continuellement sans cesse. Il arrive parfois qu’elle vêle debout. Mais, quelle que soit la position adoptée (debout ou couchée), elle pousse, contracte son abdomen pour pouvoir faire sortir son produit. A ce stade, on reste à l’écart et hors de sa vue, pour éviter de la perturber et on la laisse vêler seule, éventuellement. En revanche, quand la poche amniotique est rompue, on intervient pour l’aider à expulser le veau. L’expulsion est manuelle et consiste à tirer le veau avec beaucoup d’attention pour ne pas le traumatiser, surtout pour ne pas lui casser la colonne vertébrale. A la naissance du veau, immédiatement nous le mettons en position verticale, la tête vers le bas pour éliminer le liquide qui serait dans ses voies respiratoires et nous désinfectons son nombril avec de la bétadine jaune. Ensuite, nous contrôlons ses fréquences respiratoire et cardiaque. Dans le cas où le veau ne respire pas, on utilise des stimulants respiratoires naturels à effets irritatifs (oignon coupé) que l’on dépose sur ses narines. Dans la première heure après sa naissance, il prend le colostrum et on l’isole dans un box individuel, pour éviter qu’il soit contaminé à l’étable.

53


Le sérum antitétanique lui est également administré en sous-cutané quelques heures plus tard. Après le vêlage, la vache est déparasitée avec de l’Okzan-FND par voie orale et reçoit par voie parentale 60 ml d’oxytétracycline (OxyclineND LA) et 12 ml de vitamines (Stress VitamND). On lave l’utérus de la vache ayant vêlé puis on y dépose un oblet gynécologique. Ainsi, commence une autre phase de surveillance, celle qui consiste à suivre l’éventuelle délivrance de la génisse dans les 24 heures qui suivent la mise bas. Au cours de notre travail, nous avons enregistré 28 mises bas dont 5 ont été assistées et 24 veaux viables ont été obtenus. 3.2.

Alimentation La prise du colostrum a été faite immédiatement après le vêlage par tétée.

Cependant, lorsque le veau a une mauvaise mère mais qui produit du colostrum, on la trait manuellement pour donner ce colostrum au veau. Aussi, il y a un cas où la mère a une insuffisance de sécrétion lactée (hypogalactie) et donc, on lui a injecté 3 ml d’ocytocine pour stimuler sa sécrétion lactée. En effet, quelques minutes après l’ingestion d’ocytocine, la mère a sécrété environ 7 litres de colostrum dont seulement 2 litres ont été donnés au veau. Le reste était conservé au congélateur dans la maison du propriétaire. Cette prise colostrale s’est poursuivie avec 4 à 5 litres de lait en deux (2) repas, jusqu’à l’âge de 3 jours d’âge du nouveau-né. Ensuite, les veaux ont reçu 4 à 5 litres de lait (selon la taille), en 2 repas par jour pendant les 2 premières semaines. Dans les six (6) semaines qui suivent, les veaux sont nourris avec 5 à 6 litres de lait. A partir de la 9 ème semaine, la quantité du lait est réduite progressivement pour s’annuler à la fin de la 12 ème semaine. Pendant cette réduction de la quantité de lait, on met à la disposition des veaux, de l’eau, de la paille de riz à volonté et certains concentrés tels que 200 g de son de riz, 200 g de son de blé, 200 g de tourteaux d’arachide et 125 g de grains de maïs. De même, il a été mis à la disposition des veaux, de l’eau à volonté et une bouillie faite d’un mélange d’eau et de son de riz, bouillie appelée ‘’zrig’’ Ce programme d’alimentation proposé par un vétérinaire conseillé, a permis de sevrer les veaux à 3 mois d’âge. (Tableau IX).

54


Tableau IX : Alimentation des veaux avant sevrage. Âge (en

Lait maternel

Nombre

Aliment

(litre/jour)

de repas

Eau, concentré et paille

1

Colostrum (3 jours)

2

Rien

2

4à5

2

Rien

3à8

5à6

2

Rien

9

4

2

Eau, concentrés, pailles

10

4

2

Eau, concentrés, pailles

11

2

2

Eau, concentrés, pailles

12

1

2

Eau, concentrés, pailles

semaines)

Rappelons que les veaux sevrés vivent dans des bâtiments collectifs qui ont abrité chacun 8 veaux. La ration des huit (8) veaux sevrés, était composée essentiellement d’un mélange de 2,5 kg de son de riz, 2 kg de tourteau d’arachide, 2,5 kg de tourteau de baobab, 1 kg de son de blé, 1 kg des graines de maïs et de blé. Cette ration est déposée dans un bac réservé à cet effet. Des pierres à lécher sont également mis à leur disposition. 3.3.

Croissance des veaux La croissance des veaux a été évaluée par le calcul du gain de poids

quotidien après la naissance. Les veaux à la naissance ont eu respectivement à la naissance et à 3 mois d’âge, un poids vif moyen de 46,15 ± 5,19 kg et de 97,21 ± 4,23 kg ; soit un gain moyen quotidien de 663 ± 59,789 g pendant les 3 premiers mois de vie. 4.

CONDUITE SANITAIRE

4.1.

Mesures prophylactiques La ferme est gérée par un agent technique. Rappelons que ce dernier n’a reçu

aucune formation dans la conduite d’élevage. Par ailleurs, le propriétaire reçoit également pour l’audit de la ferme, la visite d’autres spécialistes comme des ingénieurs agronomes et docteurs vétérinaires. En outre, mise à part le déparasitage des animaux, avec de l’Okzan-FND associé l’oxytétracycline et les vitamines après la mise bas (1 comprimé pour 50 kg), il y a eu 55


aussi les vaccinations comme la vaccination contre la pasteurellose bovine. De même, une injection intramusculaire de 12 ml de complexe vitaminée (Stress vitam) est faite aux génisses deux fois par mois. Enfin, à la naissance les veaux sont vaccinés contre le tétanos et ils sont déparasités avec de l’Okzan-FND (1 comprimé pour 50 kg) et reçoivent en injection intramusculaire, 10 ml de FercobsangND. 4.2.

Pathologies rencontrées et traitements effectués La collecte des données concernant l’état sanitaire des animaux était rendue

possible grâce aux fiches individuelles que nous avons conçues pour enregistrer les pathologies des animaux, les traitements effectués, les mises bas et l’état du produit vêlage. Parmi les pathologies rencontrées, une prédominance des troubles digestifs et métaboliques a été notée. On a également noté des affections mammaires, des pathologies virales, les pathologies néonatales et les pathologies de la reproduction. 4.2.1. Pathologies métaboliques Les affections métaboliques rencontrées sont 7 cas d’acidose et deux (2) suspicions de cétose. L’acidose s’est manifestée par l’émission des fèces diarrhéiques contenant parfois des grains de riz, une baisse de la production, un manque d’appétit, des douleurs abdominales et parfois des boiteries. Certaines vaches ont présenté une distension du flanc gauche avec un bruit de flot à la succussion, parfois accompagnée de tachycardie et de polypnée. Le traitement consiste en une injection intraveineuse d’OrnipuralND (mélange de sorbitol et d’acides aminés) et une administration per os du bicarbonate de sodium pharmaceutique (1 cuillerée à café dans 75 centilitres d’eau chaque 24 heures). Ensuite, on réduit la quantité de concentrés habituellement distribuée à la vache. Ce traitement a donné un bon résultat. Quant à la cétose, elle a été suspectée chez deux vaches respectivement au cours de la 5ème et de la 8ème semaine de production. Les vaches atteintes étaient parmi les plus hautes productrices de la ferme. Les signes observés étaient une chute de production, un amaigrissement, l’abattement, l’inappétence. Le traitement a consisté en une perfusion de solution glucosée (G10) et à l’administration d’OrnipuralND. Ce traitement a permis l’amélioration de l’état général des vaches.

56


4.2.2. Pathologie de la reproduction Les pathologies de la reproduction enregistrées concernent un (1) cas de rétention placentaire, deux (2) avortons, une (1) momification fœtale et un cas de mammite clinique et subclinique chez une même vache. La rétention placentaire est observée chez une vache qui a eu des difficultés de mise bas. Cette vache a été assistée avant de mettre bas. Le traitement de rétention

placentaire

a

consisté

à

une

injection

d’ocytocine ND

par

voie

intramusculaire. Le lendemain après ce traitement, la vache concernée a délivré. La momification fœtale a été constatée chez une vache. En effet, 2 mois après la date prévisionnelle de vêlage, la vache concernée n’a présenté aucun signe de vêlage, Pour cela, une exploration transrectale de l’utérus a été faite et a permis de confirmer que le fœtus était momifié. Le traitement effectué n’a pas donné un bon résultat. Il s’agit de l’administration quotidienne pendant 3 jours, de 5 ml de Prostaglandine F2α (EnzaprostND) et de la dexaméthasone. La dernière décision qui était prise est de faire une césarienne. La mammite clinique était observée quelques jours après le vêlage. Il s’agissait de la forme aiguë des mammites. En effet, nous avons observé une inflammation du quartier antérieur gauche de la mamelle est enflammé, avec la présence de grumeaux dans le lait. Il n’y a pas eu une atteinte de l’état général car la vache avait un bon état d’embonpoint ; son appétit était conservé et sa température rectale normale. Quant à la mammite subclinique, elle a été confirmée sur le quartier antérieur droit de la mamelle de la même vache. La sécrétion parait macrocroscopiquement normale même en début de traite, les signes locaux et généraux sont absents : la vache a un bon état d’embonpoint, la glande mammaire ne présentait aucun signe visible d’inflammation. Par contre, l’examen du lait par CMT (California Mastitis Test) a permis de mettre en évidence des modifications cellulaires du lait en l’occurrence une augmentation des cellules somatiques du lait (Figure 15). Cette figure montre que le quartier antérieur droit est atteint d’une mammite subclinique (score 3) : on note la présence d’un épaississement et un amas visqueux au fond de la coupelle (Tableau VII).

57


Le quartier antérieur gauche de la mamelle de la vache est atteint de mammite clinique (le quartier est pratiquement vide et on note la présence de grumeau dans le lait) et donc le CMT n’est pas nécessaire pour son diagnostic.

Th.2017 DAM

Figure 15 : Résultat d’un test de mammite subclinique La connaissance des agents pathogènes responsables des mammites nous a guidés dans le choix d’un traitement spécial en utilisant par voie intramusculaire, la Pénicilline dihydrostreptomycine (PenistreptoND) associées à un anti-inflammatoire (MeloxicamND). On a utilisé également des pommades intramammaires à bas de la néomycine (MyomycineND). Cette pommade s’introduit dans le quartier atteint à travers le trayon. Avant d’introduire cette pommade dans le quartier, nous prenions le soin de bien le vider. Ce traitement est répété chaque jour pendant cinq jours. Enfin, des mesures prophylactiques ont été prises pour prévenir ces maladies mammaires : -

la vache atteinte est traite après toutes les autres vaches et le lait est détruit.

-

On l’a éloignée également des autres vaches, en lui aménageant un coin dans l’étable.

-

l’hygiène de l’étable a été renforcée : le bouvier nettoie l’étable deux fois par jours.

-

l’hygiène de la traite a été renforcée. Les mamelles des vaches sont nettoyées avec de l’eau de javel diluée avant chaque traite et nettoyées avec de la bétadine après la traite. De même, les machines à traire sont nettoyées avant et après chaque traite avec de l’eau de javel diluée.

58


-

enfin, pendant la traite, le trayeur manipule méticuleusement la mamelle étant donné que l'apparition de blessures sur les trayons, peuvent multiplier le risque de mammite.

4.2.3. Affections parasitaires Les maladies parasitaires étaient rares dans la ferme. Par contre, quelques tiques et les mouches tsé-tsé (glossines) étaient quelquefois observées dans l’étable. En outre, il y a des risques de parasitismes internes comme la distomatose surtout la fasciolose : les vaches s’abreuvaient de l’eau du Fleuve Sénégal et le champ des fourrages de Pennisetum purpureum que les vaches mangeaient était arrosé avec cette même source d’eau. Cette eau serait contaminée par des agents infestants de la fasciolose. 4.2.4. Pathologies virales La maladie virale rencontrée était la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB). Elle était apparue pendant le premier mois de séjour des génisses dans la ferme. En effet, deux jours, après une nuit où elles ont été dérangées par des moustiques, nous avons observé une éruption cutanée de nodules, accompagnée d'une réaction inflammatoire des nœuds lymphatiques pré-scapulaires chez une génisse. En effet, le responsable technique de la ferme a pensé que les nodules sont tout simplement des réactions cutanées traumatiques dues aux piqures de moustiques et il a décidé de laisser la génisse atteinte à l’étable avec les autres génisses non encore atteintes. Le lendemain matin, dix génisses ont présenté les mêmes symptômes. Ces nodules étaient localisés à l'encolure, sur le thorax, à la face interne des cuisses, au périnée, sur les membres, sur les mamelles et les flancs. L’examen clinique des malades a permis de noter un œdème au niveau du fanon, et une hyperthermie (40 à 40,5 °C). Nous avons constaté une évolution rapide des signes cliniques, un processus très contagieux avec une morbidité de 56% (18 génisses atteintes sur 32) et trois (3) mortalités. L’autopsie des cadavres a permis de noter outre les lésions cutanées superficielles, une congestion des intestins, une hypertrophie des nœuds lymphatiques et de l’œdème sous-cutané, particulièrement dans les parties déclives. Pendant cet épisode, des prélèvements du sang et de croutes cutanées ont été réalisés chez les malades et envoyés au laboratoire de l’ISRA à Dakar afin de faire un diagnostic différentiel avec la dermatophilose bovine.

59


Le traitement a consisté en une injection intramusculaire de 25 ml de pénicilline dihydrostreptomycine (PenistreptoND) quotidiennement pendant cinq jours, associée à un anti-inflammatoire non stéroïdien (Meloxicam ND) pendant trois jours. Toutes les génisses de la ferme, ont reçu ce traitement. Au second jour du traitement, les températures des génisses sont devenues normales. Les œdèmes ont disparu environ deux semaines plus tard avec une induration et une nécrose des nodules qui se dessèchent puis se détachent en 2- 5 semaines en laissant des plaies en cône que nous avons eu à traiter. Les résultats du laboratoire ont permis de confirmer la dermatose nodulaire contagieuse bovine.

Nodules cutanés

Th.2017 DAM

Figure 16 : Génisse atteinte de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. 4.2.5. Affections néonatales Les pathologies néonatales étaient marquées par cinq cas de diarrhées néonatales pendant le premier mois d’âge et deux mortinatalités. Pendant les diarrhées, les veaux présentaient : un abattement, une inappétence, une hyperthermie et un amaigrissement. Les diarrhées sont profuses de couleur jaunâtre ou grisâtre. La déshydratation était marquée quand la diarrhée est aiguë. Parmi les cas de diarrhées rencontrées, deux (2) présentent de stries de sang. Le traitement des diarrhées a consisté à l’utilisation des sulfamides (Veto Anti Diar ou SulfadimidineND), à l’injection d’un anti-inflammatoire (MeloxicamND) et à des perfusions de solutions glucosées (G5ND). Ce dernier traitement est réalisé en

60


seconde intention quand l’administration de Veto Anti Diar et de Méloxicam, n’est pas efficace ou lorsque la diarrhée est aiguë. 4.2.6. Autres pathologies D’autres pathologies ont été rencontrées, en dehors de celles qui sont développées plus haut. Il s’agit essentiellement des cas d’hématome sur l’encolure, un abcès chaud sur la pointe de l’épaule, deux cas de boiteries et des blessures au pied. Dans les cas d’hématome, on note à la palpation, une tuméfaction fluctuante froide sans douleur et à la ponction, on constate qu’il y a un liquide sanguinolent. La ponction nous a permis d’évacuer le liquide sanguinolent et nous avons administré un anti-inflammatoire (MeloxicamND) par voie intramusculaire. Quant au cas de l’abcès chaud on a noté une tuméfaction chaude et douloureuse et une légère fièvre chez l’animal. Il s’agit d’un petit abcès qui a la taille d’une balle de tennis. Son traitement a consisté à l’incision cutanée en position déclive puis l’évacuation du pus après asepsie à la bétadine jaune et rasage de la zone atteinte. Ensuite on nettoie la cavité créée avec de la bétadine jaune. Une fois nettoyée, on fait un drain et on applique un spray d’oxytétracycline et on injecte un anti-inflammatoire (MeloxicamND) et de l’oxytétracycline par voie intramusculaire à la génisse. Le traitement des blessures a consisté au nettoyage avec de la bétadine jaune, une application de spray d’oxytétracycline et une injection d’oxytétracycline. Les cas de boiterie sont essentiellement observés après les accidents aux caillebotis. Dans ces cas, on lave bien les onglons et les espaces interdigités afin de confirmer la cause de cette boiterie. Une évolution favorable des boiteries a été obtenue après injection d’anti-inflammatoire (PhénylarthriteND).

61


CHAPITRE III : DISCUSSION Ce chapitre nous permet de discuter de la méthodologie utilisée puis des résultats globaux obtenus au terme de notre étude. 1. MATERIEL ET METHODES 1.1.

Zone d'étude La ferme de Rosso a été choisie comme site d'étude parce qu'elle est une

ferme de production laitière à élevage intensif. De plus, c’est une nouvelle ferme qui a importé 32 génisses gestantes montbéliardes pour le démarrage de ses activités. 1.2.

Matériel animal La race exotique Montbéliarde a été choisie du fait de sa grande aptitude

laitière (8000 kg par lactation en Europe). C’est une race mixte à vocation laitière et ayant une bonne aptitude bouchère. Les montbéliardes sont peu sujettes aux maladies métaboliques (fièvre vitulaire, retournement de caillette,…), et leurs réserves corporelles leur évitent de nombreux problèmes de santé (fertilité). Elles s’imposent facilement dans les grands troupeaux. Leur résistance à la chaleur et au stress des transports constituent leur principal atout (OS, 2008). 2. METHODES La méthode de travail adoptant une démarche de suivi a permis d'avoir des informations régulières en temps réel. En outre, les fiches individuelles de suivi constituent un bon outil d'archivage et favoriseront les études ultérieures rétrospectives. Dans la méthodologie, nous avons utilisé le test CMT qui est un outil de détection précoce des mammites subcliniques afin de les prévenir et éviter les mammites cliniques. Le CMT constitue un test peu onéreux qui permet de préciser le statut inflammatoire de la glande mammaire et de déterminer le ou les quartiers atteints de mammite subclinique. Un résultat (franchement) positif indique une probabilité élevée d’avoir une concentration cellulaire dans le quartier, supérieure à 800 milles cellules par millilitre. Par contre, pour les statuts intermédiaires (douteux), le test doit être répété plusieurs fois (DUREL et al., 2003). En d’autres termes, le test de CMT est un test quantitatif indirect qui permet d’apprécier l’augmentation du taux 62


cellulaire du lait. Il est rapide, efficace et peu onéreux. Cependant, des faux positifs liés à plusieurs facteurs (stade et numéro de lactation,…) peuvent être obtenus (SERIEYS, 1985). Enfin, le ruban barymétrique est un outil de mesure pratique et facile d’utilisation qui a permis d’estimer le poids des veaux en absence de balance calibrée qui est l’outil le plus précis pour mesurer le poids des animaux. 3. BATIMENTS D’ELEVAGE DES VACHES LAITIERES La ferme CMK ne possède que 3 bâtiments réservés pour l’élevage bovin. Elle ne possède pas de bâtiments pour la séparation

des animaux de stades

physiologiques différents (vaches en lactation, vaches en post-partum…), et pour la mise en quarantaine des animaux malades. Cette situation a comme conséquence un moindre contrôle de la contamination des animaux (VALLET, 1981). Le bâtiment des vaches est ouvert. Cette caractéristique du bâtiment facilite l’évacuation des odeurs (surtout ammoniacales), de l’humidité, et des particules de poussière dans l’air ambiant favorisant ainsi la santé des animaux notamment la santé de l’appareil respiratoire. Un bâtiment ouvert présente également l’avantage d’être bien aéré ; ce qui pourrait lutter contre le climat chaud du milieu. La circulation du vent se fait de façon homogène dans le bâtiment car les vaches y sont réparties de façon homogène. Dans le cas contraire, elles seraient concentrés sur les seules zones protégées de l'aire de couchage ce qui se traduira par une surdensité secondaire en animaux (LEROY, 1989). En revanche, la ventilation naturelle peut être influencée par le changement du sens et de la direction du vent par les arbres et les bâtiments (FERRE, 2003). L’orientation (est-ouest) du présent bâtiment est la plus courante (MAYER et DENIS, 1999) car elle empêche l’entrée des rayons solaires dans le bâtiment. La toiture en aluminium est un atout pour la ferme. Les produits de construction en aluminium ne vieillissent pas sous l’effet des rayons ultraviolets et résistent bien à la corrosion. Cela garantit une longue durée d’exploitation de cette toiture. La réflectivité de l’aluminium est élevée lui permettant une gestion de l’éclairage. En outre, l’aluminium est non combustible assurant ainsi une sécurité contre l’incendie néanmoins les alliages d’aluminium fondent à environ 650°C sans toutefois libérer de gaz nocifs. 63


En revanche, les arbres qui étaient à 50 m du bâtiment ne permettent pas de protéger les animaux à l’étable. Il faudrait que les arbres soient moins éloignés pour empêcher la pénétration de poussière et limiter ainsi le risque de maladies respiratoires. Le caillebotis est fait de matériau métallique peu résistant. Cette situation a entraîné des boiteries et des blessures au pied chez les vaches qui enfoncent leurs pieds au passage sur le caillebotis. Les places à l’auge sont hétérogènes et ont une moyenne de 68,875 cm avec un minimum de 54,23 cm et un maximum 83,51 cm. Cela favorise la promiscuité des vaches et les empêche de bien manger. D’où le risque de la baisse de la production (LESSIRE et ROLLIN, 2013). C’est ainsi que MOREL (2012) recommande, que chaque vache doit avoir 70 cm à l’auge. En outre, la surélévation des 13 cm du fond de l’auge par rapport à l’aire d’alimentation est similaire aux normes décrites par MOREL et favoriserait la salivation et la préhension des aliments. Par ailleurs, chacune des vaches disposait de 13,80 m2 à l’étable dans l’aire de couchage et d’exercice. Cette superficie est largement supérieure aux normes décrites par WAGNEUR en 2002 qui sont de 10 m 2 avec un minimum de 6 m2 par vache sur l’aire de couchage. La litière était faite de sable. Cela rend compliqué le travail du bouvier quand les bouses molles se mélangent avec ce type de litière. 4. LOGEMENT ET HYGIENE DES VEAUX Le logement des veaux est une partie sensible des bâtiments d’une exploitation laitière. Une nurserie mal conçue représente un facteur de risque important pour la santé et le bien-être des veaux. Rappelons que les veaux avant sevrage, vivaient dans des box individuels de 2

2,5 m de surface et 1,7 m de hauteur. Cela est conforme aux normes décrites par CHARLERY en 2010. En outre, les box individuels étaient construits en deux rangées en face-à-face favorisant le contact visuel en minimisant donc le stress des veaux. Cependant, la communication entre deux box successifs peut favoriser chez les veaux, des tics d’autoléchage ou de léchage de leurs congénères. L’utilisation des box individuels a permis de séparer les veaux de différents âges, et permet ainsi d’éviter la transmission des maladies auxquelles les plus âgés sont porteurs et

64


immunisés. L’utilisation de la paille dans la litière des box individuels, contribue au confort

thermique.

Cependant,

le

non

renouvellement

peut

favoriser

le

développement d’un microbisme favorable aux affections podales (VALLET, 1981). Les résultats de notre étude ont montré que chaque veau disposait de 3,75 m2 dans les bâtiments collectifs alors que les normes exigent une surface de 1,7 m 2 minimum par veau mais CHARLERY EN 2010, conseille pour chaque veau, 2 à 3 m2 par veau. 5. ALIMENTATION Les matières premières utilisées sont essentiellement : le son de riz, la paille de riz, les tourteaux d’arachides et de baobab comme dans la ferme moderne de Dougar au Sénégal (BA et al., 2006). 3.1.

Alimentation des vaches laitières L’alimentation des vaches laitières est un facteur qui influence fortement la

production. Avant qu’une vache ne produise normalement, ses besoins d’entretien doivent être satisfaits. Dans le cas contraire, elle va puiser dans ses réserves corporelles. D’où l’apparition de maladies métaboliques comme la cétose due un déficit énergétique (LEAN et al., 1991). On peut conclure que le mode d’alimentation adopté dans cette ferme n’est pas adéquat. Elle devrait prendre en compte les besoins d’entretien, de production et du stade physiologique de chaque vache. 3.2.

Alimentation des veaux L’alimentation du veau commence par la prise de 1 à 2 litres de colostrum, une

heure après sa naissance. Le colostrum est un liquide jaunâtre, épais et visqueux issu de la sécrétion de la mamelle au cours des quatre ou cinq premiers jours de lactation. La prise colostrale est une étape délicate car le veau ne peut utiliser les anticorps du colostrum que pendant les premières heures après sa naissance. En plus de ses propriétés immunologiques, le colostrum a d’autres rôles chez le nouveau-né. Il est plus énergétique que le lait et évite l’apparition des diarrhées vu son pouvoir laxatif important qui empêche la fixation d’agents pathogènes au niveau de l’appareil digestif. Outre l’énergie qu’il contient, il apporte d’anticorps, de vitamines et de minéraux. (SERIEYS, 1993).

65


En outre, après quatre jours de prise colostrale, l’alimentation des veaux se poursuit avec la prise de 4 à 6 litres du lait jusqu’à la 8ème semaine. A partir de la 9ème semaine, on débute la transition pour le sevrage qui sera fait à 3 mois. Ce mode d’alimentation a permis d’avoir un poids vif de plus de 100 kg en 3 mois avec un gain quotidien de poids d’environ 700 g. En effet, cette alimentation n’a pas entrainé une croissance accélérée des veaux qui a certains effets néfastes : un dépôt excessif de gras chez les veaux ; le développement mammaire et la production laitière future sont compromis lorsque les génisses reçoivent une alimentation favorisant un gain de poids de plus de 1000 g/kg par jour pendant la phase prépubère (VANDEHARR, 2006). Enfin, les sevrages effectué dans notre étude sont précoces comparativement à ceux réalisés dans la ferme de Niacoulrab au Sénégal où les veaux ont été séparés de leurs mères dès leur naissance et que le sevrage a été fait à l’âge de 4 mois chez les races exotiques et à l’âge de 5-6 mois chez les métis (BA et al., 2006). Par contre, il est tardif comparativement au rapport de BERTIN et CASTANIE sur la Loire Atlantique et la Vendée en France, où l’âge de sevrage est généralement de 10 semaines. Ce qui parait normal car les conditions d’élevage sont différentes entre le milieu tropical et leur milieu d’origine. 4.

PRODUCTION LAITIERE Le contrôle laitier correspond à un ensemble de méthodes ayant pour objet de

déterminer d'une manière aussi précise que possible, la production laitière d'une vache pour chacune de ses lactations, pendant la durée totale de sa vie (ADEM, 2000). Ainsi, nous étions intéressés à la production laitière moyenne au pic de lactation. Car, ROUMEAS et ses collaborateurs ont montré en 2014 que la production quotidienne moyenne au pic de lactation est l’un des indicateurs de la courbe de lactation. Ainsi, le suivi de l'élevage nous montre une production quotidienne moyenne au pic de lactation de 15,64 kg (avec un minimum de 12,05 et un maximum de 19,23). En effet, cette valeur est inférieure à la production quotidienne moyenne obtenue au pic de lactation moyen atteignant les 29,4 ± 6,1 kg en France par la vache montbéliarde primipare (ROUMEAS et al., 2014). Cette baisse de la production pourrait être due à l’écart des variations entre l’environnement d’origine des vaches et celui de Rosso mais aussi aux contraintes pathologiques rencontrées. 66


Par ailleurs, la parité intervient dans la variation du pic de production. Elle est le premier facteur de variation du pic de lactation car il est plus faible et plus tardif chez les primipares en comparaison aux multipares (ROUMEAS et al., 2014). Le niveau de production obtenu au pic de lactation est légèrement supérieur à celui obtenu (13,10 litres) dans les élevages bovins laitiers de vaches montbéliardes en Algérie (MADANI et MOUFFOK, 2008). La fréquence de traite ou encore la teneur en matière azotée de la ration en début de lactation influencent fortement la production laitière au pic (HODEN et al., 1988). Plus le nombre de traites par jour augmente, plus la production laitière augmente. De même, les constituants nutritifs du lait proviennent de son alimentation de la vache. En d’autres termes, chez la vache, les besoins d’entretien et ou de gestation sont toujours satisfaits avant ceux de production. Aussi, notons que, plus la mamelle de la vache est bien vidée, plus la production de lait qu’elle produit, est grande. Autrement dit, pour le maintien d'une bonne production, une traite complète est nécessaire; le lait restant dans la mamelle, après une traite incomplète, a un effet inhibiteur sur la sécrétion lactée (ALAIS, 1990). Enfin, le climat a une influence sur la quantité de lait produite. En effet, MAHO a montré en 1988 que chez des vaches montbéliardes, une baisse de la production en saison chaude (14 litres) par rapport à la saison froide (19litres). (MAHO, 1988). Chez les bovins européens, l’intervalle de température de bonne production se situe entre 0 et 21 °C. A 27 °C, on note une baisse lente de la production mais elle est forte à une température supérieure à 27 °C (INGRAM, 1975). Rappelons que pendant notre période d’étude, les tracés des courbes de température ont montré un maximum de 44,2 °C en octobre 2016 et un minimum de 28,2 °C en décembre de la même (INFOCLIMAT, 2017). 5.

CROISSANCE DES VEAUX Les veaux ont eu un gain moyen quotidien de 663 g (avec un minimum de 603

g et un maximum de 722 g) et un poids vif moyen égal à 97,21 kg. Ces résultats sont semblables à ceux obtenus par BRUNSCHWING et PLOUZIN en 2007 : à 3 mois, les veaux ont 100 kg de poids vif.

67


6. 6.1.

PATHOLOGIES RENCONTREES Pathologies métaboliques Des cas d’acidose et une suspicion de cétose ont été rencontrés. La mauvaise conduite de l’alimentation (qualitative et/ou quantitative) est

derrière la prédominance des affections digestives et métaboliques. Ces affections sont les conséquences des erreurs de rationnement et des changements brusque de régime (PAYNE, 1983 ; WOLTER, 1994). Dans le cas d’acidose, les erreurs fréquemment observées sont, par exemple, la distribution de concentrés avant les fourrages si l’exploitant ne dispose pas de mélangeuse ou tout facteur suscitant des comportements de tri ou de compétition entre les animaux : la mise à disposition de fourrages de mauvaise qualité, le manque de places à table et/ou le rang hiérarchique des animaux (LESSIRE et ROLLIN, 2013). 6.2.

Pathologies de la reproduction Les pathologies de la reproduction enregistrées sont : un cas de rétention

placentaire, deux (2) avortons, une momification fœtale et un cas de mammites clinique et subclinique. Les troubles de la reproduction, sont multifactoriels. Ainsi, on peut citer trois facteurs essentiels : l’alimentation, l’environnement et les infections. La fonction de reproduction étant une fonction de luxe, elle est la première à être affectée par une mauvaise alimentation (WOLTER, 1994). En effet, l’état nutritionnel des animaux conditionne à la fois la viabilité des produits (mortalité embryonnaire et avortement) (ENJALBERT, 2003) et l’efficacité des décences immunitaires de la vache, et son degré de résistance aux infections de l’appareil génital, en particulier celles de l’utérus (SERIEYS, 2002). Les carences alimentaires (déficit azoté, déficit en sélénium, en vitamine E) favorisent également l’apparition des problèmes de rétention placentaire et métrite (WOLTER, 1994). En outre, chez la vache, l'excès ou l'insuffisance d'apport de protéines durant la gestation peut perturber la croissance fœtale et même atteindre la viabilité du fœtus (HAURAY, 2000). Chez la vache, la carence en Zinc peut se manifester à tous les stades de la reproduction (UNDERWOOD et SUTTLE, 1999). On notera qu'une carence en Zinc même marginale est un facteur de risque, d'avortements, de rétention placentaire, de métrites et de fertilité amoindrie (ENJALBERT, 2005). 68


De même, les vêlages au niveau des étables au lieu des box de vêlage, par manque de bâtiments spécialisés, constituent ainsi un facteur de risque majeur d’infection de l’appareil génital (WAGNEUR, 2002). En outre, les pathologies de la reproduction peuvent être dues et des maladies virales, bactériennes et parasitaires. Parmi les maladies virales abortives, on peut citer la Rhinotrachéite Infectieuse Bovine (IBR) qui provoque des avortements et des mortinatalités (STRAUB, 1991). Plusieurs bactéries peuvent aussi compromettre la reproduction à savoir : Brucella abortus, Chlamydia abortus, Coxiella burneti, Listeria monocytogenes, Leptospira interrogans serovar hardjo, Campylobacter fœtus var venerealis, Mycoplasma bovis (NYABINWA, 2009). Pour ce qui concerne les parasitaires abortifs, on peut citer Absidia corymbifera, Absidia ramosa, Aspergillus fumigatus, Aspergillus flavus, Toxoplasma gondii, Neospora caninum (NYABINWA, 2009). Une momification fœtale a été rencontrée dans notre étude. La mort et la transformation aseptique d'un fœtus bovin survenant entre le 3ème et le 8ème mois de gestation peuvent dégénérer en une momification. Dans ce cas, il se produit des modifications autolytiques, une absorption des liquides placentaires et fœtaux et une rétention du corps jaune. Le fœtus momifié, est retenu dans l'utérus et peut être expulsé spontanément après 10 à 12 mois, parfois plus (DERIVAUX, 1957 et TAVERNIER, 1955). Quelle que soit la nature des mammites (clinique ou subclinique), la présence des germes au niveau de la mamelle relève de caractéristiques propres aux animaux (caractéristiques physiques de la mamelle, élasticité…) mais aussi surtout de pratiques d’élevages, à savoir, pratique de traite, hygiène générale, alimentation, conditions d’élevage, sur lesquelles l’éleveur et son environnement technique peuvent intervenir efficacement (FAYE et al., 1994 et TCHASSOU, 2009). Les mammites sont responsables de pertes économiques importantes car elles entraînent une baisse de la production, la destruction du lait produit et, le temps et le coût du traitement ne sont pas négligeables. Les germes de mammites peuvent être classés en germes contagieux et en germes d’environnement (BOUVERON, 2001 ; FABRE et al., 1997) :

69


 germes contagieux : Ces germes occasionnent des mammites cliniques ou subcliniques avec un passage très fréquent à la chronicité. Il s’agit de S. aureus, Str. dysgalactiae, Str. agalactiae. Souvent, l’on retrouve le même S. aureus ou le même streptocoque dans les différents quartiers d’un même troupeau ce qui prouve qu’il y a le plus souvent, une transmission d’un quartier à l’autre ou d’une vache à l’autre lors de la préparation de la mamelle ou au cours de la traite.  germes d’environnement : Les germes souvent en cause sont les entérobactéries, Streptococcus uberis, et les streptocoques du groupe D (entérocoques) dont la transmission est essentiellement faite entre les traites, par contact du trayon avec la litière souillée lors du décubitus. Ces germes occasionnent une inflammation plus violente du quartier et provoquent des infections en général plus brèves. On retrouve rarement les mêmes sérotypes des germes responsables dans les différents quartiers d’un même troupeau. Ce qui montre qu’il ne s’agit pas de la même souche qui est transmise de quartiers infectés à quartiers sains. 6.3.

Pathologies parasitaires Nous n’avons pas rencontré des cas de parasitisme externe. En revanche, il

existe un réel risque d’infestation par les parasites internes en particulier la fasciolose car la principale eau d’abreuvement des vaches est l’eau du Fleuve Sénégal. De même, les fourrages verts distribués sont mécaniquement arrosés par l’eau du fleuve Sénégal, d’où le risque de contamination par les métacercaires (stade terminal du cycle de Fasciola hepatica, agent causal de la fasciolose). D’où la nécessité de faire des analyses coproscopiques régulières afin de prévenir l’infestation parasitaire par les douves par des injections de douvicides. 6.4.

Pathologies virales La maladie virale rencontrée est la dermatose nodulaire contagieuse bovine. C’est une maladie infectieuse, contagieuse, inoculable frappant en priorité les

bovins, parfois les ovins et les caprins et due à un virus de la famille des Poxviridae, de la sous-famille des Chlordopoxviridae, du sous-groupe des Capripoxvirus.

70


L’apparition de cette maladie est due au fait que les génisses n’ont pas été vaccinées contre la DNCB à leur arrivée. La morbidité et la mortalité élevées rencontrées sont liées à la première introduction de cette affection dans l’élevage sur des génisses Montbéliardes nouvellement introduites en phase d’adaptation à leur nouvel environnement. Enfin, il faut noter que le traitement à base de pénicilline dihydrostreptomycine effectué, n’est pas un traitement spécifique car la DNCB est une maladie virale. C’est un traitement symptomatique qui permet d’une part de prévenir les complications bactériennes et d’autre part de lutter contre l’hyperthermie. 6.5.

Pathologies néonatales La période néonatale, quelle que soit l’espèce animale constitue sans doute la

période la plus cruciale de la vie de l’individu, celle où l’effort d’adaptation demandé à l’organisme est le plus grand. De même, c’est une période au cours de laquelle plusieurs maladies sont observées (MENISSIER et al., 1987). Les pathologies néonatales rencontrées sont marquées par cinq cas de diarrhées néonatales et deux mortinatalités, soit 21 % de cas de diarrhées et 7,14 % de mortinatalités. Les

veaux

nouveau-nés

sont

extrêmement

sujets

à

la

diarrhée,

particulièrement durant les 4 premières semaines de vie (ZOETIS, 2017). Sur le plan clinique, les diarrhées entrainent de la déshydratation à des degrés variables, de l'anorexie et de l'asthénie. Les agents pathogènes impliqués regroupent des bactéries, des virus ou encore des parasites et on les retrouve souvent en association chez les veaux malades (CONSTANT, 2001). Certains de ces agents ont un pouvoir zoonotique, il est donc capital de détecter et de traiter correctement les diarrhées. Les facteurs favorisant des affections néonatales sont multiples, dont les plus importants demeurent, la conduite du post partum (prise du colostrum, désinfection du nombril, hygiène du matériel de distribution du lait) et la qualité de l’habitat (BOUSSENA, 2004).

A la naissance du veau, le nombril constitue une porte

d’entrée de germes pathogènes. Les vêlages qui sont effectués à l’étable augmentent les risques des affections. A noter également que le facteur alimentation de la mère contribue également à l'apparition de pathologies. En effet, la sousalimentation de la vache gestante diminue la résistance de son veau, en agissant

71


d'abord sur l'organisme du fœtus, puis sur la composition du colostrum (VALLET et al., 1994). 6.6.

Autres pathologies Des cas d’hématome sur l’encolure, un abcès chaud sur la pointe de l’épaule,

deux cas de boiteries, des blessures au pied. Les cas d’hématome que certaines génisses ont eus, sont dus au choc qu’elles reçoivent lors de la fermeture des cornadis pendant qu’elles s’alimentent à l’auge. Mais, les abcès chauds proviennent de foyers infectieux. Ils évoluent après la contamination d’un traumatisme par des bactéries pyogènes (streptocoques, Staphylocoques, corynébactéries) (BEJOT, 2016). Les blessures au pied et certaines boiteries ont lieu sur les caillebotis quand les génisses y enfoncent accidentellement les pieds. En outre, notons que les boiteries peuvent être causées par une acidose subaigüe ou une douleur abdominale (FERROUILLET et CARRIER, 2004). Par ailleurs, il a été signalé que des températures supérieures à 27°C peuvent causer une hausse de la fréquence des boiteries et des maladies associées à l’affaiblissement du système immunitaire chez les ruminants (CABC, 2012). L’affaiblissement lié à l’augmentation de la température s’explique par les dépenses d’énergie, la déshydratation, les pertes de minéraux et une réduction de la prise alimentaire. En effet, en cas de déficit calcique, on note un accroissement des troubles osseux et donc des boiteries (DAMMRICH, 1987). Il est important de faire le diagnostic différentiel entre les boiteries d’origine traumatique et celles dues à l’acidose. Enfin, certaines enquêtes ont montré que des fréquences de boiteries sont plus élevées avec les stabulations libres paillées (19,3%) par rapport aux

stabulations

entravées

(16,7%).

Cette

différence

de

fréquence

est

significativement plus marquée que la durée de stabulation est longue et que le sol est en ciment (19,8%) plutôt qu’en terre battue (2,9%) (FAYE et BARNOUIN, 1988).

72


CHAPITRE IV : LIMITES, CONTRAINTES ET RECOMMANDATIONS 1. LIMITES ET CONTRAINTES Notre travail a connu certaines limites et certaines difficultés. Ces dernières sont diverses. Il s’agit : -

du niveau de formation du responsable technique de la ferme. Ce dernier n’a suivi aucune formation dans la conduite de l’élevage. Cela entraine des difficultés dans le suivi des vaches ;

-

du manque d’autorité et de la lenteur des prises de décision ;

-

des contraintes liées à la disponibilité et la qualité des médicaments vétérinaires. Certains médicaments non disponibles à Rosso ont été achetés à Dakar. Par ailleurs, on faisait attention pour éviter l’achat de médicaments de contrefaçon car le risque était réel. Ceci nous amenait à vérifier et à comparer les flacons ;

-

des difficultés liées à la gestion de la reproduction des vaches. Des difficultés ont été rencontrées face au programme d’insémination artificielle. Les vaches pourraient être inséminées sur chaleurs naturelles si le matériel d’insémination dans la ferme ou par saillie si un taureau était présent. On perdait ainsi des occasions où les vaches présentaient les signes de chaleur. La plupart des vaches ont été inséminées très tardivement à 90 jours après le vêlage. Cela constitue une contrainte dans l’étude de tous les paramètres de la reproduction. Enfin, le manque d’électricité entrave la surveillance des chaleurs pendant la nuit ;

-

du manque de moyens paracliniques pour réaliser des diagnostics différentiels pour certaines pathologies. Cela constituait en effet, un obstacle pour un meilleur suivi sanitaire des animaux, et une meilleure connaissance des pathologiques au sein de la ferme ;

-

du manque d’électricité qui constituait aussi un obstacle pour la gestion de la ferme. Non seulement il compromet la sécurité des animaux et du personnel mais aussi il rendait les interventions nocturnes pénibles en particulier la gestion des vêlages et les traitements d’urgence. De plus, cela empêche la charge de matériel électronique comme les téléphones et les ordinateurs. Par conséquent, il était difficile d’archiver certaines données dans l’ordinateur et d’effectuer certains appels en cas d’urgence.

73


2. RECOMMANDATIONS Il s’avère utile d’apporter quelques améliorations notamment à la conduite de l’élevage afin de permettre aux animaux d’exprimer pleinement leurs potentiels. Nos recommandations s’adressent essentiellement aux principaux acteurs de la conduite de l’exploitation à savoir le propriétaire, le responsable technique, le bouvier et le gardien. En outre, il faut souligner que la création et la réussite de ces projets d’exploitation de vaches laitières exotiques se feraient sans grande peine avec l’implication de l’Etat mauritanien et donc auquel nous formulons également quelques suggestions.  Aux autorités étatiques Il est nécessaire, pour lutter contre la pauvreté, que l’Etat intervienne pour créer un environnement incitatif pour le développement. L’Etat pourrait non seulement redéfinir sa politique en matière d'élevage mais aussi encourager et soutenir les initiatives privées par certaines actions notamment :

-

la subvention des intrants pour l’élevage,

-

la promotion des productions locales de lait et produits laitiers afin de réduire à terme la quantité de lait importée.

 Au propriétaire de la ferme de Rosso La ferme de Mauritanie est une ferme de production laitière et l’une des rares exploitations de vaches exotiques en Mauritanie. Cette position doit inciter le propriétaire à la modernisation de l’exploitation. Pour cela, il doit :

-

recruter un agent technique de formation ;

-

suivre le conseil des professionnels de l’élevage

-

améliorer les conditions de travail du personnel. Pour cela, il faudrait prévoir un local de pharmacie et un système d’archivage ; meubler les locaux. En effet, il serait préférable que les médicaments ne soient plus déposés par terre et que les archives, le matériel de travail et les effets personnels aient leurs places respectives. Dans la même optique, il doit se procurer une vêleuse pour faciliter la gestion des mises bas dystociques ;

-

améliorer la prise en charge sanitaire des animaux. A cet effet, il doit trouver une autre source d’abreuvement ou traiter l’eau du Fleuve avant sa 74


distribution aux animaux. En outre, il doit construire un local pour des mises en quarantaine et un bâtiment pour le vêlage ;

-

renforcer le matériau de construction des caillebotis ;

-

planter des arbres autour des bâtiments d’élevage ;

-

équiper la ferme du matériel d’insémination ;

-

équiper l’étable de ventilateurs ;

-

sécuriser le champ des fourrages verts de Pennisetum purpureum en empêchant les vaches locales de l’envahir ;

 Au responsable technique Dans le souci de travailler avec efficacité, le responsable technique doit :

-

avoir une petite pharmacie dans la ferme pour répondre aux urgences ;

-

cesser l’importation des tourteaux de baobab et utiliser les aliments disponibles localement afin de formuler une ration plus économique ;

-

appliquer au maximum les principes d'hygiène au cours des multiples visites des étables. Il ne doit pas hésiter à sanctionner les actes non hygiéniques et de laxisme répétés. Il doit veiller au nettoyage et à la désinfection du matériel de traite ;

-

archiver les données du suivi des animaux sur l'exploitation, ce qui facilitera tout travail rétrospectif ;

-

contrôler ses déplacements entre le campement des vaches locales et le bâtiment des Montbéliardes. Il doit contrôler

la circulation des animaux

errants car ces derniers peuvent être des réservoirs de germe ou des vecteurs de maladies infectieuses ou parasitaires (rage, gale, teignes…) ;

-

éviter de se limiter au diagnostic clinique et thérapeutique mais associer à cela un diagnostic de laboratoire ;

-

faire une étude coproscopique pour prévenir le risque de la fasciolose dans l’exploitation ;

-

procéder à l’IA ou saillie naturelle des vaches après le vêlage, le plus tôt possible, ce qui contribuera à l’amélioration de la reproduction et la production des animaux ;

-

faire un travail rationnel c'est-à-dire nourrir les vaches en fonction de leur niveau d’entretien, de production et de gestation. Pour ce faire, il faut faire des 75


lots de vaches qui ont quasi les mêmes besoins afin de faire un rationnement collectif ;

-

sensibiliser les bouviers dans le but de leur montrer l'importance et l'impact de leur travail dans la chaîne de production laitière.

 Au bouvier Bien qu’au bas de l'échelle dans l’organigramme de la ferme, les bouviers sont d'une grande importance. Leur travail influence beaucoup la production. Pour cela ils doivent :

-

respecter scrupuleusement les instructions reçues du responsable technique de l'exploitation (nettoyage des mangeoires et abreuvoirs, respect des heures de service ...) ;

-

veiller à une meilleure hygiène et à une conduite minutieuse de la nurserie.

 Au gardien Responsable des entrées et sorties de la ferme, le gardien doit veiller non seulement aux entrées et sorties des êtres humains et véhicules mais aussi à celles des animaux. Certains animaux (chiens et chats errants) étant indésirables dans l'exploitation, leurs entrées et sorties doivent être limitées au maximum.

76


CONCLUSION La politique laitière adoptée à l’échelle de la Mauritanie s’est traduite par l’orientation de la filière laitière vers l’importation du lait et produits laitiers afin de couvrir

sa

consommation

interne.

Cette

politique

a

longtemps

freiné

le

développement d’un élevage laitier local tout en favorisant l’expansion de races exotiques laitières ou mixtes comme la Montbéliarde. Le microbisme différent du pays d'accueil définit une autre réalité sanitaire alors que l’augmentation du niveau de production des vaches et de la rentabilité de l’exploitation, sont conditionnées par la santé de ces vaches. D’où les raisons de cette étude réalisée dans la ferme CMK à Rosso et ayant pour objectif général de contribuer à l’amélioration de la conduite d’élevage. De façon spécifique, il s’agit d’une part de décrire les conditions d’élevage et d’adaptation des vaches montbéliardes et d’autre part de faire un suivi sanitaire et zootechnique

de

ces

vaches

et

de

leurs

veaux afin

de

formuler

des

recommandations pour leur meilleure prise en charge. La présente étude a été réalisée au cours de la période allant du 3 octobre 2016 au 27 février 2017, sur 32 génisses montbéliardes. Le suivi sanitaire a consisté à l’observation, l’examen clinique des vaches et des veaux et à la prise en charge des pathologies. Quant au suivi zootechnique, il a consisté au rationnement de l’alimentation, à l’audit des bâtiments d’élevage, au contrôle de la production laitière et au suivi de la croissance des veaux. Au cours du suivi sanitaire, certaines pathologies ont été notées à savoir chez les vaches, des cas d’acidose avec une prévalence de 21%, de rétention placentaire (3%), d’avortements (6%), de momification fœtale (3%), de mammites (3%), de dermatose nodulaire contagieuse bovine (56%) et chez lez veaux, des cas de diarrhées néonatales (20%) et 2 mortinatalités. En outre des risques de parasitisme interne étaient présents, vu que les animaux s’abreuvaient de l’eau du Fleuve Sénégal et se nourrissaient du fourrage de Pennissetum purpureum dont le champ est arrosé avec cette même source d’eau, qui serait contaminée par des agents infestants de la fasciolose ; d’où la nécessite de faire des tests coproscopiques. Concernant le suivi zootechnique, notons que les veaux non sevrés vivent dans des box individuels de 2,4 m2 de surface et 1,5 m de hauteur tandis que les veaux sevrés 77


vivent dans des bâtiments collectifs qui offrent à chaque veau un espace de 3,75 m 2. Par ailleurs, le bâtiment d’élevage des vaches laitières a une orientation est-ouest. Ce dernier a les caractéristiques suivantes : la toiture en aluminium ; le couloir d’alimentation a 6 m de largeur ; l’aire d’exercice et de couchage a 400 m 2, soit 12,5 m2 par vache. Toutes les mesures ci-dessus citées répondent aux normes décrites par certains chercheurs. Néanmoins, certaines insuffisances d’ordre structurel ont été enregistrées notamment la communication entre les box individuels, le caillebotis peu résistants, l’hétérogénéité des longueurs de la place à l’auge. Enfin, le suivi zootechnique a montré que les veaux ont un GMQ de 663 ± 59,79 g et la production laitière moyenne journalière par vache est de 15,64 litres au pic de lactation. Au terme de cette étude, des recommandations sont formulées à l’endroit de l’Etat mauritanien, au propriétaire de la ferme, au responsable technique, au bouvier et au gardien dans le but d’améliorer la conduite d’élevage.

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ZOETIS, (2017) Les

diarrhées

néonatales

des

veaux.

[En

ligne].

Accès

internet :

https://www.zoetis.fr/pathologies/bovins/diarrhees-neonatales.aspx (Page consultée le 10 juillet 2017).

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ANNEXES

Annexe 1 : Fiche individuelle de santé des vaches.

FICHE GENERALE DE SANTE : Nom…………………………………………..ou N°…………………………………………………

Date

Symptômes

Diagnostic

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Traitement

Vaccination


Annexe 2 : Ration formulée pour les vaches. Ration / Vache laitière 600 kg PV en fin de gestation ; Niveau de production : 0 litre de lait Fourrage de Pennissetum Paille de riz Concentré de production Tourteau d’arachide Tourteau de baobab Tourteau de coton CMV Total

Kg MS 5,77 3,00 0,59 1,66 00 0,00 0,14 11,16

Ration I (kg M brute) 24,050 3,288 0,617 1,712 00 0,00 0,143 29,81

Kg MS 5,77 3,00 0,00 0,00 3,60 0,00 0,157 12,53

Ration II (kg M brute) 24,050 3,288 0,000 0,000 3,70 0,000 0,158 31,20

Ration / Vache laitière 600 kg PV en début de lactation ; Niveau de production : 25 litre de lait

Fourrage de Pennissetum Paille de riz Concentré de production Tourteau d’arachide Tourteau de baobab Tourteau de coton CMV Total

Kg MS 9,20 2,00 5,86 2,86 00 00 0,42 19,49

Ration I (kg M brute) 38,326 2,192 6,120 2,079 00 0,000 0,424 49,14

Kg MS 9,20 2,00 4,84 0,00 4,39 0,00 0,44 20,87

Ration II (kg M brute) 38,326 2,192 5,051 0,000 4,531 0,000 0,443 50,54

Ration / Vache laitière 600 kg PV en milieu de lactation ; Niveau de production : 20 litres de lait.

Fourrage de Pennissetum Paille de riz Concentré de production Tourteau d’arachide Tourteau de baobab Tourteau de coton CMV Total

Kg MS 8,85 2,00 4,29 1,92 00 0,00 0,35 17,40

Ration I (kg M brute) 36,88 2,19 4,48 1,978 00 0,000 0,350 45,88

Kg MS 8,85 2,00 3,31 0,00 4,18 0,00 0,360 18,71

Ration II (kg M brute) 36,880 2,192 3,460 0,000 4,312 0,000 0,368 47,21

Ration / Vache laitière 600 kg PV en fin de lactation ; Niveau de production : 15 litres de lait.

Kg MS Ration I (kg M brute) Kg MS Ration II (kg M brute) Fourrage de Pennissetum 8,44 35,177 8,44 35,177 Paille de riz 2,00 2,192 2,00 2,192 Concentré de production 2,76 2,886 1,85 1,930 Tourteau d’arachide 1,80 1,860 0,00 0,000 Tourteau de baobab 00 00 3,83 4,054 Tourteau de coton 0,00 0,00 0,00 0,000 CMV 0,27 0,277 0,29 0,294 Total 15,28 42,39 16,51 43,63 Composition du concentré de production : Pour 100 kg de Concentré de Production, il faut 77 kg de remoulage + 23 kg de tourteau d’arachide

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SERMENT DE VETERINAIRES DIPLOMES DE DAKAR Fidèlement attaché aux directives de Claude Bourgelat, fondateur de l'enseignement vétérinaires dans le monde je promets et jure devant mes maîtres et mes aînés ;

- D'avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité et de l'honneur de la profession vétérinaire. - D’observer en toutes circonstances les principes de correction et de droiture fixés par le code déontologique de mon pays. - De prouver par ma conduite, ma conviction que la fortune consiste moins dans le bien que l’on a que dans celui que l'on peut faire. - De ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la générosité de ma partie et à la sollicitude de tous ceux qui m'ont permis de réaliser ma vocation.

Que toute confiance me soit retirée s'il advienne que je me parjure.

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SUIVI SANITAIRE ET ZOOTECHNIQUE DE VACHES MONTBELIARDES ET DES VEAUX DANS UNE FERME LAITIERE A ROSSO (MAURITANIE) L’objectif général de cette étude est de contribuer à l’amélioration de la conduite d’élevage dans une ferme laitière. De façon spécifique, il s’agit d’une part de décrire les conditions d’élevage et d’adaptation des génisses montbéliardes introduites et d’autre part de faire un suivi sanitaire et zootechnique des vaches et de leurs veaux afin de formuler des recommandations pour une meilleure prise en charge de ces vaches. Document thèse résumé.docx

La présente étude a été réalisée au cours de la période allant du 3 octobre 2016 au 27

février 2017 et est portée sur 32 génisses montbéliardes gestantes importées dans une ferme privée laitière à Rosso en Mauritanie. Le suivi sanitaire a consisté à l’observation, l’examen clinique des vaches et des veaux et à la prise en charge des pathologies. Quant au suivi zootechnique, il a consisté au rationnement de l’alimentation, à l’audit des bâtiments d’élevage, au contrôle de la production laitière et au suivi de la croissance des veaux. Au cours du suivi sanitaire, certaines pathologies ont été notées à savoir chez les vaches, des cas d’acidose avec une prévalence de 21%, de rétention placentaire (3%), d’avortements (6%), de momification fœtale (3%), de mammites (3%), de dermatose nodulaire contagieuse bovine (56%) et chez lez veaux, des cas de diarrhées néonatales (20%) et 2 mortinatalités. Concernant le suivi zootechnique, notons que les veaux non sevrés vivent dans des box individuels de 2,4 m 2 de surface et 1,5 m de hauteur tandis que les veaux sevrés vivent dans des bâtiments collectifs qui offrent à chaque veau un espace de 3,75 m2. Par ailleurs, le bâtiment d’élevage des vaches laitières a une orientation est-ouest. Ce dernier a les caractéristiques suivantes : la toiture en aluminium ; le couloir d’alimentation a 6 m de largeur ; l’aire d’exercice et de couchage a 400 m2, soit 12,5 m2 par vache. Toutes les mesures ci-dessus citées répondent aux normes décrites par certains chercheurs. Néanmoins, certaines insuffisances ont été enregistrées notamment la communication entre les box individuels, le caillebotis peu résistants, l’hétérogénéité des longueurs de la place à l’auge. Enfin, le suivi zootechnique montré que les veaux ont un GMQ de 663 ± 59,79 g et la production laitière moyenne journalière par vache est de 15,64 litres au pic de lactation. Au terme de cette étude, des recommandations sont formulées à l’endroit de l’Etat mauritanien, au propriétaire de la ferme, au responsable technique, au bouvier et au gardien dans le but d’améliorer la conduite d’élevage.

Mots clés : Mauritanie - Rosso - vaches montbéliardes - veaux - suivi sanitaire - suivi zootechnique. M. DOSSOU Akouèmaho Mathieu 93 21 41 70 Sénégal : +221 77 595 28 66 / Bénin : +229 97

Mail : dosoumathieu@gmail.com

Akouèmaho Mathieu DOSSOU  

SUIVI SANITAIRE ET ZOOTECHNIQUE DE VACHES MONTBELIARDES ET DES VEAUX DANS UNE FERME LAITIERE A ROSSO (MAURITANIE)

Akouèmaho Mathieu DOSSOU  

SUIVI SANITAIRE ET ZOOTECHNIQUE DE VACHES MONTBELIARDES ET DES VEAUX DANS UNE FERME LAITIERE A ROSSO (MAURITANIE)

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