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Préparer l’arrivée de l’oiseau Avant d’envisager l’arrivée de votre oiseau et son installation chez vous, il faut aménager la maison pour ce nouveau compagnon et connaître les attitudes responsables à adopter dès le départ. Avant d’acquérir l’oiseau, il faut avoir décidé en famille des responsabilités et des conséquences de cette adoption. Partir en voyage ou en vacances ne sera plus aussi aisé, que ferez-vous ? Le nettoyage de la cage, du parc, le remplacement chaque jour de l’eau, des graines et des végétaux frais, qui en sera responsable ? Avez-vous l’espace chez vous et le temps disponible pour prendre soin d’un tel oiseau ? Serez-vous prêt à supporter les cris matinaux ? Si votre oiseau est gravement malade, aurez-vous accès à un vétérinaire compétent, spécialisé, dans votre ville ? Aurez-vous un budget à lui consacrer ? Des questions auxquelles vous serez confronté et qu’il est préférable de vous poser au préalable.

Inséparable à face rose (Agapornis roseicolis) u

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P r é p a r e r l ’a r r i v é e d e l ’o i s e a u

La législation Nombreux de nos psittaciformes captifs appartiennent à des espèces, races et variétés classées « domestiques », dont la détention est libre. Cependant, ce n’est pas le cas de toutes les espèces détenues en captivité ; les intérêts des « non-domestiques » sont défendus par de nombreux organismes et associations et l’ONCFS (l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage) quant à lui s’occupe du respect de la réglementation. Les espèces sauvages sont protégées sous différents aspects de la réglementation que nous devons connaître si nous souhaitons en détenir : - à l’international, par la Convention de Washington - en Europe, essentiellement par le règlement n° 338/97 - en France, par les articles L411-1 à L411-6 du Code de l’environnement, l’arrêté du 29 octobre 2009, les arrêtés du 10 août 2004, l’ar-

à savoir

rêté du 11 août 2006 et l’arrêté de Guyane. L’arrêté du 10 août 2004 dans son annexe A, permet et encadre la détention d’une grande quantité d’espèces non domestiques sans autorisation préfectorale de détention (APD), ni de certificat de capacité (CC), sous la restriction de quotas (effectif total maximum). En outre, il permet la détention d’espèces inscrites à son annexe I sous couvert d’une APD, pour un quota de 10 spécimens. Au-delà, un CC est obligatoire. Les espèces dites domestiques, libres de détention, les plus courantes sont la Perruche ondulée (Melopsittacus undulatus), l’Inséparable à face rose (Agapornis roseicolis), l’Inséparable de Fischer (Agapornis fischeri), l’Inséparable masqué ou à tête noire (Agapornis personatus), la Perruche à collier d’Asie (Psittacula krameri manillensis) et la Calopsitte élégante (Nymphicus hollandicus).

Ce qu’il faut savoir avant l’adoption d’un oiseau Avant d’envisager l’arrivée d’un oiseau, il faut bien se renseigner sur les besoins spécifiques de l’espèce que vous souhaitez adopter. Certaines espèces seront trop bruyantes eu égard à vos possibilités d’acceptation d’un niveau sonore, surtout si vous avez des enfants ou si vous vivez en appartement. Vous subirez les cris d’alerte, les cris de contact, les cris à la levée du jour, les cris de parade en

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période hormonale et les cris stridents. Ce sont des comportements naturels qu’on ne peut inhiber et, si vous n’êtes pas disposé à les supporter, la situation pourrait devenir invivable tant pour vous que pour l’oiseau.

Les grandes espèces de perruches et de perroquets ont un besoin d’espace de plusieurs dizaines de mètres carrés minimum continuellement, au vu de leur taille. C’est pourquoi leur détention n’est pas recommandée, ni en appartement, ni en maison, s’il ne leur est pas possible de pouvoir voler avec un congénère librement dans une pièce spacieuse ou en volière extérieure.

Conure à joues vertes qui crie.

Pensez également à certaines grosses espèces ayant besoin d’énormément d’espace et de matériaux à détruire, comme les Aras. Elles pourront devenir destructrices (pensez à votre mobilier) si vous ne répondez pas à leurs besoins par un approvisionnement conséquent en matériel à détruire. Il faut considérer les coûts d’acquisition de l’espèce, de la cage, du matériel nécessaire, des jouets, des accessoires et des soins. Tout cela peut aller de 500 euros au départ, pour les petites espèces, jusqu’à plus de 3 000 euros pour les grandes espèces. De plus, il faut savoir que certains individus solliciteront votre attention constamment. Cela vous demandera beaucoup de disponibilité et de temps à leur consacrer. Certains oiseaux élevés à la main deviennent complètement dépen-

dants de la présence humaine et de ses attentions. Ainsi, il sera plus facile et raisonnable de se tourner vers les espèces les plus adaptées à la captivité : les Perruches ondulées, les Perruches Catherine, les Perruches Célestes, les Inséparables, les Kakarikis, les Perruches omnicolores, les Perruches de Bourke, les Conures et les Calopsittes élégantes. Puis, il y a l’espérance de vie qui est à considérer, certaines espèces vivent 10 à 30 ans (Perruches ondulées, Conures), mais d’autres peuvent vivre 60 à 80 ans (Gris du Gabon, Cacatoès et Aras). Il faut donc envisager une personne à qui pouvoir confier vos oiseaux en cas de graves problèmes de santé ou de décès, et cela, notifié sur votre testament. Gris du Gabon (Psittacus erithacus)

à savoir Les oiseaux étant grégaires, il est indispensable d’avoir au minimum deux oiseaux, idéalement de la même espèce. Il ne faut jamais détenir un oiseau seul.

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P r é p a r e r l ’a r r i v é e d e l ’o i s e a u

La cohabitation En outre, un oiseau implique un nettoyage quotidien de la cage et des éléments composant son cadre de vie. Il faudra balayer les plumes et poussières de plumes, ainsi que les morceaux désagrégés de jouets et de matériaux. Il y aura régulièrement des fientes sur les aires de jeux et dans la cage. Il faudra chaque semaine nettoyer tout l’équipement, les accessoires et les jouets. Considérez également les risques d’allergies des personnes présentes au sein du foyer. Les asthmatiques seront particulièrement sensibles car les oiseaux dégagent

une poussière de plumes allergisante et sont porteurs d’acariens de literie. Enfin, vous devrez renoncer aux départs de dernière minute et aux voyages non anticipés. Chaque départ devra être réfléchi et préparé car il faudra soit emmener votre oiseau avec vous et donc avec l’équipement nécessaire, soit faire appel à quelqu’un qui gardera votre oiseau durant vos absences. Tout le monde n’est pas habilité à prendre soin d’un oiseau et il est parfois difficile de trouver une personne qui consentira à le faire.

Préparer l’environnement Il faut d’abord vous préparer à recevoir ces oiseaux, c’est-à-dire que tout doit être prêt à l’arrivée de l’oiseau. Le budget devra déjà être réfléchi, autant pour les installations, l’alimentation que pour les soins. L’acquisition représente des coûts, dans un premier temps, assez conséquents et encore plus à long terme. L’environnement devra déjà être adapté et complet lors de l’arrivée de l’oiseau, afin de faciliter son acclimatation, son intégration et cela permet d’éviter de stresser inutilement l’oiseau.

prenez le temps de préparer l’environnement de vos oiseaux avant leur arrivée, afin de pouvoir les accueillir adéquatement. 12

Vos oiseaux (surtout les petites et moyennes espèces) ne doivent pas pouvoir rentrer en contact avec vos chiens, chats et autres prédateurs potentiels.

La cohabitation sera possible ou pas selon les espèces et les conditions qui sont offertes aux oiseaux. Ainsi, une Perruche Catherine et une Perruche ondulée vivront en parfaite harmonie si elles sont seules de leur groupe dans une maison ; c’est la réalité vécue par les oiseaux qui prévaudra sur ce qu’on peut observer en nature, alors que les grands groupes d’oiseaux comme les Perruches ondulées se suffisent à eux-mêmes. En captivité, c’est plus la façon dont l’oiseau a été élevé, avec qui il a évolué depuis sa naissance, l’âge auquel il est mis en présence d’autres oiseaux, et ses conditions de détention dans la maison qui feront qu’il peut ou pas cohabiter en belle harmonie avec d’autres espèces d’oiseaux.

Toute cohabitation d’un oiseau et d’un mammifère tel qu’un chien, un chat, un furet ou un rat, est dangereuse. Il y a une relation de prédateur-proie dans cette cohabitation qui sera un danger imminent et mortel pour l’oiseau. Il faut à tout prix éviter des échanges possibles, les oiseaux devant vivre dans une autre pièce que le mammifère, pièce sécurisée qui se ferme à clé. Avoir la cage dans la pièce où vit le chat, le chien est un risque réel car, d’un coup de patte, ils peuvent faire tomber la cage et même, sans l’ouvrir, pourraient tuer les oiseaux à coups de griffes et d’angoisse. De telles cohabitations sont rarement possibles et il faudra considérer leur caractère improbable.

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La quarantaine La quarantaine est une période de 40 jours durant laquelle votre nouvel oiseau sera mis à l’écart de tout autre congénère, dans une pièce à part et fermée. Le but n’étant pas de l’isoler de la compagnie humaine, mais de l’isoler de tout autre oiseau, auquel il pourrait potentiellement transmettre une pathologie. Un oiseau vif et visiblement sain peut tout de même être porteur d’une maladie pouvant se déclarer plusieurs jours ou plusieurs semaines après son arrivée, en fonction de la période d’incubation des pathologies. Il serait dangereux et coûteux si le nouvel arrivant contaminait vos autres oiseaux. Qui plus est, certaines maladies sont extrêmement graves et incurables. Les deux premières semaines sont très importantes pour les oiseaux isolés, pour

Perruche ondulée (Melopsittacus undulatus)

déceler une maladie latente, une infection quelle qu’elle soit : parasitaire, bactérienne, virale ou fongique. N’oubliez pas de soigneusement vous laver les mains entre chaque passage d’une pièce à l’autre et d’un oiseau à l’autre.

L’acclimatation et l’intégration Il est important de respecter ces deux premières semaines de quarantaine car nos oiseaux mettent plusieurs jours pour s’habituer à leur nouvel environnement, tant à la cage et ses accessoires, qu’à la pièce environnante. Ils vont analyser les distances, les objets et cela va forger leur sentiment de sécurité et de bien-être. Cela permet par la suite une intégration réussie, entre vos différents oiseaux. Puis, les 15 jours suivants devront se dérouler en toute tranquillité, afin de lui permettre de

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s’accoutumer à votre présence, votre façon de vous déplacer, de vivre puis au mode de vie et au caractère des oiseaux présents. Il va pouvoir se faire sa place au sein de ce groupe social sans stresser. Selon les espèces et leurs expériences passées, cela peut prendre plusieurs jours à plusieurs semaines avant qu’ils ne soient à l’aise en présence des humains de la famille et des autres oiseaux, surtout chez les grandes espèces. Vous devrez prendre soin, dans les premiers temps, de ne pas

lors de la période d’acclimatation, vous pouvez rapprocher les cages quelques jours avant les premières sorties collectives.

avoir de gestes brusques quand vous serez dans leur environnement, pour changer l’eau et remplir la gamelle d’aliments, par exemple. Selon les individus, ils ont besoin d’un certain temps pour prendre pleinement confiance en vous et vos actions. Il est important d’être patient durant cette période d’adaptation qui va permettre à vos oiseaux de trouver une place au sein du nouveau foyer et de s’y sentir en confiance et épanouis. Une fois que votre oiseau semble accoutumé à son nouveau cadre de vie et qu’il n’a plus de réactions excessives de peur, vous allez pouvoir commencer l’intégration avec les autres oiseaux. Le mieux

étant de mettre les deux cages dans la même pièce, chacune à l’opposé. Cela va permettre à chacun de se rendre compte qu’un nouveau congénère est là. Ils vont échanger vocalement à travers les chants et les cris. Ils vont tous les deux émettre et recevoir des stimuli visuels et auditifs afin de prendre la mesure de la nouvelle situation. Selon l’évolution de la rencontre, vous pourrez rapprocher les cages et, chaque jour qui passe, un peu plus. Ensuite, vous pourrez faire des sorties alternées en veillant à ce qu’ils ne s’agressent pas à travers les barreaux puis, des sorties communes : pour com-

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P r é p a r e r l ’a r r i v é e d e l ’o i s e a u

Les différences selon les espèces mencer, une petite heure par jour. Il faut toujours considérer les réactions de vos oiseaux. Si celles-ci sont positives et progressives dans le temps, vous pourrez faire des sorties communes de plus en plus nombreuses et longues et pourrez finir par une journée complète s’ils s’acceptent. S’ils ne semblent pas réceptifs l’un l’autre, inutile de forcer, cela pourrait développer des comportements de territorialité ou d’agressivité. N’hésitez pas à revenir une étape en arrière et à y aller progressivement dans l’intégration afin de renforcer les acquis. Puis, après les sorties, chacun ira dormir dans sa cage. Parfois, d’eux-

intégration réussie  !

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mêmes, ils rentrent ensemble dans une même cage. Chez les petites espèces non imprégnées à l’homme qui apprécient dormir ensemble, l’autre cage pourra doucement disparaître. Chez d’autres espèces, surtout les perroquets élevés à la main, certains préfèrent garder chacun leur cage de repos, pour s’isoler ou se reposer. Parfois, pour un perroquet trop territorial, il est possible de modifier l’environnement : changer les jouets, les changer de place, changer les supports afin de faciliter l’intégration et de diminuer les comportements territoriaux. L’intégration dépendra des comportements et du caractère de vos oiseaux.

les oiseaux ont besoin de congénères.

Ce tableau réunit différents critères comparatifs de plusieurs espèces couramment rencontrées en captivité. Il faut savoir que l’espérance de vie dépend de la qualité de vie de l’oiseau : l’alimentation, la possibilité d’une activité sportive quotidienne grâce au vol et à des soins appropriés. Évidemment, la taille et le poids vont dépendre de l’espèce c’est pourquoi, par

exemple, chez les différentes espèces de aras il existe de si grandes disparités. En outre, le coût est apprécié pour un oiseau élevé par les parents, vendu par un éleveur. Enfin, le besoin minimal d’espace représente l’espace minimal de vie requis en cage ou volière, sans compter les sorties quotidiennes pour les oiseaux vivant en intérieur.

espérance de vie (années)

taille et poids

coût (€)

nuisance sonore

aptitude à la parole

besoin d’espace minimal (m3)

Perruche ondulée

8 à 12

18 à 24 cm
 30-45 g

5 à 25

faible

moyenne

2 par couple

Calopsitte élégante

18 à 25

32 à 35 cm 80 à 100 g

25 à 150

moyenne

moyenne

4 par couple

Touï Catherine

7 à 10

15 à 16 cm 50 à 60 g

30 à 100

faible

faible

2 par couple

Touï Céleste

10 à 15

12 à 15 cm 28 à 32 g

25 à 100

faible

faible

2 par couple

Inséparable

10 à 20

14 à 17 cm 30 à 60 g

25 à 
100

moyenne à élevée

faible

2 par couple

Pyrrhura

20 à 30

22 à 26 cm 50 à 80 g

50 à 300

moyenne

moyenne

3 par couple

Aratinga

20 à 30

25 à 38 cm
70 à 130 g

100 à 300

élevée

moyenne

6 par couple

Poicephalus

20 à 30

20 à 34 cm
120 à 400 g

150 à 2000

moyenne à élevée

moyenne

5 par couple

éclectus

30 à 50

34 à 38 cm 350 à 500 g

600 à 800

moyenne à élevée

moyenne

8 par couple

Amazone

30 à 70

25 à 48 cm 200 à 600 g

400 à 1 200

élevée

élevée

10 par individu

Gris du Gabon

50 à 80

33 à 35 cm 450 à 650 g

600 à 850

élevée

élevée

2 par individu

Cacatoès

60 à 80

31 à 67 cm 300 à 800 g

600 à 3 000

très élevée

faible

12 par couple

Ara

50 à 75

30 à 100 cm 150 à 1 500 g

500 à 4 000

très élevée

faible

20 par couple

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L’enrichissement de l’environnement Les perruches et perroquets, qu’ils soient en captivité ou à l’état naturel, partagent les mêmes besoins et instincts. En captivité, ils demeurent des animaux toujours aussi instinctifs sur le plan génétique et sont, jusqu’à présent, non domestiqués, malgré ce que l’on pourrait supposer. C’est l’environnement qui sera différent pour eux et va les obliger à adapter leur comportement. Le milieu des oiseaux, à l’état sauvage, c’est l’environnement géographique, climatique, biologique et social qui les entoure et les influence. Le milieu des oiseaux vivant en captivité, ce sera vous : l’espace, ainsi que le cadre de vie que vous serez en mesure de leur offrir, auxquels ils s’acclimateront. Les deux qualificatifs essentiels d’un milieu adapté et adéquat sont : spacieux et enrichi. Cela passe, en plus de la cage ou volière de repos, par un grand espace de vie qui leur est propre, comme une aire de jeux. Le mieux reste, bien sûr, de les laisser vivre en liberté et de d’enrichir leur milieu en leur offrant la possibilité d’interagir, de rechercher et d’explorer. Calopsitte élégante (Nymphicus hollandicus) u

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Extrait Le bien-être des perruches et des perroquets - Éditions Ulmer  
Extrait Le bien-être des perruches et des perroquets - Éditions Ulmer  

Les perruches et perroquets sont des oiseaux sensibles et intelligents. L'époque où les conseils donnés au futur propriétaire se limitaient...