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édition

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Cette nouvelle édition de MisÀjour Français a toujours pour objectif la réussite de vos élèves en lecture.

ajout d’exerc ice de théo s et rie gramm en aire

Cette nouvelle édition fait plus de place à la grammaire. Voici les ajouts qu’elle comprend : • des questions de grammaire en contexte ; • des exercices en lien avec les ressources de la langue ; • une section de référence où sont expliquées 50 notions essentielles de grammaire.

• Une section d’enseignement explicite des stratégies de lecture, qui sont présentées une à une, modélise la façon d’annoter un texte et explique chacun des types de questions tout en précisant comment y répondre. • Des questions de jugement critique ont été ajoutées afin que l’analyse des textes aborde tous les critères d’évaluation. • Des textes ont été mis à jour.

Plus de 500 exercices autocorrigés sont disponibles gratuitement en ligne dans la Classe numérique. LA CLASSE NUMÉRIQUE

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FRANÇAIS + GRAMMAIRE

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ajout d’exercices et de théorie en grammaire

MÉLANIE DEMERS MARIE DUCHESNEAU

CHEVALERIE HISTORIQUE ŒUVRE

LE CHAPITRE D’UN MANUEL DE SCIENCE ET TECHNOLOGIE OU DE SCIENCE L’article de vulgarisation VULGARISATION MANUEL D Chapitre d’un manuel de S HUMAINES TECHNOLOGIE

SCIENCE RÉCIT ROMAN LE POÈME LYRIQUE CONTE ETROMAN LÉGENDE HISTORIQ

MisÀjour

Une attention plus grande est accordée au développement de la compétence en lecture :

MisÀjour

Cahier de savoirs 2e

DEMERS | DUCHESNEAU

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

MisÀjour

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

science et technologie ou de sciences humaines Conte et la légende Roman historique et le roman de chevalerie Poème lyrique L’article de vulgarisation Chapitre d’un manuel de science et

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MisÀjour FRANÇAIS + GRAMMAIRE

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Cahier de savoirs

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FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

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ajout d’exercices et de théorie en grammaire

MÉLANIE DEMERS MARIE DUCHESNEAU

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REMERCIEMENTS Pour son travail de vérification scientifique, l’Éditeur témoigne sa gratitude à Mme Geneviève Cliche.

MisÀjour FRANÇAIS + GRAMMAIRE

Français, 3e année du secondaire © 2019, Éditions Grand Duc, une division du Groupe Éducalivres inc. 1699, boulevard Le Corbusier, bureau 350, Laval (Québec) H7S 1Z3 Téléphone : 514 334-8466 • www.grandducenligne.com Tous droits réservés. CONCEPTION GRAPHIQUE (maquette intérieure et page couverture) : INFOGRAPHIE : Pige communication PHOTOGRAPHIES : p. 20 : nicoolay/istock ; p. 28 : Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3215825 ; p. 37 : Private Collection/© Look and Learn/Bridgeman Images ; p. 54 : © Francis Vachon ; p. 68 : ItzaVU/Shutterstock. com ; p. 77 : © Maxyme G. Delisle ; p. 92 : © Rocket Lavoie ; p. 99 : Jean-Marie Périer/Photo12 ; p. 116 : Archive Pics/Alamy Banque d’Images ; p. 139 : Maxim Petrichuk/ Shutterstock.com ; p. 150 : © Musée McCord ; p. 178 : © Collection Assemblée nationale/photographe Christian Chevalier ; p. 200 : Chronicle/Alamy Banque d’Images ; p. 210 : © Francis Vachon/Alamy Banque d’Images ; p. 217 : © Jocelyn Michel.

Il est illégal de reproduire cet ouvrage, en tout ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation écrite de l’Éditeur. Le respect de cette recommandation encouragera les auteurs et auteures à poursuivre leur œuvre.

CODE PRODUIT 4596 ISBN 978-2-7655-3725-0 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019 Bibliothèque et Archives Canada, 2019

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Table des matières La structure de la collection.........................................................................................

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Pour réussir en lecture..............................................................................................

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La narration La présentation de la narration....................................................................................

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Le conte et la légende...................................................................................................... 16 Le Petit Chaperon rouge, par Charles Perreault........................................................... 18 Ressource de la langue : Les éléments de l’univers narratif........................................ 24 Le revenant de Gentilly, par Louis Fréchette................................................................ 26 Ressource de la langue : Les marques énonciatives.................................................... 34 Kiutu et la Mort, par Henri Gougaud............................................................................ 36 Ressource de la langue : Le vocabulaire servant à caractériser les personnages........ 41 Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus, par Jacques Salomé................ 43 Ressource de la langue : La subordonnée relative complément du nom ou du pronom......................................................................................................... 47 Le bonbon du mensonge, par Fred Pellerin................................................................. 50 Ressource de la langue : Les variétés de langue.......................................................... 60 Situation d’écriture....................................................................................................... 63 Le roman historique et le roman de chevalerie.......................................................... 64 Le journal d’Anne Frank, par Anne Frank...................................................................... 66 Ressource de la langue : L’harmonisation des temps verbaux..................................... 72 Marie LaFlamme, par Chrystine Brouillet.................................................................... 74 L’enlèvement, par Christian de Montella...................................................................... 82 Ressource de la langue : L’insertion de séquences secondaires.................................. 88 À bord de l’Ouragan, le trésor perdu, par Camille Bouchard........................................ 90 La bicyclette bleue, par Régine Deforges.................................................................... 96 Ressource de la langue : Les mots et les groupes de mots qui situent dans le temps......................................................................................................... 105 Situation d’écriture....................................................................................................... 107 Suggestions de lecture..................................................................................................... 108

L’explication La présentation de l’explication...................................................................................

110

L’article de vulgarisation.................................................................................................. Pourquoi aime-t-on la musique ?, par Karine Vilder....................................................... Ressource de la langue : Le point de vue plutôt neutre............................................... Les dangers de porter des gougounes, par Jeanne Dompierre................................... Ressource de la langue : Les moyens linguistiques pour exprimer la cause et la conséquence..................................................................................… Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ?, par 275-Allô............ Ressource de la langue : La phrase subordonnée complément de phrase.................. Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? .................................................. Situation d’écriture.......................................................................................................

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TABLE DES MATIÈRES

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Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines.... L’expression du sacré, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse.................... L’effet de serre, par Carole Schepper et Claude Dignard.............................................. Ressource de la langue : Les procédés explicatifs....................................................... Les populations autochtones, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse........ Ressource de la langue : La reprise de l’information.................................................... L’électricité statique et la charge électrique, par Carole Schepper et Claude Dignard..... Ressource de la langue : Le vocabulaire....................................................................... Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse................................................... Ressource de la langue : Le discours rapporté............................................................. Situation d’écriture....................................................................................................… Suggestions de lecture.....................................................................................................

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La poésie La présentation de la poésie.......................................................................................

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Le poème lyrique............................................................................................................... 192 Béatrice, par Émile Nelligan......................................................................................... 194 Ressource de la langue : La structure du poème......................................................... 198 Qu’en avez-vous fait ?, par Marceline Desbordes-Valmore.......................................... 200 Ressource de la langue : Le champ lexical................................................................... 204 Conseil, par Théodore de Banville................................................................................ 206 Les deux printemps, par Daniel Bélanger.................................................................... 209 Ressource de la langue : Les figures de style.............................................................. 214 La tête haute, par Les Cowboys Fringants................................................................... 216 Situation d’écriture....................................................................................................... 221 Suggestions de lecture..................................................................................................... 222

50 notions pour la grammaire en contexte.............................................................

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TABLE DES MATIÈRES

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La structure de la collection Le cahier MisÀjour Français est un outil qui aide l’élève à développer ses stratégies en lecture et à répondre aux questions qui accompagnent les textes. Cette deuxième édition met aussi l’accent sur la grammaire.

Les nouveautés de cette deuxième édition •   Nouveau ! Pour réussir en lecture Cette section explicite une à une les stratégies de lecture, modélise la façon d’annoter un texte et explique chacun des types de questions du cahier tout en précisant comment y répondre.

Pour réussir en lecture L’annotation d’un texte

p. 2

14 stratégies de lecture incontournables p. 4

Avant la lecture

p. 5 p. 9

Pendant la lecture Après la lecture Les questions sur le texte

p. 10

•   Nouveau ! 50 notions pour la grammaire en contexte Cette section de référence offre un résumé des notions essentielles de grammaire et aide l’élève à répondre aux questions de grammaire en contexte qui accompagnent les textes. Pour chaque notion, un c o d  e renvoie à des exercices autocorrigés dans la Classe numérique.

50 notions pour la grammaire en contexte Mes outils

Les sections 1 à 8, suivies de la mention Rappel , présentent des notions qui devraient être maîtrisées. Les informations précédées de la mention 3e secondaire sont spécifiques à cette année.

Les classes de mots Rappel Les groupes syntaxiques Les fonctions dans les groupes La phrase Les types de phrases Les formes de phrases Les phrases à construction particulière Les liens dans les phrases et entre les phrases Les manipulations syntaxiques La ponctuation La conjugaison des verbes

p. 224 p. 230 p. 234 p. 238 p. 239 p. 241 p. 243 p. 243 p. 246 p. 248 p. 250

Les critères d’évaluation en situation d’écriture

p. 252

Les chapitres qui présentent les modes de discours Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La narration

Auteur

Œuvre

Lecteur

• L’auteur d’un texte narratif est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque, sa notoriété. • Son intention peut être : – de raconter une histoire ; – de transposer la réalité dans un autre univers ; – d’illustrer des comportements.

• L’auteur et le lecteur doivent tenir compte : – du contexte de production de l’œuvre (date à laquelle le texte a été écrit, lieu de création, édition, collection) ; – du contexte historique ou socioculturel.

• En lisant un texte narratif, le lecteur détermine ses champs d’intérêt et ses genres préférés. De plus, il développe ses connaissances littéraires et ses stratégies de lecture. • Son intention peut être : – de donner libre cours à son imagination, à ses sentiments et à ses émotions ; – de se représenter le monde ; – d’alimenter son écriture ; – de découvrir un auteur.

Autres termes pour nommer l’auteur : bédéiste, conteur, romancier, fabuliste.

Des illustrations accompagnent parfois le texte.

Moyens pour organiser le texte

• Narrateur omniscient, qui connaît tout de ses personnages et qui ne participe pas à l’histoire • Narrateur participant à l’histoire, qui est désigné par des marques énonciatives • Narrateurs multiples

Situation initiale

Présentation des personnages

Présentation du cadre spatiotemporel

• Ils jouent plusieurs rôles (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes). • Ils sont caractérisés grâce : – à l’insertion d’éléments descriptifs ou de séquences ; – à l’indication des actions qu’ils accomplissent ou subissent ; – à l’insertion de dialogues, de monologues intérieurs ou de commentaires du narrateur. • Cadre spatial (description du lieu et de ses caractéristiques) • Cadre temporel (description de l’époque) • Déplacements dans l’espace et le temps (itinéraire, liens entre les déplacements et la quête)

Élément déclencheur Présentation de l’événement qui perturbe la situation d’équilibre Déroulement (actions, réactions et événements)

La cohérence et l’organisation du texte

Moyens pour assurer la cohérence du texte

Pour chaque mode de discours, un schéma sur double page présente les notions dont l’élève doit faire l’apprentissage selon la Progression des apprentissages. La structure type du mode de discours à l’étude y est présentée afin d’aider l’élève à la reconnaître.

L’organisation d’un texte narratif (séquence narrative) Types de narrateur

La situation de communication

• Reprise de l’information • Harmonisation des temps verbaux • Non-contradiction entre les éléments de l’univers narratif ainsi qu’entre la caractérisation des personnages et leur façon de s’exprimer • Correspondance étroite entre les caractéristiques des personnages, le cadre spatiotemporel, les actions, les événements et le genre du récit • Titre et intitulés de chapitre • Paragraphes • Organisateurs textuels • Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation) • Indications typographiques (capitales, gras, italique)

Séquences secondaires

Intrigue et quête d’équilibre

• Séquences descriptives • Séquences explicatives • Séquences dialogales • Séquences argumentatives • Déroulement des événements de l’intrigue linéaire (ordre chronologique) ou non (ruptures dans la chronologie, modifications de l’ordre typique des étapes de la séquence) • Quête d’équilibre marquée par l’action ou par l’évolution du personnage

Dénouement Présentation du moment où le personnage principal résout son problème ou échoue dans sa quête Situation finale ou morale (ou ces deux éléments à la fois) Présentation du moment où l’équilibre est rétabli

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LA NARRATION

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LA NARRATION

Plusieurs textes permettent à l’élève d’acquérir des connaissances sur le mode de discours à l’étude, conformément à la Progression des apprentissages. Pour chaque texte, une stratégie tirée de la section Pour réussir en lecture est suggérée à l’élève. Des consignes d’annotation permettent à l’élève d’analyser son texte de façon efficace et de repérer plus facilement les informations importantes.

Stratégie de lecture Je me réfère à la structure du texte.

Faisant partie autrefois d’une tradition orale, ce conte a ensuite été rapporté à l’écrit par de nombreux auteurs qui l’ont de ce fait modifié quelque peu selon leurs valeurs et leurs croyances. Cette version se rapproche fort probablement de l’original d’après sa morale...

1 Surlignez les élé­ ments suivants de la situation initiale : quand ? où ? qui ? 2 Tracez un trait : a) entre la situation initiale et l’élément déclencheur ; b) là où commence le déroulement du conte.

Définitions chaperon : vêtement à capuchon qui peut recouvrir la tête et les épaules. seoir : convenir, bien faire.

Les mots plus difficiles sont inscrits en bleu dans le texte et définis dans la marge.

[Le nouveau venu s’avança vers Rose, lui prit les deux mains et 3 Déroulement (péripéties) lui dit : 15

— J’espère, ma belle demoiselle, que vous serez à moi ce soir et que nous danserons toujours ensemble. — Certainement, dit Rose, à demi-voix.

Qu’est-ce que c’est ? Issu de la littérature orale, le conte est un court récit qui se termine généralement par une morale et qui est souvent teinté de la culture du peuple dont il provient. Le conte merveilleux ou « conte de fées » est le type le plus répandu. Il se termine généralement bien et contient des expressions qui le caractérisent (« Il était une fois », « Depuis ce temps »). La légende, quant à elle, est basée sur des éléments de faits historiques connus (personnages, lieux ou actions) qui ont été embellis ou amplifiés selon l’imagination de ceux qui la racontent. Elle s’apparente aussi au mythe puisqu’elle peut expliquer des phéno­ mènes naturels, mais elle ne met pas en scène des divinités. Exemple de légende

20

25

Où les trouve-t-on ? Certains livres sont des recueils de contes ou de légendes que l’on peut trouver dans les bibliothèques ou les librairies. Il est aussi possible d’en lire dans Internet.

LA NARRATION

Rose était envoûtée par l’inconnu, mais elle savait aussi que continuer de danser serait un péché. Mais elle ne pouvait pas arrêter, comme si on lui avait jeté un sort !3]

[Au douzième coup de minuit, l’étranger embrassa Rose. La 4 Dénouement : fin de l’action maison prit alors feu, mais tous réussirent à sortir à temps.4]

Rose Latulipe

16

À noter : Le narrateur est omniscient ; il participe donc à l’histoire.

Puisque minuit approchait, le maître du logis voulut alors faire cesser la danse, observant qu’il était peu convenable de danser pendant le mercredi des Cendres. — Encore une petite danse, dit l’étranger. Vous m’avez promis, belle Rose, d’être à moi toute la veillée : pourquoi ne seriez-vous pas à moi pour toujours ?

Qui les lit et pourquoi ? Que ce soit pour se divertir, s’instruire ou tirer une morale d’une histoire, autant les jeunes que les adultes se plaisent à lire un conte ou une légende.

[Il y avait autrefois, dans un petit village du Québec, au 18e siècle, Titre une jeune femme nommée Rose Latulipe. Elle avait un amoureux (souvent le nom du personnage principal) nommé Gabriel Lepard, qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux. Elle adorait danser et s’amuser, si bien qu’un jour de Mardi 1 Situation initiale gras, elle demanda à son père d’organiser une danse. Celui-ci (Quand ? Où ? Qui ? accepta, à condition que tout le monde soit parti à minuit ; autreQuoi ?) ment, ce serait un péché.1] 2 Élément déclencheur [Soudain, vers onze heures du soir, on entendit une voiture s’arrêOrganisateurs ter devant la porte. Un bel étranger en sortit et demanda au maître textuels : de la maison la permission de se divertir un peu. Celui-ci articulation des accepta.2] étapes du schéma narratif

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Tout le reste de la soirée, elle dansa avec l’étranger, qui n’invita personne d’autre.

Qui les écrit et pourquoi ? Une personne désireuse de divertir par une histoire dans laquelle tout est possible, et qui veut enseigner une morale.

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5

30

[Le lendemain, les villageois virent la jeune femme rôder autour

35

danse après minuit.5] [Plusieurs versions de ce conte existent. La fin change, mais la

5 Situation finale de la maison, et constatèrent qu’elle avait maintenant la tête toute (Quand ? Où ? Qui ? blanche et qu’elle semblait avoir perdu la raison. Ils surent alors Quoi ?) : retour à un équilibre qui était le bel étranger qui avait assisté à la soirée : c’était le diable lui-même. C’est pourquoi il avait insisté pour continuer la

6 Morale de la morale reste la même : la belle Rose est toujours punie d’avoir légende accepté de danser avec le diable !6]

Philippe Aubert de Gaspé (fils), Rose Latulipe, 1837 (texte adapté).

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LA NARRATION

La présentation des genres de textes comporte deux parties : un encadré décrivant ses principales caractéristiques et un exemple annoté.

Intention de lecture Prêter attention aux caractéristiques du texte (éléments de l’univers narratif).

Le Petit Chaperon rouge Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût pu voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

1

Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :

5

— Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mèregrand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

10

— Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie.

15

— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. — Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village. — Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

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Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mèregrand ; il heurta : toc, toc. — Qui est là ?

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Le conte et la légende

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LA NARRATION

L’intention de lecture indique à l’élève ce à quoi prêter attention durant sa lecture. Des pictogrammes indiquent le niveau de difficulté des textes à l’étude près du titre de ceux-ci. Plutôt facile Facile Plutôt difficile Difficile

Nouveau ! Des informations culturelles en lien avec les textes sont présentées à l’élève.

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LA STRUCTURE DE LA COLLECTION

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Les questions qui accompagnent les textes Les questions proposées dans le cahier couvrent tous les critères d’évaluation en lecture.

Questions sur le texte

Nouveau ! Les questions d’interprétation sont distinctes des questions de compréhension.

4 En vous basant sur ce que vous avez lu, que croyez­vous qu’il se serait produit si Kiutu

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

avait refusé de ramener au géant une fille de son village ? Justifiez votre réponse.

Compréhension et interprétation 1 Répondez aux questions suivantes portant sur la situation initiale. a) Quand ? b) Qui ? c) Quoi ? d) 1 Où ?

Grammaire en contexte Voir la notion 9, p. 230.

chaque expansion du noyau souligné et indiquez sa nature (GAdj, GN, GPrép, subordonnée relative). petite

b) un petit

baraque » ? Fiez­vous au contexte pour dégager le sens des expressions ou des mots qui vous sont inconnus et consultez un dictionnaire au besoin.

Réaction 6 Si vous aviez été à la place de Kiutu, auriez­vous accepté de devenir le domestique du géant ? Justifiez votre réponse à l’aide de vos repères culturels.

3 Diriez­vous que le géant est grand comme une maison, un édifice de 6 étages ou un édifice de 20 étages ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

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LA NARRATION

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LA NARRATION

Les ressources de la langue Des rubriques sur les ressources de la langue sont insérées là où la Progression des apprentissages prévoit l’étude de ces notions.

Les personnages Les lieux

fille de village

sur le contenu du texte.

2 Que signifie ce passage : « il passait plus de temps à faire bombance qu’à briquer la

2 Identifiez les éléments de l’univers narratif du conte Le Petit Chaperon rouge.

1 Dans les passages suivants du texte Le Petit Chaperon rouge, mettez entre crochets

a) une

5 Selon vous, quelle est la morale de ce conte ? Justifiez votre réponse en vous basant

2 Dès la première phrase, l’auteur précise où se déroule l’histoire. Toutefois, il est possible pour le lecteur de déduire cette information du texte. Relevez trois passages qui renseignent sur la partie du monde où se déroule ce conte.

Nouveau ! Des questions de grammaire en contexte sont présentées à l’élève afin qu’il ou elle puisse vérifier sa compréhension des notions grammaticales en contexte de lecture. Un encadré renvoie l’élève aux notions correspondantes dans la section 50 notions pour la grammaire en contexte.

Les objets

pot de beurre que ma mère

vous

envoie Les actions

Ressource de la langue

r

Les éléments de l’univers narratif

b

j

t

Nouveau ! Elles sont suivies d’une page d’exercices.

L’époque

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3 a) À quel univers narratif correspond Le Petit Chaperon rouge ? Que ce soit dans un conte, un récit ou une légende, tout texte narratif s’inscrit dans un univers qui permet de mieux comprendre les enjeux, les actions et la conduite des personnages selon l’époque et le lieu où l’histoire se déroule par exemple. L’univers narratif peut s’apparenter plus ou moins au monde réel, mais il peut aussi prendre ses origines dans le passé, comme dans la légende, ou être une pure création, comme dans les récits d’anticipation qui ont lieu dans le futur. La correspondance étroite entre les différents éléments de l’univers narratif est très importante afin d’assurer la cohérence de l’histoire racontée.

Une légende

Un conte merveilleux

Un conte fantastique

b) Justifiez votre réponse à l’aide des éléments que vous avez identifiés à la question 2.

Dans les contes, les mythes et les légendes, les éléments suivants peuvent être identifiés pour déterminer leur catégorie : Les personnages : rois, princesses, sorcières, esprits, animaux, diable, dieu, etc. Les lieux : région lointaine, village, forêt, camp de bûcherons, etc.

Nouveau ! Pour chaque ressource de la langue, un c o d  e renvoie à des exercices autocorrigés dans la Classe numérique.

Les objets : baguette magique, canot volant, violon, épée, etc. Les actions : danser, charmer, punir, mourir, se battre, fêter, etc. L’époque : les expressions (jadis, il était une fois, à cette époque) ou les éléments du récit. Construction autour...

Met en scène...

Légende

Univers

d’un événement qui s’est réellement produit, mais qui a été amplifié à travers la transmission orale.

un élément clé, que ce soit un événement historique ou un lieu connu.

Mythe

d’un phénomène naturel ou de la création du monde.

une divinité grecque ou un autre personnage mythique.

Conte merveilleux

d’un personnage principal typé, vivant dans un monde où l’invrai­ semblable est accepté.

un personnage, un héros qui devra se sortir d’une situation problématique causée souvent par un de ses opposants.

Conte fantastique

de phénomènes surnaturels ou irrationnels.

des personnages victimes de phéno­ mènes surnaturels ou irrationnels. À l’ex­ ception de ces phénomènes, les autres éléments sont vraisemblables.

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LA NARRATION

4 a) Nommez une autre histoire populaire de votre enfance.

b) S’agit­il d’une légende, d’un mythe, d’un conte merveilleux ou d’un conte fantastique ? c) Quels indices vous permettent de l’affirmer ?

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LA NARRATION

Situation d’écriture

Rédaction d’un conte transformé Vous écrirez votre propre version d’un conte de votre enfance. Et si c’était la grand­mère qui voulait faire cuire le loup dans Le Petit Chaperon rouge ? Et si Cendrillon était une vilaine fille qui agit cruellement envers les membres de sa famille ?

Les situations d’écriture

Avant de rédiger votre conte, suivez les étapes suivantes. Créez le schéma actanciel du conte de votre choix : objet, sujet, adjuvant(s) et opposant(s).

Chaque genre de texte fait l’objet d’une situation d’écriture pour permettre à l’élève de réinvestir ses connaissances.

Il ne faut pas changer le contenu de la situa­ tion initiale ni de l’élé­ ment déclencheur, sinon le conte pourrait être méconnaissable.

Présentez dans un tableau les cinq éléments de l’univers narratif (p. 24) du conte original. Indiquez trois éléments pour chacune des composantes, puis changez au moins deux éléments de cet univers dans votre conte.

Construisez le schéma narratif de votre histoire en incluant deux ou trois péripéties. Présentez d’abord le schéma du conte d’origine, puis procédez aux changements que vous désirez apporter. Au moment de rédiger votre texte, assurez­vous de respecter les consignes suivantes. Utilisez le même type de narrateur que celui du conte original et prêtez attention aux marques énonciatives (p. 34). Employez différents moyens pour caractériser vos personnages (p. 41). Ajoutez des expansions dans les groupes du nom en utilisant la subordonnée relative (p. 47). Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez­ vous aux pages 252 et 253.

Prenez aussi le temps de vérifier :

Les suggestions de lecture

la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes.

À la fin de chaque chapitre, des suggestions de lecture invitent l’élève à enrichir son expérience littéraire.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un conte, je peux terminer par une Le récit doit répondre aux étapes du

tels que les personnages, les objets, les , le temps et le

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. et comprendre

les éléments de son

.

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LA NARRATION

Le volet numérique avec un contenu bonifié nnUn guide d’enseignement numérique complet propose de nouveaux outils :

•• une planification annuelle ; •• une version adaptée des textes et des questions qui les accompagnent pour favoriser l’apprentissage des élèves en difficulté (format Word et PDF) ; •• des exercices reproductibles pour consolider les apprentissages en lien avec les ressources de la langue et la grammaire ; •• des évaluations en lecture et en écriture pour tous les genres de textes ; •• une évaluation des trois compétences pour chaque mode de discours. nnUne médiagraphie commentée propose des outils ou de l’information

supplémentaire. nnUne version à projeter est également disponible.

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LA STRUCTURE DE LA COLLECTION

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Pour réussir en lecture L’annotation d’un texte

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14 stratégies de lecture incontournables Avant la lecture Pendant la lecture Après la lecture Les questions sur le texte

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L’annotation d’un texte Pourquoi annoter un texte ? Annoter un texte vous sert : •• à découvrir la structure d’un texte ; •• à mieux comprendre un texte ; •• à repérer plus facilement les informations importantes qui vont vous permettre de répondre aux questions. Au bout du compte, cela vous permet de gagner du temps !

Comment annoter un texte de façon efficace ? Pour annoter un texte, vous pouvez : 1 souligner les mots que vous avez du mal à lire ou que vous ne comprenez pas. 2 écrire dans la marge ou au-dessus d’un mot que vous ne connaissez pas une courte définition ou un synonyme. 3 surligner les informations importantes. 4 dans la marge, résumer dans vos mots l’idée principale d’un paragraphe. 5 encadrer les éléments qui structurent un texte : les titres, les intertitres, les organisateurs textuels, etc. 6 tracer un trait entre les différentes parties d’un texte (par exemple, entre l’introduction, le développement et la conclusion ; ou encore, dans le paragraphe d’introduction, entre le sujet amené, le sujet posé et le sujet divisé). [Annotation non illustrée dans l’exemple ci-contre]

Il est important de connaître votre intention de lecture avant de débuter. En sachant ce que vous cherchez, il vous sera plus facile de déterminer ce qui est important de retenir.

Attention ! N’annotez pas trop le texte, sans quoi vous ne vous y retrouverez plus !

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Où pratiquer des sports à sensations fortes au Québec ?

Exemple d’un texte annoté

La plongée sous-marine 5 Le Québec regorge de plans d’eau pour les adeptes de plongée sous-marine. Ce sport extrême n’est pas réservé exclusivement à ceux et celles qui voyagent dans les pays chauds ! Dans les eaux claires de la province, les amateurs et amatrices de plongée sous-marine 3 , peu importe leurs aptitudes, peuvent entre 2 débris d’un navire 2 flottage du bois autres explorer l’épave 1 d’un ancien bateau de drave 1, un remorqueur et un avion dans les eaux profondes de la région de l’Outaouais.

Le rafting 5 La rivière Rouge 3, qui coule dans les Laurentides, est une véri- 4 La rivière Rouge est idéale pour table source de plaisir pour les rafteurs et rafteuses. Accompagnés le rafting, car le d’un guide, les groupes peuvent choisir divers trajets présentant courant y est très fort. différents niveaux de difficulté. Deux tronçons font la joie des sportifs et sportives et leur garantissent des palpitations cardiaques : le Canyon Harrington et les Sept Sœurs, tous deux synonymes de courants forts et de chavirements.

La spéléologie 5 À Saint-Casimir 3, dans le comté de Portneuf, une grotte de 4 Il existe de beaux endroits au Québec 980 mètres fait la joie des explorateurs et exploratrices. Un petit 2 roche sédimentaire facilement soluble dans l’eau pour pratiquer ruisseau qui coule sous terre et creuse le calcaire 1 permet aux la spéléologie. spéléologues de parcourir un trajet semé d’embûches. De plus, 5 près de la ville de Québec 3, on trouve l’un des plus longs trajets de spéléologie de la province. En effet, 5 la grotte de Boischatel avec ses passages hauts de 4 mètres fait vivre des émotions fortes aux personnes initiées au monde minéral. © Éditions Grand Duc

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Catherine-Ann George, « Où pratiquer des sports à sensations fortes au Québec », Clicmots B, 2e année du 3e cycle, Laval, Éditions Grand Duc, 2011, p. 24-25.

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14 stratégies de lecture incontournables Voici une stratégie que vous pouvez utiliser avant votre lecture.

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Je survole le texte pour faire des prédictions sur son contenu.

Pourquoi ? nn Pour activer mon cerveau et me préparer à apprendre de nouvelles informations

ou à comprendre l’histoire. nn Pour m’appuyer sur ce que je sais déjà.

Ainsi, je peux plus facilement comprendre le texte que je lis et maintenir un bon niveau d’attention pendant ma lecture. nn Pour faire un plus grand nombre de liens.

Si des éléments d’information ne sont pas clairement mentionnés dans le texte, je peux les déduire. C’est ce que l’on appelle faire de l’inférence. Comment ? nn J’observe les indices du texte comme le titre, les intertitres, les photos, les illustrations et les autres

éléments qui y sont mis en évidence (par les caractères gras, les caractères italiques ou autres moyens graphiques). nn J‘identifie le genre de texte. nn Je prends le temps de me demander ce que je connais sur le sujet du texte que je vais lire.

Pour ce faire, je me pose les questions suivantes : •• Ai-je déjà lu un livre ou vu une émission qui traite du même sujet ? •• Ai-je déjà vécu une situation semblable ? nn S’il s’agit d’un texte explicatif, je me questionne sur ce que je veux savoir. nn Je me questionne sur ce que je dois savoir avant de lire le texte (informations sur l’auteur,

contexte de production, etc.)

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Voici des stratégies que vous pouvez utiliser pendant votre lecture.

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Je cherche des indices dans les mots plus difficiles.

Pourquoi ? Pour bien comprendre le sens des mots que je lis. Comment ? nn Je cherche des mots appartenant à la même famille morphologique.

Exemples : jardin, jardiner, jardinier, jardinage Les mots de même famille morphologique sont issus d’un mot de base auquel on a ajouté un affixe (préfixe ou suffixe). Ces mots ont un lien de sens. Souvenez-vous qu’un préfixe se situe au début d’un mot et qu’un suffixe se trouve à la fin d’un mot. nn Je décompose les mots en cherchant le mot de base et en tentant de comprendre

le sens des préfixes et des suffixes.

3

Je regarde autour des mots.

Pourquoi ? nn Pour m’aider à comprendre le sens des mots du texte. nn Pour bien comprendre ce que je lis.

Comment ? nn Je regarde si la définition d’un mot difficile est fournie dans la marge, dans un encadré ou dans

le bas de la page. nn J’observe les illustrations ou les photos pour y trouver des indices. nn Je relis la phrase avant et la phrase dans laquelle se trouve le mot, parce que le contexte peut

me donner des indices sur le sens du mot. nn Je poursuis ma lecture ; peut-être que la réponse se trouve plus loin dans la phrase.

4

J’utilise les outils mis à ma disposition.

Pourquoi ? Pour comprendre le sens de certains mots. Comment ? Je cherche des mots dans les outils mis à ma disposition : •• un dictionnaire ;

•• des camarades de classe ;

•• une affiche thématique ;

•• le personnel enseignant.

•• un site Internet ; © Éditions Grand Duc

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Je tiens compte de la ponctuation.

Pourquoi ? Pour donner un sens à la phrase. Comment ? nn Je fais de courtes pauses aux virgules et des pauses aux points (. ? !).

Les différents points donnent une information sur le sens de la phrase et suggèrent une intonation différente. Les marques de parole sont aussi des indices qui donnent du sens à un texte contenant des dialogues. nn Je vérifie s’il y a des phrases incises, c’est-à-dire des phrases qui signalent un discours rapporté

direct et où le sujet est inversé.

6

Je me fais des images dans ma tête.

Pourquoi ? nn Pour mieux comprendre ce que je lis. nn Pour mieux organiser les informations. nn Pour mieux résumer le texte dans mes mots.

Comment ? nn Je prête attention aux descriptions de lieux et aux émotions des personnages lorsque je lis

un texte narratif, ce qui me permet d’imaginer avec précision les scènes d’une histoire. nn Je crée des images dans ma tête lorsque je lis une phrase ou un paragraphe d’un texte explicatif,

ce qui facilite ma compréhension du sujet.

7

Je lis par groupes de mots.

Pourquoi ? Pour m’aider à comprendre les phrases plus longues. Comment ? nn Je regroupe les mots qui ont un lien de sens. nn Je lis le texte en marquant une pause après chaque groupe de mots. Avant de passer au groupe

de mots suivant, je me fais une image dans ma tête pour donner un sens à ce que je lis.

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J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Pourquoi ? Pour savoir de qui ou de quoi on parle. Comment ? nn Je trouve les éléments de substitution (de remplacement).

Il peut s’agir de pronoms, de mots génériques, de synonymes. Ces éléments servent entre autres à éviter les répétitions et à enrichir un texte. C’est ce que l’on appelle la reprise de l’information. Exemple : Au lieu de répéter la femme dans un texte, l’auteur peut par exemple employer elle, la dame, Julie. nn J’identifie le mot ou le groupe de mots que l’élément de substitution remplace. Il se trouve

généralement dans la ou les phrases précédentes. Attention ! Il est possible que ce mot ou ce groupe de mots soit placé après l’élément de substitution.

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Je me réfère à la structure du texte.

Pourquoi ? nn Pour m’aider à faire des prédictions pendant ma lecture. nn Pour me repérer plus rapidement, parce que je comprends le déroulement de l’histoire

et que je sais ce qui s’en vient. Comment ? nn Dans un texte narratif :

•• je me réfère au schéma narratif avant et pendant ma lecture ; •• je repère l’insertion d’un dialogue grâce aux tirets longs ou aux guillemets. nn Dans un texte explicatif :

•• je repère les organisateurs textuels ou les marqueurs de relation ; •• j’utilise les intertitres et les différents paragraphes pour me repérer dans le texte.

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Je prédis la suite du texte.

Pourquoi ? nn Pour faire des liens en m’appuyant sur mes connaissances. nn Pour maintenir mon attention pendant ma lecture.

Comment ? nn Dans un texte narratif :

•• j’anticipe la suite du texte en fonction de ce qui précède ; Exemples : Je crois qu’il arrivera ceci... Je pense que... •• je repère les différentes parties d’une histoire (le schéma narratif). Exemple : Après avoir trouvé l’élément déclencheur (le problème), je me demande comment le personnage pourrait s’en sortir. J’essaie de deviner la suite. nn Dans un texte explicatif :

•• je me demande ce que je sais sur le sujet, je survole le texte et je fais des prédictions sur ce que je vais lire ; •• à partir de ce que je connais, je fais des tentatives pour expliquer des aspects traités dans le texte.

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Je résume dans mes mots l’idée principale de chaque paragraphe.

Pourquoi ? nn Pour comprendre le texte en profondeur. nn Pour mieux intégrer les nouvelles informations. nn Pour repérer plus facilement les informations importantes me permettant de répondre

à des questions. Comment ? nn Dans un texte narratif, je me réfère au schéma narratif afin de n’oublier aucune partie : la situation

initiale (qui ? où ? quand ? quoi ?), l’élément déclencheur, le déroulement (les péripéties), le dénouement et la situation finale. nn Dans un texte explicatif :

•• pour formuler les idées essentielles, je me demande de quoi on parle et je reprends les mots les plus importants du texte ; •• s’il y a des intertitres, je résume en une phrase ou deux l’idée principale de chaque section.

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Je fais des liens avec ce que je sais déjà sur le sujet.

Pourquoi ? nn Pour mieux comprendre le vocabulaire utilisé. nn Pour mieux comprendre l’ordre logique des événements présentés. nn Pour déduire des éléments d’information qui ne sont pas mentionnés dans le texte.

Comment ? nn Je prends le temps de me demander ce que je connais sur le sujet du texte que je vais lire. nn Je pense à ce que j’ai lu, vu ou entendu sur le sujet.

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Je devine ce qui est sous-entendu.

Pourquoi ? Pour comprendre les informations qui ne sont pas clairement exprimées. Elles peuvent être déduites à l’aide d’indices. On dit de ces informations qu’elles sont implicites. C’est ce que l’on appelle faire de l’inférence. Comment ? J’utilise les indices du texte ainsi que mes connaissances pour faire des liens. Voici une stratégie que vous pouvez utiliser après votre lecture.

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Je me rappelle ce que j’ai lu et les points importants.

Pourquoi ? nn Pour repérer les informations importantes me permettant de répondre à des questions. nn Pour m’assurer que j’ai bien compris le texte. nn Pour mieux intégrer les nouvelles informations.

Comment ? nn Lorsque je résume un texte narratif :

•• je me réfère au schéma narratif afin de ne rien oublier ; •• je résume chaque partie du schéma à l’aide d’une ou deux phrases. nn Lorsque je résume un texte explicatif :

•• j’identifie les idées importantes ou les informations essentielles à retenir en utilisant les indices du texte (titre, intertitres, etc.) ; •• j’identifie les procédés explicatifs (définition, exemple, analogie, comparaison, reformulation, illustration). nn Je pense à ce que j’ai appris sur le sujet. nn Je reformule dans mes mots une idée afin de bien comprendre ce que je viens de lire.

Je peux reprendre des mots ou des passages du texte pour m’exprimer avec précision. © Éditions Grand Duc

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Les questions sur le texte C’est important de bien connaître les particularités de chaque catégorie de questions pour y répondre correctement.

Compréhension et interprétation Les questions de compréhension renvoient à des éléments de réponse que vous dégagez du texte grâce à l’une ou l’autre de ces approches : nn Ils sont exprimés dans le texte : c’est ce que l’on appelle des informations explicites.

Vous pouvez alors facilement les repérer dans le texte. nn Ils sont sous-entendus dans le texte : c’est ce que l’on appelle des informations implicites.

À l’aide de vos connaissances et des indices du texte, vous pouvez alors les déduire. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn repérer les informations dans le texte ; nn les reprendre pratiquement telles quelles dans votre réponse ; nn rédiger une phrase complète en utilisant les mots de la question.

Exemples : 1  Quel est le personnage principal de cette histoire ? (information explicite) Le personnage principal est…

2 Durant quelle saison se déroule cette histoire ? (information implicite) L’histoire se déroule en automne, car le texte contient des indices comme « temps frais » et « feuilles mortes ».

Les questions d’interprétation vous poussent à faire une lecture plus personnelle du texte dans le but de donner un sens à ce que vous lisez. Il vous faut faire un lien entre un élément du texte et une réponse possible selon le contexte et vos connaissances. Certaines informations ne sont pas explicites dans le texte, mais elles sont évidentes. D’autres peuvent donner lieu à différentes interprétations. Pour répondre à ces questions, vous devez vous appuyer sur des indices pertinents dans le texte en les nommant. Exemples : 1  P  ourquoi l’auteur a-t-il donné ce titre au texte ? Expliquez votre réponse. Il a donné ce titre au texte parce que…

2  Quel but ou quelle intention avait l’auteur en écrivant ce texte ? Le but de l’auteur était de faire connaître quelque chose au lecteur.

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Réaction Les questions de réaction vous amènent à approfondir le sujet du texte et à faire des liens avec votre vécu. Dans un texte narratif, vous pouvez avoir : nn à dire ce que vous avez préféré dans le texte (un passage ou un personnage) ; nn à faire des liens avec une situation que vous avez vécue ou entre les personnages du récit

et des gens que vous connaissez ou vous-même ; nn à exprimer ce que vous avez ressenti durant la lecture du texte.

Dans un texte explicatif, vous pouvez avoir : nn à parler d’une information qui vous a semblé impressionnante ou de ce que vous avez appris

en lisant le texte ; nn à mentionner des questions que la lecture du texte a suscitées chez vous ; nn à dire si vous recommanderiez cette lecture à une autre personne en expliquant pourquoi.

Pour répondre à ces questions, vous devez : nn prendre position en fonction de vos expériences et de vos connaissances (je crois, selon moi,

à mon avis, etc.) ; nn expliquer votre réaction en faisant des liens avec votre vécu, votre personnalité, vos valeurs, etc. ; nn justifier votre position à l’aide d’un élément du texte.

Exemple : 1  Ce texte influencera-t-il votre façon de voir les choses à l’avenir ? Expliquez votre réponse. Je crois que je n’aurai plus la même réaction quand je rencontrerai ce genre de personne. À l’avenir, je ferai preuve de plus de compréhension...

Jugement critique Les questions de jugement critique vous amènent à prendre position vis-à-vis du texte au moyen de critères (caractéristiques des personnages, qualité de l’information, message transmis, crédibilité des sources, choix du vocabulaire, etc.). Il vous faut justifier votre position en vous fondant sur des extraits ou des exemples du texte. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn donner votre opinion ; nn exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; nn donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion.

Exemples : 1  Les personnages de ce récit sont-ils vraisemblables ? Justifiez votre réponse au moyen de critères pertinents. Oui, car les personnages ont des caractéristiques que des personnes de mon entourage possèdent également...

2 Le texte est-il facile à lire ? Expliquez votre réponse. Non, car les mots choisis par l’auteur sont très complexes. Il s’agit d’un texte scientifique qui contient un vocabulaire très précis, surtout connu des scientifiques.

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Jugement critique comparatif Après l’étude de chaque mode de discours, vous aurez à répondre à une question de jugement critique comparatif et ainsi à prendre position sur le texte que vous avez préféré. Vous devrez porter un jugement sur la qualité des textes à l’étude et expliquer votre choix en vous basant sur au moins deux critères d’appréciation différents (sujet, qualité de l’information, qualité de l’écriture, présentation, etc.). Pour répondre à ce type de questions, vous devez : nn indiquer votre choix ; nn exprimer les critères sur lesquels vous avez basé votre choix ; nn donner au moins un exemple tiré du texte pour appuyer votre position.

Grammaire du texte Les questions de grammaire du texte vous demandent d’analyser la structure d’un genre de texte afin de dégager les éléments importants de celui-ci. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn bien connaître la structure modèle de différents genres de textes (narratif, explicatif, poétique) ; nn vous référer au schéma sur double page, lequel présente les notions en lien avec le mode

de discours, ou aux deux pages de présentation du genre de texte ; nn vous référer aux ressources de la langue au besoin.

Exemples : 1  L’introduction comporte-t-elle les trois sections habituelles ? Oui, elle comporte le sujet amené, le sujet posé et le sujet divisé.

2 Quels sont les procédés explicatifs utilisés par l’auteur pour bien faire comprendre le phénomène au lecteur ? Donnez au moins deux exemples. L’auteur utilise la définition et l’exemple pour bien faire comprendre le phénomène au lecteur.

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La narration Le conte et la légende Le Petit Chaperon rouge Le revenant de Gentilly Kiutu et la Mort Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus Le bonbon du mensonge

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Le roman historique et le roman de chevalerie Le journal d’Anne Frank Marie LaFlamme L’enlèvement À bord de l’Ouragan, le trésor perdu La bicyclette bleue

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Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La narration La situation de communication Auteur

Œuvre

Lecteur

•• L’auteur d’un texte narratif est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque, sa notoriété. •• Son intention peut être : – de raconter une histoire ; – de transposer la réalité dans un autre univers ; – d’illustrer des comportements.

•• L’auteur et le lecteur doivent tenir compte : – du contexte de production de l’œuvre (date à laquelle le texte a été écrit, lieu de création, édition, collection) ; – du contexte historique ou socioculturel.

•• En lisant un texte narratif, le lecteur détermine ses champs d’intérêt et ses genres préférés. De plus, il développe ses connaissances littéraires et ses stratégies de lecture. •• Son intention peut être : – de donner libre cours à son imagination, à ses sentiments et à ses émotions ; – de se représenter le monde ; – d’alimenter son écriture ; – de découvrir un auteur.

Autres termes pour nommer l’auteur : bédéiste, conteur, romancier, fabuliste.

Des illustrations accompagnent parfois le texte.

La cohérence et l’organisation du texte

Moyens pour assurer la cohérence du texte

Moyens pour organiser le texte

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•• Reprise de l’information •• Harmonisation des temps verbaux •• Non-contradiction entre les éléments de l’univers narratif ainsi qu’entre la caractérisation des personnages et leur façon de s’exprimer •• Correspondance étroite entre les caractéristiques des personnages, le cadre spatiotemporel, les actions, les événements et le genre du récit •• Titre et intitulés de chapitre •• Paragraphes •• Organisateurs textuels •• Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation) •• Indications typographiques (capitales, gras, italique)

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L’organisation d’un texte narratif (séquence narrative) Types de narrateur

•• Narrateur omniscient, qui connaît tout de ses personnages et qui ne participe pas à l’histoire  •• Narrateur participant à l’histoire, qui est désigné par des marques énonciatives  •• Narrateurs multiples

Situation initiale

Présentation des personnages

Présentation du cadre spatiotemporel

•• Ils jouent plusieurs rôles (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes). •• Ils sont caractérisés grâce : – à l’insertion d’éléments descriptifs ou de séquences ; – à l’indication des actions qu’ils accomplissent ou subissent ; – à l’insertion de dialogues, de monologues intérieurs ou de commentaires du narrateur. •• Cadre spatial (description du lieu et de ses caractéristiques) •• Cadre temporel (description de l’époque) •• Déplacements dans l’espace et le temps (itinéraire, liens entre les déplacements et la quête)

Élément déclencheur Présentation de l’événement qui perturbe la situation d’équilibre Déroulement (actions, réactions et événements) Séquences secondaires

Intrigue et quête d’équilibre

•• Séquences descriptives •• Séquences explicatives •• Séquences dialogales •• Séquences argumentatives •• Déroulement des événements de l’intrigue linéaire (ordre chronologique) ou non (ruptures dans la chronologie, modifications de l’ordre typique des étapes de la séquence) •• Quête d’équilibre marquée par l’action ou par l’évolution du personnage

Dénouement Présentation du moment où le personnage principal résout son problème ou échoue dans sa quête Situation finale ou morale (ou ces deux éléments à la fois) Présentation du moment où l’équilibre est rétabli © Éditions Grand Duc

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Le conte et la légende Qu’est-ce que c’est ? Issu de la littérature orale, le conte est un court récit qui se termine généralement par une morale et qui est souvent teinté de la culture du peuple dont il provient. Le conte merveilleux ou « conte de fées » est le type le plus répandu. Il se termine généralement bien et contient des expressions qui le caractérisent (« Il était une fois », « Depuis ce temps »). La légende, quant à elle, est basée sur des éléments de faits historiques connus (personnages, lieux ou actions) qui ont été embellis ou amplifiés selon l’imagination de ceux qui la racontent. Elle s’apparente aussi au mythe puisqu’elle peut expliquer des phéno­ mènes naturels, mais elle ne met pas en scène des divinités. Exemple de légende

Qui les écrit et pourquoi ? Une personne désireuse de divertir par une histoire dans laquelle tout est possible, et qui veut enseigner une morale. Qui les lit et pourquoi ? Que ce soit pour se divertir, s’instruire ou tirer une morale d’une histoire, autant les jeunes que les adultes se plaisent à lire un conte ou une légende. Où les trouve-t-on ? Certains livres sont des recueils de contes ou de légendes que l’on peut trouver dans les bibliothèques ou les librairies. Il est aussi possible d’en lire dans Internet.

Rose Latulipe

[Il y avait autrefois, dans un petit village du Québec, au 18e siècle, Titre une jeune femme nommée Rose Latulipe. Elle avait un amoureux (souvent le nom du personnage principal) nommé Gabriel Lepard, qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux. Elle adorait danser et s’amuser, si bien qu’un jour de Mardi 1 Situation initiale gras, elle demanda à son père d’organiser une danse. Celui-ci (Quand ? Où ? Qui ? accepta, à condition que tout le monde soit parti à minuit ; autreQuoi ?) ment, ce serait un péché.1] 2 Élément déclencheur [Soudain, vers onze heures du soir, on entendit une voiture s’arrêOrganisateurs ter devant la porte. Un bel étranger en sortit et demanda au maître textuels : de la maison la permission de se divertir un peu. Celui-ci articulation des accepta.2] étapes du schéma narratif

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[Le nouveau venu s’avança vers Rose, lui prit les deux mains et lui dit : 15

Déroulement (péripéties)

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— J’espère, ma belle demoiselle, que vous serez à moi ce soir et que nous danserons toujours ensemble. À noter : Le narrateur est omniscient ; il participe donc à l’histoire.

— Certainement, dit Rose, à demi-voix. Tout le reste de la soirée, elle dansa avec l’étranger, qui n’invita personne d’autre. 20

Puisque minuit approchait, le maître du logis voulut alors faire cesser la danse, observant qu’il était peu convenable de danser pendant le mercredi des Cendres. — Encore une petite danse, dit l’étranger. Vous m’avez promis, belle Rose, d’être à moi toute la veillée : pourquoi ne seriez-vous pas à moi pour toujours ?

25

Rose était envoûtée par l’inconnu, mais elle savait aussi que continuer de danser serait un péché. Mais elle ne pouvait pas arrêter, comme si on lui avait jeté un sort !3]

30

[Au douzième coup de minuit, l’étranger embrassa Rose. La maison prit alors feu, mais tous réussirent à sortir à temps.4] [Le lendemain, les villageois virent la jeune femme rôder autour

35

de la maison, et constatèrent qu’elle avait maintenant la tête toute blanche et qu’elle semblait avoir perdu la raison. Ils surent alors qui était le bel étranger qui avait assisté à la soirée : c’était le diable lui-même. C’est pourquoi il avait insisté pour continuer la danse après minuit.5]

[Plusieurs versions de ce conte existent. La fin change, mais la morale reste la même : la belle Rose est toujours punie d’avoir accepté de danser avec le diable !6]

Dénouement : fin de l’action

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Situation finale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?) : retour à un équilibre

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Morale de la légende

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Philippe Aubert de Gaspé (fils), Rose Latulipe, 1837 (texte adapté).

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Stratégie de lecture Je me réfère à la structure du texte.

Faisant partie autrefois d’une tradition orale, ce conte a ensuite été rapporté à l’écrit par de nombreux auteurs qui l’ont de ce fait modifié quelque peu selon leurs valeurs et leurs croyances. Cette version se rapproche fort probablement de l’original d’après sa morale...

1 Surlignez les élé­ ments suivants de la situation initiale : quand ? où ? qui ? 2 Tracez un trait : a) entre la situation initiale et l’élément déclencheur ; b) là où commence le déroulement du conte.

Définitions chaperon : vêtement à capuchon qui peut recouvrir la tête et les épaules. seoir : convenir, bien faire.

Intention de lecture Prêter attention aux caractéristiques du texte (éléments de l’univers narratif).

Le Petit Chaperon rouge Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût pu voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

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Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :

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— Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mèregrand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

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— Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie.

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— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. — Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village. — Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

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Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mèregrand ; il heurta : toc, toc. — Qui est là ?

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« Tire la chevillette, la bobinette cherra. »

30

— C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria :

35

— Tire la chevillette, la bobinette cherra.

40

Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la mèregrand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc.

3 Dans cette page, encadrez l’organi­ sateur textuel qui indique une nouvelle péripétie.

Définition Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne huche : boîte à pain. femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé.

— Qui est là ?

45

Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du loup eut peur d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit : — C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : — Tire la chevillette, la bobinette cherra.

50

Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : — Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi.

55

Le Petit Chaperon rouge se déshabilla, et alla se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé.

Tire la chevillette, la bobinette cherra est une formule bien connue du conte de Charles Perrault et signifie « Tire sur la serrure et la porte s’ouvrira ». Elle indique donc aux visiteurs comment procéder pour ouvrir la porte depuis l’extérieur. Cette illustration du conte faite par l’Américain F. O. C. Darley date de 1850. Sur la porte, on remarque que la chevillette a été retirée et qu’elle pend au bout de la cordelette qui la retient. Le Petit Chaperon s’apprête à entrer dans la maison de sa mère-grand.

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Du même auteur Charles Perrault, « La Barbe bleue », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

4 Surlignez la phrase qui décrit le dénouement de ce conte.

Elle lui dit : — Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! 60

— C’est pour mieux t’embrasser, ma fille. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !

Définitions accorte : aimable, avenant, plaisant. fiel : méchanceté. courroux : grande colère. complaisant : qui cherche à plaire, à séduire.

— C’est pour mieux courir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ! — C’est pour mieux écouter, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !

65

— C’est pour mieux voir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ! — C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et le mangea.

70

Moralité

Charles Perrault (1628-1703) est surtout connu pour ses contes, dont plusieurs ont inspiré d’autres formes d’art (le ballet et le ciné­ ma, par exemple). Ce fut notamment le cas de La belle au bois dormant et de Cendrillon. © Éditions Grand Duc

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On voit ici que de jeunes enfants, Surtout de jeunes filles Belles, bien faites, et gentilles, Font très mal d’écouter toute sorte de gens, Et que ce n’est pas chose étrange, S’il en est tant que le loup mange. Je dis le loup, car tous les loups Ne sont pas de la même sorte ; Il en est d’une humeur accorte, Sans bruit, sans fiel et sans courroux, Qui privés, complaisants et doux, Suivent les jeunes demoiselles Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ; Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux, De tous les loups sont les plus dangereux.

75

80

85

Charles Perrault, « Le Petit Chaperon rouge », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez en une phrase la situation initiale de ce conte en intégrant les éléments suivants : quand ? où ? qui ? quoi ?

2 Quel élément vient modifier le cours normal du récit ?

3 Précisez les éléments de l’organisation du texte qui permettent de cerner le rôle de chacun des personnages de ce conte. Objet (but, ce que le héros doit obtenir)

Sujet (héros ou héroïne)

Adjuvant(s) (tout ce qui aide le héros)

Opposant(s) (tout ce qui fait obstacle au héros)

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4 Quelle caractéristique du Petit Chaperon rouge se trouve au cœur de cette histoire ? Citez au moins deux passages du texte pour appuyer votre réponse.

5 Aux lignes 10 à 14, l’auteur utilise un terme qui laisse transparaître son point de vue sur le personnage de la jeune fille. a) Quel est ce terme ? b) Que révèle-t-il sur ce que l’auteur pense du personnage ?

6 Nommez une valeur de la mère du Petit Chaperon rouge. Justifiez votre réponse à l’aide d’un élément du texte.

7 Résumez la morale de cette histoire.

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Réaction 8 Selon la version de cette histoire que vous connaissez depuis l’enfance, la morale de Charles Perrault vous surprend-elle ? Expliquez votre réponse.

Jugement critique 9 Charles Perrault a écrit ce texte au 17e siècle. À votre avis, la morale présentée dans ce conte est-elle toujours d’actualité ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’un élément du texte.

Grammaire du texte Une courte séquence explicative se trouve dans la situation initiale de ce conte. À quoi sert-elle ?

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Grammaire en contexte Voir la notion 9, p. 230.

1 Dans les passages suivants du texte Le Petit Chaperon rouge, mettez entre crochets chaque expansion du noyau souligné et indiquez sa nature (GAdj, GN, GPrép, subordonnée relative). a) une petite b) un petit

fille de village pot de beurre que ma mère vous envoie

Ressource de la langue

r

Les éléments de l’univers narratif

b

j

t

laclasse.grandducenligne.com

Que ce soit dans un conte, un récit ou une légende, tout texte narratif s’inscrit dans un univers qui permet de mieux comprendre les enjeux, les actions et la conduite des personnages selon l’époque et le lieu où l’histoire se déroule par exemple. L’univers narratif peut s’apparenter plus ou moins au monde réel, mais il peut aussi prendre ses origines dans le passé, comme dans la légende, ou être une pure création, comme dans les récits d’anticipation qui ont lieu dans le futur. La correspondance étroite entre les différents éléments de l’univers narratif est très importante afin d’assurer la cohérence de l’histoire racontée. Dans les contes, les mythes et les légendes, les éléments suivants peuvent être identifiés pour déterminer leur catégorie : Les personnages : rois, princesses, sorcières, esprits, animaux, diable, dieu, etc. Les lieux : région lointaine, village, forêt, camp de bûcherons, etc. Les objets : baguette magique, canot volant, violon, épée, etc. Les actions : danser, charmer, punir, mourir, se battre, fêter, etc. L’époque : les expressions (jadis, il était une fois, à cette époque) ou les éléments du récit. Univers

Construction autour...

Met en scène...

Légende

d’un événement qui s’est réellement produit, mais qui a été amplifié à travers la transmission orale.

un élément clé, que ce soit un événement historique ou un lieu connu.

Mythe

d’un phénomène naturel ou de la création du monde.

une divinité grecque ou un autre personnage mythique.

Conte merveilleux

d’un personnage principal typé, vivant dans un monde où l’invrai­ semblable est accepté.

un personnage, un héros qui devra se sortir d’une situation problématique causée souvent par un de ses opposants.

Conte fantastique

de phénomènes surnaturels ou irrationnels.

des personnages victimes de phéno­ mènes surnaturels ou irrationnels. À l’ex­ ception de ces phénomènes, les autres éléments sont vraisemblables.

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2 Identifiez les éléments de l’univers narratif du conte Le Petit Chaperon rouge. Les personnages Les lieux Les objets

Les actions L’époque

3 a) À quel univers narratif correspond Le Petit Chaperon rouge ?   Une légende    Un conte merveilleux   Un conte fantastique b) Justifiez votre réponse à l’aide des éléments que vous avez identifiés à la question 2.

4 a) Nommez une autre histoire populaire de votre enfance.

b) S’agit-il d’une légende, d’un mythe, d’un conte merveilleux ou d’un conte fantastique ? c) Quels indices vous permettent de l’affirmer ?

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Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Gentilly est un village qui est situé sur la rive sud du Saint-Laurent et qui fait maintenant partie de Bécancour. Le revenant de Gentilly est un conte empreint des valeurs de l’époque au Québec, soit la religion catholique et la crainte du diable. Les contes québécois étaient souvent publiés dans les journaux afin de remplir les pages des périodiques lorsque les nouvelles étaient insuffisantes.

1 Encadrez le pas­ sage qui révèle où le narrateur a entendu cette histoire. 2 Dans le 5e para­ graphe, surlignez les pronoms et les déterminants qui révèlent le type de narrateur.

Définitions profession libérale : profession intellectuelle qui demande des études et que l’on peut exercer de façon indépendante, auto­ nome (médecin, avocat, notaire, etc.). séminariste : élève d’un séminaire, d’un établissement religieux où l’on étudie en vue de devenir prêtre. presbytère : demeure du curé, adjacente à l’église. © Éditions Grand Duc

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Intention de lecture Prêter attention à l’attitude du narrateur à l’égard des personnages.

Le revenant de Gentilly Si vous demandez à quelqu’un s’il croit aux revenants, quatrevingt-dix fois sur cent il vous répondra : non ! Ce qui n’empêche pas qu’il se passe, tout au moins qu’il se raconte des choses inexplicables.

1

Témoin l’histoire suivante, que je tiens du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise, et dont la bonne foi était, vous pouvez m’en croire, au-dessus de tout soupçon.

5

Voici le récit qu’il nous fit un soir, à quelques amis et à moi, en présence de sa femme et de ses trois fils, avec le ton sérieux qu’il savait prendre quand il parlait de choses sérieuses. Je lui laisse la parole :

10

Je ne prétends pas, dit-il, qu’il faille croire à ceci et à cela ou qu’il n’y faille pas croire ; je veux seulement relater ce que j’ai vu et entendu ; vous en conclurez ce que vous voudrez. Quant à moi, je me suis creusé la tête bien longtemps pour en trouver une explication sans pouvoir m’arrêter à rien de positif ; et j’ai fini par n’y plus songer. C’était en 1823. J’achevais mes études au collège de Nicolet et j’étais en vacances dans le village de Gentilly avec quelques-uns de mes confrères et deux ou trois séminaristes en congé auprès de leurs parents. Nous fréquentions assidûment le presbytère, où le bon vieux curé du temps (M. l’abbé C.-G. Guertin) très sociable, grand ami de la jeunesse, nous recevait comme un père.

15

20

25

Un soir, — c’était vers la fin d’août et les nuits commençaient à rafraîchir, — au lieu de veiller à l’extérieur, nous allions passer la soirée à la chandelle, dans une vaste pièce où s’ouvrait la porte d’entrée, et qui servait ordinairement de bureau d’affaires, de fumoir ou de salle de causerie.

30

Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre. Onze heures approchaient et le débat se précipitait un peu, lorsque M. le Curé nous interrompit sur un ton quelque peu inquiet :

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« Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? »

— Tiens, dit-il, on vient me chercher pour un malade. Et en même temps nous entendions le pas d’un cheval et le roulement d’une voiture qui suivait la courbe de l’allée conduisant à la porte du presbytère, et qui parut s’arrêter en face du perron. 40

Il faisait un beau clair de lune ; quelqu’un se mit à la fenêtre : — Tiens, dit-il, on ne voit rien. — Ils auront passé outre.

3 Surlignez l’évé­ nement qui sort de l’ordinaire et qui constitue l’élé­ ment déclencheur. 4 Dans tout le texte, soulignez les pas­ sages qui présentent ce qu’entendent les personnages.

— C’est étrange ! 45

50

55

60

Et nous allions parler d’autre chose, quand nous entendîmes Définitions distinctement des pas monter le perron et quelqu’un frapper à soutane : vêtement long porté par les la porte. hommes d’Église. — Entrez ! fit l’un de nous. ahuri : étonné. Et la porte s’ouvrit. Jusque-là, rien d’absolument extraordinaire. Mais jugez de notre stupéfaction à tous lorsque la porte se referma d’elle-même, comme après avoir laissé passer quelqu’un, et que, là, sous nos yeux, presque à portée de la main, nous entendîmes des pas et comme des frôlements de soutane se diriger vers l’escalier qui conduisait au premier, et dont chaque degré — sans que nous puissions rien apercevoir — craqua comme sous le poids d’une démarche lourde et fatiguée. L’escalier franchi, il nous sembla qu’on traversait le corridor sur lequel il débouchait, et qu’on entrait dans une chambre s’ouvrant droit en face. Nous avions écouté sans trop analyser ce qui se passait, ahuris et nous regardant les uns les autres, chacun se demandant s’il n’était pas le jouet d’un rêve. Puis les questions s’entrecroisèrent : — Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? — Non. — Ni moi !

65

— Nous avons entendu, cependant. — Bien sûr. — Quelqu’un entrer... — Puis traverser la chambre... — Puis monter l’escalier…

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« Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. » Définition spectre : fantôme.

70

— Oui. — Puis s’introduire là-haut ? — Exactement. — Qu’est-ce que cela veut dire ? Et à mesure que nous nous rendions compte de ce qui venait d’arriver, je voyais les autres blêmir, et je me sentais blêmir aussi.

75

En effet, nous avions bien entendu. Et sans rien voir. Nous n’étions point des enfants, cependant ; et le courage ne nous manquait pas. Le curé prit un chandelier, j’en pris un autre ; et nous montâmes l’escalier. 80

Rien ! Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. Personne ! Absolument rien de dérangé, absolument rien d’insolite.

85

Nous redescendîmes bouleversés et parlant bas. — C’était bien pourtant quelqu’un ? — Il n’y a pas à dire. — Et vous n’avez rien découvert ? — Pas une âme.

90

— C’est renversant. À ce moment un bruit terrible éclata dans la chambre que nous venions de quitter, comme si un poids énorme fût tombé sur le plancher. Louis Fréchette (1839-1908) est un homme de lettres québécois. Il a égale­ ment été élu député de Lévis au Parle­ ment du Canada, de 1874 à 1878.

Le vieux curé reprit froidement sa chandelle, remonta l’escalier et entra de nouveau dans la chambre. Personne ne le suivit cette fois. Il reparut pâle comme un spectre, et pendant que nous entendions des cliquetis de chaînes et des gémissements retentir dans la chambre qu’il venait de quitter : — J’ai bien regardé pourtant, mes enfants, dit-il, je vous jure qu’il n’y a rien ! Prions le bon Dieu.

95

100

Et nous nous mîmes en prières. À une heure du matin le bruit cessa.

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« Alors ce fut un vacarme horrible. »

105

110

115

Deux des séminaristes passèrent le reste de la nuit au presbytère pour ne pas laisser le bon curé seul ; et les collégiens — j’étais fort tremblant pour ma part — rentrèrent chacun chez soi, se promettant toutes sortes d’investigations pour le lendemain. La seule chose que nous découvrîmes fut, en face du presbytère, les traces de la voiture mystérieuse, très distinctes et toutes fraîches, dans le sable soigneusement ratissé de la veille. Inutile de vous dire si cette histoire eut du retentissement : elle ne se termina pas là, du reste. Tous les soirs, durant plus d’une semaine, les bruits les plus extraordinaires se firent entendre dans la chambre où l’invisible visiteur avait paru se réfugier. Les hommes les plus sérieux et les moins superstitieux du village de Gentilly venaient passer la nuit au presbytère, et en sortaient le matin, blancs comme des fantômes. Le pauvre curé ne vivait plus.

120

125

Et il décida d’aller consulter les autorités du diocèse : et comme Trois-Rivières n’avait pas encore d’évêque à cette époque, il partit pour Québec. Le soir de son retour, nous étions réunis, comme les soirs précédents, attendant le moment des manifestations surnaturelles, qui ne manquaient jamais de se produire sur le coup de minuit. Le curé était pâle, et plus grave encore que d’habitude. Quand le tintamarre recommença, il se leva, passa son surplis et son étole, et, s’adressant à nous : — Mes enfants, dit-il, vous allez vous agenouiller et prier, et quel que soit le bruit que vous entendrez, ne bougez pas, à moins que je vous appelle. Avec l’aide de Dieu, je remplirai mon devoir.

130

Et d’un pas ferme, sans arme et sans lumière — je me rappelle encore, comme si c’était d’hier, le sentiment d’admiration qui me gonfla la poitrine devant cette intrépidité si calme et si simple  —, le saint prêtre monta bravement l’escalier et pénétra sans hésitation dans la chambre hantée.

135

Alors ce fut un vacarme horrible.

5 Surlignez le

paragraphe dans lequel le narrateur décrit avec admi­ ration le courage du curé. Définitions investigation : recherche. retentissement : suite de conséquences, effets. superstitieux : qui croit aux manifestations surnaturelles, en la magie. diocèse : région que chapeaute un évêque. surplis : vêtement qui se porte sur la soutane. étole : large bande de tissu portée sur les épaules par les prêtres. intrépidité : fait d’agir sans crainte, d’affronter le danger sans peur.

Des cris, des hurlements, des fracas épouvantables.

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Du même auteur Louis Fréchette, Contes de Louis Fréchette, Planète rebelle, 2015.

6 Encadrez les deux organisateurs textuels qui intro­ duisent le dénoue­ ment et la situation finale.

Définitions en nage : en sueur. requiem : prière faite pour une personne décédée.

On aurait dit qu’un tas de bêtes féroces s’entre-dévoraient, en même temps que tous les meubles de la chambre se seraient écrabouillés sur le plancher. Je n’ai jamais entendu rien de pareil dans toute mon existence.

140

Nous étions tous à genoux, glacés, muets et les cheveux dressés de terreur. Mais le curé n’appelait pas. Cela dura-t-il longtemps ? Je ne saurais vous le dire, mais le temps nous parut bien long.

145

Enfin le tapage infernal cessa tout à coup, et le brave abbé reparut livide, tout en nage, les cheveux en désordre et son surplis en lambeaux... Il avait vieilli de dix ans. — Mes enfants, dit-il, vous pouvez vous retirer ; c’est fini, vous n’entendrez plus rien. Au revoir ; parlez de tout ceci le moins possible.

150

Après ce soir-là, le presbytère de Gentilly reprit son calme habituel. Seulement tous les premiers vendredis du mois, jusqu’à sa mort, le bon curé célébra une messe de requiem pour quelqu’un qu’il ne voulut jamais nommer. — Voilà une étrange histoire, n’est-ce pas messieurs ? conclut le narrateur. Eh bien, je ne vous ai pourtant conté là que ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles, avec nombre d’autres personnes parfaitement dignes de foi. Qu’en dites-vous ?

155

160

— Rien ! — Ni moi non plus. Il m’a été donné, il y a déjà plusieurs années, d’interroger les anciens de Gentilly... même une nièce de la servante de M. le Curé Guertin... sur ce sujet ; et on m’a répondu qu’en effet, du temps de M. Guertin, il s’était passé quelque chose d’un caractère étrange ; que le presbytère, disait-on, avait été hanté, pendant plusieurs jours, par un personnage mystérieux, invisible.

165

Louis Fréchette, « Le revenant de Gentilly », Le Monde illustré, 1898.

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Précisez les éléments de l’organisation du texte. Objet du conte Héros Adjuvant(s) Opposant(s)

2 Selon la discussion des comparses avant l’arrivée mystérieuse, quelle ambiance devait-il régner ?

3 La peur des personnages vient de ce qu’ils entendent, mais ne voient pas.

Qu’ajoute le narrateur pour montrer que ces sons étaient bien réels et qu’on ne peut en douter ?

4 Quel sentiment le curé inspire-t-il au narrateur ? Indiquez les lignes d’un extrait pour justifier votre réponse.

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5 Ce conte se déroule au Québec, à une autre époque. Quelle valeur était alors importante dans la société québécoise ? Justifiez votre réponse à partir d’indices du texte.

Réaction 6 Croyez-vous que ce genre de phénomène étrange existe réellement ? Justifiez votre réponse à partir du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 7 À votre avis, est-ce un conte intéressant ? Que pensez-vous de l’intrigue ? Est-elle captivante ou ennuyante, prévisible ou surprenante, réaliste ou irréaliste ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’un élément du texte.

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Grammaire du texte 8 Deux narrateurs différents sont présents dans ce texte. a) À partir de quelle ligne y a-t-il un changement de narrateur ? b) Le premier narrateur est-il omniscient ou participant ? Justifiez votre réponse.

c) Qui est le deuxième narrateur ? d) Le deuxième narrateur est-il omniscient ou participant ? Justifiez votre réponse.

9 Pourquoi le premier narrateur précise-t-il que cette histoire provient « du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise » ?

À la ligne 62 débute un dialogue où le personnage qui prononce chaque réplique n’est pas précisé dans une phrase incise. Selon vous, quel effet l’auteur veut-il ainsi créer ?

De quel type de conte s’agit-il ? Justifiez votre réponse.

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Grammaire en contexte 1 Dans les passages suivants du texte Le revenant de Gentilly, soulignez l’expression ou le mot employé au sens figuré et donnez-en le sens. Consultez un dictionnaire au besoin. a) Quant à moi, je me suis creusé la tête bien longtemps pour en trouver une explication […]. b) Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre.

Ressource de la langue

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Les marques énonciatives

f

4

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laclasse.grandducenligne.com

Le conte vient de la transmission orale. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver plusieurs indices de la présence de l’énonciateur, celui qui raconte une histoire à un public. Ces indices portent le nom de « marques énonciatives ». Marques énonciatives qui renvoient à l’énonciateur

Exemples

Les pronoms personnels et les déterminants possessifs J’étais présent lorsque ma grand-mère qui marquent la présence de l’énonciateur. a raconté cette histoire. Les groupes incidents et les phrases incidentes insérés dans une phrase pour introduire le point de vue de l’énonciateur.

• D’après moi, elle n’est pas là. • Elle sera prudente, j’en suis certain.

Les phrases interrogatives qui ne s’adressent pas spécifiquement au destinataire et qui présentent un questionnement où la réponse est sous-entendue.

Comment peut-on être aussi naïve ?

Les variétés de langue qui caractérisent l’énonciateur (langue familière, populaire, soutenue ou littéraire) et l’emploi de mots d’autres langues pour créer un effet.

• Ça placotait dans le village. • Dirais-je Big deal !

Marques énonciatives qui renvoient au destinataire

Exemples

Les pronoms personnels et les déter­minants possessifs de la 2e personne qui marquent la présence d’un destinataire.

• L’histoire que je vais vous conter… (respect par le vouvoiement) • Je suis de ton avis. (connivence) • Me suis-tu là ? (familiarité)

Les phrases impératives et interro­gatives, et les apostrophes qui s’adressent au destinataire.

• Écoutez bien ceci. • Avez-vous déjà vu une chose pareille ?

Le non-verbal : posture, distance physique, prosodie. Ces éléments se voient lorsque le conte est présenté oralement.

Le conteur regarde son public, se penche vers lui et chuchote pour lui faire une confidence…

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Puisqu’il est issu de la tradition orale, on trouve dans le conte Le revenant de Gentilly des marques de l’énonciateur et de son destinataire.

2 Surlignez dans l’extrait suivant un pronom de la première personne, une phrase incidente et un déterminant possessif qui révèlent la présence de l’énonciateur. Témoin l’histoire suivante, que je tiens du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise, et dont la bonne foi était, vous pouvez m’en croire, au-dessus de tout soupçon.

3 Relevez un passage du texte qui renvoie au destinataire et qui comprend : a) un pronom de la deuxième personne :

b) une phrase impérative :

c) une phrase interrogative :

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La poésie Le poème lyrique Béatrice Qu’en avez-vous fait ? Conseil Les deux printemps La tête haute

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p. 194 p. 200 p. 206 p. 209 p. 216

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Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La poésie La situation de communication Auteur

Œuvre

Lecteur

•• L’auteur d’un texte poétique est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque et sa notoriété. •• Son intention peut être : – d’expérimenter des jeux poétiques ; – d’exprimer ses senti­ ments, ses émotions et sa perception de la réalité dans une langue imagée ; – de traduire son imaginaire et ses opinions en utilisant la langue de façon imagée.

•• Le lecteur doit tenir compte : – du contexte de production ou de publication de l’œuvre (année et lieu où elle a été écrite, édition) ; – du contexte historique ou socioculturel.

•• Lorsqu’il lit un texte poétique, le lecteur développe son intérêt pour le langage imagé et se familiarise avec la poésie. •• Son intention peut être : – de lire ou d’écouter pour se laisser émouvoir ; – de découvrir un univers poétique ; – d’apprécier des manières particulières de désigner ou d’évoquer des réalités ; – de développer sa sensibilité esthétique et sa connaissance de la poésie.

La cohérence et l’organisation du texte Moyens pour assurer la cohérence du texte

Moyens pour organiser le texte

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•• Procédés de reprise •• Progression thématique par les champs lexicaux, l’association d’éléments et les figures de style •• Non-contradiction entre : – les éléments de l’univers poétique – le titre, le thème et l’univers •• Titre •• Découpage et procédés qui structurent le texte et en marquent le rythme •• Forme fixe ou libre •• Organisateurs •• Disposition graphique et formes visuelles particulières •• Mise en évidence de certains mots

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L’organisation d’un texte poétique

Structure du poème

•• Vers et strophes (au lieu de phrases et de paragraphes) •• Découpage en strophes, en couplets, en refrains •• Forme fixe ou libre •• Disposition graphique (régulière, particulière, enjambement, rejet) •• Particularités lexicales, linguistiques ou stylistiques •• Séquence descriptive ou narrative

Ressources linguistiques

•• Champs lexicaux •• Procédés lexicaux, syntaxiques et stylistiques •• Ton, écriture à la 1re ou à la 3e personne (manifestation de l’énonciateur) •• Choix de mots usuels, recherchés ou évocateurs •• Invention de mots •• Association de mots qui créent des images (comparaison, métaphore, contraste, antithèse, personnification, métonymie), des symboles et des jeux de sonorités •• Jeux sur les divers sens des mots : polysémie, connotation •• Agencement de mots : – phrases présentant des écarts avec la norme – inversion de mots – répétition de mots, de groupes de mots, de structures •• Ponctuation

Moyens pour créer le rythme et la sonorité

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•• Vers : – rimés ou non – rimés à la fin de deux ou plusieurs vers – réguliers ou libres •• Répétition de sons, de mots, de structures •• Musicalité des mots •• Syntaxe et ponctuation

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Le poème lyrique Qu’est-ce que c’est ? Les poèmes sont des textes très variés : ils peuvent être courts ou longs, en prose ou en vers, rimés ou non, etc. Leur caractéristique commune, c’est l’utilisation particulière des mots. Le langage poétique est un agencement de mots créant des images, un rythme et des sonorités qui produisent un effet chez le lecteur. Dans un poème lyrique, l’auteur aborde des thèmes qui se rapportent aux sentiments tels que l’amour, la tristesse, la nostalgie de la jeunesse, la peur, etc. Le poète utilise les mots de manière à évoquer ce qu’il ressent. Les poèmes lyriques sont souvent écrits à la 1re personne et mettent l’accent sur une expérience et une vision du monde très personnelles.

Qui l’écrit et pourquoi ? Une personne qui désire exprimer ses sentiments, présenter sa vision du monde dans une langue imagée. Qui le lit et pourquoi ? Une personne qui est prête à se laisser émouvoir, à découvrir la vision, l’univers d’un auteur. Quelqu’un qui apprécie la beauté de la langue. Où le trouve-t-on ? Les poèmes lyriques sont partout. Certains, de nature plus personnelle, restent secrets alors que d’autres se trouvent dans des lettres, dans Internet, mais surtout dans des recueils de poésie.

Certains termes sont spécifiques au texte poétique. Par exemple, dans un poème, une ligne porte le nom de « vers » et un regroupement de vers, lequel s’apparente à un paragraphe, est appelé « strophe ». Aussi, un poème se caractérise souvent par la présence de rimes, c’est-à-dire de sons qui se répètent à la fin de vers. On dit que ces rimes sont « suivies » lorsqu’elles s’enchaînent deux par deux (AABB), « croisées » lorsqu’elles s’alternent (ABAB) et « embrassées » lorsque deux rimes sont encadrées par deux autres (ABBA). Exemples : Rimes suivies Rimes croisées Rimes embrassées manteau fête amour chapeau amis embrassent neige tête enlacent manège partie tambour

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A M. V. H. 1

[Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,1] Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux, Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux, Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

5

[Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ; Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux. Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux, Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.2]

10

De ces biens passagers que l’on goûte à demi, Le meilleur qui nous reste est un ancien ami. On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble, On s’approche, on sourit, la main touche la main, Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble, Que l’âme est immortelle, et qu’[hier c’est demain3].

Exemple de poème lyrique

Titre (Ce titre signifierait « À Monsieur Victor Hugo. ») 1 Vers (ligne) Champ lexical de la relation d’amitié Rimes qui créent une musicalité Langue soutenue Strophe (paragraphe) Utilisation de la 1re personne 3 Image créée par une antithèse 2

Alfred de Musset, « A M. V. H. », Poésies nouvelles, 1850.

Alfred de Musset (1810-1857) est né à Paris. Il a été poète, mais aussi dramaturge. © Éditions Grand Duc

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Stratégie de lecture J’utilise les outils mis à ma disposition.

Émile Nelligan (1879-1941) est un poète québécois devenu célèbre pour l’œuvre qu’il a créée en quelques années seulement, à la fin de son adolescence. C’est à lui que l’on doit entre autres le fameux poème Soir d’hiver, qui commence par : « Ah ! Comme la neige a neigé ! »

1 Dans les deux premières strophes, surlignez chaque rime d’une couleur différente. 2 Encadrez les deux marqueurs de relation de la 1re strophe.

Définitions tapageur : bruyant. ébène : de couleur noire. hautain : fier, qui est empreint de noblesse (sens littéraire). seoir : convenir. candeur : pureté, innocence. tarir : épuiser, anéantir. voûte azurée : ciel bleu. éthéré : qui est lié au ciel, aérien, céleste.

Intention de lecture Prêter attention à la structure du poème.

Béatrice   D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ; Puis vint la grande fille aux yeux couleur d’ébène, Une brune enfant pâle insensible au plaisir.

1

Son beau front est rêveur ; et, quelque peu hautaine Dans son costume blanc qui lui sied à ravir, Elle est bonne et charmante, et sa douce âme est pleine D’innocente candeur que rien ne peut tarir.

5

Chère enfant, laisse ainsi couler ton existence, Espère, prie et crois, console la souffrance. Que ces courts refrains soient tes plus belles chansons !

10

J’élève mon regard vers la voûte azurée Où nagent les astres dans la nuit éthérée, Plus pure te trouvant que leurs plus purs rayons. Émile Nelligan, « Béatrice », Poésies complètes, 1896-1899.

Émile Nelligan (1879-1941) est un poète québécois que l’on dit « romantique » et dont les représentants français sont, entre autres, Alphonse de Lamartine et Victor Hugo. © Éditions Grand Duc

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) Dans la première strophe, vous avez encadré deux marqueurs de relation. Qu’introduisent-ils ?

b) Pourquoi peut-on affirmer que les idées qu’ils introduisent sont très différentes, voire contraires ?

2 À qui le poète s’adresse-t-il dans les deux dernières strophes ?

3 Quels sont les deux éléments associés à la pureté dans la dernière strophe ?

4 Cochez les cases correspondant aux sentiments personnels évoqués dans ce poème. Expliquez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

 L’inquiétude  

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 L’admiration  

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  Le bonheur  

 L’émerveillement

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Réaction 5 Êtes-vous d’accord avec la vision de l’auteur relativement à l’enfance ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous des mots que l’auteur a choisis ? Sont-ils répétitifs ou variés, communs ou recherchés, simples ou complexes ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’exemples du texte.

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Grammaire du texte 7 Combien ce poème compte-t-il de strophes ?

8 Combien y a-t-il de vers dans : a) les deux premières strophes ?

b) les deux dernières strophes ?

9 Cochez les deux énoncés qui décrivent le mieux ces vers.  Ils sont courts, c’est-à-dire qu’ils comptent peu de mots et de syllabes.  Ils sont longs, car ils comptent huit syllabes ou plus.  Ils sont réguliers, puisqu’ils comptent le même nombre de syllabes.  Ils sont irréguliers, parce qu’il ne semble pas y avoir de règles fixes quant au nombre de syllabes et de vers par strophe.

Il y a plusieurs façons de créer le rythme et la sonorité dans un poème. Cochez le moyen utilisé par l’auteur de ce poème afin d’y parvenir.

  Les rimes

  La répétition de sons (allitération)

  La répétition de vers

a) Déterminez le type de rimes dans les deux premières strophes.

  Rimes croisées (ABAB)

  Rimes embrassées (ABBA)

  Rimes suivies (AABB)

b) Quels sont les deux sons qui y sont répétés ?

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Grammaire en contexte Voir les notions 16 à 21,

1 Réfère-toi à l’extrait suivant du texte Béatrice pour répondre aux questions.

p. 234 à 237.

D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ;

a) Quelle fonction exerce le groupe de mots en caractères gras ? b) Pourquoi le nom chêne ne prend-il pas la marque du pluriel ?

Ressource de la langue

x

La structure du poème

9

p

c

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Un poème dont la structure respecte les règles propres au genre poétique est de forme fixe. Si sa structure ne s’aligne pas sur ces règles, il est de forme libre.

Le poème de forme fixe Dans un poème de forme fixe, certaines règles doivent être respectées : nombre de vers et de strophes, longueur des vers (qui se compte en syllabes), etc. La façon de disposer les rimes (suivies AABB, croisées ABAB, embrassées ABBA) est préétablie. Voici deux types de poèmes de forme fixe. Le sonnet : Il est courant en poésie. Le sonnet comporte quatorze vers répartis en quatre strophes : deux strophes de quatre vers (quatrains) comprenant deux rimes embrassées chacun et deux strophes de trois vers (tercets) comprenant trois rimes en tout. La structure la plus courante est la suivante : ABBA ABBA CCD EDE. Le haïku : Originaire du Japon, le haïku est un court poème de forme fixe. Il est composé de trois vers comprenant dix-sept syllabes. Le premier vers contient cinq syllabes ; le deuxième, sept et le troisième, cinq. Aucune rime n’est nécessaire.

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Le poème de forme libre L’organisation d’un poème de forme libre est variable. Les espaces blancs, le découpage des strophes, les choix typographiques ainsi que la longueur des vers sont autant de façons de varier la forme. Le calligramme : C’est un texte poétique écrit en vers libres où la disposition des mots représente une forme généralement liée au thème du poème. La chanson : C’est un texte poétique chanté et rimé, accompagné de musique. La sonorité et le rythme caractérisent les couplets et le refrain de la chanson. Le refrain, qui peut être présent ou non, contient souvent le thème ou l’idée principale. Les couplets servent à développer le thème ou l’idée principale.

2 Surlignez l’énoncé qui décrit le mieux le poème Béatrice. Justifiez votre réponse. a) Il s’agit d’un poème de forme fixe, car certaines règles ont été respectées, notamment le nombre de vers et de strophes, la longueur des vers et les rimes. b) Il s’agit d’un poème de forme libre, car le poète n’a pas respecté de règle particulière, notamment le nombre de vers et de strophes, la longueur des vers et les rimes.

Justification :

3 En vous référant au texte intitulé A M. V. H., à la page 193, dites s’il s’agit d’un poème à forme fixe ou à forme libre, puis justifiez votre réponse à l’aide des caractéristiques de l’œuvre.

4 Combien de pieds (syllabes) comportent les vers de la première strophe du poème A M. V. H. ?

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Stratégie de lecture Je tiens compte de la ponctuation.

Marceline DesbordesValmore est une poétesse et comédienne d’origine française. Née vers la fin du 18e siècle, elle a traversé de nombreuses épreuves, notamment la mort de plusieurs de ses enfants.

1 Surlignez les vers qui sont répétés afin de produire un rythme. 2 Encadrez la strophe qui comprend une comparaison.

Définitions encens : résine odorante. amer : triste.

Intention de lecture Prêter attention au rythme et à la sonorité du poème.

Qu’en avez-vous fait ?   Vous aviez mon cœur, Moi, j’avais le vôtre : Un cœur pour un cœur ; Bonheur pour bonheur !

1

Vous me laissez là, Dans ma vie amère ; Vous me laissez là, Et Dieu voit cela !

Le vôtre est rendu, Je n’en ai plus d’autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu !

5

Savez-vous qu’un jour L’homme est seul au monde ? Savez-vous qu’un jour Il revoit l’amour ?

La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L’encens, la couleur : Qu’en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu’en avez-vous fait, De ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant Quitté par sa mère, Comme un pauvre enfant Que rien ne défend,

10

15

20

Vous appellerez, Sans qu’on vous réponde ; Vous appellerez, Et vous songerez !... Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant. Et l’on vous dira : « Personne !... elle est morte. » On vous le dira ; Mais qui vous plaindra ?

25

30

35

40

Marceline Desbordes-Valmore, « Qu’en avez-vous fait ? », Élégies et poésies nouvelles, 1825.

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) a d’abord exercé le métier de comédienne avant de se consacrer à la poésie. Plusieurs de ses pairs l’admiraient, dont Honoré de Balzac. © Éditions Grand Duc

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Quel est le sujet de ce poème ?

2 Expliquez dans vos mots le sens de chacune des deux premières strophes. a) 1re strophe :

b) 2e strophe :

3 a) Indiquez les lignes des quatre vers qui établissent une comparaison. b) Quels sont les deux éléments comparés ?

c) Quel est le point commun entre ces deux éléments ?

4 Selon vous, quel est le message que veut passer l’auteure à travers ce poème ? Expliquez votre réponse en vous basant sur des éléments du texte.

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Réaction 5 Quel effet ce poème a-t-il eu sur vous ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous du thème ? Est-il actuel ou dépassé, pertinent ou inapproprié, commun ou original ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

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Grammaire du texte 7 Cochez les deux affirmations qui décrivent les vers dans ce poème.  Ils sont courts, c’est-à-dire qu’ils comptent peu de mots et de syllabes.

  Ils sont longs, car ils comptent huit syllabes ou plus.

 Ils sont réguliers, puisqu’ils sont de longueur semblable et contiennent des rimes.

 Ils sont irréguliers, parce qu’il ne semble pas y avoir de règles fixes quant au nombre de syllabes et de vers par strophe.

8 L’auteure utilise la répétition afin de créer un rythme dans son poème. Complétez la phrase suivante.

Dans plusieurs strophes, le

et le

vers sont les mêmes.

9 Les rimes permettent aussi de donner du rythme à un poème. a) Surlignez les rimes dans la strophe suivante. Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant.

b) L’énoncé suivant est-il vrai ou faux ? Cochez la case appropriée.

La structure des rimes est la même dans toutes les strophes du poème.

 Vrai  

 Faux

Il y a plusieurs façons de créer le rythme et la sonorité dans un poème. Cochez les éléments utilisés par l’auteure de ce poème afin d’y parvenir.   Les rimes   La répétition de mots   La répétition de vers

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Grammaire en contexte Voir les notions 26 à 29,

1 a) Dans le poème Qu’en avez-vous fait ?, les phrases exclamatives permettent :

p. 239 et 240.

 de transmettre une émotion ;

  d’apostropher le lecteur ;

  de manifester de l’admiration. b) Dans ce poème, les phrases interrogatives permettent :

  de susciter l’intérêt du lecteur ;

  de faire réfléchir le lecteur ;

  d’exprimer un questionnement.

Ressource de la langue

2

Le champ lexical

x

h

3

laclasse.grandducenligne.com

Un champ lexical est un ensemble de mots ayant un lien entre eux et s’organisant autour d’un thème donné. Il permet de bien exploiter un thème, d’assurer la cohérence dans les idées et d’éviter les répétitions dans un texte. ፝፝ Ces mots peuvent appartenir à différentes classes grammaticales. ፝፝ Un champ lexical peut être formé de synonymes (mots de même sens), d’antonymes (mots de sens contraire) ou d’expressions figées. Il y a plusieurs façons de créer un champ lexical.

Le réseau de concepts rageusement détruire détester

colérique choquer

passer un mauvais quart d’heure

Thème : La colère

voir rouge

éclater

crier

La liste Thème : Le voyage Noms

voyage, balade, croisière, aventure, découverte, paysage, mer, soleil…

Verbes

découvrir, voyager, marcher, visiter, se balader, explorer…

Adjectifs

majestueux, agréable, plaisant, enchanteur, ravissant, dépaysant…

Participes présents

observant, explorant, découvrant, cherchant, marchant…

Expressions

baptême de l’air, aux quatre coins du monde, voir du pays…

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2 Sous forme de liste, dressez un champ lexical sur les thèmes de l’amour et de la peine à partir du poème Qu’en avez-vous fait ?, présenté à la page 200. L’amour

La peine

3 Réalisez votre propre champ lexical sur le thème de l’amitié.

L’amitié

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Stratégie de lecture Je lis par groupes de mots.

Poète français du 19e siècle, Théodore de Banville fut surnommé « le poète du bonheur ».

1 Dans les deux premières strophes, surlignez les rimes d’une couleur différente. 2 Soulignez une douzaine de mots appartenant au champ lexical de la nature.

Définitions servitude : obligation. agreste : de la campagne. antre : caverne, lieu sinistre. lierre : plante grimpante. Muse : source d’inspiration prenant souvent les traits d’une femme.

Intention de lecture Prêter attention à la structure du poème.

Conseil   Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt ! Escalade la roche aux nobles altitudes. Respire, et libre enfin des vieilles servitudes, Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.

1

Dès l’heure éblouissante où le matin paraît, Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes. Va devant toi, baisé par l’air des solitudes, Comme une biche en pleurs qu’on effaroucherait.

5

Cueille la fleur agreste au bord du précipice. Regarde l’antre affreux que le lierre tapisse Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.

10

Marche et prête l’oreille en tes sauvages courses ; Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus, Et la Muse aux beaux yeux chante dans l’eau des sources. Théodore de Banville, « Conseil », Les Cariatides, 1843.

Théodore de Banville (1823-1891) a été poète, mais il a également écrit des pièces de théâtre. Victor Hugo et Charles Baudelaire comptaient parmi ses amis.

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Dans la 1re strophe, le poète suggère de se débarrasser de deux choses dans la forêt. Quelles sont-elles ?

2 Dans ce poème, la nature vous semble-t-elle plutôt accueillante ou inhospitalière ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

3 a) Résumez dans vos mots le conseil que donne Théodore de Banville. b) Quel vers traduit le mieux ce message ?

Réaction 4 Avez-vous envie de suivre le conseil de Théodore de Banville ? Expliquez votre réponse.

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Jugement critique 5 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Les valeurs qui y sont présentées vous semblent-elles actuelles ou dépassées, positives ou négatives, communes ou choquantes ? Justifiez votre point de vue.

Grammaire du texte 6 a) Combien de vers y a-t-il dans les deux premières strophes ? b) Comment s’appelle une strophe comprenant ce nombre de vers ? c) Combien de vers y a-t-il dans les deux dernières strophes ? d) Comment s’appelle une strophe comprenant ce nombre de vers ? e) Comment s’appelle un poème qui présente cette structure ?

7 Déterminez le type de rimes dans les deux premières strophes.   Croisées (ABAB)  

  Embrassées (ABBA)  

  Suivies (AABB)

8 Quel mode verbal l’auteur utilise-t-il pour formuler un conseil au lecteur ?

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1

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15

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Intention de lecture Prêter attention aux éléments de l’univers poétique (le sujet du texte et ce qu’on en dit).

Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Les deux printemps  

Daniel Bélanger est un auteur-compositeurinterprète québécois. Ses rythmes uniques et sa façon de jouer avec les mots font de lui un artiste reconnu depuis les années 1990.

Ses yeux sont deux printemps Qui me font sourire et ça me fait rire Ses joues sont des torrents Les miennes s’y baignent mais encore pire Son cœur est une fête Le mien ne veut plus en sortir Elle est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie C’est un tourbillon, un grand vertige Complètement doux On dit qu’en haute voltige On peut tomber et se rompre le cou C’est pas mon premier vol Arrêtez bande de jaloux C’est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

Définitions torrent : cours d’eau à grand débit (sens figuré : abondance). haute voltige : acrobatie aérienne. frénésie : agitation. amphibie : qui peut vivre dans l’eau et hors de l’eau. brasier : foyer d’incendie.

Nos heures sont des rivières Qui courent en une folle frénésie L’amour est liquide clair Et nos deux corps sont amphibies La terre est un brasier Mais pour un moment l’oublier C’est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

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1 Dans la 1re strophe, surlignez les deux vers qui se répètent. 2 Dans tout le texte, soulignez les passages où l’auteur s’adresse aux gens qui l’entourent.

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Du même auteur Daniel Bélanger, Paloma, Audiogram, 2016.

3 Dans la 1re strophe de cette page, surlignez les rimes d’une couleur différente.

Définitions cécité : fait d’être aveugle. frêle : fragile. pêle-mêle : en désordre.

Qu’elle ne plaise à personne Ni du visage ni de l’esprit Restez en votre automne L’été tout l’an me fait plus envie Persuadez-vous de mes deux yeux fermés J’affirme en toute cécité T’es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

25

30

Y a toujours des noirceurs Pour assombrir quelques beautés Des êtres qui ont peur Qui veulent vous en contaminer Me protéger des loups ? Moi qui n’en compte que des amis ! T’es la plus belle saison de ma vie T’es la plus belle saison de ma vie

35

40

Nous serons vieux et frêles Peut-être même séparés Nos têtes pêle-mêle Incapables et usées Mais aujourd’hui je t’aime Aujourd’hui pour l’éternité T’es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

45

Daniel Bélanger, « Les deux printemps », Quatre saisons dans le désordre, Éditions Kaligram, 1996.

Né en 1961, Daniel Bélanger compte huit albums à son actif. Récipiendaire de nombreux prix, il a également mis en musique deux pièces de théâtre de Michel Tremblay (Les belles-sœurs et Sainte Carmen de la Main). © Éditions Grand Duc

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation Quel est le thème central de ce poème ? 1

2 Quel est le sujet du poème ?

  Une saison  

  Un objet  

  Un sentiment

3 Comment Daniel Bélanger voit-il l’amour ? Résumez son point de vue en une phrase.

4 Dans la 2e strophe, qu’est-ce qui laisse croire que l’auteur a déjà été amoureux auparavant ?

5 À plusieurs reprises dans la chanson, l’auteur répond aux gens qui lui font des mises en garde contre ses sentiments. Relevez ce qu’il leur réplique dans les strophes suivantes. a) 2e strophe :

b) 4e strophe :

6 Expliquez dans vos mots le sens de la dernière strophe.

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7 Selon vous, pourquoi Daniel Bélanger a-t-il choisi de faire un parallèle entre l’amour et une saison ? Justifiez votre réponse.

8 Donnez votre interprétation de la 3e strophe en résumant les idées de l’auteur dans vos mots.

Réaction 9 Croyez-vous, comme l’auteur de cette chanson, que souvent les gens tentent de nous mettre en garde contre l’amour ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de votre expérience personnelle.

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Jugement critique À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous du style d’écriture de l’auteur ? Qu’avez-vous pensé du vocabulaire, de la structure des phrases et des figures de style qu’il a employés ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments tirés du texte.

Grammaire du texte a) Quels sont les deux vers qui reviennent à la fin de chacune des strophes ?

b) Ces vers restent-ils exactement les mêmes chaque fois qu’ils sont répétés ? Expliquez votre réponse en vous appuyant sur le texte.

c) Comme il s’agit d’une chanson, quel nom peut-on donner à ces vers et quel est l’effet recherché ?

La forme de ce poème est-elle fixe ou libre ? Justifiez votre réponse.

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Grammaire en contexte Voir la notion 29,

1 a) Soulignez le pronom personnel dans ce vers du texte Les deux printemps.

p. 240.

Persuadez-vous de mes deux yeux fermés

b) Quelle fonction exerce ce pronom ? c) Que remarquez-vous de particulier dans l’entourage de ce pronom ?

Ressource de la langue

n

Les figures de style

f

7

u

laclasse.grandducenligne.com

Une figure de style est une association de mots qui permet d’exprimer des idées de façon particulière. On cherche à produire un effet chez le lecteur, par exemple l’émouvoir, le séduire ou le convaincre. Voici quatre figures de style utilisées en poésie. Figure de style

Exemples

Antithèse Association de deux termes opposés afin de créer un contraste.

• Ici c’était le paradis, ailleurs l’enfer. (Voltaire) • Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits. (Paul Éluard)

Personnification Fait d’attribuer des caractéristiques humaines à quelque chose qui n’est pas humain.

• Venise pour le bal s’habille (Alfred de Musset) • Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote : Souviens-toi ! (Charles Baudelaire)

Répétition Reprise d’un mot ou d’une expression afin de créer une insistance.

La terre était grise, le blé était gris, le ciel était gris (Jean Giono)

Gradation Énumération dont les éléments présentent une progression afin d’amplifier ce qui est exprimé.

• Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière) • C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… c’est une péninsule ! (Edmond Rostand)

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2 Indiquez la figure de style employée par l’auteur dans chacun des passages du texte Les deux printemps et justifiez votre réponse. a) Ses joues sont des torrents

Les miennes s’y baignent mais encore pire  L’antithèse 

  La personnification 

  La répétition 

  La gradation

  La répétition 

  La gradation

  La répétition 

  La gradation

Justification :

b) L’amour est liquide clair

Et nos deux corps sont amphibies

La terre est un brasier

Mais pour un moment l’oublier

 L’antithèse 

  La personnification 

Justification :

c) C’est la plus belle saison de ma vie

La plus belle saison de ma vie  L’antithèse 

  La personnification 

Justification :

3 Composez un ou deux vers présentant une gradation sur le thème de l’amour ou du printemps.

4 Ce texte contient beaucoup de métaphores. Précisez ce à quoi l’amour est comparé dans les 2e, 3e et 4e strophes. a) 2e strophe : L’auteur compare l’amour à un

.

b) 3e strophe : L’auteur compare l’amour à un

, c’est-à-dire

à de l’

.

c) 4e strophe : L’auteur compare l’amour à un toute l’ © Éditions Grand Duc

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qui durerait

. 215

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Stratégie de lecture J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Les Cowboys Fringants, groupe de musique québécois, interprètent des chansons aux accents country, folk et rock. Mieux connus depuis les années 2000, ils ont vendu plusieurs milliers d’albums à travers la francophonie. La chanson ci-contre est inspirée d’une histoire vraie très touchante.

1 Dans cette chanson, surlignez les mots ou les groupes de mots qui ont trait au courage. 2 À partir de la 7e strophe, soulignez les mots ou les groupes de mots qui ont trait au combat.

Définitions fébrile : agité, excité, impatient. rôder : traîner, errer, se manifester tranquillement. tempérer : modérer, adoucir, raisonner. à l’arraché : difficilement, au prix d’un gros effort.

Intention de lecture Prêter attention au thème de ce poème ainsi qu’à la manière dont l’auteur évoque ses sentiments.

La tête haute   C’est ma fête j’ai dix-neuf ans Plus d’cheveux et toutes mes dents Et quand j’regarde en avant Y a comme un flou dans le temps

1

Tantôt le doc passera Me donner mes résultats Et j’saurai si oui ou non J’ai des chances de guérison

5

Mes bougies d’anniversaire S’ront peut-être bien les dernières Mais je n’suis même pas fébrile J’ai en moi cette force tranquille Des gens qui sont habitués À voir la mort rôder

10

J’ai tout surmonté La tête baissée Si j’redescends la côte Ce s’ra la tête haute

15

Si je suis au bout d’la route De ma vie beaucoup trop courte Je partirai quand même en paix Sans éprouver de regrets

20

Car même si j’ai encore la flamme J’ai en moi cette vieille âme De ceux pour qui la sagesse A remplacé la jeunesse

25

Et qui m’a fait garder espoir Dans les moments les plus noirs Et qui a aussi tempéré Mes victoires à l’arraché

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Du même groupe Les Cowboys Fringants, Octobre, La Tribu, 2015.

35

40

J’me s’rai tenu comme un roi Face à ce cheval de Troie Sans me plaindre de la douleur Et sans pleurer sur mon malheur Que je survive ou que je meure Maint’nant je n’ai plus peur

Définition soubresaut : mouvement involontaire, sursaut. Le cheval de Troie Selon la mythologie, les Grecs, voulant s’emparer de la ville de Troie, usèrent de ruse en offrant aux Troyens un immense cheval en bois creux dans lequel des soldats étaient cachés. Une fois entrés dans la ville, les soldats engagèrent le combat et prirent possession de Troie.

J’ai tout surmonté La tête baissée Si j’redescends la côte Ce s’ra la tête haute C’est ma fête j’ai dix-neuf ans Pu d’cheveux mais toutes mes dents Je soufflerai les bougies Les dernières de ma vie

45

50

55

60

Le doc me l’a confirmé Le mal a trop progressé Une affaire de quelques s’maines Peut-être deux mois à peine Mes yeux qui flottent dans l’eau Dans un dernier soubresaut De colère et d’impuissance Il faut accepter l’évidence Ce n’est plus le temps pour les larmes Je dois rendre les armes

Les Cowboys Fringants ont quelque 20 années d’existence. Militants, les membres du groupe se préoccupent de questions sociales, politiques et écologiques.

J’ai tout surmonté La tête baissée Maint’nant j’redescends la côte Mais j’ai la tête haute Mais j’ai la tête haute Mais j’ai la tête haute Les Cowboys Fringants, « La tête haute », L’expédition, La Tribu, 2008.

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Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez dans vos mots ce que la chanson raconte et les émotions qui sont évoquées.

2 Selon vous, que signifient les trois expressions suivantes ? a) J’ai tout surmonté la tête baissée

b) J’redescends la côte

c) Mais j’ai la tête haute

Réaction 3 Quelle(s) émotion(s) ce poème suscite-t-il en vous ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

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Jugement critique 4 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Trouvez-vous le thème actuel ou dépassé, pertinent ou inapproprié, commun ou original ? Justifiez votre point de vue.

Grammaire du texte 5 Complétez le schéma suivant afin d’identifier le thème de ce poème. Titre :

Thème :

Cinq mots ou groupes de mots qui évoquent le courage :

Deux mots ou groupes de mots qui évoquent le combat :

• •

• • •

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Jugement critique comparatif 6 a) Lequel de ces poèmes avez-vous préféré ? Béatrice Qu’en avez-vous fait ? Conseil Les deux printemps La tête haute b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants : le message transmis ; le thème ;

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : - donner votre opinion ; - exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; - donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

les valeurs ; le style d’écriture de l’auteur (choix du vocabulaire, construction des phrases, figures de style, etc.).

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Situation d’écriture

Rédaction d’un poème ou d’une chanson C’est à votre tour d’écrire un poème ou une chanson qui évoque une émotion ou un état d’âme. Inspirez-vous des vers ci-dessous. Vous pouvez même les intégrer dans votre œuvre ! Je rêve aux couples qui demeurent Toujours

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans

René-François Sully-Prudhomme

Arthur Rimbaud

Où tu vas, j’y serai toujours, Jusques au dernier de tes jours

Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville 

Alfred de Musset

Paul Verlaine

Assurez-vous de tenir compte des points suivants. Thème : Évoquez une émotion ou un état d’âme. Structure : Donnez un titre à votre texte. Choisissez la forme de votre poème : fixe ou libre (p. 198). Composez au moins 16 vers et 4 strophes. Faites des rimes.

Avant d’écrire votre poème, réalisez un champ lexical précis (p. 204) autour de votre thème. Au besoin, consultez un dictionnaire de langue ou un dictionnaire des synonymes.

Figures de style :  Insérez au moins une figure de style : antithèse, personnification, répétition ou gradation (p. 214). Prenez aussi le temps de vérifier : l’orthographe des mots et les accords ; la syntaxe et la ponctuation des phrases.

Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez-vous aux pages 252 et 253.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un poème lyrique, je peux exprimer des

comme l’amour, la tristesse, le bonheur. Mon poème peut être écrit en  , avec ou sans rimes. Je peux utiliser des figures de

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pour créer un effet.

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Suggestions de lecture Poèmes lyriques Mon livre de haïkus

Ni vu ni connu

Jean-Hugues Malineau et Janik Coat, Albin Michel jeunesse, 2012, 61 p.

Louise Desjardins, La courte échelle, 2002, 33 p.

Miroirs de la nature : recueil de haïkus Collectif, Éditions du Seuil, 2013.

Belles rimes pour grands tableaux Virginie Aladjidi et Caroline Pellissier, Palette, 2010, 41 p.

Mon premier Hugo Victor Hugo, textes choisis par Michel Piquemal, 2008, 152 p.

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L’ourse Rachel Leclerc, La courte échelle, 2002, 37 p.

Trésor de la poésie française Jacques Charpenteau, Hachette Jeunesse, 2005, 803 p.

Calligrammes de Guillaume Apollinaire Claude Debon, Gallimard, 2004.

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50 notions pour la grammaire en contexte Mes outils

Les sections 1 à 8, suivies de la mention Rappel , présentent des notions qui devraient être maîtrisées. Les informations précédées de la mention 3e secondaire sont spécifiques à cette année.

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Les classes de mots  Rappel Les groupes syntaxiques Les fonctions dans les groupes La phrase Les types de phrases Les formes de phrases Les phrases à construction particulière Les liens dans les phrases et entre les phrases Les manipulations syntaxiques La ponctuation La conjugaison des verbes

p. 224 p. 230 p. 234 p. 238 p. 239 p. 241 p. 243 p. 243 p. 246 p. 248 p. 250

Les critères d’évaluation en situation d’écriture

p. 252

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Mes outils

Les classes de mots Rappelez-vous que, pour déterminer la classe d’un mot, vous pouvez : nn vous référer au contexte de la phrase en regardant le mot qui le précède et celui qui le suit ; nn remplacer le mot par un autre mot de même classe ; nn chercher le mot dans le dictionnaire.

1

5

Le nom  Rappel

9

s

m

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Le nom représente une personne, un animal, un lieu, un objet, un sentiment, une qualité. Il peut être commun ou propre, de forme simple (un mot) ou complexe (plus d’un mot). Comment le reconnaître ? Le nom est souvent précédé d’un déterminant. Il peut être remplacé par un autre nom. dét.

n.

Exemple : Mes espadrilles sont abîmées.

2

 Mes chaussures sont abîmées. 9

L’adjectif  Rappel

w

y

v

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L’adjectif apporte une précision au nom ou au pronom avec lequel il est en relation. Il peut être de forme simple ou complexe. Il peut aussi être classifiant ou qualifiant, selon qu’il classe une réalité dans une catégorie ou qu’il y attribue une qualité. Comment le reconnaître ? L’adjectif suit généralement le nom, mais peut parfois le précéder. Il peut aussi se trouver après un verbe attributif (être, paraître, sembler, etc.). Il peut être remplacé par un autre adjectif. adj.

Exemple : Cette plante est une espèce vivace.

 Cette plante est une espèce rare.

Accord L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom qu’il précise. Dans un GN, le nom noyau est le donneur d’accord de l’adjectif. adj.

n.

Exemples : La petite fille adore le gâteau. f. s. n.

adj.

Ces fleurs sont tropicales. f. pl.

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Il est important d’identifier le donneur d’accord de l’adjectif pour transmettre à celui-ci les bons traits de genre et de nombre.

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

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3

c

Le déterminant  Rappel

6

x

d

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Le déterminant sert à introduire un nom. Il peut être de forme simple ou complexe. Comment le reconnaître ? Il précède le nom. Il peut être remplacé par un autre déterminant. Voici différents déterminants regroupés par catégorie. Catégorie

Exemples

Défini : • forme simple • forme contractée Indéfini

le, la, l’, les au (à + le), du (de + le), aux (à + les), des (de + les) un, une, des, de, d’

Partitif (réalité non comptable)

du, de la, de l’, des

Possessif

mon, ma, mes, notre, nos (1re personne) ton, ta, tes, votre, vos (2e personne) son, sa, ses, leur, leurs (3e personne)

Démonstratif

ce, cet, cette, ces

Numéral (quantité précise)

un, deux, mille, quatre-vingt-dix, trente-trois, cent

Quantitatif (quantité imprécise)

aucun, aucune, certain, certains, certaine, certaines, pas un, pas une, plus d’un, plus d’une, nul, nulle, divers, diverses, différents, différentes, tout le, toute la, tous les, toutes les, chaque, quelques, plusieurs, beaucoup de

Interrogatif et exclamatif

quel, quelle, quels, quelles, combien de (interrogatifs ou exclamatifs) ; que de (exclamatif)

Accord Le déterminant s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il accompagne. 3e secondaire

Le déterminant quantitatif tout précède un nom et peut être suivi ou non d’un autre déterminant pour former un déterminant complexe (toute la, tous mes, tout son, etc.). Il faut l’accorder en genre et en nombre avec le nom qu’il accompagne. dét.

n.

Exemples : La fleur aux jolies couleurs resplendit sous le soleil. f. s. dét.

n.

Les chandails propres traînent sur la machine à laver. m. pl. dét.

n.

Tous les règlements doivent être respectés. m. pl. dét.

n.

Ce film s’adresse à un public de tous âges. m. pl.

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50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

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4

6

Le verbe  Rappel

s

c

t

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Le verbe exprime principalement une action, mais peut aussi exprimer un état, une opinion, une sensation ou un sentiment. Il se conjugue et change de forme selon le mode, le temps, le nombre et la personne. Exemples : marcher (action), s’ennuyer (état), estimaient (opinion), a éprouvé (sentiment) Comment le reconnaître ? Il ne peut pas être effacé, puisqu’il constitue le noyau du GV. Il peut être encadré par ne/n’… pas s’il est conjugué, ou précédé de ne pas s’il est à l’infinitif présent. S’il est conjugué à un temps composé, c’est seulement l’auxiliaire que l’on encadre par ne… pas. Il peut être remplacé par un autre verbe. v.

Exemples : Tu plantes quelques fleurs. v.

 Tu ne plantes pas quelques fleurs.

Les enfants s’amusent dehors.

 Les enfants jouent dehors.

Accord 1) La règle générale Le verbe s’accorde avec le noyau du GN sujet ou le pronom sujet. Il reçoit la personne et le nombre de son donneur d’accord. n.

v.

Exemple : Les chandails propres traînent sur la machine à laver. 3e pers. pl.

  Ce sont les chandails propres qui traînent sur la machine à laver. Les chandails propres est le GN ayant la fonction de sujet. 3e secondaire

2) L’accord avec plusieurs sujets coordonnés L’accord du verbe comportant plusieurs sujets coordonnés se détermine selon le sens de la conjonction de coordination qui les unit. Exemples : [Lucie et Éric] se disputent pour s’asseoir sur le siège avant de la voiture.   Les éléments du sujet sont unis par un coordonnant exprimant l’addition (ainsi que, ou, ni, etc.). L’accord se fait à la 3e personne du pluriel. [Lucie] ou [Éric] pourra s’y asseoir.   Les éléments du sujet sont unis par un coordonnant exprimant l’alternative. L’accord se fait à la 3e personne du singulier.

© Éditions Grand Duc 226

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50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

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3e secondaire

3) L’accord avec des GN sujets de personnes différentes Dans le cas où le coordonnant exprime l’addition, il faut prêter attention à la personne des GN. Certaines personnes ont priorité sur d’autres. La 1re personne a priorité sur la 2e et la 3e. La 2e personne a priorité sur la 3e. 1re pers. pl.

Exemples : [Élodie, toi et moi] allons au cinéma ce soir. 2e pers. pl.

[Élodie, Rudolf et toi] allez au cinéma ce soir. 3e pers. pl.

[Élodie, Rudolf et Mallory] vont au cinéma ce soir. 3e secondaire

4) L’accord avec un nom collectif Le nom collectif est un nom singulier ayant un sens pluriel qui peut être suivi ou non d’un complément. Si le sujet est exprimé seulement par le nom collectif ou si le complément est singulier, on accorde le verbe ou l’auxiliaire à la 3e personne du singulier. Si le nom collectif est précédé d’un déterminant singulier démonstratif (ce, cet, cette), possessif (mon, ton, son, etc.) ou défini (le, la), et ce, même si le complément est au pluriel, on accorde généralement au singulier le verbe ou l’auxiliaire. Lorsque le nom collectif est précédé d’un déterminant singulier indéfini (un, une) et suivi d’une expansion au pluriel, le verbe ou l’auxiliaire s’accorde au singulier ou au pluriel selon ce sur quoi l’on veut insister, soit l’ensemble ou les éléments eux-mêmes. Exemples : [La foule] a envahi la fête foraine dès l’ouverture. [Cette bande d’admiratrices] ne lâche plus l’humoriste. [Un troupeau d’oies sauvages] traversent le ciel. [Un troupeau d’oies sauvages] est apparu dans mon rétroviseur.

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50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

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Notes

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50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

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