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I/ Feuillus

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Castanea

Fagacées

Châtaignier

Les châtaigniers sont représentés par 12 espèces dans la zone tempérée de l’hémisphère nord et l’Europe. Ce sont des arbres à écorce profondément fissurée, à feuilles caduques, alternes et disposées sur deux rangs ; ce sont des plantes monoïques, pollinisées par les insectes. Les fruits comestibles sont contenus dans des bogues épineuses qui s’ouvrent en quatre valves.

Castanea sativa Châtaignier commun angl. Spanish chestnut, Sweet chestnut ; all. EdelKastanie, Ess-Kastanie, Marone, Echte Kastanie ; it. Castanjo ; esp. Castaneo. Port : grand arbre à feuilles caduques de 15 m à 35 m de haut avec une ample couronne de 12 m à 25 m de large, tronc court, qui pousse souvent tordu, d’1 m de diamètre, croissance moyenne à vi-

Castanea sativa

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goureuse. Peut atteindre l’âge de 500 ans, certains exemplaires auraient même autour de 1000 ans. Écorce : gris sombre quand l’arbre est vieux, avec de profondes fissures longitudinales. Feuilles : caduques, alternes, lancéolées, longues de 12 cm à 20 cm, vert sombre, brillantes, texture solide, coloration d’automne jaune à jaune brun. Fleurs : unisexuées, les fleurs mâles réunies en épis blancs dressés atteignant 15 cm à 20 cm de long, très odorants, composent une inflorescence en forme de houppe, les fleurs femelles solitaires à la base des épis mâles, verdâtres et peu apparentes, en juin ou juillet. Fruits : comestibles (les marrons), 2 cm à 3 cm de long, dans des bogues épineuses de 8 cm à 10 cm, maturité en octobre. Habitat et distribution : on rencontre le châtaignier commun au sud de l’Europe, en Afrique du nord, en Asie mineure et dans le Caucase, dans des forêts de chênes sur des sols modérément secs à frais, pauvres en calcaire, pas très profonds, humifères, argileux à sablo-caillouteux, dans des climats chauds l’été et doux l’hiver. Vraisemblablement apporté en Europe Centrale par les Romains. Exigences : soleil à mi-ombre, aime la chaleur et supporte la grosse chaleur, pas très rustique (climat viticole), mais supporte l’atmosphère urbaine ; autrement pas d’exigences spéciales mais préfère des sols modérément humides, riches et acides, craint l’humidité stagnante et le calcaire (chlorose). Divers : les arbres en fleurs ont une forte odeur désagréable de triméthylamine, les fleurs mâles surtout produisent un abondant nectar et attirent abeilles, bourdons, mouches et coléoptères, la production de miel tourne autour de 30 kg à 100 kg à l’hectare. Emploi : isolé, c’est un arbre puissant, monumental ; dans le sud de l’Europe c’est un arbre fruitier important et les forêts de châtaigniers sont exploitées aussi en taillis qui fournissent des échalas, et dans beaucoup de régions, on l’emploie comme arbre de parc, d’alignement et de route. Utilisation : les Romains déjà utilisaient ce bois qui résiste bien aux conditions atmosphériques pour les échalas. En Italie et surtout en Corse c’était l’arbre à pain du paysan ; il fournissait de la litière pour


Castanea sativa

Castanea sativa

l’étable, du fourrage pour les chèvres et du bois pour le feu et avec les fruits on confectionnait un succédané de pain. On faisait bouillir le bois pour en extraire des tannins, et les rejets des souches constituaient la matière première des cercles de tonneaux et paniers de toutes sortes. Aujourd’hui on l’utilise pour produire des tannins et pour la papeterie. En Angleterre on en fait des douves pour les tonneaux à whisky et à huile. Le bois d’aubier est clair, celui du cœur marron sombre, on l’emploie dans la construction navale et pour les douves de tonneaux parce qu’il est très ré-

sistant à l’humidité. On en fait aussi du placage. Dans les régions méditerranéennes, la châtaigne est un aliment important : elle contient 39 % d’eau, 43 % d’amidon et 2,5 % de matières grasses. On la grille pour la consommer directement ou on la travaille en confiserie (marrons glacés). Accessoirement le châtaignier permet la récolte de champignons car un grand nombre de champignons comestibles vivent en symbiose avec des racines d’arbres. Variétés : beaucoup de variétés fruitières sont cultivées dans les pays méditerranéens et en Europe Centrale, sous le climat de la vigne.

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Fraxinus

Oléacées

Frêne

Le genre Fraxinus comporte 65 espèces répandues dans l’hémisphère Nord. Ce sont le plus souvent de hauts arbres à feuilles caduques, opposées, imparipennées. Leurs fleurs monoïques, dioïques ou hermaphrodites sont peu aparentes et peu spectaculaires. Le fruit est un akène avec une longue aile aplatie (le vol est hélicoïdal). Les frênes sont des arbres importants pour le paysage naturel et la production de bois. Ils vivent environ jusqu’à 200 ans.

Fraxinus angustifolia Frêne oxyphylle angl. Narrow leaved ash ; all. Schmalblättrige Esche ; esp. Fresno de hoja estrecha. Port : arbre moyen à grand de 15 m à 25 m de haut, avec une couronne ovoïde un peu irrégulière, de 10 m à 15 m de large. Écorce : grossière et à sillons profonds chez les vieux arbres, pousses fines, glabres, brunes puis grises. Bourgeons : brun sombre, souvent par 3 en verticilles. Feuilles : caduques, opposées, imparipennées, de 12 cm à 25 cm de long, à 9 ou 13 folioles, coloration d’automne pourpre violacé ou bordeaux. Fleurs : peu apparentes, hermaphrodites, en grappes latérales peu fournies avant les feuilles en avril. Habitat et distribution : sud de l’Europe, de l’Atlantique au Caucase et Afrique du Nord. Exigences : soleil ou ombre claire, sols calcaires modérément secs à frais, bien drainés. Assez rustique, supporte l’atmosphère urbaine, et aussi le rayonnement solaire brûlant, a besoin de chaleur, résistant au sel. Emploi : arbre à feuillage décoratif attrayant en isolé pour grands jardins et parcs et aussi pour alignements et routes. Utilisation : production de bois. Cultivar : ‘Raywood’, Frêne rouge : arbre moyen à couronne ovoïde irrégulière, coloration d’automne bordeaux intense.

Fraxinus angustifolia

Fraxinus excelsior Frêne, Frêne commun, Fraisne, Fraine angl. Common ash, European ash ; all. Gewöhnliche Esche, Hohe Esche ; it. Frassino ; esp. Fresno común, Fresno grande. Port : grand arbre à croissance rapide de 25 m à 40 m de haut et 20 m à 35 m de large, à silhouette ample, vit environ 200 ans. Fraxinus excelsior

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Fraxinus excelsior

Fraxinus excelsior ‘Diversifolia’

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Écorce : reste longtemps lisse et grise, puis se couvre de fins sillons superficiels dessinant des losanges noirâtres. Feuilles : caduques, opposées, imparipennées, atteignant 40 cm de long, à 9 ou 13 folioles allongées à elliptiques, débourrement tardif, coloration d’automne jaune, peuvent tomber vertes en cas de brusques gelées hâtives. Fleurs : peu apparentes, hermaphrodites ou unisexuées, apparaissent en panicules latérales d’environ 10 cm de long avant le débourrement en avrilmai, pollinisées par le vent. Fruits : akènes à longue aile étroite, réunis en buissons nombreux, maturité en automne, mais pendants sur l’arbre jusqu’au printemps, peuvent voler jusqu’à 150 m de distance. Racines : système à pivot avec des racines latérales très puissantes en surface, qui s’étendent bien audelà de l’aplomb de la couronne, c’est le système racinaire le plus étendu parmi toutes les essences indigènes, réagit vivement à la baisse de la nappe phréatique, supporte toutefois de légers remblaiements avec des matériaux grossiers, mais pas le tassement du sol. Habitat et distribution : Europe et Asie Mineure jusqu’au-delà du Caucase, dans les Alpes jusqu’à 1400 m, le plus souvent dans des forêts riveraines et des gorges, dans des forêts mixtes de feuillus riches en plantes herbacées, le long des cours d’eau, sur des pentes rocheuses, sur des sols argiloglaiseux humides, meubles, profonds (occasionnellement minces), riches, calcaires à modérément acides. S’associe souvent dans la nature avec des trembles, des aulnes glutineux et des saules. Exigences : soleil à mi-ombre, et même emplacements frais à atmosphère humide, préfère des sols humifères, frais à humides, profonds et riches et bien aérés, aime le calcaire, mais prospère aussi avec une acidité modérée, craint l’humidité stagnante et les sols compacts, aime l’eau courante bien oxygénée, si le niveau de la nappe baisse, la cime se dessèche. Sensible à la pollution de l’air. Divers : dans la mythologie, le frêne joue un rôle important. Les druides lui attribuaient un pouvoir particulier sur l’eau : ils utilisaient le bois pour faire pleuvoir ou pour conjurer la puissance destructrice de l’eau. Dans la mythologie nordique, le frêne Yggdrasil représente l’arbre de l’univers, qui comme une colonne vivante traverse et relie tous les mondes et protège l’humanité entière (chants de l’Edda, XIIIe siècle). Emploi : grand arbre important pour plantation dans la nature, comme protection contre le vent ou pour protéger pentes et talus, pour stabiliser les berges des cours d’eau, comme arbre de routes et d’alignement si le sol convient, bel arbre en isolé dans un parc. Utilisation : le bois est très dur, durable et apte au cintrage. Aussi était-il employé autrefois par les charrons pour réaliser des pièces courbes, et aussi


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II/ Conifères


Metasequoia

Taxodiacées

Métaséquoia

Conifères à aiguilles caduques atteignant 35 m de haut, avec une couronne conique aérée, rameaux différenciés en courts et longs, rameaux courts et bourgeons opposés, aiguilles disposées sur deux rangs, tombant en automne avec les rameaux courts, fleurs mâles et femelles sur le même arbre, cônes lignifiés ovoïdes larges à coniques sur un pédoncule atteignant 2,5 cm de long. Cet intéressant conifère à aiguilles caduques était déjà connu depuis longtemps comme espèce fossile dans des sédiments du tertiaire lorsqu’on le découvrit vivant en 1941, c’est ce qu’on appelle un fossile vivant. Depuis il est souvent employé dans les jardins et les parcs, car il est très robuste et facile à multiplier. Il n’existe qu’une espèce originaire de Chine.

Metasequoia glyptostroboides Métaséquoia angl. Dawn redwood ; all. Urweltmammutbaum, Chinesisches Rotholz ; it. Metasequoia ; esp. Metasecoya. Port : arbre de 25 m à 40 m de haut et 7 m à 10 m de large, avec une couronne conique régulière, très branchue, un tronc droit jusqu’en haut, remarquablement élargi à la base et s’effilant vers le haut, branches ascendantes obliques dans sa jeunesse, puis horizontales et dans le bas de la couronne légèrement retombantes, portant dessous des cannelures prononcées, rameaux différenciés en courts et longs, les courts opposés, de 6 cm à 15 cm de long, ne s’aoûtant pas et tombant en automne. Écorce : marron rouge à brun gris, s’exfoliant en longues bandes. Bourgeons : ovoïdes à elliptiques, de 3 mm à 4,5 mm de long, frappants. Feuilles : aiguilles caduques, de 1 cm à 2,5 cm de long, presque opposées, d’un remarquable vert frais, cuivrées à rougeâtres en automne, puis tombant avec les rameaux courts. Fleurs : sur le même arbre, fleurs mâles en épis de 5 cm à 10 cm de long pendant comme des chatons à l’extrémité des rameaux longs de l’année précédente, inflorescences femelles terminales de 5 mm à 6 mm de long, sur les jeunes rameaux courts feuillus, vert jaunâtre, en mai. Fruits : cônes ovoïdes larges à globuleux, de 2 cm à 2,5 cm, pendant au bout de longs pédoncules, à maturité les écailles, opposées, lignifiées et raides s’écartent et demeurent béantes. Racines : système racinaire superficiel et très étalé, racines principales juste sous la surface. Habitat et distribution : Chine, est de la province de Sichuan et ouest de la province de Hubei, essentiellement en situation humide et ombragée en altitude, entre 700 m et 1350 m, associé à des conifères et à des feuillus dans des forêts mixtes riches

Metasequoia glyptostroboides en espèces, avec des Cephalotaxus, des liquidambars, des sapins chinois et des châtaigniers, sur des sols glaiseux profonds, riches, humides et bien drainés, acides ou basiques.

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Metasequoia glyptostroboides

Metasequoia glyptostroboides Exigences : soleil à mi-ombre, rusticité fiable, tolérant quant au sol, s’adapte à la ville, supporte les inondations, préfère les sols frais à humides, riches, acides à alcalins.

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Divers : fut découvert ou plutôt décrit en 1944. Peu de temps avant, le scientifique japonais Miki avait trouvé à Ususawa des vestiges d’un conifère jusque-là inconnu qu’il avait appelé métaséquoia et il s’avéra que l’espèce qu’on venait de découvrir en Chine appartenait au même genre. Il s’agit donc ici effectivement d’un fossile vivant. Des semences furent envoyées en Europe dès 1947. Emploi : conifère à croissance rapide intéressant en isolé dans les jardins et les parcs, ou encore en beaux groupes devant des bosquets de ligneux, sur des pelouses ou à proximité de l’eau, convient aussi comme arbre de route ou de lotissement à la périphérie des villes sur des surfaces non asphaltées. On le plante aussi en forêt.


Picea abies ‘Virgata’

Picea abies ‘Inversa’

rouge pourpre fermées, jaune en s’épanouissant, les inflorescences femelles de 5 cm à 6 cm de long, dressées, rouge clair ou vert jaune, en mai-juin. Fruits : cônes cylindriques pendants de 10 cm à 18 cm de long, mûrissent la 1 re année. Racines : superficielles, étendues et très ramifiées, formant une assiette dans les sols lourds et détrempés, irrégulières dans des sols bien aérés et même plus profondes, sensibles à la surcharge et au tassement du sol. Habitat et distribution : Europe centrale jusqu’à l’Oural, occupe 70 % des forêts autrichiennes, en association avec des sapins, des hêtres et des pins sylvestres jusqu’à 700 m, souvent en peuplement pur entre 800 et 900 m, monte jusqu’à 1500 m dans les Alpes, 2200 m en Suisse. Sur des sols argileux alcalins à acides, frais, meubles, profonds à moyens, humides à détrempés, vaseux et tourbeux à caillouteux et sablonneux dans un climat à air humide. Arbre d’une grande adaptabilité écologique. Exigences : soleil à mi-ombre, fraîcheur et air humide, sols frais à humides, mais pas trop, perméables, acides à neutres ou alcalins, supporte mal la forte chaleur et la sécheresse de trop longue durée. Emploi : en isolé ou en groupes dans les jardins et les parcs, ligneux indigène pour le paysage naturel, arbre forestier, certaines variétés conviennent pour parc et jardin privé, supporte bien la taille et peut s’employer en haie. Utilisation : le bois est uniformément blanc à jaunâtre, il est résineux, tendre, léger, subit un retrait modéré mais il est peu durable et résiste assez mal

aux intempéries. On l’utilise comme bois d’œuvre et de construction, en menuiserie et dans la papeterie ou encore pour fabriquer des instruments de musique (piano, orgue, guitare) grâce à sa résonance et à sa sonorité. Les perches servent pour les mâts, les poteaux ou les échelles. L’écorce constitue une matière première importante pour la production de tannins. C’est du point de vue économique l’essence la plus importante en Europe. Cultivars : on cultive plus de cent formes horticoles. ‘Cupressina’: port colonnaire pointu, atteint 20 m. ‘Inversa’: forme pleureuse, petit arbre bizarre de 5 m à 8 m de haut, le haut du tronc est retombant et les rameaux pendent comme des traînes. ‘Virgata’ port aéré et irrégulier, rameaux secondaires épais et retombants, à aiguilles rayonnantes et très longues.

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Picea breweriana Epicéa de Brewer angl. Brewer’s weeping spruce ; all. SiskiyouFichte. Port : arbre moyen, 7 m à 15 m de haut (25 m à 35 m dans son habitat) et 5 m à 6 m de large, conique, pittoresque, branches horizontales ou arquées, légèrement ascendantes, rameaux latéraux pendants souplement, à la verticale ou obliques et formant des crinières alanguies, croissance lente. Écorce : brun clair, mince, jeunes rameaux brun rou-

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