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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles

Février 2013


Quand la mort nous touche… Introduction Devant la mort, toutes et tous nous pouvons ressentir, avec plus ou moins d’intensité, une sorte de vide que nous essaierions de combler grâce à des signes plus ou moins coûteux : fleurs, cercueil… C’est alors que, cherchant au moins à comprendre, l’être humain, par intuition ou conviction, se tourne vers les religions. Pour les chrétiens c’est l’occasion d’apporter un message d’espérance puisque la foi en la Résurrection est au cœur de la révélation chrétienne. On ne s’étonnera donc pas de leur présence d’accompagnement auprès de celles et ceux qui sont éprouvés par le deuil. Dans ces circonstances douloureuses, l’écoute est essentielle comme préambule au partage de la foi ou au simple témoignage de celle-ci, ce qui implique une grande attention aux paroles des personnes endeuillées exprimant leur peine. Les nouvelles orientations diocésaines sur les funérailles, rédigées après consultation des équipes concernées et des différents conseils de l’évêque, font une place à cet accueil des familles. Elles aident à conseiller celles-ci pour qu’elles puissent prendre du recul et vivre la célébration des obsèques en tenant compte du mieux possible de l’histoire de la personne défunte. Elles visent à ce que ce temps de rencontre soit l’occasion d’annoncer l’Évangile et de partager la foi chrétienne. Les demandes sont alors accueillies en permettant aux familles de découvrir ou d’approfondir ce que l’Église vit dans sa tradition. Elles ne peuvent pas toujours être honorées dans tous leurs éléments. Ces orientations présentent la collaboration des prêtres, des diacres, des religieux et des religieuses ainsi que des laïcs dans l’accueil des familles, la préparation de la célébration, la célébration elle-même et les liens qui peuvent demeurer par la suite. On lira donc ces orientations avec beaucoup d’attention. Il peut être utile de les étudier à plusieurs. J’invite les prêtres et les équipes de funérailles à le faire. Peut-être peuvent-elles aussi être présentées et expliquées à des maires, des élus et des services de pompes funèbres qui sont concernés par l’accompagnement des familles endeuillées. Le rapport à la mort évolue beaucoup dans nos sociétés. Il y a ce qui se fait, ce qui se développe, ce que les familles désirent, et en vis-à-vis la tradition vivante de l’Eglise. Il faut une écoute et un dialogue réels pour être ajustés les uns aux autres, et vivre ensemble ce moment dans une belle et ferme espérance. Il me paraît utile de développer plusieurs observations. 1


1. La dimension communautaire mieux affirmée dans la célébration des obsèques. La mort qui pourrait apparaître comme un moment isolé, celui de la fin de la vie, s’inscrit dans un itinéraire de baptisé, vécu et célébré en communauté. Elle est comprise comme un moment-clé de cette histoire unique qu’est une vie humaine. Les signes de l’eau, de la croix, de la lumière rappellent alors le baptême reçu. Ils rappellent également que la personne défunte, quelle qu’ait été sa vie que Dieu seul connaît parfaitement, avait été plongée dans la mort et Résurrection du Christ. Sa vie était marquée par cette dynamique de mort-résurrection si bien exprimée par saint Paul : “Ne le savez-vous donc pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. » (Rm 6, 3-4) La participation de laïcs à la célébration et à sa préparation est une claire manifestation du caractère communautaire de cet itinéraire chrétien. La conséquence pastorale qui en découle est que la dimension mortelle de notre vie ne doit pas être cachée. Il faut prendre le temps de regarder la personne décédée, d’être seul ou avec d’autres auprès de son corps. On n’hésitera donc pas à permettre aux enfants et aux jeunes d’avoir toute leur place dans la célébration et la préparation de celle-ci. 2. Le décès d’une personne est l’occasion de rencontre avec des familles qui ont peu de liens visibles avec l’Eglise. Que les familles s’adressent à l’Eglise est le signe qu’un lien à la communauté chrétienne existe. C’est alors l’occasion de témoigner du sens de la vie et de la mort, et de présenter en vérité le visage de Dieu. Nos expressions sont parfois délicates à utiliser, certaines dans le rituel nous paraissent un peu trop directes. Il nous faut y être attentifs sans pour autant changer le rituel. N’ayons pas trop vite la prétention d’être plus compétents que ceux qui l’ont écrit ! Je pense par exemple à l’expression : “N. que Dieu a rappelé à lui…” Cette expression est souvent comprise comme exprimant l’action directe de Dieu, responsable de la mort. Or il nous faut la rapprocher de cette autre expression que nous prononçons facilement : “le Seigneur appelle”. Peut-on dire que Dieu continue de m’appeler, de m’attirer à lui, quand le moment de la mort est là ? Comment le dire ? Il est certain que dans un contexte où le contact avec l’Eglise est ponctuel plutôt que régulier, le dialogue est nécessaire pour mieux comprendre les expressions propres à l’Eglise, il passe par l’ensemble des membres de la communauté. Dans ce sens, il est heureux que le prêtre ne soit pas seul. En voyant des laïcs être présents activement dans la préparation des obsèques et leur célébration, les familles redécouvrent leur propre place dans cette communauté. Nous évitons ainsi d’être dans une dynamique de simple service public, celle d’une certaine consommation. Nous permettons aux personnes de découvrir leur place dans la communauté chrétienne, car 2


elles font toujours partie de la famille des chrétiens, de l’Eglise-famille de Dieu. C’est en voyant les chrétiens qui les entourent être proches d’elles que les familles le vivent puis le comprennent. Ainsi l’image donnée par la communauté dans de telles situations est essentielle. On peut dire qu’on permet aux familles de vivre une réelle expérience spirituelle, lieu certain d’une première annonce. C’est pourquoi, le choix du dimanche pour inviter les familles à rejoindre la communauté est excellent. Mais soyons vraiment attentifs ce jour-là à nous rapprocher de ces familles, avec une vraie cordialité ! Demandons-leur des nouvelles, disons-leur un mot chaleureux, afin qu’elles sentent notre sincère désir de les accueillir ! Il faut “aller vers”. 3. La crémation. Elle est devenue un phénomène de société, il faut presque, dans certaines familles, se justifier de ne pas choisir ce mode de disparition du corps. Cette manière d’envisager la disparition du corps se heurte à la tradition de l’Eglise, qui même si elle ne s’y oppose pas, privilégie la mise en terre. Pour l’Eglise, la mise en terre rejoint la symbolique de l’image reprise par Jésus : « Si le grain de blé ne tombe en terre, il ne peut porter du fruit.» (Jn12,24). Elle lie davantage le décès à la vie qui a été “don” de soi et qui dans cette dynamique nous rappelle l’amour qui nous habite. La crémation pose un certain nombre d’autres questions : comment faire le travail de deuil quand le corps disparaît rapidement suite à une décision prise par le défunt ou la défunte et que d’autres doivent exécuter ? Que devient la place du corps à ce moment-là? Comment respecter cette place dans le cadre de la foi chrétienne car durant la célébration elle est rappelée par le cercueil du défunt ? Comment dire, comme on le redécouvre dans certaines philosophies modernes, que je suis mon corps plus que j’ai un corps ? Comment éviter le risque de réduire le corps à la seule matière et dire que le corps est plus que la matière qui disparaît ? Toutes ces questions sont bien présentes. Les services de pompes funèbres les connaissent. Ces services témoignent quelquefois de réelles souffrances dans les familles après que ce geste de la crémation a été fait. En effet, nous ne sommes pas dans la culture de l’hindouisme pour laquelle tout ce qui est visible est une illusion, le corps n’étant qu’une enveloppe. Avec le mystère de l’incarnation, nous disons autre chose sur le corps. Il y aura lieu d’être très délicat sur ce sujet mais aussi très clair. C’est ainsi que les célébrations avec urne ne doivent être qu’une exception. L’Eglise demande que la célébration ait lieu en présence du corps et que la crémation, qui correspond à la disparition du corps dans la terre, soit faite après la célébration. Il est assez facile de l’expliquer aux familles quand on leur dit que la célébration est le dernier geste de respect envers la personne décédée. Il nous faut refuser les demandes de célébration avec urne qui ne sont justifiées que par des questions financières. Là aussi une première annonce est possible. 3


4. La vie éternelle – L’eschatologie. Une jeune adulte catéchumène qui avait compris que la vie éternelle était déjà là, que le baptême la signifiait et que par ce baptême Dieu la lui donnait, me disait combien elle était libérée d’un énorme poids, celui de penser sa vie uniquement dans les limites de sa mortalité. Tant que nous avons la vision d’une vie mortelle, qui s’arrête donc à la mort, nous pensons notre existence dans cette limite ; c’est terriblement angoissant non pas parce que la vie s’arrête mais parce qu’on veut tout faire dans cette vie sans le pouvoir. Quand on sait que la vie ne s’arrête pas, qu’elle est là sous la forme de l’amour, on se trouve apaisé. La vie éternelle n’est pas qu’un ”après” de la vie seulement elle est aussi un “déjà-là”. « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. » (1 Jean 3, 14). « La vie éternelle c’est de te connaître toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17,3) Nous existons pour l’éternité, c’est une dimension de notre vie. On n’hésitera pas à transmettre cette foi en la vie éternelle, à la partager avec les familles. Dans les homélies on en parlera. Parler de la vie éternelle ne dévalorise pas la vie d’aujourd’hui puisqu’elle est déjà présente dans le baptême reçu. Au cours de la célébration des obsèques c’est rappelé à travers les signes du baptême. 5. Le cas de certaines décisions à prendre Comme la mort d’une personne est une situation délicate à vivre, et qu’il faut décider rapidement, il y a des moments où il est important que le prêtre ou l’équipe des funérailles ne soient pas seuls à supporter une décision que les familles pourraient ne pas comprendre. C’est pour cela que, suivant l’importance des questions, il est parfois demandé l’avis ou l’autorisation du vicaire épiscopal ou du vicaire général. C’est une protection pour celui qui est directement sur le terrain. Ce n’est pas un contrôle ou l’expression d’une méfiance. C’est le juste service de l’autorité de ceux qui ont une responsabilité diocésaine. Cette autorisation et cet avis sont toujours donnés après concertation avec le curé ou le responsable des obsèques. Conclusion Comme pour toutes les situations vécues dans la pastorale en Savoie, nous devons nous référer sans cesse au Projet global de catéchèse (PGDC) et au décret portant création des paroisses qui insiste sur la dimension missionnaire de la vie paroissiale : aller vers, cheminer avec, annoncer. « Nous ne sommes jamais arrivés “au bout“ : jusqu’à la fin de la vie, nous pouvons commencer ou recommencer à croire, à espérer, à aimer… L’initiation chrétienne ouvre des portes à chaque étape de la vie. Et ces portes sont nombreuses et variées : 4


les événements de la vie (la naissance, l’amour, la mort), la découverte de la Bible, la liturgie de l’Eglise, la rencontre des témoins de l’Evangile. » (PGDC p. 31) « L’expérience chrétienne repose sur la découverte bouleversante d’être attendu, désiré, appelé, aimé gratuitement. C’est Dieu le premier qui vient nous chercher. » (PGDC p. 33) « A l’occasion des funérailles, dans la rencontre avec les familles, une catéchèse sur l’espérance chrétienne est possible. Lorsque ces familles sont invitées à rejoindre l’assemblée des chrétiens, un dimanche qui suit les funérailles, l’accueil est primordial, les quelques mots personnels aussi. » (PGDC p. 35) Quant à la célébration de l’eucharistie ou l’absence d’eucharistie, avec ou sans prêtre, on évitera d’afficher une position systématique. L’absence d’Eucharistie ne peut être une loi, l’Eucharistie ne peut être un droit. On peut le dire aussi pour l’absence ou la présence d’un prêtre ou d’un diacre. Ces orientations sont un véritable guide, une aide. Elles sont ajustées au témoignage que l’Église doit apporter aux familles quand elle propose la foi au Christ mort et ressuscité, à un moment de la vie où les questions fondamentales parfois plus ou moins longtemps oubliées reviennent d’un coup et avec force. Que toutes celles et tous ceux qui travaillent, d’une manière ou d’une autre, à accueillir les familles et vivre avec elles ce temps des funérailles, soient remerciés pour leurs témoignages et le temps donné à ce service d’Église !

+ Philippe BALLOT Archevêque de Chambéry, Évêque de Maurienne et de Tarentaise

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles

1 - Accueillir les proches de la personne defunte 1.1 - Accueillir et accompagner La pastorale des funérailles dans nos paroisses se doit d’être ouverte aux attentes des familles endeuillées. Il s’agit pour l’Eglise, à la suite de Jésus-Christ, de servir la dignité humaine, en permettant à des personnes confrontées au deuil, d’exprimer leur souffrance, et de trouver des raisons d’espérer face à la mort. La délicatesse du premier accueil est particulièrement précieuse en ces moments-là, de même que le temps consacré à la présence et à l’écoute auprès de la famille. La célébration des funérailles est une occasion privilégiée d’annoncer la Bonne Nouvelle : l’Eglise veut dire, par une parole vraie qui touche le cœur, l’Espérance que nous apporte Jésus-Christ, le mystère pascal auquel Il nous associe. Il est donc essentiel de lui prêter grande attention et de lui apporter tous nos soins. L’écoute et la vérité de la rencontre peuvent permettre de pacifier ce qui demeure douloureux, en retrouvant avec la famille tout ce qui a du sens dans la vie de la personne défunte. Confrontées à la mort, les familles sont souvent en état de choc. Elles ont besoin de temps pour s’exprimer. Il nous appartient de les écouter sans juger, de leur offrir l’occasion de se confier, de se libérer, de partager, de rendre la personne défunte présente par le fait même qu’on parle d’elle, ce qui demande de prendre son temps. On découvre alors ensemble dans le déroulement de cette vie, à travers ombres et lumières, les traces de l’Evangile. Des paroles d’espérance et de vie, des paroles d’apaisement ont d’autant plus de chance d’être entendues qu’elles s’enracinent dans des réalités humaines : « Nous sommes invités à faire de chaque étape de la vie une occasion de rencontrer le Christ »1. 1

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Projet Global Diocésain de Catéchèse (PGDC), Conclusion page 26


Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles 1.2 - Une communauté chrétienne, témoin de la tendresse de Dieu.

Accompagner les familles en deuil et célébrer l’adieu engagent la communauté chrétienne locale dans son ensemble. Sa mission est de témoigner de l’espérance en la résurrection qui anime les chrétiens : « chaque communauté chrétienne porte en elle un trésor : le Christ, qui par l’Esprit Saint, agit dans le cœur de tous les hommes »2. La première rencontre de la famille avec l’Eglise lui permet de franchir une étape dans la traversée de son deuil. Elle se retrouve avec un ministre ordonné, lorsqu’il peut être là, et avec une équipe de chrétiens qui sont ensemble témoins de la foi de l’Eglise et représentants de la communauté chrétienne. La première rencontre est un facteur déterminant pour la suite de l’entretien : elle est importante et délicate, surtout quand la famille n’a que peu ou pas de contact avec l’Eglise. Et les situations sont diverses : pratiquants réguliers, baptisés qui sont allés au catéchisme et veulent marquer avec l’Eglise les grandes étapes de la vie, personnes qui doutent de notre foi dans la résurrection, personnes en recherche, incroyants qui veulent seulement respecter la volonté de la personne défunte, personnes qui par affection veulent que tout soit fait le mieux possible, d’autres encore en pleine révolte. D’autant plus qu’il existe un risque pour les accueillis et les accueillants de ne pas parler le même langage. Il convient d’autant plus d’accueillir les personnes telles qu’elles sont. Nous sommes les témoins de la tendresse de Dieu et les chercheurs de sa présence en toute personne humaine. Quelle que soit la célébration, c’est l’Eglise tout entière qui est sujet et actrice de la liturgie. Aux funérailles, si les proches ont besoin d’évoquer la personne défunte, le peuple de Dieu attend aussi d’écouter la Parole de Dieu qui fait vivre. Toute célébration vise à rencontrer le Christ qui, le premier, vient à notre rencontre. Les chrétiens savent que : « toute proposition de

rencontre pour ouvrir à l’intériorité et à la prière doit partir de la Parole de Dieu, car cette soif de spiritualité n’est pas réductible à une quête de soi »3. Chaque fois qu’elle célèbre, la communauté regarde l’avenir. Elle accepte l’invitation à changer de vie, et elle loue le Dieu qui fait toute chose nouvelle et nous devance par son pardon. Aux funérailles, la manière de réfléchir à l’au-delà découle de l’Evangile de la résurrection.

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PGDC, 1- Les sacrements construisent la communauté, édifient l’Eglise, page 10 PGDC, 4- Ouvrir à l’intériorité et à la prière, page 23 7


Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles

2 - La celebration des funerailles La tradition de l’Eglise propose de célébrer les funérailles dans une démarche comprenant trois étapes : - La prière auprès de la personne défunte, là où repose le corps - La célébration des funérailles à l’église ou dans un lieu de culte approprié - La prière au cimetière (ou aussi au crématorium parfois)

2.1 - La prière auprès de la personne défunte

La prière auprès de la personne défunte (au domicile ou dans une chambre mortuaire) permet de conjuguer, dans un climat d’intimité, des instants de silence, l’évocation de la personne défunte et l’écoute de l’Ecriture1. Elle est à encourager afin de vivre plus sereinement la séparation. C’est particulièrement le cas quand le décès s’est produit dans des circonstances dramatiques

2.2 - La célébration des funérailles 2.2.1 - Le lieu de la célébration L’église paroissiale est le lieu habituel des célébrations des funérailles chrétiennes. C’est là que se rassemble chaque dimanche la communauté chrétienne. C’est là que le cierge pascal a été allumé pour le baptême et c’est là qu’il est à nouveau allumé comme signe du passage du baptisé en Dieu, à la suite de Jésus Christ, premier ressuscité d’entre les morts. Dans le contexte actuel de mobilité sociale, l’église paroissiale témoigne de la présence d’une communauté chrétienne stable, signe de la communion que nous vivons dans la foi avec le Seigneur et son Eglise.

Autres lieux : Certaines circonstances incitent les familles à demander que les funérailles soient célébrées dans les chapelles des centres hospitaliers ou dans les salles « polycultes » des centres funéraires. Soucieuse d’annoncer l’espérance chrétienne à ces familles, l’Eglise ne peut être absente de ces lieux. Cependant, on veillera, chaque fois que c’est possible, à mettre les familles en relation avec la ou les paroisses concernées qui sauront les entourer. On favorisera les liens nécessaires entre les acteurs pastoraux des différents lieux. 1

Rituel des Funérailles II, Prières pour les défunts à la maison ou au cimetière et s’inspirer également du guide pastoral proposé par l’Assemblée des évêque de France : « Dans l’espérance chrétienne – Célébrations pour les défunts. »

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles 2.2.2 - La liturgie des funérailles Dans la mesure du possible, les proches de la personne défunte y seront associés. Le déroulement de la célébration est donné dans le Rituel des funérailles qui offre un grand choix de prières et d’oraisons adaptées à la situation de la personne défunte ainsi que dans le Lectionnaire pour la

liturgie des défunts.2

Il arrive que les familles souhaitent introduire des textes et des musiques profanes. « Si la chose est expliquée en douceur, la plupart des familles

comprennent et acceptent de reporter cette demande pour d’autres circonstances »3 : prière à la maison, à l’église avant le début de la

célébration … Il en est de même des témoignages. Dans tous les cas, il faudra veiller à distinguer, sans les opposer, les deux démarches (prières et expressions profanes) afin de les respecter l’une et l’autre. 2.2.3 - La célébration de l’eucharistie Toute la liturgie, dont l’eucharistie est le sommet, a une dimension pascale : elle s’appuie sur l’acte sauveur du Christ Jésus. Ceci est vrai pour les funérailles puisque c’est le mystère pascal du Christ que l’Eglise célèbre : on prie pour que la personne défunte passe, avec le Christ, de la mort à la vie. Toute célébration est reliée à l’eucharistie. Quant à la décision de célébrer ou non l’eucharistie, elle est fonction de la situation pastorale. La condition première pour qu’il y ait la messe est que « normalement, la famille, ou une part importante de l’assemblée, soit apte à y participer activement, en particulier par la communion ».4 Il est utile, lorsqu’il y a eucharistie, de préciser avant la communion ce qu’elle signifie pour les chrétiens. Lorsqu’il n’y en a pas, on peut prévoir la célébration de l’eucharistie à un autre moment, « en particulier si cela doit permettre un rassemblement des proches et de l’ensemble de la communauté chrétienne »5.

Desclée – Manu. AELF Paris 1975 Guide pastoral d’accompagnement du rituel « Célébration pour les défunts » SNPSLS 2009 Paris – Guides « Célébrer n° 17 » 4 Le Rituel des funérailles I, n°15 5 Le Rituel des funérailles I, n°15 2 3

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles Ce dernier point va dans le sens de la réflexion actuelle du PGDC : « A

l’occasion des funérailles, (…) lorsque ces familles sont invitées à rejoindre l’assemblée des chrétiens, un dimanche qui suit les funérailles, l’accueil est primordial, les quelques mots personnels aussi »6. On se rappellera toujours que l’eucharistie n’est pas un droit, pas plus que l’absence d’eucharistie n’est une loi. 2.2.4 - Quelques situations particulières

En l’absence de corps : Lorsque le corps a disparu ou a été donné à la science, on pourra célébrer un temps de prière et d’Adieu. Il est possible que soient présents les signes qui rappellent le baptême (vasque avec l’eau du baptême, cierge allumé) et celui de la prière qui monte vers Dieu (encens qui fume). On veillera cependant à ne pas les utiliser, à simplement inviter l’assemblée à les regarder et à lui en donner le sens.

L’urne funéraire : L’Eglise demande que la célébration des funérailles ait lieu avant la crémation. En effet, le corps est l’expression de la personne. Pour cette raison, l’Eglise a toujours privilégié la célébration des funérailles en présence du corps. Toutefois, si après un discernement solide les circonstances l’exigent, une célébration à l’église en présence de l’urne funéraire peut être envisagée.7 Dans ce cas, on sollicitera l’autorisation du vicaire épiscopal. Les cendres ne sont pas assimilables au corps lui-même. Au contraire, elles manifestent que le corps a été détruit. L’urne ne sera donc pas mise à la place du cercueil, mais dans un autre endroit et l’on célèbrera un temps de prière et d’Adieu comme en l’absence de corps.8 6 7

PGDC, annexe n°4 , pages 35 - 36

Dans une lettre du 4 juin 1986, la Congrégation romaine du Culte divin en admet la possibilité in Pastorale des funérailles, Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle, Paris, 1984, p. 140 8 L’attachement de l’Eglise à un parcours funéraire tel qu’il est proposé depuis des centaines d’années repose sur quelques axes majeurs toujours actuels : La certitude que le corps EST la personne et qu’à ce titre il est digne d’honneur et de respect. Une attention très grande à la dimension psychologique du deuil, pour lequel le temps est un facteur capital et inévitable. Le regard qu’elle pose sur le Christ Jésus dont le corps a été déposé dans un tombeau. Pour ces trois raisons principales, la célébration des funérailles autour du corps a toujours été privilégiée. (La mission des « équipes funérailles » : accompagner et célébrer. Fêtes et Saisons. Ed. du Cerf 2012)


Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles Selon la législation civile,9 l’urne ne peut plus être conservée à domicile. L’Eglise, de son côté, accorde une importance particulière à la destination des cendres et n’est pas favorable à leur dispersion. L’équipe des funérailles aura à cœur d’expliquer aux proches le sens du dépôt de l’urne dans un lieu d’accueil définitif comme un cimetière, espace de mémoire et de recueillement, que l’urne soit enterrée ou placée dans un columbarium.10 Cette étape peut être accompagnée par un temps de prière. Compte tenu de cette signification du corps détruit, s’il s’agit de rapporter les cendres d’une personne au lieu où elle a vécu (village, paroisse, …), il est préférable que l’urne soit déposée auparavant en présence de quelques proches au cimetière et d’envisager à un autre moment une célébration.

Les petits enfants morts sans baptême : Lorsque les parents avaient l’intention de faire baptiser leur enfant, on célèbrera ses funérailles comme pour un catéchumène, s’il n’avait pas atteint l’âge de raison. Si les parents n’avaient pas l’intention de faire baptiser leur enfant, on demandera l’avis du vicaire épiscopal pour un éventuel temps de prière à l’église.

Les catéchumènes : On les appelle des chrétiens catéchumènes. Ils sont membres de l’Eglise, ils peuvent donc recevoir des obsèques chrétiennes.

Les personnes suicidées : L’Eglise permet aujourd’hui des obsèques chrétiennes après un suicide. On soulignera avant tout la miséricorde infinie de Dieu, qui seul connaît le secret des cœurs.

Les personnes non baptisées 11 : L’Eglise, attachée au message du Christ qui accueille tout homme, ne peut laisser sans soutien des familles endeuillées. Pour répondre à la demande de chrétiens membres de la famille, on sollicitera l’avis du vicaire épiscopal pour un éventuel temps de prière à l’église, tout en respectant la situation de la personne défunte.

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Loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008 On pourra consulter Points de repère pour la pastorale des funérailles, Documents Episcopat n°13/14, septembre 1997, CNPL, Paris 1997, la fiche 1 « accueillir la diversité des situations » (pages 3 et 9-10) 11 On pourra se référer au Directoire canonique et pastoral pour les actes administratifs des sacrements, Parois-services, CNPL, Paris, 1994, p. 247 10

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles Cette célébration sera sans eucharistie. Il sera possible que soient présents les signes qui rappellent le baptême (vasque avec l’eau du baptême, cierge allumé) et celui de la prière qui monte vers Dieu (encens qui fume). On veillera cependant à ne pas les utiliser, à simplement inviter l’assemblée à les regarder et à toujours lui en donner le sens. On n’omettra pas de rappeler délicatement que le la personne défunte n’avait pas reçu le baptême. Dans ces situations délicates, il est nécessaire avant toute décision, de prendre le temps de discerner.

Les personnes qui ont renié leur baptême : C’est afin que leur volonté soit respectée, qu’il n’y a pas de célébration chrétienne de leurs funérailles. Si un temps de prière est cependant souhaité, on demandera l’autorisation du vicaire épiscopal.

Funérailles dans l’intimité : Parfois des familles veulent célébrer les funérailles de la personne défunte dans l’intimité. Indépendamment des raisons qu’il est possible de comprendre et de respecter, il convient de noter qu’un tel souhait ajoute encore une souffrance au deuil. En lui enlevant sa dimension sociale et ecclésiale, on rend l’événement plus difficile à vivre par celles et ceux qui sont ainsi « dans l’intimité ». On prive aussi les personnes qui connaissaient la personne défunte d’exprimer les liens d’amitié qui les unissaient à celui ou celle qui vient de mourir. Il convient donc de faire comprendre à ces familles que la communauté saura les accueillir fraternellement. 2.2.5 - Les offrandes L’offrande de la famille, sera donnée à la paroisse où aura lieu la célébration. C’est une façon de participer à la vie de l’Eglise diocésaine dont on fait partie et aux frais qu’elle a à assumer, puisqu’elle ne peut compter que sur les dons des fidèles. Cette offrande ne doit pas être un obstacle pour les plus démunis12.

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CIC, can. 1181


Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles La quête : On prévoira un temps, au cours de la célébration, pendant lequel aura lieu la quête en faveur de la paroisse et on prendra soin d’en expliquer le sens. Toute quête à l’intérieur de l’église est destinée à la paroisse. Si la famille demande des offrandes au bénéfice d’une cause particulière, des corbeilles seront disponibles à l’extérieur de l’église ou à côté des registres de condoléances. Ces quêtes ne peuvent en aucun cas remplacer l’offrande destinée à la paroisse.

Il est possible de donner à la paroisse des offrandes de messes pour la personne défunte. Elles peuvent accompagner la quête qui est faite pour cette même paroisse. On veillera à en donner le sens (permettre de continuer à penser à la personne défunte et à prier pour elle, comme le 2 novembre, être porté par une communauté dans la durée…).

2.3 – La prière au cimetière ou au crématorium L’inhumation ou le départ du cercueil pour la crémation sont des moments émotionnels forts. Il est rare qu’un prêtre puisse y participer. Aussi est-il souhaitable qu’un membre de l’équipe des funérailles (avec d’autres si cela est possible) accompagne la famille au cimetière ou au crématorium et organise un temps de prière. Si personne ne peut être présent, on fera des propositions à la famille (textes, prières, …)13 qui l’aideront à vivre cette ultime étape des funérailles. Au crématorium, les personnes de l’équipe des funérailles qui accompagnent les proches peuvent les inciter à ne pas rester pendant le temps de la crémation et proposer de les accompagner plus tard pour recevoir l’urne.

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Le Rituel des funérailles II, Prières pour les défunts à la maison et au cimetière, Desclée-Mame, AELF, Paris, 1994, propose des prières pour le cimetière p. 37-52 ou le crématorium. On se reportera aussi au guide pastoral Dans l’espérance chrétienne, Célébrations pour les défunts, op. cit., pages 159-169

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles 2.4 – Le temps du deuil Des propositions liturgiques aident les familles à vivre le temps du deuil : messe dominicale suivant les funérailles, participation à la commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre, messes régulières qui permettent de s’unir à la personne défunte dans la communion des saints et l’attente de la résurrection. La communauté chrétienne veillera à y inviter les familles et continuera à être présente de façon discrète auprès d’elles (notamment une fois passé le premier temps du deuil), par des visites à domicile, des mails ou des contacts téléphoniques.

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles

3 – Les acteurs de la pastorale des funerailles 3.1 - Collaboration pour la mission Préparer et animer les funérailles en équipe exprime une meilleure visibilité de l’Eglise. Il convient donc de favoriser le plus possible le travail commun entre prêtres, diacres, religieuses, religieux et laïcs, complémentaires les uns des autres. C’est toute la communauté ecclésiale qui est concernée par la pastorale des funérailles, d’autant plus qu’il s’agit d’un lieu de proposition de la foi où l’Eglise se manifeste en même temps dans sa façon de croire et de prier et à travers son témoignage d’accueil, d’accompagnement des personnes à une étape importante de leur vie. On n’hésitera pas à associer des voisins chrétiens à la personne défunte qui par leur présence pourront parfois exprimer plus facilement une proximité humaine.

3.2 - Les ministres ordonnés Les prêtres et les diacres sont les ministres ordinaires de la célébration

des funérailles1. Dans une paroisse, il revient au curé d’organiser la répartition des célébrations entre ses collaborateurs, prêtres, diacres et laïcs de l’équipe des funérailles2. Cela peut également se faire au sein d’un doyenné. On accueillera volontiers un autre prêtre ou diacre, notamment lorsqu’il fait partie des proches de la personne défunte. Lorsqu’un prêtre ou un diacre est présent, même s’il est un proche de la personne défunte, il préside la célébration, en respectant la mission de l’équipe qui a rencontré la famille. Il est nécessaire, pour éviter toute tension, que des contacts aient pu être pris avant la célébration.

« La communauté chrétienne et le ministère ordonné dans la célébration des funérailles », – Assemblée plénière des Evêques de France – Avril 2009 - paru dans la Documentation catholique – octobre 2009, p.2. 2 La célébration des funérailles chrétiennes est une charge curiale cf. can. 530 – 5° 1

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles 3.3 - Les équipes des funérailles Les équipes des funérailles : une présence de la communauté auprès des familles endeuillées Le rôle des équipes des funérailles est bien de collaborer au ministère du prêtre auprès des familles. Ces équipes ont à intervenir non seulement dans la célébration à l’église mais aussi avant et après, pour guider la prière à domicile (si elle est demandée), pour préparer la célébration, pour accompagner la famille au cimetière, pour reprendre contact avec ces familles quelque temps après la célébration. Le curé peut donner délégation à des laïcs pour conduire la célébration avec la collaboration de l’équipe des funérailles. Ces laïcs accomplissent ainsi un vrai service d’Eglise en communion avec le curé qui est le pasteur de la communauté. On saura le rappeler au début de la célébration. Les personnes qui reçoivent la mission de conduire la célébration des funérailles, portent un signe distinctif et unique. Ce signe, pour les diocèses de Savoie, est depuis 2005, une croix en forme de colombe évoquant l’élan d’un oiseau tourné vers le ciel. On l’expliquera aux familles.

3.4 - Lettre d’envoi

Les équipes des funérailles recevront une lettre d’envoi intitulée : « lettre d’envoi aux membres des équipes paroissiales d’accueil des familles en deuil ». Cette lettre d’envoi s’adresse : aux personnes qui accueillent, préparent et assurent l’animation de la célébration des funérailles aux personnes qui conduisent les célébrations en l’absence du prêtre Cette lettre d’envoi, signée par le curé et le doyen, leur sera remise au cours d’une célébration de la communauté chrétienne rassemblée. Le mandat de leur mission est de trois ans, et il peut être renouvelé.

3.5 - Formation

Les personnes qui font partie des équipes des funérailles se forment chaque année en participant aux propositions diocésaines de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle. 16


Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles Une formation spécifique est nécessaire pour que ces équipes soient initiées à l’écoute, au dialogue, au discernement pastoral, à l’annonce du message chrétien et à la prière liturgique. Un temps de relecture annuel, c’est-à-dire une évaluation entre l’équipe des funérailles de la paroisse et le curé, est également nécessaire. Il permet des mises au point utiles pour se réajuster et progresser. La Pastorale Liturgique et Sacramentelle se tient à la disposition des paroisses pour aider à cette relecture.

4 – Les entreprises de pompes funebres Les paroisses veilleront à rencontrer les entreprises de pompes funèbres de leur secteur afin d’entretenir avec elles des liens de respect et de confiance mutuels. Elles s’efforceront de faciliter le premier contact avec celles-ci en organisant des permanences (téléphonique, renvoi d’appel, portable, …), en se coordonnant éventuellement avec d’autres paroisses. Leur réactivité permettra de réduire le nombre de funérailles qui ont lieu dans des centres funéraires sans lien avec la paroisse de la personne défunte ou celle de la famille. Les entreprises de pompes funèbres n’ont pas à décider du lieu de célébration (église, hôpital ou centre funéraire), ni du choix de la célébration ou non de l’eucharistie. C’est la paroisse ou l’équipe pastorale du lieu qui prend ces décisions en concertation avec la famille. Il est bon de rappeler qu’elles n’ont pas non plus à intervenir dans la célébration à l’église qui est de la responsabilité du curé (quête, lecture, chantre, organiste etc…).

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Orientations diocésaines pour la pastorale des funérailles

Contrats-obsèques et testaments De plus en plus de personnes prévoient leurs obsèques par contrat et testament avec les pompes funèbres, les compagnies d’assurances ou les notaires. Parfois certaines volontés exprimées sont contraires aux règles liturgiques en vigueur dans l’Eglise catholique. Pour prévenir les difficultés juridiques à la suite de l’impossibilité d’exécuter les dispositions testamentaires, les professions mentionnées ci-dessus doivent veiller à insérer dans leurs contrats types la formule suivante, si la demande concerne l’Eglise catholique : « Les funérailles religieuses seront célébrées dans le respect des règles liturgiques en vigueur dans l’Eglise catholique, et des dispositions établies par l’évêque du diocèse ».

Rappel : Les textes qui ont inspiré ces orientations pour les funérailles et auxquels nous devons nous référer régulièrement dans nos décisions et nos attitudes pastorales demeurent le projet global de catéchèse (et tout particulièrement l’introduction, le chapitre 1, la conclusion, l’annexe 4), ainsi que le document « les nouvelles paroisses : pour un élan missionnaire » du 8 septembre 2010.

Tous les documents cités dans ce texte sont à disposition à la Pastorale Liturgique et Sacramentelle des diocèses de Savoie, à la maison diocésaine de Chambéry.

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Annexe Les enjeux de la Pastorale des funérailles aujourd’hui Dans la société actuelle, proposer la foi, faire une première annonce, à celles et ceux qui sont dans le deuil n’est pas sans poser de questions : comment annoncer l’Evangile face à l’événement de la mort ? Comment soutenir et réveiller la foi chrétienne en la résurrection ? Face aux mutations sociales, « nous ne pouvons plus seulement nous

contenter d’un héritage, si riche soit-il. Nous avons à accueillir le don de Dieu dans des conditions nouvelles et à retrouver en même temps le geste initial de l’évangélisation : celui de la proposition simple et résolue de l’Evangile du Christ »1

« Il s’agit de mieux connaître le Christ, pour mieux l’aimer et témoigner de Lui. Il s’est fait l’un de nous. Il est mort et ressuscité. Il nous donne son Esprit. Le mystère pascal est le cœur de notre foi ; il est aussi la clé de chaque existence, la clé de notre vie. Nous sommes invités à être les visages d’une Eglise qui s’intéresse à chaque personne et favorise sa rencontre avec Dieu »2 En septembre 1997, la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle proposait des Points de repère pour la pastorale des funérailles. Nous pouvons faire nôtre la conclusion de ce document qui mettait déjà l’accent sur quatre enjeux toujours d’actualité :

 « Le premier enjeu concerne le dialogue de l’Eglise avec les hommes et les femmes de notre société : il s’agit de servir la dignité humaine, en permettant à des personnes affrontées au deuil d’assumer leur souffrance et de trouver des raisons d’espérer, face à la mort.

1

CONFERENCE DES EVEQUES DE FRANCE, Proposer la foi dans la société actuelle. Lettre aux catholiques de France, rapport rédigé par Mgr Claude Dagens et adopté par l’Assemblée plénière des évêques, Paris, Ed. du Cerf, 1997, p. 37 2 PGDC, p. 7

I


Le deuxième enjeu est de l’ordre de l’évangélisation : il s’agit pour l’Eglise d’exercer effectivement sa mission de « sacrement de salut », en annonçant la Bonne Nouvelle du Christ qui partage notre mort et nous appelle à communier à sa résurrection. Face aux questions posées par l’événement de la mort, l’Eglise est là pour révéler la vie nouvelle promise à chaque être humain et à toute l’humanité, à partir de la Pâque du Christ.

 Le troisième enjeu concerne la célébration des funérailles : en accomplissant le service demandé par la famille ou les proches de la personne défunte, l’Eglise, à travers les gestes et les paroles de la liturgie, témoigne de l’espérance qui l’anime. C’est une espérance qui s’enracine dans la Pâque du Christ et qui conduit à prier pour les personnes défuntes.  Le quatrième enjeu est plus directement pastoral : il s’agit de montrer que l’accompagnement des funérailles et du deuil concerne toute la communauté chrétienne. Dans ce but, tous les membres de l’Eglise, prêtres, diacres, laïcs –hommes et femmes – avec les équipes spécialement chargées des funérailles, tous sont appelés à coordonner leurs responsabilités et à se former pour le service qui leur est confié ».

II


Références citées : Le Rituel des funérailles I, la célébration des obsèques, Desclée - Mame, AELF, Paris, 1972

Le Rituel des funérailles II, Prières pour les défunts à la maison et au cimetière, Desclée - Mame, AELF, Paris, 1994,

Lectionnaire pour la liturgie des défunts - Desclée – Manu. AELF Paris 1975 Points de repère pour la pastorale des funérailles. Documents Episcopat n°13/14, septembre 1997, CNPL, Paris 1997

Guide pastoral proposé par l’Assemblée des Evêques de France : « Dans l’espérance chrétienne – Célébrations pour les défunts. » Desclée - Mame, Paris- 2008 « La communauté chrétienne et le ministère ordonné dans la célébration des funérailles », – Assemblée plénière des Evêques de France – Avril 2009 - paru dans la Documentation catholique – octobre 2009.

Projet Global Diocésain de Catéchèse (PGDC) 2 mai 2010 Directoire canonique et pastoral pour les actes administratifs des sacrements, Parois-services, CNPL, Paris, 1994

Guide pastoral d’accompagnement du rituel « Célébration pour les défunts » SNPSLS 2009 Paris – Guides « Célébrer n° 17 »

La mission des « équipes funérailles » : accompagner et célébrer. Fêtes et Saisons. Ed. du Cerf 2012

III


Crédit Photos : Ciric Bayard Impression par nos soins Conception : diocèses de Savoie

DIOCESES de SAVOIE Conseil épiscopal 2, place Cardinal Garrone 73000 Chambéry

Tel : 04.79.33.55.21

Orientations diocésaines pour les funérailles  

Orientations données par Mgr Ballot

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