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UNIVERSITE CHEICK ANTA DIOP DE DAKAR ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR

Année 2015

N° 07

Evaluation du degré d’adoption de l’insémination artificielle sur chaleurs naturelles et la perception de la qualité du lait par les acteurs de la chaîne de valeur lait dans la région de Kaolack (Sénégal) Thèse

Présentée et soutenue publiquement le 08/04/2015 à 12h30 devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire Diplômé d’Etat Par Omar HAKIZIMANA Né le 16 Avril 1985 à GASABO/KIGALI (RWANDA) Jury Président :

M. Bernard Marcel DIOP Professeur à la faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontologie de Dakar

Directeur et rapporteur de thèse : M. Germain Jérôme SAWADOGO Professeur à l’EISMV de Dakar Membre :

M. Alain Richi KAMGA WALADJO Maître de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar

Co-directeur : Dr Adama SOW Maître - Assistant à l’EISMV de Dakar


DEDICACES Je dédie ce travail : A Allah le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux et le Très Miséricordieux : Merci de m’avoir donné la santé, la force, la patience d’effectuer mes études et de réaliser aujourd’hui ma vocation. A ma mère : Je t’aime beaucoup ; maman, je travaillerai plus pour faire ta dignité. Que ce travail soit le fruit de tes dévouements et des efforts que tu n’as cessés de consentir. Que la miséricorde d’Allah soit avec toi éternellement. A mon père : Malgré ton départ au moment où j'étais trop jeune, tu restes toujours à mes côtés. A la famille de mon grand frère papa Sharif et son épouse maman Sharif : Vous m’avez encouragé et assisté financièrement. Recevez ce travail en guise de remerciement pour les efforts consentis à mon endroit. Que le Seigneur vous agrée. A la famille de ma grande sœur, maman Radia et son mari, papa Radia : Ce travail est aussi le vôtre. Il est également l’expression de votre soutien permanent. Que le Seigneur vous assiste et vous guide vers le droit chemin. A mes Grands-parents, à mes oncles et tantes ; A la famille de maman Frida et son époux papa Frida, que Dieu vous agrée. A ma belle-sœur maman Jean Paul , grand merci pour votre soutien. A la famille de papa Nour et son épouse maman Nour Je vous aime beaucoup. A la famille de maman Steven et papa Steven, je n'oublierai jamais votre soutien. A la famille de maman Aïcha et papa Aïcha, que le Seigneur exauce vos prières pour le soutien que vous avez témoigné à mon endroit. A Kisalita et sa famille votre soutien immense, je ne l'oublierai jamais, que Dieu exauce vos prières. A Abdoul Kanyenzi et sa famille que Dieu vous récompense pour tout ce que vous avez fait pour moi. i


A ma chère patrie le Rwanda : Si aujourd'hui j’ai pu concrétiser ma destinée, c’est grâce à toi. Je ne saurais te remercier, je ne peux que prier à ALLAH pour qu’il me donne l’opportunité de participer à ta bonne marche. A Rwanda Education Board (REB) ; Au Pr. Germain Jérôme SAWADOGO ; Au Dr Adama SOW ; A mes compatriotes promotionnaires : Dr Daniel, Dr Népomuscène, Dr Oscar ; A l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar ; A tous les étudiants de la 41ème promotion, merci pour leur détermination ; Au parrain de notre promotion Dr Malick SENE ; Au professeur accompagnateur de notre promotion Pr. Assane MOUSSA ; A l’Amicale des Etudiants Vétérinaire Rwandais (A.E.V.R) ; A l’Association des Etudiants Rwandais au Sénégal (A.E.R.S.) ; A l’Association de la Communauté Rwandaise au Sénégal (A.C.R.S.) ; A l’Amicale des Etudiants Vétérinaires de Dakar (A.E.V.D.) ; Aux membres du bureau de l'A.E.V.D, l'année académique 2012/2013 particulièrement le président Mr Tafsir Abdoulaye THIAM, je n'oublierai jamais votre bonne collaboration et l'esprit d'équipe qui nous a marqué ; A la Communauté des Etudiants Musulmans Vétérinaires de Dakar, je prie le Seigneur pour qu'Il raffermisse nos pas ; A tous mes amis de l’EISMV : Hamidou, Madi SAVADOGO, SOW, Dr BANGUE, Dr Justine, Dr KOMBATE, Dr TARE, Dr BAGNA, Dr DOSSO, Dr Ghislaine, Dr Malik, Dr DAOUDA, Dr Bachir, Dr DEKI, Dr Kader, Dr Touré, Dr COMBARI, Dr MARANKANE, Tafsir, Wilfrid, Diarha, Claver, Florentin, Félix, Désiré et toute la communauté burundaise au Sénégal ; A mes amis rwandais à Dakar : Dr Albin, Dr Francis, Mr Claude, Joselyne, Sylvestre, Christian, Dieudonné, Pascal merci pour leur amitié. Au Sénégal, mon pays hôte, merci pour son accueil chaleureux.

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REMERCIEMENTS Nous adressons nos sincères remerciements : A Allah le tout Puissant de m’avoir permis de réaliser ce travail et dans les meilleurs conditions ; 1.

A ma mère, Merci pour l'éducation et la sagesse que vous m'avez donné ;

2.

A mon père votre clairvoyance sera la devise de notre vie ;

3.

Au Rwanda ma chère patrie, pour m’avoir donné l’opportunité de faire la médecine vétérinaire ;

4.

Au Pr. Germain Jérôme SAWADOGO qui n’a ménagé aucun effort pour nous encadrer et rendre ce travail possible ;

5. 6.

Au Dr Adama SOW pour les conseils et la rigueur qu’il nous a apportés ; Au Maître de conférences agrégé Alain Richi KAMGA WALADJO pour avoir accepté de juger ce travail ;

7.

A mes amis et aînés: Dr MOUICHE, Dr MIGUIRI, Dr KOUAMO merci pour votre soutien pendant les travaux de terrain ;

8.

A la présidente de la PAFILKA, Mme Adama SOW Merci pour votre soutien inestimable ;

9.

Au Dr Ndéné Faye Amadou nous n'oublierons jamais votre aide inconditionnelle ;

10. Au Dr OSSEBI Merci pour votre soutien dans le but d’améliorer ce document ; 11. A mon grand frère et à ma grande sœur Merci pour votre soutien que vous m'avez offert durant tout mon cursus ; 12. A tous les frères et sœurs de la ville de Kabuga, votre courtoisie restera toujours dans notre mémoire ; 13. A mes compatriotes promotionnaires : Dr KURAWIGE, Dr HAKIZIMANA, Dr NDISANZE, collaborer avec vous a été une grâce immense ; 14. A Maman Julia, merci pour ton hospitalité à Kaolack ; 15. A Joselyne UMURUNGI merci pour votre soutien ; iii


16. A la promotion Malick SENE, merci pour le chemin couronné de succès que nous avons parcouru ensemble ; 17. A son excellence Mr Gérard NTWARI, ambassadeur du Rwanda au Sénégal et à tout le personnel de l’Ambassade, merci pour leur meilleur service qu'ils nous ont rendu ; 18. Au corps enseignant de l’EISMV, pour le bagage intellectuel qu'ils m’ont donné ; 19. A tout le personnel de l’EISMV ; 20.

Mme DIOUF bibliothécaire à l’EISMV de Dakar et son assistante Ndella FALL : merci pour votre disponibilité ;

21. A l’Amicale des Etudiants Vétérinaires Rwandais de Dakar (AEVR), pour ta disponibilité et ton aide ; 22. A l’Association des Etudiants Rwandais au Sénégal (AERS) ; 23. A l’Association de la Communauté Rwandaise au Sénégal (ACRS) ; 24. A l’AEVD ; 25. Au Sénégal, merci pour « La Teranga » ; 26.

Tous ceux qui de loin ou de près ont contribué à la réalisation de ce travail.

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A NOS MAITRES ET JUGES A notre maitre et président de jury de thèse M. Bernard Marcel DIOP, Professeur à la Faculté de Médecine de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar, Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de thèse. La spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre sollicitation nous a beaucoup marqué. Trouvez ici l’expression de nos sincères remerciements et de notre profonde et sincère gratitude. A notre maitre directeur et rapporteur de thèse, M. Germain Jérôme SAWADOGO, Professeur à l’Ecole Inter-Etats de Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar, Vous avez initié ce travail et vous l’avez guidé avec rigueur malgré vos multiples occupations. Vos qualités intellectuelles et humaines, votre amour du travail et surtout du travail bien fait sera le souvenir le plus vivant que nous garderons de vous. Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect et de notre profonde et sincère gratitude. A notre maitre et juge M. Alain Richi KAMGA WALADJO, Maître de conférences agrégé à l’Ecole Inter-Etats de Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar, Malgré vos multitudes occupations vous avez accepté de juger avec spontanéité ce modeste travail. Vos qualités scientifiques, et votre simplicité nous ont profondément marqué. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre sincère gratitude.

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« Par délibération, la faculté et l’école ont décidé que les opinions émises dans les dissertations qui leur sont présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs et qu’elles n’entendent leur donner aucune approbation, ni improbation »

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LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES AMPROLAIT: Appui à l’amélioration durable de la productivité et la compétitivité des filières laitières bovines en Afrique de l’Ouest et du Centre AVSF : Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières C° : Degré Celsius CI : Chaleurs Induites CINAFIL : Comité interprofessionnel national de la filière lait local CN : Chaleurs naturelles CNCR : Conseil national de concertation et de coopération des ruraux DINFEL : Directoire national des femmes en élevage DIREL : Direction de l'Elevage DIRFEL : Directoire régional des femmes en élevage DSRP : Document de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté EISMV : Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires FEITLS : Fédération des Éleveurs Indépendants et Transformateurs Laitiers du Sénégal FENAFILS : Fédération nationale des acteurs de la filière lait local au Sénégal FSH : Follicle Stimulating Hormone GIE : Groupement d'Intérêt Economique GnRH : Gonadotropin Releasing Hormone GRET : Groupe de recherche et d’échanges technologiques vii


IA : Insémination Artificielle LH : Luteinizing Hormone LPDA : Lettre de Politique de Développement Agricole LPDE : Lettre de Politique de Développement de l’Élevage MG : Matière Grasse OP : Les organisations professionnelles PAFILKA : Plateforme d'innovation Multi-acteurs de la Filière Lait Local de la région de Kaolack PDDAA : Programme Détaillé de Développement Agricole en Afrique PME : Petites et Moyennes Entreprises PROGEBE : Projet régional de gestion durable du bétail ruminant endémique UCAD : Université Cheick Anta Diop VM : Vache Métisse VL : Vache locale

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Sommaire INTRODUCTION ................................................................................................. 1 PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LA PHYSIOLOGIE DE LA REPRODUCTION ; LA GESTION DE LA REPRODUCTION CHEZ LA VACHE LAITIERE ET L'ETAT DU SECTEUR LAITIER AU SENEGAL ..................................................................................... 3 Chapitre I : Physiologie de la reproduction chez la vache laitière ........................ 4 I.1- Rappels anatomiques de l’appareil génital femelle ........................................ 5 I.2- Développement corporel et la puberté ............................................................ 6 I.2.1- Cycle sexuel de la vache .............................................................................. 7 I.2.2- Composante cellulaire du cycle sexuel........................................................ 8 I.2.3- Composante comportementale .................................................................... 9 I.2.4- Composante hormonale ............................................................................... 9 I.2.5 - Contrôle hormonal du cycle sexuel .......................................................... 10 I.3- Rôle de l’utérus ............................................................................................. 14 Chapitre II : Gestion de la reproduction chez la vache laitière ........................... 15 II.1 - Détection des chaleurs chez les Vaches ..................................................... 15 II.1.2- Moment d’observation des chaleurs......................................................... 16 II.1.3- Signes des chaleurs ................................................................................... 16 II.1.4- Méthodes de détection des chaleurs ........................................................ 18 II.1.5- Induction et synchronisation des chaleurs................................................ 19 II.1.5.3- Techniques et méthodes ........................................................................ 20 ix


II.1.6- Insémination artificielle............................................................................ 22 II.1.6.2- Avantages de l'insémination artificielle ................................................ 22 II.1.6.3- Inconvénients de l'insémination artificielle........................................... 23 II.1.6.4- Moment d’insémination artificielle ....................................................... 24 II.1.6.5- Procédé d’IA.......................................................................................... 24 II.1.6.6- Lieu de dépôt de la semence ................................................................. 26 II.1.6.7- Evaluation de l’IA ................................................................................. 26 Chapitre III : Eléments du secteur laitier au Sénégal .......................................... 29 III.1- Description de la filière lait local ............................................................... 29 III.2- Statistiques nationales sur la filière laitière ............................................... 29 III.3- Politiques, projets et stratégie de développement du secteur laitier .......... 33 III.4- Contraintes de la filière laitière locale au Sénégal..................................... 37 DEUXIEME PARTIE : ETUDE EXPERIMENTALE....................................... 50 Chapitre I : Matériel et méthodes ........................................................................ 40 I.1- Site de l'étude ................................................................................................ 40 I.1.2- Situation socio-économique ...................................................................... 41 I.2- Cadre de l'étude : projet AMPROLAIT........................................................ 42 I.2.2- Population cible ......................................................................................... 43 I.2.3- Méthode d'enquête ..................................................................................... 43 I.2.4- Analyses des données ................................................................................ 44

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Chapitre II : Résultats .......................................................................................... 45 II.1- Caractérisation des éleveurs utilisant l'IA sur CN ...................................... 45 II.2- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait ........................................................................... 45 II.3- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait....... 49 II.3.2- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait.... 49 II.4- Evaluation de la perception des consommateurs sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux ........................................................................................ 51 Chapitre III : Discussion et recommandation ...................................................... 53 III.1- Discussion .................................................................................................. 53 III.1.1- Caractérisation des éleveurs utilisant l'IA sur CN .................................. 53 III.1.2- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait ........................................................................... 53 III.1.3- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait .. 56 III.1.4- Evaluation de la perception des consommateurs sur la qualité du lait ... 57 III.2- Recommandation ....................................................................................... 59 CONCLUSION ................................................................................................... 61 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................ 64 WEBOGRAPHIES .............................................................................................. 69 ANNEXES ......................................................................................................... lxx

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Liste des figures Figure 1 : Schéma de l’appareil génital de la vache .............................................6 Figure 2 : Régulation hormonale du cycle sexuel chez la vache ....................... 12 Figure 3 : Signe majeur de l'œstrus ..................................................................... 17 Figure 4 : Moment idéal d’insémination par rapport aux manifestations œstrales chez la vache ....................................................................................................... 24 Figure 5 : Dépôt de la semence dans les voies génitales de la vache ................ 25 Figure 6 : Distribution régionale du cheptel bovin au Sénégal .......................... 30 Figure 7 : Contribution à la production de lait local selon l’espèce .................. 31 Figure 8 : Evolution comparée des importations produits laitiers et de la poudre de lait .................................................................................................................. 32 Figure 9 : Carte de la région de Kaolack ............................................................. 40 Figure 10 : Entretien avec un éleveur.................................................................. 44 Figure 11 : Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN........................................... 46 Figure 12 : Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN........................................... 46

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Liste des tableaux Tableau I : Récapitulatif sur l'adoption de l'IA sur CN ....................................... 48 Tableau II : Traitements effectués sur le lait et les précautions prises avant sa transformation...................................................................................................... 50 Tableau III : Etat de consommation des produits laitiers locaux ........................ 51 Tableau IV : Motifs de la consommation des Produits laitiers locaux ............... 52

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INTRODUCTION L’élevage joue un rôle important dans l’économie sénégalaise. Sa valeur ajoutée est évaluée à 263 milliards de FCFA en 2010 (SENEGAL, 2011). La contribution de l’élevage dans la valeur ajoutée totale du secteur primaire se situait à 23,6% en 2010. En 2010, l’élevage a représenté 4,1% du PIB national (SENEGAL, 2011). La production locale de lait en 2011 était estimée à 184 millions de litres (DIREL cité par DIA, 2013). Cependant elle ne couvre pas les besoins du pays, ce qui explique les importations massives de lait et de produits laitiers évaluées en 2011 à 234,9 millions de litres en équivalent lait. La production de lait a également connu un accroissement de 1,6%, passant de 227904 mille litres à 231597 mille litres entre 2010 et 2011, en liaison avec la progression des productions de lait d'ovins (2,6%), de caprins (2,8%) et de bovins (1,0%). Le lait produit en 2011 est essentiellement composée du lait de bovins (62,0%), de caprins (23,0%) et d'ovins (15,0%). La production extensive représente plus de 84% de la production totale de lait.(ANSD, 2011). En conséquence, la production laitière au Sénégal dépend essentiellement de l'élevage extensif pratiqué par la majorité (92%) des éleveurs (HABIMANA, 2012). L'amélioration de la production laitière nécessite alors la mise en place des programmes et des techniques adaptés à cet élevage extensif caractérisé par la transhumance. L'une des techniques qui pourrait améliorer la production laitière, et s'adapter à ce type d'élevage, est l'insémination artificielle (IA) sur chaleurs naturelles (CN). L'IA sur CN a été introduite dans la région de Kaolack en 2006 par l'EISMV de Dakar (HAKOU, 2006). Après avoir expliqué aux éleveurs la différence entre l'IA sur CN et l'IA sur chaleurs induites (CI), 77% des enquêtés ont préféré celle sur CN (ASSEU, 2010). L'un des motifs qui a été à la base du choix de l'IA sur CN par les éleveurs était que, cette technique est moins chère par rapport à l'IA sur CI. KOUAMO (2006) a rapporté que la contrainte principale à l'adoption de l'IA est, dans 67% des cas, liée au coût très élevé. L'étude menée en 2012 a montré que 81% des 1


éleveurs de la région de Kaolack savent bien la différence entre IA sur CI et l’IA sur CN (HABIMANA, 2012). Par conséquent, il est important d'évaluer le degré d'adoption de l'IA par rapport aux CN et la perception sur la qualité du lait auprès des acteurs de la chaine de valeur lait. Cette évaluation pourrait être à la base de la mise en place d'un programme à grande échelle, visant l'amélioration de la production laitière basée sur cette technologie qui pourrait être prometteuse. Notre question de recherche est : "Le degré d'adoption de l'IA sur CN et la perception des acteurs de la chaine de valeur lait sur la qualité du lait local sont-ils satisfaisants? " L'hypothèse est : "Le degré d’adoption de l'IA sur CN et la perception des acteurs de la chaine de valeur lait sur la qualité du lait local sont satisfaisants." L'objectif général de notre étude est d’évaluer le degré d’adoption de l’IA sur CN par les acteurs de la chaîne de valeur lait et la perception sur la qualité du lait local dans la région de Kaolack (Sénégal). De façon spécifique, il s'agit de : 1. 2. 3.

Déterminer le degré d’adoption de l’IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait ; Evaluer le degré de perception des transformatrices sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux. Evaluer le degré de perception des consommateurs sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux.

Ce travail comprend deux parties : 1.

2.

Première partie : Synthèse bibliographique sur la physiologie de la reproduction ; la gestion de la reproduction chez la vache laitière et l'état du secteur laitier au Sénégal ; La deuxième partie présente le matériel et la méthodologie, les résultats et la discussion de ce travail. 2


PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LA PHYSIOLOGIE DE LA REPRODUCTION ; LA GESTION DE LA REPRODUCTION CHEZ LA VACHE LAITIERE ET L'ETAT DU SECTEUR LAITIER AU SENEGAL


Chapitre I : Physiologie de la reproduction chez la vache laitière Généralités sur l'insémination artificielle (IA) sur chaleurs naturelles (CN) et l'IA sur chaleurs induites (CI) L'IA est réalisée après l'apparition des chaleurs ou œstrus (manifestations qui surviennent au cours du cycle œstral). Lorsque les chaleurs (œstrus) apparaissent naturellement au cours du cycle œstral c.-à-.d sans l'intervention de l'homme l'insémination faite est appelée l'IA sur CN. Par contre, si elle est pratiquée après l'avènement des chaleurs induites par l'homme, elle est dite l'IA sur CI. Ainsi, nous constatons que la différence fondamentale pour les deux modalités d'IA est la manière d'apparition des chaleurs chez la vache. Soit les chaleurs apparaissent naturellement au cours du cycle œstral, d'où l'importance de connaître le cycle œstral. En effet, la maîtrise du cycle œstral nous permet de déterminer le moment d'apparition des chaleurs chez la vache afin de réussir l'IA. Soit elles se manifestent par l'induction, d'où l'importance de maîtriser l'induction et la synchronisation des chaleurs chez la vache. Nous remarquons également que le dénominateur commun pour les deux types d'insémination est l'IA. Pour cette raison, il est important d'avoir une connaissance solide en matière d'IA. Ainsi, l'IA sur CN sera développée à travers les éléments suivants : Cycle œstral de la vache, détection des chaleurs chez les vaches et l'insémination artificielle. Quant à l'IA sur CI, elle sera abordée à travers les points que sont l'induction et synchronisation des chaleurs, détection des chaleurs chez les vaches et l'insémination artificielle. Avantages de l'IA sur CN L'IA sur CN est moins chère, car pas de dépenses liées à l'induction et la synchronisation des chaleurs. Par conséquent, il est possible d'accroître la productivité laitière en inséminant plusieurs vaches. Inconvénients de l'IA sur CN L'inconvénient majeur est la difficulté de détection des chaleurs, soit du fait qu'elles sont silencieuses ou le propriétaire de l'animal n'est pas expérimenté ou il 4


est absent au moment où les chaleurs apparaissent. Les chaleurs non détectées entrainent la perte de 21 jours correspondant à la durée du cycle œstral, sans oublier les dépenses liées à l'entretien de la vache. Pour cette raison l'éleveur doit avoir d'autres moyens de détection des chaleurs mais aussi consacrer une grande partie de son temps à suivre les animaux. De plus les animaux doivent être bien nourris afin qu'il y ait la manifestation des chaleurs. Avantages de l'IA sur CI La date de pratiquer l'insémination est plus précise. Ainsi, il est possible de grouper les gestations et par conséquent les périodes de lactation. En conséquence, l'éleveur peut gérer efficacement son troupeau en produisant beaucoup de lait au même moment, ce qui lui permet de gagner beaucoup d'argent. Egalement, le propriétaire des animaux consacre peu de temps aux animaux, et il peut valoriser son temps en menant d'autres activités qui ne sont pas liées à l'élevage. Inconvénients de l'IA sur CI Il y a beaucoup de dépenses liées à l'induction et la synchronisation des chaleurs. Par conséquent le nombre de vaches à inséminer est limité par les moyens disponibles. Souvent les matériels utilisés lors de l'induction des chaleurs comme les spirales vaginales sont perdus, ce qui augmente les dépenses de refaire les mêmes prestations, et allonge les périodes improductives. I.1- Rappels anatomiques de l’appareil génital femelle L'appareil génital de la femelle comporte trois grandes parties : 1. Une partie glandulaire constituée par les ovaires qui joue une double fonction : l'ovogenèse : processus de la formation, de la croissance et de la maturation du gamète femelle ; l'endocrine : production d'hormones œstrogènes et progestatives déterminant l'activité génitale sous le contrôle hypothalamo-hypophysaire. 2. Une partie tubulaire constituée par l’utérus (qui reçoit l'œuf fécondé, permet son implantation et assure sa nutrition pendant la gestation), les 5


trompes utérines (qui captent les ovocytes et sont le siège de la fécondation) ; 3. Le sinus uro-génital formé du vagin et de la vulve. Le vagin est le lieu de copulation et la porte de sortie du veau à la naissance. La figure 1 présente le schéma de l'appareil génital de la vache.

Figure 1 : Schéma de l’appareil génital de la vache (Source : CIRAD, 2015) I.2- Développement corporel et la puberté Les organes de la reproduction, entièrement formés à la naissance, ne sont fonctionnels qu’à partir d’une époque bien déterminée de la vie, appelée puberté. A ce moment, l’animal devient apte à se reproduire. L’âge à la puberté ne constitue qu’un élément indicatif. D’autres facteurs d’origine exogène jouent un rôle très important, s’il n’est pas déterminant. Parmi ces facteurs, il y a : la température, la luminosité, l’état de développement et de nutrition, la vie en communauté des mâles et des femelles. Dans les grandes espèces, la race et l’état de nutrition jouent un rôle prépondérant. Les animaux bien entretenus, recevant une ration de valeur énergétique élevée, atteignent la puberté plus précocement que ceux qui sont déficitaires en alimentation (DERIVAUX et ECTORS, 1980). 6


Dans l’espèce bovine l’éveil pubertaire est plus précoce dans les races de petite taille que dans les races lourdes, et dans les races laitières que dans les races à viande (DERIVAUX et ECTORS, 1980). L’amorce de la puberté est surtout inhérente au développement corporel qu’à l’âge de l’animal. Ainsi, les génisses dont la croissance pré-sevrage est très avancée, auront une puberté plus précoce (PETERS et al., 1995). L’animal est dit pubère quand il atteint 50 à 60 % de son poids adulte (MIALOT et al., 2001). Une sous nutrition des génisses est associée à un problème : de détection des chaleurs, ainsi qu’à une diminution du taux de conception, un taux de mortalité embryonnaire élevé. Elle est également responsable d'une diminution du développement de la glande mammaire et de la production laitière (GARDNER et al., 1977 ; LALLEMAND, 1980). Alors, pour réussir la carrière reproductive des génisses, il faut trouver un compromis entre l’obtention d’un format suffisant pour un vêlage précoce, et une croissance modérée permettant de bonnes lactations (BADINAND, 1983). I.2.1- Cycle sexuel de la vache Chez tous les mammifères, l’appareil génital femelle est sujet à des modifications histo-physiologiques au cours de la vie de la femelle. Elles se produisent toujours dans le même ordre, et revenant à intervalle périodique suivant un rythme bien défini pour chaque espèce. Elles commencent au moment de la puberté, se poursuivent tout au long de la vie génitale et ne sont interrompues que par la gestation, le post-partum et le déséquilibre alimentaire. Ces manifestations dépendent de l’activité fonctionnelle de l’ovaire, elle-même tributaire de l’action hypothalamo-hypophysaire (DERIVAUX, 1971). Ainsi, trois composantes caractérisent le cycle sexuel chez la vache : 1. une composante cellulaire ; 2. une composante comportementale ; 3. une composante hormonale.

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I.2.2- Composante cellulaire du cycle sexuel Elle traduit l’ensemble des phénomènes cellulaires cycliques qui se produisent au niveau de l’ovaire, avec un événement exceptionnel qui est l’ovulation. Le cycle ovarien se définit comme l’intervalle entre deux ovulations. Les événements cellulaires du cycle sexuel se subdivisent en deux phases que sont la phase folliculaire et la phase lutéale. La phase folliculaire est caractérisée par la sécrétion des œstrogènes par les cellules de la thèque interne du follicule ovarien. Cette phase folliculaire se divise en pro-œstrus et œstrus. Pro-œstrus : Cette période dure environ 2 à 4 jours chez la vache. Elle est caractérisée par les processus de croissance et maturation folliculaire qui amènent un follicule du stock cavitaire au stade de follicule mûr. C’est également pendant cette période que se termine la lyse du corps jaune du cycle précédent. Œstrus : C’est la période de maturité folliculaire suivie de l’ovulation. Elle se caractérise par des modifications comportementales dites chaleurs. C'est la période où la femelle accepte le chevauchement par le mâle ou par ses congénères. Sa durée est brève chez la vache, environ 13 à 23 heures (CISSE, 1991). La phase lutéale est caractérisée par la sécrétion de la progestérone par le corps jaune. Cette phase comporte également deux étapes : le met-œstrus et le di-œstrus. Met-œstrus : Cette période appelée également post-œstrus correspond à la formation et développement du corps jaune. Cette étape a une durée d’environ 4 jours chez la vache. Di-œstrus : Cette étape correspond à la période de fonctionnement du corps jaune, avec l’installation d’un état gravidique par le biais de la sécrétion de la progestérone. Cette étape a une durée d’environ 10 à 15 jours. Dans certains cas, elle peut se prolonger et devient alors un anœstrus ou repos sexuel qui peut être : • Saisonnier, lié à la période défavorable au disponible fourrager ; • de gestation ; 8


• de post-partum. Cet anœstrus est important chez le zébu. CUQ (1973) a noté 62 % d’anœstrus chez la femelle non gestante. A la fin du repos sexuel, un nouveau cycle reprend par le pro-œstrus. I.2.3- Composante comportementale Les modifications de comportement sont des indices les plus importants à considérer dans la pratique parce qu’étant les seules visibles du cycle. En effet, l’œstrus est la seule phase visible du cycle sexuel de la vache et se caractérise par l’acceptation du chevauchement. Par ailleurs, des signes secondaires sont parfois observés. Il s’agit : de la tuméfaction vulvaire ; du beuglement ; de l’agitation ; d’un écoulement d’une glaire translucide. La durée de l’œstrus est particulièrement brève chez les bovins tropicaux. En effet, DIOP et al. (1994) ont noté une durée de 10,1 ± 2,81 heures chez la race N’dama alors que CUQ (1973) a noté 14 à 16 heures chez la race Gobra. I.2.4- Composante hormonale Les événements cellulaires du cycle sexuel de la vache sont sous contrôle hormonal. Ainsi, le complexe hypothalamo-hypophysaire, l’ovaire et l’utérus, par les sécrétions hormonales, assurent la régulation du cycle sexuel de la vache. Ce mécanisme hormonal fait intervenir trois groupes d’hormones : les hormones hypothalamiques qui contrôlent la synthèse et la libération des hormones hypophysaires. Il s’agit essentiellement de la Gonadolibérine ou Gonadotrophin Releasing Hormon (GnRH) ; les hormones hypophysaires ou hormones gonadotropes qui assurent la maturation des gonades et la sécrétion des hormones ovariennes. Il s’agit de la FSH qui intervient dans la croissance et la maturation folliculaire et la LH qui intervient dans la maturation des follicules, l’ovulation et la lutéinisation des follicules ; 9


les hormones stéroïdes d’origine gonadique responsables de la régulation du cycle sexuel et de la gestation. Les œstrogènes et la progestérone sont les principaux produits de l’activité ovarienne. Les œstrogènes sont sécrétés principalement par les follicules ovariens. Le véritable œstrogène d’origine ovarienne est le 17 β - œstradiol. Les œstrogènes sont sécrétés secondairement par le placenta et les surrénales. Le maximum des œstrogènes est atteint au moment de l’œstrus. Les œstrogènes conditionnent l’instinct sexuel et les manifestations œstrales. La progestérone est sécrétée essentiellement par le corps jaune. Elle est également synthétisée par la corticosurrénale et le placenta de certains mammifères. THIBIER et al. (1973) rapportent que le taux de progestérone est maximal en phase lutéale. La progestérone empêche toute nouvelle ovulation, prépare la muqueuse utérine à la nidation et favorise le maintien de la gestation. En dehors de ces trois groupes d’hormones, la PGF2α d’origine utérine a une activité lutéolytique. Elle assure la régression du corps jaune et participe ainsi à la régulation du cycle sexuel. I.2.5 - Contrôle hormonal du cycle sexuel I.2.5.1- Aperçu du contrôle hormonal du cycle Les hormones hypophysaires et ovariennes interagissent les unes avec les autres sous le contrôle de l'hypothalamus, assurant ainsi la régulation du cycle sexuel. A la fin de la phase lutéale et en absence d'embryon in utero, l'utérus entraîne la lutéolyse par l'intermédiaire de la prostaglandine F2α, ce qui permet à un nouveau cycle de commencer. Les hormones gonadotropes FSH et LH, principalement FSH, assurent la croissance folliculaire. Les follicules mûrs sécrètent une forte quantité d'œstrogènes. Ces derniers permettent l'apparition du comportement d'œstrus et exercent un rétrocontrôle positif sur le complexe hypothalamo-hypophysaire. L'autosensibilisation de l'hypothalamus à des quantités croissantes d'œstrogènes permet une production massive de GnRH. Sous l'action de GnRH, l'hypophyse

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réagit par une production massive de FSH et LH, le pic de LH provoque l'ovulation. Sous l'action de LH, après la libération de l'ovocyte, le corps jaune se forme, croît et sécrète la progestérone qui exerce une retro-action négative sur le complexe hypothalamo-hypophysaire, bloquant toute production de GnRH. Elle a pour conséquence d'empêcher toute libération massive des gonadotropines au niveau hypothalamo-hypophysaire, et entraver toute croissance finale des follicules. Ainsi l'appareil génital reste au repos tant que la production de progestérone persiste (HOUMADI, 2007). La figure 2 montre le schéma de contrôle du cycle sexuel.

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Figure 2 : Régulation hormonale du cycle sexuel chez la vache (BONNES et al., 1988) I.2.5.2- Rôle du complexe hypothalamo-hypophysaire Sous l’action de la GnRH ou gonado-libérine élaborée par l’hypothalamus et libérée de façon épisodique, à sécrétion pulsatile et rythmique, et qui est l’initiatrice et la régulatrice de la fonction de reproduction, l’hypophyse réagit par une production massive de FSH et de LH. Le pic de LH provoque l’ovulation. La réponse de l’hypophyse à l’action de la GnRH dépend non seulement du caractère pulsatile de la libération de GnRH, mais aussi de la fréquence des pulsations. 12


La FSH stimule la croissance et la maturation folliculaire. Elle stimule également la synthèse en quantité croissante d’œstrogènes par les follicules. La LH quant à elle achève la maturation folliculaire et provoque l’ovulation. La sécrétion hypophysaire de LH connaît un pic qui précède l’ovulation. L’ovulation est conditionnée par cette décharge de LH qui voit son niveau de base passer pour un court laps de temps (quelques heures) de 1ng/ml à 30 ou 40ng/ml. Pendant le reste du cycle, la sécrétion de LH se maintient au niveau de base dit tonique. Elle agit également en synergie avec la FSH dans la sécrétion des œstrogènes. Elle stimule aussi la formation du corps jaune et sa sécrétion de progestérone. I.2.5.3- Rôle des hormones ovariennes I.2.5.3.1 - Œstrogènes Les œstrogènes permettent l’apparition du comportement d’œstrus. En outre, ils exercent un rétrocontrôle (ou Feed-back) aussi bien négatif que positif sur le complexe hypothalamo-hypophysaire. L’autosensibilisation de l’hypothalamus à des quantités croissantes d’œstrogènes permet une production massive de GnRH. Le feed-back négatif exercé par les œstrogènes porte sur la sécrétion de FSH pendant la phase initiale de croissance folliculaire chez la femelle adulte. Il en résulte une inhibition de la sécrétion de FSH. Le feed-back positif exercé par les œstrogènes porte sur la sécrétion hypophysaire de LH chez la femelle adulte pendant l’œstrus, en potentialisant les effets de la GnRH. Cette stimulation de la sécrétion et de la décharge de LH va achever la croissance et la maturation folliculaire et déclencher l’ovulation, en même temps qu’intervient le comportement d’œstrus. I.2.5.3.2 - Progestérone Sous l’action de la LH qui est sécrétée de manière pulsatile, le corps jaune se forme et sécrète la progestérone. La progestérone exerce sur le complexe hypothalamo-hypophysaire un rétrocontrôle négatif. Les fortes doses de progestérone bloquent la décharge ovulatoire de LH, entraînant ainsi un blocage de la maturation folliculaire et de l’ovulation. Mais sous l’effet de la progestérone, il n’y a pas d’inhibition de la sécrétion de FSH, et la croissance folliculaire se produit. 13


I.3.4.3.3 - Inhibine L’inhibine qui est une hormone sécrétée par les cellules de la granulosa des follicules sous l’effet de la FSH, exerce une rétroaction négative, car elle gagne secondairement l’hypophyse pour inhiber de façon sélective la sécrétion de la FSH, sans affecter la sécrétion de la LH. C’est cette interaction entre hormones ovariennes et gonadostimulines hypophysaires qui explique qu’au cours d’un cycle, bien que plusieurs dizaines de follicules primordiaux soient recrutés pour entamer leur croissance, il n’y a que un ou deux (cas de la vache) qui achève leur croissance. Outre les contrôles exercés par l’ovaire sur le complexe hypothalamohypophysaire, il existe à l’intérieur de l’ovaire des rétrocontrôles courts, toujours négatifs, dus à des facteurs de régulation de nature peptidique, produits et agissant à l’intérieur du follicule. Ces inhibiteurs appelés cybernines, assurent des régulations fines encore peu connues qui gouvernent in situ l’évolution du follicule au cours du cycle (BONNES et al., 1988) : un inhibiteur de la fixation de FSH à ses récepteurs (FSH-RBI, Receptor Binding Inhibitor), freine l’action de la FSH sur la croissance folliculaire ; l’atrésie folliculaire est due au maintien de cette action inhibitrice dans de nombreux follicules ; un inhibiteur de la maturation de l’ovocyte (OMI), est présent dans le liquide folliculaire en quantité d’autant plus grande que le follicule est plus petit ; un inhibiteur de la fixation de LH à ses récepteurs (LH-RBI), est présent dans les cellules lutéales du corps jaune, provoquant une perte progressive des récepteurs de LH et une baisse de la sécrétion de progestérone. Il est absent dans le corps jaune de gestation. I.3- Rôle de l’utérus Les prostaglandines F2α produites par l’utérus provoquent la lutéolyse et la chute de la progestéronémie. Par cette action lutéolytique, l’utérus permet la reprise d’un autre cycle sexuel.

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Chapitre II : Gestion de la reproduction chez la vache laitière Une bonne reproduction est l’un des aspects les plus critiques de la rentabilité d’un élevage. Les pertes économiques dues à un pauvre niveau de reproduction ont de multiples facettes : 1. La production totale de la vache diminue parce que le pic de production se produit moins fréquemment, et la durée des périodes de faible production et de tarissements est plus longue ; 2. Le nombre de veaux qui naissent dans l’élevage diminue, ce qui entraîne une : Diminution de la possibilité de réformer les vaches pour cause de faible production ; Diminution de la vitesse du progrès génétique ; 3. Le coût direct pour l'insémination artificielle et les frais vétérinaires sont élevés. Alors, il est important de bien maîtriser la reproduction. C’est pourquoi dans ce chapitre, nous allons développer les modalités de maîtrise de la reproduction chez la vache, à partir des éléments ci-après : 1. les modalités de détection et induction des chaleurs ; 2. les modalités de l’IA. II.1 - Détection des chaleurs chez les Vaches Pour maximiser sa production totale une vache doit être inséminée 80 à 90 jours après le vêlage. Ceci lui permet de produire un nouveau-né et de commencer une nouvelle lactation tous les 12,5 à 12,8 mois. La détection précise des chaleurs est essentielle pour obtenir de bons résultats de la reproduction (WATTIAUX, 2006). II.1.1- Définition des chaleurs Les chaleurs, ou œstrus, correspondent à une période de réceptivité sexuelle caractérisée par la monte, et qui se produit normalement chez les génisses pubères et les vaches non gestantes. Cette période de réceptivité dure de 6 à 30 heures et se répète en moyenne tous les 21 jours. Cependant, un intervalle entre deux chaleurs (le cycle des chaleurs) peut varier de 18 à 24 jours (WATTIAUX, 2006). 15


II.1.2- Moment d’observation des chaleurs Des inséminations réalisées trop tôt ou trop tard réduisent les résultats de fertilité des vaches laitières. De nombreux facteurs susceptibles d'expliquer cette détérioration des résultats de fertilité ont été proposés, parmi lesquels une mauvaise détection de l'œstrus. Ceci peut être objectivé par une faible efficacité (proportion des œstrus possibles effectivement détectés) et une mauvaise exactitude (proportion des œstrus observés correctement diagnostiqués) de cette détection (SAUMANDE, 2001). Pour bien détecter les chevauchements (les seuls signes caractéristiques des chaleurs), il faut passer aux bons moments autour des animaux. Ces phases d'observations correspondent à des périodes où les femelles sont au calme et libres de leurs mouvements, en dehors des périodes d’agitation (distribution d’aliments, traite, soins, etc.). II.1.3- Signes des chaleurs II.1.3.1- Signe primaire ou majeur Les chaleurs proprement dites sont caractérisées par l’acceptation du chevauchement (THIBIER, 1976). L’immobilisation de la femelle, et son acceptation d’être montée par d’autres animaux (le taureau du troupeau ou une autre femelle) est le signe le plus sûr permettant d’affirmer qu’une vache est en chaleurs. La femelle en chaleurs quelquefois chevauche ses congénères (TAMBOURA et al., 2004). Si une vache a été montée plusieurs fois, la croupe est parfois partiellement dégarnie de ses poils (les poils sont usés par le frottement). Si les animaux sont au pâturage, la boue des sabots de la vache qui monte se répand sur le bas des hanches ou les cotés de la vache en chaleurs. Une vache qui ne s’esquive pas lorsqu’elle est chevauchée par une autre vache est en chaleurs . La figure 3 illustre le chevauchement.

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Figure 3 : Signe majeur de l'œstrus (WATTIAUX, 2006) II.1.3.2- Signes secondaires ou mineurs Le mucus (quelques fois le seul signe observé) devient translucide et peut s'étirer en un fil long et mince. La vulve devient plus rougeâtre et demeure enflée. L'action de soulever la vulve près du clitoris amène la vache à fléchir le dos de façon prononcée. Au niveau hormonal, d'autres actions surviennent. Les œstrogènes sont à leur maximum et un pic de LH survient pour provoquer l'ovulation 10 à 12 heures après la fin de la période prononcée. D'autres signes mineurs peuvent également se manifester par : 1. l'alternance d'agitation et de repos en position couchée ; 2. l'activité généralement augmentée, émission fréquente de petits jets d'urine, appétit limité et léchage intensif du corps ; 3. l'attirance des autres vaches et recherche de la proximité des mâles ; 4. l'agressivité, même envers des femelles “plus élevées” dans la hiérarchie du troupeau et beuglements fréquents (MAMBOUE, 1987 ; MEYER et YESSO, 1987 ). Ces signes accompagnateurs ne sont toutefois pas toujours présents ou évidents, et le comportement le plus représentatif de l'œstrus reste l'acceptation du chevauchement.

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II.1.4- Méthodes de détection des chaleurs II.1.4.1- Méthode d’observation directe Cette méthode consiste à observer le comportement soit des vaches, soit d’un animal détecteur qui est le plus souvent un taureau boute-en-train (mâle rendu inapte au coït par déviation chirurgicale du pénis, ou stérile, par vasectomie). L’utilisation d’un taureau améliore le taux de détection suite au dépistage de femelles souffrant de chaleurs silencieuses (MARICHATOU et al., 2004). II.1.4.2- Méthode d’observation indirecte Elle est basée sur l’utilisation de marqueurs ou de révélateurs de chevauchement. II.1.4.2.1- Application de peinture La simple application de peinture plastique sur le sacrum, et les premières vertèbres coccygiennes des femelles constitue un système efficace et peu onéreux. L'animal chevauchant son partenaire en état d'acceptation effacera, ou dispersera ces marques colorées lors de sa retombée sur le sol. Cette peinture sera appliquée sur une surface de 30 cm sur 7 cm. Idéalement et selon les conditions climatiques, les animaux seront marqués tous les 3 à 4 jours. II.1.4.2.2- Les systèmes « Kamar et Oestruflash » Les systèmes « Kamar et Oestruflash » consistent en une pochette de colorant fixé sur le dos de l’animal à proximité de la base de la queue. La pochette sous la pression d’un chevauchement se colore en rouge dans le système Kamar ou en rouge phosphorescent dans le système Oestruflash (SAUMANDE, 2000). Leurs performances sont bonnes chez les vaches dont les chaleurs sont normales, mais cela amène parfois un problème de faux positifs liés au contact contre les objets comme le mur, etc. Il faut alors retirer la vache en chaleurs (ou que l'on croit en chaleurs) du troupeau afin de faire un suivi individuel. II.1.4.2.3- Podomètre (bracelet au membre) La vache en chaleurs est plus active que normalement. En stabulation libre, l'activité augmenterait de 400% alors qu'en stabulation entravée l'augmentation 18


se situerait à 270%. Le podomètre mesure l'activité de la vache et transmet un signal. L'efficacité du podomètre à détecter les vaches en chaleurs se situerait au tour de 83% et la précision (rapporter les vaches réellement en chaleurs) se situerait significativement près de 85% (LACERTE, 2003). II.1.4.2.4- Dosage de progestérone (lait ou sérum) En comparant le niveau de progestérone au jour de l'insémination avec celui au jour 22-24 après l'insémination, on peut savoir avec 95% d'exactitude si l'animal est en chaleurs. Le niveau de progestérone est alors bas. Si la vache ne montre pas de chaleurs, il peut y avoir eu des chaleurs silencieuses (LACERTE, 2003). Il faut se méfier si le taux de progestérone est élevé, car cela ne veut pas nécessairement dire que la vache est gestante ; elle est seulement présumée gestante. Tous ces outils ont certes des avantages, notamment celui d’aider l’homme dans ses efforts pour bien «capter» le moment optimum de mise en reproduction pour ses vaches. Cependant, il ne faut pas négliger leurs limites, dont entre autres : 1. la non persistance dans le temps ; 2. leur détérioration au contact des arbres sur les pâturages ; 3. le confinement dans l’enclos qui peut entraîner un badigeonnement involontaire entre congénères; etc. D’une manière générale, les difficultés liées à la détection des chaleurs naturelles, ont conduit à la mise au point de techniques d’induction des chaleurs. II.1.5- Induction et synchronisation des chaleurs II.1.5.1- Définition L’induction et synchronisation des chaleurs ou la maîtrise des cycles sexuels regroupe un ensemble de techniques propres à diminuer au maximum les périodes improductives. Elle a pour but de faire venir en chaleurs, à un moment prédéterminé, un groupe d’animaux en bloquant le cycle œstral et en induisant l’œstrus (MARICHATOU et al., 2004). II.1.5.2- Avantages L’application de la technique de synchronisation des chaleurs a pour avantages : 19


1. d’induire les chaleurs en toute saison ; 2. de pratiquer l’IA sans surveiller les chaleurs, ceci dans les zones non couvertes par un circuit régulier d'inséminateurs ou pour des élevages extensifs ou grandes unités d’élevage; 3. de grouper les mises bas ; 4. d’obtenir des vêlages précoces ; 5. de rendre possible et faciliter les manœuvres de réalisation de transplantation embryonnaire ; 6. Provoquer la rupture de l’anœstrus ; 7. de multiplier et diffuser rapidement le progrès génétique. II.1.5.3- Techniques et méthodes Les moyens et méthodes utilisés concourent : 1. à la présence d’un follicule dominant sain chez tous les animaux capables d’ovuler 24 à 48 heures après la fin du traitement ; 2. au contrôle de la vie du corps jaune, pour supprimer la rétroaction négative de la progestérone sur la libération de la LH. La maîtrise des cycles sexuels repose particulièrement sur deux principes : 1. l’établissement d’une phase lutéale artificielle par administration de la progestérone ou de leurs dérivés ou analogues (progestagènes) ; 2. le raccourcissement de la phase lutéale normale par administration de prostaglandines ou de leurs analogues. Trois méthodes peuvent être utilisées pour maîtriser la reproduction : 1. les méthodes zootechniques ; 2. les méthodes chirurgicales ; 3. les méthodes médicales. II.1.5.3.1- Méthodes zootechniques Ces méthodes provoquent les mêmes effets d’induction, de groupage des ovulations ou augmentation de la fertilité sans véritablement synchroniser les chaleurs des vaches (MARICHATOU et al., 2004). Parmi elles, on peut citer : 20


1. l’effet mâle obtenu par l’introduction d’un taureau dans un troupeau de femelles qui en étaient momentanément séparées ; 2. l’effet groupe obtenu par la mise en lot de génisses pour souvent avancer l’âge à la puberté ; 3. le flushing consistant à augmenter temporairement le niveau énergétique de l’alimentation. II.1.5.3.2- Méthode Chirurgicale Elle consiste en l’énucléation du corps jaune, ce qui permet de déclencher un œstrus dans la semaine suivante (dans les 2 à 7 jours qui suivent l’intervention) par la suppression de la sécrétion de progestérone conduisant à la décharge de LH. Cet œstrus est souvent ovulatoire, et le pourcentage de fécondation peut être élevé (DERIVAUX et ECTORS, 1989). C’est une méthode à risques, car elle est source d’hémorragie qui peut être mortelle, et de formation d’adhérences tubaires, cause d’infertilité passagère ou définitive. Cette technique est actuellement supplantée par l’utilisation sur le terrain des prostaglandines (DERIVAUX et ECTORS, 1989). II.1.5.3.3- Méthodes hormonales Elles sont basées sur l’utilisation d’hormones de reproduction ou de leurs analogues, ces derniers étant plus largement utilisés. Leurs principes sont fondés sur les phénomènes de régulation hormonale de l’activité ovarienne. Les produits classiquement utilisés chez les bovins sont des progestagènes de synthèse et des prostaglandines. a Prostaglandine F2α α Elle est responsable de la régression du corps jaune et de l’arrêt de la sécrétion de progestérone. Elle est utilisée pour synchroniser des femelles cyclées présentant par conséquent un corps jaune à la palpation transrectale. Administrée entre le 5e et le 17e jour du cycle normal, elle entraîne la chute du niveau de progestérone et l’apparition des chaleurs dans les deux à trois jours qui suivent. Avant le 5e et après le 17e jour, la prostaglandine F2α ne modifie pas la durée du cycle normal. Puisqu’une seule administration de prostaglandine ne permet pas de 21


synchroniser tous les animaux d’un troupeau, alors on pratique deux injections à onze ou douze jours d’intervalle afin de regrouper toutes les chaleurs. Au moment de la deuxième injection, théoriquement entre J5 et J17, toutes les femelles sont réceptives à la prostaglandine et les chaleurs apparaissent 48 h à 72 h plus tard. La prostaglandine et ses analogues sont utilisés à la dose de 500 μg/animal en injection intramusculaire. Cependant, son utilisation doit se faire avec précaution car elle entraîne l’avortement des femelles en gestation. b Progestérone ou ses dérivés synthétiques Administrée de façon continue (8 à 12 jours) et à des doses suffisantes, elle permet de simuler la phase lutéale, empêchant donc l’apparition des chaleurs et de l’ovulation. Le retrait de cette hormone, qui entraîne une chute brutale de son taux circulant, est à l’origine de la libération de l’hormone pré-ovulatoire qui provoque l’ovulation. Il est nécessaire dans ce cas d’administrer en début de traitement un œstrogène (valérate ou benzoate d’œstradiol ou une combinaison œstrogène progestagène). Il peut y être associé de la prostaglandine ou de la PMSG (Pregnant Mare Serum Gonadotropin). Les chaleurs apparaissent 24 h à 48 h après l’arrêt du traitement (MARICHATOU et al., 2004). II.1.6- Insémination artificielle II.1.6.1- Définition L’insémination artificielle consiste à déposer le sperme d'un taureau au moyen d’un instrument adéquat, au moment le plus opportun, et à l ’endroit le plus approprié du tractus génital de la femelle (HANZEN, 2008-2009). II.1.6.2- Avantages de l'insémination artificielle Les avantages de cette technique sont multiples et les plus importants sont d’ordre technique, économique et sanitaire (BENLEKHEL et al., 2000) II.1.6.2.1- Avantages techniques 1. Diffusion rapide dans le temps et dans l'espace du progrès génétique ; 22


2. Découverte rapide de géniteurs ayant de très hautes performances génétiques grâces au testage sur descendance qui exige l'utilisation de l'IA ; 3. Grande possibilité pour l'éléveur du choix des caractéristiques du taureau qu'il désire utiliser en fonction du type de son élevage et l'option de production animale à développer. II.1.6.2.2- Avantages économiques 1. Renonciation aux géniteurs dans l'exploitation, notamment chez les petits éleveurs, ce qui permet d'économiser les frais d'alimentation et d'entretien de ces derniers ; 2. Diminution du nombre de mâle à utiliser en reproduction et leur valorisation en production de viande ; 3. Amélioration de la productivité du troupeau (lait-viande) qui se traduit par l'amélioration du revenu de l'éleveur. Cet aspect est particulièrement perceptible chez les animaux croisés (obtenus par l'IA des vaches locales) dont la production s'améliore de 100% par rapport au type local. II.1.6.2.3- Avantages sanitaires 1. L'IA est un outil de prévention de propagation de maladies contagieuses et/ou vénériennes grâce au non contact physique direct entre la femelle et le géniteur ; 2. Le contrôle de maladies grâce aux normes sanitaires strictes exigées au niveau des centres producteurs de semences ; ce qui réduit considérablement le risque de transmission de maladies par voie "mâle" ; 3. Contrôle et diagnostic précoce des problèmes d'infertilité grâce au système de suivi individuel et permanent des vaches inséminées (fiches insémination) II.1.6.3- Inconvénients de l'insémination artificielle Il est intéressant d’améliorer génétiquement les animaux, mais un animal amélioré devient plus exigeant pour son entretien. D’où il faut une valorisation des produits par une alimentation correcte et un suivi sanitaire adéquat. Il conviendrait également de contrôler l’amélioration génétique dans un troupeau, une zone ou région en se fixant des objectifs clairs et précis avec un schéma de 23


croisement approprié. Enfin, pour ne pas aller à la disparition des races locales, il faut circonscrire les zones d’intervention dans des systèmes d’élevage appropriés. A cet effet, les organisations professionnelles doivent avoir un rôle déterminant autour de la protection de telle ou telle race dans leur berceau (CISSE et NAPO, 2006). II.1.6.4- Moment d’insémination artificielle L’insémination doit être pratiquée à un moment assez proche de l’ovulation. Mais dans la pratique, les animaux observés en chaleurs le matin sont inséminés le soir et ceux en chaleurs le soir sont inséminés le lendemain matin. La figure 4 donne un aperçu sur la période propice pour réaliser l'IA ou faire saillir

Figure 4 : Moment idéal d’insémination par rapport aux manifestations œstrales chez la vache (WATTIAUX, 2006) II.1.6.5- Procédé d’IA Dans la pratique de l’IA, les précautions suivantes doivent être prises : 24


1. Le matériel doit être en bon état pour ne pas blesser la femelle ; 2. Le matériel doit être stérile ; 3. L’intervention doit être faite avec douceur car l’utérus est fragile. La semence en pastilles est décongelée dans l’eau tiède (35°- 37°C) pendant 1530 secondes. Puis, elle est introduite dans le pistolet de CASSOU. Le bout thermo-soudé vers l’avant est sectionné et le pistolet est revêtu d’une gaine plastique puis d’une chemise sanitaire. Dans sa réalisation, une main gantée saisit le col de l’utérus par la voie rectale pendant que l’autre main saisissant le pistolet de « CASSOU » l’introduit au travers des lèvres vulvaires. Le col de l’utérus est ainsi cathétérisé et la semence est déposée au niveau du corps utérin, Figure 5. Les replis vaginaux sont évités en poussant le col tenu de la main vers l’avant avec des mouvements de haut en bas et sur les cotés (LAMINOU, 1999). La semence en pastille est décongelée dans une ampoule d’un millilitre de sérum physiologique, et mise en place à l’aide d’un cathéter relié à une seringue.

Figure 5 : Dépôt de la semence dans les voies génitales de la vache (BARRET, 1992)

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II.1.6.6- Lieu de dépôt de la semence Le dépôt de la semence dans les voies génitales femelles tient compte des conditions d’éjaculation, mais aussi du fait que la semence est diluée, d’où la nécessité d’optimiser les chances de fécondation. Le dépôt de la semence peut se faire à différents endroits tels que : 1. le cervix (jonction utéro-cervicale), mais une bonne partie de la semence se trouvera dans le vagin, à cause des mouvements rétrogrades ; 2. le corps utérin (juste en arrière du col utérin), le lieu de meilleure prédilection ; 3. les cornes utérines, car certaines études ont montré qu’il n’y a pas de différence entre le dépôt de la semence au niveau du corps ou des cornes de l’utérus. Toutefois, le dépôt de la semence dans les cornes utérines présente beaucoup plus de risques de traumatismes et d’infection de l’utérus (BIZIMUNGU, 1991). II.1.6.7- Evaluation de l’IA Il est essentiel de savoir très tôt et avec certitude si les femelles sont gestantes ou non, afin de mieux gérer la reproduction dans le troupeau (BROERS, 1995). Il existe plusieurs moyens de diagnostic de gestation, et les adaptations varient avec le stade de la gestation (THIAM, 1996). La fertilité des femelles ou leur aptitude à concevoir normalement après l’IA est déterminée par un diagnostic de gestation qui peut être réalisé à n’importe quel moment de l’année, et avec différentes techniques : cliniques et para-cliniques. II.1.6.7.1- Moyens cliniques a Détermination du non-retour en chaleurs Le retour en chaleurs des femelles trois semaines après l’insémination est le signe le plus fréquent d’une non gestation. Il s’agit ici d’un diagnostic précoce, utilisable avant un mois de gestation. Il consiste à observer les chaleurs entre le 18e et le 23e jour après l’IA. Cependant, c’est un moyen peu fiable, étant donné qu’il existe des chaleurs silencieuses chez beaucoup de races bovines locales, et des femelles gestantes peuvent aussi 26


présenter des manifestations de chaleurs. Par ailleurs, un non retour en chaleurs ne signifie pas toujours une gestation, car cela peut correspondre à un anœstrus ou à un cas pathologique (THIAM, 1996). b Palpation transrectale C’est un diagnostic tardif de gestation, qui est souvent dite examen de confirmation, du fait qu’elle permet de mettre en évidence les mortalités embryonnaires tardives. Elle consiste à faire une fouille transrectale du tractus génital de la femelle, afin d’apprécier les modifications morphologiques de l’appareil génital qui apparaissent de manière chronologique, à des stades déterminés de la gestation. Elle est possible dès le 40e jour (6 semaines) de gestation chez les génisses, et le 50e jour (7 semaines) chez les vaches. Sur le terrain elle est généralement faite à 60 jours après l’IA. La gestation se traduit par : 1. une tonicité des cornes utérines avec crépitation qui est fonction de l’âge du fœtus ; 2. la présence d’un corps jaune volumineux sur l’ovaire de la corne gestante, entraînant une augmentation de la taille de l’ovaire concerné. Il existe d’autres moyens cliniques traduisant la gestation, mais qui sont généralement tardifs. Il s’agit : 1. du développement abdominal ; 2. du développement mammaire ; 3. des mouvements fœtaux. II.1.6.7.2- Moyens para-cliniques Il s’agit de méthodes plus poussées de diagnostic de gestation avec plus de certitude. a Echographie C’est une méthode à partir de laquelle les structures fœtales sont visualisées grâce à un écran. Alors il est possible d'apprécier la survie d’un embryon chez les 27


bovins par la détection des battements cardiaques, ceci dès la 4ème semaine après IA. C’est également un moyen fiable qui donne 96% d’exactitude à 40 jours après l'IA (HUMBLOT et THIBIER, 1984). b Dosage de la progestérone Il s’agit d’un diagnostic précoce de non gestation. La technique consiste à estimer les taux de progestérone dans le sang ou dans le lait. Elle est utilisable entre le 21ème et 23ème jour après IA. Les vaches supposées gestantes ont un taux de progestérone qui se maintient à un niveau supérieur à 1 ng/ml dans le sang et 3,5 ng/ml dans le lait. Un niveau inférieur à 1 ng/ml dans le sang ou 2 ng/ml dans le lait indique l’absence du CJ et exclut par conséquent la gestation (VANDEPLASSCHE, 1985). Ce diagnostic constitue une technique de certitude pour la non-gestation et seulement une présomption pour une gestation positive. Par conséquent, le diagnostic positif par dosage de progestérone doit être confirmé par exploration rectale vers la fin du 2ème mois de gestation. c Dosage des protéines fœtales Il s’agit : Du BPAG : Bovine Pregnancy Associated GLucoprotein (ZOLI et al., 1993 ; CHEMLI et al., 1996 ; TAINTURIER et al., 1996). Son utilisation est controversée en raison de sa rémanence, même après la mise bas. De la PSPB : Pregnancy Specific Protein B (SASSER et al., 1986 ; HUMBLOT et al., 1988). Elle est décelable dans la circulation périphérique des femelles gestantes vers le 30ème jour (concentration voisine de 2 ng/ml).

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Chapitre III : Eléments du secteur laitier au Sénégal III.1- Description de la filière lait local Le secteur de la transformation du lait local est assuré par un réseau relativement dense de mini-laiteries artisanales. Elles transforment le lait frais issu des bassins de collecte ruraux en produits finis ou semi finis. Le personnel est souvent réduit (trois à six personnes) avec un matériel sommaire (ensacheuses, marmites, bombonnes de gaz, réfrigérateurs, etc.). Le nombre de mini-laiteries artisanales au Sénégal est passé d’une dizaine à quarante unités entre 2000 et 2005 (DUTEURTRE, 2006). Le nombre de minilaiteries est estimé à plus de 70 en 2012. Les promoteurs sont en général des individus qui évoluent dans le cadre d’un GIE familial, le plus souvent originaire du terroir abritant l’unité de transformation. Les liens de proximité géographique et sociale sont essentiels pour la sécurisation de l’approvisionnement en lait cru (DIA, 2009). III.2- Statistiques nationales sur la filière laitière III.2.1- Données régionales sur l'élevage au Sénégal Au Sénégal, le cheptel national est assez diversifié. Il compte 3,1 millions de bovins, près de 9 millions de petits ruminants (dont près de 5 millions d’ovins et 4 millions de caprins), 504000 équins, 412000 asins, 300000 porcins, 5000 camelins, 35 millions de têtes de volailles (DIREL cité par DIA, 2013). Ce cheptel est réparti géographiquement selon les spécificités régionales. Les régions du Sud et Sud-Est du Sénégal sont plus densément occupées par les bovins. La région du Ferlo reste une zone d’élevage par excellence. Cependant le bétail est assez mobile dans le temps et dans l’espace. Selon la saison et la disponibilité de l’eau et des pâturages, le troupeau de bovins et de petits ruminants effectue des déplacements du Nord vers le Sud/Sud-Est du pays. L’amplitude de la transhumance est tributaire des conditions d’accès au pâturage et à l’eau. Plus la sécheresse est longue, plus les distances parcourues sont élevées. La figure 6 illustre la distribution régionale du cheptel bovin national.

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Figure 6 : Distribution régionale du cheptel bovin au Sénégal (DAI, 2013) III.2.2- Système moderne de production laitière Le système moderne de production laitière au Sénégal est géographiquement très concentré dans la frange côtière du pays, où il bénéficie d’un climat plus clément et de la proximité des grands centres urbains. Il est retrouvé dans la Région de Dakar (la banlieue rurale de la zone des Niayes) et, dans une moindre mesure, dans la Région de Thiès. Les ressources alimentaires naturelles adaptées à un élevage intensif sont certes rares dans cette Région. Mais les résidus des cultures maraîchères, les sousproduits agro-industriels, et les cultures fourragères permettent de répondre aux besoins alimentaires élevés des animaux laitiers. Les producteurs bénéficient ainsi d’une dynamique productive associant agriculture et élevage. L’élevage périurbain concerne approximativement 1% des bovins et 3% des petits ruminants du pays (BA DIAO, 2003). Il s’agit de fermes modernes élevant des animaux laitiers de race exotique à haut potentiel productif laitier : Holsteins, Jersiaises, 30


Montbéliardes. La conduite de ce type d’élevage nécessite des moyens financiers importants (investissements et trésorerie) et un savoir faire spécifique. III.2.3- Production de lait Les niveaux de consommation de lait et produits laitiers de la population restent encore relativement faibles, avec une consommation par habitant en équivalent lait de 40 litres en 2009, dont 77% sous forme de lait en poudre, alors que la norme recommandée est de 91 litres/habitant (SENEGAL, 2010). La production nationale de lait est estimée en volume à 166,7 millions de litres (SENEGAL, 2010). La même source indique que sur la période 2005-2009, la production a augmenté de 44%, soit une croissance annuelle moyenne de 12,65 millions de litres. Cette croissance fulgurante incite à une grande prudence dans l’interprétation des données statistiques de l’élevage sénégalais. En effet, cette production est pour l’essentiel assurée par le système extensif, peu productif et peu enclin à une telle progression. La contribution du système intensif est encore marginale. Les initiatives de développement de l’IA n’ont pas encore permis d’accroitre significativement la production locale. Pourtant, la production est encore limitée par le faible potentiel génétique des races locales ainsi que le prélèvement des veaux qui prend plus de 50% de cette production. La production de lait est également dominée par le lait de vache (62,8%), suivi du lait de caprins (22,5%) et de celui d’ovins (14,7%). La figure 7 illustre la production laitière par espèce.

Figure 7 : Contribution à la production de lait local selon l’espèce (ANSD, 2010) 31


III.2.4- Importations de produits laitiers Les importations de produits laitiers constituent un poids sur la balance commerciale du Sénégal. De manière générale, le Sénégal est très dépendant de l’étranger s’agissant des produits alimentaires. Après le riz, le lait est le deuxième produit alimentaire importé au Sénégal en valeur. Le coût des importations est évalué à 63,3 milliards en 2010 (ANSD, 2011). La poudre de lait constitue l’essentiel des importations de produits laitiers, avec plus de 80% du volume. Le volume des importations évolue en dents de scie. En effet, les importations de lait ont connu une hausse régulière entre 2000 et 2006 avant de baisser entre 2007 et 2008, en raison notamment du renchérissement du prix du lait sur le marché mondial. La tendance haussière est à nouveau reprise en 2008. Depuis 2009, une autre baisse des importations de lait est constatée. La figure 8 donne l'évolution des importations des produits laitiers et lait en poudre.

Figure 8 : Evolution comparée des importations produits laitiers et de la poudre de lait (DIREL et ANSD cité par DIA, 2013)

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III.3- Politiques, projets et stratégie de développement du secteur laitier III.3.1- Lait dans la politique de développement global Dans le volet élevage du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRPII) et de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA), l’objectif principal est «d’accroître la productivité du secteur de l’élevage, conformément à la Loi d’Orientation Agrosylvo-pastorale (LOASP) ». Le ministère de l’Élevage a élaboré la Lettre de politique de développement de l’élevage (LDPE) qui précise les options gouvernementales. Les orientations stratégiques de la LPDE visent à rendre les filières animales plus compétitives, plus productives et plus diversifiées. La LPDE a donné naissance en 2011 à un nouveau PNDE (Plan national de développement de l’élevage). Ce programme vise « à créer les conditions d’une croissance forte et durable pour une plus grande contribution du secteur de l’élevage à la création de richesses et à la lutte contre la pauvreté (ANSD, 2011). Le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA), dans son programme 3 intitulé « Augmentation de la production et amélioration de la productivité » et qui permet d’atteindre les objectifs à la base du PDDAA mise sur de nouvelles races pour la production laitière. Il inscrit une ligne dédiée au développement de la production laitière. Cette vision de l’Etat conduit aux programmes de production de fourrage, au code pastoral et à la politique de relance de l'IA entrepris actuellement par le ministère de l’Elevage. III.3.2- Projet en cours Plusieurs projets qui interviennent directement ou indirectement sur la filière laitière sont en cours au Sénégal (DIA, 2013). III.3.2.1- Projet d’appui à la transformation et à la valorisation du lait local au Sénégal (PROLAIT) Le PROLAIT a été initié par le GRET dans le cadre d’un partenariat avec ENDA GRAF. Ses objectifs sont : 1.

développer la filière lait local ; 33


2. 3.

améliorer les revenus des transformateurs et des éleveurs ; contribuer à un accroissement de la consommation des populations.

Il intervient essentiellement sur l’appui aux 50 mini-laiteries installées dans les Régions de Dakar, Fatick, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis et Tambacounda ainsi qu’aux éleveurs et aux collecteurs qui les approvisionnent. III.3.2.2- Projet lait des Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) Le Projet de développement de la filière laitière dans la Région de Kolda mis en place par les AVSF est mis en œuvre depuis 2001. Il vise l’amélioration de la santé animale et l’appui aux producteurs pour une meilleure organisation et une meilleure rentabilité des systèmes de production. Ses zones d’intervention sont les Régions de Kolda, Sédhiou et plus récemment Matam. III.3.2.3- Projet régional de gestion durable du bétail ruminant endémique (PROGEBE) Le PROGEBE vise à préserver, voire renforcer durablement les caractéristiques génétiques du bétail endémique, à accroître sa productivité et sa commercialisation dans un environnement physique et institutionnel favorable. Le type d’animal ciblé par le projet est la N'dama. Les activités du PROGEBE concernent l’amélioration génétique, la santé animale, l’habitat, l’alimentation. Le PROGEBE facilite aussi l’accès au crédit, le renforcement des infrastructures de transformation et de commercialisation et des structures de recherche. Il renforce également les capacités des acteurs (agro-éleveurs, techniciens, organisations, etc.). Le projet se déroule dans les régions Sud et Sud-Est. III.3.2.4- Projet de développement de l’élevage et de structuration de la filière laitière dans le département de Dagana Le projet de Développement de l’élevage et de structuration de la filière laitière dans le département de Dagana est en cours d’installation. Il est prévu pour une durée de trois ans (2012-2015). Les partenaires sont l’Association du Sud-Ouest pour le Développement international agricole (ASODIA), le Conseil régional de Saint Louis (Sénégal), le GIC de Dagana. Le projet a pour objectifs de : 34


1. 2. 3.

améliorer la sécurité alimentaire des éleveurs de la Région de Saint-Louis en augmentant leurs revenus issus de la vente du lait et de la viande ; contribuer à la structuration d'une filière multi-acteurs viable et au développement économique de la Région de Saint-Louis ; améliorer l'approvisionnement de Saint-Louis et de Dakar en produits laitiers locaux.

III.3.2.5- Projet AMPROLAIT Il intervient autour des « noyaux laitiers » de la zone de production agropastorale du Bassin arachidier (Kaolack) et du Sud (Kolda). Il cible : 1. 2.

les producteurs laitiers, les transformateurs de lait, les éleveurs extensifs et les éleveurs périurbains ; les systèmes nationaux de recherche et les femmes au niveau de toute la chaine de production (compte tenu de leur implication dans les activités de valorisation et de commercialisation du lait).

Le projet contribue à lutter contre la pauvreté par l’amélioration des revenus des producteurs grâce à l’amélioration durable de la productivité et de la compétitivité. III.3.3- Organisations professionnelles (OP) Beaucoup d’organisations professionnelles gravitent autour du lait au Sénégal. Elles semblent désarticulées, les luttes pour des causes communes se font de façon plus ou moins solitaire. Quelques OP sont relativement dynamiques. Mais des questions sur la gouvernance démocratique, la capacité de répondre aux besoins réels des membres, la légitimité de l’organisation subsistent. Le leadership constitue la véritable contrainte (DIA, 2013). III.3.3.1- Fédération nationale des acteurs de la filière lait local au Sénégal (FENAFILS) La FENAFILS est un cadre de concertation des acteurs de la filière lait local dont le principal objectif est de promouvoir le lait local au Sénégal. Elle compte plus de 200 membres répartis dans huit régions : Saint-Louis, Matam, Louga, Fatick, Kaolack, Tambacounda, Kolda et Dakar. Elle est créée en 2003 à Dahra. 35


III.3.3.1.1- L’objectif de la FENAFILS est de : 1. 2. 3. 4.

promouvoir le développement durable de la filière lait ; unir ses membres et défendre leurs intérêts matériels et moraux ; représenter les acteurs de la filière auprès de l’État, des partenaires au développement et des institutions financières ; constituer un creuset dynamique de réflexions, de propositions et d’actions sauvegarde de l’environnement et de l’hydraulique pastorale.

III.3.3.2- Comité interprofessionnel national de la filière lait local (CINAFIL) Le CINAFIL, mis sur pieds en 2004 à Kolda a pour mission de promouvoir le développement de la filière lait local sur l’étendue de sa zone d’intervention à travers les axes que sont : 1. 2. 3. 4.

la résolution des problèmes liés à l’alimentation du bétail et à l’hydraulique pastorale ; le suivi sanitaire du cheptel ; l’organisation et le renforcement des capacités des acteurs, le renforcement du niveau d’équipements des acteurs ; la prise en charge des problèmes liés à la production, au transport, à la transformation et à la commercialisation du lait et l’accès au crédit.

Géographiquement, la structuration se présente comme suit : 1. 2.

sept (7) Comités Interprofessionnels Départementaux (CID) :Nioro, Kaffrine, Foundiougne, Tambacounda, Kédougou, Vélingara et Kolda ; trois (3) Comités Interprofessionnels Régionaux (CIR) : Tambacounda, Kolda et Kaolack/Fatick.

Ainsi, l’organisation est présente dans les Régions administratives de Kédougou, Tambacounda, Kolda, Kaolack et Fatick. III.3.3.3- Directoire National des Femmes en Elevage (DINFEL) Le DINFEL est une organisation d’éleveurs membre du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Il fédère des femmes détentrices de bétail à travers des coopératives laitières. Le DINFEL dispose d’un 36


réseau de collecte, de transformation et de commercialisation du lait. Il est représenté dans toutes les régions du Sénégal par le DIRFEL. III.3.3.4- Fédération des Eleveurs Indépendants et Transformateurs Laitiers du Sénégal (FEITLS) La FEITLS est une fédération regroupant des personnes physiques et des personnes morales (GIE, Coopératives, Associations informelles d’éleveurs, de transformateurs de lait, de commerçants de lait ou de bétail). La FEITLS a été créée vers les années 1987 en tant que coopérative, puis elle est devenue fédération de GIE en 1997. Elle regroupe 9250 membres, constitués d’éleveurs, de commerçants, de transformateurs et d’importateurs. III.4- Contraintes de la filière laitière locale au Sénégal Les principales contraintes de la filière laitière locale au Sénégal concernent l’accès aux débouchés, l’organisation des acteurs, la qualité des produits, la compétitivité, les stratégies politiques. Les investissements sur la filière semblent relativement faibles compte tenu des besoins de construction d’une filière compétitive. En dépit du potentiel de production du lait au Sénégal, les importations continuent d’assurer au moins les deux-tiers des besoins de consommation de la population. Les mesures nécessaires à la mise en place d’une filière laitière locale compétitive et durable sont de plusieurs ordres : 1.

2.

3.

une meilleure coordination de tous les acteurs pour participer de façon effective, à l’élaboration des politiques publiques sur le lait qui tiennent compte des intérêts des différentes catégories de producteurs, mais aussi les transformateurs et les consommateurs ; un cadre visant à améliorer la productivité du bétail, ne reposant pas seulement sur l’amélioration génétique, mais aussi sur l’amélioration du potentiel de production de nos races locales par une gestion des facteurs de l’alimentation ; une amélioration de l’accès aux nœuds de production par leur raccordement aux marchés est également considérée par les acteurs comme une priorité ;

37


4. 5. 6.

une diversification et une normalisation des produits locaux pour répondre aux exigences de goût des consommateurs ; une multiplication des PME de transformation du lait, notamment les minilaiteries ; un environnement institutionnel motivant l’investissement privé par des incitations fiscales.

Un plan détaillé de développement de la filière lait devrait tenir compte de tous ces paramètres qui sont surtout d’ordre politique et organisationnel. Il appartient cependant aux entreprises laitières de s’adapter aux besoins du marché local. L’appui aux producteurs et transformateurs à renforcer leurs compétences techniques, administratives et organisationnelles constitue un jalon important qu’il faudra adjoindre d’une politique de soutien aux PME et aux producteurs. Celle-ci sera davantage orientée sur l’alimentation du bétail, le suivi sanitaire, les outils adaptés de collecte. La réduction des coûts de production et de transformation permettront aux consommateurs à faible pouvoir d’achat d’accéder au lait au meilleur prix (DIA, 2013).

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DEUXIEME PARTIE : ETUDE EXPERIMENTALE


Chapitre I : Matériel et méthodes I.1- Site de l'étude Située entre 14°30’ et 16°30’ de longitude Ouest et 13°30’ et 14°30 de latitude nord, la région de Kaolack s’étendait sur 16 010 km2, représentant 14 % du territoire national. Depuis 1984, la région subit sans cesse des morcèlements du fait des découpages administratifs. Elle comprenait un vaste domaine, appelé à l’époque la région du Sine Saloum qui regroupait les actuelles régions de Fatick Kaffrine et Kaolack. La réforme administrative de 2002 l’a scindée en deux entités territoriales, donnant naissance aux régions de Fatick et Kaolack. Aujourd’hui, le décret n°2008-1025 du 10 septembre 2008 fixant le ressort territorial des régions, l’a encore divisé en deux : la région de Kaolack comprenant les départements de Kaolack, Nioro et Guinguinéo, et celle de Kaffrine qui emporte les ex-départements de Koungheul et de Kaffrine. Ainsi, elle couvre une superficie de 5367 km2. Elle est limitée au Nord et à l'Ouest par la région de Fatick, à l'Est par la région de Kaffrine, au Sud par la République de Gambie, figure 9.

Figure 9 : Carte de la région de Kaolack (Source : www.institutnumerique.org) 40


Le climat se caractérise par des températures moyennes élevées d’Avril à Juillet (15-18°C à 35-40° C), une saison sèche de Novembre à Juin/Juillet (8 à 9 mois) et une courte saison des pluies (Juin/Juillet à octobre). Les précipitations se situent en moyenne entre 800 et 900 mm par an. Le réseau hydrographique est composé du fleuve Saloum et les deux affluents du fleuve Gambie (Baobolong et Miniminiyang Bolong). Elle présente trois types de sols: les sols tropicaux ferrugineux lessivés, les sols hydromorphes et les sols halomorphes. La végétation est très variée, comprenant une savane arbustive, au Nord, une savane au faciès boisé, vers le Sud et le Sud-Est. La faune est composée : d’animaux sauvages à plumes (terrestres et aquatiques) et à poils. I.1.2- Situation socio-économique I.1.2.1- Activités agricoles Elles occupent 75 % de la population et s’adonnent aux cultures : de l’arachide, des pastèques, du niébé, du mil souna, du sorgho, du maïs, du sésame, du riz, du fonio et des cultures maraîchères. Les cultures industrielles ou de rente sont dominées par l’arachide, malgré les difficultés de la filière. I.1.2.2- Activités agropastorales L’élevage, encore extensif, est constitué de bovins, d’ovins, de caprins, d’équins, de porcins et de volailles. Cependant, les embouches bovine, ovine et l’aviculture se développent. Les conditions climatiques autorisent également une agriculture sous pluie en association avec les activités d’élevage. Au delà du pâturage constitué par la biomasse issue de la saison des pluies, les agropasteurs associent d’autres compléments nutritifs pour leurs animaux. Il s’agit de résidus de cultures (paille de riz, fâne d’arachide, tiges de maïs, fourrage de niébé…). Ils utilisent aussi d’autres compléments comme la graine de coton, le tourteau de sésame et/ou d’arachide pour améliorer la production de viande et de lait des animaux tenus à l’étable (étable fumière). Il s'agit alors de systèmes agro-pastoraux semi-intensifiés. Dans de très rares cas, les agro-éleveurs pratiquent des cultures fourragères.

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Dans les systèmes agro-pastoraux, les animaux sont conduits au pâturage sur des parcours naturels ou sur des résidus de culture. Mais dans les systèmes semiintensifiés, ils peuvent aussi être parqués une partie du temps, avec des conditions sanitaires améliorées. La production de lait ou de viande devient alors possible toute l’année. Le fumier issu de la stabulation est valorisé dans les champs, ce qui permet l’intégration entre l’agriculture et l’élevage. I.1.2.3- Exploitation forestière Les exploitants forestiers produisent du charbon de bois, du bois de chauffe et divers produits de cueillette, comme le pain de singe. Toutefois, il faut reconnaître que la région est fermée à l’exploitation forestière. I.2- Cadre de l'étude : projet AMPROLAIT Notre étude a été menée dans le cadre du projet AMPROLAIT, « Appui à l’amélioration durable de la productivité et de la compétitivité des filières laitières bovines en Afrique de l’Ouest et du Centre » qui vise à appuyer l’amélioration durable de la productivité, et de la compétitivité des chaînes de valeur liées à la production laitière. Il cible les petits producteurs laitiers, les associations de producteurs et de transformateurs. Dans le cadre de ce projet, afin de proposer une solution pour réduire l’intervalle entre deux vêlages, une « Expérimentation de l’IA sur CN et utilisation d’une ration alimentaire à base de ressources localement disponibles, pour l’amélioration de la production laitière dans la région de Kaolack » a été mise en place, avec l’aide de la Plateforme des Acteurs de la Filière Lait Local (PAFILKA). Sur la base de cette expérimentation nous nous sommes rendus sur le terrain pour apprécier le degré d'adoption de l'IA sur CN et la perception sur la qualité du lait par les acteurs da la chaîne de valeur lait. I.2.1- Matériel technique Il est composé par une fiche d’enquête (en annexe). La fiche comprend 3 parties à savoir : 1. 2.

la première partie pour les éleveurs ; la deuxième partie pour les transformatrices du lait ; 42


3.

et enfin la troisième partie pour les consommateurs du lait et des produits laitiers locaux.

I.2.2- Population cible Les enquêtes ont été réalisées chez 22 éleveurs, 7 transformatrices du lait et 80 consommateurs des produits laitiers locaux, tous du Département de Kaolack. I.2.2.1- Critères de sélection de l'échantillon Plusieurs réunions de concertations ont eu lieu entre les membres du comité exécutif de la PAFILKA, et les chercheurs du projet afin de définir les critères de sélection des élevages d’une part, et des animaux d’autre part. Les différents critères qui ont été définis étaient les suivants : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.

Etre membre de la PAFILKA, et situé dans un rayon de 20 km de la commune de Kaolack et accessible ; Avoir un effectif (bovins) supérieur ou égal à 15, et être disponible et dynamique ; Adhérer au protocole expérimental et accepter les protocoles de prélèvements de sang et de lait pour les différentes analyses ; Avoir des animaux en fin de gestation (7-9 mois) et des animaux en début de lactation (0-4 mois) ; Disposer d’un enclos pour la stabulation des animaux et constituer des réserves fourragères ; Accepter de mettre en œuvre les conseils prodigués par les techniciens de la PAFILKA ; Apporter des compléments alimentaires, vitaminés et minéraux .

Les transformatrices et consommateurs du lait et des produits laitiers locaux choisis étaient dans un rayon de 20 km à partir de la commune de Kaolack, donc issues des mêmes localités que les éleveurs. I.2.3- Méthode d'enquête Notre étude a été réalisée au mois de Juin 2014. Elle a consisté à une collecte des informations auprès des éleveurs pratiquant l'IA sur CN, des transformatrices du lait et des consommateurs du lait et des produits laitiers locaux. La méthodologie comprend plusieurs étapes qui se suivent dans l’ordre 43


chronologique. 1) L'entretien avec l’éleveur pour recueillir les informations sur le degré d'adoption de l'IA sur CN et la perception sur la qualité du lait. 2) Les entretiens avec les transformatrices du lait et les consommateurs ont porté sur la perception sur la qualité du lait et sur celle des produits laitiers locaux. Les principales rubriques de l'enquête étaient axées sur l’identification de l'acteur de la chaine de valeur lait, l'évaluation du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs, l'évaluation de la perception des acteurs de la chaine de valeur lait sur la qualité nutritive et organoleptique du lait, produit par la vache métisse par rapport à celui de la vache locale. Les entretiens se sont principalement déroulés en langues Wolof, Pulaar et rarement Française. L'interview était direct, focus simple et durait en moyenne 30 minutes. La figure 10 illustre l'entretien avec l'éleveur.

Figure 10 : Entretien avec un éleveur I.2.4- Analyses des données Les données recueillies ont été saisies dans le tableur Excel® 2007, après la saisie les valeurs qualitatives ont été calculées (proportions). Les résultats ont été représentés sous forme de figures et tableaux. 44


Chapitre II : Résultats II.1- Caractérisation des éleveurs utilisant l'IA sur CN La majeure partie des 22 éleveurs enquêtés qui utilisent l'IA sur CN était composée des hommes (19) et de quelques femmes (3). II.2- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait II.2.1- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs II.2.1.1- Evaluation du niveau de connaissance de l'IA sur CN Vingt-un éleveurs sur les 22 interrogés ont affirmé qu'ils connaissent l'IA sur CN. II.2.1.2- Détermination de la technique préférée entre IA sur CN et l'IA sur CI Une grande majorité des éleveurs questionnés (86%) préférait l'IA sur CN pour inséminer leurs vaches contre 14% qui ont opté pour l'IA sur CI. Le motif énoncé par les éleveurs qui ont adopté l'IA sur CN était que, l'IA sur CN est plus facile à réaliser que l'IA sur CI. Par exemple, pour IA sur CI les éleveurs doivent amener les vaches au site choisi pour l'induction et la synchronisation des vaches (cas du programme d'IA de l'Etat). Ils vont les ramener le jour d'insémination. Alors que pour l'IA sur CN, les vaches sont inséminées au niveau des élevages dès que les chaleurs apparaissent. Ainsi, les éleveurs peuvent mener d'autres activités pendant le temps qu'ils devraient consacrer aux vaches, notamment en les amenant au site choisi pour l'IA. De plus, un grand nombre des éleveurs enquêtés (95%) ont affirmé que l'IA sur CN est moins chère par rapport à l'IA sur CI, car on ne dépense pas l'argent pour l'induction et la synchronisation des vaches. Les éleveurs qui ont soutenu le choix d'une IA sur CI disaient que pour cette forme d'IA, on est sûr de la date d'insémination. 45


II.2.1.3- Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN Sur 22 éleveurs enquêtés, s, 16 seulement ont appliqué l'IA sur CN pour inséminer leurs vaches en 1997; 2006; 2011; 2013 et1997. En 1997, unn éleveur a pu faire inséminer 7 vaches, en 2006 deux éleveurs ont réalisé 2 IA sur CN, en 2011 un éleveur a pratiqué 5 IA sur CN et enfin en 2013, 16 vaches ont été inséminées grâce aux efforts de 12 éleveurs. éleveurs La figure 11 illustre le nombre de vache inséminées par année,, tandis que la figure 12 illustre le nombre d'éleveurs ayant utilisé l'IA sur CN par année. année Année

7 1997

2 2006

Vaches Inséminées

16

5 2011

2013

Figure 11 : Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN utilisation de l'IA sur CN par éleveur

Année

12 2 1 1997

2006

1 2011

2013

Figure 12 : Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN II.2.1.4- Adoption et pérennisation de l'IA sur CN Tous les éleveurs enquêtés ont accepté d'utiliser l'IA sur CN comme technique d'amélioration des productions animales, après la période expérimentale du projet AMPROLAIT. Ils ont affirmé cela en avançant les motifs suivants : 46


1.

2.

avec l'IA (sur CN) ils ont les veaux de bonne qualité pour l'embouche bovine. Par exemple le veau d'un an est vendu à un prix compris entre 400000 et 500000 FCFA. Pour ce qui concerne la production laitière, une vache métisse produit au moins 10 litres/jour ; Avec IA sur CN ils ont plusieurs possibilités pour inséminer les vaches au cas où une IA ne réussit pas, alors qu'avec l'IA sur CI (programme de l'Etat) les éleveurs n'ont qu'une seule possibilité pour inséminer les vaches par année.

II.2.1.5- Substitution de l'IA sur CI par l'IA sur CN L'ensemble des éleveurs enquêtés ont déclaré que l'IA sur CN peut remplacer l'IA sur CI, dans les programmes d'amélioration de la production laitière. Ils ont dit que le choix de cette technologie est déterminé par son importance économique, et adaptabilité à l'élevage extensif, souvent caractérisé par la transhumance. II.2.2- Evaluation de la perception des éleveurs sur la qualité du lait et sur la productivité laitière le lait entre la vache métisse et la vache locale II.2.2.1- Perception des éleveurs sur la qualité organoleptique et nutritive du lait En outre du point de vue nutritif et organoleptique, beaucoup d'éleveurs (91%) ont préféré le lait de la vache locale. Mais cette préférence exprimée par les éleveurs n'est liée qu'à l'autoconsommation du lait. II.2.2.2- Appréciation de la meilleure productivité laitière entre la vache métisse et la vache locale Tous les éleveurs interrogés ont déclaré que la vache métisse produit beaucoup de lait que la vache locale. Pour eux, c'est plus rentable d'avoir le lait en grande quantité que d'avoir le lait de meilleur goût mais en faible quantité. Car pour gagner beaucoup d'argent ils ont besoin de grande quantité de lait à vendre. Par conséquent, les éleveurs ont toujours réaffirmé leur attachement à l'IA sur CN. Car l'IA sur CN est la technique la plus adaptée à leur mode d'élevage, elle permet d'avoir beaucoup de lait à moindre coût. 47


II.2.2.3- Appréciation du lait meilleur du point vue aptitude de caillage Le meilleur lait du point de vue aptitude de caillage est celui qui se caille vite et qui donne des produits laitiers en grande quantité. Ainsi, 55% des éleveurs évalués ont estimé que le lait qui se caille vite et donne beaucoup de produits laitiers (PL) est de bonne qualité. Le reste des enquêtés (45% ) ont opté pour le lait dont le caillage est facile et qui est riche en matière grasse (MG). Le tableau I illustre la synthèse sur l'évaluation du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait. Tableau I : Récapitulatif sur le degré d'adoption de l'IA sur CN Modalité

Nombre (éleveurs)

connaissance de l'IA sur CN

Proportions (%)

21

95

1

5

Préférence de l'IA sur CN

19

86

Préférence de l'IA sur CI

3

14

Pérennisation de l'IA sur CN

22

100

Pérennisation de l'IA sur CI

0

0

Substitution de l'IA sur CI par IA sur CN

22

100

substitution de IA sur CN par IA sur CI

0

0

lait meilleur du point de vue organoleptique (VM)

2

9

lait meilleur du point de vue organoleptique (VL)

20

91

Meilleure productivité (VM : vache métisse)

22

100

Meilleure productivité ( VL : vache locale)

0

0

caillage facile, vite beaucoup de Produits Laitiers

12

55

caillage facile et beaucoup de Matière Grasse

10

45

Non connaissance de l'IA sur CN

48


II.3- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait II.3.1- Evaluation du niveau de formation sur la qualité et la technique de la transformation du lait en produits laitiers L'évaluation du niveau de connaissance chez les transformatrices du lait a porté sur la qualité, et la technique de la transformation du lait en produits laitiers locaux. Elle a montré que, toutes les transformatrices (7) ont bénéficié de la formation spécifique sur la transformation laitière. Du point de vue du contenu de la formation il y a 2 groupes : 1.

2.

pour le premier groupe, la formation était axée d'une part sur la technique de la transformation du lait cru en lait caillé, beurre et d'autre part sur la qualité liée au mode opératoire. Trois (3) transformatrices sur sept (7) ont eu cette formation ; la formation du deuxième était orientée sur la même formation que le premier groupe plus l'hygiène liée au processus de la transformation. Quatre (4) transformatrices sur sept (7) ont bénéficié de cette formation.

II.3.2- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait II.3.2.1- Devenir du lait avant la transformation et évaluation de la qualité microbiologique La quasi totalité des transformatrices enquêtées ont dit qu'elles filtrent et pasteurisent le lait avant sa transformation. En plus de cela elles prennent d'autres précautions à savoir : 1. 2. 3.

laver les récipients avec l'eau de Javel et les rincer avec de l'eau chaude cette précaution est prise en compte par 43% des enquêtées ; utiliser l'alcool pour évaluer la qualité microbiologique(test à alcool) et porter les blouses, 29% le font ; utiliser un masque bucco-nasal et un thermomètre (mesurant aussi la densité) pour évaluer la température du lait, et cela permet d'évaluer la qualité du lait, 14% appliquent cette précaution. Ces différentes précautions prises avant la transformation laitière se trouvent dans le tableau II.

49


Tableau II : Traitements effectués sur le lait et les précautions prises avant sa transformation Traitement

Application Oui (%)

Non (%)

-Filtration et pasteurisation du lait

100

0

-Lavage des récipients avec l'eau

43

47

-Port de blouse et utilisation de l'alcool

29

71

-Utilisation du thermomètre

14

86

de Javel et rinçage avec l'eau chaude

et port de masque bucco-nasal II.3.2.2- Appréciation de la qualité organoleptique du lait avant sa transformation Pour évaluer la qualité nutritive les transformatrices ont signalé qu'elles procèdent soit : 1.

2.

par la centrifugation du lait, il ya la formation du caillot et du lactosérum. Ainsi, en comparant la quantité du lactosérum et celle du coagulum obtenues, elles ont dit qu'il est possible de déceler l'ajout d'eau au lait. La dégustation est aussi une pratique courante appliquée pour vérifier si le goût n'a pas changé. Une (1) transformatrice sur 7 enquêtées procède de cette façon ; elles laissent reposer le lait pendant 24 heures. S'il ya l'ajout d'eau, l'eau descend au fond et le beurre monte, de cette manière elles peuvent déceler la présence d'eau ajoutée dans le lait. Trois (3) transformatrices sur sept (7) interrogées le font.

II.3.2.3- Appréciation du lait meilleur entre le lait de la vache métisse et celui de la vache locale du point de vue transformation laitière Le lait de la vache métisse était plus préféré que le lait de la vache locale par toutes les enquêtées. En effet, le lait obtenu avec la vache métisse est en grande quantité, ce qui permet d'obtenir beaucoup de produits laitiers à vendre. En 50


même temps, elles ont manifesté l'affection vis-à-vis du lait qui se caille vite. Car il permet d'obtenir rapidement les produits laitiers à vendre. II.4- Evaluation de la perception des consommateurs sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux II.4.1- Consommation des produits laitiers locaux La quasi totalité des consommateurs enquêtés ont dit qu'ils s'intéressent effectivement aux produits laitiers locaux. Ainsi 99% des consommateurs en prennent. Pour les différents types des produits consommés, voici les variations constatées concernant l'appréciation des consommateurs pour chaque produit : 71% des consommateurs ont pris le lait caillé au couscous, 76% des acheteurs se sont alimentés en lait caillé, 28% des clients ont acheté le beurre, 30% des chalands ont préféré prendre le fromage, enfin un petit nombre de consommateurs 3% et 6% respectivement se sont approvisionnés en lait yawo et lakh, tableau III. Tableau III : Etat de consommation des produits laitiers locaux Produit laitier local

Modalité de consommation Oui

Non

Lait caillé au couscous

71%

29%

Lait caillé

76%

24%

Beurre

28%

72%

Fromage

30%

70%

Lait yawo

3%

97%

Lakh

6%

94%

II.4.2- Appréciation du choix de la consommation des produits laitiers locaux Les motifs qui sont à la base de la consommation des produits laitiers locaux sont multiples. Les produits laitiers locaux sont consommés car ils sont bon pour la santé et assurent une meilleure croissance des enfants (71%). 51


Leur consommation est également déterminée par leur teneur élevée en vitamines (67%) et teneur faible en matière grasse (20%). Leur demande est pareillement liée au fait qu'ils sont produits localement (39%) et sont plus naturels (60%). Notons que les consommateurs les prennent également car ils sont moins chers (11%). Le tableau IV montre les motifs qui déterminent la consommation des produits laitiers locaux. Tableau IV : Motifs de la consommation des Produits laitiers locaux Motif

Variable

-Bon pour la santé et croissance des enfants

Oui 71%

Non 29%

-Peu de graisse

20%

80%

-Riches en vitamines

67%

33%

-Plus naturels

60%

40%

-Produits locaux et de bon goût

39%

61%

-Moins chers

11%

89%

II.4.3- Préférence entre le lait de la vache locale et celui de la vache métisse Du point de vue qualité organoleptique, un grand nombre des consommateurs (81%) ont attaché une importance notable au lait de la vache locale que celui de la vache métisse. Dix neuf pourcent (19%) des acheteurs ont apprécié le lait de la vache métisse .

52


Chapitre III : Discussion et recommandation III.1- Discussion III.1.1- Caractérisation des éleveurs utilisant l'IA sur CN Un grand nombre des éleveurs interrogés sont des hommes (86%). Ces résultats sont supérieurs à ceux trouvés 68% et 69,23% respectivement par HABIMANA (2012) et par ASSEU (2010) dans la région de Kaolack. Ces résultats montrent que les hommes dominent le secteur d'élevage. Cela s'expliquerait par le fait que la conduite des troupeaux demande beaucoup d'efforts physiques, que possèdent naturellement les hommes plus que les femmes. III.1.2- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait III.1.2.1- Détermination du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs III.1.2.1.1- Evaluation du niveau de connaissance de l'IA sur CN Quatre vingt quinze pourcent des enquêtés (95%) ont eu la connaissance de base sur l'IA sur CN. Ces résultats sont supérieurs à ceux trouvés 81% par HABIMANA (2012), et ceux obtenus 15% par ASSEU (2010) dans la région de Kaolack. Cette connaissance progressive de l'IA sur CN s'expliquerait par le fait que l'IA sur CN a été suffisamment vulgarisée dans la région de Kaolack, depuis son lancement dans cette région par l'EISMV de Dakar (HAKOU, 2006). Cette assertion est aussi réaffirmée par les résultats qui ont été obtenus en 2011 dans la même région. En effet, TIALLA (2011) a trouvé que 95,83% des éleveurs formés et 95,74% des éleveurs non-formés sur l'IA sur CN maîtrisaient parfaitement la détection des chaleurs.

53


III.1.2.1.2- Détermination de la technique préférée entre IA sur CN et l'IA sur CI Nous avons trouvé que 86% des éleveurs interrogés leur prédilection était l'IA sur CN pour inséminer leurs vaches. Ces résultats sont légèrement supérieurs à ceux obtenus par ASSEU (2010) dans la région de Kaolack. Il a trouvé que 83% des éleveurs ont adopté l’IA sur CN comme stratégie d'amélioration de la production laitière. Le choix de l'IA sur CN serait dû à la simplicité et à la rentabilité économique de la stratégie de l'amélioration des productions animales. En effet, HABIMANA (2012) a trouvé que 97% des éleveurs optent indubitablement pour l'IA sur CN au lieu de l'IA sur CI, car elle est plus facile (34%), simple (35%) et moins chère (26%). Cela est confirmé par les résultats obtenus par KOUAMO (2006). Il a trouvé que le prix de revient d’une IA sur CI est de 33010 FCFA contre 24020 FCFA d'une IA sur CN dans la région de Louga. III.1.2.1.3- Evolution de l'utilisation de l'IA sur CN En prenant l'année 2006 comme année de référence, le nombre de vaches inséminées est passé de deux (2) en 2006 à seize (16) en 2013 pour les éleveurs qui ont participé aux deux campagnes d'IA sur CN. Ces IA ont été réalisées respectivement par 2 et 12 éleveurs. En 2011, cinq (5) vaches ont été également inséminées. L'IA sur CN réalisée en 2006 est liée au lancement de l'IA sur CN pour la première fois dans la région de Kaolack par l'EISMV de Dakar (HAKOU, 2006). Pour l'année 2011 l'acte d'IA sur CN s'expliquerait par les travaux réalisés par TIALLA (2011) portant sur d’IA sur CN dans les petits élevages bovins traditionnels de la région de Kaolack. Enfin, l'année 2013, l'adhésion des éleveurs à l'IA sur CN est déterminée par le lancement du projet AMPROLAIT. Nous remarquons que les éleveurs ont participé au cours de ces trois années à l'IA sur CN, ce qui montre que les éleveurs attachent une grande importance à cette technologie. 54


III.1.2.1.4- Adoption et pérennisation de l'IA sur CN Tous les éleveurs enquêtés (100%) sont prêts à utiliser l'IA sur CN. Ces résultats montrent que les éleveurs sont déterminés à poursuivre l'utilisation de l'IA sur CN. Cette détermination est réaffirmée par l'étude de HABIMANA (2012) dans la région de Kaolack. Assurément, il a trouvé que 90% des éleveurs sont prêts à payer pour l'IA. III.1.2.1.5- Substitution de l'IA sur CI par l'IA sur CN L'ensemble des éleveurs enquêtés (100%) ont affirmé que l'IA sur CN peut remplacer l'IA sur CI, dans les programmes d'amélioration de la production laitière. Car c'est la technique la moins chère. En effet, HABIMANA (2012) a trouvé que presque tous les éleveurs enquêtés (97%) choisissent l'IA sur CN à la place de l'IA sur CI pour faire inséminer leurs vaches. Cette prise en charge de l'IA par les éleveurs ne serait possible que si les coûts d'insémination sont abordables. les résultats trouvés dans la région de Kaolack étayent cette déclaration. Incontestablement, la contrainte principale à l’adoption de l’IA est, dans 67% des cas, rattachée au coût excessif (KOUAMO, 2006). III.1.2.2- Evaluation de la perception des éleveurs sur la qualité du lait et sur la productivité laitière entre la vache métisse et la vache locale Du point de vue nutritif et organoleptique, beaucoup d'éleveurs (91%) apprécient plus le lait de la vache locale que celui de la métisse. Mais cette appréciation est relative. En effet, elle ne concerne que l'autoconsommation du lait. Il n'y a pas alors de crainte liée à l'abandon de la technologie de l'IA (sur CN), car du point de vue commercial, tous les éleveurs (100%) optent pour le lait de la métisse. La raison évoquée par ces producteurs de lait est que, la vache métisse produit beaucoup de lait que la locale. Cet aspect est plus favorable à leur commerce, car ils ont besoin de beaucoup de lait à vendre afin de maximiser leur profit.

55


De plus les caractéristiques commerciales du lait, énoncées par les éleveurs qui facilitent la vente du lait sont: le caillage rapide et la richesse en matière grasse du lait. III.1.3- Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait III.1.3.1- Evaluation du niveau de formation sur la qualité et la technique de la transformation laitière De façon globale, toutes les transformatrices (7) ont acquis la connaissance de base sur la qualité et la technique de la transformation. Ainsi, toutes les transformatrices traitent le lait par filtration et pasteurisation avant la transformation. De façon analytique, le savoir acquis est axé sur la technique, la qualité (3transformatrices) et l'hygiène (4 transformatrices). Mais, nous remarquons que la connaissance fondamentale (l'hygiène liée au mode opératoire) n'a pas été suivie par tous les groupes ce qui suscite plus d'inquiétude. En effet, l'hygiène est la base de la santé publique. Néanmoins, le Test à Alcool est appliqué pour apprécier la qualité microbiologique du lait. Mais 2 transformatrices sur 7 procèdent seulement de cette façon. Or le Test à Alcool est très important pour déceler les germes pathogènes qui sont responsables des maladies infectieuses. Cela montre toujours que la santé publique n'est pas effectivement prise en compte. III.1.3.2- Lait préféré entre le lait de la vache métisse et celui de la vache locale pour la transformation laitière Le lait de la vache métisse est plus sollicité. Cette demande accrue s'explique par le fait que, le lait obtenu avec les vaches locales ne parvient pas à satisfaire la demande (la demande est supérieure à l'offre). En effet, selon DIA (2002) l’autoconsommation absorbe la plus grosse partie de la production laitière (80% environ). Seul le reste peut être commercialisé sous forme de lait cru, de lait fermenté ou de beurre. Des taux de commercialisation de 40 à 60% sont rapportés dans le Delta du fleuve Sénégal et 20 à 30 % en 56


amont de Richard-Toll, zone où les systèmes pastoraux sont associés au moins partiellement aux zones irriguées (CORNIAUX, 2003). De plus cette production laitière se concentre en saison des pluies, moment où les pâturages sont relativement abondants. Et cette période ne s’établit que sur deux à trois mois (août, septembre, octobre). Cette production laitière sur une courte période renforce également le problème de manque de lait. DIA (2002) note également que, dans le système semi-intensif, en zone cotonnière et dans une partie du bassin arachidier (Régions de Kolda, Tambacounda, Kaolack), la production laitière est aussi autoconsommée par les agropasteurs. Mais cette autoconsommation est dans de moindres proportions que dans le système extensif (environ 30 % en saison sèche et 40 % en saison des pluies). Le reste est commercialisé en milieu urbain. Ainsi, nous remarquons que tout programme visant l'amélioration de la productivité selon les transformatrices est favorable. Cela également corrobore avec le point de vue des éleveurs qui cherchent à produire plus de lait à vendre. III.1.4- Evaluation de la perception des consommateurs sur la qualité du lait III.1.4.1- Consommation des produits laitiers locaux Presque tous les consommateurs s'intéressent incontestablement aux produits laitiers locaux, car 99% interrogés en consomment. Néanmoins, tous les produits ne sont pas consommés au même niveau. 76,25% consomment le lait caillé. Le beurre et le fromage sont respectivement consommés par 27,5% et 30% en deuxième lieu. Enfin, 2,5% et 6,25% des consommateurs s'alimentent respectivement en produits laitiers yawo à et lakh. Ces résultats (pour le lait caillé) sont légèrement supérieurs aux résultats obtenus par (BROUTIN (2005 a) ; BROUTIN et al (2002a) et BROUTIN et al (2002 b), cités par DUTEURTRE, 2006) qui ont trouvé que les consommateurs de lait caillé sont nombreux à Kolda (74 %). Cette forte consommation de produits locaux est liée, à la fois à la proximité des élevages laitiers, à l’offre locale de produits artisanaux sur les marchés et des produits emballés proposés par des petites unités de transformation et aux habitudes alimentaires. Selon 57


(BROUTIN (2005) ; BROUTIN et al (2002 a) et BROUTIN et al (2002 b), cités DUTEURTRE, 2006) les trois quarts (3/4) de la population de Kolda sont d’ethnies peul ou toucouleur, habitués à consommer du lait. Nous remarquons que, tout programme visant l'amélioration de la productivité laitière comme l'IA (sur CN) est socio-économiquement viable et réalisable. Et cela, d'autant que les éleveurs, et les transformatrices veulent accroître leur rendement de production pour satisfaire les consommateurs. III.1.4.2- Appréciation des motifs de la consommation des produits laitiers locaux La consommation des produits laitiers locaux dépend de plusieurs facteurs. Parmi ces facteurs, il y a ceux qui sont plus déterminants et ceux qui sont faiblement important. Le premier facteur évoqué par les consommateurs (71%) est que, ces produits sont bons pour la santé et assurent la croissance des enfants. L'autre raison avancée, c'est la teneur élevée en vitamines (67%) et la faible teneur en matière grasse (20%) de ces produits. La consommation est également liée au bon goût, production locale (39%) et à leur état plus naturels 60%. Signalons que le prix n'a pas trop d'influence sur la consommation des produits laitiers locaux. En effet, 11% seulement des interrogés les consomment car ils sont moins chers. III.1.4.3- Préférence entre le lait de la vache locale et celui de la vache métisse Les consommateurs préfèrent le lait de la vache locale (81%) plus que celui de la vache métisse (19%). Mais signalons que cette appréciation n'a pas d'impact négatif aux acteurs de la chaîne valeur lait, et aux programmes visant l'amélioration du potentiel génétique des races laitières locales. Car l'autosuffisante en lait et en produits laitiers au Sénégal n'a pas encore été atteinte. Pour cette raison, les niveaux de consommation de lait et produits laitiers de la population restent encore relativement faibles. Les preuves de non autosuffisance sont multiples. Par exemple la consommation par habitant en équivalent lait était de 40 litres en 2009, dont 77% sous forme de lait en poudre, alors que la norme recommandée est de 91 litres/habitant (SENEGAL, 2010). Egalement en 2011 la production locale est estimée à 184 58


millions de litres (DIREL, cité par DIA, 2013). Elle ne couvrait pas les besoins du pays, ce qui a expliqué les importations massives de lait et produits laitiers évaluées en 2011 à 234,9 millions de litres en équivalent lait. Cela montre que la production locale doit être améliorée afin d'établir l'équilibre de la balance commerciale ou l'excéder. III.2- Recommandation A l’issue de ce travail, nous nous sommes rendus compte que de façon générale le degré d'adoption de l'IA sur CN est satisfaisant. Car tous les acteurs de la chaine de valeur lait sont pour l'amélioration de la production laitière et à moindre coût. Etant donné que l'IA sur CN est moins chère que l'IA sur CI cela atteste cette assertion. Néanmoins, beaucoup de choses restent à faire pour que l'autosuffisance en lait et produits laitiers (locaux) soit effective. Pour cette raison nous formulons un certain nombre de recommandations à différents acteurs impliqués dans l'amélioration de la production laitière. 1. A l'Etat Mettre à disposition des éleveurs les compléments alimentaires surtout pendant la période de soudure ; Apprécier le point de vue de la population avant le lancement de tout programme visant l'amélioration des productions animales en particulier la production laitière ; Faire le suivi des programmes lancés pour voir si les objectifs qui ont été fixés sont atteints ; Augmenter le nombre d'inséminateurs qualifiés (Dr vétérinaires) car, même si les éleveurs parviennent à détecter les vaches en chaleurs, souvent il y a un problème de disponibilité des inséminateurs vue l'étendue de la région à couvrir ce qui fait que souvent les vaches sont inséminées trop tard d'où quelquefois les échecs d'insémination ; Vulgariser l'IA sur CN dans d'autres régions du pays afin que le développement soit harmonique pour toute la population ; 2. Aux éleveurs Mettre en place des moyens permettant la conservation des fourrages disponibles pendant la période pluvieuse ;

59


Cultiver les cultures fourragères surtout pendant la période pluvieuse afin d'avoir les réserves alimentaires pour les animaux pendant la période de soudure ; Associer l'agriculture et l'élevage pour maximiser d'avantage les effets de l'engrais organique ; Ne pas vendre les veaux métis. Plutôt élaborer la stratégie qui assure l'alimentation en continuité pour ces animaux connus pour leur exigence élevée en alimentation. 3. Aux transformatrices Renforcer davantage le niveau de connaissance en matière de qualité et sécurité sanitaire du lait et des produits laitiers ; Améliorer les techniques d'évaluation de la qualité microbiologique et nutritionnelle du lait et des produits laitiers préparés ; Utiliser le guide de bonnes pratiques d’hygiène afin de maîtriser la qualité au cours de la transformation laitière. 4. Aux consommateurs Continuer à consommer davantage le lait et les produits laitiers locaux afin de promouvoir la filière lait local ; Etre attentifs vis-à-vis des produits laitiers locaux car ils peuvent être quelquefois la source des nuisances pour la santé. 5. Aux structures de recherche Faire d'autres études similaires dans d'autres régions afin de mieux appréhender les souhaits des acteurs de la chaîne de valeur du lait, et autres productions animales ; Faire le suivi des programmes en cours et terminés pour voir si les résultats attendus ont été atteints ou non en fonction des objectifs fixés.

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CONCLUSION Au Sénégal, la production laitière dépend essentiellement de l'élevage extensif pratiqué par la majorité (92%) des éleveurs (HABIMANA, 2012). En 2009, la production locale de lait était estimée à 166,7 millions de litres, dont 146,7 millions de litres produits par le système d’élevage extensif et 17 millions par les systèmes semi-intensif et intensif (Sénégal, 2010). Ainsi, tout acte visant l'amélioration de la production laitière doit répondre aux aspirations des acteurs de la chaine de valeur lait. Surtout ceux qui exploitent les systèmes d'élevage extensifs afin d'être bien exécuté, et soutenu par ces différents acteurs qui interviennent dans cette amélioration de la production laitière. L'étude menée en 2010 dans la région de Kaolack a montré que 77% des éleveurs préféraient l'IA sur CN au lieu de l'IA sur CI (ASSEU, 2010). C'est dans ce cadre que s'inscrit ce travail, dont l'objectif général est d'évaluer le degré d’adoption de l’IA sur CN par les acteurs de la chaine de valeur lait et leur perception sur la qualité du lait dans la région de Kaolack. Il s'agit spécifiquement de : 1. Déterminer le degré d’adoption de l’IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait ; 2. Evaluer le degré de perception des transformatrices sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux. 3. Evaluer le degré de perception des consommateurs sur la qualité du lait et des produits laitiers locaux. Notre étude menée au mois de juin 2014, a concerné 22 éleveurs, 7 transformatrices du lait et 80 consommateurs des produits laitiers locaux, tous du département de Kaolack. Elle a consisté essentiellement à faire des enquêtes auprès de ces acteurs de la chaine de valeur lait. Les informations recueillies ont été enregistrées, traitées et analysées afin de déterminer le degré d’adoption de l’IA sur CN et la perception sur la qualité du lait. Après l’analyse et le traitement des données, les principaux résultats sont les suivants : 61


A. Eleveurs Sur 22 éleveurs enquêtés 19 sont de sexe masculin ; Vingt-un (21) éleveurs sur 22 des interrogés connaissent l'IA sur CN ; La majorité (19) des éleveurs préfèrent l'IA sur CN au lieu de l'IA sur CI ; Tous les éleveurs (22) affirment qu'ils adopteront l'IA sur CN après la période expérimentale ; Tous les évalués (22) disent que l'IA sur CN peut remplacer l'IA sur CI si le supplément alimentaire est assuré ; Un grand nombre (20) des éleveurs préfèrent le lait de la vache locale pour l'autoconsommation ; Tous les éleveurs sondés (22) attestent que la vache métisse produit beaucoup de lait que la vache locale ; Douze (12) éleveurs sur 22 leur prédilection est le lait qui se caille vite et donnant beaucoup de produits laitiers ; Dix (10) éleveurs sur 22 attachent une grande importance au lait qui se caille facilement et qui donne beaucoup de matière grasse. B. Transformatrices du lait Toutes les transformatrices (7) ont eu la formation sur la transformation laitière ; 3/7 leur formation est axée sur la technique de la transformation du lait cru en lait caillé, beurre et sur la qualité liée au mode opératoire ; 4/7 ont eu la même formation que le groupe précité, en plus de la formation sur l'hygiène liée au processus de la transformation ; 3/7 enquêtées utilisent l'eau de Javel et l'eau chaude pour nettoyer les récipients et autres matériels de travail ; 2/7 font le test à alcool pour évaluer la qualité microbiologique du lait et portent les blouses ; 1/7 utilise un masque bucco-nasal et un thermomètre pour évaluer la qualité du lait et fait la centrifugation pour déceler l'ajout d'eau au lait (mouillage) ; 3/7 laissent reposer le lait pendant 24 heures afin de découvrir si l'eau n'a pas été rajoutée au lait ;

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Toutes les transformatrices (7) préfèrent le lait de la vache métisse que celui de la vache locale pour les transformations laitières. Elles préfèrent aussi le lait qui se caille vite par rapport au lait gras. C. Consommateurs des produits laitiers locaux Presque tous les consommateurs interrogés (99%) s'alimentent en produits laitiers locaux ; Quatre produits laitiers locaux sont les plus consommés : Lait caillé à 76% ; Fromage à 30% ; Beurre à 28%. Les produits laitiers locaux sont consommés car ils sont : Bon pour la santé et assurent la croissance des enfants à 71% ; Plus riches en vitamines à 67% ; Plus naturels à 60% ; Produits localement et de bon goût à 30% ; moins riches en matière graisse 20%. Beaucoup de consommateurs (81%) préfèrent le lait de la vache locale que celui de la vache métisse. Au regard de ces résultats, nous constatons que tous les acteurs de la chaîne de valeur lait sont favorables à tout programme, et technologie capables d'accroître la production laitière. Mais les consommateurs apprécient plus le lait de la vache locale, et ils constituent la dernière composante des acteurs de la chaîne de valeur lait. Alors, il est important de réaliser les études continuelles pour voir si le statu quo ne va pas changer avec le temps.

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K.C.A.,

2010.

Evaluation

du

degré

d’acceptation

de

l’insémination artificielle bovine à Kaolack au Sénégal. Thèse : Méd. Vét. : Dakar ; 10 4. BA DIAO M., 2003. Le marché du lait et des produits laitiers au Sénégal, Forum commerce des produits agricoles Pays ACP. 11 pages. 5. BADINAND F., 1983. Relations : fertilité niveau de productionalimentation. Bull. Tech. C.R.Z.V.Thereix, INRA, (S3) :73-83. 6. BARRET J.P., 1992. Zootechnie générale. -Paris : - 180p. (Agriculture d’aujourd’hui, Sciences, Techniques, Applications) 7. BIZIMUNGU J., 1991. Insémination Artificielle bovine au Ruanda : Bilan et Perspectives. Thèse : Méd. Vét.: Dakar ; 15 8. BONNES G., DESCLAUDE J., DROGOUL C., GADOUD R. et al., 1988. Reproduction des mammifères d’élevage (15-139).- Paris : INRAP.- 239p.- (collection INRAP) 9. BROERS P., 1995. Abrégé de reproduction animale. Boxmeer (paysBas) : Intervet.-336p 10.CHEMLI J., TAINTURIER D., BECKERS J. F., HAMDI L. et al., 1996. Diagnostic de gestation chez les bovins par dosage d’une protéine trophoblastique : la protéine bovine associée à la gestation (BPAG. : bovine pregnancy acssociated protein) (179p-192p). In : Reproduction et production laitière.-Tunis : SERVICED, -294p.(Actualité Scientifique AUPELF-UREF)

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65


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66


31.MIALOT J. P., CONSTANT F., CHASTANT-MAILLARD S., PONTER A. A. et GRIMARD B., 2001. La croissance folliculaire ovarienne chez les bovins : nouveautés et applications - Journées Européennesde la Société Française de Buiatrie, Paris, Novembre 2001 : 163-168 32.NKOLO

S.,

2009.

Typologie

des

élevages

bovins

pratiquant

l’insémination artificielle en milieu traditionnel au Sénégal : Cas de la Région de Thiès. Mémoire master : Dakar (EISMV) ; 4. 33.PETERS A. R., BALL P. J. H., 1995. Reproduction in cattle, second edition – UK: Blackwell Science. 234 p. 34.SASSER G. R., RUDER C.A., IVANI K. A., BUTLER J. E. et al., 1986. Detection of prgnancy bip RIA of a Novel pregnancy Specific protein in serum of cows and profil of serum concentration during gestation.- Biology of reproduction, 35: 936-942. 35.SAUMANDE J., 2001. Faut-il reconsidérer le moment souhaitable de l'insémination au cours de l'œstrus chez les bovins ? Une revue des données de la littérature. - SYNTHÈSES SCIENTIFIQUES - Revue Méd. Vét., 152 (11) : 755-764 36.SAUMANDE J., 2000. La détection électronique des chevauchements pour la détection des vaches en chaleur :possibilités et limites - Synthèse Scientifique - Revue Méd. Vét., 151 (11) : 1011-1020 37.SENEGAL, 2011. Document de Politique Économique et Sociale, DPES 2011-2015. Dakar, 61 pages + annexes 38.SENEGAL, 2010. Formulation du document de politique économique et sociale 2011-2015 : Bilan diagnostic du DSRP-II. Dakar, 64 pages. 39.SENEGAL, 2010. Ministère de l’Elevage : Rapport Annuel. -Dakar : ME.- 32p.

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68


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ANNEXES


Questionnaire sur l'évaluation du degré d’adoption de l’IA sur CN par les acteurs de la chaine de valeur lait et la perception sur la qualité du lait dans la région de Kaolack : projet AMPROLAIT Numéro de la fiche :......... Date :....../......../........... Nom & Prénom de l'éleveur :...................................................... Sexe M F Nom & Prénom de l'enquêteur :.............................................................................. I- Evaluation du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs et la perception sur la qualité du lait A. Evaluation du degré d'adoption de l'IA sur CN par les éleveurs 1. Comment avez eu connaissance de l'IA sur CN ? 2. Quelle technique préférez vous entre IA sur CN et l'IA sur CI pour inséminer vos vaches ? IA sur CN

l'IA sur CI

Autres :.......................................................................................................... Pourquoi? :.................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... 3. En quelle année avez vous commencé à utiliser l'IA sur CN ? ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... 4. Combien de vaches avez vous inséminé avec l'IA sur CN ? a) l'année passée :.................................................................................... b) cette année :......................................................................................... 5. Aimeriez vous continuer à utiliser l'IA sur CN après la période expérimentale ou vous allez opter pour une autre stratégie d'insémination artificielle ?

Oui

Non

Si Oui pourquoi ?:......................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ii


Si Non pourquoi ?........................................................................................ ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... ....................................................................................................................... 6.

Pensez vous IA sur CN peut remplacer IA sur CI dans les programmes d'amélioration de la production laitière ? Oui Non Si Oui pourquoi ? :.......................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... Si Non pourquoi ?........................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ........................................................................................................................

7.

Pensez vous que l'IA sur CN est moins chère que l'IA sur CI ? Oui

Non

B. Evaluation de la perception des éleveurs sur la qualité du lait 8.

Pensez vous que le lait d'une vache métisse est de meilleur qualité que celui de la vache locale ?

9.

Oui

Non

Entre la vache métisse et la vache locale laquelle qui produit beaucoup de lait ? vache métisse

vache locale

10. Entre le lait riche en matière grasse et le lait qui se caille vite lequel pouvez vous vendre facilement ? lait gras lait

qui se caille vite

Autres à préciser:............................................................................................. ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... iii


II-Evaluation de la perception des transformatrices sur la qualité du lait A- Evaluation du niveau de formation sur la qualité 11. Avez vous déjà bénéficié la formation spécifique sur la transformation laitière ? Oui Non 12. Sur quoi porte la formation ? hygiène qualité technique de transformation laitière Autres à préciser :........................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... B- Evaluation de la perception sur la qualité du lait 13. Quelle est le devenir du lait avant sa transformation ? Réfrigération

Congélation

Pasteurisation

Autres à préciser :........................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ........................................................................................................................ 14. Comment évaluez vous la organoleptique du lait livré ?

qualité

microbiologique, nutritive

et

......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ........................................................................................................................ iv


15. Quel type de lait préférez vous entre le lait de la vache locale et celui de la vache métisse au cours de vos transformations laitières? lait de la vache métisse lait de la vache locale Pourquoi? :...................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ........................................................................................................................ III- Evaluation de la perception des consommateurs sur la qualité du lait 16. Consommez les produits laitiers locaux ? Oui

Non

Si Oui lesquels ?............................................................................................. ......................................................................................................................... ........................................................................................................................ 17. Donnez les raisons de choix des produits laitiers locaux? 1.Bon goût 3. Riches en vitamines 5. Plus naturels

2. Faible teneur en matière grasse 4. Produit local 6. Bon pour la santé

18. Préférez vous consommez le lait de la vache locale ou celui de la vache métisse ? lait de la vache locale lait de la vache métisse Pourquoi ?:...................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... .........................................................................................................................

Merci pour votre bonne collaboration v


Serment des vétérinaires diplômés de Dakar «Fidèlement attaché aux directives de Claude BOURGELAT, fondateur de l’enseignement vétérinaire dans le monde, je promets et je jure devant mes maîtres et mes aînés : D’avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité et de l’honneur de la profession vétérinaire ; d’observer en toutes circonstances les principes de correction et de droiture fixés par le code de déontologie de mon pays ; de prouver par ma conduite, ma conviction, que la fortune consiste moins dans le bien que l’on a, que dans celui que l’on peut faire ; de ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la générosité de ma patrie et à la sollicitude de tous ceux qui m’ont permis de réaliser ma vocation. Que toute confiance me soit retirée s’il advient que je me parjure»


Evaluation du degré d’adoption de l’insémination artificielle sur chaleurs naturelles et la perception de la qualité du lait par les acteurs de la chaîne de valeur lait dans la région de Kaolack (Sénégal) Résumé Au Sénégal, la production laitière dépend essentiellement de l'élevage extensif. Alors, toute technologie visant l'amélioration de la production laitière doit être en accord avec les souhaits des acteurs de la chaine de valeur lait et adaptée à cet élevage extensif. L'une des technologies qui peut améliorer la production laitière est l'insémination artificielle sur chaleurs naturelles. C'est dans cette optique que nous avons voulu évaluer degré d’adoption de l’insémination artificielle sur chaleurs naturelles par les acteurs de la chaine de valeur lait et la perception sur la qualité du lait. L'étude a concerné 22 éleveurs, 7 transformatrices du lait et 80 consommateurs du lait et des produits laitiers locaux. Les données ont été recueillies puis enregistrées dans le tableur Excel. Les valeurs qualitatives (proportions) ont été calculées. Après les analyses, nous avons trouvé que : Dix neuf (19) éleveurs sur 22 préféraient l'IA sur CN comme stratégie d'amélioration de la production laitière. Tous les éleveurs (22) ont affirmé qu'ils adopteront l'IA sur CN après la période expérimentale. Ils ont réaffirmé leur position en disant que l'IA sur CN peut remplacer l'IA sur CI dans les programmes d'amélioration de la production laitière. Pour l'autoconsommation, 20 éleveurs sur 22 ont préféré le lait de la vache locale. Mais pour la vente, tous (22) ont préféré celui de la vache métisse. Trois (3) transformatrices sur sept (7) leur formation a porté sur la technique de la transformation laitière et la qualité. Quatre (4) transformatrices sur sept (7) ont eu la même formation que les précédentes, en plus de la formation axée sur l'hygiène. Toutes les transformatrices ont préféré le lait de la vache métisse pour les transformations laitières. Quatre dix neuf pourcent des consommateurs (99%) ont pris les produits laitiers locaux, et 81% ont préféré consommé le lait de la vache locale. Mots clés : Degré d'adoption, Insémination Artificielle, Chaleurs Naturelles, qualité du lait, Sénégal Auteur : Omar HAKIZIMANA Adresse : GASABO/ KIGALI (RWANDA) E-mail : hakizaomar@yahoo.fr Tél : +221 78 100 18 27 (Sénégal), +250 787063546 (Rwanda)

Omar HAKIZIMANA  

Evaluation du degré d’adoption de l’insémination artificielle sur chaleurs naturelles et la perception de la qualité du lait par les acteurs...

Omar HAKIZIMANA  

Evaluation du degré d’adoption de l’insémination artificielle sur chaleurs naturelles et la perception de la qualité du lait par les acteurs...

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