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Torri Superiore Un écovillage de charme en Italie

Ce village médiéval, solidement arrimé aux falaises des Alpes ligures en Italie, non loin de Nice, abrite six familles et leurs enfants. Abandonné, puis tombé en ruine au siècle passé, il a ressuscité depuis les années 1990 grâce à un groupe d’habitants qui l’a restauré dans le respect du passé architectural et de la nature. Avec le profond désir de partager cette expérience. Il est des rares lieux où la beauté du site, de la nature et des êtres donnent le sentiment d’une profonde harmonie. C’est le cas de Torri Superiore. Ce labyrinthe de pierre, d’escaliers, d’allées couvertes, entrelacs de ruelles pavées et d’arches minérales a été sauvé, pierre par pierre, par une communauté de passionnés. Au fil des années, d’autres familles les ont remplacés, et la vie a repris, à Torri Superiore. Le tempo quotidien s’égrène rapidement, au rythme des travaux communs, des repas pris ensemble dans la belle salle voûtée, des réunions hebdomadaires, de l’accueil des hôtes, des heures de jardinage ou de travaux sur les terrasses embaumant le mimosa. Certains préfèrent s’investir dans le potager ou les jardins, ou encore les champs d’oliviers ; d’autres veulent restaurer le village – il reste encore un quart du village à reconstruire… Ici, chacun est incité à donner le meilleur de lui-même et miracle… cela fonctionne.

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Page 12 et double page précédente : Torri Superiore est situé aux pieds des Alpes ligures, à quelques encablures de la frontière française à Ventimille.

Ci-dessus : Pour Lucilla et les jeunes bâtisseurs des années 1990, restaurer les toitures est une priorité. À droite : Le village est un magnifique territoire de jeux pour les enfants.

Une utopie collective À la fin des années 1980, une première équipe d’une douzaine de personnes découvre un tas de ruines étalées sur 20 mètres de large et 30 mètres de long, en surplomb du village de Torri, village de 200 âmes à quelques encablures de la côte Ligure. Il s’agit des vestiges d’une petite forteresse, vraisemblablement édifiée au xiiie siècle pour protéger les habitants du hameau en contrebas. Lucilla fait partie de ces premiers « utopistes » échappés des villes et de leur consumérisme qui ont entrepris de sauver ce joyau du patrimoine local. En 1989, avec sa sœur, elle est envoûtée par ces vestiges de pierres. À l’époque, il est fort difficile d’imaginer que ce village fantôme pourrait renaître un jour. En 1995, elle décide de tout quitter, son métier de régisseur de théâtre, son appartement de Turin, et s’installe dans les ruines sans toit, ni eau, ni électricité, avec son fils de 13 ans, pour participer au chantier qui démarre. La priorité, c’est de mettre les bâtiments « hors d’eau, hors d’air ». Il faut reconstruire toutes les toitures, en portant les gigantesques poutres faîtières à dos d’homme, relever les murs de pierre

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Carapa Un hameau écologique dans les Cévennes

À Carapa, on vient vivre en communion avec la nature. Blottis sous le couvert de la forêt cévenole, la yourte auréolée de panneaux solaires, les habitats en paille et bois et autres tipis abritent ceux qui ont choisi de vivre ainsi, à l’écart de tout, mais ensemble. L’autonomie énergétique, le jardinage biologique, le potager nourricier et l’écoconstruction sont quelques-unes des clés qui leur permettent d’expérimenter concrètement une existence au plus près de la nature. Des éclats de voix amicaux résonnent dans les sous-bois à tout moment de la journée. Ce vallon boisé est « habité », été comme hiver. Et ses habitants, Jean-Louis et Françoise, Fabienne et sa fille, Olivier et Martine, Jacques et Janine, ont des personnalités aussi différentes que les variétés d’arbres de la forêt. Mais ils sont soudés par une même quête personnelle : vivre une intimité forte avec cette nature qui les enlace, les nourrit, les éveille et les relie. Tous sont venus faire l’expérience d’une vie différente, plus « dense » en émotions, où chaque geste compte. Ils retrouvent le sens d’un repas partagé, du travail physique, du repos dans le silence, d’aliments gorgés de nature.

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Page 76 et double page précédente : Un havre de paix urbain de 38 hectares pour ses 5 000 habitants. Ci-dessus : Tram et vélos ont remplacé la sacro-sainte « bagnole ». À droite : Suzanne part faire ses courses au magasin bio coopératif.

Havre sans voiture À Vauban, les voitures sont tenues éloignées des habitations 7. Autrement dit, elles sont indésirables, la plupart des rues résidentielles ne disposent tout simplement pas de place de stationnement. Quand elles circulent, c’est à vitesse réduite (moins de 30 km/h). Un parking collectif est proposé à l’entrée du quartier, et le reste du trajet s’effectue à vélo jusqu’aux maisons. Un système d’auto-partage est aussi proposé aux habitants. Financé en grande partie grâce à la bonne opération immobilière que la ville a réalisé en vendant cet ancien terrain militaire de 38 hectares aux particuliers, le tram dessert le centre-ville en un quart d’heure et traverse le quartier de part en part. À l’intérieur de Vauban, tout est à portée de vélo (ou de pieds) : l’école et les trois garderies pour enfants, le magasin biologique coopératif, les boutiques d’occasions pour enfants et mamans… Sans compter coiffeurs, médecins, kiné et tous les professionnels de la santé qui officient et habitent sur place. Et cela change tout. Les petites ruelles entre les rangées des maisons sont devenues des mini « aires de jeux pour enfants ».

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Le Viel Audon Un village coopératif dans les gorges de l’Ardèche

Dans les années 1970, quatre jeunes baladins ont accroché leurs rêves aux ruines d’un hameau à flanc de falaise dans les gorges de l’Ardèche. En près de quarante ans, les habitants du Viel Audon ont restauré le lieu, tout en posant les fondations d’une « microsociété » solidaire et innovante. Onze mille jeunes du monde entier sont venus contribuer à ce chantier pédagogique. Aujourd’hui, Gwenn, Nathalie, leurs deux enfants, Laura, Filippo, Yann, Marie et les autres y vivent avec le désir de transmettre et de partager leurs savoirs et leurs valeurs aux enfants des classes vertes, aux visiteurs ou aux jeunes de passage. Un lieu ouvert, qui brasse idées et actions, dans un esprit bienveillant envers la nature. Et un tiers du village demeure encore à restaurer : l’utopie continue… Un jour de novembre 1970, un petit groupe de jeunes s’engage sur le sentier rocailleux qui serpente le long de l’Ardèche. Ils vont découvrir ce « nulle part » dont leur ami Gérard Barras leur parle souvent. Parvenus aux ruines d’un ancien village de cultivateurs de vers à soie partis agrandir leurs propriétés sur les plateaux, ils décident de suivre leur intuition, leur « élan ».

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La Baraque Un quartier alternatif à Louvain-la-Neuve (Belgique)

Investi par des groupes d’étudiants protestataires de l’Université de Louvain-la-Neuve dans les années 1970, le quartier urbain de la Baraque ne s’est jamais départi d’un esprit militant et social. L’expérience d’habitat alternatif initiée par les étudiants en architecture a évolué en un lieu où la sobriété écologique, l’autogestion, l’autoconstruction et la solidarité sont devenus les objectifs de la vie commune. Une trentaine de roulottes, une quinzaine de cabanes, serres et dômes, cinq « bulles », des habitats en paille, terre ou bois cordé accueillent plus d’une centaine de personnes issues de tous horizons, tous liés par une tranquille volonté de vivre autrement. C’est un lieu où, quand on demande qui habite au 128B, on s’entend répondre : « 70 personnes ! ». Un lieu où, quand on frappe à une porte, deux ou trois voix alentours s’élèvent pour dire « Entrez ! ». Au total, 120 personnes vivent dans ce quartier alternatif, chacun chez soi, mais très proches les uns des autres… À La Baraque, on expérimente des liens humains plus solidaires, des formes architecturales très libres et inventives. À la Baraque, on aime suivre les petits chemins qui se faufilent entre les maisons en bois, les roulottes bariolées ou les petites « bulles » individuelles.

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Extrait Vivre ensemble autrement - Éditions Ulmer  

Loin d'être un retour sur les communautés historiques, les habitats groupés, écovillages ou écoquartiers contemporains ne sont pas fondés su...