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Le Figaro Vendredi 18 mars 2011-04-23

Le manque de mesures n’empêche pas les évaluations JEAN-LUC NOTHIAS LA FRANCE, reconnaît-on à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ne dispose que de données parcellaires et souvent indirectes sur la situation radiologique à la fois de la centrale de Fukushima et des panaches radioactifs provenant de ses réacteurs. Les mesures de la radioactivité émise et de la composition précise des radioéléments rejetés sur le site ne sont pas disponibles actuellement. En revanche, des données plus précises recueillies entre autres par les hommes de la sécurité civile française, rendent compte de la radioactivité globale loin de la centrale, comme à Tokyo, par exemple. Cela n’empêche pourtant pas les spécialistes de modéliser les événements et d’évaluer leur gravité potentielle. D’autant qu’il y a mesure et mesure. Ces dernières peuvent être très différentes dans le temps et dans l’espace. Lors d’un dégazage volontaire, par exemple, le résultat ne sera pas le même si l’on procède pendant l’opération ou avant. Même chose si l'on cherche à évaluer la radioactivité dans le panache au point X ou au point Y, au ras du sol ou à un kilomètre d'altitude... Ainsi, à l’IRSN, on s'attache, en l'absence d’un nombre suffisant de données, à estimer l’importance des rejets en prenant en compte le volume des matières radioactives présentes sur le site, l’état des réacteurs et de leurs enceintes de confinement, la chaleur encore dégagée par ces réacteurs, les conditions météorologiques, etc. C’est de cette manière que les spécialistes ont pu estimer que, pour le moment, les rejets de matières radioactives volatiles représentaient un dixième de celles de Tchernobyl. Panaches contaminés De plus, des données précises ont été recueillies hier à partir d’un « mat » météorologique proche du site accidenté. Elles ont été injectées dans un modèle de dispersion atmosphérique qui s'efforce de tracer les trajectoires des panaches contaminés. Certes, concède Didier Champion, de l'IRSN, « ces simulations ont des limites et sont tributaires des informations venant du terrain ». Mais elles permettent de bâtir des scénarios. Ainsi, les ingénieurs ont-ils voulu connaître l'impact sanitaire sur un enfant de 1 an restant à l'extérieur sans protection pendant une journée, « hypothèse irréaliste bien sûr », admet Didier Champion, deux jours après le début des rejets. Une hypothèse extrême qui montre que le danger sanitaire n'est pas aujourd'hui sur Tokyo. 

Le manque de mesures n'empêche pas les évaluations  

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