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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR (EISMV)

Année 2015

N°36

LES DOMINANTES PATHOLOGIQUES DES EQUIDES DANS LES ZONES SUIVIES PAR LA SPANA AU MALI THESE Présentée et soutenue publiquement le 30 Juillet 2015 à 9h 00 devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar pour obtenir le grade de DOCTEUR EN MEDECINE VETERINAIRE (DIPLOME D’ETAT) Par :

Mama TRAORE JURY Président :

Monsieur Emmanuel BASSENE Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar

Directeur et rapporteur de thèse :

Monsieur Yaghouba KANE Maître de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar

Membre :

Monsieur Oubri Bassa GBATI Maître de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar

Co-directeur de thèse :

Dr Amadou DOUMBIA Directeur SPANA Mali


ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR BP : 5077 – DAKAR (Sénégal) Tél : (00221) 33 865 10 08 télécopie (221) 825 42 83 COMITE DE DIRECTION LE DIRECTEUR GENERAL Professeur Louis Joseph PANGUI

LES COORDONNATEURS Professeur Germain Jérôme SAWADOGO

Coordonnateur des Stages et des Formations Post-Universitaires Professeur Yalacé Yamba KABORET

Coordonnateur de la Coopération Internationale Professeur Serge Niangoran BAKOU

Coordonnateur des Etudes et de la Vie Estudiantine Professeur Yaghouba KANE

Coordonnateur de la Recherche/Développement Année Universitaire 2014 - 2015

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LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PRODUCTIONS ANIMALES Chef de département : Alain Richi Kamga WALADJO, Maître de Conférences Agrégé ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE

PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIETHERAPEUTIQUE M. Moussa ASSANE, Professeur M. Rock Allister LAPO, Maître de Conférences Agrégé M. Wilfried Délé OYETOLA, Moniteur

M. Serge Niangoran BAKOU, Maître de Conférences Agrégé M. Gualbert Simon NTEME ELLA, Maître Assistant M. Felix NIMBONA, Moniteur

CHIRURGIE-REPRODUCTION M. Alain Richi Kamga WALADJO, Maître de Conférences Agrégé M. Papa El Hassane DIOP, Professeur M. Moussa WANE, Moniteur ECONOMIE RURALE ET GESTION M. Walter OSSEBI, Assistant M. Sidwatta Guy ILBOUDO, Moniteur

PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQUES ET MEDICALES Germain Jérôme SAWADOGO, Professeur M. Adama SOW, Maître Assistant M. Kalandi MIGUIRI, ATER Gregorie Hermann BAZIMO Sandaogo Hamidou OUANDAOGO ZOOTECHNIE- ALIMENTATION M. Ayao MISSOHOU, Professeur M. Simplice AYSSIWEDE, Maître Assistant M. Ngbocho Bernard N’GUESSAN, Moniteur M. Raoul ATIKPAKPE, Moniteur

DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET ENVIRONNEMENT Chef de département : Rianatou BADA ALAMBEDJI, Professeur HYGIENE ET INDUSTRIE DES DENREES ALIMENTAIRES D’ORIGINE ANIMALES (HIDAOA) M. Serigne Khalifa Babacar SYLLA, Maître Assistant Mlle Bellancille MUSABYEMARIYA, Maître Assistante M. Aristide Anicet ZOBO, Moniteur M. Madi SAVADOGO, Moniteur

PATHOLOGIE MEDICALE-ANATOMIE PATHOLOGIQUE-CLINIQUE AMBULANTE M. Yalacé Yamba KABORET, Professeur M. Yaghouba KANE, Maître de Conférences Agrégé Mme Mireille KADJA WONOU, Maître Assistante M. Djidjiho Géoffroy DJOSSA, Moniteur M. Roger N’Zi KABLAN, Moniteur M. Alpha SOW, Docteur Vétérinaire Vacataire M. Omar FALL, Docteur Vétérinaire Vacataire M. Abdoulaye SOW, Docteur Vétérinaire Vacataire M. Ibrahima WADE Docteur Vétérinaire Vacataire M. Charles Benoît DIENG, Docteur Vétérinaire Vacataire

MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIEINFECTIEUSE Mme Rianatou BADA ALAMBEDJI, Professeur M. Philippe KONE, Maître de Conférences Agrégé M. Zé Albert TRAORE, Docteur Vétérinaire Vacataire M. Stanislas ZEBA, Moniteur PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGIE APPLIQUEE M. Louis Joseph PANGUI, Professeur M. Oubri Bassa GBATI, Maître de Conférences Agrégé M. Dieudonné L DAHOUROU, ATER

PHARMACIE-TOXICOLOGIE M. Assionbon TEKO AGBO, Chargé de recherche M. Gilbert Komlan AKODA, Maître Assistant M. Abdou Moumouni ASSOUMY, Assistant M. Pierre Claver NININAHAZWE, Moniteur

DEPARTEMENT COMMUNUCATION Chef de département : Yalacé Yamba KABORET, Professeur BIBLIOTHEQUE Mme Mariam DIOUF,Ingénieur Documentaliste (Vacataire) Mme Ndella FALL MISSOHOU, Bibliothécaire

OBSERVATOIRE DES METIERS DE L’ELEVAGE (O.M.E)

SERVICE AUDIO-VISUEL M. Bouré SARR, Technicien

SCOLARITE M. Téophraste LAFIA, Chef de Scolarité M. Mohamed Makhtar N’DIAYE, Agent administratif Mlle Astou BATHILY, Agent administratif

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DEDICACES Je dédie ce travail : A Allah Soub Han-wat-Allah, qui m’a choisi ce chemin plein de bonheurs et richesses. Tu m’as assisté Seigneur dans toutes les circonstances, et Tu m’as montré que tout est possible en dehors de ce que Tu as décidé de rendre impossible. Je prie pour que tu me facilite d’avantages et jusqu’à mon dernier jour sur terre votre adoration avec la plus grande motivation possible, le courage et le tout dans une posture de crainte et d’amour, Amen. A mon père Oumar TRAORE, ce travail est le fruit de tous les efforts que vous avez fait pour mon éducation. Puisse ALLAH le tout puissant veiller sur votre santé et vous donne longue vie afin que je puisse vous servir autant que possible, Amen. A ma Maman Kadidia TRAORE, femme courageuse et forte, tu nous as inculqué une éducation qui force aujourd’hui l’admiration de tous. Les mots me manquent pour t’exprimer mon amour et te dire merci. Qu’a Allah te comble de bénédictions et t’accorde, longue vie afin que je puisse te servir autant que possible, Amen. A ma femme Aminata Cheick TRAORE, tu as été patiente durant tout ce temps, ta contribution dans ce parcours de combattant a été totale ; je ne saurais trouver les mots pour te dire ce que tu représentes pour moi. Soyons unis pour toujours ma Chérie A mon oncle Moustapha TRAORE et sa femme Nesso SYMPARA, après m’avoir inculqué une très bonne éducation, vous m’avez fait comprendre que la réussite vient après une lutte acharnée et vous avez eu confiance en moi. Votre soutien et votre sensibilité m’ont toujours fait chaud au cœur. Chers parents, trouvez ici le fruit de nombreux sacrifices consentis en m’a personne. Vous m’avez soutenu durant toutes mes études, qu’Allah vous donnent longue vie et santé pour que je puisse vous servir autant que possible, Amen. A mon oncle Seydou TRAORE, qui m’a conduit à Bamako pour venir étudier et ainsi, j’en sui fier aujourd’hui. Je ne saurais comment vous remercier. Reconnaissance éternelle tonton A ma belle famille, Cheick Oumar TRAORE, Kinty DIALLO et Néné TOURE, c’est Dieu qui a souhaité unir nos deux familles, avec tout le grand respect Papa et Maman je vous aime beaucoup. Vous êtes un chef de famille exemplaire.

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A mes frères et sœurs : Abdoul Razack, Aïssata, Korotoumou, Binta, Moumouni, Mariame, Mamadou, Lobo, Idrissa. Ce travail est le tien et le fruit de notre union. Puisse Dieu affermir nos liens de fraternité, nous accorde longevité et plein de succès dans nos différentes entreprises. A mes cousines : Alima, Mariame, Aminata, que respectifs.

de l’entente dans vos foyers

A mon ami et grand frère Adama SACKO, tu es l’une des personnes qui m’ont encouragé à faire cette étude au Sénégal. Ton soutien moral m’a été d’une aide inestimable. Merci infiniment et qu’Allah le tout puissant te prête longue et qu’il bénisse toi et ta famille. Au Pr Francois Adebayo ABIOLA, parrain de la 42ème promotion et Prof accompagnateur Mr Germain Jérôme SAWADOGO. Je suis fier et honoré d’appartenir à cette promotion bénie. Vous resterez toujours un model pour moi. A mes aînés Dr Amadou Ousmane TRAORE, Dr DIALLO, Dr Kadialou FOFANA, Dr Kader ISSOUFOU, Dr Mamadou TOURE, Dr SHELL, Dr Cléa LECLERC, Dr Mamadou DIOUF, Dr BANGUE LAMBONI Békpable, vos conseils et soutient moral m’ont permis d’arriver jusqu’au bout de cette formation, sincères remerciements A mes promotionnaires Maliens : Dr TOURE, Dr SOW, Dr KEMENANY, Dr Ibrahim KONE, Dr Diarha SANOGO, Grand DOLO, pétit DOLO, Karim, Kassambara, Broulaye KONE, Moussa COULIBALY, BAGA Fort, SISSOKO, NIARE, Baba le médecin, Mme COULIBALY Himeidou,. Quelque soient nos différences, nous formons une famille. Restons unis et indivisible. A mes promotionnaires de l’IPR/IFRA de Katibougou (Annexe de Bamako) Idrissa TRAORE, mon complice Souleymane SANGARE, SOUMARE, Syre Salomon MAÏGA, mon compagnon Yves MARCEL, Aliou CISSOUMA, Maître FOMBA, le réspon SISSOKO, Alou BADRA dit WIKIPEDIA, nous avons passé de bon souvenir. Plein de succès dans votre vie. A mes filleuls : Adama, Cheick Oumar, Moriba, hommage à votre mère qui a été arraché a votre affection. Que l’accueil dans son paradis et inchallah nous nous révérons tous ensemble dans le paradis. Coucou a vous. A tou(te)s mes petit(e)s frères et sœurs de la communauté Malienne de l’EISMV de Dakar, sachez que notre réussite à l’EISMV est un apport de prière à l’édifice de notre patrie. J’ai apprécié l’estime et la confiance que vous m’avez témoignée. Soyer iv


convaincus qu’elles sont réciproques. Merci très chers cadets et que notre solidarité et amitié puissent rester inébranlables. A mes amis à Bamako. Vos conseils et soutient moral m’ont permis d’arriver au bout du tunnel. Que Dieu vous bénisse dans vos projets A la 42ème promotion, Qu’Allah le tout puissant puisse accorder longue vie et bonne santé à tous les membres de la promotion pour que nous servions dignement nos pays respectifs au-delà l’Afrique toute entière. Que Dieu bénisse la 42ème promotion. Amen A l’AEVD, A l’Ambassade du Mali au Sénégal pour leur disponibilité pour tous les étudiants Maliens et stagiaires au Sénégal A ma chère patrie le Mali. Pour tes efforts dans le sens du développement par l’éducation de ses enfants, je te dois particulièrement la totalité de ma formation et je promets de participer à ta construction. A mon pays hôte, le Sénégal. Je me suis senti chez moi durant tout mon séjour par ta téranga légendaire

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REMERCIEMENTS Nous rendons grâce à Dieu qui nous a prêté vie et bonne santé jusqu'à ce que ce travail soit accompli et prions sur son envoyé Mohamed (PSL) Nos remerciements vont à l’endroit de : Au Ministère du développement rural à travers le PAPAM, de nous avoir accordé cette bourse ; A la Direction de l’EISMV et à tout le corps professoral pour la qualité de la formation et surtout les énormes efforts consentis dans la transmission de ces connaissances aux étudiants, Au Professeur Yaghouba KANE vous avez accepté de le diriger avec dévouement malgré votre emploi du temps chargé. Vos qualités scientifiques et humaines, votre amour du travail bien fait et votre rigueur son des souvenirs que nous gardons de vous. Au Professeur François Adébayo ABIOLA : Parrain de la 42ème promotion de l’EISMV, Votre illustre passage à la direction de l’EISMV, vos qualités d’homme d’Etat dans votre pays le Bénin, ont fortement inspiré les étudiants de la 42 ème promotion de l’EISMV à vous choisir comme parrain de la promotion. Au Professeur Germain Jérôme SAWADOGO : Professeur accompagnateur de la 42ème promotion de l’EISMV, Votre qualité inestimable d’enseignant et surtout votre transversalité dans la connaissance des sciences et médecine vétérinaires ont fortement prévalu dans votre choix de professeur accompagnateur de la 42 ème promotion. Au Dr Amadou DOUMBIA Directeur de SPANA Mali et à toute son équipe : Mohamed L KOÏTA, Samba DIALLO, et Dramane DISSA, vous nous avez aidé dans ce travail. Vos soutiens et conseils nous ont été d’un grand apport. Veuillez trouver ici, l’expression de notre profonde reconnaissance. A tous le personnel de la SPANA : Mr Yaya COULIBALY, Mme TRAORE Fanta, BALLO, Abdra GUINDO, Aroune, KONE, Makan TRAORE, merci pour votre aide. A tout le personnel de l’EISMV qui de près ou de loin nous ont accordé leur sympathie Aux chauffeurs de l’EISMV (CISSE, Mr KA, le « petit KA », et TOURE) pour les déplacements sur terrain ; Aux agents de la Sécurité de l’EISMV ; A la Communauté des Etudiants Musulmans Vétérinaires de Dakar ; vi


Au Prof Mamadou Moussa DIARRA, Prof Siaka DIARRA, Dr KONITIO, Dr Fousseyni SIDIBE et a tout le personnel enseignant de l’IPR/IFRA de Katibougou (Annexe de Bamako) A Mme SISSOKO, qui s’est battu corps et âmes pour l’organisation de notre bourse d’étude. A Mme DIOUF et Mme MISSOHOU Ndella du Centre de Documentation et de l’Information de l’EISMV, je vous remercie pour votre accueil et votre disponibilité pour les étudiants et merci pour votre apport dans ce document. A l’Association des Elèves, Etudiants et Stagiaires Maliens au Sénégal pour leur soutien et leur collaboration avec l’EISMV A toutes les sociétés de transport Malien sur l’axe Dakar-Bamako pour leurs services rendus aux populations Et à tous ceux, qui de près ou de loin ont contribué d’une façon ou d’une autre à la réalisation de ce travail.

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A NOS MAITRES ET JUGES A notre Maître et Président de jury, Monsieur Emmanuel BASSENE, Professeur à la faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de Dakar. Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous nous faites en acceptant spontanément de présider ce jury de thèse, malgré vos multiples occupations. Vos grandes qualités humaines et scientifiques sont connues et reconnues de tous. Nous vous renouvelons, M. le président du jury, l’expression de nos remerciements les plus sincères et de notre profonde reconnaissance.

A notre Maître, Directeur et Rapporteur de thèse, Monsieur Yaghouba KANE, Maître de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar Vous nous faite l’insigne honneur en rapportant cette thèse. Vous avez suivi et encadré ce travail avec rigueur scientifique. Vos qualités intellectuelles et votre stricte rigueur dans le travail bien fait nous ont marqué. Vous nous avez impressionnés par votre simplicité, votre pondération et votre esprit de dialogue. Veuillez trouver ici, l’expression de notre profonde reconnaissance.

A notre Maître et juge, Monsieur Oubri Bassa GBATI, Maître de conférences agrégé à l’EISMV de Dakar En dépit de la charge de travail qui vous incombe, vous avez accepté de faire partie de notre jury et de juger notre travail. Vos grandes qualités scientifiques et intellectuelles nous inspirent admiration. Sincères remerciements.

A notre Maître et Co-directeur de thèse, Monsieur Amadou DOUMBIA et équipe, Sans qui la réalisation de ce travail aurait été impossible… Je vous remercie, ainsi qu’à toute votre équipe, pour votre accueil, votre disponibilité, votre pédagogie, et pour m’avoir accordé le temps nécessaire à la réalisation de projet.

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«

Par délibération, la faculté de Médecine, de

Pharmacie et d’Odontologie et l’Ecole Inter Ŕ Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar ont décidé que les opinions émises dans

les

dissertations

qui

leurs

sont

présentées, doivent être considérées comme propres

à

leurs

auteurs

et

qu’elles

n’entendent leur donner aucune approbation ni improbation».

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LISTE DES ABREVIATIONS £ : Livre sterling %: Pourcentage ALive : African Iivestock development Initiative AMALDEME: Association Malienne D’aide aux Enfants Malades Mentaux BCG : Bacille de Calmete et Guerin CEDEAO: Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest DNSV : Direction Nationale des Services Vétérinaires DNSI : Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique DNPIA : Direction Nationale des Productions et des Industries Animales EB: Énergie Brute ED: Energie Digestible EF: Energie contenu dans les Fèces FAO: Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture Fc : Fréquence Cardiaque FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine Fr : Fréquence Réspiratoire g: Grammes GIE: Groupement d’Intérêt Economique I.M : Intra-Musculaire INSAT: Institut National de la Statistique et de l’Aménagement du Territoire I.V : Intra-Veineuse Km : Kilomètre m: Mètres MDO : Maladie à Déclaration Obligatoire mg : Milligramme mm : Millimètre ONG : Organisation Non Gouvernementale OIE : Organisation Internationale de la Santé Animale PCV : Packed Cell Volume PGI : Parasitose Gastro-Intestinale x


PIB : Produit Intérieur Brute PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PPT : Protéines Plasmatique Totale RGPA: Recensement Général de la Population Animale RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat S.C : Sous-Cutané SPANA : Society for the Protection of Animals abroad T°c : Température en Degré Celcuis UEMOA: Union Economiques et Monétaires Ouest-Africaine UI: Unité International WEVA: World Equine Veterinary Association

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LISTE DES FIGURES Figure 1 : Carte administrative du Mali (Maplibrary.org) ......................................................... 4 Figure 2: Robe d’ânes (A) Baie foncé ou baie brûlée, (B) Gris tacheté de blanc, (C) Gris, (D) Gris très clair (SPANA Mali) ................................................................................................ 11 Figure 3 : Robes de chevaux (A) Cheval dongola, bai brun avec belle face et balzane, (B) Alezan, (C) Bai brun foncé, (D) Gris truité (SPANA Mali)............................................... 13 Figure 4 : Classement des revenus mensuels des propriétaires d’ânes dans la région de Ségou au Mali (DOUMBIA et al., 2013) ................................................................................... 24 Figure 5 : Utilisation des équidés dans le transport. (A) Anes en transportant les ordures, (B) Cheval qui transporte le bois de chauffe (SPANA Mali) ................................................. 26 Figure 6 : Séance d’équithérapie au centre SPANA Mali (SPANA Mali) ........................... 28 Figure 7 : Conditions d’élevage (A) Les ânes d’un GIE en divagation, (B) Habitat d’un GIE (SPANA Mali) ....................................................................................................................... 31 Figure 8 : Cas de tétanos chez le cheval (A) et (B) avec dilatation des naseaux et procidence de la 3ème paupière (SPANA Mali)........................................................................ 38 Figure 9 : (A) Cas de tétanos à l’arriver à stade avancé, (B) cas de tétanos avec espoir de guérison

(C) après 1mois d’hospitalisation de (B) remis a son propriétaire (SPANA

Mali). .............................................................................................................................................. 39 Figure 10 : Ane d’un GIE atteint de colique d’obstruction soutenu par des personnes (SPANA Mali) ............................................................................................................................... 44 Figure 11 : colique d’obstruction avec les matières plastiques a travers l’anus, (B) après autopsie lésion congestive et dilatation de l’intestin (DOUMBIA, 2011), (C) Pelotes de matières plastique découvert au ZOO après abattage d’un âne atteint de colique d’obstruction (SPANA Mali) ....................................................................................................... 45 Figure 12 : Prolapsus rectal de type II chez un cheval avant et après réduction (SPANA Mali) ............................................................................................................................................... 46 Figure 13 : (A) Plaie de harnachement, (B) abcès à la croupe, (C) brûlure au flanc gauche, (D) 3 mois après traitement (SPANA Mali) .............................................................. 48 Figure 14 : Uvéite chez un cheval (OLIVIER, 2014) .............................................................. 51 Figure 15 : Ulcère cornéen chez un cheval (OLIVIER, 2014) .............................................. 52

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Figure 16 : Défaut d’aplomb (A) Serré du devant chez un cheval, (B) déviation et serré du devant chez un âne (SPANA Mali)...................................................................................... 54 Figure 17 : Radiographie d’un cas de fourbure chez un âne atteint au membre antérieur droit (SPANA Mali) ...................................................................................................................... 55 Figure 18 : Images de cas d’abcès du sabot (A) chez un âne avec pus visible, (B) chez un cheval (SPANA Mali) ............................................................................................................. 56 Figure 19 : Traces d’anciennes bleimes (N’DOUR, 2010).................................................... 56 Figure 20 : Cas de seime (A) chez un âne atteint au postérieur droit, (B) chez un âne atteint au antérieur (SPANA Mali), (C) après pansement de résine, (D) pose d’agrafes (ADRENALINE, 2014). ............................................................................................................... 58 Figure 21 : Pied atteint de cloue de rue (SPANA Mali) ......................................................... 59 Figure 22 : (A) âne présentant un mal de garrot (phlegmon), (B) fistule du garrot (C) guérison 3 mois après (SPANA Mali) ....................................................................................... 62 Figure 23 : Mal de garrot présentant des vers d’Onchocerca adulte (SPANA Mali) ........ 62 Figure 24 : Résultats de traitement de cas de mal de garrot au refuge SPANA (CISSE, 2009) .............................................................................................................................................. 65 Figure 25 : Lésions de lymphangite épizootique (A) chez un cheval, (B) chez un âne (SPANA Mali) ............................................................................................................................... 67 Figure 26 : Cheval gris atteint de mélanome dermique en région péri anale (BECO, 2009), (B) âne avec mélanome au niveau des naseaux et lèvres (SPANA Mali). ............ 69 Figure 27 : Quelques lésions de sarcoïdes (A) verruqueux et diffus sur l’encolure, (B) fibroblastique oculaire, (C) sur la joue, (D) sur le fourreau d’un étalon (SPANA Mali) .... 72 Figure 28 : Sarcoïde et résultats de chirurgie (A) et (B) sarcoïde sur la joue, (C) et (D) sarcoïde au passage de la sangle (SPANA Mali) .................................................................. 73 Figure 29 : Images de coproscopie (A) larve d’Oxyuris et (B) les œufs de Gastrodiscus (SPANA Mali) ............................................................................................................................... 77 Figure 30 : Anes atteintes de trypanosomoses, (A) alopécie diffus et œdème déclive, (B) et (C) placards urticaires et larmoiement (SPANA Mali). ............................................... 78 Figure 31 : Trypanosoma vivax (SPANA Mali) ....................................................................... 79 Figure 32 : Ane atteint de piroplasmose avéré (SPANA Mali) ............................................. 80

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Figure 33 : (A) adulte de strongle dans la lumière intestinale, (B) strongles expulsés après traitement chez un âne (SPANA Mali) .......................................................................... 82 Figure 34 : larve de gasterophile dans l’estomac avec obstruction du pylore chez un âne (SPANA Mali) ............................................................................................................................... 83 Figure 35 : (A) larve d’Oxyuris visible a travers l’anus, (B) œuf d’Oxyuris desséché (C) larve d’Oxyuris expulsé après traitement anthelminthique (SPANA Mali) ......................... 83 Figure 36 : Ane qui a consommé un produit caustique et lésions d’aphtes et érosions de la gencive (SPANA Mali). ........................................................................................................... 84 Figure 37 : Carte de Bamako (www.Malibrary.org) ................................................................ 88 Figure 38 : Clinique mobile SPANA (Source : auteur)........................................................... 92 Figure 39 : Répartition des propriétaires d’équidés (cheval, âne) par commune.............. 94 Figure 40 : Mode d’utilisation des ânes et chevaux. .............................................................. 95 Figure 41 : Habitats des équidés. (A) Parking de chevaux dans la commune 2 ; (B) Parc d’un GIE derrière une cour d’école dans la commune 5; (C) Ane pâturant le gazon autour d’un monument dans la commune 5 ; (C) Parc clôturé d’un vendeur de bois dans la commune 6 (Source : auteur)................................................................................................ 96 Figure 42 : (A) Anes consommant le reste du repas de riz ; (B) tiges de maïs distribuées à un cheval (Source : auteur) .................................................................................................... 97 Figure 43 : Différents types d’aliments distribués aux équidés ............................................ 97 Figure 44 : Quantité de céréales distribuée aux équidés de trait ........................................ 98 Figure 45 : Fréquence de distribution de céréales aux équidés de trait ............................. 98 Figure 46 : Différentes sources d’abreuvement des équidés de trait .................................. 98 Figure 47 : (A) Ane abreuvé par l’eau de puits ; (B) son de maïs trempé dans l’eau et distribué à un cheval (Source : auteur) .................................................................................... 99 Figure 48 : Proportion des affections rencontrées par les cabinets et cliniques vétérinaires. ................................................................................................................................ 100 Figure 49 : Pourcentage des mâles et femelles parmi les ânes et chevaux examinés . 101 Figure 50 : Pourcentage de la répartition des âges des équidés examinés .................... 101 Figure 51 : Etat d’embonpoint des animaux examinés ....................................................... 102 Figure 52 : Aspects des muqueuses et l’état de la dentition chez des équidés examinés ...................................................................................................................................................... 102 xiv


Figure 53 : Les températures notées lors de l’examen clinique des équidés .................. 103 Figure 54 : Différents signes cliniques sur le même animal (jetage, plaies, fissure du sabot) (Source : auteur) ............................................................................................................ 104 Figure 55 : (A) déchirure au poitrail par fil de fer chez un ânon ; (B) décollement du sabot et plaie bourgeonnante chez une ânesse .............................................................................. 104 Figure 56 : Pourcentage des affections et cas cliniques rencontrés chez l’âne.............. 105 Figure 57 : Pourcentage des affections et cas cliniques rencontrés chez les chevaux . 106 Figure 58 : Cas euthanasié et certaines lésions observés après autopsie (A) jument atteinte de lymphangite, (B) parasitose interne et œdème ventral chez un âne, (C) rate dissocié en lambeau chez un âne comparée à une rate normale ; (D) ulcère gastrique dans la moitié de l’estomac d’un âne (Source : auteur) ...................................................... 108 Figure 59 : Image d’une observation microscopique d’un frottis sanguin ; PE : polynucléaires

éosinophiles, PN : polynucléaire neutrophile, L : lymphocyte. (Source :

auteur) ......................................................................................................................................... 109 Figure 60 : (A) dépilation de la tête et plaies avec croûtes; (B) application de pommade oxyplasine sur un cheval blanc albinos (Source : auteur)................................................... 113

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LISTE DES TABLEAUX Tableau I : Evolution des effectifs au cours des dix dernières années (DNPIA, 2013) ...... 8 Tableau II: Répartition des équidés selon les régions du Mali (DNPIA, 2013) .................... 9 Tableau III : Valeurs hématologiques usuelles (JAILLARDON, 2009) ............................... 14 Tableau IV : Valeurs biochimiques usuelles (SVENDSEN, 2008) ...................................... 15 Tableau V: Macrominéraux et sources alimentaires pour les équidés (SPANA, 2000) ... 18 Tableau VI : Les minéraux et sources alimentaires pour les équidés (SPANA, 2000) .... 19 Tableau VII : Les vitamines hydrosolubles contenus dans certains aliments pour équidés (SPANA, 2000)............................................................................................................................. 20 Tableau VIII : Les aliments contenants les vitamines liposolubles chez les équidés (SPANA, 2000)............................................................................................................................. 20 Tableau IX : La composition du lait de la femme et celui des animaux domestiques en g/100g (Source : HUGON (1996), LEBEUF et al., (CRIHA, 2002) ...................................... 29 Tableau X : Protocole vaccinal contre l'artérite virale (COUROUCE et DESBROSSE, 2010) .............................................................................................................................................. 34 Tableau XI : Protocole vaccinal contre le tétanos chez les équidés (cheval, ânes) (MOUCHEL-VICHARD, 2010) ................................................................................................... 39 Tableau XII : Les défauts d’aplombs chez le cheval et leurs conséquences (N’DOUR, 2010) .............................................................................................................................................. 53 Tableau XIII : Bactéries identifiées sur 44 échantillons de pus et d’exsudats prélevés sur des lésions fermées de mal de garrot chez les équidés de trait (DOUMBIA, 2008). ....... 63 Tableau XIV : Résultats de la recherche d’Onchocerca cervicalis après examens macroscopique et histopathologique de 47 cas de mal de garrot de 2005 à 2007 (DOUMBIA, 2008) ....................................................................................................................... 63 Tableau XV : Statistique de cas d’hospitalisation pour mal de garrot de 2007 à 2014 au refuge SPANA (SPANA Mali). ................................................................................................... 64 Tableau XVI : Les résultats d’analyse coproscopique de 2011 (SPANA, 2011) ............... 76 Tableau XVII : Situation des pathologies équines et asines au Mali en 2013 (DNSV, 2013).............................................................................................................................................. 85

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Tableau XVIII : Traitements effectués dans les établissements vétérinaires 2013 (DNSV, 2013) .............................................................................................................................................. 85 Tableau XIX : Effectifs soignés par région (SPANA 2013) .................................................. 91 Tableau XX : Résultat de lecture d’hématocrite (SPANA Mali) ......................................... 109 Tableau XXI : Nombre des cas cliniques au cours de différentes missions dans les villes et villages d’août à décembre 2014 (SPANA Mali) .............................................................. 110 Tableau XXII : Liste de quelques médicaments présents dans la clinique mobile de la SPANA (SPANA Mali)............................................................................................................... 111

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LISTE DES ANNEXES Annexe 1 : Echelle d’estimation du poids vif (SVENDSEN, 2008) ...................................xxiv Annexe 2 : Situation des traitements effectués par région en 2007 (DNSV, 2007) .......xxvi Annexe 3 : Situation des traitements effectués par région en 2011 (DNSV, 2011) ..... xxvii Annexe 4 : Situation des traitements effectués par région en 2013 (DNSV, 2013) .... xxviii Annexe 5 : Fiche d’enquête utilisateurs d’équidés ..............................................................xxix Annexe 6 : Fiche d’examen clinique des animaux ............................................................... xxx

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Table des matières Introduction ..................................................................................................................................... 1 PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE....................................................... 3 Chapitre I : Données générales sur le Mali ............................................................................... 4 I.1. Présentation du Mali ........................................................................................................... 4 I.1.1. Population .................................................................................................................... 4 I.1.2. Climat, végétation et faune ........................................................................................ 5 I.1.3. Relief et hydrographie ................................................................................................. 5 I.2. Elevage au Mali ................................................................................................................... 5 Chapitre II : Elevage des équidés au Mali ................................................................................. 7 II.1. Historique et origines de l’âne et le cheval .................................................................... 7 II.2. Effectifs ................................................................................................................................ 8 II.2.1. Evolution des effectifs ................................................................................................ 8 II.2.2. Répartition par région ................................................................................................ 8 II.3. Les races d’équidés......................................................................................................... 10 II.3.1. Les races d’asins ...................................................................................................... 10 II.3.2. Races de chevaux .................................................................................................... 11 II.3.2.1. Races locales......................................................................................................... 11 II.3.2.2. Races exotiques .................................................................................................... 13 II.4 Des particularités physiologiques des équidés ........................................................ 13 II.4. 1. Digestion ................................................................................................................... 13 II.4. 2. Normes hémato-biochimiques ............................................................................ 14 II.4. 2.1. Hématologie : ........................................................................................................ 14 II.4.2.2. Biochimie : .............................................................................................................. 15 II.4.3. Les analyses d’urine ................................................................................................ 15 II.5. Alimentation des équidés ........................................................................................... 16 II.5.1. Substances nutritives essentielles ......................................................................... 16 II.5.1.1. L’eau ........................................................................................................................ 16 II.5.1.2. Les ceréales ........................................................................................................... 16 II.5.1.3. Les graisses ........................................................................................................... 16 II.5.1.4. Les proteines ......................................................................................................... 17 II.5.1.5. Les fibres ................................................................................................................ 17 II.5.1.6. Les Minéraux ......................................................................................................... 18 xix


II.5.1.6.1. Macrominéraux essentiels ................................................................................ 18 II.5.1.6.2. Microminéraux .................................................................................................... 19 II.5.1.7. Les vitamines ......................................................................................................... 19 II.5.1.7.1. Vitamines hydrosolubles ................................................................................... 20 II.5.1.7.2. Vitamines liposolubles....................................................................................... 20 II.5.2. Aspects pratiques de l’alimentation au refuge de la SPANA ........................... 21 II.5.3. Evaluation des besoin nutritionnels ...................................................................... 22 II.6. Importance socio-économique et culturelle de l’utilisation des équidés ................. 23 II.6.1. Importance socioculturelle ...................................................................................... 23 II.6.2. Importance socio-économique ............................................................................... 23 II.6.2.1. Utilisation dans la culture attelée ........................................................................ 24 II.6.2.2. Utilisation pour l’exhaure de l’eau....................................................................... 25 II.6.2.3. Utilisation dans le transport ................................................................................. 25 II.6.2.4. Comme sources de revenus monétaires........................................................... 26 II.6.3. Autres importances ..................................................................................................... 27 II.6.3.1. Utilisation dans l’hippothérapie ............................................................................... 27 II.6.3.2. Sources des produits alimentaires ..................................................................... 28 II.6.3.2.1. Consommation de la viande des équidés ...................................................... 28 II.6.3.2.2. Lait des équidés ................................................................................................. 28 II.7. Les contraintes liées à l’élevage des équidés ............................................................ 29 II.7.1. Contraintes zootechniques ..................................................................................... 29 II.7.2. Contraintes nutritionnelles....................................................................................... 30 II.7.3. Contraintes techniques ............................................................................................ 30 II.7.4. Contraintes sanitaires .............................................................................................. 30 II.7.5. Autres contraintes..................................................................................................... 31 Chapitre III : Les dominantes pathologiques des équidés .................................................... 32 III.1. Les maladies virales ....................................................................................................... 32 III.1.1. La grippe équine. ......................................................................................................... 32 III.1.2. La peste équine ........................................................................................................... 33 III.1.3. L’artérite virale équine ............................................................................................ 34 III.1.4. La rhino pneumonie équine ................................................................................... 35 III.1.5. L’infection à virus West Nile................................................................................... 35 III.1.6. La rage ...................................................................................................................... 36 III .2. Les maladies bactériennes .......................................................................................... 37 xx


III.2.1. Le tétanos ................................................................................................................. 37 III.2.2. Le botulisme ............................................................................................................. 40 III.2.3. Le charbon bactérien .............................................................................................. 40 III.2.4. La morve ....................................................................................................................... 41 III.2.5. La gourme................................................................................................................. 41 III. 3. Autres maladies ............................................................................................................. 42 III.3.1. Les coliques ............................................................................................................. 42 III.3.2. Prolapsus rectal ....................................................................................................... 45 III.4. Les plaies ......................................................................................................................... 46 III.5. Les affections oculaires ................................................................................................. 49 III.5.1. Le syndrome de l’uvéite récidivante des équidés .............................................. 49 III.5.2. L’ulcère de la cornée ............................................................................................. 52 III.6. Les affections de l’appareil locomoteur ....................................................................... 52 III.6.1. Les défauts d’aplombs ............................................................................................ 52 III.6.2. La fourbure ............................................................................................................... 54 III.6.3. L’abcès ...................................................................................................................... 55 III.6.4. Les bleimes .............................................................................................................. 56 III.6.5. La seime ................................................................................................................... 57 III.6.6. Le crapaud ou pododermatite végétante chronique .......................................... 58 III.6.7. Le clou de rue .......................................................................................................... 59 III.6.8. Les fractures et déchirures musculaires .............................................................. 60 III.7. Affections cutanées ........................................................................................................ 60 III.7.1. La gale de boue ........................................................................................................... 60 III.7.2. l’habronémose cutanée .......................................................................................... 60 III.7.3. La dermatite ou dermite estivale récidivante ...................................................... 61 III.7.4 Le mal de garrot ............................................................................................................ 61 III.8. Les affections fongiques ................................................................................................ 65 III.8.1 La lymphangite épizootique ........................................................................................ 65 III.9. Affections tumorales ....................................................................................................... 68 III.9.1. Les mélanomes cutanés ........................................................................................ 68 III.9.2. Le sarcoïde équin (sarcoïde de Jackson) ........................................................... 69 III.10. Les affections parasitaires autres que cutanées ..................................................... 75 III.10.1. Les trypanosomoses................................................................................................. 77 III.10.2. La piroplasmose (Babésiose) .............................................................................. 79 xxi


III.10.3. Les strongyloses ................................................................................................... 80 III.10.4. La gastérophilose .................................................................................................. 82 III.10.5. L’oxuyrose .............................................................................................................. 83 III.11 Les maladies carentielles ou toxiques ....................................................................... 84 III.12 Maladies répertoriées dans les registres des services vétérinaires du Mali ........ 84 DEUXIEME PARTIE : PARTIE EXPERIMENTALE ............................................................... 86 CHAPITRE I : Matériel et Méthodes ......................................................................................... 87 I.1. Cadre et période d’étude ................................................................................................. 87 I.1.1 Zone et période d’étude ............................................................................................. 87 I.1.2. Présentation de L’ONG SPANA .................................................................................. 89 I.1.3. Présentation des sites suivis ................................................................................... 90 I.2. Matériel d’étude ................................................................................................................. 91 I.2.1. Les équidés (ânes et chevaux) ............................................................................... 91 I.2.2. Fiches d’enquête ....................................................................................................... 91 I.2.3. Matériel divers ............................................................................................................ 92 I.3. Méthodes ........................................................................................................................ 92 I.3.1. Les entretiens ............................................................................................................. 92 I.3.2. L’examen clinique ...................................................................................................... 92 I.3.3. Prélèvements et analyses de laboratoire............................................................... 93 I.4. Traitements des données ................................................................................................ 93 CHAPITRE II : Résultats ............................................................................................................ 94 II.1. Données générales ......................................................................................................... 94 II.1.2. Identification des propriétaires ............................................................................... 94 II.1.2.1. Utilisation des animaux ........................................................................................ 94 II.1.3. Gestion des animaux ................................................................................................... 95 II.1.3.1. Effectif et sexe ....................................................................................................... 95 II.1.3.2. Habitat ..................................................................................................................... 95 II.1.3.3. Alimentation ........................................................................................................... 96 II.1.3.4. Abreuvement des équidés ................................................................................... 98 II.1.3.5. Soins vétérinaires privés ...................................................................................... 99 II.1.4. Les professionnels de la santé animale .................................................................... 99 II.2. Résultats des examens cliniques ................................................................................ 100 II.2.1. Effectifs d’animaux examinés ................................................................................... 100 II.2.2. Age et robes des animaux .................................................................................... 101 xxii


II.2.3. Etat d’embonpoint des animaux ........................................................................... 102 II.2.4. Etat des muqueuses et l’état de la dentition ...................................................... 102 II.2.5. Paramètres généraux ................................................................................................ 103 II.2.5.1. Température......................................................................................................... 103 II.2.5.2. La fréquence cardiaque ..................................................................................... 103 II.2.5.3. La fréquence respiratoire ................................................................................... 103 II.2.6. Présence d’ectoparasites .......................................................................................... 103 II.2.7. Signes cliniques observés......................................................................................... 103 II.2.8. Affections et cas cliniques rencontrés ..................................................................... 104 II.2.8.1. Cas d’euthanasie ou mort .................................................................................. 107 II.2.8.2. Résultats des analyses de laboratoire ............................................................. 108 II.8.2.3. Récapitulatifs des cas cliniques rapportés lors des missions dans les villes et villages ............................................................................................................................ 109 II.2.9. Traitements .................................................................................................................. 111 CHAPITRE III : Discussion....................................................................................................... 114 III.1. Limites de l’étude ...................................................................................................... 114 III.2. Choix de la zone d’étude ......................................................................................... 114 III.3. Méthode d’enquête ................................................................................................... 114 III.4. Répartition des propriétaires ................................................................................... 115 III.5. Utilisation des équidés ............................................................................................. 115 III.6. Sexe et robes des animaux..................................................................................... 115 III.7. Élevage des équidés ................................................................................................ 116 III.8. Examen clinique des animaux ................................................................................ 117 III.9. Les affections et cas cliniques rencontrés ................................................................ 118 III.9.1. Les pathologies digestives ................................................................................... 118 III.9.2. Les affections locomotrices ................................................................................. 119 III.9.3. Les affections cutanées ........................................................................................ 119 III.9.4. Les affections respiratoires .................................................................................. 122 III.9.5. Le Tétanos .............................................................................................................. 122 III.9.6. Les affections oculaires ........................................................................................ 122 III.9.7. Autres affections rencontrées.............................................................................. 123 Conclusion générale ................................................................................................................. 124 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .................................................................................. 128 ANNEXES ................................................................................................................................... 135

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Introduction Pratiqué par au moins 80% de la population rurale, l’élevage occupe une place de choix dans l’économie du Mali. Il constitue la principale source de revenus pour plus de 30% de la population du pays et l’activité dominante pour les populations des régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Sa contribution au PIB tourne autour de 10 %, mais le test de terrain du guide méthodologique de la Plateforme ALive, mené en 2009, l’estime à près de 20% (DNPIA, 2013). Tout comme dans beaucoup d’autres pays en développement, la traction animale continue d’occuper une place importante dans la survie de la population au Mali. Dans les villes aussi bien que dans les zones rurales, les animaux de trait constituent la base de la force de travail. Leur utilisation s’étend du transport des ordures ménagés et des marchandises, aux travaux champêtres, le transport du bois de chauffage, de l’eau, des matériaux de construction, etc. Dans les centres urbains, environ 30% de la population dépend d’une manière ou d’une autre du travail effectué par les ânes. Dans les zones rurales, cette dépendance peut aller au-delà de 65% (DOUMBIA, 2006). Par exemple au Niger, jadis, les équins sont considérés comme des animaux très précieux, ils ne sont possédés que par une minorité (les chefs traditionnels, l’armée, les riches) alors que les ânes jouissent d’une grande réputation dans les systèmes de production grâce aux divers services qu’ils offrent (la culture attelée, le transport, exhaure de l’eau et autres). Par contre au Sénégal, les chevaux sont présents dans tous les domaines d’utilisation possible (transport, culture attelé, course, exhaure de l’eau, sport) ; quant aux ânes, ils sont principalement utilisés comme des animaux de trait (culture attelée, exhaure de l’eau, transport). Dans ce pays, ces deux espèces animales (ânes et cheval) partagent la fonction d’animaux de trait à cause de l’énergie non négligeable qu’elles fournissent (HAMIDOU, 2013). Cependant, de nos jours, on assiste au développement de systèmes d’élevages intensifs et semi-intensifs notamment pour les animaux à cycle court comme les porcs et les poules pondeuses mais aussi des fermes laitières plus ou moins modernes. La volonté politique de moderniser le secteur de l’élevage afin de le rendre plus rentable commence à porter ses fruits chez la plupart des espèces (ruminants, porcs et volailles), mais les équidés, surtout les ânes demeurent toujours les laissés pour compte (TAPSOBA, 2012). En effet, hors mis la production de viande et de lait comme les animaux de rentes, les équidés interviennent dans toute les activités socio-économiques dans le milieu rural et urbain, ainsi la charrette tractée par un âne est la forme de transport la plus utilisée et la plus importante dans le district de Bamako (CISSE, 2009). Il est de ce fait le transporteur par excellence dans les sociétés démunies. 1


Cependant, du fait de la rusticité et du prix d’achat (relativement abordable) de l’âne associés à l’ignorance et la pauvreté des propriétaires, cet animal subit une négligence totale. La maltraitance et l’absence de soins vétérinaires exposent les animaux aux maladies opportunes souvent récurrentes dont le tableau clinique est toujours aggravé par la malnutrition et les parasitoses. L’âne à rarement accès aux soins vétérinaires (N’PATON, 2012 ; TRAORE, 1989 ; PAGOT, 1985). L’un des problèmes majeurs de santé et de perte d’usage des équidés de bât reste les lésions du dos qui représentent 36% des pathologies rencontrées chez les équidés de trait, et la cause du tiers des cas d’abandons de ces animaux par les propriétaires (SPANA, 2005). Ce qui pose un problème d’éthique et de protection des animaux audelà de l’aspect économique (DOUMBIA, 2006). En considérant le fait que les propriétaires et utilisateurs de ces animaux constituent, pour la plupart du temps, une frange pauvre de la population, avec des moyens de subsistance très limités, il serait nécessaire d’élucider la situation sanitaire vécue au quotidien des équidés de trait au Mali. C’est la raison pour laquelle nous avons entrepris ce travail dont l’objectif principal est d’identifier les dominantes pathologiques des équidés de trait dans les zones suivies par la SPANA au Mali. De façon spécifique, il vise à (i) déterminer les affections de ces équidés, (ii) connaître les contraintes de leur prise en charge, et (iii) proposer des recommandations pour l’amélioration de leur état sanitaire. Ce travail est présenté en deux parties : - Une première partie correspondant à l’étude bibliographique et qui aborde l’élevage des équidés ainsi que leurs principales pathologies, - La deuxième partie est axée sur l’étude expérimentale comprenant la zone d’étude, le matériel et les méthodes utilisées, les résultats obtenus et leur discussion suivie des recommandations.

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PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE CHAPITRE I : DONNEES GENERALES SUR LE MALI CHAPITRE II : ELEVAGE DES EQUIDES AU MALI CHAPITRE III : LES DOMINANTES PATHOLOGIQUES DES EQUIDES

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Chapitre I : Données générales sur le Mali I.1. Présentation du Mali Le Mali est un immense pays qui s’étend entre le 10ème et le 25ème degré de latitude nord, d’une part, et d’autre part, entre le 4ème degré de longitude Est et le 12ème degré de longitude ouest, sur une superficie de 1 241 138 km2 (figure 1).

Figure 1 : Carte administrative du Mali (Maplibrary.org) I.1.1. Population La population malienne est estimée à 16 744 000 habitants (INSAT RGPH, 2013), soit une densité de 12,8 habitants/km2. Le taux de croissance démographique est de l’ordre de 3,2 % par an. Le secteur rural occupe près de 80% de la population active. Par ailleurs, le Mali revêt une mosaïque ethnique diversement repartie sur l’ensemble du territoire avec une forte densité au centre et au sud du pays. On peut citer principalement les Mandingues majoritairement Bambaras et les Sonikés qui vivent à l’ouest de Bamako, les Sénoufos et les Miankas au sud, au centre les Bobos et les 4


Peulhs ; au nord-est vivent les Dogons sur le plateau de Bandiagara. A l’est on retrouve les Songhoïs. Au nord, en plein Sahara, vivent les Maures et les Touaregs (DAO, 2005). I.1.2. Climat, végétation et faune La situation en altitude et la continentalité agissent sur les éléments du climat et font du Mali un pays continental à caractère soudano-sahélien. Le Mali peut être subdivisée en trois zones climatiques : la zone désertique au Nord occupant presque les deux tiers du territoire, la zone sahélienne au centre et la zone soudanienne au sud. Deux grandes saisons s’opèrent dans l’année : la saison sèche qui dure de 9 mois au nord et de 5 à 6 mois au sud avec des précipitations annuelles moyennes atteignant 1120mm à Bamako ; tandis que dans le Sahara, elles ne sont que de 127 mm. La végétation est rare dans la région saharienne où ne poussent que des Acacias. La zone sahélienne du centre est caractérisée par une savane arborée dans le Sud soudanien où les cours d’eau sont encadrés de forêts galeries. La faune compte, entre autres, des animaux tels la gazelle, l’hyène le phacochère, le lion, l’antilope et le chacal. Mais ces espèces sont en voie de disparition à cause de la désertification et du braconnage. I.1.3. Relief et hydrographie Le relief est constitué par des plaines entourées de plateaux. Les altitudes les plus marquées sont : - au Sud-ouest : les contreforts du Fouta Djallon, le Mont Mandingue (734 Km) et les monts du Banbouk, - à l’Est : de Bandiagara à Hombori, des falaises (1150m, à Hombori) qui sont les rebords des plateaux Dogons, - à l’extrême Nord : l’Adrar des Iforas prolonge le massif saharien du Hoggas (800m). A noter que le Mali est arrosé par deux grands fleuves : le Niger sur 1700 Km et le Sénégal sur 709 Km, tous prennent leur source au Fouta Djallon en Guinée. I.2. Elevage au Mali Le sous-secteur élevage occupe la 3ème place dans l’économie du Mali après l’or et le coton. Il constitue la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population malienne. Ce sous- secteur contribue pour 11% au PIB, 24% à la production du secteur rural, 80% environ aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation (DNPIA, 2013). Le cheptel national occupe le premier rang dans l’espace UEMOA et le second dans l’espace CEDAO. Les effectifs sont estimés à 10 012 966 bovins, 13 735 523 ovins, 19 126 806 caprins, 978 980 camelins, 517 605 équins, 939 835 asins, 77 594 porcins et 36 850 378 volailles (DNPIA, 2013). 5


L’élevage représente un PIB sectoriel à 428 milliards de FCFA et contribue pour environ 11% du PIB (DNSV 2009), 85% des agriculteurs possèdent des animaux, dont 13% font de l’élevage leur activité principale (OIE, 2007) Cependant, le développement de l’élevage au Mali est confronté à de multiples difficultés, dont celles liée à la santé animale avec la présence encore de nombreuses maladies dont certaines sont dévastatrices comme la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants, la peste équine, les pasteurelloses, la maladie de Newcastle, les charbons, la fièvre aphteuse, la dermatose nodulaire contagieuse bovine, et la lymphangite épizootique. Toutes ces maladies et beaucoup d’autres causent, chaque année, des pertes importantes à l’économie nationale liées à : - la mortalité des animaux ; - la baisse de productivité et de production des animaux; - aux saisies d’organes et carcasses lors du contrôle des denrées alimentaires d’origine animale ; - aux difficultés d’accès de nos animaux, des denrées alimentaires et produits d’origine animale à des marchés extérieurs (DNSV, 2013).

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Chapitre II : Elevage des équidés au Mali II.1. Historique et origines de l’âne et le cheval L’âne (Equus asinus) descend comme son cousin le cheval (Equus caballus) du Mesohippus qui vivait en Amérique du nord de 42 à 33.3 millions d’années avant notre ère. Il mesurait tout juste 60 cm et l’adaptation morphologique vers une aptitude à la course commençait déjà à s’opérer. Celle-ci s’est poursuivie sans cesse pour aboutir il y a 4 millions d’années à l’Equus, ancêtre commun à tous les équidés connus de nos jours. Celui-ci mesurait 125 à 135 cm au garrot et marchait sur un véritable sabot. Chez l’âne, on distingue deux grandes lignées ayant divergé il y a environ 600 000 ans, aboutissant à la suite de nouvelles migrations à un type asiatique et un type africain. L’âne de Somalie et l’âne de Nubie sont avec certitude les ancêtres de notre âne actuel (HARY, 2010). Le cheval (Equus ferus caballus ou Equus caballus) est un mammifère herbivore qui, bien avant l’apparition des hommes, peuplait déjà de vastes pâturages. Au cours des millénaires, il fut d’abord chassé puis, après sa domestication, il servit d'animal de somme, de selle et de trait. Le cheval possède plusieurs qualificatifs en fonction de sa race, de son âge, de sa couleur, etc. (DIOUF, 2013). L’introduction du cheval en Afrique de l’ouest s’est faite principalement par deux courants. Le premier, qualifié de courant Nord-Sud, est responsable de l’introduction des chevaux de type Aryen ou Arabe et Barbe par les berbères de l’Afrique du Nord. Les arabes venus d’Orient pour répandre l’islam au Maghreb vers le VII ème siècle, s’en servirent laissant parfois surplace les quelques chevaux arabes qui donnèrent plus tard la sous race des chevaux barbes des régions berbères. Vers le XIII ème siècle, à la faveur des activités commerciales et de la conquête islamique, les races de chevaux Nord africaines ont diffusées dans toute la zone soudano-sahélienne où sous l’action de l’homme et de la nature, elles ont donné naissance à différents types de chevaux dont le cheval du sahel. Le second courant Est-Ouest correspond à des migrations à partir de la haute Egypte d’un type de cheval mongolique dénommé « Dongolow ». Un type chevalin (poney) qualifié d’autochtone car on ne le retrouve ni en Afrique du Nord, ni en Egypte, ni sur le trajet des migrations. En effet, les premiers chevaux domestiqués arabes descendants de la race mongole, furent introduits en Egypte par les tributs nomades Hyksos en provenance du Nord-Est de la Syrie. Les populations chevalines actuellement rencontrées au Mali appartiennent au type poney et aux dérivés du croisement Barbe et Arabe (TRAORE, 1995).

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II.2. Effectifs L’estimation du cheptel équidé malien s’appuie principalement sur les estimations de la DNPIA. Ces estimations ont été faites sur la base des données du RGPA de 2004 auxquelles ont été appliqués des taux de croît moyens annuels 2 % pour les équins, 2 % pour les asins. II.2.1. Evolution des effectifs L’évolution des effectifs des équidés au cours des dix dernières années est donnée dans le (tableau I). Tableau I : Evolution des effectifs au cours des dix dernières années (DNPIA, 2013) Année

Chevaux

Anes

2004

267 605

758 184

2005

265 000

919 000

2006

324 922

791 756

2007

357 414

807 591

2008

393 834

825 277

2009

478 187

861 820

2010

487 751

880 694

2011

497 506

899 981

2012

507 456

919 691

2013

517 605

939 832

II.2.2. Répartition par région La région de Kayes est par excellence la zone d’élevage des équins (tableau II).

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Tableau II: Répartition des équidés selon les régions du Mali (DNPIA, 2013)

Régions

Chevaux (%)

Espèces Anes (%)

Kayes

167 030 (32,27%)

82 987 (8,83%)

Koulikoro

88 459 (17,09%)

105 826 (11,26%)

Sikasso

2 071 (0,40%)

73 683 (7,84%)

Ségou

86 026 (16,62%)

88 155 (9,38%)

Mopti

34 938 (6,75%)

137 310 (14,61%)

Tombouctou

109 578 (21,17%)

182 610 (19,43%)

Gao

22 153 (4,28%)

170 110 (18,10%)

Kidal

6 884 (1,33%)

98 496 (10,48%)

Bamako

467 (0,09%)

658 (0,07%)

Total 2013

517 605 (100%)

939 835 (100%)

L’essentiel de la population équine est concentré dans les régions de Kayes et Tombouctou. Dans le sud du pays, où les conditions climatiques sont hostiles aux chevaux à cause de la présence de glossines, vecteurs de la trypanosomose, on constate une faible présence équine (Sikasso), et au Nord extrême du Mali (Kidal) où les paturages sont très rares, les équins y sont absents. La population asine, quant à elle, a une répartition plus ou moins uniforme suivant les différentes régions du Mali ; ceci peut être expliqué par la rusticité et la résistance de cette espèce tant aux aléas climatiques qu’aux différentes pathologies des équidés sévissant dans les régions. A Bamako, la SPANA appuie les activités d’une trentaine de GIE qui utilisent plus de 450 ânes dans la collecte et le transport par charrette des ordures ménagères, avec un effectif de 1870 ânes soignés en 2011 dans le District de Bamako (SPANA, 2011). La population asine est principalement concentrée au centre du Mali (Segou, Mopti) et au Nord (Tombouctou, Gao).

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II.3. Les races d’équidés Au Mali, on retrouve principalement les races locales dans la majeure partie du pays et quelques races exotiques. II.3.1. Les races d’asins L’âne, mammifère de la famille des équidés et de l’ordre des perissodactyles, est élevé un peu partout dans le monde. Il a été très vite adopté par différents peuples à cause de sa sobriété qui en avait fait, avec le mulet, des auxilliaires pour les régions pauvres. A la station d’élévage de Sotuba, des essais par croisement du baudet marocain de grande taille avec la jument commune du pays donnent depuis 1940 des résultats encourageants (DOUTRESSOULE, 1952 ). Il était l’animal de travail par excellence. DOUTRESSOULE (1952) cité par HAMIDOU (2013), décrit six races âsines en Afrique soudano-sahelienne (rétrouvé au Mali en particulier) : - l’âne de l’Air - l’âne de Mauritanie - l’âne du Gourma - l’âne de Minianka - l’âne du Yatenga - l’âne du Sahel Ce sont des animaux de tailles variant de 0,90 m à 1,15 m de hauteur et à pélage court. La robe va du gris cendre au bai brun et présente une raie cruciale foncée et des zébrures fréquentes aux membres. Ils possèdent une tête longue, lourde, à front bombé, un dos long, une croupe courte et les membres robustes (figure 2) (MOUELLE, 1996).

10


A

B

C

D

Figure 2: Robe d’ânes (A) Baie foncé ou baie brûlée, (B) Gris tacheté de blanc, (C) Gris, (D) Gris très clair (SPANA Mali) II.3.2. Races de chevaux Les races de chevaux exploitées au Mali sont les races locales, des pur-sang et aussi des races améliorées issues de croisements entre les deux précédentes races . Les chevaux élevés sont descendants du cheval Barbe et du cheval Dongola ou Dongolaw ( TRAORE, 1995) II.3.2.1. Races locales Actuellement, dans la plupart des pays subsahariens en général et au Mali en particulier, il n’est pas aisé de définir une pureté raciale pour les chevaux autochones. En effet, les races locales ont subi beaucoup de croisements aussi bien entres elles qu’avec les races importées. Au Mali, les races chevalines locales exploitées sont (DOUTRESSOULE, 1952 ) :  Le cheval Dongola: la taille est élevée 1,48 à 1,55 m, la robe est foncée, baibrun brillant, avec les extrémités très largement envahies par le blanc ; grande balzanes, large liste, belle face (figure 3 A);

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 Le cheval Bélédougou: C’est un cheval élevé par les bambaras de la zone de Kolokani,  Le cheval de Nioro: Il est élevé par les marabouts Peuhls de la zone sahelienne de Nioro ;  Le cheval de Banamba ou du Beledougou : c’est un cheval de taille moyenne 1,45 m à 1,48 m, un peu lourd 350 à 400 kgs, relativement court, robuste, bien charpenté, qui convient pour la remonte de l’armée.  Le cheval du Kaminiandougou : c’est une reduction du précédent, à robe souvent baie, qui se rapproche du poney Mininka. Sa taille est de 1,38 m à 1,40 m, son poids de 200 à 250 kgs.  Le cheval Minianka : de taille réduite 1,20 m à 1,30 m avec un poids de 200 kgs, bien charpenté, dans la gamme des bais. On rencontre rarement des modèles réussis, car les croisements avec les chevaux importés de Ségou sont nombreux. Ils résistent mieux aux trypanosomoses qui sont fréquentes dans cette région.  Le cheval du Sahel : Avec une taille de 1,45 m 1,55 m, une face longue, étroite, une encolure courte, avec un dos long, une croupe incliné. C’est un cheval à repartition large dans les zones de Kayes, Banamba, Nara, San, Bankass, Niafunké et de Bamako.  Le cheval du Koniakary : des environs de Kayes, modèle réduit des races du Sahel, mais bien conformé, rustique et vigoureux. Sa taille est de 1,35 m à 1,40 m, son poids de 250 kg  Le cheval fleuve : C’est une variante du cheval du Sahel qui est un descendant du cheval barbe ; il est généralement gris truité, gris foncé ou gris claire.  Cheval Hodh : très appréciée des Maures par son endurance. Sa taille varie de 1,48 m et son poids de 325 à 375 kgs.  Le cheval du Bandiagara ou du Gondo : c’est un cheval de taille moyenne 1,40 m à 1,45 m, fortement musclé, trapu, près de terre. Par suite de son habitat en région rocheuse, les sabots sont durs, conformés en pieds de mulet. Il est commun dans son ensemble, mais d’un bon modèle troupe avec assez d’homogénéité dans la gamme des bais.

12


A

B

C

D

Figure 3 : Robes de chevaux (A) Cheval dongola, bai brun avec belle face et balzane, (B) Alezan, (C) Bai brun foncé, (D) Gris truité (SPANA Mali) II.3.2.2. Races exotiques Il s’agit de chevaux de races importées constituées par les purs sangs arabes à la gendarmerie et chez le cherif de Nioro. II.4 Des particularités physiologiques des équidés II.4. 1. Digestion Plus efficace que chez le cheval, l’âne tire proportionnellement un meilleur profit de sa nourriture. De la mastication à l’assimilation, tout est fait chez lui pour retirer un maximum d’énergie à partir d’aliments pauvres. Le tube digestif mesure environ 24 mètres de long et a une capacité totale de 160 litres, rempli au maximum au 1/3 d’aliments. En volume, les différentes proportions sont : estomac (9%), intestin grêle (30%), caecum (16%), le colon (38%), et le rectum (7%). La durée totale du transit est de 24 à 35 h. La mastication est primordiale pour réduire les fibres en fragments de 1,6 millimètre de long. On compte 2000 actions de mastication pour 1 kg de fourrage. Autant dire l’état de 13


la dentition est primordial pour assure cette première phase de la digestion (HARY, 2010). II.4. 2. Normes hémato-biochimiques II.4. 2.1. Hématologie : Le tableau III donne les valeurs hématologiques chez l’âne et le cheval Tableau III : Valeurs hématologiques usuelles (JAILLARDON, 2009) PARAMETRE (unités) Erythrocytes (10^12/L Hématocrite (%)

CHEVAL

ANE

6-10.5

4-7.3

33

25-38

Hémoglobine (g/dL) VGM (fl)

9-15.5 39-49

9-15.3 57-79

TCHM (pg)

12-19.2

18.9-28.6

CCMH (g/dL Laucocytes (10^9/L

34-38 5.5-12

31.4-39.1 6.1-16.1

Neutrophiles (%) (10^9/L)

50.5 3 - 6.5

28 Ŕ 78 2.2 Ŕ 13.3

Lymphocytes (%) (10^9/L) Eosinophiles (%) (10^9/L) Basophiles (%) (10^9/L) Monocytes (%) (10^9/L) plaquettes (10^9/L)

43 1.6 Ŕ 6.5 4 0 Ŕ 0.2 0 0 1 0 Ŕ 0.85 120 - 600

17 Ŕ 65 1.8 Ŕ 7.8 1 Ŕ 10 0.09 Ŕ 1.15 0 Ŕ 0.08 0 Ŕ 0.5 0Ŕ5 0 Ŕ 0.8 542 (245 - 1195

L’âne est beaucoup mieux adapté au manque d’eau que le cheval. En effet, il tolère jusqu’à 30% de déshydratation. Ainsi, un hématocrite élevé chez un âne n’est pas aussi alarmant qu’un hématocrite élevé chez un cheval. La difficulté réside dans le fait de distinguer une hémoconcentration par déshydratation pathologique d’un mécanisme physiologique. Le nombre d’érythrocytes, hématocrite et le taux d’hémoglobine sont inférieurs à ceux du cheval. Des différences antigéniques existent entre le cheval et l’âne, interdisant les transfusions sanguines inter-espèces et expliquant l’isoérytrolyse néonatale du muleton.

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II.4.2.2. Biochimie : Le tableau IV donne les valeurs biochimiques usuelles chez l’âne et le cheval Tableau IV : Valeurs biochimiques usuelles (SVENDSEN, 2008) PARAMETRE (unités) Protéines Totales (g/L) Albumine (g/L)

CHEVAL

ANE

60 - 80

70 (58 - 83

25 - 37

20 - 34

Globulines (g/L)

40

29 - 53

Fibrinogène (g/L)

1 Ŕ 4 (<5)

1 Ŕ 6.8

ASAT (UI/L)

<300

59 - 199

GIDH (UI/L)

4 - 14

0.4 - 8

Bilirubine (µmol/L)

10 - 50

1.47 Ŕ 5.61

PAL (UI/L)

<350

150 - 563

GGT (UI/L)

<40

8 - 49

Urée (mmol/L)

3.5 - 8

1.9 Ŕ 7.6

Créatinine (µmol/L)

100 - 180

53 - 141

CK (UI/L)

<175

15 - 149

Na+ (mmol/L)

132 - 141

130 - 149

K+ (mmol/L)

3.36 Ŕ 4.99

2.8 Ŕ 4.3

Cl- (mmol/L)

98 - 105

95 - 108

HCO3- (mmol/L)

27 - 34

19.8 Ŕ 21.3

Anion Gap

4 - 13

10.96 Ŕ 26.90

II.4.3. Les analyses d’urine Comme les normes asines ne semblant pas exister pour l’instant, en pratique on fait recours aux valeurs usuelles des paramètres urinaires chez le cheval. La densité urinaire est de 1,020 à 1,050. Toute suspicion d’anomalie urinaire d’origine infectieuse doit entraîner une analyse de laboratoire avec ECBU (Examen Cyto Bactério Urinaire) et antibiogramme.

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II.5. Alimentation des équidés Selon LHOSTE et al. (2010), cité par HAMIDOU 2013, une alimentation contrôlée et de bonne qualité est capitale pour les animaux de trait car ils fournissent un effort important au cours de leurs activités. L’éfficaté et la qualité du travail fourni et, à long terme, la longévité des animaux de trait sont largement tributaires d’une bonne alimentation. II.5.1. Substances nutritives essentielles Une bonne nutrition est essentielle pour qu’un animal reste en bonne santé et soit capable de travailler. Son alimentation doit contenir certaines substances nutritives essentielles qui doivent être équilibrées pour favoriser une bonne digestion et une utilisation éfficace. Toute carence en substances nutritives éssentielles peut entrainer une perte de poids, une sensibilité accrue aux maladies et un temps de guerison plus long à la suite d’une maladie ou blessure. Chaque élement de la nourriture d’un animal, comme l’herbe, la paille ou l’orge, est composé, en quantités différentes, de sept types de substances nutrutives dotées de fonctions spéciales dans le corps (SPANA, 2000). II.5.1.1. L’eau L’eau est parmi les nutriments les plus importants pour les équidés. Elle est éssentielle pour toutes les fonctions corporelles. Un cheval adulte au repos par temperature fraîche (15°C) a besoin de 25 litres d’eau par jour. Si l’animal travaille dur dans un climat chaud, il a alors besoin d’environ 60 litres d’eau par jour. II.5.1.2. Les ceréales Les ceréales sont necessaires pour donner de l’énergie à l’animal. Ils sont présents dans les aliments pour animaux sous forme de sucre, de fécule et de cellulose et sont en concentration dans les aliments comme l’orge et l’avoine. L’énergie est le combustible requis pour les fonctions corporelles à la vie comme la digestion de la nourriture et le maintien de la temperature du corps par temps froid. L’energie utilisée pour ces fonctions s’appelle l’énérgie d’entretien. Un animal, qui est en pleine croissance, travaille ou lutte contre une maladie, a besoin d’énérgie supplementaire. Un manque d’énérgie entraînera de la fatigue, une perte de poids et finalement l’incapacité à travailler. II.5.1.3. Les graisses Les graisses ou huiles sont souvent données sous forme d’huile d’olive ou de tournesol et peuvent servir à completer l’apport énergetique dans l’alimentation. Dans le corps, les graisses sont décomposées en acide gras et en glycerol. Certains acides gras sont éssentiels pour la santé en raison de leur rôle important dans les membranes cellulaires et de la production d’hormones dans le corps. Les graisses apportent une forme d’énergie concentrée qui est ajoutée à l’alimentation quotidienne afin que le sytème digestif s’habitue à les utiliser. 16


Pour un équidé mangeant normalement, les graisses peuvent apporter jusqu'à 8% de l’apport alimentaire total d’énergie. Pour un cheval ou une mule, c’est l’equivalent d’environ 300 ml d’huile par jour, et pour un âne de 100 à 200 ml par jour. A un niveau plus élevé d’inclusion, les graisses ne sont pas digerées efficacement, d’où une réduction de la consommation et de l’utilisation des vitamines solubles dans les graisses. II.5.1.4. Les proteines Les proteines servent à la production de nouveaux tissus pendant la croissance de l’animal et à la réparation de tissus endommagés à la suite d’une blessure. Des proteines de bonne qualité forment un élément essentiel de l’alimentation des animaux en pleine croissance ou en periode de récupération après une maladie ou blessure. Les aliments qui sont une bonne source de proteines comprennent la luzerne, l’orge germé, les pois, les graines de tournesol et le soja. Une proteine de bonne qualité est une proteine qui est bien digérée par l’animal et possède une quantité élevée d’aminoacides essentiels tels que la lysine, l’arginine, la methionine et le tryptophane. La quantité de proteines dans l’alimentation doit être d’environ 8%. Ne pas oublier d’introduire les proteines de façon progressive si l’animal était sous alimenté. Les animaux qui ne recoivent pas assez de proteines dans leur alimentation manquent d’aminoacides pour la réparation des tissus, la croissance, la gestation et la production de lait. Les effets d’une sous-alimentation chronique de proteines sont les suivants :  Arrêt de croissance  Perte de poids et émaciation  Faiblesse  Impossibilité de se remettre d’une blessure  Récupération très longue après une maladie  Cicatrisation longue Ce sont les problèmes qui s’observent régulièrement dans les refuges de la SPANA et les cliniques de consultation externe (SPANA, 2000). II.5.1.5. Les fibres Les herbivores comme le cheval peuvent digérer la cellulose présente dans les substances végétales en raison des micro-organismes qui se trouvent dans leur gros intestin. Ces micro-organismes digèrent les plantes végétales et produisent des acides gras volatifs qui sont absorbés et utilisés pour produire de l’énergie. Pour assurer la bonne santé de ces microorganismes et le bon fonctionnement du système digestif, l’animal doit ingerer des aliments fibreux comme de l’herbe, de la paille, de la luzerne ou du foin. Lorsque l’alimentation ne contient pas suffisamment de fibres, les bacteries du gros 17


intestin sont incapables de faire leur travail et peuvent disparaître. Dans ce cas de figure, l’animal ne peut plus digérer sa nourriture ; ce qui entraine de la diarrhée ou des coliques. Les micro-organismes des intestins s’adaptent spécifiquement à l’alimentation de l’animal ; en cas de changement d’alimentation, il faut compter une periode d’adaptation de 5 à 7 jours. C’est pourquoi, il est essentiel d’effectuer, de facon progressive, tout changement d’alimentation chez l’animal afin que les bacteries et autres microorganismes des intestins puissent s’adapter et ne pas disparaître. II.5.1.6. Les Minéraux Dans le milieu naturel, un cheval ou un âne sélectionne les plantes qui lui apportent les mineraux indispensables à ses fonctions corporelles (tableau V) et (tableau VI) . II.5.1.6.1. Macrominéraux essentiels Tableau V: Macrominéraux et sources alimentaires pour les équidés (SPANA, 2000) Mineraux

Sources alimentaires

Calcium

Végétaux vertes

Phosphore

Grains de céréales

Magnésium

Végétaux vertes

Potassium

Végétaux à feuilles Evacué avec la vertes et fibreux tranpiration Utilisé pour la stabilisation de l’équilibre en eau par les reins

Sodium

Fourrage et sel

Idem pour le potassium

Chlore

Fourrage et sel

Idem pour le sodium et potassium

à

à

fonctions

feuilles Bon pour les os, les dents et la production de lait Bon pour les os et les dents

feuilles

Pendant la croissance, les mineraux les plus importants sont le calcium et le phosphore qui doivent être fournis selon le ratio 2 :1 calcium/phosphore.

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II.5.1.6.2. Microminéraux Les microminéraux ou oligoéléments sont requis en plus petites quantités que les macromineraux, mais sont aussi indispensables à la santé du cheval (Tableau VI). Tableau VI : Les minéraux et sources alimentaires pour les équidés (SPANA, 2000) Minéral

Source alimentaire

Fonction

Zinc

Son de levure

Bon pour la peau et les tissus conjonctifs comme les tendons et les os

Manganèse

Son et d’herbe

Fer

Légumes feuillus, graines Bon pour le sang et la et levure réparation des tissus conjonctifs

Cuivre

Graines

Iode

Algues, comestibles

Sélénium

Légumes certaines graines

Souffre

Végetaux frais à feuilles Bon pour vertes et racines conjonctifs cicatrisation

Cobalt

Végetaux frais à feuilles Bon pour la synthèse de vertes et racines la vitamine B12.

certains

types Egalement bon pour la réparation des tissus conjonctifs comme la cicatrisation d’une blessure

Bon pour la réparation des tissus conjonctifs racines Bon pour la thyroïde

feuillus dans Bon pour les muscles, les régions et membranes cellulaires et le système immunitaire les tissus et la

II.5.1.7. Les vitamines Les animaux ont besoin d’un apport régulier de vitamines pour rester en bonne santé. Il existe deux groupes de vitamines : celles qui sont solubles dans l’eau (hydrosolubles) et celles qui sont solubles dans la graisse (liposolubles). 19


II.5.1.7.1. Vitamines hydrosolubles Tableau VII : Les vitamines hydrosolubles contenus dans certains aliments pour équidés (SPANA, 2000) Groupes des vitamines B

Grains de céréale

Importantes fonctions corporelles, notamment pour la Certaines vitamines B croissance, la cicatrisation, la sont synthétisées dans qualité du sabot et du système le gros intestin nerveux

Vitamine C

Aliments à feuilles vertes Synthétisé dans l’intestin

Bon pour la peau et les tissus connectifs. Favoriser la cicatrisation et peut être le système immunataire.

II.5.1.7.2. Vitamines liposolubles Le tableau VIII donne quelques aliments contenants les vitamines liposolubles et leur rôle dans l’organime. Tableau VIII : Les aliments contenants les vitamines liposolubles chez les équidés (SPANA, 2000) Vitamine A

Aliments à feuilles vertes, Bon pour les membranes, la carottes peau, les intestins et la vue

Vitamine D

Fourrages (doit être Bon pour les os et le activé une fois dans le développement du squelette corps par l’actiondu soleil sur la peau)

Vitamine E

Luzerne, aliments à Bon pour les muscles, le feuilles vertes et grains système reproductif. Agit en de céréale combinaison avec le sélénium.

Vitamine K

Aliment à feuilles vertes. Renforce le système Parfois synthétisé dans le immunitaire. Important pour la gros intestin. coagulation du sang (antihémorragique)

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II.5.2. Aspects pratiques de l’alimentation au refuge de la SPANA  Petites quantités à intervalles fréquents Dans le milieu naturel, les équidés passent de longues heures à brouter et ont un estomac relativement petit. Ils doivent donc être nourris « souvent en petites quantités » et l’ideal serait de les nourrir trois fois par jour.  Des aliments de volume toujours être disponibles Pour une bonne digestion, il est important que le gros intestin reçoive un apport constant de nutriments. Les fourrages apportent à l’animal une forme nutritive plus naturelle et ont également un effet protecteur à l’introduction d’une nouvelle alimentation.  La paille coupée plus facile à digérer  Pas de changement soudains d’alimentation Une nouvelle alimentation doit être introduite sur 5 à 7 jours pour donner le temps à l’animal et aux micro-organismes de son gros intestin de s’adapter.  De l’eau fraîche toujours être disponible C’est d’autant plus important si les animaux travaillent dur ou en cas de grosses chaleurs. Il est important de verifier que les animaux boivent suffisamment d’eau. Lorsque les animaux sont regroupés dans une écurie, il est courant que le plus timide d’entre eux ne soit pas capable de s’abreuver à cause des autres. Les abreuvoirs doivent être propres, mais ne les lavez pas avec des produits chimiques sentant fort car l’odeur pourrait empêcher les animaux de s’abreuver. Un abreuvoir commun peut être source d’infection. Si un animal souffre d’une maladie contagieuse, il faut lui donner son abreuvoir personnel.  Les animaux malades doivent être nourris d’aliments agréables au goût en petites quantités.  Maintien d’habitudes alimentaires strictes L’alimentation doit avoir lieu à intervalles réguliers au cours de toute la journée dans la mesure du possible. Les équidés se développent bien quand ils sont tous nourris aux mêmes heures de la journée.  Alimentation succulente et la verdure tous les jours. Il est particulièrement important que les animaux hospitalisés aient de la verdure à manger tous les jours si possible. C’est une source de mineraux, de vitamines et d’autres nutriments essentiels, et la verdure est indispensable au bon fonctionnement 21


des intestins. La verdure est souvent plus agréable au goût des animaux malades et doit être donnée aux animaux qui ont peu d’appetit. La luzerne feuillue ou des carottes peuvent souvent s’acheter au marché, et il faut encourager le proprietaire à apporter ce type d’aliment pour son animal lorsqu’il est hospitalisé. II.5.3. Evaluation des besoin nutritionnels La quantité de nutriments requis varie selon les facteurs ci-dessous.  Poids de l’animal Le poids doit être estimé à l’aide de la technique de bande de poids. Un tableau permettant d’estimer le poids à partir des mensurations du corps est donné en (Annexe I).  Condition physique Le score relatif à la condition physique de l’animal est basé sur l’observation et la palpation des apophyses spinales dorsales, les côtes et les protubérances osseuses du pelvis. Le score optimal est de 2-2,5. L’âge de l’animal a beaucoup d’importance. Lorsqu’il a moins de 4-5 ans, l’animal a besoin d’un certain nombre de nutriments nécessaires à sa croissance, sinon, sa croissance s’arrêtera de façon permanente. En outre, les animaux gravides, produisant du lait ou très vieux ont besoin d’aliments supplémentaires.  Charge de travail Le travail augmente les besoins en énergie, et la réparation de tout dommage des tissus nécessite un apport supplémentaire de proteines.  Etat de santé général Les maladies dentaires et l’infestation parasitaire importante peuvent réduire l’efficacité de la digestion et l’absorption de la nourriture par les animaux. Les maladies intercurrentes comme les infections respiratoires peuvent accroître les besoins nutritionnels, car le système immunitaire de l’animal essaye de lutter contre la maladie. Les douleurs chroniques empêchent l’animal de travailler efficacement et augmente ses besoins nutritionnels. En outre, le stress résultant peut faire perdre du poids à l’animal si l’apport alimentaire n’est pas maintenu.  Environnement et climat L’environnement est un facteur important car le cheval aura besoin d’avantage de nourriture s’il doit dépenser son énergie pour maintenir son corps à une température normale par temps froid et pluvieux, notamment en cas de vent frais, ou si l’animal a très chaud.

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II.6. Importance socio-économique et culturelle de l’utilisation des équidés L’importance socio-économique et culturelle des équidés au Mali varie suivant les zones agro-écologiques. En Afrique, une grande partie de l’énergie agricole est encore manuelle (énergie humaine) ; ce qui laisse une grande marge de progrès pour l’utilisation de l’énergie animale avec des enjeux majeurs pour la recherche et le développement (CIRDES, 2004). En Afrique de l’Ouest, la traction équine et celle asine sont utilisées pour le transport attelé qui est quasi inexistant en Afrique Centrale. Au Mali, le transport attelé de marchandises et de personnes est aussi très répandu en milieu urbain, dans la région de Ségou. Aussi, les ordures ménagères sont collectées par des charrettes asines dans les quartiers de Bamako (CISSE, 2004). II.6.1. Importance socioculturelle L’âne a conservé une image fréquemment péjorative par opposition à celle du cheval qui est la monture noble. L’histoire nous apprend que les Romains considéraient la rencontre avec l’âne comme un mauvais présage, tandis que cet animal était honoré en Arabie (BERNUS, 1995). Certains peuples trouvaient quelque chose de mystique à cette innocente bête et pratiquaient la divination au moyen d’une « tête d’âne ». Par ailleurs, les Romains attribuaient des vertus médicales au sang, à la sueur et à l’urine d’âne. L’élégance du cheval lui a permis de prendre part aux cérémonies d’accueil d’hôtes de marque. On prête au cheval quelquefois le pouvoir de protéger la famille des mauvais sorts et du besoin; il a été aussi un objet de loisir à travers les courses hippiques, tandis que la gendarmerie nationale dispose d’une importante cavalerie utilisée dans les parades, lors des fêtes et l’accueil d’hôtes de marque. Dans la société touarègue, le cheval est élevé par quelques personnalités (DOUTRESSOULE, 1952), et il existe plusieurs termes pour désigner le cheval. Ce sont d’abord des termes génériques (ais, ebäge), variant d’une région à l’autre. Il existe également des termes qui connotent un jugement de valeur : efäkre désigne un cheval de mauvaise qualité, de mauvaise naissance que tout oppose au Bagzan, dont les généalogies sont connues, et dont l’origine est liée à la tradition sur l’origine du Sultan solidement ancrée à Agadez. II.6.2. Importance socio-économique L’importance socio-économique vient du fait que les équidés font vivre de nombreuses familles à travers la traction animale, les courses hippiques, le commerce des équidés et bien d’autres services (TOUKAM, 2008). Selon N’PATON, (2012), l’âne est l’animal domestique le plus remarquable par sa sobriété, sa rusticité, son endurance au travail, et sa vigueur. Il est, avec le bœuf et le

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cheval, le transporteur par excellence en milieu rural, d’entretien facile, et familier. Les charges qu’il porte peuvent atteindre 80 à 100 Kg. Au Mali, 66,7% des propriétaires ont un gain mensuel supérieur à 75 000 FCFA grâce travail fournit par les ânes. Selon la Banque Mondiale (2012), le revenu mensuel par personne au Mali est en moyenne de 24 375 FCFA (figure 4), (DOUMBIA et al., 2013).

Figure 4 : Classement des revenus mensuels des propriétaires d’ânes dans la région de Ségou au Mali (DOUMBIA et al., 2013) II.6.2.1. Utilisation dans la culture attelée Longtemps associé à une image de sous-développement, le travail du sol par la traction équine reprend de l’ampleur, notamment en viticulture. Cette pratique est particulièrement respectueuse des terroirs en limitant les tassements de sol par le poids des engins agricoles motorisés; elle s’inscrit donc idéalement dans une démarche de développement durable (N’DOUR, 2010). De tous les animaux domestiques, l’âne est celui qui peut développer le plus grand effort de traction par rapport à son poids : 1/5 à 1/6 de son poids (COULOMB et al., 1982). Ainsi un âne de 150 Kg fournit en moyenne le même effort qu’un bœuf de 260 Kg (BERE, 1981).

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II.6.2.2. Utilisation pour l’exhaure de l’eau En milieu rural, deux techniques principales sont utilisées pour l’exhaure de l’eau :  Les techniques traditionnelles qui font appel à l’exhaure manuelle et à l’exhaure avec la traction animale ;  Les techniques modernes qui utilisent les pompes. Au Mali, l’utilisation des pompes s’est soldée par de nombreux échecs dus à des problèmes techniques d’inadaptation, d’entretien et de maintenance. Cependant dans les milieux ruraux, l’exhaure de l’eau se fait de façon manuelle ou avec la traction animale au niveau des puits qui sont très profonds, surtout au Nord du pays (Tombouctou, Gao et Kidal). L’exhaure de l’eau par la traction animale est une activité réalisée souvent par l’âne pour abreuver les troupeaux (bovins et petits ruminants) et ravitailler les populations. Dans la ville de Bamako, cette pratique est largement répandue pour la vente d’eau dans les quartiers difficiles d’accès à cause de l’état des routes. L’âne est une fois de plus sollicité pour cette activité à cause de sa rusticité. II.6.2.3. Utilisation dans le transport En milieu rural comme en milieu urbain, les équidés sont utilisés pour divers travaux, parmi lesquels on peut citer le transport d’eau potable, de matériaux de construction, les ordures (figure 5 A), de bois de chauffe (figure 5 B), de céréales, de foin, de produits maraîchers, etc. En milieu rural où la motorisation n’est pas développée, le cheval reste un auxiliaire de travail important pour le paysan. Ainsi lors des marchés hebdomadaires, ils servent de moyens de transport pour les personnes et leurs biens ; ce qui constitue une grande activité économique. Malgré le développement de l’automobile dans le milieu urbain, le cheval joue un rôle non négligeable notamment par le transport des matériaux de construction et de l’eau dans les chantiers souvent inaccessibles aux véhicules à moteur (DIOUF, 2013). Le cheval a servi comme animal de guerre et de transport, permettant ainsi l'essor du commerce et la naissance de civilisations sur de grandes étendues.

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A

B

Figure 5 : Utilisation des équidés dans le transport. (A) Anes en transportant les ordures, (B) Cheval qui transporte le bois de chauffe (SPANA Mali) II.6.2.4. Comme sources de revenus monétaires L’élevage des équidés peut être une entreprise rentable dans certaines régions du Sahel. Avec un climat chaud et sec, le Sahel est un milieu propice à l’élevage asin ; ce milieu accroit la rusticité des ânes. Les pays comme le Niger et le Mali tirent des ressources monétaires relativement importantes grâce à la vente des équidés. La plupart des chevaux et des ânes dont disposent les exploitations à Vélingara (Sénégal) ont été achetés sur les marchés environnants, certains en provenance de la Gambie, de la Mauritanie et du Mali (les ânes). Ainsi lors des contrôles à l’exportation des animaux sur pieds, les agents de la DNSV (2013) ont enregistré 1814 âsins et 1349 équins. Les principales destinations pour les bovins, ovins-caprins, les âsins et équins sont la Cote d’Ivoire, le Liberia, le Sénégal, la Guinée Conakry, le Ghana, le Nigeria, le Togo et le Benin. Au Burkina Faso, l’âne représente tout de même une source financière non négligeable pour les éleveurs, sachant qu’ils ne dépensent pratiquement rien pour les soins et la nourriture de leurs animaux (OUMSONRE, 1987).

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II.6.3. Autres importances II.6.3.1. Utilisation dans l’hippothérapie Certaines associations utilisent le cheval comme un intermédiaire qui contribue à la thérapie de personnes souffrant d’un handicap physique ou mental ou qui sont déstructurés socialement. Ces associations nécessitent des compétences diverses comme des infirmiers, des médecins, des kinésithérapeutes, des assistants sociaux, des éducateurs, des moniteurs d’équitation et des chevaux adaptés à cette activité. Les mouvements du cheval contribuent à fortifier les muscles et l’équilibre du cavalier. Ce dernier est astreint à faire preuve d’attention et de raisonnement. Le cheval est également utilisé sans être monté. La thérapie consiste alors pour le patient à entrer en contact avec l’animal et à interagir avec lui. Comme dans toutes les zoothérapies, l’animal est un catalyseur social permettant par exemple de faire parler des vieillards qui ne parlaient plus depuis des années. Le pansage du cheval permet aussi de revalider autant que possible des articulations fatiguées. Comme quatrième programme de la SPANA du Mali, le centre d’équithérapie a comme objectif l’amélioration des aptitudes physiques et psychiques des enfants vivants avec certains handicaps à travers l’équitation. Il assure la rééducation par équithérapie d’une vingtaine d’enfants psychomoteurs. Les activités de ce centre, à défaut de corriger certains handicaps chez les enfants, permettent de valoriser certaines aptitudes tout en améliorant leurs bien-êtres physique et moral. Ainsi, pour l’année 2011, il a été assuré la rééducation, par le biais de l’équitation, d’un groupe de 25 enfants handicapés et des séances de kinésithérapie (figure 6). Sur les 25 enfants programmés pour l’exercice 2011, 21 ont suivi régulièrement les séances d’équithérapie, 13 d’entre eux ont progressé sur le plan physique (acquisition de la marche, diminution des rétractions, renforcement musculaire), et sur le plan socialisation. Parmi eux, 4 ont été orientés à l’AMALDEME afin d’être pris en charge à l’école spéciale ou en orthopédie pour le problème de langage. Bon nombre d’entre eux ont marqué des progrès considérables dans l’amélioration de leur état général.

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Figure 6 : Séance d’équithérapie au centre SPANA Mali (SPANA Mali) II.6.3.2. Sources des produits alimentaires En plus d’être utilisés comme animaux de somme, la viande et le lait des équidés (ânes et chevaux) sont aussi consommés même si la situation varie en fonction de considérations religieuses, sociales et culturelles (TAPSOBA, 2012). II.6.3.2.1. Consommation de la viande des équidés En Afrique de l’Ouest, la viande d’âne commercialisée provient des animaux malades ou épuisés par une surexploitation dans les villages de la zone semi-aride (BLENCH, 1993). Cette viande reste faiblement consommée au Mali en raison des habitudes alimentaires des populations et des tabous religieux. Les équidés sont abattus, en général, pour nourrir les carnassiers dans le parc zoologique de Bamako. II.6.3.2.2. Lait des équidés Au Mali, le lait des équidés n’est pas du tout consommé à cause des tabous religieux. Selon HUGON (cité par HAMIDOU, 2013), les bienfaits du lait de jument sont reconnus dans le domaine de la beauté et de la santé depuis la plus lointaine antiquité. Les Egyptiens et les Grecs en connaissaient toutes les vertus curatives, revitalisantes et énergétiques. Le koumis (boisson traditionnelle à base de lait de jument fermenté) et le lait de jument jouent encore aujourd’hui un rôle considérable en Asie centrale. Il est utilisé à des fins diététiques, thérapeutiques et cosmétologiques sous formes de cure.

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DECHAMBRE (1900) affirme que l’exploitation de l’ânesse laitière était en honneur chez les peuples anciens. Les Grecs considéraient le lait d’ânesse comme un excellent remède, les romains en faisaient une boisson de luxe. Hippocrate le recommandait comme remède pour toutes sortes de maux : empoisonnements et envenimations, douleurs articulaires, cicatrisation des plaies, etc. Le lait d’ânesse est celui qui se rapproche le plus du lait maternel humain (tableau IX). Pour obtenir cela, on soumet les ânesses à un régime alimentaire strict : foin sec ou luzerne sèche avec un peu de paille hachée, et du son pour augmenter les principes minéraux. Quelques carottes en hiver, quelques bottes d’herbe verte au printemps. Tableau IX : La composition du lait de la femme et celui des animaux domestiques en g/100g (Source : HUGON (1996), LEBEUF et al., (CRIHA, 2002) Femme

Anesse

Caséine

0,34

0,6

1,2

3

3,5

Albumine

1,3

1,55

0,7

1,2

1,35

Beurre

3,8

1,5

0,6

3,2

4,4

Lactose

7

6,4

4,8

4,3

3,1

0,18

0,32

0,4

0,7

0,35

87,38

89,63

92,3

87,6

87,6

Sels divers Eau

Jument

Vache

Chèvre

II.7. Les contraintes liées à l’élevage des équidés A l’instar d’autres filières, la filière équine fait face à de nombreuses contraintes notamment d’ordre alimentaire, sanitaire, et organisationnel (DIOUF, 2013). Les contraintes liées à l’élevage des équidés au Mali sont d’ordre zootechnique, nutritionnel, technique et sanitaire. II.7.1. Contraintes zootechniques Le Mali ne dispose pas d’un Haras National qui permettrait d’améliorer la race locale, principalement les chevaux de trait, à travers l’insémination artificielle en vu d’améliorer les performances des animaux. La multiplicité des croisements au sein de la population chevaline autochtone a conduit à une héterogénété de celle-ci. Ces croisement peuvent entrainer, à long terme, une dimunition de la variabilité génétique, avec comme conséquence une réduction du progrès génétique. Les ânes, quant à eux, se reproduisent au cours de la divagation. Certains sont aussi sélectionnés selon leurs performances (conformation, taille) par les agriculteurs . La sélection des ânes n’est pas aussi développée pour permettre un usage raisonné des 29


ânes de trait (TOUKAM, 2008). Certains agriculteurs utilisent des ânesses sans tenir compte parfois de leur état physiologique notamment la gestation. II.7.2. Contraintes nutritionnelles Sélon HAMIDOU (2013), l’alimentation des équidés doit être adaptée à leurs besoins propres. En effet, en élevage traditionnel, le rationnement des aliments se fait de façon empirique avec des insuffisances sur le plan qualitatif et quantitatif. Dans les élevages un peu moderne, par exemple à la gendarmerie nationale ou au champ hyppique de Bamako, les rations sont souvent équilibrées. Durant la saison sèche, les équidés en particulier les ânes qui ne disposant pas de reserves alimentaires sont souvent laissés à eux-même (divagation saisonnier) pour la recherche de fourrages en vaine patûre. Les patûres locales sont pauvres suite à la sécheresse ou aux surpatûrages, les animaux parcourent de longue distances pour trouver de la nourriture, ils disposent moins de six heures de temps par jour pour brouter de l’herbe (OUDMAN,2004). Ainsi, l’alimentation, par sa rareté, devient l’un des facteurs limitant de l’élevage des équidés, d’autant plus que l’industrie de l’alimentation animale au Mali est très insignifiante. C’est pourquoi l’alimentation des chevaux est dominée par l’utilisation des produits et sous-produits agricoles tels le mil, le sorgho et la fane d’arachide. II.7.3. Contraintes techniques La plupart des agropasteurs disposant à la fois de chevaux et d’ânes utilisent les mêmes harnachements pour ces deux espèces. Ces harnachements sont fabriqués par les artisans locaux et sont souvent de mauvaise qualité avec comme conséquence les blessures et les risques d’infections bactériennes graves (tétanos, lymphangites, abcès, etc…). C’est pourquoi, depuis 2003, pour la protection des équidés de trait et la prévention des plaies de harnachement et divers traumatismes, dans les grandes villes du pays, la SPANA a intégré dans son programme vétérinaire une activité de confection et de distribution d’outils de travail non traumatisants en remplacement de ceux traditionnellement utilisés par les propriétaires. Les outils confectionnés sont distribués gratuitement aux GIE et d’autres propriétaires d’ânes et de chevaux notamment en milieu rural. L’utilisation effective de ces outils est suivie et les résultats évalués par les agents de SPANA. Ainsi au titre de l’année 2011, il a été distribué 1614 pièces de harnais comprenant sellettes, colliers, croupiers, protège-nez, mors, etc… II.7.4. Contraintes sanitaires La population des équidés de trait du Mali n’échappe pas à certaines pathologies régionales tant infectieuses que parasitaires mais compte tenu de leur activité, la situation sanitaire est surtout caractérisée par des affections liées au travail, affections qui seront traitées un peu plus loin. 30


Selon LHOSTE et al. (2010), les maladies parasitaires sont des affections qui sont aggravées par le travail qui constitue à lui seul une forme de stress affaiblissant les systèmes de défense des équidés. Au Burkina, l’espèce asine paie le plus lourd tribut face aux parasitoses. Seul 3% des ânes ont accès aux soins en clinique vétérinaire (MRA, 2008) alors que les ânes sont susceptibles à bon nombre de parasitoses gastro-intestinales (KABORET, 1984). Ce sont des animaux bien adaptés en climat semi-aride, mais ils redoutent l’humidité ou la saison des pluies avec la pullulation des mouches les rendant particulièrement sensibles aux maladies. II.7.5. Autres contraintes A Bamako, les problèmes les plus rencontrés chez les équidés de trait sont les vols d’animaux et le mal logement. Les animaux étant sans abri, et laissés le plus souvent dans des zones non éclairées, sous les intempéries (figure 7); ce qui offre des conditions idéales pour les voleurs. Ainsi on rencontre aussi pas mal de maladies car les chevaux sont exposés à l’air libre sans protection contre les vents et les pluies. Ces dernières peuvent être source d’agents pathogènes par l’humidification des locaux qui favorise le développement des micro-organismes.

A

B

Figure 7 : Conditions d’élevage (A) Les ânes d’un GIE en divagation, (B) Habitat d’un GIE (SPANA Mali)

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Chapitre III : Les dominantes pathologiques des équidés III.1. Les maladies virales III.1.1. La grippe équine. La grippe équine est une maladie virale, à dominante respiratoire, très contagieuse, mais rarement mortelle. Elle est due au Virus influenza A equi avec deux sous-types H7N7 et H3N8. Le virus évolue constamment par dérive antigénique. L’infection virale reste localisée dans le tractus respiratoire. La grippe équine apparait de manière soudaine et présente une allure épidémique caractérisée par une toux sèche et fréquente, de la fièvre, un écoulement nasal de consistance aqueuse, un mode de dissémination explosif, une morbidité élevée et une faible mortalité (RESPE, 2014).  Transmission : Le virus, réputé peu résistant dans l’environnement, est transmis par contact avec un animal infecté ou un objet contaminé. La contamination se ferait principalement par l’éternuement des chevaux malades. Il est courant qu’une grande partie d’une écurie tombe malade en quelques heures.  Symptômes : Après une courte période d’incubation, le cheval est abattu, fébrile et anorexique. Les signes cliniques dominants sont de types respiratoires : toux forte, sèche et fréquente ; jetage nasal et larmoiement. La guérison survient rapidement en l’absence de complications bactériennes.  Diagnostic : La grippe est suspectée si la fièvre est plus élevée que pour les autres maladies respiratoires virales (rhinopneumonie..), et dans les cas de contagiosité plus importante. Le diagnostic est confirmé au laboratoire, à partir d’écouvillonnage nasal pour une recherche de virus, ou par recherche sérologique d’anticorps (prise de sang). La sérologie est d’interprétation délicate si le cheval a été vacciné, car les anticorps détectés pouvant être produis par le vaccin et non par l’infection. Donc 2 prises de sang à 2 semaines d’intervalle permettent alors de détecter une augmentation de la quantité d’anticorps traduisant une infection grippale.  Traitement : Il n’y a pas de médicaments directement efficaces contre le virus. Certains produits diminuent les symptômes (fièvre, …) ou stimulent l’organisme. Des antiviraux ont été testés avec des résultats, mais ils sont peu utilisés.  Prophylaxie : Mesures préventives : La maladie étant contagieuse, le cheval malade doit être mis en quarantaine, et les locaux et le matériel désinfectés. Les soignants doivent soigneusement se laver les mains, et désinfecter leurs bottes. Une vaccination bisannuelle est recommandée pour les haras.

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 Vaccination : Des vaccins existent, mais ils peuvent ne pas être efficaces sur un nouveau variant. Comme chez l’Homme, à cause de l’aptitude du virus grippal à muter, la protection n’est ni certaine, ni absolue car l’efficacité du vaccin est liée à la souche impliquée. L’immunité apparaît 2 semaines environ après la seconde injection de primo vaccination (2 injections à un mois d’intervalle chez le poulain). Elle persiste 6 à 12 mois. Il faut donc 2 vaccinations par an pour prémunir au mieux un groupe de chevaux. Le vaccin peut être suivi d’une fièvre durant 2 à 3 jours. Seuls les chevaux en bonne santé doivent être vaccinés. Quelques vaccins regroupent la grippe et le tétanos ou la grippe et la rhinopneumonie. La mère transmet des anticorps au poulain via le colostrum (RESPE, 2014). Au Mali, la maladie a sévi en 4 épisodes (1996, 2004, 2010, 2011). La plus importante était celle de 1996 où une étude a été menée dans trois cercles de la 4 ème région (Segou). Sur 384 échantillons de sérums récoltés, 177 (46%) ont été d’origine asine et 207 (54%) d’origine équine. Parmi les 384 sérums testés, 95 se sont avérés positifs, soit une prévalence de 24,74%. Le virus de la grippe équine (sous-types 1 et 2) circulait parmi les populations équines et asine des zones de Sayes, Fangasso, Tominian et San. Cette étude a permis d’établir une prédominance nette des cas d’infection ancienne de grippe équine parmi les populations équine et asine étudiées (96,84%). La prévalence a été plus élevée chez les asins (35,02%) et n’a atteint que 15,94% chez les équins. Le taux élevé d’infection des asins par le virus de grippe a montré que ces derniers ont été plus réceptifs à la maladie que les équins. Au Mali, il n’existe pas de programme national de lutte contre cette épizootie, l’action des services d’encadrement se limitant à la mise en œuvre d’un traitement symptomatique des infections bactériennes secondaires. Pour mieux contrôler la grippe équine en République du Mali, il est indispensable pour les services vétérinaires nationaux d’appliquer un programme de lutte basé sur la prophylaxie médicale par usage d’un vaccin à base des sous-type 1 et 2 du virus de la maladie (SIDIBE et al., 2002). III.1.2. La peste équine La peste équine (ou African Horse Sickness) est une arbovirose non contagieuse due à un virus de la famille des Reoviridae et du genre Orbivirus, transmis par des moucherons hématophages du genre Culicoides. Ces insectes transmettent le virus aux chevaux et aux espèces apparentées, comme les mulets, les ânes et les zèbres, mais la maladie touche plus sévèrement les chevaux. Le virus responsable de la maladie renferme neuf souches différentes qui toutes provoquent une maladie plus ou moins grave, allant d’une simple fièvre à une mort soudaine (DIOUF, 2013). 33


Elle évolue sous plusieurs formes à savoir la forme suraiguë ou pulmonaire, la forme aiguë ou cardio-vasculaire, la forme mixte et la forme fébrile. Les asins font le plus souvent une forme fébrile inapparente (ROSSIE, 1995). La prévention tient compte du rôle des insectes dans la transmission. En milieu infecté, elle est fondée sur l’isolement et l’abattage des animaux malades ou infectés, la destruction des cadavres et la lutte contre les insectes. Ces mesures sont toutefois insuffisantes lors d’épidémie. Un vaccin existe et est utilisé dans les zones où existe cette maladie (CRANE, 2007). Aucun traitement spécifique n’est disponible contre cette maladie. III.1.3. L’artérite virale équine L'artérite virale équine (AVE) est une maladie infectieuse liée à un virus à ARN, de la famille des Arteriviridae, ordre des Nidovirales. C’est une maladie hautement contagieuse qui évolue entre 8 et 10 jours avec des guérisons fréquentes. Elle se manifeste par de la fièvre, une leucopénie, une inflammation catarrhales des muqueuses du tractus digestif et respiratoire et qui comporte souvent des signes de conjonctivite, d’œdème palpébral et œdème des membres. Du point de vue anatomopathologique, l’infection se caractérise par une dégénérescence et nécrose des tuniques moyennes des petites artères desservant le système musculaire. De plus l’avortement est fréquent si l’infection s’attaque à des juments en état de gestation (COUROUCE et DESBROSSE, 2010). Il n’y a pas de traitement spécifique pour cette maladie, mais néanmoins l’antibiothérapie peut aider à prévenir ou à guérir les infections secondaires de cette maladie. Un repos absolu sera imposé pendant les trois ou quatre semaines qui suivront la disparition des troubles cliniques surtout si ces derniers ont gravement affecté l’appareil respiratoire ou les intestins. La vaccination des animaux (tableau X) et l'isolement des cas constituent les moyens d'éviter la dissémination de cette affection. Tableau X : Protocole vaccinal contre l'artérite virale (COUROUCE et DESBROSSE, 2010) Affection

Age de 1ère injection

Protocol vaccinal

Artérite virale

9 mois

2 injections à un mois Interdit chez les d’intervalle (3 à 6 femelles gestantes. semaines) puis rappel tous les 6 mois Obligation d’avoir une sérologie négative au départ

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Remarques


III.1.4. La rhino pneumonie équine La rhino-pneumonie est une maladie virale aiguë, la plus fréquente du poulain et du jeune cheval. Elle est causée par un herpes virus (herpèsvirus équin 1 ou 4). L’infection par l’herpèsvirus 4 ( EHV-4) est plus fréquente que celle de EHV-1. Les virus induisent une infection latente dans le tissu nerveux et lymphoïde et la maladie sévit souvent sous une forme épidémique chez les jeunes chevaux. Ils provoquent une maladie respiratoire fébrile avec de l’anorexie et du Jetage (LAUGIER et al, 2015). La maladie est fortement contagieuse au sein de la population équine sensible. La transmission se fait par inhalation de sécrétions respiratoires contenant du virus. Sur le plan clinique, après une incubation de 2 à 10 jours, il apparaît une fièvre, une anorexie, un jetage nasal séreux puis muco-purulent abondant, une bronchopneumonie. Parfois, il apparaît des infections subcliniques avec de nombreux chevaux séropositifs. Chez les chevaux de moins de 3 ans, la rhinopneumonie s’exprime cliniquement par une maladie respiratoire aiguë et fébrile qui se répand rapidement au sein du groupe d’animaux. Le virus infecte et se multiplie dans les cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire. La période d’incubation est de 2 à 8 jours. Les premiers signes cliniques sont de la fièvre, de l’inappétence, de l’abattement et du jetage. La sévérité de la maladie respiratoire varie avec l’âge du cheval et le niveau de l’immunité résultant des vaccinations antérieures ou des expositions naturelles. Bien que la mortalité soit rare pour la rhinopneumonie et que la guérison soit généralement complète après 1 à 2 semaines, l’infection respiratoire est une cause fréquente et non négligeable d’interruption du programme d’entraînement, de la participation aux courses, ou à d’autres compétitions équestres. L’immunité protectrice totale résultant d’une infection est de courte durée, et les animaux en convalescence sont susceptibles d’être réinfectés par les EHV-1 ou 4 après plusieurs mois. Les réinfections par les deux herpès virus causent une maladie respiratoire moins sévère ou cliniquement inapparente, mais les risques d’avortement et/ou d’atteinte du système nerveux central ne sont pas rares. Les menaces cliniques les plus importantes pour les chevaux d’élevage, de course ou les chevaux de loisirs, sont les conséquences abortives et nerveuses potentielles que peut provoquer une infection par l’EHV-1 (LAUGIER et al., 2015). III.1.5. L’infection à virus West Nile La maladie de West Nile est une arbovirose. Comme toute arbovirose, la maladie de West Nile est transmise par un vecteur arthropode piqueur. Il s'agit en général d'un moustique du genre Culex (C. pipiens ou C. modestus en Europe). Le virus appartient au genre Flavivirus et à la famille des Flaviviridae, au sein de laquelle on peut citer le virus de la fièvre jaune. C’est une zoonose majeure. Le cycle de transmission nécessite plusieurs étapes : - l'infection du moustique au cours de son repas sanguin sur un vertébré virémique (oiseau) 35


-

la réplication et la dissémination du virus dans l'organisme de l'arthropode la transmission par le moustique devenu infectieux à un vertébré réceptif lors d'un autre repas sanguin. Les chevaux sont particulièrement sensibles et sont souvent considérés comme des révélateurs de la circulation du virus (GENIAN et al., 2011). Sur le plan clinique, elle se traduit par un syndrome grippal (température élevée, larmoiement, asthénie), une encéphalomyélite diffuse avec parésie du train postérieur puis paralysie des membres postérieurs. Le taux de mortalité est modéré à fort. L'évolution vers la mort se fait en 5 à 10 jours. Par contre, la guérison, lorsqu'elle a lieu, est totale. Sur le plan lésionnel, les lésions se traduisent par une poliomyélite avec atteinte des cornes ventrales motrices, de la moelle épinière, intense surtout dans les segments postérieurs. En revanche, le cerveau présente des lésions discrètes, constituées soit par de l'œdème en région méningée et sous-méningée, ainsi que dans la couche des cellules de Purkinje du cervelet, soit par une péri-vascularité lymphocytaire. Le diagnostic de confirmation se fait par isolement du virus et la sérologie. Le virus est recherché dans différents prélèvements (liquide céphalo-rachidien, foie, cerveau, sang). Depuis une dizaine d'année, l’identification du virus après son isolement se fait par amplification génique(PCR) (GENIAN et al., 2011). La fièvre du Nile occidental est une maladie contagieuse à déclaration obligatoire. Il n’existe aucun traitement spécifique pour la maladie. III.1.6. La rage C’est une maladie neurologique due à un Rabdovirus et qui se transmet par morsure d’animal domestique ou sauvage (surtout chien, chat, renard, chauve-souris et autre cheval) infecté (DIOUF, 2013). Le virus de la rage est commun à tous les animaux à sang chaud dans le monde, y compris l’Homme. Chez le Cheval : Les symptômes décrits précisément par Nocard et Leclaiche (1903) restent d’actualité avec au départ, de l’inquiétude et de l’agitation, puis une exacerbation de la sensibilité par les attouchements, la lumière, et le bruit qui provoquent des défenses et des mouvements désordonnés. Des signes d’anxiété sont notés avec la pupille dilatée, le regard fixe, par moment féroce et menaçant. Il y a aussi une excitation génésique, par exemple, chez l’étalon qui hennit d’une voix rauque et manifeste des érections fréquentes, et la jument qui se campe et prend les attitudes de bêtes nymphomanes. Il y a aussi d’autres symptômes divers comme des tremblements, grincements de dents, coliques, démangeaisons au site de morsure, appétit capricieux, goût perverti. L’animal malade laisse l’avoine ou les fourrages pour ingérer la litière et le fumier ; il lèche les murs et déglutit de la terre et des corps étrangers. La déglutition est gênée dès le début ; parfois ce symptôme précède d’un ou deux jours les autres manifestations. Plus 36


tard, les aliments, et surtout les boissons, ne peuvent plus franchir le pharynx et sont rejetés par les naseaux. La gorge est douloureuse, et la salive s’échappe en filets par la commissure des lèvres. La respiration devient pénible, les muqueuses bleuâtres, la fréquence cardiaque élevée (80 à 100 battements par minute), la température s’élève au-dessus de 40°C. A la fin, la faiblesse devient extrême, la démarche titubante, des sueurs inondent le corps. Des paralysies apparaissent : région inoculée, ou d’emblée tout le train postérieur ; le cheval tombe pendant une crise, fait de vains efforts pour se relever et meurt par asphyxie (BARRIER et GROSBOIS, 2014). Chez l’âne un fort prurit a été décrit (HARY, 2010). La mort survient en 3 à 6 jours après apparition des symptômes chez l’animal.  Diagnostic Il est basé d’abord sur les symptômes peu caractéristiques qui font dire que: « tout est rage et rien n’est rage ». Chez le cheval, on peut confondre la rage avec, entre autres, les encéphalites, coliques, et le tétanos.  Traitement Il n’existe aucun traitement. La rage déclarée est toujours mortelle.  Vaccination Simple (une seule injection de primovaccination à partir de l’âge de 6 mois, rappels annuels) et très efficace. En milieu infecté, la vaccination des équidés au pré (et des bovins, chats et chiens) permet de diminuer considérablement l’incidence de la maladie (BARRIER et GROSBOIS, 2014). La vaccination systématique n’est pas appliquée actuellement au Mali pour les équidés. III .2. Les maladies bactériennes III.2.1. Le tétanos Le tétanos est une maladie provoquée par une toxine produite par une bactérie anaérobie, le Clostridium tetani. Cette bactérie fait également partie de la flore habituelle du tube digestif des herbivores. Ces animaux excrètent quotidiennement de grandes quantités de spores qui contaminent le milieu extérieur (herbe, foin, paille,…). C’est une maladie mortelle dans 80% des cas ; il est donc essentiel de vacciner les équidés. Le tétanos n’est pas contagieux et ne se transmet pas d’un cheval à l’autre, ou du cheval à l’homme, par simple contact (BARRIER et al., 2011). Après l’incubation de 8 à 10 jours, les premiers signes sont une raideur de la démarche, la répugnance à tourner ou reculer ; le cheval se déplace d’un bloc, comme avec des béquilles, et sue beaucoup.

37


Puis les symptômes s’accentuent rapidement avec des spasmes musculaires généralisés avec comme conséquences :  Des difficultés à s’alimenter : le cheval saisit les aliments mais ne peut ni mastiquer ni déglutir ; il a souvent des paquets de foin qui pendent de la bouche : on dirait qu’il « fume la pipe ».  Signes caractéristiques : tête étendue sur l’encolure, l’œil enfoncé dans l’orbite, avec procidence de la 3ème paupière, qui recouvre l’œil, des oreilles dressées qui se rejoignent au dessus de la tête (figure 8).

A

B

Figure 8 : Cas de tétanos chez le cheval (A) et (B) avec dilatation des naseaux et procidence de la 3ème paupière (SPANA Mali) Aucune période de rémission, au contraire lorsqu’on stimule le cheval, cela déclenche une crise avec exacerbation des contractures. Lorsque les muscles de la cage thoracique sont atteints, le cheval a du mal à respirer et meurt. D’autres complications peuvent également causer la mort : fracture des membres lors de chutes, pneumonie par fausse déglutition. La mort survient en 1 à 3 semaines (forme subaiguë), voire 1 à 2 jours (forme aiguë). Le traitement est très onéreux et doit durer plusieurs jours. Il consiste à :  Neutraliser la toxine circulante par des administrations répétées de sérum antitétanique,  Détruire les bactéries en multiplication par des injections répétées d’antibiotiques de la famille de la pénicilline.  Limiter les symptômes en mettant le cheval au calme absolu, dans l’obscurité, à l’abri de toutes les stimulations et en lui administrant des tranquillisants. Le protocole vaccinal recommandé est le suivant : sur des animaux non vaccinés ou dont le dernier rappel remonte à plus de 3 ans, la sérovaccination sera pratiquée lors de blessures ou d’une chirurgie. Cette sérovaccination sera suivie d’un rappel vaccinal 3 à 4 semaines plus tard, puis d’un rappel annuel (tableau XI). 38


Tableau XI : Protocole vaccinal contre le tétanos chez les équidés (cheval, ânes) (MOUCHEL-VICHARD, 2010) Niveau de vaccination

Durée de vaccination

Primo-vaccination

2 injections à 1 mois d’intervalle

er

1 rappel

1 an après

Rappels ultérieurs

Tous les 3 ans ou en cas de besoin (plaies importantes)

Entre 2007 et 2010, sur 26 cas de tétanos (22 ânes et 4 chevaux), après traitement, il y a eu 0% de mortalité chez les chevaux et 5 (22,73%) de mortalité chez les ânes (Figure 9). Le protocole de traitement employé par la SPANA est le suivant : - Tranquillisation (acepromazine : 0.05mg/kg x2/j, xylazine, etc.) - Antibiotiques (pénicilline G : 20.000 UIx2/J) - Antitoxine tétanique 3000 UI - Support en vitamines et minéraux - Aider les actes de miction et défécation par palpation transrectale Les vaccinations contre le tétanos ont été effectuées. Ainsi, en 2009, 19 chevaux ont été vaccinés, et en 2010, 527 ânes et chevaux ont été vaccinés repartis comme suit : Bamako, 46 ânes de GIE, 6 ânes de particulier, et 13 chevaux de trait, et les 462 ânes et chevaux ont été vaccinés dans les régions et villages. En 2012, 129 ânes et 46 chevaux de Bamako ont bénéficié de la vaccination. Au Mali, en 2013, les cas rencontrés étaient de 14 cas chez les ânes et 2 cas chez les chevaux. En 2014, 15 cas ont été rapportés chez les ânes et 1 cas chez les chevaux. La majorité de ses ânes appartenaient aux GIE qui collectent les ordures ménagés, et sont mal entretenus et presque tous portent une plaie ou d’autres lésions susceptibles d’être contaminées par le germe du tétanos qui est présent partout.

C B A Figure 9 : (A) Cas de tétanos à l’arriver à stade avancé, (B) cas de tétanos avec espoir de guérison (C) après 1mois d’hospitalisation de (B) remis a son propriétaire (SPANA Mali). 39


III.2.2. Le botulisme Le botulisme est une maladie due à une toxi-infectieuse d’origine alimentaire provoquée par l’action de toxines bactériennes (toxines botuliniques) produites par des germes du genre Clostridium et d’espèce botulinum. Elle est caractérisée par un syndrome neuroparalytique (paralysie flasques des muscles locomoteurs) et une évolution vers la mort. La transmission est surtout par contagion indirecte par ingestion de substances imprégnées par des toxines. Elle se manifeste par des signes cliniques nerveux de types :  paralytiques : une paralysie locomotrice surtout du tain postérieur, une dysphagie, une aphonie, des lèvres pendantes, protrusion de la langue et des oreilles tombantes ;  sécrétoire : un tarissement de la salive, une oligurie, une agalaxie et une constipation ;  oculaires : difficultés d’accommodation, suppression de la vision de près, mydriase avec une cécité rapide. Elle évolue vers la mort dans la plupart des cas.  Diagnostic : Il est basé sur les signes cliniques et l’examen de laboratoire (la mise en évidence de Clostridium botulinum ou toxine) dans le sérum du malade ou dans le contenu de son tube digestif (DIOUF, 2013).  Traitement : Pour qu’il soit efficace, il est urgent de l’instaurer avant la fixation de la toxine. Le traitement spécifique anti-toxinique est possible mais il est onéreux. Le traitement symptomatique, bien que illusoire, peut être tenté par l’emploi des purgatifs et diurétiques. L’emploi de la strychnine permet de lutter contre la paralysie flasque. Une sérothérapie anti-types C et D peut être instaurée : 1,2 ml en IM ou IV, avec un renouvellement de toutes les 24 heures pendant 5 jours. III.2.3. Le charbon bactérien C’est une maladie zoonotique causée par une bactérie aérobie Gram+, Bacillus anthracis. Elle touche principalement les herbivores et est caractérisée par des frissons, des coliques sévères, une diarrhée hémorragique, etc. (COUROUCE et DESBROSSE, 2010). Pour les animaux domestiques, le traitement est possible et efficace s’il est commencé assez tôt. Divers antibiotiques, dont la pénicilline, la tétracycline, les fluoroquinolones, sont efficaces. A noter cependant que sur les animaux vivants en liberté, le traitement antibiotique n’est pas possible (COUROUCE et DESBROSSE, 2010). 40


Un vaccin vivant modifié est utilisé dans les zones endémiques. III.2.4. La morve La morve est une maladie contagieuse, respiratoire due à Burkholderia mallei affectant les équidés ainsi que l’homme (BARREY et al., 1994). Elle se traduit par des abcès pulmonaires, cutanés ou osseux, des ulcères cutanés laissant s'écouler du pus de consistance huileuse (« huile de farcin »), un jetage nasal avec des cicatrices en étoile, et l'hypertrophie des ganglions sous-maxillaires fermes et adhérents (DIOUF, 2013). La morve est curable grâce aux sulfadiazines, tétracyclines, streptomycine, etc., et éventuellement d’autres antibiotiques révélés par l’antibiogramme (COUROUCE et DESBROSSE, 2010). La prévention consiste à procéder au dépistage des animaux infectés et leur abattage systématique. Il n’existe pas de vaccin car il s’agit d’une bactérie peu immunogène (RESPE, 2010). III.2.5. La gourme La gourme est une maladie très contagieuse spécifique des équidés touchant principalement les jeunes âgés de 6 à 24 mois. Cette infection qui atteint les voies respiratoires est due à une bactérie Streptococcus equi, et apparait le plus souvent dans les élevages où les conditions sanitaires sont médiocres (MOUCHEL-VICHARD, 2010). Sur le plan clinique, elle se traduit, après une incubation de 3 à 14 jours, par un abattement et perte d’appétit, difficulté de déglutition, fièvre (39,5 à 41° C), forte inflammation des muqueuses de la tête et de la gorge, hypertrophie des ganglions (nœuds) lymphatiques sous maxillaires, et une toux grasse, faible et douloureuse. Toutefois, la forme classique de la gourme est grave et peut aboutir à la mort parce qu’elle ouvre la voie à de multiples complications comme une forme généralisée avec atteinte des ganglions et d’autres organes habituellement épargnés (poumon, abdomen, cerveau) (DIOUF, 2013). La contamination d’un élevage est généralement due à l’introduction d’un animal malade. Il faut donc isoler et surveiller tout nouvel arrivant pendant 2 à 3 semaines avant de le mettre en contact avec le reste du troupeau. En cas d’infection, l’environnement de l’animal devra être désinfecté (abreuvoir, locaux, etc.) chaque jour, et les boxes dans lesquels l’animal a séjourné doivent être considérés comme infectés pour une période d’un mois (MOUCHEL-VICHARD, 2010). La prévention consiste avant tout en une bonne hygiène. Le malade sera laissé au repos dans un local aéré, à douce température. Les mangeoires, râteliers, etc., souillés par l’abondant jetage des malades, devront être nettoyées à l’eau bouillante, puis avec 41


de l’eau crésylée. L’animal malade doit avoir de l’eau en permanence et être alimenté avec des substances alibiles et de bonne qualité, des fourrages verts, si la saison le permet. Le régime doit comprendre un barbotage matin et soir auquel on ajoutera quelques cuillerées à soupe d’un mélange à parties égales de sulfate et bicarbonate de soude et de chlorure de sodium (MOREL, 1942). Pour le traitement étiologique, la soluseptazine (famille des sulfamides) est recommandée depuis quelque année, en I .V. ou S.C., comme capable d’abréger notablement la durée de la gourme. Nombre d’observations ont permis de confirmer l’efficacité de ce produit chimique dans la gourme, toutes les fois que les interventions sont précoces (MOREL, 1942). Le traitement symptomatique repose sur les antipyrétiques. Le sulfate de quinine (10g) et l’acetanilide (10 à 20g) sont recommandables quand la fièvre est forte. Les forces du malade seront soutenues par des électuaires à l’alcool (100 à 120g/j), et l’appétit capricieux sera stimulé par la poudre de gentiane en électuaire (30 à 40g/j), ou en aspergeant les aliments avec de l’eau salée. Une promenade journalière au soleil favorisera la convalescence (MOREL, 1942). III. 3. Autres maladies III.3.1. Les coliques Il s’agit d’un syndrome constituant l’expression clinique de la douleur d’origine abdominale. En effet, chez les équidés les coliques constituent l’une des pathologies les plus fréquemment rencontrées et des plus complexes, en terme de diagnostic et de traitement, auxquelles font face les vétérinaires équins en raison du caractère multifactoriel. Elles sont également l’une des causes principales d’hospitalisation en urgence des chevaux. Les coliques sont d’origine multifactorielle (parasites, alimentation, stress, médicament, etc.). Selon JULLIAND et GENAIN (2005), le risque de développer des coliques serait plus faible lorsque le propriétaire s’occupe lui-même de son cheval ou âne. Le parasitisme gastro-intestinal augmenterait le risque de colique. L’état de la dentition conditionne la prise alimentaire et son rendu physique lequel jouerait un rôle dans l’apparition des coliques. Le traitement de ces coliques peut être médical ou chirurgical. Quel que soit le traitement, son coût est considérable, et le pronostic vital est très variable en fonction des types de coliques et de leurs répercussions. De plus, la prise en charge de chevaux en coliques est un service contraignant pour les cliniques vétérinaires car elle exige un

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investissement en matériel et en personnel important et disponible 24h/24 (BELGHAZI, 2012). On distingue :  Les coliques extra-digestives, ovariennes, vésicales, rénales, péritonéales et rétro-péritonéales,  Les coliques digestives, vraies Il est fondamental de se souvenir que dans l’immense majorité des cas, les coliques digestives sont dues primitivement à une contracture réflexe, à un spasme du tube digestif. C’est pourquoi la classification suivante est préconisée :  Coliques primitives - colique gastrique, - colique caeco-colique, - colique de l’intestin grêle, - colique d’infarcissement entéro-mésentérique  Coliques secondaires : elles compliquent les précédentes et se traduisent par la maladie occlusive à des degrés divers : - Colique de stase, - Colique d’obstruction, - Colique d’occlusion. Le praticien, devant une crise de colique, doit se rappeler un certain nombre de points :  Crise de colique= début de perturbation de la motricité,  La douleur dans les coliques est la lésion fonctionnelle,  Le cheval traduit l’intensité de la douleur et non son origine,  Les symptômes des coliques sont représentés par la douleur et ses conséquences ; de fait, la symptomatologie est fondamentalement dynamique et évolutive. En conséquence, la thérapeutique varie selon le moment de l’intervention et elle est supposée changer en même temps que l’expression clinique. Le praticien doit également savoir discerner rapidement et presque instantanément les coliques relevant d’un traitement médical de celles relevant d’un traitement chirurgical (FONTAINE et CADORE., 1995). Selon HARY (2010), le diagnostic est difficile chez l’âne car même une colique grave n’entraînera pas une démonstration violente de douleur comme cela peut être le cas chez le cheval. Un âne qui a mal est un âne qui ne bouge pas, restant parfois couché plus que d’ordinaire (figure 10).

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Figure 10 : Ane d’un GIE atteint de colique d’obstruction soutenu par des personnes (SPANA Mali) Le traitement des coliques est basé sur le traitement étiologique et un traitement symptomatique. Au Mali, il est cependant possible de distinguer des facteurs de risque dont certains sont propres à l’animal et d’autres relèvent de son utilisation, de son environnement et de la conduite d’élevage. Entre 2007 et 2010, les coliques représentaient 68% des problèmes digestives rencontrés chez les équidés de traits (DOUMBIA, 2011). Ainsi, 162 cas de colique ont été répertoriés entrent 2007 et 2010 avec 96 (59%) à Bamako et 66 (41%) en milieu rural. Chez les 96 cas de Bamako, les causes répertoriées sont réparties comme suit : corps étrangers chez 43 ânes (44,8%) ; parasitoses gastro-intestinales chez 21 ânes (21,8%) ; problèmes dentaires chez 17 ânes (17,8%) ; autres causes chez 15 ânes (15,6%). Alors que pour les 66 (41%) cas du milieu rural, les causes sont : corps étrangers pour 14 animaux (21,22%), parasitoses gastro- intestinales chez 22 ânes (33,3%), problèmes dentaires pour 21 cas (31,8%), et autres causes chez 9 autres cas (13,6%). Au total, 57 cas (35,32%) sont dus à l’impact des corps étrangers, 43 cas (26,5%) étaient dus aux parasitoses gastro-intestinales, 28 cas (23,5%) sont en relation avec les problèmes dentaires et les 26 autres (16%) sont d’autres causes. Parmi les 162 ânes traités pour colique, 105 (64,8%) étaient guéris en 3 à 7 jours, 25 (15,4%) devraient être euthanasiés et 32 autres (19,8%) sont les causes non déterminés. 44


Parmi les 25 cas qui devraient être euthanasiés, 17 (68%) étaient dus à l’obstruction par les corps étrangers et 29,8% de ces 17 cas d’obstruction ont été traités (DOUMBIA, 2011) (figure 11).

A

B

C Figure 11 : colique d’obstruction avec les matières plastiques a travers l’anus, (B) après autopsie lésion congestive et dilatation de l’intestin (DOUMBIA, 2011), (C) Pelotes de matières plastique découvert au ZOO après abattage d’un âne atteint de colique d’obstruction (SPANA Mali) III.3.2. Prolapsus rectal Il est fait suite à un ténesme secondaire à une constipation, une impaction, une dystocie, une colite, une obstruction de l’urètre ou une occlusion par corps étranger dans le petit colon distal et/ou le rectum. Aucune cause prédisposante n’est identifiée dans certains cas. Cette affection survient plus fréquemment chez les juments, elle est classée selon sa sévérité :  Le prolapsus de type I implique seulement la muqueuse et la sous-muqueuse rectales et apparait comme un gros œdème péri-anal.  Le prolapsus de type II implique la paroi entière du rectum ; il est dénommé « prolapsus total » la partie ventrale du tissu prolabé est plus épaisse que la partie dorsale (figure12).  Le prolapsus de type III implique une invagination de la partie péritonéale du rectum et/ou du petit côlon et il est difficile à distinguer d’un type II.  Le prolapsus de type IV implique une sortie de la partie péritonéale du rectum ou du petit côlon au-delà de l’anus, avec une invagination palpable adjacente à la partie prolabée, ce qui permet de le différencier d’un type III

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Figure 12 : Prolapsus rectal de type II chez un cheval avant et après réduction (SPANA Mali) Traitement Prolapsus de type I ou II :  Diminuer l’œdème des tissus par application topique de glycérine ou de dextrose puis appliquer de la vaseline.  Réduire le prolapsus sous anesthésie épidurale.  Tranquilliser l’animal à moins de contre-indications.  Placer une suture en bourse sur l’anus.  Ramollir les fèces, par exemple en administrant de l’huile minérale.  Réaliser une résection de la sous muqueuse si le traitement médical ne réussit pas.  Les prolapsus de type III ou IV nécessitent une laparotomie pour réduire l’invagination.  Une colostomie est nécessaire lors de type IV en raison de la perfusion limitée du segment intestinal affecté (MUELLER et MOORE, 2008). Pronostic Il est bon pour les types I et II, et réservé à défavorable pour les types III et IV. III.4. Les plaies Les plaies les plus fréquemment rencontrées chez les équidés notamment l’âne sont des plaies de harnachement, des traumatismes et de blessures (figure 13). L’automutilation, les parasites, les néoplasies, les brûlures et les lacérations viennent ensuite. On constate que la cicatrisation est plus lente chez le cheval. Les plaies sont prises en charge de la même façon, et on doit également toujours penser à vérifier le statut de l’animal vis-à-vis de sa protection contre le tétanos.

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Traitement des plaies  Sérum antitétanique : systématique chez les équidés en cas de vaccination douteuse, sinon rappel de vaccination.  Couper largement les poils autour de la plaie : ciseaux courbes, tondeuse, rasoir. Pendant cette opération, la plaie peut être recouverte d’une gaze pour la protéger (projections de poils à l’intérieur)  Savonnage antiseptique (ex : Vétédine savon)  Rincer au jet d’eau en pluie  Désinfecter avec un antiseptique doux (ex : Vétédine solution 10% diluée au ¼) Appliquer une crème antiseptique ou poser un pansement du commerce imbibé d’antiseptique : Attention à ne pas utiliser de produits contenant des corticoïdes  Faire un pansement Le pansement comprend toujours une partie stérile en contact direct avec la plaie, puis une partie absorbante propre (compresses puis du coton gazé ou pansement américain et enfin une bande collante (type Elastoplast®) ou autoadhésive (type Vetrap®). Il doit être changé fréquemment les premiers jours (en général tous les jours, voire plusieurs fois par jours selon la plaie et l’importance des suintements), puis tous les 2 ou 3 jours (BARRIER et al., 2011).

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A

B

C D Figure 13 : (A) Plaie de harnachement, (B) abcès à la croupe, (C) brûlure au flanc gauche, (D) 3 mois après traitement (SPANA Mali) A rappeler qu’il y souvent un retard de cicatrisation chez les équidés et les principales causes de ce retard sont: - une infection - des corps étrangers - une nécrose - des mouvements - un manque de tissu - un manque de vascularisation/d’oxygénation - un trauma répétitif - des facteurs locaux (tension excessive, exsudat, pH alcalin, ischémie, T°, dessiccation / dénutrition / facteur iatrogénique (antiseptique trop concentré) - un facteur génétique de la peau - un chéloïde et un sarcoïde. 48


III.5. Les affections oculaires L’œil est fréquemment sujet d’affections d’étiologie diverse. Des observations faites chez les ânes et chevaux, dans certaines localités du Mali, permettent d’établir la liaison entre certains signes oculaires et certaines affections (SPANA, 2000) :  Le larmoiement bilatéral chez les équidés est fréquent dans les cas de parasitose sanguine (trypanosomose). Ce larmoiement est lié le plus souvent à une conjonctivo-kératite avec apparition de taches blanches sur la cornée conduisant à la cécité.  L’opacification de la cornée sur un œil ou sur les deux sans atteinte apparente de la conjonctivite a été observée chez la majeure partie des ânes atteints d’onchocercose.  Notons enfin les cas de cécité chez les ânons provoquées par la carence en vitamine A. III.5.1. Le syndrome de l’uvéite récidivante des équidés Elle est définie comme une inflammation aiguë et non granulomateuse de l’uvée. L’uvée est formée par l’iris, le corps ciliaire et la choroïde. Dans l’uvéite récidivante, ce sont l’iris et le corps ciliaire qui sont invariablement atteints. Remarque : l’uvéite provoquée par un traumatisme n’est généralement pas récidivante. Cette affection touche les équidés du monde entier, mais sans distinction de race ou d’âge. Il s’agit de l’une des causes les plus fréquentes de cécité chez les chevaux, les mulets et les ânes (Figure 14) (SPANA, 2000).  Etiologie Aucune des étiologies suggérées n’est entièrement convaincante, d’où l’origine multifactorielle du syndrome. La maladie ne semble liée ni à l’hérédité ni à l’alimentation. Le syndrome clinique traduit la réponse de l’uvée à une inflammation traumatique et infectieuse. Les causes évoquées sont :  Infection virale (adénovirus, virus de la grippe)  Infections bactériennes (leptospire, streptocoques, et Brucella sp.)  Parasitoses (strongles, Onchocerca cervicalis, toxoplasme  Réaction d’hypersensibilité auto-immune retardée  Traumatisme (différent de l’uvéite récidivante) (SPANA, 2000)  Signes cliniques Les signes cliniques sont variables selon qu’il s’agisse de la phase aiguë ou chronique. Les affections sont généralement observées chez les animaux âgés de 4 ans et plus ; elles sont souvent unilatérale (mais pas toujours) et ont une tendance marquée à la récidive avec une gravité variable à intervalles irréguliers dans le même œil, l’autre œil ou les deux yeux. Les épisodes uniques touchant un œil (rarement les deux) sont plus souvent associés à l’uvéite traumatique. Les épisodes récidivants touchant l’un ou l’autre des yeux, ou les 49


deux ensembles, sont plus souvent associés aux formes endogènes et infectieuses de la maladie. La distinction entre les deux types de la maladie est d’une importance majeure pour le pronostic. L’uvéite traumatique à épisode unique n’entraîne généralement aucune séquelle après l’incident. Le pronostic est plus sombre pour les chevaux atteints de la forme infectieuse, car la récidive est imprévisible. Des attaques répétées entraînent progressivement une gravité et une complexité accrues des effets secondaires sur d’autres structures telles que la rétine, le cristallin et la cornée.  Diagnostic Il est extrêmement important d’étudier les antécédents médicaux de l’animal. Faire l’examen clinique approfondi de l’œil dans un box sombre afin de déceler la présence des signes cliniques décrits ci-dessus. Les animaux atteints refusent généralement de se faire examiner l’œil en l’absence d’analgésiques topiques et/ou d’un blocage du nerf palpébral. S’il y a suspicion d’une cause parasitaire ou bactérienne, procéder aux examens de laboratoire spécifiques. Traitement  Uvéite aiguë : Le cheval est placé dans un box sombre, à l’abri de la lumière. Il est mis au repos presque complet. Il faut évitez les traumatismes auto-infligés (à cause de la douleur) en attachant l’animal ou en lui mettant des œillères. Comme médication, on peut employer une analgésie (flunixine méglumine : 1,1mg/kg toutes les 24 heures pendant 5 jours maximum ou phénylbutazone : 4,4mg/kg toutes les 24 heures pendant 5 jours puis réduire à 2,2mg/kg). Des applications topiques de déxaméthasone ou de gouttes dans les yeux (prednisolone acétate) peuvent aussi être données afin de réduire l’inflammation (6 à 12 fois par jours pour les gouttes et 4 à 6 fois par jours pour le crème). L’application idéale pour les cas aigus se fait toutes les heures, bien que cela ne soit pas toujours pratique. Si un traitement 24h/24 n’est pas possible, il est possible de faire une injection dans le dépôt subconjonctival, par exemple bétamethasone (10-15mg) ou méthylprednisolone acétate (20mg), qui sera répétée au bout de 10 jours. Remarque : avant d’utiliser des stéroïdes de toutes sortes, il est impératif d’inspecter l’œil avec de la fluorescéine afin de détecter toute présence d’ulcération. En cas d’ulcération, évitez les stéroïdes jusqu'à leur guérison. Les mydriatiques topiques empêchent la formation de synéchie et soulagent la douleur du spasme pupillaire. On peut utiliser des gouttes d’atropine (1-4%) toutes les heures jusqu'à ce que le mydriase survienne et soit maintenue. 50


Attention : le retour de la fonction pupillaire est lent : il prend généralement 1-4 semaines, et parfois plus longtemps. La phénylephrine (10%) peut être combinée à l’atropine afin de lutter contre la synéchie. Il est impératif d’agir rapidement, car tout retard peut avoir des conséquences catastrophiques.  Uvéite chronique/latente : il n’existe aucun traitement, et le traitement de la synéchie bien établie est déconseillé, car cela pourrait provoquer une attaque aiguë de la maladie. Pour apaiser la douleur intermittente, administrez de la phénylbutazone à doses normales. Pronostic Il est très réservé. Donc, il faut détecter la maladie rapidement et la traiter efficacement. Les conséquences à long terme des uvéites non soignées peuvent être graves, avec souvent une grande variété de problèmes : un rétrécissement oculaire sévère, un prolapsus de la troisième paupière et un larmoiement oculaire persistant du canthus médian. La plupart des cas non soignés entraîneront la cécité. Aucun animal ne peut être considéré comme complètement guéri de la maladie; donc tous les animaux atteints d’uvéite peuvent être considérés en phase latente (SPANA, 2000). NB. L’uvéite traumatique présente un pronostic plus favorable, car elle récidive rarement et les changements secondaires sont généralement statiques, même s’ils sont spectaculaires.

Figure 14 : Uvéite chez un cheval (OLIVIER, 2014)

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III.5.2. L’ulcère de la cornée Cette affection de la cornée se développe lorsque les couches externes de la cornée (épithélium cornéen) ont été lésées. Bien que l’œil soit alors très douloureux, l’ulcère superficiel de la cornée cicatrise généralement en 2 à 4 jours. Cependant, dans certains cas, l’ulcère peut être surinfecté par des bactéries ou champignons ou peut aussi se « liquéfier » (figure 15). Ces situations nécessitent alors un traitement médical intensif, voire même un traitement chirurgical (greffe de conjonctive, greffe de cornée) pour préserver la vision et conserver l’œil (OLIVIER, 2014).

Figure 15 : Ulcère cornéen chez un cheval (OLIVIER, 2014) III.6. Les affections de l’appareil locomoteur L’âne présente des particularités au niveau de l’appareil locomoteur et des lésions associées, et se distingue du cheval. L’examen clinique de l’âne nécessite une connaissance de particularités de l’âne pour en tenir compte de ses spécificités. Ainsi l’emploi de la pince exploratrice n’est pas très révélateur. L’attitude diagnostique chez l’âne diffère chez le cheval, d’une part, à cause des différences anatomique et physiologique, et d’autre part à cause de la différence du mode de leur utilisation. Une attention particulière est à porter à certaines affections comme les abcès du pied, l’onychomycose, la maladie du sabot creux et la fourbure chronique (SPANA, 2000). III.6.1. Les défauts d’aplombs Rapporté par N’DOUR (2010), Le pied est un organe absolument essentiel à la locomotion d’un équidé. Le vieil adage énoncé par l’Hippiatre LAFOSSE, « Pas de pied, pas de cheval », nous rappelle qu’un équidé, même aux membres parfais, est néanmoins inutilisable si les aplombs de ses pieds sont défectueux (Tableau XII) et (figure 16).

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Tableau XII : Les défauts d’aplombs chez le cheval et leurs conséquences (N’DOUR, 2010)

Membres Antérieurs

Membres postérieurs

Défaut d’aplomb Trop ouvert du devant

Conséquences

Serré du devant

- gêne de la respiration par compression de la cage thoracique

Panard du devant

- appui incertain - expose le cheval à se couper avec la mamelle du fer

Cagneux du devant

- provoque des blessures aux talons et des coupures produites par l’éponge du fer

Genou de bœuf

- articulation du boulet très sollicitée - nuit à la vitesse et à la solidité du membre

Genoux cambrés

- articulation du boulet très sollicitée - nuisent à la vitesse et à la solidité du membre

Trop ouvert de derrière

-fatigue l’arrière-main - risque de molettes à la face interne du boulet et d’une boiterie éventuelle

Serré du derrière

- équilibre instable - risque d’atteintes de quoi ?

Panard du derrière Cagneux du derrière

- prédispose le cheval à se couper la mamelle du fer

Jarrets cambrés

- prédisposition à une usure prématurée de l’articulation

Jarrets clos

- allures ralenties

- nuit à la rapidité des allures - travail excessif de la partie interne du membre

- jarrets vacillants - risques de blessures aux talons internes

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A B Figure 16 : Défaut d’aplomb (A) Serré du devant chez un cheval, (B) déviation et serré du devant chez un âne (SPANA Mali) III.6.2. La fourbure La fourbure est une inflammation congestive aiguë du pied. Elle est la conséquence de l’arrêt de l’irrigation des tissus situés entre la troisième phalange et le sabot suite au blocage des vaisseaux sanguins irrigants le pied ; ce qui entraîne donc un arrêt circulatoire localisé avec ischémie des tissus, notamment du tissu kéraphylleux. Le sang stagne et les tissus qui élaborent la corne et soutiennent l’os du pied subissent une nécrose ; ce qui peut provoquer le basculement de la troisième phalange vers l’avant. A l’extrême, cette dernière peut perforer la sole ; il s’agit là d’un cas extrêmement grave nécessitant l’euthanasie. Les causes de la fourbure sont multiples : origine métabolique (excès de glucides et de protéines, déshydrations, infections généralisées provoquant la libération d’endotoxines ou la rétention placentaire, traumatique, par excès de travail ou surcharge chronique (excès de poids). Une fourbure chronique peut se manifester suite à une fourbure aiguë. Quelle que soit la cause de la fourbure, le résultat est le même : une quantité importante de substances toxiques (endotoxines) se forme dans l’organisme du cheval, entraînant une inflammation générale qui se localise secondairement dans les pieds. Une forte douleur est provoquée par la pression sanguine dans le sabot et le manque d’oxygène. Ce sont les antérieurs qui sont généralement touchés (figure 17), bien qu’un cheval puisse être fourbu des quatre membres en même temps (MERKEL et al., 2008).

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Figure 17 : Radiographie d’un cas de fourbure chez un âne atteint au membre antérieur droit (SPANA Mali) Le traitement est basé sur l’emploi des anti-inflammatoires, des laxatifs et des diurétiques en plus de la mise au repos, et par la suite une ferrure orthopédique s’il est possible de mettre en place un fer en tronquant la pince et en privilégiant l’appui sur les talons. Une plaque de silicone peut être également utilisée pour soulager le pied. L’administration de corticoïdes est contre indiquée, car le catabolisme cellulaire sévère et l’inhibition des réponses immunitaires provoquent souvent une amyotrophie et l’aggravation de la fourbure. Une bonne hygiène alimentaire et un travail régulier permettent bien souvent d’éviter cette maladie (N’DOUR, 2010). III.6.3. L’abcès L’abcès est une infection suppurée du tissu velouté se trouvant sous la sole et qui est généralement occasionné par un traumatisme primaire suivi d’une infection bactérienne (figure 18). Parmi les circonstances d’apparition de l’abcès, il y a :  La contusion de la sole,  Les bleimes,  Le clou de rue,  La piqûre accidentelle d’un clou de maréchalerie Quelques jours après le traumatisme, le pied devient chaud et le cheval commence à avoir de plus en plus de mal à se déplacer. Il peut même boiter, voire ne plus poser le pied par terre.

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Le traitement consiste, dans 99% des cas, à « ouvrir l’abcès » en creusant la sole jusqu’à l’atteindre afin de permettre au pus de s’écouler puis une association d’une antibiothérapie (N’DOUR, 2010).

A

B

Figure 18 : Images de cas d’abcès du sabot (A) chez un âne avec pus visible, (B) chez un cheval (SPANA Mali) III.6.4. Les bleimes Ce sont des lésions de la sole entraînées par des chocs sur une sole trop plate ou par des défauts de ferrure. Elles sont caractérisées par un épanchement sanguin sous la sole, parfois visible sous la forme d’une tache rosée (figure 19). Elles peuvent évoluer en exsudat et se compliquer d’un abcès. Elles peuvent entraîner une boiterie et/ou une baisse des performances. L’application de la pince à sonder permet le plus souvent le diagnostic. Cette affection est assez fréquente, mais elle n’est pas grave. Le maréchal-ferrant, en parant les pieds, découvre souvent des tâches rouges, traces de bleimes anciennes (N’DOUR, 2010).

Figure 19 : Traces d’anciennes bleimes (N’DOUR, 2010).

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III.6.5. La seime Une seime est une fissure qui se produit au niveau de la paroi du sabot. Elle survient en général lorsque le sabot est mal entretenu. Cette blessure du pied peut partir du bout du sabot et remonter vers la jambe, ou débuter au niveau de la couronne et descendre (figure 20 A et B). La douleur engendrée s’explique par la force de pression verticale du sabot blessé sur le sol, le pincement exercé par les parties fendues sur les tissus sensibles lorsque l’équidé se déplace, mais aussi l’inflammation et l’infection des tissus mous affectés. Lorsque les soins relatifs à l’entretien des pieds sont insuffisants, qu’il y a une perte de souplesse de la corne, une corne de mauvaise qualité se forme à la suite. La seime peut être aussi provoquée par une blessure du bourrelet périoplique (situé au niveau de la couronne), qui génère et soutient le sabot. Ce qui est à l’origine d’une seime descendante. Une pousse excessive sur un sabot sans fer en est aussi responsable, car l’extrémité de celui-ci s’évase lorsqu’il croît. Le plus souvent, lorsqu’une seime apparaît, le maréchal la barre (c'est-à-dire la stoppe). Il peut intervenir de différentes façons suivant leur emplacement et leur longueur. Il peut faire des rainures, poser des agrafes (figure 20 C), fixer des languettes de renfort ou placer un pansement avec de la résine (figure 20 D). Un parage régulier et une bonne hydratation de la corne à l’aide de sapo ou autres onguents hydratants permettent de limiter l’apparition de seimes. Pour favoriser la repousse de la corne, il est possible d’employer des compléments alimentaires tels que la biotine. L’état des pieds d’un cheval est d’une importance capitale, il ne faut négliger ni leur état, ni leur entretien, qui doit être régulier et faire appel aux services d’un maréchal ferrant (ADRENALINE, 2014).

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A

B

C

D

Figure 20 : Cas de seime (A) chez un âne atteint au postérieur droit, (B) chez un âne atteint au antérieur (SPANA Mali), (C) après pansement de résine, (D) pose d’agrafes (ADRENALINE, 2014). III.6.6. Le crapaud ou pododermatite végétante chronique C’est une maladie qui s’attaque à la sole qui d’ordinaire bien blanche, devient terne ou grisâtre. Cette maladie est souvent due à des litières mal entretenues. Après avoir atteint la sole, elle s’attaque aux fourchettes, et à l’extrême, elle peut décoller le sabot. Le signe caractéristique de la maladie est la forte odeur nauséabonde qui se dégage du sabot lorsqu’on le nettoie. Pour le traitement, il faut :  Couper les tissus morts,  Badigeonner avec de la liqueur de Villate ou avec une poudre astringente et dessicative, 58


 Faire un pansement afin d’éviter une infection secondaire,  Faire un traitement antibiotique aux β-lactamines (pénicilline) III.6.7. Le clou de rue Les équidés sont toujours susceptibles de s’enfoncer une épine, un clou ou autres choses encore dans le pied. Si un de ces corps étrangers traverse la sole peut atteindre les tissus sous-jacents, et il s’ensuit souvent une abcédation liée aux infections bactériennes. Si les tissus sont atteints, une boiterie apparaît immédiatement. Le corps étranger est en général difficilement localisable surtout s’il a disparu et lorsque la pénétration a lieu au niveau de la fourchette. Les corps étrangers, s’ils sont présents, doivent être trouvés et éliminés, et la région infectée doit être parée avec une rénette afin d’établir un drainage adéquat (figure 21). Le pied doit être ensuite maintenu dans une botte en caoutchouc ou plastique pendant 3 à 5 jours, avec un tampon en coton trempé dans une solution saturée de sulfate de magnésium ou avec un autre cataplasme convenable. Les piqûres profondes du pied qui impliquent le tendon du fléchisseur digital profond, la bourse naviculaire, l’os naviculaire ou la troisième phalange sont des urgences chirurgicales (N’DOUR, 2010).

Figure 21 : Pied atteint de cloue de rue (SPANA Mali)

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III.6.8. Les fractures et déchirures musculaires Il s’agit d’affections souvent d’origine traumatique et dont la gravité dépend de la cause et de l’étendue des lésions. Si la prise en charge des déchirures musculaires est souvent aisée, celle des fractures est souvent complexe surtout lorsque les fractures sont localisées du haut des membres et si elles sont complexes et ouvertes (SPANA, 2000). III.7. Affections cutanées III.7.1. La gale de boue La gale de boue est une parasitose due le plus souvent à un acarien, le Chorioptes bovis. Elle commence généralement par des crevasses et peut très vite évoluer vers des surinfections si des soins ne sont pas prodigués à temps. Trois genres de microorganismes sont responsables de surinfection de la gale de boue : Dermatophilus, Fusobacterium, et Staphylococcus. Les causes de cette maladie sont très variées, mais l’eau en est un facteur clé (N’DOUR, 2010). Chorioptes equi provoque une dermatite prurigineuse touchant les parties extrêmes du membre (autour du pied et fanon). Des papules sont observées en premier, suivies par une alopécie, des croûtes et un épanouissement de la peau. Une dermatite humide du fanon apparaît dans les cas chroniques. Le diagnostic différentiel doit être fait avec le « talon graisseux ». L’évolution de la maladie est habituellement chronique sans traitement, mais le pronostic est favorable lorsqu’elle est traitée. Des insecticides organophosphorés ou une solution de chaux soufrée peuvent être utilisés par pulvérisation, application à l’éponge ou trempage. Le traitement doit être répété de 12 à 14 jours d’intervalle 3-4 fois au moins. En solution alternative, l’administration Per os d’ivermectine ou de moxidectine à 200 µg/kg peut être tentée. Plusieurs traitements sont nécessaires à 2-3 semaines d’intervalle. Il est important de traiter tous les animaux en contact (MERKEL et al., 2008). III.7.2. l’habronémose cutanée Une habronémose cutanée est une maladie de la peau des équidés provoquée en partie par les larves de spiruridés, helminthes de l’estomac. Lorsque les larves naissent des mouches qui se nourrissent sur des plaies préexistantes ou sur des régions humides des organes génitaux ou de l’œil, elles migrent et irritent les tissus en provoquant une réaction granulomateuse. La lésion devient chronique et la guérison est retardée. Le diagnostic est basé sur l’observation de granulomes cutanés gras, bruns rougeâtres, ne guérissant pas, qui contiennent une matière calcifiée, jaune, ayant la taille d’un grain de riz. Les larves, reconnues grâce aux protubérances épineuses de leurs queues, peuvent être quelquefois mises en évidence dans des curetages de ces lésions. Divers 60


traitements ont été utilisés, la plupart avec des résultats médiocres. Le traitement à base d’insectifuges peut être bénéfique, et l’application locale d’organophosphorés sur les lésions de la surface atteinte peut tuer les larves. Une exérèse chirurgicale ou une cautérisation du tissu de granulation en excès peut être aussi nécessaire. Le traitement par ivermectine (200µg/kg) a été efficace, et bien qu’il puisse temporairement aggraver les lésions (probablement par réaction aux larves mortes), une guérison spontanée peut être observée. La moxidectine à 400µg/kg semble également très active contre Habronema spp dans l’estomac. Le contrôle des mouches et le ramassage et l’entassement régulier du fumier, ainsi qu’un traitement antihelminthique par ivermectine, peuvent diminuer l’incidence de la maladie (MERKEL et al., 2008). III.7.3. La dermatite ou dermite estivale récidivante La dermatite estivale récidivante des équidés englobe les différentes réactions de type allergique provoquées par les piqûres d’insectes piqueurs, en particulier des petits moustiques appelés Culicoïdes. Il s’agit d’une des affections cutanées les plus fréquemment observées chez les équidés. Cette affection est en fait une réaction allergique à la salive des insectes piqueurs. Les premières piqûres sensibilisent l’animal, et cet état de sensibilisation va en augmentant avec de nouvelles piqûres. Il s’ensuit tout un processus réactionnel avec la production d’histamine et la formation d’œdèmes cutanés (MOUCHEL-VICHARD, 2010). Cette maladie commence au début de la saison pluvieuse, s’intensifie puis disparait à la fin. Les lésions cutanées sont le plus souvent localisées à la base de la queue, à l’encolure, au garrot et même aux oreilles, et cellesci font l’objet de surinfections bactériennes. La peau présente de nombreuses boursouflures et une dépilation amplifiées par des démangeaisons très intenses (MOUCHEL-VICHARD, 2010). La prévention de cette maladie est difficile à envisager, et l’utilisation de répulsifs à insectes n’est efficace que pour de courtes périodes du fait de la sudation de l’animal. Le traitement consiste en l’application locale de corticoïdes et des lotions calmantes. III.7.4 Le mal de garrot Le mal de garrot, ou bursite supraspinale est une affection fréquente chez les équidés de trait. Plusieurs éléments sont supposés être impliqués dans son étiologie. La bourse peut être infectée par voie hématogène ou par inoculation directe à travers les plaies. Brucella abortus a été identifiée comme la cause majeure de cette infection, mais cela est probablement moins significatif en réalité et une variété de bactéries peut être à l’origine du mal (tableau XIII). Une autre cause, non moins importante, en particulier chez les ânes en Afrique subtropicale, est parasitaire notamment par Onchocerca cervicalis (tableau XIV). Sur le plan clinique, le garrot augmente considérablement de volume, la pression augmente sur les tissus de cette région et surtout le ligament de la nuque. L’animal est 61


réticent au mouvement, et la douleur est très nette à la palpation de la région du garrot. Le mal est caractérisé par la persistance d’une sécrétion abondante d’exsudat sérosanguignolent ou purulent (figure 22). L’examen radiographique peut être utilisé pour identifier une extension du problème et la possibilité d’une ostéomyelite concurrente du processus épineux des vertèbres thoraciques crâniales.

B C A Figure 22 : (A) âne présentant un mal de garrot (phlegmon), (B) fistule du garrot (C) guérison 3 mois après (SPANA Mali) La première étude, menée entre 2001 et 2004, a porté sur 33 ânes hospitalisés à la clinique de la SPANA avec 31 mâles et 2 femelles, âgés entre 4 à 11ans. L’analyse sérologique de 33 sérums (plaque d’agglutination et ELISA) a été négative par rapport à Brucella abortus. Par contre, l’analyse bactériobiologique et histologique, à partir de biopsies cutanées, a été positive à 100% par rapport à l’infestation parasitaire par Onchocerca cervicalis, dont 8 cas visibles macroscopiquement (vers adultes d’Onchocerca), (figure 23).

Figure 23 : Mal de garrot présentant des vers d’Onchocerca adulte (SPANA Mali)

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L’examen bactériologique de 10 échantillons de pus et d’exsudats prélevés sur des lésions fermées a montré des infections à Actinomyces pyogenes, beta-hemolytic et Streptococcus spp. Sur les 33 ânes présentant le mal de garrot, 3 (9%) sont morts ou euthanasiés, les 30 autres sont complètement guéris à des périodes différentes allant de 2 semaines à 10 mois d’hospitalisation. La seconde étude a été menée entre 2005 et 2007 et a porté sur 47 cas de mal de garrot. Tableau XIII : Bactéries identifiées sur 44 échantillons de pus et d’exsudats prélevés sur des lésions fermées de mal de garrot chez les équidés de trait (DOUMBIA, 2008). Bactérie Streptococcus pyogenes Streptococcus spp. Staphylococcus epidermidis

Nombre d’échantillons positifs 4 6 2

Pourcentage 9,09 % 13,64 % 4,55 %

Enterococcus spp

4

9,09 %

Aeromonas ssp

2

4,55 %

Bifidobacterium eriksonii

4

9,09 %

Pseudomonas spp Actinomyces pyogenes

4 6

9,09 % 13,64 %

Total

32

72,74 %

La variété des bactéries identifiées rend difficile la confirmation de leur rôle pathogène majeur dans l’affection. Tableau XIV : Résultats de la recherche d’Onchocerca cervicalis après examens macroscopique et histopathologique de 47 cas de mal de garrot de 2005 à 2007 (DOUMBIA, 2008) Années 2005

Nombre de cas de mal de garrot 13

Nombre de cas positifs en macroscopie 5

Nombre de cas positifs en histopathologie 3

2006

17

5

4

2007

17

2

8

Total

47

12

14

Sur les 47 cas, 26 sont contaminés par Onchocerca cervicalis ; ce qui représente environ 55,32% des cas analysés. 63


Par ailleurs le nombre de cas d’hospitalisation dans le refuge SPANA baisse en moyenne chaque année et l’incidence du mal de garrot, qui constituait la majeure partie de ses cas d’hospitalisation, a aussi régressé (tableau XV) ; ce qui témoigne que la grande maltraitance diminue d’année en année (SPANA, 2011). Tableau XV : Statistique de cas d’hospitalisation pour mal de garrot de 2007 à 2014 au refuge SPANA (SPANA Mali). Année 2007 2008 2009 2010 2011 2013 2014

Nombre d’âne hospitalisé 61 57 41 39 47 41 36

Mal de garrot 17 13 08 11 5 7 3

Le traitement chirurgical des processus suppurés et nécrotiques de la région du garrot doit tenir compte de quelques règles fondamentales, en raison de la douleur qu’il engendre, et aussi de la difficulté d’évacuation de l’exsudat liée à l’anatomie du garrot. L’excision chirurgicale s’effectue sous sédation avec les alpha2-agonistes tels que la détomidine et la romifidine à la dose de 0,8 à 1mg pour 100kg de poids vif. Une anesthésie locale est réalisée par infiltration de lidocaïne à 2 %. Deux ouvertures sont pratiquées en partie proximale et distale de la poche ; ce qui permet de vidanger le contenu, d’extraire tous les tissus nécrosés et de faciliter le drainage du liquide par l’ouverture distale (inférieure) (figure 24). L’antibiothérapie est assurée par l’administration d’une association de pénicilline à 20 000 UI/kg par voie intraveineuse toutes les 12 heures et de gentamicine à 6,6mg/kg par voie intraveineuse toutes les 24 heures pendant cinq jours.

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Figure 24 : Résultats de traitement de cas de mal de garrot au refuge SPANA (CISSE, 2009) III.8. Les affections fongiques III.8.1 La lymphangite épizootique C’est une maladie à déclaration obligatoire (MDO), due à Histoplasma farciminosum, un champignon ascomycète microscopique. Elle est une maladie contagieuse des équidés qui peut toutefois toucher l’âne, le mulet, voire parfois le dromadaire. Très présente en Afrique, des cas sont aussi régulièrement recensés en Amérique du sud et en Asie (GROSBOIS et ZIENTARA, 2011). Transmission Tout débute par une plaie cutanée qui ensuite est contaminée par ce champignon. Celui-ci provoque des ulcérations aux bords envahissants, produisant un pus épais. Le processus de cicatrisation est difficile entraînant une réaction inflammatoire importante : une lymphangite avec une lymphadénite loco-régionale. Cette maladie contagieuse se transmet :  Soit directement d’un animal atteint par le biais du pus, des larmes, et du jetage,  Soit indirectement par le matériel ou les bâtiments contaminés, voire par des vecteurs de transmission tels que les mouches et autres arthropodes. Au stade chronique, elle ne s’oriente que très rarement vers une guérison. 65


La mort des animaux peut intervenir surtout sur les sujets en mauvais état général avant qu’ils ne contractent le germe, après des stades de maigreur, fièvre. Le taux de morbidité varie selon la zone géographique et l’âge de l’animal. Symptômes Les symptômes généraux peuvent être discrets contrairement aux symptômes cutanés. Une lymphangite apparaît dans les 15 jours après la contamination de la plaie par Histoplasma farciminosum. Au début, la lymphangite se localise généralement à un seul endroit, de préférence au niveau des membres ou de l’encolure, en formant des œdèmes des parties déclives. Puis elle évolue avec des localisations diverses (poumons, appareil génital, etc.). L’infection progresse suivant le circuit lymphatique en donnant une lymphadénite locorégionale avec un épaississement des vaisseaux lymphatiques associé à la formation de nodules évoluant en abcès sous forme de cordons de pyogranulomes cutanés le long du trajet lymphatique (figure 25). Diagnostic et traitement  Diagnostic différentiel La lymphangite épizootique doit être différenciée de la morve et d’autres lymphangites type traumatique ou non. Le diagnostic de laboratoire s’effectue par :  La sérologie (sérums)  La culture à partir de prélèvements de pus (mais la croissance est lente de plusieurs jours à plusieurs semaines).  Le test d’hypersensibilité (à la peau) Traitement Le traitement spécifique et symptomatique doit être précoce par voie générale en plus des soins locaux, en utilisant :  Une antibiothérapie antifongique,  Une chimiothérapie par voie intra-veineuse.  Un traitement chirurgical (exérèse et cautérisation suivies d’un traitement). L’amphotéricine B est le médicament le plus indiqué pour le traitement des cas cliniques (dose et voie d’administration (GROSBOIS et ZIENTARA, 2011). Selon MARCHESANI (1942), l’emploi de 10 ml d’une solution composée d’une partie de sublimé corrosif (Chlorure de mercure), deux parties de chlorure de sodium et 200 parties d’eau distillée en intramusculaire (IM), puis, tous les trois jours, des doses croissantes par 10 ml pour arriver à 60 ml permettrait d’obtenir de très bons résultats.

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Prophylaxie (médicale et sanitaire) Un vaccin à germe atténué et un vaccin inactivé par le formol sont disponibles et peuvent être utilisés dans les zones endémiques pour lutter contre la maladie. La prophylaxie sanitaire est basée sur :  La lutte contre les insectes,  La désinfection des locaux et du matériel  Un isolement des animaux guéris (encore 1mois après leur guérison). Bien qu’inscrite sur la liste des maladies réputées contagieuses, aucune mesure spécifique n’est réglementairement définie (GROSBOIS et ZIENTARA, 2011).

A

B

Figure 25 : Lésions de lymphangite épizootique (A) chez un cheval, (B) chez un âne (SPANA Mali) Au Mali, en 2013, 72 cas, dont 12 asins, ont été notés tous dans la zone de Bamako et périphérique. En 2014, 48 cas de lymphangite, dont 37 équins (10 de la région de Mopti et les autres de la ville de Bamako) ont été diagnostiqués. Avec le suivi régulier de la SPANA, les traitements ont permis la guérison de 17 chevaux et 6 ânes. Vu le caractère épizootique de la maladie au sein des parkings de charretier de chevaux, les propriétaires n’acceptent plus le rapprochement des chevaux malades avec les chevaux sains et même l’utilisation de mangeoires collectives.

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Le protocole de traitement suivi par la SPANA est le suivant: - Antiseptique local pour les lésions cutanées, - La pénicilline G (15 000 à 20 000 UI/kg 2x/jr) ou l’Oxytetracycline 10% ou le Dihydrostreptomycine, souvent alterné - Phénylbutazone 2,2 à 4,4mg/kg comme anti-inflammatoire Ce traitement permet la régression des lésions cutanés et non pas de blanchir l’animal III.9. Affections tumorales III.9.1. Les mélanomes cutanés Les mélanomes sont des tumeurs fréquemment rencontrées chez les chevaux de robe grise. Ils sont souvent pigmentés en noir, mais ils peuvent ne pas présenter de pigmentation particulière. Aspect clinique Ces tumeurs cutanées sont classiquement observées à la face interne de la queue, en région périnéale, sur les muqueuses génitales les lèvres, les mamelles, la région périophtalmique et parotidienne. Aspect lésionnel macroscopique Les mélanomes sont souvent classés en 3 types en fonction des caractéristiques histopathologiques et de critères de malignité (BECO, 2009). - Les mélanocytomes (naevi mélaniques) sont des tumeurs localisées dans le derme superficiel avec envahissement de l’épiderme. Plus de 70% des mélanocytomes surviennent chez les chevaux de moins de 6 ans de toutes les robes. La plupart d’entre eux sont observés dans des sites corporels atypiques; et ils sont classiquement bénins. - Les mélanomes dermiques sont localisés un peu plus profondément dans la peau, dans le derme profond. Ce type de mélanome se rencontre dans 80% des cas chez des chevaux de plus de 6 ans présentant souvent une robe grise. Ils sont observés dans les zones corporelles classiquement décrites pour les mélanomes équins. Ces tumeurs peuvent métastaser et devraient être considérées comme des tumeurs potentiellement malignes. (figure 26) - Les mélanomes anaplasiques affectent principalement des chevaux de plus de 20 ans et sans prédisposition de robe. Ce type de mélanome métastase et représente la forme la plus agressive de mélanome équin. Au Mali, les mélanomes sont parfois décrits mais ils ne non répertoriés dans les statistiques.

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Traitement Les traitements médicaux sont peu nombreux. L’utilisation de la cimétidine par voie orale est documentée mais ce traitement donne des résultats variables en fonctions des études publiées (BECO, 2009). La chirurgie, lorsque celle-ci est réalisable, reste le traitement conseillé pour les mélanomes dermiques. Des vaccins sont actuellement à l’étude mais aucun n’est disponible sur le marché actuellement (BECO, 2009).

A

B

Figure 26 : Cheval gris atteint de mélanome dermique en région péri anale (BECO, 2009), (B) âne avec mélanome au niveau des naseaux et lèvres (SPANA Mali). III.9.2. Le sarcoïde équin (sarcoïde de Jackson) Il s’agit d’une tumeur fibroblastique localement agressive du derme et de l’épiderme n’affichant presque jamais de métastase aux autres organes. Le sarcoïde est largement répandu chez les équidés du monde entier. La tumeur peut survenir à n’importe quel âge, mais elle est plus fréquente chez les animaux âgés de 3 à 6 ans. Toutes les espèces d’équidés peuvent être touchées ; mais ni le sexe, la couleur de la robe, la saison, et ni la géographie ne semblent intervenir dans la prédisposition à la maladie. Au plan anatomo-clinique, le sarcoïde peut être isolé ou multiple. Sa distribution anatomique n’est pas fixe, mais la lésion affecte plus fréquemment la tête (paupières, oreilles et bouche), les membres, la face ventrale de l’abdomen (particulièrement l’aisselle et les parties génitales) et le cou. Elle apparait souvent à l’endroit de blessures ou de traumatismes (SPANA, 2000). En dépit de nombreuses années de recherche, il n’a été trouvé, à ce jour, aucun agent causal définitif pour la sarcoïde équin ; ce qui a rendu impossible le développement d’un traitement spécifique. 69


L’épidémiologie et le comportement du sarcoïde suggèrent la présence d’un agent infectieux. La théorie la plus fréquemment acceptée est que la tumeur est causée par un virus. Le virus le plus probable serait un papillomavirus bovin, mais des particules de rétrovirus ont également été identifiées dans certains sarcoïdes (SPANA, 2000). A noter que la plupart des lésions type verrues se résorbent spontanément au bout de quelques mois. Les traumatismes cutanés, et notamment les sites chirurgicaux (castrations), semblent également prédisposer à l’apparition des sarcoïdes. Ces lésions faciliteraient l’entrée de l’agent causal. Il est également suggéré que les mouches contribuent à la transmission d’un agent étiologique, d’où l’importance de la lutte contre les mouches pour la prévention des sarcoïdes (SPANA, 2000). Signes cliniques Sur le plan clinique, il existe six types différents de sarcoïde chez les équidés dont certains ne sont pas facilement reconnaissables. Chaque type peut apparaître n’importe où sur le corps de l’animal, mais il y a certaines prédilections (figure 27).  Type I : Sarcoïde occulte Ce type se traduit par des zones d’alopécie bien définies avec une surface grise et rugueuse. Les lésions peuvent s’étendre ou demeurer statiques pendant des mois ou des années. Elles ne se résorbent pas de façon spontanée. Leur localisation est dans les couches superficielles du derme (face, aisselle, intérieur de la cuisse, aine). Certaines formes peuvent se transformer en verrue ou, si elles sont traumatisées deviennent des formes fibroblastiques agressives.  Type II : Sarcoïde verruqueux Ce type présente un aspect rugueux et verruqueux de couleur grise, avec parfois de petits nodules solides à l’intérieur. Il y a une composante dermique accrue avec un épaississement visible de la peau. Il y a parfois une ulcération en surface exposant des tissus rouges et charnus. La croissance des lésions est lente, mais les lésions peuvent devenir plus agressives à la suite d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale, en se développant parfois en une tumeur fibroblastique plus agressive. Leur localisation préférentielle est sur la face, l’aisselle, l’aine et la verge (figure 27 A).  Type III : Sarcoïde fibroblastique Il est plus agressif avec une composante dermique et sous-cutanée. Les lésions ont souvent un aspect plus charnu, rouge et ulcéré, avec un fin pédicule ou une base large et plane. Elles saignent facilement car elles sont très vascularisées. Elles s’étendent 70


souvent rapidement, particulièrement sur les membres inférieurs, ou peuvent demeurer statiques et présenter des périodes d’amélioration apparente. Ce type se développe souvent à partir d’autres formes de sarcoïde plus agressive à la suite d’une intervention chirurgicale. Il est fréquent sur tous les sites (figure 27 B).  Type IV : Sarcoïde nodulaire Ce type de sarcoïde est de nature entièrement sous-cutanée. Les nodules solides sont de taille variable et apparaissent sous la peau dont l’aspect devient plus fin et brillant. Il est souvent possible de déplacer le nodule, et ils percent parfois la peau et prennent un aspect fibroblastique sanguinolent. Ils peuvent être isolés ou multiples et apparaissent souvent en grand nombre. Ils sont généralement plus bénins et peuvent parfois faire l’objet d’une excision chirurgicale. Ils sont fréquents sur la paupière, l’aisselle, l’aine et l’intérieur de la cuisse.  Type V : Sarcoïde mixte C’est la combinaison de plusieurs types de sarcoïdes : verruqueux, fibroblastique et nodulaire. Ce type se caractérise par une grande variété de lésions mixtes qui peuvent représenter des transitions entre les formes occulte, verruqueuse et nodulaire et une forme fibroblastique plus agressive. La majorité des lésions recouvrent des surfaces importantes de l’aine, de la face, de l’aisselle.  Type VI : Sarcoïde malin Il s’agit d’une forme particulièrement agressive de sarcoïde fibroblastique avec des nodules et des lésions fibroblastiques ulcéreuses. Il y a souvent des lésions verruqueuses et occultes en surface. Cette forme est rare et elle apparait généralement sur la face et le coude. Le pronostic est très sombre, car il s’agit d’une forme avancée de la tumeur. Lors de cette forme, il faut éviter de faire des biopsies la lésion, à moins que le traitement puisse être démarré immédiatement, car la biopsie entraîne souvent une progression rapide du sarcoïde.

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A

B

C D Figure 27 : Quelques lésions de sarcoïdes (A) verruqueux et diffus sur l’encolure, (B) fibroblastique oculaire, (C) sur la joue, (D) sur le fourreau d’un étalon (SPANA Mali) Au Mali, les cas de sarcoïdes recensés sont ci-dessous présentés : - 2014 : 18 ânes et 2 chevaux dans les zones de Bamako, Segou et Koulikoro ; - 2013 : 14 ânes et 2 chevaux dans les régions de Koulikoro, Sikasso, Segou et Bamako ; - 2012 : Refuge SPANA (7 ânes), région (18 ânes et chevaux), en 2011 : refuge SPANA (6 ânes), région (10 ânes et chevaux). Les localisations étaient les membres, les paupières, le fourreau, la mamelle, la joue, les oreilles, et l’abdomen (Figure 28).

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A

B

C D Figure 28 : Sarcoïde et résultats de chirurgie (A) et (B) sarcoïde sur la joue, (C) et (D) sarcoïde au passage de la sangle (SPANA Mali) Traitements Plusieurs traitements sont couramment utilisés, ce qui suggère qu’aucun d’entre eux n’est universellement efficace. L’échec d’un traitement s’accompagne généralement par la réapparition d’une tumeur plus agressive. Le choix du traitement primaire est donc vital pour le pronostic.  La chirurgie Après chirurgie, le taux de récidive est > 50% et le taux d’échec peut atteindre 80% dans certains cas. Le problème n’est pas seulement la réapparition du sarcoïde, mais la propagation de cellules pendant l’intervention disséminant la tumeur à d’autres endroits du corps. Elle est utile pour les sarcoïdes nodulaires sans composante dermique. Les petites tumeurs biens définies sont les plus propices à une excision chirurgicale ; tandis que la chirurgie sur des zones mal définies entraine souvent le développement d’un sarcoïde plus agressif à croissance rapide. 73


La ligature des lésions pédiculées avec des bandes élastiques telles que celles utilisées sur les queues d’agneau est efficace, mais la récidive est tout de même possible. Cette forme de traitement n’est pas recommandée autour de la paupière et sur la partie distale des membres en raison des problèmes posés par la guérison de la plaie.  Cryothérapie Taux de récidive <40% Cette technique utilise des applications répétées de froid intense pour la destruction de tous les tissus de la tumeur. Pour être efficace, le traitement doit être agressif. Il peut donc en résulter un endommagement important des tissus environnants et une cicatrisation marquée. Souvent utilisée en association avec la chirurgie. Cette technique est uniquement efficace pour les lésions de taille et de profondeur réduites et n’est pas recommandée pour les tumeurs de la paupière et des articulations.  Immunothérapie Taux de récidive <20% (périoculaire uniquement) Cette technique consiste à activer le système immunitaire du cheval contre les cellules de la tumeur. La méthode la plus fréquemment utilisée est l’injection d’un vaccin BCG humain. A noter que les types de vaccin varient selon les pays (tué, vivant ou atténué). Il convient d’assurer la protection de l’opérateur lors de l’injection de vaccins vivants. Cette méthode marche relativement bien pour les lésions nodulaires et fibroblastiques autour de l’œil, mais est moins efficace ailleurs. Des injections multiples sont pratiquées dans la tumeur une fois par semaine sur une période de 3-4 semaines. Cette technique n’est pas recommandée pour les sarcoïdes des membres, car elle ne fait souvent que les aggraver. Le vaccin doit uniquement être injecté dans la lésion, car il y a un risque élevé d’anaphylaxie (qui peut être prévenue avec des antihistaminiques). Il convient de garder les animaux sous observation pendant 12 heures après l’injection en cas de réaction. Il devient actuellement de plus en plus difficile de se procurer des vaccins BCG dans de nombreux pays, ce qui limite également l’usage du traitement.  Chimiothérapie En chimiothérapie, le taux de récidive < 20%. L’injection de drogues cytotoxiques telles que la cisplatine au centre de la lésion est une méthode utile, particulièrement autour de l’œil et de la bouche, si le BCG ne marche pas. Ces produits sont très dangereux pour l’opérateur et il est donc difficile de se les procurer dans de nombreux pays.  Thérapie cytotoxique topique L’AW4-LUDES donne probablement les meilleurs résultats, mais il y a également d’autres produits tels que le 5-fluoro-uracil et la crème de l’Université de Liverpool. Ils 74


sont administrés avec précaution directement dans la tumeur. Ce sont des produits très agressifs qui peuvent endommager les tissus environnants, et ils sont souvent limités à des endroits où la nécrose et les cicatrices ne posent pas de problème. Cette technique est parfois utilisée après la chirurgie sur une tumeur plus grosse.  Radiation La zone affectée est irradié à l’aide d’une source localisée tel qu’un fin d’iridium. Cette technique est très coûteuse et l’exposition aux radiations présente toutes sortes d’implications. Seuls quelques centres sont autorisés à administrer ce traitement dans le monde. Il est principalement utilisé pour les tumeurs de l’œil, lorsque toutes les autres méthodes de traitement sont impossibles ou ont échoué. (SPANA, 2000). Dans de nombreux pays, la biopsie d’un sarcoïde suspecté constituera la première étape du traitement. Il ne faut pas oublier que, à moins qu’un traitement adéquat ne puisse être démarré rapidement après le résultat des examens, la biopsie est contreindiquée car elle aggrave souvent la tumeur, qui devient plus agressive. Le traitement est également plus efficace s’il commence dans la phase préliminaire du développement des tumeurs. Il n’existe pas aucune perspective de vaccin, en dépit de la recherche considérable menée dans ce domaine. Et n’oubliez pas que bien souvent, le meilleur traitement pour l’animal est de ne rien faire. Les animaux atteints de sarcoïdes n’ont pas besoin d’être séparés des animaux sains, car il n’existe aucun risque direct de contamination. Néanmoins, des mesures raisonnables de lutte contre les mouches et la gestion hygiénique des plaies sont toujours conseillées pour les animaux malades aussi bien que sains (SPANA, 2000). III.10. Les affections parasitaires autres que cutanées Au Mali, le parasitisme gastro-intestinal du cheval est dominé par les strongyloses, l’oxyurose (tableau XVI), tandis que l’infestation par les tiques et quelques cas de gales dominent l’ectoparasitisme. La trypanosomose et la piroplasmose sont les hémoparasitoses les plus fréquentes. Sur les 26 échantillons de fèces, 24 (92, 3%) étaient positifs aux nématodes gastrointestinaux et plus souvent en polyparasitisme avec différents degrés d’infestation. L’analyse hématologique des 26 échantillons a révélé 11 (42,3%) positifs au trypanosome dont 4 avec un degré d’infestation élevé, 7 autres avaient une infestation moyenne (DIALL et al., 2001)

75


Tableau XVI : Les résultats d’analyse coproscopique de 2011 (SPANA, 2011) Localités

Espèces

Parasites rencontrés

Bamako

Anes+++ / chevaux

Kayes

Anes

Stongylus spp++++ Triodontophorus tenuicolis++ Gastrodiscus aegyptiacus+ Dictyocaulis arnfieldi, Trichonema spp, Oxyuris equi Stongylus spp++ Triodontophorus tenuicolis+ Oxyuris equi

Koulikoro

Anes+++/ chevaux

Sikasso

Anes++++

Segou

Anes+++/ chevaux++

Mopti

Anes

Stongylus spp++++ Triodontophorus tenuicolis++ Strongyloïdes westeri + Dictyocaulis arnfieldi, Gastrodiscus aegyptiacus+ Trichonema spp, Oxyuris equi Triodontophorus tenuicolis+++ Stongylus spp++ Strongyloïdes westeri + Gastrodiscus aegyptiacus+ Dictyocaulis arnfieldi, Trichonema spp, Stongylus spp++++ Triodontophorus tenuicolis+++ Gastrodiscus aegyptiacus++ Dictyocaulis arnfieldi, Trichonema spp, Oxyuris equi Stongylus spp++++ Triodontophorus tenuicolis++ Dictyocaulis arnfieldi, Trichonema spp,

Légende : ++++ très fréquent, +++ fréquent, ++ peu fréquent

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En 2013, 307 prélèvements de fèces ont été effectués dans 39 localités du résultats coproscopiques comportaient plus de 80% d’infestation par des gastro-intestinaux (Strongylus spp, Triodontophorus tenuicolis) et d’autres (Dictyocaulis arnfieldi, Gastrodiscus aegyptiacus, Trichonema spp, Ascaris (figure 29).

A

Mali. Les strongles parasites equorum)

B

Figure 29 : Images de coproscopie (A) larve d’Oxyuris et (B) les œufs de Gastrodiscus (SPANA Mali) III.10.1. Les trypanosomoses Ce sont des maladies infectieuses, inoculables, non contagieuses, transmissibles par les insectes hématophages à l’exception de la dourine. Elles sont causées par les parasites du genre Trypanosoma, localisés dans la lymphe, le sang, le muscle cardiaque, le liquide céphalo-rachidien des mammifères. Elles évoluent sous une forme chronique avec une symptomatologie variable suivant les espèces animales et agents en cause. En fonction de l’espèce de trypanosomoses et de l’espèce animale en cause, trois (3) types de trypanosomoses sont décrites chez les animaux en Afrique (N’PATON, 2012). Ces affections comprennent différentes entités, entre autres :  Nagana : C’est un ensemble des trypanosomoses sévissant au Sud du Sahara. Elles sont dues à Trypanosoma congolense, T. vivax, T brucei transmises uniquement par les glossines. Elles sont strictement africaines ; leur aire de répartition est superposée à celle des glossines (au Sud du Sahara jusqu’au Zimbabwe, 14°N Ŕ 25°S). Cependant T. vivax déborde de cette aire de répartition, car elle peut être transmise par d’autres insectes. 77


 Surra: La surra est due à T. evansi. Elle est transmise par les insectes hématophages (vecteurs mécaniques) comme les stomoxes, les tabanidés. Elle affecte les dromadaires et les équidés et évolue sous forme chronique. On la rencontre surtout en Afrique du Nord, Asie et en Amérique latine.  Dourine : La dourine est due à T. equiperdum qui n’affecte que les équidés surtout en Afrique du Nord et du Sud. Elle se transmet lors du coït. Elle se manifeste cliniquement par 2 phases successives : une phase vasculaire dont les symptômes apparaissent essentiellement au niveau des organes génitaux et une phase nerveuse avec des troubles nerveux commençant par un syndrome en hyper et évoluant vers la paralysie puis la mort. Chez les équidés, les trypanosomoses se manifestent par divers signes. Deux signes majeurs sont caractéristiques chez le cheval et l’âne : l’œdème déclive et la kératite. L’infection par T. brucei se traduit par une maladie généralement aiguë ou subaiguë, caractérisée par une hyperthermie assez marquée. L’animal maigrit rapidement et est prostré. Les symptômes caractéristiques apparaissent seuls ou associés : œdème des parties déclives du thorax, des membres, de l’abdomen et des parties génitales (figure 30 A); congestion oculaire évoluant vers la kératite ; écoulement nasal. On peut observer aussi des placards urticaires au niveau du cou, sur les flancs ou le dos de l’animal (figure 30 B et C) mais ces signes ne sont pas stables et peuvent disparaître en quelques heures ou quelques jours. A la phase finale d’évolution, certains animaux sont paralysés ou présentent une ataxie ou bien une parésie. La maladie due à T. vivax est le plus souvent chronique chez les équidés; elle peut durer plusieurs mois, mais les mêmes signes précédemment décrits sont notés. L’infection par T. congolense conduit à l’anémie et à l’opacité cornéenne, par contre les œdèmes sont rarement observés (N’PATON, 2012).

B C A Figure 30 : Anes atteintes de trypanosomoses, (A) alopécie diffus et œdème déclive, (B) et (C) placards urticaires et larmoiement (SPANA Mali). 78


Au Mali, en 2001, le sang de 501 ânes ont été prélevés dans 14 sites autour de la ville de Bamako. Une faible prévalence (0 à 4%) de la trypanosomose a été notée au sein des ânes de trait en fonction des sites. Seuls 5 (35,7%) sur les 14 sites ont présenté des infections à la trypanosomose au sein des ânes. Toutes les infections étaient dues à T. vivax (figure 31) qui est la seule souche de trypanosomose dominante dans cette zone. Cette faible prévalence chez les ânes résulte d’un contact assez rare entre l’hôte et le vecteur ; ce contact est établi quand les ânes viennent à la rivière pour se désaltérer après le travail ou pour le pâturage (DIALL et al., 2001).

Figure 31 : Trypanosoma vivax (SPANA Mali) Diagnostic et Traitement Le diagnostic repose sur les signes cliniques et la mise en évidence du parasite par frottis du sang périphérique, ou dans d’autres prélèvements selon les maladies. Le principal trypanocide est le Sulfate de Quinapyridine en solution de 5% à la dose de 4,4mg/kg en sous/cutané. La dose est repartie en 3 ou 4 points d’injection (ROSSIER, 1995). III.10.2. La piroplasmose (Babésiose) Cette maladie est causée par des protozoaires, parasites des globules rouges (hématies), en l’occurrence Babesia equi et Babesia cabali. La transmission des parasites est assurée par la piqure de diverses espèces de tiques. Symptômes et Diagnostic L’incubation dure quelques jours, puis les signes cliniques apparaissent : fièvre, dépression, anorexie, pâleur des muqueuses et/ou muqueuses ictériques (jaunes), œdèmes des régions déclives, parfois coliques et coloration brunes des urines (figure 32). 79


B. equi est souvent responsable des formes les plus graves pouvant entraîner la mort en 24-48 heures. Les animaux qui survivent, sans traitement, peuvent rester porteurs du parasite. Le diagnostic différentiel doit être fait avec l’anémie infectieuse, la leptospirose et l’artérite virale. Le diagnostic étiologique repose sur la mise en évidence des protozoaires dans les hématies à l’aide de frottis sanguins, réalisés en début d’évolution à partir du sang périphérique. Plus tard, le test de fixation du complément révèle la présence d’anticorps spécifiques.

Figure 32 : Ane atteint de piroplasmose avéré (SPANA Mali) Traitement et Prévention, Le contrôle de l’affection est difficile et consiste à la destruction des biotopes favorables aux tiques par utilisation d’acaricides sur les chevaux. Les malades sont traités à l’imidocarbe (2,4mg/kg), à des doses plus élevées et plus longtemps pour B. equi. Les voies d’administration sont intra musculaire et sous cutané, la voie intra veineuse est formellement à éviter (ROSSIER, 1995). III.10.3. Les strongyloses Les strongyloses sont des maladies dues à des parasites (strongles) du gros intestin dont les larves se nourrissent de sang (hématophages). Les strongles se distinguent en 2 groupes : les grands composés de Strongylus vulgaris, S. edentatus et S. equinus dont l’adulte (3 à 5,5 cm), vit fixé à la paroi digestive (figure 33 A), et les petits strongles qui comptent une quarantaine d’espèces et mesurent moins de 2 cm. Les strongles pondent des œufs qui, éliminés avec les crottins, libèrent sur le sol des larves mobiles. Ces larves, ingérées avec l’herbe, pénètrent la muqueuse intestinale. Les larves de petits strongles muent au sein de la muqueuse et émergent dans la lumière intestinale 80


au bout de 2 mois. Elles peuvent cependant rester au repos dans la paroi jusqu’au printemps suivant. Les larves de grands strongles réalisent des migrations complexes et peuvent entraîner des lésions graves. Ainsi, la larve de S. vulgaris migre vers l’artère mésentérique crâniale et s’y fixe en provoquant des lésions artérielles, parfois sévères (anévrismes) avec une dilatation et lésions des parois et la formation de caillots. Elle rejoint ensuite la paroi digestive par le flux sanguin pour donner un adulte dans la lumière. Le cycle dure 6 mois. Le S. equinus migre par la cavité abdominale vers le foie, le pancréas et devient adulte dans le caecum et le colon après 9-11 mois. Le S. edentatus gagne le foie par la voie sanguine puis repart vers le gros intestin par le ligament hépatique et le mésentère. La ponte des adultes débute 9 mois après infestation (ROSSIER, 1995). Symptômes et Diagnostic Les strongyloses sont parmi les principales causes de coliques chez le cheval. Les autres symptômes usuels sont une anémie, une maigreur, une diarrhée pâteuse et une éosinophilie sanguine. De manière plus spécifique, les larves de S. vulgaris sont responsables de coliques thrombo-emboliques lorsqu’un fragment de caillot ou une larve s’embolise et oblitère une artériole causant un infarctus de la portion digestive privée d’irrigation. Lors d’anévrisme, la paroi artérielle fragilisée peut se rompre et provoquer une hémorragie interne. Les migrations hépato-pancréatiques massives entrainent une inflammation chronique de ces parenchymes. Les larves de petits strongles, enfin de dormance, émergent en masse de la muqueuse caeco-colique entraînant de multiples ulcérations et une diarrhée incoercible qui contient de nombreuses larves hématophages (ROSSIER, 1995). Le diagnostic est basé sur les signes anatomocliniques et le comptage des œufs dans les fèces. Cette dernière méthode est sans intérêt lors d’infestation larvaire. Prévention et Traitement La contamination se produisant essentiellement au pré, la prévention repose sur la limitation de la densité d’animaux, la vermifugation des chevaux et ânes avant leur introduction dans l’élevage, les rotations de pâtures après chaque vermifugation et l’entretien des herbages (hersage qui soumet les larves à l’action du soleil, drainage, épandage de cyanamide calcique). Les anthelminthiques (produits antiparasitaires) efficaces sont les benzimidazoles, le fébantel, le pyrantel, le dichlorvos et l’ivermectine. Le rythme de traitement doit être établi après évaluation du risque d’infestation qui dépend de l’âge des animaux, des conditions climatiques et de la conduite d’élevage. Les périodes les plus favorables pour les vermifugations sont le printemps et l’automne. Les jeunes seront traités tous les 2 81


mois à partir du 4ème mois. Il convient d’alterner les antiparasitaires afin de prévenir l’apparition de souches résistantes de petit strongles (ROSSIER, 1995).

A

B

Figure 33 : (A) adulte de strongle dans la lumière intestinale, (B) strongles expulsés après traitement chez un âne (SPANA Mali) III.10.4. La gastérophilose La gastérophilose est une myiase digestive des équidés à grande importance économique en raison de la morbidité et de la mortalité (EUZEBY, 1971 ; VAN DE PONSEELE et LUX, 1992). Elle peut se traduire par un amaigrissement, voire la mort suite à une obstruction du pylore ou une perforation stomacale responsable d’une péritonite septique mortelle (figure 34) (MOUELLE, 1996). Parfois, elle peut se révéler par des trouvailles d’abattoir avec une infestation massive (KARANGWA, 1998). Elle est due par le parasite du genre Gasterophilus (ZUMPT, 1965) avec 8 espèces: G. nasalis, G. intestinalis, G. pecorum, G. inermis, G. haemorrhoidalis, G. ternicinctus, G. nigricornis, et G. meridionalis dont les deux dernières espèces sont absentes en Afrique. Lors de forte infestation, on peut observer des ulcérations des gencives associées aux migrations buccales. La présence d’œufs, fixés sur les poils de la robe, signale l’infestation (BARREY et al., 1994). La prévention consiste à réduire le nombre d’œufs sur les animaux en les brossant régulièrement pour faire tomber les œufs ou en frottant sur eux un chiffon imbibé d’eau chaude pour faire éclater les œufs (MOUELLE, 1996). Certains auteurs préconisent l’utilisation de solutions organophosphorées sous forme de bain pour diminuer les larves atteignant l’estomac (RASTEGAEV et al., 1989) Grâce aux progrès de la médecine, les professionnels de la santé disposent de médicaments variés et efficaces (MOUELLE, 1996) : dithiocarbamate de piperazine : 50

82


à 100 mg/kg ; les organophosphorés (trichlorfon : 35mg/kg, dichlorvos : 33 à 43mg/kg, ivermectine : 0,2mg/kg, mebendazole : 10mg/kg).

Figure 34 : larve de gasterophile dans l’estomac avec obstruction du pylore chez un âne (SPANA Mali) III.10.5. L’oxuyrose L’oxyurose est une maladie provoquée par Oxyuris equi. Le parasite est très répandu et affecte les équidés de tout âge placés en écurie. Il s’agit de vers très fin, de couleur grisâtre, de forme allongée et le parasite peut mesurer jusqu’à 15 cm. Ce parasite n’est pas dangereux pour l’âne, mais il peut provoquer de fortes démangeaisons de l’anus avec pour conséquences des dépilations siégeant sur les fesses et la base de la queue (MOUCHEL-VICHARD, 2010), (figure 35). Une bonne hygiène des locaux, notamment la protection des abreuvoirs et mangeoires, limite la contamination. Le parasite est sensible à de nombreux anthelminthiques (Benzimidazoles, Fébantel, Ivermectine, Dichlorvos) ; il est donc éliminé lors des vérmifugations visant les petits strongles (BARREY et al., 1994).

A B C Figure 35 : (A) larve d’Oxyuris visible a travers l’anus, (B) œuf d’Oxyuris desséché (C) larve d’Oxyuris expulsé après traitement anthelminthique (SPANA Mali) 83


III.11 Les maladies carentielles ou toxiques Au Mali, les maladies toxiques les plus rencontrées sont les intoxications par les aliments (restes de cuisines) et certains produits chimiques consommés par les ânes sur les sites de dépotoirs (la soude, indigo) (Figure 36).

Figure 36 : Ane qui a consommé un produit caustique et lésions d’aphtes et érosions de la gencive (SPANA Mali). III.12 Maladies répertoriées dans les registres des services vétérinaires du Mali Selon les données des services vétérinaires des traitements ont été effectués dans toutes les régions. Les principales pathologies concernées ont été les trypanosomoses, les parasitoses internes et externes, les affections pulmonaires et gastro-intestinales, les plaies, les abcès et les carences alimentaires. Le tableau XVII donne la situation des pathologies équines et asines au Mali en 2013.

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Tableau XVII : Situation des pathologies équines et asines au Mali en 2013 (DNSV, 2013). Affections Trypanosomiases

Asins 15618

Equins 2948

Total 18566

Parasitoses externes Parasitoses internes

20830

1918

22748

15667

5505

2117

Affections pulmonaires Affections digestives Affections urogénitales Avitaminoses, carence alimentaire, Plaies, abcès

1979

686

2665

850

357

1207

-

219

219

2348

209

2557

3609

1062

4671

60 901

12 904

73805

Total

Des traitements sont effectués dans les établissements vétérinaires. Le tableau XVIII donne la situation des traitements effectués par espèce et par maladies dans ces établissements. Tableau XVIII : Traitements effectués dans les établissements vétérinaires 2013 (DNSV, 2013) MALADIES Trypanosomiase

ESPECES Asin Equin Total 2 177 312 2489

Affections pulmonaires

64

42

106

Affections digestives

23

21

44

1 034

2 322

3356

110

364

474

3 408

3 061

6469

Parasitoses externes et internes Castrations, plaies, abcès et petites chirurgies Total

Les traitements effectués par région sont donnés en (annexe 2, 3 et 4).

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DEUXIEME PARTIE : PARTIE EXPERIMENTALE CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODES CHAPITRE II : RESULTATS CHAPITRE III : DISCUSSION CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

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CHAPITRE I : Matériel et Méthodes I.1. Cadre et période d’étude I.1.1 Zone et période d’étude Notre zone d’étude concerne le District de Bamako et sa périphérie. Bamako est situé sur le 7°59’ de la longitude et le 12°40’ de la latitude nord sur les deux rives du fleuve Niger. Le District de Bamako est composé de deux parties : - La rive nord construite entre le fleuve Niger et le Mont Manding dans la plaine alluviale de 15 km qui se réunissent aux extrémités Est-Ouest. - La rive sud occupe un site de plus de 12000 ha de la zone aéroportuaire de Sénou et les reliefs de Tienkoulou jusqu’au fleuve Niger (Figure 37). Le District de Bamako couvre une superficie de 267 km2 pour une population de 1 809 106 habitants selon Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2009 avec une densité de 6 776 habitants/km2 pour un taux d'accroissement moyen de 4,8 %. Les femmes représentent 49,8 % de la population (RGPH, 2009). Le District de Bamako est divisé en six communes suivant l’ordonnance du 18 août 1978 modifiée par la loi de février 1982 (SAMAKE, 2012). Ces communes sont : - La commune 1 compte 337 407 habitants. Elle est limitée au Nord par la commune rurale de Djalakorodji (cercle de Kati), à l'Ouest par la Commune 2, au Nord-Est par la commune rurale de Sangarebougou (Cercle de Kati), à l'Est par la commune rurale de Gabakoro 3 et au Sud par le fleuve Niger, et elle couvre une superficie de 34 26 km2. Neuf quartiers composent cette commune et sont Banconi, Boulkassombougou, Djélibougou, Doumanzana, Fadjiguila, Sotuba, Korofina Nord, Korofina Sud et Sikoroni. - La commune 2 est limitée à l'est par le marigot de Korofina, à l'ouest par le pied de la colline du Point G, au nord par la limite nord du District et au sud par le lit du fleuve Niger, et elle couvre une superficie de 16 81 km² avec une population de 159 805 habitants. La commune compte onze quartiers : Niaréla (le plus ancien où réside la famille des fondateurs de Bamako), Bagadadji, Médina-coura, Bozola, Missira, Hippodrome, Quinzambougou, Bakaribougou, TSF, Zone industrielle et Bougouba. La commune abrite 80 % des industries du Mali. - La commune 3 est limitée au nord par le cercle de Kati, à l’est par le boulevard du Peuple qui la sépare de la Commune 2, au sud par la portion du fleuve Niger, comprise entre le pont des Martyrs et le Motel de Bamako, et à l’Ouest, par la rivière Farako à partir du Lido, l’Avenue Cheick Zayed El Mahyan Ben Sultan et route ACI 2000, elle couvre une superficie de 23 km². Sa population est de 128 872 habitants. La commune 3 est le centre administratif et commercial de Bamako. Elle accueille notamment les 87


deux plus grands marché de la capitale, le Grand marché Dabanani et Didida. Vingt quartiers composent cette commune et les villages de Koulouninko et Sirakorodounfing ont été rattachés à la Commune 3. - La Commune 4 est limitée à l'est par la Commune 3, au Nord et à l'Ouest par le cercle de Kati et au Sud par la rive gauche du fleuve Niger et elle couvre une superficie de 36 768 hectares, avec une population de plus de 300 085 habitants. Cette commune est composée de huit quartiers : Taliko, Lassa, Sibiribougou, Djikoroni-para, Sébénikoro, Hamdallaye, Lafiabougou et Kalabambougou. - La Commune 5 couvre une superficie de 41 km². Elle est limitée au Nord par le fleuve Niger, au sud par la zone aéroportuaire et la commune de Kalanban-Coro, à l'est par la Commune 6 et le Niger. Elle est composée de huit quartiers Badalabougou, Sema I, Quartier Mali, Torokorobougou, Baco-Djicoroni, Sabalibougou, Daoudabougou et Kalaban-Coura et compte 414 668 habitants. - La commune 6 a une superficie de 8 882 hectares et elle est la plus vaste du district de Bamako. Sa population est d’environ 470 269 habitants. Elle est constituée de dix quartiers : Banankabougou, Djanékéla, Faladié, Magnambougou, Missabougou, Niamakoro, Sénou, Sogoniko, Sokorodji et Yirimadio.

Figure 37 : Carte de Bamako (www.Malibrary.org) 88


Cette étude a été menée d’août à décembre 2014. I.1.2. Présentation de L’ONG SPANA La SPANA (Society for the Protection of Animals Abroad) est une société de charité fondée en 1923 en Grande Bretagne. Au Mali, les activités de l’ONG SPANA ont démarré en 1996 et elles ont porté sur les soins vétérinaires des ânes et les chevaux et progressivement elles se sont diversifiées et se structurées autour de quatre programmes qui sont :  Programme vétérinaire L’objectif de ce programme est la sauvegarde de la santé et du bien être des animaux de trait (chevaux, ânes et mulets) et de compagnie à travers la prévention, le traitement des malades et l’appui conseil aux propriétaires et utilisateurs de ces animaux. A travers la clinique mobile, l’équipe vétérinaire de la SPANA dispense des soins gratuits aux ânes et aux chevaux de trait et la fourniture de harnais gratuitement aux propriétaires d’animaux.  Programme éducatif Ce programme, dans sa vision, vise un changement de comportement de la jeune génération vis-à-vis des animaux et de leur environnement. Pour atteindre cet objectif, le programme utilise une stratégie composée des axes suivants : - Formation et sensibilisation dans les écoles ; - Formation et sensibilisation des groupes socioprofessionnels ; - Production et diffusion de matériel documentaire et de sensibilisation ;  Programme de rééducation d’enfants handicapés par l’équithérapie Le centre a comme objectif l’amélioration des aptitudes physiques et psychiques des enfants vivants avec certains handicaps à travers l’équitation. Ce centre bénéficie d’un financement conjoint de SPANA et de la fondation Luxembourgeoise Raoul Follereau à travers la fondation pour l’Enfance (FPE) ; il assure la rééducation par équitherapie d’une vingtaine d’enfants handicapés psychomoteurs. Les activités de ce centre, à défaut de corriger certains handicaps chez les enfants, permettent de valoriser certaines aptitudes tout en améliorant leurs bien êtres physique et moral.  Programme d’appui à la santé et à la production animale dans le nord du Mali Ce projet a été conçu en 1999 pour appuyer les efforts d’un projet PNUD dénommé CAR Ŕ NORD dans une mission réinsertion socio-économique des excombattants de la rébellion du Nord (Tombouctou, Gao et Kidal). Son but principal est d’aider les communautés d’éleveurs des régions concernées à améliorer la santé et la productivité de leur bétail.

89


La stratégie est basée sur la mise en place d’un réseau de para-vétérinaires (animateurs), qui sont choisis par les communautés elles mêmes selon les critères bien précis, et jugés aptes à assurer les fonctions d’animateurs communautaires dans le domaine de la santé animale de base. Les éleveurs sélectionnés reçoivent une formation en santé animale de base organisée par SPANA. Les éleveurs ainsi formés sont dotés en matériel et médicaments vétérinaires pour assurer un service en santé animale au bénéfice de leurs communautés respectives. Ils reçoivent une indemnité de la SPANA de façon progressive pendant la durée du projet (3 ans) pour la première phase. La durabilité de cette opération est basée sur l’existence d’un fond de roulement, l’appui des communautés pour une rémunération des animateurs et sur un partenariat établi entre les communautés d’une part et les vétérinaires (privés et public) d’autre part. Les animateurs assurant une courroie de transmission entre les éleveurs nomades et les services centraux. C’est dans le contexte de la politique de lutte contre la pauvreté et pour aider les plus démunis (usagers des animaux de trait en milieu urbain et rural), que le gouvernement a signé avec cette ONG, un accord cadre en date du 09 Octobre 1999 sous le N° 0821/001181. A travers cet accord, la SPANA s’engage, conformément à la politique de développement économique et social de la République du Mali, à s’investir dans des actions vétérinaires concrètes dans l’ensemble des régions du Mali et le District de Bamako dans les domaines suivants : - protection des animaux de trait en préservant leur santé, et en augmentant leur capacité de production pour le bien être des propriétaires ; - augmenter la capacité technique des agents vétérinaires à travers les stages et formations ; - éducation de la population au respect et à l’amour envers les animaux. L’ONG SPANA est basée à Badalabougou en commune 5 du District de Bamako. I.1.3. Présentation des sites suivis Les centres urbains bénéficiaires des actions sont les villes de Bamako, Kayes, Sikasso, Koulikoro, Ségou, Niono, San, Mopti, Tombouctou, Gao et de Kidal ainsi que de nombreux villages autour de ces localités. Le centre offre également une capacité d’hospitalisation pour soins intensifs à terme pour une vingtaine d’animaux à la fois. Ségou est la ville la plus visitée après le District de Bamako, avec un rythme d’une visite par mois. En plus, une unité de soins a été établie dans cette ville par SPANA depuis Octobre 2001 grâce à l’appui de M. Yves Badillet qui a continué son appui au programme à Ségou jusqu’en Juin 2006. L’unité de soin continue ces activités et est logée au sein du secteur vétérinaire de Ségou ; elle a fournie ainsi des soins à 4164 équidés en 2011. 90


Dans le cadre de la sensibilisation et de la lutte contre la maltraitance, la SPANA, en collaboration avec les services vétérinaires de Ségou, a organisé une campagne de répression de la maltraitance des animaux de trait qui a été vivement saluée par les populations de cette localité. Dans le même cadre, deux ateliers de formation et de sensibilisation ont été organisés par la SPANA à l’intention des forces de l’ordre (police et gendarmerie). Au titre de l’année 2013, les traitements curatifs et préventifs réalisés par l’équipe vétérinaire de SPANA ont touchés plus de 25 000 équidés et couvert 76 localités sur l’ensemble du territoire. Le tableau XIX fait apparaître les effectifs soignés par région. Tableau XIX : Effectifs soignés par région (SPANA 2013) Régions

Régions

Kayes

Effectifs soignés 1169

Ségou

Effectifs soignés 12835

Koulikoro

2989

Mopti

981

Bamako District

1870

Tombouctou

1700

Sikasso

1193

Gao

530

*Kidal

2500

* : Pour Kidal, l’effectif soigné est constitué en majorité de dromadaire et de petits ruminants. I.2. Matériel d’étude I.2.1. Les équidés (ânes et chevaux) Les animaux ont été constitués par des chevaux (Equus cabalus) et des ânes (Equus asinus). I.2.2. Fiches d’enquête Les fiches d’enquête sont au nombre de deux (Annexe 5 et 6): La fiche n°1 comprend 4 parties : - la première partie concerne l’identification du propriétaire et le service effectué par son animal, - la deuxième partie concerne la gestion des animaux,

91


- la troisième partie concerne les soins apportés à son animal et les motifs de ses soins, - la quatrième partie était adressée aux cabinets et cliniques vétérinaires de la place pour collecter les informations sur les pathologies équine et asine qu’ils rencontrent lors des soins quotidiens. La fiche n°2 est relative à l’examen clinique des animaux en consultation. I.2.3. Matériel divers Il s’agit de la clinique mobile de la SPANA qui est dotée d’un arsenal de matériel et équipement vétérinaires divers (Figure 38). - Un thermomètre, - Un stéthoscope, - Un pas d’âne, - Des râpes à dents, - Des rogne-pieds, - Des couteaux anglais, - Des seringues pour les injections de produits - Des médicaments et autres produits chimiques - Des sonde naso-œsophagiennes - Des tubes de prélèvement - Un appareil photos numérique Figure 38 : Clinique mobile SPANA (Source : auteur) I.3. Méthodes I.3.1. Les entretiens Ils sont réalisés auprès des charretiers lors des consultations au refuge de la SPANA, aux domiciles, parfois par téléphone pour des compléments d’informations et aux cabinets vétérinaires. I.3.2. L’examen clinique L’examen clinique a été réalisé conformément aux méthodes d’examen classique basées sur l’examen général suivi d’un examen spécial orienté aux appareils et tissus atteints. Ainsi aucours des consultations, des commémoratifs sont recueillis et l’examen clinique est réalisé afin de collecter des données sur l’état général, l’état de la dentition, les paramètres généraux, et l’état du sabot.

92


A la fin, des hypothèses diagnostiques sont posées puis, si nécessaire, des prélèvements sont réalisés. Souvent les traitements sont donnés en attendant l’obtention des résultats de laboratoire. I.3.3. Prélèvements et analyses de laboratoire Les prélèvements effectués sont des fèces pour les examens de coproscopie, le sang pour la détermination de l’hématocrite et la réalisation de frottis pour la recherche de microfilaires, le liquide intra-abdominal pour juger la gravité d’un cas de colique, et l’urine pour différencier l’hématurie et l’hémoglobinurie. Le prélèvement sanguin a été réalisé au niveau de la jugulaire de l’animal, à l’aide d’un matériel adéquat et dans les tubes possédant un anticoagulant et identifié. Les différents échantillons prélevés ont été conservés convenablement (congélation) jusqu’à analyse au laboratoire. Pour l’hématocrite après centrifugation en microtubes capillaires à hématocrite, nous procédons à la lecture et des lames de frottis ont été réalisées et coloré au Giemsa rapide. Les prélèvements de fèces frais ont fait l’objet d’analyse coprologique selon la technique de flottaison et de sédimentation, l’infestation par les parasites gastro-intestinales. La paracentèse est effectuée à l’aide d’une aiguille 18G, la ponction est réalisée sur la ligne blanche, à mi-chemin entre l’appendice xiphoïde sternal et l’ombilic. Liquide péritonéal normal est jaune-clair.

I.4. Traitements des données L’ensemble des données recueillies ont été enregistrées sur un tableur Excel 2007 sous WINDOWS et les différents calculs ont été effectués à l’aide de ce même tableur.

93


CHAPITRE II : Résultats II.1. Données générales II.1.2. Identification des propriétaires Les enquêtes ont touché 143 propriétaires d’ânes et de chevaux et 27 professionnels de la santé animale. Tous les propriétaires de chevaux sont des hommes par contre 7 femmes disposaient en plus des ânes. Les propriétaires des équidés sont répartis dans les six (6) communes de Bamako et de la périphérie (Sénou, Kati, Tienfala) (Figure 39). Par rapport aux ânes, la commune 5 (CV) renferme plus d’animaux, suivie de la commune 4 (CIV). Pour les chevaux, c’est la commune 2 (CII) qui dispose plus d’animaux suivie de la commune 4 (IV). A noter qu’il n’y a pas de chevaux dans la commune 3.

cheval

âne C VI 11%

Péripheri e de Bamako 10% C I C II 3% 9%

Péripherie de Bamako 18%

C III 1%

C VI 14% CV 38%

C IV 28%

C I 7%

C II 36%

C V 4% C IV 21%

C III 0%

Figure 39 : Répartition des propriétaires d’équidés (cheval, âne) par commune

II.1.2.1. Utilisation des animaux Tous les animaux sont utilisés comme sources de revenus monétaires pour leur propriétaire. La figure 40 représente les modes d’utilisation de ces animaux.

94


Bois de chauffe 4%

cheval

âne Autres 3%

exhaure 11% Mat. Construc tion 15%

Autres 29% trsp. ordures 67%

Mat. Constr. 71%

Figure 40 : Mode d’utilisation des ânes et chevaux. II.1.3. Gestion des animaux II.1.3.1. Effectif et sexe Au total, 496 équidés, dont 449 (90,5%) ânes et 47 (9,5%) chevaux, ont été recensés durant notre étude avec 4% de femelles dans les deux cas. Les GIE étaient au nombre de 19 avec un effectif de 167 ânes, tous travaillant dans la collecte des ordures ménagères, soit en moyenne 9 ânes par GIE. II.1.3.2. Habitat Seuls les chevaux bénéficiaient d’un minimum consistant à attacher l’animal dans la cour de son propriétaire ou devant sa maison sous un hangar quelque fois ; par contre les ânes sont en général groupés dans divers endroits (sites des dépôts d’ordures, espaces publics) ou en divagation (Figure 41).

95


A

B

C

D

Figure 41 : Habitats des équidés. (A) Parking de chevaux dans la commune 2 ; (B) Parc d’un GIE derrière une cour d’école dans la commune 5; (C) Ane pâturant le gazon autour d’un monument dans la commune 5 ; (C) Parc clôturé d’un vendeur de bois dans la commune 6 (Source : auteur) II.1.3.3. Alimentation La ration des équidés de trait de Bamako est principalement composée de paille, herbes de colline ou à la bordure du fleuve, résidus agricoles, céréales et de son selon les propriétaires. Certaines utilisent même les restes de cuisine (Figure 42 A). Nous avons respectivement 50% et 31% des ânes et chevaux reçoivent de la paille, herbe de colline et de la céréale ; 34% et 41% respectivement des ânes et chevaux ont une ration à base de fanes d’arachide ou de niébé et d’autres résidus agricoles en plus de la céréale (Figure 43).

96


A

B

Figure 42 : (A) Anes consommant le reste du repas de riz ; (B) tiges de maïs distribuées à un cheval (Source : auteur)

âne Céréale, son, sel 4% résidus. agricole, F.arachid e ou Niebé, céreale 34%

cheval

Autres aliments 12%

Herbe,P aille,cér éale. 31%

Céréale, son, sel 28%

Herbe,Pa ille,céréal e. 50%

residus. agricole, F.arachi de ou Niebé, céreale 41%

Figure 43 : Différents types d’aliments distribués aux équidés Les céréales et le son constituent les aliments concentrés distribués par les propriétaires, et les quantités varient selon le revenu. En général, c’est le conducteur de la charrette qui s’occupe de l’alimentation et plus de 50% de ces charretiers n’ont pas une quantité déterminée, ni une fréquence régulière de distribution (Figure 44) et (Figure 45).

97


cheval

âne Non déter. 58%

Non déter. 50%

0,5-1kg 42%

2kg 50%

Figure 44 : Quantité de céréales distribuée aux équidés de trait

âne

Quelqu e fois 71%

cheval

tous les jours 19% 3-4 fois/se maine 10%

Quelqu es fois 61%

tous les jours 39%

Figure 45 : Fréquence de distribution de céréales aux équidés de trait II.1.3.4. Abreuvement des équidés A Bamako, les charretiers sont localisés près des cours d’eau avec lesquels ils abreuvent leurs animaux (Figure 46 et Figure 47).

âne

eau+ son cours de d'eau+pui céréale t 2% 8% cours d'eau+rob inet 19%

robinet+p uit 7%

cheval eau+ son de céréale 32%

robinet 36%

robinet 51% cours d'eau+p uit 15%

puit 13%

puit 17%

Figure 46 : Différentes sources d’abreuvement des équidés de trait 98


A

B

Figure 47 : (A) Ane abreuvé par l’eau de puits ; (B) son de maïs trempé dans l’eau et distribué à un cheval (Source : auteur) II.1.3.5. Soins vétérinaires privés De notre enquête, seul 11% des propriétaires d’ânes prodigue des soins vétérinaires en plus des soins offerts par la SPANA et seulement 14% des propriétaires de chevaux font recours aux vétérinaires privés pour les soins de leurs animaux. Les motifs de consultation sont, entre autres, les cas de boiteries, coliques, plaies, et des morsures par chien. II.1.4. Les professionnels de la santé animale Au total, 27 cabinets et cliniques vétérinaires privés ont été questionnés sur les pathologies équines et asines qu’ils rencontrent au cours de leurs prestations. Parmi eux, 9 cabinets ont affirmé ne pas recevoir d’équidés en consultation, et les raisons évoquées sont: - Non maîtrise de la pratique équine ; - Il y a plus de revenus dans la volaille ; - Se réserve aux ovins ; - Se consacre uniquement la vente de médicaments ; - Il y a la proximité du parc à bétail ; - Les propriétaires d’équidés ne viennent pas ; - Il y a moins d’équidés dans la zone ; - La présence de la SPANA. Pour les autres, les pathologies diagnostiquées figurent dans la Figure 48.

99


Traumatismes 4% Morsures 1%

Alimentaire a) coliques 15%

Plaies multiples 11%

Alimentaire b) bouche 3% Affection respiratoire 9%

parasites du sang 11% Tetanos 5% Parasitose Interne 11% Epizootic lymphangitis 4%

Affection locomotrice 11% Maladies de peau (parasites externes) 14%

Affection urinaire 1%

Figure 48 : Proportion des affections rencontrées par les cabinets et cliniques vétérinaires. De cette figure, il y a une prédominance des coliques (15%), des parasitoses externes (14%) et sanguines (11%) puis des plaies (11%), les affections locomotrices (11%). II.2. Résultats des examens cliniques II.2.1. Effectifs d’animaux examinés Il a été consulté un total de 154 équidés au cours de notre enquête avec 126 (81,81%) ânes dont 14 femelles et 28 (18,18%) chevaux dont 2 juments (Figure 49).

100


cheval femelle 1% cheval mâle 17% âne femelle 9%

âne mâle 73%

Figure 49 : Pourcentage des mâles et femelles parmi les ânes et chevaux examinés

II.2.2. Age et robes des animaux Plus de 90% des ânes étaient des adultes (5 ans et plus) et 82% des chevaux étaient âgés de plus de 5 ans (Figure 50). Les robes de chevaux n’étaient pas très variées, car 54% des robes étaient grises (truités, moucheté, très clair), 21% étaient alezan, 14% de baie et 11% étaient blancs albinos.

âne 9 et plus 18%

cheval

2-4 ans 7% 9 et plus 43% 5-8 ans 75%

2-4 ans 18%

5-8 ans 39%

Figure 50 : Pourcentage de la répartition des âges des équidés examinés

101


II.2.3. Etat d’embonpoint des animaux En majorité, les animaux avaient un état d’embonpoint satisfaisant (Figure 51) chez 71% des ânes et 89% des chevaux.

âne Assez bon 11%

Bon 1%

Très mauv. 1%

cheval Assez bon 21%

Mauvais 28%

Mauvai s 11%

moyen 68%

moyen 59%

Figure 51 : Etat d’embonpoint des animaux examinés

II.2.4. Etat des muqueuses et l’état de la dentition Les muqueuses oculaires souvent souillées par des larmoiements et les cas de mauvaise dentition étaient plus observés chez les ânes que chez les chevaux (Figure 52).

âne Jetage 5%

cheval

mauv.d entition 13%

Pétechi es 4% Pâleur 11%

Pétechie s 10% Pâleur 10%

Normal e 40%

Larmoie ment 17%

Larmoi ement 27%

Jetage 3%

Normale 60%

Figure 52 : Aspects des muqueuses et l’état de la dentition chez des équidés examinés

102


II.2.5. Paramètres généraux II.2.5.1. Température Environ 100% des chevaux et 45% des ânes avaient une température normale qui est de 37,2- 38°C chez le cheval et 35,8- 37,2°C chez l’âne (Figure 53).

âne 35,3°C 39,1°C 5% 36,4°C 17% 14%

38,5°C 38%

cheval

38,4°C 57%

37,6°C 26%

36,5°C 7%

37,6°C 36%

Figure 53 : Les températures notées lors de l’examen clinique des équidés II.2.5.2. La fréquence cardiaque Environ 70% des ânes ont une fréquence cardiaque normale (31- 53 bts/mn) chez l’adulte et 57% des chevaux avaient une fréquence cardiaque normale (32-44 bts/mn) chez l’adulte. Les fréquences plus élevées ont été notées, en général, chez les jeunes et les animaux consultés au moment de leurs activités. II.2.5.3. La fréquence respiratoire Environ 90% des ânes avaient une fréquence respiratoire normale (12-44 mvts/mn) et environ 50% des chevaux avaient une fréquence respiratoire normale (9-18 mvts/mn). Les fréquences élevées étaient observées chez les chevaux stressés (peur de la présence de l’examinateur) ou qui venaient d’arriver d’une livraison de charges. II.2.6. Présence d’ectoparasites Chez les ânes, c’est plutôt les mouches qui sont observées et chez les chevaux, ce sont les tiques localisées sous la queue chez 5 chevaux. II.2.7. Signes cliniques observés Les signes cliniques ont été très variés, car un seul animal pouvait présenter un jetage nasal, les larmoiements, des plaies, et un défaut de locomotion. Ainsi, les signes

103


observés ont été regroupés en cas cliniques et affections en fonction des appareils (Figure 54).

Figure 54 : Différents signes cliniques sur le même animal (jetage, plaies, fissure du sabot) (Source : auteur) II.2.8. Affections et cas cliniques rencontrés Sur les 126 ânes examinés, il a été noté 184 cas cliniques repartis entre 13 pathologies : les pathologies du pied (11%), les parasitoses gastro-intestinales (5%), le tétanos (3%), les affections respiratoires (3%), les sarcoïdes (3%), les parasitoses sanguines (3%), la lymphangite épizootique (2%), les coliques (7%), les plaies (42%) des pathologies rencontrés et les autres blessures traumatiques (9% des cas). Les autres affections, comme les abcès et les blessures traumatiques, ont été encore plus importantes chez les ânes que chez les chevaux (Figure 55 et Figure 56).

A

B

Figure 55 : (A) déchirure au poitrail par fil de fer chez un ânon ; (B) décollement du sabot et plaie bourgeonnante chez une ânesse La phalange III qui visible (Source : auteur) 104


âne parasites du sang 3%

Parasitose Interne 5%

Tetanos 3%

Alimentaire b) bouche 4%

Alimentaire Autres affections a) coliques 2% 3%

Affection respiratoire 3% Affection génitale 3% Affection locomoteur 11%

Lymphangite epizootique 2% parasitoses externes) 1%

Sarcoïdes 3%

Appareil cardiovasculaire 1% Yeux et oreilles 2%

Affection urinaire 1%

Autres blessures traumatiques 9%

Plaies de mors 2% Plaies du poitrail 5%

Plaies du dos 3% Plaies du dos (mal de garrot) 2%

Morsures 2%

Plaies de sangle 4%

Abcès du sabot 2%

Abces sous cutanés 3%

Plaie à la croupe 8%

Plaie multiples 11%

Plaies de la queue 2%

Plaie au flanc 2%

Figure 56 : Pourcentage des affections et cas cliniques rencontrés chez l’âne 105


Chez 28 chevaux examinés, il a été diagnostiqué 48 cas cliniques avec des pathologies telles que la lymphangite épizootique (18%), les coliques digestives (18%), les affections de l’appareil locomoteur (13%), les affections respiratoires (7%), les parasitoses internes (7%), les plaies et autres blessures traumatiques (17%). Les autres affections étaient d’un cas de prolapsus rectal, un cas d’éléphantiasis, et 3 cas de mélanomes chez certains chevaux gris (Figure 57).

cheval Abcès du sabot 2% Plaies du boulet 2% Plaies de sangle 4%

Autres blessures traumatiques 7%

Plaies du dos 4%

Alimentaire a) coliques 16% Alimentaire b) bouche 2% Affection respiratoire 7%

Autres affections 9% Appareil locomoteur 13%

parasitose sanguine 2% Tetanos 2% Parasitose Interne 7%

Yeux et oreilles 2% Lymphangite epizootique 18%

parasitoses externes) 2%

Figure 57 : Pourcentage des affections et cas cliniques rencontrés chez les chevaux Le cas d’orchite a été aussi observé et qui présentait une tuméfaction chaude et douloureuse du testicule gauche car c’était unilatéral. Pour le traitement, il a été administré la dexaméthasone (Diurizone) avec 10 ml en I.V pendant 4 jours et la pénistreptomycine avec 10 ml en IM pendant 5 jours. Ensuite, comme l’induration du testicule augmentait avec la douleur, il a été ajouté la flunixine (3 ml en I.V matin et soir) et sans amélioration, la chirurgie a été décidée (castration sanglante bilatérale).

106


II.2.8.1. Cas d’euthanasie ou mort Des cas de mortalités naturelles et d’euthanasié ont été enregistrés. Ainsi 5 cas de mortalité ont été notés chez les ânes. Les affections, de pronostic défavorable, à l’origine de cette mortalité étaient: - Une anémie et une plaie du dos (spondylite) ; - Une parasitose interne et une anémie sévère ; - Une parasitose sanguine ; - Un traumatisme (accident de circulation) ; - Le tétanos Les 6 cas d’euthanasie ont été effectués au parc zoologique de Bamako pour que la viande puisse être consommée par les fauves. Les causes ayant occasionné l’euthanasie étaient : - Une colique d’obstruction ; - Une parasitose interne et œdème ventral chez un âne (Figure 58 B) ; - Un décollement du sabot chez une ânesse de 12 ans ; - Des plaies multiples ; - Un abcès et une pourriture du sabot ; - Une anémie et une Insuffisance cardiaque (infarctus du myocarde chez une ânesse de 8 ans), - Le tétanos chez un âne, - Une lymphangite épizootique chronique (Figure 58 A). Les lésions observées : - Une infestation parasitaire massive par Gastrodiscus aegyptiacus ; - Une gastro-entérite et des ulcères gastriques sévères (Figure 58 D) - Une anomalie au niveau de la rate dissocié en lambeau (Figure 58 C) ; - Un infarctus du myocarde et myocardiodystrophie sur les deux ventricules ; - Une obstruction au niveau du colon flottant par des matières plastiques formant de pelotes très dures, - Une congestion pulmonaire, - Une cirrhose du foie avec des taches de nécrose (blanchâtre) - Un fibrome.

107


A

B

Normal

Normal

C

D

Figure 58 : Cas euthanasié et certaines lésions observés après autopsie (A) jument atteinte de lymphangite, (B) parasitose interne et œdème ventral chez un âne, (C) rate dissocié en lambeau chez un âne comparée à une rate normale ; (D) ulcère gastrique dans la moitié de l’estomac d’un âne (Source : auteur) II.2.8.2. Résultats des analyses de laboratoire Les prélèvements ont été effectués pour confirmer certaines hypothèses diagnostiques comme les parasitoses internes et les coliques. Ainsi, les prélèvements ci-dessous ont été réalisés : - 11 prélèvements de fèces chez les ânes et un chez un cheval - 3 liquides intra-abdominaux après abdominocentèse chez les chevaux, - 3 prélèvements de sang chez les ânes, et 2 chez les chevaux, - 3 frottis sur lésions de lymphangite,

108


Les résultats obtenus sont : - Coproscopie : huits (8) cas positifs de nématodes gastro-intestinaux: strongylus sp, triodontophorus tenuicolis, oxyuris equi, gastrodiscus aegyptiacus, dictyocaulis arnfeildi et parascaris equirum ; - Hématocrite : effectués sur 3 ânes et 2 chevaux (Tableau XX) Tableau XX : Résultat de lecture d’hématocrite (SPANA Mali) Hématocrite Ane

14/9

PCV/PPT 12/8,8

Cheval

15/8

19/8,9

18/6

PCV : Packed Cell Volume PPT : Protéines plasmatique totale

L

PN PE PE

Figure 59 : Image d’une observation microscopique d’un frottis sanguin ; PE : polynucléaires éosinophiles, PN : polynucléaire neutrophile, L : lymphocyte. (Source : auteur) II.8.2.3. Récapitulatifs des cas cliniques rapportés lors des missions dans les villes et villages La SPANA, en plus du programme hebdomadaire concernant Bamako et périphérie, organise, chaque mois, une mission dans une région pour les séances de traitements de masse. Sur environ 3669 cas cliniques enregistrés, presque 40% et 22% constituent les plaies multiples respectivement chez les ânes et les chevaux ; 12% et 28% représentent les plaies de harnachements respectivement chez les ânes et les chevaux. Le tableau XXI résume ces cas cliniques durant notre période d’étude.

109


Tableau XXI : Nombre des cas cliniques au cours de différentes missions dans les villes et villages d’août à décembre 2014 (SPANA Mali) Affections

Ane

%

Cheval

%

Colique

13

0,4

9

2

Affection respiratoire

33

1

13

2

Affection uro-génital

96

3

4

1

Affection cardiovasculaire

19

1

4

1

Affection locomoteur

164

5

36

6

Affection (yeux et oreilles)

143

5

15

3

Parasitose Interne

378

12

32

6

parasitoses externes

19

1

9

2

parasites du sang

149

5

55

10

Lymphangite épizootique

3

0,1

36

6

Tétanos

11

0,4

2

0,3

carentielles

116

4

13

2

(orchites,

61

2

22

4

4

0,1

3

0,5

Plaies de harnachements (mors, poitrail, sangle, queue, dos) Plaies du dos (mal de garrot)

360

12

162

28

140

5

8

1

Plaie multiples (croupe, flanc, membres)

1237

40

127

22

Autre blessures traumatiques (abcès, morsures, accidents…)

96

3

15

3

Mauvaises dentitions

21

1

3

1

Défaut d'aplomb

31

1

4

1

3094

100

575

100

Affections (amaigrissement) Autres affections hernie, dystocies) Sarcoïdes

Total

110


II.2.9. Traitements Le tableau XXII renferme la liste de quelques médicaments utilisés par l’équipe SPANA avec les doses et quelques indications thérapeutiques. Tableau XXII : Liste de quelques médicaments présents dans la clinique mobile de la SPANA (SPANA Mali) Molécules (principe actif)

Posologie adaptée

Acepromazine

0,05mg/kg ou 2,2-4,4mg/kg 10 ml/100kg

I.M, I.V

Neuroleptique, sédatif

orale

Nématodes et ténias

10-20ml/animal

I.M, S.C et orale

PGI, PS

Antihémorragique (Vit 1ml/50kg K3) Etamsylate 1-2 amp./animal (ampoule 2ml inj.)

I.M, I.V ou orale

Vitaminothérapie et prévention et traitement des hémorragies

Bipeni-streptomycine

1ml/10kg

IM, SC

Infections, septiques

Bayticol solution

1ml/50kg

Pour-on

Tiques, poux, mouches

Benzylpenicilline (Peni.G)

15000-20000 UI/jour

I.V, IM

Infections (tétanos, plaies septiques)

I.V, I.M ou S.C

Coliques - spasmes

Albendazole liquide Anti-anémique (Fercobsang)

Bromure (Prifinial)

de

prifinium 1ml/20kg

Dipyrone (Calmagine)

22mg/kg ou 10ml/100kg

Dexamethosone (DiurizoneCortamethasone)

10ml pour les GA 0,5 à 1ml/kg

Diproprionate d’imidocarbe (Carbésia)

8mg/kg 2ml/100kg

Dexaphenylarthrite (phenylbutasone)

20ml/150kg

Voie administration

5- I.M, I.V IM

ou IM profonde

IM

111

Indications, Maladies

plaies

Spasmolytique Inflammations, allergie

BabésioseAnaplasmose Inflammations.


Vitamine B1, B6 1ml/10kg (Corebral), Vit A,D3,E,C… (Stress vit.)

Flunixin (Finadyne)

meglumine 1,1mg/kg 1ml/50kg

I.M. I.V

Associé à molécules

d’autres

ou IM

Coliques ou autres douleurs sevère, fièvre.

Frécardyl

5 à 10ml/animal

IM

Analeptique cardiorespiratoire (soutiens de cœur et la respiration).

Gentamycine

1ml/40kg

I.M, I.V

Infections

Œil

Conjonctivites, kératites.

S.C

Ascaris GI, larves de mouche, poux,…

IM

Croissance musculaire.

I.V

Anesthésie générale

Auréomycine (Lacrybiotic)

1% 1 application/jour

Ivermectine-clorsulon (Fer, Séléphérol

1ml/50kg

Sélenium) 1,5 à 2ml/10kg

Kétamine

0,01-0,1ml/kg

Lurocaïne

En infiltration sur la zone

Magnophos C

10 à 20ml/sujet

Oxytétracycline

1ml/10kg

Sorbitol (Ornipural)

50 à 100ml (adulte)

Sulfate (ampoule)

Les carences en éléments minéraux et vitamines. I.M, I.V Maladies infectieuses, Toux, Plaies infectées. I.M, I.V, Hepato-protecteur, S.C surcharge alimentaire I.M., S.C, I.V Parasympatholytique puissant

d’atropine 0,5-1mg/kg

Veriben (Diaceturate de 6 ml / 100 kg diminazène)

I.M profonde

Calcium solution 20 à 100ml/sujet (Théracalcium) Xylazine hydrochloride

Anesthésie locale

IM/SC

1,1mg/kg ou 3 à I.V 5ml/100kg

Trypanocide piroplasmicide Tétanies, dystocies.

et

éclampsies,

En Pré-anesthésie kétamine

+

Spray antibiotique Pulveriser uniformément sur la plaie (Negerol) et Aluspay

Cicatrisant (antibiotique local)

Serum antitétanique

Prévention tétanos

1500 UI (1dose)

IM

112


Des comprimés anti-inflammatoires (Ibuprofen 400mg) ont été fréquemment employés à raison de quatre comprimés additionnés à du son de mil ou de maïs chez l’âne, et antibactériens (sulfaméthoxazole-triméthoprime) contre les infections pulmonaires avec fièvre à raison de 4 comprimés/jour associés à du son de mil ou de maïs. Les pommades anti-inflammatoires (Vegebon ND), et anti-soleil l’oxyplasine ND (oxyde de zinc), qui est un astringent et agent bactericide, sont utilisés chez les chevaux blancs albinos qui manifestent des lésions cutanées à cause des rayons du soleil (Figure 60).

A

B

Figure 60 : (A) dépilation de la tête et plaies avec croûtes; (B) application de pommade oxyplasine sur un cheval blanc albinos (Source : auteur)

113


CHAPITRE III : Discussion III.1. Limites de l’étude Des limites ont été constatées surtout au niveau des professionnels de la santé animale en raison de l’absence de registre de données rétrospectives de cas cliniques. Ces professionnels se limitent plus à l’enregistrement de la vente de médicaments vétérinaires ; cet état de fait pourrait s’expliquer du fait ce ne sont pas de docteurs vétérinaires qui gèrent ces cabinets et cliniques, et ces professionnels n’accordent pas d’importance à la constitution de bases de données cliniques. III.2. Choix de la zone d’étude Le District de Bamako est une zone où les équidés sont les plus exploités, et cette exploitation est répandue aussi bien dans les centres urbains qu’à la périphérie. En effet, l’utilisation des équidés dans les travaux d’intérêts économiques est très sollicitée dans le District de Bamako et beaucoup d’ONG financent certains GIE dans l’assainissement de la ville. Cet assainissement fait recours à un effectif d’environ de 2200 ânes dans le District de Bamako, alors que dans les autres villes du Mali il faut attendre le jour de marché hebdomadaire pour voir des regroupements de charretiers pour mener ce genre d’enquête. C’est une zone qui a été utilisée par CISSE (2004) pour l’étude de la contribution de la traction asine dans le revenu des GIE de la commune 5 du district de Bamako. En effet, cet auteur avait choisi une seule commune de Bamako. Une autre étude, menée en 2012 sur l’effet du travail sur l’état sanitaire des ânes de trait dans les six communes du District de Bamako (SAMAKE, 2012). Ces auteurs avaient travaillé sur l’utilisation des ânes qui sont très sollicités dans le transport des ordures ménagères. Notre étude a voulu étendre l’utilisation des chevaux en plus de celle des ânes, car les chevaux sont aussi susceptibles à de nombreuses pathologies dont les lymphangites qui souvent ignorées par les professionnels de la santé. III.3. Méthode d’enquête Nos enquêtes ont consisté en des entretiens avec les propriétaires d’ânes et de chevaux suivis de l’examen clinique. Cette méthode avait déjà été utilisée, au Maroc, par BELGHAZI (2012) pour étudier les coliques digestives du cheval, en France par HARRY (2010) dans l’approche pratique de l’âne pour le vétérinaire, mais aussi au Sénégal par DJIMADOUN (1994) et DIOUF (2013) pour étudier les pathologies des équidés. Par contre, N’DOUR (2010) s’est limité à de simples observations des membres de l’animal, car ce sont les caractéristiques morphologiques et pathologiques du pied qui ont fait l’objet de son étude. Par ailleurs, en plus de l’examen clinique complet de tous les appareils de l’animal, nous avons effectué des prélèvements pour des examens complémentaires variés. 114


III.4. Répartition des propriétaires Selon nos résultats, 36% et 21% des propriétaires de chevaux sont respectivement dans les communes 2 et 4 ; tandis que 38% et 28% des propriétaires d’ânes sont respectivement dans les communes 5 et 4. Cela s’explique par la traversée du fleuve Niger des communes 2 et 4, avec la présence des vendeurs de sable et les fabricants de briques le long du fleuve. Aussi, les charretiers de chevaux ont plus de revenus dans les différents quartiers de ces 2 communes. Par ailleurs, le plus grand dépôt d’ordures se trouve dans les commune 4 et la commune 5 avec plus de trois dépôts d’ordures. En plus, dans ses quartiers, l’accès est difficile pour les camions transporteurs d’ordures surtout en période de saison pluvieuse. III.5. Utilisation des équidés Dans notre enquête, nous avons constaté que les ânes sont plus utilisés dans le transport des ordures ménagères (67%) et 15% dans le transport des matériaux de construction ; tandis que presque le quart des chevaux sont utilisés dans le transport de matériaux de construction. Ce même résultat a été obtenu par SAMAKE (2012) dans le District de Bamako. Selon HAMIDOU (2013), les équidés sont essentiellement employés pour le transport des biens et du matériel dans la Haute Casamance (Sénégal) car, dans cette zone, il ya l’inaccessibilité au transport motorisé. Selon ROAMBA et KABORET (2014), l’utilisation des équidés, dans les villes du Burkina Faso et du Sénégal, se résume essentiellement à la traction hippomobile à travers le transport des marchandises et le ramassage des ordures ménagères. Par contre, TAPSOBA (2012) a montré qu’au Burkina Faso, 59% et 27% des ânes sont utilisés respectivement pour les travaux champêtres et le transport. Selon COULOMB et al. (1981), l’utilisation des ânes est plus orientée vers les travaux champêtres et le transport à une fréquence variable au Burkina Faso. Ainsi, selon la SPANA au Mali, beaucoup de ménages tirent ainsi leur revenu de l’exploitation des équidés en milieux urbain et rural (SPANA, 2013). III.6. Sexe et robes des animaux Notre étude a montré que 96% des équidés étaient des mâles. Cela s’explique par le fait que la force de traction des mâles répond mieux au travail demandé. En outre, la physiologie des femelles fait qu’elles ne peuvent pas travailler en tout temps à cause de la gestation ou de l’allaitement. De même, la présence d’un petit nombre de femelles parmi les mâles entraine les bagarres et les morsures dans le parc. Il faut rappeler aussi que selon l’article 2 de la loi relative à la protection des animaux domestiques au Mali, il est interdit de soumettre à un travail intensif (trait ou selle) un animal trop jeune, n’ayant pas atteint son complet développement. La SPANA aussi interdit l’utilisation des femelles par les GIE. 115


La robe des chevaux n’était pas très variée en raison de certaines considérations comme la provenance des chevaux et l’aspect socio-culturel. En effet, la zone de Banamba porte le nom d’une race qui est de couleur grise et la possession d’un cheval blanc est signe de bonheur. Ainsi, à défaut d’un cheval blanc, les propriétaires achètent les chevaux gris. III.7. Élevage des équidés La possession des équidés de trait constitue une source de revenus importante en zones périurbaines des grandes villes comme Bamako. Malheureusement, ces équidés souffrent de très mauvaises conditions d’habitat, d’alimentation et de suivi sanitaire. Sur l’habitat, au cours de notre enquête, il a été constaté que les animaux étaient entravés au niveau des espaces publics et surtout en hivernage où ces endroits sont humides, sales, et couverts de crottins. Or, d’après MARCENAC (1969) cité par DJIMADOUN (1994), un bon logement des chevaux de trait, permet, d’une part, de les protéger contre de nombreuses affections notamment, les maladies de l’appareil respiratoire et autres maladies contagieuses, et, d’autre part, de leur assurer le repos et le temps de s’alimenter afin de récupérer leur force le lendemain comme ce fut le cas dans le parc de certains GIE. Le manque d’un habitat, même sommaire, fait que les animaux sont prédisposés aux affections dont certaines ont été observées dans notre étude. Ces mauvaises conditions d’hygiène dans les lieux de stabulation des animaux ont été également rapportées au Sénégal par FALL (1988) et N’DOUR (2010). Pour l’alimentation, l’étude a montré que l’ensemble des propriétaires d’équidés donnent de l’herbe fraiche, la paille, les résidus agricoles et les céréales à leurs animaux, mais les quantités et les modes de distribution ne sont pas toujours précis. Ainsi 58% et 50% des propriétaires respectivement d’ânes et de chevaux donnent des céréales à leurs animaux mais à des quantités très variables. En outre, 78% des propriétaires d’ânes et 61% de ceux des chevaux donnent quelquefois les concentrés. Cela s’explique, en partie, du fait que c’est le conducteur de la charrette qui s’occupe de l’achat de concentré et cet achat est fonction de son revenu quotidien. Par ailleurs, ces propriétaires ont été formés aux techniques de rationnement des équidés par la SPANA en insistant sur le fait que les équidés sont des herbivores monogastriques ; de ce fait, la quantité d’herbe requise est très importante pour la satisfaction de leurs besoins. En plus, pour les animaux de traits, la ration complémentaire est nécessaire pour couvrir leurs besoins en énergie. Quant à la quantité de complément à distribuer, la norme recommandée par la SPANA est de 1,5 à 2 kg de mil ou sorgho + 0,5 kg de son en deux repas (midi et soir) 116


D’après le rapport SPANA (2011), les propriétaires d’ânes du District de Bamako négligent l’alimentation des ânes ; ce qui explique le taux de malnutrition élevé de leurs animaux occasionnant jusqu’à 20,3% des causes d’arrêt de travail. Les animaux sont abreuvés essentiellement par l’eau du robinet avec 51% et 36% respectivement des propriétaires d’ânes et de chevaux. A noter qu’en plus, 32% des propriétaires de chevaux additionnent du son de mil ou de maïs dans l’eau d’abreuvement. Par contre, les charretiers proches des cours d’eau utilisent ces eaux non potables et peuvent être sources de parasitisme pour leurs animaux. Selon SAMAKE (2012), 53% des ânes de Bamako sont abreuvés une fois par jour, c'est-à-dire après le travail. Cela a des conséquences sur l’appareil urinaire comme l’incontinence urinaire provoquée par le temps de travail plus long et sans repos des animaux de traits évoqué par CISSE (2004). Pour le suivi sanitaire, 11% et 14% respectivement des propriétaires d’ânes et de chevaux consultent les professionnels de la santé. Selon CISSE (2009), environ plus de 90% des propriétaires utilisent soit les plantes (Cassia nigricans, Leptadenia hastata), soit d’autres produits (charbon, huile de vidange, cendres et sel) pour traiter les plaies chez les équidés. Selon COULOMB (1988), seuls des traumatismes cutanés et articulaires constituent des pathologies dominantes des animaux de trait. Alors que notre enquête, auprès des cabinets et cliniques vétérinaires, a révélé d’autres pathologies telles que les coliques (18%) et les parasitoses (36%), les atteintes de l’appareil locomoteur (11%) comme étant des pathologies de ces animaux au Mali. III.8. Examen clinique des animaux L’examen clinique est fondamental en médecine pour poser un bon diagnostic. 126 ânes dont 14 femelles, avec 75% âgés de 5-8 ans et 18% étaient âgés de 9 ans et plus ; 28 chevaux dont 2 femelles, avec 39% âgés de 5-8 ans et 43% étaient âgés de 9 ans et plus. Notre étude a porté sur les animaux adultes, car l’attelage n’est souvent réservé qu’aux animaux adultes ; de même la SPANA interdit l’attelage des équidés de moins de 5 ans. Ainsi nous n’avons pas tenu compte de l’âge ou du sexe dans la proportion des pathologies rencontrés. Les animaux choisis avaient, en majorité, un bon état embonpoint car c’était l’hivernage avec l’abondance du pâturage et les résidus agricoles (tiges de maïs, fanes d’arachides et de niébés), même si les conditions de travail étaient pénibles. Les charretiers ne se préoccupent pas bien du bien-être de leurs animaux, alors qu’il existe au Mali une loi relative au bien-être animal revue en 2012. En plus, la SPANA organise, chaque année, 117


le concours des meilleurs charretiers selon la considération accordée au bien-être animal. III.9. Les affections et cas cliniques rencontrés Notons que l’effectif des asins était quatre (4) fois plus important que ceux des équins. III.9.1. Les pathologies digestives Les prévalences de 5% et 7% d’infestations parasitaires ont été décrites respectivement chez les ânes et les chevaux (MOUELE, 1996 ; KARANWGA, 1998 ; et HARRY, 2010). Ces infestations sont parfois tellement importantes qu’elles peuvent entraîner de prolapsus rectaux et une émaciation des animaux qui peuvent en mourir. Des cas de mort subite sont parfois décrits (HARRY, 2010), ainsi nous avons observé un cas de prolapsus rectal chez un cheval qui à la suite était positif aux strongles gastrointestinales à l’examen coproscopique. Des cas de coliques ont été diagnostiqués chez 18% des chevaux et 7% (14 cas) chez les ânes dont 2 cas de mortalités asines dues à l’impaction, décrit par PINCHBECK et al, (2006) la plus fréquentes des coliques chez l’âne (59%), le plus souvent au niveau de la courbure pelvienne et 62% dans une étude spéciale, (PINCHBECK et al., (2006)). Les coliques peuvent résulter d’un trouble dentaire ou d’une taille trop importante des fragments alimentaires trop grossiers car mal mâchés. Selon DOUMBIA (2011), lors d’une étude sur les causes de coliques chez les ânes en milieu urbain et rural, 44% et 21% des cas respectivement en milieu urbain et rural étaient dus à l’impact des corps étrangers, 17% et 31% respectivement en milieu urbain et rural étaient dus par des problèmes dentaires. Ce dernier résultat s’explique du fait que la clinique mobile de la SPANA intervient plus en milieu urbain où les séances de râpage de dents sont constamment effectuées. Nos résultats diffèrent de ceux obtenus par DIOUF (2013) et DJIMADOUN (1994) qui obtiennent, au Sénégal, 46% des coliques observés chez les chevaux travaillant plus de 5 heures par jour. BELGHAZY (2012) a classé les coliques en fonction de la localisation anatomique digestive et obtint 73,7 % de coliques spasmodiques ; 1,1% de coliques gastriques ; 3,6% de colique de l’intestin grêle (IG) ; 20,2 % de colique du gros intestin (GI) et 1,4% de colique caecales. La prise en charge thérapeutique des coliques est parfois une urgence en médecine vétérinaire. Dans certains cas la paracentèse abdominale est réalisée pour faire la distinction entre les lésions digestives avec ou sans dommages vasculaires par un examen visuel du liquide et son étalement pour observation microscopique.

118


Lors des coliques, le traitement administré, selon la SPANA, diffère en fonction de l’état clinique de l’animal : - dipyrone (Calmagine) 10ml/100kg en IV, spamolylitique, ou bromure de prifinium (1ml/20kg) en IV souvent en association avec le buscopan dans le cas de spasmes digestifs ; - l’huile de paraffine (0,5l+0,5l d’eau) ou le sorbitol dans les cas d’obstruction/ coprostase ; - Flunixine meglumine (1,1mg/kg en IV) lors des douleurs intenses et persistantes ; à noter aussi que cette molécule est très chère. III.9.2. Les affections locomotrices Les affections locomotrices ont été diagnostiquées chez 11% sur les 126 ânes examinés et 13% sur 28 chevaux examinés. Selon RIFAI S., (2006) les affections se répartissent en tendinites, fourbures; les clous de rue, les seimes, et les défauts d’aplombs. En plus les abcès du sabot avec 2% chez les chevaux et 2% chez les ânes, chez les chevaux, les plaies du paturon et du boulet 2%. Toutes ces atteintes ont été décrites par N’DOUR (2010) avec une précision diagnostique. DJIMADOUN (1994) a noté des boiteries à chaud, et les eaux aux jambes. Ces auteurs ont travaillé uniquement sur le cheval. Nos résultats s’expliquent du fait qu’on a travaillé en hivernage avec les ordures qui pèsent plus lourdes, car elles sont mouillées, et les routes d’accès difficile pour les véhicules, d’où le recours plus fréquent aux ânes pour ramasser les ordures. Selon SAMAKE (2012), les boiteries représentent 11% des causes d’arrêts du travail. D’après TRAORE (2001) 67,30% des ânes parcourent plus de 10 km/jour, d’une part, et, d’autre part, 80,81% des ânes portent une charge de plus de 500kg en plus 82,16% des enquêtés travaillaient plus de 6 heures/jour ; ce qui a amené cet auteur à dénoncer les conditions d’exploitations et les affections des ânes dans les cercles de Ségou et de Niono (région avec le plus grand effectif d’équidés). Pour la SPANA chez les ânes, le chargement ne doit pas dépasser 400-500kg. Le tropplein de la charrette est anormal car il y a risque d’épuiser l’animal. Ensuite un repos de 3-4 heures par jour est recommandé surtout aux heures chaudes entre 12-16 heures pour que les animaux puissent récupérer l’énergie dépensée. III.9.3. Les affections cutanées Plusieurs entités pathologiques ont été fréquemment observées. Pour des parasitoses externes, peu de cas ont été rencontrés au cours de notre étude avec 1% chez les ânes et 2% chez les chevaux. Cela pourrait s’expliquer par la 119


prophylaxie menée par la SPANA en administrant régulièrement l’ivermectine et la désinfection des locaux de certains parcs. Ces mêmes affections ont été rapportées par HARRY, (2010) en citant MOSSERI S., (2008) ; CHABCHOUB. A et CHAOUACHI N., (2008). Pour le sarcoïde équin, 6 cas (3%) ont été diagnostiqués chez l’âne dont une femelle et 3 cas, chez les chevaux. Nos résultats sont similaires à ceux trouvés par TAMSALI (2006) de par la fréquence et la localisation. Ainsi la maladie touche trois fois plus les mâles que les femelles, et les animaux malades sont âgés de trois à six ans pour la plupart, avec un pronostic meilleur chez l’âne que chez le cheval. Le type fibroblastique est de loin le plus courant que le type verruqueux ou occulte. Selon les localisations, on a noté 45% sur les membres, (32%) à la tête (paupières, pourtour de la bouche, cou), 20% aux parties déclives du thorax et de l’abdomen. Les résultats de traitements par exérèse chirurgicale, opérée au sein de la clinique de la SPANA, sont très encourageants. En effet, en 2014, sur plus de 10 cas de chirurgie, seuls deux cas de récidives ont été notés. Par contre, d’après TAMSALI (2006), l’exérèse chirurgicale seule est déconseillée, car elle n’aboutit qu’à des récidives plus graves. Par rapport aux cas de lymphangite épizootique, 2% de cas ont été observé chez l’âne et 18% (8) cas chez les chevaux. Selon FALL (1988), c’est aussi une maladie tellurique compte tenue de la résistance du champignon à la sécheresse et à l’action des antiseptiques usuels. La phase saprophytique du champignon dans le sol est assurée par les chlamydospores. Cette forme de résistance d’Histoplasma farciminosum peut expliquer la persistance de la lymphangite vue le milieu de vie des chevaux en bordures du fleuve et les ânes vivant en communauté dans des endroits souillés. Des cas de guérison ont été constatés après traitement avec de la pénillicine G (4 à 6 millions UI en IV), la penistreptomycine (1ml/10kg en IM) plus les comprimés sulfamethoxazole-trimethoprine. Le suivi est très long en semaines, voire des mois. D’autres traitements ont été évoqués par FALL (1988) : - Sulfaphenazole (1ml/10kg en IM) + iodure de potassium (5g/animal/jr per-os) jusqu’à larmoiements - 7 guéris sur 10 cas sans séquelle et la cicatrisation des lésions était parfaite - Terramycine LA (1ml/10kg en IM) + sulfamethoxine (1,5ml/10kg en IV), traitement pendant 10 à 12 jours : 9 guéris sur 20 cas. - Cordylia africana (une plante broyé+ eau) administré pendant 10 jours : 3 geuris sur 7cas 120


Les travaux de FALL (1988) ont été menés lors d’une épidémie de lymphangite équine au Sénégal avec au total 74 cas recensés dont 78% des équidés faisaient la traction agricole. De nos résultats aussi, tous les cas sont des équidés de traits qui partagent le même parking (écurie). Pour les plaies cutanées, dans notre enquête, des cas ont été fréquemment notées chez les ânes (42%) et quelques cas également chez chevaux (10%). Les principales causes sont les bastonnades, les mauvais harnais, la surcharge de la charrette, et les morsures. Dans le rapport SPANA (2009), 80% des interventions étaient constitués par les plaies et SAMAKE (2012) a observé 65% de cas de plaies constatés lors de son enquête contre 48% dans notre cas chez les ânes et 10% chez les chevaux. Or l’article 14 du code de bien-être animal énonce : « sera puni d’une amende de 1500 à 18 000 francs CFA et d’un emprisonnement de un (01) jour à dix (10) jours ou de l’une de ses peines seulement : « Quiconque aura fait travailler (trait ou selle) un animal surmené, blessé par son harnachement, par des coups ou accidentellement, ainsi qu’un animal malade et sousalimenté, dont l’aspect dénote un mauvais état de santé ou d’entretien…etc. » En dépit des informations et sensibilisations diffusées sur la télévision malienne à travers la SPANA-Mali, dans le cadre de son programme de diffusion sur le bien-être animal en vue de dissuader les usagers sur les maltraitances, l’âne continu à subir les mauvais traitements. En somme, c’est la non application de ces lois par les services vétérinaires qui rend les efforts de la SPANA vains. D’autres blessures d’origine traumatique (accidents de la circulation, décollement du sabot, traumas provoqués par les enfants) ont été notées chez des ânes en divagation dans certains quartiers. Ces blessures représentaient 9% chez les ânes contre seulement 3 cas chez les équins. En effet, le matériel de harnachement utilisé favorise les blessures au niveau de l’encolure et du garrot. En plus, l’absence de l’avaloir associé aux coups de charrette reçus au niveau des fessiers et de la queue lors d’un ralentissement, d’un arrêt, d’une descente ou d’un reculer entraînent des lésions cutanées. En outre, la mauvaise qualité des bras des charrettes occasionnent des blessures au niveau du flanc et de l’épaule de l’animal. Par ailleurs, les coups de cravaches ou de bâton provoquent aussi des lésions au niveau du dos et de la croupe. Enfin, les lésions au niveau des membres postérieurs et antérieurs seraient liées au fait que les animaux, pendant leurs heures de repos, sont maintenus libre dans la cour avec des membres entravés. 121


L’absence des enclos pour les animaux confirme le degré de négligence du propriétaire envers son animal. Ces mêmes observations ont été déjà faites par MAILLIET et al. (1969) et LHOSTE (1990). III.9.4. Les affections respiratoires Pour les affections respiratoires, 9 cas (3 cas chez les chevaux et 6 cas chez les ânes) ont été diagnostiqués. Ces affections sont caractérisées cliniquement par de la toux avec un jetage souillé par de la poussière avec formation des croutes obstruant les voies respiratoires supérieures. Leur évolution peut aboutir aux affections broncho-pulmonaires obstructives chroniques vue les mauvaises conditions d’habitat et du milieu de travail (ordures, fumée, gravas, etc.) de ces animaux. Nos résultats corroborent ceux obtenus par DJIMADOUN (1994) avec 8,9% et de DIOUF (2013) avec 5,36% la fréquence des affections respiratoires dont les 66% étaient la gourme. III.9.5. Le Tétanos Cette toxi-infection d’origine tellurique a été notée avec un cas chez les chevaux et six (6) cas chez les ânes. Cela se comprend vu les mauvaises conditions d’hygiène avec les plaies multiples chez les ânes. Heureusement que les propriétaires sont conscients de la gravité de cette maladie ; c’est pourquoi ils déclarent vite les cas de tétanos qui sont pris en charge au refuge de la SPANA. Comme l’issue du traitement est fonction du stade la maladie, les animaux avec des cas déclarés tardivement sont souvent euthanasiés. III.9.6. Les affections oculaires Quatre (4) cas ont été diagnostiqués chez les ânes comprenant essentiellement des conjonctivites qui se traduisent par des larmoiements, de blépharospasme et une congestion de la muqueuse conjonctivale. Selon DJIMADOUN (1994), l’affection est probablement d’origine traumatique quoique des causes infectieuses ou parasitaires ne puissent être écartées. Les conditions d’élevage des animaux pourraient être, pour une large part, responsable de ces affections. La conjonctivite peut être bénigne, ou s’étendre à d’autres structures de l’œil et aboutir à une cécité rendant l’animal inutile. Ainsi, nous avons eu 2 cas de cécité unilatérale dont l’un était d’origine traumatique. Les cas uvéites rencontrés peuvent être associés à la trypanosomose avec des larmoiements et pétéchies très fréquents dans les cas rencontrés. Les résultats de l’hématocrite étaient très bas chez l’âne (12 à 18%) par rapport à la fourchette de normalité située entre 25 et 38%. 122


Les prélèvements effectués pour la recherche de filaires sanguins étaient négatifs. III.9.7. Autres affections rencontrées Il s’agit essentiellement des affections oculaires et auriculaires représentant 2% des cas. Les parasitoses sanguines ont représenté 3% et 2% respectivement chez les ânes et chevaux. La présence de tiques, un cas d’éléphantiasis au membre postérieur gauche chez un cheval, 3 cas de mélanomes cutanés chez les chevaux gris, et une orchite font aussi partie de la panoplie des affections identifiées. Comme les cas observés avec DJIMADOUN (1994), l’orchite peut être d’origine traumatique. Ce qui est le cas souvent au Mali aussi, car pour faire avancer l’animal fatigué ou récalcitrant, le propriétaire donne de petits coups de fouets sur les testicules. Enfin, le profil des cas cliniques observés, dans notre étude, est similaire à celui des cas notés dans les rapports des services vétérinaires sur le terrain avec une prédominance des plaies. Les pathologies parasitaires étaient aussi importantes pendant l’hivernage et à cause des glossines dans la région de Sikasso. Les affections locomotrices sont dues au travail intense qu’effectuent les équidés dans les communautés rurales, car ces animaux constituent la source de revenus pour les familles de ces communautés. En effet, selon DOUMBIA et al. (2013), sur 1044 familles dans la région de Ségou, 95,63% de ces familles possèdent des ânes de trait, avec une moyenne de 1,7 âne par famille. Les revenus mensuels de ces familles sont de moins 75 000 FCFA chez 33,3% des propriétaires, de 75 000 à 225 000 FCFA chez 46,7% et plus de 225 000 FCFA chez 20% des propriétaires. Au terme de cette discussion de nos résultats, il apparaît des contraintes sanitaires qui impactent, sans nul doute, les performances et le bien-être des équidés dont les rôles sont essentiels dans les économies familiales des communautés rurales. Pour atténuer les effets néfastes de ces contraintes, des actions urgentes sont requises de la part des principaux acteurs de la filière des équidés de trait. A cet effet, des recommandations ci-dessous sont formulées.

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Conclusion générale Le Mali est l’un des grands pays de l’Afrique de l’Ouest. Tout comme dans beaucoup d’autres pays en développement, la traction animale continue d’occuper une place importante dans la vie quotidienne des populations. En effet, dans les villes comme dans les zones rurales, les animaux de trait, surtout les équidés, constituent la base de la force de travail. Leur utilisation s’étend du transport des ordures ménagères et des marchandises aux travaux champêtres, le transport du bois de chauffage, de l’eau, des matériaux de construction, et de personnes. L’utilisation de ces animaux aux travaux agricoles et autres services s’accompagne, très souvent, d’une altération plus ou moins grave de leurs conditions de vie du fait surtout des mauvaises conditions d’alimentation, d’abreuvement et d’hygiène de travail. Cet état de fait n’est pas sans conséquences néfastes aussi sur la protection et le bien-être des équidés de trait. Ce qui interpelle tous les acteurs de la filière équine afin de mieux comprendre la situation de ces animaux. En effet, l’acquisition de données fiables serviront à une meilleure prise en charge des problèmes identifiés afin d’améliorer, d’une part, les performances et le bien-être des équidés de trait et, d’autre part, les revenus des populations rurales dont ils constituent les bras armés. C’est dans ce cadre que la présente étude a été menée dans le but d’identifier les dominantes pathologiques des équidés de trait dans les zones suivies par la SPANA au Mali afin de proposer des recommandations pour une amélioration de leurs conditions de vie. L’étude a été réalisée d’août à décembre 2014 dans le District de Bamako et sa périphérie. Elle a porté sur les chevaux et les ânes. Les enquêtes menées ont touché 143 propriétaires d’ânes et de chevaux et 27 professionnels de la santé animale. Tous les propriétaires de chevaux étaient des hommes par contre, parmi les propriétaires d’ânes, il y a 7 femmes. Les propriétaires d’équidés sont répartis dans les six (6) communes de Bamako et sa périphérie. Selon nos résultats, 36% et 21% des propriétaires de chevaux sont respectivement dans les communes 2 et 4, tandis que 38% et 28% des propriétaires d’ânes sont respectivement dans les communes 5 et 4. Cela s’explique par la traversée du fleuve Niger dans les communes 2 et 4, avec la présence des vendeurs de sable et les fabricants de briques le long du fleuve ; ce qui fait que les charretiers de chevaux ont plus de revenus dans les différents quartiers de ces 2 communes. Par ailleurs, le plus grand dépôt d’ordure se trouve dans les communes 4 et la commune 5 avec aussi plus de trois dépôts d’ordures ; en plus dans les quartiers de ces 124


communes, l’accès est difficile aux camions transporteurs d’ordures surtout en période de saison pluvieuse. Par rapport aux utilisations de ces équidés, ces animaux sont impliquées dans diverses activités économiques notamment, chez les ânes, le transport des ordures ménagères (67%), le transport des matériaux de constructions (15%), l’exhaure de l’eau (11%) et, chez les chevaux, essentiellement le transport des matériaux de constructions (71%) et secondairement dans le transport des marchandises, les travaux champêtres, et dans les courses hippiques. L’inexistence d’habitat approprié pour ces animaux et les problèmes d’alimentation font partie des contraintes de l’élevage des équidés de trait dans les zones visitées. Nos résultats ont montré également que seul 11% des propriétaires d’ânes font recours aux soins vétérinaires en plus des soins offerts par la SPANA, contre 14% des propriétaires de chevaux, malgré que les ressources financières de ces familles soient dépendantes de la force de ces animaux. En outre, notre étude a montré que 96% des équidés étaient des mâles. Cela s’explique par le fait que la force de traction des mâles répond mieux au travail demandé. De même, sur un total de 126 ânes examinés, dont 14 femelles, 75% des animaux sont âgés de 5-8 ans et 18% étaient âgés de 9 ans et plus. Sur les 28 chevaux, dont 2 femelles, 39% étaient âgés de 5-8 ans et 43% étaient âgés de 9 ans et plus. L’état embonpoint des animaux était bon en majorité, car la période d’enquête a correspondu à la période d’hivernage et juste après celle-ci avec l’abondance des pâturages et les résidus agricoles (tiges de maïs, fanes d’arachides et de niébés), et ce malgré la pénibilité des conditions de travail. Il a été noté que les charretiers ne se préoccupent pas bien, comme cela se doit, du bien-être de leurs animaux, alors qu’il existe, au Mali, une loi relative au bien-être animal depuis 2012. En plus, la société protectrice des animaux, la SPANA, organise, chaque année, le concours des meilleurs charretiers selon la considération accordée au bienêtre animal. Concernant les pathologies dominantes, sur les 126 ânes examinés, il a été noté 184 cas cliniques repartis entre 13 pathologies selon les systèmes et appareils comme les pathologies du pied (11%), les parasitoses gastro-intestinales (5%), le tétanos (3%), les affections respiratoires (3%), les sarcoïdes (3%), les parasitoses sanguines (3%), la lymphangite épizootique (2%), les coliques (7%), les plaies (42%), et autres blessures traumatiques (9%). 125


Les affections, comme les abcès et les blessures traumatiques, ont été plus fréquentes et graves chez les ânes que chez les chevaux Chez 28 chevaux examinés, il a été diagnostiqué 48 cas cliniques répartis en 10 pathologies telles que la lymphangite épizootique (18%), les coliques digestives (18%), les affections de l’appareil locomoteur (13%), les affections respiratoires (7%), les parasitoses internes (7%), les parasitoses sanguines, les parasitoses externes, le tétanos (2%), les plaies et autres blessures traumatiques (17%). Les autres affections (9%) étaient réparties en un cas de prolapsus rectal, un cas d’éléphantiasis, et 3 cas de mélanomes chez certains chevaux gris. Il apparaît clairement, au Mali, que les chevaux et ânes souffrent encore de maladies majeures et des conditions de vie difficiles qui impactent négativement les performances et le bien-être de ces animaux et, par conséquent, les revenus de leurs propriétaires. C’est la raison pour laquelle des recommandations ont été formulées à l’égard des principaux acteurs de cette filière (Autorités administratives et municipales, propriétaires, professionnels de la santé) afin d’atténuer, voire annuler, les effets néfastes de la situation difficile que vivent ces animaux. En effet, compte tenu des résultats obtenus et l’importance socio-économique des équidés au Mali, des recommandations ci-dessous ont été adressées à ces acteurs.  Recommandations à l’État : - veiller à l’application stricte des textes élaborés sur le bien-être des animaux domestiques en général et les équidés en particulier du District de Bamako ; - Créer une structure de contrôle, en l’occurrence une police hippomobile, à l’instar de la police de la circulation pour automobiles, pour aider à l’application de la bonne conduite des charretiers ; - créer un Haras national pour faciliter l’accès aux semences des chevaux exotiques tels que le cob normand. Cet accès facile va contribuer à l’amélioration de nos races locales ; - mettre en place des laboratoires régionaux pour aider les vétérinaires à faire un diagnostic complémentaire en milieu rural ; - inclure certaines affections des équidés dans les maladies prises en compte dans le réseau d’épidémio-surveillance du Mali; - mettre en place des moyens d’accompagnement à la suite d’une détection d’une maladie réputée contagieuse telle que la lymphangite épizootique actuellement pour son contrôle ; - définir les grandes orientations de la recherche en médecine vétérinaire par la mise en place de plusieurs programmes notamment de recherche, de formation, de production…etc. impliquant les équidés ; 126


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prendre en compte la contribution des animaux de somme, en particulier les équidés (ânes et chevaux), dans le calcul du PIB national afin de voir et d’expliquer la situation socioéconomique du pays pour mieux orienter les investissements futurs ; accorder une attention particulière aux ONG et associations qui luttent pour le bien-être des animaux, car ces dernières sont en étroite collaboration avec les propriétaires d’ânes et de chevaux et vivent au quotidien les réalités du terrain.

 Recommandations aux professionnels de la santé animale: - s’intéresser au milieu rural afin d’apporter les soins adéquats aux équidés dont le rôle dans la lutte contre la pauvreté paraît évident; - déclarer, auprès des services publics, les pathologies des équidés rencontrées ; - archiver toutes les données épidémiologiques et cliniques des pathologies équines rencontrées ; - participer aux sessions de formations en santé et protection des équidés organisés par la SPANA ; - disposer de petit matériel et équipement pour des examens de routine en pratique clinique (microscope optique, kits de diagnostic) pour affiner certains diagnostics.  -

Recommandations aux propriétaires d’ânes et de chevaux : n’acquérir que des animaux en bonne santé ; procéder à la sélection dans le recrutement des conducteurs de charrettes ; améliorer les conditions d’entretien, d’alimentation et d’habitat des animaux ; respecter l’hygiène du travail et du harnachement; exploiter correctement les animaux durant l’accomplissement de leur tâche quotidienne ; respect des programmes de visites organisées par la SPANA ; s’acquitter des redevances auprès des services communaux ; appliquer les textes réglementaires relatifs au bien-être animal.

Enfin, la prise en compte de ces recommandations permettrait d’améliorer les conditions sanitaires et le bien-être des équidés au Mali. Ce qui garantit une exploitation durable et actuellement acceptable de ces animaux pour une meilleure productivité et plus de gains pour leurs propriétaires.

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133


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134


ANNEXES

135


Annexe 1 : Echelle dâ&#x20AC;&#x2122;estimation du poids vif (SVENDSEN, 2008)

xxiv


xxv


Annexe 2 : Situation des traitements effectués par région en 2007 (DNSV, 2007) Affections

Trypanosonia ses Parasitoses internes Parasitoses externes/teign e Affections pulmonaires Affections digestives Carences alimentaires, Autres affections (plaies, abcès, fractures intoxication, Otite) Maladies obstétricales et autres (infection, inflammation

Kayes

Koulikoro

Sikasso

Segou

Mopti

Asin s 1125

Equin s 1610

Asin s 8263

Equin s 411

Asin s 5033

Equin s 78

Asin s 1871

Equin Asin s s 530 238

850

786

2856

1275

6230

88

2130

1120 242

288

381

264

40

628

523

747

7

34

17

289

827 1

95

8

171

80

246

250

13

400

197

6754

35

16

1

765

37

1334

13

Tomboucto u

Gao

Equi ns 109

Asi ns

Equi ns

Asi ns

Equ ins

Asin s 51

Equi ns 23

129

116

33

41

4

152

103

37

40

02

01

31 07

3

17

8

33

04

3823

12

11

01

93

27

xxvi

Bamako

3 27 08

18

9

4

4


Annexe 3 : Situation des traitements effectués par région en 2011 (DNSV, 2011) Affections

kayes

koulikoro

sikasso

segou

mopti

Asin s

Equin s

Asin s

Equin s

Asins

Equin s

Asins

Equins

1785

1865

2708

397

10825

120

2636

1063

1071

2376

992

8563

134

120

37

381

75

Affections pulmonaires

62

610

722

26

Affections digestives

185

48

36

Carences alimentaires,

94

51

40

Autres affections (plaies, abcès, fractures intoxication, Otite) Maladies obstétricales et autres (infection, inflammation Distomatose

768

188

614

20

160

94

161

23

Trypanosonias es Parasitoses internes Parasitoses externes/teigne

gao Asin s

Asins

Equin s

Asin s

423

580

365

183

5226

399

1348

1031

174

256

85

93

33

16

282

358

104

90

1451

23 14

tomboucto u

105

Eq uin s

kidal Equi ns

Asin s

2807

22

144

2814

10

2151

23

199

18

36 58

163

27

185 270

182

1279

4 4915

16

xxvii

Equi ns

Asins

Equin s

81

124

205

175

21

32

112

17 36

bamako

17


Annexe 4 : Situation des traitements effectués par région en 2013 (DNSV, 2013) Affections

kayes

koulikoro

sikasso Asins

Asin s 2544

Equin s 1042

Asin s 2358

Equin s 323

2011

1293

3360

153

29

Affections pulmonaires Affections digestives

670

400

747

318

Carences alimentaires, Autres affections (plaies, abcès, fractures intoxication, Otite)

540

5

878

227

886

Maladies obstétricales et autres (infection, inflammation Distomatose

0

0

886

Trypanosonias es Parasitoses internes Parasitoses externes/teigne

segou

mopti

Asins

Equins

8480

Equin s 106

Asins

2178

1437

994

Equin s 749

652

7846

90

1904

1949

1 365

1 230

819

929

421

885

880

132

31

800

13

42

265

169

89

54

tomboucto u

gao

Asi ns 85 1 14 22 15 56 8

Asin s

Equi ns 2

423

kidal Equi ns

106

Asin s

168

7

bamako Equi ns

Asins 58

Equin s 40

162

185

34

42

33

20

103 47

39

278 3

1607

9

18777

205

68

150

846

585

69

56 8 165

7

8

236

10

61 81

28

5

24

Meteorisation

xxviii

69

2

16

2

14


Annexe 5 : Fiche d’enquête utilisateurs d’équidés N° fiche : I.

Date : Identification du propriétaire :

Nom Prénom : Adresse : Tel :

II.

Gestion des animaux : 1. Effectif :

Male :

Type d’exploitation GIE…..

Particulier….

2. Utilisation : Trsp. Ordures…

Femelle :

Mat. Const….

Exhaure…..

Bois de chauffe…

3. Alimentation : Type d’aliments distribué à l’animal Quelle quantité journalière d’aliments distribuée et en combien de fois ?

4. Abreuvement : Quel type d’eau donnez-vous à vos animaux ?

III. Soins vétérinaires 1. Consultez-vous un vétérinaire ou autre professionnel de santé animale autre que la SPANA ? Oui Non Si oui quels sont les motifs? Si non pourquoi ?

IV. Cabinet vétérinaire : 1. Est-ce vous recevez les équidés en consultation : Oui

Non

Quelles sont les pathologies rencontrés

pourquoi

xxix


Annexe 6 : Fiche d’examen clinique des animaux N° Fiche animal :

Date :

Espèce

Race

Sexe

Age

Examen clinique Etat d’embonpoint :

Très mauvais

Muqueuses : Buccale

Fréquences : T°c :

Mauvais

Oculaire

Assez bon

Autres (préciser)

FC :

FR :

Présence de parasites : Localisation (s) Autres (préciser) Signes cliniques spécifiques (à décrire en détail)

Maladie (s) suspectée (s)

Prélèvements : Oui

Moyen

Non

Si oui : Nature et nombre Analyses demandées : Citer Traitements

Observations diverses

xxx

Bon


SERMENT DES VETERINAIRES DIPLÔMES DE DAKAR « Fidèlement attaché aux directives de Claude BOURGELAT, fondateur de l’Enseignement Vétérinaire dans le monde, je promets et je jure devant mes Maîtres et mes Aînés :  d’avoir en tous moments et en tous lieux le souci de la dignité et de l’honneur de la profession vétérinaire ;  d’observer

en

toutes

circonstances

les

principes

de

correction et de droiture fixés par le code de déontologie de mon pays ;  de prouver par ma conduite, ma conviction, que la fortune consiste moins dans le bien que l’on a, que dans celui que l’on peut faire ;  de ne point mettre à trop haut prix le savoir que je dois à la générosité de ma patrie et à la sollicitude de tous ceux qui m’ont permis de réaliser ma vocation. Que toute confiance me soit retirée s’il advient que je me parjure ».


LES DOMINANTES PATHOLOGIQUES DES EQUIDES DANS LES ZONES SUIVIES PAR LA SPANA AU MALI RESUME Les équidés (chevaux et ânes) jouent des rôles socio-économiques indéniables dans les pays en développement en général et en Afrique en particulier. A l’instar d’autres pays africains, au Mali, ces animaux contribuent à l’économie de nombreuses familles aussi bien en milieu rural que dans les villes. En effet, les chevaux et les ânes sont employés dans diverses activités comme le transport (marchandises, matériaux, eau), la traction (activités agricoles) permettant ainsi à leurs propriétaires de gagner leur vie. Malgré cette importance socio-économique, les équidés de trait ne bénéficient pas toute attention qu’ils méritent, car ils vivent dans des conditions très difficiles (situation sanitaire précaire, insécurité, inconfort). Afin de mieux connaître ces conditions surtout sanitaires au Mali, cette étude a été menée dans le but de déterminer les dominantes pathologiques qui affectent ces animaux. Elle s’est déroulée dans le district de Bamako et sa périphérie, d’août à décembre 2014. Elle a consisté réaliser des enquêtes auprès des propriétaires, des professionnels de la santé et à examiner des animaux malades. L’étude a concerné 143 propriétaires d’ânes et de chevaux et 27 professionnels de la santé animale. Tous les propriétaires des chevaux sont des hommes, mais parmi les propriétaires des ânes, 7 sont des femmes. Le cheptel animal, objet de l’étude, était constitué par 496 équidés adultes, de robe grise en majorité. De ces animaux 449 (90,5%) étaient des ânes et 47 (9,5%) des chevaux avec 4% de femelles dans les deux cas. L’habitat des animaux était sommaire et inadéquat (aires libres, dépôts d’ordures) et les animaux sont nourris avec du foin, de la fane d’arachide, des céréales et d’autres résidus de récoltes, mais leur état d’embonpoint était en général satisfaisant. Pa rapport aux soins vétérinaires, seuls 11% et 14% respectivement des propriétaires d’ânes et de chevaux font recours à ces soins. Sur 154 animaux examinés (126 ânes et 28 chevaux), les pathologies dominantes étaient les affections du pied, les parasitoses, les coliques, les affections respiratoires et des tumeurs. La prise en charge correcte de ces n’est pas toujours effective en raisons de manque, d’une part, de moyens financiers des propriétaires et, d’autre part, du matériel et d’équipement des professionnels de la santé. Enfin, le bien-être des équidés de trait est surtout menacé par la maltraitance, le manque de soins et l’insuffisance de la réglementation. Cette étude met en exergue les contraintes sanitaires et le faible niveau de prise en compte du bien-être des équidés de trait à Bamako. Partant de cet état, des suggestions d’amélioration ont été formulées afin de mieux exploiter ces animaux dans des conditions correctes et actuellement acceptables. Mots clés : équidés Ŕ ânes Ŕ chevaux Ŕ pathologies Ŕ santé - Mali Mama TRAORE 144 Rue 386 Kalaban-Coura Bamako Ŕ Mali

Email : mamatraore26@yahoo.fr / mamatraore883@gmail.com Tel : (+221)772281121/ (+223) 76128055/ 76488551/ 66953777

Mama TRAORE  

LES DOMINANTES PATHOLOGIQUES DES EQUIDES DANS LES ZONES SUIVIES PAR LA SPANA AU MALI

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