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04– 2nde partie

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La Bretagne province française (1532-1789)

De 1532, année de l’édit unissant le duché de Bretagne au royaume de France, jusqu’à la Révolution, les Bretons ont été sujets des rois de France. De cette époque dite « moderne », des traces matérielles sont parvenues jusqu’à nous, du prestigieux palais du Parlement aux outils de tisserands anonymes, des fines porcelaines débarquées à Lorient aux robustes armoires paysannes, autant de témoins de deux siècles et demi durant lesquels cette vaste province vécut entre l’appel du large et les impératifs politiques de la puissante dynastie française. L’ «

ÂGE D’OR

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DE LA

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Intégration et compromis Après l’Édit d’union de 1532, le processus d’intégration au royaume qui s’amorce est très progressif. Il en va ainsi de la pénétration de la langue française dans la zone bretonnante qui se fait, au-delà d’une frontière linguistique alors relativement stable, par les villes et les élites, par capillarité, le français étant la langue de l’administration, du pouvoir, celle qu’il faut maîtriser pour commercer et s’élever dans la société.

L a

B r e t a g n e

p r o v i n c e

Sur le plan politique, l’intégration semble pourtant remise en cause en 1589 quand, dans le contexte français de la guerre de la Ligue, le très catholique duc de Mercœur, gouverneur de la province, fait de Nantes la capitale d’une Bretagne qui refuse pour roi le protestant Henri IV. L’entrée de ce dernier en 1598 à Nantes – d’où le fameux édit – marque la fin de l’aventure et des éventuels mais peu probables rêves de retour à l’indépendance. En effet, même les représentants des ligueurs bretons ont tenu à manifester leur attachement au royaume de France. Un demi-siècle plus tard, la Fronde ne connaît, de plus, aucun développement significatif en Bretagne. Il faut dire que les élites, et particulièrement les nobles, ont été les grands bénéficiaires en même temps que les premiers artisans de l’intégration politique du duché au royaume. Au milieu du 16e siècle, la refonte par Henri II du système judiciaire, avec notamment la création de présidiaux à Nantes, Quimper, Rennes et Vannes, coiffés par un parlement à Rennes, offre de nombreuses possibilités de carrières. Devenir magistrat, c’est en effet devenir officier du roi par l’achat d’une charge vénale et héréditaire qui,

f r a n ç a i s e

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Bretagne est univers  
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