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Un autre regard sur la Sclérose en plaques/Complém ents Sur les pas du Dr C. Kousmine Dr Alain Bondil Sommaire des cas cliniques Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas Cas

n°3 n°4 n°5 n°6 n°7 n°9 n°1 1 n°1 2 n°1 4 n°1 5 n°1 6 n°1 7 n°1 8 n°1 9 n°2 2 n°2 3 n°2 4 n°2 6 n°2 7 n°2 9 n°3 1 n°3 4 n°3 6 n°3 7 n°3 8 n°3 9 n°4 0 n°4 1 n°4 2 n°4 4 n°4 5 n°4 6 n°4 7 n°4 8 n°4 9 n°5 0

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Compléments su r les Schémas et L égendes Cette partie du livre est le complément internet de ‘Un autre regard sur la SEP pour mieux s’en SEPARER’. Les 50 cas cliniques y sont développés et commentés. Pour permettre à chacun de bien les interpréter, voici quelques informations indispensables. 1) Comme expliqué dans le livre, les aînés ont normalement une meilleure hérédité que les suivants et surtout les derniers de famille. Plus les parents avancent en âge et plus ils transmettent une hérédité entachée de certaines maladies qu’ils ont contactées. 2) De plus, selon mon observation les caractéristiques génétiques sont plutôt transmises sur le mode croisé c’est à dire de la mère à son fils et du père à sa fille. Ces précisions permettent de mieux appréhender les risques de transmission de maladies d’une génération à l’autre. 3) Afin de bien visualiser la transmission des maladies d’une génération sur l’autre et prendre conscience de la fragilisation des enfants par rapport à leurs parents et grands-parents j’ai souhaité établir un tableau avec des couleurs pour chaque cas significatif. Puisse chacun de vous tirer le meilleur partie de ces informations dont le but premier est de faire prendre conscience de la fragilisation des individus d’une génération sur l’autre et de la nécessité d’une prise de conscience et un investissement personnel pour éviter de se traiter une fois la maladie effective. Ici encore c’est une question de bon sens et de civisme.

Cas N°3 Né en 1966 – Restaurateur - Marié, 1 fille (1991). Enfant unique, handicapé de naissance. Stade 2  Stade 1 - Suivi de 5 ans 1990, à l’âge de 24 ans, survient une fatigue durant 2 à 3 mois accompagnée d’essoufflement, de sensation d’évanouissement et de fourmillements au visage. Il pense à de la dépression, maladie dont souffre sa mère, et se rend chez un neurologue. L’électroencéphalogramme (EEG) est normal. Pourtant sa fiche comporte la mention : ‘SEP ?’. Le neurologue ne lui parle de rien et il reçoit 40 à 50 injections intramusculaires de Glycérovalérovit 1. Tout rentre dans l’ordre peu à peu. De 1990 à 2007 il se surmène beaucoup et présente des troubles de la vue épisodiquement. Il faut préciser que : • de 1988 à 1999 (soit durant 11 ans), il est représentant en fromages et charcuterie (!), • il s’installe comme ‘pizzaïolo’ en 1998 et, • durant deux années (1998 et 1999) il cumule ces deux métiers. Tout ceci ne va pas arranger son état de santé ! 2006 - Au travail, en Août, il ressent une douleur dans le milieu du dos à type de sensation d’eau chaude qui descend le long de la colonne vertébrale jusqu’aux pieds. Il est très anxieux. Mais tout disparaît au bout de 5 minutes. Le mois suivant (Septembre), lors de vacances en Hollande, les mêmes symptômes réapparaissent, quoique plus légers, tandis qu’il conduit sa voiture. Cela ressemble aux troubles de 1990 et, là encore, tout disparaît spontanément. 1

Complexe de Glycérophosphate de sodium + valériane

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Décembre, pendant son travail, il ressent des fourmillements aux deux pieds. Au coucher les deux pieds sont encore comme ‘anesthésiés’. Il se décide à aller consulter. Le neurologue lui fait passer une IRM dorsale, suspectant une possible hernie discale. On lui découvre effectivement une ‘petite hernie   discale’ mais aussi ‘une   lésion   sur   la   moelle   épinière,   ancienne’   car ‘non   active’ (lésion vraisemblablement en relation avec sa crise d’Août ?). A l’examen il présente le signe de Lhermitte*. Toutefois l’IRM cérébrale se révèle négative : «  absence  d’image  pouvant  évoquer  une  lésion  de  SEP  ». Le voilà donc rassuré ! Mais son état continue de s’aggraver. Son périmètre de marche atteint péniblement 200 mètres. Il a, en plus, 3 à 4 selles par jour qu’il soigne seul quelques temps, et sans résultat, avec des probiotiques. Hospitalisé à San Luigi (Orbassano), il subit une série d’examens. La ponction lombaire confirme l’existence d’une inflammation. L’IRM est, une nouvelle fois, muette : «  absence   de   lésion   au  cerveau  » ! La SEP est fortement suspectée mais pas confirmée. Il retourne à son travail… sans traitement. Progressivement les troubles s’aggravent encore avec, alternativement, une insensibilité ou une sensation de brulure sur tout l’hémicorps gauche. Après un mois il est à nouveau hospitalisé en Neurologie. Nouveau bilan sanguin et 4e IRM. Cette fois on découvre des lésions ! Le 20 février 2007, l’IRM de l‘encéphale, de la colonne cervicale mais aussi dorsale montre la présence ‘ d’une lésion nodulaire de 10mm de diamètre, hyper intense et fixant le produit de contraste’, donc active ! Il reçoit 1 gramme de Méthylprednisolone‚ par jour pendant 10 jours ce qui améliore ses troubles moteurs et sa dysenterie. Un passage à l’Interféron est prévu. Mais trois jours après sa sortie de l’hôpital il vient consulter. Il connait enfin le diagnostic et se dit ‘rassuré’ car, ne sachant pas jusque là de quoi il était atteint, il envisageait le pire (un cancer).  Il consulte début Mars 2007. (C’est un homme communicatif qui parle facilement de son état avec son entourage. Il a eu notre adresse par une patiente en fauteuil roulant qui fréquente régulièrement son restaurant. Il fait aussi parti d’un groupe de Reiki 2 auquel appartient une autre patiente - elle aussi atteinte de SEP - qui a bien récupéré). Antécédents Enfant unique atteint d’une malformation congénitale : raccourcissement bilatéral du tendon d’Achille ayant entrainé une déformation des pieds et des troubles de la marche. Il subira en tout 4 interventions chirurgicales (4 anesthésies générales) pour allonger progressivement ses tendons. Il sera très ‘surveillé’ par sa mère, anxieuse de nature et préoccupée pour lui (sentiment de culpabilité ?). Jusqu’à l’âge de 13 ans, il restera traumatisé par son handicap (dévalorisation). Aujourd’hui les séquelles sont minimes. A 7 ans (1973) opération des amygdales ( 5e anesthèsie) Il a reçu tous les vaccins obligatoires. Allergie au pollen vers 12 à 13 ans (1978 – 1979). 1980 - Traumatisme crânien avec plaie hémorragique de la tempe gauche (coup de club de golf). 1986 - Accident d’auto (tôle froissée). Amputation de la 2e phalange du pouce gauche en coupant du bois ( 6e anesthèsie) Il se marie en 1988. Il est papa d’une fille en 1991. A 30 ans (1996) opération des saphènes aux deux jambes pour varices (7e anesthésie) 2

Technique japonaise Taoiste qui aide à rebforcer le Ch’i ou « énergie universelle de vie » qui est en chacun de nous. Le Reiki vise à soulager les souffrances, apporter un calme mental, une paix intérieure et un bien-être en général.

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En 2007, il fait enlever les 7 à 8 amalgames dentaires qu’il a depuis l’enfance (anesthésies). Antécédents familiaux

A noter l’infarctus du grand-père à 75 ans, l’infarctus du père à 57 ans (soit 18 ans plus tôt) suivi d’un cancer de la prostate à 63 ans. Le fils fait une SEP à 24 ans. Il présente une maladie dégénérative (avec immunité faible) 33 ans plus tôt que son père et 51 ans plus tôt que le grand-père ! Alimentation Petit-déjeuner : café au lait + brioches Déjeuner : pâtes et viande. Souper : pâtes et viande Beaucoup de pâtes, 1er plat en Italie. Peu de légumes et de fruits !!! Examen et évolution Il pèse 67 Kg pour 1,67 m. TA : 149 / 90. La marche étroite (les yeux fermés) est possible en le tenant avec un doigt. Le reste de l’examen est normal. (Stade 2). Je lui conseille de modifier son alimentation (sans laitage et sans gluten) en insistant particulièrement sur la suppression du ‘blé’ pour voir s’il était possible de diminuer sa dysenterie. (La chose semblait très difficile à faire compte tenu de ses origines italiennes et de son métier.) Il lui est prescrit des vitamines injectables et per os, des omégas 3 et des probiotiques.

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2007 - Il a respecté son régime et s’est organisé pour son travail. Il s’est équipé d’un aspirateur au dessus de son plan de travail et porte un masque pour ne pas respirer de farine lorsqu’il travaille. Il est resté 3 jours sans dysenterie. Mais lorsqu’il consulte il a encore des gargouillis dans le ventre et des démangeaisons à la tête. Poids 64,7 kg. TA : 120 / 75 L’examen neurologique est normal, même si la marche étroite est hésitante. Il marche seul, sans aide. (Stade 1). Il continue la même prescription à laquelle s’ajoute un traitement contre une candidose*. Les démangeaisons qu’il décrit, les troubles digestifs évoquent ce diagnostic. Revu en Juin, il a beaucoup plus de forces. Il signale le retour de la dysenterie dés l’arrêt de son traitement pour la candidose intestinale. Cela s’est accompagné d’une baisse de la vision, d’une sensation de plus grande nervosité et de prurit à la tête. L’examen est identique. Le traitement est reconduit. En Septembre il est bien. Il a pu travailler 40 jours de suite sans ressentir de la fatigue et son intestin est tout à fait bien depuis 10 jours ! Son examen neurologique est entièrement normal. Il est à 61,5 kg car il s’est surmené ces dernières semaines. 2008 - Il accepte de se faire suivre en ostéopathie et fasciathérapie. Les améliorations se confirment comme le rapporte le compte-rendu plus loin. Depuis cette date son état s’est maintenu sans récidive. Son poids s’est stabilisé à 62 kg. Un bilan avec son allergologue a permis de mettre en évidence une allergie au froment. Il s’est donc adapté et utilise de la farine d’épeautre et travaille sa pate à pizza avec un appareil. Il est suivi par une fasciathérapeute régulièrement. La dernière consultation date de Novembre 2010. Il se dit en pleine forme et très heureux de cette réforme de vie. (Stade 1). 2011 - Il m’informe qu’ à la visite de contrôle à l’Hôpital San Luigi (Orbassano) tout est normal. Commentaire : Malade avec une malformation congénitale qui va l’handicaper et le ‘traumatiser’ jusque vers l’âge de 13 ans (exclusion, dévalorisation). Il est surprotégé par sa mère. Un traumatisme crânien à 14 ans. Il a subi plus de 7 interventions (et autant d’anesthésies). Il a eu tous les vaccins obligatoires et présente de nombreux amalgames dentaires en bouche (métaux lourds). Enfin il s’est surmené durant plusieurs années (cumulant même deux métiers pendant deux ans). Sa maladie débute réellement en 1990, mais ne sera reconnue qu’en 2006 (soit 16 ans plus tard !). Ceci confirme que, même avec l’IRM, le diagnostic n’est pas toujours possible rapidement. La réforme alimentaire, les modifications apportées à ses conditions de travail, le suivi dentaire, les soins en ostéopathie et fasciathérapie, la pratique du Réïki ont permis de faire disparaître les troubles digestifs, de stabiliser puis d’améliorer son état neurologique. Depuis Mars 2007 il n’a plus fait de poussée, ni présenté de désordre intestinal. Il est au Stade 1. A noter - Une lourde hérédité dans sa famille : Le grand-père paternel est mort à 75 ans d’infarctus du myocarde. Le père a été atteint d’infarctus à son tour à 57 ans (soit 18 ans plus tôt) et a présenté un cancer (prostate) à 63 ans. La grand-mère, décédée à 83 ans, était aussi atteinte de cancer (intestin).

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Lui débute sa maladie à 24 ans soit 33 ans plus tôt que son père et 51 ans plus tôt que le grand-père paternel) ! C’est aussi un exemple de ‘dégénérescence’ où les maladies graves surviennent toujours plus tôt d’une génération sur l’autre. D’où l’intérêt de sensibiliser les jeunes générations et, si possible, avant la survenue des premiers signes de maladie !

Comptes-rendus des principales séances d’Ostéo et Fasciathérapie Afin de mieux percevoir le travail accompli par la thérapeute - et avec son accord - les résumés des principales séances ont été rapportés ci-dessous. Tous les termes médicaux ou techniques du bilan ostéopathique ne peuvent être explicités, malgré la volonté de rendre le texte le plus compréhensible possible pour le grand public. L’important est de remarquer les améliorations obtenues. Par contre les ostéopathes trouveront là des précisions intéressantes pour eux. Première séance le 17.06.2008 : Envoyé pour des problèmes de genoux et pieds. Antécédents : opéré jeune 3 à 4 fois d’un tendon d’Achille, opération des saphènes, fracture rotulienne avec nettoyage cartilage. Diagnostic d’une SEP depuis 1 an ½. Ne veut pas d’interféron, et n’a pris de la cortisone que 10 jours, n’en prend plus. Pratique alimentation Kousmine et lavements. Antécédents traumatiques : traumatisme crânien à 12 ans, s’est pris un club de golf dans temporal gauche. Accident de voiture en 1986 (sans dommages apparents !) Antécédents opératoires : pieds à la naissance (les 2) Fracture de la rotule. Amygdales à 7 ans. Phalange du pouce gauche (n’a plus d’extrémité) A déjà consulté un ostéopathe, a arrêté car n’aimait pas les techniques structurelles (trusts, craquements) Bilan ostéopathique : Debout : épaule Droite plus basse, articulation sacro-iliaque Droite bloquée. Pas de force dans membres inférieurs en poussée vers le haut. Pas de mise en évidence de chaines musculaires dominantes, paramètres faussés pour cause de mauvaise tenue sur pieds, douleurs, échauffements et brûlures des voutes plantaires. Pas de pieds plats, genu valgum* Droit. Assis : pas de latéro-flexion bilatérale de la tête, blocage D4/D5, D8, charnière dorso-lombaire. Dermalgies réflexes : algies ++des apophyses coroïdes de C7, le muscle grand dorsal (bilatéral) et le muscle psoas (bilatéral). En Décubitus : membre inférieur Droit plus long, épaule Droite en avant et en bas, pas d’étirement chaine postérieure par pieds. Strain Droit de la tête. Traitement ostéopathique en fonction du bilan. Suivi ostéopathique 2009 - 2012: Visites régulières tous les 3 mois avec améliorations notables de séances en séances. A vu un médecin homéopathe à Turin fin 2008, confirmation d’une intolérance au gluten, a ôté tout gluten depuis de son alimentation et précaution dans sa cuisine (porte un masque protecteur et installation d’un aspirateur sur plan de travail). Fin 2009 : me dit ne pas avoir envie de savoir s’il y a amélioration ou détérioration de sa SEP, ne veut pas passer d’IRM cérébrale. Fin 2009, marche mieux qu’en juin 2008 mais ne peut faire + de ¾ heure car ensuite sa jambe traine ! Juillet 2010 : amélioration de sa marche en distance et en temps, a toujours des difficultés à vélo (ne sent pas bien les pédales) et peine à monter de nombreux escaliers. Conseil : faire des semelles correctives après bilan dynamique chez orthopédiste de la ville.

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2011 : reprise de la natation, du vélo, mise en évidence d’une hernie inguinale Gauche après effort, a soulevé une porte très lourde (septembre 2011). A eu ses semelles en juillet 2011, après 3 ans de travail ostéopathique, postural et se sent depuis beaucoup mieux. Quelques sciatalgies Gauches apparaissent de temps en temps avec de grosses contractures fessières et pyramidales, qui ne durent pas, pratique des exercices de yoga que je lui ai montré pour étirer seul ses chaines musculaires et atténuer ses gênes. 2012 : pratique plus de vélo, fait maintenant 20 kms uniquement sur du plat, n’a plus aucune sensations désagréables au niveau des pieds, a retrouvé force dans les 2 membres inférieurs. A la dernière séance d’ostéopathie le 17.07.2012 : Pratique 25 kms à vélo avec petites pentes de 4 à 5 % (en 2008 ne pouvait faire plus de 4 kms, et que sur du plat !), commence à faire des montées plus importantes sur de très petites distances 30 à 50 mètres, a plus d’endurance, ressent parfaitement le travail de ses pieds, genoux et cuisses. Résultat : Selon le patient en 4 ans d’ostéopathie, à raison de 4 séances / an, il se sent revivre !! Sur une échelle de gênes et douleurs de 0 à 10 (0 = rien 10 = sensations très fortes) il me dit qu’à la première visite il était à 30 !! Aujourd’hui se situe entre 2 et 4, avec retour des gênes et douleurs hanche Gauche et genou Droit au bout de 2 mois, voire 2 mois ½. Ne veut pas arrêter l’ostéopathie malgré la distance qui le sépare du cabinet. Va prendre rendez-vous avec chirurgien pour se faire opérer de son hernie inguinale. Au niveau postural n’a plus de torsion bassin, CV (compensatoire) et crânienne. Evolution très positive malgré l’éloignement des séances (tous les 3 mois). Les soins sont à poursuivre.

Cas N°4 Né en 1944 – Technicien – – Marié, 1 fille – 2e de 3 enfants. Fils unique avec 2 sœurs. Stade 2  Stade 1 – Suivi de 27 ans et 8 mois Fin 1965 – Apparition de fourmillements à la main droite qui s’étendent progressivement à tout le membre supérieur. En 8 jours, il ne peut plus se servir ni de la main, ni de son bras. Il pense avoir une tumeur au cerveau et consulte. A l’électroencéphalogramme, on découvre un foyer inflammatoire gauche et, dans le sang, une augmentation des gammaglobulines. Il est traité à la cortisone (Médrol®). 1967 – 1968 – 1969 – Il présente plusieurs poussées qui touchent le bras droit, le thorax, la jambe droite entrainant des pertes d’équilibre, puis les yeux avec une diplopie et baisse de la vision de l’œil gauche. A chaque fois il reçoit du Synacthène® à dose dégressive, puis de façon préventive 1 fois par semaine pendant 3 à 4 ans. 1970 – Nouvelle perte d’équilibre associée à une diplopie et baisse de la vision de l’œil gauche. Il refait une cure de Synacthène®. 1971 – 1972 – Les problèmes d’équilibre reviennent avec douleurs dorsales et lombaires. Cette fois il présente des difficultés à la marche avec la jambe droite. Il est remis sous Synacthène®. 1975 – En plus des douleurs lombaires surviennent des difficultés pour retenir les urines et les selles. Les sphincters sont atteints !

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1976 – Hospitalisé sur Marseille à la Timone (Service de Neurologie), il se confirme qu’il s’agit d’une SEP avec, en plus, une décalcification secondaire aux multiples traitements de Synacthène® ! Il est traité à nouveau au Synacthène® associé à une thérapie de calcium et de phosphore.  Il vient consulter en Février 1982. (sur les conseils d’une de ses amies suivie pour SEP) Antécédents Empoisonnement par le lait maternel3. A été élevé au ‘lait pour bébé’, qui est du lait de vache modifié. Effectivement il sera sujet ensuite à de l’entérite*. Diphtérie à 5 ans. Beaucoup d’angines 1953 - Appendicite ( 9 ans) Ectopie testiculaire4. Opération (anesthésie) 1958 - Rougeole (14 ans) A noter une absence de réaction au BCG, malgré plusieurs revaccinations. Réformé lors du Service Militaire en raison de tachycardie* et souffle au cœur . Herpès récidivant sur le trajet du sciatique droit Antécédents familiaux

Son père atteint de Cancer des intestins décèdera en 1989 suite à une septicémie. Alimentation Matin : Café (au lever), puis Café et croissant vers 9heures Midi : Cantine où les plats sont assez gras et en sauce. Sinon sandwich ou pizza. 3 4

Ceci est le signe d’une ’fragilité intestinale’ à vie. Testicule non descendu dans les bourses.

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Soir : viande tous les soirs, légumes cuits, fromage (50 gr), fruit. Peu ou pas de crudités. Peu de fruits. Repas du soir ‘lourd’, notamment avec viande au quotidien. Il consomme beaucoup d’huiles cuites et autres corps gras (margarines) à la cantine et, en plus, environ 60 gr / jour d’équivalent de beurre avec le croissant, le gras de la viande, les sauces, le fromage… Examen et évolution Il se plaint de fatigue rapide et, surtout, de vertiges aux mouvements de la tête. Il se sent limité dans sa vie de tous les jours. Il est au Stade 2 avec un écart des pieds de 10 cm lors de la marche normale à reculons. La marche aveugle à reculons est ébrieuse avec une déviation sur la gauche. Steppage* et cloni* au pied droit. L’épreuve de l’index-nez est imprécise du côté droit. L’épreuve du double index est réussie 1 fois sur 5. Il repart avec les conseils nutritionnels, les vitamines injectables (en intraveineuse), des complexes de vitamines en comprimés, des oligo-éléments. Dès le mois suivant il ressent moins de vertige et se trouve moins gêné par sa diplopie. L’examen neurologique s’est amélioré au niveau de l’épreuve de l’index-nez qui est normale et celle du double index réussie 1 fois sur 2 désormais. En Septembre, il a plus d’équilibre, n’a plus de vertige ni de chutes de tension. A l’examen neurologique, le saut avec les deux pieds est limité à 40 cm. Les épreuves du double index et index-nez sont normales. En Décembre, il monte les marches sans traîner le pied droit (disparition du steppage) et ne tombe plus dans les escaliers. 1983 - Il doit reprendre du Synacthène en Février car il trainait la jambe (poussée ?). Il s’est beaucoup surmené suite à des soucis financiers lors de la construction de sa maison. L’herpès est revenu au bas du dos, accompagné de douleurs de sciatique. Après un arrêt de deux mois, il demande à travailler à mi-temps. Revu en Juin, son amélioration s’est poursuivie. Pourtant il a traversé une très mauvaise période avec le décès de son beau-frère, sa grand-mère maternelle qui a fait un accident circulatoire cérébral, sa femme fatiguée et, apothéose, un coup de fil qui lui annonce l’enlèvement de sa fille ! En fait c’est une mauvaise blague. L’examen est quasi parfait. Il garde seulement une limitation lors du saut avec les deux jambes. (Stade 1 à 2) En Septembre, il s’est remis au vélo et peut parcourir 10 à 15 km sans difficulté, ce qui lui était impossible depuis 2 ans. L’équilibre est revenu. Il marche désormais sans avoir l’impression de boiter, même s’il lui arrive encore parfois de s’embroncher. L’herpès est survenu une seule fois dans l’été. Par la suite la récupération se poursuit au fil des ans. 1985 - Une sœur décède brutalement. 1989 - Décès de son père. La même année il quitte son travail de technicien et se reconverti (avec sa fille) dans le commerce d’alimentation. 1990 - Opération d’une hernie inguinale droite (anesthésie) sans incidence. 1992 - (Février) - Pour la première fois son examen neurologique est entièrement normal. (Stade 1).

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Cet été là, il a 2 crises de coliques néphrétiques*. (Il avait abandonné toute surveillance de son PH depuis plus d’un an). Il récupère bien, reste très actif et surprend même son entourage. En Septembre, opérations pour hernie inguinale droite et gauche (anesthésies). La première intervention à droite doit être reprise ! Il est mis sous anticoagulant suite à une thrombose de la veine fémorale et de la veine cave. 1994 - Surmenage avec son commerce. Opération suite à la rupture du biceps droit (anesthésie). 1995 - Mauvais moral. Il se sent agressé par son entourage et se dit ‘incompris’. En fin d’année il fait un bilan radiologique en raison d’une douleur au coccyx. On découvre une coxarthrose* secondaire à une fracture ancienne mal consolidée (suite de chute). 1997 - Il a dû refaire 2 injections de cortisone en Janvier et Février (2e poussée depuis que l’on s’est vu en 1982). C’est l’époque où il s’est surmené avec son magasin et sa belle-mère hospitalisée. Il présente à nouveau des troubles de l’équilibre et quelques tremblements à la jambe droite. (Stade 2) En Novembre tout est revenu à la normale. 1999 - Nouvelle période de tensions en famille. Sentiment de révolte envers l’entourage. Tremblements (jambe droite). 2000 - Petite crise en Avril (3e poussée depuis 1982). Hospitalisation une semaine et traitement au Synacthène®. L’IRM est rassurante. 2004 - Il m’avoue qu’il était le ‘mal aimé’ de son père ! Ouf !!! Dur à sortir. Mais quel soulagement de pouvoir enfin ‘exprimer’ (au sens littéral de ‘pousser dehors’) ce qui n’a pu être dit du vivant de son père. Le poids des interdits ! 2005 - Problème de santé de son épouse. En plus il doit s’occuper de sa mère (84 ans) et de son beau-père. Certains jours il se sent dépassé. Mais il tient le coup. 2006 - Après coloscopie (anesthésie), il est opéré pour ablation de 3 polypes bénins (anesthésie). Sa femme aussi a du être opérée et garde des séquelles de son intervention. Malgré tout, il tient le coup et avoue qu’il même fait des choses qu’il ne faisait pas à 30 ans ! Notamment, il s’est baigné 4 fois durant l’hiver avec l’eau à 15°. Décembre 2009 - C’est la dernière consultation puisque je prends ma retraite. Il est en excellente santé et au Stade 1. Commentaire La maladie a débuté en Décembre 1965 et il a présenté de nombreuses poussées jusqu’à Février 1982, date de sa première consultation avec moi. En 27 ans et 8 mois de suivi, il n’a présenté que 3 nouvelles poussées, malgré de sérieux aléas de vie et plusieurs interventions avec, au moins, 6 anesthésies. Les poussées ont été vite bloquées avec un traitement ponctuel de Synacthène et l’on peut dire que le résultat est satisfaisant en ce qui le concerne. Il reconnait pouvoir faire en 2005 ce qu’il était incapable de faire en 1974 (30 ans plus jeune). A noter la prise de conscience en 2004 (à 60 ans) des difficultés relationnelles avec son père (« je suis le mal aimé de mon père ») ! Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour comprendre et, surtout, se libérer du poids de nos blocages et des interdits que l’on nous a inculqués.

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Cas N°5 Née en 1954 – Secrétaire – Mariée sans enfant – Dernière de 3 enfants. Stade 2  Stade 0 - Suivi de 27 ans. Dernière de trois enfants, elle naît 17 ans après son frère aîné et 15 ans après le deuxième. Cette grossesse est une ‘surprise’ pour la maman qui, devant les vomissements, pensait avoir une crise de foie ! C’est une ‘fille unique’ avec deux frères plus âgés. Elle sera donc élevée et choyée comme peut l’être un enfant unique, avec une mère hyper protectrice qui lui transmettra beaucoup de peurs. Elle arrête ses études peu avant le baccalauréat pour travailler comme secrétaire et se marie à l’âge de 20 ans, un peu pour ne pas décevoir son fiancé. Mais, rapidement, elle a le sentiment d’avoir fait une bêtise. 1976 - (à 22 ans) Lors d’un voyage en Espagne, elle ressent un engourdissement aux deux membres inférieurs. Elle est traitée au Valium® sans résultat. 1977 - Survient une baisse d’acuité visuelle de l’œil gauche. Elle consulte une ophtalmologue qui, en l’absence de résultat à son traitement, suspecte une SEP et l’adresse directement en service de Neurologie à l’hôpital de la Salpêtrière (Paris). Elle y reçoit un traitement d’ACTH® et, sur son insistance, finit par obtenir des précisions sur sa maladie : ‘suspicion de SEP’ ! Après deux mois elle retrouve 7/10e de vision (au lieu de 9/10e). Mais ensuite, tous les 18 mois, elle fait une poussée oculaire accompagnée de paresthésies. A chaque fois elle reçoit de l’ACTH® et du Synacthène®. Le diagnostic de SEP est confirmé. C’est lors d’un séjour dans le Sud de la France qu’une infirmière s’inquiète de savoir pourquoi elle fait des injections de cortisone. Au prononcé de ‘SEP’ elle lui parle de la ‘méthode Kousmine’ et l’encourage à rencontrer une malade qui est une amie intime du Dr Kousmine. Cette personne lui apprend que, Catherine Kousmine étant âgée, elle ne prend plus de nouveaux patients. Elle lui remet un exemplaire de ‘Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus’ et lui demande de chercher un médecin capable de lui appliquer le traitement. A la lecture du livre, les explications données lui semblent évidentes. Elle modifie d’elle-même son alimentation et trouve, en 1982, un médecin formé à la méthode qui la suivra durant deux ans et demi. Sa santé se maintient, sans poussée. En 1985, ce médecin lui annonce qu’il cesse de pratiquer la méthode. Les malades ‘Kousmine’ lui prennent trop de temps. Il cherche à préserver sa vie de famille. C’est ainsi qu’elle obtient mon adresse. 1986 - Elle fait une nouvelle poussée en Mai et reçoit à nouveau de l’ACTH® et Synacthène®.  Elle consulte la première fois en Août 1986. Antécédents Rougeole très forte ; coqueluche ; varicelle. Durant son enfance, café au lait tous les matins qu’elle vomit systématiquement mais qu’elle continue à prendre pour obéir à ses parents. Constipation depuis son plus jeune âge. Elle reste plusieurs jours sans aller à la selle. Problèmes de règles irrégulières. Prise de pilule durant deux ans une fois mariée. En 1985 - Elle suit un traitement de stimulation hormonale pour grossesse. Sans succès.

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Ce n’est que bien plus tard qu’elle livrera certains détails de sa vie qui m’ont paru très importants : • vers l’âge de 12 ans elle joue à l’équilibriste sur une barre en fer et chute sur les fesses. Elle décide de ne rien dire par peur d’être grondée (choc sur le coccyx et ébranlement de toute la colonne vertébrale). • son mariage se révèle être plus qu’une erreur. Des soucis sérieux se répètent l’amenant à douter de son couple et de son avenir (les problèmes lui semblent insurmontables depuis qu’elle est malade). Pour éviter la déprime, elle se plonge dans le travail. Antécédents familiaux

Alimentation Elle a une alimentation saine depuis plusieurs années mais vit dans un contexte de stress et de surmenage. Examen et évolution Elle doit être tenue avec une main lors de la marche aveugle. Par ailleurs l’examen neurologique est normal (Stade 2). Elle est mise sous injections intraveineuses de vitamines, compléments nutritionnels et homéopathie pour ses règles. Revue en Septembre, son état s’est amélioré. L’examen neurologique est à nouveau ‘normal’ (Stade 1). De 1986 à 1990 elle a totalement récupéré de sa SEP et mène une vie normale. Mais elle vit de plus en plus mal les travers de son mari. Octobre 1990, épuisée et au bord de la dépression, elle se résigne à divorcer et quitte l’ Yonne. A son arrivée dans le Sud de la France elle présente une névrite optique gauche (nouvelle poussée) avec paralysie des muscles oculaires. Elle est hospitalisée pour bilan et

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traitement de cortisone en perfusion. Le 3e jour elle a totalement récupéré la mobilité et la vision. 1999 - Elle se remarie en Mai. Pourtant, 3 mois avant son mariage, elle fait une poussée avec une nouvelle atteinte oculaire et, pour la première fois, des troubles de la marche. Son périmètre de marche est limité à 500 mètres. Elle est traitée avec des perfusions de cortisone (480 mgr/jr) sur plusieurs jours qui sont mal supportées et très vite arrêtées. Mise sous injections intraveineuses de vitamines, compléments nutritionnels, acupuncture, kinésiologie… elle récupère sans séquelle. Suivie régulièrement depuis cette date, elle n’a plus présenté de poussée. Elle fait régulièrement du Taï Chi, du yoga et de la marche. Son état est totalement stabilisé (stade 0). Recul de 27 ans. Commentaire Dernière de famille et unique fille. Elle a 17 ans d’écart avec son frère aîné, 15 ans avec le 2e. C’est un enfant ‘surprise’ qui a été élevée comme un enfant unique et avec la transmission de beaucoup de peurs de la part de sa mère. Chute importante sur les fesses durant l’enfance, avec séquelles sur la colonne vertébrale retrouvées bien plus tard par l’ostéopathe consulté. Antécédents de nombreux soins dentaires avec des plombages qu’elle s’est fait extraire lors de arrivée dans le Sud de la France. C’est à cette occasion qu’ont été trouvées des caries sous les plombages (!!!). Aux difficultés pour les découvrir s’ajoutaient les conséquences infectieuses secondaires à prévoir si elles n’étaient pas traitées ! A noter qu’avec le changement d’alimentation et les apports en vitamines, le transit intestinal se régularise et les poussées s’espacent. Par contre 2 fortes poussées surviennent et peuvent s’expliquer par des circonstances particulières: • la 1ere, lors de sa venue dans le Sud de la France (1991). Elle est tout juste divorcée et sans emploi (peur de l’avenir, déracinement) • la 2e, avant son remariage (1999), avec la réactivation des craintes de ce qu’elle a vécu. Le stress du remariage est d’autant plus fort que son deuxième mari porte le même prénom que le premier !!! Remise dans le circuit du travail et sécurisée, sa situation s’est stabilisée sans poussée depuis plus de 12 ans ! Depuis des années elle pratique aussi, très régulièrement, le yoga et leTaï Chi avec grand bénéfice pour son équilibre physique et psychologique. 36 ans après le début de sa maladie elle est en Stade 0.

Cas N°6 Née en 1966 – Psychologue – Mariée, 2 filles – Stade 2 Stade 0 – Suivi de 8 ans.

1995 - Elle accouche de sa première fille en Avril. 1996 (Janvier) - Elle ressent des fourmillements à la plante des pieds en faisant de la bicyclette. Bien qu’elle traverse une période de gros stress au travail, elle pense immédiatement que ces troubles sont dus à la pratique du vélo. Elle fait un bilan sanguin suivi d’une première IRM. Ensuite elle est hospitalisée sur Milan pour une nouvelle IRM et ponction lombaire. Le diagnostic est confirmé : SEP. Reste à décider s’il faut faire ou pas un traitement car elle désire un autre enfant. Elle se résigne à modifier son

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alimentation et à suivre un traitement homéopathique. Elle mène à bien sa 2 e grossesse malgré quelques soucis et accouche sans difficultés en Novembre 1997. Sa santé se maintient jusqu’en fin 2 001. 2002 - Elle présente une névrite optique droite (2 e poussée) et passe une nouvelle IRM. Elle reçoit 3 bollus de cortisone et récupère immédiatement. On lui conseille l’Interféron qu’elle refuse malgré l’insistance de son père médecin. Elle accepte de faire tous les ans une IRM de contrôle. Décembre 2003 - Lors d’un bilan de surveillance de kystes mammaires, on lui demande de refaire une échographie. Elle s’inquiète et panique à l’idée d’avoir un cancer . La 2 e mammographie est rassurante. Mais, en Février 2004, elle présente une nouvelle névrite optique gauche (3 e poussée). Elle est de nouveau traitée à la cortisone et récupère, mais en 20 jours cette fois. C’est dans ce contexte que je reçois un fax (en anglais) me demandant un rendez-vous et précisant qu’elle a 37 ans, qu’elle n’a pas pris d’Interféron ou de Copolymère® et que les IRM annuelles, même rassurantes, confirment une maladie active. • Elle consulte en Avril 2004

Anté c édents 1982 - (à 16 ans) Accident de circulation comme passagère en moto : fracture du tibia droit. 1995 – 1ere grossesse (fille) 1997 – 2e grossesse (fille). Au 7 e mois, elle apprend que l’embryon présente une malformation (!) Cette enfant sera opérée des voies urinaires vers l’âge de 7 mois. Anté c édents f amiliaux Elle est l’aînée de 2 enfants. Son frère est né 3 ans après (1969). C’est une ‘fille unique’. Elle est très attachée à ses filles. Son mari a des antécédents sérieux de santé et ceci l’a beaucoup angoissée (peur de le perdre). Alimenta tion Matin : Café, brioche ou pain grillé, confiture Midi : sur le lieu de travail, pain + jambon 16h : Fruits ou thé, biscuits Soir : Pâtes, Poisson/crustacés, légumes, fruit, tisane. Evolution de la ma ladie Dès la 1ere consultation, et très spontanément, elle se livre. C’est une malade très active, passionnée par son travail et qui a terminé un nouveau livre en rapport avec son expérience professionnelle. Elle raconte : « Mon père avait 3 frères. Le 4 e enfant (et dernier des frères) qui s’appelait ‘Mario’ est mort de Leucémie. C’est ce qui a décidé mon père d’être médecin. Je suis née 1 an après le mariage de mes parents. Mon père décide de m’appeler ‘X…’ en souvenir d’une belle jeune fille qui a été son grand amour et qui s’appelait ainsi ! 3 ans plus tard naît mon frère qui est appelé ‘Mario’ en souvenir du frère à papa. Ma mère était très femme et peu mère. Elle s’est comportée comme une grande sœur et me répétait souvent « Tu me donnes confiance » (!!!) J’avais des difficultés scolaires (je n’aimais pas les mathématiques) et me sentais peu intégrée dans la petite ville où nous habitions. Mon père a même pensé que j’avais des problèmes psychologiques et m’a fait faire des examens médicaux. La psychologue me fait découvrir que je suis intelligente et me sensibilise à cette thérapeutique. Je suis prise entre deux choix : la médecine,

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comme mon père, ou la psychologie. Pour mon père il n’y a pas à hésiter. Aussi je décide de quitter la maison familiale pour aller étudier la Psychologie à Rome. Mon père a mal accepté mon choix et ne m’a jamais félicitée, même quand j’ai été diplômée à 23 ans ! …Je ne sais pas dire ‘non’.» L’examen neurologique est au Stade 2. La marche étroite est ébrieuse. La marche aveugle également, avec les bras écartés. On met en route la réforme alimentaire et le traitement. Je suis confiant et le lui dis. Juin - Elle s’observe mieux, se sent plus calme. Elle prend conscience qu’elle a des problèmes à régler avec sa mère. Elle-même a peur d’être une mauvaise mère ! Et elle se livre davantage : « Je me suis mentie à moi-même très longtemps. Je suis en colère envers ma famille. J’ai fait une analyse Junghienne et une thérapie familiale…. J’ai cherché à me faire aimé par mes résultats scolaires et en prenant un métier. Il y a eu l’accident de moto. Puis la maladie. J’ai pensé mourir… Les malades atteints de SEP n’ont pas de limites. Ils sont très pessimistes. » Septembre – L’évolution se poursuit favorablement. Pour la 1ere fois de sa vie elle va à la selle régulièrement. Elle a de meilleurs contacts avec sa famille et réalise peu à peu : « Lors de ma 1ere névrite optique j’ai écrit mon premier livre. A la 2e , j’ai écrit mon 2 e ouvrage… J’ai pris conscience que la maladie me rend service par moment. Elle me permet de ne pas me sentir coupable ! Je réalise que tout fonctionne mieux si je laisse aller. » 2005 - Elle découvre que sa maladie est en relation avec des problèmes de doute, de dévalorisation et le besoin d’être aimée. Elle va bien. L’IRM est inchangée. 2006 - A l’approche des 40 ans, elle avoue avoir peur ! Elle présente une perte de sensibilité de la moitié droite du visage et reste couchée 2 jours. C’est une période d’insécurité pour elle. Elle arrive à une date anniversaire (celle d’une crise tous les deux ans) et la consœur homéopathe qui la suit hésite à la mettre immédiatement sous cortisone… car c’est son père qui lui fait les injections ! Elle reçoit 1 perfusion de cortisone pendant 5 jours puis de la cortisone en comprimé 5 autres jours. Son neurologue, ami de son père, ne jure que par l’Interféron®. Elle est ‘tiraillée’ une fois de plus entre le respect et la fidélité à la parole du père et…son intime conviction ainsi que les risques encourus. L’IRM montre : ‘… la présence de nouveaux petits foyers de démyélinisation de la substance blanche…, sans altération de la barrière hématoencéphalique*. Sur la base des données d’interrogatoire et cliniques on n’est pas en présence d’une poussée.’ Octobre – Elle doit avoir un nouveau contrôle gynécologique et s’angoisse. Elle se souvient d’une précédente poussée après la mammographie. Novembre - Son père a été très malade et elle a dû l’accompagner à l’hôpital. Elle a même ressenti quelques paresthésies* au pouce et à l’avant-bras gauches. L’IRM n’a pas montré de rechute malgré la présence d’une tache au cervelet. 2007 est une année charnière puisque, pour la première fois, son examen neurologique en Septembre est pa r f a it ! (Stade 1) Pourtant c’est une année douloureuse. Elle s’attend au décès de son père (74 ans). Il s’accroche à la vie, continue à soigner ses malades et faire des projets. Pourtant, malgré la chimiothérapie, il baisse. Elle réalise qu’elle a passé peu de temps avec lui ! Les relations avec sa mère sont tendues. Elle se rapproche de son frère. Son poste de ‘fonctionnaire’ à l’hôpital lui déplait. Elle préfère le travail en libéral, mais il y a trop de charges. Elle se sent bien moralement, surtout depuis qu’elle n’a plus d’ennuis gynécologiques et s’est remise à travailler davantage (Pour oublier ?)

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Elle est revue début Avril 2008. Son père vient de décéder. Elle l’a accompagné et a bien réagi. Elle se sent calme et en forme. Durant l’été elle présente une baisse de la vision de l’œil gauche (contre-coup du deuil ?). L’examen du champ visuel est normal. Le fond d’œil reste toujours plus pâle au niveau de cet œil. Mais pour l’ophtalmologiste cette légère baisse de la vision est sans relation avec la SEP. L’IRM est même rassurante : ‘A l’examen on reconnaît d’emblée de multiples foyers de démyélinisation disséminés dans la substance blanche …dans les deux hémisphères cérébraux. Par rapport au dernier contrôle de Novembre 2006 certains foyers précédemment décrits sont de dimension réduite... Par ailleurs il y a quelques autres foyers de démyélinisation, de petite dimension, dans la substance blanche …dans les deux hémisphères …non vus précédemment. Après injection de produit de contraste, il n’y a pas de rehaussement des foyers de démyélinisation décrits … Intégrité de la barrière hématoencéphalique…’ En 2009, sa mère est gravement malade. Elle réagit bien. 2010 - La ménopause s’installe avec un état de mélancolie, des pleurs sans raison. C’est une période délicate de remise en cause (travail, maison, mari qui arrive à la retraite, ses filles, sa mère en chimiothérapie…) 2011 - En Avril - Fracture du tibia et péroné gauches suite à une mauvaise chute. Opération et pose d’une plaque (anesthésie). Elle présente des signes de décalcification, favorisés par les traitements de cortisone. Fin Juin - Accident d’auto heureusement sans gravité. Elle s’est endormie au volant de sa voiture en allant, avec ses filles, voir sa mère hospitalisée. On lui conseillait d’emmener ses filles auprès de leur grand-mère. Elle se culpabilise bien qu’elle soit la seule à avoir quelques plaies ! En Septembre elle perd sa maman. Elle avoue qu’elle ‘se sent libérée’ depuis (!) Elle avait beaucoup de conflits avec sa mère. Elle faisait de longues marches pour évacuer ses colères rentrées et se calmer. Ce n’est qu’une fois fatiguée qu’elle se sentait enfin soulagée, délivrée. En Avril 2012, l’examen neurologique est strictement normal : stade 0.

Commenta ir e On voit ici la difficulté, même pour une personne dont la psychologie est le métier, de pouvoir analyser correctement sa propre histoire. Voilà une jeune femme qui : • porte le prénom du grand amour de son père, • s’oppose à lui en refusant de faire médecine, • se retrouve être l’appui de sa mère ( « Tu me donnes confiance ») • ne sait pas dire ‘non’ • a peur d’être une mauvaise mère… Elle découvre que sa maladie est en relation avec des problèmes de doute, de besoin d’être reconnue (dévalorisation) et d’être aimée. Elle admet, même, que la maladie lui « rend service par moment » et lui « permet de ne pas me sentir coupable » !!! Or il faut beaucoup de courage et recevoir beaucoup d’amour pour vouloir se battre et passer au delà de ce ‘confort ’ apparent. Il est important de noter que, lors des nombreuses IRM qu’elle a eu, à aucun moment n’a été mise en évidence une rupture de la barrière hémato-encéphalique. Nul doute que tout ce travail personnel et celui fait avec les patients qu’elle avait en charge lui ont été d’un grand secours, la confortant dans son rôle de thérapeute.

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Cas N°7 Née en 1945 – Responsable administratif– Marié, 2 enfants – Divorcé et remarié Aîné de 4 enfants. Stade 3 Stade 2 – Suivi de 27 ans 1983 - A cheval, il évite de justesse un fil de fer pour étendre le linge, se retrouve désarçonné et chute au sol. Les pompiers le conduisent à l’hôpital où il reste deux à trois jours en observation. Par la suite il présente des fourmillements aux 2 bras ( premiers symptômes de SEP ?). Début 1984 - Des difficultés apparaissent à la marche avec les jambes de plus en plus lourdes et douloureuses et une incontinence urinaire ( 2 e poussée). Il consulte en urologie et en neurologie et reçoit un traitement de vitamine B12. La même année, durant ses vacances, il présente une paralysie des 2 mains et des paresthésies* de tout le côté droit ( 3e poussée). Hospitalisé sur Montpellier, il est mis sous cortisone et sort avec le diagnostic de SEP. Il poursuivra la prise de Synacthène® jusqu’en fin d’année. Par la suite il garde des pesanteurs dans les 2 jambes, une gène aux 2 genoux, une incontinence urinaire et des problèmes d’érection. Dès sa sortie, il cherche une alternative à la cortisone et entend parler des travaux du Dr. Kousmine qui est en Suisse. Il la fait contacter par une cousine qui réside sur Lausanne pour un rendez-vous. Comme Catherine Kousmine ne prend plus de nouveaux patients, elle me l’adresse. Il vient consulter en M a r s 1985

Anté c édents A 8 ans (1953) : primo-infection tuberculeuse. A 14 ans (1959) accident de mobylette : choc de plein fouet contre un panneau de signalisation routière. Les pompiers le ramènent inconscient à la maison (traumatisme crânien avec perte de connaissance). Anté c édents f amiliaux - Grand-Père paternel décédé, à 70 ans, de pneumonie - Grand-Père maternel décédé suite à une c r ise d’ur é e - Père - Opéré d’arthrose aux 2 genoux. Décédé de maladie c a rdiaque en 2007 (à 90 ans)

Histoir e de sa ma ladie Il est né 11 mois après le mariage des parents. C’est un enfant choyé par toute la famille. Il se dit même « couvé par deux femmes », sa Mère et sa Grand-Mère maternelle, deux ‘maîtresses femmes’ qui gèrent et règlementent toute la maison. Son enfance est très heureuse et insouciante. « …A 16 ans (1961) je ne travaille pas au lycée. Je rêve de liberté et me retrouve en pension. Ce sera l’internat jusqu’au service militaire. A cette époque je tombe amoureux d’une fille, mais ses parents ne me trouvent pas assez bien pour elle et me le font savoir ( dévalorisation ) . En 1969, à 24 ans, je rentre néanmoins dans cette famille qui ne veut pas de moi car un enfant est en route (mariage forcé). Je me retrouve dans la position où je ne suis que le gendre (imposé - nda*). Je me sens brimé, je subis, fais bonne figure devant tout le monde…comme, en fait, on me le demande ( dévalorisation ) . Quelques temps après je réalise que je n’ai pas d’autre option que la fuite : le divorce ! Mais, pour essayer de sauver notre couple, en 1978, on fait un deuxième enfant. En fait c’est ‘reculer pour mieux sauter’. Le divorce va s’imposer quelques années plus tard » .

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Il a 2 filles : 1970 et 1978.

Alimenta tion Il mange systématiquement au restaurant ou à la cantine le midi. Il consomme beaucoup de viande et de fromages. Abus de condiments. Cafés +++ et 20 cigarettes /jr. 3 ans auparavant, il a fait un stage très pénible à Paris. Il mangeait matin, midi et soir au restaurant pendant 9 mois ! Examen e t évolution La langue est chargée, ‘sale’ (signe d’une surcharge hépatique). Les intestins sont douloureux. A l’examen neurologique, la marche aveugle possible s’il est tenu avec 1 main. Le double index est imprécis (1cm de décalage entre les doigts). Il est en Stade 3. Je lui demande de se prendre en charge en modifiant son alimentation, en veillant à une bonne hygiène intestinale, en stabilisant son PH et en prenant des vitamines et compléments nutritionnels. Cette première rencontre est un peu déroutante pour lui, comme il l’avouera bien plus tard. Il venait de rencontrer un certain nombre de rebouteux et guérisseurs. Et voilà que je lui parle d’hygiène intestinale au moment où la chanteuse Rika Zaraï préconisait les « bains de siège » dans un livre très médiatique !!! Devant son scepticisme (pour ne pas dire son ironie), je lui ai posé la question qui l’a piqué au vif : « Avez vous 3 mois à perdre dans votre vie ? Alors, suivez ce que je vous demande et voyons après ces 3 mois. Si les résultats sont là, on continue ensemble. Sinon vous abandonnerez sans regret ». Il accepte de jouer le jeu. « Quand dois je revenir ? » demande t’il . « Je ne vous donne pas d’autre rendez-vous. Vous reviendrez seulement si vous faîtes tout. Et pas à 100%, mais à 101% ! » Passé son étonnement, il veut me mettre au défit, suit les recommandations, change sa nourriture et modifie ses habitudes de vie. Ce ne sera pas facile. Mais, ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est qu’on va se revoir longtemps puisqu’il est même venu habiter la ville où je réside ! Juillet et Décembre - Il revient en annonçant des améliorations. Mais il a encore les jambes lourdes jusqu’à mi-cuisse, des craquements articulaires au lever. Toutefois il ne se lève plus que 2 fois / nuit pour uriner. Le PH est bien contrôlé. L’hygiène intestinale est plus difficile avec des problèmes de sphincter. L’examen neurologique est inchangé. Mais, le plus important est fait : il a compris que rien ne sera obtenu sans effort de sa part. On est sur la bonne voie ! 1986 - Il a tenté d’arrêter le tabac lors d’un séjour au ski. Mais à son retour au travail il reprend la cigarette. Octobre - Sa jambe et sa main fonctionnent normalement. Il reste ébrieux lors de la marche aveugle. L’examen neurologique est au Stade 2. 1987 - Il s’est mis au yoga, à la musculation (douce) et se fait suivre en acupuncture, kinésiologie ostéopathie et iridologie. En Novembre il a pu faire 6 heures de marche dans le Mont-Blanc à plus de 3000 mètres d’altitude. Toute l ‘année 1988, il ne vient pas consulter. L’apport vitaminique lui a permis de retrouver une vie presque normale. Mais en Août 1989, après surmenage au travail, des soucis et des difficultés à supporter la chaleur, il présente une nouvelle crise qui touche cette fois tout le coté droit ( 4 e poussée). « Cette poussée je l’ai vécue comme une ‘descente aux enfers’ car je suis alors un légume !!!!! Me voilà mis sous cortisone par le neurologue. Mais surtout, je rapplique chez vous pour faire

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le point et tout reprendre à zéro ». A l’examen il marche en se déhanchant et traine même la jambe droite qui est raide. La marche aveugle est possible en le tenant avec un doigt. Stade 3 (léger). La remontée sera longue. Mais après plusieurs mois il peut à nouveau reprendre son travail. Il contacte un kinésithérapeute qui accepte de le prendre en charge, de le motiver et de lui conseiller les exercices appropriés à son état. Cet accompagnement va être très important tant sur un plan physique que psychologique. De 1991 à début 1996, il ne consulte plus. Juin 1996, il revient car il est à nouveau en poussée ( la 5e ). Il est en divorce depuis 6 ans et fait face à des soucis de travail et avec sa fille aînée. Il n’a qu’un désir : partir, fuir ! Il exprime beaucoup de colère rentrée et de frustration . Sa jambe droite est lourde et se tétanise rapidement à la marche (Stade 3). Mis sous cortisone et vitaminothérapie il récupère et se reprend en main. Ensuite la situation se stabilise, surtout après la rencontre de celle qui deviendra sa deuxième épouse. « En 20 ans et après une dizaine de poussée JE DIVORCE (sic). Suit une période de ma vie très décousue, sans rigueur avec stress, tabagisme, non respect du contrat. C’est à nouveau le chaos ! Coup sur coup surviennent deux nouvelles poussées qui m’obligent à me mettre en mitemps thérapeutique. Puis un soleil arrive dans ma vie – je rencontre celle qui, en septembre 1999, deviendra ma seconde épouse. Sur un plan professionnel je me rends compte que la formule du mi-temps est difficilement adaptable. En Février 2000, l’inévitable se produit. Je suis licencié ( rejet ) pour inaptitude physique ( dévalorisation ). C’est un nouveau choc (sic). Je ne suis plus rien, je n’existe plus, je deviens un anonyme. Voilà la nouvelle réalité que je dois affronter. Tout le travail du kiné remonte à la surface : les leçons de yoga – la maîtrise de soi. Accepter de passer d’une vie trépidante à une vie beaucoup plus calme et simple. (Etre plutôt que paraître ! nda*) Je retourne à la sagesse toujours guidé et soutenu par vous. Après une discussion complice, nous réabordons le sujet de l’accompagnement psychologique afin d’évacuer tous les non-dits, tout ce que je ne voulais pas et ne pouvais pas voir. Et je m’achemine, alors, vers la liberté retrouvée. Depuis 10 ans maintenant, je vis sans crise. Je ne vais pas employer le terme de ‘guérison’ car je garde des séquelles. Pourrait-il en être autrement après 25 ans de maladie invalidante ? Mais je suis en ‘rémission’ et autonome.» En Août 2010, il est au Stade 2. Et mieux encore, comme un enfant, il vient de réaliser un vieux rêve. Il s’est offert la voiture de sport décapotable, flambant neuve, dont il rêvait !

Commenta ir e Deux accidents et chutes marquent son histoire : • 1959, à 14 ans, avec perte de connaissance, ce qui implique un choc violent ; • 1983, à 38 ans, après une chute de cheval. C’est après cette 2 e chute que les manifestations de la maladie apparaissent. Ensuite, à 24 ans, il s’est imposé dans une famille qui ne le voulait pas comme gendre. Cette situation ( rejet, dévalorisation ) aboutira au divorce ( échec). Lorsque, handicapé, il doit réduire son temps de travail puis se retrouve licencié, il traverse une période dépressive très pénible. Ce n’est qu’après plusieurs échanges ensemble qu’il accepte de voir les avantages que lui apporte cette nouvelle situation et qu’il dépasse ce qu’il ressent comme un rejet et une dévalorisation de plus. Depuis ce temps, il a fait un énorme cheminement pour identifier et cicatriser ses blessures. Ce qui lui permet de dire actuellement : « Je tire les leçons de cette expérience. Elle m’a obligé à adopter une charte de conduite »

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Cas N° 9 Née en 1935 – Employée de bureau – Mariée, 1 fille – Aînée de 3 enfants. Stade 2  Stade 2 – Suivi de 24 ans. Cette patiente signale des problèmes intestinaux depuis toujours avec alternance de diarrhée et constipation. 1956 - Pendant sa grossesse elle présente des vomissements importants au point qu’elle n’arrive pas à s’alimenter et doit rester alitée 3 mois. 1963

- Appendicectomie (à 28 ans) suivie de troubles de la vision et vertiges (1ere poussée).

1978 - Choc émotionnel en découvrant son beau-père décédé. Tremblements et troubles de l’équilibre (2e poussée ?). Quelques temps après sa fille se fiance. Grosse fatigue. 1979

- Elle est hospitalisée pour bilan et elle ressort avec le diagnostic de SEP.

1980

- Elle est traitée pour état dépressif (Laroxyl ® gouttes).

Par la suite, en raison d’effets secondaires le Synacthène® a été arrêté et elle est mise sous Imurel®. Mais là encore, l’apparition d’un herpès et d’un zona nécessite de le suspendre.

 Elle consulte la première fois en Décembre 1986 Antécédents Une grossesse, durant laquelle elle a présenté beaucoup de vomissements et a dû rester alitée 3 mois. Elle est l’aînée de trois enfants. Plus tard elle avouera que sa mère était enceinte avant de se marier (à une époque où les filles mères étaient bannies de la famille). Relations difficiles avec sa mère. Elle se dit ‘non désirée’. Alimentation Matin : biscottes et chicorée Midi : hors d’œuvre, légumes, viande, fromage, dessert Soir : bouillon de légumes, fromage, yaourt. Peu de fruit. Huile du commerce. Examen et évolution C’est une personne anxieuse et crispée+++ (elle le restera tout au long des 23 ans de consultations !). Elle est hésitante lors de la marche étroite et de la marche aveugle. (Stade 2). Gaz et douleurs abdominales à la palpation. Par la suite son état se stabilise sans poussée. 1989 - Sa fille a eu des jumeaux et elle se surmène pour l’aider mais ne s’aggrave pas. 1990 - Elle se remet au vélo d’appartement et marche seule 1km.

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1991 - Survenue de maux de tête en casque, de troubles de la vue qui s’expliquent après la découverte d’un kyste dentaire sous une couronne (à gauche). Ce kyste traité, son périmètre de marche atteint plus d’1 km et ½. La mémoire est meilleure car elle ne cherche plus les mots avant de parler. 1992 - Les soins dentaires sont terminés. Mais depuis un mois elle traîne la jambe gauche. Elle ne se sent pas fatiguée, mais s’inquiète pour sa fille (infirmière, surmenée avec ses jumeaux) 1998 - Elle a fait 2 chutes. Une, provoquée par son chien tenu en laisse, une autre après avoir glissé en forêt. Elle s’en est bien remise après contrôle ostéopathique. 2000 - Accident d’auto en tant que passagère. Choc par l’arrière et coup du lapin*. Contrôle ostéopathique. 2006 - Ses parents refusent d’aller en maison du 3e âge. Elle s’inquiète car elle se sent fatiguée. Elle est ébrieuse à la marche et a peur de tomber. 2009 - Zona intercostal gauche en Avril. Elle s’épuise à visiter ses parents âgés qui refusent toujours la maison de retraite (comportement d’enfant ‘modèle’). Elle a des problèmes d’équilibre. Octobre - Elle se plaint de troubles de l’équilibre dans les grands espaces. Mais, en dehors de son état de crispation lors de l’examen, elle marche tout à fait normalement. 2010 - Son mari ayant, à son tour, des problèmes de santé elle est à nouveau très anxieuse. La marche est toujours hésitante en ma présence. (Stade 2). Commentaire Personne très anxieuse, crispée à chaque examen. La différence est flagrante lorsqu’elle marche pour entrer dans le bureau et lors de l’examen. Et, ce, même après 24 ans de consultation ! C’est le type même de malade qui aurait tiré bénéfice d’une psychothérapie pour lui faire perdre ses repères rigides d’enfant ‘modèle’. Mais est ce la peur de ce qu’elle allait découvrir ou du changement… qui l’en ont empêché ?

Cas N°11 Née en Décembre 1971 – Commerçante/Secrétaire – Mariée, sans enfant – Dernière de 2 filles. Stade 1 Stade 1 – Suivi de 19 ans 1989 - A18 ans, elle présente un épisode de diplopie* qui régresse spontanément en 7 jours et sans traitement ( 1ere poussée). En Février 1993, elle ressent des douleurs dans la jambe droite puis des difficultés à commander sa jambe et à marcher ( 2e poussée). Elle consulte un neurologue qui l’hospitalise pour bilan. Le diagnostic est rapide : SEP. Elle est mise sous perfusion de cortisone et s’améliore en 3 jours ! De retour à la maison, elle consulte son médecin généraliste qui me l’adresse. Entre temps

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elle a changé son alimentation. • Elle vient consulter en M a i 1993

Anté c édents Paralysie transitoire de la moitié gauche du corps, à l’âge de 6 mois, survenue après injection du vaccin antipoliomyélitique. Récupération en 12 heures. Par la suite elle ne recevra plus aucun vaccin. Elle est atteinte de myopie + astygmatie et porte actuellement des lentilles. Les problèmes de vue ont été corrigés vers l’âge de 15 ans. 1977 - Appendicectomie (anesthésie) Anté c édents f amiliaux Le père, 51 ans, a présenté une ostéomyélite à 17 ans et a été opéré du genou gauche suite à un accident de moto. La maman, 51 ans aussi, souffre de calculs dans la vésicule biliaire. L a g r and-mè r e pa te rne lle a é té a tteinte de S E P survenue à l’ âge de 60 ans. (Elle est décédée à 80 ans, peu avant la 1ere poussée de la malade) Une sœur aînée (1966). Elle est la cadette.

Alimenta tion Matin : Café + lait ½ écrémé Midi : Pâtes, pomme de terre + viande, salade, fruits 16h : Gâteaux Soir : Lait ½ écrémé, salade, fromage, fruits. Peu ou pas de crudités, laitages ++ (lait, fromages, beurre des gâteaux…), légumes peu diversifiés.

Examen e t évolution D’emblée elle me signale des soucis en famille. Depuis 1 an elle a pris un magasin avec sa mère. Avant, elle était assez insouciante, pour ne pas dire négligente. Depuis 1 an elle a beaucoup changé et vit des tensions entre ses anciennes habitudes et son comportement actuel. Elle est en surpoids avec 66,2 Kg pour 1,53m (IMC à 28,29). L’examen neurologique est normal (Stade 1) On la rassure et elle repart avec les conseils alimentaires, les notions pour contrôler le PH et régulariser les fonctions intestinales, les vitamines injectables et en comprimés, les compléments nutritionnels. Elle revient en Septembre. Elle a souffert de la chaleur durant l’été et a refusé de faire un voyage en Tunisie. Elle a présenté un épisode de diplopie le 1er mois, un matin, durant 5 minutes au lever ( 3 e poussée ?). Elle sent que sa main droite se paralyse si elle se fatigue. Tout rentre dans l’ordre rapidement au repos. Son poids est de 60,8 kg (IMC : 25,98). C’est déjà mieux. L’examen neurologique, lui, est parfait. En Décembre, elle n’a plus eu de diplopie et dort mieux sans prendre de médicament. 1994 – Elle refait de la bicyclette et s’est remise au chant. Un bilan ophtalmologique en fin d’année montre des séquelles minimes à l’œil gauche.

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1995 - En Janvier, elle est nerveuse et en pleurs. Elle a des problèmes affectifs et d’autres au travail ! Elle ressent de la fatigue qui augmente son ‘ sentiment d’insécurité’. Par la suite elle est mieux, mais reste très agitée avec les préparatifs de son mariage en Août. (Elle m’avouera avoir traversé une période dépressive avant et après son mariage avec beaucoup de pleurs). La jambe droite est lourde avec des douleurs sur le devant de la cuisse. Elle a dû diminuer ses horaires de travail au magasin. 1996 - Périodes de tristesse avec anxiété et agitation suite à des tensions avec le mari. Fin d’année ils se séparent. L’examen neurologique est inchangé. 1997 - Elle connaît des moments de tristesse et susceptibilité. Maladresse des mains. Elle lâche les objets. Faiblesse de la jambe gauche et périmètre de marche réduit. Elle doit se tenir à la rampe pour monter un escalier. Baisse de la vision ( 4e poussée ?). Le contrôle ophtalmologique est rassurant car inchangé. Revue en Juin, le traitement homéopathique l’a bien améliorée. Elle n’a plus les alternances d’anxiété et d’agitation avec les moments de tristesse et pessimisme. Elle est moins susceptible et ne pleure plus ‘sans raison’. Elle a une meilleure mémoire. Sur le plan physique, elle n’a plus les baisses de tension artérielle, se sent plus solide sur ses jambes, plus adroite avec les mains et n’a plus de baisse de vision. Dans ce contexte, et sur les conseils d’un dentiste sensibilisé aux soins pour les malades atteints de SEP, elle décide de se faire enlever les plombages qu’elle a en bouche. Examen neurologique identique. 1998 / 1999 - Stabilisation de son état, mais elle reste très anxieuse. Mai 1999, blocage de vessie ( 5e poussée). Contrôle auprès du neurologue et hospitalisation. A l’IRM on retrouve des images à différents niveaux et le radiologue conclut : ‘Il n’est pas possible de faire une comparaison avec le précédent examen de 1993 en raison des techniques différentes utilisées ; il semble, malgré tout, qu’on est en présence d’une aggravation’. Il lui est conseillé l’Interféron qu’elle refuse de prendre. 2000 - Elle se sent mieux (concentration, vision, vessie). Elle est moins fatiguée et peut faire des choses qu’elle ne faisait. Meilleur moral. 2001 - Crise de tachycardie en Octobre. Bilan cardiologique normal. Le bilan auprès du neurologue est inchangé. 2002 - Petite et 6 e poussée au visage, avec des troubles de la sensibilité dans la bouche. Elle dit avoir eu des contrariétés (sans autre précision) 2003 - Faiblesse de la jambe droite lors de la marche. Elle doit se tenir à la rampe pour descendre les escaliers. En fin d’année elle revient consulter assez perturbée. Sa sœur quitte son travail pour venir travailler au magasin avec elle. Cela la contrarie parce qu’elle voulait faire venir son compagnon. 2004 - Chute en bicyclette et fracture à la main droite. 2005 - Ses parents vendent le magasin ! Elle présente une baisse de vision de l’œil gauche. (Réaction à la décision des parents ?) Suite à des douleurs dentaires, elle doit faire dévitaliser la dent N°17 (anesthésie). Malgré toutes les précautions prises, dans les suites de cette dévitalisation, elle présente des vertiges durant 3 jours et une gène à l’œil droit. En fin d’année, elle m’annonce que le magasin a été vendu et qu’elle travaille désormais dans une banque. Elle est anxieuse car elle est à l’essai pendant 3 mois. Elle habite avec son

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compagnon (qui deviendra son mari). 2006 - Elle a obtenu une mise en invalidité à 50% et son emploi à la banque. Son père (64 ans) présente une tumeur. On ne sait pas s’il s’agit d’un cancer. Tensions avec sa sœur qui la démoralise. Surmenée au travail, à la mi-Août, elle est hospitalisée après une diplopie droite ( 7e poussée). L’électrophorèse des protéines est normale, l’examen du champ visuel inchangé. Elle m’avoue avoir beaucoup de stress au travail. Il y a un changement de direction et des ‘tensions’ du fait du licenciement de deux sous-directeurs. En Décembre, l’IRM conclut : ‘ …dans l’ensemble le nombre de lésions ne semble pas modifié par rapport à l’examen du 26 Janvier 1999. Actuellement on note tout au plus 3 tâches de rehaussement, signe de lésions en phase ‘active’... On ne retrouve plus le rehaussement correspondant aux lésions du précédent examen qui tendaient à s’activer.’ Du mieux et du moins bien. 2007 - Son père est opéré. C’est un c anc e r ! Elle accepte de se faire suivre en psychothérapie. 2008 - Anxieuse avec l’arrivée d’un nouveau directeur à son travail. Elle se surmène, finit plus tard. Faiblesse de la jambe gauche. Puis période de vertiges + acouphènes et nausées. Le neurologue la rassure. Il n’y a pas de corrélation avec sa SEP. Ce n’est pas une poussée ! En fin d’année, elle craint de perdre son père. Elle s’inquiète aussi pour son travail, se surmène toujours. Heureusement, après un entretien avec son directeur, elle obtient de travailler à mi-temps. 2009 - Elle a changé de dentiste et doit faire des prothèses sur 3 dents. 2010 - Ses relations avec son père s’améliorent depuis qu’elle vit avec son compagnon. De même, au travail elle s’intègre mieux. 2011- Elle est toujours anxieuse. Je la questionne et insiste sur des détails. Elle se livre enfin ! « Ma sœur a eu récemment des soucis avec son fils au niveau de l’école. Elle a perdu 10 kg et n’accepte pas que je lui donne des conseils (puisque je n’ai pas d’enfant). Du coup, elle se replie sur elle-même, s’éloigne de son mari et de l’enfant. Elle fait porter la responsabilité de cette situation à l’enfant. » Puis c’est le grand déballage !!! « Il y a 3 à 4 ans, ma sœur m’a avoué qu’elle était jalouse de moi et qu’elle a mal vécu à partir de 1971,… quand je suis née ! Mon père était autoritaire et ma mère lui obéissait. Ma sœur était obéissante pour ne pas contrarier mon père. Par contre, moi, je cherchais à me justifier lorsque je faisais autrement. Mon père n’acceptait pas d’avoir tord et me punissait systématiquement. J’étais ‘la pecora nera ‘(sic), ‘le mouton noir’. Je me souviens aussi que je récupérais et finissais d’user les vêtements de ma sœur, tout comme sa Vespa ! J’ai toujours eu des problèmes avec mon père dont je supporte mal l’autorité. Je me souviens qu’il parlait de l’utilité - et non de la possibilité - d’avoir un enfant. En plus j’ai découvert qu’à ma naissance mon père a été opéré alors que ma mère avait déjà à charge ma sœur âgée de 5 ans. Je travaillais bien à l’école jusqu’aux études supérieures où j’ai rencontré des difficultés de mémoire. Un matin, j’ai eu un dédoublement de la vue. Comme à 15 ans déjà où j’avais eu des troubles de la vue et que l’on m’avait fait porter des lunettes. J’ai tout de suite pensé à un problème de lunettes. Sans faire de contrôle, on m’a parlé de fatigue car je faisais beaucoup de sport. Effectivement j’avais des difficultés pour courir, mais j’avais aussi des trous de mémoire. A cette époque mon père refuse de m’envoyer à l’université puisque j’avais ces problèmes de mémoire. Je voulais aller étudier sur Mondovi en prenant le train, mais mon père refuse de payer les cours. Alors j’ai décidé de faire des ménages, puis de travailler la nuit dans un bar jusqu’à 3 heures du matin. Je retournais dormir à la maison de mes parents et repartais le lendemain à 7 heures pour suivre des cours de comptabilité. Cela a duré 18 mois (1990 - 1992).

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Tandis que je travaillais au bar, j’ai rencontré G.., mon compagnon actuel. En 1990, j’ai fait un stage d’études et mon employeur a décidé de me garder. Lorsque j’annonce à mon père que j’ai trouvé du travail, il refuse que j’y aille ! Un cousin m’a alors proposé de venir travailler sur Mondovi et j’ai accepté. Mais, au bout de 3 mois, mon père a téléphoné à ce cousin pour qu’il me licencie ! En Octobre 1992, mon père avait acheté un petit débit de tabac et ma mère travaillait avec lui. Comme l’affaire prospérait et qu’il y avait du travail pour 3, je suis venue travailler en famille. A 21 ans j’avais envie de tout moderniser. En 1993, j’en discute avec mon père qui s’y oppose. C’est à cette époque que sont apparus mes problèmes de bras droit qui se bloquait et les tendances à faire des chutes (rejet, dévalorisation). On m’a alors traitée avec des piqures de calmants. Un matin je ressens une douleur à la jambe droite et ne peux plus la commander. Elle est raide, lourde. Je dois la trainer. En plus j’ai une perte de sensibilité de toute la jambe jusqu’au ventre. Je pars consulter un orthopédiste qui m’adresse au neurologue. Et me voilà hospitalisée pour un bilan complet : examen de sang, PEV, ponction lombaire, IRM. On me parle de Sclérose en Plaques et on me dit « Il n’y a pas de traitement » et on me met sous cortisone. De retour chez moi, je consulte mon généraliste le Dr T… qui vous connaît par d’autres malades. Il me conseille de venir vous consulter. Mon père accepte !!! En 1995 je me suis mariée. Mais, depuis 1990, je connaissais G.. dont j’étais amoureuse en silence. Par des amis j’ai connu mon premier mari et je décide de me marier pour m’éloigner de mon père (sic) ! J’irai même jusqu’à inviter G... à mon mariage. Mon mari avait une affaire sur Cunéo et nous habitions Mondovi. Il faisait donc beaucoup de trajets. Mon père, lui, faisait beaucoup de sous-entendus car il n’a jamais été favorable à ce mariage. De plus, il était souvent au magasin et chez moi. Très vite, j’ai eu du mal à supporter ce père qui venait tout superviser. Je me suis retrouvée enceinte et tout le monde sur le dos ! Alors, j‘ai décidé d’avorter sans le dire à personne et de me séparer du mari car il entretenait une liaison avec une autre femme. Mais j’ai ressenti une profonde colère parce que j’ai dû tout affronter seule ! En 1996, j’ai recontacté G.. qui venait au magasin de tabac. Comme il faisait des courses de moto, je lui ai proposé de l’accompagner lors d’une compétition au Luc en Provence puisque je parlais français. Et c’est à partir de là que nous nous sommes fréquentés. » Elle a enfin vidé son sac, mis de l’ordre dans sa tête… et dans sa vie, puisqu’elle songe à se remarier. 2012 - Elle garde des douleurs sur la face externe de la cuisse droite lorsqu’elle est assise. Elle a été heurtée par un caddy au niveau du dos et a dû consulter plusieurs fois en ostéopathie. Elle reste toujours anxieuse. A l’examen, la marche aveugle est hésitante. Elle est toujours au Stade 1.

Commenta ir e Jeune femme qui a été suivie, très régulièrement, durant 19 ans et avec laquelle je suis toujours en contact. Il est important de noter que : • sa grand-mère paternelle a été atteinte de SEP à l’âge de 60 ans ; • elle a présenté, à l’âge de 4 ans, une paralysie transitoire de tout le côté gauche du corps après vaccination contre la poliomyélite et, depuis, elle n’a reçu aucun vaccin ; • elle a débuté sa maladie à 18 ans, soit 42 ans plus tôt que sa grand-mère ! C’est une personne fort anxieuse et en manque de confiance en elle. Mais pouvait-il en être autrement lorsque l’on voit la jalousie de sa sœur depuis sa naissance et l’autorité de son père ? On découvre qu’elle a beaucoup de volonté (faire des ménages la journée, travailler la nuit dans un bar... et, ce, pendant 18 mois). Mais ‘le vers est dans le fruit’. Depuis toujours elle s’est sentie le ‘ mouton noir’ (rejet, dévalorisation, abandon ) et victime d’un manque de confiance puisque l’on doute d’elle, de sa mémoire, de ses capacités. Elle a la ‘ peur de ne pas être à la hauteur’ , d’échouer. C’est d’ailleurs ce qu’elle a vécu dans son mariage. Pourtant elle accepte de

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s’être trompée, de devoir affronter seule des décisions difficiles et de rebondir. On remarquera aussi que chaque poussée intervient dans un contexte d’anxiété, de peur de l’avenir (perdre son emploi, ne pas être à la hauteur…) lorsqu’il y a du surmenage et/ou dévalorisation : • 1989 - décès récent de la grand-mère paternelle (SEP à 60 ans) ; • 1993 - opposition au père pour le magasin; • 1995 - mariage, contre l’assentiment de son père; • 1996 et 1997 - divorce et période dépressive; • 2005 - la vente du magasin des parents et les incertitudes pour l’avenir; • 2006 - maladie du père et les conflits avec sa sœur ; • 2008 - anxiété pour son emploi et surmenage. En Août 2012, elle épouse celui qui a été son compagnon prévenant et son soutien. Mais elle continue sa psychothérapie à la recherche de la confiance et de l’amour d’elle-même.

Cas N°12 Né en 1966 – Gérant de Sociétés – En concubinage, sans enfant – Dernier de 2 enfants et ‘fils unique’. Stade 1 Stade 1 – Suivi de 20 ans et 10 mois

En 1989, il se retrouve ‘enfant unique’. Sa sœur aînée, âgée de 27 ans, est décédée des suites d’un c anc e r du côlon. Aussi, pour les parents, c’est à la fois un ‘fils’ et un ‘enfant unique’ ! Il présente bien. Un homme ‘bien sous tous rapports’. Beau garçon, habillé chic décontracté, roulant en voiture de (très grand) luxe. Il est accompagné d’une très charmante compagne, attentionnée et tous deux semblent épanouis. Pourtant l’année 1997 a été très difficile pour lui, avec beaucoup de stress. Mais je n’en saurai pas plus. Sa maladie débute en Août 1997 (1ere poussée). Lors de vacances à St-Tropez, il présente durant cinq jours des troubles bilatéraux de la vision (obscurcissement sans diplopie). L’ophtalmologue consulté sur place pense à un excès de collyre dans les yeux. Les symptômes s’améliorent rapidement. La vie reprend son cours et on oublie tout. En Octobre, au réveil, il présente des fourmillements de toute la partie droite du corps avec extension au membre supérieur droit et des sensations de vertige (2e poussée). Il consulte un neurologue qui ne s’inquiète pas davantage et lui conseille de se surveiller. Effectivement, au bout de 20 jours cette fois, tout semble rentrer dans l’ordre. Sauf qu’il garde une sensation de jambe droite plus légère. Il avait un voyage prévu en Afrique et décide malgré tout de partir. 1998 - Pratiquement 1 an plus tard, les symptômes reviennent, mais cette fois avec extension à la main et au visage du côté gauche (3e poussée). Il est hospitalisé à San Raffaele (Milan). Le bilan biologique, l’examen du liquide céphalorachidien, l’IRM de l’encéphale, les potentiels évoqués aboutissent au «… diagnostic de Maladie démyélinisante du système nerveux central ». Il est mis sous Avonex®, 6 millions d’unités par semaine en intramusculaire.

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Il suit ce traitement du 25 Novembre 1998 au 20 janvier 1999 puis décide de tout arrêter car il supporte de plus en plus mal les effets secondaires : fièvre et état dépressif. Il s’oriente alors vers des traitements d’homéopathie et de phytothérapie. 1999 - Il consulte en Février un neurologue à l’hôpital Luiggi Sacco. Celui-ci l’encourage à poursuivre son traitement d’homéopathie et de phytothérapie ! Mais il traverse à nouveau une période de stress et fin Avril présente une perte de vision de l’œil gauche (4e poussée). Ce neurologue lui prescrit de la cortisone en intraveineuses pendant 1 semaine puis en comprimés à dose décroissante sur 1 mois. Alors qu’il n’a pas tout récupéré du côté de la vision, il m’est adressé. Il consulte en Juin 1999.

Anté c édents pe r sonnels Multiples allergies (aux graminées, pollens…) dans l’enfance. 1982 : Appendicectomie (anesthésie générale) à 16 ans 1992-1993 opérations de 3 grains de beauté qui se révèleront bénins. Il a reçu plusieurs vaccins en plus de ceux obligatoires durant l’enfance: • 1993 - contre la typhoïde • 1994 - contre la fièvre Jaune • 1996 - rappel antitétanique. Il a entrepris des soins dentaires qui sont toujours en cours

Anté c édents f amiliaux A noter que la sœur fait un c anc e r à 27 ans et lui une S EP (maladie à immunité plus faible) à 31 ans soit 4 ans seulement plus tard.

Examen e t évolution L’examen neurologique est normal (Stade 1). Il reçoit le traitement de vitamines injectables et en comprimés, les règles de surveillance alimentaire, de surveillance du PH et d’hygiène intestinale. L’IRM de fin Juin est plutôt rassurante. ‘Aucune modification en nombre et taille des lésions… Actuellement disparition du faible et discret rehaussement au niveau de la plaque de démyélinisation gauche... ‘ . Depuis il prend le Copolymère® (1cc par jour), assez bien supporté en dehors d’un prurit. L’IRM de fin Juillet conclut à ‘ une nette amélioration du scotome* central mis en évidence lors du précédent contrôle ‘. Octobre, il se sent très bien et a perdu son petit excédent de poids (il est et restera ensuite à 60 kg). Pourtant il n’a pas fait les vitamines injectables, ni l’hygiène intestinale. L’alimentation a été plus ou moins bien suivie car il mange souvent hors de chez lui. L’examen neurologique est strictement normal. Novembre, les Potentiels Evoqués montrent une amélioration de la vision centrale de l’œil gauche. Mais il existe toujours une aire de déficit central sur cet œil et une pupille un peu pâle.

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2000 - La vision est meilleure. Il continue ses soins dentaires. L’examen neurologique est parfait et restera inchangé jusqu’à la dernière consultation de Septembre 2009. (Stade 1). Mai, les soins dentaires se terminent. On doit lui extraire une dent de sagesse (la 48). Je lui laisse un traitement homéopathique et les consignes nécessaires pour éviter toute baisse d’immunité. L’examen du champ visuel conclut à ‘une légère baisse globale de la sensibilité rétinienne de l’œil gauche plus que de l’œil droit. On ne met pas en évidence de déficit localisé ni significatif ‘. Il garde encore une vision un peu plus floue de l’œil gauche. Mais, pour lui, il va très bien ! Décembre, il a refait un bilan complet qui conclut à ‘une normalisation de la conduction auditive bilatérale et de la conduction visuelle de l’œil droit. Il existe toujours un ralentissement de la conduction visuelle au niveau de l’œil gauche. Conduction sensitive normale aux 4 membres‘. C’est pratiquement parfait en dehors d’une faiblesse à l’œil gauche. 2001 - Il revient d’Egypte avec des troubles digestifs (gonflement et difficultés à digérer). De plus il a mal supporté la climatisation. Avril, il signale encore des épisodes de vision plus ou moins floue de l’œil gauche. Je lui explique que son séjour (avec une alimentation différente) et les désordres digestifs qu’il a présentés y sont pour quelque chose. (Le fonctionnement du foie a une incidence sur la vue, si bien que toute faiblesse hépatique se traduit par une gène au niveau de la vision). Par ailleurs il se sent bien. Mais les injections de Copolymère® lui font des hématomes. Il pense les arrêter. Septembre. Les bilans digestifs sont rassurants. Il n’a pas d’Hélicobacter Pilori et l’échographie est normale. Le contrôle du champ visuel est identique au précédent. Sur les conseils d’un neurologue il a effectivement arrêté les injections de Copolymère® pour cicatriser. Mais il a peur de faire une crise ‘sans traitement’. Pour lui, son traitement c’est le Copolymère® et pas tout ce qu’il fait ‘à côté’ pour aller bien ! Aussi il est redevenu anxieux. Dormant mal, il est irritable, supporte moins les contrariétés et aussi plus méticuleux et exigeant. La vision de l’œil gauche reste toujours plus ou moins floue. Il a des faiblesses de mémoire. Les différents contrôles (PEV, IRM) sont rassurants. L’examen du champ visuel est meilleur que les précédents. 2002 - Après un arrêt de 5 mois, il reprend le Copolymère® en Février 2002 et l’arrête à nouveau, et définitivement, en Septembre. 2003 - Les contrôles (sang, IRM, PEV) sont bons. En fin d’année, l’IRM signale ‘ la survenue d’une plaque de démyélinisation… à gauche qui ne se modifie pas après injection de produit de contraste ‘. Donc une nouvelle plaque, mais non active. Lui se sent bien. 2004 - En Janvier sont apparus des troubles de la sensibilité au niveau de la joue gauche. Il a, en fait, une dent de sagesse incluse qu’il faudrait extraire. Mais il redoute les soins et de devoir être anesthésié. 2005 - Apparition d’une sensation de froid aux membres inférieurs. Il passe une nouvelle IRM de la colonne qui ne montre rien d'autre que quelques signes d’arthrose débutante aux cervicales. Il a renoncé à se faire extraire sa dent de sagesse incluse. Cela semble plus sage car il est très surmené avec la gestion de 4 établissements de vacances dans différents pays d’Europe. Il se couche tard, dort mal. Je le mets en garde et le ’recadre’. 2006 - Il n’a pas fait de contrôle et continue son travail acharné. Il ouvre même un nouvel établissement à Ibiza !

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2007 - Les soucis de travail l’amènent à présenter à nouveau des troubles digestifs (gastrite), de l’allergie aux pollens, des fourmillements au pied droit au lever. Malgré tout ce surmenage, son état de santé se maintient et l’examen neurologique reste parfait. Donc, fort de ces résultats, il va encore de l’avant et ouvre un 6e établissement sur une île italienne. Malgré tout, gêné par les problèmes d’estomac, il accepte de faire une série examens (coûteux): statut des acides gras, statut de stress oxydatif, bilan de perméabilité intestinale, IGG spécifiques, métabolites organiques urinaires, statut des neuromédiateurs. Les résultats sont presque parfaits. Il a une prolifération intestinale (bactérienne et fongique) modérée, un bilan de stress oxydatif excellent, une légère baisse de la sérotonine. C’est presqu’inespéré vu son surmenage. Il accepte, enfin, de faire une alimentation sans gluten qui très vite va l’améliorer. 2008 - 2009 - 2010 - Son état est satisfaisant et stable. Les PEV sont meilleurs. Du coup il a décidé de passer la licence de pilote d’avion (!), sans doute pour le plaisir. Mais je crains que ce soit, en réalité, pour pouvoir mieux aller surveiller les 6 établissements qu’il gère en Europe. C’est un incorrigible. Commenta i r e Quand on mesure le surmenage de ce patient, alors que sa situation personnelle le met à l’abri du besoin, et quand on voit les résultats presque parfaits des bilans de 2007, on en conclut que c’est un excellent parcours. Il y a bien sûr l’apparition d’une plaque nouvelle en 2003 mais sans poussée et sans incidence. Mais, malgré l’arrêt du Copolymère® depuis fin 2002 et un surmenage permanent, le patient a vécu 11 ans sans aggravation et plus que normalement. Il est toujours au Stade 1, c’est à dire sans aucun signe apparent de la maladie. Mais reste une inconnue. Saura t-il se limiter et prendre le temps de vivre calmement ? Sinon cette frénésie risque de le conduire à la maladie, l’obligeant ainsi à admettre qu’il a un corps et qu’il doit le ménager. Ce qui serait vraiment dommage quand on a tout pour être heureux !

Cas N°14 Née en 1952 – Assistante de Direction – Mariée, sans enfant – Stade 2 Stade 2 – Suivi de 21 ans

1983 - Accident d’auto avec traumatisme crânien et perte de connaissance. Elle se culpabilise beaucoup. 
 1988 - 2e accident d’auto. « En février, je n’arrivais pas à me remettre d’un rhume… Nous avons eu un accident de voiture. Mon mari conduisait, j’étais passagère. Nous quittions notre maison de week-end, un lundi matin, pour aller à Bruxelles où je travaillais. Tout à coup mon mari est arrivé dans de la neige fondante à une vitesse de 70/80 km/heure et a dérapé alors qu’un camion arrivait en sens inverse… J’ai dit ou pensé « C’est fini ! » … Mon mari a donné un coup de volant et nous avons abouti dans la prairie à droite de la route. Et tout a commencé à ce moment là. Affaiblie par ce rhume, pas assez reposée (car j’avais eu des visiteurs le week-end), le choc de l’accident, le fait que je n’arriverais pas au bureau… et toutes les questions que l’on se pose à ce moment-là. …. 6 semaines après, j’avais la main droite qui s’endormait. Le lendemain c’était jusqu’au coude. Le troisième jour jusqu’à l’épaule… Finalement je ne pouvais plus conduire et, donc, aller au travail. J’ai donc consulté plusieurs médecins dont un neurologue qui a conclu à des suites de mon accident de voiture sans autre précision.

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( L’ IRM pratiquée à cette époque est ‘négative’. La ponction lombaire douteuse - nda*-). Deux ans plus tard (1990 ), un matin je ressens de la difficulté à marcher. Ma jambe droite s’endormait (parésies). Je devais partir en Suisse avec mon mari. J’ai contacté la secrétaire du neurologue que j’avais consulté. Elle m’a transmis les instruction du médecin et conseillé de prendre rendez-vous dès mon retour de voyage si besoin. Mais, une fois en Suisse j’ai été très fatiguée. Lors de promenades, je me soutenais en m’appuyant sur mon mari. Nous avons consulté un neurologue sur place qui nous a conseillé de rentrer immédiatement en Belgique et de faire un bilan en clinique. Ce que je fis. Après deux semaines, le diagnostic tombe « Probable Sclérose en Plaques » . Je n’avais que 36 ans, c’est jeune pour une telle maladie ! Je suis restée 2 semaines en observation, en chambre individuelle. Les médecins n’ont pas jugé utile de me donner de traitement et m’ont demandé de les recontacter si les signes revenaient ». Elle vient consulter en Juin 1990

Antécédents Appendicite à Angines +++ Mononucléose en 1982 Constipation chronique. Anté c édents de f amille Aînée de 3 enfants : 1 sœur, 1 frère

Alimenta tion Matin : Pain, fromage Midi : Cantine ou sandwich Soir : Légumes, viande/poisson, fromage, fruits Le repas du soir est pris tard, après 21h. Beaucoup de dîners d’affaires ou de réceptions.

Examen e t évolution

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Elle présente de nombreux amalgames dentaires. L’examen neurologique est pratiquement normal en dehors de la marche aveugle hésitante et un nystagmus léger à droite. (Stade 2). Elle repart avec les conseils alimentaires et l’ensemble du traitement : vitamines, contrôle du PH, hygiène intestinale. Elle revient en Décembre. Elle était bien jusqu’à ce qu’elle aille au cinéma en fin de semaine passée. Bouleversée par le film, elle se retrouve fatiguée et avec les yeux qui brûlent par moment. 1991 - En Mai, séjour aux USA où elle a suspendu tout traitement et surveillance alimentaire. En plus elle s’est surmenée, mais son état est stable. Le nystagmus a disparu. Le saut avec les deux jambes est incomplet (au 3/4 seulement). Stade 2 toujours. 1992 - Surmenage durant l’été. Le nystagmus est revenu (léger) côté droit. La marche aveugle se fait bras écartés pour maintenir l’équilibre. 1993 - En Février, elle est victime d’un accident de ski. Heurtée par un skieur emporté par sa vitesse, elle présente une rupture du ligament croisé antérieur et du ménisque interne au genou droit. Elle est opérée en urgence (anesthésie). Revue 4 mois plus tard, elle se plaint de son genou au niveau de la plaque. L’examen neurologique reste inchangé. 1994 - Nouveau choc émotionnel. Le chef d’atelier du garage où elle entretient sa voiture est décédé dans les mêmes circonstances que son père. Elle se retrouve comme paralysée avec les 2 jambes raides. Elle réalise qu’elle est destabilisée par la moindre émotion. Soucis avec ses dents : goût métallique en bouche et une dent plombée à traiter (anesthésie). En Août, elle reçoit un coup de club de golf sur l’oreille droite. Résultat: 10 points de suture (anesthésie). Contrariétés en famille. L’examen neurologique reste inchangé.. 1997 - Elle est mise en invalidité par la Sécurité Sociale Belge. Au dernier IRM, on retrouve des plaques, témoins de petites poussées qui sont passées inaperçues. L’examen neurologique est inchangé. 1998 - Soucis avec la santé de sa grand-mère dont elle s’occupe depuis 3 ans. Soins dentaires en Février, suite à un abcès sous un bridge. Passage en ménopause. Contrariétés et surmenage suite à des réceptions. 2001 - Surmenage durant l’été. Fatigue et tendance à pleurer facilement. Découverte d’un kyste du foie (lobe gauche) à l’échographie. Parasitose intestinale (ascaris) et beaucoup de constipation. L’examen neurologique reste inchangé (Stade 2). 2005 - Chute à la maison. Douleurs du dos et des cervicales. Traitement ostéopathique. 2011 - Elle traverse une période difficile avec le sentiment d’être abandonnée : • elle perd son chien, • je prends ma retraite et • elle réalise qu’elle pourrait se retrouver seule car son mari est bien plus âgé qu’elle! Depuis, elle a peur de rester seule, peur des accidents en auto (peur de doubler un camion), peur durant les intempéries en Belgique… Mais aussi peur de manquer d’argent, de ce qui pourrait arriver, de l’avenir… Et sa vessie la gene de plus en plus.

Commenta ir e 21 ans de recul avec cette patiente et une bonne stabilisation au Stade 2. Mais, elle est inquiète pour l’avenir car elle a réalisé que son mari est bien plus âgé qu’elle et qu’il y a des enfants d’un premier lit !!

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Cas N° 15 Née en 1977 - Origine Salve - Célibataire Musicien Stade 2  Stade 2 - Suivi de 1an et 2 mois 1996 – Apparition des premiers symptômes avec troubles de la sensibilité (paresthésies) de la moitié droite du visage et de la langue (1ere poussée). Il est hospitalisé et reçoit de la cortisone. La ponction lombaire est négative. Pas de diagnostic. Il récupère complètement. Mai 1998 – Perte de la vision centrale (scotome) de l’œil gauche (2e poussée). Hospitalisation. Ponction lombaire positive. Traitement à la cortisone. Août 1998 – Paresthésies de la jambe droite et la moitié droite de l’abdomen(3e poussée). Traitement à la cortisone. Ensuite il va faire 3 autres poussées. La dernière date du 07 Janvier 2009 (6e poussée). La vision est floue de l’œil droit. Il reçoit à nouveau de la cortisone mais, cette fois, ne récupère pas et s’aggrave même au point qu’il ne peut plus lire ! Il reçoit un traitement de plasmaphérèse5 qui l’améliore. Depuis 2000 il est sous Copaxone®, ce qui ne l’empèche pas de faire des poussées. Mais dans le contexte que l’on va découvrir, pouvait il en être autrement ? En 2008 et Janvier 2009, il a consulté un confrère pratiquant la ‘Méthode Kousmine’.  Il vient consulter en Septembre 2009. Antécédents Il a fait pratiquement toutes les maladies infantiles sauf la scarlatine. Accident d’auto à l’âge de 2 ans (1979). Il est blessé à l’oeil gauche. Torsion du testicule gauche. Allergie au pollen apparue vers l’âge de 10 à 11 ans (1987-1988). A partir de 18 ans (1995) il s’adonne aux stupéfiants. Situation familiale Il est le 2e de 3 garçons, mais son petit frère est mort-né. En fait, c’est un ’dernier de famille’ ! Et quand il se confiera par écrit plus tard (voir plus loin), il explique bien les conditions et les émotions qui l’ont amené à se marginaliser et... à la maladie. Alimentation Matin : Crème Büdwig depuis 2 ans. Midi : Crudités; légumes cuits, céréales complètes, pomme de terre; viande/ volaille/poisson (surgelés parfois); fruits Soir : Légumes, +/- salade, fromage, fruits

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Perfusion de plasma sanguin qui est la ‘partie liquide’ du sang sans les globules blancs et les globules rouges.

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Examen et évolution Il m’avoue ressentir «… un   trou   entre   l’intérieur   et   l’extérieur  ».   Il ne comprend pas ce qu’il fait sur terre. Il a vécu de fortes émotions avec la musique et lorsque celles-ci ont disparu, déçu, il s’est tourné vers la drogue. Il a un problème de communication (solitude, abandon). Il ne s’aime pas et se sent « comme un monstre » (dévalorisation). L’examen neurologique est presque normal (Stade 2). Il repart avec des règles d’alimentation saine (notamment le conseil de supprimer les laitages et les produits contenant du gluten), des vitamines et compléments nutritionnels. L’accent est mis sur la musique, ses projets... afin de lui montrer des objectifs qui l’aideront à se prendre en charge. Revu 4 mois plus tard (Janvier 2010), il y a peu ou pas de changement. Il a eu du mal à se discipliner pour la nourriture. Reconduction du traitement et encouragement : il n’a pas fait de poussée ! Il faut aussi qu’il apprenne à dépister quand arrive la fatigue et qu’il accepte de se ménager. En Juin il est beaucoup mieux. Il n’a plus les épisodes de fatigue et sent vraiment la différence avec la période où il ne surveillait pas son alimentation. Chose importante pour un homme: il a retrouvé l’érection du matin ! Le Copaxone® lui a provoqué de l’arythmie et poussée d’hypertension. Je le mets sous vitamines injectables intraveineuses en plus de son traitement. Revu en Novembre, il se dit beaucoup mieux qu’il y a un an. Il peut, désormais, faire sans difficulté des marches de 45 minutes en forêt. Il garde néanmoins une mauvaise coordination avec son pied gauche et sa main gauche se fatigue lorsqu’il joue plus de 2 heures d’un instrument. Il rencontre à nouveau des problèmes d’érection et présente, quand je le vois, un herpès à la commissure des lèvres. Il m’avoue avoir fait des écarts alimentaires. Tout ceci montre que son système immunitaire reste très fragile (poussée d’herpès) et qu’il se surmène sans doute trop (problèmes d’érection). Difficile de discipliner un homme jeune, désireux de vivre normalement, de réaliser ses passions (la musique, les concerts...) et de se prouver aussi qu’il a conservé sa virilité. Comment arriver à tout concilier sans ... déraper ? On recadre les objectifs, reconduit le traitement. Hélas les circonstances font que je ne pourrai pas le suivre au delà de cette date. Je le confie à mon successeur. Fort des bons rapports que nous entretenions, j’ai eu par la suite de ses nouvelles. Ceci m’a permis de l’encourager à poursuivre ses efforts pour se prendre en main et de lui demander de me raconter son histoire. Fin 2011, il m’adressait ce texte qui éclaire bien des choses:   «  J’ai  eu  un  enfance  sans  souci  autant  que  je  me  souvienne.  Mes  parents  me  prodiguaient   beaucoup  d’attention  et  d’amour.    Mais  j’ai  eu  de   gros  conflits  avec  mon  frére.  Mon  aîné  de  deux   ans  et  demi,  il  était  très  agressif  alors  que  j’étais  sensible.       A   l’école  maternelle   j’inventais   facilement   des   histoires   où   j’étais   un   héros   qui   se   battait   et   vivait  des  situations  extrèmes,   trés  dangereuses,  jusqu’à  même  risquer  sa  vie.  A  la  fin  souvent  je   gagnais  mais   parfois,   comme  dans   un   film  d’Hollywood,   il  m’arrivait   d’échouer.   J’ai  aussi  toujours   aimé  les  plus  faibles.       C’est   vers  l’âge   de   8   ans   que   j’ai   pris   conscience  de   la   notion   de   ’mort’   et   de   celle  d’   ’infini’.   Je   me   souviens  que  cela   m’a  longtemps   déprimé.   Quand   j’ai  osé   en   parler  à   ma   mère,  elle   ne   savait   pas comment  me  rassurer.  J’ai  connu  des  épisodes  de  véritable  ’terreur’  notamment  lors  d’orage,   lorsqu’un  éclair   tombait   près  de   la   pièce  où   j’étais.  J’avais  alors  des  hallucinations  de  squelettes,   cercueuils,  cadavres…       Á  13  ans  j’ai  eu  ma  première  relation  sexuelle  avec  une  fille.  J’ai  connu  de  nouveaux  amis   et   me   suis   beaucoup   remis   en   question.   Je   commencais   à   détéster   la   vie   de   mes   parents   et   me   sentais   proches   des   hippies,   de   leurs   idées   sur   l’amour,   les   fleurs,   la   guerre.…   Les   expériences   psychédéliques   me   passionnaient   ainsi   que   tout   ce   qui   sortait   de   l’ordinaire.   Par   contre   je  

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détestais tout  ce  qui  était   d’ordre   matériel  (gagner  de  l’argent,   se  loger,   manger,  étudier,  choisir   un  métier…    même  soigner  son  corps).     C’est  à  cette  époque  que  j’ai  fumé  du  haschsich  pour  la  première  fois.  Sans  véritable  plaisir,   tout   comme   pour   les   relations   sexuelles.   Mais   j’étais   trés-­‐trés   i mpatient   de   tout   connaître   (et   je  le   resterai  jusqu’á  ma  première  crise  sévère  de  SEP  à  30  ans).       Puis  j’ai  fréquenté  un  lycée  où  je  me  plaisais  pas  du  tout.  Je  n’avais  pas  d’amis  parmi  mes   camarades   de   classe.  J’étais   l’artiste  bizarre,   le   ’fou’  de  la  classe  et  ce  rôle   me   plaisait  en  fait...  Je   fumais  régulièrement  de  l’herbe,  prenait  du  LSD.       A   17   ans,   je   me   sentais   trés   sûr   de   moi   et   trés   bien   dans   ma   peau.   Ma   vie   étais   super   intéressante,  sauf  que  je  n’avais  pas  de  copine.  Quand  une  fille   m’approchait,  je  ne  voulais  pas  la   fréquenter.   De   même   je   ne   cherchais   pas   à   rencontrer   des   filles.   En   méme   temps   j’avais   des   fantasmes  où  je  faisais  l’amour  avec  une  jolie  fille.  J’avais  peur  des  filles,  peur  de  l’échec  ou  de  je  ne   sais  quoi.  Je  ne  sais  pas  à  partir  de  quand  et  pourquoi  ?...     Aprés   le   bac   on   a   beaucoup   répété,   créé   de   nouveaux   morceaux   avec   des   nouvelles   inspirations   musicales   dont   une   grande   partie   était   de   l’improvisation…   Plusieurs   fois   je   suis   tombé   dans   un   état   second,   comme   méditatif,   pendant   que   je   jouais….   C’était     un   ressenti   fantastique…J’ai   décidé   alors   que   je   voulais   être   musicien.   Pendant   deux   mois   la   musique   qu’on   répètait  me  menait  à  l’extase.  Mais  en  concert  ce  n’était  pas  comme  aux  répétitions.  Cela  me  génait   et  je  commencais  à   me  sentir  mal  dans   ma  peau.  Alors  je   me  suis   mis  à  fumer  davantage   (ce  qui   me  rendait  très   nerveux,  quelque  peu  parano).  Je   n’ai  plus  pu  jouer  aussi  bien  qu’avant  et  ça   me   déprimait.   J’avais   trouvé  le   but   de  ma   vie   et,   très   vite,   je   l’avais   perdu.   J’avais   dépassé  mes   limites.   Alors   que   j’étais   dans   un   espace   super   large,   libre...,   j’ai   dû   revenir   et   je   ne   pouvais   plus   rentrer   dans   la   réalité   étriquée.   C’était   un   sentiment   épouvantable.   En   plus   c’était   incomprehensible.   Je   n’en  saisissais   pas   la   cause...  Et  plus   je   réfléchais,  plus  je  me  sentais  perdu.  Comme   tout  seul   dans   un   labirinthe.   J’ai   commencé   à   analyser   mes   pensées,   à   avoir   peur   de   parler   aux   autres.   Je   devenais   un   peu   ’psychotique’,   je   crois.   J’avais   de   l’angoisse   en   permanence.   J’étais   vraiment   déprimé.   Quand   je   fumais   des   joints,   ces   pensées   devenaient   encore   plus   fortes   et   plus   douloureuses.  A  cette  époque  j’ai  aussi  goûté  à  l’héroïne  parce  qu’elle  m’enlevait  l’angoisse.       Au   début   du   printemps   j’ai   rencontré   mon   premier   véritable   amour.   J’allais   mieux   car   je   retrouvais   le   goût   de   vivre.   Fin   Mai,   je   ne   sentais   plus   la   moitié   droite   de   mon   visage   (1ere   poussée).   A   l’hôpital   on   me   parle   d’une   possibilité   de   Sclérose   en   Plaques.   J’ai   alors   pensé   que   c’était  la  conséquence  de  ce  que  j’avais  vécu  l’année  précédente,  que  c’était  du  passé  et  fini.  Mais  je   suis   resté   très   instable.   J’ai   continué   l’héroïne   jusqu’en   Février   où   je   suis   allé   chez   ma   tante   en   Suisse.  Elle  m’a   i nscrit  dans   une  école  de  jazz   à   Lausanne.  Ce   fut   une   grande  chance.   J’étais  obligé   d’arrêter  la  drogue  pour  ne  pas  gaspiller  l’argent  de  ma  tante.  Comme  j’avais  déja  causé  assez  de   douleurs  à   ceux  qui   m’aimaient  beaucoup,  j’ai  arrêté  l’héroïne.   En  Juin  je  suis  retourné  à  B udapest   présenter  l’examen  d’entrée  au  Conservatoire  de  Jazz,  mais  sans  succès.       En  Septembre  je  présente  le  concours  à  Bruxelles  et  j’y  resterai  3  ans  et  demi.  La  deuxième   année   ma   copine   est   venu   me   rejoindre   en   Belgique.   C’était   presque   l’harmonie   pour   moi.   Mais,   alors  que  le  résultat  commençait  à  être  très  intéressant  et  que  j’allais  beaucoup  jouer,  je  me  suis   retrouvé   à   l’hôpital   suite   à   une   perte   de   vision   de   l’oeil   gauche   (2e   poussée).     J’ai   eu   la   confirmation  du  diagnostic  de  SEP  et  n’ai  pas  pu  terminer  mes  examens.       De  retour  à  Budapest  j’ai  continué  à  travailler  le  saxo,  mais  j’ai  encore  eu  une  crise  en  été   (3e   poussée),   et   suis   retourné   à   l’hôpital   où   j’ai   été   traité   à   la   cortisone.   Ma   copine   était   depuis   longtemps   sans   travail   et   notre   relation   s’est   dégradée.   Aprés   l’hôpital   cela   a   empiré   et   elle   a   décidé   de   me   quitter   (solitude,   abandon)   .   Ce   fut   trés   trés   douloureux   car   c’était   mon   premier   amour.  Heureusement  j’ai  pu  beaucoup  travailler  avec  un  groupe  de  Budapest  et  faire  un  disque.   Tout  de  suite  après  je  suis  retourné  étudier  en  B elgique.  Mais  j’allais  trés  mal  à  cause  des  poussées   et   des  traitements  à  la  cortisone.  J’étais   souvent   malade,  avec   de   la  fièvre.  Je   n’avais   plus   d’endroit   pour   travailler   mon   instrument.   A   l’école   on   m’a   demandé   des   autorisations   que   je   n’ai   pas   pu   obtenir   et   je   me   suis   retrouvé   sans   rien:   sans   logement,   sans   copine…   J’ai   repris   l’héroïne   !   J’ai   squatté   l’appartement   de   copains   musiciens.   J’ai   travaillé   à   nouveau   au   théatre,   mais   je   n’allais   plus   à   l’école.   Mon   état   se   dégradait   et   je   ne   réalisais   pas   que   c’était   la   maladie   qui   évoluait   lentement.   J’ai   eu   également   des  problèmes  d’érections   qui   aggravaient  ma   déprime.   Au   début  du   printemps   je   me   sentais   très   mal   après   chaque   prise   d’héroïne   alors   je   me   suis   définitivement  

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arrêté d’en  consommer.   (Cela  fait  10  ans   maintenant  que  je  n’y  touche  plus.)   Grâce  à   un   ami  j’ai   trouvé  une   sorte  de  centre  de  repos.  J’ai  vécu  2   mois  dans  un   petite  cabanne  dans  une  forêt   des   Ardennes.  J’ai  dû  travailler  tous  les  jours   pour  payer  mon  logement   et   manger  bio.  Il   y  avait   là  des   gens  qui  faisaient   des   méditations  tous  les  jours.  J’y   ai  rencontré   une   nouvelle  copine.  Durant  l’été   je   suis   retourné   á   Budapest   dans   ma   famille.   J’allais   beaucoup   mieux.   Mes   relations   avec   mes   parents,  qui   étaient  conflictuelles  avant  que  je  parte  en  Belgique,  sont  redevenues  normales.   J’ai   pris  conscience  que  je  pourrais  jamais  rendre  tout  les  services  et  l’amour  que  ma  famille  m’avait   donnés.  Je   ne  ressentais  plus  de  haine   envers   mes   parents.   La   distance   m’avait  fait   évoluer   dans   mes  sentiments  et  devenir  plus  indépendant.       En   Septembre  je  suis  retourné  à  Bruxelles.   Mais,   malgré   bien   des  démarches,  je  n’ai  pas   pu   avoir  les  autorisations  de  séjour  et  j’ai  dû  quitter  la  Belgique  (rejet).     A   Noêl   je   reviens   à   Budapest   avec   toutes   mes   affaires.   Pendant   1-­‐2   années   j’ai   gardé   les   mêmes  habitudes  qu’en  Belgique.  Mais   tout  lentement  j’ai  retrouvé,  chez   mes  copains   musiciens   comme   dans   ma   famille,   l’ambience   hongroise   assez   triste   et   déprimée.   Ma   grand-­‐mére   a   alors   débuté   la   maladie   d’Alzheimer   et   j’ai   aidé   un   temps   ma   mère   à   s’occuper   d’elle.   Puis,   face   à   la   souffrance   de  ma  grand-­‐mère  et   celle   de  ma  mère,  je   ne  savais  plus   ce   qu’il   fallait   faire.  Les     4  à   5   dernières  années  furent  trés  dures.     En   20 03   j’ai   rencontré   mon   deuxième   grand   amour.   Une   personne   très   sensible,   très   fine,   intelligente  et  affectueuse.   Elle  était  aussi  douée   pour  la   musique   et  la  danse.   Mais  cette  relation   n’a  pas  duré  longtemps  et  la  séparation  a  été  très  douloureuse.     Début  2 005  elle   part  à   l’étranger.  Elle  ne  savait   pas  trop  ce  qu’elle  voulait  à  l’époque.   Entre  temps   j’ai  eu  deux  poussées  pas  trés  graves.  Une  fois  j’ai  perdu  un  peu  la  perception  des  couleurs  de  l’oeil   droit,   une   autre   fois   j’ai   eu   beaucoup   de   fatigue   pendant   plusieurs   semaines,   de   fortes   douleurs   musculaires,  de  l’impuissance,   de  la  constipation,   de  la  rétention  d’urines...  Et  j’ai  revécu  la   peur   des   filles.   Il   fallait   que   je   m’occupe.   J’ai   trouvé   un   saxophoniste   qui   me   donnait   des   cours   et   beaucoup  travaillé.  Je  jouais  dans   4  à  5   groupes.  Mais  il   m’arrivait   de  rester   trois   semaines   sans   faire   un   concert.  Mes  parents,   assez   aisés,  m’ont  aidé   car   i ls  s’inquiétaient  pour  moi  du   fait   de  ma   maladie.  J’ai  pu  travailler  sans  souci  á  la  maison.     Le  professeur  de  saxophone  m’a  expliqué  la  musique   comme   personne   avant  lui.   Et   j’ai   eu   beaucoup  de  plaisir  à  travailler  jusqu’à  8  heures  par  jour...       En   méme   temps   j’ai   fait   la   connaissance   d’une   femme...   De   nouveau,   j’ai   commencé   à   changer...   J’ai   arrêté   l’alcool,     retrouvé   le   calme   comme   auparavant.   J’ai   décidé   d’arrêter   les   injections  de  Copaxone  car  je  croyais  que  je  pouvais  me  guérir  sans  cela.  C’était  une  erreur.     A   la   fin   de   l’année   j’avais   des   difficultés   à   commander   mon   pied   gauche.   J’ai   toute   suite   recommencé  le  Copaxone.  Cela  faisait  5-­‐6  mois  que  je  n’en  avais  pas  pris.  En  automne  j’ai  monté   mon  propre  groupe  et  préparé  la  musique  d’un  film.  Je  travaillais  tant  que  je  pouvais  et  dormais  5-­‐ 6  heures   par  jour...  Et  j’ai  eu  une   petite  crise  (la  Xieme)   au   niveau   des  pieds.  Jusque  là   je   n’avais   pas  eu  de  problèmes  moteurs...     Au   début   de   20 07   j’ai   fait   2   tournées   ,   4   disques   et   travaillé   avec   9   groupes.   C’était   vraiment  trop  !     J’allais   mal.  Je  n’avais  plus  le  temps   d’étudier   la   musique.   En   plus   ma   main   gauche   a  commencé  à  me  poser  des  problèmes  ce  qui  m’a  empéché  aussi  de  travailler.  J’ai  paniqué.  Mais   j’ai  dû  assurer  :  jouer,  voyager,  jouer…       A   la   fin   de   l’été   j’allais   de   plus   en   plus   mal.   Je   n’avais   plus   d’équilibre,   une   fatigue   permanente,  etc…  J’ai  demandé  à  ma  tante  de  me  retrouver  le  livre  qu’elle  m’avait  acheté  autrefois   :   un   livre   en   francais   sur   la   SEP 6.   A   l’époque   elle   m’avait   parlé   de   l’approche   alimentaire   du   Dr   Kousmine.   Je   n’avais   rien   voulu   savoir.   Mais,   maintenant,   il   me   fallait   faire   quelque   chose   parce   que  ça  devenait  épouvantable.       A   la   fin   Août   j’ai   arrêté   le   tabac.   Trois   jours   après,   je   commencais   la   cure   qui   était   écrite   dans  le  livre.  Mais  j’ai  pas  mal  galéré  pour  la  cusine  car  le  livre  est  écrit  en  francais     Au   début   de   l’hiver   je   me   sentais   déjà   beaucoup   mieux.   Mais   je   devais   partir   en   tournée   avec  un  groupe  lorsque,  la  veille  du  départ,  j’ai  eu  une  forte  grippe.  Je  suis  parti  quand  même  et  j’ai   fait   une   nouvelle   crise   très   forte   cette   fois.   Je  me  suis   retrouvé  à   l’hôpital.  A   la  sortie   je  me   sentais   6

’La sclérose en plaques est guérissable’ du Dr Catherine Kousmine, paru aux Editions Delachaux-Niestlé en 1989 et plusieurs fois réédité, mais aujourd’hui introuvable.

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comme un   vieillard   de   90   ans,   avec   le   pied   gauche   qui   marchait   trés   mal,   des   douleurs   permanentes   à   la   tête,   très   peu   d’energie,   une   fatigue   chronique,   etc…   J’ai   passé   trois   mois   à   la   maison.   P endant   deux  mois   je  ne  même  pas   touché   mon  saxophone.   J’allais   deux   fois   par   semaine   chez   un   reflexologe.  C’était   douloureux,  mais   i l   y  avait   des   résultats.   Et  lentement   je  me  suis   senti   mieux.   Je   commencais   à   reprendre   vie   peu   à   peu.   Pendant   trois   mois   beaucoup   de   choses   ont   changé  dans  ma  tête.»     Commentaire Le recul avec ce patient n’est que de 14 mois seulement. Mais il est important de noter que, malgré plusieurs handicaps: • faire référence à des ouvrages en français; • s’adapter à un nouveau mode alimentaire; • accepter de se prendre en charge et • éviter de retomber dans ses mauvaises habitudes (tabac, alcool, drogues) pour ’fuir’ la réalité et...ses responsabilités, il est arrivé à un bon résultat. Mais qui demande à être poursuivi dans le temps. Durant ces 14 mois il n’a plus eu de poussée et a obtenu une récupération au niveau de la fatigue surtout. J’ai souhaité faire figurer son cas car les précisions qu’il donne éclairent son cheminement vers la maladie. Elles peuvent même être d’un grand secours pour ceux qui vivent des situations analogues de dépendances à l’alcool ou aux drogues, tout en se demandant s’ils sont une exception ou encore, comme il le dit lui même, ’un monstre’. Nul doute que la possibilité de comprendre pourquoi on en arrive à certains choix et quelles en sont les conséquences sur la santé, ne peut qu’aider ces personnes à se prendre en charge et retrouver l’estime de soi dont elles ont tant besoin.

Cas N°16 Née en 1963 – Commerçante – Mariée, sans enfant – Fille aînée - 1 frère Stade 1 Stade 1 – Suivi : 13 ans et 8 mois.

1993 - En Février, elle présente de la fatigue accompagnée de fourmillements au pouce de la main droite puis à tout le bras ainsi que la moitié droite du thorax ( 1ere poussée). En Mai elle passe une IRM, puis est hospitalisée. Le compte-rendu de sortie précise ‘Probables lésions démyélinisantes.’ 1996 - Elle fait des soins dentaires : 3 obturations avec pose d’amalgame (anesthésies + métaux lourds ). Juillet - Fourmillement aux 2 jambes et difficultés à marcher ( 2e poussée). Elle récupère sans traitement et en Septembre se trouve bien. Novembre - Baisse de la vision de l’œil droit avec vertiges, troubles de l’équilibre et difficulté à la marche ( 3e poussée). 10 jours de repos à la maison et récupération. 1997 - En Janvier, survenue d’une névrite optique gauche ( 4e poussée en 4 ans ). Elle vient consulter en F évr ie r 1997

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Anté c édents Varicelle, Rougeole, Roséole.
 Eczéma dans l’enfance. N’a pas reçu de vaccin !
 Anté c édents f amiliaux Elle est l’aînée et ‘ fille unique’. Un frère, atteint de dermatite dans l’enfance. Père décédé à 50 ans (1994) des suites d’un c anc e r de l’estomac avec extension au foie et aux poumons. Il a été emporté en 6 mois ! Sa mère a été opérée à 49 ans d’hernie discale et a présenté une embolie pulmonai r e secondaire.

Alimenta tion Matin : cappuccino avec lait entier, brioches. Midi : sandwich Soir : charcuteries, pâtes ou potage, fromages. Laitages et charcuteries ++, absence de crudités et fruits, peu de légumes. Viande/ poisson ??

Examen e t évolution D’emblée elle signale de ‘graves problèmes’ dans l’enfance avec son père, maniacodépressif. 1992 - Elle a failli perdre sa mère d’embolie pulmonaire dans les suites d’une opération d’hernie discale. 1993 - Faillite du père. La famille est dépossédée de tout ! C’est l’année de sa 1ere poussée. 1996 - Elle change de travail. Elle a beaucoup de responsabilités et soucis puisqu’elle s’occupe d’une vieille usine et de la nouvelle en création. Durant cette année là, elle a fait 2 autres poussées. L’examen neurologique est normal. Elle est au Stade 1. Elle repart avec les règles d’alimentation, les vitamines injectables et per os, les compléments nutritionnels, les conseils de correction du PH et de surveillance des fonctions intestinales. Revue en Mai, elle n’a pas eu de poussée ces 3 derniers mois (alors que les derniers temps elle faisait une poussée par tous les 2 mois). Elle se ressent encore de la fatigue, mais ne souffre plus de maux de tête. La langue reste chargée et elle souffre toujours d’hémorroïdes (2 signes de surcharge hépatique). Octobre - Cela fait 9 mois sans poussée. Elle se sent bien mieux qu’avant. En Juillet elle a eu un bilan gynécologique, suite à des douleurs abdominales. On lui a découvert un kyste de l’ovaire gauche. 1998 - Sa SEP semble stabilisée sans poussée depuis 18 mois. Elle se sent bien. Elle travaille à son compte et avec son compagnon (qui deviendra son mari). Restent les soucis gynécologiques. On lui a découvert à l’échographie un petit fibrome de 20mm de diamètre et, sur l’ovaire gauche, un kyste dense de 58x54mm et un autre kyste contigu de 28x33mm. Elle est mise sous pilule. 1999 et 2000 - Ses problèmes gynécologiques persistent et on évoque une endométriose*. De 2001 à 2010, j’ai souvent de ses nouvelles par les nombreuses personnes qu’elle m’adresse (dont notamment le cas N° 1, N°24…) et ses contacts réguliers. Elle va aussi bien que possible.

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Octobre 2010, je la revois en Suisse. Elle vient consulter le même jour qu’une de ses amies, atteinte de SEP, qu’elle accompagne. Elle va très bien. Elle est toujours très sérieuse, surveille son alimentation et continue les apports en vitamines. Par contre elle a pris du poids (+10 kg). L’examen neurologique est normal sauf le saut avec les 2 jambes qui est incomplet (à 50 % seulement). Stade 1 toujours.

Commenta ir e Aînée et ‘fille unique’ qui vit des conflits sérieux avec son père durant l’enfance. Elle débute sa maladie dans les suites de la faillite de l’entreprise familiale et alors qu’ils sont dépossédés de tout (1993). Les rechutes interviennent lorsqu’elle se retrouve avec beaucoup de responsabilités (1996). A partir du moment où elle se surveille (1997), la situation s’est stabilisée et elle ne fait plus de poussée. 13 ans e t demi plus ta rd, elle est toujours au Stade 1, sans séquelle !

Cas N°17 Née en 1950 – – Mariée, 2 enfants – Stade 3 Stade 3 – Suivi de 11 ans et 3 mois En 1986 elle ressent des douleurs dans l’œil gauche et présente des difficultés à voir les couleurs. Elle fait un bilan et l’on suspecte alors une Toxoplasmose. Puis tout rentre dans l’ordre. En fait il s’agissait des premiers signes de sa SEP. 
 L’année suivante (1987) elle présente des douleurs au bras gauche ( 2 e poussée). Après contrôle par IRM on conclut à une SEP. Par la suite elle fait plus d’une poussée par an. Elle est traitée au Solupred®, Décadron®, Deltacortène® et Synacthène® (ce dernier est mal supporté). En 1994, on lui prescrit le Copolymère®. Sans résultat, elle l’arrête en Août 1996. Dés Février 1997, elle passe par des périodes de haut et de bas. En Avril, elle présente une nouvelle poussée.

Elle consulte en Juille t 1997. Depuis 3 semaines, elle est très fatiguée et présente des troubles urinaires.

Anté c édents Luxa tion congénita le de hanche . Elle en garde quelques séquelles qui s’ajouteront aux problèmes de marche relatifs à la SEP. Appendicite (anesthésie) Une hernie inguinale droite opérée (anesthésie) 2 grossesses : 1971 (fille) et 1975 (garçon) Elle a présenté des aphtes et souffre aussi des dents après les traitements à la cortisone.

Anté c édents f amiliaux

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Elle est la 2 e de 4 enfants et la première fille. (Donc, la fille aînée). Enfance difficile avec des tensions à la maison en raison d’un penchant du père pour l’alcool et d’un manque d’argent.

Examen e t évolution Elle souffre de constipation chronique et se plaint de nausées accompagnées de peur et de tremblements. La démarche est raide et ébrieuse. Mais elle marche seule, sans aide. La marche étroite se fait tenue avec une main. Elle tremble beaucoup. La marche aveugle est possible tenue avec deux mains. L’écartement de mes pieds (pour la stabiliser) est de 30 cm en marche avant et 45 cm en marche arrière. On retrouve à chaque fois la peur et le tremblement +++. L’épreuve du ‘double index’ n’est pas précise avec un écart de 3 à 5 cm. L’épreuve du ‘talon-genou’ s’accompagne des tremblements du côté droit. Romberg : 10 secondes. (Stade 3) Elle est porteuse de 3 plombages en bouche et présente un problème d’articulation temporo-mandibulaire*, ce qui favorise un déséquilibre du bassin. Elle repart avec les règles pour une alimentation saine, d’hygiène de l’intestin, les indications pour faire le rinçage de la bouche à l’huile de tournesol le matin ainsi qu’un traitement avec des vitamines en injection intraveineuse et en comprimés, des compléments nutritionnels, de l’homéopathie. En Novembre, elle a plus d’équilibre. Mais elle se fatigue encore vite et ressent alors des douleurs dans l’œil gauche. Elle est toujours raide au niveau des jambes (notamment le soir) et du bras droit. Elle a toujours des épisodes fréquents de nausées, des aphtes en bouche et… sa constipation chronique. A l’examen, bien qu’encore ébrieuse, elle nécessite seulement l’aide d’un doigt lors de la marche étroite et d’une seule main lors de la marche aveugle. A l’évidence elle a retrouvé une partie de son équilibre. A l’épreuve du ‘double index’, l’écart n’est plus que d’1 cm. Romberg : 15 secondes. 1998 - Son fils doit partir faire son service militaire en Novembre. Dès Février, elle n’est pas bien

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et doit reprendre de la cortisone. Revue en Mai, elle n’a eu aucune amélioration après son traitement de cortisone et signale des douleurs dans les jambes à type de brulure, à l’intérieur des mains, à l’œil gauche. Elle est gênée dans son sommeil par de la rigidité aux deux membres inférieurs. La constipation est toujours présente. L’examen du champ visuel est inchangé par rapport à celui de 1994.
 L’examen neurologique est stable, sans modification (Stade 3). 1999 - Elle se sent mieux et moins fatiguée. Elle marche toujours avec quelques difficultés liées à ses vertiges et au fait qu’elle traine les jambes et croise les pieds (antécédents de luxation congénitale de hanche surajoutés à sa SEP). Elle a débuté des soins dentaires. L’examen neurologique est inchangé. En Juin elle me précise que, depuis 1991, c’est la 1ere fois qu’elle n’a pas eu besoin de cortisone durant 16 mois ! Elle se sent mieux depuis qu’elle a accepté de supprimer le gluten* de son alimentation. Elle présentait facilement des flatulences (qui appuyaient sur sa vessie et augmentaient ses mictions impérieuses) et une baisse chronique de son taux de fer. En Septembre l’IRM de contrôle est rassurante, sans nouvelle plaque. 2000 - Le 3 Janvier, elle apprend le décès d’un ami. Un mois plus tard (le 2 Février), elle consulte son neurologue suite à une douleur piquante dans l’œil gauche ( nouvelle poussée) et reprend un traitement à la cortisone qu’elle va mal supporter. Elle présente des perturbations de la glycémie, du cholestérol et des douleurs de la vessie avec infection urinaire qui nécessitera des antibiotiques. C’est la période où son fils part à New York ! Heureusement, sa fille attend un bébé pour la fin d’année. 2001 - Suite à l’attentat du World Trade Center elle s’inquiète pour son fils. Il lui faudra 3 semaines pour réaliser l’ampleur de ce qui s’est passé ! Douleurs du côté gauche du visage. Découverte d’un granulome sous une couronne. Reprise des soins dentaires avec plusieurs anesthésies. 2002 - Elle atteint les 2 années sans poussée et sans prise de cortisone. En Juin, comme elle souffre du dos, son neurologue conseille une nouvelle IRM. Celle-ci révèle une stabilité de son état. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, son fils rentre des USA le lendemain. Il revient vivre en Italie avec son épouse américaine. De Juin à Octobre, le jeune couple habite chez eux et elle assiste à des tensions entre son fils et la belle-fille. En Octobre, elle présente à nouveau des problèmes de marche, d’équilibre et de vue. Elle est mise à nouveau sous traitement de Cortisone (pendant 15 jours dont 8 jours en injectable). Mais elle garde des douleurs de hanche gauche et des difficultés à la marche. 2003 - Elle se fatigue plus vite qu’avant et marche avec plus de difficulté. Elle se décide à faire du yoga, de la musicothérapie et se fait suivre aussi en médecine Ayurvédique. 2004 - Elle se dit moins fatiguée, n’a plus eu d’aphtes ni d’infection urinaire. 2005 - Lors d’un voyage à Lourdes, elle marche 3 km/jr ! Mais, elle a peur de se déplacer seule et a besoin systématiquement d’un appui. Difficultés pour tenir ses urines. Cela fait 3 ans qu’elle est sans cortisone ! 2006 - Elle marche en trainant de plus en plus la jambe droite. Elle accepte de consulter une ostéopathe de la région spécialisée en thérapie fasciale*. A partir de là elle va s’améliorer pendant quelques temps pour la marche. Puis, malgré tout ce que l’on a entrepris, son état se dégrade à nouveau.

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Une boiterie s’installe avec, même, des tendances à chuter la nuit si elle doit se lever. Pourtant la dernière IRM est inchangée par rapport à celle de 1999. (Ce n’est qu’en 2009 que je vais mieux comprendre cette situation paradoxale). 2007 - En Janvier, elle est mise à l’Interféron pour tenter quelque chose. Mais elle a des baisses de moral. Un ‘Immunobilan du Dr Geffard’ ne montre pas de perturbation et surtout pas de marqueurs antigéniques laissant supposer un passage à la forme ‘progressive’. En Juillet elle reprend de la cortisone durant 3 semaines et passe à 3 injections par semaine d’Interféron. 2008 - Elle a perdu une amie proche de cancer ( décès ).Son état se dégrade avec de nombreuses chutes et des douleurs au dos. Elle fait des cystites chroniques. Elle reçoit à nouveau de la cortisone avec d’un traitement pour prévenir l’ostéoporose. 2009 - La thérapeute la fait parler. Et cela donne un éclairage particulier à cette histoire. A la question « Quelle santé voulez-vous ? Quelle est votre volonté de guérir ? », elle répond qu’elle veut guérir pour la famille en premier et ensuite pour elle. Elle voudrait profiter plus de ses petits-enfants. Elle cache son état à ses enfants. Elle voudrait guérir, mais elle a ressenti une profonde dévalor isation (sic) car on lui a caché la vérité sur son état de santé. Elle a découvert le nom de sa maladie à la lecture de documents que sa doctoresse lui a remis. Elle dit : « La sclérose a tapé à ma porte et je lui ai ouvert. C’est une fatalité ! » Mais, surtout, elle a aussi un gros contentieux avec son mari dont les premiers griefs (adultère) remontent à l’âge de 29 ans (trahison, dévalorisation ) ! Durant la séance, elle présente de grosses remontées émotionnelles. Mais toutes deux sont en présence de l’interprète et la malade ne peut pas se livrer. La thérapeute lui fait comprendre le ‘rôle de sa maladie dans son couple’. La malade reconnait sans difficulté. Mais, à partir de là, elle ne reviendra plus nous consulter, ni l’un ni l’autre !

Commenta ir e SEP qui intervient dans un contexte : • d’antécédents de c anc e r chez ses deux parents, morts assez jeunes de surcroît (43 ans pour la mère, 60 ans pour le père); • de luxa tion congénita le de hanches, qui aggrave les problèmes de marche. La situation évolue en dents de scie, sans qu’il y ait d’aggravation aux IRM, même en 2006 ! Excellent travail en ostéopathie et thérapie fasciale comme on va le découvrir ci-après. Avec le temps, la mise en confiance et la libération des blocages physiques, la thérapeute en vient à découvrir et faire dire à la patiente : • qu’elle a un contentieux avec son mari et • que sa maladie a un rôle dans son couple ! Est ce la (ou seulement une des) raison(s) qui explique(nt) qu’elle ne puisse aller mieux et entraine cette lente dégradation ? Une chose est certaine, ceci ne peut que contribuer à la maintenir dans la maladie. Et l’arrêt des séances est de mauvais augure… pour tous les deux.

Suivi en Os téopathie e t Th é r ap ie F as cia le d e la pa tiente

Avec l’autorisation de la thérapeute, ci-après figurent les principales séances. (Ces comptes-rendus contiennent des termes techniques dont le lecteur voudra bien ne pas

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tenir rigueur. Ces termes ne peuvent être détaillés car, à eux seuls, ils justifieraient un ouvrage. I ls sont c ités pour montr e r l’ inc idenc e de c es soins sur la patiente et sur tout destinés aux spéc ialistes de c es te chniques a f in qu’ils puissent suivr e l’ évolution c linique ) . Par ailleurs, on remarquera les prises de conscience de la malade en 2006, fin 2007 et surtout 2009. Hélas, alors qu’elle reconnaît la place de ses émotions dans la maladie et qu’elle aurait pu décider de dépasser ses ‘blocages,’… elle ne vient plus consulter ! 1e r e visite en Thé r apie F asc iale le 16.01.2006 Motifs : Douleurs cervicales associées à de forts maux de tête depuis 2 mois. Antécédents : a déjà vu 1 ostéopathe 4 à 5 fois, dernière séance datant d’un mois. A eu des améliorations les 2 premières séances mais pas les suivantes. Bilan : marche sans soulever les pieds, les traine, a besoin de quelqu’un auprès d’elle pour se mouvoir. Pieds en inversion, bascule bassin à gauche, articulation sacro-iliaque gauche bloquée en flexion. Contractures des muscles postérieurs +++ de la tête aux pieds, blocage diaphragmatique. Dermalgies* réflexes des trapèzes, grands dorsaux, carrés des lombes, psoas. Traitement : global, corps entier 2 ème sé anc e : 10.02.2006 Réactions à la première séance : grande fatigue générale, 50% amélioration du haut du corps et 75% du bassin et jambes. N’a plus de douleurs de l’hémiface gauche ; est beaucoup mieux au niveau mâchoire, mais reste une sensation de type névralgie d’Arnold gauche, et restriction de mobilité de la tête à droite. N’a plus de douleurs dans genou gauche et pied gauche sauf aux mouvements mais plus au repos Traitement : bassin, membres inférieurs, crânien : articulation temporo-mandibulaire (ATM), mastoïde gauche, ptérygoïdiens, temporaux, diaphragmes pelvien, thoracique et crânien. Membres inférieurs, pulsologie générale. Conseil : massage au baume Reboutol contenant 13 Huiles Essentielles 3 ème sé anc e : 24.03.2006 Réactions : Nette amélioration au niveau cervical, n’a plus de maux de tête. Le baume lui a fait beaucoup de bien au niveau des trapèzes, mais pas au niveau genou Traitement : Bassin, membres inférieurs, genou gauche, travail sur la rigidité des fascias, face postérieure et antérieure des cuisses, libération + pulsologie des creux poplités, chevilles et pieds. Rachis lombaire. En fin de séance se lève seule, n’a plus de douleurs lombaires et sent ses jambes légères ! 4 ème sé anc e : 07.04.2006 Réactions : A été beaucoup mieux (sauf effet rebond 3 jours après) puis disparition des symptômes ! Ne traine plus les pieds, a un meilleur équilibre Traitement : Charnière cervico-dorsale, hautes dorsales avec kystes émotionnels qui remontent à la surface, beaucoup de soupirs ! Travail sur membres inférieurs, fascias superficialis et aponévrotiques, pulsologie. Rééquilibrage des 3 diaphragmes (pelvien, thoracique, crânien). 5 ème sé anc e : 12 .05.2006 Réactions : A été très bien pendant 10 jours, marchait mieux chez elle, soulève ses pieds mais chute sur fesses il y a 10 jours avec irradiations cervicales et crâniennes. A pris des anti-inflammatoires sans résultats. Ne peut plus s’asseoir, a des problèmes pour prendre les compléments alimentaires car se plaint de remontées acides. Lui demande s’il n’y a pas de stress particulier = me dit avoir des problèmes relationnels avec sa belle-fille américaine !! Traitement : Bassin, psoas en pompage, muscles fessiers, pyramidaux, iliaque droit (crête/branche ischiatique), membres inférieurs, cervicales, dorsales hautes, diaphragme et crânien.

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6 ème sé anc e 16.06.2006 Réactions : Améliorations +++ même au niveau de la marche, n’a plus eu un quelconque mal de tête ni douleurs cervicales sauf depuis 3 jours. Garde une gêne plus qu’une douleur. Traitement : Bassin, lombaires, pulsologie complète des 2 membres inférieurs. Cervicales, omoplate Droite et crânien complet. 7 ème sé anc e 07.07.2006 Réactions : Se sent de mieux en mieux, retrouve la mobilité des jambes, a un meilleur sommeil, ressent enfin son pied droit partir sur le côté externe lorsqu’elle fait du vélo d’appartement et même en marchant, se cramponne beaucoup moins à son mari lorsqu’elle doit marcher hors de chez elle. Ne se plaint aujourd’hui que du bas du dos avec problème de constipation. Traitement : Bassin, psoas, pyramidaux, genou droit, cheville droite, lombaires gauche, diaphragmes, épaule droite, omoplate droite, crânien Conseil : travailler sur l’intention des gestes que l’on fait ‘avec attention’ mais ‘sans tensions’ musculaires 8 ème sé anc e 03.08.2006 Réactions : N’a eu des améliorations que quelques jours car grosses chaleurs insupportables. Ses premières douleurs sont réapparues au niveau cervical puis ensuite aux jambes. A fait une entorse cheville droite avant d’arriver ! Traitement : Global corps entier Conseil : coordination tête/ corps, ‘ penser le geste avant de l’exécuter’. 9 ème sé anc e : 25.08.2006 Réactions : N’est pas beaucoup sortie car il faisait trop chaud, a donc moins marché, ses pieds s’ouvrent davantage, a moins de tensions au niveau des adducteurs. Se plaint depuis la semaine dernière d’une douleur sacro-coccygienne : douleur à type de coup de poing, continue avec irradiations aux cervicales depuis 2 jours. Traitement : décubitus ventral : travail sur ligaments sacro-coccygiens, ischio-coccygiens, coccyx, sacrum et lombaires. Décubitus dorsal : bassin, têtes fémorales, membres inférieurs, cervicales, crânien. 10 ème sé anc e : 10.11.2006 Réactions : traine à nouveau sa jambe depuis 1 mois. Pratique physiothérapie et yoga. A passé examen neurologique : pas d’aggravations depuis 4 ans, mais devrait se faire hospitaliser pour bilan complet. Depuis hier soir, se plaint de douleurs sciatiques et inguinales gauches. Traitement : ostéopathie du bassin et membres inférieurs + système Life (médecine quantique) : programme ‘ostéopathie’, ‘détoxication’, ‘émotionnel’. 11 ème sé anc e : 15.01.2007 Réactions : un peu fatiguée après séance dernière et quelques questionnements envers l’appareil Life. A vu son neurologue qui lui aurait dit que sa jambe droite n’allait pas bien ! Il lui aurait conseillé de se mettre sous Interféron. A commencé 1x/semaine en intramusculaire ! Traitement : global en ostéopathie. Se sent plus légère en fin de séance, se redresse mieux et a de meilleures sensations dans ses appuis podaux ! 12 ème sé anc e : 06.03.2007 Réactions : est toujours sous Interféron qui lui donne des maux de tête. A l’impression de revenir comme au début ! Son neurologue lui dit que ce sera long, a peur de devenir handicapée, en chaise roulante et de ne pas avoir fait tout ce qu’il aurait fallu faire ! Traitement : Système Life : ‘acupuncture/méridiens’, ‘chakras’, ‘émotionnel’ (aux tests ressortent ‘ dépression’, ‘ obsession ’, ‘ hésitation ’ !!!) 13 ème sé anc e 10.04.2007

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Réactions : A pris sa décision de faire de l’interféron pendant 1 an pour n’avoir ni regret, ni remord !! Se sent « stabilisée » au niveau émotionnel depuis séance dernière, mais marche les yeux fermés moins bien qu’avant la prise d’Interféron. La seule amélioration notable est au niveau de ses petites articulations. Traitement : travail global ostéopathie.

14 ème sé anc e : 08.06.2007 Réactions : supporte mieux l’interféron mais aucune amélioration avec. A changé de physiothérapeute. Traine sa jambe droite et se plaint à nouveau de maux de tête, avec gêne œil gauche Traitement : Système Life + ostéopathie. 15 ème sé anc e le 18.07.2007 Réactions : N’est pas partie en vacances. Est passée à 3 injections/ semaine d’Interféron (!) suite au conseil de son médecin. A remarqué que cortisone + Interféron ça n’allait pas et, depuis qu’elle n’a que l’Interféron, cela irait mieux ! A de grosses douleurs de la tête aux pieds (cervicales, bas du dos et genou gauche). Seul son pied droit est mieux depuis la séance dernière. Traitement : ostéopathie 16 ème sé anc e : 26.10.2007 Réactions : Ne traine plus sa jambe. Marche plus longtemps et avec plus de facilité. Marche d’une seule traite dans son couloir de 20m alors qu’il fallait qu’elle s’arrête 2 fois auparavant ! Se plaint de douleurs dans œil gauche. A vu un iridologue qui lui aurait trouvé une cicatrice dans œil et signe de Toxoplasmose. A fait analyses sanguines, cette Toxoplasmose était là depuis 20 ans ! Pratique le yoga depuis septembre chez elle 2 à 3 fois/semaine. Traitement : ostéopathie 17 ème sé anc e : 28.11.2007 Réactions : Le temps humide aggrave ses douleurs. Se plaint du bas du dos que depuis 3 jours, a senti comme une épine dans tête fémorale droite, suite à position assise longue. Ne digère pas en ce moment, rien ne passe. Question : y a t’il un stress particulier ? Pas de réponse !! Traitement : ostéopathie 18 ème sé anc e 28.12.2007 Réactions : Va beaucoup mieux depuis 1 mois, son œil gauche aussi. Se plaint du bas du dos uniquement. Me dit avoir besoin de mettre de l’ordre dans sa vie au plan émotionnel ! Traitement : ostéopathie. Se sent + stable en fin de séance, légère et aérée ! 19 ème sé anc e 28.03.2008 Réactions : A besoin d’un ménage de printemps ! A changé son côté d’appui bras à la marche, a compensé et traine aujourd’hui pied gauche ! Est tombée dimanche dernier en arrière, chute sur fesses et tête. N’a pas de douleurs à la marche. Traitement : ostéopathie 20 ème sé anc e : 27.06.2008 Réactions : A revu son neurologue qui l’a remise sous Interféron depuis 2 mois, l’a repris car elle trainait beaucoup les pieds. Traine toujours sa jambe mais, physiquement, se sent mieux. Psychiquement a eu gros stress : décès d’une amie d’un cancer ! Traitement : ostéopathie 21 ème sé anc e : 08.08.2008 Réactions : A du prendre de la cortisone en juillet suite à chute. A revu son neurologue, ne la revoit qu’en septembre prochain ; toujours sous Interféron 3x/semaine ! Aujourd’hui n’a plus d’équilibre, se plaint de son œil gauche et temporal gauche. Douleurs à la mâchoire car elle porte

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une gouttière la nuit. Se sent très fatiguée Traitement : ostéopathie

22 ème sé anc e : 26.09.2008 Réactions : En se levant la nuit vers 3h du matin est tombée en arrière sur les fesses et n’arrivait pas à se relever ! Douleurs aujourd’hui aux changements de postions, pouce gauche, grill costal, rachis cervical et épaules. Traitement : ostéopathie 23 ème sé anc e : 14.11.2008 Réactions : Se plaint de la tête aux pieds, des lombaires surtout. N’a pas revu son neurologue, le fera en Décembre uniquement. Marche « un peu tordue » mais ressent moins de douleurs. Toujours sous Interféron. Traitement : ostéopathie 24 ème e t de rniè r e sé anc e ! 13.02.2009 N’a pu venir plus tôt car grippe. A eu des douleurs de partout suite au mauvais temps. A revu son neurologue en Janvier pour faire renouveler son ordonnance d’Interféron. Elle se sent bien maintenant, plus stable. Avant elle ne le supportait pas, maintenant c’est mieux, n’a que quelques maux de tête ! Elle ne sait pas si ça va mieux avec l’Interféron ou sans ! Mais se sent rassurée. Pratique le yoga et la méditation, ça l’aide car dit que cela la détend. Je lui pose la question : Quelle santé voulez-vous ? Quelle est votre volonté de guérir ? Réponse : veut guérir en 1 er pour la famille et ensuite pour elle, pour être plus près de ses petits-enfants, mais elle cache son état à ses enfants. Me dit vouloir guérir, mais a ressenti une profonde dévalor isa tion, car on lui a caché la vérité sur son état de santé, la doctoresse qui la suivait lui aurait laissé ses papiers, et c’est là qu’elle a découvert sa SEP. Elle me dit : sa sclérose a tapé à sa porte et elle lui a ouvert, pour elle s’est une fatalité ! Traitement : Travail ostéopathique global, fascial et énergétique, tout en discutant de la notion de fatalité et de l’apparition de sa maladie. Le mal a dit ! Travail de décodage. Elle m’avoue de pr emiè r e s dif f icultés ave c le ma r i à l’ âge de 29 ans (tromper ie ) . Apparition de la SEP à 35 ans. Pendant le travail en ostéopathie sur son diaphragme thoracique, grill costal et sternum elle a de grosses remontées émotionnelles (soupirs, tremblements, larmes qui pointaient…) mais n’étant pas seules (présence d’une interprète) elle n’a pas sortir complètement ses dites émotions. Lui ai fait comprendre le ‘ rôle de sa maladie dans son couple’, ce qu’elle a reconnu !....

Cas N°18 Née en 1958 – Vétérinaire – Mariée, 1 fille – Enfant unique Stade 1 Stade 1 – Suivi de 6 ans ½

En 2004, elle m’écrit son histoire et comment s’est installée la maladie. « Avant le décès de ma mère j’étais une des meilleures élèves de ma promotion et je pratiquais déjà dans un cabinet vétérinaire. C’était mon seul objectif. Au décès de ma mère, en 1980, j’ai continué mes études à la Faculté de Médecine Vétérinaire, mais j’ai souhaité voyager. C’était devenu ma priorité. Cela m’a permis d’avoir une expérience et une évolution que je juge très positive. Par contre, sur l’insistance de l’Office d’Hygiène de ma ville, j’ai été obligée de refaire tout un tas de vaccinations même si celles-ci n’étaient pas nécessaires. Et moi, je n’étais pas suffisamment informée. On m’a demandé de faire la

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vaccination contre l’hépatite B pour aller en Indonésie. Celles contre le choléra, le typhus, la variole et même la fièvre jaune pour partir en Tanzanie. Mes départs d’Italie étaient liés à une vie impossible avec mon père. Celui-ci, même si je ne peux pas lui faire de reproche, ne s’est jamais inquiété de savoir comment j’ai vécu la disparition brutale de ma mère. Par contre il est devenu totalement dépendant de moi. J’ai subi des chantages affectifs durant des années. J’ai cherché à dialoguer avec lui, mais je n’y suis jamais arrivé. J’ai été élevée avec un sentiment permanent de culpabilité. Cependant je ne suis pas en colère contre lui parce que je sais qu’il n’en était pas conscient. J’ai eu mon diplôme, en 1988, avec une Thèse expérimentale et les félicitations du Jury. Avant la soutenance de la Thèse (je me souviens de l’avoir dit au Président du Jury) j’étais dans l’incapacité de faire une phrase cohérente. Pourtant au moment de parler tout s’est passé correctement. Le soir même je retournais à Milan où j’avais déjà commencé à travailler. (Je voulais vivre seule loin de la maison. Du coup mon père ne m’a plus parlé pendant une semaine). Or ce même soir de mon diplôme, j’ai présente une amaurose et, quelques heures plus tard, une perte totale de vision de l’œil gauche ( 1ere poussée). J’ai été hospitalisée un mois sur Turin en service d’Ophtalmologie, en hôpital de jour. On m’a diagnostiqué une névrite optique et mise sous cortisone. A cette époque, la possibilité d’une sclérose en plaque a été longuement évoquée. Mais, moi, je ne voulais surtout pas faire d’autres examens comme la ponction lombaire. J’ai tout de même réussi à passer les examens d’Etat et, peu de temps après, je suis repartie en Tanzanie (avec vaccin contre le choléra et celui contre la fièvre jaune). Je me souviens que durant ces vacances j’ai souffert d’insomnies quotidiennes. Quand je suis rentrée, j’ai repris le travail et peu de temps après j’ai présenté à nouveau les mêmes symptômes à l’œil droit cette fois. J’ai consulté immédiatement un neurologue qui m’a fait des perfusions de cortisone. Les symptômes ont régressé rapidement et j’ai repris mon travail. Ma lutte pour m’échapper de la maison a continué. Mon père faisait tout pour m’en empêcher, en me demandant notamment d’intervenir dans les dépenses de la maison. C’est à cette époque que je me suis mariée (1993) et j’ai changé de travail car je détestais où j’étais. J’ai ouvert un laboratoire d’analyse pour les chevaux sous la forme d’une société. Je me suis passionnée pour ce travail. Puis, très vite, j’ai été enceinte mais j’ai perdu l’enfant au 2 e mois. Je suis retournée à ma vie, aux problèmes avec la société. Après une nouvelle grossesse, ma fille nait le 29 Avril 1995. L’accouchement a duré 12 heures ! En plus de mes 47 Kg habituels, j’ai pris 20 kg durant la grossesse. J’allaite 4 mois, puis un pédiatre bizarre décide de me couper les montées de lait avec purges, médicaments et bandages sur les seins ! Dans le même temps mon père fait son 1er accident vasculaire cérébral. Suivent 4 années hallucinantes pendant lesquelles je me retrouve avec une enfant de 4 mois et un père à charge. A cela s’ajoutent deux années durant lesquelles j’ai essayé de reprendre le travail. En définitive je quitte mon travail après 2 otites qui passent toutes seules, sans traitement. Je me retrouve ensuite avec une intolérance aux ‘solanées’ et particulièrement à la tomate. Le 12 Septembre 1999, mon père décède et je reprends une vie normale. Mais il y a un autre événement extrêmement grave qui précède la mort de mon père et que je ne peux pas détailler. Disons qu’il a agressé violemment ma fille au point que je me retrouve à nouveau dans la situation d’être entièrement responsable de la vie de ma fille. Jusqu’en 2002 je n’avais eu aucun autre symptôme. A ce moment là mon couple a traversé une crise. Je trouvais que mon mari se comportait comme un enfant et prenait des décisions inconsidérées, non seulement pour lui-même mais aussi pour notre couple. Lors d’une semaine au ski, sous un froid terrible, je me retrouve avec une forte rhinite chronique et des troubles de l’équilibre. Je consulte un ORL spécialiste de l’oreille. Mais les troubles s’accentuent avec des paresthésies* à la main gauche, une diplopie* à l’œil gauche et des troubles de la marche à la jambe gauche ( 2e poussée). Je fais une IRM et, après l’avis d’un neurologue, je suis hospitalisé en urgence pendant 11 jours. Ponction lombaire, perfusions de cortisone. Suite à la ponction lombaire, je garde des maux de tête pendant un mois. » C’est lors de cette hospitalisation que le diagnostic de SEP est porté. A la suite de son traitement à la cortisone elle développe une candidose*.

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Elle consulte en S eptembr e 2002

Anté c édents pe r sonnels Vers l’âge de 10 ans (1968) , un accident ayant entrainé une fracture du nez et un problème de mâchoire (articulation temporo-mandibulaire) 1973 - Une paralysie faciale dite ‘a frigore’ ayant nécessité un traitement à la cortisone. Anté c édents f amiliaux Ses parents sont eux-mêmes ‘enfant unique’. Côté maternel Grand-père : Grand fumeur, † à 73 ans de c anc e r du poumon. Grand-mère : † à 69 ans de d iabè te . Mère : † à 48 ans d’a c c ident c ir culatoir e c é r ébr a l suite à des troubles cardiaques non traités. Côté paternel Grand-père : † à 85 ans d’insuf f isanc e r én a le (Avait une malformation congénitale. Etait porteur de 3 reins. A subi l’ablation d’un rein nécrosé à côté duquel se trouvait le 3 e rein, non fonctionnel) Grand-mère : † à 85 ans de c i r rhose du foie (Ne buvait pas). Père : † à 70 ans d’a c c ident cir culatoir e c é r ébr a l. Opéré à 69 ans d’an évrysme de l ’ ao r t e abdominal e .

Alimenta tion Matin : jus d’orange (industriel), thé, biscottes. Midi : Salade avec riz ou sandwich. Soir : Pâtes, +/- riz complet, légumes vapeur, +/- viande. Elle ne peut prendre de fromage car elle déclenche systématiquement une candidose. Elle ne consomme pas de fruit, pas ou peu de crudités. Pas de poisson.

Examen e t évolution Elle présente peu de signes de la maladie. La marche aveugle à reculons est hésitante. Le réflexe de Babinski est positif à droite et à gauche, avec retrait du pied. (Stade 1). Elle repart avec les conseils habituels, les vitamines injectables et les compléments nutritionnels. Elle est revue ensuite régulièrement tous les 3 mois. Son état se stabilise sans poussée. (Stade 1). 2004 - Décès d’une de ses amies, atteinte de cancer depuis quelques années. Elle est anxieuse pour l’avenir. A la même époque est exhumé le corps de son grand-père paternel. Elle présente un arrêt des règles et consulte un gynécologue pour vérifier s’il s’agit d’un début de ménopause. Mise sous homéopathie, elle oublie ses peurs et retrouve un cycle normal. Fin d’année, elle présente à 2 reprises des lésions sur la cornée aggravées par la prise de gouttes ophtalmiques. La prise de capsules d’huile de Nigelle, riches en Oméga 3, règle son problème. A cette époque, elle envisage de faire deux grands voyage : un chez des amis au Kenya et un autre au Tibet. 2005 - Elle a renoncé à ses 2 voyages. Durant l’été, elle est sujette à des troubles digestifs (colite*) après notamment une grosse colère. Une dose d’homéopathie règle son problème. Son état reste

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stable. (Stade 1). 2006 à 2008 - Elle est ménopausée et reste sujette à des crises de colite. Examen inchangé. 2009 - Lors d’un séjour en montagne, elle a reçu malencontreusement une paire de ski sur la tête (traumatisme crânien ). Elle en garde une peur et des troubles du sommeil. Elle est toujours au Stade 1.

Commenta ir e Ce cas figure ici car on y retrouve bien des éléments qui, en s’ajoutant, favorisent la survenue de la maladie : • des antécédents familiaux de maladie grave chez les grands-parents et les parents, tant du côté paternel que maternel ; • l’accident à 10 ans avec fracture du nez et problème de l’articulation temporo-mandibulaire* ; • le sentiment permanent de culpabilité ; • des facteurs émotionnels forts (la soutenance de thèse) ; • des décès ; • l’agression envers sa fille et son sentiment de culpabilité réactivé ; • de multiples vaccinations ; • une alimentation carencée en fruits et acides gras insaturés ; • des troubles digestifs fréquents (colite) ; • des expositions au froid… Malgré tout elle reste en Stade 1 et, en 2009, semble enfin se discipliner en renonçant à des voyages fatigants. D’autant que l’on est jamais à l’abri d’un imprévu comme… recevoir une paire de ski sur la tête.

Cas N°19 Née en 1955 – Secrétaire de Direction (Fonction Publique) – Mariée puis divorcée - 1 fille – Stade 1 Stade 1 – Suivi de 10 ans et 4 mois 1994 - Gène au niveau de l’œil gauche qui débute par des battements de la paupière supérieure, puis aboutit à la chute de cette paupière et occlusion de l’œil. Elle consulte un ophtalmologue qui la dirige vers un neurologue. Mise sous anxiolytique*, elle décide de consulter un ami ostéopathe et s’améliore. 1996 - Nouvelle crise ( 2e poussée). Elle fait un bilan auditif qui ne montre rien. Le scanner également. Elle revoit son ami ostéopathe. Son état s’améliore. 1997 - 3 matins de suite, elle se retrouve avec une vision floue pendant 1 heure ( 3 e poussée). Elle consulte à nouveau son ophtalmologue qui l’adresse au neurologue. Elle est hospitalisée. Après ponction lombaire, on lui parle de ‘SEP bénigne’ et traitée à la cortisone. A sa sortie de l’hôpital, elle retourne plusieurs fois auprès de son ami ostéopathe. Elle récupère pratiquement toute la vision, mais il lui reste de la fatigue. 1998 - A la mi-Février, le lendemain d’un footing, elle ressent un engourdissement aux 2 pieds et une impression d’avoir la plante des pieds en carton. Puis cet engourdissement gagne tout le membre inférieur gauche jusqu’à la taille. Elle présente également une contracture musculaire

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derrière les 2 genoux, des douleurs brûlantes à la taille et un signe de Lhermitte*. ( 4 e poussée). Elle consulte son neurologue et reprend un traitement de cortisone. Son état s’améliore et elle récupère une sensibilité normale. Seules restent les contractures derrière les genoux. Elle s’adresse alors à une psychothérapeute, consciente que, depuis 10 ans, elle traverse des problèmes de famille. Elle a une fille de 11 ans qu’elle élève seule depuis 8 ans. Le père de l’enfant - qui était violent – l’a quittée au moment où elle a présenté une lésion génitale précancéreuse. Son mari ne voulait pas vivre avec une femme malade. 6 mois plus tard sa lésion a disparu (!). Mais secouée par le travail en psychothérapie, elle préfère s’orienter vers la sophrologie qu’elle juge plus ‘douce’. Elle vient consulter en M a i 1998. Anté c édents Elle est l’aînée de 2 filles et a été ‘surprotégée ’. Il y avait de la mésentente entre ses parents et sa mère entretenait la ‘peur du père’. Scarlatine et Coqueluche dans l’enfance. 1968 - Hépatite A. 1986 - Naissance de sa fille. 1990 - Lésion génitale précancéreuse. Séparation d’avec son mari.

Anté c édents f amiliaux

Alimenta tion Matin : Thé ou chocolat, tartines avec beurre. Midi : Crudités, viande/poisson/œuf, légumes cuits, fromage blanc/yaourt, Chocolat. Soir : Potage/crudités, pâtes/pommes de terre/ lentilles, poisson/œuf, laitage. Protéines animales au repas du soir. Beurre et/ou laitage à chaque repas. Absence d’acides gras insaturés. Examen e t évolution Elle a 8 amalgames, 3 couronnes et 1 dent sur pivot en bouche. Il faut reprendre les soins au niveau d’une molaire inférieure avec dévitalisation et obturation de 2 canaux (anesthésies).

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A l’examen, la marche aveugle est hésitante. Elle est au Stade 1. Elle repart avec les consignes habituelles, des vitamines en comprimés et compléments nutritionnels. Revu en Juillet, les décharges électriques dans le dos ont disparu. Elle garde une gène sous les orteils, au pied droit seulement. Son moral est en dent de scie avec de l’anxiété le matin. En Octobre, le moral, les paresthésies aux pieds…, tout est rentré dans l’ordre. continue les séances avec son ami ostéopathe et la sophrologue.

Elle

1999 - La sophrologue la trouve plus ‘libérée’. Elle est très bien. (Stade 1). Je la perds de vue. 2007 - Elle revient en Mars. Elle vit des contrariétés avec une collègue de bureau. Depuis Décembre 2006, elle ressent une faiblesse de la jambe gauche lorsqu’elle reste debout au travail et présente des fuites urinaires. Son médecin homéopathe l’a adressée au neurologue. Janvier 2007, elle décide d’aller consulter d’abord un rhumatologue. Celui-ci note un affaissement de la voute plantaire, une déminéralisation osseuse et une arthrose répartie sur l’ensemble de la colonne vertébrale. Ensuite elle consulte son neurologue. Un électromyogramme confirme des souffrances musculaires d’origine mécanique. Par contre l’IRM montre des plaques et elle reçoit un traitement de cortisone (1gr par jour sur 3 jours), sans grand résultat. A l’examen, il faut la tenir avec 1 doigt lors de la marche aveugle. Le saut est limité à 30 cm. Elle est encore au Stade 1. Hélas, avant l’été, elle fait une chute d’un tabouret de bar, se tasse 2 vertèbres (D12 et L1) et a dû porter un corset. En Septembre elle s’est bien remise. Son neurologue la rassure. Les images trouvées à sa dernières IRM sont des plaques anciennes. 
2 008 - Je l’adresse à une ostéopathe spécialisée en thérapie fasciale* et une amie kinésiologue. Elle récupère peu à peu. Elle m’avoue alors que sa vie ne lui convient pas. Elle a fait 3 rencontres entre 1999 et 2007 et toutes ont été un échec (échec, dévalorisation ). Elle voudrait vivre autre chose mais n’arrive pas à changer d’elle-même. Elle souffre de solitude (abandon ). Son examen est inchangé. Peu à peu elle se sent mieux. Mais, durant l’été, elle se sent encore un peu plus seule. Sa fille travaille près de son père et habite chez lui. Elle l’accepte difficilement car le père ne s’est jamais occupé d’elle et elle le sait violent. Le travail avec la kinésiologue est payant. Elle prend conscience d’une blessure qui remonte à son enfance. Jusqu’à 3 ans, elle a été ‘surprotégée par sa mère. Puis à la naissance de la petite sœur, elle a eu le sentiment d’être abandonnée . Ensuite sa mère n’était jamais satisfaite d’elle et lui faisait des remarques ( dévalorisation, sacrifice). Elle s’est alors renfermée dans la solitude. C’est ainsi que toutes les situations de ruptures sont ressenties chez elle comme un abandon. Voilà 6 ans qu’elle se replie sur elle-même. Et elle a fait un rêve significatif. Elle était en famille avec un inconnu ainsi que des enfants et elle se sentait ‘posée’ et vraiment bien. 2009 - Son état se maintient. Stade 1 toujours. Elle réalise qu’elle vit, à travers sa fille qui a connu une déception amoureuse, ses propres émotions dans les mêmes circonstances. Au même âge que sa fille, elle a eu un événement pénible qui s’est répété par la suite. Et elle avoue, enfin, à sa fille qu’elle est atteinte de SEP et elle se dit soulagée. Au fil des mois l’amélioration pour la marche se poursuit. Elle remarche seule, sans l’aide d’un doigt lors de la marche aveugle. (Stade 1). Revue une dernière fois en Septembre, elle est bien. Elle entretient d’excellentes relations avec sa fille et travaille afin d’être moins fusionnelle avec elle.

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Commenta ir e Dans ce dossier on retrouve des plusieurs points qui favorisent la maladie : • la surprotection , • la soumission (sacrifice) qui disparaît lors de la séparation d’avec le mari - et la lésion précancéreuse disparaît aussi -, • le sentiment d’abandon qui se répète, • la dévalorisation , • le surmenage , • les conflits dans ce contexte de dévalorisation. Tous les soins conjugués dont ceux de sophrologie, de kinésiologie, d’ostéopathie avec thérapie fasciale, … ont permis ce résultat. Avec une maladie ayant débutée 15 ans plus tôt et pratiquement 11 ans de recul, elle est au Stade 1. Et elle a bien progressé dans sa tête .

Cas N°22 Née en 1935 – Secrétaire – Mariée, 1 enfant – Stade 3 Stade 3 à 4 – Suivi de 23 ans Patiente qui débute sa maladie à 39 ans (1974) par des troubles de la sensibilité ( 1ere poussée), puis s’installe un état d’ankylose par période et, même, des douleurs à type de brulures dans les jambes. Fin 1981, elle présente des troubles de la marche et trébuche facilement ( 2 e poussée). Puis elle se dégrade progressivement et, début 1982, est hospitalisée à Guy de Chauliac (Montpellier). Diagnostic : SEP. En 1985, elle est suivi par un médecin homéopathe et reçoit un traitement ‘Solomidès’ à base de PS 4 injectable et PS 70 buvable. Elle vient consulter en Août 1987

Anté c édents 1962 - Une grossesse (1 fils) Anté c édents f amiliaux Elle est l’aînée de 3 enfants. C’est une ‘fille unique’ avec 2 frères. 
 A noter : son premier frère (né en 1937) a présenté une SEP à l’âge de 25 ans (1962). Il est décédé 3 ans plus tard, à 28 ans, des suites de sa maladie ! Le plus jeune frère et dernier de famille, né en 1943, est en bonne santé.

Alimenta tion Matin : Pain complet, Caro, beurre et miel. 10h : Fruits Midi : Crudités, légumes, viande/poisson surgelé, fromage Soir : Potage, salade, légumes, charcuterie, yaourt, fruit. Elle utilise les huiles du commerce (arachide) pour les salades et la cuisson. Cocotte-minute.

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Examen e t évolution Elle marche seule mais se déplace avec beaucoup de raideur (démarche en pingouin). Il faut la tenir avec une main pour la marche étroite et avec les 2 mains (et un écartement de mes pieds de 40 cm) pour la marche aveugle. (Stade 3) Elle repart avec les conseils alimentaires, le traitement de vitamines injectables et des compléments nutritionnels. En Décembre, elle dit se sentir mieux. Elle a des selles plus régulières et a perdu 5 kg. A l’examen, elle peut faire la marche aveugle en étant tenue avec une seule main ! 1988 - En Août , elle peut se tenir debout seule. Mais elle est très souvent sujette à des infections urinaires liées à sa SEP du fait d’une vessie dite ‘neurogène’, qui ne se vide pas complètement. Août 1989, son équilibre est encore meilleur. Elle peut à nouveau soulever sa jambe droite, mettre seule ses sous-vêtements et marche sans traîner la jambe. Elle présente toujours des infections urinaires mais retient mieux ses urines. 1990 - Elle travaille désormais à mi-temps, se fatigue moins et particulièrement au niveau de la vue. L’amélioration du contrôle de sa vessie continue. Elle n’a fait que 2 arrêts durant son voyage en auto (5 h de trajet). En Avril elle s’est fracturée le trochiter gauche lors d’une chute. Son état se stabilise ensuite, malgré des infections urinaires qui deviennent chroniques. 1993 - Elle fait une chute sur les fesses à son travail et se retrouve avec deux fractures : une fracture tassement de vertèbre et une fracture du bassin. Elle se remet néanmoins et récupère son état antérieur. Fin 1994 - Elle fait le trajet en auto avec un seul arrêt pour uriner. Elle a toujours des infections urinaires chroniques mais elle contrôle mieux sa vessie. Une fois l’an en moyenne, elle est sujette aux chutes sur les fesses. Celle de 1997 lui laissera un handicap de la jambe droite à la marche. 
1 998 - Elle marche tenue avec un bras, décolle les talons et soulève les pieds quand elle marche. Le bilan ophtalmologique est stable depuis 4 ans. (Stade 3) 2000 - Elle nécessite des soins dentaires : un abcès et un kyste qui sera extrait sous anesthésie. A cette époque elle perd sa mère ! Par la suite, la marche est plus difficile avec une raideur des deux membres inférieurs. Avec l’aide de kinésithérapeutes de sa région, elle réussit à ne pas se dégrader. 2010 - A son 75 e anniversaire, et malgré une raideur lors de la marche en début de mouvement, elle reste encore un peu autonome chez elle et continue à jouer du piano. 
Revue en 2011, elle ne marche seule que chez elle et doit avoir un appui (canne) en permanence. Elle traîne les pieds, ne peut plus se relever seule si elle vient à chuter. Les infections urinaires sont toujours présentes épisodiquement. (Stade 4)

Commenta ir e SEP familiale puisque son premier frère, pourtant plus jeune qu’elle, débute la maladie à l’âge de 25 ans. Elle est atteinte de SEP à 39 ans, seulement pourrait on dire. A t’elle un meilleur système immunitaire que son frère du fait qu’elle est l’aînée ? Toujours est-il, elle va continuer à exercer son emploi jusqu’en sa mise à la retraite (Avril 1995) après un passage à mi-temps (1990) et malgré les infections urinaires à répétition favorisées par sa SEP. En 24 ans de suivi cette patiente s’est aggravée passant du Stade 3 léger au Stade 4. Mais, 37 ans apr ès le début de sa maladie, elle est encore un peu autonome. Son frère, lui, est décédé des complications de sa SEP à 28 ans, 3 ans seulement après le début de sa maladie !

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Cas N°23 Né en 1960 - Ingénieur - Marié, 2 filles (1991 - 1994) Aîné de 2 enfants - 1 sœur atteinte de SEP à 19 ans SEP Familiale Stade 1  Stade 1 – Suivi de 7 ans et 3 mois. Ses tous premiers symptômes remontent à 1984. Il a 24 ans lorsqu’il traverse une période de stress pendant ses études. Il prépare un concours et se retrouve avec des paresthésies* aux deux mains. Il consulte et reçoit un traitement de Magnésium. Tout disparaît en 2 semaines (1ere poussée). Puis plus de rien jusqu’en 1988 où, un matin, il a des difficultés pour écrire (2e poussée). Tout rentre dans l’ordre rapidement et sans traitement. Enfin en 1992, sa jambe droite reste comme engourdie pendant une ½ journée (3e poussée) et, à nouveau, tout disparaît spontanément. Les symptômes sévères apparaissent en Janvier 1999. Il habite alors près de Cannes. On lui a confié un projet qu’il ne se sent pas capable7 de mener à bien. Il ne maîtrise pas le matériel. Il doit suivre des conférences en anglais… Il stresse d’autant plus qu’il ne peut en parler à sa direction (!) (sentiment d’incompétence, peur de l’échec…). Un matin, au lever, il a une perte de sensibilité aux deux plantes des pieds (4e poussée). Le lendemain, l’insensibilité a gagné les cuisses. Le surlendemain, la taille ! Il consulte en urgence un généraliste qui l’adresse à une neurologue. L’IRM conclut à ‘une leuco encéphalopathie* démyélinisante bilatérale… Probable SEP’. Hospitalisé, il est traité à la cortisone (3 perfusions de 1 gramme) sans résultat. Il demande à sortir rapidement.  Ce malade consulte en Février 1999 sur les conseils d’une amie pharmacienne convaincue par les médecines alternatives. Antécédents Constipation depuis très longtemps ! 1980 - Paratyphoïde suite à un séjour en Algérie. Rappel de vaccin antitétanique en 1990 Antécédents de la famille Sa sœur, née en 1965, est aussi atteinte de SEP. Ses premiers symptômes sont aussi apparus en 1984. Elle n’a que 19 ans ! Sa maladie est confirmée en 1990. Plus jeune, avec un système immunitaire plus ‘faible’ que son aîné, elle déclenche la maladie 5 ans avant lui et sur un mode beaucoup plus agressif puisqu’elle va évoluer vers le fauteuil roulant. On est dans le cadre d’une SEP familiale8.

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Voir Cas N°43. Voir Cas N° 20 et 21

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Alimentation Matin : Lait écrémé UHT, aspartam, gâteaux industriels Midi : Cantine Soir : Potage / légumes, œuf coque, fromage, yaourt. Laitages ++++ (acides gras ‘trans’) et graisses industrielles dans les gâteaux. Aspartam !!! Absence de crudités, de fruits Examen et évolution 10 plombages en bouche. L’examen neurologique montre des troubles de la sensibilité de l’abdomen jusqu’aux pieds et un nystagmus (léger) de l’œil gauche qui disparaîtra définitivement six mois plus tard. (Stade 1). Comme il l’explique dans son récit ci-après, on met en place une réforme alimentaire avec un traitement de vitamines injectables et en comprimé. Revu 2 mois plus tard (Avril), il garde encore des troubles de la sensibilité. Il a été très stressé dans son travail. Le bilan IRM et neurologique fait à l’hôpital de La Timone (Marseille) confirme une ‘probable SEP’ ! Je renouvelle son traitement et lui conseille un soutien psychologique pour pouvoir affronter les contraintes au travail. Septembre – Il se sent bien au réveil et dans la journée. La nuit il se plaint, un jour sur deux, de troubles circulatoires aux jambes et de brûlure derrière la cuisse droite. L’amélioration va continuer de se poursuivre et, en Décembre, il est bien. Il a fait après des soins ostéopathiques pour les cervicales ainsi que des soins dentaires. Mais surtout, il apprend à déléguer. Les années 2000 – 2001 se déroulent sans problème.

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2002 – En Juillet, suite à un voyage de 4 semaines en Asie, il déclenche des troubles de la sensibilité aux pieds et douleurs dans les jambes. Le lendemain, il a des grosses difficultés à sortir seul de la baignoire, ne peut plus courir et ressent un courant électrique tout au long de la colonne vertébrale lors de la flexion de la tête9. Puis, les jours suivants, s’installent progressivement : un steppage de la jambe droite, une sensation de pesanteur du bras droit, de plus en plus de fatigue, une baisse de la force, une gène pour écrire (5e poussée). Il se surveille, reprend l’alimentation saine, se repose, augmente les vitamines … et les jours suivants les symptômes régressent. La crise est rapidement stoppée et tout rentre dans l’ordre. 2005 – En fin d’année les soucis s’accumulent : problèmes de santé de sa femme, soucis avec l’achat d’une maison et stress au travail avec la crainte de devoir changer de service... C’est le ras le bol. Il a le sentiment de ne pas être reconnu à sa valeur dans son entreprise (dévalorisation). Il ressent des douleurs un peu dans tout le corps, dans l’abdomen, le pubis, l’anus, les articulations… Et des soucis d’argent surviennent ! Peur du cancer des os et des reins. Etat dépressif. En 2006 je le perds de vue. Il reprend contact avec moi en 2011. Sa santé s’est maintenue. Mais depuis peu, il traverse à nouveau une période difficile dans son travail et il a du mal à faire face. De mon point de vue, le seul moyen pour qu’il surmonte la maladie est qu’il écrive son histoire. Ainsi lui-même, avec ses mots à lui, décrit la relation entre son vécu et ses poussées. Ce qu’il m’adresse est édifiant10! « Tout   petit,   j'étais   gai,   vif,   curieux,   toujours   prêt   à  découvrir   de   nouveaux   horizons,   tester   et  comprendre  le  fonctionnement  de  nouveaux  jouets  ou  appareils  électroniques.  Il  me  faut  juste   signaler   une   hyper   activité   et   un   manque   de   confiance   en   moi   que   mon   père   a   résolu   en   m'inscrivant   au  Judo.  Un   parcours   scolaire   sans  histoire   m'a   amené   au  diplôme  d'ingénieur   à  23   ans.  Pas  de  problème  de  santé  particulier.  J'évolue  normalement  choyé  et  bercé  de  l'amour  de  mes   parents  et  de  ma  sœur  plus  jeune  que  moi.     Mais,   entre  mes   parents   le  torchon   brûle.   Mon   père  travaille   beaucoup  (à  son   boulot,  mais   aussi  à  la  maison)  et  ma  mère,  toujours  seule,  ne  supporte  plus  cette  situation.  Alors  elle  menace   mon   père   de   se   suicider   s'il   ne   s'occupe   pas   plus   d'elle.   Et   elle   met   sa   menace   à   exécution   plusieurs  fois  devant  ma  sœur  et  moi  (elle  se  taillait  les  veines,  partait  pour  se  tuer  en  voiture…).    J’ai   assisté   à   ces   tentatives   et  ma   sœur,   à   15   ans,   y   a   assisté   seule   quand   j'étais   étudiant   et   loin   de   la   maison11.   Complètement   anéantie,   ma   sœur   a   failli   rater   ses   études   et   a   présenté   plus   tard  une  s c lérose  e n  pl aque  sé vère  surement  catalysée12  par  le  vaccin  contre  l’hépatite  B  (Elle   est  au  Stade  5  aujourd'hui).  Quand  je  partais  le  Dimanche  pour  Lyon,  je  ne  savais  pas  si  ma  mère   serait   toujours   de   ce   monde   quand   je   rentrerais   le   Vendredi.   Ce   fut   une   période   difficile   à   supporter.     Coté  santé,  tout  va  bien  jusqu'en  1 98 0.  Cette  année-­‐là,  je  vis  une  fin  d'année  perturbée  par   des  problèmes  intestinaux  récurrents.   Mon   médecin  traitant  n'a  pas  trouvé  l'origine   du  problème.   Après   plusieurs  semaines  de   traitements  inutiles,   j'ai  décidé   de  changer   de   médecin  (sacrilège   à   l'époque).   Ce  nouveau   médecin   m'a  longuement  interrogé  sur   l'année  écoulée  et  a,   tout  de   suite,   pointé  du  doigt  un  écart,  potentiellement  risqué,  lors  de  mon  voyage  en  Algérie  en  Juin.  En  effet,   en  dépit  des  recommandations  reçues,  nous  avons  bu  (une  seule  fois  !)  de  l'eau  pas  très  nette  dans   le   désert.   Des   tests   sanguins   ont   montré   une   Paratyphoïde   responsable   de   mes   fièvres   et   diarrhées.  Le  traitement,  délivré   un  peu   tard  a   réglé   le   problème.   MAIS   (sic)   les   effets   collatéraux   ont   été   désastreux.   C'est   à   cette   époque   que   j'ai   commencé   à   perdre   mes   cheveux.   Et   ce   n'est   même   pas   moi  qui   m'en   suis  aperçu.   Une   personne   bien  attentionnée   s'en  est  chargée   au   sortir  de   la   douche   :   «  Hé  !   Mais,   Fred,   tu   perds   tes   cheveux   !  ».   C'était   vrai  !   Mais   cette   phrase   résonne  

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Signe de Lhermitte. Volontairement figurent en bleu les termes de son récit qui me paraissent importants. 11 Ce vécu commun avec sa sœur - et en même temps - est-il un facteur déclenchant de cette SEP familiale ? 12 Un catalyseur est une molécule qui accélère une réaction chimique. Le terme ‘catalysé’ est utilisé ici dans le sens de ‘accéléré’. 10

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encore dans  ma  tête  et,  surtout,  elle  est  le  point  de  départ  d'une  grave  chute13  de  confiance  en  moi.   Je  me  voyais  chauve  à  20  ans  et  cette  idée  allait  compromettre  mes  futures  conquêtes  féminines   mais   aussi   modifier   le   regard   des   autres.   J'ai   fait   une   grosse   dépression   qui   a     duré   des   mois,   je   n'étais   plus   à  mes   études   que   j'ai   failli   rater.   Mes   parents  m'ont   payé   un   traitement   qui,   s'il   n'était   pas   miraculeux,   a   considérablement   ralenti   la   chute.   Au   printemps,   cela   s'est   calmé.   J'ai   repris   confiance  et  terminé  ma  troisième  année  avec  brio.  Mais,  le  couperet  n'était  pas  passé  loin  !     Cela  se  calme  à   la   maison,   sans   souci  particulier  jusqu'en  1 9 84.  Parti  à  Brest  (à  900  k m  de   la   maison)   pour   faire   une   année   de   spécialisation   en   informatique   industrielle,   je   suis   seul   le   week-­‐end  et  je  broie  du  noir.  Alors  je  profite  des  installations  et  équipements  de  l'école  pour  me   former  parce  qu'il   n'y   a  qu'une  possibilité  de   stage   près  de  chez   moi  et  que  les  affectations   se  font   en  fonction  du  classement  (comme  dans  la  Police).  Il  faut  que  je  sois  dans  les  meilleurs  si  je  veux   décrocher   le   seul  stage   dans   le  Sud.     Mais   vais-­‐je   y   arriver   ?   Une   insensibilité   des   2  mains   (gênant   pour   taper   sur   un   clavier   informatique)   vient   perturber   la   fin   de   l'année   1 984.   Premier   signe   bizarre.   Le   docteur   que   j'ai   consulté   n'a   pas   trouvé   d'explications   et   m'a   donné   du   Magnésium.   Cela  a   disparu  complètement   au  bout  de  quinze  jours.   A  la  fin  de   l'année  scolaire,  je   suis  pris   en   stage  à  Vitrolles  dans  une  entreprise  de  développement  informatique.  Il  y  a  beaucoup  de  jeunes  de   mon  âge  dans  l'entreprise.  L’ambiance  est  bonne.  Je  suis  embauché  à  l'issu  du  stage.  Tout  va  bien.       A  cette  époque,  je  suis  invité  chez  des  collègues  de  travail,  je  sors  en  boite  de  nuit,  je    fais   des   connaissances.   C’est  alors  que  je  rencontre   mon  épouse  chez  un   ami  commun.  A   partir  de  là   tout   s'est   enchaîné.     Mariage,   2   enfants.   Rien   de   spécial   côté   santé   pendant   la   période   1985   -­‐   1999.  Quelques   changements   de   logement,   d'entreprises   et   une  mutation   de   Marignane   à   Cannes   en   1999 .   Le   changement   de   région,   d'écoles   pour   les   enfants,   de   travail,   d'environnement   et   l'éloignement   de   nos   parents   ont   été   un   gros   stress   pour   tous14.   Nous   nous   sommes   habitués   à   cette  nouvelle  vie  et  avons  fait  de  nouveaux  amis.       Mais,  en  1 999  tout  se  gâte  !     Ma   hiérarchie   change   et   on   me   propose   une   mission   très   compliquée.   Je   ne   sais   pas   comment   m'y   prendre   et   pas   question   d'en   parler   à   ma   nouvelle   hiérarchie.   J'intériorise,   je   ne   dors  plus,  je   deviens  agressif.  Et  puis  un   matin,  la  plante  de   mes  pieds  est  insensible.  Je  n'y  fais  pas   cas.   Le   lendemain,   l'insensibilité   monte   jusqu'aux   cuisses,   le   surlendemain   jusqu'au   nombril.   Je   décide   de   consulter   un   médecin.   Après   des   analyses,   il   soupçonne   une   carence   sévère   en   magnésium  jusqu'à  ce  que  je   lui   dise   que   ma   sœur  avait  une   SEP.  Rendez-­‐vous  est  pris  en  urgence   chez  une  neurologue  qui   m’annonce  brutalement,  et  sans  examen,  que  c’est  une   SEP.  Le  diagnostic   doit   quand  même   être   étayé   par   des  analyses   plus  poussées.   Je  me   rappelle  encore  la   brutalité  de   l'annonce  :  « Vous avez une SEP mais, à l'évidence, elle est bénigne » .       Je  traverse  une  grave  période  de  dépression,  accentuée  par  la  vision  de  l'état  de  ma  sœur   qui   se   dégrade   rapidement.   Je  ne   dors   plus,   je  suis  triste,   résigné.   Je   passe  les   examens   demandés.   L'IRM   du   cerveau   montre   de   nombreuses   plaques.   Ce   n'est   pas   bon   signe   mais   le   radiologue   se   veut  rassurant:  "Si vous saviez le nombre de personnes qui ont des plaques et qui vivent normalement".   On  me  demande  de  faire  une  IRM  médullaire  qui,  heureusement,  est  négative  (absence  de  plaque).   Pour   en   avoir   le   cœur   net,   il   reste   à   faire   la   ponction   lombaire.   Je   suis   entré   dans   la   spirale   infernale.  Je  me  mets  en  congés  maladie.  Je  rentre  à  l'hôpital  et  on  me  fait  la  ponction  lombaire  qui   ne   fait   apparaître   aucune   inflammation.   Je   change   de   neurologue,   qui   ne   tranche   pas   vraiment  : « Si vous avez une SEP, elle est sensitive ».       C'est   à   ce   moment-­‐là   qu'une   amie   pharmacienne   me   met   en   contact   avec   vous.   Et   le   ton   change.  Tout  est  fait  pour   dédramatiser   ma   situation.   « Nous allons faire comme si c'était une SEP. Cela se soigne…, se stabilise même… Par contre il va falloir, entre autre et sans délai, changer radicalement vos habitudes alimentaires ».   Jusque   là,   on   ne   faisait   pas   attention   au   contenu   de   notre   assiette.   Maintenant   ce   sera   alimentation   Kousmine   et   un  traitement  de  choc   pour  commencer   (intraveineuses  de  vitamines,   lavements,   PH...).   Ensuite   je   dois   accepter   de   me   faire   aider   psychologiquement   par   des   médecines/techniques   alternatives   (Kinesiologie,   P sychologue,   Energéticien,   Méditation,   ...  !   selon   13

Le patient fait (volontairement ?) la relation entre la chute de cheveux et la chute de confiance ! Déracinement qui se reproduira plusieurs fois… avec les mêmes conséquences ! Peur de l’inconnu, de l’avenir … comme ce qu’il a vécu dans l’enfance avec sa mère dépressive et suicidaire ? 14

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mes possibilités).   Et  cela  va  donner  de  bons  résultats  puisque  je   n'ai  plus   eu  aucune   manifestation   de  maladie  jusqu'en  2 002.       En   200 1,   j’ai   une   promotion   sur   Toulouse.   Donc,   déménagement   et,   à   nouveau,   changement   de   région,   d'écoles   pour   les   enfants,   de   mission,   d'environnement,   plus   l'éloignement   de   nos   parents   qui   cette   fois   sont   à   près   de   400   km.   Mais   cette   fois   on   connaît   la   région   Midi-­‐ Pyrénées  et  on  s’adapte  vite.       Comme   les   années   scolaires   et   professionnelles   sont   dures,   nous   décidons   de   nous   faire   plaisir  par  un  beau  voyage  durant  l’été  2 002.  Pendant  des  mois,  j'ai  préparé  (fignolé)  un  voyage   en  Thaïlande   pour  nous  4.  Tout  était   sous  contrôle   (vols,  hébergements,  visites,  ...).  Mais,  à  part  les   billets   d’avion,   tout   avait   été   réservé   sur   Internet   sans   réelle   garantie   de   prise   en   compte.   Quel   stress  !!  Lorsque  vous  atterrissez  à  l'autre  bout  du  monde,  sans  parler  la  langue,  avec  votre  épouse   et   vos   jeunes   enfants   qui   comptent   sur   vous,   c’est   une   sacrée   responsabilité.   Au   final,   tout   s'est   bien   passé.   Mais,   au   retour   de   ce   magnifique   voyage,   mon   pied   droit   n'était   plus   commandé   et   j'avais  des  décharges  électriques  le  long  de  la  colonne  vertébrale  lorsque  je  baissais  la  tête15.  Là  on   n'est  plus  dans  le  sensitif.  Rendez-­‐vous  d'urgence  chez  vous.  C’est  une  rechute.  Mais,  là  c'est  plus   embêtant  parce  que  nous  n'avions  pas  arrêté  le  régime  Kousmine,  ni  les  vitamines  (sauf  pendant   les   4   semaines   de   vacances).   Donc,   traitement   de   choc   comme   au   premier   rendez-­‐vous   avec   intraveineuses  de  vitamines…,  en  attendant  de  prendre  de  la  cortisone  s’il  n’y  a  pas  d’amélioration   rapide.     Remis   sur  pied  en  1   semaine,  je  n’ai  pas  eu  ensuite  d’autre  soucis  de   santé   en  dehors  d’une   grosse   dépression   en   2 005 .   Les   enfants   grandissent   et   les  problèmes   q ui   vont   avec  aussi  (études   supérieures   loin   de   la   maison,   permis   de   conduire,   fréquentations,   autonomie…)   (anxiété,   responsabilité,   doute   …).   Après   avoir   été   locataires   pendant   6   ans,   nous   décidons   d’acheter   une   maison   (à   quelques   kilomètres   seulement).   Nouveau   déménagement   mais   sans   changement   d’école.     Puis   vient   20 11   où,   une   fois   de   plus,   la   promotion   que   j’attends   depuis   10   ans   n’est   toujours  pas   acceptée16.   Je  pète   les  plombs.   P ourquoi  ?  Qu’est-­‐ce   qui  coince  ?   Pas  d’explication.  Et   puis   un   soir,   j’ai   très   mal   à   l’œil   droit.   La   nuit,   cela   ne   passe   pas   malgré   les   antalgiques.   Je   me   retrouve  avec    une  forte  baisse   de   l’acuité  visuelle   de  l’œil   droit  comme   si  je  regardais   à  travers   une  vitre  sale.  Cela  persiste  pendant  3  jours.  Je  décide  de  consulter  mon  médecin  généraliste  qui   soupçonne  un  glaucome*  et  m’envoie  aux  urgences  ophtalmiques  de  l’hôpital  Purpan  (Toulouse).   Et  là,  je   suis  pris  dans  un   nouvel   engrenage.   Les  tests  confirment  qu’il  s’agit  d’un   scotome*  et  ce   n’est   pas   bon   signe.   Le   nerf   optique   est   enflammé   et   il   faut   savoir   pourquoi  ?   Alors   rien   de   tel   qu’un  scanner  et  une  IRM  …que  je  ne  fais  pas  car  je  me  doute  de  ce  que  c’est  !     La   situation   stabilisée   et   les   dixièmes   récupérés,   je   prends   rendez-­‐vous   chez   mon   ophtalmo  qui   me   conseille  de  passer  une  IRM   et  de  le  revoir.   Sans  attendre  les  résultats  je  vous   contacte  à   nouveau  et  je  reprends  les  intraveineuses  et  de  nouveaux  compléments.   Mais,  cette  fois   j’en   conviens,   il   faut   que   je   me   fasse   aider   pour   identifier   les   facteurs   psychologiques   et/ou   environnementaux  à  l’origine  de  mes  comportements  et  donc  de  ces  manifestations.       Pour   moi,   et   avec   maintenant   du   recul,   cela   devient   plus   clair.   C’est   la   p eur   de   ne   p a s   être   à   l a   hau teu r   ou  le   man que   de   reco nna issa nce   p ro fe ss ion nell e  qui  me  perturbent   et  déstabilisent  mon  organisme  ».       Ses réflexions L'écriture   de  mon   parcours   a   pris  du   temps  mais  m'a   permis   de   "sortir"   des   émotions,   des   mots  clés  et  des  situations  à  l'origine  de  bien  des  symptômes.       Après  différentes  lectures   sur  ces   sujets  et  notamment  les  livres  du  Dr   Kousmine  dont   le   fameux   et   plein   d'espoir   "la   SEP   est   guérissable"   (que   je   connais   par   cœur),   c'est   finalement   ce   retour  sur   moi-­‐même   et   ma  propre  histoire  qui  a   été  le  plus  bénéfique.   Cet  "accouchement"   m'a   permis  de  voir  que  finalement  le  résultat,  c’est  à  dire  moi,  n’est  pas  si  mal  !   Commentaire 15 16

Signe de Lhermitte*. Dévalorisation, manque de confiance à nouveau.

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J’ai gardé d’excellentes relations avec cette famille attachante dont je soignais aussi les enfants. Lui était un hyper anxieux, mal dans sa peau et en plus paniqué par l’évolution de la maladie de sa sœur en fin de vie ! Elle, une femme très proche et attentionnée, qui l’a incontestablement bien ‘ancré’ et épaulé. Dans cette histoire on remarquera deux choses : 1) Il s’agit d’une SEP familiale. Sa sœur, de 5 ans plus jeune et qui a vécu la même situation de stress avec leur mère, a déclenché la même année que lui (1984) une SEP qui s’est rapidement dégradée pour finir en fauteuil roulant (Stade 5). Plus jeune, avec un système immunitaire plus ‘faible’ que son aîné, elle débute la maladie 5 ans avant lui et sur un mode beaucoup plus agressif puisqu’elle va évoluer vers le fauteuil roulant. 2) Un ensemble de traits de comportements qui favorisent la maladie : • une angoisse d’abandon, de ne pas pouvoir faire face, de l’avenir... Mais aussi, le manque de confiance en lui qui va l’amener à faire du Judo. Ces comportements remontent peut-être à la vie intra-utérine ? Mais, ils sont favorisés par l’attitude suicidaire de la maman. C’est une véritable ‘peur racine’, qui est comme inscrite dans ses gènes ! On la retrouve à chaque fois, lors des déménagements (déracinements) ; en 1999, avec cette peur de l’échec par incompétence lorsqu’il doit accepter des responsabilités ; la peur d’être infirme comme sa sœur… et toutes ses dépressions successives ! •

la dévalorisation avec la chute des cheveux, sa peur de ne pas être compétent, le refus opposé à sa promotion…

Il a été courageux, puis discipliné en acceptant de changer son alimentation, de se remettre en question et se faire aider psychologiquement. Désormais, avec l’identification des causes de sa maladie, il est plus armé pour affronter les moments difficiles et ainsi prévenir d’autres rechutes. Les tous premiers symptômes remontent à 1984. Donc, 27 ans plus tard – et malgré plusieurs poussées -, il est au Stade 1, ce qui est un résultat excellent pour une SEP familiale et au vu de la situation de sa sœur cadette.

Cas N°24 Née en 1992 – Aînée de 2 filles – Stade 2 Stade 1 – Suivi de 2 ans Jeune fille de 15 ans (!) qui présente des signes neurologiques évoluant depuis quelques mois. Février – Lors d’un épisode grippal elle signale des douleurs à l’œil droit qualifiées de ‘ névrite virale’. Avril – Suite à des vertiges elle consulte un ORL qui confirme un Syndrome paroxystique et, en l’absence de résultat à son traitement, l’hospitalise sur Nice. Le bilan (examen de sang, ponction lombaire, IRM) évoque le diagnostic de SEP : ‘ Multiples hypersignaux de la substance blanche compatibles avec une atteinte inflammatoire démyélinisante’. On s’en tient à une surveillance. • Elle consulte accompagnée par sa maman en O c tob r e 2007.

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Anté c édents Beaucoup d’angines et d’otites dans l’enfance. 1996 : Varicelle 1996 : Paralysie faciale gauche (à l’âge de 4 ans !) 1997 : Opération des amygdales (anesthésie générale) 1997 : Eczéma dû au lait (elle a 5 ans). On apprend que sa sœur (née en 1996) a, aussi, un eczéma dû au lait et a été opérée des végétations (!) • • • • •

Elle a reçu plusieurs vaccins : BCG (1993) DTPolio (1993 – 1994 – 1995) ROR (1993 – 1999) Génévac (dés 1994 avec 3 injections en tout) Tétravac (2004).

Alimenta tion Matin : Kellogg’s, Nutella, brioches ou pain brioché, jus de fruit (industriel) Midi : cantine scolaire Goûter : gâteaux (industriels) Soir : Pizza, pates, frites, +/- gratin ou conserves, viande, fromage, yaourt ou fruit ou gâteaux (industriels). Manquent des légumes frais et crus notamment. Déficit en fruits frais. Trop de viennoiseries et pâtisseries industrielles. Examen e t évolution Elle est à la limite du surpoids : 62 kg pour 1mètre 70 et un index de masse corporelle (BMI) à 21,45 à 15 ans ! La limite est 22 pour les femmes et 25 pour les hommes. L’examen neurologique est pratiquement normal. Elle a cependant une démarche hésitante et doit écarter les bras lors de la marche aveugle à reculons. (Stade 2) 
 On la sensibilise à la nécessité de modifier son alimentation, en mettant en avant les bénéfices sur le plan esthétique (corde sensible chez les jeunes filles). Par contre la maman, infirmière, est mise dans la confidence : le tableau évoque une SEP. Il faut prendre les choses au sérieux et être rigoureuse dans le suivi de sa fille. Avec la réforme alimentaire, on débute le traitement par vitamines injectables et en comprimés, les compléments nutritionnels, l’homéopathie… Car en plus il est prévu de lui extraire une dent de sagesse (risque de décompensation du fait de l’anesthésie et du choc opératoire). 2008 - En Janvier, elle va bien. L’extraction dentaire s’est bien déroulée. Elle est à 60,4 kg. Le traitement est maintenu. Avril – Elle a passé un hiver sans problème. Mais son poids a augmenté à 62,9kg (ce qui signe des écarts alimentaires) ! Juin – L’IRM de contrôle confirme la ‘Présence de plusieurs lésions démyélinisantes de la substance blanche… associées à d’autres lésions sous corticales en ‘coup d’ongle…. Une lésion au niveau du corps calleux’ . (Il s’agit là de différentes régions du cerveau) Juillet – Elle reçu des coups sur la tête et présente une paralysie avec diplopie à l’œil droit ( nouvelle poussée ?). Je la perds de vue.

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2009 - Elle est revue en Mai et va bien. Elle n’a pas eu de traitement et a récupéré seule. Un Profil des Acides Gras Erythrocytaires montre un déficit en oméga 3 et particulièrement en EPA (document page suivante ) Bas du formulaire Octobre - Elle est vue pour la dernière fois puisque je cesse mon activité en Décembre. Elle va bien malgré des maux de tête par moment. L’examen neurologique est strictement normal (Stade 1). Mais son poids est de 64,8 kg, ce qui est trop et montre qu‘elle n’est pas suffisamment disciplinée. Commenta ir e Ce cas figure en raison du jeune âge de la patiente (15 ans) et des fortes suspicions de SEP débutante. A noter sa paralysie faciale gauche à l’âge de 4 ans. On mesure ici la difficulté rencontrée avec des jeunes gens qu’il faut sensibiliser sans angoisser, alors qu’ils sont au début de leur maladie et que l’on ne peut pas évoquer le diagnostic probable. Pourtant ce sont ces cas qui répondent vite et le mieux à cette prise en charge. Son poids indique qu’elle n’est pas disciplinée, ce qui laisse craindre de nouvelles poussées. Cruel dilemme que celui de vouloir préserver l’insouciance de la jeunesse sans donner libre cours à une maladie sournoise et invalidante ! Ne rien dire de peur d’en dire trop, de le dire trop tôt ou de le dire mal ? Un vrai cas de conscience.

Tableau 1 - Déficit en Oméga 3 bien mis en évidence au niveau des DHA et surtout EPA.

Cas N°26 Né en 1990 - Enfant unique Névrite optique à 7 ans. Pas d’autre crise. Suspicion de SEP. Recul de 15 ans C’est un petit garçon qui a été victime vers l’âge de 1 an d’un accident ayant entraîné une fracture du crâne . L’année suivante (1992), il présente un épisode de malaises avec difficulté à se tenir debout qui s’améliore après une rééducation de l’oreille (méthode Tomatis*). Par la suite il se plaint facilement du ventre, avec des douleurs de type colite* et d’épisodes de maux de tête violents mais fugaces. Vers l’âge de 7 ans (1997), durant l’été, son chien revient tout ensanglanté à la maison et il le croit perdu (abandon ). Bien soigné le chien se remet. Mais, peu de temps après, elle perd sa grand-mère maternelle à laquelle elle était très attachée ( décès ). Enfant timide et affectueux, il rencontre des difficultés scolaires en ce début d’année. Il a très mal accepté un zéro en maths parce qu’il était absent (!) (injustice, dévalorisation ). Il est révolté au point de présenter des troubles du sommeil. Il se réveille en pleine nuit et peine ensuite à se rendormir. Un mois plus tard il présente une névrite optique gauche qui justifie une IRM et un traitement à la cortisone en perfusion puis en comprimé pendant un mois. Vu rapidement, il est conseillé aux parents de modifier l’alimentation et de remplacer les produits industriels par des plats ‘maison’, les huiles du commerce par des huiles de 1ere pression à froid, d’augmenter les légumes et fruits frais surtout si l’enfant continue à manger le midi à la cantine. Un traitement homéopathique est prescrit. Contrôlé 3 mois plus tard, le fond d’œil et le champ visuel sont normaux. Aucun autre traitement est prescrit sinon une surveillance.

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A ce jour, soit 15 ans plus tard, il n’a eu aucune rechute et poursuit sans difficulté des études universitaires.

Commenta ir e Le diagnostic ne peut être établi avec certitude sur une seule poussée. Toutefois chez un adulte jeune, en dehors de tout foyer infectieux, c’est en priorité un signe d’appel de SEP. C’est pourquoi il est préférable de traiter l’enfant en conséquence (mais sans l’informer du diagnostic encore probable) et sans attendre une nouvelle poussée. On retrouve là bien des éléments favorisant la maladie : • Traumatisme crânien • Enfant affectueux et sensible • L’accident du chien et la peur de le perdre • Le décès de la grand-mère • L’injustice et la dévalorisation suite à la sanction du professeur de Maths. Erreur de diagnostic ou bonne prévention ? 15 ans plus tard, il n’a pas fait de nouvelle crise.

Cas N°27 Né en 1989 – Aîné de 2 enfants : 1 sœur – Célibataire – Stade 2 Stade 2 – Suivi de 6 ans et 3 mois.

2003 - Le grand-père paternel (88 ans) décède, Septembre, de suites d’un c anc e r r é c idivant du côlon. Le mois suivant, le lendemain d’un marathon de plusieurs kilomètres et d’une séance de Kung Fu, il présente des troubles de la sensibilité de tout le côté droit qui commencent au bras et touchent la jambe dans un deuxième temps. Il est hospitalisé et reçoit des perfusions de cortisone sur 3 jours. On n’évoque pas le diagnostic. Il est âgé de seulement 14 ans !!! 2004 - Survenue de troubles visuels, en Avril, après une ‘crise de foie’. 2 semaines plus tard, après une gastro-entérite, il présente des fourmillements à l’oreille, à la commissure des lèvres du côté gauche et des troubles de l’équilibre. Il est à nouveau hospitalisé, traité à la cortisone et sort avec le diagnostic (confirmé) de SEP. On lui propose l’Interféron. • C’est alors qu’il vient consulter en Juin 2004

Anté c édents C’est un allergique qui s’enrhume souvent. 1999 - Chute sur la tête. J’apprends qu’il a des relations difficiles avec sa sœur (de 4 ans plus jeune) qui a pris l’ascendant sur lui en criant ! Anté c édents f amiliaux Alimenta tion Matin : Cruesli avec lait ½ écrémé UHT, fruits, jus de fruit en bouteille. Midi : Cantine Goûter : Pain de mie, confiture ou chocolat, jus de fruit (bouteille)

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Soir : Peu de légumes, pâtes, salade sans assaisonnement, jambon, pain au lait, yaourt ou Danette. Absence de fruits et d’huiles de 1ere pression à froid. Laitages ++

Examen e t évolution Il écarte les bras lors de la marche étroite les yeux ouverts et a tendance à chuter lors de la marche aveugle. Nystagmus à gauche. (Stade 2) Le traitement comprend la réforme alimentaire associée à des vitamines en comprimés et des compléments nutritionnels. Ensuite il est revu régulièrement tous les 3 mois. Son état s’améliore dés Septembre puisque la marche étroite est à nouveau normale. 2005 - Lors d’un voyage à l’étranger, en Juillet, sa sœur a dû être opérée en urgence. Il est revenu avec son père, laissant sa mère auprès de sa sœur. (émotion, abandon de la mère) . A cela s’ajoute, 48 heures après son retour, le décès de sa grand-mère paternelle ! (abandon) . Enfin il doit changer de lycée pour ne pas redoubler. L’IRM de contrôle montre ‘de nouvelles lésions nodulaires… au niveau de la substance blanche » et « 2 prises de contraste frontales gauches » L’examen neurologique en Septembre reste stable. 2006 - Perte d ‘équilibre un matin de Mars. Tout rentre dans l’ordre après du repos, une semaine d’alimentation crue, un supplément de vitamines et une régularisation des fonctions intestinales. Mai – Déception amoureuse (abandon, dévalorisation) et, une semaine plus tard, hémiplégie d’une grand-tante. Il a tout gardé pour lui. Dans les jours suivants, il présente une paralysie droite du visage et des difficultés à parler. Lors de sa consultation, il réalise les relations de cause à effet de ces évènements sur sa santé. La poussée a fait suite à ces facteurs émotionnels. Grosse période de stress à la période d’examens de Juin. Il garde une gène en tirant la langue (qui est déviée vers la gauche) et un engourdissement au niveau de la commissure des lèvres à droite. En Septembre, il a tout récupéré et la fin d’année scolaire est sans problème. 2007 - Il quitte l’Hérault et part étudier sur Orléans (séparation, déracinement) . Surmenage car le programme de sa nouvelle année d’étude est chargé. En Octobre, il a un accrochage verbal avec un de ses professeurs et se révolte après ce qu’il a ressenti comme de l’injustice (sic) et une dévalorisation (sic). Il se défoule en faisant du vélo ! Deux jours plus tard, il signale des troubles sensitifs au bras droit qui disparaissent avec du repos, une meilleure surveillance alimentaire et de l’homéopathie. 2008 se passe sans souci. 2009 - Il apprend le décès du père d’une camarade de lycée (cancer métastasé). Il est d’autant plus marqué que sa camarade essaie de ne rien montrer et il repense à sa situation (angoisse, abandon). Il se retrouve avec des vertiges au lever et aux mouvements rapides de la tête ainsi qu’une perte de sensibilité de tout le côté gauche qui disparaissent sous homéopathie en 48h. Il obtient son BTS sans difficulté. Pour poursuivre ses études, il part maintenant sur Dijon. (déracinement). 2010 - Il a bien géré la situation. Mais, le décès de sa grand-tante dont il était très proche déclenche une nouvelle poussée qui justifie le recours à des injections de cortisone. Il est déçu de l’orientation qu’il a choisie. En Août il présente une nouvelle petite poussée du côté droit et reçoit un traitement de cortisone en comprimés. Son examen neurologique montre des troubles légers d’équilibre avec la nécessité d’écarter

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les bras pour effectuer la marche étroite et la marche aveugle. Il est en Stade 2.

Commenta ir e Ce cas clinique n’a rien d’exceptionnel quant à la durée de surveillance (6 ans selement) et/ou l’évolution clinique. Mais il est : • particulier car il s’agit d’une SEP qui débute à 14 a ns (!!) et • enrichissant lorsque l’on prend en compte les circonstances qui précèdent les poussées. On retrouve à chaque fois des émotions fortes, un décès (de personnes d’ailleurs plus ou moins proches), une déception amoureuse… Rien de plus ‘banal’ pourrait-on dire dans une vie. Sauf que, chez lui, c’est un ‘tsunami’ qui se déclenche et détruit son système immunitaire. Aussi, la stabilisation obtenue durant ces 6 années reste insuffisante car précaire. On comprend vite qu’un travail psychologique est indispensable pour le sortir de cette ‘fragilité’ surtout si, en plus, la vie venait à ne pas l’épargner.

Cas N° 29 Née en 1943 – Mariée, 1 fille – Responsable en Centre de Transfusion Sanguine. Stade 2 fi Stade 3 - Suivi de 20 ans 1981 - Selon les dispositions légales eu égard à sa profession, elle reçoit en Novembre la première injection du vaccin contre l’Hépatite B. 2e injection en Décembre 3e injection en Janvier 1982. Le rappel en Janvier 1983 est suivi d’un zona intercostal puis de troubles cutanés de type eczéma. 1985 - Elle présente des troubles sensitifs puis, rapidement, des troubles moteurs aux 2 membres inférieurs. Elle est hospitalisée dans le service de Neurologie de l’hôpital où elle travaille pour un bilan. Myélographie subnormale. Liquide céphalo-rachidien normal. Elle est traitée par Synacthène® et s’améliore. Le diagnostic du Neurologue de l’hôpital mentionne « ….myélite transverse partielle de nature virale ? en rapport avec un processus de type sclérose en plaques ?... » . Contrôle en Novembre : « …. Les faits récents apportent certains arguments dans le sens d’une sclérose en plaques, mais je n’ai pas prononcé ce terme devant la malade… ».   1989 - Chutes qui justifient une hospitalisation d’un mois. Conclusion du même Neurologue de l’hôpital : « … avec le recul dont nous disposons l’hypothèse d’une sclérose en plaques possible, quelque peu atypique, paraît la plus possible… ». En Juillet, elle présente une grande fatigabilité avec monoparésie17 spastique du membre inférieur gauche (poussée) Son état empire avec perte de la vision de l’œil gauche (cécité monoculaire). L’IRM reste négative (!) Ponction lombaire négative (!) Seuls les potentiels évoqués sont perturbés. Diagnostic du même Neurologue de l’hôpital pour qui « l’atteinte oculaire confirme le diagnostic18 ».   Décembre, suite à une chute elle se fracture la rotule droite. 1990 - Nouvelle chute avec douleurs cervicales secondaires.

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Trouble de la sensibilité avec raideur touchant un seul membre Diagnostic de SEP fortement suspectée avant.

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 Elle consulte en Avril 1990. Antécédents Intoxication au lait maternel au 6e jour de vie. Agression sexuelle à l’âge de 5 ans par une personne de la famille. Appendicectomie (anesthésie). 1968 - Naissance d’une fille 1981 - Accident d’auto : Traumatisme crânien sans perte de connaissance. Douleurs aux cervicales. 1989 - Déchirure des ligaments croisés et fêlure de rotule au genou droit (anesthésie). Antécédents familiaux

A noter la lourde hérédité circulatoire du côté de la mère et du père. Les parents en sont exempts. Les 2 enfants sont touchés.

Alimentation Matin : café +++ Midi : sandwiches à l’hôpital 16h ; chocolat Soir : crudités/ potage, viande avec légumes, fromages +++ Pas de fruits. Pas d’huiles de qualité. Margarine ++. Laitages ++. 2 repas inexistants. Surgelés (maison). Cocotte-minute et micro-onde. Tabac +++ (30 à 40 /jr) avec arrêt il y a 15 ans. Examen et évolution

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Instabilité au Romberg. Marche étroite lente, hésitante. Marche aveugle tenue avec un doigt. Saut avec les 2 jambes ne peut être fait. (Stade 2) Juillet - Elle est beaucoup mieux. L’examen montre une marche étroite normale et la marche aveugle hésitante. Le saut est quasi normal. Lors d’un contrôle, en Mai, le même Neurologue de l’hôpital conclut : « … Les chutes dont a été victime cette malade sont bien sûr liées à cette défaillance motrice… » 1991 - Ecarts alimentaires durant les Fêtes de Pâques et inquiètude pour sa fille qui présente une tension artérielle élevée. Elle se sent plus fatiguée. Herpès et nouvelle poussée nécessitant la mise sous Synacthène® 0,50 par le même Neurologue de l’hôpital. Celuici conclut : « … Marche difficile. Parésie motrice du membre inférieur gauche… Il existe sans nul doute une nouvelle évolution de la sclérose en plaques que nous suivons ensembles depuis plusieurs années… ». Contrôle ostéopathique et stabilisation de son état . 1993 - En Juin, problème avec ses mâchoires (articulation temporo-mandibullaire*) traité en ostéopathie. En Octobre, trous de mémoire. Douleurs dans le genou droit (genou accidenté en 1989). Elle est plus hésitante, le saut est à 50%. Mais elle reste au Stade 2. 1994 - 1er cambriolage avec effraction du magasin de son mari. Elle réagit bien sur le moment. Puis apparaissent des problèmes de sommeil et une chute de cheveux. Mai - 2e cambriolage du magasin. Bilan cardiologique qui montre une hypertension artérielle et une petite fuite mitrale. Elle refuse les bêtabloquants. L’examen neurologique est normal pour la marche aveugle. Par la suite elle garde un sommeil difficile avec des crises d’angoisse et la peur des voleurs. Fin Décembre - 3e cambriolage au magasin. 1995 - Son mari fait 3 malaises cardiaques ! Ils décident la mise en vente du magasin. Angoisses, peur en voiture (elle n’apprécie plus les distances), troubles digestifs (type ‘crises de foie’), abcès dentaires. Fatigue importante. A l ‘examen, son état se dégrade : il faut la tenir avec un doigt pour la marche aveugle (Stade 3). La situation évolue ensuite en dents de scie au gré des contrariétés avec des difficultés pour vendre le fond de commerce et l’obligation d’engager un procès contre le propriétaire. Fin d’année, enfin une bonne nouvelle: elle est à la retraite. 1996 - Naissance d’un petit-fils. Elle revoit l’ostéopathe qui l’améliore. La marche aveugle est à nouveau possible seule. Néanmoins elle reste hésitante et ébrieuse (Stade 2). Octobre, elle est opérée de 3 petits fibromes utérins (anesthésie).. 1997 - Décès de son père. 1998 - Grande frayeur suite à un malaise vagal de son mari. Chute de cheveux et prise de poids (+ 1,5 kg) Elle est stressée par la belle-mère (85 ans) qui habite avec eux et les réveille toutes les nuits. Elle a peur pour un rien, envisage le pire, est facilement triste. Elle replonge : la marche aveugle n’est possible que si elle est tenue avec un doigt. Puis elle récupère et se stabilise. 1999. Suite à des soucis avec la 2e grossesse de sa fille, elle contracte une forte grippe (en Juin !) et déclenche une nouvelle poussée. Heureusement son examen neurologique reste inchangé (Stade 2).

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2000 - Son mari est hospitalisé suite à un infarctus du myocarde. Elle stresse beaucoup. A l’examen la marche aveugle reste possible seule mais les bras écartés. 2002 - Après 2 ans d’absence, elle revient en Juillet. Elle a fait une nouvelle petite poussée après l’extraction de 3 dents et présente des vertiges. Un contrôle ostéopathique conclut à nouveau à un problème de mâchoire (articulation temporo-mandibulaire* ou ATM). Le bilan neurologique est inchangé. Octobre - Décès de la belle-mère. 2003 - Janvier - Décès d’un ami très proche. Juin - Décès de son frère (mort subite) Tension avec sa mère qui l’accapare. 2004 - Elle s’est inscrite à l’Association Revab pour faire reconnaître sa SEP au titre de ‘maladie professionnelle’. Mise au régime sans gluten, elle ne souffre plus de son estomac, ni de sa hanche et perd 4 kg. (La douleur de hanche revient dés qu’elle remange du gluten !) 2007, elle a entamé une procédure contre l’Etat suite à ses vaccinations contre l’hépatite B. 2008 - Elle a été agressée dans la rue en Août. Depuis elle garde la peur d’être à nouveau attaquée. Elle a revécu le traumatisme de son enfance ! Elle présente une perte de sensibilité aux extrémités, des troubles de l’équilibre, un bégaiement. A l’examen, la marche étroite possible si elle est tenue avec un doigt ; la marche aveugle si elle est tenue avec une main. Saut : 20 cm seulement (Stade 3) Fin 2009, elle est opérée de fibrillation auriculaire (anesthésie) et se remet vite et bien. 2010 - En Avril, l’état de la malade est stable avec un examen neurologique au Stade 2 Commentaire Troubles neurologiques apparus après un zona survenu dans les suites de vaccination contre l’Hépatite B en 1981 - 1982 - 1983. Le diagnostic de SEP confirmé, en 1989, par le Neurologue de l’hôpital où elle travaille : « … l’atteinte oculaire confirme le diagnostic… ». La procédure juridique afin de faire reconnaître la relation entre vaccin et sclérose en plaques s’est soldée en Avril 2011 par un rejet de sa requête par la Cour d’Appel de Marseille. Mais, même si elle a perdu son emploi et subi bien des désagréments, son état est stabilisé et son autonomie préservée ! A noter la relation entre les situations de stress, d’infection et les baisses d’immunité qui sont suivies de poussée. A l’évidence l’agression en Août 2008 (qui fait écho à l’agression vécue dans l’enfance) est à l’origine de son aggravation ensuite. En conclusion, on est en présence d’une malade dont l’état est resté stable (Stade 2) après 20 ans de maladie, malgré de nombreux stress (cambriolage, malaises du mari, décès successifs), plusieurs accidents et agressions ainsi que plusieurs interventions chirurgicales (1989, 1996 et 2009).

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C as N°31 Né en 1959 – Cuisinier – Marié, sans enfant – Stade 3 Stade 3 – Suivi de 20 ans 1971 - Ses parents divorcent et il part vivre avec ma mère sur Orléans. 1974 - Retour à Paris où il travaille chez son père 2 jours par semaine. Son père l’a fait rentrer dans un lycée technique correspondant à son activité. A cette époque c’est un sportif - toujours en mobylette ou moto - joyeux mais râleur. 1975 - Il a terminé le lycée et travaille à temps plein avec son père jusqu’en Juillet 1978. « Mon père était strict et dur au travail, mais il était sympa’. Comme il souhaite faire son Service Militaire dans les parachutistes, il devance l’appel. 1978 - « Au 6ème RPIMA, après la préparation militaire et quelques sauts, tout était OK. J‘étais dans mon élément. J’étais content. Vers la fin Août ce sont les vaccins pour tous (TABDT). On est tous malades et fiévreux pendant le week-end. Mais le lundi tout allait bien et c’est, de nouveau, l’entrainement. 15 jours après, les premiers signes sont apparus : vomissements et nausées le matin, démarche ébrieuse, névrite optique, puis hospitalisation à l’hôpital militaire et le diagnostic de « S c lé rose en plaque », nom inconnu pour moi mais qui a fait basculé ma vie. Je suis ‘Réformé’ en Novembre. Je me rends dans le service du Pr Marteau (Paris) où l’on me confirme le diagnostic et on poursuit le traitement. Ensuite s’enchaînent le décès de mon père, le projet pour construire ma vie, les poussées, les échecs etc… Mon avenir professionnel semblait foutu. A chaque début d’activité survenait une poussée et le traitement qui va avec, si bien que mes divers projets professionnels, à peine commencés, étaient suivis d’échecs successifs… En dehors de ma femme, je n’avais plus aucune relation, plus d’amis, plus de contact professionnel et pas de famille proche ». 1980 - Il présente des paresthésies* aux 2 bras ainsi que tout le côté droit du visage et une démarche ébrieuse ( 2 e poussée). Il est hospitalisé et reçoit à nouveau du Synacthène® en perfusion puis un traitement de fond à l’Imurel®, un immunosuppresseur. Malgré l’Imurel® (poursuivi jusqu’en 1987) , tous les ans il fait une poussée traitée à chaque fois avec du Synacthène® pendant environ un mois. 1987 - Il vient sur Marseille pour un stage de comptabilité, s’enrhume et se retrouve énormément fatigué. Il arrête l’Imurel® de sa propre initiative et se dégrade encore un peu plus. 1988 - Il marche maintenant avec une canne. Hospitalisé, il est traité au Synacthène® à nouveau et mis sous Endoxan®, un autre immunosuppresseur, comme traitement de fond. Il est suivi à l’hôpital de La Timone. Il est de plus en plus fatigué et reçoit une nouvelle cure de Synacthène Retard®. Des problèmes de vessie surviennent et il est mis sous Xatral®. A cette époque il a commencé l’alimentation Kousmine de façon irrégulière. Mais comme on va le voir, c’est un épicurien qui aime le vin, le café et fume facilement 15 cigarettes/jour. Il vient consulter le 6 Juin 1989.

Anté c édents Il présente une malformation de naissance : pied-bot gauche . Rougeole qui a été mal soignée. Rhumes à répétition. Troubles digestifs avec constipation et beaucoup de gaz.

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Anté c édents f amiliaux A noter le facteur ‘alcoolisme’ du côté paternel et maternel ainsi que pour lui (facteur aggravant). Il est le cadet de 2 enfants, avec une sœur aînée. C’est un garçon unique et dernier de famille !

Alimenta tion Il travaillait dans la restauration ! Depuis 18 mois, il se surveille plus. Matin : Thé, biscottes, et parfois crème Budwig Midi : Parfois créme Budwig. Sinon poisson surgelé/œufs/foie, céréales (complètes ?) Soir : Poisson, champignons, céréales. Il utilise de l’huile d’olive, de tournesol ou de germe de blé (1ere pression à froid ?) et cuisine au four ou à la poêle (cuisson à l’étouffé).

Examen e t évolution Il marche avec une canne (Stade 3). A l’examen neurologique, la marche sans appui est impossible. Il faut le tenir avec un doigt pour la marche normale. La marche étroite également. La marche aveugle nécessite de le tenir avec une main. Le saut (jambes raides) est de 5 cm seulement. L’épreuve du talon-genou est difficile à gauche mais possible. A droite il soulève le pied de 20 cm seulement. Il y a une spasticité des 2 membres inférieurs, plus importante à droite. En Septembre, il y a peu de changement. Il a toujours sa canne. Mais la marche normale est possible sans aide. Le saut est de 10 cm, avec tendance à chuter en arrière à la réception. L’épreuve du talon-genou est plus facile à gauche et de 50% à droite. 1990 - Tendance dépressive. Il trouve tout difficile, ressent le besoin de distraction, de compagnie. Mais il a des ‘pannes’ sexuelles et des mictions soudaines. Il est anxieux, dort mal et s’énerve pour un rien.Il doit stopper le Liorésal® qui lui avait été donné pour la rigidité des jambes et passe au Dantrium®. Malgré tout l’amélioration se poursuit. Il marche seul (marche normale et marche étroite). Pour la marche aveugle, il a besoin d’être tenu avec un doigt seulement. L’épreuve du talon-genou est normale à gauche et s’effectue à 75% à droite.(Stade 2) 1991 - Il marche maintenant sans canne (stade 2).Mais il a toujours des ennuis de vessie et se réveille souvent la nuit. Pour couronner le tout il souffre de candidose* digestive ! Avec lui le gros souci est que, dès qu’il va mieux, il se laisse aller à boire et se détruit la santé ! Il présente souvent un état dépressif où il est plongé dans le passé, plein de doutes et de culpabilité au sujet de son alimentation, son traitement, la façon dont il se comporte… En fait il m’avoue : « Mon père buvait ». «… Mes parents se battaient et ils ont divorcés. » Lui aussi boit et cela le désole. Il a vu et subi le comportement de son père… Et il le reproduit ! 1992 - Il est sujet à des crises de panique et passe sous Lexomil® 1/jr + du Lithium en oligoélément. Il accepte de faire une psychothérapie. En fin d’année, il a dû faire une cure de cortisone ( nouvelle poussée). 1993 - En Avril, il a revu le Pr Gastaud à la suite d’un début de poussée et a repris de la cortisone. Il continue le Lexomil® et la psychothérapie. Mais ses vieux démons sont toujours là. La prise d’alcool augmente son angoisse et son agressivité au point que, un soir, il manque se jeter par la fenêtre ! Son état se dégrade. La marche étroite est hésitante tandis que la marche aveugle nécessite de le tenir à nouveau avec une main. (Il est revenu au Stade 3). Son psychiatre le met sous Prozac® pour la dépression et Atrium® 300 pour sa dépendance à l’alcool.

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1994 - Il marche à nouveau seul, sans aide, 50 mètres pour atteindre 150 mètres progressivement. Le saut est possible (30 à 40 cm) seul. Restent encore des problèmes d’équilibre, de vessie et de sommeil. (Stade 3) En cours d’année, il se remet même à la moto de grosse cylindrée (900 cc). 1995 - Il s’améliore au niveau de la marche et de la vessie. Alors, très vite, il replonge dans l’alcool et se retrouve avec un lumbago en voulant éviter la chute de sa moto. C’est un cercle vicieux. Il boit dès qu’il est confronté à des problèmes, qu’il se sent dépassé, déprimé ou en colère. Et les troubles sexuels reviennent (baisse de libido, érections difficiles…). 1996 - Il décide enfin d’arrêter l’alcool ! 1997 et 1998 - Il trouve sa vie monotone car il est limité par sa SEP. Mais il s’est stabilisé et s’améliore lentement surtout en ce qui concerne l’équilibre (Stade 3). 1999 - Il a arrêté le Prozac® et se sent bien mieux ainsi. Mais il a été contrôlé en excès de vitesse (et sous emprise de l’alcool ?). Il risque 6 mois de retrait de permis ! 2000 - Il est repris par ses vieux démons et fait des excès de boisson tous les 2 à 3 jours ! La dépression revient : envie de rien, dégout de vivre, dépendance à l’alcool, culpabilisation… C’est la descente aux enfers à nouveau. Le neurologue le met sous Rivotril® 2mg. Son sommeil s’améliore. Décès de sa grand-mère. Il retourne habiter Paris (où il avait de mauvaises fréquentations) car il a hérité d’une maison de famille. Il replonge dans l’alcool et finit enfin par contacter un spécialiste à la Pitié-Salpêtrière qui lui conseille une psychothérapie. Sa SEP n ‘évolue pas mais ne s’améliore pas non plus. La marche étroite est possible les bras écartés. La marche aveugle se fait en le tenant avec une main. (Stade 3) 2001 - Il a été avec les Alcooliques Anonymes. Sans résultat ! Il s’est vu confirmé son retrait de permis (6 mois) et, de ce fait, doit se déplacer … à pied. Il marche plus, marche mieux et a diminué la boisson. Mais, à nouveau, il se fait arrêter en moto alors qu’il était sous l’emprise de l’alcool. Il risque 3 mois de prison, 2 ans de retrait de permis et l’obligation de se soigner ! 2002 - Il anticipe la sentence et part en cure de désintoxication. Il récupère peu à peu, mais reste toujours porté sur l’alcool. 2003 - Il refait une nouvelle cure de désintoxication et cherche à repasser son permis de conduire. 2004 - Avec beaucoup de mal, il a obtenu son permis. Mais il reste fragile, tenté par l’alcool dès qu’il se sent angoissé. Il a des paresthésies* aux extrémités des doigts (main droite), des troubles circulatoires (acrocyanose), des douleurs à l’épaule droite et aux cervicales. Il consulte un ostéopathe. L’examen reste inchangé (stade 3). 2005 - Il passe au Tribunal. Muni d’un certificat qui mentionne ses antécédents neurologiques et les cures de désintoxication effectuées, il obtient la clémence des juges et évite la prison. Il fait une chute (dans quelles circonstances ? Alcool ?) et se retrouve avec une entorse de cheville et une attelle d’immobilisation. Le mois suivant, devant la persistance de douleurs à la main droite, il passe des radios qui confirment une fracture du scaphoïde. Opération (anesthésie) et pose d’une broche. 2007 - Il revient après un an d’absence. Sa maison de Paris a été vendue. Le restaurant de sa mère également. Il a été revu par son neurologue et a fait un bilan de vessie. Stabilité de son état (Stade 3).

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2008 - Il consulte un nouveau neurologue qui le remet sous Prozac®. 2009 - Il se surveille mieux (!) mais n’a toujours pas arrêté définitivement de boire. A l’examen neurologique, la marche étroite n’est possible qu’avec les bras écartés et la marche aveugle tenu avec 1 doigt. En ville il se déplace à nouveau avec une canne. (Stade 3).

Commenta ir e Au départ il y a ce rappel du DTTAB lors de son Service Militaire (1978) et 15 jours après les premiers symptômes de sa SEP qui ont justifié qu’il soit réformé. Ensuite, une situation inchangée (Stade 3) après 20 ans de suivi, mais pas de quoi se féliciter. Il est toujours sous la dépendance de l’alcool, alors que tout a été tenté pour l’aider à s’en sortir. Aurait il fallu être encore plus ‘autoritaire’ avec lui ? N’aurait il pas menti davantage pour éviter d’être mis à la porte ? Les promesses d’alcooliques sont, comme on le sait, sans lendemain ! Il y a chez lui un lourd passif d’alcoolisme avec ses deux grands-pères et son père. D’ailleurs son pied-bot pourrait être en relation avec ce terrain d’alcoolisme (terrain dit ‘fluorique’ chez les homéopathes). Il est pénible de constater que : • malgré les mauvais exemples qu’il a vus et vécus autour de lui, il répète les mêmes erreurs, la même dépendance ; • il replonge dans l’alcool chaque fois qu’il est confronté des déceptions, des situations difficiles ou, même, lorsqu’il va ‘trop bien’ !!!; • il a pourtant bénéficié de certaines attentions du fait qu’il était le dernier de famille et le seul garçon ; • il a sans doute une image négative du père du fait de l’alcool, du divorce qui en a résulté. Et pourtant il reproduit le même schéma… mais avec un système immunitaire moins bon. Malgré tous ces excès, 20 ans plus tard il est au Stade 3. Alors quel beau parcours il aurait pu faire s’il avait été discipliné !

Cas N°34 Né en 1952 – Artisan – Marié et divorcé - 1 fille née en 1975 – Stade 1 Stade 1 – Suivi de 16 ans ½. Recul de 19 ans.

Vers 1987 il est traité pour un ulcère du duodénum. L’année suivante (1988) il est traité pour une rectocolite hémorragique (encore appelée ulcéreuse). 1989 - Traumatisme crânien sans perte de connaissance suite à une chute de vélo ( 1 er accident de la liste ! ). Plaie au cuir chevelu. Par la suite il présente des maux de tête que l’on rapporte à de la sinusite et il est traité en conséquence. 1993 - En Mars, il présente un violent mal de tête de la région oculaire gauche, suivi 2 à 3 jours après d’un engourdissement de la narine et de la lèvre supérieure gauches qui disparaît spontanément en une dizaine de jours. Un mois plus tard survient un dédoublement de la vision accompagné d’une chute de la paupière gauche. Il est adressé par son généraliste à un neurologue qui confirme « Il s’agit donc d’une poussée de Sclérose en Plaques … ». Sur son insistance, il est traité à la cortisone à domicile. (On comprendra vite pourquoi il refuse d’être hospitalisé

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quand on verra son penchant pour le sport). 3 semaines plus tard tout est rentré dans l’ordre. Il vient consulter en Avr il 1993

Anté c édents 2 plaies du cuir chevelu en rapport avec deux traumatismes crâniens (sans perte de connaissance) : un carreau reçu sur la tête au travail et sa chute de vélo en 1989. C’est un grand sportif. Il est adepte des courses à vélo. C’est aussi motard aguerri qui pilote, été comme hiver, une grosse cylindrée. Il ne tient pas en place ! C’est un casse cou comme on va le découvrir avec la liste impressionnante des accidents dont il a été victime. Anté c édents de f amille

Il est le deuxième garçon de 3 enfants. Il a un frère aîné et une demi-sœur, née du 2 e mariage de son père. C’est donc le dernier des 2 enfants du premier lit. Son père (68 ans) ne semble pas avoir de problème de santé. Sa mère est décédée (à 50 ans) de thrombose, complication d’un ‘rétrécissement mitral’ (déficience d’une valve cardiaque)

Alimenta tion Matin : Jus d’orange (industriel), pain d’épice, pain, beurre, confiture, miel et café. Midi : (Il mange sur son lieu de travail) Pates / riz, légumes, viande, fromage / yaourt, fruits+++ 16h : Pissaladière, fromage, fruits. Soir : salade, pates / riz, viande, fruits. A noter : • les antécédents d’ulc è r e , de r e c to- colite hémor r a gique et • la prise de jus de fruit (jus d’orange, et industriel qui plus est) le matin à jeun !!! • laitages 4 fois par jour • viande au dîner. Examen e t évolution Il avoue être très surmené dans son travail depuis 15 ans ! Cela s’est encore accentué ces 6 derniers mois. Il est à son compte. L’examen neurologique est rassurant (Stade 1). Il repart avec des conseils d’hygiène de vie (lever le pied, s’économiser, pas de sport

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actuellement…), les indications de la réforme alimentaire, des compléments nutritionnels et une radio panoramique dentaire, vu l’état de sa bouche. Revu en Août, il a déjà entrepris des soins dentaires qui s’avéraient urgents. La radio a montré la présence de foyers infectieux en bouche, l’extraction de 5 dents (!) et le drainage de poches de pus. Depuis ces soins, les maux de tête ont disparu et les selles sont redevenues normales et sans pertes blanches comme précédemment. 1994 - Il se sent mieux et, dès l’été, s’est remis à la compétition de vélo et remarque qu’il finit les courses non fatigué. Poussée d’herpès à la lèvre supérieure par période. Par contre, dès qu’il fait des écarts alimentaires, les pertes blanches réapparaissent dans ses selles. 1995 / 1996 - Il est de mieux en mieux et n’est plus sujet aux poussées d’herpès. 1997 - Revu en Juillet, il signale des maux de tête avec barre au dessus de l’œil gauche, vomissement alimentaire et un état de fatigue. Il présente un coup de chaleur et un bouchon de cérumen dans les 2 oreilles. Un bilan ophtalmologique conclut à l’absence de poussée de SEP. Mais, devant la persistance des troubles oculaires, son généraliste le met à la cortisone. L’IRM de contrôle est inchangée par rapport à celle de 1993 ! L’examen Doppler est normal. 1998 / 1999 / 2000 - Il a repris le sport de façon soutenue mais souffre depuis quelques temps du dos. Un bilan radiographique confirme une sciatique droite et un déséquilibre au niveau du bassin (favorisé par un problème d’occlusion au niveau de la mâchoire inférieure). Port d’une gouttière la nuit. Malgré ce, il continue le sport et se surmène toujours. 2001 - Il se sent très bien et oublie sa SEP. Mais il est toujours sujet par moment à des rappels à l’ordre par sa rectocolite : traces de sang en s’essuyant après la selle. 2002 - Chute sur l’épaule droite en pratiquant le ski de fond ( 2 e accident ). Double entorse de cheville droite lors de séances de jogging ( 3 e accident). Difficile de le discipliner ! Projection dans l’œil droit en travaillant avec une disqueuse. Bilan ophtalmologique et opération pour ablation de l’éclat (anesthésie). 2003 - Opération du ménisque interne du genou gauche (anesthésie). 2004 - Il est en souci avec la santé son associé. (Curieusement celui-ci présente à son tour une SEP ! Il vient consulter une ou deux fois et ne donne pas suite). Cette situation lui crée encore plus d’obligations, de fatigue avec une démotivation perceptible. Il a envie de raccrocher et céder son affaire. 2005 - Accident de scooter (le scooter part à la casse !). Lui s’en sort avec des contusions ( 5 e accident ) et quelques douleurs séquellaires. Contrôle ostéopathique. Nouvelle blessure avec une disqueuse. Décès d’un oncle auquel il était très attaché. Il sature, cède son affaire et prend la retraite (si l’on peut dire, car il ne tient pas en place). 2006 - Nouvel accident de moto ( 6 e accident ). Sous la pluie, il est percuté par une voiture. Chute. Choc sur le tibia gauche avec ecchymose et gène à l’appui sur la jambe droite. Douleurs au poignet droit. Contrôle ostéopathique et port d’un bracelet de force au poignet droit. Constipation secondaire à l’accident (peur ?) et survenue d’une crise de recto-colite durant 3 semaines. 2007 - Son associé s’aggrave et traine de plus en plus les jambes. Bilan gastro-entérologique après une nouvelle crise de rectocolite hémorragique et

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traitement au Fivasa® 800 mg x 2 comprimés par jour + 1 suppositoire à 500 mg le soir. Courant Juillet, chute en moto ( 7 e accident ) et traumatisme du genou droit ! 2008 - Chute de vélo sur l’épaule gauche ( 8 e accident). Les selles sont de nouveau normales. Mais la prise de Fivasa de façon prolongée lui déclenche maintenant des douleurs articulaires aux coudes, épaules et poignets (effets secondaires du produit). Août, accident avec scooter des mers ( 9 e accident ). Chute sur le scooter et luxation de l’épaule droite. Il doit porter une attelle plusieurs semaines. Crainte de devoir être opéré. Octobre, opération des yeux au laser pour éviter le port de lunettes de lecture. 2009 - Il ne tient pas en place. Il a créé une micro entreprise et s’est remis au travail. Malgré des séquelles à l’épaule droite, il a repris le sport. Il est toujours sous Fivasa® 1 par jour. Sa rectocolite est maitrisée. Sa SEP n’est qu’un lointain (mauvais) souvenir. L’examen neurologique est en stade 1. Depuis 2009 j’ai continué à recevoir les comptes-rendus de ses examens et il m’a tenu informé de son état de santé. 2010 - En Août, accident de buggy ( 10 e accident ). Celui-ci est parti à la casse ! Lui s’en tire avec une distention claviculaire et déboitement de l'épaule gauche. Port d'une attelle pendant 3 semaines. Tout est rentré dans l'ordre après un travail musculaire en salle où il pratique depuis environ 4 ans à raison de 2 à 3 fois par semaine. Toujours en recherche de sensations, il s’est mis au ‘trial’ (course de moto dans les collines). Avec son nouveau buggy, tout neuf, il a également participé à des raids dans le désert tunisien et, avec un ami guide, il encadre des touristes qui veulent découvrir le désert (séjours 15 jours à 2 mois de 2 à 3 fois). Il se sent bien, comme il n’a jamais été. Pourtant la vie ne l’a pas épargné côté cœur. Sa femme décède le 27 Décembre (complication cardiaque sur terrain de cholestérol + diabète). « Cela m’a beaucoup marqué car on efface pas 40 ans de vie commune d'un coup de baguette magique. Heureusement j'ai rencontré une nouvelle compagne (le 14 Février 2011, jour de la Saint Valentin !) avec qui je suis vraiment très bien et nous souhaitons tous les deux aller très loin dans notre nouvelle vie.» Conclusions Survenue d’une seule poussée de SEP, isolée, chez un patient atteint de rectocolite hémorragique (RCH) 5 ans auparavant. C’est un sportif qui participe à des courses de vélo, se déplace régulièrement à moto (de grosse cylindrée), fait du ski, du scooter des mers, du buggy, de la moto-trial… Un ‘casse-cou’ pourrait-on dire au vu des 10 accidents dont il a été victime. Un patient attachant mais difficile à discipliner (voir également le cas N° 42). Sa santé se maintient, particulièrement en ce qui concerne sa rectocolite. Quant à sa SEP, silencieuse depuis plus de 19 ans, c’est comme si elle n’avait jamais existé. Et c’est tant mieux car, pour lui : ‘Le mouvement c’est la vie’ !

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Cas N°36 Née en 1966 – Secrétaire – Mariée sans enfant – Aînée de 5 enfants. Stade 2 fi Stade 2 - Suivi de 11 ans En 1999, lors d’un bilan lié à un désir de grossesse, on lui découvre des kystes aux ovaires. 2000 - En Septembre elle subit une ponction d’un des kystes du sein droit. Le mois suivant (Octobre) elle présente sa 1ere poussée de SEP. Après un stage d’aérobic, apparaissent des fourmillements à la jambe droite. Au départ la cuisse et la moitié de la jambe seulement sont concernées. Puis les jours suivants, s’installe une perte de sensibilité d’un côté de la jambe droite jusqu’au gros orteil. Les symptômes régressent en une semaine. Hospitalisée pour bilan à la Clinique Neurologique de Florence (Italie), il est diagnostiqué une ‘vraisemblable maladie démyélinisante du système nerveux central.’. Elle reçoit 3 perfusions de cortisone et récupère. Exactement 1 an plus tard, Septembre 2001, elle rechute (2e poussée) suite à du surmenage et beaucoup d’inquiétude.  Elle consulte la première fois en Octobre 2001. Antécédents Pas de maladie depuis 12 ans. Travail intense avec beaucoup de responsabilités (civiles et pénales) et peu de moyens : anxiété +++ Antécédents familiaux

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Alimentation De type macrobiotique jusqu’à il y a 3 ans. Depuis, augmentation des apports en protéines animales car elle fait du sport de façon soutenue. Examen et évolution 1,58 m pour 43,5 kg. TA : 120 / 70. A l’examen neurologique, elle boite de la jambe gauche à la marche. La marche étroite est hésitante à reculons. Il faut la tenir avec 1 doigt pour la marche aveugle. Le saut est possible à 50%. (Stade 2 à 3) Elle repart avec les informations pour une alimentation sans lait et sans gluten, la pratique d’1 lavement intestinal par semaine, le contrôle quotidien du PH urinaire, 2 injections intraveineuses de vitamines par semaine ainsi que, quotidiennement, des vitamines et oligoéléments per os. Mi-décembre 2001, elle a fait une petite crise (3e poussée) suite à du surmenage à la maison et un début de rhume. Sous alimentation saine stricte, 3 lavements/semaine, augmentation des vitamines et homéopathie, elle s’améliore sans avoir recours à la cortisone. 2002 - Dès Janvier, elle se trouve améliorée. Son périmètre de marche a augmenté. Une lettre est rédigée à l’intention de son médecin : « A   la  demande   de  Mme  X  je  vous   adresse  ce  courrier  pour  information  suite  à  sa  dernière  consultation  du  21  janvier.     Le   15   octobre   2001   j’ai   été   amené   à   consulter   Mme   X   pour   son   état   de   sclérose   en   plaques   découvert  en  novembre  2000  et  avec  rechute  en  septembre  2001.   J’avais   conseillé  à  l’époque  un  traitement  complémentaire   à  celui  qu’elle  suivait  et  notamment   des   injections  intraveineuses  de  vitamines  et  des  compléments  nutritionnels.   Le   21   janvier   2002   elle   est   revenue   en   précisant   quelle   se   sentait  mieux.   Pourtant   le   15   décembre   elle   avait   fait   une   petite   poussée.   Celle-­‐ci   peut   s’expliquer   par   du   surmenage   à   la   maison   et   un   épisode  de  rhume  qui   l’a  affaiblie.  Je   lui   ai  demandé  de   poursuivre  les  injections  intraveineuses,   les  compléments  nutritionnels  déjà  donnés.     Il  e st  indispe nsable   qu’e lle   app re nne  à   s’éc ono mise r  e t  é vite r  l a   fat igu e.   Sinon   elle   sera  con sta mme nt  à  l a  limite  d u  su rme nage   et…  d’un e  pou ssé e  !   L’examen   clinique   du   21   janvier   montre,   à   l’évidence,   qu’elle   marche   mieux.   Elle   n’a   plus   la   boiterie  de  la  jambe  gauche  et  la  marche  étroite  (yeux  ouverts  et  yeux  fermés)  est  quasi  normale   maintenant.   Ceci   devrait   l’encourager   à   poursuivre   son   traitement   et   respecter   les   consignes   de   repos  qui  lui  ont  été  données…  »   Durant l’été elle effectue des promenades en montagne de plus de 4h. Mais elle reste très anxieuse. Aussi je lui conseille un suivi psychologique. Fin 2003 : Disparition des kystes aux seins. 2004 – Elle consulte alors qu’elle est enceinte de 8 semaines. Hélas, 1 mois plus tard (en Mai), elle fait fausse couche spontanée et subit une révision utérine (anesthésie générale19). Pourtant elle réagit bien ! On verra, plus loin, qu’elle en garde des séquelles psychologiques non négligeables. L’IRM est inchangée par rapport à celle de Novembre 2000. Et, à cette époque, son dentiste homéopathe conseille l’ablation de ses amalgames dentaires. 2005 – Nouveaux kystes au sein droit et un kyste, plus gros, dans le sein gauche. Mais, dans le sein droit, un nodule de 12 mm est suspect car de consistance ‘solide’. Après examen complémentaire il se confirme qu’il s’agit d’un cancer 20. 19

Une anesthésie générale est toujours redoutée car le produit injecté agit aussi sur le système nerveux et constitue un facteur de risque de rechute. 20 Carcinome infiltrant de 14 mm de diamètre, en fait, soit la taille d’une noisette .

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En Décembre elle subit l’ablation de cette tumeur21 suivie d’une reconstruction mammaire immédiate (anesthésie générale). Mais le ganglion sentinelle est ‘positif’, signe d’une extension. Une échographie du pelvienne montre un kyste de l’ovaire droit (24mm de diamètre) et une petite lame liquidienne du fond pelvien qui font craindre un autre foyer cancéreux avec métastase ! En l’interrogeant elle m’avoue qu’elle a mal vécu son interruption de grossesse et qu’elle vit des tensions avec sa belle-mère. Elle pensait avoir surmonté ces problèmes et se sent coupable envers son mari. Enfin, depuis 4 à 5 ans, elle désire des vacances tranquilles, loin de la famille et belle-famille. 2006 - Nouvelle opération sur la chaîne ganglionnaire pour vérifier l’extension de sa tumeur (anesthésie générale). On découvre un nouveau ganglion ‘positif’ sur 21 enlevés, ce qui justifie 4 cycles de chimiothérapie et 30 séances de radiothérapie complémentaires. Elle a peur des effets secondaires de la chimiothérapie et je lui prescris un traitement homéopathique adapté. En Octobre, la chimiothérapie est terminée. Elle se sent libérée sans ses règles. Mais elle me dit avoir été très angoissée car elle se croyait perdue ! Et d’autant plus lorsqu’elle n’a pas pu suivre le protocole initial qui a été mal supporté. Elle a dû faire une chimio plus légère et plus rapprochée. Et il a fallu, aussi, lui conseiller un traitement complémentaire pour une mycose*, secondaire aux effets ‘décapants’ de la chimiothérapie sur la flore intestinale. 2007 - Elle est bien mais vit constamment avec la peur ! 2008 – Elle débute un suivi auprès d’une psychothérapeute italienne que je lui recommande. Cette dernière est bien informée tant au sujet de la SEP que de mon approche. La patiente découvre qu’elle a une forte ‘peur de l’abandon’. Je découvre alors que, de 5 à 11 ans, elle a été placée chez sa grand-mère en raison de problème d’argent à la maison. (Il faut se souvenir qu’elle est la 1ere de cinq enfants et ressent ainsi le rejet que ne vivront pas ses frères et sœurs). 2009 - Elle désire changer les choses, se mettre à l’épreuve. Elle envisage un changement de travail et voudrait passer des concours pour être fonctionnaire. Mais en groupe elle a tendance à se mettre à part (elle cherche à se protéger). Période de conflits avec le mari. Elle trouve sa belle-mère trop possessive avec lui. Sentiment de rejet par la belle-mère. Peur d’être abandonnée. Elle veut faire la paix avec les siens. En fin d’année, elle n’a pas changé de travail car elle commence, enfin, à avoir des signes de reconnaissance. L’entente est meilleure avec son mari et sa propre famille. Mais elle continue à se surmener. S’agite encore beaucoup. Résultat : un zona thoracique (côté droit). 2010 - Elle a renoncé définitivement à changer de travail. Elle se sent de mieux en mieux. Elle continue sa psychothérapie et a découvert que sa peur est liée à l’abandon. Elle cherche à comprendre pourquoi ses parents l’ont confiée à la grand-mère (qui était autoritaire). A l’examen, son état est stable. 2011 : Elle a écrit la lettre à ses parents où elle a pu dire tout son ressenti. Et ses parents ont reconnu la situation et leur erreur. Elle est désormais en ménopause. Le Tamoxifène® a été arrêté. En Août, on lui propose le Fémara. Elle en redoute les effets secondaires mais décide de le prendre. 21

Ablation de la tumeur (tumorectomie) avec conservation du sein. Toutefois, le fait que le ganglion proche de la tumeur (dit ganglion sentinelle) soit envahi par des cellules cancéreuses oblige à ré-intervenir pour vérifier que les autres ganglions sont sains.

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Début Octobre une mammographie montre une image dans le sein droit. 2e examen avec prélèvements biopsiques. C’est un simple hématome22 dans le sein. Elle a vécu une période de jalousie envers son mari. Il a été approché par une de ses meilleures amies et elle a eu peur de le perdre (toujours cette peur d’abandon, d’être rejetée). Du coup elle ne fréquente plus cette amie. Elle reste très anxieuse et supporte mal que son mari soit si sûr de lui. Trop sûr, à son goût. Lui explique qu’il devait absolument réussir pour valoriser la famille. Pourtant il n’a pas été toujours reconnu à sa juste valeur dans son travail. Il a donc appris à se battre. 2012 : Tensions avec le mari en Janvier et toujours cette peur d’être abandonnée. Elle a décidé de chercher du travail aussi dans le privé. Elle suit une formation pour augmenter de grade, fait des suppléances dans d’autres officines. Elle prend sa vie en main et se sent plus sûre. Elle fait des projets de voyages. La SEP n’est qu’une histoire ancienne. Reste sa peur d’une récidive du cancer. De sa propre initiative elle a fait une échographie qui montre un épaississement de l’endomètre. Elle est tiraillée entre son besoin de se sécuriser en suivant les recommandations de la médecine officielle et les effets secondaires du produit (épaississement de l’endomètre) l’incitant à le suspendre. Cruel dilemme qu’elle doit pourtant gérer seule ! Commentaire SEP stabilisée au stade 2 depuis plus de 10 ans, malgré un surmenage toujours présent. Beaucoup de peurs (peur de l’abandon, peur d’être rejetée) qui remontent à l’enfance. Des conflits en famille et avec la belle-famille en voie de résolution (culpabilité) grâce au travail psychologique. Comme on peut le voir ci-dessous dans ses rêves décryptés, l’aide de la psychothérapie a été très bénéfique. Noter à quel point sa fausse-couche, apparemment bien surmontée en 2004, a laissé en fait une ‘blessure’ indélébile. Aussi, sans ce travail de fond sur elle-même, les résultats obtenus jusque là seraient restés très aléatoires. Avec cette prise de conscience s’ouvre pour elle un autre mode de relation avec sa famille, son mari, sa belle-mère et ses collègues de travail. Mais aussi, atomatiquement, une autre perspective d’avenir au niveau de sa santé. Quant au cancer du sein (droit) a t-il une relation avec cette fausse-couche ? Elle dit se sentir ‘coupable’ envers son mari d’être à nouveau malade depuis lors. Comment a t’elle vraiment ressenti la perte de cet enfant ? Et pourquoi ? Les réponses sont sans doute dans les prochaines séances de psychothérapie. ----------Résumé du travail psychothérapique de la patiente

Ci-­‐après  figurent  les  résumés  des  principales  séances  de  psychothérapie.       On   y   découvre   le   formidable   cheminement   amenant   à   la   prise   de   conscience   et   à   la   compréhension   des   événements   qui   ont   influencés   son   comportement,   sa   personnalité   et     favorisés  la  survenue  de  ses  maladies. - 28. 12. 2007 Résumé de la séance: Jusque là elle n'avait pas eu de rêve. Les rêves arrivent quand la psychothérapie commence à fonctionner. (L'inconscient se manifeste, stimulé par la thérapie). 22

Amas de sang.

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Dans cette phase on essaie de donner une signification et un sens à ses "mésaventures" : sclérose, avortement et cancer. Rêve très significatif: Ell e mon te   un   esca lie r   et   se   trou ve   s ur   un   p alier   où   el le   voit   une   g ra nde   l u miè re   au   deho rs.   Ma is   pou r   le   mo men t   ell e   ne   réu ss it   pas   à   s ortir   parc e  qu e  l’ou ve rtu re  e st   tro p  ét ro ite. Interprétation: Monter l'escalier est un mouvement, très fatiguant, d’ascension ou encore d’évolution jusqu'à se trouver sur un palier. Celui-ci représente une sorte de promontoire devant lequel se trouve quelque chose de très beau, une grande lumière. Mais ce n'est pas encore le moment de "voler” métaphoriquement parce que le passage est trop étroit. (En fait, elle doit encore travailler sur elle !!!).

- 29.01.2008 Résumé de la séance: Au moment où ce rêve arrive, on travaille sur un ‘nœud’: la maladie comme signe d’appel pour ne pas être rejetée ou se retrouver seule et son besoin d'être entourée et soutenue. Voici une porte où arrivent deux de ses points de référence, le Docteur en France et moi, vue comme son bras italien. Mais, à travers le processus de déguisement du rêve, je suis représentée par la femme du Docteur . Le rêve: L a fe mme   d u   Doc teu r   e st   à   Fl ore nce   où   elle   a   ou vert   u n   cen t re   d’esth étiqu e.   A  l a   que st ion  «   Où  es t  l e  Doc t eur  ?  »  el le   rép ond    «  E n   France  »,  alo rs   qu’el le  d it   que  s a  fe mme  es t  en   Ital ie. Interprétation: Dans ce rêve la patiente demande de l’aide aussi bien au niveau médical que psychologique (le centre d’esthétique) et elle veut se rassurer que ses deux points de référence ne l'abandonneront pas en faisant comme un ‘travail en équipe’. - 10.10.2008 Résumé de la séance: A cette phase de la thérapie on travaille sur son passé et sur les ‘noeuds’ pour comprendre la maladie. La colère doit être comprise parce que c'est la croûte superficielle de la souffrance. Tout ceci doit être bien intégré pour ne pas retourner les actions contre soi-même au moyen de la (ou des) maladie(s). Les blessures vécues dans l'enfance remontent à la Sardaigne: sa mère contre laquelle elle est très en colère, mais qu'en fait elle recherche désespérément; sa grand-mère maternelle, sévère, dont elle se savait aimée mais dont elle n’a jamais ressenti l’affection (au point de ne pas aller à son enterrement !). Le rêve: Ell e   es t   e n   Sa rd aigne.   Ell e   se   se nt   toute   c olla nte   et   to us   les   pa ren ts   l ui   dis ent   qu 'el le  do it  p re nd re  une   douche.   Interprétation: Ce qui s’est passé en Sardaigne a créé de la souffrance et beaucoup de colère23. Et la colère qui n’est pas dominée nous tient rattachée aux personnes et aux situations. Il faut donc grandir, faire la paix intérieure (métaphoriquement ‘se laver’ et s’en séparer).

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A noter que la ‘colère’ est pour moi l’élément fondamental et déterminant du cancer (en quelque sorte l’archétype du cancer). Une colère retournée contre soi à défaut de pouvoir l’exprimer contre une autorité (parents, famille, les représentants de l’Etat, la religion…).

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- 27.12.2010 Résumé de la séance: A ce niveau de la thérapie on entame la phase finale de recouvrement du passé. La patiente décide d'écrire une lettre à ses parents avec des attentes très "réalistes". S'engage alors une lutte intérieure entre la partie d’elle-même qui n’a jamais posé de problème à quiconque et la partie révoltée qui lui fait honte. Le rêve: Ell e ma rche   da ns   la   rue   et   ell e   se   fait   de ss us.   El le   a   honte   et   reche rche   dése spé ré me nt   de s   toil ette s.   El le   arrive   jus qu 'à   un   ma gas in   ‘ NA TUR AS I'   (supe rma rch é   biolo giqu e   ita lie n)   où   el le   en tre .     Ave c   be aucoup   de   gène   e lle   se   fa it   ind ique r   pa r   un   ve ndeu r   la   rue     où   son t   de s   to ile tte s   a vec   une   po rte   blanche   et   la   poig née   noire.   Et  el le  se   ré ve ill e . Interprétation: Elle exprime (au sens véritable ‘ex premere’ : pousser dehors) des choses naturelles et très intimes, bien qu’elles soient embarrassantes et perturbantes, avec toutefois un sentiment de honte.

- 28.02.2011 Résumé de la séance: Cette phase de la thérapie est centrale et délicate: La patiente projette d'aller en Sardaigne et parler de la lettre avec sa mère en affrontant la honte au sens de la ‘réalité (du ressenti) de la honte’. Un très beau rêve arrive: El le est   a ss ise   s ur   le s   genoux   de   so n   mari   et   fl irte   a vec   lui.   Elle   en ten d   des   vo ix.   El le   pa sse   u ne   g ra nde   port e   et   en t re   dan s   un e   pièc e   so mbre   avec ,  en   face,  2   po rte s  d’où  lu i  pa rvien nent   des   voix   ga ies .   Dans   c ett e   p ièce   so mbre   il   y   a   u ne   grande   ta ble   a vec   une   da me.   Puis   a rrive   so n   ancie nne   coiffeus e   (ce lle   qu i   p re nd   s oin   de   sa   tê te) ,   jeun e   et   très   blonde .   C elle-­‐c i   l'in vite   à   so rtir   de   là   où   il   fa it   t oujou rs   so mbre   pou r   re ga rde r   la   vo ute   cé leste   où   elle   res te   é me rve ill ée   pa r   la   quan tité   d 'ét oile s   fil ante s.   (S i   el le   s ort,   el le   réal is e   ses  d és irs). ..   Interprétation: La longue interprétation lui montre l’énorme travail qu'elle est en train de faire sur elle-même. Les femmes qui apparaissent (le processus de déguisement du rêve les a doublées) me représentent moi (la seconde est, physiquement et clairement, moi) l'encouragent à ne pas avoir peur et à sortir pour regarder la beauté de la voute céleste. C’est à dire ce qui, si elle a le courage de le faire, peut combler ses désirs.

- 28.03.2011 Résumé de la séance: Moment merveilleux de la thérapie où elle réussit à faire la paix intérieure avec sa mère qui, pour la première fois, et depuis la Sardaigne, s'occupe d'elle en lui envoyant des colis de légumes frais. Envie de paix partout. Pour la première fois aussi, en tant que femme, elle veut se mesurer avec quelqu’un qu’elle estime mieux qu’elle, comme G… (la cousine de son mari avec laquelle il a grandi) une femme très belle, sans défaut, qu'elle a toujours admirée. Elle admet avoir enviée G… devant laquelle elle s'est toujours sentie "le vilain petit canard". Le rêve : Elle va  à   New   Yo rk  et  renco nt re   G… .  Ce pen dant  el le   se   sen t  pa rfa ite me nt   à   son   aise,   a bs olu me nt   sa ns   aucun   sent ime nt   d'in fé riorité ,   tout   à   fa it   t ran qu il le,   libre  et   san s  hon te  jus qu’ à  boire  un   thé  e ns emble .  

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Interprétation: Elle se porte bien, au point à pouvoir se confronter à un mythe, G…, sans éprouver aucun sentiment d'infériorité. - 21.11.2011 Résumé de la séance: Dans cette phase de la thérapie s’affrontaient 3 peurs de la patiente: la peur de ‘l'agressivité d'autrui’, la peur de ‘vieillir’ et la peur de ‘grossir’. Rêve important: “ Nou s so mmes   en   Sa rd aigne.   Dan s   un   g ra nd   villa ge   ma is   misé ra ble ,   st yle   a nnée s   70.     U ne   rue   qui   mo nte.   C'est   le   Jour   de   l 'A n.   El le   es t   a vec   une   a mie   ma ig re   aux   che veux   cou rts ,   coup és   à   la   ga rçonne.   Peut-­‐ê tre   sa   sœ ur   A…,   à   la   voix   vive  et  s inc ère.   Elles   pa rcou ren t  une   rue  d ése rt e.   Elles   a rrivent   de vant   u n   immeu ble   neu f   a vec   de   gra nde s   fe nêt re s   d’où,   souda in,   jaill is sen t  de s  pét ards   qu i  to mbe nt  en   fa isa nt  un   bruit  de   mo rcea ux  de  fer.   Pu is   ell es   en trent   da ns   un e   ma is on   en   hau t eur.     Il   y   a   un   coulo ir   cent ral .   A   dro it e   se   t rou ve   un   ba r   ( où   on   peu t   man ge r   et   bo ire)   e t,   de   l’aut re   côté ,   une   pièce   éno rme   a vec   de s   gen s   as s is.   De rrière   un   rideau   il   y   a   un   bide t,   une   do uche   et …   un   inco nfo rta ble   pet it   WC,   bie n   visible,   san s   para vent ,   co mme   un   pot   d'e n fant .   El le   s’y   a ss ied   e t   commence   à   faire   s es   bes oins   pendan t   que   tou s   les   g ens ,   en   s ile nce,   la  re ga rde nt.   Ma is  elle   ne   réus sit  pa s  à   faire  ses   be soins  co mplèt e ment ”.     Interprétation: La Sardaigne est toujours son sujet primordial, ses racines, ses souvenirs les plus douloureux aussi représentés par toutes ces rues qui montent. C’est le Jour de l'An (C’est une page qui se tourne et on arrive à l’année suivante) représente la recherche du changement. Elle est avec sa sœur probablement car elle a cet aspect physique, une voix vive et, dans la réalité, la protège beaucoup. Mais le changement est dangereux parce que les gens font la fête en faisant exploser de gros pétards qui font du bruit comme des morceaux de fer. Toujours en montant, et avec beaucoup de fatigue, elles arrivent à une maison où à droite (la droite représente l’avenir) il y a un bar et des choses agréables. Mais elle va à l’opposé, sur la gauche (la gauche représente le passé), dans la salle d'attente et dans les toilettes inconfortables. Elle y trouve un bidet pour laver les parties intimes, une douche et un WC qu'elle choisit parce qu'il faut qu’elle fasse ses besoins (déféquer représente rejeter tout ce qui ne sert pas, ce qui est nuisible et inutile en faisant un rapprochement entre les neurones du cerveau et les intestins). Le WC est petit, inconfortable, et elle doit éliminer 3 peurs "d’adulte" (vieillir, grossir, et la peur de l'agressivité). Malgré les affronts, la honte de s'exhiber en public, elle réussit à déféquer mais pas complètement, c'est-à-dire à se libérer complètement de ses peurs.

- 12.03. 2012 Résumé de la séance: Elle commence à s'aimer davantage. Elle livre plus de choses intimes donnant la confirmation qu’elle a confiance en cette approche thérapeutique, et que celle-ci fonctionne, comme le montre la quantité de rêves. Il reste encore quelques peurs. Par exemple d'être trompée par son mari et délaissée. Et ce besoin absolu d'être rassurée aussi lors d’épisodes assez "étranges" (disparition du slip de son mari) qui lui font supposer qu’il a eu des rapports avec d’autres femmes. Le Rêve: Elle et   lu i   son t   de van t   une   écol e   hô telière .   Elle   lu i   mon tre   une   pet it e   fille,     Y…,   ( qu i   est   le   p re m ie r   pet it-­‐e nfant   de   la   fa mille,   et   la   fil le   du   frè re   a vec   le quel   toute  l a  fa m ill e  s’e st   fâchée  e t  a  coup é  les   p onts ).  

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Son mari   ne   croit   pa s   qu e   ce   s oit   Y…   mais   el le   lui   d it   qu e   l’ en fan t   ha bite   ic i   à   Flo rence .     Pu is   e lle   vo it   2   pe rson nes   qu i   p arlen t   a vec   l’en fan t.   L’ une   d’elle s   s’ad res se   à   eux   et   leu rs   de man de:   "Vou s   ven ez   ch erc her   l’e nfa nt,   nous   ne   l a   voulo ns   p lus "   e n   leu r   donna nt   au ss i   un   sac   cont ena nt   2   se rpe nt s:   une   vipè re   à   corne s   et   une   g ros se   couleu vre.   L a   pa tie nte   a   peu r   ma is   son   mari   lu i   dit   de   se   ca lmer.   L’e nfant ,   elle ,   es t   conten te  et  h eu reus e  de  ne   pas  a lle r  à  l’éc ol e.             Interprétation: C’est un rêve vraiment significatif. Elle et son mari devant l'école hôtelière. Une des choses qui les unit vraiment ce sont les voyages, représentés ici par les hôtels. L’enfant Y…représente ici la patiente: Y… est la première petite-fille comme elle aussi a été la première fille dans sa famille. Y… a été abandonnée par la famille au sens large (les grands-parents, les oncles… Non pas par sa faute mais suite à un différent avec son père) tout comme, elle aussi, a été abandonnée par cette même famille, sans qu’elle soit fautive de quoi que ce soit, et laissée à la grand-mère pour qu’elle l’élève. Y…(qui dans le rêve représente la patiente) habite maintenant à Florence et non plus en Sardaigne. Elle a grandi et appris aussi à transgresser les interdits (allusion à l'école et au fait de posséder des serpents) si bien que l'école veut la chasser. En fait il s’agit de chasser toutes les peurs: peur de la malade, peur de l’abandon et celle de ne pas être à la hauteur. Et puis il y a la seconde partie du rêve: le sac représente un poids qu'on doit porter sur les épaules, ici un poids émotif. Dans le sac il y a les serpents, c’est à dire le sexe représenté par la vipère à cornes (en italien quand quelqu'un est trompé, cocufié, on dit qu’il porte les cornes). Alors son mari la rassure et lui dit de ne pas craindre les serpents, aussi bien la couleuvre (qui représente son sexe à lui) que le sexe féminin (la trahison supposée) parce que les serpents peuvent se calmer, c'est-à-dire devenir inoffensifs. Et voilà que Y… (en fait, la patiente), libérée de ses devoirs, de ses obligations (l'école) et de ses peurs (puisque rassurée par le mari) est heureuse.

- 26.03. 2012 Résumé de la séance: On aborde la jalousie et aussi la peur d’être trompée par le mari. Après la vie d'abandon qu’elle a connue, la patiente est très dépendante de son mari et elle se sent en danger si une femme tourne autour de lui. A… (une amie du couple) est considérée comme un danger. Mais, en cette période, elle n’arrive pas à l'éloigner, chose qu’elle pourra faire prochainement et même tout de suite si elle se le permet d’abord en rêve. Le Rêve: Elle est   a vec   s a   fa mil le,   ses   tan tes   et   so n   ma ri.     Ils   p arlen t   en se mble,   tou s   ass is .   A…   (l’a mie   du   couple )   appa ra ît   de puis   un   p ort ill on,   va   vers   le   mari   de   la   pa tie nte   et  lu i  de ma nde  d es  ex plic at ion s  su r  u n  pl ac eme nt   financ ie r.   La  pa tiente  in te rvie nt,   agres se   ve rbale me nt  A …  et  lu i  d it  de   s’en  a l ler.     Interprétation: Le contexte du rêve est très important parce que toute cette scène de défense du mari de la patiente et de jalousie se passe devant l’ensemble de la famille, donc sans honte et sans notion de faute. - 9.04. 2012 Résumé de la séance: On travaille toujours sur ce cauchemar de la jalousie en tentant de l’en libérer ou, au moins, de réduire cette peur (le fait de faire pìpì signifie éliminer et se purifier).

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Rêve: Elle ma rche   a vec   s on   ma ri.   E lle   p erd   s es   u rines .   Il   y   a   des   toilett es   rud imen taire s,   sale s,   a vec   p eu   de   p ortes   e t,   en   de ssous,   une   gril le   qui,   au   bout,   laisse   vo ir   ce   que   fon t   les   g en s.   Dan s   les   d e rn iè res   t oil ette s,   cel les   d es   ho mme s,   il   y  a  un  ho mme   qu i   se mble  se   mas turber.  El l e  ent re  da ns   les  to ile tte s  de s   fe mme s  et   trou ve   u ne   g ros se   cu vet te   de   WC   rose .     Pen dant   qu 'elle   u rine   ell e   se   rend   co mp te   qu’el le   fait   p ip i   en   d eho rs   de   la   cu vette .   Le s   ge ns   pré se nts   voie nt   l’u rine   qu i   cou le   hors   des   to ile tte s.     Mais   ell e   il   n e   s'en   p ré occupe   pa s.   Elle   so rt   et   s e   t rou ve   da ns   une   ru e   a vec,   un   roche r   d ans   la   mer   d'u n   cô té,   et   de s   maison s   de   l 'au tre.     Pu is   elle   vo it   u ne   baigno ire   où   se   t ro uve   so n   ma ri,   n u,   en   p os ition   é trang e   a vec   u ne   fe mme.   Elle   s 'écha ppe,   pu is   veut   re ve nir.   Ma is   quel qu 'un   a   a ve rt i   son   ma ri   qu’el le   re vien t.     Alo rs   el le   s 'échap pe   en   cou ra nt   et   a rrive   à   un   be l   end ro it   où   il   y   a   une   ma iso n   en   hauteu r   a vec   une   so rte   d’e scal ie r   fait   d e   carreaux   de   co ra il   et   2   pet it   vie ux   avec   les   p ied s   dan s   l 'eau   qu i   lu i   tou rn ent   le   d os.   De   n o mbre ux   aut re s   so nt   su r   l es   ma rche s,   co mme   en   méd itat io n.   Elle   res s ent   une   t rè s   fo rte   en vie   d 'all er   da ns   l'eau .   Interprétation: Dans ce rêve elle sent le besoin d’uriner (de se libérer aussi mentalement) mais pour ce faire elle doit entrer en contact avec une série de choses "sales" comme les toilettes sales et la vue d'un homme qui "semble” se masturber. Elle, aussi, semble pouvoir entrer dans ce monde de saletés: il y a une grande cuvette de WC rose mais elle ne réussit pas à faire dedans (en Italie lorsque quelqu'un prend une chose pour une autre et se trompe, on lui dit ‘tu as pissé en dehors de la cuvette" et, personnellement, je pense que ce fait d’uriner à côté soit lié à ses hypothèses qu'elle espère fausses, à savoir que son mari fréquente une autre femme. EIle réussit tout de même à se libérer… Puis elle voit son cauchemar: Son mari, nu avec une femme. Elle s'éloigne, puis veut revenir mais elle comprend que son mari a été averti et que c’est inutile. Elle se retrouve dans une ambiance typiquement Sarde, rassurante, où il y a du temps pour penser et pour contenir les peurs. Les petits vieux de dos peuvent représenter ses parents à elle ou, aussi, elle et lui plus âgés (quand la sexualité s'apaise). Elle ressent également l’envie d'aller dans l'eau et se laver de ses peurs.

- 16.04.2012 Résumé de la séance: On atteint une phase cruciale dans la thérapie. Elle doit faire une série d’examens du sein et de l’utérus. Elle a peur et se sent seule, au point de se comparer à Laïka, le chien russe qui fut envoyé dans l’espace. Laïka fut choisi à la place des autres chiens parce qu’il était obéissant et ne se rebellait jamais quoi qu’on lui demande24. Cependant le prix à payer fut sa condamnation à mort dans l’espace. Adriana soutient avoir histoire analogue: même sa mère disait aussi: “tu ne te plaignais jamais”. Mais maintenant Adriana veut des changements et la paix intérieure. Le Rêve: “C’ est u ne   réun ion   d e   fa mill e   en   S arda ig ne.     Il   y   a   g ran d   mur   ha ut.   Sur   la   gauche   il   y   a   des   mu rs   h aut s   e t   de rrière   des   ma ison s   a vec   de s   g ra nde s   po rtes   vou tées .   A   l’ex té rie ur   de   la   porte,   d e   l 'a utre   c ôté   d e   la   rue,   il   y   a   de   g ra nds   carreaux .       Les   mu rs   et  le s  po rte s  s ont   fe rmés .   Je   suis   avec   la   pe tit e   R…   (l a   de rn iè re   pet ite -­‐fille   de   la   fa mille   e t   nou ve au-­‐né   ( fille )   de   so n   pl us   je une   frè re   do nt   elle   est   la   ma rra ine)   et   ma   sœ ur   A….     De rriè re   le   mu r   on   ape rçoit   2   pe rso nne s:   une   sur   l a   branc he   cent ra le   d’un   p in   a vec   u ne   24

Ceci est a rapprocher des comportements expliqués au paragraphe des constatations personnelles quant au psychisme des sujets atteints de SEP (voir le chapitre concernant les étiologies de la SEP et la place dans la fratrie).

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tro nçon neus e, un e   aut re   à   che val   su r   un e   branc he   la té rale.   Ce tte   p erson ne   t ombe   sur   la   bra nche   e n   des sou s   qui   ca sse   e t   dis para it .   Le   p in   e st   dé figu ré,   cou pé   à   la   mo it ié.   Et   pu is   da ns   le   mu r   c’es t   le   p rinte mps   a vec   de s   bu is son s,   d es   pet it s   ru is seaux.   Co mme  un  ja rdin  da ns   le   mu r.    Je   vo is   l’en fa nt   Y…,  j e  l’en lace  e t  je  p leu re.   Ma   mè re   est   s ilen cieu se,   mon   frère   au ss i.   Mon   ma ri   reço it   coup   de   tél épho ne   de   son   t ra va il   et  pa rt”.   Interprétation: C’est un rêve important. Elle est toujours en Sardaigne lors d’une réunion familiale. Je note que tout est fermé: les murs hauts, les fenêtres et les portes aussi. Elle est avec R…(un nouveau-né) et sa petite sœur qui représentent la vie. Mais derrière le mur (qui représente la barrière de l'inconscient) il y a une scène de destruction de la verdure, avec des arbres défigurés à moitié qui représentent son corps tourmenté par les maladies et le bistouri. Et, encore au delà, il y a une scène de printemps, très belle, où "elle renaît, rencontre Y…, comme une partie d’elle nouvelle. Elle fait aussi la paix avec sa famille éloignée (son frère et sa femme). Et tout cela avec beaucoup d'émotion. Tout s'interrompt avec le départ du mari qui reçoit un coup de téléphone de son travail, fait coutumier, souvent vécu par elle comme une énième non-participation et un ‘abandon’.

- 23.04.2012 Résumé de la séance: Elle commence à faire des choses pour elle-même, sans trop se culpabiliser comme auparavant. EIle va à la piscine, va manger… et, ce, toute seule. Je l’encourage dans cette façon de s'aimer. Mais, quand elle est en contact avec les enfants, revient le vide laissé à jamais par l’enfant perdu avant terme25. Le Rêve: “ Je rê ve   de   nou veau -­‐né.   Nous   so mme s   to us   les   deux   a vec   mo n   ma ri.   Nou s   avo ns   u n   en fan t   co mme   la   pet ite   R …,   en   vo iture   (à   no te r   que   le   te rme   "vo itu re "   au   lieu   de   ‘ pous set te’   n 'e st   pa s   ha bituel ).     J'ai   faim   et   j e   veux   man ger.   Il   y   a   u n   restau ra nt.   J’ y   vais,   la issan t   l 'en fan t   à   mon   ma ri.   J’ent re   d ans   le   rest aurant   o ù   l’on   m’accue il le   très   chal eureuse ment .   On   me   sert   de s   gn occhis   pa rfumés   co mme   pre mie r   p lat   et   j e   pa rl e   a vec   les   se rveu rs.   Pu is   arrive   mo n   ma ri   et   je   sen s   mon te r   l'a nxié té   car   l a   fillet te   n’e st   pa s   là.   II   me   dit   qu'il   l 'a   la is sée   dan s   l’aut o.     Je   pars   la   cherche r.   Mo n   ma ri   est   de bou t,   co mme   en dormi.     J'a rrive   au   pa rkin g   où   je   vo is   l'au to   et   l 'en fa nt   qui   do rt   à   l’ in térieu r.   Mo n   ma ri   arrive.   II   ne   co mp re nd   pa s   ma   préocc upat io n”.   Interprétation: Tout est lié en fait au vide laissé par l’enfant qu’elle a perdu avant terme. C’est pourquoi elle parle de ‘voiture’ et non pas de ‘poussette’. Enfin elle suit son instinct: elle a faim. EIle laisse son bien le plus précieux, la fillette, à son mari, en lui faisant confiance. Puis arrive l'anxiété de la perte de la fillette en opposition, par contre, au calme de son mari qui lui dit que tout va bien et continue à ne pas comprendre sa réaction. (Texte reproduit avec l’aimable accord de la patiente et de la psychologue)

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Rien n’est véritablement sans conséquence ! On retrouve ici la ‘blessure’, apparemment sans suite, de la faussecouche vécue en 2004.

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Cas N° 37 Née en 1940 - Secrétariat - Mariée, deux enfants. Dernière de 3 enfants. Stade 2 fi Stade 3 – Suivi 25 ans ½ 1980 - Elle présente des fourmillements aux deux pieds et une paralysie faciale droite. Le diagnostic de SEP est posé après bilan neurologique à Marseille (PL, scanner). Traitement au Synacthène®. La crise dure 3 mois. Elle conserve, ensuite, des sensations de froid au bras droit, une insensibilité à la plante des pieds avec des épisodes de contracture des orteils. 1983 - En Octobre, nouvelle poussée qui est le contrecoup, à distance, du décès de sa mère (83 ans, atteinte de cancer) survenu en Mai. La crise touche les deux jambes avec des contractures, des tremblements et s’accompagne même de troubles du rythme cardiaque. Le bilan cardiologique se révèle normal. Sous traitement au Synacthène® injectable elle s’améliore en huit jours, puis présente une nouvelle aggravation, sans raison, touchant le bras droit (qui est insensible et froid). Le mois suivant, elle consulte sur Lyon où l’on confirme le diagnostic de SEP. Elle est mise sous Imurel®. Mal supporté (vomissements, réapparition de son ulcère d’estomac), on en diminue le dosage. 1984 - En Mars, apparition de douleurs depuis les mollets jusqu’aux fesses et troubles de la thermicité (sensation de bras droit chaud alors qu’il est froid)  Elle consulte pour la première fois en Avril 1984. Antécédents 1970 - Gastrite. 1973 - Ablation de la vésicule biliaire. 1983 - Ulcère du duodénum (suite de traitement à la cortisone). 2 grossesses avec traitement hormonal à chaque fois et 2 filles : 1960 et 1963. Vers 1980, survenue d’un état dépressif en rapport avec le contexte au travail et de problèmes conjugaux (adultère).

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Antécédents familiaux

Dernière de famille née 16 et 15 ans après ses sœurs. Immunité plus fragile. SEP puis amélioration et nouvelle pathologie dégénérative dans un contexte familial difficile (cancer du sein). La mère décède de cancer à 68 ans, elle est atteinte de SEP à 40 ans puis développe un cancer à 51 ans (soit respectivement 28 ans et 17 ans avant sa mère, alors que les sœurs ne sont pas malades). Hélas après récupération de son cancer elle redémarre sa SEP sur le mode progressif ! (Les problèmes de famille n’étaient pas réglés). Alimentation Charcuteries++ Elle consomme minimum 35 grammes/jour d’équivalent de beurre (graisses saturées). Aucun fruit !!! Examen et évolution La marche aveugle est lente avec déviation vers la gauche. Sensation d’eau sur le bras droit. La langue est chargée, ‘sale’ et jaune, ce qui signe des problèmes intestinaux. Elle repart avec le traitement de base, en insistant sur la nutrition (légumes, fruits, céréales complète et huiles vierges de première pression à froid) Revue en Septembre, elle se sent mieux, a repris son travail à temps complet et arrêté son traitement antidépresseur ! Mais des conflits persistent dans le couple. Elle signale une gène dans les jambes, qui disparaît après quelques temps, et elle récupère une sensibilité normale aux deux pieds. A l’examen, il reste encore la déviation à droite et une hésitation lors de la marche aveugle à reculons. (Stade 2).

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1985 – Les soucis sont persistants (tensions au domicile, accident du conjoint) ainsi que la fatigue. Elle présente des fourmillements et sensations de serrement dans les muscles des cuisses qui s’aggravent notamment lors des contrariétés. Un bilan à l’hôpital exclut une poussée et tout traitement. En Septembre, elle envisage de se séparer de son mari. Les sensations bizarres de chaud ou froid ont disparu, mais des douleurs d’ulcère du duodénum26 sont revenues. A l’examen : la marche aveugle est encore un peu ébrieuse. 1986 - Elle se sent encore mieux. Tout est rentré dans l’ordre au domicile. Elle garde encore une insensibilité à la plante des pieds. Mais, à l’examen, la marche est normale. La récupération est pratiquement totale après 2 ans de suivi. Les injections intraveineuses de vitamines qu’elle faisait jusque là sont suspendues. Puis la situation et le traitement restent inchangés. A noter toutefois, qu’en 1988, il lui a été donné du Norluten® (hormones) pour des bouffées de chaleur. (Ce détail peut avoir son importance puisqu’elle va présenter, 3 ans plus tard, un cancer du sein). 1990 - Fin décembre, hospitalisation du mari (infarctus du myocarde, suivi d’un 2e après la coronarographie !) et de son père (88 ans) qui s’est fracturé le col du fémur. Elle s’épuise auprès d’eux et se retrouve avec des douleurs ascendantes dans les jambes, puis les bras, et une tendance au dérobement de la jambe droite. Elle marche moins facilement. A l’examen : instabilité lors de la marche étroite ; la marche aveugle est ébrieuse. Les injections intraveineuses sont reprises (à raison de 2/semaine), ainsi que les vitamines per os + compléments nutritionnels et une prescription homéopathique appropriée. Les troubles disparaissent sans avoir recours à la cortisone. (Stade 2) Avril 1991 - Elle est opérée d’un cancer du sein droit (épithélioma canalaire infiltrant de 30 mm de diamètre) avec curage axillaire. A l’analyse, aucun ganglion n’est envahi (0 sur 13). Le traitement complémentaire prévoit 6 cures de chimiothérapie et une radiothérapie. Elle me signale : « …dans  ma   tête,   j’en   avais   assez…». L’intervention a été vécue comme un moyen de se reposer ! Mais elle reste fatiguée. Elle a mauvais moral, est irritable et recherche la solitude. Le taux de fer sérique27 est bas (0,5 mg/l). A l’examen, la marche est plus lente et hésitante. Elle doit être tenue avec un doigt lors de la marche aveugle (Stade 2). En Septembre elle présente des nausées pendant la chimiothérapie puis un épanchement péricardique28 et des douleurs de lymphangite au bras gauche. Un Bilan Immunitaire auprès du Laboratoire Burckel montre un terrain ‘assez perturbé. Bon état auto-immun’. Les défenses immunitaires sont préservées. La carence en fer persiste. Le CA15-329 est à 18,4 (normale inférieure à 30). En Décembre la chimiothérapie est terminée. 1992 - Douleurs aux aines et au bras droit, paresthésies aux pieds. Ces symptômes peuvent être secondaires à la chimiothérapie. Douleurs cervicales à vérifier par ostéopathie. Le bilan immunitaire est plus inflammatoire. Les marqueurs du cancer sont rassurants, dans les limites de la normale. Bilan neurologique avec présence d’hypersignaux (côté gauche) au scanner. Traitement de cortisone. 26

Début de l’intestin grêle, faisant suite à l’estomac Taux du fer dans les globules rouges. La normale est de 0,6 à 1,9 mg/l. 28 Présence de liquide dans le péricarde, enveloppe autour du cœur, entrainant fatigue et essoufflement. 29 Marqueur du cancer du sein 27

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Jusqu’en fin 2000 son état reste stable et le bilan de son cancer du sein est strictement normal. 2001- Décès de sa sœur en Janvier (après opération du cœur). Elle accuse le coup et se sent fatiguée plus rapidement. 2002 - Décès de sa belle-sœur en Novembre, qui va réactiver (et amplifier) les facteurs émotionnels ressentis lors du décès de sa sœur. Début 2003 - Elle ressent de la fatigue après une demi-heure de marche avec baisse de la vision, de la maladresse dans les doigts (elle lâche les objets), un blocage du genou droit et la sensation de bras droit comme mort. Son neurologue confirme une évolution de la SEP et prescrit de la cortisone. 2004 - Elle a fait enfin le ‘deuil du deuil’ de sa sœur. Mais elle garde des problèmes d’équilibre et une faiblesse de la jambe droite. L’IRM est inchangée. Fin 2005 - L’aggravation lente de son état se poursuit. Désormais, elle marche avec appui (1 doigt lors de la marche étroite, les yeux ouverts) et tenue avec une main lors de la marche aveugle. (Stade 2 à 3) L’IRM est : ‘… sans modification significative par rapport au bilan précédent de Juin 2004.… Il existe une sténose canalaire 30 significative… en regard des disques C5 C6 et C6 C7’. Le neurologue conclut: « J’aurai été tenté de la mettre sous IMUREL®, mais elle a déjà pris ce traitement au tout début de sa pathologie avec, lors d’une réintroduction, une intolérance majeure qui l’avait fait arrêter rapidement. Actuellement elle ne relève pas à mon sens des interférons Béta 1A. On pourrait par contre discuter d’un interféron Béta 1B, dans le cadre d’une forme secondairement progressive de SEP….’ » Mais elle n’est pas mise sous Interféron, mais on est maintenant avec une SEP devenue ‘progressive’. 2006 - Nouvelle IRM (Décembre), inchangée par rapport à Juin 2004. 2007 - En Janvier, son neurologue précise: « … On ne retrouve pas de prise de contraste… pouvant traduire une évolutivité franche de sa pathologie. La charge lésionnelle n’a pas vraiment beaucoup varié non plus entre 2004 et 2006. Actuellement donc, l’indication aux interférons Béta 1A n’est pas de mise… » Sa dernière consultation a lieu en Décembre 2009. La maladie continue de progresser lentement. La patiente marche maintenant avec une canne et chute fréquemment. Elle signale des vertiges en se levant du lit et des acouphènes, sans doute favorisés aussi par les problèmes circulatoires liés à son arthrose cervicale et la sténose canalaire. (Stade 3). Commentaire SEP chez une personne confrontée à des conflits conjugaux persistants (dévalorisation, rejet, abandon) et du surmenage. Les différentes poussées sont apparues suite à la perte d’êtres chers : sa mère (1983) ; sa sœur (2001) ; sa belle-sœur (2002) et lors d’une procédure de séparation (1985). Ce sont des situations équivalentes à un rejet/abandon. Le cancer du sein droit (1991) survient dans un contexte de désespoir (‘ras le bol’). Il est même vécu comme ‘un moyen de se reposer’ ! Une façon de se faire prendre en charge ? Ce cancer (localisé au sein et du côté droit) est il en relation avec ses soucis conjugaux ?

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Rétrécissement du canal médullaire dû à une arthrose cervicale et favorisant des troubles moteurs.

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Mais, sa situation reste inchangée (pour ne pas dire ‘insoluble’). La SEP repart de façon plus agressive sur le mode ‘progressif’. La présence d’une arthrose cervicale, avec son retentissement mécanique et circulatoire cérébral, complique encore le tableau clinique31. Cette malade a été suivie plus de 25 ans. Elle s’est aggravée significativement au bout de 20 ans et après la survenue d’un cancer du sein droit. Elle est restée totalement autonome jusqu’en 2004, date à laquelle sa SEP est devenue progressive, forme plus difficile à maîtriser.

Cas N° 38 Née en 1952 - Mariée, 2 filles : 1970 et 1973 Agent de la fonction publique Stade 1  Stade 1 - Suivi de19 ans Les tous premiers symptômes de la maladie seraient apparus à l’âge de 31 ans (1983). Il s’agit de légers troubles sensitifs sur un mollet qui disparaissent d’eux-mêmes en quelques semaines. Ce n’est que 3 ans plus tard (en 1986), et deux mois après le décès de son père, que survient une véritable poussée avec état de fatigue, troubles sensitifs et paralysie de la main droite. Elle est hospitalisée à plusieurs reprises et reçoit différents traitements de cortisone sans réelle amélioration. C’est au cours d’échanges avec d’autres malades dans une association de sclérosés en plaques qu’on lui parle de la ‘méthode Kousmine’ et qu’elle décide de consulter un confrère de la région parisienne où elle réside alors. En 1988 elle quitte le nord de la France pour venir dans le Gard. En 1991 son état se dégrade à nouveau.  Elle consulte la première fois en Décembre 1991 Situation familiale Deux demi-frères (du coté paternel). Fille unique, née du deuxième mariage de son père. Mais, premier enfant (donc enfant unique) pour sa maman qui est proche de la quarantaine.

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Voir Cas N° 48

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Antécédents personnels Ablation des amygdales dans l’enfance (anesthésie générale) Hypercholestérolémie dés l’âge de 20 ans. 1981- Accident de la route, sans blessure apparente, mais la voiture est hors d'usage ! Ablation de la vésicule biliaire (1984) et pose d’un clip (métallique) sur la veine cave. (2e anesthésie générale). Antécédents familiaux Hypercholestérolémie familiale L’aîné des frères est atteint de la Maladie de Wegener 32 à l'âge de 62 ans. Il décède à 69 ans après 4 années de dialyse. Père : atteint de cancer du foie à 80 ans. Décéde à 81 ans. Mère : ayant présenté un accident vasculaire cérébral (AVC) Alimentation Depuis 1987, elle est suivie par un confrère élève du Dr Kousmine et a réformé son alimentation Lorsqu’elle me consulte son alimentation est très ‘correcte’. Mais elle cuit toujours à la cocotte-minute et consomme encore pas mal de produits surgelés et trop de laitages ! Examen et évolution Elle marche normalement et n’est limitée qu’au niveau du saut avec les deux jambes (20 cm seulement et avec les jambes tendues). Elle est en Stade 1.

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Maladie infectieuse respiratoire sévère, souvent associée à des troubles artériels et une insuffisance rénale. Possibles atteintes secondaires au niveau cardiaque, digestif, articulaire, voire nerveux. Le pronostic est très réservé car il n’existe aucun traitement efficace.

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Elle précise dans un courrier : « C’est   en  198 3,  me   semble   t’il,   que   j’ai   eu   un   épisode   d’insensibilité   sur   un   mollet  (droit  ou   gauche  ?)  pendant  quelques  semaines.  Mais   cela  a  disparu   sans  séquelle  et  surtout  sans  traitement.   Juin   1984  :   Je   suis   opérée   de   la   vésicule   biliaire,   suite   au   cholestérol   que   j’ai   depuis   l’âge   de   21   ans  (problème  familial  semble-­‐t-­‐il).  Je  prenais  d’ailleurs  un  traitement  contre  ce  cholestérol.       Septembre   1986 ,  à   34   ans,   2   mois   après   le   décès   de   mon   père,   je   me   sens   assez   fatiguée.   Brutalement   apparaissent   des   symptômes   bizarres  :   engourdissement   au   cou   et,   surtout,   une   paralysie   de   la  main   droite   avec   l’impossibilité   d’écrire.   Je   consulte  sans   délai  mon   généraliste   qui   m’oriente   chez   un   neurologue   de   l’hôpital.   Durant   le   temps   nécessaire   pour   obtenir   un   rendez-­‐ vous  les  symptômes  régressent  et  disparaissent  spontanément.    Mais  15  jours  plus  tard,  c’est  au  tour  de  la  jambe  droite  :  je  dois  la  «  commander  »  pour  avancer.   La  marche  n’est  plus  automatique  !  Mais  encore  une  fois  tout  revient  à  la  normale  rapidement  et   sans  traitement.    Quelques  semaines   plus  tard  apparaissent  des  fourmillements   aux   mains,  aux  bras,  aux   pieds  et   au  visage.     Mon   généraliste   me   prescrit  des  i njections  de   Synacthène®   et  je  suis   hospitalisée  pour   un   bilan   à   St   Antoine   à   Paris.   Là   je   subis  une   ponction   lombaire   (dont   le   résultat   est   bon),   des   potentiels   évoqués   (seuls   les   sensitifs   seront   perturbés),   un   scanner     (qui   s’avère   normal).   Je   reçois  un  traitement  de  cortisone  par  comprimés.      Mais,   devant   la   persistance   et   même   l’aggravation   des   symptômes  :   bras   et   mains   qui   s’engourdissent,   de   nombreux   fourmillements,   la   sensation   de   constriction   au   visage,   je   suis   à   nouveau  hospitalisée  -­‐   à   ma  demande  -­‐   pour  un   traitement  par  perfusion   de  bollus   33  de  cortisone   pendant  5  jours.    Je  sors  de  l’hôpital  vers  Noël  1986  avec  un   traitement  de  cortisone  par  comprimés   (80   mg  par   jour  au  départ,  puis  en  dégressif).    Mais  mon  état  ne  s’améliore  pas  :  dès  que  je  marche,  je  sens  des   fourmillements   depuis   la   taille   jusqu’aux   pieds,   des   décharges   électriques   le   long   du   dos,   une   extrême  fatigue,  une  insensibilité  de  la  main  droite  …    A  cette  époque  on  disposait  de  l’IRM,  mais  je  n’ai  pas  pu  faire  cet  examen  à  cause  de  la  présence   d’un  clip  métallique  posé  lors  de  l’opération  de  la  vésicule  biliaire.     Début  1987  :  Voyant  que  les  traitements  ne  m’amélioraient  pas,  je  commence  à   me  documenter   sur  la   maladie.  Je   trouve  une  association  de   malades  :  la  NAFSEP   et  des  témoignages  de  malades   essayant  d’autres  voies.   L’une,  en  particulier,  retient   mon  attention  car   de   nombreux   malades  la   citent  :  la  méthode  du  Dr  Catherine  Kousmine.       J’achète  son  livre  «  La  sclérose  en  plaques  est  guérissable  »  et  commence  seule  le  régime,   tout   en   cherchant   des   médecins   qui   ont   été   ses   élèves.   J’en   trouve   un   à   Paris.   Il   m’indique   les   détails  de  la  méthode,  me  prescrit  des  piqûres  intraveineuses  de  vitamines,  du  magnésium…  Peu  à   peu,  mon  état  s’améliore.  En  Avril,  j’ai  rendez-­‐vous  chez  le  neurologue  à  St  Antoine  et  je  peux  enfin   lui  dire  que  je  vais  mieux,  même  si  j’ai  encore  des  fourmillements  par  ci  par  là  et  une  fatigabilité   qui  persiste  mais  à  un  niveau  moindre.       1988  :   Nous   déménageons  sur   Nîmes.   Je   vais   relativement   bien,  malgré   quelques   fourmillements   lorsque   je   me   fatigue.   La   vie   a   repris   son   cours.   Bien   sûr   je   continue   la   méthode   Kousmine   sans   être  suivie  par  un  médecin  pour  ma  SEP.     1991  :   Mon   mari,   militaire,  part  pour    6   mois   en  Afrique.  Ma   mère  rentre  en   maison   de  retraite   médicalisée.  Je  me  culpabilise  de  ne  pouvoir  la  prendre  avec  moi  !           1   mois   après   le   départ   de   mon   mari   et   3   mois   après   l'entrée   de   ma   mère   en   maison   de   retraite,   je   ressens   une   grande   fatigue  et   des  douleurs  musculaires   dans   les  membres,   le  dos…     La   rechute   est   là  !   Je   recherche   un  médecin   pratiquant   la  méthode   Kousmine   près   de   chez  moi   ce   qui   m’amène   à   vous   consulter   dans   le   Var.   Sans   délai   je   reprends   les   piqûres   intraveineuses   de   33

Il s’agit d’un traitement d’attaque consistant en des perfusions de 1 gramme de cortisone à la fois sur plusieurs jours consécutifs.

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vitamines, des  compléments  alimentaires,  les  lavements…  en  plus  des  conseils  alimentaires  et  du   repos.    Peu  à  peu  cela  se  calme.  Mais  il  me  faudra   près  4   mois   pour  à  revenir  à  un  état  proche  de  la   normale.  La  vie  reprend  son  cours…  Je  consulte  2  fois  par  an.     1998  :  Décès  de  mon  frère  atteint  du  Syndrome  de  Wegener  !          Deux   mois   plus   tard   (comme   en   1986 ),   j’ai   à   nouveau   des   douleurs   musculaires.   Le   neurologue  que  je  consulte  pense  que  ce  n’est  pas   une   poussée   et  on   me  refuse  toujours   l’IRM  à   cause  du  clip  posé  lors   de  l’opération   de   la  vésicule  biliaire.  Je  retourne   auprès   de  vous.   Reprise   des  piqûres  intraveineuses  de  vitamines,  des  compléments  nutritionnels,  les  fameux  lavements…   et   le   suivi   alimentaire   assorti   de   repos.   A   nouveau   il   me   faudra   environ   4   mois   pour   récupérer   complètement.   A   partir   de   là   je   continue   mon   régime   et   les   consultations   tous   les   3   mois   avec   vous.     2002  :  Des  troubles  digestifs  (reflux,  gastrites)  apparaissent.  Je  mets  cela  sur  le  compte  du  régime   (crudités,  céréales  …).  Mais,  comme   au  fil  des  années  je   n’ai  plus  eu  aucun  symptôme   au  niveau  de   ma  SEP,  je  fais   de  plus  en  plus  de   digressions  alimentaires.  J’ai  pratiquement   tout  abandonné,  sauf   les  ’bonnes   huiles’.   En   fait   un   bilan   digestif   complet   (coloscopie   et   fibroscopie)   conclut   à   la   présence  d’un  mégacôlon34,  mais  aussi  un  reflux  gastro-­‐oesophagien  dû  à  une  petite  hernie  hiatale   et   présence   d’Hélicobacter  Pilori35.   On   me  prescrit  des  antibiotiques   et   du   Lanzor®   pour  protéger   l’estomac.     2006  :  Suite  à  des  règles  hémorragiques  qui  traînent  depuis  environ  un  an  (ma  gynécologue  me   disait   qu’il   s’agissait   de   la   pré-­‐ménopause   puisque   j’avais   presque   54   ans),   on   finit   par   me   découvrir,   en   analysant   les   «  reliefs  »   autour   d’un   stérilet   expulsé,   un   canc er   de   l’ut érus.   Je   soupçonne  (peut-­‐être  à   tort  ?)  que  les  stérilets  (au   cuivre)   successifs  que  j'ai  porté  pendant  plus   de  trente  ans  ont  favorisé  une  i nflammation  locale.      Je   suis   opérée   en   Mars   et   subis   l’ablation   de   l’utérus,   des   ovaires,   du   col   avec   curage   ganglionnaire.   L’examen   anatomopathologique   conclut  :   stade   1,   grade   2.   Les   ganglions   n’étant   pas  touchés,  je  n’ai  pas  d’autre  traitement.     1er   septembre   2009  :   Au   cours   d’un   voyage   fatiguant   (900   kms)   nous   avons   éclaté   un   pneu   sur   l'autoroute  et  heurté  légèrement  le  terre-­‐plein  central.    I l  n’y  a  pas  de  blessé  mais  j'ai  eu  très  peur  !   De   plus,   lors   de   ce   voyage   nous   sommes   invités   à   un   repas   d’anniversaire   de   mariage.   Le   surlendemain,  je  présente  brusquement  un  engourdissement  autour  des  lèvres.    Puis,   en  quelques   jours,   l’engourdissement   touche   tout   le   côté   droit   du   visage   et   l’intérieur   de   la   bouche,   accompagné  d’une  perte  d’équilibre  avec  vomissements.  Je  suis  transportée  à  l’hôpital  à  Nîmes  car   je  ne  tiens  plus   debout.  On  doit  m’aider  pour   aller   aux   toilettes,  pour  manger   (tout  mixé   car   je  ne   sens  plus  rien  dans  la  partie  droite  de  la  b ouche).  Je  reçois  des  bollus  de  cortisone  pendant  6  jours.   Des   troubles   visuels   (vision   double   et   floue)   viennent   aussi   s’ajouter   mais   la   poussée   semble   se   stabiliser.    Je  sors,  au  bout  de  8  jours,  marchant  avec  un  déambulateur.      C’est  là  que  j’ai  enfin  pu  passer  une  IRM  qui  a  confirmé   le  diagnostic  de   SEP.  Dès   ma   sortie   d’hôpital   je   reviens   vers   vous,   ce   que   je   ne   faisais   plus   depuis   quelques   années.   On   reprend   le   traitement  que  j’ai  toujours  actuellement  (piqûres  intraveineuses  de  vitamines,  vitamines  per  os,   omégas  3,  compléments  nutritionnels…  avec  le  régime  strict  (en  plus,  cette  fois,  avec  éviction  du   gluten  et  des  laitages),  lavements  intestinaux…         Chose   curieuse,   pour   la   première   fois   et   dès   ma   sortie   de   l’hôpital,   mon   médecin   généraliste   m’indique  votre   nom  (vous  aviez  soigné  il  y   a   plusieurs   années   l’un   de   ses  confrères   atteint  de  SEP,  lequel  se  porte  très  bien  maintenant)  !!!           Voilà  dix  huit  mois  que  j’ai  repris  et  suivi  correctement  le  régime.  J’ai  retrouvé  l’équilibre   et   perdu   les   8   kg   que   j’avais   en   trop  !   Je   reste   cependant   vite   fatigable   et   ressens   alors   des   fourmillements  sur  une  partie  du  visage  (celle  qui  avait  été  touchée).   34 35

Côlon trop long, responsable, entre autre, de gène et constipation. Bactérie responsable d’inflammation et brûlures d’estomac.

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Les deux  neurologues  que  j’ai  revu  n’envisagent  pas  de  traitement  par  l’Interféron,  n’ayant   pas  eu  de  poussées  rapprochées  pour  le  moment,  et  vu  mon  état  après  2 4  an s  de  maladie  !       Je  n’ai  donc  pas  de  traitement  allopathique  pour  la  SEP.       Je   continue   cependant   un   traitement   pour   ma   gastrite   chronique   et   un   pour   mon   cholestérol  familial  qui  reste  élevé  malgré  ma  surveillance  alimentaire.  »   Commentaire Atteinte de SEP dés 1983 (à 31 ans), cette patiente a pratiqué la méthode Kousmine durant 23 ans ! Pendant les 19 années où je l’ai suivie son état s’est maintenu malgré la survenue de ce cancer de l’utérus à l’âge de 54 ans. A noter quelques éléments qui s’intègrent bien dans l’argumentaire de cet ouvrage: • Elle est la ‘dernière’ de trois enfants, fille unique et premier enfant pour sa maman (qui approche de la quarantaine). • Accident d’auto (en 1981, avant le début de sa maladie), apparemment sans conséquence, mais qui a entraîné la destruction totale du véhicule. C’est dire que le choc a été très violent. Un contrôle par un ostéopathe aurait alors été souhaitable. • Des évènements pénibles (décès du père, du frère aîné), le départ de son mari pendant six mois à l’étranger pour son travail et la culpabilité liée au placement de sa maman en maison médicalisée ont été à chaque fois des facteurs favorisant une poussée. En 2010, elle était toujours en Stade 1, ce qui constitue un excellent résultat, même si elle signale qu’elle est rapidement fatigable. Souvent, la difficulté est de faire admettre à ces malades (surtout des femmes) qu’il est important de ne pas s’épuiser dés que la situation paraît meilleure. Le retour de symptômes -le plus souvent sensitifs- constituent un signal d’alerte indiquant de se ménager absolument.

Cas N°39 Née en 1961 – Secrétaire – Mariée, 3 filles – Dernière de 6 enfants. Stade 2 Stade 3 – Suivi de 15 mois 2005 - Des maux de tête l’amènent à consulter. Une IRM montre la présence de taches. On conclut à une SEP. Fin 2007- Elle présente une grande fatigue et du sang dans les selles. Elle consulte et fait des examens. 2008 - La coloscopie est programmée en Février. Le jour même de la coloscopie, elle présente des troubles de la vision ( 2 e poussée). L’examen révèle la présence d’un c anc e r du côlon. Elle est hospitalisée et subit l’ablation de 40 cm de côlon (anesthésie).10 jours plus tard, elle est mise sous cortisone pour traiter sa poussée de SEP. Mars - Sa SEP s’aggrave ( 3 e poussée) et elle est à nouveau hospitalisée. On lui conseille l’Interféron. Octobre - Nouvelle poussée (la 4 e) avec atteinte de la main et du bras droits. Elle prend un traitement de cortisone durant 3 semaines et commence l’Interféron. Apparition de fatigue

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importante et de douleurs. Elle est mise sous vitamines injectables par un confrère. Elle consulte en Dé c embr e 2008

Anté c édents 3 grossesses, 3 filles : 1986 (accouchement difficile), 1988 et 1993. A chaque fois les accouchements ont été provoqués. Elle fait beaucoup de sport. Depuis 4 à 5 ans, elle suit un traitement hormonal pour ménopause précoce (troubles du sommeil, bouffées de chaleur). Anté c édents f amiliaux

Elle ne parle pas de sa mère (!), ni de son enfance, ni de ses relations en famille.

Examen e t évolution Elle a élevé seule ses filles. Les 2 plus grandes ont été ‘difficiles’ avec des alternances d’anorexie/boulimie. De ce fait, elle a connu beaucoup de nuits d’insomnie. Elle parle de culpabilité et tensions dans le couple. Elle évoque un mari souvent absent, peu compréhensif et… sans travail. (Elle aussi est sans travail). Elle ne se sent pas soutenue dans sa maladie et prend la vie au jour le jour. 2009 - Elle est très fatiguée certains soirs. Elle est réveillée de nombreuses fois par des mictions impérieuses (vessie neurogène* des SEP). Elle signale une perte de sensibilité de la main droite. Douleur d’épicondylite du coude droit jusqu’à l’avant-bras. Avril - Elle a connu des hauts et des bas. Elle se plaint toujours d’être très fatiguée et de mal dormir. Elle s’endort avec un livre mais se réveille systématiquement entre minuit et 1 h du matin. Soif la nuit. Mais elle évite de boire pour ménager sa vessie. Malgré tout, elle tient mieux les urines. En raison de douleurs aux cervicales, je lui conseille un bilan radiologique (pour rechercher d’éventuelles lésions cancéreuses secondaires). Douleurs névralgiques dans les avant-bras. Une de ses filles lui donne encore des soucis. En ce qui concerne son mari, elle s’est fait une raison. Elle ressent un sentiment d’abandon , souffre de cette relation et pense à la séparation. Du

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coup elle s’occupe plus d’elle. Juin - Son état évolue peu, avec toujours de la fatigue, des problèmes de sommeil. Elle signale la survenue de brulures à la plante des pieds la nuit. Sa situation l’inquiète. Elle se pose beaucoup de question car elle a aussi des soucis financiers. Septembre - Elle se plaint de maux de tête à type de serrement, vertiges aux mouvements, douleurs et contractures aux mains, brûlure à la plante des pieds et soif la nuit. Elle est nerveuse et déprimée. Son mari s’est éloigné d’elle et de ses filles. La dernière (16 ans) ne la supporte plus et s’emporte après elle (abandon, rejet ). Elle se pose beaucoup de questions. Novembre - Prenant ma retraite, je la vois pour la dernière fois. Elle a toujours sa fatigue, ses problèmes de sommeil et les fuites urinaires. Elle ne souffre plus de maux de tête ni de vertiges. Mais la situation reste préoccupante. Pourra t’elle trouver un travail à temps partiel ? Et s’y tenir ? Une partie de la solution est là. Une partie seulement, hélas !

Commenta ir e Faible recul pour ce cas clinique : 15 mois seulement. Mais c’est en raison de sa particularité et de la difficulté à traiter de tels cas que j’ai souhaité le voir figurer. A noter les anté c édents de c anc e r chez son père vers 80 ans. Chez e lle , le c anc e r est survenu 33 ans plus tôt que che z son pè r e ! (Par contre aucune information concernant sa mère). Elle présente d’abord une SEP à l’âge de 44 ans suivi, 3 ans plus tard, d’un cancer. Ici c’est un cancer du côlon , ce qui est rare car il s’agit souvent de cancers du sein. On voit là également toute la complexité du traitement des pathologies graves associées qui nécessitent une stratégie complexe.

Cas N°40 Née en 1934 – Mariée, 1 fille – Stade 1 Stade 1 – Suivi épisodique sur 27 ans. Recul de 50 ans.

1958 - Névrite optique bilatérale. Bilan avec ponction lombaire et traitement à la cortisone. Le diagnostic de SEP n’est pas porté mais seulement suspecté. 1976 - Nouvelle névrite optique bilatérale ( 2 e poussée ). Bilan, traitement au Synacthène® et diagnostic de SEP confirmé. 1977 - Névrite optique + troubles de l’équilibre ( 3 e poussée). Traitement au Synacthène® et antidépresseurs. 1979 - Nouvelle crise de névrite optique (la 4 e) et paresthésies* du tout le côté droit et qui s’étendent ensuite au côté gauche. Traitement au Synacthène®. En 1980 elle consulte le Dr Kousmine en Suisse qui me l’adresse ensuite. De 1981 à 1983, elle me consulte régulièrement.

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En Août 1984 elle consulte une dernière fois avant de quitter la région d’Aix en Provence pour se rapprocher de sa fille. Elle vient de faire une nouvelle poussée (au minimum la 5 e) avec névrite optique, troubles de l’équilibre et pour la première fois des troubles de la parole. Elle récupère à nouveau. 1995 - Elle signale du surmenage avec sa fille (enceinte), son gendre et les petits-enfants. Elle décide de déménager et de se rapprocher de son père. Elle consulte alors un médecin sur place qui la met sous antidépresseurs. 1996 - Elle présente toujours des difficultés pour monter les escaliers. Elle consulte un neurologue. L’IRM confirme la présence de tâches de SEP et elle est traitée à la cortisone (Solumédrol®). C’est alors qu’elle décide de revenir dans la région d’Aix en Provence. Elle revient consulter en Av r il 1997. Examen e t évolution Elle se fatigue rapidement. L’examen neurologique montre une marche étroite possible avec les bras écartés. La marche aveugle nécessite qu’on la tienne avec une main. Le nystagmus est présent, léger, à gauche. Le saut n’est pas possible. Elle décolle seulement les talons. (Stade 2) Le traitement par vitamines injectables est redonné, ainsi que de la vitamine C, des acides gras polyinsaturés, du Tanakan® 2/jr, Vastarel® 2/jr et Lévothyrox® 150µg qu’elle prend déjà. Durant l’année 1997, elle perd son père. Dans les semaines suivantes, elle fait une nouvelle poussée avec syndrome pyramidal* aux 2 membres inférieurs, mais plus marqué à droite. Elle est hospitalisée 3 jours pour des bollus de cortisone et ressort avec un traitement de Solumédrol® et Prozac®. A la suite de cela elle part, à nouveau, de la région pendant 1 an. 1999 - Elle revient consulter une fois, le 21 Septembre. Elle est de retour sur Aix en Provence pour le climat. L’examen neurologique est meilleur. Elle marche sans aide même lors de la marche étroite et de la marche aveugle. Nystagmus négatif. Lors du saut elle décolle les talons. (A 65 ans, cet exercice est souvent limité). Stade 1. En 2003, elle a perdu son mari des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Heureusement elle a bien réagi, sans décompenser sa SEP. 2008 - Elle revient consulter une dernière fois, le 23 Juillet, accompagnée de sa fille. Cela fait pratiquement 9 ans que je ne l’ai pas vue. Elle vient d’être opérée d’un c anc e r du sein gauche . On lui a retiré une tumeur de la grosseur d’un abricot (6 cm de diamètre) et 2 ganglions qui étaient négatifs. Elle me précise que, 2 ans auparavant, on lui avait découvert, dans ce sein, un kyste qui aurait dû être opéré. Elle présente des problèmes de mémoire. Mais à l’examen sa SEP n’a plus évolué. Elle est autonome, marche seule sans aide et sans appui aussi bien les yeux ouverts que fermés. Le saut n’est pas fait. Elle a 78 ans et, aussi extraordinaire que cela paraisse, elle est au Stade 1, après une SEP qui a débuté il y a 50 ans ! Conclusion Bien que le dossier ne soit pas complet, j’ai souhaité faire figurer ce cas parce que : • c’est le premier cas de SEP que j’ai eu à traiter, adressé directement par le Dr Kousmine au tout début de ma pratique. • on a un r e cu l de 50 ans depuis le début de sa maladie, ce qui est exceptionnel ! • à 78 ans la malade est toujours au Stade 1, ce qui est surprenant ! En effet, en 2008 et malgré plusieurs poussées, elle était totalement autonome. Elle présente

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actuellement des troubles de mémoire. Mais cela est fréquent chez ces malades qui cherchent un terme ou se trompent de mot. Il faut savoir que l’émotion et la fatigue favorisent ces comportements. Et puis l’âge est là ! Par contre, à 74 ans, elle présente un c anc e r du se in (gauche), complication d’un kyste qui aurait dû être opéré 2 ans auparavant (2006). Et n’oublions pas que son mari est décédé 3 ans avant l’apparition de ce kyste. Apparemment elle a fait le ‘deuil du deuil’, ce qui ne veut pas dire qu’elle a bien accusé le coup.

Cas N° 41 Née en 1947 – Commerçante - Mariée, 3 enfants Dernière de 12 enfants Stade 3  Stade 4 - Suivi de 21 ans Dés l’âge de 14 ans elle signale des douleurs dans le bas du dos ainsi que des problèmes de colite*. C’est une époque de difficultés relationnelles avec son père qui la conduit à arrêter ses études (elle les reprendra un peu plus tard). Du fait de ces douleurs dorsales, elle sera hospitalisée à 4 reprises dans différents hôpitaux jusqu’à ce que, à l’âge de 35 ans (1982), elle présente des troubles de la marche et se retrouve clouée au lit. Le bilan (scanner, IRM, ponction lombaire) confirme le diagnostic de SEP.  Elle consulte en Décembre 1988. Antécédents C’est la cadette de 12 enfants (dont 7 seulement ont survécu) ! Donc c’est elle qui a l’immunité la plus fragile de la fratrie. Elle a été opérée de l’appendice à l’âge de 7 ans (anesthésie). Nombreuses crises digestives (avec vomissement) qu’elle nomme ‘crises de foie’. Elle est mère de 3 enfants

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Antécédents familiaux

Alimentation Matin : café au lait avec pain, beurre confiture. Midi : charcuteries, viande cuite au beurre (!), légumes, fromages et gâteaux. Soir : potage avec du beurre (!), poisson (au beurre ?), riz. Elle utilise 750gr de beurre par semaine pour 5 personnes, soit plus de 20gr par jour et par personne ! Auxquels il convient d’ajouter les graisses saturées (équivalent de beurre) contenues dans les laitages, les fromages et les gâteaux 36. Examen et évolution Elle peut marcher seule mais avec raideur. La marche étroite est possible si elle est tenue avec un doigt. Le saut est impossible. Elle arrive seulement à décoller les talons si elle est tenue avec deux doigts (Stade 3). Elle repart avec les conseils alimentaires, des compléments nutritionnels, des injections intraveineuses de vitamines et des vitamines per os. 1989 - Elle revient en Mai. Elle se sent moins fatiguée, a plus d’équilibre, ne souffre pratiquement plus et étend seule son linge ! Novembre - Son état s’est encore amélioré. Elle retient mieux ses urines et, depuis 10 mois, ne prend plus de Témesta®37 Revue régulièrement tous les 6 mois, elle s’améliore lentement et travaille quotidiennement avec son mari (maison de la presse, tabac, loto).

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Ce bilan dépasse largement les 10 grammes/jour et par personne conseillés par le Dr Kousmine, surtout qu’il s’agit essentiellement de graisses provenant de beurre cuit (les plus nocives !). 37

Tranquilisant.

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Le compte-rendu de son contrôle au Centre de Rééducation Fonctionnelle précise le 11 Mars 1992 : ‘… Actuellement cette dame se dit parfaitement bien, ne souffre plus, se sent moins fatiguée et estime, qu’en dehors des perturbations de son équilibre qui n’ont pas été modifiées, elle va dans l’ensemble beaucoup mieux. Le bilan de ce jour met en évidence une conservation de toutes les amplitudes, aussi bien au niveau des membres supérieurs qu’au niveau des membres inférieurs, l’absence d’altération au niveau des fonctions supérieures et des paires crâniennes, avec notamment l’absence de nystagmus dans les regards latéraux. Elle a par ailleurs un syndrome pyramidal* qui se manifeste par une hyperéflexie 38 qui prédomine du côté gauche où l’on note un signe de Hoffmann* et un signe de Babinski*. Elle conserve une sensibilité normale tant sur le plan superficiel que sur le plan profond, et enfin elle a une bonne commande motrice parfaitement analytique à tous les niveaux, sans déficit flagrant... Elle peut marcher sur la pointe des pieds et sur les talons avec une petite aide...’ En Octobre 1992 elle s’est encore améliorée et elle peut maintenant fléchir les jambes en se tenant avec les deux mains au rebord d’une table. Mars 1993 - Le compte-rendu du Centre de Rééducation conclut : ‘… Au total, donc, un bilan qui apparaît stable par rapport à celui de l’an dernier et qui justifie une prise en charge de rééducation que nous calquerons sur celle de l’an dernier puisque cette patiente en est particulièrement satisfaite.’ Son état se maintient de la sorte au fil des ans, ponctué par les examens réguliers au Centre de Rééducation Fonctionnelle. Les comptes-rendus confirment l’absence de toute poussée depuis sa première consultation de Décembre1988. En Février 2001 un courrier du Centre précise : ‘Madame X est revenue aujourd’hui en consultation. Je l’avais vue il y a un peu plus d’un an. J’ai donc pu faire un bilan comparatif. Contrairement aux affirmations de Mme X, qui estime que son état s’est un peu dégradé, je n’ai trouvé aucun signe d’aggravation de la maladie neurologique. Le testing des membres inférieurs retrouve une force qui est absolument semblable à celle que j’avais notée en 1999… Madame X n’a aucun déficit au niveau des membres supérieurs… Enfin il existe une hypertonie de type spastique39 qui reste modérée, mais qui est probablement la raison de la difficulté à la marche... Sur le plan fonctionnel, la marche est bien sûr toujours très facilitée par une petite aide. Mme X se plaint de chutes fréquentes et elle a d’ailleurs quelques ecchymoses au niveau des membres inférieurs….’ Effectivement elle se surmène beaucoup au point qu’il lui faut maintenant une canne pour se déplacer (Stade 3). 2002 - Elle travaille toujours avec son mari et assure des horaires complets mais elle a tellement ‘tiré  sur  la  corde’ comme elle dit qu’elle a besoin de deux cannes (Stade 4). 2005 - Elle prend enfin sa retraite ! Bien que très surmenée les mois précédents et malgré des mictions involontaires, son état se maintient. Mais elle ne peut se déplacer sans ses deux cannes. 2006 - Elle avoue qu’elle a eu du mal à réaliser qu’elle était en retraite car elle avait peur de retomber malade. 38

Exagération des réflexes Augmentation de la tension musculaire accompagnée de contractures ce qui entraine, ici ,une raideur de ses jambes. 39

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Revue régulièrement jusqu’en Mars 2009, son état reste stable (Stade 4). Commentaire Dernière de 12 enfants (!) avec une immunité certainement fragile, d’autant que 5 de ses frères et sœurs n’ont pas survécus. C’est une consommatrice de beurre et graisses saturées (charcuterie, fromages, pâtisseries…) qui s’est stabilisée et même améliorée après la modification de ses habitudes alimentaires. Elle a commencé à souffrir dès l’âge de 14 ans du bas du dos (début de sa SEP ?). En 2009, après 27 ans de maladie, elle s’estimait heureuse d’avoir pu continuer son travail et terminer sa vie encore autonome… malgré ses deux cannes.

Cas N°42 Né en 1946 – Dirigeant d’entreprise – Marié, 1 fille – Stade 2 à 3 Stade 3 – Suivi de 16 ans

C’est un très gros rouleur de son métier qui présente, en 1988, des paresthésies* dans les 2 jambes. Il passe des examens à l’hôpital de Castre et ressort, après un traitement à la cortisone, avec le diagnostic de SEP. 6 mois après il reprend ses trajets sur la route. 1990 - (2 ans après sa 1ere crise) il présente une 2e poussée et prend à nouveau de la cortisone. Juin 1992 - 3e poussée et nouveau traitement à la cortisone. Il vient consulter en Novembr e 1992

Anté c édents Il a eu une opération de ménisque au genou droit (anesthésie) et un arrachement ligamentaire au genou gauche ! Anté c édents f amiliaux C’est l’aîné et seul garçon. Il a deux sœurs (1948 et 1950). C’est un ‘fils unique’. En 2004 seulement, il va se livrer et me confier ses rancœurs envers sa famille et son sentiment d’avoir été mis à l’écart. Son père a été 5 ans prisonnier de guerre et il est né 9 mois après son retour ! Ses parents étaient mariés depuis 10 ans. Mais, quand ses sœurs sont nées, il a été mis de côté (rejet, abandon ). Et c’est son grand-père (qui n’avait eu que des filles) qui s’est occupé de lui. Il a toujours eu des relations difficiles avec son père car seules ses sœurs étaient acceptées ! ( dévalorisation )

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Alimenta tion Ses parents tenaient un restaurant. Matin : Lait ½ écrémé ou lait de soja, biscottes au son, yaourt, pruneaux 10h : Fruits Midi : Potage, légumes, viande/poisson++, fromages+++/yaourt. 16h : Fruits Soir : idem au midi mais sans viande le plus souvent. Son épouse cuit à la cocotte-minute et avec du beurre allégé (!). Par contre il consomme des huiles de 1ere pression à froid .

Examen e t évolution C’est un sportif, assez casse-cou (idem cas N°34), qui pratique le vélo de façon intensive (10.000 kms/an). Il faudra constamment le discipliner car il se testait en permanence comme s’il voulait se prouver qu’il était toujours en forme ! Hélas, comme on va le voir, cela finira par lui jouer un vilain tour. A l’examen neurologique la marche aveugle nécessite de le tenir avec une main. Nystagmus bilatéral très léger. Le saut est incomplet (50%). Stade 3. 1993 - Il est bien s’il ne se surmène pas et marche mieux, de façon plus stable. Les difficultés pour tenir les urines sont augmentées à vélo. En vacances, il a monté des cols à vélo et s’est épuisé. Il revient plus fatigué qu’avant son départ. A l’examen, la marche se fait sans aide. (Stade 2). 1994 - Il fait 4h de vélo sans problème ! En Août, après une longue marche en montagne, il présente un épisode de fièvre et diarrhée. La sanction ne se fait pas attendre : jambes bloquées 24h.

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Le lendemain tout est rentré dans l’ordre. Je le mets en garde et il s’assagit… quelques temps. 1995 - Soucis avec son entreprise. Son caractère s’en ressent jusqu’à ce qu’il a accepte de se faire aider en sophrologie. Mais, il se défoule toujours sur le vélo et s’épuise ! Ses problèmes de vessie compliquent la situation car il ne peut pas s’arrêter aussi souvent qu’il le voudrait. En Août, il fait une nouvelle poussée (la 4 e). La marche étroite n’est possible qu’en le tenant avec un doigt et la marche aveugle avec une main. Il s’est aggravé (Stade 3). Nouvelle opération sur le genou droit (anesthésie) qui va favoriser une certaine faiblesse de la jambe droite. 1996 - Il s’est un peu assagi. Il a réduit le vélo, fait de la relaxation et se sent mieux. A l’examen il marche maintenant sans aide (Stade 2). 1997 - Décès de sa mère. Il se surmène à nouveau et fait des sorties de 70 kms à vélo. Son sommeil s’en trouve perturbé avec des mictions fréquentes la nuit. Le manque de sommeil entraine de la fatigue et une plus grande irritabilité. La marche aveugle est ébrieuse, mais il se déplace seul, sans aide (Stade 2). 1998 - La marche est limitée à 4 kms. Il doit s’arrêter après 80 kms à vélo. Il se fatigue plus vite qu’à l’habitude. Sa vessie le gène. Une échographie a montré un résidu conséquent (100 à 150 cc). Il a la crainte obsessionnelle de ne pouvoir tenir ses urines. Il est mis sous Xatral® et Tadénan®. Malgré ce, son examen neurologique reste stable. 
1 999 - Le bilan de prostate est identique. Mais il a dû arrêter son traitement de Xatral® et Tadénan® en raison d’effets secondaires gênants (sueurs+++ qui l’épuisaient). 2000 - Il a décidé de se séparer de son entreprise. Opération d’un kyste au périnée, provoqué par la selle du vélo (anesthésie). Il n’a pas pu arrêter le travail et se retrouve fatigué. 2001 - Soulagement ! Il a vendu son entreprise. Il est en semi retraite et la Sécurité Sociale l’a mis en invalidité. Il a demandé à rester en ‘Catégorie 1’. Baisse de vision de l’œil droit et port de lunettes. 2002 - Son moral n’est pas bon. Il se sent découragé par moment, s’emporte. La marche est plus difficile car il ressent de la raideur dans les jambes. Nouvel abcès au périnée. Malgré ce, il continue le vélo ! Il revoit le neurologue qui l’avait suivi en 1992. Son courrier du 26 Septembre précise « Son état était relativement stationnaire avec la notion d’une petite poussée en 95 ayant nécessité une corticothérapie per os. Mr X gardait essentiellement quelques troubles sensitifs, avec une fatigabilité des membres inférieurs aux efforts, mais restait capable à son rythme de faire 1 à 2 km, avec également des mictions impérieuses. Depuis 8 jours, il présente une majoration de son handicap avec des difficultés plus importantes puisque son périmètre de marche est actuellement aux alentours de 100m avec une fatigabilité plus importante et une faiblesse touchant essentiellement le membre inférieur droit….» Il est mis sous cortisone et passe une IRM le 11 Octobre. Le radiologue mentionne la présence d’une lésion ‘active’ au niveau crânien et d’autres localisations ‘non actives’ sur la moelle épinière au niveau cervical (C2 et C4) et dorsal (D7, D9, D10). Le 14 Octobre son neurologue conclut à « une affection démyélinisante certes peu évolutive mais avec tout de même un handicap significatif, et la mise en évidence d’hyper signaux multiples… en association avec la clinique, justifie à mon avis de lui proposer un traitement par Interféron. … Par ailleurs il me fait part de la persistance de troubles urinaires avec des mictions impérieuses, l’obligeant parfois à se lever 8 à 10 fois la nuit. Je lui propose donc d’essayer de prendre du Ditropan®…» Re-contrôlé le 19 Novembre, la situation a bien évolué :

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« … Il a bien récupéré de sa dernière poussée évolutive, puisque l’examen neurologique permet de retrouver une force musculaire correcte notamment au niveau des membres inférieurs bien qu’il existe encore une fatigabilité, notamment du côté droit, avec possibilité de réaliser 30 flexions avec cependant quelques difficultés…On retrouve une démarche ataxo-pyramidale*. Il garde actuellement un périmètre de marche aux alentours de 500 mètres. … » Il est mis sous Bêtaféron®. 2003 - Chute dans les escaliers avec ses nouvelles lunettes à double foyer. Rupture de ligament au pouce gauche et opération (anesthésie). Il présente une élévation des transaminases. Le bilan d’hépatite est négatif. On suspecte le Bêtaféron®. Août - Accident en vélo tandis qu’il grimpait un col. Fatigué, il a mal contrôlé sa trajectoire et chuté dans le caniveau en voyant arriver une voiture en face. Résultat : fracture du fémur gauche. Opération pour pose d’une plaque (anesthésie). Surviennent 2 infections urinaires et, bien sûr, un périmètre de marche qui retombe à 100 mètres. 2004 - Le Bêtaféron est arrêté car il est mal supporté (élévation permanente des transaminases). C’est là que, pour la première fois, il me parle de son enfance, de ses relations difficiles avec son père et de sa mise à l’écart (voir ci-dessus les Antécédents). 2005 - Boiterie à la marche (Stade 3). Sa vessie lui pose toujours des problèmes. Il doit se sonder et présente des infections urinaires répétitives. 2006 - Nouvelle chute à vélo. Il garde des douleurs de dos et une sciatalgie* gauche. De 2007 à fin 2008 - Il n’a plus de force pour faire du vélo et c’est une déception. Il faut le tenir avec un doigt à la marche étroite et avec une main lors de la marche aveugle. Il tangue et tient péniblement 20 secondes à l’épreuve du Romberg au lieu d’une minute habituellement (Stade 3). Contraint forcé il a renoncé au vélo et pour lui c’est mauvais signe. Commenta i r es Malade qui ne s’est pas ménagé, un peu comme s’il se testait en permanence. En 2004 il évoque enfin ce ‘rejet ’ de son père, toujours aussi douloureux. On peut comprendre que les challenges qu’il s’impose soit une façon de chercher à être reconnu. Un moyen de se prouver à luimême - à défaut de le prouver à son père - ce dont il est capable. Etre reconnu à sa juste valeur ! Ce faisant il s’épuise. Car, malgré la sophrologie, la relaxation et le soutien de sa femme pour le discipliner, sa ‘blessure’ reste béante. Une situation inextricable, véritable spirale infernale qui, sans une psychothérapie, ne pouvait que le conduire à l’aggravation.

Cas N° 44 Née en 1949 - Femme au foyer – Mariée sans enfant – Fille unique et dernière de 3 enfants (2 frères) Stade 2-3  Stade 5. Suivi de 16 ans. 1979 (à 30 ans) - Survenue de fourmillements dans les jambes avec troubles de la sensibilité, de l’équilibre et même une paralysie. Elle consulte un neurologue qui l’hospitalise. Le bilan avec ponction lombaire conclut à une SEP. Mise sous cortisone elle récupère, surtout au niveau de la jambe droite.

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Puis, tous les 2 à 3 ans, elle fait une poussée. La dernière date de 1991 où elle est traitée par un confrère selon la ‘méthode Kousmine’. Elle ne fait plus de poussée mais son état continue à se dégrader (début de forme progressive ?). Elle marche seule 100 mètres au maximum.  EIle consulte la première fois en Octobre 1993. Antécédents Mariée en 1971. Pas d’enfant. Sa maladie débute en 1979. Elle a eu la pose de plusieurs amalgames dentaires il y a 2 à 3 ans. Antécédents familiaux Son père a eu 2 infarctus du myocarde successifs. Il décèdera en 2001 de cancer de la prostate. Sa mère présente, à 79 ans, une hémiplégie sur cancer généralisé. Aucune information sur ses 2 frères en dehors du fait que le 1er est décédé à la naissance (avant terme).

Alimentation De type Kousmine depuis 1991. Mais elle consomme toujours beaucoup de crème fraîche (cuite ?). Examen et évolution Traine la jambe gauche. (Limite du Stade 3) Traitement : Capsules d’oméga 3. Complexe de vitamines en intraveineuse et en comprimé. 1994 - Elle traîne toujours la jambe gauche. Mais elle se sent plus en forme. En Juin, nouvel épisode de fatigue. Elle reçoit 3 perfusions de Solumédrol® 1995 - Son mari a beaucoup de responsabilités professionnelles. Elle vit mal cette situation. Nouveau traitement à la cortisone. Septembre, elle marche avec une canne.(Stade 3)

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De fin 1995 à 2000 la situation reste inchangée. 2001 - En Avril survient le décès de son père (2 infarctus successifs. Son périmètre de marche, avec la canne, se limite à 100 mètres. En Octobre, sa mère (79 ans) est hospitalisée pour cancer généralisé. Elle est très fatiguée et toujours anxieuse pour le travail à responsabilité de son mari. 2002 - En Juin décès de sa mère. Elle marche de moins en moins facilement, traine la jambe et fatigue vite. Mais surtout elle intériorise tout. Jusqu’en 2004 son état reste inchangé. Un Immunobilan (Dr Geffard) montre toutefois de grosses perturbations. En Juin 2004 elle ne sort plus de la maison et a acheté un fauteuil pour ses déplacements hors de chez elle. Elle marche encore 100 mètres au maximum, mais ses jambes sont raides. Elle ressent de la fatigue sans raison particulière. 2005 - Elle traîne les pieds en marchant. Désormais, elle a besoin d’une tierce personne avec elle. L’Immunobilan (Dr Geffard) reste très perturbé. Toutefois, après une cure à Lamalou les Bains, elle se sent plus autonome. 2006 - Elle profite d’une absence de son mari, retenu auprès de la voiture, pour demander à être reçue seule et, enfin, se confie. Elle exprime sa frustration : elle n’a pas eu d’enfant car son mari n’en voulait pas (dévalorisation). 2007 - Chute et fracture du péroné cet hiver. Elle a bien récupéré mais marche encore plus difficilement. Problèmes d’infection urinaire. Entorse récente de la cheville droite. Par la suite s’installent une raideur et des impatiences dans les deux jambes. (Stade 4) 2008 - Les muscles de la jambe gauche s’atrophient. Suite à des difficultés pour étendre la jambe droite et des douleurs nocturnes, elle ne peut dormir qu’en position assise. Elle marche maintenant avec 2 cannes. Les chutes sont plus fréquentes et elle n’arrive plus à se relever seule. (Stade 5) 2009 - Elle continue hélas de s’aggraver. Le bilan du neurologue conclut à une ‘atrophie médullaire et cortico sous corticale avec présence de trous noirs’40. La survenue de blocage de la vessie l’oblige à des sondages quotidiens. Commentaire Personne introvertie et très secrète qui a toujours (sauf en Juillet 2006) consulté en présence de son mari, lequel a une très, très forte personnalité. Son état s’est dégradé en 2004, à distance des dates de la perte de son père (2001) et de sa mère (2002), donc apparemment sans lien de cause à effet. Elle ne se confiera qu’une fois, en 2006, et parce que les circonstances le permettent. L’absence de grossesse est la frustration la plus importante chez elle. Mais elle n’a exprimée que celle-là. Que retient elle ? Qu’a t’elle, encore, de refoulé ? Et depuis quand ? En 2006 la maladie est déjà trop avancée et elle semble se résigner. Comme s’il lui était impossible de tout dire et, surtout, d’arrêter le cours de la maladie. -------

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Destruction du tissu nerveux au niveau de la moelle épinière et dans la région du cerveau voisine du cortex*, avec présence d’images comme des trous noirs.

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On constate ici que, pour permettre d’accéder aux ‘racines’ des maladies, il est important de recevoir les patients sans la présence d’un tiers (qu’il s’agisse du mari, du compagnon ou même d’un des parents). C’est à cette seule condition que le malade peut vraiment se livrer. A la première consultation, il est possible - et souhaitable - de faire une exception. Ainsi on pourra cerner le caractère et le comportement du conjoint, appréhender les tensions au sein du couple, évaluer les résistances éventuelles au changement de vie nécessaire pour retrouver la santé.

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Cas N°45 Née en 1946 – Mariée, 3 enfants – Dernière de famille Stade 3 Stade 2, puis aggravation Stade 5 – Suivi de 21ans ½

Sa maladie a débuté en 1986, au retour d’un séjour de 3 ans dans les Emirats Arabes où elle était allée retrouver son ex-mari Son histoire est digne d’un roman de Zola. Elle se confiera en Mai 2005 seulement. «… Je suis la troisième enfant. J’ai une sœur et un frère plus âgés. Je me suis toujours sentie le petit canard boiteux de la famille et je n’ai fait que des bêtises pour me faire accepter par les grands. Mon grand-père ne voyait que par ma sœur et, mon frère et moi, nous n’étions rien. Je suis devenue méchante et renfermée sur moi-même. Je n’ai rien fait à l’école, si ce n’est l’école buissonnière et, à 14 ans, je me suis carrément sauvée de l’école. Mon père m’a tout de suite envoyé travailler. Cela m’a plu et j’ai commencé à être plus sûre de moi et ne plus avoir peur des personnes plus instruites que moi. Les années ont passé. J’ai rencontré mon mari et nous nous sommes mariés rapidement car je voulais partir de la maison par rapport au restant de la famille, frère et sœur. Nous sommes partis tous les deux en Espagne. Mais, au décès de ma grand-mère, mon grand-père qui ne m’aimait pas quand j’étais enfant, qui me tapait et m’a causé bien des misères parce que je lui tenais tête et je lui répondais, ce grand-père est venu vivre avec nous. Heureusement mon mari s’entendait bien avec lui. Nous avons ainsi vécu 6 mois tous ensemble. Entre temps ma fille est née et mon grand-père a alors vraiment assumé son rôle d’arrière grand-père. Trois années se sont écoulées. Le contrat de travail de mon mari étant arrivé à terme, nous sommes rentrés en France. Nous avons alors déménagé de ville en ville pour le travail. En Mai 1968, suite aux évènements, mon mari a passé un concours pour rentrer dans la police car nous avions 3 enfants et recherchions la sécurité de l’emploi. Mon mari a été muté dans la banlieue parisienne et nous nous sommes installés dans un appartement au 4e étage d’un immeuble sans ascenseur. Avec 3 enfants c’était la galère et, au fil des années, les enfants grandissant, l’appartement devenait une prison pour petits et grands. En 1971, j’ai fait une grossesse extra-utérine et subi plusieurs opérations qui m’ont fatiguée. En 1972 j’ai fait une dépression nerveuse qui n’a pas été soignée correctement. En 1973, mon mari a demandé une mise en disponibilité d’un an pour pouvoir s ‘éloigner de Paris, car il ne pouvait prétendre à une mutation. Nous avons galéré un an et nous sommes revenus sur Paris. En 1975 j’ai passé mon permis de conduire et, au mois de mars, je suis retournée en Haute-Marne pour prendre la gérance d’un bar-restaurant dans un petit village. J’étais près de mes parents qui m’ont aidée dans mon travail. Mon mari avait changé d’emploi. Il était camionneur et livrait dans le Moyen-Orient. Il rentrait toutes les 3 semaines. Il y a eu des hauts et des bas. J’étais souvent seule avec les 3 enfants, le travail et surtout la maladie de ma mère. Elle est tombée malade en 1976 et, chaque mercredi, je faisais la route de Joinville à Dijon pour l’accompagner à l’hôpital faire des transfusions sanguines. Elle avait la maladie de Khaler. J’ai vu ma mère dans un fauteuil roulant jusqu’en 1981. En Septembre 1979, j’ai été opérée de la thyroïde suite à un goitre. Je suis restée 2 mois sans pouvoir retravailler et, par la suite, j’étais très souvent fatiguée et n’arrivais pas à remonter la pente malgré les traitements. Entre-temps mon mari est parti travailler en Arabie Saoudite, avec retour tous les 3 à 4 mois. C’était la galère avec les enfants qui avaient grandi. Je me suis débrouillée comme j’ai pu, jusqu’au jour où j’ai rencontré une autre personne. J’en ai parlé à mon mari et nous avons divorcé.

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Je suis partie vivre avec cet homme qui n’a pas accepté les enfants. J’ai vu son vrai visage seulement alors. Il était méchant, personnel, égoïste. Il avait déjà eu deux femmes auparavant avec lesquelles cela s’était très mal passé. Mais je ne l’ai découvert qu’après. Une fois j’ai eu très peur. Le père des enfants (mon ex mari) était venu en vacances dans la région. Ce soir là je me suis retrouvée une partie de la nuit avec le canon d’un fusil pointé sur ma tête et des dents en moins. Entre-temps ma mère est décédée et j’ai été très choquée car j’étais proche de ma mère. A cette époque également, cet homme a fait partir mes deux garçons dont j’avais obtenu la garde. Je me suis donc retrouvée seule et j’ai décidé de ne plus me battre. J’avais toujours peur. Heureusement pour moi, j’avais toujours gardé des contacts avec mon ex belle-mère. J’allais la voir de temps en temps et c’est ainsi que j’ai revu mon ex mari. Il m’a trouvé dans un triste état et m’a proposé de revenir vivre avec lui. Il venait d’être muté aux Emirats Arabes Unis. Je n’ai pas hésité d’autant que mon ex belle-mère me proposait de garder les enfants. J’ai donc demandé le divorce, ce qui a pris quatre mois, et en Août 1984 je suis partie à Abou Dhabi retrouver le père de mes enfants. Quatre jours seulement après mon arrivée, mon père est décédé. Je n’ai pas pu assister aux obsèques car mon passeport était détenu au Service de l’Immigration. J’ai été triste pendant plusieurs mois. Mais nous avons passé trois années merveilleuses. Je rentrais tous les 3 mois en France pour voir les enfants et notre fille est même venue nous rejoindre pour travailler sur place.
 Nous sommes revenus en France en Novembre 1986. Suite aux évènements survenus entre l’Iran, l’Arabie Saoudite et les Emirats, nous n ‘étions plus en sécurité. Nous avons repris un petit appartement avec les enfants et c’est là que j’ai commencé à ressentir les premiers symptômes de la maladie. J’ai consulté plusieurs médecins qui ne trouvaient rien. Je me suis alors fâchée et on m’a envoyée passer un scanner à l’hôpital de Carcassonne où l’on m’a découvert la Sclérose en plaques. Très vite je me suis dégradée… ». 1986 - Elle présente des troubles de la marche avec steppage du pied et récurvatum du genou à gauche. 1988 - En Août, elle fait une nouvelle poussée (la 2 e) avec, cette fois, paralysie du côté gauche. Elle est hospitalisée et reçoit 5 jours de cortisone. A la sortie elle rechute ( 3 e poussée) et se retrouve sous Tégrétol®. Elle vient consulter en Novembr e 1988.

Anté c édents 3 enfants : 1961 (fille), 1962 (garçon), 1963 (garçon). 1971 - grossesse extra-utérine. 1979 - Opération de la thyroïde (goitre hypersécrétant). Constipation chronique depuis plus de 20 ans. Anté c édents f amiliaux Lourd hé r itage de maladies dégéné r a tives dans la f amille . F a iblesse immunita ir e c e r ta ine che z la ma lade :

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Du côté de sa mère, 4 enfants : 1 hémiplégie et 3 cancers soit 2 Oncles avec C anc e r du Poumon (1 seul encore en vie) et 1 Tante avec H émipl égie . Père et mère atteints de cancer. Sa mère est malade à 59 ans. Elle à 41 ans (soit 18 ans plus tôt). A la génération suivante, elle développe une SEP.

Examen e t évolution Elle a une douleur de jambe droite qui fait craindre une périphlébite. La marche est possible, seule, en écartant les bras pour se stabiliser. La marche étroite nécessite de la tenir avec un doigt. Pour la marche aveugle, il faut la tenir à 2 mains et sa jambe droite se dérobe par moment. Le Romberg est limité à 25 secondes (au lieu des 60 recherchées) et elle tangue beaucoup. Babinski positif des 2 côtés. (Stade 3) Elle repart avec les conseils alimentaires, les compléments vitaminiques et nutritionnels, un traitement homéopathique pour sa possible périphlébite et des examens circulatoires à faire pratiquer (qui se révèleront négatifs). 1989 - Elle a fait une chute en Janvier suite au dérobement de la jambe gauche. Les examens effectués montrent un tassement de 2 vertèbres, et une fêlure probable d’une 3e sur un terrain d’ostéoporose. Par la suite elle se sent mieux au niveau SEP et reprend son auto. 1990 - L’amélioration se poursuit. Elle fait son ménage sans fatigue, ses courses seule puisqu’elle conduit sa voiture. Elle a même pu danser à nouveau. Autre bonne nouvelle : elle a arrêté le tabac mais compense avec la nourriture. Le résultat c’est, hélas, 10kg en plus. L’examen neurologique est inchangé (Stade 3). 1991 - 1992 - L’amélioration se poursuit. Elle marche 4km par jour, régulièrement. 1993 - Séjour au Pays de Galles pour aller voir sa fille. Elle a continué les promenades (3 à 4 km/jr). Elle a remarqué que tout écart alimentaire s’accompagne de douleurs abdominales gauches. L’examen du côlon est normal et la constipation s’est améliorée (Effet positif du

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nettoyage du côlon avant sa coloscopie ?) (anesthésie) Pour la 1ere fois, elle marche seule, les yeux ouverts comme fermés. Elle reste un peu ébrieuse lors de la marche aveugle. (Stade 2) Son mari a fait une chute. Il doit être opéré d’hernie discale et porte une minerve pour immobiliser ses cervicales. 1994 - Année difficile. Son mari a fait 5 mois de soins. Elle s’est surmenée et a pris du poids suite aux soucis : • Sa fille, le gendre et les petits enfants sont venus plusieurs semaines chez eux. • Il y a eu une naissance chez son 2 e fils et elle a fait beaucoup de déplacements. Juin. Elle vient consulter en catastrophe après sa cure à Collioure. Son 2 e fils a tenté de se suicider. Elle se culpabilise. Elle a peur pour ce fils et envisage le pire. Elle est très irritable et particulièrement envers son mari. Son état s’est dégradé. Elle doit être tenu avec un doigt lors de la marche étroite et marche aveugle. (Retour au Stade 3) Avant Noël, elle présente des douleurs et reçoit un traitement de cortisone pendant 6 jours, puis du Synacthène®. En fait, suite à une forte angine, elle a pris un traitement d’antibiotiques puissants. Après les problèmes vécus durant l’année et le surmenage, son système immunitaire a lâché. Elle fait une nouvelle poussée (la 4 e ). 1995 - - Mise au repos, elle récupère assez rapidement mais boite de la jambe gauche. 1996 à 1999 - Durant cette période, elle se remarie avec le père de ses enfants. Sa fille se sépare de son mari, son 2 e fils est toujours très fragile psychologiquement, sa belle-mère décède. Sa SEP n’évolue pas (Stade 3). 2000 - Suite à une chute en Janvier, elle se fracture le col du fémur gauche. Après l’opération (anesthésie) elle présente des douleurs avec le clou plaque dans le fémur. Les anti-inflammatoires sont mal supportés et il est question de réintervenir pour enlever la plaque. Elle déclenche une crise de tétanie ! 2002 - Après une absence de 2 ans, elle revient en Octobre. Elle a été suivie par un collègue du Sud-Ouest mais veut me revoir. Elle a bien recalcifié sa jambe opérée mais marche mal. Elle boite toujours légèrement de la jambe gauche. La marche à reculons est difficile, avec une tendance à chuter en arrière. La marche étroite et la marche aveugle sont possibles si on la tient avec 1 main. L’épreuve du talon-genou est normale à droite mais limitée à 20 cm avec la jambe gauche. (Stade 3). Son moral n’est pas bon avec sentiments de désespoir et pleurs. Dès qu’il y a dispute, elle se sent ‘ détruite’. 2004 - Après une nouvelle absence de 2 ans, elle revient en Septembre. En début de mois, elle a fait une chute en se levant la nuit dans le noir et souffre des côtes. Depuis 2 à 3 mois elle marche difficilement et ne peut plus se lever seule. L’IRM pratiquée ne montre pas d’aggravation de son état. Mais à l’examen elle s’est aggravée. Elle est trop fatiguée pour faire l’examen et elle se plaint des vertiges. Le Romberg se limite à 15 secondes. L’épreuve du talon-genou est incomplète avec le pied droit (4/5e ) et quasi impossible à gauche. (Stade 3 fort, limite Stade 4) 2005 - Pertes d’équilibre accentuées par le fait qu’elle traine de plus en plus sa jambe gauche. Maladresse des mains. Elle est très sensible aux émotions. En Septembre, la marche n’est possible qu’en la tenant avec 2 mains. (Stade 4 ?). En fin d’année elle récupère et peut à nouveau marcher seule en avant et tenue avec 1 doigt en arrière. La marche étroite est possible en la tenant avec 1 doigt en avant et 1 main en arrière. La marche aveugle nécessite qu’on la tienne à 2 mains et elle s’épuise vite. (Stade 3)

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2006 - Elle se dégrade et marche avec le déambulateur. Tensions avec le mari. Elle se renferme sur elle même ‘ pour avoir la paix’ . Selon elle son mari accepte mal de vieillir. Elle n’aime pas où elle vit et se trouve trop isolée. Le fils aîné souhaite qu’ils se rapprochent de lui. Mais elle se demande comment va réagir la belle-fille ? Elle marche tenue avec 1 main (marche avant et à reculons) et avec 2 mains lors de la marche étroite et marche aveugle. (Stade 4)

2007 - Elle se dit mieux mais toujours en soucis pour ses enfants. Hélas en Juin survient un drame : son fils cadet se suicide ! A partir de là, elle présente des problèmes de mémoire (oublie ce qu’on lui a dit, où elle a mis ses affaires) et des mouvements involontaires du bras gauche. A l’examen, la marche nécessite qu’on la tienne avec 1 main (marche avant, arrière et marche étroite). Lors de la marche aveugle, il faut la tenir à 2 mains. Son état se dégrade. (Limite Stade 4) 2008 - La situation empire encore. Baisse de mémoire, mouvements involontaires du bras gauche, fatigue, difficultés à la marche et douleurs avec son clou dans le fémur. A l’examen il faut la tenir avec les 2 mains pour qu’elle se déplace et elle s’épuise vite (Stade 4) 2009 - Je la revois une dernière fois en Mai. La situation se dégrade lentement. Désormais, elle prend le fauteuil pour se déplacer. (Stade 5) Commenta i r e Situation en dents de scie avec une amélioration en Stade 2 (1993) puis un retour en Stade 3 jusqu’en 2007 et dégradation ensuite. Le suicide du fils cadet est le coup de massue qui la précipite vers le fauteuil. Son mari, lui, accuse le coup…à sa façon : il débute une maladie de Parkinson qui l’handicape à son tour. En 2012, j’apprends qu’ils se sont rapprochés de la belle-fille et des petits enfants, mais qu’ils sont tous deux encore plus handicapés.

Cas N° 46 Née en 1966 - Mariée, sans enfant - Profession libérale (exercée dans la société familiale) Stade 2 Stade 3 – Suivi de 17 ans

Contrairement à bien des cas, la confirmation de la maladie chez cette jeune patiente s’est faite très rapidement. Janvier 1995, apparition de douleurs et de paresthésies* du côté droit de l’abdomen. Elle pense à une colite* ( 1ere poussée). Le mois suivant (Février), elle présente une perte de force dans la jambe gauche et des troubles de l’équilibre avec tendance à la chute. Les jours suivants elle marche avec de plus en plus de difficultés, puis les paresthésies touchent la main gauche au point qu’elle ne peut plus tenir sa cigarette. Enfin apparaît des douleurs et des démangeaisons au niveau de l’avant-bras gauche ( 2e poussée). Elle consulte un neurologue qui suspecte immédiatement une SEP, la met en arrêt de travail et sous cortisone. En Avril elle fait un bilan et passe sa première IRM. On lui découvre une image au

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niveau de C6-C7, signe d’une atteinte médullaire, et deux lésions cérébrales. C’est une SEP.

Elle vient consulter en Juille t 1995. Elle est accompagnée de son compagnon, fils de médecin, qui deviendra son mari.

Anté c édents Opération à l’âge de 4 ans (1970) pour strabisme divergent de l’œil droit (anesthésie). Plusieurs accidents dès l’âge de 16 ans (1982) avec coup du lapin*. Elle n’en parlera qu’en Octobre 2010 !!! Scoliose Règles douloureuses. 1993 et 1994 - Consommation de produits illicites. Pendant 10 ans elle a aussi fumé du ‘haschich’ tous les soirs ! Tabagisme à 20 cigarettes/ jour. Anté c édents f amiliaux

Elle est la dernière de 2 enfants et ‘fille unique’. Son frère est porteur d’un souffle cardiaque après un Rhumatisme Articulaire Aigu. Son Père est décédé de c anc e r à l’estomac à 47 ans ! Sa mère (55 ans) a eu un c anc e r du sein il y a un an !

Alimenta tion Matin : Thé ou café au lait, biscuits secs ( margarines ). Midi : Salade, pâtes. Soir : Pâtes, viande. Peu de légumes verts, peu de fruits ! Examen e t évolution Douleurs piquantes à l’avant-bras gauche quand elle est couchée, surtout par temps de pluie et si elle s’énerve. Fatigue lors de l’ovulation. L’examen neurologique est normal à l’exception de la marche aveugle pour laquelle elle

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doit être tenue avec un doigt. (Stade 2). Revue en Octobre, elle souffre déjà moins du bras gauche. L’examen neurologique est strictement normal. La marche aveugle est possible sans aucune aide (Stade 1). 1996 – 2000. La situation reste stable. Octobre 2000 - Son chien, âgé et pesant tout de même 30 kg, se paralyse (!). Elle se fatigue beaucoup à le porter, mais ne peut se résoudre à s’en séparer. (L’animal décèdera au début de 2002). Elle traverse alors une période de douleurs au cou et a peur d’une rechute. L’examen neurologique est inchangé. 2003 - Elle relâche sa surveillance alimentaire et se retrouve avec de la fatigue, des fourmillements et démangeaisons au bras gauche… Lors de la marche aveugle elle est un peu hésitante mais se déplace seule et sans aide. L’extraction d’une dent de sagesse à la mi-Novembre est suivie de paresthésies de toute la moitié gauche du visage et d’un gonflement de la joue. Elle garde des douleurs durant 4 semaines. Durant les Fêtes de fin d’année, elle part à Barcelone où elle ne se ménage pas (7 heures de marche le 27 Décembre). Elle s’est épuisée. 2004 - Début Janvier, elle présente à nouveau des fourmillements au pied gauche puis de la fatigue depuis le genou dans la jambe gauche. Puis la jambe droite est touchée et ensuite l’abdomen jusque sous le sein gauche (3e poussée). Avec l’arrivée des règles, les troubles sensitifs augmentent encore. La marche aveugle est hésitante et un peu ébrieuse. Le reste de l’examen neurologique est normal. Elle refuse le traitement à la cortisone et accepte de revenir en contrôle le mois suivant. Février, elle a récupéré au niveau des jambes mais garde encore des troubles de la sensibilité à la plante des pieds et au bout des doigts. En dehors de cela, l’examen neurologique est redevenu normal. Avril, un matin au réveil, elle présente une perte de vision centrale (scotome*) de l’œil droit. Le bilan ophtalmologique confirme une ‘ névrite optique rétrobulbaire droite’ qui signe une 4e poussée. Elle a remarqué que sa langue devient très ‘chargée, sale’ à chaque fois qu’elle s’aggrave ! Elle m’avoue des soucis de travail. (Elle travaille en famille et les relations avec son frère ne sont pas toujours faciles). Cette fois encore, elle refuse de prendre de la cortisone et récupère. 2005 - En Septembre, elle présente à nouveau un scotome* de l’œil droit, des nausées, de la fatigue au travail sur l’ordinateur et à la lecture (5e poussée). Elle ne supporte pas d’être enfermée dans une pièce… (claustrophobie). En insistant elle finit par m’avouer en vrac que (sic): • elle vit, depuis 2 mois, « des ‘tensions’ et des différents avec son compagnon » ; • elle est en « insécurité » ; • elle a vécu « la même chose il y a 11 ans » et elle me donne la date : « le 27 Décembre » ! (Elle aurait sans doute pu me donner l’heure si je l’avais demandé !) • « cela s’est reproduit il y a 2 ans » ! Ouf !!! Comment ne pas voir là une r e lation entr e les poussées de Janvie r 1995, Janvie r 2004, c e lle - c i et c es f a c te urs psychologiques (simila ir e s) sous ja c ents ? Ces situations conflictuelles, déstabilisantes, qui se répètent sont de véritables détonateurs ! Même si les faits ne sont pas à chaque fois aussi graves, le ressenti lui (c’est à dire, ici, le ‘sentiment d’insé curité ’ ), augmente d’une fois sur l’autre… comme la douleur d’une plaie non cicatrisée et que l’on ouvre à nouveau !

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2006 - Accident d’auto avec coup du lapin*. Puis décès du père de son compagnon. A l’examen neurologique, la marche aveugle est moins facile avec une certaine instabilité (marche ‘ébrieuse’). (Stade 2). 2007 - Son chien s’est fait écraser ! Elle est à la fois ‘délivrée’ et triste. Son état reste stable. 2008 - Vue le 16 Mai, elle est plus ébrieuse que d’habitude et nécessite d’être tenue avec un doigt lors de la marche étroite et de la marche aveugle. Le 27 elle fait une poussée (6e poussée). Or elle doit se marier le 31 Juin ! (Stade 3) 2009 - Année délicate. Elle est plus fatiguée qu’avant et sa jambe gauche se paralyse. La démarche est plus raide (Stade 3). Elle est aussi plus nerveuse. En Avril elle est opérée d’un fibrome utérin qui la gênait depuis un an (anesthésie). Bien préparée, elle se remet sans difficulté. Fin d’année elle entreprend un traitement de chélation* des métaux toxiques par voie intraveineuse et se sent plus stable. Elle y ajoute ensuite la prise de Glutathion. Mais elle garde un problème récurent, non solutionné : son tr ava il e n f amille et… les colè r e s r entr é e s qui en r ésultent ! 2010 - Elle signale, enfin, plusieurs accidents survenus dès l’âge de 16 ans (1982) avec coup du lapin à chaque fois, qui peuvent expliquer à eux seuls les douleurs du cou et du membre supérieur gauche. Il lui est conseillé de faire un bilan ostéopathique complet. L’examen neurologique est stable (stade 3) 2011 - Elle arrête les chélations qui la fatiguent trop. Elle a aussi arrêté le tabac et porte des patches de substitution. Mais elle est très énervée et dort très mal. 2012 - Elle a repris la chélation sous forme orale et non plus par perfusion intraveineuse. Elle est moins ‘secouée’. Mais elle s’est remise à fumer (2 à 3 cigarettes par jour). Pourtant elle reconnaît qu’elle est mieux physiquement sans tabac. Hélas, psychiquement c’est l’inverse ! Mi Avril, elle est victime d’un nouvel accident de circulation et d’un énième coup du lapin. Elle a ressenti ensuite, un matin, une faiblesse des jambes, des douleurs aux extrémités des doigts, de la fatigue qui font penser à une éventuelle poussée. Il lui est conseillé de faire le point avec son ostéopathe. Mais elle a toujours des ‘différents’ avec sa famille. Sa mère et son frère, qui dirigent la société où elle travaille, considèrent qu’elle n’est pas malade !! Il est évident que, tant que cette situation ne sera pas réglée, il est impossible qu’elle aille mieux. Il devient urgent pour elle de se faire aider psychologiquement (en plus de l’aide que lui apporte son mari) et/ou qu’elle prenne certaines décisions (difficiles) quant à son travail.

Commenta ir e C’est un cas très instructif avec : • un suivi de 17 ans et • une relation évidente entre les conflits et la maladie, les peurs et la survenue de poussées. Aux antécédents d’accidents avec multiples coups du lapin s’ajoutent les intoxications (tabac, métaux lourds, ‘herbe’ et produits illicites). Rien pour aider le système nerveux. Son mari, homme à la stature imposante (alors qu’elle est menue) l’entoure bien. Mais il lui faudrait se détacher de l’emprise familiale, de l’ascendant (ou la peur ?) de son frère. Peut-elle y arriver avec une aide psychothérapique ou faut-il qu’elle ‘fuit’ carrément et trouve un travail ailleurs ? Ce serait peut-être le moyen pour elle de découvrir qu’elle est capable. Capable d’être autonome,

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capable de réussir. Mais, surtout, d’être reconnue à sa juste valeur ! Mais la peur est là !! Il y a aussi l’incidence du mariage. Cet événement heureux, source de joie habituellement, est pour elle une cause d’anxiété (pour ne pas dire d‘incertitude’ supplémentaire) quant à l’avenir ! La poussée est la manifestation physique des tensions psychologiques entre deux aspirations extrêmes et incompatibles : • le ‘ besoin de sécurité’ (que représente le mariage) et • la ‘ peur de s’engager’ (car il en résulte une perte de liberté et le risque de se tromper) ? La peur, toujours la peur !! Ce ‘petit saboteur’ qui paralyse au sens propre comme au figuré. A noter que c’est à partir de cette époque qu’elle marche moins bien et passe en Stade 3.

Cas N°47 Née en 1964 – Employée de banque – Mariée et divorcée, 2 enfants – Stade 1 Stade 5 – Suivi de 11 ans 1989 - Survenue d’une névrite optique droite dans les suites d’une sinusite frontale (pendant ses règles) traitée avec des antibiotiques en aérosol. Elle consulte et reçoit du Solupred® sur une période d’1 mois. Puis son neurologue l’adresse à un confrère généraliste qui était venu me consulter quelques années auparavant pour une SEP et avait pu reprendre son travail à temps plein. Celui-ci lui donne tous les conseils alimentaires et débute le suivi. Elle récupère intégralement. Décembre 1991 - Naissance de sa fille. Décembre 1993 - Sensation de picotements dans les doigts de la main gauche puis survenue d’une paralysie à la main gauche qui s’étend ensuite jusqu’à l’épaule, puis la moitié gauche du thorax et, enfin, la tête ( 2 e poussée). Elle reçoit du Synacthène® pendant 1 semaine et passe un IRM qui montre la présence de taches confirmant la SEP. Malgré le traitement rapide, elle garde ensuite une petite raideur de la main gauche.

Elle vient consulter en Avr il 1994. Tout de suite, elle me précise que les 2 crises de SEP ont été provoquées par des stress importants et, notamment, un changement de supérieur hiérarchique dans son agence bancaire. Elle avait la sensation de tout faire mal ( dévalorisation ) tandis qu’elle était surmenée avec son travail, sa fille, sa maison… et qu’elle dormait mal ! Les 2 fois, elle a présenté une sinusite qui a été suivie de poussée. Elle a fait récemment un voyage dans sa famille à l’Ile de la Réunion. Depuis 2 mois elle souffre de douleurs de gorge au moment des règles et de douleurs mal définies près du sternum.

Anté c édents Elle a vécu sur l’Ile de la Réunion jusqu’à l’âge de 11 ans. Ensuite elle est venue sur le continent. Depuis l’âge de 15 ans elle est sujette à de fréquentes bronchites. Elle a eu beaucoup de soins dentaires. Anté c édents f amiliaux 3 frères et 2 sœurs. Le frère aîné, 1er de famille, a eu une primo-infection

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tuberculeuse qui est guérie. Elle est le 3e enfant de la fratrie (et la 2 e fille).

Alimenta tion Matin : Thé, tartines av. beurre, miel, confiture ; fruits Midi : Sandwiches Soir : Potage, pain, fromage ou pizza (industrielle) Depuis 2 mois elle a un peu changé son alimentation qui est plus saine : Crème Büdwig le matin; Salade de crudités, légumes verts/céréales le midi ; Potage, salade, céréales le soir. Elle cuisine à la cocotte-minute et au micro-onde (!)

Examen e t évolution D’emblée elle annonce qu’elle souhaite un 2 e enfant (!) Elle se plaint de craquements aux articulations, de faiblesse de vessie et… de pertes de mémoire. L’examen neurologique est rassurant (Stade 1) On rectifie son alimentation et on met en route le traitement de vitamines, compléments nutritionnels et homéopathie (pour sa mémoire et la vessie notamment). 1997 - 2 ans ½ sont passés. Elle revient en Septembre. Elle voulait un 2 e enfant et s’est empressée de tomber enceinte ! Elle a eu un garçon en Avril 1995, après une grossesse et un accouchement sans problème. Elle a pratiqué l’allaitement maternel durant 2 mois. Après la naissance de son fils, elle a repris le travail à temps plein mais, avec difficultés. Puis son poste étant supprimé, elle est partie en stage sur Marseille pendant 1 mois. Lors de ce changement de poste, elle a eu un surcroît de travail. Tensions au travail avec sa direction et… tensions dans son couple depuis l’arrivée de ce 2e enfant. (Difficile d’être partout et performante dans sa situation et son antécédent de SEP). En Mai, elle est au sommet du stress avec des conflits au travail. Elle est sujette à des nausées et des crises de spasmophilie. Un matin, elle présente des vertiges au réveil ( 3e poussée) et se retrouve hospitalisée. Elle est traitée au Solupred® en perfusions et part ensuite 3 semaines en clinique de convalescence. A la sortie de la clinique, elle garde une douleur en barre au niveau du front, une fatigue qui s’accentue avant les règles ainsi que des sautes d’humeur, de l’agressivité et même de la jalousie envers ses enfants. A l’examen il y a un nystagmus* présent à gauche. L’épreuve du double index est sensiblement normale, le saut incomplet (50% maximum). Elle s’est aggravée. (Stade 2) Elle repart avec un traitement complet dont les intraveineuses de vitamines. Novembre. Elle présente toujours des vertiges. Elle a été contrôlée par un ostéopathe et s’est fait traiter par un dentiste. Elle a dû porter une ‘gouttière’ en bouche pour stabiliser ses mâchoires et soulager son rachis cervical. Depuis elle se sent mieux. Elle a fait également un suivi en kinésiologie et découvre qu’elle ‘a été désirée comme garçon’ ! Elle m’avoue que son couple est à la dérive depuis pas mal de temps, chacun menant sa vie de son côté. Lorsqu‘elle a rompu la liaison qu’elle avait, elle a déclenché, quelques mois plus tard, sa troisième poussée en Mai (abandon, culpabilité ?). Elle a pris une nounou pour son fils mais ne supporte pas que celui-ci s’y attache (abandon ). 1998 - Elle a fait beaucoup de soins dentaires : ablation des amalgames, remplacement de 2

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couronnes en nickel-chrome, extraction d’1 molaire (la 47). Ses dents sont trop mobiles et on lui pose des ‘bagues’. Dès la mise en place du système, elle ressent la « sensation d’une chape de plomb dans les jambe » avec des difficultés à marcher. ( nouvelle poussée ?). Elle reçoit 4 piqures de Synacthène® et récupère dès la 2e injection. En Juin, elle porte un appareil pour corriger les dents du haut. En fin d’année, se fait retirer son appareillage du maxillaire inférieur. Puis se fait contrôler par un podologue qui prescrit des semelles orthopédiques et lui conseille de faire un travail de ‘libération’ au niveau mental. 1999 - Sinusite début Janvier et nouvelles difficultés à la marche. Picotements au bras droit et troubles d’équilibre avec diplopie et douleurs oculaires. Le contrôle ophtalmologique est rassurant. Elle doit porter des lunettes. Mais l’IRM de contrôle montre une aggravation avec augmentation du nombre et de la taille des lésions et elle reçoit à nouveau un traitement de Synacthène®. A l’hôpital, on lui propose de l’inclure dans un protocole de soin à l’Interféron. Décès de sa belle-mère (suicide) et, à nouveau, des tensions dans le couple. Avril. Elle est reconnue en invalidité 1ere catégorie. On lui conseille le travail à mitemps. Mais à son travail on lui octroie un poste auprès du responsable du «pôle risque». Sa nouvelle affectation demande beaucoup de concentration et elle présente de petites pertes d’équilibre et des pesanteurs dans la jambe droite dès qu’elle fatigue. Surmenée, en fin d’année elle présente à nouveau une sinusite. Elle marche encore seule, les yeux ouverts. Elle écarte les bras pour la marche étroite et il faut la tenir avec 1 doigt pour la marche aveugle. Le saut est de 20 cm au maximum. (Stade 3). 2004 - Après 5 ans de silence, elle revient en Juillet, en fauteuil roulant ! Elle m’explique qu’elle n’a plus consulté car son mari s’opposait à ce qu‘elle vienne. En Janvier 2001, son mari quitte la maison et part habiter ailleurs. Elle se retrouve seule, avec ses 2 enfants (6 et 10 ans) et la chienne, dans une maison à étage mal adaptée à son handicap. Son mari lui demande d’accepter le divorce, mais elle refuse car elle devrait lui verser une compensation financière pour la maison. En 2002, elle a dû prendre la canne et s’est ensuite dégradée progressivement. Elle tremble et pleure facilement dès qu’elle est énervée ou contrariée. Récemment elle a présenté une baisse d’audition à droite et le neurologue a suspecté une poussée (la 5 e ). Elle a été traitée par bollus de cortisone à l’hôpital. A l’examen de ce jour, elle marche maintenant avec l’aide d’une main pour la marche normale, la marche étroite et la marche aveugle Elle présente des tremblements aux membres supérieurs lors des épreuves de l’index-nez et double index (Stade 3 à 4). 2006 - Elle revient à nouveau après 2 ans d’absence. Elle a été un temps sous Endoxan® et était encore plus mal. Elle est toujours en fauteuil. C’est son mari qui refuse désormais le divorce. Elle reste dans sa maison, inadaptée pour elle dans son état. Sa fille veut mener sa vie et le jeune frère prend exemple sur elle. Elle se sent dépassée par la situation. Le neurologue a arrêté l’Endoxan en Juillet et l’a mise sous Misoline® qu’elle n’a pas supporté et a dû arrêter rapidement. Elle est maintenant dépendante de son fauteuil (Stade 5) 2007 - Elle tremble de plus en plus et doit être aidée pour manger. Sa situation familiale n’est toujours pas claire. Elle attend une assignation de justice pour faire avancer son dossier de divorce. Elle n’a plus la garde des enfants et c’est mieux ainsi car elle n’avait plus d’autorité sur eux. Elle est revue une dernière fois en Juillet. Elle tremble beaucoup, ne peut plus écrire et traine péniblement la jambe droite en marchant. Elle doit être aidée pour manger (Stade 5). Une

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personne s’occupe d’elle bénévolement. Mais sa situation familiale est loin d’être résolue et, pendant ce temps, elle se dégrade un peu plus.

Commenta ir e Véritable descente aux enfers pour cette patiente dont la vie de couple était instable avant sa 2 e grossesse. Ce 2 e enfant, désiré, n’a pas amélioré la situation. Après le départ du mari, l’invalidité de la malade progresse sans qu’elle se décide à accepter cette séparation inévitable. Les enfants profitant de la situation deviennent ingérables. C’est la totale ! En 2007, son divorce n’est toujours pas réglé. Avec la personne qui l’accompagne, on se demande même s’il le sera un jour ? Peur, culpabilité, jalousie, obstination, rancune…? Toujours est il, elle est en fauteuil roulant.

Cas N°48 Né en 1966 – Employé dans un centre de vacances– Célibataire – Stade 2 Stade 3 – Suivi de 5 ans ½ – Recul de 8 ans ½ .

1994 - Survenue, en Juin, de paresthésies à la jambe au bras et la main gauches et au visage avec troubles sensitifs étendu au palais et à la langue. Il récidive vers le printemps tous les ans ! 1998 - Il arrête de jouer de la guitare faute de pouvoir commander correctement ses doigts. 2000 - Il passe une IRM qui montre des signes d’inflammation du système nerveux (en fait une SEP). Mais on ne lui donne aucune information et on se contente de lui conseiller de ‘se faire suivre’ . La saison 2003 est très pénible car il a un travail physique. Il souffre de fatigue, de troubles sensitifs aux 2 pieds, de picotements dans les jambes, puis de troubles moteurs. Il commande difficilement ses jambes, dans un premier temps au niveau du genou droit, puis du genou gauche. Après 2 IRM et une ponction lombaire, la SEP est confirmée. Il est traité par perfusions de cortisone, sans résultat, et passe au Copaxone®.

Il vient consulter en M a r s 2004.

Anté c édents Ablation des amygdales (anesthésie) Problème articulaire du genou gauche, ancien (?) Anté c édents f amiliaux Il est l’aîné de 2 enfants. Son frère a 12 ans de moins que lui (1974). Ses parents sont divorcés. Son père, s’est remarié avec une femme qui a 2 enfants d’un premier mariage.

Alimenta tion Matin : Huile de foie de morue à jeun, puis grand café, biscottes, miel.

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Midi : Foie/ viande/ poisson, légumes bouillis, fromage, compote de pomme, chocolat. 16h : Barre de céréales Soir : Potage +/- maison, légumes, poisson/viande, fromage, chocolat. Peu ou pas de crudités. Pas de fruits.

Examen e t évolution La marche est hésitante, surtout à reculons. La marche étroite est hésitante, mais possible les bras écartés. Nécessité de le tenir avec 1 doigt pour la marche aveugle. Le saut n’est pas réalisable, il décolle seulement les talons. Nystagmus* bilatéral. Babinski* positif à gauche. (Stade 2) Il part avec les conseils alimentaires, de surveillance du PH, d’hygiène intestinale, le traitement de vitamines per os et les compléments nutritionnels. Juin - Il se sent mieux. Il a un mode de vie plus régulier pour le sommeil, les repas et le travail. Il est plus stable, marche seul lors de la marche aveugle et sans écarter les bras lors de la marche étroite. Le saut est possible au ¾, et plus facile avec la jambe droite. (Stade 2) Septembre - Il a souffert de la chaleur durant tout l’été, a peu et mal dormi. Il s’est surmené au travail et a dû reprendre de la cortisone (injections de 500mg) la semaine précédente. 2005 - Il fait des minis crises durant l’hiver. Puis, durant l’été, il présente une nouvelle poussée qui justifie une hospitalisation de 3 jours avec traitement à la cortisone (1gr par jour en perfusion). Malgré ce, il garde ensuite des fourmillements aux jambes. Il m’avoue que son travail est vraiment pénible (8 personnes sur 15 sont déjà parties avant la fin du contrat de travail). Il est dans une situation d’incertitude avec un choix à faire entre 2 situations stressantes. C’est ce qui a favorisé sa dernière poussée. Il a senti monter la poussée avec une zone de perte de sensibilité sur tout le côté gauche de l’abdomen et du thorax. Le neurologue conclut (02 Octobre): « L’examen neurologique ce jour est sans particularité, à noter uniquement une marche en aveugle un peu déséquilibrée. Je renouvelle le Copaxone® qui est bien toléré et je lui ai proposé de faire réaliser une IRM de contrôle cérébrale et médullaire. Un contrôle des PEV pourrait être réalisé lors de la prochaine consultation. » Lui est décidé à changer d’emploi, même si son IRM cérébrale et médullaire est rassurante. 2006 - Déception ! Il a adressé 45 curriculum vitae sans réponse. En Mars, il fait une névrite optique (droite) lorsqu’il réalise qu’il va devoir garder le même travail. Il est hospitalisé 3 jours avec, à nouveau, un traitement à la cortisone (1 gr/jr) et du Tranxène® (tranquillisant). Il ressort avec du Solupred® à dose dégressive sur plusieurs semaines. En fin d’année il fait un bilan PEV et revoit le neurologue. Celui-ci pense à des incidences psychologiques sur sa maladie et lui propose simplement un antidépresseur. Le patient refuse de prendre ce médicament et veut comprendre pourquoi il a fait sa dernière poussée. En attendant il marche d’autant plus difficilement de la jambe gauche que ce genou est instable. 2007 - Son genou gauche se bloque lors de la marche et il est de plus en plus instable. Il a décidé de consulter l’ostéopathe spécialisée en thérapie des fascias. En Juillet il se sent mieux. Toutefois, il est vite contrarié quand il apprend que l’un des fils de la compagne de son père vient habiter la maison voisine (qui a appartenu à la grand-mère paternelle). Colère et ressentiment de perte de territoire ( dévalorisation ).

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2008 - Il est toujours en butte aux histoires de famille. 2009 - Il marche en trainant de plus en plus la jambe gauche. Il s’est surmené durant l’été et a pris du poids, ce qui l’handicape encore plus. Son père s’est remarié avec sa compagne et il découvre que son père a donné la maison de la grand-mère à l’un des enfants de sa 2e épouse ! (trahison, rejet, dévalorisation ). En réaction il déclenche un zona abdominal et rompt les liens avec son père. Il retourne consulter le neuropsychiatre car il se sent bloqué au niveau de l’aine gauche et sa jambe gauche est plus froide que la droite. Il passe une IRM du rachis et du pelvis, une échographie pelvienne qui concluent : « Au niveau médullaire, on retrouve des hypersignaux évoquant une atteinte démyélinisante en regard de C7-D4 et D9 ». La SEP touche maintenant la moelle épinière. Il retourne 1 semaine à l’hôpital pour nouvelle cure de cortisone. C’est alors qu’il me dit : « Je me suis rendu malade pour me protéger et me faire reconnaître de ma famille. » Il est adressé à l’hôpital Pasteur (Nice) pour bilan, il revient avec un traitement de cortisone et toujours de grosses difficultés à la marche. Il est encore autonome mais doit être tenu avec un doigt lors de la marche étroite et avec une main pour la marche aveugle. L’épreuve du talon-genou est encore possible à 75% de façon bilatérale. (Stade 3) C’est là que nos chemins se séparent du fait de ma retraite. Mais j’ai de ses nouvelles par une amie kinésithérapeute qui le soigne. Nous reprenons contact en 2012 lorsque je lui adresse copie de son cas clinique. Et voilà le complément d’informations qu’il m’a communiqué. « De Mai à Octobre 2009, j’ai reçu 12 grammes de cortisone en intraveineuse + du Tranxène® (tranquillisant). J’ai eu de multiples tests et examens en vue d'un traitement pour ma SEP (dont une Intra Dermo Réaction à la tuberculine). Les jours qui ont suivi cette IDR, j’ai eu une perte auditive de 63% à mon oreille droite, un énorme acouphène (bruit de ventilateur 24H/24 dans ma tête), un gros problème locomoteur qui s’accentue sur ma jambe gauche, une perte visuelle à droite, des vertiges (avec impossibilité de me déplacer sans me tenir), de la tachycardie, chalazions aux 2 yeux. Je contacte le CHU pour les informer. On me répond que c’est une coïncidence et que cela arrive très rarement... Je me fais hospitaliser 3 jours pour un traitement de cortisone. Mais, au bout des 3 jours, l’hôpital ne veut pas me laisser sortir dans on état et je reste 6 jours de plus pour rien. Partant de là je me suis pris en main. J'ai tout récupéré à l'aide de thérapies naturelles. Et désormais, la chimie et moi ça fait 2. Mais je me suis dit que tout cela n'était pas logique. Alors début 2010, j’ai passé un scanner du rachis. On m’a découvert une hernie discale médiane (L4L5. Pourtant les médecins n’ont pas pensé que cette hernie pouvait être à l'origine de mes douleurs et, en partie, de mes problèmes locomoteurs. J’ai alors demandé à passer une IRM du rachis. Et on m’a trouvé non pas 1 mais 2 hernies discales (L5-L4 et L5-S1). N'ayant jamais fait de travaux réellement durs physiquement parlants, je me suis demandé pourquoi j’avais ces hernies discales ? En Avril 2012, j’ai souhaité passer une radio du bassin et qui a montré : • le disque de L4 écrasé, • une compression du nerf correspondant et • un basculement pelvien à gauche de 11 mm.

Les choses commencent à s’ordonner. Comme je suis assez cartésien je me replonge dans mon passé et comprends mieux la situation. Je suis venu au monde avec une malformation congénitale (un spina bif ida ) décelée au printemps 1979 (à l’âge de 11 ans), suite à de grosses douleurs de la hanche gauche. On m'avait alors prévenu que vers la quarantaine, si je ne faisais pas attention, je pouvais avoir des problèmes. Et ça n'a pas manqué ! Jusqu’en 2012, je n'avais jamais pris soin de moi. Depuis, je me ménage. Mon but était de procéder par élimination. Â l’IRM d'Avril 2012, mes plaques de démyélinisation au niveau du rachis avaient disparues ce qui confirmait les résultats de la précédente IRM de Décembre 2010 ! Du côté cérébral, les images diminuent aussi lentement

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montrant une amélioration en ce qui concerne la SEP. Maintenant mes problèmes sont essentiellement d'ordre mécanique au niveau du nerf sciatique, du nerf crural et du système nerveux "moteur » puisque tout part de la région lombaire jusqu'aux orteils. Je souffre et j'ai essayé divers antalgiques. Mais il y a trop d'effets secondaires. Je cherche d’autres moyens de me soulager car j’ai trop de respect pour mon corps et j'évite les poisons !!! »

Commenta ir e Ce cas montre une des difficultés de la profession de médecin. C’est aussi la confirmation du vieil adage médical: « On peut être chef de gare et tenir un bar tabac ! » On peut très bien avoir deux maladies en même temps. Ici on voit deux pathologies: • une SEP avec ses troubles de la marche et, • une malformation congénitale de la colonne vertébrale qui surajoute ses complications propres. Pas facile d’y voir clair sans, parfois, différents examens répétés. Or les contraintes de la profession le permettent de moins en moins car il faut rendre des comptes. Or la médecine est et reste un ‘art’ et non une ‘science’ ! Chez lui la SEP, favorisée comme on l’a vu par ses soucis professionnels et familiaux, évolue plutôt favorablement, tandis que les difficultés à la marche et les douleurs des membres inférieurs augmentent. C’est cette situation paradoxale qui l’a alerté et a justifié les investigations complémentaires permettant de découvrir le rôle de sa malformation congénitale qu’il avait oublié. Reste pour lui, maintenant, à trouver le ou les moyens de se soulager « en évitant les poisons » comme il dit.

Cas N°49 Née en 1951 – Commerçante – Mariée, 2 enfants – Aînée de 2 filles. Stade 3 Stade 4 – Suivi de 4 ans ½ Les premiers symptômes sont apparus en 1978 ( 1ere poussée). Alors qu’elle accompagne son mari (routier), elle se retrouve paralysée dans le camion. Elle consulte son médecin qui porte le diagnostic de spasmophilie et la met sous antidépresseurs et anxiolytiques. Elle fera ensuite plusieurs autres poussées (1982, 1986, 1987). 1985 - Soins dentaires suivis du port d’un dentier (anesthésies ?) 1997 - Opération du canal carpien à la main droite (anesthésie) 1999 - Nouvelle hospitalisation en neurologie au CHU et diagnostic : SEP !

Elle vient consulter en Avr il 2005 et me raconte :

«… Ma petite enfance s’est très bien déroulée jusqu’au jour où j’ai pu comprendre que ma maman était gravement malade (insuffisance rénale) après une hospitalisation prolongée suite à l’ablation d’un rein. A l’époque, tous les Jeudis, ma grand-mère maternelle nous conduisait à l’hôpital et c’était un déchirement de laisser notre mère seule en repartant. A son retour à la maison, ma mère restait fragile et son état s’est aggravé jusqu’à cette nuit d’Octobre 1961 où elle est décédée après une agonie insoutenable pour l’enfant de 10 ans que j’étais et que je n’ai jamais pu oublier (abandon ).

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C’est ma grand-mère maternelle qui a pris le relai pour nous élever. Mon père était acariâtre. Il avait une préférence pour ma sœur la plus jeune et lui aurait donné la lune s’il avait pu. Tandis que moi je n’avais rien, que des coups de cravache avec laquelle il dressait ses chevaux (rejet, dévalorisation ). Heureusement que j’avais ma grand-mère qui me prenait sous son aile et une tante adorable que je voyais le week-end. A 14 ans, j’ai dû arrêter les études. Il fallait que je travaille. J’ai fait des ménages jusqu’au jour où, ne le supportant plus, j’ai attenté à ma vie en me tailladant les veines. On m’a alors dirigé vers un école ménagère. De 15 à 18 ans, j’ai fait des ménages et je m’occupais d’une enfant trisomique. Tous les soirs je rentrais chez moi. A 18 ans, j’ai travaillé dans une petite fabrique d’articles de pêche. Il y avait une dizaine d’employés seulement et une très bonne ambiance. J’étais très heureuse. Mon père est décédé en Septembre 1971 (abandon ). J’avais 20 ans. L’été suivant j’ai fait la connaissance d’un jeune homme qui est devenu mon mari. Il finissait l’armée. Je suis ‘tombée’ enceinte au début de notre relation sans être mariée (faute, culpabilité). Cela a fortement déplu à ma future belle-famille ( rejet, déshonneur, dévalorisation ). J’ai accouché d’une fille en 1973 et nous nous sommes mariés en fin d’année. Mon mari voulait être chauffeur routier. Il a travaillé quelques temps dans l’Allier, tandis que je suis retournée auprès de ma grand-mère maternelle pour élever ma fille. Après quelques temps, nous sommes partis habiter le Puy de Dôme. J’étais loin des miens (séparation, abandon) et seule avec mon mari et ma fille. J’ai commencé à broyer du noir. Puis, en 1975, j’ai eu mon fils. Mais mon mari était toujours sur les routes et je restais seule à la maison à élever mes enfants. Durant l’année 197, j’ai commencé à être fatiguée. Après plusieurs examens, on a trouvé rien d’inquiétant. Puis, alors que je voyageais avec mon mari, je me suis retrouvée paralysée dans son camion ! Le médecin vu en urgence a diagnostiqué un état spasmophile et m’a abreuvé d’antidépresseurs, anxiolytiques, et autres calmants. A partir de là, j’ai gardé une certaine faiblesse à la marche. Mes enfants ont grandi sans problème. Mais, étant toujours seule, la déprime a commencé à me gagner (abandon ). Mon mari a cessé son travail de routier. En 1982, nous avons fait un stage et ouvert un commerce d’alimentation. Je restais toujours très fatiguée, tout en assumant mes journées et, comme je lisais pas mal de revues traitant de sujets médicaux, je m’étais faite une petite idée sur ma maladie. L’été 1986, je me suis fait piquer par une guêpe. Trois jours plus tard, je faisais un malaise nécessitant une hospitalisation. Les examens sont rassurants. Mais, ayant été reçu par un neurologue, je lui dis que j’ai une SEP. Bien qu’il le nie, je ne repars pas rassurée pour autant. En Septembre, tout rentre dans l’ordre sauf mes problèmes de marche qui sont de plus en plus présents. L’hiver 86-87 est un enfer ! Je vomissais souvent mes repas, ne pouvais plus travailler et n’avais goût à rien tellement je me sentais fatiguée. Mars 1987, je me rends à Lyon pour des examens neurologiques (potentiels évoqués) dont je ne connaitrai jamais les résultats (!). A partir de 1995, ma vue commence à me jouer des tours. En 1999, la vision est voilée du coté gauche. Je suis hospitalisée en Neurologie au Centre Hospitalo-Universitaire (CHU). Après bilan et IRM, je rencontre le Professeur auquel j’expose mes histoires de santé au cours d’une longue conversation. Au vu des résultats et de mes antécédents, il me confirme que je suis atteinte de SEP. Je commence alors le Rébif®, mais dois très vite l’arrêter car je perdais la tête. Mise au Copaxone®, je fais un malaise et on me traite alors à l’Avonex® une fois par semaine et au Solumédrol® en perfusion en cas de poussée. » 
A nt é c édents f amiliaux : C’est une enfant rejetée (et battue) par son père. A l imenta tion : Matin : Thé, biscottes sans sel, confiture, Yaourt.

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Midi : Salade ou charcuterie, légumes, viande et fromage, flan ou dessert au chocolat Soir : Potage ou semoule, yaourt Aucun fruit ! Peu de légumes. Laitages à tous les repas. Examen : 70 kgs pour 1,60 cm Sa bouche est un ‘chantier’ avec des dents cariées et/ou cassées, des couronnes en nickelchrome (alliage à éviter), un appareil mobile avec support en métal qui s’accroche à une couronne en nickel-chrome. Elle est au Stade 2. Tremblement léger du bras gauche lors de la manœuvre ‘index nez’ et ‘double index’. Elle doit être tenue avec une main lors de la marche étroite et la marche aveugle. Elle part avec les consignes alimentaires, le traitement habituel et de l’homéopathie pour les soins dentaires à entreprendre. Juillet - Elle est moins nerveuse et moins anxieuse. Elle a diminué de moitié les antidépresseurs, a maigri (63,5 kg) et se sent bien mieux. Les soins dentaires sont en cours. Octobre - Elle n’a plus qu’un seul antidépresseur. Son poids est de 57,7 Kgs. Les dents cariées ont été soignées. Les autres soins sont en attente de l’accord de sa mutuelle. 2006 - En Février, les soins dentaires sont terminés. Son périmètre de marche se limite à 800 mètres. Ankylose de la jambe droite. Novembre - Suite à une chute, elle s’est fracturée la malléole de la cheville gauche. Elle ne dort pas bien depuis quelques mois. Sa vue est moins nette. Bien qu’elle se sente de marcher, son mari ne veut pas sortir. Son moral est en ‘chute libre’ : • dispute avec son mari au sujet d’un bien immobilier acquis en commun, • sa fille (qui a découvert tard qu’elle était enceinte) a accouché et refuse de vivre avec le père de l’enfant ! 2007 - Elle a dû interrompre l’Interféron : ses transaminases avaient beaucoup augmenté et des pustules étaient apparues sur ses bras. Depuis, elle n’est pas plus mal sans Interféron. Son moral se maintient. Elle dort mieux. Elle marche encore 1 kilomètre. Pourtant elle ne sort pas de chez elle et se retrouve souvent seule. Elle parle d’un sentiment d’abandon. Le bilan ophtalmologique est rassurant. On lui conseille de changer ses verres de lunettes. Octobre - Elle n’a toujours pas repris l’Interféron. Elle marche maximum 500 mètres avec, à certains moments, l’aide d’une canne. (Stade 3 débutant). Elle est souvent seule dans son appartement et supporte de moins en moins cet abandon . Elle ressent de la colère, de la jalousie envers le mari et même ses sœurs (comme avant le début de sa maladie). Elle pleure difficilement et avoue désirer la mort (!). 2008 - Elle marche avec une canne (Stade 3). Elle ressasse toujours sa colère et voudrait pouvoir communiquer avec quelqu’un. Elle a accepté de se faire suivre par un psychologue. Novembre - Son mari a un grave problème de santé. Elle est très anxieuse pour leur avenir. Elle a des difficultés à relever la jambe gauche et marche avec une canne. Elle sort de moins en moins de chez elle avec son mari. Elle est d’ailleurs venue accompagnée par un ami de son mari (rejet, abandon) . 2009 - Son mari est en soins ‘lourds’. Les disputes sont fréquentes. Elle est sans force, dort mal et encore plus anxieuse pour l’avenir. Elle marche peu et avec 2 cannes. (Stade 4) Elle est encore venue avec des amis, sans son mari. Novembre

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Son mari, toujours en soins, supporte mal les conséquences sur sa virilité. Ils se parlent peu et elle se sent toujours plus abandonnée . En fait son mari a honte de sortir avec elle handicapée ! (rejet) Elle continue son travail avec sa psychologue. 2010 - En Juin, elle se déplace avec 2 cannes (Stade 4). Sa maison n’étant pas fonctionnelle vu son état (avec un magasin en rez-de-chaussée et 18 escaliers pour accéder à l’appartement), elle a pris du poids et se déplace encore plus difficilement. Elle m’avoue que son mari avait une compagne avant 2005. Et celle-ci l’aidait parfois au magasin et venait même chez eux ! (rejet, dévalorisation) . Situation pas facile à vivre. Aujourd’hui, après la grosse opération de la prostate du mari, elle n’a plus rien à craindre d’une rivale. Mais son mari n’accepte toujours pas sa maladie et ne veut pas la voir en fauteuil roulant. Elle se sent de plus en plus abandonnée et de son mari et de son fils. Seule sa fille, qui s’occupe d’handicapés, est compréhensive.

Commenta i r e Malade avec un lourd passé de manque affectif : père autoritaire, violent ; enfant battue… (rejet, dévalorisation, soumission ). Heureusement sa grand-mère lui donne de l’amour. Sa grossesse la replonge dans une situation de ‘faute’ et de honte : rejet, dévalorisation, culpabilité… et soumission . Par la suite la relation dans le couple se dégrade avec la progression de son handicap. Cette situation la renvoie à son abandon d’enfance. A noter que la maladie s’aggrave à partir de 2005, période où elle sait qu’elle est trompée ( dévalorisation, rejet ). Les relations au sein du couple ne font alors que se dégrader un peu plus, comme elle l’avoue lors de sa dernière consultations en 2010. Dans ce contexte, faut-il s’étonner qu’elle s’aggrave rapidement passant d’un Stade 3 à un Stade 4 ? Heureusement qu’elle a entrepris un travail avec une psychologue qu’il faudrait absolument qu‘elle le poursuive maintenant que son mari connaît, lui aussi, de sérieux problèmes de santé. 


Cas N°50 Née en 1940 – Commerçante – Mariée, 2 enfants – Dernière de 5 enfants. ‘Fille unique’ avec 4 frères. Stade 3 Stade 4 – Suivi de 21 ans

1976 - Apparition des premiers symptômes sous forme de troubles oculaires qu’elle décrit comme la sensation de voir lors d’une tempête de neige (1ere poussée). 1986 - Soit 10 ans plus tard, elle présente des difficultés à la marche dans un contexte de découverte de protrusion discale L5-S1 (2e poussée). La situation se stabilise ensuite jusque vers 1990 où est confirmé le diagnostic de SEP. Elle vient consulter en Dé c embr e 1991.

Anté c édents Il n’y a rien de particulier en dehors de : • deux grossesses : une fille en 1966 et un garçon en 1973. • la protrusion discale L5 –S1.

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Anté c édents f amiliaux Dernière de 5 enfants. Fille ‘unique’ avec 4 frères. Alimenta tion Elle s’alimente de façon très irrégulière, car elle a un commerce dont les horaires sont imprévisibles. Matin : Café ou thé, croissants (graisses artificielles) Midi : Pâtes, légumes cuits, viande, fromage, fruits et gâteaux. Goûter : fruits Diner : Comme à midi. Elle utilise beaucoup de produits surgelés, de l’huile d’olive du commerce et, parfois, du beurre pour cuire. Cuisson des aliments à la cocotte-minute ou au micro-onde (!) Examen e t évolution Elle se déplace sans canne mais avec une raideur du côté gauche qui la fait boiter. La marche étroite (les yeux ouverts) est possible si on la tient avec un doigt. Pour la marche aveugle il faut la tenir avec une main (Stade 3 débutant) Elle repart avec les conseils alimentaires et le traitement comportant les injections de vitamines intraveineuses. Les premiers mois sont difficiles tant pour accepter la réforme alimentaire que pour recevoir les médicaments, car elle vit en Italie. Progressivement son état se stabilise au niveau de la marche. Mais elle traîne toujours la jambe gauche et marche avec plus de difficulté les jours de pluie. Par contre, rapidement, survient une faiblesse de la vessie avec incontinence d’urines qui va s’installer dans le temps. 1993 - La marche étroite (yeux ouverts et yeux fermés) n’est possible que si on la tient avec une main. Sa maladie évolue, hélas, sur le mode chronique. Elle a été mise sous Azathioprine (Imurel®), myorelaxants et antispasmodiques. Par la suite, lentement, son état va se dégrader sur le mode ‘progressif’ jusque vers 2001. 1994 - Un matin, au lever, elle ne peut plus faire sa gymnastique. Vue par le neurologue elle est hospitalisée et reçoit un traitement de 10 jours d’ACTH® en perfusion. Mais, les derniers jours de son hospitalisation, elle présente une hémorragie vaginale. On lui découvre un fibrome, révélé par les pertes de sang provoquées par le traitement à la cortisone. Selon son gynécologue l’opération est nécessaire. Mais, vu sa récente poussée et sa fatigue, l’intervention est différée. La récupération va se poursuivre et, rapidement, son fibrome ne l’inquiète plus. Par contre elle est de plus en plus incontinente côté vessie. La marche seule est de plus en plus difficile, avec de petits pas. Elle a souvent recours à l’aide d’une tierce personne pour la sécuriser. (Stade 3) 1995 - Suite à un épisode grippal, elle fait une forte poussée qui la rend passagèrement grabataire. Elle est toujours sous Imurel®, mais marche de plus en plus mal, traine le pied gauche et a des difficultés pour plier les genoux. Lors de la marche normale elle a besoin d’être tenue avec une main et avec deux mains lors de la marche étroite (yeux ouverts comme yeux fermés). A cette époque sa fille signale des troubles de la mémoire. 1996 - Elle se déplace désormais avec une canne (Stade 3). Son neurologue confirme que l’Interféron n’est pas adapté à son état. Malgré les myorelaxants et antispasmodiques elle se déplace toujours plus difficilement et se fatigue plus vite. Les baisses de mémoire sont encore présentes par moment.

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En 2000 elle est hospitalisée sur Turin pour un bilan. Le compte rendu conclut : ‘Sclérose en plaques confirmée (voir documents joints) depuis 10 ans environ… . . . L’IRM de la colonne lombo-sacrée n’a pas mis en évidence de nouvelle plaque et la modeste protrusion au niveau du disque L5-S1 n’est pas responsable de l’aggravation clinique…On recommande de poursuivre la rééducation physiothérapique.’ On peut dire que c’est à partir de cette époque qu’elle marche avec son tripode et une canne (Stade 4). Depuis lors la situation est stable. J’ai été amené à la revoir très régulièrement jusqu’en 2012 et, au grand étonnement de beaucoup, la situation est stabilisée depuis 2000. Pourtant elle a traversé des moments difficiles : • en 2002, le neurologue lui avait tout de même conseillé l’Interféron. Mais elle a dû l’interrompre rapidement suites aux effets secondaires ressentis. • en 2003, son mari subit une greffe de rein, mettant fin ainsi à ses dialyses. • en 2006, sa cousine, qui lui servait d’interprète depuis notre première rencontre, décède. Revue en Avril 2012, nous avons pris un repas en famille hors de chez elle. Elle se déplace maintenant difficilement. Mais elle se déplace encore seule, avec ses deux cannes et reste autonome dans un appartement avec ascenseur. En fait ce sont, actuellement, les problèmes de mémoire qui inquiètent le plus sa famille.

Commenta ir e Malade ayant débuté sa SEP en 1976, avec dix années sans récidive, puis une deuxième poussée en 1986 et une évolution selon le mode progressif jusque vers 2001. A cette date elle prend deux cannes pour se déplacer (Stade 4). Depuis 2001 son état est stabilisé et elle reste, malgré tout, autonome.

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Un autre regard sur la sclérose en plaque - cas cliniques  

Un autre regard sur la sclérose en plaque, Alain Bondil - Complément du livre - les cas cliniques

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Un autre regard sur la sclérose en plaque, Alain Bondil - Complément du livre - les cas cliniques

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