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LA TAUPE,

un animal sympathique dont on se passerait volontiers au jardin Des taupinières fleurissent chaque jour dans votre jardin, qui se transforme peu à peu en champ de mines : constater qu’une taupe a élu domicile chez soi est souvent une surprise très désagréable !

Il y a des jardins où la cohabitation avec une taupe peut se passer sans problème. En effet, passés les dégâts des premières taupinières, il peut arriver qu’une fois celles-ci arasées, plus aucune taupinière ne réapparaisse. C’est que la taupe vivra tranquillement dans ses réseaux de galeries sans avoir besoin d’en creuser de nouvelles. Ce n’est que lorsque les premières gelées l’obligeront à creuser plus profond que vous constaterez la réapparition de quelques taupinières ! Dans ce type de jardin, les dégâts entraînés par les taupes restent modestes et ne nécessitent pas vraiment qu’on leur déclare la guerre. Mais malheureusement, dans bien des jardins, les taupinières ne cessent de se succéder, jour après jour. Elles créent alors une multitude de problèmes : ! Elles détruisent l’apparence des pelouses et du jardin. ! Elles endommagent les lames des tondeuses. ! Le terrain s’affaisse sous les pieds. -2


CONNAÎTRE LA TAUPE

Une taupinière, le cauchemar des tondeurs !

! Les galeries souterraines déchaussent les racines

des plantes, qui fanent soudainement, notamment au printemps. ! Les galeries creusées par les taupes favorisent l’installation des rats taupiers et autres campagnols. Se débarrasser de ces « maudites » taupes peut alors devenir l’obsession du jardinier ! Mais vous verrez que, même s’il nuit à la beauté de votre jardin, cet animal souterrain est étonnant, tant par son intelligence de prédateur que par son énergie (saviez-vous que le mot « bosser » vient de la bosse créée par la taupinière ?). Si la cohabitation vous est devenue insupportable, sachez que mieux vous connaîtrez la taupe, mieux vous saurez la piéger. Vous profiterez avec ce livre des connaissances et de l’expérience d’un spécialiste du piégeage traditionnel. -4


TAUPIER,

un métier ancien toujours d’actualité Le taupier itinérant du siècle dernier n’a évidemment rien à voir avec le taupier professionnel d’aujourd’hui : il capturait les taupes pour lutter contre les dégâts qu’elles engendraient dans les cultures. De nos jours, le taupier intervient essentiellement pour des raisons esthétiques, dans les espaces verts et les gazons.

Au siècle dernier, les paysans font appel au taupier itinérant, qui capture les taupes occasionnant de gros dégâts dans les champs et dangereuses pour le bétail (la terre des taupinières favorise en effet la prolifération des bactéries et des parasites). Au début du xxe siècle, la taupe est chassée pour la qualité de sa fourrure : le nombre de taupiers explose et la population est décimée, à tel point que l’espèce sera protégée dans certains pays d’Europe, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. À partir des années 1960, la méthode du piégeage traditionnel se perd, car un redoutable poison, très efficace pour tuer les taupes, est mis en vente : la strychnine. Les documents sur le piégeage disparaissent : seuls quelques-uns conservent jalousement ces gestes ancestraux. Mais en 1992, suite à la mort de nombreux animaux domestiques, la strychnine est interdite à la 5-


Les taupes aiment les prés riches en vers de terre.

vente. Aujourd’hui, les taupiers professionnels utilisent deux techniques : ! Le piégeage traditionnel, simple et respectueux de l’environnement, mais qui demande du savoir-faire. ! Le gazage au PH3 (phosphure), utilisé par 90 % des taupiers « professionnels », qui ne demande en revanche aucune compétence particulière, mais nécessite un agrément. Efficace, le PH3 présente néanmoins de multiples inconvénients : ! Ce gaz nécessite des passages très fréquents, car la taupe bouche les galeries gazées. -6


Le piège traditionnel respecte l’environnement et les animaux (haras de Jardy).

! De lourdes démarches administratives sont néces-

saires : prévenir la préfecture, bloquer le périmètre de traitement pendant plusieurs jours. ! Ce gaz tue toute vie dans le sol, notamment les micro­ organismes… ! Il ne fonctionne pas dans tous les sols, ni pendant les saisons sèches, car son utilisation nécessite une importante humidité. ! Il est dangereux pour l’environnement et pour l’applicateur, qui doit porter une protection respiratoire. ! Enfin, la technique du gazage au PH3 ne permet pas de rendre compte du résultat : contrairement au piégeage traditionnel où l'on capture l’animal. Pour toutes ces raisons, les collectivités et les particuliers ne font plus appel que rarement à ces taupiers gazeurs. 7-


TAUPIER, UN MÉTIER TOUJOURS D'ACTUALITÉ

Les pièges traditionnels sont d’une redoutable efficacité.

Le piège traditionnel que nous utilisons encore aujourd’hui date au moins de 1799, comme en témoigne ce texte retrouvé dans l’Almanach du bon jardinier, de Porteau et Audot (Paris, 1799) : « Pince à taupe, en fer. Elle se trouve chez tous les quincailliers. Les deux branches se ferment avec effort par la force du ressort… Poussée par la taupe, celle-ci est abattue, et les branches n’étant plus retenues, se referment et la serrent fortement. ».

Le taupier intervient, dans les collectivités, sur les golfs, terrains de foot, jardins privatifs… C’est dans les pelouses que les taupes causent souvent des problèmes. Le « piégeage traditionnel » consiste à prélever des individus sans détruire l’environnement. C’est une méthode simple, efficace et écologique, qui nécessite de bien connaître l’animal et ses habitudes.

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Les taupes posent parfois de réels problèmes dans les gazons… (jardins de particuliers).

(Janville-sur-Juine).

(Mairie de Vélizy).

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CONNAÎTRE LA TAUPE pour mieux la piéger

Omniprésente dans notre environnement, la taupe reste pourtant mystérieuse : de nombreuses idées fausses circulent encore sur son compte. Souvenez-vous : on ne se débarrasse que de celui que l’on connaît parfaitement !

La taupe est apparue en Europe il y a 40 millions d’années, originaire des régions tempérées de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique du Nord. C’est un petit mammifère au corps long et cylindrique et aux pattes courtes. Sa tête se prolonge en avant par une sorte de groin, avec des yeux si petits et si bien cachés sous les poils qu’on a longtemps nié leur existence. La taupe est un animal fouisseur capable de soulever vingt fois son poids : elle ne peut vivre et se reproduire qu’en creusant dans le sol des galeries souterraines, des gîtes et des nids, plus ou moins spacieux. Elle préfère les sols meubles qui se fragmentent facilement, comme ceux des jardins et des pelouses. Il existe une trentaine d’espèces d’insectivores de la famille des taupes (talpidés). Talpa europaea, la taupe commune que l’on trouve en France, en Belgique et en Suisse, sauf sur certaines îles comme la Corse, Ouessant ou Ré, pèse 100 g et mesure 15 à 16 cm de long en moyenne. - 10


La taupe commune, Talpa europaea.

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Extrait Piégeage traditionnel des taupes - Éditions Ulmer  

Les taupes dévastent votre jardin. Vous avez tenté toutes les techniques coûteuses, souvent inefficaces, voire nocives pour l'environnement,...