__MAIN_TEXT__

Page 1

Tout pour la réussite de l’élève Conforme à la progression des apprentissages, ce cahier regroupe huit chapitres indépendants les uns des autres, suivant les thèmes prescrits au programme de formation en éthique et culture religieuse. Les activités diversifiées permettront aux élèves de développer des compétences en éthique et culture religieuse, tout en s’exerçant au dialogue. Une activité-synthèse facilitera un retour sur les apprentissages réalisés. À la fin du cahier, une section

Info

+

rassemble les savoirs

essentiels relatifs à l’éthique, aux cultures religieuses et au dialogue. Elle constitue une source d’information et une ressource utile tout au long des réflexions sur les différents thèmes.

Le complément numérique Complétez votre collection à l’aide du guide-corrigé numérique qui comprend : un corrigé, des situations d’apprentissage et d’évaluation, des outils d’évaluation, une médiagraphie accompagnée d’une série d’activités qui serviront d’appui à ces suggestions. www.grandducenligne.com

CAHIER DE SAVOIRS ET D’ACTIVITÉS

Le cahier de savoirs et d’activités Tête-à-tête est conçu pour aider l’élève à progresser de façon autonome en proposant des sujets de réflexion variés et stimulants.

NOUVELLE ÉDITION REVUE ET AMÉLIORÉE

Marie-France Beaulieu

5e secondaire

4e secondaire

CAHIER DE SAVOIRS ET D’ACTIVITÉS

Éthique et culture religieuse

Éthique et culture religieuse

4e secondaire

BEAULIEU

Éthique et culture religieuse

CODE PRODUIT 4557 ISBN 978-2-7655-3175-3

Conforme à la progression des apprentissages


Éthique et culture religieuse

4e secondaire

NOUVELLE ÉDITION REVUE ET AMÉLIORÉE

4557_ECR_sec4_LIM_F.indd 1

CAHIER DE SAVOIRS ET D’ACTIVITÉS

Marie-France Beaulieu

17-07-10 15:37


REMERCIEMENTS Pour leurs judicieux commentaires, remarques et suggestions, à l’une ou l’autre des étapes d’élaboration du projet, l’Éditeur tient à remercier : M. Stéphane Arteau Collège Durocher, Saint-Lambert ; Mme Françoise Beaugrand École polyvalente Saint-Jérôme, Commission scolaire de la Rivière-du-Nord ; M. Claude-Edmond Benoit, École secondaire du Harfang, Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles ; Mme Andrée Desjardins Collège Saint-Charles-Garnier, Québec ; Mme Line Dubé École secondaire Marie-Clarac, Montréal ; Mme Émilie Lambert École secondaire Jacques Rousseau, Commission scolaire Marie-Victorin ; M. Alain Tremblay École secondaire Curé-Antoine-Labelle, Commission scolaire de Laval.

Éthique et culture religieuse

4e secondaire

© 2016, Éditions Grand Duc, une division du Groupe Éducalivres inc. 1699, boulevard Le Corbusier, bureau 350, Laval (Québec) H7S 1Z3 Téléphone : 514 334-8466 • Télécopie : 514 334-8387 www.grandduc.com Tous droits réservés. CONCEPTION GRAPHIQUE (maquette intérieure et page couverture) : Caméléon Designer Inc.

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC

Il est illégal de reproduire cet ouvrage, en tout ou en partie, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation écrite de l’Éditeur. Le respect de cette recommandation encouragera les auteurs et auteures à poursuivre leur œuvre.

Code produit 4557 ISBN 978-2-7655-3175-3 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016 Bibliothèques et Archives Canada, 2016

4557_ECR_sec4_LIM_F.indd 2

Imprimé au Canada 1234567890M5432109876

17-07-10 15:37


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Guide d’utilisation................................... VI Activité d’introduction........................ VIII

PARTIE ÉTHIQUE CHAPITRE

La consommation et la . surconsommation................................ 42 Des efforts pour l’avenir . de notre monde.................................... 44 Des rencontres : les Sommets . de la Terre........................................... 44

1

La tolérance

2

La tolérance dans tous ses sens.....

4

Les dérives meurtrières . de l’intolérance......................................

6

L’intolérance et l’indifférence : . deux combats à mener..................... 10

TABLE ACTIVITÉ DES MATIÈRES FINALE

Table des matières

Des traités : le protocole . de Kyoto.............................................. 44 La responsabilité d’agir : . l’aide humanitaire............................ 46

Dialoguons.................................................... 48 En résumé..................................................... 49 Activité-synthèse..................................... 50

Des outils contre . l’intolérance.......................................

10

L’indifférence dans la mire.........

11

La tolérance au Québec...................

12

CHAPITRE

3

La justice

L’intolérance et la . discrimination...................................

12

La diversité culturelle au . Québec et ses défis.......................

14

52

La justice et ses principes................ 54 L’égalité et l’équité......................... 55

Dialoguons.................................................... 22 En résumé..................................................... 24 Activité-synthèse..................................... 25

Le mérite............................................. 56 Le respect de la personne.......... 56

Des façons de concevoir . la justice.................................................... 58 La justice réparatrice.................... 58

CHAPITRE

La justice corrective...................... 59

2

L’avenir de l’humanité

26

Des défis pour l’avenir . de l’humanité......................................... 28 Des façons d’entrevoir l’avenir . de l’humanité......................................... 30 Hubert Reeves et le fossé . entre les riches et les . pauvres................................................ 30 Pierre Dansereau et le . confort dans l’indifférence......... 34

La justice sociale............................. 59

Des enjeux de justice . au Québec............................................... 62 La Charte québécoise . des droits et libertés de . la personne........................................ 62 L’équité en matière d’emploi....... 63 L’accès aux soins de santé......... 64 La loi sur l’alcool au volant . pour les jeunes conducteurs....... 65

Michel Jurdant et les sociétés productivistes................................... 37

Corriger les injustices.................... 66

Trois visions et des points . communs............................................ 40

Justice et nouvelles . technologies........................................... 67

Des artistes qui rêvent . d’un monde meilleur.....................

Table des matières

4557_ECR_sec4_TDM_F.indd 3

La justice distributive.................... 59

41

III

Internet et les droits . fondamentaux.................................. 67

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:37


Entre la liberté d’expression . et les droits au respect, . à la dignité et à la . réputation........................................... 67

Le devoir de penser....................... 96 La soumission à l’autorité........... 97

Dialoguons.................................................... 100 En résumé..................................................... 102

Entre la liberté d’expression . et le droit à la vie privée.............. 68

Des enjeux de justice dans . le monde.................................................. 70

PARTIE CULTURE RELIGIEUSE CHAPITRE

5

Des religions au fil du temps

Les droits de l’homme comme . justice universelle ?......................... 72

104

Les expressions du religieux........... 106 La famille abrahamique..................... 112

Dialoguons.................................................... 74

Le judaïsme........................................ 113

En résumé..................................................... 76

Le christianisme............................... 114

Activité-synthèse..................................... 77

Entente et mésentente................ 116 L’islam................................................... 118

CHAPITRE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le droit à la vie privée . et les technologies de . surveillance........................................ 69

Activité-synthèse..................................... 103

La famille animiste............................... 119

4

Les spiritualités autochtones.... 119

L’ambivalence de l’être humain 78

La famille orientale.............................. 120

L’ambivalence sous toutes . ses formes............................................... 80

L’hindouisme..................................... 120

La raison et la passion..................

81

Le bouddhisme................................ 121

La vérité et le mensonge............

81

Le bien et le mal..............................

81

Les nouveaux mouvements . religieux.................................................... 122

La moralité, l’immoralité . et l’amoralité......................................

Des origines....................................... 122 81

Des caractéristiques...................... 123

Ambivalence et adolescence...... 82

Dialoguons.................................................... 124

L’ambivalence dans les . sentiments............................................... 84

En résumé..................................................... 126 Activité-synthèse..................................... 127

L’ambivalence dans les . jugements................................................ 86 CHAPITRE

Juge et partie................................... 86 Les dilemmes éthiques................ 88

6

Des questions existentielles

128

L’ambivalence dans les . comportements.................................... 90

Des questions fondamentales....... 130

Le vol.................................................... 90

L’existence du divin............................. 132

Le délit de fuite................................

91

Des façons d’affirmer . l’existence du divin......................... 134

La tricherie.........................................

91

Les origines de l’être humain......... 136

Le dopage sportif........................... 92

La création......................................... 136

Des ambiguïtés de l’agir humain.. 94

La théorie de l’évolution.............. 136

Un pays défenseur des droits . de l’homme qui les enfreint . selon ses intérêts............................ 94

L’homme est-il un être . naturel?.................................................... 138

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_TDM_F.indd 4

Le sens de la vie et de la mort...... 140

IV

Table des matières

17-07-10 15:37


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les formes d’art............................... 180

Les origines de la mort................ 142

La description d’une œuvre . d’art............................................................ 181

Des rites de passage . entre la vie et la mort................... 144

Les symboles et leur symbolisme religieux.................................................... 182

Après la mort......................................... 146

Des exemples du symbolisme religieux des éléments.................. 183

Le paradis, l’enfer ou . le néant ?............................................. 146

Dialoguons.................................................... 148 En résumé..................................................... 150 Activité-synthèse..................................... 151

Des exemples du symbolisme religieux des formes...................... 184 Des exemples du symbolisme religieux des couleurs................... 185 Des exemples du symbolisme religieux des objets........................ 185

152

Des exemples du symbolisme religieux des végétaux et des animaux............................................... 186

Les expériences religieuses............ 154

La musique, le chant et la danse.... 188

L’expérience religieuse au . quotidien................................................... 158

Le phénomène religieux à . l’écran........................................................ 190

L’admiration de la nature............ 158

Les films à caractère . religieux............................................... 190

CHAPITRE

7

L’expérience religieuse

La contemplation............................ 159 La prière.............................................. 160

L’expérience religieuse . exceptionnelle....................................... 162

Le combat entre le bien . et le mal............................................... 190

La conversion................................... 162

Les références à la . mythologie......................................... 191

La vie engagée................................. 162

Les films d’horreur......................... 192

Le pèlerinage.................................... 164

Les films catastrophe.................... 193

Les effets de l’expérience . religieuse.................................................. 166 Sur la personne................................ 166

TABLE ACTIVITÉ DES MATIÈRES FINALE

Des réflexions sur la . condition humaine......................... 140

Dialoguons.................................................... 195 En résumé..................................................... 196 Activité-synthèse..................................... 197

Sur la communauté....................... 168 Sur le mode de vie......................... 170

Dialoguons.................................................... 172

Activité finale................................................ 198

En résumé..................................................... 174

Info +....................................................................... 203

Activité-synthèse..................................... 175

CHAPITRE

Glossaire............................................................. 238

8

Le religieux dans l’art et la culture

176

Les concepts liés au religieux . dans l’art................................................... 178 L’art sacré et l’art profane.......... 178

Table des matières

4557_ECR_sec4_TDM_F.indd 5

V

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:37


d’utilisation

Conçu pour vous aider à progresser de façon autonome dans vos apprentissages, ce cahier de savoirs et d’activités regroupe huit chapitres selon les thèmes prescrits par le programme de formation en éthique et culture religieuse. Il vous permettra d’acquérir toutes les connaissances nécessaires et de développer les trois compétences ciblées, soit : Compétence 1   Réfléchir sur des questions éthiques Compétence 2   Manifester une compréhension du phénomène religieux Compétence 3   Pratiquer le dialogue

»

Indifférence p. 10

Diversité

Racisme

p. 14

p. 6 Xénophobie p. 6

Tolérance p. 4

Intolérance p. 12

Pluralisme

Multiculturalisme

p. 14

Discrimination

p. 14

p. 12

Intégration p. 16

Homophobie p. 12

4.

Accommodement raisonnable p. 19 Lisez le point

UN POINT DE

de vue de Fernand

o Savater et

VUE SUR LA

soulignez sa concept

ion de la justice.

JUSTICE

« Traiter les personne s comme des principe de base personnes est de la belle vie, un capables de […] et Réfléchissons à ces questions en prenant conscience deset effets denous l’intolérance mettre à la place cela signifie être d’adapter nos de nos semblab intérêts aux les il s’agit d’appren par l’étude d’un cas qui a marqué l’histoire et en réfléchissant auxdre façons leurs. Autrement dit, à considér comme s’ils étaient les tiens er les intérêts d’autrui d’envisager la tolérance dans notre société québécoise actuelle. étaient et les tiens ceux d’autrui. On appelle cette comme s’ils et aucun régime vertu la justice, politique digne dispenser, par de ce nom ne ses lois et ses peut se justice parmi institutions, de répandre les membres la de la société. cas où on peut Il existe un seul limiter la liberté faut empêche La tolérance ÉTHIQUE 3 de l’individu r, par la force : quand il si nécessaire, s’ils n’étaient que l’individu pas, en question vulgaires outils, autrement dit quand il les traite ses semblab traite comme des êtres inférieur les comme traitement que des les autres, quels s, etc. L’exigence de tout jouets, des bêtes de somme, goûts, etc., s’appelle être humain que soient son de de recevoir sexe, la couleur la dignité. […] le même justement parce de sa peau, C’est la dignité qu’elle affirme ses idées et humaine qui droits à la reconnai ses que chacun nous rend tou est unique, pas ssance sociale s semblables, interchangeable, que son prochain et dispose des .» mêmes ne pas photocopier

Qu’est-ce que la tolérance ? En quoi la tolérance peut-elle contribuer au vivre-ensemble ?

Où peut mener l’intolérance ?

Au fil des pages, plusieurs extraits de textes et des activités diversifiées vous permettront de bien saisir la pensée des auteurs, de réfléchir et d’exploiter les compétences disciplinaires sur chaque thème.

Duc Merci de

L’INDIFFÉRENCE EST-ELLE UNE FORME DE TOLÉRANCE ?

LA JUSTIC E

©ZUMA Press, Inc./Alamy Stock Photo

p. 6

Préjugés

3

Eugénisme p. 6

CHAPITR E

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Voltaire, écrivain et philosophe français, 1694-1778

Chaque chapitre s’ouvre sur une double page où sont présentées les connaissances à acquérir relativement à chaque thème. Une photographie et un court texte d’introduction donnent un avant-goût du contenu à l’étude. Des questions de réflexion et une citation vous amèneront à réfléchir sur les façons d’envisager le thème.

LA TOLÉRANCE

tolérance

La

La discorde est le plus grand mal du genre humain, et la tolérance en est le remède.

CHAPITRE 1

CHAPITRE

1

«

© Éditions Grand

La tolérance a-t-elle des limites ?

Extrait de Fernando

5.

Sur quelle valeur La dignité

6.

a

SAVATER, Éthique

à l’usage de mon fils, Paris, Seuil, 1994, p. 167-169.

l’auteur fonde-t-

il l’égalité entre les êtres humains ? La responsabilité La justice

Surlignez la phrase dans le texte où l’auteur la liberté d’un individu. explique dans quel cas on peut limiter Donnez-en des exemples.

URE ET LA CULT DANS L’ART

ent a Jugem

En résumé

du religieux dans l’art : référence religieuse, culture, symbole, profane ; présentes dans votre environnement social et culturel qui comportent une référence au religieux : types d’œuvres, auteurs, destinataires, contextes, fonctions ;

PRÉSENCE DU PHÉNOMÈNE RELIGIEUX DANS L’ART

ou des scènes faisant référence au religieux dans des œuvres d’art et établir des liens avec des récits religieux ;

À RECONNAÎTRE ET À INTERPRÉTER LE SYMBOLISME DE PLUSIEURS ŒUVRES.

XXexpliquer le symbolisme religieux présent

À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS,

Jugement

dans des œuvres d’art et les associer à la tradition religieuse appropriée.

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts.

de valeur

Cinéma

Des formes d’art

Les fonctions

Musique

Art profane

Personnages

Les caractéristiques

Art sacré

Des récits

Le contexte

Des symboles

Les couleurs

LES RÉFÉRENCES RELIGIEUSES DANS L’ART ET LA CULTURE

Types d’œuvres d’art

Le religieux

dans l’art

et la culture

195

E

CULTUR

a

Cette œuvre est-elle une œuvre d’art religieux ou d’art profane ?

b La considérez-vous comme choquante ? Pourquoi ?

XXidentifier des personnages, des objets

ET LA CULTURE ET APPRIS

ence de préfér

1.

XXnommer et décrire des œuvres d’art

VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

c

?

ÉTHIQUE

Activité-SYNTHÈSE

XXdéfinir des termes liés à la présence

DANS CE CHAPITRE, VOUS AVEZ RÉFLÉCHI À LA

de réalité Jugement

b

61

RELIGIEUSE

Art ayant pour but l’expression du religieux.

ci-dessous.

Breakdancing Jesus, par Cosmo Sarson, 2013.

a

Musique

Films de fiction, documentaires.

b

Architecture

Récits, romans, poésie.

c

Littérature

Temples, mosquées, églises, synagogues.

d

Cinéma

Chansons folkloriques, chansons populaires, chants religieux.

e

Sculpture

Peintures, dessins, fresques.

f

Arts visuels

Pièces de théâtre, danse.

g

Arts de la scène

Statues, bas-reliefs, objets.

3. Quelles sont les fonctions spécifiques de l’art religieux ? Liens avec le religieux

Description de l’œuvre d’art

Les éléments, les formes, , les animaux, les végétaux, les objets.

Les origines L’artiste, Art qui n’a pas de fonction religieuse.

2. Associez les différentes formes d’art aux exemples d’œuvres d’art

4. Pourquoi accorde-t-on tant d’importance au monde de l’art ?

, l’époque, le but.

Des ,

Architecture, sculpture, arts visuels, ,

Le type d’œuvre les couleurs, les formes, les symboles.

ou des scènes Dieux et déesses, prophètes, créatures mythiques.

littérature, arts de la scène et

5.

a

Quelles références au religieux pouvez-vous identifier dans cette œuvre d’art ?

b À quelles traditions religieuses les associez-vous ?

. Pour l’artiste, pour les destinataires.

Activité finale © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Pour terminer l’année, nous vous proposons de faire un retour sur les apprentissages réalisés et les compétences développées en répondant à ces quelques questions.

1.

196

bibliques, épopées hindoues, mythes.

Le religieux dans l’art et la culture

Peinture murale représentant l’histoire du Québec, Montréal, 2014.

Le religieux dans l’art et la culture

197

À la fin des chapitres, une activité consacrée au dialogue, un résumé du contenu important et une activité-synthèse vous invitent à effectuer un retour sur vos réflexions et à faire le point sur votre compréhension du thème travaillé.

CULTURE RELIGIEUSE

ACTIVITÉ FINALE

CULTURE RELIGIEUSE

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE POPULAIRE

sur le dia

o Savater relativem

CHAPITRE 8

logue

chaque qui décrit z l’extrait ent et repére de jugem les types dégagez ci-dessous, e, Dans le texte ent. d’une marqu nt le logo écois type de jugem ents arbora les jeunes Québ e. s! des vêtem En effet, its sans marqu s-sandwiche pas à porter es-sandwiches. Les jeune r les produ n’hésitent niveau femm iens à boudepeu importe leur ec, les jeunesen hommes et en Canad sorte i, Québ en Au urd’hu e font ant ainsi que les jeunes jeunes d’aujoaccordés à la marqu se transform plus nombreux pour les fois rtance le reconnu. e valorisant et l’impo sont deux un symbo prestige logo sembl Porter un ou leur revenu. Le le produit qui porte er d’éducation préfèrent achet qu’ils et elles

Activité

ées par Fernand

ent à la justice

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

+

p. XX

sont privilégi

La justice

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Merci de Grand Duc © Éditions

Info

Quelles valeurs

IEUX LE RELIG

ne pas photocop

ier

ou sitives choisir une ou 20 diapo rez pour e avec 10 es et délibé nter au group vous en équippourrez les prése RegroupezVous analyser. analyse. afin souhaitez deur de votre page 181 d’art à la selon la profon e une œuvre pour décrir questions stions de z les sugge œuvre. Utilise votre de vue 2. se de les points de faire l’analy interrogez concis, et , soyez clairs, ns en classe présentatio pertinente. façon 3. Lors des de de vos pairs

1.

7.

RE 8

omène nces du phén les des prése afin de de dénicher populaire À votre tour l’art et la culture ré d’utiliser est suggé dans au religieux faire, il vous ique née r. Pour ce n ntation artist interpréte e de prése présentatio elle form forme de une nouv dant . Dans cette succé se kucha s Pecha sitive Japon, le ter 20 diapo à beaucoup ant ainsi doit proje . orale, on vous oblige appropriés 20 secondes, d’images toutes les des choix n et à faire que vous ncisio d’art s de co , deux œuvre

CHAPIT

S

POPU LAIR

E

b

DIALOGUON

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Guide

Observez chacune des images et répondez aux questions.

a

Associez l’image à l’un des quatre thèmes en éthique abordés cette année.

b Formulez une question éthique se rapportant à ce thème. c

Déterminez les enjeux éthiques soulevés par cette question.

a

a

b

b

c

c

a

a

b

b

c

c

Activité finale

233

À la fin du cahier, une activité finale vous permettra de vérifier les connaissances essentielles et de faire un retour sur les notions les plus importantes vues dans chacun des thèmes.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_Structure_F.indd 6

VI

Guide d’utilisation

17-07-10 15:38


La poursuite du bien commun vise le mieux-être de la collectivité et de chaque individu en encourageant la recherche de valeurs communes et les projets favorisant le vivre-ensemble.

Info+

• Je propose des options en lien avec la situation. • J’explique les effets de ces options sur moi, les autres et la situation. • Je sélectionne les options qui favorisent le vivre-ensemble.

Je pratique le dialogue de façon appropriée

• J’applique les procédés qui contribuent au déroulement du dialogue (oral ou écrit) : j’utilise les moyens pour élaborer les points de vue, ainsi que les formes adéquates du dialogue et je recherche les conditions favorables au dialogue. • J’interroge les points de vue lus ou entendus : je cherche à les connaître et à en évaluer la pertinence, et je développe un esprit critique.

Comme les traditions religieuses, la mythologie inspire les créateurs. Les mythes sont des récits fabuleux qui proposent une explication aux grandes questions des êtres humains et mettent en scène des dieux, des hommes-bêtes, des anges ou des démons. Un point de vue est une manière de considérer une situation, une question ou une réalité. À ne pas confondre avec une opinion, qui consiste plutôt à donner son avis personnel sur une situation.

DYNAMIQUE DES COMPÉTENCES ET THÈMES ABORDÉS EN ÉCR

Dans l’univers magique d’Harry Potter, on peut voir plusieurs créatures étonnantes tirées de la mythologie grecque. Les centaures sont des êtres fabuleux, mi-hommes, mi-chevaux, Pratiquer le dialogue qui représentent la violence et le mal dans la mythologie grecque. Toutefois, dans l’œuvre de J. K. Rowling, ce sont des animaux paisibles, mais qui craignent les êtres humains. Selon le mythe Réfléchirgrec, Cerbère, un chien à trois têtes et à la queue de serpent, est le gardien des sur des questions éthiques Enfers dont il défend l’accès férocement. Dans l’univers d'Harry Potter, on trouve Touffu, Manifester une qui garde la pierrecompréhension philosophale dans le sous-sol de l’école. Le compagnon de Dumbledore, du phénomène religieux Fumseck, est associé à une autre créature fantastique : le phénix, un oiseau légendaire qui peut s’enflammer, se consumer et renaître de ses cendres. Il représente ainsi la force à la fois destructrice et créatrice du feu, et il symbolise la résurrection. Inversement, le compagnon de Voldemort est Nagini, le serpent terrifiant qui incarne le mal dans cette histoire à la manière de Python, le serpent monstrueux de la mythologie grecque. • Les formes du dialogue et ses conditions favorables • Les moyens pour élaborer un point de vue • Les moyens pour interroger un point de vue

QUELQUES PISTES POUR VOUS AIDER À PRÉPARER UN POINT DE VUE (À L’ORAL OU À L’ÉCRIT) • Assurez-vous de bien comprendre l’objet du dialogue (la question ou le problème) en distinguant les détails de ce qui est important et notez vos premières réflexions. • Faites des recherches pour approfondir le sujet et les points de vue possibles et prévoyez les questions, les objections, ainsi que les « pour » et les « contre ». • Rédigez une ébauche de votre point de vue en vous appuyant sur plusieurs éléments pertinents (en rapport avec le sujet) et cohérents (bien organisés).

• Des religions au fil du temps • Des questions existentielles • L’expérience religieuse • Les références religieuses dans les arts et dans la culture

• La tolérance • L’avenir de l’humanité • La justice • L’ambivalence de l’être humain

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

204

• Validez votre point de vue et comparez votre analyse avec celle des autres. Utilisez leurs questions et leurs idées pour enrichir votre point de vue.

Info +

Info +

205

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

+

Info

religieuses et au dialogue. Elle constitue une source d’information et une ressource utile lors de vos réflexions sur les différents thèmes. Tout au long du cahier, ce symbole vous renvoie à cette section.

Avez-vous déjà remarqué que les équipes sportives choisissent des logos et des couleurs qui contribuent à donner une image de puissance pour les représenter ? Par exemple, dans la Ligue nationale de hockey, les Devils du New Jersey ont choisi le rouge et le symbole du diable, les Sharks de San José ont adopté un requin dont les dents sont affûtées ! De même, dans la Ligue nationale de football américain, les Broncos de Denver ont élu l’indomptable cheval sauvage pour les représenter et les Eagles de Philadelphie, un puissant aigle au bec pointu. Ce sont des symboles qui illustrent leur force.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La reconnaissance de l’autre est la prise de conscience que chaque individu a une vision du monde qui influence ses attitudes et ses actions. Chaque individu peut exprimer ses valeurs et ses convictions personnelles, parce que toutes les personnes sont égales en valeur et en dignité.

Info + Les symboles et leur Une section INFO+ regroupe les savoirs symbolisme religieux essentiels relatifs à l’éthique, aux cultures

J’évalue des options de façon adéquate

• Je décris la situation et j’explique les tensions ou les conflits de valeurs. • Je formule des questions éthiques adéquates. • Je compare des points de vue. • J’examine des repères dans les points de vue et je cherche leur rôle et leur sens.

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE POPULAIRE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

PARTIE 1

Pour réfléchir sur des questions éthiques et pratiquer le dialogue

Je traite une situation d’un point de vue éthique

Les références à la mythologie

Casque des Broncos de Denver.

Les traditions religieuses emploient aussi des symboles pour

Quel nom portent ces créatures et que symbolisent-elles dans la mythologie grecque ? représenter de façon concrète leurs croyances. Nous verrons Glossaire dans la prochaine activité plusieurs exemples de symboles nous retrouvons dans les œuvres d’art et expliquerons Le glossaire définit les mots difficiles et les conceptsque àsymbolisme l’étude dans lecroyants cahier de savoirs. leur religieux pour les et les croyantes de différentes traditions religieuses. Surlignez dans le texte le symbolisme religieux des différents symboles pendant votre lecture. CHAPITRE 8

Les rubriques

Symbole À RETENIR

Un objet, un fait, un geste, un signe figuratif ou un élément qui évoque un autre sens pour un groupe d’êtres humains qui ont les mêmes repères.

Symbolisme religieux Signification d’un symbole pour les croyants et les croyantes d’une tradition religieuse.

c a

Expliquez pourquoi la période de l’adolescence favorise l’expression de l’ambivalence.

Ça m’intéresse !

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

En 2009, le film Avatar de James Cameron propose une réflexion sur l’interconnexion entre tous les êtres sontque les origines l’ambivalence à l’adolescence ? 2. etQuelles vivants le respect l’on doitde à la Terre. Dans le film, la planète Pandora est représentée par la déesse Eywa, comme la déesse-mère Gaïa symbolise la Terre dans la mythologie grecque. Ce film illustre bien les transformations religieuses contemporaines en Dans le texte, surlignez les sentiments qui sont en conflit à l’adolescence. mettant des principes comme la protection 3. de a l’avant Scène du film Avatar de James Cameron. de l’environnement et la promotion de la science.

Le religieux dans l’art et la culture

191

Ça m’intéresse ! Rubrique qui suggère Quel est son symbolisme ? des idées de lectures, de films ou d’activités si le sujet vous intéresse.

b Quel est le logo choisi par votre école pour son équipe sportive ?

La soumission à l’autorité CHAPITRE 4

b Ajoutez vos propres exemples d’ambivalence à l’adolescence.

Avez-vous d’autres exemples du symbolisme des logos des équipes sportives ?

CULTURE RELIGIEUSE

CULTURE RELIGIEUSE

182

Le religieux dans l’art et la culture

Tête-à-tête avec…

4. Les jeunes sont-ils plus ou moins ambivalents que les adultes ? Regroupez-vous en équipe

Tête-à-tête avec... + STANLEY MILGRAM les phrases a Amorcez la discussion en parlant des idées de l’auteure. Que vous inspirent (1933-1984) suivantes ? Êtes-vous en accord ou en désaccord ? Pourquoi ? Rubrique qui vous Plusieurs expériences en psychologie ont été réalisées dans l’histoire Cela laisse l’origine des difficultés, « L’adolescent est “à fleur de peau” permettra desuggérer « rencontrer » pour ambivalences ou conflits qui prennent et se sent vulnérable. » tenter de percer la complexité de l’être humain, de parvenir à tout leur sens sous le concept de “crise mieux le comprendre. L’une des plus célèbres est celle du psychologue différents personnages d’adolescence”. américain Stanley Milgram. Au cours des années 1960, à l’Université Yale, il a mené des recherches expérimentales sur la soumission importants et de connaître   à l’autorité. les adultes ? b Les adolescentes et adolescents sont-ils plus ou moins ambivalents que leur histoire. Discutez-en et exprimez, en quelques mots, votre point de vue sur cette question

Info

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

p. XX

éthique.

Ici ET

ailleurs

© INTERFOTO/Alamy

pour en discuter.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

1.

CHAPITRE 4

À retenir Rubrique qui définit des notions   et des concepts importants. Les concepts essentiels sont regroupés dans lea glossaire du cahier. b

Sac et casque à l’effigie des Eagles de Philadelphie.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DES COMPÉTENCES À DÉVELOPPER

La société québécoise se compose de gens issus de différentes cultures et aux diverses valeurs et croyances. Pour mieux vivre ensemble, il faut apprendre à tirer profit de cette diversité. C’est ce que vous propose le cours d’éthique et culture religieuse, qui vise la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun. Vous êtes invités à aborder différents thèmes en développant vos compétences à réfléchir sur des questions éthiques et à manifester une compréhension du phénomène religieux tout en pratiquant le dialogue (voir l’organigramme ci-dessous).

LE PROTOCOLE DE L’EXPÉRIENCE Dans le cadre de ses recherches, Milgram a fait paraître une annonce dans le journal afin de recruter des sujets volontaires, en échange de quelques dollars, pour une expérience scientifique sur la mémoire. La mémoire, ici, bien que nécessaire, ne présente aucun intérêt. L’expérience a plutôt pour but de mesurer la capacité qu’ont les sujets à obéir à l’autorité. Pour la mener à bien, Milgram s’entoure de partenaires qui devront jouer des rôles bien définis, comme le feraient des acteurs.

Ici et ailleurs Rubrique qui vous invite à prendre conscience des diverses Milgram explique alors aux sujets volontaires qu’une théorie en psychologie soutient que manières de penser ou faire les enfants développent une meilleure capacité d’apprentissage si l’on utilise avecde eux des méthodes punitives. L’expérience consiste donc à mesurer scientifiquement, sur des sujets à travers le monde sur différents ★ Dans les pays en développement, sauf en adultes, le dosage idéal de punition à administrer à un sujet pour favoriser son apprentissage. Chine, une adolescente sur trois est mariée avant ses 18 ans. sujets en lien avec les thèmes. sujet volontaire, appelé « moniteur », doit d’abord lire une série de 30 mots, chacun d’eux ★ Près de la moitié des adolescents et adolescentes dans le Le monde Il y a des adolescentes et des adolescents partout dans le monde, 1,2 milliard sur la planète. Pourtant, l’adolescence ne se vit pas de la même façon partout comme le montrent ces quelques statistiques tirées d’un rapport de l’Unicef en 2011.

ne fréquentent pas un établissement scolaire.

étant associé à un adjectif. Il doit ensuite donner un mot à la personne qui joue le rôle de l’élève et lui demander de lui redire ce mot, ainsi que celui qui lui est associé, par exemple : pour

★ Le tiers de tous les nouveaux cas de VIH (virus pouvant causer « jour », l’élève doit répondre « jour frais » ; pour animal, « animal féroce » et pour « œuf », œuf dur. le sida) dans le monde concerne des jeunes de 15 à 24 ans.

L’ambivalence de l’être humain

83

ÉTHIQUE

Guide d’utilisation

4557_ECR_sec4_Structure_F.indd 7

Lorsque l’élève se trompe ou ne connaît pas la réponse, le moniteur doit lui donner une punition qui consiste à lui administrer une décharge de 15 volts. À chaque erreur, le moniteur ajoute 15 volts, jusqu’à un maximum de 450 volts. À ce niveau, le sujet pourrait y perdre la vie et les élèves sont informés de ce danger. Évidemment, l’étudiant en expérimentation est un partenaire et donc un acteur qui feint de souffrir à chaque envoi de décharge électrique. D’ailleurs, aucune décharge véritable ne lui est transmise. Par ailleurs, le moniteur croit véritablement qu’il émet de telles décharges à chaque mauvaise réponse et que, en conséquence, l’élève en souffre.

LE DÉROULEMENT DE L’EXPÉRIENCE

VII

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE Le moniteur commence l’expérience. À la première erreur, il envoie 15 volts, à la deuxième 30 volts, et ainsi de suite. À 165 volts, l’élève s’écrie : « Arrêtez, je refuse de continuer, laissezmoi partir ! » Le moniteur sent alors naître en lui un conflit intérieur entre son devoir de se soumettre à l’autorité scientifique et sa répugnance à faire souffrir une personne. Toutefois, comme le chercheur lui demande de continuer, il augmente le nombre de volts à chaque nouvelle erreur, mais remet en question l’expérience lorsque l’élève se met à crier de douleur. Le chercheur dit alors qu’il prend sur lui toute la responsabilité de l’expérience.

17-07-10 15:38


Pour amorcer cette année en éthique et culture religieuse, il importe de faire un petit rappel des notions et concepts spécifiques à cette discipline, que vous utiliserez tout au long de votre réflexion sur les différents thèmes proposés, tant sur l’éthique que sur la culture religieuse.

1.

À l’aide des mots suivants, complétez les définitions ci-dessous : univers socioculturels

culture religieuse

éthique

vivre-ensemble

guider

valeurs

possibles

L’éthique consiste en une

religions

pratique

normes

réflexion

actions

critique sur la signification

des conduites ainsi que sur les

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Activité d’introduction

et les

que se donnent les membres d’une société ou d’un groupe pour et réguler leurs

 .

La culture religieuse consiste en une compréhension des principaux éléments constitutifs des

 , qui repose sur l’exploration des

dans lesquels celles-ci s’enracinent et évoluent.

du dialogue, vous serez invité ou invitée à élaborer

À travers la

et à interroger divers points de vue sur des thèmes touchant l’ et la

et à envisager des options ou des actions pour la promotion d’un meilleur

 .

2. Le cours d’éthique et culture religieuse vise deux objectifs principaux. À l’aide des définitions

+

Info

suivantes, identifiez ces deux buts.

a Mieux-être de la collectivité et de chaque individu encouragé par la recherche de valeurs communes et de projets favorisant le vivre-ensemble.

b Prise de conscience que chaque individu a une vision du monde qui influence ses attitudes et ses actions, et que chaque personne peut exprimer ses valeurs et ses convictions personnelles, puisque toutes les personnes sont égales en valeur et en dignité.

Note : L  es définitions et les exemples de cette activité sont tirés du programme de formation de l’école québécoise d’éthique et de culture religieuse.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_A_Intro_F.indd 8

VIII

Activité d’introduction

17-07-10 15:40


sont illustrés dans les images. Si vous le pouvez, associez-les à leur tradition religieuse respective. Une expression du religieux est un élément observable lié aux religions comme les objets, les lieux, les gestes, les rituels, les fêtes, les écrits, les personnages, les œuvres d’art,

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

a



b



c



d



e



f



ACTIVITÉ D’INTRODUCTION

3. À l’aide de la définition ci-dessous, identifiez quels types d’expression du religieux

4. Ajoutez les éléments manquants au diagramme de la pratique du dialogue.

+

Info

LA PRATIQUE DU DIALOGUE

Des types de jugements

Conversation, discussion, narration, délibération, débat, table ronde, entrevue

Des types de raisonnements

Des procédés susceptibles d’entraver le dialogue Description, comparaison, explication, justification, synthèse

Activité d’introduction

4557_ECR_sec4_A_Intro_F.indd 9

IX

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:40


p. 207

a Associez chacune des notions ou chacun des concepts de l’encadré ci-dessous à la bonne définition dans le tableau de la page suivante. Enjeu éthique

Question

Principe moral

éthique

Règle morale Repère

Valeur Norme

b Associez chaque exemple ci-dessous à la définition correspondante dans le tableau de la page suivante. Liste des exemples 1) À l’école, comme dans toute collectivité, le principe moral qui exige de respecter son prochain place le respect des biens d’autrui comme une  . 2) La question « Faudrait-il toujours dire la vérité ? » a notamment pour l’honnêteté. 3) La « Comment un être humain peut-il s’accorder le droit d’enlever la vie à l’un de ses semblables ? » permettrait de réfléchir sur les valeurs et les normes en présence dans le cadre d’une discussion sur la peine de mort. 4) L’amitié, le travail et le sens de l’effort sont des ma vie.

importantes dans

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

+

Info

5. Remplissez le tableau suivant en répondant aux questions ci-dessous.

5) L’énoncé « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » est un  . 6) Les d’ordre religieux dans la culture québécoise peuvent apporter une lumière sur la question du patrimoine au Québec. 7) La « Il est interdit de pirater des logiciels » peut être une application, dans le code de vie d’une école, du principe « Tu ne dois pas voler ton prochain », comme elle peut être une actualisation de la valeur d’honnêteté.

c Dans la dernière colonne du tableau, ajoutez un autre exemple illustrant chaque notion ou concept.

LES NOTIONS ET CONCEPTS EN ÉTHIQUE NOTIONS ET CONCEPTS

EXEMPLE (NUMÉRO)

DÉFINITION

MON EXEMPLE

Valeur ou norme qui est l’objet d’une question éthique.

Caractère attribué à des choses, à des attitudes ou à des comportements qui sont plus ou moins estimés ou désirés par des personnes ou par des groupes de personnes.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_A_Intro_F.indd 10

X

Activité d’introduction

17-07-10 15:40


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

NOTIONS ET CONCEPTS

EXEMPLE (NUMÉRO)

DÉFINITION

MON EXEMPLE

Exigence morale qui balise un comportement. Les principes moraux et les règles morales sont des normes.

ACTIVITÉ D’INTRODUCTION

LES NOTIONS ET CONCEPTS EN ÉTHIQUE

Norme morale qui précise comment un principe moral devrait s’appliquer dans une situation donnée ou comment une valeur devrait s’actualiser dans une telle situation.

Norme qui définit ce qu’il est nécessaire de faire ou de ne pas faire pour atteindre ce qui est tenu pour le bien.

Question portant sur un sujet de réflexion ou un problème à résoudre concernant des valeurs et des normes que se donnent les membres d’une société ou d’un groupe pour guider et réguler leur conduite.

Ressource de l’environnement social et culturel à laquelle on se réfère pour alimenter et éclairer une réflexion éthique. Les repères peuvent être d’ordre moral, religieux, scientifique, littéraire ou artistique.

Activité d’introduction

4557_ECR_sec4_A_Intro_F.indd 11

XI

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:40


1 CHAPITRE

tolérance

©ZUMA Press, Inc./Alamy Stock Photo

La

Qu’est-ce que la tolérance ? En quoi la tolérance peut-elle contribuer au vivre-ensemble ?

Où peut mener l’intolérance ? L’INDIFFÉRENCE EST-ELLE UNE FORME DE TOLÉRANCE ?

La tolérance a-t-elle des limites ? 4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 2

17-07-11 08:48


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Voltaire, écrivain et philosophe français, 1694-1778

»

LA TOLÉRANCE

mal du genre humain, et la tolérance en est le remède. 

CHAPITRE 1

«

 La discorde est le plus grand

Indifférence p. 10

Diversité

Racisme

p. 14

p. 6 Xénophobie p. 6 Eugénisme p. 6

Tolérance p. 4

Intolérance p. 6

Préjugés p. 12

Pluralisme p. 14

Discrimination p. 12

Multiculturalisme p. 14 Intégration p. 16

Homophobie p. 12

Accommodement raisonnable p. 19

Réfléchissons à ces questions en prenant conscience des effets de l’intolérance par l’étude d’un cas qui a marqué l’histoire et en réfléchissant aux façons d’envisager la tolérance dans notre société québécoise actuelle.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 3

3

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


La tolérance est une notion qui peut avoir divers sens. À RETENIR

★★ L’attitude qui consiste à laisser faire. ★★ L’état de prédisposition à supporter ce qui nous dérange. ★★ L’adaptation d’un organisme à des conditions de vie difficiles. ★★ La permission ou le droit de commettre un acte que l’on tolère malgré la règle d’interdiction. ★★ L’attitude d’ouverture à ce qui est différent, à d’autres modes de pensée ainsi

1.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La tolérance dans tous ses sens

Reliez les exemples suivants au sens de la notion de tolérance correspondante.

Exemples

Sens de la tolérance

a Thomas est végétarien parce qu’il se

préoccupe du sort réservé aux animaux, mais il accepte que ses proches ne partagent pas ses convictions.

Attitude qui consiste à laisser faire.

b Tristan a la permission de manger en

Prédisposition à supporter ce qui nous dérange.

c La fin de semaine, vous pouvez revenir à la maison à l’heure qui vous convient.

Adaptation d’un organisme à des conditions difficiles.

d Malgré son handicap, Justine a réussi à

Droit de commettre un acte malgré l’interdiction.

classe parce qu’il est diabétique.

obtenir son diplôme d’études secondaires.

e Dans mon groupe d’amis, chacun ou

Attitude d’ouverture à ce qui est différent.

chacune trouve sa place, quels que soient son mode de vie, sa culture et sa religion.

2. Dans la question précédente, encerclez le sens de la tolérance auquel nous réfléchirons

+

dans ce cours qui vise la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun.

Info

p. 204

3. L’absence d’ouverture à ce qui est différent peut mener à l’intolérance. Donnez-en des exemples.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 4

4

La tolérance

17-07-11 08:48


NELSON MANDELA (1918-2013) Nelson Mandela est le symbole de la résistance contre l’apartheid. Il a été le leader d’un mouvement nationaliste qui, par une lutte armée et des mouvements de masse, a réussi à instituer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1993.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le dalaï-lama est le chef politique et spirituel du Tibet. Il convie son peuple à la non-violence et à la compassion envers ses ennemis. Il est en exil depuis 1959. Il fait des conférences à travers le monde pour propager son message de paix. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1989.

LA TOLÉRANCE

TENZIN GYATSO, LE 14e DALAI-LAMA (1935-)

CHAPITRE 1

Tête-à-tête avec… Des visages de tolérance

4. Ces deux personnages symbolisent la tolérance, mais de manière différente. Pour chaque affirmation, inscrivez le nom du personnage concerné.

a Il a défendu l’égalité entre les humains, ainsi que le respect des droits et de la justice.

b Il invite son peuple à la non-violence devant l’intolérance de ses envahisseurs.

c Il prône la compassion et les valeurs religieuses du bouddhisme tibétain.

d Il a combattu les lois raciales et intolérantes de son pays par la lutte armée.

5. L’usage de la violence est-il acceptable pour combattre l’injustice ?

+

Info

p. 209

Expliquez votre réponse en vous appuyant sur des repères.

Oui, parce que 

Non, parce que 

6. Qui sont vos visages de tolérance ?

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 5

5

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


Jusqu’où peut mener l’intolérance ? Qu’elle soit raciale, religieuse, politique ou autre, l’intolérance poussée à l’extrême peut mener aux pires dérives meurtrières. L’Histoire retrace des génocides sur tous les continents et à différentes époques. Au cours du 20e siècle, l’antisémitisme des nazis a quant à lui mené à la Shoah, c’est-à-dire à l’extermination de millions de Juifs. LE NAZISME OU LE RACISME À SON APOGÉE « C’est dans la conception du monde nazie que se trouve la logique qui mènera à l’extermination de millions d’êtres humains. La race, selon Adolf Hitler (1889-1945), est le principe central de l’organisation des sociétés. […] La survie de la nation allemande dépend de la protection et de la pureté de son sang. Les peuples qui constituent la race aryenne ont besoin d’un espace vital au détriment des races inférieures.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les dérives meurtrières de l’intolérance

Les Juifs sont désignés comme le corps parasite. L’universalisme, la démocratie, facteur de mélange et d’égalité, représentent le mal à abattre. […] C’est à partir des mêmes principes “d’hygiène de la race” que sera décidé, dès 1939, un programme d’euthanasie visant à l’élimination des malades mentaux. En septembre 1935, les lois de Nuremberg codifient les conditions de citoyenneté : “Pour être citoyen du Reich, il faut être de sang allemand et de souche allemande”. La loi sur la “protection du sang et l’honneur allemand” interdit et punit toute relation matrimoniale ou sexuelle entre Aryens et Juifs. […] Arrivé au pouvoir par des voies légales, Hitler détruit aussitôt tout l’appareil démocratique pour “mettre au pas” par la terreur, la répression et la propagande. » Jacques TARNERO, Le racisme, Toulouse, Éditions Les Essentiels Milan, 2007, p. 32-33.

Eugénisme À RETENIR

Ensemble des moyens visant à améliorer le patrimoine génétique d’un groupe humain en empêchant la reproduction des caractéristiques jugées défavorables ou en favorisant celles jugées favorables.

Racisme Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains selon leur origine ethnique ; comportements inspirés par cette idéologie.

Adolf Hitler, 1939.

Xénophobie Aversion, hostilité à l’égard de l’étranger, de celui qui n’appartient pas au même groupe (par exemple, groupe culturel, religieux, national) que le sien.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 6

6

La tolérance

17-07-11 08:48


2. À l’aide des documents suivants, expliquez pourquoi les mesures mises en place par Hitler

DÉMOCRATIE Doctrine politique qui suppose que la source de tout pouvoir, le fondement de toute autorité, réside dans la collectivité des citoyens et citoyennes. Dans une démocratie, les personnes qui gouvernent sont élues et chargées de veiller aux affaires des citoyens.

© Galerie Bilderwelt/Bridgeman Images

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

n’auraient pas pu être instaurées dans une démocratie.

LA TOLÉRANCE

Dans l’extrait de texte de la page précédente, soulignez des exemples illustrant les concepts d’eugénisme, de racisme et de xénophobie.

CHAPITRE 1

1.

Femme déposant un bulletin de vote dans un bureau de scrutin, France, 1945.

TOTALITARISME Régime politique non démocratique dans lequel les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont concentrés entre les mains d’un nombre restreint de dirigeants ou dirigeantes. Sous un régime totalitaire, il n’existe ni liberté d’opinion, ni protection de l’égalité des citoyens et citoyennes, ni lois de protection civile contre les abus d’un parti au pouvoir.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 7

Adolf Hitler parade dans les rues et fait ainsi étalage de son pouvoir.

7

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


Adolf Eichmann est un haut fonctionnaire de l’Allemagne nazie. Responsable de la logistique de la « solution finale », il organise, notamment, l’identification des victimes et leur déportation vers les camps de concentration. Eichmann subit son procès à Jérusalem en 1960. Selon la philosophe Hannah Arendt, qui assiste au procès : « Eichmann était persuadé de n’être pas […] un véritable salaud. Et il se souvenait parfaitement qu’il n’aurait eu mauvaise conscience que s’il n’avait pas exécuté les ordres – ordres de dépêcher des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, à la mort, avec un zèle extraordinaire et un soin méticuleux. » « Hitler, dit Eichmann, a peut-être eu tort du début à la  fin, mais il y a un fait indiscutable : cet homme-là a été capable de se hisser du rang de soldat de première classe dans l’armée allemande, à celui de Führer de près de quatre-vingts millions d’âmes… La seule réussite de cet homme était preuve que je devais m’incliner devant lui. »

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

ADOLF EICHMANN (1906-1962)

© Universal History Archive/UIG/

Tête-à-tête avec… Un exécutant de la Shoah

Chaire UNESCO d’étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique. L’éthique appliquée et les « nouvelles normativités », Jean-François Malherbe, [En ligne], 2016.

© Louis Monier/ Bridgeman Images

Tête-à-tête avec… Un survivant de la Shoah ELIE WIESEL (1928-2016) Elie Wiesel naît à Sighet (Roumanie). Il est déporté à l’âge de 15 ans vers les camps de concentration nazis d’Auschwitz (Pologne), puis de Buchenwald (Allemagne).

Écrivain de langue française, il reçoit le prix Nobel de la paix en 1986 pour son engagement dans la cause du génocide, dont il témoigne à travers ses publications. « Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp, qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée. Jamais je n’oublierai cette fumée. Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi. Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre. Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert. Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même. Jamais. » Elie WIESEL, La nuit, Paris, Les Éditions de Minuit, 1988, p. 60.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 8

8

La tolérance

17-07-11 08:48


c Pouvoir 

e Conformité 

b Foi 

d Détachement 

f Compassion 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

4. Au risque de leur vie, certains individus sont venus en aide à des victimes du régime nazi. Quelles valeurs pouvaient les motiver ?

+

Info

LA TOLÉRANCE

a Ordre 

CHAPITRE 1

3. Associez les valeurs suivantes au témoignage d’Eichmann (E) ou à celui de Wiesel (W).

5. De quel crime les exécutants des ordres du régime nazi sont-ils coupables ? Obéissance ? Absence de jugement ? Lâcheté ? Cruauté ?

a Selon Adolf Eichmann ? 

b Selon la philosophe Hannah Arendt ? 

c À vos yeux ? 

6. Expliquez le lien entre le mémorial présenté

Le mémorial de l’Holocauste

ci-contre et la tolérance.

Ça m’intéresse !

Ce monument commémoratif, situé à Miami, est inauguré en 1990 par Elie Wiesel. Il est l’aboutissement d’un projet conçu par des survivants et survivantes de la Shoah pour que le monde se souvienne des victimes du régime nazi lors de la Seconde Guerre mondiale.

Elie Wiesel témoigne de son expérience dans La nuit. D’autres victimes de la Shoah ont raconté leur histoire. Voici quelques suggestions de lecture : Si c’est un homme, de Primo Lévi ; La mort est mon métier, de Robert Merle ; Journal, d’Anne Frank, Au nom de tous les miens, de Martin Gray. Vous préférez les images ? La bande dessinée Maus par Art Spiegelman est un incontournable, ainsi que plusieurs films dont La liste de Schindler, gagnant de l’Oscar du meilleur film en 1994.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 9

9

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


L’intolérance et l’indifférence : deux combats à mener L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (ONU) Le bilan meurtrier de la Seconde Guerre mondiale et les images atroces des survivants et survivantes des camps de la mort font prendre conscience aux êtres humains que de telles choses ne doivent pas se reproduire et, qu’à l’avenir, on doit intervenir. C’est ainsi que l’Organisation des Nations unies naît officiellement le 26 juin 1945 avec la signature de la Charte de San Francisco, à laquelle adhèrent dans un premier temps 51 pays. Cette nouvelle institution internationale est destinée à garantir la paix et la sécurité dans le monde issu de la Seconde Guerre mondiale, et elle se dote d’une force militaire d’intervention (les Casques bleus).

Le drapeau de l’Organisation des Nations unies.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des outils contre l’intolérance

LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME Les dirigeants du monde entier décident alors de renforcer la Charte des Nations unies par une feuille de route garantissant les droits de chaque personne en tous lieux et en tout temps. Le 10 décembre 1948, les 58 États membres qui constituent l’Assemblée générale adoptent la Déclaration universelle des droits de l’homme.

© Private Collection Peter Newark Military Pictures/Bridgeman Images

Le box des accusés au procès de Nuremberg, de novembre 1945 à octobre 1946.

LA NOTION DE CRIME CONTRE L’HUMANITÉ C’est au procès de Nuremberg, en 1945, qu’est introduite, pour la première fois, la notion de crime contre l’humanité, dans le droit international. Celle-ci désigne des crimes commis délibérément par un État contre des populations pour des motifs politiques, raciaux ou religieux. Une partie des hauts responsables nazis sont jugés par le Tribunal international de Nuremberg en 1945 et 1946. Accusés de crimes contre l’humanité, la plupart sont condamnés à mort.

1.

Pourquoi ces solutions sont-elles insuffisantes pour régler les conflits dans lesquels le monde est engagé aujourd’hui ? Expliquez votre réponse.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 10

10

La tolérance

17-07-11 08:48


LA TOLÉRANCE

TOLÉRANCE ET MODERNITÉ JURIDIQUE

© Galerie Bilderwelt/Bridgeman Images

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes Je n’ai rien dit Je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les sociaux-démocrates Je n’ai rien dit Je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes Je n’ai rien dit Je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques Je n’ai rien dit Je n’étais pas catholique. Lorsqu’ils sont venus chercher les Juifs Je n’ai rien dit Je n’étais pas Juif Puis ils sont venus me chercher Et il ne restait plus personne pour protester.

CHAPITRE 1

L’indifférence dans la mire

Martin Niemöller (1892-1984), pasteur et théologien allemand Extrait de : Bjarne MELKEVIK, Tolérance et modernité juridique, Québec, Éditions PUL, 2006, p. 46.

2. L’indifférence est-elle une forme de tolérance ? Répondez à cette question éthique : a en vous inspirant du poème de Martin Niemöller : 

b en exprimant votre point de vue appuyé sur des repères (lois, valeurs, normes,

+

principes) pertinents :

Info

3. À l’aide d’un trait, indiquez si le Canada est un pays qui reste indifférent ou s’il agit contre l’intolérance.

a En 2016, le Canada est engagé dans

la lutte contre le terrorisme en déployant ses soldats au Moyen-Orient.

Indifférence

b Le Canada est un pays réputé pour

son respect des droits de la personne.

c Plusieurs organismes non gouvernementaux

Action contre l’intolérance

sont soutenus par le Canada pour leur aide à l’étranger (Médecins sans frontières, par exemple).

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 11

11

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


Discrimination À RETENIR

Traitement inégal d’une personne ou d’un groupe de personnes sur la base d’une caractéristique donnée (par exemple, l’âge, le sexe, l’origine, la condition sociale, la religion, le handicap, l’orientation sexuelle).

Homophobie Hostilité systématique à l’égard des personnes homosexuelles.

Préjugé Jugement adopté par généralisation et sans avoir tous les éléments d’informations nécessaires.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La tolérance au Québec

L’intolérance et la discrimination 1. Déterminez sur quelle caractéristique est basée la discrimination vécue par les personnages suivants en complétant les titres.

a Émy-Lee et la discrimination basée sur l’

.

Émy-Lee est une Québécoise d’origine chinoise adoptée alors qu’elle avait 10 mois. Elle a grandi au Québec et parle français. Dès la maternelle, elle a constaté qu’elle était différente des autres en raison des moqueries de ses camarades.

b Ben et la discrimination basée sur le

.

Ben souffre d’une maladie dégénérative. Chaque jour, ses capacités physiques diminuent. C’est en fauteuil roulant qu’il a fait son entrée au secondaire. À 16 ans, il voudrait se trouver un travail à temps partiel, mais les employeurs lui disent qu’il est trop jeune.

c Maxime et la discrimination basée sur l’

.

Maxime a 15 ans. Depuis peu de temps, il a compris qu’il était plus attiré par les garçons que par les filles. Maxime a peur de dire qu’il est homosexuel. Il entend tellement de commentaires négatifs sur les « gais », tellement de préjugés !

d Noémie et la discrimination basée sur la

.

Noémie doit porter les vêtements de sa grande sœur par souci d’économie. Elle a parfois honte de son apparence physique, mais elle ne veut pas inquiéter sa mère en lui parlant des élèves qui se moquent d’elle à l’école.

e Amine et la discrimination basée sur la

Amine et sa famille sont musulmans. Alors qu’il est invité à souper chez son ami Luc, sa mère demande qu’on ne serve pas de porc puisque leur religion interdit d’en manger. Le lendemain, à l’école, Luc annonce à Amine qu’il n’est plus invité au repas.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 12

.

12

La tolérance

17-07-11 08:48


Sur quelles caractéristiques sont basés ces exemples de discrimination ?

CARACTÉRISTIQUE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

CHAPITRE 1

EXEMPLE

LA TOLÉRANCE

2. Donnez d’autres exemples de discrimination que vous observez à l’école.

3. Quels sont les moyens offerts dans votre école pour venir en aide aux victimes de discrimination ?

4. Être différent ou différente des autres peut entraîner de la discrimination. Êtes-vous en accord ou en désaccord avec cette affirmation ? Expliquez votre réponse.

Ici ET

ailleurs

En juillet 2005, une modification de la loi canadienne légalisait le mariage entre conjoints de même sexe partout au Canada. Au Québec, le Conseil québécois LGBT (Lesbiennes, Gais, Bisexuels, Transgenres) travaille à consolider les acquis des minorités sexuelles et lutte contre l’homophobie. Pourtant, dans certains pays, notamment ceux appliquant la charia (loi islamique), l’homosexualité reste illégale et marginalisée. En juin 2016, une tragédie dans une discothèque gaie d’Orlando, aux États-Unis, fait 49 morts, victimes d’un tireur fou. Ce crime a soulevé l’indignation et mis de l’avant les droits des homosexuels, bisexuels et transgenres.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 13

13

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


La diversité culturelle au Québec et ses défis Multiculturalisme Existence de diverses cultures dans une même société.

Pluralisme Système admettant l’existence d’opinions politiques et religieuses, de comportements culturels et sociaux différents, au sein d’un groupe organisé ; la coexistence de ces courants. (Le petit robert, 2016)

5. Observez le tableau et le diagramme circulaire sur la répartition des minorités visibles au Québec. Cochez les énoncés qui décrivent la réalité multiculturelle du Québec lors du recensement de 2006.

Il y a alors près de 7,5 millions d’habitants au Québec. Moins de 400 000 d’entre eux proviennent de minorités visibles (5 %).

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

À RETENIR

Le quart de la population totale des minorités visibles appartient à la communauté noire. Les minorités visibles se trouvent principalement dans l’agglomération montréalaise. La communauté arabe forme le deuxième groupe le plus important représentant près de 17 % des minorités visibles au Québec. POPULATION DES MINORITÉS VISIBLES, PAR RÉGIONS MÉTROPOLITAINES, RECENSEMENT CANADIEN, 2006 Québec

Montréal

Saguenay

Sherbrooke

TroisRivières

704 185

3 588 520

149 600

183 635

138 555

Sud-Asiatique

535

70 260

45

340

50

Chinois

1855

72 015

295

590

210

Communauté noire

5080

169 060

330

1830

625

120

23 510

50

35

15

Latino-Américain

3150

75 400

280

2060

540

Arabe

2800

98 885

195

940

535

Asiatique du Sud-Est

1615

44 970

55

410

225

Asiatique occidental

405

14 520

0

505

0

Coréen

165

4665

15

60

10

Japonais

170

2990

0

30

0

Population totale

Philippin

Source : Statistique Canada, [En ligne], page consultée le 12 septembre 2016.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 14

14

La tolérance

17-07-11 08:48


Minorités visibles multiples Japonais

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Coréen Asiatique occidental

Minorité visible non incluse ailleurs

LA TOLÉRANCE

Recensement canadien, 2006 Population totale : 7 435 900 habitants Population totale des minorités visibles : 9 % (654 350)

CHAPITRE 1

RÉPARTITION DES MINORITÉS VISIBLES DANS L’ENSEMBLE DU QUÉBEC

Sud-Asiatique

Asiatique du Sud-Est

Chinois Arabe

Communauté noire Latino-Américain

Philippin

6. Le portrait de la réalité multiculturelle illustrée dans le tableau est-il fidèle à la réalité

de votre région ? Les différents groupes ethniques qui y figurent sont-ils représentés dans la population dans laquelle vous vivez ?

Ça m’intéresse ! Découvrez les autres cultures par la nourriture ! Concoctez des repas typiques des autres cultures ou visitez les restaurants de votre région.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 15

15

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


LA RÉALITÉ DES RÉFUGIÉS

En 2015, le monde a connu l’une des plus importantes crises migratoires de son histoire. La guerre civile en Syrie a poussé plus de quatre millions d’hommes, de femmes et d’enfants à fuir la violence en quittant leur maison, leur famille, leur patrie pour se réfugier dans les pays environnants (majoritairement en Turquie) ou ailleurs dans le monde. Les images terribles de bateaux bondés, de personnes décédées, de groupes de marcheurs, de camps de réfugiés, ont poussé le monde à agir.

Des millions de Syriens et de Syriennes ont fui leur pays, souvent au risque de leur vie.

Entre novembre 2015 et le 29 février 2016, le Canada a accueilli 25 000 réfugiés syriens, installés principalement en Ontario et au Québec. Ces nouveaux arrivants ont été pris en charge par le gouvernement ou ils ont été parrainés par des individus ou des entreprises privées.

+

Info

p. 207

7. Quels repères (lois, valeurs, normes,

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Certaines personnes choisissent de leur plein gré de venir vivre au Canada, mais pour d’autres, il s’agit d’une question de vie ou de mort.

La famille Rafeeh attend pour accueillir des réfugiés syriens à l’aéroport de Toronto en décembre 2015.

principes) motivent les pays à accueillir les groupes suivants ?

a Les immigrants et les immigrantes :

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Déclaration universelle des droits de l’homme, article 3

b Les personnes réfugiées :

Assimilation À RETENIR

Fondre des personnes dans un groupe social ; les doter des caractères communs à ce groupe. Processus par lequel une culture dominante exige des immigrants et immigrantes qu’ils abandonnent les caractéristiques de leur culture antérieure.

Intégration Incorporation d’un groupe à une collectivité. Une politique d’intégration cherche à donner les outils pour que les personnes qui immigrent puissent prendre part à leur société d’accueil sans devoir se départir de leur culture particulière.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 16

16

La tolérance

17-07-11 08:48


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Lors d’une conférence sur le multiculturalisme au Québec, prononcée à l’Université de Sherbrooke en 2004, Normand Wener a expliqué qu’il existe des moyens pour faciliter le processus d’intégration des immigrants et immigrantes afin de leur permettre de prendre part à la société sans se départir de leur propre culture. Selon le sociologue québécois, la société d’accueil doit tenir compte des caractéristiques des nouveaux arrivants, de leur culture, et aussi, de leurs compétences. La société québécoise doit développer une culture commune où tous et toutes s’enrichissent de la différence de l’autre.

LA TOLÉRANCE

RÉFLEXIONS SUR LE QUÉBEC

CHAPITRE 1

L’INTÉGRATION DES NOUVEAUX ARRIVANTS

De plus, les nouveaux arrivants doivent tenir compte de certains repères fondamentaux de l’identité québécoise pour faciliter ce processus d’intégration, notamment ses principales valeurs. Wener identifie des principes à la base de notre culture québécoise : la langue française ; l’égalité entre les hommes et les femmes et le statut de l’enfant ; le respect des libertés individuelles, notamment la liberté d’expression et de la démocratie ; et la façon de régler les conflits par le recours aux tribunaux plutôt que par la force.

8.

Dans le texte ci-dessus, Normand Wener fait des suggestions pour faciliter le processus d’intégration des nouveaux arrivants.

a Soulignez les aspects fondamentaux de l’identité québécoise que doivent connaître les immigrants et immigrantes.

b Surlignez ce que la société d’accueil doit considérer en recevant ces personnes.

9.

Quelle différence pouvez-vous faire entre l’« assimilation » et l’« intégration » des immigrants et immigrantes ?

10. Nommez des moyens mis en œuvre pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants au Québec.

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 17

17

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


Culture Ensemble de manières de penser et d’agir, de valeurs et de normes, de symboles et d’institutions qui caractérisent un groupe de personnes, orientent leurs conduites et sont en constante évolution. © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

À RETENIR

11. Associez chacun des énoncés ci-dessous à l’un des aspects de la culture québécoise. La langue

Les institutions

Les valeurs

L’ensemble artistique

Le patrimoine religieux québécois

Les rythmes du temps

a Le jour de Noël, tous les magasins sont fermés. 

b L’égalité homme/femme est une valeur

défendue par la société québécoise, entre autres dans le monde du travail. 

c Les rues et les villages québécois portent

La rue Sainte-Cécile à Trois-Rivières.

© Bibliothèque et Archives Canada/ MIKAN 3218251

souvent des noms liés à la religion. 

d Selon les normes du travail du Québec,

le Vendredi saint ou le lundi de Pâques est un jour férié. Les employeurs doivent accorder un congé ou une indemnité à l’employé. 

e Plusieurs artistes se sont identifiés à la cause nationale au Québec.

Le poète et chansonnier Félix Leclerc, juillet 1957.



f Le français a le statut de langue officielle au Québec. 

g Plus qu’un système politique, la démocratie est une valeur fondamentale au Québec. 

h Félix Leclerc est un grand artiste de la chanson

Le mariage d’un couple homosexuel.

québécoise. 

i Le mariage civil entre personnes du même sexe est légal depuis mars 2004 au Québec. 

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 18

18

La tolérance

17-07-11 08:48


LA TOLÉRANCE

Au Québec, en 2007, la commission BouchardTaylor sur les accommodements raisonnables a permis à tous les individus et associations qui le désiraient d’exprimer leur point de vue, de faire connaître leur expertise et leurs perspectives sur les enjeux du pluralisme au sein des collectivités québécoises. Comme ce sujet soulève des questions de discrimination, ce débat public a permis de clarifier le sens juridique des accommodements raisonnables et de faire ainsi une nette distinction entre un compromis et la défense d’un droit à l’égalité.

CHAPITRE 1

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES

Une jeune femme musulmane portant le hijab.

Accommodement raisonnable À RETENIR

Mesure corrective qui vise à assurer qu’une personne a accès aux mêmes emplois, établissements ou services que les autres, quelles que soient ses caractéristiques personnelles : âge, handicap, origine ethnique, religion, langue et autres. Au sens juridique, c’est une conséquence du droit à l’égalité et à la protection contre la discrimination.

Compromis Accord obtenu par des concessions réciproques ; arrangement.

12. Pour chaque exemple, déterminez s’il s’agit d’un accommodement raisonnable ou d’un compromis.

a Installer une rampe d’accès pour les personnes handicapées.

b Accorder un congé à des employés d’une

autre tradition religieuse pour qu’ils et elles puissent célébrer leur rite.

L’accessibilité est un enjeu important pour les personnes à mobilité réduite.

c Se conformer au code vestimentaire établi par l’école pour éviter des sanctions.

13. Selon quels critères avez-vous établi la différence entre un compromis et un accommodement raisonnable ?

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 19

19

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


Pour survivre, la culture et l’identité québécoises nécessitent d’être traduites dans des repères concrets. Guy Durand, théologien et juriste spécialisé en éthique, en propose dans son texte La culture et l’identité du Québec. • Interdire les vêtements et les signes religieux ostensibles pour les individus qui occupent un poste public ou officiel. • Assurer la sécurité des citoyens et citoyennes en interdisant les vêtements ou symboles religieux qui pourraient représenter un danger pour la personne elle-même ou celles qui l’entourent. • Protéger l’intégrité physique par l’interdiction des mutilations sexuelles et de la violence sous toutes ses formes.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DES REPÈRES POUR LA SURVIE DE LA CULTURE ET DE L’IDENTITÉ QUÉBÉCOISES

• Promouvoir l’égalité des hommes et des femmes en refusant les tribunaux islamiques et la discrimination sexuelle dans l’accès aux services publics. • Respecter les rythmes du temps : cycle de la semaine, fêtes chrétiennes (Noël, Pâques), calendrier grégorien.

14.

+

Info

a Choisissez une proposition de Guy Durand avec laquelle vous êtes en accord et justifiez votre point de vue.

Proposition 

Justification 

b Choisissez une proposition avec laquelle vous êtes en désaccord et justifiez votre point de vue.

Proposition 

Justification 

Harjit Sajjan, le ministre canadien de la Défense nationale, de confession sikhe.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 20

20

La tolérance

17-07-11 08:48


LA TOLÉRANCE

15. Voici quelques défis à relever dans la société québécoise, qui est de plus en plus diversifiée et multiculturelle.

a Cochez ceux qui vous semblent prioritaires.

CHAPITRE 1

Se donner les outils pour mieux se connaître.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Apprendre à vivre ensemble. Préserver la culture et l’identité québécoises. Développer la tolérance. Favoriser l’échange entre les différentes cultures. Développer des politiques favorisant l’intégration des immigrants et immigrantes. Autre : 

b Expliquez brièvement vos choix et discutez-en avec un ou une élève de la classe.

+

Info

16. Cette affiche a servi à la campagne de

© Dessin de Bado

la Semaine d’actions contre le racisme en 2007. Quel message veut-on nous faire comprendre par l’illustration ci-contre ?

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 21

21

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


1.

Décrivez votre milieu scolaire en présentant les différents groupes qui s’y côtoient.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

Dans une école, les situations qui créent des tensions sont nombreuses. La tolérance doit être une valeur mise de l’avant pour que des centaines d’adolescents et d’adolescentes puissent vivre ensemble, entre les mêmes murs, 180 jours par année. Afin de développer la tolérance, vous devez organiser une activité pour permettre aux élèves et aux membres du personnel de développer leur attitude d’ouverture aux autres manières de faire ou de penser. Répondez d’abord individuellement aux questions et, ensuite, regroupezvous en équipe pour partager vos idées.

2. Donnez un exemple concret de l’intolérance vécue dans une école.

3. Quels sont les défis à relever pour tenir compte de la diversité dans votre école ? Quels sont les moyens mis en place pour y parvenir ?

DÉFIS À RELEVER PAR L’ÉCOLE Exemple : Améliorer la communication entre les différents groupes ethniques.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 22

MOYENS MIS EN PLACE Organiser des rencontres interculturelles.

22

La tolérance

17-07-11 08:48


CHAPITRE 1

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Comment ? Identifiez une personne-ressource qui pourrait vous aider dans ce projet.

LA TOLÉRANCE

4. Quelle activité pourrait contribuer à développer la tolérance dans votre école ?

5. Mettez vos idées d’activités et vos motifs en commun en discutant en équipe.

+

Info

6. Individuellement, rédigez un texte d’une page pour expliquer :

+

• votre choix d’activité (les motifs et l’objectif que vous poursuivez) ;

Info

• les valeurs que vous désirez cultiver par cette activité ; • les comportements et attitudes que vous encouragerez pour un meilleur vivre-ensemble.

Activité sur le dialogue 1.

Est-il facile ou difficile pour vous de vous exprimer :

a en groupe ? Pourquoi ? b entre amis ? Pourquoi ? c en équipe de travail ? Pourquoi ? d en famille ? Pourquoi ?

2.

a Pour me sentir bien dans le dialogue, je dois :

b Pour que l’autre personne se sente bien dans le dialogue, je dois :

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 23

23

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


En résumé DANS CE CHAPITRE,

XXdéfinir certains mots associés à la tolérance : intolérance, indifférence, discrimination, racisme, xénophobie, accommodement raisonnable, diversité ; l’actualité, que la tolérance peut susciter certaines tensions et expliquer différentes réponses individuelles ou collectives appuyées sur des repères (valeurs en jeu, lois et règlements, chartes) ;

AUX DIFFÉRENTES FAÇONS D’ENVISAGER LA TOLÉRANCE. À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS,

XXdécrire des exemples de tolérance,

VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

d’intolérance et d’indifférence, et formuler des questions éthiques s’y rapportant.

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts. Reconnaissance

Absence

Tolérance

Intolérance

Racisme

Xénophobie

Indifférence

Ouverture

Préjugés

Discrimination

L’AUTRE ET SES DIFFÉRENCES

 à l’autre et au dialogue.

 et acceptation de l’autre.



 Détachement, absence d’intérêt, inaction.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

XXmontrer, à l’aide d’exemples tirés de

VOUS AVEZ RÉFLÉCHI

de dialogue.

 Jugement adopté par généralisation et sans avoir tous les éléments d’informations nécessaires.

 Rejeter ce qui est différent, ce qui déplaît dans les opinions ou la conduite d’autrui.

 Aversion, hostilité à l’égard de l’étranger, de celui qui n’appartient pas au même groupe que le sien.

 Traitement inégal d’une personne ou d’un groupe de personnes sur la base d’une caractéristique donnée.

 Attitude d’ouverture à ce qui est différent.

Mieux vivre ensemble

 Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains selon leur origine ethnique.

Violence, exclusion, rejet.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 24

24

La tolérance

17-07-11 08:48


Décrivez une situation tirée de l’actualité qui présente des tensions relatives à la tolérance et formulez une question éthique s’y rapportant.

Description : 

Question éthique : 

2.

CHAPITRE 1

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

1.

LA TOLÉRANCE

Activité-SYNTHÈSE

a Nommez des repères qui enrichissent la réflexion éthique sur la tolérance.

b Quelles seraient les valeurs à mettre de l’avant pour qu’il y ait plus de tolérance dans le monde ?

3. Un individu est-il obligé d’obéir à une personne en position d’autorité lorsque les

directives reçues amènent à commettre des gestes immoraux ou illégaux ? Pourquoi ?

4. Quelles sont les limites de la tolérance ?

5. Que pensez-vous du point de vue de Goethe sur la tolérance ?

« La tolérance ne devrait être qu’un état transitoire. Elle doit mener au respect. Tolérer, c’est offenser. » Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

La tolérance

4557_ECR_sec4_ch1_F.indd 25

25

ÉTHIQUE

17-07-11 08:48


2 CHAPITRE

avenir de l’humanité L’

Comment envisagez-vous l’avenir de l’humanité ? Quels défis devons-nous relever pour assurer le futur de notre planète ?

Quelles valeurs doivent guider les relations que les êtres humains entretiennent entre eux et avec l’environnement ? 4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 26

17-07-11 09:09


«

 J’ai beaucoup mieux à faire que de m’inquiéter de l’avenir, j’ai à le préparer.  Félix-Antoine Savard, écrivain québécois, 1896-1982

»

Relations avec l’environnement

Des défis

p. 29

p. 28

Nouvelles valeurs (solidarité, partage)

Relations entre les êtres humains p. 28

p. 32

L’avenir de l’humanité p. 26

Hubert Reeves

Des options ou des actions possibles p. 32

p. 30

Des façons de voir l’avenir p. 30

Développement durable p. 36

Michel Jurdant p. 37

Pierre Dansereau p. 34

Réfléchissons à ces questions en prenant conscience des défis que nous avons à relever et des options ou actions possibles pour y arriver.

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 27

17-07-11 09:09


Les défis que nous avons à relever pour assurer l’avenir sont nombreux, tant sur le plan des relations que nous entretenons avec les autres êtres humains que sur nos liens avec l’environnement.

1.

+

Info

p. 208

Pour chaque défi illustré ci-dessous, formulez une question éthique pertinente.

Les rapports entre les riches et les pauvres Question : 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des défis pour l’avenir de l’humanité

Selon Oxfam, en 2016, 1 % de la population possède plus que l’ensemble du reste du monde.

La surpopulation Question : 

Delhi, en Inde, est l’une des villes les plus peuplées. En 2016, nous sommes 7,4 milliards d’êtres humains. Selon les prévisions des Nations Unies, ce nombre pourrait atteindre 9,6 milliards en 2050.

Ici ET

ailleurs

Le Québec vit un ralentissement de la croissance et un vieillissement de sa population. En 2014, l’indice de fécondité était estimé à 1,62 enfant par femme. Des mesures sont mises en place pour encourager les naissances : le congé parental et l’allocation de naissance. Pourtant, ailleurs dans le monde, l’État impose des politiques de limitation des naissances. En Chine, par exemple, la politique de l’enfant unique a été en vigueur de 1979 à 2015. Plusieurs repères peuvent éclairer la réflexion sur cet enjeu, notamment, dans certaines cultures, la perception de la valeur de la femme basée sur sa capacité à avoir des enfants ou les règles religieuses du catholicisme interdisant la contraception.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 28

28

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


le monde. 

b Selon l’Organisation des Nations unies, en 2025, 1,8 milliard de personnes seront © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

confrontées à un manque d’eau. 

c Selon l’Organisation mondiale de la santé, 99 % des 28 000 décès maternels survenant chaque année ont lieu dans les pays en développement. 

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

a Selon le Programme alimentaire mondial, 1 personne sur 9 souffre de la faim dans

CHAPITRE 2

2. Indiquez le défi à relever en lien avec chaque statistique.

3. Reliez chaque défi à un exemple de l’actualité. Défi en lien avec l’environnement

Exemples

a L’exploitation des ressources naturelles En 2014, selon le Centre de surveillance des déplacements internes, les dérèglements du climat ont fait 19 millions de réfugiés climatiques ou éco-réfugiés.

b L’extinction des espèces La déforestation

c Les changements climatiques Plusieurs espèces sont menacées ou vulnérables au Québec, dont l’ours polaire.

4.

a Selon vous, lequel de ces défis est le plus urgent à relever ? Pourquoi ?

b Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir de l’humanité ? Pourquoi ?

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 29

29

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Hubert Reeves et le fossé entre les riches et les pauvres L’AVENIR DE L’HUMANITÉ SELON HUBERT REEVES « La misère et surtout la disparité des richesses représentent, avec le réchauffement planétaire, les plus grandes menaces pour l’avenir de l’humanité. Nous avons vu […] que la situation de la faim dans le monde s’était améliorée au cours du xxe siècle. Il n’en demeure pas moins que chaque minute, quelque part sur la terre, à quelques heures de vol de nos réfrigérateurs bien garnis, quinze personnes meurent de faim. Un être humain sur dix est sousalimenté. Il n’a aucun sanitaire à sa disposition et doit parcourir parfois des kilomètres pour avoir accès à de l’eau, souvent non potable. Un être humain sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté, estimé à moins de 2 dollars par jour. […]

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des façons d’entrevoir l’avenir de l’humanité

Un immense fossé s’est creusé entre les pays du Nord et ceux du Sud et, au sein même de ces régions, entre les plus riches et les plus pauvres. On ne souffre plus de famine en Europe ni en Amérique du Nord, les soins médicaux se sont améliorés et, en conséquence, l’espérance de vie s’est considérablement allongée. Telle n’est pas la situation dans bien d’autres pays du monde. Faute de soins et de vaccinations, 11 millions d’enfants de moins de 5 ans succombent chaque année. Une épidémie comme celle du sida illustre bien ce propos. Tandis qu’elle cause de moins en moins de décès en Occident, grâce à l’usage de médicaments appropriés, on va vers une gigantesque hécatombe en Afrique, dans certains pays d’Asie – notamment en Chine – et dans l’ex-URSS. Autant de régions où les populations n’ont pas accès aux thérapies coûteuses qui permettraient de sauver des centaines de millions de vies. Résultat : dans les régions défavorisées, l’espérance de vie des humains diminue depuis une décennie, en particulier en Afrique, où elle est maintenant de 45 ans, et dans l’ex-Union soviétique. […] Malheureusement la situation se dégrade. En 1960, les revenus cumulés des 10 % des hommes les plus riches du monde étaient trente fois plus élevés que ceux des 10 % les plus pauvres. En 2000, le rapport est de soixante-quatorze. En Afrique équatoriale le nombre d’enfants affamés s’est accru au cours des deux dernières décennies. On prévoit que, en 2025, cinq des huit milliards d’humains souffriront de maladies engendrées par la pollution de l’eau, et que vers 2050 plus de 50 % de la population sera passée en deçà du seuil de pauvreté. On voit se profiler un avenir où une population de plus en plus réduite, profitant d’un luxe toujours plus grand, se barricadera en ghettos aseptisés et armés contre une population immense de déshérités qui tentera de survivre et de lutter contre la faim et la maladie dans un environnement toujours plus dégradé. » Hubert REEVES avec Frédéric LENOIR, Mal de terre, Paris, Éditions du Seuil, 2003, p. 187-188 et p. 193 à 196.

1.

Soulignez dans le texte une phrase qui exprime la vision qu’a Hubert Reeves de l’avenir de l’humanité.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 30

30

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


2. Selon Hubert Reeves, quelles sont les plus grandes menaces pour l’avenir de l’humanité ? Surlignez-les dans l’extrait de texte.

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

Hubert Reeves est astrophysicien, spécialiste de la nature et du mouvement des astres. Il a écrit de nombreux ouvrages dans lesquels il dénonce l’état de dégradation de l’environnement et ses répercussions sur la pauvreté, afin de mobiliser les êtres humains et les motiver à entreprendre des actions concrètes pour l’avenir de l’humanité.

CHAPITRE 2

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

HUBERT REEVES (1932-)

© Louis Monier/ Bridgeman Images

Tête-à-tête avec…

3. Remplissez le tableau suivant en comparant la situation entre les pays riches et les pays pauvres sur différents aspects.

ASPECT

La faim

PAYS RICHES

PAYS PAUVRES

La nourriture est abondante et l’accès à l’eau potable, facile.

Peu de gens peuvent se faire soigner et avoir accès à la vaccination ou aux médicaments.

Les soins de santé

La maladie

On constate de moins en moins de décès grâce aux médicaments appropriés.

33 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. En 2050, ce chiffre passera à 50 %.

La condition économique

L’espérance de vie

L’espérance de vie est prolongée (au-delà de 70 ans) grâce à l’accès aux soins de santé.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 31

31

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


« Le principal élément d’espoir est l’intérêt croissant des êtres humains pour la défense de la planète. Ce sentiment, pratiquement inexistant autrefois, a pris naissance progressivement à mesure que les dangers sont apparus. […] La naissance de la préoccupation environnementaliste, c’est-à-dire de l’écologie, date d’environ deux siècles. On assiste depuis quelques décennies à l’émergence de l’écologisme planétaire, alimenté en permanence par le débat sur l’effet de serre, les changements climatiques et l’interrelation entre l’environnement et le développement. À l’échelle internationale, on voit s’organiser des séries de rencontres pour discuter des problèmes les plus importants et chercher des solutions. […] La mobilisation humaine qui prend de l’essor aujourd’hui à l’échelle planétaire est déjà un élément positif de la crise contemporaine. Prendre conscience de cette insertion des êtres humains dans cette odyssée cosmique donne un sens profond à l’existence. Après la disparition des idéologies sociales du xxe siècle, cette nouvelle cause est susceptible d’engendrer de nouveaux dynamismes, en particulier chez les jeunes. Elle provoquera, espérons-le, une prise de conscience de notre identité de Terriens, bien au-delà des nationalismes, des racismes et des sexismes. » Hubert REEVES avec Frédéric LENOIR, Mal de terre, Paris, Éditions du Seuil, 2003, p. 203-204 et p. 219-220.

4. Soulignez dans le texte ce qu’Hubert Reeves

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

UNE PROPOSITION D’HUBERT REEVES

juge positif dans le contexte actuel de la crise environnementale mondiale.

5. En qui Hubert Reeves fonde-t-il ses espoirs pour l’avenir ?

6. Dans la liste des défis dénombrés par Hubert Reeves, lequel vous incite à agir et par quelles actions ?

Le réchauffement de la planète

L’épuisement des ressources naturelles

Le fossé entre les riches et les pauvres La faim dans le monde

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 32

L’accès à l’eau potable

L’accès aux soins de santé

32

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


7. Quelles sont les actions et les options possibles devant le fossé entre les riches et les pauvres ?

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

Selon Oxfam, un regroupement d’organisations qui luttent contre la pauvreté dans le monde, 62 milliardaires possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Consultez son site Internet pour d’autres statistiques bouleversantes.

CHAPITRE 2

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Ça m’intéresse !

a Que peuvent faire les gouvernements ?

b Et vous, que pouvez-vous faire ?

PAUVRETÉ ET PROBLÈMES ÉCOLOGIQUES « Les problèmes écologiques ont donc pour conséquence une aggravation de la pauvreté dans le monde. Ce sont souvent les zones déjà les plus pauvres de la planète qui sont les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique. À l’inverse, la pauvreté provoque-t-elle une détérioration de l’environnement ? Oui et à des niveaux très divers. En Afrique, par exemple, des populations entières fuyant la famine ou les massacres n’ont eu comme ultime refuge que la forêt profonde. Ces arrivées massives d’êtres humains en détresse dans les territoires des réserves animalières mettent en grave danger des espèces animales : singes, fauves, oiseaux rares, qui bénéficiaient d’une protection dans les parcs nationaux. » Hubert REEVES avec Frédéric LENOIR, Mal de terre, Paris, Éditions du Seuil, 2003, p. 191.

8. Ajoutez des flèches dans l’encadré ci-contre

Pauvreté

pour illustrer le sens de l’extrait ci-dessus.

Problèmes écologiques

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 33

33

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Pierre Dansereau et le confort dans l’indifférence L’AVENIR DE L’HUMANITÉ SELON PIERRE DANSEREAU

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

« Il y a une irréversibilité sans précédent du gaspillage des ressources, un dépassement des anciens moyens ; il en faut de nouveaux. I y a une rupture macro-environnementale, comme en témoigne l’impuissance des pouvoirs nationaux à régler quelque chose d’aussi simple que les pluies acides et à contrer l’effet de serre ou la diminution de la couche d’ozone à l’échelle de la planète. Alors, pour aménager la solidarité, il nous faut des consultations et des accords entre générations, entre classes, entre nations en commençant par briser le cycle de la guerre et en redirigeant les économies, les échanges. Inventer l’avenir, c’est créer de nouvelles structures d’allocation et de gestion, et établir ce que j’ai appelé il y a déjà plusieurs années l’austérité joyeuse, c’est-à-dire le consentement à de multiples contraintes que nous devrions nous imposer avant que nous ne soyons obligés de nous y soumettre. Il ne suffira pas que, dans un avenir prochain, nous partagions nos surplus avec les pays sousdéveloppés, avec cette partie de l’humanité qui souffre de la faim, de l’ignorance, de la maladie et de la privation des droits politiques. Il ne suffira pas que nous leur donnions ce que nous avons en  trop et ce que nous gaspillons. Nous allons être obligés de nous serrer la ceinture si nous avons la ferme volonté d’arriver à un nouveau partage. Alors, la diversité, la continuité et l’accord sont des conditions nécessaires. Il faut accepter les différences, respecter les héritages, “aménager” les échanges. Alors que nous pouvons détruire et que nous voulons vivre, il faut que nous sachions construire. Choisir l’harmonie, la paix, la justice. “Le confort et l’indifférence”, Denys Arcand l’a dit beaucoup mieux que moi, c’est ça le plus grave problème ; ce n’est pas la diminution de la couche d’ozone, ce n’est pas l’effet de serre. La plus grande catastrophe écologique, c’est le retrait dans l’enveloppe confortable de notre prospérité, dans notre obstination à perpétuer notre haut niveau de vie. Si nous ne sommes pas capables de briser cette coquille, de desserrer cet étau et d’aider les autres nations, nous sommes nous-mêmes condamnés ! » Pierre DANSEREAU, L’envers et l’endroit. Le besoin, le désir et la capacité, 2e éd., coll. Les grandes conférences, Saint-Laurent, Fides ; Québec, Musée de la civilisation, 1994, « c1191 », p. 70-79.

PIERRE DANSEREAU (1911-2011) Pierre Dansereau est considéré comme le père de l’écologie au Québec. Ses recherches ont porté sur des sujets variés comme l’aménagement du territoire, l’urbanisme, le logement, la santé mentale, le développement économique, les arts et la culture.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 34

34

© Archives Le Devoir

Tête-à-tête avec…

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

10.

a Quel problème Pierre Dansereau considère-t-il comme le défi le plus urgent à relever et devant lequel il faut agir ?

b L’indifférence est-elle une option valable pour Pierre Dansereau ? Justifiez votre point de vue avec un extrait du texte.

11.

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

Soulignez une phrase du texte qui exprime la vision qu’a Pierre Dansereau de l’avenir de l’humanité.

CHAPITRE 2

9.

a Pierre Dansereau est l’auteur du concept de « l’austérité joyeuse ». Surlignez dans le texte la phrase qui explique en quoi cela consiste.

b En voici deux exemples concrets. Nommez d’autres comportements que vous seriez prêt ou prête à adopter.

Privilégier le transport en commun plutôt que les déplacements en voiture.

Fréquenter les boutiques d’articles de seconde main et donner les vêtements ou objets dont on n’a plus besoin.

Austérité joyeuse À RETENIR

Concept inventé par Pierre Dansereau. Il consiste en un programme d’action sur une base de restriction volontaire, afin de freiner la surconsommation et le gaspillage.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 35

35

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


UNE PROPOSITION DE PIERRE DANSEREAU Pour assurer l’avenir de l’humanité et de la planète, Pierre Dansereau observe qu’il faut considérer quatre points de repère : 1. Mettre en application le Rapport Brundtland, qui propose de penser globalement et d’agir localement. 3. Prioriser de nouvelles valeurs telles que l’harmonie, la paix et la justice. 4. Faire preuve de solidarité humaine en proposant un nouveau partage des richesses et des ressources.

Rapport Brundtland À RETENIR

Publié en 1987 par l’ONU, le Rapport Brundtland définit le concept de développement durable et attire l’attention des responsables des divers pays du monde sur le lien univoque existant entre la protection de la biosphère et le développement durable de l’humanité.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

2. Encourager le développement durable afin de maintenir le potentiel de la planète.

Développement durable Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement. (D’après le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec)

Écologique Viable Vivable Durable Équitable Social

Économique

12. Quelles valeurs sont au cœur de la proposition de Pierre Dansereau ?

13. Selon Pierre Dansereau, la solidarité et la compassion devraient guider nos politiques d’échanges économiques.

a Quelles valeurs régissent actuellement les échanges économiques ?

b Croyez-vous que les valeurs mises en évidence par Pierre Dansereau puissent un jour les remplacer ? Expliquez votre point de vue.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 36

36

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


Michel Jurdant se préoccupe des exclus que cause la nature productiviste du mode de développement des sociétés industrialisées. C’est un militant engagé qui propose des programmes d’action pour mettre en échec la dynamique du marché de production des sociétés de surconsommation. Il se fait le dénonciateur de la crise de la surabondance d’une société productiviste qui, selon lui, a perdu le sens de l’équité qu’il décrit comme « notre incapacité à réaliser que le maintien de notre niveau de vie (que nous confondons avec notre bien-être) a pour condition la souffrance d’autres humains1 ». Selon Michel Jurdant, quatre croissances contre-productives alimentent le système de production des sociétés modernes : la destruction des ressources de la nature, la dégradation de la vie humaine, la croissance des inégalités entre les humains et celle du pouvoir technocratique.

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ SELON MICHEL JURDANT

CHAPITRE 2

Michel Jurdant et les sociétés productivistes

Illusions des sociétés productivistes « L’illusion que la croissance de la production peut se poursuivre indéfiniment. » « L’illusion que notre niveau de vie nord-américain peut être étendu à toute la planète sans un épuisement rapide des ressources et sans une augmentation phénoménale des pollutions. » « L’illusion qu’on parviendra toujours à résoudre les problèmes de pollution par des moyens techniques. » « L’illusion que l’automatisation crée plus d’emplois que de chômage. » « L’illusion que la croissance apporte la paix. » 1

Michel JURDANT, Le défi écologiste, Montréal, Éditions du Boréal, 1988, 430 p.

Surconsommation À RETENIR

Action d’acheter des biens (de consommer) d’une manière excessive ou supérieure aux besoins normaux, entraînant ainsi du gaspillage. La surconsommation est un facteur d’exploitation des ressources naturelles.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 37

37

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


D’origine belge, Michel Jurdant était considéré comme l’un des penseurs les plus articulés du mouvement écologiste au Québec. Les dernières années de sa vie, il s’est consacré à l’enseignement et à la promotion d’un projet de société écologiste et pacifiste. La première édition de son dernier ouvrage, Le défi écologiste, a été publiée quelques jours après sa mort. Toute sa vie, il a lutté contre la société de gaspillage, les inégalités et les injustices sociales.

14. Soulignez une phrase du texte qui exprime la vision qu’a Michel Jurdant de l’avenir de l’humanité.

15. Quels problèmes Michel Jurdant considère-t-il comme les défis les plus urgents à relever

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

MICHEL JURDANT (1933-1984)

© Les AmiEs de la Terre de Québec

Tête-à-tête avec…

et devant lesquels il faut agir ? Surlignez-les dans le texte.

16. Quelle est la signification du pouvoir technocratique et en quoi est-ce un problème pour l’auteur ?

17. Quels sont les effets de la surconsommation : a sur nos ressources naturelles ?  b sur la répartition de la richesse ?  c sur l’avenir de l’humanité ? 

18. Quel est le lien entre la définition du capitalisme et le point de vue de Michel Jurdant ?

Capitalisme À RETENIR

Système économique basé sur la propriété privée des moyens de production et structuré en vue de maximiser les profits.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 38

38

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

UNE PROPOSITION DE MICHEL JURDANT Michel Jurdant propose les bases de ce qu’il nomme une « nouvelle éthique » qui implique un changement de mentalité fondé sur une analyse critique des valeurs de nos sociétés.

2. Être sceptique face à la science et à la technologie. 3. Être exigeant face à la qualité des produits alimentaires.

CHAPITRE 2

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

« 1. Cultiver l’amour de la terre, du soleil, de l’eau, de la nourriture, des plantes et des animaux.

4. Exiger des débats publics sur les grandes questions politiques : énergie, aménagement des ressources, agriculture, etc. 5. Être féroce quant à la réparation des dommages écologiques. 6. Considérer la nature comme un bien collectif. 7. Boycotter les produits et les services inutiles, nuisibles ou injustes. » Michel Jurdant, Le défi écologiste, Montréal, Éditions du Boréal, 1988, p. 414-416.

19. Associez chacune des actions suivantes à l’une des propositions de Michel Jurdant. a Recycler, éviter la surconsommation, économiser l’eau.  b Consommer des produits locaux et de saison, cuisiner.  c Choisir des produits équitables, éviter le suremballage.  d S’informer sur les nouvelles découvertes (ex. : les dangers des édulcorants).  e Exiger que le gouvernement impose des sanctions sévères, s’intéresser à ce qui se fait à l’école et agir. 

f Faire un jardin, faire des promenades en forêt.  g Faire valoir son point de vue, s’engager dans les débats publics. 

+

Info

p. 230

Le Québec compte plusieurs fervents défenseurs de l’environnement, notamment Steven Guilbeault, qui s’intéresse à l’environnement et surtout au dossier des changements climatiques, ainsi que Laure Waridel, considérée comme l’une des pionnières du commerce équitable et de la consommation responsable. Pourquoi ne pas préparer vos questions et les contacter pour une entrevue ? Également, une suggestion de lecture : Zéro déchet de Béa Johnson, si l’environnement vous tient vraiment à cœur !

© icphoto_Isabelle Clément, photographe

Ça m’intéresse !

Laure Waridel

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 39

39

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Trois visions et des points communs 20. Comment qualifiez-vous la vision de l’avenir de l’humanité d’Hubert Reeves,

21. Selon les visions de ces trois hommes, qui est à la source des menaces pour l’avenir de l’humanité et, par conséquent, qui doit agir ?

22. À la lumière des points de vue des experts et en s’appuyant sur les définitions des deux

doctrines économiques suivantes, expliquez laquelle il serait souhaitable d’adopter pour une meilleure répartition des richesses dans le monde. Libre-échange

Protectionnisme

Doctrine économique fondée sur le principe que plus les pays échangent entre eux des produits, des services et des capitaux, plus ils sont susceptibles de s’enrichir puisque les producteurs développent une production plus spécialisée tout en bénéficiant d’un marché plus important.

Doctrine économique qui veut limiter l’entrée des produits, des services et des capitaux en provenance de l’étranger sur le territoire d’un pays afin de protéger les producteurs locaux. Les biens produits dans le pays sont ainsi protégés de la concurrence étrangère.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Pierre Dansereau et Michel Jurdant ?

Ça m’intéresse ! Au cinéma et dans la littérature, les peurs de l’être humain devant l’avenir de l’humanité sont l’un des thèmes qui inspirent le plus les artisans de la science-fiction. Voici quelques suggestions de lecture et de cinéma : 1984, de George Orwell ; Le meilleur des mondes, d’Aldous Huxley ; Le jour d’après, de Roland Emmerich ; Je suis une légende, de Francis Lawrence ; Le jour où la Terre s’arrêta, de Scott Derrickson ; Bienvenue à Gattaca, de Andrew Niccol ; Soleil vert, de Richard Fleischer.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 40

40

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


L’HYMNE À LA BEAUTÉ DU MONDE Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde Chaque fleur, chaque arbre que l’on tue Revient nous tuer à son tour

23. Quel message exprime cette chanson ?

Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas le chant des oiseaux Ne tuons pas le bleu du jour […]

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’hymne à la beauté du monde est une chanson écrite par Luc Plamondon en 1973. Ce texte, encore d’actualité, présageait il y a plus de 30 ans les conclusions des scientifiques sur l’état de la planète et l’urgence d’agir.

CHAPITRE 2

Des artistes qui rêvent d’un monde meilleur

Ne tuons pas la beauté du monde La dernière chance de la terre C’est maintenant qu’elle se joue

24. Donnez d’autres exemples de textes

de chansons ou d’artistes qui s’engagent pour faire passer un message sur l’avenir de l’humanité.

Ne tuons pas la beauté du monde Faisons de la terre un grand jardin Pour ceux qui viendront après nous Après nous Paroles : Luc Plamondon Musique : Christian Saint-Roch

25. Le fait qu’un artiste adopte une cause ou dénonce une situation peut-il concrètement changer les choses ?

Ici ET

ailleurs

Le Québec possède 3 % des réserves mondiales d’eau douce de la planète. On pourrait penser que l’abondance de cette ressource naturelle sur notre territoire nous garantit l’accès à l’eau potable, mais la pollution croissante menace tout de même la qualité de cette eau. D’autres populations ne bénéficient pas de cette abondance. Selon l’ONU, 1,2 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. L’Asie et l’Afrique sont les continents les plus touchés. Il y a suffisamment d’eau douce sur la planète pour sept milliards d’êtres humains, mais sa répartition est inégale et trop d’eau est gâchée et polluée.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 41

41

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Comment évaluez-vous vos habitudes de consommation ? Répondez aux questions suivantes pour vous aider à y réfléchir.

Compostage À RETENIR

Transformation des matières organiques décomposables en compost, une sorte de terre riche en éléments nutritifs qui peut servir d’engrais.

1.

Achetez-vous uniquement ce dont vous avez besoin ? Oui 

Recyclage

  Non 

  Habituellement 

2. Constatez-vous que la publicité vous influence beaucoup ?

Transformation d’une matière destinée aux ordures en un nouveau produit.

Oui 

   Non 

  À l’occasion 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La consommation et la surconsommation

3. Où faites-vous le plus souvent vos achats ?

Réutilisation Réemploi d’un produit en le modifiant peu ou pas du tout.

Dans les grands magasins 

  

Chez les commerçants locaux 

4. De quelle façon vous déplacez-vous le plus souvent ? En autobus 

  En voiture 

  À bicyclette 

  À pied 

5. Comment vous débarrassez-vous de vos déchets ? Je les recycle 

   Je les réutilise 

   Je les composte 

6. Êtes-vous sensible au respect de l’environnement dans vos actions quotidiennes (se laver, se nourrir, se déplacer) ? Oui 

  Non 

  Habituellement 

7. Êtes-vous sensible au respect de l’environnement dans vos habitudes de consommation (suremballage,produits locaux) ? Oui 

Ici ET

ailleurs

  Non 

  Habituellement 

Au Québec, la Loi sur les normes du travail interdit de faire travailler un enfant de moins de 14 ans sans l’accord écrit de ses parents. Ailleurs, la situation est différente. Selon l’Unicef, il y a 158 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent, donc 1 enfant sur 6 dans le monde. Des millions d’enfants travaillent dans des conditions extrêmes, comme dans les mines, avec des produits chimiques ou des machines dangereuses.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 42

42

Jeune Indien travaillant dans l’industrie du textile.

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


Oui 

  Non 

b les employés n’ont pas des conditions de travail convenables ? © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Oui 

  Non 

c ce sont des enfants qui ont fabriqué les produits que vous achetez ? Oui 

  Non 

d le produit acheté prendra des milliers d’années avant de se décomposer ? Oui 

  Non 

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

a le fabricant ne respecte pas l’environnement ?

CHAPITRE 2

8. Vos habitudes de consommation changeraient-elles si vous saviez que :

9. Qu’êtes-vous prêt ou prête à sacrifier dans votre mode de vie, aujourd’hui, pour contribuer à un nouveau partage des richesses ?

Ça m’intéresse ! Ces quelques questions vous ont fait prendre conscience que certaines de vos actions quotidiennes pourraient être améliorées pour le bien commun ? Lancez-vous un défi ! Fixez-vous un objectif réalisable à court terme en vous inspirant des exemples suivants : ★★ Prenez une courte douche plutôt qu’un bain et évitez le gaspillage de l’eau. ★★ Évitez de vous faire reconduire en voiture : marchez ou utilisez les transports en commun. ★★ Resserrez votre budget, échangez des vêtements entre amis, réutilisez. ★★ Encouragez les producteurs locaux pour favoriser l’économie locale et éliminer le transport des produits. ★★ Faites preuve d’esprit critique envers la publicité qui incite à la surconsommation.

Commerce équitable À RETENIR

Partenariat, basé sur le dialogue et le respect, qui vise plus d’équité dans le monde du commerce en garantissant une juste rémunération des producteurs des pays pauvres afin qu’ils puissent améliorer leur niveau de vie. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales et en garantissant le respect des droits des producteurs et des travailleurs.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 43

43

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Des efforts pour l’avenir de notre monde © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des rencontres : les Sommets de la Terre Depuis 1972, les dirigeants se réunissent chaque décennie pour discuter des inquiétudes mondiales relatives aux problèmes environnementaux comme la pollution, la déforestation, la désertification et le réchauffement de la planète. Ces rencontres, nommées Sommets de la Terre, sont pilotées par l’Organisation des Nations unies, dont l’un des mandats est de promouvoir le développement durable. Le premier sommet, à Stockholm en 1972, avait pour but de stimuler le développement durable au plan mondial et a donné lieu à la création du PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement).

La pollution est l’un des enjeux des Sommets de la Terre.

La rencontre de Rio de Janeiro en 1992, qui a réuni les représentants de 178 pays (dont 117 chefs d’État) et plus de 20 000 participants, reste un événement historique qui a véritablement engagé un dialogue et une prise de conscience de la responsabilité de tout un chacun en matière d’environnement. Le dernier Sommet de la Terre, appelé Rio+20, a également eu lieu à Rio de Janeiro en 2012.

Des traités : le protocole de Kyoto Le protocole de Kyoto est un traité que 174 pays, dont le Canada, ont signé à Kyoto, au Japon, en décembre 1997. Dans ce protocole, les pays s’obligeaient à abaisser leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 à des niveaux inférieurs de 5,2 % à ceux de 1990. Il constitue le premier accord international qui établit des objectifs de réduction de ces gaz qui causent les changements climatiques. En 2006, les émissions au Canada dépassaient de 22 le niveau de 1990, alors que la cible établie par le protocole de Kyoto était de les réduire de 6. En 2011, le Canada annonce qu’il se retire du protocole de Kyoto, incapable d’atteindre son objectif. Le gouvernement fédéral affirme que les objectifs de réduction feraient perdre des emplois et remet en question la pertinence du protocole qui ne couvre pas les États-Unis et la Chine. En 2015, à la Conférence de Paris (COP21), les pays présents s’accordent sur un nouveau protocole, l’Accord de Paris, pour maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 °C.

Manifestants à Paris en septembre 2015, COP21.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 44

44

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


a Décrivez ce qu’est un Sommet de la Terre.

+

Info

p. 231

CHAPITRE 2

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b Quel sens prend ce genre de rencontre pour l’avenir de l’humanité ?

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

1.

2.

a Est-il acceptable de signer un contrat et de ne pas le respecter ? Oui 

  Non 

  parce que : 

b Est-il acceptable que le Canada ait signé le protocole de Kyoto et se soit retiré de l’entente ? Oui 

  Non 

  parce que : 

3. Déterminez une action individuelle possible pour chaque exemple de moyens de réduction des gaz à effet de serre.

a Réduction des déchets :  b Conservation de l’énergie :  c Transports :  d Conservation de l’eau : 

4. Comment se fait-il que la planète soit dans cet état alors que les pays membres

+

de l’ONU sont d’accord pour agir ? Émettez votre hypothèse.

Info

p. 232

Gaz à effet de serre À RETENIR

Gaz naturellement présents dans l’atmosphère qui contribuent à retenir la chaleur près de la surface de la Terre. Leur présence en trop grande quantité entraîne le réchauffement climatique. Selon le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, au Québec, d’ici 2050, on peut s’attendre à une hausse des températures pouvant atteindre 5 oC au sud et 9 oC au nord, principalement en hiver.

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 45

45

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


La responsabilité d’agir : l’aide humanitaire Il existe des milliers de mouvements sociaux à travers le monde qui luttent pour assurer l’avenir de l’humanité. Leurs actions de mobilisation prennent de multiples formes.

© Ton Koene/Alamy

Médecins sans frontières est une importante organisation d’aide médicale et humanitaire. MSF fournit une assistance médicale dans plus de 70 pays lors de situations d’urgence causées par les conflits armés, les épidémies et les catastrophes naturelles. Par ailleurs, l’organisation est de plus en plus appelée à travailler auprès de populations qui vivent dans la pauvreté et qui n’ont pas accès aux soins de santé. Un médecin sans frontières en situation d'intervention.

AMNISTIE INTERNATIONALE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

MÉDECINS SANS FRONTIÈRES (MSF)

Amnistie internationale est un mouvement mondial d’hommes et de femmes qui s’engagent pour le respect des droits de la personne. L’organisation s’appuie sur la Déclaration universelle des droits de l’homme pour défendre les victimes et sur des valeurs telles que la solidarité internationale, la démocratie et la responsabilité. Son action consiste principalement à organiser des campagnes de sensibilisation sur les droits de l’homme et à défendre, par des pétitions et des marches, des individus ou des groupes qui voient leurs droits bafoués à travers le monde.

Amnistie internationale s’est engagée dans la campagne de protestation contre le sort réservé au prisonnier d’opinion saoudien Raif Badawi, dont la femme et les trois enfants, arrivés en tant que réfugiés, sont installés à Sherbrooke depuis novembre 2013.

5. Nommez d’autres organisations qui se battent pour l’avenir de l’humanité et expliquez la cause qu’elles défendent.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 46

46

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


a Éviter la surconsommation. b Sensibiliser mes proches.

d Faire valoir mon point de vue auprès des gouvernements. e M’informer et sensibiliser mon milieu scolaire.

CHAPITRE 2

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c M’impliquer dans un organisme.

f Participer à une marche de sensibilisation. g Acheter des produits équitables.

DÉFI

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

6. Associez des actions possibles de la liste ci-dessous à chaque défi.

ACTIONS POSSIBLES

Instaurer la paix, lutter pour la fin des occupations et des menaces. Abolir le travail des enfants. Combattre les inégalités sociales et toute forme d’abus de pouvoir. Contrer la destruction de l’environnement. Lutter pour les droits de la personne, sociaux et démocratiques.

7. En quoi nos actions individuelles peuvent-elles changer quelque chose à l’avenir de l’humanité ?

Ça m’intéresse ! En constatant la misère humaine ailleurs dans le monde, plusieurs se sentent interpellés à s’engager personnellement. Remplis de bonnes intentions, ces individus partent pour un voyage humanitaire, c’est ce qu’on appelle le « volontourisme ». Depuis quelques années, la demande pour ce type d’expérience est en pleine croissance. Malheureusement, les efforts déployés ne donnent pas les résultats attendus. Par exemple, l’Unicef demande aux bénévoles d’éviter le travail en orphelinats puisqu’il nuit aux enfants qui vivent et revivent le sentiment d’abandon. En 2011, devant l’explosion du nombre d’orphelinats au Cambodge, l’Unicef a réalisé une étude qui conclut que ces orphelinats sont peuplés d’enfants séparés de leurs parents afin de soutirer des dons étrangers. Faut-il pour autant cesser d’aider ?

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 47

47

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


1.

D’abord, réfléchissez à votre vision du futur en tenant compte de vos intérêts, de vos passions et des domaines dans lesquels vous avez des connaissances.

2. Élaborez votre point de vue sur l’avenir de l’humanité en vous appuyant sur des repères

+

Info

p. 231

pertinents.

3. Pensez à une façon originale de présenter votre point de vue lors de la table ronde.

Pourquoi ne pas composer une chanson, un poème, faire un dessin ou peindre une toile ?

4. Pendant la table ronde, en quelques mots, notez la vision de trois personnes dont la

vision vous a particulièrement interpellé ou interpellée, qu’elle corresponde ou non à votre propre vision du monde.

NOM

VISION DE L’AVENIR

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

À votre tour de jouer les experts ! Organisez une table ronde en classe où chaque personne exprimera sa vision de l’avenir de l’humanité.

Activité sur le dialogue Déterminez de quelle forme de dialogue il s’agit dans les situations suivantes.

+

Info

p. 230

a Maxime et Léonie ont des avis opposés sur le réchauffement climatique de la planète. Ils ont eu un échange animé et bien argumenté sur le sujet.

b Au début du cours, l’enseignant nous a demandé comment nous envisagions l’avenir de la planète. Tout le monde avait son opinion sur le sujet.

c J’ai écrit un article dans le journal étudiant pour raconter mon expérience de bénévolat dans un organisme qui aide les personnes plus démunies de mon quartier.

d Nous avons reçu en classe des représentants et représentantes de groupes communautaires qui ont présenté leurs actions contre la pauvreté.

e Lors du travail d’équipe en classe, les idées et les arguments de chacun et chacune contribuent à produire un meilleur résultat.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 48

48

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


l’avenir de l’humanité : Hubert Reeves, Pierre Dansereau, Michel Jurdant et autres ;

XXexpliquer des défis actuels concernant

DANS CE CHAPITRE, VOUS DIFFÉRENTES FAÇONS

les relations qu’ont les êtres humains entre eux et proposer des options ou des actions possibles pour les relever ;

D’ENTREVOIR L’AVENIR

XXexpliquer des défis actuels concernant

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

AVEZ RÉFLÉCHI AUX

les relations qu’ont les êtres humains avec l’environnement et proposer des options ou des actions possibles pour les relever ;

DE L’HUMANITÉ, À SES DÉFIS ET À DES OPTIONS ET ACTIONS POSSIBLES

XXmontrer, à l’aide d’exemples, les repères

POUR LES RELEVER. À LA

qui guident les actions des individus et des groupes quant à l’avenir de l’humanité.

SUITE DE VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

XXexpliquer différentes façons d’entrevoir

CHAPITRE 2

En résumé

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts. Ajoutez des flèches pour illustrer les liens entre les défis et les options ou actions possibles pour les relever. Surconsommation

Aide humanitaire

Respect des droits de l’homme Accès à l’eau potable Partage, solidarité

Surpopulation Écart entre les riches et les pauvres

Réchauffement climatique Chartes et traités

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

Relations entre les êtres humains

Des défis

Relations entre les êtres humains et l’environnement

Des options ou actions possibles   



Protection de l’environnement Inégalités dans l’accès à l’éducation et aux soins de santé



Exploitation des ressources naturelles



 L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 49





49

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


Activité-SYNTHÈSE Pourquoi l’être humain doit-il se préoccuper de l’avenir de l’humanité ?

2. Selon vous, l’être humain est-il capable de sacrifices personnels au nom du bien commun ? Donnez des exemples pour expliquer votre point de vue.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

1.

3. Quelles sont les valeurs que vous voudriez remplacer dans la société actuelle ?

4. La publicité se sert souvent de slogans pour nous inciter à consommer. À leur manière, inventez un slogan court et accrocheur pour inciter les élèves de votre école à mettre en œuvre des actions pour assurer l’avenir de l’humanité.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 50

50

L’avenir de l’humanité

17-07-11 09:09


1.

Le temps à venir.

2.

Réunion organisée par l’ONU des dirigeants de plusieurs États du monde pour discuter et s’accorder sur des actions à entreprendre pour l’environnement.

3.

Rapport qui définit le concept de développement durable et attire l’attention des responsables des divers pays du monde sur l’importance de celui-ci pour assurer l’avenir de l’humanité.

4.

Principe qui devrait guider les rapports entre les êtres humains.

5.

Transformation des matières organiques décomposables en compost, une sorte de terre riche en éléments nutritifs qui peut servir d’engrais.

6.

Se dit du partenariat, basé sur le dialogue et le respect, qui vise plus d’équité dans le monde du commerce en garantissant une juste rémunération des producteurs des pays pauvres.

7.

Valeur qui pousse les êtres humains à s’aider mutuellement.

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

HORIZONTALEMENT

CHAPITRE 2

5. En vous aidant des définitions ci-dessous, remplissez la grille.

VERTICALEMENT 8.

Programme d’action de restriction volontaire pour freiner la surconsommation et le gaspillage.

9.

Qui caractérise le développement répondant aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

10. Valeur qui, par son application, permettrait de réduire l’écart entre les riches et les pauvres. 8 1 9 2

10

3

4

5

6

7

L’avenir de l’humanité

4557_ECR_sec4_ch2_F.indd 51

51

ÉTHIQUE

17-07-11 09:09


3 CHAPITRE

La

justice

Qu’est-ce que la justice ? Quelles sont les différentes façons de la concevoir ?

Sur quels principes s’appuie-t-elle ? LA JUSTICE IMPLIQUE-T-ELLE QUE TOUS ET TOUTES SOIENT TRAITÉS DE LA MÊME FAÇON ?

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 52

17-07-11 08:52


«

Serai-je sur la terre

»

quand la justice et l’égalité régneront parmi les hommes ? Pierre-Henri Leroux, philosophe français, 1797-1871

Égalité et équité p. 55

L’injustice Des principes Des enjeux de justice au Québec

La justice

p. 62

Mérite et respect de la personne p. 56

Des enjeux Nouvelles technologies p. 67

Les droits de la personne p. 70

Des conceptions

Réparatrice, corrective, distributive et sociale p. 58 et 59

Universelle p. 72

Réfléchissons à la justice au moyen d’enjeux qui nous concernent comme citoyens et citoyennes du monde.

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 53

17-07-11 08:52


Pour bien amorcer notre réflexion sur la justice, il est nécessaire de comprendre que celle-ci désigne à la fois un idéal moral et une institution. Aussi, pour distinguer le juste de l’injuste, on peut s’appuyer sur différents principes, selon les conceptions de la justice, les sociétés ou les contextes : entre autres, l’égalité, l’équité, le mérite et le respect de la personne.

Justice (idéal moral) À RETENIR

Valeur qui permet d’assurer l’égalité entre les personnes en reconnaissant les droits et devoirs de chaque individu et en les faisant respecter.

Justice (institution)

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La justice et ses principes

Ensemble de règles que se donne une société pour régir les rapports sociaux (le droit), de pratiques et de fonctions qui ont le pouvoir d’interpréter la loi et d’en assurer l’application en tranchant entre le juste et l’injuste.

1.

Depuis toujours, l’être humain est à la recherche de justice. On la représente de façon symbolique par la déesse Thémis, un personnage de la mythologie grecque qui réclame justice pour les êtres humains auprès de Zeus, le dieu suprême pour les Grecs.

a Relevez les quatre symboles de la justice présents dans l’image ci-contre.

b Complétez les phrases suivantes en associant les significations à leur symbole.

représente l’impartialité

et l’objectivité. La justice ne se laisse pas influencer. •

est le symbole traditionnel de la justice, de ce qui est exact, bien pesé et équitable.

représente la force et le pouvoir de sanctionner.

représente la paix dans le monde depuis l’Antiquité. C’est également le symbole de l’ONU.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 54

54

La justice

17-07-11 08:52


LA JUSTICE

L’égalité et l’équité

CHAPITRE 3

Égalité

Égalité  © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

À RETENIR

Principe qui reconnaît à tous un statut égal devant la loi et qui affirme la nécessité de traiter ses semblables de manière identique puisqu’ils ont les mêmes droits et devoirs.

Équité  Principe qui permet de porter un jugement moral sur l’égalité, sur la justesse de l’application des lois dans des situations où les inégalités doivent être compensées.

Équité

2. À l’aide des définitions et des images, expliquez ce qui distingue le principe d’équité de celui d’égalité.

Tête-à-tête avec…

Économiste indien, Amartya Sen enrichit la réflexion sur la justice en proposant de construire une vision de celle-ci à partir des solutions possibles aux situations d’injustice comme les inégalités entre les pays riches et pauvres. Il s’interroge sur le principe d’égalité. Pour lui, il ne suffit pas de répartir équitablement les ressources pour parvenir à l’égalité, il faut veiller à ce que chaque être humain ait la liberté de se choisir la meilleure vie possible. Il a reçu le prix Nobel d’économie en 1998 pour son travail sur l’économie du bien-être.

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 55

55

© GeraintLewis/Alamy

AMARTYA SEN (1933-)

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Le mérite En effet, la justice peut se définir en fonction du mérite. Selon le sociologue Simon Langlois, une enquête québécoise sur la justice indique que 84 % des répondants considèrent que des différences de revenus sont acceptables lorsqu’elles rémunèrent des mérites individuels comme le talent, l’effort personnel et le niveau de scolarité. En somme, il serait juste d’obtenir certains avantages, si on les mérite.

Loi  À RETENIR

Prescription ou obligation légale imposée à tous les membres d’une société. Le non-respect d’une loi entraîne une sanction.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Dans Le petit robert 2016, on définit la justice ainsi : « Juste appréciation, reconnaissance et respect des droits et du mérite de chacun. »

Le respect de la personne La justice ne peut être obtenue que dans le respect de la dignité de la personne et de ses droits. Au Canada, la Constitution et les lois protègent les droits et les libertés fondamentales de la personne. Incluse dans la Constitution depuis 1982, la Charte canadienne des droits et libertés garantit les libertés fondamentales, les droits démocratiques, la liberté de circulation et d’établissement, les garanties juridiques, les droits à l’égalité et les droits linguistiques. La Charte a préséance sur toute autre loi au pays parce qu’elle fait partie de la « loi suprême » du Canada. Toutefois, l’article 1 de la Charte reconnaît également que, même dans une démocratie, les droits et les libertés ne sont pas absolus. Par exemple, personne n’est libre de diffuser de la pornographie juvénile ou de la propagande haineuse. Il faut toujours préserver l’équilibre entre les intérêts de la société et ceux de l’individu pour déterminer si les limites aux droits individuels sont justifiables.

La Charte canadienne des droits et libertés défend, entre autres, les droits démocratiques.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 56

56

La justice

17-07-11 08:52


« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. […] » © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

ONU, « Déclaration universelle des droits de l’homme », [En ligne], 2016.

3. Quels principes de justice sont nommés dans la 1

re

LA JUSTICE CHAPITRE 3

1re CONSIDÉRATION DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

considération de la Déclaration

universelle des droits de l’homme ?

4. Sur quel principe s’appuie la conception de la justice d’Amartya Sen ? Égalité 

  Équité 

  Mérite 

   Respect de la personne 

5. Pour chaque exemple, déterminez s’il s’agit du principe d’égalité ou d’équité. a Un homme et une femme ont des tâches et des responsabilités comparables au travail, ils ont donc droit au même salaire. b

Un homme handicapé et une femme d’origine haïtienne, tous deux de nationalité canadienne, ont les mêmes droits.

c Un élève souffrant de dyslexie a du temps supplémentaire pour réaliser un examen.

6. Einstein aurait dit : « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson

sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » Quel lien pouvez-vous faire avec le principe d’équité ?

7. À quelle condition les droits individuels peuvent-ils être limités ?

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 57

57

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Des façons de concevoir la justice La justice réparatrice est inspirée des traditions de la justice autochtone. C’est une conception de la justice qui met l’accent sur le tort fait à une personne ou à une communauté en responsabilisant le coupable et en l’incitant à réparer ses fautes au lieu de l’emprisonner ou de lui demander une compensation financière. Le fautif doit reconnaître ses torts, en assumer la responsabilité, améliorer la situation et réparer son erreur auprès de la victime ou de la collectivité. Concrètement, dans les programmes de justice réparatrice, la ou les victimes, le contrevenant et, généralement, des membres de la collectivité participent à des rencontres qui ont pour but de rétablir les relations, de réparer le tort qui a été causé et de prévenir d’autres crimes.

Ici ET

ailleurs

Dans l’histoire, l’une des premières conceptions de la justice voulait qu’on impose une punition identique au crime commis. C’est la loi du talion, qu’on connaît mieux par l’expression : « Œil pour œil, dent pour dent. »

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La justice réparatrice

De nos jours, cette loi ne fait plus partie des systèmes de justice occidentaux. Pourtant, la loi du talion est un argument utilisé par les partisans de la peine de mort. D’ailleurs, des dizaines de pays, dont le Japon et les États-Unis, appliquent encore la peine de mort en cas de crime capital, comme le meurtre.

Application de la peine de mort dans le monde  Pays ayant complètement aboli la peine de mort   Pays respectant un moratoire sur les exécutions   Pays ayant aboli la peine de mort pour les crimes de droit commun  Pays ayant procédé à des exécutions en 2015

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 58

58

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA JUSTICE

La justice corrective est une conception qui ne tient pas compte des mérites individuels, mais des droits égaux de chaque individu en déterminant, selon une égalité arithmétique, ce qui est dû à chacun. Par exemple, lors du règlement d’un recours collectif, le jugement de la cour prévoit une somme d’argent identique pour chaque victime sans tenir compte des véritables dommages subis par chacune d’elle.

CHAPITRE 3

La justice corrective

La justice distributive La justice distributive se conçoit comme une égalité proportionnelle aux dommages subis ou en tenant compte des caractéristiques des individus. Elle vise à compenser les inégalités de départ pour établir une égalité des chances. Ainsi, la sous-représentation des femmes ou des minorités visibles en politique peut nécessiter un programme incitatif pour leur permettre d’accéder à ces postes. À l’échelle internationale, une communauté dans le besoin dans un pays en voie de développement peut recevoir des vaccins gratuitement, alors qu’ici nous devrons payer des frais pour nous faire vacciner.

Tête-à-tête avec… JOHN RAWLS (1921-2002) John Rawls est un philosophe américain. En 1971, il a publié sa Théorie de la justice dans laquelle il propose une société basée sur une justice distributive qui réduirait les inégalités. Selon lui, les sociétés démocratiques ont privilégié le respect des libertés individuelles, parfois au détriment de l’égalité, tandis que les régimes socialistes ont restreint ces libertés au nom de l’égalité. Rawls propose une conception de la justice qui garantit la liberté et l’équité.

La justice sociale La justice sociale est une conception qui vise l’égalité des droits et des devoirs au sein d’une collectivité en faisant la promotion d’une répartition équitable de ces droits et devoirs, c’est-à-dire une répartition tenant compte de la situation personnelle des individus. La justice sociale conçoit la nécessité d’une solidarité collective entre les membres d’une société. Cela peut prendre la forme d’impôts ou de taxes prélevés à une partie des revenus de la population pour les redistribuer à ceux qui en ont le plus besoin afin de réduire les inégalités. Au Québec, une aide financière de dernier recours est offerte aux gens qui ne peuvent pas travailler en raison de contraintes physiques ou intellectuelles sévères. On nomme cette mesure d’aide le Programme de solidarité sociale.

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 59

59

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Associez les deux situations suivantes à la conception de la justice concernée. Réparatrice

Corrective

Distribution de nourriture par la Croix-Rouge.

Distributive

Sociale

Au Québec, certains frais dentaires sont gratuits pour les enfants.

2. Expliquez clairement la différence entre la justice distributive et la justice corrective.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

1.

3. Quelles situations soulevant des enjeux de justice vous interpellent le plus ? a Dans le monde 

b

Dans la société québécoise 

Ça m’intéresse !

+

Info

p. 230

Vous avez lu que les points de vue des opposants sur la question de la peine de mort sont influencés par leur conception de la justice. Cet enjeu de justice qui touche la vie et la mort soulève des débats depuis bien longtemps. Cette question vous intéresse ? Faites une recherche pour en savoir plus sur les arguments des partisans des deux options afin de dresser un portrait complet de la situation. Intéressez-vous à la pensée de Victor Hugo qui a publié Le dernier jour d’un condamné en 1829. À la suite de vos recherches, pourquoi ne pas débattre de la question en classe ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 60

60

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

« Traiter les personnes comme des personnes est un principe de base de la belle vie, […] et cela signifie être capables de nous mettre à la place de nos semblables et d’adapter nos intérêts aux leurs. Autrement dit, il s’agit d’apprendre à considérer les intérêts d’autrui comme s’ils étaient les tiens et les tiens comme s’ils étaient ceux d’autrui. On appelle cette vertu la justice, et aucun régime politique digne de ce nom ne peut se dispenser, par ses lois et ses institutions, de répandre la justice parmi les membres de la société. Il existe un seul cas où on peut limiter la liberté de l’individu : quand il faut empêcher, par la force si nécessaire, que l’individu en question traite ses semblables comme s’ils n’étaient pas, autrement dit quand il les traite comme des jouets, des bêtes de somme, de vulgaires outils, des êtres inférieurs, etc. L’exigence de tout être humain de recevoir le même traitement que les autres, quels que soient son sexe, la couleur de sa peau, ses idées et ses goûts, etc., s’appelle la dignité. […] C’est la dignité humaine qui nous rend tous semblables, justement parce qu’elle affirme que chacun est unique, pas interchangeable, et dispose des mêmes droits à la reconnaissance sociale que son prochain. »

LA JUSTICE

UN POINT DE VUE SUR LA JUSTICE

CHAPITRE 3

4. Lisez le point de vue de Fernando Savater et soulignez sa conception de la justice.

Extrait de Fernando SAVATER, Éthique à l’usage de mon fils, Paris, Seuil, 1994, p. 167-169.

5. Sur quelle valeur l’auteur fonde-t-il l’égalité entre les êtres humains ? La dignité 

6.

  La responsabilité 

  La justice 

a Surlignez la phrase dans le texte où l’auteur explique dans quel cas on peut limiter la liberté d’un individu.

b Donnez-en des exemples.

7. Quelles valeurs sont privilégiées par Fernando Savater relativement à la justice ?

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 61

61

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Plusieurs situations vécues dans la société québécoise soulèvent des questions de justice. Selon la façon de concevoir la justice, on peut les aborder de différentes manières.

La Charte québécoise des droits et libertés de la personne La Charte québécoise des droits et libertés de la personne a été adoptée en 1975 par le Parlement du Québec. Elle affirme et protège les droits et libertés de toute personne vivant au Québec. Elle a pour objectif majeur d’harmoniser les rapports des citoyens et des citoyennes entre eux et avec leurs institutions, dans le respect de la dignité humaine.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des enjeux de justice au Québec

Le préambule de la Charte pose les bases de cette harmonisation en affirmant que : • tout être humain possède des droits et libertés intrinsèques destinés à assurer sa protection et son épanouissement ; • tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi ; • le respect de la dignité de l’être humain, l’égalité entre les femmes et les hommes et la reconnaissance des droits et libertés dont ils sont titulaires constituent le fondement de la justice, de la liberté et de la paix ; • les droits et libertés de la personne humaine sont inséparables des droits et libertés d’autrui et du bien-être général ; • il y a lieu d’affirmer solennellement dans une Charte les libertés et droits fondamentaux de la personne afin que ceux-ci soient garantis par la volonté collective et mieux protégés contre toute violation. Source : Publications Québec, « Charte des droits et libertés de la personne », [En ligne], 2016.

1.

Quel rôle joue la Charte des droits et libertés de la personne dans la société québécoise ?

2. Quelles valeurs ou quels repères se dégagent de ce préambule ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 62

62

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA JUSTICE

L’équité en matière d’emploi a pour but d’assurer des chances égales à toute personne sur le marché du travail. Elle doit faire en sorte qu’aucune personne ne se voit refuser un emploi pour des motifs autres que ses compétences et ses habiletés. En vertu de la Charte des droits et libertés de la personne, il est interdit de procéder à toute forme de discrimination fondée sur le sexe, la religion ou la langue. Pourtant, les statistiques le prouvent, les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes sur le marché du travail, même en occupant des emplois similaires.

CHAPITRE 3

L’équité en matière d’emploi

QUELQUES FAITS ET CHIFFRES Au Québec, selon des statistiques de l’Institut de la statistique du Québec publiées en 2012 : • les femmes gagnent encore un salaire de l’heure environ 10 % inférieur à celui des hommes. Par ailleurs, la situation s’améliore depuis les 15 dernières années ; • les femmes employées à temps plein obtiennent un salaire horaire moyen inférieur à celui des hommes dans toutes les sphères professionnelles, à l’exception du transport et des conducteurs d’équipement lourd ; • des 13 300 postes de cadres supérieurs, plus de 75 % sont occupés par des hommes ; • même lorsque les hommes exercent une profession traditionnellement occupée par les femmes, ils gagnent un salaire horaire supérieur à celles-ci, notamment chez les enseignants, les conseillers d’orientation ou les professionnels en psychologie et en travail social.

3. De quelle forme d’injustice ou d’iniquité s’agit-il ?

4. Quel constat faites-vous au sujet de l’équité salariale au Québec ?

5. Nommez des lois qui réglementent le monde du travail au Québec.

Ça m’intéresse ! Pour en savoir plus, visitez le site Internet de la Commission des normes du travail du Québec.

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 63

63

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Ici ET

ailleurs

Au Québec, le régime d’assurance-maladie offre des soins de santé payés par le système public (taxes et impôts) et accessibles à toute la population selon certaines conditions. La société québécoise juge qu’il est juste que ses membres aient droit aux soins gratuitement alors qu’ailleurs, comme chez nos voisins américains, on estime juste que chacun paie pour ses propres soins. Les Américains doivent contracter une assurance ou payer leurs traitements.

L’HISTOIRE DE MARIELLE « Marielle est venue travailler comme bonne d’enfants au Canada, sous un permis de travail temporaire émis dans le cadre du “Programme des aides familiaux résidants”, une initiative à l’immigration. Après avoir travaillé pendant six semaines à son nouvel emploi, Marielle est tombée gravement malade. Peu de temps après, elle a reçu un diagnostic de cancer et a dû interrompre son travail. Bien qu’on lui ait dit qu’elle allait être couverte par le régime d’assurance-maladie provincial, elle a découvert qu’elle était soumise à une période d’attente de trois mois avant de pouvoir bénéficier de tous les soins. Malheureusement, sa santé s’est détériorée avant la fin de la période de carence et elle a dû payer des frais de soins hospitaliers, lesquels s’élevaient à des dizaines de milliers de dollars. Maintenant guérie de son cancer, Marielle a accumulé une dette qui l’empêche sérieusement de réaliser son rêve, celui de parrainer ses proches pour qu’ils puissent venir la rejoindre ici, au Canada. »

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’accès aux soins de santé

Jill HANLEY, « Les nouveaux arrivants sont privés de soins – les groupes du Québec dénoncent la situation », [En ligne], 2016.

6. Lisez l’histoire de Marielle et répondez à la question : Cette mesure est-elle juste ? a Selon Marielle 

b Selon les payeurs d’impôts 

c Sur quelle conception de la justice appuyez-vous votre point de vue ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 64

64

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Au Québec, pour le détenteur d’un permis d’apprenticonducteur ou d’un permis probatoire, il est interdit par la loi de conduire un véhicule s’il y a présence d’alcool dans son organisme.

LA JUSTICE CHAPITRE 3

La loi sur l’alcool au volant pour les jeunes conducteurs

7. Exprimez votre point de vue sur cette loi. JE SUIS EN ACCORD, PARCE QUE…

JE SUIS EN DÉSACCORD, PARCE QUE…

8. Expliquez pourquoi l’ajustement de la loi sur l’alcool au volant pour les jeunes conducteurs est une mesure équitable.

Ici ET

ailleurs

En 2016, au Québec, la possession de drogue est une infraction criminelle, peu importe la quantité que l’on possède. Pourtant, le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a promis de légaliser la marijuana en 2017. Chez nos voisins américains, le Colorado et l’État de Washington ont été les premiers États, en 2012, à adopter la légalisation de petites quantités de cannabis, ouvrant la porte à une quantité importante de produits dérivés. Quels seront les effets à court terme et à long terme de cette légalisation sur la criminalité et sur la société ? Une question importante à laquelle il faudra s’attarder avant de changer la loi.

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 65

65

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Les sociétés canadienne et québécoise se sont dotées de chartes pour protéger l’intégrité, en toute égalité, de tous leurs citoyens et citoyennes. Elles se sont dotées, également, de tribunaux administratifs pour en garantir l’application. Au Québec, on peut faire appel à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour exposer les situations où l’on s’est vu lésé dans son droit à l’intégrité, à la sécurité, à l’égalité, sans discrimination fondée sur l’origine, la religion, le sexe ou le statut social.

9.

De quelles formes de discrimination est-il question dans l’exemple suivant ? Une femme et sa fille de nationalité étrangère et bénéficiaires de l’aide sociale ont été insultées sur la base de leur origine raciale et de leur statut social lors de leurs démarches de location de logement. Le Tribunal des droits de la personne a condamné le locateur à débourser une somme de 2000 $ à la mère et de 1000 $ à la jeune fille pour dommages moraux, en plus de 1000 $ en dommage punitif. L’origine ethnique  La condition sociale 

10.

Le sexe 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Corriger les injustices

La couleur de la peau 

L’orientation sexuelle 

L’appartenance religieuse 

a Considérez-vous que le fait de se voir attribuer une indemnité monétaire peut rectifier une injustice ? Ce dédommagement vous semble-t-il suffisant ?

b Considérez-vous qu’une peine de prison peut rectifier une injustice ? Ce type de sanction vous semble-t-il suffisant ?

c Quelle conception de la justice vient pallier ce type de sanction ? Réparatrice   Corrective 

11.

  Sociale 

Dans notre système de justice, l’accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Quels sont les effets de cette présomption d’innocence ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 66

  Distributive 

66

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Internet et les droits fondamentaux

LA JUSTICE CHAPITRE 3

Justice et nouvelles technologies Internet est un formidable outil pour la liberté d’expression et la démocratie, car il permet à tous les individus de s’exprimer et donne un accès à l’information où que l’on se trouve dans le monde. Pourtant, certains utilisateurs en font un mauvais usage.

Ici ET

ailleurs

Selon l’Institut de la statistique du Québec, 81,6 % des ménages québécois avaient accès à Internet en 2012. De plus, les personnes qui n’y ont pas accès à la maison peuvent aisément le faire dans plusieurs lieux publics. Pourtant ailleurs dans le monde, la situation est différente. En 2012, l’ONU a reconnu l’accès à Internet comme un droit de la personne. Le 1er juillet 2016, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a même adopté une résolution qui condamne les pays qui restreignent l’accès à l’information sur Internet. En effet, cet outil inquiète les régimes dictatoriaux de notre planète, comme celui de la Chine, car pour eux le droit à l’information et à la liberté d’expression sont des dangers.

Entre la liberté d’expression et les droits au respect, à la dignité et à la réputation Dans toutes les sociétés démocratiques comme le Québec, la liberté d’expression est garantie comme un droit fondamental par les chartes de droits. Pourtant, la liberté d’expression n’est pas un droit absolu. Elle est limitée par le droit au respect et à la dignité de la personne, ainsi que par son droit à la réputation. En effet, on peut s’exprimer librement sur Internet à certaines conditions, comme celles de ne pas faire de diffamation (dire du mal de quelqu’un dans le but de nuire à sa réputation) ou inciter à la haine et à la violence. Malheureusement, les réseaux sociaux et les blogues sont souvent le lieu de défoulement où les gens expriment leurs opinions sans retenue. En fait, ce ne sont pas des plateformes où l’on peut dire n’importe quoi sur n’importe qui sans engager sa responsabilité.

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 67

67

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Internet, principalement grâce aux réseaux sociaux, favorise et facilite l’accès et les échanges d’informations entre les personnes. À partir de quelques renseignements, vous pouvez accéder à des photographies et des informations personnelles sur une personne à qui vous n’avez jamais parlé. Un individu peut divulguer lui-même ces informations et partager sa vie privée au grand jour. Ce qui est écrit ou exposé sur Internet n’est plus considéré du domaine privé, mais public. Toutefois, il est important de garder secrètes certaines données personnelles – comme sa date de naissance et le nom de sa mère – qui pourraient servir à des gens malintentionnés. Par ailleurs, par respect pour le droit à la vie privée et le droit à l’image, il est interdit de diffuser de l’information ou des photographies d’une autre personne sans l’accord de celle-ci.

1.

Comment décrivez-vous votre utilisation des réseaux sociaux ? Je ne fréquente pas les réseaux sociaux, ça me fait peur.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Entre la liberté d’expression et le droit à la vie privée

Je fréquente peu les réseaux sociaux, ça ne m’intéresse pas. Je fréquente les réseaux sociaux, c’est divertissant et cela satisfait ma curiosité. Je fréquente les réseaux sociaux, c’est un outil intéressant pour rencontrer des gens. Je suis très actif ou active sur les réseaux sociaux, c’est une priorité dans ma vie.

2.

a Avez-vous déjà été impliqué dans un acte de cyberintimidation ? En avez-vous déjà été témoin ? Comment avez-vous réagi ?

b Quelles options ou actions sont possibles dans le cas d’intimidation sur Internet ?

3. Quelles sont les limites de la liberté d’expression dans Internet ?

Ici ET

ailleurs

Selon une enquête menée au Canada en 2009, au moins un adolescent sur trois dit avoir déjà été victime d’intimidation ou de cyberintimidation ; 73 % des victimes ont reçu des courriels ou des textos menaçants ou agressifs.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 68

68

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les technologies de surveillance sont présentes partout dans votre environnement. Il est possible de retrouver quelqu’un à partir de son téléphone cellulaire ou des achats faits avec sa carte bancaire ; des caméras de surveillance sont installées dans les aéroports, sur les routes et probablement dans votre école ; des banques de données stockent des informations sur les achats, les publications ou même les recherches que vous faites sur Internet pour connaître vos habitudes et vos préférences. Aujourd’hui, les avancées technologiques permettent même de commercialiser à bas prix des drones, ces petits objets volants télécommandés, qui ont servi au départ à des fins militaires, mais qui sont aussi de formidables outils de surveillance. Tout un défi pour le droit à la vie privée !

LA JUSTICE CHAPITRE 3

Le droit à la vie privée et les technologies de surveillance

4. Quels sont les effets positifs de la présence des technologies de surveillance ?

5. Quels sont les enjeux éthiques que soulèvent les technologies de pointe ?

6. Et si l’on pouvait utiliser ces informations contre vous ? a Sur un réseau social, vous avouez avoir bu de l’alcool avant de prendre le volant. Serait-il juste que votre permis de conduire vous soit retiré ? Oui 

  Non 

b Une photo de vous à une soirée est publiée alors que vous avez dit à votre employeur que vous étiez malade. Serait-il juste que vous soyez réprimandé ? Oui 

  Non 

7. Si vous pouviez, sans être vu, espionner électroniquement n’importe qui ou n’importe quoi, le feriez-vous ? Pourquoi ?

Ça m’intéresse ! À quel point les nouvelles technologies envahissent-elles votre vie ? Lancez-vous le défi de ne pas utiliser Internet pendant 24 heures, ou même une semaine, et observez les effets que cela produira !

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 69

69

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Imaginez un monde où chaque être humain serait respecté dans ses droits et qui, par le fait même, respecterait les droits de l’autre. C’est l’idéal sur lequel est fondée la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME « L’Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des États Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des enjeux de justice dans le monde

Article premier Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Article 2 1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. 2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté. […] »

Enfants dans un camp de réfugiés en Haïti après le tremblement de terre de 2010.

Source : ONU, « Déclaration universelle des droits de l’homme », [En ligne], 2016.

Les Casques bleus de l’ONU apportent leur aide lors de grandes catastrophes naturelles.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 70

70

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le droit d’asile et de résistance à l’oppression 

Le droit à la liberté physique (interdiction de l’esclavage, de la torture et de l’emprisonnement sans raison) 

Le droit à la liberté d’opinion et d’expression 

Le droit d’avoir une nationalité et de circuler librement dans son pays 

Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion 

Le droit de se marier et de fonder une famille 

Le droit au travail et au repos 

LA JUSTICE

Le droit à la vie 

CHAPITRE 3

Avec ses 30 articles, la Déclaration universelle des droits de l’homme fait un inventaire détaillé des droits et libertés de la personne, entre autres :

Le droit à l’éducation  Le droit à la vie privée  Le droit à un niveau de vie suffisant  Le droit à la propriété privée  Le droit de grève  Le droit de vote  Le droit à la paix Le droit de réunion pacifique 

1.

Croyez-vous que tous les droits ont une égale importance ? Si ce n’est pas le cas, selon vous, quels sont les plus importants ? Cochez-les dans la liste.

2. Choisissez deux droits contenus dans la Déclaration

+ p. 208

Info

universelle des droits de l’homme et posez une question éthique pour chacun, inspirée par les enjeux qu’ils soulèvent.

Une école en Thaïlande.

Droit :  Question éthique soulevée : 

Droit :  Question éthique soulevée : 

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 71

71

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


Les droits de l’homme comme justice universelle ?

Justice universelle  À RETENIR

Conception de la justice fondée sur le respect des droits de la personne partout dans le monde. Également, en droit, la justice universelle est la possibilité pour un pays d’engager des poursuites judiciaires contre un criminel, peu importe où le crime a été commis, et sans considérer sa nationalité ou celle de ses victimes. Cette mesure légale sert à empêcher que des crimes graves (crimes de guerre, crimes contre l’humanité) restent impunis.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Est-il possible d’élever les droits et libertés énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme comme critères de justice partout dans le monde ?

LES DROITS DE L’HOMME DANS LE MONDE « Les droits de l’homme sont violés partout dans le monde, à des degrés divers, à plus ou moins grande échelle, avec plus ou moins de cynisme. Mais, ce qui est sans doute plus inquiétant, c’est la revendication chaque jour moins voilée de “spécificités culturelles” qui dispenseraient des gouvernants de la respecter. Plusieurs pays d’Asie, de nombreux États musulmans et certains pays africains déclarent en effet dans les forums internationaux que les droits de l’homme ne sont pas compatibles avec leurs traditions ou qu’ils ne pourraient être respectés que très progressivement, en fonction de l’accession au développement. Le respect des droits de l’homme serait, selon une interprétation assez répandue, une sorte de luxe réservé aux démocraties occidentales. Les fondements idéologiques sur lesquels s’appuient ces réserves sont divers : religieux, sociaux, culturels ou simplement politiques. Il s’agit essentiellement de combattre le concept même de droits de l’homme considéré comme une valeur occidentale, inspirant une sorte de néocolonialisme plus ou moins déguisé qui viserait à l’uniformisation de l’idéologie, au détriment des valeurs ancestrales des civilisations non occidentales. Les notions d’égalité et de non-discrimination, qui sous-tendent tous les instruments universels adoptés depuis 1948, seraient donc des concepts “occidentaux”. » Extrait de Philippe TEXIER, « Droits de l’homme », Le dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle, Paris, La Découverte, p. 214-216.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 72

72

La justice

17-07-11 08:52


qu’elles transgressent les droits de l’homme.

CHAPITRE 3

4. Les pays occidentaux ne respectent pas

eux-mêmes toutes les prescriptions de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Donnez-en des exemples.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA JUSTICE

3. Soulignez dans le texte les résistances évoquées par différents pays pour justifier le fait

Protestations pour la fermeture du camp de Guantanamo où ont été, et sont toujours, emprisonnés des individus soupçonnés de participer au terrorisme.

5. Les dirigeants des États peuvent-ils agir lors de situations d’injustice ailleurs dans le monde ? Répondez à cette question en vous aidant des définitions suivantes. Devoir d’ingérence

Droit d’ingérence

Le devoir d’ingérence est l’obligation morale qu’a tout État de veiller à faire respecter le droit humanitaire international, sans pour autant permettre une opération de force. Ce devoir doit être compris comme une obligation de vigilance et d’alerte.

Le droit d’ingérence est le droit accordé à un État d’intervenir dans un autre pays (en outrepassant la souveraineté, l’indépendance de cet État), pour porter secours à des populations dans un cas de violation des droits de la personne. Les opérations d’aide humanitaire alors déployées sont souvent menées par des organisations non gouvernementales (ONG) neutres ou par les Casques bleus de l’ONU.

6. Doit-on en conclure que le respect des principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme est irréalisable, voire utopique ? Pourquoi ?

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 73

73

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


1.

Réunissez-vous en équipe pour discuter et choisir l’un des projets de loi ci-dessous portant sur un enjeu de justice dans la société québécoise.  Un projet de loi pour réglementer la liberté d’expression dans Internet. Un projet de loi pour garantir le droit à la vie privée. Un projet de loi pour assurer un environnement viable.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

Au Québec, le système démocratique veut que ce soit les membres du gouvernement élus qui décident et votent les lois. Chaque année, des jeunes de toute la province ont la chance de participer au Parlement des jeunes. Cette activité a lieu à l’Assemblée nationale ; les participants et participantes deviennent députés et députées d’un jour et vivent le processus politique de la présentation d’un projet de loi. Votre classe est invitée à concevoir un projet de loi sur le thème de la justice.

Le parlement de Québec.

Un autre projet accepté par l’enseignant ou l’enseignante et qui concerne la justice :

2. Procédez à une mise en commun de vos idées en suivant les étapes suggérées dans le tableau.

ÉTAPES

MISE EN COMMUN DES IDÉES

a Formulez une question éthique pour vous aider à y réfléchir.

b Déterminez les enjeux de justice en présence.

c Nommez des repères qui peuvent enrichir votre réflexion.

d Formulez clairement vos

demandes (options ou actions possibles) dans un projet de loi.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 74

74

La justice

17-07-11 08:52


+

Info

b Délibérez afin de choisir la meilleure proposition possible en tenant compte de votre conception de la justice.

p. 230

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

4. Inspirez-vous du modèle suivant pour rédiger la version finale de votre projet de loi.

LA JUSTICE

a Sur quel principe est fondée votre conception de la justice ?

CHAPITRE 3

3.

Considérant que :

La présente loi a pour objet de mettre en œuvre des moyens et des mesures pour :

Nous demandons au gouvernement :

5. Présentez votre projet de loi au groupe. Notez les réflexions et questions de vos pairs qui pourront vous servir à améliorer votre point de vue.

Activité sur le dialogue

+

Info

p. 229

Lisez la mise en situation. Référez-vous aux pistes pour favoriser le dialogue afin de déterminer un point fort de celui-ci et donnez au moins une piste pour l’améliorer. Au cours d’éthique et culture religieuse, nous travaillons beaucoup en collaboration. Notre enseignant ou enseignante accepte que nous formions des équipes avec les personnes de notre choix. Dans mon équipe, nous sommes tous amis et amies, et il y a beaucoup de respect entre nous. Malheureusement, notre travail n’avance pas : nous discutons de tout et de rien avant de nous mettre au travail, si bien qu’il ne reste pas assez de temps pour travailler. Que pouvons-nous faire pour améliorer la situation ?

a Point fort : b Piste pour améliorer le dialogue :

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 75

75

ÉTHIQUE

17-07-11 08:52


En résumé

XXdéfinir des termes associés à la justice : injustice, droit, loi, équité, égalité, mérite ;

XXnommer différentes façons de concevoir la justice : réparatrice, corrective, distributive, sociale ;

DANS CE CHAPITRE, VOUS AVEZ RÉFLÉCHI

équité, mérite, respect de la personne ;

DE CONCEVOIR LA JUSTICE

XXexpliquer comment la façon de concevoir

ET SES PRINCIPES À PARTIR DE QUESTIONS ET D’ENJEUX QUE CE SUJET

la justice influence les réponses données aux questions de justice des individus et des sociétés.

SOULÈVE. À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

XXnommer des principes de justice : égalité,

À DIFFÉRENTES FAÇONS

Égalité    Corrective    Droit    Équité    Loi Réparatrice    Mérite    Distributive    Injustice

Des conceptions

Des principes

LA JUSTICE



 Il est juste que le fautif soit responsable de ses actes et qu’il répare ses fautes.

Être juste, c’est traiter chaque personne de façon identique.

 Qui est contraire à la justice, qui n’est pas conforme au droit.

 Être juste, c’est compenser les inégalités pour que chaque personne ait les mêmes chances.

 Il est juste que chaque individu soit traité de la même façon.

 Ensemble des règles que se donne une société pour régir les rapports sociaux.



 Il est juste que chaque personne soit traitée selon ses besoins.

Sociale

Être juste, c’est accorder à chaque personne ce qui lui est dû.

 Prescription ou obligation légale imposée à tous les membres d’une société.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 76

Respect de la personne Être juste, c’est respecter la dignité et les droits de chaque être humain.

Une répartition équitable assure l’égalité des droits et devoirs de chaque membre d’une société.

76

La justice

17-07-11 08:52


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Malgré les chartes, les lois et l’idéal de justice sur lequel tous s’entendent, pourquoi tous les êtres humains n’ont-ils pas les mêmes droits en réalité ?

LA JUSTICE

1.

CHAPITRE 3

Activité-SYNTHÈSE

2. La société québécoise est-elle plutôt juste

ou plutôt injuste ? Selon une enquête du sociologue Simon Langlois effectuée en mai 2013, 70 % des Québécois répondent « plutôt juste » à cette question et 30 %, « plutôt injuste ». Et vous, qu’en pensez-vous ?

La lenteur du système est souvent critiquée par les victimes.

3. De ce que vous en savez, le système de justice au Québec est-il efficace ? Pourquoi ?

4. Comment la justice contribue-t-elle au vivre-ensemble ?

La justice

4557_ECR_sec4_ch3-F.indd 77

77

ÉTHIQUE

17-07-11 08:53


4 CHAPITRE

ambivalence de l’être humain L’

Qu’est-ce que l’ambivalence de l’être humain ? Les jeunes sont-ils plus susceptibles d’être ambivalents que les adultes ?

Quelles situations peuvent susciter de l’ambivalence ? COMMENT S’EXPRIME-T-ELLE ?

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 78

17-07-10 15:41


«

Prendre une décision lorsqu’on a la conscience troublée, c’est comme conduire une voiture dans le brouillard. Plus la visibilité est réduite, plus le risque d’accident s’élève.

»

Jean-François Malherbe, philosophe belge, 1950-2015

La raison et la passion

Des origines

La vérité et le mensonge Le bien et le mal

p. 81

Dans les sentiments p. 84

L’ambivalence de l’être humain

La moralité, l’immoralité, l’amoralité

Des expressions Dans les jugements p. 86

Dans les comportements p. 90

L’ambiguïté de l’agir humain p. 94

Réfléchissons à ces questions à partir de différentes expressions de l’ambivalence de l’être humain.

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 79

17-07-10 15:41


L’ambivalence sous toutes ses formes © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’être humain est un être complexe qui a parfois de la difficulté à faire preuve de cohérence entre ses actions, ses sentiments et ses idées. C’est dans ces situations qu’on dit qu’il éprouve de l’ambivalence. À l’origine de l’ambivalence de l’être humain, on trouve souvent certains éléments qui, lorsqu’ils sont présents dans un même contexte, sont très difficiles à concilier : la raison et la passion, la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la moralité, l’immoralité et l’amoralité.

Ambivalence À RETENIR

Du latin ambo qui signifie « les deux à la fois » et valere, qui veut dire « valoir, avoir de la valeur ». L’ambivalence fait référence à l’état d’une personne qui éprouve en même temps deux sentiments différents ou contradictoires vis-à-vis d’un même objet.

Cohérence

L’ambivalence peut se vivre et s’exprimer de différentes façons : • dans les sentiments : ce que nous ressentons intérieurement, nos émotions ; • dans les jugements : quoi penser, que décider, comment affirmer nos choix ; • dans les comportements : que faire, les gestes à accomplir.

1.

À partir de la définition de l’ambivalence, déterminez si les exemples suivants sont des expressions de l’ambivalence. Répondez par OUI ou NON et justifiez votre réponse.

© iStock/Meriel Jane Waissman

Absence de contradiction, harmonie entre les divers éléments.

a Après le divorce de mes parents, j’ai détesté mon père, parce que je croyais qu’il

nous avait abandonnés. Aujourd’hui, je comprends mieux les raisons qui l’ont poussé à partir de la maison et je l’aime autant qu’avant.

b Mon frère et moi, nous nous disputons continuellement. Je l’aime, mais je ne supporte pas sa présence.

2. Avez-vous déjà vécu ou été témoin de comportements qui exprimaient de l’ambivalence ? Si oui, donnez des exemples.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 80

80

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:41


Dans certains cas, dire la vérité entraîne des conséquences négatives alors que mentir, même si c’est un comportement considéré comme moralement inacceptable, pourrait éviter les problèmes. Que penser des mensonges blancs, quand taire la vérité pourrait être la solution ?

Le bien et le mal

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

© iStock/alashi

La vérité et le mensonge

Vous connaissez peut-être l’expression « un mal pour un bien » ? L’ambivalence peut se vivre lorsque ce qu’il faut faire s’oppose à ce qui est considéré comme moralement convenable. Est-il acceptable de faire quelque chose de mal (emprisonner une personne contre son gré) pour un bien (protéger son entourage) ? Que dire des situations où l’on agit bien (respecter les règles), mais qui ont un effet négatif (perpétuer l’injustice) ? Entre en jeu la conscience morale, c’est-à-dire la faculté de discerner le bien du mal.

© iStock/Nlshop

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Une situation où la tête et le cœur s’opposent, où la décision logique à prendre n’est pas celle qui nous fait envie. Par exemple, l’achat d’un objet exagérément cher, dont on n’a pas besoin, mais pour lequel on a eu un réel coup de cœur.

CHAPITRE 4

La raison et la passion

La moralité, l’immoralité et l’amoralité La société dans laquelle nous vivons nous dicte des règles de conduite. Ce sont des normes morales qui guident nos actions et qui peuvent être différentes d’une société à l’autre.

À RETENIR

Moral Du latin mores, qui signifie « mœurs ». Qui concerne les règles de conduite (valeurs, principes moraux) en usage dans une société et qui est conforme à ces règles admises comme justes (avoir le sens moral, discerner le bien du mal).

Immoral Qui agit contrairement à la morale établie ; qui est contraire aux bonnes mœurs, aux normes morales de la société.

Amoral Qui est indifférent aux règles de la morale ou qui les ignore ; qui ne fait aucune distinction entre le bien et le mal, qui n’a pas de conscience morale.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 81

81

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Ambivalence et adolescence

DE L’ADOLESCENCE ET DES ADOLESCENTS « L’adolescence s’entend communément comme une phase de transition ; c’est la période qui succède à l’enfance et précède l’âge adulte. L’adolescent n’est plus un enfant mais pas encore un adulte. Cela laisse suggérer l’origine des difficultés, ambivalences ou conflits qui prennent tout leur sens sous le concept de “crise d’adolescence”. L’adolescence est teintée d’ambivalence, de doutes et d’incertitudes. C’est une période de transformations, de changements. L’adolescent est nostalgique de son enfance mais veut la quitter. Cette ambivalence est source de tensions et d’inquiétudes. L’adolescent est “à fleur de peau” et se sent vulnérable. L’adolescence est vue comme le cheminement vers l’indépendance et l’autonomie. Ce caractère transitoire, qui se manifeste par un éloignement progressif de la cellule familiale, explique sans doute nombre de comportements apparemment contradictoires, correspondant en fait à une double motivation. Aspirant à la liberté et à l’autonomie, mais ayant toujours besoin de l’affection et de la protection de ses parents, l’adolescent oscille entre une attitude de révolte et de soumission, entre un désir de toute-puissance et un sentiment d’impuissance.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’ambivalence est vécue à toutes périodes de la vie et par tous les êtres humains. À tout moment, une situation suscitant des sentiments contradictoires peut provoquer en nous des doutes et des questionnements. L’adolescence, désignée comme une phase de transition et de changements, est aussi une période propice à l’expression de l’ambivalence.

L’adolescent vit aussi une période de changements physiques liés à la puberté et qui vont le perturber. C’est un moment de découverte de soi, de son corps, de quête d’identité et d’exploration du monde, des autres, des lieux… En résumé, l’adolescence, période de remaniements importants, est le temps de tous les possibles. » Caroline SAHUC, L’adolescent et la violence, Levallois-Perret, Studyparents, 2006, p. 10-11.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 82

82

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

4. Quelles sont les origines de l’ambivalence à l’adolescence ?

5.

a Dans le texte, surlignez les sentiments qui sont en conflit à l’adolescence.

CHAPITRE 4

b Ajoutez vos propres exemples d’ambivalence à l’adolescence.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

3. Expliquez pourquoi la période de l’adolescence favorise l’expression de l’ambivalence.

6. Les jeunes sont-ils plus ou moins ambivalents que les adultes ? Regroupez-vous en équipe

+

pour en discuter.

Info

a Amorcez la discussion en parlant des idées de l’auteure. Que vous inspirent les phrases suivantes ? Êtes-vous en accord ou en désaccord ? Pourquoi ? Cela laisse suggérer l’origine des difficultés, ambivalences ou conflits qui prennent tout leur sens sous le concept de “crise

« L’adolescent est “à fleur de peau” et se sent vulnérable. »

  b Les adolescentes et adolescents sont-ils plus ou moins ambivalents que les adultes ? Discutez-en et exprimez, en quelques mots, votre point de vue sur cette question éthique.

Ici ET

ailleurs

Il y a des adolescentes et des adolescents partout dans le monde, 1,2 milliard sur la planète. Pourtant, l’adolescence ne se vit pas de la même façon partout comme le montrent ces quelques statistiques tirées d’un rapport de l’Unicef en 2011. ★★ Dans les pays en développement, sauf en Chine, une adolescente sur trois est mariée avant ses 18 ans. ★★ Près de la moitié des adolescents et adolescentes dans le monde ne fréquentent pas un établissement scolaire. ★★ Le tiers de tous les nouveaux cas de VIH (virus pouvant causer le sida) dans le monde concerne des jeunes de 15 à 24 ans.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 83

83

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


1.

Dans le tableau suivant, associez chaque sentiment à l’une des définitions de l’encadré ci-dessous. Dans la dernière colonne, ajoutez un exemple qui illustre cette situation d’ambivalence des sentiments. Définitions des sentiments 1. Plaisir qui résulte de l’accomplissement de ce que l’on attend ou de ce que l’on désire. 2. Sentiment pénible provoqué par une faute commise, par une humiliation. 3. Vive hostilité qui porte à souhaiter du mal à quelqu’un.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Quoi de plus complexe que le monde des sentiments ? Il nous arrive même parfois d’éprouver des sentiments opposés simultanément ; c’est l’ambivalence des sentiments.

© iStock/bymuratdeniz

L’ambivalence dans les sentiments

4. Sentiment très intense, attachement entre deux personnes. 5. Sentiment d’orgueil, de satisfaction légitime de soi. 6. Tension créée par un obstacle qui empêche un individu d’atteindre un but ou de réaliser un désir.

SENTIMENT a Honte

b Fierté

c Satisfaction

d Frustration

e Amour

f Haine

NUMÉRO

EXEMPLE La fierté d’avoir obtenu une bonne note lors d’un travail d’équipe, mais la honte d’y avoir peu ou pas participé, donc de ne pas la mériter.

La satisfaction de s’être bien préparé à une évaluation, mais la frustration face au résultat.

L’attachement profond ressenti pour un ami ou une amie, mais la colère devant son choix de consommer de la drogue.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 84

MON EXEMPLE

84

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Marianne et moi sommes amies depuis plusieurs années. Je l’admire beaucoup. Elle réussit tout ce qu’elle entreprend, tant dans les matières scolaires que dans les sports ou la musique. Je suis fière d’être sa meilleure amie. En même temps,

La fierté 

La jalousie 

La honte 

   L’humilité 

L’affection 

   La haine 

La frustration  L’envie 

b En quoi s’agit-il d’ambivalence des sentiments ?

3.

a Formulez une question éthique qui vous permettra de réfléchir sur le thème de la vengeance.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

a Dans la situation ci-dessous, cochez les sentiments éprouvés par l’amie de Marianne.

CHAPITRE 4

2.

Vous êtes le souffre-douleur de X depuis des années. Vous apprenez à son sujet

Question éthique 

b En quoi s’agit-il d’ambivalence des sentiments ?

4.

a De quelle façon peut-on vivre de l’ambivalence des sentiments dans la situation suivante ?

Un de vos proches va mourir dans quelques mois s’il ne reçoit pas une transplantation de rein. Vos chances de survie à l’opération sont excellentes En 2015, selon des statistiques de Transplant Québec, 856 personnes vivaient en attente d’une greffe (613 pour un rein) et 507 personnes en ont reçu. Les organes provenaient de 172 personnes décédées et de 55 donneurs vivants.

b Que feriez-vous ? Votre réponse serait-elle différente si l’opération était risquée ?

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 85

85

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Un individu est ambivalent dans ses jugements lorsqu’il est impliqué dans une situation où il ne peut avoir une vision claire de ce qu’il doit faire pour résoudre un problème.

Juge et partie Une expression populaire dit qu’« on ne peut à la fois être juge et partie ». En effet, l’ambivalence dans les jugements vient souvent du fait que nous sommes personnellement impliqués dans la situation, du point de vue personnel, familial ou affectif. Que nous sommes à la fois la personne qui doit décider (le juge) et l’une des parties en cause. Nous sommes en conflit d’intérêts, ce qui trouble notre conscience. Pourtant, c’est avec cette conscience morale troublée que nous devons prendre une décision déjà difficile. Donc, l’ambivalence est d’autant plus présente. Dans ces moments, nous regrettons de ne pas pouvoir prendre le temps de clarifier notre conscience, mais le temps presse. Selon le philosophe belge Jean-François Malherbe (1950-2015), « prendre une décision lorsqu’on a la conscience troublée, c’est comme conduire une voiture dans le brouillard. Plus la visibilité est réduite, plus le risque d’accident s’élève.»

1.

+

Info

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’ambivalence dans les jugements

Soulignez l’analogie utilisée dans le texte pour exprimer l’ambivalence dans les jugements.

2. Quel contexte explique que nous ayons la conscience troublée ?

Surlignez la phrase

dans le texte.

3. Dans le contexte scolaire, l’autoévaluation est une situation qui exige d’être à la fois juge et partie. Croyez-vous alors possible de porter un jugement objectif ?

À RETENIR

Objectivité Impartialité ; ce qui ne fait pas intervenir d’éléments affectifs ou personnels dans ses jugements.

Subjectivité Partialité ; ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun et chacune.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 86

86

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Lawrence Kohlberg est un célèbre psychologue américain qui a élaboré une théorie sur le développement moral en soumettant ses sujets à des dilemmes moraux comme le « dilemme moral de Heinz ». Le dilemme de Heinz La femme de Heinz est très malade. Elle peut mourir d’un instant à l’autre si elle ne prend pas un médicament X. Or, celui-ci est hors de prix et Heinz ne peut pas le payer. Ce dernier se rend néanmoins chez le pharmacien et lui demande le médicament, ne fût-ce qu’à crédit. Le pharmacien refuse. Que devrait faire Heinz ? Laisser mourir sa femme ou voler le médicament ? En s’attardant surtout aux raisons qui justifiaient leur jugement pour résoudre le dilemme, Kohlberg a dégagé six stades du développement moral : du stade 1, où le sujet porte un jugement en cherchant surtout à éviter une punition (par exemple, ne pas aller en prison) au stade 6, où le sujet est influencé par les principes moraux universels dans son jugement (par exemple, placer la dignité humaine au-devant des règles sociales).

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

LAWRENCE KOHLBERG (1927-1987)

CHAPITRE 4

Tête-à-tête avec…

Kohlberg détaille chacun des stades pour les diviser en trois grands niveaux (deux stades par niveau) : le niveau « préconventionnel » (la plupart des enfants de moins de 10 ans se situent à ce niveau), le niveau dit « conventionnel » (la majorité des adultes) et le niveau « postconventionnel » (20 % à 25 % des adultes atteignent ce stade). Plus tard, il ajoutera à sa théorie un stade 7, où le sujet prend en compte des considérations méta-éthiques pour porter son jugement (par exemple, pourquoi cette action peut-elle être considérée comme une action morale dans cette situation ?).

4. Quels sont les valeurs et les sentiments en conflit dans le dilemme de Heinz ?

+

Info

5. Quel est votre point de vue sur ce cas de conscience ? Expliquez-en les raisons.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 87

87

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Les dilemmes éthiques

Conflit de valeurs À RETENIR

Situations où les valeurs et les principes entrent en opposition et rendent les décisions difficiles.

Dilemme Choix qu’il faut faire entre deux possibilités qui s’excluent mutuellement ou qui comportent l’une et l’autre des inconvénients.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Un dilemme éthique, ou un cas de conscience, survient lorsqu’une personne est placée dans une situation où elle vit un conflit entre deux valeurs auxquelles elle tient et que son jugement est partagé. Ces situations provoquent des conflits de valeurs. Elles nécessitent que l’on porte un jugement de valeur sur ce qui serait juste ou injuste de faire, ou encore bien ou mal, dans une circonstance donnée.

COMMENT ABORDER UN DILEMME ÉTHIQUE ? « Une chose qui a de la valeur est supérieure à d’autres sous certains aspects, elle est désirable, elle a de l’importance. Dire qu’une chose a de la valeur suppose donc de l’évaluer et de la comparer avec d’autres. […] Face à un dilemme éthique où des valeurs s’opposent, on essaie d’ordonner celles-ci en fonction de leur importance. Cet exercice s’appelle la hiérarchisation des valeurs. Il s’agit d’une étape essentielle pour tenter d’identifier la bonne action à poser : la meilleure solution au dilemme cherchera à concilier les valeurs selon leur ordre de priorité. […] Dans la solution d’un dilemme, la valeur ou le principe primordial occupe la place centrale. Mais la ou les autres valeurs ne sont pas mises de côté pour autant : on cherche aussi à les promouvoir dans la mesure du possible. Il arrive toutefois que l’on ait affaire à un choix binaire où la conciliation est irréalisable. Dans ce cas, seule la valeur primordiale sera retenue. Il arrive également qu’on ne parvienne pas à hiérarchiser les valeurs : il s’agit alors de négocier un compromis entre celles-ci. L’éthique conduit donc à se demander « quels sont les valeurs et principes les plus importants ? et pourquoi ? ». Répondre à ces questions permettra de faire face aux dilemmes éthiques que l’on rencontre, et possiblement de les solutionner. » Commission de l’éthique en science et en technologie, « Comment aborder un dilemme éthique », [En ligne], 2016.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 88

88

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


a Formulez une question éthique pour vous aider à réfléchir sur cette situation.

+ 207,

Info

b Quels sont les conflits de valeurs dans cette situation ?

p. 208 et

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c Quelles valeurs sont les plus importantes et pourquoi ? Toute la vérité ?

La dénonciation

Vous apprenez que l’amoureux ou l’amoureuse de votre ami ou amie lui est infidèle. Comment réagissezvous ?

Votre école a été victime de vandalisme. Vous connaissez les coupables. Les dénoncez-vous à la direction ?

L’affirmation de soi

Juge et partie

À un dîner, des amis se mettent à dire du mal d’une personne absente. Vous avez une autre opinion de cette personne. La défendrez-vous ?

Vous êtes en voyage avec votre père et votre meilleur ami et ils se font piquer par des insectes venimeux. Vous ne possédez qu’une seule dose d’antidote. Que faites-vous ?

  DILEMME

QUESTION ÉTHIQUE

CONFLIT DE VALEURS

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

des dilemmes éthiques. Ensuite, débattez de vos idées en équipe.

CHAPITRE 4

6. D’abord de façon individuelle, répondez aux questions suivantes pour chacun

LA VALEUR PLUS IMPORTANTE

Toute la vérité ?

La dénonciation

L’affirmation de soi

Juge et partie

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 89

89

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Chaque jour, souvent sans en avoir conscience, nous agissons en suivant des règles. Nous nous lavons, nous brossons les dents et enfilons des vêtements avant de sortir dans la rue. Ce sont des règles d’hygiène et de bienséance dans notre société. Par ailleurs, certaines situations nous obligent à nous questionner sur le bon comportement à adopter, sur ce qui est moralement acceptable dans ce contexte et la réponse n’est pas toujours claire, d’où l’ambivalence dans les comportements.

1.

Associez les exemples à leur type d’action : morale, immorale ou amorale.

a Voler un objet au centre commercial.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’ambivalence dans les comportements

action morale

b Respecter les autres et leurs biens. c Tricher à un examen.

action immorale

d Un lion tue une antilope. action amorale

e Participer à des œuvres caritatives.

Le vol Vous connaissez certainement la légende de Robin des Bois. Voleur au grand cœur, il aurait détroussé les plus riches pour donner aux plus pauvres. Dans certaines conditions, le vol peut-il devenir un acte moral ? Comme vous y avez réfléchi dans la partie sur le dilemme de Heinz, dans certains contextes, voler le bien d’autrui peut susciter de l’ambivalence.

2.

a Voleriez-vous de l’argent à quelqu’un de riche si vous étiez

sûr de ne pas vous faire prendre et que vous pensiez que ce soit le seul moyen de subvenir aux besoins de votre famille ?

Robin des Bois, surnommé le prince des voleurs.

b Comment qualifieriez-vous cette action : morale ou immorale ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 90

90

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


3.

a Vous avez un accident de voiture. Vous, vous n’avez rien, mais l’autre voiture est

endommagée. Vous redoutez la réaction de vos parents, car si vous vous arrêtez, vous devrez les prévenir. Que faites-vous ?

b Vous traversez un quartier désert en voiture et heurtez un chien. Vous arrêtez-vous pour lui porter secours ?

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Si vous conduisez un véhicule et que vous provoquez un accident, la loi vous oblige à demeurer sur les lieux de la collision ou à y retourner immédiatement après et à apporter l’aide nécessaire à toute personne qui a subi un préjudice.

CHAPITRE 4

Le délit de fuite

4. Quelle question éthique une situation de délit de fuite soulève-t-elle ?

La tricherie La tricherie est une action immorale. Dans un souci d’équité et de justice, elle doit être dénoncée. L’individu qui triche doit être sanctionné pour avoir enfreint les règles et les normes sociales.

5.

a Si vous pouvez tricher à un examen en ayant l’assurance que vous ne serez pas pris ou prise, le faites-vous ?

b Si vous voyez un élève de la classe qui triche, le dénoncez-vous ? Le faites-vous aussi s’il s’agit d’un ou une amie ?

c Si vous avez copié intégralement une phrase tirée d’un livre dans un travail scolaire et que vous n’en avez pas indiqué la source, avez-vous triché ? Pourquoi ?

6. Quelle est l’origine de l’ambivalence dans une situation de tricherie ?

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 91

91

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Les sportives et sportifs de haut niveau sont des individus qui cherchent à se dépasser et à accomplir des exploits en se mesurant aux plus grands athlètes de leur discipline. Entre leur passion pour le sport, pour la compétition, et leur raison, leur capacité de juger ce qui est juste, bien et bon pour eux, se loge tout le sens de l’ambivalence. Pourtant, lorsque les athlètes trichent en se droguant, ils savent qu’ils se font du tort parce que ces produits peuvent avoir des effets nocifs sur leur santé : effets physiques (cancer, blessures) et effets psychologiques (augmentation de l’agressivité, instabilité de l’humeur). Par ailleurs, certains sont prêts à subir ces conséquences, allant jusqu’à réduire leur espérance de vie, pour atteindre leurs objectifs vers la victoire. Évidemment, les compétiteurs qui participent aux épreuves sans se droguer sont pénalisés. Augmenter ses performances grâce à un produit illégal, c’est un avantage injuste sur ceux et celles qui n’en prennent pas et respectent les règles en vigueur. Leur carrière entière est mise en jeu. En plus, le dopage nuit à l’image de leur sport et du sport en général, qui encourage des valeurs comme l’esprit d’équipe, l’effort et le dépassement.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le dopage sportif

Ainsi, les athlètes qui se droguent font du tort à leur entourage, aux personnes qui les soutiennent et même à leur pays, bref à tous ceux qui les ont appuyés et motivés dans leur parcours. Dans certains cas, ces supporteurs font peut-être partie du problème. Les athlètes ressentent beaucoup de pression pour gagner, obtenir des commanditaires et contenter leurs entraîneurs. Pour parvenir à satisfaire leurs attentes, et parfois sous l’influence de personnes qui font figure d’autorités, ils et elles accepteront de se doper. Est-ce le prix à payer pour gagner ?

Ici ET

ailleurs

Le Canada respecte les conventions internationales qui tentent de gérer les pratiques de dopage dans le monde. Le dopage dans le sport est donc illégal au Canada. Et ailleurs ? À l’été 2016, la preuve a été faite dans le rapport McLaren (du nom de Richard McLaren, un professeur de droit canadien) que le dopage était généralisé chez les athlètes russes aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en 2014 et que l’État russe était complice d’un système organisé pour échanger les échantillons testés positifs.

7. Quelles sont les tensions ou les valeurs en conflit dans le cas du dopage sportif ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 92

92

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


a pendant son entraînement :

entre la confiance et le doute

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b face à son entraîneur qui lui conseille

entre la fierté et la honte

d’utiliser des produits dopants :

entre le dépassement de soi et la peur de ses limites

c devant sa médaille ou sa victoire :

9.

Doit-on considérer ces athlètes comme des victimes ou bien, au contraire, les tenir responsables de leurs décisions ?

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

Associez les sentiments contradictoires éprouvés par l’athlète qui se drogue dans différents contextes :

CHAPITRE 4

8.

10. En tant que spectateur ou spectatrice, préféreriez-vous

regarder des Jeux olympiques interdisant toutes substances dopantes, ou bien autorisant tous les athlètes à utiliser les équipes médicales pour accroître leurs performances ? Pourquoi ?

11.

Certains individus prennent des substances dopantes qui engendrent des risques pour la santé dans le seul but d’améliorer l’apparence de leur corps. Quelles questions cela soulève-t-il ?

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 93

93

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Des ambiguïtés de l’agir humain © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

« Fais ce que je dis, pas ce que je fais » ou « Ce que tu es parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis » ou encore « Les bottines ne suivent pas les babines » sont certainement des adages que vous avez déjà entendus ! Ils illustrent bien l’ambiguïté de l’agir humain.

Ambiguïté À RETENIR

Qui présente deux ou plusieurs sens possibles, dont l’interprétation est incertaine et peut appeler des jugements contradictoires.

Dualité  Caractère ou état de ce qui est double en soi ; coexistence de deux éléments de nature différente ; qui joue deux rôles.

Un pays défenseur des droits de l’homme qui les enfreint selon ses intérêts © iStock Photo/Alex Potemkin

La prison de Guantánamo est un bon exemple de l’ambiguïté de l’agir humain. Elle a été créée en 2002 à Cuba par le président des États-Unis, George W. Bush, dans le cadre de la guerre au terrorisme afin d’y incarcérer les talibans et les militants présumés d’Al-Qaïda. Depuis l’ouverture de la prison, environ 760 prisonniers originaires de 42 pays y ont été détenus. Au fil des ans, 85 % d’entre eux ont été transférés vers d’autres prisons à l’étranger. Certains, comme le citoyen canadien Omar Khadr, ont même été libérés. En 2008, lorsque Barack Obama est devenu président, il a promis de fermer la prison, qui comptait toujours 242 détenus. Selon lui, l’existence de celle-ci donnait des arguments aux ennemis des États-Unis, qui pouvaient dire que c’était un pays qui prônait les droits de la personne, mais qui ne les respectait pas. Huit ans plus tard, en 2016, il reste toujours 91 détenus à Guantánamo, dont plus de la moitié sont considérés comme trop dangereux pour être relâchés. Selon Amnistie internationale, la guerre contre le terrorisme incite des États à avoir recours à des pratiques depuis longtemps interdites par le droit international, telles que la torture, les mauvais traitements et la détention préventive d’une durée indéterminée des suspects. Les États justifient ces pratiques au nom de la sécurité nationale. En effet, depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis et l’Europe ont ouvertement soulevé la question : le respect des droits de l’homme doit-il céder la place à la nécessité de protéger la population contre les risques d’attentat terroriste ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 94

94

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


1. « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. »

1.

Formulez une question éthique se rapportant à cette situation.

+

Info

CHAPITRE 4

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

ONU, « Déclaration universelle des droits de l’homme », [En ligne], 2016.

2. Quels repères ou quelles valeurs y sont en conflit ?

3.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

ARTICLE 11 DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

a Quel droit est défendu par les États-Unis ?

b Quel droit est défendu par les partisans des droits de la personne ?

Manifestation d’Amnistie internationale pour la fermeture de la prison de Guantánamo.

4.

En quoi cet exemple illustre-t-il l’ambiguïté de l’agir humain ?

5. Les attentats terroristes se multiplient et touchent plusieurs régions du monde. a Quelle valeur est la plus importante ? Le respect des droits de la personne 

   Le droit à la sécurité des populations 

b Quelle solution pourrait concilier ces deux valeurs ?

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 95

95

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


Le devoir de penser

HANNAH ARENDT (1906-1975) Hannah Arendt est une philosophe allemande d’origine juive. Elle a assisté aux procès nazis en s’interrogeant sur la capacité de l’être humain à faire le mal et à banaliser les effets de ses actions. Devant cette redoutable question, divers travaux, parmi lesquels l’analyse du procès à Jérusalem de l’officier nazi Adolf Eichmann, l’ont conduite à voir dans le devoir de penser la plus significative prévention du mal. On pourrait résumer ainsi son enseignement : « Penser est un devoir. » « Ce qui caractérisait Eichmann, écrit Arendt, ce n’était pas de la stupidité mais une curieuse et authentique inaptitude à penser . […] Nombre de gens croient, […], que nul ne fait le mal volontairement. Malheureusement, objecte Arendt, il est faux que tout le monde veut faire le bien. Mais la triste vérité est que la plus grande part du mal est faite par des gens qui ne se sont jamais décidés à être bons ou mauvais. »

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Tête-à-tête avec…

Chaire UNESCO d’étude des fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique, L’éthique appliquée et les « nouvelles normativités », Jean-François Malherbe, [En ligne], 2016.

6. Quelle solution propose Hannah Arendt pour discerner le bien du mal ? Surlignez-la dans le texte.

7. Répondez par vrai ou faux aux affirmations suivantes. a Selon Hannah Arendt, tout le monde veut faire le bien. Vrai 

   Faux 

b Selon Hannah Arendt, personne ne fait le mal volontairement. Vrai 

   Faux 

c Selon Hannah Arendt, l’inaptitude à penser est le principal problème des individus qui agissent contrairement à la morale. Vrai 

   Faux 

d Nous vivons tous et toutes de l’ambivalence entre le bien et le mal. Vrai 

   Faux 

e Le meilleur moyen pour discerner le bien du mal est de se servir de notre esprit critique. Vrai 

   Faux 

8. Êtes-vous en accord ou en désaccord avec le point de vue d’Hannah Arendt ? Pourquoi ?

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 96

96

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


Plusieurs expériences en psychologie ont été réalisées dans l’histoire pour tenter de percer la complexité de l’être humain, de parvenir à mieux le comprendre. L’une des plus célèbres est celle du psychologue américain Stanley Milgram. Au cours des années 1960, à l’Université Yale, il a mené des recherches expérimentales sur la soumission à l’autorité.

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

STANLEY MILGRAM (1933-1984)

© INTERFOTO/Alamy

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Tête-à-tête avec…

CHAPITRE 4

La soumission à l’autorité

LE PROTOCOLE DE L’EXPÉRIENCE Dans le cadre de ses recherches, Milgram a fait paraître une annonce dans le journal afin de recruter des sujets volontaires, en échange de quelques dollars, pour une expérience scientifique sur la mémoire. La mémoire, ici, bien que nécessaire, ne présente aucun intérêt. L’expérience a plutôt pour but de mesurer la capacité qu’ont les sujets à obéir à l’autorité. Pour la mener à bien, Milgram s’entoure de partenaires qui devront jouer des rôles bien définis, comme le feraient des acteurs. Milgram explique alors aux sujets volontaires qu’une théorie en psychologie soutient que les enfants développent une meilleure capacité d’apprentissage si l’on utilise avec eux des méthodes punitives. L’expérience consiste donc à mesurer scientifiquement, sur des sujets adultes, le dosage idéal de punition à administrer à un sujet pour favoriser son apprentissage. Le sujet volontaire, appelé « moniteur », doit d’abord lire une série de 30 mots, chacun d’eux étant associé à un adjectif. Il doit ensuite donner un mot à la personne qui joue le rôle de l’élève et lui demander de lui redire ce mot, ainsi que celui qui lui est associé, par exemple : pour « jour », l’élève doit répondre « jour frais » ; pour animal, « animal féroce » et pour « œuf », œuf dur. Lorsque l’élève se trompe ou ne connaît pas la réponse, le moniteur doit lui donner une punition qui consiste à lui administrer une décharge de 15 volts. À chaque erreur, le moniteur ajoute 15 volts, jusqu’à un maximum de 450 volts. À ce niveau, le sujet pourrait y perdre la vie et les élèves sont informés de ce danger. Évidemment, l’étudiant en expérimentation est un partenaire et donc un acteur qui feint de souffrir à chaque envoi de décharge électrique. D’ailleurs, aucune décharge véritable ne lui est transmise. Par ailleurs, le moniteur croit véritablement qu’il émet de telles décharges à chaque mauvaise réponse et que, en conséquence, l’élève en souffre.

LE DÉROULEMENT DE L’EXPÉRIENCE Le moniteur commence l’expérience. À la première erreur, il envoie 15 volts, à la deuxième 30 volts, et ainsi de suite. À 165 volts, l’élève s’écrie : « Arrêtez, je refuse de continuer, laissezmoi partir ! » Le moniteur sent alors naître en lui un conflit intérieur entre son devoir de se soumettre à l’autorité scientifique et sa répugnance à faire souffrir une personne. Toutefois, comme le chercheur lui demande de continuer, il augmente le nombre de volts à chaque nouvelle erreur, mais remet en question l’expérience lorsque l’élève se met à crier de douleur. Le chercheur dit alors qu’il prend sur lui toute la responsabilité de l’expérience.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 97

97

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


LES RÉSULTATS DE L’EXPÉRIENCE DE MILGRAM

Après l’expérience, Milgram a questionné les sujets volontaires sur les raisons pour lesquelles ils avaient obéi à ces ordres. Ceux-ci ont répondu qu’ils n’avaient pas à juger de la cruauté de leur acte ou de l’innocence de la victime ; ils ne devaient qu’obéir à l’autorité supérieure. Selon eux, les chercheurs devaient savoir ce qu’ils faisaient. Ils leur ont donc fait confiance. Cette expérience avait pour but de mieux saisir comment les nazis ont pu déporter les Juifs dans des camps de concentration et tuer des millions d’entre eux, hommes, femmes et enfants, sans distinction. L’expérience révèle qu’une majorité de personnes – bien que vivant dans un pays civilisé, dans un système démocratique et dans une culture où l’on reconnaît la liberté de conscience – ont démontré leur capacité à se soumettre à l’autorité même lorsque celle-ci leur donnait des ordres d’une portée en soi injustifiable.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

En moyenne, l’expérience dévoile que plus de 63 % des sujets ont accepté le principe de l’expérience et obéi à l’autorité en infligeant jusqu’à 450 volts à quelqu’un malgré les manifestations de souffrance évidentes de cette personne.

Auschwitz, le plus grand des camps de concentration nazis.

9.

Comment réagissez-vous à la lecture de ce texte ? Mettez-vous à la place du sujet volontaire. Auriez-vous accepté de participer à cette expérience ?

10. Formulez une question éthique se rapportant à cette expérience.

+

Info

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 98

98

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:42


+

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Info

12. Doit-on obéir en tout temps aux personnes en position d’autorité ? Pourquoi ?

13. Milgram a reçu des critiques alléguant que, d’un point de vue moral, son expérience est inacceptable, puisqu’elle est basée sur la tromperie. Qu’en pensez-vous ?

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

Formulez une hypothèse pour expliquer que des personnes qu’on peut supposer intelligentes se soient montrées si dociles.

CHAPITRE 4

11.

14. Quel lien peut-on faire entre les conclusions de l’expérience de Milgram et celles d’Hannah Arendt sur le devoir de penser ?

Ça m’intéresse ! Les expériences en psychologie vous intéressent-elles ? Voici quelques suggestions. ★★ Le jeu de la mort, un documentaire français écrit par Christopher Nick, reprend l’expérience de Milgram dans un contexte de téléréalité. ★★ Le roman La vague, de Todd Strasser, met en scène une expérience sur la soumission à l’autorité dans un contexte scolaire. ★★ L’expérience de Zimbardo (ou l’expérience de Stanford) sur les comportements des individus placés dans une prison a été très controversée. Zimbardo relate lui-même son expérimentation dans son livre L’effet Lucifer. Un film allemand, L’expérience, en est inspiré. ★★ L’expérience de Asch sur le conformisme illustre l’ambivalence de l’agir humain entre l’affirmation de soi et le conformisme (le fait de se fondre dans le groupe).

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 99

99

ÉTHIQUE

17-07-10 15:42


+

Info

p. 230

Vous êtes écrivaine ou écrivain ! Vous devez faire la narration d’une situation d’ambivalence à partir de la phrase suivante, en commençant votre texte par une analogie. « Il était tard dans la nuit, mais je n’avais pas sommeil.

1.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

Pour réaliser que chaque individu est ambivalent, il faut sonder le fond de son être et chercher à comprendre son questionnement intérieur, sa pensée et sa conscience, le lieu où se vit ce qui est ressenti, pensé et réfléchi. C’est souvent dans un bon roman que l’on trouve les plus belles descriptions de ce monde intérieur, construit de sentiments, d’idées, de jugements et de dilemmes. Plusieurs mises en situation vous ont été proposées dans le présent chapitre. À vous de jouer !

Individuellement, faites le plan de votre situation d’ambivalence en suivant les consignes ci-dessous :

a Décrivez une situation qui illustre l’ambivalence dans

les sentiments, les jugements ou les comportements.

b Déterminez les tensions et les conflits de valeurs en présence.

c Présentez les options ou les actions possibles et les effets de cette solution sur la situation.

d Identifiez les valeurs qui sont les plus importantes et justifiez vos choix.

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 100

100

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:43


Notes : 

+

Info

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

3. Produisez une première ébauche de votre texte et faites une vérification de votre brouillon à l’aide de la liste ci-dessous.

LISTE DE VÉRIFICATION

OUI

NON

+/-

a L’analogie est pertinente. b La situation d’ambivalence présente deux sentiments vécus simultanément par rapport à un même objet.

c Les exigences de la narration comme moyen d’élaborer un point

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

en commun de vos idées afin d’améliorer votre histoire.

CHAPITRE 4

2. En équipe, tout en cherchant les conditions favorables au dialogue, faites une mise

de vue sont respectées.

d Le langage utilisé est approprié et démontre ma compréhension des concepts liés à l’ambivalence de l’être humain.

4. Produisez votre texte final au propre. Regroupez vos histoires dans un recueil qui pourra être consulté en classe.

Activité sur le dialogue Associez les exemples suivants au type de raisonnement correspondant.

+

Info

Induction

Déduction

Analogie

Hypothèse

a On reconnaît dans tous les pays occidentaux un droit à la liberté de presse. La France et le Danemark étant des pays occidentaux, la liberté de presse est reconnue dans ces deux pays.

b Je sais que Jérémie vient de manger sa collation en classe. Je vois des miettes de pain par terre. Jérémie doit en être le responsable.

c Pour rester en bonne santé, je me fais vacciner demain contre la grippe. Depuis cinq ans déjà, je reçois ce vaccin et je n’attrape pas la grippe ; le vaccin est donc efficace.

d De même qu’un chat peut voir ce qui l’entoure la nuit, l’intelligence humaine peut reconnaître ce qui est vrai au-delà des préjugés et des stéréotypes.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 101

101

ÉTHIQUE

17-07-10 15:43


En résumé

XXdéfinir des termes associés à l’ambivalence : ambiguïté, cohérence, conflit de valeurs, dualité, moralité, amoralité, immoralité ;

XXnommer des éléments à l’origine de

DANS CE CHAPITRE, L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN. À LA SUITE DE

XXdécrire des situations qui illustrent l’ambivalence de l’être humain dans ses sentiments, ses jugements et ses comportements, ainsi que l’ambiguïté de l’agir humain.

VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts.

Les jugements

Dualité

Conflits de valeurs     Bien et mal     Cohérence     Moralité

 Absence de contradiction, harmonie entre les divers éléments.

Ambiguïté

Les sentiments

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

l’ambivalence : la raison et la passion, la vérité et le mensonge, le bien et le mal, la moralité, l’immoralité et l’amoralité ;

VOUS AVEZ RÉFLÉCHI À

Des expressions

Des origines 

 Qui présente deux ou plusieurs sens possibles. 

Exemples : L’amour et la haine, la satisfaction et la frustration.

et passion

Vérité et 







Situations où les valeurs et les principes entrent en opposition et rendent les décisions difficiles.

Exemples : La vérité et le mensonge, l’affirmation de soi et le conformisme.

 Exemples : Le délit de fuite, la tricherie, le dopage.

 Caractère ou état de ce qui est double en soi.



,

L’ambiguïté de l’agir humain

immoralité, 

ÉTHIQUE

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 102

102

L’ambivalence de l’être humain

17-07-10 15:43


Choisissez dans l’actualité une situation qui illustre l’ambivalence de l’être humain : par exemple, une personne risquant sa vie pour en sauver une autre de la noyade. Présentez ce cas devant le groupe en répondant aux questions suivantes.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

a Décrivez brièvement la situation. b Formulez une question éthique s’y rapportant. c Déterminez les valeurs en présence. d Évaluez l’option choisie en indiquant les effets de cette décision.

2.

a Si votre groupe d’amis et amies vous demandait de faire des gestes immoraux

ou illégaux pour être accepté ou acceptée parmi eux, comment réagiriez-vous ?

L’AMBIVALENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

1.

CHAPITRE 4

Activité-SYNTHÈSE

b Seriez-vous ambivalent ou ambivalente ? Si oui, décrivez l’ambivalence dans cette situation.

c Si vous acceptiez, quelle serait votre responsabilité morale ?

3. Après avoir pris conscience de l’ambivalence de l’être humain, choisissez, parmi

les actions ou options possibles ci-dessous, celles qui favorisent le vivre-ensemble. Développer une plus grande tolérance et de l’ouverture d’esprit. Se mettre à la place de l’autre, démontrer de l’empathie. Reconnaître l’autre comme un être humain qui peut vivre de l’ambivalence. Éviter les jugements hâtifs en favorisant le dialogue. Développer sa conscience morale et l’exercice de sa pensée critique. Ne pas se mêler des affaires des autres en leur disant quoi faire. Réfléchir avant d’agir. Demander conseil à des gens de confiance quand je vis un dilemme.

L’ambivalence de l’être humain

4557_ECR_sec4_ch4_F2.indd 103

103

ÉTHIQUE

17-07-10 15:43


5 CHAPITRE

religions au fil du temps Des

Quels liens existe-t-il entre les religions ? Quels lieux, quels événements et quels personnages ont marqué l’histoire des traditions religieuses ?

Comment les religions ont-elles évolué au fil du temps ? 4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 104

17-07-10 15:42


«

Que chacun aille à Dieu par le chemin qui lui plaît ! Voltaire, écrivain français, 1694-1778

Les spiritualités autochtones

» L’hindouisme

La famille animiste

p. 120

p. 119

Le judaïsme p. 113

La famille abrahamique

Des religions au fil du temps

La famille orientale

Le bouddhisme p. 121

Les nouveaux mouvements religieux

Le christianisme p. 114

L’islam

p. 122

p. 118

Des réflexions sur diverses expressions du religieux vous permettront de prendre conscience que chacune des traditions religieuses a une origine et une histoire marquées par des événements qui sont venus orienter leur trajectoire et consolider leurs croyances sous des principes, des règles et des pratiques spécifiques.

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 105

17-07-10 15:42


Afin de mieux connaître les religions, il faut observer leurs expressions du religieux. Ces éléments, qui s’enracinent et se développent dans un univers social et culturel spécifique, nous donnent de l’information sur le phénomène religieux. En effet, le contexte, l’époque et le milieu de vie influenceront les idées et les croyances des groupes d’êtres humains.

Expression du religieux À RETENIR

Élément observable appartenant à une religion comme les objets, les divinités, les offrandes, les fêtes, les gestes, les rituels, les lieux saints, le nombre de fidèles, les écrits, les symboles et les croyances.

1.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les expressions du religieux

Les symboles sont des expressions du religieux.

a Pour chacun des énoncés de la page qui suit, reproduisez le symbole qui correspond à la description.

b Complétez l’énoncé en indiquant la religion qu’il décrit. c Associez d’autres expressions du religieux liées à cette religion en puisant dans la banque d’exemples ci-dessous.

d Ajoutez ce que vous connaissez de la tradition religieuse dont il est question.

Banque d’expressions du religieux 1. Le dieu Brahma

11. Jérusalem

2. Le pèlerinage à Bodh Gaya

12. La mosquée

3. Soukkôth (la fête des Tentes)

13. Les œuvres de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine

4. La messe du dimanche 5. La shahâda (la profession de foi)

14. Le Notre-Père

6. La cacherout (ensemble des règles alimentaires)

16. La méditation

7. Le Tripitaka (Trois corbeilles)

18. Abraham

8. La Bhagavad-Gita

19. Siddharta Gautama

9. La réforme de Martin Luther

20. Le yoga

15. La bar-mitsva 17. Le baptême

10. La résurrection

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 106

106

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:42


: représente l’ordre socioreligieux

et les enseignements de l’Éveillé (roue de la loi). Expressions du religieux : 

Symbole du

  : évoque le sacrifice de Jésus-Christ,

venu sur terre pour sauver les humains.

CHAPITRE 5

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Ce que j’en sais : 

Expressions du religieux :  Ce que j’en sais : 

Symbole du

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

Symbole du

  : symbolise la protection, en référence

à Dieu qui défend son peuple. Expressions du religieux :  Ce que j’en sais : 

Symbole de

  : syllabe sacrée que les croyants

et croyantes chantent ou prononcent lors des prières. Expressions du religieux :  Ce que j’en sais : 

Symbole de

  : symbolise le calendrier lunaire ;

peut être interprété comme une image du paradis. Expressions du religieux :  Ce que j’en sais : 

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 107

107

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:42


2. Les expressions du religieux peuvent porter sur différents thèmes. Complétez le tableau ci-dessous à l’aide de la banque de thèmes. Les écritures

LES EXPRESSIONS DU RELIGIEUX THÈME

EXEMPLES a Le sentiment d’une présence dans la prière et l’adoration, la solidarité

manifestée lors d’une marche aux flambeaux, la quête de sens pour les pèlerins de Compostelle, etc.

b La fondation et les événements importants ayant marqué les traditions religieuses, des personnages marquants associés à la fondation de la société québécoise, la Réforme et la Contre-Réforme, etc.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’histoire

c La messe, des ablutions, des prières, des pratiques alimentaires et vestimentaires, etc.

d L’influence des institutions religieuses sur la vie en société,

l’influence de certaines communautés religieuses sur les soins de santé et l’éducation, des œuvres pour les démunis, des fêtes basées sur un calendrier religieux, etc.

e Des croyances telles que la résurrection de Jésus, la réincarnation et l’existence du paradis ; des représentations du divin ; des enseignements sur le bonheur et la souffrance, etc.

f Des codes moraux, des interdits, des prescriptions, des valeurs religieuses, des enseignements, etc.

g La Torah, les Évangiles, le Coran, des œuvres qui font référence au religieux ou qui s’en inspirent, comme Notre-Dame de Paris, L’enfant de Noé, etc.

h Des œuvres d’art qui font référence à des écrits, à des personnages, à des symboles ou à des objets religieux ou qui s’en inspirent, comme des films, des sculptures, des pièces musicales, etc.

i La théocratie (État où le pouvoir appartient au chef religieux),

la laïcisation de l’État, l’impact politique de discours prononcés par des chefs religieux, la médiation de leaders religieux dans des conflits internationaux, etc.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 108

108

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:42


Ascète au Népal.

La Torah.

a Thème : 

b Thème : 

Religion : 

Religion : 

Le dalaï-lama devant le drapeau du Tibet.

La création d’Adam, œuvre de Michel-Ange

c Thème : 

d Thème : 

Religion : 

Religion : 

Rassemblement au mur des Lamentations.

Participants à un pow-wow.

e Thème : 

f Thème : 

Religion : 

Religion : 

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 109

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

votre réponse et déterminez quelle religion est illustrée.

CHAPITRE 5

3. Pour chaque image, indiquez le thème de l’expression du religieux représentée. Justifiez

109

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:42


4. Situez sur la carte le lieu de naissance de chacune des traditions religieuses en dessinant

leur symbole dans la bonne région du monde. Consultez un atlas ou une carte du monde au besoin.

LIEU

SYMBOLE

Judaïsme

Chaldée en Mésopotamie (Irak)

Christianisme

Palestine

Islam

La Mecque et Médine

Hindouisme

Vallée de l’Indus

Bouddhisme

Nord de l’Inde

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

RELIGION

LES RELIGIONS DANS LE MONDE

EUROPE ORIENTALE

AMÉRIQUE DU NORD

EUROPE OCCIDENTALE

ASIE CENTRALE

ASIE ORIENTALE

MOYEN-ORIENT AFRIQUE DU NORD

ANTILLES AMÉRIQUE CENTRALE

OCÉAN PACIFIQUE

OCÉAN ATLANTIQUE

Religion dominante par pays : Christianisme catholique protestant orthodoxe Islam chi’ite sunnite ibadite

ASIE DU SUD-EST

AFRIQUE ORIENTALE AMÉRIQUE DU SUD

OCÉAN INDIEN AUSTRALIE - OCÉANIE

AFRIQUE AUSTRALE

Hindouisme Bouddhisme Religions traditionnelles chinoises Animisme et croyances locales Judaïsme

0

2000

4000

kilomètres

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 110

OCÉAN PACIFIQUE

SOUS-CONTINENT INDIEN

AFRIQUE OCCIDENTALE

110

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:42


+

Info

b Quelle religion compte le plus de croyants et croyantes au Canada ? 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c La deuxième religion la plus pratiquée au Canada est l’islam. Comment expliquez-vous l’essor de l’islam au Canada ? 

6. Associez chacune de ces traditions religieuses au nom que l’on donne à son dieu. Hindouisme

Aucun dieu ; état d’éveil, d’illumination

Bouddhisme

YHWH, transcrit Yahvé par les chrétiens

Judaïsme

Selon les traditions : Grand Esprit, Grand Manitou

Christianisme

Trimurti : Shiva, Brahma et Vishnu

Islam

Dieu : la Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit)

Spiritualités autochtones

Allah

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

a Quelle religion compte le plus de fidèles dans le monde ? 

CHAPITRE 5

5. Observez la carte des religions dans le monde en 2010 et répondez aux questions suivantes.

7. Associez chacune de ces traditions religieuses à son lieu de culte. Hindouisme

Synagogue

Bouddhisme

Église

Judaïsme

Temple ou autel représentant la divinité à la maison

Christianisme

Mosquée

Islam

Temple ou chez soi

Spiritualités autochtones

Aucun lieu de culte en particulier, partout

8. Répondez par vrai ou faux aux énoncés suivants. Si l’énoncé est faux, corrigez-le. a Les cinq piliers de l’islam sont des rites obligatoires : la profession de foi, la prière

rituelle quotidienne, le jeûne du Ramadan, l’aumône légale, le pèlerinage à La Mecque. Vrai 

   Faux 

  

b Des autochtones d’Amérique du Nord se purifient par la sudation dans leur rituel. Vrai 

   Faux 

  

c Les lois de la cacherout règlementent les coutumes alimentaires juives. Vrai 

   Faux 

  

d On peut être chrétien ou chrétienne et croire en la réincarnation. Vrai 

   Faux 

  

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 111

111

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


La famille abrahamique © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le terme « abrahamique » fait référence à Abraham, le fondateur du judaïsme et un personnage important pour les trois grandes traditions monothéistes.

Tête-à-tête avec… Selon le récit biblique, Abram, originaire d’Ur, en Chaldée, est un nomade qui, à la tête de son clan, va de pâturage en pâturage pour faire paître ses troupeaux. Installé à Harân, il est riche, mais sa femme Sara, déjà âgée, est stérile. Un jour, Dieu s’adresse à Abram et lui dit : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom. » (Genèse 12, 1-2). Aussi, bien que déjà âgé de 75 ans, Abram quitte Harân avec Sara vers le pays de Canaan. À son arrivée, il est très vieux et n’a toujours pas d’enfant. Cependant, Dieu lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. C’est ainsi qu’Agar, la servante de Sara, envoyée par celle-ci, donnera à Abram un fils du nom d’Ismaël. Alors que la parole de Dieu se fait entendre de nouveau à lui, Abram reçoit la promesse d’une Le sacrifice d’Isaac par Abraham alliance. Dieu transforme alors le nom d’Abram en Abraham et au mont Moriah, à Jérusalem (aujourd’hui le Dôme du Rocher). lui annonce que Sara, malgré son grand âge, lui donnera un fils qui s’appellera Isaac. L’alliance que Dieu fait avec Abraham doit se perpétuer de génération en génération, et le signe qui marquera pour toujours cette alliance sera la circoncision. Après la naissance d’Isaac, Sara devient jalouse d’Ismaël et demande à Abraham de le chasser avec sa mère, Agar. Fuyant dans le désert, Agar est secourue par Dieu qui lui annonce que d’Ismaël naîtra une grande nation. Ismaël est, en effet, considéré comme étant l’ancêtre des Arabes. Plus tard, Dieu envoie une épreuve à Abraham : il lui demande d’offrir son fils unique Isaac en sacrifice. Malgré ses doutes, Abraham obéit à Dieu tant sa confiance en lui est grande. Or, au moment d’accomplir son geste, il sent qu’un ange arrête son bras, car Dieu ne veut pas de sacrifice humain. Dieu confirme alors sa promesse d’alliance, et c’est par Isaac que celle-ci se fera. Plus tard, Jacob, le fils d’Isaac, aura 12 fils qui seront les ancêtres des 12 tribus d’Israël.

1.

Complétez les phrases suivantes.

a Pour les juifs, c’est le premier des patriarches, il a conclu une avec Dieu.

b Pour les musulmans, c’est l’ancêtre des Arabes, par son fils c Pour les chrétiens, c’est un modèle d’homme de foi cité dans le

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 112

112

 .  .

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

+

Info

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

p. 214

Loin d’être la religion la plus répandue (0,2 % des fidèles dans le monde), le judaïsme occupe pourtant une place prépondérante dans l’histoire religieuse.

LA FOI EN UN SEUL DIEU Le judaïsme est la première religion à affirmer la croyance en un Dieu Un et Unique, créateur de l’Univers à une époque où l’on vénérait une multitude de divinités. Du judaïsme naîtra le christianisme puisque Jésus était juif. En effet, certains croyants ont vu en lui le Messie annoncé par les prophètes juifs. Ils deviendront les chrétiens.

LES PERSONNAGES IMPORTANTS Moïse et les dix commandements.

Tout comme Abraham, Moïse est un personnage marquant pour les grandes religions monothéistes. Selon les récits, Moïse libérera le peuple hébreu d’Égypte pour le ramener vers la Terre promise. Dieu s’adressera à lui et renouvellera son alliance avec son peuple en lui donnant les dix commandements sur le mont Sinaï.

CHAPITRE 5

Le judaïsme

DES ÉCRITS EN COMMUN La Torah regroupe les cinq premiers livres de la Bible, ce que les chrétiens nomment l’Ancien Testament. On y trouve, entre autres, les règles à la base de la foi des croyants : les dix commandements.

2. Pourquoi le judaïsme occupe-t-il une place importante dans l’histoire religieuse ? Encerclez la ou les bonnes réponses.

a C’est la première grande religion monothéiste. b Le judaïsme compte beaucoup de fidèles dans le monde. c Le judaïsme partage des écrits et des personnages marquants avec d’autres religions.

UN ÉVÉNEMENT MARQUANT : LA DESTRUCTION DU SECOND TEMPLE La destruction du second Temple de Jérusalem en 70 par les Romains marque un bouleversement dans l’histoire du peuple juif. Les juifs seront dispersés dans le monde et devront apprendre à maintenir le lien qui les unit. C’est grâce à leur livre sacré, la Torah, qu’ils réussiront à développer ce qu’on appelle désormais la diaspora. Le mur des Lamentations, seul vestige du Temple, est un lieu de pèlerinage important pour les juifs.

3. Quels sont le rôle et le sens de la destruction du second Temple de Jérusalem en 70 ?

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 113

113

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Le christianisme

+

Info

Le christianisme commence avec l’histoire de celui qui l’a inspiré, Jésus, né en Palestine il y a plus de 2000 ans.

p. 216

Complétez les phrases suivantes pour répondre à cette question.

+

Info

La Bible.

L’histoire du christianisme se situe dans le contexte du

, dont il est , il règne

issu. Le territoire étant sous l’occupation de l’Empire

et les occupants :

un climat de tension extrême entre la population

annoncé par

les juifs veulent se libérer et attendent le Sauveur, le .

les

LES RÔLES DES ÉCRITURES

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

4. Dans quel contexte socioculturel le christianisme est-il né ?

Pour les chrétiens, le Nouveau Testament est un écrit fondateur. On peut y lire, entre autres, les quatre Évangiles rédigés dans les années suivant la mort de Jésus. Ils rapportent les temps forts de sa vie et ses enseignements.

+

5. Quel est le sens de chacun des événements de la vie de Jésus pour les chrétiens ?

Info

p. 216

La naissance.

a

La vie publique.



b



La mort et la résurrection.

c



Tête-à-tête avec… Paul de Tarse (vers 8 à 68) est un personnage marquant du christianisme. Né juif, il a d’abord persécuté les chrétiens. Après sa conversion, il deviendra l’un des plus fervents porteurs du message de Jésus. Il voyagera énormément et écrira des lettres aux différentes communautés chrétiennes du 1er siècle, qui sont connues comme les Épîtres de Paul dans le Nouveau

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 114

114

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


6.

a Surlignez, dans le texte précédent, la décision prise à l’Assemblée de Jérusalem permettant au christianisme de se détacher du judaïsme.

b Expliquez la signification de cette décision.

CHAPITRE 5

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Après la mort et la résurrection de Jésus, certains apôtres quittent la Palestine pour évangéliser « toutes les nations ». Vers l’an 52, réunis à Jérusalem, les apôtres s’entendent pour ne pas imposer aux nouveaux convertis issus du paganisme (nom donné par les premiers chrétiens au polythéisme auquel les Romains sont fidèles) l’obligation de devenir juif avant de se convertir au christianisme, annulant ainsi la nécessité de la circoncision. Le christianisme se détache alors du judaïsme. Sans cet événement, le christianisme serait peut-être resté un courant du judaïsme parmi d’autres.

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

UN ÉVÉNEMENT MARQUANT : L’ASSEMBLÉE DE JÉRUSALEM EN 52

DES PERSÉCUTIONS AU STATUT DE RELIGION OFFICIELLE Les chrétiens sont d’abord persécutés dans l’Empire romain. Convaincus dans leur foi en un Dieu unique, ils ne peuvent adorer les dieux qui peuplent le panthéon romain, encore moins reconnaître la divinité que les Romains accordent à l’empereur. Cette période, d’environ 200 ans, est importante dans la diffusion du christianisme, mais aussi dans la construction de la mentalité chrétienne. Le martyr (ce mot signifie « témoin ») est un témoignage de foi, celui de donner sa vie, parfois en acceptant la mort plutôt que de renoncer à sa foi. Les persécutions des premiers chrétiens, malgré le nombre de morts, ont paradoxalement un effet positif sur la diffusion du christianisme. Réunis à Milan en 313, les empereurs Constantin et Licinius rédigent un document qui garantit la liberté religieuse à tous, y compris aux chrétiens. Finalement, en 391, dans un souci d’unifier l’Empire, Constantin interdit le paganisme, faisant ainsi du christianisme la religion officielle. Illustration des premiers martyrs chrétiens.

7. Que signifiait être chrétien dans l’Empire romain des premiers siècles ?

8. Comment cette période a-t-elle influencé le christianisme d’aujourd’hui ?

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 115

115

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


+

Info

p. 218

Entente et mésentente Face au choc des idées et des cultures, les chrétiens ont dû, au fil du temps, défendre le message initial de Jésus, mais aussi le spécifier. L’Église connaîtra des divisions (des schismes) et aussi de nombreux conciles.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LES CONCILES DE NICÉE EN 325 ET DE CONSTANTINOPLE EN 381 Le dogme chrétien de la Trinité (un Dieu unique en trois personnes) y est défini et fixé dans les paroles du Credo, prière aujourd’hui récitée par la majorité des chrétiens.

LE GRAND SCHISME D’ORIENT EN 1054 Après des siècles de mésentente sur les questions religieuses et politiques, les chrétiens se divisent entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe.

LA RÉFORME PROTESTANTE AU 16e SIÈCLE En 1517, le moine allemand Martin Luther se révolte contre certaines pratiques abusives de l’Église catholique, en particulier celle des indulgences. Luther publie un texte en 95 thèses qui proposera une réforme du catholicisme. Excommunié par l’Église catholique, il créera le protestantisme.

LE CONCILE DE TRENTE (1545-1563)

Le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople en 2013 (Église orthodoxe)

CREDO (EN LATIN « JE CROIS »)

Convoqué pour réagir à la réforme protestante, il ne réussira pas à maintenir l’unité du christianisme. La première conséquence en sera la séparation définitive des Églises réformées de l’Église catholique. Il sera aussi à l’origine d’une réforme de l’Église catholique (que l’Histoire a retenu sous le nom de Contre-Réforme).

LE CONCILE VATICAN II (1962-1965) Cet événement est considéré comme l’un des plus marquants de l’histoire de l’Église catholique contemporaine. Il avait pour objectifs de préciser la nature de l’Église, de restaurer l’unité entre les chrétiens (œcuménisme) et de relancer le dialogue entre l’Église catholique, le monde moderne et les autres religions.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

Le pape François en 2014 (Église catholique).

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 116

116

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


a Division, séparation d’une partie des croyants et croyantes de leur tradition religieuse.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b Assemblée d’évêques appelés à discuter ou à résoudre certaines questions religieuses. c Mouvement favorable à la réunion de toutes les Églises chrétiennes en une seule. d Ensemble des croyances, des opinions ou des principes d’une religion, par exemple. e Remise par l’Église des peines temporelles à ceux et celles qui ont péché. En accordant

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

Associez chacun des concepts suivants à la définition qui convient.

CHAPITRE 5

9.

l’absolution des péchés, le prêtre impose une peine en signe de réparation.

+ 218

Info p.

10. Déterminez deux points communs et deux différences entre les Églises catholique, orthodoxe et protestante.

a Points communs (2) :

  b Différences (2) :

  11.

Quel rôle a eu le concile Vatican II pour l’Église catholique contemporaine ?

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 117

117

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


L’islam est une religion monothéiste fondée au 7e siècle par Muhammad. Aujourd’hui, il y a plus d’un milliard et demi de musulmans dans le monde.

UN PERSONNAGE FONDATEUR ET DES DOGMES Selon la tradition, au cours d’une méditation, Muhammad voit un messager, l’archange Gabriel (en arabe, Jibril), qui lui révèle sa mission : proclamer que Dieu est l’Unique, le Créateur et Celui qui se révèle. Au cours de sa vie, Muhammad recevra d’autres révélations divines par l’entremise de l’ange. Ces messages sont regroupés dans le Coran. En effet, dans l’islam, le Coran est la parole de Dieu dictée par l’ange Gabriel à Muhammad. De ce fait, les musulmans croient que les anges existent et qu’ils peuvent servir de messagers de Dieu. De plus, ils croient que Dieu a parlé aux êtres humains par l’intermédiaire des prophètes. Pour les musulmans, Muhammad est le dernier des prophètes et ils reconnaissent aussi Abraham, Moïse et Jésus avant lui.

Apparition de l’ange Gabriel à Muhammad.

Selon les récits, à la mort de Muhammad, l’ange Gabriel le mène, sur un cheval ailé, au Rocher de Jérusalem avant de le transporter au paradis. Ce voyage a été commémoré par l’édification du Dôme du Rocher au 7e siècle.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

p. 220

© Topkapi Palace Museum, Istanbul, Turkey / Bildarchiv Steffens / Bridgeman Images

+

Info

L’islam

12. Dans le texte précédent, surlignez deux

+

des dogmes principaux de l’islam.

Info

13. Quel sens prend le Coran pour les musulmans ?

Le Dôme du Rocher, Jérusalem.

14. Les prophètes reconnus par l’islam sont des personnages importants de quelles autres traditions religieuses ?

15. Jérusalem est un lieu de pèlerinage pour les trois religions monothéistes. Associez la signification de ce lieu à la bonne tradition religieuse.

a Lieu de l’ascension au paradis de Muhammad. b Lieu du second Temple ; le mur des Lamentations en est le seul vestige.

c Lieu des derniers moments de la vie de Jésus (la Cène, la crucifixion).

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 118

118

Judaïsme

Christianisme

Islam

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

p. 222

Au Québec vivent 11 nations autochtones aux cultures extrêmement variées, qui ont leurs spécificités et aussi des points en commun. Notamment, elles croient que tous les êtres vivants, les objets fabriqués et les éléments naturels ont un esprit, une âme ; c’est pourquoi on les associe à la famille animiste.

UNE VISION DU MONDE Les spiritualités autochtones ont une vision du monde qui englobe, comme en un cercle, tout ce qui existe. Dans ce cercle, tous les éléments, vivants ou inanimés, sont égaux, interdépendants et vivent en harmonie.

LA PLACE DES AÎNÉS Tous les peuples autochtones accordent une grande importance à la sagesse des aînés. Ils valorisent leur expérience de la vie et les considèrent comme les détenteurs du savoir, tant technique que spirituel. Les aînés assurent la transmission des mythes de chaque peuple par la tradition orale.

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

+ Les spiritualités autochtones

Info

CHAPITRE 5

La famille animiste

Tête-à-tête avec… KATERI TEKAKWITHA (1656-1680) Kateri Tekakwitha est la fille d’un chef mohawk et d’une mère algonquine convertie au catholicisme. Persécutée en raison de sa foi, elle quitte son village natal pour rejoindre Kahnawake, en Nouvelle-France où elle mène une vie d’ascète. En 2012, elle est devenue la première sainte autochtone d’Amérique du Nord.

1.

Quelle forme représente la vision du monde des Autochtones et que signifie-t-elle ?

2. Le rôle des aînés dans les peuples autochtones est-il le même que dans notre société ?

Ça m’intéresse ! De nos jours, les cultures autochtones sont le sujet d’une redécouverte et d’une revalorisation par les Amérindiens qui veulent affirmer leurs droits et sauvegarder les langues autochtones. Cette culture vous intéresse ? Découvrez le rap algonquin de Samian ou l’un des films québécois qui ont été faits sur le sujet, dont le documentaire Le peuple invisible de Richard Desjardins.

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 119

119

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


La famille orientale L’hindouisme et le bouddhisme (issu de l’hindouisme) naissent et se développent dans les mêmes régions du monde, en Asie. On les désigne donc comme famille orientale.

+

Info

p. 224

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’hindouisme L’hindouisme est une explication à la fois philosophique et religieuse du monde, fondée sur la « révélation », les Veda, et aussi sur un ensemble de dévotions rattachées à une multitude de divinités.

UNE VISION DU MONDE Pour les hindous, le monde n’a pas été créé une fois pour toutes, il est éphémère. Comme pour l’atman (âme) du croyant, il est soumis au cycle des naissances et des renaissances. Il est créé par Brahma et détruit par Shiva lorsqu’il tombe dans la décadence, pour être ensuite recréé par Brahma. Le dieu suprême dans l’hindouisme (peu importe le nom qui lui est donné) est celui qui émet de son être toutes les créatures et les ramène finalement en lui. Ce rythme de créations et de destructions a une influence sur les pratiques spirituelles des hindous : les rites comme la méditation ou le yoga doivent être régulièrement répétés.

Représentation du dieu Brahma qui, avec ses quatre têtes, peut regarder dans toutes les directions.

Tête-à-tête avec… MOHANDAS KARAMCHAND GANDHI (1869-1948) Mohandas Karamchand Gandhi, surnommé Mahatma (Grande âme), est certainement l’un des hindous les plus connus. Il a mené des actions de désobéissance civile fondée sur l’ahimsa (la non-violence), qui ont contribué à l’indépendance de l’Inde en 1947. Il a aussi lutté pour l’abolition du système de castes en Inde et l’égalité des droits pour les « intouchables » qui se concrétiseront en 1950.

1.

Nommez deux expressions du religieux de l’hindouisme et indiquez leur rôle et leur sens dans la vie des hindous.

EXPRESSION

RÔLE ET SENS

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 120

120

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

Le bouddhisme

+

Info

p. 226

Le bouddhisme naît au 5e siècle avant l’ère chrétienne dans le nord de l’Inde. Le pays connaît alors une crise religieuse et sociale en réaction à la religion des brahmanes (les débuts de l’hindouisme) et au système de classes. Le bouddhisme est donc issu de l’hindouisme.

Siddharta Gautama est un être humain qui est né prince dans une famille qui a voulu le protéger de la souffrance. Pourtant, à 29 ans, il fait des rencontres qui le bouleversent : un malade, un vieillard, un cadavre et un ascète qui a atteint la sérénité en se retirant du monde. Il décide alors de quitter sa famille et sa vie luxueuse. Selon les récits, après six ans de vie rigoureuse, il s’installe au pied d’un arbre et reçoit l’Éveil. Il est libéré du samsara et atteint le nirvana. Il est désormais le Bouddha, l’Éveillé.

CHAPITRE 5

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LE BOUDDHA

Statue du Bouddha, en Inde.

Le bouddhisme est parfois considéré comme une religion sans dieu, puisque le Bouddha n’est pas une divinité, mais un être humain qui a atteint l’Éveil. Par ailleurs, le bouddhisme accepte sans problème l’existence des divinités qui font partie de l’environnement social et culturel des régions où il est présent.

2. Nommez une croyance commune à l’hindouisme et au bouddhisme.

+

3. Expliquez le lien entre la vie du Bouddha et les Quatre Nobles Vérités.

Info

p. 226

Ça m’intéresse ! Avez-vous remarqué les diverses façons de représenter le Bouddha ? Trouvez-vous étonnant qu’on voie un peu partout des statuettes d’un Bouddha ventru et rieur, alors que l’on parle du Bouddha comme d’un ascète à la vie d’ermite et de mendiant ? En fait, c’est parce qu’il ne s’agit pas de la même personne ! On représente le premier Bouddha mince et songeur, tandis que le moine chinois Budai, ayant vécu au 10e siècle, est représenté gros et souriant. Il symbolise la bonté, la générosité et l’abondance. Statue d’un Bouddha rieur, en Chine. Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 121

121

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Malgré le nombre peu élevé de fidèles (au Québec, moins de 2 % de la population), les nouveaux mouvements religieux piquent la curiosité et suscitent l’intérêt.

Des origines Même si certains groupes ont quelques centaines d’années d’histoire, la nouveauté vient du fait que l’on retrouve ces groupes au Québec depuis seulement environ 40 ans. En effet, depuis le dernier tiers du 20e siècle, dans les sociétés occidentales, on assiste à un déplacement du sacré : beaucoup de gens s’éloignent des grandes traditions religieuses pour s’inscrire dans la recherche d’une spiritualité plus personnelle.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les nouveaux mouvements religieux

Nouveaux mouvements religieux À RETENIR

Groupes qui se séparent des religions traditionnelles pour s’adapter au contexte socioculturel actuel et vivre à leur façon des enseignements ainsi que des pratiques spirituelles.

Ici ET

ailleurs

L’expression « nouveau mouvement religieux » est adoptée pour remplacer le terme « secte » qui a une connotation négative que certaines tragédies peuvent justifier. Par exemple, au Québec, dans les années 1980, Roch Thériault, qui se désignait par le nom de Moïse, a dirigé dans la peur et la violence un petit groupe de personnes. Il sera incarcéré pour le meurtre d’une adepte et sera assassiné en prison en 2011. Dans les années 1990, l’Ordre du temple solaire (OTS), fondé en 1984 par Luc Jouret et Jo Di Mambro, était principalement connu pour des suicides collectifs en France, en Suisse et au Canada ayant fait en tout 74 victimes. Aux États-Unis, en 1993, près de 80 membres de la secte des Davidiens fondée par David Koresh sont morts dans l’incendie de leur ferme de Waco lors d’un assaut de l’armée américaine après 51 jours d’isolement.

1.

Quelle est l’origine des nouveaux mouvements religieux ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 122

122

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:43


La famille orientale

Pour ces groupes, la Bible constitue le livre sacré fondamental : certains y ajoutent une  nouvelle révélation, d’autres en proposent une nouvelle interprétation qui tient compte des réalités de la société actuelle. Au Québec, c’est la plus importante en nombre.

Les mouvements associés à la famille orientale s’inspirent des religions et des écrits sacrés de l’Asie. Ils proposent aux fidèles une démarche individuelle et intérieure pour se développer au plan spirituel, comme la méditation ou le yoga.

Les Témoins de Jéhovah, les mouvements pentecôtistes et baptistes et les Saints des derniers jours (ou mormons) en sont des exemples.

Les groupes les plus connus au Québec sont l’Association internationale pour la Conscience de Krishna (sur la photo) et Eckankar.

CHAPITRE 5

La famille chrétienne

La famille scientifique

La famille ésotérique

Pour ces croyants, la science peut répondre à nos questions existentielles et remplacer celles proposées par la religion. On s’appuie sur la raison pour proposer un développement du potentiel humain grâce à une approche scientifique, qui tient parfois de la science-fiction.

Les groupes de cette famille ont parfois un caractère énigmatique et sont souvent caractérisés par des cultes et des savoirs secrets qui ne sont communiqués qu’aux initiés. On peut nommer comme exemples l’Ordre de la Rose-Croix (AMORC) et la Société théosophique.

© Lee Brown / Alamy

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les nombreux nouveaux mouvements religieux, estimés entre 300 et 1000 au Québec, peuvent être regroupés en quatre familles qui ont leurs spécificités.

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

Des caractéristiques

L’Église de scientologie, mouvement créé en 1954 par L. Ron Hubbard, est un groupe de la famille scientifique.

Des pratiques ésotériques : spiritisme, magie blanche, astrologie.

2. En un mot, qu’est-ce qui caractérise chaque famille de nouveaux mouvements religieux ? a La famille chrétienne : 

c La famille orientale : 

b La famille scientifique : 

d La famille ésotérique : 

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 123

123

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


1.

2.

En équipe de trois ou quatre élèves, mettez vos idées en commun en repérant plusieurs expressions du religieux dans votre environnement social et culturel.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

Les expressions du religieux sont multiples et variées. Des personnages fondateurs aux nombres de croyants et croyantes, des écrits sacrés aux représentations artistiques, elles sont présentes dans le temps et dans l’espace. Qu’en est-il de votre temps et de votre espace ? Trouvez des expressions du religieux autour de vous, dans la communauté, à l’école, dans les centres commerciaux ou dans la musique que vous écoutez, dans les films que vous voyez, ou encore dans les livres que vous consultez.

a Faites la liste personnelle de vos cinq choix en notant les raisons de ces choix.

MES CHOIX

MES RAISONS

1. 

1. 

2. 

2. 

3. 

3. 

4. 

4. 

5. 

5. 

b Après une délibération en équipe, faites consensus pour choisir cinq expressions

du religieux qui représentent cinq thèmes différents des expressions du religieux vus à la page 108.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 124

124

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:44


a Nommez les cinq expressions du religieux choisies. b Associez-les au thème abordé par l’expression du religieux et à la tradition religieuse auxquelles elles se réfèrent.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c Expliquez leur rôle et leur sens pour les croyants et croyantes de cette religion.

EXPRESSION DU RELIGIEUX

THÈME

TRADITION RELIGIEUSE

RÔLE ET SENS

1. 

CHAPITRE 5

2. 

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

3. Remplissez le tableau suivant.

3.  4.  5. 

4. Individuellement, choisissez l’une de ces expressions du religieux et rédigez un court

texte (15 lignes) pour en faire la présentation devant le groupe. Utilisez les ressources nécessaires pour en savoir plus sur l’expression du religieux choisie. Consultez des livres spécialisés ou des encyclopédies pour vérifier vos informations. Par ailleurs, si vous consultez des sites Internet, assurez-vous qu’ils sont crédibles (en vérifiant la formation de l’auteur, par exemple).

Activité sur le dialogue Quel moyen pour élaborer un point de vue devrez-vous utiliser dans les situations suivantes ?

+

Info

a Présenter les fondements sur lesquels s’appuie la foi bouddhique.

b Dégager les différences et les ressemblances entre les religions monothéistes et polythéistes.

c Présenter une grande tradition religieuse en ciblant les éléments importants dans un tableau.

d Défendre sa position sur la question de la vie après la mort.

e Présenter ce que vous avez appris sur les traditions religieuses.

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 125

125

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


En résumé

XXexpliquer le lien entre certaines traditions religieuses : la famille abrahamique, la famille orientale ; religieuses : les événements fondateurs, les personnages marquants, les lieux et les moments importants, les écrits fondateurs, les croyances ;

AVEZ RÉFLÉCHI À L’ORIGINE ET AU DÉVELOPPEMENT DE PLUSIEURS TRADITIONS

XXdécrire le développement et la diffusion

RELIGIEUSES. À LA SUITE

du christianisme, notamment des conciles et des schismes importants ;

DE VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

XXdécrire l’origine et les caractéristiques de nouveaux mouvements religieux.

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts. Judaïsme

Abrahamique

Islam

Expression du religieux

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

XXdécrire l’origine de certaines traditions

DANS CE CHAPITRE, VOUS

Christianisme     Bouddhisme     Animiste     Spiritualités

Élément observable qui donne de l’information sur une religion.

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

Famille

Famille





Famille











  Tradition fondée au 5 siècle par le Bouddha, l’Éveillé. e

Elles partagent une vision du monde : un cercle où tous les éléments sont égaux et interdépendants.

Tradition fondée par Abraham et Moïse qui ont fait alliance avec Dieu.

Tradition née en Inde selon laquelle le monde, comme l’être humain, est soumis au cycle des naissances et des renaissances.

Tradition fondée par Jésus, le fils de Dieu qui est mort et ressuscité pour sauver les êtres humains.

 Ils proposent de nouvelles croyances et pratiques adaptées au contexte social et culturel moderne.

 Tradition fondée au 7e siècle par Muhammad qui a reçu des révélations divines.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 126

126

Des religions au fil du temps

17-07-10 15:44


Quels sont les points communs des trois grandes traditions religieuses monothéistes ?

a Une croyance :  © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b Un lieu :  c Des personnages : 

2. Répondez par vrai ou faux aux énoncés suivants. Si l’énoncé est faux, corrigez-le. a Toutes les traditions religieuses ont des écrits sacrés qui servent de référence aux fidèles pour leurs rites et leurs croyances. Vrai 

   Faux 

  

b Le bouddhisme est issu de l’hindouisme comme l’islam est issu du judaïsme. Vrai 

   Faux 

DES RELIGIONS AU FIL DU TEMPS

1.

CHAPITRE 5

Activité-SYNTHÈSE

  

c L’expression « nouveau mouvement religieux » veut remplacer le mot « secte » qui a une connotation péjorative. Vrai 

   Faux 

  

d Les hindous et les bouddhistes ont les mêmes croyances. Vrai 

   Faux 

  

e Les traditions religieuses de la famille orientale croient à la résurrection. Vrai 

   Faux 

  

f Le christianisme est divisé en trois grands courants : catholique, protestant et réformé. Vrai 

   Faux 

  

g Certaines religions sont plusieurs fois millénaires, alors que d’autres sont nées au 20e siècle. Vrai 

   Faux 

  

3. De quelle façon pouvez-vous utiliser les nouvelles connaissances que vous avez acquises sur les traditions religieuses, dans l’objectif de favoriser le vivre-ensemble ?

Des religions au fil du temps

4557_ECR_sec4_ch5_F2.indd 127

127

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


6 CHAPITRE

questions existentielles Des

D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ?

Quel est le sens de la vie ? QUE SE PASSE-T-IL APRÈS LA MORT ?

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 128

17-07-10 15:43


« 

 Il vaut mieux débattre d’une question sans la régler que la régler sans en avoir débattu. Joseph Joubert, écrivain français, 1754-1824

Des origines de l’être humain

»

Sur la nature humaine

p. 136

Des questions existentielles Sur l’existence du divin Des doctrines p. 132

Des façons d’affirmer son existence

La condition humaine p. 140

Sur le sens de la vie et de la mort

Après la mort p. 146

p. 134

Depuis toujours, les êtres humains de tous les horizons se posent les mêmes questions sur le sens de l’existence. Vous découvrirez comment diverses traditions religieuses et divers courants philosophiques y ont apporté des éléments de réponses.

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 129

17-07-10 15:43


Dès l’instant où l’être humain a pris conscience de sa nature de mortel, il s’est posé des questions sur le sens de son existence. Ce que nous désignons sous l’expression « questions existentielles », ce sont ces interrogations que nous partageons avec tous les êtres humains quant à nos origines, au sens de la vie, à la vie après la mort et à l’existence du divin. C’est dans les croyances religieuses et les courants philosophiques que nous trouverons des réponses à ces questions, des réponses qui sont à l’origine des religions.

1.

Associez les exemples de questions existentielles au bon thème et ajoutez vos propres questionnements. L’ORIGINE DE LA VIE (D’où venons-nous ?)

LE SENS DE LA VIE (Pourquoi vivons-nous ?)

Exemples : 

Exemples : 

Mes questions : 

Mes questions : 

LA VIE APRÈS LA MORT (Où allons-nous ?)

L’EXISTENCE DU DIVIN (Dieu existe-t-il ?)

Exemples : 

Exemples : 

Mes questions : 

Mes questions : 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des questions fondamentales

Banque d’exemples de questions existentielles e) L’être humain a-t-il été créé par un dieu ?

a) L’univers est-il le fruit du hasard ou d’une évolution ?

f) Pouvons-nous espérer revoir nos défunts ?

b) Si Dieu existe, que sommes-nous pour lui ?

g) Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose à l’origine de l’Univers, de la vie ?

c) Avons-nous un but, un objectif à atteindre, une mission à accomplir sur Terre ?

h) Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi sommes-nous heureux ?

d) Y a-t-il quelque chose après la vie sur Terre ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 130

i) Pourquoi le bien et le mal existent-ils ?

130

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


Remplissez le tableau en répondant par OUI, NON ou NE SAIS PAS aux différents énoncés.

DES QUESTIONS SUR LES QUESTIONS OUI

NON

NE SAIS PAS

a Je me questionne souvent sur le rôle que j’ai à jouer sur Terre. b J’ai peur de la mort. c Je n’aime pas penser à la mort ou en parler.

CHAPITRE 6

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

ÉNONCÉ

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

2.

d Tous les êtres humains ont un rôle à jouer sur Terre ; nous ne sommes pas ici par hasard.

e Je crois qu’il y a autre chose après la vie sur Terre, mais je ne sais pas quoi.

f Après la vie, il n’y a plus rien. Mourir, c’est comme dormir éternellement, sans rêver.

g Je crois que nous serons jugés à notre mort pour les actes que nous accomplissons pendant notre vie.

h Je crois que nous avons une mission sur Terre. i Je crois qu’après la mort, nous pourrons revivre, mais pas sous notre forme humaine.

j Je crois que Dieu n’existe pas ; c’est une invention humaine pour trouver un sens à notre vie sur Terre.

k Je crois qu’un être supérieur a créé le monde tel que nous le connaissons.

l Je crois que la création du monde peut être expliquée scientifiquement.

3. Quelles questions vous inspire l’image ci-contre ?

Reconstitution de notre système solaire. La Terre en est la seule planète habitée. En 2014, des chercheurs ont estimé qu’il existait 100 millions de planètes potentiellement habitables dans notre galaxie.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 131

131

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Les premières grandes civilisations égyptienne, grecque et romaine croyaient et rendaient un culte à plusieurs divinités. À cette époque, personne ne sachant expliquer les phénomènes naturels comme le vent, la pluie et les marées, les gens faisaient appel à des divinités qui personnifiaient ces puissances naturelles : par exemple, chez les Grecs, Poséidon, le dieu des mers, et Éole, le dieu du vent. Plus Poséidon, dieu des mers. tard, avec la première tradition monothéiste est apparue la croyance en un Dieu unique et tout-puissant considéré comme le créateur du monde. Or, si Dieu n’existait pas ? Déjà, dans l’Antiquité, des philosophes grecs ont exprimé un doute quant à son existence. Dieu existe-t-il ? Si oui, quelle est sa nature ? Pour répondre à ces questions, les êtres humains ont donné plusieurs réponses qui sont regroupées selon différentes doctrines.

1. Doctrine À RETENIR

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’existence du divin

Remplissez le tableau en associant chaque définition à l’une des doctrines suivantes.

Ensemble des croyances, des opinions ou des principes reflétant une conception du monde liée à un mouvement de pensée.

Monothéisme Animisme

Déisme

Polythéisme

Panthéisme

Athéisme

Théisme

Agnosticisme

L’EXISTENCE DU DIVIN (DIEU EXISTE-T-IL ?) DOCTRINE

DÉFINITION Croyance en un ou plusieurs dieux, mais qui rejette toute croyance en des institutions religieuses. Croyance en l’existence d’un ou de plusieurs dieux. Croyance en un seul Dieu. Croyance en plusieurs dieux. Croyance que Dieu est en toute chose. Croyance qui attribue une âme, un esprit, à tous les éléments de la nature, vivants ou non. Doctrine philosophique qui affirme que Dieu n’existe pas. Doctrine philosophique selon laquelle la vérité de certaines propositions concernant l’existence de Dieu est inconnue ou inconnaissable.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 132

132

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


b Polythéisme : 

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c Animisme : 

3. Associez chacune des citations suivantes à l’une des doctrines sur l’existence de Dieu.

© iStock/zu_09

« Dieu est la Nature, le Tout, la Substance unique et infinie. » (Baruch Spinoza, 1632-1677)

« L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. » (Voltaire, 1694-1778)

a 

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

a Monothéisme : 

CHAPITRE 6

2. Nommez une tradition religieuse pour chacune des doctrines suivantes.

b  « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même dans l’harmonie ordonnée qui existe, pas en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. » (Albert Einstein, 1879-1955)

« Dieu est mort. » (Friedrich Nietzsche [1844-1900] affirme qu’il faut tuer Dieu en soi pour devenir pleinement humain.)

c 

d 

4. Comparez les doctrines en indiquant leur point commun et ce qui les distingue.

+

DOCTRINES

Info

p. 231

POINT COMMUN

DIFFÉRENCE

a Déisme

théisme

b Athéisme

agnosticisme

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 133

133

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Des façons d’affirmer l’existence du divin

LES SENTIMENTS ET L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

Tête-à-tête avec… ANDRÉ FROSSARD (1915-1995) André Frossard est un journaliste français qui raconte, dans son livre Dieu existe, je L’ai rencontré, son expérience de conversion exceptionnelle. À l’âge de 20 ans, il entra dans une chapelle de Paris à la recherche d’un ami. Alors qu’il parcourait des yeux l’étrange décor, il eut soudain l’impression que ces mots lui étaient suggérés : « vie spirituelle ». Et ce fut comme un autre monde qui s’ouvrait à lui. Cette terre, qui était devant lui, prenait soudain deux dimensions, dont l’une était spirituelle : l’évidence de Dieu s’imposait à lui dans une irruption de douceur et de joie. Dans le même temps, il éprouvait la sensation d’échapper à un danger dont il n’avait aucune conscience dans l’instant précédent : comme un naufragé percevant son état au moment exact où on le tire de l’eau.

© Keystone Pictures USA /Alamy Photo

Certains individus vivent des expériences qui leur donnent la preuve de l’existence du divin. Plusieurs témoignent des sentiments qu’ils ont vécus et qui ont changé leur vie.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Quelles sont les raisons qui prouvent l’existence de Dieu ? Pourquoi certaines personnes ont-elles la conviction profonde de l’existence de Dieu au point où elles guident leurs actions en fonction des règles qu’Il aurait dictées ? Même s’il n’existe aucune preuve scientifique de l’existence d’une divinité, il est tout aussi impossible de prouver hors de tout doute que Dieu n’existe pas. Donc, affirmer que Dieu existe comme affirmer qu’Il n’existe pas est une question de « foi », de croyance.

Tout cela avait pris quelques secondes. En sortant de cette petite chapelle, Frossard qui, deux minutes plus tôt, était athée autant qu’on peut l’être, pouvait dire à son ami stupéfait : « Eh bien, je crois en Dieu et en son Église : je suis catholique. »

5. De quelle manière André Frossard prend-il conscience de l’existence de Dieu ?

6. Surlignez l’analogie qui exprime la sensation éprouvée lors de son expérience religieuse.

+

Info p.

7. Quels sentiments cette prise de conscience lui procure-t-elle ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 134

134

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


Pour certaines personnes, la beauté et l’harmonie qui règnent dans la nature est une preuve de l’existence du divin.

LA RAISON Aristote, un autre philosophe grec (384322 av. l’ère chrétienne), a soumis l’argument de la « cause première ». Il affirmait que l’existence de l’Univers avait nécessairement une cause ; et comme la situation actuelle était due à un enchaînement de causes, la cause première était alors appelée Dieu. C’était la preuve cosmologique de l’existence de Dieu (du grec kosmos qui signifie « bon ordre ; ordre de l’univers »).

Aristote, philosophe grec, défenseur de la preuve cosmologique.

Le moine Anselme de Cantorbéry (1033-1109) a été le premier à énoncer l’argument qu’on désigne comme la preuve ontologique de l’existence de Dieu. Il a affirmé qu’on pouvait prouver l’existence de Dieu par l’analyse de sa définition : puisqu’on se représentait Dieu comme un être parfait, cela prouvait son existence. Donc, puisque Dieu est parfait, il existe.

8. Associez les arguments prouvant l’existence du divin au bon type de preuve.

René Descartes (1596-1650). Philosophe français, il précise la preuve ontologique en disant que Dieu existe parce que lui, homme imparfait, conçoit la perfection de Dieu, une idée qui ne peut lui être inspirée que par Dieu.

a L’Univers doit avoir un commencement

Preuve téléologique

b Si l’être humain, imparfait, peut concevoir

Preuve cosmologique

c La perfection de la nature prouve

Preuve ontologique

et Dieu en est la cause première.

l’idée d’un Dieu parfait, c’est qu’il existe.

qu’elle est issue d’une volonté de Dieu.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 135

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

Platon, célèbre philosophe grec (428-348 av. l’ère chrétienne), constatant qu’il y a un ordre dans le monde, qu’il y a des lois dans la nature (comme celles du mouvement des astres) et qu’on y trouve beaucoup de beauté, a refusé de croire que c’était là l’effet du hasard. Il a affirmé que c’était nécessairement le résultat d’une finalité, d’une volonté, celle de Dieu. Cet argument est la preuve téléologique de l’existence du divin. Il est repris par plusieurs après Platon, dont le scientifique Albert Einstein qui aurait dit : « Quiconque est sérieusement engagé dans la poursuite de la science devient convaincu que les lois de la nature manifestent l’existence d’un esprit immensément supérieur à celui des hommes. »

CHAPITRE 6

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA NATURE

135

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


D’où venons-nous ? Selon le récit de la Genèse, qui ouvre la Bible, Dieu a créé le monde en cinq jours et l’être humain le sixième jour. Ce récit auquel adhèrent les juifs et les chrétiens a suscité pendant longtemps un débat entre la religion et les découvertes scientifiques menant à la théorie de l’évolution émise par Darwin au 19e siècle.

La création Selon le récit biblique, en six jours, Dieu a créé le ciel et l’eau, la terre et les plantes, les astres, les animaux, et enfin l’homme et la femme (Adam et Ève). Donc, tous les êtres vivants actuels seraient issus d’un couple originel et unique de chaque espèce.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les origines de l’être humain

Selon la thèse créationniste, l’Univers a été tiré du vide, du néant. Les espèces ont été créées parfaitement adaptées à leur milieu de vie. Le décompte des générations successives depuis Adam estimerait l’âge de la Terre à 6000 ans. La théorie du dessein intelligent est une version plus actuelle du créationnisme. Les défenseurs de cette théorie acceptent les découvertes scientifiques comme le Big Bang, mais estiment qu’un être supérieur en serait à l’origine.

La théorie de l’évolution Selon la théorie de l’évolution, la Terre a été lentement envahie par des organismes unicellulaires qui, de mutation en mutation, ont évolué vers des êtres plus complexes jusqu’à devenir des animaux, dont l’être humain qui a des ancêtres communs avec le singe. L’évolution, selon la théorie de Darwin, se fait par la sélection naturelle, c’est-à-dire que ce sont les animaux les plus adaptés à leur milieu de vie qui survivent et ont le plus de chances de se reproduire, donc de transmettre leurs gènes. Un animal qui aurait une anomalie génétique, comme un plus long cou que ses semblables, aura plus de chances de survie en mangeant les feuilles les plus hautes. Il pourra donc transmettre cette spécificité à toute sa descendance. Cette mutation se diffusera rapidement à toutes les nouvelles générations de cette espèce. Selon la thèse évolutionniste, l’Univers et la vie elle-même se sont formés à partir d’une matière inanimée lors du Big Bang, l’explosion originelle. La Terre serait âgée de plusieurs milliards d’années.

Ici ET

ailleurs

Au Québec, la thèse évolutionniste est enseignée dans les écoles pour expliquer l’origine du monde et de l’être humain. Par ailleurs, dans certains pays, la situation n’est pas la même. Dans les dernières décennies, aux États-Unis, les créationnistes ont attaqué la théorie de l’évolution et remis en question son enseignement à l’école en allant jusqu’en cour de justice pour régler la question. Actuellement, dans certaines institutions scolaires, la théorie de la création est enseignée au même titre que la théorie de l’évolution.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 136

136

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


Charles Darwin, naturaliste anglais, est le père de la théorie de l’évolution. Son ouvrage L’origine des espèces, paru en 1859, a démontré le lien génétique qui existe entre toutes les espèces vivantes. À l’époque, trouver des ressemblances entre l’être humain et le singe était impensable puisque l’être humain avait été créé par Dieu, à son image. Dans son Autobiographie, Darwin révèle son athéisme, très proche, en fait, de l’agnosticisme, car « le mystère du commencement de toutes choses est insoluble pour nous ».

À RETENIR

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

CHARLES DARWIN (1809-1882)

CHAPITRE 6

Tête-à-tête avec…

Créationnisme Doctrine selon laquelle un être divin serait le créateur de la vie.

Évolutionnisme Doctrine selon laquelle les êtres vivants sont le fruit d’une évolution.

1.

Associez les énoncés à la bonne théorie pour comparer la thèse créationniste et la thèse évolutionniste en repérant ce qui les oppose.

Adam et Ève.

Représentation de la théorie de l’évolution.

La thèse créationniste :

La thèse évolutionniste :

a) L’Univers a été tiré soudainement du néant.

e) La création est récente. f) Les espèces se sont adaptées à leur milieu par sélection naturelle.

b) La Terre est âgée de plusieurs milliards d’années. c) L’Univers et la vie elle-même se sont formés à partir de matière inanimée.

g) Le singe et l’être humain ont des descendants communs.

d) Les espèces ont été créées pleinement adaptées à leur milieu.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 137

137

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


+

Info

p. 232

2. Le tableau suivant présente une série d’arguments des défenseurs des théories

évolutionniste et créationniste. Remplissez-le en identifiant le type de jugement ou de raisonnement et en posant une question pour interroger chaque point de vue.

TYPE DE JUGEMENT ET DE RAISONNEMENT

ARGUMENT

QUESTION POUR INTERROGER

a Le récit de la création est

inscrit dans la Bible et la Bible est incontestable, donc c’est vrai.

b La découverte de fossiles

datant de plusieurs centaines de millions d’années prouve la théorie de l’évolution.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’UNIVERS A-T-IL UN SENS OU EST-IL LE RÉSULTAT D’UN ACCIDENT ?

c La thèse évolutionniste est

fausse puisqu’elle n’explique pas ce qui est à l’origine de la matière inanimée qui a permis le Big Bang.

3. La théorie de l’évolution des espèces implique-t-elle la négation de l’existence de Dieu ou bien peut-on adhérer à la thèse évolutionniste et croire en Dieu ?

L’homme est-il un être naturel ? L’histoire relate certains cas d’enfants élevés par des animaux sauvages qui auraient vécu en se comportant comme des animaux. Le bébé humain vient au monde dans un état de très grande dépendance et mourra s’il est laissé seul, alors que certaines espèces animales peuvent marcher quelques minutes après leur naissance ! La question se pose : sommes-nous des êtres naturels, près de nos instincts animaux, ou est-ce la culture dans laquelle nous vivons qui fait de nous des êtres humains ? Le développement de la raison et la vie en société exigent de l’être humain qu’il ne soit plus dirigé par ses seuls instincts naturels.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 138

138

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


Christianisme

Hindouisme

Spiritualités autochtones

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Allah est le créateur tout-puissant.

Judaïsme

Dieu a créé l’être humain à son image.

Ne répond pas à cette question jugée inutile par son fondateur.

LES ORIGINES DE L’ÊTRE HUMAIN (D’OÙ VENONS-NOUS ?) TRADITION RELIGIEUSE

ÉLÉMENTS DE RÉPONSE Les êtres humains sont des manifestations du Brahman (principe premier de l’Univers) et prennent leur place dans le dharma (l’ordre de l’Univers).

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

4. Remplissez le tableau ci-dessous à l’aide des mots et énoncés suivants.

CHAPITRE 6

LES PISTES DE RÉPONSE DES TRADITIONS RELIGIEUSES

Bouddhisme. L’être humain est une création de Yahvé, celui qu’on ne peut représenter.

Islam. L’être humain, comme tout ce qui existe tant matériellement que spirituellement, est une manifestation du cercle de la vie. Le Grand Esprit est l’esprit créateur de toute chose (voir le mythe du Plongeur terrestre).

5. Déterminez un point commun entre

LE MYTHE DU PLONGEUR TERRESTRE

les réponses de certaines traditions religieuses à la question de l’origine de l’être humain.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 139

Au début des temps, le monde est recouvert par un vaste océan dans lequel surnagent plusieurs animaux. Le Grand Esprit demande alors aux animaux de plonger pour ramener un peu de boue du fond des eaux. Ceux-ci tentent leur chance tour à tour jusqu’à ce que l’un d’entre eux réussisse cette importante mission. Le Grand Esprit utilise alors ce petit morceau de terre pour créer la Terre avec ses montagnes et ses forêts.

139

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Le sens de la vie et de la mort La vie, c’est parfois tout un défi ! De la naissance à la mort, l’être humain est à la recherche du bonheur et doit parfois surmonter des obstacles avant de l’atteindre.

1.

Quels sentiments le poème intitulé L’énigme de la vie inspire-t-il ?

2. Parmi les citations suivantes,

L’ÉNIGME DE LA VIE Près de la mer, la mer nocturne et déserte, Un jeune homme est debout, Le cœur plein de chagrin, l’esprit plein de doute ; Sombre et triste, il interroge les flots : « Oh ! expliquez-moi l’énigme de la vie, L’antique et douloureuse énigme, Sur laquelle tant d’hommes se sont penchés : Savants à calottes hiéroglyphiques, Magiciens en turban et barrettes noires, Têtes coiffées de perruques et mille autres Pauvres fronts humains baignés de sueur. Dites-moi, la vie humaine a-t-elle un sens ? D’où vient l’homme ? Où va-t-il ? Qui habite là-haut dans les étoiles d’or ? » Les flots murmurent leur éternelle chanson, Le vent souffle, et les nuages s’enfuient, Les étoiles scintillent, indifférentes et froides, Et un fou attend une réponse.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des réflexions sur la condition humaine

Heinrich HEINE (1797-1856), Fragen, Questions, [En ligne], 2016.

encerclez-en deux qui vous inspirent. Apportent-elles des réponses à vos questionnements sur le sens de la vie ?

a « Le désarroi où sont plongés les hommes vient de ce que, le soir, ils ne savent pas

pourquoi ils se sont levés et pourquoi demain, ils recommenceront. » (Paul Doncœur)

b « Hier est de l’histoire, demain est un mystère, aujourd’hui est un cadeau. » (Eleanor Roosevelt)

c « Tu n’as pas réussi à faire de tous les instants de ta vie un miracle. Essaie encore. » (Eugène Guillevic)

d « Pour l’instant, le monde appartient à ceux qui se demandent “pourquoi”. Mais l’avenir appartient forcément à ceux qui se demandent “comment”. » (Bernard Werber)

Ça m’intéresse ! Connaissez-vous des chansons, des citations ou des fables (comme celles de Jean de La Fontaine) dans lesquelles on trouve l’expression d’un questionnement existentiel et divers éléments de réponse ? Partagez-les avec votre entourage ! Voici une suggestion de lecture : le conte philosophique Zadig ou la destinée de Voltaire.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 140

140

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


Bouddhisme

Spiritualités autochtones

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Christianisme

Hindouisme

Judaïsme Islam

LE SENS DE LA VIE (QUI SOMMES-NOUS ? POURQUOI VIVONS-NOUS ?) TRADITION RELIGIEUSE

ÉLÉMENTS DE RÉPONSE Chacun a sa place dans l’ordre universel. L’être humain doit agir en conformité avec le dharma (ordre universel) pour améliorer son karma (poids de ses actes). Pour ce faire, il doit suivre les trois voies : celle des rites et des actions (gestes respectueux), celle de l’amour dévotionnel et celle de la connaissance (vers la vérité).

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

3. Remplissez le tableau en ajoutant les bonnes traditions religieuses.

CHAPITRE 6

LES PISTES DE RÉPONSE DES TRADITIONS RELIGIEUSES

L’existence est soumise au cycle des renaissances. La condition humaine est marquée par le malheur, la maladie et la mort. L’être humain doit se détacher de sa condition d’humain et accepter les Quatre Nobles Vérités : l’existence humaine est souffrance ; la souffrance est causée par le désir ; vaincre le désir supprime la souffrance. Pour y arriver, l’être humain doit suivre le Chemin octuple. L’être humain doit respecter la loi (les dix commandements) prescrite lors de l’alliance. Il doit travailler à l’unification de l’humanité et glorifier Yahvé. Les êtres humains ont la capacité de choisir le bien ou le mal : Yetser ha-tov (bon penchant) et Yetser ha-ra (mauvais penchant). L’être humain est supérieur aux autres êtres vivants de la création. Il fut créé libre, a commis le péché originel et fut sauvé par la mort et la résurrection du Christ. L’être humain doit contribuer à l’avènement du Royaume en appliquant le grand commandement d’amour (« Aimez-vous les uns les autres ») et s’inspirer de l’enseignement de Jésus, fils de Dieu, par des valeurs comme l’amour et le pardon. L’être humain doit être soumis à Allah. Sa parole (le Coran), les enseignements du prophète Muhammad et la communauté des croyants (umma) l’aident à vivre selon la volonté d’Allah. Il doit suivre les cinq piliers : la profession de foi, la prière rituelle quotidienne, le jeûne du Ramadan, l’aumône légale et le pèlerinage à La Mecque. L’être humain est toujours en présence du bon et du mauvais et doit départager le bien du mal. La vision du monde cosmocentrique (le cercle de vie) implique une égalité et une interdépendance entre tous les êtres vivants ou inanimés.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 141

141

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Les origines de la mort Pour percer les mystères du sens de la vie et de la mort, les êtres humains ont ébauché des hypothèses, se sont inventé des histoires, dont les mythes. Les mythes perpétuent la vision et les réponses des peuples anciens aux grandes questions de l’existence.

« Dans les temps très anciens, la mort n’existait pas chez les humains. Les hommes prenaient les femmes pour épouses et les femmes mettaient au monde des enfants ; c’est ainsi que l’humanité devint si nombreuse qu’il n’y avait plus de place pour tous. Les premiers humains vivaient sur l’île de Mitligjuaq, dans le détroit d’Hudson. Mais les gens y propagèrent leur espèce et, comme personne ne quittait jamais le lieu où il était né, ils devinrent si nombreux que l’île ne pouvait plus les supporter. Alors, très lentement, un côté de l’île commença à s’enfoncer dans la mer. Les gens furent effrayés, car tout indiquait qu’ils allaient glisser et se noyer. Mais une vieille femme se mit à crier très fort avec des paroles remplies de pouvoir : “Qu’il soit ordonné que les humains puissent mourir, car il n’y a plus assez de place pour nous sur la Terre !” Et les paroles de la femme avaient un tel pouvoir que son vœu se réalisa. C’est ainsi que la mort survint chez les humains. » Bernard SALADIN D’ANGLURE, Être et renaître inuit, homme, femme ou chamane, Paris, Gallimard, 2006, p. 81.

4.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’INSTAURATION DE LA VIE BRÈVE : RÉCIT TRADITIONNEL INUIT

a Dans le mythe inuit, surlignez la réaction des êtres humains lorsqu’ils prennent conscience qu’ils vont mourir.

b À quel moment de votre vie avez-vous pris conscience que l’être humain n’est pas éternel ? Quels sentiments avez-vous éprouvés alors ?

5. En quoi la conscience de son état de mortel oriente-t-elle les actions de l’être humain ?

Ça m’intéresse ! Vous aimez les histoires ? Intéressez-vous à la mythologie des peuples anciens (égyptien, grec, romain, celte) parce que les mythes nous apprennent beaucoup sur les façons de penser ou de comprendre les phénomènes naturels. Ce sont de courts textes qui nous poussent à réfléchir longtemps. Anubis, dieu de la mort chez les Égyptiens.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 142

142

Des questions existentielles

17-07-10 15:43


DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

« Comment devons-nous donc comprendre cette chose que nous appelons la mort et qui nous fait si peur ? L’homme a inventé maintes voies tortueuses pour aborder la mort – en la vénérant, en la niant, en s’accrochant à d’innombrables croyances, que sais-je encore ? Or, pour comprendre la mort, il faut assurément une approche neuve, parce qu’en réalité, vous ignorez tout d’elle, n’est-ce pas ? […] Et faute de connaître la plénitude de la mort, et tout ce qu’elle suppose, l’esprit en a peur – ce qui lui fait peur, c’est l’idée, par le fait lui-même, dont il ignore tout. […] Ce qui nous fait peur, ce n’est pas l’inconnu, c’est de perdre le connu. Vous redoutez de perdre votre famille, de vous retrouver seul, privé de compagnons ; vous avez peur du supplice de la solitude, peur d’être privé de vos expériences, des biens que vous avez accumulés. […] Mourir au connu est le commencement de la compréhension de la mort, car alors l’esprit acquiert fraîcheur et nouveauté, et la peur est absente. C’est pourquoi on peut entrer alors dans cet état qu’on appelle la mort. Ainsi, du début à la fin, la vie et la mort ne font qu’un. Le sage comprend le temps, la pensée et la souffrance, et seul celui-là peut comprendre la mort. »

CHAPITRE 6

LE TEMPS ET LA MORT

Jiddu KRISHNAMURTI, De la vie et de la mort, Éditions du Rocher, Paris, 1994, p. 20-24.

6. Selon l’auteur, la compréhension de la mort supprime la peur que celle-ci nous inspire. Qu’en pensez-vous ?

7. Un ami se confie à vous ; il trouve la vie difficile, trop difficile… Il n’a plus envie de vivre.

Comment réagissez-vous ? Que dites-vous ? Quelles questions est-ce que cela soulève ?

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 143

143

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:43


Des rites de passage entre la vie et la mort

CHEZ LES CHRÉTIENS Le sacrement de l’onction des malades (ou extrêmeonction) est administré par un représentant du clergé afin d’apporter la paix au mourant ou à la mourante et de préparer son passage vers l’autre vie. La cérémonie des funérailles se déroule généralement à l’église où les prières et les chants prennent une place importante dans le rituel funéraire. Le défunt ou la défunte est « remis à Dieu » : on le ou la recommande à Dieu et on demande à ce dernier de l’accueillir auprès de Lui.

Après la cérémonie, les proches accompagnent le corps au cimetière pour la sépulture. On prononce une dernière prière afin que la personne défunte repose en paix.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des découvertes ont démontré qu’il y a 50 000 ans, les hommes de Néandertal enterraient déjà leurs morts. Chez les animaux, on a même vu des éléphants caressant avec leur trompe les ossements d’un éléphant mort. Dans toutes les traditions religieuses, des rites entourent le décès d’un individu pour l’accompagner dans son passage de la vie à la mort. Quels sont ces rites et quels sont leurs rôles ?

CHEZ LES JUIFS Le corps du défunt ou de la défunte, une création de Dieu, doit être considéré avec respect et préparé pour une résurrection future. Il est lavé selon un ordre particulier, et la lecture des textes bibliques accompagne les ablutions. Ensuite, placé dans un cercueil, le corps est déposé en terre.

Cimetière juif à New York.

CHEZ LES MUSULMANS Le corps du défunt ou de la défunte est lavé et revêtu de vêtements blancs. Lorsqu’un imam est présent, il murmure à l’oreille de la personne défunte la prière de la profession de foi (shahâda) comme au moment de la naissance. Généralement, le corps est enterré très vite après le décès, sans cercueil (à même le sol, la tête orientée vers La Mecque). Cimetière musulman en Israël.

CHEZ LES BOUDDHISTES Lors de la cérémonie religieuse, on récite les formules d’hommage au Bouddha et des prières. Les proches racontent les actions positives accomplies par le défunt ou la défunte pendant sa vie pour lui permettre d’avoir une renaissance heureuse. Selon les pays et les coutumes, le corps du défunt ou de la défunte peut être inhumé ou incinéré. Chambre de crémation bouddhiste en Thaïlande.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 144

144

Des questions existentielles

17-07-10 15:44


Crémation au bord du Gange.

8. Surlignez ce que le rituel funéraire nous apprend sur le sens de la mort pour chaque tradition.

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

Le rituel funéraire hindou repose sur la crémation du corps du défunt ou de la défunte, le sacrifice ultime du corps, « la dernière offrande ». Pour les personnes vivantes, le corps est source d’impureté et n’entre jamais dans les temples ou les lieux saints, car le contact avec le cadavre rendrait ce lieu impur. Le corps est lavé, enveloppé d’un linge et déposé sur un brancard pour être transporté au lieu de crémation, qui se trouve en général près de l’eau. Une fois le corps brûlé, les cendres sont recueillies et jetées dans l’eau. Au Québec, les hindous ont adapté leurs rites funéraires pour se soumettre aux lois de la province en matière d’incinération.

CHAPITRE 6

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

CHEZ LES HINDOUS

9. Parmi les rôles des rites funéraires ci-dessous, encerclez les plus importants pour vous.

a Permettre aux proches de vivre leur deuil et de surmonter leur tristesse. b Rendre un ultime hommage au défunt et l’accompagner dans son dernier voyage. c Permettre aux proches de maîtriser l’angoisse ou la peur de la mort. d Donner un sens à la mort. e Prendre conscience de la mort et de l’urgence de vivre le présent. f Aucune de ces réponses.

Ici ET

ailleurs

Au Québec, les funérailles sont des célébrations très émotives où il est permis d’exprimer sa peine d’avoir perdu un proche et de laisser couler ses larmes. Pourtant, chez les musulmans, on recommande de ne pas trop pleurer, mais d’avoir à l’esprit que la personne qui vient de mourir vivra une nouvelle naissance dans l’au-delà. De même, chez les bouddhistes, les personnes présentes doivent être calmes et éviter les pleurs, pour ne pas perturber l’esprit du mort ou de la morte. Par ailleurs, dans plusieurs cultures (chinoise, coréenne et dans quelques pays africains, par exemple), on recommande d’exprimer sa peine bruyamment en pleurant beaucoup pendant les rites funéraires. Dans certaines régions, on peut même engager des pleureuses professionnelles, une coutume qui tire son origine des civilisations de l’Antiquité.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 145

145

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


Ce qui se passe après la mort, c’est le mystère ultime ! On peut certainement vivre sans savoir comment le monde a été créé, comme le pense le Bouddha qui conçoit la  question de nos origines comme inutile, mais il est difficile d’ignorer la question de la mort, puisque nous sommes tous mortels… Comme le formule si bien l’écrivain roumain Valeriu Butulescu : « La mort. Est-ce un point ou une virgule ? »

Le paradis, l’enfer ou le néant ? Après la mort, les chrétiennes et les chrétiens croient qu’ils vivront éternellement au paradis où ils seront récompensés par la bonté de Dieu pour les bonnes actions commises pendant leur vie sur Terre. Auprès de Dieu et des personnes aimées, les âmes justes jouiront d’un état de bonheur permanent. Par le fait même, ils admettent l’existence d’un lieu terrifiant où ceux et celles qui ont choisi de faire le mal seront punis pour leurs fautes et où l’esprit vivra dans un état de souffrance extrême. Pour ceux et celles qui n’adhèrent à aucune croyance religieuse, le néant attend les êtres humains après la mort : pas de vie après la mort, que la non-existence, l’absence de vie, le vide.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Après la mort

Représentation du paradis, Le jardin des délices par Jérôme Bosch,

1.

Remplissez le tableau suivant et, si vous en avez envie, discutez-en avec vos proches pour connaître leur avis.

CROYEZ-VOUS…

OUI

NON

RAISON

a aux anges ? b aux esprits ? c au paradis et à l’enfer ? d à la résurrection ? e à la réincarnation ?

Réincarnation À RETENIR

Croyance en la renaissance des êtres humains toujours sous la forme d’êtres humains. Sous l’influence de l’hindouisme et du bouddhisme, on parle plutôt du samsara, ou cycle de naissances et de renaissances dont chaque être doit se libérer.

Résurrection Retour de la mort à la vie éternelle de l’être humain.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 146

146

Des questions existentielles

17-07-10 15:44


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

TRADITION RELIGIEUSE

ÉLÉMENTS DE RÉPONSE

Hindouisme

L’être humain se réincarne selon son karma. Lorsqu’il parvient à se libérer du samsara, son atman fusionne avec le Brahman (principe premier de l’Univers) et il atteint la libération ultime.

Bouddhisme

L’être humain, prisonnier du cycle des renaissances, le samsara, se réincarne selon son karma. Lorsqu’il parvient à s’en libérer, il atteint le nirvana (extinction du « moi ») et devient un Éveillé.

Judaïsme

Après sa mort, l’être humain continue d’attendre la venue du Messie promis par Yahvé. Lorsque Yahvé le décidera, les morts ressusciteront.

Christianisme

La mort et la résurrection de Jésus sont au centre de la foi chrétienne et annoncent la résurrection des êtres humains d’entre les morts à la fin des temps (paradis et enfer).

Islam

Les êtres humains ressusciteront lorsque Allah le décidera. Après le Jugement dernier, les justes iront au paradis, appelé Janna (jardin), et les infidèles en enfer, ou Jahim (feu).

Spiritualités autochtones

Pour certains peuples, l’être humain possède deux esprits, l’un rejoint le Créateur, l’autre reste près du corps et peut se réincarner. La Voie lactée est le chemin des esprits regagnant l’au-delà vers un monde semblable au nôtre, la terre des esprits.

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

APRÈS LA MORT (OÙ ALLONS-NOUS ?)

CHAPITRE 6

LES PISTES DE RÉPONSE DES TRADITIONS RELIGIEUSES

2. Déterminez les points communs entre les réponses des traditions religieuses sur ce qui attend l’être humain après la mort.

a Dans les trois religions monothéistes : 

b Dans l’islam et le christianisme : 

c Dans les religions orientales : 

3. Votre petite sœur ou votre petit frère de sept ans vous demande : « Où est-ce qu’on va quand on meurt ? » Inspirez-vous de la tradition religieuse de votre choix pour écrire un court texte dans lequel vous répondrez à sa question.

La fête des Morts est l’une des fêtes les plus populaires au Mexique.

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 147

147

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


Des valeurs en conflit En 2009, dans les débats de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, les conflits de valeurs ont été nombreux. Les personnes opposées à l’idée de fournir cette aide aux personnes malades en fin de vie invoquaient des valeurs comme le caractère sacré de la vie, la nécessité de protéger la vie des personnes vulnérables et la solidarité, tandis que celles en faveur de permettre l’aide à mourir défendaient l’autonomie, la qualité de vie et la liberté de choix. Les deux camps s’accordaient sur des valeurs communes, dont la compassion, la responsabilité de l’État d’agir étant donné les progrès de la médecine qui prolongent la capacité de vivre, parfois au détriment de la qualité de vie, ainsi que l’autonomie et la responsabilité des professionnels de la santé. Les conditions

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

À votre âge, les souffrances dues à la maladie et la mort vous semblent peut-être bien loin de votre réalité. Pourtant, la mort est inévitable. Dans la société québécoise, qui compte plus de personnes âgées de plus de 65 ans que d’enfants depuis 2011, la question de « mourir dans la dignité » a fait l’objet de débats autour de l’aide médicale à mourir.

À la suite de ces débats, une nouvelle loi qui autorise l’aide médicale à mourir, sous certaines conditions, est en application depuis décembre 2015 au Québec. • Seule une personne majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, peut demander cette aide. • La demande doit appartenir à la personne malade, qui doit le faire sans contrainte et en toute connaissance de cause, et ce, afin d’éviter toute dérive (par exemple, qu’on précipite la mort d’une personne pour des raisons économiques). • Seulement un médecin peut donner l’aide médicale à mourir.

Activité sur le dialogue

+

Info

Lors d’un échange sur un sujet aussi sensible que la mort, il est important de porter attention aux types de jugements utilisés et d’éviter les entraves au dialogue.

p. 233

1.

Quel type de jugement est le plus utile dans une argumentation ?

2. Quels procédés entravant le dialogue faut-il absolument éviter lors d’un débat en classe sur un sujet aussi sensible ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 148

148

Des questions existentielles

17-07-10 15:44


D’abord, surlignez dans le texte les valeurs en conflit sur cette question.

2. Comment vos apprentissages sur le sens de la mort et de ce qui peut se passer après © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

vous éclairent-ils sur ces questions ?

3. Identifiez au moins trois questions éthiques soulevées par l’application de cette loi et ciblez les enjeux éthiques pour chacune des questions. Par exemple, la question « Étant donné le caractère sacré de la vie, un être humain peut-il en aider un autre à mourir ? » aurait pour enjeu éthique les valeurs religieuses.

+

Info

QUESTION ÉTHIQUE

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

1.

CHAPITRE 6

Regroupez-vous en équipes pour discuter des questions et des enjeux éthiques soulevés par la nouvelle loi autorisant l’aide médicale à mourir.

ENJEU ÉTHIQUE

4. Choisissez l’une de ces questions pour en discuter ou en débattre en essayant de prendre en compte les différents points de vue possibles.

a Le point de vue de la personne malade b Le point de vue de ses proches c Le point de vue du personnel médical d Le point de vue de l’État

5. Lors de vos échanges, formulez des questions pour interroger les points de vue et notez-les ici :

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 149

149

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


En résumé

XXexpliquer des réponses concernant des façons d’affirmer l’existence du divin et des doctrines ;

XXexpliquer des réponses concernant

DANS CE CHAPITRE, VOUS

la condition humaine et la vie après la mort ;

AVEZ RÉFLÉCHI AUX PISTES DE RÉPONSE AUX

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

XXexpliquer des réponses concernant

QUESTIONS EXISTENTIELLES

l’origine de l’être humain.

PROPOSÉES PAR DES TRADITIONS RELIGIEUSES ET DES COURANTS DE PENSÉE. À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts. Résurrection

Origine

Panthéisme

Nirvana

Doctrines

La raison

Création

Condition

LES QUESTIONS EXISTENTIELLES

Sur l’existence du divin



Sur le sens de la vie et de la mort

 , Sur la nature humaine

  , agnosticisme, athéisme, déisme, monothéisme, 

 ,



 ,



Après la mort

La vie, le bonheur, la souffrance, la mort.

 de l’être humain.

théisme.



Façons de l’affirmer La nature, 

Réincarnation







 , l’expérience, les sentiments. Naturel

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 150

Paradis/enfer

150



Des questions existentielles

17-07-10 15:44


HORIZONTALEMENT

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

1. Croyance en la renaissance des êtres humains toujours sous la forme d’êtres humains. 2. Doctrine affirmant l’existence d’un ou plusieurs dieux. 3. Lieu ou état de souffrance après la mort pour ceux qui ont commis des péchés. 4. Doctrine selon laquelle les êtres vivants sont le fruit d’une évolution. 5. Non-existence, vide.

VERTICALEMENT 6. Doctrine selon laquelle un être divin serait le créateur de la vie. 7. Doctrine affirmant l’existence du divin, mais qui rejette les institutions religieuses. 8. On ne peut pas prouver l’existence de Dieu, donc je ne peux pas dire si Dieu existe ou non. 9. Individu croyant qu’un esprit est présent dans tout ce qui nous entoure, vivant ou non-vivant. 10. Personne affirmant que Dieu n’existe pas. 11. Lieu ou état de bonheur dont jouissent auprès de Dieu les âmes des justes après la mort. 12. État d’extinction du « moi » où il n’y a plus de désirs, donc de souffrances. 13. Retour de la mort à la vie éternelle de l’être humain.

11 7

6

14. Doctrine affirmant l’existence d’un dieu unique.

DES QUESTIONS EXISTENTIELLES

En vous aidant des définitions, remplissez la grille ci-dessous.

CHAPITRE 6

Activité-SYNTHÈSE

14 5 9

1 13

2

12 3 8

10

4

Des questions existentielles

4557_ECR_sec4_ch6_F.indd 151

151

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


7 CHAPITRE

expérience religieuse

L’

En quoi consiste l’expérience religieuse ? Quel sens prend-elle pour les croyants et les croyantes ?

Quelles sont ses caractéristiques et ses fonctions ? QUELS EFFETS L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE A-T-ELLE SUR LA PERSONNE, SUR LA COMMUNAUTÉ, SUR LES MODES DE VIE ?

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 152

17-07-10 15:44


« 

L’homme sage sait que toute expérience doit être considérée comme une chance qui s’offre à lui. Henry Miller, auteur américain, 1891-1980

L’admiration de la nature

Au quotidien

»

La contemplation p. 159

La prière p. 160

p. 158

Sur la personne p. 166

Conversion p. 162

L’expérience religieuse

Effets

Exceptionnelle Sur le mode de vie p. 170

Vie engagée

Sur la communauté p. 168

p. 162

Pèlerinage p. 164

Nous découvrirons différentes réponses à ces questions en prenant conscience que l’expérience religieuse est une dimension essentielle pour des personnes ou des groupes liés à une religion.

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 153

17-07-10 15:44


Une expérience est un événement qu’une personne vit et qui est susceptible de lui apporter un enseignement. Vous en avez déjà vécu de toutes sortes depuis votre naissance. L’expérience religieuse se distingue des autres expériences parce qu’elle est liée à la religion. Le terme « religion » vient du latin religare, qui signifie « relier ». L’expérience religieuse consiste donc à tenter de se lier avec le sacré, de se mettre en action, de mettre en pratique sa foi, et ce, de diverses manières pour en récolter les effets et les enseignements. L’expérience religieuse, c’est l’expression du sentiment sacré.

1.

Ajoutez une légende aux images représentant différentes expériences religieuses.

Photo 1 : 

Photo 2 : 

Photo 3 : 

Photo 4 : 

Photo 5 : 

Photo 6 : 

Photo 7 : 

Photo 8 : 

Photo 9 : 

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 154

154

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les expériences religieuses

L’expérience religieuse

17-07-10 15:44


Sentiment qui manifeste le rapport que l’être humain établit avec le monde et l’univers mystérieux de la création.

2. Dans le tableau, associez les images de la page précédente à leur type et à leurs effets. Certaines images peuvent être présentes plus d’une fois.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

TYPE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Sentiment sacré

a Expériences au quotidien

Contemplation, admiration de la nature, pratique d’un rite, prière

b Expériences exceptionnelles

Conversion, fondation, illumination, vision, pèlerinage

c Sur la personne

Guérison, motivation et découverte d’un sens à la vie, compassion

d Sur la communauté

Partage, engagement, charité, altruisme

e Sur des modes de vie

Ascétisme, ermitage, vie monastique, vie laïque, vie consacrée

(transformation intérieure)

EFFETS

EXEMPLES

(incarnation des valeurs)

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

Au sens religieux, c’est le fait de croire en Dieu, en des vérités religieuses.

CHAPITRE 7

À RETENIR

Foi

IMAGES

3. Associez les images de la page précédente à leurs traditions religieuses respectives. Notez que certaines images peuvent être liées à plus d’une religion.

a Christianisme : b Judaïsme : c Islam : d Hindouisme : e Bouddhisme : f Spiritualités autochtones :

La prière au mur des Lamentations, ou Mur occidental, est une expérience religieuse exceptionnelle pour les croyants, et spécialement pour les juifs, qui se rendent sur ce lieu de pèlerinage.

g Toutes les religions : h Aucune des religions :

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 155

155

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


4. Qu’est-ce qui distingue l’expérience religieuse des autres types d’expérience ? Lisez la fable suivante et répondez aux questions.

LA FABLE DU CASSEUR DE CAILLOUX

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Lors d’un pèlerinage à la cathédrale de Chartres, un homme croise un casseur de cailloux en sueur. Frappé par son air sombre, il lui demande : — Que faites-vous, monsieur ? — Vous voyez bien, je casse des cailloux. Un peu plus loin, il aperçoit un autre casseur de cailloux. Ce dernier, bien que l’air fatigué, semble décontracté. — Que faites-vous, monsieur ? — Je casse des cailloux pour nourrir ma famille. Je n’ai pas trouvé d’autre métier. Encore un peu plus loin, il en rencontre un troisième. Celui-ci irradie de bonheur. Le pèlerin s’arrête et lui demande : — Mais que faites-vous, monsieur ? — Moi, je bâtis une cathédrale. Fable attribuée à Charles PÉGUY, écrivain français, 1873-1914.

La cathédrale de Chartres.

a Quel sens le troisième casseur de cailloux donne-t-il à son action ?

b Quel sentiment cela lui procure-t-il ?

5. Si on réécrivait cette fable en remplaçant le casseur de cailloux par un homme en prière : le premier le ferait par obligation, le deuxième pour respecter les rites de sa religion et le troisième par dévotion, par amour pour son Dieu. Les effets de l’expérience religieuse seraient-ils les mêmes ?

6. Qu’est-ce que l’être humain recherche par l’expérience religieuse ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 156

156

L’expérience religieuse

17-07-10 15:45


Considérez-vous vivre une expérience religieuse quand :

a vous assistez au baptême d’un bébé ?

Oui 

   Non 

   Pourquoi ?

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Un baptême chrétien.

b vous donnez de l’argent ou de la nourriture

Oui 

   Non 

CHAPITRE 7

aux plus démunis ?

   Pourquoi ?

c vous faites du bénévolat pour une cause ?

Oui 

   Non 

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

7.

   Pourquoi ?

Le don, la compassion et le partage peuvent être des valeurs qui prennent un sens religieux.

d vous faites une marche en forêt et admirez la nature ?

Oui 

   Non 

   Pourquoi ? L’admiration de la nature est une expérience religieuse pour certaines personnes.

e vous entrez dans un lieu de culte (église, mosquée, synagogue ou temple) ?

Oui 

   Non 

   Pourquoi ?

Intérieur de la basilique Notre-Dame de Montréal.

8. Pouvez-vous reconnaître des types d’expérience religieuse autour de vous ? À l’école ?

9. Parmi les énoncés suivants, choisissez celui ou ceux qui correspondent le mieux à votre situation ou à votre façon de penser et expliquez pourquoi.

Je pense que la religion peut aider une personne à s’épanouir et à être plus heureuse. Je pense que les valeurs religieuses contribuent à mieux vivre ensemble. Je pense que ce qui touche la religion est du domaine privé et ne devrait donc pas avoir d’influence sur la société.

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 157

157

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


L’expérience religieuse peut prendre plusieurs formes selon les croyances, les traditions religieuses et les individus. On peut y consacrer chaque instant de son existence, en faire un mode de vie. Plus simplement, l’expérience religieuse se vit aussi au quotidien par tous les croyants et les croyantes, par la prière, la contemplation ou simplement l’admiration de la beauté de la nature. Ce type d’expérience religieuse au quotidien remplit une fonction, celle d’entrer en contact personnel et intime avec le divin. Elle prend son sens pour le croyant ou la croyante en tant que moyen de créer un lien avec Dieu et d’y trouver une motivation, un sens à la vie.

L’admiration de la nature Comment ne pas être émerveillé devant un magnifique coucher de soleil ? Qui n’a jamais ressenti sa vulnérabilité devant la puissance de certains phénomènes naturels ? Quels sentiments suscite en vous l’immensité d’un ciel étoilé ? Pour certaines personnes, la beauté de l’univers et l’harmonie qui y règne sont des preuves de l’existence d’un être divin : cette perfection ne pourrait être le fruit du hasard. Donc, c’est en prenant contact avec la nature qu’elles vivent une expérience religieuse, qu’elles créent un lien avec le divin, qu’elles ont le sentiment de faire partie d’un tout.

1.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’expérience religieuse au quotidien

Quel lien peut-on faire entre l’admiration de la nature et l’expérience religieuse ?

2. Répondez par vrai ou faux aux énoncés et justifiez votre réponse. a On ne peut pas admirer la nature sans admettre l’existence du divin. Vrai 

   Faux 

  

b Pour les spiritualités autochtones, la nature et les éléments qui la composent prennent un sens encore plus important. Vrai 

   Faux 

  

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 158

158

L’expérience religieuse

17-07-10 15:45


L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

La contemplation Contemplation

La contemplation, comme la prière ou la méditation, est un moyen d’entrer en contact avec le divin. Les croyants et les croyantes la définissent comme une communion de l’âme avec Dieu.

Méditation profonde où l’âme est concentrée sur Dieu avec attention et admiration.

Méditation Exercice de l’esprit, recueillement, souvent associé à une quête spirituelle, qui consiste à tenter consciemment de fixer son attention sur un élément précis (sa respiration, un mantra) et de vider son esprit des autres pensées.

Quel sens prend la contemplation pour les personnes liées à une religion ?

CHAPITRE 7

3.

Tête-à-tête avec… JEAN DE LA CROIX (1542-1591) Jean de la Croix est un prêtre de l’ordre du Carmel (un ordre religieux catholique contemplatif) reconnu comme l’un des plus grands poètes espagnols. Dans son œuvre, La nuit obscure, Jean de la Croix décrit l’expérience mystique (expérience directe avec le divin, liée au mystère divin) vécue lors d’une nuit de contemplation.

4.

© Bibliotheca de Catalunya, Barcelona, SpainIndex/Bridgeman Images

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

À RETENIR

Quelle est la différence entre la contemplation et la méditation ?

5. Pourquoi la méditation n’est-elle pas nécessairement une

expérience religieuse pour les personnes qui la pratiquent ?

Des moines bouddhistes se sont prêtés à des expériences scientifiques menées sur le cerveau. Les résultats sont étonnants : la méditation diminue le stress, renforce le système immunitaire et améliore la concentration.

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 159

159

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


La prière unit l’être humain à Dieu. Les fidèles témoignent de leur foi en priant, c’est-à-dire en dirigeant leur attention vers Dieu avec amour. La prière peut être pratiquée partout : chez soi, dans la solitude et le silence, ou encore au milieu d’une foule. Elle peut être dictée et encadrée par les règles d’une religion (par exemple, réciter le Notre Père pour un chrétien) ou être personnelle lorsque le croyant ou la croyante s’adresse à Dieu directement pour lui faire une demande ou le remercier. La prière est aussi communautaire lorsqu’elle est pratiquée à l’église, à la synagogue, à la mosquée ou dans d’autres lieux de rassemblement. La présence d’une assemblée fervente récitant des prières ou fredonnant des chants liturgiques invite au recueillement.

Chrétien en prière.

Pour les chrétiens, la prière peut s’accompagner de gestes comme le signe de la croix, qui consiste à toucher de la main droite son front, son cœur, son épaule gauche et son épaule droite Les catholiques utilisent le chapelet pour réciter des prières : le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Credo.

Ça m’intéresse !

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La prière

Au Québec, de 1950 à 1970, les croyants et les croyantes pouvaient entendre le Chapelet en famille tous les jours à la radio. À l’origine, l’émission ne devait durer qu’un mois, mais sa popularité était telle qu’elle sera finalement en ondes pendant 20 ans ! Pour les musulmans, la prière rituelle (salât) est l’un des cinq piliers de l’islam. Elle doit être accomplie cinq fois par jour et est encadrée par des règles concernant la position du corps, les paroles prononcées et l’orientation de la tête vers La Mecque. Selon le Coran, c’est la manière la plus simple d’entrer en contact avec Dieu. Les musulmans ne prient que Dieu seul, avec une attitude intérieure d’humilité et de gratitude. Musulmans en prière.

Pour les juifs, plusieurs objets servent à la prière. Pendant la prière du matin, ils utilisent les tephillins, qui sont deux petites boîtes contenant des passages de la Torah attachés au front et au bras gauche par des lanières de cuir, et sur leurs épaules, ils déposent le talit, un châle de prière.

Juif en prière.

Pour les bouddhistes et les hindous, les prières s’accompagnent souvent d’offrandes, comme des fleurs, des fruits et de l’encens, qui sont offertes aux divinités vénérées. Dans le bouddhisme, plusieurs objets facilitent le recueillement : les bols chantants, les bâtons de fumée, les clochettes et le chapelet bouddhiste. Les bouddhistes tibétains utilisent aussi les moulins à prière qui contiennent des mantras résumant l’enseignement du Bouddha. Hindoue en prière.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 160

160

L’expérience religieuse

17-07-10 15:45


8.

En quoi la pratique de la prière est-elle une dimension essentielle de l’expérience religieuse des musulmans ?

Bol chantant, bâtons de fumée, chapelet bouddhiste et clochettes tibétaines.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

7.

Quel est le rôle de la prière pour les croyants et les croyantes de toutes les religions ?

CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

6.

Quels gestes accompagnent la prière ?

a Chez les chrétiens : 

b Chez les musulmans :  Moulin à prière tibétain.

9.

Quels objets aident à la prière ?

a Chez les chrétiens :  b Chez les juifs :  c Chez les bouddhistes et les hindous : 

10. Indiquez à quelle tradition religieuse sont associés les chapelets illustrés dans les images ci-dessous.

a 

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 161

c 

b 

161

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


L’expérience religieuse exceptionnelle © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Certaines expériences religieuses provoquent un tel changement chez les personnes qui la vivent que le cours de leur vie en reste marqué : elles sont exceptionnelles.

La conversion Rappelez-vous l’histoire d’André Frossard racontée précédemment : en entrant dans une église, il a soudain la révélation que Dieu existe. En l’espace d’un instant, il passe de l’incroyance (athéisme) à la foi catholique. La conversion de Paul de Tarse est tout aussi spectaculaire. Né juif, il persécutait les premiers chrétiens. Après sa conversion, il deviendra l’un des plus fervents porteurs du message de Jésus. De même, l’auteur français Éric-Emmanuel Schmitt raconte son expérience religieuse dans son livre La nuit de feu. Dans le désert, après avoir été séparé de son groupe pendant toute une nuit, il a vécu une expérience mystique qui l’a convaincu de l’existence du divin. Il affirme sa foi sans s’associer à une tradition religieuse spécifique.

Représentation de la conversion de Paul de Tarse dans une église en Italie.

La vie engagée Fait de se convertir, d’affirmer publiquement sa foi, d’abandonner une religion pour en adopter une autre ou de passer de l’incroyance à la foi.

D’autres individus en arrivent, non pas à une conversion fulgurante, mais à un changement important dans leur mode de vie. Ces personnes choisissent de consacrer leur vie à leur Dieu en trouvant dans leur foi la motivation pour vivre les valeurs religieuses et accomplir des actes exceptionnels. L’expérience religieuse prend alors son sens dans le dévouement et le don de soi au nom de leur foi en Dieu.

Tête-à-tête avec… JEAN VANIER (1928-) Jean Vanier est un laïc engagé (il est catholique, mais ne fait pas partie du clergé). Devant faire face dans sa jeunesse à la souffrance et au malheur des êtres humains, il se sent appelé à « faire des œuvres de paix ». Sa rencontre avec un groupe de personnes handicapées l’a profondément troublé et suffisamment interpellé pour qu’il change le cours de sa vie et fonde l’Arche en 1964, une communauté qui s’occupe de personnes souffrant d’un retard intellectuel.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 162

162

©epa european pressphoto agency b.v. / Alamy Stock Photo

Conversion À RETENIR

L’expérience religieuse

17-07-10 15:46


Jean VANIER, Une porte d’espérance – Paroles de Jean Vanier, Paris, Éditions de l’Atelier, 1993, p. 19.

1.

Reliez par une flèche les personnages aux effets de leur conversion.

a André Frossard

Il affirme publiquement sa foi.

b Paul de Tarse

Il a abandonné une religion pour en adopter une autre.

c Éric-Emmanuel Schmitt

Il est passé de l’incroyance à la foi.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

« Je savais que je faisais là un geste irréversible ; car ce que je voulais, c’était vivre avec eux, créer une communauté dont ils seraient le centre, leur donner une famille, un lieu d’appartenance, une terre où ils pourraient grandir et cela ne pouvait se faire que dans la durée, celle du quotidien et de la vie partagés. Je pensais aussi que j’allais les aider à s’accomplir. J’ai découvert qu’en fait nous avancions ensemble et que c’étaient eux qui m’aidaient à m’accomplir, eux qui peu à peu me révélaient mon humanité, eux qui m’entraînaient de plus en plus dans un monde d’amitié et de communion qui guérissait mon cœur et éveillait la vie. Oui, bien sûr, je savais faire des choses, je savais organiser, diriger, enseigner, je pouvais être efficace et je découvrais que ce n’était pas d’abord ce qu’ils attendaient de moi. Ils attendaient de moi l’essentiel : la présence, la relation, l’amour. »

CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

PAROLES DE JEAN VANIER

2. Quelle prise de conscience a poussé Jean Vanier à vivre l’expérience religieuse ?

3. Quelles valeurs sont au cœur de l’action de Jean Vanier ?

4. Que découvre-t-il en voulant aider les autres ?

Ça m’intéresse ! Les romans d’Éric-Emmanuel Schmitt abordent souvent le thème religieux et les croyances associées aux différentes traditions religieuses. À découvrir !

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 163

163

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


Le pèlerinage

À RETENIR

Voyage effectué, généralement à pied, par un croyant vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion.

Dans toutes les traditions religieuses, les pèlerinages mobilisent des millions de  croyants et croyantes vers une multitude de lieux à travers le monde. Par exemple, les juifs visitent Israël, les chrétiens marchent sur les chemins de Saint-Jacques-deCompostelle, les musulmans se rendent à La Mecque et les bouddhistes se recueillent dans les villes où le Bouddha a vécu. Le pèlerinage peut prendre plusieurs sens : marcher dans les pas d’un prophète comme Jésus, Gautama ou Muhammad pour faire un retour aux origines de sa tradition religieuse, se trouver sur les lieux où se sont produits des miracles ou des apparitions (comme à Lourdes, où il y aurait eu des apparitions de Marie) et surtout se ressourcer, prendre un temps d’arrêt pour renouer le contact avec sa spiritualité.

Ici ET

ailleurs

L’arbre de l’Éveil du Bouddha, à Bodh Gaya.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Pèlerinage

Indication du chemin à suivre pour les pèlerins sur la route de Compostelle.

Au Québec, le sentier de pèlerinage le plus populaire est nommé le chemin des Sanctuaires. Il relie l’oratoire Saint-Joseph, à Montréal, à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec. Les pèlerins mettent environ 18 jours à parcourir les 375 kilomètres qui les séparent. Dans le monde, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est celui qui attire le plus de catholiques. Plusieurs chemins sont possibles pour s’y rendre, selon le temps que le pèlerin veut y consacrer, mais l’un des plus fréquentés est celui qui relie Le-Puy-en-Velay à Santiago, long de 1550 km pour environ 65 jours de marche.

5. Pouvez-vous identifier ces deux églises québécoises ?

a 

b 

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 164

164

L’expérience religieuse

17-07-10 15:46


L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Dans l’islam, le pèlerinage à La Mecque est l’un des cinq piliers que tout musulman doit (si ses moyens le lui permettent) accomplir au moins une fois dans sa vie. Dans l’extrait qui suit, l’auteur raconte le premier rituel lié au pèlerinage : la circumambulation (faire le tour sept fois) autour de la Ka’aba, grand cube noir qui contient la « Pierre noire », que l’islam considère comme un signe de la présence

UNE SAISON À LA MECQUE : RÉCIT DE PÈLERINAGE La Mecque.

« Des hommes et des femmes se propulsaient sans cesse, saisis par une sorte de magnétisme vers la Pierre noire, que protégeaient des gardes sans armes apparentes. D’autres étaient collés aux murs de l’édifice, immobiles et silencieux, sous les rayons du soleil. Aux prières s’ajoutaient les supplications : pour la santé ou le soulagement des détresses et des infortunes. […] L’émotion s’emparait de moi. Les larmes me montaient aux yeux, sans pouvoir sortir, et me mettaient au diapason avec les autres. Je ne saurai jamais, sans doute, à quoi ces larmes étaient associées. Mais l’expérience que je vivais était bien concrète et précise, je me sentais comme si j’étais mis à nu par la vue de “l’Antique Maison”. […] Désormais, il y avait un sens pour moi dans certaines déclarations que j’avais souvent entendues : “Quel bonheur d’être là ! Ce Bien, cette grâce de Dieu… Quel bonheur à la vue de tout cela…” Ou bien encore : “À la vue de la Ka’aba, j’éprouvais le bonheur le plus fort que j’eus de ma vie…” Sans que je prétendisse entrer dans l’intimité des gens, ces phrases avaient désormais un sens pour moi. » Abdellah HAMMOUDI, Une saison à La Mecque : récit de pèlerinage, Paris, Éditions du Seuil, 2005, p. 153-154.

6. Surlignez dans le texte les émotions ressenties par le pèlerin à La Mecque. 7. Parmi les mots ci-dessous, soulignez-en trois qui sont des éléments communs à tous les pèlerinages. Chemin

Voyage

Marche

Lieu sacré

8. En quoi le pèlerinage à La Mecque est-il différent des pèlerinages des autres religions ?

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 165

165

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


L’expérience religieuse peut avoir des effets sur la personne en la transformant, en la libérant ou en la guérissant, sur la communauté en mettant de l’avant des valeurs comme l’engagement et l’amour d’autrui, ainsi que sur le mode de vie des individus qui décident de se consacrer entièrement à la vie religieuse comme les ascètes, les ermites, les moines ou les membres du clergé.

Sur la personne

LA GUÉRISON La cérémonie de la tente à sudation est un rituel des spiritualités autochtones. Dans un abri semblable à une petite tente, on place des pierres préalablement chauffées dans un feu de bois. Les participants s’installent à l’intérieur de l’abri et versent un peu d’eau sur les pierres chaudes de manière à produire de la vapeur. Des chants et des prières sont alors récités. Cette pratique est un rite de purification (du corps et de l’esprit) et de guérison, utilisée pour des raisons à la fois médicales, hygiéniques et religieuses. De nos jours, elle est aussi utilisée dans le cadre de thérapies pour les toxicomanes autochtones.

1.

© Hemis / Alamy

L’expérience religieuse peut opérer une transformation intérieure chez une personne, donner un sens à sa vie, la guérir ou lui inculquer des valeurs et des attitudes à adopter.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les effets de l’expérience religieuse

Quels effets le rituel de la tente à sudation a-t-il selon les Autochtones ?

2. Croyez-vous aux guérisons miraculeuses ? Pourquoi ?

3. En quoi une guérison peut-elle être une expérience religieuse ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 166

166

L’expérience religieuse

17-07-10 15:46


Comment une expérience religieuse peut-elle se transformer en état d’être ? Le dalaï-lama décrit l’expérience religieuse comme étant un état animé par un ardent désir de ne jamais nuire à autrui.

« Le bon cœur est une source d’immenses bienfaits. Nous pouvons tous les développer, mais cela dépend de notre motivation et de notre détermination. La meilleure de toutes les motivations est la Pensée de l’Éveil, c’est-à-dire un bon cœur empreint de sagesse, le désir et le courage de parvenir à l’état de bouddha afin d’y conduire tous les êtres. Quand nous réalisons à quel point les êtres ont été bons pour nous, nous éprouvons reconnaissance et amour. Et quand nous les voyons en proie à la souffrance, ce sentiment se transforme en compassion. C’est la compassion qui nous donnera la force d’assumer la responsabilité de les délivrer. […] Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de prendre conscience de la souffrance des êtres. Nous ressentons facilement de la compassion devant la famine, la pauvreté, la maladie, l’exploitation et l’abattage des animaux quand nous en sommes les témoins. Mais nous éprouvons plutôt de la jalousie et de l’hostilité envers ceux qui connaissent les satisfactions des états supérieurs de l’existence, tout cela parce que nous méconnaissons la souffrance dont ils sont victimes. »

CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

COMME UN ÉCLAIR DÉCHIRE LA NUIT

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

LA TRANSFORMATION INTÉRIEURE

Le 14e dalaï-lama.

DALAÏ-LAMA, Comme un éclair déchire la nuit, Paris, Albin Michel, 1992, p. 145-146.

4.

a Quelle est la meilleure source de motivation à être « bon » pour le dalaï-lama et pourquoi ?

b Si vous traduisiez cette source de motivation pour les autres traditions religieuses, qu’est-ce que cela voudrait dire ?

5. Surlignez dans le texte les valeurs à adopter pour développer le « bon cœur ». 6. Quelle place accordez-vous à ces valeurs dans votre vie ? Expliquez votre réponse en donnant un exemple d’action concrète.

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 167

167

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


Sur la communauté L’expérience religieuse met de l’avant des valeurs qui ont des effets sur la communauté, comme l’engagement, le partage, l’altruisme et la charité. En effet, elle transforme chez certaines personnes le sens de leur vie et de l’engagement social.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’AMOUR ET LA CHARITÉ UN CHEMIN TOUT SIMPLE « Dieu a créé le monde pour l’enchantement des êtres humains. Si seulement nous pouvions prendre conscience de Sa bonté, combien son amour pour nous est prévenant, combien Il veut notre bonheur ! Tantôt c’est le coup de fil que nous attendions, la promenade qu’on nous offre, tantôt c’est la lettre dans notre courrier : apprenons à reconnaître tous les petits signes qu’Il nous fait à longueur de journée. Alors, pensons à Le remercier ; en découvrant chaque petite marque de l’amour qu’Il nous porte, nous apprenons à mieux L’aimer. Je crois que ce qu’on appelle la chance n’existe pas. Tout est signe de l’amour que Dieu nous porte. Lorsque vous avez découvert à quel point Dieu vous aime, vous ne pouvez faire autrement que de vivre en rayonnant de cet amour. Je dis toujours que l’amour commence à la maison. Il y a d’abord la famille ensuite votre ville. C’est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d’aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. […] L’amour vrai ne se contente pas de discours, comme la charité n’a que faire de la pitié. En réalité, charité et amour ne font qu’un. La charité est l’amour rendu tangible, chaleureux. Aussi n’êtes-vous pas quitte si vous vous contentez de donner de l’argent, sachez aussi tendre la main. Lorsque j’étais à Londres, je suis allée visiter des sans-logis, là où nos sœurs entretiennent une “soupe populaire”. Un homme, qui habitait dans un abri fait de cartons, me prit la main et me dit : “Il y a longtemps que je n’avais pas senti la chaleur d’une main humaine”… »

Une statue de mère Teresa, à Calcutta, en Inde.

MÈRE TERESA, Un chemin tout simple, Paris, Plon, 1995, p. 82-85. © Plon/Mame 1995 pour la traduction française

Missionnaire de la Charité en Inde.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 168

168

L’expérience religieuse

17-07-10 15:46


7.

Quel sens mère Teresa donne-t-elle à l’expérience religieuse ?

8.

Où trouve-t-elle les preuves de l’amour de Dieu ? Surlignez-les dans le texte.

9.

Que pensez-vous de l’affirmation suivante de mère Teresa ? Vivez-vous cette situation ?

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

La catholique mère Teresa a permis par son expérience religieuse d’apporter du réconfort aux plus pauvres parmi les pauvres. C’est toute sa vie qu’elle a consacrée aux autres par la fondation d’une congrégation religieuse, les Missionnaires de la Charité, en 1950.

CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

MÈRE TERESA (1910-1997)

© Tim Graham / Alamy

Tête-à-tête avec…

« C’est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d’aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. »

10. Pourquoi, selon mère Teresa, il n’est pas suffisant de donner de l’argent ?

11.

Pour mère Teresa, l’amour doit se traduire dans des actions concrètes qui permettent d’établir de vraies relations humaines. Donnez-en des exemples.

Chaque année, des marches sont organisées pour amasser des dons et tisser des liens entre les individus touchés par le cancer.

12. Quels liens pouvez-vous faire entre l’expérience religieuse de Jean Vanier (p. 162-163) et celle de mère Teresa ?

a Leur expérience religieuse : 

b Leurs actions :  c Les valeurs qui les motivent : 

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 169

169

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


On peut vivre l’expérience religieuse par de courts moments, au quotidien, ou lors de périodes de ressourcement, au cours de la vie. Il arrive que certains fassent cette expérience sur leur lit de mort. Pourtant, pour beaucoup de croyants et de croyantes, l’expérience religieuse devient un mode de vie ; ils et elles s’y dévouent corps et âme.

L’ASCÉTISME, L’ERMITAGE ET LE MYSTICISME

Un sâdhu est un ascète hindou qui ne se soucie plus du monde matériel. Peu importe que ses cheveux poussent ou que son corps se couvre de poussière, ce qui compte pour lui,

Ascète À RETENIR

Du grec askêtês, qui signifie « celui qui s’exerce ». Personne qui s’impose par piété, c’est-à-dire par respect et amour pour Dieu, des exercices physiques, moraux et intellectuels permettant de se perfectionner spirituellement.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Sur le mode de vie

Ermite Du grec erêmitês, qui signifie « qui vit dans la solitude ». Religieux retiré dans un lieu isolé, vivant dans la solitude, le silence et la prière.

Mystique Du grec mustikos, qui signifie « relatif aux mystères ». Personne qui a une foi religieuse intense et intuitive, teintée de phénomènes mystérieux tels que des visions et des révélations.

Vitrail représentant Thérèse d’Avila, mystique chrétienne.

13. Quels sont les points communs entre ces trois types de mode de vie ?

Le monastère des Météores en Grèce, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988, a accueilli des moines qui choisissaient de vivre en ermites.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 170

170

L’expérience religieuse

17-07-10 15:47


Religieuses entourant le défunt pape Jean-Paul II.

14. Nommez des exemples d’engagement religieux dans votre environnement.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

La vie consacrée est la vie dédiée à Dieu. C’est celle des prêtres, des membres du clergé qui consacrent leur vie au service de l’Église. De même, la vie consacrée est celle des congrégations religieuses d’hommes ou de femmes, qui demeurent engagés dans la communauté. Les congrégations religieuses ont pour mission d’accomplir différentes œuvres telles que soigner les malades, éduquer ou venir en aide aux plus démunis.

CHAPITRE 7

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA VIE CONSACRÉE

Le monastère des Augustines à Québec, qui ont fondé l’Hôtel-Dieu dans cette ville en 1639, le premier hôpital en Amérique du Nord.

L’Armée du Salut, groupe religieux associé au protestantisme, recueille les dons pour les offrir aux plus démunis.

LA VIE MONASTIQUE La vie monastique, ou monachisme, est celle des moines et des moniales, lesquels vivent habituellement isolés du monde. Ces personnes sont parfois soumises au vœu de silence, comme les sœurs cloîtrées par exemple, si bien que leur quotidien est fait d’exercices spirituels, de prières, ainsi que d’étude de textes sacrés et de contemplation.

15. Quelle distinction pouvez-vous faire entre la vie consacrée et la vie monastique ?

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 171

Moines bouddhistes.

171

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


Vous avez pris conscience que l’expérience religieuse a des effets sur la communauté. Par l’engagement communautaire, les différents organismes ne sont-ils pas aussi porteurs de valeurs qui sont communes aux traditions religieuses telles que l’entraide, la charité, le partage, la compassion et la solidarité ?

1.

En équipe, faites la liste des points communs à l’expérience religieuse et à l’expérience humanitaire, ainsi que des points qui les distinguent.

POINTS COMMUNS

POINTS DIVERGENTS

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

L’une des valeurs fondamentales de la société québécoise actuelle est la laïcité de l’État, c’est-à-dire la séparation des pouvoirs religieux et politiques. Dans ce contexte, tout de même assez récent dans l’histoire du Québec, il est important de départager les éléments liés au religieux que l’on souhaite garder dans le domaine de la vie privée et les apports des traditions religieuses que l’on veut conserver.

2. Quels sont les apports de l’expérience religieuse pour le vivre-ensemble ? Discutez-en en équipe et prenez en note les idées de vos pairs.

MON POINT DE VUE

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 172

LES POINTS DE VUE DE MES PAIRS

172

L’expérience religieuse

17-07-10 15:47


+

Info

a Peut-on incarner des valeurs comme la charité, la compassion, le partage et l’entraide sans être croyant ou croyante ?

b La charité, la compassion, le partage et l’entraide sont-ils des valeurs souhaitables © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

pour mieux vivre ensemble ?

c Considérez-vous que ces valeurs sont mises de l’avant dans la société québécoise ? d De quelles valeurs fait-on la promotion dans la société québécoise ?

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

suivantes et prenez des notes afin d’ébaucher votre point de vue sur la question des apports de l’expérience religieuse au vivre-ensemble.

CHAPITRE CHAPITRE 77

3. Changez de coéquipiers ou de coéquipières pour discuter des questions éthiques

4. Considérant que le dialogue développe l’ouverture d’esprit, rédigez une courte lettre

d’opinion (moins de 200 mots), comme celles qu’on peut lire dans les journaux, pour démontrer les apports de l’expérience religieuse au vivre-ensemble.

Activité sur le dialogue Sur le thème des apports du dialogue au vivre-ensemble, formulez des arguments pour chacun des types de raisonnement.

+

Info

Thème : Les apports du dialogue au vivre-ensemble

a Induction

b Déduction

c Analogie

d Hypothèse

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 173

173

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


En résumé

XXnommer et décrire des types d’expériences

DANS CE CHAPITRE, VOUS

XXnommer et décrire des types d’expériences

AVEZ RÉFLÉCHI À DIFFÉRENTS

religieuses au quotidien et le sens donné à ces expériences : l’admiration de la nature, la contemplation, la prière ; religieuses exceptionnelles et le sens donné à ces expériences : la conversion, le pèlerinage ;

TYPES D’EXPÉRIENCES RELIGIEUSES ET AU SENS

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

W

XXdécrire des effets de l’expérience religieuse

QU’ELLES PRENNENT POUR

sur la personne, sur la communauté et sur des modes de vie.

LES CROYANTS ET LES CROYANTES DES TRADITIONS RELIGIEUSES. À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS, VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

Exceptionnelle

Description

Sur la personne



Au quotidien

 ,

Changement

Objets

Ascétisme

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

lieux, gestes, 

Engagement

C’est l’expression du sentiment sacré.

 , personnes en présence, paroles, sentiments.

Effets

Types



 , admiration de la nature, contemplation,







Transformation intérieure, motivation, libération, guérison. Contact avec le



Sur la communauté Partage, altruisme,

 .

 . 



 .

 , conversion, vie engagée,

 radical.



 .



 , ermitage, vie monastique, vie consacrée.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 174

Sur des modes de vie

 ,

174

L’expérience religieuse

17-07-10 15:47


Dans le tableau suivant, indiquez les caractéristiques manquantes pour chacune des expériences religieuses.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

TYPE D’EXPÉRIENCE

a La prière pour

Jean Vanier ou de mère Teresa.

DESCRIPTION

Créer un lien personnel et intime avec Dieu.

un croyant ou une croyante.

b L’œuvre de

SENS

CHAPITRE 7

1.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE

Activité-SYNTHÈSE

Exceptionnelle : vie engagée, vie consacrée.

L’un des cinq piliers de l’islam. Les musulmans se rendent à La Mecque pour voir la Ka’aba, symbole du monothéisme pour Muhammad.

c Le pèlerinage à La Mecque pour un musulman.

2. Tout au long du présent chapitre, vous avez rencontré des personnages inspirés par leur expérience religieuse.

a Expliquez ce que les témoignages qui vous ont été présentés vous ont appris sur la nature de l’expérience religieuse.

b Laquelle de ces expériences religieuses vous a le plus touché et pourquoi ? c Quelles questions ces différents témoignages suscitent-ils en vous ?

L’expérience religieuse

4557_ECR_sec4_ch7_F2.indd 175

175

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


8 CHAPITRE

religieux dans l’art et la culture Le

Qu’entend-on par « œuvre d’art » ? En quoi les œuvres d’art font-elles référence au phénomène religieux ?

Comment décrire une œuvre artistique ? COMMENT INTERPRÉTER LE SYMBOLISME RELIGIEUX DANS UNE ŒUVRE ARTISTIQUE ?

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 176

17-07-10 15:44


« 

L’art est toujours religieux, c’est-à-dire qu’il a toujours à exprimer des besoins très

»

mystérieux que les paroles ne peuvent dire, et qui touchent

à nos aspirations les plus élevées. George Desvallières, peintre français, 1861-1950

Sacré ou profane p. 178

Des formes d’art

Des types d’œuvres d’art

Origines p. 181

Les références religieuses dans l’art et la culture

p. 180

Caractéristiques p. 181

Description

Fonctions

Symbolisme religieux

p. 181

p. 182

Liens avec le religieux La musique, le chant et la danse

À l'écran p. 190

p. 188

Réfléchissons à la présence du phénomène religieux dans l’art et la culture populaire pour apprendre à reconnaître et à interpréter le symbolisme religieux dans plusieurs types d’œuvres artistiques.

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 177

17-07-10 15:44


Le monde de l’art est important parce qu’il témoigne de la culture, des traditions et de l’histoire de l’humanité. En observant les œuvres d’art, on constate que les traditions religieuses ont inspiré et inspirent toujours les artistes de tous les horizons et de toutes les époques. Les tableaux et les sculptures des grands maîtres, les objets qui servent aux rites, les cantiques religieux sont autant d’exemples d’œuvres d’art inspirées du religieux. Par ailleurs, les références au religieux ne se trouvent pas que dans les lieux de culte, mais un peu partout dans notre environnement. Apprenons à les reconnaître.

Art profane À RETENIR

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les concepts liés au religieux dans l’art

Œuvres artistiques et formes d’art qui ne sont pas liées aux religions.

Art sacré  Productions ou pratiques artistiques ayant pour but premier l’expression du sentiment religieux.

L’art sacré et l’art profane L’art sacré, ou art religieux, désigne les productions artistiques ou les pratiques (comme la peinture, la musique, la danse) ayant pour but l’expression du sentiment religieux, l’illustration du rapport entre l’être humain et le sacré. Par exemple, les édifices religieux sont des œuvres d’art sacré, comme les vitraux des cathédrales pour les catholiques, les icônes pour les chrétiens orthodoxes, les mandalas pour les bouddhistes ou la calligraphie de passages du Coran dans les mosquées pour les musulmans.

Moines bouddhistes réalisant un mandala.

L’art profane, par opposition, désigne les œuvres artistiques et les formes d’art qui ne sont pas liées aux religions. Pourtant, même dans cette forme d’art, on peut trouver des références au phénomène religieux, sans qu’elles aient pour but l’expression du sentiment sacré. Par exemple, la publicité, quand elle est artistique, est une forme d’art profane qui s’appuie parfois sur des références religieuses afin de véhiculer ses messages. En effet, les créateurs publicitaires sont souvent tentés de faire des allusions à des scènes religieuses ou à des personnages bibliques parce que ces références sont le plus souvent connues de tous et toutes, même des personnes non croyantes. Rosace de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 178

178

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:44


Ensemble des aspects intellectuels, artistiques et des idéologies d’un groupe particulier. La culture englobe toutes les formes d’art présentes dans le monde.

Œuvre d’art Tout travail considéré comme artistique au sens large, toute activité artistique créative, y compris des œuvres littéraires, picturales et musicales.

Le Sacré-Cœur de Jésus.

©Production Encore

Référence religieuse Élément d’une œuvre artistique qui représente une dimension du phénomène religieux, que ce soit par les symboles utilisés, les personnages mis en scène, les croyances évoquées ou les récits illustrés.

1.

a Comparez les images ci-contre pour déterminer les éléments qui font référence au religieux.

En 2007, l’humoriste québécois Martin Matte se représente en Sacré-Cœur de Jésus sur le DVD du spectacle Comment

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

Culture

CHAPITRE 8

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

À RETENIR

b Pourquoi l’humoriste fait-il référence à ce personnage religieux ?

2. Quelles valeurs sont en conflit quand les emprunts de la publicité à l’univers religieux sont considérés comme choquants pour certaines personnes ?

Ici ET

ailleurs

Aujourd’hui, dans la société québécoise, l’art du tatouage est une forme d’expression artistique très populaire qu’on ne peut pas qualifier d’art religieux. D’ailleurs, les trois traditions religieuses monothéistes rejettent la pratique du tatouage. Pourtant, le tatouage est une forme d’art très ancienne qui, dans certaines cultures, est un art sacré. En effet, l’étymologie du mot est polynésienne et, selon la légende, le tatouage serait d’origine divine. Les marques gravées dans la peau sont des symboles qui auraient une fonction religieuse, comme la protection contre les mauvais esprits.

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 179

179

Tatouage en forme de croix.

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:44


Les formes d’art

3.

Associez chacune des œuvres d’art à la tradition religieuse et à la forme d’art appropriées.

Les peintures murales de Michel-Ange ornent les murs de la chapelle Sixtine à Rome.

a

Représentation théâtrale du Ramayana, une épopée poétique.



b

Le Bouddha couché du temple de Wat Pho en Thaïlande.

c



d

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 180



Danse traditionnelle amérindienne.



f

CULTURE RELIGIEUSE



Le Dôme du Rocher à Jérusalem est couvert de symboles géométriques et de passages du Coran calligraphiés.

Les rouleaux de la Torah.

e

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

En plus de la distinction entre sacré et profane, les œuvres d’art peuvent être catégorisées par leur forme. On distingue habituellement sept formes d’art : l’architecture, la sculpture, les arts visuels (la peinture, le dessin, la photographie), la musique, la littérature (la poésie, la fiction), les arts de la scène (théâtre, danse, cirque) et le cinéma. À notre époque, on peut aussi ajouter les œuvres créées pour la télévision, la radio et Internet ou les jeux vidéo.

180



Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:45


Des questions pour décrire une œuvre d’art

Les caractéristiques

Les origines • Qui est l’auteur ou l’auteure de cette œuvre (nom, époque et biographie) ?

• De quelle forme d’œuvre d’art s’agit-il (architecturale, musicale, littéraire, sculpturale, etc.) ?

• Pour qui et pourquoi l’artiste l’a-t-il produite ? Qui en sont les destinataires ?

• Qu’y voit-on ?

• À quelle époque, dans quel lieu et dans quel contexte l’œuvre a-t-elle été réalisée ?

• Quelles sont les couleurs utilisées ?

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

Que doit-on observer pour comprendre une œuvre d’art ? À quelles questions doit-on répondre pour bien la décrire et pour en interpréter le symbolisme ? Voici une liste de questions qui pourront vous être utiles pour analyser tous les types d’œuvres d’art.

CHAPITRE 8

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La description d’une œuvre d’art

• Observe-t-on des formes, des personnages, des objets, de l’écriture, des symboles ?

• Quel titre l’artiste a-t-il donné à son œuvre ?

Les fonctions • Quelle est la fonction de cette œuvre pour l’artiste ? • Est-ce une œuvre d’art religieux ou d’art profane ? • Quelles expressions du religieux sont présentes dans cette œuvre ? Quelle est leur signification ? • À quelle tradition religieuse peut-on la rattacher ? • Quels sont son rôle et son sens pour les croyants et croyantes ?

1.

Reliez par un trait les fonctions de l’art qui concernent l’artiste et celles qui concernent les destinataires de l’œuvre.

a Transmettre une émotion ou faire passer un message Pour l’artiste

b Prendre conscience d’une réalité ou d’une vision du monde. c S’émerveiller ou se détendre. Pour le destinataire

d Proposer un regard sur le monde ou témoigner d’une réalité.

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 181

181

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


Avez-vous déjà remarqué que les équipes sportives choisissent des logos et des couleurs qui contribuent à donner une image de puissance pour les représenter ? Par exemple, dans la Ligue nationale de hockey, les Devils du New Jersey ont choisi le rouge et le symbole du diable, les Sharks de San José ont adopté un requin dont les dents sont affûtées ! De même, dans la Ligue nationale de football américain, les Broncos de Denver ont élu l’indomptable cheval sauvage pour les représenter et les Eagles de Philadelphie, un puissant aigle au bec pointu. Ce sont des symboles qui illustrent leur force. Les traditions religieuses emploient aussi des symboles pour représenter de façon concrète leurs croyances. Nous verrons dans la prochaine activité plusieurs exemples de symboles que nous retrouvons dans les œuvres d’art et expliquerons leur symbolisme religieux pour les croyants et les croyantes de différentes traditions religieuses. Surlignez dans le texte le symbolisme religieux des différents symboles pendant votre lecture.

Casque des Broncos de Denver.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les symboles et leur symbolisme religieux

Sac et casque à l’effigie des Eagles de Philadelphie.

Symbole À RETENIR

Un objet, un fait, un geste, un signe figuratif ou un élément qui évoque un autre sens pour un groupe d’êtres humains qui ont les mêmes repères.

Symbolisme religieux Signification d’un symbole pour les croyants et les croyantes d’une tradition religieuse.

1.

a Avez-vous d’autres exemples du symbolisme des logos des équipes sportives ?

b Quel est le logo choisi par votre école pour son équipe sportive ? Quel est son symbolisme ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 182

182

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:45


Le feu est présent dans toutes les traditions religieuses. Il symbolise la présence ou la parole divines, la purification ou la destruction (le feu de l’enfer). Le feu est source de lumière. Dans les récits du christianisme, Dieu se montre à Moïse sous l’apparence d’un buisson enflammé (le Buisson ardent) et prend la forme de langues de feu au moment de la Pentecôte (Saint-Esprit). Chez les peuples autochtones, on observe le rite de purification par le feu et on fume le calumet de la paix. Les hindous et les bouddhistes utilisent des bougies sur leurs autels en guise d’offrande au dieu honoré. Leur lumière symbolise la connaissance. De plus, ils brûlent les corps de leurs défunts (crémation). Dans chaque synagogue, les juifs placent une ménorah dont les flammes symbolisent la présence de Dieu et son regard qui veille sur la Terre. De même, dans le Coran, on parle de Dieu comme d’une lumière dont le symbole est la lampe.

La ménorah, chandelier à sept branches, symbolisant les sept jours de la Création, orne souvent les synagogues.

Vitrail représentant Moïse et le Buisson ardent.

LA FOUDRE

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LE FEU

CHAPITRE 8

Des exemples du symbolisme religieux des éléments

La foudre manifeste les volontés et la toute-puissance divines, le pouvoir à la fois créateur et destructeur de la divinité. On l’utilise souvent pour symboliser la colère divine.

2. À chaque anniversaire, nous soufflons autant

de bougies que d’années sur notre gâteau. Certains en profitent même pour faire un vœu. Quelle pourrait être la signification de ce geste en considérant le symbolisme du feu ? Dans le Coran, on parle de Dieu comme d’une lumière dont le symbole est la lampe.

Le dieu grec Zeus qui lance la foudre, symbole de sa colère divine.

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 183

183

Moïse reçoit les dix commandements.

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


Des exemples du symbolisme religieux des formes Pour les chrétiens, la croix symbolise la grandeur de l’amour de Dieu qui a offert son fils en sacrifice pour sauver les êtres humains. C’est un signe de la toute-puissance de l’amour divin. On en trouve dans tous les lieux de culte chrétiens et certaines personnes portent la croix à leur cou. Même l’architecture de plusieurs églises est inspirée de la croix. En effet, vues du ciel, plusieurs constructions prennent la forme d’une croix.

Les croix de chemin symbolisent la foi ou commémorent le lieu d’un événement.

LE SVASTIKA Les symboles peuvent avoir différents sens selon les repères des individus qui les interprètent. Le svastika en est un bon exemple. Dans l’hindouisme, ce symbole est associé au dieu Ganesh et symbolise la chance. On le trouve souvent sur les temples ou les œuvres d’art hindous. Par ailleurs, dans les pays occidentaux, il prend un sens négatif associé au racisme parce qu’il représente le mouvement nazi.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA CROIX

Svastika peint sur un mur à Varanasi en Inde.

LE CERCLE

Le capteur de rêves, en forme de cercle, est un objet sacré pour les spiritualités autochtones qui considèrent le rêve comme un moyen de communiquer avec le divin.

3.

Chez les peuples autochtones, l’Univers est symbolisé par la forme du cercle, représentant l’harmonie de la création. Chaque être vivant et tout ce qui existe font partie du cercle de la vie et sont reliés les uns aux autres. Le cercle sacré comprend quatre parties. L’Est jaune (où le soleil se lève) correspond aux premiers pas de la vie, au printemps et au jour naissant ; le Sud rouge (où se trouve la lune) représente l’adolescence, l’été et la croissance ; l’Ouest noir (où le soleil se couche) symbolise l’âge adulte, l’automne et l’introspection ; le Nord blanc (où il fait sombre) est associé à la vieillesse, à l’hiver et à la sagesse.

a À quelle tradition religieuse associez-vous l’œuvre d’art ci-contre ?

b Que symbolise-t-elle ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 184

184

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:45


LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LE BLANC Le blanc symbolise la pureté, l’innocence et la lumière qui guide les fidèles. Dans le christianisme, on représente souvent la présence de Dieu par une lumière blanche, le Saint-Esprit par une colombe blanche et les anges habillés de blanc et baignés de lumière. C’est une couleur qui marque les rites de passage chrétiens tels que le baptême, la première communion ou le mariage.

LE NOIR Au contraire, le noir est la couleur de la nuit, de l’obscurité, du mal, du mystère, du danger, du malheur et du deuil. Au Moyen Âge, le noir représentait le péché et le diable pour les chrétiens. C’est aussi la couleur des habits monastiques, un signe de renoncement et d’humilité.

Un ange habillé de blanc.

LE VERT Le vert est la couleur du printemps et de la vie nouvelle. Cette couleur incarne l’espoir, le salut, la libération. Le vert est l’un des symboles de l’islam. Dans le Coran, les descriptions du paradis évoquent une image verdoyante, possiblement inspirée par l’aspect des oasis dans le désert.

CHAPITRE 8

Des exemples du symbolisme religieux des couleurs

Le dôme vert de la mosquée de Médine.

Des exemples du symbolisme religieux des objets STATUES, IMAGES ET ICÔNES Dans plusieurs traditions religieuses, des statues et des images aident les croyants et croyantes à se recueillir et à prier. Parfois, les membres d’une religion les considèrent comme le divin lui-même (on leur apporte des offrandes, par exemple). On parle alors d’une idole. Dans le christianisme, les orthodoxes vénèrent les icônes, des peintures représentant Jésus, la Vierge Marie ou les saints et saintes du passé. Ils les considèrent comme un reflet de Dieu. Aux 8e et 9e siècles, de nombreuses icônes furent détruites dans un conflit qui divisa les chrétiens : la crise iconoclaste. L’iconoclasme (mot d’origine grecque signifiant « briseur d’images ») est une doctrine qui interdit la représentation du Christ et des saints en image. Elle s’appuie sur le commandement de la Bible : « Tu ne feras pas d’image taillée. » (Exode 20, 4).

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 185

185

Icône de la Trinité.

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:45


Des exemples du symbolisme religieux des végétaux et des animaux Symbole de la création, de la pureté, de la perfection et du dharma (ordre social et religieux), la fleur de lotus représente le chemin spirituel pour les bouddhistes : ses racines poussent dans la vase (symbolisant les faiblesses humaines), sa tige représente le cordon ombilical qui relie l’être humain à ses origines, tandis que ses pétales s’ouvrent en direction du soleil (symbolisant l’Éveil).

Fleur de lotus au henné, une pâte utilisée pour orner les femmes de tatouages de signes protecteurs et magiques.

LE RAMEAU D’OLIVIER ET LA COLOMBE Le rameau d’olivier, porté par une colombe blanche, est le symbole choisi par Dieu pour signifier à Noé la fin du Déluge dans le récit biblique et le commencement d’une nouvelle vie. Le rameau d’olivier est le symbole du pardon de Dieu et la colombe est

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LA FLEUR DE LOTUS

Colombe et rameau d’olivier, symboles de la paix.

un symbole universel de la paix.

LE POISSON Le poisson est l’image la plus ancienne associée à Jésus. L’origine de cette représentation vient du grec ancien, les premières lettres de l’expression « Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur » formant le mot ichtus, qui signifie « poisson ». Il est aussi associé aux premiers chrétiens en raison du rite du baptême qui se pratiquait dans une étendue d’eau Le poisson, symbole du christianisme.

et qui symbolisait le début d’une nouvelle vie. Le poisson est donc un symbole de vie et de fertilité.

LA VACHE Dans l’hindouisme, la vache est associée à la déesse-mère, elle a donc un caractère

Sculptures de vaches ornant un temple en Inde.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 186

186

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:46


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b Pureté, ordre de l’univers (dharma), chemin spirituel :  c Harmonie, vie, création, interdépendance :  d Pureté, innocence, lumière, manifestation divine : 

5. Parmi ces énoncés, encerclez celui qui est vrai et corrigez ceux qui sont faux. a Le symbole de la croix exprime la puissance de l’amour divin.

b La différence entre une idole et une image représentant le divin consiste dans le fait que, pour les fidèles, la divinité est dans l’image.

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

a Purification, destruction, présence divine : 

CHAPITRE 8

4. Associez les symboles de la banque de mots à leur signification.

c Dans une cathédrale, on trouve une ménorah dont les flammes rappellent la présence divine.

6.

a À quelle tradition religieuse associez-vous cette œuvre d’art ?

b À quel récit religieux fait-on référence ?

c Nommez deux symboles représentés dans cette œuvre d’art religieux et expliquez leur symbolisme.

7.

a Quel objet représente cette section d’image ?

b Que symbolise cette inscription ?

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 187

187

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


La musique est un type d’art présent tant dans les cérémonies religieuses que dans toutes sortes de célébrations et qui fait même partie de la vie quotidienne de plusieurs personnes. Certaines œuvres musicales ont une fonction religieuse, comme les chants religieux dans les églises ou le gospel (littéralement, god spell signifie « parole de Dieu »), et de nombreuses chansons populaires font aussi référence à des expressions du religieux. On peut citer comme exemple la chanteuse populaire Madonna, qui a choisi son nom en référence à la Madone, la mère de Jésus. Madonna utilise plusieurs symboles religieux dans ses spectacles et ses vidéoclips, dans les paroles de ses chansons, et porte fréquemment une croix à son cou. Plusieurs y voient une provocation ou une façon de se faire reconnaître.

Chorale dans une célébration religieuse de la fête de Noël.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La musique, le chant et la danse

Les derviches tourneurs utilisent la danse pour entrer dans une transe divine.

Dans les années 1950, la musique rock constituait, pour certaines personnes, la « musique du diable ». On accusait les groupes rock de placer, dans leurs chansons, des messages cachés adressés au diable. Même Elvis Presley, qui a largement contribué à populariser la musique rock, était accusé de faire la « danse du diable » lorsqu’il se déhanchait. Les temps ont bien changé. Si vous avez déjà assisté à un spectacle où vous avez chanté et dansé parmi une foule de fans, vous avez probablement ressenti la joie et le sentiment d’appartenance que de bouger tous ensemble au même rythme pouvait procurer. La danse est une forme d’art qui est présente aussi dans les traditions religieuses. Les derviches tourneurs (groupe issu d’une branche de l’islam) pratiquent une danse sacrée semblable à un tourbillon où ils tournent sur eux-mêmes jusqu’à provoquer un état de transe propice à la communion avec Dieu. La danse et le chant font grandement partie des rites autochtones puisqu’ils permettent d’entrer dans un état de transe favorable à la communication avec les esprits. Certaines danses sont étroitement codifiées, chaque mouvement ayant une signification. Lors des pow-wow, on peut observer les participants et participantes revêtir des costumes somptueux et des masques pour reproduire les danses traditionnelles.

Danse lors d’un pow-wow.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 188

188

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:46


b Quel est le rôle de la musique dans la vie de tous les jours ?

2. Quelle est la différence entre une chanson populaire qui fait référence au religieux et un chant religieux ?

3. Dans quel but les chanteurs et chanteuses populaires se réfèrent-ils au phénomène religieux ?

Le bollywood, une danse indienne, est inspiré des danses traditionnelles.

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

a Quel est le rôle de la musique et des chants dans les cérémonies religieuses ?

CHAPITRE 8

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

1.

4. Associez les types de chants et de danses à leur tradition religieuse respective. a Les hymnes et psaumes bibliques

Islam

b Les danses traditionnelles lors d’un pow-wow

Judaïsme

c La danse des derviches tourneurs

Christianisme

d Le gospel

Spiritualités autochtones

5. Quelles sont les fonctions religieuses de la danse ?

Ça m’intéresse ! Dans sa chanson Des hommes pareils, Francis Cabrel fait référence aux objets religieux afin d’expliquer que, malgré leurs différences de croyances, tous les individus sont pareils. Dans votre style musical préféré, connaissez-vous des exemples de paroles de chansons qui font référence au religieux ?

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 189

189

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


Les histoires adaptées au grand écran et au petit ont pour but de nous divertir, de nous faire vivre des émotions ou de nous faire réfléchir. Certaines de ces histoires s’inspirent du phénomène religieux.

Les films à caractère religieux Les films à caractère religieux illustrent directement des récits bibliques. On peut penser, entre autres, aux films Les dix commandements (1956), de Cecil B. DeMille, ou Jésus de Nazareth (1977), de Franco Zeffirelli. Ces films sont diffusés au petit écran pendant la période de Pâques ou de Noël, des temps forts de célébrations religieuses pour les chrétiens et chrétiennes.

1.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le phénomène religieux à l’écran

Affiche du film Les dix commandements

a Dans les dernières années, plusieurs films se référant aux récits bibliques ont pris l’affiche au cinéma. Nommez-en un et identifiez de quel récit il s’inspire.

b Comment expliquez-vous le regain de popularité de ces films à caractère religieux ?

Le combat entre le bien et le mal D’autres genres de films insistent sur l’opposition entre le bien et le mal. L’utilisation des couleurs pour représenter les personnages, souvent le blanc contre le noir, différencie les bons des méchants. Leurs affrontements se déroulent généralement dans l’obscurité pour signifier le danger. Dans le film La guerre des étoiles (1977) de George Lucas, on assiste au combat entre deux ordres de Jedi. Les Jedi sont de rares élus célibataires, qu’on peut comparer aux membres du clergé, qui détiennent un savoir secret à la manière des nouveaux mouvements religieux de la famille ésotérique. Les Jedi blancs combattent du côté lumineux de la Force, les Jedi noirs défendent le côté obscur. Au cœur de l’histoire, on trouve une prophétie annonçant qu’un élu viendra un jour rétablir l’harmonie dans le monde, apportant la paix et l’ordre. On peut faire un lien entre cette prophétie et Jésus, venu sur la terre pour le salut des êtres humains.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 190

190

Couverture du livre La guerre des étoiles, dont le film du même nom a été réalisé par George Lucas en 1977.

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:46


Dans l’univers magique d’Harry Potter, on peut voir plusieurs créatures étonnantes tirées de la mythologie grecque. Les centaures sont des êtres fabuleux, mi-hommes, mi-chevaux, qui représentent la violence et le mal dans la mythologie grecque. Toutefois, dans l’œuvre de J.K. Rowling, ce sont des animaux paisibles, mais qui craignent les êtres humains. Selon le mythe grec, Cerbère, un chien à trois têtes et à la queue de serpent, est le gardien des Enfers dont il défend l’accès férocement. Dans l’univers d'Harry Potter, on trouve Touffu, qui garde la pierre philosophale dans le sous-sol de l’école. Le compagnon de Dumbledore, Fumseck, est associé à une autre créature fantastique : le phénix, un oiseau légendaire qui peut s’enflammer, se consumer et renaître de ses cendres. Il représente ainsi la force à la fois destructrice et créatrice du feu, et il symbolise la résurrection. Inversement, le compagnon de Voldemort est Nagini, le serpent terrifiant qui incarne le mal dans cette histoire à la manière de Python, le serpent monstrueux de la mythologie grecque.

2. Quel nom portent ces créatures et que symbolisent-elles dans la mythologie grecque ?

a



b



c

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Comme les traditions religieuses, la mythologie inspire les créateurs. Les mythes sont des récits fabuleux qui proposent une explication aux grandes questions des êtres humains et mettent en scène des dieux, des hommes-bêtes, des anges ou des démons.

CHAPITRE 8

Les références à la mythologie



Ça m’intéresse ! En 2009, le film Avatar de James Cameron propose une réflexion sur l’interconnexion entre tous les êtres vivants et le respect que l’on doit à la Terre. Dans le film, la planète Pandora est représentée par la déesse Eywa, comme la déesse-mère Gaïa symbolise la Terre dans la mythologie grecque. Ce film illustre bien les transformations religieuses contemporaines en mettant de l’avant des principes comme la protection de l’environnement et la promotion de la science.

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 191

191

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:46


Nombre de films d’horreur font référence à des phénomènes religieux qui sortent de l’ordinaire, dont le film L’exorciste de William Friedkin en 1973. L’exorcisme est un rituel destiné à expulser un esprit mauvais qui se serait emparé d’un être humain. Au cinéma, la possession par un démon et le rituel destiné à le chasser sont très exagérés. Toutefois, l’Église catholique n’exclut pas l’emprise du démon sur certaines personnes, bien que les autorités religieuses Personnages de morts-vivants ou zombies. préfèrent offrir un soutien psychologique aux individus qui se disent possédés. Le Vatican dispose d’un document expliquant la marche à suivre pour l’exorcisme, et des prêtres sont désignés pour le pratiquer. Ce rite spectaculaire est rarement utilisé, mais stimule l’imaginaire de plusieurs artistes. La peur de ce qui nous attend après la mort et les grandes questions que cela soulève sont également des thèmes très riches pour les artisans de l’horreur. Au cours des dernières années, on a observé un regain de popularité des films et des séries télévisées présentant des morts-vivants, comme la populaire série The Walking Dead de Frank Darabont et Robert Kirkman, ainsi que des vampires et d’autres créatures mythiques diaboliques. La saga Twilight, de l’auteure Stephenie Meyer, en est un bon exemple. Dans cette histoire, deux êtres fantastiques représentant le mal s’opposent pour gagner le cœur d’une jeune femme humaine. Les deux personnages ont des similarités avec les démons. Le vampire est un buveur de sang, sans âme, au corps froid, imberbe et au teint gris comme la mort. Il symbolise tout ce qui effraie les êtres humains, mais représente aussi l’attrait du danger et de l’interdit. Le loup-garou, créature incontrôlable à la force surhumaine, a le corps chaud (on pourrait dire comme les feux de l’enfer) et velu comme celui d’une bête. Incapable d’échapper à son destin, il est dirigé par son instinct animal.

3.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les films d’horreur

Représentation d’un vampire.

a Donnez d’autres exemples de phénomènes religieux extraordinaires qui sont exploités dans le cinéma d’horreur.

b Pourquoi fait-on référence au religieux dans ce genre de films ?

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 192

192

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:47


LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

On peut aussi trouver des traces du phénomène religieux dans un autre genre cinématographique : le film catastrophe, qui met en scène la fin du monde. Certaines images font directement référence au récit biblique de l’Apocalypse, comme Le septième sceau d’Ingmar Bergman en 1957 ou la sixième saison de la série policière télévisée Dexter, mais la plupart exploitent plutôt la peur de la fin du monde par des cataclysmes naturels, aussi annoncés dans le dernier livre du Nouveau Testament. Ce genre d’histoires est de plus en plus populaire puisque nous prenons conscience que l’avenir de l’humanité est réellement menacé par l’état de la planète. Le film Armageddon (1998), de Michael Bay, met en images la destruction du monde par un énorme astéroïde, tandis que Le jour d’après (2004), de Roland Emmerich, l’imagine plutôt comme une énorme tempête climatique où une vague emporte tout sur son passage.

Les météorites font partie de plusieurs scénarios de films catastrophe.

Dans ces films, on s’intéresse aux survivants et survivantes, qui doivent reconstruire leur vie avec toutes les embûches et tous les questionnements existentiels que cela suppose. Au début des années 2000, la trilogie de science-fiction La matrice, de Lana et Lilly Wachowski, illustre un monde où les machines ont remporté la guerre contre l’humanité et où les êtres humains sont réduits à servir de piles électriques pour les alimenter. Or, les humains ne connaissent pas leur condition d’esclaves, puisque la matrice leur camoufle cette terrible vérité par un programme de réalité virtuelle. Dans ce monde artificiel, créé et dirigé par l’Architecte, on retrouve Neo, un homme comme les autres, qui fera le choix de connaître la vérité et en verra sa vie transformée. Dans le monde réel, Neo est au centre d’une prophétie ; il est l’élu,

CHAPITRE 8

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les films catastrophe

Le film catastrophe met en scène des images de fin du monde où l’avenir de l’humanité est menacé.

Ça m’intéresse ! L’auteure québécoise Anne Robillard a rédigé une série de 10 livres intitulée A.N.G.E., acronyme signifiant « Agence nationale de gestion de l’étrange » qui reprend plusieurs éléments importants de l’Apocalypse de la Bible. À découvrir !

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 193

193

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


4. Bien que plusieurs interprétations soient possibles, à quel personnage biblique

5.

Que vous connaissiez ou non la trilogie de films Le seigneur des anneaux, que pouvez-vous dire sur le personnage de Gandalf, représenté dans l’image ci-contre ?

Gandalf, dans Le seigneur

6. À l’aide des deux images ci-dessous, expliquez ce que symbolise la pomme et pourquoi.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

pouvez-vous associer le personnage de Neo dans la trilogie de films La matrice ?

Adam et Ève au paradis, au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

7. Cette fresque met en scène deux personnages, Dieu et le diable, jouant à « roche-papierciseaux ». Quelle est la fonction de cette œuvre d’art ?

Peinture murale représentant Dieu et le diable.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 194

194

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:47


Regroupez-vous en équipes et délibérez pour choisir une ou deux œuvres d’art que vous souhaitez analyser. Vous pourrez les présenter au groupe avec 10 ou 20 diapositives, selon la profondeur de votre analyse.

2. Utilisez les suggestions de questions pour décrire une œuvre d’art à la page 181 afin de faire l’analyse de votre œuvre.

+ 232

3. Lors des présentations en classe, soyez clairs, concis, et interrogez les points de vue de vos pairs de façon pertinente.

Info p.

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

1.

CHAPITRE 8

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DIALOGUONS

À votre tour de dénicher des présences du phénomène religieux dans l’art et la culture populaire afin de les interpréter. Pour ce faire, il vous est suggéré d’utiliser une nouvelle forme de présentation artistique née au Japon, le Pechakucha. Dans cette forme de présentation orale, on doit projeter 20 diapositives se succédant toutes les 20 secondes, vous obligeant ainsi à beaucoup de concision et à faire des choix d’images appropriés.

Activité sur le dialogue Dans le texte ci-dessous, dégagez les types de jugement et repérez l’extrait qui décrit chaque type de jugement. Les jeunes-sandwiches ! Au Québec, les jeunes n’hésitent pas à porter des vêtements arborant le logo d’une marque, se transformant ainsi en hommes et en femmes-sandwiches. En effet, les jeunes Québécois sont deux fois plus nombreux que les jeunes Canadiens à bouder les produits sans marque. Porter un logo semble valorisant pour les jeunes d’aujourd’hui, peu importe leur niveau d’éducation ou leur revenu. Le prestige et l’importance accordés à la marque font en sorte qu’ils et elles préfèrent acheter le produit qui porte un symbole reconnu.

a Jugement de préférence

b Jugement de réalité

c Jugement de valeur

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 195

195

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


En résumé

XXdéfinir des termes liés à la présence du religieux dans l’art : référence religieuse, culture, symbole, profane ;

XXnommer et décrire des œuvres d’art

DANS CE CHAPITRE, PRÉSENCE DU PHÉNOMÈNE RELIGIEUX DANS L’ART

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

présentes dans votre environnement social et culturel qui comportent une référence au religieux : types d’œuvres, auteurs, destinataires, contextes, fonctions ;

VOUS AVEZ RÉFLÉCHI À LA

XXidentifier des personnages, des objets

ET LA CULTURE ET APPRIS

ou des scènes faisant référence au religieux dans des œuvres d’art et établir des liens avec des récits religieux ;

À RECONNAÎTRE ET À INTERPRÉTER LE SYMBOLISME DE PLUSIEURS ŒUVRES.

XXexpliquer le symbolisme religieux présent

À LA SUITE DE VOS RÉFLEXIONS,

dans des œuvres d’art et les associer à la tradition religieuse appropriée.

VOUS DEVRIEZ POUVOIR :

À l’aide des mots ci-dessous, remplissez le réseau de concepts. Cinéma

Des récits

Personnages

Les fonctions

Art profane

Des formes d’art

Le contexte

Les caractéristiques

LES RÉFÉRENCES RELIGIEUSES DANS L’ART ET LA CULTURE

Types d’œuvres d’art



Liens avec le religieux



Art ayant pour but l’expression du religieux.



Description de l’œuvre d’art

  , les animaux, les végétaux, les objets.

Les origines L’artiste,

  Art qui n’a pas de fonction religieuse.



Les éléments, les formes,

 , l’époque, le but.

Des 



  Architecture, sculpture, arts visuels,





bibliques, épopées hindoues, mythes.

Le type d’œuvre les couleurs, les formes, les symboles.

 ,

 , ou des scènes Dieux et déesses, prophètes, créatures mythiques.

littérature, arts de la scène et 

 .

 Pour l’artiste, pour les destinataires.

CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 196

196

Le religieux dans l’art et la culture

17-07-10 15:47


a Cette œuvre est-elle une œuvre d’art religieux ou d’art profane ?

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

b La considérez-vous comme choquante ? Pourquoi ?

2. Associez les différentes formes d’art aux exemples d’œuvres d’art ci-dessous.

Breakdancing Jesus, par

a Musique

Films de fiction, documentaires.

b Architecture

Récits, romans, poésie.

c Littérature

Temples, mosquées, églises, synagogues.

d Cinéma

Chansons folkloriques, chansons populaires, chants religieux.

e Sculpture

Peintures, dessins, fresques.

f Arts visuels

Pièces de théâtre, danse.

g Arts de la scène

Statues, bas-reliefs, objets.

LE RELIGIEUX DANS L’ART ET LA CULTURE

1.

CHAPITRE 8

Activité-SYNTHÈSE

3. Quelles sont les fonctions spécifiques de l’art religieux ?

4. Pourquoi accorde-t-on tant d’importance au monde de l’art ?

5.

a Quelles références au religieux pouvez-vous identifier dans cette œuvre d’art ?

b À quelles traditions religieuses les associez-vous ?

Peinture murale représentant l’histoire du Québec, Montréal, 2014.

Le religieux dans l’art et la culture

4557_ECR_sec4_ch8_F.indd 197

197

CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:47


Activité finale

1.

Observez chacune des images et répondez aux questions.

a Associez l’image à l’un des quatre thèmes en éthique abordés cette année. b Formulez une question éthique se rapportant à ce thème. c Déterminez les enjeux éthiques soulevés par cette question.

a 

a 

b 

b 

c 

c 

a 

a 

b 

b 

c 

c 

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_A_Finale_F.indd 198

198

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Pour terminer l’année, nous vous proposons de faire un retour sur les apprentissages réalisés et les compétences développées en répondant à ces quelques questions.

Activité finale

17-07-10 15:48


a Associez l’image à l’un des quatre thèmes en culture religieuse abordés cette année. b Nommez les expressions du religieux représentées.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

c Associez l’image à la tradition religieuse concernée.

ACTIVITÉ FINALE

2. Observez chacune des images et répondez aux questions.

a 

a 

b 

b 

c 

c 

a 

a 

b 

b 

c 

c 

Activité finale

4557_ECR_sec4_A_Finale_F.indd 199

199

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:48


3. Lisez les questions éthiques ci-dessous. Elles proposent une réflexion sur différents aspects de l’utilisation des réseaux sociaux. Ensuite, choisissez celle qui vous interpelle le plus et répondez aux questions sous l’encadré.

Quelles sont les règles et les lois en vigueur concernant la vie privée et l’utilisation des réseaux sociaux ? Comment respecter et faire respecter les règles de la vie privée sur les réseaux sociaux ? Est-il souhaitable de tout dire sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ? Quelle est la meilleure attitude à adopter pour un témoin d’une situation d’urgence : intervenir ou publier l’information sur les réseaux sociaux ? Doit-on privilégier les rapports humains réels ou virtuels ? L’un exclut-il l’autre ? Doit-on tolérer tous les points de vue exprimés sur les réseaux sociaux ?

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Quelles valeurs et quels principes devraient guider les rapports entre les utilisateurs des réseaux sociaux ?

a Décrivez une situation éthique qui permettra de réfléchir à la question choisie.

b Quels sont les différents points de vue possibles dans cette situation ?

c Quelles sont les options ou les actions possibles pour favoriser le vivre-ensemble dans cette situation ?

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_A_Finale_F.indd 200

200

Activité finale

17-07-10 15:48


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

ACTIVITÉ FINALE

4. Observez l’image et répondez aux questions.

a Cette œuvre est-elle une œuvre d’art sacré ou d’art profane ? Pourquoi ?

b Nommez les trois expressions du religieux représentées et expliquez leur symbolisme religieux.

c À quelles traditions religieuses pouvez-vous les associer ?

d Nommez quatre points communs de ces trois traditions religieuses.

e Quel message cette œuvre d’art veut-elle exprimer ?

Activité finale

4557_ECR_sec4_A_Finale_F.indd 201

201

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 15:48


5. Aviez-vous remarqué que chaque chapitre commençait par une citation se rapportant

J’ai beaucoup mieux à faire que de m’inquiéter de l’avenir, j’ai à le préparer.

Il vaut mieux débattre d’une question sans la régler que la régler sans en avoir débattu.

Félix-Antoine Savard

Joseph Joubert

Prendre une décision lorsqu’on a la conscience troublée, c’est comme conduire une voiture dans le brouillard. Plus la visibilité est réduite, plus le risque d’accident s’élève. Jean-François Malherbe

Serai-je sur la terre quand la justice et l’égalité régneront parmi les hommes ? Pierre-Henri Leroux

La discorde est le plus grand mal du genre humain, et la tolérance en est le remède. Voltaire

L’art est toujours religieux, c’està-dire qu’il a toujours à exprimer des besoins très mystérieux que les paroles ne peuvent dire, et qui touchent à nos aspirations les plus élevées. George Desvallières

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

au thème ?

L’homme sage sait que toute expérience doit être considérée comme une chance qui s’offre à lui. Henry Miller

Que chacun aille à Dieu par le chemin qui lui plaît ! Voltaire

a Parmi ces citations, laquelle vous interpelle le plus et pourquoi ?

b À votre tour ! En une phrase bien tournée, exprimez une prise de conscience ou une réflexion réalisée cette année. Écrivez-la dans le cadre vide.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_A_Finale_F.indd 202

202

Activité finale

17-07-10 15:48


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

+

Info

Info+

Sommaire PARTIE 1

Des compétences à développer..................................... 204 PARTIE 2

L’éthique : des notions et des concepts à retenir............................................................................................... 207 PARTIE 3

Les traditions religieuses.................................................... 210 Le judaïsme................................................................................... 214 Le christianisme.......................................................................... 216 ÉTHIQUE CULTURE RELIGIEUSE

L’islam............................................................................................. 220 Les spiritualités autochtones............................................... 222 L’hindouisme............................................................................... 224 Le bouddhisme.......................................................................... 226 PARTIE 4

Le dialogue : ses formes et ses moyens................... 228 Des conditions favorables au dialogue.......................... 229 Des formes du dialogue........................................................ 230 Des moyens pour élaborer un point de vue.................. 231 Des moyens pour interroger un point de vue............. 232

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 203

203

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:17


La société québécoise se compose de gens issus de différentes cultures et aux diverses valeurs et croyances. Pour mieux vivre ensemble, il faut apprendre à tirer profit de cette diversité. C’est ce que vous propose le cours d’éthique et culture religieuse, qui vise la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun. Vous êtes invités à aborder différents thèmes en développant vos compétences à réfléchir sur des questions éthiques et à manifester une compréhension du phénomène religieux tout en pratiquant le dialogue (voir l’organigramme ci-dessous).

La reconnaissance de l’autre est la prise de conscience que chaque individu a une vision du monde qui influence ses attitudes et ses actions. Chaque individu peut exprimer ses valeurs et ses convictions personnelles, parce que toutes les personnes sont égales en valeur et en dignité.

La poursuite du bien commun vise le mieux-être de la collectivité et de chaque individu en encourageant la recherche de valeurs communes et les projets favorisant le vivre-ensemble.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

PARTIE 1

DES COMPÉTENCES À DÉVELOPPER

DYNAMIQUE DES COMPÉTENCES ET THÈMES ABORDÉS EN ÉCR

• Les formes du dialogue et ses conditions favorables • Les moyens pour élaborer un point de vue • Les moyens pour interroger un point de vue

Pratiquer le dialogue

Réfléchir sur des questions éthiques

• • • •

La tolérance L’avenir de l’humanité La justice L’ambivalence de l’être humain

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 204

Manifester une compréhension du phénomène religieux

204

• Des religions au fil du temps • Des questions existentielles • L’expérience religieuse • Les références religieuses dans les arts et dans la culture

Info +

17-07-10 16:17


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Je traite une situation d’un point de vue éthique

Info+

Pour réfléchir sur des questions éthiques et pratiquer le dialogue

J’évalue des options de façon adéquate • Je propose des options en lien avec la situation. • J’explique les effets de ces options sur moi, les autres et la situation. • Je sélectionne les options qui favorisent le vivre-ensemble.

• Je décris la situation et j’explique les tensions ou les conflits de valeurs. • Je formule des questions éthiques adéquates. • Je compare des points de vue. • J’examine des repères dans les points de vue et je cherche leur rôle et leur sens.

Je pratique le dialogue de façon appropriée • J’applique les procédés qui contribuent au déroulement du dialogue (oral ou écrit) : j’utilise les moyens pour élaborer les points de vue, ainsi que les formes adéquates du dialogue et je recherche les conditions favorables au dialogue. • J’interroge les points de vue lus ou entendus : je cherche à les connaître et à en évaluer la pertinence, et je développe un esprit critique.

Un point de vue est une manière de considérer une situation, une question ou une réalité. À ne pas confondre avec une opinion, qui consiste plutôt à donner son avis personnel sur une situation.

QUELQUES PISTES POUR VOUS AIDER À PRÉPARER UN POINT DE VUE (À L’ORAL OU À L’ÉCRIT) • Assurez-vous de bien comprendre l’objet du dialogue (la question ou le problème) en distinguant les détails de ce qui est important et notez vos premières réflexions. • Faites des recherches pour approfondir le sujet et les points de vue possibles et prévoyez les questions, les objections, ainsi que les « pour » et les « contre ». • Rédigez une ébauche de votre point de vue en vous appuyant sur plusieurs éléments pertinents (en rapport avec le sujet) et cohérents (bien organisés). • Validez votre point de vue et comparez votre analyse avec celle des autres. Utilisez leurs questions et leurs idées pour enrichir votre point de vue.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 205

205

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:17


Je traite des expressions du religieux de façon adéquate

Je prends en compte la diversité dans mes réflexions

• Je décris des expressions du religieux et les mets en contexte. • J’explique la signification et la fonction de ces expressions. • J’associe ces expressions du religieux à leur tradition d’origine. • J’associe ces expressions à des éléments de l’environnement social et culturel.

• Je présente diverses façons de penser et d’agir dans une ou plusieurs traditions religieuses. • Je présente diverses façons de penser et d’agir dans la société. • J’illustre les effets de différentes façons de penser et d’agir dans la société.

Je pratique le dialogue de façon appropriée • J’applique les procédés qui contribuent au déroulement du dialogue (oral ou écrit) : j’utilise les moyens pour élaborer les points de vue ainsi que les formes adéquates du dialogue et je recherche les conditions favorables au dialogue. • J’interroge les points de vue lus ou entendus : je cherche à les connaître et à en évaluer la pertinence et je développe un esprit critique.

© de ne pas photocopier © Éditions Éditions Grand Grand Duc Duc Merci Reproduction autorisée

Pour manifester une compréhension du phénomène religieux et pratiquer le dialogue

Une expression du religieux, c’est un élément observable lié aux religions comme les objets, les gestes, les rituels, les écrits, les symboles et les croyances.

Des lieux de pèlerinage : La Ka’aba à La Mecque.

Des écrits : Les rouleaux de la Torah.

Des représentations du divin : Dans l’hindouisme, Shiva, le destructeur.

Des personnages et des récits : Le sacrifice d’Isaac par Abraham.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 206

206

Info +

17-07-10 16:17


Info+

PARTIE 2 © de ne pas photocopier © Éditions Éditions Grand Grand Duc Duc Merci Reproduction autorisée

L’ÉTHIQUE : DES NOTIONS ET DES CONCEPTS À RETENIR

L’éthique est une réflexion éclairée sur la signification des manières d’agir ou de se comporter des individus, ainsi que sur les valeurs et les normes qu’ils se donnent pour guider leurs actions. Définissons d’abord les notions importantes de la réflexion éthique.

Les normes Une norme est une exigence morale qui encadre un comportement. Par exemple, les principes moraux et les règles morales sont des normes. Un principe moral définit ce qu’il est nécessaire de faire ou de ne pas faire pour atteindre ce qui est considéré comme le bien. Par exemple, les énoncés « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » ou « Tu dois respecter ton prochain » sont des principes moraux. Une règle morale précise comment un principe moral ou une valeur devrait s’appliquer dans une situation précise. Par exemple, la règle « Il est interdit de pirater des logiciels » peut être une application, dans le code de vie d’une école, du principe « Tu ne dois pas voler ton prochain ».

Les valeurs Une valeur est le caractère idéal, estimable ou désirable attribué à des choses, ou à des manières d’être ou d’agir par des personnes ou des groupes de personnes. Dans certaines situations, des conflits de valeurs naissent lorsqu’une ou plusieurs personnes favorisent une action ou une idée, suscitée par une valeur plutôt qu’une autre. Exemples de valeurs : Altruisme

Devoir

Honnêteté

Raison

Amitié

Dignité

Humanisme

Respect

Amour

Discipline

Humour

Responsabilité

Argent

Don de soi

Intelligence

Sagesse

Bonheur

Écoute

Instruction

Santé

Carrière

Effort

Justice

Solidarité

Charité

Égalité

Liberté

Sollicitude

Connaissance

Estime de soi

Loyauté

Tolérance

Coopération

Famille

Ouverture d’esprit

Travail

Corps

Foi

Paix

Vérité

Courage

Générosité

Pardon

Vertu

Démocratie

Harmonie

Pouvoir

Volonté

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 207

207

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:17


Les questions et enjeux éthiques

Un enjeu éthique est une valeur ou une norme qui fait l’objet d’une question. Par exemple, la question « Faut-il toujours dire la vérité ? » a pour enjeu éthique l’honnêteté.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Une question éthique porte sur un sujet ou un problème à résoudre concernant des valeurs et des normes que se donnent les membres d’une société pour guider leur conduite. La formulation d’une question éthique doit vous permettre de réfléchir sur les enjeux éthiques qu’elle soulève et d’adopter une distance critique par rapport aux valeurs, aux normes et aux conduites, que ce soit les vôtres, celles des autres ou celles des institutions.

La question « Quels sont les impacts de nos choix alimentaires sur l’avenir de l’humanité ? » a pour enjeux éthiques la santé, les droits des animaux et la sauvegarde de l’environnement.

Il existe trois types de questions éthiques :

1.

Des questions pour mieux comprendre la signification des normes, des valeurs et des comportements : Que signifie le respect de l’autre ? Quelle est la distinction entre le respect, la politesse et la reconnaissance de l’autre ?

2. Des questions pour identifier des points de vue, des normes, des règles et les raisons qui les motivent :

Quelles sont les règles en vigueur dans la classe visant le respect de l’autre ? Pourquoi ont-elles été mises en place ?

3. Des questions pour évaluer une situation, justifier un point de vue ou formuler une recommandation :

Est-il souhaitable de faire… ? Pour quelle raison ? Que conseillerais-tu à X dans le cas Y ? Quelle est la meilleure attitude à adopter si… ? Quels seraient les comportements à promouvoir et ceux à éviter ? Sur quelles valeurs te bases-tu ? Quelles valeurs et quels repères devraient guider les gens dans leurs relations interpersonnelles ?

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 208

208

Info +

17-07-10 16:17


Info+

Les repères

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le repère est une ressource de l’environnement social et culturel à laquelle on se réfère pour alimenter et éclairer une réflexion éthique. Les repères peuvent être d’ordre moral, religieux, scientifique, juridique, institutionnel, littéraire ou artistique.

Un article d’encyclopédie ou la citation d’un spécialiste.

Exemples de repères : Un message véhiculé par les médias, un personnage important, une œuvre d’art, un film, un reportage, une fête populaire, un dicton, un proverbe, une maxime, un membre de la famille, un chef religieux, les chartes des droits et libertés, des règlements, un code de vie, des théories scientifiques, un article d’encyclopédie, un texte religieux, un ou une spécialiste, un intervenant ou une intervenante scolaire, une valeur, une norme.

Un texte religieux : extrait de la Torah.

Un chef religieux : un discours du pape François en 2016.

Une théorie scientifique : la théorie de l’évolution de Charles Darwin.

Une œuvre d’art : peinture murale dans un temple thaïlandais représentant l’éveil du Bouddha.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 209

Un personnage important : Gandhi (1869-1948).

209

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

PARTIE 3

LES TRADITIONS RELIGIEUSES

EURO ORIENT

AMÉRIQUE DU NORD

EUROPE OCCIDENTALE

ANTILLES

OCÉAN PACIFIQUE

AMÉRIQUE CENTRALE

AMÉRIQUE DU SUD

Religion dominante par pays : Christianisme catholique protestant orthodoxe Islam chi’ite sunnite ibadite

OCÉAN ATLANTIQUE

AFRIQUE AUSTRALE

Hindouisme Bouddhisme Religions traditionnelles chinoises Animisme et croyances locales Judaïsme

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 210

AFRIQUE OCCIDENTALE

AFRIQUE DU NORD

210

Info +

17-07-10 16:18


Info+

LES APPARTENANCES RELIGIEUSES DANS LE MONDE  Sans appartenance religieuse 17,2 %  Religions traditionnelles 5,9 %

Source : The World Factbook, 2016. Les chiffres sont les estimations de 2010.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

  Chrétiens 31,4 %   Musulmans 23,2 %   Hindous 15 %   Bouddhistes 7,1 %   Juifs 0,2 %

EUROPE ORIENTALE EUROPE OCCIDENTALE

ASIE ORIENTALE

ASIE CENTRALE MOYEN-ORIENT

AFRIQUE DENTALE

AFRIQUE DU NORD

ASIE DU SUD-EST

AFRIQUE ORIENTALE

OCÉAN ATLANTIQUE

OCÉAN PACIFIQUE

SOUS-CONTINENT INDIEN

OCÉAN INDIEN AUSTRALIE - OCÉANIE

AFRIQUE AUSTRALE

0

2000

4000

kilomètres

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 211

211

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


JUDAÏSME

CHRISTIANISME

ISLAM

PERSONNAGES FONDATEURS

Abraham, Isaac, Jacob (les patriarches)

Jésus, le Fils de Dieu

Muhammad, le dernier des prophètes

NOMS DU DIVIN

Adonaï, l’Éternel, YHWH (transcrit Yahvé par les chrétiens)

La Trinité : Dieu le Père, Jésus le Fils et le Saint-Esprit

Dieu (ou Allah en arabe)

LIEUX SACRÉS

Jérusalem où se trouve le mur des Lamentations

Les lieux marquants de la vie de Jésus (Bethléem, Jérusalem)

La Mecque, Médine, Jérusalem

LIEUX DE CULTE

La synagogue

L’église (chapelle, basilique, cathédrale) Le temple (protestants)

La mosquée

La maison Rosh Hashanah (Nouvel An)

PRINCIPALES FÊTES

Yom Kippour (Jour du pardon)

La Création

L’Exode (la sortie d’Égypte)

La vie de Muhammad

La Nativité

La création

Le contrat d’Alliance : les dix commandements

La Cène La Résurrection

Abraham, Agar et leur fils Ismaël

La bar-mitzvah et la batmitzvha

La profession de foi

Les dix commandements Les 613 lois (248 devoirs, 365 interdits) La cacherout (ensemble des règles alimentaires)

Les prières (Notre Père, Credo) Les sacrements Le culte du dimanche (la messe) Le carême

L’amour de Dieu et du prochain Les dix commandements

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 212

Id al-Fitr (fête de la fin du jeûne du mois de Ramadan)

La Création (Genèse)

Le shabbat (jour du repos)

DES RÈGLES

Id al-Adha (fête du sacrifice)

Pessah (Pâque)

La brit mila (circoncision) DES RITES

Pâques (résurrection de Jésus-Christ) Pentecôte (descente du Saint-Esprit sur les apôtres)

Hanoukkah (Lumières)

DES RÉCITS

Noël (naissance de Jésus)

212

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

SYMBOLES

Les cinq piliers : • profession de foi • prières rituelles • jeûne du ramadan • aumône obligatoire • pèlerinage à La Mecque

Respecter les cinq piliers Ne pas consommer de porc et d’alcool

Info +

17-07-10 16:18


HINDOUISME

BOUDDHISME

Info+

SPIRITUALITÉS AUTOCHTONES

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

SYMBOLES

PERSONNAGES FONDATEURS

NOMS DU DIVIN

Aucun fondateur humain connu

Siddharta Gautama, le premier Bouddha

La Trimurti : Brahma le créateur, Vishnu le sauveur et Shiva le destructeur

Le Bouddha n’est pas un dieu, mais un être humain ayant atteint l’Éveil

La nature, la hutte de sudation, le territoire traditionnel

Le Gange (fleuve de l’Inde) Bénarès

Les lieux de pèlerinage sur les pas du Bouddha (Bodh Gaya, Sarnath)

Chaque lieu est habité par les esprits, et chaque moment est sacré.

Le temple

Le temple ou la pagode

Les autels à la maison

Les autels à la maison

Aucun

Grand esprit (Grand manitou) Esprits protecteurs selon

LIEUX SACRÉS

LIEUX DE CULTE

PRINCIPALES FÊTES

De nombreuses et différentes fêtes selon les nations

Le mythe de Sedna

Divali (Diwali) (fête des Lumières)

Ramayana (La marche de Rama)

Kichi Manitou

DES RITES

Holi (fête du printemps)

Mahabharata, dont la Bhagavad-Gita (Le Chant du Bienheureux)

La capture du Soleil DES RÉCITS

Maha Shivaratri (fête dédiée à Shiva)

La tente à sudation

L’Upanaya (le cordon sacré)

Le jeûne, les prières

Les pèlerinages

Les rites saisonniers (danse, chants)

La puja (prières et offrandes) La méditation et le yoga

Le principe de la non-violence DES RÈGLES

Le respect des anciens Le respect de la nature

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 213

Les buts de la vie : recherche du plaisir (kama) et des richesses (artha), respect du devoir (dharma) et libération du samsara

213

Wesak (wésak) (célébration de la naissance du Bouddha, de son Éveil et de sa mort) Asalha Puja (jour du dharma) La vie et l’Éveil du Bouddha Le sermon de Sarnath, près de Bénarès (ou Varanasi)

La prière (Prise de refuge), la méditation La puja (poudja) (prières et offrandes) Les pèlerinages

Suivre le Noble Sentier Octuple : être juste dans la compréhension, la pensée, la parole, l’action, les moyens d’existence, l’effort, l’attention et la concentration

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Le judaïsme

L’étoile de David symbolise la protection, en référence à Dieu qui défend son peuple.

La ménorah, chandelier à sept branches, symbole du judaïsme.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Le judaïsme est la première religion monothéiste, c’est-à-dire qu’elle est la première à affirmer l’existence d’un Dieu unique et créateur de l’Univers. On compte environ 14 millions de juifs répartis dans le monde. Cependant, le portrait mondial de ce groupe religieux doit être nuancé ; être juif peut désigner à la fois une appartenance religieuse et une appartenance nationale au pays d’Israël (sans connotation religieuse).

Des juifs lisant la Torah.

UN PEU D’HISTOIRE Selon le récit de la Torah, environ 1800 ans avant l’ère chrétienne, en Mésopotamie (l’Irak actuel), Dieu fait alliance avec Abraham, le père du peuple hébreu. Dieu guide le peuple élu vers la Terre promise et le protège. Environ 500 ans plus tard, avec Moïse, Dieu libère son peuple d’Égypte et renouvelle l’alliance en donnant à Moïse les dix commandements au mont Sinaï. Le peuple juif a une histoire longue de trois millénaires et lourde de persécutions. Au fil du temps, les juifs devront fuir et se répartir dans le monde, c’est la diaspora juive.

ÉCRITS FONDATEURS • La Bible hébraïque (Tanakh) est composée de trois parties : la Torah (les cinq premiers livres de la Bible : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome), les Nevi’im (livre des prophètes), les Ketouvim (le livre de la sagesse, les Psaumes et les Proverbes, et le livre de Job). • Le Talmud (Mishnah) ou « répétition » et Guémara ou « complément » : Loi orale qui fournit les explications et commentaires des textes bibliques.

Vers -1300 : Sortie d’Égypte des Hébreux avec Moïse

Vers -1800 : Selon la Torah, alliance de Dieu avec Abraham

-1800

-1500

-1200

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 214

Vers -10e siècle : Construction du Temple sous Salomon

-900

214

-586 : Destruction du Temple et déportation des juifs par Nabuchodonosor II -536 : Retour des juifs et reconstruction du Temple

-600

-300

0

Info +

17-07-10 16:18


Info+

CROYANCES FONDAMENTALES • Dieu est Un et Unique, créateur de l’Univers et maître de toutes choses. On ne peut prononcer son nom ni le représenter.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

• Dieu a conclu une alliance avec le peuple juif en promettant de le protéger et de le libérer en échange du respect de sa parole et de ses règles. • L’espérance de la venue du Messie qui doit établir le Royaume de Dieu sur la terre. • La capacité des êtres humains de choisir entre le bien ou le mal. Pour faire le bien, le croyant ou la croyante doit respecter les dix commandements et l’ensemble des 613 règles qui ordonnent toutes les actions de la vie.

PRINCIPAUX COURANTS Au Canada, il existe quatre grandes divisions du judaïsme : orthodoxe, conservateur, réformiste et reconstructionniste. • Le judaïsme orthodoxe prône une pratique religieuse stricte, fidèle à la Torah et au Talmud. Il accepte partiellement le monde moderne, mais sans changer ou adapter les règles traditionnelles. L’hassidisme, un mouvement ultra-orthodoxe né au 18e siècle, se caractérise par une méfiance face à la modernité motivée surtout par le refus de l’assimilation.

Les dix commandements en hébreu.

• Le judaïsme conservateur est un courant intermédiaire offrant une pratique moins restrictive que celle du judaïsme orthodoxe sans abandonner les coutumes juives. • Le judaïsme réformiste, ou libéral, encourage une évolution de la tradition et une adaptation des règles aux normes et aux valeurs des sociétés modernes. • Le judaïsme reconstructionniste, né en 1968 aux États-Unis, appuie une société ouverte, démocratique et un style de vie laïque pour assurer l’évolution des idéaux juifs.

70 : Prise de Jérusalem par Rome, destruction définitive du Temple

Le rabbin, chef religieux et spirituel du judaïsme.

1135-1204 : Vie de Maïmonide, rabbin et savant, auteur des 13 principes de la foi

132 : Dispersion des juifs dans le monde

0

900

1200

1500

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 215

215

18e siècle : Naissance de divers courants du judaïsme

1800

1939-1945 : Holocauste (Shoah) : extermination de plus de 6 millions de juifs par les nazis. 1948 : Création de l’État d’Israël

2100

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Le christianisme

La croix évoque le sacrifice de Jésus-Christ venu sur terre pour sauver les êtres humains.

UN PEU D’HISTOIRE Selon les Évangiles, il y a environ 2000 ans, Jésus, un juif né en Palestine (vers l’an -6), a vécu, est mort et est ressuscité pour sauver les êtres humains. À l’époque de sa naissance, la Palestine est occupée par les Romains depuis une soixantaine d’années. Il y règne un climat de tension extrême : les juifs veulent se libérer et attendent le Sauveur, le Messie annoncé par les prophètes. Après son baptême dans le Jourdain par Jean le Baptiste, Jésus commence son enseignement en se disant « fils de Dieu » et choisit des disciples, qui seront les douze apôtres et qui l’accompagneront pendant sa vie publique. Lors de ce que les chrétiens appellent la « Cène », Jésus partage le repas de la Pâque avec ses disciples, mais, trahi par Judas, il est arrêté et amené devant Ponce Pilate qui le condamne à la crucifixion. Jésus porte sa croix jusqu’au Golgotha, près de Jérusalem, et meurt crucifié vers l’âge de 33 ans. Les récits évangéliques racontent que Jésus est ressuscité trois jours après sa mort et que, quarante jours plus tard, il est monté au ciel (Ascension). Jésus a confié à ses disciples la mission d’aller jusqu’au bout de la terre pour enseigner à toutes les nations son message d’amour de Dieu et du prochain.

La crèche, une représentation de la naissance de Jésus.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Environ 2,2 milliards de personnes vivant sur tous les continents se disent de foi chrétienne, soit près du tiers de la population mondiale. Cette religion qui a émergé du judaïsme est la plus pratiquée et la plus influente de l’histoire de l’humanité.

Vitrail représentant le dernier repas, la Cène, dans une église catholique des Philippines.

Au cours des siècles suivants, le christianisme se répand rapidement et sur de vastes territoires. Au fil du temps, le christianisme s’est divisé en différents courants principaux : catholique, orthodoxe, protestant et anglican. Lecture des textes bibliques par le prêtre lors du rite de la messe.

-6 à 30 : Vie de Jésus

312 : Conversion de l’empereur Constantin 1er

381 : Concile de Constantinople

50 à 100 : Rédaction des Évangiles

0

325 : Concile de Nicée où seront fixées les bases de la foi chrétienne

476 : Chute de l’Empire romain. Rome et Constantinople deviennent les deux pôles de la chrétienté

250

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 216

500

216

750

1000

Info +

17-07-10 16:18


Info+

ÉCRITS FONDATEURS La Bible chrétienne : composée de l’Ancien Testament (les mêmes livres que la Torah) et du Nouveau Testament, un ensemble de livres écrits au cours du siècle qui a suivi la mort de Jésus. Elle comporte :

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

• les quatre Évangiles (des événements de la vie et les enseignements de Jésus) ; • les Actes des apôtres (les événements qui ont suivi sa mort et la fondation des communautés) ; • les Épîtres (recueil de lettres écrites par les apôtres aux premières communautés chrétiennes) ; • l’Apocalypse (vision prophétique de la fin du monde et du Jugement dernier).

CROYANCES FONDAMENTALES • L’affirmation d’un Dieu unique en trois personnes : Dieu est UN et créateur (le Père) ; il est le révélateur et le sauveur (le Fils) ; il est vivifiant et inspirateur (le Saint-Esprit).

Statue du Christ à Rio de Janeiro, au Brésil.

• Dieu s’est fait homme en Jésus et il est mort pour le salut des êtres humains. Il est le Sauveur, le Messie annoncé par les prophètes. Son principal enseignement : aimer Dieu et son prochain. • La mort et la résurrection de Jésus représentent une promesse de vie éternelle auprès de Dieu. • Le sacrement est une notion clé de la vie chrétienne. Il prend racine dans la tradition chrétienne ; par les gestes et les paroles, il exprime la conviction que Dieu agit de façon concrète dans la vie humaine.

1054 : Séparation des Églises d’Occident (catholique) et d’Orient (orthodoxe). Naissance de l’orthodoxie 1096-1270 : Période des croisades

1000

1250

1517 : Début du protestantisme avec la publication des 95 thèses de Martin Luther

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 217

1534 : Fondation de l’Église d’Angleterre (anglicanisme) par Henri VIII

1500

Info +

Le sacrement du baptême est un rite célébré par tous les chrétiens.

217

1545-1563 : Concile de Trente

1869-1870 : Concile de Vatican I

1750

1962-1965 : Concile de Vatican II

2000

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Plus ancien courant du christianisme, le catholicisme est né de la division des chrétiens lors du « grand schisme d’Orient ». En effet, après des siècles de disputes sur des questions religieuses et politiques, les chrétiens d’Orient refusent de reconnaître la primauté du pape de Rome. Ils revendiquent pour l’évêque de Constantinople l’égalité avec celui de Rome. En 1054, un effort de rapprochement se termine par une grande séparation : la naissance de l’Église catholique romaine et de l’Église orthodoxe. Les catholiques célèbrent sept sacrements : le baptême, le sacrement du pardon, la communion (eucharistie), la confirmation, le mariage, l’onction des malades et l’ordination.

Le pape François (1936-), élu chef de l’Église catholique romaine en 2013.

Organisation de l’Église catholique romaine

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

LE CATHOLICISME

Pape Cardinaux Archevêques Évêques Curés Prêtres (que des hommes célibataires)

L’ORTHODOXIE Il n’existe pas de différence majeure entre les croyances véhiculées par l’Église catholique et l’Église orthodoxe, sauf que les orthodoxes vouent un culte particulier à Marie (ils célèbrent sa naissance) et qu’ils fondent leur foi sur des décisions prises avant 1054. Les orthodoxes, comme les catholiques, célèbrent les sept sacrements. Les différentes Églises orthodoxes sont autonomes, égales et indépendantes, elles ne sont pas liées à une organisation supérieure. Des évêques (ou patriarches) sont élus pour chaque Église. Par ailleurs, les prêtres ont les mêmes fonctions que dans l’Église catholique, mais ils peuvent se marier. Les femmes ne peuvent pas devenir prêtres. Icône de la Vierge et l’enfant.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 218

218

Info +

17-07-10 16:18


Info+

LE PROTESTANTISME

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’Europe du début du 16e siècle est celle des grandes découvertes comme l’imprimerie et l’exploration de l’Amérique, ainsi que d’un nouveau courant de pensée : l’humanisme, une philosophie qui place l’être humain et les valeurs humaines au-dessus de tout. Dans ce contexte, Martin Luther, un moine allemand, se révolte contre certaines pratiques abusives de l’Église catholique, en particulier le commerce des indulgences où le fidèle peut monnayer le pardon de ses péchés. En 1517, Luther publie un texte en 95 thèses, qui sera reproduit et distribué dans toute l’Allemagne et proposera une réforme du catholicisme. L’Église catholique refusera cette  proposition de Martin Luther et lui demandera de se rétracter. Refusant de le faire, Luther est excommunié par l’Église catholique, ce qui le conduit à créer une nouvelle Église : le protestantisme.

Martin Luther (1483-1546), père du protestantisme.

La religion protestante se divise en différentes Églises nées des divers courants d’interprétation de la Bible. On peut les regrouper en trois grands courants : luthérien (Luther), calviniste ou réformé (Jean Calvin) et anglican (Henri VIII). La foi protestante repose sur les principes de Luther qu’on peut résumer ainsi : • Sola Scriptura (« l’Écriture seule ») : la Bible est la seule référence sur laquelle chaque fidèle fonde sa foi et elle est accessible à tous et toutes ; • Sola fide, Sola gratia (le salut « seulement par la foi », « seulement par la grâce ») : le salut vient de Dieu uniquement par l’intermédiaire du Christ et il est gratuit ; • Soli Deo gloria (« À Dieu seul la gloire ») : rien de ce qui est humain n’est sacré, ni personne ni aucun lieu ni aucun temps ;

Jean Calvin (1509-1564), fondateur du calvinisme ou protestantisme réformé.

• Solo Christo : seul Jésus peut mener à Dieu, il ne faut pas évoquer les saints.

Le fonctionnement des Églises protestantes est démocratique. Les pasteurs sont élus et peuvent se marier. Les femmes peuvent être pasteures. Les protestants ne célèbrent que deux sacrements chrétiens : le baptême (parfois des adultes) et la Cène (eucharistie).

Henri VIII (1491-1547), fondateur de l’Église d’Angleterre ou anglicanisme.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 219

219

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Le croissant de lune (hilal) associé à l’étoile peut être interprété comme une image du paradis.

Fondée au 7e siècle, l’islam est une religion monothéiste partageant des points communs avec le judaïsme et le christianisme. Il y a aujourd’hui plus de 1,6 milliard de musulmans et musulmanes (terme qui signifie « celui ou celle qui s’est soumis à Dieu »). Il est important de ne pas confondre l’islam, la religion elle-même, et l’islamisme, un courant de pensée, souvent extrémiste, qui vise une imposition politique de l’islam.

UN PEU D’HISTOIRE Le fondateur de l’islam, Muhammad, naît vers 570 à La Mecque en Arabie saoudite. Vers l’âge de 40 ans, Muhammad, marié et père de quatre filles, est un membre respecté de sa communauté. Il a l’habitude d’aller méditer dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque. En 610, au cours d’une de ses méditations, l’archange Gabriel (en arabe, Djibril), un messager, lui aurait révélé sa mission : proclamer que Dieu (en arabe, Allah) est l’Unique, le Créateur et Celui qui se révèle. Dès 613, il réunit autour de lui une quarantaine de disciples convaincus de la vérité de son message. En 622, le petit groupe de nouveaux convertis décide de fuir La Mecque.

Chaque année, des millions de pèlerins défilent autour de la Ka’aba, à La Mecque. C’est le cinquième pilier de l’islam.

Cet événement marque le début de l’hégire, ou exil, qui signale le commencement du calendrier musulman (calendrier lunaire). Muhammad aurait reçu des messages divins jusqu’à sa mort en 632, sans fils et sans désigner de successeur. Sa succession sera l’un des facteurs de la division de l’islam en deux courants principaux : le chiisme et le sunnisme. Au fil du temps, la umma, c’est-à-dire la communauté musulmane, prendra de l’expansion : d’abord par les conquêtes des différents califes (dirigeants religieux et politiques de la communauté musulmane, successeurs de Muhammad) et aujourd’hui par l’émigration de croyants et croyantes partout dans le monde.

622 : Début du calendrier musulman 657 : Division de l’islam entre sunnites, chiites et kharidjites

570-632 : Vie de Muhammad

500

550

600

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 220

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’islam

650

220

700

661-750 : Dynastie des Omeyyades 750-1258 : Dynastie des Abbassides

750

Info +

17-07-10 16:18


Info+

ÉCRITS FONDATEURS • Le Coran : la parole de Dieu dictée par l’ange Gabriel à Muhammad. • Les hadiths : ensemble des paroles de Muhammad, rapportant les événements de sa vie et des règles de conduite.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

CROYANCES FONDAMENTALES La foi musulmane se fonde sur cinq dogmes principaux : • Dieu est unique, il est le créateur de l’Univers. Il est interdit de personnifier Dieu parce qu’il est au-delà de toute représentation et de toute connaissance. • Dieu a parlé aux êtres humains par l’intermédiaire des prophètes (Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad, le dernier des prophètes).

Le Coran.

• Les anges existent et peuvent servir de messagers de Dieu. • Au jour du Jugement, le monde finira et les morts ressusciteront. Les justes iront au paradis, appelé Jannah (le jardin) et les infidèles, en enfer, appelé Jahannam (le feu). • La prédestination : Dieu sait tout et il est tout-puissant ; il connaît le destin de chaque être humain.

PRINCIPAUX COURANTS Après la mort de Muhammad, l’islam se divise en deux courants principaux :

Calligraphie du nom de Dieu.

• Le sunnisme : Les sunnites s’attachent à l’ensemble des traditions rapportant les paroles et les gestes de Muhammad et reconnaissent la légitimité des califes (le premier étant Abou Bakr), même s’ils ne sont pas de la famille du Prophète (environ 85 % des musulmans). • Le chiisme : Les chiites considèrent que les seuls successeurs valides de Muhammad doivent être sa famille proche (son cousin et gendre Ali et ses descendants). Ils accordent de l’importance aux imams, considérés comme tenant leur autorité de Dieu (entre 10 et 15 % des musulmans).

1924 : Abolition du califat 1923 : Fin de l’Empire ottoman (depuis 1289 autour de la Méditerranée)

1792 : Fondation du wahhabisme

1750

1800

1850

1900

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 221

221

1945 : Fondation de la Ligue arabe

1950

L’imam dirige la prière et la communauté.

1979 : Révolution islamique en Iran avec l’ayatollah 2011 : Khomeiny Printemps (chiite) arabe

2000

2050

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Dix nations amérindiennes et une nation inuite vivent dans la province de Québec, regroupant près de 92 000 personnes (en 2010). Les croyances et les rites autochtones sont très variés. D’ailleurs, certaines personnes pratiquent aujourd’hui la religion chrétienne sans pour autant abandonner leurs traditions spirituelles.

UN PEU D’HISTOIRE Depuis leur arrivée en Amérique, il y a environ 12 000 ans, les Autochtones ont développé des spiritualités riches et variées, adaptées aux différentes cultures partout sur le continent. Sur le territoire actuel du Québec, les premiers habitants seraient arrivés il y a environ 8000 ans. Ils étaient nomades et vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Vers 1500 avant l’ère chrétienne, des groupes se sont peu à peu sédentarisés. Installés principalement autour du Saint-Laurent, ils subsistaient grâce à l’élevage et à l’agriculture. Lors de l’arrivée des Européens au 16e siècle, les peuples autochtones étaient installés sur tout le territoire québécois. On peut les diviser en trois grands groupes ayant chacun leur mode de vie, leur langue et leur culture : algonquiens, iroquoiens et inuits. Aujourd’hui, les communautés amérindiennes sont encore bien présentes et, depuis la fin des années 1960, de nombreux Autochtones du Québec cherchent à faire revivre et connaître leurs pratiques traditionnelles.

Le cercle de vie représente l’harmonie de la création. Chaque être vivant et tout ce qui existe en font partie et sont reliés les uns aux autres.

Le sage peut jouer plusieurs rôles : guérisseur, guide spirituel, intermédiaire entre les êtres humains et les esprits.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Les spiritualités autochtones

ÉCRITS FONDATEURS • Tradition orale, récits des sages et des aînés de la communauté. • Nombreux mythes et légendes variant d’une nation à l’autre. Ils décrivent comment le monde s’est formé, comment les êtres humains et les animaux sont apparus et comment les sociétés se sont mises en place. Ces récits varient d’une nation à une autre.

Un capteur de rêves.

Vers -1500 : Installation des ancêtres des Inuits dans le territoire arctique et sédentarisation des peuples autochtones

-30 000 à -13 000 : Arrivée des premiers peuples de chasseurs par le détroit de Béring Vers -6000 : Arrivée des premiers habitants sur le territoire du Québec actuel

-30 000

-10 000

-5000

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 222

-2500

222

0

Info +

17-07-10 16:18


Info+

CROYANCES FONDAMENTALES

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Bien que les croyances des peuples autochtones soient variées, il est possible de dégager des points communs. Selon la plupart des peuples autochtones : • Tout a été créé par un être suprême, tous les éléments de la nature sont sacrés. • Vision du monde cosmocentrique : tous les êtres vivants et tout ce qui existe sont égaux et interdépendants. Le cercle de vie évoque cette unité du cosmos. • La dimension matérielle n’est pas la seule qui compose l’Univers, il existe un monde spirituel. De esprits (ou « âmes ») habitent toute chose (êtres humains, animaux, plantes, minéraux, objets fabriqués ou éléments naturels tels que rivières, vents ou montagnes), avec lesquels il est possible d’entrer en contact, notamment par le rêve.

Les communautés autochtones du Québec aujourd’hui.

• La mort ne met pas fin à l’existence d’un individu. En effet, la partie spirituelle d’une personne (son esprit) continue à vivre.

PRINCIPAUX COURANTS Les dix nations amérindiennes et la nation inuite ont chacune leurs spécificités, leurs rites et leurs récits, leurs symboles et leurs croyances. Les régions où elles se sont établies ont influencé leur mode de vie, leur conception du monde et leur culture. Les Algonquiens étaient nomades et vivaient dans la forêt. Ils se déplaçaient constamment en petits groupes. Les Iroquoiens étaient sédentaires et vivaient dans des villages en communauté en développant des liens entre eux, tandis que les Inuits, nomades eux aussi, ont dû s’adapter à la rudesse du climat nordique.

1534 : Arrivée de Jacques Cartier au Canada. Colonisation et introduction du christianisme

1876 : Loi sur les Sauvages, création des réserves 1960 : Retour aux spiritualités et coutumes traditionnelles

Vers 1600 : Début de l’évangélisation par les missionnaires et conversion au christianisme de milliers d’Autochtones 1500

1600

1700

1800

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 223

223

1900

2000

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


L’hindouisme

AUM, la syllabe sacrée, considérée comme une manifestation sonore du Dieu suprême.

UN PEU D’HISTOIRE La vallée de l’Indus, dans le sud de l’Asie, est l’une des régions qui nous renseignent sur les débuts de la tradition hindoue. La forme ancienne de l’hindouisme est appelée « religion védique », du nom des textes anciens, les Veda (qui signifie « savoir »). L’élément central de cette tradition est le sacrifice, un acte que les prêtres, appelés brahmanes, effectuent pour assurer le bon fonctionnement de l’Univers. Entre le 10e siècle et le 5e siècle avant l’ère chrétienne, cette religion va se transformer. Le prestige associé aux dieux anciens et aux sacrifices déclinent, mais les brahmanes vont garder leur influence ; on parle donc de religion brahmanique. De nouvelles croyances de  l’hindouisme vont naître à travers la rédaction des Upanishad qui complèteront les Veda. Au fil du temps, l’hindouisme va se répandre en Asie et dans la région du Pacifique. On constate cependant que moins de 1 % des hindous vivent en dehors de cette région.

Brahma, le dieu créateur.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’hindouisme, l’une des plus anciennes religions, est pratiquée par plus d’un milliard de personnes. Cette tradition est fondée sur les Veda et s’appuie sur des pratiques variées et des croyances liées à plusieurs divinités.

ÉCRITS FONDATEURS • Les Veda : textes sacrés composés de prières, d’invocations et de louanges aux dieux.

Pèlerinage au Gange.

• Les Upanishad : des réflexions philosophiques sur les Veda. • La Smriti : ensemble de livres qui enseignent ce qu’est le dharma, l’ordre du monde, les rites et les règles de la vie  sociale. La Smriti comprend aussi deux grandes épopées : le Ramayana et le Mahabharata (dont la Bhagavad-Gita fait partie). Un sâdhu qui a renoncé aux biens matériels pour mener une vie de recueillement.

-1500 à -500 : Religion védique

-1500

Vers -500 : Rédaction des Upanishad, religion brahmanique

Vers -400 : Rédaction des grandes épopées -400 : Essor du vishnouisme védique.

-500

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 224

-250

224

Vers 400 : Essor du shivaïsme Vers 100 : Élaboration des lois de Manu

0

500

Info +

17-07-10 16:18


Info+

CROYANCES FONDAMENTALES La croyance hindoue est diversifiée et s’articule autour de concepts communs :

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

• L’Univers est régi pour le Brahman, l’Absolu, qui n’a ni début ni fin. Il se manifeste sous diverses formes et porte différents noms. • Le dharma : terme qui désigne l’ordre dans l’Univers, et aussi l’ensemble des devoirs sociaux, religieux et moraux à effectuer pour assurer l’ordre dans la société. • Le karma : le cycle des causes et des conséquences. La conduite de chaque personne et les effets de ses actions ont des répercussions sur sa vie future. Si elle se comporte de façon conforme au dharma, son karma est positif ; sinon, il est négatif. • Le samsara : le cycle des naissances et des renaissances de l’atman (âme) en fonction du karma. Si, au moment de la mort, le karma accumulé est négatif, la personne renaît dans une condition inférieure (selon la hiérarchie des classes) ou même dans le monde animal. Par contre, si le karma est positif, la renaissance s’opère dans une condition supérieure. Le but du fidèle est de se libérer de ce cycle afin d’atteindre la moksha ou libération de l’atman.

Vishnu, le protecteur.

PRINCIPAUX COURANTS Pour les hindous, chacune des divinités représente un aspect de Brahman, mais pour les adeptes de ces courants, chacune représente la totalité du divin. • Vishnouisme : Les visnouites vouent un culte à Vishnu et croient qu’il peut se manifester sous la forme d’avatars dont Krishna et Rama. Ils pratiquent la bhakti ou dévotion (plus de 75 % des hindous). • Shivaïsme : Les shivaïtes sont dévoués à Shiva, le dieu qui détruit et reconstruit l’Univers, et croient qu’on peut se délivrer du samsara par le yoga et l’ascétisme.

Shiva, le destructeur. Temple de Murdeshwar en Inde.

• Shaktisme : Culte à la grande Déesse, nommée Devi ou Shakti (énergie féminine, pouvoir) qui est la seule vraie divinité selon ses adeptes. Courant associé au tantrisme.

12e siècle : Construction du temple d’Angkor au Cambodge

500

750

1000

Du 13e au 19e siècle : Forte présence de l’islam en Inde

1250

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 225

225

1500

1869-1948 : Vie de Gandhi, guide spirituel et homme politique

1750

1947 : Indépendance de l’Inde 1950 : Loi abolissant le système de castes en Inde

2000

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Le bouddhisme Le bouddhisme est une religion sans dieu créateur ni dogmes indiscutables. Cette spiritualité est basée sur les enseignements du Bouddha, un homme qui a atteint l’Éveil. On compte 488 millions de bouddhistes dans le monde dont la moitié vivent dans un seul pays, la Chine.

UN PEU D’HISTOIRE Dans le nord de l’Inde, au 5e siècle avant l’ère chrétienne, un prince du nom de Siddharta Gautama appartient à une famille qui, pour le préserver de toute souffrance et de tout chagrin, le garde enfermé dans le palais familial. Or, vers l’âge de vingt-neuf ans, Gautama fait trois rencontres qui le bouleversent : un malade, un vieillard et un cadavre. Il croise aussi un ermite qui a atteint la sérénité en se retirant du monde et décide de quitter sa vie luxueuse. Selon les textes bouddhiques, au bout de six ans d’ascétisme, il s’installe au pied d’un arbre à Bodh Gaya pour méditer et reçoit l’Éveil, ou nirvana, un état qui lui procure l’ultime connaissance du monde et le libère du samsara. Il est désormais le Bouddha, l’Éveillé. Il décide de partager sa nouvelle connaissance et fait son premier discours au parc des Gazelles, à Sarnath devant cinq de ses anciens compagnons d’ascétisme. Rapidement, une petite communauté prend forme. Le Bouddha sillonne le nord de l’Inde pour enseigner sa compréhension du monde jusqu’à sa mort vers 80 ans à Kushinagar. Au fil du temps, le bouddhisme se répand dans le sud de l’Asie et bien au-delà.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La roue de la vie représente le dharma, et les huit rayons de la roue symbolisent les huit grands préceptes du Noble Sentier Octuple.

Éveil du Bouddha.

ÉCRITS FONDATEURS Le Tripitaka (qui signifie « Trois corbeilles ») regroupe la Sutra Pitaka (discours du Bouddha), l’Abhidhamma Pitaka (commentaires philosophiques sur le dharma) et le Vinaya Pitaka (code de discipline pour les moines).

-480 à -400 env. : Vie de Siddharta Gautama, le premier Bouddha

-600

Vers -400 : Premier concile et élaboration des Trois corbeilles

-400

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 226

Vers 100 : Division entre Theravada et Mahayana -100 : Mise par écrit du Tripitaka

-200

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

La roue du dharma entourée de gazelles (en référence au parc des Gazelles, lieu du premier sermon) sur le toit d’un temple de Lhassa au Tibet.

0

226

Vers 100 : Essor du bouddhisme en Chine

200

400

Info +

17-07-10 16:18


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Info+

CROYANCES FONDAMENTALES • Les Quatre Nobles Vérités : la vérité sur la souffrance (toute existence est pénible, car elle est sujette à la maladie, à la vieillesse et à la mort) ; la vérité sur l’origine de la souffrance (elle est causée par le désir) ; la vérité sur la cessation de la souffrance (il est possible de cesser de souffrir en renonçant au désir) et la vérité du chemin (en suivant la voie du Noble Sentier Octuple, on peut se libérer du samsara, le cycle des naissances et des renaissances, et accéder au nirvana).

Les rencontres du Bouddha : la maladie, la vieillesse et la mort.

• Pour devenir bouddhiste, le croyant déclare sa foi en récitant la prise de refuge : « Je prends refuge dans l’Éveillé, je prends refuge dans la doctrine, je prends refuge dans la communauté. » Il s’engage alors à observer les préceptes moraux des laïcs qui comprennent cinq interdictions : ne pas tuer, ne pas voler, avoir une conduite sexuelle appropriée, ne pas mentir et ne pas consommer de substances altérant la conscience. • La pratique bouddhique est formulée dans le chemin octuple : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. Vers l’âge de 80 ans, le Bouddha se serait allongé sur le côté entre deux arbres pour entrer en méditation et mourir.

PRINCIPAUX COURANTS Le bouddhisme se divise en trois courants principaux : • Theravada : la « Voie des Anciens » accorde une place importante aux enseignements du Bouddha historique et privilégie la méditation pour accéder à l’Éveil ; • Mahayana : le « Grand Véhicule » reconnaît de nombreux autres bouddhas et encourage diverses pratiques de dévotion en mettant l’accent sur la compassion ; • Vajrayana : la « Voie du Diamant » est une branche du Mahayana qui accorde une grande place aux lamas (maîtres spirituels) et utilise des rituels complexes.

Jeunes moines, Thaïlande.

1960 : Essor du bouddhisme en Occident

Vers 650 : Essor du bouddhisme au Tibet Vers 516 : Essor du bouddhisme au Japon

600

1959 : Exil du dalaï-lama hors du Tibet

1250 : Disparition du bouddhisme en Inde 1200

1870 : Persécution des bouddhistes au Japon

1400

1600

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 227

1989 : Prix Nobel de la paix au 14e dalaï-lama

227

1800

2000

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Dans le cours d’éthique et culture religieuse, le dialogue joue un rôle essentiel. Par l’échange des idées, des points de vue, des informations découvertes et des différentes visions du monde étudiées, vous pourrez acquérir de nouvelles connaissances, construire votre point de vue et prendre conscience qu’il existe d’autres façons de penser et d’agir. Le réseau de concepts ci-dessous vous donne un aperçu des formes et des moyens que vous pourrez utiliser pour mieux dialoguer.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

PARTIE 4

LE DIALOGUE : SES FORMES ET SES MOYENS

Dialogue : Mot issu du terme grec dialogos et de dialegein, qui signifie « discuter ». La discussion est un entretien entre deux ou plusieurs personnes qui ont pour but de marcher ensemble vers le logos (dia-logos), vers la vérité.

LA PRATIQUE DU DIALOGUE

Des formes du dialogue :

Des moyens pour élaborer un point de vue :

Conversation

Description

Discussion

Comparaison

Narration

Des moyens pour interroger un point de vue :

Explication

Délibération

Justification

Débat

Synthèse

Table ronde

Des types de raisonnements :

Entrevue

Induction Déduction Des types de jugements : De préférence

Analogie Hypothèse

De réalité De prescription De valeur

Des procédés susceptibles d’entraver le dialogue : Généralisation abusive

Argument d’autorité

Attaque personnelle

Double faute

Appel à la popularité

Faux dilemme

Appel au préjugé Appel au stéréotype Appel au clan

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 228

228

Caricature Fausse causalité Fausse analogie Pente fatale Complot

Info +

17-07-10 16:18


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Respect

Pour établir un dialogue efficace lors de vos interactions verbales ou non verbales, adoptez certaines attitudes comme le respect de l’autre et de ses idées, l’ouverture d’esprit, l’écoute attentive et l’esprit critique.

ure Ouvert

Écoute

Info+

Des conditions favorables au dialogue

Esprit critique

DES PISTES POUR FAVORISER LE DIALOGUE Établir des règles de fonctionnement claires et des façons de les faire respecter.

Fixer le but visé et les conditions nécessaires au bon déroulement du dialogue.

Fixez la durée des échanges, le nombre de personnes, la forme du dialogue utilisée, les droits de parole, etc.

Le but est-il d’arriver à un consensus ou à un partage d’idées ? De résoudre un problème ou d’en apprendre plus ?

S’assurer de bien comprendre le sujet (l’objet du dialogue) et, s’il le faut, faire des recherches.

Porter attention à vos manifestations non verbales et à celles des autres.

Quel est le sujet ? Que connaissez-vous déjà sur ce sujet ? Quelles sont les idées essentielles ?

Observez les expressions du visage, la posture, l’attitude, le ton de la voix et le langage.

Écouter attentivement les autres pour bien comprendre le sens de leurs paroles avant de sauter aux conclusions.

Manifester de l’ouverture et du respect à l’égard de ce qui est exprimé.

Pouvez-vous utiliser un autre mot pour bien vous faire comprendre ? « Si je reformule ainsi… ai-je bien compris ? »

Interrogez les idées en évitant de recourir à des procédés qui peuvent entraver le dialogue.

Exprimer ses sentiments, ses perceptions ou ses idées, et se soucier de ceux des autres.

S’assurer que le dialogue s’inscrit dans la poursuite du bien commun et la reconnaissance de l’autre.

Comment vous sentez-vous face à ce sujet ? Pourquoi ? Quelle idée principale doit-on retenir de cette intervention ? Comment pouvez-vous l’expliquer en d’autres mots ?

Quel est le sujet du dialogue ? Ce point de vue vise-t-il le mieux-être de la collectivité et de chaque individu ?

Faire le point pour constater ce qui est communément accepté, ce qui est compris et ce qui crée toujours des tensions.

Remettre en question ses idées et modifier son point de vue à la lumière des différentes façons de penser et des points de vue émis.

Quelles conclusions pouvez-vous tirer des échanges ? Quels sont les points communs entre les diverses opinions ? Quelles sont les tensions ?

Quelles idées émises renforcent mon point de vue ? Lesquelles le contredisent ?

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 229

229

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


LA CONVERSATION

LA NARRATION

Échange d’idées ou d’expériences entre deux ou plusieurs personnes.

Récit détaillé, écrit ou oral, d’une suite de faits et d’événements.

C’est la forme du dialogue la plus fréquemment utilisée dans la vie quotidienne, entre amis et amies, ou dans la famille.

On utilise la narration pour rapporter des faits, raconter une histoire (biographie) ou relater des événements comme dans un article de journal. LA DÉLIBÉRATION

LA DISCUSSION Échange suivi et structuré d’opinions, d’idées ou d’arguments dans le but de les examiner. La discussion exige une préparation et vise à mieux connaître les points de vue des autres. On discute lors d’un travail scolaire pour s’enrichir des idées des autres. On trouve aussi des groupes de discussion dans Internet et dans les équipes de recherche.

Examen avec d’autres personnes des différents aspects d’une question comme les faits, les valeurs et les conséquences possibles d’une option pour en arriver à une décision commune. On délibère dans les situations où une décision commune doit être prise en groupe. Le dialogue entre les douze membres d’un jury afin de rendre un verdict en est un exemple.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Des formes du dialogue

LE DÉBAT Échange encadré et organisé entre des personnes ayant des avis différents sur un sujet controversé. Le débat nécessite de choisir des arguments pertinents, pour convaincre les autres, qui permettront de confronter des idées. On utilise le débat pour permettre à des personnes aux points de vue divergents de défendre leurs idées : par exemple, lors des débats politiques ou sur les grandes questions de société comme le droit à l’avortement.

LA TABLE RONDE Rencontre entre des spécialistes sur une question donnée afin d’exposer leurs points de vue respectifs, de dégager une vision d’ensemble et d’échanger avec un auditoire. On l’utilise pour que différents experts nous en apprennent plus sur un sujet. Par exemple, une journée consacrée aux choix de carrières où plusieurs personnes-ressources sont invitées pour informer les élèves et échanger avec eux.

L’ENTREVUE Rencontre planifiée et préparée, de type questions-réponses, pour interroger une ou plusieurs personnes sur ses activités, ses idées, ses expériences. On peut faire une entrevue avec un représentant religieux ou une représentante religieuse pour en savoir plus sur le phénomène religieux.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 230

230

Info +

17-07-10 16:18


MOYEN

PISTES POUR UTILISER CE MOYEN

LA DESCRIPTION © Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Info+

Des moyens pour élaborer un point de vue

Pour faire une description, répondez à ces questions :

Énumération de caractéristiques propres à une situation d’ordre éthique ou à une expression du religieux pour en faire une représentation la plus complète possible.

• Qui ? (fondateur ou fondatrice, auteur ou auteure, personne, groupe) • Quoi ? (œuvre, rassemblement, événement, fait) • Quand ? (année, époque, contexte) • Où ? (lieu, environnement) • Comment ? (déroulement, moyen, événement marquant) • Pourquoi ? (motivation, intérêt, besoin, conséquence) • Combien ? (fréquence, nombre de personnes)

LA COMPARAISON

Pour faire une comparaison, relevez des caractéristiques et des critères permettant d’établir des différences et des ressemblances entre des situations d’ordre éthique ou des expressions du religieux, puis tirez-en une conclusion.

Établissement de différences ou de ressemblances entre deux ou plusieurs éléments.

L’EXPLICATION

Pour donner une explication, présentez des exemples, des définitions, des symboles qui soutiennent votre point de vue. Faites ressortir les idées principales de votre point de vue. Ciblez les éléments les plus difficiles à comprendre pour apporter les précisions nécessaires.

Développement destiné à faire connaître ou comprendre le sens de quelque chose.

LA JUSTIFICATION

Pour faire une justification, assurez-vous que les idées, les exemples ou les arguments utilisés sont pertinents (liés au sujet et vrais), cohérents (appuyant le point de vue et bien organisés) et suffisants. Examinez aussi les arguments contraires à votre point de vue afin de vous préparer à répondre aux objections.

Présentation logique d’idées et d’arguments afin de démontrer (présenter les motifs d’une opinion) ou de faire valoir un point de vue (convaincre les autres).

LA SYNTHÈSE

Pour faire une synthèse, prenez en compte toutes les idées et tous les arguments pertinents présentés et organisez-les afin de faire ressortir la progression de la réflexion ou de la discussion.

Résumé rassemblant les éléments principaux (idées, faits, arguments) d’une discussion ou d’un texte, dans un ensemble cohérent.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 231

231

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Des moyens pour interroger un point de vue SELON LE TYPE DE RAISONNEMENT

L’INDUCTION Raisonnement qui consiste à énoncer une règle générale à partir d’un ou plusieurs jugements ayant des caractéristiques communes (du particulier au général).

LA DÉDUCTION Raisonnement qui consiste à appliquer une règle générale à un jugement ou à un ensemble de jugements pour en tirer une conclusion (du général au particulier).

L’ANALOGIE Raisonnement qui consiste à établir une ressemblance entre des choses ou des personnes pour en tirer une conclusion.

L’HYPOTHÈSE Raisonnement qui consiste à conclure par une théorie ou une supposition à partir d’un nombre restreint de jugements.

EXEMPLE Mon amie Marie étudie en écoutant de la musique et réussit très bien. Donc, écouter de la musique en étudiant favorise la réussite.

PISTES POUR L’INTERROGER • Le nombre, la véracité et la pertinence des jugements sont-ils suffisants pour en arriver à cette conclusion ? • Les jugements ont-ils un lien avec la conclusion ? • En quoi peut-on dire que ce qui est vrai dans ce cas est vrai dans tous les cas ?

Les sports d’équipe exigent une bonne forme physique. Donc, une personne qui pratique des sports d’équipe est en bonne forme physique.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

TYPE DE RAISONNEMENT

• La règle générale est-elle vraie et vérifiable ? Comment s’en assurer ? • Le lien entre la règle générale et les jugements est-il pertinent ? • Est-il possible qu’il y ait des exceptions à la règle ?

Je sais conduire mon vélo de façon sécuritaire en respectant le Code de la route. Donc, je peux conduire un scooter.

• Les éléments de ce raisonnement sont-ils comparables ?

Si tu fais 30 minutes d’activité physique par jour, ton espérance de vie sera supérieure à la moyenne.

• Le nombre, la véracité et la pertinence des jugements sont-ils suffisants pour en arriver à cette supposition ?

• Quelles différences et quelles ressemblances peut-on faire ressortir entre ces deux éléments ?

• Les jugements ont-ils un lien avec la conclusion ? • Comment pourrait-on vérifier la pertinence de cette hypothèse ?

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 232

232

Info +

17-07-10 16:18


Info+

SELON LE TYPE DE JUGEMENT TYPE DE JUGEMENT

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

DE PRÉFÉRENCE Proposition subjective par rapport à des goûts, des intérêts ou des préférences.

DE RÉALITÉ Proposition objective par rapport à des faits, à un événement ou au témoignage d’une personne. Un jugement de réalité peut être faux.

EXEMPLE Je préfère les aliments biologiques parce qu’ils sont meilleurs pour la santé.

La Bible raconte de nombreux récits qui ont donné naissance à des rites religieux.

PISTES POUR L’INTERROGER • Quelles sont les raisons de cette préférence ? • D’autres raisons sont-elles en cause (par exemple, l’influence des autres, une expérience personnelle, un préjugé) ?

• La source de cette information est-elle vérifiable et fiable (par exemple, une observation personnelle, un témoignage fiable, une théorie valable, des propos d’un expert ou d’une experte) ? • Les faits avancés sont-ils vrais ? • Pouvez-vous donner des exemples pour appuyer ce jugement ?

DE PRESCRIPTION Proposition énonçant une recommandation ou une obligation. Le jugement de prescription affirme la nécessité d’accomplir un acte, de modifier une situation ou de résoudre un problème.

Il faut respecter les droits et libertés des autres.

• Quelles sont les raisons explicites (exprimées clairement) et implicites (non dites, sous-entendues) de cette recommandation ? • La proposition est-elle réaliste et réalisable ? • Y a-t-il des situations qui justifient une exception à cette obligation ?

DE VALEUR Proposition qui privilégie une ou plusieurs valeurs par rapport à d’autres.

Le maintien de l’ordre social est plus important que le respect des libertés individuelles.

• À quelles valeurs ce jugement fait-il référence ? • Quelles sont les raisons explicites et implicites de cette préférence de valeur ? • Pouvez-vous donner des exemples pour appuyer ce jugement ?

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 233

233

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


LES ENTRAVES AU DIALOGUE Tout le monde ? Sur quoi te bases-tu pour affirmer cela ?

Tirer une conclusion générale à partir d’un ou de quelques cas, sans s’assurer que ce ou ces cas soient assez représentatifs ou suffisants pour que la conclusion soit valide.

L’attaque personnelle Attaquer une personne de manière à détruire un aspect de sa personnalité plutôt que ses arguments.

Max a un surplus de poids, donc il ne peut pas dire ce qu’est une bonne alimentation.

Ces chaussures sont chères, mais tout le monde les porte. Elles en valent certainement le prix !

Son aspect physique n’a rien à voir avec ses connaissances ! Écoute ce qu’il a à dire avant d’en juger.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La généralisation abusive

Plusieurs élèves de ma classe désobéissent à leurs parents. À l’adolescence, tout le monde fait ça.

Attends de les essayer toi-même avant d’en faire la publicité !

L’appel à la popularité Justifier l’idée qu’une chose est vraie ou acceptable uniquement parce que plusieurs personnes le disent, sans avoir vérifié si c’est exact.

L’appel au préjugé Appuyer son argument sur une opinion préconçue, favorable ou défavorable, souvent imposée par le milieu, l’époque ou l’éducation.

Toutes les personnes gauchères sont maladroites, c’est bien connu.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 234

234

Vraiment ? Je connais bien des personnes gauchères qui sont très habiles dans les sports ou dans les arts, autant que les droitières !

Info +

17-07-10 16:18


© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

L’appel au stéréotype

Pourtant, je connais bien des foyers où les tâches sont réparties également entre l’homme et la femme.

Info+

Les hommes ont une grande force physique. C’est normal qu’ils se chargent des tâches physiques dans une maison.

Faire appel à une image figée d’un groupe de personnes en ne tenant pas compte des singularités. Cette image est généralement négative et basée sur des renseignements faux ou incomplets.

L’appel au clan Faire accepter ou rejeter un argument en fonction de l’opinion d’un groupe de personnes que l’on juge estimables ou non.

Mon groupe d’amis affirme que la meilleure forme de justice est l’équité, c’est donc vrai.

Je crois qu’il y a une vie après la mort, car un sociologue renommé l’a affirmé.

Toutes les affirmations faites par tes amis et amies sont-elles vraies ?

Ses connaissances en sociologie ne font pas de lui un expert sur cette question. Toi, qu’en dis-tu ?

L’argument d’autorité Faire appel incorrectement à l’autorité d’une personne pour appuyer un argument.

Marie manque souvent l’école, mais ce n’est rien en comparaison de la situation des décrocheurs.

La double faute Tenter de justifier un comportement en disant que d’autres font la même faute ou pire encore.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 235

235

Le nombre de décrocheurs n’excuse en rien le comportement de Marie. L’école, c’est important !

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


On devrait faire plus attention aux moyens de transport utilisés. Les automobiles sont une source importante de gaz à effet de serre.

À t’entendre, tout le monde devrait se déplacer à cheval !

La caricature

Le faux dilemme Ne présenter que deux possibilités pour faire un choix. Comme l’une des possibilités est indésirable, l’autre est le seul choix à faire.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Déformer la position ou la pensée de quelqu’un en l’exagérant ou en la simplifiant.

Tu paies une partie de mon permis de conduire, ou bien je ne participe plus aux tâches ménagères.

J’ai bien joué au tennis parce que j’avais la même raquette que mon idole.

La fausse causalité

Quel est le lien entre ces deux choix ? N’y aurait-il pas d’autres options possibles ?

Je doute du lien possible entre les deux ! S’il suffisait d’avoir la bonne raquette pour bien jouer, on serait tous des professionnels.

Utiliser un argument qui s’appuie sur un lien douteux de cause à effet entre deux phénomènes.

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 236

236

Info +

17-07-10 16:18


Info+ Comme cet élève joue très bien de la guitare, il doit savoir bien chanter.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

La fausse analogie

Faut-il avoir les mêmes habiletés pour chanter et jouer d’un instrument ?

Tirer une conclusion à l’aide d’une analogie (un rapport de ressemblance) établie entre deux phénomènes qui ne sont pas assez semblables pour être mis en relation.

La pente fatale Faire des liens de cause à effet douteux pour affirmer qu’une action entraînera une situation épouvantable.

Si tu arrives en retard au cours, tu échoueras à l’examen, tu n’obtiendras pas ton diplôme et tu n’auras jamais d’emploi.

Les compagnies pharmaceutiques gagnent des millions en vendant des vaccins. Je ne serais pas surprise d’apprendre qu’elles fabriquent les virus en laboratoire.

Tu exagères ! Mon retard au cours ne déterminera pas le reste de ma vie.

Si ça te préoccupe, fais des recherches sur le sujet et essaie de trouver des faits et des preuves de ce que tu avances.

Le complot Conclure qu’une situation est causée par la personne ou le groupe de personnes qui profite de cette situation.

Info +

4557_ECR_sec4_INFO_F.indd 237

237

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

17-07-10 16:18


Accommodement raisonnable : Mesure corrective qui vise à assurer qu’une personne a accès au même traitement que les autres, quelles que soient ses caractéristiques personnelles. Ambiguïté : Qui présente deux ou plusieurs sens possibles, dont l’interprétation est incertaine et peut appeler des jugements contradictoires. Ambivalence : État d’une personne qui éprouve en même temps deux sentiments différents ou contradictoires vis-à-vis d’un même objet. Amoral : Qui est indifférent aux règles de la morale ou qui les ignore. Cohérence : Absence de contradiction, harmonie entre les divers éléments. Conflit de valeurs : Situation où les valeurs et les principes entrent en opposition et rendent les décisions difficiles. Discrimination : Traitement inégal d’une personne ou d’un groupe de personnes sur la base d’une caractéristique donnée.

© Éditions Grand Duc Merci de ne pas photocopier

Glossaire

Dualité : Caractère ou état de ce qui est double en soi ; coexistence de deux éléments de nature différente ; qui joue deux rôles. Égalité : Principe qui reconnaît à tous un statut égal devant la loi et qui affirme la nécessité de traiter ses semblables de manière identique puisqu’ils ont les mêmes droits et devoirs. Équité : Principe qui permet de porter un jugement moral sur l’égalité, sur la justesse de l’application des lois dans des situations où les inégalités doivent être compensées. Eugénisme : Ensemble des moyens visant à améliorer le patrimoine génétique d’un groupe humain en empêchant la reproduction des caractéristiques jugées défavorables ou en favorisant celles jugées favorables. Immoral : Qui agit contrairement à la morale ; qui est contraire aux normes morales de la société. Justice : Valeur qui permet d’assurer l’égalité entre les personnes en reconnaissant et en faisant respecter les droits et devoirs de chaque individu. Loi : Prescription ou obligation légale imposée à tous les membres d’une société. Moral : Qui concerne les règles de conduite (valeurs, principes moraux) en usage dans une société et qui est conforme à ces règles admises comme justes. Œuvre d’art : Tout travail considéré comme artistique au sens large, toute activité artistique créative, y compris des œuvres littéraires, picturales et musicales. Pluralisme : Système admettant l’existence d’opinions politiques et religieuses, de comportements culturels et sociaux différents, au sein d’un groupe organisé. Préjugé : Jugement adopté par généralisation et sans avoir tous les éléments d’informations nécessaires. Racisme : Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains selon leur origine ethnique ; comportements inspirés par cette idéologie. Symbole : Un objet, un fait, un geste ou un signe figuratif qui évoque un autre sens pour un groupe d’êtres humains qui ont les mêmes repères. Xénophobie : Aversion, hostilité à l’égard de l’étranger, de celui qui n’appartient pas au même

ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE

4557_ECR_sec4_GLOSSAIRE_F.indd 238

238

Glossaire

17-07-10 16:19


Tout pour la réussite de l’élève Conforme à la progression des apprentissages, ce cahier regroupe huit chapitres indépendants les uns des autres, suivant les thèmes prescrits au programme de formation en éthique et culture religieuse. Les activités diversifiées permettront aux élèves de développer des compétences en éthique et culture religieuse, tout en s’exerçant au dialogue. Une activité-synthèse facilitera un retour sur les apprentissages réalisés. À la fin du cahier, une section

Info

+

rassemble les savoirs

essentiels relatifs à l’éthique, aux cultures religieuses et au dialogue. Elle constitue une source d’information et une ressource utile tout au long des réflexions sur les différents thèmes.

Le complément numérique Complétez votre collection à l’aide du guide-corrigé numérique qui comprend : un corrigé, des situations d’apprentissage et d’évaluation, des outils d’évaluation, une médiagraphie accompagnée d’une série d’activités qui serviront d’appui à ces suggestions. www.grandducenligne.com

CAHIER DE SAVOIRS ET D’ACTIVITÉS

Le cahier de savoirs et d’activités Tête-à-tête est conçu pour aider l’élève à progresser de façon autonome en proposant des sujets de réflexion variés et stimulants.

NOUVELLE ÉDITION REVUE ET AMÉLIORÉE

Marie-France Beaulieu

5e secondaire

4e secondaire

CAHIER DE SAVOIRS ET D’ACTIVITÉS

Éthique et culture religieuse

Éthique et culture religieuse

4e secondaire

BEAULIEU

Éthique et culture religieuse

CODE PRODUIT 4557 ISBN 978-2-7655-3175-3

Conforme à la progression des apprentissages

Profile for Éditions Grand Duc

Tête-à-tête | Secondaire 4  

Tête-à-tête | Secondaire 4