Page 1

20 Petromyzontiformes

Lamproie de Planer

Petromyzontidés 21

Lamproie arctique

Longueur 8-16(18) cm ; corps anguilliforme ; peau nue et visqueuse ; ­bouche-ventouse sans mâchoires ; nageoires dépourvues de rayons.

Longueur 13-54(63) cm ; corps anguilliforme ; peau nue et visqueuse ; ­bouche-ventouse sans mâchoires ; nageoires dépourvues de rayons.

Disque buccal avec seulement 1  rangée interne de dents marginales ; dents faibles et émoussées  ; lame supérieure avec 2 dents, inférieure avec 7-9 dents. Mode de vie : espèce rhéophile des ruisseaux et petites rivières propres ; filtreuse ; lithophile, ponte de mars-juil. dans une eau à 7,5-15 °C ; 500-2000 œufs par ♀ ; âge max. 6 ans. Distribution : Eur. de l’O. et Eur. moy., en particulier dans les affluents des mers Baltique et du Nord. Situation actuelle : effectifs en réduction par suite de la pollution de l’eau et des aménagements de cours d’eau avec mise sous tuyaux même des plus petits ruisseaux. LR§ À savoir ! Après que les ammocètes se sont nourries pendant 3-5 ans de matières organiques filtrées dans le sable et la vase, elles se métamorphosent en lamproies adultes à la fin de l’été. Au printemps suivant, les L. de Planer, fixées aux pierres et se contorsionnant vivement, fraient en petites troupes sur les bancs de gravier des courants vifs peu profonds. À l’aide de sa bouche-ventouse, la ♀ creuse une cuvette peu profonde dans le gravier. Souvent enlacée par plusieurs ♂, elle libère ensuite ses œufs d’env. 1 mm dans la cuvette. Les géniteurs meurent après la ponte et les ammocètes, longues de 5-6  mm, éclosent après 2-4 semaines.

Disque buccal avec 1 rangée interne de dents, dentition aiguë, lame supérieure avec 2 dents espacées, lame inférieure avec 6-8 dents en partie bicuspides (à 2 pointes). Mode de vie : espèce anadrome, avec cependant une forme d’eau douce sédentaire  ; filtreuse et parasite ; lithophile, ponte d’avriljuil. ; 25 000-117 000 œufs bleuâtre foncé par ♀ ; âge max. 7 ans. Distribution : Eur., région de la mer Blanche et mer de Barents, Asie, Amérique du N. Situation actuelle : l’espèce est menacée par la pollution des eaux, même arctiques ; les ammocètes sont récoltées en grand nombre par les pêcheurs comme appâts naturels de premier choix. À savoir ! En automne, la L. arctique parcourt jusqu’à 600 km pour remonter les rivières. Dans une cuvette qu’elle a elle-même creusée, une ♀ fraie successivement avec plusieurs ♂. Les œufs ovales, d’une taille d’env. 1 mm, restent collés au fond de la cuvette. Avant de mourir, les individus des deux sexes surveillent la ponte durant un certain temps et en éloignent leurs congénères. Les ammocètes vivent env. 4 ans dans le sable et la vase des cours d’eau, où elles filtrent des matières organiques. Lorsqu’elles ont atteint une taille de 10-21 cm, elles se transforment en lamproies et migrent vers la mer pour une période de 1-3 ans. Elles s’y nourrissent en suçant le sang d’autres poissons.

Lamproie de Planer

Lethenteron camtschaticum

Lamproie arctique

Lampetra planeri


22 Acipenseriformes

Esturgeon européen Acipenser sturio

Acipenser naccarii

Longueur 1-1,5(2) m ; bouche fortement infère, 1 rangée de 4 barbillons ronds atteignant presque la lèvre supérieure, barbillons externes un peu plus longs que les internes, lèvre inférieure fendue ; 30-35 Br. 5 rangées de plaques osseuses : POd 10-14, POl 32-42, POv 8-11 ; formule des nageoires : D 36-48, A 24-31, C hétérocerque. Mode de vie : espèce anadrome ; non carnassière ; migration de frai dans les premiers mois de l’année, lithophile, ponte de févr.-mars. Distribution : mer Adriatique  ; pour se reproduire, l’espèce remonte 8  grands affluents de l’Adriatique, notamment le Pô, l’Adige et le Tagliamento. Situation actuelle : espèce présente dans le Pô près de l’embouchure ainsi qu’en amont du barrage proche de Caorso. § À savoir ! En mer, l’E. de l’Adriatique préfère les profondeurs de 10-40  m proches des côtes pour rechercher sa nourriture sur les fonds sablonneux ou vaseux. Comme tous les esturgeons, il se sert de son museau protractile pour aspirer invertébrés et petits poissons. Au xixe siècle, l’espèce remontait encore son principal fleuve de reproduction, le Pô, jusqu’à Turin. Entre-temps, la construction de barrages a entravé la migration vers les frayères du cours moyen du fleuve. Les frayères connues encore existantes pourraient cependant être rendues à nouveau accessibles par la construction de passes à poissons adaptées. Le Pô a été empoissonné avec des E. de l’A. d’élevage.

Esturgeon européen

5 rangées de plaques osseuses : POd 9-16, POl 24-40, POv 8-14 ; formule des nageoires : D 30-50, P 36-45, V 26-34, A 22-33, C hétérocerque. Mode de vie : espèce anadrome ; non carnassière ; lithophile, ponte de juin-août dans une eau de 7,7-22 °C 0,2-5,7 mio d’œufs noirâtres par ♀ ; ♂ sexuellement matures à 7-15 ans, ♀ à 8-20 ans, à partir d’une taille de 0,9-1,8 m ; âge max. 60 ans. Distribution : Eur. ; env. 100 grands fleuves de reproduction ; 14 400-16 000 poissons étaient encore capturés par an vers l’année 1900. Situation actuelle : l’espèce n’apparaît plus que dans le bassin de la Gironde ; captures en 1947 4000, 1963 195, 1980 12 individus, pêche interdite depuis. LR§ À savoir ! Les frayères de l’E. européen se trouvent dans les grands courants sur fonds rocheux ou pierreux, que ce soit dans les forts courants des marées où jusqu’à plus de 800 km en amont. Les œufs collants, de 2-3  mm de diamètre, donnent naissance à des larves de 1 cm après 3-6 jours. Les jeunes esturgeons quittent l’eau douce après 1-3 ans, à une taille de 20-60 cm. Le fort recul de cette précieuse source de caviar était dans un premier temps dû à la surpêche. Par la suite, l’espèce a perdu ses fleuves reproducteurs en raison de la pollution, des barrages et des aménagements. Des essais de réintroduction ont récemment eu lieu dans le bassin de l’Elbe et, avec A. oxyrinchus, dans celui de l’Oder.

Esturgeon de l’Adriatique Esturgeon de l’Adriatique

Longueur 1,2-3(6) m ; bouche infère ; 1 rangée de 4 barbillons ronds de même longueur, n’atteignant pas la lèvre supérieure, lèvre inférieure nettement fendue ; 15-29 Br.

Acipenseridés 23


30  Anguilliformes et clupeiformes

Anguille d’Europe

Grande alose

Longueur : ♂ jusqu’à 51 cm, ♀ jusqu’à 150 cm ; corps serpentiforme ; minuscules écailles cycloïdes ; nageoires D et A formant une bande continue avec la C.

Longueur 30-70(83) cm ; corps moyennement allongé, comprimé latéralement ; 70-86 écailles cycloïdes de taille moyenne sur une rangée longitudinale, pas de ligne latérale. 90-155  Br. très fines et serrées  ; ­ vomer dépourvu de dents ; formule des nageoires D 18-22, P 14-17, V 8-9, A 21-27, C 19. Mode de vie : espèce anadrome ; non carnassière ; pélagophile, ponte de mai-juin dans une eau de 15-25 °C ; 80 000-650 000 œufs transparents par ♀ ; maturité sexuelle à 3-4 ans et à partir d’une taille de 30-40 cm ; âge max. 9 ans. Distribution : Atlantique du N.-E. et Méditerranée du N.-O., remontant souvent les grands fleuves sur de grandes distances, p. ex. l’Elbe jusqu’en Bohême, le Rhin jusqu’à Bâle, la Dordogne jusqu’à Bergerac et le Rhône jusqu’à Dijon. Situation actuelle : encore économiquement importante au début du xxe siècle, la G. alose s’est éteinte dans les eaux septentrionales, est devenue rare dans celles britanniques et sans importance économique en Eur. du S. Dans le Rhin, où l’espèce n’a été trouvée récemment que de façon très isolée, on a introduit 5 mio de larves entre 2008 et 2010 afin de relever les populations. LR§ À savoir ! La migration de reproduction mène la G. alose jusqu’à 700 km en amont. Les frayères se trouvent dans le courant principal des grandes rivières, sur un fond de gravier balayé par un courant rapide. Les œufs, non collants, roulent sur le fond et se logent dans les interstices du substrat. Les larves, d’une longueur de 7-12 mm, éclosent après 4-5 jours. Les jeunes aloses atteignent les estuaires d’août-oct.

Anguille d’Europe

Alosa alosa

Grande alose

Anguilla anguilla

Formule des nageoires D 245-280, P 15-20, V absentes, A 191-235. Mode de vie : espèce catadrome ; carnassière ; vit 4-10 ans comme « anguille jaune » dans les eaux côtières, les rivières et les lacs pour se nourrir ; migration de dévalaison sous forme d’«  anguille argentée  » en août-nov. pour atteindre en mars la zone de ponte (mer des Sargasses) distante de 6000-7000 km ; pélagophile ; 1-4 mio d’œufs par ♀ ; âge max. ♂ 9 ans, ♀ 12 ans, 55 ans en captivité. Distribution : eaux côtières et intérieures de l’Atlantique du N.-E., de la mer du Nord et de la Baltique ainsi que de la Méditerranée. Situation actuelle : remontée des civelles en nette diminution ; remontée et dévalaisont fortement perturbées par les barrages et les centrales hydroélectriques ; les turbines déchiquettent les anguilles qui dévalent ; les rempoissonnements à partir d’individus sauvages influencent les populations de diverses manières. LR À savoir ! Les œufs pondus à 100-150  m de profondeur donnent naissance à des larves de 5-6 mm de long après 2 jours. Ces « leptocéphales » sont emportées passivement vers l’Eur. avec la dérive nord-atlantique. En atteignant le talus continental, elles se transforment en « civelles » et gagnent les zones nourricières. Toutes les anguilles meurent après le frai. Poisson d’aquaculture, dont la reproduction en captivité n’est cependant pas encore possible. Un plan de gestion de l’anguille est prévu à l’échelle européenne pour en relever les populations.

Anguillidés et clupeidés  31


32 Clupeiformes

Alose feinte

Clupeidés 33

Alose d’Azov

Longueur 30-40(55) cm ; corps moyennement allongé, comprimé latéralement ; 55-65 grandes écailles cycloïdes sur une rangée longitudinale, pas de ligne latérale.

Longueur 18-22(32) cm ; corps haut, fortement comprimé au ventre ; 49-51 grandes écailles cycloïdes sur une rangée longitudinale, pas de ligne latérale.

35-60 Br. grossières et peu serrées ; vomer dépourvu de dents ; formule des nageoires D 15-22, P 15-17, V 8-9, A 17-27, C 19. Mode de vie : espèce anadrome ; non carnassière ; pélagophile, ponte d’avril-juil. dans une eau de 13-22 °C ; 50 000-200 000 œufs par ♀ ; ♂ sexuellement matures à 2-5 ans, ♀ à 3-6 ans, à partir d’une taille de 27-40 cm ; longévité atteignant 10 ans ou plus. Distribution : N.-E. de l’Atlantique et S.-O. de la Baltique. Espèces semblables anadromes en Méditerranée (Alosa algeriensis) ainsi que sédentaires dans les lacs d’Irlande (A. killarnensis), d’Italie et de Suisse (A. agone), de Grèce et de Macédoine (A. macedonica), de Grèce (A. vistonica). Situation actuelle : espèce disparue ou en recul dans certaines rivières en raison de la pollution de l’eau ; stable depuis de nombreuses années dans d’autres, p. ex. Elbe, Severn, Loire, Garonne, Dordogne, Adour, Minho, Lima, Douro, Tejo, Sado et Guadiana. Les peuplements pourraient être affaiblis par l’augmentation des prélèvements d’eau de refroidissement des centrales. LR§ À savoir ! En mer, l’A. feinte vit en eau libre, à 200-300 m de profondeur. Pour se reproduire, elle gagne les secteurs inférieurs des eaux douces, sans beaucoup dépasser la limite de la marée. Le frai se déroule bruyamment à la surface de l’eau.

68-149  Br. fines et faibles  ; vomer denté  ; formule des nageoires D 17-19, P 14-17, V 8-9, A 18-23, C 19. Mode de vie : espèce anadrome ; non carnassière ; pélagophile, ponte d’avril-juin dans une eau de 8-24 °C ; 12 000-41 000 œufs par ♀ ; maturité sexuelle à 2-3 ans ; âge max. 7 ans. Distribution : mer Caspienne, Volga, Oural et Emba ainsi que mer Noire, delta du Danube, Dniestr, Boug et Dniepr. Situation actuelle : la construction de digues dans la Volga et l’abaissement du niveau des eaux ont entraîné des effondrements de populations auxquels l’espèce a réagi en choisissant de nouveaux lieux de reproduction. Les effectifs sont ainsi à nouveau en voie d’augmentation. En mer Noire, le rendement de la pêche de l’Alose d’Azov est en fort recul. § À savoir ! Cette espèce riche en graisses a une grande importance économique. En mer, les A. d’Azov fouillent de préférence l’eau libre à des profondeurs de 60-170 m à la recherche de zooplancton de grande taille. La pêche de cette espèce est particulièrement rentable lorsque, devenues sexuellement matures, les Aloses d’Azov se rassemblent à l’embouchure des grands fleuves. Le frai s’effectue à la surface de l’eau, tant dans l’eau saumâtre des estuaires qu’en eau douce dans le cours inférieur des fleuves, occasionnellement même beaucoup plus en amont.

Alose feinte

Alosa tanaica

Alose d’Azov

Alosa fallax


38 Salmoniformes

Truite de mer

Salmonidés 39

Truite de rivière

Longueur 40-80(105) cm ; corps allongé, avec un pédoncule caudal plus épais que chez le saumon ; bouche terminale, se déformant en bec chez le ♂ au moment du frai ; nageoire adipeuse.

Longueur 25-50(60) cm ; corps allongé ; bouche terminale, se déformant en bec chez le ♂ au moment du frai ; nageoire adipeuse.

Corps du vomer denté sur 1 rang, chevron avec 2-6  dents  ; 110-130  petites écailles cycloïdes le long de la ligne latérale ; formule des nageoires D 11-15, P 11-16, V 7-10, A 9-14, C 19. Mode de vie : espèce anadrome ; carnassière ; lithophile, ponte d’oct.-mars dans une eau de 4-8  °C  ; 1000-20  000  œufs orange jaunâtre par ♀ ; maturité sexuelle à 3-7 ans ; âge max. 20 ans. Distribution : Eur., depuis la région de la mer Blanche jusqu’au Portugal. Situation actuelle : populations stables ainsi que de nombreuses populations dépendant des repeuplements. LR À savoir ! Après un séjour de 0,5-5 ans en mer, les T. de mer remontent vers leurs frayères situées dans le cours supérieur à forte pente des rivières. Dans un fond de graviers grossiers parcouru par un courant rapide et peu profond, la ♀ creuse une cuvette et y enfouit ses œufs. Dans les régions où la déforestation a entraîné une forte érosion, les sables fins obstruent les interstices du gravier, réduisant ainsi l’oxygénation des œufs. L’aménagement et la pollution des eaux font le reste de sorte que de nombreuses populations ne parviennent à être maintenues qu’au moyen de rempoissonnements annuels. Des peuplements naturels de T. de mer caractérisent une excellente qualité des ruisseaux ainsi qu’un libre passage jusque dans la zone à truite.

Corps du vomer généralement denté sur 2 rangs, chevron avec 2-6 dents ; 110-130 petites écailles cycloïdes le long de la ligne latérale ; formule des nageoires D 11-15, P 11-16, V 7-10, A 9-14, C 19. Mode de vie : habitante rhéophile des rivières propres (zone à truite) ; carnassière ; lithophile, ponte d’oct.-mars dans une eau de 4-8 °C ; 500-3500 œufs par ♀  ; maturité sexuelle à 2-3 ans et à partir d’une taille de 18-25 cm ; âge max. 20 ans. Distribution : indigène en Eur. et en Asie Mineure. Situation actuelle : populations stables par régions, menacées ailleurs par la pollution de l’eau et, en particulier, par l’aménagement des eaux avec mise sous tuyaux des plus petits ruisseaux ; effectifs souvent maintenus par des repeuplements. LR À savoir ! Les frayères des T. de rivière se trouvent dans le cours supérieur des rivières à 20-2500  m d’altitude. Dans un fond de graviers grossiers parcouru par un courant rapide et peu profond, la ♀ creuse une cuvette et y enfouit ses œufs. Les œufs, d’une taille de 3,8-5,5  mm donnent naissance après 70-120 jours à des larves de 1,2-2  cm de longueur. Celles-ci demeurent env. 20 jours dans les espaces interstitiels du gravier. En dehors de la période de reproduction, on trouve également la T. de rivière plus en aval, mais uniquement dans les secteurs diversifiés offrant suffisamment de caches.

Truite de mer

Salmo trutta f. fario

Truite de rivière

Salmo trutta f. trutta

Extrait Poisson d'eau douce - Éditions Ulmer  

Ce guide permet d'identifier la totalité des poissons présents dans toutes les eaux douces d'Europe, de la mer Caspienne à l'océan Atlantiqu...