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Les étrangers sont partout ou l'écrivain faisant de la lèche à la langue est lui même étranger à sa fiction — n'est ni franqué ni troncho ni frizailleur ni mortroll ni neutrino ni lepteuton ni mumuzelemans et pas même mortrait — d'attente sur la frontière, dites leur de ne pas faire comme nous et d'inventer — les tronchodes sont bonnes — ouais j'y ai goûté — c'est comme ça, c'est écrit dans le dictionnaire — c'est bien fait pour les malins — lex est quod notamus — cotiseur ergo loquatur — Berthe Damneke qui colporte ça dans — c'est de la merde — des futureureux — pour Losting jéné réchion — possédé par la glandegidouille — with his worn out shoes? — hier matin à Lascow — débile — débile — dé — la Géniale Dysenterie — Les garces à la bourre brandissent mon livre — le sentiment cosmicon — il avait fait rater l'époque Jocelyn De Brains sur Gée De Trente Bornes du Mans Gasnier avec Jojo et les Mongoles-Floes, Le Rapporteur pour les Éditions Réinsérer, Vol Lapery, Max Bellastung, Monsieur Tambourin, les naturalistes, les côtiseurs, le camion EDF, la jeunesse, Caliban, Rotar Zairo, Alexandre le Grand Retard, Madame de Sablé, Quick et Flupke, Cézannion, les Gundams, les Diogenes , l'université de Beurk Laid et Jerry Bonkassa

ÉDITIONS RÉINSÉRER


À Simone-André Thibault1 Le Mans ilébo croisée pendant l'écriture Le Mans en folie, cette lecture m'amusa dure 1 Salut Simone-André, que j'aurais aimé te rencontrer !

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Les franqués, les tronchos, les frizailleurs, les mortrolls, les neutrinos et les mortraits et les autres ou Une histoire cosmétique à travers une étude micro-trottoir rapportée par Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer Ils n'ont pas de visage — juste des goules et des tronches — des faces de c'est-tout-juste — des repris aux sales accoutrâs-traces-de-caca (salutations) – Bonjour ! – 'alut – Yogro wesh – Malékum salut – Oi ! Oi ! Ma langue d'oïl — mon parler sapience – Et moi j'ai pas de bisous avec la langue ? Des salamalecs ! – Ah tiens c'est toi ! — Priviet poulette – Oh kaïdi naçaille keskidi ? Kesksé ce sexe ? Keskikuizine ? Kesksé cette histoire ? – Les pattes sont trop cuites — la passoire – C'est super bon — tu fais bien les pattes à la saumoire (les étrangers sont partout) – Bonjour — Que voulez vous ? – Je ne dors pas et je n'ai nul part où aller – Ah ! Eh bien entrez ! Bienvenue ! Bienvivant ! Bise bonne enfant ! – Merci — je vous dois cette générosité à vie – Allons, quel est votre nom ? – Tambourin2 — chanteur de bourrin tatrapra — SO WAT — BLAH BLAH BLAH Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Je n'ai pas eu le temps d'observer le paysage — il y a trop de personnages à écouter ici — casse-toi contemplation (ce qui ce dit dans la fiction) – Salut Keurthe Kobne fils de Berthe Damneke 3 — la Nirvaraille ? — Un homme a vendu le réel — que ferais-tu si tu l'avais en face de toi – Je rigolerais et je lui serrais la main — quel est son nom ? – Jocelyn De Brains sur Gée De Trente Bornes du Mans Gasnier — d'apparence de gueules, à la croix des découverts bancaires chargée d'une clef de balbuterre bien pâle et cantonnée de quatre pauvres types sans phynance; au chef d'azur chargé de trois fleurs de pisse d'or, l'écu bordé de nouilles

2 Voir p55 Monsieur Tambourin 3 Berthe Damneke est un personnage de la fiction La veuve Berthe Damneke de Florian Canovas, salut Florian mon ami comme aucun ami parmi les amis ne peut être autant ami !

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(en capitale) – Je suis fier d'être franqué – On s'en fout – Guouapeurs ! Ganailles ! Gasnouilles ! Ragouillards ! Ragouillards ! Tu malveines comme tu respires ! Paltard, connard de pâlot tu trichevotes comme tous les tronchos ! A côté de toi, tous les frizailleurs sont des gentillehomlettes, des saincrocs, des aimailles globuneux, des billes d'yeux ! Vous êtes tous comme ça, on vous reconnaît — quand vous vous baladez à Mont Martre ou sous la tour Eiffel, on vous reconnaît à tout ça — en grouzillons vous épertuez les trottoirs tout meutard que vous êtes (ailleurs mais pas loin) – Eh tiens regarde là-bas — c'est pas Rimallo 4 ? – Ah oui c'est lui — je suis sûr que c'est un troncho lui, il a une gueule de troncho – Ouais Rimallo c'est un patronyme de troncho, ça sonne troncho – Les tronchos c'est bien ceux qui te contrarient quand tu parles ? Si tu dis que tu es fan de Jacques Dutroncho ils te répondent : c'est de la merde — et si tu dis que tu es fan de Joe Brasséleseins, ils te répondent: c'est de la merde – Non non ! Ça c'est les mortrolls — pas les tronchos – Dans ce cas Rimallo c'est un mortroll — pas un troncho – D'accord (dans le peloton) – Vous avez lu l'étude qui vient d'être publiée par le scientifique troncho — Bertillon le Perfillon ? Celui dont on dit qu'il a mascarade la génétique ! – Ouais ça m'a étonné, pour un troncho c'est intelligent — épastrouillant !— il dit que tout est dans le sang et l'essence — il a bidouillé la culture dans la génétique — c'est pas mal – Oui pour une fois qu'on peut être d'accord avec ces filipoututes de tronchos — grâce à cette étude on va enfin prouver que le bandilyrismémotique vient des gènes et que les tronchos en sont remplis — que du verbêtre ! Que du verbêtre ! Que ça colalapo amis collabos ! Et cette thèse vient d'un troncho même ! L'histoire progresse enfin ! Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Je suis inquiet que les franqués et les tronchos se mettent d'accord avec cette thèse obscure mêlant nature et culture, il y a trois jours, il y a même eu un autodafé des livres de W.Dilthey, c'est vraiment inquiétant (sur le pont) – Eh dites je vous connais vous ! — d'Avignon ? — vous êtes d'Avignon ! — Les magiciens d'Avignon ! – Pas d'Avignon nous — pas nous prendre pour des concons ni ronchons car à babord on gueule on gueule mais à Avignon on gueule plus très fort — festoche fastoche pour bourgeois fastueux — tour de magie — HOP — Avignon disparaît de ce monde — trou à mignon — HOP — Avignon réapparaît et devient une marque de bière dans ce monde – Buvons une Avignon ensemble pour fêter ça — décontenançons cette bouteille — vidons là ! — et continuons de décontenancer le reste du monde ! 4 Voir p.29 Le véritable caractère de Rimallo ou ce qu'on en dit

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(dans la médiathèque) – J'ai vu ton nom sur le bandeau d'une revue : rocket-croquette – Oui mais je change de nom aujourd'hui — Je vais me marier avec quelques auteurs pour prendre leurs noms – Nom de nom ! — La frite-niche ! (à côté mais plus vers la gauche) – Les guinouillettes tronchodes sont bonnes — trempez là dans l'eau — filez lui une trempe — puis dans l'huile — ça fera une nauti cagote – Ouais j'y ai goûté — j'y ai caressé la piow, j'en ai rouché les os — une bouillie que j'ai bouillave dans les cuisines de gargotières – Vénillon va ! (dans le bar "le nez haut") Deux amis enseignants-chercheurs — l'un sourd, l'autre bègue — discutent de leur thèse commune intitulée signifiant, signifié et néologisme — autour d'eux — quelques nésrouges, nez-rouge et néo-lélu-logique franqués Le bègue dit à voix haute tout en reproduisant ce qu'il dit par langue des signes : – Je penpense queque les momots n'ont ppppppas d'essence donc queque leur sens ne dédédédépend que de la confianciaille — c'est à dire de la conconconfiance et des fifiançailles réthothoriques Le sourd de lui répondre avec une voix très articulée et forte : – JE SUIS — D'ACCORD AVEC TOI — PAR EXEMPLE — UNE GUINOUILLETE TRONCHODE — POUR TOI ET MOI C'EST UNE JEUNE FILLE TRONCHO ATTIRANTE ET ATTIRÉE — MAIS TU SAIS BIEN — QUE DANS LE MORTROU — C'EST UN PLAT TRADITIONNEL — DE LA RÉGION — DES GRENOUILLES DE BRISSET — DES NOUILLES ET DU GUI — TOUT ÇA CUIT — DANS LE TRONC D'UN ARBRE BRÛLANT – Ououi — jeje sais — nounous sommes d'accord — mais aloaloalors la cocoquille des momots ne sert à riririen — la typopo c'est chipo – SI C'EST TRÈS BIEN — C'EST LA DÉCORATION DU SENS ~ ~ ~ — BAROQUEROCK MON COCO — ET MAINTENANT QU'ON A CONTENTÉ LE SENS — ON PEUT DÉCORER COMME ON VEUT POUR DÉCONTENANCER ~ ~ ~ — LE NÉOLOGISME — C'EST DU TRIPOT DE LANGUE — A SOUMETTRE A LA CONFIANCIAILLE — UNE DANSE DE COMPLICES les nez-rouges franqués agacés à la table d'à côté : – T'entends ces mongoles à côté — ça parle fort les teubés — encore des nasiers tout fripés par l'alcool de fibre – Pa-pardon — il parle fort paparce qu'il est sousou... – Oui on a bien vu il est complètement sou, redcabane, bourracho mais il n'a pas besoin de nous agresser comme ça le mongolito – Non il est sousou... – On t'a dit qu'on a compris — pas besoin de répéter halzameur de merde – On va papartir car en d'autres lieux — nounous sommes toutoujours — entre le vavague et le fafamilier – Je comprends rien — oui cassez-vous les pouetcons et plouquons

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(ce qu'on ne dit pô) – Tu sais ce qu'on dit ? le paysan d’à côté, xaviche le chevreuil, il s'est pendouillon le couillon – Je sais — son ami qui était aussi paysan s'était grognalé la gorgette une semaine avant — car son gendre, aussi paysan, s'était fusillouille la cabinette-pensée il y a un an – Des producteurs de guinouillettes ! Ça me fais pas marrer — mais pourquoi qu'ils tombent tous comme des bouchettes ? – Parce qu'on en fait qu'une bouché !— Par ma gorge c'est des sandwichards ces mecs là — hop dans l'étau ! — Entre la pensée des villes-parisyphilis — ces écologoudillions qui biens-pensant veulent sauver la planète — planète qui n'a pas besoin d'eux — et que les bonnes poér de paysans font effort de nourrir — car il faut nourrir ce monde superflu de biens-pensant — Ça décore bien la télé un écologoudillon aspergé de bio-désespérant donc faut qu'il ait bonne mine — pas trop malade — sinon sa morale paraîtra bien bleute — faut nourrir tout le monde — et fermer sa gueule — C'pour ça qu'ils se pendouillent tous — pour pas qu'un mot sorte — car la corde retient toujours leur dernier souffle et donc leur dernière vérité : crevez-tous pour faire un joli fumier général sur la planète – Ah oui — Ils ont encore cet l'amour de la vie pour ne pas sortir cet ultime sentiment — C'est sympathique de leur part de nous épargner (dans le vilain restreint) – Un familimaillon c'est un palapala et une mamelon — tu sais, le père, la mère et le bébémonde — c'est la nature, c'est comme ça – Les tronchos c'est des filipoututes — c'est dans leurs gènes — cette sale race de bandilyrisme – Un neutrino c'est un petit gars qui ne s'est pas engagé dans la guerre du fermion – Ah bon ? T'es sûr là ? J'ai vu des neutrinos se battre moi ! – Non c'est comme ça, c'est écrit dans le dictionnaire : Un neutrino c'est un petit gars qui ne s'est pas engagé dans la guerre du fermion, c'est écrit là5 – Mais je te dis que ! – Non c'est comme ça – Mais enfin... – TU — FUFFT — TU — PFFT — CHTT —J't'ai dis ! — s'il n'était pas un neutrino il serait allé au combat – Comment le sais-tu ? – Un sou est un sou et je suis philosophe — ferme ta gueule onomatopédiquement ~ ~ Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – le verbêtre semble avoir été naturalisé dans la langue

5 Voir p.37 La guerre du fermion (la guerre d'indépendance)

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(sur la piste de danse) Ils dansaient tous le nasier rock — nasier — nasier nasier rock — nasier — tous ensemble — tout content — ça swinguait ~ ~ ~ — putain en s'en payait une bonne — et cette fille au milieu — pour tous — imprenable — impénétrable — pour tous — elle dansait mieux que personne — la poésie ouah — mais qu'est ce qu'on fout — on s'échappait — de l'espace commun — putain les cons — c'pas sérieux — ils ont pété la piste de danse — plus d'bal — alors on leur casse la gueule — mmeeeeeeuh — on prend l'estrade — puis la parole – Dansez troufions! – C'est quoi ces mecs? – C'est ces connards d'anar' — des nasiers — musclés à l'alcool de fibres 6 – Aller dansez — dansez — Les rigolos Nuit d'été — nuit d'été — il y fait chaud — nuit d'été — au kiosque ou Katiba — on y fanfaronne — en bande — nuit d'été — on brise des lampions, des loupiotes et surtout des petiotes — puis : Les garces à la bourre brandissent mon livre Cinquante charité7 brandissent mon livre Sex pistils8 brandissent mon livre Les mères de l'invention et le moustachu9 brandissent mon livre Indus Solaire 40 brandissent mon livre Mort en Juin10 brandissent mon livre Capitaine cœur de bœuf11 brandissent mon livre Pauvros et son hamster12 brandissent mon livre Télévision psychique13 brandissent mon livre Père Ubu14 brandissent mon livre Courant 9315 brandissent mon livre Satan et le grand Riton16 brandissent mon livre Sa copine Vallonia brandissent mon livre Jean-Luc l'Asticot17 brandissent mon livre Soleil Invaincu18 brandissent mon livre

6 Voir p20 (le parti réappropriationiste) 7 Fifty Charity, groupe marseillais, salut à Dave 8 Sex pistols 9 Zappa et les Mothers of invention 10 Death in June, groupe de neofolk 11 Captain Beefheart 12 Pauvros et son album Hamster Attack 13 Psychic TV 14 Père Ubu, groupe post punk 15 Current 93, groupe de neofolk 16 Satan groupe grind-core de Montpellier, avec Riton La Mort, salut à Léo 17 Jean Luc Le Tenia, ovni manceau 18 Sol invictus, groupe de neofolk

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(dans le cottage village des cotiseurs) – Tu as entendu parlé du cotiseur ergo loquatur — je cotise donc j'ai le droit de parler – Ah non pas du tout — moi je ne travaille pas et je parle — mais dis m'en plus – Quelqu'un me parle ? — ora et labora ! — mort aux oiseaux — mort aux oisifs ! — On va tous vous contributer, vous les assistés ! Délaissons les adlésés ! Ces acherges à piquer ! – Eh ! Oh ! Je suis là moi ! — Allo ! – quelqu'un me parle ? — Il a disparu – Mais non je suis là ! — Je suis là ! Eh dis je te parle ! Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Des personnes disparaissent chaque jour dans les villages. L'origine de cette disparition semble être une nouvelle maladie : le cotiseur ergo loquatur C'est la raison pour laquelle je vous fait part de ce rapport (dans une belle raffinerie) – On sais que tu fais de la récup — que tu trouves l'essence bidon — tu essaies de nous embourbobiné ! – Je fais de la récup pour ne pas délaisser les choses qui nous appartiennent collectivement — notre culture, c'est notre version — Je récupère les couleurs du drapeau pour en faire de plus jolies choses — je ne délaisserais pas les couleurs de mes voisins — comme à l'époque où les punkzouilles ont porté des croix-gamines — pour ne pas laisser le sens de la vie aux morbides, aux hommes à curriculum vitae, et autres cavaliers à faux – Ah d'accord — et pourquoi trouves-tu l'essence bidon ? – Chaque matin des écrivains se lèvent pour aller au boulomot — ils utilisent une grande quantité d'essence — leur carburant ce sont les mots qui — disent-ils — sont tels qu'ils sont au moment où ils les écrivent — les mots — disent-ils — ne les trahissent jamais — mais en bon dialecticien leurs belles amies sont souvent trahites ! – Bien sûr ! — ils sont écrivains de par nature et utilisent naturellement des mots qui portent un sens établit – Tu te trompes — à l'université de Beurk Laid — nous, les put'écrivassiers 19 — nous avons appris que les écrivains n'ont pas besoin d'essence — et sans essence — nous avons repris la marche à pied qui active les mots — la marche de la poésie si peu posée (dans l'échappée)

JE T'EMMERDE FILS DE PUTAIN DE NATURALISTE Couillard ! Couard ! Couturier sans bouche cousu — joueur télé de motus aux connaissances de questions pour champiotte — canaillon de la ligoudille — canigou des villes aux grands mots-cratie ! Connard de laquais ! Banane planté !

19 Le put'écrivassier est un terme emprunté à mon ami Beurk Laid

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(au centre aujourd'hui) – Tu as vu ce type qui s'est immolada devant le Pôle Emploi ? – Ouais — torcho et brûlo — c'était un mortrait qui avait un travail dans sa région le Mortrou — près de Brûlon – Chez moi toute la famille est au chômage en ce moment — à table on parle de permort tous les jours alors ça ne m'étonne pas ce qu'il s'est passé – Merde vous parlez de permort en famille ? Le serf chasse le serf — pauvre contre pauvre c'est la ligoudille20 de ce pays — abonnnés à l'abonminer-nation – Ouais — même si j'ai pas bien compris qui habitait dans ce pays si ce n'est mes voisins qui viennent bouzifailler du bigorneau de temps en temps avec moi à la maison (dans l’enveloppe du mort) Chère famille, chers voisins, Je vous aime, seulement je veux que le pourvoiment publicon sache que nous sommes tous en train de souffrir. Mes derniers mots seront : Nous devons urgemment redéfinir notre Humanilité, il y a danger (expérience du sphénoïde dans la forêt à la lisière de la savane) – Pouvons-nous commencer commandant ? – Oui captchez les maintenant, attrapez les tous — jusque dans les hautes herbes : gota catch zem hol – Gloiratte aux franqués ! – Oui gloiratte et-cetera – Nous venons de capturer tous les singermains à collier et les goricelyns à barbe – Alors rentrons pour finir cette mission « au pied du mur » – Gloiratte aux franqués mon commandant ! – Ouais si tu le dis Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – D'après les informations que le commandant franqué m'a donné, tous les primates, des lémuriens aux grands singes, ont été capturé dans le but de les mettre au « pied du mur », il s'agit de les regrouper à l'entrée d'une ville et de leur montrer l’étendue de cette ville, d'après certains chercheurs, leurs sphénoïdes vont se courber 21, à condition qu'ils soient tous réunis. cela amènera à la compréhension de ce qui différencie un troncho d'un franqué. (plus loin dans l'expérience) there was a guy an under water guy who controlled the sea got killed by ten million pounds of sludge from new york and new jersey this monkey's gone to heaven22 – Tu trouves pas qu'ils ressemblent à des singes avec leur barbe ? – Moi je te dis ça va finir comme dans le film — ils nous domineront tous – Ils sont pas assez évolués pour ça — t'en fait pas 20 Voir p 30 La Génialogie de la Ligoudille, Étude du mythe fondateur de Max Bellastung, mémoire-mémorable d'un étudiant en génialogie 21 Théorie de l'évolution de Anne Dambricourt Malassé et Marie-Joseph Deshayes 22 This monkey gones to heaven, Pixies

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On les enverra tous dans l'espace — Ça fera plus de place Du darwinisme social ! — Quel progrès ! Oui on avance Mais si jamais le progrès n'existait pas ? — On les aura sur le dos pour toujours ! — J'ai entendu dire qu'il y avait 20 000 ans d'écart entre Lascaux et Chauvet et que les dessins n'ont pas évolué – C'est un problème — Il faut effacer ces dessins sinon personne ne nous croira — Nous devons leur dire c'est pour le mieux et le meilleur dans l'avenir – Sinon on peut juste dire que ce sont des singes qui les ont peint ? – Très bien on fait comme ça — On les efface et on dit que c'était des singes – Et pour la preuve qu'on évolue ? – On dira qu'on est passé du punk à la new wave — C'est pas mieux ça la new wave ? – Ah si ! Parfait — On dira — La musique est meilleur à chaque décennie — preuve qu'on avance – Et les pauvres deviendront riches ! – Quel impact ! Quel slogan ! Tu es un génie ! Je savais qu'on pouvait compter sur toi le philosophe ! Avec ça on nous croira – On les enverra tous au paradis avec ça ! – Oui mais s'ils nous regardent de la haut — Dans la station capsula-5000 ils verront que les pauvres ne sont pas riches — Et ils reviendront sur terre – On leur enseignera que la pauvreté et la richesse sont des choses relatives — Un pauvre n'est pas vraiment pauvre et un riche pas si riche — Il faut inventer une philosophie à enseigner dans ce genre — Une idée le philosophe ? – Du vague — la philosophie New Wave ! On enseignera le vague avant de les envoyer — on leur enseignera comment faire des rapports vague sur ce qu'ils observent — on leur ôtera l'écriture — comme ça, ça ne leur viendra même pas à l'idée d'écrire sur la pauvreté et la richesse — ce seront des mots tabous « organisation politique » « riche » « pauvre » « narratif » — on leur donnera de l'art pour qu'ils considèrent ces mot comme terre à terre — Sujets bas – Un hublot vers le soleil comme ça ils ne regarderont pas vers nous ? – Oui ! C'est ça ! Un hublot vers le soleil ! Et avec un peu de chance ils se diront qu'avec le progrès la terre deviendra un soleil — c'est parfait — ils n'y verront que du feu ! – Pour commencer nous leur donneront un sujet tel que « Le singe iranien regarde l'Espagne de l'espace » Et ils ne devront parler ni d'espagnoles, ni de singes, ni d'iraniens. Ils devront contourner le sujet et parler du beau temps. S'ils évoquent ces trois choses nous inventerons une insulte du genre « c'est trop littérale ». Ceux qui réussiront à contourner le sujet auront le droit à un gentil « c'est de l'art, c'est bien » – Et avec ça vous êtes sur qu'ils ne verront plus les pauvres depuis l'espace ? – Ils les verront mais ils auront encore plus envie de parler du soleil – Très bien ! Le rapporteur pour les éditions Réinsérer dit ensuite : – Du nazillon pour la précipitation de l'espèce humaine à travers une évolution qui se veut historique. Je vous fait parvenir ce rapport dès à présent car moi-même je suis désigné pour être envoyé dans la station capsula-5000. Au revoir collègues rapporteurs ! Trouvez moi le dernier livre de Dilthey pour apaiser ce voyage. – – – –

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(sur le compteur) – Bonjour c'est le camion – Mais vous n'êtes pas humain ! Comment parlez vous ? – Bonjour je suis le camion de EDF — vous êtes bien le magicien ? – EDF ? – Électricité De Franqué — on est venu vous la « coupera-t-on » — camion — pouet pouet – Allons bon je ne suis pas franqué moi — pourquoi me la couper – C'est la ligoudille — camion — faut payer — faut payer — camion – C'est combien ? – 660 pitouilles – 660 pitouilles ! Vous me faites cracher du sang reniguebieu ! – Si vous ne payez pas — je vous roule dessus – Vous me menacez-badasse ! — très bien je vais faire un tour de magie — ne garez pas le camion – Je vous attends — pouet pouet Camion – Pince téton-teuton — HOP — je fais disparaître la confianciaille en la pitouille— HOP — plus personne n'y crois et l'économie du pays s’effondre — HOP — je fais disparaître le camion — HOP — je fous le feu au camion — HOP — je fais disparaître les traces — HOP — au procès tout le monde me croit — HOP — je suis innocenté — HOP — j'ai gagné — on ne me la coupera pas ! (dans la bibliothèque A-tentative) – Pourquoi cite-t-il tant — les Scythes23 ? – Il est amoureux — Il dit « seule la vie amoureuse restera » (dans le coin) – Je cherche un homme – J'ai vu un loup — homme qui bouffe tout dans le frigo la nuit — de canines bien visibles — riant avec les chats de Louis Wain24 le jour – Voilà donc l'homme idéal que je cherchais— le bouffe tout garou graou graou ~ (dans la bouche du géant de Derain25) – Il a cassé son dentier — le vieux loupiot — ce clochard envinâssé de géant – Je lui ai conseiller de le recoller car ces dents ça coûte tas de prognon et de truine — 1500 pitouilles le dentafion ! — La colle de Colmar que je lui ai conseillé – Il faut qu'il le répare vite — A chaque minute il menace d'aspirer de ses gencives l'air et le reste du monde qui va avec — comme on aspire les nouilles d'un bol de soupe — Il a déjà gingivite tout le pays — Ah quel dommage qu'il soit si pauvre ! — Avec une couverture santé le pays aurait été sauvé !

23 Leurs tatouages, leurs peintures!! 24 Artiste anglais 1860-1939 25 D'après une illustration de Derain du Pantagruel et le dentier de mon père

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(sur la place de « c'est chiant toutes ces histoires ») – Le roi mortroll — Jerry Bonkassa décide aujourd'hui de reconnaître parmi les métiers de la nation, les merdeurs mortrolls, les traînards frizailleurs, les branlecouilles tronchos, les put'écrivassiers de l'université de Beurk Laid et les chômeurs franqués — il déclara ce matin : « Cette fois-ci, pourtant, je viens en tant que Dionysos victorieux, qui va mettre le monde en vacances... Mais je n'ai pas beaucoup de temps » – Mais il n'a pas reconnu les glandes-gidouilles — race de tout — race de trou — rasetout — razzia de pain — buveurs d'Avignon — troués du bide — sucés par la gabelle — copains du peintre gabelou — la fiction leur appartient et les châteaux ne sont rien – Oui pas eux — il en faut bien – Je crois que c'est que de la langue — et qu'ils valent bien autant que les autres — Valeurs ! Valeurs ! Valeureux ! Valise ! Vas Lyséa26 ! – Non eux c'est vraiment pas pareil — éleveurs de caniches — mateurs de séries télé — dessinateurs de BD — habitants de Cardiff – Et alors ? – C'est pas pareil — fais pas ton sauce-bolo-bolosse avec tes mots — toi l'écrivain — tu vois bien que ce sont des bons à rien – Je crois qu'on est tous rien — on possède — on est possédé par la glande-gidouille — on ne naît pas glande-gidouille – Encore tes histoires de la secte de verbeuvoir — d'où viennent tous les rapporteurs étrangers alcolololol comme toi — moi percepteur te condamne – pfff ça me fatigue — trop dedans — emprise de — décalons nous — déculottons nous — décalottons nous — claquons une douille avec l'embouchure de la trompette — la chanson « pour que ce soit moins chiant » :

26 Ma nièce

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Je vis dans un espace contemporain Jojo et les Mongoles-Floes (trompette et guitare) Je vis dans un espace contemporain C'est bien fait pour les malins Je fais tomber mon dessin contemporain gre-gredin Je tombe comme un contemporain gre-gredin Je m'ennuie même avec une putain ce matin biboudin Je suis bien dans mon siège contemporain pinpinpin Tu ouins-ouins comme un contemporain moi ton assassin pue des pieds contemporains peins peins peins Pour les radins contemporains bon à rien gre-gredin bon à rien27

27 Ça me coûte un poumon de chanter ça

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(sur le terrain (<<) (I I) (ID) (>>)) – Prends ta caméra-apparente vite ! Filme ça ! – Si tu compares maintenant ce que tu viens de filmer à ce qui a été filmé il y a 15 000 ans, regarde bien — là ! — Pause ! – Ce sont exactement les mêmes personnes ! – Maintenant lecture — écoute bien – Ce ne sont pas du tout les mêmes histoires ! – Avance rapide — regarde et écoute – Les mêmes personnes mais avec encore une histoire différente – Tu comprends maintenant ? — on peut dire ce qu'on veut — nous sommes toujours les mêmes ! mais c'est à nous de raconter l'histoire qu'on souhaite raconter — Le temps n'existe que comme échappement de nos histoires — il n'était pas là avant – C'est contre la ligoudille — on dit qu'elle s'est construite naturellement et que nous existons par sa bonté – Oui nous venons de faire la plus belle découverte d’archéologie-pelliculé 28 — je m'en doutais un peu — n'avais-tu pas remarqué que le temps s'emballait au fur et à mesure de notre conscience du temps ? Avant cette conscience — il fallu 14 milliards d'année à la nature — comme si ce temps immense n'était l'échelle de rien du tout — puis les hominidés dont on dit que l'évolution fait des bonds de plus en plus rapprochés — mais ces bonds ne sont que la conscience du temps attachée à l'échelle de nos corps et non pas l'évolution ! Les cultures de quelques milliers d'années ? Des siècles ? Elles laissent place aux cultures de quelques décennies, 60's ! 70's ! 80's ! A ce moment nous rejoignons des cultures dont on pense qu'elles sont séparées de nous de plusieurs millénaires — nous allons chanter la réconciliation des bacchantes ~ ~ ~ — lien de tout homme de tout temps — grâce a cette découverte ! – C'est une belle histoire cosmétique ! (dans le village des « voisins » vigilants) vide. Personne ne se parle ni ne se saluent gaiement. Le néant Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Cessez d'exister les fils de putrie de la patrie qui patrouillent avec la trouille (dans Parisyphilis29) – Tu as vu cette peurformance de l'art — ibéhèm-mac-pécé transmedia — au centre culturel de Parisyphilis — Ils étaient à fond sur leurs boutons — à fond tout le monde comprenait de quoi il s'agissait — car il s'agit de ne pas passer pour un con si tu ne comprends pas — après il faisaient gicler leurs boutons d'acné — après tout le monde applaudit — après on fait une monographie — après ça fait un joli CV d'artiste — après on en remontre — encore et encore — show show – Je l'ignore – Sale hermétique — pébourg de province — tronchos de la civette — animal nocturne et taciturne — comment n'as-tu-pas vu ce qui se passe dans le centre — écarté du pâté — fromage de la marge — facho

– fabulostress — c'est fabuleux le jacobino

28 Nouvelle forme d'archéologie basée sur la visualisation des archives vidéo très pratiqué en cette an 15 090 après moi 29 On décide ici d’appeler éternellement la ville de Paris de cette manière

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(toujours là) – Pourquoi tu ne pars jamais d'ici ? – Pourquoi je partirais ? – Je sais pas pour aller en Italique, ou en Millélunui — tout le monde fait ça — on dit à la famille qu'on voyage — vie accomplie — indépendance — parents qui ont des choses intéressantes à raconter à leurs amis au sujet de leurs enfants — se la péter pour draguer depuis Bongkok, Bongong, Boubay, Vachiton, Berlo-Bléro-Berlon, Oulahilapator de Mongolio — faire de la coutumerie avec les pauvres du monde entier qui sont plus amusants que nos pauvres — Mechixo et ses sombres héros !— Aller se dépaypioter pour s'échapper — voyager quoi ! – Je n'ai pas besoin de ça — j'ai le sentiment cosmicon — en ce lieu : le monde entier et les temps mélangés — je pense à toi — les bacchantes ont chanté pour nous — elles ont chanté pour les indiens sans les connaître — elles ont chanté pour les extraterrestres — elles ont chanté pour les peintres de Chauvet — elles ont chanté pour l'inimaginable totalité en un point du monde à une époque — je chante pour elle aujourd'hui — je chante aux petiots des années 3000 et 4000 et 5000 — non je ne souhaite vraiment pas partir pour m'échapper de ce réel que je déploie en restant ici (les Diogenes) – Tu connais Diogenes ? – Ah — celui qui raconte des histoires — pour la mémoire des autres – Non pas celui là — lui c'est Laërce30 — mais l'autre — De Sinope – C'est vrai Diogenes raconte Diogenes — il en parle comme ça: Have you seen the old man — In the closed-down market — Kicking up the paper,— with his worn out shoes? — In his eyes you see no pride — Hand held loosely at his side — Yesterday's paper telling yesterday's news31 – Oui c'est bien de cette manière dont parlait Diogenes de Diogenes — j'ai envie de les entonner Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Partout on raconte des histoires sur les autres — ce qu'on en devient (la pierre aux rigolards) – Mais pourquoi tu viens de jeter cette pierre sur ces deux garçons qui ne font que passer ?! – Ces deux là qui époustoient leurs rires ? — ce sont des bicots 24-pigeards qui restent chez les parlatents à trime-trime et qui ont étudié 20 ans dans l'université de Beurk Laid sans bolomot au bout — Des merdeurs mortrolls ! Le 11 septante c'est eux aussi ! — Pas obligés de nous jeter leur joie à la figure ! – Mais enfin tu les as vu rigolomonder ! C'est jolie la vie — ne ressentimente pas comme ça — la palette de leur rire est si riche que la moindre pitouille de ton compte ne suffira pas à les acheter ! Ton caillou là ? — ce n'est que vampiripoter — c'est du sang — c'est sang — c'est dévitalo et déviant ! – Du sang ! Tu crois ? — Bon j'arrête les conneries — excusez moi les deux gay-lurons

30 Diogènes de Sinope, 25 siècles avant moi et Diogenes de Laërce, 18 siècle avant moi 31 Streets of London, ANTI NOWHERE LEAGUE, SO WHAT BLAH BLAH BLAH !

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(en juin et juillet) – Tu fais chier Juni et Juli – Mais je les aime — Juni ou la mort en juin suivit de Juli avec qui je jouais à touche pipi — Juni et Juli, jolies guinouillettes tronchodes à la joviacité de pouffiasse, pimbêches chantent comme gai pinson Un jour de printemps elles laissèrent un mot sur post-it dans l'histoire — "Ne nous cherche pas nous sommes parties mais nous revenons à toute Bisous" — Jamais ne sont revenues – Elles sont allées voir Harry is so fucking owned (connu à une époque pour être Aristophane32) – Jamais ne sont revenues Laissant seul l'écrivain étranger à sa fiction faisant de la lèche à la langue ne pouvant plus lécher la brouillette — les deux minettes Juni et Juli commençaient à installer une ambiance nostalgique et solitaire autour de l'écrivain étranger à sa fiction faisant de la lèche aux crapules de crapeaux – Jamais ne sont revenues – Criaient toutes nues comme des putes et des plaies — t'étonne pas de leur caractère de teuton — qu'elles aient des tétons — t'étonne pas si ça détonne en bas de chez toi — t'étonne pas si Enedeka Maska33 passe chez toi — t'étonne pas si Intrum Justitia34 passe chez toi et saisit tes livres Alors il part à Marseille ville réelle prenant la première porte au niveau de la pierre du sacrifice en la Charnie pour sortir par le vortex des réformés – Peut-être n'est jamais arrivé dans le réel – Peut-être y est resté coincé comme on reste facilement coincé dans cette ville une fois arrivé — car foi dans les on-dit personne ne peut repartir de cette ville une fois dedans – Peut-être n'est jamais arrivé dans le réel – J'espère franchement mon ami — m'être perdu dans le continuum et y vivre toujours avec Juni et Juli (sur la place de l'opéra pour la kanson franqué 1/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les pierres qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est joli – Bah voilà — les tronchos à tour de bras — de leurs instruments faisaient rage — et cet éblouissant tapage — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les jolies filles tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du moment que c'est bourré de vie et que ça envoie

32 Poète comique grec de 26 siècles avant moi 33 Rappeur parisyphilisien 34 Faux huissiers de justice, harceleurs

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(sur la place de l'Opéra pour la kanson franqué 2/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les isolations qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est déchirant – Bah voilà — les tronchos à universitaire de miserere — de sien métallurgistes faisaient tétée — et cet éblouissant centurion — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les particulières migrations tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! Le chambellan pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du folk que c'est bourré de friture et que ça envoie (sur la place de l'Opéra pour la kanson franqué 3/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les démones qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est avoué – Bah voilà — les tronchos à anesthésiste d'abat-jour — de sien ajustements faisaient noce — et cet éblouissant abrasif — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les titubantes nationalités tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! Le suppositoire pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du menteur que c'est bourré d'astronomie et que ça envoie (sur la place de l'opéra pour la kanson franqué 4/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les futilités qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est prévenu – Bah voilà — les tronchos à basket de rendez-vous — de mien videurs faisaient manchette — et cet éblouissant parfum — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les addictes aux poutrelles tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! L'imprévu pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du deuil que c'est bourré de tôle et que ça envoie

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(sur la place de l'opéra pour la kanson franqué 5/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les absides qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est correctif – Bah voilà — les tronchos à poêle de non-sens — le tien trolls faisaient frime — et cet éblouissant caracole — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les zigzagantes pharaonnes tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! Le dépit pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du opéra que c'est bourré de ligne et que ça envoie (sur la place de l'opéra pour la kanson franqué 6/6) – Toi on comprend jamais rien à ce que tu dis – Quand tu vas à l'opéra ou que tu écoutes les perruques qui roulent — tu comprends ce qu'ils disent ? – Bah non – Les tringles des sistres tintaient ~ ~ ~ – Tu vois on comprend rien — mais c'est gai – Bah voilà — les tronchos à hippie d'appentis — de nos poitrails faisaient asociale — et cet éblouissant alcootest — ensorcelait les zingaras! ~ ~ ~ – Les quoi ? – Les coronaires rééditions tralalala — roululululu ~ ~ ~ – Ah ouais cool ! Le crachin pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Du poupipo moraloulipou papier que c'est bourré de référence et que ça envoie Et de rajouter : – Notre hymne n'est qu'un chant qu'on a tous choisi collectivement pour nous unir tel le chœur dans la tragédie grec, le chant d'une seule et même voix. Il ne tient qu'à nous de continuer à l'apprendre et de le chanter à l'unisson ou bien de l'oublier et de chanter autre chose qui nous réunisse. Cette origine du chant est elle même une valeur qui se transforme puisqu'aujourd'hui , nous admirons le chant dans le talent individuel, le chant quitte ainsi la scène des tragédiens. Quelle valeur voulez vous ? Pouvons nous encore chanter et fêter notre communion ?

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(sur le bureau de « ce que nous vivons actuellement ensemble ») – T'as vu ce burobloh sur la place de la République ? – Oui le buromobile bleu35 — ils sont empristrés en plein dedans — pas moyen de les sortir de là – Ouais en plein dedans — il leur manque plus qu'une ancre de bateau ! – Et si tu leur parles — tu t'attacheras à eux avec beaucoup d'affection – C'est ni into the wild ni on the road ni der bloh rato — ils sont encastrés complètement dans notre histoire — ils connaissent ceux qui se sont fait entubuler par ces arnaqueurs d'opportunistes — ils vivent dans la « maison des malfaçons » comme nous tous — Même qu'ils posent dans les calendriers de l'emploi ! – C'est pas des fuyotards eux ! – Non ils sont restés avec nous alors qu'ils auraient pu fuir cette ligne de front, ce centre ville — fuir pour le cube des blancs — ils auraient pu monter au valhahalalahahahahaha — et continuer de monter vers le calmolux-volupté — mais non — ils sont restés avec nous — Losting jéné réchion – J'ai envie de les aidoyer — j'ai envie de les entonner ~ ~ ~ (dans la boite de nuit du red cat) Ils entrent dans le club allemand — les petites nombrils — ce sont des beautés un peu bêtes — païennes — je les connais ces filles là : J'aime les animaux — la politique rien à faire — je cherche mon mec pour la vie — la boîte de nuit aussi c'est ma vie — oui oui – Is there will be more people? – Yes yes later — It's too early – Ok can we smoke there? — when do you will start to scratch? – I'm doing it right now — I don't scratch – Oh ok just mix – Yeah, so you can go in the next room to smoke Et cette fille qui porte les vêtements cheap du magasin typique pour filles — du jennygirl et du pinkshit — c'est beau — vraiment ça marche — pourquoi il est tant attiré par ces filles au bougé bête — ça marche — elle bouge que son cul — et ça marche ce minimalisme chorégraphique! Mais la copine! Putain sa copine la colle — elle l'encourage à me coller aussi — c'est cool les copines un peu bêtes aussi — il ne peut alors plus supporter cette musique de pauvre bien pauvre — et s'il ose comparer un seul moment cette musique aux chants des partisans italiens! — non il ne le fera pas — ou alors tout est fini — on rentre chez soi — et plus de lien — il préférait jouir de ce moment dans ce bocal bête — après tout il était dedans — c'est suffisant pour y croire à cette fiction là très vite il en avait marre de cette fille qui voulait se faire toucher les hanches — pas plus — qu'il aille pas fourrer sa bite — on danse c'est tout — elle à ptet un copain pour la vie elle aussi — elle passe un bon moment — lui en doute Énervement — il fait rien — elle se lasse — prend son sac à main en or — et part dehors avec sa cops' — c'est fini — il danse tout seul — il attend encore un peu histoire de se dire qu'il n'était pas resté là juste pour elle — mais il rentre aussitôt — alors oui c'est elle qu'il voulait — Il se branlera sur ses chiottes en pensant à elle

35 Action participative avec Catherine Radosa, comportant un livret avec des parties de ce texte, 2013

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(dans la toile de tente posée sur le champs d'un festival punk-rock-métal-grunge-hardcorigolo) – Guimi euh chelteur — grâce a ces gasnouilles — on peut écrire ce qu'on veut — décadence de la civilisation qu'ils disent — qu'ils sont alertes ces boiteuxconservateurs du pays — qu'ils n'aiment pas la vie et la poésie ces boiteux-conserv' — car je te le dis, jamais aucune civilisation n'a disparu — la vie ne peut disparaître — Seulement, la vie — à monter des pyramides finit par se faire chier — quel ennui les pyramides — pire encore les fans de pyramides — pire encore le public de toute chose! — Aime les artistes, jamais leur public !— C’mince à déberteler son compliment pour un grous froumaige — Enfin — comme je le disais, jamais rien n'a disparu, seulement on a fait autre chose ailleurs — jamais ne sont morts — 'sont tous bien là — alors les boiteux-conserv' ne trouvent plus de place que dans le journal Le Pâlisme36 — hein que j'ai raison fable ?! — merci connerie de la jeunesse ! – Pour la jeunesse — l'alpha et l'oméga de ma sagesse — ont retenti à mon oreille: qu'ai-je ouï ?... — ils ne sonnent plus de la même façon, — je n'entends plus que le Ah! et le Oh!— les sempiternels Ah! et Oh! de ma jeunesse ~ ~ ~ – Quel enthousiasme mon pote (coucou, salut, ça va?) – CC – Lu – CV ? – La forme — toujours la forme — putain de style Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Les tronchos sont fort en prolo-parlotte mais que faire s'ils abandonnent les autres — le sentiment cosmicon — s'ils enfantent un marmonde sans l'attacher aux peuplades aux forêts de peupliers ou à la prolo-parlotte, le marmonde s'en ira tourner en rond dans la salle de jeu et se délitera par concrétion faute d'avoir été ancré (les Gundams37 de retour en Sarthémwadlà) – Ils sont de retour les Gundams – Les ? – Les robots — les géants de la guerre du fermion à l'idéal de paix – Et ils font quoi de leur vie ces gars là ? – On utilise ces robots immenses pour pêcher les poiscailles de la rivière Sarthémwadlà — on utilise leurs lasers pour faire des pizzas géantes que tous viennent manger lors de la grande fête communale — on les utilise comme lampions pour noël — et même pour décorer les ronds-points ~ ~ ~ – Et leurs pilotes ? – Ils traînent dans les bars à boire des pinte d'Avignon — ils participent aux 24 heures du Mans — fabricants de sofa — ils sont un petit groupe d'écrivains, d'artistes, de trimballes-pattes et de pas-biens-bons-à-grand-chose, des aniquelé-du-weekend — l'écrivain lui-même

36 Journal sans plume comme tout nos journaux 37 Robots de la célèbre animation japonaise Gundam Wing

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(là où se fut difficile de se déplacer) – Tu as entendu ça ? on dit qu'il paye le taxi — et ce fut difficile de donner ça de sa pochette trouée – C'est pour aller au pôle emploi — qu'il prend le taxi — il a au moins 50 ans le gars — il a au moins 50 bornes à faire et bien 50 pitouilles à sortir de la fouillouse – Ah oui c'est pour ça qu'il y a plein de taxis qui passent dans ce vilmalendroit – Oui tout le monde cherche du boulomot ici — alors ils font tous l'effort — il faut qu'ils bougent ce corps — une fois arrivé sur place — on leur dit que ce corps est une tartouille — tous des handicapouet ! Chair inutile ! Canon de la ligoudille ! – Heureusement qu'on vit pas dans ce village à taxis – Tu l'as dit (à côté du restaurant « la restauration ») – T'entends le bruizour des plongeurs de la restauration ? — quel bordel — on entend que ça dans la rue — quel tintemarre ! – Eh oui grand gosier — mais mon pauvre tintin — son petit bruit inaudible lui fait gagner dix pitouilles de l'heure — alors que nous pour causer... – Que de chie ! — queue de pie ! — pas une pitouille pour nos benoteries – On y gagne tellement rien qu'on devrait arrêter de parler et commencer à bruissonner – Nous nous déguiserons en guêpes — car le manque de paroles nous fera devenir un peu agressif (Le parti réappropriationiste) – Je ne comprends pas pourquoi la jeunesse porte les croix-gamines ! — cela fait des décennies qu'on a dit que c'est la marque du mal ! – Ce sont des militants du parti réappropriationiste — on les appelle les Nasiers musclés à l'alcool de fibre – Ah alors ils sont proches des morbidards de la guerre du fermion — des nazillons — des fesses-chites à ptite-bite — ce sont des groculés – Ah non ! Pas du tout ! Pas de ceux là eux ! — Ils portent des croix-gamines pour récupérer le signe et le remettre à sa place — ils ont décidé de na pas céder le monde — récupérer les couleurs du drapeau c'est aussi dans leur programme – Ah tiens ? – Oui l'un de ces jeunes me dit : « Nous allons récupérer les signes que les nazillons ont volé — nous allons redonner ces signes à la vie — nous ne délaisserons pas dans ces niches à fesse-chite ces signes si précieux pour symboliser la vie — Mais il faut faire vite — comme ça nous pourrons oublier un épisode de quelques décennies — comme quoi les croix-gamines étaient le mouvement de la mort — aucune civilisation future n'en aura aucun souvenir et toutes paisibles porteront les croix gamines grâce à notre combat – Mais c'est une belle chose pour ce nœudur-pétrinpanade dans lequel nous vivons ! — Vive la jeunesse ! — Vive le parti réappropriationiste — Vive ces Nasiers humanistes !

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(sur la west coast de la Sarthémwadlà) – T'as rencontré ce vieux mec à l'air vénère ? — Tupac38 — west Coast — il disait comme ça — tu connais rien toi — Tupac il est mort à 25 ans – Oui je l'ai croisé — si tu le contredis on a l'impression qu'il va t'en mettre un — et si tu acquiesces à ce qu'il dit on a l'impression qu'il va t'en mettre un quand même – Oui c'est lui — on parlait de la vie ensemble — qu'il cramait encore à 45 ans — je lui ai dit — c'est plus heureux que ce qu'il pensait — la vie — et alors il voulait rentrer chez lui pour battre sa femme — qu'il disait — parce que sa femme elle sait de quel genre il est — il est comme ça — même quand je lui disais qu'on va monter une société de branle-couilles-trainards-heureux-connards — il voulait m'en mettre un et rentrer chez lui pour tout péter — car tout péter la société ça commençait par sa femme selon lui — pardon pour le pathos social mais bon j'entends ça — sinon c'est qu'on traîne pas dans les mêmes lieux — sinon fermez ce bouquin — pardon pour la tournure moderniste de cette dernière — je parle de mon livre dans le livre — tout ça, tout ça — beau écrivain — beau beau – Oui pauvre gars — Tu casses les couilles avec tes affalala de pauvres — avec ta littérature de put écrivassier de l'université de Beurk Laid — mais tu sais je la connais sa femme – A qui ? – A Tupacman — et crois moi — il faisait le malin — mais crois moi — La Joy, elle se laissera pas faire — quand elle perd le contrôle — crois moi il va avoir du mal à tout péter la société s'il doit commencer par sa femme (dans une dimension enroulée-boulée, deux bourrés discutent) – Eh Trinculo le trololol ! ~ ~ ~ – Ah ! Caliban — enfant chenapan — ta mère la sorcière que me veux-tu ? ~ ~ ~ – Pense-tu qu'on va tous disparaître de l'univers ? – Je ne pense pas — c'est impossible que l'univers nous bousille – Eh pourquoi dont ! il y a plus de chance que nous ne soyons rien — du collatéreux au mieux – Nous sommes la vanité de l'univers — sans nous — qui racontera son infinie grandeur ? — il disparaîtra avant nous — c'est pas trichevoter que de le dire ! – Ah — alors c'est bien qu'on soit là ? – Oui c'est bien – Mais les tronchos aussi ? – Même les difformes comme toi ! — et les tronchos — tu les connais — ces bobillons, racontars comme ils sont — ils doivent bien avoir inventés au moins la moitié de l'univers – Ah oui ça colle avec la théorie — de David Lialvaralto — il dit que ce qui fait le paysage c'est la construction qui vient dedans et que sans elle, il ne peut y avoir de conscience du paysage sans ce contraste — sans nous pas d'univers ni de paysage! – Attention tu chavirailles – to be bourré — pipe bourrée — bibourrin ~ ~ ~ – Tiens copain — reprends une gorgée d'Avignon — qu'on ait l'air plus con – Plus cosmicon Trinculo — plus cosmiconne que nous !~ ~ ~

38 Tupac Shakur, rappeur américain 1971-1996

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(en soirée on ramène nos vieux amis les dialogueurs) – Eh! Toi — ça fait un bail qu'on s'est pas parlé — la dernière fois? — Tu écris c'est ça? – To be bourré — mais j'te parle pas toi le critiquisiteur — vie de dialecticien — j'te cloue — avant que tu l'ouvres — le bec — La béqué — ta mère — t'as besoin d'ta mère — moi je ris — nerveux — j'agite du pied — je m'agite bien — non — t'es mauvais — t'as besoin de ça — t'as besoin de moi – On me la fait pas — je t'estime – Et pour dix centimes — j'te promet tu m'déteste — je suis pas cher — du genre détestable — ah! Gens de soir — bourgeois — on s'amuse bien — pirlipinpin — et quoi? — tu paillettes — et quoi? — tu bois — tu te la pétilles — t'es trop proche de moi — parle moins fort – Octave — tu peux pas être un peu sociable — partager l'espace commun – Je colloc' pas! — Je suis dans l'espace public et je regarde autour de moi — et t'es plus là — ha ! — Je t'agite les pieds — hop t'es mort — les miens puent — et je lui tends le sel — et quoi — il en veut pas — tu veux même pas de la seule chose que je te tends — déplacé pour rien – Il va pas bien en ce moment – Eh! — mais c'est toi qui va pas! — c'est que toi — moi j'vais bien — merde — c'est toi — ta pitié des yeux — mais arrête de me regarder comme ça — dis le au moins — help monde — moi j'en veux pas — cherche pas ailleurs — c'est là — c'est toi l'ennuie – Il faut le laisser – Oui! On parle pas comme ça — on tente pas de s'envoyer — on se signale pas — il n'y a plus de signal — réseau nul — bande passante pour les autres — je ne vous comprends plus — j'ai une langue de trop — vous ne recevrez rien (avec les chants des champs) – Je suis humain – Je suis humain moi aussi – Moi aussi ! – Et moi ! – Humain main main ! Humons humons le parfum des pollenzumain – Humain les copains moi aussi – Viens toucher mon dard Mireille lâmumaine ! – Chante moi mielleusement encore ton chant et je viens mon petit Apis – Et toi Pauline polize une bises ! - Et toi petite et espiègle Maya ! – Jésui lazumène é ze fé pazé le mezage – allez les bzumains on frappe des mains ! – Bzumain bzumain ! Bise bise les voisins – Volazumanité au zénith ! – Zamer zé zagréable zé zourné Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – La Naïfloraison a commencé et on entend les humains chanter partout à travers champs. Mais je suis inquiet que les cloportes ne culbutinent plus dans leur cabinette-pensé ce qui rend le chant et l'existence même de la Naïfloraison bien fragile.

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(les mumuzelemans) – De nouveaux étrangers — les mumuzelemans — sont arrivés dans la ville du Mans en l'an mille pour cent ou de deux après ma naissance — ils étaient trois au début et sont arrivés par charioles-biens-folles pour faire UN SPECTACLE — puis ils sont devenus très vite majoritaires dans la ville du Mans à tel point qu'on ne sait plus si les habitants se sont convertis ou s'ils ont été chassé – Oui il y en a partout — ces bouffons — hier j'en ai encore surpris un qui faisait rire ma petite sœur — je ne lui donne pas deux semaines avant de l'emmener — c'est comme ça qu'ils font pour se mélanger — ils tirent nos sœurs du pétrin-panade qu'on a embouillit pour elles pendant des années et eux ! Ils les déglutinent de là pour aller faire le mur dans les palaces-tétines ! – Oui ta soeur a vu LE SPECTACLE de la vinumaniste – On va jeter ces mumuzlemans de la scène par ponpon pour avoir inventé le mot « humanisme » — On va déposer dans leurs mosquéto le moustique responsable de la salariat – Je ne sais pas si je te suis — j'ai rencontré une petite mumuzelemans — elle me fait la danse du ventre quand je rentre— kiffe kiffe on se renifle — elle m'embassine sa trémousse de tarma puis me jette son voilivoilu sur la figure avant de se retrouver nue — de là elle me tchitchi enlanguoureu prenant la forme d'une vagualamek — puis de mou à remous avec sa main de fatma m'endurhallahla le minaret jetant son regard minet — Jusqu'au bout me laisse jeter mes prières blanches et purs dans sa bouche nardinoueldek (« que tes enfants soient maudit car dans ma bouches ils n'existeront pas ») — finit vibrante recouverte de mouillimam et dégageant son chaud'hammam avec des yeux de chitane qui disent « on recommence » — alors que nous chantons en même temps BROUH BROUH BROUH BRRR AAAAAAAAH BROUH BRR BRR— Bref je nage dans le bonheur – Je vais en avertir la ligoudille — Traitrorigolo ! Paltard connard de palot !

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(dans un établissement d'attente sur la frontière) – Il en arrive de plus en plus ! Comment peut-on faire ? – Cessez de geindriller ! Qu'on donne les premier vitalo, qu'on apporte de l'eau, acertainenez leur du graillage, des mesticots, et de l'amichaleur. Séparez-vous en grouzillons de gentillehomelette, concentrez vous sur les mamelons et les progiportions – Oui Directeur ! – Mais enfin Directeur ! C'est contre la ligoudille ! – Peu importe la ligoudille ! Occupez vous de changer leurs noms — ce marmolosse la-bas — appellez-le Rimallo — donnez lui autant de futureureux et de couvertures que vous le pouvez – Tout le monde verra que ce petit garçon est un troncho — vous ne les tromperez pas longtemps monsieur le directeur — la ligoudille vous rattrapera — peut être même vous coupera-t-on la tête à la ligoudine ! – Nous allons inventer — nous allons tout refaire et commencer par la langue — ce par quoi ils nous tiennent — ils ne pourront pas m'arrêter après ça — nous allons compliquer leurs histoires rodées à la logique implacablement détenue par l'esprit de sérieux — mais gai savoir — ils ne pourront pas aller loin avec le langage si ce langage déborde — ces tronchos, on dira que ce sont des mortrolls — lointains parents des mortraits — demain ceux qui arriveront, on les appellera les frizailleurs – Monsieur le directeur, cela pourrait aggraver le problème — les tronchos pourraient nourrir une haine contre les mortrolls alors que ces mortrolls sont des tronchos ! Cela va affaiblir la force de ce groupe pour se défendre ! – Laissez l'amourdel faire ! Bordel ! Nous décuplons les possibilités ! Ce sera un tel metissaillage verbal que tous seront dans la situation d'être un peu tout le monde. Grâce à l'amourdel de nouvelles fictions naîtrons pour chaque foyer, laissez-les se raconter des histoires d'amourache ! Tout cela n'aura plus aucun sens — Finissez de leur donner des futureureux et de l'amichaleur, demain ils seront nos voisins – Bien monsieur le directeur — vous êtes le constructeur qu'il nous fallait ! – Avertissez les autres établissements d'attente sur la frontière, dites leur de ne pas faire comme nous et d'inventer leurs propres logiques de répertoire, cela ajoutera à la confusille – Nous vous suivrons — Dear Héros — Oui — Dire le Héros : Monsieur le directeur, le docteur Henri Eloy Joseph Leroy, medecin des pauvres39 Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Il est possible qu'en conservant cette langue haineuse remplie de distinction des différents groupes de notre société, nous puissions quand même cohabiter. Les choses sont en train de changer alors même qu'aucun éléments de ce monde n'a changé, il s'agit des mêmes personnes, des mêmes groupes, les mêmes qui jadis pointaient l'offense contre leurs voisins, ces mêmes voisins qui maintenant discutent et s'amourachent dans une nouvelle histoire

39 Médecin, 1787-1835

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(dans un vide comblé d'amour) – Il me manque un truc dans ma vie – La poésie sûrement – Quoi? Trukudon que dis-tu donc? – Il te manque la poésie car partout où le manque ? sera poésie ! s'il te manque de la guinouillette dans le frigo c'est qu'il te manque un pot de poésie dans le placard — un poète à payer sur le tard – Et le manque de lien politique? – Manque de poésie – Et s'il manque du travail? – Travaille la poésie – Et le manque de joie chaque jour, le manque de l'être aimé? – Manque de poésie et chaque poète mort nous manquera40 – Tu me manques – Moi aussi je t'aime (épilogue de la prospérité sur l'île des histoires haineuses qui tournent en rond) Maintenant tout mes charmes sont détruits ; Je n'ai plus d'autre force que la mienne elle est bien faible ; en ce moment c'est la vérité Il dépend de vous de me confiner en ce lieu Ou de m'envoyer dans ce village, puisque j'ai recouvré la faculté de raconter l'histoire de mon turinoir et que j'ai pardonné aux traîtres de vos enchantements Ne me fassent pas demeurer dans cette île ; Affranchissez moi de mes liens Par le secours de vos mains bienfaisantes Il faut que votre souffle favorable enfle mes voiles, ou mon projet échoue Il était de vous plaire. Maintenant je n'ai plus Ni génies pour me seconder, ni magie pour enchanter Et je finirai dans le désespotoir Si je ne suis pas secouru par toutes sortes d'histoires amicales qui pénètrent si loin qu'elles vont assiéger l'humanilité qui veut bien oublier les horreurs elle-même, et délie toutes les fautes. Si vous voulez que vos offenses vous soient pardonnées, Que votre indulgence me renvoie excusé 41 Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer dit ensuite : – Un vieil homme, sans domicile, ancien milicien serbe pendant la guerre du Kosovo me chanta ce poème lorsque je voyageais en Allemagne. Il me semble avoir entendu ce poème aussi ailleurs en Afrique du Sud ou encore dans la bouche d'un autre vieil homme ayant fait la guerre d'Algérie. Mais originellement c'est le chant d'un anglais dans la tempête. Rapporteur pour les Éditions Réinsérer

40 Ne mourrez pas mes amis 41 Prologue de la tempête de Shakespeare

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Le véritable caractère de Rimallo ou ce qu'on en dit Le reporter pour l'émission Rien à Cirer Dans un village où cohabitent tranquillement les franqués, les tronchos et les mortrolls, on raconte partout l'histoire formidable de Rimallo. On raconte que Rimallo est un tronchos bien que d'autres disent qu'il est mortroll. Ce qui est certain c'est qu'il n'est pas franqué. On l'appelle le père-la-pipe-pue, fumeur de amsterdamer, qui aurait tout lu, tout vu, tout bu. Le philosophe du village nous confirma « pétave du matin au soir de grands bols d'alcool, d'éthanol et de piches folles de Pétaouchnok, toujours un bouquin de Darien dans la main, il ne pouvait avoir vu que ce qu'il a vu, donc la totalité, j'en conclue qu'il a tout vu, tout lu, tout bu ». On dit que Rimallo est un bon coup et qu'il est fort en claque-decul-de-mariée, c'est la veuve Berthe Damneke qui colporte ça dans les réunions communales ou sur La Place mais elle niait avoir répandu cette rumeur. Et pourtant quelle langue de pute que la Berthe. Le philosophe insistait pour nous parler de son dernier livre inspiré-sensible-profond dont le titre est L'homme affublé, une ontologie d'affecté, et il dit « nous sommes dans un village de prêté, c'est idéal pour écrire mon livre ». Lorsqu'on demandait aux autres villageois s'il fallait prendre au sérieux le philosophe, ils lui prêtaient la qualité de leader de secte, raison pour laquelle tout le monde le respectait. Plus les villageois parlaient de Rimallo plus son caractère devenait riche et vague, Rimallo le marave de La Place, Rimallo le danseur de fond, Rimallo le poète du 2ème RIMA, Rimallo le chassé de la ligoudille, Rimallo le fouille-sac des fillotasses, Rimallo le branlant du trottemort, Riamallo alias l'artiste David Lee, Rimallo le mordesouverain, Rimallo le dieu idiot crade dionysiaque, Rimallo un sensible pour toucher tes tétons, insensible en dehors. Un enfant dit que Rimallo aime regarder le sport surtout pour les commentaires, son sport préféré est la course de chars, il ne se barbe jamais de raconter la finale du championnat du monde au marmolosses du villages ; le duel entre Achille et Penthésilée commenté par les soldats. Il donnait aux marmolosses le livre de Kleist chaque fois qu'on lui demandait le div-x-y-z ou le dvd-rest-in-peace de cet événement sportif. Un homme passe dans la Rue Principale, seule rue du village, le gamin-nain le pointe du doigt « c'est lui Rimallo ! », les autres petits pialleurs l'insultent « mais non c'est pas lui Rimallo, ragouillards ! Paltard, connard de pâlot ! ». En croisant un autre homme avec un livre à la main, je me suis dit que c'était sûrement Rimallo, mais il sentait bon et il fumait du kentucky birds. Soit ce n'était pas Rimallo, soit ce qu'on en dit était déformé. Je ne pus savoir qui était précisément Rimallo, si bien que je dus présenter un reportage sans image. Ce soir là à 20h, pendant l'émission Rien à Cirer, l'écran était noir et les sous-titres installait au monde l'existence véritable de Rimallo.

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La Génialogie de la Ligoudille Étude du mythe fondateur de Max Bellastung mémoire-mémorable d'un étudiant en génialogie

Les fictions moquent avec légèreté ce qui est pris pour du réel, dans la langue même, elles décontenancent les gredins-guedins42 Max Bellastung Max Bellastung fut le premier juge de la ligoudille. Il portait une robe-couverture-dechambre bailbrun, d'alezan, de gris pommellé, de poil de rat, de cerf, de rouen, de vache, de zencle, de pecile, de pye, de leuce. Il fut enfermé chez lui par ses fils pour ne plus aller juger. Max Bellastung dormait toute la journée sur un lit à son nom, si bien qu'il était parfois confondu avec ce meuble de chambre. Il usait de la confusion pour prendre l'apparence de fumée de fumier et laisser le lit le représenter devant la famille. Les fils disaient "Bonjour père Bellastung" à l'oreiller, le lendemain, on donnait la soupe verte à la couverture. Max Bellastung devint juge car il n'était né ni franqué, ni troncho, ni frizailleurs, ni mortroll, pas même mortrait ce qui était caution de son impartialité. Il était né jeté-là sous forme de quelques pellauderies que feust l'enfant, fondement qui escappoit de sa mère. A partir de là, son père s’exclama « t'es pas fini mon fils », et Max Bellastung cru toute son enfance qu'il était donc infini. Très jeune, il lut Le traité du désespotoir de Kiki Le Garde et il perdit toute idée de ce qu'il pouvait bien être, seul l'habit de soi, l'apparat en soie, nu de soi, nul en soi, dépourvu d'intériorité, l'habit faisait le bonhomme. Il deviendra alors ce qu'il pense des autres : juge. Max Bellastung jugea en premier un écrivain, Louise Fernande Stephanie, pour anti-trollisme et anti-ahurisme. Louise Fernande Stephanie est une nanti qui fut installé par les éditions Galliyénamarre. Le dossier fut difficile pour Max Bellastung car d'un côté les livres-heretico-ça-envoie-du-pâté plaisait à Max Bellastung, mais il était manifestement devant une demeurée, une bouffeuse de haricots, une simplette guinouillette tronchode. Il se reconnu en cet écrivain-fini et cette infinie-conne. Il la condamna au coupe-ongle de la ligoudille et au gourdin à gourdes. Après cela, tout le monde reconnu sa qualité de juge. Les fils de Max Bellastung l'ont enfermé pour savoir qui était vraiment leur père. Les fils de Max Bellastung pensaient que la ligoudille était une addiction pour leur père donc il lui firent subir une cure de désengage. La réalité c'est que la ligoudille s'était confondue toute entière avec cet homme et que sans le pouvoir de juger, il ne pouvait plus qu'être de la fumée de fumier ou un lit. Tout vaporeux qu'était Max Bellastung, il commença à s'envoler, devint omnipotent et pu juger tout le monde au même moment, des trains à vapeur, des vipères et des guêpes, des mordus du crédit. Le nouveau sentiment, le sentiment cosmicon venait d'être inventé. Douze merdeux sans prédisposition, jouant les apônautres ont dormi sur le lit du nom de Max Bellastung, écrasés de douze rêves et d'une douzaine d'oeufs cassés, se perdirent de ligoudille pour écrire chacun un livre de malade : Bubule, Bille, Blâme, Balbutie, Drible, Balade43, Bile, Bide, Bleute, Blême, Bam et Bondiou. Livres proscrivant la préposition « dans » ; Seuls livres encore autorisés dans les bibliothèques mortrolls et interdits dans les universités franqués, c'est ce qu'on dit. 42 Citation sur laquelle nous basons tout ce livre 43 Voir chapitre suivant Balade, Avant les mythologies, l'ennui

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Balade Avant les mythologies, l'ennui

Pendant les 5000 dernières années les moteurs de la réalité furent les dieux, le pouvoir, la vérité, le dialogue, la survie, le sexe, l'évolution, la lutte des classes, la gravité, l'inconscient, la volonté, le phénomène, le réseau, le capital; Selon les époques, le monde tournait autour de Dieu, ta queue et le progrès. Les écritures nous ont apprit ce qui animait chaque époque et ce qu'elles racontaient. Mais avant ça, tout le monde se faisait chier. Ce livre est l'un des douze livres des origines, celui des apônautres de Max Bellastung : Balade par ennui

Légende du texte : ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ : écriture cunéiforme (écriture originale de ce texte trop vieux) par ennui : Par delà bien et mal, agréable et emmerdant. par nécessite : seulement attribué à la bière

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▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Ce livre est une table de la ligoudille. Commencer par dicter aux enfants du primaire ce livre ; un après midi on leur fait donc cette dictée ; par ennui Après la récré on lit une histoire. Puis toute la vie on se raconte des histoires ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Ca commence comme ça. Je cherche un emploi de pute écrivassier ou d’ami lecteur écriveur. Beurk Laid C'est ça ! Il écrit, bon qu'à ça, il a rien d'autre à branler, il a ses allocations, il écrit la nuit et pendant les vacances des autres ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Peindre dans une grotte. Ramener les gamins et jouer avec la bougie pour mettre en mouvement les dessins sur la paroi. Des mains en positif, des mains en négatif, des taureaux et des bâtons. On dit que ce fut par culte, représentation et intention mais peindre parce que ce jour là on savait pas quoi foutre dans cette grotte alors peindre ; par ennui Graffer un train de marchandise, peindre la mer sur une toile, un caniche en gouache, des cases et des bulles, une pute nue réaliste, cubiste, expressionniste, tarlintintin ; par ennui Un verbe au passif, un verbe à l'actif. On raconte qu'il s'est fait baiser, non, en fait c'est lui qui baise. La conjugaison une invention culturelle ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Regarder des vidéos sur internet, plomber une soirée avec youtube ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Siddhartha dans la méditation et la contemplation est devenu Bouddha ; par ennui

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▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Elle a un truc dans le cul ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Un vieux gars au manteau orange pétant jette des miettes de pain aux moineaux ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ 0MP5499374hR88zZ25AVx : numéro identifiant, d'un homme insignifié. Belle invention, pour de nouveaux métiers et faire baisser le chômage, on créa les numérateurs ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Il détache le bras de son corps, tend sa main pour être d'accord. Il serre des mains ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Une bière ; par nécessité ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Les russes ont leur cosmonaute, les américains leur astronaute, les chinois ont leur taïkonaute, les français leur spationaute, les poètes leur herménaute ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Barcelone – Real de Madrid ; par ennui Jeter trois pétards sur un handicapé en fauteuil ; par ennui Pousser un mec dans les couloirs du métro ; par ennui Pousser une meuf sous le métro ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Il fume une clope et regarde son téléphone le temps que les autres arrivent ; par ennui Il attend Godot, et pendant ce temps ça fait une histoire ; sur l'ennui

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▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Depuis l'apparence on a inventé la profondeur ; par ennui ▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬ Travailler ; par ennui Quitter son travail ; par ennui Prefers not to ; par ennui Le gai savoir ; par ennui Ne par dormir de la nuit ; par ennui Se lever et mettre un pantalon et un t-shirt ; par ennui Il va voter ; par ennui Il meurt ; par ennui Il se balade ; par ennui

Lutter contre l'installation d'un aéroport ; par ennui Se faire un compte en suisse ; par ennui Porter un drapeau ; par ennui Monter Stonehenge ; par ennui

▬◄▬►◄◄▬▬▬▲▬►►▬▬▼▼▼▼▬▬▲►▬◄◄▬

Il peint parce qu'il s'ennuie, ça tombe bien car le critique d'art s'ennuyait aussi, exactement au même moment le spectateur se faisait chier lui aussi, il regarde donc la peinture et se barre ; par ennui

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Foi et Confianciaille Les dessous de Madame de Sablé – – –

Le prognon et la truine du salariat d'où que tu crois que ça vient? J'en crois rien gidouille — J'ai peur de la malaria moi Pourtant foi de fion c'est parce qu'on a confianciaille tous ensemble !

C'est le prix — qu'on te dit — qu'ils disent tous — t'as pas — tu payes pas — c'est pourtant bien le prix partout — et alors dix mecs ont dit « D'accord on paye, si c'est ce prix là » — mais moi j'y crois — d'ailleurs j'y ai jamais cru — c'est trois pots au feu pour un dessin — comme La Rochefoucauld44 qui demandait un pot au feu et de la confiture à Madame de Sablé, madame son éditeur, pour quatre aphorismes — ça fait une bonne composture pour bidard — c'est traidable— m'arnaque pas au cuivre-échange — ça se bouffe pas l'éteint — si, un pot au feu + un pot de confiture = quatre aphorismes, alors La Rochefoucauld voulait tire-baiser la Sablé — confianciaille ! Change tes vêtements dessous à deux sous ! Confianciaille ! Bureau d'échangiste ! — La Rochefoucauld dit « Ceux qui tombent amoureux ne seraient jamais tombés amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parlé d'amour » — foi et confianciaille — qu'est ce qu'on s'en raconte des compostures pour tirebaiser ! — et quand la racontarderie ne marche pas, y a toujours le prognon et la truine du salariat pour se payer une guinouillette tronchode — c'est le prix de la pipaille et de la totalité — cher la totalité — faut bien être bouddhiste ou un ministre-boudin-cuit pour se payer la totalité — au moins ça — tout le monde est d'accord — à chaque échange se met en place une rhétorique — je te propose ça — tu dis « oui ou non » — si tu dis « oui » tu confirmes la valeur proposée — et t'allonges la mitraille — si tu dis « non » tu redéfinis la valeur proposée — à ce moment un grain de blé vaut un jet privé si tu le veux — vous me direz « mais la matière première ! » — 10 tonnes de caoutchouc-de-zinc vaut un grain de blé si on y croit — si tu négocies, tu es un foutre dialecticien — Plastron du Poitraille et Socrade : c'est pour s'acheter un poulet qu'ils ont commencé à chipotrichevoter — enfin — sont arrivés ceux qui ont « ce qui se fait de mieux » — là, plus personne ne pouvaient discuter — c'était l'argument ultime de la rhétorique : « ce qui se fait de mieux » — après quelques jours dans les bourses — « ce qui se fait de mieux » est devenu un culte — foi et confianciaille — des écrivains de « ce qui se fait de mieux » vendaient leurs livres au prix indiscutable de deux pitouilles — j'en suis — et tout le monde est d'accord pour dire que c'est un bon prix — 11 Rue principale, Amné en Champagne 72540 — pour envoyer le prognon et la truine si on est d'accord

44 La Rochefoucauld, 1613-1680, il écrivit beaucoup

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Le film Cosmique du réalisateur Ralo La mère de Ralo lui racontait cette histoire valable partout : Mon petit bébard, mon fillô, quand tu marcheras et toucheras panard par terre tu deviendras grand car ce jour tu seras un cosmique. Comme les arbres, tu seras planté dans la totalité et tu chatouilleras l'autre bout de la terre des orteils. Mon fillô c'est comme en 69, quand les herménautes sont aller sur la lunoche, tout le monde regardait à la téloche et quand le panard du brave Brasfort toucha le sol-lunette, on se retrouva tous accordés comme ceci : lunoche> panard de Brasfort> voix exalté de Brasfort> onde radio> téloche> tronche> terre> les voisins> en boucle. Du cosmicon ! On y était tous, t'aurais dû être né ! Mais t'inquiète pas mon bébard, ta mamelon te donne un peu de ce moment quand tu tètes. Dépêches toi de grandir et de poser panard par terre mon Ralo. Elle chantait ça à tue-tête pendant toute l'enfance du réalisateur encore puéril. C'est comme ça qu'il devint réalisateur. Après avoir trouvé prognon et truine en faisant de la lèche aux bureau de la ligoudille, il pu réaliser son film : Cosmique un film en salle partout

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La guerre du fermion (la guerre d'indépendance) c'est comme ça, c'est écrit dans le dictionnaire : Un neutrino c'est un petit gars qui ne s'est pas engagé dans la guerre du fermion, c'est écrit là 45 La guerre du fermion fut une période particulièrement dure de notre histoire. Parti d'une querelle entre les lepteutons et kwarks au sujet de l'indépendance et de la dépendance. Les kwarks se sont fait massacrés par des neutrinos alliés sans le savoir aux lepteutons et qui ne savaient pas bien comment il fallait tuer un kwark. Les kwarks, partisans de la dépendance n'existent plus aujourd'hui. Les pro-indépendances ont gagné et ont construit la liberté et d'autres statues. Aujourd'hui encore les lepteutons font la guerre partout pour apporter l'indépendance. Cependant, aujourd'hui on retrouve encore quelques descendants des kwarks et de leur culture de la dépendance. Peuple sympathique que sont ces kwarks si on doit les comparer à l'antipathie que dégage les je-suis-super-indépendant-dans-ma-vie fils de cotiseursacheteurs-de-grandes-maisons et de ma-sexualité-de-leptons. Les kwarks meurent si on ne les arrose pas de générosité deux trois fois par semaine. J'en ai vu un mourir car on l'avait détaché de son amour-propre. Car oui, ils sont attachés en permanence et leur seule qualité de caractère est d'être attachant. Pendant la guerre du fermion on leur donnait une cartobloh viza pour les détacher et les forcer à l'indépendance, ils mourraient en masse. Les artistes de l'art primitif kwark, aux grosses mains, pratiquaient le squatte d'exposition, ils n'étaient jamais invités aux vernissages, jamais on écrivait leurs noms sur les cartons mais ils étaient présent pour donner l'amour-de-la-vie que les indépendants lepteutons ne pouvait produire naturellement. Une cohabitation qui permettaient au lepteutons d'être des artistes et aux kwarks d'être en vie (voir : J.C Blais, P. Guston) Les kwarks vivait de la pliure-de-la-volonté qu'on appelait dans le langage commun « l'embarquement » avec des expressions aujourd'hui perdues comme « fais comme tu veux je te suis, on va dans le bar que tu veux ». Leur apparence domestique révélait leur joie-d'être-le-passager-dans-la-voiture-et-non-le-conducteur ; Oui, ils étaient passagers ; à la vie même. Et c'est bien l'origine du conflit, les indépendants voulaient l'indépendance face à la vie même. Les lepteutons sont ainsi devenus immortels. Nos rues ne voient passer plus que d'immortels êtres blêmes, figés, confus, désabusés et las. Dans cette rue, on y jette les enfants incapables de devenir indépendants, ne pouvant devenir immortels, ils meurent vite, à tel point qu'on les appelle les kwatombes Quels hommes vite-fait-drôles-chabadam que ces kwarks disparus au nom de la liberté et de l'indépendance. La guerre du fermion fut une horreur.

Le rapporteur historien pour les Éditions Réinsérer

45 Voir p.35 (dans le vilain restreint)

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La famille Maria – stratégie d'existence – la métamorphose Il est seul chez lui 19h11 il ne rentre pas du travail il ne travaille pas il était déjà seul et déjà chez lui Monsieur M bloc de chair encore à tailler il est pour l'instant grossier et regarde la télé il est gras et manque encore de finesse Monsieur Maria 19h13 regarde la télé en écoutant Moussorgski et en laissant couler l'eau pour sa vaisselle à faire 19h17 la vaisselle se fait l'odeur du produit vaisselle orange au citron se mêle aux raviolis pourris au fond de l'évier les violons grincent et le rire du gros éclate les touches du piano collent aux doigts il rie de son appartement trop petit et des gens de la vie ses traits s'affinent il rigole de sa facture de 125 pitouilles pour deux mois à EDF 19h21 Octave Maria a perdu 10 kilos il n'est pas encore poli il rigole depuis déjà un mois sa vaisselle est faite l'assiette verte grince sous son doigt comme dans la pub Octave Maria rigole ça fait déjà un an et il n'y a plus de raison il rigole depuis déjà deux ans et n'a plus fait sa vaisselle ni allumé sa télé quatre ans ayant pour seul bruit son rire 19h26 sa sœur frappe à la porte Mademoiselle Maria embrasse son frère elle a les cheveux rouges et son front dégouline de sueur elle éclate de rire ils rient Maria Maria s'en va Octave Maria fait dix pas en rigolant et remarque qu'il vient de faire dix ans en rigolant il n'est pas plus heureux mais il n'a pas à travailler oui c'est interdit de rire pendant le travail quelques jours plus tard 19h30 Octave Maria perd 20 kilos il est bien taillé il se fait appeler Tony46 Tony Maria a les yeux marrons comme tout le monde il porte des lunettes rondes et une chemise unie grise Tony Maria aime regarder les gens de sa fenêtre en rigolant il le fait en courant dans son 25m² parfois Tony s'ennuie alors il peint des carrés noirs c'est sa seul activité il la fait en rigolant 19h38 il utilise un pinceau n°50 c'est rigolo Tony ne le nie pas quelques années plus tard 19h41 Tony est plus joli il est poli il ne rie plus qu'à l'étouffé et se fait appeler René René Maria fait briller ses carrés maintenant il les fait de la couleur qu'il souhaite 19h45 un rouge 19h46 un bleu René Maria aime les raviolis ça le fait rire un jour il s'en est étouffé et personne ne l'a entendu 19h47 Monsieur Maria est mort la bouche grande ouverte les larmes aux yeux j'en rigole encore dit le médecin.

46 Et Niele Toroni !

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Dépêches – ce qu'on dit Les archéologues ont découvert une grosse boule de métalag sous la ville de Mans. Il semblerait que cette boule émet un champs magnétique qui déforme la langue. Ceci expliquerait les nombreux écarts de langue et de la pété lexicale des gens de cette ville. Les noms des personnes les plus exposés ci-contre : Charles47, Simone-André48, Etienne49, Paul50, Jean-Luc51, Simon52, Florian53, Justin54, Jocelyn et John55 ; sont invités à venir réparer leur langue à la clinique Du pré Une usine de métalag a explosé hier dans l'après midi, tout près d'une plage. Tous les ouvriers sont morts. Il s'agissait des derniers ouvriers et donc du dernier métier encore existant. L'usine en explosant projeta des milliers de petites boules. Ces boules éparpillées dans le monde entier sont utilisées aujourd'hui pour un nouveau jeu : la pétanque. Des cris : ET PAF CA FAIT DES BOULES DE PETANQUE. Ultime loisir des hommes du monde entier à présent sans métier. Le forum des métiers s'installe demain , place de la République, pour présenter cette ancienne coutume qu'était de chercher du travail. Ils tenteront, avec une assemblée d'universitaires, de reconstituer le temps des métiers pour vous faire revivre cette intense époque. Ou moi-même je dis « je ne sais pas ce que c'est qu'un prolétaire ». Le forum des métiers — Place de la république — le jour de l'été — entre minuit et huit heure du matin — Après le feu et avant la roue Un homme qui traînait dans la grande rue embarqua douze autres types avec lui, racontant de petites histoires, qui, disait-il, dureraient deux milles ans — par ennui — Quelques-uns l'écoutèrent Toujours dans la grande rue — on dit que ce livre fut écrit dans la même maison que celle où Scarron écrivit Le roman comique Hier matin à Lascow, une bande de meutards de toute communauté confondu ont peint dans une grotte — par ennui — les gars du coin sont venus voir — par ennui — cette invention — et sont repartis fiers de ce que cette bande de branle-couille avait fait. On accepta qu'ils ne foutent rien d'autre de leurs journées que de peindre dans la grotte

47 Pennequin 48 Thibault 49 Monnier 50 Scarron 51 Le Tenia 52 Mr.Saï 53 Canovas 54 Delareux 55 Payelle

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= Attention = quelques malins esprits de la Charnie, lorsque le temps s'abernaudi, rentrent pour danser en tornade dans les maisons du Mans et y viennent manger prognon, truine, pommes et jambons — raison pour laquelle les appartements du Mans sont en bordels et les frigos de ses habitants vides — ce n'est que partage de joie avec les malins Un pêcheur, pêcha dans la Gée — un gros livre — vieux de 35 000 ans — On reconstitua les morceaux du titre — Bien qu'incomplet :

Les étrangers sont partout ou l'écrivain faisant de la lèche à la langue est lui même étranger à sa fiction — n'est ni franqué ni troncho ni frizailleur ni mortroll ni neutrino ni lepteuton et pas même mortrait — d'attente sur la frontière, dites leur de ne pas faire comme nous et d'inventer — les tronchodes sont bonnes — ouais j'y ai goûté — c'est comme ça, c'est écrit dans le dictionnaire — c'est bien fait pour les malins — lex est quod notamus — cotiseur ergo loquatur — Berthe Damneke qui colporte ça dans — c'est de la merde — des futureureux — pour Losting jéné réchion — possédé par la glande-gidouille — with his worn out shoes? — hier matin à Lascow — débile — débile — dé — la Géniale Dysenterie — Les garces à la bourre brandissent mon livre — le sentiment cosmicon On démontra que ce livre n'avait pas été lu à l'époque de son écriture, puis que la redécouverte de ce livre eu un effet dévastateur sur l'interprétation de son temps :

il avait fait rater l'époque Le vieil homme crie dans la rue : Ils avaient de vrais gueules de ces jeunes écrivains — Les jeunes ces enculés! — Aussi lumineux que leur soleil fluo Lors de cette rentrée littéraire — le livre tant attendu de l'écrivain Gargantua vient de sortir — Rabelais — Histoire d'un moine drôle et inquiet, curieux et alcoolique Lors de cette rentrée littéraire de septembre — le livre tant attendu de l'écrivain roi Ubu frère du roi Jerry Bonkassa vient de sortir — Alfred Jarry — Histoire d'un écrivain et enseignant volant les textes de ses élèves qui s'envoyaient des mots par lancer de boulettes de papier Dinosaurus au chocolat est mort aujourd'hui — il n'aimait pas le fond de la Mer Noire, la vase de merde, la vaseline mélangé à la merde dans le trou et les howling nerd vivant dans les trous perdus — il détestait aussi la Mer Noire, l'Armée Noire, la nuit noire et le kom az youar Pour trouver les mortraits — Sortie de Chaufour notre Dame en direction de Laval — la route des 10 000 morts56 Tiens au fait — il n'y a plus de guerre ici

56 cf. La bataille du Mans entre les chouans et l'armée révolutionnaire

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p34157 — Il lu là où son doigt ouvrit. Tous les dollars que son mari lui donnait étaient dépensés dans les grands magasins en achats de robes merveilleuses et des falbalas les plus coûteux. Pour lui ! Pour Raoul !

Les Éditions Réinsérer s'installe avec succès et facilité à la 25ème heure du livre et vendent cinq livres Dans l'histoire de l'art de Gombrich — sur la carte des lieux cités à la fin — il ne se passe rien dans l'ouest de la France — un désert culturel — soit-disant — Quelle Folie ! Et la Charnie ?! Nous venons de découvrir que les plantes se fument — cette découverte dates d'après l'utilisation du feu et d'avant l'invention de la roue — Lorsque l'écriture fut inventée on dit que toute loi interdisant de fumer le végétal paraîtrait pour les siècles avenir comme une absurdité Les chercheurs en crossoveur ont fait une découverte importantes aujourd'hui même — Les traces d'un univers parallèle sont indiscutables — Quelques signaux furent reçu depuis ce nouveau monde : C'est un jeu qui peut se jouer à plus de 2 joueurs malgré son nom qui posa probléme aux adlodjdncec (académiciens de l'observatoire des jeux de nature collective et collaborative) — Mais nous ne pouvons encore interpréter ce signal — La porte permettant de passer d'un univers à l'autre serait la chatte et le cul de Berthe Damneke — Cependant passer la porte nécessite une double pénétration simultanée ce qui est hors de porté de nos connaissances actuelles De nouveaux distributeurs ont été installé dans la ville — Misez 200 pitouilles et tenter de gagner 500 pitouilles sinon 50 pitouilles — Le jeu du singe sachs dans la boite — Ne loupez donc pas nos nouvelles BBA (borne-banque-d'arcade) — et venez vous faire déboîtez — Foi et confiancialle à la peuplade ! Au marché Place des jacobins — sur un stand de poteries on vend des décontenants — Il y en a de toutes les tailles — décontenant à vie — décontenant à mots — décontenant à ennemis — décontenant à pisse pour incontinents — décontenants décorés ~ ~ ~ Voici que rapidement arrive l'idée la plus belle de l'univers : la vitesse et aussi vite nous commençons à la poser dans la bouche — puis nous parlons pour que toute fulgurance soit notre propre existence — commencer et finir en même temps par dire le nom à l'allure la plus rapide — Usain Bolt — USSn (ou l'éclair envoyé d'un trait de langue) LIGHT LIGHT LIGHTING (la lumière suivit de l'instant présent « ing ») AIGHT AIGHT (contraction de all right, c'est à dire tout droit va tout bien) BOLT (ou la boule emboulée dans le ciel déchire de sa vitesse le réel trop bien encré) — Voici ce que ce seul nom peut porter au monde — un déchirant décalage du réel aspiré par la vitesse — disons le nom : USSn LIGHT LIGHT LIGHTING AIGHT AIGHT BOLT58 57 Ulysse de Joyce chez Folio 58 Voir p.58 le chapitre Rotar Zairo

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C'était beaucoup pour Jocelyn Gasnier De Trente Bornes Du Mans Gasnier, Il avait encore ce mérite Savoir imaginé quelques procédés assez ingénieux pour se rendre maître des loups. Ces inventions avaient dû, dans sa province du Maine, lui attirer une certaine célébrité; plusieurs fois il revient à ce point délicat, et on sent bien que, s*il est convaincu de s'être justifié auprès de son lecteur, il n'est pas encore persuadé de s*êire justifié vis-àvis de lui-même. Mais il a déjà pour lui les saints canons, il va nous prouver que, s'il fait son livre, c* est pour obéir au précepte même de l'Évangile : Aimez votre prochain comme vous-même. S'il fait son livre, ce n'est point pour d'autres motifs, cest pour donner l'invention très facile, comme elle est, de soulager le pauvre peuple champêtre de ce royaume de ces méchants et malfaisants animaux, dont il connaît l'incommodité que grands €t petits qui ont du bien aux champs m reçoivent. C'est d'ailleurs raison qui faict que nous presentons cet ouvrage au Éditions Réinsérer bienfaict. Et disoit-on aux gens qui alloieni aux champs : Gardezvous de Courtaui, Icellui jour fut mis en une brouette, la gueule ouverte, et mené parmy Paris, et laissoient les gens toutes choses à faire, fust boire, fust menger, ou autre chose nécessaire, que que ce fust, pour aller veoir Courtaut; et pour vray il leur vallu plus de dix francs la cuillette. Aujourd'hui encore, il n'a point tout à fait abdiqué ses droits à la terreur; mais le perfectionnement de nos armes, dont il a instinctivement conscience, a, sinon changé ses appétits, modifié tout au moins ses allures, et contribué à le rendre plus circonspect. Un loup malicieux pénètre-t-il dans la cour d'un monastère, étranglant les oies des moines, et s' échappant gaillard et dehait, comme dit Rabelais, par les fossés pleins d'eau du couvent, cela se passe à la Chartreuse du Parc, située à l* entrée des bois de Charnie^, On sent que c'est de ce côté que le curé de Saulges attend l'ennemi. OUVRAGES SUR LA CHASSE, LA VENERIE ET LA FAUCONNERIE, à laquelle M, Paul Petit, avocat à Louviers, vient d'ajouter un intéressant supplément ', M. R^ Souhart n'indique pas Védition portant le nom de Laurent Sonnius. C'est un tort : Laurent Sonnius est le véritable éditeur du livre de Gruau que les Éditions Réinsérer n'ont faict que piller mais mieux payer. Discours dudit livre mis en lumière à la veuë de la la Cour et au lieu de tout le monde où il y a des langues les mieux pendues et plus disertes. De ce poinct j'en demeure d'accord et ne le veux contester, mais je leurs repartiray en deux mots que ce n'est le beau françois ny le poli discours qui me convie à le mettre en lumière. A ce poinct je leurs diray sans leurs alléguer du latin ny la Saincte Escriture, sçachant que ce seront plustost chasseurs qui liront ce livre que théologiens, que la plus belle partie et vertu que puisse et doive avoir un prestre, un curé, et toute autre personne, c'est la charité; rien autre chose ne me la faict entreprendre, et pour donner l'invention très-facile comme elle est de soulager le pauvre peuple champestre de ce royaume de ces meschans et mal-faisans animaux, dont je cognois l'incommodité que grands et petits qui ont du bien aux champs en reçoivent. C*est donc là, Monseigneur, mon seul but et ma seule intention, que je vous supplie tréshumblement vouloir maintenir contre tous les susdits censeurs qui pourroient s'opposer à ce mien œuvre.Pour recompense dequoy vous ne recevrez de moy que des prières que je feray le reste de mes jours pour vostre prospérité, santé, et accomplissement de vos désirs, comme estant. 59

59 Partie construite sur le livre Nouvelle invention de chasse pour prendre et oster les loups de la France de Gruau

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Dans un village — une anomalie génétique fut décelée — aucun de ses habitants ne grandissait — un village d'enfants à qui, les parents disaient tous les jours « quand tu seras grand tu iras travailler » — l'anomalie fut détruite en les envoyant dans la Grand'ville via le programme AGGMED (Adaptation Génétique au Grand Milieu pour Enfants Dégénérés) — une idée du parti put'pèm'pet connu sous le nom populaire des boiteux'conserv' — deux millions de pitouilles investis dans le programme à ce jour Si vous avez un fils put'écrivassier qui ne travaille pas — si vous avez un fils put'écrivassier reconnu dans le monde — ou si vous êtes vous même un put'écrivassier et que vous désirez faire un enfant — appelez nous et passez sur le plateau Delarue Si votre cousin vous crache dessus chaque jour — si devant vous, votre frère vous fait des éloges et se cache derrière des pseudonymes pour vous enfoncer — appelez nous pour passez sur le plateau Delarue spécial hypocrito-piteux-crépi-de-pauvre Si votre compagne est agent de la ligoudille haut-gradé et que vous êtes un merdeur motroll sans avenir — si vous même vous êtes agent de la ligoudille et votre compagne ne le supporte plus — si vous êtes un couple heureux agents de la ligoudille au service du parti put'pèm'pet — appelez nous et passez sur le plateau Delarue Si vos enfants sont nés marre-marre plutôt que marmonde — si vous possédez le sentiment cosmicon et que vous êtes incapable de le donner à vos enfants — si vos enfants ont le sentiment cosmicon alors que vous êtes né dans une mare à patauge franqué démuni de ce sentiment — appelez nous et passez sur le plateau Dealrue Si vous écrivez des choses tristes — si votre frère chante la mort — si vos grands-parents pensent que l'esprit de sérieux a le monopole de l'inquiétude — ou si encore votre femme fait tout le temps la gueule, ne parle pas et ne sourit pas — si au contraire un membre de votre entourage mélange son inquiétude à la cabriole ~ ~ ~ — appelez nous pour passer sur le plateau Delarue spécial pouet-pouet-contre-attaque-contre-tout-terne Si vos professeurs d'université ne vous prennent pas au sérieux car vous êtes un bouffon — si vos éditeurs veulent faire de vous un trembleur-terreur-soupape-à-populasse — si les membres de votre famille vivent dans un monde qui les prend pour des concons ni ronchons car ce monde est construit par une langue techno-vulgaro-dominatrice — enfin si votre voisin parle cette langue techno-vulgaro-dominatrice des colonisateurs — Eddy Malou — Congolexicomatisation des lois du marché — car vous avez niqué-pétaillé sa famille avec cette langue qu'il vous renvoie en pleine absurdité-de-patate dans vos grossepatard-de-face et de fesses — moquez vous les sérieux-critiquo-distancés ! Restez dans vos couches d'interprétation pour bébé — mais lui il guinche !— Appelez moi pour danser Delarue bande de vieille croute-à-put' 1979, une guerre éclate dans la ville de Pouet-Loulé entre les pro-John-Deer, les Pro-Ford et les Pro-Renault mais ce sont les Cosnetard, mafia possédant la barrière électrique extensible qui ont gagné à la suite de cette victoire — en 1984 aménagement sur le site de Coulans-sur-Gée — L'entreprise prend une dimension industrielle — paysans sans terre — contrôle des terres de la région — Je salis votre nom Cosnetard ! 45


La ministre frizailleur Jenny Bonidé à changé l'appellation du RSA (Revenu de Solidarité Active) qui devient le RDH (Revenu de Dignité Humaine). Il n'est plus le revenu de celui qui reçoit de la part de ceux qui veulent bien le laisser vivre, mais bien le revenu de celui qui peut jeter à la figure de ceux qui le regarde noir son existence. Ainsi on ne regardera plus ce revenu comme dépense pour des existences lourdes à porter mais bien comme un dernier rempart de l'humanisme à entretenir Demain — festival Pika-Picabia ~ ~ ~ — Ambiance assurée Au pays des rillettes — pays riot — nous sommes si pop désabusé Dans une carrière de cailloux à ricochet nous rencontrons Claude Minière60 — mineur au poste de tireur de ligne comme nous C'est selon — Agressé, le policier tire selon les uns — le policier tire sur le fuyard pour les autres 61 On raconte que Jimmy Corrigan a vécu quelques temps dans un village de Frizailleurs du département Sarthémwadelà — ayant pour seul ami Gintoki, David Lee et Bloom Chuga chuga chocolat à la vie ~~~ Une nouvelle maladie fut découverte et toucherait tous les être humains — la sémantose — maladie qui jusque là n'avait pas encore de nom — la maladie sémantique dont on doit dire le nom — une invocation car toute invocation est guérison — dire d'abord maladiemage-de-pluie puis mange-ma mort-paladie — puis trois petits tours — et chapera la vitalalala A bat les intermédiaires — super marché, centre-d'art (voleurs de frics qui nous est dû), médiatakon — et surtout à bat l'intermédiaire entre nous et les objets — à bat publicité ! Entre moi et le patriarche — à bat la table ! Entre moi et le reste du monde — à bat la télécommunication ! Laissez moi directement toucher le cosmicon bande de cons ! Ah putain ! à bat l'entremise ! Prenons des risques et misons directement ! Faisons nous confiance et nous n'aurons plus besoin des intermédiaires pseudo garants de confiance ! Assurance ! — Rassurons nous par les mots doux ! — Société d'amis et de voisins sortons les superflues qui ne peuvent que s'intercaler dans nos affections ! L'esthétique tragique grec se trouve accomplie en cet endroit : LHC — Apollon et Dionysos y dansent en ronde et s'entremêlent amusés et jouant le jeu de la volonté humaine — mes dieux que vous êtes beaux — que vous êtes beaux à nous laisser jouer de vous ! Le plus bel instrument de musique : la basse electrique

60 Salut Claude Minière ! 61 Voir affiches page suivante

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Les Éditions Réinsérer manifestement (notre manifeste) Nous sommes les Éditions Réinsérer les seins serrés, rien à cirer, ris saints aérés, rien en saurait, rien ne sert de errer, sers tes reins pour m'insérer, sors ton ciré jaune édite le dicton l'acte d'édition est un geste ajouté à l'écriture ce geste les Éditions Réinsérer assurent qu'il participe à l'installation des dits textes nous pouvons ainsi nous réclamer du monde l'acte d'édition participe à l'argumentation des textes publiés nous sommes convaincus et nous disons: oui-oui avec les copains les Éditions Réinsérer c'est mieux à plusieurs nous sommes de plus en plus convaincus on se rassure, on se convainc, on est important nous sommes d'accord les Éditions Réinsérer car « je m'en fous de ta vie » cependant les Éditions Réinsérer aiment la vie Les Éditions Réinsérer ont été formé à l'Académie Worosis Kiga Les Éditions Réinsérer sont une entreprise sous-traitante de l'Armée Noire c'est à dire beaucoup d'écrivains écrivent pour nous nous sommes nombreux même nos écrivains fictifs font un travail formidable au sein de nos Éditions Réinsérer Les personnages, écrivains fictifs possèdent une œuvre plus importante que nous les Éditions Réinsérer assurent le présent texte les Éditions Réinsérer manifestement est édité aux Éditions Réinsérer après de dures négociations avec la direction le présent texte se transformera dans le temps si nous changeons c'est à dire si les Éditions Réinsérer publient des prix, nous serons dans l'obligation de revoir le présent texte, nous le transformerons en programme économique à tendance marketing et communicationnel si les Éditions Réinsérer publient des traductions d'oeuvres étrangères, le présent texte deviendra un dictionnaire, si les Éditions Réinsérer veulent faire dans le magazine coquin, le présent texte ne changera pas les Éditions Réinsérer feront au moins une vente par an sur un stand (phrase constitutionnelle) tout ce que les Éditions Réinsérer volent, tout ce qui pourrait passer pour du piratage de copyright ou d'exposition de la vie privée n'est qu'hommage, toujours dans la logique d'installer les choses du monde au monde dites nous: merci les Éditions Réinsérer ne s'intéressent qu'à ce qui est en son sein c'est à dire, ne prendrons pas part aux querelles littéraires parisiennes c'est à dire ne donnerons pas nos avis sur les débiles-blancs-méchants (ou la mauvaise culture du Millet) et leurs adversaires les cacas-du-bien-humanistique les Éditions Réinsérer répéteront tellement de fois « les Éditions Réinsérer » qu'on s'en souviendra (nous ne pouvons plus nier son existence désormais) (nous ne pouvons nier son importance désormais) les Éditions Réinsérer utilisent une imprimante laser LBP-1120 48


donc les Éditions Réinsérer trouvent que c'est facile la photographie est facile, merci à tous pour vos images l'époque dans laquelle les Éditions Réinsérer s'installent est facile seules les filles de cette époque ne sont pas faciles vous pensez la photographie à travers la démocratisation de l'appareil photographique vous dites ça vous pensez la peinture à travers la naissance de la photographie, la peinture est devenue de la croûte laissant à la photographie vos narcissiques portraits vous l'avez dit aussi les Éditions Réinsérer s'empareront donc de l'imprimerie tout entière puisque vous ne l'avez pas fait les Éditions Réinsérer sont supérieures à la nature les Éditions Réinsérer ont de la valeur les Éditions Réinsérer sont sur-naturelles les Éditions Réinsérer tu devras faire avec les Éditions Réinsérer c'est ton paysage

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Ne mêlez pas la littérature à tout ça (C'est brillant, inquiétant, fulgurant, flagrant et teubé) un texte de Vol Lapery Rapidement les Éditions Réinsérer apparaissent et se retirent — Tout le monde dans le coin l'a vu — en levant la tête ils se sont tous fait un torticolis — JE N'AI PAS BIEN SAISI — C'est brillant, inquiétant, fulgurant, flagrant et teubé — T'AS SAISI ? — Non parle plus lentement, franchement vous êtes bruyant, vous remuez toute la vase de la langue, la pauvre poésie que d'être dans vos mains, c'est bourré de fautes — NE MÊLEZ PAS LA LITTERATURE A TOUT CA <internet> Olivier LAS dit: Votre orthographe n'est pas très « académique »... Vous n'êtes malheureusement pas le seul à « sagouiner » cette langue... Boschetto dit Je suis à la deuxième page et ce qui m’a sidéré c’est l’absence d’utilisation du subjonctif imparfait au profit du subjonctif présent. Comment l’académie française a pu faire l’impasse ? C’est choquant. Mike menphis dit :Une bonne orthographe est synonyme de rigueur et du sens du détail. Par conséquent dans le monde dans lequel nous vivons actuellement pour pouvoir évoluer, il faut être irréprochable envers sois même....sinon comme dirais ma grand-mère "tu n'as ce que tu mérites !" Zup dit :Tu as raison mais il y a quand même sept fautes dans ta phrase, sur 20 mots environ, ça fait beaucoup : "Fait" s'écrit "Fais". "Fiche" s'écrit "Fiches"."Je fait" s'écrit : "Je (ne) fais "- "On est " s'écrit : "On n'est" - Français prend une majuscule. Les poètes dit : Les poètes sont morts, mon vieux, il faudra vous y faire. Nous vivons à l'âge des cons. Songez à vous munir, ça pourrait être utile... Nom pas propre dit : Frank s'écrit sans "c". Je crois qu'il y tenait et en avait parlé dans une de ses chroniques. Comme le dit P.A sur son blog "Si on veut lui rendre hommage, il faut commencer par ne pas écrire son nom avec un "c", afin de lui éviter un soupir d'outre-tombe." normalito dit : voilà ce qu'a produit l'élitisme français : une langue, une intelligence, une sensibilité, une oeuvre extraordinaire. A comparer à la médiocratie actuelle telle qu'issue de 68...Cela rend triste et nostalgique, je trouve. Plebe dit : “ LA FAUTE DU BOBO JOCELYN “ --- ISBN : 978-2-9536042-3-8 mekanikshop dit : ok, je ne penses pas qu'un tel message soit utile sur un forum d'entraide. De plus, ton orthographe laisse à désirer. Vincent Cheveludemin dit : Vraiment nulle ta critique, t’as pas lu le livre ou t’as retenu que ca ? 50


lectorwise dit : Vous devriez commencer par apprendre l’orthographe… quitte à y perdre un peu de temps… C’est le minimum qu’on puisse attendre d’une personne qui se targue de littérature. Alex dit : C’est vraiment léger pour donner envie GoAskAlice dit :Vous pensez qu’aller manger dans un fast-food ça donne envie d’aller manger par la suite dans un 4 étoiles ? Non. Pareil en littérature. J’insulte pas, je souligne un travers : le nivellement par le bas des lectures. </internet> Le scientifique Vol Lapery nous informe que — coincé dans le mètre carré de son lit — attendant les huissiers — il fit cette expérience — il commença à écrire — dans la langue la plus simple — il nous rapporte ainsi son expérience — dans l’aliénation et l'ennuie — d'une vie remplie d'opinion — après avoir lu des mangas, regardé des dessins animés, joué aux jeux vidéos — j'ai atteint le swag de la littérature — toutes les complications littéraires m'avaient apporté des maladies — plus j'utilisais de temps différents pour mes verbes plus je tombais malade — si j'ouvrais le dictionnaires des synonymes pour enrichir ma langue, elle devenait toute verte — si j'étais tenté d'écrire un grand projet littéraire sur plusieurs années — la mort me promettait l'inachevé — alors poison et médicament — j'ai écrit aux Éditions Réinsérer — de courts textes — trois fois par jour comme les cuillères de sirop — Et j'ai guéris — Mais la conclusion de mon étude m'apporta un grand malheur — Les sorbombeux venaient à mon lit pour me poignarder — Pour me faire taire ! — En danger — Je me laissais capturer par les extraterrestres — Dans leurs OVNIS — Mêlant lit et littérature — Je promis de ne plus mêler la littérature à tout ça — Je ne me lèverai plus les matins — C'est brillant, inquiétant, fulgurant, flagrant et teubé

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Le Bibliobus des Éditions Réinsérer (décentralisation et ennui) L’Autorité (il est à la fois flic, juge et président) — Alors pourquoi avez-vous brûlé toutes les voitures du quartier ? Le Gamin (il a à la fois 8, 12, 15, 20 et 29 ans) — On se faisait chier. L’Autorité — Moi je pense que c'est dans tes gènes, c'est inscrit dans votre sale race. Le Gamin — C'est vous qui avez inventé ça, j'ai vu vos enfants jeter des pétards sur des handicapés qui passaient, dans votre campagne, c'est du même ordre. Et votre fils aîné qui ne dépasse pas le mètre carré de son lit, situation d'insecte, c'est du même ordre. L’Autorité — Ça n'a rien à voir, fais pas le malin c'est toujours vous. Le Gamin — Parce qu'aucun de nous ne s'amuse monsieur. L’Autorité — Pourquoi vous-êtes vous arrêté à ce quartier ? Vous aviez assez de temps pour faire toute la ville comme vous ne branlez rien de vos journées. Le Gamin — Parce que c'est devenu vite chiant aussi, on se lasse, au fur et à mesure ça se désenchante. J'allume le feu sur la première bagnole, puis je laisse les prochaines à mes potes, une fois qu'on a tous passé notre tour, on se fait chier. L’Autorité — Situation de crevés ! Le Gamin — On a pas brûlé le bus magique par contre. L’Autorité — Le ? Le quoi ? Le Gamin — Le Bibliobus des Éditions Réinsérer, nos grands-pères qui se font chier depuis qu'ils sont à la retraite passent leur temps dans ce bus. Respect des anciens on n'en brûle rien. Vous n'avez pas vu le bus magique ? L’Autorité — Encore des histoires de gamins. Le Gamin — Vous ne pouvez donc pas le voir. Sûrement car vous cherchez profondément toute raison, sûrement car vous croyez que les motivations sont cachées. Le bus magique, seul ceux qui ont confiance en la puissance de l'apparence peuvent le voir, tous ceux qui trouvent toute raison dans l'apparent peuvent voir le Bibliobus car il est tellement flagrant. L’Autorité — Mais que se passent-t-il dans votre cerveau ? Quand les scientifiques pourront expliquer cette délinquance dans vos synapses, tout sera réglé ! Le Gamin — N'allez pas si loin. Ne cherchez pas aussi profondément. Regardez, regardez dans ce parc, vous voyez le bac à sable ? Le gamin qui fait son château de sable là ; il se fait chier. Je vous envie, vous avez réussi à vous convaincre que vous êtes occupés. Je vous envie car de ce point de vu vous interprétez toute chose comme motivée. Mais les moteurs sont cramés, nos têtes sont cramés, nous jouons aux jeux vidéos avec des champions complètement cramés et OP, on lit nos BD dans lesquelles les dessins sont tellement fumés qu'on n'aspire plus qu'à ça, devenir auteur de BD, faire des images, de jolies images, d’inquiétantes images, de sales images, éviter autant qu'on le peut la profondeur. Le fond, ça nous fait peur maintenant. On garde la vignette narrative, histoire de se la raconter entre potes, on vous laisse les secrets mystères pour vos prêtres, policiers et papa, papes, pompiers et pompidou L’Autorité — Bon j'en ai assez de ces conneries. Je vais vous enregistrer dans le fichier. Ton nom et celui de ton pote. Le Gamin — Quick et Flupke.

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Monsieur Tambourin62 Monsieur Tambourin — il te la bourrine la machine — parce que c'est ça — il avait 16 ans à l'époque — il était bite-nique — il grattait au poil — pour finir au pieux — virtuose de passage d'un corps à l'autre — il connaissait tous les instruments — il improvisait — comme un lead — il ne dormait jamais et n'avait nul part ou aller — mais le temps à passé — il travail sur la grosse bête — la Berta — un air de famille — son père était fondeur de cloche à une époque où il y avait encore un peu de jolie spiritualité — mais lui — il fournouille la bête en crème fraîche pour nourrir le monde — c'était dans la ligne de son idéal — il se disait ça — pour trouver un sens — oui — « il faut bien les nourrir tous les nonsuffisants — les superflues » Et par la fenêtre de l'usine — il voit un air de jeunesse — les potos ils étaient toujours restés à l'époque — Monsieur Tambourin — il s'en bouffait la jaquette bleue de travail — ça lui striait la frette — il se serait bien pendu en six cordes s'il n'avait pas donné son Alvarez — donnée à bouffer à la bête — il 'avait balancé dans la grosse Berta sa guitare — oui tout le monde il en bouffait du souvenir de Monsieur Tambourin — ça leur raclait le gosier à coup d'échardes chaque fois qu'ils mangeaient un yaourt — jouissait Monsieur Tambourin — mais rien qui les arrête de vivre — ou rien qui ne leur filerait un bon coup d'envie de vivre — une colère de vitalité — parce qu'on peu porter plainte — si on trouve un bout de bois affûté dans son yaourt Saboter — c'était son petit plaisir à Monsieur Tambourin — son acte de beauté — comme le cuisto qui se l'astique jusqu'à jicler dans la sauce sur les plus beaux plats — comme on ramasse un steak tombé au mcdo — puis direct dans le burger — puis on fait tomber un deuxième pour avoir le double burger comme il faut — comme il faut gentiment — on lui vend la voiture — trois fois pas rayée — trois fois rayée — et sourire rayonnant s'il vous plaît — après on culpabilise un peu — mais on passe le chiffon Tous les gars — y s'en foutaient de tout ça — jamais appris à jouer de la guitare — pas besoin de ça pour brouiller la minette — ça les r'gardait pas les mecs qui avaient abandonnés la vie avec regret dans les années 90 — qui n'avaient pas eu le choix à l'époque — parce qu'il fallait nourrir le gosse — parce qu'il fallait faire des gosses – –

Dis gars — tu l'as vu celui là — comment il tire la tronche devant son grill P'tin — il a l'air méchant — il pourrait collé deux trois têtes à la grillade — avec s'te gueule qu'il tire — ouh — grr — le haineux — le ptit basset — c'est qu'il mordrait — un Bloodhound de pure race — un chef d'équipe C'est méchant — ces types là — ils se refont une joie de vivre comme ils peuvent — y a un mec que je connais — qui m'a dit qu'il appelait ça un ressentimenteux

Monsieur Tambourin — le soir — sa femme venait le chercher au boulot — c'était de l'affection — du soutient — fallait pas qu'il flanche — avec une grosse poussette — pour deux — des jumelles — bien blondes —biens bleus — leurs yeux — profonds — bien grasses — les joues — bien pleines — les couches — parce que l'daron il avait des yaourts pour bébé en réduc' — c'était son privilège — une chance quand on a deux gamines — Monsieur Tambourin 62 Voir p.2 (les étrangers sont partout)

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La fête du printemps dans un village de frizailleurs Des moufles — deux paires — deux — quatre — laine — trois fois par là — une légèreté — pied — créature qui porte de jolis vêtements — transparents — qu'importe — poils et peau — elle est belle — en dessous — son corps toujours refroidit — elle sortait de bains chauds pour se jeter dans les lacs froids — les lacs froids — c'est la région d'où elle vient — kidnappée Et dans sa culture — labourer — lire — le chef du village n'est pas là pour commander le régiment mais pour raconter des histoires — on ne mange pas chez elle — on ritualise le festin! — Tout le monde a le droit de toucher — sauf le chef — il agrémente — sève — alcool — vert — orgie — il ornemente — cris — calumet — clitoris — la ptiote — jouissent il aime la petite histoire page 34 — du livre de cul qu'il volait — c'est exotique mais pas plus éloigné que les banques qui cernait la place de la République — au Mans — il aime qu'on raconte — de grande et belle Russie — tout en restant ici — au Mans — invasion — le reprend — évasion Quel architecte — eu l'idée de l'isba? — pour eux — les grands Moujiki — démiurge s'il en est un — le livre — qui l'enceinte? — laisse siéger la prison — les croisettes — J'ai jamais vu une tête entre-barreaux — et page 34? — nymphes des plus réelles — architectes des barreaux — oui vous faites des grilles! — comme les sudoku — des empêches-homme! — on peux plus s'empoigner tranquillement — on a plus de maison en bois à brûler — on t'arrête — un barreau — c'est une arme de faible — de faibles qui abusent de s'pomper l'noeud d'justice — décalotte — lex est quod notamus — ça reste entre-genou — décalotte — le pantalon bien baissé — le caleçon bien baissé — ON SE FAIT ENCULER Il te raconte toute cette histoire comme une morale sur la morale — un apologue — plume — coiffe d'indien — une légèreté — de pied — danse — le chef — secte — peintre Combien coûte ce poëlle? — pour réchauffer la communauté? — chaudron — potion magique et breuvage de vache — beuglements — que sont les sujets? — la bouillotte — mort aux vaches En son sein y dormir — et la bouffer! — et l'embrasser — giboulées ! — la manger en entier — c'est canibal ! — Bawh — sucer la chair à en amour — chant commun du printemps! — Nicole pot de colle par Jojo et les Mongoles-Floes

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Nicole pot de colle Jojo et les Mongoles-Floes Au comice agricole j'ai croisé Nicole colle colle j'étais plein d'alcool colle colle et je lui là colle colle colle Je descend du tracteur je suis plein d'ardeur j'ai pas de pudeur je sens la sueur et j'achète du beurre avant que Nicole ne meurt Puis je lui là colle colle colle au comice agricole colle colle jusqu'à ce qu'elle soit molle molle molle elle dansait comme une folle folle folle au comice agricole colle colle des pichets d'alcool colle colle écrasé sur le sol sol sol on décolle colle colle et on rentre sans Nicole

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L'fillô d'Octave Giboulées — chasse d'eau — l'fillô il avait poussé — Octave venait d'avoir l'âge où on ne grandit plus — Quand à son fillô qui pousse encore — aux toilettes — le monstre — il lui a pris le cul au garnement — ouais — avec sa grosse main marron — véreuse — il lui a pris les pêches — il lui a hérissé les tout petits poils de miche — et l'môme — c'est décidé — plus jamais il irait chier dans un trou — il trouvait tout ce qu'il y avait de plus plein et plat — le sol — suivit de la mouise! –

Dis pourquoi — pourquoi tonton — pourquoi vous nous avez laissez une ou deux — décennie toute morte — toute momolle — pourquoi — on me dit de vivre avec — avec les gens — les gens qu'ont rien fait de la décennie — les gens qui ont tout tué la décennie — pourquoi — ils veulent me tuer? Ma ptite Lyzou— le dicton dit — Génération génère rien j'en sais rien pourquoi! — Losting jéné réchion — t'occupe pas de l'histoire — tu t'fais c'est tout — ça s'appelle de l'éthique — mes dents — nous on a bougé — nous on a parlé — genre les 80 c'est duboudin — du couteau dans la poche — mes dents — on va vous soigner les années — découper les rondelles — roule les mécaniques — rouflaquettes — Vous aller la manger — toi t'occupe juste de chier — ou la main viendra te pêcher! — Tu vas leur apprendre mon fillol — comment on caca — à l'époque — Goths — on semait c'genre de chose — tu viens pas de rien — tu d'viens un homme — C'est bien

Alors qu'un trisomique parle sur un plateau de télé — en même temps — au même moment — et simultanément — le gosse — il colle sa langue impubère sur le verre de l'écran cathodique — à la télé — programmée –

Débile — débile — dé — bile — débile — débile ~ ~ ~ — tu crois qu't'es débile? — je suis débile? — et alors quoi débile — débile — débile — débile — débile — t'es bête — débile — ta tête — débile — et alors nous — on est débile tu crois? — une bande de débile? — oui mais nous sommes une bande! — ah ! — Débile — toi — viens faire un tour dans notre débilomobile — c'est débile — qui bouge — c'est tout débile — avec les plus débile — c'est Mobile — c'est tout bougeant — en bande — nos tête — débile — débile — débile — on est des imbéciles — des imbéciles heureux — toutes nos langues collées — collées à la télé — collées à la quéquette — collées à la languette — béta! Gros béta! Béta braguette— crétin — tu bandes à la télé — t'es gros débile monsieur — et tu te la pète! — et tu bandes annonce

Tiens c'est la pub — arrête ptit pennequiño— arrête j'te dis — j'ai la télécommande! — c'est moi qui commande! — on va prendre l'air — et en même temps je suis tout fier — tu va en faire baver — ta classe primaire — ah s'il voyait ça! — Comme il serait content

Pompe pompe — mais t'as que quatre ans — poussette — au même moment — dans le pot — la fleur a poussée — dans la poussette — il a grandit le moutard — pourtant Octave il doit toujours le propulser — le fillol ne sait toujours pas marcher — mais ça roule — il sait parler Un arbre — Oui un arbre — Au dessus de la pissotière — Faïence 58


Octave petit pêcheur Il aimait pêcher — avec sa p'tit ligne — l'bouchon au bout — il papotait avec le poisson — il ne passait son été qu'à ça — traîner aux cours d'eau — r'garder l'gardon — barboter Oh ça il aimait pas les sportifs — avec leurs grandes cannes à pêche — au gros — des trucs futur-2000 — ils se la regardaient au lancer — Octave — il se marrait bien parce que — il savait ce que c'était qu'un corps qui se lance dans la bataille — Mais il avait peur du gros poisson — ça oui — il avait la frousse de tomber sur un brochet — avec sa gueule — le regard qui t'écaille — les dents qui te zigouille les ptits bouchons — il ne possédait qu'une ligne — 3 mètres — les asticots — qui s'barre du sac en plastique — le bourichon c'tait pas pour lui — c'tait pas pour lui — les carnassiers — la chair — à manger — il agitait un peu sa ligne pour voir les alevins s'exciter — c'est tout c'qu'il voulait — et quand ça mordait — il relâchait direct le poisscaille dans l'eau — après un petit monologue : –

Dis ça mord? — dis c'est mort? — dis poisson — dis — t'es tout hameçonné — je t'ai croché l'branchie — dis ça mord — tu veux que j'te plante mes dents dans l'caille? — tu veux que j'te croque — bah — boh — bouh — bah — dis tu respires plus couillon — gourmand — retrouve tes copains — mangeoire! — vas te la nageoire — tout poisseux — ramène les copains — thalatta ! thalatta !

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Le meurtre de Cézannion63 Le frappeur — le teneur — le voyeur Mous et remous — ça revient dans l'air humide — tuer — nuit — éclatante lumière du flash Il n'y a pas de soleil — c'est la nuit et pourtant les corps de ces deux marins sont éclairés — au sol une forme vague — sombre — mais pourquoi n'y a-t-il pas de fond du paysage? — l'acte seul les intéressait : tuer — oui c'est ça — il n'y a plus que du premier plan — seul — les intéressait — le meurtre — en tout premier lieu – – – – –

Tu l'tiens? — Tiens la bien j'te dis! J'la tiens — met lui un coup sec! Ouai — 'tend j'me défroque Mais non ! Ton couteau! — Sors l'couteau bordel elle va filer dans l'eau l'anguillette J'vois rien — t'as pas une lumière — éclaire moi — gros bras

Éclair? — Les corps éclairés? — Flash — Oui c'était Cézannion — il leur avait flashé la gueule — il les avait surpris comme dans Bloh heup— tout content — tout le cliché — le tableau — la photo — tout avec le flash — au premier plan — le reste c'est tout noir — c'était certainement pas l'premier coup de couteau — la gueule du mort elle était verdâtre — mort ahuri — bête et surpris — le r'garder ça n'avait rien qui donnait envie — mais alors les tueurs — ils étaient beaux — ce beau jean bleu — un air de Querelle de Brest — il en avait de l'allure celui là — l'autre — moins élancé — c'est Gil La photo de Cézannion affiché dans le bar du village — le meurtre — sans qu'on puisse rien en penser car le fait divers est un impensable — On passait — on jetait un coup d’œil à la photo — puis on trinquait

63 Voir la peinture de jeunesse Le meurtre de Cézanne

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Rotar Zairo ou le point le plus petit de l'univers et le mystère du vent lié à la forêt de la Charnie ou aux plaines de Geffen Alexandre Le Grand Retard Rotar Zairo est un monstre informe, bête du vent, large et pourtant il se trouve être le point le plus petit de l'univers que ne sont finalement pas les particules. Dans les plis de nos monde, de la virtualité et de liens entre-mêlé se cache Rotar Zairo. L'épouvante des Bacchantes, le monstre caché dans le paysage. Le découpeur de réalité, rapide et peuintelligente bête du vent ! Seuls quelques personnes connaissent le chemin pour le trouver — Corée du sud, société gravity (la grande gravité), RAGNAROK (le grand fracas de notre monde) online/accessible — Login et mot de passe sont les incantations pour passer dans ce monde — Quels magiciens connectés ! — Puis entrer dans la ville de Geffen, marcher longtemps dans les prairies, passer le pont à l'ouest de la ville, prendre le portail au sud, puis sud, ouest ouest, sud, sud. Nous trouvons alors Rotar Zairo — agenouillé devant ce qui se trouve être le point le plus éloigné du réel — nous découvrons les mystères du vent et son incidence dans le monde : Voici qu'avec le vent, rapidement arrive l'idée la plus belle de l'univers : la vitesse — aussi vite nous commençons à la poser dans notre bouche — puis nous parlons pour que toute fulgurance soit notre propre existence — commencer et finir en même temps par dire le nom à l'allure la plus rapide — Usain Bolt — USSn (ou l'éclair envoyé d'un trait de langue) LIGHT LIGHT LIGHTING (la lumière suivit de l'instant présent « ing ») AIGHT AIGHT (contraction de all right, c'est à dire tout droit va tout bien) BOLT (ou la boule emboulée dans le ciel déchire de sa vitesse le réel trop bien encré) — Voici ce que ce seul nom peut porter au monde — un déchirant décalage du réel aspiré par la vitesse — disons le nom : USSn LIGHT LIGHT LIGHTING AIGHT AIGHT BOLT Voici donc la preuve irréfutable de l'incidence de Rotar Zairo sur notre réalité. Nous volons désormais grâce au véhicule de Rotar Zairo — son véhicule c'est sa parole — mais personne ne l'entendit jamais parlé car aucun de nous n'avait les oreilles pour cette pensée ahurissante — Surpris — sentiment insufflé par Rotar Zairo — nous repartîmes des plaines de Geffen — pour aller vers la fôret de la Charnie — nous invoquâme Rotar Zairo sur le dolmen de la pierre du diable — munis d'instruments à vent pour l'harmonie (ou harmonica) nous commençâmes à voir les branches tournoyer — Rotar Zairo ! Rotar Zairo ! nous criâmes — Zero était le point du vent des pensées — du vent les pensées ! A marcher dans la forêt en queue leu leu sans rien penser. Et Rotar Zairo nous sourit — zou zou les amis nous sourions aussi aussitôt — ce sourire avait l'air d'être le sourire du monstre Rotar Zairo — Le sourire de celui qui a dévoré le réel et qui se moque de vous — Nous portons ce masque car nous représentons les prêtres du mystère le plus gardé dans la toile du monde et aucune particule ne pourra changer sa forme ni interagir avec lui. Il ne restera que Rotar Zairo pour nos espoir de mecs planqués toujours très vite comblés contrairement aux espoirs humanistes que nous avons sur le réel.

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Deux prêtres de Rotar Zairo en invocation sur le dolmen de la pierre du diable en Charnie avant d'acquérir par invocation le sourire de celui qui a dévoré le réel et qui se moque de vous. La pose de celui qui attend tranquillement Rotar Zairo et qui n'attend rien du monde est une position importante dans la théologie de Rotar Zairo

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La Géniale Dysenterie T'es tout petit — t'es tout petit — et ya pas d'arbre chez toi — t'as pas de jardin — t'as pas de plante — et tu dois marcher une heure pour aller à Lidl — oui il y a des Lidl en Allemagne — oui Lidl c'est allemand — alors tu marches — et quand tu marches — il y a des arbres — alors quand tu marches tu possèdes tous les arbres — pense à payer le loyer un jour — fais pas semblant de ne pas comprendre la facture — les chiffres — c'est international –

Tiens si je m'achetais une plante à Bauhaus? — ou un petit arbre? — un Noyer! — j'adore les noix — mais je ne sais pas si un petit noyer — un noyaux — ça fait des noix — ou alors j'achète des noix au super-marché — mais alors il faut marcher — pouah — boyaux — un cageot — mieux — chercher s'il y a un marché — comme ça je pourrais marcher et acheter! — et je rentre à l'appartement après — sac de noix — bière — où ils parlent allemand — où je comprends rien — à mon bouquin — ah ouais tiens si j'écrivais un bouquin! — un truc malsein! — quand je m'arrêterais de marcher — je commence l'histoire — un père qui va niquer ses enfants — des petits nuciculteurs — putain — on va me détester après ça — putain c'est fort — putain c'est drôle ce mot — nuciculteur — un bouquin — une vraie merde qui dégouline — amoureusement — je vais écrire un livre — un livre de merde — un livre génial — le mien:

LA GENIALE DYSENTERIE –

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A table — on reprend — tous les petits cerveaux de petits hommes — oui — on adore appeler ça — des petits cerveaux de petits hommes — on en mange plein — après leur avoir écrabouillé la caboche — après les avoir tout noyé — on en mange tout une communauté — on laisse aucun nous échapper — on avale au moins vingt-cinq mille familles de cerveaux de petits hommes en une minutes Mange tes noix chéri — et raconte plutôt ton plan pour nourrir tous les autres — c'est plus humain — c'est intéressant On va les nourrir de spiritualité — de communs intérêts divins — ils vont nous dire merci — ils vont nous offrir tous leurs bébés — pour manger leurs cerveaux Et alors — tu oublies — on leur offrira un livre unique — en lequel — ils croiront nos intérêts — pour eux — un truc de merde — genre un bouquin épisodé comme une série télé — et nous leur donnerons comme savoir la culture du noyé — nous allons faire du lien — un deuxième livre à empiler sur le premier — etc — c'est pas compliqué — nous nous aimons — je t'aime maman Nous allons leur écrire un livre — un livre pour tous — un livre génial — le mien:

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Et alors ils pourront même s'en servir pour justifier leurs révolutions! OUH! — AH

Et le premier singe prend une noix au sol — la lance dans la face du second singe — il lui fracasse le crâne — le tue – – – – – –

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En des âges — anciens — nos ancêtres — Jocelyn — ont tué — et ce sont dans ces prés — que nous devons demander pardon Il faut que je cours aux chiottes — la chiasse tu vois — pouah! — j'ai attrapé froid — ça pue l'Histoire naturelle OUH — OUH — mon troud'balle — ça brûle Ah — toi aussi — OUH — ce sont ces foutus noix — c'est lourd les promenadeschampignons dans la forêt en famille OUH — ouais — mais c'est super drôle — r'garde j'ai choppé un crâne de singe dans la forêt! OH — putain — OUH — il faut r'garder dans un bouquin évolutionniste pour voir ce que c'est — voir à quand ça remonte — OUH — d'où ça provient — c'machin laissé — à l'abandon — ah!— Putain c'te boudin que j'tai chié! Ah — OUH — dans l'bouquin ils disent pas grand chose — il faudrait en faire un De? De bouquin! Et ta merde dans l'guiness des records aussi — AH! Putain ouais — on va faire un livre de biologie — passe moi le papier toilette — nous allons écrire un livre — un livre sur papier toilette — un livre génial — le mien:

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Et pourquoi tout le village en est tombé malade? Peut être que cet homme là — peut être — est génial? Qui parle? Allons ! Je ne comprends pas pourquoi vos noix nous empêchent d'avancer — nous sommes humanistes — nous ne comprenons rien Et si l'on ouvre les noix en les écrasant? — avec un casse noisette? — sans les ouvrir délicatement en deux parties distinctes? La nature a fait des noix des fruits que l'on doit séparer en deux! — cette idée est géniale! Je n'aime pas la nature — elle ne m'a jamais aider dans l'écriture — écrasez des noix — vous bénéficierez du fruit et de la volonté — mais écrasez vos propres noix — vous perdrez quelques parties de votre corps — Tombé Faisons du sport! Un concours ! Oui une compétition olympique à Olympie! Nous partirons avec des noix dans les poches ! Oui c'est une bonne idée Et la nature? Nous sommes en plein dedans Je ne vous comprends pas Vous ne faites pas assez de sport — dans ce cas — nous nous mettons d'accord pour vous chasser du village Nous écrirons le premier livre sur cette histoire — nous venons de chasser l'Homme — nous devons raconter — nous devons institutionnaliser — nous devons légiférer — nous devons écrire — le premier livre de la démocratie! Nous allons écrire un livre — un livre sur l'ostracisme — un livre génial — Le mien:

LA GENIALE DYSENTERIE – – – – – –

Ces avions comme des moucherons — aux oreilles Et Cézannion! — il habite la zone! Les villes s'expriment à travers leurs attributs — les villages — les villages s'expriment à travers leur attribut — le paysage Je sais tout — et qui feint l'encyclopédie désintéressée? — pas moi — et qui feint le mouvement objectif? — pas moi — et que reste-il? — Moi Je n'en est rien perdu — attention — j'ai écris — et je n'ai rien perdu! — écrivons tant qu'il en est encore temps — la dernière page Nous allons écrire un livre — à double fin — un livre génial — le mien:

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Je n’avais pas le choix je suis parti sans avertir au Mali, pour une affaire Avec Mr. Sule Mohamed, Jocelyn Gasnier, Linda Kones, Hassan Amadu, Miss.Laiss Gaddafi et Miss Peace

Éditions Réinsérer Dear Friend. Please accept my apologies if this request does not meet your personal ethics as it is not intended to cause you any embarrassment in what ever form Mr. Sule Mohamed

Bonjour J’ai urgemment besoin de ton aide car je ne sais vraiment plus à quel saint me vouer vu le cauchemar que je vis en ce moment. Je n’avais pas le choix je suis parti sans avertir au Mali, pour une affaire. J'avais prévue faire 2 jours. En t’adressant ce mail je compte vraiment sur ta disponibilité et j’espère que tu n'en parleras surtout à personne, pour que ça ne soit vraiment pas une grande honte pour moi. Mais dès mon retour je pourrai t’expliquer tout sur ce voyage si brusque. Cependant je viens d’avoir un problème et j’ai fortement besoin de ton aide car je te fais confiance Je me suis fait agresser ce matin a 500 mètres de la sortie de l’hôtel où je séjourne par 2 hommes armés. J'étais en compagnie d'une amie qui elle a reçue des coups de couteau à l'abdomen. J’ai été grièvement blessée à la bouche et nous avions été dépouillées de la majeure partie de nos affaires (argent ,téléphone etc) . Mais le plus grave c’est que les médecins d’ici refusent de continuer à nous procurer les soins nécessaires car nous n’avons encore rien payées . Je me retrouve actuellement sans un seul sou et traumatisé par cette situation alors j'aimerais que tu me rendes un très grand service en me faisant parvenir 1850 euros que je te rembourserai dès mon retour. S’il te plait je ne te mets pas la pression mais c’est vraiment urgent. Pour me faire parvenir l’argent assez rapidement il faudrait te rendre à Western Union dans les locaux de la poste .Voici mes cordonnées pour l’envoi: Nom: Jocelyn Gasnier. Pays : MALI Ville: BAMAKO. Une fois le mandat fait,fais-moi parvenir par E-mail les références du transfert pour que je puisse le retirer ici .S’il te plait c'est juste un prêt que je te demande pour mes premiers soins ici avant de rentrer car je suis très affaiblie par la douleur. Je te rembourserai ton argent dès que je rentre. Je compte sur toi. Jocelyn Jocelyn Gasnier était en difficulté — affaibli par la blessure il décida de quitter le Mali, pays où il avait grandi balloté d'hôtel en hôtel dans son enfance — il était revenu pour une affaire concernant son ex — maintenant elle était morte suite à l'agression — il quitta Teghazza tout au nord pour rejoindre Sikasso — il trouva abri et nourriture dans les grottes de Missirikoro — là se trouvait une communauté de Dogons — les Dogons avaient un caractère et une culture grossière car je n'ai pas envie d'aller plus loin dans la description — Jocelyn Gasnier prit la fuite car il savait que les Dogons ne l'aimait plus désormais — il les remercia pour l'avoir guérit par magie — a son départ pour Dedougou, les Dogons lui offrirent une de leur sculpture de Nommo que Jocelyn Gasnier saurait revendre très cher sur un stand de marché en France à côté des Cendrierasta et des Bermudadebermudebobmarley — Il se dirigea vers le Burkina Faso et arriva à Dedougou sur la route pour Ougadougou 66


On l'attendait déjà à Dedougou — un homme mystérieux — certainement un penseur — poète obscurantiste abstrait travaillant comme espion — sans caractère — car les mystérieux se cachent de l'ennuie qu'ils dégagent dans une profondeur dissimulée surjouée — ce gars sans apparence et sans intérêt bouscula Jocelyn Gasnier — frappant son épaule lui glissa une lettre dans la poche — c'était sûr! — Jocelyn Gasnier était attendu depuis longtemps pour régler les problèmes du pays — Il lu la lettre comme si il était en mission: Dear, I am writing this letter to you with tears and sorrow from my heart. My name is Ms Linda Kones, I’m 24yrs old female and I held from Kenya. My father was the former Kenyan road Minister. He and Assistant Minister of Home Affairs Lorna Laboso had been on board the Cessna 210, which was headed to Kericho and crashed in a remote area called Kajong'a, in western Kenya.The plane crashed on the Tuesday 10th, June, 2008. After the burial of my father, my stepmother and uncle conspired and sold my father's properties to a Switzerland Expertrate which they shared the money among themselves and live nothing for me. One faithful morning, I opened my father's briefcase and found out the documents which he have deposited huge amount of money in one Bank in Burkina Faso with my name as the next of kin. I traveled to Burkina Faso to withdraw the money for a better life so that I can take care of myself and start a new life, on my arrival, the Bank Director whom I met in person told me that my father's instruction to the bank is that the money would only be release to me when I am married or present a trustee who will help me and invest the money overseas. I am in search of an honest and reliable person who will help me and stand as my trustee so that I will present him to the Bank for transfer of the money to his or her bank account overseas. I have chosen to contact you after my prayers and I believe that you will not betray my trust. But rather take me as your own sister. Though you may wonder why I am so soon revealing myself to you without knowing you, well I will say that my mind convinced me that you may be the true person to help me. I will like to disclose much to you if you can help me to relocate to your country because my stepmother has threatened to assassinate me. The amount is($7.2 USD) Million United State Dollars, and I have confirmed from the bank in Burkina Faso on my arrival, You will also help me to place the money in a more profitable business venture in your Country. However, you will help by recommending a nice University in your country so that I can complete my studies. It is my intention to compensate you with 30% of the total money for your services and the balance shall be my capital in your establishment. As soon as I receive your positive response showing your interest I will put things into action immediately. In the light of the above, I shall appreciate an urgent message indicating your ability and willingness to handle this transaction sincerely. I’m waiting your urgent and positive response. Please do keep this only to your self.

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I beg you not to disclose it till i come over because I am afraid of my wreaked stepmother who has threatened to kill me and have the money alone,I thank God Today that am out from my country (KENYA) but am now In (Burkina Faso) where my father deposited these money and i have confirmed from the bank with the Documents i have at hand i will send my picture to you in my next letter. In the light of the above, I shall appreciate an urgent message indicating your ability and willingness to handle this transaction. C'était donc Linda Kones, fille de Kipkalya Kones — une amie d'enfance de Jocelyn Gasnier — elle a vingt quatre ans elle aussi — il disait partout combien il l'aime — il racontait partout « elle est ma fiction à moi » — l'amour, disait-il, est une histoire que l'on se raconte et qui finit par nous convaincre — il en était convaincu — le père de Linda Kones venait de trouver la mort dans un accident d'avion — Linda Kones était seule et abandonnée — triste — Jocelyn Gasnier ne pensait qu'à une chose, il voulait la retrouver au plus vite pour lui venir en aide — surtout que sa mère voulait maintenant la tuer C'est à Ougadougou dans une cabine téléphonique qu'il retrouva la belle Linda Kones — Aujourd'hui, le cycle de l'essor des cabines téléphoniques au Burkina Faso semble tirer vers sa fin. Elles ne sont pas en mesure de tenir la concurrence avec le téléphone portable. Leurs rares clients se recrutent aujourd'hui parmi les personnes insuffisamment équipées ou soucieuses de préserver leur anonymat: Personnage 1 : En ce petit lieu on ne peut rien faire, on ne peut poser un pied! Personnage 2: On ne peut pas s'y installer ni faire de gestes — quoique se toucher Personnage 1: Sans actions nous ne changerons pas l'Histoire de ce pays Personnage 2 : Alors il faut raconter une histoire, une petite histoire pour ce petit lieu, quelque chose qui importe peu à la grande Histoire Personnage 1: On parlera d'amour Personnage 2: Oui parlons d'amour car il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour Personnage 1: C'est un bon début Personnage 2: Oui, je t'aime Depuis cette cabine Jocelyn Gasnier et Linda Kones appelèrent Hassan Amadu — un ami du père défunt de Linda Kones Hassan Amadu cherchait à se refaire après la mort de Kipkalya Kones — il n'avait plus de soutient dans le gouvernement Kenyan — il mendiait dans tout le Burkina — il gripait ses contacts — amis banquiers — pour avoir des crédits et démontrer qu'il n'avait pas perdu de son influence

CONFIDENTIAL IS THE CASE. VERY URGENT ATTENTION. FROM Mr.Hassan Amadu. The Head of File and Auditing Department, BANK OF AFRICA (B.O.A) Ouagadougou Burkina-Faso ( West Africa ) REMITTANCE OF ($12.500.000 USD) CONFIDENTIAL IS THE CASE. VERY URGENT ATTENTION

This message might meet you in utmost surprise, however, it's just my Urgent need for foreign partner that made me to contact you for this transaction I am a banker by profession from Burkina Faso in West Africa and currently holding the post of director Auditing and accounting unit of the bank.

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I have the opportunity of transferring the left over Funds ($12.500.000 USD) of one of my bank clients who died Along with his entire family in a plane crash. (FILL THIS FORM BELLOW PLEASE AND RESEND IT TO ME). Your Your Your Your Your Your Your Your Your

name in full.......................... ........ country....................... .................. age............................................... cell phone.................................... occupation.................... ............... sex............................................... International passport.................. marital status................................ bank name.......................... ..........

Best Regards,

Mr.Hassan Amadu Depuis la cabine Jocelyn Gasnier et Linda Kones appelèrent Hassan Amadu — un ami du père défunt de Linda Kones — mais il ne répondait pas — Jocelyn Gasnier remplit alors un de ces formulaires pour prendre contact

Your name in full Jocelyn Gasnier Accompagné Your country Mali Your age 24 ans Your cell phone Cabine téléphonique +226 Your occupation J'aime raconter des histoires, Chercher à faire des histoires, tout un plat d'histoires, raconter des salades, tout un plat de salade Your sex Male et par delà Your International passport 4 56 9 24 Your marital status Avec Linda Kones

Your bank name

Éditions Réinsérer

Ce que Jocelyn Gasnier et Linda Kones ne savait pas c'est que Hassan Amadu cherchait la fille pour la tuer et récupérer les terres qui appartenaient à Kipkalya Kones — il convoitait particulièrement le Sibiloi National Park dans le Nord — certainement pour faire de ces terres frontalières à l'Éthiopie un lieu contrôlé et faire passer sa contrebande Les deux hommes qui avaient blessés Jocelyn Gasnier au Mali poursuivaient maintenant les deux amants en fuite — ces deux hommes n'avaient besoin de nul procès pour exécuter — oh mon dieu — c'était dangereux Linda Kones s'est faite attrapée — puis assassinée — depuis — Jocelyn Gasnier trainait seul dans les rues de Ouagadoudou — il était bien tenté par les petites putes russes qui trainaient — il voulait oublier Linda Kones — Anna et Marina étaient là pour ça European and American women are too arrogant for you? Are you looking for a sweet lady that will be caring and understanding? Then you came to the right place- here you can find a Russian lady that will love you with all her heart. Can't find a queen to rule your heart? How about beautiful Russian ladies that have royal blood and royal look? Here you can find hundreds of portfolios of these fine women of any age for every taste. Please excuse us if you are not interested

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Jocelyn Gasnier n'était en effet plus intéressé par ces artistes du poignet russe — du balais! qu'il disait — (jeu de mot: ballets russes) — Jocelyn Gasnier allait finir seul à la fin de l'histoire — lorsqu'il rencontra une femme dans un diner de rencontre — rencontres pour célibataires — un air de Linda Kones — de nouveau — rassuré — précipité — il tomba amoureux — elle s'appelait Miss.Laiss Gaddafi — fille du dictateur Gaddafi dont je ne connais pas le pays — autour d'un verre elle raconta son histoire émouvante à Jocelyn Gasnier I am Miss. laiass gaddafi, one of the daughters of the embattled president, I am currently residing in one of the African Countries, unfortunately as a refugee. At the meantime,my family is the target of Western nations led by Nato who wants to destroy my father at all costs. Our investments and bank accounts in several countries are their targets to freeze. I have been commissioned to contact an interested foreign investor/partner who will be able to take absolute control of part of the vast cash available to private account with my late brother who was killed by NATO air strike, for a possible investment in your country. If this transaction interest you, you don’t have to disclose it to any body because of what is going with my entire family, if the united nation happens to know this account, they will freezing it as they freeze others so keep this transaction for yourself only until we finalize it.I want to transfer this money into your account in the huge amount of( 15.5 Millions) ,immediately for onward investment in your country because I don’t want the united nation to know about this account. Therefore if you are capable of running an establishment and can maintain the high level of secrecy required in this project. Elle embarqua Jocelyn Gasnier dans une histoire internationale — Il était devenu l'ennemi des nations-unis — Grâce à l'argent de Miss.Laiss Gaddafi il engagea Miss Peace pour pister et capturer Hassan Amadu qui était devenu une tortue grâce à une chirurgie audacieuse — Miss Peace étant elle aussi très amoureuse de Jocelyn Gasnier — elle voulait partager avec lui plus qu'un simple lien professionnel — Elle voulait baiser avec lui Hello my Dear, How are you today i hope you are fine, My Name is Miss Peace, I will want us to be friends, for something important which I would like to share with you, and we will get to know each other better, I hope you don't mind being my friend. l want you to send your adress to me so that I can give you my picture for you to know whom l am. please i am waiting, Remember the distance or color does not matter but love matters allots in life yours new friend Peace. Sans que l'on ne connaisse jamais le vrai visage de Miss Peace, on amena Hassan Amadu à Jocelyn Gasnier — on tortura la tortue — on tordu sur sa carapace dur plusieurs barres de fer — non sans joie d'écouter le son qui pouvait en ressortir — à mesure de quelques percussions — Hassan Amadu finit par avouer pourquoi il avait fait tué Linda Kones — a la mort de Linda Kones, Hassan Amadu s'empara des terres du Sibiloi National Park — c'est un lieu qui compte d'importants sites archéologiques proches du berceau éthiopien — 70


Hassan Amadu était passionné d'archéologie et voulait être le propriétaire de ces terres — il s'agissait bien de se construire son propre musée pour lui tout seul — le berceau de l'humanité pour lui tout seul — car c'est tellement historique — il payait très cher des scientifiques pour faire de son ADN la mémoire de l'Histoire — était enregistré dans son ADN l'image de la peinture avec un je ne sais quoi de profondément idiot de Gasiorowski pour représenter toute la peinture — c'est son héritage pour la postérité — quelle avancée! Quel progrès que cette mémoire dans l'ADN de Hassan Amadu! Jocelyn Gasnier commençait à tout comprendre — l'agression au Mali, les Dogons et leur sculpture, le mystérieux penseur-espion, le crash de l'avion de Kipkalya Kones, l'assassinat de Linda Kones, la machination de Hassan Amadu, les musées, l'ADN, la rencontre avec Miss.Laiss Gaddafi et la dévotion de Miss Peace — tout avait pour origine: l'origine de l'humanité — quelle humanité pour une tortue! — c'est surprenant! — tout était lié à la naissance des hommes dans ce pays — et partout ensuite — sans avertir — heureusement qu'ils sont nés — et que ça ait du sens!

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Un livre vague et pourtant familier , un livre génial surtout Le rapporteur pour les Éditions Réinsérer

Edgard, à part découragé.— « Tire, lire, lire !... » Voilà ce que c'est de se familiariser ! Labiche

jocelyn_gasnier@hotmail.com prix libre 11 rue principale, Amné en Champagne 72540 pour envoyer le pognon 73


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Les étrangers sont partout ou l'écrivain faisant de la lèche à la langue est lui même étranger à sa