Page 1

e

édition

2

Cette nouvelle édition de MisÀjour Français a toujours pour objectif la réussite de vos élèves en lecture.

ajout d’exerc ice de théo s et rie gramm en aire

Cette nouvelle édition fait plus de place à la grammaire. Voici les ajouts qu’elle comprend : • des questions de grammaire en contexte ; • des exercices en lien avec les ressources de la langue ; • une section de référence où sont expliquées 50 notions essentielles de grammaire.

• Une section d’enseignement explicite des stratégies de lecture, qui sont présentées une à une, modélise la façon d’annoter un texte et explique chacun des types de questions tout en précisant comment y répondre. • Des questions de jugement critique ont été ajoutées afin que l’analyse des textes aborde tous les critères d’évaluation. • Des textes ont été mis à jour.

Plus de 500 exercices autocorrigés sont disponibles gratuitement en ligne dans la Classe numérique. LA CLASSE NUMÉRIQUE

c

o

d

e

laclasse.grandducenligne.com

CODE PRODUIT 4596 I S B N 9 7 8 - 2 - 76 5 5 - 3 7 2 5 - 0

www.grandducenligne.com

6

20728 45960

COUV-sec3_v1.indd All Pages

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

ition éd

ajout d’exercices et de théorie en grammaire

MÉLANIE DEMERS MARIE DUCHESNEAU

CHEVALERIE HISTORIQUE ŒUVRE

LE CHAPITRE D’UN MANUEL DE SCIENCE ET TECHNOLOGIE OU DE SCIENCE L’article de vulgarisation VULGARISATION MANUEL D Chapitre d’un manuel de S HUMAINES TECHNOLOGIE

SCIENCE RÉCIT ROMAN LE POÈME LYRIQUE CONTE ETROMAN LÉGENDE HISTORIQ

MisÀjour

Une attention plus grande est accordée au développement de la compétence en lecture :

MisÀjour

Cahier de savoirs 2e

DEMERS | DUCHESNEAU

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

MisÀjour

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

science et technologie ou de sciences humaines Conte et la légende Roman historique et le roman de chevalerie Poème lyrique L’article de vulgarisation Chapitre d’un manuel de science et

9

2019-01-23 6:07 PM


MisÀjour FRANÇAIS + GRAMMAIRE

4596_00_Liminaire-F2.indd 1

Cahier de savoirs

2e

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

tio édi n

ajout d’exercices et de théorie en grammaire

MÉLANIE DEMERS MARIE DUCHESNEAU

19-01-24 11:37 AM


REMERCIEMENTS Pour son travail de vérification scientifique, l’Éditeur témoigne sa gratitude à Mme Geneviève Cliche.

MisÀjour FRANÇAIS + GRAMMAIRE

Français, 3e année du secondaire © 2019, Éditions Grand Duc, une division du Groupe Éducalivres inc. 1699, boulevard Le Corbusier, bureau 350, Laval (Québec) H7S 1Z3 Téléphone : 514 334-8466 • www.grandducenligne.com Tous droits réservés. CONCEPTION GRAPHIQUE (maquette intérieure et page couverture) : INFOGRAPHIE : Pige communication PHOTOGRAPHIES : p. 20 : nicoolay/istock ; p. 28 : Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3215825 ; p. 37 : Private Collection/© Look and Learn/Bridgeman Images ; p. 54 : © Francis Vachon ; p. 68 : ItzaVU/Shutterstock. com ; p. 77 : © Maxyme G. Delisle ; p. 92 : © Rocket Lavoie ; p. 99 : Jean-Marie Périer/Photo12 ; p. 116 : Archive Pics/Alamy Banque d’Images ; p. 139 : Maxim Petrichuk/ Shutterstock.com ; p. 150 : © Musée McCord ; p. 178 : © Collection Assemblée nationale/photographe Christian Chevalier ; p. 200 : Chronicle/Alamy Banque d’Images ; p. 210 : © Francis Vachon/Alamy Banque d’Images ; p. 217 : © Jocelyn Michel.

Il est illégal de reproduire cet ouvrage, en tout ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation écrite de l’Éditeur. Le respect de cette recommandation encouragera les auteurs et auteures à poursuivre leur œuvre.

CODE PRODUIT 4596 ISBN 978-2-7655-3725-0 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019 Bibliothèque et Archives Canada, 2019

4596_00_Liminaire-F2.indd 2

Imprimé au Canada 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 HLN 8 7 6 5 4 3 2 1 0 9

19-01-24 11:37 AM


Table des matières La structure de la collection.........................................................................................

V

Pour réussir en lecture..............................................................................................

1

La narration La présentation de la narration....................................................................................

14

Le conte et la légende...................................................................................................... 16 Le Petit Chaperon rouge, par Charles Perreault........................................................... 18 Ressource de la langue : Les éléments de l’univers narratif........................................ 24 Le revenant de Gentilly, par Louis Fréchette................................................................ 26 Ressource de la langue : Les marques énonciatives.................................................... 34 Kiutu et la Mort, par Henri Gougaud............................................................................ 36 Ressource de la langue : Le vocabulaire servant à caractériser les personnages........ 41 Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus, par Jacques Salomé................ 43 Ressource de la langue : La subordonnée relative complément du nom ou du pronom......................................................................................................... 47 Le bonbon du mensonge, par Fred Pellerin................................................................. 50 Ressource de la langue : Les variétés de langue.......................................................... 60 Situation d’écriture....................................................................................................... 63 Le roman historique et le roman de chevalerie.......................................................... 64 Le journal d’Anne Frank, par Anne Frank...................................................................... 66 Ressource de la langue : L’harmonisation des temps verbaux..................................... 72 Marie LaFlamme, par Chrystine Brouillet.................................................................... 74 L’enlèvement, par Christian de Montella...................................................................... 82 Ressource de la langue : L’insertion de séquences secondaires.................................. 88 À bord de l’Ouragan, le trésor perdu, par Camille Bouchard........................................ 90 La bicyclette bleue, par Régine Deforges.................................................................... 96 Ressource de la langue : Les mots et les groupes de mots qui situent dans le temps......................................................................................................... 105 Situation d’écriture....................................................................................................... 107 Suggestions de lecture..................................................................................................... 108

L’explication La présentation de l’explication...................................................................................

110

L’article de vulgarisation.................................................................................................. Pourquoi aime-t-on la musique ?, par Karine Vilder....................................................... Ressource de la langue : Le point de vue plutôt neutre............................................... Les dangers de porter des gougounes, par Jeanne Dompierre................................... Ressource de la langue : Les moyens linguistiques pour exprimer la cause et la conséquence..................................................................................… Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ?, par 275-Allô............ Ressource de la langue : La phrase subordonnée complément de phrase.................. Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? .................................................. Situation d’écriture.......................................................................................................

112 114 120 122

© Éditions Grand Duc

4596_00_Liminaire-F2.indd 3

III

128 130 134 137 144

TABLE DES MATIÈRES

19-01-24 11:37 AM


Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines.... L’expression du sacré, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse.................... L’effet de serre, par Carole Schepper et Claude Dignard.............................................. Ressource de la langue : Les procédés explicatifs....................................................... Les populations autochtones, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse........ Ressource de la langue : La reprise de l’information.................................................... L’électricité statique et la charge électrique, par Carole Schepper et Claude Dignard..... Ressource de la langue : Le vocabulaire....................................................................... Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec, par Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse................................................... Ressource de la langue : Le discours rapporté............................................................. Situation d’écriture....................................................................................................… Suggestions de lecture.....................................................................................................

146 148 154 160 164 168 170 175 177 183 187 188

La poésie La présentation de la poésie.......................................................................................

190

Le poème lyrique............................................................................................................... 192 Béatrice, par Émile Nelligan......................................................................................... 194 Ressource de la langue : La structure du poème......................................................... 198 Qu’en avez-vous fait ?, par Marceline Desbordes-Valmore.......................................... 200 Ressource de la langue : Le champ lexical................................................................... 204 Conseil, par Théodore de Banville................................................................................ 206 Les deux printemps, par Daniel Bélanger.................................................................... 209 Ressource de la langue : Les figures de style.............................................................. 214 La tête haute, par Les Cowboys Fringants................................................................... 216 Situation d’écriture....................................................................................................... 221 Suggestions de lecture..................................................................................................... 222

50 notions pour la grammaire en contexte.............................................................

© Éditions Grand Duc

4596_00_Liminaire-F2.indd 4

IV

223

TABLE DES MATIÈRES

19-01-24 11:37 AM


La structure de la collection Le cahier MisÀjour Français est un outil qui aide l’élève à développer ses stratégies en lecture et à répondre aux questions qui accompagnent les textes. Cette deuxième édition met aussi l’accent sur la grammaire.

Les nouveautés de cette deuxième édition •   Nouveau ! Pour réussir en lecture Cette section explicite une à une les stratégies de lecture, modélise la façon d’annoter un texte et explique chacun des types de questions du cahier tout en précisant comment y répondre.

Pour réussir en lecture L’annotation d’un texte

p. 2

14 stratégies de lecture incontournables p. 4

Avant la lecture

p. 5 p. 9

Pendant la lecture Après la lecture Les questions sur le texte

p. 10

•   Nouveau ! 50 notions pour la grammaire en contexte Cette section de référence offre un résumé des notions essentielles de grammaire et aide l’élève à répondre aux questions de grammaire en contexte qui accompagnent les textes. Pour chaque notion, un c o d  e renvoie à des exercices autocorrigés dans la Classe numérique.

50 notions pour la grammaire en contexte Mes outils

Les sections 1 à 8, suivies de la mention Rappel , présentent des notions qui devraient être maîtrisées. Les informations précédées de la mention 3e secondaire sont spécifiques à cette année.

Les classes de mots Rappel Les groupes syntaxiques Les fonctions dans les groupes La phrase Les types de phrases Les formes de phrases Les phrases à construction particulière Les liens dans les phrases et entre les phrases Les manipulations syntaxiques La ponctuation La conjugaison des verbes

p. 224 p. 230 p. 234 p. 238 p. 239 p. 241 p. 243 p. 243 p. 246 p. 248 p. 250

Les critères d’évaluation en situation d’écriture

p. 252

Les chapitres qui présentent les modes de discours Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La narration

Auteur

Œuvre

Lecteur

• L’auteur d’un texte narratif est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque, sa notoriété. • Son intention peut être : – de raconter une histoire ; – de transposer la réalité dans un autre univers ; – d’illustrer des comportements.

• L’auteur et le lecteur doivent tenir compte : – du contexte de production de l’œuvre (date à laquelle le texte a été écrit, lieu de création, édition, collection) ; – du contexte historique ou socioculturel.

• En lisant un texte narratif, le lecteur détermine ses champs d’intérêt et ses genres préférés. De plus, il développe ses connaissances littéraires et ses stratégies de lecture. • Son intention peut être : – de donner libre cours à son imagination, à ses sentiments et à ses émotions ; – de se représenter le monde ; – d’alimenter son écriture ; – de découvrir un auteur.

Autres termes pour nommer l’auteur : bédéiste, conteur, romancier, fabuliste.

Des illustrations accompagnent parfois le texte.

Moyens pour organiser le texte

• Narrateur omniscient, qui connaît tout de ses personnages et qui ne participe pas à l’histoire • Narrateur participant à l’histoire, qui est désigné par des marques énonciatives • Narrateurs multiples

Situation initiale

Présentation des personnages

Présentation du cadre spatiotemporel

• Ils jouent plusieurs rôles (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes). • Ils sont caractérisés grâce : – à l’insertion d’éléments descriptifs ou de séquences ; – à l’indication des actions qu’ils accomplissent ou subissent ; – à l’insertion de dialogues, de monologues intérieurs ou de commentaires du narrateur. • Cadre spatial (description du lieu et de ses caractéristiques) • Cadre temporel (description de l’époque) • Déplacements dans l’espace et le temps (itinéraire, liens entre les déplacements et la quête)

Élément déclencheur Présentation de l’événement qui perturbe la situation d’équilibre Déroulement (actions, réactions et événements)

La cohérence et l’organisation du texte

Moyens pour assurer la cohérence du texte

Pour chaque mode de discours, un schéma sur double page présente les notions dont l’élève doit faire l’apprentissage selon la Progression des apprentissages. La structure type du mode de discours à l’étude y est présentée afin d’aider l’élève à la reconnaître.

L’organisation d’un texte narratif (séquence narrative) Types de narrateur

La situation de communication

• Reprise de l’information • Harmonisation des temps verbaux • Non-contradiction entre les éléments de l’univers narratif ainsi qu’entre la caractérisation des personnages et leur façon de s’exprimer • Correspondance étroite entre les caractéristiques des personnages, le cadre spatiotemporel, les actions, les événements et le genre du récit • Titre et intitulés de chapitre • Paragraphes • Organisateurs textuels • Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation) • Indications typographiques (capitales, gras, italique)

Séquences secondaires

Intrigue et quête d’équilibre

• Séquences descriptives • Séquences explicatives • Séquences dialogales • Séquences argumentatives • Déroulement des événements de l’intrigue linéaire (ordre chronologique) ou non (ruptures dans la chronologie, modifications de l’ordre typique des étapes de la séquence) • Quête d’équilibre marquée par l’action ou par l’évolution du personnage

Dénouement Présentation du moment où le personnage principal résout son problème ou échoue dans sa quête Situation finale ou morale (ou ces deux éléments à la fois) Présentation du moment où l’équilibre est rétabli

© Éditions Grand Duc

14

LA NARRATION

© Éditions Grand Duc

15

LA NARRATION

Plusieurs textes permettent à l’élève d’acquérir des connaissances sur le mode de discours à l’étude, conformément à la Progression des apprentissages. Pour chaque texte, une stratégie tirée de la section Pour réussir en lecture est suggérée à l’élève. Des consignes d’annotation permettent à l’élève d’analyser son texte de façon efficace et de repérer plus facilement les informations importantes.

Stratégie de lecture Je me réfère à la structure du texte.

Faisant partie autrefois d’une tradition orale, ce conte a ensuite été rapporté à l’écrit par de nombreux auteurs qui l’ont de ce fait modifié quelque peu selon leurs valeurs et leurs croyances. Cette version se rapproche fort probablement de l’original d’après sa morale...

1 Surlignez les élé­ ments suivants de la situation initiale : quand ? où ? qui ? 2 Tracez un trait : a) entre la situation initiale et l’élément déclencheur ; b) là où commence le déroulement du conte.

Définitions chaperon : vêtement à capuchon qui peut recouvrir la tête et les épaules. seoir : convenir, bien faire.

Les mots plus difficiles sont inscrits en bleu dans le texte et définis dans la marge.

[Le nouveau venu s’avança vers Rose, lui prit les deux mains et 3 Déroulement (péripéties) lui dit : 15

— J’espère, ma belle demoiselle, que vous serez à moi ce soir et que nous danserons toujours ensemble. — Certainement, dit Rose, à demi-voix.

Qu’est-ce que c’est ? Issu de la littérature orale, le conte est un court récit qui se termine généralement par une morale et qui est souvent teinté de la culture du peuple dont il provient. Le conte merveilleux ou « conte de fées » est le type le plus répandu. Il se termine généralement bien et contient des expressions qui le caractérisent (« Il était une fois », « Depuis ce temps »). La légende, quant à elle, est basée sur des éléments de faits historiques connus (personnages, lieux ou actions) qui ont été embellis ou amplifiés selon l’imagination de ceux qui la racontent. Elle s’apparente aussi au mythe puisqu’elle peut expliquer des phéno­ mènes naturels, mais elle ne met pas en scène des divinités. Exemple de légende

20

25

Où les trouve-t-on ? Certains livres sont des recueils de contes ou de légendes que l’on peut trouver dans les bibliothèques ou les librairies. Il est aussi possible d’en lire dans Internet.

LA NARRATION

Rose était envoûtée par l’inconnu, mais elle savait aussi que continuer de danser serait un péché. Mais elle ne pouvait pas arrêter, comme si on lui avait jeté un sort !3]

[Au douzième coup de minuit, l’étranger embrassa Rose. La 4 Dénouement : fin de l’action maison prit alors feu, mais tous réussirent à sortir à temps.4]

Rose Latulipe

16

À noter : Le narrateur est omniscient ; il participe donc à l’histoire.

Puisque minuit approchait, le maître du logis voulut alors faire cesser la danse, observant qu’il était peu convenable de danser pendant le mercredi des Cendres. — Encore une petite danse, dit l’étranger. Vous m’avez promis, belle Rose, d’être à moi toute la veillée : pourquoi ne seriez-vous pas à moi pour toujours ?

Qui les lit et pourquoi ? Que ce soit pour se divertir, s’instruire ou tirer une morale d’une histoire, autant les jeunes que les adultes se plaisent à lire un conte ou une légende.

[Il y avait autrefois, dans un petit village du Québec, au 18e siècle, Titre une jeune femme nommée Rose Latulipe. Elle avait un amoureux (souvent le nom du personnage principal) nommé Gabriel Lepard, qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux. Elle adorait danser et s’amuser, si bien qu’un jour de Mardi 1 Situation initiale gras, elle demanda à son père d’organiser une danse. Celui-ci (Quand ? Où ? Qui ? accepta, à condition que tout le monde soit parti à minuit ; autreQuoi ?) ment, ce serait un péché.1] 2 Élément déclencheur [Soudain, vers onze heures du soir, on entendit une voiture s’arrêOrganisateurs ter devant la porte. Un bel étranger en sortit et demanda au maître textuels : de la maison la permission de se divertir un peu. Celui-ci articulation des accepta.2] étapes du schéma narratif

© Éditions Grand Duc

Tout le reste de la soirée, elle dansa avec l’étranger, qui n’invita personne d’autre.

Qui les écrit et pourquoi ? Une personne désireuse de divertir par une histoire dans laquelle tout est possible, et qui veut enseigner une morale.

1

5

30

[Le lendemain, les villageois virent la jeune femme rôder autour

35

danse après minuit.5] [Plusieurs versions de ce conte existent. La fin change, mais la

5 Situation finale de la maison, et constatèrent qu’elle avait maintenant la tête toute (Quand ? Où ? Qui ? blanche et qu’elle semblait avoir perdu la raison. Ils surent alors Quoi ?) : retour à un équilibre qui était le bel étranger qui avait assisté à la soirée : c’était le diable lui-même. C’est pourquoi il avait insisté pour continuer la

6 Morale de la morale reste la même : la belle Rose est toujours punie d’avoir légende accepté de danser avec le diable !6]

Philippe Aubert de Gaspé (fils), Rose Latulipe, 1837 (texte adapté).

10

© Éditions Grand Duc

17

LA NARRATION

La présentation des genres de textes comporte deux parties : un encadré décrivant ses principales caractéristiques et un exemple annoté.

Intention de lecture Prêter attention aux caractéristiques du texte (éléments de l’univers narratif).

Le Petit Chaperon rouge Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût pu voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

1

Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :

5

— Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mèregrand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

10

— Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie.

15

— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. — Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village. — Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

20

25

Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mèregrand ; il heurta : toc, toc. — Qui est là ?

© Éditions Grand Duc

Le conte et la légende

18

LA NARRATION

L’intention de lecture indique à l’élève ce à quoi prêter attention durant sa lecture. Des pictogrammes indiquent le niveau de difficulté des textes à l’étude près du titre de ceux-ci. Plutôt facile Facile Plutôt difficile Difficile

Nouveau ! Des informations culturelles en lien avec les textes sont présentées à l’élève.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Liminaire-F2.indd 5

V

LA STRUCTURE DE LA COLLECTION

19-01-24 11:37 AM


Les questions qui accompagnent les textes Les questions proposées dans le cahier couvrent tous les critères d’évaluation en lecture.

Questions sur le texte

Nouveau ! Les questions d’interprétation sont distinctes des questions de compréhension.

4 En vous basant sur ce que vous avez lu, que croyez­vous qu’il se serait produit si Kiutu

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

avait refusé de ramener au géant une fille de son village ? Justifiez votre réponse.

Compréhension et interprétation 1 Répondez aux questions suivantes portant sur la situation initiale. a) Quand ? b) Qui ? c) Quoi ? d) 1 Où ?

Grammaire en contexte Voir la notion 9, p. 230.

chaque expansion du noyau souligné et indiquez sa nature (GAdj, GN, GPrép, subordonnée relative). petite

b) un petit

baraque » ? Fiez­vous au contexte pour dégager le sens des expressions ou des mots qui vous sont inconnus et consultez un dictionnaire au besoin.

Réaction 6 Si vous aviez été à la place de Kiutu, auriez­vous accepté de devenir le domestique du géant ? Justifiez votre réponse à l’aide de vos repères culturels.

3 Diriez­vous que le géant est grand comme une maison, un édifice de 6 étages ou un édifice de 20 étages ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

38

LA NARRATION

© Éditions Grand Duc

39

LA NARRATION

Les ressources de la langue Des rubriques sur les ressources de la langue sont insérées là où la Progression des apprentissages prévoit l’étude de ces notions.

Les personnages Les lieux

fille de village

sur le contenu du texte.

2 Que signifie ce passage : « il passait plus de temps à faire bombance qu’à briquer la

2 Identifiez les éléments de l’univers narratif du conte Le Petit Chaperon rouge.

1 Dans les passages suivants du texte Le Petit Chaperon rouge, mettez entre crochets

a) une

5 Selon vous, quelle est la morale de ce conte ? Justifiez votre réponse en vous basant

2 Dès la première phrase, l’auteur précise où se déroule l’histoire. Toutefois, il est possible pour le lecteur de déduire cette information du texte. Relevez trois passages qui renseignent sur la partie du monde où se déroule ce conte.

Nouveau ! Des questions de grammaire en contexte sont présentées à l’élève afin qu’il ou elle puisse vérifier sa compréhension des notions grammaticales en contexte de lecture. Un encadré renvoie l’élève aux notions correspondantes dans la section 50 notions pour la grammaire en contexte.

Les objets

pot de beurre que ma mère

vous

envoie Les actions

Ressource de la langue

r

Les éléments de l’univers narratif

b

j

t

Nouveau ! Elles sont suivies d’une page d’exercices.

L’époque

laclasse.grandducenligne.com

3 a) À quel univers narratif correspond Le Petit Chaperon rouge ? Que ce soit dans un conte, un récit ou une légende, tout texte narratif s’inscrit dans un univers qui permet de mieux comprendre les enjeux, les actions et la conduite des personnages selon l’époque et le lieu où l’histoire se déroule par exemple. L’univers narratif peut s’apparenter plus ou moins au monde réel, mais il peut aussi prendre ses origines dans le passé, comme dans la légende, ou être une pure création, comme dans les récits d’anticipation qui ont lieu dans le futur. La correspondance étroite entre les différents éléments de l’univers narratif est très importante afin d’assurer la cohérence de l’histoire racontée.

Une légende

Un conte merveilleux

Un conte fantastique

b) Justifiez votre réponse à l’aide des éléments que vous avez identifiés à la question 2.

Dans les contes, les mythes et les légendes, les éléments suivants peuvent être identifiés pour déterminer leur catégorie : Les personnages : rois, princesses, sorcières, esprits, animaux, diable, dieu, etc. Les lieux : région lointaine, village, forêt, camp de bûcherons, etc.

Nouveau ! Pour chaque ressource de la langue, un c o d  e renvoie à des exercices autocorrigés dans la Classe numérique.

Les objets : baguette magique, canot volant, violon, épée, etc. Les actions : danser, charmer, punir, mourir, se battre, fêter, etc. L’époque : les expressions (jadis, il était une fois, à cette époque) ou les éléments du récit. Construction autour...

Met en scène...

Légende

Univers

d’un événement qui s’est réellement produit, mais qui a été amplifié à travers la transmission orale.

un élément clé, que ce soit un événement historique ou un lieu connu.

Mythe

d’un phénomène naturel ou de la création du monde.

une divinité grecque ou un autre personnage mythique.

Conte merveilleux

d’un personnage principal typé, vivant dans un monde où l’invrai­ semblable est accepté.

un personnage, un héros qui devra se sortir d’une situation problématique causée souvent par un de ses opposants.

Conte fantastique

de phénomènes surnaturels ou irrationnels.

des personnages victimes de phéno­ mènes surnaturels ou irrationnels. À l’ex­ ception de ces phénomènes, les autres éléments sont vraisemblables.

© Éditions Grand Duc

24

LA NARRATION

4 a) Nommez une autre histoire populaire de votre enfance.

b) S’agit­il d’une légende, d’un mythe, d’un conte merveilleux ou d’un conte fantastique ? c) Quels indices vous permettent de l’affirmer ?

© Éditions Grand Duc

25

LA NARRATION

Situation d’écriture

Rédaction d’un conte transformé Vous écrirez votre propre version d’un conte de votre enfance. Et si c’était la grand­mère qui voulait faire cuire le loup dans Le Petit Chaperon rouge ? Et si Cendrillon était une vilaine fille qui agit cruellement envers les membres de sa famille ?

Les situations d’écriture

Avant de rédiger votre conte, suivez les étapes suivantes. Créez le schéma actanciel du conte de votre choix : objet, sujet, adjuvant(s) et opposant(s).

Chaque genre de texte fait l’objet d’une situation d’écriture pour permettre à l’élève de réinvestir ses connaissances.

Il ne faut pas changer le contenu de la situa­ tion initiale ni de l’élé­ ment déclencheur, sinon le conte pourrait être méconnaissable.

Présentez dans un tableau les cinq éléments de l’univers narratif (p. 24) du conte original. Indiquez trois éléments pour chacune des composantes, puis changez au moins deux éléments de cet univers dans votre conte.

Construisez le schéma narratif de votre histoire en incluant deux ou trois péripéties. Présentez d’abord le schéma du conte d’origine, puis procédez aux changements que vous désirez apporter. Au moment de rédiger votre texte, assurez­vous de respecter les consignes suivantes. Utilisez le même type de narrateur que celui du conte original et prêtez attention aux marques énonciatives (p. 34). Employez différents moyens pour caractériser vos personnages (p. 41). Ajoutez des expansions dans les groupes du nom en utilisant la subordonnée relative (p. 47). Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez­ vous aux pages 252 et 253.

Prenez aussi le temps de vérifier :

Les suggestions de lecture

la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes.

À la fin de chaque chapitre, des suggestions de lecture invitent l’élève à enrichir son expérience littéraire.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un conte, je peux terminer par une Le récit doit répondre aux étapes du

tels que les personnages, les objets, les , le temps et le

© Éditions Grand Duc

. et comprendre

les éléments de son

.

63

LA NARRATION

Le volet numérique avec un contenu bonifié nnUn guide d’enseignement numérique complet propose de nouveaux outils :

•• une planification annuelle ; •• une version adaptée des textes et des questions qui les accompagnent pour favoriser l’apprentissage des élèves en difficulté (format Word et PDF) ; •• des exercices reproductibles pour consolider les apprentissages en lien avec les ressources de la langue et la grammaire ; •• des évaluations en lecture et en écriture pour tous les genres de textes ; •• une évaluation des trois compétences pour chaque mode de discours. nnUne médiagraphie commentée propose des outils ou de l’information

supplémentaire. nnUne version à projeter est également disponible.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Liminaire-F2.indd 6

VI

LA STRUCTURE DE LA COLLECTION

19-01-24 11:37 AM


Pour réussir en lecture L’annotation d’un texte

p. 2

14 stratégies de lecture incontournables Avant la lecture Pendant la lecture Après la lecture Les questions sur le texte

4596_00_Pour_reussir-F.indd 1

p. 4 p. 5 p. 9 p. 10

19-01-21 9:28 AM


L’annotation d’un texte Pourquoi annoter un texte ? Annoter un texte vous sert : •• à découvrir la structure d’un texte ; •• à mieux comprendre un texte ; •• à repérer plus facilement les informations importantes qui vont vous permettre de répondre aux questions. Au bout du compte, cela vous permet de gagner du temps !

Comment annoter un texte de façon efficace ? Pour annoter un texte, vous pouvez : 1 souligner les mots que vous avez du mal à lire ou que vous ne comprenez pas. 2 écrire dans la marge ou au-dessus d’un mot que vous ne connaissez pas une courte définition ou un synonyme. 3 surligner les informations importantes. 4 dans la marge, résumer dans vos mots l’idée principale d’un paragraphe. 5 encadrer les éléments qui structurent un texte : les titres, les intertitres, les organisateurs textuels, etc. 6 tracer un trait entre les différentes parties d’un texte (par exemple, entre l’introduction, le développement et la conclusion ; ou encore, dans le paragraphe d’introduction, entre le sujet amené, le sujet posé et le sujet divisé). [Annotation non illustrée dans l’exemple ci-contre]

Il est important de connaître votre intention de lecture avant de débuter. En sachant ce que vous cherchez, il vous sera plus facile de déterminer ce qui est important de retenir.

Attention ! N’annotez pas trop le texte, sans quoi vous ne vous y retrouverez plus !

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 2

2

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


Où pratiquer des sports à sensations fortes au Québec ?

Exemple d’un texte annoté

La plongée sous-marine 5 Le Québec regorge de plans d’eau pour les adeptes de plongée sous-marine. Ce sport extrême n’est pas réservé exclusivement à ceux et celles qui voyagent dans les pays chauds ! Dans les eaux claires de la province, les amateurs et amatrices de plongée sous-marine 3 , peu importe leurs aptitudes, peuvent entre 2 débris d’un navire 2 flottage du bois autres explorer l’épave 1 d’un ancien bateau de drave 1, un remorqueur et un avion dans les eaux profondes de la région de l’Outaouais.

Le rafting 5 La rivière Rouge 3, qui coule dans les Laurentides, est une véri- 4 La rivière Rouge est idéale pour table source de plaisir pour les rafteurs et rafteuses. Accompagnés le rafting, car le d’un guide, les groupes peuvent choisir divers trajets présentant courant y est très fort. différents niveaux de difficulté. Deux tronçons font la joie des sportifs et sportives et leur garantissent des palpitations cardiaques : le Canyon Harrington et les Sept Sœurs, tous deux synonymes de courants forts et de chavirements.

La spéléologie 5 À Saint-Casimir 3, dans le comté de Portneuf, une grotte de 4 Il existe de beaux endroits au Québec 980 mètres fait la joie des explorateurs et exploratrices. Un petit 2 roche sédimentaire facilement soluble dans l’eau pour pratiquer ruisseau qui coule sous terre et creuse le calcaire 1 permet aux la spéléologie. spéléologues de parcourir un trajet semé d’embûches. De plus, 5 près de la ville de Québec 3, on trouve l’un des plus longs trajets de spéléologie de la province. En effet, 5 la grotte de Boischatel avec ses passages hauts de 4 mètres fait vivre des émotions fortes aux personnes initiées au monde minéral. © Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 3

3

Catherine-Ann George, « Où pratiquer des sports à sensations fortes au Québec », Clicmots B, 2e année du 3e cycle, Laval, Éditions Grand Duc, 2011, p. 24-25.

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


14 stratégies de lecture incontournables Voici une stratégie que vous pouvez utiliser avant votre lecture.

1

Je survole le texte pour faire des prédictions sur son contenu.

Pourquoi ? nn Pour activer mon cerveau et me préparer à apprendre de nouvelles informations

ou à comprendre l’histoire. nn Pour m’appuyer sur ce que je sais déjà.

Ainsi, je peux plus facilement comprendre le texte que je lis et maintenir un bon niveau d’attention pendant ma lecture. nn Pour faire un plus grand nombre de liens.

Si des éléments d’information ne sont pas clairement mentionnés dans le texte, je peux les déduire. C’est ce que l’on appelle faire de l’inférence. Comment ? nn J’observe les indices du texte comme le titre, les intertitres, les photos, les illustrations et les autres

éléments qui y sont mis en évidence (par les caractères gras, les caractères italiques ou autres moyens graphiques). nn J‘identifie le genre de texte. nn Je prends le temps de me demander ce que je connais sur le sujet du texte que je vais lire.

Pour ce faire, je me pose les questions suivantes : •• Ai-je déjà lu un livre ou vu une émission qui traite du même sujet ? •• Ai-je déjà vécu une situation semblable ? nn S’il s’agit d’un texte explicatif, je me questionne sur ce que je veux savoir. nn Je me questionne sur ce que je dois savoir avant de lire le texte (informations sur l’auteur,

contexte de production, etc.)

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 4

4

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


Voici des stratégies que vous pouvez utiliser pendant votre lecture.

2

Je cherche des indices dans les mots plus difficiles.

Pourquoi ? Pour bien comprendre le sens des mots que je lis. Comment ? nn Je cherche des mots appartenant à la même famille morphologique.

Exemples : jardin, jardiner, jardinier, jardinage Les mots de même famille morphologique sont issus d’un mot de base auquel on a ajouté un affixe (préfixe ou suffixe). Ces mots ont un lien de sens. Souvenez-vous qu’un préfixe se situe au début d’un mot et qu’un suffixe se trouve à la fin d’un mot. nn Je décompose les mots en cherchant le mot de base et en tentant de comprendre

le sens des préfixes et des suffixes.

3

Je regarde autour des mots.

Pourquoi ? nn Pour m’aider à comprendre le sens des mots du texte. nn Pour bien comprendre ce que je lis.

Comment ? nn Je regarde si la définition d’un mot difficile est fournie dans la marge, dans un encadré ou dans

le bas de la page. nn J’observe les illustrations ou les photos pour y trouver des indices. nn Je relis la phrase avant et la phrase dans laquelle se trouve le mot, parce que le contexte peut

me donner des indices sur le sens du mot. nn Je poursuis ma lecture ; peut-être que la réponse se trouve plus loin dans la phrase.

4

J’utilise les outils mis à ma disposition.

Pourquoi ? Pour comprendre le sens de certains mots. Comment ? Je cherche des mots dans les outils mis à ma disposition : •• un dictionnaire ;

•• des camarades de classe ;

•• une affiche thématique ;

•• le personnel enseignant.

•• un site Internet ; © Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 5

5

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


5

Je tiens compte de la ponctuation.

Pourquoi ? Pour donner un sens à la phrase. Comment ? nn Je fais de courtes pauses aux virgules et des pauses aux points (. ? !).

Les différents points donnent une information sur le sens de la phrase et suggèrent une intonation différente. Les marques de parole sont aussi des indices qui donnent du sens à un texte contenant des dialogues. nn Je vérifie s’il y a des phrases incises, c’est-à-dire des phrases qui signalent un discours rapporté

direct et où le sujet est inversé.

6

Je me fais des images dans ma tête.

Pourquoi ? nn Pour mieux comprendre ce que je lis. nn Pour mieux organiser les informations. nn Pour mieux résumer le texte dans mes mots.

Comment ? nn Je prête attention aux descriptions de lieux et aux émotions des personnages lorsque je lis

un texte narratif, ce qui me permet d’imaginer avec précision les scènes d’une histoire. nn Je crée des images dans ma tête lorsque je lis une phrase ou un paragraphe d’un texte explicatif,

ce qui facilite ma compréhension du sujet.

7

Je lis par groupes de mots.

Pourquoi ? Pour m’aider à comprendre les phrases plus longues. Comment ? nn Je regroupe les mots qui ont un lien de sens. nn Je lis le texte en marquant une pause après chaque groupe de mots. Avant de passer au groupe

de mots suivant, je me fais une image dans ma tête pour donner un sens à ce que je lis.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 6

6

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


8

J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Pourquoi ? Pour savoir de qui ou de quoi on parle. Comment ? nn Je trouve les éléments de substitution (de remplacement).

Il peut s’agir de pronoms, de mots génériques, de synonymes. Ces éléments servent entre autres à éviter les répétitions et à enrichir un texte. C’est ce que l’on appelle la reprise de l’information. Exemple : Au lieu de répéter la femme dans un texte, l’auteur peut par exemple employer elle, la dame, Julie. nn J’identifie le mot ou le groupe de mots que l’élément de substitution remplace. Il se trouve

généralement dans la ou les phrases précédentes. Attention ! Il est possible que ce mot ou ce groupe de mots soit placé après l’élément de substitution.

9

Je me réfère à la structure du texte.

Pourquoi ? nn Pour m’aider à faire des prédictions pendant ma lecture. nn Pour me repérer plus rapidement, parce que je comprends le déroulement de l’histoire

et que je sais ce qui s’en vient. Comment ? nn Dans un texte narratif :

•• je me réfère au schéma narratif avant et pendant ma lecture ; •• je repère l’insertion d’un dialogue grâce aux tirets longs ou aux guillemets. nn Dans un texte explicatif :

•• je repère les organisateurs textuels ou les marqueurs de relation ; •• j’utilise les intertitres et les différents paragraphes pour me repérer dans le texte.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 7

7

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


10

Je prédis la suite du texte.

Pourquoi ? nn Pour faire des liens en m’appuyant sur mes connaissances. nn Pour maintenir mon attention pendant ma lecture.

Comment ? nn Dans un texte narratif :

•• j’anticipe la suite du texte en fonction de ce qui précède ; Exemples : Je crois qu’il arrivera ceci... Je pense que... •• je repère les différentes parties d’une histoire (le schéma narratif). Exemple : Après avoir trouvé l’élément déclencheur (le problème), je me demande comment le personnage pourrait s’en sortir. J’essaie de deviner la suite. nn Dans un texte explicatif :

•• je me demande ce que je sais sur le sujet, je survole le texte et je fais des prédictions sur ce que je vais lire ; •• à partir de ce que je connais, je fais des tentatives pour expliquer des aspects traités dans le texte.

11

Je résume dans mes mots l’idée principale de chaque paragraphe.

Pourquoi ? nn Pour comprendre le texte en profondeur. nn Pour mieux intégrer les nouvelles informations. nn Pour repérer plus facilement les informations importantes me permettant de répondre

à des questions. Comment ? nn Dans un texte narratif, je me réfère au schéma narratif afin de n’oublier aucune partie : la situation

initiale (qui ? où ? quand ? quoi ?), l’élément déclencheur, le déroulement (les péripéties), le dénouement et la situation finale. nn Dans un texte explicatif :

•• pour formuler les idées essentielles, je me demande de quoi on parle et je reprends les mots les plus importants du texte ; •• s’il y a des intertitres, je résume en une phrase ou deux l’idée principale de chaque section.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 8

8

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


12

Je fais des liens avec ce que je sais déjà sur le sujet.

Pourquoi ? nn Pour mieux comprendre le vocabulaire utilisé. nn Pour mieux comprendre l’ordre logique des événements présentés. nn Pour déduire des éléments d’information qui ne sont pas mentionnés dans le texte.

Comment ? nn Je prends le temps de me demander ce que je connais sur le sujet du texte que je vais lire. nn Je pense à ce que j’ai lu, vu ou entendu sur le sujet.

13

Je devine ce qui est sous-entendu.

Pourquoi ? Pour comprendre les informations qui ne sont pas clairement exprimées. Elles peuvent être déduites à l’aide d’indices. On dit de ces informations qu’elles sont implicites. C’est ce que l’on appelle faire de l’inférence. Comment ? J’utilise les indices du texte ainsi que mes connaissances pour faire des liens. Voici une stratégie que vous pouvez utiliser après votre lecture.

14

Je me rappelle ce que j’ai lu et les points importants.

Pourquoi ? nn Pour repérer les informations importantes me permettant de répondre à des questions. nn Pour m’assurer que j’ai bien compris le texte. nn Pour mieux intégrer les nouvelles informations.

Comment ? nn Lorsque je résume un texte narratif :

•• je me réfère au schéma narratif afin de ne rien oublier ; •• je résume chaque partie du schéma à l’aide d’une ou deux phrases. nn Lorsque je résume un texte explicatif :

•• j’identifie les idées importantes ou les informations essentielles à retenir en utilisant les indices du texte (titre, intertitres, etc.) ; •• j’identifie les procédés explicatifs (définition, exemple, analogie, comparaison, reformulation, illustration). nn Je pense à ce que j’ai appris sur le sujet. nn Je reformule dans mes mots une idée afin de bien comprendre ce que je viens de lire.

Je peux reprendre des mots ou des passages du texte pour m’exprimer avec précision. © Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 9

9

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


Les questions sur le texte C’est important de bien connaître les particularités de chaque catégorie de questions pour y répondre correctement.

Compréhension et interprétation Les questions de compréhension renvoient à des éléments de réponse que vous dégagez du texte grâce à l’une ou l’autre de ces approches : nn Ils sont exprimés dans le texte : c’est ce que l’on appelle des informations explicites.

Vous pouvez alors facilement les repérer dans le texte. nn Ils sont sous-entendus dans le texte : c’est ce que l’on appelle des informations implicites.

À l’aide de vos connaissances et des indices du texte, vous pouvez alors les déduire. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn repérer les informations dans le texte ; nn les reprendre pratiquement telles quelles dans votre réponse ; nn rédiger une phrase complète en utilisant les mots de la question.

Exemples : 1  Quel est le personnage principal de cette histoire ? (information explicite) Le personnage principal est…

2 Durant quelle saison se déroule cette histoire ? (information implicite) L’histoire se déroule en automne, car le texte contient des indices comme « temps frais » et « feuilles mortes ».

Les questions d’interprétation vous poussent à faire une lecture plus personnelle du texte dans le but de donner un sens à ce que vous lisez. Il vous faut faire un lien entre un élément du texte et une réponse possible selon le contexte et vos connaissances. Certaines informations ne sont pas explicites dans le texte, mais elles sont évidentes. D’autres peuvent donner lieu à différentes interprétations. Pour répondre à ces questions, vous devez vous appuyer sur des indices pertinents dans le texte en les nommant. Exemples : 1  P  ourquoi l’auteur a-t-il donné ce titre au texte ? Expliquez votre réponse. Il a donné ce titre au texte parce que…

2  Quel but ou quelle intention avait l’auteur en écrivant ce texte ? Le but de l’auteur était de faire connaître quelque chose au lecteur.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 10

10

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


Réaction Les questions de réaction vous amènent à approfondir le sujet du texte et à faire des liens avec votre vécu. Dans un texte narratif, vous pouvez avoir : nn à dire ce que vous avez préféré dans le texte (un passage ou un personnage) ; nn à faire des liens avec une situation que vous avez vécue ou entre les personnages du récit

et des gens que vous connaissez ou vous-même ; nn à exprimer ce que vous avez ressenti durant la lecture du texte.

Dans un texte explicatif, vous pouvez avoir : nn à parler d’une information qui vous a semblé impressionnante ou de ce que vous avez appris

en lisant le texte ; nn à mentionner des questions que la lecture du texte a suscitées chez vous ; nn à dire si vous recommanderiez cette lecture à une autre personne en expliquant pourquoi.

Pour répondre à ces questions, vous devez : nn prendre position en fonction de vos expériences et de vos connaissances (je crois, selon moi,

à mon avis, etc.) ; nn expliquer votre réaction en faisant des liens avec votre vécu, votre personnalité, vos valeurs, etc. ; nn justifier votre position à l’aide d’un élément du texte.

Exemple : 1  Ce texte influencera-t-il votre façon de voir les choses à l’avenir ? Expliquez votre réponse. Je crois que je n’aurai plus la même réaction quand je rencontrerai ce genre de personne. À l’avenir, je ferai preuve de plus de compréhension...

Jugement critique Les questions de jugement critique vous amènent à prendre position vis-à-vis du texte au moyen de critères (caractéristiques des personnages, qualité de l’information, message transmis, crédibilité des sources, choix du vocabulaire, etc.). Il vous faut justifier votre position en vous fondant sur des extraits ou des exemples du texte. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn donner votre opinion ; nn exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; nn donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion.

Exemples : 1  Les personnages de ce récit sont-ils vraisemblables ? Justifiez votre réponse au moyen de critères pertinents. Oui, car les personnages ont des caractéristiques que des personnes de mon entourage possèdent également...

2 Le texte est-il facile à lire ? Expliquez votre réponse. Non, car les mots choisis par l’auteur sont très complexes. Il s’agit d’un texte scientifique qui contient un vocabulaire très précis, surtout connu des scientifiques.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 11

11

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


Jugement critique comparatif Après l’étude de chaque mode de discours, vous aurez à répondre à une question de jugement critique comparatif et ainsi à prendre position sur le texte que vous avez préféré. Vous devrez porter un jugement sur la qualité des textes à l’étude et expliquer votre choix en vous basant sur au moins deux critères d’appréciation différents (sujet, qualité de l’information, qualité de l’écriture, présentation, etc.). Pour répondre à ce type de questions, vous devez : nn indiquer votre choix ; nn exprimer les critères sur lesquels vous avez basé votre choix ; nn donner au moins un exemple tiré du texte pour appuyer votre position.

Grammaire du texte Les questions de grammaire du texte vous demandent d’analyser la structure d’un genre de texte afin de dégager les éléments importants de celui-ci. Pour répondre à ces questions, vous devez : nn bien connaître la structure modèle de différents genres de textes (narratif, explicatif, poétique) ; nn vous référer au schéma sur double page, lequel présente les notions en lien avec le mode

de discours, ou aux deux pages de présentation du genre de texte ; nn vous référer aux ressources de la langue au besoin.

Exemples : 1  L’introduction comporte-t-elle les trois sections habituelles ? Oui, elle comporte le sujet amené, le sujet posé et le sujet divisé.

2 Quels sont les procédés explicatifs utilisés par l’auteur pour bien faire comprendre le phénomène au lecteur ? Donnez au moins deux exemples. L’auteur utilise la définition et l’exemple pour bien faire comprendre le phénomène au lecteur.

© Éditions Grand Duc

4596_00_Pour_reussir-F.indd 12

12

POUR RÉUSSIR EN LECTURE

19-01-21 9:28 AM


La narration Le conte et la légende Le Petit Chaperon rouge Le revenant de Gentilly Kiutu et la Mort Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus Le bonbon du mensonge

p. 18 p. 26 p. 36 p. 43 p. 50

Le roman historique et le roman de chevalerie Le journal d’Anne Frank Marie LaFlamme L’enlèvement À bord de l’Ouragan, le trésor perdu La bicyclette bleue

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 13

p. 66 p. 74 p. 82 p. 90 p. 96

19-01-21 10:52 AM


Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La narration La situation de communication Auteur

Œuvre

Lecteur

•• L’auteur d’un texte narratif est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque, sa notoriété. •• Son intention peut être : – de raconter une histoire ; – de transposer la réalité dans un autre univers ; – d’illustrer des comportements.

•• L’auteur et le lecteur doivent tenir compte : – du contexte de production de l’œuvre (date à laquelle le texte a été écrit, lieu de création, édition, collection) ; – du contexte historique ou socioculturel.

•• En lisant un texte narratif, le lecteur détermine ses champs d’intérêt et ses genres préférés. De plus, il développe ses connaissances littéraires et ses stratégies de lecture. •• Son intention peut être : – de donner libre cours à son imagination, à ses sentiments et à ses émotions ; – de se représenter le monde ; – d’alimenter son écriture ; – de découvrir un auteur.

Autres termes pour nommer l’auteur : bédéiste, conteur, romancier, fabuliste.

Des illustrations accompagnent parfois le texte.

La cohérence et l’organisation du texte

Moyens pour assurer la cohérence du texte

Moyens pour organiser le texte

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 14

•• Reprise de l’information •• Harmonisation des temps verbaux •• Non-contradiction entre les éléments de l’univers narratif ainsi qu’entre la caractérisation des personnages et leur façon de s’exprimer •• Correspondance étroite entre les caractéristiques des personnages, le cadre spatiotemporel, les actions, les événements et le genre du récit •• Titre et intitulés de chapitre •• Paragraphes •• Organisateurs textuels •• Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation) •• Indications typographiques (capitales, gras, italique)

14

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


L’organisation d’un texte narratif (séquence narrative) Types de narrateur

•• Narrateur omniscient, qui connaît tout de ses personnages et qui ne participe pas à l’histoire  •• Narrateur participant à l’histoire, qui est désigné par des marques énonciatives  •• Narrateurs multiples

Situation initiale

Présentation des personnages

Présentation du cadre spatiotemporel

•• Ils jouent plusieurs rôles (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes). •• Ils sont caractérisés grâce : – à l’insertion d’éléments descriptifs ou de séquences ; – à l’indication des actions qu’ils accomplissent ou subissent ; – à l’insertion de dialogues, de monologues intérieurs ou de commentaires du narrateur. •• Cadre spatial (description du lieu et de ses caractéristiques) •• Cadre temporel (description de l’époque) •• Déplacements dans l’espace et le temps (itinéraire, liens entre les déplacements et la quête)

Élément déclencheur Présentation de l’événement qui perturbe la situation d’équilibre Déroulement (actions, réactions et événements) Séquences secondaires

Intrigue et quête d’équilibre

•• Séquences descriptives •• Séquences explicatives •• Séquences dialogales •• Séquences argumentatives •• Déroulement des événements de l’intrigue linéaire (ordre chronologique) ou non (ruptures dans la chronologie, modifications de l’ordre typique des étapes de la séquence) •• Quête d’équilibre marquée par l’action ou par l’évolution du personnage

Dénouement Présentation du moment où le personnage principal résout son problème ou échoue dans sa quête Situation finale ou morale (ou ces deux éléments à la fois) Présentation du moment où l’équilibre est rétabli © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 15

15

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Le conte et la légende Qu’est-ce que c’est ? Issu de la littérature orale, le conte est un court récit qui se termine généralement par une morale et qui est souvent teinté de la culture du peuple dont il provient. Le conte merveilleux ou « conte de fées » est le type le plus répandu. Il se termine généralement bien et contient des expressions qui le caractérisent (« Il était une fois », « Depuis ce temps »). La légende, quant à elle, est basée sur des éléments de faits historiques connus (personnages, lieux ou actions) qui ont été embellis ou amplifiés selon l’imagination de ceux qui la racontent. Elle s’apparente aussi au mythe puisqu’elle peut expliquer des phéno­ mènes naturels, mais elle ne met pas en scène des divinités. Exemple de légende

Qui les écrit et pourquoi ? Une personne désireuse de divertir par une histoire dans laquelle tout est possible, et qui veut enseigner une morale. Qui les lit et pourquoi ? Que ce soit pour se divertir, s’instruire ou tirer une morale d’une histoire, autant les jeunes que les adultes se plaisent à lire un conte ou une légende. Où les trouve-t-on ? Certains livres sont des recueils de contes ou de légendes que l’on peut trouver dans les bibliothèques ou les librairies. Il est aussi possible d’en lire dans Internet.

Rose Latulipe

[Il y avait autrefois, dans un petit village du Québec, au 18e siècle, Titre une jeune femme nommée Rose Latulipe. Elle avait un amoureux (souvent le nom du personnage principal) nommé Gabriel Lepard, qu’elle aimait comme la prunelle de ses yeux. Elle adorait danser et s’amuser, si bien qu’un jour de Mardi 1 Situation initiale gras, elle demanda à son père d’organiser une danse. Celui-ci (Quand ? Où ? Qui ? accepta, à condition que tout le monde soit parti à minuit ; autreQuoi ?) ment, ce serait un péché.1] 2 Élément déclencheur [Soudain, vers onze heures du soir, on entendit une voiture s’arrêOrganisateurs ter devant la porte. Un bel étranger en sortit et demanda au maître textuels : de la maison la permission de se divertir un peu. Celui-ci articulation des accepta.2] étapes du schéma narratif

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 16

16

1

5

10

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


[Le nouveau venu s’avança vers Rose, lui prit les deux mains et lui dit : 15

Déroulement (péripéties)

3

— J’espère, ma belle demoiselle, que vous serez à moi ce soir et que nous danserons toujours ensemble. À noter : Le narrateur est omniscient ; il participe donc à l’histoire.

— Certainement, dit Rose, à demi-voix. Tout le reste de la soirée, elle dansa avec l’étranger, qui n’invita personne d’autre. 20

Puisque minuit approchait, le maître du logis voulut alors faire cesser la danse, observant qu’il était peu convenable de danser pendant le mercredi des Cendres. — Encore une petite danse, dit l’étranger. Vous m’avez promis, belle Rose, d’être à moi toute la veillée : pourquoi ne seriez-vous pas à moi pour toujours ?

25

Rose était envoûtée par l’inconnu, mais elle savait aussi que continuer de danser serait un péché. Mais elle ne pouvait pas arrêter, comme si on lui avait jeté un sort !3]

30

[Au douzième coup de minuit, l’étranger embrassa Rose. La maison prit alors feu, mais tous réussirent à sortir à temps.4] [Le lendemain, les villageois virent la jeune femme rôder autour

35

de la maison, et constatèrent qu’elle avait maintenant la tête toute blanche et qu’elle semblait avoir perdu la raison. Ils surent alors qui était le bel étranger qui avait assisté à la soirée : c’était le diable lui-même. C’est pourquoi il avait insisté pour continuer la danse après minuit.5]

[Plusieurs versions de ce conte existent. La fin change, mais la morale reste la même : la belle Rose est toujours punie d’avoir accepté de danser avec le diable !6]

Dénouement : fin de l’action

4

Situation finale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?) : retour à un équilibre

5

Morale de la légende

6

Philippe Aubert de Gaspé (fils), Rose Latulipe, 1837 (texte adapté).

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 17

17

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Stratégie de lecture Je me réfère à la structure du texte.

Faisant partie autrefois d’une tradition orale, ce conte a ensuite été rapporté à l’écrit par de nombreux auteurs qui l’ont de ce fait modifié quelque peu selon leurs valeurs et leurs croyances. Cette version se rapproche fort probablement de l’original d’après sa morale...

1 Surlignez les élé­ ments suivants de la situation initiale : quand ? où ? qui ? 2 Tracez un trait : a) entre la situation initiale et l’élément déclencheur ; b) là où commence le déroulement du conte.

Définitions chaperon : vêtement à capuchon qui peut recouvrir la tête et les épaules. seoir : convenir, bien faire.

Intention de lecture Prêter attention aux caractéristiques du texte (éléments de l’univers narratif).

Le Petit Chaperon rouge Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût pu voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge.

1

Un jour, sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit :

5

— Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mèregrand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

10

— Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie.

15

— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup. — Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village. — Eh bien, dit le loup, je veux l’aller voir aussi ; je m’y en vais par ce chemin-ci, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontrait.

20

25

Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mèregrand ; il heurta : toc, toc. — Qui est là ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 18

18

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Tire la chevillette, la bobinette cherra. »

30

— C’est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu’elle se trouvait un peu mal, lui cria :

35

— Tire la chevillette, la bobinette cherra.

40

Ensuite il ferma la porte, et s’alla coucher dans le lit de la mèregrand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc.

3 Dans cette page, encadrez l’organi­ sateur textuel qui indique une nouvelle péripétie.

Définition Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne huche : boîte à pain. femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait mangé.

— Qui est là ?

45

Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du loup eut peur d’abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit : — C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : — Tire la chevillette, la bobinette cherra.

50

Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : — Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi.

55

Le Petit Chaperon rouge se déshabilla, et alla se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé.

Tire la chevillette, la bobinette cherra est une formule bien connue du conte de Charles Perrault et signifie « Tire sur la serrure et la porte s’ouvrira ». Elle indique donc aux visiteurs comment procéder pour ouvrir la porte depuis l’extérieur. Cette illustration du conte faite par l’Américain F. O. C. Darley date de 1850. Sur la porte, on remarque que la chevillette a été retirée et qu’elle pend au bout de la cordelette qui la retient. Le Petit Chaperon s’apprête à entrer dans la maison de sa mère-grand.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 19

19

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Du même auteur Charles Perrault, « La Barbe bleue », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

4 Surlignez la phrase qui décrit le dénouement de ce conte.

Elle lui dit : — Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! 60

— C’est pour mieux t’embrasser, ma fille. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !

Définitions accorte : aimable, avenant, plaisant. fiel : méchanceté. courroux : grande colère. complaisant : qui cherche à plaire, à séduire.

— C’est pour mieux courir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ! — C’est pour mieux écouter, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !

65

— C’est pour mieux voir, mon enfant. — Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ! — C’est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et le mangea.

70

Moralité

Charles Perrault (1628-1703) est surtout connu pour ses contes, dont plusieurs ont inspiré d’autres formes d’art (le ballet et le ciné­ ma, par exemple). Ce fut notamment le cas de La belle au bois dormant et de Cendrillon. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 20

On voit ici que de jeunes enfants, Surtout de jeunes filles Belles, bien faites, et gentilles, Font très mal d’écouter toute sorte de gens, Et que ce n’est pas chose étrange, S’il en est tant que le loup mange. Je dis le loup, car tous les loups Ne sont pas de la même sorte ; Il en est d’une humeur accorte, Sans bruit, sans fiel et sans courroux, Qui privés, complaisants et doux, Suivent les jeunes demoiselles Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ; Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux, De tous les loups sont les plus dangereux.

75

80

85

Charles Perrault, « Le Petit Chaperon rouge », Les contes de ma mère l’Oye, 1698.

20

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez en une phrase la situation initiale de ce conte en intégrant les éléments suivants : quand ? où ? qui ? quoi ?

2 Quel élément vient modifier le cours normal du récit ?

3 Précisez les éléments de l’organisation du texte qui permettent de cerner le rôle de chacun des personnages de ce conte. Objet (but, ce que le héros doit obtenir)

Sujet (héros ou héroïne)

Adjuvant(s) (tout ce qui aide le héros)

Opposant(s) (tout ce qui fait obstacle au héros)

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 21

21

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


4 Quelle caractéristique du Petit Chaperon rouge se trouve au cœur de cette histoire ? Citez au moins deux passages du texte pour appuyer votre réponse.

5 Aux lignes 10 à 14, l’auteur utilise un terme qui laisse transparaître son point de vue sur le personnage de la jeune fille. a) Quel est ce terme ? b) Que révèle-t-il sur ce que l’auteur pense du personnage ?

6 Nommez une valeur de la mère du Petit Chaperon rouge. Justifiez votre réponse à l’aide d’un élément du texte.

7 Résumez la morale de cette histoire.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 22

22

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Réaction 8 Selon la version de cette histoire que vous connaissez depuis l’enfance, la morale de Charles Perrault vous surprend-elle ? Expliquez votre réponse.

Jugement critique 9 Charles Perrault a écrit ce texte au 17e siècle. À votre avis, la morale présentée dans ce conte est-elle toujours d’actualité ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’un élément du texte.

Grammaire du texte Une courte séquence explicative se trouve dans la situation initiale de ce conte. À quoi sert-elle ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 23

23

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire en contexte Voir la notion 9, p. 230.

1 Dans les passages suivants du texte Le Petit Chaperon rouge, mettez entre crochets chaque expansion du noyau souligné et indiquez sa nature (GAdj, GN, GPrép, subordonnée relative). a) une petite b) un petit

fille de village pot de beurre que ma mère vous envoie

Ressource de la langue

r

Les éléments de l’univers narratif

b

j

t

laclasse.grandducenligne.com

Que ce soit dans un conte, un récit ou une légende, tout texte narratif s’inscrit dans un univers qui permet de mieux comprendre les enjeux, les actions et la conduite des personnages selon l’époque et le lieu où l’histoire se déroule par exemple. L’univers narratif peut s’apparenter plus ou moins au monde réel, mais il peut aussi prendre ses origines dans le passé, comme dans la légende, ou être une pure création, comme dans les récits d’anticipation qui ont lieu dans le futur. La correspondance étroite entre les différents éléments de l’univers narratif est très importante afin d’assurer la cohérence de l’histoire racontée. Dans les contes, les mythes et les légendes, les éléments suivants peuvent être identifiés pour déterminer leur catégorie : Les personnages : rois, princesses, sorcières, esprits, animaux, diable, dieu, etc. Les lieux : région lointaine, village, forêt, camp de bûcherons, etc. Les objets : baguette magique, canot volant, violon, épée, etc. Les actions : danser, charmer, punir, mourir, se battre, fêter, etc. L’époque : les expressions (jadis, il était une fois, à cette époque) ou les éléments du récit. Univers

Construction autour...

Met en scène...

Légende

d’un événement qui s’est réellement produit, mais qui a été amplifié à travers la transmission orale.

un élément clé, que ce soit un événement historique ou un lieu connu.

Mythe

d’un phénomène naturel ou de la création du monde.

une divinité grecque ou un autre personnage mythique.

Conte merveilleux

d’un personnage principal typé, vivant dans un monde où l’invrai­ semblable est accepté.

un personnage, un héros qui devra se sortir d’une situation problématique causée souvent par un de ses opposants.

Conte fantastique

de phénomènes surnaturels ou irrationnels.

des personnages victimes de phéno­ mènes surnaturels ou irrationnels. À l’ex­ ception de ces phénomènes, les autres éléments sont vraisemblables.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 24

24

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


2 Identifiez les éléments de l’univers narratif du conte Le Petit Chaperon rouge. Les personnages Les lieux Les objets

Les actions L’époque

3 a) À quel univers narratif correspond Le Petit Chaperon rouge ?   Une légende    Un conte merveilleux   Un conte fantastique b) Justifiez votre réponse à l’aide des éléments que vous avez identifiés à la question 2.

4 a) Nommez une autre histoire populaire de votre enfance.

b) S’agit-il d’une légende, d’un mythe, d’un conte merveilleux ou d’un conte fantastique ? c) Quels indices vous permettent de l’affirmer ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 25

25

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Gentilly est un village qui est situé sur la rive sud du Saint-Laurent et qui fait maintenant partie de Bécancour. Le revenant de Gentilly est un conte empreint des valeurs de l’époque au Québec, soit la religion catholique et la crainte du diable. Les contes québécois étaient souvent publiés dans les journaux afin de remplir les pages des périodiques lorsque les nouvelles étaient insuffisantes.

1 Encadrez le pas­ sage qui révèle où le narrateur a entendu cette histoire. 2 Dans le 5e para­ graphe, surlignez les pronoms et les déterminants qui révèlent le type de narrateur.

Définitions profession libérale : profession intellectuelle qui demande des études et que l’on peut exercer de façon indépendante, auto­ nome (médecin, avocat, notaire, etc.). séminariste : élève d’un séminaire, d’un établissement religieux où l’on étudie en vue de devenir prêtre. presbytère : demeure du curé, adjacente à l’église. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 26

Intention de lecture Prêter attention à l’attitude du narrateur à l’égard des personnages.

Le revenant de Gentilly Si vous demandez à quelqu’un s’il croit aux revenants, quatrevingt-dix fois sur cent il vous répondra : non ! Ce qui n’empêche pas qu’il se passe, tout au moins qu’il se raconte des choses inexplicables.

1

Témoin l’histoire suivante, que je tiens du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise, et dont la bonne foi était, vous pouvez m’en croire, au-dessus de tout soupçon.

5

Voici le récit qu’il nous fit un soir, à quelques amis et à moi, en présence de sa femme et de ses trois fils, avec le ton sérieux qu’il savait prendre quand il parlait de choses sérieuses. Je lui laisse la parole :

10

Je ne prétends pas, dit-il, qu’il faille croire à ceci et à cela ou qu’il n’y faille pas croire ; je veux seulement relater ce que j’ai vu et entendu ; vous en conclurez ce que vous voudrez. Quant à moi, je me suis creusé la tête bien longtemps pour en trouver une explication sans pouvoir m’arrêter à rien de positif ; et j’ai fini par n’y plus songer. C’était en 1823. J’achevais mes études au collège de Nicolet et j’étais en vacances dans le village de Gentilly avec quelques-uns de mes confrères et deux ou trois séminaristes en congé auprès de leurs parents. Nous fréquentions assidûment le presbytère, où le bon vieux curé du temps (M. l’abbé C.-G. Guertin) très sociable, grand ami de la jeunesse, nous recevait comme un père.

15

20

25

Un soir, — c’était vers la fin d’août et les nuits commençaient à rafraîchir, — au lieu de veiller à l’extérieur, nous allions passer la soirée à la chandelle, dans une vaste pièce où s’ouvrait la porte d’entrée, et qui servait ordinairement de bureau d’affaires, de fumoir ou de salle de causerie.

30

Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre. Onze heures approchaient et le débat se précipitait un peu, lorsque M. le Curé nous interrompit sur un ton quelque peu inquiet :

35

26

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? »

— Tiens, dit-il, on vient me chercher pour un malade. Et en même temps nous entendions le pas d’un cheval et le roulement d’une voiture qui suivait la courbe de l’allée conduisant à la porte du presbytère, et qui parut s’arrêter en face du perron. 40

Il faisait un beau clair de lune ; quelqu’un se mit à la fenêtre : — Tiens, dit-il, on ne voit rien. — Ils auront passé outre.

3 Surlignez l’évé­ nement qui sort de l’ordinaire et qui constitue l’élé­ ment déclencheur. 4 Dans tout le texte, soulignez les pas­ sages qui présentent ce qu’entendent les personnages.

— C’est étrange ! 45

50

55

60

Et nous allions parler d’autre chose, quand nous entendîmes Définitions distinctement des pas monter le perron et quelqu’un frapper à soutane : vêtement long porté par les la porte. hommes d’Église. — Entrez ! fit l’un de nous. ahuri : étonné. Et la porte s’ouvrit. Jusque-là, rien d’absolument extraordinaire. Mais jugez de notre stupéfaction à tous lorsque la porte se referma d’elle-même, comme après avoir laissé passer quelqu’un, et que, là, sous nos yeux, presque à portée de la main, nous entendîmes des pas et comme des frôlements de soutane se diriger vers l’escalier qui conduisait au premier, et dont chaque degré — sans que nous puissions rien apercevoir — craqua comme sous le poids d’une démarche lourde et fatiguée. L’escalier franchi, il nous sembla qu’on traversait le corridor sur lequel il débouchait, et qu’on entrait dans une chambre s’ouvrant droit en face. Nous avions écouté sans trop analyser ce qui se passait, ahuris et nous regardant les uns les autres, chacun se demandant s’il n’était pas le jouet d’un rêve. Puis les questions s’entrecroisèrent : — Avez-vous remarqué quelqu’un, vous autres ? — Non. — Ni moi !

65

— Nous avons entendu, cependant. — Bien sûr. — Quelqu’un entrer... — Puis traverser la chambre... — Puis monter l’escalier…

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 27

27

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. » Définition spectre : fantôme.

70

— Oui. — Puis s’introduire là-haut ? — Exactement. — Qu’est-ce que cela veut dire ? Et à mesure que nous nous rendions compte de ce qui venait d’arriver, je voyais les autres blêmir, et je me sentais blêmir aussi.

75

En effet, nous avions bien entendu. Et sans rien voir. Nous n’étions point des enfants, cependant ; et le courage ne nous manquait pas. Le curé prit un chandelier, j’en pris un autre ; et nous montâmes l’escalier. 80

Rien ! Nous ouvrîmes la chambre où le mystérieux personnage avait paru s’enfermer. Personne ! Absolument rien de dérangé, absolument rien d’insolite.

85

Nous redescendîmes bouleversés et parlant bas. — C’était bien pourtant quelqu’un ? — Il n’y a pas à dire. — Et vous n’avez rien découvert ? — Pas une âme.

90

— C’est renversant. À ce moment un bruit terrible éclata dans la chambre que nous venions de quitter, comme si un poids énorme fût tombé sur le plancher. Louis Fréchette (1839-1908) est un homme de lettres québécois. Il a égale­ ment été élu député de Lévis au Parle­ ment du Canada, de 1874 à 1878.

Le vieux curé reprit froidement sa chandelle, remonta l’escalier et entra de nouveau dans la chambre. Personne ne le suivit cette fois. Il reparut pâle comme un spectre, et pendant que nous entendions des cliquetis de chaînes et des gémissements retentir dans la chambre qu’il venait de quitter : — J’ai bien regardé pourtant, mes enfants, dit-il, je vous jure qu’il n’y a rien ! Prions le bon Dieu.

95

100

Et nous nous mîmes en prières. À une heure du matin le bruit cessa.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 28

28

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Alors ce fut un vacarme horrible. »

105

110

115

Deux des séminaristes passèrent le reste de la nuit au presbytère pour ne pas laisser le bon curé seul ; et les collégiens — j’étais fort tremblant pour ma part — rentrèrent chacun chez soi, se promettant toutes sortes d’investigations pour le lendemain. La seule chose que nous découvrîmes fut, en face du presbytère, les traces de la voiture mystérieuse, très distinctes et toutes fraîches, dans le sable soigneusement ratissé de la veille. Inutile de vous dire si cette histoire eut du retentissement : elle ne se termina pas là, du reste. Tous les soirs, durant plus d’une semaine, les bruits les plus extraordinaires se firent entendre dans la chambre où l’invisible visiteur avait paru se réfugier. Les hommes les plus sérieux et les moins superstitieux du village de Gentilly venaient passer la nuit au presbytère, et en sortaient le matin, blancs comme des fantômes. Le pauvre curé ne vivait plus.

120

125

Et il décida d’aller consulter les autorités du diocèse : et comme Trois-Rivières n’avait pas encore d’évêque à cette époque, il partit pour Québec. Le soir de son retour, nous étions réunis, comme les soirs précédents, attendant le moment des manifestations surnaturelles, qui ne manquaient jamais de se produire sur le coup de minuit. Le curé était pâle, et plus grave encore que d’habitude. Quand le tintamarre recommença, il se leva, passa son surplis et son étole, et, s’adressant à nous : — Mes enfants, dit-il, vous allez vous agenouiller et prier, et quel que soit le bruit que vous entendrez, ne bougez pas, à moins que je vous appelle. Avec l’aide de Dieu, je remplirai mon devoir.

130

Et d’un pas ferme, sans arme et sans lumière — je me rappelle encore, comme si c’était d’hier, le sentiment d’admiration qui me gonfla la poitrine devant cette intrépidité si calme et si simple  —, le saint prêtre monta bravement l’escalier et pénétra sans hésitation dans la chambre hantée.

135

Alors ce fut un vacarme horrible.

5 Surlignez le

paragraphe dans lequel le narrateur décrit avec admi­ ration le courage du curé. Définitions investigation : recherche. retentissement : suite de conséquences, effets. superstitieux : qui croit aux manifestations surnaturelles, en la magie. diocèse : région que chapeaute un évêque. surplis : vêtement qui se porte sur la soutane. étole : large bande de tissu portée sur les épaules par les prêtres. intrépidité : fait d’agir sans crainte, d’affronter le danger sans peur.

Des cris, des hurlements, des fracas épouvantables.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 29

29

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Du même auteur Louis Fréchette, Contes de Louis Fréchette, Planète rebelle, 2015.

6 Encadrez les deux organisateurs textuels qui intro­ duisent le dénoue­ ment et la situation finale.

Définitions en nage : en sueur. requiem : prière faite pour une personne décédée.

On aurait dit qu’un tas de bêtes féroces s’entre-dévoraient, en même temps que tous les meubles de la chambre se seraient écrabouillés sur le plancher. Je n’ai jamais entendu rien de pareil dans toute mon existence.

140

Nous étions tous à genoux, glacés, muets et les cheveux dressés de terreur. Mais le curé n’appelait pas. Cela dura-t-il longtemps ? Je ne saurais vous le dire, mais le temps nous parut bien long.

145

Enfin le tapage infernal cessa tout à coup, et le brave abbé reparut livide, tout en nage, les cheveux en désordre et son surplis en lambeaux... Il avait vieilli de dix ans. — Mes enfants, dit-il, vous pouvez vous retirer ; c’est fini, vous n’entendrez plus rien. Au revoir ; parlez de tout ceci le moins possible.

150

Après ce soir-là, le presbytère de Gentilly reprit son calme habituel. Seulement tous les premiers vendredis du mois, jusqu’à sa mort, le bon curé célébra une messe de requiem pour quelqu’un qu’il ne voulut jamais nommer. — Voilà une étrange histoire, n’est-ce pas messieurs ? conclut le narrateur. Eh bien, je ne vous ai pourtant conté là que ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles, avec nombre d’autres personnes parfaitement dignes de foi. Qu’en dites-vous ?

155

160

— Rien ! — Ni moi non plus. Il m’a été donné, il y a déjà plusieurs années, d’interroger les anciens de Gentilly... même une nièce de la servante de M. le Curé Guertin... sur ce sujet ; et on m’a répondu qu’en effet, du temps de M. Guertin, il s’était passé quelque chose d’un caractère étrange ; que le presbytère, disait-on, avait été hanté, pendant plusieurs jours, par un personnage mystérieux, invisible.

165

Louis Fréchette, « Le revenant de Gentilly », Le Monde illustré, 1898.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 30

30

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Précisez les éléments de l’organisation du texte. Objet du conte Héros Adjuvant(s) Opposant(s)

2 Selon la discussion des comparses avant l’arrivée mystérieuse, quelle ambiance devait-il régner ?

3 La peur des personnages vient de ce qu’ils entendent, mais ne voient pas.

Qu’ajoute le narrateur pour montrer que ces sons étaient bien réels et qu’on ne peut en douter ?

4 Quel sentiment le curé inspire-t-il au narrateur ? Indiquez les lignes d’un extrait pour justifier votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 31

31

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


5 Ce conte se déroule au Québec, à une autre époque. Quelle valeur était alors importante dans la société québécoise ? Justifiez votre réponse à partir d’indices du texte.

Réaction 6 Croyez-vous que ce genre de phénomène étrange existe réellement ? Justifiez votre réponse à partir du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 7 À votre avis, est-ce un conte intéressant ? Que pensez-vous de l’intrigue ? Est-elle captivante ou ennuyante, prévisible ou surprenante, réaliste ou irréaliste ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’un élément du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 32

32

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire du texte 8 Deux narrateurs différents sont présents dans ce texte. a) À partir de quelle ligne y a-t-il un changement de narrateur ? b) Le premier narrateur est-il omniscient ou participant ? Justifiez votre réponse.

c) Qui est le deuxième narrateur ? d) Le deuxième narrateur est-il omniscient ou participant ? Justifiez votre réponse.

9 Pourquoi le premier narrateur précise-t-il que cette histoire provient « du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise » ?

À la ligne 62 débute un dialogue où le personnage qui prononce chaque réplique n’est pas précisé dans une phrase incise. Selon vous, quel effet l’auteur veut-il ainsi créer ?

De quel type de conte s’agit-il ? Justifiez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 33

33

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire en contexte 1 Dans les passages suivants du texte Le revenant de Gentilly, soulignez l’expression ou le mot employé au sens figuré et donnez-en le sens. Consultez un dictionnaire au besoin. a) Quant à moi, je me suis creusé la tête bien longtemps pour en trouver une explication […]. b) Coïncidence singulière, la conversation avait roulé sur les apparitions, les hallucinations, les revenants ou autres phénomènes de ce genre.

Ressource de la langue

g

Les marques énonciatives

f

4

v

laclasse.grandducenligne.com

Le conte vient de la transmission orale. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver plusieurs indices de la présence de l’énonciateur, celui qui raconte une histoire à un public. Ces indices portent le nom de « marques énonciatives ». Marques énonciatives qui renvoient à l’énonciateur

Exemples

Les pronoms personnels et les déterminants possessifs J’étais présent lorsque ma grand-mère qui marquent la présence de l’énonciateur. a raconté cette histoire. Les groupes incidents et les phrases incidentes insérés dans une phrase pour introduire le point de vue de l’énonciateur.

• D’après moi, elle n’est pas là. • Elle sera prudente, j’en suis certain.

Les phrases interrogatives qui ne s’adressent pas spécifiquement au destinataire et qui présentent un questionnement où la réponse est sous-entendue.

Comment peut-on être aussi naïve ?

Les variétés de langue qui caractérisent l’énonciateur (langue familière, populaire, soutenue ou littéraire) et l’emploi de mots d’autres langues pour créer un effet.

• Ça placotait dans le village. • Dirais-je Big deal !

Marques énonciatives qui renvoient au destinataire

Exemples

Les pronoms personnels et les déter­minants possessifs de la 2e personne qui marquent la présence d’un destinataire.

• L’histoire que je vais vous conter… (respect par le vouvoiement) • Je suis de ton avis. (connivence) • Me suis-tu là ? (familiarité)

Les phrases impératives et interro­gatives, et les apostrophes qui s’adressent au destinataire.

• Écoutez bien ceci. • Avez-vous déjà vu une chose pareille ?

Le non-verbal : posture, distance physique, prosodie. Ces éléments se voient lorsque le conte est présenté oralement.

Le conteur regarde son public, se penche vers lui et chuchote pour lui faire une confidence…

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 34

34

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Puisqu’il est issu de la tradition orale, on trouve dans le conte Le revenant de Gentilly des marques de l’énonciateur et de son destinataire.

2 Surlignez dans l’extrait suivant un pronom de la première personne, une phrase incidente et un déterminant possessif qui révèlent la présence de l’énonciateur. Témoin l’histoire suivante, que je tiens du père d’un de mes confrères, d’un homme de profession libérale à l’esprit très large et très éclairé, sur qui la crédulité populaire n’avait aucune prise, et dont la bonne foi était, vous pouvez m’en croire, au-dessus de tout soupçon.

3 Relevez un passage du texte qui renvoie au destinataire et qui comprend : a) un pronom de la deuxième personne :

b) une phrase impérative :

c) une phrase interrogative :

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 35

35

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Stratégie de lecture J’utilise les outils mis à ma disposition.

Écrivain, poète et chanteur, le Français Henri Gougaud a une affection particulière pour les contes. Il a d’ailleurs publié plusieurs recueils de contes inspirés de divers coins du monde.

1 Dans tout le texte, surlignez les pas­ sages qui donnent des indices sur la partie du monde où se déroule le conte. 2 D’une autre cou­ leur, surlignez les passages qui décri­ vent physiquement le géant. 3 Soulignez les mots ou les expres­ sions que vous ne comprenez pas et définissez-les briève­ ment dans la marge.

Définitions fluet : mince. se goinfrer : manger avec avidité, s’empiffrer.

Intention de lecture Prêter attention au cadre de l’histoire.

Kiutu et la Mort Un jour une épouvantable famine s’abattit sur la terre d’Afrique. Alors, un enfant nommé Kiutu quitta son village et s’en alla par les chemins. Kiutu était fluet, ses yeux étaient grands comme la fringale qui creusait son ventre. Il erra longtemps dans la forêt où les oiseaux ne chantaient plus, où les singes au regard triste se goinfraient de feuilles sèches, il erra jusqu’à ce qu’il parvienne devant le corps d’un homme couché sur des arbres écrasés : c’était un géant endormi. Dans ses narines grandes comme des cavernes ronflaient des bourrasques. Sa chevelure se confondait avec sa barbe, longue comme un fleuve. Kiutu aurait pu s’y noyer dedans. Il fit le tour de ce colosse, prudemment. Mais comme il passait devant son œil la paupière se souleva, la bouche s’ouvrit et l’enfant entendit ces mots terribles :

1

5

10

— Que veux-tu insecte ? — Ce que je veux ? répondit-il, assis par terre, car le fracas de la voix du géant l’avait renversé. Ce que je veux ? Manger. J’ai faim.

15

Le géant se souleva sur le coude, caressa sa barbe où quelques arbres étaient empêtrés et dit : — J’ai besoin d’un domestique. Je te prends à mon service. Tu seras logé et nourri.

20

— Je suis d’accord, répondit Kiutu. Mais d’abord j’aimerais savoir qui vous êtes. — Je suis la Mort, rugit le géant. Maintenant au travail. C’est ainsi que Kiutu entra au service de la Mort. Sa besogne était facile : monsieur Mort était souvent absent. Kiutu balayait sa maison, et comme le garde-manger était toujours bien garni, il passait plus de temps à faire bombance qu’à briquer la baraque. Un jour, de retour d’un long voyage, monsieur Mort le prit au creux de la main et l’enfant-domestique aussitôt se retrouva en plein ciel, bien au-dessus de la cime des arbres, à la hauteur de la bouche gigantesque qui lui dit :

25

30

— Petit, j’ai envie de prendre femme. Reviens dans ton village, trouve une fille à marier et ramène-la.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 36

36

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Du même auteur Henri Gougaud, Contes d’Asie, Éditions du Seuil, 2001.

35

40

Monsieur Mort porta Kiutu jusqu’à l’orée de la forêt. Son village était dans la savane, au bord du fleuve presque sec. Kiutu y courut. La famine était toujours aussi terrible. Il ne vit que pauvres gens aux figures maigres, aux yeux cernés, aux côtes saillantes. Devant la hutte de sa famille il trouva sa sœur, assise dans la poussière, tellement fatiguée qu’elle n’arriva même pas à lever les bras pour embrasser son frère. Kiutu lui dit : — Viens, j’ai trouvé pour toi un mari. Tu seras bien nourrie et bien logée.

45

50

55

60

Sans attendre sa réponse il la prit par la main et la traîna sur le chemin, jusqu’à la lisière de la forêt. Là, monsieur Mort les attendait. Il les déposa dans son oreille et retourna chez lui. Le lendemain matin, Kiutu trouva le géant endormi devant sa porte. Il entra dans la maison pour dire bonjour à sa sœur. Il ne vit dans la grande cuisine qu’un tas d’ossements humains, jetés pêle-mêle dans un coin : monsieur Mort avait dévoré son épouse. Kiutu en fut scandalisé. « Comment ? se dit-il, je donne mon unique sœur en mariage à ce balourd, et il la mange ! » Il sortit, furibond, alluma un grand feu de broussailles et incendia la longue chevelure de monsieur Mort. Le feu embrasa ses sourcils, sa barbe, sa tête et bientôt monsieur Mort, le visage calciné, ne respira plus. Kiutu grimpa sur son crâne fumant et salua le soleil en riant. Alors il trébucha contre un petit sac, calé dans une ride du front brûlé. Il prit ce sac, l’ouvrit. Il était plein de poudre blanche. « Je suis sûr, se dit Kiutu, que voilà une fameuse médecine magique. » Il l’emporta dans la maison et de cette poudre blanche il saupoudra les ossements de sa sœur qui, aussitôt, ressuscita, fraîche comme une fleur au matin. Ils s’embrassèrent, et s’en allèrent en Le thème du géant courant, en dansant, en criant : est très important — Nous avons vaincu la Mort ! Nous avons vaincu la Mort !

65

Définitions furibond : extrêmement furieux, en colère. broussailles : végétation touffue faite de plantes courtes qui envahissent les terrains inoccupés.

Hélas, Kiutu, en empoignant le sac sur la tête colossale, avait laissé tomber quelques grains de poudre sur la paupière du géant. L’œil s’ouvrit, seul vivant dans l’énorme visage charbonneux et des hommes moururent sur la terre. Depuis, il en est ainsi : chaque fois que l’œil de la Mort s’ouvre, il mange de la lumière et des hommes s’éteignent, et des vies s’en vont, et des voix se taisent, et les histoires finissent.

dans plusieurs formes d’art, et ce, à travers le monde. Cette illustration de l’histoire de Jacques et le haricot magique a été réalisée au 19e siècle par un artiste britannique.

Henri Gougaud et Marc Daniau, « Kiutu et la Mort », Contes d’Afrique, © Seuil Jeunesse, 1999, p. 119 à 122.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 37

37

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Répondez aux questions suivantes portant sur la situation initiale. a) Quand ? b) Qui ? c) Quoi ? d) 1 Où ?

2 Dès la première phrase, l’auteur précise où se déroule l’histoire. Toutefois, il est possible pour le lecteur de déduire cette information du texte. Relevez trois passages qui renseignent sur la partie du monde où se déroule ce conte.

2 Que signifie ce passage : « il passait plus de temps à faire bombance qu’à briquer la baraque » ? Fiez-vous au contexte pour dégager le sens des expressions ou des mots qui vous sont inconnus et consultez un dictionnaire au besoin.

3 Diriez-vous que le géant est grand comme une maison, un édifice de 6 étages ou un édifice de 20 étages ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 38

38

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


4 En vous basant sur ce que vous avez lu, que croyez-vous qu’il se serait produit si Kiutu avait refusé de ramener au géant une fille de son village ? Justifiez votre réponse.

5 Selon vous, quelle est la morale de ce conte ? Justifiez votre réponse en vous basant sur le contenu du texte.

Réaction 6 Si vous aviez été à la place de Kiutu, auriez-vous accepté de devenir le domestique du géant ? Justifiez votre réponse à l’aide de vos repères culturels.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 39

39

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Jugement critique 7 À votre avis, est-ce un bon conte ? Le cadre de l’histoire (lieu, époque) contribue-t-il à la qualité du récit, selon vous ? Justifiez votre point de vue en vous basant sur le texte.

Grammaire du texte 8 a) Dans l’extrait suivant, soulignez les éléments répétitifs. Il erra longtemps dans la forêt où les oiseaux ne chantaient plus, où les singes au regard triste se goinfraient de feuilles sèches, il erra jusqu’à ce qu’il parvienne devant le corps d’un homme couché sur des arbres écrasés […].

b) Selon vous, quel effet l’auteur a-t-il voulu créer avec ces répétitions ?

9 Relevez cinq mots du texte en lien avec le thème de la faim.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 40

40

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire en contexte 1 Accordez correctement le mot en entre parenthèses, puis soulignez son donneur d’accord. Voir la notion 9, p. 230.

 , s’embrassèrent et s’en allèrent

Kiutu de même que sa sœur, (soulagé) en courant, en dansant, en criant.

Ressource de la langue Le vocabulaire servant à caractériser les personnages

h

7

f

k

laclasse.grandducenligne.com

Dans un conte tout comme dans les autres textes narratifs, des personnages divers entrent en scène et on nous dévoile leurs caractéristiques. Attention ! Il faut être vigilant, car ces indications sont parfois subtiles. Pour en apprendre sur un personnage, il faut prêter attention à différents éléments. Afin de présenter les personnages, l’auteur peut utiliser un vocabulaire neutre qui n’exprime aucun jugement (19 ans, étudiant, célibataire, cheveux bruns) ou un vocabulaire expressif qui témoigne d’une opinion (séduisant, intelligent, hautain). Ce qu’il est : la voix, les tics, les traits de caractère, les sentiments, le statut social. Exemple : La veuve parlait d’une petite voix claire tout en tripotant le dernier bouton de son chemisier. Elle semblait bouleversée par les événements de la journée. Ce qu’il fait : les actions que les personnages font ou celles qu’ils subissent. Exemple : La mère refuse d’acheter une nouvelle console de jeu à son fils. Le garçon entre alors dans une colère terrible. Il se met à hurler, se jette sur le sol et donne des coups de pied dans tous les sens. Ce qu’il dit : les propos des personnages et leur façon de s’exprimer. La manière de s’exprimer est une caractéristique en soi, mais elle sous-entend aussi le milieu d’où vient le personnage. Exemple : — Ciel ! comment pourrais-je lui avouer mon amour ? dit la princesse. — T’as juste à lui dire que tu l’aimes. Me semble que c’est pas compliqué, ça ! répond la servante. — Bernadette, il est bien aisé pour vous de parler ainsi puisque vous n’êtes pas dans un tel embarras. Comment puis-je dévoiler à cet ami d’enfance que j’éprouve des sentiments plus profonds à son égard ? Ciel ! je me sens perdue ! soupire-t-elle.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 41

41

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


2 a) Donnez deux caractéristiques physiques de Kiutu présentées dans la situation initiale.

b) Quel lien peut-on faire entre ces caractéristiques et le contexte dans lequel Kiutu évolue ?

3 Qu’est-ce que la réaction de Kiutu lorsqu’il découvre les ossements de sa sœur révèle sur son caractère ?

4 Qu’apprend-on sur le géant à travers cette réplique ? — Je suis la Mort, rugit le géant. Maintenant au travail.

5 À votre tour maintenant de créer un personnage en utilisant un vocabulaire descriptif. N’oubliez pas qu’il est possible d’utiliser différents moyens pour décrire un personnage. Réfléchissez à des manières variées de présenter les caractéristiques que vous choisirez.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 42

42

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Stratégie de lecture J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Intention de lecture Cerner le thème ainsi que la morale de ce conte.

Le conte de l’ homme amoureux de la planète Vénus 1

5

Voici l’histoire d’un homme si amoureux de la planète Vénus que, chaque soir étoilé, il s’installait devant sa maison pour lui déclarer son amour. Un soir, la planète lui répondit... — Je suis touchée de ta ferveur, et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens… Il se leva d’un bond, il avait reconnu la voix de l’aimée, même s’il ne l’avait jamais entendue. La planète Vénus enfin avait perçu son amour et répondait à sa flamme.

10

— Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu’à toi, je ne suis qu’un homme ? Elle murmura toute proche :

15

20

25

— Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu’à tes pieds, approchetoi, monte dessus et quand tu seras sur la Lune, tu trouveras un autre rayon que j’ai disposé pour toi et qui te conduira jusqu’à moi…

Jacques Salomé est psychosociologue de formation et écrivain. Il s’intéresse beaucoup aux relations humaines ainsi qu’à la communication. Il enseigne, à travers ses livres, à mieux vivre ensemble. Dans ses contes, les métaphores nous aident à mieux comprendre certains de nos comportements et leurs impacts.

1 Surlignez la phrase qui présente l’élément déclen­ cheur de ce conte. 2 Tracez un trait : a) là où commence le déroulement ; b) entre le déroule­ ment et le dénoue­ ment.

L’homme monta sur le rayon et avec facilité s’éleva jusqu’à la Lune. Sur cette planète, il découvrit comme promis le rayon de Vénus Définitions et commença à s’élever vers elle. ferveur : ardeur, À mi-chemin, il eut soudain cette pensée : « Mais ce n’est pas vrai, enthousiasme, je rêve, ce n’est pas possible qu’un homme puisse marcher sur le intensité. rayon d’une planète… » disposer : placer. Et avec ce doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba… et naquit : verbe naître à la troisième personne s’écrasa des milliers de kilomètres plus bas… sur Mars. du singulier, au passé Avant de mourir, il eut le temps d’entendre la voix de son aimée simple de l’indicatif. qui murmurait tout contre son oreille. — Il ne suffisait pas de m’aimer, ni de me faire confiance, encore fallait-il que tu puisses croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance à toi-même !

30

Ainsi se termine le conte de l’homme qui ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l’impossible. Jacques Salomé, « Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus », Contes à guérir, Contes à grandir, Éditions Albin Michel, 1993, p. 13 à 15.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 43

43

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Reconstituez le schéma narratif de ce conte en faisant des phrases complètes. Situation initiale (Quand ? Où ? Qui ? Quoi ?) Élément déclencheur

Émue de sa ferveur, sa bien-aimée lui parla afin de l’inviter à la rejoindre.

Déroulement (péripéties)

Dénouement

Situation finale

2 Quelle est la morale de ce conte ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 44

44

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


3 Déterminez si les énoncés suivants sont vrais ou faux. Si l’énoncé est faux, corrigez-le afin de le rendre vrai. a) Le thème de ce conte est le courage.

Vrai  

  Faux

b) Selon la vision du monde de l’auteur de ce conte, la confiance en soi permet de relever tous les défis. Vrai

Faux

4 La quête de l’homme amoureux est-elle marquée par les actions du personnage ou par son évolution psychologique ? Justifiez votre réponse.

Réaction 5 À votre avis, l’auteur de ce conte a-t-il raison de dire que, si l’on croit en soi, on peut accomplir de grandes choses que l’on croyait impossibles ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte et d’un exemple de votre vie personnelle.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 45

45

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un conte intéressant ? Que pensez-vous des personnages ? Sont-ils crédibles ou invraisemblables, attachants ou antipathiques, originaux ou communs ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 7 Pourquoi l’élément déclencheur de ce récit n’est-il pas le fait que le doute naisse en l’homme amoureux ?

8 L’auteur a utilisé les points de suspension à quelques reprises dans le texte. Quel effet cherchait-il à créer dans chacun des passages suivants ? a) « Mais ce n’est pas vrai, je rêve, ce n’est pas possible qu’un homme puisse marcher sur le rayon d’une planète… »

b) Et avec ce doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba… et s’écrasa des milliers de kilomètres plus bas… sur Mars.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 46

46

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Ressource de la langue

La subordonnée relative complément du nom ou du pronom

7

d

t

r

laclasse.grandducenligne.com

Lorsqu’on écrit un récit dans lequel on désire créer des images en peu de mots, la subordonnée relative ajoute de la précision aux noms ainsi qu’aux pronoms. Cette subordonnée occupe la fonction de complément du nom ou du pronom. Pour compléter un nom ou un pronom à l’aide d’une subordonnée relative, il est important de choisir le bon pronom relatif. Pour ce faire, observez les exemples suivants. 1 Le loup, qui se croyait si rusé , se fit prendre à son propre jeu. (Le pronom relatif qui remplace « le loup ».) Une phrase complexe comportant une subordonnée relative peut être reformulée en deux phrases indépendantes : P1 : Le loup se fit prendre à son propre jeu. P2 : Le loup se croyait si rusé. 1er constat : Lorsqu’on formule deux phrases distinctes, si le groupe que remplace le pronom relatif dans la deuxième phrase est le sujet, on peut employer le subordonnant qui.

2 Le château où cette scène se déroula fut construit dans une contrée lointaine. (Le pronom relatif où remplace « dans le château ».) P1 : Le château fut construit dans une contrée lointaine. P2 : Cette scène se déroula dans le château. (Cette scène se déroula où ?) 2e constat : Lorsqu’on formule deux phrases distinctes, si le groupe remplacé par le pronom relatif répond à la question « où ? » dans la deuxième phrase, on peut employer le subordonnant où.

Subordonnée Principale

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 47

47

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


3 La légende que je vous ai lue m’a été racontée par mon arrière-grand-père. (Le pronom relatif que remplace « la légende ».) P1 : La légende m’a été racontée par mon arrière-grand-père. P2 : Je vous ai lu la légende. (Je vous l’ai lue. / Le GN « La légende » occupe la fonction de CD.) 3e constat : Lorsqu’on formule deux phrases distinctes, si le groupe remplacé par le pronom relatif occupe la fonction de complément direct dans la deuxième phrase, on emploie le subordonnant que/qu’.

4 La princesse dont parle ce conte était fort jolie. (Le pronom relatif dont remplace « de la princesse ».) P1 : La princesse était fort jolie. P2 : Ce conte parle de la princesse. 4e constat : Lorsqu’on formule deux phrases distinctes, si le groupe remplacé par le pronom relatif débute par la préposition de/d’ ou un déterminant contracté (du, des) dans la deuxième phrase, on peut employer le subordonnant dont.

La réduction de la subordonnée relative On peut réduire une subordonnée relative : en la remplaçant par un GAdj ; Exemple : La boîte qui est a été ouverte contient un cadeau surprenant. La boîte ouverte contient un cadeau surprenant.

en la remplaçant par un GVpart. Exemple : Le but qui a assuré la victoire à notre équipe s’est fait attendre.

Le but ayant assuré la victoire à notre équipe s’est fait attendre.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 48

48

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire en contexte 1 Pour chacun des passages suivants du conte de Jacques Salomé : • soulignez la subordonnée relative et encadrez le subordonnant ; • tracez une flèche vers le nom qui est complété par la subordonnée ; • décomposez la phrase en deux phrases indépendantes. Exemple : Ainsi se termine le conte de l’homme qui ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l’impossible. P1 : Ainsi se termine le conte de l’homme. P2 : L’homme ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l’impossible.

a) Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu’à tes pieds […].

P1 :

P2 :

b) […] tu trouveras un autre rayon que j’ai disposé pour toi […].

P1 :

P2 :

2 Formez une phrase complexe en enchâssant P2 dans P1 au moyen d’une subordonnée relative.

P1 : Un soir, la planète Vénus lui répondit.

P2 : Il était amoureux de la planète Vénus.

Pour vous aider, souli­ gnez l’élément qui est répété dans les deux phrases. Assurez-vous de choisir le bon pronom.

3 Soulignez la subordonnée relative dans la phrase suivante, puis réduisez-la. Avant de mourir, il eut le temps d’entendre la voix de son aimée qui murmurait tout contre son oreille.

Réduction :

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 49

49

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Stratégie de lecture Je regarde autour des mots.

Fred Pellerin est un conteur contemporain dont l’inspiration prend racine dans les traditions de son village natal de Saint-Élie-de-Caxton, en Mauricie. Personnages colorés et jeux de mots sont au rendez-vous dans ses histoires où la réalité et l’imaginaire se côtoient si bien que l’on ne distingue plus le vrai du faux… pour notre plus grand plaisir !

1 Dans le paragraphe en caractères gras, séparez au moyen d’un trait la situation initiale de l’élément déclencheur.

Définitions garnotte : ensemble de petits cailloux qui recouvrent un chemin. comprenure : compréhension. Il y a belle lurette est une expression fami­ lière qui veut dire « il y a très longtemps ». En fait, le nom lurette n’existe pas. Il est une contraction des mots belle et heurette, qui signifie « petite heure ».

Intention de lecture  Dégager la séquence narrative et les séquences secondaires du récit.

Le bonbon du mensonge La belle Lurette, fille de Ti-Bust Riopel, le forgeron du village, attend son bien-aimé, Dièse, qui est parti au loin. Elle a plusieurs prétendants, dont Ti-Jean qui ne cesse de la demander en mariage. La jeune fille, ayant un cœur d’or, semble condamnée à être honnête et demeure incapable de mentir. Un jour, sa mère décède et les Riopel manquent d’argent pour payer les trente dollars nécessaires pour faire sonner les cloches de l’église aux funérailles.

1

5

À un moment donné, Lurette s’emporta : — Je m’en vas aller quêter, s’il faut, mais je vas trouver l’argent pour faire branler les trois cloches !

10

Là, en larmes, reniflant comme une Madeleine enrhumée, elle sortit du presbytère. Elle enfila le chemin Saint-Louis, décidée à demander charité à toutes les portes. Marche, marche, marche, puis les larmes mouillaient leurs traces dans la garnotte poussiéreuse du chemin. Elle allait commencer par le fond du rang pour ensuite revenir sur ses pas, en s’arrêtant partout…

15

Parvenue au bout de sa route, la première place où elle arrêta, ça fut chez la Sauvagesse, sa marraine sorcière. La vieille était en train de se bercer, sur la devanture de sa cabane ridée, quand elle vit monter sa filleule en pleurs. Au su de ce qui se passait au village pour l’histoire du trente piasses, elle enleva son long doigt croche de dedans son nez (source intarissable d’ingrédients pour les potions magiques !) puis elle accueillit la Lurette dans ses bras de squelette. Elle la serra fort, comme on retord une guenille, pour en faire sortir toutes les larmes. Elle la serra, que je disais, avec de la comprenure dans les sentiments (comme le ferait une mère pour sa propre fille). — Pleure pas, Lurette… Je le sais ce qui se passe… Je m’en vas t’aider…

20

25

30

— C’est pour ma mère…

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 50

50

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Lurette prit un bonbon entre ses petits doigts fins comme de la paille, l’arracha de la grappe puis se le planta dans une joue. »

35

Là, elle fit entrer Lurette dans sa cabane. (Elle n’avait pas une maudite cenne, mais elle prétendait avoir quelque chose de mieux que ça.) Sur la table de la cuisine, traînait un petit pot fermé avec un couvert. La vieille ouvrit le contenant pour laisser voir à sa visiteuse ce qui s’y trouvait. Des bonbons ! ? ! Tous collés ensemble dans une motte.

40

(Vous savez, cette sorte de nanannes-là qu’on trouve chez les grandsmères ? Des sucreries qui se côtoient depuis tellement d’éternités qu’elles finissent par se figer en tapon !) — Ça Lurette, c’est des bonbons à la MENTE… — Ah ! Non, laissez faire, marraine.

45

50

55

2 Surlignez une séquence descriptive dans cette page. 3 Dans les deux séquences dialogales de cette page, écrivez devant chaque ré-­ plique le nom de la personne qui parle.

Définitions cenne : sou, pièce de monnaie.

nananne : bonbon. papermanne : de l’anglais peppermint, qui désigne un bonbon à la menthe poivrée. Lurette prit un bonbon entre ses petits doigts fins comme de la empathie : faculté de paille, l’arracha de la grappe puis se le planta dans une joue. se mettre dans la peau de quelqu’un et de — Merci bien ! ressentir ce qu’il *** ressent. La formule de politesse à Quelques minutes seulement, puis, suçant sa papermanne, la Lurette l’occasion d’un décès s’en retournait vers le village pour rejoindre son père au presbytère. consiste à offrir ses Chemin faisant, elle passa devant chez Ti-Jean, l’aspirant assidu, condoléances (et non ses « sympathies »). puis décida de s’arrêter là. L’auteur fait ainsi un jeu de mots. Ti-Jean vint ouvrir, souriant de bonheur :

— Écoute-moi, ma fille ! C’est des clandailles à la mente. Pas à menthe qui goûte la menthe, mais à la mente qui goûte la menterie. Avec un bonbon de même, ma belle, tu sauras te sortir de n’importe quel pétrin. Tu sauras trouver le mensonge qu’il faut. Prends-en un !

— Ah ! Ma belle Lurette ! Mes empathies pour ta mère, tu sais… — Ti-Jean, écoute-moi bien ! J’ai un marché à te faire. Si tu payes pour le service à ma mère, je m’en vas te marier le lendemain de son enterrement… —…

60

— M’as-tu entendue, Ti-Jean ? Le lendemain ! — Tu dis vrai ? Tu ne mentirais pas, toi !

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 51

51

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« Les presque-promis s’avancèrent tranquillement à la hauteur de l’autel. »

4 Surlignez une phrase où le narra­ teur s’adresse au destinataire.

Devant le train du bonheur qui passait sans crier « Gare ! », Ti-Jean se jeta sur les rails. Enfin, sa chance ! Il pêcha quarante-cinq piasses du fond de ses poches et les tendit à Lurette. (Quarante-cinq piasses en beaux bidous !)

65

*** Définitions bidou : argent, billet.

Pas besoin de vous le dire : tout fut réglé vitement. Avec la cagnotte, le curé fit même poser une quatrième cloche à l’église. Au service, chaste : pur, innocent. ça résonna à en fendre les oreilles les plus chastes. On avait loué grivois : libre et un orchestre puis acheté des sandwichs pour la réception qui suivait contraire aux principes le service. Les funérailles de la bonne femme Riopel, ça aura été du de la morale. jamais vu ! Ça fêta quasiment comme dans une noce ! Du plaisir puis chœur : ensemble de l’agrément : tout le monde en eut plein la vie ! de chanteurs. *** nef : partie centrale d’une église. — In ominé pâtri ête fili ispiritousse santi… autel : table à l’avant Le lendemain de l’enterrement, à la première heure, tout fut prêt de l’église. pour le mariage. Tel qu’entendu, Lurette et Ti-Jean allaient se présenter devant le curé. L’expression avoir les yeux dans la graisse de bines signifie « avoir les yeux vides, un regard absent ».

La brosse funéraire de la veille planait encore sur les paroissiens. Le bedeau, avec des bribes de chansons grivoises qui lui revenaient en mémoire, les servants de messe, avec les temples qui élançaient, puis la chorale, avec un mal de chœur. Puis même si la nef manquait de nerf, toute l’équipe était au poste.

70

75

80

Lurette, qui avait pris soin de tout expliquer à son père, arrêta de téter le bonbon à la mente juste avant de pénétrer dans l’église. Elle se le colla en-dessous du talon, au cas où. La célébration s’ouvrit donc en musique, puis, sur les dernières fausses notes d’une soliste encore pompette, Lurette s’avança dans l’allée, au bras du Gros-Jean comme devant. Les yeux, dans la graisse de bines, suivaient les futurs époux. L’orgue manquait de souffle et faisait boiter la marche nuptiale. Les presque-promis s’avancèrent tranquillement à la hauteur de l’autel.

85

90

Devant la foule éméchée, le curé décida, les yeux fermés, d’aller direct à l’essentiel (qui, on le sait, est invisible pour les yeux). — Ti-Jean, acceptez-vous de prendre Lucienne Riopel, ici présente, comme épouse, pour le meilleur et pour le pire, tu prends le pire, elle garde le meilleur ? Ou l’inverse ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 52

52

95

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


« C’est à ce moment-là que Ti-Jean s’emporta ! D’un coup ! Choqué noir ! » — C’est sûr, m’sieur le curé, que répondit Ti-Jean, puis dans n’importe quel sens, à part de ça ! — Et vous, Lurette, est-ce que le cœur d’or vous en dit ?

5 Surlignez une séquence explicative dans cette page.

—… 100

105

Un silence lourd pesait dans la place. Le village en entier était suspendu aux lèvres de Lurette (tout le monde souhaitait que Lurette dise «  Non ! ». Pour que la légende puisse continuer, il valait mieux que la belle attende encore Dièse en se morfondant ! (Le sadisme des gens, des fois !)) Ti-Bust ne grouillait pas lui non plus. Il resuait, à force que l’angoisse le travaillait. S’il fallait qu’elle s’échappe… Le Yable… — Acceptez-vous Lurette ? —…

110

Comme elle ne suçait plus le bonbon, la voix de son cœur d’or avait repris le dessus. Lurette ne pouvait plus mentir.

Définitions resuer : transpirer. Yable : Diable. jubé : galerie qui se trouve dans l’église.

Ti-Bust a fait un pacte avec le Diable, qui s’emparera de l’âme de Lurette si elle se marie.

— J’accepte pas… Non ! Je peux pas, m’sieur le curé… (QUOI ?) C’est à ce moment-là que Ti-Jean s’emporta ! D’un coup ! Choqué noir ! 115

(La colère noire dans une église blanche, laissez-moi vous dire que ça contrastait. Tellement noire que les murs de l’église ont jauni.) — LURETTE ! J’AI TOUJOURS EU CONFIANCE EN TOI ! JE ME FIAIS SUR TA PAROLE COMME SUR LA MÉTÉO. LÀ, TU VIENS DE TOUT BRISER. JE TE JURE QUE JE ME LAISSERAI PAS FAIRE.

120

Ti-Jean criait, sacrait, les pattes dans les airs. Ça résonnait jusque dans le jubé. Lurette sentait les remords lui mordre les tripes. (Maudit mensonge !) Le coup de grâce fut porté quand Ti-Jean dit : — S’IL LE FAUT LURETTE, JE M’EN VAS DÉTERRER TA MÈRE !

125

(Sacrilège ! Il ne faut pas dire ça dans une église !) Le curé explosa : — FERMEZ-LA ! Le silence revint…

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 53

53

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Du même auteur Fred Pellerin, De peigne et de misère, Éditions Sarrazine, 2013.

6 Tracez un trait entre : a) la fin du déroule­ ment et le dénoue­ ment ; b) le dénouement et la situation finale.

Définitions sacrilège : outrage à ce qui est sacré. cierge : chandelle utilisée dans les églises.

À ce moment-là, Lurette décolla la papermanne de sa semelle. Elle l’essuya un peu, puis elle expliqua l’affaire à Ti-Jean.

130

— Si j’ai pu te mentir, Ti-Jean, c’est à cause de ce nananne-là : le bonbon du mensonge… À ce moment-là (je ne sais pas si c’est à cause du reflet des cierges dans le bonbon ou d’une bonne idée qui passa par la tête à Ti-Jean), les yeux du soupirant brillèrent d’une drôle de luminance.

135

— Lurette ! Donne-moi le bonbon. En échange, je m’en vas laisser ta mère dormir tranquille. C’est-tu correct ? Lurette fut d’accord. Elle planta sa mente dans la joue de Ti-Jean qui, comme s’il ne s’était rien passé, partit en sifflotant. *** Ti-Jean fit ses valises. Il déménagea en ville.

140

*** Les nouvelles qu’on eut, quelque temps après, c’est que grâce au bonbon du mensonge, Ti-Jean était devenu vendeur d’assurances. Ses affaires marchaient ! Fred Pellerin, Extrait de « Le bonbon du mensonge », Dans mon village, il y a belle Lurette…, Montréal, Planète rebelle, 2001, p. 47 à 51.

Fred Pellerin, aussi chanteur et musicien, s’est fait connaître durant des soirées de contes auxquelles il prenait part au début des années 2000. Depuis, il présente ses spectacles de contes au Québec, en France et dans d’autres pays francophones.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 54

54

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Dans l’ensemble, ce récit est vraisemblable jusqu’à l’apparition d’un élément. Lequel ?

2 Dans le tableau suivant, reconstituez le schéma narratif de ce conte. Situation initiale

Élément déclencheur

Déroulement (péripéties)

• Le grand jour arrivé, Lurette lui raconte toute l’affaire. Dénouement

Situation finale

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 55

55

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


3 Nommez deux adjuvants dans cette histoire et expliquez brièvement comment chacun contribue à la quête de Lurette. a)

aide sa filleule Lurette en .

b)

aide Lurette en .

4 L’auteur utilise souvent des jeux de mots dans son texte. Expliquez les deux jeux de mots contenus dans ce passage, où il décrit la foule à l’église. Le bedeau, avec des bribes de chansons grivoises qui lui revenaient en mémoire, les servants de messe, avec les temples qui élançaient, puis la chorale avec un mal de chœur.

a) Premier jeu de mots :

b) Deuxième jeu de mots :

5 Aux lignes 91 et 92, on trouve cette phrase : « Devant la foule éméchée, le curé décida, les yeux fermés, d’aller direct à l’essentiel (qui, on le sait, est invisible pour les yeux). » Selon vous, pourquoi le curé a-t-il les yeux fermés ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 56

56

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


6 a) Quel est le thème principal de ce conte ? b) Selon vous, quelle est la vision du monde de l’auteur à ce sujet ?

Réaction 7 Si vous aviez été à la place de Lurette, auriez-vous accepté le bonbon du mensonge ? Donnez au moins une raison pour justifier votre réponse.

8 Si vous aviez été à la place de Ti-Jean, comment auriez-vous réagi au refus de Lurette au pied de l’autel ? Donnez au moins une raison pour justifier votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 57

57

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Jugement critique 9 À votre avis, est-ce un bon conte ? Le style d’écriture de l’auteur (choix du vocabulaire, figures de style, ton employé, etc.) contribue-t-il à la qualité du texte ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte Indiquez à quoi servent certaines marques typographiques employées par l’auteur. a) Les majuscules (lignes 117 à 119) :

b) Les points de suspension (lignes 99 et 108) :

c) Les parenthèses (lignes 115 et 116) :

À quoi sert la séquence descriptive que vous avez surlignée à la page 51.

Reportez-vous aux deux séquences dialogales de la page 51. a) De quoi est-il question dans le premier dialogue ? b) De quoi est-il question dans le second dialogue ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 58

58

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


À quoi sert la séquence explicative que vous avez surlignée à la page 53 ?

Jugement critique comparatif a) Lequel de ces contes avez-vous préféré ?

  Le Petit Chaperon rouge

  Le revenant de Gentilly

  Kiutu et la Mort

 Le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus

  Le bonbon du mensonge

b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants :

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : - donner votre opinion ; - exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; - donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

  l’intrigue ;

  les caractéristiques des personnages ;

  le cadre de l’histoire (lieux, époque) ;

  le thème ou les valeurs abordées ;

 la qualité de l’écriture (choix du vocabulaire, construction des phrases, figures de style, etc.).

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 59

59

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Grammaire en contexte 1 Le nom piasses utilisé dans le texte de Fred Pellerin est un québécisme. Expliquez pourquoi en faisant une recherche dans Internet ou en consultant un dictionnaire.

Ressource de la langue

9

Les variétés de langue

7

6

h

laclasse.grandducenligne.com

Le conte fait partie de la culture et des traditions de chaque pays. La façon de s’exprimer dans ces récits témoigne des particularités des régions et des époques. Le choix des mots, des expressions et des structures de phrases dépend de la variété de langue utilisée. On parle aussi de niveaux de langue ou de registres de langue. Variété de langue

Exemple

La langue populaire Elle est relâchée et associée à des groupes sociaux qui l’uti­ lisent plus volontairement, comme les jeunes. Elle n’est pas conforme au bon usage et présente plusieurs erreurs de syn­ taxe et de vocabulaire. C’est à cette variété de langue qu’ap­ partient le joual.

« Check m’man là. J’vas pogner les nerfs. Chu perdu. Tu peux-tu v’nir me chercher ? »

La langue familière C’est la langue que l’on emploie à l’oral dans la vie quoti­ dienne avec la famille et les proches. Elle respecte souvent les règles d’usage, mais de façon simplifiée. Elle comporte cer­ tains écarts quant à la syntaxe et au vocabulaire, mais elle demeure acceptable dans un contexte de familiarité.

— Va falloir que tu viennes me chercher. — T’es où ? — Je sais pas. J’allais chez mon chum Martin, pis j’me suis perdu.

La langue standard Le garçon s’est perdu en allant chez C’est la variété conforme à la norme linguistique, celle utilisée un ami. Il a appelé sa mère pour qu’elle à l’oral comme à l’écrit dans des contextes exempts de fami­ vienne le chercher. liarité, comme dans les articles de journaux et les relations professionnelles. Elle respecte la grammaire et la syntaxe tout en utilisant un vocabulaire clair mais simple. Les mots et les structures de phrases ne sont pas trop recherchés. La langue soutenue ou littéraire On la trouve dans les textes officiels et les romans. Le voca­ bulaire y est riche, recherché, voire rare ou savant. Les structures de phrases sont plus complexes.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 60

60

Le damoiseau s’égara en se rendant chez un féal. Pour qu’il pût retourner en sa demeure, sa mère fut appelée afin de venir le quérir et ainsi mettre un terme à son désarroi.

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


La variété de langue peut changer dans un même récit. Puisque les gens ne parlent généralement pas comme ils écrivent, il n’est pas rare qu’un récit écrit dans une langue standard soit ponctué de dialogues dans une langue familière.

Les variétés de langue nous en apprennent sur … Le lieu

Les personnages

Selon l’origine du conteur ou encore selon le lieu où se déroule l’action dans le récit, la façon de s’exprimer changera. Chaque pays de la francophonie et chaque région du Québec présentent des particularités de langage.

La façon de s’exprimer fait partie des caractéristiques des personnages. Un bûcheron québécois ne parlera pas de la même manière qu’un poète français du 18e siècle. Donc, la variété de langue employée nous en apprend sur les personnages.

L’énonciateur Tout comme elle caractérise les personnages, la variété de langue caractérise aussi l’auteur du conte selon qu’il écrit dans une langue familière, populaire ou soutenue.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 61

61

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


2 Comparez la variété de langue utilisée par Lurette et le curé. a) Quelle est la variété de langue utilisée par Lurette ? b) Quelle est la variété de langue utilisée par le curé ? c) Qu’est-ce que cela vous apprend sur ces personnages ?

d) À la ligne 127, le curé crie : « FERMEZ-LA ! » Peut-on dire que cette réplique est contradictoire ?

3 Surlignez dans les répliques suivantes les éléments qui sont issus de la langue familière. Réécrivez ensuite ces passages selon la variété de langue demandée. a) Pleure pas, Lurette… Je le sais, ce qui se passe… Je m’en vas t’aider…

Langue standard :

b) C’est sûr, m’sieur le curé, […], puis dans n’importe quel sens, à part de ça !

Langue soutenue :

4 Que remarquez-vous sur la façon de s’exprimer de l’auteur ? Quelles caractéristiques pouvez-vous relever en lien avec les variétés de langue ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 62

62

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Situation d’écriture

Rédaction d’un conte transformé Vous écrirez votre propre version d’un conte de votre enfance. Et si c’était la grand-mère qui voulait faire cuire le loup dans Le Petit Chaperon rouge ? Et si Cendrillon était une vilaine fille qui agit cruellement envers les membres de sa famille ? Avant de rédiger votre conte, suivez les étapes suivantes. Créez le schéma actanciel du conte de votre choix : objet, sujet, adjuvant(s) et opposant(s).

Il ne faut pas changer le contenu de la situa­ tion initiale ni de l’élé­ ment déclencheur, sinon le conte pourrait être méconnaissable.

Présentez dans un tableau les cinq éléments de l’univers narratif (p. 24) du conte original. Indiquez trois éléments pour chacune des composantes, puis changez au moins deux éléments de cet univers dans votre conte.

Construisez le schéma narratif de votre histoire en incluant deux ou trois péripéties. Présentez d’abord le schéma du conte d’origine, puis procédez aux changements que vous désirez apporter. Au moment de rédiger votre texte, assurez-vous de respecter les consignes suivantes. Utilisez le même type de narrateur que celui du conte original et prêtez attention aux marques énonciatives (p. 34). Employez différents moyens pour caractériser vos personnages (p. 41). Ajoutez des expansions dans les groupes du nom en utilisant la subordonnée relative (p. 47). Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référezvous aux pages 252 et 253.

Prenez aussi le temps de vérifier : la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes.

JE RETIENS DONC...  .

Lorsque j’écris un conte, je peux terminer par une Le récit doit répondre aux étapes du

et comprendre

les éléments de son

tels que les personnages, les objets, les

 , le temps et le

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie1-F.indd 63

 . 63

LA NARRATION

19-01-21 10:52 AM


Le roman historique et le roman de chevalerie Qu’est-ce que c’est ? Le roman est un long récit qui correspond au schéma narratif. Il respecte aussi le schéma actanciel, c’est-à-dire qu’il met en scène un héros, des adjuvants ou des opposants selon les caractéristiques et les relations des personnages. Le narrateur peut être omniscient ou participant. S’il s’agit d’un roman historique, le cadre de l’intrigue représente une période de l’Histoire dans laquelle des personnages de cette époque, connus ou inconnus, prennent vie. S’il s’agit plutôt d’un roman Exemple de roman de chevalerie

Séquence descriptive : description du lieu

1

Éléments de l’univers chevaleresque

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 64

de chevalerie, les actions s’inspirent du temps des chevaliers et de leurs actes de bravoure, comme dans les histoires du légendaire roi Arthur. Qui les écrit et pourquoi ? Une personne qui veut divertir par une histoire fictive, faire vivre des émotions ou faire connaître les mœurs d’une autre époque. Qui les lit et pourquoi ? Une personne qui souhaite se divertir, s’évader du quotidien ou connaître la vie des gens d’une autre époque.

L   es Chevaliers d’Émeraude [À l’autre bout du château, dans un bâtiment séparé, les Chevaliers d’Émeraude mangeaient. Leur hall se situait au centre de l’édifice et était entouré, au premier étage, de la cuisine, de leurs quartiers personnels et d’un accès direct aux écuries et, au deuxième étage, des chambres des jeunes élèves. Au fond du hall se dressait un énorme foyer de pierre où un feu brûlait pendant la saison froide. Mais, durant les mois d’été, les serviteurs déplaçaient les énormes tapisseries qui obstruaient les fenêtres et une brise fraîche balayait alors la grande salle.

1

Au milieu de la pièce trônait une longue table de bois autour de laquelle les sept Chevaliers prenaient leurs repas tout en discutant de leur rôle de protecteurs d’Enkidiev. À la hauteur du deuxième étage, une galerie ceinturait le grand hall et, souvent, les élèves d’Émeraude s’y asseyaient pour épier les chevaliers à travers les barreaux et choisir lequel d’entre eux ils voulaient pour maître.1]

10

64

5

15

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


[Ce soir-là, Dempsey déclara à ses compagnons que le roi avait

2

Mise en contexte

sans doute craint un danger en créant leur Ordre, même si les autres souverains du continent se soumettaient d’emblée à son autorité.2] 20

25

30

[— Sauf le roi Cull du Royaume d’Argent et son frère, le roi

Séquence dialogale : présentation magicien Shill du Royaume de Shola, lui rappela Falcon. Il ne des personnages pardonne pas à Émeraude Ier l’exil de leur père dans une contrée inhospitalière.

— Mais ni l’un ni l’autre des fils de Draka n’a jamais manifesté Définitions d’hostilité envers le Royaume d’Émeraude, souligna Chloé. exil : expulsion. — Dempsey a quand même raison, déclara Falcon avec inquié- contrée tude. Jamais Sa Majesté n’aurait fondé l’Ordre s’il ne planait inhospitalière : région peu aucune menace sur le continent. accueillante. — Moi, je pense qu’il a seulement voulu redonner des valeurs hostilité : attitude solides à ses sujets en ressuscitant les Chevaliers d’Émeraude qui, inamicale. jadis, assuraient la paix et la justice, intervint Santo, dont les érudit : qui a de grandes grands yeux noirs brillaient de passion. connaissances, — Au fait, pourquoi ont-ils disparu ? demanda Bergeau en cro- un grand savoir. quant dans un fruit.3]

35

Ils se tournèrent vers Wellan qui, entre tous, était le plus érudit. Si quelqu’un connaissait la réponse à cette question, c’était lui. Mais le grand Chevalier semblait perdu dans ses pensées. Un morceau de pain restait piqué sur la lame de son poignard, intact. Assis près de lui, Jasson constata qu’il n’avait en fait rien mangé.

40

— Falcon a raison ! Il est ensorcelé ! tonna Bergeau en frappant durement la table de son poing massif.

45

3

Les romans de ce genre tirent leur origine de romans courtois du Moyen Âge dans lesquels un chevalier épris d’une dame combat par amour.

Cet éclat tira Wellan de sa rêverie et il promena son regard glacé sur ses compagnons d’arme en se demandant s’ils avaient réellement capté la détresse de son cœur ou s’ils étaient seulement inquiets parce qu’il ne participait pas à la discussion du soir. — On dirait bien que l’amour t’a coupé l’appétit, se moqua Jasson. Anne Robillard, Les Chevaliers d’Émeraude. Le feu dans le ciel, Éditions de Mortagne, 2002, p. 33 à 35.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 65

65

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Stratégie de lecture Je fais des liens avec ce que je sais déjà sur le sujet.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Anne Frank, une adolescente allemande juive, doit vivre cachée et isolée avec les membres de sa famille et deux autres familles afin d’échapper aux persécutions des nazis. En plein cœur des bombardements, elle reçoit pour son anniversaire un journal dans lequel elle décrit, entre autres, les horreurs de cette sombre période historique.

1 Surlignez dans les deux premières phrases les pronoms et les déterminants qui révèlent le type de narrateur du récit. 2 Soulignez dans chaque paragraphe de cette page les passages qui indiquent pourquoi Anne a envie d’écrire un journal.

Définitions apathie : manque d’énergie et de motivation. pompeux : prétentieux, un peu trop sérieux.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 66

Intention de lecture Prêter attention aux lieux et à l’époque de l’histoire.

Le journal d’Anne Frank Samedi, le 20 juin 1942 C’est une sensation très étrange, pour quelqu’un dans mon genre, d’écrire un journal. Non seulement je n’ai jamais écrit, mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s’intéressera aux confidences d’une écolière de treize ans. Mais à vrai dire, cela n’a pas d’importance, j’ai envie d’écrire et bien plus encore de dire vraiment ce que j’ai sur le cœur une bonne fois pour toutes à propos d’un tas de choses. Le papier a plus de patience que les gens : ce dicton m’est venu à l’esprit par un de ces jours de légère mélancolie où je m’ennuyais, la tête dans les mains, en me demandant dans mon apathie s’il fallait sortir ou rester à la maison et où, au bout du compte, je restais plantée là à me morfondre. Oui, c’est vrai, le papier a de la patience, et comme je n’ai pas l’intention de jamais faire lire à qui que ce soit ce cahier cartonné paré du titre pompeux de « Journal », à moins de rencontrer une fois dans ma vie un ami ou une amie qui devienne l’ami ou l’amie avec un grand A, personne n’y verra probablement d’inconvénient.

1

5

10

15

Me voici arrivée à la constatation d’où est partie cette idée de journal ; je n’ai pas d’amie. […] Avec mes camarades, je m’amuse et c’est tout, je n’arrive jamais à parler d’autre chose que des petites histoires de tous les jours, ou à me rapprocher d’elles, voilà le hic. […] De là ce journal. Et pour renforcer encore dans mon imagination l’idée de l’amie tant attendue, je ne veux pas me contenter d’aligner les faits dans ce journal comme ferait n’importe qui d’autre, mais je veux faire de ce journal l’amie elle-même et cette amie s’appellera Kitty.

66

20

25

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« À partir de mai 1940, c’en était fini du bon temps. »

30

35

40

45

50

55

[…] Comme on ne comprendra rien à ce que je raconte à Kitty si je commence de but en blanc, il faut que je résume l’histoire de ma vie, quoi qu’il m’en coûte. Mon père, le plus chou des petits papas que j’aie jamais rencontrés, avait déjà trente-six ans quand il a épousé ma mère, qui en avait alors vingt-cinq. Ma sœur Margot est née en 1926, à Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Le 12 juin 1929, c’était mon tour. J’ai habité Francfort jusqu’à l’âge de quatre ans. Comme nous sommes juifs à cent pour cent, mon père est venu en Hollande en 1933, où il a été nommé directeur de la société néerlandaise Opekta, spécialisée dans la préparation de confitures. Ma mère, Edith Frank-Holländer, est venue le rejoindre en Hollande en septembre. Margot et moi sommes allées à Aix-la-Chapelle, où habitait notre grand-mère. Margot est venue en Hollande en décembre et moi en février et on m’a mise sur la table, parmi les cadeaux d’anniversaire de Margot.

3 Soulignez la phrase qui annonce un retour en arrière. 4 Dans cette page et la suivante : a) Encadrez toutes les dates et les années mentionnées. b) Surlignez quelques mots qui précisent l’événement associé à chaque indice de temps.

Définitions de but en blanc : directement, sans détour. néerlandais : relatif […] Notre vie a connu les tensions qu’on imagine, puisque les lois aux Pays-Bas. antijuives de Hitler n’ont pas épargné les membres de la famille pogrom : attaque qui étaient restés en Allemagne. En 1938, après les pogroms, mes accompagnée de deux oncles, les frères de maman, ont pris la fuite et se sont pillage (vol) contre la communauté juive. retrouvés sains et saufs en Amérique du Nord, ma grand-mère capitulation : fait de est venue s’installer chez nous, elle avait alors soixante-treize ans. se rendre, de céder. À partir de mai 1940, c’en était fini du bon temps, d’abord la guerre, la capitulation, l’entrée des Allemands, et nos misères, à nous les juifs, ont commencé. Les lois antijuives se sont succédé Quelques lieux... sans interruption et notre liberté de mouvement fut de plus en Francfort-sur-le-Main : plus restreinte. Les juifs doivent porter l’étoile jaune ; les juifs ville d’Allemagne. doivent rendre leurs vélos, les juifs n’ont pas le droit de prendre Hollande : région des le tram ; les juifs n’ont pas le droit de circuler en autobus, ni même Pays-Bas, au nordouest de l’Allemagne. dans une voiture particulière ; les juifs ne peuvent faire leurs Aix-la-Chapelle : ville courses que de trois heures à cinq heures, les juifs ne peuvent d’Allemagne. aller que chez un coiffeur juif ; les juifs n’ont pas le droit de sortir

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 67

67

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Pour en savoir plus Sharon Dogar, Cachés, Gallimard Jeunesse, 2011.

Définition solennel : officiel.

dans la rue de huit heures du soir à six heures du matin ; les juifs n’ont pas le droit de fréquenter les théâtres, les cinémas et autres lieux de divertissement ; les juifs n’ont pas le droit d’aller à la piscine, ou de jouer au tennis, au hockey ou à d’autres sports ; les juifs n’ont pas le droit de faire de l’aviron ; les juifs ne peuvent pratiquer aucune sorte de sport en public. Les juifs n’ont plus le droit de se tenir dans un jardin chez eux ou chez des amis après huit heures du soir ; les juifs n’ont pas le droit d’entrer chez des chrétiens ; les juifs doivent fréquenter des écoles juives, et ainsi de suite, voilà comment nous vivotions et il nous était interdit de faire ceci ou cela. Jacque me disait toujours : « Je n’ose plus rien faire, j’ai peur que ce soit interdit. » Dans l’été de 1941, grand-mère est tombée gravement malade, il a fallu l’opérer, et on a un peu oublié mon anniversaire. Comme d’ailleurs dans l’été de  1940, parce que la guerre venait de se terminer aux Pays-Bas. Grand-mère est morte en janvier 1942. Personne ne sait à quel point moi, je pense à elle et comme je l’aime encore. Cette année, en 1942, on a voulu rattraper le temps perdu en fêtant mon anniversaire et la petite bougie de grandmère était allumée près de nous. Pour nous quatre, tout va bien pour le moment, et j’en suis arrivée ainsi à la date d’aujourd’hui, celle de l’inauguration solennelle de mon journal, 20 juin 1942.

60

65

70

75

80

Anne Frank, Le journal d’Anne Frank, Paris pour la traduction française par Philippe Noble et Isabelle Rosselin-Bobulesco, © Calmann-Lévy, 1992, 2001, p. 18 à 22.

Une statue d’Anne Frank (par Pieter d’Hont) a été érigée près du musée portant son nom, à Amsterdam. C’est à cet endroit que la jeune fille a vécu cachée pendant deux ans, lors de la Seconde Guerre mondiale. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 68

68

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Pour quelles raisons Anne a-t-elle voulu écrire un journal ?

2 À la lumière de cet extrait, Anne s’attendait-elle à ce que son journal devienne connu dans le monde ? Appuyez votre réponse sur deux extraits du texte.

3 En relisant l’extrait du journal d’Anne Frank, déterminez si les renseignements suivants sont vrais ou faux. S’il y a une erreur, corrigez-la. a) 1926 : Naissance de Margot, en Hollande.

  Vrai     Faux b) 12 juin 1929 : Naissance d’Anne Frank.

  Vrai     Faux c) 1932 : Son père s’installe en Hollande, où il est nommé directeur d’Opekta.

  Vrai     Faux d) 1938 : La famille d’Anne s’enfuit en Amérique du Nord et sa grand-mère de soixante-treize ans emménage avec eux.

  Vrai  

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 69

  Faux

69

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


e) Mai 1940 : Après la guerre, c’est la capitulation, l’entrée des Allemands et les lois antijuives.

  Vrai     Faux f) Été de 1940 : La guerre est terminée aux Pays-Bas.

  Vrai     Faux g) Hiver de 1941 : Sa grand-mère est tombée gravement malade, il a fallu l’opérer.

  Vrai     Faux h) 1943 : Sa grand-mère est décédée.

  Vrai  

  Faux

4 Quel lien peut-on établir entre les déplacements de la famille d’Anne et la quête d’équilibre de la jeune fille ?

Réaction 5 « Avec mes camarades, je m’amuse et c’est tout, je n’arrive jamais à parler d’autre chose que des petites histoires de tous les jours, ou à me rapprocher d’elles, voilà le hic. » Selon vous, est-il difficile d’avoir quelqu’un à qui se confier ? Expliquez votre réponse en vous appuyant sur un exemple de votre vie personnelle.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 70

70

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un bon extrait de roman ? Est-ce que le thème et les valeurs abordées suscitent l’intérêt du lecteur ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 7 Les événements du récit sont-ils présentés dans l’ordre chronologique ? Expliquez votre réponse.

8 Aux lignes 49 à 70, Anne décrit la situation des juifs à partir de 1940 à l’aide de plusieurs énumérations faites au présent. a) Quel effet crée l’utilisation de l’énumération ?

b) Quel effet crée l’emploi de verbes conjugués à l’indicatif présent ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 71

71

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Ressource de la langue

L’harmonisation des temps verbaux

a

7

6

p

laclasse.grandducenligne.com

Dans un récit, les verbes sont généralement au présent ou au passé. Cependant, il faut savoir agencer les bons temps verbaux, les harmoniser, afin d’assurer la cohérence des différentes séquences de l’histoire. LE RÉCIT AU PASSÉ (mode indicatif) Actions antérieures (qui se sont déroulées avant les actions principales de l’histoire)

• Imparfait • Plus-que-parfait • Passé antérieur

Actions principales

• Passé simple : narration, succes­sion d’actions qui se sont toutes déroulées dans le passé. • Passé composé : narration, description ou justification d’un événement passé. • Imparfait : description d’un lieu, d’un personnage, de ses sentiments, de son état, dans le passé. • Présent : dialogues, énonciation d’une vérité ou d’un fait toujours actuel.

Actions à venir

• Conditionnel présent • Conditionnel passé

Exemple : Manu ne se doutait pas de ce que lui ferait vivre un retour dans ce lieu. La jeune fille sentit un frisson lui parcourir l’échine : et si les événements qu’elle y avait vécus enfant se reproduisaient ? Elle frémirait ! Elle aurait pu renoncer à y entrer, mais elle ne put y penser plus longtemps... LE RÉCIT AU PRÉSENT (mode indicatif) Actions antérieures

• Imparfait • Plus-que-parfait • Passé composé

Actions principales

• Présent : narration, description et dialogues.

Actions à venir

• Futur simple • Conditionnel présent • Futur antérieur

Exemple : Manu ne se doute pas de ce que lui fera vivre un retour dans ce lieu. La jeune fille sent un frisson lui parcourir l’échine : et si les événements qu’elle y a vécus enfant se reproduisaient ? Elle frémirait ! Elle pourrait renoncer à y entrer, mais elle ne peut y penser plus longtemps...

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 72

72

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Grammaire en contexte 1 Le journal d’Anne Frank est-il un récit au présent ou au passé ? Justifiez votre réponse.

2 Dans le tableau, indiquez le temps de chacun des verbes en caractères gras dans cet extrait, puis expliquez le choix de ce temps de verbe. C’est une sensation très étrange, pour quelqu’un dans mon genre, d’écrire un journal. Non seulement je n’ai jamais écrit, mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s’intéressera aux confidences d’une écolière de treize ans. Verbe

Temps de l’indicatif

Explication

est

ai écrit

semble

intéressera

3 Conjuguez les verbes entre parenthèses dans ce texte au passé. Anne Frank (naître)

en Allemagne en 1926. Elle (avoir) directeur d’une société

une grande sœur nommée Margot. Son père (être)

en Hol-

spécialisée dans la préparation de confitures. Elle (déménager) lande quelques années plus tard. En 1938, sa grand-mère (venir)

les y

en 1942, Anne (avoir)

rejoindre. Lorsque son aïeule (mourir) beaucoup de peine, car elle l’(adorer)

 . Cette même

à écrire son journal, qui (connaître)

année, elle (commencer)

un immense succès par la suite. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 73

73

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Stratégie de lecture Je devine ce qui est sous-entendu.

En 1662, à Nantes, en France, Marie LaFlamme vit avec sa mère, Anne, une sage-femme qui pratique la médecine par les plantes. Commence alors une inlassable chasse aux sorcières. La fureur s’est emparée de la ville et les accusations fusent de toutes parts.

1 Dans le premier paragraphe, surlignez les éléments qui répondent aux questions suivantes : quand ? où ? qui ? 2 Dans tout le texte, encadrez les indices qui situent l’histoire dans le temps (métier des personnages, termes médicaux, maladie, moyen de transport, etc.)

Définitions abcès : amas de pus. immolation : action de tuer sabbat : réunion de sorcières qui, selon la croyance, se tenait toujours le samedi à minuit. cataplasme : préparation appliquée sur la peau pour guérir une inflammation. ramancher : replacer, en parlant d’un membre. saigner : pratique médicale qui consiste à retirer du sang du corps. mort noire : peste. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 74

Intention de lecture Cerner l’intrigue de l’histoire.

Marie LaFlamme Les feuilles mortes s’entassaient devant les marches de la cour de justice à peine plus nombreuses que les curieux. Tel un abcès, l’attroupement enflait depuis le matin. Serrés les uns contre les autres, les témoins affrontaient mieux les bourrasques et il aurait fallu un véritable ouragan pour les déloger tant leur satisfaction était grande d’être entendus. Un laboureur du nom de Maillet venait d’être confronté à Lucie Bonnet. […]

1

5

— Vous êtes sots ! répéta le père Germain. Lucie Bonnet est une brave femme. […] — Vous pensez donc que Lucie Bonnet n’a pas arraché le cœur de la chèvre de Jean Grouvais ? insistait Henriette Hornet.

10

— Qu’en aurait-elle fait ? — Ne dit-on pas que certains sacrifices exigent l’immolation de bêtes ? Ou d’enfants ? — On doit faire bouillir ces cœurs avec des herbes au sabbat ! ajouta Françoise Lahaye.

15

— Pour ça, il faut connaître les herbes maléfiques. Qui sait les cueillir ? demanda Henriette Hornet en se tournant subitement vers Marie LaFlamme. Celle-ci rétorqua avec fougue :

20

— Il est vrai que ma mère sauve plus de malades que votre époux, car elle songe plus à appliquer des cataplasmes ou ramancher que saigner à tout va ! — Elle avoue ! triompha Henriette Hornet. Elle avoue pratiquer la médecine avec sa mère !

25

L’orfèvre épouvanté vit Marie pointer du doigt ses patients. — Toi, Yves Dorsec, tu aurais perdu ta main sans ma mère. Et toi, Catherine Bourlé, tu aurais enterré tous tes petits tant ils étaient faibles en naissant. Quant à toi, Jacquemine Lamoury, c’est la mort noire qui t’aurait emportée ! Il n’y a que vous, madame Hornet, qui n’avez pu supplier ma mère de vous délivrer quand vous avez enfanté. Vous auriez dû !

74

30

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« Comment osez-vous l’accuser ainsi sans aucune preuve ? »

— Marie, tenta de s’interposer Guy Chahinian. Marie !

35

Définitions Trop emportée, la jeune fille se méprit sur ses intentions et invec- invectiver : injurier. aconit : plante. tiva aussi l’orfèvre. — Oh vous ! Toujours à vous plaindre ! À gémir ! Ma mère vous a armateur : propriétaire d’un navire. bien aidé aussi en vous donnant de l’aconit ! Elle aurait dû tous vous laisser périr !

— Elle est possédée ! hurla Françoise Lahaye. 40

— Comment osez-vous l’accuser ainsi sans aucune preuve ? s’oppo­sa Geoffroy de Saint-Arnaud. Cette intervention de l’armateur surprit de nouveau Guy Chahinian ; et s’il se trompait sur la nature de l’homme ? L’armateur semblait prendre réellement à cœur la défense de Marie LaFlamme.

45

— Répondez, madame Lahaye ! Avez-vous des preuves ? — Nous les aurons bientôt, déclara Henriette Hornet. À moins que Marie ne nous échappe par quelque maléfice pour aller prévenir sa mère ! N’a-t-elle pas des herbes sur elle ?

50

Henriette Hornet n’avait pas terminé sa phrase qu’on s’approchait de Marie pour ouvrir son manteau, fouiller ses vêtements. — Arrêtez ! cria le prêtre. — Vous n’avez pas le droit, protesta Geoffroy de Saint-Arnaud en tentant de protéger Marie des assauts des paysans et des bourgeois.

55

60

— Vous avez la mère, laissez-nous la fille ! dit Nestor Colin, en attrapant la manche de chemise de Marie qui se déchira d’un coup sec. Un bras parut, d’une blancheur si douce que le silence se fit pour être brisé la seconde suivante par les cris des hommes qui se ruaient sur Marie qui tentait de fuir. On lui arracha sa cape, puis son bonnet malgré les menaces de Geoffroy de Saint-Arnaud. Les femmes se mirent de la partie, tirant les cheveux de Marie, pinçant cette chair trop lisse qui excitait leurs époux. Guy Chahinian faisait semblant de vouloir malmener Marie pour s’approcher

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 75

75

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« Malgré sa terreur, elle se tenait toujours aussi droite. » Définitions clameur : ensemble confus de cris, tumulte. admonestation : avertissement sévère. piaillement : cri aigu. à son grand dam : à son plus grand regret. hargne : attitude haineuse. bailli : agent du roi à la tête du tribunal. s’enhardir : oser. coudée : ancienne mesure qui équivaut à environ 50 cm.

d’elle et lui éviter ainsi d’autres coups mais bientôt la clameur fut si forte entre les hurlements de la victime, les admonestations du prêtre, les menaces de l’armateur, les grondements des mâles, les piaillements des femelles qu’un officier du palais sortit précipitamment et tira un coup de feu en l’air pour obtenir le calme.

65

Marie LaFlamme sentit qu’on s’écartait d’elle. Le froid la saisit : des tremblements la secouèrent si fort que Françoise Lahaye répéta qu’elle était possédée.

70

— Qu’avez-vous dit, madame ? demanda l’officier. À son grand dam, elle ne fut pas la seule à fournir une réponse : tous les témoins de la scène voulaient renseigner l’officier. Ils se bousculaient pour se présenter devant lui en beuglant leurs explications avec tant de hargne que la porte du palais s’ouvrit de nouveau. Le bailli Marcel Antonin sortit et s’avança vers Marie LaFlamme. La lutte avait coloré ses joues et la peur agrandi ses yeux violets. Pour la première fois de sa vie, le bailli s’enhardit à lui adresser la parole.

75

80

— Viens ici, toi ! Marie s’approcha lentement ; à chaque pas ses seins se soulevaient, ses hanches dansaient, ses cheveux ondulaient. Malgré sa terreur, elle se tenait toujours aussi droite.

85

Quand elle fut à moins d’une coudée du bailli, celui-ci lui demanda la raison du désordre qu’elle causait. Elle n’avait pas ouvert la bouche que Juliette Guillec interpellait Marcel Antonin. — Elle a reconnu user d’herbes maléfiques ! Un murmure approbateur monta de la foule : le bailli regarda la jeune fille, puis l’officier. Ce dernier n’attendit pas d’ordre plus précis de son supérieur ; il saisit Marie LaFlamme aux poignets et, lui tordant les bras dans le dos, l’entraîna à l’intérieur du palais de justice sans paraître sentir les coups de pied qu’elle lui donnait ni entendre ses cris perçants. Le bailli les suivit tandis que la foule commentait cette seconde prise de corps.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 76

76

90

95

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


De la même auteure Chrystine Brouillet, À qui la faute ? Éditions Druide, 2018.

100

105

Guy Chahinian en avait trop vu. Quand Juliette Guillec le chercha Définitions dans la foule, il courait déjà rejoindre Martin Le Morhier et Anne molester : battre, maltraiter. LaFlamme. croupe : partie *** postérieure du cheval. Il n’eut pas un mot à prononcer. spéculer : supposer. Quand Anne LaFlamme vit que Guy Chahinian était seul, elle pâlit tellement qu’on aurait dit un cadavre. Martin Le Morhier la soutint tout en interrogeant l’orfèvre du regard. — Ils l’ont arrêtée. Geoffroy de Saint-Arnaud lui-même n’a rien pu empêcher et j’ai supposé qu’il était plus sage que les témoins me croient des leurs. Tout en se justifiant, Guy Chahinian se demandait s’il avait rusé en se ralliant à la foule ou s’il était si lâche qu’il n’avait voulu être molesté, arrêté et torturé à son tour.

110

Anne LaFlamme l’agrippa par le bras. — Rentrons vite à Nantes, vous me raconterez en route ! — Mais, madame…, commença Martin Le Morhier. Anne LaFlamme ne le regarda même pas, claqua la croupe de sa monture d’une main ferme. Elle allait délivrer sa fille.

115

120

125

À la vue des portes, elle leur fit part de ses intentions. — Je vais laisser ici ce cheval et vous demander d’attendre que le soleil se couche pour regagner la ville. On ne doit pas nous voir ensemble. Monsieur Chahinian, je voudrais que vous vous chargiez de ce cahier. Prenez-en le plus grand soin, c’est la somme de vingt ans de recherche et de pratique. J’en aurai encore besoin. Ainsi que ma fille. Quand Anne LaFlamme passa sous la porte, le soleil avait triomphé des nuages et enflammait l’air d’une soudaine chaleur, mais les habitants n’y virent pas l’accalmie tant désirée. Ils préférèrent spéculer sur ce signe démoniaque du pouvoir de la sage-femme. Chrystine Brouillet, Marie LaFlamme, Flammarion Québec, 2004, p. 177 à 181. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 77

77

Née en 1958, Chrystine Brouillet est une des auteures les plus populaires au Québec. En plus de la série historique Marie LaFlamme, elle a écrit de nombreux livres jeunesse, ainsi qu’une série de romans policiers mettant en vedette l’inspectrice Maud Graham.

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez cet extrait de roman en indiquant les éléments essentiels de l’histoire (quand ? où ? qui ? quoi ?).

2 Quelles sont les accusations qui sont portées contre Marie ?

3 Classez les personnages suivants dans le tableau selon qu’ils sont des adjuvants de Marie LaFlamme ou des opposants.

Père Germain • Henriette Hornet • Françoise Lahaye • Guy Chahinian • Geoffroy de Saint-Arnaud • Nestor Colin • Marcel Antonin • Juliette Guillec • Martin Le Morhier • Anne LaFlamme Adjuvants de Marie

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 78

Opposants de Marie

78

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


4 Que contient le cahier d’Anne LaFlamme selon vous (ligne 119) ?

5 Compte tenu des intentions d’Anne LaFlamme, quelle serait la suite de ce récit, selon vous ? Appuyez votre réponse sur des éléments du texte.

6 Selon ce que vous avez lu dans cet extrait, quelle sera l’intrigue de ce roman ?

7 Quelle opinion Guy Chahinian a-t-il de Geoffroy de Saint-Arnaud ? Expliquez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 79

79

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Réaction 8 Comme plusieurs personnages de cet extrait, croyez-vous aux sorcières et à la magie ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 9 À votre avis, est-ce un bon extrait de roman ? Les caractéristiques des personnages contribuent-elles à susciter l’intérêt du lecteur ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 80

80

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Grammaire du texte Divers indices indiquent que cette histoire se déroule en 1662. Relevez ceux qui se rapportent aux catégories suivantes. a) Les personnages (trois) :  

b) Les soins médicaux (trois) :  

c) Les moyens de transport (un) :

a) À quel moment de l’année l’action se déroule-t-elle ? b) Quel indice du texte le prouve ?

Grammaire en contexte Voir les notions 18 à 21, p. 234 à 237.

Dans les extraits suivants : • soulignez les verbes conjugués ; • indiquez la fonction de chaque expansion du verbe (modificateur, complément direct, complément indirect ou attribut du sujet). Extrait 1 Cette intervention de l’armateur surprit de nouveau Guy Chahinian ; et s’il se trompait sur la nature de l’homme ?

a) de nouveau : b) Guy Chahinian : c) sur la nature de l’homme : Extrait 2 — Vous êtes sots ! répéta le père Germain. Lucie Bonnet est une brave femme.

d) sots : e) une brave femme :

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F2.indd 81

81

LA NARRATION

19-01-24 11:19 AM


Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Christian de Montella est un écrivain français spécialisé dans la littérature jeunesse. Après avoir occupé divers emplois allant d’ouvrier agricole à comédien, il s’est dirigé vers l’écriture. Il affectionne particuliè­ rement les romans historiques.

1 Encadrez une séquence descriptive dans cette page. 2 Dans tout le texte, surlignez des indices révélant l’époque à laquelle se déroule l’histoire.

Définitions étale : immobile, calme. cime : sommet. halo : cercle plus clair qui entoure une source de lumière. lignage : groupe issu de la même famille, lignée. éperonner : donner un coup d’éperon (pièce métallique) au cheval pour l’inciter à se mettre en action. sénéchal : officier royal.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 82

Intention de lecture Repérer les séquences secondaires insérées dans le texte.

L’enlèvement — Sire ! Regardez !

1

La petite troupe de cavaliers venait de quitter le Bois en Val. Elle approchait de la rive d’un grand lac, dit le lac de Diane, dont la surface étale, sous la lueur de la lune et des étoiles, brillait comme du mercure. Au bruit des sabots, les animaux de la nuit s’étaient tus. Il y régnait un silence extraordinaire, où l’on n’entendait que le souffle des chevaux et celui, sifflant dans les branches des arbres, d’un vent tourbillonnant et frais. Le roi Ban de Bénoïc, qui galopait en tête, retint sa monture. Hoël, son écuyer, tendait le bras vers l’est, lui désignant par-delà les cimes du bois un large halo rougeâtre embrasant le ciel.

5

10

Il était trop tôt pour que l’aube se lève. Le roi Ban comprit aussitôt ce qui se passait, mais il refusa d’abord d’y croire. — Madame, attendez-moi ici. Sa femme, Hélène, calma sa jument qui piaffait. Ban la vit pâle, inquiète. Il songea qu’elle était bien jeune, et lui, bien vieux, désormais, et qu’il ne savait combien de temps encore il pourrait la protéger. Il voulut lui dire qu’il l’aimait ; les mots ne franchirent pas ses lèvres. Il posa sa large main gantée sur le petit paquet de toile chaude qu’elle portait contre elle.

15

20

— Prenez soin de notre enfant. Sous sa paume il sentit le bébé remuer doucement la tête. L’avenir de mon lignage, pensa le roi. Lui seul compte à présent. Et, retirant brusquement la main, il éperonna son cheval. Les hommes et Hélène le virent, silhouette rapide et noire contre ce ciel clair d’une nuit d’été, galoper jusqu’au sommet d’une colline surplombant le bois et le lac. Le spectacle qui s’offrit à ses yeux l’emplit de rage et de chagrin : Trèbe, son château, était en flammes. L’incendie, qui ravageait les remparts et les tours, s’élevait en longues et brèves mèches couleur de soufre le long du donjon, créant une aurore de feu et de sang qui déchirait la nuit. J’ai été trahi, pensa-t-il. Par mon propre sénéchal. J’ai tout perdu. Je suis tout seul. […]

82

25

30

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« Mais il ne pensa pas une seconde à sa propre mort : il pensa – et ce fut une douleur bien plus grande que celle de cette vie qui l’abandonnait – que son fils, à présent, était orphelin. »

35

40

Il ressentit tout à coup une violente douleur dans l’épaule, qui l’irradia jusqu’au bras gauche et lui brûla la poitrine. Il avait du mal à respirer. Lentement, avec précaution, il descendit de son cheval. Il tituba, marchant jusqu’au sommet de la colline. Il n’arrivait pas à détacher les yeux de l’incendie, de son château, là-bas, sur l’horizon, s’écroulant dans les flammes, comme une bûche, un fagot dans l’âtre. Toute sa vie, tout son pouvoir se consumaient. Il avait essayé d’être un roi juste et bon. Et maintenant, Claudas, son pire ennemi…

Définitions fagot : paquet de bois. orée : bordure. décimer : détruire, exterminer.

La douleur dans sa poitrine se fit si vive qu’il tomba à genoux. Il arracha le gant de sa main droite. Il mit cette main sur son cœur. La vie me fuit, songea-t-il. Je vais mourir. Et Hélène ? Et mon fils ? 45

Il lui sembla alors que son cœur, et sa poitrine, et sa tête toute entière, prenaient feu comme Trèbe. […] Au bord du lac, les hommes avaient vu leur roi descendre de cheval puis s’écrouler face contre terre. Hélène aussi.

50

[…] Dès qu’elle fut près de Ban, elle démonta et s’agenouilla à son côté. Elle eut une pensée pour son enfant – leur enfant – et, levant brièvement les yeux, elle aperçut le vieux sergent qui était descendu de son cheval et avait déposé le nourrisson près de la rive du lac.

55

60

[…] De l’orée des arbres surgirent une vingtaine de cavaliers, l’épée, la massue ou la pique à la main, hurlant à la mort. Hélène se redressa. Les hommes de Claudas – grands guerriers à la barbe et aux tresses blondes ou rousses, et affublés de peaux d’ours et de casques à longues cornes de buffle – déboulèrent parmi l’escorte de Ban comme une tempête. Ils frappèrent à tour de bras, visant aussi bien les soldats que les chevaux, qu’ils abattaient d’un seul coup de masse sur l’encolure. […]

65

70

Hélène dévala la colline. Droit sur la bataille – le combat sanglant où les hommes de Ban, pris par surprise, tombaient l’un après l’autre, sous les coups de masse et d’épée des assaillants. Elle n’avait pas peur. Elle ne pensait pas à la peur. Elle pensait au dernier mot du roi, son mari : « orphelin ». Elle ne voyait ni les Guerriers Roux à peau d’ours, ni sa propre escorte décimée : elle ne voyait que le minuscule © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 83

83

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Du même auteur Christian de Montella, Le diable dans l’île, Flammarion, 2000.

3 Encadrez la séquence dialogale de cette page.

point blanc – un bébé, des langes, une étoffe pour lui tenir chaud – qu’un vieux sergent défendait de toute sa vigueur et qui était son fils – le fils que lui avait donné Ban, pas un orphelin. […] — C’est mon fils ! s’écria Hélène.

75

Mais elle eut beau éperonner sa jument, celle-ci refusa d’approcher d’un seul pas de la rive. Agacée, furieuse et inquiète, Hélène sauta à terre. — L’enfant que tu tiens est le fils du roi Ban de Bénoïc ! s’exclama-t-elle.

80

La jeune femme déguisée en homme berça délicatement le bébé contre sa poitrine et répondit : — Le roi Ban est mort. Ce garçon est orphelin. — Je suis sa mère ! répliqua Hélène. Et elle voulut faire un pas en avant, mais une force étrange l’empêcha d’avancer. — Hélène, dit la jeune femme, tu es sa mère, certes : par le sang. À présent, je serai sa mère par l’esprit. Il est ton fils, et celui de l’éclatant lignage du roi Ban. Je ne te l’enlève pas, Hélène. Je vais faire de lui celui qu’il doit être.

85

90

— Rends-moi mon fils ! Hélène tenta encore de faire un pas : la même force, qu’elle ne comprenait pas, la retint à sa place. — Cet enfant n’a plus de père, lui dit la jeune femme blonde en reculant pas à pas dans l’eau plate et brillante du lac. Mais il a un destin. Fais-moi confiance : grâce à moi, il l’accomplira.

95

L’enfant dans les bras, elle s’enfonçait lentement, inexorablement. Hélène cria : — Non ! Pourquoi veux-tu noyer mon fils ? Non !

100

Sans répondre, la jeune femme lui tourna le dos, puis, peu après, disparut dans les profondeurs du lac. Elle n’y laissa pas une ride. Christian de Montella, Graal. Le chevalier sans nom, Flammarion, 2003, p. 11 à 18.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 84

84

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Au début de l’extrait, on trouve cette phrase : « Le roi Ban comprit aussitôt ce qui se passait, mais refusa d’abord d’y croire. » a) Qu’est-ce que le roi comprend alors ?

b) Expliquez dans vos mots ce qui lui permet de deviner ce qui se passe.

2 Même si aucune date n’est mentionnée dans le texte, il est possible d’identifier l’époque à laquelle se déroule l’histoire. Cernez l’époque à l’aide d’indices contenus dans le texte.

3 Aux lignes 18 et 19, on peut lire : « Il voulut lui dire qu’il l’aimait ; les mots ne franchirent pas ses lèvres. » Selon vous, pourquoi le roi ne dit-il rien à ce moment ? Justifiez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 85

85

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


4 Vers la fin de l’extrait, une jeune femme sort du lac et prend le fils du roi dans ses bras. Elle affirme : « Je vais faire de lui ce qu’il doit être. » Selon vous, quelle sera la suite ? Cette jeune femme est-elle une alliée ou une ennemie d’Hélène ?

Réaction 5 Auriez-vous aimé vivre à cette époque ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte ainsi que de vos expériences personnelles ou de vos repères culturels.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 86

86

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Jugement critique 6 À votre avis, ce texte est-il un bon extrait de roman ? Comment jugez-vous le cadre spatiotemporel de l’histoire (lieu, époque) ? Contribue-t-il à la qualité du roman ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 7 Lisez le passage suivant, puis répondez aux questions. Sous sa paume, il sentit le bébé remuer doucement la tête. L’avenir de mon lignage, pensa le roi. Lui seul compte à présent.

a) Indiquez ce que reprend chacun des pronoms en caractères gras. 1 il :

2 lui :

b) Précisez le mode et le temps de chacun des verbes soulignés, puis justifiez votre réponse. Au besoin, consultez la page 72. 1 sentit  

Mode et temps :

Justification :

2 compte

Mode et temps :

Justification :

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 87

87

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Grammaire en contexte Voir la notion 4, p. 226.

1 Justifiez l’accord du verbe souligné dans chacun des passages suivants. a) La petite troupe venait de quitter le Bois en Val.

b) Il lui sembla alors que son cœur, et sa poitrine, et sa tête tout entière, prenaient feu comme Trèbe.

Ressource de la langue L’insertion de séquences secondaires

u

h

z

n

laclasse.grandducenligne.com

Une séquence textuelle est une partie de texte qui répond à certaines caractéristiques. Un texte est composé d’une séquence dominante (qui donnera son nom au type de texte) et de séquences secondaires. Voici les caractéristiques de certaines séquences. Type de séquence

Description

Exemple

Séquence descriptive

Cette séquence révèle les traits caractéristiques d’une réalité. Elle peut présenter divers aspects du sujet traité, comme les caractéristiques d’un lieu, d’un personnage, d’un objet, d’une atmosphère.

« À l’autre bout du château, dans un bâtiment séparé, les Chevaliers d’Émeraude mangeaient. Leur hall se situait au centre de l’édifice et était entouré, au premier étage, de la cuisine, de leurs quartiers personnels et d’un accès direct aux écuries et, au deuxième étage, des chambres des jeunes élèves. Au fond du hall se dressait un énorme foyer de pierre où un feu brûlait pendant la saison froide. »

Séquence dialogale

Cette séquence rapporte un échange de paroles entre des personnages et se distingue par la présence de guillemets ou de tirets. Dans un texte narratif, la séquence dialogale peut dévoiler une discussion entre des personnages ou encore un monologue.

« — Dempsey a quand même raison, déclara Falcon avec inquiétude. Jamais Sa Majesté n’aurait fondé l’Ordre s’il ne planait aucune menace sur le continent. — Moi, je pense qu’il a seulement voulu redonner des valeurs solides à ses sujets en ressuscitant les Chevaliers d’Émeraude qui, jadis, assuraient la paix et la justice, intervint Santo, dont les grands yeux noirs brillaient de passion. — Au fait, pourquoi ont-ils disparu ? demanda Bergeau en croquant dans un fruit. »

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 88

88

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


2 Vous avez identifié une séquence descriptive à la page 82 de l’extrait du texte L’enlèvement. a) Indiquez ce qui est décrit dans cette séquence.

b) Qu’est-ce que cette séquence ajoute au texte ?

c) À votre avis, cet ajout est-il intéressant ?

3 Vous avez identifié une séquence dialogale à la page 84 du même extrait. a) Indiquez ce qui est présenté dans cette séquence.

b) À votre avis, cet ajout est-il intéressant ?

c) En vous basant sur la ponctuation et les phrases incises, indiquez le ton employé dans la conversation par les personnages suivants. 1 Hélène :

2 La jeune femme du lac :

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 89

89

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Stratégie de lecture Je regarde autour des mots.

Passionné d’histoire et de voyages, Camille Bouchard est un auteur québécois qui a écrit près de 70 romans tant pour les enfants et les adolescents que pour les adultes.

1 Surlignez les éléments qui indiquent précisément où et quand se déroule l’action. 2 Encadrez la partie du texte qui constitue un retour en arrière.

Définitions gaillard : construction surélevée à l’avant et à l’arrière d’un navire. truchement : interprète. en découdre : se battre. foi réformée : protestantisme.

Intention de lecture Prêter attention aux indices qui révèlent l’époque du récit.

À bord de l’ Ouragan, le trésor perdu Quelque part dans la mer des Antilles, Début septembre 1565

1

No-Nose ou Nez-en-Moins. Voilà de quel nom son équipage avait affublé Berthier de Valdoie, corsaire malgré lui de la reine Élisabeth d’Angleterre. Au début, on murmurait le sobriquet sous les gaillards et dans les entreponts, mais maintenant, on le citait à haute voix. Berthier lui-même s’en prévalait. Autant utiliser un nom de guerre, se disait-il, quand on se bat au bénéfice d’une couronne autre que celle devant laquelle se sont inclinés ses ancêtres.

5

10

Nez-en-Moins, donc. […] Les ordres se transmettaient en français et malheur à celui qui n’y comprenait miette. Voilà qui avait été la principale revendication de Nez-en-Moins. — Si sa Majesté insiste afin que je prenne le commandement de sa mission de reconnaissance dans le Nouveau Monde, j’exige un équipage en mesure de comprendre mes directives à la seconde même où je les donne, sans avoir à passer par la bouche d’un truchement. Le succès d’un abordage ou la maîtrise d’un bâtiment en pleine tempête dépendent de la rapidité avec laquelle les marins exécutent les consignes de leurs supérieurs.

15

20

— Vous parlez l’anglais avec difficulté, capitaine de Valdoie ! s’était étonné le fonctionnaire d’Élisabeth aux formalités d’embauche. — Donc, trouvez-moi des matelots français ! Il avait fallu plusieurs jours supplémentaires pour recruter une cinquantaine de bons mariniers répondant à la fois aux exigences de Berthier de Valdoie et à celles de la reine : francophones, prêts à en découdre même contre un navire de France et, par-dessus tout, de la foi réformée. Aucun catholique, au grand jamais, n’aurait été admis à bord… sauf comme prisonnier.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 90

90

25

30

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« D’ instinct, il scrutait l’ horizon en direction de l’ île, mais n’y discernait rien. »

— Terre ! Droit devant ! Nez-en-Moins grimpa les trois marches du gaillard de proue d’une seule enjambée. Il rejoignit Berthon, son second, qui embraquait lui-même une écoute de la trinquette. 35

— Eh bien ? demanda-t-il simplement. — Terre en vue, reçut-il aussi simplement en guise de réponse.

40

45

50

55

3 Dans le premier paragraphe, surlignez les marques qui révèlent le type de narrateur. 4 Encadrez une séquence descriptive, puis indiquez au bas de la page ce qu’elle décrit.

Berthon arborait une figure grasse à plusieurs mentons qu’il allongeait avec une barbiche pointue. Ses yeux, fort petits, retroussaient leurs commissures vers les tempes, à la manière chinoise. Définitions Un foulard d’un vert de vomi couvrait son crâne chauve. proue : avant — C’est l’île que nous cherchions pour faire de l’eau ? s’informa du bateau. Berthon en terminant de nouer l’écoute à un râtelier. embraquer : tendre — À quinze lieues près, répliqua Nez-en-Moins en inspirant pro- un cordage. fondément. Au diable les portulans anglais ! Les copistes de la écoute : cordage. reine ne valent pas un pet de chèvre. Vivement qu’on aborde une trinquette : voile triangulaire. nef portugaise et qu’on se procure des cartes fiables. râtelier : système de — Navire en vue ! lança un matelot du haut de la hune de misaine rangement vertical. comme s’il avait entendu son commandant et cherchait à lui offrir portulans : ancienne ladite nef. carte marine. — Mordieu ! Où ça ? fit Nez-en-Moins en plaçant une paume à la copiste : personne qui copie les manuscrits. hauteur des sourcils pour se garantir du soleil. nef : navire à voiles. D’instinct, il scrutait l’horizon en direction de l’île, mais n’y dishune de misaine : cernait rien. plate-forme à l’avant — Il est échoué, capitaine, répliqua la vigie qui profitait d’un du navire. meilleur poste d’observation… ou plutôt, m’est avis qu’on le vigie : sentinelle, observateur. répare… Je distingue du monde aux entours. Me semble bien… radouber : réparer on est encore loin. ou nettoyer une partie — Drôle d’endroit pour radouber, grogna Berthon à mi-voix.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 91

91

du navire.

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Du même auteur Camille Bouchard, Trente-neuf, Boréal, 2008.

Définitions avarie : problème, dommage. bosco : maître de manœuvre. lisse de pavois : partie du navire. galion : grand bateau qui transporte des marchandises. tin : pièce de bois qui soutient la coque d’un navire.

— Ou il a subi une avarie à corriger sur l’heure… — On n’a point essuyé de tempête depuis des jours.

60

— … ou il se cache des Espagnols, paracheva Nez-en-Moins. — Des pirates ? fit le bosco en plaçant ses deux larges mains contre la lisse de pavois, peinant à masquer sur ses traits l’excitation que lui procurait la perspective d’en découdre. — Si ça se trouve, alors, ce sont des compatriotes… enfin, je veux dire, des Français, se reprit de Valdoie.

65

— Le navire, capitaine, c’est un quatre-mâts, confirma le matelot sur la hune. Un galion, je dirais. Et il n’est point échoué ; je distingue les tins qui le supportent. — Un galion ? s’étonna Berthon. Donc, c’est un Espagnol. Que fait-il là, à radouber ? Pourquoi n’est-il pas dans un port ?

70

— Et tu peux voir du monde ? lança Nez-en-Moins au-dessus de lui. — Au certain, capitaine. De Valdoie se tourna en direction du pont pour crier :

75

— Canonniers à vos postes ! Les autres, aux manœuvres ! Puis, en revenant à Berthon, il dit : Espagnols ou pirates, les voilà à notre merci et ce serait bien le diable s’ils n’avaient quelque butin pour nous satisfaire. Camille Bouchard, À bord de l’Ouragan, le trésor perdu, Hurtubise, 2011, p. 73 à 77.

Né en 1955, Camille Bouchard est un auteur très prolifique. Il a été lauréat du Prix littéraire jeunesse du Gouverneur général du Canada en 2005 pour Le ricanement des hyènes. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 92

92

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Où et quand se déroule l’action ?

2 Complétez le tableau suivant qui présente le personnage de Berthier de Valdoie. Origine Métier Personne pour qui il travaille Langue Religion

3 Il y a un retour en arrière à la page 90. a) Quelle phrase introduit ce retour en arrière ?

b) Que raconte ce passage ?

c) Quelle est l’utilité de ce passage ? Cochez la case appropriée.

  Décrire un personnage.

  Mettre les événements en contexte.

  Présenter l’époque à laquelle se déroule l’action.

 Montrer les caractéristiques du lieu où se déroulent les événements.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 93

93

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


4 Selon vous, quelle serait une valeur importante pour la reine ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte.

5 Que vous apprend le titre du roman sur la suite des événements ? Justifiez votre réponse à l’aide d’un élément du texte.

Réaction 6 Quel effet la lecture de cet extrait de roman a-t-elle eu sur vous ? Expliquez votre réponse en vous basant sur le texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 94

94

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Jugement critique 7 À votre avis, est-ce un bon extrait de roman ? Qu’avez-vous pensé du style d’écriture de l’auteur (variété de langue, structures de phrases, figures de style, humour, etc.) ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 8 a) Le narrateur de ce récit est-il omniscient ou participant ? Cochez la case appropriée.

  Omniscient  

  Participant

b) Justifiez votre réponse à l’aide d’un extrait du texte.

9 a) De quel type de roman s’agit-il : un roman historique ou un roman de chevalerie ? b) Relevez le nom du personnage qui appuie votre réponse.

c) Donnez deux indices qui révèlent l’époque à laquelle se déroule l’action.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 95

95

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Stratégie de lecture Je prédis la suite du texte.

Léa Delmas et les frères Raoul et Jean Lefèvre discutent ensemble de la fête qui sera célébrée pour les vingt-quatre ans de Laurent d’Argilat. Les garçons semblent toutefois cacher quelque chose à leur amie concernant cet événement.

1 Surlignez le passage qui constitue un monologue intérieur, puis résumez-en l’idée principale dans la marge.

Intention de lecture Prêter attention au cadre spatiotemporel du récit.

La bicyclette bleue Elle s’écarta en riant.

1

« Arrête, tu me chatouilles. Ce sera une fête magnifique. Pour ses vingt-quatre ans, Laurent va être le héros du jour. Après le piquenique, il y aura un bal, puis un souper, puis un feu d’artifice. Rien que ça ! »

5

— Laurent d’Argilat sera doublement le héros de la fête, dit Jean. — Pourquoi ? fit Léa en levant vers Jean son joli visage piqueté de quelques taches de rousseur. […] « Voilà. Demain, M. d’Argilat annoncera le mariage de son fils…

10

— Le mariage de son fils ? » l’interrompit Léa. Elle cessa aussitôt de jouer et dit d’un ton d’une grande violence : — Tu es complètement fou, Laurent n’a nullement l’intention de se marier, il m’en aurait parlé.

15

— Il n’en a sans doute pas eu l’occasion, mais tu sais très bien qu’il est fiancé, depuis son enfance, avec sa cousine Camille d’Argilat, continua Raoul. — Avec Camille d’Argilat ? Mais il ne l’aime même pas ! C’étaient des histoires de gosses pour amuser les parents.

20

— Tu te trompes. Demain seront annoncées les fiançailles officielles de Laurent et de Camille, et ils se marieront très vite à cause de la guerre… » Léa n’écoutait plus. Elle, si gaie tout à l’heure, sentait une formidable panique l’envahir. Elle avait chaud et froid, mal au cœur et à la tête. Laurent ? se marier ? ce n’était pas possible… cette Camille dont tout le monde disait tant de bien n’était pas une femme pour lui, c’était une intellectuelle toujours plongée dans ses livres, une citadine. Il ne peut pas épouser cette fille puisque c’est moi qu’il aime… Je l’ai bien vu l’autre jour à la manière dont il a pris ma main et m’a regardée… Je le sais, je le sens…

25

30

« Hitler s’en fiche pas mal… — Mais la Pologne, tout de même… »

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 96

96

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« C’est par jalousie que les frères Lefèvre lui avaient dit ça. »

35

Tout à leur conversation, les deux frères ne remarquèrent pas le changement intervenu dans l’attitude de Léa. « Il faut que je le voie, dit-elle tout haut. — Que dis-tu ? demanda Jean.

2 Surligner des passages qui présentent la réaction de Léa à l’annonce du mariage de Laurent.

— Rien, je disais qu’il était temps que je rentre. — Déjà ? On vient à peine d’arriver. 40

— Je suis fatiguée, j’ai mal à la tête. […] « Quels gamins », pensa Léa qui, tournant le dos résolument à la maison, se dirigea vers le calvaire, lieu de refuge de tous ses chagrins d’enfant.

45

50

Définitions bile : liquide visqueux produit par le foie. mélancolique : qui éprouve une tristesse, un état de dépression.

Petite fille, quand elle s’était disputée avec ses sœurs, fait punir par Ruth pour avoir négligé ses devoirs, quand sa mère surtout la grondait, elle s’abritait dans une des chapelles du calvaire pour y calmer sa peine ou sa colère. […] Essoufflée, elle s’arrêta au pied du calvaire et se laissa tomber sur la première marche, la tête entre ses mains glacées. Une horrible douleur la transperça, ses tempes battaient, ses oreilles bourdonnaient, un goût de bile envahissait sa bouche, elle releva la tête et cracha : « Non, ce n’est pas possible ! Ce n’est pas vrai ! »

55

60

65

C’est par jalousie que les frères Lefèvre lui avaient dit ça. Est-ce qu’on se mariait sous prétexte, qu’enfant, on était fiancé ? D’ailleurs, Camille était bien trop moche pour Laurent, avec son air sage et mélancolique, sa santé qu’on disait délicate, ses manières trop douces. Quel ennui ça devait être que de vivre avec une femme comme elle ! Non, Laurent ne pouvait pas l’aimer, c’est elle, Léa, qu’il aimait et non cette maigrichonne pas même capable de se tenir correctement à cheval ou de danser une nuit durant… Il l’aimait, elle en était sûre. Elle l’avait bien vu à la manière de retenir sa main, à son regard qui cherchait le sien… Hier encore, sur la plage… elle avait rejeté la tête en arrière… Elle avait bien senti qu’il mourait d’envie de l’embrasser. Il n’avait rien fait, bien entendu… Qu’ils étaient agaçants, les jeunes gens de la bonne société, tellement coincés par leur éducation ! Non, Laurent ne pouvait pas aimer Camille. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 97

97

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


« La guerre !… la guerre !… l’ interrompit-elle avec violence, j’en ai assez d’entendre parler de la guerre… »

3 Surlignez les indices qui permettent d’identifier l’époque dans laquelle se déroulent les événements.

Définition dindon de la farce : victime, personne tenue responsable d’un échec. Staline était le dirigeant de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques, dont faisait partie la Russie) de 1929 à 1953. Chamberlain était un homme politique britannique. Il a été premier ministre de 1937 à 1940. Hitler était le dirigeant de l’Allemagne de 1933 à 1945. Il a été une figure marquante de la politique nazie dans ce pays.

Cette certitude lui redonna courage, elle se redressa, bien décidée à savoir ce qu’il en était vraiment de cette fable, et à faire payer cher aux Lefèvre leur mauvaise plaisanterie. Elle leva la tête vers les trois croix et murmura :

70

« Aidez-moi. » Son père avait passé la journée aux Roches-Blanches, il n’allait pas tarder à rentrer. Elle décida d’aller à sa rencontre. Par lui, elle saurait à quoi s’en tenir.

75

En chemin, elle fut surprise de le trouver venant vers elle. […] « Quelle joie de te voir, mon petit papa, je voulais justement aller au-devant de toi. Quelle belle journée, n’est-ce pas ? »

80

[…] « Oui, une belle journée, une journée de paix ; la dernière peut-être ? » Étourdiment, Léa répliqua :

85

« La dernière ? Pourquoi, l’été n’est pas fini, et à Montillac, l’automne est toujours la plus belle saison. » Pierre Delmas relâcha son étreinte et dit d’un ton songeur : « Oui, c’est la plus belle saison, mais ton insouciance me surprend ; autour de toi, tout annonce la guerre et tu…

90

— La guerre !… la guerre !… l’interrompit-elle avec violence, j’en ai assez d’entendre parler de la guerre… Hitler n’est pas assez fou pour déclarer la guerre à la Pologne… et puis, même s’il fait la guerre là-bas, en quoi est-ce que ça nous regarde ? qu’ils se débrouillent ces Polonais !…

95

— Tais-toi, tu ne sais pas ce que tu dis, s’écria-t-il en lui saisissant le bras. Ne dis plus jamais de choses semblables : il y a une alliance entre nos deux pays. Ni l’Angleterre ni la France ne peuvent s’y dérober. — Les Russes se sont bien alliés avec l’Allemagne.

100

— Pour leur plus grande honte, et Staline se rendra compte un jour qu’il n’a été que le dindon de la farce. — Mais Chamberlain ?… — Chamberlain fera ce que l’honneur commande, il confirmera à Hitler sa volonté de respecter le traité anglo-polonais. © Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 98

98

105

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


De la même auteure Régine Deforges, 101, avenue Henri-Martin, Le Livre de Poche, 2008.

— Et alors ? — Alors ? Ce sera la guerre. » Un silence peuplé d’images guerrières s’installa entre le père et la fille. Léa le rompit : 110

[…] — Laurent dit que les Français n’ont pas envie de se battre… — Il le faudra bien pourtant… — … et ils se feront tous tuer, pour rien, pour une guerre qui n’est pas la leur…

115

— Ils mourront pour la liberté… — … la liberté… Où est la liberté quand on est mort ? Je ne veux pas mourir, moi, je ne veux pas que Laurent meure. » Sa voix se brisa, et elle détourna la tête pour cacher ses larmes à son père.

120

Bouleversé par les paroles de sa fille, ce dernier ne remarqua rien. « Si tu étais un homme, Léa, je dirais que tu es un lâche. — Je ne sais pas, papa, pardonne-moi, je te fais de la peine, mais j’ai si peur. — Nous avons tous peur…

125

— Pas Laurent, il dit qu’il fera son devoir, bien qu’il soit sûr que nous serons battus. — Les mêmes propos défaitistes que son père me tenait cet après-midi. — Ah !… tu étais aux Roches-Blanches ?

130

— Oui. » Léa mit la main dans celle de son père et l’entraîna en lui souriant de son air le plus tendre. « Viens, rentrons, sinon nous serons en retard et maman s’inquiétera.

135

— Tu as raison », fit-il, en lui rendant son sourire. Régine Deforges, La bicyclette bleue, © Librairie Arthème Fayard, 1994, p. 16 à 21.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 99

99

Écrivaine et éditrice française, Régine Deforges (1935-2014) a publié une multitude d’ouvrages : romans, nouvelles, essais, chroniques, etc. Elle a reçu le prix de la Maison de la Presse pour son roman La bicyclette bleue.

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Cernez le cadre spatiotemporel de ce récit en répondant aux questions suivantes. a) Durant quelle saison se déroulent les événements présentés ?

Relevez un extrait du texte qui le démontre.

b) Dans quel pays se passe l’action ?

Relevez un extrait du texte qui le démontre.

2 Dressez un court portrait de Léa Delmas en remplissant le tableau suivant.

Caractéristiques physiques

Caractéristiques psychologiques

Sa famille Caractéristiques Ses amis sociales Une autre relation

3 a) Pour quelle raison Laurent et Camille risquent-ils de se marier rapidement ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 100

100

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


b) Que pense Léa de ce mariage ?

4 Selon vous, Laurent d’Argilat partage-t-il les sentiments de Léa ? Justifiez votre réponse à l’aide d’un élément du texte.

5 a) Quelle est la position de Léa quant à la guerre qui s’annonce ? Expliquez votre réponse.

b) De quoi a-t-elle peur ?

6 Lors de sa conversation avec sa fille, Pierre Delmas affirme : « Si tu étais un homme, Léa, je dirais que tu es un lâche. » Quel lien pouvez-vous établir entre cette affirmation et l’époque à laquelle se déroule l’action ? Expliquez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 101

101

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Réaction 7 Comment réagiriez-vous si votre pays se retrouvait en guerre ? Expliquez votre réponse à l’aide d’éléments du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 8 À votre avis, ce texte est-il un bon extrait de roman ? L’intrigue vous a-t-elle paru captivante ou ennuyante, originale ou banale, bien construite ou décousue ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 102

102

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Grammaire du texte 9 Le narrateur de ce récit est-il omniscient ou participant ? Justifiez votre réponse à partir d’un extrait du texte et surlignez-y l’élément qui le démontre.

Divers indices permettent d’identifier l’époque dans laquelle se déroulent les événements. Relevez des éléments qui sont issus des catégories suivantes et qui représentent bien l’année 1939. a) Les personnages historiques : b) Les événements historiques :

c) Une tradition :

À quelle partie de la séquence narrative cet extrait de roman correspond-il ? Justifiez votre réponse.

Selon ce que vous avez lu dans cet extrait, quelle pourrait être l’intrigue de ce roman ?

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 103

103

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Jugement critique comparatif a) Lequel de ces extraits de roman avez-vous préféré ? Le journal d’Anne Frank Marie LaFlamme L’enlèvement À bord de l’Ouragan, le trésor perdu La bicyclette bleue b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants : l’intrigue ;

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : – donner votre opinion ; – exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; – donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

les caractéristiques des personnages ; le cadre de l’histoire (lieux, époque) ; le thème ou les valeurs abordées ; le style d’écriture de l’auteur (choix du vocabulaire, construction des phrases, figures de style, etc.).

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 104

104

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Grammaire en contexte 1 Dans ce passage tiré du roman La bicyclette bleue, indiquez le mode et le temps de chacun des verbes du tableau. Voir la notion 48, p. 250.

Tout en reniflant, elle surveillait du coin de l’œil les deux frères […]. Sentant leur indécision, Léa leur porta le coup de grâce […] : « Allez-vous-en, vous me faites trop de peine, je ne veux plus vous voir. »

a) reniflant :

d) allez :

b) surveillait :

e) faites :

c) porta :

f) veux :

Ressource de la langue

Les mots et les groupes de mots qui situent dans le temps

w

e

m

2

laclasse.grandducenligne.com

Plusieurs indices permettent de situer les événements d’un récit dans le temps. Cependant, il ne suffit pas d’indiquer seulement le jour de la semaine où se déroule l’action. Les indices de temps sont variés : noms, verbes, adverbes ou même groupes de mots. Ces mots peuvent nous en apprendre sur le moment d’un événement et l’époque à laquelle il se déroule ou encore si cet événement se situe dans le passé ou dans le futur de la narration.

Pour situer les événements par rapport au temps d’énonciation Le temps d’énonciation est le moment où le narrateur raconte les événements. C’est le ici et maintenant du narrateur, peu importe l’époque. Les événements relatés se situent autour du temps d’énonciation. Temps d’énonciation

Hier samedi dernier

Aujourd’hui maintenant

Demain l’an prochain

Pour situer les événements les uns par rapport aux autres Antériorité (avant) la veille, auparavant…

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 105

Simultanéité (pendant) le jour même, à ce moment…

105

Postériorité (après) le lendemain, plus tard…

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


2 Dans l’extrait de roman des pages 96 à 99, le temps d’énonciation débute avec la discussion entre Léa Delmas et les frères Lefèvre. Situez chacun des événements suivants par rapport au temps d’énonciation. Pour chacun, précisez à quel moment il s’est déroulé. a) Fête de Laurent d’Argilat. b) Léa se fait punir par Ruth pour avoir négligé ses devoirs. c) Rencontre entre Léa et Laurent sur la plage. d) Pierre Delmas et M. d’Argilat discutent de la guerre aux Roches-Blanches.

Avant

Temps de l’énonciation

Discussion entre Léa Delmas et les frères Lefèvre

Après

3 a) Soulignez les deux verbes dans cette phrase tirée du texte La bicyclette bleue.

Tout en reniflant, elle surveillait du coin de l’œil les deux frères […].

b) Indiquez de quelle façon ces deux actions se situent l’une par rapport à l’autre. Antériorité  

  Simultanéité  

  Postériorité

c) Surlignez dans la phrase l’indice de temps qui justifie votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 106

106

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Situation d’écriture

Rédaction d’une page de journal intime Afin de souligner la Journée internationale de la Francophonie, les enseignants de français ont élaboré un projet intéressant. Ils vous proposent de créer une capsule temporelle qui sera enterrée dans la cour de l’école pour les générations futures. La dalle sous laquelle elle sera placée pourra être ouverte dans 50 ans. Vous devez donc écrire une page de journal intime à la manière d’Anne Frank dans laquelle vous vous présenterez et vous raconterez votre histoire afin que les jeunes qui liront vos textes puissent connaître vos préoccupations, vos réflexions, vos craintes et vos espoirs.

Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez-vous aux pages 252 et 253.

Écrivez un texte de 300 à 350 mots en respectant les critères suivants. Rédigez un bref paragraphe dans lequel vous vous présentez. Assurez-vous d’avoir au moins deux paragraphes de récit. Insérez des mots ou des groupes de mots qui situent dans le temps afin de bien établir la chronologie des événements (p. 105). Présentez au moins une séquence descriptive à propos de vous, de vos sentiments, de vos réflexions ou de vos préoccupations (p. 88). Rédigez votre page de journal au passé ou au présent en respectant l’harmonisation des temps verbaux (p. 72). Prenez aussi le temps de vérifier : la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes à l’aide d’un ouvrage de référence.

JE RETIENS DONC... Le roman historique et le roman de chevalerie sont de longs récits fictifs dans lesquels on présente l’évolution d’un personnage principal en respectant ou non l’ordre

des événements. Le narrateur peut être ou participant. Des indices sur l’époque sont donnés : historiques,

moyens de

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 107

historiques,

, etc.

107

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


Suggestions de lecture Contes et légendes Le Québec en contes et légendes

L’arracheuse de temps

Michel Savage et Germaine Adolphe, Modus Vivendi, 2007, 228 p.

Fred Pellerin, Guy Saint-Jean Éditeur, 2015, 272 p.

365 contes en ville

La chasse-galerie Fides, 2016, 96 p.

Muriel Bloch, Gallimard Jeunesse, 2006, 406 p.

Romans historiques et romans de chevalerie Les flèches de silence

Nuits rouges

Alain Surget, Oskar, 2013, 148 p.

Daniel Mativat, Éditions Pierre Tisseyre, 2008, 297 p.

Misha, enfant du ghetto de Varsovie

Maïna. L’appel des loups

Jerry Spinelli, Hachette Jeunesse, 2009, 315 p.

Dominique Demers, Québec Amérique Jeunesse, 1997, tome 1, 212 p.

Les orangers de Versailles Annie Pietri, Bayard Jeunesse, 2008, 221 p.

La fille du bourreau Josée Ouimet, Hurtubise, 2008, 186 p.

Enfants de la Rébellion Susanne Julien, Éditions Pierre Tisseyre, 1991, 184 p.

© Éditions Grand Duc

4596_01-Narration-Partie2-F.indd 108

La guerre du feu J.-H. Rosny Aîné, Le Livre de Poche, 2015, 320 p.

Les géants de la rivière Fabienne Cortes, Éditions Pierre Tisseyre, 2016, 193 p.

Vercingétorix Claude Merle, Bayard Jeunesse, 2010, 208 p.

108

LA NARRATION

19-01-21 10:50 AM


L’explication Description

Ce pictogramme indique que la consigne ou la question touche également le genre descriptif du discours.

L’article de vulgarisation Pourquoi aime-t-on la musique ? Les dangers de porter des gougounes ! Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ? Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines L’expression du sacré L’effet de serre Les populations autochtones L’électricité statique et la charge électrique Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec

4596_02-Explication-F.indd 109

p. 114 p. 122 p. 130 p. 137

p. 148 p. 154 p. 164 p. 170 p. 177

19-01-21 11:13 AM


Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

L’explication La situation de communication Énonciateur

Texte

Destinataire

•• Lorsqu’il écrit un texte explicatif, l’énonciateur démontre sa connais­ sance du sujet et utilise son expertise pour fournir une explication exacte. •• Son intention est d’expliquer pour faire comprendre un fait, une situation, un phénomène en montrant ses causes et ses conséquences. •• Son point de vue est plutôt neutre.

•• L’énonciateur et le destinataire doivent tenir compte du contexte de production : la date à laquelle le texte a été écrit, le lieu où il a été écrit, le support utilisé (journal, site Internet…). •• Les sources doivent être crédibles.

•• Lorsqu’il lit un texte explicatif, le destinataire approfondit sa connais­ sance du sujet et développe son intérêt pour le sujet. •• Son intention peut être : – de comprendre un fait, une situation, un phénomène en s’informant sur ses causes et ses conséquences pour apprendre ; – de satisfaire sa curiosité.

La présence de l’énon­ciateur est indiquée par des marques énonciatives.

Le point de vue peut être déterminé par une variété de langue standard et certaines structures syntaxiques.

La cohérence et l’organisation du texte Moyens pour assurer la cohérence du texte

Moyens pour organiser le texte

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 110

•• Reprise de l’information  •• Harmonisation des temps verbaux  •• Non-contradiction entre les éléments de l’explication •• Titre et intertitres  •• Paragraphes  •• Organisateurs textuels appropriés : – introduction d’un ordre ou d’une hiérarchie – introduction d’exemples  – apport de nouveaux éléments d’information  •• Mise en page (alinéas, disposition, espaces, numérotation)  •• Indications typographiques (capitales, gras, italique) •• Supports visuels (tableaux, schémas, graphiques, photos)

110

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


L’organisation d’un texte explicatif Le titre est neutre et évocateur du sujet. Introduction (phase de questionnement) •• Sujet amené : On AMÈNE le sujet (questionnement, description, constatation ou justification). •• Sujet posé : On POSE le sujet tel quel. •• Sujet divisé : On DIVISE le texte en aspects. Développement (phase explicative) On présente les aspects et les sous-aspects qui seront traités selon : •• un plan par succession de causes et de conséquences ; •• un plan par addition de causes avec une conséquence.

Moyens linguistiques pour exprimer la cause et la conséquence

Procédés d’explication

Moyens pour assurer la précision et l’exactitude de l’information

•• Lexique qui indique la cause et la conséquence •• GVpart complément du nom •• Phrases coordonnées et coordonnants •• Phrases subordonnées : – compléments de P à valeur de cause, de conséquence, de but (forme complète ou réduite) – corrélatives à valeur de conséquence et de comparaison – relatives exprimant la cause •• Deux-points •• Définition •• Reformulation •• Exemple •• Analogie •• Illustration •• Comparaison •• Vocabulaire technique ou scientifique, néologismes, termes synthétiques •• Discours rapportés dont l’exactitude a été vérifiée •• Sources dont l’origine est mentionnée de façon précise

Conclusion (phase conclusive) •• On donne une réponse synthétique au sujet qui pose problème. •• On ouvre sur un nouveau questionnement, on offre une autre perspective ou on nuance les propos.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 111

111

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


L’article de vulgarisation Qu’est-ce que c’est ? Un article de vulgarisation présente un fait, un phénomène ou une situation complexe de façon brève, simple et claire. Il est destiné à un large public et fournit une explication du sujet souvent par des liens de cause -conséquence et par divers procédés explicatifs comme l’exemple, l’illustration, la comparaison, etc. Qui l’écrit et pourquoi ? Il est écrit par une personne désireuse de transmettre des connaissances et de les rendre accessibles à tous. Exemple d’article de vulgarisation

Titre évocateur du sujet Sujet amené : phrases qui suscitent l’attention du lecteur Introduction : phase de questionnement Sujet posé : questionnement explicite au sujet d’un phénomène qui pose problème (À noter : Le sujet divisé est facultatif.) Développement : phase explicative

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F2.indd 112

Qui le lit et pourquoi ? Le lecteur curieux qui cherche à s’informer sur des sujets divers et parfois complexes. Où le trouve-t-on ? On le trouve dans les revues de vulgarisation (Québec Science, L’actualité, etc.), les journaux et les manuels scolaires.

Le sommeil des ados Dans les écoles secondaires, les professeurs et les intervenants le constatent tous les jours. De trop nombreux adolescents sont épuisés, parce qu’ils ne dorment pas suffisamment ou dorment mal. Un constat qui a été confirmé par l’équipe de recherche du neuropsychologue Roger Godbout, professeur au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et chercheur au Laboratoire du sommeil de l’Hôpital Rivière-des-Prairies, lors d’une étude dans les écoles secondaires. Devant ce constat, certaines écoles ont commencé à retarder l’heure du début des cours, pour s’adapter à l’horloge physiologique des étudiants. Mais comment se fait-il que les adolescents dorment aussi mal ?

1

5

10

Les causes Ce débalancement du sommeil s’expliquerait par plusieurs facteurs, notamment biologiques. « Il semble y avoir des mécanismes physiologiques qui expliquent qu’à l’adolescence, il y a spécifiquement un décalage de l’horaire de sommeil qui s’effectue, explique Valérie Mongrain, professeure adjointe au Département de neurosciences de l’Université de Montréal. 112

15

L’EXPLICATION

19-01-24 11:21 AM


20

[…]

25

Au-delà de ces changements physiologiques, de nombreux adolescents dorment mal parce qu’ils se couchent trop tard, même des soirs de semaine, et parce que les appareils électroniques prennent une place démesurée dans leur quotidien. […] Un constat qui est confirmé par les travaux de recherche de Roger Godbout. « Souvent, les adolescents se retrouvent comme des médecins de garde, explique-t-il. [Leur téléphone est comme un téléavertisseur1], et dès que ça sonne la nuit, ils ont le besoin de se lever et de répondre à un texto qui entre à 3 heures du matin. »

30

[…] En plus de réveiller les jeunes à des heures indues, les appareils électroniques nuisent également à leur sommeil par leur luminosité qui inhibe la production de mélatonine, [une hormone naturelle qui favorise l’endormissement2].

35

Procédés explicatifs : 1 Comparaison 2 Définition Mots-liens de cause/conséquence

Intertitres évoquant les aspects traités

Développement : phase explicative (suite)

Des conséquences importantes […]

40

45

Il a d’ailleurs été documenté que le manque de sommeil a un impact sur la réussite scolaire. « Une grande enquête réalisée sur plusieurs milliers d’étudiants montre que ceux qui ont des C ou des D dorment 45 minutes de moins que ceux qui ont des A et des B, nous dit Roger Godbout. […] »

Organisateurs textuels Sous-aspect

En plus d’avoir des notes moins élevées, les adolescents qui ne dorment pas suffisamment sont aussi plus à risque de manifester une humeur dépressive, de l’irritabilité, de la somnolence, de l’impulsivité, poursuit le chercheur. « C’est donc très important, résume-t-il. Ce n’est pas une maladie terminale, mais ça a des conséquences très importantes. » […]

50

l’impulsivité, poursuit le chercheur. « C’est donc très important, résume-t-il. Ce n’est pas une maladie terminale, mais ça a des conséquences très importantes. » […]

55

Les jeunes sont-ils prêts à faire les changements nécessaires et à modifier leurs habitudes de sommeil pour se créer une routine de sommeil plus favorable à une bonne nuit de sommeil ? Rien n’est moins sûr…

Conclusion : phase conclusive

« Le sommeil des ados », Une pilule, une petite granule, Télé-Québec, 19 février 2015 [En ligne].

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F2.indd 113

113

L’EXPLICATION

19-01-24 11:21 AM


Stratégie de lecture Je fais des liens avec ce que je sais déjà sur le sujet.

Le neuroscientifique Daniel J. Levitin a d’abord été musicien et producteur de disques. C’est dire s’il connaît la chanson. Dans son livre De la note au cerveau, il s’est intéressé aux effets de la musique sur notre cerveau.

1 Encadrez le questionnement à la base du texte. 2 Sous chaque question des pages 114 et 115, surlignez le passage qui résume le mieux la réponse.

Définitions neuroscience : science qui étudie le système nerveux et l’apprentissage. connexion : lien.

Intention de lecture Identifier le sujet du texte et l’explication qui est proposée.

Pourquoi aime-t-on la musique ? Par le biais des neurosciences, Daniel J. Levitin s’intéresse aux effets de la musique sur notre cerveau. Nous lui avons posé toute une gamme de questions ! D’un point de vue neuropsychologique, pourquoi apprécie-t-on autant la musique ? Parce qu’elle stimule toutes les régions du cerveau, activant de ce fait une quantité impressionnante de circuits neuronaux. Bref, elle lui permet de faire de l’exercice ! La musique impose également au cerveau une sorte de casse-tête qu’il aime bien : essayer de deviner comment telle structure ou telle séquence de notes (autrement dit la mélodie) se terminera. C’est pour lui un jeu amusant et facile, car il sait généralement exactement ce qui s’en vient. Mais de temps en temps, on ne déteste pas entendre quelque chose de complètement nouveau… à condition que ce quelque chose ne déjoue pas trop nos attentes.

1

5

10

15

Nos goûts musicaux trahissent-ils certains traits de notre caractère ? On commence tout juste à comprendre que des connexions peuvent être établies entre les traits de personnalité et les goûts musicaux. Par exemple, les gens qui ont tendance à se montrer ouverts aux nouvelles expériences sont davantage portés à écouter du jazz, alors que les conservateurs risquent d’être plus attirés par le country. Pour l’instant, c’est à peu près tout ce qu’on sait sur le sujet. Mais consciemment ou non, on se servirait de la musique pour refléter ce que nous sommes ou ce que nous pensons être… quand ce n’est pas ce que nous souhaiterions être !

20

25

On reste très souvent accros à la musique qu’on écoutait pendant notre jeunesse. Savez-vous pourquoi ? Ludwig van Beethoven (1770-1827) est un compositeur allemand. Atteint de surdité à l’âge de 27 ans, il compose la plupart de ses grandes symphonies par la suite.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 114

On le doit en partie à nos hormones. Pendant la puberté, on sécrète en effet énormément d’hormones de croissance. Comme elles gambadent librement dans notre corps, elles ont le tour de mettre notre sensibilité à fleur de peau et de rendre tout très, très important, qu’on parle de musique, de style vestimentaire ou d’amour. Ces années d’adolescence riches en émotions nous ont

114

30

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


« Nos ancêtres, qui appréciaient aussi beaucoup la musique, nous auraient en effet légué cet amour. » 35

40

45

50

55

60

65

70

d’ailleurs à ce point marqués qu’on ne peut faire autrement que 3 Soulignez le pasde s’en souvenir, ce qui inclut la musique qu’on écoutait alors. À sage qui présente cela s’ajoute le fait que c’est durant cette période mouvementée un commentaire plus personnel. que nos goûts musicaux ont commencé à s’affirmer. Accompagnés par le plaisir de la découverte, ils sont donc assez difficiles à chasser par la suite. Définitions Qu’est-ce qui déclenche en nous des émotions ? Les accords ? Les euphorique : qui ressent un profond paroles ? Le rythme ? sentiment de bienÇa dépend vraiment de ce qu’on écoute. Avec la Septième Sym- être. phonie de Beethoven, ce sont essentiellement les accords. Avec nostalgique : qui est les chansons de Bob Dylan, ce sont plutôt les mots. Avec l’ouver- triste au souvenir ture de l’opéra Guillaume Tell de Rossini, c’est le rythme. Et du passé. en ce qui concerne Daniel Bélanger – l’un de mes auteurs- accablant : difficile, pénible. compositeurs préférés ! –, les trois éléments (accords, mots et rythme) agissent de concert pour nous émouvoir. Pourquoi la musique nous rend-elle parfois euphoriques ou encore nostalgiques ? Pour expliquer les sensations d’euphorie ou de pure joie qu’on peut ressentir à l’occasion en écoutant certains airs, il faut retourner loin en arrière, soit bien longtemps avant notre naissance. Nos ancêtres, qui appréciaient aussi beaucoup la musique, nous auraient en effet légué cet amour. Que ce soit pour transmettre des informations importantes – il est plus facile de retenir un message quand il est chanté –, établir des liens sociaux, effectuer des rituels ou y puiser un certain réconfort, la musique peut se révéler très utile. Et comme tout ce qui est utile à notre survie, elle a tendance à nous procurer du plaisir. Quant à la nostalgie, c’est différent. Puisqu’une chanson peut être associée à une période de notre vie, à un lieu ou à un événement, elle peut réveiller certains souvenirs avec la même efficacité qu’une odeur.

Bob Dylan (1941- ) : auteur-compositeurinterprète, musicien, peintre et poète américain. Il a marqué la musique populaire avec, entre autres, son succès Like a Rolling Stone. Rossini (17921868) : compositeur italien connu pour ses opéras. Daniel Bélanger (1961- ) : auteurcompositeur-interprète québécois, lauréat de plusieurs prix pour ses œuvres musicales.

La musique a-t-elle un effet sur notre mieux-être ? Aucun doute là-dessus. Par exemple, quand on est triste, le simple fait d’entendre une pièce qui s’accorde parfaitement bien à notre humeur peut nous aider à aller un peu mieux parce qu’on se sent alors moins seul. En l’écoutant, on réalise que quelqu’un d’autre a déjà traversé une situation accablante similaire à la nôtre et que cette personne a réussi à s’en sortir.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 115

115

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Pour en savoir plus Daniel J. Levitin, De la note au cerveau, Les Éditions de l’Homme, 2010.

4 Surlignez la provenance de ce texte.

Beach Boys : groupe américain formé en 1961, associé à la surf music (musique de plage). Neil Young (1945- ) : chanteur et guitariste canadien, intronisé au Temple de la renommée du rock and roll en 1995.

Comment peut-on se débarrasser des « vers d’oreille », ces mélodies qui restent coincées dans notre tête ? Ces airs, qu’on appelle ear worms en anglais (du mot allemand öhrwurm), sont la plupart du temps des mélodies toutes simples. Il y a donc beaucoup plus de chances que ça se produise avec les chansons des Beach Boys qu’avec les œuvres de Stravinski ! Mais si certains airs tournent ainsi en boucle dans notre tête, c’est encore une fois lié à la façon dont on a évolué : on est censé mémoriser facilement la musique, car nos ancêtres y avaient souvent recours pour encoder des informations importantes. Cela dit, si on n’en peut plus de fredonner sans cesse la même mélodie, voici trois façons de « changer de disque ».  n peut trouver une autre chanson pour la remplacer… mais 1. O cette dernière risque de rester à son tour bloquée dans notre tête !

75

80

85

2. I l a été démontré que les antidépresseurs et les anxiolytiques peuvent aider à chasser les airs qui s’incrustent un peu trop souvent et pendant de longues périodes.  n suit l’exemple de Neil Young, qui affirme être devenu musi3. O cien afin de se débarrasser une fois pour toutes de ses ear worms !

90

Karine Vilder, « Pourquoi aime-t-on la musique ? », Vita Magazine, ISSN 19182198, décembre 2010-janvier 2011. Cet article a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.

Igor Stravinski (1882-1971) est un compositeur et chef d’orchestre russe reconnu pour ses ballets, dont Le sacre du printemps. © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 116

116

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 À l’aide des passages que vous avez surlignés dans le texte, relevez trois causes de notre amour de la musique.

2 Lorsqu’il est question de musique, chacun a des connaissances et des goûts différents. Ainsi, dans ce texte, on cite les noms de certains musiciens. Complétez le tableau suivant pour expliquer ce qui caractérise leurs œuvres. Musiciens

Ce qui caractérise leur musique

Beethoven

Bob Dylan

Rossini

Daniel Bélanger

The Beach Boys

Stravinski

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 117

117

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


3 M. Levitin affirme que « les gens qui ont tendance à se montrer ouverts aux nouvelles expériences sont davantage portés à écouter du jazz, alors que les conservateurs risquent d’être plus attirés par le country ». Selon vous, qu’est-ce que cela signifie ? Expliquez votre réponse en vous basant sur le texte et sur vos connaissances personnelles.

Réaction 4 Quel passage vous a le plus surpris ? Pourquoi ?

Jugement critique 5 Selon vous, qu’est-ce qui peut rendre ce texte intéressant pour les lecteurs ? Justifiez votre réponse en donnant une raison et un exemple du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 118

118

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire du texte 6 Identifiez le contexte de production de cet article. a) Quelle est la source de cet article, c’est-à-dire d’où est-il tiré ?

b) Quel est le support (Internet, journal, livre, revue, télévision) sur lequel se trouve cet article ?

c) La crédibilité de ce texte repose sur la compétence du spécialiste. Dans la première page du texte, qu’est-ce qui nous assure de cette compétence ?

7 Quel était le but de l’auteure en écrivant cet article ? Cochez votre réponse.   Convaincre que la musique intéresse les gens.   Décrire les effets de la musique sur les gens.   Expliquer les raisons pour lesquelles les gens aiment la musique.

8 Le sujet d’un article de vulgarisation peut être introduit grâce à différents moyens. Lequel a été utilisé dans cet article ? Cochez votre réponse.   Une phrase qui suscite l’attention   Un questionnement au sujet du fait expliqué   La description de la réalité qui pose problème

9 Après la question « D’un point de vue neuropsychologique, pourquoi apprécie-t-on autant la musique ? », quel organisateur textuel nous indique que la réponse présente un lien de cause-conséquence ?

Certaines phrases du texte sont en italique tandis que d’autres sont en caractères romains (caractères droits). Elles nous indiquent de qui proviennent les propos. Complétez les affirmations suivantes. a) Les propos en italique sont ceux de

.

b) Les propos en caractères romains sont ceux de

.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 119

119

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire en contexte Voir les notions 26 à 29,

Identifiez le type (déclaratif, interrogatif, exclamatif, impératif) de chacune de ces 1 phrases du texte.

p. 239 et 240.

a) Par le biais des neurosciences, Daniel J. Levitin s’intéresse aux effets de la musique sur notre cerveau. b) D’un point de vue neuropsychologique, pourquoi apprécie-t-on autant la musique ? c) Écoutez les chansons de Bob Dylan pour en apprécier les paroles.

Ressource de la langue

j

Le point de vue plutôt neutre

z

a

9

laclasse.grandducenligne.com

Le texte explicatif sert avant tout à donner de l’information de façon neutre. L’auteur tente donc le plus souvent de se distancier du sujet. On dit qu’il s’agit d’un texte objectif, présentant un point de vue neutre. Par exemple, dans un article, on utilise notamment la langue standard. Plutôt que de parler au « je », l’auteur utilise le on qui représente un collectif ; il s’adresse ainsi à tous. De plus, il formule des phrases de forme impersonnelle, des tournures impersonnelles ou des phrases de forme passive de manière à présenter des faits de façon générale. Langue standard Vocabulaire neutre, sans connotation. Exemple : Les effets de ce médicament sont immédiats. Pronom on Exemple : On voit les effets du phénomène devenir plus importants avec le temps.

Point de vue plutôt neutre

Phrases de forme impersonnelles ou tournures impersonnelles Exemple : Il arrive souvent ce genre de problème dans le domaine scientifique.

Phrases de forme passive Exemple : L’étude sur les maladies cardiaques a été menée sur plusieurs années.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 120

120

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


2 Le texte Pourquoi aime-t-on la musique ? est plutôt objectif, c’est-à-dire qu’il présente le sujet de façon neutre. Toutefois, dans la deuxième page de l’article, on trouve un commentaire plus personnel. Relevez-le.

3 Le point de vue neutre dans ce texte se reconnaît, entre autres, à la présence de phrases de formes impersonnelles ou de tournures impersonnelles. Relevez-en deux dans le texte.

4 Une autre caractéristique du point de vue neutre est l’utilisation du pronom on. Relevez un emploi de ce pronom dans le texte.

5 La présence de phrases de forme passive est aussi un indice que ce texte a un point de vue neutre. Indiquez si chacune des phrases suivantes du texte est active ou passive. Si elle est active, transformez-la en phrase de forme passive. a) Des connexions peuvent être établies entre les traits de personnalité et les goûts musicaux.  Active  

 Passive

b) D’un point de vue neuropsychologique, pourquoi apprécie-t-on autant la musique ?  Active  

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 121

 Passive

121

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Stratégie de lecture Je cherche des indices dans les mots plus difficiles.

Canal Vie est une chaîne de télévision qui présente des contenus variés et qui s’intéresse à l’alimentation, à la santé, aux rénovations et à bien d’autres sujets qui préoccupent les familles québécoises.

1 Mettez entre crochets la ou les phrases qui constituent le sujet amené. 2 Soulignez le sujet posé. 3 Dans tout le texte, surlignez les problèmes que peuvent causer les tongs. 4 Dans tout le texte, encadrez les mots ou les marqueurs de relation qui expriment la conséquence.

Définitions déficient : insuffisant. chronique : qui persiste.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 122

Intention de lecture Prêter attention aux conséquences du phénomène présenté.

Les dangers de porter des gougounes ! Quand on se demande quels types de souliers sont les plus nocifs pour le dos et pour les pieds, on pense tout de suite aux talons hauts. Mais on s’étonnera peut-être d’apprendre qu’un autre genre de chaussures pourrait bien venir les rejoindre sur la liste noire. Il s’agit des fameuses gougounes, ou tongs, à l’apparence si inoffensive. L’été, ces sandales minimalistes sont à tous les pieds, en ville comme à la plage. Attention, mesdames (et messieurs) ! Porter des tongs trop souvent pourrait bien finir par vous causer des désagréments de divers ordres, par exemple des maux de dos ou des maux de pieds.

1

5

10

Problèmes de pieds causés par les gougounes Si les gougounes occasionnent souvent des maux de pieds, c’est principalement parce que leur semelle n’est pas conçue pour absorber les chocs et qu’elles n’offrent au pied et à la cheville qu’un support très déficient. C’est le talon qui encaisse ! Alors que les talons hauts, vu leur hauteur justement, sont dangereux pour les orteils puisque ceux-ci doivent supporter un trop grand poids, les gougounes, elles, sont trop plates et trop basses. C’est donc le talon qui en souffre le plus. Celui-ci étant la partie de notre pied qui absorbe le plus de chocs lorsque nous marchons, il est important de le protéger avec une bonne semelle, certes assez plate, mais aussi suffisamment coussinée. Or, les gougounes ont des semelles très inadéquates pour la marche. Celles [les femmes] qui en portent trop souvent peuvent éventuellement finir par développer des douleurs chroniques au talon, et même une condition plus grave comme la fasciite plantaire ou l’épine de Lenoir.

122

15

20

25

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


« […] il n’est pas recommandé de pratiquer une activité sportive avec des tongs aux pieds. » 30

35

40

45

Fasciite plantaire et épine de Lenoir La fasciite plantaire est une inflammation de la fascia plantaire, qui peut entraîner de fortes douleurs à la cambrure du pied ou au talon. Quant à l’épine de Lenoir, elle survient souvent dans les cas de fasciite plantaire chronique. Il s’agit d’une excroissance osseuse qui se développe à l’intérieur du pied et qui demeure en place même lorsque la fasciite est traitée. L’épine de Lenoir n’est pas douloureuse en soi. Quant à la fasciite, même s’il existe de nombreux moyens très efficaces pour la traiter, les personnes qui en ont souffert ont plus de risque que la moyenne d’en souffrir encore, plus tard dans leur vie. C’est d’autant plus vrai si elles ne modifient pas leurs habitudes nuisibles, notamment le port de chaussures inadaptées. Risque de blessures en tout genre En plus de ces douleurs et de ces blessures, le port des gougounes amène un plus grand risque de blessures que les chaussures, qui offrent un bon soutien au pied et à la cheville. Les entorses, les foulures et les fractures à la cheville peuvent survenir très rapidement, c’est pourquoi il n’est pas recommandé de pratiquer une activité sportive avec des tongs aux pieds.

50

Finalement, puisque les gougounes ne recouvrent pas le pied, elles rendent celui-ci plus vulnérable aux différents dangers environnants, par exemple les blessures causées par des objets coupants qui pourraient avoir été oubliés sur le sol par inadvertance (clous, vitre cassée, etc.).

55

Problèmes de dos

60

Description

5 Encadrez un passage du texte qui correspond à une séquence descriptive.

Définitions fascia plantaire : membrane fibreuse recouvrant la plante du pied. cambrure : courbure. excroissance osseuse : développement superflu des os.

Les tongs sont également très mauvaises pour la posture, ce qui peut être à l’origine de divers problèmes de dos. Puisque, pour empêcher les pieds de sortir de ces chaussures minimalistes, on tend à recroqueviller nos orteils, c’est toute notre façon de marcher qui est modifiée. On fait de plus petits pas et l’angle de la cheville est affecté par ce changement. Ainsi, les risques de développer des problèmes aux hanches ou au dos sont considérablement accrus.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 123

123

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Pour en savoir plus « Chaussures d’été : ce qu’il ne faut surtout pas porter sous peine de graves problèmes », Le Huffington Post, 7 juillet 2015 [En ligne].

6 Soulignez la phrase qui présente le comportement à adopter en fonction des conséquences présentées dans le texte. 7 Placez entre crochets l’ouverture que fait l’auteure pour conclure son texte.

Définitions ballerine : chaussure légère qui s’inspire des chaussons des ballerines. peton : terme familier pour désigner les pieds.

Que faire pour minimiser les risques ? Malgré toutes ces mises en garde, il demeure que les gougounes sont bien attirantes lorsqu’il fait 30 ˚C à l’ombre ! Rassurez-vous, vous n’êtes pas obligée de vous en passer complètement. Il est seulement important d’alterner le port de tongs avec le port d’autres chaussures, mieux adaptées à notre corps.

65

Attention ! Les ballerines, si populaires elles aussi, présentent souvent des lacunes très similaires à celles des gougounes, en raison de la faible épaisseur de leur semelle et du peu de soutien qu’elles fournissent au pied. Elles ne représentent donc pas une alternative [sic] idéale pour les jours où vous voudrez donner un peu de répit à vos pauvres petons endoloris.

70

Tournez-vous plutôt vers une chaussure de sport ou de marche, meilleure pour les pieds et le dos. Du côté des sandales, rappelezvous qu’il en existe qui, avec leur bonne semelle en caoutchouc et leurs courroies sécuritaires, offrent un soutien presque aussi adéquat que des souliers fermés. Certains fabricants commencent même à mettre sur le marché des gougounes mieux adaptées pour lutter contre les problèmes de dos et de pieds. Il est donc possible d’affronter les chaudes journées d’été les orteils à l’air libre, mais sans pour autant mettre en péril sa santé. Il suffit tout simplement de réussir à trouver chaussure à son pied !

75

80

85

Jeanne Dompierre, « Les dangers de porter des gougounes ! », Canal Vie [En ligne].

Les êtres humains ont voulu, au cours du temps, protéger leurs pieds. Cette illustration de 1911 présente diverses chaussures qui ont été portées à travers le temps… dont l’ancêtre, en quelque sorte, des fameuses gougounes ! © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 124

124

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 À quelle question l’auteure veut-elle répondre dans son article ?

2 Voici différents problèmes liés au port de tongs. Reliez par une flèche chaque cause dans la colonne de gauche à sa conséquence dans la colonne de droite. Causes

Conséquences

Les tongs sont trop plates et trop basses. La semelle n’absorbe pas assez les chocs.

Des entorses, des foulures ou des fractures à la cheville peuvent survenir.

Elles ne soutiennent pas aussi bien le pied et la cheville que les autres chaussures.

Des problèmes de dos et de hanches peuvent se développer.

Elles ne recouvrent pas le pied.

On peut développer des douleurs chroniques aux talons ou des problèmes plus graves comme la fasciite plantaire et l’épine de Lenoir.

Elles changent la posture et la démarche.

Il y a donc plus de risques de blessures par des objets coupants.

3 Bien qu’il s’agisse d’un texte explicatif, on a inséré dans cet article une séquence Description

descriptive. Qu’est-ce que l’auteure décrit dans cette séquence ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 125

125

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


4 Dans l’introduction, on peut lire : « Attention, mesdames (et messieurs) ! » Selon vous, pourquoi l’auteure a-t-elle choisi de faire cet ajout entre parenthèses ?

Réaction 5 Le sujet de cet article a-t-il capté votre intérêt ? Cela vous a-t-il fait réfléchir sur le sujet ? Expliquez votre réponse en vous appuyant sur le texte, vos expériences personnelles et vos repères culturels.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 126

126

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Jugement critique 6 Cet article est-il crédible, selon vous ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 7 Dans son introduction, de quelle manière l’auteure présente-t-elle son sujet ? Cochez votre réponse.   Par le questionnement d’un phénomène   Par la description de la réalité qui pose problème

8 À quel type de plan explicatif cet article correspond-il ? Cochez votre réponse.   Plan par addition de causes qui ont une seule conséquence   Plan par succession de causes et de conséquences

9 Cet article présente un point de vue plutôt neutre. Quels indices vous permettent de l’affirmer ? (Au besoin, référez-vous aux explications de la page 120.)

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 127

127

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire en contexte Voir la notion 36,

1 Encadrez le coordonnant dans chacune des phrases suivantes.

p. 244.

a) « On fait de plus petits pas et l’angle de la cheville est affecté par ce changement. » b) « Il est possible d’affronter les chaudes journées d’été les orteils à l’air libre, mais il ne faut pas pour autant mettre en péril sa santé. » c) Il est important d’alterner le port de tongs avec le port d’autres chaussures, car ces dernières sont mieux adaptées à notre corps.

Ressource de la langue

Les moyens linguistiques pour exprimer la cause et la conséquence

w

h

6

5

laclasse.grandducenligne.com

Dans un article de vulgarisation scientifique, on explique un fait ou un phénomène en abordant entre autres ses causes et ses conséquences. Le lexique, le groupe verbal participe et les phrases coordonnées sont autant de façons d’établir ces liens entre les idées. Lexique

• Les mots exprimant la cause et la conséquence (champ lexical) Exemples : la source, l’origine, la base, le résultat, l’effet, le produit, causer, entraîner, résulter, conclure, etc. • Les marqueurs de relation

Groupe verbal participe (GVpart)

Le GVpart complément du nom Exemple : L’étude appuyant ces données sur le décrochage scolaire (cause) prouve que les garçons ont davantage de difficultés (conséquence).

4596_02-Explication-F.indd 128

Les phrases coordonnées ayant la même fonction nécessitent généralement une virgule devant le coordonnant employé. Exemples : car, alors, donc.

Exemples : • Le changement d’heure dérange (conséquence), car il dérègle l’horloge interne (cause).

Exemples : effectivement, grâce à, en effet, c’est pourquoi, étant donné que, ainsi, si bien que, etc.

© Éditions Grand Duc

Phrases coordonnées

• Le chien devient agressif (cause), alors il se met à grogner (conséquence).

128

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


La ponctuation

Le deux-points peut servir à relier des éléments présentant un lien de cause ou de conséquence.

Exemple : Liam est survolté : il vient d’apprendre qu’il part en voyage à Noël.

2 Dans chacune des phrases suivantes, surlignez l’élément qui exprime un lien de cause ou de conséquence. Puis, cochez le moyen linguistique employé pour l’exprimer. a) Les gougounes sont trop plates et trop basses, donc c’est le talon qui souffre le plus.  Lexique    GVpart     Phrases coordonnées    Ponctuation b) Étant la partie de notre pied qui absorbe le plus de chocs lorsque nous marchons, le talon doit être protégé avec une bonne semelle.  Lexique    GVpart     Phrases coordonnées    Ponctuation c) « Porter des tongs trop souvent pourrait bien finir par vous causer des désagréments de divers ordres, par exemple des maux de dos ou des maux de pieds. »  Lexique    GVpart     Phrases coordonnées    Ponctuation d) « La fasciite plantaire est une inflammation de la fascia plantaire, qui peut entraîner de fortes douleurs à la cambrure du pied ou au talon. »  Lexique    GVpart     Phrases coordonnées    Ponctuation e) « Les tongs sont également très mauvaises pour la posture, ce qui peut être à l’origine de divers problèmes de dos. »

 Lexique  

 GVpart  

  Phrases coordonnées  

 Ponctuation

3 Reformulez les phrases a) et b) du numéro 2 en utilisant le deux-points pour exprimer le lien de cause-conséquence. a)

b)

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 129

129

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Stratégie de lecture Je lis par groupes de mots.

275-Allô était une émission radiophonique diffusée sur les ondes de Radio-Canada pour les jeunes de 6 à 11 ans. Des questions d’ordre scientifique, personnel ou autre y étaient abordées et des personnali­ tés telle Julie Payette étaient invitées à y répondre.

1 Délimitez par une barre oblique les différentes parties du texte : phase de questionnement, phase explicative et phase conclusive. 2 Encadrez les mots-liens de type cause-conséquence.

Définition excédent : surplus.

Intention de lecture Prêter attention à la succession de causes et de conséquences dans le texte.

Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ? Le sel est essentiel à la vie, mais l’organisme n’en a besoin que d’une petite quantité. Quand le corps reçoit trop de sel, que la concentration de sel devient trop élevée dans son sang, il doit faire en sorte de s’en débarrasser.

1

Le corps élimine le surplus de sel dans l’urine. Le sel contenu dans la nourriture salée que l’on mange va d’abord dans l’estomac, puis dans l’intestin, passe ensuite dans le sang et le sang chargé de sel se rend dans les reins.

5

Les reins se trouvent dans le dos, de chaque côté de la colonne vertébrale, ils filtrent le sang, le débarrassent de ses impuretés. Les reins règlent la composition chimique du sang. Ils s’assurent qu’il y ait [sic] toujours un équilibre entre la quantité d’eau et les différents éléments du sang. Les reins éliminent l’excédent de sel dans l’urine. Mais en éliminant le sel, ils éliminent aussi de l’eau, parce que le sel entraîne naturellement l’eau avec lui. Il y a alors un déséquilibre dans le sang. Le sang manque d’eau. Quand la quantité d’eau diminue dans le sang, le sang en informe le cerveau au passage. Afin de rétablir l’équilibre en eau dans le sang, le cerveau nous donne la sensation de soif, en ordonnant entre autres aux glandes salivaires de réduire leurs sécrétions. Notre bouche et notre gorge sont sèches, on a soif, on boit un grand verre d’eau. Tout ce liquide fournit à l’organisme l’eau qui lui manque pour rétablir l’équilibre du sang en eau.

10

15

20

« Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ? », 275-Allô, Radio-Canada. L’émission 275-Allô n’existe plus.

Comment le sel se retrouve-t-il dans notre assiette ? Le sel de mer, cristallisé dans des étangs (ou marais salants), est ensuite recueilli, emballé et distribué. La couleur rose sur la photo s’explique par la présence de micro-organismes ressemblant à des crevettes. © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 130

130

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Complétez le schéma suivant. Quand le corps reçoit trop de sel, il doit faire en sorte de s’en débarrasser.

Le sel entraîne naturellement l’eau avec lui.

Quand la quantité d’eau diminue dans le sang, le sang en informe le cerveau au passage.

Notre bouche et notre gorge sont sèches et on a soif.

2 Quelles sont les trois principales parties du corps qui interviennent dans le processus de la soif ?

3 D’après vous, qu’arriverait-il si l’on n’écoutait pas ce signal de soif et que l’on ne buvait pas d’eau ? Expliquez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 131

131

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Réaction 4 Ce texte a-t-il satisfait votre curiosité ? Vous arrive-t-il de vous poser des questions sur le fonctionnement du corps humain ? Expliquez votre réponse.

Jugement critique 5 Ce texte s’adresse à un jeune public. Selon vous, lequel des deux éléments suivants rend le texte accessible à des enfants ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.   Vocabulaire simple   Succession de causes et de conséquences

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 132

132

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire du texte 6 a) Complétez le plan sommaire de ce texte explicatif afin d’en faire ressortir les séquences. Phase de questionnement

Pourquoi

Phase explicative

Parce que

 ?

. Parce que . Parce que . Phase conclusive

Notre bouche et notre gorge sont sèches, on boit donc un verre d’eau.

b) Pourquoi peut-on affirmer qu’il s’agit d’un plan de texte explicatif selon une succession de causes et de conséquences ? Justifiez votre réponse.

7 Cet article présente un point de vue plutôt neutre sur le sujet. Démontrez-le à partir d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 133

133

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Ressource de la langue La phrase subordonnée complément de phrase

u

z

2

s

laclasse.grandducenligne.com

Dans un article de vulgarisation scientifique, on explique les causes et les conséquences d’un fait ou d’un phénomène. L’insertion de subor­données compléments de phrase est l’un des moyens utilisés pour y arriver. La subordonnée complément de phrase contient un verbe conjugué et est insérée dans une phrase enchâssante. Elle peut exprimer différentes valeurs, comme la cause, la conséquence et le but, et ainsi servir à étoffer un texte explicatif. Subordonnée de cause

Subordonnée de conséquence

Elle est introduite par un subordonnant exprimant la cause. Exemples : puisque, comme, parce que, sous prétexte que, etc.

Elle est introduite par un subordonnant exprimant la conséquence. Exemples : de manière que, de sorte que, si bien que, au point que, etc.

Elle est introduite par un subordonnant indiquant un but. Exemples : pour que, afin que, de sorte que, de peur que, etc.

Le verbe de la subordonnée est à l’indicatif.

Le verbe de la subordonnée est généralement à l’indicatif.

Le verbe de la subordonnée est au subjonctif.

Elle est déplaçable et effaçable.

Elle est non déplaçable, mais effaçable.

Elle est déplaçable et effaçable.

Exemples : • Puisque le vent fait tourner les éoliennes, il nous procure de l’énergie. • Le réchauffement climatique survient parce que des gaz à effet de serre sont rejetés dans l’air.

Exemple : Le compostage devient plus populaire, si bien que la quantité de déchets diminue.

Exemples : • Afin que les gens réduisent leur consommation d’électricité, l’utilisation de lampes solaires est à privilégier. •O  n commercialise des voitures hybrides pour que les automobilistes consomment moins d’essence et polluent moins.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 134

134

Subordonnée de but

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Forme complète et forme réduite À la page précédente, toutes les subordonnées présentées étaient sous forme complète. Toutefois, il est possible de réduire ces subordonnées afin de condenser l’information. Subordonnée complément de phrase réduite à l’aide d’un GPrép contenant un infinitif

Exemple : Le protocole de Kyoto a été élaboré afin que les émissions de gaz à effet de serre diminuent. (Forme complète)

Le protocole de Kyoto a été élaboré afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. (Forme réduite)

Subordonnée complément de phrase réduite à l’aide d’un GVpart ou d’un gérondif (en + GVpart)

Exemple : Comme ils émettent beaucoup de CO2, les véhicules lourds polluent énormément.

Émettant beaucoup de CO2, les véhicules lourds polluent énormément.

Subordonnée complément de phrase contenant le verbe être et un GAdj attribut du sujet réduite à l’aide d’un GAdj

Exemple : Puisqu’ils sont écologiques, les transports en commun doivent être développés dans les villes et les banlieues.

Écologiques, les transports en commun doivent être développés dans les villes et les banlieues.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 135

135

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire en contexte 1 Pour chacune des phrases suivantes : •• soulignez la subordonnée complément de phrase ; •• encadrez le subordonnant ; •• indiquez la valeur que la subordonnée exprime (la cause, la conséquence ou le but). a) Afin que l’équilibre en eau dans le sang soit rétabli, le cerveau nous donne la sensation de soif […].

b) Mais en éliminant le sel, ils éliminent aussi de l’eau, parce que le sel entraîne naturellement l’eau avec lui.

c) Tout ce liquide fournit à l’organisme l’eau qui lui manque pour que l’équilibre du sang en eau se rétablisse.

2 Réduisez la subordonnée complément de phrase sous la forme demandée. a) Puisque le corps reçoit trop de sel, il doit s’en débarrasser.

GVpart ou un gérondif (en + GVpart) :

b) Pour que notre soif diminue, nous devons boire un verre d’eau.

GPrép contenant un infinitif :

3 Voici une phrase dont le complément de phrase apparaît sous la forme réduite d’une subordonnée. Écrivez la phrase en mettant ce complément sous la forme d’une subordonnée.

« Afin de rétablir l’équilibre en eau dans le sang, le cerveau nous donne la sensation de soif […]. »

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 136

136

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Stratégie de lecture Je résume dans mes mots l’idée principale de chaque paragraphe.

Intention de lecture Prêter attention à l’organisation du texte.

Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? 1

En discutant avec une chercheuse qui s’intéresse aux sports extrêmes, nous avons découvert que le fait de prendre des risques a des effets positifs sur la santé. Est-ce la raison de leur popularité ? C’est bien possible.

5

Oui, les sports extrêmes sont à la mode, et c’est certainement une des raisons de leur grande popularité, mais la science sait aujourd’hui que ces sports procurent au cerveau tout un cocktail biochimique extrêmement bénéfique. Ces découvertes pourraient expliquer l’engouement croissant pour les sports extrêmes.

10

15

Mais qu’est-ce qu’un sport extrême exactement ? « On pourrait dire que c’est la pratique d’une activité sportive qui comporte des dangers immédiats de blessures graves ou de mort », explique la psychologue Linda Paquette. Pour cette professeure de l’Université du Québec à Chicoutimi, il importe également de vérifier comment une personne pratique son activité, car tous les adeptes de ce sport ne recherchent pas le danger aussi intensément.

Mordu d’adrénaline

20

25

On accole souvent aux adeptes des sports extrêmes l’étiquette « mordu d’adrénaline ». Mais dans les faits, toutes les sessions de sport ne se traduisent pas nécessairement par une décharge d’adrénaline. Mais quand celle-ci se produit, elle procure un sentiment extrêmement positif.

Le magazine télé Une pilule, une petite granule s’est intéressé à divers sujets liés à la santé de la population québécoise. Cette émission, diffusée à Télé-Québec, était animée par le docteur George Lévesque et Marie-Élaine Proulx.

1 Surlignez la source de ce texte. 2 Tracez une ligne entre la phase de questionnement et la phase explicative. Description

3 Soulignez une séquence descriptive dans cette page. 4 Sous chaque intertitre, surlignez le passage qui résume le mieux l’aspect traité.

« Quand on est exposé à un danger, on se met à sécréter de l’adrénaline et ça nous fait ressentir la peur, explique Linda Paquette. Mais ça va aussi préparer notre corps à réagir rapidement. Le système digestif va ralentir et le sang va se retirer des zones digestives pour se rendre dans les muscles des bras et des jambes. On va ressentir des papillons dans l’estomac, car le sang s’en va très rapidement pour aller dans les muscles pour réagir au stress. ».

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 137

137

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


« C’est une occasion de gagner le contrôle sur des émotions qui sont inquiétantes et anxiogènes. »

5 Soulignez une définition présentée dans cette page.

Définitions addiction : dépendance. anxiogène : qui entraîne de l’anxiété. anthropologique : qui concerne la culture et les phénomènes humains. reliquat : élément qui reste, qui subsiste.

En plus de décharger ces doses d’adrénaline, le cerveau va également sécréter de la dopamine, poursuit Linda Paquette, une substance qui est associée avec un sentiment de récompense. « Et ça, la dopamine, c’est associé à l’addiction parce que ça entraîne un sentiment de récompense : les gens vont vouloir répéter l’expérience pour avoir cette décharge de dopamine dans leur cerveau. »

30

35

Un sentiment d’accomplissement En plus de ressentir les effets bénéfiques des décharges d’adrénaline et de dopamine, les adeptes de sports extrêmes y trouvent aussi une façon de s’accomplir par l’exécution de prouesses et de cascades. « Quand les gens vont chercher une excitation dans une activité, ça peut aussi permettre d’éviter de ressentir d’autres sensations négatives, ajoute Linda Paquette. Les gens y trouvent aussi une façon de contrôler la peur, car effectivement il y a un danger dans ces pratiques-là. C’est une occasion de gagner le contrôle sur des émotions qui sont inquiétantes et anxiogènes. »

40

45

Une explication anthropologique Si les neurologues et les psychologues expliquent l’intérêt pour les sports extrêmes avec leurs outils, des théoriciens avancent plutôt la thèse anthropologique : l’animal humain, autrefois chasseur-cueilleur habitué à se faire poursuivre par des prédateurs avait l’habitude de réagir à des stress très physiques. Or, aujourd’hui, l’humain moderne n’a plus la possibilité d’évacuer ce stress aussi rapidement. Il est donc possible, avance Linda Paquette, que la pratique des sports extrêmes soit « une forme de reliquat qui permet de rejouer ce mécanisme de danger, prendre le contrôle dessus, ce qui pourrait aider à gérer le stress d’une façon un peu plus saine. » Des études ont d’ailleurs révélé que les personnes qui pratiquent des sports extrêmes sont généralement moins anxieuses que la moyenne.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 138

138

50

55

60

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Pour en savoir plus Alexandra Boucherifi, Guide des sports à sensation, Collection petit futé, Nouvelles éditions de l’université, 2012.

65

Est-ce parce qu’ils sont moins anxieux qu’ils pratiquent cette activité-là ? Ou est-ce que le fait de prendre des risques et de gagner un contrôle dessus fait diminuer le niveau d’anxiété ressenti ? « Il y a toute une question autour de ça, conclut Linda Paquette, et on pourrait dire que ça peut devenir une symbolique de la vie. Il faut prendre des risques et dans d’autres domaines de vie, on peut penser que ça va aussi se répéter. »

6 Tracez un trait à l’endroit où débute la phase conclusive. 7 Soulignez une énumération d’exemples présentée dans cette page.

Saviez-vous que… 70

75

– En termes de santé publique, au Québec, on voit beaucoup plus de blessures causées par les sports conventionnels, comme le football, le hockey et le soccer, que les sports extrêmes. Par contre, les sports extrêmes causent des blessures beaucoup plus graves. La prévention est donc essentielle. – Parmi les sports extrêmes, c’est la planche à roulettes qui cause le plus de blessures. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le parachutisme est une activité plutôt sécuritaire. « Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? », Une pilule, une petite granule, Télé-Québec, 29 novembre 2012 [En ligne].

Il existe plusieurs sports extrêmes, dont certains sont maintenant présents aux Jeux olympiques. Sur la photo, on voit une athlète de planche à neige, lors d’une compétition de Big air au Kazakhstan, en Asie, en janvier 2018. © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 139

139

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) En survolant le texte, combien d’aspects comporte l’explication ? b) Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

2 Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? Résumez dans vos mots les trois raisons mentionnées dans le texte. • Parce que

• Parce que

• Parce que

3 Expliquez ce passage dans vos mots : « Pour cette professeure de l’Université du Québec à Chicoutimi, il importe également de vérifier comment une personne pratique son activité, car tous les adeptes de ce sport ne recherchent pas le danger aussi intensément. »

4 Selon vous, pourquoi a-t-on choisi de terminer le texte avec une section Saviez-vous que… ? Expliquez votre réponse à partir du texte et de votre connaissance du sujet.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 140

140

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Réaction 5 Après avoir lu ce texte, avez-vous envie de pratiquer un sport extrême ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 Comment jugez-vous la qualité de ce texte du point de vue de sa crédibilité ? Les sources présentées vous semblent-elles crédibles ? L’origine de ces sources est-elle mentionnée de façon précise ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 141

141

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Grammaire du texte 7 Au début du texte, on trouve une séquence descriptive. À quoi sert-elle ?

8 Selon quel type de plan les aspects présentés dans la phase explicative sont-ils traités ? Cochez votre réponse, puis expliquez-la.   Plan par addition de causes avec une conséquence   Plan par succession de causes et de conséquences

9 Certains procédés explicatifs sont utilisés dans le texte. a) Quelle est l’utilité de la définition à la deuxième page ?

b) Pourquoi utilise-t-on des exemples à la dernière page ?

Grammaire en contexte Voir la notion 34,

Voici des phrases tirées du texte. Faites-en des phrases non verbales. a) C’est bien possible.

p. 243.

b) Oui, les sports extrêmes sont à la mode.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 142

142

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Jugement critique comparatif a) Lequel de ces articles de vulgarisation avez-vous préféré ? Pourquoi aime-t-on la musique ? Les dangers de porter des gougounes ! Pourquoi a-t-on toujours soif quand on mange un aliment salé ? Pourquoi les sports extrêmes sont-ils si populaires ? b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants :

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : - donner votre opinion; - exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion; - donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

le choix du sujet (intérêt, pertinence) ; la qualité de l’explication fournie (crédibilité des sources, clarté du texte) ; la qualité de l’écriture (choix du vocabulaire, construction des phrases, etc.) ; l’organisation du texte ; la présentation visuelle (mise en page, illustrations, etc.).

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 143

143

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Situation d’écriture

Rédaction d’un article de vulgarisation Voici quelques questions d’enfants posées dans un forum électronique qui aide les parents à répondre simplement aux questions parfois complexes de leurs enfants. Lorsqu’on va à la mer, pourquoi y a-t-il des vagues alors que dans un lac, il n’y en a pas ? Pourquoi le ciel est-il bleu ?

Pourquoi ai-je les yeux bleus et ma petite sœur, les yeux bruns ?

Où se terminent les arcs-en-ciel ?

Comment les oiseaux font-ils pour voler ?

Pourquoi a-t-on la chair de poule quand on a froid ?

Pourquoi notre peau plisse-t-elle si on reste longtemps dans l’eau ?

Pourquoi a-t-on le vertige ?

Comment les tornades se forment-elles ?

Choisissez une question et répondez-y dans un texte explicatif d’environ 300 mots. (Vous pouvez aussi formuler une question pour aider des parents à expliquer d’autres phénomènes intéressants.) Pour que votre texte soit publié, vous devez suivre les consignes suivantes : Respectez le plan du texte explicatif (phase de questionnement, phase explicative et phase conclusive). Rédigez une introduction contenant une séquence descriptive du sujet traité. Utilisez un plan par addition de causes ou par succession de causes et de conséquences.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 144

144

L’EXPLICATION

19-01-21 11:13 AM


Au moment de rédiger votre texte, assurez-vous de respecter les consignes suivantes : Établissez des liens de cause ou deconséquence en utilisant des moyens variés : le lexique, le groupe verbal participe, les phrases coordonnées (p. 128), les subordonnées compléments de phrase (p. 134). Employez un point de vue plutôt neutre (p. 120). Prenez aussi le temps de vérifier : la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes.

Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez-vous aux pages 252 et 253.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un texte pour

un fait, une situation ou

 .

un phénomène, je dois commencer par une phase de

 , je présente les liens

Ensuite, dans la phase de

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 145

-

.

145

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Le chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines Qu’est-ce que c’est ? Un chapitre de manuel de science et technologie ou de sciences humaines explique un fait, une situation, un événement. Comme les manuels scolaires sont destinés aux jeunes, les auteurs s’efforcent de rendre accessibles des éléments d’information parfois complexes en les présentant clairement. Le contenu de ces volumes est déterminé par le programme de formation du gouvernement.

maisons d’édition de manuels scolaires. Ces dernières publient des ouvrages pédagogiques qui sont utilisés en classe. Ce matériel est généralement approuvé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Qui l’écrit et pourquoi ? Les auteurs sont des vulgarisateurs scientifiques, des spécialistes ou des enseignants qui travaillent pour les

Où le trouve-t-on ? Dans les manuels scolaires et leur version numérique.

Qui le lit et pourquoi ? Les jeunes le lisent pour apprendre. Les enseignants l’utilisent afin d’expliquer aux élèves les notions à voir au cours de l’année scolaire.

Titre évoquant la notion abordée 2 Intertitre présentant le premier aspect traité Sous-aspects Description 3 Séquence descriptive présentant le sujet Procédés explicatifs : • définitions • exemple • lien de cause/conséquence 1

Dans les manuels, il n’y a pas de marques énonciatives ni de conclusion.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 146

146

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


[Les

conceptions de la société et le rôle de l’État, aujourd’hui, au Québec1]

1

5

10

15

20

[Les moyens d’intervention de l’État2] [L’État peut recourir à diverses mesures pour intervenir dans des domaines de la vie collective.3] La législation Le gouvernement peut voter des lois pour réglementer tous les aspects de la vie collective, dans la mesure où il respecte les droits et les libertés individuelles définis par la Charte canadienne des droits et libertés. C’est ainsi que l’État a adopté des lois sur l’hospitalisation, sur l’aide sociale et sur les services de garde par exemple. C’est encore par des lois qu’il a créé le Régime de rentes du Québec, adopté la Charte de la langue française ou rendu la scolarisation obligatoire jusqu’à 14 ans, puis jusqu’à 16 ans. La taxation Pour subventionner les programmes sociaux, éducatifs, médicaux ou culturels, le gouvernement a besoin de moyens financiers. Le fonctionnement de ces programmes coûte très cher à l’État et à la société, car ce sont en effet les contribuables qui paient pour les politiques interventionnistes du gouvernement. Ils le font par le biais des impôts perçus auprès des particuliers et des entreprises, ainsi que par les taxes à la consommation exigées sur les produits et les services qu’ils se procurent.

[1. Est-il vrai d’affirmer que les citoyens et citoyennes du Québec

25

Exemple de chapitre d’un manuel de sciences humaines État interventionniste ou État-­ providence L’État peut s’impliquer dans les rouages de l’éco­ nomie et dans le fonctionnement de la société afin de prendre en charge les plus démunis et de leur donner des possibilités qu’ils n’auraient pu avoir autrement. État non interventionniste À l’inverse, le gou­ vernement peut choisir de laisser aux entreprises privées le soin de développer l’économie et de créer des emplois, et de laisser aux individus la tâche de se développer selon leurs capacités, sans interférer dans leur vie.

ne paient pas pour obtenir des soins de santé, ni directement 4 Des questions visant ni indirectement ? Justifiez votre réponse. à vérifier la compréhen­ 2. Les Québécois et Québécoises peuvent-ils avoir une influence sion des élèves peuvent parfois accompagner sur les politiques interventionnistes du gouvernement ? Si oui, ces textes. de quelle manière ? 4] Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse, « Les conceptions de la société », Rétrospective, 3e secondaire, Grand Duc, 2012, p. 160-161.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 147

147

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Stratégie de lecture Je survole le texte pour faire des prédictions sur son contenu.

En 3e secondaire, le cours d’histoire et éducation à la citoyenneté aborde le passé des Premiers occupants de l’Amérique à travers leurs croyances, leur conception du monde et leur organisation sociale, entre autres.

1 Encadrez les titres et les intertitres de toute cette présen­ tation théorique. 2 Dans tout le texte, surlignez les passages qui font référence à la nature.

Définitions intercession : impli­ cation, fait de faire intervenir. Sioux : membre de cette nation autochtone qui partage des res­­semblances cultu­ relles et linguistiques. spiritualité : pratique en lien avec l’esprit et liée aux croyances.

Intention de lecture Prêter attention aux moyens utilisés pour organiser le texte

L’expression du sacré Dans les cultures autochtones, il n’existe pas de véritable distinction entre les gestes de la vie quotidienne et les actes purement religieux. Pour les Autochtones et les Inuits, tout agissement peut être considéré comme religieux puisqu’il implique nécessairement l’intercession d’un esprit ou d’un autre. Aller à la chasse ou à la pêche, par exemple, nécessite l’intervention de nombreux esprits : ceux de la température, qui doit être favorable, ceux des lacs, des rivières ou des montagnes qu’il faudra traverser, ceux des animaux ou des poissons qui devront se laisser trouver et capturer, etc.

1

1.1 La symbolique du cercle

10

5

Au début du 20e siècle, le sage Hehaka Sapa (Black Elk), un Sioux Lakota, a expliqué à l’écrivain John G. Neihardt l’importance du cercle dans les spiritualités autochtones : « Vous avez remarqué que tout ce qu’un Indien fait est dans un cercle, et c’est parce que le Pouvoir du Monde opère toujours en cercles, et que tout essaie d’être rond. […] Tout ce que le Pouvoir du Monde fait, il le fait dans un cercle. Le ciel est rond, et j’ai entendu dire que la Terre est ronde comme une boule, tout comme le sont les étoiles. Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leurs nids dans des cercles, car leur religion est la même que la nôtre. Le Soleil se lève et redescend en faisant un cercle, la Lune fait la même chose et ils sont ronds l’un et l’autre. Même les saisons qui changent forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient. »

15

20

25

Source : John G. NEIHARDT, Black Elk Speaks, University of Nebraska Press, Lincoln et Londres, 2004 [1932], p. 150.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 148

148

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


« Les Autochtones agissent avec les esprits comme n’ importe quel être humain le fait avec ses voisins et voisines. »

Des moments liés à l’expression du sacré 30

35

Définitions rituel/rite : façon Les Autochtones agissent avec les esprits comme n’importe quel de faire habituelle, être humain le fait avec ses voisins et voisines. Ils leur demandent ensemble des règles du déroulement de l’aide et s’efforcent de ne pas les contrarier. Pour mettre les d’une cérémonie. esprits dans de bonnes dispositions, ils pratiquent des rituels entamer : entre­ quotidiens. Il peut s’agir, par exemple, de brûler un peu de tabac prendre, commencer. à l’intention d’un esprit particulier pour s’assurer de ses faveurs.

Rites de passage et rites funéraires Les grands moments de la vie sont également rythmés par des cérémonies qui expriment les liens sacrés qui unissent les êtres humains et le monde qui les entoure.

40

45

50

Rites de passage L’âge de la puberté, par exemple, est l’occasion d’importants rites de passage. Vers l’âge de 14 ou 15 ans, plusieurs jeunes hommes quittent le campement pour s’isoler et jeûner, à la recherche d’une vision leur révélant leur avenir. Au terme de cette quête spirituelle, il arrive qu’un esprit se manifeste et devienne leur gardien spirituel. C’est souvent l’occasion de prendre un nouveau nom. Rites funéraires Les rites funéraires jouent également un rôle important. Chez les Innus, lorsqu’une mort se produit, on crie et on frappe sur la tente où le décès a eu lieu afin que l’âme quitte son corps terrestre et entame son voyage vers l’au-delà. Le corps est ensuite recouvert d’écorce et placé dans une fosse avec ses possessions matérielles. On croit en effet que les esprits de ces objets accompagneront l’âme du défunt dans l’au-delà.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F2.indd 149

149

L’EXPLICATION

19-01-24 11:21 AM


Pour en savoir plus Judith Fitzgerald et Michael Oren, L’esprit sacré des Amérindiens, Vega, 2012.

Qu’est-ce que les sociétés de guérisseurs ? Les guérisseurs font partie de différents groupes, comme le Midewiwin ou la Grande Société de médecine des Ojibwés. On fait appel à eux en cas de maladie ou de malheurs communau­ taires, notamment.

Des objets associés à l’expression du sacré

55

Le capteur de rêves Aujourd’hui, le capteur de rêves (dreamcatcher, en anglais) est probablement l’un des objets autochtones les plus populaires. Adopté par la plupart des nations autochtones, il tire son origine des Ojibwés qui habitent autour du lac Huron et du lac Supérieur. Ceux-ci racontent qu’une araignée du nom d’­Asibikaashi protégeait le sommeil de leurs enfants en tissant au-dessus d’eux une toile pour attraper les mauvais rêves. Le capteur de rêves représente cette toile protectrice ; les plumes qui y sont suspendues laissent les bons rêves glisser jusqu’à l’heureux dormeur. Parfois, une petite bille est placée au centre pour symboliser Asibikaashi, l’araignée bienfaitrice.

60

65

Le tambour innu Instrument de musique utilisé à l’occasion des fêtes, le tambour en peau d’animal est surtout un objet sacré qui sert de lien direct avec le monde des esprits. Grâce aux vibrations émises par cet instrument, le joueur peut entrer en contact avec les manitous des animaux qu’il désire chasser. Sa forme évoque d’ailleurs parfaitement le cercle de vie.

Les masques cérémoniels

75

Les masques utilisés par les Iroquois au cours de leurs cérémonies religieuses sont fabriqués par des individus ayant des contacts particuliers avec les esprits et qui sont membres de La plupart des sociétés de guérisseurs. Certains masques sont faits de feuilles nations autochtones de maïs tressées, tandis que d’autres sont sculptés directement confectionnent des masques cérémo­ dans les arbres avant d’être détachés. De nombreuses légendes niels. Ici, on voit entourent ces objets sacrés et les Iroquois disent qu’ils abritent un masque datant de puissants esprits. Il est absolument interdit de les vendre et d’entre 1800 et 1850 et provenant même de les donner. du peuple des Haï­ das, en ColombieBritannique.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F2.indd 150

70

80

Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse, « L’expression du Sacré », Rétrospective, 3e secondaire, Grand Duc, 2012, p. 16-18.

150

L’EXPLICATION

19-01-24 11:21 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) Présentez le sujet du texte en une courte phrase.

b) Qu’est-ce que les auteurs cherchent à expliquer dans leur texte ?

2 À l’aide de trois exemples, démontrez que la nature occupe une place importante dans les croyances religieuses des Autochtones.

3 Les auteurs semblent-ils porter un jugement sur les croyances et pratiques religieuses des Autochtones ou demeurent-ils neutres ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 151

151

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Réaction 4 Appréciez-vous les légendes qui entourent certains objets, tel le capteur de rêves des Autochtones ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 5 Cet extrait d’un chapitre de manuel scolaire présente-t-il une explication claire et des informations de qualité ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 152

152

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire du texte 6 Pourquoi « La symbolique du cercle » se trouve-t-elle dans un encadré numéroté ? Cochez votre réponse.   Pour attirer l’attention du lecteur.   Pour mieux diviser les paragraphes de la page.   Parce qu’il s’agit d’une citation tirée d’une source.

7 Comment s’y prend-on pour délimiter visuellement les exemples de rites ?

8 Reconstituez l’organisation du texte en inscrivant les titres des sections et les sous-aspects traités. Titre de la section

Sous-aspects traités

L’expression du sacré • • • • •

9 Qu’est-ce qui permet de distinguer le titre et les intertitres dans le texte ? Choisissez deux éléments parmi les suivants, puis justifiez votre réponse.   La grosseur des lettres

  Le style d’écriture

  La couleur

 L’emplacement

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 153

153

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Qu’est-ce que les gaz à effet de serre ? Pourquoi s’en soucie-t-on lorsqu’il est question d’environnement ? Dans le cadre du cours de science et technologie, plusieurs phénomènes, tel l’effet de serre, sont à l’étude afin de mieux les comprendre et de connaître leurs impacts.

1 Dans l’introduction, surlignez ce que signifie « GES ». 2 Tracez un trait à l’endroit où débute la phase explicative. 3 Sous le 2e intertitre, soulignez les exemples de gaz à effet de serre.

Définitions effet de serre : phéno­ mène d’emprisonne­ ment du rayonnement infrarouge (IR) dans l’atmosphère. ère glaciaire : longue période historique caractérisée par un refroidissement clima­tique et d’im­ menses étendues couvertes de glace.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 154

Intention de lecture  Identifier les procédés d’explication utilisés.

L’effet de serre Quelque chose dans l’atmosphère agit comme les vitres d’une serre pour garder une portion de l’énergie solaire reçue : ce sont les gaz à effet de serre (GES). Ces gaz sont dispersés partout dans l’atmosphère.

1

Qu’est-ce que l’effet de serre ? L’effet de serre atmosphérique s’explique en quelques simples étapes :

5

1. La lumière solaire passe à travers l’atmosphère qui est transparente. 2. Cette lumière atteint la surface de la Terre, et son énergie y est absorbée. La surface de la Terre se réchauffe, sa température augmente.

10

3. La surface de la Terre émet de la chaleur sous forme de rayonnement infrarouge. 4. Une partie de ce rayonnement est absorbée par des gaz à effet de serre, et une autre s’échappe vers l’espace. 5. Emportés par les mouvements de l’air, ces gaz redistribuent la chaleur dans l’atmosphère, ce qui fait augmenter la température globale de la planète. 6. La température d’équilibre est atteinte quand l’atmosphère émet autant de rayonnement vers l’espace que vers le sol. Les gaz à effet de serre En pourcentage, la vapeur d’eau est le gaz à effet de serre le plus abondant dans l’atmosphère. Il est responsable de 55 % de l’effet de serre naturel. Cependant, d’autres gaz, comme le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitreux, permettent d’absorber plus d’énergie

154

Laboratoire Effet de serre atmosphérique But : comparer la température de deux contenants transparents ayant des « atmosphères » chimi­ quement différentes. Focus En 1896, Svante August Arrhenius, un chimiste suédois, estime que si on double la quantité de CO2 dans l’atmosphère, la température moyenne de ce CO2 peut augmenter de 5 à 6 °C. Svante voit alors dans l’exploitation du charbon une solution qui peut permettre de repousser la prochaine ère glaciaire.

15

20

25

30

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


« Si la quantité de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, il y a une plus grande quantité d’ énergie absorbée par l’atmosphère. »

35

40

qui aurait autrement fui vers l’espace. Le dioxyde de carbone est le plus abondant des gaz à effet de serre ajoutés par les activités humaines. À noter que les trois gaz principaux de l’air (azote, oxygène et argon) n’ont pas une structure moléculaire qui permet d’absorber des rayons infrarouges et ainsi de participer à l’effet de serre. Le tableau 2.1 présente les principaux gaz à effet de serre. TABLEAU 2.1  Principaux gaz à effet de serre GAZ À EFFET FORMULE PROPORTION DANS PROVENANCE DE SERRE CHIMIQUE L’ATMOSPHÈRE

1 2

Vapeur d’eau

H2 O

Jusqu’à 30 000 ppm1

Naturelle : évaporation, transpiration des vivants.

Dioxyde de carbone

CO2

379 ppm

Naturelle : expiration des vivants, feux de forêt. Anthropique2 : combustion dans les moteurs, combustion pour chauffage, durcissement du ciment.

Méthane

CH4

1,77 ppm

Naturelle : décomposition sans oxygène (marais et rizières). Anthropique : sites d’enfouissement, agriculture (bovins).

Oxyde nitreux

N2 O

0,319 ppm

Naturelle : bactéries du sol et océans. Anthropique : engrais chimiques en agriculture.

4 Sous l’intertitre « Le forçage radiatif », encadrez les mots qui introduisent l’exemple de la couverture. 5 Soulignez-y une définition.

Définitions combustion : action de brûler. forçage radiatif : absorption supplé­ mentaire de rayon­ nement infrarouge par rapport à l’équi­ libre précédent.

ppm : parties par million, c’est-à-dire 0,000 1 %. Veut dire provenant de l’activité humaine.

2.1 Le forçage radiatif

45

50

Supposons que vous êtes couché dans votre lit sous une seule couverture. Votre corps émet du rayonnement infrarouge vers le reste de la pièce, mais la couverture absorbe ce rayonnement. C’est au tour de la couverture d’émettre de l’énergie sous forme de rayonnement à la fois vers vous et vers la pièce. Lorsque vous ajoutez une autre couverture, il y a davantage d’absorption d’énergie. L’énergie supplémentaire absorbée, permettant d’atteindre une nouvelle température d’équilibre, s’appelle forçage radiatif. Par analogie, si la quantité de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, il y a une plus grande quantité d’énergie absorbée par l’atmosphère et, par conséquent, moins de rayonnement qui s’échappe dans l’espace. Le résultat est une température plus élevée à la surface de la Terre. © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 155

155

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Pour en savoir plus  Élisabeth Combres et Florence Thinard, Le réchauffement climatique, Gallimard, 2009.

6 Tracez une barre oblique à l’endroit où débute la phase conclusive.

Définition révolution indus­ trielle : période de l’histoire marquant le passage d’une société où domine l’agricul­ ture à une société industrielle et commerciale.

Les climatologues ont calculé que la croissance des gaz à effet de serre, depuis la révolution industrielle (1800), a causé un forçage radiatif d’environ 4 W/m2. C’est l’atmosphère qui absorbe ce flux d’énergie et l’émet ensuite vers le sol, ce qui contribue au réchauffement de la planète. Comment expliquer ce forçage radiatif de 4 W/m2, sachant que l’augmentation de CO2, de CH4 et de N2O provenant de l’activité humaine provoque un forçage radiatif de seulement 1,6 W/m2 ? L’explication se trouve dans la rétroaction qui implique la vapeur d’eau.

55

60

2.2 La rétroaction positive par la vapeur d’eau Il est important de savoir que plus la température de l’air augmente, plus la capacité de l’air de contenir de la vapeur d’eau augmente ; ainsi, l’augmentation de la température moyenne de l’atmosphère entraîne également une augmentation de la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Cependant, la vapeur d’eau étant aussi un gaz à effet de serre, elle contribue, elle aussi, à faire augmenter encore plus la température de l’atmosphère. Cette boucle sans fin est le phénomène de la rétroaction positive de la vapeur d’eau. Donc, le vrai forçage radiatif ne se calcule pas seulement à partir du CO2, du CH4 et du N2O, puisqu’il faut également tenir compte de l’effet de la vapeur d’eau. Ainsi, notre climat ayant déjà subi un forçage radiatif total d’environ 4 W/m2, la température globale moyenne a grimpé de 0,74 °C au siècle dernier.

65

70

75

Carole Schepper et Claude Dignard, « L’effet de serre », Science-Tech au secondaire, Un regard sur l’environnement, 4e secondaire, Grand Duc, 2008, p. 174-176.

L’effet de serre © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F2.indd 156

156

L’EXPLICATION

19-01-24 11:21 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) Quelqu’un vous dit que le gaz à effet de serre (GES) le plus abondant est le dioxyde de carbone. Est-ce vrai ou faux ? b) Quel GES est réellement le plus abondant ? c) Pourquoi le dioxyde de carbone (CO2) peut-il alors être considéré comme le principal GES ?

2 Selon les informations contenues dans le tableau 2.1, les principaux gaz à effet de serre étaient-ils présents lors de la préhistoire ? Justifiez votre réponse.

3 a) Complétez le schéma suivant, qui résume la rétroaction positive de l’effet de serre par la vapeur d’eau.

Effet de serre accru par la vapeur d’eau

b) À la ligne 72, pourquoi utilise-t-on l’expression « boucle sans fin » pour désigner la rétroaction positive de la vapeur d’eau ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 157

157

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


4 La phase conclusive de ce texte explique que le forçage radiatif a fait grimper la température globale de 0,74 °C au siècle dernier. En vous basant sur vos connaissances du réchauffement climatique, illustrez cette donnée scientifique par un exemple.

Réaction 5 La lecture de ce texte a-t-elle suscité de l’inquiétude chez vous par rapport aux changements climatiques ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 Croyez-vous qu’il s’agit d’un bon sujet pour un texte explicatif destiné aux jeunes d’aujourd’hui ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 158

158

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire du texte 7 À quoi servent les exemples dans ce texte ?

8 Pour expliquer les différentes étapes de l’effet de serre à la page 154, les auteurs ont choisi de présenter le contenu sous la forme d’une liste numérotée. Remplacez chacun des numéros par un marqueur de relation approprié. 1. 2. 3. 4. 5. 6.

9 a) À quel mode et à quel temps sont conjugués les verbes dans cette partie portant sur l’effet de serre ?

b) Pourquoi ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 159

159

Au besoin, référezvous à la ressource de la langue sur l’harmonisation des temps verbaux à la page 72.

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire en contexte Voir les notions 30 à 33,

1 Indiquez quelle forme correspond à chacune des phrases suivantes tirées du texte L’effet de serre et justifiez votre réponse en soulignant les éléments de la phrase qui le prouvent.

p. 241 et 242.

a) C’est l’atmosphère qui absorbe ce flux d’énergie […].

 Négative  

 Passive  

 Emphatique  

 Impersonnelle

b) Une partie de ce rayonnement est absorbée par des gaz à effet de serre […].

 Négative  

 Passive  

 Emphatique  

 Impersonnelle

2 Écrivez la phrase de base qui correspond à chacune des phrases du numéro précédent. a) b)

Ressource de la langue

p

Les procédés explicatifs

9

7

5

laclasse.grandducenligne.com

Afin de permettre au lecteur de bien comprendre le phénomène ou le fait expliqué dans un article de vulgarisation scientifique, il est essentiel d’employer des moyens tels les procédés explicatifs pour rendre l’information plus accessible. Procédés 1. La définition

Description et exemples Donner la signification des termes techniques ou scientifiques en utilisant, entre autres, un terme générique ou spécifique. Exemples : • La méiose est une étape du développement cellulaire. (terme spécifique → terme générique) • Cet animal est un crustacé qui n’est cependant pas comestible. (terme générique → terme spécifique)

2. L’illustration

Insérer un dessin, un graphique, un schéma, une carte avec une légende permettant de visualiser les liens de cause/conséquence d’une explication.

3. La reformulation Dire en d’autres mots ce qui a été dit (paraphraser) ou utiliser des synonymes en les introduisant ou non par autrement dit, c’est-à-dire, etc. Exemples : • Le serpent mue, c’est-à-dire qu’il perd sa peau. • La chenille se métamorphose, se transforme, en papillon.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 160

160

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Procédés 4. L’exemple et l’analogie

Description et exemples Rendre concret un raisonnement ou un élément d’explication. L’analogie sert à faire ressortir des ressemblances entre deux éléments ou deux situations. Voici des organisateurs textuels qui peuvent servir à introduire des exemples : par exemple, notamment, comme, tel que, etc. → L es exemples peuvent aussi être des séquences descriptives introduites par des organisateurs textuels. Exemples : • Les phénomènes naturels tels les ouragans, les tornades ou les tremblements de terre causent beaucoup de dommages. • La révolution industrielle a changé la vie de bien des gens. Par exemple, au début du siècle, la société vivait de l’artisanat avant d’évoluer vers un mode de production beaucoup plus rentable.

5. La comparaison ou la métaphore

Faire ressortir des ressemblances ou des différences entre deux réalités afin de faciliter la compréhension. Établir une comparaison en utilisant : ፝፝des termes comparatifs (autant que, comme, tel, pareil à, semblable, aussi… que, moins… que, de même que, contrairement à, c’est comme, en comparaison, comparativement à, etc.) ; Exemple : Nous vivons [tel que le faisaient nos ancêtres]. → L e subordonnant et ce qui suit constituent une subordonnée CP de comparaison. ፝des ፝ verbes (ressembler, s’apparenter à, sembler, paraître, etc.) ; subordonnées pour faire ressortir des ressemblances ou des différences ፝des ፝ entre deux phénomènes et des termes qui expriment la restriction (mais, excepté, sauf, etc.) ; Exemples : • Tout comme le Titanic, l’Empress of Ireland a connu une fin tragique, excepté que ces événements tragiques se sont déroulés au Québec. • Les Autochtones étaient malades du scorbut, sauf ceux qui avaient introduit la vitamine C dans leur alimentation. ፝des ፝ figures : la comparaison est explicite grâce à l’insertion d’un terme comparatif ou à un verbe, alors que la métaphore associe deux éléments sans recourir à un terme comparatif. Exemples : • La Terre agit alors comme un aimant. • Véritable aimant, la Terre comporte un champ magnétique. • Le miel, délicieux élixir, est le fruit du travail de ces ouvrières.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 161

161

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


3 Voici des extraits du texte L’effet de serre. Classez chacun d’eux dans le tableau selon le procédé explicatif qu’ils présentent. •• Quelque chose dans l’atmosphère agit comme les vitres d’une serre pour garder une portion de l’énergie solaire reçue […]. •• La surface de la Terre se réchauffe, sa température augmente. •• Cependant, d’autres gaz, comme le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitreux, permettent d’absorber plus d’énergie […]. •• À noter que les trois gaz principaux de l’air (azote, oxygène et argon) n’ont pas une structure moléculaire […]. •• Tableau 2.1 Principaux gaz à effet de serre •• L’énergie supplémentaire absorbée, permettant d’atteindre une nouvelle température d’équilibre, s’appelle forçage radiatif. Définition

Illustration

Reformulation

Exemple

Comparaison ou métaphore

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 162

162

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


4 Utilisez les procédés explicatifs demandés pour clarifier les phrases suivantes. Pour ce faire, copiez la phrase en y faisant les modifications nécessaires. Exemple : La pollution atmosphérique peut causer du smog. La définition  : La pollution atmosphérique peut causer du smog, un brouillard épais recouvrant parfois les villes polluées. a) L’énergie solaire est une énergie renouvelable.

La reformulation :

b) Les cellules photovoltaïques entrent dans la fabrication des panneaux solaires.

La définition :

c) Il existe plusieurs utilisations de l’énergie solaire.

L’exemple :

d) L’énergie solaire est une énergie renouvelable.

La comparaison :

e) Les rayons du soleil frappent les panneaux solaires qui se trouvent sur le toit de la maison et l’énergie alors produite est redirigée vers le chauffe-eau.

L’illustration :

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 163

163

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Stratégie de lecture J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Les Autochtones sont les peuples qui ont toujours vécu sur leur territoire d’origine. On utilise aussi les termes Aborigènes et Indigènes. Les Autochtones du Canada sont les Premières Nations, les Métis et les Inuits.

1 Dans cette page, surlignez les passages qui répondent aux questions qui ? où ? et quand?

Intention de lecture  Prêter attention aux éléments qui assurent la cohérence du texte.

Les populations autochtones   L’Amérique au moment des premiers contacts En 1492, au moment de l’arrivée de Christophe Colomb, le continent américain est loin d’être un désert inhabité. On y trouve une très grande diversité de peuples autochtones, chacun possédant sa langue, son organisation sociale, son mode de vie, son système de parenté et ses croyances religieuses. Certains groupes, comme la plupart des peuples algonquiens, vivent de chasse, de pêche et de cueillette. D’autres, tels les peuples iroquoiens, complètent leur alimentation en cultivant diverses plantes, dont le maïs, les courges et les haricots. Au nord du continent, de nombreuses nations sont nomades, tandis qu’au sud, les populations d’agri­ culteurs se réunissent en villages qui peuvent parfois compter plusieurs centaines d’habitants.

1

5

AUJOURD’HUI La gastronomie américaine Bon nombre des produits alimentaires que nous consommons régulièrement étaient inconnus des Européens avant l’époque des grandes découvertes. En fait, on estime que les trois cinquièmes des aliments aujourd’hui cultivés sont originaires du continent américain. Parmi ceux-ci, on trouve le maïs, les tomates, les pommes de terre, les piments, les poivrons, les zucchinis, les haricots, les avocats et les ananas.

10

15

20

Les Autochtones cultivaient de façon commune le maïs, les courges et les haricots. Par exemple, le maïs servait de tuteur aux haricots grimpants. On appelle cette technique les « trois  sœurs ».

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 164

164

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Pour en savoir plus Béatrice Kasbarian-Bricout, Les Amérindiens du Québec, L’Harmattan, 2004.

Les conséquences de l’expansion européenne 25

30

35

40

45

50

L’arrivée des Européens en Amérique entraîne une baisse considérable des populations autochtones. Elle provoque également des transformations profondes dans les sociétés autochtones, dont les cultures et les modes de vie sont bouleversés. Chute de la population Trois principales raisons expliquent la chute des populations autochtones après l’arrivée des Européens. 1. Les maladies Les maladies que les Européens apportent avec eux font des ravages au sein des populations autochtones. En effet, parce qu’ils vivent isolés sur leur continent depuis plusieurs siècles, les habitants de l’Amérique n’ont pas un système immunitaire aussi efficace contre les maladies courantes de l’Ancien Monde. Il est impossible d’évaluer le nombre total de victimes de ce « choc microbien », mais, dans certaines régions, plus de 90 % des habitants sont victimes des nouvelles maladies. 2. Les guerres Dans certaines régions, les contacts entre les Européens et les Autochtones prennent une tournure violente, en particulier lorsque les Européens tentent d’imposer leur domination. Les guerres qui en résultent font de nombreuses victimes, surtout du côté autochtone. 3. Les travaux forcés Faute de main-d’œuvre pour exploiter les terres dont ils prennent possession, les colons européens contraignent les Autochtones – et plus tard des esclaves venus d’Afrique – à travailler pour eux. De nombreux Autochtones meurent ainsi à la tâche dans les plan­ tations de canne à sucre ou de tabac et dans les mines de métaux précieux.

2 Surlignez la phrase qui répond à la question quoi ? 3 Encadrez les trois causes de la chute des populations autochtones. 4 Dans le 1er paragraphe de cette page, soulignez les deux verbes qui démontrent qu’il s’agit d’un texte explicatif présentant des liens de causeconséquence.

L’esclavage était une pratique courante autrefois. Cette pratique consiste à priver une personne de sa liberté. Celle-ci devient alors la propriété d’un autre individu au même titre qu’un bien matériel. Le « propriétaire » peut disposer de son esclave comme bon lui semble : le faire travailler, le battre ou même le vendre.

Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse, « Les populations autochtones », Rétrospective, 2e secondaire, Grand Duc, 2012, p. 56-57.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 165

165

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez l’essentiel du texte en répondant aux questions suivantes. a) Quand ? b) Où ? c) Qui et quoi ?

et

se rencontrent, entraînant (conséquence)

.

d) Pourquoi ? (trois raisons)

2 Quel phénomène est expliqué dans la deuxième partie du texte ? Formulez une question à laquelle répondent les éléments présentés dans cette partie.

3 a) À quel type de séquence correspond le 2e paragraphe du texte ? b) Selon vous, pourquoi les auteurs ont-ils choisi d’insérer cette séquence ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 166

166

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Réaction 4 Que pensez-vous de l’attitude des Européens à leur arrivée en Amérique ? Expliquez votre réponse en vous basant sur le texte et vos repères culturels.

Jugement critique 5 À votre avis, ce texte présente-t-il des informations crédibles ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

Grammaire du texte 6 Dans un texte, il est important d’assurer une cohérence et d’éviter les contradictions. Serait-il contradictoire d’écrire que les Autochtones formaient un peuple homogène ? Expliquez votre réponse en vous basant sur le texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 167

167

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire en contexte 1 Dans le texte des pages 164 et 165, on peut lire : « Dans certaines régions, les contacts entre les Européens et les Autochtones prennent une tournure violente, […]. Les guerres qui en résultent font de nombreuses victimes, surtout du côté autochtone. » Pourquoi le mot autochtone s’écrit-il la première fois avec une majuscule, mais la seconde fois avec une minuscule ?

Ressource de la langue

g

La reprise de l’information

m

z

s

laclasse.grandducenligne.com

Lorsqu’on écrit un texte, on peut utiliser d’autres moyens que les synonymes pour enrichir le vocabulaire et éviter les répétitions. Substitution

Exemple

Un pronom qui reprend un nom collectif (qui compte plusieurs éléments)

Ce groupe pratiquait surtout l’agriculture. Il cultivait le maïs, les courges et les haricots.

Un pronom personnel complément (les, en, y)

Il cultivait le maïs, les courges et les haricots. Les habitants du village en mangeaient régulièrement.

Un pronom numéral

Parmi les nombreux peuples vivant en Amérique, deux se trouvaient au nord-est du territoire.

Un pronom indéfini : certains, d’autres, chacun, etc.

Les habitants du village en mangeaient régulièrement. Chacun avait des besognes à accomplir et ces tâches assuraient le bon fonctionnement du groupe.

Un synonyme qui tient compte de la variété de langue (familière, standard, soignée)

Chacun avait des besognes à accomplir et ces tâches assuraient le bon fonctionnement du groupe.

Une périphrase qui décrit l’élément repris en lui donnant une caractéristique

Ainsi vivaient les Iroquoiens. Ces peuples sédentaires étaient bien organisés.

Un GAdv qui reprend l’information en comparant

Les hommes travaillaient dur, les femmes également.

Association Avec un déterminant indéfini (aucun, certains, chaque, etc.)

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 168

Exemple Ces gens pratiquaient aussi la cueillette de petits fruits dont ils arrivaient à trouver certaines variétés dans la nature.

168

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


2 Les phrases suivantes sont tirées du texte Les populations autochtones. Identifiez le procédé de reprise souligné dans chacune d’elles. a) On y trouve une très grande diversité de peuples autochtones, chacun possédant sa langue, son organisation sociale, son mode de vie, son système de parenté et ses croyances religieuses.

b) Certains groupes, […], vivent de chasse, de pêche et de cueillette.

c) D’autres, […], complètent leur alimentation en cultivant diverses plantes, dont le maïs, les courges et les haricots.

d) En effet, parce qu’ils vivent isolés sur leur continent depuis plusieurs siècles, les habitants de l’Amérique n’ont pas un système immunitaire aussi efficace contre les maladies courantes de l’Ancien Monde.

3 Rédigez quelques phrases qui résument le contenu du texte. Utilisez deux procédés de reprise différents et soulignez-les.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 169

169

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Stratégie de lecture J’utilise les outils mis à ma disposition.

L’électricité statique nous entoure, elle est partout. Il suffit de marcher sur un tapis en se frottant les pieds pour en faire l’expérience ! Ce phénomène est étudié dans le programme de science et technologie.

1 Soulignez des termes techniques utilisés dans cette page. Cherchez dans un dictionnaire la définition de ceux qui vous sont inconnus. 2 Dans le 1er paragraphe, encadrez un pronom qui marque la distanciation de l’énonciateur.

Définitions ambre : résine fossile jaune orangé d’un conifère, utilisée comme ornement dans la fabrication de bijoux. électrostatique : étude des charges élec­triques stables et des forces qui s’exercent entre elles.

Intention de lecture  Prêter attention au point de vue du texte.

L’ électricité statique et la charge électrique   Certains matériaux, comme l’ambre, peuvent acquérir la propriété d’en attirer d’autres lorsqu’on les frotte. Même si ce fait est connu depuis fort longtemps, les théories pour l’expliquer se sont succédé, en faisant souvent appel à de mystérieux fluides sans masse circulant dans la matière. Ce n’est que lorsque le modèle de l’atome a été développé, au début du 20e siècle, que l’on a pu commencer à expliquer de façon satisfaisante les phénomènes électrostatiques. Les notions sur l’atome, vues dans le chapitre Atome et périodicité, sont donc essentielles pour comprendre ces phénomènes. Ces notions sont résumées ci-dessous. Électron • Charge négative • Peut circuler d’un atome à l’autre Proton • Charge positive • Lié au noyau

rge

Cha

Cha

rge

Atome neutre

Atome chargé négativement (anion)

Ajout e

ativ

nég

nég

ativ

e

Retrait

Atome chargé positivement (cation)

1

5

10

Laboratoire Manipulations en électrosta­­ tique 1 et 2 Buts : observer le comportement de différents objets chargés par frottement ; confirmer qu’il existe plus d’un type de charge électrique et vérifier ou découvrir la loi des charges.

Figure 4.3  Formation d’un ion négatif lors de l’ajout d’un électron, ou d’un ion positif lors du retrait d’un électron à un atome

Des manipulations simples en électrostatique, comme les laboratoires 13 et 14, permettent de vérifier que : Deux charges de même type se repoussent

Deux charges de types différents s’attirent

Figure 4.4  Montage des expériences en électrostatique permettant d’observer le comportement des objets chargés

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 170

170

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Pour en savoir plus Collectif, Secrets de l’électricité statique, Gallimard, 1998.

15

Deux charges de même type se repoussent ; deux charges de types différents s’attirent. C’est la loi des charges. Les atomes de différents matériaux retiennent leurs charges négatives avec des forces différentes. Si on les ordonne selon cette propriété, on obtient une série électrostatique.

20

25

30

3 Surlignez deux phrases de forme impersonnelle ou tournures impersonnelles.

Dans la figure 4.5, le matériau qui attire le plus fortement les électrons se trouve en haut de la liste. Il faut noter que seuls les électrons se déplacent, comme le modèle de l’atome le prévoit. Plus les matériaux sont éloignés dans la série, plus le transfert d’électrons est facilité. Pour éviter ce mouvement de charges, il ne faudrait faire sécher ensemble que des tissus identiques ou qui se trouvent très près les uns des autres dans la série électrostatique. Défi Si l’air était conducteur d’électricité, nous recevrions continuellement des chocs en passant près d’une prise de courant ou d’un fil électrique dénudé, mais alors, comment expliquer la foudre ? Dans ce cas, il s’agit bien des charges qui circulent entre le sol et les nuages. L’air est-il un milieu conducteur ? Si oui, dans quelles circonstances ? Laboratoire Objets chargés et objets neutres But : utiliser un versorium rudimentaire pour détecter la présence de charges électriques sur des objets que l’on approchera ensuite d’objets neutres pour observer leur comportement.

Figure 4.5 Série électrostatique Les matériaux en tête de liste deviennent négatifs lorsqu’on les frotte avec un matériau nommé en dessous d’eux.

Carole Schepper et Claude Dignard, « L’électricité statique et la charge électrique », Science-Tech au secondaire, Un regard sur l’environnement, 4e secondaire, Grand Duc, 2008, p. 76-77.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 171

171

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) Selon le texte, quelles notions essentielles sont introduites avant d’aborder le sujet de l’électricité statique ? b) Citez l’extrait qui explique pourquoi il est nécessaire de connaître certaines notions avant d’aborder l’électricité statique.

2 a) Selon ce texte, qu’est-ce qui explique le classement des matériaux de la figure 4.5 ?

b) Que se passe-t-il quand on frotte des chaussures à semelles de caoutchouc sur un tapis de laine ?

3 Dans ce texte, passe-t-on de l’abstrait au concret pour expliquer l’électrostatique ou l’inverse ? Expliquez votre réponse en donnant des exemples précis relativement aux images.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 172

172

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Réaction Ce texte sur l’électricité statique vous fera-t-il voir ce phénomène de façon différente 4 dans la vie de tous les jours ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique À votre avis, la présentation visuelle de ce texte permet-elle de rendre l’explication 5 plus claire ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 173

173

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire du texte 6 Dans chacune des phrases suivantes tirées du texte, surlignez les formules impersonnelles qui s’adressent pourtant aux élèves qui lisent ce chapitre. a) Pour éviter ce mouvement de charges, il ne faudrait faire sécher ensemble que des tissus identiques ou qui se trouvent très près les uns des autres dans la série électrostatique. b) Il faut noter que seuls les électrons se déplacent, comme le modèle de l’atome le prévoit.

7 a) Cochez les caractéristiques qui s’appliquent à ce texte afin de déterminer le point de vue des auteurs tout au long du chapitre. Neutre 

Subjectif 

Utilisation du pronom on pour montrer la distanciation des auteurs Présence de phrases de forme impersonnelle ou de tournures impersonnelles Utilisation d’un vocabulaire technique et scientifique

Présence de pronoms personnels de la 1re personne du singulier Utilisation de vocabulaire connoté pour exprimer leur opinion Utilisation de la langue populaire pour rendre le sujet accessible

b) À partir de vos réponses en a), démontrez le point de vue adopté par les auteurs. Écrivez-le sous forme de phrases complètes et accompagnez d’un exemple chacun des aspects que vous soulevez.

8 a) Comment se nomme le procédé explicatif utilisé pour résumer les notions portant sur l’atome ?

b) Quel procédé explicatif est employé pour nommer des matériaux qui peuvent en attirer d’autres lorsqu’on les frotte ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 174

174

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire en contexte 1 Dans les extraits suivants, justifiez l’accord du nom sans déterminant dans chacun des groupes prépositionnels soulignés. a) Si l’air était conducteur d’électricité, nous recevrions continuellement des chocs en passant près d’une prise de courant […].

Voir la notion 11, p. 231.

b) But : utiliser un versorium rudimentaire pour détecter la présence de charges électriques […].

Ressource de la langue

s

Le vocabulaire

b

n

x

laclasse.grandducenligne.com

Dans un texte de vulgarisation scientifique ou dans un manuel scolaire, le vocabulaire tient une place prépondérante afin de bien identifier les réalités dont il est question.

Le vocabulaire technique ou scientifique Difficile de comprendre tous les termes employés notamment en sciences ? Issus généralement du latin et du grec, ces mots peuvent en fait être décodés plus facilement si l’on connaît la signification de leurs composés. Exemples : • Le mot pédiatre est formé des composés péd-, qui signifie « enfant », et -iatre, qui signifie « soigner ».

• Le mot quadrupède est formé des composés quadru-, qui signifie « quatre », et -pède, qui signifie « pied ».

Petit truc ! On trouve la signification de ces composés dans les dictionnaires, soit au début ou à la fin, sous forme de tableau, ou encore selon l’ordre alphabétique (chercher –pède).

Les néologismes Certains termes sont aussi créés pour désigner des réalités nouvelles (texto, courriel, clavardage, etc.). Les néologismes sont utiles notamment en sciences pour désigner les découvertes. Ce peut être aussi une nouvelle signification attribuée à un mot déjà existant. Exemple : pirate (des mers/informatique).

Les termes synthétiques Afin de reprendre l’essentiel d’une partie d’un texte ou de faciliter la compréhension d’un phénomène, on peut utiliser un terme ou une expression synthétique précédé d’un déterminant défini ou démonstratif. Ce terme fera alors la synthèse des mots utilisés (plusieurs mots résumés en un seul). Exemple : La loi de la gravité provient d’une anecdote bien bête. Newton aurait reçu par accident une pomme sur la tête et en aurait déduit sa théorie. Grâce à cette expérience fortuite, la science a fait un pas de géant. Le GN cette expérience fortuite résume les deux phrases qui le précèdent. © Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 175

175

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


2 Donnez la définition des termes techniques suivants employés à la page 170 du texte L’électricité statique et la charge électrique. Vous pouvez consulter divers outils tels un dictionnaire, un ouvrage scientifique ou Internet. a) atome :

b) électron :

c) proton :

d) noyau :

e) ion :

3 Dans l’extrait suivant, soulignez le terme synthétique employé. Puis, placez entre crochets ce qui est repris par ce terme synthétique. Certains matériaux, comme l’ambre, peuvent acquérir la propriété d’en attirer d’autres lorsqu’on les frotte. Même si ce fait est connu depuis fort longtemps, les théories pour l’expliquer se sont succédé, en faisant souvent appel à de mystérieux fluides sans masse circulant dans la matière.

4 Voici un néologisme : polypropylène. a) Écrivez la définition de ce terme.

b) Selon vous, pourquoi s’agit-il d’un néologisme ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 176

176

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Intention de lecture Prêter attention aux énonciateurs que l’auteur fait intervenir pour ajouter de la crédibilité à ses propos.

Différences, intérêts et coexistence, aujourd’ hui, au Québec 1

5

La période 1760-1791, marquée par une conquête militaire et l’intégration du Canada à l’Empire britannique, laisse des héritages importants. Deux com­­munautés, l’une francophone et catholique, l’autre anglophone et protestante, sont désormais amenées à vivre et à coexister sur un même territoire malgré leurs différences et des intérêts parfois divergents. Aujourd’hui, les enjeux qui reflètent cette dualité continuent à susciter des débats enflammés.

3.31 Déclaration du Mouvement Québec français 10

15

« Nous, citoyennes et citoyens regroupés dans le Mouvement Québec fran­çais, lançons un appel pressant à la mobilisation et à l’action ! Au regard des faits, la situation actuelle du français est claire : le pouvoir d’attraction de l’anglais reste largement supérieur à celui du français. Le français n’est pas la langue commune. Alors que la population francophone est maintenant sous les 50 % à Montréal et sous les 80 % dans l’ensemble du Québec, il est impérieux qu’un mou­vement national pour le français voie le jour. […] En tant que citoyens et citoyennes du monde, nous avons la responsabilité de défendre et de promouvoir la différence culturelle et linguistique du Québec.

20

Comme le disait Pierre Bourgault, « quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégé­monie d’une seule ». […] » Source : Mouvement Québec français, « Déclaration du Mouvement Québec français », 2011 [En ligne].

25

30

35

3.32 Le système scolaire anglophone « Les commissions scolaires anglophones souhaitent […] raviver le débat sur l’accès à l’école anglaise. Marcus Tabachnick, le président de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, estime qu’il en va de la pérennité du système scolaire anglophone. “ll faut discuter de la façon dont on va assurer la survie des écoles anglaises. De 250 000 élèves en 1976, nous n’en avons plus que 110 000. Assez c’est assez, il faut parler de l’accès à l’enseignement en anglais”, a fait valoir M. Tabachnick. »

Stratégie de lecture Je fais des liens avec ce que je sais déjà sur le sujet.

Le territoire du Canada a d’abord été colonisé par la France pour ensuite être conquis par l’Angleterre. À travers le temps, les deux langues ont subsisté. Cet extrait de manuel d’histoire se penche sur la coexistence des francophones et des anglophones aujourd’hui. 1 Surlignez les personnes et le groupe cités dans cette page. 2Soulignez les statistiques fournies sur la situation du français au Québec.

Définitions divergent : différent, voire contraire, opposé. dualité : réalité composée de deux éléments distincts. impérieux : impératif, pressant, urgent. hégémonie : supré­ matie, domination. pérennité : continuité, durabilité.

Source : Clairandrée Gauchy, « Les commissions scolaires anglophones veulent relancer le débat sur l’accès à leurs écoles », Le Devoir, 2011 [En ligne].

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 177

177

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Pour en savoir plus Chantal Bouchard, Méchante langue : la légitimité du français parlé au Québec, Les Presses de l’Université de Montréal, 2012.

3 Soulignez la statistique comparable à celles de la page précédente.

La langue de l’éducation au Québec Selon la Charte de la langue fran- 3.33  Poids démographiques çaise, les élèves doivent recevoir au des principaux groupes linguistiques au Canada primaire et au secondaire un ensei57 % gnement en français. Les élèves qui Anglais 22 % répondent à l’un des critères sui- Français 20 % vants ont toutefois la possibilité de Autres langues 1 % recevoir un enseignement en anglais : Réponses multiples Source : Statistique Canada, • les enfants dont un des parents est « Population selon la langue maternelle citoyen canadien et a fait la majo- et les groupes d’âge, chiffres de 2006, le Canada, les provinces et les rité de ses études primaires en pour territoires », 2011 [En ligne]. anglais au Canada ; • les enfants dont un des parents est citoyen canadien et qui font ou ont fait la majeure partie de leurs études primaires ou secondaires en anglais au Canada, de même que leurs frères et sœurs.

40

45

50

Sébastien Brodeur-Girard et Claudie Vanasse, « Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec », Rétrospective, 3e secondaire, Grand Duc, 2012, p. 80-81.

La toile Le débat sur les langues, peinte par Charles Huot en 1913, trône toujours au Salon bleu de l’Assemblée nationale à Québec. L’artiste a voulu représenter l’Assemblée législative du Bas-Canada en janvier 1793. Les élus ont alors débattu sur l’utilisation de la langue en chambre : les travaux se dérouleront-ils en anglais, en français ou dans les deux langues ?

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 178

178

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Complétez le schéma qui résume cet extrait de manuel scolaire. Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec

Encadré 3.31

La mise en contexte historique qui démontre que…

Qui ?

Dit qu’il faut…

aujourd’hui au Québec vient de

au cours de la période 1760-1791. Encadré 3.32 Qui ? Dit qu’il faut…

Le tableau 3.33 montre que, au Canada, la population est surtout

 . La langue de l’éducation au Québec

On explique que, selon la Charte de la langue française, ,  sauf 

 .

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 179

179

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


2 Expliquez dans vos mots ce qu’entend Pierre Bourgault par « quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule ».

3 En considérant le choix des personnes citées, les auteurs vous semblent-ils neutres par rapport au débat linguistique au Québec ? Justifiez votre réponse en vous basant sur le texte.

Réaction 4 Croyez-vous que l’on devrait laisser chacun libre d’étudier dans la langue de son choix ou favoriser l’école francophone afin de préserver la langue française au Québec ? Justifiez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 180

180

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Jugement critique 5 À votre avis, cet extrait provenant d’un chapitre de manuel scolaire vous semble-t-il pertinent et crédible ? Justifiez votre point de vue en vous basant sur des éléments tirés du texte.

Grammaire en contexte 6 La source de ce texte est-elle fiable et crédible ? Donnez une raison pour justifier votre réponse.

7 Les statistiques fournies dans le texte sont-elles contradictoires ? Expliquez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 181

181

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Jugement critique comparatif 8 a) Lequel de ces chapitres de manuel de science et technologie ou de sciences humaines avez-vous préféré ? L’expression du sacré L’effet de serre Les populations autochtones L’électricité statique et la charge électrique Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants :

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : - donner votre opinion ; - exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; - donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

le choix du sujet (intérêt, pertinence) ; la qualité de l’explication fournie (crédibilité des sources, clarté du texte) ; la qualité de l’écriture (choix du vocabulaire, construction des phrases, etc.) ; l’organisation du texte ; la présentation visuelle (mise en page, illustrations, etc.).

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 182

182

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Ressource de la langue

6

Le discours rapporté

4

3

x

laclasse.grandducenligne.com

Le discours rapporté direct Le discours rapporté direct (ou citation) permet de rapporter les paroles de quelqu’un telles qu’elles ont été écrites ou dites. Il y a plusieurs façons de le faire. En voici un exemple :

L’énonciateur est présenté.

Le discours rapporté direct est introduit par un verbe de parole et un deux-points.

La citation est encadrée par des guillemets.

Clairandrée Gauchy affirme ceci : « Les commissions scolaires anglophones, indique-t-elle, souhaitent […] raviver le débat sur l’accès à l’école anglaise. » Les points de suspension entre crochets indiquent qu’un passage de la citation a été omis. On peut aussi utiliser les crochets pour insérer dans la citation une précision qui ne vient pas de la personne citée.

Évidemment, avant de citer quelqu’un, il est primordial de s’assurer de sa crédibilité et de vérifier l’exactitude de ses propos.

Remarque : Le point final de la citation se trouve devant le guillemet fermant.

La phrase incise On la reconnaît facilement par l’inversion du sujet. Elle se trouve à l’intérieur ou à la fin de la citation. L’incise est détachée du reste de la phrase par des signes de ponctuation. ፝፝ Si elle est au milieu d’une phrase, elle est encadrée de virgules. Exemple : Il s’agit, dit-il, d’un moment historique.

፝፝ Si elle est à la fin d’une phrase, elle est précédée d’une virgule et suivie du point. Exemple : Il s’agit d’un moment historique, dit-il.

፝፝ Si elle se trouve à la fin d’une phrase exclamative ou interrogative, elle n’est pas précédée d’une virgule, mais du point d’exclamation ou d’interrogation terminant cette phrase. Exemple : Il s’agit vraiment d’un moment historique ! dit-il.

፝፝ Si elle se trouve à la fin de la citation, elle est à l’extérieur des guillemets. Cependant, si elle est courte et se trouve au cœur de la citation, la phrase incise est à l’intérieur des guillemets. Exemple : « Il s’agit d’un moment historique ! » dit-il. / « Il s’agit, dit-il, d’un moment historique ! »

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 183

183

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Le discours rapporté indirect Le discours rapporté indirect permet de rapporter les propos de quelqu’un en les reformulant en d’autres mots. Contrairement au discours rapporté direct, il ne requiert aucune ponctuation particulière. Cependant, il ne permet pas de connaître les paroles exactes qui ont été prononcées ou écrites.

L’énonciateur est présenté.

Le discours rapporté indirect est introduit par un verbe de parole neutre (dit) ou subjectif (désapprouve).

Généralement, le verbe de parole est suivi d’une subordonnée complétive.

Pierre Bourgault affirmait qu’en défendant le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre la domination d’une seule.

La subordonnée complétive et la concordance des temps  ፝፝ La subordonnée complétive est une phrase subordonnée (P2) insérée dans une autre phrase (P1 ) à la place d’un groupe nominal ou d’un groupe prépositionnel. Elle est habituellement introduite par la conjonction que, qui joue le rôle de subordonnant. Exemple : Il croit que c’est une bonne idée.

፝፝ Le mode et le temps de la complétive dépendent du verbe introducteur. • Si le verbe introducteur exprime une réalité ou une certitude, le verbe de la subordonnée est à l’indicatif. Exemple : Le président indique que la réunion est terminée.

• Si le verbe introducteur exprime un sentiment, un souhait, une possibilité, le verbe de la subordonnée est au subjonctif. Exemple : Le président voudrait que la réunion finisse tôt.

፝፝ La subordonnée complétive peut être réduite à un GPrép contenant un infinitif ou à un GN. Exemple : Le propriétaire exigea qu’elle vienne le voir. Le propriétaire exigea de la voir. Le propriétaire exigea sa venue.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 184

184

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Grammaire en contexte 1 Voici un discours rapporté direct extrait du texte Différences, intérêts et coexistence, aujourd’hui, au Québec. « ll faut discuter de la façon dont on va assurer la survie des écoles anglaises. De 250 000 élèves en 1976, nous n’en avons plus que 110 000. Assez c’est assez, il faut parler de l’accès à l’enseignement en anglais », a fait valoir M. Tabachnick.

a) Surlignez l’énonciateur et soulignez le verbe de parole. b) Le verbe de parole est-il neutre ou subjectif ? c) Transformez ce discours rapporté direct en discours rapporté indirect.

2 a) Dans la citation suivante inspirée du texte, soulignez la proposition incise, puis identifiez le verbe et son sujet. « Quand nous défendons le français chez nous, disait Pierre Bourgault, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. »

b) Le verbe de parole employé est neutre. Quel verbe subjectif pourrait le remplacer ?

3 La phrase suivante présente un discours rapporté indirect. Marcus Tabachnick, le président de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, estime qu’il en va de la pérennité du système scolaire anglophone.

a) Surlignez l’énonciateur et soulignez le verbe de parole. b) Le verbe de parole est-il neutre ou subjectif ? c) Placez entre crochets la subordonnée complétive. d) Transformez ce discours rapporté indirect en discours rapporté direct.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 185

185

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


4 a) Présentez les paroles contenues dans chaque phylactère sous forme de discours rapporté direct avec un verbe de parole subjectif. J’aurais aimé avoir le choix d’étudier en français ou en anglais.

Carolanne Vallières, élève de 3e secondaire

b) Présentez les paroles ci-dessous sous forme de discours rapporté indirect avec un verbe de parole neutre. Il faut protéger notre langue française puisqu’elle fait partie de notre culture.

Dominic Blouin, enseignant de français

5 Conjuguez au temps présent du bon mode chacun des verbes entre parenthèse dans les phrases qui suivent. Justifiez votre réponse. a) La population aimerait que le choix (être)

Justification :

b) Le ministre croit que la situation actuelle (devenir)

préoccupante.

Justification :

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 186

plus varié.

186

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Situation d’écriture

Résumé d’un chapitre d’un manuel de science et technologie ou de sciences humaines Vous écrirez le résumé d’un chapitre de manuel scolaire (manuel de science, de géographie ou d’histoire). Il est important de vous assurer qu’on y présente une explication et non une description. Vous pouvez choisir un chapitre à étudier en vue d’une évaluation. Cette activité vous aidera à réviser tout en vous permettant de synthétiser la matière vue. Avant de rédiger votre résumé, suivez les étapes suivantes. Faites approuver votre choix de chapitre par votre enseignante ou enseignant. Lisez le chapitre en surlignant les informations importantes (idée centrale du texte, aspects et sous-aspects).

Un résumé est un texte écrit dans vos mots afin de démontrer votre compréhension d’un chapitre. Le résumé est donc neutre (sans opinion), bref (présente l’essentiel de manière concise), mais com­ plet (présente toutes les informations importantes).

Réalisez le plan de votre rédaction. Au moment de rédiger votre texte, assurez-vous de respecter les consignes suivantes. Respectez la structure du texte d’origine. Prenez soin de bien relier les idées entre elles à l’aide d’organisateurs textuels. Employez au moins un des procédés explicatifs à l’étude pour rendre l’information plus accessible (p. 160). Employez un vocabulaire technique ou scientifique (p. 175). Utilisez des procédés de reprise de l’information pour éviter les répétitions (p. 168). Citez au moins une source au moyen du discours rapporté direct ou indirect (p. 183). Prenez aussi le temps de vérifier :

Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez-vous aux pages 252 et 253.

la syntaxe et la ponctuation des phrases ; l’orthographe des mots et les accords ; la conjugaison des verbes.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un texte explicatif, je dois

clairement

un fait, une situation ou un phénomène. Il est important de bien organiser

 . Je dois utiliser

mon texte à l’aide d’un titre et d’ des procédés

et conserver un point de vue sur le sujet.

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 187

187

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


Suggestions de lecture Magazines et revues de vulgarisation scientifique Les Débrouillards

L’actualité

Science et Vie Junior

Sciences et Avenir

Geo Ado

Ça m’intéresse

Cosinus

La Recherche

Le magazine de maths et de sciences

Pour la science

Québec Science

Terre sauvage

Science et Vie

Le monde grandeur nature

© Éditions Grand Duc

4596_02-Explication-F.indd 188

L’Histoire

188

L’EXPLICATION

19-01-21 11:14 AM


La poésie Le poème lyrique Béatrice Qu’en avez-vous fait ? Conseil Les deux printemps La tête haute

4596_03-Poesie-F.indd 189

p. 194 p. 200 p. 206 p. 209 p. 216

19-01-21 11:25 AM


Les éléments en couleur sont particulièrement importants cette année.

La poésie La situation de communication Auteur

Œuvre

Lecteur

•• L’auteur d’un texte poétique est défini par son identité, son appartenance géographique, son époque et sa notoriété. •• Son intention peut être : – d’expérimenter des jeux poétiques ; – d’exprimer ses senti­ ments, ses émotions et sa perception de la réalité dans une langue imagée ; – de traduire son imaginaire et ses opinions en utilisant la langue de façon imagée.

•• Le lecteur doit tenir compte : – du contexte de production ou de publication de l’œuvre (année et lieu où elle a été écrite, édition) ; – du contexte historique ou socioculturel.

•• Lorsqu’il lit un texte poétique, le lecteur développe son intérêt pour le langage imagé et se familiarise avec la poésie. •• Son intention peut être : – de lire ou d’écouter pour se laisser émouvoir ; – de découvrir un univers poétique ; – d’apprécier des manières particulières de désigner ou d’évoquer des réalités ; – de développer sa sensibilité esthétique et sa connaissance de la poésie.

La cohérence et l’organisation du texte Moyens pour assurer la cohérence du texte

Moyens pour organiser le texte

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 190

•• Procédés de reprise •• Progression thématique par les champs lexicaux, l’association d’éléments et les figures de style •• Non-contradiction entre : – les éléments de l’univers poétique – le titre, le thème et l’univers •• Titre •• Découpage et procédés qui structurent le texte et en marquent le rythme •• Forme fixe ou libre •• Organisateurs •• Disposition graphique et formes visuelles particulières •• Mise en évidence de certains mots

190

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


L’organisation d’un texte poétique

Structure du poème

•• Vers et strophes (au lieu de phrases et de paragraphes) •• Découpage en strophes, en couplets, en refrains •• Forme fixe ou libre •• Disposition graphique (régulière, particulière, enjambement, rejet) •• Particularités lexicales, linguistiques ou stylistiques •• Séquence descriptive ou narrative

Ressources linguistiques

•• Champs lexicaux •• Procédés lexicaux, syntaxiques et stylistiques •• Ton, écriture à la 1re ou à la 3e personne (manifestation de l’énonciateur) •• Choix de mots usuels, recherchés ou évocateurs •• Invention de mots •• Association de mots qui créent des images (comparaison, métaphore, contraste, antithèse, personnification, métonymie), des symboles et des jeux de sonorités •• Jeux sur les divers sens des mots : polysémie, connotation •• Agencement de mots : – phrases présentant des écarts avec la norme – inversion de mots – répétition de mots, de groupes de mots, de structures •• Ponctuation

Moyens pour créer le rythme et la sonorité

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 191

•• Vers : – rimés ou non – rimés à la fin de deux ou plusieurs vers – réguliers ou libres •• Répétition de sons, de mots, de structures •• Musicalité des mots •• Syntaxe et ponctuation

191

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Le poème lyrique Qu’est-ce que c’est ? Les poèmes sont des textes très variés : ils peuvent être courts ou longs, en prose ou en vers, rimés ou non, etc. Leur caractéristique commune, c’est l’utilisation particulière des mots. Le langage poétique est un agencement de mots créant des images, un rythme et des sonorités qui produisent un effet chez le lecteur. Dans un poème lyrique, l’auteur aborde des thèmes qui se rapportent aux sentiments tels que l’amour, la tristesse, la nostalgie de la jeunesse, la peur, etc. Le poète utilise les mots de manière à évoquer ce qu’il ressent. Les poèmes lyriques sont souvent écrits à la 1re personne et mettent l’accent sur une expérience et une vision du monde très personnelles.

Qui l’écrit et pourquoi ? Une personne qui désire exprimer ses sentiments, présenter sa vision du monde dans une langue imagée. Qui le lit et pourquoi ? Une personne qui est prête à se laisser émouvoir, à découvrir la vision, l’univers d’un auteur. Quelqu’un qui apprécie la beauté de la langue. Où le trouve-t-on ? Les poèmes lyriques sont partout. Certains, de nature plus personnelle, restent secrets alors que d’autres se trouvent dans des lettres, dans Internet, mais surtout dans des recueils de poésie.

Certains termes sont spécifiques au texte poétique. Par exemple, dans un poème, une ligne porte le nom de « vers » et un regroupement de vers, lequel s’apparente à un paragraphe, est appelé « strophe ». Aussi, un poème se caractérise souvent par la présence de rimes, c’est-à-dire de sons qui se répètent à la fin de vers. On dit que ces rimes sont « suivies » lorsqu’elles s’enchaînent deux par deux (AABB), « croisées » lorsqu’elles s’alternent (ABAB) et « embrassées » lorsque deux rimes sont encadrées par deux autres (ABBA). Exemples : Rimes suivies Rimes croisées Rimes embrassées manteau fête amour chapeau amis embrassent neige tête enlacent manège partie tambour

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 192

192

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


A M. V. H. 1

[Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,1] Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux, Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux, Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

5

[Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ; Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux. Puis le cœur s’aperçoit qu’il est devenu vieux, Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.2]

10

De ces biens passagers que l’on goûte à demi, Le meilleur qui nous reste est un ancien ami. On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble, On s’approche, on sourit, la main touche la main, Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble, Que l’âme est immortelle, et qu’[hier c’est demain3].

Exemple de poème lyrique

Titre (Ce titre signifierait « À Monsieur Victor Hugo. ») 1 Vers (ligne) Champ lexical de la relation d’amitié Rimes qui créent une musicalité Langue soutenue Strophe (paragraphe) Utilisation de la 1re personne 3 Image créée par une antithèse 2

Alfred de Musset, « A M. V. H. », Poésies nouvelles, 1850.

Alfred de Musset (1810-1857) est né à Paris. Il a été poète, mais aussi dramaturge. © Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 193

193

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Stratégie de lecture J’utilise les outils mis à ma disposition.

Émile Nelligan (1879-1941) est un poète québécois devenu célèbre pour l’œuvre qu’il a créée en quelques années seulement, à la fin de son adolescence. C’est à lui que l’on doit entre autres le fameux poème Soir d’hiver, qui commence par : « Ah ! Comme la neige a neigé ! »

1 Dans les deux premières strophes, surlignez chaque rime d’une couleur différente. 2 Encadrez les deux marqueurs de relation de la 1re strophe.

Définitions tapageur : bruyant. ébène : de couleur noire. hautain : fier, qui est empreint de noblesse (sens littéraire). seoir : convenir. candeur : pureté, innocence. tarir : épuiser, anéantir. voûte azurée : ciel bleu. éthéré : qui est lié au ciel, aérien, céleste.

Intention de lecture Prêter attention à la structure du poème.

Béatrice   D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ; Puis vint la grande fille aux yeux couleur d’ébène, Une brune enfant pâle insensible au plaisir.

1

Son beau front est rêveur ; et, quelque peu hautaine Dans son costume blanc qui lui sied à ravir, Elle est bonne et charmante, et sa douce âme est pleine D’innocente candeur que rien ne peut tarir.

5

Chère enfant, laisse ainsi couler ton existence, Espère, prie et crois, console la souffrance. Que ces courts refrains soient tes plus belles chansons !

10

J’élève mon regard vers la voûte azurée Où nagent les astres dans la nuit éthérée, Plus pure te trouvant que leurs plus purs rayons. Émile Nelligan, « Béatrice », Poésies complètes, 1896-1899.

Émile Nelligan (1879-1941) est un poète québécois que l’on dit « romantique » et dont les représentants français sont, entre autres, Alphonse de Lamartine et Victor Hugo. © Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 194

194

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 a) Dans la première strophe, vous avez encadré deux marqueurs de relation. Qu’introduisent-ils ?

b) Pourquoi peut-on affirmer que les idées qu’ils introduisent sont très différentes, voire contraires ?

2 À qui le poète s’adresse-t-il dans les deux dernières strophes ?

3 Quels sont les deux éléments associés à la pureté dans la dernière strophe ?

4 Cochez les cases correspondant aux sentiments personnels évoqués dans ce poème. Expliquez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

 L’inquiétude  

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 195

 L’admiration  

195

  Le bonheur  

 L’émerveillement

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Réaction 5 Êtes-vous d’accord avec la vision de l’auteur relativement à l’enfance ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous des mots que l’auteur a choisis ? Sont-ils répétitifs ou variés, communs ou recherchés, simples ou complexes ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’exemples du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 196

196

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Grammaire du texte 7 Combien ce poème compte-t-il de strophes ?

8 Combien y a-t-il de vers dans : a) les deux premières strophes ?

b) les deux dernières strophes ?

9 Cochez les deux énoncés qui décrivent le mieux ces vers.  Ils sont courts, c’est-à-dire qu’ils comptent peu de mots et de syllabes.  Ils sont longs, car ils comptent huit syllabes ou plus.  Ils sont réguliers, puisqu’ils comptent le même nombre de syllabes.  Ils sont irréguliers, parce qu’il ne semble pas y avoir de règles fixes quant au nombre de syllabes et de vers par strophe.

Il y a plusieurs façons de créer le rythme et la sonorité dans un poème. Cochez le moyen utilisé par l’auteur de ce poème afin d’y parvenir.

  Les rimes

  La répétition de sons (allitération)

  La répétition de vers

a) Déterminez le type de rimes dans les deux premières strophes.

  Rimes croisées (ABAB)

  Rimes embrassées (ABBA)

  Rimes suivies (AABB)

b) Quels sont les deux sons qui y sont répétés ?

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 197

197

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Grammaire en contexte Voir les notions 16 à 21,

1 Réfère-toi à l’extrait suivant du texte Béatrice pour répondre aux questions.

p. 234 à 237.

D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ;

a) Quelle fonction exerce le groupe de mots en caractères gras ? b) Pourquoi le nom chêne ne prend-il pas la marque du pluriel ?

Ressource de la langue

x

La structure du poème

9

p

c

laclasse.grandducenligne.com

Un poème dont la structure respecte les règles propres au genre poétique est de forme fixe. Si sa structure ne s’aligne pas sur ces règles, il est de forme libre.

Le poème de forme fixe Dans un poème de forme fixe, certaines règles doivent être respectées : nombre de vers et de strophes, longueur des vers (qui se compte en syllabes), etc. La façon de disposer les rimes (suivies AABB, croisées ABAB, embrassées ABBA) est préétablie. Voici deux types de poèmes de forme fixe. Le sonnet : Il est courant en poésie. Le sonnet comporte quatorze vers répartis en quatre strophes : deux strophes de quatre vers (quatrains) comprenant deux rimes embrassées chacun et deux strophes de trois vers (tercets) comprenant trois rimes en tout. La structure la plus courante est la suivante : ABBA ABBA CCD EDE. Le haïku : Originaire du Japon, le haïku est un court poème de forme fixe. Il est composé de trois vers comprenant dix-sept syllabes. Le premier vers contient cinq syllabes ; le deuxième, sept et le troisième, cinq. Aucune rime n’est nécessaire.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 198

198

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Le poème de forme libre L’organisation d’un poème de forme libre est variable. Les espaces blancs, le découpage des strophes, les choix typographiques ainsi que la longueur des vers sont autant de façons de varier la forme. Le calligramme : C’est un texte poétique écrit en vers libres où la disposition des mots représente une forme généralement liée au thème du poème. La chanson : C’est un texte poétique chanté et rimé, accompagné de musique. La sonorité et le rythme caractérisent les couplets et le refrain de la chanson. Le refrain, qui peut être présent ou non, contient souvent le thème ou l’idée principale. Les couplets servent à développer le thème ou l’idée principale.

2 Surlignez l’énoncé qui décrit le mieux le poème Béatrice. Justifiez votre réponse. a) Il s’agit d’un poème de forme fixe, car certaines règles ont été respectées, notamment le nombre de vers et de strophes, la longueur des vers et les rimes. b) Il s’agit d’un poème de forme libre, car le poète n’a pas respecté de règle particulière, notamment le nombre de vers et de strophes, la longueur des vers et les rimes.

Justification :

3 En vous référant au texte intitulé A M. V. H., à la page 193, dites s’il s’agit d’un poème à forme fixe ou à forme libre, puis justifiez votre réponse à l’aide des caractéristiques de l’œuvre.

4 Combien de pieds (syllabes) comportent les vers de la première strophe du poème A M. V. H. ?

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 199

199

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Stratégie de lecture Je tiens compte de la ponctuation.

Marceline DesbordesValmore est une poétesse et comédienne d’origine française. Née vers la fin du 18e siècle, elle a traversé de nombreuses épreuves, notamment la mort de plusieurs de ses enfants.

1 Surlignez les vers qui sont répétés afin de produire un rythme. 2 Encadrez la strophe qui comprend une comparaison.

Définitions encens : résine odorante. amer : triste.

Intention de lecture Prêter attention au rythme et à la sonorité du poème.

Qu’en avez-vous fait ?   Vous aviez mon cœur, Moi, j’avais le vôtre : Un cœur pour un cœur ; Bonheur pour bonheur !

1

Vous me laissez là, Dans ma vie amère ; Vous me laissez là, Et Dieu voit cela !

Le vôtre est rendu, Je n’en ai plus d’autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu !

5

Savez-vous qu’un jour L’homme est seul au monde ? Savez-vous qu’un jour Il revoit l’amour ?

La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L’encens, la couleur : Qu’en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu’en avez-vous fait, De ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant Quitté par sa mère, Comme un pauvre enfant Que rien ne défend,

10

15

20

Vous appellerez, Sans qu’on vous réponde ; Vous appellerez, Et vous songerez !... Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant. Et l’on vous dira : « Personne !... elle est morte. » On vous le dira ; Mais qui vous plaindra ?

25

30

35

40

Marceline Desbordes-Valmore, « Qu’en avez-vous fait ? », Élégies et poésies nouvelles, 1825.

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) a d’abord exercé le métier de comédienne avant de se consacrer à la poésie. Plusieurs de ses pairs l’admiraient, dont Honoré de Balzac. © Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 200

200

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Quel est le sujet de ce poème ?

2 Expliquez dans vos mots le sens de chacune des deux premières strophes. a) 1re strophe :

b) 2e strophe :

3 a) Indiquez les lignes des quatre vers qui établissent une comparaison. b) Quels sont les deux éléments comparés ?

c) Quel est le point commun entre ces deux éléments ?

4 Selon vous, quel est le message que veut passer l’auteure à travers ce poème ? Expliquez votre réponse en vous basant sur des éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 201

201

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Réaction 5 Quel effet ce poème a-t-il eu sur vous ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

Jugement critique 6 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous du thème ? Est-il actuel ou dépassé, pertinent ou inapproprié, commun ou original ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments du texte.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 202

202

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Grammaire du texte 7 Cochez les deux affirmations qui décrivent les vers dans ce poème.  Ils sont courts, c’est-à-dire qu’ils comptent peu de mots et de syllabes.

  Ils sont longs, car ils comptent huit syllabes ou plus.

 Ils sont réguliers, puisqu’ils sont de longueur semblable et contiennent des rimes.

 Ils sont irréguliers, parce qu’il ne semble pas y avoir de règles fixes quant au nombre de syllabes et de vers par strophe.

8 L’auteure utilise la répétition afin de créer un rythme dans son poème. Complétez la phrase suivante.

Dans plusieurs strophes, le

et le

vers sont les mêmes.

9 Les rimes permettent aussi de donner du rythme à un poème. a) Surlignez les rimes dans la strophe suivante. Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant.

b) L’énoncé suivant est-il vrai ou faux ? Cochez la case appropriée.

La structure des rimes est la même dans toutes les strophes du poème.

 Vrai  

 Faux

Il y a plusieurs façons de créer le rythme et la sonorité dans un poème. Cochez les éléments utilisés par l’auteure de ce poème afin d’y parvenir.   Les rimes   La répétition de mots   La répétition de vers

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 203

203

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Grammaire en contexte Voir les notions 26 à 29,

1 a) Dans le poème Qu’en avez-vous fait ?, les phrases exclamatives permettent :

p. 239 et 240.

 de transmettre une émotion ;

  d’apostropher le lecteur ;

  de manifester de l’admiration. b) Dans ce poème, les phrases interrogatives permettent :

  de susciter l’intérêt du lecteur ;

  de faire réfléchir le lecteur ;

  d’exprimer un questionnement.

Ressource de la langue

2

Le champ lexical

x

h

3

laclasse.grandducenligne.com

Un champ lexical est un ensemble de mots ayant un lien entre eux et s’organisant autour d’un thème donné. Il permet de bien exploiter un thème, d’assurer la cohérence dans les idées et d’éviter les répétitions dans un texte. ፝፝ Ces mots peuvent appartenir à différentes classes grammaticales. ፝፝ Un champ lexical peut être formé de synonymes (mots de même sens), d’antonymes (mots de sens contraire) ou d’expressions figées. Il y a plusieurs façons de créer un champ lexical.

Le réseau de concepts rageusement détruire détester

colérique choquer

passer un mauvais quart d’heure

Thème : La colère

voir rouge

éclater

crier

La liste Thème : Le voyage Noms

voyage, balade, croisière, aventure, découverte, paysage, mer, soleil…

Verbes

découvrir, voyager, marcher, visiter, se balader, explorer…

Adjectifs

majestueux, agréable, plaisant, enchanteur, ravissant, dépaysant…

Participes présents

observant, explorant, découvrant, cherchant, marchant…

Expressions

baptême de l’air, aux quatre coins du monde, voir du pays…

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 204

204

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


2 Sous forme de liste, dressez un champ lexical sur les thèmes de l’amour et de la peine à partir du poème Qu’en avez-vous fait ?, présenté à la page 200. L’amour

La peine

3 Réalisez votre propre champ lexical sur le thème de l’amitié.

L’amitié

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 205

205

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Stratégie de lecture Je lis par groupes de mots.

Poète français du 19e siècle, Théodore de Banville fut surnommé « le poète du bonheur ».

1 Dans les deux premières strophes, surlignez les rimes d’une couleur différente. 2 Soulignez une douzaine de mots appartenant au champ lexical de la nature.

Définitions servitude : obligation. agreste : de la campagne. antre : caverne, lieu sinistre. lierre : plante grimpante. Muse : source d’inspiration prenant souvent les traits d’une femme.

Intention de lecture Prêter attention à la structure du poème.

Conseil   Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt ! Escalade la roche aux nobles altitudes. Respire, et libre enfin des vieilles servitudes, Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.

1

Dès l’heure éblouissante où le matin paraît, Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes. Va devant toi, baisé par l’air des solitudes, Comme une biche en pleurs qu’on effaroucherait.

5

Cueille la fleur agreste au bord du précipice. Regarde l’antre affreux que le lierre tapisse Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.

10

Marche et prête l’oreille en tes sauvages courses ; Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus, Et la Muse aux beaux yeux chante dans l’eau des sources. Théodore de Banville, « Conseil », Les Cariatides, 1843.

Théodore de Banville (1823-1891) a été poète, mais il a également écrit des pièces de théâtre. Victor Hugo et Charles Baudelaire comptaient parmi ses amis.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 206

206

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Dans la 1re strophe, le poète suggère de se débarrasser de deux choses dans la forêt. Quelles sont-elles ?

2 Dans ce poème, la nature vous semble-t-elle plutôt accueillante ou inhospitalière ? Justifiez votre réponse à l’aide d’éléments du texte.

3 a) Résumez dans vos mots le conseil que donne Théodore de Banville. b) Quel vers traduit le mieux ce message ?

Réaction 4 Avez-vous envie de suivre le conseil de Théodore de Banville ? Expliquez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 207

207

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Jugement critique 5 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Les valeurs qui y sont présentées vous semblent-elles actuelles ou dépassées, positives ou négatives, communes ou choquantes ? Justifiez votre point de vue.

Grammaire du texte 6 a) Combien de vers y a-t-il dans les deux premières strophes ? b) Comment s’appelle une strophe comprenant ce nombre de vers ? c) Combien de vers y a-t-il dans les deux dernières strophes ? d) Comment s’appelle une strophe comprenant ce nombre de vers ? e) Comment s’appelle un poème qui présente cette structure ?

7 Déterminez le type de rimes dans les deux premières strophes.   Croisées (ABAB)  

  Embrassées (ABBA)  

  Suivies (AABB)

8 Quel mode verbal l’auteur utilise-t-il pour formuler un conseil au lecteur ?

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 208

208

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


1

5

10

15

20

Intention de lecture Prêter attention aux éléments de l’univers poétique (le sujet du texte et ce qu’on en dit).

Stratégie de lecture Je me fais des images dans ma tête.

Les deux printemps  

Daniel Bélanger est un auteur-compositeurinterprète québécois. Ses rythmes uniques et sa façon de jouer avec les mots font de lui un artiste reconnu depuis les années 1990.

Ses yeux sont deux printemps Qui me font sourire et ça me fait rire Ses joues sont des torrents Les miennes s’y baignent mais encore pire Son cœur est une fête Le mien ne veut plus en sortir Elle est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie C’est un tourbillon, un grand vertige Complètement doux On dit qu’en haute voltige On peut tomber et se rompre le cou C’est pas mon premier vol Arrêtez bande de jaloux C’est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

Définitions torrent : cours d’eau à grand débit (sens figuré : abondance). haute voltige : acrobatie aérienne. frénésie : agitation. amphibie : qui peut vivre dans l’eau et hors de l’eau. brasier : foyer d’incendie.

Nos heures sont des rivières Qui courent en une folle frénésie L’amour est liquide clair Et nos deux corps sont amphibies La terre est un brasier Mais pour un moment l’oublier C’est la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 209

1 Dans la 1re strophe, surlignez les deux vers qui se répètent. 2 Dans tout le texte, soulignez les passages où l’auteur s’adresse aux gens qui l’entourent.

209

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Du même auteur Daniel Bélanger, Paloma, Audiogram, 2016.

3 Dans la 1re strophe de cette page, surlignez les rimes d’une couleur différente.

Définitions cécité : fait d’être aveugle. frêle : fragile. pêle-mêle : en désordre.

Qu’elle ne plaise à personne Ni du visage ni de l’esprit Restez en votre automne L’été tout l’an me fait plus envie Persuadez-vous de mes deux yeux fermés J’affirme en toute cécité T’es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

25

30

Y a toujours des noirceurs Pour assombrir quelques beautés Des êtres qui ont peur Qui veulent vous en contaminer Me protéger des loups ? Moi qui n’en compte que des amis ! T’es la plus belle saison de ma vie T’es la plus belle saison de ma vie

35

40

Nous serons vieux et frêles Peut-être même séparés Nos têtes pêle-mêle Incapables et usées Mais aujourd’hui je t’aime Aujourd’hui pour l’éternité T’es la plus belle saison de ma vie La plus belle saison de ma vie

45

Daniel Bélanger, « Les deux printemps », Quatre saisons dans le désordre, Éditions Kaligram, 1996.

Né en 1961, Daniel Bélanger compte huit albums à son actif. Récipiendaire de nombreux prix, il a également mis en musique deux pièces de théâtre de Michel Tremblay (Les belles-sœurs et Sainte Carmen de la Main). © Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 210

210

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation Quel est le thème central de ce poème ? 1

2 Quel est le sujet du poème ?

  Une saison  

  Un objet  

  Un sentiment

3 Comment Daniel Bélanger voit-il l’amour ? Résumez son point de vue en une phrase.

4 Dans la 2e strophe, qu’est-ce qui laisse croire que l’auteur a déjà été amoureux auparavant ?

5 À plusieurs reprises dans la chanson, l’auteur répond aux gens qui lui font des mises en garde contre ses sentiments. Relevez ce qu’il leur réplique dans les strophes suivantes. a) 2e strophe :

b) 4e strophe :

6 Expliquez dans vos mots le sens de la dernière strophe.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 211

211

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


7 Selon vous, pourquoi Daniel Bélanger a-t-il choisi de faire un parallèle entre l’amour et une saison ? Justifiez votre réponse.

8 Donnez votre interprétation de la 3e strophe en résumant les idées de l’auteur dans vos mots.

Réaction 9 Croyez-vous, comme l’auteur de cette chanson, que souvent les gens tentent de nous mettre en garde contre l’amour ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de votre expérience personnelle.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 212

212

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Jugement critique À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Que pensez-vous du style d’écriture de l’auteur ? Qu’avez-vous pensé du vocabulaire, de la structure des phrases et des figures de style qu’il a employés ? Justifiez votre point de vue à l’aide d’éléments tirés du texte.

Grammaire du texte a) Quels sont les deux vers qui reviennent à la fin de chacune des strophes ?

b) Ces vers restent-ils exactement les mêmes chaque fois qu’ils sont répétés ? Expliquez votre réponse en vous appuyant sur le texte.

c) Comme il s’agit d’une chanson, quel nom peut-on donner à ces vers et quel est l’effet recherché ?

La forme de ce poème est-elle fixe ou libre ? Justifiez votre réponse.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 213

213

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Grammaire en contexte Voir la notion 29,

1 a) Soulignez le pronom personnel dans ce vers du texte Les deux printemps.

p. 240.

Persuadez-vous de mes deux yeux fermés

b) Quelle fonction exerce ce pronom ? c) Que remarquez-vous de particulier dans l’entourage de ce pronom ?

Ressource de la langue

n

Les figures de style

f

7

u

laclasse.grandducenligne.com

Une figure de style est une association de mots qui permet d’exprimer des idées de façon particulière. On cherche à produire un effet chez le lecteur, par exemple l’émouvoir, le séduire ou le convaincre. Voici quatre figures de style utilisées en poésie. Figure de style

Exemples

Antithèse Association de deux termes opposés afin de créer un contraste.

• Ici c’était le paradis, ailleurs l’enfer. (Voltaire) • Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits. (Paul Éluard)

Personnification Fait d’attribuer des caractéristiques humaines à quelque chose qui n’est pas humain.

• Venise pour le bal s’habille (Alfred de Musset) • Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote : Souviens-toi ! (Charles Baudelaire)

Répétition Reprise d’un mot ou d’une expression afin de créer une insistance.

La terre était grise, le blé était gris, le ciel était gris (Jean Giono)

Gradation Énumération dont les éléments présentent une progression afin d’amplifier ce qui est exprimé.

• Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière) • C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… c’est une péninsule ! (Edmond Rostand)

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 214

214

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


2 Indiquez la figure de style employée par l’auteur dans chacun des passages du texte Les deux printemps et justifiez votre réponse. a) Ses joues sont des torrents

Les miennes s’y baignent mais encore pire  L’antithèse 

  La personnification 

  La répétition 

  La gradation

  La répétition 

  La gradation

  La répétition 

  La gradation

Justification :

b) L’amour est liquide clair

Et nos deux corps sont amphibies

La terre est un brasier

Mais pour un moment l’oublier

 L’antithèse 

  La personnification 

Justification :

c) C’est la plus belle saison de ma vie

La plus belle saison de ma vie  L’antithèse 

  La personnification 

Justification :

3 Composez un ou deux vers présentant une gradation sur le thème de l’amour ou du printemps.

4 Ce texte contient beaucoup de métaphores. Précisez ce à quoi l’amour est comparé dans les 2e, 3e et 4e strophes. a) 2e strophe : L’auteur compare l’amour à un

.

b) 3e strophe : L’auteur compare l’amour à un

, c’est-à-dire

à de l’

.

c) 4e strophe : L’auteur compare l’amour à un toute l’ © Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 215

qui durerait

. 215

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Stratégie de lecture J’identifie les mots auxquels renvoient les éléments de substitution.

Les Cowboys Fringants, groupe de musique québécois, interprètent des chansons aux accents country, folk et rock. Mieux connus depuis les années 2000, ils ont vendu plusieurs milliers d’albums à travers la francophonie. La chanson ci-contre est inspirée d’une histoire vraie très touchante.

1 Dans cette chanson, surlignez les mots ou les groupes de mots qui ont trait au courage. 2 À partir de la 7e strophe, soulignez les mots ou les groupes de mots qui ont trait au combat.

Définitions fébrile : agité, excité, impatient. rôder : traîner, errer, se manifester tranquillement. tempérer : modérer, adoucir, raisonner. à l’arraché : difficilement, au prix d’un gros effort.

Intention de lecture Prêter attention au thème de ce poème ainsi qu’à la manière dont l’auteur évoque ses sentiments.

La tête haute   C’est ma fête j’ai dix-neuf ans Plus d’cheveux et toutes mes dents Et quand j’regarde en avant Y a comme un flou dans le temps

1

Tantôt le doc passera Me donner mes résultats Et j’saurai si oui ou non J’ai des chances de guérison

5

Mes bougies d’anniversaire S’ront peut-être bien les dernières Mais je n’suis même pas fébrile J’ai en moi cette force tranquille Des gens qui sont habitués À voir la mort rôder

10

J’ai tout surmonté La tête baissée Si j’redescends la côte Ce s’ra la tête haute

15

Si je suis au bout d’la route De ma vie beaucoup trop courte Je partirai quand même en paix Sans éprouver de regrets

20

Car même si j’ai encore la flamme J’ai en moi cette vieille âme De ceux pour qui la sagesse A remplacé la jeunesse

25

Et qui m’a fait garder espoir Dans les moments les plus noirs Et qui a aussi tempéré Mes victoires à l’arraché

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 216

216

30

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Du même groupe Les Cowboys Fringants, Octobre, La Tribu, 2015.

35

40

J’me s’rai tenu comme un roi Face à ce cheval de Troie Sans me plaindre de la douleur Et sans pleurer sur mon malheur Que je survive ou que je meure Maint’nant je n’ai plus peur

Définition soubresaut : mouvement involontaire, sursaut. Le cheval de Troie Selon la mythologie, les Grecs, voulant s’emparer de la ville de Troie, usèrent de ruse en offrant aux Troyens un immense cheval en bois creux dans lequel des soldats étaient cachés. Une fois entrés dans la ville, les soldats engagèrent le combat et prirent possession de Troie.

J’ai tout surmonté La tête baissée Si j’redescends la côte Ce s’ra la tête haute C’est ma fête j’ai dix-neuf ans Pu d’cheveux mais toutes mes dents Je soufflerai les bougies Les dernières de ma vie

45

50

55

60

Le doc me l’a confirmé Le mal a trop progressé Une affaire de quelques s’maines Peut-être deux mois à peine Mes yeux qui flottent dans l’eau Dans un dernier soubresaut De colère et d’impuissance Il faut accepter l’évidence Ce n’est plus le temps pour les larmes Je dois rendre les armes

Les Cowboys Fringants ont quelque 20 années d’existence. Militants, les membres du groupe se préoccupent de questions sociales, politiques et écologiques.

J’ai tout surmonté La tête baissée Maint’nant j’redescends la côte Mais j’ai la tête haute Mais j’ai la tête haute Mais j’ai la tête haute Les Cowboys Fringants, « La tête haute », L’expédition, La Tribu, 2008.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 217

217

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Questions sur le texte

Les questions d’interprétation sont identifiées comme ceci :

Compréhension et interprétation 1 Résumez dans vos mots ce que la chanson raconte et les émotions qui sont évoquées.

2 Selon vous, que signifient les trois expressions suivantes ? a) J’ai tout surmonté la tête baissée

b) J’redescends la côte

c) Mais j’ai la tête haute

Réaction 3 Quelle(s) émotion(s) ce poème suscite-t-il en vous ? Expliquez votre réponse à l’aide du texte et de vos repères culturels.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 218

218

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Jugement critique 4 À votre avis, est-ce un poème intéressant ? Trouvez-vous le thème actuel ou dépassé, pertinent ou inapproprié, commun ou original ? Justifiez votre point de vue.

Grammaire du texte 5 Complétez le schéma suivant afin d’identifier le thème de ce poème. Titre :

Thème :

Cinq mots ou groupes de mots qui évoquent le courage :

Deux mots ou groupes de mots qui évoquent le combat :

• •

• • •

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 219

219

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Jugement critique comparatif 6 a) Lequel de ces poèmes avez-vous préféré ? Béatrice Qu’en avez-vous fait ? Conseil Les deux printemps La tête haute b) Pourquoi ? Pour étoffer votre réponse, choisissez deux critères parmi les suivants : le message transmis ; le thème ;

N’oubliez pas que, pour répondre à ce type de questions, vous devez : - donner votre opinion ; - exprimer le critère sur lequel vous avez basé votre opinion ; - donner un exemple tiré du texte pour appuyer votre opinion. Au besoin, consultez la page 12.

les valeurs ; le style d’écriture de l’auteur (choix du vocabulaire, construction des phrases, figures de style, etc.).

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 220

220

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Situation d’écriture

Rédaction d’un poème ou d’une chanson C’est à votre tour d’écrire un poème ou une chanson qui évoque une émotion ou un état d’âme. Inspirez-vous des vers ci-dessous. Vous pouvez même les intégrer dans votre œuvre ! Je rêve aux couples qui demeurent Toujours

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans

René-François Sully-Prudhomme

Arthur Rimbaud

Où tu vas, j’y serai toujours, Jusques au dernier de tes jours

Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville 

Alfred de Musset

Paul Verlaine

Assurez-vous de tenir compte des points suivants. Thème : Évoquez une émotion ou un état d’âme. Structure : Donnez un titre à votre texte. Choisissez la forme de votre poème : fixe ou libre (p. 198). Composez au moins 16 vers et 4 strophes. Faites des rimes.

Avant d’écrire votre poème, réalisez un champ lexical précis (p. 204) autour de votre thème. Au besoin, consultez un dictionnaire de langue ou un dictionnaire des synonymes.

Figures de style :  Insérez au moins une figure de style : antithèse, personnification, répétition ou gradation (p. 214). Prenez aussi le temps de vérifier : l’orthographe des mots et les accords ; la syntaxe et la ponctuation des phrases.

Pour connaître les critères d’évaluation d’une situation d’écriture, référez-vous aux pages 252 et 253.

JE RETIENS DONC... Lorsque j’écris un poème lyrique, je peux exprimer des

comme l’amour, la tristesse, le bonheur. Mon poème peut être écrit en  , avec ou sans rimes. Je peux utiliser des figures de

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 221

pour créer un effet.

221

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


Suggestions de lecture Poèmes lyriques Mon livre de haïkus

Ni vu ni connu

Jean-Hugues Malineau et Janik Coat, Albin Michel jeunesse, 2012, 61 p.

Louise Desjardins, La courte échelle, 2002, 33 p.

Miroirs de la nature : recueil de haïkus Collectif, Éditions du Seuil, 2013.

Belles rimes pour grands tableaux Virginie Aladjidi et Caroline Pellissier, Palette, 2010, 41 p.

Mon premier Hugo Victor Hugo, textes choisis par Michel Piquemal, 2008, 152 p.

© Éditions Grand Duc

4596_03-Poesie-F.indd 222

L’ourse Rachel Leclerc, La courte échelle, 2002, 37 p.

Trésor de la poésie française Jacques Charpenteau, Hachette Jeunesse, 2005, 803 p.

Calligrammes de Guillaume Apollinaire Claude Debon, Gallimard, 2004.

222

LA POÉSIE

19-01-21 11:25 AM


50 notions pour la grammaire en contexte Mes outils

Les sections 1 à 8, suivies de la mention Rappel , présentent des notions qui devraient être maîtrisées. Les informations précédées de la mention 3e secondaire sont spécifiques à cette année.

4596_04_Grammaire-F.indd 223

Les classes de mots  Rappel Les groupes syntaxiques Les fonctions dans les groupes La phrase Les types de phrases Les formes de phrases Les phrases à construction particulière Les liens dans les phrases et entre les phrases Les manipulations syntaxiques La ponctuation La conjugaison des verbes

p. 224 p. 230 p. 234 p. 238 p. 239 p. 241 p. 243 p. 243 p. 246 p. 248 p. 250

Les critères d’évaluation en situation d’écriture

p. 252

19-01-21 11:49 AM


Mes outils

Les classes de mots Rappelez-vous que, pour déterminer la classe d’un mot, vous pouvez : nn vous référer au contexte de la phrase en regardant le mot qui le précède et celui qui le suit ; nn remplacer le mot par un autre mot de même classe ; nn chercher le mot dans le dictionnaire.

1

5

Le nom  Rappel

9

s

m

laclasse.grandducenligne.com

Le nom représente une personne, un animal, un lieu, un objet, un sentiment, une qualité. Il peut être commun ou propre, de forme simple (un mot) ou complexe (plus d’un mot). Comment le reconnaître ? Le nom est souvent précédé d’un déterminant. Il peut être remplacé par un autre nom. dét.

n.

Exemple : Mes espadrilles sont abîmées.

2

 Mes chaussures sont abîmées. 9

L’adjectif  Rappel

w

y

v

laclasse.grandducenligne.com

L’adjectif apporte une précision au nom ou au pronom avec lequel il est en relation. Il peut être de forme simple ou complexe. Il peut aussi être classifiant ou qualifiant, selon qu’il classe une réalité dans une catégorie ou qu’il y attribue une qualité. Comment le reconnaître ? L’adjectif suit généralement le nom, mais peut parfois le précéder. Il peut aussi se trouver après un verbe attributif (être, paraître, sembler, etc.). Il peut être remplacé par un autre adjectif. adj.

Exemple : Cette plante est une espèce vivace.

 Cette plante est une espèce rare.

Accord L’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom qu’il précise. Dans un GN, le nom noyau est le donneur d’accord de l’adjectif. adj.

n.

Exemples : La petite fille adore le gâteau. f. s. n.

adj.

Ces fleurs sont tropicales. f. pl.

© Éditions Grand Duc 224

4596_04_Grammaire-F.indd 224

Il est important d’identifier le donneur d’accord de l’adjectif pour transmettre à celui-ci les bons traits de genre et de nombre.

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3

c

Le déterminant  Rappel

6

x

d

laclasse.grandducenligne.com

Le déterminant sert à introduire un nom. Il peut être de forme simple ou complexe. Comment le reconnaître ? Il précède le nom. Il peut être remplacé par un autre déterminant. Voici différents déterminants regroupés par catégorie. Catégorie

Exemples

Défini : • forme simple • forme contractée Indéfini

le, la, l’, les au (à + le), du (de + le), aux (à + les), des (de + les) un, une, des, de, d’

Partitif (réalité non comptable)

du, de la, de l’, des

Possessif

mon, ma, mes, notre, nos (1re personne) ton, ta, tes, votre, vos (2e personne) son, sa, ses, leur, leurs (3e personne)

Démonstratif

ce, cet, cette, ces

Numéral (quantité précise)

un, deux, mille, quatre-vingt-dix, trente-trois, cent

Quantitatif (quantité imprécise)

aucun, aucune, certain, certains, certaine, certaines, pas un, pas une, plus d’un, plus d’une, nul, nulle, divers, diverses, différents, différentes, tout le, toute la, tous les, toutes les, chaque, quelques, plusieurs, beaucoup de

Interrogatif et exclamatif

quel, quelle, quels, quelles, combien de (interrogatifs ou exclamatifs) ; que de (exclamatif)

Accord Le déterminant s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il accompagne. 3e secondaire

Le déterminant quantitatif tout précède un nom et peut être suivi ou non d’un autre déterminant pour former un déterminant complexe (toute la, tous mes, tout son, etc.). Il faut l’accorder en genre et en nombre avec le nom qu’il accompagne. dét.

n.

Exemples : La fleur aux jolies couleurs resplendit sous le soleil. f. s. dét.

n.

Les chandails propres traînent sur la machine à laver. m. pl. dét.

n.

Tous les règlements doivent être respectés. m. pl. dét.

n.

Ce film s’adresse à un public de tous âges. m. pl.

© Éditions Grand Duc 225

4596_04_Grammaire-F.indd 225

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


4

6

Le verbe  Rappel

s

c

t

laclasse.grandducenligne.com

Le verbe exprime principalement une action, mais peut aussi exprimer un état, une opinion, une sensation ou un sentiment. Il se conjugue et change de forme selon le mode, le temps, le nombre et la personne. Exemples : marcher (action), s’ennuyer (état), estimaient (opinion), a éprouvé (sentiment) Comment le reconnaître ? Il ne peut pas être effacé, puisqu’il constitue le noyau du GV. Il peut être encadré par ne/n’… pas s’il est conjugué, ou précédé de ne pas s’il est à l’infinitif présent. S’il est conjugué à un temps composé, c’est seulement l’auxiliaire que l’on encadre par ne… pas. Il peut être remplacé par un autre verbe. v.

Exemples : Tu plantes quelques fleurs. v.

 Tu ne plantes pas quelques fleurs.

Les enfants s’amusent dehors.

 Les enfants jouent dehors.

Accord 1) La règle générale Le verbe s’accorde avec le noyau du GN sujet ou le pronom sujet. Il reçoit la personne et le nombre de son donneur d’accord. n.

v.

Exemple : Les chandails propres traînent sur la machine à laver. 3e pers. pl.

  Ce sont les chandails propres qui traînent sur la machine à laver. Les chandails propres est le GN ayant la fonction de sujet. 3e secondaire

2) L’accord avec plusieurs sujets coordonnés L’accord du verbe comportant plusieurs sujets coordonnés se détermine selon le sens de la conjonction de coordination qui les unit. Exemples : [Lucie et Éric] se disputent pour s’asseoir sur le siège avant de la voiture.   Les éléments du sujet sont unis par un coordonnant exprimant l’addition (ainsi que, ou, ni, etc.). L’accord se fait à la 3e personne du pluriel. [Lucie] ou [Éric] pourra s’y asseoir.   Les éléments du sujet sont unis par un coordonnant exprimant l’alternative. L’accord se fait à la 3e personne du singulier.

© Éditions Grand Duc 226

4596_04_Grammaire-F.indd 226

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3e secondaire

3) L’accord avec des GN sujets de personnes différentes Dans le cas où le coordonnant exprime l’addition, il faut prêter attention à la personne des GN. Certaines personnes ont priorité sur d’autres. La 1re personne a priorité sur la 2e et la 3e. La 2e personne a priorité sur la 3e. 1re pers. pl.

Exemples : [Élodie, toi et moi] allons au cinéma ce soir. 2e pers. pl.

[Élodie, Rudolf et toi] allez au cinéma ce soir. 3e pers. pl.

[Élodie, Rudolf et Mallory] vont au cinéma ce soir. 3e secondaire

4) L’accord avec un nom collectif Le nom collectif est un nom singulier ayant un sens pluriel qui peut être suivi ou non d’un complément. Si le sujet est exprimé seulement par le nom collectif ou si le complément est singulier, on accorde le verbe ou l’auxiliaire à la 3e personne du singulier. Si le nom collectif est précédé d’un déterminant singulier démonstratif (ce, cet, cette), possessif (mon, ton, son, etc.) ou défini (le, la), et ce, même si le complément est au pluriel, on accorde généralement au singulier le verbe ou l’auxiliaire. Lorsque le nom collectif est précédé d’un déterminant singulier indéfini (un, une) et suivi d’une expansion au pluriel, le verbe ou l’auxiliaire s’accorde au singulier ou au pluriel selon ce sur quoi l’on veut insister, soit l’ensemble ou les éléments eux-mêmes. Exemples : [La foule] a envahi la fête foraine dès l’ouverture. [Cette bande d’admiratrices] ne lâche plus l’humoriste. [Un troupeau d’oies sauvages] traversent le ciel. [Un troupeau d’oies sauvages] est apparu dans mon rétroviseur.

© Éditions Grand Duc 227

4596_04_Grammaire-F.indd 227

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


5

m

Le pronom  Rappel

r

n

d

laclasse.grandducenligne.com

Il y a deux sortes de pronoms : le pronom de communication et le pronom de reprise. Celui-ci remplace un mot ou un groupe de mots (le plus souvent un GPrép ou un GN) et permet d’éviter les répétitions. Le pronom peut être de forme simple ou complexe. Comment le reconnaître ? Il précède généralement le verbe, mais peut aussi le suivre. Il peut être remplacé par un autre pronom. pro.

Exemple : Plusieurs sont abîmés.

 Ils sont abîmés.

Voici différents pronoms regroupés par catégorie. Catégorie

Exemples

Personnel

je, me, moi, m’, nous personne) tu, te, toi, t’, vous (2e personne) il, elle, on, soi, s’, le, l’, lui, en, y, ils, elles, leur, les (3e personne)

Possessif

le mien, la mienne, les miens, les miennes, le nôtre, les nôtres le tien, la tienne, les tiens, les tiennes, le vôtre, les vôtres le sien, la sienne, les siens, les siennes, le leur, les leurs

Démonstratif

ce, c’, cela, ça, ceci, celui, celle, ceux, celles celui-ci, celle-ci, ceux-là, celles-là

Interrogatif

qui, que, quoi, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles

Numéral

un, une, deux, trois, vingt, cent, mille

Relatif

qui, que, qu’, quoi, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles

Indéfini variable

l’un, un autre, aucun, chacun, le même, tout, quelqu’un, n’importe lequel

Indéfini invariable

n’importe qui, rien, quiconque, n’importe quoi, personne, quelque chose, beaucoup, bon nombre, la plupart, plusieurs, peu

(1re

Accord 1) Le pronom de reprise C’est un donneur d’accord. Il reprend la personne, le genre et le nombre de son antécédent, qu’il faut identifier dans le contexte. GN

pro.

Exemple : J’aime la voix de cette artiste : celle-ci a étudié le chant classique. f. s.

2) Le pronom on Lorsqu’il représente une personne indéterminée, il transmet à son receveur la 3e personne du singulier ou le masculin singulier. Exemple : On ne mange pas en classe.

© Éditions Grand Duc 228

4596_04_Grammaire-F.indd 228

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


6

5

L’adverbe  Rappel

k

e

m

laclasse.grandducenligne.com

L’adverbe sert souvent à modifier un adjectif, un verbe ou un autre adverbe. Il peut être de forme simple ou complexe. Exemples : très, jamais, trop, bien, habilement, peut-être, sans cesse Comment le reconnaître ? Il est souvent formé à partir d’un adjectif et du suffixe -ment. Il peut être remplacé par un autre adverbe. adv.

Exemple : Mes souliers sont très abîmés.

 Mes souliers sont vraiment abîmés.

Accord L’adverbe est invariable. Vous le trouvez donc consigné tel quel dans le dictionnaire.

7

k

La préposition  Rappel

e

p

z

laclasse.grandducenligne.com

La préposition unit les mots entre eux en créant des liens de sens. Elle peut être de forme simple ou complexe. Exemples : à, dans, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous, afin de, grâce à Comment la reconnaître ? Elle ne peut pas être effacée. Elle est généralement suivie d’une expansion. prép.

Exemple : Nous plantons des fleurs dans le jardin.

  Nous plantons des fleurs

le jardin.

Accord La préposition est invariable. Vous la trouvez donc consignée telle quelle dans le dictionnaire.

8

e

La conjonction  Rappel

m w

p

laclasse.grandducenligne.com

La conjonction sert à relier des mots ou des groupes de mots de même nature et de même fonction, ou des phrases. Elle peut être simple ou complexe. Il y en a deux sortes : la conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, car, ni, or, etc.) et la conjonction de subordination (que, lorsque, si, bien que, quand, dès que, etc.). Celle-ci est utilisée pour enchâsser une phrase dans une autre. Exemples : La fillette adore le gâteau au chocolat, mais elle n’aime pas le brocoli. Tu partiras dès que tu auras terminé ton devoir. Accord La conjonction est invariable. Vous la trouvez donc consignée telle quelle dans le dictionnaire.

© Éditions Grand Duc 229

4596_04_Grammaire-F.indd 229

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les groupes syntaxiques

9

y

Le groupe nominal (GN)

u

9

z

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le noyau du GN est un nom. Le GN est le plus souvent formé d’au moins un nom et un déterminant.

Une expansion est un groupe syntaxique qui se rattache au noyau d’un autre groupe syntaxique. Elle vient préciser ce noyau et en est donc dépendante.

Il peut contenir une ou des expansions, comme un GAdj, un GN (détaché ou non), un GPrép ou une subordonnée relative. Dans un GN, l’expansion du noyau exerce la fonction de complément du nom (p. 234). GN

Exemples : [Le chandail bleu] est sale. GN

[La concierge, madame Lortie,] est en vacances. GN

[La montre de sa grand-mère] lui est très précieuse. GN

J’ai rencontré [une vieille dame qui joue de l’orgue]. 3e secondaire

Accord Dans un GN, un seul adjectif peut qualifier plusieurs noms juxtaposés ou coordonnés par ni, ainsi que, de même que et comme. L’accord se détermine selon que l’adjectif caractérise un seul des noms ou l’ensemble. ŸŸ L’adjectif s’accorde au féminin pluriel si tous les noms coordonnés sont féminins. ŸŸ L’adjectif s’accorde au masculin pluriel si tous les noms coordonnés sont masculins ou s’ils sont de genres différents. Pour savoir si l’on doit faire l’accord avec l’ensemble des noms coordonnés ou avec un seul d’entre eux, il faut se référer au contexte. Exemples : Léa a jeté [la pomme, le poivron ainsi que le concombre pourris] qui traînaient au fond du réfrigérateur.   La pomme, le poivron et le concombre sont tous les trois pourris. Comme les noms sont de genres différents, on fait l’accord au masculin pluriel. Ajoutez au mélange [du vinaigre et de l’eau bouillante].   Comme seule l’eau est bouillante, et non le vinaigre et l’eau, on fait l’accord au féminin singulier.

© Éditions Grand Duc 230

4596_04_Grammaire-F.indd 230

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


10

Le groupe adjectival (GAdj)

m

n

w

5

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le noyau du GAdj est un adjectif. Le GAdj est formé d’au moins un adjectif. Son noyau peut avoir une expansion à sa gauche ou à sa droite, comme un GAdv, un GPrép ou une subordonnée complétive. Dans le GAdj, le GAdv remplit la fonction de modificateur de l’adjectif (p. 237), alors que le GPrép et la subordonnée complétive occupent la fonction de complément de l’adjectif (p. 234). GAdj

Exemples : Cette fleur [très odorante] a été cueillie ce matin. GAdj

Tes parents sont [fiers de toi]. GAdj

Elle est [désolée que tu n’aimes pas ce fruit].

11

Le groupe prépositionnel (GPrép)

b

7

3

q

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le noyau du GPrép est une préposition. Le GPrép doit normalement avoir une expansion puisque son noyau, la préposition, sert à l’introduire. Il peut avoir comme expansion un GN, un GAdv ou un GVinf. GPrép

Exemples : Nous vendons des fleurs [devant l’église]. GPrép

Nous les vendons [en vue de financer notre voyage]. GPrép

La gérante travaille ici [depuis longtemps]. 3e secondaire

Accord Dans un GPrép, l’expansion sous forme d’un GN n’est pas toujours précédée d’un déterminant. Pour connaître le nombre d’un nom sans déterminant, il faut vérifier si ce nom se rapporte à plusieurs éléments que l’on peut compter ou s’il représente une réalité non comptable. Le nom s’accorde au pluriel dans le premier cas et au singulier dans le second cas. GPrép

Exemples : Ce chemin [de terre ] mène à la maison hantée. GPrép

Nicolas porte une chemise [à carreaux]. © Éditions Grand Duc 231

4596_04_Grammaire-F.indd 231

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


12

c

Le groupe verbal (GV)

y

h

5

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le noyau du GV est un verbe conjugué. Le GV occupe la fonction de prédicat, un constituant obligatoire qui n’est pas effaçable. Il est souvent placé à la droite du sujet. Il peut contenir une ou des expansions, comme un GN, un GPrép, un GAdv ou une subordonnée complétive. GV

Exemples : Les élèves [étudient sérieusement] depuis le début de l’année. GV

Nous [aimerions que les vacances durent plus longtemps]. 3e secondaire

Construction Certains verbes exigent une expansion, alors que d’autres n’en exigent pas. C’est la transitivité du verbe qui détermine l’expansion qui l’accompagne et la fonction de celle-ci. Les verbes transitifs directs exigent un complément direct (p. 234). Les verbes transitifs indirects demandent un complément indirect (p. 235). Les verbes intransitifs n’exigent pas de complément, mais peuvent tout de même être accompagnés d’une expansion. Les verbes pronominaux se construisent avec un pronom personnel de même personne que le sujet (me, te, se, nous, vous). Les verbes attributifs sont accompagnés d’un attribut du sujet (p. 236). GV

Exemples : Lewis [a nourri son chat] hier soir. (transitif direct) GV

J’[ai parlé à ma sœur] ce matin. (transitif indirect) GV

GV

Ils [dorment profondément] après qu’ils [ont mangé]. (intransitifs) GV

Khaled [se méfie des chiens]. (pronominal) GV

GV

Myriam [est souriante], car elle [a l’air heureuse]. (attributifs)

© Éditions Grand Duc 232

4596_04_Grammaire-F.indd 232

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


13

7

Le groupe verbal participe (GVpart)

Comment le reconnaître ?

j

v

z

laclasse.grandducenligne.com

3e secondaire

Le noyau du GVpart est un verbe conjugué au participe présent et est invariable. Il peut être encadré par ne/n’… pas. Il peut être précédé du pronom réfléchi se/s’ ou de la préposition en. Le GVpart peut avoir une ou plusieurs expansions, comme un GN, un GPrép ou un GAdv. GVpart

Exemples : Elle parle en [mangeant une pomme]. GVpart

Le chemin [menant au pied de la montagne] était plutôt effrayant. GVpart

[Se sentant affaiblie], elle s’accorda une pause.

14

p

Le groupe verbal infinitif (GVinf)

Comment le reconnaître ?

7

6

j

laclasse.grandducenligne.com

3e secondaire

Le noyau du GVinf est un verbe à l’infinitif. Ce groupe peut avoir une ou plusieurs expansions, comme un GN, un GAdj, un GAdv, un GPrép ou une subordonnée complétive. GVinf

Exemples : J’ai vu le fantôme [voler]. GVinf

[Blesser gravement son adversaire] est interdit. GVinf

Diana aime [courir sur la plage].

15

8

Le groupe adverbial (GAdv)

b

e

6

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le noyau du GAdv est un adverbe. Il peut avoir comme expansion un autre adverbe. GAdv

Exemples : Les élèves étudient [sérieusement] depuis le début de l’année. GAdv

Je me réveille [très tôt] pour aller travailler.

© Éditions Grand Duc 233

4596_04_Grammaire-F.indd 233

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les fonctions dans les groupes

16

k

Le complément du nom ou du pronom

v

y

t

laclasse.grandducenligne.com

Le complément du nom ou du pronom apporte une précision au mot qu’il accompagne. Voici ses réalisations possibles. Réalisation

Exemples

GN (détaché ou non)

On t’offre des lys, tes fleurs favorites.

GAdj

Quelle fleur odorante ! Celle-ci, très odorante, fleurit bien.

GPrép

Il cultive des roses sans épines.

Subordonnée relative

La fillette qui adorait le gâteau est entrée dans la boulangerie.

Comment le reconnaître ? Il est souvent possible de l’effacer. Il peut être déplacé s’il s’agit d’un complément détaché.

17

Détaché est un terme général qui englobe ces deux contextes : un complément isolé par une virgule en début ou en fin de phrase, et un complément encadré de virgules en milieu de phrase.

5

Le complément de l’adjectif

v

e

z

laclasse.grandducenligne.com

Le complément de l’adjectif apporte une précision à l’adjectif qu’il accompagne. Un GPrép peut remplir cette fonction. Exemple : Il est heureux de faire ta connaissance. Comment le reconnaître ? Il peut être effacé. Il est toujours placé après l’adjectif.

18

Le complément direct du verbe (CD)

2

b

v

p

laclasse.grandducenligne.com

Le CD est une fonction exercée par une expansion du verbe à l’intérieur du GV. Il n’est pas lié au verbe par une préposition. Il peut prendre la forme d’un GN, d’un pronom, d’un GVinf ou d’une subordonnée complétive. Exemples : Tu cueilles les tulipes à la fin du printemps. La fillette les adore. Tu aimes jouer. Je sais que je peux m’améliorer. © Éditions Grand Duc 234

4596_04_Grammaire-F.indd 234

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Comment le reconnaître ? Le CD du verbe ne peut généralement pas être déplacé à l’extérieur du GV. Il peut être remplacé par un pronom : le, la, les, cela, quelque chose, quelqu’un. Le CD peut être mis en évidence avec la formule d’encadrement c’est… que. CD

Exemples : Tu cueilles les tulipes.

 Tu les cueilles. / Tu cueilles cela.

CD

La fillette aime sa mère.

19

 La fillette l’aime. / C’est sa mère que la fillette aime. s

Le complément indirect du verbe (CI)

h

t

n

laclasse.grandducenligne.com

Le CI est une fonction exercée par une expansion du verbe à l’intérieur du GV. Il est habituellement lié au verbe par une préposition. Exemple : Il offre une rose à son amoureuse. Voici ses principales réalisations. Réalisation

Exemple

GPrép

Il offre une rose à son amoureuse.

Pronom

Ces touristes s’y rendent.

Subordonnée complétive

Elle doute que tu remportes la course.

Comment le reconnaître ? Le CI du verbe ne peut généralement pas être déplacé à l’extérieur du GV. Il peut généralement être remplacé par un pronom, s’il n’est pas déjà sous cette forme : lui, leur, y, en ; une préposition (à, de, sur, etc.) + quelque chose, quelqu’un ; quelque part. Le CI peut être mis en évidence avec la formule d’encadrement c’est… que. CI

Exemples : Il offre une rose à son amoureuse. CI

 Il lui offre une rose. / Il offre une rose à quelqu’un. / C’est à son amoureuse qu’il offre une rose.

Ces étudiants vont à la bibliothèque.

 Ces étudiants y vont.

Particularité Dans le GV, l’ordre des pronoms compléments peut varier, par exemple selon leur personne ou le type de phrase. Exemples : Je le lui donne. / Je te le donne. Tu me le donnes. / Donne-le-moi.

© Éditions Grand Duc 235

4596_04_Grammaire-F.indd 235

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


20

2

L’attribut du sujet

p

t

n

laclasse.grandducenligne.com

L’attribut du sujet est la fonction exercée par l’expansion d’un verbe attributif comme être, sembler, paraître, avoir l’air, se considérer comme. Il donne une caractéristique au mot ou groupe de mots qui a la fonction de sujet dans la phrase. Voici ses principales réalisations. Réalisation

Exemple

GN

Cette plante est une espèce vivace.

GAdj

La rose semble fragile.

Pronom

La rose le semble.

GPrép

Vos actions sont en baisse.

GAdv

Sa patiente est mieux.

Subordonnée complétive

Le problème est que cet insecte mange les plantes.

Comment le reconnaître ? L’attribut du sujet suit généralement un verbe attributif. Il ne peut pas être effacé. Attr. du sujet

Exemple : Vos actions sont en baisse.

  Vos actions sont .

Accord Dans un GAdj attribut du sujet, l’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le noyau du GN sujet ou le pronom sujet. GN

Exemples : [Cette rose] est belle. f. s. pro.

[Ils] semblent inquiets.

m. pl.

© Éditions Grand Duc 236

4596_04_Grammaire-F.indd 236

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


21

g

Le modificateur

b

k

r

laclasse.grandducenligne.com

Le modificateur est une fonction exercée par une expansion qui modifie le sens du mot qu’elle accompagne. Exemple : Il m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Voici ses principales réalisations. Réalisation

Exemple

GPrép

Il arrose son jardin avec patience.

GAdv

La belle saison est fort éphémère.

Comment le reconnaître ? Le modificateur peut être effacé. Il ne peut pas être déplacé à l’extérieur du groupe qu’il modifie. Il est placé après le verbe (ou entre l’auxiliaire et le participe passé si le verbe est conjugué à un temps composé), souvent avant l’adjectif et toujours avant l’adverbe. Modificateur

Exemples : Il arrose son jardin avec patience.

 Il arrose son jardin .

Modificateur

La belle saison est fort éphémère.

  Fort, la belle saison est éphémère.

© Éditions Grand Duc 237

4596_04_Grammaire-F.indd 237

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


La phrase La phrase doit toujours commencer par une majuscule et se terminer par un signe de ponctuation (un point, un point d’interrogation, un point d’exclamation ou des points de suspension).

22

6

La phrase de base

9

j

q

laclasse.grandducenligne.com

Comment la reconnaître ? Elle contient deux constituants obligatoires : le sujet et le prédicat. Elle peut aussi avoir un constituant facultatif : le complément de phrase. Il s’agit d’une phrase de type déclaratif et de forme positive. Ses constituants sont placés dans cet ordre : sujet + prédicat + (complément de phrase). Sujet

Prédicat

Exemples : [Tu] [plantes des tulipes]. Sujet

Prédicat

CP

[Mélanie] [cultive des légumes] [dans son jardin].

23

u

Le sujet

f

v

c

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Il prend souvent la forme d’un GN ou d’un pronom. Il ne peut pas être effacé. Il peut être encadré par c’est… qui ou ce sont… qui (L’encadrement, p. 247). Il peut être remplacé par un pronom, s’il n’est pas déjà sous cette forme : il, elle, ils, elles, cela. Exemple : Mélanie cultive des légumes dans son jardin.  C’est Mélanie qui cultive des légumes dans son jardin.   Elle cultive des légumes dans son jardin.

24

Le prédicat

u

f

c

5

laclasse.grandducenligne.com

Comment le reconnaître ? Le prédicat contient un verbe conjugué. On ne peut ni l’effacer ni le déplacer. Exemple : Mélanie cultive des légumes dans son jardin. Mélanie dans son jardin. Cultive des légumes Mélanie dans son jardin.

© Éditions Grand Duc 238

4596_04_Grammaire-F.indd 238

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


25

n

Le complément de phrase (CP)

d

q

u

laclasse.grandducenligne.com

Le CP apporte une précision à la phrase et peut exprimer différentes valeurs : le temps, le lieu, le but, la cause, etc. Il peut prendre la forme d’un GPrép, d’un GAdv, d’un GN ou d’une phrase subordonnée. Comment le reconnaître ? Il est possible de le déplacer dans la phrase ou de l’effacer. Il est aussi possible de le dédoubler par et cela se passe ou et il/elle le fait. Exemple : Mélanie cultive des légumes dans son jardin.  Dans son jardin, Mélanie cultive des légumes.   Mélanie cultive des légumes .   Mélanie cultive des légumes et cela se passe dans son jardin.

Les types de phrases

26

q

La phrase déclarative

d

z

h

laclasse.grandducenligne.com

La phrase déclarative sert à communiquer un fait, à donner une information ou à exprimer une opinion. Comment la reconnaître ? Cette phrase se termine généralement par un point. Exemple : Les enfants liront ce livre. 3e secondaire

Construction La phrase déclarative commence par une majuscule et se termine par un point. Elle doit contenir les deux constituants obligatoires de la phrase, soit le sujet et le prédicat.

27

w

La phrase interrogative

s

b

q

laclasse.grandducenligne.com

La phrase interrogative sert à poser une question. Comment la reconnaître ? Cette phrase débute souvent par un marqueur interrogatif (est-ce que, quand, qu’est-ce que, où, combien, pourquoi, etc.). Il peut y avoir une inversion du sujet et du verbe si le sujet est un pronom. Le GN sujet peut être repris par un pronom. Elle se termine par un point d’interrogation (?). Exemples : Est-ce que les enfants liront ce livre ? Liront-ils ce livre ? Les enfants liront-ils ce livre ?

© Éditions Grand Duc 239

4596_04_Grammaire-F.indd 239

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3e secondaire

Construction S’il est sous forme de pronom, le sujet suit le verbe conjugué et y est relié par un trait d’union. Il faut ajouter un t euphonique entre un verbe et un pronom sujet inversé si le verbe se termine par une autre lettre que t ou d. Exemples : Fait-il l’inventaire ?

28

Réalise-t-elle son erreur ?

y

La phrase exclamative

w

f

x

laclasse.grandducenligne.com

La phrase exclamative sert à exprimer un sentiment, un jugement ou une émotion. Comment la reconnaître ? Cette phrase débute par un marqueur exclamatif (comme, quel, combien, que, etc.). Elle se termine par un point d’exclamation (!). Exemple : Comme ce livre est intéressant !

29

n

La phrase impérative

4

h

e

laclasse.grandducenligne.com

La phrase impérative sert à donner un ordre, un conseil, une consigne ou à faire une demande. Comment la reconnaître ? Le verbe de cette phrase est conjugué au mode impératif. Le sujet n’est pas exprimé. Cette phrase se termine par un point ou un point d’exclamation. Exemples : Finis la lecture de ce livre. Fais vite ! 3e secondaire

Construction Il faut conjuguer le verbe au mode impératif et s’assurer que le sujet n’est pas exprimé. Il faut terminer la phrase impérative par un point ou un point d’exclamation. Si la phrase est positive, les pronoms compléments sont déplacés après le verbe et sont joints par un trait d’union. Exemples : Rapportez-le-lui. Ne le lui rapporte pas. Dans le cas où le CD et le CI sont tous deux exprimés par des pronoms, le CD est placé en premier. Exemple : Ces fleurs, tu me les offres.

Ces fleurs, offre-les-moi.

Les pronoms y et en se placent en dernier dans l’ordre des pronoms de la phrase. Lorsqu’ils se suivent, le pronom y est en premier. Exemple : Vous achetez des médicaments à la pharmacie. © Éditions Grand Duc 240

4596_04_Grammaire-F.indd 240

Achetez-y-en.

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les formes de phrases

30

La phrase négative

w

8

2

4

laclasse.grandducenligne.com

La phrase négative s’oppose à la phrase positive. Comment la reconnaître ? Elle comprend des éléments de négation, dont l’adverbe ne combiné à un autre adverbe de négation, comme pas, aucunement, nullement, point, jamais, etc. Ces éléments de négation encadrent un verbe conjugué à temps simple ou l’auxiliaire d’un verbe conjugué à temps composé. Les mots de négation rien, personne, aucun/aucune, etc. sont parfois placés avant le verbe. La négation est alors complétée par ne et les autres adverbes de négation ne sont pas employés. Exemples : Tu n’as pas fini ton travail. Personne ne peut le terminer à ta place. L’enseignante n’acceptera jamais de le corriger.

3e secondaire

31

p

La phrase passive

6

n

f

laclasse.grandducenligne.com

Le sujet de la phrase passive subit l’action du verbe, alors qu’il la réalise dans la phrase active. Comment la reconnaître ? Le groupe occupant la fonction de CD dans la phrase active se retrouve à la suite du verbe passif dans la phrase passive. Le sujet de la phrase active se trouve à la fonction de complément du verbe passif et est introduit par la préposition par ou de. Le verbe de la phrase active est remplacé par l’auxiliaire être conjugué au même temps suivi du participe passé du verbe. Sujet

CD

Exemple : Mathilde a cueilli ces fleurs ce matin. Sujet

Complément du verbe passif

 Ces fleurs ont été cueillies par Mathilde ce matin.

© Éditions Grand Duc 241

4596_04_Grammaire-F.indd 241

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3e secondaire

32

h

La phrase emphatique

4

g

q

laclasse.grandducenligne.com

La phrase emphatique sert à mettre l’accent sur un élément de la phrase neutre. Comment la reconnaître ? Le sujet ou le CD peuvent être isolés en début ou en fin de phrase avec une virgule. L’élément isolé est alors repris par un pronom. Le sujet, le CD, le CI et le CP peuvent être détachés par c’est… qui ou c’est… que. Le sujet, le complément de l’infinitif, l’attribut du sujet ou le CI peuvent être détachés avec des marqueurs tels que ce qui…, c’est ; ce que…, c’est ; ce dont…, c’est ; ce à quoi…, c’est. Exemples : C’est Érika qui a un sac gris. Ce sont nos voisins que nous trouvons bruyants. Ce à quoi je m’attends, c’est à une surprise de taille.

3e secondaire

33

La phrase impersonnelle

h

p

y

6

laclasse.grandducenligne.com

La phrase impersonnelle est une phrase transformée à partir de la phrase personnelle. Comment la reconnaître ? Son sujet est le pronom impersonnel invariable il. Le sujet de la phrase personnelle est placé à la suite du verbe employé avec le pronom impersonnel il. Remarque : Certains verbes sont toujours impersonnels, comme falloir, pleuvoir, s’agir, etc. Les phrases formées à partir de ces verbes ne se transforment pas à la forme active et leur construction est considérée comme particulière. Exemples : Il faut qu’elle se ressaisisse. Il a plu toute la journée.

© Éditions Grand Duc 242

4596_04_Grammaire-F.indd 242

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les phrases à construction particulière

3e secondaire

34

t

La phrase non verbale

w

c

m

laclasse.grandducenligne.com

Comment la reconnaître ? La phrase non verbale ne contient pas de prédicat. Elle peut être construite avec un GN, un GAdj, un GPrép, un GAdv, une interjection, une onomatopée. Exemples : Défense de tourner. Bang ! Effrayant. Attention ! Oh ! Tout à fait.

Les liens dans les phrases et entre les phrases

35

p

La juxtaposition

t

e

w

laclasse.grandducenligne.com

La juxtaposition sert à relier des phrases ou des groupes de mots entre eux sans recourir à un coordonnant. Le lien se fait avec un signe de ponctuation (virgule, deux-points ou point-virgule). Exemples : Marie mange des fruits, Loïc boit du jus. Il a plu toute la journée : je n’aurai pas à arroser mon potager. Règles Il faut juxtaposer des éléments de même nature et de même fonction syntaxique. On peut juxtaposer des phrases indépendantes qui ont un lien de sens entre elles. 3e secondaire

Lorsque deux phrases sont juxtaposées, on peut effacer des éléments communs de même fonction syntaxique. Si cet élément est un verbe, on le remplace par une virgule. Exemple : Les enfants jouaient à la cachette ; les adultes, aux échecs.

© Éditions Grand Duc 243

4596_04_Grammaire-F.indd 243

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


36

v

La coordination

p

j

w

laclasse.grandducenligne.com

La coordination sert à joindre des phrases ou des groupes de mots au moyen d’un coordonnant (mais, car, ni, or, donc, etc.) en établissant des relations logiques entre eux. C’est pourquoi les coordonnants sont aussi appelés « marqueurs de relation ». Exemples : Ce nouveau projet l’intéresse grandement, mais lui fait peur en même temps. Elle est très heureuse, car elle a battu son record personnel. Règles Les éléments coordonnés doivent être de même nature et de même fonction syntaxique. Exemple : La nouvelle directrice semble gentille, rigoureuse et travaillante.

3e secondaire

On peut effacer des éléments communs aux deux phrases coordonnées. Par exemple, on peut faire l’ellipse du GV ou du verbe. Cet effacement est alors indiqué par une virgule. Exemple : Marie mange des fruits et Loïc, du dessert.

La virgule est obligatoire devant certaines conjonctions, comme mais, car, c’est-à-dire, sinon. Exemple : Gaston est végétarien, c’est-à-dire qu’il ne mange pas de viande.

Il n’y a généralement pas de virgule devant les coordonnants et et ou. Exemples : Veux-tu de l’eau ou du jus ? Léa a enfourché son vélo, a fait des courses et est allée au cinéma.

On ne met généralement pas de virgule devant le coordonnant ni lorsqu’il unit deux éléments ou moins. Lorsque plus de deux éléments sont liés par ni, une virgule précède chaque occurrence du coordonnant, à l’exception de la première. Exemples : Je n’ai aimé ni le film ni la pièce de théâtre de ce comédien. Il n’a apporté ni les pâtes, ni la sauce, ni les légumes que je lui avais demandés.

© Éditions Grand Duc 244

4596_04_Grammaire-F.indd 244

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3e secondaire

37

y

La subordonnée corrélative

f

j

u

laclasse.grandducenligne.com

La subordonnée corrélative établit une relation avec la phrase enchâssante. Cette relation peut avoir une valeur de conséquence ou de comparaison. Cette subordonnée exerce la fonction de modificateur. Elle est insérée dans un GN, un GAdv, un GAdj ou un GV. Comment la reconnaître ? Il est possible de l’effacer, avec l’adverbe dont elle dépend, mais jamais de la déplacer. Elle est introduite par le subordonnant que ou pour que, qui est précédé d’un adverbe corrélatif comme tant, autant, plus, moins, assez, suffisamment. Exemples : Il y a moins d’exercices de grammaire que je le croyais. (comparaison)  Il y a

des exercices de grammaire

.

Les explications sont assez claires pour que nous puissions faire les exercices. (conséquence) Pour que nous puissions faire les exercices, les explications sont assez claires. 1) La subordonnée corrélative de comparaison Ce type de subordonnée corrélative crée un rapprochement avec un fait énoncé dans la phrase enchâssante. Les principaux termes corrélatifs qui marquent la comparaison sont beaucoup, plus, moins, autant, aussi, davantage, mieux, meilleur, pire. Le verbe dans la subordonnée est conjugué au mode indicatif. 2) La subordonnée corrélative de conséquence Ce type de subordonnée corrélative établit l’effet qui suit la cause exprimée dans la phrase enchâssante. Les principaux termes corrélatifs qui marquent la conséquence sont si, tellement, assez, suffisamment, tant, trop. Le verbe dans la subordonnée est conjugué au mode indicatif ou subjonctif.

© Éditions Grand Duc 245

4596_04_Grammaire-F.indd 245

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les manipulations syntaxiques

38

u

L’addition

s

2

h

laclasse.grandducenligne.com

L’addition consiste à ajouter un mot ou un groupe de mots à une phrase. Utilité

Exemple

Transformer le type d’une phrase.

Tu rédiges un plan.

Transformer la forme d’une phrase.

Tu te prépares en vue d’un examen. (positive)

Distinguer l’adjectif classifiant de l’adjectif qualifiant.

Cet homme doit être vigilant en forêt, car il est garde forestier.  Cet homme doit être très vigilant (qualifiant) en forêt, car il est garde très forestier (classifiant).

39

 Est-ce que tu rédiges un plan ?   Tu ne te prépares jamais en vue d’un examen. (négative)

v

L’effacement

p

7

y

laclasse.grandducenligne.com

L’effacement consiste à supprimer un mot ou un groupe de mots dans une phrase. Utilité Distinguer les constituants obligatoires des constituants facultatifs.

Exemple Jean-Philippe rédige son texte dans un cahier. obligatoire (Jean-Philippe est le sujet.)

 Jean-Philippe rédige son texte dans un cahier. facultatif

 Jean-Philippe rédige son texte dans un cahier. Repérer le noyau d’un groupe.

Cet élève de 2e secondaire est inspirant.  Cet élève de 2e secondaire est inspirant.

40

d

Le déplacement

t

u

g

laclasse.grandducenligne.com

Le déplacement consiste à changer la position d’un mot ou d’un groupe de mots dans une phrase. Utilité • Déterminer la fonction d’un groupe. • Distinguer le complément de phrase du complément du verbe (CD, CI).

Exemple L’enseignant répète cette règle tous les jours. CP

 Tous les jours, l’enseignant répète cette règle. CD

Cette règle, l’enseignant répète tous les jours. Transformer le type d’une phrase en déplaçant le pronom sujet devant le verbe.

Tu as compris la règle. (déclaratif)  As-tu compris la règle ? (interrogatif)

© Éditions Grand Duc 246

4596_04_Grammaire-F.indd 246

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


41

g

L’encadrement

x

3

5

laclasse.grandducenligne.com

L’encadrement consiste à encadrer dans une phrase un mot ou un groupe de mots par c’est… qui ou ce sont… qui ; c’est… que ou ce sont… que ; ne/n’… pas. Utilité Reconnaître le groupe qui exerce la fonction de sujet.

Exemples Les membres de mon équipe de travail se divisent les tâches. Sujet

 Ce sont les membres de mon équipe de travail qui se divisent les tâches. Reconnaître un groupe qui exerce la fonction de complément du verbe.

• Nous formons une excellente équipe de travail. CD

 C’est une excellente équipe de travail que nous formons. • J’ai expliqué mon point de vue à mes collègues. CI

 C’est à mes collègues que j’ai expliqué mon point de vue. Repérer un verbe conjugué.

42

Vous ne discutez pas calmement.

p

Le remplacement

4

x

g

laclasse.grandducenligne.com

Le remplacement consiste à substituer un mot ou un groupe de mots à un autre mot ou un autre groupe de mots dans une phrase. On appelle pronominalisation le remplacement par un pronom. Utilité Identifier la classe d’un mot.

Exemple Ma voisine de classe est très bavarde.  Ma voisine de classe est très fatigante. (remplacement de l’adjectif bavarde par l’adjectif fatigante)

Déterminer la fonction d’un groupe du nom.

•  Ma coéquipière me demande de lui prêter la calculatrice.  Elle me demande de lui prêter la calculatrice. (remplacement du GN sujet par un pronom de conjugaison) • L’enseignante corrige nos devoirs.   L’enseignante les corrige. (remplacement du GN complément direct du verbe par un pronom personnel)

© Éditions Grand Duc 247

4596_04_Grammaire-F.indd 247

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


La ponctuation

43

m

Le deux-points : Rôle

3e secondaire

2

Introduire une énumération.

J’ai cueilli des fleurs : des roses, des tulipes et des jonquilles.

Annoncer une séquence de discours rapporté direct.

Ma mère m’a dit : « J’aimerais que tu m’y accompagnes. »

Introduire une explication ou une conclusion. (Dans ce cas, on peut le remplacer par car.)

Ma voisine de classe est très bavarde : elle parle sans cesse pour attirer l’attention.

44

f

Les points de suspension …

c

p

Exemple Ce n’est pas de cette manière que je voulais que ça se passe…

Marquer la continuité d’une énumération incomplète. * Cette ponctuation a la même valeur qu’un etc. ; il faut donc mettre l’un ou l’autre.

Dans ce magasin, on trouve des vêtements, des aliments, des appareils électroniques…   Marie mange des fruits, des légumes, des noix, etc…

6

Les parenthèses et les tirets ( ) – Rôle

7

g

n

laclasse.grandducenligne.com

Exemple

Encadrer des informations supplémentaires, mais non essentielles.

Il affirme avoir perdu son portefeuille (c’est la deuxième fois cette semaine) et il ignore où cela s’est produit.

Insérer un passage dans une phrase afin de l’isoler et d’attirer l’attention du lecteur.

J’ai dû négocier avec cet homme – qui est abject, je le jure – et je ne recommencerais pas de sitôt.

© Éditions Grand Duc 248

4596_04_Grammaire-F.indd 248

5

laclasse.grandducenligne.com

Laisser une phrase ou une idée inachevée ou en suspens.

45

5

Exemple

Rôle

3e secondaire

f

laclasse.grandducenligne.com

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


3e secondaire

46

w

Les crochets [ ]

7

t

Rôle

Exemple

Encadrer des informations que l’on a ajoutées dans un texte ou une citation.

Elle [Mélanie] affirme avoir encore perdu son portefeuille.

Indiquer que l’on a retranché des mots dans un texte ou une citation. Les mots enlevés doivent être remplacés par […].

J’ai dû négocier avec cet homme […] et je ne recommencerais pas de sitôt.

47

z

La virgule ,

 Ces éléments doivent être de même nature et exercer la même fonction.

e

h

c

laclasse.grandducenligne.com

Rôle Séparer les éléments d’une énumération : mots, groupes de mots ou phrases.

q

laclasse.grandducenligne.com

Exemples • [Cet acteur], [sa partenaire de jeu] et le réalisateur discutent de la prochaine scène. • [J’ouvre le journal], [je survole les grands titres], [je lis les critiques de films].

Isoler un CP placé en début de phrase ou l’encadrer en milieu de phrase.

• Au cinéma, les films d’action sont plus enlevants. • Les films d’action, au cinéma, sont plus enlevants. • Alors que vous vous questionnez, nous agissons.

Encadrer un GN détaché complément du nom.

Mon film préféré, La guerre des tuques, reprend l’affiche cette année.

Isoler un GAdj détaché complément du nom placé en début ou en fin de phrase.

• Choyée, j’assiste à la première de ce film. • J’assiste à la première de ce film, choyée.

Isoler une apostrophe détachée en début de phrase ou l’encadrer en milieu de phrase.

• Éric, voudrais-tu m’accompagner au cinéma ? • Voudrais-tu, Éric, m’accompagner au cinéma ?

Isoler un organisateur textuel ou un marqueur de relation placé en début de phrase.

• Ce soir, c’est la première de ce long métrage tant attendu. • Par conséquent, il y aura sûrement une foule nombreuse.

Précéder certains coordonnants (alors, car, donc, mais, puis, c’est-à-dire, etc.).

• Ma mère travaille pour une compagnie de production, alors elle reçoit souvent des billets de faveur. • J’aime les films d’action, mais je n’apprécie pas les films d’horreur.

Isoler la phrase incise si elle suit le discours rapporté direct ou l’encadrer si elle l’intègre.

• « J’aimerais que tu m’y accompagnes », m’a dit ma mère. • « J’aimerais, m’a dit ma mère, que tu m’y accompagnes. »

© Éditions Grand Duc 249

4596_04_Grammaire-F.indd 249

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


La conjugaison des verbes

3e secondaire

48

L  es modes et les temps verbaux qui ont une valeur temporelle

5

y

u

n

laclasse.grandducenligne.com

Certains modes et temps verbaux permettent de situer le récit ou les éléments de la phrase dans le temps, alors que d’autres n’ont pas de valeur temporelle. Le mode indicatif permet d’énoncer la valeur temporelle associée à l’action. Les modes impératif, subjonctif et infinitif n’ont pas de valeur temporelle. Les temps verbaux Les temps verbaux exprimant le passé : indicatif imparfait, indicatif plus-que-parfait, indicatif passé antérieur, indicatif passé simple, indicatif passé composé, conditionnel passé, participe passé. Les temps verbaux exprimant le présent : indicatif présent, conditionnel présent, participe présent. Les temps verbaux exprimant le futur : futur simple, futur antérieur et futur proche. L’impératif, le participe et le subjonctif sont des modes qui n’ont pas de valeur temporelle. Leur sens permet d’exprimer un souhait, un ordre, une commande, un conseil, etc. Exemples : Prends ton manteau au cas où il ferait froid. Fais tes devoirs. Il faut que tu ailles à la pharmacie.

3e secondaire

49

s

Le choix de l’auxiliaire

7

f

8

laclasse.grandducenligne.com

Lorsqu’on conjugue un verbe à un temps composé, il faut choisir entre l’auxiliaire être et l’auxiliaire avoir. L’auxiliaire être est de mise dans le cas d’un verbe pronominal, du verbe d’une phrase de forme passive et de certains verbes exprimant une transformation, un état ou un déplacement. Exemples : Son chat s’est enfui.

forme pronominale s’enfuir

Sa fuite sera déclenchée par la vue d’un chat inconnu. Le nouveau chat est perdu.

forme passive

verbe exprimant un état

On emploie l’auxiliaire avoir dans la conjugaison de la majorité des verbes restants. Il sert à exprimer une action. Exemples : Il a parcouru plusieurs mètres avant de rejoindre son semblable. Ils ont trouvé refuge sous un balcon.

© Éditions Grand Duc 250

4596_04_Grammaire-F.indd 250

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


50

z

L’accord du participe passé

s

v

e

laclasse.grandducenligne.com

1) Le participe passé employé avec l’auxiliaire être Pour l’accorder correctement, vous devez repérer son donneur d’accord, c’est-à-dire le mot avec lequel il est en relation. Ce donneur d’accord est généralement le nom noyau du GN sujet ou le pronom sujet. Le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et en nombre avec son donneur d’accord. GN sujet

p. p.

Exemples : [Ces pommes] sont tombées de l’arbre. f. pl. pro. sujet

p. p.

[Ils] étaient restés à la maison.

m. pl.

2) Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir Pour l’accorder correctement, vous devez repérer le CD donneur d’accord. Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec le CD si celui-ci précède le verbe. CD

Si le CD est un pronom, vous devez repérer l’antécédent de ce pronom afin de trans­mettre son genre et son nombre au participe passé.

p. p.

Exemples : Les sommes qu’il a dépensées pour ces achats sont élevées. f. pl.

p. p.

CD

Ces gens, nous les avons rencontrés hier soir. m. pl.

Par contre, si le CD est placé après le verbe ou s’il n’y a pas de CD, le participe passé reste invariable. CD

Exemple : Il a interviewé ses voisins pour son travail de recherche. Ses voisins, le CD du verbe a interviewé, est placé après le verbe, donc le participe passé interviewé reste invariable.

© Éditions Grand Duc 251

4596_04_Grammaire-F.indd 251

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Les critères d’évaluation en situation d’écriture Le texte que vous rédigez en situation d’écriture est évalué selon cinq critères. Peu importe le genre de texte, ces critères sont toujours les mêmes. L’adaptation à la situation de communication (25 %)

Le respect des normes relatives à l’orthographe d’usage et à l’orthographe grammaticale (20 %)

1 5

La cohérence du texte (20 %)

2

4

3

La construction de phrases et la ponctuation appropriées (25 %)

L’utilisation d’un vocabulaire approprié (10 %)

Voici les questions que vous devez vous poser pour vous assurer de respecter chacun des critères.

Critère 1  L’adaptation à la situation de communication   Ai-je tenu compte de l’intention de communication ?   Ai-je respecté le sujet imposé ?   Ai-je pris en compte le destinataire ?  Ai-je respecté les exigences particulières, dont le nombre de mots requis ?   Ai-je utilisé un vocabulaire approprié à la tâche ? Ai-je tenu compte de la séquence dominante de mon texte   (séquence descriptive, narrative, justificative, dialogale, etc.) ?

Dès le départ, vous devez définir la raison pour laquelle vous écrivez ce texte et choisir la personne à qui il s’adresse. Vous ne devez jamais perdre de vue ces deux points.

  Ai-je personnalisé mon texte ? Ai-je utilisé des figures de style (comparaison, métaphore,   contraste, antithèse, personnification) ?

© Éditions Grand Duc 252

4596_04_Grammaire-F.indd 252

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Critère 2  La cohérence du texte Ai-je découpé mon texte en paragraphes en respectant un plan ? Ai-je ajouté des séquences secondaires à la séquence dominante ?

Faire un plan vous aidera à organiser vos idées et à rédiger un texte cohérent.

Ai-je créé des liens logiques entre les informations (organisateurs textuels) ? Ai-je utilisé différents procédés de reprise de l’information ? Ai-je évité les contradictions ?

Critère 3  L’utilisation d’un vocabulaire approprié Ai-je utilisé des mots précis et justes pour que mon destinataire comprenne bien mon message ? Ai-je respecté la variété de langue standard ? Ai-je évité les répétitions ?

Critère 4  La construction de phrases et la ponctuation appropriées Les phrases sont-elles complètes ? Les phrases sont-elles bien construites et bien ponctuées ? La virgule est-elle bien utilisée ? Le discours rapporté direct est-il bien ponctué et bien structuré ? Les groupes de mots sont-ils bien construits ? Les groupes verbaux sont-ils appropriés ?

Relisez votre texte d’un œil neuf. Après chaque phrase, demandez-vous si ce que vous dites est compréhensible. Vous pouvez aussi faire lire votre texte à une personne de votre classe afin qu’elle le commente.

Critère 5  Le respect des normes relatives à l’orthographe d’usage et à l’orthographe grammaticale Ai-je uniquement accordé les mots variables ? Ai-je bien fait les accords dans le groupe du nom ? Ai-je bien utilisé les pronoms de reprise et identifié leur antécédent ? Ai-je bien conjugué et accordé les verbes ? Ai-je bien accordé les participes passés ? Ai-je bien orthographié tous les mots ?

© Éditions Grand Duc 253

4596_04_Grammaire-F.indd 253

Relisez bien votre texte afin d’y relever de possibles erreurs d’accord restantes. Vous pouvez utiliser votre index pour suivre les mots. Cela évite à votre cerveau de compenser les lacunes.

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


Notes

© Éditions Grand Duc 254

4596_04_Grammaire-F.indd 254

50 NOTIONS POUR LA GRAMMAIRE EN CONTEXTE

19-01-21 11:49 AM


e

édition

2

Cette nouvelle édition de MisÀjour Français a toujours pour objectif la réussite de vos élèves en lecture.

ajout d’exerc ice de théo s et rie gramm en aire

Cette nouvelle édition fait plus de place à la grammaire. Voici les ajouts qu’elle comprend : • des questions de grammaire en contexte ; • des exercices en lien avec les ressources de la langue ; • une section de référence où sont expliquées 50 notions essentielles de grammaire.

• Une section d’enseignement explicite des stratégies de lecture, qui sont présentées une à une, modélise la façon d’annoter un texte et explique chacun des types de questions tout en précisant comment y répondre. • Des questions de jugement critique ont été ajoutées afin que l’analyse des textes aborde tous les critères d’évaluation. • Des textes ont été mis à jour.

Plus de 500 exercices autocorrigés sont disponibles gratuitement en ligne dans la Classe numérique. LA CLASSE NUMÉRIQUE

c

o

d

e

laclasse.grandducenligne.com

CODE PRODUIT 4596 I S B N 9 7 8 - 2 - 76 5 5 - 3 7 2 5 - 0

www.grandducenligne.com

6

20728 45960

COUV-sec3_v1.indd All Pages

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

ition éd

ajout d’exercices et de théorie en grammaire

MÉLANIE DEMERS MARIE DUCHESNEAU

CHEVALERIE HISTORIQUE ŒUVRE

LE CHAPITRE D’UN MANUEL DE SCIENCE ET TECHNOLOGIE OU DE SCIENCE L’article de vulgarisation VULGARISATION MANUEL D Chapitre d’un manuel de S HUMAINES TECHNOLOGIE

SCIENCE RÉCIT ROMAN LE POÈME LYRIQUE CONTE ETROMAN LÉGENDE HISTORIQ

MisÀjour

Une attention plus grande est accordée au développement de la compétence en lecture :

MisÀjour

Cahier de savoirs 2e

DEMERS | DUCHESNEAU

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

MisÀjour

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

FRANÇAIS + GRAMMAIRE

FRANÇAIS | 3e SECONDAIRE

science et technologie ou de sciences humaines Conte et la légende Roman historique et le roman de chevalerie Poème lyrique L’article de vulgarisation Chapitre d’un manuel de science et

9

2019-01-23 6:07 PM

Profile for Éditions Grand Duc

Majf3 cahier complet  

Majf3 cahier complet