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L es fougères de A à Z

DRYOPTERIS AFFINIS (Lowe) Fraser-Jenkins Le mot Dryopteris signifie « fougère des chênes » en grec. Le nom d’espèce affinis signifie « proche de » et fait référence à la ressemblance avec Dryopteris filix-mas. Synonymes : Dryopteris pseudomas (Wollaston) Holub et Pouzar, Dryopteris borreri Newm., Dryopteris abbreviata Newm., Lastrea abbreviata Woll., Nephrodium abbreviatum Lowe, Polystichum abbreviatum Lam. & DC. Dans la nature : Cette cousine de la fougère mâle a une répartition principalement européenne : de la Macaronésie à l’ouest, jusqu’au Caucase à l’est. Elle

Crosses cuivrées de Dryopteris affinis au printemps.

pousse entre 1 000 et 2 000 m d’altitude, typiquement en sous-bois, mais peut être rencontrée en lisière ou à découvert, surtout en montagne. Description : Fougère semi-persistante à caduque. Le rhizome est dressé et émet une touffe de frondes érigées. Des bourgeons latéraux apparaissent et permettent la formation de touffes denses. Les frondes ovales atteignent 1 m de haut

Les frondes épaisses, solides et luisantes, semi-persistantes. Dryopteris affinis, une fougère à la fois robuste et très élégante.

par 30 cm de large à plein développement. Les pétioles et rachis sont couverts d’écailles marron foncé à rousses à la face inférieure, mais aussi à la face supérieure. La coloration de ces écailles varie d’une souche à l’autre mais la densité est caractéristique de l’espèce. Les frondes bipennées sont vert émeraude, brillantes, coriaces, et composées de pennes sessiles et effilées. Les pinnules sont, de façon caractéristique, tronquées à leur extrémité, et peu dentées.

Citons quelques sous-espèces morphologiquement distinctes : - D. affinis subsp. affinis, conforme aux caractères du type, a une répartition atlantique principalement.

à savoir

Différencier D. affinis de D. filix-mas La distinction entre ces deux espèces ressemblantes peut être faite par les caractères suivants : - présence d’une tache noire à la base des pennes, face inférieure, à la jonction avec le rachis - le pétiole et le rachis sont couverts d’écailles plus nombreuses que D. filix-mas - les frondes sont plus coriaces, la plante est   plus dressée.

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Dryopteris affinis subsp. borreri

Dryopteris affinis subsp. cambrensis

Dryopteris affinis ‘Crispa Congesta’

Dryopteris affinis ‘Cristata’

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- D. affinis subsp. borreri ressemble beaucoup plus à la fougère mâle car les pinnules sont non tronquées, mais arrondies, et dentées. Par contre, les frondes sont mates et de texture souple. La tache noire à la base des pennes, ainsi que le port plus érigé sont distinctifs. Sa répartition est large dans l’aire générale de l’espèce. - D. affinis subsp. cambrensis possède des pinnules très dentées, arrondies et le limbe est mat à satiné. Cette sous-espèce est rencontrée surtout en zone de montagne, de 200 à 2 000 m d’altitude.

Principaux cultivars : - ‘Congesta’ : frondes nanifiées, et les pennes et pinnules se chevauchent. H : 10 à 20 cm. - ‘Congesta Cristata’  : frondes nanifiées, les extrémités des frondes portent des crêtes. H : 10 à 20 cm. - ‘Crispa Gracilis’  : frondes nanifiées, les pennes sont les unes contre les autres, et leurs extrémités sont effilées et recourbées. Plante dressée très décorative, vert foncé. H : 20 à 30 cm. - ‘Cristata’ (= ‘The King’) : les pennes, ainsi que l’extrémité de la fronde, sont terminées par des crêtes. H : 60 à 90 cm.

Dryopteris affinis ‘Congesta’

Dryopteris affinis ‘Crispa Gracilis’


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- ‘Stableri’ : les frondes sont longues, très dressées, et plus étroites que le type. Les pennes sont effilées et espacées. Il existe aussi une forme crispée de ce cultivar.  H : 70 à 90 cm. Le rare cultivar ‘Pinderi’ est une forme plus compacte de celui-ci,  aux frondes élancées et courbées. - ‘Polydactyla’ (= ‘Polydactyla Dadd’s’)  : comme ‘Cristata’, mais les pennes sont plus allongées, les crêtes plus marquées, et la fronde a une forme plus ovale. H : 60 à 90 cm. Au jardin : Voici une espèce très accommodante au jardin : elle se plaît aussi bien à l’ombre profonde qu’au soleil, au moins au Nord de la Loire ; rustique jusqu’à -30 °C, elle supporte tous types de sol (raisonnablement humifère et humide bien sûr !) et drageonne facilement du pied. Son port

dressé et sa persistance (hors climat continental et de montagne) la distinguent de la fougère mâle.

Dryopteris affinis, au printemps

Dryopteris affinis ‘Polydactyla’ (= ‘Polydactyla Dadd’s’)

Associations avec d’autres plantes : Étant donné la variabilité des endroits où l’installer, de nombreuses plantes peuvent lui être associées : pour un aspect sauvage, optez pour les violettes odorantes (Viola odorata) et autres violettes canadiennes (Viola sororia et ses cultivars), sans oublier le Speirantha convallarioides, cousin du muguet à feuilles épaisses et persistantes. Pour un aspect exotique, les ligulaires ou les Farfugium, aux grandes feuilles, ou bien les larges feuilles panachées du muguet panaché (Convallaria majalis ‘Striata’) se marieront bien avec, et présentent les mêmes besoins de culture.

page de droite : Dryopteris affinis ‘Pinderi’ 10 4


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DRYOPTERIS CYCADINA (Franch. & Sav.) C. Christ. Le nom d’espèce fait référence au cycas, pour la ressemblance du port en rosette bien symétrique avec celui de ces plantes primitives. Synonymes : Aspidium cycadinum Franch. & Sav. Dans le commerce, on trouve souvent cette espèce faussement appelée Dryopteris atrata (Wallich) Ching ou encore D. hirtipes Kuntze. (Hoshizaki & Moran). Dans la nature : Originaire de Chine, des pentes de l’Himalaya, et du Japon. En

Dryopteris carthusiana

DRYOPTERIS CARTHUSIANA (Villars) H. P. Fuchs Carthusiana vient du monastère de la Grande Chartreuse, près duquel l’espèce a été décrite initialement. Synonymes : D. spinulosa (O. F. Müller) Watt. Dans la nature : Voici une fougère de zones tempérées froides, que l’on trouve au NordEst de l’Amérique du Nord, en Europe septentrionale, et en Asie tempérée. En France, elle est commune dans les régions non méditerranéennes. Elle pousse en forêt humide, bord de ruisseau, et s’aventure plus à découvert en altitude, jusqu’à 2 000 m. Elle est caduque à semi-persistante selon l’environnement. Description : Fougère en touffe étalée d’environ 50 à 60 cm de haut, portant peu de frondes (jamais vu plus de 15 à la fois). Le rhizome est dressé, et la plante rejette peu

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de la base. Les frondes sont tripennées, de texture mate et fine, vert clair, pouvant atteindre 80 cm de long, mais plus communément 50 cm. Le pétiole est parsemé d’écailles unicolores beiges arrondies. Sa croissance est printanière, et les frondes disparaissent au cours de l’hiver. Elle est rustique jusqu’à -20/-25 °C. Au jardin : La rusticité de cette espèce, ainsi que son allure « classique » de fougère, en font une excellente espèce pour un aspect naturel en sous-bois. Sa culture est facile dans un environnement humide, et elle se ressème volontiers.

Associations avec d’autres plantes : Dans ce contexte naturel, les plantes de sous-bois humide comme le bugle rampant (Ajuga reptans), le lamier jaune (Lamiastrum galeobdolon), ou le muguet (Convallaria majalis) accompagneront parfaitement une scène forestière.

Dryopteris cycadina, en peuplement naturel.

général sur pentes de forêts humides, entre 1 700 et 2 600 m d’altitude. Description : Fougère persistante dans les régions océaniques et méditerranéennes, caduque dans les autres régions, pendant les hivers froids. Son rhizome est court, épais, érigé, écailleux, donnant de nombreuses frondes en rosette dressée, puis étalée de 50 cm à 1 m de haut, selon l’environnement. Le pétiole est court (5 à 10 cm), couverts comme le rhizome d’écailles marron noirâtre à noir brillant, lancéolées, jusqu’à 2 cm de long. La nervure centrale des frondes est recouverte sur toute sa longueur d’écailles plus


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étroites. Les frondes sont pennées, lancéolées à oblongues-lancéolées, de 40 à 80 cm de long par 15 à 25 cm de large. Elles comportent de 20 à 30 paires de pennes latérales, linéaires, sessiles, crénelées à dentées sur les bords, vert foncé, mates à satinées. Les sores arrondis sont dispersés sous le limbe. La croissance est printanière principalement. Les jeunes frondes qui se déroulent alors sont spectaculaires en raison de ces écailles noires très visibles sur les crosses. Les frondes sont dressées et droites, se couchant progressivement au cours de l’hiver. Au jardin : Cette fougère résiste bien à nos hivers jusqu’à -25 °C. (caduque à partir de -15 °C). Elle atteint jusqu’à 50 cm à

80 cm de haut par autant de diamètre, et forme, en sous-bois, une superbe plante grâce, d’une part, à la structure très graphique des rosettes et ses frondes de forme simple et de couleur vert foncé satiné. Pour valoriser ce graphisme, gardez les pieds isolés les uns des autres ; une plantation en massif privilégiera la couleur des frondes et leur structure. La culture est facile, en tout bon sol frais et humifère. L’eau calcaire ne gêne pas sa croissance. De plus, elle peut supporter un sol temporairement sec en été. Associations : Dans un massif d’ombre,   on pourra l’associer à des astilbes,   des hostas et des renouées comme Persicaria virginiana.

Dryopteris cycadina, jeune crosse, puis trois semaines plus tard, les frondes à peine développées, avec le rachis noir.

Dryopteris dilatata et à droite, la forme ‘Crispa’.

DRYOPTERIS DILATATA (Hoffm.) A. Gray Dilatata signifie « dilaté » en latin, et fait référence aux pennes plus larges que chez les autres espèces du genre. Dans la nature : Cette espèce est originaire de l’Europe occidentale, de la Scandinavie à l’Espagne, et des îles britanniques à la Turquie. Elle est liée à des sous-bois toujours frais et plutôt en zone de montagne (jusqu’à 2 000 m d’altitude) dans la partie méridionale de son aire. On la rencontrera en zone à sol acide, en bord de ruisseau, fossés, au sol en forêt humide. Particularités morphologiques : La plante forme une rosette dressée, de 50 cm à plus de 1 m de haut. Les frondes sont tripennées, ovales à elliptiques, plus larges

vers le bas. Les pennes sont assez espacées, effilées à leur extrémité. Les pennes basales sont asymétriques : plus larges vers le bas (côté souche). Les limbes sont vert vif, avec une texture satinée caractéristique, et souvent ont une surface inclinée vers le bas, donnant une impression de fronde gaufrée. Les pétioles sont couverts, à leur face inférieure et à leur base surtout, d’écailles marron foncé, plus claires sur les côtés. Au jardin : C’est une espèce majestueuse par son port dressé et surtout la couleur vert vif et profond de son feuillage. À installer dans un endroit restant frais toute l’année, dans un sol humifère et acide. Rustique jusqu’à -30 °C. Association : Étant donné sa propension pour les milieux humides, vous l’associerez à la fougère femelle. Pour son acidophilie, elle accompagnera parfaitement un sous-bois de camélias.

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Extrait Fougères rustiques - Éditions Ulmer  

Écrit à 4 mains, par un pépiniériste spécialiste des fougères et un botaniste qui les a étudiées dans leurs milieux naturels, "Fougères rust...