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Jean Riondet

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UN PREMIER RUCHER Guide pratique du dĂŠbutant


SOMMAIRE Avant-propos................................. ............................................................ 7 L’apiculture, c’est quoi ?............................................................................ 8 Découvrir l’abeille et son mode de vie. .................................................. 12 Le cycle de vie de l’abeille.. .......... ........................................................... 14 La colonie, mois par mois............ ........................................................... 18 La colonie, à géométrie variable. .......................................................... 21 trouver et marquer la reine. ...... .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . 22 Où installer son rucher ?........................................................................... 24 Ce que dit la loi. . ............................ ........................................................... 26 Des critères différents selon le lieu d’habitation. ............................... 27 Assurer eau et nourriture aux abeilles. ................................................. 29 Climat et disposition du rucher. . . ........................................................... 30 Minimiser les risques.. ................... ........................................................... 31 Les obligations de l’apiculteur................................................................ 33 Quel matériel adopter ?............................................................................. 34 Quel modèle de ruche choisir ?............................................................. 36 La composition de la ruche.................................................................... 38 Les cadres et leurs fonctions....... ........................................................... 40 L’évolution des cadres dans la ruche au fil des mois.......................... 42 La caisse à outils de l’apiculteur.. ........................................................... 48 L’équipement de l’apiculteur....... ........................................................... 52 allumer l’enfumoir........................ . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . 54 Quelles abeilles choisir ?................ ........................................................... 56 Espèce/Race/Écotype.................. ........................................................... 58 Miser sur des essaims de qualité. .......................................................... 59 cueillir un essaim naturel............ . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. 62 Installer une nouvelle colonie.................................................................. 64 Les risques du transport............... ........................................................... 66 Les solutions................................... ........................................................... 67 Le transport en pratique......................................................................... 69 Une fois sur place.......................... ........................................................... 72 Surveiller ses ruches........................ ........................................................... 74 La visite des ruches, quand et pourquoi ?........................................... 76 ouvrir une ruche. ......................... . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . 78 La visite de printemps.. ............................................................................ 80 ma fiche de visite : à l’extérieur de la ruche. ............................................. 82 ma fiche de visite : à l’intérieur de la ruche. ............................................. 84 La visite d’automne.................................................................................. 86

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Les visites intermédiaires.. ....................................................................... 88 disperser une colonie.............................................. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . 90 réunir deux colonies............................................... . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 92 Nourrir ses abeilles..................................................................................... 94 Pourquoi nourrir ses abeilles ?.. .............................................................. 96 Quels apports pour mes ruches ?. . ........................................................ 97 nourrir au candi....................... ............................... . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . 102 Soigner et protéger ses colonies. . ........................................................ 104 Prévenir vaut mieux que guérir........................................................... 106 La loque européenne............................................................................. 108 La loque américaine. . ............................................................................. 109 Les mycoses............................................................................................. 110 Le couvain refroidi.. ................................................................................ 111 La nosémose........................................................................................... 112 Les viroses................................................................................................ 113 Les intoxications..................................................................................... 114 Varroa....................................................................................................... 115 Æthina tumida........................................................................................ 118 Les prédateurs......................................................................................... 119 détruire une colonie. ..................... ......................... . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 120 Limiter l’essaimage................................................................................... 122 Mieux connaître l’essaimage. . .............................................................. 124 Conduire un essaim artificiel................................................................ 126 créer un essaim artificiel....................... ................. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. 128 saigner une colonie................................................. . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . 130 introduire une reine................................................ . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . 132 Produire et récolter son miel.................................................................. 134 Quand et comment poser les hausses ?............................................. 136 désinfecter les hausses....................... ..................... . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . 138 protéger les hausses contre la teigne................... . . . . .. . . . . . . . . . . . . .. .. . . . . . . 140 Récolter son miel, étape par étape..................................................... 142 Mettre son miel en pot......................................................................... 146 Information du consommateur et règlement sanitaire. .................. 148 Les autres produits de la ruche............................................................ 150 Les mots de l’apiculteur........................................................................ 154 Bibliographie et adresses. . ..................................................................... 157 Index......................................................................................................... 158 Remerciements et crédits photographiques. . .................................... 160

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AVANT-PROPOS À Marie

J

’avais 13 ans quand j’ai trouvé chez mes parents une caisse en bois avec 17 cadres suspendus à l’intérieur. Mon père m’expliqua alors que son grandpère avait fait construire à Collonge, au Mont d’Or près de Lyon, un rucher en briques alternées dans lequel il avait mis ces ruches. Elles avaient été inventées par Georges de Layens, co-auteur avec Gaston Bonnier d’un Cours complet d’apiculture et conduite d’un rucher isolé, ouvrage « culte » pour de nombreux apiculteurs. C’est avec cette relique du xixe siècle que, peu à peu, je suis devenu apiculteur. Un voisin l’a peuplé d’un essaim naturel et j’ai regardé mes abeilles butiner. L’année suivante, j’ai eu un peu de miel. Bon an mal an, sans aucun savoir-faire, j’ai récolté : beaucoup certaines années, très peu, voire pas du tout d’autres fois. Mes abeilles hivernaient, explosaient au printemps, essaimaient, mourraient de maladies ou du DDT. J’étais juste… un poseur de hausses ! Lorsque Florent Guillaud, qui a apporté son concours à cet ouvrage, a commencé l’apiculture, il avait 9 ans et varroa était déjà là. Empiler simplement des hausses ne suffisait déjà plus. Il lui a fallu devenir un vrai « technicien d’élevage » pour développer son cheptel. Il s’est formé auprès de professionnels, a pris des cours et n’a jamais cessé de suivre l’actualité technique et scientifique sur les abeilles. À partir de 1995, l’arrivée des néonicotinoïdes a de nouveau changé la donne. L’abeille est durablement fragilisée, en prendre soin est devenu un travail technique, accessible à tous les apiculteurs. Encore faut-il le faire avec discernement… On commence souvent son premier rucher par hasard. Un essaim qui atterrit dans son jardin, un voisin ou un parent qui offre une ruche, une émission qui fait le déclic… Et puis cela devient une passion. Ce livre a pour seule ambition de vous aider à faire vos premiers pas et à conduire votre rucher dans les meilleures conditions, pour vous comme pour vos abeilles. jean riondet

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DÉCOUVRIR L’ABEILLE ET SON MODE DE VIE Apis mellifera, notre abeille domestique, serait apparue il y a plusieurs dizaines de millions d’années, probablement en Afrique. Extrêmement robuste, elle a survécu à bien des bouleversements climatiques, mais elle se trouve aujourd’hui fragilisée. Pour garder ses abeilles en bonne santé, l’apiculteur doit conduire ses colonies en s’appuyant sur une bonne connaissance de l’abeille, et intervenir de façon ciblée pour compenser les fluctuations météorologiques et les désordres environnementaux.


LE CYCLE DE VIE DE L’ABEILLE On distingue l’abeille (l’insecte) du groupe (la colonie), appelé également peuple ou population. À la différence de presque toutes les autres espèces d’abeilles dites solitaires, notre abeille domestique Apis mellifera ne peut vivre seule : sa survie tient au groupe avec lequel elle est en interaction constante.

Un œuf, trois possibilités

À savoir La qualité et la variété des protéines apportées au stade larvaire déterminent la qualité des abeilles à venir : capacité à être de bonnes nourrices, à bénéficier d’une longue vie, à être résistantes aux maladies. Certaines de ces protéines jouent un rôle central dans les mécanismes de reproduction et d’organisation sociale de la colonie. Elles sont apportées par les innombrables pollens collectés par les butineuses dans la variété florale qu’offre l’environnement.

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Dans la ruche, les œufs sont tous pondus par la reine. Mais un même œuf peut donner trois individus différents : une ouvrière, un faux-bourdon ou une reine. On parle de « castes » à propos de ces trois catégories d’abeilles. • Un œuf non fécondé donnera toujours un mâle appelé, faux-bourdon. • Un œuf fécondé donnera une femelle, tantôt : - une reine, si la larve est nourrie à la gelée royale exclusivement - une ouvrière, si la larve est nourrie avec des gelées riches en miel et en pollen, mais pauvres en gelée royale ; l’ouvrière n’est donc en fait rien d’autre qu’une femelle stérile. Cette particularité permet à n’importe quelle colonie dont la reine aurait disparu d’en produire une nouvelle à partir d’un œuf, assurant par là même la survie du groupe.

De l’œuf à l’adulte 1.  L’œuf est pondu verticalement. Durant 3 jours, il évolue de manière imperceptible et se couche (voir p. 16). 2. L’enveloppe de l’œuf se dissout et une larve apparaît. Dans les heures

et jours qui suivent, les abeilles lui apportent de la nourriture en abondance. 3. Au bout de 8 jours (pour une reine) et de 9 jours (pour une ouvrière), la cellule où se trouve l'œuf est « operculée » : les abeilles la ferment d’un opercule, mélange de cire et de propolis. 4. La nymphose peut alors démarrer, c’est-à-dire la transformation de la larve en abeille. Elle nécessite beaucoup de chaleur (34 °C environ). Ce sont les jeunes abeilles et les fauxbourdons qui la produisent : ils tétanisent les muscles de leur thorax et font monter la température de leur plaque ventrale à 40 °C, qu’ils plaquent alors sur le couvain fermé. 5. De l'œuf à l'adulte, il faut : - 16 jours pour une reine - 21 jours pour une ouvrière - 24 jours pour un faux-bourdon. Le couvain est l’ensemble des œufs, larves et nymphes, et par extension l’endroit de la ruche où pond la reine. - Quand les cellules qui abritent les œufs puis les larves sont ouvertes, on parle de « couvain ouvert ». - Quand elles sont operculées, on parle de « couvain fermé ». Le couvain fermé est reconnaissable à l’opercule bombé et de couleur brune qui ferme chacune des cellules. À ne pas confondre avec la pellicule fine, plate et translucide de l’opercule du miel ou les couleurs blanche, orangée, jaune ou noire du pollen stocké dans des cellules ouvertes placées autour du couvain ou sur les rayons adjacents.


découvrir l’abeille et son mode de vie

reine

faux-bourdons

ouvrières

nymphe sous l'opercule larve

miel operculé

cellule vide

Reine sur couvain.

couvain

Miel operculé, à ne pas confondre avec le couvain fermé.

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L’ouvrière : une durée de vie variable La durée de vie de l’abeille varie énormément suivant la période de l’année mais aussi selon les besoins de la colonie : - en été, l’abeille vit en moyenne 6 semaines : 3 semaines enfermée dans la ruche puis 3 semaines à l'extérieur comme butineuse ; toutefois, si les conditions environnementales l’exigent, ces durées fluctuent - à la morte-saison, elle peut vivre jusqu’à 160 jours, la colonie vivant au ralenti dans la ruche.

capacité de produire de la cire si la surabondance de nourriture est au rendez-vous. L’abeille chauffe le couvain, participe à la concentration du nectar. - Jours 17 à 20 : ses glandes cirières s’atrophient et elle remplit le rôle de gardienne, filtrant les entrées dans la ruche, rejetant les intrus, les abeilles malades et les faux bourdons (si la nourriture vient à manquer). Elle prend ainsi ses repères avec le soleil. - Jours 21 jusqu'à sa mort : la voilà butineuse, porteuse d’eau. Elle conserve aussi une fonction de gardienne.

Plusieurs fonctions au cours de sa vie - Jours 1 à 4 : l’abeille vit sur le cadre où elle est née. Durant 4 jours, elle est nettoyeuse, son corps évolue, se durcit. - Jours 4 à 9 : ses glandes hypopharyngiennes se développent, elle produit de la gelée royale, des gelées nourricières pour les larves et les faux bourdons. Puis ces glandes s’atrophient peu à peu. - Jours 10 à 17 : ses glandes cirières arrivent à maturité, elles sont en

LE DÉVELOPPEMENT DE L’OUVRIÈRE

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UNE FACULTÉ D’ADAPTATION HORS PAIR La capacité d’adaptation biologique et sociale de l’abeille est étonnante ! La succession des fonctions liée au strict vieillissement biologique n’est en effet que théorique : elle résulte en réalité d’une interaction constante entre les besoins des larves, les ressources offertes par l’environnement floral et la météo.


découvrir l’abeille et son mode de vie

La reine, mère des abeilles Issue d’un œuf fécondé dont la larve est élevée exclusivement à la gelée royale, la reine a une durée de vie qui peut atteindre 6 ans, mais dans les faits elle dépasse rarement 3 ans. Plus grosse et plus allongée que l’ouvrière, elle est facilement reconnaissable par un œil exercé. La reine ne sort jamais de la ruche, sauf pour le vol nuptial qu'elle effectue une fois dans sa vie et au cours duquel elle est fécondée, ou lorsqu’elle essaime (voir p. 124). On la marque d'un point de couleur pour la repérer facilement. Pensez à le faire au printemps, quand les populations sont encore peu nombreuses. Vous la trouverez ensuite plus aisément lors de vos différentes visites.

Le faux-bourdon Les faux-bourdons sont présents du printemps à l’été. Leur durée de vie (90 jours environ) est régulée par les ouvrières, qui les nourrissent, les mâles étant incapables de trouver seuls leur alimentation. En cas de disette, elles les chassent et ils meurent de faim.

Les faux-bourdons sont acceptés dans toutes les colonies ; ils vont ainsi de ruche en ruche, parcourant de très longs trajets et assurant un brassage génétique qui évite les effets néfastes d’une consanguinité élevée. A contrario, ils sont aussi les vecteurs de maladies de l’abeille adulte. Un mâle a peu d’occasions pour féconder une reine, chacune étant fécondée lors du vol nuptial par une trentaine de mâles seulement, qui meurent après l’accouplement. Le faux-bourdon joue parallèlement un rôle pour maintenir les 34 °C nécessaires à la nymphose des larves.

Contrairement à ce que l’on croit parfois, le bourdon n’est pas le mâle de l’abeille, mais une espèce différente. Le mâle de l'abeille est le faux-bourdon.

La reine entourée de ses ouvrières.

NOTRE CONSEIL Pour maintenir un haut niveau de ponte de la reine, il est recommandé de la changer après chaque année de production de miel. Une reine née en année N sera en production l’année N + 1 et changée avant la production de l’année N + 2.

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UN PREMIER RUCHER Que l’on soit campagnard ou citadin, actif ou retraité, que l’on dispose d’un jardin ou d’une terrasse, l’apiculture est ouverte à tous. Cet ouvrage va devenir le livre compagnon de tous celles et ceux qui veulent tenter l’aventure… et la réussir ! Ce Premier rucher, Jean Riondet, l’a voulu facile d’accès et compréhensible par tous. Il l’a conçu pour répondre aux questions qui lui sont régulièrement posées durant les formations qu’il anime, et s’adresse à tous ceux qui veulent installer un premier rucher, dans le respect des abeilles et de l’environnement. Découpé en « thèmes » d’une à deux pages, il permet de se concentrer sur l’essentiel. Et parce que l’apiculture est aussi une activité technique, tous les bons gestes à connaître sont illustrés par des dessins en pas à pas.

ISBN : 978-2-84138-753-3

,!7IC8E1-dihfdd! PRIX TTC FRANCE : 19,90 e

Extrait Installer un premier rucher - Éditions Ulmer  

Que l'on vive à la campagne ou en ville, que l'on dispose d'un jardin ou d'une terrasse, que l'on soit actif ou retraité, l'apiculture est o...