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Crédits photographiques Toutes les photos sont de B & G Médias www.photosjardins.com © 2014 Les éditions Ulmer 8, rue Blanche - 75009 Paris Tél 01 48 05 03 03 Fax : 01 48 05 02 04 Réalisation : Guillaume Duprat Suivi éditorial : Raphaèle Dorniol Impression : Alcione, Trento Printed in Italy isbn version papier : 978-2-84138-672-7 no édition : 672-01 isbn version numérique : 978-2-84138-673-4

Les secrets

du bouturage Le principe pour réussir. . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Le matériel nécessaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Les pots et les contenants . . . . . . . . . . . . . . . 8 Les substrats et les produits . . . . . . . . . . . . 10 Quand sait-on que la bouture a repris ? . . . 12 La chaleur et la lumière . . . . . . . . . . . . . . 14 Bien arroser et pulvériser . . . . . . . . . . . . . 16


Le bouturage

Les techniques Les boutures de tiges. . . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures de têtes. . . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures de troncs. . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures à talon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures à bois sec . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures de racines . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures de feuilles . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures dans l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . Les boutures en plançon . . . . . . . . . . . . . . Rempoter une bouture . . . . . . . . . . . . . . . .

plante par plante 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38

Les rosiers. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les vivaces arbustives. . . . . . . . . . . . . . . . . Les plantes vivaces. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les plantes de véranda. . . . . . . . . . . . . . . . . Les arbustes caducs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les arbustes persistants . . . . . . . . . . . . . . . Les plantes grimpantes . . . . . . . . . . . . . . . . Les plantes d’intérieur . . . . . . . . . . . . . . . . Les plantes succulentes. . . . . . . . . . . . . . . Reprises, soucis, maladies . . . . . . . . . . . . . Le calendrier des boutures . . . . . . . . . . . . La bonne méthode pour chaque plante . . .

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Sommaire


Les secrets du bouturage Avant de commencer à bouturer, faisons le point sur ce qui permet à un fragment de plante de s’enraciner et comment la nature se débrouille pour faire apparaître des racines. Et voyons quel matériel est nécessaire pour le jardinier amateur.


L e s s ecre t s du bo u t u r ag e

Le principe pour réussir La reprise d’une bouture est un phénomène un peu moins simple qu’il n’y paraît, malgré la plasticité des végétaux. Autant bien connaître la chronologie d’une bouture pour agir au mieux.

Un film en trois étapes 1 Mise en dormance

� 2 Formation d’un cal

Lorsqu’un fragment végétal est séparé d’un pied-mère, il subit une transformation. Ne possédant pas de racines, il ne peut plus pousser et risque très vite la déshydratation. S’il est placé en terre et qu’il ne comporte pas trop de feuilles (et donc que la surface d’évaporation est limitée), il se trouve à l’abri de ce danger. Il se met alors en dormance pour quelque temps.

À la base, les tissus de la tige vont subir une transformation très particulière : ils ne se transforment pas en racines mais forment une petite masse proliférante, un peu comme une tumeur. C’est le cal, constitué de cellules non spécialisées, et qui peuvent à leur tour donner naissance à des bourgeons racinaires.

3 Formation des racines Si � la bouture possède assez

de réserves nutritives et qu’elle ne se déshydrate pas, elle aura le temps de former des racines, à partir desquelles sa nutrition puis sa croissance reprendra.

Les protubérances blanches à la base de cette bouture sont des cals, à partir desquels naîtront les futures racines.

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Les clés de la réussite u Tout l’enjeu du bien bouturer se trouve là : choisir des boutures assez fortes pour avoir assez de réserves le temps qu’un cal se forme, et surtout leur garantir une bonne humidité. Le reste est affaire de patience, et il faut bien l’admettre, de chance aussi. Car une bouture ne reprend pas à tous les coups. Parce que la saison est inadaptée, que la technique doit convenir au type de végétal en question, parce que la température est excessive ou insuffisante, etc. u Plus les tissus d’un végétal sont durs et denses, et moins le cal se formera facilement. Il faudra à ces plantes plus de temps, alors que pour celles à tissus tendres (les misères en sont de très bons exemples), l’apparition de racines est si rapide qu’on ne voit pas de formation de cal.


Pour bouturer, il faut un peu de matériel de coupe, des pots… et du savoir-faire.

➜ Les avantages du bouturage

Cette feuille de sansevière a formé des racines à partir de cals qui ne sont pas visibles, car les tissus de la plante sont tendres, comparés au bois.

Par rapport à d’autres méthodes de multiplication des plantes, le bouturage a l’avantage de ne pas coûter cher (les boutures ne se vendent pas). De plus, on sait lorsque la plante reprend (alors qu’un semis peut rester longtemps en dormance, sans qu’il soit raté pour autant et on ne peut savoir si les graines sont mortes ou pas). Par contre, le bouturage demande des soins réguliers, surtout en été. C’est une technique un peu longue parfois, qui ne produit qu’un petit nombre de plants…

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Réussir une bouture


L e s s ecre t s du bo u t u r ag e

Le matériel nécessaire Pour bien réussir, il faut choisir un matériel adapté pour prélever les boutures, limiter l’évaporation des feuilles et favoriser une température chaude. Le matériel doit garantir la bonne santé des boutures et leur conservation jusqu’à leur enracinement.

➜ Les étiquettes

Un assortiment d’outils de coupe est indispensable pour prélever des boutures dans de bonnes conditions.

Pour couper Choisissez des outils bien tranchants. De solides ciseaux, un petit cutter et un bon sécateur serviront à la quasi-totalité des types de boutures. Il existe des couteaux à boutures, maintenant difficiles à trouver, et qui ressemblent à des cutters, mais en plus pratique. Côté sécateur,

prenez un modèle au tranchant net, facile à manipuler. Il sera sage de désinfecter les lames (avec un coton imbibé d’alcool à brûler) lorsque vous prélèverez des boutures d’une plante à l’autre. Cette précaution évite que des maladies ne se transmettent par ce biais.

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Ce n’est pas un détail : on a bien vite oublié le nom des plantes dont on a reçu des boutures ! Les meilleures étiquettes sont en plastique, à condition d’y écrire avec une mine grasse de crayon à papier (mine type « 2B »). Préférez les modèles à ficher en terre dans le pot des boutures ou celles que l’on accroche à la tige, à l’aide d’un petit fil de fer. Les professionnels ne font pas autrement.


Serre de balcon.

La miniserre, peu coûteuse et efficace.

Les miniserres et les cloches Tout ce qui pourra maintenir l’humidité sur les boutures pourra servir. u L’idéal est constitué par une miniserre pourvue d’un câble chauffant au fond. Dans une telle enceinte, bien rares seront les boutures qui ne voudront pas reprendre. u À défaut, vous pouvez recycler un ancien aquarium (les petits modèles sont très utiles). u Les cloches en verre ou en plastique sont un peu moins efficaces que les mini-serres. Elles serviront au jardin à

éviter qu’un lot de bouture ou un pot ne se dessèche. u À défaut, des bouteilles plastiques coupées et renversées sur les boutures ou des bocaux de verre offriront les mêmes services.

La cloche traditionnelle en verre.

à savoir ➜ Optimal Le must restera une vraie serre ou un châssis. L’humidité y est assez constante, les températures toujours plus chaudes qu’à l’extérieur ou sous une cloche.

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Cloche improvisée !

Matériel


Les techniques En théorie, tout organe végétal séparé peut donner une nouvelle plante, par bouturage. Mais les techniques à employer varient en fonction du type de plante. Faisons le tour des différentes techniques de bouturage possibles.


L e s t ec h niq u e s

Les boutures de tiges Grand classique du bouturage, la portion de tige a l’avantage de la simplicité. Cette technique s’applique à un grand nombre de végétaux, à condition qu’ils soient un peu ligneux, c’est-à-dire qu’ils forment du bois à l’âge adulte dans leurs tiges.

Ni trop dure ni trop tendre Le bouturage de tige s’adresse aux axes qui ne sont pas trop durs (pas de vieux bois) ni trop tendres (les jeunes pousses printanières ne conviennent pas). En pratique, on peut la mettre en œuvre toute l’année. Mais c’est surtout en milieu d’été, lorsque les tiges s’aoûtent, qu’elle sera le plus utile. Ce bouturage a l’avantage d’être rapide. Toutefois le taux de reprise varie fortement selon les plantes, car cette méthode polyvalente n’est pas adaptée à tous les végétaux.

Mauvaises boutures : trop malingre (à g.), trop de bois (à dr.).

Comment procéder ? 1 Sélectionnez des por-

Choisissez bien votre matériel.

tions de tiges sans ramification, aux tissus pas trop coriaces ni cassants. 2 Débitez-les en tronçons de 10 à 20 cm, en éliminant la partie basse si elle est plus épaisse qu’un crayon. De même, éliminez la partie terminale, à trois feuilles,

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sous le bourgeon terminal. Chaque bouture doit comporter au moins 3 feuilles ou deux paires de feuilles (si elles sont regroupées par paire sur la tige). Idéalement, la base d’une bouture doit être coupée juste au-dessus d’un nœud, à moins de 1 cm de celui-ci.


3 2 étêtez la bouture

(si en croissance).

1 Retirez les feuilles de la base

3 Recoupez les

feuilles restantes

3

Elle doit se terminer de la même façon. 3 Éliminez toutes les feuilles sauf les deux ou trois se situant le plus haut sur la tige, en coupant le pétiole (l’attache de la feuille). 4 Coupez aux ciseaux les feuilles restantes de moitié. 5 Trempez la base dans de la poudre d’hormones, comme indiqué page 11. 6 Placez les boutures dans un pot empli de substrat, en prenant garde de ne pas faire tomber la poudre d’hormone au passage. Enterrez jusqu’à 2 ou 3 cm sous la feuille la plus basse (celles qui ont été conservées et recoupées). Plusieurs boutures peuvent être groupées dans le même pot. Tassez bien le mélange contre la tige.

7 Arrosez généreusement. Gardez au chaud et à l’humidité.

Végétaux concernés - Tous les arbustes caducs - Tous les arbustes persistants, en automne - Tous les rosiers - Plantes succulentes arbustives. Gardez en pot humide.

à savoir ➜ Reproduction interdite La multiplication des variétés protégées, en particulier des rosiers, est très réglementée. En effet, tout don ou vente d’une bouture d’une telle plante est considérée comme une contrefaçon en l’absence d’autorisation de l’ayant-droit. Ceci est valable pour les jardiniers amateurs ! Par contre, vous avez le droit d’en faire des boutures pour votre seul usage personnel. Mais pas de les donner et encore moins de les vendre ! Le fait qu’une variété est protégée est clairement indiqué sur l’étiquette, lorsque vous l’achetez.

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Boutures de tiges

Extrait Le bouturage - Éditions Ulmer  

Avec ce guide, le bouturage n'aura plus de secrets pour vous! Vous connaîtrez les différentes techniques et les spécificités selon le type d...