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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé - N°32 - SEPT / NOVEMBRE 2015

DOSSIER : LES ECTOPARASITES : NOUVEAUTÉS ET ÉMERGENCES

Couv ELSA 32 BAT 2_Couv ELSA 19 29/03/2016 16:10 Page1

Volume 8

N°32 Septembre / Novembre 2015 revue de formation à comité de lecture agréée pour délivrer des crédits de formation continue par le CFCV (Comité de formation continue vétérinaire)

indexée dans les bases de données : • Index Veterinarius (CAB International)

• Veterinary Bulletin (CAB International)

• CAB Abstracts Database

Actualités en perspective - Chronique - La résistance plasmidique à la colistine : qu’en faire maintenant ? - Les enjeux d’une nouvelle structuration de la plateforme d’épidémiosurveillane en santé animale

Ruminants - Stomoxes et taons : biologie, rôles pathogènes et contrôle chez les bovins - La gale psoroptique ovine et bovine : cliniques et approches thérapeutiques

DOSSIER LES ECTOPARASITES : NOUVEAUTÉS ET ÉMERGENCES

- Myiases : l’émergences de cas à Wohlfahrtia dans le sud de la Vienne chez les ovins - Observation clinique Les puces en élevage ovin : un cas d’infestation par Pulex irritans ou “puce de l’homme” - Le piégeage contre la Besnoitiose bovine : des essais en Loire-Atlantique

Volailles - Le botulisme aviaire

LE BOTULISME AVIAIRE

FMCvét

formation médicale continue vétérinaire

- Test clinique - Un cas d’hémathydrose sur une vache laitière en stabulation - Revue de presse internationale : notre sélection en Chirurgie, Néonatalogie, Digestif - Tests de formation continue

Comprendre et agir - Chirurgie - Le déplacement de la caillette : techniques de chirurgie par laparoscopie - Enjeux économiques Vingt ans de bilan d’approvisionnement en viandes de la France (1995-2014) - Cas pratiques de nutrition L’utilisation de paille en cas de pénurie de foin en troupeau allaitant


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3 Sommaire ELSA 32 BAT_3 Sommaire ELSA 16 29/03/2016 12:10 Page3

sommaire Plus d’informations sur www.neva.fr

Test clinique - Un cas d’hémathydrose sur une vache laitière en stabulation Olivier Salat, Guillaume Lemaire, Florent Perrot Éditorial Philippe Jacquiet

N°32 DOSSIER LES ECTOPARASITES : NOUVEAUTÉS ET ÉMERGENCES

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LE BOTULISME AVIAIRE

ACTUALITÉS EN PERSPECTIVE - Chronique - La résistance plasmidique à la colistine : qu’en faire maintenant ? Zénon - Les enjeux d’une nouvelle structuration de la plateforme d’épidémiosurveillane en santé animale Pascal Hendrikx

Volume 8

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RUMINANTS Dossier : Les ectoparasites : nouveautés et émergences - Stomoxes et taons : biologie, rôles pathogènes et contrôle chez les bovins Philippe Jacquiet, S. Shukri, Emmanuel Liénard, Michel Franc, Émilie Bouhsira - La gale psoroptique ovine et bovine : clinique et approches thérapeutiques Bertrand Losson - Myiases : l’émergences de cas à Wohlfahrtia dans le sud de la Vienne chez les ovins Laurent Saboureau, Émilie Arnaud - Observation clinique - Les puces en élevage ovin : un cas d’infestation par Pulex irritans ou “puce de l’homme” Émilie Bouhsira, Emmanuel Liénard, Philippe Jacquiet, Michel Franc - Le piégeage contre la Besnoitiose bovine : des essais en Loire-Atlantique Caroline Lantuejoul

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AVIAIRE - Le botulisme aviaire Caroline Le Maréchal, Rozenn Souillard

revue de formation à comité de lecture

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indexée dans les bases de données :

COMPRENDRE ET AGIR - Chirurgie - le déplacement de la caillette : techniques de chirurgie par laparoscopie Jean-Philippe Roy, Marjolaine Rousseau - Enjeux économiques - Vingt ans de bilan d’approvisionnement en viandes de la France (1995-2014) Pierre Sans - Cas pratiques de nutrition - L’utilisation de paille en cas de pénurie de foin en troupeau allaitant Francis Enjalbert

• Index Veterinarius (CAB International)

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• Veterinary Bulletin (CAB International)

• CAB Abstracts Database

agréée pour délivrer des crédits de formation continue par le CFCV

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(Comité de formation continue véétrinaire)

FMCvét - formation médicale continue vétérinaire - Revue de presse internationale Synthèses rédigées par Nicolas Herman, Mathilde Martel, Anne Relun, Guilhem Vaissière 70 - Chirurgie - Chirurgie correctrice d’un déplacement de la caillette à gauche : facteurs associés à la survie des vaches laitières - Néonatalogie - Distribution d’un colostrum traité thermiquement (60°c ; 60 min) à des veaux nouveau-nés : effets sur la colonisation bactérienne de l’intestin grêle - Digestif - Analyse physico-chimique quantitative de l’équilibre acido-basique et utilité clinique du trou anionique et de la différence en ions forts chez 806 veaux en diarrhée - Test clinique - Les réponses - Tests de formation continue - Les réponses Synthèses ou observations originales

Souscription d’abonnement en page 72 et sur www.neva.fr

ACTUALITÉS RUMINANTS AVIAIRE COMPRENDRE ET AGIR

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FMC Vét

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 147


4 Test clinique Q N°32 BAT_mise en page 23/03/2016 15:13 Page1

test clinique

NÉVA Europarc - 15, rue Le Corbusier 94035 CRÉTEIL CEDEX Tél. 01 41 94 51 51 • Fax 01 41 94 51 52 E-mail neva@neva.fr

hémathydrose sur une vache laitière

Conseil scientifique Xavier Berthelot (E.N.V.T), Didier Calavas (Anses), Marc Gogny (E.N.V.A.), Arlette Laval (Oniris), Marc Savey (Anses), François Schelcher (E.N.V.T.), Henri Seegers (Oniris), Bernard Toma (E.N.V.A.),

disponible sur www.neva.fr

Rédacteurs en chef scientifiques Sébastien Assié (Oniris) Nicole Picard-Hagen (E.N.V.T.) Didier Raboisson (E.N.V.T.)

Comité de rédaction Jean-Pierre Alzieu (LVD), Marie-Anne Arcangioli (Pathologie ruminants, VetAgro Sup) Philippe Baralon (Management de l’entreprise, Phylum) François Beaudeau (Gestion de la santé animale, Oniris) Nathalie Bareille (Gestion de la santé animale, Oniris) Catherine Belloc (Médecine des animaux d’élevage, Oniris) Alain Chauvin (Parasitologie, Oniris) Alain Bousquet-Melou (pharmacologie, ENVT) Alain Douart (Pathologie des ruminants, Oniris) Francis Enjalbert (Nutrition, E.N.V.T.) Gilles Foucras (Pathologie des ruminants, E.N.V.T.) Jacques Guillot (Parasitologie - mycologie, E.N.V.A.) Hervé Hoste (Parasitologie, E.N.V.T.) Philippe Jacquiet (Parasitologie, E.N.V.T.) Gilles Meyer (Pathologie des ruminants, E.N.V.T.) Yves Millemann (Pathologie des ruminants, E.N.V.A.) Xavier Nouvel (praticien) Frédéric Rollin (Liège) Caroline Prouillac (Toxicologie, VetAgro Sup) Jean-Louis Roque (praticien) Christophe Roy (praticien) Olivier Salat (praticien) Pascal Sanders (Anses, Fougères) Pierre Sans (Économie, E.N.V.T.) Stéphan Zientara (E.N.V.A.) Gestion des abonnements et comptabilité Marie Glussot Publicité : Maryvonne Barbaray NÉVA - Europarc - 15, rue Le Corbusier 94035 CRÉTEIL CEDEX Tél. 01 41 94 51 51 • Fax 01 41 94 51 52 Courriel neva@neva.fr

Directeur de la publication Maryvonne Barbaray Revue trimestrielle éditée par LES NOUVELLES ÉDITIONS VÉTÉRINAIRES ET ALIMENTAIRES - NÉVA Revue membre du SPEPS (syndicat de la presse et de l’édition des professions de santé) Prix du numéro : Praticiens : 58 € T.T.C. UE : 60 € Institutions : 120 €T.T.C. SARL au capital de 7622€

comité de lecture

Associés : M. Barbaray-Savey, H., M., A. Savey

Siège social : Europarc - 15, Rue Le Corbusier 94035 CRÉTEIL CEDEX C.P.P.A.P 07 20 T 88300 I.S.S.N. 1777-7232 Impression : IMB -Imprimerie moderne de Bayeux Z.I - 7, rue de la Résistance 14400 Bayeux

Reproduction interdite Toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, de la présente publication sans autorisation est illicite et constitue une contrefaçon. L’autorisation de reproduire un article dans une autre publication doit être obtenue auprès de l’éditeur, NÉVA. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre français d’exploitation du droit de la copie (C.F.C.). LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 148 - SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015

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u cours d’un suivi de reproduction, une vache de race Simmental, âgée de 7 ans, est présentée pour cause d’amaigrissement chronique et de dégradation lente et progressive de l’état général. Cet animal a fait l’objet de plusieurs visites ces trois derniers mois pour les mêmes raisons : baisse de production, appétit diminué mais sans hyperthermie, selon les souvenirs de l’éleveur. ● Une suspicion de réticulopéritonite par corps étranger a été émise et le traitement indiqué a été institué (aimant et antibiothérapie (ceftiofur pendant 5 j). Une indigestion chronique, plus ou moins en lien avec un hypothétique corps étranger, a ensuite été diagnostiquée et des traitements symptomatiques mis en œuvre. Malgré cela, l’état de cette vache a continué lentement de se détériorer. Cette vache a vêlé à l’automne précédent et, depuis, sa production de lait n’a cessé de se détériorer pour devenir négligeable. ● Le jour de la consultation, effectuée en période de stabulation hivernale (début mars), la vache présente les signes suivants : - un état corporel dégradé : 1,5 sur une échelle de 0 à 5 ; - la présence de traces sanguinolentes sur l’encolure (photo 1), sans particularité des zones d’où le sang s’est écoulé ; - une température T° 38,6°C ; - une tachycardie (FC > 100), des bruits cardiaques étouffés à l’auscultation, une réplé-

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Laurent Alves de Oliveira, Thierry Baron, Jean-Jacques Bénet, Maud Belliard, Dominique Bergonier, Henri-Jean Boulouis, Régis Braque, Christophe Chartier, Sylvie Chastant-Maillard, René Chermette, Eric Collin, Fabien Corbières, Stéphane Daval, Luc Descoteaux Jean-Claude Desfontis,

André Desmecht (Liège), Emmanuel Devaux, Alain Ducos, Barbara Dufour, Pascal Dubreuil (Québec) Gilles Fecteau (Québec) Christine Fourichon, Bruno Garin-Bastuji, Norbert Gauthier, Norbert Giraud, Denis Grancher, Jean-Marie Gourreau, Raphaël Guatteo, Jean-Luc Guérin, Nadia Haddad,

Olivier Salat, Guillaume Lemaire, Florent Perrot Clinique vétérinaire de la Haute Auvergne ZAC Montplain Allauzier 15100 Saint-Flour

1 Présence de traces sanguinolentes sur l’encolure (photo O. Salat).

tion légère des jugulaires qui disparaît en aval après compression ; - des bouses semi liquides, des contractions ruminales présentes mais ralenties ; - des muqueuses pâles ; - un aspect coloré des urines mais sans anomalie détectable sur la bandelette urinaire. ● L’éleveur signale que la vache était en hyperthermie (39,7°C) il y a 48 h. Elle a alors reçu une injection de 50 ml de Shotapen® (association de pénicilline sous forme procaïne et benzathine et de dihydrostreptomycine). 1 Quelles hypothèses formuler ? 2 Quels examens complémentaires envisager ? Réponses à ce test page 73

Nicolas Hermann, Christophe Hugnet, Jean-François Jamet, Martine Kammerer, Caroline Lacroux, Michaël Lallemand, Dominique Legrand, Catherine Magras, Xavier Malher, Jacques Manière, Guy-Pierre Martineau, Hervé Morvan, Jean-Marie Nicol, Philippe Le Page, Bertrand Losson (Liège),

Renaud Maillard, Florent Perrot, Pierre Philippe, Xavier Pineau, Hervé Pouliquen, Jean-Dominique Puyt, Nadine Ravinet, Nicolas Roch, Florence Roque, Adrian Steiner (Suisse), Edouard Timsit, Étienne Thiry (Liège), Brigitte Siliart, Damien Vitour.


édito NP elsa 32 Jacquiet 2_edito NP ELSA 29/03/2016 10:54 Page5

éditorial A propos de l’émergence ou de la réémergence de parasitoses externes et des difficultés de plus en plus grandes pour contrôler certaines d’entre elles ...

A

près des dossiers très complets en 2014 et 2015 sur les parasites internes des ruminants et les défis que pose actuellement leur contrôle*, LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé a souhaité faire le point sur les parasites externes. Dans ce dossier, deux aspects ont été mis sous les feux des projecteurs : l’émergence ou la réémergence de quelques parasitoses externes, et les difficultés de plus en plus grandes rencontrées dans le contrôle de certaines d’entre elles. Force est de constater que la gale psoroptique revient dans les élevages, notamment dans les zones herbagères de l’ouest de la France, alors que, même si elle n’avait pas disparu de notre pays, notamment en zone d’estive, son importance avait régressé en plaine dans les années 90 et 2000, grâce à des efforts de lutte concertés. C’est pourquoi, il nous a semblé utile de demander à un des spécialistes européens de ce parasite, le Pr Bertrand Losson de la Faculté Vétérinaire de Liège, de nous livrer une synthèse actuelle des connaissances sur Psoroptes ovis et des moyens de le contrôler. Le vétérinaire praticien peut être confronté à des situations qui vont lui paraître inédites au premier abord comme l’infestation par la puce Pulex irritans dans les élevages ovins et caprins. A partir d’un cas observé dans un élevage ovin viande des Hautes Pyrénées, Émilie Bouhsira, Maître de Conférences à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse, présente les différentes méthodes de lutte à mettre en place pour juguler ce qui ressemble vite à un fléau pour l’éleveur. Laurent Saboureau et Émilie Arnaud, de l’Alliance Pastorale de Montmorillon, font part de l’émergence de cas de myiases externes à Wohlfartia magnifica dans la Vienne, c’est-àdire dans une zone où personne ne s’attendait à voir surgir ce parasite, tant on le croyait circonscrit aux zones de montagne pyrénéenne ou alpine. Voilà un bel exemple du caractère évolutif de l’épidémiologie des maladies parasitaires ! Si la résistance de parasites internes comme les strongles gastro-intestinaux aux molécules chimiques est maintenant mieux connue, ce phénomène s’étend à certains parasites externes comme les stomoxes. En effet, l’équipe Vecteurs et Maladies Vectorielles de l’ENV Toulouse a démontré récemment qu’une population de ces mouches piqueuses, originaire du sud-ouest de la France, était résistante à tous les pyréthroïdes connus. Cela pose bien évidemment la question de la pérennité de la lutte chimique contre ces vecteurs de maladies importantes comme la besnoitiose. Des alternatives au seul traitement insecticide des animaux sont présentées et discutées. Pour illustrer cette nouvelle approche de lutte, notre consœur Caroline Lantuejoul, vétérinaire au GDS 44, présente dans ce numéro du NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE une initiative très originale de “containment” , comme disent nos collègues anglo-saxons, de la besnoitiose dans un foyer d’émergence en associant dépistage/réforme sélective d’animaux infectés d’une part, et une lutte par piégeage des Taons pour protéger des élevages indemnes d’autre part. e dossier est complété par une très intéressante réflexion sur les enjeux de la nouvelle structuration de la Plateforme d’épidémiosurveillance (Pascal Hendrikx). Pour les volailles, une mise en point de Caroline Le Maréchal et Rozenn Souillard sur le botulisme, maladie en forte recrudescence, vous apporte toutes les informations souhaitées aussi bien sur les dernières méthodes de diagnostic que sur le contrôle et la prévention dans les élevages. Le cahier des “rubriques” est introduit par un article de nos amis Québécois (Jean-Philippe Roy et Marjolaine Rousseau) sur les dernières techniques chirurgicales par laparoscopie lors de déplacement de la caillette. Pierre Sans consacre les “Enjeux économiques” à un bilan sur l’approvisionnement en viandes de la France (19952014) et Francis Enjalbert montre, dans son “cas pratique de nutrition” comment utiliser la paille en cas de pénurie de foin en troupeau allaitant. Voici donc encore un nouveau dossier très riche dont je vous souhaite une très bonne r lecture !

Philippe Jacquiet UMR INRA/ENVT 1225 IHAP et UMT “Santé des Petits Ruminants”, École Nationale Vétérinaire de Toulouse, 23 chemin des Capelles, BP 87 614, 31 076 Toulouse cedex 03

*Pour en savoir plus les dossiers LE NOUVEAU PRATICIEN vétérinaire élevages et santé ➜ N° 30 - Nouvelles perspectives de contrôle des helminthes chez les ruminants ➜ N°29 - La résistance aux anthelminthiques et le contrôle des strongyloses chez les ruminants

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disponible sur www.neva.fr

❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 149


6-7 Chronique Zénon elsa 32 BAT_6-7 Actualite 29/03/2016 11:22 Page6

actualités en perspective la résistance plasmidique à la colistine, qu’en faire maintenant ? disponible sur www.neva.fr

Les travaux en cours devraient pouvoir nourrir la réflexion des comités d’experts nationaux et européens sur le futur positionnement de la colistine dans l’arsenal thérapeutique vétérinaire ...

en bref ... sur les maladies transmissibles Le 4e trimestre 2015 a été assez agité du point de vue des maladies transmissibles, surtout chez les animaux de rente. Après le retour inopiné de la Fièvre catarrhale ovine en plein milieu de l’hexagone, en fin d’été, puis sa relative extension, nous avons eu droit à l’Influenza aviaire (classique peste aviaire) dans le grand sud-ouest, deux séries d’événements qui font l’objet d’un suivi sur Newsvet (www.neva.fr).

Essentiel ❚ Souvent menacées d’être considérées comme trop coûteuses, les collections bactériennes (souchothèques) sont des outils indispensables à la recherche.

ACTUALITÉS

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une nouvelle modalité de développement et de transmission de la résistance à la colistine, le support transférable (gène mrc-1 porté par un plasmide), a fait la “une” récemment. En effet, un support plasmidique n’avait jamais été identifié pour une résistance classiquement reconnue comme étant uniquement chromosomique. C’est à la mi-novembre 2015 que les agences de presse se sont intéressées à cette découverte de scientifiques chinois (publiée dans le Lancet Infectious Diseases du 18 novembre). Assez curieusement, de nombreuses publications ont confirmé en quelques semaines la présence de ce nouveau mécanisme de résistance dans de nombreux États européens dont la France, au sein de collections bactériennes d’entérobactéries de type Escherichia coli, Salmonella enteritica ou Klebsiella pneumonia d’origine animale ou humaine ; les plus anciennes bactéries porteuses de ce plasmide de résistance existaient depuis 2005. ● Ceci montre, d’une part, que les collections sont vraiment des outils indispensables à la recherche, ce qui n’est pas superflu en ces temps de restrictions budgétaire où elles sont souvent menacées d’être considérées comme trop coûteuses, et d’autre part, compte-tenu de la faible prévalence globale de la résistance à la colistine et de sa stabilité au cours des dernières années en France, que ce mécanisme n’a pas influencé de manière déterminante la situation, au moins jusqu’à ce jour. Alors pourquoi ces grands titres et cette mobilisation des autorités sanitaires ? NOTE * cf. La chronique “Antibiotiques et antibiorésistance une nouvelle ère en thérapeutique vétérinaire”, du même auteur, LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé N°28, 7-8.

LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 150 - SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015

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UN PAYSAGE DOMINÉ PAR LA NOTION D’ANTIBIOTIQUE D’IMPORTANCE CRITIQUE La prise de conscience de l’impact pratique et opérationnel du développement de la résistance aux antibiotiques dans le système de soins destinés à l’homme a conduit les autorités sanitaires mondiales (OMS) communautaires (Agence européenne du médicament - European Medecine Agency - et ses différents groupes spécialisés) et nationales (ministère de la Santé / direction générale de la Santé et Agence nationale de sécurité du médicamentANSM) à identifier des listes d’antibiotiques dénommés, dans le jargon OMS, “antibiotiques d’importance critique - AIC” pour l’homme, et parmi ces derniers, une liste plus restreinte “d’antibiotiques d’importance critique prioritaire - AICP” (cf avis de l’Anses concernant les antibiotiques critiques du 23/09/2015) [2]. Ces listes ont été analysées par l’ANSM en distinguant une liste d’antibiotiques particulièrement générateurs de résistances (céphalosporines de 3e et 4e génération et fluoroquinolones) d’une liste d’antibiotiques dits de “dernier recours”, où figure la colistine injectable, par ailleurs considérée comme AIC mais pas comme AICP par l’OMS, tandis que l’EMA et ses groupes spécialisés estime que la colistine utilisée en médecine vétérinaire ne présente pas un risque significatif pour l’homme en matière d’antibiorésistance. ●

Par ailleurs, les travaux de l’OIE ont permis d’identifier qu’il existait aussi des antibiotiques critiques en médecine vétérinaire et qu’ils correspondaient à la liste de l’ANSM regroupant ceux qui généraient le plus de résistance. C’est donc tout naturellement sur eux que se sont concentrés les efforts de réduction de consommation des antibiotiques en santé animale, notamment dans le cadre de la mise en œuvre du plan Écoantibio du ministère de l’Agriculture à partir de 2012 conforté dans la loi d’avenir pour l’agriculture d’octobre 2014*. ●


8-12 Enjeux d'une nouvelle structuration plateforme V° BAT_Gabarit Actualités 23/03/2016 18:26 Page8

actualités en perspective

les enjeux d’une nouvelle structuration de la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale Pascal Hendrikx

Anses, Direction des laboratoires, Unité de coordination et d’appui à la surveillance, 31 avenue Tony Garnier 69364 Lyon Cedex 07

Une surveillance efficace est basée sur une collaboration étroite entre les organismes impliqués dans cette surveillance aux différents échelons du dispositif. Les principes qui ont prévalu à la création de la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (Plateforme ESA) étaient fondés sur cette idée. Qu’en est-il de la Plateforme aujourd’hui ? Quelle forme doit-elle prendre demain ?

Objectifs pédagogiques ❚ Comprendre les avantages d'une organisation collaborative. ❚ Identifier certains enjeux de l'évolution organisationnelle de la Plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale.

L

a Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) a été créée en octobre 2011 en application du premier point du plan d’action des États généraux du sanitaire de 2010 [6]. ● Les EGS ont érigé le principe d’une Plateforme en partenariat entre l’État, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et les organisations professionnelles. ● Le partenariat entre les neuf organisations qui constituent aujourd’hui la Plateforme ESA est encadré par une convention cadre articulée d’une part, sur les modalités d’organisation de la Plateforme assurant une réelle collaboration entre les partenaires (comité de pilotage, équipe de coordination, équipe opérationnelle, groupes de suivi thématiques), et d’autre part, sur les règles de fourniture et de partage des données épidémiologiques. ● Après 4 années de fonctionnement, force est de constater la plus-value de la Plateforme dans la performance des dispositifs de surveillance qui sont entrés dans son champ. Que ce soit pour des dispositifs existants ou pour la création de protocoles en réaction à l’émergence de maladies nouvelles, la Plateforme a su faire la preuve de sa réactivité et de sa pertinence pour adresser les questions de surveillance sur un mode partenarial nouveau dans le paysage

En pratique ❚ Le partenariat entre les neuf organisations qui constituent aujourd’hui la Plateforme ESA est encadré par une convention cadre articulée sur les modalités d’organisation de la Plateforme assurant une réelle collaboration entre les partenaires, et sur les règles de fourniture et de partage des données épidémiologiques.

ACTUALITÉS

❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 152 - SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015

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sanitaire français en santé animale. ● La convention cadre qui lie les partenaires de la Plateforme ESA s’achève en mai 2016. Une nouvelle réflexion a donc été initiée pour définir quelle forme devait prendre la Plateforme après cette échéance, considérant que les principes de sa pérennisation ont été renforcés par la publication le 7 octobre 2015, en application de la Loi d’avenir agricole de 2014, de l’Ordonnance relative à l’organisation de la surveillance en matière de santé animale, de santé végétale et d’alimentation [9]. ● Cet article a pour objet de rappeler quelques bases conceptuelles et techniques déterminantes pour décider de la forme que va prendre la Plateforme ESA à l’avenir. Dans un premier temps, nous montrons que son mode organisationnel actuel répond à certaines normes dans le domaine de la coopération interinstitutionnelle, ce qui peut expliquer son succès. Nous indiquons dans un second temps que le mode organisationnel proposé pour l’avenir correspond à un changement de paradigme. Nous en étudions les implications tant d’un point de vue du principe de la collaboration que de celui de l’efficacité. LA PLATEFORME ESA, UNE PÉPINIÈRE D’ORGANISATIONS VIRTUELLES Le succès du mode collaboratif de la Plateforme ESA ne doit rien au hasard. Dans le domaine du management des organisations, les principes conceptuels de ce mode collaboratif ont été théorisés et leur développement a fait l’objet d’un projet européen dénommé Ecolead [2] qui a conceptualisé le principe de Virtual organisation breeding environment que nous traduisons par “pépinière d’organisations virtuelles” (encadré 1). Ces pépinières ont pour objet d’initier des projets qui regroupent un ensemble d’organisations susceptibles d’être amenées à collaborer, leur offrant un espace collaboratif avec des habitudes de travail communes ainsi que des méthodes et des outils dédiés. ●


13-20 Stomoxes et taons BAT_Gabarit dossier ruminants 24/03/2016 22:24 Page13

stomoxes et taons biologie, rôles pathogènes et contrôle chez les bovins

Philippe Jacquiet S. Shukri Emmanuel Liénard Michel Franc Émilie Bouhsira

Les stomoxes et les taons ont une grande importance en élevage bovin car ils occasionnent des nuisances et ils transmettent des agents pathogènes. Le contrôle de ces insectes n’est pas facile et, compte tenu de la résistance aux pyréthroïdes qui a été démontrée chez les stomoxes devient encore plus délicat aujourd’hui. Une méthode de lutte intégrée combinant l’utilisation raisonnée des insecticides, la gestion des lieux de reproduction (stomoxes uniquement) et le piégeage pourrait être proposée aux éleveurs.

L

es stomoxes et les taons sont des insectes mal connus qui jouent pourtant un rôle important en santé animale. Ils sont impliqués dans la transmission de maladies émergentes comme la besnoitiose bovine à Besnoitia besnoiti, l’anémie infectieuse des Équidés ou la fièvre West Nile. Aussi, un effort de recherche plus important leur est consacré depuis quelques années. Cet article se propose de faire l’état des connaissances sur Stomoxys calcitrans, la mouche charbonneuse, ainsi que sur les principales espèces de taons de notre pays. Sont abordées successivement les principales caractéristiques biologiques des larves et des adultes, les rôles pathogènes direct et indirect. Un bilan des méthodes de lutte actuelles et futures est dressé (photo 1).

LA PRÉSENCE DE STOMOXYS CALCITRANS ET LES PRINCIPALES ESPÈCES DE TAONS EN FRANCE ● Le genre Stomoxys, originaire de l'ancien monde, comprend 18 espèces appelées vulgairement stomoxes. ● Seule l’espèce Stomoxys calcitrans (Linné, 1758), cosmopolite, est présente en France

UMR INRA/ENVT 1225 IHAP et UMT “Santé des Petits Ruminants”, École Nationale Vétérinaire de Toulouse, 23 chemin des Capelles, BP 87 614 31 076 Toulouse cedex 03

Objectifs pédagogiques ❚ Connaître les principales

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Piège Vavoua posé à proximité de bovins pour la lutte contre les stomoxes (photo P. Jacquiet).

métropolitaine, cet article se focalise aussi sur celle-ci. Les 17 autres espèces sont retrouvées en Afrique et/ou en Asie. ● Dans la famille des Tabanidæ, qui comprend 4300 espèces réparties en 133 genres, des études limitées et déjà anciennes font état d’une centaine d’espèces en France métropolitaine [16]. - Récemment (2013), Baldacchino a montré que les espèces Tabanus bromius, Phylipomyia aprica, Hybomitra montana, H. caucasica et H. auripila représentent plus de 80 p. cent des taons capturés en été dans une zone pastorale des Pyrénées Orientales tandis que dans la plaine de la Crau en Camargue, deux espèces (T. bromius et Atylotus quadrifarius) représentent 98 p. cent des captures au mois de juin [2]. - En Loire-Atlantique, l’espèce T. bromius est également retrouvée en grand nombre ainsi que les espèces Haematopota pluvialis, Atylotus fulvus, Hybomitra bimaculata et H. expollicata [15]*. Ainsi, si un grand nombre d’espèces peuvent être présentes et capturées, seules quelques unes d’entre elles le sont dans des proportions importantes à proximité des troupeaux à un moment donné.

caractéristiques du repas de sang des stomoxes et des taons qui conditionnent la transmission mécanique d’agents pathogènes. ❚ Avoir connaissance du premier cas de résistance aux pyréthroïdes chez le stomoxe. en France métropolitaine. ❚ Connaître les principales pistes de recherche envisagées pour établir une lutte intégrée contre ces vecteurs.

Essentiel ❚ Les stomoxes et les taons par leur comportement trophique sont particulièrement adaptés à la transmission mécanique d’agents pathogènes. ❚ Le premier cas de résistance aux pyréthroïdes chez les stomoxes a été démontré en 2012 en France métropolitaine.

RUMINANTS NOTE * cf. L’article “Piégeage contre la besnoitiose bovine” de C. Lantuejoul dans ce même numéro.

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 157


21-30 La gale psoroptique ovine et bovine BAT_Gabarit dossier ruminants 29/03/2016 11:35 Page21

la gale psoroptique ovine et bovine : clinique et approches thérapeutiques En raison de sa haute contagiosité, de son épidémiologie complexe, de son impact zootechnique et clinique et du coût élevé des interventions thérapeutiques, la gale psoroptique chez le mouton et chez la vache reste un problème majeur en élevage. L’affection, à la fois chez le mouton et la vache, est liée à la prolifération d’une seule et même espèce d’acarien astigmate, Psoroptes ovis. Néanmoins, les atteintes chez les ovins et les bovins se différencient par des différences marquées aux niveaux clinique et thérapeutique.

L

a gale psoroptique constitue un réel paradoxe : l’agent pathogène est connu depuis très longtemps et a fait l’objet de nombreuses études sur sa biologie et les relations qu’il entretient avec son hôte [18], l’affection est généralement facile à diagnostiquer - tant au plan clinique qu’au niveau du laboratoire [23] et la profession vétérinaire dispose d’une large gamme de produits acaricides à application locale ou systémique [11, 39]. ● Malgré toutes ces connaissances et ces moyens de lutte, l’affection persiste parfois durant de très longues périodes et entraîne des pertes considérables liées aux frais de main d’œuvre, à l’achat de médicaments, aux pertes zootechniques (lait, viande, laine, cuir), aux délais d’attente souvent très longs, aux dégradations du matériel d’élevage liées au comportement frénétique de grattage et aux mortalités éventuelles [35, 40]. ● La gale psoroptique chez les ovins et les bovins présente des similitudes mais aussi des différences marquées qu’il convient de bien connaître afin d’établir au plus vite un diagnostic étiologique précis et de mettre en place les mesures de contrôle les plus appropriées.

Dans ce cadre, le diagnostic différentiel des atteintes cutanées prurigineuses est brièvement abordé pour chaque espèce. ● Cet article vise à attirer l’attention du praticien sur ces différences et rappeler un certain nombre d’éléments clés qui sont à prendre en considération avant d’entreprendre des mesures de contrôle au niveau d’un troupeau. Il s’attache à décrire les différents facteurs susceptibles de compliquer, voire d’entraver la mise en place d’un programme d’éradication au niveau d’une région ou d’un élevage donné. Les outils thérapeutiques disponibles sont décrits pour chacune des deux espèces et quelques recommandations essentielles sont données.

Bertrand Losson Unité de Parasitologie Maladies parasitaires Faculté de Médecine vétérinaire Bat. B43, Sart Tilman, Université de Liège B4000 Liège Belgique

DES DERMATOSES PARASITAIRES CONTAGIEUSES ET PRURIGINEUSES ● Les gales sont des dermatoses parasitaires contagieuses et prurigineuses dues à l’activité d’acariens qui se multiplient à la surface, dans les couches superficielles ou dans les productions épidermiques réactionnelles de la peau. Trois espèces d’acariens parasites sont plus ou moins souvent observées chez le mouton et chez la vache [11, 30] : 1. Sarcoptes scabiei est responsable de la gale sarcoptique, une affection devenue rare en France. Le sarcopte creuse des galeries intra-épidermiques et entraîne des infestations sévères potentiellement fatales en particulier chez les bovins. 2. Chorioptes bovis est un agent de gale superficielle très répandu, responsable d’une gale, en général localisée aux membres postérieurs, à la base de la queue et au pis. Dans la plupart des cas, son impact clinique est faible, sauf en production laitière où les lésions mammaires peuvent rendre la traite difficile. 3. Psoroptes ovis est responsable d’une gale généralisée à la fois chez les ovins (gale de la laine) et chez les bovins. En Europe occidentale, cette espèce est, de loin, la plus importante tant au plan clinique qu’économique [22, 32]. Elle représente en outre une sérieuse entrave au bienêtre animal [8].

Objectifs pédagogiques ❚ Rappeler quelques éléments clé sur les gales chez le mouton et la vache, en particulier la gale psoroptique. ❚ Insister sur les similarités et différences entre l’atteinte chez les deux espèces. ❚ Établir un diagnostic et sélectionner l’approche thérapeutique la plus adéquate en fonction des différentes contraintes économiques, réglementaires et environnementales.

Essentiel ❚ La gale psoroptique est hautement contagieuse. ❚ Les atteintes de gale psoroptique sont toujours un défi pour le praticien et pour l’éleveur. ❚ La gale psoroptique n’est pas une simple dermatose ; elle a des répercussions très marquées sur le comportement des animaux infestés et sur des marqueurs de stress et d’inflammation chronique.

RUMINANTS

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 165


31-34 myiases - emergences BAT_Gabarit dossier ruminants 24/03/2016 19:41 Page31

myiases :

données originales

l’émergence de cas à Wohlfahrtia dans le sud vienne chez les ovins

Laurent Saboureau Émilie Arnaud Pôle Santé Animale Alliance Pastorale 48 avenue de l’Europe CS 80095 86502 Montmorillon Cedex

Les myiases sont en fort développement en France depuis de nombreuses années. Alors que Wohlfahrtia magnifica se développait en altitude, elle est désormais observée à moins de 200 m d’altitude.

L

’ affection provoquée par la présence et le développement de larves de Diptères histophages sur la peau ou dans divers organes est appelée myiase.

Les ectomyiases correspondent aux développements de larves observés sur le corps des animaux. En France, chez les ovins, ce sont les ectomyiases dues à Lucilia sericata qui sont observées dans les zones de plaines et Wohlfahrtia magnifica en altitude, au-dessus de 600 à 800 m [1]. En contradiction avec cette répartition, se développent depuis 3 ans dans le sud du département de la Vienne (86), à moins de 200 m d’altitude, des myiases à Wohlfahrtia. Nous présentons les principales caractéristiques des myiases à Lucilia sericata, puis, par opposition, les nouveaux cas survenus dans cette région et les éléments ayant conduit à l’identification de myiases à Wohlfartia magnifica. Nous montrons les difficultés à traiter et à prévenir ces nouveaux cas. LES MYIASES HABITUELLES DU CHEPTEL OVIN EN POITOU-CHARENTES ET EN LIMOUSIN Depuis un peu moins de 20 ans qu’elles ont fait leur apparition au sein des cheptels ovins de la région [2], les myiases ont toujours été causées par Lucilia sericata, mouche de la sous-famille des Calliphorinés (tableau). ● Ces myiases apparaissent d’avril à novembre, plus particulièrement lorsque les conditions climatiques sont chaudes et humides. ●

Objectifs pédagogiques ❚ Connaître la répartition géographique habituelle des myiases des ovins en France. ❚ Être informé de l’émergence d’un type de myiases atypiques en plaine. ❚ Connaître les symptômes des différentes myiases des ovins, et les méthodes de lutte ainsi que leurs limites.

1 Myiase de la vulve (photo E. Arnaud, Pôle Santé Animale Alliance Pastorale).

Clinique ● Elles se caractérisent par des lésions cutanées situées de préférence sur le dos, l’abdomen, les gigots ou l’espace interdigité. Les zones de blessure, ou tout simplement souillées ou humides, sont plus particulièrement favorables aux développements des larves de Lucilia qui “minent” la peau, le tissu sous-cutané et les muscles au cours de leur développement. ● Le cycle de développement est très rapide ; aussi, les moutons présentent un prurit quelques heures après la ponte des œufs sur la toison. ● Les lésions observées sont des tâches noirâtres sur la toison, avec effet “Iceberg” : si la plaie extérieure paraît peu étendue, les lésions en dessous sont plus importantes et profondes. Une multitude de larves (asticots) sont visibles à l’œil nu au niveau des plaies. ● Les larves présentes dans les plaies ainsi que dans les tissus en voie de décomposition libèrent des toxines qui sont véhiculées par le sang dans tout l’organisme : cette intoxination est à l’origine de troubles sévères de l’état général chez l’animal. Les animaux présentent de l’apathie, de l’anorexie et un amaigrissement rapide. ● Selon la localisation des lésions, d’autres signes peuvent apparaître, comme une boiterie en cas d’atteinte podale, et les plaies occasionnées peuvent se surinfecter.

Essentiel ❚ Les myiases habituellement rencontrées sont chez les ovins les ectomyiases dues à Lucilia sericata qui sont observées dans les zones de plaines et Wohlfahrtia magnifica en altitude, au-dessus de 600 à 800 m.

Nouveau ! ❚ Des myiases à Wohlfahrtia sont maintenant observées et identifiées dans la Vienne, à 200 m d’altitude.

RUMINANTS

Évolution En l’absence de traitement, la mort survient en seulement quelques jours, consécu●

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 175


35-42 Puces en élevage ovin BAT_Gabarit dossier ruminants 24/03/2016 22:16 Page35

observation clinique

Observation originale

puces en élevage ovin : un cas d’infestation Émilie Bouhsira Emmanuel Liénard Philippe Jacquiet Michel Franc

par Pulex irritans ou “puce de l’homme” Les problèmes d’infestation par les puces chez les animaux de rente sont bien moins connus que chez les carnivores domestiques, et peu décrits dans la littérature. Des cas d’infestations massives par l’espèce de puces, Pulex irritans ou “puce de l’homme”, sont néanmoins de plus en plus rapportés par les vétérinaires praticiens, notamment en élevage ovin, caprin et porcin, avec beaucoup de difficultés d’éradication.

C

et article présente un cas clinique d’infestation par Pulex irritans dans un élevage ovin des HautesPyrénées, s’accompagnant de peu de nuisances chez les animaux et d’une gêne considérable chez les éleveurs et leur famille. Il vise à attirer l’attention du praticien sur le potentiel zoonotique majeur de cette parasitose qui est, en général, la première cause de consultation. La mise en place d’un plan de lutte et son suivi sont souvent lourds, et conduisent bien souvent à la démotivation et à l’abandon des éleveurs, comme dans le cas présenté ici. ANAMNÈSE ET COMMÉMORATIFS

● L’élevage, localisé dans une commune des Hautes-Pyrénées, à une altitude de 905 m, est constitué de 320 brebis Tarasconnaise et Barégeoise, de 80 agnelles croisées Tarasconnaise et Blanche du Massif Central (BMC) et de huit béliers BMC. ● Les brebis sont séparées en deux groupes dans deux bergeries différentes : - les mères et les agneaux sont logés dans une bergerie relativement ancienne, où les problèmes de puces sont décrits comme étant les plus importants (photo 1) ; - les brebis taries et les brebis de plus de 2 ans sont hébergées dans une autre berge-

Laboratoire de Parasitologie et Maladies Parasitaires, INP-ENVT, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, F-31076 Toulouse, France

A

Objectifs pédagogiques ❚ Rappeler les éléments clés de la biologie des puces qui permettent de comprendre l’importance du traitement des animaux et celui des locaux. ❚ Insister sur l’importance de l’identification morphologique de l’agent responsable, car P. irritans est un parasite adapté à l’homme ; il s’agit donc d’un problème de santé publique. B

Essentiel ❚ Toute infestation par les puces en élevage ovin qui engendre des nuisances très importantes chez les éleveurs et leur famille doit faire penser à une infestation par P. irritans. ❚ Une identification de l’espèce de puce en cause est nécessaire afin de proposer des mesures de contrôle les plus adéquates possibles. ❚ L’éradication de P. irritans représente néanmoins un défi pour le praticien et pour l’éleveur.

1

Bergerie infestée par Pulex irritans. - La litière est un milieu idéal pour permettre le déroulement du cycle des puces, la température et l’humidité y sont idéales pour assurer la transformation des œufs en larves, puis des larves en pupes. - Les larves y trouvent également la matière organique pour se nourrir (photo E. Bouhsira, Service de Parasitologie, ENVT).

rie, rénovée 2 ans auparavant et dans laquelle, selon les éleveurs, les infestations par les puces semblent moins importantes. ● Les béliers sont logés dans une ferme différente où aucun problème de puces n’a été signalé. ● La saison d’agnelage s’étend de septembre à fin mars.

RUMINANTS

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 179


43-47 Piégeage contre la Besnoitiose BAT_Gabarit dossier ruminants 24/03/2016 22:49 Page43

le piégeage contre la besnoitiose bovine : chez les bovins des essais en Loire-Atlantique Afin de lutter contre la besnoitiose, maladie aux enjeux à la fois sanitaires et commerciaux, un plan d'assainissement des élevages touchés a été mis en place en Loire-Atlantique en utilisant notamment le piégeage des vecteurs de la maladie.

L

a besnoitiose bovine, maladie parasitaire transmise par des insectes hématophages, taons et stomoxes, est présente depuis toujours dans certaines zones du sud de la France. Suite très probablement à l'achat de bovins infectés venant des régions endémiques, elle a été détectée dans une commune de Loire-Atlantique pour la première fois en 2011. Cet article propose un rappel sur la maladie, sa clinique et sa transmission, puis il expose la situation de besnoitiose bovine en LoireAtlantique et le projet de lutte vectorielle mis en place dans un objectif d’assainissement de la zone contaminée. CLINIQUE DE LA MALADIE

● La besnoitiose bovine, maladie induite par le protozoaire Besnoitia besnoiti, touche uniquement les bovins [5]. Après infection, la maladie peut éventuellement se manifester. ● Trois phases cliniques sont observées : 1. la phase fébrile (3 à 10 j) avec une forte hyperthermie, une peau chaude congestionnée douloureuse, de l’épiphora et du jetage ; 2. la phase des œdèmes (1 à 3 semaines) : une température normale, la peau toujours chaude et douloureuse, un épaississement possible mais sans sclérodermie, des œdèmes au niveau de la tête, du fanon et de l’extrémité des membres, une démarche parfois difficile caractérisent cette phase ; 3. la phase de sclérodermie (plusieurs mois) avec de l’hyperkératose, de l’alopécie, le détachement de lambeaux de peau nécrosée, la formation de crevasses [2].

Caroline Lantuejoul GDS Loire-Atlantique Rue Pierre Adolphe Bobierre 44939 Nantes Cedex 9

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ● La première phase clinique est peu spécifique de la besnoitiose bovine, son diagnostic est alors délicat hors contexte épidémiologique. ● Sur la seconde phase, une confusion est possible avec l’ehrlichiose bovine, une photosensibilisation ou la fièvre catarrhale ovine. ● La dernière phase est davantage spécifique de la maladie. Les symptômes cutanés peuvent toutefois être confondus avec de la gale. L’absence de prurit ou la présence de kystes qui peuvent parfois être observés sur la sclère oculaire peuvent apporter des éléments dans le diagnostic de la besnoitiose bovine. ● Des analyses sérologiques (Elisa et Western Blot) doivent être réalisées afin de mettre en évidence un nouveau foyer [12].

SA TRANSMISSION ● Le bovin se contamine suite à la piqûre d'insectes hématophages tels que les tabanidés (taons) et Stomoxys calcitrans en Europe. Lors de son repas sanguin, l’insecte charge ses pièces buccales en parasites présents dans des kystes sous-cutanés. ● En cas d’interruption de ce repas, l'insecte hématophage essaie de le terminer rapidement et cherche ainsi à se gorger sur le même hôte ou un hôte à proximité [3, 4]. C'est alors qu'il peut contaminer un congénère. Il ne joue qu’un rôle mécanique, le parasite ne se multiplie pas et n’est retrouvé que dans les 24 h suivant le repas dans les pièces buccales de l’insecte. ● Les tabanidés prélèvent 30 fois plus de sang qu’un stomoxe lors d’un repas sanguin [6, 16] et l’interruption de leur repas de sang serait très fréquente. ● Néanmoins, le rôle des stomoxes dans la transmission de la besnoitiose n’est pas négligeable, notamment en raison de leur présence sur une plus grande période de l’année, de leur activité au sein des bâtiments d’élevage et de leur repas sanguin quotidien [2, 14]. Les tabanidés prélèvent 30 fois plus de sang qu’un stomoxe lors d’un

Objectifs pédagogiques ❚ Connaître les symptômes de la besnoitiose bovine. ❚ Comprendre le rôle de transmission mécanique des vecteurs de la besnoitiose bovine pour lutter contre cette maladie.

Essentiel ❚ Le diagnostic de la besnoitiose doit être confirmé par des analyses sérologiques (ELISA + Western Blot). ❚ Le risque d’émergence de la besnoitiose bovine est important lorsque les conditions environnementales sont favorables aux vecteurs de la maladie. ❚ En lien avec le comportement trophique des vecteurs, la transmission intra-troupeau de la besnoitiose bovine est très efficace. La transmission inter-troupeau est réduite, voire nulle, dès que l’on met un peu de distance entre les troupeaux sains et les troupeaux contaminés.

RUMINANTS ❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 187


NP ELSA collection 2016_Pub Abonn ELSA 2009 29/03/2016 12:24 Page1

Je complète ma collection Volume 7

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- L’évolution de la cons et de l’usage des ant chez les bovi ns et les petits ruminant - Évolutions de l’antibio chez les rum inants - La surveillan ce de la résistanc épidém en santé publ e - La méthodol ique ogie d’ét de la sensibilit aux antibiotiq é ues par diffusion - Fluoroquinoloet par d nes et céphalosp orines de 3 et 4 géné des molécule ration s récent identifiées comme cri - Traitements collectifs lors de bron chopneu infectieuse bovine : faut-il enco re les utili

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59-54 Botulisme aviaire BAT_Gabarit porcs-volailles 24/03/2016 17:10 Page49

le botulisme aviaire Caroline Le Maréchal Rozenn Souillard Anses, Laboratoire de Ploufragan/Plouzané BP 53, 22440 Ploufragan

réglementation

Une forte augmentation du nombre de cas de botulisme aviaire a été observée en France et en Europe dans les élevages avicoles (principalement en élevages de dindes et poulets de chair) entre 2007 et 2010. L’origine de cette recrudescence n’a pas été élucidée à ce jour.

L

e botulisme est une affection neuroparalytique sévère qui touche à la fois l’homme et les animaux. Cette maladie est due à l’action de la toxine botulique qui empêche la libération de l’acétylcholine au niveau des jonctions neuronales, bloquant ainsi la transmission des messages nerveux. ● Chez l’homme, le botulisme est souvent associé à la consommation de “conserves maison”. ● Chez les animaux, cette maladie touche à la fois les animaux d’élevage et l’avifaune sauvage. ● À l’échelle mondiale, le botulisme aviaire représente probablement la maladie la plus importante chez les oiseaux migrateurs [6] Elle est considérée comme la première cause de mortalité chez les oiseaux d’eau [26]. Des épisodes impliquant plus de 50 000 oiseaux morts ne sont pas rares [26]. ● Bien que décrite depuis le début du 20e siècle, cette maladie reste encore méconnue. C’est dans ce contexte que le laboratoire de l’Anses de Ploufragan a été nommé laboratoire national de référence botulisme aviaire fin 2011. ● Après un rappel des données épidémiologiques, nous décrivons les signes cliniques et développons les techniques de diagnostic, les traitements ainsi que les mesures de prévention (nettoyage et désinfection). DONNÉES ÉPIDÉMIOLOGIQUES Fréquence Plus de 100 cas de botulisme aviaire ont été signalés au RNOEA (Réseau national d’observations épidémiologiques en avicul-

● Le botulisme est une maladie à déclaration obligatoire (danger sanitaire de première catégorie) en France.

Au niveau européen, l’absence d‘obligation de déclaration des cas dans la plupart des pays entrave la surveillance effective de cette maladie et aboutit à une sous-estimation du nombre de cas annuels rapportés [6].

En cas de suspicion d’un cas de botulisme aviaire, les DDPP (Direction départementale de la protection des personnes) doivent en être informées par le vétérinaire sanitaire. ●

ture) en 2007, puis après cette période de recrudescence, ce nombre de cas annuel est revenu à une vingtaine de cas depuis 2012. Répartition Le type toxinique majoritairement impliqué dans les épisodes de botulisme aviaire à l’heure actuelle dans le monde est le type mosaïque C/D. Des cas de type C, D et D/C sont également rapportés en France et en Europe mais avec une prévalence beaucoup plus faible et le type E est rare. ● Les bovins sont très sensibles aux types D et D/C et des cas de type C sont recensés régulièrement. Des contaminations croisées entre volailles et bovins sont souvent évoquées dans la littérature [25]. ●

➜ Une bonne maîtrise des barrières sanitaires est donc indispensable pour prévenir la transmission de spores depuis les volailles vers les bovins lors d’un épisode clinique. ● Des cas de botulisme aviaire de type E sont recensés chaque année autour des Grands Lacs aux États-Unis. ● En France, le dernier cas de botulisme aviaire de type E a été observé dans un élevage de volailles en 2001. Aucun cas n’a été diagnostiqué depuis, que ce soit en élevage ou en faune sauvage en France. Le type E présentant un risque zoonotique, son exclusion lors du diagnostic chez les volailles est impérative afin de mettre en place les mesures de gestion appropriées. Au contraire, le risque zoonotique des types C, D et mosaïques C/D et D/C est considéré comme faible ou négligeable [1, 8].

Objectifs pédagogiques ❚ Connaître les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de la maladie. ❚ Connaître la démarche diagnostique. ❚ Savoir gérer les épisodes et prévenir les récidives.

Essentiel ❚ À l’échelle mondiale, le botulisme aviaire représente probablement la maladie la plus importante chez les oiseaux migrateurs : la première cause de mortalité chez les oiseaux d’eau. ❚ Maladie considérée comme saisonnière avec une augmentation du nombre de cas pendant l’été, le botulisme peut être détecté toute l’année, y compris en hiver, surtout en élevage. ❚ Les espèces concernées sont en majorité les poulets de chair et les dindes de chair mais. Des cas sont rapportés en pintades, en élevages reproducteurs, en poules pondeuses, en faisans, en canards.

VOLAILLES ❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

49

LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 193


55-62 Chirurgie déplacement caillette BAT_Gabarit rubrique 23/03/2016 22:15 Page55

chirurgie

synthèse originale

le déplacement de la caillette techniques de chirurgie par laparoscopie La chirurgie de caillette par laparoscopie est une technique maintenant pratiquée un peu partout dans le monde. Cette technique est utilisée principalement pour les déplacements de caillette à gauche, mais peu aussi être utilisée pour des dilatations de caillette ainsi que sur des caillettes non déplacées. Voici les avantages et les inconvénients des différentes techniques ainsi que les résultats attendus suite à la procédure.

L

es problèmes reliés à la caillette (déplacement à gauche, dilatation et volvulus à droite) sont encore très fréquents dans les troupeaux bovins laitiers et ce, malgré les améliorations apportées dans plusieurs domaines au cours des dernières décennies (ex. : régie, nutrition, génétique). En moyenne au Québec de 2009 à 2013, 15 000 chirurgies de caillette ont été effectuées chaque année pour un cheptel d’environ 350 000 vaches laitières, soit une incidence annuelle d’environ 4 p. cent (MAPAQ 2014, communications personnelles*). ● Plusieurs techniques chirurgicales sont indiquées [8]. Une technique à l’aveugle (tiges navettes) peut être employée [3]. Les principales techniques chirurgicales utilisées sont l’omentopexie par le flanc droit, l’abomasopexie transfixée par le flanc gauche, l’abomasopexie paramédiane et plus récemment, l’abomasopexie par laparoscopie [1, 2, 4, 5]. L’objectif de cet article est de décrire les différentes techniques de fixation de la cailletNOTE * MAPAQ : ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

Jean-Philippe Roy Marjolaine Rousseau Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal Saint-Hyacinthe CP 5000, J2S 7C6 Québec, Canada

Objectifs pédagogiques

1

Matériel laparoscopique requis pour visionner la cavité abdominale (laparoscope, source lumineuse portative, trocart et canule laparoscopique #2) (photo Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal).

te déplacée à gauche par laparoscopie réalisables à la ferme. Les taux de succès ainsi que les avantages et les inconvénients de ces techniques par rapport aux méthodes plus conventionnelles sont présentés.

❚ Connaître les techniques d’abomasopexie par laparoscopie en une et en deux étapes. ❚ Comprendre les avantages et les inconvénients des différentes techniques chirurgicales pour le traitement des déplacements de caillette à gauche ❚ Connaître les taux de réussite, de récidive et d’échec.

Essentiel

L’ABOMASOPEXIE PAR LAPAROSCOPIE : UNE TECHNIQUE EN DEUX ÉTAPES L’abomasopexie par laparoscopie a été la première technique décrite en 1998 [4]. Elle a été décrite par le Dr Janowitz, un médecin vétérinaire allemand en pratique privée. C’est actuellement la technique laparoscopique pour la fixation de la caillette la plus pratiquée dans le monde (principalement au Canada, aux États-Unis, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie). Elle est surtout préconisée pour la correction des déplacements de caillette à gauche, mais peut l’être aussi après modification de certains points (non décrits dans le présent article) pour la correction des dilatations de caillette à droite. En revanche, elle ne peut pas être utilisée pour la correction des volvulus de la caillette. ●

❚ L’abomasopexie par laparoscopie est une technique peu invasive et rapide qui nécessite une antibiothérapie dans une minorité de cas. ❚ Les principaux inconvénients de l’abomasopexie par laparoscopie sont : le coût de l’équipement, le besoin d’assistance pour la réalisation de l’intervention et la nécessité de placer l’animal en décubitus dorsal pour la technique en deux étapes.

La première étape de l’abomasopexie par laparoscopie La première étape de l’abomasopexie par laparoscopie s’effectue avec la vache debout (en général non tranquilisée) avec une contention adéquate dans une stalle ou dans un box. Le chirurgien porte des gants

RUBRIQUE

❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

55

LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 199


63-66 Enjeux eco 20 ans approvisionnement viandes BAT_Gabarit rubrique 23/03/2016 16:56 Page63

enjeux économiques 20 ans de bilans d’approvisionnement en viandes de la France (1995-2014)

Pierre Sans

Le paysage du marché français de la viande a connu de profonds changements sur les 20 dernières années, sous l’effet de facteurs internes (évolution des structures de production, dynamique des marchés intérieurs …) mais aussi de décisions externes (réformes de la Politique Agricole Commune, mondialisation des marchés encadrée par l’Organisation Mondiale du Commerce, OMC). La tendance traduit la dégradation de la compétitivité des filières animales françaises dans un contexte concurrentiel nouveau.

C

et article propose une synthèse graphique de l’évolution de l’équilibre des ressources du marché français pour une viande donnée et ses emplois, selon la méthode dite du bilan d’approvisionnement (encadré ) sur la période 1995-2014. l La date retenue comme début de la période analysée correspond à l’entrée en vigueur des accords de Marrakech, signés sous l’égide de l’OMC et visant à favoriser le commerce international des produits agricoles. Pour chaque grand type de viande, nous présentons l’évolution de sept indicateurs issus ou calculés à partir des données du bilan d’approvisionnement annuel (encadré 1 définitions) : - la production indigène brute ou pib (en milliers de tonne-équivalent carcasse ou Tec) ; - la consommation indigène brute ou cib (en

INP-E.N.V.T. Département Élevage et Produits / santé publique vétérinaire Unité pédagogique Productions animales - Économie 23, chemin des Capelles - BP 87614 31076 Toulouse Cedex 03

Figure 1 - L’évolution de la production et de la consommation intérieure Milliers Tec* 2 100 2 000 1 900 1 800 1 700 1 600 1 500 1 400 00 95 20 19

05 20

20

% 140 120 100 80 60 40 20 0

10

Objectif pédagogique ❚ Décrire l’évolution des bilans d’approvisionnement des principales viandes.

Consommation Indigène brute Production indigène brute Taux d'auto-approvisionnement

* Tec : tonne-équivalent carcasse

milliers de tec) ; - le taux d’auto-approvisionnement (en %) ; - les volumes importés (en milliers de tec) ; - les volumes exportés (en milliers de tec) ; - le ratio volumes importés/cib ; - la ratio volumes exportés/pib. l Ces indicateurs sont présentés sous la forme de deux graphiques, précédés d’un tableau de cadrage sur l’évolution des effectifs présents et suivis d’un commentaire. l L’ensemble des données exploitées est issu des bilans élaborés par FranceAgriMer à partir des statistiques du Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture ainsi que des informations fournies par les Douanes [1, 2]. LA VIANDE BOVINE (gros bovins et veau de boucherie) l Dans un contexte de baisse du cheptel reproducteur sur la période (tableau 1), la production indigène brute (pib) a diminué de 300 000 tec (tonne-équivalent carcasse) (figure 1). Elle a connu des variations impor-

Essentiel ❚ La consommation indigène brute de viande bovine est restée stable entre 1995 et 2014 malgré une augmentation de la population française de près de 6,6 millions d’habitants. ❚ Le solde du commerce extérieur se réduit fortement entre 1995 et 2014 et le ratio export/production se dégrade : de 40 p. cent en 1995 à 26 p. cent en 2014.

Tableau 1 - L’évolution des cheptels (en milliers de têtes) 1995

2000

2005

2010

2014

l

Tous bovins

20 524

20 216

18 930

19 842

19 463

l

Vaches laitières

4 754

4 424

3 947

3 748

3 615

l

Vaches allaitantes

4 005

4 071

4 204

4 204

4 144

RUBRIQUE ❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 207


67-69 Nutrition Utilisation de paille BAT_Gabarit rubrique 23/03/2016 16:06 Page67

cas pratiques de nutrition

études de cas en alimentation des ruminants : l’utilisation de paille en cas de pénurie de foin en troupeau allaitant

Francis Enjalbert

École Nationale Vétérinaire de Toulouse BP 87614 23, Chemin des Capelles 31076 Toulouse Cedex 3

La sécheresse du printemps a compromis les récoltes de foins dans de nombreuses régions d’élevage allaitant. L’alimentation des vaches et des génisses pendant la période hivernale peut nécessiter le recours à des fourrages de substitution.

D

ans de nombreuses régions, un printemps sec s’est traduit par des récoltes de fourrages en quantité anormalement basse ; en outre, la persistance de la sècheresse en début d’été, entraînant un arrêt de la pousse de l’herbe, a contraint certains éleveurs à entamer leurs stocks de fourrage conservé. Dans ces conditions, les quantités disponibles de foins ou d’ensilages d’herbe sont souvent inférieures à ce qui serait souhaitable pour assurer la ration hivernale des vaches et des génisses de renouvellement. ● Des solutions de substitution doivent donc être trouvées. Même si certaines solutions liées à la conduite d’élevage comme l’anticipation de réformes prévues ou la réforme de vaches vides sont envisageables, cet article n’est consacré qu’aux solutions alimentaires. ● Les exemples chiffrés sont basés sur une disponibilité d’environ 7 kg de foin de prairie permanente de qualité moyenne (récolté au stade épiaison et séché par beau temps) par vache et par jour, et sur l’utilisation de paille pour compléter cet apport de foin.

LA PAILLE DE CÉRÉALES La paille peut être utilisée en alimentation animale, à condition d’être bien conservée, c’est-à-dire récoltée sèche et conservée à l’abri de la pluie. Il s’agit d’un fourrage à la fois très peu ingestible, très pauvre en énergie (moins de 0,4 UFL par kg brut, Inra, 2010) et très pauvre en azote (moins de 4 p. cent de MAT) qui, utilisé seul, ne couvrirait même pas la moitié des besoins alimentaires de vaches allaitantes. ●

Il n’est ainsi pas souhaitable de faire des rations dont la paille serait le seul fourrage, et en cas de stock insuffisant de foin, il faut surtout ne pas attendre d’avoir terminé ce stock pour envisager une solution alternative. Il est, en revanche, possible d’associer dès le début d’hiver la paille à des foins ou à des ensilages. La paille doit être distribuée à volonté, à l’auge ou au râtelier, si possible plusieurs fois par jour pour stimuler la consommation. ● Des traitements de la paille permettent d’améliorer sa valeur alimentaire : le plus classique est le traitement par l’ammoniac, qui améliore à la fois la valeur énergétique en rendant les parois cellulaires plus accessibles aux microorganismes du rumen, et la valeur azotée grâce à l’azote de l’ammoniac. Cependant, l’approvisionnement en ammoniac à usage agricole est devenu très difficile, si bien que cet article ne présente pas d’exemples avec de la paille traitée. ●

Objectif pédagogique ❚ Savoir valoriser la paille lors de pénurie de foin en élevage allaitant.

DES EXEMPLES DE COMPLÉMENTS AZOTÉS ET ÉNERGÉTIQUES Lors d’utilisation de paille dans la ration, une complémentation azotée est systématiquement nécessaire, sauf dans les rares cas où la paille serait associée à un bon foin de légumineuses. ● Cette complémentation azotée peut faire appel à des tourteaux, et à des aliments liquides, aliments à base de coproduits de sucrerie (mélasse, vinasses) et riches en azote soluble, en général apporté sous forme d’urée (tableaux 1, 2 et 3, les deux premiers étant basés sur des aliments liquides, le dernier sur des tourteaux). - Ces aliments sont très riches en PDIN par rapport aux PDIE, et relativement appétibles en raison de leur goût sucré. Outre l’apport énergétique et protéique pour l’animal, l’apport conjoint de glucides rapidement fermentescibles et d’azote facilement dégradable par ces aliments stimule l’activité du microbiote ruminal, et améliore donc la digestibilité des fourrages. - Ces aliments peuvent être mélangés à la paille, ou simplement versés sur la paille à ●

Essentiel ❚ La paille de céréales peut être associée à du foin lorsque ce dernier est en quantité insuffisante. ❚ Avec des rations dont la paille représente une part des fourrages, une complémentation azotée et minérale est indispensable. ❚ Un apport de concentrés énergétiques est en général utile.

RUBRIQUE ❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

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LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 211


Revue internationale elsa 32 25-03-16_Revue internationale elsa 29 29/03/2016 11:24 Page71

revue internationale les articles parus dans ces revues internationales classés par thème - Journal of Dairy Science ........................................................................................ 2015;98(6):3806-13, 2015;98(6):1-10 - Journal of Veterinary Internal Medicine ............................................................................................... 2015;29:678-87

Néonatalogie

des vaches laitières

- Distribution d’un colostrum

Digestif

traité thermiquement (60°C ; 60 min) à des veaux nouveau-nés : effets sur la colonisation bactérienne de l’intestin grêle

- Analyse physico-chimique quantitative

Chirurgie - Chirurgie correctrice d’un déplacement

de caillette à gauche : facteurs associés à la survie

de l’équilibre acido-basique et utilité clinique du trou anionique et de la différence en ions forts chez 806 veaux en diarrhée Synthèses rédigées par Nicolas Herman, Mathilde Martel, Anne Relun, Guilhem Vaissiere

les synthèses des meilleurs articles Chirurgie

CHIRURGIE CORRECTRICE D’UN DÉPLACEMENT DE LA CAILLETTE À GAUCHE : facteurs associés à la survie des vaches laitières Plusieurs études ont montré un mauvais pronostic de la chirurgie correctrice d’un déplacement de caillette à gauche (DCG) lors de : 1. stéatose hépatique sévère, avec augmentation des taux sériques d’enzymes hépatiques (OCT, ASAT, GDH), de la bilirubine totale et des taux hépatiques de lipides et triglycérides ; 2. diminution des taux sériques en calcium, potassium, et en magnésium ; 3. longue durée d’évolution ; 4. abattement et anorexie. ● La cétose (taux sérique élevé de bêta-hydroxybutyrate (BHBA) ou acétonurie) semble un facteur protecteur (meilleur pronostic). ● Ces études ont souvent évalué l’effet des indicateurs biochimiques sériques et des éléments cliniques séparément. ● L’objectif de cette étude est d’évaluer concomitamment l’influence de différents marqueurs biochimiques sériques, de critères cliniques et de maladies en péripartum concomitamment, pour estimer les chances de survie suite à une chirurgie correctrice de DCG. ●

Objectif de l’étude ❚ Déterminer si les chances de guérison, suite à une chirurgie correctrice d’un déplacement de caillette à gauche peuvent être évaluées, connaissant la présence de maladies en péripartum, les résultats de l’examen clinique et d’analyses biochimiques sanguines faits le jour du diagnostic.

u Journal of Dairy Science 2015;98(6):3806-13 Factors associated with survival in the herd for dairy cows following surgery to correct left displaced abomasum. Reynen J, Kelton D, LeBlanc S, Newby N, Duffield T

Synthèse par Anne Relun Médecine des Animaux d’Élevage, Oniris, Nantes

REVUE INTERNATIONALE LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 214 - SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015

Matériel et méthode

En 2009, 176 vaches présentant un déplacement de caillette à gauche (DCG) ont été recrutées via quatre cliniques vétérinaires canadiennes. ● Un examen médical standardisé, associé à un prélèvement sanguin et à un recueil d’informations générales sur les pratiques d’élevage, les caractéristiques de la vache et ses antécédents concernant les maladies du péripartum ont été réalisés le jour du diagnostic. ● Les animaux ont été opérés par omentopexie par abord paralombaire droit, abomasopexie par abord paralombaire gauche ou abomasopexie paramédiane. ●

70

Les dates et les raisons de la réforme ont été collectées jusqu’à fin 2013. ● L’association entre la survie à 60 jours et à 1 an après la chirurgie, et les données cliniques, biochimiques et la présence de maladies du péripartum a été analysée à l’aide de modèles multivariés (régression logistique et analyse de survie). ●

Résultats et discussion

Dans les 60 jours suivant la chirurgie, 11 p. cent des vaches opérées ont été réformées et 36 p. cent dans l’année suivant la chirurgie. ● Les vaches ayant eu un vêlage dystocique et les vaches sans cétose le jour du diagnostic (BHBA < 1,2 mmol/L) ont plus de risque d’être réformées 60 jours après la chirurgie (OR = 13,95 et 3,95 respectivement). ● Les taux sériques élevés en bêta-hydroxybutyrate (BHBA), en acides gras non-estérifiés (NEFA) et en magnésium ont eu un effet protecteur contre la réforme à 1 an (OR = 0,95, 0,81 et 0,49 respectivement). ● L’effet “protecteur” de la cétose, pourrait refléter une incapacité de certaines vaches avec DCG à mobiliser leurs réserves lipidiques corporelles. ●

Conclusion ● Un vêlage dystocique précédant le diagnostic de déplacement de caillette à gauche (DCG) et la mesure d’un taux sérique de bêtahydroxybutyrate (BHBA) inférieur à 1,2 mmol/L lors du diagnostic de DCG ont été associés avec un risque plus élevé de réforme dans les 60 jours suivant la chirurgie.

Les conditions de vêlage et le taux sérique de BHBA lors du diagnostic de DCG devraient être connus, avant de décider d’entreprendre une opération correctrice de DCG. ❒ ●


73-74 Test Reponse Salat 32 BAT_gabarit NPE âne 23/03/2016 15:25 Page73

test clinique

observation originale

les réponses

une insuffisance hépatique liée à un corps étranger

Olivier Salat, Guillaume Lemaire, Florent Perrot

sur une vache laitière 1 Quelles hypothèses formuler ? ● Deux éléments sont notés sur cette vache : - l’un chronique, un mauvais état général qui évolue et se dégrade progressivement depuis plusieurs mois ; - l’autre aigu, des saignements observés sur l’encolure (hémathydrose). ● Sorti de son contexte, ce dernier symptôme pourrait évoquer une parafilariose mais cette hypothèse est très peu probable car la période d’expression de ce cas clinique, en stabulation hivernale, n’est pas en faveur de cette hypothèse. Il semble bien plus probable que ce symptôme clinique soit la conséquence d’un trouble de la coagulation, qui peut être en lien avec une insuffisance hépatique. Signalons qu’aucun ictère n’est visible. Quels sont les examens 2 complémentaires les plus judicieux à envisager ? ● Les examens complémentaires entrepris sont de deux ordres : - une prise de sang pour vérifier la numération formule et pour explorer la fonction hépatique ; - une échographie hépatique transabdominale avec une sonde sectorielle à 5 MHz. DIAGNOSTIC La numération formule ● L’anémie est objectivée et celle-ci est marquée (tableau 1). ● De plus, une neutrophilie (7900 neutrophiles) est avérée, qui peut être due à une infection chronique (bien qu’il n’y ait pas de monocytose).

L’exploration de la fonction hépatique L’hyperglobulinémie est un paramètre de plus en faveur de l’inflammation chronique. ● Les autres paramètres mesurés ne sont pas dans les valeurs de référence. ●

Clinique vétérinaire de la Haute Auvergne ZAC Montplain Allauzier 15100 Saint-Flour

- La bilirubine totale est plus élevée que la normale, signe d’une certaine hémolyse mais c’est surtout la part de la bilirubine libre qui montre que les hépatocytes ne remplissent plus leur fonction. - Tous les résultats vont dans le même sens et attestent de l’atteinte hépatique, avec insuffisances hépato-cellulaire (ASAT) et excréto-biliaire (GGT) modérées. ● L’hypoalbuminémie est cohérente avec une insuffisance hépatique chronique. ● L’hémathydrose peut s’expliquer par un défaut de production des facteurs de coagulation, synthétisés normalement par le foie. Pour des raisons de coût, nous n’avons pas pu objectiver le défaut de facteurs de la coagulation [1].

disponible sur www.neva.fr

2

L’échographie hépatique ● L’échographie hépatique transabdominale permet de visualiser : - de nombreux petits nodules disséminés ; - une augmentation généralisée de l’échogénicité du parenchyme (photos 2, 3). L’interprétation de ces images peut être la suivante : l’augmentation générale de l’échogénicité du parenchyme est le signe d’une atteinte généralisée de cet organe. Il est plus difficile de déterminer la nature des petits nodules clairement identifiables, petites tumeurs ou abcès ? ● L’échographie du foie permet d’affirmer que l’atteinte de l’organe est généralisée. Le pronostic est donc mauvais. Les lésions observées ainsi que la tachycardie et l’auscultation cardiaque font suspecter une origine en partie cardiaque à cette insuffisance hépatique [2].

Échographie hépatique. - Noter l’augmentation de l’échogénicité diffuse du parenchyme et les petits nodules hyperéchogènes.

3 Échographie cardiaque. - Noter l’aspect normal des valves mais l’hyperéchogénicité du péricarde en face latérale (photos Clinique vétérinaire de la Haute Auvergne).

L’échographie cardiaque L’échographie cardiaque effectuée aussitôt sur le terrain ne permet pas de conclure (photo 4).

❚ Crédit Formation Continue : 0,05 CFC par article

Tableau 1 - Les résultats de la numération formule

Vache

Hémoglobine

Leucocytes

4,7 g/ 100 ml

10 000 /ml

6000 – 10000 Valeurs de 10 - 12 g/ 100ml références / ml

Neutrophiles Lymphocytes Monocytes Éosinophiles 79 % 15 - 45 %

19 %

2%

0%

45 - 75 %

2-7%

0 - 20 %

73

LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015 - 217


FC Elsa 32_78 FC Elsa 15 29/03/2016 12:42 Page75

tests de formation continue les réponses Actualités en perspective - Les enjeux d’une nouvelle structuration de la plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale

Le piégeage contre la Besnoitiose bovine : essai en Loire-Atlantique chez les bovins P. 8

1. Dans quel domaine une organisation institutionnelle collaborative peut-elle se montrer efficace ? ➜ b. Adaptabilité pour répondre à l’émergence 2. Quels sont les points forts reconnus de la Plateforme ESA ? ➜ b. Création de confiance entre les acteurs du sanitaire ➜ c. Harmonisation de méthodes et d’outils entre les dispositifs de surveillance 3. Quel est le mode organisationnel fondé sur l’ajustement mutuel, la décentralisation et un faible recours à la formalisation des comportements ? ➜ a. L’adhocratie

Stomoxes et taons : biologie, rôles pathogènes et contrôle chez les bovins P. 13 1. Les stomoxes et les taons sont-ils des vecteurs de la besnoitiose bovine?

➜ a. oui

2. Les pyréthroïdes actuels actuellement commercialisés préviennent-ils les repas de sang des stomoxes et des taons quand ils sont correctement appliqués sur les bovins ? ➜ b. non 3. L’espèce Stomoxys calcitrans a-t-elle développé une résistance à la deltaméthrine au moins sur une population du sud-ouest de la France ?

2. La besnoitiose bovine se transmet-elle au pâturage comme en bâtiment ? ➜ a. oui, les tabanidés peuvent transmettre la besnoitiose bovine au pâturage uniquement. Cependant, les stomoxes peuvent à la fois se nourrir au pâturage comme en bâtiment et ainsi, transmettre la besnoitiose bovine. 3. Tous les bovins porteurs du parasite présentent-ils des symptômes cutanés ? ➜ b. non, les bovins contaminés ne déclenchent pas systématiquement une symptomatologie clinique de besnoitiose bovine et sont porteurs du parasite. Ils représentent de ce fait une source de contamination pour leurs congénères. Ils peuvent être identifiés par des analyses sérologiques.

Le botulisme aviaire

P. 49

1. Quel est le type toxinique le plus fréquent chez les volailles ? ➜ b. type C/D 2. Quels sont les symptômes caractéristiques ?

➜ a. oui

La gale psoroptique ovine et bovine : un agent pathogène, deux expressions cliniques, deux approches thérapeutiques P. 21 1. La gale psoroptique chez les ovins et chez les bovins a-t-elle un impact zoonotique potentiel ? ➜ b. non 2. Les formulations injectables de lactones macrocycliques sont-elles les plus indiquées en cas de gale psoroptique ? ➜ a. oui 3. Chez le mouton, en cas de suspicion de gale psoroptique, les raclages cutanés doivent-ils être réalisés en périphérie des lésions ? ➜ a. oui

Myiases : l’émergence de cas à Wohlfahrtia dans le sud Vienne chez les bovins

P. 43

1. Les insecticides sont-ils efficaces dans la lutte contre la besnoitiose bovine ? ➜ b. non, les insecticides utilisés pour le traitement des mouches ne sont pas efficaces dans la lutte contre les tabanidés

P. 31

1. Les myiases à Wohlfahrtia magnifica sont-elles décrites dans les élevages ovins français quelle que soit leur localisation géographique ? ➜ b. non, les myiases à Wohlfahrtia sont en général décrites en altitude, au-dessus de 600 à 800 m. 2. La diagnose des larves de mouches à myiases repose-elle sur l’étude de leurs plaques stigmatiques ?

➜ c. Paralysie flasque ascendante 3. Quel prélèvement permet la meilleure détection par PCR ? ➜ a. foie

Chirurgie - Le déplacement de caillette : techniques de chirurgie par laparoscopie

P. 55

1. L’abomasopexie par laparoscopie nécessite-t-elle l’usage d’antibiothérapie pour une minorité des cas ?

➜ a. oui

2. La production de lait moyenne 305 j après la correction d’un déplacement de caillette à gauche par abomasopexie et par laparoscopie est-elle supérieure comparativement à la production de lait moyenne 305 j après la correction d’un déplacement de caillette à gauche par omentopexie ? ➜ b. non 3. Les sites préparés pour l’insertion des trocarts dans le flanc gauche sont-ils différents pour la technique en deux étapes par rapport à la technique en une étape ? ➜ b. non

Enjeux économiques - Les résultats économiques des exploitations bovines

P. 63

1. La viande de volaille française est-elle de plus en plus exportée ? ➜ b. non

➜ a. oui, l’étude de ces plaques se fait à la loupe binoculaire ou en coupant l'extrémité postérieure de larve et en mettant entre lame et lamelle au microscope (grossissement x 10) 3. Les myiases à Wohlfahrtia magnifica se maîtrisent-elles aisément en élevage ovin ? ➜ b. non, le traitement passe par une extraction manuelle fastidieuse des larves et les moyens de prévention médicamenteuse sont décevants par leur faible rémanence

Puces en élevage ovin : un cas d’infestation par Pulex irritans ou “puce de l’homme” P. 35 1. La pulicose chez les ovins a-t-elle un impact zoonotique potentiel ?

2. La consommation de viande bovine a-t-elle baissé entre 1995 et 2014 ? ➜ a. oui 3. La production porcine française connaît-elle des phases très différentes sur la période 1995-2014 ?

Cas pratiques de nutrition - L’utilisation de paille en cas de pénurie de foin en troupeau allaitant

➜ b. non

3. Au stade adulte, les puces de l’homme ou Pulex irritans sont-elles en permanence sur leur hôte ?

➜ b. non

P. 67

1. La paille seule permet de couvrir : ➜ b. Environ 50 p. cent des besoins d’une vache allaitante 2. Mélanger un aliment liquide (mélasse + urée) à de la paille : ➜ a. Augmente l’ingestion de paille ➜ d. Participe significativement à la couverture des besoins protéiques

➜ a. oui 2. Un traitement des animaux infestés suffit-il à éradiquer les problèmes de puces ?

➜ a. oui

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en page 72

LE NOUVEAU PRATICIEN VÉTÉRINAIRE élevages et santé vol 8 / n°32 219 - SEPTEMBRE / NOVEMBRE 2015

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