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PARCOURS HISTORIQUES Une vallée, 14 regards qui se croisent sur une histoire commune, revisitée sans nostalgie par d’anciens nomades, dont les déplacements saisonniers ont laissé des traces sur les habitations et les coutumes, dans une vie dure et âpre, comme le vin du Glacier. Parcours d’une communauté, profondément solidaire, qui a vécu dans une foi religieuse dont les signes se découvrent sous forme d’oratoires et de chapelles jusqu’au fond du val d’Anniviers.

ISBN 978-2-88341-225-5

9 782883 412255

PARCOURS HISTORIQUES D’ANNIVIERS

Un livre de « parcours découvertes », sous forme de guide : un village – un chapitre, avec des itinéraires conseillés. A l’attention de tous les visiteurs, curieux du passé et passionnés d’histoire.

Anniviers

PARCOURS HISTORIQUES


Périmètre du Parc Naturel Pfyn-Finges

Le Toûno 3017 m

Zinal

Corne de Sorebois 2896 m Lac de Moiry 2249 m

1675 m

Bella Tola 3025 m

Mottec

Grimentz 1564 m

Mission La CombazCuimey

Illhorn 2717 m

Chandolin

St-Luc 1655 m

La Brentaz 2660 m St-Jean

Crêt du Midi 2332 m

Mayoux Vissoie 1204 m Pinsec

en

Vercorin

l

rab

Va

Illg

Fang

d’A

nn

ivi

ers

1920 m

Becs de Bosson 3149 m Lac de Lona

Ayer

Illsee

Sommaire

Cervin (Matterhorn) Breithorn 4478 m 4164 m Dent d’Hérens 4171 m Zinalrothorn Ob. Gabelhorn 4221 m Dent Blanche 4063 m 4357 m

Mont Rose 4634 m Weisshorn 4506 m

1320 m

Niouc

Le Rhône

Sierre 533 m

581 m

Gare CFF

647 m

Miège 702 m

Cr

Venthône 799 m

a ns

-M on ta n

a

Swissgeo copyright 05/2013 GEOMATIC Ingénierie SA www.geomatic.ch

521 m

532 m

Salgesch

9 11

Niouc Fang Vissoie Saint-Luc Chandolin Les Morands, la Combaz et Cuimey Mission Ayer Mottec Zinal Grimentz Saint-Jean Mayoux Pinsec

15 45 81 127 177 215 253 291 329 355 403 433 487 521

Bibliographie et crédits

555

Chalais

Chippis

Veyras

Préface Bienvenue au val d’Anniviers

7


Périmètre du Parc Naturel Pfyn-Finges

Le Toûno 3017 m

Zinal

Corne de Sorebois 2896 m Lac de Moiry 2249 m

1675 m

Bella Tola 3025 m

Mottec

Grimentz 1564 m

Mission La CombazCuimey

Illhorn 2717 m

Chandolin

St-Luc 1655 m

La Brentaz 2660 m St-Jean

Crêt du Midi 2332 m

Mayoux Vissoie 1204 m Pinsec

en

Vercorin

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Va

Illg

Fang

d’A

nn

ivi

ers

1920 m

Becs de Bosson 3149 m Lac de Lona

Ayer

Illsee

Sommaire

Cervin (Matterhorn) Breithorn 4478 m 4164 m Dent d’Hérens 4171 m Zinalrothorn Ob. Gabelhorn 4221 m Dent Blanche 4063 m 4357 m

Mont Rose 4634 m Weisshorn 4506 m

1320 m

Niouc

Le Rhône

Sierre 533 m

581 m

Gare CFF

647 m

Miège 702 m

Cr

Venthône 799 m

a ns

-M on ta n

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Swissgeo copyright 05/2013 GEOMATIC Ingénierie SA www.geomatic.ch

521 m

532 m

Salgesch

9 11

Niouc Fang Vissoie Saint-Luc Chandolin Les Morands, la Combaz et Cuimey Mission Ayer Mottec Zinal Grimentz Saint-Jean Mayoux Pinsec

15 45 81 127 177 215 253 291 329 355 403 433 487 521

Bibliographie et crédits

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Chalais

Chippis

Veyras

Préface Bienvenue au val d’Anniviers

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En 1905, le Consortage de Niouc accepta d’accorder un droit d’eau aux Forces motrices de la Navizence. La Commune de Saint-Luc signa une convention qui fixait les droits d’eau du Consortage de Niouc pour l’irrigation et les ménages pour une durée de 99 ans. L’eau pouvait être puisée du 15 avril au 15 septembre et ne devait pas dépasser 120 litres par seconde. En 1907, l’Usine d’aluminium de Chippis et le Consortage de Niouc décidèrent de construire une prise d’eau sur le canal d’amenée pour approvisionner Niouc.

« Depuis 1908, les eaux de la Navisence sont utilisées par la Centrale de Chippis pour l’Usine d’aluminium. »

Depuis 1908, les eaux de la Navisence sont utilisées par la Centrale hydro-électrique de Chippis pour l’Usine d’aluminium. Cet aménagement, doté d’une prise d’eau à Vissoie et d’une galerie à écoulement libre, a été agrandi à plusieurs reprises et peut absorber actuellement un débit de 8,5 m 3/ sec, sous une chute brute de 590 m.

En 2004, la concession fut renouvelée et, en 2008, une nouvelle convention fut établie entre la Gougra SA et le Consortage de Niouc pour la création d’un réseau d’irrigation sous pression qui permit de réduire la consommation d’eau de plus de 50 %. Lorsque la Centrale de Chippis arrête le turbinage, le retour d’eau dans le canal qui alimente les bisses par une conduite souterraine, provoque un grand jaillissement au sommet de la falaise, à proximité du pont suspendu (voir photo ci-contre). Chute du canal d’évacuation, autrefois

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En 1905, le Consortage de Niouc accepta d’accorder un droit d’eau aux Forces motrices de la Navizence. La Commune de Saint-Luc signa une convention qui fixait les droits d’eau du Consortage de Niouc pour l’irrigation et les ménages pour une durée de 99 ans. L’eau pouvait être puisée du 15 avril au 15 septembre et ne devait pas dépasser 120 litres par seconde. En 1907, l’Usine d’aluminium de Chippis et le Consortage de Niouc décidèrent de construire une prise d’eau sur le canal d’amenée pour approvisionner Niouc.

« Depuis 1908, les eaux de la Navisence sont utilisées par la Centrale de Chippis pour l’Usine d’aluminium. »

Depuis 1908, les eaux de la Navisence sont utilisées par la Centrale hydro-électrique de Chippis pour l’Usine d’aluminium. Cet aménagement, doté d’une prise d’eau à Vissoie et d’une galerie à écoulement libre, a été agrandi à plusieurs reprises et peut absorber actuellement un débit de 8,5 m 3/ sec, sous une chute brute de 590 m.

En 2004, la concession fut renouvelée et, en 2008, une nouvelle convention fut établie entre la Gougra SA et le Consortage de Niouc pour la création d’un réseau d’irrigation sous pression qui permit de réduire la consommation d’eau de plus de 50 %. Lorsque la Centrale de Chippis arrête le turbinage, le retour d’eau dans le canal qui alimente les bisses par une conduite souterraine, provoque un grand jaillissement au sommet de la falaise, à proximité du pont suspendu (voir photo ci-contre). Chute du canal d’évacuation, autrefois

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les habitants, comme la majorité des villageois de la vallée. Seuls quelques habitants restaient à Fang. En 1911, à l’école de Fang, il y avait plus de vingt-sept élèves. L’école étant trop petite, ils étaient obligés de s’asseoir à tour de rôle pour écrire, sinon, la plupart du temps, ils restaient debout. Entre 1920 et 1940, vingt-cinq à trente élèves fréquentaient l’école de Fang, six mois par année, de début novembre à début mai.

Ecole de Fang, en 1964

L’ancienne commune de Chandolin, sur initiative du maître d’école de l’époque, acheta l’édifice, situé à Fang d’en-bas, pour le transformer en école. L’école fut la première à être éclairée, lorsque le village de Fang fut partiellement raccordé à la ligne électrique en 1935 – 1936. Jusqu’en 1955, chaque famille disposait d’une seule lampe pour la pièce principale. Les autres pièces étaient toujours éclairées à la lampe à pétrole.

Après 1945, le nombre des élèves diminua progressivement. Les jeunes générations quittèrent le village à la recherche d’un travail et d’une vie meilleure. En 1960, l’école de Fang n’avait plus que cinq à six élèves. En 1964, n’ayant plus que quatre élèves de la famille de Jean Zuber, elle ferma ses portes. A partir de cette date, les élèves de Fang fréquentèrent l’école primaire de Vissoie et, à partir de 1973, comme tous les élèves d’Anniviers, le Centre scolaire d’Anniviers à Vissoie.

Après 1964, l’école devint la maison du village. En 2007 – 2008, l’ancienne commune de Chandolin rénova entièrement le bâtiment en l’équipant de deux salles pour environ quarante personnes (disponibles sur réservation auprès de la commune d’Anniviers).

Autrefois, selon les périodes, les élèves étaient très nombreux. Pendant le carême, l’école déménageait, en même temps que 74

«L’école étant trop petite, ils étaient obligés de s’asseoir à tour de rôle pour écrire, sinon [...] ils restaient debout. »

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les habitants, comme la majorité des villageois de la vallée. Seuls quelques habitants restaient à Fang. En 1911, à l’école de Fang, il y avait plus de vingt-sept élèves. L’école étant trop petite, ils étaient obligés de s’asseoir à tour de rôle pour écrire, sinon, la plupart du temps, ils restaient debout. Entre 1920 et 1940, vingt-cinq à trente élèves fréquentaient l’école de Fang, six mois par année, de début novembre à début mai.

Ecole de Fang, en 1964

L’ancienne commune de Chandolin, sur initiative du maître d’école de l’époque, acheta l’édifice, situé à Fang d’en-bas, pour le transformer en école. L’école fut la première à être éclairée, lorsque le village de Fang fut partiellement raccordé à la ligne électrique en 1935 – 1936. Jusqu’en 1955, chaque famille disposait d’une seule lampe pour la pièce principale. Les autres pièces étaient toujours éclairées à la lampe à pétrole.

Après 1945, le nombre des élèves diminua progressivement. Les jeunes générations quittèrent le village à la recherche d’un travail et d’une vie meilleure. En 1960, l’école de Fang n’avait plus que cinq à six élèves. En 1964, n’ayant plus que quatre élèves de la famille de Jean Zuber, elle ferma ses portes. A partir de cette date, les élèves de Fang fréquentèrent l’école primaire de Vissoie et, à partir de 1973, comme tous les élèves d’Anniviers, le Centre scolaire d’Anniviers à Vissoie.

Après 1964, l’école devint la maison du village. En 2007 – 2008, l’ancienne commune de Chandolin rénova entièrement le bâtiment en l’équipant de deux salles pour environ quarante personnes (disponibles sur réservation auprès de la commune d’Anniviers).

Autrefois, selon les périodes, les élèves étaient très nombreux. Pendant le carême, l’école déménageait, en même temps que 74

«L’école étant trop petite, ils étaient obligés de s’asseoir à tour de rôle pour écrire, sinon [...] ils restaient debout. »

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Plan de Vissoie

Chandolin St-Luc

Sierre

Chandolin St-Luc18 Sierre

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8 Grimen tz

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Grimen tz

Zinal Zinal

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16

1 Chapelle Notre-Dame-de-Compassion 2 Chemin pour la grotte de Lourdes et le cimetière Chapelle Notre-Dame-de-Compassion 3 Vicariat et cure Chemin3pour la grotte de Lourdes et le cimetière 4 Eglise paroissiale Sainte-Euphémie Vicariat 4et 5cure Oratoire de la Terra 5 Eglise paroissiale Sainte-Euphémie 6 Maison Monnier Oratoire6 de la Terra 7 Maison du docteur Maison 7Monnier 8 Ancienne école Maison 8du9 docteur Tour d’Anniviers 9 école Ancienne 10 Maison des mines et de l’ancienne poste Tour d’Anniviers 11 Maison Gillet Maison des et de de l’abbé l’ancienne poste 12 mines Maison Erasme Zufferey Maison Gillet 13 Musée des patoisants Maison de14l’abbé Erasme Oratoire de laZufferey confrérie des Florey Musée des15patoisants Maison du boulanger Epiney Oratoire de confrérie des Florey 16 laCafé des Alpes

Maison du17boulanger Epiney Maison de la confrérie du Saint-Esprit Café des Alpes 18 Ancien Hôtel d’Anniviers 17 Maison de la confrérie du Saint-Esprit 18 Ancien Hôtel d’Anniviers

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Plan de Vissoie

Chandolin St-Luc

Sierre

Chandolin St-Luc18 Sierre

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1 Chapelle Notre-Dame-de-Compassion 2 Chemin pour la grotte de Lourdes et le cimetière Chapelle Notre-Dame-de-Compassion 3 Vicariat et cure Chemin3pour la grotte de Lourdes et le cimetière 4 Eglise paroissiale Sainte-Euphémie Vicariat 4et 5cure Oratoire de la Terra 5 Eglise paroissiale Sainte-Euphémie 6 Maison Monnier Oratoire6 de la Terra 7 Maison du docteur Maison 7Monnier 8 Ancienne école Maison 8du9 docteur Tour d’Anniviers 9 école Ancienne 10 Maison des mines et de l’ancienne poste Tour d’Anniviers 11 Maison Gillet Maison des et de de l’abbé l’ancienne poste 12 mines Maison Erasme Zufferey Maison Gillet 13 Musée des patoisants Maison de14l’abbé Erasme Oratoire de laZufferey confrérie des Florey Musée des15patoisants Maison du boulanger Epiney Oratoire de confrérie des Florey 16 laCafé des Alpes

Maison du17boulanger Epiney Maison de la confrérie du Saint-Esprit Café des Alpes 18 Ancien Hôtel d’Anniviers 17 Maison de la confrérie du Saint-Esprit 18 Ancien Hôtel d’Anniviers

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Vissoie se présente « Par sa situation Par sa situation géographique, le village géographique, le de Vissoie a toujours joué un rôle préponvillage de Vissoie a dérant dans le val d’Anniviers. Construit toujours joué un rôle au-dessus de la Navisence, ce village forprépondérant dans tifié contrôlait la principale voie d’accès le val d’Anniviers. » à la vallée. De plus, son emplacement au centre de la vallée, au carrefour des chemins, autrefois, et des routes conduisant aux autres villages, aujourd’hui, le destinait tout naturellement à assumer des missions dans le contexte anniviard. Le village se caractérise par ses quartiers les plus anciens, situés autour de la Tour et en amont de la route. Aujourd’hui Vissoie compte environ 530 habitants.

Vissoie, début XXe siècle

Place du village et bassin, en 1928

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Vissoie se présente « Par sa situation Par sa situation géographique, le village géographique, le de Vissoie a toujours joué un rôle préponvillage de Vissoie a dérant dans le val d’Anniviers. Construit toujours joué un rôle au-dessus de la Navisence, ce village forprépondérant dans tifié contrôlait la principale voie d’accès le val d’Anniviers. » à la vallée. De plus, son emplacement au centre de la vallée, au carrefour des chemins, autrefois, et des routes conduisant aux autres villages, aujourd’hui, le destinait tout naturellement à assumer des missions dans le contexte anniviard. Le village se caractérise par ses quartiers les plus anciens, situés autour de la Tour et en amont de la route. Aujourd’hui Vissoie compte environ 530 habitants.

Vissoie, début XXe siècle

Place du village et bassin, en 1928

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18. Ancien Hôtel d’Anniviers

« Selon les témoignages oraux recueillis, l’hôtel marchait fort bien, grâce à une clientèle anglaise et allemande, en particulier. » Hôtel d’Anniviers, vers 1900

De l’ancien Hôtel d’Anniviers, il ne reste plus aucun vestige. En effet, il a été complètement démoli en 1986 et remplacé par un établissement moderne de trois étoiles qui, dès le milieu des années 2000, a été converti en appartements. Malgré sa disparition, on ne peut passer outre, sans évoquer ce qui fut, en son temps, le fleuron du tourisme de Vissoie et, par répercussion, du val d’Anniviers. On sait que, dès 1859, l’hôtellerie prit naissance en Anniviers, tout d’abord à Zinal, puis à Saint-Luc, Chandolin et Grimentz. En 1863, Vissoie était le seul village de la vallée relié à la plaine par une modeste route carrossable sur laquelle circulaient des mulets

attelés aux chars. Sa prédestination en faveur du tourisme était toute indiquée ; de là, la clientèle étrangère pouvait rayonner dans toute la vallée, à dos de mulet ou en chaise à porteurs. C’est entre 1876 – 1878 que l’Hôtel d’Anniviers fut construit par la société « Hôtels de Vissoie » ayant comme actionnaires : Seiler, de Sépibus et Tabin. Dès son ouverture, il prit le nom d’Hôtel d’Anniviers. Il était classé : « Maison de 1er ordre ». Au début, il fut exploité par les frères Tabin : Antoine (1864 – 1933), Benjamin (1868 – 1932) et Daniel (1869 – 1930). Puis, plus tard et durant près d’un demi-siècle, par les époux Ludwig Jossen et Albertine, née Blatter de Mörel (Haut-Valais). Ludwig décéda en 1928 et, dès lors, son épouse s’occupa seule de l’établissement.

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18. Ancien Hôtel d’Anniviers

« Selon les témoignages oraux recueillis, l’hôtel marchait fort bien, grâce à une clientèle anglaise et allemande, en particulier. » Hôtel d’Anniviers, vers 1900

De l’ancien Hôtel d’Anniviers, il ne reste plus aucun vestige. En effet, il a été complètement démoli en 1986 et remplacé par un établissement moderne de trois étoiles qui, dès le milieu des années 2000, a été converti en appartements. Malgré sa disparition, on ne peut passer outre, sans évoquer ce qui fut, en son temps, le fleuron du tourisme de Vissoie et, par répercussion, du val d’Anniviers. On sait que, dès 1859, l’hôtellerie prit naissance en Anniviers, tout d’abord à Zinal, puis à Saint-Luc, Chandolin et Grimentz. En 1863, Vissoie était le seul village de la vallée relié à la plaine par une modeste route carrossable sur laquelle circulaient des mulets

attelés aux chars. Sa prédestination en faveur du tourisme était toute indiquée ; de là, la clientèle étrangère pouvait rayonner dans toute la vallée, à dos de mulet ou en chaise à porteurs. C’est entre 1876 – 1878 que l’Hôtel d’Anniviers fut construit par la société « Hôtels de Vissoie » ayant comme actionnaires : Seiler, de Sépibus et Tabin. Dès son ouverture, il prit le nom d’Hôtel d’Anniviers. Il était classé : « Maison de 1er ordre ». Au début, il fut exploité par les frères Tabin : Antoine (1864 – 1933), Benjamin (1868 – 1932) et Daniel (1869 – 1930). Puis, plus tard et durant près d’un demi-siècle, par les époux Ludwig Jossen et Albertine, née Blatter de Mörel (Haut-Valais). Ludwig décéda en 1928 et, dès lors, son épouse s’occupa seule de l’établissement.

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CHANDOLIN


CHANDOLIN


Chandolin, de hier à aujourd’hui

Dès le XVe siècle, le site abrita un mayen qui devint par la suite un village, avec la caractéristique unique de posséder des mayens situés en aval, à la Rèche à 1700 m et à Soussillon à 1380 m. Lors « des remuages », déplacements entre la montagne et la plaine, Soussillon était une étape intermédiaire. En remontant au village depuis la plaine, les habitants de Chandolin y laissaient les chars et le matériel dont ils n’avaient pas l’utilité plus haut. Ils poursuivaient à pied en transportant à dos de mulet différentes charges et du fourrage pour le bétail. Le chemin qui reliait Soussillon à Chandolin était très étroit et ne permettait pas le passage des chars. Chandolin faisait partie de la paroisse d’Anniviers dont le siège était à Vissoie, puis de la paroisse de Luc, dès 1806. En 1884, la paroisse de Luc se scinda en deux et Chandolin devint une paroisse à part entière.

Gilbert Zufferey et son mulet de retour de Ponchet, dans les années 1940 – 1950

En 1250, le village était appelé « Eschandulyns » qui pourrait dériver du latin « escandulina », terme qui indique « les bardeaux », les planchettes en bois de mélèze utilisées pour la couverture des toits. Probablement jusqu’au XIVe siècle, des habitants de Loèche possédant des pâturages à Chandolin s’y rendaient en passant par le versant de l’Illgraben. Le chemin aurait été abandonné suite aux effondrements de plus en plus importants dans ce secteur.

182

Dès 1897, avec l’ouverture du Grand « En 1884, la paroisse Hôtel par Pierre Pont, le tourisme d’été de Luc se scinda en commença à se développer. De grands deux et Chandolin changements furent réalisés dans les devint une paroisse années 1960 : la route à partir de Saintà part entière. » Luc fut construite après des années de transport, effectué à dos d’homme ou de mulet ; la route de Plampras menant au vieux village, réalisée par les habitants en 1943, fut goudronnée ; l’Hôtel Plampras fut édifié et le quartier de l’Office du tourisme (1979 m) se développa. La construction du téléski de l’Illhorn, en 1961, donna plus précisément le départ à la station de ski de Chandolin.

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Chandolin, de hier à aujourd’hui

Dès le XVe siècle, le site abrita un mayen qui devint par la suite un village, avec la caractéristique unique de posséder des mayens situés en aval, à la Rèche à 1700 m et à Soussillon à 1380 m. Lors « des remuages », déplacements entre la montagne et la plaine, Soussillon était une étape intermédiaire. En remontant au village depuis la plaine, les habitants de Chandolin y laissaient les chars et le matériel dont ils n’avaient pas l’utilité plus haut. Ils poursuivaient à pied en transportant à dos de mulet différentes charges et du fourrage pour le bétail. Le chemin qui reliait Soussillon à Chandolin était très étroit et ne permettait pas le passage des chars. Chandolin faisait partie de la paroisse d’Anniviers dont le siège était à Vissoie, puis de la paroisse de Luc, dès 1806. En 1884, la paroisse de Luc se scinda en deux et Chandolin devint une paroisse à part entière.

Gilbert Zufferey et son mulet de retour de Ponchet, dans les années 1940 – 1950

En 1250, le village était appelé « Eschandulyns » qui pourrait dériver du latin « escandulina », terme qui indique « les bardeaux », les planchettes en bois de mélèze utilisées pour la couverture des toits. Probablement jusqu’au XIVe siècle, des habitants de Loèche possédant des pâturages à Chandolin s’y rendaient en passant par le versant de l’Illgraben. Le chemin aurait été abandonné suite aux effondrements de plus en plus importants dans ce secteur.

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Dès 1897, avec l’ouverture du Grand « En 1884, la paroisse Hôtel par Pierre Pont, le tourisme d’été de Luc se scinda en commença à se développer. De grands deux et Chandolin changements furent réalisés dans les devint une paroisse années 1960 : la route à partir de Saintà part entière. » Luc fut construite après des années de transport, effectué à dos d’homme ou de mulet ; la route de Plampras menant au vieux village, réalisée par les habitants en 1943, fut goudronnée ; l’Hôtel Plampras fut édifié et le quartier de l’Office du tourisme (1979 m) se développa. La construction du téléski de l’Illhorn, en 1961, donna plus précisément le départ à la station de ski de Chandolin.

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2. Chapelle Sainte-Claire

Chapelle Sainte-Claire, début XXe siècle

Chapelle Sainte-Claire, années 1960 – 1970

La date de construction de cette chapelle, dédiée à sainte Claire, n’est pas connue. D’après les archives, elle n’existait pas encore, lors de la visite épiscopale d’Adrien V de Riedmatten, en 1687. Les trois statues de l’autel datent probablement du XVIIIe siècle. Par ses dimensions, cet édifice serait plutôt assimilable à un oratoire. Cette chapelle simple et modeste sert d’écrin à un petit joyau : un retable en bois, sculpté et polychromé, doté de statues qui sont probablement en partie postérieures à la construction de l’édifice. Au centre de l’autel, on voit saint Pierre, reconnaissable à sa physionomie habituelle, avec sa courte barbe et son toupet, tenant probablement, autrefois, une clé de sa main droite. Il est entouré, à droite, par saint Antoine l’Ermite avec son habit monacal et, à gauche, par une sainte tenant son manteau de la main gauche. Sa main droite a perdu l’attribut qui aurait permis de l’identifier. Aucune de ces statues ne correspond à l’iconographie de sainte Claire, représentée habituellement en religieuse des Clarisses. Le bassin se trouve juste en face de la chapelle. 338

3. Ancienne route et bassin

Ancienne route, début XXe siècle

Route devant l’ancien café, en 1936 – 1940

Cette route était autrefois la route principale qui menait d’Ayer à Zinal. Elle poursuivait à droite, en aval du pont, et passait dans les prés où aujourd’hui se trouve la centrale. Jusqu’en 1957, année de construction de la route actuelle, les voyageurs pouvaient monter à pied depuis Ayer comme la plupart des Anniviards, ou sur des chars tirés par les mulets. Puis, les chars furent remplacés par des jeeps à sept places.

«Avant la construction de la route, à Rotsec il y avait un parc à moutons. »

Avec l’ouverture du chantier de construction de la centrale, en 1954, plusieurs chalets qui se trouvaient à l’emplacement du bassin d’accumulation, furent déplacés au bord de la nouvelle route, en face de l’actuel chalet Edelweiss. Avant la construction de la route, à Rotsec il y avait un parc à moutons. La famille Monnet était propriétaire de tous les prés à Rotsec et vers le pont du Bois, avant qu’ils ne soient expropriés contre une somme moyenne de Fr. 2.50.– par m2. 339


2. Chapelle Sainte-Claire

Chapelle Sainte-Claire, début XXe siècle

Chapelle Sainte-Claire, années 1960 – 1970

La date de construction de cette chapelle, dédiée à sainte Claire, n’est pas connue. D’après les archives, elle n’existait pas encore, lors de la visite épiscopale d’Adrien V de Riedmatten, en 1687. Les trois statues de l’autel datent probablement du XVIIIe siècle. Par ses dimensions, cet édifice serait plutôt assimilable à un oratoire. Cette chapelle simple et modeste sert d’écrin à un petit joyau : un retable en bois, sculpté et polychromé, doté de statues qui sont probablement en partie postérieures à la construction de l’édifice. Au centre de l’autel, on voit saint Pierre, reconnaissable à sa physionomie habituelle, avec sa courte barbe et son toupet, tenant probablement, autrefois, une clé de sa main droite. Il est entouré, à droite, par saint Antoine l’Ermite avec son habit monacal et, à gauche, par une sainte tenant son manteau de la main gauche. Sa main droite a perdu l’attribut qui aurait permis de l’identifier. Aucune de ces statues ne correspond à l’iconographie de sainte Claire, représentée habituellement en religieuse des Clarisses. Le bassin se trouve juste en face de la chapelle. 338

3. Ancienne route et bassin

Ancienne route, début XXe siècle

Route devant l’ancien café, en 1936 – 1940

Cette route était autrefois la route principale qui menait d’Ayer à Zinal. Elle poursuivait à droite, en aval du pont, et passait dans les prés où aujourd’hui se trouve la centrale. Jusqu’en 1957, année de construction de la route actuelle, les voyageurs pouvaient monter à pied depuis Ayer comme la plupart des Anniviards, ou sur des chars tirés par les mulets. Puis, les chars furent remplacés par des jeeps à sept places.

«Avant la construction de la route, à Rotsec il y avait un parc à moutons. »

Avec l’ouverture du chantier de construction de la centrale, en 1954, plusieurs chalets qui se trouvaient à l’emplacement du bassin d’accumulation, furent déplacés au bord de la nouvelle route, en face de l’actuel chalet Edelweiss. Avant la construction de la route, à Rotsec il y avait un parc à moutons. La famille Monnet était propriétaire de tous les prés à Rotsec et vers le pont du Bois, avant qu’ils ne soient expropriés contre une somme moyenne de Fr. 2.50.– par m2. 339


4. Ancien Café Edelweiss

Le Café Edelweiss fut repris en 1936 par Marie et Henri Monnet, qui passaient l’été à Mottec avec leurs sept enfants (4 filles et 3 garçons). Le bâtiment, dont une poutre du plafond porte la date de 1868, fut modifié (voir photo du poste précédent) pour abriter un café, probablement dans les années 1920. On ajouta notamment la véranda. Marie-Hélène Monnet Rouffaer, sixième enfant des propriétaires, est née au café, en août 1936 : « Mon père était parti chercher la sage-femme à Mission, mais le temps qu’ils arrivent, ma mère avait déjà accouché toute seule. Puis, mon père m’a déposée dans une caisse en bois à « macaroni », à l’intérieur de la chapelle SainteClaire, afin que mes frères et sœurs m’y découvrent et croient que j’étais un cadeau du Bon Dieu. » Au café, on pouvait acheter des produits de première nécessité : lait, pain, fromage. Le chocolat était précieusement mis sous clé, car réservé aux touristes.

Devant le café, vers 1925

Le café abritait aussi le dépôt postal et vendait des cartes postales. Il arrivait que les frères Monnet montent jusqu’à la Cabane du Petit Mountet pour délivrer des messages à des alpinistes y séjournant. Le café possédait le seul téléphone du village.

Ancien Café Edelweiss, à gauche, et « Gloriette », à droite

Sœurs Monnet et une touriste (à gauche), devant le café, en 1946 – 1948

342

Marie Monnet avait aménagé et décoré avec goût une véranda en face du café : « la Gloriette ». La véranda, entourée de fleurs, avec de jolis fauteuils en rotin, accueillait les clients des hôtels de Zinal qui se promenaient régulièrement jusqu’à Mottec, le long de la rivière. On leur servait le vin, tiré directement des tonneaux à la cave, et des desserts à base de fruits des bois dont la cueillette incombait aux enfants. 343


4. Ancien Café Edelweiss

Le Café Edelweiss fut repris en 1936 par Marie et Henri Monnet, qui passaient l’été à Mottec avec leurs sept enfants (4 filles et 3 garçons). Le bâtiment, dont une poutre du plafond porte la date de 1868, fut modifié (voir photo du poste précédent) pour abriter un café, probablement dans les années 1920. On ajouta notamment la véranda. Marie-Hélène Monnet Rouffaer, sixième enfant des propriétaires, est née au café, en août 1936 : « Mon père était parti chercher la sage-femme à Mission, mais le temps qu’ils arrivent, ma mère avait déjà accouché toute seule. Puis, mon père m’a déposée dans une caisse en bois à « macaroni », à l’intérieur de la chapelle SainteClaire, afin que mes frères et sœurs m’y découvrent et croient que j’étais un cadeau du Bon Dieu. » Au café, on pouvait acheter des produits de première nécessité : lait, pain, fromage. Le chocolat était précieusement mis sous clé, car réservé aux touristes.

Devant le café, vers 1925

Le café abritait aussi le dépôt postal et vendait des cartes postales. Il arrivait que les frères Monnet montent jusqu’à la Cabane du Petit Mountet pour délivrer des messages à des alpinistes y séjournant. Le café possédait le seul téléphone du village.

Ancien Café Edelweiss, à gauche, et « Gloriette », à droite

Sœurs Monnet et une touriste (à gauche), devant le café, en 1946 – 1948

342

Marie Monnet avait aménagé et décoré avec goût une véranda en face du café : « la Gloriette ». La véranda, entourée de fleurs, avec de jolis fauteuils en rotin, accueillait les clients des hôtels de Zinal qui se promenaient régulièrement jusqu’à Mottec, le long de la rivière. On leur servait le vin, tiré directement des tonneaux à la cave, et des desserts à base de fruits des bois dont la cueillette incombait aux enfants. 343


PARCOURS HISTORIQUES Une vallée, 14 regards qui se croisent sur une histoire commune, revisitée sans nostalgie par d’anciens nomades, dont les déplacements saisonniers ont laissé des traces sur les habitations et les coutumes, dans une vie dure et âpre, comme le vin du Glacier. Parcours d’une communauté, profondément solidaire, qui a vécu dans une foi religieuse dont les signes se découvrent sous forme d’oratoires et de chapelles jusqu’au fond du val d’Anniviers. ISBN 978-2-88341-225-5

9 782883 412255

PARCOURS HISTORIQUES D’ANNIVIERS

Un livre de « parcours découvertes », sous forme de guide : un village – un chapitre, avec des itinéraires conseillés. A l’attention de tous les visiteurs, curieux du passé et passionnés d’histoire.

Anniviers

PARCOURS HISTORIQUES

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Parcours historiques d'Anniviers  

14 villages - 14 parcours à l'attention de tous les visiteurs, curieux du passé et passionnés d'histoire !

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