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Extrait L'encyclopédie de l'herboristerie

Page 1


160 plantes médicinales

700 remèdes à faire soi-même

25 préparations de base

L’ENCYCLOPÉDIE DE L’HERBORISTERIE

Traiter et soulager tous les maux du quotidien

MICKAËL MARY & THIERRY FOLLIARD

Identifier • Cueillir • Préparer • Se soigner

AVERTISSEMENTS

Les conseils prodigués dans le présent ouvrage (préparation, utilisation et posologie des différents remèdes) ne constituent en aucun cas des prescriptions médicales, que seul un médecin est habilité à rédiger. Les auteurs et l’éditeur ont particulièrement veillé à ce que toute information présentée dans cet ouvrage corresponde à l’état actuel des connaissances en matière de phyto-aromathérapie. Les auteurs et l’éditeur ne peuvent être tenus responsables d’une erreur contenue dans le texte, ou des conséquences éventuelles d’une automédication, ou encore d’une mauvaise interprétation des conseils contenus dans ce livre. L’utilisateur reste seul responsable du dosage.

L’emploi d’alcool dans les préparations comme les vins médicinaux ou les alcoolatures est envisagé dans un usage avant tout médicinal et ne doit être consommé que par une personne ne présentant pas d’intolérance à l’alcool ni de problème hépatique ou d’antécédent d’addiction à l’alcool. Bien respecter la posologie conseillée pour chaque préparation, selon l’âge. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Pendant toute la grossesse et l’allaitement et chez le jeune enfant de moins de 6 ans, les alcoolatures et un certain nombre de plantes sont contre-indiquées. En particulier, seront formellement interdites les plantes ou huiles essentielles hormonales ou abortives, et les hydrolats des mêmes espèces (mais également toutes les autres huiles essentielles pendant les trois premiers mois ou chez l’enfant de moins de 7 ans) :

- HE à cétones (usage interne ou externe), en particulier celles de menthe, et à camphre ;

- HE d’aneth (Anethum graveolens), d’anis vert (Pimpinellum anisum), de carvi (Carum carvi), de coriandre (Coriandrum sativum), de cumin (Cuminum cyminum), de cyprès (Cupressus sempervirens), de fenouil (Foeniculum vulgare), de persil (Petroselinum sativum), de sauge (Salvia officinalis et sclarea), toutes phyto-œstrogènes, sont également interdites pendant la grossesse.

Les plantes suivantes sont interdites aux femmes enceintes ou allaitantes :

- absinthe (Artemisia absinthium)

- achillée (Achillea millefolium)

- agripaume (Leonurus cardiaca)

- alchémille (Alchemilla vulgare)

- aloès (Aloe vera)

- armoise (Artemisia vulgaris)

- aunée (Inula helenium)

- bardane (Arctium lappa)

- basilic (Ocimum basilicum)

- bourdaine (Rhamnus frangula)

- bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris)

- busserole (Arctostaphylos uva-ursi)

- carotte (Daucus carota), graines

- cataire (Nepeta cataria), sauf au 8e mois

- chardon-Marie (Silybum marianum)

- Echinacea angustifolia

- Eschscholtzia californica

- eucalyptus (Eucalyptus globulus)

- fenouil (Foeniculum vulgare)

- framboisier (Rubus idaeus) sauf au 8e mois pour favoriser les contractions ;

- gattilier (Vitex agnus-castus) ;

- genévrier (Juniperus communis) ;

- Ginkgo biloba

- grande camomille (Tanacetum ou Chrysanthemum parthenium)

- houblon (Humulus lupulus)

- hysope (Hyssopus officinalis)

- lavande, surtout fraîche (Lavandula angustifolia)

- livèche (Levisticum officinalis)

- marrube (Marrubium vulgare)

- mélisse (Melissa officinalis)

- menthe, surtout fraîche (Mentha x piperita)

- millepertuis (Hypericum perforatum)

- monarde (Monarda didyma)

- persil (Petroselinum sativum ou crispum) : abortive

- petite pervenche (Vinca minor)

- prêle (Equisetum arvense)

- raifort (Armoracia rusticana)

- réglisse (Glycyrrizha glabra)

- romarin (Rosmarinus officinalis)

- sauge (Salvia officinalis ou sclarea) sauf au terme pour favoriser les contractions

- soja (Glycine soya)

- souci (Calendula officinalis)

- tanaisie (Tanacetum vulgaris)

- valériane (Valeriana officinalis)

- verveine officinale (Verbena officinalis).

Il faudra également être prudent sur les plantes vasoconstrictrices, et les éviter lors des trois premiers mois, ainsi qu’en fin de grossesse :

- noisetier (Corylus avellana)

- marron d’Inde (Aesculus hippocastanum)

- vigne rouge (Vitis vinifera).

LES PLANTES MÉDICINALES AU JARDIN

Accueillir la nature chez soi est une autre manière de profiter des plantes médicinales. Les plantes les plus communes peuvent trouver une bonne place au sein de votre jardin, disponible de suite et rapidement. Elles permettront de l’embellir tout en favorisant la biodiversité locale (pollinisateurs, auxiliaires, microfaune du sol).

Selon vos envies, vous pouvez aussi cultiver des plantes plus rares, peu présentes ou absentes dans votre région : des plantes parfois plus difficiles à trouver en nature autour de chez vous (alchémille, aigremoine, ail des ours, houblon, etc.), des méditerranéennes si vous habitez dans le nord (thym, romarin, lavande, calendula), des nord-américaines (échinacée, monarde), ou encore des asiatiques (ashwagandha, basilic sacré). L’important est de comprendre leurs besoins et de recréer, autant que possible, les conditions de leur milieu d’origine.

Comprendre leurs besoins… et l’intérêt d’un « stress » mesuré

Certaines plantes médicinales seront d’autant plus intéressantes qu’elles auront dû s’adapter à des contraintes : sol pauvre, apport d’eau limité, beaucoup de lumière, de vent… Ce « stress positif » stimule leurs mécanismes de défense et favorise souvent la production de composés dits secondaires (huiles essentielles, tanins, flavonoïdes, etc.), souvent à l’origine de leurs propriétés.

Par exemple, un thym cultivé au nord dans un sol caillouteux, bien drainé, très ensoleillé et peu arrosé développera un profil aromatique assez riche, proche de celui des thyms sauvages de garrigue. Le raisonnement se fait en quelque sorte à l’inverse de celui qui vise à obtenir des légumes que l’on aime « beaux, juteux et sucrés », on recherche ici des plantes plutôt rustiques et aromatiques, avec des taux élevés d’huiles essentielles lorsqu’elles sont présentes.

Créer les bonnes conditions chez soi

Commencez par observer votre lieu : il est fort utile alors de se poster de longues minutes (ou de longues heures selon vos envies) sans rien faire à différents endroits pour comprendre, ressentir et observer les éléments qui vous entourent. Cette approche presque initiatique permettra de faire de votre jardin un prolongement de vous-même. Repérez l’ensoleillement, la direction du vent, les zones abritées et les murs qui emmagasinent puis restituent la chaleur afin d’identifier des microclimats. Prenez le temps de comprendre également votre sol, analyser les microtopographies, les inclinaisons et les ruptures de pentes, faites des trous en différents lieux à la bêche ou à la tarière pour identifier les horizons, la profondeur de sol, et idéalement la granulométrie de celui-ci (sol sableux, limoneux, argileux, etc.).

Transformez le sol le moins possible : cherchez plutôt les variabilités dans celui-ci afin d’y installer les plantes les plus adaptées : veine d’argile, zone plus sableuse, profondeur de sol plus importante, zone plus hydromorphe, etc. Il n’est pas impossible que vous soyez obligé de faire l’impasse sur certaines plantes qui ne trouveront jamais de quoi s’épanouir chez vous… Beaucoup de plantes médicinales préfèrent des sols maigres et filtrants. Si votre sol est vraiment trop lourd, envisagez pour certaines la culture sur buttes.

L’arrosage est un grand sujet ! Le principe de base est… de ne pas arroser. Laissez les plantes optimiser leur implantation : sans arrosage, elles iront récupérer l’eau nécessaire dans le sol en favorisant un enracinement profond. Bien sûr, cela est plus ou moins valable selon les régions : dans le Nord de la France on peut se passer complètement d’arrosage sur la majeure partie de l’année, dans le Sud il faudra au contraire l’organiser pour assurer la survie de vos plantes. Pensez « orage », arrosez plus rarement mais abondamment, plutôt que souvent et superficiellement. Pour les espèces xérophiles, laissez le sol sécher complètement entre deux apports.

Sans arrosage, sans intrant et juste avec quelques paillis, le jardin médicinal peut être comme ici luxuriant et abondant.

Pour vous aider dans cette question de l’apport d’eau, gardez à l’esprit qu’un sol couvert reste frais plus longtemps : paillage minéral (graviers, pouzzolane) au pied des espèces xérophiles, paillage organique (feuilles, BRF, paille) pour les plantes gourmandes en fraîcheur. Arrosez lentement, au pied, tôt le matin ou en soirée, et récupérez l’eau de pluie. Espacez les arrosages pour encourager l’enracinement profond.

Fabriquer son séchoir « armoire »

Fabriquer son séchoir est relativement simple. Il vous faudra un peu de matériel et de la patience. Nous vous proposons ici un exemple de séchoir, que vous pourrez bien sûr adapter en fonction de vos besoins, de son futur emplacement et de votre budget. L’avantage d’un séchoir dit « armoire » est son encombrement limité tout en offrant une surface de séchage non négligeable. Vous pourrez par ailleurs l’installer dans n’importe quelle pièce de votre domicile (maison, grenier, atelier, garage) : au cours du séchage, vos plantes seront toujours préservées des poussières, insectes et rongeurs.

Fabrication du séchoir

Matériel et matériaux :

• Scie à bois manuelle ou thermique

• Visseuse

• Agrafeuse de chantier

• Tournevis

• Plaques OSB 3

• Tasseaux de 4 x 4 cm et de 2 x 2 cm

• Vis de différentes longueur

• Charnières, aimants et poignée

• Grille à maille fine anti-rongeur (optionnelle)

• Tissu de lin, de chanvre ou de coton

• Petit déshumidificateur

Vissez 2 grands et 2 petits tasseaux à la plaque qui servira de fond au séchoir. Les bords des tasseaux doivent être alignés à ceux de la plaque.

Vissez 2 petits tasseaux sur la plaque du bas pour faire les pieds du séchoir. Vous pouvez en profiter pour perforer votre plaque sur 10 cm2 pour créer une entrée d’air. Perforez également la plaque du dessus pour créer la sortie d’air. Vous pouvez aussi découper un trou carré et installer une grille à maille fine (anti-rongeur).

Vissez la base et le plafond à la plaque du fond avec de longues vis.

Vissez les 2 plaques qui servent de côtés aux tasseaux les plus longs, puis ajoutez 4 petits tasseaux (en vert) à l’intérieur pour rigidifier la structure. 1. 2. 3. 4.

5.

Pour fabriquer les rails des claies, vissez un petit tasseau (2 x 2 cm) sur un plus gros (4 x 4 cm). Faites en le double du nombre de claies souhaitées.

6.

Sur les plaques gauche et droite du séchoir, tracez des lignes à l’aide d’une équerre qui vous aideront à fixer vos rails.

Le premier rail commence à 10 cm au-dessus du système de séchage (déshumidificateur ou ventilateur).

Chaque rail sera espacé de 10 cm (déshumidificateur) ou 15 cm (ventilateur). Le dernier rail s’arrêtera à maximum 20 cm du plafond. Fixez les rails aux panneaux.

7.

Fixez la porte grâce à 3 charnières (deux en bas et une en haut). Installez des aimants sur la tranche du séchoir et sur la porte, puis une poignée.

Fabrication des claies

1.

Fabriquez les cadres des claies en vissant les tasseaux (4 x 4 cm) entre eux à l’aide de 2 vis assez longues. Le but est que le cadre reste rigide et ne bouge pas. Utilisez une équerre pour assurer l’angle droit de vos claies.

2.

Placez le tissu par-dessus le cadre et agrafez-le en tirant pour bien tendre le tissu, suivant l’ordre des numéros du schéma. Cela permet de garder vos claies intactes plus longtemps.

3.

Placez vos claies terminées dans les rails de votre séchoir, tissu vers le bas.

DÉGUSTER LES PLANTES

La grande majorité des plantes présentées dans cet ouvrage pour leurs vertus thérapeutiques sont aussi de formidables sources de nutriments : acides aminés et protéines (généralement par les feuilles), glucides (généralement par les fruits, mais aussi les racines), lipides (généralement par les graines), mais aussi vitamines et minéraux (surtout par les feuilles). Certaines sont donc à la frontière de l’aliment, du complément alimentaire et de la plante médicinale comme l’artichaut, le radis noir, la chicorée, la grenade, ou même l’olive, et plus communs encore, le café ou le thé (bus avec modération car ils sont excitants !) ou encore la gentiane, qui, outre le fait d’être l’ingrédient d’un apéritif en vogue, est une plante majeure pour le foie.

PLANTES MÉDICINALES, ALIMENTATION ET NATUROPATHIE

Thym, basilic et menthe sont encore plus riches que l’ortie en fer (respectivement 124 mg, 90 mg et 88 mg pour 100 g sous forme déshydratée)39 ! Nombre de plantes aromatiques sont d’ailleurs intégrées dans notre alimentation depuis l’Antiquité en tant que condiments, pour rehausser le goût des plats (bouquet garni), aussi bien dans les viandes que dans les légumes40

Les graines de chanvre, de courge, de lin, de cameline et les noix (dont le cerneau nous rappelle… le cerveau !) sont particulièrement riches en acides gras poly-insaturés de qualité (bons pour le cerveau), avec un très bon équilibre entre oméga-3 (lin, cameline, noix, chanvre) et oméga-6 (surtout dans les graines de courge), d’où l’intérêt de mélanger ces huiles végétales. Les petits poissons gras (sardines, harengs, maquereaux) ne sont donc pas la seule source d’oméga-3 même s’ils sont d’une meilleure assimilation. De plus, la noix est aussi riche en tryptophane41 , précurseur de la sérotonine et de la mélatonine, propices à la sérénité et au sommeil donc.

Toutes les feuilles de couleur vert sombre offrent une richesse en magnésium et en calcium. Il est néanmoins préférable d’éviter certaines sources d’oxalates (rhubarbe, oseille, épinard, feuilles de bettes…) qui limitent leur absorption et peuvent entraîner la formation de calculs rénaux. C’est par exemple pour cette raison que l’on recommande de faire bouillir les feuilles d’épinards dans l’eau. Les plantes aromatiques sont particulièrement riches en calcium, et sans oxalates : thym, sarriette, cerfeuil, basilic, origan, aneth, sauge… mais n’oublions pas dans notre alimentation les feuilles de navet et de radis42 .

Les feuilles vert sombre sont également très riches en vitamines du groupe B (l’acide folique B9 en

L’ortie, un super

« alicament » !

Les feuilles de cette si mal aimée contiennent au bas mot :

• 8 fois plus de vitamine C que le citron

• 6 à 9 % de protéines avec les 8 acides aminés essentiels

• des neurotransmetteurs en petites quantités dans ses poils urticants : histamine, sérotonine, acétylcholine

• un taux de bêtacarotène (provitamine A) proche de celui de la carotte

• 4 fois plus de calcium qu’un yaourt et plus de magnésium que n’importe quel légume !

• l’ortie est antianémique : elle contient un peu plus de fer (41 mg/100 g) que le sang de bœuf ou le boudin, et même 50 % de plus que la spiruline (28 mg/100 g) ! Pour assimiler le fer, il faut l’associer à de la vitamine C

• de la silice, tout comme la prêle, ce qui avec le calcium en fait deux plantes reminéralisantes

• l’ortie stimule le péristaltisme (contractions intestinales) et donc le transit

particulier, indispensable pendant la grossesse), non seulement le légume épinard, mais aussi le pissenlit, le cresson, le cerfeuil…

Contre la carence en vitamine C, à l’origine du scorbut qui a été un fléau lors des grandes explorations maritimes, il n’existe pas que les agrumes : outre l’ortie, les choux (notamment les brocolis), le raifort, le cresson, le persil, l’oignon sont de bonnes sources de vitamine C.

D’autres plantes43 comme la bardane s’avèrent être aussi d’excellents légumes sauvages, lorsque la racine est cuite comme un salsifis. Sans leurs épines, les jeunes feuilles de chardon-Marie s’accommodent en salade, ainsi que les feuilles de criste marine (parfois confites dans le vinaigre), de lierre terrestre ou bien sûr de pissenlit (voir recettes pages 44 et suivantes).

Plantes alimentaires et toxicité

La législation sur les plantes médicinales qui vise à réglementer ou régulariser leur usage (parfois ancien) tend dans les faits à en dissuader l’usage auprès du public, autant que possible. Mais elle met en évidence une énorme contradiction, pour ne pas dire une aberration : simplement parce que nombre de plantes, certaines étant identifiées comme médicinales, d’autres étant parfois contre-indiquées avec

1/ On pourrait aisément qualifier l’ortie d’alicament, un aliment médicament, qui mériterait de retrouver une place de choix dans notre alimentation.

2/ On consomme chez l’artichaut les bractées du bouton floral avant que celui-ci ne s’épanouisse.

des traitements médicaux, d’autres ayant des parties carrément toxiques (tomate, pomme de terre, toutes deux des Solanacées), sont déjà employées de longue date dans notre alimentation. Le tableau ci-dessous cite plusieurs exemples de plantes44 présentant des contre-indications (et pour certaines inscrites au monopole pharmaceutique45) alors qu’elles font partie intégrante de notre cuisine.

Il faut souligner aussi que, quoique rares46, les intoxications par confusion botanique existent et peuvent être fatales : certaines plantes sauvages, comme l’aconit napel ou la grande ciguë, sont des plantes mortelles lorsqu’elles sont prises à tort pour une plante alimentaire. Il en existe cinq mortelles en France47 : par exemple, la carotte sauvage peut être confondue avec la grande ciguë, et les photos sur Internet ne sont pas suffisantes pour les distinguer.

PLANTES & TOXICITÉ

Tomate et pomme de terre

UN ACTIF TOXIQUE

Si les plantes contiennent des principes actifs aux vertus médicinales (voir ci-dessous), comme les flavonoïdes (antioxydants), elles peuvent aussi contenir des substances toxiques comme les alcaloïdes (notamment les alcaloïdes pyrrolizidiniques pour se défendre comme les animaux herbivores) qui peuvent provoquer des empoisonnements parfois mortels, ou des hallucinations (les psychotropes : datura, jusquiame, mandragore, dans la famille des Solanacées, peyotl, ayahuasca, cactus de San Pedro…), des excitations (coca, café, noix de kola, thé, khat, maté, cacao, guarana…), ou des somnolences hypnotiques (opium et dérivés opiacés, cannabis) et dans ce cas bien sûr, la législation les classe dans les stupéfiants.

Bref, les alcaloïdes ont de manière générale une action dépressive ou stimulante du système nerveux

Dans la famille des Solanacées — qui comprend entre autres la belladone, la jusquiame, le datura, tous toxiques — le fruit de la tomate et le tubercule de la pomme de terre sont de consommation courante, alors que toutes les autres parties de la plante sont toxiques. C’est pour cela qu’il faut retirer la partie verte des pommes de terre qui a pris la lumière, car elle est signe de la présence de solanine, une substance toxique.

Pamplemousse Contient de la naringine, une substance qui interagit avec les médicaments du cholestérol (statines), les immunosuppresseurs (Ciclosporine®, Tacrolimus®), certains médicaments cardiovasculaires, un antidépresseur (Sertraline®, famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) ou un anticancéreux connu (Doxétaxel®). Ce sont au total 8 médicaments majeurs qui sont inscrits dans les contre-indications du pamplemousse.

Fenugrec et fenouil Contre-indiqués aux femmes enceintes, car ils ont des propriétés galactogènes (stimulant la montée de lait).

Houblon, sauge et soja Contiennent des œstrogènes et sont contre-indiqués aux femmes enceintes ainsi qu’en cas d’antécédents de cancers hormonodépendants : sein, prostate.

Soja, graines de lin, radis noir, choux et thym

Contre-indiqués avec l’hypothyroïdie (maladie de Hashimoto), avec ou sans traitement, car ils freinent la thyroïde.

Noix de muscade Stupéfiante à forte dose (myristicine) : 2 noix sont fatales.

Curcuma et ail Deux fluidifiants sanguins, contre-indiqués en cas d’ulcère gastrique.

Artichaut Le cœur d’artichaut est intégré dans les cuisines française et italienne, mais la feuille de l’artichaut est inscrite au monopole pharmaceutique.

Radis noir, artichaut, racine de pissenlit

Algues

Arachides, noix, noisettes, soja, fraises

Seigle, avoine, blé, orge (SABO)

Plantes méridionales aromatiques

Contre-indiqués en cas de calculs biliaires, en particulier surtout pas de jus de radis noir. Prudence également lorsque consommés en légumes.

Contre-indiquées dans les cas de maladies de la thyroïde, notamment en cas d’hyperthyroïdie (hypo = maladie de Hashimoto ou hyper = maladie de Basedow) car leur contenu en iode stimule la thyroïde.

Connus pour provoquer, chez certaines personnes seulement, des réactions allergiques : peuvent contenir de l’histamine ou de la tyramine, des substances allergènes.

Gluten : intolérances et maladies auto-immunes.

Thym, sarriette, sauge, estragon, basilic, lavande, origan, etc. ont des propriétés médicinales et sont déconseillés aux femmes enceintes ou allaitantes.

PRINCIPES

ACTIFS BÉNÉFIQUES

Principes actifs

Les acides phénols

Propriétés

antiseptiques urinaires, drainants, anti-inflammatoires

Les polyphénols et flavonoïdes antioxydants, anti-inflammatoires, toniques veineux, hépatoprotecteurs

Les tanins astringents, antidiarrhéiques, vasoconstricteurs, antibactériens, antifongiques

Les anthocyanosides (donnent la couleur bleue) protecteurs vasculaires, anti-infectieux urinaires, antioxydants ++

Les anthraquinones laxatifs puissants (purgatifs)

Les lignanes hépatoprotecteurs et préventifs de certains cancers hormonodépendants

Les coumarines fluidifiants sanguins et toniques veinolymphatiques

Les terpénoïdes grande famille présente dans les huiles essentielles, propriétés antioxydantes, drainantes et rééquilibrantes

Les iridoïdes anti-inflammatoires et tranquillisants

Les lactones sesquiterpéniques (principes amers) toniques du foie, expectorants, anti-inflammatoires, antiparasitaires

Les saponines anti-inflammatoires, adaptogènes, anti-infectieux mais aussi hémolytiques (peuvent détruire les globules rouges), une famille à employer avec prudence, plutôt en usage externe

central. Beaucoup des plantes qui en contiennent sont à éviter, bien qu’elles soient parfois regardées dans la tradition comme des plantes enseignantes, c’està-dire qui peuvent élever notre niveau de conscience (ayahuasca, peyotl), à condition toutefois que ces pratiques soient encadrées par de vrais chamans.

DES ACTIFS BÉNÉFIQUES

Les plantes offrent aussi de nombreux autres principes actifs aux propriétés médicinales, bons pour notre santé, lorsqu’ils sont consommés avec modération, en gardant à l’esprit la maxime de Paracelse : «  Rien n’est poison, tout est poison, c’est une question de dose ».

Les fruits et les légumes en soutien de notre santé

Ne devrait-on donc pas mettre plus en avant l’intérêt majeur des fruits et légumes dans notre alimentation pour conserver, optimiser ou retrouver une bonne santé par des moyens exclusivement naturels ? Cette dernière proposition est d’ailleurs la définition même de la naturopathie acceptée par l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé48 .

Même si les fruits et les légumes n’ont pas tous strictement un effet thérapeutique, leur richesse en

vitamines, minéraux et antioxydants (surtout lorsqu’ils sont frais et crus) peuvent le plus souvent en faire des alicaments, c’est-à-dire en quelque sorte des aliments-médicaments. Et puis, le médecin Hippocrate de Cos ne disait-il pas en son temps (460-377 av. J.-C.) « de ton aliment tu feras ton premier médicament » ?

Pourquoi insister sur des aliments d’origine biologique ?

Parce que certains aliments comme les pommes reçoivent une quarantaine de traitements, et que des résidus de pesticides sont relevés régulièrement sur certains produits de consommation courante. Et le produit phare des traitements phytosanitaires en agriculture est bien considéré comme cancérigène probable par l’OMS49. Ce n’est pas anecdotique. L’eau et l’air étant également contaminés, même des produits biologiques peuvent présenter des résidus de pesticides, mais consommer les aliments dits « bio » permet au mieux de limiter l’exposition aux pesticides même si ce n’est pas parfait, car il n’y a pas de risque zéro.

LE SIROP MÉDICINAL

DIFFICULTÉ :

COÛT :

PRÉPARATION : QUELQUES HEURES

Voici un remède ancien qui ravira petits et grands ! En effet, avoir recours au sirop peut permettre la prise de plantes médicinales dont le goût peut rebuter en tisane, ou tout simplement pour les personnes peu adeptes de nos chères infusions ou intolérantes à l’alcool des alcoolatures. Le sirop est par ailleurs particulièrement indiqué pour les problèmes de toux et de maux de gorge. Usage qui lui était souvent dédié autrefois !

Histoire

L’origine des sirops remonte à l’histoire de la Grèce antique et de Rome. À cette époque, les fruits frais étaient plongés dans le miel pour pouvoir les conserver. Le nom de sirop quant à lui trouverait son origine dans les croisades du MoyenOrient. Les croisés découvrent alors un breuvage appelé charâb, « boisson » en arabe. Rapportée en Europe, cette boisson sucrée devient sirupus puis « sirop ».

D’un point de vue médicinal, l’usage du sirop trouve ses origines au Moyen-Orient. Ibn al-Bayan, médecin du Caire au ����e siècle, présente onze recettes de sirops. Cohen al-’Attar, médecin juif également du Caire au ����e siècle livre au total 144 compositions de sirops simples et composés. Ses indications concernent notamment le traitement des fièvres et des affections des voies respiratoires. On y retrouvera le sirop de violette, efficace contre la toux, la pleurésie, la pneumonie ou ceux de menthe et de pomme contre les vomissements et les diarrhées.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les sirops sont l’une des formes pharmaceutiques les plus fabriquées. Ce sont souvent des élixirs qui contiennent de l’alcool et dont le titre alcoolique est en moyenne de 20 %. Ils sont conservés dans un vase spécifique, une chevrette, que seuls les apothicaires ont le droit d’utiliser. En 1912, le catalogue Piot et Lemoine (catalogue de distribution de produits pharmaceutiques) comprend alors plus de 400 spécialités sous forme de sirop !

PRINCIPE DE LA PRÉPARATION

La base du sirop est une infusion concentrée suivie d’une macération longue. L’idéal reste l’utilisation de plantes fraîches (les plantes sèches seront utiles notamment en hiver pour préparer sirops fortifiants, adoucissants et expectorants).

• Il est possible d’ajouter quelques gouttes d’huiles essentielles : environ 20 gouttes par litre. Pour un sirop pour la toux, ajoutez de l’huile essentielle de ravintsara pour ses propriétés expectorantes et stimulantes immunitaires ou de l’huile essentielle de tea tree pour ses propriétés antibactériennes.

• Il est possible d’ajouter un alcool fort afin d’augmenter la conservation (rhum, par exemple) : 6 cuillères à soupe d’alcool à 50° pour 500 ml de sirop.

Cette option est à réserver à l’adulte. Elle est fortement déconseillée aux femmes enceintes ou aux enfants.

• La stabilité du sirop peut également être assurée en augmentant son acidité. Pour cela, vous ajouterez à votre préparation du jus de citron jusqu’à obtenir un pH inférieur à 4. Ce dernier sera mesuré à l’aide d’une bandelette pH (disponible en pharmacie) trempée dans le sirop. Le jus de citron s’ajoute progressivement entre chaque mesure jusqu’à obtenir le pH souhaité.

MATÉRIEL & CHOIX

DES MATIÈRES PREMIÈRES

Utilisez du sucre (blanc ou de canne, voire intégral, non raffiné), du miel ou du sirop d’agave. L’un ou l’autre ou en mélange, en fonction de vos envies et disponibilités en la matière.

Le miel produit localement présente un intérêt éthique et écologique de premier ordre venant s’ajouter à ses qualités propres.

POSOLOGIE

Le sirop s’utilise pour les adultes à raison de 2 à 3 cuillères à soupe par jour (20 à 30 ml), pures ou diluées dans un peu d’eau, ou 2 à 3 cuillères à café par jour pour les enfants (de plus de 3 ans). Dans le cas d’un sirop pour la gorge ou la toux, il est évidemment conseillé de ne pas le diluer.

PRÉCAUTIONS

• La conservation du sirop dépend de la quantité de matière sucrante utilisée.

• Il est conseillé de ne pas descendre en dessous de 1,5 kg de sucre pour 1 litre. Si vous souhaitez aller en deçà, il faut alors garder votre préparation systématiquement au réfrigérateur.

• Ne pas faire bouillir l’infusion et le sucre, car si la préparation est trop chaude, il y aura un risque de cristallisation.

• Pour juger du stade de cuisson, il faut verser une goutte sur une assiette. Si celle-ci se divise en gouttelettes, il faut prolonger la cuisson. Si celle-ci reste entière, le sirop est cuit. Si le sirop n’est pas assez cuit, il fermente et s’altère. S’il est trop cuit, le sucre cristallise au fond de la bouteille.

• Dans le cas d’utilisation de racines ou d’écorces, préférez une décoction (réglisse par exemple), on chauffe à frémissement pendant 10 min avant de couper le feu.

Sirop

Ingrédients : 200 g de plante fraîche ou 60 g de plantes sèches • 1 litre d’eau • 1,5 à 1,8 kg de sucre

Matériel : Balance • Paire de ciseaux, pilon, cuillère à soupe • Saladier • Casserole • Passoire • Filtre à café non blanchi • Bouteilles en verre teinté de 150 à 250 ml préalablement stérilisées

7.

Embouteillez à chaud dans des contenants stérilisés, fermez aussitôt et étiquetez. Conservez quelques mois au réfrigérateur.

6.

Faites cuire à feu doux, écumez si nécessaire, jusqu’à consistance d’un sirop. Cela peut prendre 1 h environ.

1 L 1,5 à 1,8 kg SIROP MÉDICINAL

5.

Mesurez le volume d’infusion. Pour 1 l recueilli, ajoutez 1,5 à 1,8 kg de sucre.

2.

Placez les plantes dans une casserole remplie d’eau froide et faites chauffer doucement jusqu’à la première ébullition.

3.

6 à 8 h

Coupez le feu, recouvrez la casserole d’un couvercle puis laissez infuser 6 à 8 h environ.

4.

Filtrez en pressant les plantes. Répétez plusieurs fois si nécessaire.

Coupez, émiettez ou broyez les plantes.

LE VINAIGRE MÉDICINAL

DIFFICULTÉ :

COÛT :

PRÉPARATION : 2 À 3 SEMAINES

Utilisés depuis l’Antiquité, les vinaigres médicinaux à base de plantes sont des remèdes naturels intéressants, associant les vertus du vinaigre à celles des plantes médicinales. Ils servent à prévenir ou soulager divers maux notamment grâce à leurs propriétés antiseptiques, digestives ou anti-inflammatoires. Simples à réaliser, ces préparations, longtemps délaissées, connaissent un évident regain d’intérêt.

Histoire

Le vinaigre de notre cuisine se résume bien souvent à son utilisation pour préparer une bonne vinaigrette ! Et pourtant il en existe de nombreux types : de vin, d’alcool (dit blanc ou cristal), de riz, de bière, de miel, de cidre, etc. Parmi eux, le vinaigre de cidre est sans aucun doute le plus remarquable.

Connu et utilisé depuis l’Antiquité, il revêt une multitude de propriétés : stimulant immunitaire, digestif, reminéralisant, désinfectant, antibactérien, fortifiant pour les cheveux et les ongles, régénérant de la flore intestinale, tonique nerveux et cardiaque, et de nombreuses autres encore…

Le vinaigre médicinal fut aussi très populaire autrefois en tant que vinaigre de toilette. Il présente notamment l’intérêt de désincruster, éclaircir et assainir la peau.

Le vinaigre Rosat à base de pétales de roses de Provins ou de Damas est l’un des plus connus : fort utilisé au ���e siècle, en plein essor des parfums, il avait la réputation de raffermir l’épiderme, notamment du visage et des seins. Aujourd’hui, certains vinaigres ont acquis une grande réputation tel que le vinaigre d’ortie ou de capucine en application sur le cuir chevelu contre la chute des cheveux et les pellicules.

PRINCIPE DE LA PRÉPARATION

Associé à des plantes médicinales, les vinaigres deviennent des remèdes particulièrement efficaces en interne ou en externe ou tout simplement des préparations aromatiques remarquables en cuisine. Contrairement à certaines idées reçues, le vinaigre n’extrait pas tous les principes actifs des plantes ; il est donc réservé à certaines plantes seulement. Il ne s’agit pas non plus d’une extraction semblable à celle que l’on effectue avec l’alcool.

Le vinaigre extrait surtout les molécules hydrosolubles de la plante, c’est-à-dire celles qui se libèrent dans l’eau, mais l’acide acétique du vinaigre facilite ce processus en détruisant les tissus végétaux. Il est particulièrement intéressant pour extraire les alcaloïdes, les tanins et les sels minéraux.

MATÉRIEL & CHOIX

DES MATIÈRES PREMIÈRES

• Vous pourrez utiliser des pots en verre ou des vinaigriers.

• Le vinaigre de cidre est assez facile à trouver (voire à fabriquer) et vous ne rencontrerez pas de difficultés à vous fournir auprès de producteurs locaux en agriculture biologique, ce qui sera un gage de qualité.

• Un bon vinaigre doit encore être vivant, c’est-à-dire que vous le choisirez non filtré (il est trouble ou présente un dépôt dans le fond de la bouteille) et non pasteurisé.

POSOLOGIE

Ce remède de choix peut s’employer régulièrement de façon préventive ou curative. Selon les indications de chaque vinaigre médicinal, vous pourrez les utiliser de différentes façons :

• En interne par voie orale : buvez le matin à jeun 1 cuillère à soupe de vinaigre diluée dans 15 cl d’eau pour un adulte, une fois par jour pendant une durée d’une semaine jusqu’à 3 semaines selon le cas. Pour un enfant, versez une cuillère à café diluée dans un verre d’eau, une fois par jour pour une cure de 10 jours. Pour les jeunes enfants et les femmes enceintes, on évitera soigneusement les plantes aux effets hormonaux, et notamment la sauge, le houblon, le gattilier, le framboisier, le trèfle rouge, l’alchémille, l’achillée millefeuille.

• En bain de bouche ou en gargarisme : 1 à 2 cuillères à soupe de vinaigre diluées dans 15 cl d’eau pour un adulte, mais une seule cuillère à café pour un enfant ; jusqu’à disparition des symptômes.

• En application sur la peau, pur ou dilué, imbibé sur une compresse.

PRÉCAUTIONS

• Si vous utilisez des plantes fraîches assez chargées en eau (menthe, camomille, sauge), procédez à un préséchage de quelques heures.

• La macération dure 2 à 3 semaines selon les plantes et leur puissance aromatique.

• Lorsque vous remuez, veillez à bien réimmerger les plantes.

• Notez sur votre étiquette la composition du vinaigre et la date de fabrication.

Vinaigre

Ingrédients : 100 g de plante fraîche ou 40 g de plantes sèches • 1 litre de vinaigre de cidre

Matériel : Balance • Paire de ciseaux, pilon, cuillère à soupe • Saladier • Bocal avec un joint hermétique • Passoire

• Filtre à café non blanchi • Une bouteille en verre teinté préalablement stérilisée avec bouchon en liège

1. Coupez, émiettez ou broyez les plantes

VINAIGRE MÉDICINAL VINAIGRE DE CIDRE

Embouteillez, étiquetez, datez et conservez à l’ombre et au frais pendant 1 à 2 ans. 5.

2.

Mélangez tous les ingrédients dans un bocal transparent stérilisé.

2 à 3 semaines

4. Passez en pressant les plantes puis filtrez plusieurs fois si nécessaire.

3.

Fermez hermétiquement et placez le bocal au soleil ou derrière une vitre pendant 2 à 3 semaines.

Un vinaigre légendaire : le vinaigre des quatre voleurs

L’histoire nous rapporte que lors de l’épidémie de peste qui décima une partie de la population toulousaine en 1630, quatre brigands avaient trouvé un fameux remède pour détrousser les victimes de la terrible maladie et piller leurs biens sans jamais être contaminés. Leur aventure prit fin par leur arrestation puis leur jugement.

Contre la promesse d’une peine moins lourde (alors qu’ils furent finalement pendus…), ils livrèrent leur secret : un vinaigre aux vertus anti-infectieuses et stimulantes immunitaires obtenu par la macération de plusieurs plantes parmi lesquelles l’ail, l’absinthe, la sauge, le romarin, etc. Ils le buvaient et s’en enduisaient mains et visage.

Ce fameux vinaigre fut plus tard inscrit au Codex pharmaceutique en 1748 puis au ���e siècle commercialisé en officine comme vinaigre antiseptique à usage externe. Revenu au goût du jour, il en existe aujourd’hui de nombreuses recettes différentes (voir un exemple de recette p. 116).

ANETH

Anethum graveolens

Famille des Apiaceae

Milieu : jardin

« Cuit, il supprime l’engourdissement de la digestion et il facilite la digestion », disait déjà de l’aneth Hildegarde de Bingen18 , qui trouvait pourtant que « de quelque manière qu’on le prenne, il rend l’homme triste ». « Elle chasse les vents […] elle adoucit le hoquet » résumait Nicolas Lémery19 de cette plante très aromatique.

Principes actifs : graines : huile essentielle (cétones : d-carvone, terpènes : limonène, oxydes), flavonoïdes, coumarines, xanthones, triterpènes ; racines20 : alcaloïdes, flavonoïdes, saponosides, glycosides cardiotoniques, tanins.

Parties utilisées : feuilles, graines, racine.

Propriétés : cholagogue, cholérétique, antispasmodique digestif et carminatif, galactogène, antibactérien, antiinflammatoire, expectorant.

Contre-indications (huile essentielle seulement, neurotoxique et abortive) : grossesse, allaitement, épilepsie.

Identification & cueillette

RECONNAÎTRE LA PLANTE

Plante annuelle, haute de 40 cm, à tige cylindrique, glabre, creuse. Les feuilles sont alternes, planes, soyeuses, découpées en lanières filiformes. Les fleurs jaunes sont disposées en ombelles terminales. Le fruit est divisé en 2 akènes, jaune pâle, marqué de 5 côtes longitudinales.

RISQUES DE CONFUSION

Avec d’autres Apiacées aromatiques comme l’anis vert (Pimpinella anisum), le cumin (Cuminum cyminum) ou le fenouil (Foeniculum vulgare).

MILIEUX NATURELS

Originaire du Moyen-Orient et d’Europe du Sud, elle est uniquement cultivée.

Les feuilles d’aneth se reconnaissent à leur couleur vert vif et à leur aspect « plumeux ». Son parfum anisé avec des notes citronnées et une odeur fraîche la distingue rapidement.

CONSEILS DE CUEILLETTE

Les graines se récoltent en été au fur et à mesure de leur mûrissement (lorsqu’elles changent de couleur). On coupe les ombelles le matin pour les récolter. Les feuilles sont coupées une à une en fonction des besoins. Elles perdent leur arôme au séchage.

Indications & préparations

TROUBLES DIGESTIFS, AFFECTIONS

RESPIRATOIRES ET ALLAITEMENT

→ Gaz et ballonnements, flatulences, aérocolie et aérophagie, colites spasmodiques, affections respiratoires, allaitement

• Décoction de graines*** : 1 c. à c. pour 1 tasse, faites bouillir 5 min puis laissez infuser 10 min. Buvez 2 à 3 tasses par jour après repas.

• Alcoolature des graines ** : 30 gouttes 3 fois par jour, après repas.

Synergie intéressante

+ Ballonnements, flatulences (carminatif) : graines d’anis vert, de carvi, de coriandre, de cumin, de fenouil.

ANGÉLIQUE DES BOIS

Angelica sylvestris L.

Famille des Apiaceae

Milieux : zone humide, sous-bois

Ainsi nommée pour ses vertus quasidivines, l’angélique des bois possède des propriétés proches de sa cousine plus connue, l’angélique officinale. La légende veut qu’un archange ait révélé leurs secrets. Au ���e siècle, Paracelse l’employa contre la peste, et au ���e siècle, on louait ses effets régénérants, comparables à ceux du ginseng.

Principes actifs : huile essentielle (alpha- et bêtaphellandrène, alphapinène, etc.), coumarines et furanocoumarines, flavonoïdes, sitostérol, acides phénoliques (acide caféique, acide chlorogénique, acide férulique), tanins.

Parties utilisées : racines, tiges, feuilles, fruits.

Propriétés : apéritive, stomachique, carminative, digestive, antispasmodique, galactogène, tonique, anxiolytique, expectorante. Ses propriétés sont analogues à celles de la grande angélique, quoique moins prononcées.

Contre-indications : pendant la grossesse et l’allaitement, en cas d’ulcère gastrique et duodénal ou de prise d’anticoagulants. Risque de photosensibilisation (présence de furanocoumarines) pouvant provoquer des dermatites. Ne pas utiliser l’hydrolat et l’huile essentielle chez l’enfant de moins de 3 ans en raison de la présence de camphre.

Identification & cueillette

RECONNAÎTRE LA PLANTE

Plante de grande taille (de 50 cm à 1,80 m !) entièrement glabre présentant une tige souvent pourpre et ramifiée. Elle est très aromatique au froissement, en particulier ses fruits. Ses grandes feuilles sont

L’angélique des bois porte de grandes ombelles composées de 20 à 30 rayons. Ses grandes feuilles sont composées de plus d’une dizaine de larges folioles vert sombre, ovales et dentées.

composées de plus d’une dizaine de larges folioles vert sombre, ovales et dentées. Elles forment à la base de leur pétiole une gaine renflée et striée très caractéristique. Les fleurs blanches ou rosées sont réunies en ombellules globuleuses portées par de grandes ombelles composées de 20 à 30 rayons. Ses fruits sont glabres, aplatis et pourvus de larges ailes.

RISQUES DE CONFUSION

Les confusions peuvent être nombreuses avec les autres représentants de la famille des Apiacées. Les autres espèces possèdent le plus souvent des folioles moins nombreuses ou plus découpées. Les jeunes feuilles peuvent être aisément confondues avec celles du comestible égopode qui affectionne des milieux similaires. Ce dernier s’en distingue surtout par le nombre de folioles (entre 7 et 9), alors que l’angélique en comporte plus d’une dizaine. La grande ciguë, espèce toxique, se différencie nettement par des

CONSOUDE OFFICINALE

Symphytum officinale L.

Famille des Boraginaceae

Milieu : zones humides

Symphytum signifie « je réunis » en grec. Cette plante était utilisée dans l’Antiquité pour ressouder les os brisés et soigner les plaies. Son nom commun, consoude, évoque le même usage, « la plante qui soude », ou en latin consolidare, signifiant « affermir, consolider ».

Principes actifs : allantoïne (responsable de la régénération tissulaire par activation de la prolifération cellulaire), mucilages, tanins, polyphénols, alcaloïdes pyrrolizidiniques, saponosides, triterpènes.

Parties utilisées : racine, feuilles.

Propriétés : cicatrisante, astringente, adoucissante, hémostatique, anti-inflammatoire, calmante.

Contre-indications : la consoude est de nos jours plutôt déconseillée en interne en raison de sa teneur en alcaloïdes pyrrolizidiniques dangereux pour le foie, potentiellement carcinogènes, mutagènes et génotoxiques. Ils sont particulièrement présents dans la racine.

Identification & cueillette

RECONNAÎTRE LA PLANTE

Plante vivace rugueuse de 30 cm à 1,2 m de haut, à tiges anguleuses et dressées se ramifiant dès la base. Toute la plante est couverte de poils hérissés. Les fleurs violettes, parfois jaunâtres ou rosées, groupées en cymes terminales, ont la forme d’un tube élargi en cloche dirigé vers le bas. Floraison de mai à août. Les feuilles sont grandes, larges, allongées et se prolongent sur la tige.

Les fleurs sont généralement violettes mais peuvent parfois être jaunâtres ou rosées.

Les feuilles de consoude (à gauche) sont rêches au toucher, pointues et en forme de fer de lance, ce qui permet notamment de les distinguer de celles de la digitale (à droite), toxique, aux feuilles soyeuses, douces et agréables, arrondies et crénelées.

RISQUES DE CONFUSION

Il existe de nombreuses autres espèces de consoudes, soit subspontanées, échappées de cultures ou de jardins, soit cultivées, dont certaines présenteraient des propriétés similaires sans que cela ait été démontré : la consoude bulbeuse (Symphytum bulbosum),

la consoude tubéreuse (S. tuberosum), la consoude de Russie (S. x uplandicum) et la consoude d’Asie (S. asperum). Avant la floraison, les feuilles peuvent être facilement confondues avec celles de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), toxique et mortelle. Pour les distinguer, toucher la feuille est le meilleur moyen : les feuilles de consoude sont rêches alors que les feuilles de digitales sont douces et agréables. En cas de doute, s’abstenir de cueillir et attendre la floraison permettant de ne plus confondre les deux espèces. Une confusion pourrait aussi avoir lieu avec la feuille de molène (Verbascum thapsus) mais qui se distingue aisément par sa feuille veloutée de blanc.

MILIEUX NATURELS

Très commune, la consoude affectionne les milieux humides : prairies humides, bords de ruisseaux et de rivières, fossés. Elle se développe souvent en colonie.

CONSEILS DE CUEILLETTE

La racine est récoltée au printemps ou à l’automne pour être utilisée fraîche ou séchée.

Indications & préparations

DERMATOLOGIE, DOULEURS MUSCULAIRES

→ Plaies, brûlures, gerçures, crevasses, retards de cicatrisation, foulures, entorses et articulations enflammées, contusions, fractures, douleurs rhumatismales

• Macérât huileux de la racine*** : faites chauffer au bain-marie les racines coupées en morceaux très fins et recouverts d’huile d’olive ou de tournesol. Laissez macérer à feu doux durant 3 à 4 h minimum. Utilisez en application locale sur les fractures, entorses, tendinites, douleurs musculaires, après l’effort…

• Alcoolature de la racine** : appliquez sur la zone à traiter, en massage, quelques gouttes 1 à 3 fois par jour.

• Cataplasmes** ou compresses* de la racine : réalisés avec les racines fraîches râpées ou sèches, pulvérisées et délayées dans l’eau, pour les douleurs articulaires, les entorses et les coups. Laissez agir 2 h maximum sur la zone à traiter. Renouvelez plusieurs fois par jour les applications. Le cataplasme peut être réalisé à partir de 100 g de racine sèche en poudre mélangée à 100 g d’argile verte. Les feuilles fraîches appliquées en cataplasmes peuvent aussi donner des résultats intéressants.

À savoir : ces remèdes sont à prendre en usage externe uniquement, ne pas avaler !

Autres usages courants

JARDINAGE

• Consoude, alliée du jardin : la consoude mise à macérer plusieurs semaines à température ambiante (1 kg de la plante fraîche pour 10 l d’eau) permet de fabriquer un excellent purin favorisant la résistance des plantes aux maladies. La plante peut aussi servir à pailler les légumes, en particulier les tomates, pour apporter du potassium. Compostée, la consoude donne un excellent terreau. Les feuilles hachées ont été jadis ajoutées aux farines données comme nourriture dans les basses-cours.

ÉTAT ÉMOTIONNEL

• Élixir floral : apporte à l’organisme tonicité et vitalité en favorisant la détente corporelle. Il favorise la conscience corporelle. Élixir majeur pour les sportifs et tous ceux qui pratiquent des disciplines telles que le yoga, les arts martiaux, la méditation, etc. 3 à 4 gouttes, 3 à 4 fois par jour.

Synergies intéressantes

+ Cicatrisation, inflammations : mélange de macérats huileux avec ceux de scrofulaire noueuse et d’arnica ou mélange d’alcoolatures avec celles d’arnica et de scrofulaire noueuse (ne pas avaler !).

FRAMBOISIER

Rubus idaeus

Famille des Rosaceae

Milieux : forêts, lisières, sous-bois et haies

Originaire d’Asie et d’Europe de l’Est, le framboisier est cultivé, probablement depuis l’Antiquité, pour ses fruits. Son nom latin idaeus fait référence au mont Ida, demeure des dieux de l’Olympe. Comme il colonise les sous-bois, les botanistes européens le classaient jusqu’au ���e siècle parmi la tribu des « Dryades », du nom des nymphes dont la vie était liée à celle des arbres et de la forêt. L’usage de ses feuilles pour la fin de grossesse semble assez récent car François-Joseph Cazin134 (1788-1864) n’en parle que pour ses vertus astringentes.

Principes actifs : Feuille, jeune pousse : flavonoïdes, tanins, résine, mucilages, acides aminés, polypeptides, acides organiques, pectine, sels minéraux, sucres, lignane : fragrine. Fruit : tanins, protéines, sucres, acides organiques, acides alcools, aldéhydes, vitamines A, B1, B2, B3, B5, B8, B9, C. Graine : huile végétale (vitamine E, acide ellagique), caroténoïdes.

Parties utilisées : feuilles, jeunes pousses, fruits.

Propriétés : Feuille : astringente, tonique utérin, diurétique. Jeune pousse : rééquilibrant hormonal (balance œstrogènes/progestérone), anti-inflammatoire, antibactérien, antioxydant.

Contre-indications : grossesse avant le 8e mois, enfants, cancers hormonodépendants.

Identification & cueillette

RECONNAÎTRE LA PLANTE

Plante vivace très répandue, sous-arbrisseau aux grandes tiges hautes de 1,5 à 2 m, pourvues de poils légèrement piquants et de feuilles divisées en 3 à 7 folioles dentées, au-dessous blanc argenté. Les fleurs blanches à 5 pétales se regroupent au sommet des tiges. Elle est cueillie en sauvage mais aussi très souvent cultivée pour ses fruits rouges sucrés, faits

Les feuilles assez grandes et gaufrées sont blanchâtres en dessous. Les délicieux fruits arrondis et rouge pourpre permettent de reconnaître la plante à coup sûr. La jeune pousse se récolte pour la gemmothérapie lorsqu’elle commence à s’élonger et présenter tout juste ses pièces foliaires.

de petites drupes juteuses composées de plusieurs carpelles et qui se détachent d’un cône vert à maturité.

RISQUES DE CONFUSION

Difficile de le confondre avec la ronce (Rubus fruticosus) qui, bien qu’étant de la même famille, présente des fruits, les mûres, de couleur bleu noir à maturité mais surtout des tiges envahissantes, très épineuses, auxquelles on s’accroche et s’écorche facilement et qui se répandent en retombant par-dessus les haies.

MILIEUX NATURELS

Le framboisier affectionne les clairières, les coupes, les lisières et les haies, et se plaît dans des sols engorgés en matière organique et riches en bases. Couramment cultivé, il nécessite un important paillage au pied pour son maintien dans le temps et ainsi reproduire des conditions proches de celles connues dans son environnement naturel.

CONSEILS

DE CUEILLETTE

On cueille les feuilles à maturité, après la première rosée, sur les tiges de l’année passée et au fur et à mesure du développement de la plante sur les nouvelles tiges de l’année. Les jeunes pousses sont cueillies à partir de mars et en avril au fur et à mesure du débourrage.

Indications & préparations

TROUBLES HORMONAUX FÉMININS

→ Retard de puberté chez la jeune fille (aménorrhée, pilosité), ménopause, fibrome, kystes ovariens, endométriose, mastose, syndrome prémenstruel, dysménorrhée

• Macérât des jeunes pousses*** : 5 gouttes 2 à 3 fois par jour (ou 50 gouttes 2 fois par jour de la dilution 1D), 3 semaines par mois pendant 3 mois. Autre alternative : 10 jours avant les règles, puis pendant les règles.

GROSSESSE

→ Pour favoriser les contractions 1 mois avant le terme

• Tisane des feuilles sèches*** : à partir du 8e mois, 1 c. à s. de feuilles pour une tasse, faites infuser 10 min. Buvez 1 tasse matin et soir.

→ En cas de contractions faibles à l’approche du terme

• Infusion des feuilles sèches/fraîches de sauge et de framboisier** : 1 pincée de chaque pour une grande tasse de 250 ml, faites infuser 10 min. Buvez une tasse par jour 2 à 3 jours avant le terme.

MAUX DE GORGE, AFFECTIONS

BUCCODENTAIRES, TROUBLES DIGESTIFS

→ Inflammations des muqueuses, angines, gingivites, aphtes, diarrhées

• Gargarismes contre les angines* : 1 c. à s. de feuilles pour 250 ml d’eau, faites bouillir 2-3 min, laissez infuser 10 min. Ce gargarisme peut aussi être préparé avec un sirop ou un vinaigre de framboise, pur ou 1 c. à c. diluée dans un verre d’eau.

• Bain de bouche* de la tisane de feuilles sèches en cas d’aphte ou de gingivite.

• Décoction des feuilles sèches*, mais aussi infusion, en cas de diarrhée : 1 c. à s. de feuilles pour 250 ml d’eau, faites infuser 10 min. Buvez 2 à 3 tasses par jour pendant 10 jours.

OPHTALMOLOGIE, PLAIES, LEUCORRHÉES

→ Yeux irrités, ulcères

• Décoction des feuilles sèches tiédie* : pour nettoyer les ulcères et les plaies, pour les yeux irrités, ou en injection vaginale contre les pertes blanches.

Autres usages courants

CUISINE, COSMÉTIQUE

• Thé : les feuilles séchées peuvent constituer un substitut de thé en infusion.

• Vinaigre de framboise : laissez macérer 1,5 kg de fruits dans 1 l de vinaigre de cidre biologique pendant 10 jours, puis filtrez. Le vinaigre peut aussi être remplacé par une eau-de-vie pour préparer une liqueur de framboise.

• Sirop de framboise : faites cuire à feu doux 250 g de sucre roux avec 250 g de suc de fruit.

• Huile de pépins de framboisier : peut être incorporée dans des produits cosmétiques pour ses vertus antioxydantes.

À savoir : toutes les parties jeunes de la plante sont comestibles, de préférence cuites.

Synergie intéressante

+ Post-partum : feuilles de framboisier et de millefeuille, d’alchémille, d’ortie, de mélisse et sommités de millepertuis.

Acné

↳ VOIR PROBLÈMES DE PEAU

L’acné est une dermatose touchant surtout les adolescents (80 % d’entre eux), avec l’apparition de comédons, de points noirs, associée à une production excessive de sébum et la prolifération d’une bactérie spécifique (Propionibacterium acnes). Elle disparaît vers l’âge de 19 ans dans 90 % des cas. Il existe une acné rosacée chez la femme entre 30 et 40 ans, et une acné de l’adulte due à des intoxications chimiques (médicaments, peintures…).

EN USAGE INTERNE

Tisanes**

• Mélange « dépuratif de la peau » (voir Drainage), avec bardane, pensée sauvage…

• Mélange « problèmes de peau » (voir rubrique correspondante).

Macérâts de bourgeons*

Bourgeon de noyer (Juglans regia) couplé au bourgeon d’orme1 (Ulmus campestris), en cas d’acné surinfectée : 2 à 3 gouttes de chaque, 3 fois par jour dans un verre d’eau ou une tisane.

EN USAGE EXTERNE

Soins cosmétiques complémentaires**

Appliquez au coton-tige, en évitant soigneusement les yeux, 1 goutte d’HE de lavande fine ou de tea tree diluée dans l’huile de souci (calendula), matin et soir, en alternance 1 jour sur 2, avec un masque d’argile verte, à garder 20 min.

Acide urique, urée

Cette pathologie inflammatoire peut entraîner de la goutte, très douloureuse dans les articulations, comme une sensation d’aiguilles. Elle découle d’un mauvais fonctionnement des reins, d’une mauvaise élimination rénale, mais aussi d’une alimentation trop riche.

EN USAGE INTERNE

Tisane**

- Reine-des-prés (Filipendula ulmaria), sommités

- Cassis (Ribes nigrum), feuilles

30 g

30 g

- Frêne (Fraxinus excelsior), feuilles 30 g

- Facultatif : scrofulaire noueuse (Scrophularia nodosa) 10 g

Préparez 1 c. à s. pour une tasse d’eau chauffée à 70 °C maximum (la reine-des-prés est sensible à la chaleur), laissez infuser 15 min. Buvez 4 tasses (= 1 litre) en dehors des repas.

Alcoolature***

Le même mélange en alcoolature permet de conserver toutes les propriétés de la reine-des-prés et de la scrofulaire noueuse. Versez 30 gouttes 3 fois par jour dans un verre d’eau.

Macérât de bourgeons**

Mélangez dans un flacon de 30 ml :

- Cassis (Ribes nigrum) . . .

15 ml

- Frêne (Fraxinus excelsior) 15 ml

Versez 5 gouttes du mélange dans un verre d’eau (ou la tisane précédente) ou en sublingual, 3 fois par jour.

Hygiène de vie

Diminuez le stress et les aliments acidifiants (évitez les viandes rouges et les abats, les alcools à sulfites notamment le champagne, et l’excès de café. Diminuez même les laitages).

Acidité gastrique

Elle se manifeste par une inflammation chronique ou aiguë de l’estomac, une douleur au creux de l’estomac, généralement en début ou au cours du repas. Elle se traduit par des brûlures d’estomac, des remontées acides. Elle peut être le signe d’un reflux gastro-œsophagien (RGO) ou d’un risque d’ulcère gastroduodénal. Dans ce cas, il faudra rechercher une bactérie, l’Helicobacter pylori.

EN USAGE INTERNE

Tisanes***

• Racine de réglisse (Glycyrrhiza glabra) : 1 c. à c. rase de poudre de réglisse à avaler avec un verre d’eau, ou 1 c. à c. de racine concassée pour une tasse à faire bouillir 3 min et infuser 10 min. 1 tasse midi et soir 30 min avant repas.

CONTRE-INDICATION (RÉGLISSE) : hypertension.

• Excellente alternative sans contre-indication : l’infusion de matricaire. Versez de l’eau frémissante sur 1 c. à s. de fleurs de matricaire pour une tasse à faire infuser 10 min. Une tasse avant chaque repas, pendant 3 semaines.

• Ou préparez le mélange suivant :

- Cataire (Nepeta cataria), sommités 50 g

- Verveine officinale (Verbena officinalis), sommités . . . . . . 40 g

- Souci (Calendula officinalis), fleurs 10 g

Faites infuser 1 c. à s. pour une tasse pendant 10 min. Buvez 1 tasse avant chaque repas, pendant 10 jours.

CONTRE-INDICATIONS : jeunes enfants, femmes enceintes.

Macérât de bourgeons***

Bourgeon de figuier : 5 gouttes dans un verre d’eau ou à ajouter dans l’une des tisanes précédentes, avant chaque repas (2 à 3 fois par jour).

Compléments alimentaires*

1 c. à s. de gel d’Aloe vera à avaler le matin ou un verre d’eau dans laquelle on aura versé 1 c. à c. de poudre d’argile blanche. Laissez reposer une nuit et buvez seulement l’eau sans remuer l’argile.

Hygiène de vie

Diminuez le stress et les aliments acidifiants (évitez les agrumes, les épinards crus, l’oseille, la rhubarbe, alcools et café).

Adénome de la prostate

↳ VOIR PROSTATE

Aérophagie, aérocolie

↳ VOIR AUSSI PROBLÈMES DIGESTIFS

L’aérophagie est causée par la présence de gaz dans l’estomac, l’aérocolie est causée par des gaz dans l’intestin. Il se traduit par des ballonnements, des flatulences, ou des éructations souvent désagréables.

EN USAGE INTERNE

Tisane***

Mélange « carminatif », c’est-à-dire qui évacue les gaz :

- Anis vert (Pimpinella anisum), semences 20 g

- Fenouil (Foeniculum vulgare), semences 20 g

- Coriandre (Coriandrum sativum), semences 20 g

- Angélique (Angelica archangelica), semences 20 g

- Sarriette (Satureja montana), feuilles

20 g

Préparez 1 c. à s. du mélange pour une tasse, amenez à ébullition, retirez du feu puis laissez infuser 10 min. Buvez 1 tasse après chaque repas, pendant 4 à 5 jours.

Alcoolature**

Le mélange précédent peut être tout ou partie préparé en alcoolature, à parts égales, et se prendre à raison de 30 gouttes dans un verre d’eau avant chaque repas.

Hygiène de vie

• Attention aux aliments les plus fermentogènes : légumineuses, rutabaga, choux, boissons gazeuses, certains fruits… certaines personnes doivent même adopter un régime sans certains glucides appelés fructo-oligo-saccharides ou FOS (régime FODMAP).

• 2 gélules 3 fois par jour de charbon végétal peuvent aussi réduire les gaz, mais le charbon peut être constipant et doit être évité avec un médicament.

• Mangez lentement, dans le calme, sans conversation animée (au risque d’avaler de l’air en mangeant).

Allaitement

L’idéal pour l’enfant est le lait maternel, à la fois parce qu’il contient la composition adaptée à la croissance de l’enfant, et qu’il stimule les défenses immunitaires de l’enfant. Par ailleurs, l’allaitement réduit chez la maman le risque d’incidence du cancer du sein, ceci est confirmé par «  un fort niveau de preuves »2. Néanmoins, toutes les femmes n’arrivent pas à produire suffisamment de lait. Des « remèdes de grand-mère » seront alors bienvenus pour stimuler la montée de lait, comme la consommation de bière (sans alcool bien sûr !), mais il est possible de consommer du houblon autrement.

EN USAGE INTERNE

Tisane***

• Mélange galactogène :

- Ortie (Urtica dioica), feuilles 20 g

- Verveine officinale (Verbena officinalis), feuilles 20 g

- Houblon (Humulus lupulus), cônes . . . . . .

20 g

- Anis (Pimpinella anisum), semences 20 g

- Fenouil (Foeniculum vulgare), semences 20 g Préparez 1 c. à s. pour 1 tasse à faire infuser 10 min. Buvez 2 à 3 tasses par jour.

CONTRE-INDICATIONS : antécédents de cancer hormonodépendant.

• En cas de colique du nourrisson, une tisane de fenouil bue par la maman profitera à l’enfant allaité et favorisera la montée de lait.

Jusqu’à 6 mois, il est préférable de faire prendre les tisanes par la mère qui allaite. À partir de 6 mois, certaines plantes, sauf contre-indications, pourront être données en infusion (6 à 12 mois : à raison du dixième de la dose d’un adulte) à l’aide d’une petite cuillère par exemple.

Hygiène

de vie

• Si les mamelons sont gercés, il est possible d’appliquer du baume ou de l’huile de souci (calendula).

• Pour freiner la lactation, il existe aussi des plantes antigalactogènes : les semences de persil (Petroselinum sativum) en infusion (1 c. à s. pour 1 bol, 2 à 3 bols par jour), la petite pervenche (Vinca minor) en infusion (1 c. à s. pour 1 bol, 2 à 3 bols par jour), ou encore le cerfeuil (Anthriscus cerefolium) en cataplasmes.

• En cas d’engorgement du sein, on peut appliquer sur le mamelon un cataplasme ou une compresse de l’infusion (20 g/l, 10 min) de camomille romaine (Anthemis nobilis).

Allergie cutanée

La peau est rouge, un peu gonflée, comme après une piqûre d’insecte. Il y a généralement une substance à l’origine de cette dermite de contact qu’un allergologue pourra identifier (prick test). Mais il existe des plantes anti-inflammatoires.

EN USAGE EXTERNE

• Plantain (Plantago major ou lanceolata) : feuilles froissées en cataplasme ou en macérat huileux.

• Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : feuilles en cataplasme, ou fleurs en infusion pour lavage ou bain, en macérat huileux ou en alcoolature sur une compresse.

EN USAGE INTERNE

Le mélange de la rubrique suivante (Allergie respiratoire) est adapté à tout type d’allergie.

L’ENCYCLOPÉDIE

DE L’HERBORISTERIE D’AUJOURD’HUI,

éclairée par les connaissances scientifiques, pour mieux comprendre son corps et prendre sa santé en main au quotidien.

160 plantes médicinales sauvages et du jardin, 25 préparations de base, 700 remèdes à faire soi-même… Mickaël Mary, paysan-herboriste, et Thierry Folliard, naturopathe depuis 20 ans, proposent une encyclopédie de l’herboristerie familiale pour prévenir, soulager et soigner les maux du quotidien. Tous les fondamentaux d’une médecine populaire par les plantes, pratique et économique.

•  DE A À Z, 160 PLANTES MÉDICINALES : pour chaque plante sauvage ou du jardin, une fiche détaillée présentant les milieux où elle pousse, les clés d’indentification pour une cueillette en toute sécurité, les informations de phytothérapie moderne ainsi que les principales préparations et usages courants.

•  UNE HERBORISTERIE FAMILIALE COMPLÈTE : 25 remèdes de base incontournables (tisanes, macérats huileux, baumes, cataplasmes, alcoolatures, macérats de bourgeons, vinaigres…) à faire soi-même et un dictionnaire des 100 symptômes les plus courants, enrichi de 65 protocoles (posologies et précautions d’emploi) pour prendre soin de sa santé au naturel.

•  UN OUVRAGE PRATIQUE ET STRUCTURÉ : des pas à pas clairs pour chaque préparation, des photos de toutes les plantes pour bien les identifier dans leur milieu, et des tableaux récapitulatifs des périodes de cueillette, des symptômes courants et des plantes et préparations associées.

Botaniste, écologue et paysan-herboriste, Mickaël Mary a étudié à l’Institut français d’Herboristerie. Producteur et transformateur de plantes médicinales en Normandie, il a développé avec Terres de Simples, une gamme complète d’herboristerie. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur la nature et sur les plantes médicinales. Formé en phyto-aromathérapie, en naturopathie et médecine traditionnelle chinoise, Thierry Folliard a travaillé en herboristerie et donne aujourd’hui des formations dans toute la France. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les plantes médicinales, les bourgeons et les huiles essentielles.

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