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Bonne rentrée

L 

es vacances estivales sont maintenant terminées et les aficionados de la danse reprennent leurs activités. Pour certains, cette période permet de souffler un peu. Pour les autres, c’est au contraire l’occasion d’enchaîner les festivals, les soirées et les manifestations en plein air. Les plus chanceux ont même pu explorer et découvrir la danse dans des lieux paradisiaques. Parmi les nombreux festivals couverts cet été par les journalistes d’Encas-Danse, nous avons choisi de vous présenter ce mois-ci Salsalux et Salsaswim. Vous partirez également à la rencontre de Merhan, une perle de la danse orientale, de Vincent, qui se livre à sa passion malgré son handicap, et de Blanca Li, chorégraphe avant-gardiste. Tous ces personnages atypiques vous dévoileront leur point commun : l’amour de la danse. La rentrée éditoriale est également synonyme de changement pour votre magazine. Des évolutions amélioreront progressivement le contenu graphique et éditorial. Tout cela pour vous concocter une nouvelle formule que vous pourrez savourer avec délectation. Le mois de septembre rime aussi avec de nouveaux projets sur lesquels la team d’Encas-danse travaille avec acharnement. Mais chut ! Je ne vous gâche pas la surprise et vous laisse le plaisir de découvrir ces nouveautés très prochainement… En attendant, bonne rentrée et n’hésitez surtout pas à déguster cet encas entre deux danses ! Jean-Laurent Nijean, rédacteur en chef


HISTORIQUE Hip-hop, à la découverte d’un nouveau monde (1ère partie) INTERVIEW Merhan, un rêve par hasard REPORTAGES Faites danser Blanca Li Salsalux : luxe, salsa et volupté Tout le monde swingue à Salsaswing CLIN D’OEIL Malade de la salsa...

ENCAS-DANSE MAG Tél : + 33 1 77 75 51 59 redaction@encasdansemagazine.com publicité@encasdansemagazine.com

Pôle direction Directrice de la rédaction Mathilde Salmona Directeur de la publication Victor Ramazani Rédacteur en chef Jean-Laurent Nijean

Pôle Rédaction Kessy Guylaine Élodie Chal Juliette Larossa Soraya Ghadery Michael Barale Caty Denat Delphine Bourgeois Ameli Genlinso

Pôle Marketing et Communication Clara Biosca Ruiz Laurence Tessier publicité@encasdansemagazine.com

A contirbué à ce numéro Sylvain Perona (maquettiste)

Couverture : Anderson Crédit photo : Khalid Jalli, Delphine Bourgeois, Valentin Behringer Prochain numéro le 5 octobre


Hip-hop : L  À la découverte d’un nouveau monde (1ère partie)

e hip-hop trouve ses sources dans différents mouvements politique  et artistiques qui s’appuient sur le réveil de la mémoire collective et affirment la spécificité noire. Elle se décline notamment à travers le courant de la Négritude porté par les surréalistes et qui s’est maintenu jusque dans les années 60. Le hip-hop s’inscrit aussi dans la lutte pour les droits civiques. Déjà les Last Poets, par la force subversive de leurs textes se rattachent au mouvement politique noir américain chez les rapeurs. Ils dénoncent l’histoire niée des noirs et reprennent les luttes menées par Martin Luther King, la répression subie par la communauté noire, l’histoire de l’esclavage et la revendication de l’égalité. C’est dans le milieu des années 70, dans le South Bronx (NYC) que le mouvement hip-hop apparaît. En plein cœur du ghetto, de la drogue, du crime et de toutes les formes de violences imaginables, ce mouvement est le point de rencontre, de diverses cultures et expressions artistiques. De manière générale on divise le hiphop en quatre principales disciplines : la danse, le graffiti, le DJ’ing, et le emc’ing (rap).

Mode d’expression de toute une génération, la culture hip-hop regroupe à la fois la danse, la musique et l’expression artistique. Découverte du nouveau monde.

Chacune de ces disciplines fait partie intégrante de la culture hip-hop, toutes puisent leur source dans l’histoire de la société et de la culture américaine. Le rapeur KRS One a récemment écrit qu’à ces quatre disciplines majeures il faut rajouter cinq autres éléments, dont le Beatboxing, l’art d’utiliser le corps comme un instrument. KRS cite aussi la Street Fashion (mode de la rue) et le Street Language (langage de la rue) comme les 6e et 7e composant du hip-hop. Quant au 8e c’est le Street Knowledge (le savoir de la rue), « l’étude des lois universelles ». En-


mouvement des années 70. Tout d’abord, la musique hip-hop se plaçant dans la continuité (aussi bien dans le fond que dans la forme) des musiques inventées par les Afro-américains, elles se devait de le montrer dans son appellation. En effet, le hip-hop rappelle le BeBop (le mouvement de jazz moderne apparu après la seconde guerre mondiale sous l’impulsion de Dizzie Gillespie et Charly Parker). Le hip-hop par son appellation est aussi en rapport avec la danse, la sonorité des mots « Hip » et « Hop » évoque la danse et les figures que réalisaient les breakers du Bronx. « Hip » signifie « à la mode » et c'est aussi un mot d’argot synonyme d’intelligence dans la nuance de débrouillarfin, le 9e élément du hip-hop selon KRS dise, « Hop » c’est bien sur l’onomatoest le Street Entreprenueralism, c’est-à- pée d’un saut… le hip-hop, signifie donc dire « essayer de faire 1 dollar avec 15 aussi progrès ou avancée (d'un point de vue social mais aussi créatif) grâce à son cents ». intelligence. Dans un premier temps, le hip-hop a été la culture autour de laquelle les communautés afro-américaine et portoricaine se sont regroupées. Le Bronx compte en effet une large communauté portoricaine qui, dans les années 70, était fan de disco. Initialement les communautés noires et hispaniques étaient séparées par une barrière culturelle que le hip-hop a abattue. Les Portoricains et les Noirs ont beaucoup de choses en commun, à commencer par le patrimoine génétique. Les Portoricains sont des métis d’indiens, qui habitaient l’île, et de colons espagnols, qui violaient les Indiennes, ainsi que d’esclaves africains, transportés à fond de cale pour exploiter les mines d’or découvertes par les colons sur l’île.

Cette expression, dont l’invention est parfois créditée au rappeur Love Bug Starsky, incessamment répétée par les MC’s dans les soirées puis dans les disques, allait bien sûr s’imposer comme le mot clé du mouvement qui se créait à cette époque dans l’insipide ghetto du South Bronx, et qui n’allait pas tarder à s’étendre à tous les USA, puis à toute la planète.

Ils ont posé les fondements de la culture hip-hop

Ces deux communautés vivant l’une à côté de l’autre, ont posé les fondements de la culture hip-hop. Comme dans toute définition, il convient de trouver l’origine étymologique du terme « Hip-Hop ». C’est parce qu‘il a plusieurs significations et qu’il évoque plusieurs idées que le terme « Hip-hop » a été retenu pour décrire ce

Le hip-hop détourne, s'approprie, crée et transforme le négatif en positif. C’est donc dans ce ghetto du Bronx que va se situer le cadre de développement du hiphop, c’est dans ce ghetto qu’ont vécu ceux qui l’ont fait naître, et c’est là que les communautés noires et hispaniques allaient se rencontrer, se fédérer autour de la musique et surtout de la danse. Suite au prochain numéro… Victor Ramazani


Merhan

Un rêve par hasard C'est après une scène à Saint-Jean-de-Mont, du 30 juin au 3 juillet, qu’a eu lieu le festival Salsaswim. Merhan, danseuse orientale originaire de la vendée se confie.

EDM : Bonjour, Merhan, super ton show ! Tu nous as vraiment transporté. Raconte un peu ton parcours, comment es-tu arrivé à ce niveau ? Merhan : J'ai commencé à danser quand j'avais quatre ans. Comme beaucoup j’ai débuté par la danse classique, que j’ai pratiqué pendant quatorze ans. Quelle déception, lorsque j’ai appris que je ne serai jamais danseuse étoile ! Du coup, j’ai essayé d'autres danses, à commencer par la salsa. Après ces débuts, j'ai dérivé vers d'autres danses de couple, dont le flamenco. Finalement, j’ai adopté la danse orientale par un pur hasard. Pendant combien de temps as-tu pratiqué la salsa ? J'en ai fait environ quatre ans, cela a été un peu une overdose... Comment ça? Le fait de courir de festivals en festivals, de faire des congrès. Tu dis avoir découvert la danse orientale par hasard, qu'est ce qui s'est produit ? J'ai voulu m'essayer un jour à la danse orientale. J’en suis tombée totalement amoureuse. J'ai continué et je me suis formée en prenant de nombreux cours avec de grands professeurs, à l’instar de Momo Kadous, danseur et chorégraphe avec lequel je suis en formation en Allemagne. Je suis ses enseignements depuis deux ans et demi maintenant. C'est grâce a lui que je me produis sur scène. Le 17 mai 2010, tes efforts sont récompensés et tu remportes le 7e Open de France de danse orientale à Paris. Tu es en quelque sorte championne de France? Oui, c'est l'équivalent, la différence est que la fédération française ne gère pas cette compétition. Pour y participer, il y a des pré-sélections régionales dans toutes les villes de France pour une place en finale à Paris. Les finalistes présentent une chorégraphie plus une improvisation accompagnée d'une musicienne. Nous sommes jugés sur cette prestation. Remettras-tu ton titre en jeu l’année prochaine ? Non, j’arrête là ! Sincèrement, c'était une belle expérience, l'occasion de faire une grande scène sur Paris. J'ai vu ce que cela a donné, mais je ne suis pas branchée compétition.


Après ce coup de cœur pour l'orientale, allons-nous te voir dans d'autres danses ou estce véritablement un coup de foudre ? C'est définitif pour moi, car c'est une danse qui est complète. Je me retrouve vraiment. J’ai découvert ce que je cherchais et surtout je n'ai plus de problème de partenaire, comme auparavant dans la danse de couple. (Fou rire !) Ton partenaire dans la vie est danseur de salsa, est-ce que cela t'a réconciliée avec cette danse ? En effet, j'avoue avoir repris goût. Forcément, il n’y a pas le choix (rire) ! J'ai toujours plaisir à danser, surtout avec mon partenaire. Je retourne en soirée et en congrès, mais ma tête reste à l'orientale. Sur scène j'ai cru te voir réaliser des mouvements de hip-hop. Je me trompe ? Oui, c'est vrai ! Cela fait partie du travail d'isolation, qui est la base de la danse orientale, car c'est visuel et les gens apprécient. Mon show est entre hip-hop , samba et orientale. Quels sont tes rêves, et quand te reverrons-nous sur scène ? Dans le meilleur des mondes, j'aimerais réunir tous les grands danseurs dans un grand ballet à l'échelle internationale. Cela serait bien car la danse orientale, est à mon avis mal reconnue. Ma prochaine scène attendra mes vacances. Après cette pause, je remonterai sur scène au congrès de Cergy qui se tiendra du 28 au 30 octobre 2011.

Victor Ramazani


Faites danser

Blanca Li

B 

lanca Gutierrez, est née à Grenade, en Espagne, comme sa mère, passionnée de flamenco, elle rêve de danser. À l'age de quinze ans, elle s'entraîne cinq heures par jour en semaine et passe à dix heures le week-end. En 1983, elle écrit sa première chorégraphie sur une musique de Paco de Lucia. Elle crée un groupe de rap féminin, les Xoxonees : les Petites Foufounes. Rentrée à Madrid, elle ouvre un bar de nuit, el Calentito, pour financer sa première compagnie. En 1992, à Séville, elle crée Nana et Lila, avec les musiciens marocains de Gnawas. Puis elle s'installe à Paris avec Étienne Li. Elle lance des soirées cabaret-trash à Pigalle, un moyen de se faire connaitre.

Du 23 au 25 septembre 2012, le Grand Palais accueillera le temps d'un week-end un gigantesque studio de danse, offrant une palette de cours variés allant de la danse classique à la danse bollywood.

fête au coeur de Paris. Un rendez-vous incontournable, il y aura même des cours de danse interactifs, une soirée Club Sandwich ou encore un espace YogaLab proposé par Marco Prince et Mika de Brito. Trois jours pour danser dans un magnifique et somptueux monument historique. Le temps d'un week-end, le Grand Palais va se transformer en immense scène de danse. Des cours pour apprendre, voir, expérimenter nouveaux projets artistiques et surtout s'amuser  !

Un nouveau défi, organiser une grande fête au cœur de Paris

Au cours de l’année 1998, elle inaugure son studio, rue des Petites-Écuries, destiné au travail de la compagnie et à l'enseignement. Les créations s'enchaînent : le Songe du Minotaure, Salomé, Stress, Macadam macadam... Chorégraphe avant-gardiste, elle travaille sans relâche. En Espagne, en France, aux États-Unis ou en Allemagne, Blanca Li signe un parcours créatif hors du commun. Cet été, elle se lance un nouveau défi, celui d'organiser une grande

Danse classique, tango, valse, danse contemporaine, streetdance ou encore bollywood… autant de cours qui permettront à chacun de trouver sans nul doute la danse qui lui conviendra. Cette fête offre non seulement la possibilité de découvrir la danse en elle même, mais également de la pratiquer. C’est l’occasion d'essayer des cours accessibles à toutes et tous. Débutants ou danseurs chevronnés, toute la population est conviée à participer aux cours, spectacles, performances. Alors venez et faitez la danse avec Blanca Li. Victor Ramazani


Tout le monde sw i Un nouveau festival voit le jour, aux abords de l’atlantique, dans une ambiance familiale et conviviale. Les petits, les grands et même les coccinelles qui ont envahies, les plages normandes swinguent et dansent sur la plage, les uns les pieds dans l’eau et les autres le long de la plage.

D 

irection Saint-Jean de Mont, station balnéaire de l'Ouest de la France, où toute l'équipe de Mo se lance dans un nouveau pari, après l'île d'Oléron un an auparavant, le 30 juin dernier, le festival Salsaswim voit le jour. « Le projet s'est construit difficilement. Nous avons été confrontés à beaucoup d'obstacles », raconte Stéphanie, la co-organisatrice de cette édition.

La corde à sauter de Missié Tombola, nouveau classique en termes d'ambiance, a remplacé le traditionnel kuduro. Avec une chorégraphie facile et une musique entraînante, ce tube a raison des plagistes. Pendant un instant Salsaswim se transforme en village de vacances. Le plateau artistique est des plus varié. Les représentations sont magnifiées par le décor naturel du podium dressé face à la mer. Hurlements et sifflements d'approbation retentissent dans la foule à chaque prestation des artistes. Un régal pour les yeux ! Le public a plus particulièrement encensé le groupe Alafia.

De nombreuses animations sont proposées pour les festivaliers

« Un projet très dur, nous n’avons pas vu le temps passer. Souvent, nous pensons être prêts mais nous réalisons que nous ne le sommes jamais vraiment. Pour une première, nous sommes plutôt content, car nous avons eu de bons retours. Je tiens à remercier les artistes généreux et les bénévoles motivés qui ont participé au succès du festival », reprend Stéphanie.

De nombreuses animations gratuites sont proposées, l'ambiance est bon enfant et conviviale. Sur les plages, de la rueda de casino, figure emblématique de la salsa cubaine, à la rueda de bachata, les festivaliers sont tenus en haleine.

Le maestro Yoannis Tamayo met le feu sur la scène. De surcroit, la température grimpe rapidement dans le dancing. À trois heures du matin, l’intenable Yoannis est toujours en feu. Très rapidement son énergie communicative, rameute tous les danseurs de la salle cubaine et s’enchaînaient des battles entre les hommes et les femmes. Tard dans la nuit, une musique orientale résonne sur la piste. Comme dans une comédie


ingue à Salsaswim musicale, le jeu de la séduction commence : une surprise digne des mille et une nuits. Le festival est l'occasion de rencontrer des artistes d’une gentillesse remarquable comme en témoigne Amélie pour son premier festival : « Les professionnels étaient proches de nous. Ainsi, le couple d’African-jet m'a donné des techniques pour mieux travailler mes tours. Ils sont accessibles aussi bien pour danser que pour apprendre des shines. Dans l'ensemble, j'ai aimé la diversité des shows présentés par

les couples, les groupes et les solos. Mes coups de cœur : les danseurs de cubaine et surtout, la troupe Grupo Alafia. » Avec trois ambiances au programme, chacun a trouvé son compte à Salsaswim. Nombreux sont ceux qui espèrent la prochaine édition de ce festival ouvert et riche en couleurs, Victor Ramazani


En haut, Groupo Alafia sur la scène du festival salsaswim En bas, nouvelle tendance du moment pour l’animation « la corde à sauter » Page de droite : le couple SalsaDoumb exécute un porté © Khalil pour Salsaswim


Salsalux

Luxe, salsa et volupté Cette nouvelle édition du festival Salsalux porte bien son nom, un univers de danses dans un lieu luxueux : l’Alvisse Parc Hôtel.

P 

our ces trois jours de festivités, Nathalie et toute son équipe nous accueillent à l’Alvisse Parc Hôtel où se déroulent les cours et les soirées. Imaginez que vous puissiez passer de votre chambre aux salles de danse en un rien de temps ! La qualité du plateau artistique international est également à souligner, l’incontournable Juan Pachanga Matos (NY/Italie), la survolté Ramark Dance Company (Paris), le couple glamour Anderson et Vanessa (Brésil), les danseuses uniques de La Differencia (Pays-Bas), la diva Melissa Fernandez (Los Angeles)… sont tous présents pour vous offrir des shows surprenants, des workshops de qualités et

ambiancer les soirées aux rythmes des Dj’s passionnés. Pour satisfaire l’ensemble des festivaliers, les soirées se déroulent dans trois salles, la première se consacre à la salsa portoricaine, mambo, la seconde aux danses cubaines et la troisième aux rythmes caribéens. La grande surprise fût la proximité avec l’ensemble des artistes, et la convivialité de l’événement. L’ambiance est omniprésente pendant trois jours. Inutile de vous dire que l’on attend avec impatience la prochaine édition qui promet de grandes surprises artistiques…

Des artistes de qualité

Michaël Barale


Malade

de la Salsa … À Marseille, lors du festival Salsatongs qui s’est deroulé du 29 au 31 juillet 2011, l’équipe d’Encasdanse Mag rencontre Vincent, danseur de salsa hors norme. Plongée au cœur de l’histoire d’un handicapé moteur qui s’adonne à sa passion.

A 

tteint d’une « Infirmité Moteur Cérébrale » à sa naissance, Vincent se passionne pour la salsa depuis cinq ans. Lors d’une virée nocturne à Paris, le son des cuivres et des percussions du restaurant bar la Boca Chica ont comme happé ce novice pour le contaminer. Depuis, il enchaîne jusqu’à trois, voire même quatre soirées par semaine. Dans les lieux qu’il fréquente règne une certaine gêne face à son handicap. Les professeurs et les partenaires le lui font ressentir. Mais rapidement sa détermination et ses progrès de Vincent font disparaître les à priori. Pour lui, la salsa remplace la rééducation traditionnelle et devient un réel moment de plaisir. La technicité de la danse remplace les exercices de kinésithérapie. Il ne voit d’ailleurs plus son kiné mais son professeur de salsa. Perfectionniste, il recherche la précision en répétant des centaines de fois les mêmes pas. C’est dans l’exercice des shines qu’il prend le plus de plaisir et réussi à travailler son équilibre. « Ne me serre pas trop les mains ! » lui conseillaient ses partenaires. Après un travail acharné, il guide aujourd’hui du bout des doigts et trouve même une certaine légèreté dans ses déplacements. Son évolution est « bluffante » en regard du chemin parcouru depuis son enfance. En arrivant à Marseille, Vincent s’oriente vers la portoricaine après des débuts en cubaine. Très vite, ce style lui inspire la classe, la séduction et la mise en valeur de ses partenaires. La musique de Ray Baretto l’envoute et la passion s’installe. La danse devient, pour lui, un moyen d’expression et une façon de se découvrir. C’est également l’occasion de rencontrer du monde en faisant tomber les tabous. Aujourd’hui, le regard des autres montre plutôt une forme de respect. Plus qu’une rééducation, les dancefloors latino lui apportent un réel plaisir de vivre. Vincent offre une fabuleuse leçon à tous. Il vit pleinement la danse et la partage sans retenue.

Élodie Chal


Encas-Danse Mag N°21  

Le magazine à savourer sur votre smartphone et tablette

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