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Le cheval à l’état sauvage : organisation sociale et mode de vie

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Le cheval de Przewalski, originaire de Mongolie, dernier vrai cheval sauvage (n’ayant jamais été domestiqué), évolue dans de grandes réserves, notamment en France sur le plateau du Causse Méjean pour un projet de réintroduction dans son pays d’origine. Aux États-Unis, on peut observer les Mustangs. Ces chevaux, originaires d’Irlande, d’Espagne et de France, sont arrivés avec les premiers conquistadors. Ils ont retrouvé aujourd’hui leur liberté et leurs comportements sauvages, comme le cheval de Przewalski, et on peut les observer en liberté dans le Montana ou le Wyoming.

Le cheval de Przewalski est le dernier cheval sauvage.

v Les mustangs sont des chevaux domestiques retournés à la vie sauvage.

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L’étalon parade autour des juments, regardez son encolure et son panache.

v Le lien d’attachement entre la mère et son poulain est exclusif les premières semaines.

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L’organisation sociale Au sein de la famille, l’organisation sociale s’inscrit dans un mode de survie et de protection. Les relations sociales existent au sein même de la famille. Dès la naissance du poulain, la jument va développer un fort attachement avec lui. Elle le sent au niveau des naseaux, le lèche, le reconnaît par l’odeur et ne va nourrir que lui. Dès la première heure, le poulain se tient sur ses jambes, peut suivre le groupe et fuir, si nécessaire. Très tôt, le jeune mâle apprend à s’affirmer au travers de différents jeux de combat. L’étalon entretient des relations privilégiées avec une ou deux juments, elles ont des affinités, même s’il existe une hiérarchie entre elles. L’étalon maintient la cohésion de la famille. Tête dirigée vers le bas, jusqu’au ras du sol, oreilles plaquées sur la nuque, mâchoires crispées, en position de guidage, il peut ainsi indiquer à une jument ou à un poulain qui s’éloigne qu’il doit revenir au sein de leur famille. À la période des amours, au printemps, le mâle va devoir écarter les autres étalons prétendants et on peut assister aux combats des chefs. Le mâle peut, à tout moment, perdre sa place de chef, s’il faiblit, tombe malade ou rencontre un jeune étalon plus fort que lui.

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Comment le cheval communique-t-il ?

v Le corps du cheval est comme un grand puzzle dont chaque pièce est reliée aux autres et reliée à toutes ses émotions. Il en utilise chaque partie pour communiquer, d’un léger pli de la lèvre jusqu’au mouvement de la queue. Quelle que soit sa posture, tout son corps parle, mais le cheval vocalise assez peu. Lorsque le groupe est stable, les chevaux communiquent de façon discrète et subtile. Ils se rencontrent, restent proches les uns des autres, partagent des affinités, s’intimident, s’évitent, mais s’affrontent rarement. L’orientation des oreilles, la hauteur de la tête, les yeux plus ou moins ouverts, la direction du regard, le mouvement de la queue, l’angle d’approche, sont quelques-uns des signaux de communication du cheval. Ils se combinent et se succèdent très rapidement.

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Ces chevaux se rencontrent et se flairent les naseaux pour s’identifier.

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les différentes positions des oreilles

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L’orientation des oreilles indique où le cheval porte son attention.

Pointées vers l’avant : vigilance et reconnaissance.

Orientées vers l’arrière : perception d’un signal sonore situé derrière.

Oreilles couchées en arrière, plaquée sur la nuque : agressivité.

Pour mieux comprendre le langage du corps du cheval les oreilles communiquent

Elles sont très mobiles et peuvent se mouvoir sur tous les côtés. Elles bougent ensemble ou dissociées. Si elles sont dressées et pointées vers l’avant, elles expriment une écoute, une attention, vers un bruit, un congénère ou un humain. Sur le côté, elles indiquent le repos ; pivotées vers l’arrière, le cheval prête attention à ce qui se passe derrière lui ; plaquées sur la nuque, le mécontentement ou la douleur.

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Position neutre : « attention détendue »

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Oreilles dissociées : attention partielle. Une oreille s’intéresse à une chose, l’autre est attirée par un signal sonore plus lointain.

Oreilles de côté : comportements de fuite, d’affinité et de confort.

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Ce cheval s’étire après la sieste : élévation de l’encolure, extension d’un postérieur, soulèvement de la queue, oreilles vers l’arrière.

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c Tête vers l’avant, encolure basse, nez au ras du sol, oreilles plaquées sur la nuque, cet étalon effectue un guidage pour diriger les membres de son groupe.

Le cheval de gauche, ici un étalon, commence à faire un flehmen, retroussant sa lèvre supérieure, pour analyser une odeur, probablement celle de la jument.

la tête et l ’ encolure racontent

La tête, selon sa hauteur, son orientation, son angle par rapport à l’encolure donne des informations différentes, par exemple, sur l’état émotionnel du cheval. De même, la hauteur de l’encolure et sa tonicité musculaire apportent des renseignements supplémentaires. Encolure redressée, oreilles pointées vers l’avant et tête haute, le cheval est en alerte. Tête vers l’avant, oreilles plaquées sur la nuque, encolure proche de l’horizontale, il est prêt à mordre. Debout, au repos, l’encolure est plus basse qu’à l’accoutumée, proche de l’horizontale, et la tête forme un angle ouvert avec l’encolure.

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La roulade est un comportement de confort.

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Nous allons pouvoir faire connaissance avec le cheval. La grande sensibilité de ses sens permet au cheval de lire, de ressentir et de communiquer avec les humains. Je sais qu’il va percevoir ma respiration, mon relâchement musculaire ou mes tensions. Si je me détends, mes indications seront plus claires. Je pense et demande finement, avec le poids de mon corps, le mouvement de mon bassin, mes jambes, mes mains et mes doigts. À son tour, le cheval m’envoie des sensations, des messages, que mon corps perçoit et accueille. J’ai simplement à développer la confiance. Par l’observation et la compréhension du cheval, cet inconnu devient un ami. J’imagine une nouvelle équitation pour mon cheval et moi. Mon cheval m’invite à me détendre pour laisser jouer la symphonie de mes sens.

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La découverte du cheval : premier contact Quand j’aborde mon cheval, au pré ou au box, je prends contact avec lui, avec un son qui sera toujours le même, par exemple un léger pincement des lèvres (comme un bisou). Je capte son écoute, une oreille ou les deux oreilles se dirigent vers moi ; je capte son attention, son œil, son regard. Je le laisse venir à moi, tendre sa tête comme un bonjour, me sentir et m’observer. Je peux également sentir ses nasaux. S’il ne vient pas vers moi, j’avance vers sa tête et son encolure en étant relâché, précis dans mes actions. Je fais sentir ma main. Je sens la chaleur de son souffle. Je peux caresser un point de décontraction vers la base du garrot. C’est seulement quand le contact est établi que je lui mets le licol. Nous prenons le temps de nous découvrir, de nous apprivoiser. Je peux le faire brouter tout simplement et partager ce moment avec lui.

Solor as volum in comnis nimodio que nam, volorro ma eati cus am doluptatur

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La découverte du cheval : premier contact Exercices pratiques

Exercices pratiques

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Le pansage Le toilettage du cheval est un moment de plaisir et de rencontre mutuelle, je regarde si mon cheval se sent bien. Je commence à capter son attention, je laisse aller ma main sur son corps pour le masser. J’observe ses réactions et les endroits qu’il apprécie ; je continue avec l’étrille puis le bouchon et la brosse douce pour le nettoyer en le massant. C’est comme une caresse. De temps à autre, je m’arrête et j’observe la détente de mon cheval. Je peux poser l’autre main sur son corps pour sentir son rythme cardiaque. Pour lui curer les pieds, je demande : « Donne ta jambe », en touchant très finement le membre. Je lui cure le pied sans porter sa jambe, mais seulement en la tenant. J’apprends au cheval à s’équilibrer, sans s’appuyer de tout son poids. Pour rentrer un peu plus en communication, je demande également de petits déplacements de ses antérieurs ou de ses postérieurs, je transmets l’intention du déplacement avec une légère pression des doigts sur sa peau, au niveau de l’épaule ou de la hanche, dans la direction demandée. Dès que le cheval se déplace, je relâche aussitôt la demande.

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Exercices pratiques

Le pansage Exercices pratiques

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Nous nous découvrons

4 J’ouvre tous mes sens, j’observe, je capte l’attention du cheval et j’établis la relation avec lui. J’écoute la respiration et le souffle du cheval, autour des naseaux. Sur son encolure, je sens ses odeurs, la douceur de son poil, sa chaleur, son rythme cardiaque. J’entends sa digestion, les gargouillements de son ventre. C’est un tout nouveau monde qui s’offre à moi. En me relâchant, je pose ma tête, mes bras, mes mains sur lui, à un endroit où c’est bien pour lui et pour moi, par exemple, sur son dos. Je perçois le mouvement de vie et tout ce qui anime le cheval, j’accueille ses émotions et les miennes. Je redécouvre le cheval dans sa globalité.

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Exercices pratiques

Les jeux à pied avec mon cheval en licol Exercices pratiques

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Je danse avec mon cheval

!0 C’est un jeu qui permet d’habituer le cheval à rester immobile et en confiance. Quand je bouge et danse à côté de lui, il reste immobile, mais je reste en relation. Le cheval est à l’arrêt. Je commence à tourner autour de lui tout en maintenant la connexion. Tout en observant son niveau de confiance, je commence à danser avec des mouvements lents. Petit à petit, je l’habitue à des mouvements plus amples, sans qu’il ne bouge. Je respire en faisant des mouvements de danse pour continuer à me détendre et à le détendre.

Je suis libre et créatif

!1 Ce moment de la séance est un temps de liberté pour : -d  évelopper les moments de détente du cheval et du cavalier, par des étirements - déplacer les épaules du cheval -h  abituer, permettre au cheval de gérer ses émotions envers moi et tout ce qu’il peut rencontrer, le passage d’une bâche, d’un obstacle… -a  ffiner la confiance et la compréhension, à l’arrêt ou en mouvement - c ombiner deux exercices, par exemple, lever un pied, abaisser l’encolure ou baisser la tête - se donner des temps de liberté et d’improvisation.

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Exercices pratiques

Les jeux à pied avec mon cheval en licol Exercices pratiques

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Moments de partage avant les jeux Ă cheval.

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Exercices pratiques

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Extrait L'équitation naturelle - Éditions Ulmer  

L'équitation naturelle est une école permettant de développer la confiance réciproque entre le cavalier et son cheval. Découvrez le plaisir...