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www.playtennis.be - 40e année

DJOKO Le redoutable NAOMI OSAKA Le phénomène !

COACH STAR

Stop ou encore ?

TENNIS EXTRÊME Faits divers...

N°371 • 6 e • PRINTEMPS/ÉTÉ 2019  • BUREAU DE DÉPÔT • BRUXELLES X P405246

LE MAGAZINE DU GENTLEMAN TENNISMAN


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Sommaire ÉDITO Sur un nuage

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EXPLOITS Un phénomène nommé Nolé

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Naomi Osaka, une étoile est née !

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  TENNIS DE L'EXTRÊME Service volant !

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High Sensations

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Match de “eau” vol

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Jeu, set & glace !

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Hors-bord game

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Balle mortelle

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Le match de la haine

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Sous eau…

56

Exhibition time

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Le coup du béret

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58

COACHS STARS Murray & Lendl

66

Federer & Edberg

70

Murray & Mauresmo

74

Djokovic & Becker

78

Nadal & Moya

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GRAND STADE Roland Garros 2019

88

30

PETITS SECRETS Justine & Kim

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New-York, New-York

102

Paris je t’aime

106

WHAT ELSE Sani Resort : quand excellence rime avec vacances

112

Verdura Resort : cap sur la Sicile

116

Le padel en plein boum

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Edito On a déjà pratiqué le tennis dans les endroits les plus invraisemblables, sur terre, sur mer, dans les airs ou les pieds dans l'eau, généralement pour faire le buzz autour d'un évènement. Pour l'anecdote, vous en apprendrez un peu plus sur le sujet dans les pages qui suivent, mais notre magazine vous rappelera surtout à quel point nous, petits Belges, avons joué au tennis... sur un nuage durant une dizaine d'années rares et folles avec Justine et Kim, deux filles tellement différentes, qui ne voyaient pas la vie de la même façon, mais deux championnes à jamais indissociables. Il y a à peine plus de six ans que Kim a mis un point final à une saga qui, de Paris à New York (en passant par Melbourne), nous a valu onze titres de Grand Chelem. On dirait une éternité.

Sur un nuage...

A

près le passé, l'avenir. Sans crier gare, le circuit masculin s'est aligné sur ces dames en début d'année, avec 19 vainqueurs différents sur les 19 premiers tournois. Du jamais vu après l'ère du "big four" mais un phénomène sans doute inéluctable. Federer a beau avoir l'air surnaturel, il n'est quand même pas éternel. Nadal est "un blessé qui joue au tennis", a déclaré son oncle Toni. Murray n'est plus là. Quant à Djokovic, le mal-aimé auquel nous consacrons un "grand format" dans ce numéro, il a lui-même stagné entre deux eaux après un démarrage australien supérieurement dominateur. Quant à la nouvelle génération, si elle monte de plus en plus au créneau (Zverev, Thiem, Tsitsipas), personne ne s'en détache vraiment. Tant mieux d'un côté, mais de l'autre... où et quand s'affirmeront les nouvelles têtes d'affiche qui feront vivre le tennis comme Roger ou Rafa ? En attendant, ce sont toujours les bonnes vieilles recettes, y compris le divin Suisse dont le retour sur terre est une bénédiction pour le Grand Chelem parisien, qui feront bouillir la marmite dans le Roland Garros new look (superbe nouveau stade dans les serres voisines !) que nous vous présentons aussi dans ces pages. Si Nadal s'y impose une douzième fois en douze finales, et si Serena accroche, à Paris ou à Londres, une 24e couronne de plus en plus chimérique au fil du temps, on sera sans doute forcé d'inventer de nouveaux superlatifs pour en parler. A propos, la nouvelle Williams s'appellera-t-elle Osaka ? L'histoire de la Japonaise noire de 21 ans, devenue numéro une après avoir seulement gagné trois tournois, dont deux Grands Chelems d'affilée, mérite en tout cas que l'on s'y arrête. Bonne lecture !


Exploits

PLAY TENNIS 15


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Exploits

Novak Djokovic Un phénomène nommé Nole ! Novak Djokovic a toujours dû se battre contre le scepticisme, les antagonismes et les préjugés. Ses intentions étaient souvent bonnes, ses paroles pleines de sens et son attitude exemplaire, mais il a quand même dû batailler pour ne pas vivre dans l’ombre de Roger Federer et de Rafael Nadal. À 32  ans cependant, “Nole” a gagné le pari : c’est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps.

J

e tiens à remercier mon épouse, confiait en ce début d’année Novak Djokovic, sacré pour la quatrième fois (2012/2015/2016/2018) sportif de l’année aux Laureus Awards à Monte-Carlo. “Tu m’as été d’une aide indispensable dans les moments où j’ai tout remis en question, où j’ai été assailli par les doutes et où j’ai fait face à des dilemmes à l’heure de savoir si j’allais continuer le tennis. Je pensais vraiment tirer ma révérence, parce qu’à l’époque, ma vie manquait d’équilibre. J’avais l’impression de m’être un peu laissé aller, quand j’ai été opéré (du coude) et qu’il m’a fallu des mois pour retrouver un but et une motivation.”

Baisse de régime En fait, la crise existentielle était bien antérieure à son opération du coude en février 2018. Elle commence après son sacre à Roland Garros deux ans auparavant. Une Coupe des Mousquetaires que Djokovic avait tenté de remporter presque tout au long de sa vie/carrière. Les performances de haut niveau étaient légion, mais une victoire à la Porte d’Auteuil manquait encore à son palmarès. Même dans sa première période d’hégémonie entre 2011 et 2013 qui l’avait vu gagner cinq des 12 grands chelems, se hisser quatre fois en finale et atteindre la demi-finale à trois reprises. Par trois fois, il avait atteint la finale à Paris, mais par deux fois Rafael Nadal et, en 2015, Stan Wawrinka, lui avait volé la victoire. Jusqu’à ce qu’il triomphe enfin de ses démons en 2016 en devenant le huitième joueur de l’histoire du tennis à inscrire tous les titres du grand chelem à son palmarès. Dans la foulée, Djokovic perd sa “raison d’être” et donc sa came et sa motivation, ce petit plus qui fit de lui une incroyable machine à gagner, presque imbattable au faîte de sa gloire.


“Travaux de réparation internes” Des soucis physiques viennent se greffer sur ces vagues à l’âme. Djokovic commence à souffrir du coude, mais espère que son mode de vie holistique (le gourou Pepe Imaz avait alors une grande influence sur lui) peut soigner le mal. Au grand dam d’André Agassi, venu rejoindre l’équipe Djokovic, mais qui n’a pas le temps de laisser sa marque, puisqu’en 2017, Djokovic doit se tenir à l’écart des courts pendant six mois et a une autre conception sur la voie à suivre. Début 2018, le Serbe décide de se faire opérer. On s’est demandé alors si le chirurgien ne lui avait pas trituré le mental, car Wimbledon (où il remporte son treizième titre de grand chelem) marque le début d’une nouvelle ascension et d’un règne sans partage. Il remporte l’US Open et survole l’Open d’Australie en début d’année. La résurrection est miraculeuse. “Ces quinze derniers mois, j’ai fait procéder à un tas de réparations internes, explique en souriant Djokovic. Je suis revenu d’une blessure grave et d’une intervention chirurgicale, mais en même temps j’étais très anxieux et impatient. J’étais vraiment à deux doigts de raccrocher la raquette. Ce retour au sommet est comme un conte de fées, mais je me souviens surtout d’une chose : si, dans ces moments, les circonstances sont défavorables et difficiles, il faut pratiquer l’introspection, car c’est là que réside la solution. Je n’en avais jamais fait l’ex-

tennis à Kopaonik, une station de sports d’hiver dans la plus grande chaîne de montagnes serbe, où ses parents, Srdan et Dijana, tiennent une pizzeria. Djokovic est vite remarqué par l’entraîneure de tennis Jelena Gencic, qui lui inculque les bases. “C’est le plus grand talent que j’aie jamais vu depuis Monica Seles”, aurait avoué Gencic après une première rencontre. Les deux font équipe pendant six ans. Mais dans ce hameau reculé, il n’y a pas assez de concurrence pour le petit as de la raquette et Djokovic doit déménager pour se forger une carrière. Il change de crèmerie pour suivre les cours de l’ancien champion yougoslave Niki Pilic, qui tient une école de tennis près de Munich. Un déménagement et un séjour qu’il vit seul. À quatorze ans, il devient champion d’Europe. La famille Djokovic, comme tant d’autres dans cette région, a aussi souffert de la guerre en ex-Yougoslavie. Le conflit au Kosovo à la fin des années 1990 oblige Novak et toute la famille à s’abriter régulièrement dans la cave de l’appartement du grandpère Djokovic pour échapper aux bombardements de l’OTAN. Une fois la fumée dissipée et le soleil levé, le jeune Djokovic retourne s’entraîner sur les courts. “Ça nous a endurcis, confie-t-il. Ça nous a donné la niaque.” Cette expérience lui apprend à serrer les dents à ses débuts dans le circuit professionnel. D’autant qu’il désarçonne ses adversaires et le public. Pour les spectateurs, c’était un merveilleux show man qui, avec ses imitations (dont le trottinement de Maria Sharapova et les réajustements de slip de Rafael Nadal) a un petit peu secoué le monde du tennis “bien sous tous rapports” que Nadal et Roger Federer avaient institué. On ne lui tiendra pas rigueur de cette quête des feux de la rampe, d’autant qu’au début de sa carrière professionnelle, il se distinguait surtout par ses interruptions de jeu intempestives pour raison médicale, plus perçues comme des tentatives de déstabiliser l’adversaire que comme des demandes justifiées de médecin ou de physiothérapeute.

“Un certain mystère entoure sa mue de néophyte perclus de soucis de santé et de problèmes physiques en professionnel aguerri et imbattable.” périence auparavant et je n’y croyais pas totalement, mais d’être passé par là, je sais ce que ça veut dire. Désormais, je trouverai toujours la force et la motivation pour persévérer.” La concurrence sait à quoi se tenir !

Terré dans la cave Djokovic a toujours été un philosophe et un penseur, parfois sous des dehors de plaisantin et de râleur, mais possédant en même temps les qualités nécessaires pour faire passer son message. Un garçon avec des valeurs qui, dès son plus jeune âge, n’a pas eu la vie facile pour poursuivre et réaliser son rêve. À quatre ans, “The Djoker” se met au 18 PLAY TENNIS

Djokovic vs Belgique : pas de moisson de fans “En début de carrière, j’étais considéré comme un rebelle, reconnaît Djokovic. Comme un outsider qui allait faire vaciller la couronne des deux empereurs qui dominaient le circuit. “C’est qui ce type qui vient de Serbie, un petit pays, et qui se fend


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Les "Laureus World Sports Awards" sont les récompenses les plus importantes qu'il existe dans le monde du sport. Et Djoko en a déjà rafflé... 4 !


de pouvoir battre les plus grands et de devenir le numéro Début mai 2005, Djokovic participe à sa troisième Coupe un mondial ?'’ Je comprenais la réaction des gens, mais Davis au modeste club de tennis T.K. Gemax à Belgrade, je pensais que la seule façon de me présenter à eux était contre la Belgique. À dix-sept ans, il impressionne déjà de leur montrer que je méritais ma place. J’ai essayé de en bataillant ferme contre Olivier Rochus en cinq sets. les respecter (Nadal et Federer) Djokovic se fait remarquer par son esparce que nous étions dans le prit combatif, ses jolis coups, sa tran“En début de carrière, j’étais même bateau. Nadal et Federer sition facile de la défense à l’attaque et ont fait de moi un meilleur considéré comme un rebelle, comme ses amortis, à l’époque peu judicieux. joueur de tennis et le joueur un outsider qui allait faire vaciller la Le dimanche, contre Kristof Vliegen, que je suis aujourd’hui. Mais s’incline en quatre sets. Huit ans couronne des deux empereurs qui ilplus je devais faire mes preuves, et tard, un tout autre Djokovic se dominaient le circuit.” je dois encore le faire tous les présente à Charleroi. Il flirte avec jours. Je me rends compte que l’arrogance et use de son aura pour je n’atteins toujours pas leur capital sympathie auprès du faire annuler la rencontre, ou presque. Au Spiroudôme, un grand public. Ce n’est pas étonnant. Ils ont tellement do- court en terre battue a été aménagé pour mener la vie dure miné le circuit. Ce sont des champions sur les courts et en aux Serbes. Par manque de temps, le terrain n’est pas ce dehors. Mais cela ne fait que m’inciter à persévérer.” qu’on aurait pu appeler un billard au cours des premiers

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jours. Les nombreuses imperfections irritent au plus haut point le numéro un mondial de l’époque qui refuse dans un premier temps de participer à la rencontre. “C’est le pire terrain que j’aie jamais vu de ma vie, déclare Djokovic après à peine une journée d’entraînement. La FIT joue avec notre santé.” La Fédération internationale de Tennis ne pouvant se permettre de perdre la face, elle enjoint à la Fédération belge de Tennis de remuer ciel et terre pour que le terrain soit praticable. Le jeudi, on faisait venir en toute hâte et en avion le responsable des terrains de Roland Garros pour effectuer une dernière inspection et prodiguer ses conseils. Le vendredi, après une nuit de dur labeur, Djokovic daigne monter sur le terrain. Il bat Olivier Rochus en trois sets de courte durée et quitte notre pays un jour plus tard, sur un score de 0-3 pour la Serbie. À Charleroi, il ne fait pas contre pas le plein de nouveaux supporters. 22 PLAY TENNIS

Sans gluten Ces vétilles continueront à hanter Djokovic tout au long de sa carrière, à un tel point qu’il n’a pas fait l’objet de l’adoration et du soutien unanime dont ont bénéficié ses concurrents directs. Un certain mystère entoure sa mue de néophyte perclus de soucis de santé et de problèmes physiques en professionnel aguerri et imbattable, que Djokovic (il est connu pour ne rien vouloir révéler sur ses entraînements physiques) attribue en partie à son passage au régime sans gluten en 2010. La métamorphose est telle que plusieurs de ses confrères passent aussi au régime du gluten, sans savoir si cela leur sera bénéfique. “Ce régime sans gluten a apparemment occupé pas mal de journalistes pendant un certain temps, ne peut s’empêcher de constater Djokovic d’un ton sarcastique. Comme si cet aspect de ma vie était le plus grand secret de mon succès, ce qui n’est pas du tout le cas. C’est un grand changement qui m’a aidé à aller mieux, mais ce n’est pas parce que je


LE RED BULL SPOTLIGHT MET LA SUEUR… SOUS LES PROJECTEURS !

Grâce à un set-up unique, Red Bull Spotlight combine l’entraînement de haute intensité au travail d’équipe. 128 participants, divisés en équipes de 2 (un homme et une femme), ont relevé le défi lors de la deuxième édition qui se tenait en avril dernier à Vilvoorde. Un spectacle haut en couleurs ! Le principe est simple, les équipes marquent des points en effectuant des exercices spécifiques. Elles disposent de deux minutes par équipe pour répéter ces exercices le plus de fois possible. D’abord en phase de groupe, avant de passer aux phases finales par KO. Le tout, sur le rythme endiablé de Red Bull Big Bob. Cette année les deux teams belges qui ont remporté la victoire de « l’équipe la plus en forme de Belgique » sont Nicolas Bardax & Ariane Flies (team Facundito MH) et Michel Cuypers & Estelle Tricourt (team Thunder Cats). Une ambiance de folie pour cette seconde édition qui a enthousiasmé les participants et les spectateurs ! La vente des billets en une heure seulement dit tout sur l’engouement général. Il est vrai que faire du sport ensemble, se donner à fond, se motiver mutuellement et repousser ses limites, c’est d’autant plus agréable que seul. C’est en tout cas ce que le Red Bull Spotlight a démontré en enflammant la Kruitfabriek avec ce concept insolite. #redbullfitfriends Pour de plus amples informations : www.redbull.be/spotlight


“Il y a eu beaucoup de moments où j’ai été frustré, où je me suis posé des questions et où j’ignorais comment j’allais encore pouvoir atteindre le niveau désiré. Je suis content d’avoir dû traverser cette période en demi-teinte, de tumulte mental, de doutes, de peur et de frustration. Cela donne du piment à l’aventure.

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mangeais sans gluten que je me suis pour autant mis tout à coup à remporter tous mes matchs.” Cependant, c’est un an plus tard que Djokovic brille sur la scène internationale du tennis. En 2008, il remporte son premier titre de grand chelem à l’Open d’Australie - qui allait devenir son tournoi de grand chelem de prédilection - mais c’est trois ans plus tard qu’il installe une véritable hégémonie sur le circuit ATP. Son tennis n’a ni la classe, ni le flegme de Federer, ni l’abandon total de Nadal. Il repose sur la combativité, l’intelligence tactique, une gamme complète de possibilités, l’endurance physique et mentale. Djokovic déstabilise ses adversaires qui ne savent pas où envoyer la balle pour le prendre en défaut. Il résiste à chaque attaque et la transforme en une frappe dévastatrice, aidé par un excellent retour de service et un jeu de jambes exceptionnel. Il crée une sorte de barrière mentale devant l’adversaire en restant irréprochable dans tous les domaines. “La visualisation est une chose en laquelle je crois énormément, a-t-il expliqué en parlant de son entraînement mental. Je crois en la loi de l’attraction : on a ce qu’on imagine dans sa tête. C’est comme ça que ça marche dans la vie.”

Son cœur de métier est bien sûr toujours le tennis, qu’il a pratiqué pendant la majeure partie de sa carrière au plus haut niveau. Même si les analystes, les connaisseurs et les ex-joueurs le considèrent comme l’un des meilleurs joueurs de tous les temps depuis plusieurs années, il n’a pas reçu immédiatement les faveurs du grand public. Cependant, il est le seul joueur qui puisse présenter un solde positif contre n’importe quel adversaire. Nadal était jusqu’à présent son plus grand rival ; dans leurs duels, le Kid espagnol mène Djokovic 28 à 25. Leur affrontement le plus épique fut la finale de l’Open d’Australie 2012, qui a duré cinq heures et 53 minutes et s’est terminée bien après minuit. Face à Federer, “Nole” a une avance de 25 à 22. Leur finale en 2014 à Wimbledon bat tous les records en termes de tension et de classe. Contre Andy Murray, le score est de 25-11 ; leurs rencontres à Shanghaï et à Rome en 2012 ont été sacrées matchs de l’année. Contre Wawrinka (19-5), Del Potro (15-4) et Tsonga (18-6), Djokovic est toujours resté maître du jeu. Il est donc logique qu’avec un tel palmarès, il fasse partie du cénacle des plus grands joueurs de tous les temps. D’autant que son palmarès est incroyablement complet. Avec la Serbie, il a remporté la Coupe Davis à Belgrade en 2010, ce qui lui a valu le statut de héros de la nation pendant des jours. Depuis plus de 230 semaines, il est numéro un mondial et, avec ses quinze La vie lui sourit. En titres au grand chelem, il 2014, il épouse Jelena pourrait même rattraper Ristic, son amour de Federer (20) dans un avenir jeunesse. Leur fils proche. Il a remporté cinq Stephan naît en octobre fois les Masters et détient de la même année. aussi un titre en double. Un En septembre 2017, détail peut-être, mais le seul une petite sœur Tara fait d’armes important qui pointe le bout de son manque à son impressionDevenue son épouse en 2014, Jelena est sa plus grande fan ! nez. Djokovic avait déjà nant palmarès est l’or olymconstruit un petit empique. À Pékin en 2008, pire dans son pays natal. En 2008, il ouvre le Novak Café & Djokovic perd contre Nadal en demi-finale, mais ravit la médaille Restaurant à Belgrade, qui devient rapidement une chaîne. de bronze à James Blake. Quatre ans plus tard, à Londres, il est Un an plus tard, il tente même de faire décoller un tournoi même le porte-drapeau de la Serbie, mais il s’incline à nouveau en ATP dans son pays, mais même avec son oncle Goran aux demi-finale, cette fois devant Andy Murray. Dans sa lutte pour la commandes, l’événement jette l’éponge après quelques anmédaille de bronze, il est battu par Juan Martin Del Potro. À Rio en nées. Djokovic lance sa ligne d’aliments sains “Djokolife” 2016, le grand Argentin se met à nouveau sur son chemin au preet en 2016, il ouvre le restaurant végétarien Eqvita à Montemier tour. La déception est immense. C’est la première fois depuis Carlo, son nouveau port d’attache. Avec sa Fondation Novak janvier 2009 que Djokovic est défait dans un premier tour. Il faut Djokovic, sous les auspices de son épouse Jelena, il s’emploie savoir que l’homme des Balkans est très sensible et patriote. Il doit aussi à faire sa part pour donner aux enfants moins fortunés trépigner d’impatience à l’idée de participer aux Jeux olympiques un avenir meilleur. de Tokyo l’année prochaine, pour y décrocher l’or.

Un père de famille au solde positif

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“C’est qui ce type qui vient de Serbie, un petit pays, et qui se fend de pouvoir battre les plus grands et de devenir le numéro un mondial ?'’

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Exploits

Double retour 2016 marque donc un tournant dans sa carrière. Boosté par sa victoire à Roland Garros, son mental accuse néanmoins une baisse de régime. Pour renverser la vapeur, Djokovic essaie toutes les tactiques. Y compris virer toute son équipe. En avril 2017, après s’être incliné à Monte-Carlo contre David Goffin, il prend une décision fracassante. Son entraîneur de longue date, Marián Vajda, avec qui il avait tissé un lien très fort, voulait certes lever le pied, mais il décide de s’en séparer. Son préparateur physique Gebhard Phil-Gritsch et

slovaque. Ne tenant pas à abandonner son protégé, Vajda ne tarde pas à accepter. À une condition : il faut couper les ponts avec le gourou Pepe Imaz. “Nous voulions limiter le nombre de personnes dans sa vie, confesse Vajda. Le tennis, ce n’est pas de la philosophie.” Djokovic revient aux fondamentaux. “Quand nous avons recommencé à travailler ensemble, j’ai retrouvé le même Novak, un champion, révèle avec fierté Vajda, qui renoue immédiatement avec les succès d’avant. Même séparés, nous avions encore des contacts, se souvient Djokovic. Nous sommes une famille, nous nous aimons.” Le retour de Vajda et du préparateur physique Gebhard remet le fils prodigue en selle.

Après ses victoires en 2016 et 2017, Djoko tenterait-il de se réapproprier le trophée du Qatar Open ?

son physiothérapeute Miljan Amanovic sont également remerciés pour leurs services. “Après une analyse scrupuleuse de son jeu et des résultats obtenus précédemment et après avoir parlé avec chaque membre de l’équipe de leur avenir, il a été décidé d’emprunter des chemins différents, pouvait-on lire dans un communiqué laconique sur son site Internet. Malgré cette fantastique coopération, Novak a estimé qu’il était temps de changer de cap et d’insuffler une nouvelle énergie pour essayer d’élever son niveau.” Un peu plus tard, Andre Agassi et Radek Stepanek rejoignent le bateau, mais aucune des deux célébrités ne parvient à restaurer la force mentale et physique de Djokovic. Pour cela, il lui faudra pratiquer l’introspection et renouer avec son ancienne équipe. En avril dernier, Djokovic rappelle son mentor, Marián Vajda, en vacances en République dominicaine. “Il donnait l’impression d’être assailli de doutes et m’a demandé ce que je pensais de son tennis”, confie l’ancien joueur

Du piment dans l'aventure Avec des victoires à Wimbledon, Cincinnati, à l’US Open, à Shanghaï en finale à Paris-Bercy et aux Masters de Londres, il domine la dernière partie de la saison. Au classement ATP, il se forge un avantage énorme sur ses concurrents immédiats aux noms ronflants. Incroyable quand on voit où se trouvait Djokovic au début de 2018, mentalement, physiquement et tennistiquement. Il s’était incliné au quatrième tour des Internationaux d’Australie, il avait perdu ses premiers matchs à Indian Wells et Miami et s’était fait étonnamment ratatiner en quarts de finale de Roland Garros par un illustre inconnu, l’Italien Marco Cecchinato. “Il y a eu beaucoup de moments où j’ai été frustré, concède Djokovic. Où je me suis posé des questions et où j’ignorais comment j’allais encore pouvoir atteindre le niveau désiré. Je suis content d’avoir dû traverser cette période en demi-teinte, de tumulte mental, de doutes, de peur et de frustration. Cela donne du piment à l’aventure.”


Naomi Osaka Une étoile est née ! C’est une de ces histoires de tennis que l’on croirait romancée pour le cinéma, comme celles de Maria Sharapova ou des soeurs Williams, le rêve américain version Hollywood.

I

l y a un peu plus d’un an le nom de Naomi Osaka n’était connu que des habitués du circuit, une jeune joueuse parmi d’autres naviguant autour de la 60e place mondiale. Tout a changé à Indian Wells 2018. En quelques mois, celle que l’on appelait “la Japonaise noire” a remporté d’affilée l’US et l’Australian Open, devenant numéro une mondiale à 21 ans. Elle veut être la nouvelle Serena, rien de moins, mais assumer un truc pareil n’est pas simple, surtout à son âge, elle a pu s’en rendre compte depuis. On vous raconte (presque) tout.

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Un père qui avoue que sa vie a changé lorsqu’il a découvert un reportage sur Richard Williams dont les filles révolutionnaient le tennis féminin à la fin du siècle dernier. Une gamine qui ne s’est jamais identifiée qu’à une joueuse, qui ne veut pas seulement devenir numéro une mais “être Serena”. “C’est la seule comme moi, grande, puissante, bonne au service, et noire”. Le décor est planté. Naomi Osaka s’est inspirée tennistiquement de tout ce qu’elle pouvait chez la cadette des soeurs Williams, dans les gestes, l’attitude, jusqu’à travailler avec un ancien sparring partner ou préparateur physique de son modèle... et à la priver en passant de


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cette 24e couronne en Grand Chelem qui la motive - ou la tétanise - tant. Sur le court, elle a le même regard qui tue et l’Allemand Sascha Bajin, le sparring en question qui fut son coach, n’a jamais caché que les balles de la Japonaise frappaient aussi fort que celles de l’Américaine. Pour autant dans la vie, avec le sourire timide de Naomi, on est loin de la flamboyance à laquelle Serena nous habitue depuis vingt ans, on lui trouverait plutôt des atomes crochus avec une autre de ses idoles, Rafael Nadal. “Deux personnes différentes cohabitent en moi”, révèle-t-elle ainsi, “l’une, agressive et sûre d’elle, celle que vous voyez sur le court lorsque je joue; l’autre, calme et posée, qui aime être seule, celle qui existe le reste du temps.”

Trois titres pour être numéro une C’est tout ce qui a fait le “mystère Osaka” lorsqu’elle a explosé aux yeux du monde au début septembre 2018 dans un stade Arthur Ashe en fusion. On y a découvert une bouille ronde et juvénile, à la peau black et aux yeux bridés, pleine de maîtrise, armée d’un mental de fer, au regard impénétrable, d’apparence indestructible même lorsque les éléments se déchaînent, c’est-à-dire quand Serena justement met le feu à l’US Open, dégoupille en finale, traitant l’arbitre de voleur sexiste. Et puis il y a le contraste une fois le match fini, la transformation de l’irréductible “samourai” en une jeune fille

réalisée chez les filles par Justine, Kim et bien sûr Serena au cours de ce siècle, tout ça en moins d’un an, c’est forcément qu’on a quelque chose que d’autres n’ont pas. En même temps quand, après avoir causé une drôle de surprise en renvoyant son entraîneur allemand fin janvier juste après son triomphe australien, elle a peiné à confirmer en début d’année, elle a découvert le revers de la médaille, d’anciens formateurs sont même sortis de l’ombre affirmant n’avoir pas été payés pour leur travail, l’un d’eux a porté plainte en justice. “Il y a moins d’un an elle n’était pas Top 10, et, là, elle s’est retrouvée numéro une, victorieuse de deux Grands Chelems, ce qui ne m’est jamais arrivé, la pression est donc encore bien plus forte pour elle”, a réagi son compatriote Kei Nishikori. “Il faut forcément un peu de temps, mais elle s’adaptera, elle est calme et elle a un gros mental.”

Le nom de sa mère Unique et rare, elle l’est à bien des égards, Naomi. Vous connaissez beaucoup de Japonaises à la peau noire dans un pays où la mixité, la diversité ethnique est une des plus faibles de la planète et où l’homogénéité de la population est quasi inscrite dans la tradition du Japon millénaire ? Une Japonaise à la triple nationalité qui plus est, américaine parce qu’elle a déménagé en Floride à l’âge de trois ans et que c’est là qu’elle a vécu, et haïtienne parce que son père est originaire de cette île des Caraïbes. Une mosaïque à elle toute seule. Elle est née à Osaka... mais son nom est en fait celui de sa mère, le père n’ayant jamais cédé le sien à ses deux filles (Mari et Naomi) de peur qu’elles soient victimes de discrimination dans leur pays natal. Comme elles ont grandi en Amérique, ce nom sonne maintenant comme un rappel constant de l’endroit où elles sont nées. “C’est mon père qui a choisi que ma soeur et moi options pour la nationalité sportive japonaise, étant née là-bas j’ai trouvé ça assez logique, je ne me sens pas nécessairement Américaine”, dit-elle. Pas étonnant qu’il ait fallu toutes ces années à cette jeune et légère citoyenne du monde, qui ne se posait pas tant de questions, pour assumer son identité. “J’ai toujours été différente, on ne savait dans quelle case me ranger, mais cela me permet peut-être aujourd’hui de toucher plus de gens sur la planète”, sourit-elle, “les questions de diversité sont certes importantes partout mais au Japon plus qu’ailleurs. Il existe un fossé avec les Japonais de souche, mais j’ai pu voir que les choses étaient en train d’évoluer,

“On baignait dans ce sport, mon plus vieux souvenir c’est mon père nous envoyant des balles.” douce, humble, plutôt bien élevée, ne manquant pas d’autodérision, presque candide, noyée dans les larmes, qui ne sait plus trop comment se comporter dans le chaos new-yorkais avec au fond de la gorge l’arrière goût doux-amer de voir le plus beau jour de sa vie, celui dont elle avait rêvé toute petite, gâché par celle qui lui avait donné l’envie d’y être. Depuis, on a appris à mieux connaître cette championne qui n’a eu besoin que de trois titres (un Masters 1000 et deux Grands Chelems, il est vrai) pour devenir une première fois numéro une mondiale, là où tant d’autres y sont arrivées à l’usure sans un trophée majeur à leur palmarès. Quand on gagne un premier Masters 1000 en battant Sharapova, Radwanska, Pliskova, Halep et Kasatkina, avant de s’adjuger deux Grands Chelems d’affilée, Flushing Meadows et Melbourne, performance seulement

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beaucoup de gens dans mon pays sont fiers de me voir gagner. J’espère que mes performances aideront la société à considérer cette diversité comme une richesse.” A un an et demi des Jeux olympiques de Tokyo, les sponsors ne s’y sont en tout cas pas trompés. Au contraire de sa soeur, Naomi ne maîtrise pourtant pas parfaitement le japonais, ou en tout cas se trouve trop timide et perfectionniste pour l’utiliser en public, alors que sa mère lui parle dans sa langue depuis toujours. “Je comprends pratiquement tout et je le parle quand je veux, en famille, avec les amis”, insiste-t-elle. Paradoxe de plus, il lui arrive donc de répondre en anglais aux questions des journalistes de son pays, et dit prendre des cours pour améliorer sa pratique.

Le plan Williams Or donc, tout a commencé à Sapporo, la capitale de l’île d’Hokkaido, au début des années 90. C’est là que la mère de la joueuse, Tamaki, a été envoyée pour suivre les cours à l’université et qu’elle a rencontré Léonard François, un des rares étudiants de race noire dans la région. Ils se sont plu, tout en cachant leur relation aux parents de Tamaki. Dans une des régions les plus conservatrices du pays, le père de cette dernière avait en tête un mariage arrangé et est entré dans une rage folle lorsqu’il a appris la nouvelle, coupant les ponts avec sa fille et accusant le jeune homme de déshonorer sa famille. La rupture a duré quinze ans.

“Beaucoup de gens dans mon pays sont fiers de me voir gagner.”

Après avoir déménagé à Osaka et donné naissance à deux petites filles à 18 mois d’intervalle, le couple décida d’émigrer aux Etats-Unis.


Adidas et Nike se sont battus pour son contrat, le plus important du tennis fĂŠminin. Jackpot !

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Exploits François raconte qu’il a “vu la lumière” lors de la retransmission télévisée de Roland Garros 1999 et de la victoire en double des soeurs Williams, encore adolescentes, dont la force et les frappes avaient littéralement broyé les petites divas Martina Hingis et Anna Kournikova, le tennis féminin changeait alors de dimension. Léonard a un peu joué au tennis, Richard, le père de Venus et Serena, pas du tout, ce qui ne l’a pas empêché de mettre au point un plan pour faire de ses filles des championnes, leur apprenant à servir fort et à frapper des missiles aux quatre coins du terrain. “Le plan était là, je n’avais qu’à le suivre”, explique Léonard François.

“Je voulais battre ma soeur” Il a pris le risque tandis que sa femme occupait un emploi de bureau pour faire vivre la famille avec peu de moyens, et aussi étonnant que cela puisse paraître ça a marché. “J’ai rêvé toute ma vie d’être athlète de haut niveau”, continue Léonard François. “Et puis, j’ai vu ces deux joueuses, entraînées par un père qui était de la même couleur que moi, je me suis dit que des gens comme nous pouvaient aussi réussir. Je me suis beaucoup instruit, j’ai lu des livres sur la physiologie, la technique, la pédagogie, j’ai regardé des tas de DVDs.” La famille multiculturelle s’est installée durant cinq ans à Long Island, à proximité d’une salle de gym et de courts ouverts au public, les filles se sont mises à frapper des centaines, puis des milliers de balles par jour, avant d’émigrer vers le sud de la Floride et de tout miser sur le tennis, avec les cours d’école le soir à la maison. Un pari osé et incertain, qui a d’ailleurs rendu à l’époque les retrouvailles avec les grands parents japonais plus délicates encore, ces derniers grommelant que le tennis est un hobby pas une profession. “On baignait dans ce sport, mon plus vieux souvenir c’est mon père nous envoyant des balles”, raconte Naomi, “il ne nous forçait pas, c’était devenu notre mode de vie, notre passion, mais parfois il en parlait tellement que Mari et moi ne voulions plus lui adresser la parole. Ce n’est pas tant que j’aimais taper la balle mais je voulais arriver à battre ma soeur.” Elle a dû attendre douze ans pour que cela se produise, profitant d’un regain de croissance pour prendre le meilleur. “Pour elle ce n’était pas une compétition, pour moi si, chaque jour”, précise-t-elle. Les deux filles, et leur mère, n’en sont pas moins très complices. Pour la petite histoire, Mari, sur laquelle reposaient les premiers espoirs de Léonard et qui a été confrontée à quelques blessures, figurait fin mars aux environs de la 330e place mondiale.


Nike coiffe Adidas au poteau

L’amulette porte-bonheur

Comme les Williams, les Osaka ont en partie "zappé" le circuit La couleur de peau justement, c’est le domaine où sa réussite jeunes pour se mesurer plus vite aux adultes. Depuis ses débuts sur et sa popularité peuvent, au delà du sport, aider à faire chanles tournois internationaux, Naomi se démarque par la puissance ger les mentalités dans son pays d’origine où la question de de ses frappes et son agressivité. Joueuse quelconque lorsqu’elle savoir si une personne métisse peut pleinement représenter était plus jeune, n'intéressant guère la fédération américaine, ce la société japonaise reste d’actualité. “J’espère qu’elle fera évoqui encouragea sans doute son père à opter pour le Japon, elle s’est luer cet héritage culturel et la question de la mixité au Japon”, affirmée à la fin de l’adolescence, s'entraînant à Boca Raton, en confirme son manager, “j’ose penser qu’elle ouvre une porte, Floride, dans la Evert Tennis Academy - présidée par Chris Evert et et pas seulement dans le tennis ou le sport.” Au pays du soleil fondée par son frère John. "Ma vie a changé depuis ma victoire l'an levant, une personne de race mixte est une “hafu” (de l’anglais dernier à l’US Open, beaucoup de gens me sollicitent", confirme“half”). En 2015 déjà, une fille mi-japonaise/mi-afro amérit-elle. Plus encore, caine, Ariana Miyamoto, en étant la première est devenue Miss à gagner des Grands Univers et s’est servie Chelems pour le Japon, de son succès pour faire Naomi peut faire d'une prendre conscience de pierre au moins deux la discrimation dont une coups. D'abord pour frange de population fait l’objet. La jeunesse elle-même, en suivant a largement applaudi, la voie de Nishikori, mais certains commenunique figure de proue tateurs “old school” n’ont du tennis masculin jamais accepté son vidans son pays, qui sage comme symbole de s'inscrit parmi les plus beauté nippone. “Elle a gros revenus du circuit l’air d’une étrangère en ATP grâce à la richesse tous points”, ont-ils inde sponsoring du mardiqué. Cela s’est un peu ché japonais alors qu'il n'a jamais enlevé de mieux passé dans le dotournoi majeur. On a maine sportif où médias, d'abord annoncé errosponsors et fans étaient nément la reconducpreneurs d’une pretion du contrat Adidas mière star féminine en d'Osaka à hauteur de tennis. Naomi a repous7,5 millions d'euros sé les barrières grâce à annuels, le plus imses résultats, tous ses portant de l'histoire du matches sont diffusés à tennis féminin, avant la télé, et sa soeur lui a d'apprendre début avril conseillé de porter perque c'est en réalité ruque et lunettes de soNike qui a coiffé tout le leil lorsqu’il lui arrive de monde au poteau - en se promener au Japon. ce compris le Japonais Son grand-père maternel Devenue coqueluche des médias, la joueuse Uniqlo également cité. lui-même a viré sa cuti, a notamment fait la une du célèbre magazine "Time". Autrement dit... jackpot le dénigrement qu’il ! Pêle mêle, elle est aussi devenue ambassadrice de Nissan et des manifestait vis-à-vis de l’orientation de ses petites filles s’est montres Citizen Watch, s'est engagée avec All Nippon Airways et progressivement transformé en support, et il est sorti du bois vante les nouilles de Nissin Food prêtes à consommer. Une pub pour soutenir Naomi quand des médias se sont interrogés sur pour ces dernières, sous forme de manga, a d'ailleurs provoqué ses racines japonaises. Elle trimballe depuis, accrochée à son un mini scandale, la peau de la joueuse ayant été exagérément sac de sport, une amulette porte-bonheur qu’il lui a offerte. Le blanchie, elle a cessé d'être diffusée. Japon change... doucement.

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Tennis de l’extrême En plus de 100 ans d’histoire tennistique, les spectateurs ont pu assister à bien des défis, des exhibitions ou encore des événements, heureux ou non, de l’extrême. Retour en images sur ces scènes qui ont marqué les esprits.

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Service volant ! Gladys Roy & Ivan Unger (Los Angeles 1925) La pratique baptisée wingwalking (marche sur ailes) fait son apparition dès 1920 dans les shows aériens partout dans le monde. Omar Locklear joue un rôle de pionnier dans ce contexte, lorsqu’il commence à marcher sur les ailes d’avions de guerre pour effectuer des réparations en plein vol. Gladys Roy et Ivan Unger sont deux des noms connus qui, sous l’appellation Flying Circus (Cirque volant), ont écumé les shows aériens pour impressionner le public avec leurs cascades à couper le souffle.

L

a marche sur ailes a également connu des variantes : on a par exemple vu deux avions attachés ensemble, un cascadeur faire un poirier sur l’aile, et un autre littéralement serrer les dents pour rester accroché à l’avion. Le tennis a aussi fait partie du spectacle sur ailes proposé par Roy et Unger, pour le plus grand plaisir des curieux.

Bluff Même si les journaux locaux ont indiqué que les deux casse-cou ont joué un match, il est passablement impossible de vraiment jouer un échange en plein vol, mais la scène a de l’allure et l’idée était belle et originale. L’avion utilisé pour cette petite partie de tennis était un biplan Curtiss JN-4 ‘Jenny’. L’appareil atteint des vitesses allant de 65 à 95 km/h, ce qui n’est pas assez rapide pour souffler les joueurs, a fortiori en sachant que leurs bottes étaient fixées à l’avion.

Notoriété mondiale Roy et Unger, qui faisaient partie du groupe des Thirteen Black Cats (treize chats noirs) ont connu une célébrité mondiale grâce à la photo, prise lors d’une exhibition organisée à Los Angeles, mais le tennis n’était qu’une des cascades dont ils étaient capables. Gladys a aussi dansé le Charleston et a même osé traverser

l’aile en marchant avec les yeux bandés. En 1926, la mode de la ‘marche sur ailes’ s’estompe quelque peu. “Les gens commencent à se lasser de nos cascades”, écrit Roy dans le Los Angeles Times. “Voilà pourquoi nous devons toujours inventer des tours plus spectaculaires si je veux conserver mon nom et ma réputation de casse-cou. Jusqu’au jour où il y aura un accident, puis…”

Un décès banal Celles et ceux qui pensaient que Gladys Roy avait vraiment perdu la vie en exécutant une de ses cascades vont être surpris par la banalité de son décès. Alors qu’elle pose avec la gagnante d’un concours local pour un show aérien organisé en Ohio, elle descend de son avion et, pour une raison ou l’autre, passe sous l’hélice de son appareil, qui tourne encore. Elle décède à 25 ans à l’hôpital des suites de ses blessures à la tête. Roy (et Unger) ont survécu dans les mémoires grâce à leur photo tennistique. Des cartes postales avec leur petite partie de tennis ‘de haut vol’ sont toujours proposées à la vente. Aujourd’hui, toutes sortes de shows aériens comprennent encore des cascades avec ‘marche sur ailes’. Plus encore, en Amérique et au Royaume-Uni, des sorties sur les ailes d’un biplan sont proposées à toutes les personnes ayant le temps pour une heure de formation et 700 dollars à dépenser. N’hésitez donc pas à emporter vos raquettes de tennis pour essayer d’imiter Roy et Unger. Vous pourriez bien vous retrouver immortalisés sur une photo d’anthologie.


“Ça reste extraordinaire, surtout quand on se rend compte qu’il n’y a rien endessous de nous.”

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High sensations Roger Federer & Andre Agassi (Dubaï 2005) 210 mètres au-dessus du sol. C’est à cette altitude que se sont retrouvés Roger Federer et Andre Agassi le 22 février 2005, sur l’héliport de l’hôtel sept étoiles Burj al-Arab de Dubaï. Pour assurer la promotion du tournoi Dubai Duty Free Championships, les organisateurs ont la brillante idée d’opposer les deux plus grandes stars du tennis du moment au sommet de l’hôtel.

P

our l’occasion, un revêtement en gazon synthétique d’un vert éclatant est installé, avec les lignes d’un court de tennis, ce qui a donné des photos aussi uniques qu’étranges sur lesquelles on voit Agassi et Federer jouer sur une immense toile de fond brun-beige et vert-bleu mêlant mer, gratte-ciel et désert.

Expérience inoubliable “C’était vraiment une expérience inoubliable”, avoue alors Agassi. “Quand on se retrouve là pour la première fois, on se rend vraiment compte à quel point c’est haut. C’était aussi sympa de taper la balle. Je n’ai pas eu de problème avec l’altitude, tant qu’on m’épargne le saut à l’élastique.” Pour Federer aussi, ça a été toute une aventure : “Je ne savais pas très bien à quoi m’attendre, mais la vue est absolument phénoménale. Je suis déjà venu souvent à Dubaï, et j’ai séjourné quelques fois à l’hôtel Burj al-Arab, mais c’était vraiment une belle initiative. Jouer au tennis au sommet d’un hôtel aussi fantastique tout en pouvant observer tout Dubaï est vraiment très spectaculaire.” On raconte que c’est Federer lui-même qui a eu l’idée d’utiliser un hélicoptère. “C’était génial”, raconte-t-il. “Ça a été une journée parfaite. Il n’y avait pas de tempête de sable, le ciel était dégagé, avec très peu de vent. Je savais donc comment on pouvait améliorer l’ensemble : en faisant tourner un hélicoptère autour de nous pour nous filmer en train de jouer au tennis, plutôt que de simple-

ment prendre des photos sur la plateforme. Cela permettait de mieux montrer à quel point nous étions haut.” Les images ont fait le tour du monde à l’époque, et sont toujours bien présentes aujourd’hui sur internet. Les photos ont plus ou moins lancé la mode d’un nombre toujours plus important de coups de communication du genre pour attirer l’attention sur des événements. “Les gens en parlent toujours aujourd’hui”, sait Federer. “Et on me raconte toujours des histoires de personnes qui séjournent à l’hôtel et demandent pour aller jouer au tennis au sommet de la tour. ‘On n’a pas de court de tennis là-haut’, leur répond-on souvent. ‘Non, non, je sais que vous en avez un’, répondent alors ces personnes.”

Bis repetita Sept ans après ce très beau coup publicitaire, Federer et Novak Djokovic réalisent un autre shooting photo au même endroit, mais sans raquettes cette fois. Pour l’occasion, un gigantesque ‘20’ avait été peint sur la plateforme pour célébrer le 20e anniversaire du tournoi. “J’étais déjà présent lors de la séance photo avec Roger et Andre en 2005”, raconte Sinead Al Sibai, directeur marketing. “C’était un moment très spécial, qui a été relayé dans le monde entier. C’est ce qui nous a encouragés à répéter une initiative unique de ce genre.” Federer a de nouveau pu profiter du concept et de la vue : “Je suis déjà venu ici une fois ou deux”, a-t-il alors souri. “Mais ça reste extraordinaire, surtout quand on se rend compte qu’il n’y a rien en-dessous de nous.”


Match de “eau” vol Rafael Nadal & Roger Federer (Doha 2011) Voilà une manière ludique et originale de commencer la saison : le 4 janvier 2011, en promotion du tournoi Qatar ExxonMobil Open de Doha, Rafael Nadal et Roger Federer ont pu taper quelques balles sur un court de tennis flottant sur le golfe Persique. En temps normal, la moindre flaque de pluie empêche de jouer au tennis mais là, les superstars espagnole et suisse ont joué quelques échanges avec les pieds dans l’eau de la baie de Doha.

Ç

a a été une super expérience, a réagi Nadal par la suite. “Nous avons déjà essayé pas mal de choses au cours des trois dernières années, mais cette initiative est assurément une belle réussite.” C’est l’ancien joueur et directeur du tournoi Karim Alami qui a accompagné les deux rivaux vers le court flottant, avant de les interviewer sur place. Toute cette expérience a été “très agréable”, selon Federer. Avec le soleil plongeant sur la ligne d’horizon de la capitale qatarie en arrière-plan, l’initiative a en tout cas donné de très belles images.

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Plaisir extrême À eux deux, Federer et Nadal comptabilisaient déjà à ce moment 21 titres en Grand Chelem, mais ils ont quand même pris beaucoup de plaisir à jouer comme des enfants (peutêtre aussi en partie parce qu’ils sont très bien payés pour participer au tournoi ATP de Doha) sur le court de tennis flottant. “C’était à nouveau quelque chose de différent”, raconte Federer. “On est toujours impatient et curieux de voir


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ce que va donner le résultat final. C’est en tout cas toujours agréable d’assurer la promotion d’un événement avec Rafa.” Les deux hommes revenaient du tournoi d’Abu Dhabi tout proche où ils avaient été opposés en finale. En pleine mer, ils abordent tous deux la saison à venir avec optimisme. “Je joue à nouveau mon meilleur tennis”, réalise Federer. “J’ai donc de grandes ambitions pour cette année.” Nadal envisage quant à lui déjà de nouveaux duels contre son concurrent direct : “J’espère rejouer contre lui ; après tout, quand on se rencontre, c’est souvent en finale.”

Un public aux anges Les deux superstars, les organisateurs et les amateurs de tennis ont bien failli avoir leur finale rêvée à Doha, mais Nadal s’est étonnamment incliné en demi-finale face à Nicolay Davydenko. En finale, le très élancé Russe n’a pas fait le poids contre Federer, qui n’a pas concédé le moindre set pour remporter son troisième titre au Khalifa International Tennis

Complex. Davydenko avait pourtant l’expérience nécessaire car, tout juste un an plus tôt, il était devenu l’un des rares joueurs à parvenir à battre Rafa et Roger lors d’un même tournoi.

A... l'eau Les organisateurs de l’Open du Qatar avaient puisé leur inspiration pour le court de tennis flottant l’année précédente, lorsque Pat Rafter et Wally Masur avaient joué un petit match sur le fleuve Yarra de Melbourne pour célébrer la prolongation d’un contrat entre le producteur de vin Jacob’s Creek et l’Australian Open. Rafter et Masur avaient joué un énorme match au cours duquel deux joueurs dans le public avaient aussi été invités à faire un échange. Le terrain de jeu au pays des kangourous était néanmoins un ponton large et robuste, bien au-dessus du niveau du fleuve. Pas question de pieds mouillés pour les adversaires du jour, donc. Nadal et Federer n’ont pas pu en dire autant.


“Les joueurs ont pu profiter d'une rémunération à six chiffres...”

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Jeu, set & glace ! Novak Djokovic & Rafael Nadal (Los Glaciares 2013) Fin novembre 2013, Rafael Nadal et Novak Djokovic jouent en une semaine une série de rencontres d’exhibition en Amérique du Sud, notamment lors des adieux de David Nalbandian à Córdoba. Le point d’orgue est le Tennis Millenial Ice. Pour l’occasion, les deux rivaux embarquent sur un ferry à bord duquel un mini terrain de tennis avait été installé, pour échanger quelques balles avec en toile de fond toute la froide beauté du glacier Perito Moreno à El Calafate, dans la province de Santa Cruz (Patagonie).

C

’était l’un des endroits les plus impressionnants que j’ai eu l’occasion de visiter”, réagit Nadal sur Twitter. “Un endroit à visiter.” Le fait que l’Espagnol participe (en étant donc probablement très bien payé pour) à une action promotionnelle du ministère argentin du tourisme a sans doute influencé son discours, mais le caractère impressionnant de ce glacier de 257 kilomètres carrés avec un mur de glace de cinq kilomètres de long et soixante mètres de haut n’en reste pas moins indiscutable.

à la mi-temps d’un match à une séance de tirs au but (remportée par Rafa, qui a ainsi pris une petite revanche pour la finale du Masters perdue deux semaines auparavant). Le Majorquin a aussi été à la fête sur un court de tennis à Buenos Aires, tout comme les 12  000 spectateurs qui ont profité du spectacle proposé par les numéros un et deux au classement mondial de l’époque.

Contraste

“Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans un endroit aussi merveilleux”, raconte Djokovic. “Ça a vraiment été une expérience fantastique.” Le glacier Perito Moreno est l’une des plus grandes attractions touristiques d’Argentine, elle attire chaque année des centaines de visiteurs. “Ce genre d’activités est important pour promouvoir notre région”, admet le ministre du Tourisme, Enrique Meyer. Les joueurs ont en tout cas profité de la vue et se sont même à un moment donné allongés sur le court de tennis improvisé afin d’encore mieux se rendre compte de la magnificence de l’endroit.

La chaude ambiance du stade de football contrastait totalement avec la froide beauté du glacier Perito Moreno, mais cela n’a pas gâché l’expérience. “Mes parents m’avaient déjà conseillé de visiter le glacier”, raconte Nadal. D’un point de vue écologique, la visite des deux hommes au pied du célèbre glacier n’a pas été des plus responsables, vu que Nadal et Djokovic ont tous deux envoyé une balle de tennis sur le glacier. Sachant qu’une balle de ce genre met 2500 ans pour se décomposer totalement, cela aura le temps de causer quelques désagréments. La promotion de la nature (ou du tourisme ?), c’est bien, mais avec quelques limites, ça serait encore mieux.

Le périple sud-américain a également mené Nadal et Djokovic à Santiago (Chili) et Lima (Pérou). Le Majorquin a néanmoins atteint un petit sommet à la Bombonera, le stade de l’équipe argentine de football Boca Juniors, où les deux champions de tennis ont pu s’adonner

Ça n’a plus que probablement pas beaucoup tracassé Nadal et Djokovic, qui ont profité de la visite de somptueux endroits, de l’accueil autour de courts de tennis pleins à craquer et d’une rémunération à six zéros transférée sur leur compte en banque.

Promotion de la région


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Hors-bord game Federer & Hewitt (Sydney 2015) Les champions peuvent plus ou moins tout faire avec une balle de tennis, mais se la renvoyer alors qu’on se trouve sur un hors-bord lancé dans la baie de Sydney, c’est quand même beaucoup demander, même quand on s’appelle Roger Federer et Lleyton Hewitt. “Herbe ! Dur ! Terre ! Bateau et eau !”, a ensuite listé sur Twitter un Federer amusé pour énumérer ses surfaces de jeu favorites.

L

a spectaculaire action de promotion était pensée pour faire parler d’un nouveau format, ‘Fast4 Tennis’ (des sets en quatre jeux gagnants avec tout un tas d’astuces pour accélérer le score et le jeu), et on peut dire qu’elle a marqué le point. Les images ont fait le tour du monde et assuré qu’on s’intéresse au moins pendant quelques jours à cette variante d’avenir du tennis.

Federer revenait alors tout juste de Brisbane où, en plus d’avoir remporté le titre, il avait empoché avec son succès contre Milos Raonic en finale sa 1000e victoire sur le circuit professionnel. Il a dû s’estimer heureux de ne pas avoir trop fêté cet événement là-bas, car les eaux des abords de l’Opéra de Sydney étaient pour le moins turbulentes lorsque Hewitt et lui ont embarqué à bord de leur hors-bord à l’allure plutôt rétro. Les échanges n’avaient rien de simple, et quelques balles se sont aussi retrouvées dans l’eau, mais les photos en valaient la peine.

Un drôle de jeu Pour ne prendre aucun risque, un petit court de tennis avait aussi été installé derrière le célèbre opéra, où les deux stars mondiales ont à nouveau pu échanger quelques balles. “C’était vraiment très amusant”, témoigne un Federer rayonnant. “L’endroit était évidemment très spécial, avec l’Opéra et le Harbour Bridge de Sydney en fond. J’y ai pensé pendant l’initiative et je suis aussi très heureux d’avoir pu participer.” Son compagnon de traversée s’est également très bien amusé sur son bateau : “Je n’avais pas encore beaucoup joué au tennis

sur eau”, plaisante Hewitt. “Mais ça reste un endroit particulier, on n’a pas souvent de tels points de vue dans le monde.” Avant même d’embarquer, Federer et Hewitt ont dû tirer à pile ou face pour déterminer qui allait avoir le plus gros bateau et qui allait embarquer sur le ‘bateau mouche’. Et ici aussi, ‘noblesse oblige’, c’est le maestro suisse qui a remporté la mise. Au final, les deux joueurs d’exception sont parvenus à jouer un échange complet en volée, toujours entre les deux bateaux lancés à toute vitesse, probablement une première dans le monde du tennis. Ils ont en tout cas bien rigolé (Federer a même manqué de décapiter le capitaine de son bateau en tentant de récupérer une balle), tout en réussissant à attirer l’attention des passants et touristes présents aux alentours du port de Sydney.

A l'arrêt Quatre ans plus trad, le ‘Fast4 Tennis’ n’a toujours pas vu le jour, en dehors de quelques événements isolés. Le nouveau système de points a tout de même été testé quelques fois lors du tournoi ATP Next Gen Finals de Milan, mais il ne plaît pour le moment pas vraiment au grand public et ne semble pas pouvoir supplanter dans un avenir proche le traditionnel système de comptage des points. Il n’est pas impossible que Federer et Hewitt doivent à nouveau embarquer sur un bateau pour faire un peu mieux connaître le concept. Après tout, ils sont à ce jour les deux seuls joueurs de tennis sur bateau avec un peu d’expérience.


Balle mortelle ! Stefan Edberg & Patrick McEnroe (US Open 1983) Le 10 septembre 1983 devait être un grand jour pour Stefan Edberg. La journée a malheureusement viré au cauchemar. Lors de la demi-finale du tournoi junior de l’US Open qui l’oppose à Patrick McEnroe, un service manqué du Suédois fait tomber en arrière un juge de ligne assis sur sa chaise. L’homme, Richard Wertheim, décède une semaine plus tard des suites de ses blessures.

E

dberg et McEnroe, le frère de John qui deviendra par la suite un spécialiste du double, se livraient une bataille intense en donnant le meilleur d’eux-mêmes à Flushing Meadows. Alors que le troisième set est bien entamé, un service du très offensif Scandinave frappe un juge de ligne de plein fouet. Richard Wertheim, 61 ans, qui surveillait ce jour-là la ligne en milieu de court, est totalement surpris et essaye d’éviter la balle, qui le frappe cependant dans l’aine. Le juge de ligne américain n’arrive pas à conserver son équilibre et sa chaise bascule en arrière, sa tête heurtant le béton.

Le choc Wertheim est inconscient (on découvrira par la suite qu’il s’était occasionné une fracture du crâne) à l’arrivée des secours. Le match est interrompu pendant des dizaines de minutes. Edberg passe tout ce temps assis sur sa chaise, prostré, anéanti, en pleurs. Le match reprend finalement, mais il n’est plus du tout question de bataille. Edberg et McEnroe sont tous deux bien trop choqués par l’horrible accident. Le futur vainqueur de Grand Chelem l’emporte en définitive 7-6 dans le troisième set, après quoi il semble être suffisamment remis du terrible drame pour remporter facilement deux jours plus tard la finale aux dépens de l’Australien Simon Youl.

Epilogue Richard Wertheim est à ce moment toujours dans le coma. Cinq jours après sa mauvaise chute, les médecins annoncent qu’il est décédé des suites de sa 52 PLAY TENNIS


Tennis de l’extrême ''Le juge de ligne américain n’arrive pas à conserver son équilibre, sa chaise bascule en arrière et sa tête heurte alors le béton...''

fracture du crâne. La famille intente alors un procès à l’ATP pour insister sur le manque de sécurité et les risques encourus par les juges de ligne. Ils réclament 2,25 millions de dollars à l’association des joueurs de tennis professionnels. Presque un an plus tard, un juge newyorkais ordonne à l’ATP de verser des indemnités d’un montant de 165 000 dollars, estimant que ce n’est au final pas la balle qui a causé l’accident mortel.

Personnalité Edberg, qui est déjà une personnalité assez discrète à la base, ne s’est jamais exprimé sur cette tragique affaire. Le spécialiste du service-volée admettra tout de même un jour avoir songé, juste après l’accident, à mettre un terme à sa carrière. Heureusement pour les amateurs de tennis, il ne l’a pas fait. Les rumeurs ont par la suite été bon train, disant que c’est cet incident qui a fait qu’il n’a plus jamais été très souriant pendant sa carrière, même si cela semble plutôt lié à sa personnalité qu’au traumatisme. “Quand je joue au tennis, je dois être concentré, et ça ne me donne pas un air heureux”, explique alors Edberg sur le sujet. On ne sait pas très bien si le taciturne Suédois a gardé pendant longtemps les traces du drame. Au final, il gagne lors de cette même année l’Australian Open, devenant ainsi le seul junior de l’histoire à réaliser un Grand Chelem. Il devient par la suite numéro un mondial et inscrit son nom au palmarès de six éditions de tournois du Grand Chelem. Son nom se retrouve aussi malheureusement dans un dossier d’homicide (très) involontaire.


Le match de la haine Monica Seles & Magdalena Maleeva (Hambourg 1993) À quoi auraient ressemblé le palmarès et la vie de Monica Seles si elle n’avait pas été poignardée par Günter Parche, en ce funeste 30 avril 1993 ? Le fan obsédé par Steffi Graf voyait dans la superstar originaire d’ex-Yougoslavie une menace pour la carrière de son idole et, cet aprèsmidi-là à Hambourg, il décide de faire les choses comme il l’entend.

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Tennis de l’extrême

S

eles, 20 ans à l’époque, règne alors sur le circuit. Un an auparavant, si Graf n’avait pas gardé in extremis le contrôle de la situation en finale de Wimbledon, Seles aurait inscrit son nom au palmarès du Grand Chelem londonien. Lors de ce quart de finale de la Citizen Cup de Hambourg, Seles domine aussi outrageusement la Bulgare Maleeva. Mais l’esprit dérangé de Parche ne voit pas les choses ainsi.

L'attaque Lors d’un changement de côté, il surgit de la tribune pour se lancer vers le banc de Seles en brandissant son couteau. Seles sent une forte douleur dans l’épaule mais ne réalise pas immédiatement ce qu’il se passe. Ce n’est qu’au moment où des gens s’empressent de maîtriser Parche et de porter assistance à Seles que cette dernière réalise l’ampleur de l’atroce agression. “Je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé”, admettra Seles par la suite. “Mais d’un coup, j’avais des difficultés pour respirer et j’ai senti une grosse douleur

dans le dos.” Parche dira ensuite qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer Seles et qu’il voulait uniquement la blesser pour que Graf redevienne numéro un mondiale. Mais on trouve quand même dans ses poches beaucoup d’argent et un billet d’avion pour Rome. S’il n’était pas parvenu à éliminer Seles à Hambourg, il allait faire une nouvelle tentative la semaine suivante lors du tournoi de Rome.

Une drôle de victoire Ironie de l’histoire, il a atteint son objectif. Le tournoi d’Hambourg a simplement continué (et une Steffi Graf sous le choc a quand même rendu visite à sa rivale à l’hôpital) et a vu l’Allemande remporter le titre après une victoire sur Arantxa Sanchez. Quelques semaines plus tard, elle remonte sur la plus haute marche du classement WTA. Parche est resté en garde à vue pendant deux ans avant de recevoir une peine de deux ans avec sursis, un jugement qui a tenu compte de ses problèmes psychologiques. Seles reste aussi hors circuit

pendant deux ans et ne remettra plus jamais les pieds en Allemagne. Après son retour sur le circuit en 1995, elle ne sera plus jamais la même. Elle gagne tout de même l’Australian Open un an plus tard, mais ce titre isolé fait bien pâle figure en comparaison des huit titres majeurs décrochés avant l’agression. Voilà pourquoi il faudrait peut-être regarder avec un peu de perspective le palmarès de Graf, qui reste néanmoins avec ses 22 titres du Grand Chelem considérée comme l’un des meilleures joueuses de tous les temps. “J’ai été poignardée sous les yeux de milliers de personnes”, écrit Seles dans sa biographie. “On ne peut tout simplement pas passer au-dessus de quelque chose comme ça. Ça a changé ma carrière et irrévocablement marqué mon âme.” L’horrible incident change aussi tout le concept de sécurité entourant les tournois de tennis. Depuis lors, la sécurité a été sensiblement renforcée, et on a vu apparaître des gardes du corps sur le court. Il aura malheureusement fallu une victime pour y arriver.


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Sous eau...

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Andre Agassi & Aaron Krickstein (Australian Open 1995) Andre Agassi était un véritable tsunami lors de l’édition 1995 du tournoi australien, mais ce qui s’est déroulé après sa demi-finale contre son compatriote Aaron Krickstein dans la Rod Laver Arena reste du jamais-vu. Une panne de courant provoque la défaillance du système de drainage, ce qui entraîne à son tour l’inondation de tout le court central et d’une bonne partie de ce qu’on appelait alors le Flinders Park. Cette nuit-là a lieu la plus grande opération de nettoyage de l’histoire de l’Australian Open.

L

a demi-finale du 27 janvier 1995 entre Agassi, qui semblait avec son bandana, ses deux boucles d’oreille et son bouc tout droit sorti d’une adaptation d’un film de Peter Pan, et Krickstein est tout simplement une belle affiche pour les fans australiens. Les prévisions de fortes pluies et même de tempête au-dessus de Melbourne ne peuvent pas gâcher la fête. L’Australian Open était d’ailleurs le premier tournoi du Grand Chelem à s’être doté d’un toit rétractable. Celui-ci avait été fermé avant le début du match, justement parce que les prévisions météorologiques n’étaient vraiment pas bonnes.

Calvaire La météo n’est pas au beau fixe pour le jeu de Krickstein non plus. Dans le premier set, il force sur son aine, ce qui vient s’ajouter à une blessure aux ischio-jambiers déjà présente. Sa demi-finale se transforme en un long calvaire. Alors que la pluie s’abat en conti-

nu sur le toit de la Rod Laver Arena, un gigantesque éclair illumine le ciel. C’est le signal pour Krickstein de jeter l’éponge, alors qu’on voit déjà apparaître une flaque d’eau dans un coin du court. La suite est un enchaînement de catastrophes. Une coupure de courant fait que les pompes de drainage arrêtent complètement de fonctionner. Assez rapidement, la Rod Laver Arena commence aussi à être sous eau.

Ballet aquatique La demi-finale du double dames est normalement au programme pour la suite de la soirée, mais la bonne dizaine de centimètres d’eau sur le court central ne facilite pas les choses. Les tenantes du titre Gigi Fernandez et Natasja Zvereva apparaissent malgré tout sur le court mais remplacent leurs coups gagnants par quelques pas de danse, pour le plus grand plaisir du public stupéfait. Des spectateurs y voient aussi leur chance de se retrouver à la une des journaux et

envahissent le court pour proposer leur plus bel enchaînement dans ce ballet aquatique. En définitive, l’organisation arrive tout de même à remettre un peu d’ordre dans tout ce chaos, même s’ils se voient obligés de remettre tous les matchs au lendemain. Alors que les inondations ont recouvert la quasi-totalité du Melbourne Park, les organisateurs sont face à un énorme défi pour rendre le site du tournoi présentable en une nuit. Les grandes manœuvres sont lancées pour entamer le grand nettoyage. La tâche est gigantesque et nécessite tous les efforts des équipes de nettoyage pour enfin arriver, douze heures plus tard, à rouvrir les portes du Flinders Park pour un samedi rythmé par des exploits tennistiques. “On pourrait penser qu’un toit permet d’avoir plus ou moins l’avantage dans la lutte contre les éléments naturels”, plaisante Agassi par la suite. “J’espère que le terrain sera sec pour dimanche.” C’est le cas. Agassi remporte ce jour-là la finale contre Pete Sampras en quatre sets et peut célébrer son premier et de loin le plus mouillé titre australien.


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Tennis de l’extrême

Exhibition time Richard Krajicek & MaliVai Washington (Wimbledon 1996) L’atmosphère est électrique au All England Club en ce très ensoleillé dimanche 7 juillet 1996, et pour cause : c’est l’unique occasion tant pour Richard Krajicek et MaliVai Washington d’inscrire un titre du Grand Chelem à leur palmarès. Alors qu’ils posent une dernière fois pour la photo officielle avant de se lancer dans la bataille… une jeune femme nue surgit sur le court.

M

elissa Johnson, 23 ans, endosse le rôle de streaker de service. Couverte uniquement d’un minuscule tablier, elle gambade sur le gazon sacré de Wimbledon, et même le Duc de Kent dans la loge royale ne peut réprimer un sourire. Johnson, qui travaillait dans le restaurant de Wimbledon, aurait été payée par le tabloïd The Sun pour réaliser ce coup d’éclat. Le journal en a en tout cas profité pour la citer le lendemain avec une phrase restée dans l’histoire : “Je suis une vilaine fille, avec un côté un peu sauvage en moi.”

Contradictions Cet agréable intermède a un effet assez contradictoire sur les deux protagonistes du jour. “Ce moment m’a libéré d’un coup de toute ma tension”, déclare Krajicek par la suite. Ça n’est pas le cas du sympathique Washington : “D’un coup, je vois du coin de l’œil ce streaker débouler. Je vois tout balancer, elle lève son petit tablier et me sourit. Le temps de reprendre mes esprits, j’avais perdu en trois sets”, arrive à plaisanter l’Américain. Cette finale qui a fait de Krajicek le seul vainqueur de Grand Chelem néerlandais de l’histoire a duré une heure et demie. Même la direction du club, en général un bastion de sérieux et de rigidité, arrive à prendre la ludique interruption avec un peu de légèreté. “Nous n’avions encore jamais eu de streaker sur le court central, ça devait bien arriver un jour. Même si nous n’encourageons évidemment pas ces comportements, cela a malgré tout donné une petite distraction à

nos fidèles et patients fans, qui avaient passé des moments fatigants en raison du mauvais temps.” Scotland Yard a néanmoins passé les menottes à la jeune femme en question pour l’interroger, avant de la relâcher un peu plus tard, sans inculpation.

Une première ! “Ça n’était encore jamais arrivé, il fallait bien une première fois, hein”, déclare sur le moment ‘Miss’ Johnson, 23 ans. “Quand les joueurs sont sortis, je me suis dit : ‘Maintenant, il faut y aller.’” Je n’ai pas honte. J’avais d’abord l’intention de porter une petite robe mais, au final, je me suis retrouvée avec ce tablier. J’espère avoir embelli la journée de quelques personnes. Je n’ai en tout cas aucun regret, et j’ai profité de chaque instant.” Dix ans plus tard, le réalisateur et présentateur de programmes télévisés Sander Lantinga retente l’expérience. Avec uniquement une paire de chaussettes et des chaussures de sport, il s’élance sur le court central pendant la rencontre opposant Maria Sharapova à Elena Dementieva. Les deux blondes russes daignent à peine lui adresser un regard alors qu’il tente de faire la roue. Cette action faisait partie du programme TV ‘Try before you die’. Compte tenu des règles de sécurité plus strictes par rapport à la décennie précédente, la police londonienne et la direction du tournoi n’ont cette fois pas montré une humeur aussi joyeuse après la très dénudée représentation de Lantinga, qui a été banni à vie de Wimbledon.


Le coup du béret Roger Federer & Robin Söderling (Roland Garros 2009) Il y a pas mal de choses en jeu, ce 7 juin 2009, lorsqu’en l’absence de Rafael Nadal, Roger Federer et Robin Söderling ont l’occasion de remporter une première Coupe des Mousquetaires. La tension de la rencontre n’est cependant pas très élevée lorsqu’un spectateur saute d’un coup sur le court Philippe Chatrier pour essayer de coiffer Federer d’un béret rouge.

Notoriété

L

e tableau d’affichage indique à ce moment 6-2, 2-1 en faveur du maestro suisse, qui domine tranquillement le taciturne Suédois. C’est l’heure d’une petite distraction méridionale, a dû penser Jaume Marquet i Cot, mieux connu sous le nom de perturbateur ‘Jimmy Jump’. L’agent immobilier espagnol est un habitué des irruptions sur les terrains, et il n’a eu à Paris aucune difficulté à dépasser le personnel de sécurité pour essayer de coiffer Federer d’un couvre-chef typique d’Espagne, alors que lui porte un T-shirt aux couleurs suisses et tient en main un drapeau du FC Barcelona, son club favori. La sécurité arrive enfin sur le court, mais pour attraper l’effronté en fuite, les agents ont quand même dû courir jusqu’à l’autre bout du terrain, où Jimmy se fait plaquer avec soin. L’intention de

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Cette action d’éclat a néanmoins permis à ‘Jimmy Jump’ de donner un coup de boost à sa notoriété. Il vend par la suite sur son site web des T-shirts et autres accessoires avec son logo. Il espérait ainsi récolter de l’argent pour réaliser un documentaire, ‘Minute de gloire’, sur sa vie et les raisons de ses irruptions sur les terrains de sport. Il faut dire qu’avec Roland Garros, le Grand Prix d’Espagne de Formule I, le match de championnat entre Barcelone et le Real de Madrid, le duel de Champions League entre Villareal et Arsenal, ou encore le match de rugby opposant l’Angleterre à l’Afrique du Sud, son palmarès d’événements interrompus était déjà assez bien fourni. ‘Jimmy Jump’ aurait été de rendre hommage à Federer tout en exprimant un geste anti-Nadal. L’intervention n’a en tout cas que très moyennement fait rire la direction du tournoi, et Jimmy a été promptement arrêté. “Je ne m’étais pas rendu compte de ce qu’il se passait jusqu’au moment d’entendre la réaction du public”, déclare Federer après la finale, qu’il a remportée 6-1, 7-6, 6-4. “Ça m’a quand même fait peur de le voir aussi près de moi, tout d’un coup. En général, ce genre de personnes s’approchent en disant un truc du genre : ‘Désolé, mais je dois le faire.’ Mais ce gars m’a lancé un regard, et je n’étais pas sûr de ce qu’il pouvait faire. On aurait dit qu’il voulait me donner quelque chose. Après ça, j’aurais peut-être dû aller m’asseoir un peu pour repenser à ce qui venait de se passer, car c’était quand même un peu effrayant.”

Encore et encore Lors du concours Eurovision de la chanson en 2010 à Oslo, il parvient aussi à se mêler pendant une demi-minute aux danseurs du représentant espagnol. À la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, il n’arrive pas à placer un béret sur la coupe du monde, mais il a quand même fait vaciller le trophée sur son socle. Depuis, ‘Jimmy Jump’ a mis ses activités entre parenthèses. En 2016, il avait accumulé des dettes à hauteur de 280 000 euros, uniquement en amendes, qu’il ne pouvait pas payer. Il pourrait peutêtre demander une petite contribution à Federer, dont la consécration historique à Paris a été encore un peu plus spéciale avec l’entrée de l’Espagnol.


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“Lendl est imperturbable, se fend à peine d’un sourire, ne lève pas un sourcil et ne semble pas connaître la moindre émotion alors que son poulain enchaîne les succès.“

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Coach

Murray & Lendl 2012 – 2014

Andy Murray a en quelque sorte été le précurseur de ce carrousel de coachs en s’associant fin 2011 à Ivan Lendl. Une décision inattendue étant donné que le stoïque Américain d’origine tchécoslovaque semblait de prime abord ne pas avoir le charisme, l’ambition ni même l’envie de devenir conseiller d’un joueur du top. Mais Murray veut à ce moment combler l’écart avec le trio Federer-Nadal-Djokovic, surtout en termes de titres du Grand Chelem. Lendl, qui avait en son temps perdu ses quatre premières finales de Grand Chelem avant d’empocher huit victoires, avait donc quand même une certaine expérience à partager avec le grognon Écossais qui avait perdu deux fois en finale de l’Australian Open et s’était incliné quatre fois au stade des demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem. Leur collaboration a d’ailleurs été un franc succès.

L

e nouveau duo a néanmoins dû commencer par encaisser une désillusion. Lors de l’édition 2012 de Wimbledon, Murray est bien devenu le premier Britannique depuis Bunny Austin en 1938 à atteindre la finale du tournoi, mais il perd à nouveau, en quatre sets, face à Roger Federer. Quelques semaines plus tard, c’est dans des conditions similaires que le vent semble tourner. Murray décroche l’or aux Jeux olympiques de Londres (le tournoi de tennis était organisé au All England Club de Wimbledon) et le fait qu’il renvoie Federer sur la deuxième marche du podium en dit long. Le mauvais sort semble enfin dissipé. À l’US Open, le Britannique, sympathique au demeurant mais souvent irascible sur le court, remporte son premier titre du Grand Chelem après un marathon de près de cinq heures contre Novak Djokovic. “Après le match, je m’attendais quand même à ce qu’Ivan sourie ou me félicite”, déclare alors un Murray dans un sourire mitigé. “Mais il m’a dit qu’il trouvait que je n’avais pas si bien joué. ‘Il nous reste beaucoup de travail. Tu peux me sonner demain et nous pourrons en parler. Profite quand même de la soirée’, m’a-t-il dit. Et c’était tout.” Cela renforce l’image d’un Lendl imperturbable, qui se fend à peine d’un sourire, ne lève pas un sourcil et ne semble pas connaître la moindre émotion alors que son poulain enchaîne les succès. Cela change néanmoins lorsque, un an plus tard, Murray fait vibrer tout le Royaume-Uni pendant sa conquête du Saint Graal de Wimbledon. Grâce à sa victoire en finale contre Djokovic, il devient le premier Britannique depuis


Fred Perry en 1937 à inscrire son nom au palmarès du tournoi londonien. Une prestation qui ne laisse personne indifférent, pas même Lendl qui plaisante en mettant dans un premier temps ses yeux larmoyants sur le compte d’une ‘allergie’, avant de tout même admettre qu’il a été lui aussi submergé par les émotions. “Évidemment que j’étais ému. Nous avions tellement travaillé pour faire en sorte qu’Andy fasse un bon parcours et puisse l’emporter. Et c’est arrivé : c’est un sentiment fantastique.”

Fantastique Un sentiment qui ne se répète cependant pas par la suite. Le dos de Murray le fait souffrir de plus en plus : une blessure chronique qu’il traîne depuis un moment et le pousse à décider, en septembre de cette année, de subir une opération. Alors qu’il semble éprouver les pires difficultés, dans les premiers mois de 2014, à retrouver son ancienne forme, cela accélère la décision de Lendl de mettre un terme à la relation, également pour passer plus de temps avec ses parents malades et ses enfants golfeurs, mais aussi, souffrant lui-même du dos, pour limiter les longs déplacements intercontinentaux. Au printemps, leur histoire commune connaît donc une première fin. Mi-2016, Murray et Lendl (après un intermède avec Amélie Mauresmo pour l’Écossais) se retrouvent à nouveau côte à côte. La légende du tennis de 56 ans à l’époque aurait négocié une solide augmentation pour sortir à nouveau de sa retraite (même si Lendl avait tout de même aidé à temps partiel la fédération américaine avec quelques jeunes) pour mener à nouveau Murray vers les plus hauts sommets. “Nous sommes restés en contact ces dernières années”, déclare Lendl qui ne se met à disposition de l’Écossais que 20 semaines par an. “Cela s’explique aussi parce que nous

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nous sommes quittés en bons termes. Je ne saurais pas dire précisément ce que j’ai fait pour le faire évoluer d’un ‘tout juste trop court’ à un ‘tout juste tout court’, car cela comprend énormément de facteurs.” Le fait que le coach sait exactement comment prendre Murray est à nouveau prouvé lors de Wimbledon, où le joueur local gagne son troisième titre du Grand Chelem après une victoire aux dépens de Milos Raonic.

Quête Le pétillant duo (tous deux sont connus pour leur humour pincesans-rire parfois acéré) semble alors lancé dans une quête de domination du monde du tennis. Murray remporte dans cette période pas moins de 52 de ses 55 matchs et devient pour la première fois numéro un mondial. Mais une fois encore, son corps ne suit pas. En 2017, la hanche du Britannique recommence à lui jouer des tours, et il éprouve les pires difficultés à s’aligner à Wimbledon, où il doit jeter l’éponge après le quart de finale. C’est par ailleurs aussi la dernière fois que l’on voit Lendl dans le box du joueur. La patience n’a jamais été la plus grande qualité de l’ex-numéro un tchèque, alors que Murray est quant à lui sans doute en droit de se demander pourquoi garder un profil aussi coûteux à bord alors qu’il peut compter en la personne de son ami Jamie Delgado sur un accompagnateur disponible au jour le jour. Pendant l’hiver, Murray et Lendl mettent donc un point final au second chapitre de leur aventure à succès. “Nous avons accompli de très belles choses et l’ensemble a été très agréable”, est la conclusion simple mais élégante de Lendl.


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Federer & Edberg 2013 – 2015

“Le coup de téléphone a été un vrai choc pour lui.” Roger Federer se rappelle très bien sa première demande faite à l’idole de sa jeunesse Stefan Edberg pour intégrer son équipe. Depuis la fin de sa carrière (1996), le Suédois, sextuple vainqueur en Grand Chelem, s’était tenu à l’écart du monde du tennis. Edberg vivait à Londres avec son épouse Anette et leurs enfants Emilie et Christopher. Il s’était mis au squash et, dans cette discipline aussi, il appartenait au gratin suédois. Il avait bien participé une fois à un circuit vétérans en 2008 mais, en dehors de quelques sporadiques apparitions à Wimbledon, Edberg avait disparu des radars.

I

l a failli tomber de sa chaise quand je l’ai appelé, avoue encore Federer. “Il a pris trois ou quatre jours pour y réfléchir, avant de répondre positivement à ma demande. C’était très agréable de se retrouver une première fois autour d’une table pour parler de toutes sortes de choses.” Edberg commence alors par une semaine d’entraînement avec Federer à Dubaï. “Cette décision avait une grosse influence sur ma vie et je devais donc bien y réfléchir”, raconte le spécialiste du service-volée. “C’était un vrai défi de revenir sur le circuit. Ce n’était heureusement qu’en qualité de mentor car Roger avait déjà un coach en la personne de Severin Lüthi, et il était aussi entouré par toute une équipe.” Federer avait vécu une année 2013 difficile : il avait perdu au deuxième tour de Wimbledon contre Stakhovsky, sa plus rapide élimination sur le gazon londonien depuis 2002. L’US Open, avec un huitième de finale perdu contre Robredo, ne s’était pas mieux passé. Il n’avait gagné cette année-là qu’un seul titre (Halle) et semblait, au classement comme sur le court, largué par Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray. Federer devait faire quelque chose pour sortir de la spirale négative. Pendant l’hiver, il change de raquette.

Pendant des années, il était resté fidèle à son modèle Wilson avec un plus petit tamis. Mais les nombreuses fautes commises, surtout lorsqu’il est sous pression côté revers, le poussent à changer d’avis et finalement opter pour un format de tamis plus grand et courant. Au final, ce changement et l’arrivée d’Edberg allaient lui faire le plus grand bien.

Changements “Lorsque nous avons entamé la collaboration, il avait toujours le feu sacré en lui”, décrit Edberg. “Il a certes changé de raquette, mais nous avons aussi modifié quelques détails dans son tennis. Cela devait lui rendre une chance de remporter un titre du Grand Chelem. Je savais que ça allait être difficile, car l’histoire avait déjà montré qu’il était loin d’être simple de réaliser un exploit du genre à 33 ou 34 ans. Mais il s’en est malgré tout approché quelques fois.” En 2014, Federer perd la finale de Wimbledon, et l’année suivante, il n’arrive pas non plus à soulever le trophée à Wimbledon ni à l’US Open. À chaque fois, c’est Djokovic qui le prive de titre. À l’origine, Edberg devait échanger sa tranquille petite vie dans la capitale anglaise contre l’agitation des tournois


du circuit pendant un an seulement. Mais tout se passe tellement bien entre les deux légendes qu’une prolongation de la collaboration pour une saison est décidée.

Fan de la première heure “C’était incroyable de l’avoir à mes côtés”, raconte Federer. “C’était l’idole de ma jeunesse ! Et il était là à me pousser à toujours faire mieux  : ça me donnait vraiment un beau sentiment.” Et ce ressenti est partagé : “Pendant cette période, Federer méritait de remporter un titre du Grand Chelem”, estime Edberg. “Ça n’est pas arrivé parce qu’à ce moment, Djokovic jouait un tennis incroyable. Honnêtement, je n’avais jamais vraiment pensé devenir coach. Mais Roger 72 PLAY TENNIS

m’a offert cette belle opportunité. Je ne pense pas que je l’aurais fait pour un autre joueur.” Edberg ne se prive pas pour autant d’amener ses propres idées. “Il devait retrouver un tennis plus offensif, être plus imprévisible et monter davantage au filet”, estime un Edberg qui réalise que Federer, depuis la ligne de fond de court, n’a que peu de chances de l’emporter contre Nadal, Djokovic ou Murray. “Il avait peut-être aussi besoin d’une nouvelle impulsion, d’une autre voix pour l’aider à se préparer à ses défis. Quand on joue à un niveau tel que celui de Roger, on ne parle pas de fondamentaux mais bien de petits détails, de motivation et de santé. Ça a été une collaboration intense et passionnante.” “Dans le tennis, plus on vieillit, plus la pente devient raide”, continue Edberg. “Ce qui est vraiment fascinant avec Roger, c’est

qu’il veut toujours s’améliorer. Il n’abandonne pas et continue à s’encourager. C’est aussi la principale raison pour laquelle il reste compétitif. C’est incroyable de toujours le voir au sommet, après 20 ans.” Edberg, qui a entretemps fêté son 53e anniversaire, ne sera malheureusement pas de la partie pour fêter la renaissance ultime du maître suisse. La collaboration s’arrête en décembre 2015, et Edberg est remplacé par un autre ancien joueur, Ivan Ljubicic. “Collaborer avec la plus grand ambassadeur du tennis a été un défi incroyable”, réagit alors Edberg. “Par la suite, mon téléphone a beaucoup sonné, et j’ai écouté de très nombreux projets intéressants. Mais en définitive, je n’étais pas prêt à encore donner autant au tennis. J’ai voyagé pendant toute ma vie. Une nouvelle étape va maintenant commencer.”


“Nous avons abordé son tennis et sommes arrivés à la conclusion que nous voulions tous les deux donner une chance à une collaboration.”

Murray & Mauresmo 2014 – 2016

Une nouvelle fois, Andy Murray est plus ou moins à l’origine d’une première. Il est le premier joueur du top à engager, en la personne d’Amélie Mauresmo, une ancienne joueuse du top pour le coacher. La Française, 34 ans à l’époque, double vainqueur en Grand Chelem, avait arrêté le tennis professionnel tout juste cinq ans auparavant mais, avec ses rôles de commentatrice à la télévision, conseillère de Victoria Azarenka et capitaine de l’équipe de Fed Cup, était restée très présente sur le circuit. Elle avait en outre accompagné son meilleur ami Michael Llodra pendant une saison, ce qui fait que sa collaboration avec Murray ne tombe pas vraiment du ciel.

M

ais il n’en reste pour autant pas évident pour une vedette du circuit ATP de prendre une femme comme coach. “Amélie est quelqu’un que j’ai toujours admiré, un exemple à suivre”, déclare Murray au début de leur collaboration. “Elle

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aussi a dû braver les oppositions, et elle a été une grande joueuse avec de beaux titres, notamment Wimbledon.” Mauresmo a été plutôt surprise par l’intérêt de l’Écossais, même si Murray était un joueur qui, dans sa jeunesse, avait longtemps été suivi par sa très présente

mère. “Il y a quelques semaines de cela, nous nous sommes réunis pour la première fois afin d’envisager une collaboration”, raconte Mauresmo. “Je dois honnêtement avouer que ce n’est pas quelque chose que je me voyais faire après ma carrière. Mais pendant notre


Boxes Coach

entretien, nous avons abordé son tennis et sommes arrivés à la conclusion que nous voulions tous les deux donner une chance à une collaboration.”

Curiosité Mauresmo devient alors une curiosité sur le circuit masculin : une femme dans une culture ouvertement machiste. “Moui, j’imagine que cette histoire va faire un certain bruit, et c’est un pas dans la bonne direction”, sourit-elle. “Mais honnêtement, ce n’est pas l’essentiel pour moi. Je suis heureuse de relever ce défi et je veux aider

Andy. C’est tout ce à quoi je pense pour le moment.” Le fait que Murray est toujours en train de revenir après son opération du dos fait que les résultats ne répondent pas directement aux très grandes ambitions envisagées. À Wimbledon et à l’US Open, le quart de finale est à chaque fois synonyme d’élimination, et Murray sort même pour la première fois depuis 2008 du top dix.Un doigt accusateur est évidemment parfois très vite pointé vers Mauresmo. “J’ai été étonné par le nombre de critiques qu’elle a dû endurer à chacune de mes défaites”, dit Murray après un an passé aux côtés de Mauresmo. “Ce négativisme visà-vis de sa personne était hallucinant.” Le

Britannique savait aussi que dans le vestiaire, nombre de ses collègues avaient d’abord pensé que la collaboration avec Mauresmo était une blague, jusqu’au moment de l’annonce officielle. “Mon intention n’était pas de repousser des limites ou de faire quelque chose qui pouvait avoir une influence sur d’autres sports”, selon Murray. “Mais lorsque j’ai vu toutes ces réactions, j’ai su que c’était le cas. Depuis que j’ai commencé à collaborer avec Amélie, cela m’a vraiment ouvert les yeux. Je remarque plus rapidement les inégalités et je me passionne aussi pour ce combat. Ça m’a également ouvert l’esprit.”


Vers un mieux Lors de la deuxième année du tandem MurrayMauresmo, les résultats sont sensiblement meilleurs. L’Écossais atteint la finale de l’Australian Open (défaite contre Djokovic) et remporte ses premiers titres sur terre battue à Munich et Madrid (avec une victoire contre Nadal !). Il arrive invaincu à Roland Garros mais tombe à nouveau en demi-finale face à Djokovic. Au mois d’avril de cette année-là, Murray intègre Jonas Bjorkman à son staff, Mauresmo étant enceinte de son premier enfant. Il explique aussi pourquoi il avait à l’origine décidé de collaborer avec une femme  : “Si vous mettez cinq ou six hommes autour de la table dans un environnement compétitif, ça n’est bien souvent pas vraiment agréable”, estime Murray. “J’avais souvent des difficultés pour être ouvert, car exprimer ses sentiments dans un tel environnement est encore considéré comme un signe de faiblesse. Avec Amélie, je ne suis jamais en compétition. Quand on parle, tout tourne toujours autour de la collaboration.”

Vers la séparation Début 2016, Murray est pour la cinquième fois finaliste malheureux (à nouveau contre Djokovic) à Melbourne. Au début de la saison sur terre, les chemins de Murray et Mauresmo finissent par se séparer. “Je voulais aider, mais je n’avais pas le sentiment que je pouvais encore apporter une vraie contribution”, déclare la vedette française. “Depuis l’Australian Open, j’ai aussi fortement limité le nombre de semaines passées à ses côtés, et nous n’avons pas passé autant de temps ensemble. Ça a apparemment été une période difficile pour lui, mais cette décision a été prise il y a déjà un moment.” Mauresmo avouera aussi qu’elle a éprouvé quelques difficultés avec le comportement de Murray sur le court. Pendant le tournoi de Miami, elle n’est d’ailleurs pas allée s’asseoir dans le box du joueur (Murray est connu pour se lancer dans des échanges passablement agressifs avec son entourage lorsqu’il est embarqué dans une rencontre sous tension), pour essayer une autre approche. “Il a une personnalité complexe”, indique Mauresmo. “Sur le terrain, il peut être tout l’inverse de sa personnalité dans la vraie vie. Et c’est vraiment déroutant.” Ivan Lendl, un profil évidemment moins impliqué émotionnellement, avait bien moins de problèmes avec cet aspect. Épilogue : après le départ de Mauresmo, Murray joue la finale de Roland Garros, mais il s’incline une nouvelle fois face à Djokovic. 76 PLAY TENNIS


Grandes finales


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Coach

Djokovic & Becker 2013 – 2016

“La décision était mutuelle”, déclare Boris Becker au moment d’arrêter sa fonction en tant que coach de Novak Djokovic, après trois années couronnées de succès. “Ces six derniers mois ont été un défi, surtout après la réalisation de son rêve de toujours (remporter les Internationaux de France), ce qui lui a aussi permis d’aligner quatre titres du Grand Chelem consécutifs sur son CV. Cela a contribué à son souhait de passer plus de temps avec sa famille. Il a voulu, et c’est bien compréhensible, se consacrer davantage à certains centres d’intérêt extra sportifs.” Selon Djokovic, la collaboration est arrivée à un terme parce que tous les objectifs avaient été atteints. “Il a eu suffisamment de temps pour y penser”, reprend Becker. “Il voulait passer plus de temps avec ses proches. En tant que coach, cela vous lie un peu les mains, quand même. Nous ne pouvions pas faire le travail que nous voulions réaliser parce qu’il avait d’autres choses plus importantes à faire. À ce moment-là, on se remet en question. Pourquoi encore aller à New York ? Une fois que cette question est posée, c’est le début de la fin.”

L

a nomination du sextuple vainqueur de Grand Chelem allemand en tant que conseiller de Djokovic avait à l’origine entraîné un certain scepticisme. Becker était alors bien connu en tant que commentateur, pour la BBC pendant Wimbledon notamment, mais ses analyses ou explications tactiques n’étaient pas vraiment considérées comme transcendantes. Par ailleurs, ‘BoumBoum’ Becker était un joueur purement offensif qui avait remporté autant de titres du Grand Chelem que son poulain à ce moment. En termes d’expérience, il n’avait donc a priori pas grand-chose à apporter au numéro un serbe. Djokovic déclarera malgré tout par la suite qu’il voulait “apprendre d’une légende.” Et Becker va montrer à ses détracteurs qu’ils avaient complètement manqué la balle au bond. Sous son aile, Djokovic va en effet connaître une deuxième période d’hégémonie tout bonnement impressionnante. Avant le début de leur campagne commune, Djokovic avait perdu quatre de ses cinq dernières finales de Grand Chelem. Il n’arrive pas non plus à prendre le dessus lors de la première finale avec Becker dans son box

(finale de l’Australian Open 2014, perdue contre Stan Wawrinka). Mais ensuite, les résultats vont aller crescendo.

Dans le cercle Quatre jours avant la finale de Wimbledon, un repas de trois heures partagé avec Novak, son épouse Jelena et son frère Marko fait le différence pour Becker : “Après cette conversation, j’avais l’impression d’être devenu membre du cercle fermé”, réalise-t-il. Et il voit ensuite Djokovic remporter non seulement Wimbledon, mais aussi cinq des sept tournois du Grand Chelem suivants. Il est à ce moment l’incontestable numéro un mondial, enchaîne une série de 22 matchs sans la moindre défaite et semble même bien lancé pour réaliser un Grand Chelem ou s’attaquer à terme au record du nombre de titres majeurs de Roger Federer. Pendant tout ce temps, Djokovic continue néanmoins à être coaché par son compagnon de toujours, Marian Vajda. Becker est là pour apporter la ‘touche finale’ et peaufiner les détails au


niveau mental. “Il ressent les mêmes émotions que moi, comme s’il était luimême sur le court”, dit Djokovic à propos de Becker. “C’est ça, le lien qui nous unit. Une telle connexion nécessaire pour réussir en tant qu’équipe.”

Expérience Becker joue surtout sur son expérience : il insiste sur l’aura, la tactique, l’attitude et l’aspect psychologique. “Si quelqu’un passe et qu’on sait qu’il a déjà été numéro un mondial, ça fait de la place”, sait Becker. “À ce moment, en tant que joueur, c’est comme si tu menais déjà 15-0.” Le triple vainqueur de Wimbledon peut aussi partager son expérience de Londres. “Je sais que le trafic vient d’un certain côté le lundi, que le boulanger est fermé le mardi et que le parc est bondé le mercredi”, enchaîne Becker. “Tout cela fait gagner du temps et de l’énergie.” L’Allemand triomphe à 80 PLAY TENNIS

nouveau en 2014 au All England Club, cette fois au travers de son poulain serbe. “Ça a été le point d’orgue de notre collaboration”, sourit ‘der Boris’. “Sur le terrain : Djokovic contre Federer. Dans le box : Becker contre Edberg. On dirait le scénario d’un film  ! Cette édition de Wimbledon a vraiment été surréaliste.”

La flamme s'éteint... Deux ans plus tard au même endroit, les émotions sont bien différentes : Djokovic perd au troisième tour face à Sam Querrey et donne l’impression d’être résigné. Pendant les six derniers mois de la collaboration, la flamme s’éteint complètement. Il apparaîtra plus tard que Djokovic a souffert d’une sorte de burn-out après son triomphe à Paris, et qu’il n’avait plus le même peps pour faire tourner des matchs serrés en sa faveur. “Il s’est moins entraîné que ce qu’il aurait dû, et il le sait bien”, dé-

clare Becker. “Le succès ne tombe pas du ciel : il faut absolument donner le meilleur de soi-même pour y arriver.” Après avoir remporté la tant convoitée Coupe des Mousquetaires, et avec des rumeurs de problèmes conjugaux en plus d’une quête de spiritualité toujours plus grande nourrie par le gourou et ancien joueur Pepe Imaz, il ne reste plus beaucoup de place pour Becker. La légende allemande du tennis, qui a entretemps soufflé 51 bougies, éprouve aussi des difficultés dans cette situation, et Djokovic et lui décident donc de se séparer. Becker est remplacé un peu plus tard par Andre Agassi, mais l’Américain ne parvient pas à réaliser les très ambitieux objectifs établis, et encore moins à s’approcher des résultats de son prédécesseur. Au final, c’est surtout le retour de Vajda qui inverse la tendance pour Djokovic. Les derniers doutes sur les qualités de coach de Becker sont quant à eux bel et bien enterrés.


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Coach

Nadal & Moya Depuis 2016...

Depuis l’hiver 2016, Carlos Moya est officiellement le coach à temps plein de Rafael Nadal. Mais en réalité, il l’a été toute sa vie. Le vainqueur de Roland-Garros 1998 était en effet l’idole de jeunesse de Rafa. Il a par la suite été un mentor, un guide lors de ses premiers pas sur le circuit, un ami, un sparring-partner, un accompagnateur avisé au sein de son équipe aux côtés de l’oncle Toni Nadal et, enfin, son entraîneur principal. Les deux hommes sont originaires de Majorque, et cela forge très tôt un lien inaltérable. Malgré les dix ans qui les séparent, les deux amateurs de terre battue se sont quand même affrontés huit fois. Moya n’a en définitive pu faire tourner les choses en sa faveur qu’à deux reprises : en 2003, à Umag en Croatie (alors que Nadal n’avait alors que dixsept ans), mais aussi à Miami trois ans plus tard. Les deux joueurs restent surtout de grands amis qui se font progresser mutuellement. Avec succès.

M

oya ne connaît pas seulement son ‘élève’ sous tous ses aspects : il peut évidemment puiser dans sa carrière et ses propres expériences (‘Charles’ a remporté 20 titres et a été numéro un mondial) alors qu’il reste calmement dans l’ombre de l’oncle Toni pour apprendre les ficelles du métier. Fin 2016, il en sort pour finalement entrer dans la fosse. Nadal sort quant à lui de deux saisons difficiles, avec de nombreuses blessures et sans les résultats escomptés. En 2015, pour la première fois de sa carrière, il ne remporte pas le moindre tournoi pendant la saison sur terre ; un an plus tard, il doit abandonner au deuxième tour de Roland Garros en raison d’une blessure au poignet. Avec des éliminations au premier tour de l’Australian Open et au quatrième tour de l’US Open, cela fait de 2016 l’une de ses plus maigres campagnes au niveau Grand Chelem. On questionne ouvertement la date d’expiration du corps, du style de tennis, de la carrière et même de l’entourage de Nadal.

Vers un tennis plus agressif Arrive alors Moya, dont le premier chantier est de faire en sorte que le surpuissant Espagnol retrouve un tennis plus agressif et offensif. Le roi de la terre battue s’était en effet retranché, en partie en raison de ses pépins physiques, toujours plus loin derrière la ligne de fond du court, d’où ses grands coups ne pouvaient que difficilement faire mal à l’adversaire : il se contentait de défendre en attendant la faute de son opposant. “Dès mon premier jour, j’avais la conviction qu’il fallait le faire rejouer de manière plus agressive”, déclare Moya. “Pour ça, il ne faut pas uniquement rentrer des points gagnants ou frapper fort sur la balle : cela dépend aussi de la position sur le terrain. Il fallait se rapprocher de la ligne de fond et prendre la balle plus vite en retour, pour qu’un échange ne suppose plus à chaque fois cinq à dix frappes. Il a réalisé de gros progrès dans ce domaine.” La mise en place de cette rupture de style n’a rien d’une


mince affaire. “Il ne faut pas oublier que quand j’ai commencé, il avait déjà remporté quatorze titres du Grand Chelem, quand même”, sourit Moya. “Et il pensait toujours qu’il lui fallait beaucoup de matchs pour arriver à son meilleur tennis. C’était peut-être le cas quand il avait 20 ans. Mais il n’a plus 20 ans, il en a 30. Avec un parcours parsemé de blessures, en plus. C’était donc la seule manière pour lui d’avoir une plus longue carrière : jouer plus agressivement, raccourcir les points, passer moins de temps sur les terrains et participer à moins de tournois.”`

Carton plein Le succès est quasiment immédiat. En 2017, Nadal joue une finale extraordinaire à l’Australian Open, contre son vieux rival Roger Federer. Le Suisse, lui aussi en pleine renaissance, prend également le meilleur sur son concurrent ibérique aux tournois d’Indian Wells et de Miami, mais les deux hommes semblent avoir remonté le temps. Comme dix ans auparavant, ils occupent les deux premières places du classement mondial. À Roland Garros, Rafa s’impose pour la dixième fois, et il remporte à l’US Open son seizième titre du Grand Chelem. Irrésistible. Il finit l’année tout en haut du classement. Une magnifique entrée en matière pour Moya en tant que coach. “Je suis dans une nouvelle période”, avoue Nadal. “J’ai une routine différente. Carlos est entré dans l’équipe, il a amené de nouvelles idées et méthodes d’entraînement, qui ont prouvé leur efficacité. Il m’a en plus donné la conviction que je pouvais encore m’améliorer. Il a apporté un vent de fraîcheur et m’a donné beaucoup d’énergie positive.”

Filliation Il est étonnant de voir que Nadal reste aussi bien à l’écoute de son aîné, alors qu’il y a 20 ans déjà, un Nadal âgé de treize ans s’entraînait déjà régulièrement avec le numéro un mondial de l’époque, Moya, qui l’a plus ou moins fait entrer dans le monde du tennis professionnel. “Honnêtement, je n’avais jamais pensé que je deviendrais un jour son coach”, admet Moya. “Il est tellement fidèle que je pensais qu’il passerait toute sa vie avec la même équipe. Quand on voit tout ce que nous avons vécu ensemble, toutes les heures passées à parler ou à jouer à la PlayStation… Je ne pouvais tout simplement pas refuser la proposition. Rafa est comme un frère pour moi. Même quand nous étions encore adversaires, il m’a toujours fait confiance. Quand il avait des doutes, il venait me demander conseil. En plus, on parle la même langue du tennis. Nous sommes amis, on peut sortir ensemble et aller boire un verre. Mais sur le court, j’ai quand même la liberté de dire ce qui n’est pas bon. Il est assez humble et ouvert pour assimiler tout ça.” 84 PLAY TENNIS


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Grand stade

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Roland Garros 2019 La nouvelle star s’appelle Simonne Mathieu Oubliez Nadal, Federer, Djokovic, l’attraction qui, en premier, attirera l’oeil du spectateur dès qu’il aura mis le pied à Roland Garros cette année s’appelle Simonne Mathieu, et c’est un stade, une petite merveille de 5.000 places à moitié enterrée dans les Jardins d’Auteuil et enchassée dans un écrin de fleurs et de verdure entre quatre nouvelles serres modernes.

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Grand stade

L

a perspective pouvait difficilement être meilleure Porte d’Auteuil cette année. Il y a d’abord eu l’annonce, un peu inattendue, faite par Roger Federer de revenir sur la terre battue parisienne qu’il n’a plus foulée depuis quatre ans. “Juste parce que j’en avais envie”, avait-il expliqué fin janvier. “Cela ne veut pas dire que je veux y rejouer une fois avant de prendre ma retraite, seulement que je suis dans une phase de ma carrière où je veux aussi raisonner en termes de plaisir, et j’en prends vraiment sur la terre battue. J’ai pensé que ce serait sympa, et que, cette fois, un méga break comme les années précédentes ne me semblait pas nécessaire, ce sera un grand challenge, aucun doute là-dessus, je ne sais même plus comment on glisse sur cette surface (sourire).” Ajoutez aux intentions du divin suisse l’éventualité d’un douzième titre ( !) en quinze ans pour Nadal... quand on aime on ne compte plus mais tout de même... d’ici à ce que l’on rebaptise le tournoi Rafael Garros il n’y aurait plus qu’un pas. Lorsqu’il est arrivé à dix, on a déjà écrit “monumental”, si ça continue il faudra inventer de nouveaux mots. Novak Djokovic on en parle toujours moins que des deux autres, et il a de nouveau soufflé le chaud et le froid à Indian Wells/Miami, mais c’est lui qui a les meilleures “stats” contre le Majorquin depuis 2013, y compris sur terre battue, et à Melbourne au mois de janvier il a survolé la concurrence, dont Nadal auquel il n’a laissé que huit jeux en finale. Enfin, tout le monde sait qu’un jour ce sera le tour de Dominic Thiem sur cette surface, que les Français rêvent de Monfils et Serena de Margaret Court, tandis que la volatilité inédite du circuit ATP - façon... WTA - durant les trois premiers mois de l’année, avec un bilan unique pour l’ère open de 19 vainqueurs différents en autant de tournois joués, ouvre un peu plus la porte à de nouvelles perspectives. “Les jeunes ont moins peur”, constate Federer. Bref, ça s’annonce bien.

3000 personnes par an “Les joueurs trouvent Roland Garros vieillissant, on doit changer si on veut garder notre place”, Guy Forget ne l’avait pas caché dans ces colonnes. S’il n’avait tenu qu’à lui, à la fédération française (FFF) et à la ville de Paris, le “French” du futur serait déjà d’actualité. On sait à quel point les décideurs, après avoir opté pour la rénovation Porte d’Auteuil plutôt que pour un déménagement vers un terrain accolé au château de Versailles où ils auraient eu toute la place du monde, ont vu leur projet retardé, ralenti, menacé par de multiples recours. “Je ne doute pas qu’il en aurait été de même là aussi”, souriait Forget. La principale cause de rejet par diverses associations locales et environnementales a été la création d’un stade dans le jardin des serres d’Auteuil qui jouxte le site, mais on avoue n’avoir pas compris d’ici en quoi le (beau) projet pouvait porter préjudice à qui que ce soit. “On est dans un quartier huppé et conservateur, qui a tendance à oublier que c’est la ville qui s’est construite, qui a “bétonné”, autour de Roland Garros, et non l’inverse. Au départ, notre site était “à la campagne”, dans le bois de Boulogne”, dit Forget. “Quant au jardin voisin qui héberge les serres historiques de l’architecte Jean-Camille Formigé, il est visité tout au plus par 3000 personnes par an, et les serres qu’on a supprimées n’ont aucun intérêt, elles datent des années 90. A l’inverse, celles qu’on a édifiées pour encadrer le nouvel ouvrage sont plus belles et plus modernes, on a préservé ce que l’endroit recèle de précieux et de prestigieux, on a respecté l’esthétique des lieux, on les a mis en valeur, on a même créé une sorte de buzz, on est finalement arrivés à nos fins, on a le plus beau stade de tennis au monde, mais on a perdu trois ans.”


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Grand stade

"Elégance à la française" Il faudra attendre l’année prochaine pour que le Roland Garros new look soit complètement opérationnel, avec un toit sur le court Philippe Chatrier, et même 2021 pour que l’on y dispute des matches en soirée, mais dès cette édition le tournoi entre vraiment dans une nouvelle ère. Paris ne rattrape pas pour autant les autres Grands Chelems en termes de superficie, loin s’en faut même. Avec l’extension vers le jardin des serres - qui nécessitera durant le tournoi l’occupation d’une partie de l’avenue Gordon Bennett pour assurer le transit entre les deux zones -, le site passera de 8,5 à 11,16 ha, une augmentation non négligeable et indispensable tant l’engorgement devenait insupportable, surtout en première semaine. Mais on restera très loin des 18/20 ha de l’US Open, Wimbledon ou Melbourne, certains se demandant déjà si on ne risque pas d’être à nouveau à l’étroit dans quelques années. C’est le prix à payer pour le choix effectué en 2010 par la FFF de rester dans ce qu’elle appelle son “triangle historique”, bâti dans les années 30 pour accompagner les Mousquetaires, héros de la Coupe Davis, la fédé étant elle-même poussée dans le dos par la ville de Paris qui évalue les retombées économiques pour la capitale ou sa région à 300 millions d’euros par an. La municipalité intervient pour 5% dans le coût global de la rénovation, évalué à 400 millions et autofinancé pour le reste par les caisses et emprunts fédéraux, c’est dire si un Grand Chelem rapporte. “Roland Garros a préféré son âme au gigantisme et choisi de privilégier ce qui fait son charme, son histoire, la proximité d’une des plus belles villes du monde”, continue Forget. “Il cultive sa différence, une certaine élégance à la française, il s’agrandit en respectant l’ADN du tournoi tout en permettant à de nouveaux fans de le découvrir, on n’aura jamais la taille des autres mais on aura d’autres atouts, un autre cachet.”

et d’une capacité égale à celle du Court numéro un. Sa conception, due à l’architecte Marc Mimram, aura réussi la prouesse d’enterrer non seulement la moitié de sa moderne structure dans le sol (de 4 mètres exactement) mais également l’essentiel de la polémique qui pourrit l’atmosphère depuis plusieurs années. “Le résultat n’est pas mal”, a ainsi concédé un élu écolo du XVIe arrondissement, et c’est un euphémisme. Les gens qui visiteront le jardin hors du tournoi ne verront que les verrières des quatre serres qui le ceinturent et auxquelles le public aura d’ailleurs accès, 800 plantes tropicales en provenance des quatre autres continents y étant entretenues. Il fallait lui trouver un nom à cette petite merveille, et le choix s’est porté sur Simonne Mathieu, une manière, comme pour l’aviateur Roland Garros, de remettre en mémoire et en valeur un genre de héros oublié. Cette dame, dont le nom ne dit plus rien à personne, disputa non seulement huit finales parisiennes, en gagnant deux à la fin des années 30, mais elle fut aussi une grande résistante aux côtés du général de Gaulle. C’est également la Française ayant remporté le plus de titres en Grand Chelem (simples et doubles) après Suzanne Lenglen.

“On n’aura jamais la taille des autres Grands Chelems, mais on aura d’autres atouts, un autre cachet.”

Championne et résistante Dans la nouvelle configuration, on passera de maximum 35.000 spectateurs par jour à un peu plus de 40.000. D’autant que cette année les nostalgiques pourront encore goûter une dernière fois au légendaire Court numéro un qui sera démoli après le tournoi et fera place en 2020 à une vaste esplanade créée pour offrir plus d’espace autour du Central et désengorger un peu les allées. L’an dernier, un stade de 2500 places avait déjà été inauguré au Fonds des princes à la pointe ouest du site, cette fois ce sont six nouveaux courts, dont deux d’entraînement, qui seront opérationnels dans cette zone. Mais, bien sûr, tous les regards seront tournés vers l’écrin dernier cri érigé à l’autre bout du complexe dans un environnement de verdure

Contre la montre On en a moins parlé, mais le plus grand challenge à relever pour le tournoi 2019 concernait le court Philippe Chatrier, dont la mue a nécessité un chantier titanesque et spectaculaire, mais surtout minuté quasi au jour près. La dernière balle jouée par Rafael Nadal et Dominic Thiem en 2018, de 600 à 800 ouvriers ont en effet couché le colosse à terre aux deux tiers, avant de le reconstruire, de le rehausser, et de lui offrir un moderne lifting, pour plus de confort et de visibilité, avec de nouveaux espaces sous les tribunes destinés aux joueurs et aux médias, en ce compris un tunnel permettant aux champions de joindre Chatrier et Lenglen. Une véritable course contre la montre jusqu’aux derniers instants pour que le nouveau Central soit livré dans les temps. Le tournoi n’a pas le choix... il n’en a pas d’autre, même si d’aventure tout n’était peut-être pas parfait à 100% pour la fin mai. Affublé du toit si longtemps attendu, il sera seulement inauguré en grandes pompes en 2020, on saluera alors l’effort et la réalisation à leur juste valeur, tout en rappelant que les trois autres tournois du Grand Chelem disposeront déjà, quant à eux, d’au moins deux courts couverts.


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est d’enseigner, transmettre une passion, construire la confiance et faire en sorte que l’enfant progresse tout en s’amusant ! Le tennis est un sport pour toute la vie qui vous apportera des qualités et valeurs telles que le sens de l’effort, le dépassement de soi, le fair-play… ; qui vous procurera de la joie, du plaisir et des copains pour toute la vie !

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Justine & Kim Si différentes... et à jamais indissociables On dirait une éternité, et pourtant il y a à peine plus de six ans que Kim a mis un point final à une dizaine de saisons tennistiques belges rares et folles. Il n'y a guère que les Etats-Unis, ou l'Australie de la grande époque, qui aient possédé en même temps deux tennis(wo)men du niveau numéro un ou deux mondiaux.

O

n ne pouvait trouver plus différentes qu'elles, mais Justine Henin et Kim Clijsters se sont construites l'une par rapport à l'autre, elles ont commencé ensemble, interrompu leur carrière quasi en même temps, on n'évoque pas Henin sans penser Clijsters, et vice versa, elles restent à jamais indissociables. Retour sur deux carrières parallèles, et sur une émotionnelle rivalité, qui nous ont fait vibrer de jour comme de nuit.

Pas la même optique de vie Justine et Kim ont commencé à s'affronter gamines, la première avait neuf ans, la deuxième un de moins, elles ont partagé la chambre lors de compétitions internationales de jeunes, elles n'ont jamais été vraiment amies et la différence de tempérament ou la rivalité sur le court n'ont pas encouragé au rapprochement. Mais elles vivaient les mêmes choses en même temps (les parents de Kim ont été confrontés au cancer comme la maman de Justine) et aujourd'hui qu'elles sont toutes deux mères de famille, responsables d'un club/académie de tennis parfois lourd à porter, elles s'entendent bien, s'échangent de temps en temps mails et sms, sont contentes de se voir même si ce n'est pas très souvent. "Elles n'avaient pas la même optique de l'existence", écrit José Henin dans le livre "Justine, ma fille, ma championne". "Kim était une athlète précoce, très sociable, relax par rapport aux choses de la vie et nettement plus insouciante, Justine avait peu d'amies, elle était professionnelle à 150%, voire carriériste, elle voulait par dessus tout gagner, construire un palmarès, marquer l'histoire du tennis." Elles y sont toutes deux parvenues, chacune à leur manière eu égard à leurs qualités et caractéristiques naturelles, plus de force, de puissance et de physique chez Kim la superbe athlète, plus de technique, de subtilité et de variété chez Justine la surdouée, le grand écart de l'une et le revers à une main de l'autre sont inoubliables.

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Petits secrets


"Peut-être Kim n'était-elle pas assez méchante... En ce qui me concerne j'avoue avoir puisé beaucoup de motivation dans notre confrontation." (Justine Henin)

Détester ses adversaires

5-0 en Grand Chelem

"Quand nous avions dix ou onze ans, nous voyagions ensemble à l'étranger et nous nous soutenions", rappelait Kim Clijsters dans l'ouvrage officiel qui retrace sa carrière. "Justine était un peu introvertie. Elle avait perdu sa maman, je faisais tout pour qu'elle se sente bien, malgré le problème de langue on adorait papoter, il faut dire que je suis une vraie bavarde, on communiquait par gestes si nécessaire. Puis est apparu cet entraîneur argentin auquel Justine faisait énormément confiance. A chaque service, elle lui jetait un regard dans les tribunes. Il lui a dit qu'elle devait détester ses adversaires, qu'il n'y avait que comme ça qu'elle pourrait gagner. Lors des grands tournois la rivalité n'a donc fait qu'augmenter, et malheureusement on ne pouvait pas en parler, avoir une bonne conversation s'avérait difficile, peut-être était-ce aussi dû à la langue. Après coup, j'ai regretté que nous n'ayons pas été de bonnes amies. J'y suis arrivée avec d'autres joueuses bien classées, mais avec Justine nos personnalités étaient manifestement trop différentes. Certains jours elle ne me regardait pas, alors que d'autres oui. Je ne pouvais pas la chasser de mon esprit. Lorsqu'elle a remporté la médaille d'or aux Jeux d'Athènes, j'en ai pleuré de joie pour elle."

Bien sûr, c'est à Carlos Rodriguez que la Limbourgeoise fait allusion plus haut, un coach qui a eu grande influence sur l'existence de Justine et lui a apporté beaucoup, surtout durant ses premières années sur le circuit, mais dont on ne peut dire qu'il ait laissé le souvenir d'un grand humaniste et qui s'est évertué à faire le vide autour d'une joueuse dont on ne saura forcément jamais ce qu'elle aurait pu réaliser avec un autre coach, un autre oeil, moins oppressant, plus loin dans sa carrière. En même temps, la méthode a porté ses fruits sur le court puisqu'après avoir perdu sept fois sur neuf contre Kim entre 2001 et 2003 à leur entrée sur le circuit WTA, Justine a renversé la tendance et pris le dessus par la suite, s'imposant huit fois sur onze en quatre ans (en comptant une défaite sur abandon à Rosmalen), mais surtout la Rochefortoise a remporté sept titres en Grand Chelem et les cinq confrontations en tournoi majeur de leur première partie de carrière, dont trois finales d'affilée. S'il y eut un tournant décisif, ce fut le fameux Roland Garros 2003. "La première qui remporterait un tournoi majeur allait prendre l'avantage, cela devait être le moment-clé, et Kim n'était pas passée loin en 2001 après avoir battu Juju en demi-finale", écrit encore José Henin. De la psychologie

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Petits secrets

"Je suis devenue la joueuse que j'avais toujours voulu être." (Kim Clijsters)

et de l'émotionnel dans le tennis féminin. Il faut dire qu'en travaillant comme une forcenée en Floride avec le préparateur physique Pat Etcheberry Justine s'était considérablement musclée, surtout des membres inférieurs, pour moins subir physiquement des concurrentes auxquelles elle rendait dix kilos ou dix centimètres. Cette victoire à Paris, et le "j'espère que tu es fière de moi maman" entré dans la légende, a clairement boosté Justine, ce fut sa meilleure année, avec l'apothéose de 2007 (Roland Garros, US Open, Masters), sa carrière a vraiment décollé. Battue en demi-finale de Wimbledon par Serena Williams, elle a remporté ensuite l'US Open, l'Open d'Australie et détrôné... Clijsters de la place de numéro une mondiale, avant de payer la note sous la forme d'un cytomégalovirus qui l'a minée et écartée des courts durant plusieurs mois.

Psychologique Kim "la gentille" vs Justine "la méchante" ? Cela arrangeait bien certains de résumer de la sorte le formidable duel belgo-belge qui passionnait, et divisait, le pays. Mais c'était évidemment un peu court. D'autant que les entourages ou l'effervescence médiatique ont brouillé les pistes, et pas seulement Carlos

Rodriguez. Lorsqu'au lendemain de l'US Open 2003 on laissa entendre du côté de Bree, après le triomphe assez extraordinaire de Henin à New York (demi-finale jusqu'au bout de ses forces et de la nuit face à Capriati, avec baxter de glucose à deux heures du matin, finale quasi à sens unique le lendemain contre une Clijsters reposée mais nerveuse), que tout ça, y compris la transformation physique de la joueuse wallonne, n'était pas naturel, on devine que Justine elle-même ne pouvait que mal le prendre. "C’est facile de se réveiller le matin et de se dire : "Je vais lancer une rumeur parce que ce n’est pas normal de tout gagner comme ça", lançait-elle. "Moi je dis que ce n’est pas facile de se réveiller pendant 20 ans et d’aller bosser comme une dingue même lorsque c’est dur. Quand on voit tout ce que j’ai investi... c’est vraiment la chose qui m’aura le plus fait souffrir dans ma carrière, je ne peux l'oublier. C’était très facile de parler et de ne pas voir tout ce qui avait été mis en oeuvre." Cette finale new-yorkaise a surtout affirmé, ou confirmé, l'ascendant psychologique pris par la Rochefortoise en Grand Chelem durant cette période. Un phénomène difficile à comprendre ou cerner rationnellement, comme d'ailleurs le fait que Kim ne se sentit plus jamais en confiance sur la terre battue de Roland Garros alors qu'elle a été formée sur la surface et qu'avec la fraicheur de ses 18 ans elle y a disputé, en 2001,


la plus spectaculaire finale féminine (10-12 au troisième set) de ce siècle face à Jennifer Capriati. L'insolente domination affichée ensuite par Justine sur la brique pilée y est sans doute pour quelque chose, mais même lorsque la voie parut "libre" on a parfois eu l'impression que la Limbourgeoise était la seule à ne pas y croire. Au cours de cette première partie de carrière, Kim a tout de même remporté en 2005 ce premier titre majeur qu'elle méritait amplement, déjà à New York et en faisant d'une pierre deux coups, s'imposant à la fois à Flushing Meadows et dans les US Open Series (regroupant les tournois américains préparatoires) nouvellement créées, ce qui lui valut le plus gros chèque de l'histoire du sport féminin jusque là, soit 2,2 millions de dollars

Thérapeutique "Peut-être Kim n'était-elle pas assez méchante", soulignait Justine Henin, "elle appréciait tout le monde, et l'inverse était vrai, je n'oublierai jamais ce qu'elle m'a dit après ma première victoire à Roland Garros, alors qu'elle était ellemême très déçue : "Je suis contente pour toi, je sais à quel point c'était important" (allusion bien sûr à la "promesse" faite par Justine à sa mère, ndlr). En ce qui me concerne, j'avoue avoir puisé beaucoup de motivation dans notre confrontation." L'une après l'autre, à bout physiquement et mentalement sur comme hors du court, elles annoncèrent leur (première) fin de carrière, Clijsters taraudée par l'envie d'avoir un enfant, et c'est dans le même ordre, d'abord Kim puis Justine, qu'elles revinrent sur le circuit deux ans plus tard pour un ultime tour de piste. La Limbourgeoise mariée et devenue mère avait entretemps perdu un père qui était tout pour elle, elle a expliqué dans son livre que ce retour a eu une valeur thérapeutique. "Gamine, je manquais de confiance en moi, je devenais rapidement nerveuse. Lors de ma deuxième carrière, j'ai décidé que le stress n'aurait plus d'influence sur moi, et je suis devenue la joueuse que j'avais toujours voulu être. J'ai appris que le tennis pouvait également me détendre, qu'il avait un pouvoir cicatrisant, qu'il pouvait chasser le chagrin, qu'il suffisait que je tape avec rage pendant une heure sur une balle pour que les soucis s'envolent." En 2010, on a même rêvé que les duels entre nos deux championnes, la maturité aidant, prendraient encore une nouvelle dimension. A New York, cinq mois après son retour, Clijsters était devenue la première maman à remporter un Grand Chelem depuis Evonne Goolagong en 1980, Henin, elle, reprenait à peine la compétition, mais leurs deux premières confrontations en début d'année, gagnées par Kim 8-6 au tie-break du troisième set, furent d'un tel niveau que tout le monde s'est dit : ça y est, les Belges sont de retour ! Malheureusement, la deuxième carrière de Justine ne dura pas plus de six mois, à cause d'une chute apparemment anodine à Wimbledon lors de son huitième de finale... face à la Limbourgeoise alors qu'elle avait gagné le premier set 6-2. Victime d'une rupture ligamentaire partielle au coude droit, désormais trop abîmé et fragile, elle raccrocha définitivement la raquette, tandis que la Limbourgeoise décomplexée remportait une troisième fois l'US Open, puis l'Open d'Australie, avant de devoir capituler elle aussi face aux multiples diktats d'un corps criant au secours.

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Le bilan... Circuit ITF : 1998, 1999,

Ramat Hasharon, 1/4 de finale : Henin 6-1, 7-6 (7/3) Reims, finale : Henin 6-4, 6-4

Circuit WTA : 2001, 2001, 2001, 2002, 2002, 2002, 2002, 2003, 2003, 2003, 2003, 2003, 2003, 2003, 2003, 2004, 2005, 2006, 2006, 2006,

Indian Wells, 3e tour : Clijsters 1-6, 6-4, 6-3 Roland Garros, 1/2 finale : Clijsters 2-6, 7-5, 6-3 Rosmalen, finale : Henin 6-4, 3-6, 6-3 Sydney, 1/4 de finale : Clijsters 7-6 (5), 6-2 Australian Open, 1/4 de finale : Clijsters 6-2, 6-3 Rome, 1/2 finale : Henin 7-5, 6-2 Los Angeles, 1/4 de finale : Clijsters 6-2, 6-1 Sydney, 1/2 finale : Clijsters 6-2, 6-3 Anvers, 1/2 finale : Clijsters 6-2, 7-6 (3) Berlin, finale : Henin 6-4, 4-6, 7-5 Roland Garros, finale : Henin 6-0, 6-4 Rosmalen, finale : Clijsters 6-7 (4), 3-0 abandon San Diego, finale : Henin 3-6, 6-2, 6-3 US Open, finale : Henin 7-5, 6-1 Filderstadt, finale : Clijsters 5-7, 6-4, 6-2 Australian Open, finale : Henin 6-3, 4-6, 6-3 Toronto, finale : Clijsters 7-5, 6-1 Roland Garros, 1/2 finale : Henin 6-3, 6-2 Eastbourne, 1/2 finale : Henin 6-3, 5-7, 6-1 Wimbledon, 1/2 finale : Henin 6-4, 7-6 (7/4)

Deuxième carrière : 2010, 2010, 2010,

Brisbane, finale : Clijsters 6-3, 4-6, 7-6 (6) Miami, 1/2 finale : Clijsters 6-2, 6-7 (3), 7-6 (6) Wimbledon, 1/16 finale : Clijsters 2-6, 6-2, 6-3


New York, New York... S

i Justine est la reine de Paris, Kim est la queen du Queens, la banlieue de New York où est situé le complexe de Flushing Meadows. On peut trouver paradoxal que la jeune fille de Bree, qui ne se sent nulle part mieux que dans son coin calme et sûr du Limbourg, sa maison, les chemins qu'elle connaît par coeur, se soit épanouie tennistiquement dans la métropole la plus vibrante, la plus bruyante qui soit, celle qui, paraît-il, entre ses frénétiques avenues et les buildings qui masquent l'horizon, ne dort jamais. "J'adorais jouer au tennis, j'étais taillée pour ça, je ne sais pas ce que j'aurais pu faire d'autre dans l'existence. En revanche, je n'aimais pas beaucoup cette vie animée, où il fallait toujours progresser, j'ai toujours préféré mon petit cocon", confirmait-elle. "Après avoir gagné mon premier Grand Chelem à New York, j'ai décidé de répéter les mêmes gestes le plus possible, de choisir le même hôtel calme, à quelques rues de Times Square, la même chambre, le même côté du lit pour dormir, je prenais toujours le même petit déjeuner, fruits et flocons d'avoine, je me suis créé une sorte de petite maison loin de l'agitation, même au stade, quand on avait l'impression d'être dans une ruche remplie d'abeilles, j'avais mes petits secrets, la même toilette du vestiaire féminin où je pouvais m'isoler et où je faisais mes exercices de respiration pour me calmer." C'est surtout lors de sa seconde carrière qu'elle s'est épanouie sur le court. Vivre le décès de son père Lei Clijsters, victime du cancer, créer une famille avec le basketteur Brian Lynch et la petite Jada, l'a rendue plus mature, plus confiante. Mama Kim a (re)gagné deux fois l'US Open, remporté l'Open d'Australie, elle est redevenue numéro une mondiale, tout en précisant, fidèle à elle-même : "On en fait tout un plat, mais il y a des femmes pour lesquelles c'est tellement plus compliqué de combiner travail et vie de famille."

2005. Kim Clijsters - Mary Pierce 6-3, 6-1 A l'époque, Kim n'est pas loin du titre de "meilleure joueuse du monde n'ayant pas encore gagné un Grand Chelem", elle est mise k.o. à Roland Garros et à Wimbledon par Lindsay Davenport, tandis que Porte d'Auteuil Justine Henin accroche son quatrième titre majeur face à Mary Pierce. Tous les cinq ans, la Française, déjà victorieuse en 1995 à Melbourne et en 2000 à Paris, a l'habitude de sortir un coup fameux, mais en 2005 les Belges en décident autrement. Lors de cette tournée américaine, la Limbourgeoise n'a peutêtre jamais été aussi forte. A Stanford, Los Angeles et Toronto, on assiste à une démonstration de puissance impressionnante qui la désigne ultra-favorite pour l'US Open. Encore faut-il transformer l'essai. Le statut n'est pas facile à porter. Deux ans plus tôt aussi on la voyait s'im102 PLAY TENNIS

poser face à une Henin exsangue. En délicatesse depuis quelques mois avec ses ischio-jambiers, celle-ci a baissé pavillon en huitième devant... Mary Pierce. Et c'est en remontant 4-6, 2-4 face à Venus Williams en quart, puis en maîtrisant le bruyant bombardement de Maria Sharapova en demi, que Kim gagne le tournoi, parce qu'en finale Pierce n'est pas de taille, "c'est une joueuse d'un autre niveau", dira la Française. Un poids énorme semble tomber des épaules de Kim et de la famille Clijsters au sens large. En passant, la championne devient deux fois millionnaire en dollars en moins d'une heure, de quoi mettre quelques tonneaux en perce pour les fans en Belgique. Son coach Marc De Hous arrête sur ce temps fort : "Cela ne pourrait être plus beau." Et Kim, avant tout soulagée, évoque même pour la première fois sa fin de carrière... deux ans plus tard  : "Je n'ai peut-être que 22 ans mais mon corps est plus âgé", explique-t-elle.


Petits secrets


2009.

2010.

Kim Clijsters - Caroline Wozniacki 7-5, 6-3

Kim Clijstersa - Vera Zvonareva 6-2, 6-1

Si l'année 2007 avait consacré Justine Henin au panthéon du tennis féminin, c'est ce jour de septembre 2009 qui fait entrer Kim Clijsters dans la légende. Revenue au tennis pour tenter d'alléger l'immense peine causée par la perte de son père en janvier, elle n'a disputé que deux tournois, Cincinnati et Toronto, alors qu'il en faut trois pour obtenir un classement. Elle s'aligne à l'US Open grâce à une wild card, tandis que sa fille gambade dans la salle des joueurs - "sa présence me rend plus forte et me permet de relativiser, d'oublier le tennis entre les matches ou les entraînements" - , et elle gagne après avoir éliminé les soeurs Williams (en demi-finale Serena, sanctionnée d'une faute de pied, pique une de ses pires colères et est disqualifiée alors que Kim mène 6-4, 6-5, balle de match). Rappelons que, dans l'histoire du tennis, seules deux joueuses ont réussi à battre les "sisters" chez elles à New York dans le même tournoi : Justine et Kim  ! La finale face à Caroline Wozniacki n'entre pas dans les annales, mais les images de Mama Kim rayonnante et de la petite Jada jouant avec le trophée font le tour du monde. "J'ai fini par fuir le tourbillon d'après match", raconte encore Kim, "il était 2 h 30 du matin et je n'avais encore rien mangé, on a décidé avec mon mari Brian de chercher quelque chose dans les environs de l'hôtel, et c'est là, en pleine rue, tandis que la joie et les sourires irradiaient tous les visages, que la tristesse s'est invitée sur le mien, que tout ce que j'avais vécu durant l'année m'est revenu d'un coup en pleine face, j'ai pleuré sur Times Square."

Serena et Justine sont blessées, mais Kim a du mal à avaler son élimination en quart de finale à Wimbledon, elle qui se concentre sur quelques grands rendez-vous depuis qu'elle a repris la raquette, elle a déjà annoncé qu'elle n'irait pas plus loin que les Jeux olympiques 2012. Elle gagne Concinnati grâce à un retour "à la Henin" face à Sharapova (elle était menée 2-6, 3-5, trois balles de match), abandonne à Toronto parce qu'elle a mal à la hanche, cravache au premier tour new-yorkais contre la Hongroise Greta Arn, avoue qu'elle se demande encore comment elle "a pu gagner ce match" après avoir éliminé Sam Stosur, et sait que contre Venus Williams en demi-finale elle a "intérêt à s'améliorer." Le combat, passionnant, dure 2 h 23 et c'est à nouveau le moteur de l'Américaine qui crachote suffisamment pour permettre à notre compatriote de lancer son sprint final. Vingtième victoire d'affilée à l'US Open... et bientôt une vingt et unième en finale face à Vera Zvonareva... justement celle qui l'a sortie à Wimbledon. Le jour anniversaire des attentats new-yorkais la revanche est cinglante, l'entreprise de démolition dure moins d'une heure, Kim retrouve d'un coup toute sa verve, au point de glisser après coup : "Je me suis bien vengée, je n'ai jamais été aussi bonne, j'ai vraiment pu faire tout ce que je voulais." Elle va encore devenir vraiment "Aussie Kim" en remportant l'Open d'Australie l'année suivante, disposant de la Chinoise Na Li en finale. Mais elle ne décrochera pas la médaille olympique qu'elle espérait, et c'est à l'US open qu'elle quitte définitivement la scène quelques jours plus tard, le 29 août 2012 : "J'ai pu arrêter ma carrière là ou je le souhaitais, la boucle est bouclée".

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Petits secrets

"Je me suis crĂŠĂŠ une sorte de petite maison loin de l'agitation, mĂŞme au stade j'avais mes petits secrets."


Paris, je t'aime D

urant la période où elle a figuré au top du tennis mondial, Justine fut la meilleure joueuse de terre battue, et de loin, la reine de Roland Garros, son tournoi préféré. "Un jour, je serai numéro une mondiale, et toi tu seras assise là", avait-elle dit à sa mère en 1992, désignant le box où étaient assises les familles des joueuses, alors qu'elle avait gagné deux places pour la finale opposant Steffi Graf à Monica Seles. "Oui ma puce", avait souri maman Françoise pour lui faire plaisir. "Jamais on n'aurait pu imaginer qu'elle y parviendrait, hélas quand cela arriva réellement, Françoise, vaincue par le cancer, n'était plus là pour la voir", écrit José Henin. Cela n'avait pourtant pas très bien commencé. A Roland Garros 2001, en demi-finale contre Kim Clijsters lors de leur premier duel majeur, alors que les deux filles n'ont pas vingt ans, elle développe un tennis de rêve, flamboyant et dominateur, pour mener 6-2, 4-2, trois balles de 5-2, avant de craquer et de perdre pied. Cette année-là, elle gagne des tournois sur toutes les surfaces... sauf la terre battue, et en 2002, souffrante, elle ne passe même pas le premier tour, éliminée par la Hongroise Aniko Kapros. C'est en 2003, après les fameuses séances de torture physique qu'elle s'inflige en Floride et le conditionnement mental de Carlos Rodriguez, que tout change. En cinq ans, elle ne subit qu'une défaite Porte d'Auteuil et gagne quatre fois le tournoi en n'abandonnant que cinq sets au total et seulement dix-sept jeux en finale. La seule année qu'elle manque (2004) est celle où elle contracte un cytomégalovirus.

2003. Justine Henin - Kim Clijsters 6-0, 6-4 S'il y avait eu de la pression et de l'engouement au pays pour la demi-finale de 2001, que dire alors de ce samedi historique ? Le roi Albert et une kyrielle de politiciens en goguette, toutes couleurs confondues, se pressent dans les travées du court Philippe Chatrier où les Belges ont raflé toutes les places possibles et habillé le Central aux couleurs nationales. Kim mène 0-40 dans le premier jeu puis se liquéfie. "Elle n'avait pas sa hargne et son agressivité habituelle", reconnaît Justine qui joue tactiquement à la perfection pour mener 6-0, 4-2. Quand à 4-3, subitement la peur au ventre, la Rochefortoise sert ce que son père appelait un "jeu poubelle", tout le monde repense à 2001, y compris Kim. "J'étais plus forte mentalement que deux ans plus tôt, mais les gens l'ignoraient, j'avais gagné la demi-finale contre Serena Williams, numéro une mondiale, après avoir été menée 4-2, 30-0, dans le troisième set", sourit celle qui allait se sortir si souvent de situations apparemment inextricables dos au mur. "La balle de match, j'ai l'impression qu'elle reste en l'air une éternité, elle frappe la bande du filet et reste de l'autre côté. Gagner Roland Garros ? Cela dure une seconde, une décharge d'adrénaline, la jouissance totale, je souhaite à tout le monde de vivre ça." Une seconde exceptionnelle prolongée au retour, sur la Grand Place de Bruxelles, par une réception façon Diable Rouge qui doit également marquer une vie.

2005. Justine Henin - Mary Pierce 6-1, 6-1 Après une des périodes les plus difficiles de sa carrière, consécutive à la découverte l'année précédente de ce virus qui l'a fatiguée à l'excès, elle se refait une santé sur la terre battue, gagne Charleston, Varsovie et Berlin, avant de se présenter à Roland Garros 12e mondiale mais grande favorite. La finale se joue en fait en huitièmes, où Kuznetsova, apparemment la seule qui peut lui poser problème, pousse Henin à 3 h 15 de combat acharné où la Russe mène 3-5 dans la troisième manche et s'octroie deux balles de match. Par la suite, Justine domine Sharapova, puis Petrova avant de ne faire qu'une bouchée de Pierce. Pour tout dire, il n'y a pas match. "De tous mes titres parisiens, le premier reste le plus beau, et c'est le deuxième qui m'a le moins plu", a-t-elle indiqué après coup. "Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, la finale a été rapide et il n'a pas fait beau. Pourtant, après avoir eu peur pour la suite de ma carrière et m'être demandée si je retrouverais jamais mon meilleur niveau, j'ai vécu deux semaines fantastiques et même sauvé deux balles de match." Ce qui ne lui est pas arrivé souvent Porte d'Auteuil. 106 PLAY TENNIS


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2006. Justine Henin - Svetlana Kuznetsova 6-4, 6-4 Le triomphe de la maîtrise, dans ce qui fut la finale la moins déséquilibrée de la Rochefortoise à Roland Garros. Kuznetsova est avec Serena une des seules capables de l'inquiéter sur la brique parisienne, mais la Russe, pourtant conseillée par Arantxa Sanchez, fait preuve de fébrilité et commet beaucoup de fautes alors que Justine, pourtant menée 0-2 à l'entame du second set, reste solide et lucide. "J'ai joué mon meilleur tennis sur les points importants, dans une finale de Grand Chelem la nervosité est présente chez tout le monde, c'est la gestion qui fait la différence", dit-elle. Notre compatriote donne l'impression tout au long du tournoi de dominer son sujet sans forcer son talent. Y compris en demi-finale contre Kim Clijsters (6-3, 6-2), avec laquelle elle vient de se "réconcilier" lors d'une formidable rencontre de Fed Cup face à la Russie à Liège. "Notre relation est redevenue saine", dit-elle, "même si entre nous, malgré les rancoeurs aujourd'hui mises au tiroir, nous n'avons jamais cessé de nous respecter."

2007. Justine Henin - Ana Ivanovic 6-1, 6-1 C'est le millésime où, au vu du tennis qu'elle a développé, Justine aurait pu rêver de réaliser le grand chelem... si elle n'avait manqué l'Open d'Australie pour cause de rupture avec Pierre-Yves Hardenne et si elle n'avait pas incompréhensiblement perdu à Wimbledon face à Marion Bartoli... cela fait évidemment beaucoup de si. Indiscutable joueuse de l'année, la dernière avant qu'elle ne tire une première fois sa révérence, elle est au dessus de toutes, même de Serena et de Venus Williams qui ont gagné en Australie et à Londres. Elle est d'ailleurs la première à les battre toutes les deux chez elles à l'US Open avec un niveau de jeu extraordinaire, avant de conclure la saison sur une formidable finale au Masters contre Sharapova. A Roland Garros, où elle domine aussi Serena en quart, ce n'est pas une promenade de santé, mais presque, elle est intouchable. En demi-finale face à Jankovic et en finale contre Ivanovic (qui a mené 1-0, 40-0, avant de ne plus prendre qu'un jeu), elle ne concède que sept jeux au total. Ce n'est évidemment plus une première, il y en a même qui parlent de routine, mais cette fois le plaisir et l'émotion sont doublés de touchantes retrouvailles familiales, après des années de séparation, de disputes ou de malentendus avec ses frères et son père. Sa soeur Sarah, avec laquelle elle a toujours gardé contact, et ses deux frangins David et Thomas sont assis dans la tribune, la gorge nouée, mais que dire du paternel qu'elle "embrasse" dans son discours et qui est resté devant sa télévision les larmes aux yeux "pour ne pas lui porter poisse" ?

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"Gagner Roland Garros ? Cela dure une seconde, une décharge d'adrénaline, la jouissance totale..."


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Le Jaco’s, un défi de taille ! Après des rénovations d’envergure, le Jaco’s a rouvert ses portes en décembre dernier. C’est Damien Ducobu, Ucclois de souche qui a voulu rendre vie à cette institution du Fort-Jaco ! Car chez les Ducobu, la restauration est une histoire de famille.

Une carte variée, des plats aux multiples saveurs, des spécialités belges (comme les incontournables croquettes aux crevettes grises) et un Menu Découverte à 35€, le tout servit dans une ambiance familiale et décontractée... une bulle de Drappier pour commencer.

Hugues était en effet l’importateur du champagne Drapppier, tandis que Yves est le patron du restaurant Les Papilles, chaussée de Waterloo. Grâce à une nouvelle carte, une nouvelle équipe et la volonté de refaire vivre l’endroit, le bouche à oreille et la nostalgie ont fait le reste du travail.

Le Jaco’s propose un business lunch du lundi au vendredi avec des délicieux plats préparés à partir de produits frais de saison à seulement 15€. Chaque après-midi, vous pouvez aussi vous rendre dans ce lieu chaleureux pour un café ou une crêpe.

À VOS AGENDAS ! Vendredi 21 juin : La chanteuse Nadine Hamadouch s’invitera au Jaco’s suivi d’une soirée dansante Restaurant-Brasserie. Tea Room, Brunch, Business lunch. Terrasse au soleil. Place to be. Ouvert tous les jours de 11h à 22h. Chaussée de Waterloo 1372, 1180 Bruxelles Tel : 02.374.74.70 www.brasserie-jacos.be


What else ?

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Sani Resort

La destination idéale des férus de la petite balle jaune…

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Le premier ''Rafa Nadal Tennis Centre at Sani Resort'' de Grèce vous invite à combiner votre sport de prédilection qu’est le tennis à des vacances au bord d’une mer translucide… Ce rêve existe. Il porte un nom. Celui de Sani Resort.


What else ?

C

’est au coeur d’une réserve écologique de 400 hectares de pinèdes et d’oliveraies, sur la magnifique péninsule de Kassandra et à 45 minutes à peine de l’aéroport de Thessalonique, que se dresse Sani Resort. Faisant partie du top 5 des Resorts cinq étoiles encensés dans le monde entier, il est unique de par sa conception. En effet, ici ce n’est pas un, mais cinq hôtels, possédant chacun sa propre identité, son propre spa, ses propres restaurants et bars, et dispersés dans une immense réserve naturelle et préservée. On y vient pour se détendre, pour goûter aux plaisirs de la table, pour profiter du soleil généreux de la région, mais aussi pour pratiquer l’art de la petite balle jaune dans les meilleures conditions qu’il soit.

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Luxe et services exceptionnels

Le tennis à l'honneur

Le Verdura Resort est situé au cœur d’un magnifique domaine de plus de 230 hectares avec près de 2 km de côtes privées. Les lieux ne comptent pourtant que 203 chambres et suites afin d’offrir à la clientèle l’espace et l’intimité dont elle a besoin pour se ressourcer en profondeur. Les intérieurs conçus par Olga Polizzi allient le luxe et le confort moderne au charme authentique sicilien. Émerveillement garanti dans un havre de paix et de détente avec vue sur mer ! Et pour un séjour familial, pourquoi ne pas penser aux 6 villas du Resort ? Spacieuses et dotées d’un confort hors normes, elles offrent en outre une piscine privée.

Verdura aime les joueurs de tennis et... les joueurs de tennis le lui rendent bien ! Grâce aux conseils des professionnels de la Verdura Tennis Academy, les joueurs de tous âges et de tous niveaux pourront profiter des cours collectifs ou particuliers pour accroître leurs performances. 6 courts de tennis sont à leur disposition, sur réservation uniquement.

Une destination idéale ! Le climat méditerranéen de la Sicile permet au Verdura Resort d’accueillir ses hôtes de mars à novembre. Mais avouons que le printemps y est incomparable : il y règne une douce température mélangée à l’émerveillement de voir les orangers et les citronniers en pleine maturité. À noter également que cet été, la musique sera à l’honneur au Verdura Resort avec des concerts d’artistes de renom.

L'art du bien-être au Verdura Spa Le Verdura Spa est le centre thermal phare du groupe Rocco Forte. Situé au milieu d’oliviers, orangers et citronniers, il s’agit d’un impressionnant complexe thermal de 4000 m2 comprenant 2 salles de soins, une salle de fitness entièrement équipée de 170 m2, un studio de remise en forme, une piscine couverte de 25 m, quatre piscines extérieures de thalassothérapie, un hammam, un sauna infrarouge, des saunas finlandais et un bar Spa. Une véritable retraite sans comparaison possible. Séjourner au Verdura Resort, c’est s’offrir une expérience unique et avoir le choix entre repos, séjour sportif ou voyage culturel. Et pourquoi pas les trois finalement ?

Cette destination magique est à découvrir en détails sur le site : www.roccofortehotels.com

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What else ?

"Émerveillement garanti dans un havre de paix et de dÊtente avec vue sur mer !"


Le padel en plein boum

C'est comme la petite bête qui monte, qui monte. Le padel, on en parle de plus en plus, pas partout, pas tout le temps, ça reste encore une affaire un peu confidentielle, mais petit à petit l'oiseau fait son nid. D'autant qu'il se développe à présent sur un socle solide, celui des fédérations belges de tennis. Tour d'horizon.

P

our ceux qui l'ignoreraient encore, le padel est un sport dérivé du tennis et du squash se jouant sur un terrain plus petit qu'un court de tennis, encadré de murs et de grillages sur lesquels on peut faire rebondir la balle comme au squash. Le calcul du score est le même qu'au tennis et les balles utilisées ont une pression légèrement inférieure. Il est disputé uniquement en double et le service doit s'effectuer à la cuillère. En Espagne et en Argentine c'est un sport national, mais d'autres pays européens, dont le nôtre, sont occupés à attraper un virus qui s'étend déjà du Portugal à l'ensemble de l'Amérique latine. D'anciens champions de tennis, comme Xavier Malisse, Olivier

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et Christophe Rochus s'y sont mis, des "footeux" adorent, comme Olivier Deschacht, Tom De Sutter ou Yves Vanderhaeghe. Les terrains, sortes de cages d'acier aux parois vitrées, fleurissent aux quatre coins du pays, le plus souvent dans les clubs de tennis, mais petit à petit des infrastructures 100% padel voient aussi le jour. Des régions francophones sont certes plus "mordues" que d'autres, avec de grosses concentrations et une belle émulation du côté de Bruxelles, du Brabant (près de la moitié des terrains y sont situés), de Liège ou dans le Hainaut, alors que ça prend beaucoup moins jusqu'ici dans la zone Namur/Luxembourg. Certains n'ont-ils pas qualifié le padel de "sport de ville"...

200% en plus Longtemps affaire de passionnés, au rayonnement timide et discret, cette discipline ludique, accessible au plus grand nombre à condition de sentir un minimum la balle, a pris de l'élan dans notre pays ces quatre ou cinq dernières années. D'empirique, elle se devait dès lors de mieux se structurer quitte à y laisser un peu de sa libre autonomie. Des deux côtés de la frontière linguistique, le padel a ainsi été progressivement intégré à la fédération de tennis. Non sans douleur, parfois, mais, en francophonie, le ministère des sports l'a fortement recommandé au moment d'octroyer des subsides au développement de l'activité. "On accueille un


What else ? sport de raquette émergeant, en plein impression ? La raquette étant plus pe- surtout en découvrant nos adversaires, essor, et une fédération, l'AFPadel, qui tite, au début on peut taper à côté (sou- un couple d'un certain âge avec un sura ses spécificités, son mode de fonction- rire), mais trêve de plaisanterie c'est très croît de "bagage". Je me suis dit "ces nement et de communication, beau- amusant, il vaut mieux avoir un peu de gens ne doivent pas savoir qu'ils ont un coup via les réseaux sociaux. Il faut en physique et de sens de la balle, mais on ex-pro du tennis en face d'eux", mais j'ai tenir compte et trouver les bonnes for- court moins qu'au tennis et on n'a pas vite perdu le sourire, je n'ai pas touché mules", souligne le secrétaire général besoin d'une formation aussi poussée une balle, ou plutôt j'en ai touché plein de l'association francophone de tennis pour y tenir sa place. Si on est un tant mais mal, c'était ou trop fort ou pas as(AFT), Pierre Delahaye. "L'organisation soit peu adroit, la différence ressentie sez, en tout cas pas juste, il faut savoir mise en place en 2018 est encore loin face à un joueur mieux classé sur un s'adapter au jeu, aux parois, le padel d'être complète, mais nous venons d'en- court de tennis existe beaucoup moins est très tactique, y étaler sa force ou sa gager une employée au siège de Wierde sur un terrain de padel." C'est tellement technique ne rime à rien, la seule chose pour professionnaliser qui compte - comme dans le secrétariat, le nombre tout sport de raquette, fid'affiliés (1679 fin de l'annalement - c'est de jouer née dernière) a augmenté la balle dans le cadre imde 200% en douze mois, posé de telle manière que une vingtaine de clubs l'adversaire ne puisse rien ou de sections padel ont en faire. Ce jour-là j'ai vu le jour en 2018/19, et bien vu dans leurs yeux il continue de s'en créer que celui qui s'était fait comme récemment à "ridiculizado" c'était moi." Genval ou bientôt à Ans. Trois fois plus de tournois ont été organisés l'an dernier et les interclubs 2019 Dans la mesure où le parassemblent 198 équipes del grandit, la question pour 134 en 2018 et 51 en que l'on peut poser est 2017. 65% des joueuses de savoir si ce ne sera pas ou joueurs sont déjà aux dépens du tennis, membres de l'AFT, mais ne lui fait-il pas concurtous les pratiquants du parence  ? "Pour ce qui est del ne sont pas affiliés. Un du sport loisirs peut-être", programme de formation dit Olivier Rochus, "parce est mis en place cette anque c'est aussi un sport de née avec le conseiller techballe et de raquette, qu'il nique Juan Pablo Abarca, est un peu plus facile, très de même qu'un circuit gai et qu'il tient chaud dede tournois pour jeunes. hors même s'il fait un peu L'équipe nationale belge, froid". Reste que, pour la avec de nombreux franplupart, il s'agit de praticophones, a terminé huiquants qui font aussi vivre "D'anciens champions, comme Rochus, ont attrapé le virus du padel." tième lors des championles clubs de tennis exisnats du monde disputés au Paraguay, et vrai que notre bon ami Filip Dewulf en tants, leur apportant parfois une nouPhilippe Cerfont, qui préside l'AFPadel, a fait l'expérience lorsqu'il s'est pour velle dynamique, et que le nombre d'afest également devenu président de la la première fois essayé à la discipline. filiés à l'AFT ne diminue pas, il a même toute nouvelle Association européenne. "C'était à Marbella, en 2004, là où le très légèrement augmenté l'an dernier. Bref, je crois qu'on peut dire que le pa- premier club de padel avait justement En l'état actuel des choses, on a du mal del évolue bien." vu le jour trente ans plus tôt", raconte- à imaginer que le padel puisse détourt-il, "la faute à un copain, ancien jeune ner de son but un jeune doué pour le tennisman prometteur devenu manager tennis, engagé au point de tant sacrifier du groupe rock anversois dEUS, qui m'a pour tenter d'en faire une carrière. "Ce Toujours joueur et ancien président de proposé d'essayer. J'avoue avoir de suite ne sont pas les mêmes sports, ils peuvent club, Pierre Delahaye a-t-il déjà goûté pensé qu'il s'agirait d'une formalité, coexister, il n'y a qu'à constater ce qui lui-même aux joies de ce sport neuf ? "A d'une activité pour "señors" et "señori- se passe en Espagne ou en Argentine, l'une ou l'autre occasion. Ma première tas" qui viennent d'achever leur "siesta", les deux pays où l'on joue le plus au

Concurrence ?

Tactique


D'anciens footeux, donc Tom De Sutter ne lâchent plus leur raquette...

padel sont aussi ceux où l'on trouve le plus grand nombre de très bons joueurs de tennis", souligne encore Olivier Rochus. "D'ailleurs, sa pratique peut être bénéfique au tennis, elle peut apporter un "plus" en termes de réflexe, de volée, de détente, à condition de ne pas en abuser". Après sa carrière sur le circuit ATP, Olivier a fait partie de l'équipe nationale de padel comme son frère Christophe, mais aucun des deux n'était du déplacement fou au Paraguay où la Belgique a fini huitième mondiale après un invraisemblable voyage aller de 45 heures contrarié par les grèves.

Les places y sont aussi devenues plus chères avec les Jérémy Gala, Nick Braet, Guillaume Crasson, Laurent Montoisy, François Gardier, Alec Witmeur, Jérôme Peeters ou Laurent Jeuniaux qui mettent les bouchées doubles. "Je joue toujours, plus ou moins régulièrement, que ce soit au Panorama, à l'Arena de Wavre, ou à la Casa de Genval, et le prochain championnat d'Europe peut encore être un objectif", conclut Oli, "mais j'avoue m'être surtout concentré les derniers temps sur la formation de coach PGA en Europe que j'ai entreprise en golf."

Le top du padel

au centre de Bruxelles et de Liège Pour promotionner un sport, rien de tel que d'en afficher les aspects les plus performants au coeur d'une ville, là où il y a un maximum de monde, avec accès gratuit pour les curieux de passage. Une exhibition du World Padel Tour, le circuit professionnel qui regroupe les meilleurs spécialistes internationaux, avait déjà été ainsi organisée il y a deux ans sur la place de la Monnaie à Bruxelles. En 2018, c'est dans les installations du Primerose qu'elle a eu lieu, et cette année retour au centre ville bruxellois, plus précisément place Rogier où deux terrains seront installés lors de la dernière semaine de septembre. On en profitera pour y programmer les championnats de Belgique juniors et vétérans, tandis que du 26 au 29 un tournoi exhibition - avec prize money pour que les protagonistes ne viennent pas qu'en démonstration - regroupera quelques un(e)s des tops mondiaux, l'occasion d'une belle fête pour tous au plus haut niveau de la discipline.

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Liège à l'honneur Plus tôt dans l'année, Liège ne sera pas en reste. Les championnats de Belgique, organisés du 14 au 23 juin, se dérouleront d'abord dans les installations de Tennissimo à Sprimont pour se terminer en apothéose les 22 et 23 sur la place Tivoli au centre de la cité ardente, où des animations sont également prévues durant les jours suivants. Un tournoi exhibition, doté d'un prize money là-aussi, clôturera ces festivités liégeoises le dernier week-end de juin. Autres dates importantes au calendrier : les championnats de la fédération francophone (AFPadel) auront lieu du 22 au 30  novembre à Genval, et le Belgium Masters du 6 au 14 décembre en terre flamande.


What else ?

47 clubs et 97 terrains En région francophone, il y a désormais 47 clubs ou structures où l'on peut pratiquer le padel et près de 100 terrains. En voici la liste :

Bruxelles/Brabant (43 terrains) Arena Be Padel (Wavre, 2 terrains extérieurs), La Cure (Zetrud-Lumay, 1 extérieur, 2 couverts), Odrimont (1 extérieur, 2 couverts), BSports Padel (Berchem-Ste-Agathe, 2 extérieurs), David Lloyd (Uccle, 2 extérieurs), EuroPadel (Overijse, 2 couverts), La Casa (Genval, 4 indoor), Mounier Padel Club (Woluwe-St-Lambert, 1 extérieur, 2 couverts), Padel Event (Ottignies, 1 extérieur, 2 couverts), Baudouin Padel Club (Dilbeek, 3 extérieurs), Laeken TC (2 extérieur), Orée (Woluwe-St-Pierre, 1 extérieur), La Raquette (Wavre, 2 couverts), Uccle Sport (2 extérieurs), Waterloo Padel (1 indoor), White Star (Evere, 1 extérieur, 3 indoor), Anderlecht Padel (3 extérieurs), CSG Total Padel (Wezenbeek-Oppem, 1 extérieur).

Liège (28 terrains) Tennissimo (Sprimont, 3 extérieurs), TC Embourg (3 extérieurs), RTC Liège (2 extérieurs), Fayenbois (Jupille, 2 extérieurs), Baudouin Padel Club (Liège, 1 extérieur), TC Lambermont (Verviers, 2 extérieurs), Proten 9 Padel Club (Tihange, 1 terrain), Padel Smash 51 (Herstal, 1 extérieur), Padel Club Visé (1 extérieur), Padel Club Herstal (2 extérieurs), Eupen Padel (3 extérieurs), Chênée Padel (2 indoor), Bayards Sports (Liège, 5 indoor).

Hainaut (22 terrains) Acacias Padel Club (Montigny-le-Tilleul, 1 extérieur), Bjorn's Club (Farciennes, 1 couvert, 1 indoor), New Central Park (Peruwelz, 1 couvert), Tennisland (Rebecq, 1 extérieur), Casa des Géants (Ath, 2 extérieurs), Padel Club de l'Abbaye (Ath, 1 extérieur), Padel Club Gozée (1 extérieur, 3 indoor), Padel Club Morlanwelz (1 indoor), RTC Nimy (1 extérieur), Smashing Club Le Roeulx (1 extérieur, 2 couverts), TUM Padel Club (2 indoor), Vautour Padel Club (Vaulx, 2 extérieurs), Viking Padel Chimay (1 extérieur).

Namur/Luxembourg (4 terrains) Badaboum Padel Marche (1 indoor), Garisart (Arlon, 1 extérieur, 2 couverts), Rochefort Padel Club (affilié à l'AFP mais pas encore de terrain).


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