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ÉCOLE D’INGÉNIEUR DES

TECHNOLOGIES ET

DE

DE

LA

L ’ I N F O R M A T I O N

COMMUNICATION

L’Efrei dans la presse ANNE-LAURE ABRAHAM 28.03.2011, Villejuif

Ils ont plié mille grues de papier pour le Japon Au Japon, une légende dit : « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé ». Un vœu unissait samedi tout le monde à l’Efrei, école d’ingénieurs située à Villejuif : faire en sorte que les Japonais se sortent du mieux possible de ce chaos. L’association Asian Efrei, qui regroupe des étudiants passionnés par l’Asie, organisait en effet toute une journée d’animations autour de la culture nippone afin de récolter des fonds pour cet archipel simultanément touché depuis le 11 mars par un séisme, un tsunami et une catastrophe nucléaire. […] Moyennant 3 € le ticket d’entrée et 50 centimes par activité, le public a ainsi pu découvrir à Villejuif un large éventail de la culture nippone : quiz déjanté sur les génériques de dessins animés, chorégraphie guidée devant un écran, castagne virtuelle avec tournoi de jeu vidéo Street Fighter 4, balbutiements nippons au karaoké… Environ 400 personnes ont participé à l’événement selon les organisateurs, ce qui a permis de récolter 2 000 €. Tout cet argent sera reversé à la Croix-Rouge. « Divertir les gens, c’est le meilleur moyen de les mobiliser », estime Alexis, un professeur de maths âgé de 33 ans, membre d’une association partenaire. Nicolas est ainsi spécialement venu de Villepinte (Seine- Saint-Denis) : « J’aurais pu jouer chez moi avec mes potes, mais j’ai préféré venir ici pour donner quelque chose au Japon. » Toutes les personnes présentes, en majorité des jeunes de la génération « manga », sont des amoureux du Japon. «On adore tous ce pays et ce qu’on a vu à la télé nous a bouleversés, explique Christophe Surun, président de l’association Asian Efrei. On a tout de suite eu envie de faire quelque chose à notre niveau pour les aider. » Un autre jeune homme ajoute : «C’est comme s’ils faisaient partie de notre famille. Je suis vraiment stupéfait de leur dignité malgré la catastrophe. » Takahiro Okumura en est un exemple. Il fait partie des huit étudiants japonais accueillis depuis un mois à l’école. L’Efrei a en effet un programme d’échange avec l’université de Nagoya, située à 200 km au sud de Tokyo. Le jeune homme a vécu les événements à distance et devait prendre son vol de retour hier : « Il y a eu tellement de morts… s’étrangle-t-il. Je suis vraiment triste, mais je sais que nous avons la force de surmonter cette épreuve car nous sommes solidaires. Ma famille n’a pas été touchée. J’ai hâte de rentrer. » En attendant, le jeune Nippon a mis tout son cœur pour participer au défi de fabriquer mille grues d’origami, symbole de paix, durant la journée. Tous les visiteurs ont mis la main à la pâte et des centaines de petits animaux pliés et colorés peuplent les tables d’une salle au rez-de-chaussée. Mais la paix ne s’obtient pas facilement : « C’est pas évident, ce truc ! » s’exclame Catherine, penchée au-dessus de son petit carré de papier. Quelques conseils avisés de Takahiro plus tard, un bel oiseau naît entre ses doigts, beau et fragile, comme le Japon. »


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