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MON BIO JARDIN EN FORME Aujourd’hui plus que jamais, en ces temps où « la crise » ravage l’entrain des plus vaillants, jardiner réconforte. Mieux, décidé à ne plus se sentir cerné comme un blaireau, le jardinier redécouvre l’autonomie et l’amitié. Et le voilà opérant sa révolution tranquille. Fini d’empoisonner les gens et la planète, on laisse vivre, on écoute, on observe. Mais on ne se débarrasse pas comme ça d’une tradition selon laquelle jardiner, c’est souffrir et faire la guerre. Alors, on tâtonne un brin. On lâcherait bien définitivement la boite à poison et la bêche casse-pattes à grandes dents pour voir si la méthode sans meurtres ni corvées ça peut marcher, mais on n’ose pas toujours renoncer à un rituel ancré dans les habitudes. Avec ça, on se laisse ici et là emberlificoter par quelques bobards. Et puis, c’est vrai, parfois, tout va mal! Alors, les plus philosophes s’alarment des tomates pourries avant d’avoir mûri ou piquent une grosse colère face à ce qui ressemble à une conjuration des limaces et du liseron. Et là, ça barde! Ami jardinier, cap sur le mode jardinier et jardin forme. Pas toujours sympa, mais sans panique ni poison grave de chez grave.


On réfléchit, on gamberge !

Avec le numérique, n’importe qui peut réussir des photos pour presque rien. Photographier son jardin sous tous les angles conjugue le plaisir de l’explorateur avec l’éducation du regard. Car si l’œil élude le bâtiment affreux, les thuyas penouilleux et la pelouse qui flanche là où Rex, chien chéri se soulage, pas la photo ! Bref, photographier, c’est regarder et prendre conscience de tout de ce qui cloche. En prime, quand on a compris que dans une photo réussie le fond compte autant que le sujet principal, on fait le ménage sans plus considérer que c’est une corvée !

Commençons par explorer à fond le territoire. Prenons des photos depuis toutes les fenêtres de la maison, depuis tous les angles possibles du terrain. Sortons les vélos, et partons en balade avec l’appareil photo pour repérer les bonnes idées alentour et se faire une idée de ce qui pousse sans histoires et visitons des jardins. Achetons un cahier, des crayons, de la colle, photocopions le plan du terrain, en utilisant toutes les possibilités de la touche « agrandir » de la photocopieuse. Pour réfléchir, gamberger, rêver sur un espace que l’on aura envisagé sous tous les angles. Exercice exquis qui prospère et se magnifie en compagnie. Les enfants adorent ces explorations du territoire autour de la maison. Les voisins s’apprivoisent ; les copains arrivent avec des paniers de boutures. Et voilà comment on se prépare un jardin de chef. Sur mesure, dans la joie et pour pas cher. Prenez aussi des photos des jardins qui vous plaisent, elles vous donneront des idées. Par exemple ici, la photo révèle que les lauriers non taillés depuis 10 ans plongent la future terrasse dans l’ombre. En les coupant au ras du sol, on pourra conduire les jeunes pousses en haie ondulée « à l’œil » formant une jolie barrière verte, comme celle repérée au Jardin Plume à Auzouville-sur-Ry (76). Mais comme ici on se trouve au bord de la future terrasse, tout près de la cuisine, on remplacera les graminées par un massif d’aromatiques et de fleurs. Sur fond vert de lauriers, le feuillage persistant des romarins et des santolines donnera une structure agréable en toute saison à ce massif. Les grands lauriers-sauces à l’entrée de la future terrasse seront eux aussi rabattus en grosses boules. Sur le mur, l’ombre actuelle suggère le palissage d’un Itea ilicifolia, persistant et très parfumé en été, accompagné d’une lavatère en arbre dont la silhouette ronde et floue fera écho aux deux lauriers, encadrant l’entrée de la future terrasse. On peut décalquer précisément les contours d’une photo sur du papier à confiture.

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Prenez des photos à chaque saison, et à des moments différents de la journée, en début de matinée, en fin d’après-midi pour bien repérer les coins critiques : le bâtiment voisin qui projette son ombre sur le jardin une partie de la journée, l’arbre qui mange toute la lumière, la perspective désespérante au moment où le soleil tape dur… Faites aussi des photos avant d’installer un nouvel aménagement, même s’il s’agit d’une serre légère. Coller les images dans un cahier est un jeu amusant à partager avec les enfants : il n’y a rien de tel pour apprendre les points cardinaux, la course du soleil selon les heures et les saisons, et mine de rien, et ce n’est pas le moindre des objectifs, apprivoiser son jardin et s’y sentir bien.

Organiser un jardin agréable : on réfléchit, on gamberge

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Bêcher à la

grelinette C’est l’outil numéro un du jardinier en forme et silencieux. Mais... Primo, il vous en faut une vraie, car les fausses pullulent, pour plus cher et moins bien que l’original, acheté en direct chez son inventeur M. Grelin, grainetier (épatant) à Arbin, dans la Savoie des vins gaillards (voir p.). Deuxio, à la réception de la merveille, il faut souvent raccourcir les manches pour qu’il vous arrivent aux épaules, car apprendre à

bêcher encadré au niveau des oreilles par deux bouts de bois, c’est impossible. Tertio, on assimile la manoeuvre du mode grelinette. Un pied posé sur une solide barre de 50 cm plantée de cinq grandes dents acérées, on actionne la bête d’avant en arrière, debout, en appuyant sur les manches (d’où la nécessité de les régler à bonne hauteur!). Pour la suite, c’est comme d’habitude, à reculons, par tranchettes de 10 cm. S’il y a beaucoup d’herbe, on la fait pivoter sur une dent, en arc de cercle, pour la déraciner. Exercice qui en passant, muscle agréablement la taille de l’opérateur. Comme on garde le dos bien droit, que

le sol soit léger ou compact, bêcher à la grelinette est une rigolade. Et en terrain pierreux, ses dents largement espacées ne coincent aucun caillou. Bien qu’elle existe en taille « fillette », en 3 dents et 30 cm de large, ma préférée c’est la 5 dents: 50 cm de large et le score de 15 m² à l’heure de terre consistante ameublie impec’. Imaginez ça avec de la terre légère! Si vous avez un champion chaud bouillant d’énergie à la maison, offrez-lui une grelinette, il va jubiler et battre le record du monde du territoire bêché nickel tout en entretenant cette taille souple et ferme qui fait battre votre coeur!

Acheter des outils de qualité L’acier forgé de qualité fait «ding» quand on lui donne une pichenette et s’affûte facilement, geste qui réduit sérieusement l’effort. La tôle pliée reste muette et s’émousse au contact du sol, comme de la meule. Préférez les outils « à douille » dont le manche se change aisément contrairement à ceux dits « à soie » Fourches et pelles doivent être galbées, avec une poignée vous arrivant pile au creux de la taille une fois enfoncées. Leur rebord doit être large, sinon on s’irrite le pied qui bêche et on coupe sa semelle en deux!

Ti delent. Lesti blaut voluptas eos magnissimi, solupta ssEntint parciis same nis quis

Binettes et râteaux doivent avoir un long manche, quand on jardine courbé, on attrape des lumbagos! Ti delent. Lesti blaut voluptas eos magnissimi, solupta ssEntint parciis same nis quis maionse ctisci dolenissitem corem es estiori aepernatet ex et quame es voluptati voluptati

Bêcher à la houe ou au croc :

ça passe partout!

Avantage numéro un : ces outils permettent d’ameublir la terre sans la retourner et sans effort dans les coins les plus biscornus. Le Vietnam magnifique pays montagneux est jardiné par une pléiade de houes grandes et

petites au mordant incomparable. La houe parfaite est courbée à 60°, avec un long manche. Sa lame forgée s’affûte comme un rasoir moyennant quoi elle travaille toute seule, permettant aussi bien de décaper des plaques d’herbe sans effort que butter les patates ou creuser un trou sans fatiguer. Pareil pour le croc, épatant en terrain pierreux. Ces merveilleux outils ancestraux existent en multiples variantes régionales à dénicher dans les videgrenier, car hélas les modèles contemporains ne valent rien. Mais il y en a toujours d’excellentes dans les quincailleries portugaises, italiennes, espagnoles et vietnamiennes. Ti delent. Lesti blaut voluptas eos magnissimi, solupta ssEntint parciis same nis quis maionse ctisci dolenissitem

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Mon bio jardin en forme : bêcher

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Les engrais verts de A à Z Luzerne Medicago sativa Légumineuse vivace

La floraison bleue de ce haut (80 cm) tout-terrain embaume l’été et Beaudelaire la disait enivrante. C’est la plante idéale pour chasser liseron et chardon et ameublir un sol bétonné. On peut la faucher 3 ans de suite avant de l’enfouir. Semis de mars à avril, puis en septembre, 15 g/10 m².

Trèfle blanc Moutarde blanche

Sainfoin

Trifolium

Sinapis albus

Phacélie

Onobrychis vicifolia

Légumineuse vivace

Crucifère annuelle

Phacelia tanatecifolia

Légumineuse vivace

Ce tout-terrain à croissance rapide fond à la première gelée. Les gastronomes la laissent monter en graine pour fabriquer leur moutarde maisson. Semis en mars-avril et septembre, 10 g/10 m².

Apocynacée annuelle

Ses sveltes épis roses jouent avec le vent d’été embaumant les terrains secs et calcaires les plus misérables qu’il requinque. Peu rustique, il gèle souvent dès le premier hiver. Semis

C’est le tapis idéal pour le verger, mais gare! Quand il est mouillé, il est glissant...et pas commode à faucher. Il est aussi assez vagabond et peut se montrer envahissant dans les sols frais. Semis en avril et septembre, 5g/10m².

L’engrais vert express! 6 semaines du semis à la floraison, et tout-terrain super ameublissant. Semis en mars ou septembre-octobre (elle survit aux hivers doux), 10 g/ 10 m².

en mars-avril, 50 g/10 m².

Seigle

Nigelle de Damas

Linum utilisissinanum

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Annuelle - Linacée

Lupin blanc

La silhouette diaphane de cette grande (1 m) fleur bleue au feuillage clair est un ravissement en été. À l’aise dans les climats frais, ses racines ameublissent le sol en profondeur. Ses graines lisses se dégustent aussi germées. Semis en mars-avril 2g/10 m².

Lupinus albus Légumineuse annuelle

S’il craint le calcaire il fait merveille dans les sols lourds comme légers, ses hauts (70 cm) épis embaument en mai-juin; il est très bien en bande entre les arbres fruitiers. Semis de mars à mai, 150g/10 m².

Mélilot Légumineuse annuelle

Ce géant vaporeux (1,80 m) illumine les sols les plus désespérants de nuées crèmes ou jaune acidulé durant tout l’été et les laisse ameublis en profondeur. Semis en mars et en septembre, 15 g/10 m².

Nigella damascena

Sarrasin Fagopyrum esculentum

Renonculacée annuelle

Polygonacée annuelle

Volontiers envahissante, cette gracieuse tout-terrain atteint 80 cm dans la bonne terre et reste rase-mottes dans la misérable. Juin la couvre de fleurettes blanches ou bleues, suivies de petits ballons pleins de graines à la saveur épicée. Semis en mars et septembre, 5g/10 m².

Réputé pour améliorer la structure des sols acides, sa floraison blanche en été et son feuillage en coeur rougissant en font un fort joli tapis (40 cm) efficace pour nettoyer un terrain envahi d’herbe. Semis d’avril à fin août, 50g/10 m².

Légumineuse vivace

Un tapis (30 cm) de pompons roses tout-terrain à la senteur enjôleuse pour le début de l’été qui embaume encore quand on le fauche, 3 à 4 fois de suite. Semis en mars-avril, 25 g/10 m².

Vicia cracca, V.sylvestris...

Graminée annuelle

La providence des sols pauvres et acides, nettoyant efficace du chiendent, il est magnifique avec ses hautes tiges (1,30m) ondoyantes d’un vert céladon translucide, puis blondes. Les vanniers le laissent mûrir pour tresser sa longue paille brillante. Malheureusement trouver des graines viables n’est pas facile. Semis 100 g/10 m², seul ou en mélange avec la vesce, en septembre-octobre.

Trifolium

Vesce

Secale cereale

Lin bleu

Trèfle violet

Légumineuse vivace

Trèfle incarnat Trifolium Légumineuse vivace peu rustique

Il n’aime ni le calcaire ni le froid, en climat doux et sol frais, il est vivace (3 à 5 coupes). C’est le plus magnifique des trèfles et il se ressème volontiers. Semis en mars-avril 25 g/10 m².

Mon bio jardin en forme : engrais verts

D’abord, elle tapisse le sol en rasemottes vous laissant accroire qu’elle serait super dans les sentiers du potager. Erreur fatale car c’est une luxuriante déchaînée (1m) que l’hiver n’anéantit pas toujours. Désherbant turbo des vivaces les plus tenaces, ses longues racines sont super ameublissantes. Semis en mars et septembre, 100 g/10 m².

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Fenêtres-serre pour la maison!

Vous hésitez à remplacer vos belles fenêtres anciennes contre des neuves sûrement moins jolies? Ne vous privez pas du confort de fenêtres isolantes, remontez plutôt les anciennes en guise de volets. Votre maison conservera son charme et, dans l’intervalle ainsi ménagé, iCfait bon! En moyenne 10°C de plus que dehors pendant la nuit, et de jour, jusqu’à 45°C. Au printemps les semis y

démarrent en flèche et pendant l’hiver, kakis, poires et kiwis mûrissent tranquillement parmi les plantes en pots abritées. Chaque fenêtre de la maison se transforme ainsi en mini jardin d’hiver avec en prime, un gain de 4°C à l’intérieur de la maison. Bref, une jolie économie de chauffage. Plusieurs possibilités : - La fenêtre ancienne est remontée à l’envers sur son cadre, à 20 ou 30 cm de la nouvelle,(selon la profondeur de l’embrasure), s’ouvrant ainsi vers l’extérieur à la belle saison. On peut aussi la démonter et la ranger pour l’été. C’est la version traditionnelle de Franche-Comté par exemple. - La fenêtre coulisse latéralement: c’est l’option la plus simple, à prévoir lorsqu’on isole la

maison avec un bardage. - Vous en profitez pour changer le style de la maison, et construire un coffre façon « bow window » version fenêtre à guillotine, en construisant deux panneaux en Plexiglass coulissant plus ou moins selon la météo, dans un coffre placé au-dessus de l’ouverture.

1. Sur une base en maçonnerie, par exemple 2 rangs de parpaings, fixez une armature en chevrons de 8x8 cm, espacés selon la dimension des fenêtres disponibles.

2. La hauteur minimale doit être de 1,50 m si vous ne voulez pas vous cogner la tête au plafond. Les battants formant le toit peuvent être espacés d’1 cm de manière à laisser passer la pluie. Ce toit perdant vite son étanchéité, mieux vaut encourager la pluie à irriguer cet abri dont le défaut majeur est la gourmandise en arrosage. Dans la nôtre, la gouttière est branchée sur un tuyau TMS. Deux fenêtres encadrant une costière à l’air libre la prolongent créant un microclimat agréable.

1. On construit un cadre de 2 cm plus épais que l’épaisseur des deux panneaux superposés. Sa hauteur : moitié plus grande que l’ouverture de la fenêtre (il doit abriter les deux panneaux relevés). On fixe le cadre au mur à 5 cm des bords de l’ouverture. Chaque panneau a la hauteur d’une demi-ouverture, et est de 8 cm plus large. Une latte de 5 cm fixée en bas du panneau supérieur assure sa fermeture. Chaque panneau coulisse sur deux fils tendus sur les montants du cadre à l’aide de 4 pitons à oeil. Le guide du panneau supérieur s’arrête à mihauteur, celui de l’inférieur, en bas de l’ouverture. Deux pitons à oeil sont fixés en bas de chaque panneau, de manière à y enfiler des attaches pour régler l’ouverture de la baie. Photo 2

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2. Le coffre supérieur est prolongé

3. Les pitons à oeil permettent

jusqu’en bas de la fnêtre par deux planchettes l’encadrant et dissimulant le mécanisme. Elles sont fixées à la maçonnerie après retrait des films protégeant le Plexiglass.

d’attacher ensemble volet inférieur et supérieurs pour ouvrir à demi cet espace au printemps et en automne et ainsi aérer les plantes abritées du gel jusqu’à -5°C. Photo 4

La serre en fenêtres La serre en photo mesure 4,10m de long ( 2 fenêtres à l’horizontale) et 1,80m de large. C’est suffisant pour récolter salades et aromatiques toute l’année, hâter 4 plants de tomates et 1 de courgette en été, faire sécher les haricots et les graines à l’automne, et procurer au chat un salon très apprécié.

Mon bio jardin en forme : abris, serres et jardins d’hiver

3. Le plus simple est de construire cette serre contre un abri existant . La nôtre a été construite sur la face sud du poulailler, qu’elle réchauffe en hiver. Mais pas en été, car les fenêtres des deux extrémités, et les battants supérieurs s’ouvrent. Les panneaux en triangle fermant la pente du toit sont également amovibles. 129

Extrait Jardiner sans se planter - Éditions Ulmer  

Vous rêvez d'un beau jardin et d'y savourer fruits et légumes, mais vous n'y connaissez rien? Votre jardin est une friche, un chantier? Jard...