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MisÀjour Histoire

Pour réussir en histoire Dans ce manuel de l’élève, tout est mis en place pour que les élèves mobilisent les ressources nécessaires à leur réussite : •

Les connaissances historiques

L’interprétation des sources

Les opérations intellectuelles

Ces trois éléments guident les élèves dans la réalisation de tâches complexes en les amenant à développer les compétences disciplinaires.

Révision Une section réservée à la révision propose un rappel des connaissances de 3e secondaire. Présentées sous forme d’organisateurs graphiques, les questions historiques de chaque période sont revues et résumées à l’aide des concepts particuliers. Ainsi, les élèves démarreront l’année du bon pied.

HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

Une collection moderne pour l’enseignement de l’histoire Un manuel de synthèse qui se distingue du manuel traditionnel

Histoire

• Les connaissances historiques sont illustrées à l’aide d’organisateurs graphiques ; • Des dossiers spéciaux demandent aux élèves d’approfondir un pan de l’histoire grâce à l’analyse de documents pertinents ; • Une revue de la période est faite entièrement à l’aide de questions soutenues par les opérations intellectuelles et l’analyse des documents ; • La révision de la période permet du même coup aux élèves de se préparer à l’épreuve unique.

CODE PRODUIT ISBN

4477

978-2-7655-2919-4

4e SECONDAIRE

MisÀjour LAUZON

4e SECONDAIRE

MisÀjour Histoire

HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

Marc-André Lauzon

Manuel de l’élève


E VOT

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HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

4e SECONDAIRE

Manuel de l’élève

MisÀJour Histoire

Marc-André Lauzon


Remerciements Pour son travail de vérification scientifique, l’Éditeur témoigne toute sa gratitude à Mme Andréanne Gagnon, de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Pour son travail de rédaction de la version initiale de la section Pour réussir en histoire, l’Éditeur remercie Alexandre Joly-Lavoie, doctorant en didactique de l’histoire.

MisÀjour Histoire

© 2017, Éditions Grand Duc, une division du Groupe Éducalivres inc. 955, rue Bergar, Laval (Québec) H7L 4Z6 Téléphone : 514 334-8466 • Télécopie : 514 334-8387 www.grandduc.com

Légende - d : droite, g : gauche, c : centre, b : bas, h : haut

Tous droits réservés. CONCEPTION GRAPHIQUE (maquette intérieure et page couverture) : Illustrations : Lydia F. Ferron Vectorisation des cartes (périodes 2, 3 et 4) :

Références iconographiques couverture g : Bibliothèque et Archives nationales du Québec/ P48,S1,P12157 hg : Archives Notre-Dame-du-BonConseil bc : Bibliothèque et Archives Canada/NL022474 c : Bibliothèque et Archives Canada/C-001971 bd : Bibliothèque et Archives Canada/C-009092 hd : Bibliothèque et Archives Canada/PA-132851 d : Bibliothèque et Archives Canada/PA-178340 b : Bibliothèque et Archives Canada/NMC-011868 Références iconographiques épine seulement Bibliothèque et Archives Canada/PA-107872

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC

Références iconographiques quatrième de couverture seulement Bibliothèque et Archives nationales du Québec/ P910,S1,D1,P36

Il est illégal de reproduire cet ouvrage, en tout ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation écrite de l’Éditeur. Le respect de cette recommandation encouragera les auteurs et auteures à poursuivre leur œuvre.

Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017 Bibliothèque et Archives Canada, 2017

CODE PRODUIT 4477 ISBN 978-2-7655-2919-4

Imprimé au Canada 1234567890HLN6543210987


Table des matières Présentation de la collection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII Pour réussir en histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 Révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

période 1

Entre 1840 et 1896 La formation du régime fédéral canadien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 période 2

Entre 1896 et 1945 Les nationalismes et l’autonomie du Canada . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82 période 3

Entre 1945 et 1980 La modernisation du Québec et la Révolution tranquille . . . .

138

période 4

De 1980 à nos jours Les choix de société dans le Québec contemporain . . . . . . . . . .

196

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

252

III


Période 1

Entre 1840 et 1896 La formation du régime fédéral canadien Synthèse de la période . . . . . . . . . . . . . 28 L’Acte d’Union (1840-1867) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 Les caractéristiques de l’Acte d’Union (1840–1867) . . . . 29 Les structures politique et administrative du Canada-Uni (1840-1848) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 La fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada . . . . . . . . 31 Le gouvernement responsable . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 L’instabilité ministérielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34 L’économie coloniale en transformation . . . . . . . . . . . . 36 Vers l’Acte de l’Amérique du Nord britannique . . . . . . . 38 Le fédéralisme canadien : confédération ou fédération ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 . 41 Les caractéristiques de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique . . . . . . . . . . . . . . .42 La structure politique du gouvernement fédéral . . . . . 44 La structure politique du gouvernement provincial . . . . 45 Les relations fédérales-provinciales . . . . . . . . . . . . . . .46 Les compétences gouvernementales . . . . . . . . . . . . . .46 Centralisation ou décentralisation ? . . . . . . . . . . . . . . . 47 Les soulèvements des Métis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Les affaires indiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49

IV

La première phase d’industrialisation . . . . . . . . . . .50 Les migrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 L’industrialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 L’urbanisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54 Dossier spécial : La vie en ville était-elle facile ? . . . . . . . 56 Le réseau de transport continental de l’Est . . . . . . . . . . 58 La Politique nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Dossier spécial : Le Canada serait-il devenu ce qu’il est aujourd’hui sans la Politique nationale de Macdonald ? . . 60 L’Église catholique : deux mouvements qui s’opposent . . 62 Le rôle des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 Dossier spécial : Quel est l’impact de l’industrialisation sur les femmes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .66 Peinture et littérature : des manifestations socioculturelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .68 L’industrie forestière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 L’exploitation agricole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

La période par les sources . . . . . . . . 72 À l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

78


Période 2

Entre 1896 et 1945 Les nationalismes et l’autonomie du Canada Synthèse de la période . . . . . . . . . . . .

84

Dossier spécial : Pourquoi l’implication des Canadiens français et des Canadiens anglais est-elle différente au cours de la Première Guerre mondiale ? . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 Les luttes des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108

Le contexte international et national (1896-1914) . . 84 L’impérialisme et les nationalismes . . . . . . . . . . . . . . . 84 Le soutien militaire canadien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 L’impérialisme britannique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .86 Les nationalismes canadiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .88 Le clérico-nationalisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90

Dossier spécial : Quelle est la place de la femme dans la société québécoise du début du 20e siècle ? . . . . 110

Dossier spécial : Pourquoi l’implication des Canadiens français et des Canadiens anglais est-elle différente lors de la guerre des Boers ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

Les années folles (1920-1929) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 La culture de masse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

La politique intérieure canadienne . . . . . . . . . . . . . . . .94 Les minorités franco-catholiques du Canada . . . . . . . . 95

La Grande Dépression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 Deux facteurs du krach boursier de 1929 . . . . . . . . . . . 118 Les conséquences sociales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119 La crise économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120 Pour combattre la crise économique . . . . . . . . . . . . . 122

Dossier spécial : L’histoire canadienne est-elle uniquement marquée par des événements positifs ? . . . . . . . . . . . . . . 96 La deuxième phase d’industrialisation . . . . . . . . . . 98 Les migrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .99 L’industrialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 L’urbanisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 La Première Guerre mondiale (1914-1918) . . . . . . . . 104

L’Église et les valeurs traditionnelles . . . . . . . . . . . . . . 113 L’Église et l’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) . . . . . . . . 123 Dossier spécial : Quel a été l’impact de la Seconde Guerre mondiale sur le Canada ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126

La période par les sources . . . . . . . 128 À l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

134

V


Période 3

Entre 1945 et 1980 La modernisation du Québec et la Révolution tranquille Synthèse de la période . . . . . . . . . . . . 140 Le contexte international . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140 La guerre froide (1945-1989) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141 La présentation de la période . . . . . . . . . . . . . . . . . 142 La période duplessiste (1945-1960) . . . . . . . . . . . . . . 142 La Révolution tranquille (1960-1980) . . . . . . . . . . . . . 143 Un survol de la période de 1945 à 1960 . . . . . . . . . . . . 144 Dossier spécial : La Grande Noirceur est-elle si obscure ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 Un survol de la période de 1960 à 1980 . . . . . . . . . . . 148 Dossier spécial : La Révolution tranquille était-elle si révolutionnaire ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150 La fédération canadienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152 Les communautés autochtones . . . . . . . . . . . . . . . . 154 Les transformations démographiques . . . . . . . . . . . . 156 Dossier spécial : Qui sont les orphelins de Duplessis ? . 158 La société de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160 Les agglomérations urbaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162 Dossier spécial : Quel est l’impact du mode de vie à l’américaine sur le territoire du Québec ? . . . . . . . . . . . . 164

VI

Le développement régional . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168 L’économie canadienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170 Les femmes dans la société québécoise . . . . . . . . . . . 172 Dossier spécial : À quoi ressemble la vie domestique des femmes entre 1945 et 1960 ? . . . . . . . . . . . . . . . . . 174 Les relations patronales-syndicales . . . . . . . . . . . . . . 176 Dossier spécial : Quelle est la dynamique entre l’État et les syndicats entre 1945 et 1980 ? . . . . . . . . . . . . . . . 178 L’effervescence socioculturelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 180 Dossier spécial : Comment la ville de Montréal rayonnet-elle sur la scène internationale entre 1960 et 1980 ? . . . 182 La décolonisation et le néonationalisme . . . . . . . . . . . 184 Le néonationalisme et la souveraineté . . . . . . . . . . . . 185

La période par les sources . . . . . . . 186 À l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

192


Période 4

De 1980 à nos jours Les choix de société dans le Québec contemporain Synthèse de la période . . . . . . . . . . . . 198 Le contexte international . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198 La fin de la guerre froide et le début de... . . . . . . . . . . 198 L’économie et les modifications aux rôles de l’État . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .200 Les cycles économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .200 La mondialisation de l’économie : deux mouvements qui s’opposent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 La redéfinition du rôle de l’État à l’ère du néolibéralisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Le Québec à l’ère de la mondialisation . . . . . . . . . . . . 206 La crise du bois d’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208 La dévitalisation de localités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 Le statut politique du Québec . . . . . . . . . . . . . . . . 212 Dossier spécial : Quel rôle la formulation de la question a-t-elle joué lors de la campagne référendaire de 1980 ? . 216 Dossier spécial : Le « Kitchen Meeting » et « la nuit des longs couteaux », est-ce la même chose ? . . . . . . . . 218 La question linguistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220

Les luttes et les changements au sein de la population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222 L’égalité homme-femme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222 La reconnaissance des droits des Autochtones au Canada . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224 La reconnaissance des droits des Autochtones au Québec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226 Dossier spécial : Comment enseigner la crise d’Oka lorsqu’on l’a vécue ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228 L’évolution sociodémographique du Québec . . . . . . . 232 Les préoccupations environnementales depuis 1980 . . 234 La protection de l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . 235 Dossier spécial : Pourquoi le fleuve Saint-Laurent fait-il partie des préoccupations environnementales depuis 1980 ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236 La culture québécoise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238 L’internet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239 La concentration et la convergence des médias . . . . . 239 Les relations internationales . . . . . . . . . . . . . . . . . 240 Les missions de l’armée canadienne à l’étranger . . . . . 241

La période par les sources . . . . . . . 242 À l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

248

VII


MisÀjour Histoire, une collection moderne pour l’enseignement de l’histoire

Un nouveau concept

Interprétation des sources

Dans le manuel de l’élève MisÀjour Histoire, tout est mis en place pour que les élèves mobilisent les ressources nécessaires à leur réussite.

C’est la prise en compte de ces trois ressources qui a contribué à l’élaboration de la structure de chacune des périodes du manuel de l’élève.

VIII

Réussite de l’élève en histoire Connaissances historiques

Opérations intellectuelles


Pour réussir en histoire Le premier chapitre du manuel met en lumière l’interprétation des sources et les opérations intellectuelles afin que les élèves en comprennent bien les rouages, avant même l’acquisition des connaissances historiques.

Les opérations intellectuelles sont présentées aux élèves dans une approche en deux temps

1

Chaque opération intellectuelle est modélisée dans un contexte issu du quotidien des élèves. Ainsi, il leur sera plus facile d’en saisir la nature. Cet exemple pourra leur servir de référent lorsqu’il faudra mettre en œuvre une opération intellectuelle en particulier.

2

Ensuite, chaque opération est présentée en lien avec une question historique soutenue par l’analyse d’un document.

Des stratégies d’analyse sont proposées afin d’aider les élèves à interpréter adéquatement les documents qui leur seront présentés.

IX


Les quatre périodes historiques Le manuel de l’élève MisÀjour Histoire est une synthèse du Programme de formation qui est complétée par les autres composantes de la collection.

Chaque période débute par une problématique historique qui est le fil conducteur d’une situation d’apprentissage et d’évaluation (SAE) s’échelonnant sur toute la période. Celle-ci permet le développement et l’évaluation des deux compétences disciplinaires et est ponctuée de tâches ainsi que d’activités variées.

La chronologie de chaque période est présentée d’entrée de jeu et met en lumière les événements importants de la période.

Les concepts particuliers sont brièvement définis et accompagnés de pictogrammes facilitant leur représentation mentale. Ces pictogrammes sont repris dans la section Synthèse de la période lorsqu’un concept est au cœur de la présentation des connaissances.

X


La section Synthèse de la période présente les connaissances historiques, principalement à l’aide de cartes ...

... et d’organisateurs graphiques.

Des dossiers spéciaux ponctuent le récit historique afin que les élèves approfondissent leur connaissance d’un pan de l’histoire. Chaque dossier spécial est chapeauté par une question qui met l’accent sur une problématique précise et qui en fait une situation d’apprentissage et d’évaluation de courte durée.

XI


La deuxième section de chaque période, La période par les sources, propose aux élèves d’interpréter les documents à la lumière de leurs connaissances historiques.

La période pa

12

Le Grand Tronc vers 1885

Rail de chemin de fer

12

XII

Afin de rendre encore plus signifiante cette tâche complexe, l’analyse des documents est guidée par des questions visant la mise en œuvre d’une opération intellectuelle en particulier.

Gare de chemin de fer

Établir des faits Quelles institutions financières permettent le développement du moyen de transport présenté dans le document 12 ?

Déterminer des changements et des continuités

Déterminer des ca et des conséquenc

En vous fondant sur le document 12, indiquez le changement qui survient relativement au transport des marchandises après 1850.

Quel est l’impact du c les villes et les village de Québec à la fin du


La troisième section du manuel de l’élève, À l’épreuve, propose un dossier documentaire et des questions reliées à une opération intellectuelle. Cette tâche complexe est en fait une révision de toute la période.

À la fin du manuel de l’élève, un glossaire reprend la définition des concepts et des mots plus difficiles à comprendre.

XIII


Pour réussir en histoire Pourquoi apprendre l’histoire ?

Comment apprendre l’histoire ?

Le cours d’histoire sert, bien sûr, à apprendre les faits importants (dates, lieux, événements, personnages, etc.). Il donne aussi l’occasion d’apprendre une méthode qui nous aide à regarder notre monde avec un œil critique, à faire des liens entre des événements et à départager le vrai du faux. C’est à l’aide de cette méthode qu’il est possible d’interpréter des sources historiques.

Trois éléments sont nécessaires à la réussite de l’apprentissage de l’histoire de 4e secondaire :

Ainsi, même si elle traite d’époques passées, l’histoire nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. À l’heure où nous profitons de multiples sources d’information (réseaux sociaux, journaux, vidéos, etc.), il est plus important que jamais de développer notre sens critique et notre capacité d’analyse de l’information. Nous aurons à les utiliser souvent tout au long de notre vie.

• la méthode historique ; • la connaissance des faits ; • les opérations intellectuelles. Ces trois dimensions de l’apprentissage de l’histoire étant liées, il est important de maîtriser chacune d’elles. Les pages qui suivent vous en apprendront plus sur les différentes composantes de ce trio.

Le trio de la réussite en histoire La connaissance des faits

La méthode historique

Objectif : maîtriser les connaissances pour identifier les faits.

Objectif : analyser les sources historiques pour déterminer les faits dans le but de les interpréter. page 3

pages 4 › 5

Les opérations intellectuelles Objectif : travailler les faits dans le but de formuler une explication ou de rédiger un récit historique cohérent. pages 6 › 19

2


Interpréter les sources selon la méthode historique C’est en utilisant la méthode historique que les historiens analysent et interprètent les sources. Le processus d’analyse suit toujours les mêmes grandes étapes qui sont présentées ici.

Quelles questions se poser ?

1. Définir l’intention de lecture

De quelle époque est-il question dans le document ?

L’intention de lecture prend souvent la forme d’une question à laquelle il faut répondre. Elle guide l’analyse et l’interprétation.

4. Répondre à l’intention de lecture

Pour terminer l’analyse, on formule une réponse à la question posée.

2. Analyser le document Cette étape se fait en deux temps : l’identification et la lecture.

3. Interpréter le document À cette étape, toutes les informations recueillies sont regroupées pour répondre à l’intention de lecture.

L’identification permet de situer la source dans le temps et dans l’espace. La lecture permet de déterminer les différents faits présents dans la source.

Il faut donner un sens ou une cohérence historique à la source.

De quel territoire est-il question dans le document ?

Qui ? Quoi ? Quand ? Où ?

L’auteur cherche-t-il à exprimer son opinion ? Cherche-t-il à être objectif ?

3


Connaître les faits pour donner un sens aux sources En analysant diverses sources historiques, les historiens sont en mesure de reconstruire le passé. Ainsi, c’est à l’aide des récits et des illustrations que Samuel de Champlain nous a laissés que nous savons que la ville de Québec a été fondée en 1608. • Les sources primaires sont des documents originaux d’une époque donnée, par exemple, une lettre envoyée par l’Intendant Jean Talon au ministre de la Marine Colbert.

Extrait du discours du voyage fait par le capitaine Jacques Cartier en la terre neuve du Canada de la Nouvelle-France en l’an 1534 « Nous partîmes le 20 avril en l’an 1534 du port de Saint-Malo avec deux navires chargés chacun d’environ soixante tonneaux et armés de soixantaine d’hommes. […] Nous navigâmes et le 10 mai nous arrivèrent à la Terre-Neuve [...] » Source : Discours du voyage fait par le capitaine Jacques Cartier, édition de 1598, par Jacques Cartier, traduction libre du vieux français par Marc-André Lauzon.

L’arrivée de Jacques Cartier à Stadaconé, 1535, par Walter Baker, vers 1900

• Les sources secondaires sont le résultat des travaux des historiens, par exemple, une synthèse de l’histoire de la Nouvelle-France. Les historiens analysent tout autant les sources primaires que les sources secondaires. © Bibliothèque et Archives Canada/MIKAN 2836742

Les faits sont importants dans le cours d’histoire, puisqu’ils permettent de donner un sens aux sources et une cohérence au récit historique. Pour identifier des faits dans une source, la maîtrise des connaissances historiques est essentielle. Certaines connaissances doivent donc être retenues par cœur. À l’inverse, les sources permettent aussi de réactiver des connaissances. Les faits dans les sources prennent différentes formes : dates, noms de personnages, de lieux, de reliefs, etc. Ils sont faciles à retenir parce qu’ils n’ont qu’un sens, et tiennent généralement en un ou quelques mots. Par exemple :

4

Le fondateur de Québec est Samuel de Champlain.

La ville de Québec a été fondée en 1608.

C’est un fait, il n’y a qu’un seul fondateur de Québec reconnu.

C’est aussi un fait, la date de fondation est connue et unique.

Québec a été fondée près d’un cours d’eau, le fleuve Saint-Laurent. C’est un fait.


Les différents types de sources

© Bibliothèque et Archives Canada/C-130523

© Bibliothèque et Archives Canada/C-111502

Cartes

Sources écrites

Sources iconographiques

(géographiques, historiques, thématiques, etc.)

(récits, textes, témoignages, etc.)

(peintures, gravures, photographies, caricatures, etc.)

© Collection des Hospitalières

Schémas et tableaux

Artefacts

Sources audiovisuelles

(organigrammes, statistiques, etc.)

(objets du passé)

(documents audio et vidéo)

5


Réaliser des opérations intellectuelles pour donner un sens aux faits Les opérations intellectuelles à réaliser en cours d’histoire ont un objectif : donner un sens aux faits. Lorsque l’historien construit une synthèse ou un récit historique, il le fait à l’aide de sources historiques. Il fait aussi appel à différentes compétences qui l’amènent à caractériser une période et à interpréter une réalité sociale de l’histoire. Par exemple, il est amené à ordonner, dans le temps, différents événements afin de reconstituer le « fil de l’histoire ». Il établit aussi des faits et cherche des liens de causes et de conséquences entre des événements tout en déterminant s’il s’agit d’une continuité ou d’un changement. Il arrive aussi parfois que l’historien doive composer avec des témoignages différents, ce qui l’amène à dégager des points de convergence ou de divergence.

Établir des liens de causalité

Les pages suivantes expliquent comment travailler les connaissances et les faits historiques dans le but de rédiger des récits historiques pertinents. Pour faciliter la compréhension de chacune de ces opérations intellectuelles, nous utiliserons d’abord un exemple concret tiré de votre environnement scolaire, puis un exemple historique.

Mettre en relation des faits

6


Les opérations intellectuelles en histoire Établir des faits

Situer dans le temps et dans l’espace

Opérations intellectuelles Dégager des différences et des similitudes

Déterminer des changements et des continuités

Déterminer des causes et des conséquences

7


Établir des faits Ce qui est demandé

Attention

Il faut faire appel à ses connaissances, à ce que l’on connaît de la période en histoire.

La réponse n’est pas dans la source, car celle-ci ne sert qu’à réactiver des connaissances.

Selon la question posée, il faut nommer un ­acteur, un groupe, une action, une mesure, un rôle, un territoire, une activité économique ou un ­phénomène.

Il ne faut ni décrire la source ni essayer de l’expliquer.

À savoir

Il est important de nommer précisément le fait associé à la source. Pour cela, iI faut aller au-delà de ce que le document représente et plutôt s’en servir pour réactiver des connaissances déjà acquises.

Un exemple de la vie courante Que doivent obtenir les élèves du Québec pour entrer au cégep ? 1.  Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et définir son intention de lecture. Je cherche de quoi les élèves ont besoin pour entrer au cégep.

2.  Analyser des sources Analyser toutes les sources disponibles. Le document montre des élèves (qui ?) assis silencieusement ; ils semblent concentrés. Ils écrivent sur une feuille (quoi ?) dans une école (où ?).

3.  Associer les faits et les connaissances Relier les faits à ses connaissances antérieures. Les élèves sont en train de faire un examen de fin d’année.

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4.  Formuler la réponse Répondre à la question en nommant les termes historiques de manière précise. Les élèves doivent obtenir le diplôme d’études secondaires pour entrer au cégep.


Un exemple historique À partir du document ci-dessous, nommez le mode de vie des Iroquoiens.

1.  Définir l’intention de lecture Je cherche à nommer le mode de vie des Iroquoiens.

2.  Analyser des sources L’analyse du document montre qu’il y a un village, des maisons, une palissade et des terres cultivées. Il y a aussi un cours d’eau et une forêt.

3.  Associer les faits et les connaissances Les maisons longues et la pratique de l’agriculture sont des caractéristiques du mode de vie de la famille linguistique iroquoienne. Les Iroquoiens sont sédentaires.

4.  Formuler la réponse Les Iroquoiens ont un mode de vie sédentaire.

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Situer dans le temps et dans l’espace Ce qui est demandé

Situer dans le temps : il faut ordonner chronologiquement des faits ou des groupes de faits sur une ligne du temps. En général, ces faits doivent être classés en fonction d’un repère de temps (une date, une période) et il faut préciser s’ils se situent avant ou après ce repère.

Situer dans l’espace : il faut identifier un élément précis (souvent un territoire) sur une carte. Parfois, il faut aussi tenir compte des repères de temps (identifier un territoire à un moment donné).

À savoir

Sur une ligne du temps, l’ordre des événements va toujours de gauche à droite, comme l’écriture. Événement

Fait antérieur

Fait postérieur (après l’événement)

(avant l’événement)

Un exemple de la vie courante Classez les documents A et B selon qu’ils sont antérieurs ou postérieurs à l’entrée au secondaire. A

1.  Définir l’intention de lecture

2.  Analyser des sources

Lire la question attentivement et définir l’intention de lecture. Je cherche si les sources montrent des événements se passant avant ou après l’entrée au secondaire.

Analyser toutes les sources disponibles. A : un jeune élève B : des élèves qui lancent un chapeau

4.  Partir du repère de temps

B

Partir du repère de temps (lorsqu’il est donné) pour ensuite classer les sources. Le repère de temps est l’entrée au secondaire.

3.  Associer les faits et les connaissances Faire des liens entre les faits et les connaissances. A : un élève du primaire B : des élèves lors d’une cérémonie de fin d’études

5.  Classer les sources Chercher quelle source montre un fait antérieur (avant) et laquelle montre un fait postérieur (après) au repère de temps. Le primaire (document A) est un événement antérieur à l’entrée au secondaire ; la fin des études secondaires (document B) est postérieure.

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6. Formuler la réponse Placer l’ensemble des documents en ordre chronologique. Avant A

Entrée au secondaire

Après B


Un exemple historique Les documents A à D présentent des faits relatifs aux territoires en Amérique du Nord entre 1608 et 1840. Placez-les par ordre chronologique. A

B

D

C

Labrador

TerreNeuve

Terre de Rupert

BasCanada

Île Saint-jean NouvelleÉcosse

HautCanada

NouveauBrunswick

Louisiane

États-Unis d’Amérique

2.  Analyser des sources

1.  Définir l’intention de lecture Je dois placer en ordre chronologique différents territoires de l’Amérique du Nord entre 1608 et 1840.

3.  Associer les faits et les connaissances A : Les territoires du Haut-Canada et du Bas-Canada sont créés avec l’adoption de l’Acte constitutionnel en 1791. B : Ce n’est qu’entre 1763 et 1774 que le territoire de la province de Québec s’étend le long du fleuve Saint-Laurent, alors qu’est en vigueur la Proclamation royale. C : La Nouvelle-France passe aux mains des Britanniques en 1760. D : Le territoire de la province de Québec est relativement grand, et les treize colonies sont toujours des possessions britanniques. Entre 1774 et 1783, avant l’Indépendance américaine, le territoire est divisé selon l’Acte de Québec.

4.  Partir du repère de temps Le repère temporel est la période s’étendant de 1608 à 1840.

Je détermine les caractéristiques des territoires présentés. A : Les États-Unis d’Amérique forment un territoire indépendant. Le Haut-Canada et le Bas-Canada sont des possessions britanniques. B : La province de Québec s’étend uniquement le long du fleuve Saint-Laurent. Les territoires autochtones ainsi que les treize colonies sont des possessions britanniques. C : Le territoire de la Nouvelle-France est une possession française. D : La province de Québec s’étend jusqu’au sud des Grands Lacs. Les treize colonies sont des possessions britanniques.

5.  Classer les sources C : 1608-1760 B : 1763-1774 D : 1774-1783 et 1791 A : 1791-1840

6.  Formuler la réponse C

B

D

A

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Dégager des différences et des similitudes Ce qui est demandé

Attention

Il faut dégager des différences et des similitudes entre plusieurs éléments (des territoires, des objets, des opinions). Il faut nommer chacun des éléments pour ensuite expliquer en quoi ils sont différents (différences) ou en quoi ils se ressemblent (similitudes).

Il ne faut pas décrire les éléments à comparer, recopier des extraits ni raconter ce que la source présente.

À savoir

Il faut déterminer quels sont les points précis (les opinions) sur lesquels les acteurs sont en accord (convergence) ou en désaccord (divergence). Il est important d’établir ce qui les rassemble ou ce qui les divise.

Différences et similitudes : il faut nommer précisément ce que les éléments ont de semblable ou de différent. Pour cela, il faut déterminer ce qui les rend uniques ou, au contraire, similaires aux autres éléments.

Convergence et divergence : il ne faut pas décrire la position de chaque acteur. Exemple : Un tel pense quelque chose et l’autre pense cela. Il faut identifier et nommer le point précis sur lequel les acteurs sont en convergence ou en divergence. Exemple : Les acteurs sont en accord sur… Les acteurs sont en désaccord sur…

Un exemple de la vie courante Quelle est la différence entre les objets A et B ? A

1. Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et déterminer ce qu’il faut comparer. Des objets utilisés en classe.

2.  Analyser des sources Analyser toutes les sources disponibles. A : des crayons B : une gomme à effacer

3.  Associer les faits et les connaissances

B

Relier les faits à ses connaissances antérieures. A : différents crayons à l’encre et à mine B : une gomme à effacer avec deux côtés Je ne sais pas à quoi sert le deuxième côté.

4.  Déterminer ce que l’on cherche Déterminer si l’on cherche une similitude (en quoi les objets se ressemblent) ou une différence (en quoi les objets sont différents). Je cherche en quoi ils sont différents.

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5.  Formuler la réponse Identifier les sources et nommer précisément ce qui est semblable ou différent. Les crayons servent à écrire, alors que la gomme à effacer sert à effacer.


Un exemple historique Les documents A et B présentent le point de vue de deux acteurs historiques de la Nouvelle-France. Sur quel point précis ces deux acteurs sont-ils en désaccord ? A

Une lettre de Jean Talon, octobre 1665

« Si le roi de France a regardé ce pays comme un beau plan dans lequel on peut former un grand royaume et fonder une monarchie ou du moins un État fort considérable, je ne puis me persuader qu’elle réussisse dans son dessein, en laissant en d’autres mains [la Compagnie des Indes occidentales] que les siennes la seigneurie, la propriété des terres, la nomination aux cures et adjoints, même le commerce qui fait l’âme de l’établissement qu’elle prétend. » Source : Jean TALON, cité dans Jacques LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec : 1896-1960, Québec, Les éditions du Septentrion, 1995, p. 125. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

B

« Le roi ne peut convenir de tout le raisonnement que vous faites sur les moyens de former du Canada un grand et puissant État, y trouvant divers obstacles qui ne sauraient être surmontés que par un très long espace de temps, parce que quand même il n’aurait point d’autre affaire et qu’il pourrait employer […] sa puissance à celle-là, il ne serait pas de la prudence de dépeupler son royaume comme il faudrait pour peupler le Canada. » Source : Jean-Baptiste COLBERT, cité dans Jacques LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec : 1896-1960, Québec, Les éditions du Septentrion, 1995, p. 125. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

1.  Définir l’intention de lecture Je dois dégager le point divergent des deux acteurs en lien avec la Nouvelle-France.

La réponse de Jean-Baptiste Colbert à Jean Talon, avril 1666

2.  Analyser des sources A : Jean Talon veut former un grand royaume français. Il ne veut pas que ce soit la Compagnie des Indes occidentales qui s’occupe des seigneuries, des terres et du commerce. B : Jean-Baptiste Colbert lui répond que le roi n’est pas d’accord et qu’il ne faut pas dépeupler la France pour peupler le Canada. Selon lui, la population va croître avec le temps.

3.  Associer les faits et les connaissances A : Jean Talon, l’intendant de la Nouvelle-France, a le mandat de peupler la NouvelleFrance. Il aimerait bien que la Compagnie des Indes occidentales ne soit pas responsable du peuplement et de l’économie de ce territoire. Il veut une colonie forte. B : Jean-Baptiste Colbert, le ministre de la Marine (le patron de Jean Talon), lui dit qu’il ne videra pas la France pour peupler la Nouvelle-France, que le temps fera son œuvre. Pour Colbert, la France est plus importante.

4.  Déterminer ce que l’on cherche A : Jean Talon veut peupler la Nouvelle-France rapidement et y donner un rôle important. Il veut être responsable de son développement économique et démographique. B : Jean-Baptiste Colbert accorde plus d’importance à la France. La Nouvelle-France doit servir les intérêts de la métropole.

5.  Formuler la réponse Les deux acteurs ne s’entendent pas sur le peuplement de la Nouvelle-France ou sur le rôle de la colonie.

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Déterminer des causes et des conséquences Ce qui est demandé

Déterminer une cause : il faut indiquer un fait (un événement, un contexte, un intérêt, une action, etc.) qui explique un événement historique. Déterminer une conséquence : il faut indiquer un fait (un événement, un contexte, un intérêt, une action, etc.) qui est le résultat d’un événement historique.

Attention

Il ne faut pas expliquer l’événement lui-même. Si la tâche consiste à fournir une explication, une raison, etc., alors il faut trouver une cause.

À savoir

Sur une ligne du temps, la cause est antérieure, elle provoque l’événement. La conséquence est postérieure, c’est le résultat de l’événement.

Si la tâche consiste à nommer un fait qui est le résultat de l’événement, alors il faut trouver une conséquence.

Cause (antérieure)

Événement

Conséquence (postérieure)

Un exemple de la vie courante À l’aide des documents A et B, nommez la cause et la conséquence d’un voyage scolaire à l’étranger. A

1.  Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et définir son intention de lecture. Faut-il identifier une cause, une conséquence ou les deux ? Il faut identifier une cause ET une conséquence.

2.  Identifier l’événement Identifier l’événement historique dont il est question. Le fait de partir en voyage scolaire à l’étranger.

Soirée-spectacle de collecte de fonds pour la Sicile au profit de l’école secondaire de la vallée. Prix d’entrée : 10 $ Venez nombreux !

B

4.  Associer les faits et les connaissances Relier les faits à ses connaissances antérieures. Le document A montre que les élèves ont récolté de l’argent lors d’une soiréespectacle. Le document B montre qu’ils partent en voyage. Ils ont donc récolté assez d’argent pour partir.

3.  Analyser des sources Analyser toutes les sources disponibles. A : des élèves qui font une campagne de financement pour leur école B : des élèves qui partent en voyage scolaire

5.  Formuler la réponse Déterminer précisément la cause et la conséquence. Comme ils ont récolté de l’argent avec leur campagne de financement (cause) pour un voyage (événement), les élèves ont pu partir en voyage (conséquence).

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Un exemple historique À l’aide du document, indiquez la conséquence démographique du changement d’empire sur la population canadienne. « Au cours des soixante-quinze ans d’implantation au Canada, la Famille Ramezay avait acquis surtout des biens seigneuriaux groupés principalement autour de la rivière Richelieu et à l’ouest du lac Champlain, connus au XVIIIe siècle sous les noms de seigneuries de Sorel, Chambly, Ramezay, Bourchemin, Monnoir, Yamaska, de même que les fiefs de Saint-Denis, Beauport (ou Poports) et Grande-Anse. […] Au moment de son embarquement pour la France, le 22 septembre 1759, Nicolas-Roch de Ramezay désigne son épouse comme fondée de pouvoir pour la gestion des biens familiaux […]. À l’automne 1764 […], Louise de T ­ onnancour, épouse de Ramezay, s’embarque pour la France avec sa fille Charlotte-Marguerite, son gendre Antoine Bellot et leurs enfants. Ils s’installent dans la région de Bordeaux […]. » Source : Gaston DESCHÊNES et Denis VAUGEOIS, Vivre la Conquête à travers plus de 25 parcours individuels, tome I, Québec, Les éditions du Septentrion, 2013, p. 128. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

1.  Définir l’intention de lecture Je dois identifier une conséquence démographique.

2.  Identifier l’événement La conséquence démographique est en lien avec le changement d’empire et la population canadienne.

3.  Analyser des sources Le document présente la famille Ramezay, qui possède de nombreux biens seigneuriaux comme Sorel et Chambly. Il est aussi question de retours en France, en 1759 et en 1764. Les Ramezay s’installent dans la région de Bordeaux.

4.  Associer les faits et les connaissances À partir de 1759, après la Conquête, de nombreux Canadiens retournent en France : ils émigrent. Ce sont surtout des seigneurs, car ils ont conservé des liens avec la France et disposent de ressources financières confortables. La famille Ramezay semble être une famille de seigneurs, possiblement des nobles.

5.  Formuler la réponse La conséquence démographique du changement d’empire sur la population canadienne est l’émigration des élites canadiennes.

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Déterminer des changements et des continuités Ce qui est demandé

Identifier un changement : il faut indiquer un fait précis qui montre la transformation d’un événement historique.

Attention

Il est important d’utiliser les sources comme preuves dans la réponse.

À savoir

Il est souvent précisé, dans la question, s’il faut établir une continuité ou un changement. Si la question demande de démontrer quelque chose, il faut utiliser les sources pour le faire.

Identifier une continuité : il faut indiquer le fait précis qui montre que l’événement historique ne change pas (il est stable).

Un exemple de la vie courante À l’aide des documents A et B, indiquez s’il y a changement ou continuité dans le résultat de l’élève. Justifiez votre réponse. A

1.  Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et définir son intention de lecture. Je cherche si les deux documents montrent un changement ou une continuité.

2.  Analyser des sources Analyser toutes les sources disponibles et déterminer si on cherche un changement ou une continuité. A : un résultat (50 %) B : un résultat (100 %) Je dois donc déterminer un changement.

3.  Associer les faits et les connaissances B

Relier les faits à ses connaissances antérieures. La note de 50 % est un mauvais résultat qui entraîne un échec, et la note de 100 % est un excellent résultat.

4.  Formuler la réponse À l’aide des sources, indiquer précisément, dans la réponse, ce qui change ou reste stable. Il y a changement dans les résultats, car une note de 100 % est nettement supérieure à une note de 50 %.

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Un exemple historique À partir des documents A et B, indiquez s’il y a changement ou continuité dans l’économie paysanne de la colonie entre la période de 1608 à 1760 et celle de 1760 à 1791. Justifiez votre réponse. A

La vue de la ville de Québec depuis Lévis, vers 1785

B « La grande majorité de la population pratiquait une agriculture destinée à la consommation domestique ou locale. Si, pour les denrées essentielles, le Canada était à peine autosuffisant un demi-siècle après sa fondation […]. » Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec, Québec, Les éditions du Septentrion, 2003, p. 106. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

© Bibliothèque et Archives Canada/C-002029

1.  Définir l’intention de lecture Je cherche à déterminer s’il y a changement ou continuité dans l’économie paysanne entre deux périodes, 1608-1760 et 1760-1791.

2.  Analyser des sources A : Dans l’image de la ville de Québec vue depuis Lévis, vers 1785, je repère le fleuve Saint-Laurent, des bâtiments de la ville de Québec, des bateaux, un champ, un agriculteur et sa famille, et quelques animaux d’élevage. B : La majorité de la population pratique l’agriculture pour une consommation domestique ou locale.

3.  Associer les faits et les connaissances

4.  Formuler la réponse

A : À Lévis et à Québec, pendant la période de la Conquête et du changement d’empire, entre 1760 et 1791, l’agriculture est la principale activité économique des Canadiens. À cette époque, ils pratiquent une agriculture de subsistance. B : En Nouvelle-France, entre 1608 et 1760, l’agriculture est la principale activité économique des Canadiens. Elle est alors une activité paysanne.

Il y a continuité, car l’agriculture est la principale activité économique paysanne durant les deux périodes, soit 1608-1760 et 1760-1791.

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Mettre en relation des faits Ce qui est demandé

Il faut associer (mettre en relation) des documents à une réalité ou à un fait historique.

Attention

Certaines sources peuvent sembler très proches. Il faut d’abord analyser toutes les sources et choisir ensuite celle qui correspond au fait historique décrit dans la question.

À savoir

Lorsqu’il faut classer les documents dans un tableau, un même document n’est jamais utilisé deux fois. Il est donc possible de procéder par élimination, ce qui limitera les erreurs.

Un exemple de la vie courante

Regardez les documents A à C. Quels documents montrent des outils utiles dans un cadre scolaire sans Wi-Fi ? A

1.  Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et définir son intention de lecture. Je cherche quels objets sont présents dans une école traditionnelle.

B

4.  Associer les faits et les connaissances Associer les faits à ses connaissances antérieures. La brosse et les craies sont utilisées sur des tableaux noirs. On les trouve dans les salles de classe (où ?, quand ?). La tablette électronique (quoi ?) sert à la vie de tous les jours (quand ?), mais on ne l’utilise pas dans une classe traditionnelle. La chaise et le pupitre (quoi ?) font partie des salles de classe (où ?, quand ?).

2.  Lire le tableau à remplir Lire le tableau avec attention, car il donne des indices sur les faits à identifier. Je dois classer les objets dans le tableau soit dans une classe traditionnelle, soit dans une classe profitant d’une connexion Wi-Fi.

3.  Analyser des sources Analyser le contenu de chaque document. A : une brosse et des craies B : une tablette électronique C : une chaise et un pupitre

5.  FORMULER LA RÉPONSE Classer les documents dans le tableau ou répondre à la question. Type de classe Document

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Traditionnelle

Avec Wi-Fi

et

B

A

C


Un exemple historique Les documents A à C présentent les revendications de différents groupes de pression au Bas-Canada. Inscrivez à l’endroit approprié le numéro du document correspondant à chaque groupe de pression. A

B

« [Ils] en vinrent rapidement à parler de responsabilité ministérielle et demandèrent que l’Assemblée eût pleine autorité sur les nominations aux charges publiques. » Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec (4 e édition), Québec, Les éditions du Septentrion, 2009, p. 83. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

C

« [Ils] s’efforçaient de protéger le vieux système colonial [et] […] proposèrent plutôt une taxe, qui aurait pesé principalement – et lourdement – sur la population rurale […] »

« [Elle] prêcha la fidélité à l’Angleterre, Mgr Joseph-Octave Plessis rappelant aux francophones […] le “bon gouvernement” dont ils avaient joui sous le régime britannique.

Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec (4 e édition), Québec, Les éditions du Septentrion, 2009, p. 82. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec (4 e édition), Québec, Les éditions du Septentrion, 2009, p. 84. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

1.  Définir l’intention de lecture

2.  Lire le tableau à remplir

Je dois associer des revendications à des groupes de pression.

Il y a trois groupes de pression à identifier : l’Église, les députés canadiens-français et les députés canadiensanglais.

4.  Associer les faits et les connaissances

3.  Analyser des sources

A : On fait allusion à la responsabilité ministérielle (quoi ?), je peux donc l’associer aux Canadiens français (qui ?), car je me souviens que c’était l’une de leurs revendications. B : On fait allusion à la protection du vieux système colonial (quoi ?), je peux donc l’associer aux Canadiens anglais (qui ?), car je me souviens qu’ils étaient les responsables coloniaux et défendaient ce système. Ce sont aussi eux qui veulent taxer la population rurale pour construire les prisons. C : On donne la parole à Mgr Joseph-Octave Plessis (qui ?), je peux donc l’associer à l’Église (quoi ?) parce que je me souviens qu’un « Mgr » est associé à celle-ci.

A : Il est question de la responsabilité ministérielle et de l’autorité sur les nominations. B : Il est question de protéger le système colonial et de taxer la population rurale. C : Mgr Joseph-Octave Plessis prêche la fidélité à l’Angleterre.

5.  Formuler la réponse Groupe social

Église

Document

C

Députés canadiens-français Députés canadiens-anglais A

B

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Établir des liens de causalité Ce qui est demandé

À savoir

Il faut expliquer l’enchaînement logique de causes et de conséquences sur un événement historique.

Il faut caractériser les trois éléments demandés à l’aide de faits précis. Une phrase doit lier deux éléments. Pour cela, utiliser des marqueurs de relation (d’abord, ensuite, enfin) permet de bien organiser sa réponse.

Un exemple de la vie courante

Expliquez l’effet de vos méthodes de travail sur votre bulletin. Répondez à la question en précisant les éléments ci-dessous et en les liant entre eux. Méthode de travail A

Résultat à l’examen 1.  Définir l’intention de lecture Lire la question attentivement et définir son intention de lecture. Je cherche à déterminer l’effet des méthodes de travail sur le bulletin.

B

2.  Lire les énoncés Lire attentivement les énoncés qui accompagnent la question. Je dois caractériser ces trois éléments : la méthode de travail, le résultat à l’examen et l’effet sur le bulletin. Je dois ensuite les relier entre eux.

3.  Analyser des sources C

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Analyser toutes les sources disponibles. A : Un résultat de 50 % est inscrit sur un papier. B : Une jeune fille est surprise ou troublée en regardant un papier. C : Une personne sur son canapé regarde un ordinateur tout en mangeant du maïs soufflé et en parlant au téléphone. Il y a un livre sur le canapé.

Effet sur le bulletin 4.  Associer les faits et les connaissances

6.  Faire des liens entre les éléments

Relier les faits à ses connaissances antérieures. A : On montre un résultat décevant à un examen (50 %). B : On montre la surprise d’une élève à la vue de la note de 50 % inscrite à son bulletin. C : On montre une méthode de travail peu efficace. La personne parle au téléphone et joue à l’ordinateur alors qu’elle devrait étudier.

Faire des liens entre les éléments cités dans la question. Lien entre la méthode de travail et le résultat à l’examen : une méthode de travail peu efficace entraîne un mauvais résultat à l’examen. Lien entre le résultat de l’examen et l’effet sur le bulletin : une mauvaise note lors de l’examen entraîne un bulletin décevant.

5.  Nommer les éléments demandés Nommer les éléments demandés à l’aide de faits précis. Méthode de travail : peu ou pas efficace Résultat à l’examen : mauvais résultat Effet sur le bulletin : bulletin décevant

7.  Formuler la réponse Rédiger la réponse en utilisant des marqueurs de relation. D’abord, ma mauvaise méthode de travail entraîne un mauvais résultat à l’examen. Ensuite, le mauvais résultat à l’examen fait en sorte que mon bulletin est décevant.


Un exemple historique Expliquez comment les revendications des Patriotes les poussent à agir dans les années 1830. Répondez à la question en précisant les éléments ci-dessous et en les liant entre eux. Revendications des Patriotes A

L’assemblée des six comtés à Saint-Charles-sur-Richelieu

Réponse de Londres B « Dixième résolution : Que c’est l’opinion de ce comité, que l’abus est inséparable de l’usage d’un pouvoir aussi illimité, et que son exercice dans le choix de la majorité des membres du Conseil législatif, tel que constitué pour cette province, a toujours eu lieu dans l’intérêt du monopole et du despotisme exécutif, judiciaire et administratif, et jamais en vue de l’intérêt général. »

Action des Patriotes C « IV. Dans la situation actuelle du Bas-Canada, on ne saurait recommander que le Conseil législatif de cette province devienne électif, mais il est bon qu’on envisage des mesures pour que la population en arrive à accorder plus de confiance dans cette Chambre qu’elle ne lui en donne actuellement. » Source : Les 10 résolutions de Lord John Russell, 1837.

Source : Les 92 Résolutions de l’Assemblée législative du Bas-Canada, 1834.

© Musée national des beaux-arts du Québec/1937.54 MNBAQ/Jean-Guy Kérouac

1.  Définir l’intention de lecture Je recherche en quoi les revendications des Patriotes entraînent leur action.

2.  Lire les énoncés Je dois caractériser ces trois éléments : les revendications des Patriotes, la réponse de Londres et l’action des Patriotes.

3.  Analyser des sources A : Sur le document, un homme parle devant une foule. B : La dixième résolution des 92 Résolutions porte sur le despotisme du Conseil exécutif. C : La quatrième résolution des 10 résolutions porte sur le Conseil législatif, qui doit rester non électif.

4.  Associer les faits et les connaissances, et nommer les éléments demandés B : Les revendications des Patriotes prennent la forme d’un document, les 92 Résolutions, sur les nominations au Conseil exécutif et au Conseil législatif. C : La réponse de Londres se fait par l’entremise des 10 résolutions de Russell, qui veut conserver le pouvoir de nommer les membres du Conseil législatif. A : L’action des Patriotes se traduit par la tenue d’assemblées populaires ou par une révolte armée ou par le boycottage de produits britanniques.

5.  Faire les liens entre les éléments Lien entre les éléments 1 et 2 : La responsabilité ministérielle ou le contrôle des budgets par la Chambre d’assemblée ou l’élection des membres du Conseil législatif est l’une des revendications des 92 Résolutions des Patriotes envoyées à Londres en 1834. Cette demande est rejetée dans les 10 résolutions de Russell en 1837. Lien entre les éléments 2 et 3 : Les 10 résolutions de Russell poussent les Patriotes à tenir des assemblées populaires ou à boycotter les produits britanniques ou à déclencher une révolte armée.

6.  Formuler la réponse La responsabilité ministérielle ou le contrôle des budgets par la Chambre d’assemblée ou l’élection du Conseil législatif est l’une des revendications des 92 résolutions des Patriotes, envoyées à Londres en 1834, qui est rejetée dans les 10 résolutions de Russell en 1837. Les 10 résolutions poussent ensuite les Patriotes à tenir des assemblées populaires ou à boycotter les produits britanniques ou à déclencher une révolte armée.

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Des origines à 1608

L’expérience des Autochtones et le projet de colonie Comment les connaissances territoriales des peuples autochtones, ainsi que les relations qu’ils entretenaient entre eux, ont-elles aidé les Français à exploiter les ressources du territoire et à s’y établir ?

Alliance

Entente entre deux ou plusieurs groupes dans le but de s’entraider sur le plan économique ou militaire.

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Échange

Environnement

Chez les Autochtones, obtention par l’entremise du troc d’objets complémentaires non reliés au mode de vie.

Ensemble des caractéristiques géographiques tels les forêts, les rivières, le sol, le relief et les animaux d’un territoire.

Les peuples autochtones forment des alliances pour des raisons commerciales ou politiques.

Les Premières Nations entretiennent un vaste réseau d’échanges.

Les peuples autochtones possèdent une bonne connaissance de l’environnement nord-américain.

Les Européens tissent des alliances avec certains peuples autochtones pour faire des échanges et coloniser le territoire.

Les échanges avec les peuples autochtones permettent aux Européens d’acquérir des produits comme des fourrures.

Cette connaissance de l’environnement permet à Jacques Cartier de naviguer jusqu’à Hochelaga et de survivre à deux hivers. Elle est réutilisée par les Français lors de la seconde vague de colonisation, qui débute en 1608.

© Bridgeman no PNP245684

Révision

Période 1


L’évolution de la société coloniale sous l’autorité de la métropole française Comment la France a-t-elle influencé le développement de la société coloniale en Nouvelle-France ?

Influence culturelle et sociale

Influence de la politique économique

Influence de la politique de colonisation

L’importance de la religion catholique en France se fait sentir en Nouvelle-France : •  Évangélisation des Autochtones •  Colonie exclusivement catholique •  Encadrement religieux

La politique économique de la France, le mercantilisme, influence le développement de la Nouvelle-France : •  Exploitation des ressources naturelles des colonies et expansion de l’Empire français •  Économie peu diversifiée et peu autonome dans les colonies •  Faible croissance démographique avant 1663 •  Alliances avec les Autochtones

La colonisation par la France a des conséquences sur la vie en Nouvelle-France : •  Adaptation des colons à l’environnement •  Croissance démographique à partir de 1663 •  Occupation du territoire dans la vallée du Saint-Laurent •  Relations pacifiques ou conflictuelles avec les Autochtones

Évangélisation

Mercantilisme

Utilisation de la langue française Présence de la structure sociale française

Action de convertir à la foi catholique, de transmettre les croyances et la foi chrétienne.

Système économique visant à enrichir la métropole en exploitant les ressources naturelles de ses colonies et en empêchant ces dernières de lui faire concurrence.

Adaptation

Modification des habitudes de vie afin de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques et territoriales de l’Amérique du Nord.

Révision

Entre 1608 et 1760

© Bibliothèque et Archives Canada/C-010688/

Période 2

23


Révision

Période 3

Entre 1760 et 1791

La Conquête et le changement d’empire Comment le changement d’empire transforme-t-il la société canadienne à partir de 1760 ?

Constitution

Document, acte juridique dans lequel on trouve l’ensemble des règles qui régissent un État et ses citoyens.

Les constitutions adoptées pendant la période du changement d’empire visent l’assimilation des Canadiens et leur allégeance.

1763-1774

1774-1792

Proclamation royale

24

Allégeance

Allégeance

Fait d’intégrer un groupe social à un autre pour lui faire perdre ses caractéristiques uniques.

Obligation de fidélité et d’obéissance à la nation à laquelle une personne appartient ou au roi dont elle est le sujet.

Obligation de fidélité et obéissance à la nation à laquelle une personne appartient ou au roi dont elle est le sujet.

Pour procéder à l’assimilation des Canadiens en leur imposant la culture britannique anglaise et protestante.

Pour s’assurer l’allégeance des Canadiens (le serment du Test).

Pour s’assurer l’allégeance des Canadiens en temps d’instabilité dans les treize colonies.

© Bibliothèque et Archives Canada/Mikan 3019077

Assimilation

Acte de Québec


Entre 1791 et 1840

Les revendications et les luttes nationales Comment s’explique la montée du nationalisme dans une colonie en quête d’autonomie politique ?

Révision

Période 4

Parlementarisme

Système constitutionnel comprenant un équilibre des pouvoirs entre le Parlement et le gouvernement. Ce fonctionnement implique théoriquement une responsabilité ministérielle.

L’entrée en vigueur de l’Acte constitutionnel en 1791 établit les bases du parlementarisme canadien. Celui-ci contribue à l’émergence d’une dualité linguistique qui s’incarne dans le nationalisme et la bourgeoisie.

Conscience de former une nation, c’est-à-dire d’avoir une histoire, une langue et une culture propres.

Nationalisme canadien

Nationalisme britannique

Défense des intérêts francophones

Bourgeoisie

Classe sociale composée de personnes appartenant aux couches supérieures de la société en raison d’une éducation et de moyens financiers supérieurs.

Bourgeoisie professionnelle canadienne

Défense des intérêts anglophones

Bourgeoisie d’affaires britannique © Musée McCord/M4777.6

Nationalisme

25


Période 1 Entre 1840 et 1896

La formation du régime fédéral canadien

CONCEPTS PARTICULIERS

© Bibliothèque de la Chambre des communes

Quelles sont les conséquences de l’industrialisation sur l’organisation sociale, économique et territoriale du Québec et du Canada entre 1840 et 1896 ?

Fédéralisme

Industrialisation

Migration

Système politique dans lequel le gouvernement central (fédéral) partage les pouvoirs avec les gouvernements régionaux (provinciaux).

Passage d’une production artisanale à une production mécanique ou mécanisée.

Phénomène associé aux mouvements des populations. L’émigration est l’action de quitter son pays pour aller s’établir dans un autre. L’immigration est l’action de venir dans un pays pour s’y établir.


Connaissances historiques de la période

1885 Pendaison de Louis Riel 1893 Fondation du Montreal Local Council of Women

1876 Adoption de la Loi sur les Indiens

1895 Fondation de l’École littéraire de Montréal

18 88 18 90

18

18

86

18

92

84

1872 Légalisation des syndicats

18 78 18 80 18 82

66 18 64

62

60

18

58

18

18

56 18

35

1875 Abolition du ministère de l’Instruction publique

1870 Création des Territoires du Nord-Ouest

68 18 70 18 72 18 74 18 76

1867 Adoption de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique

54

52 18 46

18

18

46

18

18 18

42

18 38

36

18

48

44

40

1845-1848 Publication de Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours

18

1866 Entrée en vigueur du Code civil du Bas-Canada

1852 • Fondation de la Compagnie du Grand Tronc • Fondation de la première université francophone d’Amérique

18

1845-1847 Immigration massive des Irlandais

„„ Exploitations agricoles

1869 Premier soulèvement des Métis

1854-1866 Traité de réciprocité

18

1844 • Fondation de l’Institut canadien • Dépôt du rapport de la commission Bagot

1854 Abolition du régime seigneurial

1849 • Incendie du parlement de Montréal • Retrait du droit de vote aux femmes

15

1840 Acte d’Union

„„ Industrie forestière

96 18 98 19 00 19 02 19 04 19 06

„„ Politique nationale

„„ Première phase d’industrialisation

„„ Présence de l’Église catholique

94

„„ Affaires indiennes

„„ Rôle des femmes

18

„„ Gouvernement responsable

„„ Relations fédéralesprovinciales

18

„„ Économie coloniale

„„ Manifestations socioculturelles

„„ Migrations

18

„„ Acte de l’Amérique du Nord britannique

„„ Acte d’Union

En 1840, Lord Durham recommande l’assimilation des Canadiens français, l’unification des deux Canadas et la mise en place d’un gouvernement responsable. Le gouvernement britannique décide d’unifier le Bas-Canada et le Haut-Canada par l’Acte d’Union, mais il refuse d’accorder à la colonie la responsabilité ministérielle qui n’entrera en vigueur qu’en 1848. L’Acte d’Union suscite des conflits et de l’instabilité, ce qui mène à l’adoption de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1867. Cette cinquième constitution mise sur la création d’une fédération et sur le partage des compétences entre les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral. Au Québec et au Canada, la période de 1840 à 1896 est aussi marquée par l’industrialisation, l’urbanisation et les mouvements migratoires.


Synthèse de la période L’Acte d’Union (1840-1867)

Le territoire sous l’Acte d’Union (1840-1867)

Suivant les recommandations du rapport de Lord Durham (Les affaires de l’Amérique septentrionale britannique), le Haut-Canada et le Bas-Canada sont unis pour former un seul et unique territoire. Cette mesure vise vraisemblablement à réduire les conflits en diminuant l’importance démographique et politique des Canadiens français afin de les assimiler. Le Royaume-Uni adopte la quatrième constitution depuis la Conquête. Le territoire pendant l’Acte constitutionnel (1791-1840)

28


L’Acte d’Union (1840-1867)

Les caractéristiques de l’Acte d’Union (1840–1867) But

• Diminuer les conflits. • Assimiler les Canadiens français.

Langue

• L’anglais est la langue officielle du Canada-Uni. • Le français est toléré à la Chambre d’assemblée.

Pouvoir

• Un gouverneur britannique est nommé pour gérer la colonie.

Allégeance ou assimilation ? Voici comment l’Acte d’Union vise l’assimilation des Canadiens :

• Le Canada compte un seul Parlement, sans responsabilité ministérielle. Il y a 42 députés dans le Canada-Est et 42 dans le Canada-Ouest. • Un seul conseil exécutif et un seul conseil législatif. Les membres sont nommés par le gouverneur. • Le Parlement de Londres peut rejeter une loi jusqu’à deux ans après son adoption.

Lois

• Coexistence des lois civiles françaises et anglaises. • Les lois criminelles demeurent anglaises.

Territoire

•  L’anglais est la langue parlementaire, juridique et administrative dans le Canada. •  La population du Canada-Est est beaucoup plus nombreuse que celle du Canada-Ouest, mais les deux territoires ont le même nombre de députés. •  Québec perd son titre de capitale nationale.

• Union des deux Canadas en un seul territoire. Création du Canada-Est et du Canada-Ouest. • Québec n’est plus la capitale nationale. La capitale change tous les quatre ans.

Dette

Fusion des dettes et des revenus du Bas-Canada et du Haut-Canada.

Religion

Rétablissement des droits et des revenus pour l’Église catholique.

29


RoyaumeUni

Les structures politique et administrative du Canada-Uni (1840-1848)

Roi Parlement britannique

Canada-Uni

Gouverneur Le système n’est toujours pas démocratique, puisque le gouverneur général nomme les membres du Conseil exécutif et du Conseil législatif.

Conseil exécutif 8 membres nommés par le gouverneur

Conseil législatif 24 membres nommés par legouverneur

Chambre d’assemblée élue Canada-Ouest

Canada-Est

42 députés

42 députés

Nomination Élection

30

Électeurs

Le Canada-Est et le Canada-Ouest comptent le même nombre de députés même si la population du Canada-Est est beaucoup plus importante. Le système politique en place ne respecte donc pas le principe de la représentativité selon lequel le nombre de députés est proportionnel à la population.


L’Acte d’Union (1840-1867)

La fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada L’Acte d’Union apporte peu de changements au fonctionnement politique du Canada-Uni : le système n’est toujours pas proportionnellement représentatif. La grande nouveauté réside dans la mise en place d’une chambre d’assemblée unique comprenant 84 députés, soit 42 dans le Canada-Ouest et 42 dans le Canada-Est. Les dettes des deux Canadas sont fusionnées. Or, en 1840, la dette du Bas-Canada est de 375 000 $, tandis que celle du Haut-Canada s’élève à 5 000 000 $ à cause d’importants investissements dans

les infrastructures comme les routes et les canaux. La fusion administrative des deux Canadas est difficile en raison des lois civiles françaises et des lois civiles anglaises qui coexistent maladroitement. L’Église redevient une entité légale, ce qui lui permet d’investir, de posséder et de vendre des biens immobiliers. Ultimement, ce changement de statut augmente l’influence de l’Église dans la société canadienne.

Assemblée législative (James Duncan, vers 1848)

© Musée des Beaux-Arts

La représentativité de l’Assemblée Canada-Est

Canada-Ouest 41 % de la population (450 000 personnes)

59 % de la population (650 000 personnes)

42 députés

42 députés

Rivière des Outaouais

31


Le gouvernement responsable 1840 Acte d’Union

Un gouvernement responsable est un gouvernement dans lequel ceux qui détiennent le pouvoir exécutif (ceux qui appliquent les lois) sont choisis au sein de la majorité élue à la Chambre d’assemblée et non par le gouverneur selon son bon plaisir.

1841

21 septembre 1841

Nomination d’Augustin (Austin) Cuvillier à la présidence de la Chambre d’assemblée

Élection de Louis-Hippolyte La Fontaine à York (Toronto)

Augustin Cuvillier est un homme d’affaires canadien-anglais qui s’exprime aussi bien en français qu’en anglais. Il s’oppose à l’union et à un nombre égal de députés dans le Canada-Est et le Canada-Ouest.

Louis-Hippolyte La Fontaine se présente comme député dans la ville de York et après quelques semaines de campagne, il remporte les élections. Il a pu se présenter dans cette circonscription parce que Robert Baldwin, le chef des réformistes du Canada-Ouest, qui a été élu dans deux circonscriptions, lui cède sa place. C’est le début d’une collaboration entre La Fontaine et Baldwin.

1841 Les réformistes du Canada-Ouest, dirigés par Robert Baldwin, et les réformistes du Canada-Est de Louis-Hippolyte La Fontaine forment une alliance afin d’obtenir la responsabilité ministérielle.

13 septembre 1842

16 septembre 1842

Discours de La Fontaine

Deux premiers ministres

Malgré l’obligation de parler en anglais, Louis-Hippolyte La Fontaine prononce un discours en français.

32

Louis-Hippolyte La Fontaine

Alliance des réformistes

© Bibliothèque et Archives Canada/C-005961

© Bibliothèque et Archives Canada/1933-261, C-010671

Robert Baldwin

Baldwin et La Fontaine deviennent tous deux premiers ministres du Canada : Baldwin dans le Canada-Ouest et La Fontaine dans le Canada-Est.


1840-1846

1847

Mars 1848

Abolition progressive des politiques protectionnistes

Nomination de Lord Elgin au poste de gouverneur général

Obtention du gouvernement responsable

En abolissant ses pratiques protectionnistes, le Royaume-Uni s’attend à ce que ses colonies se prennent en charge.

Les réformistes remportent la victoire aux élections. À la demande du gouverneur général, Lord Elgin, le parti réformiste forme le gouvernement. Baldwin et La Fontaine sélectionnent les membres du Conseil exécutif. Gouverneur

1848-1849 Lois mises en place par le gouvernement responsable Reconnaissance du français comme langue officielle et loi sur l’indemnisation des victimes des rébellions. Le gouverneur Elgin approuve le projet de loi sur l’indemnisation le 25 avril 1849.

Conseil exécutif

Conseil législatif

Chambre d’assemblée élue Canada-Ouest 42 députés

Canada-Est 42 députés

Électeurs

L’incendie du parlement à Montréal, Joseph Légaré

25 avril 1849 L’adoption du projet de loi sur l’indemnisation des victimes des rébellions soulève la colère des conservateurs (tories) canadiens-anglais. Des émeutes éclatent et le parlement est incendié.

© Musée McCord/M11588

Incendie du parlement à Montréal

33


L’instabilité ministérielle L’alliance des partis réformistes de La Fontaine et de Baldwin entre 1841 et 1851 permet d’avoir une double majorité. Toutefois, après le retrait de la vie politique des deux hommes et le renversement de leurs successeurs, le Canada-Uni connaît une période d’instabilité ministérielle. Entre 1851 et 1864, les gouvernements tombent les uns après les autres et changent dix fois. Cinq partis politiques se partagent tour à tour le pouvoir. La chute d’un gouvernement n’est pas seulement attribuable à des élections, mais aussi à des alliances politiques.

Les partis politiques

Parti libéral-conservateur (Canada-Est et Canada-Ouest) •  Est dirigé par Baldwin et La Fontaine jusqu’en 1851 •  Politiciens réformistes modérés •  Parti réformiste jusqu’en 1851 •  Forme une coalition avec le Parti bleu •  Proche de la bourgeoisie anglaise

Parti bleu/conservateur (Canada-Est) •  Créé en 1854 •  S’appuie sur les idées de La Fontaine •  Proche des ultramontains et du clergé

34

Parti des Clear Grits (Canada-Ouest) •  Demande la représentation proportionnelle : Rep by pop (nombre de députés proportionnel à la population) •  Demande l’élection de tous les membres du gouvernement, y compris celle du gouverneur général •  S’oppose au contrôle de l’Église catholique et demande des écoles non confessionnelles

Double majorité Pour former un gouvernement, un parti politique doit détenir la majorité des députés à la fois dans le Canada-Est et dans le CanadaOuest. Si ce n’est pas le cas, on s’attend à ce que les ministres démissionnent, car ils n’ont pas la confiance de la majorité des représentants.

Parti rouge (Canada-Est) •  Anciens membres du Parti patriote •  Contre l’Acte d’Union •  Idées libérales et démocratiques, mais surtout nationalistes •  Formé d’anticléricaux qui prônent la séparation de l’Église et de l’État

Parti libéral (Canada-Est et Canada-Ouest) Formé en 1861, il regroupe les membres du Parti rouge et les Clear Grits.


L’Acte d’Union (1840-1867)

L’instabilité ministérielle 1851-1864 Au cours de cette période, les changements de gouvernement sont fréquents. Voici les noms des premiers ministres qui se succèdent.

John A. Macdonald

m 20

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18

s1

63

86

4

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58 ût 6

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ût

18

58

John Sandfield Macdonald

18

85 7 26

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56 18 ai m 24

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George Brown

27

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John A. Macdonald

Étienne-Paschal Taché

11

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18

85

54

51 18 e br to oc 28

5

Allan Napier MacNab

Louis-Victor Sicotte

ai

John A. Macdonald

Francis Hincks

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Canada-Ouest

Antoine-Aimé Dorion

Antoine-Aimé Dorion

m

Étienne-Paschal Taché

George-Étienne Cartier

16

George-Étienne Cartier

24

AugustinNorbert Morin

2

Canada-Est

Causes derrière les changements de gouvernement Élections Perte de la double majorité à la suite des changements d’alliances entre les partis politiques

Vote de non-confiance à l’Assemblée législative Démission

35


Le petit homme est le premier ministre britannique de l’époque, Robert Peel. Le grand homme est Richard Cobden, un militant britannique en faveur du libreéchange.

L’économie coloniale en transformation

La marche vers le libre-échange (Richard Doyle, 1845)

World History Archive / Alamy Stock Photo D98984

Nouvelle politique économique du Royaume-Uni Adoption du libre-échange par le Royaume-Uni en 1846

1846 Fin des Corn Laws

36

1849 Fin des Navigation Acts (Actes de Navigation)

Conséquences

Abandon des tarifs préférentiels et du protectionnisme

Diminution des exportations de blé et de bois vers le Royaume-Uni

Recherche d’un nouveau marché pour écouler les produits


L’Acte d’Union (1840-1867)

Protectionnisme

Tarif préférentiel

Politique économique opposée au libre-échange, qui consiste à hausser les tarifs douaniers pour se protéger contre la concurrence étrangère.

Système de tarification associé au protectionnisme, qui vise à favoriser les produits en provenance des colonies britanniques en réduisant le plus possible les tarifs.

Libre-échange Système économique où les échanges commerciaux entre États sont libres ou exempts de tarifs douaniers ou préférentiels.

Canada-Uni

Signature du Traité de réciprocité avec les États-Unis : 1854-1866 Disparition des tarifs douaniers sur les ressources naturelles entre le CanadaUni et les États-Unis. • Produits agricoles (blé, farine, animaux, viande, légumes, fruits, beurre, fromage, lin, chanvre) • Minerais • Charbon • Bois

Droit pour les pêcheurs du Canada-Uni de pêcher sur les côtes américaines

Droit de naviguer sur le lac Michigan sans frais supplémentaires

États-Unis En échange de

Droit pour les Américains de pêcher sur les côtes des colonies britanniques

Droit de naviguer dans le Saint-Laurent et les canaux du Canada sans frais supplémentaires

Conséquences Hausse des investissements privés pour la construction d’un chemin de fer entre le Canada et les États-Unis afin d’assurer le transport des marchandises

• Plantes

Réciprocité

Forte augmentation des exportations de bois (bois de sciage, pâtes et papiers), de blé, de beurre et de fromage vers les États-Unis

Relation égalitaire entre deux personnes (ou pays). Tarif douanier Taxe imposée sur les produits venant d’autres pays.

37


Vers l’Acte de l’Amérique du Nord britannique Causes politiques Éliminer l’instabilité ministérielle.

Développer des moyens pour se défendre dans le cas d’une invasion américaine.

Causes territoriales Prendre possession des terres dans l’Ouest.

Causes économiques

Développer le chemin de fer.

Créer un marché canadien intérieur commun après la fin du Traité de réciprocité.

Grande Coalition Afin de surmonter les difficultés politiques, territoriales et économiques que rencontre le Canada entre 1850 et 1864, trois politiciens canadiens forment une grande coalition afin de trouver des solutions. Cela mènera à la tenue de trois conférences déterminantes entre 1864 et 1866.

Parti conservateur Territoire : Canada-Est Chef : George-Étienne Cartier

38

Clear Grits Territoire : Canada-Ouest Chef : George Brown

Parti libéralconservateur Territoire : Canada-Ouest Chef : John A. Macdonald


Conférence de Charlottetown, 1864

Trois conférences

Québec – octobre 1864

Londres – décembre 1866

•  Les colonies des Maritimes organisent une rencontre pour discuter d’un projet de confédération. Le Canada-Uni s’invite à la conférence.

•  Partage des pouvoirs entre le gouvernement central et les gouvernements provinciaux •  Représentation proportionnelle

•  Discussions sur la possibilité d’une nouvelle constitution à l’intérieur de l’Empire britannique

•  Nouvelle-Écosse

•  Entente sur la construction d’un chemin de fer

•  Nouveau-Brunswick

•  Délégation des colonies nordaméricaines : •  Canada-Uni

•  Rédaction de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique

Au Canada-Est, les Canadiens français ont peur d’être minoritaires. C’est pourquoi des hommes politiques, comme Antoine-Aimé Dorion, s’opposent au projet de confédération. De plus, Terre-Neuve, en raison de sa faible population, serait désavantagée dans un système de représentation proportionnelle.

© Bibliothèque et Archives Canada/C-000733/ Le détail de cette photo provient de l’image PA-091061

Charlottetown – septembre 1864

39


Le fédéralisme canadien : confédération ou fédération ?

Fédéralisme Le fédéralisme est un système politique dans lequel les pouvoirs de l’État sont partagés entre deux ordres de gouvernement. Dans le cas du Canada, il y a le gouvernement fédéral (pays) et les gouvernements provinciaux (provinces). Lors de la Conférence de Québec, les discussions portent sur deux types de fédéralisme : la confédération et la fédération.

Confédération

Fédération

Plusieurs États (gouvernements) indépendants s’unissent, mais accordent certains pouvoirs à un État (gouvernement) central. Dans une confédération, l’État fédéral est sur le même pied que les provinces. Fédéral

Provincial

Les pouvoirs sont répartis entre le gouvernement central (fédéral) et les gouvernements locaux (provinciaux). Dans une fédération, les provinces sont subordonnées à l’État fédéral.

© Bibliothèque et Archives Canada/C-010144

Fédéral

40

Lors de la Conférence de Québec, John A. Macdonald réclame un gouvernement fédéral central fort avec plus de pouvoir que les provinces. De leur côté, les Canadiens français et les colonies des Maritimes souhaitent un gouvernement décentralisé accordant plus de pouvoirs aux provinces. On en vient donc à un compromis : les pouvoirs sont divisés entre les deux paliers de gouvernement. Le Canada de 1867 devient alors : une confédération. une fédération.

Provincial


L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 Le 1er juillet 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique entre vigueur, officialisant la création du Dominion du Canada. Fonctionnant sous le principe d’une fédération, le Canada contrôle tout ce qui a trait à sa politique intérieure et les pouvoirs sont répartis entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. En revanche, le Royaume-Uni contrôle toujours les relations extérieures et internationales du Canada. L’AANB

L’Acte d’Union (1840)

41


Les caractéristiques de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique But

Éliminer l’instabilité ministérielle qui dure depuis 1851 et créer un marché intérieur canadien.

Langue

Selon l’article 133, le français est une langue officielle au Parlement, dans les tribunaux fédéraux et au Québec, mais pas dans les autres provinces canadiennes.

Religion

Selon l’article 93, les minorités religieuses ont droit à leurs propres écoles.

Pouvoir

Mise en place d’un gouvernement fédéral et de gouvernements provinciaux qui se partagent les pouvoirs. La monarchie constitutionnelle est toujours en vigueur.

La Colombie-Britannique

Lois

Les lois criminelles sont sous la responsabilité du fédéral et les lois civiles sous la responsabilité des provinces.

1873

Territoire du Canada

Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse

Capitale du Canada

Ottawa

Autres territoires

42

L’évolution du territoire entre 1867 et 1896

1870 Manitoba et Territoires du Nord-Ouest Achat des territoires de la Compagnie de la Baie d’Hudson par le gouvernement fédéral.

1871 La Colombie-Britannique entre dans la fédération canadienne en échange de la construction d’un chemin de fer transcontinental.

Île-du-Prince-Édouard Le Canada s’engage à rembourser la dette contractée par l’Île-duPrince-Édouard lors de la construction d’un chemin de fer.

Qu’est-ce qu’un dominion ? Terre-Neuve, l’Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique restent des colonies britanniques. La Terre de Rupert sera achetée par le gouvernement fédéral en 1870.

Un dominion est une colonie britannique qui devient un pays et qui obtient le contrôle de sa politique intérieure. Cependant, le pays n’est pas entièrement indépendant, car la métropole contrôle tout ce qui concerne la politique extérieure. Le Canada est le premier dominion de l’Empire britannique.


43


La structure politique du gouvernement fédéral Royaume-Uni

Couronne britannique

Gouverneur général du Canada

Canada

•  Il est nommé par la Couronne sur la recommandation du premier ministre. •  Il agit selon les instructions du premier ministre. •  Il sanctionne les lois fédérales.

Pouvoir législatif

•  Il est le véritable chef du gouvernement.

•  Il se compose de 72 membres en 1867.

•  Il est nommé par le gouverneur général, il est presque toujours le chef du parti majoritaire à la Chambre des communes.

•  Les sénateurs sont nommés à vie par le gouverneur général sur la recommandation du premier ministre.

•  C’est lui qui choisit ou démet les ministres qui forment le Cabinet.

Sénat

Premier ministre

Pouvoir exécutif

•  Les ministres préparent des projets de loi et sont responsables de divers ministères. •  Ils sont habituellement issus du parti majoritaire à la Chambre des communes. •  Le Cabinet est chargé de faire appliquer les lois.

Chambre des communes

Cabinet (ou Conseil des ministres)

•  Il est présidé par le premier ministre.

•  Le Sénat étudie les lois votées par la Chambre des communes. Il peut proposer des amendements ou rejeter les lois s’il le juge nécessaire.

•  Elle compte 181 députés en 1867. Les députés sont élus par la population pour une période maximale de cinq ans. •  Le parti qui obtient le plus grand nombre de sièges à la suite d’élections générales forme habituellement le gouvernement. •  Les autres partis forment l’opposition. •  Ses membres étudient, débattent et votent les projets de loi.

Population En 1867, seuls les hommes répondant à certains critères économiques ont le droit de vote. 44


La structure politique du gouvernement provincial Royaume-Uni Provinces du Canada

Couronne britannique

Lieutenant-gouverneur •  Il est nommé par la Couronne sur la recommandation du premier ministre du Canada. •  Il agit selon les instructions du premier ministre du Québec. •  Il accorde la sanction royale aux lois votées par l’Assemblée nationale.

•  Il est nommé par le lieutenant-gouverneur, il est normalement le chef du parti majoritaire à l’Assemblée législative.

Conseil législatif

•  Il est le véritable chef du gouvernement.

Pouvoir législatif •  En 1867, il se compose de 24 membres nommés à vie par le lieutenant-gouverneur sur la recommandation du premier ministre du Québec. •  Il joue un rôle semblable à celui du Sénat canadien.

•  C’est lui qui choisit ou démet les ministres qui forment le Conseil exécutif.

•  Il est présidé par le premier ministre. •  Les ministres préparent des projets de loi et sont responsables de divers ministères. •  Ils sont normalement issus du parti majoritaire à l’Assemblée législative du Québec. •  Le Conseil des ministres est chargé de faire appliquer les lois.

Assemblée législative (Assemblée nationale depuis 1968)

Conseil des ministres (ou Conseil exécutif)

Premier ministre du Québec

Pouvoir exécutif

•  Elle compte 65 députés en 1867. Les députés sont élus par la population pour une période maximale de cinq ans. •  Le parti qui obtient le plus grand nombre de sièges à la suite d’élections générales forme normalement le gouvernement. •  Les autres partis forment l’opposition. •  Ses membres étudient, débattent et votent les lois.

Population En 1867, seuls les hommes répondant à certains critères économiques avaient le droit de vote. 45


Les relations fédérales-provinciales Le fédéralisme canadien fonctionne sur le principe du partage des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Le fédéral s’occupe des enjeux nationaux et les provinces, des enjeux locaux. Voici une liste non exhaustive des principales compétences de chacun.

Centralisation Le gouvernement fédéral veut posséder le plus de pouvoirs possible.

Décentralisation Les gouvernements provinciaux veulent accroître leurs pouvoirs et leur autonomie.

Les compétences gouvernementales Compétences du gouvernement

Compétences des gouvernements

fédéral

provinciaux

• Commerce, argent, banques • Défense, armée et milice

Compétences

partagées

• Service postal • Droit criminel • Autochtones • Possibilité de désavouer une loi provinciale • Pouvoirs résiduaires (tout ce qui n’est pas expressément nommé et qui n’est pas attribué aux provinces)

46

• Santé • Éducation • Ressources naturelles

• Agriculture • Immigration • Revenus

• Droit civil • Villes et municipalités


L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867

Centralisation ou décentralisation ? Une conférence interprovinciale Centralisation

Décentralisation

Dans le contexte des tentatives centralisatrices du gouvernement fédéral, les premiers ministres des provinces canadiennes, dont Honoré Mercier, organisent la première conférence interprovinciale. Centralisation

Décentralisation

Toutefois, le premier ministre John A. Macdonald refuse d’y participer. L’autonomie des provinces est au cœur des débats.

Les revenus Centralisation

Décentralisation

Les revenus, qui font partie des compétences partagées, sont une source de problème tant pour le gouvernement fédéral que pour les gouvernements provinciaux. Les deux paliers veulent obtenir des revenus par les taxes, les tarifs douaniers et les impôts. Finalement, les provinces obtiennent davantage de droits.

Les conflits scolaires Centralisation

Décentralisation

Selon l’article 93 de l’AANB, le gouvernement fédéral reconnaît les droits des minorités linguistiques dans les provinces en matière d’éducation. Néanmoins, les assemblées législatives du Manitoba et du Nouveau-Brunswick sanctionnent des lois qui ne respectent pas ces droits. Les Canadiens français catholiques doivent se battre pour faire respecter leurs droits. Les deux provinces demandent au premier ministre Macdonald d’exercer son pouvoir de désaveu. Le premier ministre refuse, alléguant que l’éducation est une compétence provinciale.

Le pouvoir de désaveu Centralisation

Décentralisation

À des fins centralisatrices, le premier ministre John A. Macdonald dispose fréquemment de son pouvoir de désaveu des lois provinciales et ne respecte pas les compétences provinciales. Entre 1867 et 1876, il dispose vingt fois de son pouvoir de désaveu. Centralisation

Décentralisation

Les provinces s’adressent cependant au Parlement de Londres pour contester et remportent plusieurs victoires contre le gouvernement fédéral.

La politique fédérale de peuplement Centralisation

Décentralisation

Au moment de la création de la Confédération canadienne, Louis Riel est le chef des Métis. Après plusieurs mois de conflits entre les Métis et les colons de la région, le gouvernement fédéral crée la province du Manitoba pour satisfaire aux revendications des Métis. À la suite de la création du Manitoba, de nombreux Métis se dirigent plus à l’ouest, vers les Territoires du Nord-Ouest qui appartiennent au gouvernement fédéral. En 1885, avec l’arrivée du chemin de fer et la venue massive de colons, les Métis, toujours sous la direction de Louis Riel, se soulèvent encore une fois. Le gouvernement fédéral réagit rapidement et envoie des soldats pour rétablir l’ordre.

47


Les soulèvements des Métis Pourquoi coloniser l’Ouest canadien ?

Mesures du gouvernement fédéral pour coloniser l’Ouest canadien

•  Pour empêcher l’expansion américaine vers l’ouest. •  Pour donner des terres à des colons et à des immigrants.

Louis Riel, le chef des Métis

L’arpentage des terres de l’Ouest

La construction d’un chemin de fer transcontinental (Politique nationale)

entraîne entraîne

1869-1870 le premier soulèvement des Métis.

Après de longues négociations, le gouvernement fédéral de John A. Macdonald s’entend avec les Métis et crée la province du Manitoba en juillet 1870. Toutefois, quelques mois après l’entente, le gouvernement fédéral manque à ses engagements sur les droits de propriété. De plus, l’arrivée massive de colons anglais pousse les Métis et les Autochtones encore plus à l’ouest. © Bibliothèque et Archives nationales du Québec

48

1885 le deuxième soulèvement des Métis.

Contrairement à la première rébellion, qui s’étire sur presque une année entière, la deuxième se termine rapidement. Le train, qui est l’une des causes du soulèvement des Métis, est aussi le moyen qui permettra aux soldats de se rendre rapidement sur les lieux et de mettre fin au conflit.


L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867

Les affaires indiennes Dans les années 1850, des réserves, un système parallèle aux missions catholiques et protestantes, sont créées dans le Bas-Canada afin de sédentariser les Autochtones. Ces réserves, qui appartiennent à la Couronne (au gouvernement fédéral), visent surtout à déposséder les Autochtones de leur territoire et à les assimiler.

Entre 1871 et 1921, 11 traités sont signés entre les nations autochtones et le gouvernement fédéral. Les traités s’appliquent à la région qui s’étend de l’ouest des Grands Lacs jusqu’aux Rocheuses. En 1876, la Loi sur les Indiens vient changer le statut des Premières Nations.

11 traités amérindiens (1871-1921)

Loi sur les Indiens (1876)

Objectifs :

Objectif :

• Sédentarisation et assimilation des Autochtones

Assimilation des Autochtones

Par ces traités, les Autochtones acceptent de céder leur terre au gouvernement fédéral. En échange, ils reçoivent : • des réserves (des terres) ; • une compensation financière ; • une rémunération de 15 $ par année pour le chef ; • des vêtements ; • du matériel (ex. : des outils agricoles). Le gouvernement fédéral force les nations autochtones à signer les traités et ne respecte pas toujours ses engagements.

Caractéristiques :

• Les Autochtones sont considérés comme des mineurs. • Les Autochtones sont sous la tutelle du gouvernement fédéral. • Les Autochtones ne sont pas des citoyens canadiens.

Des os de bisons dans les Prairies

• Les Autochtones doivent s’inscrire dans un registre. • Seuls les Autochtones peuvent vivre dans une réserve. • La loi définit le fonctionnement des réserves et des bandes. • La loi définit ce qu’est un Autochtone. • Les Autochtones ne sont pas propriétaires du territoire sur lequel ils vivent (les réserves). • La loi exclut les Métis. Ils ne sont plus considérés comme des Autochtones.

© Bibliothèque et Archives Canada/PA-066544

• Prise de possession de l’Ouest canadien pour la colonisation

Le gouvernement fédéral espérait que les Autochtones renoncent à leur statut particulier pour devenir des citoyens canadiens.

49


La première phase d’industrialisation Le Canada-Est, puis le Québec, connaîtra deux phases d’industrialisation. Première phase (1850-1896)

Deuxième phase (1896-1930)

Elle touche le secteur manufacturier dans les villes.

Elle touche principalement l’exploitation des ressources naturelles.

Industrialisation • Mécanisation de la production • Source d’énergie : charbon

Travail dans les usines

Migration • Émigration vers les États-Unis • Exode rural • Immigration britannique

50

Construction d’usines dans les villes

Déménagement vers les villes

Urbanisation Développement des villes


Les migrations

Les nouvelles régions de colonisation ouvertes pour freiner l’émigration vers les États-Unis •  Laurentides •  Outaouais

•  Saguenay–Lac-Saint-Jean •  Mauricie

Exode rural des Canadiens français Ils quittent les terres agricoles surpeuplées de la vallée du Saint-Laurent. Ils migrent vers

L’Ouest canadien ou américain Les villes canadiennes Les régions industrielles américaines •  Le chemin de fer favorise les déplacements. •  Entre 1840 et 1930, environ 900 000 Canadiens français émigrent aux États-Unis.

Immigration transatlantique L’immigration britannique se poursuit. Les immigrants, provenant aussi d’autres pays d’Europe et d’Asie, arrivent par bateau. Ils migrent vers

Immigration Arrivée au Canada Émigration Départ du Canada

51


L’industrialisation L’industrialisation entraîne le développement d’un capitalisme axé sur le profit. Pendant la première phase d’industrialisation, le capital investi provient des marchands britanniques et du Royaume-Uni.

Sources d’énergie

Division du travail

Conditions de travail

• Énergie hydraulique

Avec la mécanisation, les artisans sont remplacés par des ouvriers non spécialisés. Les hommes travaillent principalement dans l’industrie lourde et l’industrie forestière, alors que les femmes et les enfants se retrouvent surtout dans l’industrie légère. Les usines nécessitent une abondante main-d’œuvre.

Les conditions de travail sont particulièrement horribles. Au fil du temps, les travailleurs s’organisent et fondent des syndicats. Les syndicats sont illégaux jusqu’en 1872.

• Charbon Les usines sont situées près des cours d’eau, des canaux et des chemins de fer. Vue de Montréal en 1896

52

© Musée McCord/VIEW-2944


Les secteurs de la production industrielle Industrie légère (dans les grandes villes)

Alimentation •  Raffinage du sucre •  Brasserie •  Transformations laitières

Vêtement et textile

Industrie lourde (surtout à Montréal)

Industrie du bois (dans les nouvelles régions et les grandes villes, notamment Hull, Chicoutimi et Rivière-du-Loup où la ressource est abondante)

Fer et acier

Bois

•  Cuir

•  Chemins de fer

•  Scieries

•  Chaussure (Principal secteur d’emploi pour les femmes et les enfants)

•  Wagons et locomotives

•  Tonneaux

•  Rails

•  Meubles

•  Poêles

•  Pâtes et papiers •  Construction navale

53


L’urbanisation

Population

L’évolution de la population urbaine du Québec (1851-1901)

Mont-Royal

Westmount Quartier de la bourgeoisie anglophone (situé loin de la pollution des usines)

Port de Montréal

1 2

Reste du Québec Ville de Québec Ville de Montréal Sources : Statistique Canada ; Archives de Montréal, Montréal en statistiques.

54

• Artère située au centre de la ville de Montréal (où beaucoup d’immigrants non britanniques s’installent)

3

• Délimitation entre la communauté anglophone de l’ouest de l’île et la communauté francophone de l’est de l’île

4

Port le plus important en Amérique du Nord à la fin du 19e siècle

Quartier ouvrier • Présence de nombreuses usines

Canal Lachine

5

Pont Victoria

7

Infrastructure ouverte à la circulation en train à partir de 1859

Boulevard Saint-Laurent

• Lieu où habitent beaucoup de Canadien français et d’immigrants britanniques • Pollution et conditions de vie difficiles • Absence de mesures sanitaires, comme le traitement des eaux et la collecte des déchets

6


La première phase d’industrialisation

Entre 1851 et 1901, la population de Montréal quintuple. Des usines et des quartiers ouvriers font leur apparition. Ce développement de la ville porte le nom d’urbanisation.

1 2 3

5

6

7

© Musée McCord/M984.210

4

55


Dossier spécial : La vie en ville était-elle facile ?

A

Le rapport de la Commission royale d’enquête sur les relations du travail avec le capital au Canada, 1889

« La question du loyer, dont la hausse presque constante pendant ces dernières années a dépassé ce que les travailleurs ont gagné en augmentation de salaires, ne sera résolue que le jour où les ouvriers pourront devenir propriétaires. Il est indéniable que les ouvriers sont mal logés, dans des maisons mal bâties, malsaines, et louées à des taux exorbitants. »

B

Le rapport de la Commission royale d’enquête sur les relations du travail avec le capital au Canada, 1889

« Les dépositions concernant les enfants employés dans les fabriques de cigares et de tabac sont d’une nature des plus regrettables. Des garçons et des filles, de pas plus de dix ans, ont été trouvés en grand nombre dans ces fabriques […]. Le mal, dans ce cas, était d’autant plus apparent qu’il était évident que le tabac avait arrêté la croissance des témoins et empoisonné leur sang. Ils étaient de petite taille, blêmes, insouciants et absolument privés de cette vivacité joyeuse et de ces belles couleurs de santé qui sont l’apanage de la jeunesse. » Source : Rapport de la Commission royale sur les relations du travail avec le capital au Canada, 1889, p. 29.

Source : Rapport de la Commission royale sur les relations du travail avec le capital au Canada, 1889, p. 29.

D C

L’intérieur d’un atelier

Les migrations

Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec, Québec, Les éditions du Septentrion, 2003, p. 185-186. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

56

©Musée McCord/M930.50.8.79

« Grâce à une plus grande mobilité offerte par les réseaux de chemins de fer, une partie importante du surplus de la population rurale alla chercher du travail dans les centres industriels du Québec ou de la Nouvelle-Angleterre. […] l’émigration devint dès lors une stratégie familiale plus attrayante que la colonisation. […] Contrairement aux colons, les ouvriers des manufactures recevaient un salaire direct. »


G

Une caricature sur la mortalité infantile et les épidémies

F

Distribution d’eau par la Mort (Death’s Dispensary)

H

Le maire nocturne de Montréal lors de sa tournée spectrale (dédié à la Commission de santé)

© Musée McCord/ M991X.5.795

© Granger, New York

© Musée McCord/M992X.5.82

Avant la pasteurisation (1er juillet 1869 - Un dessin pour une fresque à l’hôtel de ville de Montréal)

© Musée McCord/ M930.50.6.168

E

57


Le transport et l’exportation des produits agricoles et manufacturiers jouent un rôle important dans le développement économique du Canada. Pour acheminer ces produits, le Canada développe un réseau de transport dans l’est du pays. D’ailleurs, Québec et Montréal sont les ports les plus importants du Canada.

a gue n

Rimouski

Fl

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QUÉBEC

Rivièredu-Loup

NOUVEAUBRUNSWICK

Québec

Le réseau de transport canadien est axé sur deux pôles : les canaux et les chemins de fer. Dans la première moitié du 19e siècle, le Canada mise sur la construction de canaux. Dans la seconde moitié, il se tourne plutôt vers les chemins de fer.

Trois-Rivières 0

Joliette

Hull

Les principaux canaux

Rivière S

au ren t

Chicoutimi

ain t-L

Roberval

Le réseau de transport continental de l’Est

re d Riviè es Outaouais

ONTARIO

Montréal

50 kilomètres

Saint-Hyacinthe Sherbrooke

ÉTATS-UNIS

Grand Tronc intercolonial Canadien Pacifique National transcontinental Canadien nord Chemins de fer secondaires

L’évolution du chemin de fer

En 1850, la longueur du chemin de fer canadien était de 106 kilomètres, alors qu’en 1885, elle est de 16 532 kilomètres. La construction de gares favorise le développement des villes et des villages.

58

100


La première phase d’industrialisation

La Politique nationale Pour lutter contre la crise économique qui dure depuis 1873, le gouvernement fédéral de John A. Macdonald met en place un programme économique appelé Politique nationale en 1878. Après des années de libre-échange, le Canada revient au protectionnisme afin de favoriser le développement industriel national.

Les tarifs douaniers Une entreprise américaine qui veut vendre ses produits sur le marché canadien doit payer un tarif de 20 %. Par exemple, si un produit a une valeur de 10 $, la compagnie doit verser 2 $ au gouvernement fédéral canadien. Par conséquent, les produits américains se vendent 20 % plus cher.

L’augmentation de la population canadienne favorise le marché intérieur, c’est-à-dire le commerce fait à l’intérieur du pays.

Problématique de départ L’industrie canadienne est incapable de concurrencer l’industrie américaine. Les produits américains sont beaucoup moins chers.

1. Politique tarifaire visant à favoriser le marché intérieur Augmentation de 20 % des tarifs douaniers pour les produits venant de l’étranger. Résultat : L’industrie canadienne arrive à concurrencer l’industrie américaine.

3. Augmentation de l’immigration Colonisation des terres de l’Ouest •  Terres gratuites pour les hommes de 21 ans •  Publicité en Europe

Les profits des tarifs douaniers sont investis dans la construction d’un chemin de fer.

2. Chemin de fer transcontinental Le chemin de fer permet aux immigrants de se déplacer vers l’Ouest canadien. Il sert aussi au transport des marchandises, développant ainsi le marché intérieur.

•  Création du Canadien Pacifique •  Mesures fiscales favorisant la construction d’un chemin de fer dans l’ensemble du pays Le gouvernement fédéral donne des sections de chemin de fer lui appartenant.

59


Dossier spécial : Le Canada serait-il devenu ce qu’il est aujourd’hui sans la Politique nationale de Macdonald ? A

© Bibliothèque et Archives Canada/Le détail de cette carte provient de l’image NMC-011868.

Le chemin de fer transcontinental

B « Le 7 novembre 1885, le grand rêve ferroviaire canadien se réalise enfin, alors qu’on pose le dernier rail du chemin de fer Canadien Pacifique, qui devient du coup la plus longue ligne ferroviaire au monde. Au terme du projet, le gouvernement fédéral aura en tout versé une somme de 63 500 000 $, concédé 10,4 millions d’hectares de terres et prêté 35 000 000 $ au Canada Pacifique. La fin des travaux signifie qu’Ottawa a respecté son engagement à l’égard de la C ­ olombie-Britannique. » Source : Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 85.

C

Quelques statistiques sur le chemin de fer

0

60

1865

1880

1885

3 605 km

11 037 km

16 532 km

Source : Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 85.


D

E

La population francophone dans l’Ouest canadien

1881

1911

Nombre (% total)

Nombre (% total)

Manitoba

9 949 (15,1 %)

30 944 (6,8 %)

Territoires du Nord-Ouest (Alberta et Saskatchewan)

2 896 (5,1 %)

43 302 (4,8 %)

F

L’industrialisation à Toronto

1871 Nombre d’entreprises

1881

1891

561

870

2 109

9 400

12 708

24 470

Capital

4 036 000 $

11 502 000 $

29 261 000 $

Salaires

2 691 000 $

3 721 000 $

9 042 000 $

Production annuelle

1 368 600 $

19 100 000 $

42 489 000 $

Nombre d’employés

Source : Recensement du Canada 1881, 1911, cité dans Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 89.

Source : Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 89.

© Bibliothèque et Archives Canada/1983-33-1109

Une publicité tirée d’un journal s’adressant aux Canadiens de retour des États-Unis, 11 décembre 1884

© Archives de Montréal/BM2,S2

G

61


Défendre et reconnaître l’autorité du pape Contre la séparation de l’Église et de l’État

Le Parti conservateur (bleu)

© Bibliothèque et Archives Canada

Le parti de George-Étienne Cartier appuie l’Église.

Mgr Bourget, évêque de Montréal, est une figure marquante de l’ultramontanisme. Il combat durement l’Institut canadien et censure différents ouvrages des Lumières qui prônent des idées plus libérales.

En 1878, l’Université Laval ouvre une succursale à Montréal malgré l’opposition de Mgr Bourget. C’est ainsi qu’est créée l’Université de Montréal.

La religion était importante avant 1840, mais elle le devient encore plus par la suite. Dans la seconde moitié du 19e siècle, la ferveur religieuse s’accroît. Les fidèles fréquentent régulièrement les églises et les vocations religieuses croissent. Les Canadiens français expriment haut et fort leur conviction religieuse, surtout sur la scène politique.

Les adeptes de ce mouvement s’appellent des ultramontains, mot qui signifie « au-delà des monts ». Comme la ville de Rome où siège le pape est en Italie (de l’autre côté des Alpes), les Français ont pris l’habitude d’appeler « ultramontains » ceux qui considèrent que l’Église devrait s’occuper de l’éducation, de la santé et des mœurs. Ce mouvement conservateur s’oppose aux changements sociodémographiques et économiques entre 1840 et 1896.

Après l’échec des rébellions de 1837-1838, beaucoup de Canadiens français pensent que l’État est incapable de protéger leur langue, leur religion et leur culture. L’Église catholique encourage alors le nationalisme de survivance d’une nation canadienne-française qui résiste à l’Empire britannique depuis la Conquête de 1760. Cet appui accroît la ferveur religieuse des Canadiens français et augmente le pouvoir et l’influence de l’Église.

62

Ultramontanisme

L’Église catholique :


S’opposer à l’autorité de l’Église catholique Pour la séparation de l’Église et de l’État

Le Parti rouge

Deux journaux

Il s’oppose à l’Église et donc, au Parti conservateur.

L’Institut canadien de Montréal s’oppose aux idées ultramontaines. À partir de 1844, on peut y trouver des livres condamnés par l’Église catholique. La lecture des livres interdits peut entraîner l’excommunication.

•  L’Avenir

Les protestants et les catholiques

« Déclarons solennellement […] que toute union entre l’Église et l’État est déclarée abolie, et toute personne a le droit d’exercer librement la religion et la croyance que lui dicte sa conscience. » Source : Robert NELSON, Déclaration d’indépendance du Bas-Canada, 1838.

•  Le Pays

La montée de l’ultramontanisme et de l’influence de l’Église dans les sphères politiques au Québec incite des groupes libéraux à promouvoir la séparation de l’Église et de l’État.

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec/P560,S2,D1,P1584

VS

Anticléricalisme

deux mouvements qui s’opposent

Le mouvement anticlérical ne disparaît pas complètement, mais compte tenu de l’importance et de l’influence de l’Église dans la province de Québec, les anticléricaux se font plus discrets.

Les institutions sociales de la province sont aussi le théâtre d’une dualité où s’opposent protestants et catholiques. D’un côté, on trouve les écoles et les hôpitaux de confession religieuse protestante, généralement anglophones, et de l’autre, les écoles et les hôpitaux tenus par des communautés religieuses catholiques, généralement francophones. Cette séparation confessionnelle se répercute sur la vie quotidienne de la population du Québec où les uns et les autres fréquentent leurs propres institutions.

Arthur Buies, écrivain et journaliste, figure de l’anticléricalisme au Québec

63


Le rôle des femmes Entre 1840 et 1896, la société canadienne-française laisse peu de place aux femmes. Dans cette société patriarcale où l’Église exerce une grande influence, le rôle des femmes est axé sur la vie familiale, sur les tâches domestiques et sur la procréation. Les femmes doivent obéissance aux hommes et à leur mari et ne participent pas directement à la vie politique.

Le statut politique

Le statut juridique

L’éducation et le travail

La religion catholique

1791 : Les femmes ont le droit de vote dans le BasCanada à la condition d’être propriétaires. 1849 : Une loi adoptée à l’Assemblée législative retire le droit de vote aux femmes. 1867 : L’Acte de l’Amérique du Nord britannique n’accorde pas le droit de vote aux femmes.

Aux yeux de l’État, les femmes sont considérées comme des personnes mineures et ne sont donc pas vues comme des citoyennes responsables. Il s’agit sensiblement du même statut juridique que celui d’un Autochtone à la même période.

Les femmes n’ont pas le droit d’entreprendre des études supérieures. Elles ne peuvent donc exercer aucune profession libérale : elles ne peuvent devenir ni avocates, ni notaires ni médecins. Le salaire des femmes qui travaillent dans les usines est nettement inférieur à celui des hommes.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, de nombreuses jeunes femmes canadiennesfrançaises décident de prendre le voile. Elles choisissent la vocation religieuse par ferveur, pour sortir de l’extrême pauvreté ou pour d’autres raisons personnelles.

L’ultramontanisme contribue à l’essor des congrégations religieuses dont les membres s’occupent de l’éducation et des soins aux malades.

À partir de 1841, avec l’instauration des écoles publiques, les Ursulines et les sœurs de la congrégation de Notre-Dame s’occupent de l’éducation. Au fil du temps, d’autres congrégations religieuses s’y intéresseront.

64

Une congrégation religieuse féminine regroupe des femmes (les sœurs) qui partagent les mêmes convictions religieuses.

Les religieuses soignent les malades dans les hôpitaux.

Les œuvres sociales permettent aux religieuses d’aider les femmes démunies, les veuves ainsi que les enfants pauvres et orphelins. Les religieuses s’occupent aussi des immigrants.


La première phase d’industrialisation

Les actions féministes entreprises par les femmes dans la société canadienne entre 1840 et 1896 sont différentes chez les francophones et chez les anglophones.

Les femmes francophones

Marie Gérin-Lajoie (née Lacoste), militante pour le droit de vote des femmes

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec/P155,S1,SS2,D34,P1

Le féminisme chrétien se veut un système d’entraide pour les femmes qui vivent dans les villes, où l’on trouve bon nombre de veuves et de pauvres. Les femmes réclament de meilleures conditions de vie et de travail, et de meilleures conditions d’hygiène. Elles s’opposent à la prostitution. Malgré une vision conservatrice du rôle de la femme dans la société, elles font progresser le statut de la femme à la fin du 19e siècle. Les femmes contribuent au développement de la société par leur vision différente de celle des hommes. Les femmes de la bourgeoisie jouent un rôle important. Toutefois, il s’agit plutôt d’actions individuelles que d’un mouvement général. Les communautés religieuses viennent aussi en aide aux gens en difficulté.

Lady Aberdeen et sa fille Marjorie

Les femmes anglophones

Des associations religieuses comme la Young Women’s Christian Association et la Woman Christian Temperance Union offrent du soutien aux femmes en difficulté. Les femmes anglophones plus fortunées s’engagent dans des œuvres philanthropiques qui visent à aider les femmes les plus pauvres.

© Bibliothèque et Archives Canada/PA-025884

En 1893, Lady Aberdeen crée le Montreal Council of Women. Cette organisation favorise le développement de la société par l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants. Des femmes francophones se joignent aussi au mouvement, dont Marie Lacoste (Gérin-Lajoie).

65


Dossier spécial : Quel est l’impact de l’industrialisation sur les femmes ? A

B

Une famille urbaine à la fin du 19e siècle (Joseph Swain, 1871)

Les naissances illégitimes à la crèche d’Youville

1800-1820 : 907 1851-1860 : 6 000 Enfants nés hors mariage : 90 % des enfants meurent au cours de la première année

90+10O 90 %

meurent

Denyse BAILLARGEON, Brève histoire des femmes au Québec, Montréal, les éditions du Boréal, 2012, p. 80.

© Musée McCord/ C572_A.02.532.1

C

Work : “ My poor husband, you complain of your ten hours of work. I’ve been working fourteen hours, and my day is not yet over. ” Traduction de l’anglais par Marc-André Lauzon : Le travail. « Mon pauvre mari, tu te plains de tes dix heures de travail. Moi, je travaille depuis quatorze heures, et ma journée n’est même pas encore finie. »

« Au 19e siècle […], la plupart des femmes mariées de Montréal et des autres villes du Canada ne travaillent pas pour de longues périodes de temps à l’extérieur du foyer […]. Transformer en logis, en nourriture, en vêtements les salaires d’autrui était une tâche autrement plus rude qu’aujourd’hui, qui exigeait beaucoup de temps et de force physique. Ce travail débutait le matin avant même le départ des salariés et se poursuivait bien après leur retour le soir. Les courses, la lessive, le raccommodage, le nettoyage et la cuisine n’étaient qu’une partie des tâches quotidiennes de la ménagère. Plus les salaires des autres membres de la famille étaient bas et plus nombreuse était la famille, plus le fardeau de ces femmes était lourd, puisqu’il leur fallait en outre trouver les moyens de maximiser les revenus familiaux ou d’y pourvoir. » Source : Bettina BRADBURY, Familles ouvrières à Montréal : âge, genre et survie quotidienne pendant la phase de l’industrialisation, Montréal, les éditions du Boréal, 1995, p. 292-293.

66


D

Une lettre d’une institutrice en 1858

« Depuis quelques années, messieurs les commissaires d’école de St-Arsène obligent les institutrices de cette municipalité à recevoir la moitié de leur traitement en produits agricoles dont ils fixent le prix beaucoup plus élevé que le prix courant, de sorte que nous sommes obligés, outre le désagrément de courir les marchés pour nous défaire de ces produits, de les vendre à perte. […] Messieurs les commissaires ne nous paient qu’une partie de nos gages, sous prétexte que les lois d’éducation leur permettent d’agir ainsi. […] J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Votre obéissante Adeline Roy Institutrice »

E

Les femmes et le travail

« Le monde du travail, du moins celui du travail salarié, est alors essentiellement un monde d’hommes. […] Celles qui travaillent sont généralement célibataires, car selon la mentalité de l’époque, hommes et femmes font partie de sphères distinctes, où l’homme est le gagne-pain tandis que la femme reste à la maison. […] Toutefois, les femmes qui s’engagent sur le marché du travail font l’objet d’une forte discrimination et reçoivent automatiquement des salaires inférieurs. Les emplois dans lesquels elles se retrouvent sont surtout celui de servante, mais on dénombre également des couturières, des institutrices, des employées de conserverie et des blanchisseuses. Les domestiques féminines sont jeunes ; elles sont souvent engagées jusqu’à ce qu’elles se marient. » Source : Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 31.

G

Une femme repassant des cols empesés

Source : Adeline ROY, citée dans COLLECTIF CLIO (1982), L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Éditions Quinze (2e édition revue et augmentée, Le Jour éditeur, 1992), p. 228.

F

Le travail salarié des femmes non mariées en 1891

20+30+ 80O 70O 20 % dans toute la province

30 % à Montréal

Source : Denyse BAILLARGEON, Brève histoire des femmes au Québec, Montréal, les éditions du Boréal, 2012, p. 96.

© Musée McCord/MP-1985.31.180

20 % de la main-d’œuvre dans toute la province 30 % de la main-d’œuvre à Montréal

67


Peinture et littérature : des manifestations socioculturelles Au 19e siècle, des artistes peignent des scènes de la vie de tous les jours. Ils se spécialisent dans la peinture de paysages. Pour Cornelius Kreighoff, la Nouvelle-France et les Autochtones sont aussi des sources d’inspiration. Edmond Dyonnet, 1892

© Musée McCord/M966.176.53

© Galerie Alan Klinkhoff Inc.

Cornelius Krieghoff (1815-1872), Early Canadian Settlers, 1860

Maurice Cullen, Paysage près de Beaupré, 1896-1897

68

© Musée des beaux-arts de Montréal

© Musée des beaux-arts de Montréal

James Wilson Morrice, vers 1896-1897


La première phase d’industrialisation

Philippe Aubert de Gaspé fils est l’auteur du premier roman québécois (ou canadienfrançais), L’influence d’un livre, publié en 1837. L’Église censure le livre en faisant changer le titre lors de sa réédition. Cette œuvre raconte une histoire typiquement canadienne qui se déroule en 1820. Par ailleurs, François-Xavier Garneau raconte l’histoire du Canada dans un livre intitulé Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours (1845). Le récit historique de Garneau s’insère dans le mouvement nationalisme de survivance des Canadiens français qui résistent à l’assimilation anglaise depuis 1760 et particulièrement depuis le rapport Durham. Dans la même mouvance de survivance, une série de romans s’articule autour de la vie rurale et agricole. Dans ces romans axés sur la vie des Canadiens, la langue et la religion occupent une place centrale. Le premier roman dit de la terre ou du terroir, intitulé La terre paternelle, est publié en 1846. Dans une société patriarcale, certaines femmes de la bourgeoisie se démarquent en écrivant des chroniques littéraires dans les journaux. En 1878, Laure Conan est la première femme à publier une nouvelle littéraire, Larmes d’amour. En 1882, elle publie Angéline de Montbrun, un roman psychologique.

« Je me rappelle d’avoir entendu dire à mon grand-père qu’un seigneur qui passait pour très riche était mort dans cette paroisse et que, malgré toutes les recherches qu’on a pu faire, on n’a jamais trouvé un sol chez lui ; et beaucoup de personnes ont dit qu’il avait coutume d’enterrer son argent dans le bois qui avoisinait son domaine. » Source : Philippe Aubert DE GASPÉ fils, L’influence d’un livre, 1837, p. 107.

« L’hiver venait de se déclarer avec une grande rigueur. La neige couvrait la terre. Le froid était vif et piquant. Le ciel était chargé de nuages gris que le vent chassait avec peine et lenteur devant lui. Le fleuve, après avoir promené pendant plusieurs jours ses eaux sombres et fumantes, s’était peu à peu ralenti dans son cours, et enfin était devenu immobile et glacé, présentant une partie de sa surface unie, et l’autre toute hérissée de glaçons verdâtres. » Source : Patrice LACOMBE, La terre paternelle, 1846, p. 46.

« Quoique peu riche et peu opulent, ce peuple a montré qu’il avait conservé quelque chose de la grande nation dont il tire son origine. […] Les Canadiens sont aujourd’hui un peuple de cultivateurs dans un climat rude et sévère. Il n’a point en cette qualité les manières élégantes et fastueuses des populations méridionales, et ce langage qui semble sortir de cette nature légère et intarissable qu’on ne connaît point dans les hautes altitudes de notre globe. Mais il a de la gravité, du caractère et de la persévérance. » Source : François-Xavier GARNEAU, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours, 1845, p. 317.

« Je vais tous les matins à la messe, ordinairement par la grève, ce qui est fort agréable. L’église est bâtie sur le fleuve à l’embouchure de la rivière Malbaie. C’est un fort beau site. […] Le siècle avait deux ans lorsqu’on a commencé à la construire, c’est jeune encore pour une église. Pourtant les hirondelles l’affectionnent, car les nids s’y touchent […] » Source : Laure CONAN, Larmes d’amour, version de 1897 intitulée Un amour vrai.

69


L’industrie forestière L’industrie forestière s’harmonise avec le mode de vie basé sur l’agriculture et la colonisation. Elle constitue un moteur économique important. Le bois est surtout utilisé dans les scieries et dans le secteur des pâtes et papiers. Les grands territoires forestiers sont contrôlés par des marchands anglais : William Price contrôle l’industrie du bois dans la région du Saguenay. Les rivières servent encore à acheminer le bois vers les centres de transformation.

Agriculture

En hiver, plusieurs agriculteurs quittent leur famille pour aller travailler dans des camps de bûcherons. Ils reçoivent un salaire mensuel et sont logés et nourris. C’est un revenu d’appoint pour ces colons qui vivent, pour la plupart, d’une agriculture de subsistance.

La colonisation dans les régions de l’Outaouais, de la Mauricie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean est étroitement liée à l’industrie forestière. Les colons travaillent dans des camps de bûcherons pendant la saison hivernale. Les agriculteurs qui récoltent des surplus vendent leurs produits dans les chantiers de coupe pour nourrir les ouvriers.

70

© Musée McCord/I-63228

Colonisation


La première phase d’industrialisation

L’exploitation agricole En 1854, le régime seigneurial est aboli. Toutefois, les agriculteurs ne deviennent pas automatiquement propriétaires de leur terre. Ils doivent l’acheter. Ceux qui n’ont pas l’argent nécessaire doivent payer des redevances annuelles.

Transformations agricoles Production laitière La production laitière commence à prendre de l’importance en raison de la demande dans les villes et au Royaume-Uni : • Lait • Fromage

Début de la mécanisation Le fer remplace le bois dans la fabrication des outils agricoles comme les charrues, les semoirs et les moissonneuses. Cellesci sont parfois munies d’un moteur, mais il n’est pas encore question de tracteurs.

• Beurre Permet de répondre à la demande de la population urbaine qui s’accroît et à l’industrie de transformation.

Transport Avec l’arrivée du chemin de fer et la construction de routes, les régions agricoles s’intègrent à l’économie industrielle.

© Musée McCord/M977X.56

Le Traité de réciprocité stimule l’agriculture et la production laitière.

Favorise l’augmentation du rendement agricole et de la production laitière.

71


La période par les sources Les débats politiques en textes 1

2 « En 1843 […], Charles Metcalfe fait un bond en arrière en refusant de s’effacer derrière “un gouvernement de parti”. Il y préfère un gouvernement formé de parlementaires ne se réclamant d’aucune formation politique […] Plusieurs fois, sans consulter le Conseil exécutif, il procède à des nominations dans la fonction publique. Plus encore, pour lui, “the Governor is the responsible Government ; […] his subordinate executive officers are responsible to him, not to the Legislative Assembly”. »

La déclaration de Lord Grey (secrétaire d’État aux colonies) à John Harvey (gouverneur de la Nouvelle-Écosse), 1846

« Il n’est ni possible ni désirable de gouverner aucune des provinces anglaises de l’Amérique du Nord en opposition aux vœux et aux désirs des Habitants. » Source : Lord GREY, cité dans Jacques LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec, Sillery, Les éditions du Septentrion, 1996, p. 35. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

Traduction de l'anglais par Marc-André Lauzon : « le gouverneur est le gouvernement responsable […] les membres du Conseil exécutif lui sont redevables, pas l’Assemblée législative ». Source : Christian BLAIS, « Brève histoire du gouvernement responsable », Bulletin d’histoire politique, vol. 22, n° 2, 2014, p. 125.

3

Un discours de Louis-Hippolyte La Fontaine, 1840

« Ce Principe ne constitue pas une théorie nouvelle. Il est le principal moteur de la constitution anglaise. Lord Durham, en reconnaissant la nécessité de son application aux colonies dans leurs affaires locales, a touché à la racine du mal et a recommandé le seul remède efficace. […] Pour moi, je n'hésite pas à dire que je suis en faveur de ce principe anglais […] vois, dans son opération, les seules garanties que nous puissions avoir d'un bon gouvernement constitutionnel et effectif. » Source : Louis-Hippolyte LA FONTAINE, cité dans Louis-P. TURCOTTE, Le Canada sous l'union, 1841-1867, Québec, Imprimerie de L. J. Demers & Frères, 1882, p. 59.

72

1

1›3

3›5

Établir des faits À la lumière du document 1, nommez la fonction de Charles Metcalfe dans la structure politique du Canada-Uni.

Dégager des différences et des similitudes Les documents 1, 2 et 3 présentent trois réactions à la responsabilité ministérielle. Indiquez le politicien qui présente une position différente de celle des deux autres et comparez les points de vue.

Mettre en relation des faits Les documents 3, 4, et 5 présentent des politiciens canadiens. Associez chacun à son parti politique : •  Parti rouge •  Parti libéral •  Parti réformiste


La période par les sources

4

Le discours de George-Étienne Cartier sur le projet de confédération des provinces de l’Amérique britannique du Nord, 7 février 1865

« La question que nous devons nous poser est celle-ci : Voulons-nous demeurer séparés ? Voulons-nous conserver isolément une existence toute provinciale, quand, unis ensemble nous pourrions devenir une grande nation ? […] “Dans l’Amérique britannique du Nord, nous sommes cinq groupes différents, habitants des provinces séparées. Nous avons les mêmes intérêts commerciaux et le même désir de vivre sous la Couronne britannique. […] On fait objection à notre projet à cause des mots “Nouvelle nationalité” qui s’y rencontrent. Si nous nous unissons, nous formerons une nationalité politique, indépendante de l’origine nationale et de la religion des individus. […] la fusion des races en une seule est une utopie ; c’est une impossibilité. Les distinctions de cette nature existeront toujours ; la dissemblance paraît être d’ordre physique, moral et politique. Quant à cette objection, que nous ne pouvons former une grande nation, parce que le Bas-Canada est principalement français et catholique, que le Haut-Canada est anglais et protestant, et que les provinces maritimes son mixtes, elle est, à mon avis de la dernière futilité. […] Dans notre confédération, il y aura des catholiques et des protestants, des Anglais, des Français, des Irlandais et des Écossais, et chacun, par ses efforts et ses succès, ajoutera à la prospérité, à la puissance, à la gloire de la nouvelle confédération. […] Nous sommes des races différentes, non pas pour nous faire la guerre, mais pour travailler ensemble à notre propre et commun bien-être. Nous ne pouvons pas, par une loi, faire disparaître ces différences de races, mais j’en suis persuadé, les Anglo-Canadiens et les Français sauront apprécier les avantages de leur position propre. » Source : Bibliothèque et Archives Canada/Discours de Sir George Cartier, baronnet/AMICUS 4729000/ p. 421-422.

5

Un discours d’Antoine-Aimé Dorion, 16 février 1865

« Le gouvernement britannique est prêt à accorder de suite une union fédérale, et lorsqu’elle aura eu lieu, l’élément français se trouvera complètement écrasé par la majorité des représentants anglais. Qui empêchera alors le gouvernement fédéral de faire passer une série de résolutions comme on le fait aujourd’hui ? […] Il peut se faire que le peuple du Haut-Canada soit d’opinion qu’une union législative serait très désirable, mais je puis assurer ses représentants que le peuple du Bas-Canada est attaché à ses institutions par des liens assez forts pour frustrer toute tentative de le lui enlever par un pareil moyen. Ils ne consentiront jamais, pour aucune considération quelconque, à changer leurs institutions religieuses, leurs lois et leur langue. Un million d’habitants peuvent ne pas avoir une grande importance aux yeux du philosophe qui entreprend de rédiger une constitution. Il peut être d’opinion qu’il vaudrait mieux qu’il n’y eût qu’une seule religion, une seule langue et un seul code, et il se met à l’œuvre pour créer un nouveau pacte social dont l’effet serait d’amener l’état des choses qu’il désire : l’assimilation complète de différentes nationalités. » Source : Antoine-Aimé DORION, cité dans Guy FRÉGAULT et Marcel TRUDEL, Histoire du Canada par les textes, tome 2 (1855-1960), Montréal / Paris, Fides, 1963, p. 18-19.

Dégager des différences et des similitudes Les documents 4 et 5 présentent le point de vue de deux politiciens sur le projet de confédération. Sur quel point précis sont-ils en désaccord ?

Documents 4 › 5 73


La période par les sources La société canadienne en images Le pont Victoria par S. Russel

7

L’essor de la production manufacturière (en milliers de dollars)

Thomas Moore avant et après son entrée dans un pensionnat indien de la Saskatchewan en 1874

© Musée McCord/ M969.81

8

1851

1861

1871

Alimentation

154

3 830

18 650

Cuir et chaussure

104

1 207

14 330

Textile

47

788

1 340

Vêtements

28

5 850

Bois

187

4 156

11 690

Fer et acier

45

1 472

3 130

Source : Jean HAMELIN et Yves ROBY, Histoire économique du Québec, Montréal, Fides, 1971, p. 267.

74

© Bibliothèque et Archives Canada/NL-022474

6

6

7

8

Déterminer des causes et des conséquences À la lumière du document 6, indiquez une raison pour laquelle les autorités coloniales voulaient construire le pont Victoria.

Déterminer des changements et des continuités En tenant compte du document 7, indiquez s’il y a ­changement ou continuité dans la production au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Justifiez votre réponse.

Établir des faits À partir du document 8, nommez l’objectif des pensionnats autochtones au 19e siècle ?


La période par les sources

10

Une affiche électorale, 1891

© Musée McCord/M988.182.142

Une caricature sur les maladies et les épidémies

© Bibliothèque et Archives Canada/1983-33-1115, C-095470

9

Traduction libre de l’anglais par Marc-André Lauzon : Smallpox (variole), cholera (choléra), diphtheria (diphtérie), typhoid fever (fièvre typhoïde).

9 10

Déterminer des causes et des conséquences À l’aide du document 9, indiquez une conséquence sociale de l’industrialisation et de l’urbanisation dans la seconde moitié du 19e siècle. Pour quelle raison économique John A. Macdonald veut-il mettre en place une politique nationale en 1879 ?

Traduction libre de l’anglais par Marc-André Lauzon : (image supérieure) : Sous la Politique nationale. « Je préfère largement un marché intérieur pour mes produits, avec des ouvriers bien payés ! » (image inférieure) : Sous le libre-échange ou le tarif fiscal. « Où sont mes vieux amis, les ouvriers à qui je peux vendre mes produits ? »

75


La période par les sources Le Dominion du Canada en cartes 11

L’Empire britannique en 1886

© Granger, New York

Déterminer des causes et des conséquences Qu’est-ce qui explique qu’en 1886, le Canada est toujours considéré comme un territoire britannique ?

Document 11 76


La période par les sources

Le Grand Tronc vers 1885

© David Rumsey Map Collection

12

Rail de chemin de fer

12

Gare de chemin de fer

Établir des faits Quelles institutions financières permettent le développement du moyen de transport présenté dans le document 12 ?

Déterminer des changements et des continuités

Déterminer des causes et des conséquences

En vous fondant sur le document 12, indiquez le changement qui survient relativement au transport des marchandises après 1850.

Quel est l’impact du chemin de fer sur les villes et les villages de la province de Québec à la fin du 19e siècle ?

77


À l’épreuve L’équilibre social au Bas-Canada

« En parlant des partis dans cette province, je ne dois pas oublier le corps des Irlandais catholiques romains, dont le nombre s’accroît chaque année par l’immigration et qui se range généralement du côté des mécontents. Autrefois, le parti anglais du Bas-Canada comptait des Irlandais dans ses rangs, et obtenait par conséquent, dans les élections, plus de succès qu’il n’en obtiendra probablement à l’avenir. Maintenant, les Irlandais catholiques romains du Bas-Canada sont ligués avec les Canadiens français et c’est à la violence déployée par eux que l’élection d’un député pour l’Assemblée législative, à Montréal en avril 1844, a été remportée par l’opposition. Les Irlandais catholiques romains composent la grande majorité des émigrants du RoyaumeUni et, par conséquent, suivant toutes les apparences, le parti des mécontents de la province augmentera beaucoup plus rapidement que celui de la classe loyale, ce qui pourra par la suite amener des effets désastreux. Si donc le gouvernement de Sa Majesté exerce quelque contrôle sur le choix des émigrants, je recommanderais instamment que les émigrants envoyés au Canada fussent principalement des Anglais ou des Irlandais protestants, et que les catholiques romains fussent envoyés de préférence dans d’autres colonies où ne se trouveront pas des partis désaffectionnés prêts à s’emparer des nouveaux venus pour les enrôler sous leurs bannières. » Source : Charles METCALFE, cité dans Jacques LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec, tome III (1841-1896), Sillery, Les éditions du Septentrion, 1996, p. 30. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

78

14

Le rapport Durham, 1839

« Si l’on estime exactement la population du Haut-Canada à 400 000 âmes, les Anglais du Bas-Canada à 150 000 et les Français à 450 000, l’union des deux provinces ne donnerait pas seulement une majorité nettement anglaise, mais une majorité accrue annuellement par une immigration anglaise ; et je ne doute guère que les Français, une fois placés en minorité par suite du cours naturel des événements abandonneraient leurs vaines espérances de nationalité. » Source : Lord DURHAM, Rapport sur les affaires de l’Amérique du Nord britannique, 1839, CEFAN, [En ligne], page consultée le 2 novembre 2016.

15

16

L’Acte pour l’abolition des droits et des devoirs féodaux dans le Bas-Canada

« Attendu qu’il est expédient d’abolir tous droits et devoirs féodaux dans le Bas-Canada, soit qu’ils portent sur le censitaire ou sur le seigneur, et d’assurer une compensation raisonnable au dernier pour tout droit lucratif qu’il possède aujourd’hui légalement […] » Source : Acte seigneurial de 1854, Montréal, janvier 1855.

Les Sœurs de la Charité en 1895

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec/P910,S1,D1,P36

13


À l’épreuve 17 À la lumière des documents 13 et 14, indiquez s’il y a changement ou continuité dans la politique culturelle de l’Angleterre relativement aux Canadiens français entre 1840 et 1850. Justifiez votre réponse. À la lumière du document 16, indiquez le changement territorial qui survient à la suite de l’adoption de l’acte qui y est décrit.

Établir des faits Quel est le rôle social des congrégations religieuses féminines au 19e siècle ?

16 › 18

Situer dans le temps et dans l’espace Les documents 16 à 18 présentent des faits relatifs à l’agriculture entre 1840 et 1896. Placez ces documents dans l’ordre chronologique.

Déterminer des causes et des conséquences 17

« Nous ne pouvons que gémir à la vue du grand nombre de nos compatriotes qui désertent journellement le foyer domestique et la terre natale pour aller demander à la prospérité de nos voisins un bien-être, qu’ils nous semble pourtant possible de trouver ici […] Notre unique but, dans cette lettre collective, est d’encourager votre zèle, au milieu des efforts qu’il fait pour s’opposer au torrent d’émigration qui prive la patrie des bras et de l’intelligence d’un grand nombre de ses enfants. […] L’acquisition des territoires du Nord-Ouest, la création de la province de Manitoba, offrent un avantage réel à ceux qui n’aiment pas le défrichement des terrains boisés, et qui pourtant voudraient s’éloigner de la paroisse qu’ils habitent. Il n’est pas nécessaire de passer la frontière canadienne pour trouver les riches prairies de l’Ouest. Notre pensée n’est pas de demander aux paisibles et heureux habitants de la province de Québec de changer une position certaine et avantageuse pour les incertitudes et les risques d’une émigration lointaine, mais s’il en est auxquels il faut un changement et auxquels il répugne de s’imposer les rudes labeurs de bûcherons, à ceux-là monsieur le curé, veuillez bien indiquer la province du Manitoba. Un octroi gratuit de 160 acres de bonne terre de prairie est promis par le gouvernement à tout homme de 21 ans qui voudra se fixer dans ces contrées. »

15

Une circulaire privée au clergé de l’archevêché de Québec

Quel facteur économique explique la mise en place du Traité de réciprocité ?

18

18

13 › 14

Source : John A. DICKINSON et Brian YOUNG, Brève histoire socio-économique du Québec, Québec, Les éditions du Septentrion, 2003, p. 213-214. (Cet extrait a été reproduit aux termes d’une licence accordée par Copibec.)

Déterminer des changements et des continuités

16

« La construction du Grand Tronc et le Traité de réciprocité […] stimulèrent l’agriculture dans les cantons qui y étaient propices, par exemple dans celui de Compton d’où l’on expédiait de la laine et du bétail vers les marchés américains. […] Les exportations de beurre et de fromage québécois vers les marchés américains augmentèrent rapidement […] »

À l’aide du document 18, indiquez une cause de l’émigration des Canadiens français vers les États-Unis.

Source : Guy FRÉGAULT et Marcel TRUDEL, Histoire du Canada par les textes, tome II (1855-1960), Montréal/Paris, Fides, 1963, p. 32-33.

79


À l’épreuve 20

Les Pères de la Confédération à la Conférence de Londres (John David Kelly, vers 1889)

© Bibliothèque et Archives Canada/C-006799, ICON 62507

19

21 « Depuis le milieu des années 1850, les partis politiques de la colonie éprouvent beaucoup de peine à rassembler une majorité stable leur permettant de gouverner. Les ministères ou gouvernements se succèdent à un rythme accéléré – cinq entre 1855 et 1858 – sans réussir à tirer les institutions politiques du bourbier dans lequel elles s’enlisent. » Source : Jacques Paul COUTURIER, Un passé composé. Le Canada de 1850 à nos jours, Moncton, Éditions d’Acadie, 2000, p. 43.

80

Canada-Ouest

Canada-Est

Parti libéralconservateur

Parti bleu (conservateur)

•  Composé de politiciens réformistes modérés

•  Proche des idées réformistes de La Fontaine

•  Proche de la bourgeoisie anglaise

•  Appuyé par l’Église ultramontaine •  Dirigé par GeorgeÉtienne Cartier

Parti des Clear Grits

Parti rouge

•  Demande la représentation proportionnelle

•  Comprend d’anciens membres du Parti patriote

•  Demande l’élection des membres dans toutes les institutions politiques, y compris celle du gouverneur général

•  S’oppose à l’Acte d’Union

•  S’oppose au contrôle de l’Église catholique et demande des écoles laïques

•  Prône des idées libérales et démocratiques, mais surtout nationalistes •  Est formé d’anticléricaux qui souhaitent la séparation de l’Église et de l’État


À l’épreuve 22

© Bibliothèque et Archives Canada/C-041069

•  la situation politique entre 1850 et 1860 ; •  l’impact sur le gouvernement ; •  l’action des politiciens canadiens.

22

Nommez le principal moyen de subsistance des gens vivant dans le milieu représenté dans le document 22.

23

23

À la lumière des documents 19, 20 et 21, expliquez comment la situation politique entre 1850 et 1860 pousse les politiciens canadiens à agir. Dans votre réponse, vous devez définir :

Établir des faits

Nommez le principal moyen de subsistance des gens vivant dans le milieu représenté dans le document 23.

Dégager des différences et des similitudes 22 › 23

© Société historique de St-Nicolas-Bernières

19 › 21

Établir des liens de causalité

À partir des documents 22 et 23, comparez les conditions de vie des Canadiens.

81


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VOT

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Révision Une section réservée à la révision propose un rappel des connaissances de 3e secondaire. Présentées sous forme d’organisateurs graphiques, les questions historiques de chaque période sont revues et résumées à l’aide des concepts particuliers. Ainsi, les élèves démarreront l’année du bon pied.

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HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

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CODE PRODUIT ISBN

4477

978-2-7655-2919-4

MisÀjour Histoire

HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA

2017-04-20 09:44