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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR  ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES (E.I.S.M.V.)

ANNEE : 2015

N° 39

THESE Présentée et soutenue publiquement le 29 Juillet 2015 à 15h devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar pour obtenir le grade de

DOCTEUR EN MEDECINE VETERINAIRE (DIPLOME D’ETAT) Par

Coulibaly Tôh Raoul TIECOURA Né le 22/10/1983 à Bingerville (Abidjan) JURY

Président

: Monsieur Alassane WELE Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar

Rapporteur de thèse

: Madame Rianatou Bada ALAMBEDJI Professeur à l’EISMV de Dakar : Monsieur Yalacé Yamba KABORET Professeur à l’EISMV de Dakar : Monsieur Philippe Soumahoro KONE Maitre de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar

Membres

Directeur de thèse Co-Directeur de thèse

: Monsieur Abdou Moumouni ASSOUMY Maître assistant à l’EISMV de Dakar : Monsieur Komlan AKODA Maître assistant à l’EISMV de Dakar


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DEDICACES Je dédie ce travail : A DIEU tout puissant le miséricordieux merci pour la santé, le courage et l’intelligence. Le seigneur a fait pour moi des merveilles, Saint est son nom. Je veux dire la grandeur du seigneur, mon cœur est plein de joie à cause de Dieu mon sauveur; car il a bien voulu abaisser son regard sur moi son enfant. A Jésus Christ, son fils et notre rédempteur A l’Esprit saint et à la vierge Marie A Mon père TIECOURA Emile PAPA tu as suscité en tes six garçons l’amour du travail et la passion pour l’élevage. Nous étions grâce à toi tous prédestinés à embrasser le domaine de l’élevage. Dans tes actes j’ai trouvé la force de me battre et réussir Puisse l’éternel Dieu te garder longtemps afin que tu puisses profiter des fruits de ton dur labeur. A Ma mère TOURE Irène, que tous ses enfants appellent affectueusement la banque. Maman je veux te dire que je t’aime et je ne cesserai de te le dire, tu nous a toujours démontré ton amour à travers tes actions, ton soutien et ta disponibilité. Tu t’es toujours sacrifiée pour le bien être de tes enfants. Ce travail est le fruit de tes prières, de ton soutien et de tes encouragements. Trouves en une première récompense à toutes les souffrances endurées. A mon frère ainé TIECOURA Christian, merci pour tes encouragements et tes prières. Que Dieu te garde. A ma Grande sœur chérie TIECOURA Ketty (Tantie Ketty) J’ai toujours été séduit par ta gentillesse, ton franc parlé et ta dévotion pour l’intérêt de la famille. Toutes tes entreprises durant mon parcours pour me voir réussir, restent gravées dans mon cœur. Merci du fond du cœur pour tes conseils iii


et tes prières. Que le seigneur dans son infinie bonté te comble de grâces t’asperge de bénédiction et te remplisse d’amour. A mon grand frère NAWOYA Germain (LE BIG) Je voudrais assurer ma grande satisfaction face à ta réussite dans le domaine de l’élevage. Ton abnégation et ton amour du travail bien fait nous a toujours séduits, tu as toujours su transformer tous ce que tu touches en or. Nous tes petits frères promettons de marcher dans tes pas. Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait pour moi. Que Dieu te bénisse. A mes adorables grandes sœurs TIECOURA Marguerite et TIECOURA Yvone Vous m’avez toujours encouragé et soutenu. Soyez rassurées car vos prières ont été très efficaces. Que Dieu notre père vous récompense au-delà de vos espérances. In Mémorium A ma grande sœur TIECOURA Yolande que nous appelions Tantie yoyo Tu resteras à jamais gravée dans nos mémoires. Que Dieu t’accueille dans son paradis. A mon grand frère TIECOURA Alain C’est grâce à ton initiative que j’ai embrassé cette carrière si passionnante. Ma réussite dans les études vétérinaires coule de ta sueur. Tu as été là, depuis le début, tu m’as soutenu, encouragé et supporté. Tu restes pour moi un exemple d’intelligence, de solidarité familiale, de foi en l’éternel, de travail et d’abnégation. L’aboutissement de ce travail est le couronnement de tout ce que tu as fait pour moi. Je te le dédie, qu’il soit à la hauteur de tes attentes. Trouve ici l’expression de mes sincères remerciements, de ma profonde gratitude et de mon indéfectible attachement. A mes grands frères TIECOURA Bertin et TIECOURA Olivier Ce travail est le fruit de votre contribution à ma formation, merci pour tout. Que l’Eternel vous comble de ses grâces et vous accorde une santé de fer et raffermisse nos liens de fraternité.

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A ma petite sœur chérie TIECOURA Léa, Que ce modeste travail puisse t’inspirer et te galvaniser à faire mieux et que le seigneur t’éclaire de sa lumière divine. A mes enfants Stéphane ; Agathe ; Ange-Emile ; Anicette ; Soumaya ; Emmanuel ; Guy Vincent ; Rayanne ; Soufiane ; Yan-Wilfried ; Salif ; Romuald ; Méléne ; Olivia ; Noura ; Christ-Xavier ; Hedveur ; Massassy ; Kenny ; Etan-Didier ; Emmanuela. A ma bien-aimée Kpalou Edwige Désirée Tu avais 14 ans et moi 17, nous nous sommes vus et nous nous sommes aimés. Depuis lors, nous sommes restés ensemble jusqu'à ce jour. C’est vrai que par moment j’ai trébuché et semé le doute en toi. Mais tu es restée et tu m’as soutenu espérant toujours voir cette belle histoire d’amour se pérenniser. Je tiens à t’assurer, mon amour, que mon cœur n’appartient qu’à toi. Tu es et tu demeureras celle que Dieu a choisi pour moi. Chaque jour que Dieu fait je t’aime d’avantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que de demain. A mes aimables belles-sœurs Tantie HORTENSE ; tantie RITA, tantie BERTINE, tantie ROSINE. Merci de partager les joies et peines de la famille. Merci spécial à tantie Hortense pour son amour. Sache que je n’oublierai jamais les fois où tu m’as remis les poudres de poisson et de crevette à la veille de mes départs pour Dakar. Grâce à toi j’ai vécu de bons moments à Dakar. Merci pour ta gentillesse. Que Dieu te protège. A mes oncles et tantes, tantie ARBY ; Tantie MARIE ;tantie JEANINE ; tonton PHILIPPE ;tonton KPANTCHA ;tonton PETANGUI. A mes cousins, MIMBOUBA ; JACQUES et JEAN LOUIS ; MATHIEU ; ARMAND ; RASHIDE ; SOULEY ; SANGA ; KIKI ; MANY-COCO; LAURENT ; JEANMARC ; PLEKESS.

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A mes cousines, APACHO; POLINE ; STEPHANIE ; VALERIE ; NINA. A ma meilleur Amie ma sœur et ma confidente TOKPA SITA CECILE Cette histoire a commencé en 2009. Je suis arrivé à l’EISMV avec un retard considérable tu as tenu ma main comme la tienne. Ton soutient et ta disponibilité m’ont permis de réussir avec brillo mon année préparatoire malgré mon retard. Loin de vouloir de flatter, je veux juste te dire que tu es une femme battante qui sais ce qu’elle veut et qui sait où elle va. Tu es dotée d’un grand cœur et d’une gentillesse légendaire. J’ai toujours été séduit par ta franchise et ton sens de la responsabilité. Tu as été pour moi une amie, une sœur, une complice, une confidente et tu as parfois joué pour moi le rôle de mère .Merci Maman Cécile puisse l’éternel dans son infinie bonté te combler de grâce, A mon ami et mon frère Anicet KOUMAN Tu es et tu resteras pour moi un frère. Nous avons ensemble bravé les difficultés auxquelles nous étions confrontés dans nos débuts. Je n’oublierais jamais ce jour où nous courions dans tous les sens pour trouver un logement proche de l’école, lorsque nous étions indésirables chez notre premier tuteur du véto. Tu as toujours su nous communiquer ta bonne humeur et l’énergie positive que tu dégages. Je ne me suis jamais ennuyé avec toi. Dieu te protège. A mon ami OYETOLA Merci pour ces bons moments passés ensemble. Tu as toujours été là quand je t’ai sollicité. Merci pour ta disponibilité et ta contribution à la réalisation de ce travail. Que ce diplôme soit pour toi le début d’une carrière professionnelle pleine de succès. A mon ami Isaac ZAMBI Merci pour ton amitié et ta fidélité. A mon partenaire Dr Sinaly DOSSO Merci d’avoir été là dans mes moments difficiles et merci pour tes sages conseils. Que Dieu te le rendre au centuple. A mon Papa du véto Dr KOKOUNE et ma maman du véto Dr NKOUATCHANG Carole. vi


A mon grand frère, Dr DIARRASSOUBA Abdoul Karamoko Tu as fait de moi ton petit frère. Tu m’as légué ton héritage de Dakar. Merci grand frère pour ton amabilité. Je te dédie ce travail, tu restes pour moi un modèle. A mon tuteur M. Bouabré Fabrice, Merci pour ton aide et ta disponibilité. A mes bon-petits HERMANN BORIS ; OUATTSON ; LIONNEL ; FABRICE ; PHREJUS ; ABOUBAKAR SIDIKE ; DUA ; PRINCE ; EHOUMAN ; AMIDOU ; BORIS OUATTARA ; BRICE ; ARNAUD TAPSOBA ; YODA ; MICKA. Merci pour votre aide, que ce travail vous serve d’exemple ; A tous les étudiants du Master II (EISMV) promotion 2015 A mes filles, à mes fils de la CEVIS RITA YAPO ; LAETITIA YABOUAFO ; KONE JOSIANE ; OUATTARA SAFIATOU ; KILI CEDRIC ; ANLYOU KONATE ; ND’A MARTIAL ; votre attention particulière à mon égard me va droit au cœur ; A mes promotionnaires Dr Bernard N’GEUSSAN ; Dr TOKPA ; ZOBO aristide ; KABLAN ; OYETOLA; Anicet KOUMAN ;Vamara TRAORE ; A mes amis AZIZ ; EVRA ; BLANCHE ; KOFFI RAÏSSA ; SOUMAÏLA ; HEMA ARNAUD ; SANAGO SEYDOU ; MALA ; AYMARD ; JEANCLAUDE ; A la 42eme Promotion A la Communauté des Etudiants Vétérinaires Ivoiriens au SENEGAL (CEVIS) ; A l’Amicale des Elèves, Etudiants et Stagiaires des Ivoiriens au SENEGAL (AMEESIS) ; A l’Amicale des Etudiants Vétérinaires de Dakar (AEVD) ; A la Communauté des Etudiants Catholiques Vétérinaires (CEVEC) ; A ma très chère patrie, la CÔTE D’IVOIRE ;

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A mon pays d’accueil, le SENEGAL ; A l’AFRIQUE, mère de l’humanité ; A vous tous que je n’ai pu citer, sachez que ce travail est aussi le vôtre.

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REMERCIEMENTS Nos sincères remerciements vont :  Au Directeur General de l’EISMV de Dakar, Prof. Joseph Louis PANGUI ;  Au docteur ASSOUMY Moumouni Abdoul : merci pour votre disponibilité et tout le travail abattu pour ma thèse que Dieu vous le rende au centuple ;  A mes frères et sœurs Christian, Ketty, Germain, Magui,Yvone, Alain, Bertin, Olivier, Léa vous avez tout mis en œuvre pour me voir réussir merci pour tout ;  Au Directeur des Services Vétérinaires (DSV) de Côte d’Ivoire et ses collaborateurs dans les services décentralisés ;  Dr COULIBALY Ziekpoho, Dr KOUAKOU Narcisse, Dr KONE Abou et son collaborateur Maxime, Dr SINAN Ehouni pour leur soutien ;  Au personnel de l’ambassade de Côte D’Ivoire au Sénégal ;  A M. Adonis, merci pour ton aide, ta disponibilité et ta contribution à la réalisation de ce travail ;  Aux professeurs Serge Niangoran BAKOU et KONE Philippe, merci pour vos précieux conseils et tout ce que vous faites pour la CEVIS ;  A la famille Diehdou, merci pour votre accueil chaleureux et votre hospitalité;  Aux membres de notre jury de thèse ;  A nos aînés de l’EISMV: Dr TEKO, Dr ASSOUMY, Dr AKODA, Dr KADJA, Dr OSSEBI, Dr MIGUIRI, Pr KAMGA Pr GBATI et Pr LAPO;  A tous les enseignants de l’EISMV pour la qualité de vos enseignements ;  A tout le personnel de l’EISMV ;  A mes camarades de la 42ème Promotion de l’EISMV, promotion << Pr ABIOLA Adébayo >> ;  A toute la CEVIS ; ix


 A ma chère patrie la COTE d’IVOIRE et au SENEGAL, mon pays hôte A tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce travail.

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Les travaux de cette thèse vétérinaire ont bénéficié de la contribution financière de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) à travers son Projet d’Appui à l’Enseignement Supérieur (PAES) et de la Banque Africaine de Développement (BAD). N° DU PROJET : P- Z1 – IAD – 002 N° DU DON

: 2100155007376

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A NOS MAITRES ET JUGES

A notre maître président de jury M. Alassane WELE Professeur à la faculté de médecine et d’odontologie de l’université CHEIKH ANTA DIOP de Dakar. Vous avez accepté de présider ce jury de thèse malgré vos multiples occupations. La spontanéité avec laquelle vous avez répondu à notre sollicitation témoigne de votre intérêt pour la profession vétérinaire. Votre rigueur scientifique, votre amour du travail bien fait et votre sens des relations humaines sont quelques-unes de vos qualités qui nous ont conduits à vous. Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect et de notre profonde admiration. A notre maître, Rapporteur de Thèse, Madame Rianatou Bada ALAMBEDJI. Professeur à l’EISMV de Dakar, La promptitude, avec laquelle vous avez accepté de rapporter ce travail, témoigne de vos qualités intellectuelles et humaines. Vous avez fortement contribué à notre formation au sein de cette institution qu’EISMV. Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect et de notre profonde gratitude. A notre Maître et directeur de thèse Monsieur ASSOUMY Moumouni Abdoul Docteur vétérinaire, Maître-Assistant à l’EISMV de Dakar, Vous avez su guider d’une main rationnelle le travail que nous présentons aujourd’hui. Les moments passés ensemble nous ont permis de découvrir en vous, l’exemple de la rigueur, de la simplicité, de la bienveillance et de l’amour du travail bien fait. Soyez rassuré de notre éternelle reconnaissance et de nos sincères remerciements.

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A notre Maître et juge, Monsieur Yalacé Yamba KABORET Professeur à l’EISMV de Dakar, Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous nous avez fait en acceptant spontanément de juger ce travail. Votre style singulier pour dispenser vos enseignements, votre dynamisme et votre amour pour le travail bien fait ainsi que vos qualités humaines et professionnelles forcent l’admiration de tous. Veuillez trouver dans ces modestes mots, le témoignage de notre reconnaissance et de notre profond respect. A notre Maître et juge, Monsieur Philippe Soumahoro KONE Professeur à l’EISMV de Dakar, Nous avons eu le privilège d’être parmi les étudiants que vous avez formé .Vous nous faites un grand honneur en acceptant de siéger dans ce jury. Votre simplicité et vos qualités d’homme de science expliquent le choix porté sur vous. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre profonde et sincère gratitude.

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<<Par délibération, la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie et l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar ont décidé que les opinions émises dans les dissertations qui leur sont présentées, doivent être considérées comme propres à leurs autres et qu’elles n’entendent leur donner aucune approbation ni Improbation>>

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LISTE DES SIGLES

%

:

Pourcent

ADD

:

Animal Daily Doses

ALCI

:

Aliments de Côte d’Ivoire

AFSSA

:

Agence Française des médicaments et des produits de Santé

ANAREVCI

:

Association Nationale des Revendeurs de Produits Avicoles de Côte d’Ivoire

ANAVICI

:

Association Nationale des Aviculteurs de Côte d’Ivoire

APE

:

Accords de Partenariat Economique

CEDEAO

:

Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest

CEE

:

Communauté Economique Européenne

DPP

:

Direction de la planification et des programmes

EISMV

:

Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires

F CFA

:

Francs de la communauté financière africaine

FACI

:

Fabrique d’Aliment Composé Ivoiriens

FAO

:

Food and Agriculture Organization xv


FIRCA

:

Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles

FOANI

:

Ferme Ouattara Ali Nanan Issa

IAHP

:

Influenza Aviaire Hautement Pathogène

INTERAVI

:

Association des Industriels de la Filière Avicole de Côte d’Ivoire

IPRAVI

:

Inter Profession Avicole Ivoirienne

Kg

:

kilogramme

LCPA

:

Laboratoire Nationale des pathologies Animales

LMR

:

Limite Maximale de Résidus

MIRAH

:

Ministère des Ressources Animales et Halieutiques

MRC

:

Maladie Respiratoire Chronique

OIE

:

Office international des épizooties = Organisation Mondiale de la Santé Animale

OMC

:

Organisation Mondiale du Commerce

PAPAN

:

Programme d’Appui à la Production Avicole Nationale

PIB

:

Produit Intérieur Brut

PSRA

:

Plan Stratégique de Relance de l’Aviculture

RNPA

:

Recensement National des Professionnels de l’Aviculture

SIPRA

:

Société Ivoirienne de Production Animale xvi


SODECI

:

Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire

SODEPRA

:

Société de Production Animale

TEC

:

Tonnes Equivalent Carcasse

UACI

:

Union des Aviculteurs de Côte d’Ivoire

UDD

:

Used Daily Doses

UE

:

Union Européenne

UEMOA

:

Union Economique et Monétaire Ouest Africain

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LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Schéma de l’organisation professionnelle de la filière avicole ivoirienne ............................................................................................................. 15 Figure 2: Carte de la répartition spatiale des fermes enquêtées .......................... 43 Figure 3: Interview d’aviculteurs dans le District d’Abidjan ............................. 46 Figure 4: Effectifs des fermes enquêtées du district d’Abidjan. ......................... 49 Figure 5 : Niveau socioprofessionnel des aviculteurs ......................................... 50 Figure 6 : Provenance des poussins et des aliments fournis aux fermes du district d’Abidjan. ............................................................................................................ 51 Figure 7 : Mesures de biosécurité dans les élevages du District d’Abidjan. ...... 53 Figure 8: Nettoyage du circuit d’eau après un traitement médicamenteux dans le district d’Abidjan. ................................................................................................ 53 Figure 9 : Fréquence du nettoyage des abreuvoirs et du circuit d’eau dans les fermes du District d’Abidjan. .............................................................................. 54 Figure 10: Traçabilité des actes réalisés dans les fermes de la région d’Abidjan ............................................................................................................................. 56 Figure 11: Provenance des antibiotiques utilisés dans les fermes du District d’Abidjan. ............................................................................................................ 57 Figure 12: répartition des médicaments selon leur fréquence d’utilisation des dans les fermes avicoles. ..................................................................................... 59 Figure 13: Préférence des éleveurs pour la forme galénique des antibiotiques. . 59 Figure 14: Raisons expliquant le choix de la présentation des Antibiotiques .... 60 Figure 15: Attitude des éleveurs vis-à-vis des manques d’efficacité suspectés dans les élevages du District d’Abidjan. ............................................................. 61 Figure 16: Niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente ...................................................................................................... 62 Figure 17: Déclaration des cas d’effets indésirables et suspicion de défaut d’efficacité. .......................................................................................................... 65 Figure 18: Personnes à qui les déclarations ont été faites. .................................. 66

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Estimation du cheptel avicole national de 2007 à 2011 ..................... 6 Tableau II: Production nationale de poussins et d’aliments complets de volaille de 2010 à 2013 ...................................................................................................... 7 Tableau III: Evolution des productions nationales de viande de volailles, d’abats et d’œufs des fermes avicoles modernes de 2010 à 2013. .................................... 8 Tableau IV: Consommation ivoirienne de viande de volailles et d’œufs de 2010 à 2013 .................................................................................................................. 10 Tableau V: Variation sur le marché ivoirien du prix d’achat et de vente de poulet et d’œufs de 2010 à 2013. ................................................................................... 11 Tableau VI: Caractéristiques des vaccins vivants et des vaccins inactivés. ....... 31 Tableau VII: Classification des antibiotiques utilisés en aviculture ................... 32 Tableau VIII: Anti-infectieux dont l’usage est interdit pour le traitement des animaux dont les productions sont destinées à la consommation humaine. ....... 34 Tableau IX: Toxicité d’organes chez les animaux, consécutive à l’utilisation d’antibiotiques ..................................................................................................... 36 Tableau X: Répartition des fermes enquêtées en fonction de la zone d’étude ... 48 Tableau XI : Acteurs et fréquence du suivi sanitaire des fermes ........................ 55 Tableau XII: Elaboration et application des programmes de prophylaxie sanitaire................................................................................................................ 57 Tableau XIII : La pratique de l’antibiothérapie dans les fermes avicoles du District d’Abidjan. ............................................................................................... 58 Tableau XIV: Listes des produits suspectés d’insuffisance d’efficacité. ........... 63 Tableau XV: Liste des molécules suspectées d’être à l’origine d’effet indésirable ............................................................................................................................. 64 Tableau XVI: Type d’effet rencontré en fonction des molécules. ...................... 64

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TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION ............................................................................................... 1 PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE ........................ 6 CHAPITRE I : GENERALITES SUR l’AVICULTURE IVOIRIENNE...... 6 I-1 Présentation de l’aviculture ivoirienne .................................................... 6 I-1-1 Cheptel avicole national ...................................................................... 6 I-1-2 Production avicole nationale............................................................... 7 I -1-3 Contribution de la filière avicole dans l’économie nationale ......... 9 I-1-4 Consommation des produits avicoles en Côte d'Ivoire .................... 9 I-1-5 Commercialisation des produits de l’aviculture ............................. 10 I-2 Typologie des systèmes de productions avicoles en Côte d’Ivoire....... 12 I-2-1 Système d’élevage industriel intégré ou secteur 1 .......................... 12 I-2-2 Système d’élevage intensif de poulets commerciaux ou secteur 2. 12 I-2-3 Système d’élevage semi intensif ou secteur 3 .................................. 13 I-2-4 Système extensif en liberté ou secteur 4........................................... 13 I-3 Organisation des acteurs de la filière avicole en Côte d’Ivoire ........... 13 I-3-1 Structures publiques en charge de la production avicole .............. 13 I-3-2 Organisations professionnelles de la filière ..................................... 14 I-4 Contraintes majeures au développement de l’aviculture ..................... 16 I-4-1 Contraintes liées au cadre réglementaire ........................................ 16 Elles se caractérisent par l’insuffisance dans l’application des textes de loi et le problème de racket. ....................................................................... 16 I-4-2 Contraintes zootechniques ................................................................ 16 I-4-3 Contraintes économiques et financières .......................................... 17 I-4-4 Contraintes sanitaires ........................................................................ 19 CHAPITRE II : PATHOLOGIES LES PLUS FREQUENTES ET MESURES SANITAIRES EN AVICULTURE MODERNE ....................... 20

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II-1 Principales pathologies en aviculture moderne ................................... 20 II-1-1 Maladies virales ................................................................................ 20 II-1-2 Maladies bactériennes ...................................................................... 23 II-1-3 Maladies parasitaires ....................................................................... 25 II-1-4 Autres affections ............................................................................... 26 II-2 Mesures sanitaires .................................................................................. 26 II-2-1 Pratiques de biosécurité ................................................................... 27 II-2-2 Mesures de prophylaxie médicale ................................................... 29 CHAPITRE III. ANTIBIOTHERAPIE ET LES CONSEQUENCES LIES A LEURS UTILISATION EN AVICULTURE. ............................................ 32 III -1 Antibiothérapie ..................................................................................... 32 III-1-1 Définition ......................................................................................... 32 III-1-2 Classification des principaux antibiotiques utilisés en aviculture. ....................................................................................................................... 32 III-1-3 Associations d’antibiotiques .......................................................... 33 III-1-4 Antibiotiques interdits pour le traitement des animaux destinés à la consommation humaine. ......................................................................... 34 III-2 Conséquences négatives de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux et le consommateur. ....................................................................... 34 III-2-1 Problématique des résidus d’antibiotiques .................................. 35 III-2-2 Problématique de la résistance aux antibiotiques ....................... 37 III-2-3 Délai d’attente ................................................................................. 39 ............................................................................................................................. 41 DEUXIEME PARTIE : ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERI-URBAINE D’ABIDJAN...................................................... 42 CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES ............................................. 42 I-1 Zone et période de l’étude ....................................................................... 42 I-2 Matériel ..................................................................................................... 44 I-3 Méthodes ................................................................................................... 44 I-3-1 Enquête exploratoire ......................................................................... 44 xxi


I-3-2 Enquête de terrain ............................................................................. 44 CHAPITRE II : RESULTATS......................................................................... 48 II-1 Renseignements généraux sur les exploitations avicoles..................... 48 II-1-1 Répartition des fermes enquêtées en fonction de la zone d’étude48 II-1-2 Effectifs dans les différentes fermes enquêtées ............................. 49 II-1-3 Niveau d’instruction des propriétaires et des volaillers ............... 49 II-1-4 Ancienneté des aviculteurs dans le domaine avicole..................... 50 II-1-5 Formation des propriétaires sur la pratique avicole .................... 50 II-1-6 Provenance de l’aliment et des poussins ........................................ 50 II-1-7 Appréciation de la qualité de l’aliment par les éleveurs .............. 51 II-1-8 Système d’abreuvement ................................................................... 51 II-2 Mesures de biosécurité et gestion sanitaire dans les exploitations avicoles............................................................................................................. 52 II-2-1 Mesures de biosécurité dans les exploitations avicoles ................. 52 II-2-2 Gestion sanitaire dans les exploitations ......................................... 54 II-3 Provenance des antibiotiques et pratique de l’antibiothérapie .......... 57 II-3-1 Provenance des antibiotiques utilisés dans les fermes .................. 57 II-3-2 Pratique de l’antibiothérapie .......................................................... 58 II-3-3 Automédication et attitude des éleveurs vis-à-vis des manques d’efficacité suspectés dans les élevages du District d’Abidjan ............... 60 II-3-4 Evaluation du niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente ................................................................... 61 II-3-5 Présumés effets indésirables et inefficacité des antibiotiques utilisés dans le district d’Abidjan .............................................................. 62 II-3-6 Déclaration des cas d’effets indésirables et des suspicions d’inefficacité des antibiotiques................................................................... 65 CHAPITRE III : DISCUSSION ...................................................................... 67 III -1 Méthodologie ........................................................................................ 67 III -1-1 Choix de la zone d’étude ............................................................... 67 III -1-2 Choix des élevages cibles ............................................................... 67 III-2 Discussion des résultats obtenus .......................................................... 68 xxii


III-2-1 Renseignement généraux sur les élevages avicoles ...................... 68 III-2-2 Mesures de biosécurité et gestion sanitaire dans les exploitations avicoles ......................................................................................................... 71 III-2-3 Provenance et pratique de l’antibiothérapie................................ 78 III-2-4 Evaluation du niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente. .................................................... 81 III-2-5 Effets indésirables et inefficacité des antibiotiques utilisés dans la zone d’Abidjan. ........................................................................................... 83 RECOMMANDATIONS .................................................................................. 86 Perspectives ........................................................................................................ 89 CONCLUSION GENERALE .......................................................................... 90 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE .......................................................... 95 WEBOGRAPHIE ............................................................................................ 101

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INTRODUCTION A l’instar de la plupart des pays en développement, la Côte d’Ivoire a connu un essor important de ses productions animales ces dernières années. Ce prodigieux essor est le résultat d’une pression de la demande due à l’effet conjugué de l’accroissement

démographique,

du

phénomène

d’urbanisation

et

de

l’augmentation des revenus. Il est aussi l’expression d’une volonté politique clairement exprimée qui a fait de l’élevage une priorité dans le schéma de développement du pays (HORUS ENTREPRISES, 2001). Les productions avicoles ne sont pas en reste de ce développement. Elles constituent un maillon essentiel du système de production animale en Côte d’Ivoire. Du point de vue économique et social, la filière avicole ivoirienne réalise un chiffre d’affaire d’au moins 80 milliards et génère 130 mille emplois directs et indirects (IPRAVI, 2012). Malgré le développement de ce secteur, le pays reste encore tributaire de l’extérieur pour l’essentiel de ses approvisionnements. Ainsi le secteur est confronté à une série de défis majeurs, dans un contexte d’intégration régionale et de globalisation des échanges (HORUS ENTREPRISES, 2001). La filière avicole moderne ivoirienne est, en effet, confrontée à des difficultés qui freinent son développement. En 2004, des contraintes au développement de l’aviculture en Afrique de l’Ouest ont été distinguées par SYFIA INTERNATIONAL (2004) dans les élevages traditionnels et modernes. En ce qui concerne l’élevage moderne, ce sont spécifiquement le manque de qualification professionnelle, les coûts élevés des intrants, l’accès difficile au crédit, les difficultés d’approvisionnement en énergie, le circuit de commercialisation défaillant, la concurrence déloyale et le peu ou l’absence d’appui de l’Etat. 1


A ces contraintes, s’ajoute un certain nombre de pathologies aviaires qui surviennent dans les fermes à des fréquences variables. Dans la zone périurbaine d’Abidjan les affections respiratoires sont les plus rencontrées avec 81% des cas. Elles sont suivies de la maladie de Gumboro (44%), puis de la Coccidiose (37%), de la Colibacillose (27%), de la maladie de Newcastle (16%) et d’autres affections (BITTY, 2013). Par ailleurs, la plus marquante de ces dernières décennies est l’épizootie de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) apparue en Côte d’Ivoire dès février 2006 (N’GUESSAN, 2009) et réapparue en juin 2015 (MIRAH, 2015). Afin de lutter contre les pathologies et améliorer leur rendement, les éleveurs utilisent sous la responsabilité ou non des vétérinaires des produits vétérinaires variés parmi lesquels, les antibiotiques occupent une place de choix (ALAMBEDJI et al., 2008). Le recours aux antibiotiques a pour objectif majeur d’aboutir à la guérison des volailles cliniquement malades et d’éviter la mortalité. Cependant leur mauvais usage n’est pas sans conséquences. Les deux grandes conséquences de cette mauvaise utilisation sont la présence de résidus de molécules actives dans les denrées d’origine animale et la résistance antimicrobienne (MILLER, 2010. SANDERS et al., 2011). De plus, les antibiotiques étant des substances actives, étrangères à l’organisme vivant, tous leurs effets ne sont pas forcément souhaités ni prévisibles. Par conséquent, leur administration peut entraîner des effets indésirables graves ou inattendus chez l’animal traité et peut être à l’origine d’accidents iatrogènes pour l’utilisateur (FRANCE/CNPV, 2004). Face aux risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale, à la réémergence de certaines pathologies et les échecs thérapeutiques de plus en plus récurrents, un certain nombre de questions 2


peuvent être posées sur l’efficacité des programmes de prophylaxie médicale et sanitaire mis en place par les éleveurs et la relation avec l’utilisation de plus en plus régulière des antibiotiques (ALAMBEDJI et al., 2008). De plus, la plupart des pays africains ne dispose pas de pharmacovigilance vétérinaire opérationnelle et ils sont envahis par d’importantes quantités de médicaments contrefaits ou par des génériques de qualité médiocre (VAN GOOL, 2008). Dans ce contexte, les effets préjudiciables découlant de l’exposition directe ou indirecte des êtres humains aux médicaments à usage vétérinaire sont à considérer. C’est dans cette optique que s’inscrit ce travail dont le thème est l’analyse des pratiques avicoles et de l’usage des antibiotiques en aviculture moderne dans la zone péri-urbaine d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Cette étude a pour objectif général d’analyser les pratiques avicoles et d’apprécier l’usage des antibiotiques en aviculture moderne dans la zone péri-urbaine d’Abidjan. De façon spécifique, il s’agira de :  Faire l’état des lieux des systèmes de gestion sanitaire ;  Déterminer le niveau d’hygiène dans les élevages, connaître son impact sur l’apparition des maladies et l’emploi des antibiotiques;  Connaître la provenance des antibiotiques et analyser la pratique de l’antibiothérapie afin d’apprécier leurs effets; Ce travail comprend deux parties, dans une première partie réservée à l’étude bibliographique, nous présenterons les généralités sur le système avicole en Côte d’Ivoire, les dominantes pathologiques, puis les mesures sanitaires en aviculture moderne et enfin nous traiterons de l’antibiothérapie et de son impact en aviculture. Dans une deuxième partie réservée à l’étude expérimentale à savoir l’enquête sur le terrain, le matériel et les méthodes 3


utilisés seront décrits, les résultats obtenus seront présentés, discutés et enfin des recommandations seront formulées.

4


PARTIE SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE  CHAPITRE I : GENERALITES SUR l’AVICULTURE IVOIRIENNE  CHAPITRE II : PATHOLOGIES LES PLUS FREQUENTES ET MESURES SANITAIRES EN AVICULTURE MODERNE  CHAPITRE III : ANTIBIOTHERAPIE ET SON IMPACT EN AVICULTURE.

5


PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE CHAPITRE I : GENERALITES SUR l’AVICULTURE IVOIRIENNE I-1 Présentation de l’aviculture ivoirienne I-1-1 Cheptel avicole national Alors que la Côte d'Ivoire n'avait pas de tradition pastorale avant l'indépendance, un élevage national a été constitué en quelques décennies. En ce qui concerne la production de volailles, pendant que la production traditionnelle tend à stagner, la production moderne, quant à elle, augmente rapidement. Entre 2010 et 2011 on note une baisse de production et cela est essentiellement dû à la crise postélectorale. Les productions avicoles constituent un maillon essentiel du système de production animale en Côte d’Ivoire. L’effectif des volailles en 2011 était constitué de 43 133 298 volailles composé de 24 076 084 de volailles familiales, de 16 033 438 de poulets de chair des élevages semi-industriels, et de 3 023 776 de pondeuses semi-industrielles (MIRAH/DPP, 2012). Les informations relatives aux données statistiques portant sur le cheptel avicole national figurent dans le tableau I. Tableau I : Estimation du cheptel avicole national de 2007 à 2011, Côte d’Ivoire

Volailles traditionnelles Poulets de Chairs Poules Pondeuses Total Volailles

2007 24 359 134

2008 24 773 239

2009 25 268 704

2010 25 343 246

2011 24 076 084

8 200 091

12 400 317

13 148 949

16 446 855

16 033 438

2 201 151

3 499 989

3 114 908

3 261 429

3 023 776

34 760 376

40 673 545

41 532 561

45 051 530

43 133 298

Source : (MIRAH/DPP, 2012)

6


I-1-2 Production avicole nationale. I-1-2-1 Production de poussins d’un jour et d’aliments En Côte d’Ivoire, l’accouvage est assuré par une douzaine de couvoirs qui cumulent une capacité de production annuelle variable qui est passé de 20 745 000 en 2010 à 32 838 000 en 2013 de poussins d’un jour. En ce qui concerne les fabricants d’aliments, la production est passée de 210 305 tonnes à 288 700 tonnes d’aliments entre 2010 et 2013 (IPRAVI, 2014). Le tableau II renseigne sur la production nationale de poussins d’un jour et d’aliment de 2010 à 2013. Tableau II: Production nationale de poussins d’un jour et d’aliments complets de volaille de 2010 à 2013, Côte d’Ivoire unités

2010

2011

2012

2013

Poussins chair

en milliers d’unités

17 312

16 877

25 290

28 604

Poussins ponte

En milliers d’unités

3 433

3 182

3 703

4 234

Total poussins d’un jour

En milliers d’unités

20 745

20 059

28 993

32 838

Aliments complets volaille

Unité en tonne

210 305

203 351

242 044

288 700

Source :(IPRAVI, 2014). I -1-2-2 Production de viande de volaille La production nationale de viande de volaille des élevages modernes a connu une nette progression à partir de 1998. On a noté une régression entre 2002 et 2004. Une légère reprise est notée à partir de 2005. Depuis 2010, la production de poulets de chairs ne cesse d’augmenter, cette production est passée de 18 880 TEC (tonnes équivalent carcasses) pour atteindre en 2013 une production de 31 7


196 TEC. Contrairement à la production des poulets de chairs, celle des poules reformées n’a pas connu de variation notable. On a enregistré en 2010 et en 2013 respectivement une production de 4 259 TEC et de 4 944 TEC. La production de volailles des élevages modernes représente au total 36 139 TEC (Tableau III). I-1-2-3 Production d’œufs Pour ce qui est de la production d’œufs de consommation, elle est depuis 1998 relativement constante à l’exception des années 2004 (troubles politiques de novembre à décembre 2004) et 2006 (épidémie de grippe aviaire) pendant lesquelles on a noté des baisses de productions. Ces baisses sporadiques n’ont pas profondément bouleversé la production. Ainsi, cette production a atteint des valeurs de 749 millions d’œufs en 2012 et 980 millions d’œufs en 2013 (Tableau III). Tableau III: Evolution des productions nationales de viande de volailles, d’abats et d’œufs des fermes avicoles modernes de 2010 à 2013, Côte d’Ivoire unité

2010

2011

2012

2013

Production d’œufs

En milliers d’unité

695

644

749

980

Production d’abats

TEC

1 924

1 876

Production de viande

-

-

TEC de poulets 18 880 de chair

18 406

27 581

31 196

TEC de poulets 4 259 de reforme

3 948

4 594

4 944

TEC total viande moderne

22 354

32 175

36 139

23 140

Source : (IPRAVI, 2014).TEC= Tonne Equivalent Carcasse 8


I -1-3 Contribution de la filière avicole dans l’économie nationale L’aviculture moderne dans la sous-région Ouest africaine (UEMOA) est une filière qui a pris son essor à partir des années 80. Elle se développe beaucoup plus rapidement dans les pays côtiers disposant d’un marché urbain important. Les deux pays où cette aviculture connait un essor important sont la Côte d’ivoire et le Sénégal (FAO-UEMOA, 2008). Du point de vue social et économique, la filière avicole moderne ivoirienne réalise un chiffre d’affaire d’au moins 80 milliards de francs CFA par an et offre 130 mille emplois à savoir 30 mille emplois directs et 100 mille emplois indirects. Elle représente aussi un débouché important pour les produits agricoles, les sous-produits agro-industriels (maïs, tourteaux de coton, tourteaux de soja…) et pour les sous-produits de la pêche (farine de poissons) (IPRAVI, 2012). Elle contribue pour près de 2% à la formation du PIB global et pour près de 5% à la formation du PIB agricole (BOKA, 2009). L’aviculture peut être perçue comme un moyen efficace pour :  diversifier les revenus des populations agricoles ;  réduire les sorties de devises liées aux importations de viandes;  réduire le taux de chômage (M’BARI, 2000). I-1-4 Consommation des produits avicoles en Côte d'Ivoire Les études menées sur la consommation mondiale de volailles en 1997 ont montré que la Côte d’Ivoire présentait un niveau de consommation de l’ordre de 1 Kg /habitant /an. Cette consommation a augmenté et elle est passée à 1,61 Kg /habitant /an en 2013. Quant à la consommation d’œufs, elle est passée de 33 œufs en 2010 à 44 œufs/ an /par habitant en 2013 (IPRAVI, 2014). Les informations portant sur la consommation ivoirienne des produits avicoles sont consignées dans le tableau IV

9


Tableau IV: Consommation ivoirienne de viande de volailles et d’œufs de 2010 à 2013 Unités

2010

2011

2012

2013

Viande de volailles moderne locale

Kg /hab/an

1,10

1 ,04

1,47

1,61

Viande de volailles moderne importée

Kg /hab/an

0,01

0,01

0,04

0,05

Œufs de consommation

Nb /hab/an

33

30

34

44

Source : (IPRAVI, 2014). I-1-5 Commercialisation des produits de l’aviculture Le circuit de commercialisation des produits avicoles et dérivés est classifié en trois entités : le circuit traditionnel (informel), le circuit moderne et les importations. Le circuit traditionnel et le circuit moderne ont pour rôle d'acheminer les produits avicoles et dérivés vers le consommateur. I-1-5-1 circuit informel Pour la vente de poulets de chair, les circuits informels absorbent 90% des volumes échangés. Cette activité est exercée par des revendeurs qui, s’approvisionnent dans les fermes avicoles et acheminent les produits vers des sites de vente à proximité des marchés. Dans ce circuit, les volailles sont collectées vivantes en zones de production souvent éloignées des zones de vente et de consommation qui sont centrées sur les grandes agglomérations, notamment Abidjan (FAO, 2008). I-1-5-2 Circuit moderne Les poulets et les œufs concernés par le circuit de distribution moderne sont issus surtout des élevages de type industriel et semi-intensif périurbain. Concernant les poulets, ils sont conduit des fermes vers les abattoirs ou ateliers 10


d'abattage avant d'être commercialisés dans les magasins de vente, allant des dépôts aux supermarchés de la place. Quant aux œufs, après qu'ils aient été calibrés et présentés dans des barquettes allant de six à trente unités, ils sont commercialisés dans le même circuit que celui des volailles (FAO, 2008). Le prix des produits avicoles varie sensiblement d’une année à une autre (IPRAVI, 2014). Le tableau V montre l’évolution des prix pratiqués par les producteurs et les revendeurs de 2010 à 2013. Tableau V: Variation sur le marché ivoirien du prix d’achat et de vente de poulet et d’œufs de 2010 à 2013.

Poulet de chair Poule de reforme Plateau d’œufs

Prix d’achat au producteur (FCFA/Kg et FCFA/plateau) 2010 2011 2012 2013 1347 1357 1416 1402

Prix de vente au consommateur (FCFA/Kg et FCFA/plateau) 2010 2011 2012 2013 1698 1750 1872 1859

1541

1676

1695

1688

1653

1757

1838

1829

1566

1800

1900

1889

1856

2068

2163

2158

Source : (IPRAVI, 2014). I-1-5-3 Importations Malgré les nombreux efforts de l’Etat pour améliorer la production, force est de constater que la Côte d’Ivoire est encore fortement dépendante de l’extérieur en matière d’importation de produits et sous-produits animaux. Les étapes marquantes de l’intervention de l’État dans la filière avicole sont en premier lieu l’adoption en 1990 des mesures de prélèvements compensatoires pour limiter les importations de volailles congelées (FAO, 2008). Ces mesures ont permis :

11


 D’accroître sur le marché intérieur le prix des produits importés. Les consommateurs, confrontés à un prix supérieur, réduisent leur demande par rapport à ce produit et donc stimulent sa réduction ;  D’augmenter l’offre des producteurs locaux et donc de la production nationale;  Enfin, de stimuler une diminution de la consommation des produits importés avec une augmentation de la consommation de la production locale (BUTAULT et LE MOUEL, 2004). Les données statistiques sur les importations de viandes de volailles montrent une hausse des importations à partir de 2003 due à la crise militaro-politique. Les importations ivoiriennes qui étaient de 4 212 tonnes en 2001 sont passées à 15 391 tonnes en 2003. A partir de 2005, cette tendance s'est inversée avec une forte réduction des importations de viandes et abats de volailles congelées qui de 13 000 tonnes environ sont passées à 6300 tonnes ; du fait de la hausse du montant des prélèvements compensatoires qui est passé de 300 F CFA à 1000 F CFA le kilogramme et du fait de l’épidémie de grippe aviaire déclarée dans de nombreux pays industrialisés (IPRAVI, 2012). I-2 Typologie des systèmes de productions avicoles en Côte d’Ivoire I-2-1 Système d’élevage industriel intégré ou secteur 1 Le système industriel et intégré est un système avec un haut niveau de biosécurité. Le système industriel intégré correspond surtout aux unités de production qui part de l’œuf a la production et la commercialisation de viande en passant par la production de poussins (accouveurs) et aux unités de fabrication d’aliments pour volailles (provendiers) (FAO, 2008). I-2-2 Système d’élevage intensif de poulets commerciaux ou secteur 2 Le système d’élevage intensif est constitué d’un niveau modéré à élever de biosécurité. Les oiseaux sont en permanence élevés en confinement; empêchant rigoureusement tout contact avec d’autres volailles. 12


Les productions de ce système (œufs de consommation, poulets de chair, poules de réforme) sont destinées à la commercialisation. Ce secteur s’est développé autour des centres urbains pour combler une demande importante en protéines d’origine animale (FAO, 2008). I-2-3 Système d’élevage semi intensif ou secteur 3 Le Système d’élevage semi intensif est un système avec un niveau faible à minimal de biosécurité. Les oiseaux et les produits sont vendus au niveau des marchés de volailles vivantes. Les poussins et les aliments sont achetés auprès des industriels spécialisés. Le système semi intensif est assimilé au système intensif pour constituer la catégorie de « l’aviculture moderne » par opposition à « l’aviculture familiale. L’aviculture moderne située en grande partie dans la région des lagunes (Sud) et dans la région du Moyen Comoé contribue à hauteur de 88% à la production de viande de volaille et couvrent la demande d’œufs de consommation à 100% (FAO, 2008). I-2-4 Système extensif en liberté ou secteur 4 Le système d’élevage avicole villageois ou aviculture familiale se caractérise par l’élevage de volailles en divagation et en plein air sans soins particuliers, en milieu rural et urbain, avec un niveau de biosécurité très faible ou inexistant. Les volailles recherchent dans la nature une grande partie de leur propre nourriture, le supplément étant fourni parfois par l'exploitant. Cette aviculture est généralement pratiquée en milieu rural sur l’ensemble du territoire ivoirien où l’on trouve des effectifs de petite taille, allant de 10 à 100 volailles. (FAO, 2008). I-3 Organisation des acteurs de la filière avicole en Côte d’Ivoire I-3-1 Structures publiques en charge de la production avicole La politique de développement de l’aviculture incombe au Ministère en charge de la production animale. Le décret n° 2007- 471 du 15 mai 2007 portant organisation du MIRAH (Ministère des Ressources Animales et Halieutiques) a 13


créé un ensemble de Directions, de Services et de Structures sous tutelles qui conduisent les activités de l’Etat dans les domaines de l’élevage, de la santé animale, de la biosécurité, de la recherche, de la formation, de la planification et du suivi- évaluation. I-3-2 Organisations professionnelles de la filière Le secteur privé, moteur de la croissance du secteur avicole est représenté principalement par l’Interprofession Avicole Ivoirienne (IPRAVI). L’IPRAVI a signé en décembre 1998 avec l’Etat, un contrat-plan lui conférant la maîtrise d’œuvre du programme triennal de développement de la filière avicole ivoirienne. L’IPRAVI assure d’une part, la coordination et le développement de l’action associative et d’autre part, la définition et la mise en œuvre de normes et règles communes de conduite professionnelle. Elle compte actuellement quatre associations (Figure 1) que sont :  L’UACI (Union des Aviculteurs de Côte d’Ivoire) créée en 1989, regroupe les exploitants individuels, les éleveurs de volailles de chairs et les producteurs d’œufs de consommation ;  L’INTERAVI (Association des Industriels de la Filière Avicole de Côte d’Ivoire) fut créée également en 1989 et regroupe les accouveurs, les fabricants d’aliments de volaille, les abattoirs et les centres de conditionnement d’œufs. Ses principaux membres sont IVOIRE POUSSINS, FOANI SERVICES, PROVETO, FACI, EDPO, FIRGI SARL, ALCI et COQIVOIRE ;  L’ANAVICI (Association Nationale des Aviculteurs de Côte d’Ivoire) créée en 2005, regroupe, comme l’UACI, les exploitants individuels, les éleveurs de volailles de chairs et les producteurs d’œufs de consommation.  L’ANAREV-CI (Association Nationale des Revendeurs de Produits Avicoles de Côte d’Ivoire) créée en 2008 regroupe les revendeurs de 14


volailles et d’œufs de consommation sur les marchés de consommation (FIRCA, 2011).

REVENDEURS

PRODUCTEURS

ANAREV-CI créée en

UACI créée en 1989

2008

ANAVICI crée en 2005

INDUSTRIELS

INTERAVI créée en 1989

- Accouveur - Revendeurs de volailles - Revendeurs d’œufs de consommation

-Eleveurs de poulets de chairs - Producteurs d’œufs de consommation

-Fabricants d’aliments de volailles -Abattoirs de volailles -Centre de conditionnement d’œufs de consommation

Figure 1 : Schéma de l’organisation professionnelle de la filière avicole ivoirienne Source : (FIRCA, 2011)

15


I-4 Contraintes majeures au développement de l’aviculture La filière avicole ivoirienne est en proie à un certain nombre de contraintes qui freinent son développement. Ces contraintes sont de plusieurs ordres, à savoir les contraintes réglementaires, zootechniques, économiques et sanitaires. I-4-1 Contraintes liées au cadre réglementaire Elles se caractérisent par l’insuffisance dans l’application des textes de loi et le problème de racket. I-4-1-1 Manque d’application des textes de lois et de règlements existants Les professions d’aviculteurs, de fabricants d’aliments, d’accouveurs, de médecine vétérinaire, de vendeur de médicaments et de vendeur de produits avicoles sont régies par des lois et autres actes juridiques. On constate effectivement que les textes existent mais l’applicabilité fait grandement défaut. I-4-1-2 Problème du racket dans la filière Le transport et la mobilité des marchandises ont un impact significatif dans le développement économique et social des pays en développement. En Côte d’Ivoire, de tout temps et surtout à la faveur de la crise socio-politique de septembre 2002, des déviations multiples sont observées. On assiste à la multiplication des obstacles à la libre circulation des personnes et des biens à travers la multiplicité des barrages routiers, avec comme corollaire les tracasseries de tous genres dont le racket. Le racket augmente les coûts du transport en Côte d’Ivoire. Concernant le secteur avicole, cela a pour conséquence une augmentation des prix des produits et des aliments (MIRAH, 2012). I-4-2 Contraintes zootechniques Les

contraintes

zootechniques

se

traduisent

par

les

problèmes

d’approvisionnement en intrants et les problèmes liés à la qualité et à la normalisation des produits avicoles (MIRAH, 2012). 16


I-4-2-1 Contraintes liées à l’approvisionnement en intrants Le déficit ou l’excédent en poussins d’un jour, selon les périodes de l’année, constitue un problème réel sur le marché de l’offre et de la demande. Les difficultés d’approvisionnement en poussins d’un jour sont liées à plusieurs facteurs tels que l'insuffisance de production des accouveurs industriels, l’insuffisance de la planification de l’offre et de la demande. La disponibilité en qualité et en quantité du maïs est aussi problématique. Cela est dû à deux principaux facteurs à savoir la compétition pour sa consommation entre les besoins humains et ceux des animaux et l’insuffisance de silos de stockage de cette céréale. I-4-2-2 Contraintes liées à la qualité et la normalisation des produits avicoles. La fabrication d’aliments industriels est assurée au plan national par huit (8) opérateurs dont cinq (5) sont dans la zone d’Abidjan. La qualité des aliments n’est pas normalisée, ce qui a été souvent source d’incompréhension entre industriels et éleveurs. La qualité des poussins d’un jour est également à améliorer, notamment le poids. Les premiers vaccins à administrer au couvoir ne sont pas souvent réalisés (MIRAH, 2012). I-4-3 Contraintes économiques et financières Les contraintes économiques se caractérisent par la concurrence déloyale, le poids de la fiscalité, les difficultés de commercialisation des produits avicoles et les problèmes de financement du secteur. I-4-3-1 Concurrence déloyale Avec les accords de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et ceux des APE (Accords de Partenariat Economique) que la Côte d’Ivoire a ratifié, les politiques protectionnistes et autres barrières tarifaires ont été levées. Cette

17


situation a exposé l’économie ivoirienne à une concurrence déloyale de la part des pays de l’UE (Union Européenne) et du continent Américain. Pour ce qui est de la filière avicole, des importations massives de viande de volailles ont été enregistrées de 2002 à 2005 à la faveur de la crise sociopolitique. Les bas prix des produits d’importation ont eu comme impact la baisse de la production locale et ces prix laissent entrevoir une politique de dumping. Cette concurrence déloyale a été une catastrophe pour l’aviculture nationale dont la production est passée de

10 000 TEC à environ 7500 TEC

sur cette même période (FIRCA, 2011). I-4-3-2 Contraintes liées à la fiscalité dans le secteur avicole Selon les éleveurs, les services des impôts parcourent les exploitations et estiment les impositions sur la base du nombre de bâtiments, le nombre de poussins et la superficie occupée. Le calcul ne se fait pas sur une base légale claire. En effet, selon les éleveurs, cette façon de procéder n’est pas documentée (décret, arrêtés) et elle ne tient pas compte des risques de production (mortalité) (MIRAH, 2012). I-4-3-3 Difficultés de commercialisation des produits avicoles Elles se situent à plusieurs niveaux :  La prospection des marchés : les promoteurs ne font pas de prospection avant la création des élevages ;  La distribution : les conditions de transport ne sont pas toujours adaptées ;  La vente des produits : la présentation des produits en poulets vifs ou en poulets abattus entiers renchérit les prix du poulet à l’achat, surtout pour les bourses modestes (MIRAH, 2012).

18


I-4-3-4 Contraintes liées au financement L’une des exigences primordiales pour solliciter un prêt est d’avoir une activité effective générant régulièrement des revenus (KONAN, 2013). La majorité des acteurs de la filière rencontrée estime que les banques commerciales et bien d’autres institutions bancaires sont réticentes pour investir dans la filière avicole à cause du risque élevé de mortalité, de la survenue de tout autre sinistre et aussi de l’insuffisance des garanties offertes par les petits et moyens producteurs (MIRAH, 2012) . I-4-4 Contraintes sanitaires Malgré l’existence de mesures de biosécurité dans certaines exploitations du secteur avicole ivoirien, des contraintes sanitaires subsistent, notamment en matière de :  Hygiène d’habitat de la volaille ;  Veille sanitaire et épidémiologique ;  Normalisation de la biosécurité dans les élevages et sur les marchés (MIRAH, 2012). Les pathologies les plus rencontrées dans les élevages avicoles feront l’objet du chapitre suivant.

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CHAPITRE II : PATHOLOGIES LES PLUS FREQUENTES ET MESURES SANITAIRES EN AVICULTURE MODERNE

II-1 Principales pathologies en aviculture moderne Les pathologies aviaires constituent l’une des contraintes majeures du développement de la filière avicole en Côte d’Ivoire. Ces pathologies sont nombreuses et peuvent être distinguées en quatre groupes : à savoir les maladies virales, bactériennes, parasitaires et les affections diverses. II-1-1 Maladies virales Les pathologies virales constituent les affections les plus redoutables car le traitement curatif est inexistant. Les principales pathologies virales rencontrées sont les suivantes : Maladie de Newcastle, Maladie de Gumboro, Maladie de Marek, Bronchite infectieuse et Variole aviaire (BITTY, 2013). II-1-1-1 Influenza Aviaire Hautement Pathogène L’IAHP reste encore une zoonose exceptionnelle puisque seuls des contacts étroits entre l’Homme et les oiseaux infectés dans des conditions d’hygiènes médiocres permettent la transmission du virus (BRUGERE, 2007). L’épizootie de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) est apparue en Côte d’Ivoire dès février 2006 (N’GUESSAN, 2009).

Selon la déclaration du

MIRAH du 1er JUIN 2015 des cas IAHP ont été constatés dans un élevage traditionnel de volailles à Bouaké, la deuxième ville du pays, située à 379 km au nord d'Abidjan. II-1-1-2 Maladie de Newcastle La Newcastle (pseudo peste aviaire) est une maladie infectieuse virulente, très contagieuse due à un paramyxovirus, commune à de nombreuses espèces d’oiseaux domestiques et sauvages et transmissible à l’Homme dans certaines conditions. Elle se caractérise par une pneumonie, une encéphalite des troubles digestifs et des pétéchies sur le cœur, le proventricule et le cloaque. La forme 20


foudroyante tue les poussins dans les proportions impressionnantes, jusqu’à 100% et quand elle est déclarée, tout traitement s’avère inutile (OIE, 2009). II-1-1-3 Maladie de Gumboro La Gumboro est une maladie infectieuse, hautement contagieuse, inoculable due à un birnavirus. Elle affecte le poulet de 3 à 6 semaines d’âge, la dinde, le faisan et le canard. La transmission du virus se fait par contact direct avec les fientes virulentes ou indirect à travers l’environnement du bâtiment et les aliments. La voie de pénétration du virus est digestive. La maladie se manifeste cliniquement par une immunodéficience, un retard de croissance et un taux de mortalité variable (LCPA, 1991). II-1-1-4 Maladie de Marek La Marek est due à un herpès virus dispersé au niveau des cellules mortes des plumes des oiseaux. Il s’agit d’une des maladies les plus importantes de la volaille pondeuse, car elle l’affecte normalement au cours de la deuxième ou troisième semaine de ponte. Le taux de mortalité peut atteindre 1 ou 2% par jour pendant deux ou trois semaines, ce qui aboutit à une perte substantielle du potentiel de productivité. Les lésions caractéristiques sont les tumeurs sur le foie, la rate, les nerfs (essentiellement sur le nerf sciatique) et les reins, et quelque fois, des lésions cutanées à la base des plumes sous forme de petits nodules de quelques centimètres de diamètre. Depuis 1989, en Côte d’Ivoire le nombre de foyers a progressivement augmenté. Il est à signaler que dans la plupart des foyers, les symptômes et lésions nerveux étaient inexistants ou très rares (LCPA, 1991). II-1-1-5 Bronchite infectieuse La bronchite infectieuse est une maladie très contagieuse, surtout grave pour les jeunes poulets et due à un Coronavirus. Elle provoque des troubles respiratoires, un taux élevé de mortalité et des infections secondaires provoquées par des 21


bactéries. Le virus provoque également des lésions au niveau de l’oviducte, ce qui entraîne la production d’œufs anormaux et, éventuellement, une baisse considérable de la production. La mortalité parmi les poussins peut varier de 5 à 60% alors que peu d’oiseaux adultes en meurent habituellement, moins de 2% (LCPA, 1991). II-1-1-6 Variole aviaire La variole est causée par un poxvirus spécifique et affecte de nombreuses espèces d’oiseaux galliformes et colombiformes. Il existe deux formes de variole :  La forme cutanée est caractérisée par la formation de croûtes principalement sur la tête (autour du bec, des yeux et sur les barbillons). Chez le poulet, les lésions peuvent s’étendre aux plumes du dos et du croupion ;  La forme muqueuse ou diphtérique est la plus grave. Elle se traduit par une congestion et un œdème intense des muqueuses buccales et nasales ainsi que par de fausses membranes blanchâtres adhérentes dont l’extension peut se faire au larynx et provoquer une difficulté respiratoire. La transmission du virus se fait par contact entre les volailles à la faveur des blessures de la peau mais également de façon mécanique par les moustiques et par d’autres arthropodes hématophages (LCPA, 1991). II-1-1-7 Syndrome chute de ponte 76 ou EDS76 Spécifique de l’espèce poule, cette maladie est due à un adénovirus qui provoque une chute de ponte apparaissant brutalement, associée à la production d’œufs mous, sans coquilles, ou à la fragilisation de celles-ci (FONTAINE, 1987).

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II-1-2 Maladies bactériennes Les maladies bactériennes sont souvent liées à l’accumulation des défaillances telles que la présence d’humidité, la mauvaise désinfection, la mauvaise ventilation dans le poulailler ou à l’immunodépression causée par certaines affections virales (BITTY, 2013). II-1-2-1 Salmonelloses Les Salmonelloses sont des maladies infectieuses, contagieuses dues à la multiplication dans l’organisme de bactéries du genre Salmonella. Ces germes sont également responsables de pathologies plus ou moins graves chez l’Homme. Les différents sérotypes de salmonelles déterminent différentes pathologies chez les volailles ; ainsi :  Salmonella pullorum est responsable de la Pullorose chez les jeunes ;  Salmonella gallinarum est responsable de la Typhose chez les adultes. Les sources de germes sont multiples car les salmonelles sont des hôtes commensaux

du

tube

digestif.

Elles

sont

présentes

partout

dans

l’environnement, dans les fientes, l’aliment, sur le matériel contaminé, sur l’Homme (chaussures), dans l’eau souillée, chez des animaux porteurs, dans les viandes ou dans les œufs. Les volailles se contaminent par voie digestive (OIE, 2005) II-1-2-2 Coryza infectieux Le Coryza infectieux est une maladie contagieuse, virulente, d’évolution aiguë à chronique due à la multiplication dans les voies respiratoires de Haemophilus paragallinarum. Elle est caractérisée cliniquement par une rhinite et une conjonctivite. En phase d’état, on observe sur les sujets malades un jetage abondant, séreux, muqueux devenant muco-purulent. L’animal respire difficilement, présente une anorexie, une diarrhée et un œdème facial. Une 23


baisse de 10 à 40% de ponte est observée chez les pondeuses et une détérioration de la qualité des œufs (BRUGERE, 1992). II-1-2-3 Choléra aviaire ou pasteurellose aviaire La pasteurellose aviaire est une maladie infectieuse, contagieuse due à Pasteurella multocida, qui peut provoquer un taux de mortalité élevé chez les poulets comme chez les canards. Les symptômes qui la caractérisent sont : des diarrhées sévères verdâtres/jaunâtres, difficultés respiratoires, crêtes et barbillons enflés et brûlants et un écoulement nasal. L’animal présente une apathie générale et refuse toute nourriture. L’autopsie révéle une congestion des viscères et des traces de septicémie (LCPA, 1991). II-1-2-4 Maladie respiratoire chronique La maladie respiratoire chronique (M.R.C) est une mycoplasmose due à Mycoplasma gallisepticum. Elle est souvent déclenchée par le manque de maîtrise des conditions ambiantes car le mycoplasme seul ne provoque pas souvent l’apparition de la maladie. En effet, son apparition est en association avec l’infection par Escherichia coli le plus souvent. Cette maladie se traduit par des troubles respiratoires avec jetage, dyspnée, râle, synovite et abattement. Elle entraîne des pertes économiques considérables liées à la baisse de consommation d’aliment d’où un retard de croissance et une chute de ponte (OIE, 2008). II-1-2-5 Colibacilloses Les colibacilloses aviaires sont dues à des souches d’Escherichia coli qui affectent les oiseaux domestiques et sauvages. Elles sont sans doute les infections bactériennes les plus fréquentes et les plus importantes en pathologie aviaire. Les Escherichia coli sont des hôtes commensaux du tractus digestif de la volaille et la plupart des souches ne sont pas pathogènes. La plupart des colibacilloses sont des surinfections, à la suite d’infections virales ou bactériennes notamment les mycoplasmes respiratoires (VILLATE, 2001). 24


II-1-3 Maladies parasitaires II-1-3-1 Parasitoses externes Les parasitoses externes sont des maladies dues aux parasites externes comme les tiques, les puces, les poux et les acariens. Ils vivent sur ou dans la peau, sucent le sang et provoquent par la suite des démangeaisons et un amaigrissement (LCPA, 1991). II-1-3-2 Parasitoses internes Les parasitoses internes sont nombreuses, mais nous n’aborderons que les principales. II-1-3-2-1 Coccidiose La coccidiose est une parasitose digestive due à la présence et au développement dans les cellules épithéliales de la muqueuse de l’intestin grêle ou du caecum de protozoaires de la famille des Eimeridae et du genre Eimeria. Sept (7) espèces de coccidies peuvent infecter les poulets : E. acervilina, E. brunetti, E.necatrix, E. maxima, E. tenella (uniquement le caecum), E. praecox, E. mitis. Cependant, les deux dernières espèces ne sont pas pathogènes (NACIRI, 2001). II-1-3-2-2 Ascaridiose et Hétérakidose Ces infestations sont dues à des vers parasites du tube digestif des volailles. Ces parasites sont responsables de chute de ponte. Les signes cliniques se manifestent par un amaigrissement des volailles et même la présence des vers dans les fèces (VILLATE, 2001). II-1-3-2-3 Infestation par les Taenia Les tenias sont des vers plats annelés, parasites du tube digestif et visibles ou non à l’œil nu. Parmi les espèces de taenia spécifiques aux volailles, l’on peut citer : Taenia hymenolepis, Taenia raillietina, Taenia davaenia, Taenia amoebotaenia (VILLATE, 2001).

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II-1-4 Autres affections L’une des plus importantes est le syndrome ascite du poulet de chair. Le syndrome ascite du poulet de chair est caractérisé par l’accumulation d’un transsudat non inflammatoire dans la cavité abdominale. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce syndrome. Il s’agit des :  facteurs anatomiques ;  facteurs génétiques ;  facteurs alimentaires qui se traduisent par une déficience en vitamine Esélénium, une quantité de phosphore alimentaire faible et une quantité de sodium alimentaire élevée ;  conditions d’élevage : l’insuffisance en oxygène est aggravée par des conditions environnementales extrêmes telles que : l’altitude élevée, le froid, la mauvaise ventilation, l’excès d’ammoniac ou de poussières, les maladies respiratoires (VILLATE, 2001). Au regard de toutes ces contraintes pathologiques auxquelles les élevages avicoles sont exposés, il est important de respecter toutes les mesures sanitaires et les bonnes pratiques médicales en vigueur. II-2 Mesures sanitaires La prévention sanitaire en élevage est un ensemble de techniques permettant de prévenir ou de lutter contre l’introduction de maladies dans un troupeau et réduire les conséquences d’une infection. En revanche, pour être efficaces, les mesures doivent être appliquées de façon constante et uniforme (Racicot et Vaillancourt, 2009). Les règles impératives conditionnant la réussite de cette prévention sont :  respecter le principe de la bande unique ;  désinfecter complètement entre chaque bande en respectant les 3 temps : 1er temps : nettoyage, décapage ; 26


2ème temps : désinfection proprement dite ; 3ème temps : vide sanitaire d’au moins deux (2) semaines entre la vente du premier lot d’oiseaux et l’arrivée du second  Vacciner correctement et en temps voulu ;  Faire la chimio-prévention ;  Déparasiter contre les coccidies, ténias, ascaris et faire l’épointage des oiseaux (BITTY, 2013). II-2-1 Pratiques de biosécurité La FAO définit la biosécurité comme étant : l’ « ensemble des mesures visant à réduire le risque d’introduction et de propagation d’organismes pathogènes ». II-2-1-1 Au couvoir Au couvoir, les pratiques de biosécurité sont appliquées aux locaux et matériels, au personnel et aux œufs.  Hygiène des locaux et du matériel Le couvoir est généralement conçu de manière à permettre un circuit logique de progression des œufs à couver et du poussin. Les différentes salles doivent faire l’objet d’un nettoyage suivi d’une désinfection dont la fréquence varie avec la cadence en production des poussins. La salle de réception des œufs et la salle des incubateurs doivent être désinfectées au moins une fois par semaine de même que la salle des éclosions et la salle de conditionnement des poussins après chaque éclosion. Les appareils seront également désinfectés chaque fois qu’ils seront vides. Le matériel (chariots, plateaux, etc.) sera désinfecté après chaque utilisation. Il en sera de même pour les véhicules de transport des œufs et de livraison de poussins.  Hygiène du personnel

27


Lorsque la taille du couvoir le permet, il est souhaitable qu’il y ait une séparation totale des équipes de travail. Les employés donnant les soins aux animaux doivent être différents de ceux du couvoir. Les accès au couvoir seront protégés comme les bâtiments d’élevage par des pédiluves. Le personnel du couvoir revêtira une blouse ou une combinaison et un chapeau et se désinfectera les mains avant chaque séquence de travail.  Hygiène des œufs Tout doit être mis en œuvre depuis les pondoirs jusqu’aux chargements des plateaux d’incubateurs pour préserver la qualité des œufs et pour éviter des contaminations microbiennes. Avant la mise en incubation, les œufs seront désinfectés soit par fumigation, soit par trempage (ITAVI, 2007). II-2-1-2 En élevage de poulets de chair et de poulettes Il existe plusieurs étapes dans l’application de la biosécurité en élevage de poulets de chair et de poulettes (FAO, 2008). L’étape fondamentale est la préparation du bâtiment et du matériel d’élevage  Vider complètement le poulailler et les fosses à déjection après le départ des derniers animaux ;  Dépoussiérer au jet d’eau avec une solution désinfectante toutes les surfaces ;  Asperger les surfaces mouillées avec une solution de lessive décapante. Laisser agir environ une demi-heure, puis décaper à la brosse ou au jet (haute pression si possible)  Brosser, rincer puis pulvériser les parois et le sol du poulailler avec une solution de désinfectant ;  Après séchage, pulvérisez toutes les surfaces avec de l’insecticide liquide non toxique pour les volailles ;  Mettre en place une litière neuve (10 cm d’épaisseur ou 5 Kg / m²) ; 28


 Mettre en service un pédiluve rempli de désinfectant concentré et le renouveler régulièrement ;  Nettoyer quotidiennement les abreuvoirs et les désinfecter une fois par semaine ;  Interdire toute visite et laisser reposer le bâtiment vide pendant 15 jours minimum. II-2-2 Mesures de prophylaxie médicale La lutte préventive contre les agressions parasitaires ou infectieuses a recours à deux méthodes qui se complètent : la chimio-prévention la vaccination. II-2-2-1 Chimio-prévention II-2-2-1-1 Contrôle des maladies bactériennes Des traitements antibiotiques préventifs sont effectués dans les circonstances qui peuvent affaiblir la résistance de l’animal (voyages, manipulation des animaux, suites de vaccination, changement de locaux etc.) (BITTY, 2013). II-2-2-1-2 Contrôle des maladies parasitaires Les traitements préventifs systématiques par l’aliment ou l’eau de boisson chez la volaille ont essentiellement pour but de prévenir l’apparition de coccidies, de ténias et d’ascaris qui sont les trois types de parasites les plus couramment rencontrés en Afrique (LANCASTER, 1983). II-2-2-2 Vaccination des volailles La vaccination demeure le seul moyen de lutte contre les maladies virales. Elle est aussi pratiquée pour certaines maladies bactériennes comme la salmonellose. Avant d’entreprendre un programme de vaccination, il est important de connaître les maladies aviaires qui sévissent dans une région ou un pays déterminé, car il est inutile de dépenser de l’argent pour prévenir des maladies inexistantes (SMITH, 1992). La solution vaccinale sera utilisée aussitôt après sa 29


reconstitution. Les volailles ne doivent pas être vaccinées en période de stress. Il faut utiliser un matériel propre, adéquatement lavé et stérilisé, éviter des abreuvoirs métalliques car certains ions peuvent inactiver le virus vaccinal. Pour les vaccins en eau de boisson, les abreuvoirs doivent être vidés en une heure maximum et tous les animaux doivent y avoir accès (FEDIDA, 1996). II-2-2-2-1 Différents types de vaccins Les différents types de vaccins sont les suivants (Tableau VI, P31) :  Vaccins vivants dits « atténués» : ils sont préparés à partir de souches atténuées naturellement ou après passages successifs sur des cultures cellulaires ou sur des œufs embryonnés. La stabilité de la souche finale est contrôlée afin de s’assurer qu’elle ne puisse pas récupérer son pouvoir pathogène. Le virus vaccinal atténué est vivant et se multiplie dans les cellules cibles et peut donc passer d’un sujet à un autre. Cela permet une meilleure diffusion de l’antigène, ce qui est favorable à l’établissement de la protection vaccinale.  Vaccins inactivés ou tués : ils sont préparés à partir de souches pathogènes tuées par un traitement physique ou chimique (formol) qui conserve cependant leur pouvoir immunogène (FEDIDA, 1996).

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Tableau VI: Caractéristiques des vaccins vivants et des vaccins inactivés. Types de vaccins Vaccins à virus

Vaccins à virus inactivés

Caractéristiques

vivants

Vaccination de masse

Oui

Plus difficile

Installation de l’immunité

Rapide

Plus lente

Qualité de l’immunité

Courte durée

Durée longue et de niveau élevé

Réaction vaccinale

Parfois

Non

Vaccination en période de ponte

Non

Oui

Prix

Bon marché

Plus cher

Source : (FEDIDA, 1996) II-2-2-2-2 Voies d’administration On distingue plusieurs voies d’administration des vaccins en aviculture.  Intraoculaire : par instillation dans l’oeil ;  En eau de boisson : administration orale ;  Nébulisation : pulvérisation d’une solution vaccinale sous formes de gouttelettes qui entrent en contact avec les muqueuses de l’œil et du système respiratoires. Les gouttelettes ne doivent pas être trop fines car elles risquent alors de provoquer des troubles respiratoires ;  Injection : sous cutanée, intramusculaire, selon le cas (FEDIDA, 1996). Bien que les productions avicoles modernes soient importantes, les potentialités dont dispose le pays sont encore sous exploitées. Les pathologies aviaires constituent l’une des contraintes majeures du développement de la filière avicole. L’hygiène et les conditions d’élevages sont des éléments capitaux pour prévenir les maladies infectieuses en général et bactériennes en particulier. Lorsqu’elles s’avèrent insuffisantes, on fait donc recours à certaines mesures notamment l’administration d’antibiotiques

pour prévenir ou traiter ces

pathologies. 31


CHAPITRE III. ANTIBIOTHERAPIE ET LES CONSEQUENCES LIES A LEURS UTILISATION EN AVICULTURE. III -1 Antibiothérapie III-1-1 Définition Les antibiotiques sont des substances naturelles produites par des microorganismes, ayant une activité sur des bactéries (ou d'autres microorganismes). Au sens large, on y inclut également les antibactériens de synthèse (produits par synthèse chimique). Leur importance est capitale dans la lutte contre les maladies infectieuses (AFSSA, 2006). III-1-2 Classification des principaux antibiotiques utilisés en aviculture. Le tableau suivant nous renseigne sur les différents antibiotiques utilisés en aviculture tableau VII. Tableau VII: Classification des antibiotiques utilisés en aviculture Antibiotiques Bêtalactamines

Exemples Aminopénicillines : Ampicilline et Amoxicilline Céphalosporines : Ceftiofur

Aminosides et apparentés

Dihydrostreptomycines (DHS), Gentamicine, Néomycine, Streptomycine, Spectinomycine, Framycétine. Acide oxolonique, Fluméquine, Enrofloxacine, Difloxacine, etc. Chlorotétracycline, Oxytétracycline, Doxycycline Colistine (Polymixine E) Erythromycine, Josamycine, Lincomycine, Tylosine, Tilmicosine, Spiramycine, Tiamuline, Tilmicosine Sulfadiazine, Sulfadimidine, Sulfadiméthoxine, Sulfaquinoxaline Triméthoprime

Quinolones Tétracyclines Polypeptides Macrolides et apparentés

Sulfamides Diaminopyrimidines

Source : (MOGENET & FEDIDA, 1998). 32


III-1-3 Associations d’antibiotiques L’objectif premier de l’association des antibiotiques est d’agir en synergie pour potentialiser l’efficacité du traitement. Le vétérinaire doit éviter au maximum le recours aux associations d’antibiotiques (GHARBI et al., 1999). III-1-3-1 Règles d’associations d’antibiotiques Les règles d’associations des antibiotiques qui sont connues sous le nom de Lois de Jawetz, représentent la situation générale avec des exceptions fréquentes; elles sont théoriques et doivent prendre en compte le contexte épidémio-clinique et les résultats de laboratoire. Les situations nosologiques où il est permis d’utiliser une association d’antibiotiques sont les suivantes :  Infections sévères,  Infections poly-microbiennes (infection de la sphère digestive, respiratoire ou cutanée) ;  Afin d’élargir le spectre d’action de ces drogues si le taxon bactérien causant la maladie n’est pas connu (surinfections dues à des viroses respiratoires ou infection de la sphère digestive) ;  Prévenir l’émergence de germes mutants résistants ;  Utiliser chaque antibiotique à des doses inférieures aux Concentrations Minimales Inhibitrices (C.M.I.) normales ;  Infections localisées à germes peu prolifératifs (arthrites, ostéites) ;  La poly-thérapie antimicrobienne doit se limiter à la bithérapie; certains antibiotiques ne peuvent pas être utilisés en monothérapie sinon il y a un risque de développement de mutants (fosfomycine, rifampicine, streptomycine et novobiocine) (Duval et Soussy, 1990).

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III-1-4 Antibiotiques interdits pour le traitement des animaux destinés à la consommation humaine. Il existe certains antibiotiques qui du fait de leur toxicité sont proscrits dans les traitements des animaux dont les produits sont destinés à la consommation humaine. Les informations relatives à ces antibiotiques sont consignées dans le tableau VIII. Tableau VIII: Anti-infectieux à usage interdit pour le traitement des animaux dont les productions sont destinées à la consommation humaine. Principe actif

Règlement

Date

Chloramphénicol

1430/94 (CEE)

22/06/94

Dapsone

3426/93 (CEE)

14/12/93

Dimétridazole

1798/95 (CEE)

25/07/95

Métronidazole

613/98 (CEE)

18/10/98

Furazolidone seule

14402/95 (CEE)

26/06/95

nitrofuranes

2901/93 (CEE)

18/10/93

Ronidazole

3426/93 (CEE)

14/12/92

Source : (Guillemot, 2006). III-2 Conséquences négatives de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux et le consommateur. La mauvaise utilisation des antibiotiques peut être à l’origine de :  la présence de résidus dans les produits alimentaires d’origine animale (si les délais d’attente avant l’abattage ne sont pas respectés),  la contamination de l’environnement (excrétion des antibiotiques à travers les fèces, urines etc.) (KLOTINS, 2006).

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Selon SCIPPO (2008), ces conséquences sont surtout dues aux mauvaises pratiques :  produits du marché parallèle ;  administration sans prescription vétérinaire ;  non-respect des doses et des délais d’attente. III-2-1 Problématique des résidus d’antibiotiques III-2-1-1 Définition des résidus Les résidus sont définis comme étant des substances pharmacologiquement actives, qu’il s’agisse des principes actifs, d’excipients ou de produits de dégradation, ainsi que leurs métabolites restant dans des denrées alimentaires obtenues à partir d’animaux auxquels le médicament vétérinaire en question a été administré, (Article 1, point 1, du règlement (CEE) n°2377/90) (MILHAUD ET PINAULT, 1999). III-2-1-2 Risques sanitaires liés aux résidus des antibiotiques Selon SCIPPO (2008), les risques présentés par les résidus suite à leur utilisation chez les animaux sont de quatre ordres :  risques pour la santé publique ;  risques pour la santé animale ;  risques pour l’environnement ;  et des risques d’ordre technologique. III-2-1-2 -1 Risques pour la santé publique Les risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale sont de plusieurs ordres : risques cancérigènes (Nitrofuranes), risques

allergiques

(Pénicillines,

Streptomycine),

risques

toxiques

(Chloramphénicol), modification de la flore intestinale (Tétracyclines), sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques (plusieurs antibiotiques sont 35


concernés). Outre les risques sanitaires, la présence de résidus de médicaments vétérinaires dans les denrées d’origine animale peut compromettre les échanges internationaux (BADA-ALAMBEDJI et al., 2008). III-2-1-2 -2 Risques pour la santé animale Les antibiotiques utilisés en thérapeutique possèdent en règle générale une faible toxicité. Néanmoins, certains antibiotiques présentent une forte toxicité générale qui empêche leur emploi chez beaucoup d’espèces animales. C’est le cas des antibiotiques ionophores (monensin) qui présentent une toxicité cardiaque majeure. En dehors des toxicités directes d’organe spécifique à chaque antibiotique, toute antibiothérapie doit faire craindre au praticien surtout deux types d’effets indésirables : une perturbation de la flore digestive et des échecs thérapeutiques par sélection de résistance (Tableau IX) (PUYT et GUERINFAUBLEE, 2006). Tableau IX: Toxicité d’organes chez les animaux consécutive à l’utilisation d’antibiotiques Type de toxicité Toxicité rénale

Toxicité hépatique Toxicité hématologique Toxicité nerveuse

Toxicité cardiovasculaire

Toxicité de reproduction

Antibiotique Aminosides, Céphalosporines, Sulfamides... Sulfamides Sulfamides Aminosides Polypeptides Divers antibiotiques Divers antibiotiques

Observations

Rare à doses normales Troubles neurosensoriels Troubles neuromusculaires A forte dose A forte dose, chez les équidés ayant un équilibre neurovégétatif fragile

Oxytétracycline, Aminosides, Rifampicine

SOURCE : (M. GHARBI et al. 1999)

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III-2-1-2 -3 Risques pour l’environnement Il est aujourd’hui admis qu’après un traitement antibiotique, les animaux excrètent dans leur environnement une fraction de la dose administrée présente notamment dans les fumiers ou les lisiers, ainsi que dans les poussières en suspension est dégradée plus ou moins rapidement dans les fosses de rétention. Ceci implique une persistance longue de certains antibiotiques dans l’environnement, ces derniers pouvant alors être présents dans les eaux de surface ou les rivières. De plus, un animal peut se contaminer en s’abreuvant aux eaux de surface. De la même façon, des bactéries d’origine fécale sont épandues avec le fumier, et par conjugaison peuvent transmettre leurs éventuels gènes de résistance aux bactéries du sol. L’utilisation des antibiotiques en élevage représente donc un risque de sélection de résistance chez les bactéries environnementales (CHATELLET, 2007). III-2-1-2 -4 Risques d’ordre technologique La présence d’antibiotiques dans le lait entraîne des accidents de fabrication du fromage, du yaourt et autres produits de fermentation du lait. La présence d’antibiotiques dans la viande entraîne des accidents de fabrication du salami et autres produits de fermentation de la viande (SCIPPO, 2008). III-2-2 Problématique de la résistance aux antibiotiques III-2-2-1 Définition la résistance aux antibiotiques La résistance aux antibiotiques peut être définie selon différents points de vue :  pour le clinicien, une souche bactérienne est résistante à un antibiotique si le traitement n’est pas efficace (on ne peut plus l’éradiquer par l’antibiothérapie) (BOURIN et al., 1993);  pour le pharmacologue, une souche bactérienne est résistante à un antibiotique si les concentrations atteintes au site d’action, sont inférieures à la concentration minimale inhibitrice (GUILLEMOT, 2006) ; 37


 pour le microbiologiste, une souche bactérienne est résistante à un antibiotique si elle dispose d’un mécanisme de résistance augmentant la valeur de la concentration minimale inhibitrice (GUILLEMOT, 2006) ;  pour l’épidémiologiste, une souche bactérienne est résistante à un antibiotique

si

elle

a

une

concentration

minimale

inhibitrice

significativement différente de celle de la population normale, (GUILLEMOT, 2006). Ce phénomène de résistance peut être mis en évidence, in vitro, par la croissance du germe en présence de concentrations d’antibiotiques pouvant être atteintes en thérapeutique, (BOURIN et al ., 1993). III-2-2-2 Modalités d’acquisition et de transmission de la résistance Pour résister, la bactérie développe quatre stratégies principales pour empêcher l’interaction entre l’antibiotique et la cible bactérienne :  brouillage : il s’agit du mécanisme le plus répandu dans la nature. La bactérie synthétise une enzyme qui modifie l’antibiotique et le rend inoffensif ;  camouflage : on a une modification de la cible de l’antibiotique pour la rendre insensible à son action ;  blindage : il s’agit d’empêcher l’accès de l’antibiotique à sa cible. Pour cela, la bactérie peut rétrécir ou fermer les canaux qui rendent la membrane perméable ou synthétiser une pompe membranaire (pompe d’efflux) qui refoule l’antibiotique hors de la bactérie (BOURIN et al., 1993 ; OXOBY, 2002).  - esquive : la bactérie substitue à la cible une autre molécule, non vulnérable. Elle met en place une dérivation métabolique. Deux molécules différentes (l’une sensible, l’autre non) possédant une même fonction coexistent alors dans une même bactérie. Il importe que le phénotype résistant domine le phénotype sensible pour que la résistance soit 38


observée (cas de la résistance aux sulfamides, (Bourin et al, 1993) ; (Oxoby, 2002) III-2-3 Délai d’attente III-2-3-1 Définition C’est le délai à observer entre la dernière administration du médicament à un animal dans les conditions normales et l’utilisation des denrées alimentaires provenant de cet animal pour garantir que ces denrées alimentaires ne contiennent pas de résidus pouvant présenter des dangers pour la santé du consommateur (MILHAUD, 1978). III-2-3-2 Fixation du temps d’attente Pour fixer le temps d’attente d’une substance, il faut dans ce cas étudier son métabolisme pour connaître les lieux d’accumulation et les voies d’excrétion du composé de départ et de ses métabolites et étudier leur déplétion en fonction du temps. Ceci nécessite une première investigation avec des molécules marquées, puis de nombreux travaux complémentaires pour identifier les métabolites et mettre au point des méthodes non radioactives pour les doser. Les différents temps d’attente proposés devront assurer qu’il n’y a pas de résidus mesurables dans les productions de l’animal vivant (lait, œufs) ou dans les denrées alimentaires obtenues après l’abattage (MILHAUD, 1978). Il est indispensable que les instances d’évaluation des divers pays aient un même mode de jugement. Il est impératif d’éviter des divergences d’appréciations pouvant les conduire à fixer des temps d’attente différents pour une même spécialité susceptibles de provoquer un blocage du processus de reconnaissance mutuelle, une entrave à la libre circulation des médicaments et, par ailleurs, susciter de la perplexité chez les utilisateurs (MILHAUD et PINAULT, 1999).

39


La première partie de ce travail a permis de mettre en exergue l’importance de l’aviculture en Côte d’Ivoire. Elle a également permis de comprendre la nécessité de prendre en compte les principes de base de biosécurité dans la prévention sanitaire des maladies, ainsi que la maîtrise de la pratique de l’antibiothérapie dans le traitement des pathologies aviaires d’origine bactérienne. Il en est ressorti la nécessité d’effectuer une analyse des pratiques avicoles et de faire un état des lieux de l’usage des antibiotiques dans les élevages avicoles du Sud de la Côte d’Ivoire qui est une zone de forte production avicole. La connaissance des pratiques avicoles et de l’usage des antibiotiques peut trouver un intérêt dans la réadaptation des pratiques archaïque de l’antibiothérapie en faveur de l’antibiothérapie raisonnée. Elle peut aussi permettre de mieux comprendre les facteurs d’échecs et de réussites des antibiothérapies pratiquées.

40


DEUXIEME PARTIE : ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERI-URBAINE D’ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)  CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES  CHAPITRE II : RESULTATS  CHAPITRE III : DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS

41


DEUXIEME PARTIE : ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERI-URBAINE D’ABIDJAN.

CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES I-1 Zone et période de l’étude La présente étude s’est déroulée d’Août à Novembre 2014 en Côte d’Ivoire, plus précisément dans la zone péri-urbaine d’Abidjan, ville cosmopolite de l’Afrique subsaharienne, capitale économique de la Côte d’Ivoire (Figure 2). Le District d’Abidjan est une mégalopole moderne qui englobe, depuis 2001, dix communes urbaines et trois nouvelles sous-préfectures que sont : Anyama, Songon et Bingerville. En 2012, selon les autorités du pays, la ville d’Abidjan comptait, 4.707.000 habitants soit 20% de la population totale du pays et s’étend sur une superficie de 2.119 Km2, soit 0,6% du territoire national (INS, 2014). Le choix de cette localité se justifie par le fait qu’elle englobe tous les maillons de la filière avicole moderne (M’BARI, 2000) et la majorité des élevages avicoles modernes (80%) du pays (ESSOH, 2006).

42


*

*

* *

*

* *

*

* *

Figure 2: Carte de la répartition spatiale des fermes enquêtées

43


I-2 Matériel Le matériel utilisé est composé de :  Fiches d’enquêtes (voir annexe) ;  Appareil photo numérique ;  Véhicules motorisés ; I-3 Méthodes Pour la réalisation de ce travail, deux types d’enquête ont été menée : une enquête exploratoire et une enquête transversale par questionnaire. I-3-1 Enquête exploratoire L’enquête exploratoire a consisté à avoir des entretiens directs avec les autorités en charge des services vétérinaires afin de recueillir les données existantes sur l’aviculture en Côte d’Ivoire, précisément auprès de :  La Direction des Productions d’Elevage (DPE) ;  Du Programme d’Appui à la Production Avicole Nationale (PAPAN) ;  La Direction des Services Vétérinaires(DSV). I-3-2 Enquête de terrain I-3-2-1 Population cible La population cible est constituée des fermes modernes du District d’Abidjan. I-3-2-2 Echantillonnage Les résultats provisoires du Recensement National des Professionnels de l’Aviculture (RNPA, 2010) organisé par le PAPAN (Programme d’Appui à la Production Avicole Nationale) ont révélé la présence de 382 fermes avicoles modernes dans le District d’Abidjan. En l’absence de données d’études similaires portant sur la zone d’étude, notre méthode d’échantillonnage utilise l’hypothèse d’un partage des opinions à parts égales c’est à dire que l’opinion des membres de la population se partage << moitié-moitié >>. Cela nous 44


donnera la taille d’échantillon maximale. En d’autres termes, on fixe à 0,5 la proportion estimée (p) des éléments de la population mère (population de référence). t : Coefficient de marge de confiance (=1,645) déduit du niveau du taux de confiance s= 90% e : Marge d’erreur(e = 8,5%) En tenant compte de l’apparition à certaines périodes d’éleveurs occasionnels et de l’absence d’une liste récente (2014) des fermes, nous avons calculé la taille de l’échantillon en utilisant la formule suivante (taille population mère inconnue)

t2p (1-p) n=

avec une proportion estimée de 0,5 2

e Source : (RMPD, 2015) n : Taille de l’échantillon (n=93) Sur la base du résultat obtenu, au niveau de confiance 90% avec une précision de 8,5%, au minimum 93 fermes avicoles devront être enquêtées. C’est ainsi que 100 fermes ont fait l’objet de notre enquête. N’ayant pas la liste de ces différentes fermes, nous avons opté pour une méthode de sélection non probabiliste des fermes tout en tenant compte de leur répartition géographique. Ainsi, pour couvrir toute la zone péri-urbaine d’Abidjan, les localités (Figure 2, page 43) ont été choisies suivant les grands axes routiers partant d’Abidjan (Tableau X). Dans chaque localité, l’enquête a été réalisée sur les fermes accessibles, disponibles, avec l’accord du responsable de la ferme. I-3-2-3 Collecte des données La collecte des données s’est faite grâce à un questionnaire rédigé en français. Dans le souci d’améliorer le questionnaire, des pré-enquêtes ont été effectuées sur trois fermes dans la localité de Bingerville en vue de modifier ou éliminer les 45


questions inutiles ou peu adaptées. Cette démarche avait pour but de soumettre aux enquêtés un questionnaire susceptible de fournir des réponses justes, claires et faciles à analyser. Par la suite les questionnaires (voir annexes) ont été administrés auprès des éleveurs. Le questionnaire a porté dans un premier temps sur une analyse des pratiques avicoles, l’usage des antibiotiques et secondairement il a porté sur le recensement des présumés cas d’effets indésirables ou d’inefficacités des antibiotiques survenus chez la volaille. Cette enquête s’est déroulée de façon spontanée ou sur rendez-vous pour les éleveurs exerçant comme activité principale l’aviculture et présents dans leurs exploitations. Cette enquête s’est faite sous forme d’interview (Figure 3, page 47) et sur la base d’observation directe. De plus, la consultation des cahiers de suivis des exploitations avicoles nous a permis de compléter les informations fournies par les éleveurs.

Figure 3: Interview d’aviculteurs dans le District d’Abidjan Source : Auteur I-3-2-4 Plan d’analyse des données Les données récoltées sur la base du questionnaire ont été saisies et analysées par des logiciels :

46


 Le logiciel SPHINX version V.5.1.5.0 a servi à l’élaboration de la fiche d’enquête, la récolte des données, la détermination des moyennes et des fréquences;  Le tableur EXCEL microsoft Office de window 2010 a permis de réaliser les tableaux et graphiques ;

47


CHAPITRE II : RESULTATS II-1 Renseignements généraux sur les exploitations avicoles II-1-1 Répartition des fermes enquêtées en fonction de la zone d’étude Au total 100 fermes de la mégalopole abidjanaise ont été enquêtées. La localité de Bingerville a été celle dans laquelle nous avons enregistré le taux de ferme enquêtée le plus élevé soit 43%. La majorité des fermes enquêtées 72% étaient des élevages de poulets de chair tableau X. Tableau X: Répartition des fermes enquêtées en fonction de la zone d’étude

Axes routiers

localités

Type de spéculation chairs pontes mixtes

Axe AbidjanBingerville Axe AbidjanAnyama

Bingerville

32

9

Angrée Anyama Alépé Songon

1 9 4 11

Zone Aéroportuaire Gonzagueville

Axe AbidjanDabou Axe AbidjanGrand bassam total

total

2

Nombre de fermes 43

1 4 3 5

0 1 0 0

2 14 7 16

2% 14 7% 16%

13

1

1

15

15%

2 72%

1 24%

0 4%

3 100

3% 100%

43%

48


II-1-2 Effectifs dans les différentes fermes enquêtées Sur l’ensemble des fermes enquêtées, un peu plus de la moitié c'est-à-dire 54% avait des effectifs compris entre 1001 et 5000 (Figure 4).

60% 50% 40% 54%

30% 20%

26%

10%

9%

3%

8%

0% moins de 500

500 à 1000

1001 à 5000

5001 à 10000

PLUS de 10000

Figure 4: Effectifs des fermes enquêtées du district d’Abidjan. II-1-3 Niveau d’instruction des propriétaires et des volaillers Les propriétaires des fermes enquêtées sont en général instruits avec un niveau secondaire (45%) et universitaire (43%).Quant aux volaillers, ils ont pour une bonne part un niveau secondaire (51%) et seulement 6% ont un niveau universitaire (Figure 5).

60% 50% 40% propriétaire

30%

volailler

20% 10% 0% Non scolarisé

primaire

secondaire

universitaire

49


Figure 5 : Niveau socioprofessionnel des aviculteurs

II-1-4 Ancienneté des aviculteurs dans le domaine avicole Les investigations portant sur l’ancienneté des aviculteurs ont montré que 57% ont moins de 5 ans d’expérience, 23% ont une expérience variant entre 5 et 10 ans et 20% d’entre eux ont une expérience de plus de 10 ans. II-1-5 Formation des propriétaires sur la pratique avicole Parmi les propriétaires de ferme enquêtées la majorité (88%) n’a pas reçu de formation en aviculture. Seulement 12% ont été formés sur les pratiques avicoles. II-1-6 Provenance de l’aliment et des poussins Les éleveurs du District d’Abidjan s’approvisionnent auprès de plusieurs fournisseurs aussi bien en poussin qu’en aliment (Figure 6). La Société Ivoirienne de Productions Animales (SIPRA) constitue le principal fournisseur de poussins et d’aliments de la plupart des aviculteurs enquêtés et cela dans une proportion de 28% pour les poussins et 39,10% pour les aliments. La SIPRA est directement suivie des particuliers ayant des couvoirs ou des moulins de petites capacités ceux-ci distribuent 22% de poussins et 3,6% d’aliments. Les entreprises d’importation spécialisées dans la distribution d’aliments complets sont au nombre de 2 ; il s’agit de MARIDAV et de KOUDIJS qui distribuent respectivement 0,90% et 3.60% d’aliment aux aviculteurs. De plus en plus, les éleveurs ont tendance à produire de façon artisanale leurs aliments et cela a été constaté dans 43,60% des fermes enquêtées. Les fermes qui importent les poussins représentent 3% de l’ensemble des fermes enquêtées.

50


KOUDIJS MARIDAV FABRICATION SUR FERME IMPORTATEURS PARTICULIERS PROVETO FACI FOANI SIPRA 0%

5%

10%

15%

aliments

20%

25%

30%

35%

40%

45%

50%

poussins

Figure 6 : Provenance des poussins et des aliments fournis aux fermes du district d’Abidjan. II-1-7 Appréciation de la qualité de l’aliment par les éleveurs Sur l’ensemble de fermes enquêtées, 68% des propriétaires fermiers jugent la qualité des aliments bonne, 24% la jugent excellente et 8% la jugent assez bonne. II-1-8 Système d’abreuvement Nous avons constaté que l’eau utilisée pour l’abreuvement des oiseaux provient dans 41,40% des cas de puits, l’eau courante (SODECI : Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) et l’eau de forage sont utilisés dans des proportions respectives de 37,40% et 21, 20%. Plus de la moitié (58,20%) des exploitations ne traitent pas l’eau provenant des puits et des forages, 36,30% utilise de l’eau de javel pour le traitement de cette eau et seulement 5,50% traite l’eau de boisson avec des pastilles de chlore. La qualité de l’eau destinée à l’abreuvement est méconnue pour la plupart des éleveurs car 93,70% des propriétaires fermiers n’ont jamais procédé à l’analyse de cette eau.

51


II-2 Mesures de biosécurité et gestion sanitaire dans les exploitations avicoles II-2-1 Mesures de biosécurité dans les exploitations avicoles Les résultats de l’étude sur le respect des mesures de biosécurité (figure 7) montrent que sur les 100 exploitations avicoles enquêtées, 82,60% ne respectent pas la distance conventionnelle entre deux exploitations avicoles et 32,70% ne possèdent pas une clôture. Un peu plus de la moitié (52,50%) ne respecte pas les normes de construction ; c’est à dire ne tiennent pas compte de l’orientation du bâtiment en vue de favoriser une meilleure aération et d’éviter l’ensoleillement. Le sol et les murs des poulaillers sont cimentés dans 99% des fermes enquêtées. Les bâtiments sont accessibles aux oiseaux sauvages dans 52,90% des cas. La présence d’autres espèces animales (lapins, chiens, dindons, ovins, porcs, poules de race locale, etc.) a été constatée sur 84,90% des fermes enquêtées. La présence de pédiluves à l’entrée des poulaillers et de rotoluve à l’entrée des fermes est effective respectivement dans une proportion de 37,40 % et de 4,10% sur l’ensemble des fermes visitées. Le vide sanitaire est respecté dans la grande majorité des fermes dans une proportion de 86,70%.

52


Sols et murs betonnés Présence d'autres espèces animales sur le… Respect de la durée du vide sanitaire Présence de rotoluve à l'entrée de… Non

Présence de pédiluve à l'entrée des…

Oui

Inaccessibilité du bâtiment aux oiseaux… Respect des normes de construction Présence de clôture Proximité entre les exploitations avicoles 00% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90%100%

Figure 7 : Mesures de biosécurité dans les élevages du District d’Abidjan. II-2-1-1 Fréquence du nettoyage des abreuvoirs et du circuit d’eau Après les traitements, sur l’ensemble des fermes enquêtées, le circuit d’eau est nettoyé à 86 % (Figure 8). nettoyage

pas de nettoyage

14%

86%

Figure 8: Nettoyage du circuit d’eau après un traitement médicamenteux dans le district d’Abidjan. Le nettoyage des abreuvoirs se fait de façon journalière dans 78% des fermes. Pour les éleveurs qui utilisent les abreuvoirs automatiques, le nettoyage de la

53


tuyauterie est variable ; la proportion la plus importante est le nettoyage réalisé après chaque bande (53%) (Figure 9).

80%

78%

70% 60%

53%

50% 34%

40% 30% 20%

13%

10,50%

9%

10%

2,50%

00% 1 fois par jour

2 fois par jour

2 fois par semaine

apres chaque bande

Frequence de nettoyage des abreuvoirs

1 fois par semaine

2 fois par semaine

1 fois par mois

Frequence de nettoyage de la tuyauterie

Figure 9 : Fréquence du nettoyage des abreuvoirs et du circuit d’eau dans les fermes du District d’Abidjan. II-2-1-2 Gestion des cadavres Les cadavres issus des élevages sont soit rejetés dans la nature (20%), soit destinés à la consommation humaine (36%), soit enfouis (43%) ou incinérés (1%). II-2-2 Gestion sanitaire dans les exploitations II-2-2-1 Acteurs et fréquence du suivi sanitaire des fermes Parmi les 100 fermes avicoles enquêtées, 39 fermes (39%) n’avaient pas de conseillers avicoles. Alors que le suivi technique, sanitaire et médical des 61 autres fermes était assuré soit par des Docteurs vétérinaires, soit par des techniciens d’élevage (tableau XI) . Nos investigations ont révélé que très peu de Docteurs vétérinaires (13,10%) interviennent dans le suivi technico-sanitaire des élevages. Ce suivi est assuré en majorité (86,90%) par des techniciens d’élevage. Ceux-ci sont en général des technico-commerciaux de société de provenderie 54


(fabricants d’aliments). Par ailleurs, nous avons constaté que le suivi permanent des exploitations est uniquement assuré par des techniciens à 24,50%. La fréquence des visites hebdomadaires (45,30%) et les visites mensuelles (26,40%) des techniciens sont beaucoup plus importantes que celle des Docteurs. En effet, la moitié des Docteurs vétérinaires (50%), interviennent dans les fermes seulement lorsqu’ils sont interpelés. Tableau XI : Acteurs et fréquence du suivi sanitaire des fermes conseillers avicoles

Nombres de fermes

Nombres et fréquence des visites Permanent

pas de conseillers

conseillers

Total

1 fois/semaine

1 fois/mois

Seulement lorsqu'il est interpellé

1(12,50%)

3(37,50%)

4(50%)

39

Docteurs vétérinaires Techniciens

8(13 ,10%) 53(86,9%)

13(24,50%) 24(45,30%)

14(26,40%)

2(3,80%)

sous total

61

13

17

6

25

100

II-2-2-2 Traçabilité des actes dans les exploitations de la localité d’Abidjan Lors de nos visites, nous avons constaté que les fermes possédant un registre d'élevage ou un autre type de document de suivi représentaient respectivement 53,20 % et 48% des exploitations enquêtées. Par ailleurs, dans les fermes disposant d’un document de suivi (registre, cahier ou fiches techniques), ce document est présenté à 80,40% aux agents de santé lors de leur visite. Le remplissage dudit document se fait essentiellement (66,70%) par le propriétaire de la ferme ou par le volailler, ce remplissage est réalisé à 33,30% par l’agent de santé animale en charge de la ferme. (Figure 10)

55


100,00% 80,00%

19,60% 46,80%

52,00%

66,70%

60,00% 40,00%

80,40% 53,20%

48,00%

33,30%

20,00% 0,00% A

Oui B

Non

C

D

Figure 10: Traçabilité des actes réalisés dans les fermes de la région d’Abidjan A : Présence du registre d'élevage dans la ferme B : Présence d'un document faisant office de registre d’élevage C : Présentation du registre d’élevage ou document équivalent à l'agent de santé animale lors de ses visites D : Remplissage du registre d’élevage ou document équivalent par l’agent de santé animale.

II-2-2-3 Elaboration et application des programmes de prophylaxie sanitaire Les programmes de prophylaxie sanitaire sur la base desquelles les exploitations avicoles fonctionnent sont réalisés aussi bien par les techniciens d’élevages (35,71%), certains éleveurs eux-mêmes (29,59%), les établissements de distribution de médicaments (15,30%) et les accouveurs (11,22%) que par les docteurs vétérinaires (8,16%) (Tableau XII). L’application de ce programme de prophylaxie est respectée dans la grande majorité des exploitations (80,6%). Par ailleurs, les programmes de prophylaxie élaborés par les éleveurs eux- même, les techniciens et les Docteurs vétérinaires sont les plus appliqués suivant les proportions respectives 96,55%, 91,42% et 75%. Les programmes de prophylaxie les moins respectés sont ceux qui sont proposés par les établissements de distribution et vente de médicaments vétérinaires (18,18%). 56


Selon certains éleveurs, les programmes de prophylaxie proposés par les différents prestataires, en occurrence les établissements de vente de médicament, sont trop coûteux. Tableau XII: Elaboration et application des programmes de prophylaxie sanitaire. Etablissement du programme de prophylaxie(%)

Eleveurs

Application

Dr vétérinaires Techniciens Accouveurs

Etablissement de distribution et vente de médicaments

Total

29(29,59%)

8(8,16%)

35(35,71%) 15(15,30%)

11(11,22%)

98(100%)

Oui

28 (96,55%)

6(75%)

32(91,42%) 11(73,33%)

2(18,18%)

79(80,6%)

Non

1(3,44%)

2(25%)

9(81,81%)

19(19,38%)

3(8,57%)

4(26,66%)

II-3 Provenance des antibiotiques et pratique de l’antibiothérapie II-3-1 Provenance des antibiotiques utilisés dans les fermes La majorité (70%) des fermes s’approvisionne aussi bien dans le circuit parallèle que dans les établissements de distribution au détail de médicaments vétérinaires (Figure 11).

18% Etablissement de distribution au détail de médicaments vétérinaires et circuit parallèle

12%

L'agent de santé animale 70% Circuit parallèle

Figure 11: Provenance des antibiotiques utilisés dans les fermes du District d’Abidjan. 57


II-3-2 Pratique de l’antibiothérapie Les antibiotiques utilisés dans les exploitations sont principalement (95%) administrés par les volaillers (Tableau XIII). L’administration des antibiotiques se fait exclusivement (100%) dans l’eau de boisson. La majorité (99%) des exploitants prépare les antibiotiques de façon journalière. Tableau XIII : La pratique de l’antibiothérapie dans les fermes avicoles du District d’Abidjan. Administration d'antibiotiques par Mode d'administration des Antibiotiques Mode de préparation des Antibiotiques

Volaillers Agents de santé animale Dans l'eau boisson Dans l'aliment Par injection Préparation unique pour toute la durée du traitement Préparation journalière

95% 5% 100% 0% 0% 1% 99%

Les résultats portant sur la fréquence d’utilisation des médicaments montrent que les vaccins et les antibiotiques sont les médicaments les plus fréquemment utilisés dans les exploitations avicoles de la zone péri-urbaine d’Abidjan. Les antibiotiques sont administrés aux moins 4 fois /mois dans 47 fermes (soit 47%) (Figure 12).

.

58


70 Nombre de fermes

60 50 40 30 20 10 0

1 fois /mois 12

2 fois /mois 10

3 fois /mois 31

4 fois / mois 47

Antiparasitaires

38

34

17

11

Vaccins

18

12

69

1

Antibiotiques

Figure 12: répartition des médicaments selon leur fréquence d’utilisation des dans les fermes avicoles. La plupart des éleveurs (66,70%) affirme avoir une préférence dans le choix de la forme galénique des antibiotiques utilisés (Figure 13). En général les éleveurs (70,30%) préfèrent les antibiotiques sous forme de poudre. préférence des antibiotiques

Forme galénique des antibiotiques

70,30%

66,70%

33,30%

Oui

Non

29,70%

poudre

solution

Figure 13: Préférence des éleveurs pour la forme galénique des antibiotiques. Les raisons qui expliquent le choix des éleveurs pour une forme galénique des antibiotiques sont motivées pour une bonne part par l’efficacité (40%), la solubilité (19%) et le dosage facile (14%) (Figure 14). 59


8%

solubilité

19%

14%

2%

dépôt de résidus efficacité

6%

côut 11%

conditionnement 40%

dosage facile habitude

Figure 14: Raisons expliquant le choix de la présentation des Antibiotiques II-3-3 Automédication et attitude des éleveurs vis-à-vis des manques d’efficacité suspectés dans les élevages du District d’Abidjan Une bonne partie (59,70%) des exploitants avicoles pratique l’automédication. Lorsque l’antibiothérapie entreprise par les aviculteurs ne donne pas les résultats escomptés, 44% des exploitants mettent en jeux l’action conjointe d’une augmentation de la dose et d’un prolongement de la durée dudit traitement et 28% d’entre eux ont recours à une association de plusieurs antibiotiques de façon à augmenter l’action de ceux-ci (Figure 15).

60


augmentation de la dose et ou prolongement la dose du même traitement

4% 11%

13%

association de plusieurs types d'antibiotiques 28%

rappel de l'agent de santé qui a préscrit l'antibiotique 44% faire appel à un autre agent de santé remplacement de l'antibiotique par un autre

Figure 15: Attitude des éleveurs vis-à-vis des manques d’efficacité suspectés dans les élevages du District d’Abidjan. II-3-4 Evaluation du niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente L’étude portant sur la connaissance de la notion de résidus nous a permis de constater que 95% des éleveurs n’ont aucune notion de ce terme (Figure 16). En ce qui concerne le délai d’attente, 39,40% des éleveurs ont donné une définition assez satisfaisante. Par ailleurs, sur l’ensemble des fermes enquêtées, 80,60% ne respectent pas le délai d’attente avant de mettre à la disposition des consommateurs la viande de poulet et les œufs de poules en provenance des élevages soumis à une antibiothérapie. Un peu plus de la moitié (52,50%) des éleveurs est consciente du fait que la mauvaise utilisation des antibiotiques est susceptible d’engendrer des soucis de santé publique.

61


100% 90% 47,50%

80%

60,60%

70% 60%

80,60% 95,00%

50% 40% 52,50%

30%

39,40%

20%

19,40%

10%

5,00%

0% notion de résidus

notion de delai d'attente

prise en compte des risque sur la santé 2 notions publique Oui

Non

Figure 16: Niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente II-3-5 Présumés effets indésirables et inefficacité des antibiotiques utilisés dans le district d’Abidjan II-3-5-1 Cas de suspicions d’inefficacité survenues chez la volaille Des suspicions d’inefficacité des antibiotiques ont été enregistrées dans 16% des fermes enquêtées. Les molécules incriminées sont consignées dans le Tableau XIV à la page 63. Le manque d’efficacité des antibiotiques est surtout rencontré lors de l’utilisation des tétracyclines administrées seules (n=5) ou en association avec d’autres classes d’antibiotiques (n=6) sur les 11 molécules suspectées d’être à l’ origine d’inefficacités observées. La plupart des cas de suspicions d’inefficacité apparaissent après usage des antibiotiques selon la notice. Dans certains cas, une augmentation de la dose prescrite a également abouti à un échec thérapeutique.

62


Tableau XIV: Listes des molécules suspectées d’insuffisance d’efficacité. Famille pharmaceutique Tétracycline

Formes pharmaceutiques Poudre

Utilisation selon notice Oui *

Motif du traitement

Tétracycline

Poudre

Oui*

Tétracycline et vitamine

Poudre

Oui

Tétracycline

Poudre

Oui

Affection respiratoire

tétracycline

Poudre

Oui *

Tétracycline et colistine

Poudre

Ne sais pas

Boiterie Affection respiratoire Colibacillose

enrofloxacine

liquide

Oui *

Affection respiratoire

Tylosine doxycycline

Poudre

Oui

Affection respiratoire

Tylosine doxycycline

Poudre

Oui

Affection respiratoire

colistine

Poudre

Oui

Colibacillose

Tylosine doxycycline

Poudre

Oui

Affection respiratoire

Affection respiratoire Affection digestive et boiterie Affection respiratoire

*: Echec thérapeutique malgré augmentation de la dose usuelle après constations de la suspicion d’inefficacité. II-3-5-2 Cas d’effets indésirables survenus chez la volaille Les informations recueillies auprès des éleveurs ont permis de constater que sur l’ensemble des fermes enquêtées, des cas d’effets indésirables survenus chez la volaille ont été observés dans 6 exploitations soit 6 % de la totalité des fermes enquêtées.

63


II-3-5-2-1 Molécules incriminées Les cas d’effets indésirables constatés par les éleveurs enquêtés sont dus à différentes molécules d’antibiotiques (Tableau XV) Tableau XV: Liste des molécules suspectées d’être à l’origine d’effets indésirables. Famille pharmaceutique Quinolone

Forme pharmaceutique liquide

Utilisation selon notice Oui

Tetracycline colistine enrofloxacine

poudre

Oui

liquide

Non

Colistine Trisulmycine Spiramycine

poudre

Oui

Poudre

Oui

Motif du traitement Affection respiratoire Antibiothérapie préventive Affection respiratoire Affection respiratoire Affection respiratoire Coccidose

II-3-5-2 -2 Types d’effets indésirables Les effets indésirables constatés sont des troubles digestifs, des troubles neurologiques et des troubles de production (baisse de niveau de production d’œufs et baisse de poids) (Tableau XVI). Tableau XVI: Types d’effets rencontrés en fonction des molécules. Troubles molécules incriminées Quinocole Tetracycline et colistine enrofloxacine

Digestifs

Mortalités

Neurologiques Productions

* *

* *

*

*

Colistine et Trisulmycine

*

Spiramycine

*

* *

* 64


II-3-5-2-3 Evolution des cas d’effets indésirables Les effets indésirables ont conduit pour la plupart à des guérisons sans séquelles ou parfois à la mort des volailles. II-3-6 Déclaration des cas d’effets indésirables et des suspicions d’inefficacité des antibiotiques Parmi les utilisateurs d’antibiotiques qui ont eu l’occasion de constater des cas d’effets indésirables et/ou de défauts d’efficacité, seulement 12% les ont signalés (Figure 17). oui

non

12%

88%

Figure 17: Déclaration des cas d’effets indésirables et suspicion de défaut d’efficacité. Les personnes ou structures auxquelles ces cas ont été signalés sont majoritairement les agents de santé en charge du suivi de l’élevage (50%), les collègues éleveurs (48%) ; seulement 2% des cas ont été signalés à l’établissement de distribution des médicaments vétérinaires. Aucun éleveur ayant constaté ces cas les a déclarés à la Direction des Services Vétérinaires (Figure 18).

65


collégues éleveurs

50% 48%

Etablissement Etablissementdededistribution distributiondede produits produitsveto vétérinaire Agent de santé animale qui suit la ferme

2%

Figure 18: Les déclarations.

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CHAPITRE III : DISCUSSION Elle portera sur la méthodologie de travail et les résultats obtenus III -1 Méthodologie III -1-1 Choix de la zone d’étude Le district d’Abidjan a été choisi comme zone d’étude non seulement parce qu’il constitue une zone de forte consommation de viande de volailles mais encore parce qu’il représente les principaux pôles d’élevages moderne en Côte d’Ivoire. Par ailleurs dans la politique de développement de l’élevage, le Sud de la Côte d’Ivoire a été choisi pour l’élevage des animaux à cycle court comme la volaille. Le district d’Abidjan est devenu une zone de forte production (ESSOH, 2006). III -1-2 Choix des élevages cibles Le choix des élevages de poulets de chairs et de poules pondeuses pour mener cette étude permet d’appréhender et de comprendre les pratiques avicoles mais surtout d’évaluer l’usage des antibiotiques dans ces différentes spéculations. Nous avons dans un premier temps calculé l’échantillon dans le cas d’une population de référence finie en nous appuyant sur la taille de la population disponible depuis 2010. Et secondairement en tenant compte de l’apparition à certaines périodes d’éleveurs occasionnels et l’absence d’une liste récente (2014) des élevages, nous avons recalculé la taille de l’échantillon. A l’issue de ces deux échantillons calculés nous avons décidé d’enquêter 100 fermes. L’absence d’une base de données d’identification des élevages permettant de fournir des informations relatives à la localisation et à la catégorisation des fermes ; la méfiance des éleveurs vis-à-vis des personnes étrangères sont les multiples raisons qui nous ont motivé à choisir une méthode de sélection non probabiliste des fermes.

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Cette méthode a en effet, l’avantage d’être applicable lorsqu’il n’est pas possible de constituer une liste exhaustive et récente de toutes les unités du sondage. Le choix des sites d’enquêtes à partir des axes routiers nous a permis d’enquêter bon nombre de fermes, surtout les plus accessibles. Cette technique a été également utilisée par BITTY (2013) lors de ces enquêtes sur la gestion sanitaires et les pratiques médicales dans les fermes avicoles de la zone périurbaine d’Abidjan. III-2 Discussion des résultats obtenus III-2-1 Renseignement généraux sur les élevages avicoles III-2-1-1 Niveau d’instruction des propriétaires, des volaillers, ancienneté et formation en aviculture La majorité c’est à dire 88% des propriétaires fermiers n’a pas reçu de formation en aviculture. Or pour mener à bien un élevage avicole, il est nécessaire d’avoir un certain nombre d’outils. Aujourd’hui, la conduite des élevages intègre de plus en plus la notion de santé publique qui implique la qualité des aliments d’origine animale et la notion de protection de l’environnement. Les informations recueillies montrent que 43% des propriétaires ont un niveau universitaire. Ce résultat est légèrement en dessous de celui obtenue par BITTY (2013) qui a trouvé que 56% des propriétaires de la même zone d’étude avaient un niveau universitaire. Les investigations portant sur l’ancienneté des aviculteurs ont montré que 57% des éleveurs ont moins de 5 ans d’expérience. Ce résultat est pratiquement semblable à celui obtenu par DOSSO (2014), dans son étude réalisée dans le département d’Agnibilékrou (Côte d’Ivoire). En effet, cet auteur a montré que (56%) des exploitants ont une ancienneté dans l’aviculture inférieure à 5 ans.

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Les mauvaises pratiques d’élevages et la faible productivité observées dans les exploitations enquêtées seraient liées au manque de formation et d’expérience. En effet, la formation joue un grand rôle dans la conduite de l'élevage. Ainsi, le nombre d'années d'expérience renforce les capacités acquises pendant la formation. Selon NAMBATE (2009), dans son étude portant sur la prospection pour l’amélioration de l’aviculture semi-intensive de la zone périurbaine d’Abidjan, des taux de mortalité de 17 et 18 % ont été enregistrés sur les élevages dont l’exploitant manquait d’expérience. Alors que l’un des principaux objectifs d’un élevage productif est d’enregistrer un taux mortalité inférieure à 5%. III-2-1-2 Provenance des aliments, des poussins et appréciation de la qualité de l’aliment par les éleveurs Les unités de production locale d’aliment contribuent dans 56,3% des cas à l’approvisionnement des fermes en aliment complet. Ces résultats sont inférieurs à ceux obtenus par NAMBATE (2009) qui avait rapporté que les fermiers de la zone d’Abidjan distribuaient aux oiseaux (poulets de chair) de l'aliment d'origine industrielle à 90,91%. Ce qui pourrait le fait que les éleveurs ont tendance à fabriquer leur propre aliment car selon eux les coûts pratiqués par les fabricants industriels sont élevés. De plus, le marché ivoirien commence à être envahi par les aliments importés. En ce qui concerne les poussins, la SIPRA est le principal fournisseur avec 28%. Il faut souligner que les accouveurs du marché local ne parviennent pas à satisfaire la demande. En effet, l’accessibilité à temps voulu aux poussins de qualité et en quantité est aujourd’hui pour les éleveurs une véritable problématique. Cette difficulté d’approvisionnement en poussins d’un jour serait liée à plusieurs facteurs tels que l'insuffisance de production des accouveurs industriels, l’insuffisance de la planification de l’offre et de la demande, l’apparition à certaines périodes d’éleveurs occasionnels. C’est la raison qui 69


pourrai expliquer certains éleveurs commencent à se tourner vers l’importation de poussins d’un jour. III-2-1-3 Système d’abreuvement L’eau utilisée pour l’abreuvement des oiseaux provient à 41,40% de puits, L’eau courante (SODECI : Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) et l’eau de forage sont utilisées dans des proportions respectives de 37,40% et 21, 20%. Ces pourcentages sont en discordance avec ceux obtenus par DOSSO (2014) qui montraient que les fermiers d’Agnibilékrou distribuaient aux oiseaux de l'eau qui provenait à 100% des puits et forages. Cette discordance pourrait être justifiée par le fait que la localité d’Abidjan est une zone fortement urbanisée d’où l’accessibilité à l’eau courante (SODECI) est beaucoup plus aisée que dans celle d’Agnibilékrou qui est rurale. Nos résultats sont également différents de ceux obtenus par WOUEMBE (2013) qui avait constaté que l’eau d’abreuvement dans les fermes de la région de l’Ouest du Cameroun provenait à près de 90% des puits et des forages. La qualité de l’eau utilisée pour l’abreuvement des fermes enquêtées est méconnue par la plupart des éleveurs car 93,70% des propriétaires fermiers n’ont jamais procédé à l’analyse de cette eau. Le traitement via l’eau de boisson présente s’il est bien réalisé de nombreux avantages. Il permet une intervention rapide et une grande flexibilité (dose, durée…). Cependant, l’usage d’une eau de mauvaise qualité bactériologique et chimique peut engendrer des troubles digestifs; les entérites non spécifiques chez la dinde et le poulet en sont un bon exemple. Aussi l’eau de mauvaise qualité est susceptible d'interagir avec le matériel qui la distribue (FULBERT et ALEXANDRE, 2008). Plus de la moitié (58,20%) des exploitations ne traite pas l’eau de boisson en provenance des puits et des forages. Cependant, 36,30% des exploitations n’ayant aucune idée sur sa qualité microbiologique utilisent de l’eau de javel 70


pour le traitement de cette eau et seulement 5,50% traite l’eau de boisson avec des pastilles de chlore. Le traitement de l’eau avec le chlore est la solution la plus fréquemment rencontrée en élevage, cette méthode reste la plus économique, efficace si elle est maîtrisée, simple à contrôler mais n'a pas toujours bonne presse (goût, odeur, etc.) (FULBERT et ALEXANDRE, 2008). III-2-2 Mesures de biosécurité et gestion sanitaire dans les exploitations avicoles III-2-2-1 Mesures de biosécurité Les résultats de l’étude sur le respect des mesures de biosécurité montrent que sur les 100 exploitations avicoles enquêtées, 82,60% ne respectent pas la distance conventionnelle entre deux exploitations avicoles. Ces résultats concordent avec ceux obtenu par DOSSO (2014) qui montrait dans son étude réalisée dans la localité d’Agnibilékrou que 98% des fermes ne respectaient pas la distance conventionnelle séparant 2 exploitations avicoles. La proximité entre les différents élevages est liée au fait que l’Etat s’implique très peu lors de l’installation des exploitations avicoles, de plus aucune réglementation n’est établie pour définir les règles d’implantation et de construction des élevages (WOUEMBE, 2013). Ce phénomène constituerait un danger et pourrait favoriser la diffusion des germes d’une ferme à une autre, compte tenu du fait que certains germes diffusent facilement sous forme d’aérosol. De nos résultats, il ressort que 67,30% des élevages sont clôturés. La présence d’une clôture s’avère essentielle pour l’isolement en biosécurité. Ce pourcentage est inférieur à celui D’OULON (2010) qui a trouvé que 92% des exploitations avicoles des départements de Rufisque et de Thiès au sénagal étaient clôturées. L’absence de clôture dans la plupart des fermes peut être due à un manque de moyens financiers (WOUEMBE 2013). Il est à souligner dans notre cas, que la

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plupart des fermes disposant de clôture, sont des clôtures de fortune susceptible de se détériorer au fil du temps sous l’action des intempéries. Le sol et les murs des poulaillers sont cimentés dans 99% des fermes enquêtées. Ce résultat est pratiquement le même que celui obtenu par DOSSO (2014) qui avait montré que les sols et les murs de tous les poulaillers étaient cimentés. Le sol et les murs, lorsqu’ils sont bétonnés constituent un atout majeur en terme de biosécurité car ils offrent une meilleure aptitude à la décontamination et facilite les opérations de nettoyage et désinfection dont le but essentiel est de supprimer les sources et les réservoirs de contaminants pathogènes (DROUIN, 2000). Un peu plus de la moitié des fermes enquêtées (52,50%) ne respecte pas les normes de constructions. Nos résultats sont comparables à ceux de NAMBATE (2009) qui indique que les bâtiments d'élevage dans la majorité des cas sont mal construits, et précise qu’après le manque de formation et l’inexpérience des exploitants, une deuxième cause pouvant expliquer la mauvaise productivité serait la mauvaise qualité des bâtiments d'élevage. Le vide sanitaire permet de prolonger l’action du désinfectant et d’assécher le sol et le bâtiment. Les poulaillers représentent un milieu propice à la survie et même à la multiplication des agents pathogènes : bactéries, virus, parasites. En l’absence de désinfection et de vide sanitaire efficace, les germes présents dans l’élevage pourront se transmettre aux bandes suivantes (FEDIDA, 1996). Le vide sanitaire est respecté dans la grande majorité des fermes dans une proportion de 86,70%. Cette forte proportion pourrait être due au fait que la période de vide sanitaire coïnciderait parfois ave la période d’attente des poussins commandés auprès des accouveurs, compte tenu du fait que les éleveurs sont en proie à un manque cruel de poussins sur l’étendue du territoire, Nos résultats sont similaires à ceux obtenus par WOUEMBE (2013) dans 72


l’Ouest du Cameroun où 80% des exploitations avicoles respectaient aussi le vide sanitaire. La même tendance est observée par DOSSO (2014) dont les résultats montrent que dans la zone péri-urbaine d’Abidjan le vide sanitaire est respecté dans toutes les fermes enquêtées. La présence de rotoluve pour la désinfection des véhicules à l’entrée des exploitations est très peu respectée (4,10%). Cette observation est presque similaire aux résultats (2%) d’une étude analogue réalisée dans la même localité par BITTY (2013). Le respect de cette mesure sanitaire permettrait de réduire l’introduction de germes pathogènes dans la ferme. Ces germes peuvent être transportés par les véhicules lors de la livraison d’aliment ou de poussins ou lors de visites diverses. La présence de pédiluves à l’entrée des poulaillers est effective dans une proportion de 37,40 % seulement. Dans une étude similaire, il a été constaté que seulement 4% des poulaillers possèdent des pédiluves (DOSSO, 2014). Les aviculteurs justifient l’absence des pédiluves par le coût élevé des désinfectants utilisés. Pourtant, une bonne utilisation des pédiluves à l’entrée de chaque bâtiment d’élevage contribuerait à limiter la survenue des maladies aviaires dans la ferme. En effet, selon RACICOT (2011), plusieurs études expérimentales ont démontré le rôle potentiel des humains, en tant que vecteur mécanique, dans la transmission de maladies. Par exemple, certains mycoplasmes comme Mycoplasma

gallisepticum

peuvent être transportés

par

les

humains

(GOODWIN, 1985 ; CHRISTENSEN et al., 1994). L’absence de barrière d’hygiène est un facteur de risque important pour l’introduction des bactéries (HALD et al., 2000 ; NEWELL et FEARNLEY, 2003). Au-delà du fait qu’il existe très peu de pédiluve à l’entrée des bâtiments nous avons constaté que ceux qui existent déjà étaient parfois mal tenus. En effet, un bon pédiluve est sensé contenir de l’eau associé à un désinfectant qui doivent être régulièrement

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renouvelé, ce qui n’est pas le cas dans certaines exploitations que nous avons visité. Après les traitements, le circuit d’eau est nettoyé à 86,10 % des cas. Lorsque le circuit n’est pas régulièrement nettoyé, il est soumis au risque de formation de biofilm. En effet, en élevage avicole, le développement important de biofilm (composé de cellules bactériennes et de polymères extracellulaires) au sein des canalisations d’acheminement d’eau est souvent la cause de troubles digestifs et de la baisse de performance des animaux (CHAZARENC, 2010). Le nettoyage des abreuvoirs se fait de façon journalière dans 78% des fermes enquêtées. Ce taux de nettoyage des abreuvoirs est lié au fait que très peu d’éleveurs utilisent les abreuvoirs automatiques dont la fréquence de nettoyage est moins importante. Le nettoyage journalier des abreuvoirs permet d’éviter la contamination de ceux-ci par des germes pathogènes, germes qui pourront se retrouver dans l’eau d’abreuvement. Pour les éleveurs qui utilisent les abreuvoirs automatiques, le nettoyage de la tuyauterie est variable. La proportion la plus importante est le nettoyage qui est réalisé après chaque bande (53%). De tout ce qui précède, il nous ait donné de constater que les pratiques d’hygiène et les mesures de biosécurité observées sur l’ensemble des fermes enquêtées laissent à désirer. Pour pallier à ce manque d’hygiène, les éleveurs ont recours aux antibiotiques pour juguler les pathologies dont il est responsable. Les quantités globales d’antibiotiques utilisées sont effectivement liées aux pratiques d’hygiène et de biosécurité, à la conduite sanitaire des lots et à l’attitude des éleveurs face aux antibiotiques (CHAUVIN, 2001). Notre étude montre que 20% des cadavres en provenance des fermes enquêtées sont rejetés dans la nature. Ce résultat est inférieur à celui obtenu (38%) par DOSSO (2014). Cette pratique pourrait augmenter le risque de propagation et de 74


persistance des germes dans les fermes. Ce résultat expliquerait aussi la ressemblance entre les pathologies diagnostiquées dans les différentes fermes de la zone d’étude surtout que les fermes sont proches les unes des autres. Au total, 36% des cadavres issue des fermes enquêtées sont destinés à la consommation humaine. La consommation des cadavres par l’homme augmenterait le risque d’exposition de celui-ci à certaines maladies zoonotiques telles que l’Influenza aviaire. En effet la manipulation des cadavres lors de la plumaison et l’éviscération pourrait exposer le manipulateur à certains germes. En général les poulets qui meurt dans les élevages sont sous antibiothérapie ce qui suppose que leurs viandes est susceptible de contenir des résidus. Le manque de moyens, et surtout l’ignorance des consommations de cadavre de poulet du danger que représentent les maladies zoonotiques et la présence de résidus dans cette viande pourraient justifier cette consommation. Cependant 42% enfouissent les cadavres et seulement 1% des fermes enquêtées les incinèrent. Ces deux dernières constitueraient des méthodes susceptibles de limiter la propagation et la persistance des germes dans les fermes. On peut donc conclure sur la base des constats faits que l’élevage n’est rien d’autre que de l’hygiène en action, dans la mesure où le manque d’hygiène occasionne des pertes énormes; pertes qui seraient liées aux innombrables pathologies et aux mortalités qu’il engendre. Le respect des pratiques d’hygiène est fondamental dans la réussite de l’élevage moderne car il permet de réduire le microbisme ambiant, donc l’impact des maladies et l’emploi des anti-infectieux (CARDINALE et al., 2001).

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III-2-2-2 Gestion sanitaire des exploitations III-2-2-2-1 Suivie sanitaire des fermes et traçabilité des actes Parmi les 100 fermes enquêtées, le suivi technique, sanitaire et médical est assuré dans 61% des cas par un agent de santé animale. Ce pourcentage serait dû au fait que les éleveurs ont compris le bien-fondé de la présence d’un agent de santé animale dans leurs élevages. La gestion rigoureuse et rationnelle des élevages est fortement corrélée à la présence d’un agent de santé chargé du suivi sanitaire de ces élevages. La gestion sanitaire des exploitations avicoles par les vétérinaires permet de réduire l’impact des pathologies aviaires (GBAGUIDI, 2007). Cette proportion est quasi identique à celle observée par DOSSO (2014) qui montrait que le suivi sanitaire était réalisé dans 60% des fermes de la localité d’Agnibilékrou par un agent de santé animale. Nos résultats et ceux de DOSSO (2014) sont comparables à ceux obtenus par PARE (2012) où 77,77% des fermes de la zone périurbaine de Dakar disposaient, pour le suivi, d’agents de santé animale (Vétérinaires, Ingénieurs ou Techniciens d’élevage). Nos investigations ont révélé que très peu de Docteurs vétérinaires (13,10%) interviennent dans le suivi technico-sanitaire et médical des élevages. Ce suivi est assuré en majorité (86,90%) par des techniciens d’élevage. Le faible taux de Docteur vétérinaire pourrait s’expliquer par le coût élevé de leurs prestations. Aussi faut-il souligner qu’en Côte d’Ivoire il existe très peu de Docteurs vétérinaires installés en clientèle privée (BITTY, 2013). Par ailleurs, nous avons constaté que les visites permanentes des fermes sont uniquement assurées par les techniciens d’élevage (24,50%). La fréquence des visites hebdomadaires (45,30%) et mensuelles (26,40%) des techniciens est beaucoup plus importante que celle des docteurs vétérinaires. En effet, la moitié des docteurs vétérinaires (50%), interviennent dans les fermes que seulement 76


lorsqu’ils sont interpelés. Ce résultat concorde avec celui obtenu par AWONO et LY (2003) qui ont remarqué que 84% des aviculteurs de la zone périurbaine de Dakar (Sénégal) ne font appel à un vétérinaire que lorsqu’il y a un problème qu’ils jugent grave. Sur l’ensemble des fermes visitées, 53,20 % des fermes possèdent un registre d'élevage et 46,80% possèdent un autre type de document de suivi. Ces résultats diffèrent de ceux d’une étude similaire, réalisée par DOSSO (2014) dans la région d’Agnibilékrou, qui montrait que seulement 8% des exploitations enquêtées avait un registre d’élevage. III-2-2-2-2 Gestion des programmes de prophylaxie Les programmes de prophylaxie sanitaire que suivent les exploitations avicoles sont élaborés aussi bien par les techniciens d’élevages (35,71%), les Docteurs vétérinaires (8,16%), les établissements de distribution de médicaments (15,30%) et les accouveurs (11,22%) que par certains éleveurs eux-mêmes (29,59%). L’application de ce programme de prophylaxie est respectée dans la grande majorité des exploitations (80,6%). Par ailleurs, les programmes de prophylaxie mis en œuvre par les éleveurs eux-mêmes les techniciens et les docteurs vétérinaires sont les plus respectés suivant les proportions respectives 96,55%, 91,42) et 75%. Les programmes de prophylaxie les moins respectés sont ceux qui sont proposés par les établissements de distribution et vente de médicaments vétérinaires (81,81%). Selon certains éleveurs, les programmes de prophylaxie proposés par les différents prestataires, en occurrence les établissements de vente de médicament, sont trop coûteux. Pour eux, ces prestataires sont plus soucieux de l’écoulement de leurs stocks que de mettre à la disposition des éleveurs des programmes de prophylaxie efficaces. 77


Bien que la plupart des exploitants applique les programmes de prophylaxie sur les fermes enquêtées, la fréquence élevée des pathologies montre l’existence de nombreuses failles dans les systèmes de gestion sanitaire et de pratiques médicales. La mauvaise application des programmes de prophylaxies sanitaires et médicales augmente la survenue des pathologies et par conséquent l’usage des antibiotiques. La nécessité d’application rigoureuse des mesures de prophylaxie sanitaires et médicales s’impose avec l’intensification des productions qui augmentent le risque de transmission des maladies contagieuses (VAILLANCOURT, 2009). III-2-3 Provenance et pratique de l’antibiothérapie III-2-3-1 Provenance des antibiotiques utilisés dans les fermes L’étude portant sur l’utilisation des antibiotiques montre que les établissements ainsi que le circuit parallèle contribuent à 70% dans la distribution des antibiotiques. Cette forte proportion serait liée à la présence de tous les établissements de distribution de médicament dans la zone d’étude. Le marché parallèle représente la vente illégale et non autorisée des médicaments vétérinaires (BIAOU et al., 2002). La circulation des médicaments vétérinaires dans le circuit parallèle s’effectue de façon anarchique et sans contrôle. Pour cette raison, ce circuit constitue la voie potentielle d’entrée de médicaments vétérinaires de mauvaise qualité en Afrique (VAN GOOL, 2008). Certaines fermes (18%) s’approvisionnent uniquement dans le circuit parallèle. Ces observations viennent confirmer celles d’OULAI, (2004) qui avait montré qu’un marché parallèle des médicaments vétérinaires existait en Côte d’Ivoire. Ce marché est animé par les non professionnels notamment les marchands de bétail qui s’approvisionnent au Burkina Faso, au Ghana, au Mali, parfois auprès des grossistes répartiteurs nationaux et ravitaillent les éleveurs.

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III-2-3-2 Pratique de l’antibiothérapie Les antibiotiques utilisés dans les exploitations sont principalement (95%) administré par les volaillers. Une étude similaire menée par DOSSO (2014) a montré que l’administration des antibiotiques aux animaux se fait à 88% par les volaillers qui sont pour la plupart non formés dans les écoles d’élevage. Lorsque le médicament est administré par une personne non qualifiée, le traitement risque d’aboutir à un échec (FEDIDA, 1998). Nos résultats sont semblables à ceux de MESSAI (2006) qui a observé que 90% des éleveurs des Wilayas d’Algérie procèdent eux-mêmes à l’administration des médicaments qui leurs sont prescrits. Pour toutes les exploitations enquêtées, l’administration des antibiotiques se fait exclusivement dans l’eau de boisson. On pourrait expliquer cette attitude par le fait que cette méthode constituerait la méthode la plus facile à pratiquer par les éleveurs. Les résultats portant sur la fréquence d’utilisation des médicaments dans les fermes montrent que les antibiotiques sont administrés au moins 4 fois/mois dans 47 fermes (soit 47%), à raison de 3 jours par traitement. il ressort que les poulets sont sous antibiothérapie pendant 12 jours sur les 45 jours de leur vie. Cette utilisation des antibiotiques est faite aussi bien à but préventif que curatif. Les observations de la Food and Drug Administration (FDA) viennent corroborer ces résultats en montrant que des quantités énormes d’antibiotiques ont été administrés aux animaux destinés à l’alimentation en 2009, pour la plus grande partie à des animaux en bonne santé. Lorsque l’antibiothérapie ne donne pas les résultats escomptés, 44% des exploitants procèdent à une augmentation de la dose et à un prolongement de la durée du traitement. Une telle attitude pourrait avoir comme conséquence la présence de résidus dans l’organisme des animaux. Selon SCIPPO (2008) les 79


résidus des antibiotiques présentent des risques pour la santé publique, la santé animale et l’environnement Les risques pour la santé publique sont liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale ; il s’agit des risques cancérigènes, des risques allergiques et des risques toxiques. Outre les risques sanitaires, la présence de résidus de médicaments vétérinaires dans les denrées d’origine animale peut compromettre les échanges internationaux (ALAMBEDJI & al, 2008). Les risques pour la santé animale sont liés à la forte toxicité de certains antibiotiques et à des échecs thérapeutiques par sélection de résistance. Les risques pour l’environnement sont liés à l’excrétion dans l’environnement de fractions de doses d’antibiotique administré. L’utilisation des antibiotiques en élevage représente donc un risque de sélection de résistance chez les bactéries environnementale. Aussi, pour venir à bout d’une suspicion d’inefficacité, 28% d’entre eux ont recours à une association de plusieurs antibiotiques de façon à augmenter l’action synergique de ceux-ci. Le mélange de deux spécialités est possible et se raisonne en fonction de la compatibilité physicochimique des principes actifs et de l’intérêt thérapeutique de l’association. En théorie, deux principes actifs ont d’autant plus de chances d’être compatibles entre eux que leurs caractéristiques acido-basiques sont proches (FULBERT et ALEXANDRE, 2008). Seulement 13% des éleveurs de la localité d’Abidjan changent de molécule en cas de défaut d’efficacité constaté. Cette observation est en discordance avec celle de DOSSO (2014) qui explique qu’en cas d’apparition d’une pathologie dans l’élevage, lorsque le premier traitement effectué échoue, les éleveurs dans la majorité des cas (44%) changent de molécules d’antibiotiques.

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Toutes ces informations concourent à dire que les éleveurs tâtonnent entre les molécules jusqu’à ce que le problème sanitaire observé disparaisse. Les éleveurs trouvent dans l’usage des antibiotiques, le moyen le plus efficace de pallier à tout problème sanitaire et aux défectuosités observées dans la conduite d’élevage. Or selon SANDERS et al. (2011) l’usage des antibiotiques doit s’effectuer dans un contexte de maîtrise des infections bactériennes en élevage et suppose une prescription basée sur un diagnostic vétérinaire. Ce qui n’est pas le cas dans la majorité des élevages enquêtés et cela a été démontré par les travaux effectués dans la même zone d’étude par BITTY (2013) qui précise que seuls 9% des éleveurs avaient recours aux laboratoires pour un diagnostic de confirmation des pathologies aviaires. En effet les moyens de diagnostic les plus utilisés se limitent aux symptômes observés et aux autopsies réalisées par les agents de santé. Les moyens de diagnostics rudimentaires constituent un frein majeur pour le diagnostic des pathologies et le choix décisionnel en ce qui concerne le choix thérapeutique. Selon RICHARD et al. (1982), l’emploi systématique d’antibiotiques à large spectre est dangereux. L’usage aveugle de ces molécules a, en général, pour résultat de perturber ou de détruire les barrières écologiques et la sélection de souches résistantes. Le diagnostic, s’il est correctement posé, offre beaucoup de chance pour que le traitement soit efficace, et réduit les risques de sélection de bactéries résistantes. Pour cela, le vétérinaire praticien se doit de faire recours aux examens de laboratoires pour la confirmation du diagnostic et éventuellement un antibiogramme lors de pathologie d’origine bactérienne. III-2-4 Evaluation du niveau de connaissance des éleveurs sur les notions de résidus et de délai d’attente. Seulement 5% des éleveurs interrogés ont reconnus avoir une notion sur les résidus d’antibiotique et 80,60% ne tiennent pas compte du délai d’attente. Ce qui montre que la notion de résidus est nouvelle pour la majorité de ces éleveurs.

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Cette méconnaissance pourrait expliquer l’utilisation abusive des antibiotiques par les éleveurs. En plus, les éleveurs qui traitent les poulets de chairs entre 35 et 40 jours d’âge affirment ne pas pouvoir attendre encore une à deux semaines supplémentaires avant d’abattre les sujets car cela augmenterait les charges d’exploitation liées principalement à l’achat de l’aliment. De même, les œufs des poules pondeuses qui sont traités pendant la période de ponte ne sont pas mis à l’écart car c’est l’argent issu de la vente de ces œufs qui permet à l’éleveur de s’approvisionner en aliment pour nourrir les poules. Selon l’ HIA (Helthcare Associated infection (2011), les animaux et/ou les produits d’origine animale ne doivent être vendus pour la consommation qu’après avoir respecté un certain délai après la fin du traitement antibiotique. La conséquence directe du nonrespect du délai d’attente est l’accumulation des résidus à taux dépassant la LMR dans les produits issus de ces animaux (ALAMBEDJI ,2008). Cette observation est proche de celle mise évidence par DOSSO (2014) qui montre que toutes les fermes enquêtées (100%) ne tiennent pas compte du délai d’attente. Le respect de ce délai a pour objectif de garantir une teneur en résidus de médicaments dans les aliments (viandes, œuf etc.) en dessous de la Limite Maximale de Résidus (LMR) (FAO/OMS, 1996). Aussi BISIMWA (2003) précise que les traitements médicamenteux, particulièrement ceux administrés quelques temps avant l’abattage peuvent modifier la couleur et la nature de la viande. Un peu plus de la moitié (52,50%) des éleveurs sont conscients de ce que l’usage abusif des antibiotiques et le non-respect du délai d’attente pourraient compromettre la santé des consommateurs. Il faut noter qu’en dépit de le savoir, les éleveurs le font en pleine conscience pour des raisons économiques.

82


III-2-5 Effets indésirables et inefficacité des antibiotiques utilisés dans la zone d’Abidjan. III-2-5-1 Cas des suspicions d’inefficacité survenus chez la volaille Des suspicions d’inefficacité des antibiotiques ont été enregistrées dans 16% des fermes enquêtées. Cette faible proportion pourrait se justifier par l’absence de fiche de notification de ces défauts d’efficacité sur une grande partie des fermes que nous avons enquêtées. Selon DOSSO (2014), les causes des échecs d’antibiothérapie observées sont diverses : mauvaise application des consignes d’administration des antibiotiques prescrits à l’éleveurs, développement de résistances, mauvais diagnostics et la qualité des médicaments utilisés. Parmi ces causes, la mauvaise qualité des produits constituerait un facteur important puisque près de 42% des médicaments vétérinaires vendus en Côte d’Ivoire sont non conformes aux spécifications requises selon une étude pilote réalisée par ASSOUMY (2009) dans le District d’Abidjan. Le manque d’efficacité des antibiotiques est surtout rencontré lors de l’utilisation des tétracyclines administré seuls (n=5) ou en association avec d’autre classe d’antibiotique (n=6) sur les 11 molécules suspectées d’être à l’ origine d’inefficacité observé. Les antibiotiques de la famille des tétracyclines sont des antibiotiques efficaces, à large spectre, bien que leur efficacité ait baissé au cours de ces dernières décennies avec des résistances bactériennes. C’est son large spectre d’action qui pourrait justifier sa grande utilisation aussi bien à titre préventif que curatif. Par ailleurs, il importe de souligner que tout usage d’antibiotiques, même justifié et judicieux, entraîne éventuellement le développement ou la sélection de souches microbiennes résistantes. Il ne faut donc pas seulement imputer le développement de l’antibio-résistance à des pratiques inappropriées ou abusives. Les antibiotiques sont en fait le seul groupe 83


de médicaments qui, lorsqu’ils sont administrés à quelques individus, peuvent avoir un impact sur des populations entières (WEISS et al. 2011). III-2-5-2 Déclaration des cas d’effets indésirables et des suspicions d’inefficacité des antibiotiques Parmi les utilisateurs d’antibiotiques qui ont eu l’occasion de constater des cas d’effets indésirables et/ou de défauts d’efficacité des antibiotiques, seulement 12% les ont signalés. Les personnes ou structures auxquelles ces cas ont été signalés sont majoritairement les agents de santé en charge du suivi de l’élevage (50%), leurs collègues éleveurs (48%). Seulement 2% des cas ont été signalés à l’établissement de distribution des médicaments vétérinaires. Les cas d’effets indésirables et/ou de défauts d’efficacité des antibiotiques constatés par les éleveurs n’ont jamais été déclarés à la Direction des Services Vétérinaires, l’autorité compétente qui est à mesure de mener des investigations sur ces présumés cas afin de prendre des mesures idoines .Ces observations pourraient se justifier par l’absence d’une part de fiches de notification d’effets indésirables et de défauts d’efficacité et d’autre part d’une règlementation nationale en matière de pharmacovigilance vétérinaire ne définissant pas clairement l’attitude à adopter face à une constatation d’effets indésirables et de défauts d’efficacités. Au terme de cette discussion nous pouvons d’une part dire que les mesures de biosécurité ne sont pas maitrisées, et d’autre part, dire qu’il y a un abus manifeste de l’utilisation des antibiotiques dans la zone périurbaine d’Abidjan. Les pratiques courantes qui le démontrent sont les suivantes :  L’automédication : les éleveurs de la localité d’Abidjan peuvent se procurer librement des antibiotiques sous toutes leurs formes galéniques sans prescription vétérinaire;

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 Le temps d’attente n’est pas respecté, d’où la commercialisation de denrées alimentaires d’origine animale pouvant renfermer des résidus d’antibiotiques a taux dépassant les LMR ;  Utilisation quasi-systématique des antibiotiques;  Recours au laboratoire rare pour la détermination du germe et de l’antibiogramme;  Recours systématique aux antibiotiques à large spectre comme les tétracyclines, considérés comme les antibiotiques à “ tout faire “. Face à ces constats des recommandations sont à formuler de façon à ce que l’Etat mette en place des mécanismes et un dispositif a l’intention des différents acteurs de la filière. Car il est urgent que tous ceux qui sont impliqués dans le geste thérapeutique prennent conscience des problèmes causés par le mauvais usage des antibiotiques, et contribuent chacun de son côté à préserver les ressources animales, la santé publique et l’environnement.

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RECOMMANDATIONS Partant des résultats de la présente étude, vu l’importance de l’usage des antibiotiques pour le développement de la production animale, la protection de la santé publique et environnementale et considérant qu’il s’agit d’un sujet d’actualité nous recommandons : 1. A l’Etat de Côte d’Ivoire de  Renforcer le dispositif de suivi et contrôle de l’importation et de la vente des antibiotiques à travers la création d’une police vétérinaire  Procéder a un recensement des élevages avicoles  Doter la Direction des Services Vétérinaires (DSV) des moyens financiers et matériels pour leur permettre de mener à bien leur rôle de contrôles des fermes ;  Organiser des séances de formation des aviculteurs sur la gestion sanitaire et les pratiques médicales dans les élevages ;  Fixer des règles d’installation des élevages pour éviter leur promiscuité (risque de diffusion des maladies) ;  Promouvoir les alternatives permettant d’éviter les recours aux antibiotiques ;  Mettre en place un plan national de surveillance et de contrôle des résidus dans les denrées d’origine animales en général et d’origine avicole en particulier. 2. A la Direction des Services Vétérinaires (DSV) de Côte d’Ivoire  Sensibiliser les aviculteurs sur : -

L’importance du suivi sanitaire et les personnes habilitées à le faire afin qu’ils respectent les mesures de biosécurité permettant de réduire le recours aux antibiotiques ;

-

L’usage abusif des antibiotiques; 86


- L’importance du respect du délai d’attente en santé publique.  Promouvoir la notification des effets indésirables et défauts d’efficacité des antibiotiques par les professionnels de la santé animale;  Mettre en place une base de données informatique pour centraliser les informations sur les effets indésirables et les défauts d’efficacité des antibiotiques afin de les évaluer ;  Elaborer et mettre à la disposition des éleveurs des registres types d’élevages ; 3. A l’Ordre National des Vétérinaires et le Syndicat National des Cadres de la Santé de Côte d’Ivoire de :  Encourager l’installation des vétérinaires en clientèle privée afin de garantir une bonne couverture sanitaire et un meilleur suivi des éleveurs ; en amenant à respecter les mesures de biosécurité qui réduisent le recours aux antibiotiques  Encourager les Vétérinaires à l’amélioration de la précision du diagnostic avec en tout premier lieu le recours au laboratoire,  Encourager les vétérinaires et autres professionnels de la santé à notifier toutes les suspicions d’effets indésirables présumés et les défauts d’efficacité ;  Organiser des séminaires sur les risques liés à l’usage et la résistance aux antibiotiques. 4. Aux aviculteurs de Gestion sanitaire  Mettre l’accent sur la conception des bâtiments pour permettre une bonne aération et éviter au maximum les rayons solaires ;  Mettre en place un système de désinfection à l’entrée de l’élevage ;

87


 Mettre en place des pédiluves à l’entrée de chaque bâtiment, renouveler régulièrement la solution et éviter de les contourner ;  Faire une bonne désinfection avec des désinfectants adéquats et moins chers (l’eau de javel, Grésyl, Virunet®…) ;  Faire des analyses chimiques et microbiologiques de l’eau d’abreuvement des volailles au moins une fois par an ;  Nettoyer au minimum une fois par trimestre la citerne et la tuyauterie pour éviter la formation de biofilm ;  Enfouir selon les règles sanitaires ou incinérer les cadavres de volailles ;  Clôturer les fermes ;  Eviter l’introduction d’autres espèces dans la ferme. Pratiques médicales  Faire appel aux professionnels de la santé animale pour le suivi de leur élevage ;  Acheter les médicaments vétérinaires et les vaccins dans les établissements agréés d’importation et/ou de distribution de médicaments vétérinaires ;  Avoir recours aux laboratoires vétérinaires pour le diagnostic de confirmation des pathologies aviaires ;  Respecter le délai d’attente des médicaments utilisés ;  Eviter les durées de traitements trop courts ou trop longs.

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Perspectives En termes de perspective nous suggérons que des études soient menées afin de corroborer les observations faites dans cette étude. Ces études complémentaires pourraient contribuer à éviter l’usage systématique des antibiotiques et d’obtenir à long terme un meilleur usage de ceux-ci dans les fermes avicoles ivoiriennes. Etude approfondis sur les molécules les plus utilisées, les aspects UDD/ADD  Etude prospective sur les effets indésirables et suspicions d’inefficacité  Etude sur la qualité des antibiotiques destinés à l’aviculture en côte d’ivoire  Proposer des orientations de bâtiments en fonction des régions (orientation pratique)  Sensibilisation en prenant en compte tous les acteurs de la filière.

89


CONCLUSION GENERALE A l’instar de la plupart des pays en développement, la Côte d’Ivoire a connu un essor important de ses productions animales ces dernières années. Ce prodigieux essor est le résultat d’une pression de la demande due à l’effet conjugué de l’accroissement

démographique,

du

phénomène

d’urbanisation

et

de

l’augmentation des revenus. Il est aussi l’expression d’une volonté politique clairement exprimée qui a fait de l’élevage une priorité dans le schéma de développement du pays. Les productions avicoles ne sont pas en marge de ce développement. L’aviculture moderne située en grande partie dans la région des lagunes (Sud) et dans la région du Moyen Comoé contribue à hauteur de 88% à la production de viande de volaille et couvrent la demande d’œufs de consommation à 100%. La filière avicole contribue pour près de 2% à la formation du PIB global et pour près de 5% à la formation du PIB agricole. Elle réalise de ce fait, un chiffre d’affaire d’au moins 80 milliards et génère 130 mille emplois directs et indirects. Malgré ce développement du secteur avicole, les pathologies aviaires affectent négativement la productivité et donc la rentabilité des élevages avicoles. La plus marquante de ces dernières décennies est l’épizootie de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) apparue en Côte d’Ivoire dès février 2006 et réapparue en juin 2015. Pour réduire l’apparition de ces pathologies, des mesures de prophylaxie sanitaires ont été mises en œuvre par les exploitants avicoles. Malgré ces mesures, ces pathologies ne sont toujours pas maitrisées car celles-ci ré- émergent et freinent la filière dans son évolution. Afin de lutter contre ces pathologies, les éleveurs utilisent les médicaments vétérinaires, en particulier les antibiotiques. Le recours aux antibiotiques a pour objectif majeur d’aboutir à la guérison des volailles cliniquement malades et d’éviter la mortalité. Cependant l’usage en aviculture des antibiotiques n’est pas sans conséquences. De ce fait, cet usage 90


reste une préoccupation croissante pour la santé publique, la santé animale et l’environnement. Face à l’importance des risques liés à l’usage des antibiotiques en santé publique et animale et l'insuffisance de données sur leurs usages en Côte d’Ivoire, il est nécessaire de faire un état des lieux des pratiques avicoles et de l’usage des antibiotiques afin d'obtenir à long terme une meilleure utilisation et de protéger la santé des consommateurs. C’est dans ce conteste qu’une enquête a été réalisée de la période d’Aout à Novembre 2014. Elle a porté sur cent (100) élevages modernes à savoir 72 élevages de poulets de chairs, 24 élevages de poules pondeuses et 4 élevages mixtes (poulets de chairs et poules pondeuses). Elle s’est faite sous forme d’interview et sur la base d’observations directes. De plus, la consultation des cahiers de suivis des exploitations avicoles a permis de compléter les informations fournies par les éleveurs. Ainsi, il a été constaté au terme de notre étude que, les propriétaires des fermes enquêtées sont en général instruits avec un niveau secondaire (45%) et universitaire (43%). Seulement 12% ont été formé sur les pratiques avicoles. Les volaillers par contre ont en majorité (51%) un niveau secondaire. Les investigations portant sur l’ancienneté des aviculteurs ont montré que 57% ont moins de 5 ans d’expérience. La majorité des fermes enquêtées (54%) avaient des effectifs compris entre 1001 et 5000 sujets. Le suivi technico-sanitaire et médical est assuré dans 61% des cas par un agent de santé animale. Très peu de docteurs vétérinaires (13,10%) interviennent dans le suivi technico-sanitaire des élevages. Ce suivi est assuré en majorité (86,90%) par des techniciens d’élevage. Les fermes disposant d’un registre d'élevage ou d’un autre type de document de suivi représentent respectivement 53,20% et

91


48% des exploitations enquêtées. Les programmes de prophylaxie sanitaire sont élaborés pour une grande part par les techniciens d’élevage (35,70%). Les informations portant sur l’aménagement des bâtiments avicoles ont permis de constater qu’ un peu plus de la moitié (52,50%) des fermes ne respecte pas les normes de construction des poulaillers. En ce qui concerne l’hygiène au sein de ces élevages, les données recueillies montrent que les rotoluves sont peu utilisés (4,10%). La présence de pédiluves à l’entrée des poulaillers est effective dans 37,40% des fermes enquêtées et seulement 13,30% ne respecte pas le vide sanitaire. La présence d’autres espèces animales ( lapins, chiens, poules de race locales) a été constatée dans 84,90% des fermes. Le nettoyage des abreuvoirs se fait de façon journalière dans 78% des fermes, le nettoyage de la tuyauterie se fait après chaque bande (53%). Les cadavres issus des élevages sont soit rejetés dans la nature (20%), soit destinés à la consommation humaine (36%). L’eau destinée à l’abreuvement des oiseaux provient à 41,40% de puits. Quant à l’utilisation des antibiotiques, nous avons constaté que la majorité (70%) des fermes s’approvisionne aussi bien dans le circuit parallèle que dans les établissements de distribution au détail de médicaments vétérinaires. Les antibiotiques utilisés dans les exploitations sont principalement (95%) administrés par les volaillers et cette administration se fait exclusivement (100%) dans l’eau de boisson. Pour ce qui est de la prescription de ces antibiotiques, 59,70% des exploitants avicoles pratiquent l’automédication. Lorsque les antibiothérapies initiées par les fermiers ne donnent pas les résultats escomptés, 44% des exploitants procèdent à une augmentation de la dose ou à un prolongement de la durée du traitement. L’évaluation du niveau de connaissance des aviculteurs sur les notions de résidus et de délai d’attente a montré que respectivement 5% seulement et 39,40% des éleveurs interrogés ont des notions sur ces deux termes. Par ailleurs, sur l’ensemble des fermes 92


enquêtées, 80,60% ne tiennent pas compte du délai d’attente avant de soumettre à la consommation humaine les œufs et viandes issus des poulets traitées ou sous traitement. Les informations recueillies auprès des éleveurs nous ont permis de constater que des cas de suspicions d’inefficacité et des cas d’effets indésirables survenus chez la volaille ont été observés respectivement dans 16% et 6% des exploitations. Les défauts d’efficacité ont été surtout rencontrés lors de l’utilisation des tétracyclines (54,54%). Les effets indésirables se sont traduits par des troubles digestifs, neurologiques et de productions. Parmi les utilisateurs d’antibiotiques qui ont eu l’occasion de constater des cas d’effets indésirables et/ou de défauts d’efficacité des antibiotiques, seulement 12% les ont signalés. Au vu de ces résultats, des recommandations sont à formuler à l’endroit des autorités étatiques et des différents acteurs de la filière. Ainsi: L’Etat ivoirien doit :  Encourager l’installation des vétérinaires en clientèle privée afin de garantir une bonne couverture sanitaire et un meilleur suivi des éleveurs, fixer des règles d’installation des élevages afin d’éviter leur promiscuité ;  Favoriser le respect des mesures de biosécurité qui sont un moyen de réduction de l’usage des antibiotiques ;  . Mettre en place un plan national de surveillance et de contrôle des résidus dans les denrées d’origine animales en général et d’origine avicole en particulier ; Les services vétérinaires devront être plus proches des aviculteurs et les sensibiliser sur l’importance du suivi sanitaire, les bonnes techniques d’élevage, l’utilisation des antibiotiques et l’importance du respect du délai d’attente des médicaments pour la santé publique. Sensibiliser et former les éleveurs sur la question des médicaments vétérinaire, et surtout les antibiotiques proscrits en élevage de rente à savoir les chloramphénicols et les nitrofuranes, Car il est urgent que tous ceux qui sont impliqués dans le geste thérapeutique prennent conscience des problèmes causés 93


par le mauvais usage des antibiotiques, et contribuent chacun de son côté à préserver les ressources animales, la santé publique et l’environnement.

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49. NDIAYE. C., 2010. Etude anatomo-clinique et bactériologique sur des cas suspects de colibacillose aviaire dans les régions de Dakar et Thiès (Sénégal). . Thèse. Méd.Vét : Dakar ; 9 50. OULAI J., 2004. Distribution et utilisation des médicaments vétérinaires en Côte d’Ivoire : cas de la région des lagunes. Thèse: Méd.Vét : Dakar ; 12 51. OULON E., 2010. Etat des lieux sur les mesures de biosécurité dans les fermes avicoles au Sénégal : cas des départements de Rufisque et Thiès. Thèse : Méd. Vét. : Dakar ; 11 52. OXOBY M .2002. Etudes sur la synthèse totale des antibiotiques naturels de la famille des angucyclinones. Thèse : Bordeaux (l'université Bordeaux I, école doctorale des sciences chimiques). 53. PARE G, 2012. Contribution à l’étude de l’utilisation des médicaments vétérinaires dans les élevages avicoles modernes de la zone périurbaine de Dakar (Sénégal). Thèse : Méd. Vét. : Dakar ; 7 54. PUYT. J-D et GUERIN-FAUBLEE. V., 2006 Médicaments antiinfectieux en médicine vétérinaire. Bases de l'antibiothérapie. éd 2006, 27 p. 55. RACICOT M., 2011. Évaluation de stratégies pour améliorer l’observance de la biosécurité sur les fermes avicoles au Québec. Thèse. Méd.Vét : Québec 56. RICHARD Y., GUILLOT J. F., LAFONT J. P., CHASLUSDANCLA E. et OUDRA J. 1982,. Antibiothérapie : Antibiorésistance et écologie microbienne. Revue de la Médecine Vétérinaire, 133 (3) : 153167. 57. SANDERS A., BOUSQUET-MELOU C., CHAUVIN P.-L., et TOUTAIN., 2011. Utilisation des antibiotiques en élevage et enjeux de santé publique, INRA Prod. Anim, 24 (2) : 199-204

100


58. SYFIA INTERNATIONAL ,2004.impact des importations de volailles en Afrique de l’Ouest. Enquête ; étude réalisée pour le comité catholique contre la faim et pour le développement; Avril 2004. 59. VAILLANCOURT J.P., 2009. Une approche régionale a la biosécurité: l’exemple avicole. Bulletin de l'Académie vétérinaire de France, 162 : 257-264 60. VAN

GOOL

F

.2008.

Comment

encourager

l’industrie

à

commercialiser des médicaments vétérinaires en Afrique. In : conférence de l’OIE sur les médicaments vétérinaires en en Afrique : Harmonisation et amélioration de l’enregistrement, de la distribution et du contrôle qualité. Dakar, 25 au 27 mars 2008. 61. WEISS K., BLAIS R., FORTIN A., LANTIN S. et GAUDET M., 2011. Impact of a multipronged education strategy on antibiotic prescribing Clinical Infectious Diseases, 53: 433-439 WEBOGRAPHIE 62. BROES A., BOUTIN R., DELORME M,. 1999 Utilisation des médicaments. Guide porc, comité production porcine, [ en ligne] Accès Internet.http://www.cdpqinc.qc.ca/Champs_dactivite/04Sante/references/ Medicaments%20CPAQ%20final.pdf (page consultée le 25/02/2015) 63. CHATAIGNER B., STEVENS A. et GARIN B., 2008. Contrôle des résidus : exemple des antibiotiques dans les aliments au Sénégal. Conférence de l’OIE sur les médicaments vétérinaires en Afrique, Dakar, 25-27

mars.

[en

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Accès

Internet

http://www.redev.info/Doc/Polagri/III-Pol-Agri-securite-alimentaire/III-3Dev-

local/Enquete_residus_AB_Senegal.pdf

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consultée

le

20/03/2015). 64. COTE D’IVOIRE 2015 : Démographie. [En ligne] Accès internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abidjan. (Page consultée le 11/01/2015)

101


65. FONDS INTERPROFESSIONNEL POUR LA RECHERCHE ET LE CONSEIL AGRICOLE (FIRCA), 2011. Bulletin d’information Acte 8 du 2ème semestre 2011. [En ligne] Accès internet : http://www.firca.ci/pdf/pdf-journa08.pdf (Page consulté le 12/01/15) 66. INSTITUT DES TECHNIQUES AVICOLES ITAVI, 2007. La charte de

qualité

sanitaire

dans

les

couvoirs

[en

ligne],

http://www.itavi.asso.fr/index.htm (page consultée le 03/05/2015) 67. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE, 2014. La population ivoirienne .http://www.ins.ci/n/ (page consulté le 08/07/2015) 68.INTERPROFESSION AVICOLE IVOIRIENNE (IPRAVI), 2014. Statistiques des productions, importations et commercialisations de produits avicoles de 2000 à 2013. [En ligne] Accès internet : http://www.ipravi.ci/presentation/20/Statistiques

(Page

consulté

le

11/01/15) 69. INTERPROFESSION AVICOLE IVOIRIENNE (IPRAVI), 2012. Statistiques des productions, importations et commercialisations de produits avicoles de 1999 à2001. [En ligne] Accès internet : http://www.ipravi.ci/presentation/20/Statistiques

(Page

consulté

le

11/01/15) 70. INTERPROFESSION AVICOLE IVOIRIENNE (IPRAVI), 2012. Mot

du président de l’IPRAVI. [En ligne] Accès internet :

http://www.ipravi.ci/presentation/10/mot-du- président (Page consultée le 03/05/15) 71. KLOTINS. K. 2006. Utilisation des antibiotiques comme stimulateurs de

croissance:

controverse

et

solutions.http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/animalcare/amr/f acts/05-042.htm ( page Consultée le 12/03/2015).

102


72. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE ANIMALE OIE, 2009,

Code

Sanitaire

pour

les

Animaux

http://www.oie.int/fr/normesinternationales/code-terrestre.

Terrestres [En

ligne]

Accès internet. (Page consultée le 03/05/2015) 73. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE ANIMALE OIE, 2008 Manuel Terrestre de l'OIE chapitre 2.3.5, [en ligne], Accès internet http://www.oie.int/fr/normes/mmanual. (Page consultée le 03/05/2015) 74. ROD D-C, BU. L et BEDECHIAN. F .2001 La politique de santé de l’union européenne. Lettre d’information n° 2 décembre 2001[ en Accès

Internet

ligne]

.http://www.europe-ecologie.com/IMG/pdf/doc-34.pdf.

(page consultée le 29/02/2015). 75. SCIPPO, M-L. ,2008. Technologie, sécurité et qualité des aliments introduction à la qualité et la sécurité des aliments : aspects chimiques. Contrôle des résidus et des médicaments vétérinaires,[ en ligne] Accès Internet . http://www.adaoa.ulg.ac.be/ (page consulter le 19/01/2015)

103


ANNEXE 

FICHES D’ENQUETE


THESE DE DOCTORAT VETERJNAIRE - FICHE D'ENQUETE DESTINEE AUX AVICULTEURS A OUT- OCTOBRE 2014 - DSV&E/Slv!V FicheN°..... . Cadre d'étude: Abidjan Thème: Ce questionnaire inscrit dans w1 cadre purement pédagogique, a été établi dans le but de collecter des donnée.s relatives à /'11tilisation des antibiotiques en élevage avicole.

l. RENSEI~EMENTS GENERAUX SUR L'EXPLOlTATIO~ AVICOLE l. Localisation

2. données GPS

3. Nh eau d'ins truction w propiétaire 0 1. aucun niveau 0 2. prinn ire 0 3. secondaire 0 4. universitaire

D .1 Ac 7. D' où pro•iennent\os p>ussins on poulettes prêtes à p>ndre? 0 1. SIPRA 0 2. FOANI 0 3. Autres (..........................)

4. Nheau d' instruction w \Olailler 0 1. aucun niveau 0 2 prinnire 0 3. secondaire 0 4. universitaire

5. Formation w propriétaire. en a\ic.ulture 0 1. Oui 0 2. Non 6. Ancienneté œ proprietaire l'a\iculture 0 l.lnférieurà5ans 0 2.Entre5 et IOans 0 3. Supérieurà IO ans

oclre 11. S'il s ' agit d'un prix en g ros, précisez la somme globale des achats?

8. Date d'acl1Ûs ition des poussins de la Imide actuelle 12. Quel est le nombre de p>ussios ou p>ulettes prêtes à pondre mort lors de la phase de démarrage?

9. Quel est l'effectif des p>uss ins ou p>ulettes prêtes à pondre reçu à cette date?

10. A comlicn \OUS re,ient un p>ns sin ou une poulette p-ête à p>ndre?

IlLAliments 13. Q uels s ont \OS fournisseurs d'aliments \Olaille? 0 l.lvograio 0 2. faci 0 3. foani 0 4. Vous -mfüre 0 5. Autre(.........................)

16. Dounez le prix w s ac de 50 kg et la l1Jlllltité d'aliments finition achetés?

14. Donnez le prix w sac de 50 kg et la quantité d'aliments démarrage ac.h etés ?

17. Achetez-, ous l'aliment en gros ou en détail?

15. Donnez le prix w sac de 50 kg et la quantité d' aliments cr oissance achetés ?

18. Comment jugez-\ous la qualité de l'aliment? 0 1. Excellente 0 2 bonne 0 3. assez-bonne


19. Si \OUS falricp1ez l' aliment \Olaille, cp1els intrants entrent <bns la comp>Sition de la ration alimentaire. ?

24. Quel est le prix de cbacp1e intrant s ur le marché?

25. Quel es t le coût de proŒlction de la ration demarrage ? 20. pour l'aliment démarr age les intrants e ntrant <bns la comp>S ition de la ration 26. Quel est le coût de proŒlction de la ration croiss ance? 21. pour l'alinrntcroissance les intrants e ntrant<bns

comp>S ition de la ra tion

27. Quel es t le coût de proŒlction de la ration finition? 22. pour l'alinrut finition les intrants entrants dans la con~ ition de la ration

23. Q uelle est cp1antités achetées par intrant?

IV.Médicame nts 28. Où ache tez-mus \OS médcanients ? 0 1. Etablissemen t de distribu tion au detail de rœdicarrents vétérinaires 0 2. L:agent de santé a nimale vous les foum is 0 3. Circuit infonrel CJ 4. A utres "'<>us p ou1·e: ~och er p lu.t.1eun casé.li.

34. Coml:ien de fois les \ac.dos s ont utilisés au cours de la bande?

35. Coml:ien de fois les \Îtamines s ont u tilisés au cours de la bande.?

29. a ass ez par or<Fe cfin~ance les lieux cf ac.bat des médcanients 3 6. Coml:ien de fois les anti-inflammatoires sont utilisés au cours de la bande ? 30. Quels s ont les familles des médcanients cp1e \OUS utilis ez ? 0 1. A ntibiot iques 0 2. A ntiparas itaire 0 3. A nti-in OannntoÏJ\.-s 0 4. vaccins

3 7. Coml:ien dépensez-\ous pour les antibioôcp1es?

0 5. Vitamines "'<>us p o u1·e: ~och er p lu.t.1eun casé.li (4 a u 11tl1.n'n1u m).

3 1. a ass ez par or<Fe cfin~ance les médcanients utilisés

3 8. Coml:ien dépensez-\ous pour les anti-in6anm13toires?

39. Coml:ien dépensez-\ous pour les \accins ? 32. Comlieu de fois les antibioticp1es s ont utilisés au cours de la bande? 4 0. Coml:ien dépensez-, ous pour les

~itanû.nes

?

33. Comlien de fois les antiparasitair es sont utilisés au cours do 1a brutdo ?

4 1. Coml:ien dépensez-, ous pour les antiparasitaires ?


42. A\eZ-\OUS un agent Œ santé animale chargé ru suhi sanitaire Œs brandes? 0 l.Oui 0 2.Non 43. c.o nmrnt est-il rénunéré pour ce travail ? 0 1. Payer par sujet 0 2 Payerparpres tation 0 3. Mensuellement 0 4. contrat par bande 0 5. Autres (..............................) 44. Quelle est sa profession ? 0 1. Docteur vétérinaire 0 2 lngénieur20otecbnicien 0 3. Ingénieur agrono me 0 4. Ingénieur des techniques agricole 0 5. APVA option élevage 0 6. MPVA option élevage 0 7.Autres 4S. Si autre, \Culiez préciser

47. AwZ-\OUS un A\eZ-\1lUS un r egistre d'élevage? 0 l. Oui 0 2. Non 48. Si non, awz-,ous un registre pour consigner les dwrs actes sur \OS animaux ? 0 l.Oui 0 2 Non 49. Qu'y coosignez-\Ous ? CJ 1. Age CJ 2 La quantité d'alitrents conso1ml!s CJ 3. Le taux de ponte D 4. La quantité d'eau bue D 5. Le nombre d'aninnux CJ 6. Actes de vaccinations réalisées D 7. Le programœ de prophylaxie Vou.t pout:e: coch er plu.'iinu:\· case.fi.

SO. Présentez-\ous \Oire registre à l'agent Œ santé animale lors de ses \Ïsites ? 0 1. Oui 0 2. Non SI. le rerq:iit-il au cours de ses intenentions '! 0 1. Oui 0 2. Non

46. Quelle la fréquence de ses \Îsites dans \Oire éle,age? 0 1. 1à 3 v i.5 ites par sell'aine 0 2. Supérieur à 3 visiies par semaine 0 3.Autres

V. AUTRES INTRANTS S2. Quantité cfal\éoles achetées pir brande

S9. Prix en gros des s achets par banŒ

S3. Prix en gros des al\ooles

branŒ

60. Prix unitaires des sachets par bande

banŒ

61. Quantité de lunettes achetés pir banŒ

S4. Prix unitaire des al\éoles

pir

pir

SS. Quantité de cartons achetés pir branŒ

62. Prix en gros des lunettes pir bande

S6. Prix en gros Œs carton pir branŒ

63. Prix unitaire des lunettes

S7. Prix unitaire des cartons par banŒ

64. Prix en gros

S8. Quantité de sachets achetés

6S. Prix unitaire ru débecage pir bande

pir

brande

pir

bande

ru débecage par bande


1

1VI.EAU D E BOISSO'."J 68. Si !IDts ou forage, préciser la quantité If eau .ioumalière utilisée p>ur toute la bande

66. quelle est l'origine de l'eau de boisson ? 0 1. Sodeci 0 2. puits 0 3. Forage 0 4. autres

--

--

67. Si S oŒci iréciser le montant de la facture

1

1

1

1

I VILELECTRIOTE 69. quelle est la source d'électricité 0 l.CIE 0 2. groupe électrogène

--

--

70. Si OF, wuillez iréciser le mootant de la facture

1

1

Vlll. A'IJAL\'SE DES RISQUES STRUCTUREl.S; FONCTIO'."JNEI.S ET MESURES SANITAIRES ET HYGIENIQUES 71. L'exploitatioo es t-die éloignée Œs autres exploitations? 0 l.Oui 0 2.Non

81. Commentirocédez-mus à la gestioo des cad nres? 0 1. lncineration 0 2. Fnfouisserrent 0 3. Rejet dans la nature 0 4. Consonnntion 0 5. Autres

72. L'exploitatioo est-die entièrement clôturée (grilles, clôture, ...)? 0 l.Oui 0 2. Non

--

---

--

82. Si 'Autres', \euillcz iréciser

Groupe 2 73. Les poulaillers r espectent t'ils les normes de constructioo(Orientation, lanterneau...)? 74. Les poulaillers sont-ils inaccessibles p>ur les oiseaux sauwges ? 75. V a-t-il des IDc.s de dés infeetioo aux entrées et sorties de l'e:.- poitation? 76. '\'' a-t-il des IDcs de dés infcctioo par p>nlailler ? 77. Le sol des poulaillers et les murs sont-ils cimentés? 78. Présence d'autres espèces s ur le site d'éle,age? 79. La mrée ru \Îde sanitaire est-die r espectée? (au moins 10 ,jours)

1

1

2

--

0

0

83. Quelle est l'origine de l'eau de boisson? 0 l.SODECI 0 2. Puits 0 3. Forage 0 4. Autres

0

0

84. Si ' Autres ', wuillez iréciser

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

--

1

--

85. Q uel est le rythme de nettoyage des ahreumirs?

1

1

86. Quel est le r)'thme de nettoyage de la tuyauterie?

Oui(/). Non (1).

1

1

--

80. Coml:i en de bandes a\ez-mus sur le site?

1

1

--

1

--

87. Quel est le mode d'usage ru matériel de concitioonement (alvéole, carton...)? 0 1. Usage unique 0 2. Recyclé

IX. EVALUATION DU PROGRAMME DE PROPHYLAXIE 88. Q ui établit \Oire programme œ Jroph)1axie? 0 1. Vous rrême 0 2. Docteur vétérinaire 0 3. ingénieur 20otechnicien 0 4. ingénieur agronorre 0 5. ingénieur des techniques agrico les 0 6. APVA option é levage 0 7. MPVA option elevage 0 8.Autres

--

89. Si ' Autres ', wuillez iréciser

1

1

--

--

90. Le irog:ramme de irophyiaxie est-il réellement apiiiqué? 0 1. Oui 0 2. Non

--


-91. Si non, Pourquoi? 0 1. Contrainte financière 0 2. Manque de vaccin disponible 0 3. Indisponibilité de ragent de santé 0 4.Autres 92. Si 'Autres', \Ctûllez iréciser

1

-96. S i 'Autres', w uille.z iréciser

1

1

97. Où achetez-mus \OS \'&Ceins ? 0 1. Etablissement de distribution au detail de medicaJrents vétérinaires 0 2 I..:agent de santé anomie vous les fourn is 0 3. Grcuit informel 1 0 4. Autres

93. Vaccinez-\OUs contre les maladies htctériennes telles que les: D 1. M ycoplas nnses D 2. Salnnnelloses D 3. Cltoléra aviaire D 4. Autres

98. S i 'Autres', wuille.z iréciser

1

1

l'ôus pou~·r- cochèr plu.t ieun cases.

94. Si 'Autres', wuillez iréc.iser

1

1

95. Faites \OUS le rawel de la \'accinatioo contre les maladies bactériennes telles que Cl 1. Mycoplas1mses D 2. Salnnnelloses D 3. Cltoléra aviaire D 4. Autres Vous pouve:= cocher plus.Feurs cases.

1X.1 Qualité de 1'ea u utilisée 99. Quelle eau utilisez-mus pour senir les anti!Xotiques? 0 l.SODlD 0 2. Forage 0 3. Puits 0 4.Autres

103. AnJliquez-mus un traitenrnt puticulier à l'eau utilis ée? 0 1. Biu de javel 0 2 Pas tilles de chlore 0 3.Autres

100. Si 'autres', \CIÛl!ez iréciser

104. Si ' Autres' , wuillez iréciser

1

1

101. A quelle fréquence faites-mus analyser l'eau œ boisson? 0 J.Jrumis 0 2. 1 fois par an 0 3. Plus de 1 foi<; paran 0 4.Autres

1

1

1OS. Nettoyez-\ous le circuit Ifeau (purge) a\ant et après chaque traitenrnt? 0 l.Oui 0 2Non

102. Si 'Autres', \Cuillez iréciser

1

1

1X.2 Service de l'antibiotiaue

1

11 O. Comment procédez-\ous lors de 1'arnlinistration tiJ médicanrntmns l'eau œ boisson? 0 1. Préparer la quantité totale à distribuer, durant toute la période de traitement 0 2 Préparer la quantité journalière nn ique1rent

106. Qtû aŒrânistre le médicanrnt généralcnrnt? 0 1. Volailler 0 2. Agent de s anté anin1lle 0 3. Autres 107. Si 'Autres', ' cuitiez iréciser

1

1

108. Connrnt le iroruitest-iJ achninistré? 0 1. Dans reau boisson 0 2. Dans falirrent 0 3. Par injection 0 4. Autres

11 1. A)rès Je Œbut tiJ traitement, restez-mus toujours en contact a\ec le \étérinaire ? 112. A\ez-\ous constaté des cas d'effets indésirables chez \OS \olailles s tûte à l' usage des anti!Xotiques ?

109. Si 'Autres', \euitlez iréciser

1

Groupcl\0 4

1

Oui(/). No1> (2) .

1

2

0

0

0

0


Fichet : 'E nregistre.n reot des cas d 'effets indésirables ou inattendu." sun·enus chez les anin1aux susceptibles d ' être imputés à un médicament vé-térinaire

Date :.... .. .!.. . .. ... .1 20 13

Fiche N° ........ Questionnaire N° ....... .. Date de sur-

Nom d e

Y-C'UUf'

sp ttialité

la

Classt thi r11peut iqut

Principe (s) 11ctif(s)

Forml' ph arma Cr"U ·

Utili.s:atio n s<'lo n la nc1tice

tiq o<'

Voie d "admini stralion

Dose adnlinis tr ée ( mg/kg)

Associ:ation (nom et principt actif)

!\1otiJd u

traiteme nt

Esp ètt a.nimak

f'e1ids ) loyn /a nimal

Nb

Total

A~·ant

traité

ma nifesté

t!xolution

Effets indkirablcs (E'.ume ns complémentairt'!J autopsi<') •

l'e fft' t

Type d 'i, ·olu tion

D ûui

0

Guérison sans

D-lon

LJ

sém•elles Guérison avec sénuelles••

D Ne sait pas

0

Mort

0

Euthanasie

0

Autre

D

évolution*•• I nconnue

D ûui

0

D-lon

0

D Ne sait pas

0

Guérison sans sém•elles** Guérison avec

séquelles 0 0

Mort Euthanasie

Autre évolution*••

0 Inconnue

Cas r;• ........... • Examens complémentaires ........................................................................................................................................................ •• oescriplion des séquelles ........................................................................................................................................................ **•Pr éciser ............................................................................................................................................................................ Ca.s t'\0 • •• ••••••• • • Examens complémentaires ......................................................................................................... ............................................... ..Description des séquelles ....................................................................................................................................................... . ••• Pr~c.is.e-r ..................................... ...................................................................................................... ............................... ..

Nb


Ficb e2: Enre!!istremeot des cas de s usoicions d 'inefficacité sun·enant cbez les animaux susce-otibles d 'être imouté à un médicament vétérinaire Date: ...... ./ .. ... ... ./ 201 3 FicheN°... .. ... Questionnaire ~ • • •• • • •• • • 0

O att d•

sun·en

••

Nom de la spk:ialiti

Classt' thérapt'U

-

tique

'Principe( s) actif{s)

for-ml' ph:arm

...

Utilisatio n stlon la notict

ccutiqu

Voi1.> d'admini

·-

lion

O üui

ON on D Ne sait pas

o ow ON on D Ne sait pas

Dose admin (mg/kg )

A ssociation d•

médkamen ts ( nom c l principe actiO

~1 otif

du

traite

-

ment

.Espttt' animal

Poids !\toyco /11.nima 1

Nb

llx• mens ci>mplém-

l:xolutioo dt la maladie

S uspicions d 'incfficaciti St' tra duit pur :

col.aires (confirma tion )

l 'y pe d '~1olation

D Une protec. lnsuff. par rappon â la 1mladie D Une ag.gra\lation des sy1nptômes D Un effet thérapeutique insuffisant aux doses usuelles D Absënce d' effi:t thérapeutique O Autre * D Une protec. [nsu![ par rappon â la maladie D Une aggra\latÎon des symplômes D Un effet lhérapeutique insuffisant aux doses usuelles D Absënce d'effet thérapeutique Autre* D

D

GOOrison sans séquelle après

changen1ent de traitenletlt

D

Guérison 3\'ec séquelles après chan~ment de traitenll?llt **

D

Obtention de l'effet thérapeutique après augrnentation de la dose Mort

D D D D D D D

Euthanasie Autre évolution • •• Inconnue Gué1ison sans séquelle après chanC1Pn1ent de traitenient ** Guérison a\•ec séquelles après changen1ent de traitenletlt Obtention de )"effet

thérapeutique après augntentation de la dose

D D D D

Mort Euthanasie Autre évolution ***

Inconnue

Cas N° ......... .. *Préciser ......................................................................................................................................................... ............................................ ••Préciser les se-queues ...........................................................................................................•.......................................•................................ • ·• •p·r éciser a utre é''olution ............... .... ... ............... .... .. ... ........... ... ... .. .................... . .... ................ ... .. ... ................ . ..... ...... . ...... ... ......... ...... . ..... .

CasN° ......... .. *Précis.er ....................... . ... . ............... . .................. . . .. .. . ...................... . .... ......... . ....... . ......... . .................................................................. . ......

•• Préciser les sequelles ............................... .......... ........................................ .......................................... .......... ......... ..................................... . *** Prfcise.r autre é\lolutioo ..... ................. . ..... ................................................................... ....... . .... . ................................. . . . ............................. .

Nb


-13S. Durée de la phase de démarrage et la quantité d'aliments utilisées

137. Durée de la piase de finition et la quantité d'aliments utilis ées

1

1

136. Durée œ la phase œ croissance et la !Jlantité d'aliments utilisées

1

1

1 138. Densité pendant la phase de finition

1

1

1

fXIII.1 PONTE

1

139. ~ontte d'œufs récoltés pir jour

1

143. Nomlre d' œuf consommés (autoconson11Uation)

1 1

140. La prornction 'arie-t-elle? 0 1. Oui 0 2. Non

1

144. nombres de sacs de litière r ecueillis

pir

bande

1

141. S i oui, quelles en sont les causes et de combien 'arie t~Il e?

14S. nombre de p>ulets reformés

1

1

1 pir

bande

1

1

142. ~ontte d'œuf cassé pir jour

1

1

i

f XIIl.2 Chair 147. nombres de sacs de.litière recuemis pir bande

146. ~onttc de sujets produits pir bande

1

1 1

1XIV.1 PONTE

1

148. A qui wndez-,ous ws prornits?

1S3. Quel est le irïx unitaire de l'œuf(à la ferme, au poi.ntde wnte et au marché)?

1

1

149. classer les clients pir or<rc d'in~aoce et les quantités achc.tées

1

1

1

1S4. Les œufs cassés sont-ils \enws ? 0 I.Oui 0 2.Non

1

150. Où se fait la wnte? D 1. Femie 2. point de vente D 3. rrarcbé CJ 4. entreprises a 5. restaurant CJ 6. autres

a

1SS. Si oui, à quel prix '!

1

1

156. Quels sont les clients à qui mus \Codez des œuf.~ cassées ?

Vous pôu ve= c(1cher p lu.t1eur:r cases.

151. S ous quel format\endez-\ous ms proœits ? D 1. Par plateau 2. œuf au détail D 3. les deux

a

1

J"cn1s pôuve:cocher p lusfeun cases (2 ou 11tllXÜnum).

1

157. Prix œ sac de la litièr e'!

152. Quel est le prix œ pateau(à la ferme, an point de \ente et au marché)?

1

1

1 1

1

158. Donnez le lieu de 'ente des sacs de litières

1

1


-159. EllplÎ sont 'os clients potentiels ?

1

162. Qui sont\OS clients potentiels?

1

1

160. Prix des poules reformées ?

163. sont-ils \enclis 0 1. En gms 0 2. En détail

1

Vôus p ouvé: cocher plusieu,.:.· Ca.io·és.

1

1 0 3. les deux

16 1. Donnez les lieux de w nte de \OS poules reformées

1

1

XIV.2 Chair

J

164. Quels sont les clients potentiels ?

1

168. Donnez le lieu de wnte de \OS sacs de litières?

1

165. Quels sont les lieux œ w nte ? D 1. Feme D 2 point de vente D 3. muché D 4. entreprises D 5. restaurant D 6. autres

1

1

169. a qui sont\os clients potentiels?

1

Vou s poul+e: cochf!r p lusu.'urs cases.

1

170. Prix ru poulet de chair 166. Quel est la forme de wnte ? 0 1. Vivant 0 2. abattus

1

167. Prix ru sac Œ la litière

1

1

1


SERMENT DES VETERINAIRES DIPLOMES DE DAKAR

F

idèlement attaché aux directives de Claude BOURGELAT, fondateur de l’enseignement vétérinaire dans le monde, je promets et je jure devant mes maîtres et mes aînés : D’avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité et de l’honneur de la profession vétérinaire ; D’observer en toutes circonstances les principes de correction et de droiture fixés par le code de déontologie de mon pays ; De prouver par ma conduite, ma conviction, que la fortune consiste moins dans le bien que l’on a, que dans celui que l’on peut faire ; De ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la générosité de ma patrie et à la sollicitude de tous ceux qui m’ont permis de réaliser ma vocation. Que toute confiance me soit retirée s’il advient que je me parjure.


ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERIURBAINE D’ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)

RESUME La présente étude a pour objectif général l’analyse des pratiques avicoles et l’usage des antibiotiques en aviculture moderne en Côte d’Ivoire plus particulièrement à Abidjan ; afin de non seulement contribuer à long terme à une amélioration des mesures de biosécurité en élevage avicole mais aussi de contribuer à la mise en place d’un programme de surveillance des antibiotiques utilisés. Elle s’est déroulée dans la période d’Août à Novembre 2014. L’étude a montré que : Les propriétaires de ferme (43%) ont un niveau d’étude universitaire et seulement 12% ont été formés sur les pratiques avicoles. La majorité des fermes enquêtées (54%) avait des effectifs compris entre 1001 et 5000 sujets. Les informations portant sur l’aménagement des bâtiments avicoles ont permis de constater qu’ un peu plus de la moitié (52,50%) des fermes ne respecte pas les normes de construction des poulaillers. En ce qui concerne l’hygiène au sein de ces élevages, les données recueillies montrent que les rotoluves sont peu utilisés (4,10%). La présence de pédiluves à l’entrée des poulaillers est effective dans 37,40% des fermes enquêtées et seulement 13,30% ne respecte pas le vide sanitaire. La présence d’autres espèces animales a été constatée dans 84,90% des cas. La fréquence de nettoyage des abreuvoirs se fait de façon journalière dans 78% des fermes, le nettoyage de la tuyauterie se fait après chaque bande (53%). Les cadavres issus des élevages sont soit rejetés dans la nature (20%), soit destinés à la consommation humaine (36%). Le suivi technico-sanitaire et médical est assuré dans 61% des cas par un agent de santé animale. Très peu de docteurs vétérinaires (13,10%) interviennent dans le suivi technico-sanitaire des élevages. Les fermes disposant d’un registre d'élevage ou un autre type de document de suivi représentent respectivement 53,20% et 48% des exploitations enquêtées. L’élaboration des programmes de prophylaxie sanitaire est réalisée pour une grande part par les techniciens d’élevage (35,70%). L’eau destinée à l’abreuvement des oiseaux provient à 41,40% de puits. L’étude portant sur l’utilisation des antibiotiques a montré que la majorité (70%) des fermes s’approvisionne aussi bien dans le circuit parallèle que dans les établissements de distribution au détail de médicaments vétérinaire. Les antibiotiques utilisés dans les exploitations sont principalement (95%) administré par les volaillers, et elle se fait pour l’essentiel (100%) dans l’eau de boisson. Pour ce qui est de la prescription de ces antibiotiques, 59,70% des exploitants avicoles pratiquent l’automédication. L’évaluation du niveau de connaissance des aviculteurs sur les notions de résidus et de délai d’attente a montré que respectivement 5% seulement et 39,40% des éleveurs interrogés ont reconnu avoir des notions sur ces deux termes. Par ailleurs, sur l’ensemble des fermes enquêtées, 80,60% ne tiennent pas compte du délai d’attente avant de mettre à la consommation humaine les œufs et la viande issus des poules traitées ou sous traitement. Les informations recueillies auprès des éleveurs nous ont permis de constater que sur l’ensemble des fermes enquêtées, des cas de suspicions d’inefficacité et des cas d’effets indésirables survenus chez la volaille ont été observés. Parmi les utilisateurs des antibiotiques qui ont eu l’occasion de constater des cas d’effets indésirables et/ou de défauts d’efficacité des antibiotiques, seulement 12% les ont signalés. Des recommandations ont été faites pour aboutir à une meilleure utilisation des antibiotiques et de protéger la santé des consommateurs. Mots clés : Aviculture moderne-Antibiotique-Délai-d’attente-Résidus-Abidjan

TIECOURA COULIBALY TÔH RAOUL Email : tiecoura_raoul@yahoo.fr Téléphone : +221 77 729 82 28/ +22507675329 Adresse : 00 BP 171 Bingerville (Côte d’Ivoire)

Coulibaly Tôh Raoul TIECOURA  

ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERIURBAINE D’ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)

Coulibaly Tôh Raoul TIECOURA  

ANALYSE DES PRATIQUES AVICOLES ET DE L’USAGE DES ANTIBIOTIQUES EN AVICULTURE MODERNE DANS LA ZONE PERIURBAINE D’ABIDJAN (COTE D’IVOIRE)

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