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REMERCIEMENTS Pour son travail de vérification scientifique, l’Éditeur témoigne sa gratitude à M. Carl Diotte. Pour leurs judicieux commentaires, remarques et suggestions à l’une ou l’autre des étapes d’élaboration du projet, l’Éditeur tient à remercier : Mme Pamela Biondi, École secondaire Curé-Antoine-Labelle, Commission scolaire de Laval ; M. Dany Bourget, École secondaire de Saint-Charles, Commission scolaire Côte-du-Sud ; M. Patrick Bouvier, École secondaire Curé-Antoine-Labelle, Commission scolaire de Laval ; Mme Sylvie Normand, École secondaire Gérard-Filion, Commission scolaire Marie-Victorin ; Mme Katia Ouellet, École secondaire de la Seigneurie, Commission scolaire des Premières-Seigneuries.

[Signature] à venir © 2013, Éditions Grand Duc, une division du Groupe Éducalivres inc. 955, rue Bergar, Laval (Québec) H7L 4Z6 Téléphone : 514 334-8466 • Télécopie : 514 334-8387 www.grandduc.com Tous droits réservés. Conception graphique (maquette intérieure et page couverture) : Lichen Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt remboursable pour l’édition de livres – Gestion SODEC Il est illégal de reproduire cet ouvrage, en tout ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation écrite de l’Éditeur. Le respect de cette recommandation encouragera les auteurs et auteures à poursuivre leur œuvre. Code produit 4288 ISBN 978-2-7655-1828-0 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2013 Bibliothèque et Archives Canada, 2013

Imprimé au Canada 1234567890L2109876543


a b c L’explication Présentation de l’explication

La narration Présentation de la narration

La poésie Présentation de la poésie

p. 2

p. 64

p. 130

L’article de vulgarisation

Le conte et la légende

Le poème lyrique

p. 4

p. 66

p. 132

Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines

Le roman historique et le roman de chevalerie

p. 32

p. 102


La structure du cahier

a

b

VI

L’explication Présentation de l’explication L’article de vulgarisation Pourquoi aime-t-on la musique ?, par Karine Vilder Ressource de la langue : Le point de vue plutôt neutre La téléréalité : vérité ? mensonge ?, par Serge Beaucher Ressource de la langue : Les moyens linguistiques pour exprimer la cause et la conséquence Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ?, par 275-Allô Ressource de la langue : La phrase subordonnée complément de phrase Comment apprendre (à n’importe quel âge), par Hélène Matteau Ressource de la langue : Les procédés explicatifs Situation d’écriture Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines L’expression du sacré, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse L’effet de serre, par Carole Schepper et Claude Dignard Ressource de la langue : L’exemple, l’analogie et la comparaison Les populations autochtones, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse Ressource de la langue : La reprise de l’information L’électricité statique et la charge électrique, par Carole Schepper et Claude Dignard Ressource de la langue : Le vocabulaire Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse Ressource de la langue : Le discours rapporté Situation d’écriture Suggestions de lecture La narration Présentation de la narration Le conte et la légende Le Petit Chaperon rouge, par Charles Perrault Ressource de la langue : Le vocabulaire servant à caractériser les personnages Le revenant de Gentilly, par Louis Fréchette Ressource de la langue : Les éléments de l’univers narratif Le bonbon du mensonge, par Fred Pellerin Ressource de la langue : Les variétés de langue Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus, par Jacques Salomé Ressource de la langue : La subordonnée relative complément du nom ou du pronom Bey la chèvre et ses trois vérités, par Souleymane Mbodj Ressource de la langue : Les marques énonciatives Situation d’écriture

© Éditions Grand Duc

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2 4 6 12 13 18 19 22 24 30 31 32 34 39 44 45 49 50 54 55 59 61 62 64 66 68 73 74 81 82 89 91 94 96 100 101

table des matières


Le roman historique et le roman de chevalerie Le journal d’Anne Frank, par Anne Frank Ressource de la langue : L’harmonisation des temps verbaux Marie LaFlamme, par Chrystine Brouillet Arthur et la pierre prophétique, par Kevin Crossley-Holland À bord de l’Ouragan, le trésor perdu, par Camille Bouchard Ressource de la langue : Les mots et les groupes de mots qui situent dans le temps Situation d’écriture Suggestions de lecture

c

La poésie Présentation de la poésie Le poème lyrique Béatrice, par Émile Nelligan Ressource de la langue : La structure du poème Qu’en avez-vous fait ?, par Marceline Desbordes-Valmore Ressource de la langue : Les figures de style Conseil, par Théodore de Banville Les deux printemps, par Daniel Bélanger La tête haute, par Les Cowboys Fringants Situation d’écriture Suggestions de lecture

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102 104 109 110 116 121 126 127 128 130 132 134 137 138 141 142 145 149 154 155

table des matières


La structure du cahier Ce cahier d’apprentissage est composé de trois sections. Chaque section porte sur un mode de discours précis (l’explication, la narration et la poésie) et contient un ou plusieurs types de textes en lien avec le mode de discours abordé. Pour chaque mode de discours, un schéma en double page présente les éléments dont l’élève doit faire un apprentissage systématique selon la Progression des apprentissages. On y regroupe les notions à voir au cours des cinq années du secondaire ; celles en couleur doivent être enseignées systématiquement en 3e secondaire. La présentation des types de textes comporte deux parties : un encadré décrivant leurs principales caractéristiques et un exemple annoté. Plusieurs textes permettent à l’élève d’acquérir des connaissances sur le mode de discours étudié, conformément à la Progression des apprentissages. En marge de chaque texte, des consignes d’annotation favorisent une meilleure compréhension. L’élève pourra ainsi répondre plus aisément aux questions de compréhension, d’interprétation, de réaction et de grammaire qui suivent le texte. Des rubriques sur les ressources de la langue sont insérées là où la Progression des apprentissages prévoit l’étude de ces connaissances. Chaque type de texte fait l’objet d’une situation d’écriture pour permettre à l’élève de réinvestir ses apprentissages. Une fois que tous les types de textes d’un mode de discours ont été vus, des suggestions de lecture invitent l’élève à enrichir son expérience littéraire.

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La structure du cahier


La narration Le conte et la légende Le Petit Chaperon rouge Le revenant de Gentilly Le bonbon du mensonge Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus Bey la chèvre et ses trois vérités

p. 68 p. 74 p. 82 p. 91 p. 96

Le roman historique et le roman de chevalerie Le journal d’Anne Frank Marie LaFlamme Arthur et la pierre prophétique À bord de l’Ouragan, le trésor perdu

p. 104 p. 110 p. 116 p. 121


Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La narration La situation de communication Auteur •• L’auteur d’un texte narratif est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque, sa notoriété. •• Son intention peut être : – de raconter une histoire ; – de transposer la réalité dans un autre univers ; – d’illustrer des comportements. Autres termes pour nommer l’auteur : bédéiste, conteur, romancier, fabuliste.

Œuvre •• L’auteur et le lecteur doivent tenir compte : – du contexte de production de l’œuvre (date à laquelle le texte a été écrit, lieu de création, édition, collection) ; – du contexte historique ou socioculturel.

Des illustrations accompagnent parfois le texte.

Lecteur •• En lisant un texte narratif, le lecteur détermine ses champs d’intérêt et ses genres préférés. De plus, il développe ses connaissances littéraires et ses stratégies de lecture. •• Son intention peut être : – de donner libre cours à son imagination, à ses sentiments et à ses émotions ; – de se représenter le monde ; – d’alimenter son écriture ; – de découvrir un auteur.

L’organisation d’un texte narratif Séquence narrative

Séquences secondaires

Types de narrateur

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Situation initiale    Élément déclencheur   Déroulement (actions, réactions et événements)   Dénouement On y note aussi la présence d’une situation finale ou d’une morale, ou des deux à la fois. •• Séquences descriptives •• Séquences explicatives •• Séquences dialogales •• Séquences argumentatives •• Narrateur omniscient, qui connaît tout de ses personnages et qui ne participe pas à l’histoire  •• Narrateur participant à l’histoire, qui est désigné par des marques énonciatives  •• Narrateurs multiples

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LA NARRATION


L’organisation d’un texte narratif (suite)

Personnages

Cadre spatiotemporel

Intrigue et quête d’équilibre

•• Ils jouent plusieurs rôles (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes). •• Ils sont caractérisés grâce à : – l’insertion d’éléments descriptifs ou de séquences ; – l’indication des actions qu’ils accomplissent ou subissent ; – l’insertion de dialogues, de monologues intérieurs ou de commentaires du narrateur. •• Cadre spatial (description du lieu et de ses caractéristiques) •• Cadre temporel (description de l’époque) •• Déplacements dans l’espace et le temps (itinéraire, liens entre les déplacements et la quête) •• Déroulement des événements de l’intrigue linéaire (ordre chronologique) ou non (ruptures dans la chronologie, modifications de l’ordre typique des étapes de la séquence) •• Quête d’équilibre marquée par l’action ou par l’évolution du personnage

La cohérence et l’organisation du texte

Moyens assurant la cohérence du texte

•• Reprise de l’information •• Harmonisation des temps verbaux •• Non-contradiction entre les éléments de l’univers narratif ainsi qu’entre la caractérisation des personnages et leur façon de s’exprimer •• Correspondance étroite entre les caractéristiques des personnages, le cadre spatiotemporel, les actions, les événements et le genre du récit

Moyens pour organiser le texte

•• Titre et intitulés de chapitre •• Paragraphes •• Organisateurs textuels •• Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation) •• Indications typographiques (capitales, gras, italique)

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LA NARRATION


Le conte et la légende Qu’est-ce que c’est ? Issu de la littérature orale, le conte est un court récit qui se termine généralement par une morale et qui est souvent teinté de la culture du peuple dont il provient. Le conte merveilleux ou « conte de fées » est le type le plus répandu. Il se termine généralement bien et contient des expressions qui le caractérisent (« Il était une fois », « Depuis ce temps »). La légende, quant à elle, est basée sur des éléments de faits historiques (personnages, lieux ou actions) connus qui ont été embellis ou amplifiés selon l’imagination de ceux qui la racontent. Elle s’apparente aussi au mythe puisqu’elle peut expliquer des phéno­ mènes naturels, mais elle ne met pas en scène des divinités. Exemple de légende

Titre (souvent le nom du personnage principal) Situation initiale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?) 1

2 Élément déclencheur

Organisateurs textuels (délimitant les étapes du schéma narratif)

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Qui l’écrit et pourquoi ? Une personne désireuse de divertir par une histoire dans laquelle tout est possible, et qui veut enseigner une morale. Qui le lit et pourquoi ? Que ce soit pour se divertir ou tirer une morale d’une histoire, la lecture d’un conte se veut divertissante et parfois instructive. Où le trouve-t-on ? Certains livres sont des recueils de contes que l’on peut trouver dans les bibliothèques ou les librairies. Il est aussi possible d’en lire dans Internet.

Rose Latulipe [Il y avait autrefois, dans un petit village du Québec, au 18e siècle, une jeune femme nommée Rose Latulipe. Elle avait un amoureux nommé Gabriel Lepard, qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux. Elle adorait danser et s’amuser, si bien qu’un jour de Mardi gras, elle demanda à son père d’organiser une danse. Celui-ci accepta, à condition que tout le monde soit parti à minuit ; autrement, ce serait un péché.1]

1

5

[Soudain, vers onze heures du soir, on entendit une voiture s’arrêter devant la porte. Un bel étranger en sortit et demanda au maître de la maison la permission de se divertir un peu. Celui-ci accepta.2]

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LA NARRATION

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[Le nouveau venu s’avança vers Rose, lui prit les deux mains et

3

Péripéties

lui dit : 15

— J’espère, ma belle demoiselle, que vous serez à moi ce soir et que nous danserons toujours ensemble. Note : Le narrateur est omniscient, non participant à l’histoire.

— Certainement, dit Rose, à demi-voix. Tout le reste de la soirée, elle dansa avec l’étranger, qui n’invita personne d’autre. 20

Puisque minuit approchait, le maître du logis voulut alors faire cesser la danse, observant qu’il était peu convenable de danser pendant le mercredi des Cendres. — Encore une petite danse, dit l’étranger. Vous m’avez promis, belle Rose, d’être à moi toute la veillée : pourquoi ne seriez-vous pas à moi pour toujours ?

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35

Rose était envoûtée par l’inconnu, mais elle savait aussi que continuer de danser serait un péché. Mais elle ne pouvait pas arrêter, comme si on lui avait jeté un sort !3]

[Au douzième coup de minuit, l’étranger embrassa Rose. La maison prit alors feu, mais tous réussirent à sortir à temps.4] [Le lendemain, les villageois virent la jeune femme rôder autour

Dénouement (met fin à l’action)

4

Situation finale de la maison, et constatèrent qu’elle avait maintenant la tête toute (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ? Retour à un blanche et qu’elle semblait avoir perdu la raison. Ils surent alors équilibre) qui était le bel étranger qui avait assisté à la soirée : c’était le diable lui-même. C’est pourquoi il avait insisté pour continuer la danse après minuit.5]

[Plusieurs versions de ce conte existent. La fin change, mais la morale reste la même : la belle Rose est toujours punie d’avoir accepté de danser avec le diable !6]

5

Morale de cette légende

6

Philippe Aubert de Gaspé, Rose Latulipe, 1837 (texte adapté).

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LA NARRATION


Intention de lecture : Prêter attention aux caractéristiques du texte.

Faisant partie autrefois d’une tradition orale, ce conte a ensuite été rapporté à l’écrit par de nombreux auteurs qui l’ont de ce fait modifié quelque peu selon leurs valeurs et leurs croyances. Cette version se rapproche fort probablement de l’original d’après sa morale...

1 Surlignez les élé­ ments suivants de la situation initiale : Quand ? Où ? Qui ? 2 Tracez une ligne entre la situation initiale et l’élément déclencheur.

Définitions chaperon : vêtement à capuchon qui peut recouvrir la tête et les épaules. seoir : convenir, bien faire.

Le Petit Chaperon rouge Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût pu voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

1

Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :

5

— Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mèregrand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

10

— Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie.

15

— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. — Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village. — Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait. Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mèregrand ; il heurte : toc, toc. — Qui est là ?

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LA NARRATION

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« Tire la chevillette, la bobinette cherra. »

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— C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria :

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3 Dans cette page, surlignez l’organi­ sateur textuel qui indique une nouvelle péripétie.

— Tire la chevillette, la bobinette cherra.

Définitions Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne chevillette : petite femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois cheville, pièce qui sert à joindre deux jours qu’il n’avait mangé. morceaux de bois Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la mère- afin de maintenir une grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps porte fermée (serrure d’autrefois). après vint heurter à la porte. Toc, toc. bobinette : autre pièce — Qui est là ? maintenant une porte Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du loup fermée. eut peur d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhu- choir : tomber, délier, ouvrir. mée, répondit : huche : boîte à pain. — C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie.

Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : — Tire la chevillette, la bobinette cherra. 50

Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : — Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi.

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Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : — Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! — C’est pour mieux t’embrasser, ma fille.

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LA NARRATION


Du même auteur : Charles Perrault, « La Barbe bleue », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

4 Soulignez la phrase qui décrit le dénouement de ce conte.

— Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !

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— C’est pour mieux courir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ! — C’est pour mieux écouter, mon enfant.

Définitions accorte : aimable, avenant, plaisant. fiel : méchanceté. courroux : grande colère. complaisant : qui cherche à plaire, à séduire.

— Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ! 65

— C’est pour mieux voir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ! — C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.

Moralité

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On voit ici que de jeunes enfants, Surtout de jeunes filles Belles, bien faites, et gentilles, Font très mal d’écouter toute sorte de gens, Et que ce n’est pas chose étrange, S’il en est tant que le loup mange. Je dis le loup, car tous les loups Ne sont pas de la même sorte ; Il en est d’une humeur accorte, Sans bruit, sans fiel et sans courroux, Qui privés, complaisants et doux, Suivent les jeunes demoiselles Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ; Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux, De tous les loups sont les plus dangereux. Charles Perrault, « Le Petit Chaperon rouge », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

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LA NARRATION

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Questions sur le texte Compréhension et interprétation 1 Résumez en une phrase la situation initiale de ce conte en intégrant les éléments suivants : Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?

2 Quel élément vient modifier le cours normal du récit ?

3 Précisez les éléments de l’organisation du texte qui permettent de cerner le rôle de chacun des personnages de ce conte. Objet (but, ce que le héros doit obtenir)

Sujet (héros ou héroïne) Adjuvant(s) (tout ce qui aide le héros)

Aucun

Opposant(s) (tout ce qui fait obstacle)

4 Résumez la morale de cette histoire tout en l’actualisant.

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LA NARRATION


Questions sur le texte (suite)

5 Contre quel trait de caractère auriez-vous mis en garde le Petit Chaperon rouge afin d’éviter qu’il lui arrive malheur dans ce conte ? Justifiez votre réponse.

Réaction 6 Selon la version de cette histoire que vous connaissez depuis l’enfance, la morale de Charles Perrault vous surprend-elle ? Justifiez votre réponse.

Grammaire du texte 7 Cochez trois caractéristiques parmi les suivantes qui démontrent que ce récit est un conte merveilleux.

  Fin heureuse.

  Représentation du diable.

  Morale.

  Histoire invraisemblable.

  Récit vraisemblable qui s’est   Se déroule dans un passé transformé avec les années. lointain, indéterminé.

8 Parmi les éléments suivants de l’univers narratif, cochez celui qui prouve hors de tout doute qu’il s’agit d’un conte merveilleux. Expliquez votre réponse.

  Les lieux 

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  Les personnages 

  L’époque 

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  Les objets 

  Les actions

LA NARRATION


Ressource de la langue :

Le vocabulaire servant à caractériser les personnages Dans un conte tout comme dans les autres textes narratifs, des personnages divers entrent en scène et on nous dévoile leurs caractéristiques. Attention ! Il faut être vigilant, car ces indications sont parfois subtiles. Afin de présenter les personnages, l’auteur peut utiliser un vocabulaire neutre qui ne démontre aucun jugement (19 ans, étudiant, célibataire, cheveux bruns) ou un vocabulaire expressif qui témoigne d’une opinion (séduisant, intelligent, hautain). Pour en apprendre sur un personnage, il faut prêter attention à différents éléments.

Ce qu’il est : la voix, les tics, les traits de caractère, les sentiments, le statut social. Exemple : La veuve parlait d’une petite voix claire tout en tripotant le dernier bouton de son chemisier. Elle semblait bouleversée par les événements de la journée. Elle n’aimait pas les foules et préférait être seule avec son chat.

Ce qu’il fait : les actions que les personnages font ou celles qu’ils subissent. Exemple : La mère refuse d’acheter une nouvelle console de jeu à son fils. Le garçon entre alors dans une colère terrible. Il se met à hurler, se jette sur le sol et donne des coups de pied dans tous les sens. Après plusieurs minutes de crise, il se relève, regarde froidement sa mère et lui tire la langue avant de se diriger vers sa chambre et de claquer la porte.

Ce qu’il dit : les propos des personnages et leur façon de s’exprimer. La manière de s’exprimer est une caractéristique en soi, mais elle sous-entend aussi le milieu d’où vient le personnage. Exemple : — Ciel ! comment pourrais-je lui avouer mon amour ? dit la princesse. — T’as juste à lui dire que tu l’aimes. Me semble que c’est pas compliqué, ça ! répond la servante. — Bernadette, il est bien aisé pour vous de parler ainsi puisque vous n’êtes pas dans un tel embarras. Comment puis-je dévoiler à cet ami d’enfance que j’éprouve des sentiments plus profonds à son égard ? Ciel ! je me sens perdue ! soupire-t-elle.

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LA NARRATION


Intention de lecture : Prêter attention à l’attitude du narrateur à l’égard des personnages.

Gentilly est un village situé sur la rive sud du Saint-Laurent, qui fait maintenant partie de Bécancour. Le revenant de Gentilly est un conte fantastique empreint des valeurs de l’époque au Québec, soit la religion catholique et la crainte du diable. Les contes québécois étaient souvent publiés dans les journaux afin de remplir les pages des périodiques lorsque les nouvelles étaient insuffisantes... !

1 Surlignez le pas­ sage qui révèle où le narrateur a entendu cette histoire.

Définitions profession libérale : profession intellectuelle qui demande des études et que l’on peut exercer de façon indépendante, auto­ nome (médecin, avocat, notaire, etc.). séminariste : élève d’un séminaire, d’un établissement religieux où l’on étudie en vue de devenir prêtre. presbytère : demeure du curé, adjacente à l’église.

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Le revenant de Gentilly Si vous demandez à quelqu’un s’il croit aux revenants, quatrevingt-dix fois sur cent il vous répondra : non ! Ce qui n’empêche pas qu’il se passe, tout au moins qu’il se raconte des choses inexplicables.

1

Témoin l’histoire suivante, que je tiens du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise, et dont la bonne foi était, vous pouvez m’en croire, au-dessus de tout soupçon.

5

Voici le récit qu’il nous fit un soir, à quelques amis et à moi, en présence de sa femme et de ses trois fils, avec le ton sérieux qu’il savait prendre quand il parlait de choses sérieuses. Je lui laisse la parole :

10

Je ne prétends pas, dit-il, qu’il faille croire à ceci et à cela ou qu’il n’y faille pas croire ; je veux seulement relater ce que j’ai vu et entendu ; vous en conclurez ce que vous voudrez. Quant à moi, je me suis creusé la tête bien longtemps pour en trouver une explication sans pouvoir m’arrêter à rien de positif ; et j’ai fini par n’y plus songer. C’était en 1823. J’achevais mes études au collège de Nicolet et j’étais en vacances dans le village de Gentilly avec quelques-uns de mes confrères et deux ou trois séminaristes en congé auprès de leurs parents. Nous fréquentions assidûment le presbytère, où le bon vieux curé du temps (M. l’abbé C.-G. Guertin) très sociable, grand ami de la jeunesse, nous recevait comme un père.

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Un soir, — c’était vers la fin d’août et les nuits commençaient à rafraîchir, — au lieu de veiller à l’extérieur, nous allions passer la soirée à la chandelle, dans une vaste pièce où s’ouvrait la porte d’entrée, et qui servait ordinairement de bureau d’affaires, de fumoir ou de salle de causerie.

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Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre. Onze heures approchaient et le débat se précipitait un peu, lorsque M. le Curé nous interrompit sur un ton quelque peu inquiet :

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LA NARRATION


« Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? »

— Tiens, dit-il, on vient me chercher pour un malade. Et en même temps nous entendions le pas d’un cheval et le roulement d’une voiture qui suivait la courbe de l’allée conduisant à la porte du presbytère, et qui parut s’arrêter en face du perron. 40

Il faisait un beau clair de lune ; quelqu’un se mit à la fenêtre : — Tiens, dit-il, on ne voit rien.

2 Surlignez l’évé­ nement qui sort de l’ordinaire et qui amène les per­ sonnes présentes à se questionner lors de cette manifesta­ tion surnaturelle.

— Ils auront passé outre. Définitions Et nous allions parler d’autre chose, quand nous entendîmes soutane : vêtement long porté par les distinctement des pas monter le perron et quelqu’un frapper à hommes d’Église. la porte. ahuri : étonné. — Entrez ! fit l’un de nous.

— C’est étrange ! 45

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55

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Et la porte s’ouvrit. Jusque-là, rien d’absolument extraordinaire. Mais jugez de notre stupéfaction à tous lorsque la porte se referma d’elle-même, comme après avoir laissé passer quelqu’un, et que, là, sous nos yeux, presque à portée de la main, nous entendîmes des pas et comme des frôlements de soutane se diriger vers l’escalier qui conduisait au premier, et dont chaque degré — sans que nous puissions rien apercevoir — craqua comme sous le poids d’une démarche lourde et fatiguée. L’escalier franchi, il nous sembla qu’on traversait le corridor sur lequel il débouchait, et qu’on entrait dans une chambre s’ouvrant droit en face. Nous avions écouté sans trop analyser ce qui se passait, ahuris et nous regardant les uns les autres, chacun se demandant s’il n’était pas le jouet d’un rêve. Puis les questions s’entrecroisèrent : — Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? — Non. — Ni moi !

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— Nous avons entendu, cependant. — Bien sûr. — Quelqu’un entrer... — Puis traverser la chambre... — Puis monter l’escalier…

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LA NARRATION


« Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. »

3 Que constatent les témoins de ce phénomène après s’être questionnés ? Soulignez la réponse à cette question dans le texte. 4 Surlignez l’adverbe qui indique que le curé retourna seul dans la chambre, sans manifester de peur.

Définition spectre : fantôme.

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— Oui. — Puis s’introduire là-haut ? — Exactement. — Qu’est-ce que cela veut dire ? Et à mesure que nous nous rendions compte de ce qui venait d’arriver, je voyais les autres blêmir, et je me sentais blêmir aussi.

75

En effet, nous avions bien entendu. Et sans rien voir. Nous n’étions point des enfants, cependant ; et le courage ne nous manquait pas. Le curé prit un chandelier, j’en pris un autre ; et nous montâmes l’escalier.

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Rien ! Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. Personne ! Absolument rien de dérangé, absolument rien d’insolite.

85

Nous redescendîmes bouleversés et parlant bas. — C’était bien pourtant quelqu’un ? — Il n’y a pas à dire. — Et vous n’avez rien découvert ? 90

— Pas une âme. — C’est renversant. À ce moment un bruit terrible éclata dans la chambre que nous venions de quitter, comme si un poids énorme fût tombé sur le plancher.

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Le vieux curé reprit froidement sa chandelle, remonta l’escalier et entra de nouveau dans la chambre. Personne ne le suivit cette fois. Il reparut pâle comme un spectre, et pendant que nous entendions des cliquetis de chaînes et des gémissements retentir dans la chambre qu’il venait de quitter :

95

— J’ai bien regardé pourtant, mes enfants, dit-il, je vous jure qu’il n’y a rien ! Prions le bon Dieu.

100

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LA NARRATION


« Alors ce fut un vacarme horrible. »

Et nous nous mîmes en prières. À une heure du matin le bruit cessa. 105

110

115

Deux des séminaristes passèrent le reste de la nuit au presbytère pour ne pas laisser le bon curé seul ; et les collégiens — j’étais fort tremblant pour ma part — rentrèrent chacun chez soi, se promettant toutes sortes d’investigations pour le lendemain. La seule chose que nous découvrîmes fut, en face du presbytère, les traces de la voiture mystérieuse, très distinctes et toutes fraîches, dans le sable soigneusement ratissé de la veille. Inutile de vous dire si cette histoire eut du retentissement : elle ne se termina pas là, du reste. Tous les soirs, durant plus d’une semaine, les bruits les plus extraordinaires se firent entendre dans la chambre où l’invisible visiteur avait paru se réfugier. Les hommes les plus sérieux et les moins superstitieux du village de Gentilly venaient passer la nuit au presbytère, et en sortaient le matin, blancs comme des fantômes. Le pauvre curé ne vivait plus.

120

125

Et il décida d’aller consulter les autorités du diocèse : et comme Trois-Rivières n’avait pas encore d’évêque à cette époque, il partit pour Québec. Le soir de son retour, nous étions réunis, comme les soirs précédents, attendant le moment des manifestations surnaturelles, qui ne manquaient jamais de se produire sur le coup de minuit. Le curé était pâle, et plus grave encore que d’habitude. Quand le tintamarre recommença, il se leva, passa son surplis et son étole, et, s’adressant à nous :

130

— Mes enfants, dit-il, vous allez vous agenouiller et prier, et quel que soit le bruit que vous entendrez, ne bougez pas, à moins que je vous appelle. Avec l’aide de Dieu, je remplirai mon devoir.

135

Et d’un pas ferme, sans arme et sans lumière, je me rappelle encore, comme si c’était d’hier, le sentiment d’admiration qui me gonfla la poitrine devant cette intrépidité si calme et si simple, — le saint prêtre monta bravement l’escalier et pénétra sans hésitation dans la chambre hantée.

5 Surlignez le

paragraphe dans lequel le narrateur décrit avec admi­ ration le courage du curé. Définitions investigation : recherche. retentissement : suite de conséquences, effets. superstitieux : qui croit aux manifestations surnaturelles, en la magie. diocèse : région que chapeaute un évêque. surplis : vêtement qui se porte sur la soutane. étole : large bande de tissu portée sur les épaules par les prêtres. intrépidité : fait d’agir sans crainte, d’affronter le danger sans peur.

Alors ce fut un vacarme horrible. Des cris, des hurlements, des fracas épouvantables.

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LA NARRATION


Du même auteur : Louis Fréchette, Contes de Jos Violon, Guérin, 1999.

6 Que dit le narra­

teur afin de mon­ trer qu’il a tenté de valider cette his­ toire ? Soulignez la réponse à cette question dans le texte.

On aurait dit qu’un tas de bêtes féroces s’entre-dévoraient, en même temps que tous les meubles de la chambre se seraient écrabouillés sur le plancher.

140

Je n’ai jamais entendu rien de pareil dans toute mon existence. Nous étions tous à genoux, glacés, muets et les cheveux dressés de terreur. Mais le curé n’appelait pas.

Définitions en nage : en sueur.

Cela dura-t-il longtemps ? Je ne saurais vous le dire, mais le temps nous parut bien long.

requiem : prière que l’on fait pour une personne décédée.

Enfin le tapage infernal cessa tout à coup, et le brave abbé reparut livide, tout en nage, les cheveux en désordre et son surplis en lambeaux... Il avait vieilli de dix ans.

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— Mes enfants, dit-il, vous pouvez vous retirer ; c’est fini, vous n’entendrez plus rien. Au revoir ; parlez de tout ceci le moins possible. Après ce soir-là, le presbytère de Gentilly reprit son calme habituel.

155

Seulement tous les premiers vendredis du mois, jusqu’à sa mort, le bon curé célébra une messe de requiem pour quelqu’un qu’il ne voulut jamais nommer. — Voilà une étrange histoire, n’est-ce pas messieurs ? conclut le narrateur. Eh bien, je ne vous ai pourtant conté là que ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles, avec nombre d’autres personnes parfaitement dignes de foi. Qu’en dites-vous ?

160

— Rien ! — Ni moi non plus. Il m’a été donné, il y a déjà plusieurs années, d’interroger les anciens de Gentilly... même une nièce de la servante de M. le Curé Guertin... sur ce sujet ; et on m’a répondu qu’en effet, du temps de M. Guertin, il s’était passé quelque chose d’un caractère étrange ; que le presbytère, disait-on, avait été hanté, pendant plusieurs jours, par un personnage mystérieux, invisible. Louis Fréchette, « Le revenant de Gentilly », Le Monde illustré, 1898.

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LA NARRATION

165

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Questions sur le texte Compréhension et interprétation 1 Ce conte cherche à provoquer la peur en présentant un événement qui sort de l’ordinaire avec l’intervention d’un être invraisemblable, un démon. C’est donc un conte fantastique. Prouvez-le à l’aide de l’élément déclencheur.

2 Selon la discussion des comparses avant l’arrivée mystérieuse, quelle ambiance devait-il régner ?

3 « Tous les soirs, durant plus d’une semaine, les bruits les plus extraordinaires se firent entendre [...] »

Qu’ajoute le narrateur pour montrer que ces sons étaient bien réels et qu’on ne peut en douter ?

4 Quel sentiment le curé inspire-t-il au narrateur ? Indiquez les lignes d’un extrait pour justifier votre réponse.

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LA NARRATION


Questions sur le texte (suite)

Réaction 5 Parmi les éléments suivants, lequel rend cette histoire plus crédible à vos yeux ? Justifiez votre réponse.

 Le fait que le premier narrateur ait confirmé cette histoire auprès de la nièce de la servante du curé.

  Le fait que ce récit provienne d’un témoin de profession libérale à l’esprit éclairé.

 Le fait que le lieu où s’est déroulée cette histoire existe vraiment.

Grammaire du texte 6 Pourquoi le premier narrateur précise-t-il que cette histoire provient « du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise » ?

7 Quelle phrase montre que le second narrateur de ce récit évite de prendre position sur l’existence des événements surnaturels ?

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LA NARRATION


Ressource de la langue :

Les éléments de l’univers narratif Que ce soit dans un conte, un récit ou une légende, tout texte narratif s’inscrit dans un univers qui permet de mieux comprendre les enjeux, les actions et la conduite des personnages selon l’époque et le lieu où l’histoire se déroule par exemple. L’univers narratif peut s’apparenter plus ou moins au monde réel, mais il peut aussi prendre ses origines dans le passé, comme dans la légende, ou être une pure création, comme dans les récits d’anticipation qui se déroulent dans le futur. La correspondance étroite entre les différents éléments de l’univers narratif est très importante afin d’assurer la cohérence de l’histoire racontée. Dans les contes, les mythes et les légendes, les éléments suivants peuvent être identifiés pour déterminer leur catégorie (conte merveilleux, fantastique, etc.) : Les personnages : rois, princesses, sorcières, esprits, animaux, diable, dieu, etc. Les lieux : région lointaine, village, forêt, camp de bûcherons, etc. Les objets : baguette magique, canot volant, violon, épée, etc. Les actions : danser, charmer, punir, mourir, se battre, fêter, etc. L’époque : les expressions (jadis, il était une fois, à cette époque) ou les éléments du récit. Univers

Construction autour...

Met en scène...

Légende

d’un événement qui s’est réellement produit, mais qui a été amplifié à travers la transmission orale.

un élément clé, que ce soit un événe­ ment historique ou un lieu connu.

Mythe

d’un phénomène naturel ou de la création du monde.

une divinité grecque ou un autre personnage mythique.

Conte merveilleux

d’un personnage principal typé, vivant dans un monde où l’invraisemblable est accepté.

un personnage, un héros qui devra se sortir d’une situation probléma­ tique causée souvent par un de ses opposants.

Conte fantastique

de phénomènes surnaturels ou irrationnels.

des personnages victimes de phéno­ mènes surnaturels ou irrationnels. À l’exception de ces phénomènes, les autres éléments sont vraisemblables.

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LA NARRATION


Intention de lecture : Cerner le thème ainsi que la morale de ce conte.

Le conte de l’ homme amoureux de la planète Vénus 1

5

Voici l’histoire d’un homme si amoureux de la planète Vénus que, chaque soir étoilé, il s’installait devant sa maison pour lui déclarer son amour. Un soir, la planète lui répondit... — Je suis touchée de ta ferveur, et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens… Il se leva d’un bond, il avait reconnu la voix de l’aimée, même s’il ne l’avait jamais entendue. La planète Vénus enfin avait perçu son amour et répondait à sa flamme.

10

— Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu’à toi, je ne suis qu’un homme ? Elle murmura toute proche :

15

20

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— Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu’à tes pieds, approchetoi, monte dessus et quand tu seras sur la Lune, tu trouveras un autre rayon que j’ai disposé pour toi et qui te conduira jusqu’à moi…

Jacques Salomé est psychosociologue de formation et écrivain. Il s’intéresse beaucoup aux relations humaines ainsi qu’à la communication. Il enseigne, à travers ses livres, à mieux vivre ensemble. Dans ses contes, les métaphores nous aident à mieux comprendre certains de nos comportements et leurs impacts.

1 Surlignez la phrase qui présente l’élément déclen­ cheur de ce conte. 2 Soulignez les mots et les expres­ sions qui ont trait à la confiance en soi ainsi qu’au doute.

L’homme monta sur le rayon et avec facilité s’éleva jusqu’à la Lune. Sur cette planète, il découvrit comme promis le rayon de Vénus Définitions ferveur : ardeur, et commença à s’élever vers elle. enthousiasme, À mi-chemin, il eut soudain cette pensée : « Mais ce n’est pas vrai, intensité. je rêve, ce n’est pas possible qu’un homme puisse marcher sur le disposer : placer. rayon d’une planète… » naquit : verbe naître à Et avec ce doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba… et la troisième personne du singulier, au passé s’écrasa des milliers de kilomètres plus bas… sur Mars. simple de l’indicatif. Avant de mourir, il eut le temps d’entendre la voix de son aimée qui murmurait tout contre son oreille. — Il ne suffisait pas de m’aimer, ni de me faire confiance, encore fallait-il que tu puisses croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance à toi-même !

30

Ainsi se termine le conte de l’homme qui ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l’impossible. Jacques Salomé, « Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus », Contes à guérir, Contes à grandir, Éditions Albin Michel, 1993, p. 13 à 15.

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LA NARRATION


Questions sur le texte Compréhension et interprétation 1 Reconstituez le schéma narratif de ce conte en faisant des phrases complètes. Situation initiale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?)

Élément déclencheur

Émue de sa ferveur, sa bien-aimée lui parla afin de l’inviter à la rejoindre.

Péripétie

Dénouement

Situation finale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?)

2 Pourquoi l’élément déclencheur de ce récit n’est-il pas le fait que le doute naisse en l’homme amoureux ?

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LA NARRATION


Questions sur le texte (suite)

3 Expliquez dans vos mots la morale de ce conte.

Réaction 4 À votre avis, l’auteur de ce conte a-t-il raison de dire que, si l’on croit en soi, on peut accomplir de grandes choses que l’on croyait impossibles ? Justifiez votre réponse à l’aide d’un exemple.

Grammaire du texte 5 Vrai ou faux ? Déterminez si les énoncés suivants sont vrais ou faux. Si l’énoncé est faux, corrigez-le afin de le rendre vrai. a Le thème de ce conte est le courage, que l’on peut déterminer à l’aide du champ lexical lié à la confiance en soi ainsi qu’au doute.

  Vrai  

  Faux

B Selon la vision du monde de l’auteur de ce conte, la confiance en soi permet de relever tous les défis.

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LA NARRATION


Ressource de la langue :

La subordonnée relative complément du nom ou du pronom Lorsqu’on écrit un récit dans lequel on désire créer des images en peu de mots, la subordonnée relative ajoute de la précision aux noms et aux pronoms, et permet d’éviter les répétitions. Pour compléter un nom ou un pronom à l’aide d’une subordonnée relative, il est important de choisir le bon pronom relatif. Pour ce faire, observez les exemples suivants. 1 Le loup, qui se croyait si rusé , se fit prendre à son propre jeu. (Le pronom relatif qui remplace « le loup ».) Comme toutes les phrases comportant une subordonnée relative, celle-ci peut être reformulée en deux phrases indépendantes : Phrase 1 : Le loup se fit prendre à son propre jeu. Phrase 2 : Le loup se croyait rusé. 1er constat : Lorsqu’on formule deux phrases indépendantes, si le groupe remplacé par le pronom relatif est le sujet, on emploie qui.

2 Le château où cette scène se déroula fut construit dans une contrée lointaine. (Le pronom relatif où remplace « le château ».) Phrase 1 : Le château fut construit dans une contrée lointaine. Phrase 2 : Cette scène se déroula dans le château. (Cette scène se déroula où ?) 2e constat : Lorsqu’on formule deux phrases indépendantes, si le groupe remplacé par le pronom relatif répond à la question « où » dans la deuxième phrase, on emploie où.

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LA NARRATION


Ressource de la langue (suite)

3 La légende que je vous ai lue m’a été racontée par mon arrière-grand-père. (Le pronom relatif que remplace « la légende ».) Phrase 1 : La légende m’a été racontée par mon arrière-grand-père. Phrase 2 : Je vous ai lu la légende. (Je vous ai lu quoi ? / « La légende », CD) 3e constat : Lorsqu’on formule deux phrases indépendantes, si le groupe remplacé par le pronom relatif occupe la fonction de complément direct dans la deuxième phrase, on emploie que/qu’.

4 La princesse dont parle ce conte était fort jolie. (Le pronom relatif dont remplace « la princesse ».) Phrase 1 : La princesse était fort jolie. Phrase 2 : Ce conte parle de la princesse. 4e constat : Lorsqu’on formule deux phrases indépendantes, si le groupe remplacé par le pronom relatif commence par « de/d’ » ou un déterminant contracté (du, des) dans la deuxième phrase, on emploie dont.

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LA NARRATION


Intention de lecture : Prêter attention à l’interaction entre le narrateur et le destinataire.

Conteur et musicien sénégalais, Souleymane Mbodj s’emploie à préserver les contes africains issus de la tradition orale.

Définition case : habitation, hutte en paille, en feuillage ou en terre dans les pays chauds.

Bey la chèvre et ses trois vérités Il y a longtemps, très longtemps, une petite chèvre que l’on appelait Bey habitait avec sa maman. Un jour, alors que sa maman lui défendait de sortir seule, la petite chèvre s’enferma dans sa case et prépara en cachette un sac de voyage. Puis elle sortit et déclara à sa mère :

1

5

— Maman, je ne peux plus vivre ici, je vais m’installer dans la savane. Je veux être libre, faire tout ce que je veux, sortir quand je veux, manger quand je veux, dormir quand je veux. Tu m’étouffes. Je ne respire plus dans cette maison ! La maman leva les yeux vers le ciel et s’exclama :

10

— Ma fille, je suis ta mère, pas ton amie, tu n’as pas à me parler de cette manière ! Elle ajouta : — Ce que l’adulte voit assis, l’enfant ne le voit pas debout. Ne t’aventure pas dans la savane. Il y a les lions, les guépards, les panthères, les hyènes. C’est un endroit très dangereux et puis la liberté, ce n’est pas faire ce que l’on veut. Je t’en prie ma fille, reste avec moi. Malgré les conseils puis les larmes de sa mère qui essayait de la retenir, Bey la petite chèvre prit ses affaires et quitta la maison. Madame chèvre se retrouva seule. Elle pensa que sa fille allait revenir. Ce n’était pas la première fois qu’elle partait, mais cette fois-ci, Bey était déterminée. Pour se consoler, madame Chèvre se mit à chanter une berceuse que sa fille adorait. Pendant ce temps, Bey marchait et marchait toujours. Au coucher du soleil, elle arriva enfin dans les vastes étendues de la savane africaine.

15

20

25

— Ouf, soupira la chèvre, me voilà enfin libre ! Et elle se mit à chanter et à danser. Elle fut interrompue par une voix nasillarde : — Hum ! Que tu danses bien petite chèvre ! Tu as aussi une belle voix. Tes yeux sont si doux, hum, et ta chair si tendre qu’elle fond dans la bouche comme du beurre.

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LA NARRATION

30


Du même auteur : Souleymane Mbodj, Contes d’Afrique, Éditions Milan, 2005.

35

C’était Bouki la hyène qui se tenait juste derrière Bey. Son sourire habituel faisait apparaître ses énormes mâchoires. La chèvre se mit à trembler et à claquer des dents. D’une petite voix, elle supplia la hyène de la laisser partir. Bouki réfléchit un instant et dit :

1 Soulignez le pas­ sage où le narrateur s’adresse au lecteur.

— Petite chèvre, si tu veux avoir la vie sauve, alors tu dois me dire trois vérités vraies tout de suite, trois vérités qui crèvent l’œil. 40

Craignant pour sa vie, la chèvre tenta une première vérité : — Si je dis à ma maman que j’ai rencontré une hyène et qui ne m’a pas mangée, ma maman ne me croira pas. — Hum ! ! ! fit Bouki avec son sourire habituel, c’est vrai. Dis-moi vite quelle est la deuxième vérité ? grogna la hyène.

45

La chèvre dit : — Si toi, Bouki, tu dis à tes sœurs que tu as rencontré une chèvre toute seule en pleine savane, et que tu ne l’as pas dévorée, elles ne te croiront pas. — Hum, tu es bien intelligente, voilà une vérité qui crève l’œil ! ! !

50

Alors, vous qui m’écoutez, dites-moi, quelle dernière vérité a bien pu trouver la chèvre pour être libre ? Vous ne savez pas ? Je vais vous la souffler à l’oreille. La chèvre dit :

55

— Hyène, si tu ne m’as pas encore mangée, c’est parce que tu n’as pas faim. — Hum, hum… Voilà une vérité vraie, ricana la hyène qui ajouta : En effet, je viens de dévorer un énorme gnou. — Maintenant, dit Bouki, rentre vite chez toi petite chèvre, sinon je pourrais changer d’avis.

60

Bey fila droit à la maison. Quand sa maman l’aperçut, elle fut si heureuse de la serrer dans ses bras ! Toutes les deux pleurèrent de joie. La petite chèvre demanda à sa mère : — Est-ce par la vérité que l’on trouve la liberté ? Ou bien est-ce par le chemin de la liberté que l’on accède à la vérité ?

65

Ce débat existe toujours chez les chèvres aujourd’hui ! Souleymane Mbodj, « Bey la chèvre et ses trois vérités », Contes et sagesses d’Afrique, Milan jeunesse, 2009, p. 6 à 10.

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LA NARRATION


Questions sur le texte Compréhension et interprétation 1 Répondez aux questions suivantes portant sur la situation initiale. a Quand ? b Qui ? c Quoi ? d 1 Où ? 2 Donnez deux indices qui prouvent où se déroule le conte.

2 L’élément déclencheur du récit est le départ de la petite chèvre de sa maison. Pourquoi veut-elle quitter la demeure familiale ?

3 a Ce récit est-il vraisemblable ? b Parmi les éléments ci-dessous, cochez celui qui justifie votre réponse et expliquez pourquoi.   Les lieux 

  Les personnages 

  L’époque 

  Les objets 

  Les actions

4 Selon vous, que veut dire la mère de Bey lorsqu’elle affirme : « Ce que l’adulte voit assis, l’enfant ne le voit pas debout » ?

5 À votre avis, quelle est la morale de ce récit ? Justifiez votre réponse en vous basant sur le texte.

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LA NARRATION


Questions sur le texte (suite)

6 Relisez les lignes 63 et 64. Que signifie cette interrogation de Bey la chèvre ? Que veut-elle savoir ?

Réaction 7 Croyez-vous que ce conte africain peut interpeller les jeunes Québécois d’aujourd’hui ? Expliquez votre réponse.

Grammaire du texte 8 À la page 97, quel verbe le narrateur utilise-t-il pour suggérer que le conte est issu de la tradition orale ?

9 a Complétez la phrase suivante. Lorsqu’il interpelle son destinataire, le narrateur s’adresse à lui à la personne du c’est-à-dire au  .

,

b Quel effet cela a-t-il eu sur votre lecture ?

Que dit le narrateur à propos de la hyène pour indiquer que ce n’est pas la première fois qu’il la voit ?

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LA NARRATION


Ressource de la langue : Les marques énonciatives

Le conte vient de la transmission orale. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver plusieurs indices de la présence de l’énonciateur, celui qui raconte une histoire à un public. Ces indices portent le nom de « marques énonciatives ».

Les marques énonciatives qui renvoient à l’énonciateur Marques énonciatives

Exemples

Les pronoms personnels et les déterminants possessifs qui marquent la présence de l’énonciateur.

J’étais présent lorsque ma grand-mère a raconté cette histoire.

Les groupes incidents et les phrases incidentes insérés dans une phrase pour introduire le point de vue de l’énonciateur.

• D’après moi, elle n’est pas là. • Elle sera prudente, j’en suis certain.

Les phrases interrogatives qui ne s’adressent pas spécifiquement au destinataire et qui présentent un questionnement où la réponse est sous-entendue.

Comment peut-on être aussi naïve ?

Les variétés de langue qui caractérisent l’énonciateur (langue familière, populaire, soutenue ou littéraire) et l’emploi de mots d’autres langues pour créer un effet.

• Ça placotait dans le village. • Dirais-je • Big deal !

Les marques énonciatives qui renvoient au destinataire Marques énonciatives

Exemples

Les pronoms personnels et les déter­minants possessifs de la 2e personne qui marquent la présence d’un destinataire.

• L’histoire que je vais vous conter… (respect par le vouvoiement) • Tu n’es pas sans savoir… (connivence) • Me suis-tu là ? (familiarité)

Les phrases impératives et interro­gatives, et les apostrophes qui s’adressent au destinataire.

• Imaginez… • Écoutez bien ceci. • Avez-vous déjà vu une chose pareille ?

Le non-verbal : posture, distance physique, prosodie.

Ces éléments se voient lorsque le conte est présenté oralement. Le conteur regarde son public, se penche vers lui et chuchote pour lui faire une confidence…

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LA NARRATION


Situation d’écriture :

Rédaction d’un conte transformé Vous écrirez votre propre version d’un conte de votre enfance. Et si c’était la grand-mère qui voulait faire cuire le loup dans Le Petit Chaperon rouge ? Et si Cendrillon était une vilaine fille qui agit cruellement envers les membres de sa famille ? Consignes pour la rédaction ፝፝ Créez le schéma actanciel du conte choisi : destinateur(s), objet(s), destinataire(s), adjuvant(s), opposant(s) et sujet. ፝፝ Dans un tableau comme celui ci-dessous, présentez les cinq éléments de l’univers narratif de votre conte. (Indiquez trois éléments pour chacune des composantes.) Ensuite, changez au moins deux éléments de cet univers (mettre les changements en couleur). Personnages

Lieux

Époque

Objets

Actions

፝፝ Construisez le schéma narratif de votre histoire comprenant deux ou trois péripéties. Présentez d’abord le schéma du conte d’origine et procédez aux changements que vous désirez apporter. (Il ne faut pas changer le contenu de la situation initiale ni de l’élément déclencheur, sinon le conte pourrait être  méconnaissable !) ፝፝ N’oubliez pas de trouver une SUPER MORALE !

JE RETIENS DONC...  .

Lorsque j’écris un conte, je peux terminer par une Le récit doit répondre aux étapes du

et comprendre

les éléments de son les

© Éditions Grand Duc

tels que les personnages, les objets,

 , le temps et le

101

 .

LA NARRATION


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