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Les cent plus belles chansons du québec Une anthologie préparée par bruno roy illustrée d’œuvres de diane dufresne

les cent plus belles chansons du québec


Les cent plus belles chansons du québec Une anthologie préparée par br u no roy illustrée d’œuvres de diane du fresne


Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre : Les cent plus belles chansons du Québec isbn 978-2-7621-2930-4 1. Chansons françaises – Québec (Province) – Textes.  2. Musique populaire – Québec (Province) – Textes. I. Roy, Bruno.  II. Dufresne, Diane. ml54.6.c397 2009    782.42164’0268    c2009-940141-x Dépôt légal : 3e trimestre 2009 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Éditions Fides pour la présente édition (présentation et choix des œuvres), 2009. Tous droits réservés en tous pays et en toutes langues par les maisons d’édition et les auteurs concernés. Les Éditions Fides reconnaissent l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition. Les Éditions Fides remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de dévelop­pement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Les Éditions Fides bénéficient du Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres du Gouvernement du Québec, géré par la SODEC. imprimé au québec (canada) en juillet 2009


À Raymond Lévesque, l’homme et l’artiste, que j’admire et aime profondément


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in t roduc t ion

Chanter en son lieu et en son temps

J

e ne suis jamais tant moi-même que lorsque je chan­te. Même lorsque je fausse. Mon propre atta­chement à la chanson comme forme d’expression − ces sonorités intimes − est toujours un attachement à la sincé­r ité de l’émotion. Ma sensibilité est le produit combiné de ma fréquentation assi-

due, dans mon enfan­ce, de La Bonne Chan­son et de la chanson western. Devenu adulte, je pren­drai acte que La Bonne Chanson, à l’époque de la religieuse marquante de mon enfance, s’était installée comme une ombre dans ma conscience patrioti­que naissante. À l’époque, grâce à la voix et aux chan­sons de cette bonne sœur, je vivais dans une âme col­lec­tive ignorée de moi. Encore aujourd’hui, comme moyen d’affirmation d’une communauté linguistique, la chanson québécoise demeure intéressante dans son rapport global au phénomène culturel. Nombre de chansons résonnent encore dans ma tête où s’entendent toujours mes interrogations et mes joies. 7


Dans le présent ouvrage, les chansons constituent des unités narratives comme dans l’ensemble d’un spectacle à partir duquel peut se dégager une symbolique aussi vivante que celle d’un recueil de poésie. Chaque auteur a un style, un vocabulaire, un univers symbolique ayant sa logique propre, sa relative indépendance d’esprit. Tel est donc le contexte qui m’oblige à tenir compte des paroles elles-mêmes, de leur pertinence autant que de leur écho dans la société. Sans la musique, dirais-je, puisque c’est le cas, le texte doit se « tenir debout », si vous me permettez cette expression, ou, comme dit Gilles Vigneault, le texte doit « tenir paroles », y compris dans ce qu’il est convenu d’appeler la chanson populaire. Certes, j’en conviens, ni seulement un texte, ni seulement une partition, c’est lorsqu’elle est chantée que la chanson existe. Puiser librement dans un répertoire infini de chansons ne peut être qu’un acte entièrement subjectif. Même périlleux − puisque je suis le seul et unique responsable du choix des chansons ; mais j’assume totalement la part largement arbitraire que ce choix contient. J’ai d’ailleurs limité mes choix à trois chansons par auteur afin de favoriser une représentativité plus large de la chanson québécoise. Au-delà du critère de leur portée sociale ou collective à travers les époques, à travers les thèmes comme à travers les courants musicaux, l’on découvrira ma conception de la chanson et l’affection que je lui porte depuis tant d’années. Ici, ce n’est pas le chercheur qui s’avance vers le lecteur, mais l’amateur inconditionnel de la chanson qui lui offre son bouquet de chansons québécoises. Certes, je n’ai pas fait mes choix en l’absence de toute valeur hiérarchique. Je n’ai cependant pas tenté de valoriser la catégorie « chanson d’auteur » au détriment de la catégorie « chanson populaire ». Mon écoute, si la chose est possible, s’est située en dehors de tout préjugé. Bien que, dans ce processus de sélection, mes choix ne soient pas objectifs, je revendique tout à la fois mon enthousiasme et mon jugement, mes connaissances et mon honnêteté. Deux principes généraux m’ont guidé. Le premier affirme que toute chanson est d’abord une création populaire ; le deuxième établit que les grandes chansons rejoignent toujours leur public. Ce sont d’abord, peu importe les mots et leur sonorité, des chansons qui s’ancrent dans l’émotion, des chansons qui touchent. Bien sûr, quelques anthologies de chansons ont précédé celle que je vous offre ici. Souvent présentées dans des coffrets commémoratifs ou à des fins de célébration, ces anthologies sont particulièrement utiles aux chercheurs comme aux amateurs passionnés de chansons. Déclinons-en quelques-unes : La chanson québécoise : de la Bolduc à aujourd’hui (Nuit Blanche éditeur, 1994), Les 101 blues du Québec : 1965-1985 (Les éditions Triptyque, 1992), sous forme de livre d’art, Québec chante... (Henri Rivard éditeur, 2006), Les 101 Disques qui ont marqué le Québec (Les éditions Trécaré/Ici, 2008). Toujours dans la période contemporaine, je n’oublie pas les anthologies sonores de la chanson québécoise que sont La symphonie du Québec (Compact disc – ADCD 10094, 1994) et La mémoire des 8


Boîtes à Chansons (DisQuébec, QUÉ-2-1108, 1996), Cent ans d’enregistrement au Québec (Fonovox, VOX7901-2), Je me souviens (GSI musique, C987, 1998), Une simple mélodie (XXI-21 — Productions inc., 2007). Nul doute, toutes ces anthologies et compilations m’ont servi de points de repère dans ma propre recherche. Ainsi, l’ensemble de mes choix vous invite au plaisir très personnel de les lire et, pour des raisons de célébration, de les apprécier dans la convivialité et la beauté d’un livre d’art. À ce sujet, lorsque l’équipe de production a songé à s’adjoindre un artiste qui excelle à la fois dans la chanson et dans l’art visuel, le nom de Diane Dufresne s’est immédiatement imposé. Un coup d’œil à ses toiles nous a convaincus de la pertinence de notre choix. Nous sommes très heureux qu’elle ait accepté notre demande d’utiliser certaines de ses œuvres et nous la remercions grandement. Qui plus est, Diane Dufresne a eu la généreuse idée de nous offrir des toiles peintes expressément pour le présent album. Sa colla­ boration vient enrichir et embellir de façon inestimable cet album que nous considérons comme un cadeau exceptionnel à offrir. Voilà une manière — joliment repensée par Diane Dufresne — de chanter son Hymne à la beauté du monde. Précisons également que dans le présent album, sauf exception, c’est la chanson qui est à l’honneur, qui est à la fête ; celle signée par un nom d’auteur. Bien que conscient que les interprètes d’une chanson varient selon les circonstances, voire les époques, j’ai retenu le nom du premier interprète de la chanson, c’est-à-dire celle ou celui qui l’a enregistrée pour la première fois. Qu’elle soit poétique ou populaire, contestataire ou engagée, traditionnelle ou progressive, rock ou rap, etc., c’est son intérêt en tant que chanson qui a inspiré mes choix, dont la dimension affective, la mienne précisément, n’est jamais absente. Dans la préparation de cet ouvrage, j’ai nécessairement pris en compte la notoriété des chansons, non exclusivement cependant. Je crois même que certains de mes coups de cœur peuvent être partagés d’emblée. Je pense à cette chanson de Gilles Bélanger : Et la mer houle sa houle. (C’est lui, Bélanger, qui a mis des musiques superbes sur des poèmes de Gaston Miron que chante si admirablement Chloé SainteMarie.) J’espère également être arrivé à un juste équilibre entre les chansons les plus connues et celles qui le sont moins. À leur manière, et peu importent leurs sensibilités esthétiques et leurs références générationnelles, toutes ces chansons ont été pressenties, par moi, comme authentiquement populaires et significatives pour l’ensemble des « écouteurs » de chansons. D’ailleurs, je présente celles-ci dans une suite synchronique qui permet de suivre leur évolution dans le temps. Les dates retenues sont celles, généralement, de leurs enregistrements. Car ce qui permet de dater une chanson, c’est moins le jour de sa composition que celui de sa réception publique par un milieu et à une époque donnée ; c’est ce dernier jour, en effet, qui révèle son impact et son succès.

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Au Québec, à travers les chansons, on peut donc retracer les marques d’une conscience nationale inquiète des facilités d’assimilation qu’un environnement linguistique et géographique accentue. Réduire la chanson à cette seule dimension n’offre cependant pas un tableau complet de la chanson et de son rapport à la société. La chanson folklorique comme symbole de résistance collective, la chanson patriotique en lien avec la « durée française en Amérique du Nord », la chanson engagée des années 1960 et 1970 liée à la question nationale, la chanson contreculturelle qui a renouvelé les fondements traditionnels de la contestation sociale, l’actuel renouveau de la chanson engagée, sont des relais idéologiques qui n’en témoignent pas moins d’une conscience des rapports de force qui se sont concentrés dans la mémoire historique du peuple québécois. Nombre de chansons choisies sont des ancrages identitaires et culturels qui servent de références collectives incontournables. Par leurs thèmes, elles participent d’une expérience universelle qui intègre les préoccupations du monde, celles d’ici ou d’ailleurs. Car, ce que l’on constate, c’est que le « chanter pour plaire » ne remplace jamais entière­ment le « chanter pour dire », même quand rien n’y paraît. Et s’il est vrai que la chanson vit de récréations, il est aussi vrai de dire que tout ce qu’elle a permis de ruptu­res et d’avancement créateur s’inscrit dans la continuité. Voici donc des chansons de langue française qui, par la modernité et la diversité des styles, s’interpellent et se répondent. Le présent album en témoigne avec une grande éloquence. Certes, chacun de nous a un rapport intime avec telle ou telle chanson. Ainsi, un souvenir important — qui souvent nous habite — prend sa source dans une chanson appartenant à notre propre album de « sons » constitués d’images individuelles autant que collectives. À son écoute, alors, surgit le bonheur d’être ensemble en train de vivre une même émotion. L’expérience le confirme, la chanson qu’on aime est toujours d’actua­lité. Oui, il y a des chansons pour qui le cœur demeure enthousiaste. Celles que j’ai choisies en font partie. En sa diversité, la chanson québécoise témoigne d’une richesse patrimoniale exceptionnelle dont la valeur universelle ne fait plus de doute. Je vous présente aux fins de les lire et de les célébrer en chacun de nos cœurs, mes cent plus belles chansons du Québec. Si une majorité des chansons choisies est consacrée par le temps, cela ne veut pas dire que celles qui n’ont pas été retenues ne méritaient pas de faire partie de la présente anthologie. Injustice pour les uns, gloire et reconnaissance pour les autres, j’en conviens. Choisir, c’est aussi éliminer. J’ai beau me réserver le droit d’avoir tort, je demeure convaincu que vous allez partager la majorité de mes choix. Vous constaterez, par ailleurs, que certaines chansons québécoises marquantes sont absentes du présent ouvrage. Certains le regretteront sûrement. Malheureusement, de mon premier choix, j’ai dû retirer certaines d’entre elles pour des raisons de droits 10


d’auteur. Comme il nous fallait obtenir l’autorisation des auteurs pour l’utilisation de leurs textes, il est arrivé que les propriétaires des droits — souvent des multinationales étrangères peu sensibles aux petits marchés — ne nous répondent pas. Je n’avais pas le choix d’en prendre acte. Heureusement, les chansons qui les ont remplacées répondaient aux mêmes exigences de sélection. Ce qui, en termes de qualité, montre bien l’étendue exceptionnelle du corpus chansonnier québécois. Avant de conclure, je voudrais remercier Pierre Graveline qui a imaginé ce projet de livre des cent plus belles chansons du Québec. En plus de me faire totalement confiance pour sa réalisation, il m’a donné de précieux conseils dans la préparation de cet ouvrage. Qu’il reçoive ici l’expression de ma reconnaissance et de mon amitié. Telle une aventure, donc, les chansons du présent album, d’une certaine manière, prennent leur source dans la nécessité « li­tur­gique », oserais-je écrire, de la ren­contre et du rassem­ble­ment. Ce qu’est essentiellement la chanson. Puisse cet album en rappeler le plaisir. Bru no Roy Le 24 mai 2009


Lascaux last call 1 et 2 Acrylique sur toile (2008) 255 x 122 cm Collection privĂŠe


À la claire fontaine

À la claire fontaine M’en allant promener J’ai trouvé l’eau si belle Que je m’y suis baigné Il y a longtemps que je t’aime Jamais je ne t’oublierai J’ai trouvé l’eau si belle Que je m’y suis baigné C’est au pied d’un grand chêne Que je me suis fait sécher

Tu as le cœur à rire, Moi je l’ai à pleurer : J’ai perdu ma maîtresse Sans l’avoir mérité.

Sous les feuilles d’un chêne Je me suis fait sécher Sur la plus haute branche Le rossignol chantait.

J’ai perdu ma maîtresse Sans l’avoir mérité. Pour un bouquet de roses Que je lui refusai.

Sur la plus haute branche Le rossignol chantait. Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai.

Pour un bouquet de roses Que je lui refusai. Je voudrais que la rose Fût encore au rosier

Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai. Tu as le cœur à rire, Moi je l’ai à pleurer.

Je voudrais que la rose Fût encore au rosier Et moi et ma maîtresse Dans les mêm’s amitiés Va r i a n t e Et que le rosier même Fût à la mer jeté. Chanson traditionnelle

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Le mariage anglais

Le roi a-t-une fille à marier. À un anglais il y a donné. Mais tout’ les dames De la cour royale S’ sont écriées De voir marier la fill’ du roi À un Anglais. Quand c’est venu pour embarquer L’Anglais voulut lui tendre l’écrier. − Maudit Anglais ! J’aurai des gens de mon pays Pour me servir Mais quand c’est venu pour le souper, L’Anglais voulut lui couper son manger − Coupe le tien et laisse le mien, Maudit Anglais ! J’aurai des gens de mon pays Pour me servir Quand c’est venu pour se coucher, L’Anglais voulut la déshabiller, − Déchausse-toi, déshabille-toi Maudit Anglais ! J’aurai des gens de mon pays Pour me servir Mais quand c’est venu sur les minuits, L’Anglais pleurait et il gémissait. − Dévire-toi et embrasse-moi, Mon cher Anglais ! Puisque nos pères nous ont mariés, Il faut s’aimer Chanson traditionnelle

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Le rossignol y chante

Par derrière chez ma tante, Luy a-t-un bois joli. Le rossignol y chante Et le jour et la nuit Gai lon la, gai le rosier Du joli mois de mai Le rossignol y chante Et le jour et la nuit Il chante pour ces belles Qui n’ont pas de mari. Il ne chante pas pour moi Car j’en ai un gentil. Il n’est point dans la danse, Il est bien loin d’ici. Il est dans la Hollande, Les Hollandais l’ont pris. − Que donneriez-vous, belle Qui l’amèn’rait ici ? − Je donnerais Versailles, Paris et Saint-Denis, Et la claire fontaine De mon jardin joli Chanson traditionnelle

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Souvenirs d’un vieillard

Petits enfants jouez dans la prairie Chantez sentez le doux parfum des fleurs Profitez bien du printemps de la vie Trop tôt hélas vous verserez des pleurs Quoique bien vieux j’ai le cœur plein de charmes Permettez-moi d’assister à vos jeux Pour un vieillard outragé plein de larmes Auprès de vous je me sens plus heureux Derniers amours de ma vieillesse Venez à moi petits enfants Je veux de vous une caresse Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs Petits enfants vous avez une mère Et tous les soirs près de votre berceau Pour elle au ciel offrez votre prière Aimez-la bien jusqu’au jour du tombeau En vieillissant soyez bons, charitables Aux malheureux prêtez votre secours Il est si beau d’assister ses semblables Un peu de bien embellit nos vieux jours

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Derniers amours de ma vieillesse Venez à moi petits enfants Je veux de vous une caresse Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs Petits enfants quand j’étais à votre âge Je possédais la douce paix du cœur Que de beaux jours ont passé sans nuage Je ne voyais que des jours de bonheur En vieillissant j’ai connu la tristesse Ceux que j’aimais je les ai vus partir Oh laissez-moi vous prouver ma tendresse C’est en aimant que je voudrais mourir Derniers amours de ma vieillesse Venez à moi petits enfants Je veux de vous une caresse Pour oublier, pour oublier mes cheveux blancs Chanson traditionnelle

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Un Canadien errant

Un Canadien errant / Banni de ses foyers (bis) Parcourait en pleurant / Des pays étrangers. (bis) Un jour, triste et pensif, / Assis au bord des flots, (bis) Au courant fugitif / Il adressa ces mots : (bis) « Si tu vois mon pays, / Mon pays malheureux, (bis) Va, dis à mes amis / Que je me souviens d’eux. (bis) « Ô jours si pleins d’appas / Vous êtes disparus, (bis) Et ma patrie, hélas ! / Je ne la verrai plus ! (bis) « Non, mais en expirant, / Ô mon cher Canada, (bis) Mon regard languissant / Vers toi se portera. » (bis) Paroles : Antoine Gérin-Lajoie Musique : Sur l’air de « Si tu te mets anguille » Interprète : Joseph Saucier

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La Gaspésienne pure laine

Oui, tous les pays du monde étaient tous représentés Pour fêter ô joie profonde l’arrivée de Jacques Cartier La Gaspésie c’est mon pays et j’en suis fière je vous le dis La Gaspésie c’est mon pays et j’en suis fière je vous le dis Les Gaspésiens, j’ vous assure, font les choses avec honneur Les pêcheurs et leurs créatures ont prouvé qu’ils avaient du cœur Quand il s’agit du Canada, les gens d’ Gaspé sont un peu là Oui pour fêter le Canada, les Gaspésiens sont un peu là C’est ici que sur nos côtes Jacques Cartier planta la croix France ta langue est la nôtre on la parle comme autrefois Si je la chante à ma façon, j’ suis Gaspésienne et pis j’ai ça d’ bon Si je la chante à ma façon, j’ suis Gaspésienne et pis j’ai ça d’ bon Tout partout dans nos villages on reçoit l’hospitalité Il n’y a pas d’ plus beau paysage que ce pays à chanter J’ suis Gaspésienne mes bons amis et quand je suis loin je m’ennuie J’ suis Gaspésienne mes bons amis et quand je suis loin je m’ennuie L’on voit partout sur la grève les bateaux et les filets Et quand les pêcheurs s’en viennent on mange du bon poisson frais Mes bons amis j’en ai mangé, comme vous voyez j’ai profité Mes bons amis j’en ai mangé, comme vous voyez j’ suis en bonne santé

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Quand ils s’en vont à la d’rive vers les deux heures du matin Pour aller pêcher du squidd pour la boîte du lendemain Hé ! Youppe Youppe ! Hé ! Youppe mon gars ! Ça mord-tu dans ces coins-là ? Hé ! Youppe Youppe ! Hé ! Youppe mon gars ! Ça mord-tu ou ça mord pas ? Dans les familles gaspésiennes des p’tits pêcheurs il y en a On n’a pas ça à la d’mi-douzaine mais deux à la fois ça finit là Mes bons amis je connais ça, j’ai eu cinq filles et sept p’tits gars Et pour peupler le Canada, les Gaspésiennes sont un peu là Partout l’on parle de la guerre mais il faut pas s’énerver Car les fusils de nos grands-pères seront tous là pour tirer Si Jacques Cartier avait su ça, y s’rait resté au Canada Si Jacques Cartier avait vu ça, y s’rait resté au Canada Mes amis, cette romance pour vous je l’ai composée En mon coeur plein d’espérance, sur le bord de l’eau salée Chantons, chantons en ce beau jour, ma Gaspésie et mes amours Chantons, chantons en ce beau jour, mon vieux Québec et mes amours Paroles, musique et interprète : La Bolduc

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Laissez passer les clowns Encre et acrylique sur papier (1991) 51 x 41 cm Collection privĂŠe


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Bozo

Dans un marais de joncs mauvais y avait Un vieux château aux longs rideaux Dans l’eau Dans le château y avait Bozo Le fils du matelot Maître céans De ce palais branlant Par le hublot de son château Bozo Voyait entrer ses invités Poudrés De vieilles rosses traînant carrosses Et la fée Carabosse Tous y étaient Moins celle qu’il voulait. Vous devinez que cette histoire Est triste à boire Puisque Bozo le fou du lieu Est amoureux Celle qu’il aime n’est pas venue C’est tout entendu Comprenez ça, elle n’existe pas...

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Ni le château aux longs rideaux Dans l’eau Ni musiciens vêtus de lin Très fin Y a que Bozo vêtu de peau Le fils du matelot Qui joue dans l’eau Avec un vieux radeau Si vous passez par ce pays La nuit Y a un fanal comme un signal De bal Dansez, chantez bras enlacés Afin de consoler Pauvre Bozo Pleurant sur son radeau. Paroles, musique et interprète : Félix Leclerc

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Hymne au printemps

Les blés sont mûrs et la terre est mouillée Les grands labours dorment sous la gelée L’oiseau si beau, hier, s’est envolé ; La porte est close sur le jardin fané... Comme un vieux râteau oublié Sous la neige je vais hiverner, Photos d’enfants qui courent dans les champs Seront mes seules joies pour passer le temps. Mes cabanes d’oiseaux sont vidées, Le vent pleure dans ma cheminée Mais dans mon cœur je m’en vais composer L’hymne au printemps pour celle qui m’a quitté. Quand mon amie viendra par la rivière, Au mois de mai, après le dur hiver, Je sortirai bras nus dans la lumière Et lui dirai le salut de la terre... Vois, les fleurs ont recommencé Dans l’étable crient les nouveau-nés, Viens voir la vieille barrière rouillée Endimanchée de toiles d’araignée ; Les bourgeons sortent de la mort, Papillons ont des manteaux d’or, Près du ruisseau sont alignées les fées Et les crapauds chantent la liberté (bis) Paroles, musique et interprète : Félix Leclerc

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Les nuits de Montréal

J’aime les nuits de Montréal Pour moi ça vaut la place Pigalle Je ris, je chante La vie m’enchante Il y a partout des refrains d’amour Je chante encore, je chante toujours Et quand je vois naître le jour Aux petites heures Vers ma demeure je vais heureux À Montréal c’est merveilleux J’aime les nuits de Montréal Pour moi ça vaut la place Pigalle Je ris, je chante La vie m’enchante Il y a partout des refrains d’amour Je chante encore, je chante toujours Et quand je vois naître le jour Aux petites heures Vers ma demeure je vais heureux À Montréal c’est merveilleux Paroles : Jean Rafa • Musique : Émile Prud’homme Interprète : Jacques Normand

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Quand les hommes vivront d’amour

Quand les hommes vivront d’amour Il n’y aura plus de misère Et commenceront les beaux jours Mais nous, nous serons morts, mon frère Quand les hommes vivront d’amour Ce sera la paix sur la terre Les soldats seront troubadours Mais nous, nous serons morts, mon frère Dans la grande chaîne de la vie Où il fallait que nous passions Où il fallait que nous soyons Nous aurons eu la mauvaise partie. Quand les hommes vivront d’amour Il n’y aura plus de misère Et commenceront les beaux jours Mais nous, nous serons morts, mon frère Nous qui aurons aux mauvais jours Dans la haine et puis dans la guerre Cherché la paix, cherché l’amour Qu’ils connaîtront alors, mon frère Dans la grande chaîne de la vie Pour qu’il y ait un meilleur temps Il faut toujours quelques perdants De la sagesse ici-bas c’est le prix. Quand les hommes vivront d’amour Il n’y aura plus de misère Et commenceront les beaux jours Mais nous, nous serons morts, mon frère Paroles, musique et interprète : Raymond Lévesque 31


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Le ciel se marie avec la mer

La mer a mis sa robe verte et le ciel bleu son œillet blanc Elle a voulu être coquette pour dire au ciel en s’éveillant N’oublie pas mon cœur, ni la fleur, ni le jonc N’oublie pas surtout que demain nous nous marierons Les pieds dans les sables des dunes, je les ai vus qui s’embrassaient À l’ombre des joncs des lagunes, et puis la mer qui lui disait N’oublie pas mon cœur, ni la fleur, ni le jonc N’oublie pas surtout que demain nous nous marierons Une fleur à la boutonnière, le lendemain se mariaient Le ciel au bras de la mer fière d’avoir du soleil en bouquet Il y avait leurs cœurs et la fleur et le jonc Chaque jour depuis mille fois revit cette chanson Paroles et musique : Jacques Blanchet Interprète : Lucille Dumont

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Aide-toi et le ciel t’aidera

Aide-toi mon p’tit gars, mon p’tit gars Et le ciel t’aidera Aide-toi, aide-toi Aide-toi mon p’tit gars, mon p’tit gars Et le ciel t’aidera Pour avoir du pain à se mettre sous la dent Et pour que demain ait de merveilleux moments Pour que l’avenir nous sourie gentiment Pour dormir dans l’herbe au soleil du printemps Prends tous tes désirs et fais-en une gerbe Sans même souffrir, crois-en le proverbe Sois un bon apôtre et donne-les aux autres Aide-toi mon p’tit gars Et le ciel t’aidera Méfie-toi, il y a sur terre Des marchands de malheur Ils font des bombes, ils font des guerres Mais toi, sois jardinier de bonheur Pour avoir du pain à se mettre sous la dent Et pour que demain ait de merveilleux moments Pour que l’avenir nous sourie gentiment Pour dormir dans l’herbe au soleil du printemps Prends tous tes désirs et fais-en une gerbe Sans même souffrir, crois-en le proverbe Sois un bon apôtre et donne-les aux autres Aide-toi mon p’tit gars Aide-toi mon p’tit gars Aide-toi mon p’tit gars Et le ciel t’aidera Paroles, musique et interprète : Marc Gélinas 33


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Sur l’ perron

En veillant sur l’ perron Par les beaux soirs d’été Tu m’ disais c’est si bon De pouvoir s’embrasser Assis l’un contre l’autre Sans s’occuper des autres On s’ faisait du plaisir En parlant d’avenir Quand les gens d’ l’autre palier Étaient prêts à entrer Il fallait se serrer Pour les laisser passer On était les derniers À aller se coucher Les soirs n’étaient pas longs En veillant sur l’ perron L’ lendemain soir tu revenais Puis on recommençait C’était toujours nouveau Et de plus en plus beau Des fois on s’amusait D’ rire des gens qui passaient Parce qu’ils ne se doutaient pas Qu’ nous deux on était là Puis un soir tu m’as dit On s’ marierait samedi J’ai vite répondu oui J’étais au paradis

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Et maintenant dans le noir C’est not’ petit garçon Qu’on endort tous les soirs En veillant sur l’ perron Et quand une petite fille Augmentera notre famille Et puis qu’elle grandira Ce s’ra elle qui veillera Le soir sur le perron Avec un aut’ garçon Pendant qu’à la fenêtre On guett’ra sans l’ paraître On s’ra vieux dans c’ temps-là Mais on ne s’en plaindra pas En s’ berçant tous les deux On s’ra toujours heureux Tant qu’on pourra s’ parler Des soirs qu’on a passés Moi fille et toi garçon En veillant sur l’ perron Paroles et musique : Camille Andréa Interprète : Dominique Michel

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Deux enfants du même âge

r efr a in Deux enfants du même âge Deux enfants pas très sages Sont partis ce matin Se tenant par la main Sans se soucier de rien Ces enfants du même âge Ces enfants si peu sages S’en vont chercher au loin Par les rues, les chemins Le pays d’où l’on n’ revient Des grands beaucoup trop sages Qui n’avaient pas leur âge Jaloux de leur destin Méprisant leur chagrin Les suivirent l’œil malin Car ces grands toujours sages Qui n’avaient plus leur âge Déjà partirent au loin Chercher par les chemins Ce pays, mais en vain...

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Méfiez-vous des gens sages Ceux qui n’ont pas votre âge Ils essaieront toujours De vous montrer un jour Leur chemin de l’amour Ils sont maint’nant trop sages Pour comprendre qu’à votre âge Il existe dans vos cœurs Dans toute sa grandeur Ce pays du bonheur... Ces enfants pas très sages Ont tout juste notre âge Nous partirons demain Nous tenant par la main Sans se soucier de rien Vous qui avez notre âge Ne dev’nez pas trop sages Allez chercher au loin Par les rues, les chemins Ce pays d’où l’on n’ revient... jamais. Paroles, musique et interprète : Germaine Dugas

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La vie d’ factrie

J’ suis v’nue au monde seule comme tout l’ monde C’est seule que je continue ma vie À Dieu le Père j’ pourrai réponde C’est jamais moi qu’ a fait le bruit Pour imaginer mon allure Pensez à novembre sous la pluie Et pour l’ensemble de ma tournure Au plus long des longs ormes gris Comme on dit, dans la fleur de l’âge J’ suis entrée à factrie d’ coton Vu qu’ les machines font trop d’ tapage J’ suis pas causeuse de profession La seule chose que j’ peux vous apprendre C’est d’enfiler le bas de coton Sur un séchoir en forme de jambe En partant d’ la cuisse au talon Si je pouvais mett’ boute à boute Le ch’min d’ la factrie à maison Je serais rendue, y a pas de doute Faiseuse de bébelles au Japon Pourtant, à cause de mes heures J’ peux pas vous décrire mon parcours J’ vois rarement les choses en couleurs Vu qu’il fait noir aller-retour

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Quand la sirène crie délivrance C’est l’ cas de l’ dire, j’ suis au coton Mais c’est comme dans ma petite enfance La cloche pour la récréation Y a plus qu’une chose que je désire C’est d’ rentrer vite à la maison Maint’nant j’ai pus rien à vous dire J’ suis pas un sujet à chanson... Paroles et interprète : Clémence DesRochers Musique : Jacques Fortier

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L’as-tu vue ? Encre et acrylique sur papier (1999) 51 x 41 cm Collection privée


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Les vieux pianos

Y a pas tellement longtemps Vous vous rappelez Au temps du guignol, de la dentelle On se soûlait le dedans de pathétique C’était la belle époque Du piano nostalgique. Adieu rengaines Qui nous suivaient la semaine Et savaient nous réjouir Quand nous vivions le pire Mais déjà depuis longtemps, On vous a oubliées Vous n’êtes plus de notre temps Restez dans vos musées ! r efr a in Ce sont vos pianos mécaniques Que vous avez remplacés Par des boîtes à musique Qui pour dix sous Vous tirent deux disques Coup sur coup Pourvu que ça joue Nous on s’en fout Ce sont vos pianos tout usés Qui se sont tus, paralysés Et qui ne sont plus qu’objets d’antiquité Qui autrefois faisaient la joie des salons Et qui étaient les grands rois de la chanson

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Mais malgré tout, on se souvient de vous Et c’est avec regret que l’on vous sait muets Mais ce soir, moi, je vous aime Et je veux que l’on vous chante Vous que la vie retranche De même vos frères les poèmes.. r efr a in Mais malgré tout, on se souvient de vous Et c’est avec regret que l’on vous sait muets Mais ce soir, moi, je vous aime Et je veux que l’on vous chante Vous que la vie retranche De même vos frères les poèmes... r efr a in Mais malgré tout, on se souvient de vous Et c’est avec regret que l’on vous sait muets Mais ce soir, moi, je vous aime Et je veux que l’on vous chante Pourtant, Y a pas tellement longtemps Vous vous rappelez Au temps du... On se soûlait le dedans... C’était la belle époque Du piano nostalgique. Paroles, musique et interprète : Claude Léveillée

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Les colombes

On s’ voyait un’ fois la semaine Cela passait si vite que bientôt On multiplia les rendez-vous Au ciné au coin des rues Quand j’ te disais « Je t’emmène » À chaque fois tout était nouveau Dans la chambre on vivait loin de tout Et les heur’s ne passaient plus Pendant que les colombes De la rue des Sèves Se faisaient comme une ronde Autour de nos rêves Et puis quand on s’éveillait J’ te disais des histoires insensées Qui te faisaient rire et en partant On se disait « À bientôt » Si deux jours nous séparaient C’était long comme une éternité Ainsi nous avons pensé souvent Que l’autre avait disparu Pendant que les colombes De la rue des Sèves Se faisaient comme une ronde Autour de nos rêves

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Peu à peu moi j’ai changé J’ n’ai jamais su pourquoi ni pour qui Était-ce une folie je n’en sais rien Mais je sais que j’y perdais Y avait rien à espérer Tout prenait la couleur de l’ennui C’était comme si au fond des mains La fleur d’amour se fanait Et dire que les colombes De la rue des Sèves Se faisaient comme une ronde Autour de nos rêves Cinq ans ont passé depuis Et si tu m’ revoyais parfois Tu me verrais la tête penchée L’œil et le geste lointains Et sur le mur de mes nuits On se dessine une ombre quelquefois Qui est celle de t’avoir blessée Sans que je n’y puisse rien Paroles, musique et interprète : Pierre Létourneau

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J’ai pour toi un lac

J’ai pour toi un lac quelque part au monde Un beau lac tout bleu Comme un œil ouvert sur la nuit profonde Un cristal frileux Qui tremble à ton nom comme tremble feuille À brise d’automne et chanson d’hiver S’y mire le temps, s’y meurent et s’y cueillent Mes jours à l’endroit, mes nuits à l’envers. J’ai pour toi, très loin Une promenade sur un sable doux Des milliers de pas sans bruits, sans parade Vers on ne sait où Et les doigts du vent des saisons entières Y ont dessiné comme sur nos fronts Les vagues du jour fendues des croisières Des beaux naufragés que nous y ferons. J’ai pour toi défait Mais refait sans cesse les mille châteaux D’un nuage ami qui pour ma princesse Se ferait bateau Se ferait pommier, se ferait couronne Se ferait panier plein de fruits vermeils Et moi je serai celui qui te donne La terre et la lune avec le soleil. J’ai pour toi l’amour quelque part au monde Ne le laisse pas se perdre à la ronde. Paroles, musique et interprète : Gilles Vigneault

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Frédéric

r efr a in Je me fous du monde entier Quand Frédéric me rappelle Les amours de nos vingt ans Nos chagrins, notre chez-soi Sans oublier Les copains des perrons Aujourd’hui, dispersés aux quatre vents On n’était pas des poètes Ni curés, ni malins Mais papa nous aimait bien Tu t’ rappelles le dimanche ? Autour d’ la table, Ça riait, discutait Pendant qu’ maman nous servait Mais après... Après, la vie t’a bouffé Comme elle bouffe tout l’ monde Aujourd’hui ou plus tard Et moi, j’ai suivi Depuis l’ temps qu’on rêvait De quitter les vieux meubles Depuis l’ temps qu’on rêvait D’ se r’trouver tout fin seuls T’as oublié Chopin Moi, j’ai fait d’ mon mieux Aujourd’hui, tu bois du vin Ça fait plus sérieux Le père prend un coup d’ vieux Et tout ça fait des vieux r efr a in

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Après, ce fut la fête La plus belle des fêtes La fête des amants Ne dura qu’un printemps Puis l’automne revint Cet automne de la vie Adieu, bel Arlequin ! Tu vois qu’on t’a menti Écroulés les châteaux ! Adieu, le clair de lune ! Après tout, faut c’ qu’y faut Pour s’en tailler une Une vie sans arguments Une vie de bons vivants r efr a in La la la... Tu t’ rappelles, Frédéric ? Allez, au r’voir ! Paroles, musique et interprète : Claude Léveillée

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Les gens de mon pays

Les gens de mon pays Ce sont gens de paroles Et gens de causerie Qui parlent pour s’entendre Et parlent pour parler Il faut les écouter C’est parfois vérité Et c’est parfois mensonge Mais la plupart du temps C’est le bonheur qui dit Comme il faudrait de temps Pour saisir le bonheur À travers la misère Emmaillée au plaisir Tant d’en rêver tout haut Que d’en parler à l’aise Parlant de mon pays Je vous entends parler Et j’en ai danse aux pieds Et musique aux oreilles Et du loin au plus loin De ce neigeux désert Où vous vous entêtez À jeter des villages Je vous répéterai Vos parlers et vos dires Vos propos et parlures Jusqu’à perdre mon nom Ô voix tant écoutées Pour qu’il ne reste plus De moi-même qu’un peu De votre écho sonore

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Je vous entends jaser Sur les perrons des portes Et de chaque côté Des cléons des clôtures Je vous entends chanter Dans ma demi-saison Votre trop court été Et mon hiver si longue Je vous entends rêver Dans les soirs de doux temps Il est question de vents De vente et de gréements De labours à finir D’espoirs et de récolte D’amour et du voisin Qui veut marier sa fille Voix noires et voix durcies D’écorce et de cordage Voix des pays plain-chant Et voix des amoureux Douces voix attendries Des amours de village Voix des beaux airs anciens Dont on s’ennuie en ville Piailleries d’écoles Et palabres et sparages Magasin général Et restaurant du coin Les ponts les quais les gares Tous vos cris maritimes Atteignent ma fenêtre Et m’arrachent l’oreille

Est-ce vous que j’appelle Ou vous qui m’appelez Langage de mon père Et patois dix-septième Vous me faites voyage Mal et mélancolie Vous me faites plaisir Et sagesse et folie Il n’est coin de la terre Où je ne vous entende Il n’est coin de ma vie À l’abri de vos bruits Il n’est chanson de moi Qui ne soit toute faite Avec vos mots vos pas Avec votre musique Je vous entends rêver Douce comme rivière Je vous entends claquer Comme voile du large Je vous entends gronder Comme chute en montagne Je vous entends rouler Comme baril de poudre Je vous entends monter Comme grain de quatre heures Je vous entends cogner Comme mer en falaise Je vous entends passer Comme glace en débâcle Je vous entends demain Parler de liberté Paroles, musique et interprète : Gilles Vigneault 51


Bambou bar # 3 Acrylique sur toile (2004) 64,5 x 54 cm Collection privĂŠe


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Mon pays

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver Mon jardin ce n’est pas un jardin, c’est la plaine Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver Dans la blanche cérémonie Où la neige au vent se marie Dans ce pays de poudrerie Mon père a fait bâtir maison Et je m’en vais être fidèle À sa manière, à son modèle La chambre d’amis sera telle Qu’on viendra des autres saisons Pour se bâtir à côté d’elle Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver Mon refrain ce n’est pas un refrain, c’est rafale Ma maison ce n’est pas ma maison, c’est froidure Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

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De mon grand pays solitaire Je crie avant que de me taire À tous les hommes de la terre Ma maison c’est votre maison Entre mes quatre murs de glace Je mets mon temps et mon espace À préparer le feu, la place Pour les humains de l’horizon Et les humains sont de ma race Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver Mon jardin ce n’est pas un jardin, c’est la plaine Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’envers D’un pays qui n’était ni pays ni patrie Ma chanson ce n’est pas une chanson, c’est ma vie C’est pour toi que je veux posséder mes hivers Paroles, musique et interprète : Gilles Vigneault

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J’ai souvenir encore

J’ai souvenir encore d’une rue d’un quartier Qui me vit souffrir, grandir par les années C’est dans un vieux taudis Que dix ans de ma vie, J’apprenais à mentir Pourquoi vieillir ? J’ai souvenir encore d’une vieille maison Que l’on se partageait chacun à sa façon Un logement bien chauffé On a si bien gelé Les rats dans l’escalier Prenaient leur déjeuner J’ai souvenir encore de quatre jeunes garçons Qui avaient grand plaisir à jouer les fanfarons Les garçons de mon âge Avaient, pour voisinage, Robineux du Viger, Putains d’ la Saint-Laurent J’ai peu de souvenirs d’une vieille maison Que l’on dut démolir, rongée par les saisons Adieu, rue Sanguinet Adieu, mon coin Vitré Mais ce soir, je te laisse Un peu de mes pensées Paroles, musique et interprète : Claude Dubois

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Le fou de l’océan

Dans les cheveux de plage S’ouvrent les coquillages Pour écouter le chant Du fou Aux cheveux roux Qui marche sous l’océan Monte un bruit de cordage Aux oreilles de plage C’est le triste langage Du fou Aux cheveux roux Qui rêve d’abordage Mais les poissons sont sourds Et l’océan est lourd Sur la nuque de proue Du fou Aux cheveux roux Que l’océan bafoue Dans les cheveux de plage S’ouvrent les coquillages N’écoutent plus le chant Du fou Aux cheveux roux Qui marche sous l’océan Paroles, musique et interprète : Marie Savard

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La complainte de la Manic

Si tu savais comme on s’ennuie À la Manic Tu m’écrirais bien plus souvent À la Manicouagan Parfois je pense à toi si fort Je recrée ton âme et ton corps Je te regarde et m’émerveille Je me prolonge en toi Comme le fleuve dans la mer Et la fleur dans l’abeille Que deviennent quand je suis pas là Mon bel amour Ton front doux comme fine soie Et tes yeux de velours Te tournes-tu vers la Côte-Nord Pour voir un peu pour voir encore Ma main qui te fait signe d’attendre Soir et matin je tends les bras Je te rejoins où que tu sois Et je te garde Dis-moi ce qui se passe à Trois-Rivières Et à Québec Là où la vie a tant à faire Et tout ce qu’on fait avec Dis-moi ce qui se passe à Montréal Dans les rues sales et transversales Où tu es toujours la plus belle Car la laideur ne t’atteint pas Toi que j’aimerai jusqu’au trépas Mon éternelle

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Nous autres on fait les fanfarons À cœur de jour Mais on est tous des bons larrons Cloués à leurs amours Y en a qui jouent de la guitare D’autres qui jouent de l’accordéon Pour passer le temps quand y est trop long Mais moi je joue de mes amours Et je danse en disant ton nom Tellement je t’aime Si tu savais comme on s’ennuie À la Manic Tu m’écrirais bien plus souvent À la Manicouagan Si t’as pas grand-chose à me dire Écris cent fois les mots « je t’aime » Ça fera le plus beau des poèmes Je le lirai cent fois Cent fois cent fois, c’est pas beaucoup Pour ceux qui s’aiment. Si tu savais comme ou s’ennuie À la Manic Tu m’écrirais bien plus souvent À la Manicouagan Paroles, musique et interprète : Georges Dor

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Série « Bozo-les-culottes » Acrylique sur papier (2009) 31 x 41 cm Collection de l’artiste


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Bozo-les-culottes

Il flottait dans son pantalon, De là lui venait son surnom, Bozo-les-culottes. Y avait qu’une cinquième année, Il savait à peine compter, Bozo-les-culottes. Comme il baragouinait l’anglais, Comme gardien de nuit il travaillait, Bozo-les-culottes. Même s’il était un peu dingue, Y avait compris qu’ faut être bilingue, Bozo-les-culottes. Un jour quelqu’un lui avait dit Qu’on l’exploitait dans son pays, Bozo-les-culottes. Qu’ les Anglais avaient les bonnes places Et qu’ils lui riaient en pleine face Bozo-les-culottes. Il n’a pas cherché à connaître Le vrai fond de toute cette affaire, Bozo-les-culottes. Si son élite, si son clergé Depuis toujours l’avaient trompé, Bozo-les-culottes. Y a volé de la dynamite Et dans un quartier plein d’hypocrites, Bozo-les-culottes. A fait sauter un monument À la mémoire des conquérants, Bozo-les-culottes. Tout le pays s’est réveillé Puis la police l’a pogné, Bozo-les-culottes. On l’a vite entré en dedans, On l’a oublié depuis ce temps, Bozo-les-culottes. 62


Mais depuis que tu t’es fâché, Dans le pays ç’ a bien changé, Bozo-les-culottes. Nos politiciens à gogo Font les braves, font les farauds, Bozo-les-culottes. Ils réclament enfin nos droits Et puis les autres ne refusent pas, Bozo-les-culottes. De peur qu’il y en aurait d’autres comme toé Qu’auraient l’ goût de recommencer, Bozo-les-culottes. Quand tu sortiras de prison, Personne voudra savoir ton nom, Bozo-les-culottes. Quand on est de la race des pionniers, On est fait pour être oublié, Bozo-les-culottes. Paroles, musique et interprète : Raymond Lévesque

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Lindberg

Des hélices : astro-jets, whisper-jets, cliper-jets Turbos, à propos : Chus pas rendu chez Sophie Qui a pris l’avion Saint-Esprit De Duplessis Sans m’avertir Alors chus r’parti Sur Quebecair, Transworld, Northeast, Eastern, Western Pis Pan American ! Mais ché pus… Où chus rendu J’ai été Au sud du Sud Au soleil bleu blanc rouge Les palmiers et les cocotiers glacés Dans les pôles des Esquimaux bronzés Qui tricotent des ceintures fléchées farcies Et toujours la Sophie Qui venait de partir Alors chus r’parti Sur Quebecair, Transworld, Northeast, Eastern, Western Pis Pan American ! Mais ché pus… Où chus rendu Y avait même une compagnie qui engageait Des pigeons qui volaient en dedans Et qui faisaient le ballant Pour la tenir dans le vent C’était absolument, absolument, absolument Très salissant.

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Alors chus r’parti Sur Quebecair, Transworld, Northeast, Eastern, Western Pis Pan American ! Mais ché pus… Où chus rendu Ma Sophie a pris une compagnie Qui volait sur des tapis de Turquie C’était plus parti. Et moi à propos Chus rendu à dos de chameau... Je préfère Mon Quebecair, Transworld, Northeast, Eastern, Western Pis Pan American ! Mais ché pus… Où chus rendu Pis j’ai fait une chute, une crisse de chute, en parachute Et j’ai trouvé ma Sophie Elle était dans mon lit Avec mon meilleur ami, Et surtout Mon pot de biscuits à l’érable Que j’avais ramassés Sur Quebecair, Transworld, Northeast, Eastern, Western Pis Pan American ! Paroles : Claude Péloquin • Musique : Robert Charlebois Interprètes : Robert Charlebois, Louise Forestier

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Un homme libre

Tout homme qui se tient debout Est le plus beau des monuments Point n’est besoin pour sa mémoire De statue ni de requiem Ni de pavane ni de noir Car on ne porte pas le deuil De celui qui était si fier Et qui était encore hier Un homme libre Tout homme qui a fait sa vie Et qui l’a vécue jusqu’au bout Sans jamais se mettre à genoux Sinon pour faire une prière Quand il était enfant Il peut partir le cœur content Car on accueille à bras ouverts Dans ce grand pays étranger Un homme libre Tout homme qui a fait la paix Quand il aurait pu faire la guerre Celui qui a tendu la main À son voisin ou à son frère Au lieu de leur tendre des pièges Et celui dont la dignité Brillait dans le soleil d’été Il restera même en hiver Un homme libre

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Tout homme qui a partagé Son pain, sa vie, sa liberté Qui a vécu au cœur des villes Avec ce petit cœur fragile Qui aimait tant et tant et tant Il peut se taire maintenant On l’entendra dans la rumeur Car ne meurt jamais vraiment Un homme libre Et toi dans ta vie monotone Dans les cent murs de ta prison Toi dont le rêve se façonne À l’envers de la vie des hommes Dans l’oubli et dans l’abandon Qu’importent les heures qui sonnent Et qu’importe la trahison Tu restes au cœur de ta prison Un homme libre Paroles, musique et interprète : Georges Dor

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Un peu plus haut, un peu plus loin

Un peu plus haut, un peu plus loin Je veux aller un peu plus loin Je veux voir comment c’est, là-haut Garde mon bras et tiens ma main Un peu plus haut, un peu plus loin Je veux aller encore plus loin Laisse mon bras, mais tiens ma main Je n’irai pas plus loin qu’il faut Encore un pas, encore un saut Une tempête et un ruisseau Prends garde ! Prends garde : j’ai laissé ta main Attends-moi là-bas : je reviens Encore un pas, un petit pas Encore un saut et je suis là, Là-haut, si je ne tombe pas... Non ! J’y suis ! Je ne tombe pas ! C’est beau ! C’est beau ! Si tu voyais le monde au fond, là-bas C’est beau ! C’est beau ! La mer plus petite que soi Mais tu ne me vois pas Un peu plus loin, un peu plus seul Je n’ veux pas être loin tout seul Viens voir ici comme on est bien Quand on est haut, oh ! comme on est bien

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Un peu plus haut, un peu plus loin Je n’ peux plus te tenir la main Dis-moi comment j’ai pu monter, Comment descendre sans tomber Un peu plus loin, un peu plus fort Encore un saut ! Essaye encore ! Je voudrais te tendre les bras ; Je suis trop haut, tu es trop bas Encore un pas, un petit pas Tu es trop loin ! Je t’aime ! Adieu ! Adieu ! Je reviendrai Si je redescends sans tomber C’est beau ! C’est beau ! Si tu voyais le monde au fond, là-bas C’est beau ! C’est beau ! La mer plus petite que soi Mais tu ne la vois pas Un peu plus haut, un peu plus loin Je vais aller encore plus loin Peut-être bien qu’un peu plus haut, Je trouverai d’autres chemins Paroles et musique : Jean-Pierre Ferland Interprète : Ginette Reno

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Aimons-nous

Aimons-nous quand même Aimons-nous jour après jour Aimons-nous quand même Aimons-nous malgré l’amour Aimons-nous de rage Aimons-nous mais sans pitié Aimons-nous en cage Aimons-nous sans amitié Deux mille ans de haine N’ont rien changé à l’amour Pour briser nos chaînes Sonnent canons et tambours C’est l’amour qui gronde L’amour avance à grands pas Détruira le monde Par l’amour, tu combats Je t’aime, tu m’aimes, il m’aime Nous vous aimons, vous nous aimez Il m’aime, il t’aime, ils s’aiment Aimons-nous quand même La mort unit sans retour Aimons-nous, je t’aime Je te tuerai mon amour

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L’amour nous préserve Des remords de nos tueries On tue sans réserve Par amour de sa patrie On vit sans histoire Lorsque l’on vit sans aimer L’amour c’est la gloire La puissance et l’amitié Aimons sans contrainte Aimons-nous comme il se doit Resserrons l’étreinte Qui nous étouffera de joie Je m’aime, tu t’aimes, il s’aime Nous nous aimons, vous vous aimez Ils s’aiment, s’aimeront Paroles et interprète : Yvon Deschamps Musique : Jacques Perron

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Le petit roi

Dans mon âme et dedans ma tête Il y avait autrefois Un petit roi Qui régnait comme en son royaume Sur tous mes sujets Beaux et laids Puis il vint un vent de débauche qui faucha le roi Sous mon toit Et la fête fut dans ma tête Comme un champ de blé Un ciel de mai Hey Je ne vois plus la vie de la même manière Hey Je ne sens plus le temps me presser comme avant r efr a in Hey boule de gomme S’rais-tu dev’nu un homme Hey boule de gomme S’rais-tu dev’nu un homme Comme un loup qui viendrait au monde Une deuxième fois Dans la peau d’un chat Je me sens comme une fontaine Après un long hiver Et j’en ai l’air J’ai laissé ma fenêtre ouverte À sa pleine grandeur Et je n’ai pas eu peur Dans mon âme et dedans ma tête il y avait autrefois Un autre que moi

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Hey Je ne fais plus l’amour de la même manière Hey Je ne sens plus ma peau me peser comme avant r efr a in Tu diras au copain du coin Que je n’reviendrai plus Mais n’en dis pas plus Ne dis rien à Marie-Hélène Donne-lui mon chat Elle me comprendra J’ai laissé mon jeu d’aquarelles Sous le banc de bois C’est pour toi Dans mon âme et dedans ma tête il y avait autrefois Comme un petit roi r efr a in (bis) Paroles et  interprète : Jean-Pierre Ferland Musique : Michel Robidoux et Jean-Pierre Ferland

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Fiction pulpeuse Encre et acrylique sur papier (2000) 51 x 41 cm Collection privĂŠe


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Comme j’ai toujours envie d’aimer

Comme j’ai toujours envie d’aimer J’ai toujours envie de toi Oh toi que j’aime Comme j’ai toujours envie de toi Je te cherche où que tu sois Oh toi que j’aime Comme tu es femme dans la nuit Mes mains tremblent sur tes hanches J’ai envie de tes lèvres mon amour Comme j’ai toujours envie d’aimer J’ai toujours envie de toi Oh toi que j’aime Comme tu es belle dans la nuit Quand je sens ton corps sur mon corps J’ai envie de te parler d’amour

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Comme j’ai toujours envie de toi Je te cherche où que tu sois Oh toi que j’aime Comme tu es belle quand tu es nue De sentir ton souffle court J’ai envie de te faire l’amour Comme j’ai toujours envie d’aimer J’ai toujours envie de toi Oh toi que j’aime Comme j’ai toujours envie de toi Je te cherche où que tu sois Oh toi que j’aime Paroles, musique et interprète : Marc Hamilton

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Le temps des vivants

Que finisse le temps des victimes Passe passe le temps des abîmes Il faut surtout pour faire un mort Du sang des nerfs et quelques os Que finisse le temps des taudis Passe passe le temps des maudits Il faut du temps pour faire l’amour Et de l’argent pour les amants Vienne vienne le temps des vivants Le vrai visage de notre histoire Vienne vienne le temps des victoires Et le soleil dans nos mémoires Ce vent qui passe dans nos espaces C’est le grand vent d’un long désir Qui ne veut vraiment pas mourir Avant d’avoir vu l’avenir Que finisse le temps des perdants Passe passe le temps inquiétant Un feu de vie chante en nos cœurs Qui brûlera tous nos malheurs Que finisse le temps des mystères Passe passe le temps des misères Les éclairs blancs de nos amours Éclateront au flanc du jour

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Vienne vienne le temps des passions La liberté qu’on imagine Vienne vienne le temps du délire Et des artères qui chavirent Un sang nouveau se lève en nous Qui réunit les vieux murmures Il faut pour faire un rêve aussi Un cœur, un corps et un pays Que finisse le temps des prisons Passe passe le temps des barreaux Que finisse le temps des esclaves Passe passe le temps des bourreaux Je préfère l’indépendance À la prudence de leur troupeau C’est fini le temps des malchances Notre espoir est un oiseau Paroles : Gilbert Langevin • Musique : François Cousineau Interprète : Pauline Julien

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Amène-toi chez nous

Si le cœur te fait mal si tu ne sais plus rire Si tu ne sais plus être gai comme autrefois Si le cirque est parti si tu n’as pu le suivre Amène-toi chez nous je t’ouvrirai les bras Je n’ai rien d’un bouffon qui déclenche les rires Mais peut-être qu’à deux nous trouverons la joie Viens ! Si tu ne peux pas mordre dans la vie qui t’emporte Parce que c’est la vie qui te mord chaque jour Si tu ne peux répondre aux coups qu’elle te porte Amène-toi chez nous je serai dans ma cour Je ne sais pas guérir je ne sais pas me battre Mais peut-être qu’à quatre nous trouverons le tour Viens ! N’oublie pas que ce sont les gouttes d’eau Qui alimentent le creux des ruisseaux Si les ruisseaux savent trouver la mer Peut-être trouverons-nous la lumière Si tu cherches à savoir le chemin qu’il faut suivre Si tu cherches à comprendre ce pourquoi tu t’en vas Si tu vois ton bateau voguer à la dérive Amène-toi chez nous j’aurai du rhum pour toi Je ne suis pas marin je vis loin de la rive Mais peut-être qu’à cent nous trouverons la voie Viens !

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Si tu t’interroges sur le secret des choses Si devant l’inconnu tu ne sais que penser Si l’on ne répond pas aux questions que tu poses Amène-toi chez nous je saurai t’écouter La vérité m’échappe je n’en sais pas grand-chose Mais peut-être qu’à mille nous saurons la trouver Viens ! N’oublie pas que ce sont les gouttes d’eau Qui alimentent le creux des ruisseaux Si les ruisseaux savent trouver la mer Peut-être trouverons-nous la lumière Viens ! Viens ! Viens ! Paroles, musique et interprète : Jacques Michel

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Un nouveau jour va se lever

Viens Un nouveau jour va se lever Et son soleil Brillera pour la majorité qui s’éveille Comme un enfant Devenu grand Avec le temps Viens Un nouveau jour va se lever Et son regard Se moquera de l’autorité de César Car les enfants Défient les grands Quand vient le temps. Le temps de l’esclavage Le temps du long dressage Le temps de subir est passé C’est assez Le temps des sacrifices Se vend à bénéfice Le temps de prendre est arrivé Viens Un nouveau jour va se lever Et son soleil Brillera pour la majorité qui s’éveille Comme un enfant Devenu grand Avec le temps

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Viens Un nouveau jour va se lever Et son regard Se moquera de l’autorité de César Car les enfants Défient les grands Quand vient le temps. Le temps des révérences Le temps du long silence Le temps de se taire est passé C’est assez Le temps des muselières Se meurt dans la fourrière Le temps de mordre est arrivé Viens Un nouveau jour va se lever Et son soleil Brillera pour la majorité qui s’éveille Comme un enfant Devenu grand Avec le temps Viens Un nouveau jour va se lever Et son regard Se moquera de l’autorité de César Car les enfants Défient les grands Quand vient le temps. (bis) Paroles, musique et interprète : Jacques Michel 83


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Ordinaire

Je suis un gars ben ordinaire Des fois j’ai pus l’ goût de rien faire J’ fumerais du pot J’ boirais d’ la bière J’ ferais d’ la musique Avec le gros Pierre Mais faut que j’ pense à ma carrière Je suis un chanteur populaire Vous voulez que je sois un Dieu Si vous saviez comme j’ me sens vieux J’ peux pus dormir chus trop nerveux Quand je chante ça va un peu mieux Mais ce métier-là c’est dangereux Plus on en donne plus l’ monde en veut Quand je s’rai fini pis dans la rue Mon gros public je l’aurai pus C’est là que je m’ r’trouverai tout nu Le jour où moi j’en pourrai pus Y en aura d’autres plus jeunes plus fous Pour faire danser les boogaloos

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J’aime mon prochain J’aime mon public Tout ce que je veux c’est que ça clique J’ me fous pas mal des critiques Ce sont des ratés sympathiques Chus pas un clown psychédélique Ma vie à moi c’est la musique Si je chante c’est pour qu’on m’entende Quand je crie c’est pour me défendre J’aimerais bien me faire comprendre J’ voudrais faire le tour de la terre Avant d’ mourir et qu’on m’enterre Voir de quoi l’ reste du monde a l’air Autour de moi, il y a la guerre La peur, la faim et la misère J’ voudrais qu’on soit tous des frères On est pognés sur la même terre Chus pas un chanteur populaire Chus rien qu’un gars ben ordinaire Paroles : Mouffe Musique : Pierre Nadeau et Robert Charlebois Interprète : Robert Charlebois

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Cadence Acrylique sur toile (2004) 114 x 145 cm Collection de l’artiste


19 71

Le début d’un temps nouveau

r efr a in C’est le début d’un temps nouveau La terre est à l’année zéro La moitié des gens n’ont pas trente ans Les femmes font l’amour librement Les hommes ne travaillent presque plus Le bonheur est la seule vertu C’est le début d’un temps nouveau Nous voilà devenus des oiseaux Dans les cumulus du temps beau Ceux du ciel et ceux du cerveau Les couleurs se mêlent sur la peau C’est le début d’un temps nouveau On commence à se parler en poèmes On commence à parler doucement À se dire je t’aime sur je t’aime Et ça donne les plus beaux enfants Et ça donne les plus beaux enfants Et ça donne les plus beaux enfants On connaît les détours du tour du monde On a des yeux de cinérama Nos âmes sont devenues des ballons-sondes Et l’infini ne nous effraie pas Et l’infini ne nous effraie pas Et l’infini ne nous effraie pas r efr a in

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C’est le début d’un C’’est le début d’un temps nouveau La terre est à l’année zéro La moitié des gens n’ont pas trente ans Les femmes font l’amour librement Les hommes ne travaillent presque plus Le bonheur est la seule vertu C’est le début d’un temps nouveau Nous voilà devenus des oiseaux Dans les cumulus du temps beau Ceux du ciel et ceux du cerveau Les couleurs se mêlent sur la peau C’est le début d’un temps nouveau Paroles et musique : Stéphane Venne Interprète : Renée Claude

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Le plus beau voyage

J’ai refait le plus beau voyage De mon enfance à aujourd’hui Sans un adieu, sans un bagage Sans un regret ou nostalgie J’ai revu mes appartenances Mes trente-trois ans et la vie Et c’est de toutes mes partances Le plus heureux flash de ma vie Je suis de lacs et de rivières Je suis de gibiers, de poissons Je suis de roches et de poussières Je ne suis pas des grandes moissons Je suis de sucre et d’eau d’érable De Pater noster, de Credo Je suis de dix enfants à table Je suis de janvier sous zéro Je suis d’Amérique et de France Je suis de chômage et d’exil Je suis d’octobre et d’espérance Je suis une race en péril Je suis prévu pour l’an deux mille Je suis notre libération Comme des millions de gens fragiles À des promesses d’élection Je suis l’énergie qui s’empile D’Ungava à Manicouagan Je suis Québec mort ou vivant Paroles et interprète : Claude Gauthier Musique : Yvan Ouellet et Claude Gauthier

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L’âme à la tendresse

Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Ce soir j’ai l’âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Tresser avec vous ce lien et cette délicatesse Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui Cette amitié dans la continuité Un mot un regard un silence un sourire une lettre Françoise Allen Claire Patrick Kim Roland Réjean Louise Et tous les autres que je n’ saurai nommer Vous êtes mes havr’s des soirs de détresse La goutte d’eau qui fait jaillir la source ma lumière Aujourd’hui pourtant je vous attends en vain, je vous espère Que faites-vous j’appelle je tends les bras Nos amitiés se sont-elles évanouies ? Peut-être n’avons-nous plus rien à nous dire je chavire Pourtant nous savons que la vie est plus forte que la mort Le désespoir a dit son dernier mot Permettez-moi de vous aimer toujours Riches de nos secrets j’attendrai j’attendrai J’attendrai j’attendrai j’attendrai j’attendrai Les amitiés nouvelles. Paroles et interprète : Pauline Julien • Musique : François Dompierre

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L’étranger

Quand j’étais petite fille Dans une petite ville Il y avait la famille, les amis, les voisins Ceux qui étaient comme nous Puis il y avait les autres Les étrangers, l’étranger C’était l’Italien, le Polonais L’homme de la ville d’à côté Les pauvres, les quêteux, les moins bien habillés Et ma mère bonne comme du bon pain Ouvrait sa porte Rarement son cœur C’est ainsi que j’apprenais la charité Mais non pas la bonté La crainte mais non pas le respect Dépaysée, au bout du monde Je pense à vous, je pense à vous Demain ce sera votre tour Que ferez-vous, que ferez-vous Dépaysée, au bout du monde Je pense à vous, je pense à vous Demain ce sera votre tour Que ferez-vous, que ferez-vous Aujourd’hui l’étranger C’est moi et quelques autres Comme l’Arabe, le Noir, l’homme d’ailleurs,

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L’homme de partout C’est un peu comme chez nous On me regarde en souriant Ou on se méfie On change de trottoir quand on me voit On éloigne les enfants Je suis rarement invitée à leur table Il semble que j’aie des mœurs étranges L’âme aussi noire que le charbon Je viens sûrement du bout du monde Je suis l’étrangère On est toujours l’étranger de quelqu’un Dépaysée, au bout du monde Je pense à vous, je pense à vous Demain ce sera votre tour Que ferez-vous, que ferez-vous Dépaysée, au bout du monde Je me prends à rêver, à rêver À la chaleur, à l’amitié Au pain à partager, à la tendresse Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde Où les hommes s’aiment entr’ eux Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde Où les hommes soient heureux Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde Un monde amoureux Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde Où il n’y aurait plus d’ÉTRANGER. Paroles et interprète : Pauline Julien • Musique : Jacques Perron

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L’alouette en colère

J’ai un fils enragé Qui ne croit ni à dieu Ni à diable, ni à moi J’ai un fils écrasé Par les temples à finances Où il ne peut entrer Et par ceux des paroles D’où il ne peut sortir J’ai un fils dépouillé Comme le fut son père Porteur d’eau, scieur de bois Locataire et chômeur Dans son propre pays Il ne lui reste plus Qu’ la belle vue sur le fleuve Et sa langue maternelle Qu’on ne reconnaît pas J’ai un fils révolté Un fils humilié J’ai un fils qui demain Sera un assassin

Alors moi j’ai eu peur Et j’ai crié à l’aide Au secours, quelqu’un Le gros voisin d’en face Est accouru armé Grossier, étranger Pour abattre mon fils Une bonne fois pour toutes Et lui casser les reins Et le dos, et la tête Et le bec, et les ailes Alouette, ah ! Mon fils est en prison Et moi je sens en moi Dans le tréfonds de moi Malgré moi, malgré moi Pour la première fois Malgré moi, malgré moi Entre la chair et l’os S’installer la colère Paroles, musique et interprète : Félix Leclerc

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Je ferai un jardin

r efr a in Cet été je ferai un jardin Si tu veux rester avec moi Encor quelques mois Il sera petit, c’est certain J’en prendrai bien soin J’en prendrai bien soin Pour qu’il soit aussi beau que toi Si tu veux attendre avec moi Que les oiseaux reviennent Si tu peux souffrir ces semaines De silence et de froid J’ai déjà dessiné pour toi Un jardin au fond de la cour À l’image de notre amour Quand tu y crois r efr a in Nous regarderons pousser les fleurs Les légumes et les fruits Avec la foi des tout-petits Le soleil de cinq heures Fera renaître nos ardeurs Tu te souviens de nos étés ? Si tu voulais encor rester Jusqu’aux chaleurs r efr a in Paroles et interprète : Clémence DesRochers Musique : Louis-Philippe Pelletier

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Pourquoi chanter

Pourquoi chanter quand il y a tant à faire Pourquoi niaiser devant ce beau parterre Le temps précieux des gens soucieux De trouver à qui vendre Je l’ai perdu un peu vendu Pour bien me faire entendre Pourquoi chanter alors que le temps presse Pourquoi rêver et chanter les caresses Comment savoir quand certains soirs On voit la fin du monde Au fond des yeux, au fond des cieux Et sur toutes les ondes Comment chanter ce qu’on ne sait pas dire Sitôt qu’on peut rire Comment pleurer C’est une envie d’offrir la vie et le désir Comme on offre une rose pour le plaisir Le doux plaisir d’échanger quelque chose Je veux chanter pour ce temps qu’il nous reste Je viens verser la douceur d’un doux geste Je viens aussi porter ma nuit au-dessus de vos rêves Avec l’espoir qu’enfin ce soir mon âme se soulève Je veux chanter (ter) Je veux chanter pour ce temps qu’il nous reste Paroles : Luc Granger • Musique : Jacques Perron Interprète : Louise Forestier

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Vivre en ce pays

Vivre en ce pays C’est comme vivre aux États-Unis La pollution les mêmes autos Les mêmes patrons les mêmes impôts Les petits les gros Dans un même bateau Ceux qui sont partis Pour chercher un ailleurs meilleur Ont bien compris qu’en d’autres pays En d’autres Amériques Espagne ou Marseille À part le soleil Que c’est partout pareil Vivre en ce pays C’est comme vivre aux États-Unis Les mêmes danses les mêmes chansons Le même confort et quand tu es mort Y a des tas de gens Qui te jouent à l’argent Ceux qui sont partis Pour chercher un ailleurs plus loin Ont inventé un monde en fumée D’amour et de paix Un monde nouveau Parti à zéro Comme à San Franscisco

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Vivre en ce pays C’est comme vivre aux États-Unis C’est la violence la répression La loi du plus fort l’emporte encore Sur ceux qui voudraient Briser les conventions Ceux qui sont partis Pour chercher une solution Qui ont promis un nouveau soleil Un nouveau pays À qui les suivront Jurent qu’ils seront Des milliers des millions Quand ils reviendront Paroles et musique : Pierre Calvé Interprète : Robert Charlebois

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La maudite machine

J’ai vu à matin Un vieux robineux M’a tendu la main Pour une cenne ou deux C’ pas drôle dans la rue Quand y faut dormir Dans des fonds d’ ruelles Ça peut pas être pire Rien dans l’ fond d’ l’écuelle Peux-tu t’en sortir Si tous les pognés Dans leur petite misère Se disaient : « Calvaire Y est temps d’arrêter » Ça irait ben mieux Un coup d’ pied dans l’ cul Ça peut réveiller Quand personne sait pus Pourquoi travailler C’est donc toujours plate

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J’ai l’ goût d’ m’en aller queq’ part J’ voudrais sacrer le camp Plus ça va, plus ça devient mort C’tait plus beau avant J’aimerais ça êt’ ben chez moi Sans qu’on m’ mange le dos Laisse-moi donc tranquille à soir Brailler comme il faut T’as perdu ta job Tu sais pus où t’ mett’ T’as pas l’air ben sob’ Trois tavernes de faites Comment va ta vie ? Dépêche-toé bonhomme Sors vite de ta crasse Prouv’ donc qu’ t’es un homme Pis trouve-toé une place T’as pus tellement d’ temps Mais y a rien à faire Les patrons t’ veulent pus Tu vaux pus ben cher T’es tout nu dans’ rue T’es t’un gars fini La maudite machine Qui t’a avalé A marche en câline Faudrait la casser Faudrait la casser Paroles et musique : Pierre Flynn Interprète : Octobre

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Le nœud gordien Acrylique sur toile (2004) 80 x 100 cm Collection de l’artiste


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Hymne à la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde Chaque fleur, chaque arbre que l’on tue Revient nous tuer à son tour Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas le chant des oiseaux Ne tuons pas le bleu du jour Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde Ne tuons pas la beauté du monde La dernière chance de la terre C’est maintenant qu’elle se joue Ne tuons pas la beauté du monde Faisons de la terre un grand jardin Pour ceux qui viendront après nous Après nous Ne tuons pas la beauté du monde La dernière chance de la terre C’est maintenant qu’elle se joue Ne tuons pas la beauté du monde Faisons de la terre un grand jardin Pour ceux qui viendront après nous Après nous Paroles : Luc Plamondon • Musique : Christian St-Roch Interprète : Diane Dufresne

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La vie en rose

On n’a pas d’argent, on n’a pas le temps On a besoin de quelque chose On n’a pas envie puis on change d’avis Pour voir la vie en rose Je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir Chanter ma chanson, visiter ta maison On a besoin de quelque chose Faire le tour du monde Ou faire comme tout le monde Pour voir la vie en rose Je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir Un peu moins de plastique, un peu plus de musique On a besoin de quelque chose Un peu moins de fanfare, un peu plus de guitare

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Pour voir la vie en rose Je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir RO-O-O-O-O-SE, je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir RO-O-O-O-O-SE, je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir RO-O-O-O-O-SE, je n’ai pas besoin de grand-chose Tout simplement que je suppose Que tu viens ici pour me voir Paroles, musique et interprète : Gilles Valiquette

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Un ballon sur son nez # 1 Encre et acrylique sur papier (2009) 31 x 41 cm Collection de l’artiste


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La complainte du phoque en Alaska

Cré-moé, cré-moé pas Quéqu’ part en Alaska Y a un phoque qui s’ennuie en maudit Sa blonde est partie Gagner sa vie Dans un cirque aux États-Unis Le phoque est tout seul Y r’garde le soleil Qui descend doucement sur le glacier Y pense aux États En pleurant tout bas C’est comme ça quand ta blonde t’a lâché r efr a in Ça vaut pas la peine De laisser ceux qu’on aime Pour aller faire tourner Des ballons sur son nez Ça fait rire les enfants Ça dure jamais longtemps Ça fait plus rire personne Quand les enfants sont grands

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Quand le phoque s’ennuie Y r’garde son poil qui brille Comme les rues de New York après la pluie Y rêve à Chicago À Marilyn Monroe Y voudrait voir sa blonde faire un show C’est rien qu’une histoire J’ peux pas m’en faire accroire Mais des fois j’ai l’impression qu’ c’est moé Qui est assis sur la glace Les deux mains dans la face Mon amour est partie pis j’ m’ennuie r efr a in Paroles et musique : Michel Rivard Interprète : Beau Dommage

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Harmonie du soir à Châteauguay Dimanche au soir à Châteauguay Les pieds pendant au bout du quai Les pieds pendant au bout du quai Les pieds pendant au bout du quai La rivière joue de l’harmonica Ma blonde se baigne les pieds dans l’eau Ma blonde se baigne les pieds dans l’eau Ma blonde se baigne les pieds dans l’eau C’est plein d’oiseaux qui courent le long de l’eau En chantant leurs chansons d’oiseaux C’est plein d’oiseaux qui courent le long de l’eau Les enfants r’viennent en chaloupe, Y ont pêché trois crapets-soleils Y ont pêché trois crapets-soleils Y ont pêché trois crapets-soleils Les mouches à feu font des folies Les ouaouarons sont pas plus fins Les ouaouarons sont pas plus fins Les ouaouarons sont pas plus fins Plus tard on ira sur le sable s’étendre Pour compter les étoiles filantes Plus tard on ira sur le sable s’étendre Dimanche au soir à Châteauguay Les pieds pendant au bout du quai Les pieds pendant au bout du quai Les pieds pendant au bout du quai Paroles et musique : Robert Léger Interprète : Beau Dommage

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19 74

Un musicien parmi tant d’autres Une main sur une épaule Chacun a bien joué son rôle Le rideau monte et descend Le musicien se serre les dents Il est si bien pour une fois À la porte du café Son nom vient de s’effacer On a trouvé quelqu’un de mieux Le musicien se faisait vieux Comme un enfant, il était une fois Comme le rideau sur une corde Le musicien monte et descend Une nuit pour oublier Y a des problèmes qu’on veut soûler Une bouteille monte et descend Le musicien se serre les dents Il est si loin, une autre fois À la porte du café Les noms ne font que changer Il a enfin compris pourquoi Le sien ne sera plus là Comme un enfant, on ne vit qu’une fois Comme le fond d’une bouteille Le musicien a fait son temps Où est allé tout ce monde Qui avait quelque chose à raconter On a mis quelqu’un au monde On devrait peut-être l’écouter (Ad infinitum) Paroles et musique : Serge Fiori • Interprète : Harmonium 113


19 74

Qué-Can blues

Ça fait longtemps que j’ai rien écrit Je vais vous lâcher mon dernier cri Y en a qui pensent que j’ai tout dit Qui s’imaginent même que chu fini Les autres attendent la fin de ma phrase Y m’ trouvent moins « hip » depuis que je me rase Y aimaient mieux ça quand je me fâchais Dans le temps que je faisais peur aux Français D’autres qui trouvent que le joual c’est ben laid Pis qui chialent quand je chante en anglais Ça veut dire quoi être québécois Des fois chu pus sûr de ma race Je lève mon collet je me cache la face Je nous regarde vieillir entre deux grosses « Mol » Le corps raide pis les oreilles molles Je nous vois nous mirer d’in vitrines Des deux bords de la rue Sainte-Catherine J’entends nos « quand qu’on, si j’aurais » On a pus les chansons qu’on avait On est des « gypsies » oubliés Par les amis de Jacques Cartier On est loin d’être sortis du bois

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C’est pus le moment de faire des « party » Nous avons notre identité Au lieu de s’en féliciter Le temps est venu d’éclater Arrêtons de nous regarder le nombril C’est un chapitre déjà écrit Faut pus se contenter des croûtes Faut devenir les meilleurs en « tout’ » Ça fait trois cents ans qu’on se berce Au lieu de s’occuper de not’ commerce Pendant que Nixon suce le Québec Sous l’œil de « CONNAIS RIEN FRONT SEC » Si les États prennent le terrain Y va nous rester moins que rien Sans pays sans patrie sans « job » On va se retrouver pauvres comme Job Faut leur montrer qu’on est « capab’ » Autant que les Juifs et les Arabes Faut s’appuyer, faut s’entraider Bâtir une grande armée d’idées Et faire de la Nouvelle-France La terre promise de l’espérance. Paroles, musique et interprète : Robert Charlebois

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Le blues d’ la métropole

En soixante-sept tout était beau C’était l’année d’ l’amour, c’était l’année d’ l’Expo Chacun son beau passeport avec une belle photo J’avais des fleurs d’in cheveux, fallait-tu êt’ niaiseux J’avais une blonde pas mal jolie A vit s’ une terre avec quartorze de mes amis Partie élever des poules à la campagne Qui m’aurait dit que la nature allait un jour voler ma gang r efr a in Mais qu’est-ce qu’un gars peut faire Quand y a pus l’ goût de boire sa bière Quand y est tanné de jouer à mère avec la fille de son voisin ? Tous mes amis sont disparus pis moé non plus j’ me r’connais pus On est dix mille s’ a rue Saint-Paul Avec le blues d’ la métropole J’ sais pus quoi dire à mes amis Y sont rendus ou ben trop g’lés ou ben trop chauds Y en a deux trois qui sont rendus un peu trop beaux Même Jésus-Christ a embarqué mon ancienne blonde dans son troupeau r efr a in J’avais un chum qui était correct Mais je l’ vois pus y est en prison dans l’ bout d’ Québec Y a mis des bombes quand y a perdu ses élections Si j’ m’ennuie trop vous êtes ben mieux d’ faire attention r efr a in Paroles : Pierre Huet • Musique : Michel Rivard Interprète : Beau Dommage

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19 7 5

La Bittt à Tibi

Moi j’ viens d’ l’Abitibi Moi j’ viens d’ la Bittt à Tibi Moi j’ viens d’un pays Qui est un arbre fort Moi j’ viens d’un pays Qui pousse dans le Nord Tam didelam tadlédidelidelam Dans ce pays qui était comme un œuf Le 13 février 1939 J’ suis né à Val d’Or en Abitibi Dans ce pays qui est encore touttt neuf J’avions connu Harnest Turcotte Qui vivait entre de beaux bois ronds Qui parlait aux arbres et aux taons Qui chaque matin chaussait ses bottes Pour aller comme Ti-Jos Hébert Fendre la forêt avec ses nerfs Qui n’avait pas d’ chain saw Qui avait hache et boxa Pis des bras durs comme la roche Pis des cuisses comme des troncs d’arbre Pis du front tout l’ tour d’ la tête Pis qui n’était pas si bête En 1910 en Abitibi dans mon pays Cooooooooooooooooooooooolonisé Tam didelam tadlédidelidelam

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Moi j’ viens d’ l’Abitibi Moi j’ viens d’ la Bittt à Tibi Moi j’ viens d’un pays Qui est de lacs bien rares Moi j’ viens d’un pays Ousque l’ poisson mord Quand j’étions p’tit J’allions jouer aux bois Avec les épinettes et les bouleaux J’aimions gazouiller avec les oiseaux Quand j’étions p’tit Je suivions le ruisseau Je jouais de l’Harricana Sur la rivière Harmonica Je r’gardions passer les gros chars Sur ma p’tite cenne qui v’nait en or Dans un banc d’ neige creusais maison Et dans la glace j’écrivais ton nom Et l’hiver à l’aréna On patinait touttt en tas L’été près du lac Blouin On faisions semblant de rien On ramassait des bleuets Qu’on vendait pour presque rien En mil neuf cent quelque En Abitibi dans mon pays Cooooooooooooooooooooooolonisé Tam didelam tadlédidelidelam

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Moi j’ viens d’ l’Abitibi Moi j’ viens d’ la Bittt à Tibi Moi j’ viens d’un pays qui a un ventre en or Moi j’ viens d’un pays ousqui neige encore Dans mon pays qu’on dit hors de la carte Mon oncle Edmond travaillait sous la terre Mais il creusait dans l’or sa propre mort Mon oncle Edmond nous a mis sur la carte Dans mon pays qui a grandi Il paraît qu’aux tout premiers temps On y gagnait beaucoup d’argent Y a d’ l’or en barre qui dort écitt Y a même des poignées d’ porte en or En cuivre en fer qui vont d’ l’autr’ bord J’aimions jouer dans la fanfare Pour épater touttt les pétards Quand j’allions jouer au Château-Inn Boire et rire avec mes piastres Je r’venions comptant les astres Au p’tit matin près d’ la mine Tamdidelam tadlédidelidelam Tam didlididelidelam En mil neuf cent touttt en Abitibi dans mon pays Cooooooooooooolonisé à libérer Tamdidelam tadlédidelédelam Paroles, musique et interprète : Raôul Duguay

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19 7 5

La moitié du monde est une femme

La moitié du monde est une femme Qui jusqu’ici avait caché son âme Elle parle aujourd’hui encore trop peu Mais demain je vous dis c’est dans ses yeux Que vous verrez une flamme La moitié du monde est une femme Aujourd’hui enfin elle réclame Ce qui lui revient et ce qui est son droit Il est bien fini le règne de l’unique roi L’autre côté de la terre passe à la lumière La moitié du monde est une femme Celle qui attendait en silence Aujourd’hui retrouve confiance Et le goût de vivre son propre destin Et le goût de suivre son propre destin De prendre part à tout ce qui vient La moitié du monde est une femme Une paix plus forte que les armes Pour un autre jour, une autre humanité Plus près de l’amour et plus près de la liberté Un espoir qui s’avance, la dernière chance... La moitié du monde est une femme La moitié du monde est une femme La moitié du monde est une femme Paroles, musique et interprète : Jacqueline Lemay

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19 7 5

Les enfants d’un siècle fou

Nous sommes les enfants d’un siècle fou et d’une terre patiente Nous sommes les enfants d’un peu de temps, de beaucoup de pierres et de vent Les enfants d’un grand printemps et de milliers d’hivers Nous avons reçu de nos pères les forêts et les rivières Les champs de neige, un peu de blé, le soleil d’un court été Une vie à réapprendre, un pays à trouver Et puis des milliers de chansons à la mesure d’une gigue À la mesure de cette terre, à la mesure de la planète Il y a tant de nuits à traverser et tant de choses à faire Nous sommes les enfants d’un rêve fou et d’un chemin si fragile Nous ne rêverons plus d’ailleurs et bâtirons en chantant Un monde à refaire par nos enfants La la la... Paroles : Francine Hamelin • Musique et interprète : Marie-Claire Séguin

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19 76

Aimes-tu la vie comme moi ?

J’aime prendre le temps qu’il me faut pour vivre Regarder autour tout en cherchant l’amour J’aime la musique, et les chansons magiques J’aime le soleil et l’amour éternel J’aime le matin quand près de moi elle se réveille J’aime bien la nuit dans le nid du paradis Dis-moi qu’est-ce que tu penses, qu’est-ce que tu préfères Qu’est-ce qu’il te faut pour monter monter monter plus haut Aimes-tu la vie comme moi ? Vois-tu la vie comme ça ? Aimes-tu la vie comme moi ? Vois-tu la vie comme ça ? Dis-le moi J’aime la campagne, le seul endroit pour être calme J’aime les animaux y a rien d’ plus fin, y a rien d’ plus beau J’aime le matin quand près de moi elle se réveille J’aime bien la nuit dans le nid du paradis Dis-moi qu’est-ce que tu penses, qu’est-ce que tu préfères Qu’est-ce qu’il te faut pour monter monter monter plus haut Aimes-tu la vie comme moi ? Vois-tu la vie comme ça ? Aimes-tu la vie comme moi ? Vois-tu la vie comme ça ? Dis-le moi Paroles et musique : Georges Thurston • Interprète : Boule noire

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Marie-Hélène

Marie-Hélène vient juste d’avoir vingt ans Ça fait six mois qu’est en appartement Sur les murs blancs d’un petit troisième étage, Rue Saint-Denis, est partie en voyage. Marie-Hélène a pourtant pas d’amant, Juste des amis qui viennent de temps en temps Fumer son pot, écouter sa musique... Marie-Hélène est une fille sympathique. r efr a in C’est pas facile d’avoir vingt ans, C’est plus mêlant qu’avant ; C’est pas facile d’avoir vingt ans... Elle a le temps, tout le temps. En mobylette, en métro ou à pied, Marie-Hélène traverse la société ; Née par hasard dans le mauvais pays, Au mauvais temps, Marie-Hélène s’ennuie.

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S’ennuie de quoi ? Elle le sait pas trop bien ; S’ennuie de qui ? Elle le sait encore moins. En attendant, y a eu deux mois d’ouvrage, Un mois d’études, pis l’assurance-chômage. r efr a in Le temps d’user jusqu’au dernier sillon Son Genesis et sa Cinquième saison, Et d’oublier les mots de Let It Be Qui joue la nuit quand tout le monde est parti. Mais Let It Be, c’est déjà l’ancien temps : Marie-Hélène avait même pas dix ans ! Et c’est si loin qu’elle le sait plus par cœur, Et c’est tout ça qui fait qu’elle a si peur ! r efr a in Paroles, musique et interprète : Sylvain Lelièvre

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Nippones friponnes # 3 Acrylique sur toile (2005) 51 x 61 cm Collection privĂŠe

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Le blues de la bêtise humaine

Mes p’tits enfants, on va l’ pogner ben tranquillement c’te p’tit blues là C’est le blues de l’imbécillité humaine Le blues de la bêtise humaine Que tous connaissent pour avoir vécu Et vivent encore constamment Chers amis, chers électeurs Si je vous ai réunis ici ce soir C’est pour vous parler d’un sujet Qui me tient à cœur, le blues C’est l’ blues de la bêtise humaine Vaut mieux en rire que de brailler C’est l’ blues de la bêtise humaine Qu’on trouvera jamais l’ temps d’ changer La révolution révolue Tout le monde se r’met à s’ pogner l’ cul Y a rien qu’une chose qui compte s’ a terre C’est l’humour rouge, jaune, blanc pis noir Y a rien qu’une chose qui compte s’ a terre C’est l’amour, l’argent pis la gloire... le pouvoir Faut apprendre à rire de soi-même Même si ça règle pas nos problèmes

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C’est l’ blues de la bêtise humaine Vaut mieux en rire que de brailler C’est l’ blues de la bêtise humaine Qu’on trouvera jamais l’ temps d’ changer Le popa, la moman, le bébé Le popa, la moman, le bébé, le chien La maison, la maison Une grosse maison Une p’tite maison Une cabane à chien Maison Et pis sa tondeuse à gazon Paroles, musique et interprète : Plume

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Quelle belle vie

Je vis, je dévie J’avance, je devance M’efface et me cache Je chante et on danse Me maquille, me démasque Un rêve m’envahit Quelle belle vie

J’arrive, on m’attend Je pars, j’ suis méchant Je pleure, on me doute Je chante, on m’écoute J’écoute et je doute Et ce rêve m’envahit Quelle belle vie

Quand on y pense Quand on la suit Quelle belle vie Quand on s’élance Et qu’on la saisit Quelle belle vie

Quand on y pense Quand on la suit Quelle belle vie Quand on s’élance Et qu’on la saisit Quelle belle vie

Je prends et je donne Je dis et je nie J’accepte puis j’oublie Je chante et on rit Je chasse l’ennui Un rêve m’envahit Quelle belle vie

Quand on y pense Quand on la suit Quelle belle vie Quand on s’élance Et qu’on la saisit Quelle belle vie...

Quand on y pense Quand on la suit Quelle belle vie Quand on s’élance Et qu’on la saisit Quelle belle vie Quelle belle vie

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Paroles et musique : Gilles Rivard et Pierre Légaré Interprète : Gilles Rivard


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Mes blues passent pus dans’ porte

Tout seul chez nous avec moi-même Tassé dans le coin par mes problèmes J’ai besoin d’ quelque chose d’immoral De quelque chose d’illégal pour survivre J’ devrais appeler chez drogue-secours On sait jamais p’t-être ben qu’y livrent Je l’ sais faudrait ben que je sorte Oui mais mes blues passent pus dans’ porte Le frigidaire fait ben du bruit C’est parce qu’y est vide pis moé aussi Le téléphone c’est tout l’ contraire J’ voudrais qu’y sonne lui y veut s’ taire Que l’ diable m’emporte s’y veut à soir Ça serait plus l’ fun d’être en enfer qu’icitte Je l’ sais faudrait ben que je sorte Oui mais mes blues passent pus dans’ porte Chu sûr qu’y ont ben du fun dehors C’est plein d’ belles filles et de boisson d’in bars J’aurais juste à me l’ver puis à tourner la maudite poignée Mais chu chez nous pogné ben dur J’ tourne en rond puis j’ compte les murs J’use mes jointures dans un coin sombre À faire d’ la boxe avec mon ombre Au bout d’un round c’est moi qui perds J’ai mal choisi mon adversaire Je l’ sais faudrait ben que je sorte Oui mais mes blues passent pus dans’ porte Paroles : Pierre Huet • Musique : Gerry Boulet et Breen LeBoeuf Interprète : Offenbach

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19 7 8

La saisie

Ne touchez pas à mon piano C’est tout c’ que j’ai à me mettre sur le dos Ne touchez pas à mon piano Car c’est ma voix, car c’est ma peau Prenez tout ce qu’il vous faut Le reste est de trop Mais ne touchez pas à mon piano Ne touchez pas à mes amours C’est tout c’ que j’ai c’est mon aller-retour Ne touchez pas à mes amours Car c’est ma nuit, car c’est mes jours Prenez tout et pour toujours Le reste est dans la cour Mais ne touchez pas à mes amours Ne touchez pas à mes trente ans C’est tout c’ que j’ai à me mettre sous la dent Ne touchez pas à mes trente ans Car c’est ma vie, car c’est mon vent Prenez tout au plus sacrant Le reste est en dedans Mais ne touchez pas à mes trente ans Paroles  et interprète : Louise Forestier Musique : François Dompierre

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19 7 8

Lettre de Toronto

Salut Sylvain, comment ça va vieux frère ? Tu m’excuseras si j’ai pas trouvé le temps De t’écrire avant mais y se passe trop d’affaires Pis Toronto c’est pas la rue Saint-Jean Ça fait six mois que je fais partie d’un groupe Je joue des claviers, pis c’est plus que trippant Faut dire qu’icitte, la musique est au boutte Plus rien à voir avec nos shows d’avant Prends pas ça mal, j’aime encore tes poèmes Mais c’est fini le trip des boîtes à chansons Faut penser gros pour détruire le système Pis les Anglais, y a rien à faire, ils l’ont Si tu voyais le stock qu’on déménage Juste pour te dire, ça nous prend deux camions Plus rien qui manque quand on part en voyage Pis pus jamais de maudit problème de son Je t’envoie les mots d’une toune que je viens d’écrire C’est pas de ma faute, chus meilleur en anglais Mais si des fois, tu pouvais me la traduire Ben entendu, c’est moi qui la chanterais

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On vient de signer cinq ans chez CBS Y nous ont dit que tout ce qui nous manquait C’est une toune française pour le marché de l’Est Sont forts à CHOM, t’inquiète pas du succès Le mois prochain, on part pour Los Angeles Vu que notre gérant est en Californie On a compris qui ce qui tire les ficelles Et si des soirs je m’ennuie de mes amis Mon seul pays maintenant c’est la musique Pis la musique, c’est les États-Unis Viens faire un tour avant d’être folklorique Tu verras bien si c’est vrai ce que je te dis Paroles, musique et interprète : Sylvain Lelièvre

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Le blues du businessman

J’ai du succès dans mes affaires J’ai du succès dans mes amours Je change souvent de secrétaire J’ai mon bureau en haut d’une tour D’où je vois la ville à l’envers D’où je contrôle mon univers J’ passe la moitié d’ ma vie en l’air Entre New York et Singapour Je voyage toujours en première J’ai ma résidence secondaire Dans tous les Hilton de la terre J’ peux pas supporter la misère... — Au moins es-tu heureux ? J’ suis pas heureux mais j’en ai l’air J’ai perdu le sens de l’humour Depuis que j’ai le sens des affaires J’ai réussi et j’en suis fier Au fond je n’ai qu’un seul regret J’ fais pas c’ que j’aurais voulu faire... — Qu’est-ce que tu veux mon vieux ! Dans la vie on fait ce qu’on peut Pas ce qu’on veut...

J’aurais voulu être un artiste Pour pouvoir faire mon numéro Quand l’avion se pose sur la piste À Rotterdam ou à Rio J’aurais voulu être un chanteur Pour pouvoir crier qui je suis J’aurais voulu être un auteur Pour pouvoir inventer ma vie (bis) J’aurais voulu être un acteur Pour tous les jours changer de peau Et pour pouvoir me trouver beau Sur un grand écran en couleur (bis) J’aurais voulu être un artiste Pour avoir le monde à refaire Pour pouvoir être un anarchiste Et vivre comme un millionnaire (bis) J’aurais voulu être un artiste Pour pouvoir dire pourquoi j’existe Paroles : Luc Plamondon Musique : Michel Berger Interprète : Claude Dubois

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Les pauvres

Les pauvres ont pas d’argent Les pauvres sont malades tout l’ temps Les pauvres savent pas s’organiser Sont toujours cassés Les pauvres vont pas voir de shows Les pauvres sont ben qu’ trop nonos En plus, les pauvres, y ont pas d’argent À mettre là-d’dans Les pauvres sont su’ l’ bien-être Les pauvres r’gardent par la f’nêtre Les pauvres, y ont pas d’eau chaude Checkent les pompiers qui rôdent Les pauvres savent pas quoi faire Pour s’ sortir d’ la misère Y voudraient ben qu’un jour Qu’un jour, enfin, ce soit leur tour Les pauvres gens ont du vieux linge sale Les pauvres, ça s’habille ben mal Les pauvres se font toujours avoir Sont donc pas d’affaires ! Les pauvres s’achètent jamais rien Les pauvres ont toujours un chien Les pauvres se font prendre à voler Y s’ font arrêter Les pauvres, c’est d’ la vermine Du trouble pis d’ la famine Les pauvres, ça couche dehors Les pauvres, ça l’a pas d’ char Ça boé de la robine pis ça r’garde les vitrines Pis quand ça va trop mal Ça s’ tape sa photo dans l’ journal... 13 8


Les pauvres, ça mendie tout l’ temps Les pauvres, c’est ben achalant Si leur vie est si malaisée Qu’y fassent pas d’ bébé ! Les pauvres ont des grosses familles Les pauvres s’ promènent en béquilles Y sont tous pauvres de père en fils C’t une manière de vice... Les pauvres sortent dans la rue C’est pour tomber su’ l’ cul Y r’çoivent des briques s’ a tête Pour eux, le temps s’arrête Les pauvres ça mange le pain Qu’ les autres jettent dans l’ chemin Les pauvres, c’ comme les oiseaux C’est fait pour vivre dans les pays chauds Icitte, l’hiver, les pauvres gèlent Sont maigres comme des manches de pelles Leur maison est pas isolée Pis l’ gaz est coupé Les pauvres prennent jamais d’ vacances Les pauvres, y ont pas ben d’ la chance Les pauvres, y restent toujours chez eux C’est pas des sorteux Les pauvres aiment la chicane Y vivent dans des cabanes Les pauvres vont pas à l’école Les pauvres, c’ pas des grosses bolles Ça mange des s’melles de bottes Avec du beurre de pinottes Y sentent la pauvreté C’en est une vraie calamité Les pauvres... ... mais y ont tous la t.v. couleur Paroles, musique et interprète : Plume 139


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Ayoye

Ayoye tu m’ fais mal À mon cœur d’animal L’immigré de l’intérieur Tu m’ provoques des douleurs Tu m’ fais mal au cœur Nous ne sommes pas pareils Et pis pourtant on s’émerveille Au même printemps À la même lune Aux mêmes coutumes Nous retournerons ensemble Comme cendres Au même soleil Si le vent frappe à ma porte Pour m’annoncer le réveillon Je partirai comme marmotte Au soleil à ses premiers rayons Parmi les roseaux Cueillir l’oiseau du paradis À goût de grelots À son de whisky Chanter la toune Comme papillon qui tourne Ayoye, tu m’ fais mal À mon cœur d’animal Paroles : André Saint-Denis Musique : Gerry Boulet Interprète : Offenbach

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L’escalier

Juste avant d’ fermer la porte J’ me d’mandais c’ que j’oubliais J’ai touché à toutes mes poches Pour comprendre que c’ qui m’ manquait C’était ni ma guitare Ni un quelconque médicament Pour soulager quelque souffrance Ou pour faire passer le temps Pis tout au long de l’escalier Que j’ai descendu lentement Parce que sans raison j’aurais r’monté Parce que sans raison j’allais devant J’étais tout à l’envers Parce que c’ qui manquait c’tait par en dedans J’ me sentais seul comme une rivière Abandonnée par des enfants Et pis le temps prenait son temps Prenait le mien sur son chemin Sans s’arrêter, sans m’oublier Sans oublier de m’essouffler Y a pas longtemps j’étais petit Me voilà jeune et plutôt grand Assez pour voir que l’on vieillit Même en amour, même au printemps Alors voilà je me décris Dans une drôle de position Les yeux pochés et le bedon La bière sera pas la solution J’aimerais plutôt que cette chanson Puisque c’est de ma vie qu’il est question Finisse un soir dans ma maison Sur un bel air d’accordéon

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Pis les enfants c’est pas vraiment vraiment méchant Ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler Au fond, ça peut faire tout c’ qu’on leur apprend Mais une belle fin à cette chanson M’impose de dire c’ que j’aurais dit Si j’avais pas changé d’avis Sur le pourquoi de mes ennuis Ben oui, j’allais pour me sauver Vous dire comment faut être indépendant Des sentiments de ceux qu’on aime Pour sauver l’ monde de ses problèmes Qu’y fallait surtout pas pleurer Qu’à l’autre chanson j’ m’étais trompé Comme si l’amour pouvait m’empêcher D’ donner mon temps aux pauvres gens Mais les héros c’est pas gratis Ça s’ trompe jamais, c’t indépendant La gloire paye pour les sacrifices Le pouvoir soulage leurs tourments Ben oui, c’est vous qui auriez pleuré Avec c’ que j’aurais composé C’est une manière de s’ faire aimer Quand ceux qu’on aime veulent pas marcher J’ les ai boudés, y ont pas mordu J’ les ai quittés, y ont pas bougé J’ me suis fait peur, j’ me suis tordu Quand j’ai compris ben chus r’venu Quand j’ai compris que j’ faisais Un très très grand détour Pour aboutir seul dans un escalier J’ vous apprends rien quand j’ dis Qu’on est rien sans amour Pour aider l’ monde faut savoir être aimé Paroles, musique et interprète : Paul Piché 143


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Doris

C’était une fi lle qui venait de Val d’Or Elle n’avait jamais vu la grande ville Poussée par un grand vent du nord Elle s’est retrouvée un dimanche, dans l’après-midi, Dans un bar-salon de la rue Jean-Talon En train de passer une audition. Assise sur le juke-box, Doris raconte sa tendre enfance : « Maman jouait du violon, papa de l’accordéon, Pis moi je tapions sur les chaudrons ; Je suis prête à tout, je suis prête à chanter debout Donnez-moi un micro, quinze minutes de show Pis je revire la place à l’envers. » « J’ai ben des choses à dire J’ai ben des routes à courir Faut que je chante ou ben je m’en vas mourir Pour vivre j’ai besoin de faire danser les tables Autant qu’y en a dans le club Pis tu sais que je suis capable. » Ça fait quelques mois de ça, Je l’ai revue dans le coin de Rouyn ; Elle, a chantait dans une noce, Moi, je jouais dans un orchestre ; Elle m’a demandé : « C’est-y mieux de chanter pour vivre Ou ben de vivre pour chanter ? » Moi je suis rendu que je le sais pus Ce que c’est que d’avoir un but.

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Je me promène de bar en grill On dirait que j’ai perdu le thrill. Sur un vieux piano aux dents cariées Doris s’est remise à courailler : Plessisville, Marieville, La Pocatière à soir, Les Escoumins demain matin : « Du moment que je chante, Je suis comme une étoile fi lante, Y a pus rien pour m’arrêter, Faut que je passe à travers de moi. » « J’ai ben des choses à dire J’ai ben des routes à courir Faut que je chante ou ben je m’en vas mourir Pour vivre j’ai besoin de faire danser les tables Autant qu’y en a dans le club Pis tu sais que je suis capable... » Paroles, musique et interprète : Stephen Faulkner

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Si j’étais un homme

Moi si j’étais un homme, je serais capitaine D’un bateau vert et blanc D’une élégance rare et plus fort que l’ébène Pour les trop mauvais temps. Je t’emmènerais en voyage Voir les plus beaux pays du monde Te ferais l’amour sur la plage En savourant chaque seconde Où mon corps engourdi s’enflamme Jusqu’à s’endormir dans tes bras, Mais je suis femme et quand on est femme On ne dit pas ces choses-là. Je t’offrirais de beaux bijoux Des fleurs pour ton appartement Des parfums à te rendre fou Et juste à côté de Milan Dans une ville qu’on appelle Bergame Je te ferais construire une villa, Mais je suis femme et quand on est femme On n’achète pas ces choses-là. Il faut dire que les temps ont changé De nos jours, c’est chacun pour soi Ces histoires d’amour démodées N’arrivent qu’au cinéma On devient économe. C’est dommage moi j’aurais bien aimé Un peu plus d’humour et de tendresse ; Si les hommes n’étaient pas si pressés De prendre maîtresse Ah ! si j’étais un homme ! 146


Je t’appellerais tous les jours Rien que pour entendre ta voix Je t’appellerais mon amour Insisterais pour qu’on se voie Et j’inventerais un programme À l’allure de soir d’un soir de gala Mais je suis femme et quand on est femme Ces choses-là ne se font pas. Il faut dire que les temps ont changé De nos jours, c’est chacun pour soi Ces histoires d’amour démodées N’arrivent qu’au cinéma On devient économe. C’est dommage moi j’aurais bien aimé Un peu plus d’humour et de tendresse ; Si les hommes n’étaient pas si pressés De prendre maîtresse Ah ! si j’étais un homme ! Je serais romantique. Paroles, musique et interprète : Diane Tell


The show must go on Acrylique sur toile (2004) 146 x 114 cm Collection privĂŠe


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Illégal

Illégal Tu m’ fais faire des bêtises Dans les rues d’ Montréal Quand y faut que j’ me maîtrise Tu m’ fais piquer des crises Illégal Là tu dépasses les bornes Quand tu m’ dis qu’ chus pas bonne Quand j’ sus su’ l’ bord des larmes Pis qu’y faut que j’ me farme Faut-tu que j’ te dise un secret C’est toé qui m’ fait d’ l’effet Illégal Quand tu m’ pitches en pleine face Que j’ai manqué d’audace Faut toujours que j’avale Comme si c’était normal Illégal Quand tu m’ prends par surprise En plein cœur tu m’épuises Tu m’ ronges l’épine dorsale Toé mon organe vital Faut-tu que j’ te dise un secret C’est toé qui m’ fait d’ l’effet

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Illégal Illégal Illégal Tu m’ fais faire des bêtises Dans les rues d’ Montréal Quand y faut qu’ j’ me maîtrise Tu m’ fais piquer des crises Illégal Quand y faut que j’ te cause C’est comme un’ overdose Tu m’ ronges l’épine dorsale Toé mon organe vital Faut-tu que j’ te dise un secret C’est toé qui me fait de l’effet Faut-tu vraiment que j’ te l’ dise en secret Y a rien qu’ toé pour faire d’ l’effet Illégal Paroles et interprète : Marjo (Marjolaine Morin) Musique : Donald Hince

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Prince Arthur

Du haut de mon tabouret J’ai le cœur aux aguets Je me perds de vue dans le brouillard Je me sens perdue au fond du bar Mes désirs blafards allument Leurs phares à tout hasard Dans la fumée bleutée des cendriers Vous savez moi, parfois, je bois r efr a in Prince Arthur, Prince Armand, Prince Charmant C’est un bar, un sourire, c’est pour s’offrir La chaleur et l’espoir quand vient le soir Prince Arthur, Prince Jean, Prince du Vent Ils s’en viennent, ils s’en vont Parfois c’est bon C’est ma vie en suspens L’amour en passant

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L’alcool qu’on verse, qu’on renverse Mots inutiles qu’on déverse Tu peux me faire croire ce que tu veux J’ai besoin de savoir qu’on peut être deux Phrases inachevées noyées Dans des verres de bière déserts J’ vais m’ refaire une beauté En poudre blanche Ma vie étanche à respirer r efr a in Du ventre des haut-parleurs La musique enterre la peur De se r’trouver seul, tout seul, trop seul La nuit se fait pâle, c’est le last call Les désirs perdus se cherchent Dans la rue se prostituent On f’ra semblant d’ s’aimer les yeux fermés Viens dans mon lit, juste pour une nuit r efr a in Paroles : Francine Ruel • Musique : Pierre Flynn Interprète : Louise Forestier

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Je voudrais voir la mer Je voudrais voir la mer Et ses plages d’argent Et ses falaises blanches Fières dans le vent Je voudrais voir la mer Et ses oiseaux de lune Et ses chevaux de brume Et ses poissons volants Je voudrais voir la mer Quand elle est un miroir Où passent sans se voir Des nuages de laine Et les soirs de tempête Dans la colère du ciel Entendre la baleine Appeler son amour r efr a in Je voudrais voir la mer Et danser avec elle Pour défier la mort Je voudrais voir la mer Et danser avec elle Pour défier la mort Je voudrais voir la mer Avaler un navire Son or et ses canons Pour entendre le rire De cent millions d’enfants Qui n’ont pas peur de l’eau Qui ont envie de vivre Sans tenir un drapeau Je voudrais voir la mer Ses monstres imaginaires Ses hollandais volants

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Et ses bateaux de guerre Son cimetière marin Et son lit de corail Où dorment les requins Dans des draps de satin r efr a in Je vis dans une bulle Au milieu d’une ville Parfois mon cœur est gris Et derrière la fenêtre Je sens tomber l’ennui Sur les visages blêmes Et sous les pas pesants Que traînent les passants Alors au fond de moi Se lève un vent du large Aussi fort que l’orage Aussi doux qu’un amour Et l’océan m’appelle D’une voix de velours Et dessine en mon corps Le mouvant... Le mouvant de la vague Je voudrais voir la mer Je voudrais voir la mer Je voudrais voir la mer Se gonfler de soleil Devenir un bijou Aussi gros que la terre Je voudrais voir la mer Je voudrais voir la mer Paroles : Michel Rivard Musique : Sylvie Tremblay, Marc Pérusse, Michel Rivard Interprète : Sylvie Tremblay


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Quand on est en amour

Si tu crois que l’amour t’a laissé tomber une autre fois Et tu vois que tout ton univers s’écroule autour de toi N’oublie pas vient toujours le soleil après les jours de pluie Ouvre grand ton cœur ne cherche pas ailleurs écoute ce qu’il te dit Ne laisse pas passer la chance d’être aimé Le cœur devient moins lourd Quand on est en amour Si un jour tu sens que dans ta vie plus rien ne t’appartient En bohème tu erres dans la nuit apaisant ton chagrin Souviens-toi qu’il y a toujours quelqu’un qui n’attend que ta main Ouvre grand ton cœur ne cherche pas ailleurs écoute ce qu’il te dit Ne laisse pas passer la chance d’être aimé Le cœur devient moins lourd Quand on est en amour Mais la vie parfois nous fait l’esclave de nos souvenirs Entre nous qu’importe le passé il y a l’avenir C’est pourquoi tu te dois de remettre l’amour dans ton lit Ouvre grand ton cœur ne cherche pas ailleurs écoute ce qu’il te dit Ne laisse pas passer la chance d’être aimé Le cœur devient moins lourd Quand on est en amour Ne laisse pas passer la chance d’être aimé Le cœur devient moins lourd Quand on est en amour Ne laisse pas passer la chance d’être aimé Le cœur devient moins lourd Quand on est en amour Paroles : Robert Laurin • Musique : Patrick Norman et Robert Laurin Interprète : Patrick Norman 156


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Repartir à zéro

Imaginer la terre comme un jardin d’éden Horizon sans frontières russes ou américaines Où personne ne s’amuse à jouer à la roulette À qui sera le premier à faire sauter la planète. Revenir en arrière à des temps primitifs Retrouver l’eau et l’air est-ce un rêve naïf ? Avant Adam et Ève, le serpent et la pomme S’inventer un pays qui n’appartient à personne. Repartir à zéro Repartir à zéro oh, oh. S’en aller hors-la-loi droit vers un nouveau monde Ne plus vivre aux abois quand la menace gronde Quand le moindre building ressemble à un bunker Ne plus courber l’échine avancer sans avoir peur. Imaginer la terre comme un jardin d’éden À des années-lumière et ta main dans la mienne Aller au bout du rêve ne serait-ce qu’un instant Mais faire durer la trêve et voir se lever le vent. Repartir à zéro Repartir à zéro Repartir à zéro Repartir à zéro. Paroles : Danièle Faubert • Musique : Germain Gauthier Interprète : Joe Bocan

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Le cœur est un oiseau Par-delà les frontières Les prairies et la mer Dans les grandes noirceurs Sous le feu des chasseurs Dans les mains de la mort Il s’envole encore Plus haut, plus haut Le cœur est un oiseau Dans les yeux des miradors Dans les rues de nulle part Au milieu des déserts De froid de faim et de fer Contre la tyrannie il refait son nid Plus chaud, plus chaud Le cœur est un oiseau Ce n’était qu’un orage Ce n’était qu’une cage Tu reprendras ta course Tu iras à la source Tu boiras tout le ciel Ouvre tes ailes Liberté, liberté Liberté Oh, liberté Paroles : Michel X. Côté et Richard Desjardins Musique et interprète : Richard Desjardins

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Journée d’Amérique

Y fait froid, y est cassé Sans diplôme, sans papier Accoté le long d’un mur Y cherche un peu d’azur Dans la foule y s’ faufile Ou bien y fait la file Y a des rêves qui brûlent Au fond de sa poitrine Journée d’Amérique Journée d’Amérique Journée de silence Journée d’impatience Journée sans travail Journée de cobaye Journée de soupir Journée de désir Le vent qui mord Quinze ans d’effort De mauvais sang Besoin d’argent Un billet de loterie Le million du samedi Y a déjà tout prévu Y aura même du surplus Pour les proches, les parents Des douceurs, du bon temps Une retraite au soleil Terminus... y s’ réveille

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Y a des rêves qui brûlent Au fond de sa poitrine Quand y s’ennuie Quand y s’enfuit Le vent du nord Y est déjà tard Y fait c’ qu’y peut Y fait d’ son mieux Travail au noir Un peu d’espoir Les hauts, les bas D’ l’anonymat Vingt-quatre heures de combat Paroles : Marc Chabot et Richard Séguin Musique et interprète : Richard Séguin

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Ange Animal

Ange Animal, Ange Amical Tu me désoles, tu me consoles Est-ce que tu sais que tu me rends fou Avec ta croix, avec tes clous Mais oui je sais, tu m’as sauvé Et puis t’es mort abandonné Ange Animal, moi je m’affole Devant tes pleurs, tes paraboles Quand je suis cloué sur la misère Comme sur le pire des calvaires J’ai comme le goût de te maudire Mais je continue à te mentir À te mentir jusqu’au beau temps Jusqu’au beau temps des fleurs nouvelles Jusqu’à l’éclair des nouveau-nés Jusqu’au soleil ensoleillé Moi j’admirais quand j’étais petit Ange Animal, ange mon ami Est-ce ta faute, est-ce la mienne Dans le bras de la côte, si tout se déchaîne Ange Animal, Ange Amical Je pense à toi quand ça va mal Tu me pognes le cœur quand je suis couché Ange Animal, vas-tu me lâcher Ange Animal, frère d’hôpital Pourrais-tu me dire qu’est-ce qu’il faut faire Après qu’on a plongé ses nerfs De corps mortel en drame d’âmes

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Comment comment ne pas te dire Que des soldats de mon espèce Y en a à l’est, y en a à l’ouest Qui veulent aimer avant de mourir Est-ce possible d’avoir la paix Quand ces guerres sales qu’on ne fait pas On les voit toutes à la télé Comme si on était en train de se tuer Tous ces bulletins de mauvaises nouvelles Crachent un bilan tellement cruel Après les mots, les chiffres tombent Comme de la terre sur nos tombes J’espère qu’ailleurs on nous pardonne On est si seuls contre la nuit Qui noie nos vies de carnaval Dans une mer de temps fatal C’est avec toi que je marche encore Du Sud au Nord jusqu’à l’aurore T’es ma boussole, t’es ma survie Ange Animal, ange mon ami Ange Animal, ange mon ami Paroles : Gilbert Langevin Musique et interprète : Dan Bigras

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Je me tutoie

Je me tutoie depuis déjà longtemps Je me serre, je me sors Je me berce, je me borde Et je m’endors Fatigué de moi je rêve à toi Je te majuscule Je te point d’exclame Je te vouvoie Mais lorsque je nous trait d’union Ça me réveille Or je me minuscule J’ me rendors Point. Paroles, musique et interprète : Jim Corcoran

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Si fragile

On n’ choisit pas toujours la route Ni même le moment du départ On n’efface pas toujours le doute, La vieille peur d’être en retard Et la vie est si fragile... On n’ choisit jamais de vieillir On voudrait rêver un peu plus La vie n’est pas faite pour mourir On meurt souvent bien entendu Car la vie est si fragile... On n’atteint pas toujours le but Qu’on s’était fixé autrefois On n’ reçoit pas souvent son dû La justice choisit où elle va Et la vie est si fragile... On est seulement ce que l’on peut On est rarement ce que l’on croit Et sitôt on se pense un dieu Sitôt on reçoit une croix Et la vie est si fragile... Car le temps est là Toujours là Seule justice ici-bas On est si fragile... On marche sur l’or ou sur l’argile Dépend de ce qu’on a reçu On reste tout aussi fragile Pourquoi donc se marcher dessus ? Car la vie est si fragile... Paroles et interprète : Luc De Larochellière Musique : Luc De Larochellière et Marc Pérusse 16 5


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Tu m’aimes-tu

Ton dos parfait comme un désert Quand la tempête a passé sur nos corps Un grain d’ beauté où j’ m’en vas boire Moi j’ reste là les yeux rouverts Sur un mystère pendant que toi, tu dors Comme un trésor au fond d’ la mer J’ suis comme un scaphandre Au milieu du désert Qui voudrait comprendre Avant d’ manquer d’air Y est midi moins quart Et la femme de ménage Est dans l’ corridor Pour briser les mirages T’es tell’ment tell’ment tell’ment belle Un cadeau d’ la mort Un envoi du ciel J’en crois pas mon corps Pour moi t’es une prisonnière En permission qu’importe le partenaire J’ dois être le vrai portrait d’ ton père Une dare-devil Néfertiti Des sensations c’-tu ta philosophie D’aller coucher avec un homme t’haïs Pour moi t’as dit à ta chum « Check le gars ’ec des lunettes M’as t’ gager un rhum Que j’y fixe le squelette »

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Y est midi moins cinq Et la femme de ménage Est là pis a fait rien qu’ Compter les naufrages T’es telle’ment tell’ment tell’ment belle Un paquebot géant Dans’ chambre à coucher Je suis l’océan Qui veut toucher ton pied J’ pense que je l’ai j’ t’ai sauvé ’a vie Dans queuqu’ pays dans une vie antérieure La fois j’ t’ai dit « Va pas à Pompéi ! » C’est quoi d’abord ? Si c’est pas ça C’t à cause d’un gars qui t’a tordu l’ cœur J’ t’ arrivé drett’ avant qu’ tu meures ! C’ pas pour mon argent Ni pour ma beauté Ni pour mon talent Tu voulais-tu m’ tuer ? Y est midi tapant Et la femme de ménage A cogne en hurlant : « J’ veux changer de personnage ! » T’es telle’ment tell’ment tell’ment belle J’ vas bénir la rue J’ vas brûler l’hôtel Coudon... Tu m’aimes-tu ? Tu m’aimes-tu ? Paroles, musique et interprète : Richard Desjardins 167


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... et j’ai couché dans mon char

J’ai roulé 400 milles Sous un ciel fâché. Aux limites de la ville Mon cœur a clenché.

J’entends la fonderie qui rush ; Pour ceux qui l’ savent pas On y brûle la roche Et des tonnes de bons gars.

Les gros flashes apparaissent Dans mon âme égarée, Les fantômes se dressent À chaque pouce carré.

Les grandes cheminées Éternelles comme l’enfer ; Quand le gaz m’a pogné Chu v’nu tout à l’envers.

Revenir d’exil Comporte des risques Comme rentrer une aiguille Dans un vieux disque.

Entendez-vous la rumeur, La loi de la compagnie ? « Il faudra que tu meures Si tu veux viv’ mon ami »

Y a eu ben du progrès, Ben d’ l’asphalte, ainsi d’ suite ; J’ me demande qui j’ serais Si j’étais resté icitte.

J’ai poussé mon p’tit change Dans l’ trou du téléphone ; Sentiment étrange Je r’joins pus personne.

Une peine imbuvable À qui la faute ? J’étais juss’ pus capab’ D’ la voir avec un autre.

« Time flies » que j’ me dis, M’en vas faire de mon best. J’ai marché dans la nuit En cherchant un orchestre.

Mais c’est tout oublié, Chu r’dev’nu un homme ; Le ti-cœur pomponné S’en vient voir ses vieux chums.

J’ prends ma chambre à’ Capri J’aboutis dans la même ; Mêmes brûlures su’ l’ tapis, Même vue sur la « Main ».

Salut les apaches, Salut les crottés. Vous me trouvez le stash Moi je paie le party.

Comment dormir dans un lit Où t’as baisé des anges ? Je sens monter la folie : Je descends dans le lounge.

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Dans la flamme d’un briquet Un visage intrigant ; C’te gars-là je l’ connais, Bonyeu, mais c’est Satan !

À c’t’ heure chu quas’ment tout seul À fournir à’ Plaza Que c’est qu’ le monde veulent Qu’est-ce que la loi veut pas.

Long time no see Y fait pas chaud là, mets-en. J’ai passé proche l’embrasser À force que j’étais content.

A peut v’nir me chercher Pour m’ passer les menottes ; Quarante ans d’ liberté De nos jours, c’t une bonne cut.

Y m’a dit « La gang est splittée, C’était rien qu’une époque. Sa valeur est tombée Comme le prix de la coppe.

Y a personne qui m’encule J’ai gardé mes bons nerfs ; Comment ça vaut, ça... calcule ! Chu déjà millionnaire.

Y s’ sont tout’ fait’ buster L’un après l’autre ; À la fin y est resté Moi, mon ombre pis son coat.

Côté cœur, ben content ; Y a du monde su’ la ligne. Quand les chums sont en-d’dans Moi, j’ m’occupe des darlings.

Les aut’ ont farmé leu’ yeules, Y déclarent à l’impôt. Nouvelle clientèle Et musique de robot.

Tu t’ rappelles, ton gros kick, La belle Rose-Aimée ? M’as t’en pousser une comique : Moi pis elle, c’est steady. » (Quand y m’a dit ça...)

Quand les downs de tes highs Te défoncent l’intérieur, Tu t’engages comme bétail : Pas d’ malheur, pas d’ bonheur. Y ont vendu l’amour bandé Pour de la tendresse. Ils se sont enfermés Dans la chambre de commerce.

C’est rentré comme un clou, Un couteau dans’ patate. La suture a t’nu l’ coup : Well, let’s drink to that ! Le jour s’est l’vé sur Rouyn ’Ec des gros rayons d’or. J’ai jasé ’ec mon instinct... Et j’ai couché dans mon char. Paroles, musique et interprète : Richard Desjardins

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1990

Mesdames et messieurs attention Je vais vous faire une chanson Le sujet en est ambitieux De mon image je suis soucieux En 1990 C’est l’heure des communications Depuis le début de ce siècle Nous avons vu l’apparition Du moteur Ford à explosion Puis de l’avion à réaction Mais de toutes les inventions C’est sans doute la bombe à neutrons Qui nous laissa le plus babas Au cours du célèbre Hiroshima Mais 1990 devrait nous laisser tous pantois Devrait nous laisser tous gagas Il y a des missiles patriotes Dirigés par ordinateur Sony, Fuji et Macintosh Se culbutent dans les airs le rush La guerre technologique fait rage C’est un super méga carnage Attention voilà les avions Qui tirent C’est l’heure de l’émission En 1990 c’est l’heure de la médiatisation En 1990 c’est l’ère de la conscientisation

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Finis les temps maudits du sport Du jogging et de la cigarette La preuve en est nos beaux soldats Américains qui sont là-bas Bronzés à la vitamine D Nourris aux fibres équilibrées Les morts qui seront faits là-bas Seront en bonne santé je crois Les impôts du contribuable N’ont pas été payés en vain La preuve en est il est possible De ne jamais rater sa cible Si on connaît le vidéo Bientôt disponible bientôt Koweit, Irak en Nintendo En 1990 c’est l’ère de la socialisation En 1990 c’est la démocratisation J’en étais à ces réflexions Quand tout à coup je me sens con Assis par terre dans le salon Je ne fous rien je suis un con Heureusement que ma copine A soudain l’idée de génie De me toucher le porte-avions Vite fait je lui sors mon canon Ça va chauffer oui mon amour Je pointe mon radar à ions En plein dans ta sortie de secours Je vais larguer mes bombes attention En 1990 j’ai mis ma participation En 1990 j’étais dans la coalition En 1990 (bis) Hier soir DJ a sauvé mon âme avec cette chanson (bis) Paroles et interprète : Jean Leloup • Musique : James DiSalvio, Alex Cochard, Yves Desrosiers, François Lalonde, Gilles Brisebois 17 3


Série « Les mécanes » Acrylique sur toile (2005) 51 x 41 cm Collection privée


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Les bras de Satan

C’est vrai qu’ils la regardent mais jamais dans les yeux Ces garçons qui se targuent de paraître plus vieux C’est vrai qu’elle rend jalouses toutes les beautés du ciel Moi j’ai jamais les blues quand moi je marche avec elle Quand moi je marche avec elle C’est vrai qu’ils la désirent mais jamais pour l’amour Ces hommes qui aspirent à paraître moins lourds C’est vrai qu’elle fait sourire les enfants des ruelles Moi je n’ai rien à dire quand moi je marche avec elle Quand moi je marche avec elle Quand moi je marche avec elle Et même si elle danse dans les bras de Satan Je l’attends Même si elle dort sur les draps de l’aurore Je l’adore Et même si elle repeint la nuit tout de blanc comme neige Je connais son manège Et moi je cours dans ses rêves d’amour troubadour Car moi je rentre avec elle, Car moi je rentre avec elle

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C’est vrai qu’ils la connaissent mais jamais pour de bon Ces garçons qui s’affaissent devant leur télévision C’est vrai qu’elle n’a pas peur que quelqu’un l’ensorcelle Si elle trouble les cœurs moi je rentre avec elle Oui moi je rentre avec elle Oui moi je rentre avec elle Au milieu du silence, je l’entends répéter Que le jour est souffrance quand s’éloigne l’été Au milieu des regrets je l’entends qui avoue Que ces sourires n’étaient que portraits pour les fous Et même si elle danse dans les bras de Satan Je l’attends Même si elle dort sur les draps de l’aurore Je l’adore Et même si elle repeint la nuit tout de blanc comme neige Je connais son manège Et moi je cours dans ses rêves d’amour troubadour Car moi je vis avec elle Car moi je vis avec elle Car moi je vis avec elle Paroles, musique et interprète : Nelson Minville

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Je chanterai pour elles

Quand elles ne seront plus Au jardin des lilas Les dames aux cheveux blancs Quand elles ne seront plus Marguerite et pivoines Alors je pleurerai Et mes larmes auront La douceur des baisers Qu’enfant elles me donnèrent La douceur des baisers Car elles ne voudraient pas Le chagrin que j’aurai Et je danserai pour elles Et je danserai pour elles Et je chanterai quand même À mon tour quand j’aurai La douceur de l’été Pour unique caresse À mon tour quand la rose Et l’épine envolées Me feront plus légère Alors pour un baiser Souvenir adoré Ferai une prière En guise de baiser Souvenir adoré

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Et je chanterai pour elles Et je danserai pour elles Et je chanterai quand même Plus tard quand tu viendras Au jardin des lilas Pour une ancienne belle Porter dans un baiser Ta jeunesse en rosée Sur son épaule tiède Alors que ce baiser De neige et de rosée Soit doux comme hydromel Alors que ce baiser De neige et de rosée Et tu danseras comme elles Et tu chanteras comme elles Et tu danseras pour moi Et tu chanteras ... Pour moi Paroles, musique et interprète : Sylvie Tremblay

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Sèche tes pleurs

J’ai jamais vu une fille Pleurer autant pour un garçon Jamais vu l’amour Créer de la haine de cette façon Ses chagrins le jour Vont finir dans ceux de la nuit Faut la voir marcher d’un pas lourd Comme si chaque pied pesait sur lui Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs Y a quinze jours est parti Celui qu’elle voulait pour longtemps Est parti celui Dont elle souhaite la mort maintenant Qu’il crève, mieux, qu’il souffre Qu’une fille le largue par-dessus bord Que dans ses larmes comme moi s’étouffe Que l’ sud d’ la fille lui fasse du nord Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs À qui veut bien l’entendre Elle en dit du mal autant qu’elle peut Le con le chien l’ salaud Pas d’ gentillesse pas d’ souvenir tendre Et pleure et pleure encore Qu’avec toutes les larmes qui tombent J’ai pensé calmer mes remords Et fournir en eau le tiers-monde

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Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs Qui j’ vois c’t après-midi Son pauvre diable tout aviné « Je l’aime et j’ m’ennuie » Pourquoi tu vas pas la r’trouver Et je m’ disais tout bas Vas-y elle se meurt de te revoir Cours-y me rendre service à moi Boucher l’affluent d’ la mer Noire Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs J’ t’en prie sèche tes pleurs Sèche tes pleurs, sèche tes pleurs Sèche tes pleurs ma sœur Sèche tes pleurs ma sœur Paroles, musique et interprète : Daniel Bélanger

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Une femme qui a du chien Encre et acrylique sur papier (1999) 46 x 35,5 cm Collection privĂŠe


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La rue principale

Dans ma p’tite ville on était juste quatre mille Pis la rue principale a s’appelait St-Cyrille La coop, le gaz bar, la caisse pop, le croque-mort Et le magasin général Quand j’y retourne ça m’ fait assez mal Y est tombé une bombe su’ a rue principale Depuis qu’y ont construit le centre d’achat L’aut’ jour j’ai amené ma bien-aimée Pour y montrer où c’est que j’étais né Aussitôt arrivé me v’la en beau joualvert Ça avait l’air de Val-Jalbert Quand j’y r’tourne ça m’ fait assez mal Y est tombé une bombe su’ a rue principale Depuis qu’y ont construit le centre d’achat Une bonne journée j’ vas y retourner Avec mon bulldozer Pis l’ centre d’achat y va passer Un mauvais quart d’heure Avant la v’nue du centre d’achat Sur la grande rue c’était plus vivant qu’ ça Des ti-culs en bicycle, des cousines en visite C’tait noir de monde comme en Afrique Quand j’y r’tourne c’est pathétique Ça va donc bien mal su’ a rue principale Depuis qu’y ont construit le McDonald Une bonne journée j’ vas y retourner Avec mon bulldozer Pis l’ centre d’achat y va passer Un mauvais quart d’heure

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Dans ma p’tite ville y sont pus rien qu’ trois mille Pis la rue principale est devenue ben tranquille L’épicerie est partie, le cinéma aussi Et le motel est démoli Quand j’y r’tourne ça m’ fait assez mal Y est tombé une bombe su’ a rue principale Depuis qu’y ont construit le centre d’achat Une bonne journée j’ vas y retourner Avec mon bulldozer Pis l’ centre d’achat y va passer Un mauvais quart d’heure Dans ma p’tite ville on était juste quatre mille Pis la rue principale a s’appelait St-Cyrille La coop, le gaz bar, la caisse pop, le croque-mort Et le magasin général Quand j’y retourne ça m’ fait assez mal Y est tombé une bombe su’ a rue principale Depuis qu’y ont construit le centre d’achat Le centre d’achat, le centre d’achat, Le centre d’achat... Paroles et musique : André Fortin Interprète : Les Colocs

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Chant de la douleur

Qui te soignera qui te guérira Ta cassure est grande comme la mer Ils claquent des paumes contre toi Ils t’ont volé ton intégrité Ils fendent leur bouche contre toi Qui te soignera qui te guérira Ta blessure est large comme le ciel Ils brisent chacun de tes enfants Ils ont passé ton fils à l’épée Ils tuent tous ceux que tu as choyés Qui te soignera qui te guérira Ta brisure est grosse comme la terre Ils cassent chacune de tes forteresses Ils ont détruit tous ceux qui t’aimaient Ils brisent le reste de ta vie Qui te soignera qui te guérira Tu souffres d’une peine de corps Ils mettent tes amours en lambeaux Ils ont monté la mort contre toi Ils cassent les fibres de ta tête Qui te soignera qui te guérira Ô reine verse un torrent de pleurs Nuit et jour ne te donne nul répit Pleure à fond le chagrin qu’ils te font Ne fige pas le fond de ton œil Qui te soignera qui te guérira Qui te soignera qui te guérira Qui te soignera qui te guérira Qui te soignera qui te guérira Paroles : Denise Boucher Musique et interprète : Gerry Boulet

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La musique

Quand elle est arrivée Je n’en menais pas large Je m’enfargeais dans les nuages Je me brûlais au fer de forge J’astiquais mon revolver Quasiment mort de rire De rôtir en enfer Mort à proprement dire De vivre ma vie sur la terre J’étais un chien fini Quand elle est arrivée Je n’ voyais pas J’étais dans un piteux état C’est probablement mon fantôme Qui l’a touchée tout d’abord À moins que ce soit Sodôme et Gomorrhe Qui me brûlait les yeux Toujours est-il qu’entre 28 plaies vives Et 82 bosses la voilà qui arrive J’étais fait à l’os La musique... mon amour de musique Est-ce que tu m’aimes encore ? La musique... mon trésor Est-ce que tu m’aimes encore ? Quand elle est arrivée Elle m’a embrassé dans l’oreille Jusque sur la peau de l’âme Dieu merci la reine abeille Avait du violoncelle sur le dard

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La muse « Euterpe » m’a tiré sa flèche Là où l’amour crèche Au creux de l’harmonie Elle m’a sauvé la vie Quand elle est arrivée J’étais tout croche J’avais les yeux en dessous des poches Je me saignais pour des danseuses Je me traînais pour dix dollars Entre deux cuites et deux plumards La voilà qui arrive entre 28 plaies vives Et 82 bosses Et j’ai quitté mon boss La musique... mon amour de musique Est-ce que tu m’aimes encore ? La musique... mon beau trésor Est-ce que tu m’aimes encore ? Quand j’en ai plus que marre Que la pluie pleuve à verse Quand la folie m’agresse Lorsque j’en viens aux coups Parce que la politique Parce que la mer est sale La route électronique et le papier journal Au lieu de tomber dans l’analgésique Avant de péter la gueule aux connards J’époussette ma guitare Je la prends par la taille Et c’est sur mes genoux Que la douleur se taille

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Que les enfants s’endorment Je ne sais pas de drame Quand je joue Je ne suis plus aux femmes Je suis aux oiseaux Entre 28 plaies vives et 82 bosses Je suis fait à l’os La musique... mon amour de musique Est-ce que tu m’aimes encore ? La musique... mon trésor Est-ce que tu m’aimes encore ? C’est gênant de te demander ça C’est pour ça que je te le demande tout bas Après mes slows, mes blues, mes drums et mes ordinateurs As-tu toujours une fleur d’amour Un fond d’émotion, une graine de douceur Pour ton compositeur La musique... mon amour de musique Est-ce que tu m’aimes encore ? La musique Est-ce que tu m’aimes encore ? Mon trésor Paroles, musique et interprète : Jean-Pierre Ferland

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Tous les bateaux font des vagues

Tu voudrais être lune Contrôler les marées Percer les bancs de brume Et disparaître sans être oublié Semer sur l’océan Tes meilleurs souvenirs Faire rêver tes enfants Soulever les voiles de ton petit navire

Chaque espoir a sa nacelle Un trésor à rapporter Tes amours sont immortelles Et tu reviendras voguer voguer

Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Dans l’éternité

Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Dans l’éternité

Une ligne magistrale Guide ta destinée Ton rêve est sans escale C’est écrit dans la voûte étoilée

Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux Tous les bateaux font des vagues Dans l’éternité

Légendes d’Atlantide Chant des pays sacrés Secrets des Pyramides Tous les voyages que l’on t’a racontés Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Tous les bateaux font des vagues Dans l’éternité

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Paroles et interprète : Francine Raymond Musique : Christian Péloquin et Francine Raymond


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Soir de scotch

J’ai oublié ce que tu sais J’ai emmêlé mes confidences Je sais plus trop ce qui est vrai J’ai des accidents de conscience Qu’est-ce donc que la vérité Seras-tu sûr de ta passion Quand tu auras pu me calculer Quand je serai ton équation Les soirs de scotch m’enchantent Je sais pas si je te l’ai dit Moi et la nuit mourante Enlacées, grises et engourdies Passons-la à nous mentir Honnêtement comme les anges Meublons le rêve qui s’étire Buvons le rêve qui nous mange Tu fais le fond, je fais la foire On plonge au fond de la bouteille Tout est vrai tant qu’il reste à boire Et qu’on éclipse le sommeil

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Les soirs de scotch m’enchantent Je sais pas si je te l’ai dit L’ivresse est caressante Suave et chaude comme un nid Les soirs de scotch m’enchantent Je sais pas si je te l’ai dit Sur mes douceurs prudentes Ils coulent et mouillent mon ennui Les soirs de scotch m’enchantent Je sais pas si je te l’ai dit Moi et la nuit mourante Enlacées, grises et engourdies Les soirs de scotch m’enchantent Je sais pas si je te l’ai dit L’ivresse est caressante Suave et chaude comme un nid Paroles : Christian Mistral • Musique : Dan Bigras Interprète : Luce Dufault

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Le protecteur Encre et acrylique sur papier (1999) 46 x 35,5 cm Collection privĂŠe


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La mer houle sa houle

Un marin dort sur le dos Bercé par les flots Deux yeux vitreux Perdus dans le ciel Il glisse dans l’éternel Au nord une femme en noir Lamente une prière Les doigts gelés Sur un chapelet d’ivoire Qu’est-ce qu’une larme dans la mer r efr a in Et la mer houle sa houle Et la mer houle sa houle Houle sa houle Impassiblement Et la mer houle sa houle Dans le noir d’une ruelle Un chien en chaleur Lime ses crocs pour saigner la pucelle Lui arracher l’âme et le cœur Un enfant qui pleure Sur le sein de sa mère qui meurt Le sang et l’eau le lait et le sel Se mêlent au sable du Sahel r efr a in

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Un jeune homme exsangue Pantin au regard sénile Lambeaux de chair tenus par des fils Et personne qui délie les sangles Aux portes du néant Un homme et un enfant Se croisent sur le chemin des heures L’un sourit l’autre a peur r efr a in Et la grande baleine Vient vomir sur la grève Il n’y a que le soleil qui lève Pour la dernière bohémienne Et ça saigne en Irlande Et Grozny est en feu La terre n’est telle qu’un no man’s land Drapée dans un linceul bleu r efr a in Paroles, musique et interprète : Gilles Bélanger

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To be or not to be la vie

Le doigt sur la gachette Le pied sur le gaz L’œil en extase Je m’anglicise lentement Lentement je m’anglifie Je dis see you Je dis damn Je dis fuck you madam Les mots sont les oiseaux d’automne Morts pour la patrie Lettre morte Peine perdue Mots de mon enfance Je ne vous verrai plus Adieu Villon Adieu Miron Mots de ma jeunesse Je ne vous chante plus L’arme sur la tempe La tête sur l’oreiller L’âme au plancher Je me décompose lentement Lentement je me fuis To be or not to be la vie Je dis shoot Je dis shit Je dis bullshit madam Les mots sont des larmes d’acier Trempés dans le sang

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Misère noire Mi-carême Langue trop belle Je ne sais plus te dire Ne t’en va pas Reste là Là ici Ici là-bas Je cherche mes mots au bord de l’abîme Je me vide de tout Je m’accroche à un clou J’implore le destin Belle langue sans fin Sans pareille tu nous rends fous Langue d’enfant de chienne Il ne me reste que toi To be or not to be la vie Lettre morte Peine perdue Mots de mon enfance Je ne vous verrai plus Adieu Villon Adieu Miron Mots de ma jeunesse Je ne vous chante plus Mots de ma jeunesse Je ne vous entends plus Paroles : Gilles Carle • Musique : François Guy Interprète : Chloé Sainte-Marie

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Mon ange

Ce monde s’ra jamais beau Le monde est tellement fou Ce monde, j’en aurais fait cadeau Heureusement, tu changes tout La nuit, y fait jamais chaud La nuit, c’est comme un loup Le loup voulait ma peau Heureusement, tu changes tout Mon ange, il est temps que je change le visage de mon dieu Veux-tu étendre ta beauté sur mes brûlures ? Mon ange, les anges ont tes yeux, tes blessures Si tu savais tout ce que j’ te jure, du fond de mon armure Ce monde s’ra jamais beau Il n’est pas pour nous Si au moins la nuit je peux toucher ta peau Le reste je m’en fous Mon ange il est temps que je change le visage de mon dieu Veux-tu étendre ta beauté sur mes brûlures ? Mon ange, les anges ont tes yeux, j’en suis sûr Si tu savais tout ce que j’ te jure, du fond de mon armure J’ t’attendais dans l’oubli, sans but, sans patrie, comme un gars fini J’avais plus l’ goût d’avancer Plus l’ goût d’exister Heureusement, tu changes tout Mon ange, il est temps que je change le visage de mon dieu Veux-tu étendre ta beauté sur mes brûlures ? Mon ange, les anges n’ont pas tous les yeux purs Si tu savais tout ce que j’ te jure, du fond de mon armure Paroles : Roger Tabra, Éric Lapointe Musique : Éric Lapointe, Claude Pineault Interprète : Éric Lapointe

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2003

Parce qu’on vient de loin

Nous sommes nos propres pères Si jeunes et pourtant si vieux, ça me fait penser, tu sais Nous sommes nos propres mères Si jeunes et si sérieux, mais ça va changer On passe le temps à faire des plans pour le lendemain Pendant que le beau temps passe et nous laisse vide et incertain On perd trop de temps à suer et s’écorcher les mains À quoi ça sert si on n’est pas sûr de voir demain À rien r efr a in Alors on vit chaque jour comme le dernier Et vous feriez pareil si seulement vous saviez Combien de fois la fin du monde nous a frôlés Alors on vit chaque jour comme le dernier Parce qu’on vient de loin Quand les temps sont durs On se dit : « Pire que notre histoire n’existe pas » Et quand l’hiver perdure On se dit simplement que la chaleur nous reviendra Et c’est facile comme ça Jour après jour On voit combien tout est éphémère Alors même en amour J’aimerai chaque reine Comme si c’était la dernière L’air est trop lourd Quand on ne vit que sur des prières Moi je savoure chaque instant Bien avant que s’éteigne la lumière r efr a in Jour après jour On voit combien tout est éphémère Alors vivons pendant qu’on peut encore le faire Mes chers Paroles, musique et interprète : Corneille 201


2004

Résistance

C’est l’Intifada d’ la faconde qui fronde face au Canada Arrogant régent s’ingérant dans nos affaires Vaguement totalitaire Loco Locass réitère, au nom d’ la nation, son intention De garder une attention constante sur les tensions Attention, on va maintenir la pression C’est plus qu’une impression On r’met tout en question Sinon, y a régression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de cons Ostie qu’ ça tue l’action ! Tous les 365 jours, 24 sur 24 À chaque tic tac, paranoïaque Excroissance de mon angoisse pour tous ceux qui s’en sacrent Qui vont, qui vaquent, entre les reins d’ la vacuité, télévissés En sécurité, vaincus au spectacle de l’actualité Comment faire l’épreuve de la réalité ? Au royaume des aveugles, les rois sont les kodaks À voir la vie en vrac, de vivre on a le trac Pis pour oublier qu’on s’oublie on court marcher pour l’Irak Envergure qu’on enrobe, fierté qui s’ dérobe D’un peuple qui vit dans l’ garde-robe Quand la moitié est claustrophobe Au fond, y a juste Bourgault de probe Pineault pis nous pour nommer cet opprobre Attention, on va maintenir la pression C’est plus qu’une impression On r’met tout en question Sinon, y a régression Vocale est l’agression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de CON o STI qu’ ça TU(e) l’ac TION ! 20 2


Pas de chicane dans ma cabane Au Canada, c’est comme ça Ni OUI, ni NON Manie d’un nous mou, moumoune et minable Incapable de choisir entre le lys et l’érable T’es pas parti, pis tu joues pas la partie Mais faut qu’ tu rentres ou qu’ tu sortes Un pied chaque bord d’ la porte C’est le propre d’un criss de cloporte ! Quand j’ vois les stats, j’ constate Qu’on est Québec et mat On joue pour le pat En traînant d’ la patte La larme, la larme, la larme coule sur ma joue et sonne sur mon tympan Un pays sans enfants, sans nouveau sang, c’est sans bon sens On fait pus d’ flots mais y nous en faut pour tenir le rafiot à flot D’autant que les p’tits gars qu’on a Trippent sur l’ trépas à ce point-là Qu’y se sonnent eux-mêmes le glas pour l’au-delà Pis ça c’est pas du bla-bla Tu me trouves acide, le kid ? J’essaie juste d’être lucide Parce que spermicide ou suicide Dans les deux cas, pour nous c’est l’autogénocide Fa’ que décide ou décède Chaque pouce d’identité que tu cèdes Nous mène humiliés, poings et pieds liés À la fatale fat assimilation Attention, on va maintenir la pression C’est plus qu’une impression On r’met tout en question Sinon, y a régression Vocale est l’agression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de CON o STI qu’ ça TU(e) l’ac TION ! 203


Tique pas sur la tuque l’eunuque Si l’emblème est caduque dans ta tête de Turc, de damned Canuck Moi, j’ tiens au chaud ma tête à Papineau Pus de quiproquos, me coiffe de mes idéaux Biffe d’un trait blanc-bleu L’horreur d’un siècle sans queue ni quête Où l’erreur fut inhumaine Et nous mena en deçà d’un humanisme à redire Sisyphe au métier, grand Dieu ! Me remets, épanche mon sang bleu M’ancre dans ce temps, ce lieu C’est que sans appartenance, vieux Y a pas de transcendance, ceux Et celles, tous ces gens Qui s’allègent de leurs allégeances Alléguant l’urgence d’un amour immense L’imminence des grands ensembles et s’enracinent dans l’errance Pour vivre la totale appartenance Qui a toutes, mais toutes les apparences D’un totalitarisme en naissance Qui fait des particularismes une nuisance De moi un terroriste en puissance Quand je prends le camp de la résistance Attention, on va maintenir la pression C’est plus qu’une impression On r’met tout en question Sinon, y a régression Vocale est l’agression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de CON o STI qu’ ça TU(e) l’ac TION !

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Attention, on va maintenir la pression C’est plus qu’une impression On r’met tout en question Sinon, y a régression Vocale est l’agression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de CON o STI qu’ ça TU(e) l’ac TION ! Vocale est l’agression Vitale est la mission Même si on s’ fait chier en chicanes de Constitutions Paroles et musique : Chaffik, Batlam et Biz Interprète : Loco Locass

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2004

Dehors novembre

Dehors novembre, je suis couché sur mon grand lit Du coin de mon œil par la fenêtre j’ voé l’hôpital Chu pas capable de croire qu’y faut qu’ j’ m’arrête ici Mais chu tout seul, pis de toute façon ça m’ fait trop mal Mon corps c’est un pays en guerre sur l’ point d’ finir Le général de l’armée de terre s’attend au pire J’ai faim, j’ai frette, je suis trop faible pour me lever d’bout’  On va hisser le drapeau blanc un point c’est tout’ J’entends le téléphone qui hurle, j’ai des amis J’ voudrais tellement pouvoir me l’ver pour leur parler Leur dire : « Allô ! C’est moi ch’ correct, ch’ toujours en vie » La planète tourne, est pas supposée tourner sans moi Mon ennemi est arrogant et silencieux Y s’ câlisse ben d’ savoir si chu jeune ou si chu vieux Y est sûr de lui, y est méthodique, y prend son temps Y est au service d’ la mort, y connaît pas les sentiments Ces derniers jours j’ai dû vieillir de 4000 ans En visitant de vieux souvenirs dont chu pas fier Pour la paix avec ses regrets, ça prend du temps Je me retrouve cent fois plus fatigué, trop fatigué mais moins amer L’histoire du monde pis mon histoire sont mélangées

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J’ viens juste de r’vivre cent mille autres vies en une seconde Toutes mes conneries pis l’ambition d’ l’humanité Ça r’vient au même, y’ a pas d’ coupable, y’ a pas de honte Mais chu heureux parce qu’au moins j’ meurs l’esprit tranquille J’ vas commencer mon autre vie d’ la même façon J’ vas avoir d’ l’instinct, j’ vas rester fidèle à mon style L’entente parfaite entre mon cœur et ma raison L’harmonica c’est pas un violon, c’est pas éternel Et pis ça pleure comme si c’était conscient d’ son sort D’ailleurs à soir j’ me permets d’ pleurer avec elle J’attends un peu, chu pas pressé, j’attends la mort Paroles : André Fortin • Musique : André Fortin et Jimmy Bourgoing Interprète : Les Colocs

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African Queen # 4 Acrylique sur toile (2005) 41 x 51 cm Collection privĂŠe


2004

Les étoiles f ilantes

Si je m’arrête un instant Pour te parler de ma vie Juste comme ça tranquillement Dans un bar rue Saint-Denis J’ te raconterai les souvenirs Bien gravés dans ma mémoire De cette époque où vieillir Était encore bien illusoire Quand j’agaçais les p’tites filles Pas loin des balançoires Et que mon sac de billes Devenait un vrai trésor Et ces hivers enneigés À construire des igloos Et rentrer les pieds g’lés Juste à temps pour Passe-Partout Mais au bout du ch’min dis-moi c’ qui va rester De la p’tite école et d’ la cour de récré ? Quand les avions en papier ne partent plus au vent On se dit que l’ bon temps passe finalement... ... Comme une étoile filante Si je m’arrête un instant Pour te parler de la vie Je constate que bien souvent On choisit pas mais on subit Et que les rêves des ti-culs S’évanouissent ou se refoulent Dans cette réalité crue Qui nous embarque dans le moule

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La trentaine, la bedaine Les morveux, l’hypothèque Les bonheurs et les peines Les bons coups et les échecs Travailler, faire d’ son mieux En arracher, s’en sortir Et espérer être heureux Un peu avant de mourir Mais au bout du ch’min dis-moi c’ qui va rester De notre p’tit passage dans ce monde effréné ? Après avoir existé pour gagner du temps On s’ dira que l’on était finalement ... Que des étoiles filantes Si je m’arrête un instant Pour te parler de ma vie Juste comme ça tranquillement Pas loin du Carré Saint-Louis C’est qu’avec toi je suis bien Et que j’ai pus l’ goût de m’en faire Parce que t’sé voir trop loin C’ pas mieux que r’garder en arrière Malgré les vieilles amertumes Et les amours qui passent Les chums qu’on perd dans’ brume Et les idéaux qui se cassent

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La vie s’accroche et renaît Comme les printemps reviennent Dans une bouffée d’air frais Qui apaise les cœurs en peine Ça fait que si à soir t’as envie de rester Avec moi, la nuit est douce on peut marcher Et même si on sait ben que tout dure rien qu’un temps J’aimerais ça que tu sois pour un moment... ... Mon étoile filante Mais au bout du ch’min dis-moi c’ qui va rester... Mais au bout du ch’min dis-moi c’ qui va rester... ... Que des étoiles filantes Paroles et musique : Jérôme Dupras, Dominique Lebeau, Marie-Annick Lépine, Jean-François Pauzé, Karl Tremblay Interprète : Les Cowboys Fringants

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2005

Poussière d’ange

Respire un bon coup Ne reste pas debout Ouvre tes yeux J’ te promets que tu iras mieux T’as reçu un grand coup Un coup de vie dans l’ ventre Un coup de vent dans ta vie Mais reste calme, je t’en supplie Juste au mauvais moment Une poussière d’ange t’est tombée dedans Tu f’rais une super maman Mais pas maintenant, non pas maintenant Un p’tit colimaçon t’a pris pour sa maison C’est pas une fille, c’ pas un garçon C’ pas un bélier ni un poisson Oublie ça c’est pas possible Tu perdrais l’équilibre Prends ma main je t’emmène loin On s’ra d’ retour demain matin Juste au mauvais moment Une poussière d’ange t’est tombée dedans Tu f’rais une super maman Mais pas maintenant non pas maintenant On s’en va reporter L’ange dans ses souliers Il s’est trompé mais c’est pas grave Il peut revenir si tu restes sage Paroles, musique et interprète : Ariane Moffatt 214


2005

La vie n’est pas qu’une salope

La vie n’est pas qu’une salope Rodéo effréné Jument sauvage, elle galope T’as qu’à la chevaucher La vie n’est pas qu’une salope Quand tu la cherches, elle sait te trouver En d’dans, dehors, dans la nuit, au matin, peu importe ! Tu ne peux rien lui cacher La vie n’est pas qu’une salope Et quand ça pleut dans les tranchées C’est ton alliée la plus puissante et la plus forte T’as qu’à te tenir et la rider La vie n’est pas qu’une salope Et si le Feu rôde à ses côtés En d’dans, dehors, dans la nuit, au matin, peu importe ! N’oublie jamais la beauté La vie n’est pas qu’une salope (4 fois) Jument sauvage, elle galope Tant qu’à t’y atteler, allez, hop (4 fois) La vie n’est pas qu’une salope Et si le Feu fait tout flamber Bagdad, Haïti, Jérusalem, ici, New York Oublie jamais la beauté La vie n’est pas qu’une salope (3 fois) Tant qu’à t’y atteler, allez, hop (3 fois) La vie n’est pas qu’une salope Paroles, musique et interprète : Yann Perreau

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De A à Z Acrylique sur papier (2009) 48 x 36 cm Collection de l’artiste


2006

La forêt des mal-aimés

À vous mes chers mal-aimés, à vous Qui avez rêvé de terres un peu moins brûlées, à vous Qui êtes venus jusqu’ici, jusqu’à moi, Cueillir le fruit du regret délaissé. Dans la forêt des mal-aimés Dans la forêt des mal-aimés Chaque arbre est un membre oublié Chaque feuille, une âme délaissée Dans la forêt des mal-aimés Comme il fait bon s’y promener Mais pourquoi donc êtes-vous venus Dans cette forêt aux coins perdus Où les murs tapissés de fleurs Ne font que rappeler le malheur ? Mais pourquoi donc êtes-vous venus Dans cette forêt aux coins perdus ? Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Venez à pied ou à dos de corneille Venez vite boire le liquide vermeil Venez vous saouler de blanchi sommeil Ici, c’est sûr, tout ira moins que bien Si vous osez suivre le chemin

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Mais pourquoi donc êtes-vous venus Dans cette forêt aux coins perdus Où les murs tapissés de fleurs Ne font que rappeler le malheur ? Mais pourquoi donc êtes-vous venus Dans cette forêt aux coins perdus ? Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Lala lala lala lalalala Paroles et interprète : Pierre Lapointe Musique : Pierre Lapointe et Philippe Brault

219


2008

La voix humaine

Elle parcourt les chemins Comme vivent les bohèmes Elle trébuche au matin Dans un poème Le soleil la fait luire Comme une porcelaine Elle éclate de rire La voix humaine Elle grince, elle vocifère Chasse la nuit de la terre Des violons la réclament Elle n’a qu’une âme Elle peut parler d’amour De départ ou de haine Mais me revient toujours La voix humaine Elle habite un soupir Un silence, un désir Elle ne craint jamais pire Que de te mentir

2 20


A capella sur toi Elle se pose tout bas Quand tu as de la peine La voix humaine Quand l’hiver la détient Je la couve en mon sein Elle est mon bel emblème Ta voix que j’aime Depuis les siècles blêmes Jusqu’au 21e Elle est mon requiem La voix humaine Paroles : Éric Valiquette Musique et interprète : Catherine Major

2 21


2008

Ce monde sans issue

Pleure un peu, pleure ta tête, ta tête de vie dans le feu des épées de vent dans tes cheveux parmi les éclats sourds de béton sur tes parois sur tes parois Ta longue et bonne tête de la journée ta tête de pluie enseignante et pelures et callosités ta tête de mort ta tête de mort Que je meure ici au cœur de la cible au cœur des hommes et des horaires que je meure ici au cœur de la cible au cœur des hommes Et ne pouvant plus me réfugier en Solitude ni remuer la braise dans le bris du silence ni ouvrir la paupière ainsi qu’un départ d’oiseau dans la savane Car il n’y a plus un seul endroit de la chair de solitude qui ne soit meurtri même les mots que j’invente ont leur petite aigrette de chair bleuie Que je meure ici au cœur de la cible au cœur des hommes et des horaires que je meure ici au cœur de la cible

222


Souvenirs, souvenirs, maison lente un cours d’eau me traverse je sais, c’est la Nord de mon enfance avec ses mains d’obscure tendresse qui voletaient sur mes épaules Ses mains de latitudes de plénitude et mes vingt ans et quelques dérivent au gré des avenirs mortes, mes nuques dans le vide dans le vide Que je meure ici au cœur de la cible au cœur des hommes et des horaires que je meure ici au cœur de la cible au cœur des hommes Paroles : Gaston Miron • Musique : Gilles Bélanger Interprète : Chloé Sainte-Marie

2 23


Droits

Toute reproduction des chansons et des illustrations est interdite sans l’accord des détenteurs de droits.

La vie d’ factrie : © Les Éditions Galoche/Intermède musique Internationale

Toutes les illustrations : © Diane Dufresne

Bozo-les-culottes, La complainte de la Manic, Le plus beau voyage, Lindberg : © Les Éditions Gamma Ltée

Le ciel se marie avec la mer : © 1957 Jacques Blanchet (Succession de) et Les Éditions Ma muse m’amuse Le blues du businessman : © Plamondon Publishing/1979 Éditions musicales Colline (Tous les droits des Éditions musicales Colline au Canada sont contrôlés et administrés par Universal Music Publishing SAS)

Pourquoi chanter : © Les Éditions Gamma Ltée/Les Éditions Audiogramme/Intermede Tiger Music La saisie : © Les Éditions Gamma Ltée/Les Éditions Audiogramme/Les productions François Dompierre Je me tutoie : © Les Éditions Gog & Magog La vie n’est pas qu’une salope : © Les Éditions Houramahi/ Groupe Musinfo inc.

Si fragile : © 1991 Kennebec Musique et Janvier Musique/ Tous les droits aux États-Unis et au Canada sont contrôlés et administrés par Universal Music Publishing, une division d’Universal Music au Canada

Quelle belle vie : © Les Éditions Impulsions 85/Les Éditions du Rang Double 85/Intermède Musique International/Interlude Musique International

To be or not to be la vie : © 1999 FGC Disques inc. (Tiré de l’album Je pleure, tu pleures)

Amène-toi chez nous, Un nouveau jour va se lever : © Les Éditions Jamik

Ce monde sans issue : © Ad Litteram Inc./Les Éditions de L’Anse-aux-Corbeaux L’alouette en colère : © Canthus Prod. SARL/Coppélia Olivi Musique Inc. La complainte du phoque en Alaska, Harmonie du soir à Châteauguay, Le blues d’ la métropole : © Éditions Bonté Divine (Admin : Groupe Musinfo inc.) Repartir à zéro : © Éditions de la Plage/Éditions BlocNotes Le cœur est un oiseau, Tu m’aimes-tu, ... et j’ai couché dans mon char; © Éditions Foukinic La maudite machine : © Éditions Maudite Machine Le fou de l’océan : © Éditions MusiQuébec Bozo, L’hymne au printemps : © Éditions Raoul Breton/ Griola Musique (Admin : Groupe Musinfo inc.) La forêt des mal-aimés, Poussière d’ange, Résistance : © Éditorial Avenue Le temps des vivants : © Éditorial Avenue/Les Éditions Prorata Quand les hommes vivront d’amour : © Éditorial Avenue pour Éditions SEMI La voix humaine : © Éric Valiquette Le blues de la bêtise humaine : © VLB éditeur, 1994 (extrait de Chants lybres) Ayoye : © Intermède Musique International/Les Éditions Offenbach Aide-toi et le ciel t’aidera : © Les disques Marco La musique, Le petit roi, Un peu plus haut, un peu plus loin : © Les Éditions 08-08-88 À 8H08 Inc.

Sèche tes pleurs : © Les Éditions Kaligram Les gens de mon pays, J’ai pour toi un lac, Mon pays : © Les Éditions Le Vent qui Vire Les bras de Satan : © Les Éditions Minuit moins cinq Quand on est en amour : © Les Éditions Mosa International La Bittt à Tibi : © Les Éditions musicales Pingouin et les Éditions Troisantrentroi J’ai souvenir encore : © Les Éditions Musicales Pingouin et Les Productions SMCL Le début d’un temps nouveau : © Les Éditions Musicobec L’étranger : © Les Éditions Nicolas enr. L’âme à la tendresse : © Les Éditions Nicolas enr./Les productions François Dompierre Mes blues passent pus dans’ porte : © Les Éditions Offenbach / Les Éditions Véhèmelle Prince Arthur : © Les Éditions PierBain enr./Alonzo Musique/Les Éditions Audiogram/Les Éditions Maudite Machine Je voudrais voir la mer : © Les Éditions Sauvages/ Bonne Délivrance (Éditorial Avenue)/Les Éditions sur la chaise Dehors novembre : © Les Éditions Solodarmo Hymne à la beauté du monde : © Plamondon Publishing/ Les Éditions Vibrations Aimons-nous : © Les Éditions YD/Intermède Musique International Parce qu’on vient de loin : © Level Music and Productions Inc./Angel Dust Inc.

1990 : © Les Éditions Audiogram/Kaligram

Deux enfants du même âge, La rue principale, Les nuits de Montréal, Les colombes : © L’Industrie Musicale

Chant de la douleur : © Les Éditions Boulet de Canon/ Les Éditions de la Cyprine

Mon ange : © L’Industrie Musicale / D6 Éditions inc./ Éditorial Avenue

Qué-Can Blues, Vivre en ce pays : © Les Éditions Conception

Aimes-tu la vie comme moi ? : © Muscle Shoal Sounds

Lettre de Toronto, Marie-Hélène © Les Éditions de la Basse-Ville

Illégal : © Musique Thésis/Éditions Les Arsis (Donald Hince)

Les enfants d’un siècle fou : © Les Éditions de la Gigue Éternelle

Un musicien parmi tant d’autres : © Prime Quality Music

La vie en rose : © Les Éditions de la marge

Doris : © Stephen Faulkner

L’escalier : © Les Éditions de la Minerve Journée d’Amérique : © Les Éditions de la Roche Éclatée

Variation # 1 sur les 100 plus belles chansons Encre et acrylique sur papier (2009) 61 x 46 cm Collection de l’artiste

Ordinaire : © Les Éditions Gamma Ltée/Les Éditions Expérience inc.

Sur l’ perron : © Star Quality Music Je chanterai pour elles : © Sylvie Tremblay

Les étoiles filantes : © Les Éditions de La Tribu

Comme j’ai toujours envie d’aimer : © Tandem Musique Enr.

Ange Animal, Soirs de scotch : © Les Éditions de L’Ange Animal/Éditorial Avenue

Si j’étais un homme : © Tuta Music Inc.

La mer houle sa houle : © Les Éditions de L’Anse-aux Corbeaux Frédéric, Les vieux pianos : © Les Éditions de L’Aube inc. La moitié du monde est une femme : © Les Éditions de l’Étincelle enr.

Les pauvres : © VLB Éditeur et Plume Latraverse, 1994 Toutes les précautions ont été prises pour identifier les détenteurs de droits. Néanmoins, en cas d’erreur ou d’omission, les corrections nécessaires seront apportées à une prochaine édition.

Un homme libre : © Les Éditions Emmanuel inc. Tous les bateaux font des vagues : © Les Éditions Francine Raymond/Les Éditions Dernière minute

Collaboratrice à la recherche : Sylvie Brousseau

Je ferai un jardin : © Les Éditions Galoche

2 25


Table des auteurs et des chansons

007 i n t r o d u c t i o n

2 26

Anonyme

014

À la claire fontaine

Anonyme

016

Le mariage anglais

Anonyme

017

Le rossignol y chante

Anonyme

018

Souvenirs d’un vieillard

v

C a m i l l e A n d r é a

034

Sur l’ perron

Daniel Bélanger

18 0

Sèche tes pleurs

Gilles Bélanger

19 6

La mer houle sa houle

Ja c que s Bl a nchet

032

Le ciel se marie avec la mer

Bolduc, L a

022

La Gaspésienne pure laine

D e n i s e B o u c h e r

18 6

Chant de la douleur

P ier re Ca lvé

098

Vivre en ce pays

v

v


G i l l e s C a rl e

G e r m a i n e D u g a s

19 8

To be or not to be la vie

036

Deux enfants du même âge

Marc Chabot Richard Séguin

R a ô u l D u g u a y

16 0

Journée d’Amérique

117

La Bittt à Tibi

R o b e r t C h a rl e b o i s

Danièle Faubert

114

Qué-Can blues

157

Repartir à zéro

Jim Corcoran

Stephen Faulkner

16 4

Je me tutoie

14 4

Doris

Corneille

Je a n -P i e r r e F e rl a n d

2 01

Parce qu’on vient de loin

18 7

La musique

072

Le petit roi

M i c h e l X . C ô t é

068

Un peu plus haut, un peu plus loin

Richard Desjardins

15 8

Le cœur est un oiseau

Serge F iori

113

Un musicien parmi tant d’autres

C o w b o y s F r i n g a n t s ( L e s)

211

Les étoiles filantes

Pierre Flynn

10 0

La maudite machine

Yv o n D e s c h a m p s

0 70

Aimons-nous

L ou is e Fore stier

13 3

La saisie

Richard Desjardins

16 9

... et j’ai couché dans mon char

A nd ré For ti n

16 6

Tu m’aimes-tu

206

Dehors novembre

18 4

La rue principale

Clémence DesRochers

096

Je ferai un jardin

Claude Gauthier

038

La vie d’ factrie 0

090

Le plus beau voyage

Georges Dor

Marc Gélinas

058

La complainte de la Manic

033

Aide-toi et le ciel t’aidera

066

Un homme libre

A n t o i n e G é r i n -L a j o i e

Claude Dubois

020

Un Canadien errant

056

J’ai souvenir encore


Luc Granger

Fél i x L e clerc

097

Pourquoi chanter

094

L’alouette en colère

Francine Hamelin

026

Bozo

121

028

Hymne au printemps

Les enfants d’un siècle fou

Ma rc Ha milton

0 76

Comme j’ai toujours envie d’aimer

Pierre Huet

116

13 4

Lettre de Toronto

Le blues d’ la métropole

13 2

12 4

Marie-Hélène

Mes blues passent pus dans’ porte

P a u l i n e Ju l i e n

0 91

L’âme à la tendresse

092

L’étranger

Gilber t L angev in

16 2

Rober t L éger 112

Harmonie du soir à Châteauguay

Sylva i n L el ièv r e

Je a n L e l o u p 17 2

1990

Ja c quel i ne L em ay

12 0

La moitié du monde est une femme

Ange Animal

Pierre L étourneau

0 78

Le temps des vivants

044

Les colombes

Éric L apointe

Claude L éveillée

Roger Tabra

048

Frédéric

200

Mon ange

042

Les vieux pianos

Pierre L apointe

Raymond L évesque

218

La forêt des mal-aimés

062

Bozo-les-culottes

Luc De L arochellière

0 31

Quand les hommes vivront d’amour

16 5

Si fragile

Loco Locass

Plu me L at raver s e

202

Résistance

12 8

Le blues de la bêtise humaine

Nel s on M i nv i l le

13 8

Les pauvres

176

Les bras de Satan

Robert L aurin

Marjo

15 6

Quand on est en amour

15 0

Illégal

Variation # 2 sur les 100 plus belles chansons Encre et acrylique sur papier (2009) 461 x 46 cm Collection de l’artiste


2 29


Ja c q u e s M i c h e l

Michel R iva rd

080

Amène-toi chez nous

110

La complainte du phoque en Alaska

082

Un nouveau jour va se lever

15 4

Je voudrais voir la mer

Gaston Miron

Francine Ruel

222

Ce monde sans issue

15 2

Prince Arthur

Christian Mistral

A n d r é S a i n t -D e n i s

19 2

Soir de scotch

141

Ayoye

A riane Moffatt

M a r ie Sava r d

214

Poussière d’ange

0 57

Le fou de l’océan

Mouf fe

D i a ne Tel l

084

Ordinaire

14 6

Si j’étais un homme

Cl aude Pélo qu i n

Georges T hurston

064

Lindberg

12 3

Aimes-tu la vie comme moi ?

Ya n n P e r r e a u

Sylv ie T r embl ay

215

La vie n’est pas qu’une salope

178

Je chanterai pour elles

Pau l Piché

É r i c Va l i q u e t t e

14 2

L’escalier

220

La voix humaine

Luc Plamondon

G i l l e s Va l i q u e t t e

13 6

Le blues du businessman

10 6

La vie en rose

10 4

Hymne à la beauté du monde

S t é p h a n e Ve n n e

Je a n R a f a

088

Le début d’un temps nouveau

029

Les nuits de Montréal

Gilles Vigneault

Francine Raymond

046

J’ai pour toi un lac

19 0

Tous les bateaux font des vagues

050

Les gens de mon pays

054

Mon pays

Gille s R iva rd Pierre L égaré

13 0

Quelle belle vie


c e t o u v r ag e a é t é ac h e v é d’i m p r i m e r e n j u i l l e t s u r l e s p r e s s e s d e l’ i m p r i m e r i e t r a n s c o n t i n e n t a l

2009 (c a n a d a)


Les cent plus belles chansons du Québec  

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