Page 1

Aménager un coin potager dans son jardin

9

8

Dans un vieux jardin existant

Les conditions (avantages/inconvénients) dans lesquelles se fait le potager sont souvent liées à l’habitat. Nous allons donc distinguer trois cas de figure : - le jardin potager associé à une maison ancienne - le jardin potager associé à un habitat récent ou en devenir (projet d’une maison neuve) - le jardin séparé de l’habitat (jardins familiaux). Le désir de jardin se faisant de plus en plus sentir chez ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un terrain… et la culture sur balcon ayant ses limites, l’accession à un jardin « ouvrier » est une solution pour nombre de jardiniers en herbe, en ville comme à la campagne.

Faire naître un petit potager dans un jardin existant

Placer le potager près de la maison offre beaucoup d'avantages : proximité, abri du froid et du vent.

Pour commencer un potager, il faut d’abord réfléchir à l’environnement qui va l’accueillir. Cela va permettre de mieux le connaître et de mettre en place des stratégies adaptées. Il faut tout d’abord bien distinguer ceux qui ont un grand jardin au sein duquel sera créé un petit potager… et ceux qui ont juste la place pour le faire. Dans le premier cas, on peut choisir un emplacement ensoleillé, abrité du vent… Dans le second, on

tire le meilleur parti de ce que l’on a. Pareillement, la capacité du jardin pour fournir ce qui fait un bon compost ou un bon paillis 1 sera alors plus ou moins importante. 1 Paillis ou mulch. Comme son nom le laisse entendre, c’est au départ une couche de paille que le jardinier pose sur le sol pour le protéger mais aussi pour le nourrir. On peut utiliser tout ce qu’on a sous la main pour faire le paillis (herbes coupées, feuilles mortes, compost…).

Il s’agit parfois d’une renaissance… le potager ayant été abandonné à la disparition d’un ancien propriétaire (il y a des contrées où lorsqu’un vieil homme meurt c’est une bibliothèque qui brûle, ici se sont les potagers qui disparaissent), ou avec la marche inexorable du progrès et du développement des grandes surfaces, sic transit gloria mundi…

Une terre riche Ce cas-là est du pain béni car la terre a été travaillée et richement amendée (avec du fumier, du moins on l’espère) pendant de nombreuses

années avant d’être mise au repos. Il suffit alors d’en retrouver les limites, ce qui n’est pas difficile car on repère souvent ces anciens potagers à la « pelouse » qui le recouvre, plus grasse et poussant plus vite (grâce à la richesse du sol). Cependant avec le temps écoulé, l’environnement du potager a pu évoluer. De l’ombrage a pu être apporté par des arbres ou des constructions proches… Des racines ont pu s’étendre dans ce sol riche et grumeleux 2…

Des mauvaises herbes typiques L’ancien potager peut aussi avoir été envahi par des « mauvaises herbes3 ». Avec le temps, des plantes et des arbustes peuvent s’y être installés. Le sureau (Sambucus nigra), les orties (Urtica dioïca) indiquent la présence d’un sol très riche en azote. L’invasion d’herbe aux goutteux, que l’on appelle aussi podagraire (Aegopodium podagraria) montre que le sol est gorgé d’eau et de matières organiques. Le paysage de votre jardin est riche d’informations et il faut apprendre à les décrypter (rassurez-vous, ces connaissances s’acquièrent avec le temps et on peut s’en passer au début 2 Se dit d’un sol de bonne fertilité qui a une structure lui permettant de ne pas être saturé en eau. 3 Les mauvaises herbes n’ont pas de capacité de nuisance. Il vaut mieux une mauvaise herbe qu’un mauvais voisin. Si elles ne sont pas à la bonne place, elles sont par contre de très bonnes indicatrices de l’état d’un sol ou d’un milieu. On les « lira » donc avec attention.


Aménager un coin potager dans son jardin

27

26

celui de maturité (mûr), puis de sénilité (vieux). Les trois stades sont intéressants pour le jardinier à différents moments de l’année ou pour différents types de cultures. Le principe de mise en œuvre est simple : pas besoin d’être un « maître composteur » 2 pour faire un beau compost… une brouette et une fourche suffisent. Il faut aussi des matières biodégradables, de l’air et de l’eau. Si l’un des composants manque, la transformation ne se fait pas ou mal… ce qui n’est pas mieux (ça colle, ça sent mauvais…). Le choix de l’emplacement de la zone de compostage est primordial : il faut du soleil, mais pas trop… de l’eau, mais pas trop… On n’hésite pas à retourner régulièrement le tas de compost avec un croc ou une fourche pour l’aérer, à l’arroser si l’été est trop sec et à le couvrir s’il fait trop froid. Le compostage se fait au contact direct du sol pour favoriser les échanges. Il est sage de ne pas installer le compost trop loin de la maison… car traverser le jardin en hiver sous la pluie pour y vider le seau à épluchures de la cuisine n’est pas forcément agréable. Les effets du compost sur le sol Incroyable compost qui permet de se sortir de tous les mauvais cas de figures… En l’intégrant à votre sol, vous apporterez un fertilisant qui favorise la formation d’humus et nourrit les vers de terre (qui vont accentuer ce phénomène…). Si votre sol est trop léger, trop poreux, les apports de compost permettent de le structurer et de retenir l’humidité, alors que s’il est trop lourd cela permet de le rendre plus grumeleux. 2 C’est un titre à la mode en ce moment chez les jardiniers. Étonnant non !

Les plantes malades (mildiou sur tomates), les mauvaises herbes prêtes à égrainer ne sont utilisées qu’avec les gros tas où la température monte à 70 °C et permet de les « griller ».

Compost en tas ou en silo ? La mise en œuvre du compost dépend de la quantité de déchets qu’il est possible de traiter. Plus la masse est importante et plus le processus est actif. On gérera donc son compost en fonction de la taille de son jardin et de la quantité de déchets disponibles.

Dans un grand jardin Le compost, une matière précieuse pour le jardinier.

Que mettre au compost ? Une réponse pirouette est plutôt de faire l’inventaire de ce que l’on n’y met pas : les restes de viande et de poisson (sauf les arêtes), car cela attire les bêtes qui ont deux grandes dents et une longue queue, les os, les coquilles de crustacé… Pour le reste, ça tombe sous le sens (pas de papier imprimé, pas de plastique…). Le compost permet de recycler en fertilisant : - les déchets de cuisine (restes de légumes, épluchures…) - les déchets du jardin après les avoir coupés en petits morceaux (le gazon doit être intégré progressivement).

La solution la plus simple est de faire un compost en tas que l’on déplace dans le sens longitudinal pour l’aérer. Un coup vers la droite et quelques semaines plus tard vers la gauche… Pas de contrainte liée au contenant ! À priori, la tâche va être facile.

Déchets ménagers

Broyats de haies

Feuilles mortes Tonte

Potager

Mauvaises herbes + restes de légumes

Dans un petit jardin Avec peu de matière première, il va falloir passer par un composteur. On peut en trouver dans les communautés de communes (en plastique ou en bois traité au cyanure…), ou en faire un soi-même avec de la palette de récupération (ce n’est pas forcément plus moche). Déchets ménagers

Compost

Mauvaises herbes + restes de légumes

On se rend tout de suite compte que fertiliser son petit potager va être plus difficile avec cette configuration et il est bon de chercher à déstructurer le moins possible le sol pour favoriser au maximum la formation d’humus. Pour cela, on peut envisager de pratiquer le compost de surface. Ce n’est pas très élégant mais c’est très efficace. Plutôt que de perdre du temps à se rendre au silo pour produire un maigre compost, il vaut mieux déposer les déchets directement sur le sol entre les rangs de légumes pour en faire une couverture protectrice et offrir à manger aux vers de terre.


Aménager un coin potager dans son jardin

31

30

Quelques principes pour bien organiser son jardin…

connus sont : l’azote (N), le phosphore (P) et la potasse (K) — le fameux « trio » NPK. Si l’on cultive toujours aux mêmes endroits les légumes gourmands en azote, ils vont finir par épuiser ce coin du potager en azote… - En pratiquant toujours la même culture au même endroit, on favorise le développement des maladies propres à ce type de légume. Aussi les jardiniers ont-ils développé des stratégies pour que deux légumes du même type ne se suivent pas au cours de l’année (dans le cas des

1

cultures courtes) ou au cours des années (pour les cultures longues). Il suffit d’organiser des rotations, ce qui est plus facile lorsqu’on classe les légumes.

Classer ses légumes… Bien organiser son jardin commence souvent par bien ranger ses graines. Il faut juste trouver le bon critère de rangement… Trois points de vue peuvent vous guider : la famille botanique, la forme végétative, et la « gourmandise » des légumes.

Le classement par famille botanique Dans nos potagers, elles ne sont pas trop nombreuses. Les plantes d’une même famille botanique ont les mêmes besoins nutritifs, développent les mêmes maladies et subissent les mêmes parasites. Par exemple, les Solanacées sont victimes du retour du doryphore. On évitera donc de faire succéder une culture de tomate à une culture de pomme de terre.

Ci-dessus, un jardin traditionnel : la surface cultivée y est maximale.

Le potager est un grand espace de liberté. Chacun peut faire le sien comme bon lui semble et développer ses propres stratégies de culture sans pour autant y faire n’importe quoi ! Se contenter des indications à l’arrière des paquets de graines ne permet pas forcément de réussir ses cultures. C’est souvent très succinct et il faut savoir que l’acte de semer (même s’il est important) ne conditionne qu’une

petite part de la réussite des cultures potagères. La culture d’un potager épuise les ressources du sol et implique le développement de maladies : - À l’image de certains humains qui sont plutôt chocolat ou plutôt saucisson, les légumes ont aussi leurs préférences dans les ressources qu’ils vont puiser dans le sol (de nombreux minéraux le composent, dont les plus

ALLIACÉES

Ail, ciboulette, échalote, oignon, poireau…

APIACÉES

Carotte, céleri, cerfeuil, panais, persil…

ASTÉRACÉES

Chicorée, laitue…

BRASSICACÉES

Chou, navet, radis, roquette…

CUCURBITACÉES

Courge, courgette, citrouille, concombre, cornichon, melon…

FABACÉES

Fève, haricot vert, haricot coco, petit pois…

SOLANACÉES

Aubergine, piment, poivron, pomme de terre, tomate…


Aménager un coin potager dans son jardin

51

50

Le potager en planches doivent pas être laissés à nu car ils deviendraient alors vite impraticables en cas de mauvais temps. On les couvrira donc de broyats, de paille… ou on en fera des chemins de compost ou de trèfle.

Des planches qui vont prendre de la hauteur… La mise en place des planches se fait en matérialisant avec des piquets et des ficelles les espaces cultivés et les espace de cheminement. D’une ma-

nière générale, les planches vont se surélever progressivement avec les apports de compost… tandis que les sentes vont se tasser avec la multiplication des passages. C’est un bien (pour l’humidité du sol, pour les reins du jardinier…), que l’on accentue en prélevant la bonne terre des sentes pour la mettre sur les planches. Dans les terres légères, les planches seront relevées d’une dizaine de centimètres 2, et elles le seront de 25 dans les terres lourdes pour accentuer le drainage naturel 3.

Combiner les solutions

Les planches font 1 à 1,20 m de large pour être accessibles des allées. Leur longueur s'adapte à celle du jardin.

Une planche est une parcelle cultivée faisant 1 m à 1,2 m de largeur, sur la longueur que l’on veut. Le sacro-saint principe de ne pas tasser le sol cultivé est encore une fois mis en avant. Comme pour le potager en carrés, on peut circuler entre les allées 1, mais cette fois la surface de culture est optimisée. On adaptera la longueur des allées à la taille de son jardin.

1 2 A

b

3

Les espaces de circulation Deux stratégies peuvent être développées : - Soit on fait des allées très larges A qui seront engazonnées et donc tondues (on adaptera la largeur de l’allée à la largeur de coupe de la tondeuse, une largeur et demie est très pratique). Cette solution aère le potager et permet d’éviter certains effets d’ombrage. Pour cela il faut un minimum d’espace. C’est une solution qui demandera de l’entretien mais qui rend le jardin accessible à tous. Les enfants peuvent y passer en vélo, on peut s’y promener le soir… - Soit on fait des sentes ou des petits chemins étroits b qui ne permettent que le passage du jardinier, mais qui optimisent l’espace. Ces passages ne

Suivant la manière dont on organise son potager, on crée des micro-espaces aux caractéristiques variées. Opter pour Fruitiers et petits un type de jardin parce qu’il est plus fruits (20 m2) productif, plus charmant… c’est se priver des atouts des autres solutions. Dans un petit comme dans un Planches grand jardin, on peut combiner des (37 m 2) occupations différentes de l’espace pour en tirer le meilleur parti. Les oignons seront mis sur des buttes pour être sur des terrains qui ne retiennent pas l’eau, les salades seront menées avec la méthode du potager en carrés Allées (20 m2) pour éviter les surplus, les pommes de terre sur des surfaces plus conséquentes…

Carrés (6 m2)

Traditionnel (16 m 2)

La proposition ci-dessus reprend une surface de 100 m² pour laquelle 20 m² sont réservés aux fruitiers et aux petits fruits. Une combinaison sommaire permet d’obtenir 4 carrés, un « petit bout de traditionnel » (16 m²) et un espace cultivé en planches de 37 m². Au total, la surface potagère fait 60 m² et il y a 20 m² d’allées et sentiers à entretenir et que l’on pourra facilement couvrir avec des portants pour les haricots à rames…


Légumes et fruits les plus rentables

69

68

Les fruits et légumes les plus rentables dans un petit jardin Produire tout ou partie de ses fruits et légumes est extrêmement intéressant : − socialement, car le jardinier et sa famille sont heureux − écologiquement, car faire son jardin fait du bien à la planète − économiquement, car les économies réalisées ne sont pas négligeables. Les prix des fruits et légumes sont très variables suivant les lieux et les saisons Combien peut-on économiser par paquet de graines et par plant ?

Arbres fruitiers

Petits fruits

Légumes

Coût

Production

Persil (1 sachet de graines) Salade (1 sachet de graines) Radis (1 sachet de graines) Haricot (1 sachet de graines) Pomme de terre (1 clayette de 100 plants) Carotte (1 sachet de graines) Tomate (1 sachet de graines)

2,10 € 2,25 2,25 € 9,00 €

3,00 € 2,10 €

80 bottes x 1 € = 80 € 120 salades x 1,5 = 180 € 24 bottes x 1,50 € = 36 € 15 kg x 4 = 60 € 75 kg de PdT nouvelles x 2,5 = 187,50 € 30 kg x 1,5 = 45 € 90 kg x 2,5 = 225 €

Rhubarbe (1 plant)

6,00 €

4 kg x 10 ans x 3 € = 12 €

Artichaut (1 plant)

5,00 €

Courgette (1 plant)

4,00 €

7 têtes par an x 4 ans x 1,50 € = 42 € 20 kg x 1 € = 20 €

Fraise (20 plants)

12,00 €

3 kg x 4 ans x 8 € = 96 €

Cassis Groseille Framboise Kiwi (1 mâle et 1 femelle) Vigne

5,00 € 4,00 € 3,00 € 13 € x 2 16,00 €

2,5 kg x 10 ans x 15 € = 375 € 3 kg x 10 x 15 = 450 € 0,2 kg x 5 ans x 15 € = 15 € 10 kg x 10 ans x 2,50 € = 250 € 3 kg x 20 ans x 3 € = 180 €

Forme jardinée

25 à 70 €

6 kg x 15 ans x 2,50 € = 225 €

Scion d’un an

15,00 €

TOTAL

20,00 €

192 ¤

10 kg x 15 ans x 2,50 € = 337,50 €

2 816 ¤

Autonomie Faire ses graines Faire ses graines Faire ses graines Faire ses graines Faire son plant Faire ses graines Faire ses graines Multiplication par éclats Multiplication par division des œilletons

Multiplication par stolon Bouturage Bouturage Bouturage Bouturage Bouturage

mais chacun constate qu’ils ne cessent d’augmenter et les prévisions ne laissent pas penser que cette tendance puisse s’inverser. Dans un tel contexte, cultiver son jardin est chaque année un peu plus rentable.

sachets de graines, 2 arbres et 6 arbustes : un investissement de 192 € permettra de produire environ 2 800 € de fruits et légumes !

Les dépenses Pour commencer son potager, il y a quelques dépenses à prendre en compte pour les outils, les graines, les plants et les jeunes arbres. Il faut compter de 100 à 200 € pour les outils de base (bêche, râteau, sécateur, brouette). Pour les légumes et les fruits, c’est très variable suivant les choix que l’on fait. D’une manière générale, plus on est patient et moins c’est onéreux. Semer des graines est plus rentable qu’acheter des plants à repiquer, tout comme préférer de jeunes arbres plutôt que d’autres de taille déjà respectable. Par exemple, pour un coût équivalent, un paquet de graines produira une centaine de kilos de tomates alors que les plants n’en produiront pas 20. Mais parfois on n’a pas le temps, pas la place… ou pas le courage. De même, un pommier en cordon déjà formé coûte relativement cher (une cinquantaine d’euros) mais il produira des fruits pendant une quinzaine d’années. Au prix des pommes, cet investissement sera très vite amorti… Pour les sceptiques, le tableau cicontre détaille la production qu'il est possible d'obtenir avec quelques

Les tomates sont rentables à tous points de vue dans un petit potager : à la fois économiquement et gustativement !


Les légumes

76

77

les plantes aromatiques Les plantes aromatiques sont utilisées au quotidien dans l’alimentation, alors on ne les mettra pas trop loin de la cuisine. Un petit carré accueille facilement ce dont on a besoin. Pour gagner de la place, on peut choisir d’en installer sous les fruitiers en cordons, au milieu des tomates, pour le plus grand bien de tous.

terrine, à l’abri, dès le mois de mars. Il peut ensuite être repiqué dans des contenants plus importants ou en pleine terre lorsqu’il fait suffisamment chaud (en mai ou juin). Ils sont particulièrement appréciés par les tomates (compagnonnage favorable). La récolte se fait en pinçant les tiges avec les ongles (on n’utilise pas de ciseaux, qui abîment la plante). Dans un premier temps, on évitera de le laisser monter à graine, mais il est ensuite possible de récupérer ses propres graines pour l’année suivante.

La ciboule commune Allium fistulosum famille des Alliacées vivace

L’aneth Anethum graveolens famille des Apiacées annuelle Les feuilles et les graines accompagnent les viandes, les salades… voire les gâteaux, les confitures. En passant dans le jardin, on frotte entre ses mains quelques feuilles ou on en croque quelques graines. Son petit goût anisé (il y a un air de fenouil) est des plus agréables. Le semis se fait au printemps

pour être ensuite éclairci à 20 cm en tous sens. Les feuilles des jeunes pieds sont séchées sur des plateaux puis stockées après ensachage. Les graines sont récoltées à la fin de l’été et rejoignent les épices une fois bien sèches. Elles apporteront un rayon de soleil au cœur de l’hiver et quelques-unes serviront de semence l’année suivante.

Le basilic Oncimum basilicum famille des Lamiacées annuelle C’est une plante qui peut faire jusqu’à 60 cm de hauteur. Le basilic peut se décliner sous de nombreuses variétés, dont les plus connues sont le ‘Grand Vert’, le ‘Marseillais’, le ‘Pourpre’, le ‘Canelle’. Pour le cultiver, il faut se souvenir de ses origines vietnamiennes. Il lui faut de la chaleur et de la lumière. Le semis se fait en pot ou en

Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à la ciboulette. Elle a un petit goût d’ail et d’oignon qui accompagne les salades, les crudités mais aussi les omelettes. Elle se sème en mars sur une terre légère et ensoleillée. Il faut laisser un plant tous les 15 cm. Les années suivantes, il suffit de diviser les pieds pour les rajeunir et les multiplier. Il faut éliminer les fleurs pour forcer la production du feuillage. En fin de saison on peut en laisser quelques-unes s’épanouir pour produire la graine.

La ciboulette Allium schoenoprasum famille des Alliacées vivace Mêmes caractéristiques, mêmes utilisations que la ciboule, sauf qu’au lieu d’accompagner une salade, elle peut en être le corps. Il est conseillé d’en avoir quelques touffes pour assurer

les besoins d’une famille. L’entretien est simple : un nettoyage régulier. Il faut éliminer les tiges florales et stimuler la croissance des feuilles en les rabattant par tiers, quelle qu’en soit la consommation. Dès qu’on a un pied dans son jardin on devient autonome en le multipliant par éclat ou en produisant ses propres graines.


Les légumes

86

87

le radis

ASTUCE

Rhaphanus sativus famille des Brassicacées annuelle

Comment ?

Les radis du jardin : aussitôt cueillis, aussitôt sur la table ! On pourrait en faire un repas complet.

Productivité : 2

300 radis (7 bottes)/m

L’association avec la carotte permet de nettoyer et d’éclaircir les rangs de carotte.

Conditionnés par des années de radis printaniers longs rouges et blancs, nous sous-estimons souvent leur variété de coloris. Pour la saisonnalité, on distingue : les longs et les ronds de tous les mois, ceux d’été et d’automne et ceux d’hiver. Si le ‘Cracou’, et le ‘18 Jours’ sont des radis excellents, on peut cultiver des variétés plus typées qui apportent du tonus aux apéritifs et aux débuts de repas.

les meilleurs radis Les blancs ‘Radis Glaçon’, long, de tous les mois (d’avril à septembre). ‘Sniezka’, rond, à semer de mars à septembre. ‘Chandelle de Glace’, long, de tous les mois (de février à septembre).

Les jaunes Le ‘Zlata’, excellent radis originaire de Hongrie présentant une chair du meilleur goût. ‘Jaune D’Or Ovale’, à semer de mars à juillet.

Les bleus

Les bicolores

‘Radis Hilds Blauer’, délicieux. Radis d’hiver d’origine chinoise (bien que son nom ne le laisse pas présager).

‘Buonissimo D’Ingegnoli’, rond rouge à bout blanc de tous les mois (de mars à septembre). ‘Sézanne’, rond rose à grand bout blanc, à semer de février à septembre.

Les violets ‘Malaga’, rond, de tous les mois (de février à septembre). Prêt à être consommé en 40 jours. ‘Jutrzenka’, rond, violet à chair blanche, de tous les mois, de mars à fin août. ‘Violet de Gournay’, grosse racine violette à chair blanche se semant de juin à août.

Les noirs ‘Long Maraîcher’, grosse racine, à semer à partir d’avril. Les semis d’été résistent au gel. ‘Rond De Paris’, semis d’été (à partir de juin) pour une récolte d’automne et d’hiver.

Quand ? En fonction des variétés, les semis se font de février à septembre. La croissance des radis étant rapide, il faut renouveler l’opération tous les 15 jours. Il faut que vous estimiez vos besoins en nombre de radis pour ne pas être submergé par la production (ou au contraire démuni). Les radis d’hiver (noirs ronds et longs, roses de Chine, ‘Violet De Gournay’) se sèment à la fin de l’été.

Où ? Le semis se fait dans un sol qui a reçu un bon apport de compost. Il lui faut de la lumière et de l’eau. On choisira donc un emplacement peu éloigné des récupérateurs d’eau.

Les graines de radis rond se sèment à la surface et celles des longs à 3 cm de profondeur. Elles lèvent en quelques jours et ressemblent à des petits trèfles. On peut faire un semis en ligne puis éclaircir à quelques centimètres mais les plants enlevés ne peuvent pas être replantés. L’association avec la carotte permet de nettoyer et de dédoubler les rangs de carotte lors de la récolte des radis (voir carotte).

Préparer un léger sillon avec le râteau et le marquer ensuite avec les dents de l’outil pour semer une graine dans chacune des empreintes permet de rationaliser le semis. Cela peut paraître fastidieux mais les radis n’ont plus besoin d’être éclaircis et comme ils ne se font pas de concurrence, ni dans le sol ni dans l’air, ils poussent beaucoup mieux. Comme les radis d’hiver ont vocation à devenir beaucoup plus gros, il faut espacer les graines de quatre dents de râteau.

La récolte Attention, quand c’est l’heure c’est l’heure ! Il y a des légumes qui supportent d’attendre une récolte tardive (la pomme de terre, le haricot sec), pas le radis. Ensuite ils se creusent, deviennent piquants, voire véreux dans le pire des cas. Contrairement à de nombreux légumes pour qui la récolte se fait en fonction des besoins, les besoins en radis se font en fonction des récoltes. Les radis d’hiver s’arrachent du début de l’automne jusqu’au mois de décembre (à protéger s’il gèle) pour être consommé en frais ou stockés en silo si vous en avez trop.

Radis ‘Daïkon’, une longue racine blanche.


Les légumes

88

89

Les tomates cerise

la tomate

N’oublions pas les tomates cerise qui sont très faciles à cultiver et très productives, avec des variétés qui ont fait leurs preuves, comme les ‘Orange Bourgoin’, les ‘Fruity Orange’, les ‘Black cherry’ (noire), les ‘Prune Noire’.

Solanum lycopersicum famille des Solanacées vivace cultivée en annuelle

Facilement productives, les tomates cueillies juste avant de les manger sont incomparables.

Les variétés de petite taille

Productivité2 : 10 kg/4 plants/m

Bigarrées, blanches, jaunes, orange, vertes, roses, rouges, pourpres, noires et même bleues : petites, moyennes ou grosses. Chacun peut trouver son bonheur. Ces fruits très productifs s’adaptent parfaitement à toutes les tailles de jardins, et il en existe même des « miniatures » qui n’occupent vraiment pas de place.

Où les trouver ? Pour une première année de jardin, il est concevable de se rabattre vers les plants du commerce (il est souvent trop tard pour les semer soi-même). Vous trouverez facilement les tomates classiques (‘Roma’, ‘Marmande’, ‘Saint Pierre’) sans difficulté près de chez vous. Pour des variétés « de caractère », il faut chercher des graines sur les catalogues ou chez les associations d’amateurs.

Les meilleures variétés Il est très difficile de faire un classement des meilleures tomates, mais il y a des noms qui reviennent souvent chez les amateurs de tomates : - rouges : ‘Édouard, ‘Potiron Écarlate’, ‘Stupice’, ‘Téton De Vénus’ - roses : ‘Rose de Berne’, ‘Brandywine’, ‘Anna Russian - vertes : ‘Green Velvet’, ‘Green Zebra’, ‘Prune Verte’ - noires : ‘Noire De Crimée’, ‘Noire de Tula’, ‘Black Pear’ - orange  : ‘Persimmon’, ‘Tangerine’, ‘Auriga’, ‘Kaki Coing’…

Il existe de très nombreuses variétés mesurant moins de 1 m de hauteur (‘Joyau D’Idaho’, ‘Chaperon Rouge’, ‘Sputnik’), et on peut même en trouver de moins de 50 cm (‘Green Sausage’, ‘Fuzzy Wuzzy’). C’est avec les variétés ayant des petits développements que l’on peut faire la culture en pot (mais toutes les variétés peuvent être cultivées en pot, à condition que le contenant soit important).

Environ 3 semaines après le semis.

Quelques jours avant la sortie en plein air.

Quand ? Le semis des tomates se fait 2 mois avant la plantation. Donc, si on se cale sur les Saints de Glace (11, 12 et 13 mai) pour les planter au jardin en évitant les risques de gelée, il faut programmer les semis la première quinzaine du mois de mars.

Où ?

‘Green Zebra’.

C’est une culture en deux temps et en deux lieux. Le semis se fait en terrine (boîte de poissonnier, barquette alimentaire) entre

20 et 25 °C, pour que les graines germent (dans un châssis bien ensoleillé ou sur un radiateur, derrière une fenêtre). La plantation en pleine terre se fait dans l’endroit le mieux exposé du potager, abrité du vent, peu exposé à la pluie et sans ombre. Si nécessaire, on peut les installer sous l’abri de plantes qui vont les protéger du vent et de la pluie (petits pois et surtout haricots à rames). La tomate est l’un des rares

légumes du jardin à ne pas avoir besoin de rotation annuelle. Il semble même que les plants soient plus vigoureux les 2e et 3e années de culture au même endroit.

Comment ? Le semis Les terrines sont partiellement remplies de terreau (quelques centimètres) bien tassé. On dépose une graine tous les 2 cm que l’on recouvre de ½ cm de terreau légèrement


Les fruits

126

127

le Cerisier

Tailler un arbre qui ne se taille pas (ou peu)… Les fruitiers à noyaux (cerisier, mirabellier, prunier) se taillent avec parcimonie en été (contrairement aux fruitiers à pépins qui se taillent en hiver). Pour avoir des ‘Burlat’, des ‘Napoléon’, il va falloir faire ce qu’il ne faut pas faire… et vérifier qu’il y en a d’autres dans le coin pour la pollinisation… L’expérience montre qu’il est possible de structurer un cerisier en en taillant les branches lorsqu’elles sont encore jeunes. Bien sûr, rabattre un arbre âgé risque d’entraîner de fatals épanchements de gomme, mais la taille de structure peut être entreprise sur un arbre jeune (puis entretenue au cours des années).

Prunus avium famille des Rosacées

En théorie, un cerisier n’a pas sa place dans un petit jardin (trop grand et trop souvent dévasté par les oiseaux…). Mais les cerises sont un tel plaisir en début d’été qu’il faut parfois trouver des arrangements…

 : Productivité 2 4 kg/arbre/m

Il existe désormais des cerisiers nains faits à partir de Prunus cerasus, mais qui gardent le petit goût acide des griottes. Pour de véritables cerises, il faut chercher des plantes greffées sur « Maxma », un portegreffe « nanifiant » des variétés traditionnelles.

Quand ? La plantation du scion a lieu en hiver pour les racines nues et un petit peu plus tard pour les plants en pot si vous les arrosez ensuite.

80 cm

Où ? On choisira au cerisier un emplacement périphérique au nord ou à l’est du potager, pour que les ombres portées ne nuisent pas à la croissance des légumes.

Comment ? Le trou de plantation est large et profond. Mettre un tuteur en place avant même les apports de compost. Comme pour toutes les plantations de fruitier, les couches de terre sont remises en place sans être mélangées. L’arrosage est copieux lors de la plantation. Il ne faut pas hésiter à arroser en été s’il fait trop sec. Les premières

années, la concurrence des herbes au pied du tronc est à combattre…

la Récolte Lorsqu’il n’y a pas de filet, il faut se lever de bonne heure pour se dépêcher de récolter des fruits qui ne sont pas encore mûrs… avec le filet, on peut se lever tard, prendre son temps et savourer des fruits gorgés de soleil ou faire des conserves pour l’hiver s’il y en a vraiment beaucoup.

1 Il faut partir d’un scion qui est rabattu à 80 cm le premier été (toutes les tailles se passent en été).

2

3

4

Les trois années suivantes 2, 3et 4, les branches sont rabattues en été… et certaines sont même éliminées pour aérer l’arbre.

À partir de la cinquième année 5 les récoltes peuvent être effectuées, soit à partir du sol, soit en montant sur un petit escabeau. Un filet de protection est facilement placé audessus de l’arbre avec un bambou en T pour empêcher les oiseaux de se régaler. L’arbre est ensuite contenu année après année par une taille légère.

160 cm

5

Extrait Un petit potager qui vaut le coup - Éditions Ulmer  

Auteur du "Potager anti-crise", Rodolphe Grosleziat a sélectionné pour ceux qui ont un petit jardin (ou même un balcon) les meilleurs fruits...