Issuu on Google+

Joydeb et Moyna Chitrakar

Sous le Signe noir de Rackham

Tsunami


Écoute mes mots maintenant Et entends-moi à présent La tragique histoire que je chante De la terrible déferlante

Deux mille quatre se refermait Quand tout a été emporté Objets chers, êtres aimés Tous jouets de la fatalité

Noyés devant, noyés derrière Partout noyés sous la mer Maisons de bois ou de pierre Rien n’échappe à ta colère Quand impitoyable tu t’abats Gloire et fortune ne durent pas


Une fillette dans un arbre réfugiée Voit sa famille, ses amis par les eaux emportés Devant tant de morts et d’inutiles douleurs Voilà encore que mes yeux pleurent

Arrivent les reporters tels les yeux du monde L’histoire fait le tour des nations en une seconde Horrifiés tous et toutes voient à la télévision


Mais sa bouche n’a pas tout dévoré Des bêtes l’ont senti et se sont réfugiés Sur les montagnes les plus élevées Là où la langue des flots s’est arrêtée

Ballet d’hélicoptères débris de toitures Survivants qui se battent pour de la nourriture Amer destin de mourir comme des mouches Les larmes coulent de mes yeux, de ma bouche Aide, politique et petits arrangements Vont de concert entre les baraquements Les affamés tiendront-ils encore longtemps


Comme une lueur au milieu des tourments Entre les religions les murs tombent un instant Dans une mosquée reposent dorénavant Côte à côte Hindous et Musulmans


Une histoire d’espoir avant de finir Sur une berge, un temple regardait le temps vieillir Il n’a ni cédé ni ne s’est effondré Mais on a vu à ses pieds un autre temple se dévoiler Sous les sables par les flots avalés Même dans la destruction tu fais surgir la beauté


Tsunami