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Union des Comores - Ministère de l’Éducation Nationale

Manuel d’histoire 6 e 5 e

Programme 2009

Mahmoud IBRAHIME

COELACANTHE

www.editions-coelacanthe.com eds_coelacanthe@yahoo.fr


Illustrations Modali, M. Ahmed-Chamanga et M. Ibrahime Maquette Jeanne Bingisser

Š Cœlacanthe, juin 2013 ISBN : 978-2-9524665-9-2


Présentation La rédaction des nouveaux programmes d’histoire par le Ministère de l’Éducation Nationale (MEN), sous l’impulsion du Programme d’Appui au Secteur Éducatif des Comores (PASECUnion Européenne) avait pour objectif d’introduire l’histoire nationale dans l’enseignement secondaire. Il apparaissait essentiel pour le MEN que les élèves comoriens aient des connaissances sur leur propre histoire. L’État et le PASEC souhaitaient ainsi rompre avec des pratiques qui privilégient l’enseignement de l’histoire du monde, telle qu’elle apparaît dans des manuels rédigés à l’extérieur et dont se servent les professeurs comoriens, cela au détriment de l’histoire nationale. D’où la volonté de faire rédiger les manuels après avoir mis en place les nouveaux programmes en 2009. Toutefois, il ne s'agissait pas de faire un manuel entièrement basé sur l'histoire des Comores. Il serait inconcevable, dans un monde de plus en plus ouvert, d’enfermer l’élève comorien dans l’histoire des Comores. Il nous a été recommandé d'élaborer un manuel unique qui puisse regrouper tous les thèmes présents dans le programme, aussi bien l'histoire mondiale que l'histoire régionale ou nationale. Dans les premières années du collège (6e et 5e), l'histoire des Comores occupe une

place assez restreinte dans les programmes. En 6e, les concepteurs des programmes ne prévoient pas l'enseignement de l'histoire comorienne proprement dite. Nous avons donc choisi de baser les interrogations sur le travail de l'historien sur des exemples puisés dans la recherche aux Comores. Il convient cependant de se rappeler qu’avant la rédaction de ce manuel et des programmes de 2009, l’histoire de l’archipel n’apparaissait pas dans l’enseignement, et cela plus de 30 ans après l’indépendance. Les nouveaux programmes permettent, enfin, à l’histoire comorienne d’avoir droit de cité dans les classes. C’est donc un début qu’il faudra encourager et amplifier en étant plus exigeant sur les objectifs généraux. On peut quasiment faire la même réflexion à propos de l’histoire africaine, et particulièrement celle de l’Afrique de l’est. Enfin, la géographie et l’éducation civique manquent à ce manuel d’histoire, comme complément à la formation d’un citoyen comorien. C’est un défaut qui sera sûrement résolu dans les années à venir.

L’auteur


Comment utiliser ce manuel

1. La symbolique des couleurs 6e/5e Rouge et violet : les couleurs de la 6ème

Bleu et vert : les couleurs de la 5ème

2. Chapitres Le titre du chapitre La problématique du chapitre L’introduction présentant le sujet

Une carte et une chronologie permettant de poser le cadre spatio-temporel du cours

page4.indd 1

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3. Leçons Leçon 1 - Le paléolithique

Quelle est la vie des premiers hommes ?

Titre avec la problématique de la leçon

Le paléolithique est “l’âge de la pierre taillée”. C’est une période qui a débuté il y a trois millions d’années et qui s’est achèvée il y a environ 10 000 ans avant J.-C.

Une phrase d’introduction

2 à 5 documents permettant d’aborder le cours

1.

2.

Outils du paléolithique

Scène de vie quotidienne au paléolithique

Questions 1. Quels outils reconnais-tu dans le doc. 1 ? À quoi servent-ils ?

Les questions

2. Selon le doc. 2, quelles activités occupent les hommes du paléolithique ? 3. Décrivez les hommes et leur environnement.

Durant le paléolithique, les hommes sont peu nombreux (entre 3 et 5 millions). Deux sortes d’hommes apparaissent à l’époque. Le premier est appelé homo habilis (“l’homme habile”). Il a découvert le feu, fabriqué ses outils en taillant du silex ou des os d’animaux consommés. Il vit de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Le deuxième, homo erectus (“l’homme debout”) apparaît lorsque le climat se refroidit. Son campement est donc fait de tentes confectionnées avec des peaux d’animaux. Il trouve refuge également dans des abris ou des grottes.

L’essentiel à retenir

Qu’est-ce que la préhistoire ?

16

Qu’est-ce que la préhistoire ?

17

4. Thèmes

Hiéroglyphes Vers 3200 avant J.-C., les Égyptiens inventent une écriture, les hiéroglyphes. Les égyptologues y distinguent trois catégories de signes : les signes-mots (ou idéogrammes), qui désignent un objet ou une action ; les signes phonétiques qui correspondent à une consonne isolée ou à une série

Un ou deux thèmes liés au chapitre de la 6e

de consonnes ; les déterminatifs, signes « muets » qui indiquent le champ lexical auquel appartient le mot.

Un ou deux thèmes liés au chapitre de la 5e Portraits de Comoriens du XIXe siècle

1.

Le Résident à la Grande-Comore, Henri Pobéguin a pris plusieurs photos de cette île en 1898

un mur (Peinture du tombeau (publiées Hiéroglyphes par S. Blanchy, Lasur Grande-Comore en 1898, KomEdit, 2007). Elles sont très instructives sur d’Horemheb, Thèbes, vers 1300 av. J.-C.) le peuplement des Comores à la fin du XIXe et au début du XXe siècles. Tandis que les signes cunéiformes rayonnent dans toute la Mésopotamie, d’autres systèmes d’écriture naissent et se développent dans la toute proche Égypte comme dans la lointaine Chine [...] 4. Selon les anciens Égyptiens, c’est le dieu Thot lui-même qui aurait créé l’écriture, puis en aurait fait don aux hommes. Le mot “hiéroglyphe”, qui désigne les caractères de l’écriture égyptienne, signifie en fait “écriture des dieux” [...]

un scribe


thème abordé. Il est différent du titre de l’ouvrage (Genèse ou

es peuvent parfois guider utilement l’historien.

L’Archipel aux sultans batailleurs).

s en même temps chez les Abyssins et chez les rône de la Reine de Saba ait été englouti dans

Ici, on n’indique ni la maison

5. Exercices

d’édition ni la date de publication.

hala, le volcan encore en activité de la Grande-

Il s’agit d’un livre particulier, avec deux chiffres qui suivent le

re muette sur les raisons de cette destruction et plus la présence aux Comores de ce trône fameux

titre : le chapitre et les versets. La présentation pourrait être :

en déduire que, dès cette époque lointaine, ces

équentées par les Hébreux. ère, le grand roi Salomon envoyait ses flottes

Ce texte est extrait de la Bible et

ofala (le Mozambique actuel) pour en rapporter ux précieux qu’il destinait au Grand Temple de

Genèse, chapitre 12, versets 1

plus précisément du livre intitulé

Reconnaître et présenter à 10. L’extrait évoque le déluge provoqué par Dieu sur terre et des sources historiques

flottes, venues de la Mer Rouge, nous autorise les recommandations qu’Il donna ores leur servaient d’escales de ravitaillement. à Noé qu’Il dans souhaitait sauver. A cause des eaux du déluge, Noé entra l’arche et avec l aux sultans batailleurs, Promo lui Al ses Camar, 1970 fils, sa femme et les femmes de ses fils. Des animaux (1eredes éd.oiseaux 1942) et tout ce qui remue sur le sol, couple par impurs,

2.

couple, mâle et femelle vinrent à Noé, dans l’arche comme Dieu

Le roi Salomonl’avait et les Comores prescrit à Noé.

Sept jours passèrent et les eaux du déluge

submergèrent la terre.. En l’an six cent de la vie de Noé, au deuxième mois, au dix-septième jour Pour les documents 1 et 2, notez du mois, ce jour-là tous les réservoirs du grand abîme furent rompus et

Exercices

document, il convient de regarder très attentivement les éléments qui sont autour et qui permettent de

mieux

le

comprendre.

: le nom de l’auteur, les ouvertures du ciel furent béantes. La pluie se déversera sur la terre pendant quarante joursde et quarante - le titre l’oeuvre, nuits. - l’éditeur si nécessaire, La Bible, Genèse 12, 1-10 1. - l’année ou l’époque de création, Le déluge

Ainsi, il faut repérer le titre de

Les légendes les plus osées peuvent parfois guider utilement l’historien. Faites ensuite une présentation de chacune des sources. L’une d’elles, conservées en même temps chez les Abyssins et chez les Comoriens, veut que le trône de la Reine de Saba ait été englouti dans 3. le cratère en feu du Karthala, le volcan encore en activité de la GrandeDavid vainqueur de Goliath, sculpture de P. Francqueville, Comore. fin XVIe-début XVIIe Musée dumuette Louvres, Certes,siècle, la légende demeure sur lesParis. raisons de cette destruction et ne nous explique pas non plus la présence aux Comores de ce trône fameux ts du peuple hébreux à l’humanité ? 46 ; du moins pouvons-nous en déduire que, dès cette époque lointaine, ces Iles étaient connues et fréquentées par les Hébreux. Au Xe siècle avant notre ère, le grand roi Salomon envoyait ses flottes jusque dans le pays de Sofala (le Mozambique actuel) pour en rapporter les bois rares et les métaux précieux qu’il destinait au Grand Temple de Jérusalem. L’itinéraire suivi par ces flottes, venues de la Mer Rouge, nous autorise à croire que les Iles Comores leur servaient d’escales de ravitaillement. Urbain Faurec, L’Archipel aux sultans batailleurs, Promo Al Camar, 1970 (1ere éd. 1942)

L’Archipel aux sultans batailleurs).

6. Cours

Un résumé du cours

COURS

L

2.

a civilisation égyptienne a duré 3000 ans, avant de tomber sous la domination des Grecs puis des Romains.

Page d’exercices

Avant de commencer l’analyse du

l’extrait, celui donné par l’auteur du manuel scolaire (“Le déluge”). Il doit être cité entre guillemets, et il donne une indication sur le thème abordé. Il est différent du titre de l’ouvrage (Genèse ou

Cadre de l’enoncé de l’exercice

Ici, on n’indique ni la maison d’édition ni la date de publication. Il s’agit d’un livre particulier, avec deux chiffres qui suivent le titre : le chapitre et les versets. La présentation pourrait être : Ce texte est extrait de la Bible et

Le vocabulaire abordé leterre et provoqué par dans Dieu sur les recommandations qu’Il donna chapitre Genèse, chapitre 12, versets 1

à 10. L’extrait évoque le déluge

à

Noé

qu’Il

souhaitait

sauver.

VOCABULAIRE

L’administration du Pharaon Le roi Salomon et les Comores

Champs d’Ialou : lieu où partent Le Pharaon est un dieu vivant, ceux qui ont obtenu la vie c’est aussi un chef d’État qui dirige éternelle. une administration très efficace. De Pour les documents 1 et 2, notez : nombreux fonctionnaires sont chargés : montée du niveau d’un cours d’eau - Crue le nom de l’auteur, d’appliquer ses décisions sous le contrôle du (fleuve, rivère...) Le Nil vizir. le titre de l’oeuvre, Le vizir est le maître d’œuvre de cette Décrue : baisse du niveau d’un cours d’eau. Pays de déserts, l’Égypte est traversée par le administration. Il apparaît comme un premier - l’éditeur si nécessaire, plus long fleuve d’Afrique : le Nil. Il mesure ministre. Il commande les gouverneurs qui ont en Esclave : homme a perdu sa liberté, le - l’année ou l’époque dequicréation, 6500 km et permet la circulation des hommes charge, chacun, une province. Les gouverneurs plus souvent après une défaite militaire et et des marchandises entre le nord et le sud. Il ont recours à l’aide d’une multitude de scribes qui est soumis aux travaux forcés. est presque entièrement navigable. qui savent lire, écrire et compter. C’est d’ailleurs autour du Nil que la po-pulation Les fonctionnaires sont chargés de lever Faites ensuite unelesprésentation de chacune des sources. État : territoire délimité par des frontières et s’est regroupée. Elle considère ce fleuve comme impôts et stocker les biens dans les greniers dont les habitants obéissent aux mêmes lois. un don des dieux et l’a donc aménagé pour du pharaon, de rendre justice et s’assu3.poisson rer de l’exécution des grands travaux (les mieux en tirer profits. Elle y trouve du David vainqueur de Goliath, sculpture de P. Francqueville, et du papyrus qui sert à la fabrication de papier constructions des pyramides, des temples... Fonctionnaire : homme qui est au service de ou de bateaux. mais aussi l’entretien du système d’irrigation). fin XVIe-début XVIIe siècle, Musée du Louvres, Paris.l’administration du Pharaon. La vie des Égyptiens est rythmée par les deux En récompense, le pharaon offre aux hauts saisons du fleuve. Pendant la crue, de juin à fonctionnaires des terres et une partie des Hiéroglyphes : écriture de l’Égypte ancienne, Quels sont apports hébreux à l’humanité 46 septembre, l’eau entre les dans les terres et endu se peuple impôts perçus. Ils peuvent aussi transmettre ? utilisée par les scribes et dans les temples. retirant quatre mois plus tard, elle laisse une leurs charges à leurs enfants. terre fertile appelée limon, sur laquelle les Hypogée : Tombeau créusé dans le sol, en paysans cultivent. La religion égyptienne souterrain. Les paysans

C’est l’efficacité de cette administration qui a permis la construction des grandes pyramides Les Égyptiens sont en grande majorité (90%) des pour y enterrer les pharaons et les gigantesques paysans. Ils vivent dans des villages perchés sur temples pour y adorer les dieux. des buttes et cultivent sur les bordures du Nil. Dans le temple se trouve la statue du dieu Grâce à un système d’irrigation des terres, ils vénéré. Les prêtres s’en occupent et lui font des offrandes. réussissent à avoir des récoltes abondantes : Les Égyptiens vénèrent leurs dieux car ils blé, orge, fèves, radis, salades, concombres... pensent que ceux-ci protègent l’Égypte et ses Les terres appartiennent au Pharaon ou aux habitants. Ils croient en la vie éternelle après la prêtres. Les paysans les cultivent en payant mort, à condition que le corps soit bien conservé des impôts et en accomplissant des corvées. et que la personne ait eu un comportement Ils sont donc accablés et souvent battus par les exemplaire. Si ce n’est pas le cas, elle disparaît fonctionnaires quand ils ne peuvent pas payer à jamais. les impôts. Les dieux égyptiens ont souvent une forme humaine, mais parfois ils présentent des têtes d’animaux. Il en est ainsi de Rê, dieu du soleil. Comment caractériser la civilisation égyptienne ?

37

7. Vocabulaire

plus précisément du livre intitulé

Irriguer : Faire passer de l’eau dans un champ. Limon : boue noire et très fertile qui apparaît lors de la décrue de certains fleuves comme le Nil.

c’est-à-dire le roi dans l’Egypte ancienne. Pschent : couronne formée de la couronne de la Haute Égypte et de celle de la Basse Égypte. Le pschent symbolise l’unité du pays réalisé vers 3000 avant J.-C. Polythéiste : qui croit en l’existence de plusieurs dieux. Pyramide : monument de pierre servant de tombeau à un Pharaon. Rê : Dieu-soleil chez les Égyptiens. Sanctuaire : partie la plus secrète d’un temple, elle est réservée à quelques prêtres. Sarcophage : Cercueil de bois ou de pierre. Sceptre : un bâton de commandement. Scribe : un fonctionnaire qui sait lire et écrire et qui sert le pharaon. Sphinx : animal imaginaire avec une tête d’homme (parfois de bélier) et un corps de lion. Temple : Monument dans lequel des adeptes adorent un ou des dieux. Triade : Groupe de trois divinités.

Mastaba : tombeau dont une partie est souterraine. Momie : Mort embaumé pour être mieux conservé.

Vizir : Premier ministre du pharaon. Il est aussi celui qui dirige tous les fonctionnaires de l’État.

Pharaon : C’est “celui qui habite le palais”, Comment caractériser la civilisation égyptienne ?

38


6ème

SOMMAIRE

Chapitre1_6.indd 7

Chap 1 :

QU’EST-CE QUE L’HISTOIRE ?

Chap 2 :

LA PRÉHISTOIRE

15

Chap 3 :

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

23

Chap 4 :

LES HÉBREUX

38

Chap 5 :

LA GRÈCE ANTIQUE

48

7

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Chapitre 1 -

QU’EST-CE QUE L’HISTOIRE ?

Comment écrit-on l’histoire ?

Introduction

L

’histoire est l’étude du passé des hommes depuis l’apparition de l’écriture. Elle raconte et explique les événements, les changements économiques, les modes de vie et de pensée.

Pour retrouver ce passé, les historiens mènent des fouilles ar­chéo­logiques, étudient les documents conservés dans les centres d’archives nationales (comme le CNDRS à Moroni) ou régionales (comme le Service des Archives Dé­par­te­men­tales de Mayotte à Dzaoudzi) ou encore des archives privées, souvent familiales et conservées dans les maisons. Ils peuvent aussi avoir recours à la tradition orale et aux témoignages de ceux qui ont vécu les événements. Tous ces «documents» doivent être soumis à la critique de l’historien avant de servir à construire l’histoire.

Thucydide (env. 460-395 av. JC), “Père de l’histoire”

Auteur de L’Histoire de la guerre du Péloponnèse, décrivant le conflit entre Athènes et Sparte entre 431 et 404 av. J.C, il est considéré comme le premier historien car il s’éloigne de la mythologie et s’attache à décrire les événements tels qu’ils se sont déroulés.

Damir Ben Ali (né en novembre 1943) D’abord instituteur, Damir Ben Ali est, des historiens comoriens, celui qui a fait le plus de recherches et pratiquement dans toutes les périodes historiques et dans tous les domaines. Il est aussi anthropologue et sociologue.

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Leçon 1 - L’archéologie

Comment travaillent les archéologues ? L’archéologie est une des sources de l’histoire. Elle permet d’exhumer le passé d’une société et d’en construire l’histoire, comme c’est le cas depuis longtemps pour l’histoire des pharaons, dont on continue à fouiller les tombeaux en Égypte pour savoir ce qui se passait à leur époque et mettre en évidence les pratiques politiques, sociales et économiques.

2. 1.

Morceau de vase découvert à Bagamoyo, Mayotte

Fouilles du site de Male par le prof. F. Chami (Université de Dar es Salam) (2008)

Questions Doc. 1 1. Avec quoi est délimitée la zone des fouilles ? 2. L’archéologue montre une ligne. Que matérialise-t-elle ?

Doc. 2 3. Quel est l’objet trouvé ? 4. Sachant que ce vase n’a pas été fabriqué aux Comores, quelles relations ce tesson permet-il de mettre en évidence ?

Les fouilles archéologiques permettent aux historiens de retrouver des objets des sociétés anciennes. À partir de ces objets (déchets, ossements d’humains ou d’animaux, statues…), les historiens reconstituent le passé d’une région ou d’un pays. Pour le cas des Comores, les fouilles qui ont débuté dans les années 1960 ont permis, dans un premier temps, de dater le premier peuplement de l’archipel (grâce à la technique du carbone 14) au VIIe puis au Ve siècle. Certains objets importés permettent d’établir des liens avec d’autres régions, particulièrement sur la côte est-africaine. Qu’est-ce que l’histoire ? * 9 Chapitre1_6.indd 9

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Leçon 3 - La tradition orale et les témoignages Quelle place accorder à la tradition orale ?

La tradition orale est l’ensemble des faits transmis oralement des anciens aux plus

jeunes depuis plusieurs générations. Elle se trouve sous diverses formes : chants, poésie, récit oral... Même si elle n’est pas exempte d’erreurs, elle permet au moins d’avoir une représentation collective de certains événements passés ou une explication du présent par les principaux concernés. “La ville [،،،] a été fondée aux temps des Maferembwe (...) Au moment du défrichement de l’île, ce sont les Portugais qui sont arrivés les premiers. Ils la défrichèrent et délimitèrent les parcelles. Les habitants de cette île ignorent les endroits où les Portugais ont posé les bornes. Des Arabes arrivèrent ensuite et s’installèrent, emmenant avec eux des esclaves et des djinns qui s’appelaient maafriti. Ils arrivèrent à Male dans le Mbadjini. Après leur arrivée, les Arabes chassèrent les Portugais qui avaient laissé l’île en ruine.” M. Saïd Ahmed, Guerriers, princes et poètes aux Comores, L’Harmattan, 2000, p. 96

1.

La fondation de Bandamadji (Domba)

“Mdallah Hamza était le propriétaire des esclaves ici à Bandrelé. Mdallah Hamza était peut-être riche mais il n’était pas roi. Tout ce que je sais, c’est qu’il était riche. Et moi, je ne l’ai pas connu personnellement. J’ai juste entendu parler de ses bateaux. Les esclaves venaient par bateaux à voile. On nous a raconté que Mdallah Hamza partait et revenait avec des esclaves qui étaient vendus à ceux qui en demandaient. Il les logeait chez lui. Toute personne intéressée y allait pour en acheter. Il allait là-bas en bateau à voile, il achetait des gens et les ramenait ici. Nous les appelions “les esclaves de Mdallah Hamza”. Les gens qui en voulaient, allaient chez lui et en demandaient. Et bien sûr, il leur en vendait. Toute personne qui possédait des champs, des terrains qu’elle n’arrivait pas à cultiver, allait acheter des esclaves. Quelque fois, les propriétaires terriens les louaient (...)

2.

Cahiers des archives Orales n°6, “L’esclavage à travers la tradition orale mahoraise”, 1998, p.11.

Extrait

d’un

témoignage

sur

l’esclavage

“J’ai été arrêté à 4 heures par Mwambasa (...) et Mze Mwigni Mwanama (...) Ils m’ont stoppé et m’ont dit : “Laisse la voiture là et suis-nous à pieds”. (...) On a discuté pendant une demi-heure. Finalement, Mwambasa a dit : “Bon, monte dans la voiture et suis-nous”. (...) Je les ai suivis jusqu’à Moroni. On a été près de la Poste, il y avait là un Bureau du Comité. Ils ont dit : “Voilà Saïd Hassane”. Les autres ont répondu : “On n’a pas donné l’ordre d’arrêter Saïd Hassane”. Ils m’ont amené au Commando Moissi. Au Commando Moissi ils ont dit : “On n’a pas donné l’ordre qu’il soit arrêté. Qui vous a dit de l’arrêter ? - On nous a dit de l’arrêter !” Une personne qui était là a dit : “Eh bien, allez le mettre dans le puits  !” On m’a alors jeté dans le puits. Il était déjà 5 heures. Je suis resté là jusqu’à 6 heures et quart (...)” Tarehi n°1, fév. 2001, p. 53

3.

Témoignage de Saïd Hassane Saïd Hachim

Questions 1. Quelle est la nature de chacun de ces documents ? 2. Quelles périodes historiques abordent-ils ? 3. Que nous apprennent-ils sur chacune de ces périodes

La tradition orale est différente de l’histoire. Il s’agit d’éléments transmis par voie orale depuis plusieurs décennies voire plusieurs siècles ou millénaires et qui peuvent aider à comprendre certains aspects d’une société ou un événement historique. Mais ces éléments, comme tout document historique, doivent être soumis à la critique de l’historien qui doit s’interroger sur leur véracité, sur celui qui le transmet et même sur le mode de transmission. Le témoignage qui fait référence à des faits plus récents doit également subir le même traitement.

Qu’est-ce que l’histoire ? * 11

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l’Amérique en 1492.

COURS

L

’histoire est une science qui étudie le passé des hommes dès l’apparition de l’écriture, il y a environ 5500 ans jusqu’à nos jours. La colonne vertébrale de l’histoire est la chronologie. Il n’y a pas d’histoire sans date. Ainsi les analyses des sociétés sont encadrées par la chronologie.

L’époque moderne s’étend du XVIe au XVIIIe siècle. Cette période est celle où l’Europe se lance dans l’exploration du monde. C’est aussi celle du développement de l’esclavage, de l’affirmation de la monarchie, ou encore de la Révolution française dont les principes sont devenus universels. L’histoire contemporaine débute au XIXe siècle et se poursuit jusqu’à nos jours avec ce que certains appellent l’histoire immédiate.

Les périodes historiques Les sources de l’histoire Au niveau mondial, l’histoire est découpée en cinq périodes selon des critères qui, souvent, obéissent aux changements qui ont eu lieu en Occident, ou en ce qui concerne les Comores, en France. La préhistoire étudie les événements qui se sont déroulés avant l’invention de l’écriture, c’est-à-dire vers 3500 avant J.-C. Elle commence avec les hommes découverts récemment en Afrique (Toumaï en Afrique centrale et Lucy en Afrique de l’Est). Elle est divisée en deux grandes périodes : le paléolithique et le néolithique.

Les sources historiques pour ces périodes sont nombreuses et diverses. L’archéologie permet de remonter à la surface les sociétés essentiellement de la préhistoire au Moyen-Age. Les documents écrits constituent des archives depuis l’invention de l’écriture. Ils sont très nombreux dans les deux dernières périodes historiques. Ils sont conservés, pour la plupart, dans les centres d’archives publiques ou privées.

L’Antiquité s’étend de la découverte de l’écriture jusqu’à la chute de Constantinople en 476. Elle s’intéresse aux civilisations mésopotamiennes, égyptiennes, grecques, romaines... Elle aborde également la naissance du monothéisme (judaïsme, christianisme).

Les témoignages et la tradition orale sont également utilisés pour recouper certains documents écrits. Ils constituent aussi des vecteurs essentiels dans des sociétés où l’écrit a été peu utilisé ou peu conservé, ou encore dans les situations de colonisation où les docu­ ments écrits ne reflètent souvent que la parole du colonisateur.

Le Moyen-Âge suit l’Antiquité. Il correspond à une période pendant laquelle se mettent en place les royautés en Europe. C’est aussi l’époque où naît et se développe une nouvelle religion monothéiste : l’Islam. Généralement, on arrête la période avec la découverte de

Les monuments et les objets de la vie quotidienne sont aussi des sources de l’histoire dans toutes les périodes évoquées ici. Elles sont conservées dans les musées ou les collections privées.

14 Chapitre1_6.indd 14

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Chapitre 2 -

LA PRÉHISTOIRE

Qu’est-ce que la préhistoire ?

Introduction

L

e mot “préhistoire” désigne le temps qui précède l’invention de l’écriture. C’est une longue période qui commence avec l’apparition de l’homme sur la terre, il y a trois millions d’années et qui finit vers 3500 ans avant J.-C. C’est vers 50.000 avant J.-C. qu’apparaît l’homme moderne, l’homo sapiens qui a un langage et qui utilise ses mains pour fabriquer des objets. La préhistoire re­groupe deux époques importantes qui marquent des évolutions considérables de la vie de l’homme : le paléolithique et le néolithique.

Doc. 1. Crane de l’homme de Cro-Magnon, Homo Sapiens découvert dans Les Eyzies en Dordogne (France).

Doc. 2. Les restes de Lucy “Lucy marchait debout et avait 1,20 mètre de hauteur. Ce n’est pas beaucoup, cela fait 25 kg en poids”. Yves Coppens, Télérama Junior, octobre 1993.

Invention de l'écriture

PALÉOLITHIQUE -3 millions

-13000

NÉOLITHIQUE -10000

-3000

-3500

Naissance de Jésus-Christ

⇡ 0

1000

16 16 Chapitre2_6.indd 16

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Chapitre 3 - LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE Comment caractériser la civilisation égyptienne ?

Introduction

V

ers 3000 ans avant J.-C., les souverains d’Égypte unifient le pays et prennent le nom de pharaon.

Ils règnent mettent en et efficace. civilisations brillantes.

alors sur un empire immense et place une administration organisée Ils érigent ainsi une des premières du monde, et parmi les plus

Les conquêtes romaines détruisent cet empire vers l’an 30 avant J.-C. Mais aujourd’hui encore, les vestiges de la civilisation égyptienne continuent de fasciner le monde entier.

L’Égypte antique

Unification de l'Egypte Premières hiéroglyphes

-3000 -3100

Règne de Ramsès II

Pyramide de Guizeh

-2600

Conquête de l'Egypte par Alexandre

Règne de Toutankhamon

-2000

-1338 -1347

-1000

-332

-30

0

La civilisation égyptienne

24 Chapitre3_6.indd 24

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Chapitre 4 -

LES HÉBREUX

Quels sont les apports du peuple hébreu à l’humanité ?

Introduction

L

es Hébreux forment un peuple de nomades qui s’est déplacé, durant l’antiquité, à l’intérieur du Croissant fertile.

Ils ont peu à peu, au cours de leurs migrations, introduit dans leur religion la croyance en un seul Dieu. Leurs scribes ont rédigé des mythes et légendes anciens et ont constitué la Bible hé­braïque, leur livre saint appelé aussi la Torah. Malgré les déplacements et les persécutions au cours de l’histoire, le peuple hébreux a fondé une religion originale qui a enrichi les autres grandes religions. Les manuscrits de la mer Morte (détail, Ier siècle avant J.C.). Extraits de la Bible

39 Chapitre4_6.indd 39

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Chapitre 5 -

LA GRÈCE ANTIQUE

Quels sont les fondements de la civilisation grecque ?

Introduction

L

es Grecs sont un peuple formé par des populations diverses venues du Nord entre le IIe et le Ier millénaire avant J.-C. Ils s’installent sur les plaines littorales, au bord de la mer Méditerranée, au sudest de l’Europe, sur une terre au relief montagneux. Ils construisent des cités indépendantes, et à partir du VIIIe siècle, ils s’étendent en fondant des colonies. Mais, malgré les luttes incessantes, ils ont conscience de ne former qu’un seul peuple. Qu’est-ce qui fait l’unité du peuple grec ? Qu’est-ce que la civilisation grecque a apporté au monde ?

Le monde grec au Ve siècle avant J.-C.

Bataille de Marathon Homère écrit l'Iliade et l'odysée ▲

Paix avec la Perse

▲ Guerre de Salamine ▲

Apogée d'Athènes

-820

-500

-446

-460

-340

La Grèce antique * 49 Chapitre5_6.indd 49

09/06/13 19:04


5ème

SOMMAIRE Chap 1 :

LA CIVILISATION ARABO-MUSULMANE

61

Chap 2 :

LA CIVILISATION SWAHILI

71

Chap 3 :

LE PEUPLEMENT DES COMORES

81

Chap 4 :

LES GRANDES MUTATIONS EN EUROPE DU XIe AU XVe SIÈCLE

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Chap 5 :

L’EXPANSION MARITIME DE L’OCCIDENT 101

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Chapitre 1 -

LA CIVILISATION ARABO-MUSULMANE Comment est né et s’est répandu l’Islam ?

Introduction

A

u VIIe siècle, un caravanier-commerçant d’Arabie a une révélation. Il fonde la troisième religion monothéiste de l’histoire de l’humanité : l’Islam.

Cette religion est un des éléments essentiels de la civilisation arabo-musulmane qui se constitue à partir de là. Cette civilisation va s’étendre et imposer la nouvelle religion par des conquêtes militaires dans toute l’Arabie, puis en Afrique et jusqu’au sud de la France. Mais les Arabes font aussi progresser l’humanité dans des domaines tels que la médecine et les mathématiques.

L’expansion de l’Islam au VIIIe siècle

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VOCABULAIRE Allah : en arabe, le terme signifie “Dieu”. Il désigne le Dieu unique. Calife : à l’image de Muhammad, c’est un chef politique, religieux et militaire.

Hégire : le mot signifie “émigration” en arabe. Il désigne le départ de Muhammad de la Mecque vers Yathrib en 622. Il marque le début du calendrier musulman.

Calligraphie : écriture (en arabe) stylisée et élégante.

Imam : le «guide” en arabe. Il s’agit du religieux qui dirige la prière.

Chiites : musulmans (minoritaires) qui pensent que la direction des musulmans (le califat) doit revenir à des descendants du prophète, c’est-à-dire à ceux de son gendre Ali.

Islam : en arabe, le terme signifie “soumission à Dieu”. Il désigne aussi la religion diffusée par le prophète Muhammad à partir du VIIe siècle.

Coran : l’étymologie du mot en arabe signifie “récitation”. Il s’agit du Livre qui contient les paroles transmises à Muhammad par Dieu.

Muezzin : le religieux qui fait l’appel à la prière. Pèlerinage : il s’agit d’un voyage fait jusqu’à un lieu saint pour prier. Pour le musulman, c’est le cinquième pilier de l’Islam qui consiste à aller prier à La Mecque.

Dhimmi : Juifs ou Chrétiens qui se trouvent sur un territoire musulman. Ils ont le droit d’exercer leurs religions, tout en reconnaissant le pouvoir musulman et en payant la capitation. Prophète : homme dont la mission, confiée par Dieu, est de transmettre aux autres Dinar : pièce de monnaie en or, circulant dans hommes le message divin. les pays arabes. Sira : ensemble des écrits sur la vie du Djihad : il s’agit de l’effort fait par le prophète Muhammad. musulman pour étendre l’Islam. Souk : marché couvert dans une ville Émir : Gouverneur d’une province musulmane, musulmane. Il réunit artisans et commerçants chef de l’armée dans sa région. dans un même lieu. Hammam : dans une ville musulmane, c’est un lieu public où les habitants peuvent prendre des bains.

Sunna : récits et propos du prophète.

Sunnites : musulmans (majoritaires) qui pensent qu’il faut respecter scrupuleusement Hadiths : ensemble des faits et gestes et des la tradition établie par la Sunna. paroles attribués au prophète Muhammad. Vizir : Ministre d’un calife. La Civilisation arabo-musulmane * 71 Chapitre1_5.indd 71

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Chapitre 2 -

LA CIVILISATION SWAHILI

Qu’est-ce que la civilisation swahili ?

Introduction

C

’est au cours des XIVe et XVe siècles que la civilisation swahili a brillé. Elle s’étend alors sur la côte est-africaine, entre la Somalie et le Mozambique, et même le nord de Madagascar en passant par les Comores. Les Waswahili sont les gens de la côte est-africaine. C’est un peuple de métis dont les origines sont diverses : bantu, arabes, mais aussi perses, indiens… Ils sont musulmans, parlent le swahili ou des langues proches et commercent depuis longtemps avec le monde arabe et l’Asie. Ils vivent dans une société hiérarchisée et tiennent à l’autonomie politique de leurs cités.

Le monde swahili

2e Destruction de Mombasa ▲

Destruction de Kilwa et Mombasa ▲

Vasco de Gama à Malindi

Début de construction de Fort Jésus

Califes abbassides

Apogée de la civilisation swahilie

1380

1460

1300

Oman prend le contrôle de côte swahilie

1528 1505 1498

1540

1593

1620

1700

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Les Comores, un pays de la sphère swahili

L’archipel des Comores est connu des navigateurs arabes depuis le Moyen-Âge. Il

participe également au commerce et à l’essor de la civilisation swahili. On y retrouve donc des éléments de cette civilisation. Notons qu’un phénomène capital est l’exportation de Madagascar aux Comores du chloritoschiste travaillé sous forme de marmites. Cette exportation semble se terminer au XIIIe siècle sur les sites comoriens et plus parti­ culièrement à Mayotte, précisément au moment où une nouvelle période commence [...] Celle-ci voit la poterie d’importation changer totalement (...) Ainsi tout se passe comme si quelque chose commencée au VIII-IXe se finissait au XIIIe siècle. [...] À partir du XIVe, l’Islam se généralise, les mosquées en pierre font leur apparition. Le commerce est bien décrit par Ibn Battuta à la côte africaine jusqu’à Kilwa. Nous avons affaire aux traditionnelles cités-états swahili. Claude Allibert, “Cités-États et têtes de pont dans l’archipel des Comores”, Omaly Sy Anio, 33-36, 1994.

1.

2.

Ruines de l’ancienne mosquée de Pole (Mayotte).

Le passage aux Cités-États aux Comores

Il y a beaucoup de vivres sur les îles Alcomor, mil, riz, vaches, chèvres, poules et des pierres qui valent beaucoup, et qui sont rares. Les îles Alcomor sont distantes de neuf lieues par mer de Kilwa et de Cunda... à savoir Luna, qui est une île très grande et a un roi maure, Anzuanne, Ouziga, Maoteo, Molale. Toutes ont des rois maures et beaucoup de bétail, de gros mil, de riz, de gingembre et beaucoup de fruits et de sucre. Et c’est là que s’approvisionnent Kilwa et Mombasa, et toutes les autres îles de la côte qui font du commerce et y trouvent des pierreries [...]” d’après E. Axelson, South East Africa, 1488-1530, 1940

3.

Lettre de Pédro Ferreira, capitaine de Kilwa au roi du Portugal

Questions 1. Comment l’historien Claude Allibert entrevoit-il le passage à l’ère swahili de l’archipel des Comores ? Quand ce passage a-t-il probablement eu lieu ? 2. Quel élément de la construction de la mosquée la rattache à la civilisation swahili ? 3.Que sont Anzuanne, Ouziga, Maoteo, Molale ? Quel est l’état de richesse de l’archipel à cette époque ? Quelle phrase montre que les Comores sont insérées dans le réseau swahili ? La Civilisation swahili * 79

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Chapitre 3 - LE PEUPLEMENT DES COMORES

Comment les Comores ont-elles été peuplées et quelles en sont les conséquences ?

Introduction

L

es Comores ont été peuplées par diverses populations arrivées dans l’archipel à différents moments de son histoire. Bien que la tradition orale évoque un peuplement très lointain (avant l’arrivée de l’Islam, pendant le règne du roi Salomon...), les historiens n’ont de preuve d’une occupation hu­maine des Comores qu’à partir du VIIe siècle. La diversité des origines a donné une société métissée de par son fonctionnement et de par ses pratiques. Elle a aussi donné naissance à une civilisation originale qui est le ciment de la nation comorienne d’aujourd’hui.

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12 °

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L’archipel des Comores

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Fomboni

Zanzibar

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Tanzanie

Carte de situation

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(Grande Comore)

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44 °

Ngazidja

Mitsamihuli

VIIe siècle : Trace de vie humaine aux Comores (Bantu et Swahili) Xe-XIVe siècles : Vagues successives d’Arabes et Perses XVIe siècle : Organisation en sultanats Fin XVIIIe s-début XIXe siècle : Razzias malgaches Début XIXe siècle : intervention de princes malgaches aux Comores À partir du milieu du XIXe siècle : recours à une immigration du travail pour Mayotte Repères chronologiques sur le peuplement des Comores 82 Chapitre3_5.indd 82

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Chapitre 4 -

LES GRANDES MUTATIONS EN EUROPE DU XIe AU XVe SIÈCLE

Quels changements connaissent les sociétés européennes à la fin du Moyen-Âge ?

Introduction

L

e XIe siècle apparaît comme l’aboutissement des États, mais aussi d’une autonomie des provinces et des régions.

L’autorité du roi s’est affaiblie et partout les ducs et les comtes deviennent des seigneurs et ont pris l’essentiel des pouvoirs. Ils commandent les paysans et défendent leur territoire. Les paysans, majoritaires, sont soumis et assurent le rôle de nourrir toute la société par leur travail. Ils introduisent des innovations qui permettent d’améliorer les rendements. C‘est ce qui explique l’augmentation de la population, l’urbanisation croissante et l’essor du commerce.

L’Europe chrétienne au XIe siècle 90 Chapitre4_5.indd 90

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L


Chapitre 5 L’EXPANSION MARITIME DE L’OCCIDENT

Comment les Européens ont-ils conquis l’Amérique ?

Introduction

À

partir de la fin du XVe siècle, les Européens se lancent dans les Océans avec l’objectif de trouver de nouvelles routes vers l’Asie, où l’on se procure la soie et les épices. La domination arabomusulmane sur terre oblige les Occidentaux, non seulement à passer ailleurs, mais également à aller chercher plus loin des alliés pour le christianisme.

Les mondes connus et inconnus

La découverte d’un nouveau continent par Chri­stophe Colomb change la donne. Les Européens placent une nouvelle terre sur la carte du monde, rencontrent des peuples différents et débutent la constitution des empires coloniaux. Traité de Tordesillas ▲ Vasco de Gama en Inde Colomb découvre ▲ l'Amérique

1er tour du monde par Magellan

{

Un Portulan (détail)

1492

1492

1498

1519-1521

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Crédits photos SIXIÈME Chapitre 1 :

Page 8 : photo de Damir (Ahmed Ouledi)

Page 9 : photo de F. Chami (Ibouroi Ali Tabibou)

Page 9 : dessin d’un morceau de vase, Études Océan Indien, «Documents Comoriens II»,1983.

Page 10 : photo des Archives du CNDRS (Ibouroi Ali Tabibou)

Page 10 : photo correspondance Haut-Commissariat (CNDRS, M. Ibrahime)

Chapitre 3

Page 26 : photo peinture de la tombe d’Onsou, Musée du Louvre (M. Ibrahime)

Page 27 : photo d’une reproduction, Musée du Louvre (M. Ibrahime)

Page 28 : photo peinture, Musée du Louvre (M. Ibrahime)

Page 33 : photo d’un sarcophage, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Page 35 : photo d’une reproduction d’Osiris et Isis, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Page 36 : Photo d’hiéroglyphes sur un mur, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Page 36 : Photo d’un scribe, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Chapitre 4

Page 41 : photo peinture de Gieuseppe Césari, Musée du Louvre (Faïda Boina).

Page 42 : photo peinture de P. Lastman, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Page 43 : photo sculpture de P. Francqueville, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

Page 44 : photo Menora de Hanoukka, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (M. Ibrahime).

Page 45 : photo d’une peinture attribuée à Marco Marcuola, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

(M. Ibrahime)

Chapitre 5

Page 53 : photo d’un relief, Musée du Louvre (M. Ibrahime).

CINQUIÈME Chapitre 1

Page 69 : photo du Mirhab de la Mosquée de Tsingoni (M. Ibrahime)

Page 69 : photo d’une tombe à proximité de la Mosquée de Tsingoni (M. Ibrahime)

Chapitre 2

Page 76 : photo de wandru wadzima (Ahmed Ouledi)

Page 79 : photo Mosquée de Pole, Mayotte (M. Ibrahime)

Chapitre 3

Page 87 : portraits pris par le Résident Pobéquin à Ngazidja, 1898.

Chapitre 4

Page 99 : photo Cathédrale Notre Dame de Paris (Hassane Amir)

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Manuel scolaire 6e 5 extraits  

Manuel d'histoire 6e-5e Valable aux Comores à partir de la rentrée 2013 Elaboré par Mahmoud Ibrahime

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